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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1992-11-07, Collections de BAnQ.

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tail——* Hr Æ «nlmvisit C'est en Allemagne au XIe siècle que remonte le premier usage connu de houblon dans la fabrication de la bière.En Angleterre, le houblon n'est entré dans la composition de l'ale qu’après le XVI*-' siècle.L’HISTOIRE BRASSICOLE VUE DE LA RUE ST-AMBROISE «S* St-Ambroise Le Devoir, samedi 7 novembre 1992 Le triomphe tranquille du marché du disque classique Marie Laurier OUI CONNAISSAIT la musique pour viole de gambe de Marin Marais ou de Monsieur Sainte-Colombe avant la parution du célèbre roman de Pascal Qui-gnard Tous les matins du monde et du non moins célèbre film qu’en a fait Alain Corneau ?Peu de gens en réalité.Mais à la suite de l’enregistrement de la bande originale du film, ce fut la ruée chez les disquaires et le disque de Jordi Savall devint rapidement un best-seller selon les représentants rencontrés chez Archambault et H M V, deux des plus importantes maisons de musique situées dans l’est et l’ouest du centre-ville de Montréal.Le Québec est le champion dans l’achat des disques classiques.Toutes catégories confondues — rock, pop, western, country, Nouvel âge, le disque classique s’approprie 50% du marché au Québec.A Toronto, par comparaison, le classique ne représente que 30 % des ventes et 20 % dans le reste du pays.Dans le monde entier, la musique classique n’attire que 8 % d’adeptes.La succursale montréalaise de Polygram — nom parapluie de Deutsche Grammophon, Philips et London Record —, la plus importante compagnie distributrice de musique classique au monde, a un fonds de plus de 4 000 titres.En 1989 Polygram lançait une tradition qui connaît un succès assuré: celle de produire chaque automne, avant les Fêtes, un coffret annuel « expérience » qui contient cinq disques haut de gamme à prix spécial qui devient immédiatement un best-seller.Ce fut le cas avec les Neuf symphonies de Beethoven sous la direction de Von Karajan, avec le coffret de l’Année Mozart et, en promotion déjà chez les disquaires, avec celui des oeuvres de Johannes Strauss.La recrudescence de l’intérêt pour la musique classique remarquée ici ces dernières années n’est cependant pas suffisante poour assurer la santé financière de nos organismes musicaux.A Montréal seulement, on pré- sente plus de 400 concerts par année, plus d’un par jour.« Il est bien évident que cette activité stimule le marché du disque mais je ne saurais dire au juste dans quelle proportion», observe Yvon Grondin, de chez Archambault.Le phénomène de symbiose entre la littérature et le cinéma a certainement réconcilié une clientèle nouvelle qui jugeait la musique classique comme étant le fief d’une élite.« Mais la grande révolution dans ce domaine tient davantage à l’in-! vention du disque compact (DC) au laser en 1983, affirme François de Tonnancour, de chez HMV.« Dès cet instant, les gens ont renouvelé leur discothèque, les compagnies de production se sont mises de la partie en repiquant les oeuvres des grands auteurs et des chefs célèbres.Et cela pour le plus grand bonheur des amateurs qui aimaient Toscanini ou Sir Thomas Beecham par exemple.» Selon François de Tonnancour, les amateurs d’opéra sont les clients les plus fanatiques.« Ce sont des passionnés qui n’hésitent pas à acheter plusieurs versions d’un même opéra, souvent en raison de la célébrité de l’artiste-vedette.Un Pavarotti se vend à la vitesse de l’éclair.Dès qu’un disque de Cecilia Bartoli, la soprano adulée des Montréalais arrive sur le marché, il s’envole aussitôt; même phénomène pour un Dutoit-OSM.» Le plus grand best-seller au Québec: le disque des trois ténors Carreras-Domingo-Pavarotti vendu à des dizaines de milliers de copies.L’Année Mozart en 1991 qui fut célébrée à travers la planète fut également un extraordinaire catalyseur d’engouement pour la musique classique.Toutes les compagnies de disques ont profité de cet anniversaire pour produire ou repiquer les oeuvres du compositeur salzbourgeois, la palme revenant à Philips qui a endisqué l’intégrale des oeuvres de Mozart en 180 disques contenus dans 45 coffrets.« Et cela s’est vendu et continue de se vendre », commente François de Tonnancour.Signe des temps, chez Archambault comme chez 1IMV, les présentoirs regorgent de nouveautés et de disques à prix modique, la nouvelle étiquette Naxos offrant plus de 450 titres à moins de 10 $ l’unité.« Cette compagnie de Hong-Kong est en train de révolutionner le marché du disque en Europe et ce mouvement est prend racine rapidement ici même.Son secret: un rapport qualité-prix modique, vérifiable selon les experts.» La popularité d’un disque tient évidemment à sa valeur intrinsèque mais de plus en plus, à la réputation de l’artiste, souvent une star.Une tendance que Mario Labbé, pdg de Enregistrement et Distribution Ana-lekta exploite depuis la fondation de sa compagnie en 1987.Couleur locale C’EST PAR SON MÉTIER d’impresario que Mario Labbé est venu à la création d’une compagnie de disques.Un beau jour, il s’est retrouvé avec le premier enregistrement digital du Choeur de l’Armée rouge dont il a acheté les droits de reproduction pour une bouchée de pain.Il obtint le même privilège avec le Le Maître de musique à la faveur d’une rencontre avec José Van Dam et réunissant ces deux disques avec un autre de sa femme la violoniste Angèle Dubeau dont Sony retardait l’enregistrement, il lança sa compagnie de production.Depuis ce temps, Mario Labbé a produit une centaine de disques sur étiquette Analekta (morceaux choisis en grec) et il lançait récemment sa cuvée d’automne: 47 nouveaux titres dont 21 sur le marché canadien et 26 sur le marché nord-américain, en vertu d’une entente de distribution aux États-Unis avec Albany Music.En fondant sa propre maison d’enregistrement et distribution, Mario Labbé s’est libéré du protectionnisme des majors américains et canadiens, ce qui est pour lui un élément de fierté mais aussi d’incertitude, compte tenu de la compétition féroce qui existe dans ce domaine.Cette ambition d’encourager et de diffuser le talent de nos meilleurs artistes, Mario Labbé est en train de l’atteindre, lentement mais sûrement.Parmi les nouveaux titres de sa cuvée d’automne, il y en a six sur étiquette Analekta: trois dans la collection dite classique, avec Angèle Dubeau et Alvaro Pierri, avec, le guitariste Rémi Boucher et l’Ensemble Amati et l’intégrale des Nocturnes de Chopin joués par Dang Thai Son (en coffret double) ; deux dans la collection internationale, Poésies, contes et nouvelles du Québec avec Jean Faubert et Ghislaine Paradis (coffret double ) et II y avait des Pélicans avec Mireille Proulx, François Bou-rassa et Jeff Johnson, et enfin un disque dans la collection Archives, le premier volume des Grandes voix du Canada avec Emma Albani, Raoul Jobin, Edward Johnson, Jeanne Gordon et plusieurs autres.Un disque bien précieux pour la directrice artistique de la collection Analekta-Archives, Mme Renée Maheu qui as-Voir page C-2 : Classique PHOTO JACQUES GRENIER Les présentoirs de chez Archambault regorgent de disques de musique classique en prévision de la période achalandée des Fêtes où ce sera la ruée vers « le » DC le plus approprié à offrir ou à s’offrir en cadeau.Le Québec est le champion dans l’achat des disques classiques.Toutes catégories confondues — rock, pop, western, country, Nouvel âge, le disque classique s’approprie 50 % du marché au Québec.À Toronto, par comparaison, le classique ne représente que 30 % des ventes et 20 % dans le reste du pays.Dans le monde entier, la musique classique n’attire que 8 % d’adeptes.rrrpsrmi® ,J *7 / PHOTO JACQUES GRENIER « Je suis content que le côté Barbie des années 80 ait sauté et qu’il y ait des Vilain Pingouin et des Parfaits Salauds qui brassent un peu, qui jouent un rock qui sent la rue et la shoppe.Plume entre la bibliothèque et le métro Sylvain Cormier PLUME A LES NERFS en boule.Quand je le rencontre chez Tom, coin Menlana et Roy, on est déjà mardi en fin d’après-midi, deux petits jours avant le début de sa série de spectacles à la Butte St-Jacques.Plus qu’une cinquantaine d’heures avant de livrer ses chansons méconnues à une centaine de spectateurs tassés les uns contre les autres dans une vraie boîte à chansons.Cent clients attentifs.Et probablement silencieux.Silencieux ?Ça fait si longtemps qu’il n’a pas connu ça, un auditoire avec les oreilles grandes ouvertes et les grandes gueules au neutre.Récemment, en spectacle dans une Maison de la Culture, on l’a écouté.Ça l’a « désarçonné », à un point tel qu’il en a « pété quatre cordes », un record.Dans le regard de Michel La-traverse, dit Plume, chansonnier, c’est écrit en gros caractères: il est terrifié.Cette fois-ci, ce n’est pas dans l’ombre d’une Maison de la Culture que ça se passera, mais dans la lumière officielle et médiatisée de ce qu’il appelle son « retour aux sources », qui le ramène en véritable chansonnier au Vieux-Montréal de ses débuts, en 1970-71, quand il jouait avec la Sainte Trinité chez Dieu, en bas de l’Évéché de l’Hôtel Nelson.C’est terrifiant et exaltant en même temps, qu’on lui ait fourni sur un plateau d’argent l’occasion de faire exactement ce qu’il voulait dans les meilleures conditions.« Ça me rend presque aussi nerveux que de faire le Forum.» C’était, au fond, tellement plus simple quand les conditions d’écoute étaient conséquentes à la contenance au litre de la clientèle, quand il n’avait qu’à faire le pitre pour amuser les pitres, quand il n’avait qu’à chanter « si vous payez le cognac-gnac-gnac » pour que les verres s’accumulent à ses pieds.Il maîtrisait parfaitement la situation, il menait son cirque.Au théâtrç Olympia le mois dernier, pendant les FrancoFo-lies, seul sur "la grande scène avec son vieux complice Denis Chaulet Masson à la basse, il les a testées, ses chansons méconnues, Ton enfance nous quitte, Encore des mots, Giselle avec 2 L, Le Cadeau, devant son habituelle gang de ciboires, et ils ont plutôt mal réagi.Ils voulaient leur party, ils ont eu un récital de chansons.Autour de moi, je les sentais un peu désemparés, abandonnés à leur sort, ces irréductibles fidèles qui sont à Plume ce que les Deadheads sont au Grateful Dead.Vous connaissez les Deadheads ?Ce sont les milliers de fans qui suivent de ville en ville le Grateful Dead, légendaire groupe sanfrancis-cain de 1ère psychédélique qui attire encore presque autant de spectateurs que Guns N’ Roses.Ce sont des fans d’un type un peu spécial, qui festoient dans les aires de stationnement des stades et des arénas avant et après les spectacles, qui enregistrent et s’échangent entre eux des enregistrements pirates de shows du Dead.Plume, lui, a ses Plumeheads, ses têtes d’emplumés, pour lesquels un show de Plume est d’abord et avant tout un exutoire, un party avec le meilleur animateur de party qui soit, la façon la plus expéditive et la plus concluante qu’ils connaissent de se prouver qu’ils existent.« Ils ne viennent pas me voir, ils viennent me boire », commente Plume entre deux cafés.« Il y en a là-dedans qui ne se sont jamais fait engueuler par leurs pères, et c’est ça qu’il viennent chercher.» Se faire entendre et se faire répondre.À tue-tête, autant que possible.Pour que le méchant sorte.À l’Olympia, quand Plume épanchait sa soif à grandes rasades de St-Laurent frappé, des huées partaient d’en arrière, du balcon.Plume laissait faire.La rééducation sera longue, il le sait.Sa gang de ciboires, dont beaucoup n’ont pas vingt ans, ne perdra jamais le droit de s’exprimer.«Je trouve que c’est un maudit bon running gag.J’ai l’intention de continuer à boire de l’eau, alors, s’ils continuent de réagir comme ça entre les chansons et qu’ils finissent par se la fermer pendant les tounes, moi, ça m’arrange.» À la Butte, on suppose que l’exiguité du lieu, la proximité de la scène, l’intimité, voire la promiscuité du contexte, élimineront graduellement les îlots de résistance au changement.Mais attention, Plume ne veut pas que l’on se méprenne sur ses intentions.D’une part, il ne renie pas le rock.Il le laisse temporairement à d’autres, plus jeunes, plus fous: « Je suis content que le coté Barbie des années 80 ait sauté et qu’il y ait des Vilain Pingouin et des Parfaits Salauds qui brassent un peu, qui jouent un rock qui sent la rue et la shoppe.Quand ça sent trop le studio, ça me donne un arrière-goût de salon mortuaire.» D’autre part, s’il s’agit pour Plume de jouer ses chansons mêcon-Volr page C-2 : Plume PHYLACTÈRES.LES FIGURES QUI PARLENT DU 12 NOVEMBRE AU 13 DÉCEMBRE • DU MERCREDI AU DIMANCHE DE 12H00À 18H00 UNE EXPOSITION RÉALISÉE PAR LA GALERIE VERTICALE ART CONTEMPORAIN EN COLLABORATION AVEC LA COMMISSAIRE CHRISTINE BERNIER, LA REVUE ET LES ÉDITIONS TROIS GALERIE VERTICALE ART CONTEMPORAIN I 8 9 7, BOUL D AGEN Al 5 O, LAVAL, QUÉBEC H 7 L • 5 A 3 5 I 4 - 6 2 B - 8 6 6 4 • Raymonde April • Catherine Bédard • Clémence Desrochers • Roland Giguère • • Alain Laframboise • André Martin • Hélène Merlin • Serge Murphy • • Claire Paquet & Suzanne Paquet • Louise Robert • Francine Simonin • Lancement des livres de Anne-Marie Alonzo "GALIA QU'ELLE NOMMAIT AMOUR1' et de Patrick Coppens "LAZARE" LE 12 NOVEMBRE À 19H00 • Lecture de Anne-Marie Alonzo et lancement du catalogue "PHYLACTÈRES.LES FIGURES QUI PARLENT" LE 13 DÉCEMBRE À 14H30 Remerciements au Député de Vimont Monsieur Benoit Fradet • à Ville de Laval • et au ministère des Affaires culturelles du Québec GALERIE VERTICALE ART CONTEMPORAIN I 8 97, BOUL DAGENAIS 0.LAVAL, QUEBEC H 7 L • 5 A 3 5 1 4-628-8684 3 C-2 ¦ Le Devoir, samedi 7 novembre 1992 Capturer le mouvement de la vie Rauschenberg au musée Guggenheim à Soho Maurice Tourigny Correspondant à New York LE GUGGENHEIM MUSEUM continue la lancée de l’automne : après le MET et ses expositions Matisse et Ribera, après la divine rétrospective Matisse du MOMA, une autre collection d’envergure vient prendre les amateurs d’art de New York.Encore tout fier de ses nouveaux locaux au 575 Broadway à SOHO, le Guggenheim présente plus de 100 oeuvres de Rauschenberg exécutées entre 1949 et 1954 alors que l’artiste n’a que 23 ans.Des photos, des collages, des peintures, des sculptures, des assemblages prouvent au-delà de tout doute que Robert Rauschenberg est capable d’une émotion poignante, d’une esthétique solide et qu’il est un des précurseurs des grands mouvements qui ont suivi ses premiers pas.ta collection rassemblée par Walter Ilopps de la Menil Collection de Houston, qui s’installe à New York ^’au 24 janvier après des arrêts shington, Chicago et San Francisco, fera sans doute date dans les annales Rauschenberg et offre, à ce jour, le regard le plus perçant sur une période injustement négligée de la production de l’artiste.Le Guggenheim donne à voir la naissance d’un discours artistique des plus brillants de notre époque, déjà puissant et habilement articulé, qui procède du surréalisme et de l’expressionisme abstrait, qui annonce le minimalisme et l’art conceptuel à venir et qu’on a trop rapidement et trop bêtement qualifié de « pop ».