Le devoir, 31 octobre 1992, Cahier C
iTlli*I»MlWstea HT ¦ I11M La saveur de la bière provient de l'addition de fleurs d'houblon.Cette plante s'apparente à la mûre et fait partie de la famille du cannabis.L’HISTOIRE BRASSICOLE VUE DE LA RUE ST-AMBROISE •&4 Le Devoir, samedi 31 octobre 1992 LE POP ART ENVAHIT LE MUSÉE DES BEAUX-ARTS BING BANG BOUM! CONDO Pop Art Musée des beaux-arts de Montréal Pavillon Jean-Noël Desmarais 1380, rue Sherbrooke ouest Du 23 octobre 1992 au 24 janvier 1993 Marie-Michèle Cron Cascades de couleurs pétulantes, pé-pés aguichantes, conglomérats de déchets, parodie d’intérieurs modernisés à outrance, le Pop Art est un des mouvements les plus complexes et les plus ambivalents qu'ait généré le milieu du XXème siècle.Phénomène truffé de contradictions qui a bénéficié d’une double allégeance — il est apparu d’abord en Grande-Bretagne pour se manifester avec plus d’éclat en Amérique — il emprunte son héritage de l’abstraction plus que de la figuration tel que l’avance la théoricienne Lucy Lippard, alors que l’on pourrait en retrouver les séquelles dans les collages cubistes de Picasso.Tout en greffant son discours extraverti sur les ready-mades antiart de Marcel Duchamp où l’on vit dans son urinoir laiteux et lisse, l’image surréaliste d’une vamp oxy- génée, le Pop Art revalorise ce qui est dédaigné: la sous-culture.Mais il est aussi anti-nombriliste et anti-romantique, il puise dans la vie réelle les stigmates de la société de consommation qui, en Amérique surtout, bombarde le consommateur de ses icônes publicitaires affriolantes, de ses stars de cinéma porteuses de rêve, de la civilisation industrielle gloutonne, des comics strip bulbeux, des images véhiculées par les mass-média.Branché à cent à l’heure, impulsif, ce courant déstabilisateur qui avait une dent, entre autres, contre les normes de « bon goût » et voulait réagir contre l’Expressionnisme abs- trait a essaimé dans divers pays.Leurs exégètes ont traduit le Pop Art à leur manière, tout en se réclamant d’autres filiations stylistiques et spirituelles comme les Nouveaux Réalistes sous le coup de fouet de Pierre Restany, de l’iconoclasme dadaïste.L’exposition présentée au MBA, vaste rétrospective qui comprend autour de 300 oeuvres et dont le choix a été effectué par Marco Livingstone, auteur de nombreux écrits sur le Pop Art, aidé de Norman Rosenthal de la Royal Academy of Art de Londres d’où elle nous arrive avant Cologne et Madrid, est une des plus complètes à avoir été Voir page C-14:POP ART À gauche, la célèbre boite de soupe Campbell redécouverte par Andy Warhol et ci-haut un collage inspiré des bandes dessinées magnifiées de Mel Ramos.s en va l’humour?Paule des Rivières E QUÉBEC rit, beaucoup.Il rit, de tout et de rien, de tous et de n’importe qui.Et il ne rit pas que dans les salles de spectacles : la mode, l’architecture, la publicité, l’information, tout, aujourd’hui, essaie d’être drôle.Le rire est devenu une industrie qui tourne à pleins tubes.Mais les vieux pros du rire, comme Sol, ou Yvon Deschamps, sonnent l’alarme: à trop vouloir en faire, on est en train de tuer le gag aux oeufs d’or.Les Québécois peuvent même apprendre à faire rire, à une École nationale de l’humour.Cette institution unique en son genre, qui a récemment obtenu sa reconnaissance officielle du ministère de l’Enseignement supérieur est une créature du Festival Juste pour rire, que dirige l’homme d’affaires Gilbert Rozon.Encore que cette école de comédie ne fait pas rire Marc Favreau, alias Sol, clown tragi-comique devant l’E-ternel.« Une école du rire ! Là nous versons dans le ridicule.À ce que je sache Chaplin, Devos, Gratien Gélinas ne sont pas passés par l'école du rire.» Pourtant confortablement assis dans un fauteuil de son appartement, il se lève tout à coup, gesticule, avec des yeux en forme de points d'interrogation.« L’on ne montre pas aux gens comment faire un numéro.Cela me semble un peu beaucoup énorme comme prétention».Favreau a fait ses débuts en 1951.Il a vu neiger et l’avalanche d’humoristes qui déferle sur nos scènes depuis 10 ans le laisse tiède.Non parce qu’il y en a trop mais parce que l’humour se consomme — et se jette — comme un fast-food.Il trouve cela dommage.« Humour est un mot très très galvaudé.Il ne faudrait pas exagérer.Un humoriste se sert de son intelligence pour débusquer quelque chose de comique.Il cherche l’insolite.Mais là, on charrie un peu trop.Ce n’est pas parce qu’on fait une ou deux grimaces qu’on est humoriste ».L’École nationale de l’humour, qui fait tant tiquer Favreau, et plusieurs autres, reçoit chaque année une vingtaine d’étudiants, choisis parmi les quelque 200 qui s’inscrivent à l’audition.À la fin de l’année, quatre d’entre eux ont la chance de partir en tournée à travers le Québec, aux frais du Festival Juste pour rire et de la Banque nationale.L’École n’est que la pointe de tout un édifice gravitant autour du Festival : les lundis Juste pour rire sur les campus universitaires, les groupes Jeunes pour rire dans Voir page C-2 : L'humour PHOTO JACQUES NADEAU Ce n’est pas parce qu’on fait une ou deux grimaces qu’on est humoriste.ijjitliijËtiïïn! VILLA MARIA ____4245.boulevard Décarie.Montréal_ Établissement d'enseignement secondaire privé pour jeunes filles, dirigé par les Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame depuis 1854.EXAMENS D’ADMISSION - SEPTEMBRE 1993 SECTEUR FRANCOPHONE: • Samedi, 7 novembre 1992.8h30 a.m.— Ire sec.• Samedi, 6 février 1993.8h30 a.m.— Ire à 5e sec.RENSEIGNEMENTS: 484-4950poste 15 * < ueu :%'« les bie„ye, J •l I * \ Le Devoir, samedi 31 octobre 1992 le cahier du FESTIVAL INTERNATIONAL DES FILMS SCIENTIFIQUES Pas vraiment le Big Bang, mais .+ L’humour les écoles secondaires, la tournée des meilleurs étudiants, les spectacles du Festival Juste pour rire et les spectacles télévisés qui en découlent.Et bientôt le Musée du rire.Si vous êtes jeune et drôle, vous avez tout intérêt à vous placer dans les bonnes grâces de papa Gilbert.Vous aurez la vie difficile si vous ne faites partie de l’écurie Rozon.Louis Saîa, co-auteur de Broue et de textes de Ding et Dong notamment, exprime lui aussi des réserves siir l’École de l'humour, bien qu’il y ait enseigné et y enseignera à nouveau prochainement.« Il n’y a pas beaucoup de nouveau.Il semble y avoir une recette, qui viendrait d’un humour absurde mais qui n’a d’autre sens que celui de faire rïre à tout prix, un humour qui n’a pas de fond, ni de point de vue.Il y en a beaucoup de cela, beaucoup trop.On retrouve le même joke sous 56 000 formes ».Saïa appelle cela l’effet pub.D’abord, la publicité a récupéré l’humour et toute réclame digne de ce nom se doit de faire rire.' Ensuite, tout le monde imite tout lé monde, quitte à y perdre son identité.L’autre jour, Claude Meunier, le Ding de Ding et Dong, se fait happer par un passant qui lui lance un « t’étais ben plate aujourd’hui ».La surprise passée, il comprend que son interlocuteur a écouté la radio plus tôt, lorsqu’un autre malin y expliquait la météo, mais déguisé en quelque sorte en Ding et Dong.L’humour n’a pas toujours le temps de se renouveler.Le rythme effréné auquel il déboule à la radio comme à la télévision oblige à tourner les coins un peu ronds.L’on est à mille lieues du spectacle que l’on travaille et peaufine et retravaille pendant des mois, voire des années, comme ceux que nous offrent présentement Marc Favreau — après une absence de cinq ans — et Yvon Deschamps — après une absence de huit ans et demi.L'on est également à des années lumières de l’humour engagé que nous servait et que nous sert encore un Yvon Deschamp dont le dernier spectacle inclut un numéro sur les bénévoles et les vieux.Hilarant certes.Mais dérangeant également.Pourtant, Deschamps n’a fait aucune concession à son habitude de brasser la cage.Deschamps ose.Il rit des vieux.Le plus gros rire de son spectacle surgit lorsqu’il fait débouler les vieux dans l’escalier.« Dans mon nouveau spectacle, j’agresse les gens, ni plus ni moins.Et les jeunes, ceux qui ne m’ont pas connu, sont ceux qui rient le plus fort ».Yvon Deschamps a fait une incursion à la télévision, qui fut plus ou moins heureuse, et retrouve sa scène avec un grand bonheur.« Je capote », dit-il.Aujourd’hui, la polyvalence n’est plus à l’honneur.Les jeunes qui passent par l’École de l’humour se spécialisent en « humour pour la télé », « humour pour la radio » et « humour pour la scène ».« Aurons-nous bientôt un humour pour le fax ?», demande, incrédule, Marc Favreau.Le grand manitou de l’industrie du rire au Québec et directeur du Festival qui, chaque été, fait tant courir les foules, Gilbert Rozon, ne prétend pas que ses ouailles puissent faire réfléchir les gens qu’ils font rire.Philosophe, il conclut que c’est la faute à la société.« L’humour est le miroir d’une société.Nous sommes en fin de siècle.Des systèmes auxquels nous avions cru se sont révélés des échecs.Il y a eu des périodes de grande foi.Le comique était très engagé.Aujourd’hui, les comiques font rire pour faire ou; blier la misère, la récession, la dépression, le chômage », résume M.Rozon.Une ancienne étudiante de l’École nationale de l’humour, Marielle Lé-veillée, partage cette conviction.L’été passé, au Club Soda, elle a organisé le plus grand party Tupper-ware au monde.Elle v a fait un tabac.« Cette mise en scène est un prétexte pour parler de tout, des homosexuels, d’une recette, de voyages en Floride, pour faire des blagues».Mon humour, dit-elle, n’est pas à caractère social comme celui des Sol ou Yvon Deschamps.Moi, je veux que ça soit drôle, rafraîchissant, que les gens soient contents.Je n’ai pas de prétention sociale».Elle rend hommage à la maîtrise du verbe d’un Sol, en soulignant qu'aujourd’hui « nous sommes plus visuels ».Les humoristes travaillent beaucoup avec des effets spéciaux, de la musique, des objets, des gros nez etc.Le caricaturiste Serge Chapleau allait à l’occasion au Comedy Club, dans l’Ouest de la ville, où les stand-up comic » présentent leurs numéros.Mais il a abandonné cette habitude, écoeuré des éxigences qu’on impose aujourd’hui aux humoristes.« Lorsqu’un comique monte sur la scène, il doit déballer sa série de « jokes » sans interruption, faire rire mur à mur.Sinon, gare à toi, t’es fini ».Chapleau, qui a créé Gérard D.Laflaque et autres marionettes pour la télévision, cite au passage Lenny Bruce, le fameux comique américain, « qui pouvait être très intense, dire des choses, faire pleurer pou faire rire ».Gilbert Rozon, lui, tout en louant la qualité des humoristes québécois, admet que tout n’est pas parfait encore et qu’à n’en point douter, les humoristes pousseront plus loin l’humour absurde.Mais, répète-t-il, les humoristes ne sont que le miroir de la société.Pourtant, Deschamps, avec son humour social, et Favreau, avec son humour fin comme la pointe d’un couteau, font réfléchir le miroir d’une autre manière.Et ils font salle comble.Sylvie Molsan SI LE 3e FESTIVAL international des films scientifiques du Québec n’a pas eu l’effet big bang escompté, il est assuré toutefois d’un succès appréciable pour ce type d’événement où l’on doit lutter contre les réticences pourtant injustifiées du grand public.Selon les prévisions du directeur général du Festival, M.Hervé Fischer, la clientèle de cette année aura été plus nombreuse encore que l’an dernier, dépassant les 12 000 personnes pour les deux volets montréalais et québécois.Si la projection de films durant le week-end ne faisait pas salle comble, du moins au Musée de la civilisation à Québec, les Grandes soirées du Festival ont, quant à elles, tant à Québec qu’à Montréal, connu un succès retentissant.Il y a eu foule et Ton a dû souvent rajouter des sièges et même parfois refuser du monde.Bref, il était préférable de réserver.C’était le cas lors de la soirée inaugurale à Québec, qui présentait une conférence du professeur Mann, éminent spécialiste du sida.On pouvait voir dans la salle plusieurs médecins et professeurs directement concernés par le problème, mais aussi un public de profane qui s’intéresse à la question.Par sa façon humaniste très particulière d’aborder le phénomène, discutant largement des droits de l’homme, le professeur Mann a rejoint tout le monde.L’unanimité fut faite également autour des deux films présentés ce soir-là : ils étaient d’une platitude incommensurable, à tel point que même l’animateur de la soirée, M.Yannick Villedieu de Radio-Canada, n’a pu s’empêcher en rigolant de le souligner et d’exprimer, à la blague, les appréhensions du public face aux prochaines présentations.Mais ce n’était là qu’une petite erreur de parcours sur laquelle M.Fischer s’est longuement expliqué.Les courts films traitant du sida sont rares, semble-t-il.Autre soirée ayant connu un franc succès : la présentation mardi par le cinéaste Jacques Godbout, au Musée de la civilisation, de son film Pour l’amour du stress relatant la vie du chercheur Hans Selye.La période de questions et le débat suivant la projection ont duré près de 40 minutes, ce qui témoigne largement de l’intérêt du public suscité par le film.Même succès au cinéma Élysées à Montréal pour la Soirée de visualisation scientifique par ordinateur, un sujet pourtant pas si évident pour le grand public.Il y avait tellement de monde que certains spectateurs durent rester debout.Meme chose au-sis pour les soirées au Biodôme et au Jardin botanique à Montréal et au moment où j’écris ces lignes il reste encore quelques événements prometteurs de succès.C’est donc les Soirées du festival qui ont emporté le morceau.Mercredi soir, lors de la soirée La science à la télévision le public (de l’Agence de coopération culturelle et technique) récompensant le meilleur reportage scientifique francophone de télévision.C’est le film belge La planète des autres qui a eu la faveur du public.Ce film nous fait découvrir les moyens mis en oeuvre dans le monde scientifique pour tenter de découvrir s’il y a de la vie ailleurs dans l’univers.Si l’un des objectifs du Festival était de montrer que la science est accessible à tous, il en a fait la preuve ce soir-là.Disons-le, les 10 films présentés étaient passionnants, même pour le plus profane des spectateurs.Les petites capsules d’une minute réalisées par la Cité des sciences et de l’industrie de La Vil-lette étaient de vrais petits bijoux.Il apparaît évident, après avoir assisté à ces projections, que le film scientifique est le moyen idéal pour aller chercher un public trop souvent, et pour de mauvaises raisons, réfractaires à tout ce qui concerne la science.Par exemple, le film sur La réalité virtuelle a donné l’occasion aux spectateurs de découvrir certaines realisations scientifiques proprement stupéfiantes qui permettent à un sujet d’agir et d’entrer en contact avec une « réalité virtuelle ».Saisir un objet qui n’existe que sur l’écran et le manipuler à sa guise.Si vous voulez en savoir plus (et mieux) ou si vous avez manqué la programmation du Festival, sachez que le Festival annonce la création d’une vidéothèque internationale de films scientifiques qui offre des cassettes vidéos strictement destinées à un usage non commercial.Avis aux intéressés.Au chapitre de la programmation scolaire, les résultats sont toutefois décevants.Selon les organisateurs, cela est dû en grande partie à la récession qui a amené d’importantes réductions budgétaires dans les éco- les.Pour organiser une sortie pour un groupe scolaire, l’activité doit durer toute la journée or il est impossible d’imposer aux enfants une journée entière de visionnement.L’objectif louable d’amener les enfants et les jeunes à s’intéresser à la science n’a donc pas été réalisé cette année pour des raisons.