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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1992-11-07, Collections de BAnQ.

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363S rue Saint-Denis, angle Cherrier 843-4308 Ï1 jj Le Devoir, samedi 7 novembre 1992 yj JLI on rapport à la lecture me paraît tout à yt fait normal.J’étais encore petit lorsque 1 mon père, un jour, me mena chez un dentiste prospère qui, en un tournemain, me délesta d’une paire de molaires et d’une bonne tasse de sang.Tout de suite m après, papa m’offrit deux albums de Tintin tout neufs: Le Lotus bleu et Le trésor de Rackam le Rouge.J’avais déjà vieilli un peu quana une jeune compagne de classe m’aborda le long de la bande, à la patinoire de Maria, pour m’apostropher en ces termes: Qu’est-ce que t’attends Hamelin?Lâche tes livres et va t’inscrire, toi aussi! Elle voulait parler de l’équipe lo- cale de hockey pee wee, bien entendu.Rapport tout à fait normal, disais-je.Entre la récompense et l’impuissance.Je n’ai jamais su si je devais ma myopie à des habitudes de lecture précoces ou aux séquelles d’une naissance mouvementée, comme le laissa entendre un certain optométriste, jadis, d’un air mystérieux.Ce qui est sûr, toutefois, c’est que de se voir placarder la figure, à la polyvalente, au moyen d’énormes bésicles carrées à montures d’argent massif, c’est un coup à vous coller une réputation de rat de bibliothèque qui, dpns mon cas, était loin d’être totalement méritée.Evidemment, le fait de lever le nez sur une carrière dans le hockey rural des années 70, vous octroyait aussi de nombreuses heures de loisir tout au long de cet hiver dont le foyer social se trouvait au Chalet de la Patinoire, là où ça draguait en habit de motonei- ge- Mes premières expériences de lecture ne furent pourtant ni très constantes, ni trop dirigées.J’y suis allé au hasard, à travers les aléas d’une bonne petite culture québécoise pour familles de trois à 10 enfants.C’est dire que le Sélection du Reader’s Digest y régnait sur le secteur général, aux côtés de l’encyclopédie Tout connaître à laquelle je dois des plaisirs d’imagination inépuisables, pris sous la tutelle des dinosaures et des planètes.Tai appris le rang de Neptune, parmi les orbites du système solaire, bien avant de savoir si Balzac venait après Flaubert ou non.J’ai fréquenté tricéra-tops et trachodons avant de mettre mon nez dans les grands auteurs.Une figure réconciliait justement ces deux centres d'intérêt: Bob Morane, incontournable pour ma génération.Avec lui, sur les traces de la Patrouille du temps et de l’Ombre Jaune, on croisait, au détour d’étoiles inconnues, plus de tyran-nosaures et d’anacondas géants que n’en connurent sans doute le Crétacé et l’Amazonie.Lorsque je contemple la pauvre pâture pleine de retenue qu’on sert maintenant à des pré-adolescents bien ciblés au préalable, il me vient le regret de notre ami Bob et de son fidèle Bill Ballantine, si peu pédagogique avec sa manie de siffler les verres de whisky et de casser des chaises sur les gens.Mais bon.Bob Morane menait à tout, à condition d’en sortir.Et Henri Vemes, on a beau dire, côté langue, ce n’était pas exactement le pied.Avec Jules, par contre, on faisait un pas de plus vers la vraie littérature.Malgré une «prolificité» presque aussi impressionnante que celle de son moins respectable homonyme, Jules Verne n’était ! pas le genre de bonhomme qu’on pouvait prendre en défaut à la faveur d’un participe passé.Il était le géant d’une époque où la planète restait à conquérir, à dominer; une époque, bref, qui ressemble trop à l’enfance pour ne pas en fasciner les ressortissants.Il savait compenser un esprit fastidieusement technique par la démesure de son invention.Ce vieux Jules reste un soleil au-dessus de mes étendues secrètes; à sa lumière, j’ai voyagé sur une comète et sous la mer, sur la lune, les îles et un bout de banquise qui fondait.Entre cet auteur, instructif et divertissant, et la littérature dite sérieuse, je découvre un hiatus que je n’essaierai pas de combler, en trichant avec les lectures imposées de l’école secondaire: Roch Carrier, Godbout, André Langevin avec Poussière sur la ville (nous étions tous amoureux de la femme du docteur).Je me souviens pourtant, avec un effort, de Aaron, par le plus étranger des auteurs québécois, Yves Thériault, capable de provoquer le dépaysement à l’intérieur même de Montréal.Je me souviens aussi de ses Oeuvres de chair, mais pour des motifs moins avouables.Au cégep, je ne sais trop pourquoi, la littérature me dégoûtait.Il serait plus juste d’ajouter que j’englobais alors la littérature dans un dégoût plus général dont Mme Marie-Claire Blais, par exemple, n’était nullement responsable.Pas plus que Gustave Flaubert, d’ailleurs, dont je serais inapte, encore quelques années, à savourer la précision.Je ne sais si j’ai découvert les auteurs américains avant les Français, ou vice-versa.Au tournant de la décennie, si mes souvenirs sont bons, ça se bousculait pêle-mêle au portillon: Camus, Sartre, Steinbeck et Hemingway.Les poids lourds avaient la priorité.Pour une raison qui m’échappe toujours, à 19 ou 20 ans, nous prétendions faire de la lecture de La nausée un impératif absolu.Le titre nous émoustillait intellectuellement.Il y avait alors tant de splendeurs qui dormaient dans notre ignorance! Mais ce quatuor bicontinental, je ne le renie point.Je trouvais bien Camus et Sartre un peu secs (même si, sur un bateau en cabotage le long de la Côte-Nord, printemps 1980, j’aurais volontiers multiplié par 10 le contenu du seul livre à bord, Le mur, vite traversé), et Hemingway plutôt laborieux, sauf quand le torrent d’un vrai bon sujet prenait possession de lui, et alors ça donnait Le vieil homme et la mer.Steinbeck, c’était autre chose: du meilleur et du pire, soulignait-on avec justesse.Mais ce gaillard au ton canaille nous parait au plus près, voilà tout.On ne se remet jamais i: complètement de l’impression de plénitude inquiète que procure À l’est d’Éden lu à la lueur d une lampe de poche sous la tente dans les Cantons de l’Est.Et avec les dignes voyous de Tortilla Fiat, j’estime qu’on tombe en amour pour la vie.Notre existentialisme à nous, c’est Kerouac qui nous l’apporta dans son sac à dos, débarrassé des scories de la philosophie.Nous ignorions encore que le pauvre diable avait dévissé son billard 10 ans plus tôt.Une fois dopés jusqu’aux yeux, nous étions prêts à planer jusqu’au désert en compagnie de Carlos Castaneda, ce grand mystique qui, m’a-t-on affirmé depuis, se refait Karma en cuisant des hot dogs dans un autobus, comme Ga-lameau.Il doit préparer un coup fumant.Ma première vraie blonde (non pas qu’il y en eût de fausses mais.) me fit découvrir Michel Tournier, qui apporta un contrepoids bienvenu aux influences instinctives, organiques et territoriales des Américains.La république des lettres dans toute sa souveraineté, c’est Tournier qui m’y a introduit.Les folies masturbatoires de son Robinson, chez un jeune homme à grand-peine sorti de l’adolescence, garderont dans la mémoire leur délicieuse fraîcheur de scandale.Ensuite.Ensuite s’alignent des années où de nouveau, comme au temps de l’enfance, le Verbe d’autrui me viendra en vrac, imprévisible et souvent vain.En attendant Melville, les Russes et les Allemands, les têtes fortes et les forts en thème, le monde, quoi.Puis surgiront les premières velléités littéraires et, avec eues, la fin de mon innocence de lecteur.Proust, Joyce, Kafka, Céline.Massacreurs de ma pureté! Désormais, devant mes yeux, toute oeuvre sera entachée de mon désir de me mesurer à elle.L’imprimé est devenu la jauge de mes rêves.Entre la récompense, et l’impuissance.Loaaasi jrltn+thfr, Spécial Salon du livre ŒSSB6 — À quoi servent les salons du livre ?Au commerce?