Le devoir, 30 novembre 1992, lundi 30 novembre 1992
rf “ G RESTAURANT FRANÇAIS Son ambiance Sa cuisine du marché 3487, avenue ilplp: i Njr e kêt m: 5 6 7 a 9 10 11 U 493.rue StwirtJfooko Ouest Montréal (Québec) H3A 1BG T Al (514) ?8B 1261 Centralde LE DON DE CHANCER LES CHOSES .Sij£iir nsi curie pqr autorité de Justice, les biens ts de BENOIT BROSSEAU, saisis en cette cause, consistant en: Volkswagen Fox GL 4 portes, aris.CONDITIONS: ARGENT COMPTANT et/ou CHEQUE VISE.Informations RICHARD LAURIN, huissier (5141 679 FORC" 0975, Fax -m, ,, huissier Ô7&-.7232.RGET, JÔDOIN & ASSOCIÉS, HUISSIERS.460! Sl-Charles-Ô, # 301 longueuil, Qc.J4H IG4.Avis est par les présentes donné que la Cession générale de créances en date du 26 octobre 1992 à la Banque Toronto-Dominion de toutes dettes, présentes ou futures, payables à Della P.Distribution Inc.a été enregistrée ou bureau d’enregis- trement de l _______ la division d'enregistrement de Montréal le 20 novembre 1992 sous le numéro 4561785, Ce 25ième jour de novembre 1992.LA BANQUE TORONTO-DOMI-NION.Avis est par les présentes donné que le Bill 97 en dale du 26 octobre 1992 o lo Banque Toronto-Dominion de toutes dettes, èsentes ou futures, payables à Delta P.islribution Inc.a été enregistré ou bureau d'enregistrement de b division d'enregistrement de Montréal b 20 novembre 1992 sous le numéro 500096617, Ce 25lème jour de novembre 1992.LA BANQUE TORONTO-DOMI- NION.CANADA PROVINCE DE QUEBEC DISTRICT DE TERREBONNE NO: 700-02-002995-927 COUR DU QUEBEC CHAMBRE CIVILE GROUPE COMMERCE, COMPAGNIE D'ASSURANCES, Demanderesse MARIO VÉZINA, et ZARECH OHANIAN, Défendeurs PAR ORDRE DE LA COUR le défendeur, ZARECH OHANIAN, est, par les présentes, requis de comparaître, dons un déloi de trente (30) jours de celte publication, personnellement ou par (entremise de ses procureurs Une copie AMENDE____________________ .AMENDÉE a été laissée ou greffe de la Cour du Québec, chombre civile, du district de Terrebonne, à son intention.De plus, PRENEZ AVIS qu'a défaut par vous de signifier ou déposer votre comparution ou contestation dans les débis susdits, b demanderesse procédera o obtenir contre vous un jugement par défaut conforme aux conclusions quelle sollicite VEUILLEZ AGIR EN CONSEQUENCE.ST-JEROME, le 25 novembre 1992.GINETTE LANDRY, GREFFIER DE LA COUR DU QUEBEC, CHAMBRE CIVILE CANADA PROVINCE DE QUEBEC DISTRICT DE MONTREAL NO: 500 12 208099.923 COUR SUPERIEURE PRESENT: PROTONOTAIRE ADJOINT HANI BARNABA, Partie demanderesse c.IBTISSAME AMOR, de domicile et résidence inconnus, Partie défenderesse ASSIGNATION ORDRE est donné à Madame Ibtissome Amor de comparaître ou greffe de cette cour situé ou 1, rue Notre-Dame Est, à Montréal, district de Montréal, salle 1.100, dans les trente (30) jours de b dote de la publication du présent avis dons b journal Le devoir.Une copie de b décbrotion de divorce o été remue au greffe 6 l'intention de madame ibtissome Amor Lieu: Montréal Date: 24 novembre 1992 GILBERT CHAPADOS ES nlremise de ses procureurs te copie du BREF D'ASSIGANTION REVENDE et de la DÉCLARATION RE- Paris dénonce le «pré-accord» de Washington sur la ?politique agricole PARIS (Reuter) — Le ministre français de l’Industrie, Dominique Strauss-Kahn, a dénoncé hier ce Ïu’il a appelé le «pré-accord» conclu y a 4eux semaines entre la CEE et les Etats-Unis sur les questions agricoles, et a affirmé avec force que celui-ci pouvait encore être renégocié.Il a réaffirmé que la France opposerait, éventuellement, son veto à un accord GATT qu’elle jugerait inacceptable, et il a souligné que si les questions agricoles étaient aujourd’hui d’actualité, il ne fallait pas penser que les négociations GATT étaient uniquement un problème agricole, et que celles-ci devaient encore se poursuivre dans de nombreux autres domaines.Invité de l’émission «L’heure de vérité», sur France 2, le ministre a souligné que la réforme de la politique agricole commune (PAC) adoptée au printemps dernier avait permis de savoir «jusqu’où nous pouvons aller, et ce que nous ne pouvons pas accepter».Il a estimé que l’accord négocié entre la Commission européeenne et les Etats-Unis allait au delà de ce que prévoit la réforme de la PAC et était donc inacceptable: «.les négociateurs (européens) ont fait de leur mieux, mais je crois que ce mieux n’est pas un résultat acceptable.» «Par conséquent il faudra que d’une manière ou d’une autre ce qui se mettra en oeuvre sur la partie agricole du GATT ne soit pas ce que ce qui résulte de ces accords, ou de ce pré-accord, de Washington.Comme on lui demandait s’il n’était pas «utopique» de vouloir rouvrir lqs négociations agricoles avec les Etats-Unis, le ministre a répondu : «Je ne crois pas que ce soit de l’utopie.Je ne sais pas si c’est ce qui se fera.De toutes façons, la négociation n’est pas fermée, puisqu’elle doit continuer sur bien d’autres aspects.» • «Si la France est amenée, d’une manière ou d’une autre, à voter sur ce qui lui est proposé aujourd’hui, elle votera contre.Mais j’ai bon espoir qu’on s’en sorte autrement», a poursuivi Dominique Strauss-Kahn.A un journaliste qui lui demandait si le veto invoqué mercredi dernier par le premier ministre Pierre Bérégovoy n’était pas «un sabre de bois», Dominique Strauss-Kahn a répondu: «Je ne l’assimilerais pas à un sabre de bois, je l’assimilerais à e la dissuasion nucléaire.Il faut essayer, en l’ayant, de ne pas avoir à s’en servir.Après avoir rappelé que les Etats-Unis détenaient près de 50% du marché des céréales, et la France 13%, il a ajouté: «Mon pronostic est qu’on n’aura pas besoin de s’en servir, parce que l’Europe saura se ressaisir,, et s’opposer à une volonté (des Etats-Unis) de nous sortir du marché.» «Moi je n’accepte pas l’idée qu’à priori un diktat américain ne puisse oas être repoussé» a encore déclaré e ministre.Comme un journaliste relevait ce terme, objectant que la Commission européenne avait, conclu un «pré-accord» avec les Etats-Unis sur la base d’un mandat, le ministre a rétorqué : «Oui, elle a négocié avec un mandat et on peut penser, c’est tout l’objet des calculs qui sont en cours, qu’elle a outrepassé ce mandat.Si elle a outrepassé ce mandat, il faudra renégocier Au début de la discussion sur le GATT, le ministre a souligné que «l’agriculture, ça fait dix pour cent' à peu près des échanges.Restent 90% .et c’est sur ces 90% autres qu’on veut se battre et qu’on veut obtenir des résultats».Comme on lui demandait s’il fallait comprendre qu’il ne voulait pas «se battre sur l’agriculture», Dominique Strauss-Kahn a répondu : «Non.Cela veut dire qu’il ne faut pas que l’on se batte uniquement sur l’agriculture .On est au point de la négociation où c’est l’agriculture qui est sur la table, et il est bién normal qu’on s’en occupe.» «Mais ce que je voudrais dirè, c’est que la présentation que je'lis un peu partout.à savoir que ce problème est fondamentalement un problème agricole est, je crois, une présentation qui est erronnée.» «Quand les AGF ne peuvent pas s’installer dans l’état de New York, parce qu’on dit : «Vous êtes une entreprise à capital public, donc vous n’avez pas le droit de venir«, c’est un problème de GATT.Et c’est un problème qui est aussi important que le problème agricole.Il a ajouté quven tant que ministre de l’Industrie, il souhaitait pouvoir passer des accords dans de nombreux domaines.«Dans ces conditions, la négociation est loin d’etre terminée.Donc, que l’on soit amené à revenir sur la partie agricole ne me parait pas du tout impossible,» a-t-il ajouté.Eltsine appelle à la création d’un parti présidentiel MOSCOU (AFP) — Le président russe Boris Eltsine, abandonnant son principe selon lequel le chef de l’État devrait rester au-dessus des mêlées partisanes, a appelé hier à la création d’un «parti ou mouvement» présidentiel, regroupant les partisans des réformes radicales dans le pays et dont il sera membre.«On peut me considérer dès aujourd’hui membre de cette organisation, en tant que président», a déclaré Boris Eltsine à l’ouverture à Moscou d’un «Forum des partisans des réformes», qui se tient à deux jours du début du Congrès (assemblée législative suprême à majorité conservatrice), ont rapporté les agences ITAR-TASS et Interfax.«J’ai compris qu’une telle force sociale est indispensable et en tant que président, je dois en faire partie», a-t-il ajouté.Le mouvement réformateur en Russie est éclaté en une myriade de partis et mouvements, le président n’ayant jamais officiellement soutenu ni fait partie d’aucun d’entre eux.Cette prise de position marque un revirement total dans l’attitude du président russe, qui avait jus-qy’à présent affirmé que le chef de 1 État devrait rester en dehors des disputes partisanes.Le premier ministre Egor Gaïdar, ainsi que Guennadi Bourboulis, qui vient de, perdre son poste de secrétaire d’Etat et a été nommé «chef des conseillers» du président, étaient présents à la réunion d’hier matin.L’appel présidentiel intervenant à la veille d’une session de l’assemblée législative suprême du pays qui s’annonce décisive pour l’avenir de la politique de réformes, la nouvelle attitude du président russe semble également avoir pour but de consolider sa base et de désarmorcer des critiques de l’opposition.Des leaders de l’«opposition constructive» au gouvernement de M.Eltsine, notamment les dirigeants de la coalition centriste de l’Union civile, ont regretté que les membres du gouvernement manquent d’une structure de soutien et que cette absence d’organisation d’appui ait conduit à une politique incohérente.Arkadi Volski, président de l’Union des industriels et des entrepreneurs et co-président de l’Union civile, a estimé ainsi que le gouvernement «flotte en l’air» en absence d’une base d’appui formelle dans la société.M.Volski a déclaré récemment à l’AFP qu’à la suite du putsch avorté d’août 1991, «quiconque le voulait, recevait des titres, des postes» dans le gouvernement.M.Eltsine a dit qu’il donnerait des détails concrets sur son projet de création d’un parti ou d’une organisation sociale ultérieurement, et il n’était pas clair hier dans quelle mesure l’intention de consolider la base de ses partisans pourrait lui être bénéfique au cours du Congrès qui s’ouvre demain.Il apparaissait cependant clairement que le président russe, se sentant attaqué des deux côtés, par ses opposants et ses partisans - qui lui reprochent de faire trop de concessions à l’opposition - éprouve désormais le besoin d’une organisation formelle de ses supporteurs, leur signifiant aussi par la même occasion qu’il se trouve à leurs côtés.L’annonce hier par M.Eltsine est la dernière d’une série de ma-neuvres «tactiques» du pouvoir destinées à renforcer le soutien de la politique de réformes à l’approche du Congrès.L’assemblée législative suprême a été élue en 1990 lorsque le Parti communiste soviétique dominait encore la politique en Russie et la session pourrait être marquée par des tentatives de réduire le pouvoir du président et les réformes.Par ailleurs, des milliers d’opposants au président russe ont manifesté hier dans le centre de Moscou.Près de 3000 personnes ont participé à cette manifestation organisée par le mouvement «Moscou des travailleurs».’ Parmi les manifestants ayâtit pris la parole, figuraient Ilya Konstantinov et Mikhail Astafiev, co-dirigeants du Front de Salut National, alliance de communistes et de nationalistes. SOCIETE Le Devoir I L’ENTREVUE DU LUNDI \\ , lundi 30 novembre 1992 GERMAIN DENIS Notre négociateur au GATT .< Sophie Langlois collaboration spéciale Dansées cercles diplomatiques de l’élite internationale, Germain Denis négocie, avec des collègues d’une centaine de pays, le plus important projet de libéralisation économique de l’histoire.Les résultats de l’Uruguay Round du GATT (General Agreement on Trade and Tariff), dont il est le principal négociateur pour le Canada, changeront fondamentalement nos économies, notre façon de faire des affaires et nos vies.Germain Denis est un passionné.Il a adopté la libéralisation économique comme la cause d’une vie et il pratique la négociation tel un fidèle sa religion.Sa plus grande valorisation, il la trouve non pas dans la complexité technique du dossier mais dans sa relation avec les disciples, surtout les plus récalcitrants.«Les relations humaines sont extrêmement importantes, car les véritables négociations, tractations, sont informelles, confie le négociateur.Il .faut être capable de percevoir, par le dialogue avec un autre délégué, à n’importe quelle occasion, un signal qui nous indiquera qu’en ajustant .notre position de telle ou telle façon, j ùn pourra peut-être réussir à les faire bouger.» Le talent de Germain Denis pour «les faire bouger» est connu et reconnu: en plus de présider un des quatre grands comités de Négociation de fUruguay Round, .lq seul Québécois à la table de négo-ciation est pressenti pour le poste ,de directeur-ad-jpint du GATT.Afin de libéraliser le commerce mondial, Germain Denis développe des «relations humaines» depuis près de vingt ans dans le milieu restreint des négociations commerciales internationales.En 1975, il s’envole à destination de Genève pour un premier séjour qui durera quatre ans.C’est alors, durant le Tokyo Round du GATT, qu’il apprend les rudiments de la négociation et établit ses premiers contacts avec les représentants de l’influente diaspora de la négociation intemationa-le.«A la table, personne ne fait d’analogie avec le Tokyo Round, qui nous paraît à des années lumières de distance, raconte le négociateur.Aujourd’hui, les enjeux, tant du point de vue économique que stratégique et géopolitique, sont beaucoup, beaucoup plus complexes.La différence fondamentale est la présence active et très articulée des pays en voie de développement, qui ont adopté une politique d’ouverture, d’exportation.Ils étaient pratiquement absents lors du Tokyo Round.» Au début des années 1980, Germain Denis poursuit sa mission de libéralisateur auprès des Japonais, avec qui il négocie une entente bilatérale sur le commerce de l’automobile., Puis il revient à la charge avec les Etats-Unis pour négocier l’accord de libre-échange, de 1986 à 1988.,Pour lui, la libéralisation du commerce est essentiellement une question d’efficacité.La non-discrimination est le principe fondamental sup- Îasé régir le commerce international epuis la création du GATT en ,,1947.Elle signifie que les pays membres du GATT s’engagent, en vue d’éliminer les traitements discriminatoires dans le commerce international, à réduire de façon substantielle les tarifs et autres obstacles au commerce.Pour ce faire, les pays membres adhèrent au principe de la _ «nation la plus favorisée», qui stipule qu’un gouvernement accordant un avantage, un privilège ou une immunité particulière à un produit importé d’un pays particulier, doit automatiquement et sans condition consentir un traitement identique au même produit qui pourrait provenir d’autres pays signataires du GATT.Mais il y a un hic.Un pays peut se soustraire au principe de non-discrimination en invoquant soit un système préférentiel préexistant, une balance des paiements déficitaire ou la participation à une zone de libre-échange.Le GATT engendra donc une multitude d’exceptions (plus de 20 000), qui rendirent les règles du jeu de plus en plus difficiles à interpréter pour les joueurs et pour les panels du GATT devant arbitrer les litiges.«Le vieux GATT est tellement dépassé — les principes sont encore valables — mais dans son application, le vieux GATT n’existe plus, estime Germain Denis.Les règles ne sont plus respectées parce que désuètes.Le statu quo n’existe pas dans le commerce, car les échanges continuent à se multiplier, avec ou sans règles du GATT.» Les négociateurs de l’Uruguay Round tentent, depuis six ans, d’établir une nouvelle charte du commerce international qui verrait à libéraliser non plus seulement les produits manufacturés (ancien GATT) mais aussi les produits agricoles, les textiles, les produits industriels, les produits de ressources naturelles, les produits de haute technologie, de même que tous les types de services (financiers, professionnels, de transport, de télécommunication, etc.) et toutes les formes de propriété intellectuelle (brevets, droits d’auteur, secrets commerciaux, appellations d’origine, etc.).C’est le plus ambiteux projet de libéralisation économique jamais entrepris dans l’histoire moderne.Un nouveau GATT «On est en train de refaire le système d’après-guerre, de mettre en place l’équivalent du FMI (Fond monétaire international) pour le commerce.La négociation a une dimension stratégique importante qu’il faut garder à 1 esprit: dans la mesure où on réussit à réduire globalement les protections aux frontières, on réussit alors à bâtir des ponts entre les grands ensembles régionaux et on diminue, ce faisant, les risques de conflit.C’est pourquoi c’est aussi une négociation stratégique, géopolitique.» Le GATT devrait-il être compris comme un instrument pour la paix?«Des relations commerciales plus souples et de croissance, par définition, contribuent à des relations pacifiques.Le GATT permet d’élargir le partage des richesses et fournit un processus civilisé de règlement des conflits.Plus on ouvre les frontières sur une base globale, plus le commerce croît et, plus on augmente les chances d’entraînement (pour les pays en voie de développement).Si on regarde l’histoire des pays les plus industrialisés, on voit qu’ils y sont arrivés par le commerce.Plus il y aura de pavs qui adhéreront au GATT, plus il y aura cet effet d’entraînement.Une des raisons de cette négociation (Uruguay Round) était précisément de ré-établir les équilibres avec les pays tiers.» Le nouveau GATT sera-t-il omniprésent, omnipotent?«Qu’on le veuille ou non, il faut composer avec l’intégration globale, réplique Ger- «Je suis quelqu’un qui fait son propre chemin, j’ai confiance en mon jugement et en mon étoile, et puis voilà.» vêmw dation en cours et leur expliquer les choses directement.Mais plus souvent qu’autrement, les propos du négociateur ne plaisent pas à l’auditpi-re, car la négociation sur les produits agricoles ne semble pas avoir pris une bonne direction pour les agriculteurs du Québec.Le travail de Germain Denis auprès des dirigeants agricoles québécois n’est sans doute pas étranger au virage quasi-révolutionnaire daiis lequel l’UPA s’est engagée cette année, en adoptant le défi de la conquête des marchés mondiaux.Ordonner les mouvements transnationaux Depqis 1945, l’ordre mondial institue l’Etat comme principal acteur des relations internationales.Les relations inter-étatiaues, de nature essentiellement politique, diplomatique et militaire, ont dominé le paysage mondial durant Père bipolaire, résolue depuis l’éclatement du bloc communiste.Les relations et mouvements transnationaux, qui échappent au contrôle des Etats, se multiplient de plus en plus.Le GA’FT est le premier organisme à tenter de k*s ordonner.Assistons-nous à un,e diminution en règle du rôle des Etats dans l’ordre mondial?Germain De-qis n’estime pas la souveraineté des Etats membres diminuée par le GATT, puisque ce dernier n’est pas supranational.Pour le négociateur du gouvernement canadien, le raisonnement est inverse.«Plus on se défend en maintenant du protectionnisme à la frontière, plus on invite les puissants intérêts à influer sur nos décisions internes, sans rien gagner en retour, du point de vue des possibilités d’influer sur leurs événements.C’est un contre-argument très pesant aux nationalistes qui estiment la souveraineté en danger dans le libre-échange.» Le nouveau GAIT doit-il être perçu comme l’indice d’une nouvelle domination, institutionnelle, de l’économique sur le politique?«Le leadership international ne se compartimente pas.L’un ne doit pas attendre l’autre.Mais sans initiatives de libéralisation économique, il est assez difficile de voir comment nos grandes démocraties pourraient vraiment convaincre le reste du monde de la valeur de leurs grandes idées.11 doit aussi y avoir intégration au niveau idéologique.» Germain Denis est un missionnaire convaincu.Son enthousiasme pour la libéralisation économique demeure absolu et son engagement à la cause rappelle celui des fidèles.La richesse des échanges avec une qualité impressionnante d’intervenants constitue la principale nourriture cérébrale, voire sprirituelle, du négociateur de Compton, qui se définit humblement comme un facilitateur.Mais la patience du pratiquant de la négociation commence à sepuiseç.