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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1992-12-12, Collections de BAnQ.

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r mi M3 le cahier du La brasserie Beauport était à l'avant-garde de son temps lorsqu'elle commença.dans les années 20.à vendre sa bière dans des fûts d'acier avec face intérieure en verre.Toutes les autres brasseries utilisaient alors des fûts en bois.L’HISTOIRE BRASSICOLE VUE DE LA RUE ST-A MBROISE Griffon Le Devoir, samedi 12 décembre 1992 s Prix du Québec L affirmation de la différence québécoise Depuis 1922, le Québec a pris la bonne habitude DE RENDRE HOMMAGE CHAQUE ANNÉE À DES HOMMES ET DES FEMMES QUI PAR LEURS TRAVAUX EXCEPTIONNELS ONT CONTRIBUÉ À LA DÉFINITION MEME DE LA «DIFFÉRENCE» QUÉBÉCOISE.QUEL QUE SOIT LE GOUVERNEMENT EN PLACE, QUELS QUE SOIENT LES ÉVÉNEMENTS POLITIQUES À I?INTÉRIEUR DU PAYS COMME À L’EXTÉRIEUR, LE QUÉBEC A CE MÉRITE D’AVOIR SU RÉCOMPENSER LES MEILLEURS.Le Devoir vous présente aujourd’hui quatre des LAURÉATS de 1992: André Major, Jean-Claude Labrecque, Dan S.Hanganu et Vincent Warren.On verra à la lecture qu’il s’agit bien de personnages exceptionnels.Par les questions qu’ils font surgir, par les gestes qu’ils ont déjà posés dans chacun de leur champ d’activités, ils contribuent toujours, SANS COMPLAISANCE ET AVEC PASSION, À DÉFINIR LA SOCIÉTÉ QUÉBÉCOISE.Quant aux trois autres gagnants, Charles Taylor (Prix Léon-Gérin), Charles P.Leblond (Prix Marie-Victorin) et Jean-Claude Marsan (Prix Gérard-Morisset) nous aurons bientôt LE PRIVILEGE DE VOUS LES PRÉSENTER AUSSI.Le Prix Athanase-David Littérature André Major Un diable dans la maternelle Robert Lévesque A PEU PRES INCONNU du grand public, du moins jusqu’à ce soir»: l'écrivain André Major se présentait ainsi, mardi, en recevant le prix Athanase-David des mains du ministre des Affaires culturelles.Il ajoutait, en deux minutes ridiculement courtes et affreusement longues lorsqu’on reçoit un prix pour l’ensemble de son oeuvre, que les «histoires» qu’il écrit depuis 1964 ne sont que «des versions déplaisantes de l’histoire collective», revendiquant le droit à une «subjectivité trouble» dans «un langage allergique aux vérités et aux morales toutes faites».On en dit beaucoup dans ces moments-là où personne ne semble vous écouter, foule suspendue dans le brouhaha factice d’une cérémonie officielle — surtout lorsqu’elle tourne à la farce comme mardi dernier sur les ondes de Radio-Québec.André Major est un écrivain peut-être inconnu, mais un écrivain ne parle jamais pour ne rien dire et il a, dans l’art du bref— et dans le contexte d’une foire publicitaire animée par un as du vide qui négocie son avenir télévisuel en direct — dit quelques gravités, en homme timide et en écrivain déterminé.André Major est le premier écrivain de la génération de Parti-Pris à recevoir le prix Athanase-David.Dans le Québec actuel, où les intellectuels doivent se cacher pour penser, où plus rien ne semble avoir d’importance pour personne fors le gag, il faut souligner ce choix qu’ont fait, au jury du David, les Monique La-Rue, Pierre Turgeon, Louis Caron, Michel Gay et Robert Baillie.Avec Jacques Renaud et Gérald Godin, André Major est de ceux qui, autour de la revue des années 60 dont les combats politiques et culturels n’ont pas d’équivalent dans les publications d’aujourd’hui, bombes intellectuelles qui éclataient en parallèle des bombes réelles du FLQ, ont formé ce qu’on a appelé «l’école du jouai».André Major y a développé une littérature de l’insatisfaction, de la rebellion gauche et de l’échec, à l’image de la société dans laquelle il vit depuis 1942.Au DEVOIR, la veille de la remise des prix du Québec, André Major avait tout son temps pour prendre acte de l’attribution