À la promotion de la lecture?Un petit portrait sur fond de crise économique.Stéphane Baillargeon f h «Entre nous, on appelle ça le péril jaune», confie l’auteure Chrystine Brouillet en rigolant un grand coup.Le scénario est toujours le même, seuls les lieux changent de fois en fois, du hall d’exposition de la Place Bonaventure à l’aréna de Rouyn-Noranda: les jeunes kamikazes du livre à eine descendus de leurs autobus scolaires se ancent à l’assaut des kiosques dans l’espoir d’y retrouver leur écrivain favori.«Quand ils t’aper-çoiyent, ils se ruent sur toi, crient ton nom et demandent des signets, des dédicaces, des autographes, poursuit-elle.Ils veulent tout en même temps.Ils sont déchaînés.J’adore ça!» Ce genre de délire collectif, l’auteure de Marie Laflamme et du tout récent Les Pirates , en redemande comme une rock star.«Pour les jeunes lecteurs, on est une vedette.Pour les adultes, on est une personnalité.C’est gratifiant parce que finalement, on fait ce métier pour être aimé.» En dix ans, elle a fait au moins une vingtaine de salons, jusqu’en Europe, à Paris, à Brive.Elle rentre tout juste de Jonquière.Elle sera du 15e méga-show de Montréal, toujours à la Place Bonaventure.«Pour moi, c’est devenu une évidence, peut-être même une nécessité.» «Un salon, c’est une fête du livre», renchérit Guy Ménard, président du Salon du Sague-nay/Lac Saint-Jean, le plus vieux au Québec, après 24 ans d’existence continue.Dans le milieu, tout le monde reprend cette rengaine: un salon, c’est plus qu’une gigantesque librairie, plus qu’un centre d’achat de la culture, c’est un fabuleux moyen de promotion de lecture dans la société, un gigantesque coup de chapeau aux écrivains, une joie pour les lecteurs.D’où l’importance des tables-rondes, conférences, séances de signature, jeux, marathons d’écriture, bref de tout ce qui attire les jeunes et les plus vieux.D’où, aussi, le nombre impressionnant de prix littéraires.L’animateur Bernard Pivot lui-même s’est étonné du nombre des distinctions québécoises en venant tourner son ancienne émission Apostrophe au Salon du livre de Montréal, il y a quelques années.On distribue cinq prix à Sherbrooke seulement: les Gaston-Gouin, Alfred-Desrochers, Alphonse-Desjardins, le Prix du Grand concours littéraire de La Tribune et le Prix littéraire de Sherbrooke.Le salon du Saguenay récompense même les meilleurs lecteurs des secteurs primaire, secondaire et universitaire.Dans cette région, le mois dernier, le livre, les auteurs et les lecteurs se sont retrouvés dans les écoles, les universités et même dans les bars.En Estrie il y a trois semaines, on a tenu une soirée de poésie au Loubar, un endroit branché de Sherbrooke.«Notre objectif c’est de faire vibrer la ville entière», résume Jocelyne Fougères, directrice administrative du salon de cette région.C’est par cet aspect de fête publique constamment renouvelée que les salons se rapprochent des marchés et des foires d’hier et d’aujourd’hui — d’ailleurs foire vient de «feria», qui veut dire «fête».Comme ces activités multi-centenaires, le salon remplit une fonction essentielle d’animation et de soutien du tissu social.Il y a là, pour un moment, comme à visage découvert, tout un réseau d’échanges entre l’auteur et son public, entre le consommateur et le marchand.L’idée est de rassembler les gens, tout simplement.«Les humains ont besoin d’endroits publics spécifiques», remarquait le sociologue Richard Sennet.Et pour beaucoup de contemporains, la visite au salon du livre remplace la promenade du dimanche ou le petit tour au centre commer- cial: c’est la même profusion de bruits, de lumières et de couleurs, le même climat de liberté et de détente, les livres en plus.Il est tout de même question d’affaires.Le sociologue Jean Baudrillard a quant à lui souligné que la société de consommation est devenue une véritable entreprise de jouissance et de satisfaction, «un vaste processus de sollicitude rayonnante».Ici encore, l’économie impose ses règles.D’ailleurs, comme tous les autres salons (des Métiers d’art, de l’habitation, de la femme, du tourisme ou des affaires.), les quelque dix salons du livre du Québec sont nés en plein boum économique, en pleine folie de consommation, dans les deux dernières décennies.Chaque région a maintenant le sien: la Côte-Nord en février, l’Ou-taouais et Trois-Rivières, en mars, Québec en avril, l’Abitibi-Témiscamingue en mai.Mais cette année, tous ces salons se tiennent sur fond de crise.La TPS, la faiblesse du dollar par rapport au franc français et la pénible situation économique mènent la vie dure au milieu du livre.«On a nos propres problèmes, mais en fait c’est l’économie en général qui se porte mal, dit Mme Francine Bois, directrice générale du Salon du livre de Montréal.Et puis dans ce contexte, le salon est encore plus nécessaire: on offre une chance de relancer un peu les affaires.» L’année dernière, la quatorzième édition a attiré 104 000 visiteurs.Une belle réussite si l’on considère que la douzième édition du Salon du livre de Paris a attiré seulement 50 000 personnes de plus en mars dernier.Mme Bois ne s’attend pas à battre des records cette année, mais elle espèce encore passer la barre des 100 000 visiteurs.A Paris, il faut payer plus de 10 $ (45 FF), pour avoir accès au site d’exposition, le Grand Palais.À Montréal, on demande deux fois moins pour entrer à la Place Bonaventure.Les quelque 500 kiosques sont loués 1260 $ chacun, surtout par des distributeurs et des éditeurs.Le budget total d’environ 1,4 million $ est autofinancé à 90%.«On a multiplié les efforts pour offrir la même qualité, dit la directrice générale.Il n’y aura pas de grands absents et quelques nouveaux pour compenser.» Voir page 2: Tenir salon ix/l Le Salon du livre de Montréal ouvre ses portes cette semaine.Enfin novembre!, c’est le thème un peu ironique choisi pour cette quinzième édition qui se déroule du 12 au 17 de ce mois gris et frigorifiant.L’événement dure six jours, toujours dans le hall d’exposition de la Place Bonaventure.Six jours pour visiter plus de 500 kiosques tapissés de centaines de milliers de livres.Une véritable petite cité des lettres animée par plus de 300 écrivains d’ici et d’ailleurs.Des invités de marque comme Louis Hamelin, Francine Noël, François Nourissier, Michel Butor, Catherine Hermary-Vieille et Alain Rey ve- nus discuter de leurs œuvres, rencontrer leurs lecteurs et peut-être chercher un prix.Dans ce cahier du Plaisir des Livres, LE DEVOIR fait une place spéciale au poète Claude Beausoleil et à la romancière Arlette Cousture.On retrouve aussi un article de Jacques de Decker, journaliste au Soir de Bruxelles, sur la littérature belge, à l’honneur cette année au Salon.Et puis un essai sur les essais au Québec et un article