«Les décisions doivent être prises.A un moment donné, au coeur même de la négociation, il faut que ça bouge, que ça aboutisse.Les nouveaux secteurs d’activités sont de plus eh plus chaotiques sans règles du jeü.D’ailleurs, entre experts, on entré-voit déjà l’agenda des prochaines négociations: la concurrence, l’environnement, tout cela dépasse déjà ]es frontières, et on devra poursuivre la libéralisation des secteurs entamée dans l’Uruguay Round.Tout un travail d’analyse et d’anticipation esft en préparation, mais l’agenda actuél est déjà débordé.» On le voit, le candidat au poste de directeur-adjoint du nouveau GATT n’a pas encore achevé sa mission, qu’il ira peut-être poursuivre à temps plein sur les rives du lac Ionian.Germain Denis, sous-ministre adjoint au Ministère des Affaires extérieures et du Commerce international à Ottawa, chef du bureau des négociations commerciales multilatérales, responsable de la délégation canadienne à l’Uruguay Round du GATT main Denis.Mais tout ce qui bouge sous le soleil n’aboutira pas à Genève.Le GATT est une réponse institutionnelle au phénomène de la mondialisation.Cette dernière crée des opportunités, mais elle engendre aussi des problèmes, des conflits, auxquels il faut répondre.Quand on pense à l’institution du GATT, on ne pense pas à la bureaucratie GATT, on pense à la clarification des règles du jeu, à la précision, à la non-discrimination, la transparence, au règlement impartial et objectif des différends.Les principes demeurent simples, l’infrastructure minimum.» La bible des règles du nouveau GATT sera tout de même beaucoup plus volumineuse et sans doute bien encombrante pour les pays qui désireront continuer à pratiquer certaines formes de protectionnisme, souvent essentielles au fonctionnement de certains secteurs de l’économie et cruciales pour la sauvegarde immédiate de milliers d’emplois.Le négociateur québécois se dit tout à fait conscient des vulnérabilités de l’économie canadienne qu’il doit tenter de protéger, même dans le cadre d’un objectif global de libéralisation.«Le rôle du négociateur est de pousser ses priorités avec ferme- té et conviction tout en expliquant les contraintes de notre position.Nous cherchons avant tout des solutions équilibrées.Pour être efficaces, les régies doivent être perçues comme ayant un impact équilibré, entre les différents secteurs économiques, les régions, les pays.L’équilibre est l’essence même de la négociation.» ment nationaliste, voire souverainiste, la classe agricole québécoise se méfie, par définition, de tout ce qui est fédéral.Fils d’un producteur laitier de Compton, près de Sherbrooke, Germain Denis est un des rares mandarins du gouvernement fédéral à se mériter le respect des dirigeants agricoles québécois.«Nous avons «La négociation, c’est ici qu’elle commence, au Canada, à l’intérieur même du ministère, puis avec les provinces et avec les intervenants du secteur privé, les élites agricoles et industrielles.» Pour les gouvernements nationaux, être ou ne pas être du GATT est un choix déchirant qui ne se pose pas.Les enjeux de la libéralisation sont perçus comme étant si vitaux, que l’adhésion au club paraît obligatoire, même si elle peut représenter des sacrifices douloureux.Au Québec, le monde agricole est particulièrement inquiet des impacts d’un accord au GATT, qui pourrait bouleverser les modes de production et de commercialisation des produits agricoles pratiqués au Québec.Large- d’excellents rapports avec lui, indique Jacques Proulx, président de l’Union des producteurs agricoles du Québec.C’est un des rares qui a su établir un bon dialogue, une bonne relation avec les agriculteurs du Québec.Le contact avec lui est facile, il est très disponible et conscient de l’importance de l’agriculture.» Depuis quatre ans, les producteurs agricoles québécois ont appris à connaître Germain Denis comme le collègue de Genève qui vient régulièrement les informer sur la négo- Des racines ancrées dans les Cantons de l’Est Sophie Langlois collaboration spéciale Après 27 ans dans la fonction publique fédérale, Germain Denis se .çonsidère toujours «de passage» à .Ottawa, qu’il a découvert en 1965 lors de vacances estivales.«Mes racines ne sont pas ici.Je n’ai pas pignon sur rue à Ottawa, j’ai toujours habité du côté québécois de l’Ou-taouais.Je suis le fonctionnaire de assage, là-dessus, je n’ai aucune ésitation.Pour moi, chez nous c’est .toujours Compton.Mes deux parents habitent toujours la maison familiale et l’ensemble de ma famille demeure dans la région de Sherbrooke.J’y retourne souvent.» Ses racines, Germain Denis les Identifie à son enfance sur la ferme laitière familiale, qu’il partage avec ijept frères et soeurs.«J’aimais les tâches au grand air, dans les champs et dans l’érablière.Le mi- lieu environnemental était très agréable.Mon père était fier de la beauté de sa ferme et l’entretenait en Conséquences- Pensionnaire au Séminaire de Sherbrooke, où il fait son cours classique, puis étudiant à l’Université Laval, de 1961 à 1965, le futur négociateur raconte qu’il n’avait aucune idée, à ce moment là, de ce qu’il voulait devenir.Mais déjà, ses intérêts se précisent.Au Séminaire, il aime apprendre l’histoire des grandes cultures, il préfère donc les cours de civilisation et d’histoire.«Je me souviens d’un vieux professeur qui nous récitait de longs poèmes étrangers par coeur.» En 1961, Germain Denis a vingt ans.La Révolution tranquille, il Ta traverse dans l’effervescence sociale du milieu académique québécois.«C’était l’explosion sociale, l’ouverture politique, la prise de conscience culturelle, prise de confiance en soi — individuelle et collective —, l’orientation était entièrement axée vers l’avenir.Tout était possible.Dans cette période, tout changeait, le sens des réformes était absolu, il fallait créer, innover.C’était vraiment l’ouverture de toute une société, un élargissement progressif des horizons, dans le sens du renouvellement.C’est à ce moment-là, à l’Université, où on a vraiment pris conscience du monde plus large.» A l’Université Laval, quatre professeurs lui lèguent un héritage particulièrement riche: Claude Morin s’emballe dans les dédales de la macro-économie, Léon Dion explore l’univers des grandes idées politiques, Jean-Charles Bonenfant offre des performances magistrales sur les questions institutionnelles et constitutionnelles et, Roger De Haim sème la graine d’une passion pour l’histoire des relations économiques internationales.«Je me souviens d’avoir organisé alors une conférence sur les relations bilaté- rales canado-américaines.» En 1965, la perspective d’un emploi intéressant au ministère fédéral de l’industrie et du commerce l’emporte sur le projet d’effectuer un doctorat à Toronto.«J’ai fait mon chemin dp façon autonome et autocritique.A Ottawa, le cheminement n’est jamais facile pour un francophone.On a souvent l’impression de déranger, de prendre la place de quelqu’un.Dans le passé, il n’y avait pas de Québécois dans le domaine des relations économiques internationales à Ottawa.Je n’ai aucun doute que si je n’avais pas persévéré à vouloir faire ce que je fais, avec acharnement, beaucoup de lectures, d’analyses très auto-critiques, et une bonne dose d’entêtement, je n’y serais pas arrivé.Nous sommes encore très peu de Québécois ici (deux) et il n’y a pas vraiment de relève, ce qui est absolument déplorable.C’est tout de même Ottawa qui négocie les traités internatio- naux, c’est ici qu’on fait les deals.» Il est rare de rencontrer un fonctionnaire qui ne se gêne pas pour embrasser une cause.«C’est cet attachement à une cause (libéralisation économique) — qui crée la motivation intellectuelle et professionnelle — qui fait qu’on est prêt à bousculer et à être bousculé.C’est par entêtement que je suis où je suis.» Germain Denis a non seulement adopté la cause de la libéralisation économique, mais il a modelé sa carrière et adapté son mode de travail à cette cause, plutôt qu’à une ascension hiérarchique dans la fonction publique.«Je suis un fonctionnaire atypique parce que je cherche des solutions hors des sentiers battus.Je déteste la routine bureaucratique.Si on me dit que c’est nécessairement ça la solution, je la mets en doute au point de départ, car souvent ce n’est pas la facilité qui est la solution durable et véritable.Le sentiment d’innovation, d’imagi- nation, de créativité nous amène à chercher des solutions hors dels cadres établis, tout en les enracinant dans la réalité.» «La persévérance qui pousse a vouloir faire avancer une cause mta amené, au cours des quinze, vingt dernières années, à travailler sqr des dossiers qui ont toujours mené à des initiatives d’ouverture, de libéralisation.Si je regarde l’histoire des grands dossiers que j’ai eu à traiter, c’était souvent, par définition, des missions impossibles.On ne peut qu’y arriver en innovant, en mettant de l’avant de nouvelles options, de nouvelles idées.Alors qu’avant, tout se faisait en vase clos, j’ai adopté une approche de coopération, de consultations, qui permet de hâtir des ponts, par le consensus et le rassemblement.Cela demeure ma préoccupation dans la gestion des dossiers actuels, de trouver des solutions, des points communs, pour bâtir, finalement.» 12 ¦ Le Devoir, lundi 30 novembre 1992 CULTURE ET SOCIETE CINEMA ASTRE: 849-3456) — Home Alone 2 6 h 45.9 h 10— Dracula 7 h 10, 9 h 35— The Bodyguard 7 h.9 h 30— Passenger 57 7 h 15, — Traces of Red 9 h 10 BERRI : (849-3456) — Dracula 1 h 30, 4 h 15, 7 h, 9 h 30— Annabelle partagée 1 h 45, 3 h 30, 5 h 15, 7 h 15, 9 h 15 — Le garde du corps 1 h 40, 4 h 10, 7 h 10, 9 h 40 — Toutes peines confondues 1 h 45, 4 h, 7 h 20, 9 h 35— Baisers mortels à Palm Beach 1 h 30, 3 h 30,5 h 30, 7 h 30,9 h 30 BROSSARD : (849-3456) — Baisers mortels é Palm Beach 7 h, 9 h 20— Passager 57 9 h 30— Héros 7 h— Le garde du corps 7 h, 9 h 35 CARREFOUR LAVAL : (849-3456) — Héros 7 h, 9 h 30— Baisers mortels à Palm Beach 7 h 05, 9 h 25 — Home Alone 2 7 h, 9 h 25— La rivière du 6e jour 7 h 05, 9 h 30— Dracula 7 h, 9 h 35— Le garde du corps 7 h, 9 h 25 CENTRE EATON : Mtl — 1492 2 h, 5 h 15, 8 h 30- Under Siege 12 h 10, 2 h 20, 4 h 30, 6 h 50,9 h 15— The Bodyguard 12 h 45,3 h 35, 6 h 30, 9 h 15— The Bodyguard 12 h 45,3 h 35, 6 h 30, 9 h 15— Adultes consentants 7 h 05, 9 h 20— Jeu de puissance 12 h 20, 2 h 30, 4 h 40— Gas Food and Lodging 12 h 15, 2 h 35,4 h 45,7 h, 9 h 25, CINÉMA ÉGYPTIEN : (849-3456) — Dracula 4 h 30, 7 h, 9 h 30— Johnny Stecchino 5 h 30, 7 h 30, 9 h 35— Dracula 4 h 45, 7 h 15, 9 h 45 CINÉMA JEAN-TALON : Mtl - The Hand that Rocks the Cradle 7 h 10, 9 h 30 CINÉMA LANGELIER: Mil — Hero 7 h 15— Cuirassé en péril 9 h 35— Passager 57 9 h 20— Candyman, spectre maléfique 7 h 15— Baisers mortels à Palm Beach 7 h 10, 9 h 15— La rivière du 6e jour 6 h 45, 9 h 10— Dracula 7 h 10, 9 h 40— Le garde du corps 7 h, 9 h 30 CINÉMA NOUVEL ÉLYSÉE : (288-1857) — Freud