• Plus on avance dans l’exposition Rauschenberg, plus on est touché par les oeuvres.On pourrait dire de la: collection que son effet est « cumulatif », que d’une galerie à l’autre, çUe nous parle plus directement, elle nous atteint le coeur.Malgré la variété de médiums, la différence des Styles, l’art de jeunesse de Robert Rauschenberg aborde des questions d’importance de façon subtile et efficace.Dès les premières galeries, le travail étonne avec ses expositions à la lumière de papier bleu qui rappellent lès « rayogrammes » de Man Ray, influencé nette chez Rauschenberg.Ces muses en mouvement à la couleur glaciale, ces mains qui évoquent lès gestes du chef d’orchestre, ces pieds qui vont dieu sait où dans un éspace feuillu, saisissent le corps dans le temps et suggèrent presque tion : les Black Paintings de 1951, aux reliefs marqués couverts de pigment mat ou lustré mais noir, ramènent l'impression du temps arrêté, du cours interrompu des oeuvres déjà mentionnées.Sous cette épaisse couche de peinture noire semble être préservé un monde vivant, un paysage complexe aux formes mouvantes.On croirait que Rauschenberg veut emprisonner la vie pour qu’elle puisse éclore à nouveau plus tard sans avoir été altérée par le temps.Comme son aîné Joseph Cornell, Raushchenberg crée des boites dans lesquelles il place divers objets.Ici encore ce jeu de la vie préservée mais avec un goût de mort.Comme dans les tombeaux de l’ancienne Égypte, les boites mettent en place le retour à la vie, ou est-ce la vie elle-même prête à bondir aussitôt le couvercle soulevé ?Tous ces insectes et ces cailloux, la terre, la colle et les coquillages, les branches et les épines deviennent les talismans aux vertus secrètes.Cet aspect « talismanique » de certaines oeuvres du peintre se retrouvent dans de nombreuses photos, dont celles du marché aux puces de Rome prises en 1952.Objets ou fragments d’objets poussiéreux, défraîchis, vieilles bottines, châles et dactylo abîmée font partie du vocabulaire mystérieux de Rauschenberg.La série de photos Feticci Personali de 1952 compose des lieux décorés de plumes, de cordages, de morceaux de bois dans des arrangements sacrés à la façon des sanctuaires mexicains du Jour des Morts.Lieux de rituels ou autels voués on ne sait trop à quel culte, ces environnements sont empreints d’allusions à la mort, au passage de la vie.Les sculptures incluses dans l’exposition sont composées de bois et de pierre, la plupart rattachant une roche à un morceau de bois par une corde.Retenir, arrêter, capturer le mouvement de la matière, ou mieux encore celui de la lumière comme dans ce cube de bois renfermant un cube aux parois de tissus transparent.D’une phase à l’autre, Rauschenberg surprend.L’oeuvre d'une galerie apparaît soudain à la lumière du travail de la galerie précédente et toujours Rauschenberg nous amène un peu plus loin avec lui.I .a richesse de l’exposition du Guggenheim tient des oeuvres de toute première importance.Rauschenberg : The Early Fifties convaincra même les plus sceptiques.le ralentissement de cours « normal ».L’idée de séquence joue un rôle de premier plan dans l’art de Rauschenberg, tant dans sa photo que dans ses gravures.Séquence dans la série White paintings à la toile uniformément blanche divisée en rectangles égaux.Séquence dans les cinq images de la série photographique Cy And Roman Steps, suggérant la descente vers la caméra d’un sujet dont on ne voit d’abord que les pieds et qui s’appro- che peu à peu du spectateur en cinq étapes.Séquence dans l’empreinte de pneu sur papier produite en collaboration avec le compositeur John Cage.Rauschenberg capte le passage du temps.Même dans l’émouvante Quiet House (1949) une photo noir et blanc, arc de lumière sur un mur où sont appuyées deux chaises, Rauschenberg rend la course du soleil dans un lieu silencieux et fixe.Le silence proche du recueillement est récurrent dans les oeuvres de jeunesse.Des White Paintings aussi se dégage un certain silence qui porte à la contemplation; leurs dimensions égales et régulières, leurs surfaces sans accident, leurs répétitions graves et sans réponse créent un climat d’intériorité.La peinture de Rauschenberg signée en 1960 porte des titres religieux : Trinity, Mother Of God, Crucifixion And Reflexion.Celle de 1951 renvoie à des symboles de la religion juive : diverses lettres de l’hébreux et représentation de la menorah.Une autre série de peintures nous vaut un des temps forts de l’exposi- PHOTO PAUL HESTER ET KEN COHEN A gauche, une oeuvre sans titre de Robert Rauschenberg.Ci haut, une autre oeuvre sans titre de Rauschenberg.Qui est Mauricio Kagel?Marie Laurier EST-IL UN MUSICIEN, un cinéaste, un dramaturge, un scénariste, un compositeur ?Tout cela à la fois.Car tous ces chapeaux conviennent à Mauricio Kagel, ce créateur polyvalent et « dérangeant » qui est l’hôte du Nouvel Ensemble Moderne pendant ces dix prochains jours.Le public sera à même de constater par lui-même quelle facette de ce personnage vénéré dans le milieu de la musique contemporaine et électroacoustique lui plaît davantage.La musiologue Maryvonne Kendergi qui le connaît bien depuis 1960 pour l’avoir interviewé et reçu à plusieurs reprises ici, estime que Mauricio Kagel est « inclassable » et « unique en son genre » : « Il est surtout un expérimentateur, un visionnaire qui utilise toutes les techniques d’écriture, n’hésitant pas se servir des objets les plus ordinaires pour obtenir le son qu’il recherche.» La trajectoire de Mauricio Kagel n’est pas non plus banale.Né à Buenos Aires en 1931, très jeune il étudie divers instruments de musique, ainsi que la direction d’orchestre et le chant.Après avoir échoué au concours d’entrée du conservatoire de sa ville natale, il se tourne vers l’histoire, la littérature et la philosophie à l’Université de Buenos Aires.« Devant l’insuffisance de mes professeurs, je devins en quelque sorte un autodidacte », avouera-t-il plus tard.À la faveur d’une bourse d’étude, il arrive à Cologne, en Allemagne, et il y trouve le milieu favorable à ses aspirations au point de ne plus le quitter.C’est d’ailleurs dans cette ville que Maryvonne Kendergi devait le rencontrer pour la première fois, lors de la création de Anagrama, une oeuvre qui envoûta immédiatement la musiologue par son originalité et sa profondeur.Robert Léonard, vice-doyen de la faculté de musique de l’UdM, estime pour sa part que « la musique de Kagel se situe à la limite de l’inconfortable avec ses excès et ses extrêmes ».Ainsi en quarante ans d’activité, Mauricio Kagel a composé quelque 200 oeuvres pour le concert, le théâtre, la radio, la télévision et le cinéma et l’on pourra en découvrir divers aspects ces prochains jours, tout en pouvant rencontrer le créateur le samedi 14 novembre lors d’un entretien public qu’il aura avec Maryvonne Kendergi.Renseignements; Info-Kagel 92 au 343-5962.4 Classique pire « rapatrier et faire revivre » nos plus belles voix.Son travail de producteur et de distributeur de disques, Mario Labbé le conçoit comme une présence effective et symbolique du Québec dans le monde.« Je veux que l’étiquette Analekta s'identifie immédiatement au Québec, comme Finlandia en Finlande ou Errato en France », dit-il.; Le disque Rossini de l’Ensemble Âmati sur étiquette Analekta a suscité des éloges dans les magazines les plus prestigieux.‘ Une recension favorable dans les journaux locaux et dans les périodiques spécialisés constitue un élément de plus pour mousser la vente d’un disque.Il reste que la production du disque classique est immense et la compétition féroce.Une bonne place en vitrine, sur un présentoir ou dans un rayonnage est âprement convoitée et l’espionnage entre les marchands sur les aubaines ou les prix spéciaux est monnaie courante, ce qui n’a rien de nouveau dans les fluctuations d’un libre marché.On rivalise d'ingéniosité pour garder une clientèle ou en attirer une nouvelle, les jeunes notamment qui n’hésitent plus à fréquenter le département classique.« Ils viennent en bande acheter Carmina Burana de Carl Orff, une musique qui semble leur convenir à merveille, si j’en juge par la razzia qu’ils ont fait ici », note M.de Tonnancour.Pour l’interprète, le fait d’endis-quer constitue une carte de visite essentielle s’il veut faire carrière à l’étranger.Aussi selon une politique établie par Mario Labbé, tout artiste qui veut entrer dans son écurie doit être prêt à enregistrer au moins cinq disques, un nombre minimum mais suffisant pour « se faire un nom », croit-il.Angèle Dubeau en est à son 7e, Anton Kuerti et Amati à leur 4e.La publication d’un catalogue est aussi un élément fort important pour toute compagnie qui se respecte et Mario Labbé est très fier du sien qui circule dans les bonnes maisons américaines et européennes.« Oui, la musique classique est en pleine expansion, admet enfin François de Tonnancour.Il s’agit d’un in- ¦mMïrt# - m:' (Théâtre musical Concerts 16 Films 8 uidéos en retrospectiue Rencontres avec IRduricio Kdgel Répétitions publiques LE DEVOIR Cinquième Salle de la Place des Arts 1898 5 novembre, 20 heures Les musiciens du NEM, direction : Lorraine Vaillancourt Ztuei Rhte Théâtre instrumental pour harpe et saxophone Oressur 13-14 novembre, 20 heures Pour 3 percussionnistes et instruments «originaux» avec mise en scène Phantasiestüch Les musiciens du NEM, direction : Mauricio Kagel La Rose des uents [Osten 0 Südosten 0 Rordosten ° Süden) Les musiciens du NEM, direction : Mauricio Kagel Musée d’art contemporain de Montréal, entrée libre 8-10 nov., 14 heures et 20 heures, 9 nov., 20 heures Musée d’art contemporain de Montréal, entrée libre 5-14 novembre, 17h30 Entrée libre.Places limitées.Sur réservation seulement.4 8-9-10-11 novembre Info Kagel 92: 514-343-5962 Billetterie : 514-847-6212 le nouvel ensemble moderne la faculté de musique de l'université de montréal musée d'art contemporain de montréal goethe institut montréal • société radio-canada théâtre ubu • la tarasque Salle multimédia du Musée d'art contemporain de Montréal La Trahison Orale 6-7 novembre, 20 heures Épopée musicale sur le diable pour 7 musiciens et 3 comédiens Le NEM - La Tarasque - Le Théâtre UBU Uariété 11-12 novembre, 20 heures 9 numéros pour 6 musiciens et artistes de cirque ATMC - Zakouski vestissement pour la vie qui n’a rien d’éphémère: un disque classique vieillit avec nous et il n’est pas rare que l’on établisse une relation d’amour avec lui.» C’est le cas de ce client qui vient une fois par jour chez IIMV pour le seul plaisir de voir les nouveautés.Et le plus souvent pour acheter.4 Plume nues en paix, il ne s’agit pas de s’emmerder non plus.« Il faut que ce soit à mi-chemin entre la bibliothèque et le métro.Ce que je vais faire, ce ne sera pas foncièrement sérieux.Il y a moyen de prendre 2-3 bières et de rigoler, de s’élever un peu, sans être obligé de se saouler quatre jours avant le show et d’arriver là comme des pizzas.Je veux bien délirer, mais en autant que le délire mène quelque part.» « Dans mes spectacles, il y avait un premier degré auquel on s’attardait tout le temps et qui empêchait le deuxième degré d’aller plus loin.Pas vraiment des degrés, plutôt des pôles.Un pôle un peu plus bum, et un pôle peut-être un peu plus lyrique.Ceux qui viennent me voir veulent aussi entendre du texte, même si souvent, c’est un besoin qu’ils ne devinent même pas.Ce n’est pas un nouveau genre que je me donne.C’est quelque chose qui existait déjà et que je mets plus en lumière.» Ces réactions viscérales, ces huées d’enfants trahis à l’endroit du père Plume qui a décidé de ne plus chanter Jonquière ni Bobépine, au moins jusqu’au grand party de rock’n’roll qu’il se promet pour célébrer dignement ses 50 printemps, le principal concerné les considère saines, salutaires, aussi valides que la relation qu’ils entretiennent, ses têtes d’emplumés et lui.