du David, le prix littéraire le plus prestigieux au Québec (attribué depuis l’origine des Prix du Québec en 1922).C’est la surprise: «ce prix me surprend, parce que je ne me sens pas inscrit dans les institutions québécoises, et mon parcours n’est pas celui d’un nationaliste exemplaire, ou consensuel.Je considère mon oeuvre assez marginale; et j’ai produit de moins en moins».Major, après ses ouvrages du temps de Parti Pris, comme Le Cabochon et La Chair de poule , a connu deux plages de silence littéraire, avant ses trois romans des années 70 formant maintenant (regroupés chez Boréal en 91) Histoires de déserteurs, et après cette chronique où durant plus de cinq ans il n’a pas publié avant de revenir sur la scène littéraire avec des nouvelles, La Folle d’Elvis .La génération de Parti Pris au prix David?«C’est vrai., j’arrive mal à interpréter cela, toutefois, et peut-être n’y a-t-il aucun rapport; on a dû s’entendre sur l’oeuvre plus que sur sa signification historique, et le poids idéologique a cessé d’être ce qu’il était.On lit maintenant les livres dans des perspectives moins sociologiques, et si l’on vous lisait comme cela je me sentirais mal lu; une oeuvre, si elle est valable, s’arrache à son contexte».Ira® 5 Réalisateur d’émissions littéraires à la radio de Radio-Canada, travailleur de l’ombre, personnage discret mais homme de convictions, André major est un écrivain qui se dit «à contre-courant de la littérature québécoise» et un citoyen qui constate, à son grand désarroi, que «le Québec est devenu une sorte de maternelle, une toute petite société rétrécie intellectuellement, où il n’est pas possible de pousser loin une exploration sans se marginaliser, où un individu est peut-être libre de penser, mais surtout de penser comme tout le monde».Féroce, André Major, lorsque l’on s’avance dans une discussion sur le Québec.L’image de la «maternelle» revient en complainte, il la développe avec une insistance qui n’est pas sans faire penser à la dialectique de Thomas Bernhard sur l’Autriche, un écrivain que Major est en train de lire.«Au Québec on a toujours eu peur de l’autre, il faut tout ramener à sa mesure, à soi; quand on s’intéresse au Revizor de Gogol il faut que ça devienne Le Gars de Québec parce qu’il faut que ça nous ressemble; il faut parler dans ses mots, et on vous réclame votre vécu en entrant, parce que la maternelle est gérée par Lise Payette et Janette Bertrand la femme du siècle, qui vous disent que les hommes doivent exprimer leur féminité; il y a une attitude d’auto-satisfaction qui me répugne, qui est une attitude de repli qui traduit une grande insécurité mais qui s’exprime par une arrogance médiocre de refus de l’autre au cas où l’autre serait plus fin; bref on a peur d’atteindre à la maturité parce que celle-ci exige la compétence».Laissons-le continuer: «Dans la maternelle, on n’accepte pas la dissidence.Le débat intellectuel, ici, ne se fait que sur une base émotive.On n’accepte pas une idée qui dérange.On l’oublie.Les gens sont incapables de faire une synthèse critique.Si vous vous dites contre la féminisation de certains termes, par exemple, on va vous servir de la mysoginie.La société québécoise accepte tout ce qui passe sans analyser, elle est molle et c’est Jacques Godbout qui la qualifiait d’éponge; c'est une société qui ne veut surtout pas avoir l’air arriérée parce qu’au fond elle l’est profondément, paresseuse et arriérée.Elle déguise ces tares en populisme.C’est la dérision des impuissants».André Major admet que sa vision pessimiste de la société québécoise le place dans une position de repli, de retrait, et explique sa rareté sur la place littéraire ou publique.