économiques et ce bien que tout le monde s’accorde pour dire qu’il est urgent pour l’avenir du pays d’éveiller des vocations scientifiques chez les jeunes.Encore une fois, avis aux intéressés.Le Festival a fait son effort de guerre, il serait peut-être temps que les gouvernements fassent le leur.Autre effort louable, comme Tannée dernière le festival a organisé cette année, grâce à l’appui du programme Étalez votre science du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science, des mini-festivals qui se tiendront en région.Ils auront lieu notamment à Chicoutimi, Trois-Rivières, Sherbrooke, Riviére-du-loup et Sainte-Foy.Selon M.Fischer, le public de cette année était extrêmement diversifié.Beaucoup de scientifiques, de dilettantes passionnés par la science et très au courant, des étudiants en science, des cinéastes, bien sûr, mais aussi « du monde ordinaire ».Se voir faciliter l’accès à l’univers fascinant de la science, tout en y prenant du plaisir et sans se sentir exclu, c’est à mon sens un bien beau cadeau.C’est aussi favoriser une ouverture d’esprit indispensable à la connaissance de ce monde dans lequel nous vivons, sans toutefois bien le comprendre.La programmation régulière continue à Montréal ce soir le 31 octobre jusqu’à 17 h 30 au Jardin botanique, suivi à 22 h 30 par la Soirée IMAX dans le Vieux-Port, qui présentera en présence du réalisateur américain Steve Low, en première canadienne, le film Tropical Rain Forest, ainsi que The Last Buffalo, présentation IMAX en 31).Le palmarès des films gagnants sera présenté demain au Jardin botanique.À Québec, ce même palmarès sera présenté aujourd’hui toute la journée jusqu’à 18 h, alors que dimanche la programmation régulière se poursuivra, au Musée de la civilisation, jusqu’à 17 h 30.PHOTO JACQUES NADEAU Gilbert Rozon, pdg du Festival Juste pour rire.wm —- LE DEVOIR VOUS OFFRE LA QUALITÉ POUR INSÉRER UNE ANNONCE SOUS LA RUBRIQUE CARRIÈRES ET PROFESSIONS 842-9645 TOUCHE; ré.a\jste S^CT> UN SPECTACLE À VOIR: C'EST UNANIME! .\K& fV SX' î! * T t | 1 JUSQU’AU 14 NOVEMBRE ttcaffrr/i^ theatre Sl-Qpnit I2h a 7lh CKAC73AM© q.RENSEIGNEMENTS: 514 849-421 1 • VENTE DE GROUPES: 514-527-3644 • ACHATS PAR CARTE DE CRÉDIT: 514-790-1 1 1 1 TOUT EN ÉMOTION.G^Sn I » > I « Le Devoir, samedi 31 octobre 1992 ¦ C-3 le cahier dit i • ameai Abitibi, carrefour du monde Le onzième festival de cinéma d'Abitibi-Témiscamingue succombe à la tentation cinéphile Odile Tremblay IL Y A ONZE ANS, on les traitait de fous.Ou presque.« Allez-vous nous loger dans des igloos ?» Farces grasses, tapage sur les cuisses.Non mais ?Aux yeux des urbains, de Montréal comme de France, l’Abitibi, c’était le bout du monde.Sauf pour les orignaux et les chercheurs d’or.Penser à faire un festival de cinéma à Rouyn-Noranda à l’heure où les grands centres avaient de la misère à garder des spectateurs dans leurs salles obscures.La perspective paraissait absurde.Jacques Matte, du Festival de cinéma de l’Abitibi-Témiseamingue trouve que les choses ont bien changé en une décennie.Parce qu’en 92, déambulant dans le rues de Montréal, il voit partout sur les poteaux, l’affiche de son rendez-vous représentant une Ève et un Adam en train de succomber à la tentation cinéphile.Son festival est aujourd’hui couru, connu, rare réussite culturelle en région éloignée.Sans doute, parce qu’il n’essaie de ressembler à rien d’autre qu’à lui-même.à Rouyn, on n'a pas les problèmes d’alimentation des gros festivals, « parce qu’on est petit et qu’on entend bien le rester », précise Jacques Matte.À la tête du rendez-vous de l’Abitibi-Témiscamingue, se trouve un triumvirat formé par Guy Parent, Jacques Matte et Louis Dallaire.Jacques Matte, c’est le plus visible.Pas juste parce qu’il est le plus haut en terme de pieds et de pouces, mais parce qu’il assure les relations publiques, qu’il parle beaucoup et que tout le monde le trouve sympathique.Pour l’oeil d’un cinéphile montréalais, Le Festival d’Abitibi tient un peu de 4t courtepointe disparate.La plupart des films ont déjà été vus et commentés dans les festivals montréalais ou même dans nos salles commerciales.Comme Leolo de Jean-Claude Lauzon qui fera sa sortie abitibienne en novembre.Comme La vie fantôme de Jacques Leduc présenté le soir de clôture, comme Le petit prince a dit de Christine Pascal, comme Le Steak de Pierre Falardeau ou IP5 de Beineix.Déjà-vu, me direz-vous.Pas à Rouyn.« La distribution des films se fait très mal en région, explique Jacques Matte.Une chance qu’il y a des festivals ».Traditionnellement « bon public » indulgent, les Abitibiens sont devenus au fil des ans plus critiques.Leur festival leur offre une formule qui mêle les longs, moyens et courts métrages, le dpoeumentaire, l’animation, les oeuvres étrangères et québécoises.Elle répond aux besoins des cinéphiles assoiffés de la région (près de 10 000 entrées en 91) qui forment le gros de la clientèle du festival.L’édition 92 du festival roule du 31 Octobre au 5 novembre.Le film d’ou- Jacques Matte, le porte-parole du Festival de cinéma international de PAbitibi-Témiscamingue à Rouyn-Noranda.verture sera L'Homme de ma vie du Français Jean-Charles Tacchella, (le cinéaste d'Escalier C, et de Dames galantes).Cette année, 82 films de 16 pays, dont 25 longs métrages sont au menu.Il y aura quelques vraies premières, quatre mondiales, quatre nord-américaines.Un petit nombre, mais là n’est pas le but de l’exercice.Dans la catégorie nouveautés très attendues, mentionnons Aline de la Québécoise Carole Laganière, une co-production avec la Belgique.Cette histoire intimiste d'une rela- tion père-fille a reçu le Bayard d’Or à Namur cette année.À signaler : Est-ce ainsi que les hommes vivent ?de Guy Simoneau — à qui on doit de fracassants reportages, tel celui sur la prostitution Plusieurs tombent en amour.Cette fois, il interrogera la « masculinité », à travers des histoires de gars qui se cherchent et ne se sont pas encore collectivement trouvés.Et puis Au revoir princesse du Portugais Jorge Paixao da Costa, Warszawa année 5703 du Polonais Janusz Kijowski.PHOTO JACQUES GRENIER On a vanté sur tous les tons la qualité de l’accueil de l’équipe abitibienne.C’est vrai qu’on est bien reçus à Rouyn-Noranda.Il y a toujours quelqu’un pour nous trimbaler du motel Alpin au Théâtre du Cuivre, pour répondre à nos questions et es- sayer de régler nos problèmes d'ordinateurs, pour nous inviter à souper.Tout le monde se mêle allègrement au Théâtre du Cuivre, vedettes et public.Bien des journalistes de Montréal ont pris l’habitude d’aller faire leur tour à l’automne au Festival de Rouyn, juste parce que c'est relax, qu’il y règne un vrai esprit de cinéma, précieuse denrée disparue de puis belle lurette de nos grandes villes blasées.« On est un biodôme culturel, explique Matte.Un événement cinéma, mais aussi une région riche et lointaine.C’est tout ça qu’on propose aux visiteurs.» À l’heure du film d’ouverture, Jean-Charles Tacchella viendra faire son tour à Rouyn, flanqué de son interprète Maria de Medeiros, les Français adorent être invités en Abitibi, « because » les grands espaces et tutti quanti.« Avant on pensait que notre éloignement était un handicap, explique Matte.On a découvert quel avantage il constituait ».En 90.le passage du coloré Serge Gainsbourg fut le clou du Festival.« L’homme à tête de chou » avait dédaigné Cannes, préférant présenter son film à Rwanda comme il disait, fumant et sirotant son scotch.Malade, mais professionnel et rigolo, il a séduit tout le monde là-bas.Cette année, on remet ça en organisant un volet « Salutations à Pierre Richard».C’est le comique français qui a demandé lui-même à venir.Le « Nord » attirait le grand blond.Il rêvait la nuit aux têtes d’orignaux sur les capots des voitures.Sa soif d'exotisme pourra être étanchée durant toute la longue semaine où il marchera dans les rues de Rouyn avec sa femme, accompagnant trois films dans lesquels il tient la vedette.Les compères, Les fugitifs de Francis Weber, Ainsi qu’On aura tout vu de George Lautner.Le succès du festival, Matte l'attribue au travail d’équipe, pivot de l’événement, et à sa modestie.>< Small is beautiful ».« On refuse d’être victimes de notre succès, en grossissant comme la grenouille qui veut devenir boeuf.Prendre son temps, être prudent, voir à long terme», aligne-t-il comme devise de Sioux.À ses yeux, l'Abitibi est appelée à avoir un rayonnement culturel de plus en plus important, mais le temps prend son temps.Le chanteur Richard Desjardins fait connaître la région, le Festival aussi.À Cannes, à Berlin, quand Matte et ses acolytes arrivent, les producteurs ne leur demandent plus.« C’est où l’Abitibi ?».Désormais, ils le savent.au Cinéma Parallèle, du 30 octobre au 11 novembre un film de Peter Mettler adaptation de la pièce de Robert Lepage et du Théâtre Repère .fX ".Mettler est un visionnaire dans le sens le plusitur.(Les Plaques Tectoniques) nous offre une enrffiéte complexe et provenante du , comportement humain" A Martin Siberok et.Steve Kokker, s à 19h00 (supplémentaires les dimanches à 13h00) MANU I l’ACTURING CON! N oam'C h om s k y-a n d.1 h o! Me d f r à 21h00 (supplémentaires les dimanches à 15h00) CRASH PRIX IU ’ PUBLIC OCTOBRE IW EESTIVAL DP STB THERESE HLM l.K PLUS POPULAIRE ifoiinutnucKc ^curt - (-()iiiccnl '-pcrcs - Ontcdct ^Mjili cl ^'tyssimo (Tjroisi Huns ]c nouvcju film de sM I CENTRE-VILLE ms-fw 2001 Université metro McGill b Sot.al Dim.: 105 ¦ 305 - 505 ¦ 705 • 905 Sot: 305 • 505 • 7.05 - 9:06 "COUP DE FOUDRE! SUPERBE! Férocement drôle, diablement sensuel!” - Geneviève Picard, VOIR "'Après l'Amour' va bien plus loin (jue 'Le Déclin de l'Empire Américain - Paul-Henri Goulet, LE JOURNAL DE MONTRÉAL Un film de DIANE KURYS avec ISABELLE HUPERT - BERNARD GIRAUDEAU HIPPOLYTE GIRARDOT CFGL 105.7 l1i^fii"iliiliiY'i-vivimM MARTINI À L'AFFICHE DES LE 6 NOVEMBRE CANNES 1992 GRAND PRIX DU JURY • ET- PRIX OECUMENIQUE III 'D'UNE BEAUTE INDESCRIPTIBLE.À VOIR ABSOLUMENT! — Denise Martel.JOURNAL DE QUÉBEC "EXCEPTIONNEL ET MAGNIFIQUE!" — Christophe D'Yvoire.STUDIO MAGAZINE UN FILM INTENSE ET TOUCHANT: UN MUST!" — Francine Grimaldi.MONTREAL SCOPE LE VOLEUR D'ENFANTS UN FILM DE GIANNI AMELIO Avec ENRICO LO VERSO, VALENTINA SCALICI, GUISEPPEIERACITAN0,FLORENCE DAREL MARINA GOLOVINE Scénario de GIANNI AMELIO, SANDRO PETRAGLIA, STEFAN0 RULLI Producteur executif ENZ0 PR0CELLI Coproducteur BRUNO PESERY Producteur ANGELO RIZZ0LI yf/fr A L'AFFICHE! & if ;]i]j J Jy [f £l«l 1 Tcw le.|oun: 2 00 • 5.00 - 720 • 9:40 «Un regard PASSIONNANT d’Ingmar Bergman.Tous les acteurs sont IMPECCABLES.» Sertie Dussnull lu Presse FILM EN ATTENTE DE CLASSIFICATION « Destiné à répéter le MIRACLE de f’anny et Alexandre ! » Screen Inlcnnitnnial «Un divertissement SUPERBE qui provoque un PLAISIR IMMENSE.Une expérience vous recommanderez autant à vos enfants qua vos parents.» the Village Voice UNE PRÉSENTATION D’INGMAR BERGMAN un film de BILLE AUGUST CINÉMA Un film grugé par l’esthétique de la pub The Lover/L’amant Dè Jean-Jacques Annaud.Avec Jane March, Tony Leung, Frédérique Mélninger, Arnaud Giovanetti et la voix de Jeanne Moreau, en anglais et en français.Scénario : Annaud et Gérard Brach, d'après Maarguerite Duras.Irôage : Robert Fraisse.Musique : Gabriel Yared.France, 1992.Alain Charbonneau DEPUIS SA SORTIE en France, en janvier dernier, la critique prend un malin plaisir à tirer à bout portant sür The Lover encouragée par les sautes d’humeur du réalisateur Jean-Jacques Annaud et du producteur Claude Rerri, qui y sont même allés de leurs menaces dans le cas où le film ferait un flop commercial.Il est toujours plus drôle d'aiguillonner quelqu’un qui réagit au fer de lance.Le jeu est devenu un rituel, les critiques se passent le témoin, et c’est à qui enfoncera le plus profondément le clou dans les chairs molles de cet Amant qui n’a rien de magnifique, ni d’ailleurs de très durassien.La carrière de Jean-Jacques Annaud se résume à la recherche longue et entêtée d’un langage international.Le plus exportable des cinéastes français de l’heure a commencé par apprendre le paléolithique supérieur pour La guerre du feu.Puis, avec L’Ours, il a maîtrisé les mille et unes inflexions des grognements de la bête.Pour enfin se rendre compte que c’est l’anglais, plus courant et forcément plus rentable, qui ramènerait l’ordre au sein du chaos babé-lien des langues.Le tollé de protestations qui accompagne The Lover, film français de fond et de fonds mais tourné en anglais, est évidemment bien justifié, mais il ne faudrait pas oublier qu'il ne s’est trouvé personne pour faire le reproche à Annaud lorsqu'il fit subir le même traitement au roman d'U mberto Eco, Le nom de la rose.La langue française serait-elle plus sacrée, plus intouchable que l’italienne ?The Lover est une affaire de digestions, au pluriel.Digestion, d’abord, du roman autobiographique très « goncouru » de Marguerite Duras, dont Annaud et son scénariste ont bien mâché la matière pfin qu’une fois restituée, elle puisse entrer sans accroc dans le cadre astiqué de la super-production de luxe.Tout y est, donc, mais abusivement réduit, simplifié, haché.Duras ne s’y est pas trompée et c’est sans doute pourquoi elle s’est sentie obligée de desavouer le film.Digestion, ensuite, de l’image et de la mise en scène par l’esthétique de la pub, qui, si ça continue, colonisera le cinéma tout entier.Le résultat est tout simplement inintéressant.Filmées en fin de tour- Erin Grey.En français le 4 s novembre.i L’histoire d’une romancière en vacance pour compléter son dernier roman et d’un chirurgien-philatéliste intéressé par un couple de statues illustrant les danseurs du Mozambique, qui, si elles étaient réunies par le même propriétaire, feraient de lui l’homme le plus riche du monde.Justement, la statuette mâle est à vendre au village.AGENT DOUBLE Film d’action réalisé par Bill Duke, t • avec Larry Fishburne et Jeff Goldbloom.Simultanément le 4 novembre.* Un agent secret se sert d’un avocat ' spécialisé dans la défense des trafiquants de drogue pour traquer ' ' et abattre un caïd.TIMESCAPE Film d’aventure avec Jeff Daniels et • Emilia Crow.lin anglais le 4 novembre.