Leaving lun.mar.5 h 15, mer.jeu, 3 h, 7 h 15— Les meilleures intentions 1 h 30, 5 h 8 h 30— Johnny Steccchino lun.mar 3 h 15, 7 h 15, mer.jeu.1 h, 9 h 15— Le festin nu lun.mar.1 h, 9 h 15, mer.jeu.5 h.CINÉMA OMÉGA : Le zèbre 7 h 15, 9 h 30— 1492 8 h — Jeu de puissance 7 h 15, 9 h 30— Cuirasse en péril 7 h 10, 9 h 30 CINÉMA PARALLÈLE : (843-6001) — CINÉMA DE PARIS: (875-7284) — CINÉMA POINTE-CLAIRE : (849-3456) — Dracula 7 h, 9 h 40, — Dracula 7 h, 9 h 40— A River Runs Through It 7 h, 9 h 30— Home Alone 2 7 h, 9 h 25— Home Alone 2 7 h 20.9 h 40— Traces of Red 7 h 10,9 h 20 CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE : (842-9768) — mar Triumph of the Spirit 18 h 35— Les derniers marranes 20 h 35 CINÉMA V: (489-5559) — Fermé temporairement.CINÉPLEX: (849-3456) — Le voleur d’enfant 3 h 25, 7 h, 9 h 20, — Passager 57 9 h 10— Candyman spectre maléfique 3 h, 7 h 05— Le côté obscur du coeur 3 h 30, 7 h, 9 h 30 — Sofie 4 h 30.8 h — Glengarry Glen Ross 5 h 10.9 h 15— Des souris et des hommes 7 h— Héro 7 h— A River Runs Through It 3 h 30, 9 h 25— L'homme de ma vie 7 h 20, 9 h 30— The Best Intentions 4 h 30, 8 h— Husbands and Wives 7 h 05, 9 h 20COMPLEXE DESJARDINS: (849-3456) — La rivière du 6e jour 2 h, 4 h 30, 7 h, 9 h 30, jeu.2 h, 4 h 30.9 h 30— Sofie 1 h 45, 5 h 30, 8 h 45— La belle histoire 1 h 30, 5 h, 8 h 30— Roméo 1 h 30, 3 h 30, 5 h 30, 7 h 30, 9 h 30, mer.1 h 30, 3 h 30, 5 h 30,9 h 30.COMPLEXE GUY-FAVREAU : (283-8229) — CONSERVATOIRE D'ART CINÉMATOGRAPHIQUE: (848-3878) — Moderato Cantabi-le 19 h — La beauté du diable 20 h 45.CRÉMAZIE: (849-FILM)— Dracula 7 h, 9 h 35 DAUPHIN: (849-3456) — Les meilleures intentions 8 h — Après l’amour 7 h, 9 h 10 DÉCARIE: (849-3456) — Jennifer Eight 7 h, 9 h 20— Under Sieges 7 h 15— Passager 57 9 h 30 DORVAL: (631-8586) — The Bodyguard 6 h 45, 9 h 30— Home Alone 2 6 h 20, 9 h — Home Alone 2 6 h 20, 9 h— Dracula 6 h 30, 9 h 10 DU PARC: (844-9470) — The Bodyguard 6 h 30, 9 h 30— The Bodyguard 8 h 30— Sneakers 6 h 35, 9 h 05 DU PLATEAU: (521-7870) — Dracula 2 M h 30, 7 11, 9 h 30- Héros 1 h 15, 3 h 15, 5 h 15, 7 h 15, 9 h 15.FAMOUS PLAYERS POINTE-CLAIRE: — Under Siege 7 h 10, 9 h 30— Jennifer Eight 6 h 45,9 h 25— Passenger 57 7 h 15, 9 h 15— The Bodyguard 6 h 15, 9 h 05— Malcolm X 8 h 15— Mighty Ducks 7 h 15, 9 h 30— Aladdin 6 h 30.8 h 30 — Aladdin 7 h, 9 h FAUBOURG SAINTE-CATHERINE: (849-3456) — Home Alone 2 1 h 30, 4 h 10, 7 h, 9 h 25— A River Runs Through 1 h 30.4 h, 7 h.9 h 20 — Home Alone 2 2 h, 4 h 30, 7 h 20, 9 h 40— Traces of Red 2 h 15, 4 h 30, 7 h 10.9 h 15, jeu.2 h 15,4 h 30, 9 h 30.GOETHE INSTITUT: (499-0159) —Trilogie aller-retour Santa Fe 18 11 30 GREENFIELD: (671-6129) — The Bodyguard 6 h 15, 9 h — Jennifer Eight 6 h 20, 9 h 05— Passenger 57 7 h, 9 h 10 IMAX: (496-4629) — L’homme et la bête et Les feux du Koweit mar.mer.jeu.ven.dim.10 h, 13 h 30,15 h 15,17 h, 19 h,, sam.13 h 30.15 h 15,17 h, 19 h., version anglaise mar.au dim.11 h 45, 20 h 45— Les Rolling Stones ven.sam.22 h 30.IMPÉRIAL: (288-7102) — Malcolm X 12 h 30, 4 h 15, 8 h 15.LAVAL: (688-7776) —Malcolm X 8 h 20— Aladdin 7 h, 9 h 10— Under Siege 7 h 20.9 h 40— The Bodyguard 6 h 30, 9 h 10— The Bodyguard 6 h 30, 9 h 10— 1492 6 h 10, 9 11 10— Passenger 57 7 h 10, 9 h 20— Le zèbre 7 h, 9 h 20— Adultes consentants 7 h 10, 9 h 30— L’amant 7 h, 9 h 10— Jennifer Eight 6 h 55, 9 h 25, — Bébé à bord 7 h, 9 h 10 LAVAL 2000: (849-3456) — Dracula 7 h, 9 h 30— Candyman spectre maléfique 7 h 15— Passager 57 9 h 20 LOEWS: (861-7437) — Aladdin 12 h 30, 2 h 40, 5 h, 7 h 15, 9 h 20 - Jennifer Eight 12 h 45, 3 h 30, 6 h 15,9 h.— The Lover 12 h 10.2 h 20,4 h 35, 7 h, 9 h 15— Of Mice and Men 12 h 05, 2 h 35, 5 h 05, 7 h 20, 9 h 40— Mistress 12 h 15,2 h 30,4 h 45, 7 h 05,9 h 30.OUIMETOSCOPE: (525-8600) —Salle 1 Orange mécanique 19 h.— Intérieur d'un couvent 21 h 30— Salle 2: Red Sorghum 19 h 15— Un thé au Sahara 21 h.PALACE: The Bodyguard 1 h, 3 h 35, 6 h 20, 9 h.— Passenger 5712 h 45, 2 h 45, 5 h 10, 7 h 35, 9 h 30— Consenting Adults 12 h 10, 2 h 20, 4 h 40, 7 h 05, 9 h 20— Mighty Ducks 12 h 15, 2 h 25, 4 h 40, 6 h 50, 9 h.— Under Siege 12 h 30, 2 h 40, 5 h, 7 h 15.9 h 30 — The Bodyguard 12 h, 2 h 35.5 h 20, 8 h, mer.aucune représentation.PARADIS: (354-3110) —Une ligue en jupons 6 h 30— L'esprit de Caïn 6 h 45— Jeune femme cherche colocataire 7 h 10— Rock N Nonne 8 h 30— Obsession fatale 9 h — Contre attaque 9 h 20.PARISIEN : (866-3856) — C'esf arrivé près de chez vous 1 h 10, 3 h 15,5 h 20, 7 h 25,9 h 30— Indochine 1 h, 4 h 30, 8 h.— Un coeur en hiver 12 h 30, 2 d 40, 4 h 50, 7 h 10, 9 h 20- Le zèbre 12 h 45, 2 h 45, 5 h, 7 h 05, 9 h 10— Ma vie est un enfer 12 h 40, 2 h 50, 5 h 05, 7 h 15, 9 h 30— L’amantl2 h 15, 2 h 25, 4 h 40, 7 h 10, 9 h 25— 1492 2 h, 5 h 30,8 h 30.PLACE ALEXIS NIHON: (849-3456) - Home Alone 212 h 15, 2 h 40, 5 h 10, 7 h 40,10 h.— Dracula 2 h, 4 h 45, 7 h 30, 10 h.— Home Alone 21 h.3 h 30,7 h 10, 9 h 30 MUSIQUE CLASSIQUE I CE SOIR.LUNDI 30 NOVEMBRE 1992 LA PETITE MUSIQUE DE NUIT DE CIEL MF PRÉSENTE À 22:00 concerti en 7 parties no.l et 3 (Stanley) nonetteop.31 (Spohr) nocturne no.l et 2 (Field) DEMAIN SOIR, 22:00 concerto grosso en sol majeur et en mi mineur (Muffat) quatuor K.387 (Mozart) RENSEIGNEMENTS: 527-8321 PLACE LONGUEUIL: (849-3456) — Dracula 7 h.9 h 30— Candyman, spectre maléfique 7 h 10.9 h 40 PLAZA CÔTE DES NEIGES: (849-3456) — Home Alone 2 7 h 20, 9 h 40— A River Runs Through It 7 h, 9 h 35— Bodyguard 7 h, 9 n 40— Bodyguard 7 h, 9 h 40— Dracula 7 h 05, 9 n 40— Home Alone 2 7 h, 9 h 25— Consenting Adults 7 h 20,9 h 30 RIALTO: (274-3550) — Prospero’s Books 7 11.— One False Move 9 h 30 VERSAILLES: (353-7880) — L’amant 7 h 20, 9 n 30 — The Bodyguard 6 h 30, 9 h 10— Jennifer Eight 6 h 30, 9 h 15 — Adultes consentants 7 h 10, 9 h 20— Le zèbre 7 h 10,9 11 20— 14926 h 20, 9 h 15 CINÉMA QUÉBEC CINÉMA LIDO: Dracula 18 11 45, 21 h 10, sam dim.lun.13 h, 18 h 45,21 h 10— Des souris et des hommes 19 h, 21 h 10, sam.dim.lun.13 h, 19 h, 21 h 10— Candyman 19 h, sam.dim.lun.13 h, 19 h — Passager 57 21 h 10— Adultes consentants 19 h, 21 h 10, sam.dim lun 13 h, 19 h, 21 h 10— Le garde du corps 18 h 45, 21 h 10, sam.dim.lun.13 h, 18 h 45, 21 Il 10.LE CLAP: (650-CLAP) —Les meilleures Intentions 13 h 30,17 h, 20 h 30.GALERIES CAPITALE: (628-2455) — 1492 8 h— L'amant 7 h 10, 9 h 25— Le zèbre 7 h 20, 9 h 20— Passager 57 9h 30— Jeu de puissance 7 h 05— Le garde du corps 6 h 55 PLACE CHAREST: (529-9745) - Dracula 13 h, 16 h, 19 h, 21 h 45, — La rivière du 6e jour 12 h 45,16 h, 19 h 10, 21 h 45— Passager 57 16 h 20, 21 h 45— Escrocs 13 h, 19 h 05— La belle histoire 12 h 30,16 h 15, 20 h 15— Héros 13 h 15, 16 h 15, 19 h, 21 h 30— Baiser mortel à Palm Beach 13 h 15, 15 h 45,19 I) 20, 21 h 40— Le garde du corps 12 n 30.15 h 30,19 h, 21 h 40 — Candyman 12 h 45,15 h, 17 h 15,19 h 40, 21 h 50.STE-FOY: (656-0592) — The Bodyguard 6 h 45,9 h 10—Malcolm X 8 h- Adultes consentants 7 h 05,9 h 15 SUR SCENE LES BEAUX ESPRITS: 2073 St-Denis, Montréal (844-0882) — Corbach, du 25 au 30 nov.à 22h.30.BIDDLES JAZZ AND RIBS: 2060 rue Aylmer, Montréal (842-8656) - Le Quatuor de Johnny Scott et Geoffrey Lapp, en permanence, lun.mar.de 19h.à 24h., mer.au ven.de 17h.30 à 22h.- Le Trio de Charlie Biddle en permanence, du mer.au ven.à compter de 22h., sam.à compter de 21h.30 - Billy Georgette, pianiste-chanteur, lun.mar.de 17h.à 19h.-Le Trio de Billy Georgette, sam.de 18h.à 21 h 30 - Le Trio de Bernard Primeau, les dim.de 18h.30 à 24h.CAFÉ DE LA PLACE: PDA, Montréal (842-2112) - “Avant la retraite- de Thomas Bern-hard, m.en s, Alexandre Hausvater, du 28 oct.au 12 déc., mar.au ven.20h., sam.16h.30 et 21 h.CHAPELLE HISTORIQUE DU BON-PASTEUR: 100 est Sherbrooke, Montréal — Finale du concours OSM, le 30 nov.à compter de 9h.CHRIST CHURCH CATHEDRAL: angle Union et Ste-Catherine, Montréal— L'Orchestre de chambre McGill, dir.Boris Brott, présente Le Messie de Haendel, en version originale, avec les chanteurs de la Cathédrale, dir.Gerald Wheeler, solistes: Shari Saunders, soprano, Daniel Taylor, alto, Benjamin Butterfield, ténor, Eric Oland, basse, le 30 nov.à 20h.ESPACE GO: 5066 rue Clark, Montréal (271-5381)— La Rallonge présente «À propos des Williams- de Pierre-Yves Lemieux, m.en s.François Barbeau, du 24 nov.au 20 déc., mar.au sam.à 20h., dim.à 15h.ESPACE LIBRE: 1945 rue Fullum, Montréal (521-4191) — «Il n’y a plus rien- texte et m.en s.de Robert Gravel, du 17 nov.au 5 déc., mar.au sam.à 20h,30 ESPACE TANGENTE: Agora de la danse, 840 est Cherrier, Montréal (277-1110)— Anglophones/Francophones, un théâtre sous influence, table ronde avec Marianne Ackerman, Paula De Vasconcelos, Maryse Pelletier, Claude Poissant, Richard Simas et Shelley Tepperman, dans le cadre des 20 jours du théâtre à risque, le 30 nov.à 19h.30 ESPACE LA VEILLÉE: 1371 est Ontario, Montréal (526-6582)— Lucie Grégoire Danse: Vers le haut pays, du 26 nov.au 6 déc.à20h.et 21 h.LA LICORNE: 4559 Papineau, Montréal (523-2246) - Le Théâtre de la Manufacture présente «Cabaret Neiges Noires- de J.F.Caron, D.Champagne, J,F.Messier et P.Rafie, du 19 nov.au 12 déc.à 20h.30 MAISON DE LA CULTURE FRONTENAC: 2550 est Ontario.Montréal (872-7882)— Les lundis d'Edgar: L'Ensemble de musique de chambre Sonos avec Helmut Lipsky, violon, Leslie Snider, violoncelle, Michel Kozlovski, piano, le 30 nov.à 20h.MAISON THÉÂTRE: 255 est Ontario, Montréal (288-7211)— Le Théâtre de la Vieille 17 en collaboration avec le Centre National des Arts d,Ottawa présentent «La machine à beauté- adaptation et m.en s.de Robert Bellefeuille, du 25 nov.au 20 déc., les sam.et dim.à 15h.NOUVELLE COMPAGNIE THÉÂTRALE: 4353 est Ste-Catherine, Montréal (253-8974) - Salle Fred-Barry: Créations Méchants Boris présente «Spectres- texte de Jean Gau-dreau, m.en s.Alex Veilleux, du 19 nov.au 19 déc.— Salle Denise-Pelletier: «Nuits blanches- de Jean-Frédéric Messier, production de Momentum, du 3 au 5 déc SALLE WILFRID PELLETIER PDA.Montréal (842-2112)— L'Opéra de Montréal présente Roméo et Juliette de Charles Gounod, sous la dir.de Daniel Lipton, m.en s.Bernard Uzan, les 2 et 5 déc.à 20h.SALLE POLLACK: 555 ouest Sherbrooke, Montréal —Combo de jazz de McGill, dir.Kevin Dean, le 30 nov.à 20h.SALLE REDPATH: 3461 McTavish, Montréal— Atelier de musique médiévale et de la Renaissance, dir.Jean-Pierre Noiseux, avec Betsy MacMillan, vièle à archet, Liliane Fortier, vièle à roue, les membres du choeur Tremble de FACE, drame liturgique, Tractus Stellaeet Ordo Rachelis, le 30 nov.