sur la littérature ésotérique, Bref, de tout pour tous, pour la fête du livre.A fa i n G e r b e r L'auteur du "Verger du diable" (prix Interallié 1990) au sommet de son art.Alain Gerber sera au Salon du livre de Montréal les vendredi et samedi de 20 à 21 heures.iul Bussière nso' PRIX MOLSON Paul Bussières sera au Salon du livre de Montréal les vendredi et samedi de 19 à 20 heures.ROBERT LAFFONT D-2 ¦ Le Devoir, samedi 7 novembre 1992 *g« • le p la i sir des ivres Cyclone des Caraïbes ¥ ¥1 ; ¥1 : s T Tl ÏU UL iTr* Odile W *» Tremblay a Entre les lignes QU'Y A-T-IL derrière l’attribution d’un Nobel littéraire ?Des raisons politiques souvent.Mais pas uniquement, Dieu merci.On n’a qu’à feuilleter la liste des lauréats depuis la création du prix en 1901, pour constater à quel point certains noms sont retournés à l’ombre.Qui se souvient encore de Gabriala Mistral, de Salvatore Quasimodo ?Pourtant, certaines étoiles continuent longtemps à briller, les Saul Bellow, les Knut Hamsun, les Ernest Hemingway, les Pablo Neruda.D’autres écrivains demeurent pour de raisons obscures, éternellement nobélisables, les Graham Greene, Ismail Kadaré et compagnie installés en permanence dans l’antichambre du Nobel.Au delà de la valeur littéraire d’une oeuvre, on récompense parfois un pays, une lutte pour les droits de l’homme.Pensons à Nadine Gordimer, du loin de son Afrique du Sud.Ou cette année, à Derek Walcott.Ce n’est pas Feffet du hasard si un demi-millénaire après la découverte de l’Amérique, a l’heure des grandes festivités anniversaire du voyage de Colomb, ce poète des Caraïbes, né à Trinidad était couronné par Stockholm.Dans la francophonie, la surprise fut grande le mois dernier quand Derek Walcott a raflé le Nobel.Le Derek Walcott, prix Nobel de littérature en 1992.7.>?¦ ' ' ;ii t poète antillais de langue anglaise n’ayant jamais été traduit en français, était demeuré illustre inconnu ici comme en France.La poésie, ça ne se vend pas, dit-on.Ça ne s’exporte pas non plus, et surtout ça se traduit mal.Pour la toute première fois, la maison Circé à Strasbourg (une décision prise avant l’attribution du Nobel) vient de publier dans la langue de Molière des poèmes de Walcott.Le royaume du fruit-étoile, en une édition bilingue qui permet de goûter en version originale la musicalité de sa poésie.Heureuse initiative, et heureux Nobel qui nous font découvrir une voix si forte et inspirée, vraiment remarquable.D’autant plus que la traduction de Claire Malroux est excellente et rend justice au souffle épique qui traverse ces vers.Walcott est un sang mêlé, qui vit à mi-temps à Boston, à mi-temps aux Antilles.Il ne se reconnaît d’origines, d’influences que multiples.« Je ne suis qu’un nègre rouge qui aime la mer, dira-t-il/ J’ai reçu une solide éducation coloniale/ J’ai du Hollandais en moi, du nègre et de l’Anglais/ Et soit je ne suis personne, soit je suis une nation.» À travers sa voix, c’est le chant des nationalismes tâtonnants qui s’expriment, des patries mouvantes, des demi-sangs réclamant la parole.« Ma seule nation désormais était l’imagination.» Son poème principal Le Schooner flight est un texte porté par le vent et l’air du large, chantant la mer des Caraïbes, et la magie des îles dans une langue qui marie des accents élizabéthains à une vraie couleur créole, peuplée de mots français, sur fond de tradition orale et de rythme antillais.La Caraïbe est peinte avec sa flibuste et la couleur émeraude de ses eaux et ses « coraux : cerveau, feu, gorgones, doigts-d’hommes-morts ».Mais on folkloriserait le poète à tort, tant il s’élève au-dessus de sa propre quête nationaliste pour rejoindre les grands mythes universels, tant aussi sa vaste culture s’ancre en profondeur dans la tradition poétique britannique et européenne.Au cours de sa jeunesse à Trinidad, Derek Walcott fonda une troupe de théâtre qui mariait Shakespeare au Calypso, refusant de renier un monde au profit de l'autre.Des refus de ce type sont à l’origine des vraies littératures universelles.Schooner Flight est une marmite d’influences dans lequel résonne au loin la poésie épique d’Homère.On y retrouve un peu de la ferveur du Melville de Moby Dick, du romantisme du Coleridge de la Balad of the Ancient Mariner, du désespoir du Victor Hugo d’Oceano Nox\ tous ces chants de mer et de tempête partis à l’exploration du voyage initiatique intérieur.Dans l’univers de Walcott, les arbres ont une âme, les îles parlent et le sel de mer guérit les blessures.Le poème nous raconte l’exil d’un marin amoureux de la belle Maria Concepcion, par elle sans femme et enfants désormais, ni ports, rien sauf ce navire qui mouille d’île en île.« Où est mon lieu de repos, Jésus ?Où est mon havre ?».Délire de chagrin et poème d’exil, mais aussi folie onirique, saga historique de la négritude, combat épique contre les éléments, les trompes d’eau, les vaisseaux fantômes, le Léviathan que le poète affronte seul tel Ulysse attaché à son mât combattait les sirènes.« Dans l’orgueil du désespoir, on chantait notre race/ sauvée du ventre de la mer ».La poésie de Walcott s’élève avec la force du cyclone, jamais apaisée, jamais accostée, elle avance, elle se tord comme la transe d’un rite vaudou.Voix d’ailleurs et de partout dont l’originalité nous saute au visage.?Le royaume du fruit-étoile, Derek Walcott, traduit de l’Anglais par Claire Malroux, édition Circé.: iz Stéphane Baillargeon CETTE ANNÉE, la Place Alcan/Hydro-Québec et la Place ILS SEROM LA! • Michel Aubin • 1 t es K.Arnau • Céline Breton • 1 von Brochu • Linda Brousseau • Marie-Andrée Clermont • Claire Daignault • Hélène Desputeaux • Louis Émond • Clément Fontaine • Cécile Gagnon • Josiane Héroux Alice-Parizeau du Salon du livre de Montréal débordent d’activités.La première accueille les toujours populaires tables rondes Comme un grand livre ouvert, dirigées cette année par l’animatrice-écrivaine Denise Bombardier.Les rencontres portent sur les journalistes écrivains (le 13 à midi), La littérature francophone en dehors de l’Hexagone (le 14 à 14h00), Que lisent nos vedettes ?(le 15 à 14h00), La littérature pour la jeunesse (le 16 à midi) et L'apport des autres cultures dans la littérature québécoise (le 17 à midi!.La Place Alice-Parizeau, quant à elle, sert quotidiennement de théâtre aux confidences d’écrivains, en compagnie de Gilles Archambault.Il reçoit Pierre Mertens le 13, François Nourissier le lendemain, Louis Hamelin le 15, Daniel Semine le 16 et Jasmine Dubé pour finir, le jour de clôture du Salon.Les confidences se font de 16 h à 16 h 45.RC au SLM LA RADIO de Radio-Canada installe aussi ses micros au Salon et sa présence se fera particulièrement sentir le vendredi 13 novembre à l’occasion de la Journée de la Radio.Presque toutes les émissions du réseau AM parviendront alors du hall d’exposition de la Place Bonaventure, en commençant par VSD-Bonjour, dès 6h07, jusqu’aux Nostalgies de Winston McWade, à 19h30.Le FM ne sera pas en reste avec En toutes lettres (12hl0) et Littératures actuelles ( 19h30).Au total, une douzaine d’émissions de la Radio AM et cinq du Réseau FM Stéréo seront diffusées en direct ou enregistrées pendant que Montréal tient salon.La journée des pros LE VENDREDI 13 sera aussi la journée des professionnels au SLM.Chaque année, cette journée spéciale permet aux gens du millieu d'échanger sur leurs problèmes.On s’interroge cette fois sur les conditions de rayonnement de l’édition francophone d’Amérique dans les pays d’Afrique et d’Asie, la critique et son impact sur la vie des livres, les éditeurs de manuels scolaires et l’écriture juive québécoise.