-*i Il revient du futur dans le but de sauver son enfant d’un passé cauchemardesque.C’est pas violent, 1 pas vilain." L’Amant, un film de Jean-Jacques Annaud, avec Jane March et Tony Leung.nage, les cinq grandes scènes d’amour ont sans doute été conçues en début de scénarisation, car on sent qu’elles forment le coeur du film et que c’est autour et à partir d’elles qu’on a élaboré le reste, en essayant de combler les vides — qui restent désespérément vides.Cinq scènes épicées sans l’être vraiment, servant de baromètre à la passion interdite qui lie, sur fond d’ordre colonial agonisant (le Viêt-nam des années 30), la petite Marguerite (Jane March) et le jeune héritier chinois (Tony Leung).Cinq scènes, baignées dans une lumière froide et métallique qui anesthésie les corps et crie le stéréotype, et occupées par les peaux jaune et blanche qui ne signifient rien de la transgression et de ses rapports avec le désir, mais rappellent plutôt les plages telles que les pubs de club Med nous ont habitués à les voir.Seule la voix off de Jeanne Moreau échappe au désastre, qui introduit l’écart temporel qu’il faut entre les épisodes et leur récit.et, malgré elle sans doute, l'écart qualitatif entre une actrice qui sait lire et un réalisateur qui ne sait pas tourner.Mais ce qui gêne le plus, ce n'est pas le film — qui à la limite peut passer pour un simple produit commercial bien asticoté — mais le matra- L’Écosse, cette inconnue • i 4 f Francine Laurendeau DANS SA CHRONIQUE du mercredi, Alain Charbonneau signalait la rétrospective écossaise présentée par la Cinémathèque québécoise cette semaine, nous invitant à faire table rase de nos clichés — le kilt, la cornemuse, le monstre du Loch Ness — pour aller à la rencontre d’un cinéma que nous connaissons mal.Et il est vrai que, parce que des noms écossais parsèment les rues de Montréal (McGill et McTavish) et l’histoire du cinéma (John Grierson et Norman McLaren), parce que notre folklore est teinté de folklore écossais, parce que la Grande-Bretagne n’est pas si loin et parce que la langue anglaise n’a pour nous rien d’exotique, il est vrai dis-je que l’É-cosse peut nous sembler vaguement familière.Et c’est peut-être pour cela que, dans un festival, on aurait plutôt tendance à aller à la découverte de cultures franchement lointaines et dépaysantes.Le Kazakhstan attire plus que TÉcosse.D’autant plus que les films écossais ne sont pas toujours facilement identifiables.De même que les films québécois sont étiquetés « Canada » à l’étranger, les films écossais se promènent dans les festivals sous le label « Grande-Bretagne ».Et comme TÉcosse ne produit guère en moyenne que trois longs métrages de fiction par année, ce n’est pas l'abondance.Tout cela pour vous signifier que l’occasion offerte par la Cinémathèque est rare et se termine aujourd’hui avec Ticket for the Zoo et The Holy City.Les films ne sont pas sous-titrés et l’accent, je vous préviens, est gratiné.Mais à la guerre comme à la guerre.Et puis on s’habitue.Ticket for the Zoo De Brian Crumlish, 1991.À 18h30.À Edimbourg, deux jeunes gens (lé ' frère et la soeur) n’arrivent pas à se' loger convenablement parce qu’ils-sont mineurs et orphelins.Le garçon tente de rester dans le droit chemin, a il travaille, il est honnête.Jolie et trop crédule, la fille est plus facilement exploitable.Lorsqu’elle se re-' trouve enceinte, et comme de bien entendu abandonnée par le père, l’indéfectible amitié de son frère et d’un copain moins recommandable viendront à son secours, mais trop tard.Une promenade à travers les rues d’Edimbourg, son zoo, ses quartiers pauvres.Un regard naïf, une narration un peu gauche.Un constat d’échec social, un film somme toute attachant.The Holy City De Bill Bryden, 1986.À 20 h 30.NOUS SOMMES cette fois à Glasgow, autre grande ville écossaise.La détresse économique est profonde.Un homme se lève de la multitude pour prêcher l’espoir.Ses thèmes sont repris par les chanteurs populaires, ses discours sont commentés , dans les pubs et chez le barbier.Il est ; flanqué de douze disciples et, après son arrestation, un aveugle racontera à un habitué du pub par quel mi- > racle il a retrouvé la vue.Ce n’est • pas tant la parabole, transparente, ¦ qui séduit dans ce film que sa narration très personnelle, son style énergique, ses étonnants partis pris • d’éclairage, ses angles dérangeants, > le jeu dense des comédiens presque tous masculins.Et, en leitmotiv, le i paysage de l’immense chantier ma- > ritime immobilisé par la crise, avec • ses grues figées, silhouettes hallucinantes.« L’oeuvre maîtresse de Bryden au cinéma », a écrit Ian Lokerl-bie.FILMS VIDEO Y ves d’Avignon HORIZONS LOINTAINS Drame de Ron Howard avec Torn Cruise et Nicole Kidman.Simultanément le 4 novembre.Pour qu’ils puissent compléter leur rêve, il leur aurait fallu tout un continent.Un jeune couple d’Irlandais décide de quitter leur pays d'origine pour aspirer au bonheur en Amérique.LA NUIT DES FAUVES Thriller produit par Niki Marvin avec Kathleen Quinlan et Timothy Busfield.Simultanément le 4 novembre.Un jeune couple fait l’acquisition d’une maison de campagne isolée, sans en connaître son passé éloquent.À éviter, si vous n’aimez déjà pas les chats.LES DANSEURS DU MOZAMBIQUE Thriller réalisé par Philippe Lefebvre avec Thierry Lhermitte et quage promotionnel qui accompagne sa sortie.Au Québec, on Ta échappé belle, mais rien n’a été ménagé en France pour que le film d’Annaud occupe l’espace médiatique : publicité monstre, publication d’un album-photos, séances de signature, conférences, etc.Il y a de l’imposture sous ce remue-ménage sans précédent, qui vise à convaincre tout le monde que le cinéma français en 1992, c’est L’a- mant, ou alors Indochine.Décidément, ce pauvre Truffaut doit se re-, tourner dans sa tombe.Le pire, c’est que s’il revenait parmi nous, il ne pourrait même plus pester contre la,j qualité française, car la qualité française a compris, elle s’exprime aujourd’hui dans la langue de Shakes-peare, qui est aussi, malheureusement pour elle, celle du commerce ej., de l’entrepreneurship.“ < i ^^64:D Le Devoir, samedi 31 octobre 1992 ¦ C-5 le cahier du i • ameai CINÉMA L’horreur New York, du côté de l’ombre Dana Delany et Willem Dafoe dans Light Sleeper.Light Sleeper Réal et scénario : Paul Schrader.Avec Willem Dafoe, Susan Sarandon, Dana Delany, David Clennon, Mary Beth Hurt, Victor Garber.Image : Ed Lachman.Musique : Michael Been.États-Unis.En v.o.anglaise au Rialto.103 min.Odile Tremblay PLUS QU’UN SUSPENSE, plus qu’un drame, Light Sleeper est un film sur la ville de New York, cité sans voiles aux huit millions d’histoires, comme précisait une défunte télésérie.Ville que chaque cinéaste réinvente à sa manière, d’Allen à Scorsese.Ici, sous le regard de Paul Schraeder, c’est le New York souterrain qui se réveille, côté ombre, pi-queries clandestines, bars privés où les clients doivent montrer patte blanche, où la « coke » circule a flot, et les revolvers se vendent au fort prix, mais en parfait état de marche, où l’on consulte des liseuses psychiques pour voir clair dans sa propre aura.À travers ce film rythme, presque incantatoire, joué avec une grande force d’images sur une pulsion musicale, mais où Schrader a édulcoré le côté sinistre pour le rendre quand même digestible, New York émerge de ses ruelles remplies de poubelles débordantes, de ses arrière-cours et de ses boules de cristal.L’Américain Paul Schrader est un cinéaste très versatile.Avant de devenir réalisateur, il a signé un grand nombre de scénarii dont le moins célèbre n’est pas celui de Taxi Driver de Scorsese ou le The Yakuza de Sydney Pollack.À titre de cinéaste, on lui doit notamment l’hallucinant Cat People, un film sur la vie de l’écrivain Mishima, et dernièrement le suspense érotique The Comfort of Strangers.Dans Light Sleeper, il s’èxprime soudain avec une voix beaucoup plus personnelle.John (Willem Dafoe) est un petit vendeur de drogue à la solde d'une dame mystérieuse et excentrique, Ann (Susan Sarandon), une sorte de « marraine » pour ses adjoints qui ne se connaissent pas d’autre famille.John vit en attente d’un appel des clients, livre sa marchandise, disparaît dans la nuit.À 40 ans, il regarde derrière lui, aspire à trouver quelque part une raison de vivre, dans son passé peut-être.Autrefois, il a vécu une histoire d’amour avec Marianne.Voici qu’un soir de pluie, il la croise à nouveau, revenue à New York au chevet d’une mère malade.Mais la revoir, c’est remettre en question sa propre existence.Elle ne touche plus aucune drogue, refuse de renouer avec son ancienne vie.Jusqu’au jour où sa mère meurt, et où pour elle tout bascule.Un écart qui lui coûtera la vie.Le film explore un univers parallèle donc, avec ses agents doubles, ses traîtres et ses tueurs, ses filles bourrées d’héroïne que tout le monde exploite, ses « deals » à la petite semaine, ses réglements de compte.Malgré son habituelle dégaine un peu égarée, Dafoe apparaît trop en santé pour le rôle, rassurant le spectateur finalement, avec son physique d'athlète.Dans la vraie vie, les gens du milieu ont l’air moins propre et plus paumé.Susan Sarandan joue toujours à merveille les femmes maléfiques et inquiétantes.L’étrangeté de sa personne naît beaucoup de ses yeux un peu exorbités qui lui donnent un regard presque fou, marié à la force et à la souplesse de son jeu.Le film la consacre comme une des actrices américaines les plus intéressantes de l’heure.Cela dit, elle demeure ici impeccable d’élégance et de beauté.Schrader n’a manifestement pas osé explorer les vrais dessous sinistres de New York.Malgré les meurtres, malgré certaines scènes choc, comme la replongée d’une Marianne hagarde dans les drogues dures, son film reste en général décent et « tous publics ».Choix commercial ?Le vrai sordide n’est pas au rendez-vous.Mais le cinéaste a donné à Light Sleeper un traitement nerveux qui colle bien au sujet.Le montage rapide colle bout à bout les scènes brèves qu’une musique de suspense ponctue, comme il se doit aux mo- ments chauds.On suit les courses du vendeur de poudre blanche à travers la ville nocturne, avec arrêt dans les suites royales de grands hôtels, puis dans une piaule sinistre, un restaurant de luxe, une appartement de Soho, un bar de Harlem.Comme un livreur de pizza, John voit défiler tous les New York.« L’underground » de Night Sleeper n’est plus un quartier de le ville, mais une pieuvre tentaculaire qui s’étend sur toute l’ile de Manhattan, de bouge en palace, comme s’étend l’empire de la drogue, finalemement.Malgré une fin rédemptrice un peu agaçante dans la grande émotion de l’amour retrouvé, et un parti-pris vaguement esthétisant sur un sujet glauque, le film pose un vrai regard contemporain, rapide et nerveux sur cette cité sans voile qui vibre à l’écran, comme elle vibrait sur quatre roues dans le Taxi Driver de Scorsese que Schrader a scénarisé.On assiste à une oeuvre de mouvement, et un regarde un vrai portrait de ville.Une fable Il Ladro di bambini (Le Voleur d’enfants) Ecrit et réalisé par Gianni Amelio, avec Enrico Lo Verso, Valentina Scalici, Giuseppe leracitano, Florence Darel, Marina Golovine, Fabio Alessandrini, Rénato Carpentieri.Image: Tonino Nardi et Renato Tafuri.Son: Alessandro Zanon.Musique: Franco Piersanti.Italie, 1992.110 minutes.En version française: Complexe Desjardins.Francine Laurendeau IL LADRO DI BAMBINI ( Le Voleur d’enfants) n’est pas de ces films que l’on « vend ».Je n’ai pas envie de vous démontrer que Gianni Amelio, réalisateur depuis 1971, a suivi un long chemin d’épuration qui l’a mené à ce « petit » film apparemment simple qui renoue avec les grandes traditions du cinéma italien, avec le Rossellini d'Allemagne, année zéro, avec 1’Antonioni de L’Avventura et même, pour une séquence, le Fellini de La Strada.Les premières images sont impressionnantes de vérité et de pudeur.Dans une cité-dortoir en périphérie de Milan, une mère essaie de se débarasser de son petit garçon.Elle lui donne des sous: « Va t’acheter une glace, disparais ! » Puis, à travers une porte, d’une voix susurrante, elle dit des gentillesses à sa petite fille que l’on ne voit pas.Ce que l’on voit, c’est le regard fermé de Luciano, qui a dix ans et qui se sent exclu d’une histoire « de femmes » qu’il ne comprend pas.Quand il revient vers l’appartement, c’est pour croiser la police qui emmène sa mère et Rosetta, sa soeur de onze ans.Depuis deux ans, la mère prostituait la fille.Tandis qu’en prison, elle atttend son procès, Antonio, jeune carabinier calabrais, est chargé de conduire les deux enfants dans un foyer religieux à Civitavecchia, près de Rome.Il rouspète.Le prend-on pour une assistante sociale ?Mais c’est un brave type et il accomplit correctement sa mission.Le problème, c’est qu’à Civitavecchia, les autorités ne veulent pas de Rosetta, c’est une prostituée après tout, elle pourrait corrompre les autres.Prétexte du refus: la fillettle aurait besoin d’une aide spécialisée.Antonio doit donc cette fois acheminer le frère et la soeur vers un institut situé en Sicile, c’est-à-dire à l’extrémité sud de l'Italie.Au cours d’un long voyage en train, puis en voiture, le carabinier et ses deux protégés vont tranquillement s'apprivoiser mutuellement.Mais les supérieurs du jeune homme refuseront de comprendre pourquoi avant de conduire Rosetta et Luciano vers cet institut — que les enfants appréhendent déjà comme une prison — Antonio a tenu à leur ménager quelques moments de détente, de chaleur, de tendresse.Cette petite vacance à trois sera perçue comme une désertion.Mais on sent que les enfants se souviendront longtemps de ces heures heureuses.touchante Rarement un film aura réussi à être aussi fort et aussi authentique avec une telle économie de moyens.Les acteurs sont les personnages, particulièrement les deux enfants mal aimés.La fillette est désarmante, avec son besoin d’intimité et son obsession de propreté.Mais c’est surtout le gamin qui intrigue et qui inquiète.Fermé comme une huître, il refuse de manger et de parler, il a des problèmes respiratoires, son regard est comme tourné vers l’intérieur.Et imperceptiblement, d’abord avec la grand-mère, puis au bord de la mer avec Antonio, il s’ouvre, il réapprend à sourire et c’est très émouvant.Portrait intimiste, sensible et attentif, voyage à travers une Italie anti-touristique et vibrant réquisitoire social, Il Ladro di bambini est un film important, un film à voir absolument.J'ose à peine vous dire où le bât blesse: c’est doublé en français.Il Ladro di Bambino, un film de Gianni Amelio.N A l Théâtre musical Salle multimédia du Musée d’art contemporain de Montréal La Trahison Orale 6-7 novembre, 20 heures Épopée musicale sur le diable pour 7 musiciens et 3 comédiens Le NEM - La Tarasque - Le Théâtre UBU Uariété 11-12 novembre, 20 heures 9 numéros pour 6 musiciens et artistes de cirque ATMC - Zakouski Concerts Cinquième Salle de la Place des Arts I898 5 novembre, 20 heures Les musiciens du NEM, direction : Lorraine Vaillancourt Zuiei fl ht e Théâtre instrumental pour harpe et saxophone Oressur 13-14 novembre, 20 heures Pour 3 percussionnistes et instruments «originaux» avec mise en scène Phantasiestiich Les musiciens du NEM, direction : Mauricio Kagel La Rose des uents [Osten 0 Südosten 0 Rordosten8 Süden] Les musiciens du NEM, direction : Mauricio Kagel IBPilms ° uideosen retrospective Musée d’art contemporain de Montréal, entrée libre 8-10 nov., 14 heures et 20 heures, 9 nov., 20 heures Rencontres avec IRauricio Ragel Musée d’art contemporain de Montréal, entrée libre 5-14 novembre, 17h30 Repetitions publiques Entrée libre.Places limitées.Sur réservation seulement.4-8-9-10-11 novembre Info Kagel 92: 514-343-5962 Billetterie: 514-847-6212 le nouvel ensemble moderne la faculté de musique de l’université de montréal musée d'art contemporain de montréal goethe institut montréal • société radio-canada théâtre ubu • la tarasque LE DEVOIR sophistiquée Hellraiser III: Hell on Earth (Le* Ecorchés) D'Anthony Hickox, avec Terry Farrell.Doug Bradley, Paula Marshall, Kevin Bernhardt, Ken Carpenter, Peter Boyton, Aimee Leigh.Ashley Laurence Scénario: Peter Atkins et Tony Randel, d'après les personnages créés par Clive Barker Image: Gerry Lively Direction artistique: Steve Hardie Musique: Randy Miller.USA, 93 minutes.En version originale: Palace.Laval, Dorval, Du Parc.En version française: Laval, Eaton, Versailles, Plateau, Omega-Longueil.Francine Laurendeau LE DÉBUT est captivant.Dans une étrange galerie d’art, le jeune et beau J F.