à 20h.THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI: 3900 St-Denis, Montréal (282-3900)— «La terre est trop courte, Violette Leduc- de Jovette Marches-sault, m.en s.Martin Faucher, du 13 nov.au 6 déc., mar.au sam à 20h., dim.à 15h.THÉÂTRE CENTAUR: 453 rue St-François-Xavier, Montréal (288-1229) - «The Glass Menagerie- de Tennessee Williams, du 29 oct.au 13 déc.— «12 Angry Jurors- adaptation théâtrale de Sherman L, Sergal, les 3-4 déc.THÉÂTRE MAISONNEUVE: PDA, Montréal (842-2112) — Pro-Musica présente le Quatuor Emerson, oeuvres de Mozart, Chostako-vitch et Sibelius, le 30 nov.à 20h.—Opéra rock La légende de Jimmy, du 17 nov.au 5 déc.THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE: 84 ouest Ste-Catherine, Montréal (861-0563)— «Le prince travesti- de Marivaux, m.en s.Claude Poissant, jusqu'au 12 déc.THÉÂTRE DE QUAT'SOUS: 100 est ave des Pins, Montréal (845-7277) - «Nez à nez-spectacle conçu et écrit par Benoit Brière et Stéphane Jacques, du 23 nov.au 19 déc., mar.au sam.à 20h., dim.à 15h.THÉÂTRE ST-DENIS: Montréal (790-1111)— Lanterna Magika, sur la flûte enchantée de Mozart, à compter du 17 nov.UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL: 200 Vincent d'Indy, Montréal— Salle B 484: Récital de clarinette, Christine Hogue, au piano Ghislaine Sauvé-Schürch, oeuvres de Arnold, Honegger, Lutoslavski et Schumann, le 30 nov.à 20h.LE GRAND THÉÂTRE DE QUÉBEC: Québec - Salle Octave-Crémazie: Le Théâtre du Trident présente «Florence- de Marcel Dubé, m.en s.Janine Sutto, du 10 nov.au 5 déc., mar.au sam.à 20h.THÉÂTRE PÉRISCOPE: 2 est rue Crémazie Québec (418-529-2183) - Le Théâtre Repère présente «Monsieur Bolduc- de Richard Fréchette, m.en s.Richard Fréchette assisté par Jacques Lessard, du 24 nov.au 12 déc., mar.au sam.à 20h.(FAMOUS PLAYERS 7e MOIS! H INDOCHINE PARISIEN •«.»» 4«0 SI»«Cjth»nn» O « Zèbre 2e MOIS! 12 45 2 45-5 00-7 05-9 10 Tout >«t tort 7 10-9 20 Tout Quatuor Morency fera une tournée en mars 1993 dans le cadre du programme Jouer dans file organisé par le Conseil des arts de la CUM.Il visitera 18 municipalités avec des oeuvres de Mendelssohn, de Hétu et de Dvorak., Soulignons que l’ensemble s’intéresse aussi aux enfants en :présentant des programmes de pédagogie musicale dans la série •''Sons et brioches" des Jeunesses musicales du Canada.Un programme qui explique les différentes techniques des instruments, les styles baroque, contemporain, classique et autres, ainsi que l’évolution du répertoire du quatuor à cordes.I Richard Hoenich Matinée OSM UNE MATINÉE de l’Orchestre symphonique de Montréal destinée aux jeunes écoliers a lieu ce matin à lOh sous le thème «La musique entre les lignes».Richard Hoenich, directeur artistique adjoint à l’OSM anime ces heures pédagogiques.Bouffe-causerie AVANT le concert de Pro Musica ce soir par le Quatuor Emerson, le musicologue Michel Duchesneau anime la bouffe-causerie à 18h30 au Café de la Place des arts.Il parlera des oeuvres au programme et de leurs compositeurs Mozart, Chostakovitch et Sibelieus.Lauréat Pavarotti ALEXANDER SAVTCHENKO, liasse, est l’un des 37 chanteurs choisis parmi les 1500 participants au Concours international Pavarotti à Philadelphie.D’origine ukrainienne, résidant à Montréal, Savtchenko est le seul représentant canadien à s'être distingue dans cette compétition prestigieuse sous l’égide d'un comité présidé par Luciano Pavarotti.Lejeune homme a attribué son succès à la formation rpçuo à l’Atelier de l'Opéra de Montréal dirigé par Bernard XJzan.Il sera d’ailleurs de la distribution de plusieurs compagnies lyriques la saison prochaine.Gilbert Patenaude Déjà Noël LA KYRIELLE des concerts de Noël commence dès cette semaine: le 3 décembre, l’Orchestre symphonique de la Montérégie présente, entre autres oeuvres, l'Oratorio de Noël de Jean-Sébastien Bach, des extraits du Messie de Haendel et des airs traditionnels selon des arrangements de Gilbert Patenaude.Artistes invités: Iæs Petits Chanteurs du Mont-Royal, le ténor Paul Trépanier et la harpiste Lucille Baby.Le chansonnier-poète Raymond Lévesque fera lecture d’un poème sur la paix.Renseignements: 646-3890.Iwan Edwards dirigera le Requiem de Berlioz interprété par l’Orchestre symphonique de McGill et le choeur le vendredi 4 décembre à l’église Saint-Jean-Baptiste.Ix1 ténor Michiel Schrey sera le soliste.Renseignements: 398-4547.L’ensemble Polymnie pésente l’opéra lyrique Am aid et les visiteurs de la nuit de Ménotti le dimanche 6 décembre à l’église Saint-Pierre-Apôtre de Longueuil.Les solistes seront Céline Dussault, Adrienne Savoie, François Panneton, Alain Major, Claude Létourneau et Yon Erkoreka.Renseignements: 651-8201.The play ofSaint-Nicliolas sera présenté par le New York Ensemble for Early Music à la chapelle historique du Bon-Pasteur le jeudi 3 décembre à 20h.Il s'agit d’un divertissement musical de trois pièces médiévales qui dépeignent un des miracles de Saint-Nicholas.Sylvain Cormier CE SOIR.UN PEU APRES 22h, dans un petit bar de la rue Saint-Denis, Corbach, groupe hybride formé d’anciens de Corbeau et/ou d’Of-fenbach (le parolier-chanteur-grande gueule Pierre Harel, le bassiste Michel Willie Lamothe, le batteur Roger Wézo Belval, le guitariste Donald Hince) et d’un claviériste d’appoint qui ne cherche pas à remplacer Gerry Boulet (Michel Bessette), jouera une seule et unique fois la légendaire Messe des morts qu’Offen-bach avait créé à l’Oratoire Saint-Joseph le 30 novembre 1972.Vingt ans plus tard, jour pour jour, presque heure pour heure.Intégralement.Même Yvon Hubert, le prêtre aux cheveux longs qui avait officié à l’époque, défroqué depuis, reprendra du service pour l’occasion.Aura-t-il perdu son latin en cours de route?Attablé aux Beaux-Esprits vendredi alors que Corbach en était au troisième soir de sa semaine sainte, proposant son habituelle rétrospec- tive des grands moments d’Offenba-ch et de Corbeau (seul le show final d’aujourd’hui sera consacré à la Messe), je me disais qu'il n’y avait que dans l'esprit complexe et torturé de Harel qu’une idée aussi tordue avait pu germer.Pensez donc: refaire la Messe des morts sur une scène lilliputienne dans un bar grand comme ma main, bas de plafond.Ce soir, en s'empilant les uns sur les autres, on sera 200 disciples du culte, au maximum.Pour un événement, somme toute, historique, c’est bien peu.Bon nombre de fidèles seront refusés à la porte.Dites-donc, les gars, l’Oratoire n’était pas disponible?Avoir voulu l’Oratoire, Harel, avec la tête de mule qu’on lui connait, l’aurait obtenu.S'il a choisi les Beaux-Esprits, c’est à dessein.Pour toutes sortes de raisons.Par esprit de contradiction, pour désacraliser l’affaire, ou peut-être surtout pour signifier que la seule chapelle de Corbach, en 1992, c’est le club.Déjà, vendredi, il était content de son coup, et la comparaison entre l’Oratoire et les Beaux-Esprits lui fournissait une intarissable source de commentaires.La salle doit rentrer une vingtaine de fois dans l’Oratoire, évaluait-il.Et Harel d’expliquer que nous serons tous plus près de la scène aux Beaux-Esprits 3ue nous l’aurions été de l’autel ans les premiers bancs à l’Oratoire, et que si le club était aussi profond que l'Oratoire, il empiéterait sur la rue Bern.Et lorsqu’un fan lui refilera un exemplaire original de Saint-Chro-ne de Néant, 1 introuvable album-témoin de la Messe à l’Oratoire, Harel le décrira longuement, nommant un à un les musiciens sur la photo de la pochette intérieure: Là, c’est Willy.Là, c’est Wézo.Là, c’est moi, avec la grosse barbe.Là, c'est Johnny (Gravel, qui se joindra peut-être à Corbach ce soir: convié, il n’a toujours pas confirmé sa présence).Là, c’est Gerry.Le disque coûtait six piasses.Lui, il l’a payé 80 $, soulignera Willie à deux reprises, comme s’il mesurait l’écart entre ses royautés de l'époque et la valeur actuelle de l’album sur le marché des collectionneurs.Présentant Dies Irae, un extrait majeur de la Messe, comme Gla chanson où l'Homme osait lever le poing au ciel et critiquer son Créateur, Harel a lancé le premier des trois sets de la soirée: Dans les clubs, on ne fait pas deux parties avec un entracte, on fait trois sets.Et la musique s’est élevée, familière, bétonnée, suant le Deep Purpje à pleine pores.Deux évidences m’ont frappé simultanément: les gaillards ont encore le feu sacré, et la section rythmique Willie-Wézo est indestructible.Dans le regard de Harel, le hargne et le plaisir se heurtaient et faisaient des flammèches.Quand il a chanté L’Agriculture avec sa voix de Yéti, il me résumait deux décennies de rock’n’blues québécois.Pendant Câline de blues, un client de la table d'en face a murmuré à son copain qui regrettait l’interprétation de Gerry: Ecoute, c’est Harel qui a écrit les paroles, s’il y en a un cmi a le droit de la chanter, c'est lui.Et s’il’y a un groupe qui a le droit de célébrer la Messe des Morts, fut-ce dans un garde-robe, c’est bien Corbach.DANSE / chronique Huit chorégraphes juxtaposés Most modem IX Écran paranoïaque, chorégraphie de Gilles Simard.Soliloque à trois voies, quatre chorégraphies de François Côté et Sabrina Langlois, Isabelle Poirier, Lucie Charbonneau, Parise Mongrain.Ce que j'ai presque oublié, chorégraphie de Tassy Teekman.Petite danse extrêmement salissante, chorégraphie de Ginette Laurin.Interprétation des différentes oeuvres par Christine Charles, Lucie Charbonneau, François Côté, Sabrina Langlois, Parise Mongrain Poirier et Marie-Claude Po Isabelle I Poulin.Spectacle présenté par la compagnie Danse-Cité à l’Agora de la Danse jusqu'au 6 décembre 1992.Valérie Lehmann LA FORMULE d’un Most Modern, tel que conçu par Danse Cité, offre l’opportunité de visiter plusieurs chorégraphes en un rapide tour d’horloge.Si l’une ou l’autre des danses n’apporte rien par elle-même, elle permet cependant, par comparaison, de situer le travail d’un créateur parmi ses pairs.Ainsi, quoi qu’il se passe dans un Most Modern, le spectateur y trouve de quoi étancher sa soif du geste nouveau (à condition que son ardeur reste mesurée).Il s'amuse au jeu, quitte à s’inquiéter par la suite.Dans le volet IX des Most Modem, sont présentées trois créations portant la signature de trois chorégraphes connus au Québec et quatre petits travaux qui constituent les premiers essais de cinq jeunes chorégraphes-interprètes montréalais.En 100 minutes, le spectateur promène son regard sur sept propositions à pertinence variable.Par le plus pur des hasard, pour de traditionnelles raisons techniques, les deux oeuvres les plus intéressantes sont situées en début et en fin de programme.Gilles Simard ouvre la soirée avec un intéressant Écran paranoïaque et Ginette Laurin ferme le bal avec une exquise Petite danse extrêment salissante.Entre les deux, le coeur balance, ni la chorégraphie de Tassy Teekman, ni les premiers pas de la relève se montrent inventifs et accrocheurs, malgré la qualité des interprétations.