€Pprunes Jeunesse • Susunne Julien • Daniel Laverdure • Vincent Lauzon • Béatrice Leclercq • Nando Michaud • Caroline Merola • Odile Ouellet • Roger Poupart • Danielle Simard • Rémy Simard • Robert Soulières SALON 1)1 LIVRE DE MONTRÉAL n V ÉDITIONS VJ y PIERRE TISSEYRE STAND *J99fc Chant des mmjrrtuunm LE CHANT DES HAYATS Alain Bergeron 160 pages * 7,95 $ Sur Anubis-7, planète de jungles et de marécages, un jeune télépathe tente de communiauer avec les Hayats, une espèce menacée de disparition.LE DESTIN DEQADER Philippe Gauthier 160 pages * 7,95 S Jusque dans la mystérieuse forêt d’Avalon, Télem et Alys cherchent la vérité sur le légendaire Qader, grand maître de tous les magiciens.LA SAISON DE L’EXIL Francine Pelletier 160 pages ‘ 7,95 $ Sur Titan, une lune de Saturne, Arialde se trouve encore mêlée à une enquête, cette fois sur la mort suspecte d’une jeune vedette de hockey.SALON DU En vente chez votre libraire LIVRE DE MONTRÉAL STAND 155 30 ans de PUM LE SLM a 15 ans, les Presses de l’Université de Montréal, elles, sont deux fois plus âgées.Leur catalogue compte maintenant plus de 500 ouvrages, 30 coéditeurs étrangers et six revues savantes faisant état des connaissances et du progrès de la recherche dans tous les champs d’activité scientifique.Jeudi le 12, de 14h00 à 16h00, à l’Auditorium de la Maison de la culture CÔte-des-Neiges, une table ronde va permettre aux chercheurs de donner leur point de vue sur la nécessité et l’évolution de ce genre de publications.Le lendemain, de lOhOO à midi, au Salon du livre de Montréal ce sera au tour des éditeurs de fournir leur propres idées sur ce sujet.Les PUM tiendront aussi des stands d’exposition au Salon et dans les succursales des librairies de l’Université.Des prix CETTE ANNÉE encore, un déluge de récompenses littéraires inondent le SLM : les Prix de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Science, le Prix Canada-Communauté française de Belgique et le Prix 12-17, du SLM et de la foire du livre de Brive, le Prix du Grand Public, décerné par le SLM et la Presse au livre le plus apprécié du public, le Angelina Berthiaume-Du Tremblay du concours la plume d’argent, ceux du concours Belle-Gueule de nouvelles de la revue Stop, et pour finir, le Prix Alvine Belisle pour la meilleure oeuvre de littérature jeunesse.Un griot DANIEL N’DO OTSAMA, griot africain, c’est-à-dire tout à la fois, poète et musicien ambulant, dépositaire de la culture orale de son continent, fera de l’animation pour toute la famille le vendredi 13 novembre, à partir e 13h30, sur la Place Alice-Parizeau.C’est une initiative de l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT).On pourra revoir ce troubadour africain le lendemain à 13 h 15.librairie HERMÈS 1120.ave.laurier ouest outremont, montréal tél.: 274-3669 Montréal I i ,, h I, >1 il u i > , Inutgi-MiuMut >E L’HISTOIRE DE L’ART.À L’ART CULINAIRE Vaste choix de livres d’art et de catalogues d’exposition en français et en angldis Librairie du Musée 1368, rue Sherbrooke ouest Montréal (Québec) H3G 1J5 (514)285-1600 muséi; m:s hmaux-ahts DM MONTRÉAL Heures d'ouverture : mardi, samedi et dimanche de 11 à 18 h mercredi, jeudi et vendredi de 11 à 21 h 1 HHHHI Le Devoir, samedi 7 novembre 1992 ¦ D-7 • le plaisir des ivres Où s’en va l’essai québécois ?¦ .- r>.Pierre Vadeboncoeur PHOTO JACQUES GRENIER François Ricard PHOTO JACQUES GRENIER Stéphane Baillargeon LK ROMANCIER écrit des romans, le poète des poèmes, l’auteur dramatique des pièces de théâtre.C’est clair, net et précis, malgré quelques cas d’exception, des pièces-poèmes de Gauvreau aux scénarios-romans de Bergman.Mais un essayiste, au fond, qu’est-ce que c’est ?Un auteur d’essais, d’accord, mais encore ?Que recouvre le mot essai ?Tout et rien.L’essai, c’est l’auberge espagnole de la littérature, le vaste fourre-tout des lettres, le genre polymorphe par excellence, « la moins informée de toutes les formes », comme le définit l’essayiste .Jean Marcel.La classification en librairie et les listes de best-sellers le montrent bien.On y mélange tout, guides, thèses, dictionnaires, essais véritables.Cette façon de classifier vient des États-Unis où l'on distingue seulement la fiction de la non-fiction.« De cette façon, on vide cette catégorie de sens», commente François Ricard, qui a pour ainsi dire consacré toute sa vie à ce genre incompris.Ricard a travaillé dans une revue d’essais (Liberté), dirige une collection d’essais («Papiers collés», chez Boréal), donne des cours sur les essais à l’Université McGill, et en a lui-même écrit plusieurs dont le tout récent La génération Lyrique (Boréal).Il explique sa conception du genre au début de ce livre.Pour lui, l'essai est une sorte de littérature du je qui doute.« Essai, c’est-à-dire hypothèse, interprétation possible et donc toujours provisoire de ce qui s’offre à l’expérience, écrit-il (.) Mais surtout, hypothèse partiale, intéressée, interprétation toute traversée de subjectivité et de passion.» Ricard y trace le portrait de sa génération.Un tableau noir.« C’est un livre assez dur.On ne s’est pas contenté de changer le monde, on l’a dévasté et on a plus grand chose à léguer en héritage.» Je et les autres, la subjectivité et l’intersubjectivité : l'essai met en relation critique l’auteur et son groupe d’appartenance, ici et maintenant.« Mais il ne faut pas entendre l’idée de groupe au sens restreint de nation ou de société », précise cependant Laurent Mailhot de l’Université de Montréal.Il vient juste de publier Ouvrir le livre (Hexagone), un recueil d’essais dont toute une section porte précisément sur ce genre.Des essais sur les essais, en quelque sorte.« Pour moi, l’essai positionne l'auteur par rapport à un certain discours social : à partir des idéologies, de la littérature instituée même, l’essai prend ses distances, cherche sa propre pensée, sa propre voix.Au lieu de dire nous, l’essayiste parle en son nom, réclame sa liberté de parole contre tout ce qui la menace.Il travaille sur sa propre représentation, actuelle et située.» Cela a toujours été.Depuis Mon taigne, dieu tutélaire du genre, jusqu’au XXe siècle, où il s’épanouit, l'essai se présente le plus souvent comme confession littéraire libre et critique.Cette «esthétique de la colère» (Mailhot) est aussi la caractéristique première de l’essai québécois, apparu en force autour de I960.Bien sur, il y a eu des précédents, des pré- ou des para-essayistes : Edmond de Neverset Arhur Buies, Lionel Groulx, Saint-Denys Garneau et surtout Borduas « le premier exemple de liberté accomplie » (Vadeboncoeur).N’empêche, la production foisonne autour de la Révolution tranquille, comme en témoigne la naissance de la revue Liberté, fondée par Jean-Guy Pilon en 1959.Suivent ensuite Les insolences du frère Untel (1960), le Journal d'un inquisiteur de Gilles Leclerc, Convergences (1961) de Jean Le Moyne, et bien d’autres « classiques » encore de la forte poussée 1960-1967.