« Ce qui est merveilleux pour un public, ou pour un amoureux, c’est d’avoir à redécouvrir quelqu’un, d’avoir à lui pardonner quelque chose.11 y a un public qui fait ses humanités avec un artiste, qui s’enligne sur lui et qui parcourt un bon bout de chemin avec lui envers et contre tous.Au bout du compte, j’ai un public comme ça, qui me suit pour mon travail d’artisan.» De fait, le Plumehead qui se respecte, même après sa quinzième Black Label, peut encore réciter toutes les chansons de Plume par coeur.À jeun ou à quatre pattes, il aime Plume d’un amour vrai, le personnage, les textes, les mélodies — très sous-estimées, à mon sens — la marginalité.« Ma marginalité est sensiblement la même qu’il y a 30 ans.À l’époque des beatniks, c’était un infime pourcentage de la population qui se sentait différent du chrome qui l’entourait.Aujourd'hui, c’est un peu pareil.Le côté un peu Woody Guthrie, c’est là qu’il trouve toute sa force: quand il réussit à être la tache de rouille sur le chrome, il remplit sa fonction.Juste pour malfaire.» « On vit à l’ère de la médiatisation immédiate.Il faut que la chanson arrive à prendre un certain recul en traitant de simples préoccupations humaines qui ont traversé les siècles.La chanson, aujourd’hui, c’est du prêt-à porter.On est loin de l'artisan, mais il est toujours là, et il porte les siècles sur ses épaules.Il peut y avoir des moments où sa chanson semble camouflée, mais quant à moi, elle fait sa guérilla.» À la Butte, on sera tous dans les tranchées.?Plume Latraverse en spectacle à la Butte St-Jacques ce soir et les 12, 13 et 14 novembre.MONTREAL Bernard Uzan Directeur général et artistique et BANQUE NATIONALE présentent ICAPULETIEIMONTECCHI ni-1 uni (Version cour ei I en italien avec surlitres français et anglais) L’histoire de Roméo et Juliette telle que Bellini l’a conçue.Salle Wilfrid-Pelletier Place des Arts Le 4 décembre 1992 à 20 h Romeo Judith Forst Giulietta Hélène Fortin L’Orchestre Métropolitain Billets à 10,15 $, 20 $, 40 $ et 50 $ en vente à la Place des Arts : (514) 842-2112, à l’Opéra de Montréal (514) 985 2258 et aux comptoirs Admission (514) 522-1245 ou 1 800 3614595 LE PANTHÉON CANADIEN DE L'ART LYRIQUE Le concert sera suivi d’une réception au cours de laquelle Judith Forst et Joseph Rouleau seront reçus au Panthéon canadien de l’art lyrique.Réservez dès maintenant vos billets bénéfice en téléphonant au (514) 985-2222.Le billet, au coût de 80 $, inclut le billet de concert et le cocktail à la Rotonde du Musée d'art contemporain.Prix de présence : Deux billets d’avion, en classe hospitalité, à destination de votre choix sur les vols d’Air Canada T % s Le Devoir, samedi 7 novembre 1992 ¦ C-3 1 ÿ ^ \j~.CINÉMA Samuel Frôler et Pernilla August dans Les meilleures intentions.La détresse et l’enchantement Les meilleures intentions Réal : Bille August.Scénario : Ingmar Bergman.Avec Samuel Frôler, Pernilla August, Max von Sydow, Ghita Norby, Lennart Hjulstrom, Mona Malm.Image : Jorgen Persson.Musique : Stefan Nilsson.Suède 1992.en v.o suédoise s-t anglais à l'Égyptien.En v.française à l’Élysée, et au Dauphin, et au Clap à Québec.181 min.Odile Tremblay À 74 ANS, le monument Ingmar Bergman a beau ne plus diriger de plateaux, il hante comme un fantôme les films de l’année.Son univers peuplé de pasteurs rigides et puritains, d'épouses amères en robes blanches, d’enfants étreints la nuit par l’angoisse, est plus vivant, j’allais dire plus étouffant que jamais.À défaut de tourner, le cinéaste de Sonate d'automne écrit des scénarios que d’autres mettent en images.En 92, sortaient coup sur coup un film de Daniel Bergman (fils d’Ingmar) Les enfants du dimanche et (beaucoup plus important) celui de Bille August Les meilleures intentions que le dernier festival de Cannes couronnait de sa précieuse Palme d'or.Ces deux films sont des récits autobiographique signés Bergman dont les histoires se suivent d’ailleurs.Les enfants du dimanche (une exploration de l’enfance d’Ingmar) commencent là où Les belles intentions, qui disent la rencontre de ses parents, finissent.Mais à part ça, rien de commun entre les deux oeuvres.Tant le Bille August trône haut devant.Film achevé, extrêmemement bergma-nien, autant par la pureté de sa forme, son ton entre le cri et le chuchotement, sa longueur, trois heures, ses thèmes évidemment puisque le scénario est de Bergman, l’extrême rigueur d’une direction où rien n’est laissé au hasard, jusqu’au choix d’acteurs, comme Max Von Sydow.Si bien qu’on peut surtout reprocher à Bille August de moins reproduire son propre style qu’on avait admiré dans Pelle le Conquérant que celui du maître dont il adapte l’histoire.August fait ici du Bergman, mais le fait à merveille.On s’incline.Le pas de doux est extraordinaire.Le film donne l’occasion de brosser un doublé de portraits magnifiques, masculin et féminin, Samuel Frôler et Pernilla August, plus vrais, plus humains que nature se frôlent, s’affrontent, se leurrent, se déçoivent, s'aiment au delà des planètes différentes qu'ils habitent.Dans l’histoire d’amour d’un couple qui se forme ici pour toute une vie, l’incommunicabilité des sexes survole la scène, comme un ange noir.Un homme faible, violent, dominé par les femmes, rempli de beaux principes qu’il est incapable de vivre narmonieusement pas plus qu’il n’arrive à se comprendre lui-même, pitoyable en quelque sorte.Tel fut Henrik, père d’Ingmar, interprété avec brio, avec subtilité, avec courage par Samuel Frôler.Henrik est d’humble origine.Il se prépare à devenir pasteur, vit en ménage secret avec une serveuse de restaurant, jusqu'au jour où, coup de foudre ?caprice d’enfant gâtée ?, Anna, une jeune bourgeoise s’éprend de lui.Et elle est têtue, se jure qu-'Ilenrik lui appartiendra, qu’elle l’arrachera à sa serveuse, au désespoir de ses propres parents, le doux Johan (Max Von Sydow) et la dominatrice Alma (Mona Malm) qui dirige sa tribu d’une main de fer.Amour contrarié, d’autant plus fort, donc.Après bien des chassés-croisés, ils s’uniront, vivront dans une petite paroisse perdue, mettront au monde leurs premiers enfants.Et s’installe l’amertume.Pernilla August traduit son personnage avec une détermination farouche.Elle est à la fois dure, presque froide, calculatrice comme une paysanne et romanesque comme une vierge imaginative.D’un romanesque qui l’entraîne là où il entraîne les jeunes filles trop rêveuses du début du siècle : vers un mariage décevant.Parmi les figures secondaires, celle de Karin, la mère d'Anna, est rendue avec beaucoup de charisme par Ghita Norby.Elle sera despotique et pathétique à la fois, cherchant à tout contrôler, voyant la vie, celle des autres lui filer entre les doigts.Portrait poignant, comme sont poignants tous ces personnages bergmaniens pour qui la vie n’est pas à la hauteur de leurs songes.Nous sommes dans une Suède puritaine, hypocrite, où règne le non-dit, les amours furtives.L’injustice sociale aussi.Les ouvriers exploités se révoltent, et Henrik tente maladroitement de les appuyer.En décor, l’époque renaît, sur fond de tuberculose et de sanatoriums, d’immenses barrières entre les classes sociales, avec un clergé qui se voile les yeux et se range du coté du pouvoir.Bille August a traduit ce monde de contraintes à travers beaucoup de scènes intérieures.Les décors sont austères, les éclairages souvent de nuit, intimes, presque étouffants, comme étouffent au fil des ans les illusions du couple.Jamais la mise en scène ne s’essouffle au long des trois heures de la projection.Les personnages s’étoffent, se complexifient, plongent en eux-mêmes, portés toujours plus avant par la mélancolie que leur destin exsude et dont le cinéaste suédois nous traduit pas à pas pour paraphraser le titre de Gabrielle Roy, toute la détresse et l’enchantement.à 19h00 (supplémentaires les dimanches à 13h00) au Cinéma Parallèle, du 30 octobre au 11 novembre cinomn libre présente un film de Peter Mettler adaptation de la pièce de Robert Lepage et du Théâtre Repère ".Mettler est un vtsiynaire dans le sens le plus/Sur.(Les Plaques Tectspiques) nous offre une enqpéto complexe et provocante du comportement humain” Martin Siberok ekSteve Kokkor.' Mirror NT manufacturing con un film dp Mnrk Achh.-ir and Peler Win 11>Mick Sesterce d’Or" à Nyon Meilleur Hlm Canadien'' à Vancouver Hugo d'Or1' à Chicago Prix spécial du juty” Festival des Festival® Prix spécial du jury ” Festival de l'Atlantique '*¦».iV T*SSS WM* it 21 ItOO (supfilémontnlros Ins dlmnnchns n 15h00) Jean-Charles Tacchella, sidéré par le « sérieux » du monde Odile Tremblay CERTAINS FILMS SONT plus légers que l’air, destinés à rien d’autre qu'à faire sourire.Un peu bébêtes, parfois, et qui glissent sur la pente du cliché facile.Mais au fond, pourquoi pas ?« Il est donné à si peu de cinéastes d’être légers, soupire Jean-Charles Tacchella.Tant de films sont lourds aujourd’hui.» Soupir ! Lui, il vole au secours de la comedie.« L’excès de sérieux de mes contemporains est ce qui me sidère le plus sur cette terre».Tacchella était de passage à Montréal cette semaine, après un crochet à Rouyn-Noranda où son film L'homme de ma vie lançait le festival abitibien.Il ne venait présenter au Québec rien de très indigeste, une comédie française dans la plus pure tradition du genre, misogyne sur les bords, avec un clin d’oeil au théâtre de Guitry.Le film arrive cette semaine dans les salles montréalaises.L'Homme de ma vie raconte comment une jeune fille, lasse de vivoter d’emplois de fortune dont elle se fait virer invariablement au bout de quelques mois, décide de partir à la chasse au mari, en éliminant d'office les paumés et les sans-le-sou.Même un libraire en faillite qu’elle trouve tant de son goût sera sacrifié sur l’autel de la nécessité.À la guerre comme à la guerre.Film post-féministe ?L'Homme de ma vie ?Jean-Charles Tachella ne nie ni n’avoue.Quand on lui pose la question, il s’arrange pour changer de sujet.Si bien que de guerre lasse, on finit par renoncer à découvrir si oui ou non, il croit vraiment à la né- cessité de renvoyer les femmes à leurs chaudrons.Une réplique de l’héroïne en fera sursauter quelques unes.: « Si nous autres les femmes on mettait autant d'énergie à trouver un homme qu’à apprendre un métier, on aurait de meilleures situations ».Hélas, Aymée déchantera bientôt dans sa course au mari.« Quand ils sont riches, ils gardent l’artiche.Quand ils sont grands, ils sont fainéants», chantait autrefois Vian en exhortant : « Ne vous mariez pas les filles ».L’héroïne en arrivera aux mêmes conclusions.Le cinéaste de 67 ans, lui, s’en lave les mains : « Dois-je être d’accord avec tous mes personnages ?», demande-t-il tout sourire.Manifestement, Tacchella ne prend pas son film trop au sérieux.Exercice de style pour celui qui m'avoue goûter plus que tout la mécanique des bons dialogues un peu surréels, qu’on compose à l'envers des répliques quotidiennes, dans l’irréalité la plus délirante.« Mais attention ! prévient-il pourtant : « J’ai horreur du rire pour le rire.Je préfère installer ma caméra un peu en retrait et poser des questions sur l’époque, car de la distance naît l'ironie ».Tacchella a eu envie de peindre ici le portrait d’une femme caméléon, qui prend la forme des hommes avec qui elle vit, végétarienne avec l’un, gourmande avec l’autre, misanthrope souriante avec un misanthrope souriant.Telle est la Aymée de L'Homme de ma vie.Tout le film repose sur les épaules de la comédienne principale, la Por-tuguaise Maria de Medeiros, qu’on avait déjà applaudie dans Henry and June de Philip Kaufman où elle in- PHOTO JACQUES GRENIER Jean-Charles Tachella terprétait le personnage d’Anaïs Nin.Tacchella a eu la bonne idée de lui offrir un rôle comique.Si physique, si sympathique, chaude rieuse, elle justifie par sa seule présence, l’existence de ce film-là.L’Homme de ma vie célèbre le retour de Jean-Charles Tacchella à la comédie contemporaine.Il était fatigué de verser dans le film un tant soit peu intellectuel.« J’avais fait un tryptique sur la création : parlant de peinture dans Escalier C, de cinéma dans Traveling avant, de littérature à travers Dames galantes.Cette fois, j’ai eu envie de sourire un peu ».Le spectateur cherchera vainement la complexité, et disons-le, la profondeur subtile A'Escalier C, film infiniment plus dense que L'Homme de ma vie.Il cherchera aussi l’intérêt en quelque sorte historique de Traveling avant.« La première fois, qui sait ?je donnerai peut-être dans le film tragique».En 75, le style ultra léger a fait la gloire de Tacchella dans Cousin cousine.film qui a conquis l’Amérique.Puis le cinéaste est allé explorer d’autres genres, se voulant, comme il me précise, hors des modes, hors des styles.Mais d’un genre à l’autre, Tacchella continue à faire du Tacchella.Ne serait-ce que par la permanence de ses thèmes.« La misanthropie, par exemple, est pour moi, un sujet récurrent, et paradoxalement la complicité des couples.» Autres thèmes « tacchelliens » : « Les solitudes, les égoïsmes, l'insécurité de cette fin de siècle.» Le cinéaste fait une pirouette : «J'aime dire le contraire de ce que j’ai déjà dit ».Il sourit « Tout en répétant la même chose, bien entendu ».On m’a toujours considéré comme un réalisateur féministe, vous savez».Alors qu’il était jeune critique de cinéma, à Cherbourg, puis à Paris, Jean-Charles Tacchella se battait « pour que les images se répandent partout».Un combat qu’il a remporté au delà de ses espérances.« La télé est venu porter un coup au septième art, et le cinéma s’est retrouvé en France le cul par terre.Avec un public qui ne réclame plus que des films américains.» Mais Tacchella n'a pas envie de se taire pour autant, ni de ranger sa caméra.