(Kevin Bernhard) est attiré par une sculpture.Il s’agit d'une colonne singulièrement ciselée, composée de torses et de visages douloureux, inextricablement emmêlés.On dirait des suppliciés pétrifiés dans le marbre.C’est à la fois troublant et fascinant.Malgré de bizarres circonstances — qui auraient dû lui mettre la puce à l’oreille — le jeune homme achète la statue.Un peu plus tard, la jeune et belle Joey (Terry Farrell), reporter télé en service à l’urgence d’un hôpital, voit entrer, poussée à vive allure et dans un macabre cliquetis de chaînes, une civière portant un garçon que l’on devine atrocement blessé et qui ne survivra pas.Une jolie fille paumée le suit.C’est Terri (Paula Marshall).Subodorant une histoire terrible, Joey propose un reportage à son rédacteur en chef qui rit d’elle.« Nous sommes à la télévision: pas d’images, pas de reportage ».Piquée au vif, la jeune femme se prend au jeu, décide d’élucider toute seule cette ténébreuse affaire et part en quête de Terri.Elle la trouve au Boiler Room, luxueux night-club au décor sado-maso dont le propriétaire est nul autre que notre J.P.du début qui loge au dessus de sa boite et qui a installé chez lui l’inquiétante statue, de plus en plus inquiétante du reste.Car une tête émerge peu à peu du monolithe.C’est celle d’un redoutable prince des ténèbres (Doug Bradley) qui, ravivé par le sang de ses victimes, finit par se dégager complètement de sa gangue.« What the hell is going on ?» demande l’un.« Eh bien justement, HELL is going on», répond l’autre.Oui, l’enfer régnera bientôt sur terre si on ne désarme pas l’ange noir (surnommé Pinhead par le vulgaire) et ses disciples, les sulfureux cénobites.Au bout de ses recherches, Joey ne sera donc pas au bout de ses peines et devra affronter le Mal en un ultime combat avant d’enterrer, pas assez profondément à mon gré, un autre objet maléfique, véritable boite de Pandore dont une possible réapparition pourrait bien nous valoir un Hellraiser IV.D’abord présenté au Festival de cinéma fantastique, Hellraiser 111 est désormais accessible dans quelques salles montréalaises à ceux et celles qui ne sont pas allergiques aux film d’épouvante.Oui, il y a de l’horreur et du sang, mais Anthony Hickox n’abuse pas des effets spéciaux et des sensations grand-guignoles-ques.L’histoire qu’il raconte est une histoire à coulisse, je veux dire que parallèlement à la situation décrite plus haut, se greffe la dimension onirique qui fait glisser Joey vers un autre monde — d’où l’appelle son père, disparu au Vietnam — et qui, par la périlleuse traversée d’une fenêtre (en une séquence qui rappelle Orphée franchissant le miroir), la transporte de l’autre côté du temps, là où se nouent et se dénouent les pactes infernaux.On sait que Clive Barker, célèbre écrivain « gothique » anglais souvent comparé à Stephen King, a inventé toute une mythologie et tenu à réaliser lui-même l’adaptation de sa nouvelle Hellraiser, en 1987.Ce sont ses complices Peter Atkins et Tony Randel qui, avec plus de moyens, respectivement scénariste et réalisateur, allaient approfondir en un Hellraiser II les thèmes esquissés par Barker.Pour cette troisième mouture, on retrouve au générique — cette fois ils sont tous deux scénaristes — les noms de Peter Atkins et Tony Randel.Tout ça pour dire que ça semble rester dans la famille, que ça risque moins de se dénaturer, d’une suite à l’autre.Le Tome Trois se voit donc avec plaisir.IntelUgement construit, ménageant d’efficaces ellipses mais aussi de superbes plages, comme la première apparation de la statue, pivotant mystérieusement au son d’une musique envoûtante, ou ce paysage dantesque de chaînes et de cadavres dans le Boiler Room dévasté par Pinhead.L’épouvante est ici artistique et sophistiquée.Les personnages sont consistants et peu banals, souvent drôles, même dans l’horreur, comme la métamorphose de ce caméraman devenu cénobite, monstrueuse métaphore, vivant ciné-oeil.Ou la pauvre Terri qui, vagabondant d’un amant à l’autre depuis l’âge de quinze ans, n’a jamais mis les pieds dans une cuisine.Devant le désastre qu’elle crée dans celle de Joey, piteuse, elle s’excuse par un assez désopilant : « I am a kitchen virgin ».Bref, Hellraiser III mérite le détour.AVIS AUX ARTISTES PROFESSIONNELS EN ARTS VISUELS CONCOURS NATIONAL D’INTÉGRATION DES ARTS À L’ARCHITECTURE PROJET: PAVILLON DES SCIENCES MATHÉMATIQUES ET INFORMATIQUES DE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL Créer un ensemble de deux œuvres dont les noyaux correspondront aux deux courettes A et B aménagées à l’extérieur du Pavillon.Tous les éléments des œuvres seront fixes et l'ensemble produira un effet de contraste avec les matériaux de l’édifice.Les œuvres ne devront d’aucune façon entraver la circulation piétonnière et automobile.BUDGET: 191 000 $ pour la conception et la réalisation.Un jury retiendra cinq (5) candidatures parmi celles qui seront soumises.Les finalistes seront invités à présenter un concept des œuvres proposées.Une somme de 4 000 $ sera allouée à chacun pour préparer la présentation du projet.Les montants indiqués incluent toutes les taxes.CONDITIONS D’ADMISSION • Être un artiste professionnel ou une artiste professionnelle travaillant dans le domaine des arts visuels.• Avoir la citoyenneté canadienne ou le statut d’immigrant reçu et résider au Québec depuis au moins un an.• Informer le Ministère par écrit, avant le 11 décembre 1992, de son intention de participer au concours.• Fournir un curriculum vitæ et dix (10) diapositives de ses réalisations majeures les plus récentes.Faire parvenir son dossier au: Secrétariat de l'intégration des arts à l’architecture 225, Grande Allée Est Bloc B, 3e étage Québec (Québec) G1R5G5 Pour renseignements: Marielle Carbonneau (418) 643-1678 Gouvernement du Québec Ministère des Affaires culturelles Québec a a a C-6 ¦ Le Devoir, samedi 31 octobre 1992 le cahier du i&üüii ¦ il:/ , i'i' IlftttMH LE CALENDRIER DES ÉVÉNEMENTS MUSICAUX AVENIR mmÊMÊ i»|M§ "¦ PHOTO JACQUES GRENIER fi Salle Wilfrid-Pelletier U U Place des Arts minic Champagne, Jean-François Caron, Jean-Frédéric Messier, Michel Monty, Normand Canac-Mar-quis et Gilbert Dupuis (ces deux derniers faisant figure d’aînés) ont en effet repris le chemin d’une dramaturgie de la dénonciation et de la remise en cause du statu quo sociopolitique.Il s’agit là d’un courant qui rappelle, par la vigueur de sa critique sociale, à l’égard notamment des baby boomers vieillissants, celui des fameux « Angry Youg Men » de l’Angleterre des années cinquante ou, plus près de nous, des dramaturges américains désenchantés des années Nixon.Il est sans doute trop tôt pour juger de la « profondeur » historique de ce mouvement qui, faut-il s’en étonner ?, s’est réfugié dans les petites salles, forcément en marge des circuits un peu beaucoup ronronnants des théâtres établis, qui restent bien à l’abri de leurs clientèles captives .C’est à ce contexte dramatur-gique encore incertain et comme flottant que je pensais avant de rencontrer Gilbert Dupuis dont le Carré-Théâtre, une compagnie de la banlieue sud de Montréal, vient de créer la plus récente pièce au Théâtre de la Ville de Longueuil, hier le 30 octobre.Cette création a pour titre Kus-hapatschikan ou la Tente tremblante et se présente comme « drame social », un genre plutôt casse-gueule par les temps qui courent.L’auteur encaisse ma remarque et il réplique calmement : « C’est là, je pense, la strate la plus anecdotique de ma pièce.La dimension du drame social existe parce que j’ai concentré les événements de l’action au moment où une grève touche une scierie de la Côte-Nord durant les années soixante.Mais j’ai voulu ouvrir mon écriture à d’autres couches de l’expérience humaine, par exemple la relation à la spiritualité telle qu’elle s’exprime chez les Montagnais qui vivent dans cette région immense.» « J’ai construit ma pièce, poursuit l’auteur, comme un puzzle qui serait fait de morceaux d’images à remettre en place, en préservant ainsi une narration chaotique, non chronologique.Ce que l’on verra passe à travers la subjectivité, la mémoire émotive de Lou, une ethnologue partie à la recherche de ses racines amérindiennes, qui sera confrontée à la part d’irrationnel dans sa culture, face à laquelle toute sa science n’est d’aucun secours.» Une grève violente, la cuve fumante de la scierie Bayers, l’écrasement d’un avion, un curé en pleine crise de foi, le meurtre déguisé en accident d’un associé, une lutte chamanique entre Lou et un esprit mauvais du nom d’Atshen que la construction d’une usine en sol sacré a mis sur le sentier de la vengeance : la pièce de Dupuis ne craint pas une construction où s’enchevêtrent les destins d’une dizaine de per- Gilbert Dupuis : « J’ai construit ma pièce comme un puzzle qui serait fait de morceaux d’images à remettre en place.» sonnages, construction qu’il souhaite propice, comme il le dit sans détour, « aux déplacements des certitudes ».Gilbert Dupuis n’en est pas à ses premiers essais du côté d’un théâtre aux résonnances sociales.À sa sortie du Conservatoire de Montréal en 1975, il fonde avec des camarades, finissants comme lui, le Théâtre en l’Air qui deviendra le Théâtre de Quartier en 1977.Il y occupe diverses fonctions artistiques jusqu’en 1984.C’est en 1981 que sa vocation d’auteur —lui qui n’avait écrit jusqu’alors qu’en collaboration — connaît un tournant : il écrit Les Transporteurs de monde, une pièce sur l’univers abrutissant des chauffeurs de taxi.La pièce est saluée par la critique et Participation du Québec aux 2e Jeux de la Francophonie CONCOURS DE CHANSON JEUX DE LA FRANCOPHONIE ARTS ET SPORTS Le ministère des Affaires culturelles annonce la tenue d’un concours à l’intention des auteurs-compositeurs-interprètes.Sont également éligibles les groupes à condition qu'ils soient auteurs-compositeurs-interprètes.Ce concours vise à sélectionner l'auteur-compositeur-interprète québécois ou le groupe qui représentera le Québec au concours de chanson des 2e Jeux de la Francophonie en France, du 14 au 24 juillet 1993.Le choix sera effectué par un jury composé de représentants du milieu québécois de la chanson.Les candidats doivent être citoyens canadiens et posséder un minimum de deux ans de pratique professionnelle.L'offre de candidature devra comprendre un curriculum vitæ accompagné d’un dossier de presse, ainsi que l'enregistrement (démo, cassette ou disque) de deux chansons en français dont le candidat est l’auteur-compositeur-interprète et qu’il propose de présenter aux Jeux de la Francophonie.Le concurrent retenu par le Québec devra s'engager à être présent pour la durée des Jeux, à interpréter deux chansons dans le cadre de ce concours et à participer à des ateliers-animation.Les offres de candidature devront être envoyées au plus tard le 30 novembre 1992 à l'adresse suivante: Concours de chanson des Jeux de la Francophonie Direction de l’aide aux artistes, aux arts visuels et aux métiers d'art Ministère des Affaires culturelles 225, Grande Allée Est, 3” étage, bloc B Québec (Québec) G1R5G5 Pour obtenir les règlements ou de plus amples informations sur le concours, on peut s'adresser à madame Andrée Ruel au numéro (418) 644-7188.I Gouvernement du Québec Ministère des I Affaires culturelles Québec au au elle connaît un grand retentissement dans les milieux concernés.En 1984, Dupuis adapte pour la scène et joue en solo, un peu partout et avec succès, son récit pour enfants, La Déconfiture du docteur Croche.Puis, sans délaisser totalement son premier métier de comédien, Dupuis multiplie les projets d’écriture à partir du milieu des années 80, tant en roman qu’en théâtre.Sa trajectoire d’auteur dramatique se confirme justement avec sa pièce Mon oncle Marcel qui vague vague près du métro Berri, qu’il commence a écrire en 1985 et qui est créée à la salle Fred-Barry en 1990, dans une coproduction des Gens d’en Bas et du Théâtre du Sang Neuf.Dans une écriture qui fusionne un propos hyperréaliste et une langue charnelle et imagée, cette oeuvre intense qui plonge sans merci dans le demi-monde des laissés-pour-compte montréalais et de leurs exploiteurs, révèle un talent arrivé à maturité.La critique se fait dithyrambique et, pour couronner le tout, l'auteur décroche le prix du Gouverneur Général en 1991 à la suite de la publication de sa pièce chez L’Hexagone.Comme pour Mon oncle Marcel.pour laquelle il avait réalisé un spectacle en forme de coup de poing, c’est à Alain Fournier que la mise en scène de la nouvelle pièce de Dupuis a été confiée.«Je reconnais toujours mon univers dans le travail d’Alain Fournier », avance l’auteür.« J’ai suivi les répétitions de ma pièce, mais en silence.En toute confiance.Je ne voudrais pas avoir à mettre moi-même mes textes en scène.J’aurais trop peur de redire dans ma mise en scène ce que j’ai déjà écrit.Ce qui compte, c’est de sentir que le metteur en scène a une sensibilité devant ce que l’on a écrit.» La rencontre a filé.Dupuis s’est montré intarissable au sujet de la culture amérindienne et de cette fascinante cérémonie montagnaise de la « tente tremblante » où s’affrontent mortellement des esprits — ce qui a inspiré directement la scénographie de Mario Bouchard — mais 11 a aussi saisi l'occasion, avant de prendre congé, de faire une sortie rageuse contre les gouvernements incultes qui « traitent les artistes en assistés sociaux.Qui peut vivre décemment avec une bourse d'un an à 12 000$ ?».Il peste aussi contre la TPS fédérale sur les livres qu’il considère être « une insulte cynique à tous les écrivains».C’est peut-être pour cette raison que l’auteur s’est attelé, ces derniers mois, à l’écriture d’un « Cycle des Morts » dont le premier titre, Le Chapeau de plomb, en dit long sur ses étals d’âme actuels .usvhtm de Réjean Bédard, Maureen Martineau, François Roux, ¦^ Yves Séguin : MISE EN SCENE Maureen Martineau CONCEPTION VISUELLE François Roux AVEC Raymond Arpin Réjean Bédard Yves Séguin mns.PARpNOU du jeudi 22 octobre au samedi 14 novembre/20h30 Les billets de la NCT sont aussi disponibles aux guichets du Théâtre d’Aujourd'hui et de La Licorne.la nouvelle compagnie théâtrale salle Fred-Barry THÉÂTRE Façonner une écriture de la névrose Gilbert David ()Ù COMMENCE et où s’arrête rengagement social de l’auteur dramatique ?Il n’y a pas de réponse simple , à cette question.Surtout au Québec.Pendant un certain temps, l’engagement dans notre théâtre a d’abord consisté à plaider pour des « cau-i ses », en prenant appui sur une panoplie d’idéologies en « isme » qui ont fleuri dans les années soixante-dix et dont plusieurs auteurs ou collectifs de création ont volontiers fait leurs .choux gras.Depuis cette époque, le théâtre perçu et pratiqué en tant que tribune a, sauf rarissime exception, pris le chemin des oubliettes.Et il n’y a guère que Michel Tremblay et Réjean Ducharme — dont le silence dramaturgique est, hélas, persistant — à avoir traversé cette période sans encombre jusqu'à nos jours, le premier en proposant, puis en approfondissant sa synthèse artistique d'une vision socioculturelle nourrie d’archétypes et d’un langage dramatique original, le second en déposant des petites bombes dans la bonne conscience ambiante.