« C’est pour ainsi dire l’âge d'or du genre, résume Mailhot.La société change, le discours aussi.» Le point commun : des textes incisifs, décapants, qui questionnent le Québec, sa langue, son histoire, sa culture, sa relation aux autres.Des textes qui revendiquent une saine révolte, des textes contre la peur, pour la liberté.Le cas type : Pierre Vadeboncoeur.Son parcours d’écriture et de réflexions l’a mené de la défense du mouvement ouvrier ( La ligne du risque, 1963) aux réflexions philosophiques sur l’art ( Les deux Royaumes, 1978), toujours au plus profond des dispositions et des intentions littéraires.Avec lui, depuis lui, la littérature est placée au centre même de l'essai, qui ne se conçoit plus sans elle.Mais la littérature peut très bien vivre sans essais, du moins avec peu d’essais de qualité, comme l’ont montré les années 1970.L’époque du nous, des écritures collectives, des dogmatismes en tous genres, des pamphlets sur la situation nationale aux revendications tonitruantes des féministes radicales et des gropus-cules marxistes.« Le mode d'expression de la génération lyrique, c’est le manifeste, le texte de groupe », dit Ricard, qui cite Parti pris, La Barre du Jour, Mainmise et les revues gauchistes comme Stratégies.Dans les années 1980, on a cherché à revamper un peu le genre.Fides a publié un recueil d’études (L’essaiet la prose d'idées au Québec ), llurtu-bise IIMI1 (bissais québécois 1837-1983) et Slanké (Cité Libre) des anthologies.L’Hexagone a lancé ses « essais littéraires » et Boréal créé sa collection « Papiers collés », dirigée par Ricard, qui a déjà publié des textes mordants de Jacques Godbout, André Belleau et Jean La-rose.Plus récemment de jeunes maisons se sont laissé tenter par le genre (PAJE Éditeur, Liber.).Ces efforts ont enrichi le lot des institutions créées depuis 1960, le réseau des revues, des professeurs et des chercheurs attitrés dans les universités, des prix importants.Ricard considère tout de même que l'essai est de plus en plus menacé par les sciences humaines et le journalisme, « par le discours très préoccupé de sa validité et l’écriture axée sur l’effet immédiat », précise-t-il en citant l’exemple de la rentrée littéraire d’automne.«On a publié une multi-tude de textes suscités par la conjoncture politique.Ils risquent d’être vite oubliés alors que le véritable essai dure comme le véritable roman.» Mailhot est moins pessimiste.« L’essai a repris son autonomie, sa liberté.» En plus, il souligne que depuis quelques années, les thèmes se transforment.« On ne met plus seulement en doute ses propres inquié-tudes, on questionne la littérature elle-même».Il cite quelques ouvrages récents, aux titres éloquents: La littérature et le reste, La littérature contre elle-même, Littérature et circonstances.Mailhot rappelle aussi que les essayistes ne posent plus sim plement la question du Québec : « Ils interrogent le caractère problématique de l’identité québécoise mais aussi le territoire sans frontière de la culture.» C’est le sujet par excellence des derniers textes de Vadeboncoeur et du tout récent et magnifique Commencements (Hexagone)de Fernand Ouellette, à la fois travail d’essayiste et méditations de poète, dérives d’écrivain à partir de quelques étapes phares de la peinture mondiale.« L’essayiste ou le poète se profile, selon la nature de ce que j’appréhende ou vois, avoue Ouellette.Je rêve peut-être d’une écriture totale.» Avec tout celà, les frontières de l’essai n’en deviennent pas moins floues.Certains parlent d’une « marge devénue demeure », Mailhot, lui, d’un « jeu en étoile ».« L’essai tel que pratiqué et reçu au Québec ces dernières années, rétablit des liens, construit des ponts entre les idées, les fictions et les pratiques, écrit-il.Son type même de fonctionnement - rénexion dans le langage, par l’écriture - associe le travail au jeu, la nécessité à la liberté, l’écart à la norme, la marge au centre.» Editions du NOROÎT C.P.156, Suce De Lorimier Montréal Qc H2H 2N6 SALON DU LIVRE stand # 930 collection RÉSONANCE COÉDITIONS Joël POURBAIX, Voyages d'un ermite et autres révoltes.Noroît! Ubacs.12$ Paul Chanel MALENFANT, Voix transitoires.Noroît/L 'Arbre à Paroles.12 $ Denise DESAUTELS, Le saut de l ange.Noroît!L'arbre à Paroles.15 $ Yves BOISVERT, La balance du vent.Noroît/Le Dé Bleu.12$ Guy CLOUTIER, Rue de nuit.Noroît/La Bartavelle .12 $ collection INITIALE PREMIÈRES OEUVRES Christine RICHARD, Passagère.8 $ Alain CUERRIER, Le rêveur d’ombres.8 $ Marc GARIÉPY, L'extase, fabuleuse 8 $ Michel LÉTOURNEAU, Mémoires sous les pierres.8 $ Larry TREMBLAY, Gare à l’aube.8 $ collection LATITUDE TRADUCTIONS Jacob Isaac SÉGAL, Poèmes yiddish ( Traduction de Pierre Anctil) 15 $ autres NOUVEAUTÉS Jean-Yves THÉBERGE, L'un et l'autre.12 $ Michel Côté, (livre d'artiste) À force de silence.250 $ LECTURE-SPECTACLE ALTERNANCES Samedi 14 novembre à 20 h PLACE ALICE-PARIZEAU au Salon du Uvre Lancement collectif lundi 9 novembre à 19 h Bibliothèque Nationale du Québec 1700 rue Saint-Denis, Montréal Vi.Le portrait d’une génération à qui rien n’a été refusé La Génération lyrique Essai sur la vie et l’œuvre des premiers-nés du baby-boom ' 288 pages - 24,95$ «Un livre absolument fabuleux.je vous le recommande 140 000 fois.le chapitre sur la télé vaut à lui seul le déplacement intellectuel!» Daniel Pinard,V.S.D., Radio-Canada Séance de signatures stand Boréal #123 le vendredi 13 novembre, de 17 à 18 heures B9I Boréal au rendez-vous ili des idées Une grande journaliste, une femme passionnée Biographie Colette Beauchamp sr‘phot“ Judith Jasmin De feu et de flamme La Révolution tranquille a été portée par quelques êtres hors du commun qui ont servi de modèles à toute une société.Judith Jasmin comptait parmi ceux-là, et cette biographie la fait revivre avec une intensité extraordinaire.Séances de signatures stand Boréal #/23 le vendredi 13 novembre, de 14 à 15 heures, le samedi 14 novembre, de 18 à 19 heures et le dimanche 15 novembre, de 13 à 14 heures et de 16 à 17 heures El Boréal au rendez-vous Hpgirlppç D-8 ¦ Le Devoir, samedi 7 novembre 1992 A Une toute nouvelle collection Des auteurs dont l’œuvre a déjà marqué leur domaine de réflexion approfondissent un sujet librement choisi pour aller droit à L’ESSENTIEL.