Écran paranoïaque a la puissance d’une vraie composition chorégraphique de groupe.La gestuelle simple et légère qu’emploie Gilles Simard s’accorde parfaitement avec le décor original et la bande sonore raffinée, qui, tous deux bien assortis, savent valoriser la mise en scène assez conventionnelle.Seul, l’aspect précisément théâtral laisse à désirer.Les danseurs de grande qualité ne sont pas forcément de bons comédiens et le texte de Martin Faucher, traitant de la nostalgie de l’enfance sur un ton comique, assez ambigu dans le fond et la forme, se prête vraiment mal à l’amateurisme.Dans le genre, le prologue d’Ecran paranoïaque constitue une catastrophe visuelle et auditive.Petite Danse extrêmement saliss-sante possède la force de l’imagination au pouvoir.Ce court duo die femmes créé par Ginette Laurin, pas athlétique pour deux sous, se déguste en souriant.Deux chaises, deux bandes de terreau véritable, deux bassines d’eau, (il fallait y penser), et le tour est joué.Les danseuses en robe blanche se roulent dans le sable, s’aspergent, se roulent à nouveau, et.se salissent, sur un air de saxo et de trompette jazzy, dans l’allégresse et l’impunité la plus élémentaire.Outre le propos, la danse aussi invente.Usant tantôt de petits gestes d’agacement, de sauts et de roulés impromptus, elle compose une gamme infinie d’états PHOTO YVES DUBÉ Dans Écran paranoïaque Gilles Simard emploie une gestuelle simple et légère émotionnels, dans lesquels chaque spectateur se retrouve.Du pur délice, parce que la pièce est courte, évidemment.Du Soliloque à trois voies, chorégraphié par plusieurs créateurs de la relève, seule émerge la prestation de François Coté.C’est à la fois le chorégraphe et l’interprète qui rendent Deux oeufs sans rayon appréciable, par une recherche articulée et une interprétation précise et assurée.Les autres danses des jeunes auteurs du Soliloque renvoient à tant de créations déjà présentées, tant de concepts explorés, touchant à l’angoisse, l’attente ou l’intériorité, et paraissent si banales à Montréal aujourd’hui, qu’elles ne peuvent séduire.Surtout quand on pense à l’audace gestuelle et narrative de Ginette Laurin.S’il s’agit bien de la nouvelle nouvelle danse, dont on parle, que l’on regarde, en tous cas, à travers Isabelle Poirier, Lucie ; Charbonneau et Parise Mongrain,.elle semble vieille, à peine née.Ce que j’ai presque oublié de Tassy Teekman produit un effet semblable.Même si la mise en espace se révèle plus maitrisée que dans les petites oeuvres du Soliloque, le propos et la gestuelle offrent peu d’originalité.La fragilité de la vie dont fl est question dans Ce que j’ai presque oublié s’exprime mieux et plus clairement par les * chants des Bulgares ou des moines du Tibet que l’on entend pendant le spectacle que par la danse énigmatique que l’on a sous les yeux, ra-tionnalisée, pesante et répétitive.Dans Most Modem IX, Gilles Simard et Ginette Laurin, aux cotés desjeunes créateurs, font figure d’effrontés.C’est cela qui amuse, sur le coup.C’est cela qui inquiète, ensuite.C’est cela qui vaut la peine d’être vu.Passion pour un prestigieux quatuor sans compromis Le Quatuor Arditti Irvine Arditti et David Alberman (violon), Garth Knox (alto), Rohan de Saram (violoncelle): Nunes, Chessen lit ( 1992): Reynolds, M's/ons( 1991); Harvey, Quatuor no.2 (1988-89); Rea, Objets perdus (1991); Nancarrow, Quatuor no.3 (1988).En bis: Janacek, Final du Quatuorno.ï, «Sonate à Kreutzer».Vendredi, 27 novembre, salle Claude-Champagne.Victor Bouchard et Renée Morisset, 40 ans de piano en duo Clementi, Sonate en «mi bémol majeur» op.3; Schubert, Variations op.35 (D.813); Dvorak, Danses slaves no.1,2,6.8 op.46; Debussy, Epigraphes antiques; Hindemith, Sonate (1938); Schmitt.Reflets d'Allemagne op.28 no.5 à 8 (Vienne, Dresde.Nuremberg et Munich).En bis: Brahms, Danse hongroise no.19.Samedi 28 novembre, Chapelle Historique du Bon-Pasteur.Carol Bergeron FONDÉ EN 1974 par quatre musiciens formés à la Royal Academy of Music de Londres, le Quatuor Arditti est maintenant reconnu comme l’une des formations les plus prestigieuses au monde dans le domaine de la musique contemporaine; réputation amplement méritée par le nombre impressionnant de créations qu’il n'a cessé d’accumuler.À cause de lui, les Georges Aperghis, Luciano Berio, Sylvano Bussotti, John Cage, Elliott Carter, Peter Maxwell Davies, Brian Ferney-hough, Philip Glass, Maurcio Kagel, Luis de Pablo, Wolfgang Rilim, Iannis Xenakis et d’autres encore ont enrichi de manière appréciable le répertoire du quatuor à cordes.On ne s’étonnera donc point que le concert de vendredi dernier ait été consacré à des oeuvres écrites expressément pour lui dont l’une par le compositeur montréalais John Rea.En 18 années de carrière, le grou- pe n’a cependant pas toujours été le même.Seuls Irvine Arditti — qui lui a donné son nom — et Rohan de Saram occupent encore respectivement les chaises du premier violon et du violoncelle.— Agé de 53 ans, Saram est l’aîné puisque les trois autres n’ont pas encore quitté la trentaine.— Le poste de second violon a été successivement comblé par Alexander Mackenzie (1974-83), Alexander Balenescu (1983-85) et David Alberman; quant au pupitre d’alto, il a connu deux titulaires, Garth Knox ayant succédé, en 1990, à Levine Andrade.L’homogénéité de l’Arditti ne tient donc pas tant à la constance de son personnel, qu’a cette passion unanimement partagée pour un quatuor incarné sans compromis dans la modernité.L’acquis technique des instrumentistes est indubitablement là et n’a pas à faire la preuve de sa présence par le biais du répertoire ancien qui d’ordinaire se porte garant d’une incursion dans l’autre répertoire qu’avec une certaine appréhension, le mélomane nomme «contemporain».Reconnu pour l’ardeur, le sérieux et le talent qu’il met au service d’une cause qui nous concerne tous puisqu’elle reflète le monde dans lequel nous vivons, le Quatuor Arditti a attiré un public relativement nombreux qui a garni de façon appréciable — réjouissante, devrait-on dire — le parterre de la salle Claude-Champagne.Quelques dizaines de curieux n’avaient pas hésité à s’y rendre une heure plus tôt pour entendre parler Rogers Reynolds et John Rea de leurs oeuvres.Bien exécuté — qui en douterait?—le programme était aussi fort bien construit en sa façon d’agencer des oeuvres éminemment contrastées: celle de l’Espagnol Emmanuel Nunes pulvérisant la matière sonore du quatuor que l’Américain Roger Reynolds s'appliquait reconstituer dans une trame très serrée que l’Anglais Jonathan Harvey reprenait pour en exciter les couleurs.Apparaissant extérieurement comme une série de Variations, les 12 Objets perdus de John Rea font la preuve d’une maîtrise admirable de l’écriture propre au quatuor à cordes.Il reste d’une première audition le sentiment d’avoir entendu une suite de courtes pièces captivantes par leur diversité autant que par le fini de chacune d’elles.Plus abstrait le Troisième quatuor de l’Américain Conlon Nancarrow ne cherche visiblement pas à se livrer dès la première audition.Quarante années d’une carrière respectable bien que, tout compte fait, plutôt discrète, cela se fête en compagnie d’amis et d’admirateurs; aussi ne peut-on que féliciter la Chapelle historique du Bon-Pasteur d’avoir eu la courtoisie d’inviter les pianistes duettistes Victor Bouchard et Renée Morisset.Nés dans la région de la Vieille Capitale, les deux musiciens ont donnés leur premier récital commun dans la salle de l’Institut canadien de Québec en octobre 1952.Accueilli avec enthousiasme ce récital déclencha plusieurs tournées Jeunesses Musicales non seulement au Québec, mais Canada, en France, en Bel- S'que, en Italie et en Hollande, aux tats-Unis et même en Russie.Seule la double-carrière de haut fonctionnaire (au service du Ministère des Affaires Culturelles) de Victor Bouchard mit-elle une sourdine à l’activité professionnelle d’un duo qui aujourd’hui refait surface pour constater qu’il n’a pas perdu l’estime des mélomanes.Moins spectaculaire que celui pour deux pianos, le répertoire pour piano auatre mains recèle néanmoins aes pages admirables comme les Variations D.813 de Schubert, les Six épigraphes antiques de Debussy ou la Sonate de Hindemith.Les interprètes avaient donc retenu des oeuvres dans lesquelles la musicalité, l’élégance et la précision dé leur jeu pouvaient aisément s’exprimer.Et pour ajouter encore ap plaisir de les entendre, ajoutons encore que les Bouchard et Morissiejt surent tirer profit du fameux Fazioji de la Chapelle avec un bonheur qup lui auraient envié tant de pianistefs qui savent pas l’apprivoiser.Dom(-mage seulement quune telle soirée demeure sans le prolongement quf lui assurerait la gravure d’uh disque.NOS CHOIX TELE Taquinons la planète Mitsou est invitée.(Radio-Canada, 19 h 30) Points de vue Des finissants en cinéma d’universités montréalaises ont été invités à réaliser chacun un documentaire sur le sida et l’itinérance, à la suite d’un concours.On présente ce soir le résultat.(Radio-Québec, 20 h ) De Gaulle and France I Je sais bien qu’en anglais çp semble curieux, mais c’est la réaf lité: le réseau éducatif américain consacre trois heures à la carrière du Général de Gaulle.(PBS 33, 20 h) Ad Lib Parmi les invités, Véroniquè Sanson, et l’auteur du très cèj-lèbre Jamais sans ma fille, Betty Mahmoody.(TVA, 22 h) D „ ! Paul Cauchoip CLICHE RÉPÉTÉ À ECLAIRAGE DIFFERENT, EN RAISON DU TEXTE MAL IMPRIMÉ 14 ¦ Le Devoir, lundi 30 novembre 1992 DUORIAL Tirer pour nourrir HOOT to Feed.