« .le suis un optimiste pessimiste » précise-t-il.Je fais quoi qu’il arrive mon petit bonhomme de chemin.version o.anglaise EU LOEWS 954 Ste Catherine O W 12 30 2 45 5 00 7 10 9 30 6e MOIS! INDOCHINE VBAGChfMi Vincent Perez Un film «le |ean |A(que\ Belnelx Un film de RÉMY BELVAUX ANDRÉ BONZEL - BENOIT P0ELV00RDE PARISIEN 480 Ste-Catherlne O K CENTRE EATON ««•».» 705 Ste Catherine O W l!.\ 00 4 30 8 00 Aussi au TERREBONNE 30 4 00 6 30 9 00 PARISIEN 480 Sle Catherin# O PARISIEN 866 3856 480 Ste-Catherine O Tous les soirs 3:20-5:20-9 30 12 30 2 40 4 50 7 10 9 20 .IBiiuumiwikML • PRIX DU PUBLIC \ÉJIAFANTASTIflllT • MEILLEURS 1“ ° “ T ° * « H EFFETS SPÉCIAUX ‘L'HORREUR SOPHISTIQUEE - Francine Laurendeau, Le Devoir CLIVE BARKER PRÉSENTE #7 AU BOX OFFICE! La comédie la plus efficace de l’heure.RIRES GARANTIS! un film de JEAN POIRET G VISA GÉXÉAAl HELLRAISER III LES ÉCORCHÉS III Le L'ENFER SUR TERRE CIRtllI CENTRE EATON 705 Ste Catherine O (S CENTRE LAVAL6*8 7,76 1600 Le Corbusier t~v Zèbre avec THIERRY LHERMITTE • CAROLINE CELLIER CKAC73AMO îSS ^assefp 1 00 3 00 5 00 7 05 9 15 [ULTRA'BTEREOp 10NGUEUIL Oméga mmim | QU PLATEAU 521’7870 Mail Man Centre (L\ I >58i Mont-Royal E PARISIEN 866-3856 480 Ste-Calherine O ~W 12 50-2 50 4 55 7 00 9 10 Bani Tousles sous 7 10 9 20 sam dun 12 45-3 00 5 00 7 10 9 20 COUCHE TARD sam 11 25 Tous les sons 7 20 9 40 sam dim 1 00 3 00 5 10 7 20 9 40 COUCHE TARD sam 11 50 PALACE S*6**?" 698 Sle-Catherine O.C\ CINÉMA DU PARC 3575 Ave du Parc Tous les sous 7 15 9 15 sam dim 1 00 3 00 5 00 7 15 9 15 COUCHE TARD sam 11 15 Tous les sous 7 30 9 30 sam dim 1 00-3 00 5 00 730930 FAMOUS PlAYERS 8'>9'i“s| CENTRE LAVAL ¦ STE-ADËLE 1|SIi*'l*|f.t ••l'fSiJO* Miton'flrCA I 1600 Le Corbusier 'PC (S H PINE • 24 rue Morin TT ** M4, HVJ 04'/rj LE DEVOIR LIV ULLMANN récipiendaire de L OSCAR SCANDINAVE S! est fière de présenter aux Montréalais % V/ le film le plus primé du Festival des films du monde 92g Grand Prix spécial du Jury • Prix du film le plus populaire • Prix oecuménique : sf far ?s - ., c Dussault la hrssc «I n divertissement SUPERBE qui provoque un PLAISIR IMMENSE, l ue expérience romantique que nous recommanderez autant à \os enfants qu'à vos parents.» //'c lillajiv lnice LE DEVOIR COlDCOP Gallimard UIUMI uni IIM 11N Ml II 111 HI MM I M IONS sl\ll II I Kill I K l'LKMLLl VI l.l SI MSUIIS SMHIV, (.IIIHMIKRI IOKI.I \ l'I KSSIIN si m\ Ml SSIIS IVM S INI I IsKm iISSI S WWW KIH 11,1 SUISSNS ISS mill \SI III l I IKSIIIIIKISMII, IM.KHI llllll IIKKI.- 1M.S1 SU lit III.SI IN .HIU.F.U M M pfflçp VERSION OHIGINALE AVES S T.ANGUIS CENTRE-VILLE mwlm ?001 Université métro McCiH ?D "À ceux ipii luttait pour demain" éZttns k w1*' Carmen Maura feau-Pierre CASSEL Didier BEZACE Daniel MUSSEN André DELVAUX ami s un film de Marion Hansel prima film tous les jours: umm>: 1:30 - 3:30 - 5:30 - 7:30 - 9:30 Mil n.lJTTn PLUS UN COURT-MÉTRAGE CONTE POUR PETITES FILLES SAGES cto Isabelle Poissant t % HARRISON FORD 13 nunnen LE MONTAGE DU RÉALISATEUR VERSION FRANÇAISE f tous les jours: 1:30-3:50-9:30 BERRI 8«-2LM 12W rue St-Denis W © sam.et dim.: 1:10 - 5:00 - 9:10 semaine: 5:00 - 9:10 "À VOIR ABSOLUMENT!" — Francine Laurendeau.LE DEVOIR * C AIM IVIES 1992 GRAND PRIX DU JURY -ET- PRIX OECUMÉNIQUE VOLEUR D'ENFANTS Avk ENRICO 10 VERSO VALENTINA SCALICI GUISIW IERACITANO FLORENCE OARIL MARINA G010V1NE Sc*n»no de GIANNI AME110 SANDRO PETRAGLIA STEEANORUllI Producteur MKubl EN70 PROCEllI Coprodudeur BRUNO PESERV Producteur ANGE 10 RIZZOLI U IM FILIV1 DE GIAIMIMI AIVIELIO jhl tous les jours: 2:00 - 5:00 - 7:20 - 9:40 HEÜ cre, sinon à embrigader.C’est, fortement raccourci, le propos de Manufacturing Consent, Noam Chomsky and the Media, produit par l'ONF et par Robert Wintonick et Mark Achbar.Ces deux derniers collent littéralement aux fesses du linguiste et activiste Noam Chomsky où qu’il se trouve depuis 1988, de Tokyo à Londres, Vancouver, etc.Les contempteurs de Chomsky ont largement la parole dans ce film : le recteur de l’Université de Boston l’insulte, Tom Wolfe l’assimile à un adepte de la Cabale et Karl Meyer, du New York Times, lui reproché de ne rien connaître des contraintes et du mode de production d'un journal.Chomsky conserve le plus souvent son calme.Le film de 167 minutes s’écoule avec un zest d’humour, des apartés vitrioliques et des diverti-menti inégaux, comme lorsque les deux compères qui signent le film se déguisent en chirurgiens pour mieux lacérer les textes, au stade du montage ! Ce film a reçu en octobre à Nyon (Suisse) le Sesterce d’Or du jury; il a déjà été primé à Toronto, Chicago et Sidney .Je dirais de Chomsky ce que Stefan Zweig avait remarqué d’Érasme: « en son for intérieur, il n’a jamais reconnu l’autorité d’un supérieur », ce qui mène plusieurs milieux à tenter de le marginaliser.Lorsque Chomsky fait parvenir à l’éditeur de Robert Faurisson, Pierre Guillaume, un plaidoyer pour la liberté d’expression, il n’ignore pas qu’il fera des remous.Faurisson nie l’existence des chambres à gaz, mais il a le droit de s’exprimer et Chomsky — qui a déjà déploré la « dégradation » du sionisme — demande à ceux qui poursuivent Faurisson en justice de ne pas calquer les tactiques des « bourreaux » nazis qui ne se préoccupaient pas d’écouter les doléances de ces « victimes » dont on veut défendre la mémoire.Ce film entre comme un coin dans le chêne de l'industrie de l’information, incapable de se distancer des idées reçues — n’est-ce pas Claude Julien qui parle de l’information victime des « marchands» et Jacques Godbout qui a dit considérer un téléjournal comme du showbiz ?On doit donc se faire dès le début à ce leitmotiv de Chomsky : la presse qui donne le ton, aux États-Unis, s’enferme fréquemment dans un créneau qui empêche le citoyen ordinaire de s’informer.Exemple-type de distorsion dont Wintonick et Achbar établissent la genèse: dans le prestigieux New York limes, qui « fait l’histoire » et qui se targue de livrer « all the news that’s fit to print », il y eut de 1975 à 1979 une avalanche de dépêches sur le génocide perpétré au Cambodge sous Pol Pot (1175 pouces) tandis qu’une tragédie du même ordre, au Timor Oriental — tragédie dont le responsable est l’Indonésie à laquelle l’Amérique de Carter fournissait 90% de ses armes — n’occupait que 70 pouces dans les colonnes du même quotidien ! Ayant rappelé que 50 % des médias américains sont contrôlées par 23 sociétés, dont le New York Times, le film sème le doute, Chomsky n’occulte pas son empathie pour l’anarcho-syndicalisme ni son refus de « certaines formes d'autorité et de domination » qu’il souhaite se voir répandre.Cet universitaire brillant, la plupart des « anchormen » le trouven dérangeant parce qu’il leur fait sentir que la « concision.entre deux pubs », ce n’est pas son style.Pourquoi, s’agissant du Timor Oriental, existe-t-il une telle différence entre les médias américains et ceux d’Australie ?Implicitement, il s’agit pour un média américain de bien frapper sur les vilains, soit Pol Pot et les Khmers Rouges.Mais comment se faire à ce point discret envers un régime comme celui de Djakarta qui met en coupe réglée, de façon barbare, une population qui vient tout juste de souffrir d’une guerre civile, une fois terminée la colonisation portugaise ?Les vérités qu’il assène ne sont pas populaires, mais il a soin de dire que s’il persiste, c’est qu’il vit dans un « pays libre », l’un de ceux qui pourraient connaître des changements.Manufacturing Consent.est un film qui plaide contre les simplications, et qui sait valoriser les efforts d’une certaine presse « alternative ».L’épisode des interviews réalisées à New York lors de la tenue de la « mère de toutes les parades » sur la Fifth Avenue en l'honneur des soldats rentrant de la Guerre du Golfe, servent d’appui à l’idée centrale du film : bien des pans d’événements importants échappent à la presse « qui fait l’histoire ».Chomsky y voit même des Noam Chomsky « supercheries » à répétition, ce en quoi il rejoint son concitoyen et exattorney general Ramsey Clarke qui a décortiqué les faussetés d’une « guerre de précision chirurgicale » contre l'Iraq.N’est-ce pas un héros « canadien », Grierson, fondateur du National Film Board, qui fut louangé tant qu'il fut utile, par sa propagande sur l’effort de guerre, jusqu’en 1945 ?Grierson fut peu après brisé par l’affaire Gouzenko et par le vent mccarthyste qui faisait de lui un suppôt bolché-vique au sein de l’ONF qui avait, entre temps, changé sa définition de la propagande.Voilà pourquoi je trouve éminemment utile un film comme Manufacturing Consent.De temps en temps, innocemment, on aime se faire rappeler que le roi est nu, que la transparence finit par prévaloir grâce aux questions pertinentes que soulèvent des Noam Chomsky.Le degré zéro de l’horreur Henry : Portrait of a Serial Killer De Henry McNaughton.Avec Michael Rooker, Tracy Arnold, Tom Towles.Scénario : J.McNaughton, Richard Fire.Image : Charlie Lieberman.Musique : Robert McNaughton, Ken Hale, Steven A.Jones.E.-U., 1985.Présenté au cinéma de Paris.Alain Charbonneau EST-CE UN HASARD si de tous les films sortis cet automne, les deux plus intéressants mettent en scène un tueur en série ?C’est arrivé près de chez vous tournait en dérision le reportage télé et sa rhétorique racoleuse, en suivant au pas un psychopathe de petit chemin.Henry : Portrait of a Serial Killer, présenté en première montréalaise au Festival du cinéma fantastique, explore quant à lui des voies beaucoup moins loufoques, beaucoup plus inquiétantes, en renouant plutôt avec le bon vieux « slasher » dont il subvertit cependant les codes d’une façon très originale.Production destinée au circuit vidéo, Henry est un film à très petit budget ($112 000, une bagatelle), tourné en 16 mm, puis gonflé en 35 mm.Réalisé en 1985, avant que Silence of the Lambs ne popularise la figure du serial killer, il fut d’abord boudé par les grandes maisons de distribution de vidéos, qui n’y trouvaient aucune valeur commerciale.Puis, manque de pot, la censure lui colla l’implacable cote X.Mais peu à peu, de visionnements privés en projections de festivals, et de bouches à oreilles, il acquit dans les cercles de cinéphiles et de critiques une réputation qui permit à son réalisateur de connaître une notoriété bien méritée.Le film de McNaughton est un objet complexe, contradictoire et ambigu, celui de Demme, un divertissement un peu mieux réussi que les autres.Henry retrace une tranche de la vie d’un authentique assassin, Henry Lee Lucas, qui confessa près de 600 meurtres après son arrestation au début des années 80.Vie sans histoire, qui pourrait être celle d'un million d’Américains désoeuvrés, qui est sans doute celle d’un million de nobody noyés dans la masse.Comme le tueur de C’est arrivé près de chez vous, Henry travaille en solitaire et a développé ses propres méthodes, dont le prologue nous donne un terrible aperçu : quelques plans sur les corps mutilés des victimes, toutes des femmes, avec en son off, seul témoin de ces crimes affreux, des cris et des bruits de violentes mêlées.Les choses changent du jour où la soeur de son co-locataire, Becky, vient se réfugier dans leur appartement minable des bas-fonds de Chigago.Henry la protégera contre les comportements incestueux de son frère, tout en entraînant ce der- nier dans une escalade d’exactions et de meurtres qui culminera avec le massacre d’une famille, genre Orange Mécanique, filmé sur vidéo, visionné et revisionné sans cesse par les deux meurtriers.Scène-clé, ou la réalité dépasse soudain la fiction et où l’horreur en différé fait irruption dans le foyer par le moyen le plus trivial qui soit : le tube cathodique.Plus que le personnage lui-même, c’est le regard clinique, quasi anthropologique, que McNaughton porte sur l’existence de son « héros » qui a choqué l’Amérique.Au grand dam de ses producteurs, qui auraient préféré un « slasher » dans la bonne vieille tradition du cinéma gore , avec hémoglobine à la pinte et force détails macabres, le cinéaste a refait Born to kilt, revu et corrigé par le documentaire.L’épouvante et l’horreur ne tiennent pas aux effets spéciaux, ni aux scènes de violence, qui sont assez rares en comparaison avec des films du même genre.Elles naissent plutôt de l’inquiétante étrangeté qui, se glissant sans cesse entre ce qui arrive et ce oui va suivre, porte le film souvent à la limite du supportable.Ce qui dérange aussi, c’est que Henry, comme le personnage du roman controversé de Bret Easton Ellis, American Psycho, reste impuni à la fin, comme si l’Amérique d’aujourd’hui servait de repaire à ce genre d’activité macabre.Il faut voir comment Henry choisit ses futures victimes, comme d'autres vont au marché.Mais ce qui dérange encore et surtout, c’est que Henry est un film infaillible, inattaquable, qui ne s’em-harasse pas des cautions morale, psychologique ou sociologique dont s’entoure habituellement le film de ce genre pour expliquer les gestes de l’assassin.Son personnage tue comme il respire, sans plaisir, sans raison, sans mobile : par pur instinct.Sans pour autant être la simple métaphore de l’animal à visage humain.Non.Du début à la fin, il reste humain, ni trop humain, ni pas assez, juste humain.Malheureusement pour nous.Le film a profondément divisé le public américain, qui y a vu tantôt une apologie aveugle de la violence, tantôt son constat lucide.Comprenne qui pourra.Pour ma part, j’y vois la preuve incontestable que Henry est l’une de ces oeuvres à double tranchant, qui nous tend à nos angoisses les plus primitives un miroir où elles viennent se dévoiler dans leur ambivalence native, irréductible.Coeurs légers et âmes sensibles, s’abstenir.UNE INVITATION DE SUCO À UN CONCERT POUR LA SOLIDARITÉ BAR SUR OPUS CUATRO Groupe Vocal Latino-Américain de réputation Internationale en raison de la qualité de son interprétation et de son répertoire riche et varié.