À la suite du « Non » au référendum de 1980, une nouvelle génération d’auteurs — avec les Chaurette, Dubois, Bouchard à l’avant-scène — a braqué ses projecteurs sur d’autres malaises de la société québécoise, de manière plus introspective qu’explicative, plus oblique que directe, à travers une dramaturgie moins soucieuse de convaincre que de déstabiliser les vieilles certitudes concernant l’identité individuelle faussement homogène, la marche funèbre du monde occidental et la représentation théâtrale elle-même, coincée dans les apories du modernisme.Ces enfants de la Révolution tranquille, contrairement à la plupart de leurs prédécesseurs dans la quarantaine, n’ont donc pas cherché à imposer des messages précis, mais à inventer des mondes abandonnés à leurs forces centrifuges, à façonner une écriture de la névrose et à s’engager de plain-pied dans les dédales du langage dramatique.Cette démarche qui n’a pas été aussi dépolitisée qu’on l’a dit (moi compris) chez tous ces nouveaux auteurs — et en particulier du côté de la dramaturgie féminine — n’a pas empêché l’émergence d’une autre approche, sur le versant social du théâtre, vers la fin des années quatre-vingt.Des auteurs comme DO- LES IDEES HEUREUSES CONCERTOS BAROQUES CÉLÈBRES J.S.BACH • G.P.TELEMANN • ANTONIO VIVALDI Et, en première nord-américaine, un concerto inédit de Jean-Jacques Naudot ainsi qu'une oeuvre du contemporain Ezra Laderman Samedi 7 novembre, 20h Église Erskine and American, angle Sherbrooke O.et du Musée Adultes 18$ - Étudiants et âge d'or 10$ Carte forfaitaire : 4 entrées au choix : 54$ • 30$ Renseignements : Marie-Nathalie Houle, 463-4500 QUEBEC-CANADA ARRA YMUSIC à la SMCQ Un panorama de musique canadienne Des créations de Christopher Butterfield et Michel Gonneville Jeudi 12 novembre, 20h, Mlle Pierre-Mercure Réservations : 524-4526 Billets: 195, 11,505 ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONT-ROYAL Brahms : Concerto pour piano no 2, op.83 Soliste : Richard Raymond Gagnant du Concours international de piano de Montréal 1992 Beethoven : Symphonie no 3 op.55 Héroïque Direction : Jacques Faubert Vendredi 6 novembre, 20h Salle Claude-Champagne, 220, av.Vincent-d’Indy, Outremont Renseignements : 735-9578 Billets : 20$ - 16S - 12$ 1777, bout.Graham, VMR; Trust Général, Centre Rockland; TickctMaster 790-1111 Les Arts du Maurier Liée présentent le CONCERTGALA DU CONSERVATOIRE DE MUSIQUE DE MONTRÉAL Lundi 2 novembre à 20 Heures Entrée libre* L'Orchestre symphonique et la Chorale du Conservatoire de musique de Montréal, avec la participation des anciens de l'institution et des choeurs des Conservatoires de musique de Québec et de Hull, interpréteront: LE DIABLE DANS LE BEFFROI J.Vallerand CANTATE POUR UNE JOIE P.MERCURE SYMPHONIE NO 3, OPUS 78 EN DO MINEUR C.SAINT-SAËNS Sous LA DIRECTION DE RAFFI ARMENIAN et de Louis lavigueur Gouvernement du Quebec Ministère des Affaires culturelles », ans ; DK \tl suit V Vo,\TRF>^ *|L est toutefois nécessaire de se procurer des billets à la BILLETTERIE DE LA PLACE DES ARTS DÉS MAINTENANT.PRO MUSICA LE QUATUOR STAMITZ de Prague Oeuvres de Haydn, Dvorak, Smetana iAtndi 16 novembre, 2Oh, ulle Maisonneuve de U Place des Arts Billet*: 20$, 15$ (ét.10$) taxes incl.plus frai* redevance PTM Pro Mu*ica : 845-0532 Place des Am 842-2112 Avec la collaboration de HOECHST et CELANESE AOMQ Association des organismes musicaux du Québec EN COLLABORATION AVEC LE DEVOIR ET COOPÉRATIVE '"LES NUAGES" « Le Devoir, samedi 31 octobre 1992 ¦ C-7 le cahier du t • ameai CLASSIQUE t ' ; Marc-André Hamelin en virtuose exceptionnel Marc-André Hamelin Chartes-Valentin Alkan: Sonate pour piano seul extraite de Douze études dans tous les tons mineurs op.39.Music & Arts CD-724.Carol Bergeron I BRILLANTISSIME, Marc-André Hamelin vient de publier, sous l’étiquette américaine Music & Arts, un disque Alkan qui le confirme, sans l’ombre d’un doute, comme un maître absolu du piano.Mais il y a plus encore car la trajectoire ascensionnelle de sa carrière l’amène ici à un point de convergence où l’art qu’il pratique, apparaît comme une synthèse musicienne d’une intelligence, d’une sensibilité et d'un savoir faire hors du commun.À la fois étonnante, émouvante et extravagante, cette gravure attire l’attention sur un fabuleux interprète mais par la même occasion sur Charles-Valentin Alkan, un romantique français aussi singulier qu’en-core très mal connu.Important, son catalogue contient non seulement des oeuvres pour piano seul, piano quatre mains et piano à pédalier (ou orgue), mais encore de la musique de chambre, symphonique, concertante et vocale.Né à Paris en 1813 et mort dans la même ville à l’âge de 75 ans — ville qu’il n’a guère quittée que pour un bref séjour en Angleterre — Alkan fut le contemporain de Liszt auquel il aurait pu se mesurer, eut-il persévéré dans une carrière de pianiste virtuose à laquelle ses dons le prédestinaient.Ami et grand admirateur de Chopin dont il s’inspira au moins dans ses deux cahiers d'Etudes, on l’appela plutôt le « Berlioz du piano », bien qu’aux dires du musicologue Marc Vignal « son style soit plus retenu que celui de son aîné de dix ans ».Ce n’est toutefois pas dans ses Douze études op.39, écrites dans tous ¦ Marc-André Hamelin 11 & % YÆ 1® dm Conservatoire d'art dramatique de Montréal Gouvernement du Québec Ministère des Affaires culturelles Mademoiselle Jaïre de Michel de Ghelderode une production autogérée des élèves de troisième année dirigés par Igor Ovadis du 30 octobre au 7 novembre 1992 à 20 h relâche le 1er novembre au studio-théâtre Jean-Valcourt 100, rue Notre-Dame Est Montréal (métro Champ-de-Mars) Entrée libre avec laissez-passer Pour réservations: (514) 873-9846 Québec U U no L'OPÉRA LJMONTREAL' DE Bernard Uzan Directeur général et artistique et BANQUE NATIONALE présentent ICAPULETIEIMONTECCHI BELLINI (Version concert en italien avec surtitres français et anglais) L'histoire de Roméo et Juliette telle que Bellini l'a conçue.cft> Salle Wilfrid-Pelletier Place des Arts Judith Forst Hélène Fortin Le 4 décembre 1992 à 20 h Romeo Giulietta L’Orchestre Métropolitain Billets à 10,15 $, 20 $, 40 $ et 50 $ en vente à la Place des Arts : (514) 842-21 12, à l'Opéra de Montréal : (514) 985-2258 et aux comptoirs Admission : (514) 522-1245 ou 1 800 361-4595 LE PANTHÉON CANADIEN DE L'ART LYRIQUE Le concert sera suivi d’un cocktail au cours duquel madame Judith Forst et monsieur Joseph Rouleau seront reçus au Panthéon canadien de l’art lyrique.Réservez dès maintenant vos billets-bénéfice en téléphonant au (514) 985-2222.Le billet, au coût de 80 $, inclut le billet de concert et le cocktail à la Rotonde du Musée d'art contemporain.Prix de présence : Deux billets d'avion, en classe hospitalité, vers une destination de votre choix desservie par Air Canada.les «tons mineurs» — les 12 autres « dans tous les tons majeurs » portent le numéro d’opus 35 — que cette « retenue » semblera la plus apparente.Songez: l’édition originale ne fait pas moins de 300 pages très tassées, sept de ses numéros formant une Symphonie en quatre mouvements et un Concerto dans lesquels le piano emprunte au gigantisme de l’orchestre « berliozien ».Mais au-delà des apparences, le Concerto op.39 se réclame sagement d’une influence toute classique: sa coupe tripartite reprend la succession vif-lent-vif habituelle des mouvements; Y Allegro initial qui fait à lui seul 72 pages (1.342 mesures) suit malgré tout la « forme sonate » aussi bien à travers l’opposition caractérisée des « formules thématiques », que dans l’utilisation de la double exposition qui, faut-il le rappeler, distingue le genre du Concerto de celui de la Sonate.L’idée même de réduire au seul piano la dialectique orchestre-soliste n’est pas neuve: il suffit de songer au fameux Concerto dans le goût italien BWV.971 dans lequel Bach confie aux deux claviers d’un même clavecin le soin de reproduire les effets contrastés des deux groupes instrumentaux du Concerto grosso italien (le groupe restreint de solistes, le « concertino », et le groupe élargi, le « grosso » ou « tutti »).Après quelques écoutes attentives, il devient possible de distinguer la « préexposition », où le piano se fait orchestre, de l’« exposition » véritable, où le piano redevenu soliste signale sa rentrée par une brillante formule au profil clairement « chopinien ».Musicien français, Alkan ne cacha jamais ses origines juives; sa passion pour l’Ancien Testament et le Talmud l’incita même à traduire la Bible.Or, le Concerto op.39 serait précisément une métaphore musicale du mythe du Juif errant, à la suite d’autres commentateurs, la musicologue française Brigitte Krançois-Sappey démontre que cela expliquerait le choix d'un Concerto sans orchestre, « révélateur de la terrible solitude dans laquelle fut vécu l'inévitable affrontement de l'individu et de la société ».Quant à la logique de l’errance, elle se perçoit musicalement dans l’utilisation d’une cellule mélodique qui pourrait symboliser le « moi » originel du héros, « les progressions modulantes, son itinéraire sans cesse poursuivi, et les haltes des nombreux thèmes nouveaux, ses diverses incarnations au cours des âges ».L’ombre de Chopin se pose encore sur Y Adagio central qui prend une coloration nocturne superbement sensuelle et passionnée, où Eros pousse l’audace jusqu’à provoquer Thanatos.Le troisième mouvement, marqué Allegretto alla barbaresca, abandonne l’atmosphère du Nocture ur celui d’une Polonaise héroïque la Chopin; mais, précise François Sappey, une Polonaise « revue par Liszt, le rhapsode, et par les Brigands de Berlioz ».Démoniaque, ce morceau de bravoure sent véritablement le souffre.Hamelin négocie ces trois Études en forme de Concerto en une cinquantaine de minutes, ce qui indioüe par la même occasion la démesure romantique des proportions.Il lui faut par conséquent une endurance et un souffle prodigieux que ne facilite point l’enregistrement puisqu'il est connu que le pianiste québécois a plus d’une fois réussi ce tour de force en concert.D’une habileté sans limite, il donne aux difficultés les plus monstrueusement redoutables une allure de simplicité absolue, complètement étrangère à la notion d’effort.S’il faut encore parler de virtuosité instrumentale, puisque cette musique en regorge, il convient de souligner que Hamelin évite de pousser son interprétation dans la frénésie de l’exploit sportif ou, comme cela se vérifie chez Cziffra ou chez Horowitz, dans l’euphorie des emportements diaboliques.11 y a chez lui une pudeur qui l’incline partout et toujours à un discours de musicien: pour être fabuleusement vertigineux, son piano n’en demeure pas moins au service exclusif d’un langage musical qu’il vit jusque dans les fibres les plus intimes de son être.| ORCHESTRg SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL CHARLES DUTOIT yes&rndncheS STANDARD LIFE Gunther Herbig, chef Richard Roberts, violon Neal Gripp, alto LIFE JO- \ s__ Dimanche 1er novembre, 14h30 LISZT: Les Préludes MOZART: Sinfonia concertante pour violon ei alto, K.364 J1 DVORAK: Symphonie no S, opus 88 1 Co-Commanditaire: CANADA STEAMSHIP LINES INC BILLETS: 7,75$ 12,25$ 16,50$ LES GRANDS CONCERTS Gunther Herbig, chef Mardi 3 et mercredi 4 novembre, 20h00 BEETHOVEN: Symphonie no 1, opus 21 BEETHOVEN: Symphonie no 8, opus 93 BEETHOVEN: Symphonie no 5, opus 67 Commanditaire3 novembre: m en s.Maureen Martineau, du 22 oct.au 14 nov.— Salle Denise-Pelletier:.Antigone » de Sophocle, m.en s.Louise Laprade, du 15 oct.au 6 nov.THÉÂTRE D’AUJOURD'HUI: 3900 St-Denis, Montréal (282-3900)— .Joie • de Pol Pelletier, m.en s Gisèle Sallin, du 9 au 31 oct., mar.au sam.à 20h 30, dim à 15h.30 THÉÂTRE BISCUIT: 221 ouest St-Paul.Vieux Montréal (845-7306)— .Opéra Fou » spectacle de marionnettes, conception et m.en s.Vladimir Ageev, à compter du 3 oct, sam.dim.à 15h — La troupe Les Voix Ferrées présente» Le jardin suspendu ¦ textes de Tardieu, Cocteau et Ionesco, m.en s.Claudine Tremblay, jusqu'au 31 oct.à 20h.THÉÂTRE CASGRAIN: Collège John Abbott, Ste-Anne-de-Bellevue— Les étudiants du Collège présentent < Rehearsal lor Murder • du 27 au 31 oct.à 20h THÉÂTRE CENTAUR: 453 St-François-Xavier, Montréal (288-3161)— ¦ The Glass Menagerie » de Tennessee Williams, du 29 oct.au 13 déc THÉÂTRE DU COLLÈGE FRANÇAIS: 5210 Durocher, Montréal— Les finissants de la section française de l'École nationale de théâtre présentent • Le cid » de Corneille, du 27 au 31 oct.à 20h„ matinée le 31 oct.à 14h.THÉÂTRE DE L'ESQUISSE: 1650 est rue Marie-Anne.Montréal (527-5197)— Le Théâtre de la Source et le Théâtre de l'Esquisse présentent ¦ Contes du Maghreb et d'Afrique Noire • m en s.Isabelle Villeneuve, le 1er nov.à 13h 30 THÉÂTRE DE QUAT’SOUS: 100 est ave des Pins, Montréal (845-7277)—.Nez à nez » de Benoit Brière et Stéphane Jacques, du 23 nov.au 19 déc.THÉÂTRE DE LA VILLE: 180 est de Gentilly, Lon-gueuil (670-1616)— • Kushapatschikan ou la tente tremblante ¦ de Gilbert Dupuis, m.en s Alain Fournier, du 30 oct.au 21 nov., mar.au sam.à 20h.GRAND THÉÂTRE DE QUÉBEC: Québec-Salle Octave-Crémazie: Le Théâtre du Trident présente ¦ Florence ¦ de Marcel Dubé, m ens.Janine Sutto.du 10 nov.au 5 déc., mar.au sam.à 20h.THÉÂTRE DE L'iLE: Hull- • Fleurs d'acier.de Robert Harling, m en s Hedwige Herbiet, du 21 oct.au 28 nov.THÉÂTRE PÉRISCOPE: 939 de Salaberry, Québec (418-529-2183)— Le Théâtre Blanc présente 1 • Soirée bénéfice pour ceux qui ne seront pas là en l'an deux mille » de Michel-Marc Bouchard, m.en s., Gill Champagne, du 13 oct au 7 nov VARIETES: AGORA DE LA DANSE: 840 rue Cherrier, Mont-1 réal (525-1500)— Montanaro Danse présente Non Angli Sed Angeli.du 27 au 31 oct à 20h.i AUBERGE LE VIEUX ST-GABRIEL: 426 rue St- Gabriel, Vieux-Montréal (878-3561)- Souper-théâtre • L'étoffe et la dentelle > comédie musicale à caractère historique, dans le cadre du 350e anniversaire de Montréal, les ven.et sam à 19h.— Souper-spectacle avec Céline Delisle, les ven.et sam.d'octobre à 18h.30— Le Bistro Saint-Gabriel: Pierre P Belmar, le 31 oct.à 22h.CAFÉ CAMPUS: 3315 chemin Reine-Marie, Montréal (735-1259)— Le Petit Campus: Julie Lebon et Bob Cohen en spectacle, le 31 oct.à 21 h.COLLÈGE LIONEL-GROULX: Auditorium, 100 rue Duquel, Ste-Thérèse— Ciné-famille: L'homme d'Encino, le 1er nov.à 13h.30 ESPACE TANGENTE: 840 Cherrier, Montréal (525-1500)— Les Moitsutoitsous présentent « Chien d'arrêt • chorégraphie de Réal Bossé, du 22 oct.au ' 1er nov.LA LICORNE: 4559 Papineau.Montréal (523-' 2246)— La marche à l'amour, avec Gaston Miron, Pierre St-Jak et Bernard Buisson, du 20 au 31 oct à | 20h30 MUSÉE D’ARCHÉOLOGIE POINTE-A-CAL-LIÉRE: Place Royale, Montréal— Histoire: La crise vue de la cuisine, être ménagère à Montréal dans les années 1930, par Denyse Baillargeon, historienne, le 31 oct.