«Il faut un peu de foi pour écrire, et je n’en ai pas.Je suis dans la cour de récréation, et si je retourne à la maternelle ce sera pour faire le diable parce que le rôle de l’intellectuel est d’être l’avocat du diable; mais au Québec il est particulièrement difficile de tenir un contre-discours, Denise Bombardier n’a pas pu tenir longtemps avec L'Envers de la médaille , et les rares intellectuels qui s’avancent parfois préfèrent finalement flatter dans le sens du poil une opinion publique qui se donne bonne conscience en proférant des généralités, une opinion publique qui, profondément ou peureusement, croit que si tu es minoritaire, avec ton opinion, tu te trompes».André Major se libère calmement de son dégoût de la société québécoise immature et populiste, il m’affirme, en tassant son tabac dans le fourneau d’une pipe qu’il n’allumera pas, qu'à 20 ans il croyait que le Québec prendrait conscience de lui-même et force est de constater qu’il a tourné en rond et que seule «l’épreuve de l’indépendance» l’aurait peut-être fait accéder à une certaine maturité.Voir page C-2: Major Le Prix Albert-Tessier Jean-Claude Labrecque Le chercheur de racines Cinéma Odile Tremblay CA est un peu ironique de voir le cinéaste Jean-7 Claude Labrecque remporter le prix Albert-/ Tessier cette semaine.Non pas qu’il ne le mérite amplement, comprenez-moi bien, mais parce que depuis plusieurs années je le vois aux prises avec des maux de tête à force d’être rabroué dans le financement de ses films.Tellement qu’on en vient à se dire que le Québec ne reconnaît pas ses réalisateurs chevro-nés.Ou du moins qu’il est loin de leur dérouler le tapis rouge.Et aujourd’hui, ce prix.«En cinéma, les décideurs sont à la recherche du génie caché dans la relève, soupire le réalisateur.Quand tu es là depuis longtemps, tu ne les excites plus.» A chaque fois, qu’il veut tourner un film, Labrecque, comme Carie, comme Brault, repart à la case départ et se casse souvent les dents sur le financement.De 85, à 90, il a essayé vainement de réunir l’argent nécessaire au tournage du Fou du prince, un film qui se déroule à Québec au cours des années 40.En pure perte.Car Téléfilm n’a pas suivi.Mais il garde espoir.Avec le prix Albert-Tessier (la plus prestigieuse récompense de sa carrière) vient une bourse de 30 000$ qui lui permettra de relancer son projet.Labrecque est un homme tenace, doux et gentil dans ses rapports humains, mais tenace.Dans le métier, ça prend ça.Le cinéma est jeune chez nous et ses pionniers le sont aussi.Si bien qu’on les retrouve toujours dans le décor.Les Gilles Carie, les Anne-Claire Poirier, les Arthur Lamothe, les Michel Brault et compagnie qui aux côtés de Claude Jutras, de Gilles Groulx et de Jacques Bobet ont mis littéralement au monde le documentaire au Québec, au cours des belles heures de l’ONF.Jean-Claude Labrecque fut de cette «équipe du tonnerre», comme on disait de l’équipe Lesage.C’est dans cette marmite de talents et d’énergies qu’il a pris son doigté inimitable tout en souplesse, qu’il a appris à maîtriser 1 art de tenir une caméra et d’aller chercher l’humain derrière les masques.Aujourd’hui, il refuse de tomber dans le piège de la nostalgie.Age d’or que ces années 60?«Comme le sont tous les commencements», dit-il.Une chose est certaine: La cuvée a produit de grands réalisateurs.La plupart d’entre eux tournent encore aujourd’hui, certains se sont recyclés dans la fiction, d’autres (comme Lamothe) n’ont jamais lâché le documentaire.Labrecque est resté collé au direct.Les deux-tiers de sa carrière de cinéaste appartiennent au champ du documentaire, ce qu’il appelle ses films d’action et de parole.Les nuits de la poésie, La Visite du général de Gaulle, le film des Olympiques de 76, ses portraits de Marie Uguay, de Félix Leclerc, pour ne nommer que ceux-là, sont autant des regards qu’il devait porter sur le peuple québécois en mouvement.Même ses films comme Le frère André ou l’Affaire Coffin, dans leur dessein de reconstituer l’histoire, touchaient au documentaire.