• le plaisir des ivres « Je suis un hobbit », disait J.R.R.Tolkien C.IU.C.OHV BAV." Compass'00 d soUaacvm CMARt.K: :îi l'AYi.oft ^arant/cur U de L moil, '«¦•miré Ve***1*' PIIUU'H V bonbcuf •tWJ Pierre Vadeboneoeur LE BONHEUR EXCESSIF «L’amour est inouï: dès qu’il est question de lui.tout commence à vivre.Le lecteur, l’écrivain, l’auditeur y pressentent déjà de la félicité.Ce sujet annonce le début ou la continuation d’un matin absolu.Je ne connais pas d’autre sujet qui par lui-même se remplisse de bonheur.» Pierre Vadeboneoeur, penseur et écrivain, occupe une place unique dans notre littérature: cet ouvrage le confirme de façon fulgurante.Vol.de 152 pages -14,95$ Gregory Baum COMPASSION ET SOLIDARITÉ C’est à une bouleversante conversion que l’Église est conviée en cette seconde moitié du 20° siècle.Et l’un des aspects les plus significatifs est sans doute l’appel à la justice sociale.C’est de l’histoire et du sens de ce mouvement dont traite Gregory Baum.Vol.de 152 pages - 14,95$ Charles Taylor GRANDEUR ET MISÈRE DE LA MODERNITÉ Au cœur des indéniables progrès de la société moderne, logent de grandes menaces qui entraîneraient pour nous tous une perte du sens même de notre vie, une éclipse des finalités essentielles face à la raison instrumentale et, en fin de compte, le déclin de la liberté.Voilà, selon Charles Taylor, philosophe et politicologue de réputation internationale, le profond malaise qui assaille l’homme moderne.Vol.de 152 pages - 14,95$ i I Sous la direction de ltené Latourellc DICTIONNAIRE DE THÉOLOGIE FONDAMENTALE Une œuvre capitale qui rassemble 222 articles préparés par une centaine de théologiens et de théologiennes provenant de 20 centres universitaires et représentant 15 pays différents.Dans une perspective d’ouverture aux autres communautés chrétiennes et aux différentes religions, le dictionnaire transforme l’apologétique traditionnelle en lieu de réflexion sur les origines et les fondements du christianisme, sur le sens ultime de l’existence et sur nombre de questions posées par la mentalité contemporaine.Volume relié de xl + 1535 pages -120,00$ (99,00$ jusqu'au 31 décembre 1992) Kjthtvn Spin'1 \jne communion dans Vamuur Antfn ,ny De MeJJo “tsto irés 1 humour et de sagesse ’'I U* MX.Kathryn Spink JEAN VANIER ET L’ARCHE Une communion dan» l'amour Les communautés de l’Arche provoquent admiration et questionnement.Comment sont-elles nées et quelles sont les raisons d’être de ces communautés ouvertes aux handicapés?L’auteur nous invite à une rencontre en profondeur avec plusieurs Arches et surtout avec Jean Vanier, l’inspirateur de cette aventure extraordinaire.Vol.de 372 pages - 29,95$ Anthony De îMello HISTOIRES D’HUMOUR ET DE SAGESSE Pour faire suite au premier volume, Dieu est là dehors, l’auteur nous livre ici, venant des quatre coins du monde, des histoires qui font partie du patrimoine spirituel — et de l’humour populaire — de la race humaine.On les lit d’abord pour le plaisir et l’on y découvre, par la suite, une grande leçon de sagesse.Vol.de 232 pages - 16,95$ Françoise Deroy-l'ineau MADELEINE l)E LA PELTRIE Amazone du Nouveau Monde Madeleine de La Peltrie a été une des premières Européennes à sillonner la vallée du Saint-Laurent, en canot d'écorce, à pied ou en raquettes.Sa vie aventurière l'a conduite d'Alençon en Normandie jusqu'en Nouvelle-France.En 1639, elle arrive à Québec avec Marie de l'Incarnation et deux autres ursulines pour ouvrir une école destinée aux petites Indiennes.Lors de la fondation de Montréal, en 1642, elle soutiendra Jeanne Mance dans son projet d'Hôtel-Dieu.Cette femme exceptionnelle a inspiré à Françoise Deroy-Pineau, journaliste et sociologue, un ouvrage vibrant qui nous fait découvrir un chapitre méconnu de l'histoire des femmes à l’époque de la Nouvelle-France.Vol.de 272 pages, illustré - 24,95$ Q Editions BELLARMIN PHOTO INTERNATIONAL PORTRAIT GALLERY Norbert Spehner « DANS UN TROU vivait un hobbit ».Vous en sou venez-vous ?Il y a un peu plus de 20 ans, cette petite phrase magique me faisait pénétrer avec ravissement dans l’univers poétique et fabuleux de la Terre du Milieu, vaste territoire magique inventé par un professeur de philologie anglais qui l’a peuplé de nains, d’elfes, de dragons, d’orcs et de hobbits, pour la plus grande joie de millions de lecteurs jeunes et adultes ! À l’occasion du centenaire de la naissance de Tolkien — John Ronald Reuel Tolkien (1892-1973), pour l’état civil — les éditions Christian Bour-gois viennent de rééditer la trilogie du Seigneur des Anneaux dans une édition de luxe qui fera certes rêver les fans de Tolkien mais aussi les amateurs de beaux livres.L’objet est magnifique : un fort volume cartonné de 1278 pages, avec une jaquette en couleur illustrée par Alan Lee, et qui contient l’intégrale du cycle : La Communauté de l'Anneau, Les Deux Tours, Le Retour du Roi, avec les appendices et les index.Le livre est superbement illustré : il y a, bien entendu les inévitables cartes géographiques de la Terre du Milieu, qui permettent au lecteur de situer dans cet univers complexe, mais il y a aussi et surtout, une cinquantaine d’illustrations en couleurs, pleine page sur papier glacé, d’Alan Lee qui a su admirablement rendre l’ambiance magique de ces territoires et de ces personnages fantastiques.Un régal pour les yeux et l’intelligence ! Et quelle bonne idée de cadeau de Noël ! Qui était Tolkien ?La réédition en format de poche de sa biographie « autorisée », par Humphrey Carpenter, nous permet de percer un peu le mystère de ce professeur de langues et de littérature d’Oxford qui avait l’habitude de dire avec un sourire malicieux « Je suis un hobbit ».Tolkien n’aimait guère l’idée d'une biographie parce que, prétendait-il, « retracer la vie d’un écrivain est une manière fausse et entièrement vaine d’approcher son oeuvre ».Mais le succès grandissant de sa trilogie et son immense popularité sur les campus anglo-saxons rendaient plus que probable la parution d’une biographie (non autorisée, celle-là).après sa mort.C’est pourquoi il accepta le projet de Carpenter et mit à sa disposition les documents pertinents.Néanmoins, par respect pour Tolkien, et pour calmer ses craintes, Carpenter a évité toute évaluation critique de l’oeuvre.C’est d’abord une rencontre avec l’homme : enfant, Tolkien inventait des langues et des alphabets, adolescent, il est attiré par les civilisations nordiques, adulte, il devient professeur de philologie, invente des histoires qu'il raconte à ses enfants (d'où l’idée d’écrire Bilbo le hobbit.) devient rapidement un écrivain célèbre, un créateur d’univers magiques qui vont charmer des milliers de lecteurs .Puis le biographe nous propose un historique de l’oeuvre : sa conception, sa genèse, les hésitations et les nombreuses corrections, les relations (pas toujours harmonieuses) avec les éditeurs.Et alors, surprise, l'immense succès populaire qui le prend totalement au dépourvu (ainsi que ses éditeurs.) C’est en 1936 que paraît le livre fondateur de la saga.Bilbo le hobbit (Titre original : The hobbit : or, NUMÉROS RÉCENTS ?Entre le corps et le soi O La sociologie du travail ?Savoirs institués, savoirs informels ?Catholicisme et société contemporaine ?Théorie de la transition ?La culture comme capital Vente au numéro: Chez votre libraire ou Diffusion PROLOGUE 1650, bout Lionel-Bertrand Boisbriand (Québec) J7E 4H4 Tél.