- MUSIQUE FOLKLORIQUE D’ARGENTINE - TANGO - NOUVELLE CHANSON LATINO-AMÉRICAINE - NEGRO SPIRITUALS OPUS CUATRO a été fondé en 1968 et depuis, a réalisé plus de 4,500 concerts en Amérique, en Europe et en Asie.Le Vendredi, 13 novembre à 20h00 au GESU 1202 Bleury (métro Place-des-Arts) Admission: $15 et $25 Pour information: SUCO 982-6555 / CAM 495-3708 fil # ^ ¦W/ W CSN RADIO CENTRE-VILLE - FTQ CFMB «10 Sensations fortes ! Paule des Rivières Disons-le tout de suite, je n’avais jamais mis les pieds au cinéma Imax, ni vu de film en 3D.C’est du sport.Un peu comme un manège à Terre des Hommes.Les fleurs vous chatouillent le nez, le cougar va vous sauter à la figure et le torrent de feu qui s’échappe de la forge vous réduira en objet calciné d'une seconde à l’autre.Le spectateur a un mouvement de recul mais, en même temps, il est fasciné par la fameuse troisième dimension, accessible grâce aux lunettes magiques.Sensations fortes garanties.Les producteurs d’Imax assurent que c’est la première fois dans l’histoire du cinema que la techonologie Imax propulse le téléspectateur « totalement » dans la troisième dimension.Ce n’est pas la première fois qu’Imax annonce un film en 3D mais le Vieux-Port de Montréal vient d'investir 1,4 million $ pour l'achat d’un nouvel écran et de deux nouveaux projecteurs, qui permettent une syn- chronisation électronique, d’où la 31) améliorée.Présenté d'abord à l’Expo 90 d’Osaka, L’homme et la bête apporte un message écologique en ce sens qu’il nous fait voir la vie animale dans la région sauvage des Badlands, du sud de l'Alberta.Les caméras alterner^ entre l’environnement des animaüj: et celui du forgeron-sculpteur canadien William Lishman, qui sculpte les animaux que nous voyons, vivants, dans la nature.Opposition donc entre le travail de l’homme el celui des animaux, entre le feu de la forge et celui de la forêt.Le cinéaste Stephen Low signe le film, d’une durée de 27 minutes.C’est beau mais 11 ne faudrait pas que cela dure plus longtemps.En seconde partie de ce programme double, un film sur Les feux du Koweït, qui n’est pas en 3D celui-là, et qui donne une idée des noih-breux miracles que les ingénieurs dt autres travailleurs ont accomplis eh éteignant les feux que Saddam Hussein avait allumés en quittant le Kd-weit, en furie.FILMS VIDEO Yves d’Avignon CITY OF JOY Un film de Roland Joffe.Avec Patrick Swayze, Pauline Collins et Om Puri.Simultanément le 12 novembre.La très sympathique histoire d’un médecin américain qui apporte son aide dans la transformation d’un quartier malfamé de Calcutta, instruisant les Indiens de la place les effets bénéfiques du regroupement des forces.II réussit si bien sa tâche qu’il inspire ceux-ci à défier l’antipathique « parrain » local.Plusieurs critiques ont dit qu’il s’agissait sans aucun doute de la meilleur performance de Swayze à ce jour.ROCK’N NONNE Une comédie dirigée par Emile Ardolino.Avec Whoopi Goldberg, Maggie Smith et Harvey Keitel.Simultanément le 10 novembre.Une chanteuse de cabaret poursuivie par la mafia trouve refuge dans un ; couvent.Facile d’apprécier la : différence dans les styles de vie et ! les résultats à l’écran sont fort I réussis.LE RETOUR DE JOE STARKEY Film d’aventure de Thomas McGuane.Avec William Petersen, ; Lolita Davidovich, Rachel Ticotin et Jack Palance.Simultanément le 11 : novembre.Après des années d’absence, Joe • Starling revient au ranch de sa famille où l’attendent plusieurs > surprise.Son oncle, en charge de la ¦ ferme et des lots, s’entête à investir dans des histoires farfelues plutôt ¦ que de veiller à l’expansion de son ; ranch.Et le voisin tente par tous les moyens de s’approprier la terre.!i A venir Prince Lazure (18), Coyote (18), t.a solution ultime (18). I.C-6 Le Devoir, samedi 7 novembre 1992 le cahier du i • ameai Le retour attendu de Violette Leduc ¦il; Le Théâtre d’Aujourd’hui reprend la pièce de Jovette Marchesseault dans une mise en scène de Martin Faucher H.à oiy- Gilbert David CRÉÉE EN 1981 par le Théâtre Ex-1 périmental des Femmes, La Terre est trop courte, Violette Leduc, de Jovette Marchessault, se dirige vers un premier test de relecture qui décidera pour une période indéfinie, ‘¦•qu’on le veuille ou non, de sa place dans le répertoire québécois contemporain.L’initiative en revient au Théâtre ' d’Aujourd’hui qui, on le sait mal, a modifié son mandat originel depuis -' qu’il est dirigé par Michelle Rossignol.À partir, donc, de la saison 1989-1990, au moins une des productions de cette compagnie vouée à la dramaturgie québécoise de création a , été puisée dans le corpus d’oeuvres dramatiques déjà créées au Québec, pas forcément au seul Théâtre d’Au-jourd’hui d’ailleurs.Ainsi, Les Grands Départs, de Jacques Languirand, et Panique à Lon-gueuil, de René-Daniel Dubois, en 1989-1990, Votre fille Peuplesse par inadvertance, de Victor-Lévy Beau-lieu, en 1990-1991, et La Trilogie des Brassard, de Michel Tremblay, la saison dernière, ont côtoyé une majorité de pièces inédites, avec le souci exemplaire d’entremêler l’« ancien » — rien, dans la dramaturgie québécoise qui compte, n’est jamais si lointain dans le temps d’où mes guillemets — et le tout nouveau.Voici donc venu le tour de La Terre est trop courte, Violette Leduc.Onze ans nous séparent de cette oeuvre, la troisième pièce de l’au- teure des Vaches de nuit (1979) et de La Saga des poules mouillées (1981).Jovette Marchessault, qui est aussi peintre, sclupteure et romancière, s’est distinguée au théâtre par son approche übrement biographique du destin de certaines femmes, écrivaines ou artistes, rebelles et souvent humiüées, combatives et scandaleuses, comme Gertrude Stein, Anaïs Nin et Emily Carr.Violette Leduc s’inscrit parfaitement dans cette lignée avec une oeuvre qui ne craint pas d’exhiber les stigmates d’une existence difficile, en butte à l’incompréhension de son entourage familial puis conjugal, et face aux résistances d’une société littéraire française, dominée par une caste mâle encore insensible aux univers féminins.Ce n’est que tardi- vement que l’auteure de L’Affamée (1948) a connu une audience à la hauteur de son talent, avec notamment sa trilogie autobiographique : La Bâtarde (1964), La Folie en tête (1970) et La Chasse à l’amour( 1973).C’est à Martin Faucher qu’a été confiée la mise en scène de cette pièce qui prendra l’affiche à compter du 13 novembre et qui nous entraîne, à la suite de Violette Leduc, dans le milieu littéraire parisien d’après-guerre, parmi les figures célèbres que sont Jean Genet, Maurice Sachs, Nathalie Sarraute et Simone de Beauvoir, sans que Marchessault ait voulu traduire à la lettre l’identité « réelle » des créatures qu’elle a convoquées.Un tel choix dramaturgi-que, qui tient du montage de citations tirées des oeuvres de Leduc et JAZZ : et le de Radio-Canada Bl *>> I L J INI I > l IC ) EN o.,l 1 te* L'événement JAZZ SUR LE VIF Du 10 au 15 novembre En provenance de la maison de la culture Frontenac à Montréal 2 2h 30 MARDI MERCREDI .JEUDI VENDREDI SAMEDI DIMANCHE l»/VIJI.C> K A IVTOS CiKOlIP UON'I K EVENT OUVER JONES I KK) DI.NSII.l'IINNOCK 2‘2h QUI NIEIII.INOKMAINI) (iUIEBEAUl.T ORCHESTRE DE JAZZ ANDREW IIOM/.Y R é a I is a Iio n: Daniel V a c h o n \icil S RC ’îwf' RÉSEAU FM STÉRÉO la différence CBJ-FM 100,9 Chicoutimi CBAL-FM 98,3 Moncton CBF-FM 100,7 Montreal CJBR-FM 101,5 Rimouski CBOX-FM 102,5 Ottawa Hull CBV-FM 95,3 Québec CJBC-FM 90,3 Toronto qui y pige sans fausse honte tout en inscrivant ce matériau dans un monde fantasmagorique saisissant, a son importance dans le contexte d’une démarche dont les préoccupations ont toujours été franchement féministes, alors qu’il faut bien constater que l’époque actuelle vit un flottement certain face à tous les militantismes purs et durs.De Pol Pelletier, qui en a signé la création, à Martin Faucher, qui vient tout juste d’avoir 30 ans, l’occasion sera belle en effet de faire retour sur une écriture qui, au-delà de son point de vue identifiable, propose également une vision dramaturgique qui privilégie la puissance évocatrice des mots et qui appelle une représentation ouverte aux dimensions symboliques et jamais loin d’un onirisme déréalisant.Comment le jeune metteur en scène a-t-il abordé l’espèce de contrat compassionnel que propose La Terre est trop courte, Violette Leduc ?« Il ne s'agissait surtout pas de faire dans la veine des Grands Esprits , prévient-il.J’avoue que le texte m’a d’abord profondément effrayé .Mais la rencontre que j’ai eue avec Jovette Marchessault m’a convaincu de la nécessité de mettre l’accent sur la bestialité de l’univers de Violette et surtout pas sur le mythe de l’artiste martyre et incomprise.À partir de là, j’ai pu faire des coupures, en me disant qu’une pièce, apres avoir été créée à une époque donnée, peut très bien se soumettre è l’épreuve du temps et être approchée à nouveau en toute liberté.» Concrètement, Martin Faucher s’est inspiré de tableaux expressionnistes allemands et de la musique de Stravinski comme éléments déclencheurs de son imaginaire scénique.« Je m'aperçois que, dans mon travail de metteur en scène, j’ai toujours besoin de m’approprier l’oeuvre à partir de mon propre environnement quotidien, de ce que j'écoute chez moi ou de ce qui m’attire dans l’art moderne.Bien sûr qu’on n’entendra pas du Stravinski et qu’il n’y aura pas de toiles expressionnistes dans la réalisation finale, mais ce sont là des leviers qui me permettent d’aller ailleurs et de provoquer la naissance d’images.Par exemple, j’ai fantasmé un tableau de la pièce en m’imaginant des personnages nus sous des manteaux de fourrure, qui viendraient agresser Violette.Peu importe, finalement, s’il n’est pas possible de garder cette image, pour des raisons de budget ou pour d’autres raisons, parce que le fait même de l’avoir rêvée me permet d’aller plus loin.» Le metteur en scène a aussi été frappé par le courage extrême de Violette Leduc qui s’est acharnée à écrire dans la pire adversité.« S’accomplir elle-même pour Violette, avance Faucher, réclamait qu’elle se consacre à l’écriture.Et si son ma- sochisme l’écoeure, elle n’a pas vraiment d’autre choix que d’aller au bout d’elle-même.Pour moi, cette pièce exprime une profonde quête d'amour à travers laquelle Violette cherche comment vivre avec ses pulsions de création et ses désirs.En ce sens, comme homme de théâtre, je ne crois pas avoir à rendre des comptes au mouvement féministe, dont je suis par ailleurs tributaire, ce qui ne m’empêche pas de constater que les fantasmes féminins font encore peur.L’érotisme particulier de Leduc a d’abord été jugé obscène.Mais est-ce que les femmes comme elle ne sont pas plus courageuses à travers leur vulnérabilité meme ?Il n’y a pas un homme qui aurait pu écrire le texte de Marchessault.Et c’est tant mieux !» L'approche de Faucher se place dans la perspective de la subjectivité du personnage de Violette Leduc, animal traque que ceux qui l’entourent veulent piéger, comme Gabriel, son mari, ou apprivoiser comme s’y essaie Nathalie Sarraute.Le personnage de Genet, par exemple, mérite qu’on s’y attarde, parce que sa brutale misogynie pourra étonner sinon choquer.« Dans la pièce, Genet se montre impitoyable envers Violette, commente le metteur en scène, mais il ne faut pas en juger selon une opposition homme-femme, ce qui serait simpliste.Ce tableau montre plutôt une relation de maître à élève alors que Genet, en affirmant que l’écriture n’est que sexualité, pousse Violette à écrire avec son sexe et à ne pas censurer son geste d’écrivain.C’est une scène très révélatrice de ce qui hante Violette, elle qui est par ailleurs fascinée par la fausseté féminine et qui est si attirée par le luxe.» Cette production attendue qui attire l’attention à cause de cette rencontre annoncée entre un jeune loup de la génération post-féministe et une auteure importante dont l’imaginaire plonge dans les couches sé-dimentées de l’expérience créatrice des femmes, aligne une distribution impressionnante.Après la regrettée Luce Guilbeault qui avait créé le rôle, Christiane Proulx jouera Violette, un rôle fait sur mesure pour cette solide comédienne.Autour de celle-ci graviteront, dans le décor signé David Gaucher, Éric Cabana (Jean Genet), René Gagnon (Maurice Sachs), Monique Joly (Mère de Violette et Clara Malraux), Jacques Lavallée (Gabriel et un psychanalyste), Hélène Mercier (Hermine et Nathalie Sarraute) et Lise Roy (Simone de Beauvoir).Avec, en plus, Mérédith Caron aux costumes (17 bien comptés) et Michel Beaulieu aux éclairages, cette production réunit de grands atouts qui font espérer un rendez-vous majeur de la première moitié d’une saison théâtrale aux réussites encore trop rares.