«J’ai en moi un vieux fond d’archiviste qui ne veut pas sortir», sourit-il.L’oeuvre d’imagination pure n’est pas sa tasse de thé.Il aime fouiller les racines, tâter de l’histoire.Hélas, les documentaires, même aussi achevés que ceux de Labrecque, n’ont pas toujours le degré d’exposition qu’ils méritent.«J’ai fait des films marginaux», soupire-t-il.Pas si marginaux que ça mais mal distribués souvent.L’an dernier, son superbe 67 bis boulevard Lannes où il tenait également la caméra — Quelles images extraordinaires! — racontait un épiso-e de la vie de Claude Léveillé quand il travailla avec Edith Piaf.Le film a été présenté dans quelques festi- vals (à Blois notamment) puis aux réseaux TVA et TVO.Ensuite, plus rien.Aucune sortie en salle.Combien l’ont vu?Labrecque vient de finir le tournage d’un documentaire sur le compositeur et pianiste André Mathieu par ceux qui l’ont connu.Il espère que cette fois son auditoire sera plus vaste.Son rêve: voir naître à Montréal une salle ae cinéma voué exclusivement au documentaire avec des représentations courant sur plusieurs semaines d’affilée, pas au compte-goutte, comme d’habitude.Finalement, le sort de Jean-Claude Labrecque se confond avec celui du documentaire au Québec, voué à l’ombre quoique novateur.Seuls les cinéastes de fiction, Carle, Arcand, Lauzon et compagnie ont fait une percée auprès du grand public.Malgré l’immense apport de Labrecque au cinéma québécois, il est encore trop méconnu de monsieur et madame tout le monde.«Le mot documentaire fait peur au public, me dit-il.Or, ironie du sort, le terme ne correspond plus à la chose, tellement le genre a éclaté ces dernières années.Prenons les films de Serge Giguère, sur Oscar Tiffaut, sur Guy Nadon.On appelle ça encore du documentaire, faute d’avoir réformé le dictionnaire, mais c’est un mélange de fiction, d’imagination, de témoignage, sur des images travaillées.Mais alors que la fiction hérite d’un scénario figé qui commande d’être suivi à la lettre, le documentaire, s’il veut rester à l’écoute des gens, entraîne le cinéaste dans des chemins imprévus.Dans ce secteur-là, si tu tournes ce que tu as écrit, tu rates ton coup.Actuellement, on fait face à un danger, car en cinéma, les décideurs exigent pour le documentaire une écriture très achevée, comme pour une fiction, alors que ce serait signer l’arrêt de mort du genre.» Mais Labrecque donne aussi parfois dans la fiction historique.Le fou du prince, ce film qu’il veut tant tourner, est le dernier volet d’un triptyque fictif commencé en 71.Labrecque a réalisé alors Les Vautours, l’histoire d’un jeune garçon de Québec qui essaie de se développer au coeur des années du-plessistes.Neuf ans plus tard, le cinéaste donnait une suite au film avec Les années de rêve, dans leauel son héros Louis Pelletier se mariait, partait pour Montréal.Le fou du prince veut remonter à l’enfance du héros, dans son pensionnat de Québec, quand les princes de Bourbon-Parme, au cours des années de guerre trouvèrent refuge dans la vieille capitale.Labrecque, c’est aussi un oeil.Il est arrivé au cinéma par la porte de la technique, d’abord photographe de mariage, dans son quartier de Limoilou à Québec puis, sautant à la ciné-caméra, méticuleux, attentif et doué de ce talent — mais il prétend que ça s’acquiert — de sentir la présence musicale de l’image, Je traduire son rythme, son mouvement, son éclairage.À Québec, aux côtés de son mentor, le caméraman Paul Vézina, il a appris à prévoir d’une année à l’autre quelle lumière éclairerait le coin de la rue Couillard, à une certaine heure de juillet.Depuis, son oeil n’a jamais cessé de s’exercer et de s’aiguiser.Quand il ne tient pas la caméra dans ses propres films, il est caméraman pour les films de ses confrères.