(514) 434-0306, 1-800-363-2864 J.R.It.Tolkien There and Back Again, un conte pour enfants (lu par les adultes.) qui raconte les aventures héroïques d’un groupe de nains partis à la recherche du trésor de leurs ancêtres, volé et gardé par Smaug le dragon.Bilbo Baggins, un hobbit (petit être à mi-chemin entre l’homme et le lutin) et Gandalf, le magicien se joignent à leur quête.En cours de route, Bilbo obtiendra un anneau magique ayant le pouvoir de rendre invisible.Cet anneau magique donnera naissance à toute la trilogie.Réduire Bilbo le hobbit à une suite d’aventures fabuleuses serait trahir A PARAITRE ?Racisme, ethnicité, nation U La gestion du social ?La construction des données O Les francophonies nord-américaines O Le Québec en changement Abonnements: Presses de l'Université de Montréal a/s PERIODICA C P 444 Outremont (Québec) H2V 4R6 Tél (514) 274-5468, 1-800-361-1431 la valeur de cette oeuvre.Le propos de Tolkien est ailleurs.L’intérêt du récit réside beaucoup dans la description du cheminement personnel de Bilbo (choisi par Gandalf qui voit en lui un être exceptionnel), dans son évolution et sa quete spirituelle, chaque épreuve lui révélant d’autres aspects de sa personnalité.Bilbo le hobbit s’inscrit dans la double tradition romanesque du bildungsroman et de la quête.Il devait encore s’écouler plus de 15 ans avant que ne soit écrite et publiée la triologie du Seigneur des Anneaux, dont le premier tome parut pour la première fois en 1954, suivi des deux autres en 1955.Et le succès n’eut rien d’immédiat.I! fallut deux éditions de poche américaine (dont une pirate), en 1965, pour que naisse enfin ce qu’aujourd’hui encore on nomme « culte de Tolkien ».Sur les campus universitaires américains, ce fut le délire ! Si bien que l’Angleterre finit elle aussi par (redécouvrir Tolkien.Les Français durent patienter jusqu’en 1972 pour connaître enfin le chef d’oeuvre de Tolkien quand Christian Bourgois prit le risque de publier la merveilleuse trilogie.Il serait vain de vouloir résumer ici Le Seigneur des Anneaux.L’oeuvre compte plus de pages que Guerre et paix.Rappelons que Bilbo a confié l’anneau magique à Frodon qui, dans une quête inversée, doit ramener l’anneau dans le volcan où il a été façonné, afin qu’on le détruise.Commence alors une longue et terrible expédition à travers les nombreux royaumes pittoresques de la Terre du Milieu, une quête à travers mille et un dangers (mais aussi entre deux chansons et quelques beuveries, les hobbits étant de bons vivants .) car sur leur route se dressent les forces du Mal, cavaliers noirs, trolls et autres ores, au service de Sauron qui veut asservir l’ensemble des territoires et instaurer le règne du Mal.Le génie de Tolkien fut d’avoir su façonner tout un univers, d’en avoir dressé la cartographie avec un soin maniaque, en le peuplant de noms chantants, avec des fleuves, des montagnes et des forêts profondes et d’y avoir lâché une multitude de personnages curieux, astucieux et héroïques que l’on ne peut s’empêcher de suivre et d’aimer.À (re)üre et à (redécouvrir d’urgence.Publié en 1977, Le Simlarillon est une sorte de préface générale pour loul le cycle et complète la saga de l’anneau.Vingt ans après sa mort, Tolkien demeure l’objet d’un véritable culte.On ne compte plus les thèses, les articles, les ouvrages savants ou de vulgarisation consacrés à son oeuvre.Des revues ont été fondées, ainsi que des clubs où les membres participent à des jeux de rôles.Ses imitateurs sont légion.Le genre où il a excellé, la fantasy (le merveilleux.pour adultes) a connu un essor important dans les pays anglo-saxons.Un graffiti sur les murs d'une univer-silé américaine en dit plus qu’une thèse sur l’intoxication des milliers de ses fans : Tolkien is hobbit-forming (habit forming accoutumance) ! Le Seigneur des Anneaux — J.R.R.Tolkien, Christian Bourgois Éditeur, 1992, 1278 pages.Bilbo le hobbit — J.R.R.Tolkien, Christian Bourgois Editeur, 1992, 312 pages.J.R.R.Toikicn — (Une biographie), Humphrey Carpenter, Presses Pocket (no 4614), 313 pages L-R fgSlp* Cuisine Française Table d’Hôte à partir de 8.95$ Midi et soir du lundi au vendredi Royer - INSTAURANT- 2, rue Le Royer, Vieux-Montréal - 876-1386 Fermé le dimanche et lundi soir SOCIOLOGIE EMXIÊTËS Revue internationale de réflexion et de recherche en sociologie.Des collaborateurs-trices québécois et étrangers décrivent et analysent diverses caractéristiques du Québec et d’autres sociétés contemporaines. Le Devoir, samedi 7 novembre 1992 ¦ D-9» • leplaisirdes ivres LUC LANG / Comme les silhouettes de Giacometti K x PHOTO JACQUES GRENIER Luc Lang Véronique Robert — « ÊTES-VOUS apparenté à.?» — ¦< Non».L’écrivain français Luc Lang, 36 ans, un look à la Roch Voisine, se fait demander trois fois par jour s’il partage les chromosomes du ministre français de la Culture.Rien à voir, son père est alsacien, voilà tout.Le « non » n'avait rien de brutal.Ce romancier parisien est un être affable, tout aussi éloquent en personne que dans les deux romans qui ont fait saliver la critique : Voyage sur lu ligne d'horizon (Gallimard, 1986) et Liverpool marée haute (1991).Sur le chemin du retour vers Paris, après avoir participé à un Festival du livre à Vancouver, il a décidé de faire escale à Montréal.C'était sa première expérience de l’Amérique, alors pourquoi pas ?Il avait choisi sa journée : il est arrivé la veille du référendum ! Féru de politique — il a fait 200 km en voiture pour voter oui à Maastricht — il était tout heureux de la coïncidence.Pendant que s'effondrait l’entente de Charlottetown, nous prenions le café dans le lobby de l’Hôtel du Parc, au pied de la montagne dont la présence au centre de Montréal le ravit autant que les sommets enneigés surplombant Vancouver.Luc Lang se démarque des auteurs français contemporains.« Avec Liverpool marée haute, j’ai voulu écrire un roman « engagé ».On n’ose plus dire ça en France, le genre est trop marqué par Sartre et fait trop années 50.Ce qui me chagrine, c’est que la gauche française n’a même pas vu que c’était un roman politique sur les relations nord-sud, alors que l’extrême-droite ne s’y est pas trompée, qui m’a accusé d’avoir fait une oeuvre tiers-mondiste».NUIT BLANCHE ÉDITEUR PRÉSENTE DEUX NOUVEAUX TITRES Écrire pour le cinéma.Le scénario et l’industrie du cinéma québécois par Esther Pelletier.Un essai qui porte sur le processus de développement, de construction et d’analyse du scénario.242 p.21,95$ Les produits culturels de grande consommation.Le marché francophone Sous la direction de Denis Saint-Jacques et de Roger de la Garde Un livre d’aetualité regroupant des textes qui scrutent les nombreuses facettes des industries culturelles du Québec.254 p.25,00$ EN RAPPEL par Aurélicn Boivin, Maurice Éniond et Michel Lord bibliographie analytique de la science-fiction et du fantastique québécois (1960-1985) 579 p 40,00$ [Distribution : DIMED1A] L’IMMIGRATION pour quoi faire?Denise HELLY Denise Hclly recompose, à partir d’entretiens avec des députés, ministres, journalistes et universitaires québécois, les représentations de l’immigration présentes actuellement au Québec.Elle précise les modes d’intervention de l’État, les conceptions de la nation cl les définitions du pluralisme culturel que prônent ces personnes.De ces représentations contrastées de l’immigration filtrent des visions divergentes de l’avenir du Québec francophone.229 pages • 24 $ DEM A NDEX-I.E DÈS AUJOURD'HUI à votre libraire ou chez l'éditeur INSTITUT QUÉBÉCOIS DE RECHERCHE SUR LA CULTURE 14, rue Haldimand, Québec (Québec) G1R 4N4 Tél.: (418) 643-4695 • Fax: (418) 646-3317 L’intrigue du roman se lit à plusieurs niveaux.Niveaux un et deux : dans ce polar culturel de haute volée, dont le noyau n'est rien de moins que les conséquences des emprunts artistiques de l’Occident à l’Afrique — il fallait le faire ! — quête et enquête se confondent : en surface il s’agit de retrouver des oeuvres d’art volées sur les docks de Liverpool, mais, en filigrane, l’anti-héros paumé cherche son identité à travers celle d'un défunt.