| Pi H S§ ss ORCHESTRE DECHAMBRE IXt nurflicm feiecom PRESENTE LA SAISON 1992-1993 di rcc leur url i si i que YULI TUROVSKY Victor Schultz, violon Corelli: Concerto grosso, op.6, no 2 Mercure : Divertissement pour orchestre à cordes Leclair : Concerto pour violon en la mineur op.7, no 5 Tartini : Concerto pour violon en mi mineur, D.56 Tchaikovsky : Album pour enfants, op.39 Le jeudi 19 novembre 1992, 20h00 Salle Pierre-Mercure, 300, boul.de Maisonneuve Est (Métro Berri-UQAM) Billetterie: 844-2172 Prix: 22 $ / 14 $ (Taxes incl.) àSA Radio Québec LES BONNES MISE EN SCENE: RENE RICHARD CYR, AVEC ANDRÉE LACHAPELLE, DIANE LAVALLÉE ETADÈLE REINHARDT GENET OU 13 0CT AI) H NOV 1992 • 7HÎ6.HUI CMRK.HIStRVATIONS Z/1 5381 OU HfSFAU ADMISSION 790 124b GO Le Devoir, samedi 7 novembre 1992 ¦ C-7 le cahier du i La dame à l’acccordéon La vie est injuste ! ÆÉttÊÈÈm- ÆÉm .Danielle Martineau & Rockabayou Spectacle présenté dans le cadre du Coup de coeur francophone, à l'auditorium du cégep Maisonneuve Ce soir, 9 novembre à 20h.Pascale Pontoreau IL Y A DES FEMMES qui angoissent à la simple idée d’avoir un jour 40 ans.Et puis, il y a des femmes qui embellissent dès qu’elles sentent la quarantaine du coin des rides.Danielle Martineau se contente de vivre.La sagesse bien assise, l’accordéon sous le bras, elle a profité de ses 40 printemps pour se taper une deuxième vingtaine.Forte de son éducation classique, de son vagabondage au gré des expériences et de son passé avec le groupe Joséphine qui tatait du folklore cajun, Danielle Martineau se paye la traite et repart dans une carrière solo accompagnée des 4 musiciens de Rockabayou.Le moins que l’on puisse dire c’est que Danielle Martineau ne perd pas de temps.Il y a un an elle vendait sa maison de Québec, vendait chum et enfants maintenant autonomes et venait tenter sa chance dans la métropole.Elle s’est créé l’espace nécessaire à la réalisation de ses désirs.Et un an plus tard, elle s’est trouvé des musiciens, a enregistré un album réalisé par les Productions Bros et ne compte plus ses prestations sur les scènes du Québec et de l’Ontario.«J’ai pris mon temps mais maintenant je sais ce que je veux, à 20 ans je ne savais pas», explique-t-elle.« J’ai appris à ne pas gaspiller mon énergie.» Pourtant son parcours demeure marginal.Dans les années 70, elle traîne aux côté de son mari médecin dans le coin de Gagnon, ville minière disparue depuis quelque part au nord de Sept-Ile.Animatrice dans des centres de réinsertion pour jeunes filles avortées, elle découvre la danse folklorique.Qui dit danse dit musique et de fil en aiguille, Danielle Martineau découvre le répertoire traditionnel.« Ce genre de musique fonctionne beaucoup par intuition, hors des cadres académiques.Et particulièrement la musique cajun qui se joue à l’envers du bon sens ! Au lieu de Danielle Martineau pousser l’accordéon, on le tire.C’est souvent a tonique, ça ne cherche jamais la mélodie, ça la suggère.11 n’y a pas de règle.» Même si avec son style qui court du cajun traditionnel au folk plus américain avec quelques pointes rock surprend les amateurs de rangements serrés — « Les disquaires ne savent absolument pas où nous mettre ! », rigole-t-elle — elle ne cherche absolument pas à se gagner des adeptes.Elle fait ce qu’elle sent loin des contraintes commerciales, tant mieux si ça plait ! Elle suit son PHOTO JONATHAN WENK petit bonhomme de chemin d’auteur-compositeur- accordéoniste- chanteuse, et jusqu'à présent, le succès lui sourit.Mieux connue dans les régions anglophones — elle a participé à deux WOMAD à Toronto et a fêté Montréal de la capitale ontarienne — selon elle plus ouvertes à ce genre musical et plus ouvertes à toutes nouveautés aussi expérimentales soient-elles, Danielle qui chante exclusivement en français, entend bien se diversifier.Elle a d’ailleurs plein de surprises qui dorment dans le fond I ORCHESTRE SYMPHONIQUE lVAIÜ I DE MONTRÉAL Charles dutoit LES CONCERTS GALA Sergiu Comissiona, chef Mark Zeltser, piano Mardi 10 et mercredi 11 novembre, 20h00 TCHAIKOVSKI: Roméo cl Juliette TCHAIKOVSKI: Concerto pour piano no I.opus 23 TCHAIKOVSKI: Symphonie no 2 «Petite Russie», opus 17 ., 0,11% Produits Forestiers ( omniimdiiiiirt' Hi nmcmh»: ^ Canadien Pacifique Limitée BILLETS: 9,25$ 19,25$ 27,00$ 37,50$ LES CONCERTS BANQUE ROYALE Baroque et Classicisme « BANQUE ROYALE Salvatore Accardo, chef et violon Mardi 17 et mercredi 18 novembre, 19h30 Basilique Notre-Dame ROSSINI: L'Ilaliuna in Algcri, ouverture VIOTTI: Concerto pour violon no 22 MOZART: Symphonie no 38.K.504 «Prague» BILLETS: 8,75$ 15.511$ 25,00$ (taxes incluses) LES CONCERTS AIR CANADA Richard Hoenich, chef ^ Stewart Goodyear, piano Ahcanada Mardi 24 et mercredi 25 novembre, 20h00 NIKLSKN: Maskarade.ouverture GRIEG: Concerto pour piano, opus 10 GRIEG: Suite 1 lolbcrg.opus 40 ALKVEN: Rhapsodie suédoise no 1 SIBELIUS: Finlandia, opus 26 ( o-iommandilaiic: Su ;anion 'J.BILLETS: ‘>,25$ 10,25$ 26,00$ 35,50$ LES CONCERTS GALA Robert Shaw, chef Henriette Scbellenbcrg, soprano Mari lia Hart, mezzo-soprano Karl Dent , ténor Clayton Brainerd, baryton Le Choeur de l'OSM, Iwan Edwards, dit.Lundi 30 novembre et mardi 1er décembre, 20h()0 BEETHOVEN: Missa solemnis .POSTL>MAIL < iinimiiiiilitiiiiTs .M) iimi'inbiT: ——-,— 1er iltiT'inlici: Laliberté Lanctôt Coopers S Lybrand BILLETS: 9,25$ 19,25$ 27,00$ 37,50$ cfb SALLE WII.F-'RID-PEl.LETIER t:N VI Ntl à l.'( ISM 842-W5II I Al i\ (IIUO IFTS DK I.A PI .ACE 1)1 S ARTS X42-2I12 (taxes cl redevance Place des Aux en xuxi d'une poche pour un nouvel enregts trement prévu l’hiver prochain.Actuellement, la dame à l’accordéon apprend la composition assistée par ordinateur, un moyen comme un autre d’explorer de nouvelles avenues sans trop exiger des musiciens.« Je ne sais pas encore où je me di rige.je tâtonne à droite à gauche.Tu ne peux pas demander à tes must ciens d’embarquer dans ce genre de démarche.En ce sens, l’ordinateur, que je découvre complètement, devient un outil précieux.» D’autant que les violoniste Michael Bail, guitariste et bassiste Jason et Scot Lang et le batteur Philippe Brochu de Rockabayou doivent s’attendre à toute éventualité.Le style qu’ils interprètent est largement sujet à variations et improvi- J sation.Quant à Danielle, elle aimerait ultimement réussir l’amalgame entre de la musique traditionnelle québécoise et un rock à la Jimi Hendrix ! La différence notable avec un artiste comme Michel Faubert qui travaille dans la même veine repose sur les compositions personnelles de Danielle Martineau, Faubert restant essentiellement un interprète du répertoire.Dans le cadre du Coup de coeur francophone, en première partie de Steve Faulkner avec qui elle a déjà travaillé, Martineau et ses Rockabayou présenteront surtout le matériel de leur microsillon.Un album éponyme qui associe folklore cajun — écoulez bien le frottoir et Zac-chary Richard devrait vous apparaître en rêve ! — et ballades plus empreintes de la touche québécoise.Les textes des chansons s’inscrivent en droite lignes de celles des poètes modernes que sont les Richard Desjardins ou Dan Bigras.Y’a pas qu’l’a-mour dans la vie, la misère ça existe aussi, et Danielle Martineau n’y va pas par quatre chemins dans « La fête à Montréal » qui nous rappelle combien les millions dépensés tout l'été coûtent cher dans les portes monnaie populos.À l’image des ménestrels, Danielle Martineau entend colporter la Vie tout au long de son chemin.Et l’actualité prend des atours bien séduisants quand elle est traduite par une voix si sincère et qu’elle est mise en musique avec luxe variété.Au fait, l'actualité mérite-t-elle traitement si généreux ?Une chose est sûre, Danielle Martineau et son Rockabayou méritent qu’on s’y frotte l’oreille! Concerts et Opéra Québec International inc.présente en ci>-produciion avec CaMMtTtMO Mario Duchemin pianiste «Un pianiste au talent peu commun» The Gazelle, Montréal «Un jeu qui respire, une technique précise, une exécution remarquable» Berliner Mor^enposl, Berlin Mardi, 17 novembre, 20h Billets: 15 $ CHOPIN 12 études Opus 10 Scherzo No 2 MOREL Étude de sonorité No 2 LISTZ Sonate en si mineur cft> Cinquième salle Place des Arts Réservations téléphoniques: 514 842 2112.Frais de service.Redevance de 1,25 $ (+ taxes) surtout billet de plus de 10$.S O N A V pour les musiques invisibles Y La rentrée permanente la musique qui écoute sur CD HRÉGENT • BO U D R F A U / L) U G U A Y Atlantide * Golgot(h)a Contes radiophoniques SONARt & empreintes DIGITALes À PRIX RÉDUIT EN NOVEMBRE CHEZ LES DISQUAIRES AUDACIEUX empreintes DIGITALES La rentrée continue l’électro, une musique qui dure Voyages au bout de l'oïue FRANCIS DHOMONT Reviens mauvais garçon ! Pierre P Belmar.BMG-Québec PIERRE P.Belmar, parce sa musique ne se réduit à aucun créneau radiophonique, est condamné à la marginalité.Reviens mauvais garçon! va pourrir dans des boîtes chez BMG-Québec, et la vie est drôlement injuste.Remarquez bien, il ne s’agit pas d’un chef d'oeuvre méconnu, mais tout simplement d’un album bougrement sympatique et bien fichu qui mériterait mieux que de crever avant d’avoir commencé à vivoter.Belmar, l’ancien punk du groupe Danger (1977), frérot de Paulo et Déde, les rock’n’rappeurs de Dédé Traké, a une culture musicale étonnante pour un gars qui a longtemps dû s’époumoner pour les usagers du métro McGill.Il y a de tout entre les notes de ses chansons country-folk-rockabilly, du Claude Gauthier, du Dylan, du Hugues Aufray, du Springsteen, du Vilain Pingouin, du Boston et même un peu de Johnny Farago dans le refrain très Blue Christmas de II est si doux, ce qui n'est pas un défaut.Belmar a du coeur et du cran, et son album lui ressemble.The Yardbirds Little Games Sessions S More EMI Legends Of Rock'n’Roll Series L’étrange et fascinant double-compact Little Games Sessions & More correspond à la dernière phase de l’aventure successivement rhythm’n-’blues, pop et psychédélique des Yardbirds, coincée entre le départ de Jeff Beck (mars 1967) et celui de Jimmy Page (juillet), qui s’achève avec la mort du groupe et la naissance des New Yardbirds, alias Led Zeppelin.Le sublime ( You Stole My Love, un brillant exemple de garage-rock psychédélisant, y côtoie le ridicule (J Remember The Night), le pop bonbon (Ha Ha Said The Clown) y alterne avec le pop satirique à la Ray Davies (Little Soldier Boy), et le vieux r’n’b efficace (Drinking Muddy Water) s’y frotte au flower power planant (Glimpses).On sent nettement Led Zep poindre dans White Summer, surtout la version acoustique inédite fournie ici — huit des 36 titres sont inédits, cinq autres jamais parus en Amérique — dont Page tirera la substance de Black Mountain Side et Over The Hills And Far Away, futurs classiques du dirigeable.Très inégal, exhaustif jusqu’au remplissage, mais d’une pertinence historique indéniable, ce mini-coffret concerne avant tout les amateurs de chaînons manquants.George Thorogood and the Destroyers The Baddest of .EMI (Capitol) Sondage-maison: nommez un show de rock à Montréal où le son était tellement fort que vous avez dû sortir de la salle ?Deux fois sur trois, on m’a répondu: celui de George Thorogood.Mais lequel ?Celui de l’Auditorium Le Plateau ou celui du Spectrum ?Là- dessus, autant d'avis partagés que de tympans défoncés.Cet album à la gloire du boogie obèse, de la guitare slide graisseuse et de la contenance au litre résume quinze ans de rock’n’roll qui pèse sur la suce.Au programme, rien que des tord-boyaux: du Chuck Berry (la méconnue From Louie To Frisco), du John Lee Hooker (l’ode aux loyers en souffrance One Bourbon, One Scotch, One Beer), du Robert Johnson (I’m A Steady Rollin' Man), du Hank Williams (Afôve It On Over) et du Thorogood trois étoiles (Bad To The Bone).— Sylvain Cormier Third World Committed, PolyGram Pour les amoureux du Thirld World de la première heure, Committee frise le sacrilège.Finie la belle époque du reggae langoureux qui fleurait la Jamaïque de leurs rêves.L’ère est aux nouveaux maîtres du reggae largement influencé par les courants dance music et rap américains.Thirld World parvient à maintenir l’équilibre sans trop se dénaturer grâce à de forts relents filnk particulièrement présents dans des pièces comme Living For The Sdns-hine, sur laquelle vous n’oublieÉez pas de déguster l’harmonica etl le piano, ou le retour de la bonhomrttie spontanée entendue dans Doh't Wanna Lose This Feeling (qui poHe bien son nom ! ) et Makebeliever.Les nostalgiques devraient en être confondus.Third World 96 Degrees In The Shade, Island I (réédition) I i Que ceux qui entrent en transe è| la moindre bouffée de cannabis et; se bercent de reggae comme d’autpes se gavent de chocolat à la moindre chute de libido osent avouer qu'ils n’ont pas un jour hurlé à tue-tête le 96 Degrees In The Shade de Third World.Un morceau qui vient des {.ripes de Richie, Willie, Ibo, Rugs et Cat, qui ont fréquenté un Bob Marjey au faîte de sa gloire.Un morcqau (1865 de son vrai titre) inspiré çes révoltes des esclaves affranchis;of-fieiellement depuis 31 ans, à la suite des émeutes soulevées par Paul po-gle pendant la seconde moitié du {9e siècle, qui ont changé le paysage [social jamaïcain.L’album, qui a été réalisé en 1$77, fait partie d’une série de rééditions produites par la compagnie Islanq et son étiquette reggaeisante Mango.Parmi la vingtaine de titres de lajsé-rie, sur les tablettes depuis plusieurs mois déjà, celui de Third World est incontournable, surtout si le vinyle du vôtre agonise.