Ça lui donne accès de l’intérieur au cinéma des autres.L’image de La vie heureuse de Léopold Z de Gilles Carie, c’était déjà lui.Cette année, quand Michel Moreau a voulu faire un documentaire sur la vie de Vi-gneault à Natashquan, il a demandé à Labrecque de tenir la caméra.Quand ça ne marche pas comme cinéaste, Labrecque redevient technicien.Si bien qu’il travaille toujours.Dorénavant il a l’intention de créer l’image de tous ses propres films.Il a assez de métier comme cinéaste pour pouvoir sauter d’un rôle à l’autre sans problème.Voir page C-2: Labrecque à» CHARLES TAYLOR - PRIX LEON-GERIN 1992 Grandeur et misère de la modernité «Un ouvrage majeur [.] Ce que j’ai lu de plus clair et de plus novateur sur la modernité depuis très longtemps.» (Robert Saletti, Le Devoir) I '/.de /X?papce - !-i, 9 5S ÉDITIONS BELLARM1N - COLLECTION «L'ESSENTIEL» 1 (jr*ndcur i rl n,'*'rc ar U C-2 ¦ Le Devoir, samedi 12 décembre 1992 le cahier du Arts d’interprétation Le Prix Denise-Pelletier Vincent Warren Plus qu’un danseur Le Prix Paul-Émile-Borduas ^ Dan S.Hanganu Arts visuels Un homme de terrain mim dimanches de MARCEL DlIBÉ MISE EN SCÈNE OE LORRAINE PINTAL PROFITEZ DE NOS TARIFS DE PRÉVENTE Valérie Lehmann ES HEURES.On passerait volontiers des heures entières sur un coin de table à écouter Vincent Warren raconter la danse.Il vous donne tout.Il vous informe, vous implique, vous interpelle, vous enivre.Ce danseur dans la cinquantaine, né en Floride, québécois d’adoption, est un délice.Le prestigieux prix du Québec Denise Pelletier qui vient de lui être attribué lui sied à merveille, même s’il s’en défend.«C’est énorme pour moi; je reçois une distinction qui, jusqu’à présent, n’a honoré que trois personnes du milieu de la danse au Québec, qui ont été mes maîtres, Ludmilla Chiriaeff, Fernand Nault et Jeanne Renaud.Je suis le premier interprète à être ainsi remercié.» Il dit qu’il ne comprend pas vraiment pour quoi il est récompensé mais il ne faut pas trop l’écouter car, quand il parle de son travail dans la danse, on comprend de suite les raisons de cet honneur.Vincent Warren a été interprète dans la compagnie des Grands ballets Canadiens pendant 17 ans et danseur pour le Groupe de la Place Royale pendant plus de 15 saisons.Et, depuis qu’il a quitté la scène en 1979, cet homme n’a pas arrêté de bouger.Vincent Warren s’est impli-[ué dans plusieurs organismes e promotion de la danse et des artistes au Québec.Il a détenu la présidence de Dance Canada et aujourd’hui, il collabore au Regroupement des professionnels de la danse du Québec.Il donne des cours d’histoire de la danse à l’Ecole supérieure de la Danse du Québec, aux Ateliers de danse moderne et enseigne arfois à l’Université du Qué-ec à Montréal, parfois à McGill.Il gère bénévolement la plus importante bibliothèque de la danse du Québec qu’il a mis lui-même sur pied.Vincent Warren est donc un homme modeste :« Je pensais vraiment que l’on m’avait oublié ».Ce constat d’humilité vaut aussi pour la manière dont il vit ses passions.Il effectue chacune de ses activités avec beaucoup de coeur et de soin, rémunéré seulement à la pige depuis sa retraite.Il ne se fatigue jamais de sa situation.Tranquillement, il milite pour « une reconnaissance décente des artistes de la scène ».Calmement, il dénonce « la difficulté des jeunes danseurs et chorégraphes à obtenir un travail stable ».« Après un contrat, c’est le chômage qui les guette.Même si je pense que l’on peut vivre des plaisirs éphémères qu’apporte l’amour de la danse, les danseurs et danseuses ne peuvent rester des étudiants pendant toute leur carrière , affirme-t-il.Je voudrais croire que la danse sera plus considérée dans l’avenir, mais je n’en suis guère sûr.La danse a besoin d’une action permanente.Il ne faudrait pas qu’elle soit pas dépendante (des autres arts) au niveau du ministère des Affaires Culturelles.» Sans ambages, il affirme qu’il n’était pas fait pour devenir chorégraphe.