à 14h.MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL: 185 ouest Ste-Catherine, Montréal (847-6226)— Le geste en peinture, peinture automa-tiste en s'inspirant d'oeuvres de Paul-Émile Borduas, les 31 oct et 1er nov.à 13h.et 15h.— 5e Salle, Place des Arts: Films et vidéos: Max Ernst, les 31 oct.et ter nov.à 13h.30 et 16h.MUSÉE DU OUÉBEC: 1 ave Wolfe-Montcalm, Québec (418-643-2150)— Cinémusée Pablo Picasso.peintre, le 31 oct.à 14h.RESTAURANT LE CHANDELIER: 825 Côte Vertu, St-Laurent (748-5800)— Souper-théâtre Le diable à quatre: les 1er, 8 et 15 nov.à 18h.SALLE ANDRÉ-MATHIEU: 475 boul.de l'Avenir, Laval (667-2040)— Les Grands Explorateurs présentent L'Empire des Indes, avec Emmanuel Braquet, jusqu'au 4 nov., lun.au mer.à 20h., jeu.19h., ven.sam.à 19h.et 21h.30, dim.à 13h.30,16b.et 20h SALLE WILFRID-PELLETIER: PDA, Montréal (842-2112)— Les Grands Ballets Canadiens présentent • Coppélia ¦ chorégraphie de Enrique Martinez, le 31 oct.à 20h THÉÂTRE D’AUJOURD'HUI: 3900 St-Denis, Montréal (282-3900)— 0 Vertigo présente La Chambre Blanche, chorégraphie de Ginette Laurin, du 22 oct.au 1er nov.à 20h., le dim.1er nov.à 15h MOTS CROISES DU MONDE HORIZONTALEMENT I.Essentiel au casino.- II.Hommes des neiges.Montrât son savoir-faire.- III.Plus appréciée de l’acteur que du public.Précurseur de l’écologie.- IV.Propriétés privées.Fis un mauvais coup.- V.Pronom.On peut lui conseiller de savoir courir.- VI.Pronom.Ne laisse pas démuni.Met en désordre.Préposition.- VII.Tente d’ordonner les canaux.Mettre dans un triste état.- VIII.Passage non protégé.Servit au relieur.Peut gonfler les cœurs.- IX.Ils doivent être plusieurs pour qu’on donne la comédie.Bienvenu sur l’assiette, incongru sur la tête.- X.Mirent en consigne, le plus souvent.VERTICALEMENT I.Appelle davantage au oui qu'au non.- 2.Connaissent la manœuvre.Voie à grande circulation.- 3.Ville de batailles.Donne des noix.- 4.Le plus grand est requis pour fignoler.Ne craint pas les vols.- 5.On ne comptait plus sur elles.- 6.Service ancien.Grccquç.Voyelles.- 7.Il a été touché.Théologien.- 8.Club.Donnai de nouvelles forces.- 9.Charme.- 10.Vraiment injustes.Note inversée.- 11.On l’a dit rusé.A perdu sa pureté ou a pris du goût, selon l’accent.- 12.Ses habitants disent ainsi.Le puritain le voit partout.- 13.Firent rayonner depuis le centre.SOLUTION DELA SEMAINE DERNIÈRE Horizontalement I.Bobby Fischer.- II.Ulule.Rebuté.- III, Résoudra.Mao.-IV.Eu.Usée.Pair.- V.Amusé.Glin.- VI.Ressui.Ite.- VIL Chas.Planton.- VIII, Rue.Intact.- IX.Attablée.Isc.- X.Tiédeur.Crin.- XI.Ensor-, ccllent.Verticalement I.Bureaucrate.- 2.Oléum.Hutin.3.Bus.Uraètes.- 4.Blouses.Ado.-5.Yeuses.Aber.- 6.De.SP.Luc.-7.Irrégulière.- 8.Sca.Liane.- 9.CB.Pi.Nt.CL.- 10.Humanitaire.11.Etai.Tocsin, - 12.Réorientent. Le Devoir, samedi 31 octobre 1992 M C-11 'a_m s le cahier du t • ameai RESTAURANTS/chronique L’art.culinaire (ou presque) LORSQU K LA CUISINE accède au rang d'art, lorsque la popotte se fait culture, c’est qu’elle nous subjugue et flatte notre cervelle tout autant que nos tripes.Sur ce continent nordaméricain où la gastronomie rime davantage avec bourrelets à habiller que papilles à séduire, on tient la cuisine en haute estime pour autant qu’elle sache reconnaître la place qui lui revient.l’assiette.Dans ce pays à définir, où Fêtes Gourmandes riment avec Marché aux puces, l’Art culinaire subventionné n’est pas pour demain.Cette forme d’art multi-sensoriel en appelle sans doute de notre sempiternelle culpabilité anglo-saxonne ou judéochrétienne (au choix).Le plaisir charnel donne mauvaise conscience à la culture (avec un grand C) et elle le lui rend bien.Lorsqu’un musée, et à plus forte raison un musée d’art contemporain, publicise à grand renfort d’invitations et d'ouverture officielle son restaurant, on est en droit de s’attendre à beaucoup.Le décor est subventionné mais l’assiette, pour notre plus grand malheur, ne l’est pas.La Rotonde, restaurant attitré du nouveau Musée d’Art Contemporain, jouit d’un cadre aux lignes épurées, baigne dans une lumière blanche et épouse les formes cylindriques d’une large cage d’escalier.D’immenses colonnes et un plafond inexistant font de cet espace architectural un faire-valoir plus qu’intéressant.Le mobilier moderne et inusité séduit immédiatement.Woody Allen y tournerait une scène de son prochain film que ça ne m’étonnerait nullement.Le problème est ailleurs, on s’en doute.Ce Perrier « flat », cette méchante baguette encore transie d’un passage au congélateur, ce service décousu, cette crème de légumes salée au point de vous cristalliser la mâchoire, ces bouchées d'inspiration japonaise (huit minuscules roulés maki végétariens pour 9,50$) somme toute ordinaires, sans compter cette salade d’entrecôte (trop cuite) oeuvres comme bon leur semble; on disposera tables et chaises ensuite pour mettre en valeur toiles et sculptures.De surcroît le menu tient lieu de catalogue d’exposition et vous explique la démarche de l'artiste sans compter qu’un plat du soir est élaboré en fonction de ses goûts.Le soir du vernissage les clients paient l’alcool et la maison offre le repas ! Le midi où nous y étions, la crème de légumes tomatée dosait bien l’acidité et le velouté.La terrine maison faite de mousse de brocoli et de mousse de veau et de foies de lapins joue sur deux tableaux et l’équilibre est respecté.Les aiguillettes d’agneau sauce bordelaise sont cuites rosées comme il se doit et servies dans une excellente sauce au vin rouge et champignons sauvages.Des légumes mal réchauffés (ai-je bien entendu la sonnette d’un micro-ondes ?) et des fri- Josée BLANCHETTE Le restaurant La Rotonde.parfumée au gingembre sur laitue vinaigrette, font état d’une méconnaissance fondamentale de la cuisine et d’un appauvrissement culturel sur le plan strictement artistique.Qu’on se le dise, l’art (culinaire) se porte plutôt mal au MAC.Un repas pour deux personnes vous coûtera environ 25$ le midi avant vin, taxes et service.?LA ROTONDE Musée d’Art Contemporain 185 rue Sainte-Catherine O.tél.847-6900 Fermé le lundi.CONTEMPORAIN pour contemporain , je préfère de loin ce nouveau restaurant-galerie où les accrochages se suivent et ne se ressemblent guère.Le tout donne un ton sans prétention au Rang d’Oignons (tout en longueur) et le décor est à la mesure des artistes qui s’y affichent.On leur laisse même le loisir d'installer leurs PHOTO JACQUES NADEAU tes correctes accompagnent le tout.L’omelette campagnarde, garnie de lardons et de champignons, est bien baveuse et savoureuse, accompagnée des mêmes garnitures.La carte des vins se veut brève mais touchante et le pain dans la corbeille est un peu aérien.Des vins au verre sont disponibles.Les desserts proviennent de la pâtisserie l’Oeuf Neuf.Le choco-noix ne goûte ni le chocolat ni le beurre et on le sert bien froid pour lui donner une certaine contenance.Quant au gâteau au fromage et noisettes il a un taux de sucre bien élevé et les noix qui le composent sont légèrement rances.Heureusement qu’un coulis de framboises vient masquer tout ça ! Un repas pour deux personnes vous coûtera environ 25$ le midi avant vin, taxes et service.RANG D’OIGNONS 1101 rue Jean-Talon est tél.278-3603 Fermé le lundi.EXPOSITIONS Ateliers et galeries ARTES: 102 ouest Laurier.Montréal (271-1211)— Oeuvres de Chemiakin, Cullen, Laperrière, Riopelle, Tobiasse, Weisbuch et bronzes de Varalta ATELIER CIRCULAIRE: 40 rue Molière, 4e étage.Montréal— Oeuvres de 5 graveurs Irançais.jusqu'au 6 nov ATELIER-GALERIE LA GUILDE GRAPHIQUE: 9 ouest St-Paul, Montréal (844-3438)— Gravures, collages et pastels de Victoria Edgar, jusqu'au 14 nov.AU BOUT DE LA 20:126A rue Lafontaine.Rivière-du-Loup (418-862-0258)— Oeuvres de Truong Chanh Trung, jusqu'au 15 nov AXE NÉO-7: 205 Montcalm, Hull (819-771-2122)— Oeuvres de Guy Nadeau et Edmond Leclerc, jusqu'au 8 nov.LE BALCON D'ARTS: 650 rue Notre-Dame, St-Lambert (466-8920)— Pleins leux sur L'Archevêque, Ayotle, Lecor, Théberge, Hammond et Bertounesque B-312 ÉMERGENCE: 372 ouest Ste-Catherine, ste 312, Montréal (874-9423)— Installation de Josée Bernard, jusqu'au 21 nov.BELGO BLDG: 372 ouest Ste-Calherine, ste 115, Montréal— Oeuvres de Pascale Poulin et Mireille La-gué, jusqu'au 29 nov.CENTRE D'ART MORENCY: 2180 de la Montagne, Montréal— Exposition thématique, 115 oeuvres de 25 artistes dont Cosgrove, Richard, Bellelleur, Gagnon, Cantin et autres, jusqu'au 8 nov.CENTRE SAIDYE BRONFMAN: 5170 chemin Côte Sle-Calherine.Montréal— Photographies de Edward Hillel.|usqu'au 3 nov CENTRE COMMÉMORATIF DE L’HOLOCAUSTE A MONTRÉAL: 5151 Chemin de la Côte Ste-Catherine, Montréal (345-2605)— Visites guidées sur demande, des expositions, dim.au jeu de tOh à 16h.CENTRE COPIE-ART: 813 est Ontario, Montréal (523-4830)- Artistes de la relève en technologie, 92: Oeuvres de Daigle.Goulet.Morneau el Varela, jus-qu'au 14 nov CENTRE EXPOSITION CIRCA: 372 ouest Ste-Calherine.ste 444, Montréal— Mosaïques et sculptures de Gilbert Poissant, jusqu'au 19 déc.CENTRE D'HISTOIRE DE MONTRÉAL: 335 Place d'Youville.Vieux-Montréal (872-3207)— .Place aux Montréalais • photographies, caricatures bandes vidéo sur les grandes périodes de l'histoire de la ville— Également l'histoire complète de Montréal de 1642 à nos jours, dans des décors théâtraux, du 15 mai au 9 nov DAZIBAO: 279 ouest Sherbrooke, espace 311 C, Montréal (845-0063)— Installation de Sharon Ki-vland, jusqu'au 8 nov ÉDIFICE BELGO: 372 ouest Ste-Calherine, local 424 Montréal— • Re-Voir ¦ les artistes du Symposium Voir de Baie Sl-Paul 1990, jusqu'au 31 oct.GALERIE A PART ÉGALE: 1380 Gillord, Montréal (521-6170)— Oeuvres de Maria Jankovisc, du 18 oct au 7 nov GALERIE D'ART DE BOUGAINVILLE: 4511 St-Denis Montréal (845-2400)- Oeuvres récentes de Cantin, Poissant, Savignac et Vézina.lusqu'au 2 nov GALERIE D'ART LÉONARD ET BINA ELLEN: 1400 ouest de Maisonneuve, Montréal— Une décennie de collection choix d'acquisitions récentes, jusqu'au 5 nov GALERIE D'ART DU COLLÈGE MONTMORENCY: 475 bout de l'Avenir.Laval (667-8821 )— Dessins de Raymonde Jodoin, du 28 oct.au 17 nov GALERIE D'ART DU COLLÈGE ÉDOUARD-MONTPETIT: 100 est de Gentilly.Longueuil (679-2966)— Oeuvres de Nicole Jolicoeur et Marc Laro-chelle, du 3 au 20 nov GALERIE D'ART RELAIS DES ÉPOQUES: 234 ouest St-Paul, Vieux-Montréal (844-2133)— Oeuvres récentes de Lynda Schneider Granalstein, du 27 oct, au 3 nov GALERIE D'ART STEWART: 176 Lakeshore Road, Pointe-Claire— Oeuvres de Luba Genush, jusqu'au 29 nov GALERIE SIMON BLAIS: 4521 Clark ste 100, Montréal (849-1165)— Exposition d'oeuvres de 7 graveurs français, jusqu'au 3f oct.GALERIE BROCARD: 2691 Curé Labelle, Prévost (1-224-4294)— Liquidation en permanence de Ayotte, Cosgrove, Masson, Riopelle et plus de 100 artistes canadiens, ven au dim.de 10h.à 18h GALERIE DU CENTRE: ave Victoria.St-Lambert (672-4772)— Oeuvres de Nicole Lebel, du 28 oct.au 22 nov.GALERIE CHRISTIANE CHASSAY: 372 ouest Ste-Catherine ste 418, Montréal (875-0071)— Oeuvres de Hélène Mugot, jusqu'au 14 nov.GALERIE DARE-DARE: 279 ouest Sherbrooke, espace 311 B, Montréal (844-8327)— Sculptures de Pierre Hamelin— Photographies de Danielle Hébert, du 31 oct.au 22 nov GALERIE ELCA LONDON: 1616 ouest Sherbrooke, Montréal (931-3646)- Oeuvres de Sylvain Bigras, jusqu'au 12 nov.GALERIE L'EMPREINTE: 272 esl St-Paul, Montréal (861-4427)— Oeuvres de Michel-Louis Viala et Michelle Lefort, jusqu'au 2 nov.GALERIE ESPACE VERRE: 1200 rue Mill, Montréal (933-6849)— Exposition des prolesseurs du Centre des métiers du Verre du Québec, jusqu'au 27 nov GALERIE ESTAMPE PLUS: 49 rue St-Pierre, Québec (418-694-1303)— Oeuvres de Madeleine Lemire et de Judith Bellavance, du 11 oct.au 5 nov.GALERIE JOCELYNE GOBEIL: 2154 Crescent, Montréal (843-3856)- Oeuvres de Jean Hilger, jusqu'au 10 oct.— Oeuvres de Pamela Richie, du 14 ocl.au 21 nov GALERIE GRAFF: 963 est Rachel.Montréal (526-2616)— Oeuvres de Michel Lagacé.du 8 ocl.au 1er nov GALERIE HORACE: 74 Albert, Sherbrooke (819-821-2326)- Salle 1: Oeuvres de Nicholas Pitre-Salle 2: Exposition de groupe, jusqu'au 22 nov.GALERIE MADELEINE LACERTE: 1 Côte Di-nan, Québec (418-692-1566)— Oeuvres de Arthur Munk, jusqu'au 6 nov — Sculptures de David Moore, du 1er au 18 nov.GALERIE CLAUDE LAFITTE: 1480 ouest Sherbrooke, Montréal (939-9898)— Exposition Mongeau, .Solitude inlinie jusqu'au 21 nov GALERIE LUMIÈRE NOIRE: 3575 St-Laurent.ste 222, Montréal (845-1478)— Oeuvres de Pierre Bou-lay et Gilles Petitclerc, jusqu'au 8 nov GALERIE MICHEL-ANGE: 430 Bonsecours.Vieux-Montréal (875-8281)- Oeuvres du peintre animalier Douglas A.Manning, jusqu'au 1er nov.GALERIE MONTCALM: 25 Laurier, Hull (819-595-7488)— Oeuvres de Jack Chambers, jusqu'au 1er nov — Oeuvres de 63 artistes, membres de la Société de pastel du Canada, du 5 nov au 6 déc GALERIE SKOL: 279 ouest Sherbrooke, espace 311 A, Montréal (842-4021)— Eflet de Ressac volet 1.oeuvres de C.Bélanger, M.Duchesneau, L.Gagnon et J Tremblay, du 10 ocl.au 1er nov - Oeuvres de Diane Robertson, du 7 au 29 nov.GALERIE 67: 990 ave de Salaberry.Québec (418-522-2233)— Oeuvres de Massimo Guerrera, jusqu'au 15 nov GALERIE STORNAWAY: 1069 Bleury, Montréal (878-9302)— Tableaux de John Shaw, jusqu'au 31 oct GALERIE TERRUSCITO: 3809 St-Denis, Montréal (843-8752)— Oeuvres récentes de Larry Sakow et Juman Huang, du 4 au 17 nov GALERIE TROIS POINTS: 307 ouest Ste-Cathe-rine.sle 555, Montréal (845-5555)— Oeuvres de Paul Béliveau, jusqu'au 21 nov.GALERIE UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL: 2332 Édouard-Montpetit, 4e étage.Montréal— Oeuvres récentes de Katia Lemieux, du 28 oct.au 12 nov.GALERIE UQAM: Pavillon Judith-Jasmin.1400 Bern, Montréal— Salle J-R120 Mille plateaux photographiques, oeuvres de Allouchene.Gauthier.Joly et Prince, jusqu'au 15 nov.GALERIE JEAN-PIERRE VALENTIN: 1434 ouest Sherbrooke, Montréal (849-3637)— Oeuvres de Geneviève Jost.jusqu'au 13 nov.GALERIE VERRE D'ART: 1428 ouest Sherbrooke, Montréal (844-6009)— Oeuvres de Daniel Crichton, jusqu'au 17 nov GALERIE VERTICALE: 650 Marguerite Bour- geoys, Québec (418-682-0995)— Oeuvres de Sylvie Bouchard, jusqu’au 15 nov.GALERIE VERTICALE ART CONTEMPORAIN: 1897 ouest Dagenais, Laval (628-8684)— Oeuvres de Barbara Claus, Francesca Penserini et Violaine Poirier, jusqu'au 8 nov.GALERIE VOX: 4060 St-Laurent espace 110, Montréal (844-6993)— Installation de Mireille Baril, jusqu'au 15 nov.GALERIE BRENDA WALLACE: 372 ouest Ste-Catherine ste 508, Montréal (393-4066)— Oeuvres de Micah Lexier et Kevin de Forest, jusqu'au 28 nov.GALERIE WESTMOUNT: 4912 ouest Sherbrooke.Montréal (484-1488)— Huiles de Madeleine Lemire et sculptures de Clément Lemieux, jusqu'au 1er nov.HALL D'ENTRÉE DE LA TOUR CIBC: 1155 ouest René-Lévesque, Montréal— Oeuvres de 21 photographes de renommée mondiale, jusqu'au 3 nov.L'INSPECTEUR ÉPINGLE: 4051 St-Huberl, Montréal (598-7764)- • King Makers .photo-portraits de Bourbonnais et Boisvert, du 11 oct.au 7 nov.MAISON D'ART FRA ANGELICO: 1320 Wolfe, Montréal (522-9990)— Oeuvres de Jean-Claude Mousleli, du 25 