— Pascale Pontoréau - gSHMMl ' lillllilr ”•—— .Vjÿ.A illll M s m v g* ' s y' s^ : LE CALENDRIER DES ÉVÉNEMENTS MUSICAUX AVENIR en iett .QUEBEC-CANADA ARRAYMUSIC à la SMCQ Un panorama de musique canadienne Des créations de Christopher Bullerfield et Michel Gonneville Jeudi 12 novembre, 20h, salle Pierre-Mercure Réservations : 524-4526 Billets: 19$, 11,50$ PRO MUSICA LE QUATUOR STAMITZ de Prague Oeuvres de Haydn, Dvorak, Smetana Lundi 16 novembre, 20h, salle Maisonneuve de la Place des Arts Billets: 20$, 15$ (et.10$) taxes incl.plus frais redevance PDA Pro Musica : 845-0532 Place des Arts : 842-2112 Avec la collaboration de IIOECIIST et CELANESE SOCIÉTÉ PHILHARMONIQUE DE MONTRÉAL Concert hommage à Pierre Péladeau par la Fondation de l’UQAM Beethoven: Consécration de la maison, Concerto no 1 pour piano Dvorak : Te Dcum Solistes : Pierre Jasmin, piano, Colette Boky, soprano, Joseph Rouleau, basse, Choeur de l'UQAM Direction : Miklos Takacs Lundi 23 novembre, 20h Billets en vente au guichet : Salle Pierre-Mercure 300, boul.de Maisonneuve Est Renseignements : 844-2172 L'ENSEMBLE A R I O N Concert de musique ancienne aux instruments d'époque LES PLAISIRS DU PARNASSE Oeuvres de Couperin, Charpentier, Hotteterre, de La Barre Vendredi 27 et samedi 28 novembre, 20h Salle Redpath de l'Université McGill Billets : 18$ et 12$ Billetterie Articulée : 844-2172 Une coproduction de Radio-Canada MF Association des organismes musicaux du Québec EN COLLABORATION AVEC LE DEVOIR ET COOPÉRATIVE "LES NUAGES" C-8 ¦ Le Devoir, samedi 7 novembre 1992 le cahier du Le lion est mort ce soir Songs of Freedom , Bob Marley, Island.Bob Marley Stephen Davis.Aux éditions Lieu commun (1991) Pascale Pontoreau Il MAI 1981.Pendant que les foules françaises en liesse fêtent la récente arrivée de François Mitterand au pouvoir, la foule jamaïcaine en deuil pleure la mort de son héros national.Robert Nesta Marley, Bob de son petit nom, vient de s’éteindre à 36 ans dans un hôpital de Miami d’une tumeur cancéreuse au cerveau et d’un double cancer aux poumons et à l’estomac.Il meurt quelques mois après un dernier concert donné à Pittsburgh dans le cadre d’une tournée américaine alors qu’il se sait condamné.Il meurt sans laisser de testament.Il meurt abandonnant sa femme Rita, sa mère Cedella, ses neuf enfants (reconnus), les Wailers, ses amis, ses ennemis, l’empereur Haile Sélassié I d’Éthiopie à l’origine du renforce^ ment du mouvement rasta, le premier ministre jamaïcain Edward Seaga, le leader de l’opposition Michael Manley et ses millions d’admirateurs.Rita se retrouve à la tête de l’empire laissé par Bob Marley.Tuff Gong sa maison de production à Kingston, les studios à Nine Miles, le village d’où il est originaire.Les droits de dix albums réalisés pour le compte d'Island et de son gourou Chris Blackwell, plus ceux de tous les « singles » produit dans une dizaine de maisons différentes.De cet héritage inattendu résulte une série de querelles intestines qui mèneront Rita devant les tribunaux.Island ayant récupéré son matériel original a fêté la victoire en sortant un luxueux coffret de quatre disques compact prioritairement destiné aux néophytes même si la présence de plusieurs inédits devrait combler les amateurs inconditionnels.Bien sûr la question demeure : un coffret doit-il se composer exclusivement d’extraits inédits ou au contraire rassembler en une même série les oeuvres majeures d’un ar- US «Mtëi amKfft de Réjean Bédard, Maureen Martineau, fk François Roux, ;i Yves Séguin MISE EN SCENE Maureen Martineau CONCEPTION VISUELLE François Roux AVEC Raymond Arpin Réjean Bédard Yves Séguin 3L fHf.A T R K PARIVpNOU C/*- - du jeudi 22 octobre au samedi 14 novembre/20h30 Les billets de la NCT sont aussi disponibles aux guichets du Théâtre d'Aujourd’hui et de La Licorne.la nouvelle compagnie théâtrale salle Fred-Barry théâtre du nouveau monde le©?rince travesti {ou L'ILLUSTRE AVENTURIER) DE MARIVAUX MISE EH SCENE DE CLAUDE POISSANT m MICHEL BÉRUBÉ JEAN-FRANCOIS BLANCHARD HENRI CHASSÉ JULIE McCLEMENS CHRISTIANE PASOUIER LUC PICARD CATHERINE SANCHE PAUL SAVOIE et LOUISE VIEN-MAUFFETTE DECOR STÉPHANE ROY COSTUMES FRANCOIS ST-AUBIN ECLAIRAGES MICHEL BEAULIEU MUSIOUE GAÉTAN LEBOEUF coieeures Etmàouiluges ANGELO BARSEÏÏI accessoires LUCIE THÉRIAULT ASSISTANCE 1 IA MISE EN SEEN! ET REGIE ALAIN ROY DU 17 NOVEMBRE AU 12 DÉCEMBRE • MARDI AU VENDREDI : 20H, SAMEDI : 16H ET 21H [théâtre du nouveau I monde Eïïl 84, i»ut Stf OfHfF»* Oi( • vr ¦¦ ¦ Ai* RÉSERVATIONS R61-0363 PRÉ VENTE ADULTE: 26 $• 19$ 60 ANS ET PLUS, ÉTUDIANT : 21 $ • 19 $ (si acheté avant le 17 novembre pour les représentations du 17 au 28 novembre) PROFITEZ DE NOS TARIFS DE PRÉVENTE tiste ?Island a chercher à contenter tout le monde en présentant Songs of Freedom qui réunit 78 morceaux dont une dizaine d’inédits, quelques versions « 12 pouces », plusieurs enregistrements en concert et bien sûr tous les incontournables de vingt ans de carrière qui à eux seuls subliment le génie du « Lion » comme on le surnommait.Chacun des disques suit la chronologie artistique de Marley, le premier couvrant la période 1962-1970, le second 1971-1975, le troisième 1976-1978 et le dernier s’attachant aux deux dernières années 1979 et 1980.Il apparait clairement que le découpage a trahi l’importance du répertoire établissant des priorités fidèles aux succès reconnus de Marley.Génie peut sembler un peu fort à tous ceux pour qui le reggae demeure une musique de drogués hautement répétitive à tendance soporifique.Qu’ils écoutent donc « African Unité» (1979), « Could You Be Loved» (1980) ou « Exodus» (1977) dans leur version allongée, avant de parler.Au cours du temps, le style de Marley s’est aiguisé.Parti du ska en vigueur dans les ghettos de Kingston, il a exploré les avenues que lui offrait le rythme ternaire du reggae essence oubliée de l’Afrique, mélange des Caraïbes et des courants rock américains.C’est au fond d’une ruelle de Trench Town — qui donnera le « Trench Town Rock » de 1971 repris dans la compilation dans une version inédite — que Bob Marley gratouille sa guitare avec ce grand slack de Peter McIntosh qui deviendra Peler Tosh et ce petit rigolo de Bunny Livingstone, Bunny Waiter par la suite.Les Wailing Wailers vivront le temps de courir les maisons de disque persuadés de la qualité de ce qu’ils jouaient.En 1972, Chris Blackwell un blanc jamaïcain qui a mis sur pied Island Record quelques dix ans auparavant, rencontre les trois rude boys au cours du tournage du film «The Harder They Corne» dans lequel joue un autre* poulain de Blackwell déjà célèbre, Jimmy Cliff.Blackwell enrôle Bob Marley dans son écurie et en 1973 sort des presses jamaïcaines le premier Catch A Fire avec Bob aux voix Peter à la guitare.Bunny aux percussions et trois autres musiciens aux claviers, basse et batterie.Bob Marley et les Wailers étaient lancé en pâture sur une scène qui devint vite internationale.En 76, Marley expliquera son succès dans un magasine musical américain de la sorte : « Les jeunes Blancs ont perdu leurs héros : J agger est devenu un riche homme du monde, Dylan un onctueux pantouflard, èt même Lennon n’a plus grand chose à dire.Et voilà que débarque ce type avec sa coiffure de fou, qui parle de brûler et de piller, d’éducation lavage de cerveau, d’aimer ses frères et de fumer de l’herbe.Le rêve con- tinue.» Parce que Marley n’est pas qu’une brèche dans la suprématie musicale américaine.Il met la Jamaïque sur la carte du monde, il modernise toutes les traditions musicales en leur donnant un véritable coup de fouet, il met de l’avant une religion inconnue ailleurs que dans les ghettos.Une religion qui choque la bonne société qui voit dans les dread locks une hygiène douteuse et dans la ganja une substance illicite qui provoque les pires troubles.Oui, Bob Marley fumait « spliff » sur « spliff », se laissait pousser des dread qui atteignirent 70 cms, mangeait végétarien, suivait à la lettre les principes rastafari, aimait avoir un droit de regard sur les jolies femmes et jouait quotidiennement au soccer.Mais tout ça c’est l’anecdote, le petit bout de la lorgnette qui met de côté tout une veine de l’histoire de la musique populaire qu’a ouvert Marley.C’est oublier les performances scéniques de Bob et des Wailers.("est oblitérer des textes engagés qui vantaient autant l’amour que la révolte des faibles et la fin des suprématies.À ce titre, on peut se demander comment les rastas ont-ils toujours voué un culte à llailé Sélassié, dictateur notoire et on ne peut plus sanguinaire, eux qui prônent essentiellement la non-violence et le droit des masses.Alors quand on écoute Songs ol Freedom on pense à la petite et à la grande histoire de Marley.Moment d’extase, une voix, une guitare acoustique pour un pot-pourri qui regroupe « Guava Jelly » et « This Train » « Stir It Up » et le pathétique « I’m Hurting Inside».Les oreilles tressaillent en entendant la version lente et profonde de « No Woman No Cry » enregistrée au Roxy de Los Angeles en 1976.Enfin comment ne pas s’émouvoir de « Redemption Song » qui a clôturé le concert de Pittsburgh et la carrière de Marley le 23 septembre 1980 et qui termine aussi le coffret de Island/Tuff Gong.Après cette dithyrambique ovation, tout le monde aura compris l’intérêt que je porte à Bob Marley, personnage dont j’ai découvert la vie grâce au livret complet qui accompagne le coffret et à l’excellente biographie de Stephen Davis écrite en 1983 et traduite l’an passé pour la plus grande joie des francophones.Les photos qui illustrent le livret retracent les différentes étapes des vingt ans de carrière du chanteur.jusqu’aux dread-locks que l’on voit pousser ! Alors si vous n’avez pas la patiente de retrouver les vinyls originaux des Catch A Fire, Natty Dread, Survival, Uprising, Legend et les autres, que votre table tournante a rendu l’âme ou que vous décidez enfin de surmonter vos préjugés pour écouter un brin de reggae, Songs of Freedom devrait en satisfaire plus d’un.M i < il * « B u R t ; E R 1’ I.A M O N D O N RlCE Kivi Carnes ?Celine Dion ?Mau & Luke Coss * Nina Hagen Tom Jones ?Petek Kingsbery ?Cyndi Lauper Kevin Robinson ?Ronnie Spector ?Willy De Ville Un Starmania de série B Tycoon Opéra-rock de Michel Berger, Luc Plamondon et Tim Rice Epic, Sony Musique Sylvain Cormier ON A FAIT GRAND CAS ces derniers mois de Tycoon, le pendant britannique du monumental Starmania, l’oeuvre-clé de Luc Plamondon et du regretté Michel Berger, l’opéra-rock dont les nombreuses productions, les chansons à succès et le passé glorieux ont marqué le paysage musical franco-québécois des quinze dernières années.On s’est dit: c’est formidable, l’ascenseur est enfin renvoyé, au tour des Anglais d’adapter nos oeuvres.Pas de quoi pavoiser, en vérité.Alors que Starmania était la comédie musicale de notre courte histoire, Tycoon est une affaire mineure.De seconde zone.De série B.Si les Sting, Sinéad O’Connor, Bono Vox, Elton John, Madonna, Phil Collins et autres Peter Gabriel s’étaient précipités sur les rôles comme sur du bon pain, il y aurait de quoi se péter les bretelles.En lieu et place, on n’a pas pu trouver mieux que des vedettes d’hier et d’avant-hier, des Kim Carnes, des Cyndi Lauper, des Torn Jones et des Nina Hagen qui s’accrochent à toutes les bonnes occazes dans l'espoir de relancer des carrières stagnantes, sinon moribondes.Si l’on considère que l’incontournable Celeeene Diiiionnn (sans accent aigu UN SPECTACLE À VOIR: C'EST UNANIME! • JUSQU'AU 14 NOVEMBRE • jâti '(JO)»___________ ''Iff' TÉLÉVISION CKAC73AN/H RENSEIGNEMENTS: 514-849-421 1 • VENTE DE GROUPES: 514-527-3644 • ACHATS PAR CARTE DE CRÉDIT: 514 790-1 1 1 1 pour les Anglos), notre sous-Mariah Carey nationale, est la plus actuelle des interprètes recrutés, on mesure le manque à gagner d’une telle distribution.À l’époque du premier Starmania, Diane Dufresne, Claude Dubois, France Gall, Daniel Balavoine et cie étaient à l’avant-plan des scènes musicales québécoises et françaises.Pour le premier Tycoon, on a fait le tour des oubliettes.Remarquez, qui dit has-been ne dit pas deux de pique.Il y a de sacrés chanteurs et chanteuses dans ce lot de stars en solde.À bien y penser, il n’y a peut-être pas plus indiqué que Torn Jones, qui a plus de coffre que la Banque Royale, pour incarner le businessman et chanter son blues.Laisser l’ex-Ronette Veronica Ronnie Bennett-Spector et ses cordes vocales pornographiques s’en prendre aux Adieux d'un sex symbol (transposé en Farewell To A Sex Symbol) est une idée pour le moins alléchante.Cyndi Lauper, on le savait depuis Time After Time, est absolument capable de rendre la charge émotionnelle d’une chansons telle que Le monde est stone/ The World Is Stone.Willy Deville — Dieu le bénisse pour le fabuleux New Orleans Review qu’il m’a donné à La Rochelle cet été — se défend admirablement sur Nobody Chooses ( Banlieue Nord).Toute mineure qu’elle soit, l’aventure Tycoon réunit, a priori, le talent qu’il faut pour gagner honorablement sa croûte.Seulement voilà, les arrangements, exécrablement high-tech, gâchent tout.I Would Love To Change The World (The Businessman’s Blues), par exemple, n'a absolument pas l’envergure nécessaire, malgré les efforts de Torn Jones.Affadie par les synthés, la chanson ne lève jamais.Et les textes anglais du très réputé Tim Rice, complice d’Andrew Lloyd Webber et auteur d'K-vita, trahissent dans une large mesure le propos de Plamondon.A commencer par cette inqualifiable réduction de Starmania en Tycoon.Starmania, pourtant, se prononce bien en anglais et résume idéalement l’opéra-rock, alors que Tycoon fait plutôt penser à un armateur grec, genre Onassis ou Rastapopou-los, et pas du tout à Zéro Janvier.Plus grave encore, entre Ce soir on danse à Naziland et Tonight We Dance (Extravagance), on a biffé — pour ménager les sensibilités anglo-saxonnes, j’imagine — la connotation hitlérienne qui faisait toute la force du texte.Pour tout dire, le travail de Rice sent la commande à plein museau.Tycoon n’est pas sans intérêt.Le seul fait que l’on se soit intéressé à Starmania en dehors de la francophonie est un événement en soi, une percée, aussi timide soit-elle, qui entrouvre des portes que l’on croyait à jamais verrouillées.Mais de là à en faire un rêve devenu réalité, il y a une marge, la même marge qui sépare, disons, un Sting ou un David Bowie de l’ex-Cock Robin Peter Kingsbery, petit chanteur de rien du tout qui hérite inexplicablement de deux chansons sur Tycoon.Il n’y a certainement pas de quoi consacrer tout un chapitre à Tycoon alors qu’il ne s’agit que d’une simple note de bas de page dans le grand livre d’or de Starmania.Et rien d’autre qu’un fait divers dans l'histoire de la comédie musicale britannique.