«Tirer pour nourrir.» Ce slogan récemment inventé aux Etats-Unis pourrait bientôt recouvrir une nouvelle réalité: l’assistance alimentaire à la pointe du fusil, avec la bénédiction des Nations unies.L’exaspération, exprimée la semaine dernière avec fracas, du secrétaire général Boutros Boutros-Ghali devant l’impuissance de l’aide étrangère en Somalie (400 représentants d’ONG tenus à l’impossible), doublée de l’annonce par les États-Unis de l’envoi éventuel de 30 000 soldats dans ce pays, redonnent espoir aux impuissants que nous sommes chaque jour davantage face au drame so-malien.Jusqu’à maintenant, «l’action humanitaire musclée» restait une figure de rhétorique, un concept assez flou limité essentiellement à la protection des convois en ex-Yougoslavie et à l’envoi d’une force parfaitement symbolique dans la Somalie dévastée (à ce jour: 500 soldats pakistanais qui comptent les mouches à l’aéroport de Mogadiscio, en attendant les 750 Canadiens qui doivent partir dans les prochains jours).Si les souhaits du secrétaire général de l’ONU et les promesses des Etats-Unis se traduisaient dans les faits, on pourrait asssister à un véritable précédent susceptible de bouleverser la problématique de l’intervention humanitaire, et jusqu’aux notions de souveraineté et le «droit d'ingérence».Depuis le 28 août dernier, date de la décision de l’ONU d’envoyer 3500 soldats dans ce pays aujourd’hui dissous en une myriade de clans et de sous-clans, le principe était déjà écrit sur papier.Mais sa traduction en actes restait du domaine des voeux pieux et de la théorie.Jusqu’à ce que les États-Unis, dans une initiative louable mais controversée, annoncent qu’ils songent sérieusement à une intervention massive sur le terrain.L’initiative américaine montre que la première puissance militaire du monde peut aussi se mobiliser pour autre chose qu’un petit émir assis sur une montagne de pétrole.Il est vrai que George Bush, président pour encore quelques semaines, n’a plus aucun vote à aller grappiller et qu’il échappe désormais totalement à la logique politicienne.Une petite initiative purement humanitaire et sans arrière- pensée se prend donc bien en fin de régime.L’occasion est belle, pour celui qui aura largement incarné une certaine arrogance américaine, de laisser derrière soi une ultime «B.A.» en guise de souvenir à la postérité.Si le scénario d’une intervention en Somalie se réalise, il sera désormais admis que ce ne sont pas seulement les invasions d’un pays par un autre, ou les guerres interethniques virant en guerres internationales, qui peuvent justifier 3u’on envoie des troupes dotées du manat de tirer pour accomplir leur mission.Intervenir en Somalie, une bonne idée qui ne doit pas concerner que les USA Même si l’action humanitaire en Somalie part de principes et de mobiles politiques plus purs, moins sujets à caution qu’une Desert Storm koweïtienne, on s’arrache néanmoins — politics as usual — les mérites et le leadership éventuels d’une telle opération.Qui la dirigera?Les États-Unis, comme en 1990-91 dans les sables d’Arabie?Une nouvelle force sous commandement proprement onusien qui, pour la première fois, donnerait corps à cette «police internationale permanente» que certains appellent de leurs voeux?La seconde possibilité est bien entendu la plus souhaitable.L’occasion est belle pour les tenants d’un «Nouvel Ordre» pas trop yankee, de «relancer» aujourd’hui l’audacieuse mise américaine de quelques milliers de soldats de plusvpour ne pas laisser tout le terrain aux États-Unis.Une force multinationale où les USA n’auraient pas plus de 30 ou 40% des effectifs serait infiniment préférable à un déploiement monocolore de type koweitien, avec des figurants français, britanniques ou argentins en arrière-plan sous les palmiers.Si les puissances moyennes ne relèvent pas le défi aujourd’hui posé par Washington, de quoi auront l’air les 3500 soldats de l’ONU (dont seulement 500, répétons-le, sont aujourd’hui «en poste») à côté des 30 000 hommes en armes arrivés des États-Unis avec leurs grands sabots?Le mobile d’une telle proposition n’est pas un anti-américanisme puéril: un déploiement véritablement multinational, effectif et efficace, pour sauver des vies, nourrir les enfants qui crèvent et rétablir un semblant d’ordre en Somalie, peut être un utile précédent, la voie du rétablissement de la crédibilité des Nations unies, et le banc d’essai d’un «nouvel ordre» digne de ce nom.Plus que la crise bosniaque qui s’enlise et consacre chaque jour l’impuissance des instances internationales, la tragédie somalienne est en effet le lieu possible d’un précédent diplomatique et d’un succès politique des nouvelles instances internationales qui émergent dans l’après-Guerre froide.En effet, la Somalie met en scène des acteurs bien moins puissants, et donc davantage sujets à une opération armée réussie, que les forces sauvages et bien implantées qui tiennent l’ex-Yougoslavie et qui, pour diverses raisons pas toujours objectives, s’avèrent aujourd’hui indélogeables.Autrement dit, il est plus facile de ramener à la raison — à la pointe du fusil si nécessaire — les chefs de clan qui mettent la Somalie en coupe réglée et pillent (selon les derniers chiffres) 80% de l’aide alimentaire, que Slobodan Milosevic et ses agents bosniaques.C’est peut-être triste, mais c’est ainsi.Ramener un semblant d’ordre en Somalie, faire cesser la famine et mettre au pas les seigneurs de la guerre, ce n’est certes pas remettre sur pied un État détruit, ni rétablir la dignité économique d’une population réduite à biberonner la charité internationale.C’est peut-être bien se préparer à la longue tutelle internationale d’un pays blessé à mort.Mais c’est une entreprise faisable, un exemple qui pourrait faire des petits, et un éventuel avertissement aux tortionnaires du monde entier qui sont convaincus que le «Nouvel Ordre» n’est qu’une bonne blague, un tapis avec lequel ils-peuvent s’essuyer à loisir et couvrir indéfiniment leurs exactions.FRANÇOIS BROÜSSEAÜ LETTRES Aü DEVOIR Une déclaration irresponsable LA PRÉSENTE fait suite à l’article «Les fabricants de médicaments génériques trouvent la pilule dure à avaler» paru le 24 novembre dernier dans votre journal.On rapporte que M.Jack Kay, le président de l’Association canadienne des fabricants de produits pharmaceutiques, a déclaré: «Cette nouvelle réglementation se traduira par une détérioration de l’accessibilité des médicaments aux Canadiens (.)».Une telle déclaration est irresponsable et inquiète indûment les consommateurs au sujet de l’impact du projet de loi C-91 mofidiant la Loi sur les brevets.Je tiens à rassurer les Canadiens qu’ils continueront à payer un prix raisonnable pour les médicaments brevetés.(.)L’élimination du régime de licences obligatoires n’entraînera pas la disparition de l’industrie des produits pharmaceutiques génériques au Canada.Le gouvernement vise seulement à aligner davantage sa loi sur les brevets sur celles des autres pays industrialisés.Il est à moter que les deux industries, générique et novatrice, sont toujours présentes dans ces pays.• Pierre Blais Montréal, 24 novembre 1992 Une Église déconnectée LES DEUX PLUS récentes interventions publiques de l’Église catholique romaine démontrent son conservatisme archaïque à l’approche du second millénaire.Devant la décision de l’Église anglicane d’ordonner désormais des femmes à la prêtrise, l’Église catholique de Jean-Paul II a réagi par une condamnation sans retour.Selon Rome, cette décision constitue «un grave obstacle à la réconciliation entre ces deux églises chrétiennes».À l’appui de sa position, Rome n’invoque aucun écrit mais plutôt la tradition selon laquelle le Christ et ses apôtres étaient tous masculins.C’est oublier un peu facilement les principes fondamentaux de justice, d’équité et d’égalité.En cette fin de vingtième siècle où l’égalité des sexes est de plus en plus un fait accompli dans le monde moderne, la position de l’Église catholique risque de lui valoir d’adhésion des Anglicans les plus réactionnaires, l’éloignant encore un peu plus de la vie moderne.Par ailleurs, après six ans de travail d’une commission de rédaction dirigée par le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, l’Église catholique publie pour la première fois en quatre siècles son catéchisme officiel.Parmi les mesures contenues dans ses 575 pages, l’avortement demeure passible d’excommunication, tandis que le divorce et l’union libre sont condamnés comme des offenses graves, des péchés mortels.Par ailleurs, les actes d’homosexualité sont jugés «intrinsèquement désordonnés et contraires à la loi naturelle car ils ferment l’acte au don de la vie».Le pape Jean-Paul II apparaît encore une fois comme le père fouettard rigide et intransigeant, déconnecté de la majorité de ses ouailles et de la vie réelle.Pas étonnant qu’une grande partie des baptisés vivent complètement en marge de la doctrine catholique officielle.À Londres pendant ce temps, on fait preuve de vision, de souplesse et d’ouverture.Marc-André Labrecque Ancienne-Lorette, novembre 1992 Mulroney et la violence MONSIEUR le premier ministre, vous avez eu, au cours de la semaine, l’amabilité de recevoir à Ottawa la jeune Virginie Larivière, dont le courage et la détermination constituent un exemple de dynamisme pour toute notre jeunesse sur laquelle on fonde tant d’espoir.Nous devons vous faire part de notre profonde déception sur votre attitude si peu engageante et, de fait, «politique», devant une demande aussi importante et précise.Vous avez maintenant en main la volonté de 1 283 453 contribuables, Québécois pour la plupart, qui ne veulent rien de moins qu’une loi pour interdire toute violence à la télévision, puisque celle-ci est devenue la principale cause de cette dégradation progressive de notre peuple.Celui-ci veut qu’on le respecte dans chacune de ses personnes.On dit que c’est le peuple qui se donne ses lois: Eh bien, agissez maintenant! La liberté d’expression a ses limites que le législateur ne peut se permettre de les laisser franchir sans compromettre sérieusement la sécurité et le respect de la personne dans ce qu’elle a de plus précieux.Vous avez l’obligation, comme chef d’État, d’acquiescer aux demandes pertinentes du peuple lorsqu’il veut son bien-être collectif et LE DEVOIR Fondé par Henri Bourassa le 10 janvier 1910 Directrice: USE BISSOHHETTE Rédacteur en chef Bernard Descôteaux Directeur délégué A l'information André Leclerc Rédacteur en chef adjoint Jean Francoeur Directeur de l'information Benoit Aubin Directeurs adjoints de l'information Pierre Cayouette, Roch Côté Guy Deshaies Directeur des publications spéciales Pierre Beaulieu FAIS CE QUE DOIS individuel.Vous devez retrouver le sens des valeurs, si rare de nos jours, plutôt que de vous asservir aux intérêts financiers de promoteurs de la violence à la télévision.Pauline et Gilles Côté Beaumont, 21 novembre 1992 Le PQ se prostitue EST-CE QUE je rêve?Suis-je toujours dans la réalité?