oct au 7 nov.MAISON DES ARTS DE LAVAL: 1395 ouest bout, de la Concorde, Laval (662-4442)— Le Prix spécial de l'A.P.A.L., photographies, jusqu'au 15 nov.MAISON HAMEL-BRUNEAU: 2608 chemin Sl-Louis, Ste-Foy (418-654-4325)— Exposition Art et Science, jusqu'au 3 janv.MAISON DU MEUNIER: 10897 rue du Pont, Montréal— Oeuvres de Jocelyne Gaudreau et de France Lebon, jusqu'au 8 nov OBORO: 4001 Berri, ste 301, Montréal (844-3250)— Oeuvres de Nina Levitt, du 7 nov.au 13 déc — Vidéo de Steve Reinke, du 11 nov.au 13 déc.OPTICA: 3981 St-Laurent ste 501, Montréal (287-1574)— Exposition des Traces, jusqu'au 15 nov — La quinzaine de la performance, jusqu'au 15 nov.PLACE DES ARTS: Montréal— Face à la Salle Maisonneuve: 50 ans d'histoire du Conservatoire de musique de Montréal, jusqu'au 9 nov.VIEUX-PRESBYTÈRE DE ST-BRUNO: 15 rue des Peupliers, Sl-Bruno (653-7872)— Oeuvres de George Menendez Rae.du 18 ocl.au 8 nov.VU CENTRE DE DIFFUSION DE LA PHOTOGRAPHIE: 95 Dalhousie, Québec (418-692-1322)— Oeuvres de Karol Biron, Manon Fafard, Manon Hébert et Élaine Tremblay, jusqu'au 15 nov.WADDINGTON AND GORCE: 2155 Mackay.Montréal (847-1112)— Oeuvres récentes de Jean McEwen, jusqu'au 12 nov.Maisons de la culture MAISON DE LA CULTURE CÔTE-DES-NEI- GES: 5290 chemin Côle-des-Neiges, Montréal-Symbiose des arts visuels en Saskatchewan, du 16 ocl.au 8 nov — Oeuvres récentes de Suzanne Boucher, du 15 oct.au 14 nov.MAISON DE LA CULTURE FRONTENAC: 2550 est Ontario, Montréal— La banque d'oeuvres d'art sur te vil, du 14 ocl.au 8 nov.MAISON DE LA CULTURE MARIE-UGUAY: 6052 boul Monk, Montréal— Ruelles, cours et jardins: les coulisses de Montréal, |usqu'au 1er nov — Photographies de Lorraine Carpentier, jusqu'au 1er nov MAISON DE LA CULTURE MERCIER: 8105 Hochelaga, Montréal— Les animaux malades du St-Laurent, exposition à caractère scienlilique, du 13 ocl au 8 nov MAISON DE LA CULTURE NOTRE-DAME-DE-GRACE: 3755 Bolrel, Montréal (872-2157)— Un tiroir bien rempli 92, sculptues.jusqu'au 15 nov — L'artiste visionnaire, jusqu’au 31 déc.MAISON DE LA CULTURE DU PLATEAU MONT-ROYAL: 465 est Mont-Royal, Montréal-Les poupées du Japon, du 17 oct au 8 nov MAISON DE LA CULTURE ROSEMONT PETITE PATRIE: 6707 De Lorimier, Montréal (872-1730)— Vie sauvage en Arctique, l'art des Inuit, du 11 ocl au 15 nov Musées MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL: 185 ouest Sle-Calherine.Montréal (847-6226)— La Collection: second tableau, 220 oeuvres de la collection du Musée, jusqu'au 25 avril— Territoires mobiles, du 23 oct.au 6 déc.— Eye lor 1: vidéo Self-Portraits, du 25 oct.au 22 nov — Champs libres: métaphores et réalités dans l'art hongrois contemporain, jusqu'au 3 janv.93— Art et sida: des médias à la métaphore, jusqu'au 3 janv.93 MUSÉE D'ART ST-LAURENT: 615 bout Ste-Croix, St-Laurent (747-7367)— • Arts anciens et traditions artisanales du Québec » exposition permanente MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL: 1379 ouest Sherbrooke, Montréal (285-1600)— Pavillon Jean-Noël Desmarais: Construire: un art, du 20 mars au 2 mai 93— Figures dans l'espace, jusqu'en avril 94— Toucher du bois, jusqu'au 26 sept.93— Pop Art, du 23 oct.au 24 janv.93— Collection permanente— Ouvert du mar.au dim.de 11h.à 18h., les mer.et sam.jusqu'à 21 h.— Pavillon Benalah Gibb: Karsh: l'art du portrait, du 3 sept, au 1er nov — La peinture au Québec 1820-1850 nouveaux regards, nouvelles perspectives, du 29 oct.au 3 janv.93 (MUSÊE)CENTRE CANADIEN D'ARCHITECTURE: 1920 Baile, Montréal (939-7026)— Musée consacré à l'art de l'architecture: 20,000 dessins et estampes de Maitres, 120,000 livres, 45,000 photographies, ainsi que des fonds d'archives importants MUSÉE DE LA CIVILISATION: 85 Dalhousie.Québec (418-643-2158)— > Objets de civilisation .exposition permanente — • La barque à voile » exposition permanente — ¦ Mémoires » exposition permanente — Messages, exposition sur les moyens de communication entre les individus et les sociétés, en permanence.— « Être dans son assiette », jusqu'au 3 janvier 1993 — ¦ Mi-vrai, mi-taux », jusqu'au 31 janvier 1993.MUSÉE MARC-AURÈLE FORTIN: 118 St- Pierre, Montréal (845-6108)— Oeuvres de Marc-Au-rèle Fortin en permanence.— • Force et couleurs » rétrospective des oeuvres de Albert Rousseau (1908-1982) jusqu'au 31 janv — Ouvert du mar.au dim.de 11h.à 17h.MUSÉE DE LACHINE: 110 chemin LaSalle, La-chine (634-3471 poste 346)— Maison LeBer-Le-Moyne: Collections du Musée, mises en situation, lusqu'au 3 janv.93— Acquisitions récentes, jusqu'au 3 janv.93— Dessins et croquis de Adrien Hébert, lusqu'au 3 |anv 93— Pavillon Benoit-Verdickt: Une ville, un musée, une collection, jusqu'au 3 janv.MUSÉE MARSIL MUSEUM DE SAINT-LAMBERT: 349 Riverside Drive, St-Lambert (671-3098)— Exposition retraçant l'histoire de la Canada Shipping Company, communément connue sous le nom de Beaver Line, du 2 sept au 1er nov.MUSÉE MCCORD: 690 ouest Sherbrooke, Montréal (396-7100)— Mont-Royal — Ville-Marie: vues et plans anciens de Montréal— 1900: le Québec à un tournant— Formes et modes: le costume à Montréal au X1 Xe siècle— Question de goût: ans décoratifs et beaux-arts au McCord— Le pont Victoria, un lien vital— La famille McCord, une vision passionnée, exposition sur le fondateur du Musée— Premières nations du Canada: expositions thématiques en collaboration avec différentes communautés autochtones _ intitulée • Le Canada de la tin du XVIIIe siècle images reproduites à l'étranger », exposition d'estampes du XVIIIe siècle, organisée par Conrad Graham, lusqu'au 15 nov.MUSÉE POINTE-À-CALLIÈRE: 350 place Royale, angle de la Commune, Montréal (872-9150)— Musée d'archéologie et d'histoire de Montréal, site historique, « Vestiges » collection permanente d'artefacts, et animation— ¦ Du wampum à la carte de crédit » • Des couches et des couches d'histoire » expositions permanentes— • Albums d'images la londation de Montréal • jusqu'au 31 déc., du mar au dim de 10h à 17h , ouvert mer.de 17h.à 20h MUSÉE DU QUÉBEC: 1 ave Wolfe-Montcalm, Québec (418-643-2150)— La Collection du Musée, exposition permanente— Oeuvre de David Moore et gravures de Jacques Villon, jusqu'au 29 nov.dans la Tourelle du Pavillon Baillargé— Pavillon Gérard-Mo-nsset Toulouse-Lautrec s'affiche, du 9 déc.au 28 tév.— Pavillon Baillargé: L'effet Lemieux, du 4 juin au 1er nov — Oeuvres de Helen Escobedo et de René Derouin, jusqu'au 23 nov — 3e étage: Calices et ciboires, objets sacrés, lusqu'au 29 nov — 4e étage: Exposition permanente dans la tourelle du pavillon Baillargé VINS/chronique Le vin qui ne meurt jamais fol-' Jr y Noël Mz4SSEi4U mi Pierre SEGUIN L’HALLOWEEN s’y prêtant bien, nous parlerons d’un vin fantôme, c’est-a-dire d’un vin qui existe bel et bien, mais que seuls quelques initiés voient réellement.Pour créer un peu plus de mystère, disons que ce vin provient d'une île perdue dans l’océan Atlantique que d’aucuns croient être un vestige du fameux continent disparu, l’Atlantide.On pourrait également parler des prisonniers qui ont planté ce vignoble au XVe siècle et des pirates qui en ont hanté les lieux.Une dernière note de mystère : si ce vin n’est pas éternel, puisqu’il a un commencement (c’est plus pratique pour connaître les bons millésimes), il n’a pour ainsi dire pas de fin.Trêve de facéties comme dirait un bon capitaine qui n’a jamais mis les (lieds à Madère et parlons des vins de cette île paradisiaque située â quelque 500 kilomètres à l’ouest du Maroc, mais qui constitue une région autonome du Portugal depuis presque 500 ans.Les vins de Madère n’excitent personne.La Société des alcools du Québec en compte seulement huit ù son répertoire, et il n’est pas très sorcier de deviner que la plupart aboutissent dans le fond de la casserole de nos grands ou petits chefs.Et quand on parle d’un vin « madérisé », ce n’est pas une louange qu’on lui adresse.Pourtant, il y a des choses fascinantes à découvrir du côté des vins de Madère, comme nous avons eu l’occasion de le constater récemment à l’occasion d'une spectaculaire dégustation de 15 vins de cette région dont cinq dataient du XIXe siècle et deux autres, du début du XXe.Cette dégustation, unique à Montréal, avait été organisée par la section de Montréal de l’International Wine et Food Society et était commentée par un passionné de vins portugais.M.Ted Pearson, qui a mis deux ans à rassembler ces vins rares et une excellente documentation qui nous a été fort utile pour la présente chronique.Une histoire fascinante SUR l’île de Madère, le hasard a bien fait les choses.Ce petit vignoble d’à peine 200 hectares, tout en terrasses, a été planté par des prisonniers portugais au XVe siècle.Les cépages utilisés à l’époque venaient de partout ; Crète, Allemagne, Italie et Portugal, mais ce sont essentiellement les mêmes qui sont utilisés aujourd’hui.Ils servaient à produire des vins secs bien ordinaires jusqu’à ce que le hasard intervienne à plusieurs reprises pour changer le destin de cet obscur jus de raisin fermenté.Le contexte politique du XVIIe siècle a fait en sorte que les vins de Madère sont devenus les favoris des Américains du Sud.L’effet conjugué du brassage îles vins durant leur transport par bateau et de la chaleur du soleil les a 'l .'T**,’5* .»» «J ¦Rlfèx «MM» .MgttiBattBWB-* ».*»- Ww .?.sarswe&e, as&*i ¦L.;,.48* - ARTS VISUELS À gauche : De la série Spicllège; chevaux, de Violaine Poirier (photo de Alain Décarie).Ci-haut, Sphère, de Francesca Penserini (photo de Ivan Binet).Le passage vers la lumière Hélène Mugot Galerie Christiane Chassay, 372, rue Sainte-Catherine ouest.Jusqu'au 14 novembre.Barbara Claus, Francesca Penserini, Violaine Poirier Galerie Verticale, 1897, boul.Dagenais ouest, Laval.Jusqu'au 8 novembre.Jean Duinont LES TENANTS d’un •< art qui ne pense pas» présentent presque toujours les peintres de la lumière du début de notre modernité comme des sortes d’alchimistes maniant des savoirs quasi magiques.Ils semblent considérer la lumière elle-même comme une sorte d’absolu et d’affirmation du monde, dispensant quiconque de la moindre réflexion, et constituant dans la peinture l’avatar suprême de la représentation laudative des oeuvres de Dieu.Hélène Mugot a bien la nostalgie de l’Un, mais elle a aussi, comme nombre d’entre nous heureusement, un désir de l’Autre qui l’oblige à penser.Et le long parcours qui l’a menée vers cette lumière dont elle fait la matière même des oeuvres qu’elle présente actuellement chez Christiane Chassay, n’a rien de la voie initiatique de ceux qui croient et tout de l’interminable cheminement critique de ceux qui prennent le risque de réfléchir.Hélène Mugot, amoureuse de littérature, et qui écrit elle-même autant qu'elle produit visuellement, cite dans un de ses catalogues, un texte de Michel Serres qui fait remarquer que « il n’y a pas une seule affirmation, un seul oui, dans les poubelles de nos legs culturels », et que nous sommes fondés sur une double négation, une qui dit que nous ne sommes pas ce qui nous est extérieur, et l’autre qui, sans s’enfermer, nie en les déchirant les ensembles clos.Une chose est certaine, c’est la conscience de ne pouvoir être à la fois le monde et son envers, et la désespérance qui en résulte qui a con- duit l’artiste vers l’utilisation de la lumière.Est-il nécessaire de préciser que cette décision, si elle adoucit la désespérance, ne la bannit pas pour autant, car la lumière est toujours hors d’atteinte dans sa pureté.Si le monde absorbe totalement la lumière, c’est le vide et l'obscurité absolus, s’il la réfléchit totalement c’est l’éblouissement blanc qui nous rend aveugle.C’est ce que dit par exemple une pièce comme Icare, datant de 1986, et composée de quatre photographies cibachrome circulaires, placées les unes au-dessous des autres, en des diamètres décroissants.Elles sont nées du désir de l’artiste de « regarder le soleil en face » et de le photographier sans apprêts au milieu du ciel bleu.Les échecs successifs, les rétines endommagées et les pellicules grillées, l’ont conduite à tricher et à faire un montage.L’image blanche du soleil au centre des photos est comme la pupille d’un oeil aveugle.Et cette image grossit, disant l’approche du soleil, au fur et à mesure que le diamètre des photos diminue, disant la chute d’Icare.Ce double mouvement paradoxal est exemplaire d'une pensée qui tend toujours à être à la fois une et son contraire.Ne passez pas trop rapidement devant les deux séries de cibachromes de L'oeil du diable.Ces photographies ont été faites de l’intérieur de l’atelier de l’artiste, l'appareil étant tourné vers l’extérieur, alors que les gouttes d'une forte pluie constellaient la verrière.Approchez-vous des quatre photographies de grande dimension et vous vous apercevrez que chaque goutte livre une image panoramique renversée du paysage extérieur.Cette observation, cette attention attachée aux phénomènes physiques, va de pair, chez Hélène Mugot avec le déroulement d’une pensée qui sait intégrer, avec la même familiarité, JEAN McEWEN oeuvres récentes jusqu’au 12 novembre WADDINGTON & GORCE INC.2/55 rue Mackuy Montréal.Québec Canada WG 2J2 Tel.: (514) K47-1112 Fax: (514) H47-II13 TRANSGRESSIONS Barbara Claus Francesca Penserini Violaine Poirier Commissaire invitée Isabelle Lelarge VERTICAL E ART CONTEMPORAIN Mer.au dim.— 12h à 18h jusqu'au 8 nov., Rencontre avec des artistes le 1er nov.14h.— 1897, Dagenais O., Laval — 628-8684 — Remerciements à Ville de Laval et au ministère des Affaires culturelles du Québec.— CII\Oî\ CENTRE D'EXPOSITION ART CÉRAMIQUE CONTEMPORAIN Sculptures et Mosaïques GILBERT POISSANT du 31 octobre au 19 décembre Vernissage aujourd’hui de 14h à 18h 372 rue Sainte-Catherine ouest, suite 444 Tél.: (514) 393-8248 les données et les savoirs du sensible.Il faut noter que ce Prix de Rome a également été artiste en résidence au Museum of Holography de New York.L’idée de son extraordinaire Mur de larmes, fait de 400 gouttes de cristal de dimensions diverses, lui est venue parce qu’elle avait vu son père remplir un bocal de verre sphérique avec de l’eau pure, et le suspendre à côté d’une ampoule électrique, pour en absorber et en répartir la lumière, au-dessus de sa table de travail.Hélène Mugot, qui a constaté que « si la matière est une lumière défaite, la lumière est encore défaite par la matière », ne possédera sans doute jamais le monde complet auquel elle aspire.Mais sa recherche passionnée nous vaudra certainement nombre d’oeuvres qui baliseront pour nous les sentiers d’une pensée singulièrement riche.?LA CONSERVATRICE invitée Isabelle Lelarge, a monté à la Galerie Verticale, à Laval, une exposition intitulée « Transgressions », dans laquelle les oeuvres des trois artistes choisies, s’appuyant sur un jeu de négation des limites de leurs disciplines, constituent de véritables pièges pour le sens.Et ceci d’autant plus facilement que ce sens semble naître plus d’une impression vague, de l’influence d’une ambiance mouvante, plutôt que d’une détermination préétablie.Barbara Claus, par exemple joue sur une fêlure ténue qui semble courir sur le mur blanc de la galerie, entre le statut de la photographie et celui de l’architecture.