(Sèncerts demi mue Adlequ oieehmbe Quatuor Montréal violons Maria Backmann Nadia Francavllla alto Douglas McNnbney violoncelle Antonio Lyoy Oeuvres de Beethoven.Mozart, Dvorak et Dohnanyl ieudl, 12 novembre 1992, 20 h Salle Redpath, Université McGill Entrée libre Ce concert est présenté grâce à une subvention spéciale du "Music Performance Trust Funds" obtenue par la Guilde des Musiciens du Québec Le Devoir, samedi 7 novembre 1992 ¦ C-! fti CLASSIQUE JAZZ Un (autre) défi historique Les Chambristes de Montréal Anne Robert (violon et direction), Gilles Charpentier (clarinette), Timothy McGovern (basson), James Thompson (trompette), Peter Sullivan (trombone), Brian Robinson (contrebasse), Jacques Lavallée et Vicent Dhavernas (percussions): Stravinsky, L'Histoire du Soldat, texte Charles Ferdinand Ramuz, Vincent Davy (le Lecteur), Jean-Louis Millette (le Diable), Jean Marchand (le Soldat); Jollvet, Rhapsodie à sept.Musica Viva MVCD-1049.Stravinsky, L‘Histoire du Soldat, Jean Cocteau (le Lecteur), Peter Ustinov (le Diable), Jean-Marie Fertey (le Soldat) et Anne Tonietti (la Princesse), septuor instrumental, dir.Igor Markevitch.Philips 420 773-2, enregistré en 1962.Musique au temps des découvreurs, Le New World Consort, Suzie LeBlanc (soprano).Musica Viva MVCD-1044.Carol Bergeron STRAVINSKY QUI AFFIRMAIT que la musique ne pouvait exprimer quoi que ce soit, détestait aussi — devrait-on dire, par conséquent ?— l’écouter les yeux fermes, sans une part active de l’oeil.« La vue du geste et du mouvement des différentes parties du corps qui la produisent est une nécessité essentielle pour la saisir dans toute son ampleur », peut-on lire dans ses Chroniques.« Ce sont ces idées qui m’incitèrent à placer mon petit orchestre (sept musiciens) pour L'Histoire du soldat bien en évidence d'un côté de la scène, tandis que l’autre côté se trouvait une petite estrade pour le lecteur».En ajoutant au milieu du plateau les deux acteurs (le Soldat et le Diable) et les deux danseurs (le Diable et la Fille du Roi), sont ainsi rassemblés les trois éléments essentiels de l'ouvrage.Nous voilà donc devant une oeuvre explicitement destinée à la scène qui doit être « lue, jouée et dansée », ainsi que l’indique le sous-titre.une oeuvre apparemment peu faite pour le disque.Cependant, le compositeur en tira une Suite instrumentale qui suit de près la découpe de la partition originale.Sous cette forme, il apparaît plus facile d’admettre que l’ouvrage convient tout autant au concert qu’à l'enregistrement discographique.Créée à Lausanne (Suisse), le 28 septembre 1918 sous la direction d'Ernest Ansermet, L'Histoire du Soldat ne fut éditée qu’en 1924, non sans avoir subi certaines modifications.Cela n’empêcha pas Stravinsky d’y apporter encore de petites retouches qui ne furent pas toutes consignées.Aussi, les interprétations modernes s’appuient-elles, à quelques détails près, sur cette première édition.Ce préambule permet de comprendre la raison d’être autant que la nature des nombreux changements opérés dans la version discographique (1962) de Markevitch/Cocteau, un document historique auquel on ne peut se soustraire.Bien que le chef russe (naturalisé français) fasse essentiellement usage de la même partition que les Chambristes de Montréal — partition reproduite dans l’é- Bdition Chester, révisée en 1960 et 1987 — on constate rapidement que le livret de Ramuz n’est pas identique dans les deux cas.Puisque la gravure Musica Viva reprend fidèlement le fabliau de l'écrivain suisse, il reste à comprendre pour quelle raison Igor Markevitch a accepté tous ces changements — changements que l’on doit vraisemblablement à l’imagination de Jean Cocteau.À mon sens, l'explication lient au fait que le chef a voulu créer au disque, un spectacle pour l’oreille qui se substitue à celui que Stravinsky avait destiné aux deux sens de la vue et de l’ouïe.Le défi était de rendre l’histoire aussi aisément compréhensible à travers une simple audition, qu’au cours d'une représentation scénique.Il a donc fallu modifier l’écrit afin d’animer davantage les dialogues et pour tenir l’auditeur au courant de tout ce qui se passe dans l’action.Grâce à la direction incisive de Markevitch, à la diabolique invention de Peter Ustinov (le Diable) et à la fascinante narration de Jean Cocteau, ces transformations aboutissent à une lecture éblouissante.À l’opposé, adoptant le texte originellement prévu pour la scène, la lecture de l’équipe montréalaise semblera plus abstraite, plus difficile à suivre aussi.Comparée à la précédente, on pourrait même penser qu’il lui manque un chef d’orchestre qui aurait pu lui insuffler une petite dose d’énergie supplémentaire.Cela dit, nous sommes quand même en présence d’une exécution tout à fait exceptionnelle par la qualité du jeu des instrumentistes (la qualité des timbres, des fondus, de la mise en place) et par la formidable participation de Vincent Davy (le Lecteur) et Jean-Louis Millette (le Diable).Moins important dans le texte original que dans l’adaptation probable de Cocteau, le rôle du Soldat est ici admirablement rendu par Jean Marchand.Reprocherait-on à Vincent Davy un certain manque de précision rythmique dans la Marche du Soldat — Stravinsky ayant soigneusement indiqué l’articulation rythmique du texte parlé sur la musique — qu’il faudrait souligner avec insistance que les tirades intercalaires ne sont jamais moins que superbes.Extraordinaire, Jean-Louis Millette ne l’est pas moins que le grand Ustinov; là où son illustre aîné éprouve quelques faiblesses, dans les Couplets du Diable, il devient tout simplement prodigieux.Le disque s’achève sur la Rhapsodie à sept dans laquelle André Jo-livet emprunte à Stravinsky la même formation instrumentale inusitée qui rassemble toutes les familles orchestrales par leurs éléments extrêmes dans l’aigu et le grave: les cordes par le violon et la contrebasse, les bois par la clarinette et le basson, les cuivres par la trompette et le trombone, sans oublier la percussion.La présence de cette oeuvre est d’autant plus heureuse qu’elle fut précisément composée pour compléter le programme d’un concert consacré à L'Histoire du Soldat.Une autre parution dans la collection Musica Viva des disques SRC, attire l’attention sur le New World Consort, un groupe de Vancouver qui se consacre à l’interprétation de la musique ancienne.L’unité et l’intérêt de cette gravure tiennent au prétexte historique qui a servi de point de départ.Faisant allusion à quelques grands navigateurs — à Cristobal Colon (Christophe Colomb), Giovanni Caboto (Jean Cabot), Samuel de Champlain, Francis Drake, Humphrey Davies, Martin Fobisher et Walter Raleigh — on y entend successivement des musiques d’Espagne, d’Italie, de France et d’Angleterre entendues à la cour de Ferdinand et Isabelle de Castille, dans les palaces vénitiens, à la cour d’Henri IV et à celle de la Reine Elizabeth première.Comptant sur quatre musiciens fort habiles dans la maîtrise de plusieurs instruments (luth, flûte à bec, viola da gamba, etc) le New World Consort se distingue cependant par la présence de Suzie LeBlanc, soprano originaire de Montréal.D’une voix presque blanche (sans « vibrato») elle domine l’enregistrement par le rôle prépondérant de soliste qu'elle assume avec beaucoup d’assurance, même si la prononciation des textes n’est pas toujours aussi claire qu’on le souhaiterait.PRO MUSICA LE QUATUOR STAMITZ, de Prague ; af LUNDI, 16 NOVEMBRE, 20h00 HAYDN, Quatuor en sol mineur, op.74 no 3 DVORAK, Quatuor en ré mineur, op.34 SMETANA, Quatuor en mi mineur «De ma vie» Billets, 20$, 15$ (étudiants, 10$), taxes incluses Pro Musica, 3450 rue Saint-Urbain, 845-0532 Hoechst E e.CELANESE Théâtre Maisonneuve Place des Arts Réservations téléphoniques: 514 842 2112 Frais de service Redevance de 1,25 S(< taxes) sur tout billot de plus de 10 S \ La sainte patronne du Gospel Serge Truffaut WILSON PICKETT, Aretha Franklin, Sam Cooke, Salomon Burke, Dionne Warwick, Otis Redding, Little Richard et Al Green étaient et demeurent des artistes ambivalents.Toutes ces chanteuses, tous ces interprètes n’ont pas cessé, au cours de leur aventure respective, de faire la navette entre le musique profane et le contraire de celle-ci : la musique religieuse.Contemporaine de ces artistes, Mahalia Jackson n’a jamais fait d’entorse à son engagement envers Dieu et ses proches qu’ils s’appellent Garbriel, Pierre ou Joseph.Elle est née baptiste.Elle a grandi baptiste.Elle est morte baptiste.Elle a chanté baptiste.Elle a mise sa voix au seul et unique service du Seigneur.Jackson a personnifié l’absolu musical que la parution du volume 2 — chez Columbia — des gospels qu’elle a enregistrés sur une période s’étendant sur une quarantaine d’années ne fait que révéler pour ne pas dire confirmer.C’est à la Nouvelle-Orléans qu’elle naquit le 16 octobre 1911.Sa mère, Charity Clark, ainsi que son père, Johnny Jackson, fréquentaient avec assiduité la Plymouth Rock Baptist' Church.La petite était si petite qu’elle n’avait pas d’autre alternative que des les accompagner.A quatre ans, sevrée de Jesus Loves Me, elle était membre de la chorale de l’église en question.A six ans, son chant fût « kidnappé » par la Mt Moriah Baptist Church.Et pour quelle raison ?Ben, il paraît que sa voix était deux fois plus puissante que son physique le laissait entrevoir.Comme dirait l’autre, elle avait du coffre.Surtout lorsqu’elle vocalisait sa ferveur religieuse sur Hand Me Down My Silver Trumpet, Gabriel.En novembre 1927, elle avait alors 16 ans, Mahalia Jackson débarque à Chicago.Elle pose ses valises dans une ville en pleine ébullition musicale grâce aux notes soufflées des King Oliver et Louis Armstrong, Alphonse Picou et Papa Celestin.Elle s’installe chez sa tante domiciliée au 3250 Prairie Street.Le dimanche qui suit son arrivée, elle se rend à l’église du quartier.Elle se joint à la chorale.FJlle chante.Elle chante en solo.Quel titre ?Hand Me Down My Silver 'Trumpet, Gabriel.Les autres membres, les autres chanteurs, à commencer par le « boss », n’apprécient guère sa prestation.Leur mécontentement traduit un paradoxe.Ils trouvent sa voix trop belle et trop puissante.Ils jugent qu’elle n’a pas la sobriété nécessaire pour louanger Dieu et ses copains les anges du paradis.Heureusement pour elle, et davantage pour nous, les frères Johnson, chanteurs à la Greater Salem Baptist Church, la récupèrent.En 1928, Thomas Dorsey la remarque.Plus précisément, il tombe en pâmoison.Dorsey, il faut le souligner, c’est le saint patron-compositeur du Gospel.À chaque fois que vous entendez aujourd’hui du Gospel, dites-vous bien qu’il y a du Dorsey.Et qu’a-t-il amené ?Qu’a-t-il fabriqué de particulier ?C’est lui, ce pianiste et compositeur qui a introduit les signes distinctifs du blues dans le Gospel.Autrement dit, c’est ce diable d’homme qui a marié la musique profane aux paroles d’évangile.En 1921, Dorsey s’était fait remarqué en écrivant le premier Gospel moderne, soit If I Don’Get There.Notre homme aura beau faire le pied de grue devant l’église où Mahalia répand son chant, il devra attendre 1937 avant qu’elle n’accepte de s’associer avec lui.C’est à la faveur de cette collaboration que Mahalia Jackson va se transformer en une professionnelle du Gospel.Elle fait plus que chanter : elle organise l'univers du Gospel.Elle en est le chef de file.La sainte patronne ! Car notre Mahalia, il ne faudra jamais l’oublier, avait un don particu- NE MANQUEZ PAS Soirée de “CONCERTOS” L# QUATUOR DE PIANOS HAMBRO MOZART : pour 1 piano K.414 en la majeur BACH: pour 2 pianos en do mineur MOZART: pour 3 pianos K.242 en fa majeur BACH: pour 4 pianos en la mineur LUNDI, 23 NOVEMBRE, 20 h Billets: 25,00 $, 18,00$ Ré» 842-2112 STANgggD Théâtre Maisonneuvi Place des Arts ORCHESTRE DE CHAMBRE McGILL Chef d’orchestre: ALEXANDER BROTT \ / X «S®, Herb Ellis et Art Ryerson à la guitare, Joe Mondragon et Red Mitchell à la contrebasse, Ralph Jones ou Billy Preston à l’orgue.Bref, elle n’avait pas son pareil pour débusquer le batteur qu’il fallait engager pour en registre!' tel morceau à tel moment de l’histoire de la musique afro-américaine.Écoutez Mahalia Jackson, c’est se convertir aux charmes particuliers du Gospel.Pas plus.Pas moins.Mahalia Jackson lier.Elle fut assez maline pour avoir compris le rôle qu’elle devait camper et le rôle que ses accompagnateurs devaient jouer, En deux mots, elle a su s’entourer.Elle savait choisir ses accompagnateurs avec un flair hors du commun.Derrière ses Walk In Jerusalem et I Have A Friend Above All Others, ses Were You There et autres He’s Right On Time qui composent ce volume 2, sachez qu’on entend Shelly Manne ou Ed Thigpen à la batterie, 3 ?¥* Le pianiste Giorgio Gaslini est am jazz italien ce que Oliver Jones etfj au jazz canadien.Il est un instrumeiŒ tiste hors-pair.Un musicien qui il® fluence les autres musiciens de soflj pays.Ce soir, il se produira en solo £ la Chapelle historique du Bon-Pa.^ teur à compter de 20 heures.Le pr
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