«Ce n’est pas dans ma nature.Être créateur, je n’en ai jamais eu envie.Si j’étais jeune danseur en 1992, cela m’embêterait de devoir collaborer à la composition chorégraphique.Je me vois plutôt comme un instrument à la disposition du maître, le chorégraphe.Je suis peut-être trop conservateur.», dit-il en prenant l’air de s’excuser, souriant malicieusement cependant.Vincent Warren est vraiment un homme curieux.L’air de rien, il vous embarque dans ses aventures, vous interrogeant du regard de temps à autres, vous incitant en réagir par un geste.Il est même capable d’entamer, à [’improviste, une petite chansonnette, histoire de mieux vous impressionner.Curieux, il l’est également de toute la danse.Il se déplace pour un spectacle chaque fois qu’il en a l’occasion.Il voit beaucoup de danse, « Je regarde, je regarde, c’est tout.» , dit-il simplement.Il apprécie la danse classique, bien évidemment, mais tout autant la danse contemporaine, qu’il a vu grandir à Montréal.«Je ne vois pas de barrière entre les genres., spécifïe-t-il.J’adore Ginette Laurin, Edouard Lock, Paul André Fortier, Jean Pierre Perreault, Marie Chouinard et plein d’autres encore.Je les ai connus tout petits, presque bébés.» Par bonheur, car ce n’est pas si courant que cela dans le milieu culturel, Vincent Warren vénère tous les artistes.Mais ce philantrope aime peut-être plus encore la danse à travers son histoire, son passé, son patrimoine.Ah., sa bibliothèque.«Elle esj; installée dans les locaux de l’Ecole supérieur de danse du Québec .Ouverte à tous maintenant, elle contient plus de 3000 livres.J’en suis le conservateur à titre honoraire.Je voudrais qu’elle constitue un centre de références pour les artistes et les amateurs.Mon rêve est d’en faire le lieu le plus reconnu au Canada par la communuauté de la danse.Il faudrait l’agrandir, aménager un voûte climatisée pour protéger les livres rares, effectuer des réparations.Je suis triste de ne pas pas pouvoir utiliser l’argent du Prix pour améliorer la bibliothèque.Mais je vais quand même acheter quelques livres avec cet argent.J’adore fouiner, découvrir des vieilles publications, j’ai plein d’endroits secrets.» Oui, Vincent Warren peut vous emmèner loin.Ce n’est pas seulement un danseur-interprète.theatre du nouveau monde r pEVOU* V Marie-Michèle Cron Artiste controversé, homme de terrain qui n’a pas peur de se salir les mains lorsqu’il est temps d’aller oeuvrer sur les chantiers de construction, l’architecte Dan S.Hanganu a su intégrer dans le dialogue entre la production industrielle et le travail manuel, un souci évident pour l’ornement qui, comme on le sait depuis les leçons de Louis Sullivan, n’est plus un crime de lèse-majesté.«Comme tout ouvrier, j’ai travaillé sur un chantier, j’ai été maçon, électricien.J’essaie toujours de donner la parole aux matériaux, la brique, le métal qui travaillent, pour les transcender, sonder leurs limites, et les utiliser à d’autres fins expérimentales explique t-il.La gravité est importante pour moi, car c’est aussi une réponse à une façon de construire, et savoir construire c’est être capable d’opérer avec un vocabulaire qui devient architectural.Je considère que dans cette démarche, le savoir-faire inhérent à la construction devient une méthode du design.» Dès le premier regard, on reconnaît la griffe Hanganu: un détail qui attire l’attention, une flierre chargée de tension, une igné qui grimpe vers le ciel, une forme massive et terrestre qui concentre un potentiel gravitationnel.Chaque réalisation, qu’elle soit intervention