« Vous fouillez les poubelles des autres comme si vous y aviez perdu quelque chose », lui dit un des protagonistes.Le niveau trois est celui de la politique.Fasciné par la négritude, Luc Lang ne pouvait parler d’art africain sans évoquer ce que représente l’Afrique pour l’Occident dans la réalité quotidienne : l’existence précaire des immigrés dans les grandes villes.Ces immigrés noirs, qui constituent la majorité des dockers de Liverpool s’était bâtie sur le commerce des esclaves, raconte Luc Lang.Cela a rendu la participation de la commu nauté noire de la ville encore plus nécessaire ».Ces immigrés travaillent dans des docks aujourd’hui abandonnés à 60 %, sur fond de ville sinistrée ayant perdu 30 % de sa population depuis 15 ans.« Je me trouvais à Londres en 1986.On venait d’agrandir la Tate Gallery pour loger la collection Turner, et on exposait les plans d’une nouvelle Tate Gallery dans les docks de Liverpool — on l’a construite ef- fectivement.L’idée était de sauver ces beaux bâtiments de briques, mais on n’a pas pensé que cela signifierait la mort du port ».Dénonciation de l’exploitation, de la crise économique et sociale, tout y est.La crise des valeurs aussi.« Vous avez une manière obscène de vitrifier la planète à coup de musées.», menace un personnage de Liverpool, avant d’accuser.« cette passion pour la beauté, diffuse dans l’air qu'on respire et le design du balai à chiottes », et de conclure : « Ce ne sont plus des bataillons de soldats que vous formez pour coloniser la planète, ce sont des régiments de touristes, vous faites du monde un décor.» On a beau vouloir racheter l’histoire en reconnaissant les dettes culturelles de l'Ouest envers l’Afrique, la colonisation de l’art peut se payer aussi cher que celle des hommes et des territoires.Lang détonne aussi par son attirance envers la culture anglo-saxonne.« Pour moi qui suis latin, donc du côté de l’expression, l’Angleterre est un pays mystérieux car les Anglais n’expriment rien : ni douleur, ni bonheur, ce sont des corps lisses.Alors quand ils expriment quelque chose, on est déjà dans la tragédie.Même le nonsense, la forme d'humour typiquement anglaise, est déjà de la tragédie.En plus, l’Angleterre a dominé le monde au 19e siècle : un livre sur le colonialisme ne pouvait éviter l’Angleterre ».Voyage sur la ligne d'horizon, dédié à Billie Holli- day, raconte l’histoire d'un autre paumé, un arracheur de betteraves qui rêve de jouer du blues.La phrase de Lang est luxuriante, animée du plaisir gourmand des mots et d’un art des descriptions remarquable.Certains l’ont même accusé de faire « trop beau », en rappelant qu’il est Professeur d’esthétique et d’histoire de l’art.«J’aurais dû dire que j’étais chauffeur ! », blague-t-il.On lui a parfois reproché aussi des narrateurs « faibles », qui se cherchent et se trouvent à travers autrui.« C’est nécessaire : un narrateur trop « fort » étouffe les autres personnages.Kundera l’a bien ex primé : « Si l’écrivain est plus intelligent que ses personnages, il ferait mieux de changer de métier ! » » Outre ces anti héros « transparents », comme il dit, et les éléments de culture anglo-saxonne, les deux ouvrages de Luc Lang partagent la musique comme agent catalyseur et la permanence d'un axe nord-sud.Cet axe se retrouvera dans son troisième roman.Lang y reprendra les personnages du Voyage, mais en faisant des personnages secondaires les principaux protagonistes.Comme toujours, il les choisira « à la limite de l’inhumanité, là où l’homme est le plus gr and et le plus fragile à la fois.Comme ces silhouettes de Giacometti qui acquièrent tout leur humanité lorsqu’elles sont au bord de la disparition.» Promotion exceptionnelle sur présentation de ce chèque rabais 30% de réduction à l’achat d’un livre de votre choix à la librairie Le Parchemin Efltle Parchemins Pour un vaste choix de livres à bien meilleur prix Le Parchemin vous offre ibrairie e Parchemin.^ À l’intérieur même de la station [§| du métro Berri-Uqam 505 Ste-Catherine Est Tél.: (514) 845-5243 Chèque rabais Dès maintenant Une réduction de 30% du prix de détail suggéré sur l’achat de votre prochain livre en magasin Rabais valide sur présentation de ce chèque, un chèque par livre (sauf ceux marqués d’un X, ou prix net) OfTre valable jusqu’au samedi 28 novembre 1992 e\c Parchemin.ÉDITIONS DANGLES ¦ ÉDITIONS DU ROSEAU ZEN-MANAGEMENT Dennis Rose Réflexions et exercices concrets pour amener le lecteur à intégrer dans sa quotidienneté, de travail et de vie, les données d’une véritable efficacité.127 pages 23,95 S Zen-management Etre efficace autrcmcnl lVuntt Hn cxjuiuii» uu jxpiciiinuii Stand 533-535 I/ri édition» du Septentrion 15QO, rue Maguire, Siilery (Québec) GlT 1/3 I twirl Allard oouventrs ‘Rappels historiques En vente en librairie .p les éditeurs, sauf un, l’ont polinjen| envoyé promener.Depuis, Anniçlj Press, une maison qui à l’époque n’a,-vait que trois titres dans son catalogue, connaît un succès qui fait sûrement des jaloux.L’éditeur toron-tois a d’ailleurs réussi à attirer dans sa cour certains des meilleurs illustrateurs québécois, les Gilles Tibo, Stéphane Poulin, Pierre Pratt et Hélène Desputeaux.Le tandem Munsch-Desputeaux étonnera les fans de l’auteur habitués aux illustrations de Michael Martchenko, mais la surprise est agréable et le nouveau mariage très réussi.Hélène Desputeaux a dessiné un personnage irrésistible, délicieusement espiègle et magnifiquement vivant, dans une véritable orgie de couleurs.La réussite est telle qu’au début du livre ses images volent claire ment la vedette.Qu’à cela ne tienne, il faut faire confiance à Munsch.De fait, la suite du récit révèle un auteur qui finit toujours par faire mouche.Non seulement maîtrise-t-il la structure de ses histoires avec un rare talent de conteur mais il va plus loin en épinglant des fantasmes enfantins.Dans un délire de bricolage avec des crayons « super-indélébiles-permanents-jusqu’à-la-m ort-et-peut-être-même-après «l’héroïne réalise le triple exploit de se métamorphoser en créature multicolore, de se faire disparaître.et de se réinventer.Un autre texte délirant de Munsch Au secours, maman ! vient de paraître aux éditions La courte échelle.Il s’agit d’une traduction de Show and Tell, un des bons succès Munsch Martchenko chez Annick Press.Un matin, un enfant fourre son bébé soeur dans son sac à dos et l’amène à l’école pour la montrer à ses amis.La suite rocambolesque mise sur le ridicule des grandes personnes comme la plupart des meilleurs titres de Munsch, une technique un peu raccoleuse mais extrêmement efficace.Moins réussi par contre, cet album écrit et illustre par Michael Mart chenko, À table, les oiseaux ! Peu d’auteurs réussissent à bien illustrer leurs textes et de même, les illustrateurs qui tentent de voguer seuls, rendent rarement justice à leurs images.L’album de Martchenko prouve que la recette Munsch est aussi facilement identifiable que difficile à reproduire.Son histoire d’oiseaux gourmands est divertissante sans plus.Il manque, au coeur de ce livre, un rêve d’enfant, un de ces désirs secrets que Munsch réussit si bien à exaucer. Publi-reportage 1942-1992 m| ^dj[iot(ikcfU£.tzA/lunicifiaHs.dz ••• ® -'W^r6' % %, 1905) r,of?rc/)l?,6rQt Qq^O £vs /mmrnr âÈÈmwm C, 0/^/ /, '«S*% 3 ^ ® % Jv/e/ e .-^e X*®.No> «&:** : VX>vy O'® 0%ss %°ï'S ^>y » °fe %» cv;®®/ erAlren.?y// ¦s„?9e?'s °°'*?' A - 4 ds.X®- y?3 i'oq ^W) °u0£e
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