«Un groupe de travail du PQ propose le bilinguisme dans l’affichage» nous dit la une du DEVOIR! Que ne ferait-on pas pour accéder au pouvoir?Le pouvoir à tout prix! La souveraineté du Québec serait devenue une fin en elle même et non un moyen.On est même prêt à prostituer les valeurs fondamentales et le projet de société qui en a été l’embryon pour y accéder.Cette soi-disant souveraineté nous amènerait donc à un Canada officiellement unilingue anglais (comment justifier un Canada bilingue sans un Québec français?) d’un côté, et à un Québec bilingue de l’autre.Tout un cheminement, n’est-ce pas! Tout un progrès! Victoire cadeau de Preston Manning sur nous! «Mais ce n’est qu’un projet, c’est loin d’être fait», dites-vous?Mais alors on va reprendre le débat?Reprendre le débat linguistique! Le médium est le message, le mal est déjà fait.Ça démontre n’est-ce pas la valeur, la force la conviction et l’enracinement de notre projet de société, de notre idéal.À mon avis, ça démontre la mélasse que nous sommes.De toute façon, quand un chef péquiste affirme aux anglophones que mérite un bon coup de pied au cul tout Québécois qui ne parle pas anglais (devant eux, chez lui), on pouvait s’y attendre.Vaut mieux demeurer avec le système fédéral et reprendre bien solennellement le truc du cocu mouton à la prochaine St-Jean / St-John’s.Ci-join, ma carte de membre du PQ dûment déchirée à l’image de votre idéal.André Richard Rouyn-Noranda, 24 novembre 1992 Fatuité ALBERT Brie, bien installé dans sa tour d’ivoire, s’est permis de nous dire que «les affaires se fondent sur la duperie et l’exploitation, la ruse et la contrainte, mais civilisées, travesties en liberté».Si ce monsieur condescendait à fréquenter quelques hommes d’affaires, il s’apercevrait qu’il n’y a pas plus de salauds parmi nous que parmi les écrivains, les philosophes et les artistes.Mais monsieur Brie est trop prétentieux pour ce faire, et trop mal élevé pour s’excuser.Chamfort disait: «Qu’est-ce que c’est qu’un fat sans sa fatuité?ôtez les ailes à un papillon, c’est une chenille».Charles E.Sénécal président Alpha-plastiques Itée Montréal, 10 novembre 1992 LE SILENCIEUX (In conseil ?- Merci ! TOUT CONSEIL donné de haut est une menace voilée.?Le seul conseil judicieux, choisissez-le dans votre propre expérience.?Si vous dites à votre fils: «Conduis-toi comme un homme», et qu’il le fait, je le plains.?Qui nous dit que la Terre n’est pas l’Enfer d’une planète habitée, dans une galaxie inaccessible et qui ne veut rien savoir de nous?«Homme de peu de foi, jamais tu ne t’es si peu méfié de ta crédulité.» ?Il ne faut pas être de son temps, mais de son milieu.?Comment s’y prendre pour entrer en soi-même quand on est Douché?Comment en sortir quand on est mis en boîte?La médiocrité est ce qui fait l’honorabilité de ceux que nous appelons, avec commisération, «du bon monde».?On n’imagine pas la quantité d’impuretés qu’arrivent à produire les sciences pures.?Un monde libre est l’ennemi no 1 du monde capitaliste.?La loi du moindre effort n’est pas une loi; elle en est l’abrogation.Dans les grandes institutions : politique, militaire ou religieuse, le fait de monter en grade en élève quelques-uns et gonfle la plupart.Il ne faut pas considérer les hommes tels qu’ils sont, mais tels qu’ils peuvent être.?Certains personnages sont intouchables parce qu’ils ne sont rien.La grande industrie de l’information a intérêt à boursoufler l’actuel et à faire vivoter les esprits au jour le jour.?Dieu est l’Être suprême dont nous médisons le plus.Nous lui prêtons toutes nos petitesses vertueuses.?La passion d’un amant est plus alimentée par un rival que par la résistance de l’être aimé.?La croissance folle des spécialités porte atteinte à l’ouverture d’esprit de ceux qui s’y enferment.L’abnégation provient souvent d’une sous-estimation de soi.?Se laisser influencer, en bien ou en mal, c’est se placer sous dépendance.?On a fait de Judas un ignoble délateur du Christ, et de Pierre qui L’a lâchement renié un saint de première grandeur.Albert Brie Jeffrey Simpson Petits poissons hors de l’aquarium L A DIVERSITE est un trait qui, depuis une génération, colle au panorama de Toronto, ville nord-américaine où l’on note un fort mélange d’ethnies.On peut se balader dans le centre-ouest de la ville et n’apercevoir que très peu de visages «caucasiens».Des quartiers entiers de la ville sont aujourd'hui peuplés majoritairement de ens originaires des îles des Antilles, du 1endjab, de Hong Kong, d’Amérique centrale ou du Viêt-nam.Ces vagues récentes d’immigration s’ajoutent à celles des Européens : Portugais, Grecs, Polonais, Ukrainiens et Italiens.On estime à 500 000 le nombre de citoyens d’origine italienne dans la région métropolitaine de Toronto.Beaucoup sont arrivés après la dernière Guerre mondiale et ils sont encore en position de commande dans l’industrie de la construction.On trouve maintenant des Italo-Canadiens de deuxième et troisième générations dans tous les champs d’activité, y compris la politique.Au niveau fédéral, les Italo-Canadiens furent des supporters tenaces du Parti libéral du Canada.Ils vouaient un culte à Pierre Trudeau, ancien premier ministre et appréciaient sa fermeté de caractère, son engagement visant à doter le pays d’un gouvernement fort et la réputation qu’il s’était faite sur la scène internationale.Par un retour d’ascenseur, les libéraux fédéraux se sont toujours évertués à prendre en considération les enjeux chers aux Italo-Canadiens.Le PLC avait une politique d’immigration sans entrave et introduisit dans le vocabulaire canadien multiculturalisme, prenant soin de désigner des candidats d’ascendance italienne.Toronto a maintenant cinq députés libéraux d’origine italienne : Joe Volpe, John Nunziata, Sergio Marchi, Charles Caccia et Maurizio Bevilacqua.N’eût été d’une décision controversée du chef du parti Jean Chrétien, il y en aurait eu six.Le comté de York-Centre est pour les libéraux ontariens l’un des mieux assurés, en raison notamment de sa forte population italo-canadienne.Lorsque le député sortant, Robert Kaplan, fit part de sa décision de ne plus être candidat, plusieurs, dans la communauté italo-canadienne, se dirent que le futur candidat libéral serait un des leurs.Peter Li Preti, homme politique qui oeuvre sur la scène municipale, a fait signer des centaines de cartes de membres du PLC, croyant de ce fait être le candidat qui l’emporterait.Soudainement, M.Chrétien utilisa des pouvoirs que lui avait conférés le dernier congrès libéral pour déclarer que le candidat libéral dans York-Centre ne serait pas Li Petri, mais plutôt l’ancien maire de Toronto, Art Eggleton.Plusieurs députés libéraux de Toronto furent en désaccord et ils l’affirmèrent en public.Les médias de langue italienne, à Toronto, accordèrent une place importante à la controverse.Des libéraux se mirent à s’inquiéter de la tournure des événements.Serait-ce là un fait qui nuirait à la réputation du parti dans cette communauté qui avait manifesté une telle loyauté envers les libéraux?Le pouvoir qu’a utilisé Jean Chrétien lui a été donné parce que les libéraux se méfiaient des querelles ethniques et des candidats dont la campagne ne toucherait qu’un seul sujet.Lors de la course à la direction du Parti libéral, en 1984 et en 1989, les meetings pour le choix des délégués furent souvent l’occasion pour des «libéraux de fraîche date» d’appuyer comme candidats ceux qui leur avaient fait signer une carte.La communauté de provenance pouvait être sikh, croate, italienne, grecque ou autre.Plusieurs n’achetaient leur carte de membre que la veille d’une assemblée de mise en candidature, ou 3uelqu’un d’autre leur offrait une carte u PLC qu’ils n’avaient pas achetée.La colère gagna les organisateurs du parti face à ces libéraux de fraîche date ou «instantanés».Les députés du caucus libéral à Ottawa manifestaient de l’inquiétude face à la possibilité que quelqu’un travaille, dans leur propre comté, à contester leur désignation comme candidats du PLC.C’est ainsi qu’on donna au leader du parti le pouvoir de désigner des candidats.Pouvoir destiné, entre autres, à protéger les députés sortants de contestations dans leur fief et à permettre au parti de trouver un siège de tout repos pour un candidat «étoile».L’avis donné à Chrétien par ses organisateurs torontois est qu’il n’y avait pas d’autres sièges disponibles pour Eggleton.Chrétien s’est imaginé qu’Art Eggleton, en sa qualité d’ex-maire de Toronto, était un candidat-étoile.Chrétien permit donc qu’Eggleton soit parachuté dans York-Centre, estimant que ce seul nom serait un atout précieux pour les libéraux dans Toronto métropolitain.Toutefois, York-Centre n’est pas Toronto et Eggleton n’y fait pas figure de gros poisson.La candidature d’Eggleton dans York-Centre aurait autant d’attrait, par exemple, que celle d’un Jean Doré dans la ville de Laval.Les citoyens connaîtraient bien sûr le nom de Doré, mais ils ne voteraient pas pour lui.À Toronto, Eggleton fut un maire compétent, sans plus.C’est un homme agréable mais pas nécessairement d’envergure.Dans les années soixante-dix, Eggleton était conseiller municipal à Toronto et se présenta comme candidat vedette des libéraux.et se fit battre.Bref, Eggleton a une certaine renommée, mais il n’est pas ce qu’on peut appeler une «étoile».Il est à noter que des candidats de prestige sur la scène municipale toron-toise ont souvent échoué dans leur rêve de devenir d’efficaces politiciens fédéraux.David Crombie a joui d’une immense popularité comme maire de Toronto dans la décennie soixante-dix.Son élection sous étiquette conservatrice, au fédéral, se fit aisément, mais Crombie a semblé égaré durant plusieurs années sur la scène fédérale.En 1984, il fut candidat défait à la direction des conservateurs; il fut facilement battu par Brian Mulroney et depuis on ne le considère pas comme une figure importante de ce parti.Qu’on se rappelle également que dans les années soixante, les libéraux avaient recruté un influent politicien torontois du nom de Phil Givens.Givens se fit élire, mais il n’a pas vraiment brillé à Ottawa.Les politiciens municipaux peuvent être de gros poissons dans un gros aquarium à l’hôtel de ville.L’expérience montre qu’à Ottawa, soudainement, leur stature rapetisse.Si Eggleton réussit à se faire élire dans York-Centre, je suis d’avis qu’il n’y fera figure que de «petit poisson».i i
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