« Des matériaux menteurs, des disciplines menteuses », nous dit d’ailleurs Isabelle Lelarge des propositions des trois jeunes femmes.En effet, ces traits sur le mur, ces à-plats de graphite, ces fausses perspectives, ces formes-miroirs que l’on distingue à peine de l’autre côté de l’encoignure du mur sont-elles bien de l’ordre de l’architecture ?Et qu’en est-il de ce fragment de photographie, un pilier qui, montant jusqu’aux cintres, ne semble avoir pour but que de signaler la hauteur du lieu ?Et puis celte incroyable générosité qui est la signature de Barbara Claus: ce soin méticuleux, cette richesse du dessin et des tons, qui disparaîtront avec l'exposition, en livrant aux cimaises une crédibilité nouvelle.Il y a dans La lame de fond, 1 installation de Francesca Penserini, une sorte d’excès du réel qui, curieusement, la projette presque sans recours dans l’univers du rêve.Je dis presque, parce que l’incontournable présence physique de cette vague d’époxy de taille humaine, peinte vert d’eau (ou vert bronze), prête à déferler sur un environnement qui de toute évidence n’a pu lui donner naissance, s'oppose quelque part au rêve sans que l'on sache très bien pourquoi.A terre, dans un panier, une boule d’argile semble donner l’image d’une terre lisse et sans accidents.L’installation est tellement silencieuse, et son silence tellement lourd d’une histoire longue, que je me suis demandé s’il ne fallait pas attendre de la minuscule boule d'argile brune MONGEAU “I nil nie Solitude" du 31 octobre au 21 novembre 1992 (-ja/eice 1480, rue Sherbrooke Ouest, Montréal, Que.H3G 1L3 Tél.: 939-9898 Achat & Vente SCULPTURE A FRIC AINE de qualité FRANÇOIS BEAUDRY encaustiques, pastels,tempera, aquarelle, dryhrush du 6 au 28 novembre GALERIE DOMINION 1438, rue Sherbrooke ouest 845-7833/845-7471 DU POP-A RT AU TECK-A R T: DEUX EXPOSI TIONS QU! TOMBENT PILE! À /'occasion de son dixième anniversaire LE CENTRE COPIE-ART présente quatre expositions d'artistes qui ont marqué l'art copigraphique au Québec Le deuxième artiste invité: Jacques (CH20) Charbonneau Oeuvres 1982—1992 4 novembre 1992 au 9 janvier 1993 Vernissage le mercredi 4 novembre à 19 h 00 À la galerie ARTS TECHNOLOGIQUES du CENTRE COPIE-ART 813.rue Ontario est, Montréal H2L I PI - Tel.: (514) 523-4830 Heures d’ouverture: du mar.au dim.12 h à 18 h qu’elle fonctionne comme les sculptures-mémoires des anciens Inuit.Dans la pièce de Violaine Poirier, le piège se referme sur le sens avec la notion de série.Si on regarde que l'un ou l’autre des 31 éléments de .S'/h-cilège ou ta nature dans tous ses états, de petites peintures abstraites sur lesquelles sont collées des photographies d’animaux prélevées dans des livres et des revues, et réparties sans ordre apparent sur le mur de la galerie, le sens peut paraître littéral.Mais l’addition de ces sens fait une somme autrement complexe.Ne sérail -ce, en dehors des oppositions peinture/collage et abstraction/figuration, cette curieuse dualité d’une peinture qui s’affirme dans sa texture comme étant de l’ordre de la : culture et dans ses ambiances colorées tpii miment les cartes photographiques, comme étant de l’ordre de la nature.< 'LU DC < OC HUI El SIDA ! des médias à — la métaphore CHAMPS LIBRES: métaphores let réalités dans art tionpis contemporain EVE FOU I : autoportraits vidéo usnu'au 22 novembre 1992 Lfl COLLECTION: second tableau jusqu'au 25 avril 1993 K* 5* O LU 'LU C/D Ffançois-Marie BERTRAND iterritoires mobiles Une tribune de création et d’exploration; une tribune en constante évolution.Voilà ce que vous propose ootie nouvelle SÉRIE PROJET, dont la première manifestation réunit six oeuvres inédites du peintre québécois François-Marie Bertrand.LE HIISÉE VOUS PROPOSE lenconties.conceits, spectacles de danse, conféiences.proiections ateliers, visites guidées Le talendnei d activités est offeit à l'accueil du nusée Métro Place-des-Arts Heures d'ouverture Renscignemenls: 847-6212 mardi au dimanche 11 lia 18 h - Entrée: 4,75 S settlement ' mercredi: 11 h rj 21 h Tards réduits pour aînés, {mercredi : entrée libre étudiants, groupes, familles de 18 h à 21 h) «f *4 • 4 Ri * Une exposition itinérante organisée par Independent Curators Incorporated, New York ** Organisée et mise en circulation par le Musée des beaux-arts de l'Ontario, Toronto, en collaboration avec le Mücsarnok (Palais des expositions), Budapest, et The Hungarian Festival of the Arts.Toronto, cette exposition est parrainée par The Andrew Sarlos Foundation et la Famille Reichmann Elle bénéficie de l'appui financier du ministère de la Culture et de l'Éducation de Hongrie, du ministère des Affaires extérieures de Hongrie et du Conseil des Arts du Canada ÜihhiÀl W*i-, ortruBwaqijw T'y**9 2^.v.-ss»5*; \’4^m DOTJ15 1W6 « * * • *• • * «••«••»•*•••%•••# **••?*•* **»•*•*•••*?* *•*••#••••••*••*•• • ••••**«••«•••• « • A « « « * • A « • «*••••••••«• • « » GENEVIÈVE JOST Oeuvres récentes Vernissage aujourd'hui de 13h à 17h jusqu’au 13 novembre galerie jean-Pierre Valentin I434 Sherbrooke O.Montréal.849-3637 SYLVAIN BIGRAS jusqu’au 12 novembre ( înlcric Elea I j nid ni Iftlft Sherbrooke O.Montréal, Quebec 11.311 IC.9 • (SI t ) 93I-.361(> Membre de l Assui iaHnn l’mfessinnnelle des (iuleries d’Art du {.mut du hu Du 23 octobre au 8 novembre, des artistes du Centre d'art Morency vous invitent a venir admirer des œuvres conçues expressément pour la saison.Venez découvrir l’automne dans ses plus belles couleurs.De plus, nous vous invitons aussi à découvrir les toiles d'Andrée Vézina; elle vous fera partager sa vision haute en couleur du Cirque du soleil.Et en toile de fond, un poème de Joseph Richard Veilleux.„,.„ée en 190b, la galerie Morency, la plus ancienne galerie d'art du Québec devient le f .entre d'art Morency.Vous y trouverez les services suivants encadrement, restauration, expertise et conseils aux entreprises.Heures d'ouverture dimanche de II ha 17 h, mardi et mercredi de 10 h a IH h, jeudi et vendredi de 10 h a 20 h, samedi de 10 ha 17 h hernié le lundi.2180, rue de la Montagne, Montreal (514) 845-6442.MO REN CY C-14 ¦ Le Devoir, samedi 31 octobre 1992 le cahier du i • meai ARTS VISUELS Un discours anti-société de consommation 4 POP ART organisées depuis les vingt dernières années.C’est un cours d’histoire de l'art, doté d’un accrochage classique, et où la surabondance d’oeuvres (certaines sont délirantes) vient placer le spectateur en position critique.Car même s’il a entraîné avec lui toute l’adhésion de la jeunesse euphorique de l’époque, le Pop Art n’en est pas pour autant un art superficiel où le public s’amuserait à observer les avatars de la société dans laquelle il vit.C’est un art qui joue sur la distanciation en isolant de son contexte son sujet de prédilection pour le recharger d’un regard totalement décapant.Il serait facile alors d’y voir de simples anecdotes narratives de pacotille: les artistes pop creusent encore plus profondément dans l’inconscient collectif d’une période effervescente pour en extraire une iconographie mutiple qui hisse l’objet banal et quotidien au rang de l’art.Et si Jasper Johns qui a remis en question le thème du collage et Robert Rauschenberg dont on peut voir ici un magnifique « combine painting » se réclament plus de dada (tous deux ont influencé et soutenu le Pop), Claes Oldenburg, quant à lui, colle à l’immédiateté de ces produits alimentaires qui sous la facture et la texture qu’il leur injecte, ressemblent à des monstruosités gastronomiques.En fait foi sa Tarte au coconut à la crème dont les délices exotiques sont annulés par une matérialité exacerbée.Alors que les anglos-saxons verseraient plutôt dans la sobriété et le raffinement car le Pop n’est pas là pour l’évasion mais pour réfléchir sur la civilisation technologique avec les artistes de l’Independant Group sous l’égide de Paolozzi.La seconde vague esthétique, plus abstraite, sera axée quant à elle sur l’environnement lui-même.Le montage photographique de Richard Hamilton, Qu'est-ce qui peut bien rendre nos foyers d'aujourd'hui si différents, si séduisants ?est un microcosme de clichés dont les nostalgiques des fifties se régalent: éphèbe musclé, jambon en boite, aspirateur moderne, magnétophone désuet, affiche langoureuse, pin-up aguichante.Alors que le bombardier atomique de Colin Self, froid et menaçant, est une sorte d’avion de chasse revêtu d'une Rio ¦ Hommage à Marlon Brando ( 19fi8), les célèbres bottes en bronze chromé de Clive Barker.peau de panthère.Mais c’est Clive Barker qui remporte la palme dans la catégorie « rutilance ».Les bottes en bronze chromé avec leurs éperons pointus, la chaise de Van Gogh en acier et la bouteille de Coke sont devenus objets de luxe, reléguant aux oubliettes leur aspect à la fois dérisoire et usuel.Dépouillées de leurs allures kitsch, cette façon de présenter les figures d’un certain quotidien rappellerait aujourd’hui l'attitude rigoureuse et conceptuelle de l’américain Haim Steinbach.En mettant dans la même pièce les accumulations et les assemblages des Nouveaux Réalistes et l’art total de Fluxus, le contraste est frappant: espace compulsif d’un côté, ambiance intimiste de l’autre (revues et autres oeuvres Fluxus sont placées sous vitre).L’aventure de l’objet pour les premiers était liée au social et à la littérature dans un éloge à la poésie brute du matériau : l’empaquetage glauque de Christo côtoie un parc d’enfant de Spoerri, les sculptures compressées de César dialoguent avec les accumulations d'Arman et la poubelle métaphysique de Jim Dine.Les membres de Fluxus, dont les happenings étaient liés à ceux de leurs confrères new-yorkais, voulaient élargir les frontières de l’art pour l’inoculer dans la vie: en ceci, cette conception est proche de celle de Warhol, un intime de Beuys.Warhol est sans doute le plus connu des artistes pop américains: si le thème de l'amour est très important pour lui, thème allègrement utilisé par la publicité, il veut rejoindre tout le monde en sérialisant la même image, entre autres techniques de sa vaste panoplie: idole des sixties, célèbre politicien de la Chine Populaire, actrice hollywoodienne déguisée en Cléopâtre.Son geste qui insiste sur la monotonie des clichés véhiculés par les médias (qui sont récupérés actuellement par les clones de Norma Jean sans avoir la chance de passer comme elle au royaume de l’intemporel) mais aussi sur la banalisation de l’horreur avec sa fameuse Chaise électrique qui n’est pas exposée ici, est un acte de conscientisation qui présente dès lors une portée universelle.Mais devant les boîtes Brio au graphisme simple et enjoué, le néophyte restera de marbre: ça, de l’art?criera t-il, perpétuant la même incompréhension devant les pots de fleur de Raynaud ou les fausses tapisseries de Waisman.Mais s’il y a quelque chose que l’art pop possède, ce sont parfois d’hallucinantes propriétés tactiles qui viennent interroger la planéité de la toile.Wesselmann place un rideau Qu’est-ce qui peut bien rendre nos foyers d'aujourd'hui si différents, si séduisants ?, un collage réalisé en lür>fi par Richard Hamilton.de douche orange acidulé, une serviette rouge grenat dans un faux-vrai trompe-l’oeil de salle de bain accrochée au mur, où le porte-savon se taille une place en creux dans l’épaisseur du support alors que Segal laisse l’anonymat et le silence emplir une Amérique assoupie dans une station service hantés de mannequins livides.Il est bien aussi d’avoir réuni l’espagnol Arroyo, les allemands Richter et Polke, le français Jacquet qui pastiche Manet et le cloisonnisme de Seurat dans la même salle, mais on aurait fortement apprécié y voir une version de La femme qui marche de Michael Snow, Le plus grand profil du monde de Greg Cur-noe ou une oeuvre de Cosic ou du québécois Serge Lemoyne, qui voulait avec le mouvement Ti-Pop donner un coup de pied dans les guibolles de l’abstraction.Mais d’après Pierre Théberge, le directeur du Musée des beaux-arts qui fut le pape de Ti-Pop, le manque de temps pour monter l'exposition et la peur de ghettoïser nos artistes — le volet consacré aux artistes Pop espagnols qu’il avait vu à Madrid ne lui semblait pas convaincant — s’allient à l’impression de bâcler un moment important de notre histoire qui aurait eu besoin d’être l’objet d’une exposition à lui tout seul.Alors, à quand un focus sur ceux qui voulaient tel que l’avançait Lemoyne en réaction contre les automatistes et les plasticiens « déconstiper l’espèce de bourgeoisie picturale qu’ils ont atteint » ?Allen Jones, quant à lui, nous gêne: son porte-chapeaux, sa table et sa chaise sont légèrement.paillardes.Latex et postures scabreuses habillent ces poupées barbie grandeur nature tout droit sorties d’un magasin porno — et dont le côté pro-voc fait penser aux oeuvres de Jeff Koons où il s’ébat avec sa dulcinée la Cicciolina dans un mélange contrôlé d’artisanat et de kitsch monumental.La femme d’ailleurs, dans ces joyeuses années, est objet de désir et de consommation courante, alors que le californien Mel Ramos en fait une bombe sexuelle telle qu'elle est perçue dans les bandes dessinées.Mais on sait maintenant que les artistes femmes ne sont plus à la remorque de leurs pairs masculins: actuellement, Barbara Kruger et Jenny llol-zer en particulier ont su réutiliser le pouvoir médiatique et le poids des mots pour fabriquer des oeuvres à forte connotations sociales et politiques.K at, Love: Manger, Amour.Les pièces circulaires aux lettres lumineuses de Robert Indiana installées de cette façon sont suggestives.Un énorme objet aux contours phalliques nous fait obstacle : c’est Orange Mécanique revisité par le grand format, une préfiguration du cauchemar américain où sont condensés sexe, violence, et ironie comme dans cette terrible et fascinante marionnette de Kienholz qui prouve qu’ici le Pop Art, s’il est fait pour les masses, est joyeusement .; pervers.MORENCY AFFICHE SES COULEURS! MILLE PLATEAUX PHOTOGRAPHIQUES L’événement Mille Plateaux Photographiques, qui se veut un hommage à Gilles Deleuze et Félix Guaftari, a vu le jour dans le cadre d’un séminaire de la maîtrise en études des arts de l’UQAM.À cette occasion, dix participants se sont attachés à l’oeuvre d’un artiste dont la pratique se développe en rapport avec la photographie.Trois expositions donnant lieu à autant de fables rondes témoignent de cette expérience riche et inusitée.A la Galerie UQAM, jusqu’au 15 novembre, sont représentés les artistes Ginette Prince, Jocelyne Alloucherie, Suzanne Joly et Suzanne Gauthier; le vendredi 6 novembre, de 17h à 19h, la table ronde réunit Sylvie Tourangeau, Frank Michel, Suzanne Joly et Françoise Le Gris.A la Galerie d’art du CEGEP Édouard-Montpetit, du 3 au 20 novembre, sont représentés les artistes Nicole Jolicoeur et Marc Larochelle; le mercredi 11 novembre, de 19h à 21 h, la table ronde réunit Luk Côté, Suzie Larrivée, Nicole Jolicoeur et Françoise Le Gris.A la Maison de la culture Mercier, du 4 novembre au 13 décembre, sont représentés les artistes Stephan Ballard, André Clément, Lynn Hughes et François Vaillancourt; le samedi 21 novembre, de 14h à 16h, la table ronde réunit Anne Bérubé, Martin Brault, Philippe Brosseau et Francine Dagenais.Renseignements:Françolse Le Gris, directrice de la maîtrise en études des arts de l’UQAM, 987-4169.
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