dans l’environnement urbain et naturel ou dans ces zones mitoyennes que l’on nomme banlieue, a été repensée suivant un vocabulaire formel et une grammaire architecturale qui détonnent dans le paysage actuel saboté par des concepts atones et insipides.Le style Hanganu marie la rigueur européenne et des éléments poétiques italianisants, une manière très structurée de construire qui est proche d’un certain rationnalisme, à une sensibilité nord-américaine.D’origine roumaine, détenteur d’un diplôme d’architecture de l’Université de Bucarest en 1961 où il étudia l’architecture classique et après avoir exercé dans son pays sa première activité professionnelle, Dan S.Hunganu s’installera au Canada en 1970 et travaillera à Paris, à Toronto puis à Montréal avant d’y ouvrir son propre bureau en 1978.Depuis, membre de l’Ordre des architectes du Québec, de l’Association des architectes de l’Ontario et de l’Institut royal d’architecture du Canada, conférencier invité dans plusieurs universités canadiennes et étrangères, chargé d’enseignement à l’Ecole d’architecture de l’Université McGill et à l’Université de Eierre a ilier, exemple, est l’habitation.C’est en 1981, avec la réalisation des ensembles de maisons sur deux étages construites sur l’Ile des Soeurs (rues de Gaspé et Corot) qui tourneront respectivement leur tête vers le fleuve et la forêt que Dan S.Hanganu va être propulsé sous les feux de la rampe.Ces maisons Montréal, la pierre angulaire de cet artiste qui touche comme Mies van der Rohe par vont devenir le modèle-type de l’habitat suburbain nord-américain de densité moyenne.«Tout architecte qui se respecte doit faire de l’habitation comme on fait aussi des chaises explique t-il.Et puis, c’est bien l’habitation! Cela vous donne beaucoup de peines car le client peut se plaindre pour des vétilles, une poignée de porte ui ne marche pas par exemple, mais aussi beaucoup e satisfactions, car c’est l’abécédaire du métier.J’ai fait des unités qui font plusieurs gestes, qui s’adressent à là ville, à sa fonction, à la nuit, au fait d arriver chez soi, et à l’orientation.Il y a une coupe à l’intérieur des maisons de l'Ile des Soeurs qui pous permet, de n’importe où, avec des jeux de miroir, de regarder le fleuve Saint-Laurent.» On lui doit aussi, et entre autres, l’ensemble multifa-milial du Parc Quesnel dans le quartier de la Petite; Bourgogne, un regroupement d’unités d’habitation au Village Mont-Tremblant, les habitations Crémazie pout personnes âgées, les Villas sur le golf de Laval, la première phase du complexe Chaussegros-de-Léry (îlot adjacent à l’hôtel de ville de Montréal), et les immeubles du Val de l’Anse sur l’Ile des Soeurs, résidences qui s’adressent à toutes les couches sociales et qui sont restées un peu sa marque de commerce alors que le spectre de ses multiples créations s’est élargi vers d’autres horizons.Rénovation de la façade et du hall d’entrée de l’édifice «Publicité Martin»; parachèvement de l’église abbatiale de Saint-Benoît-du-Lac et surtout, mise en valeur du Centre d’interprétation historique et archéologique de Montréal, le musée de la Pointe-à-Callière, en collaboration avec Provencher, Roy, architectes et la Société immobilière du patrimoine architectural de Montréal.D’après lui, ce projet rç: présente la synthèse de toutes les valeurs éthiques et esthétiques qu’il a appliquées dans ses réalisations architecturales.«Je suis de plus en plus attiré par la mémoire» ait-il.Le musée n’est-il pas alors le symbole de ces liens discursifs entre le présent et le passé, entre le solide (la pierre) et le scientifique (le métal)?On sent ici, dans l’enveloppe architecturale, ie découpage lumineux et les insertions décoratives qui théâtralisent l’espace, un respect vigilant pour les vestiges de ce lieu chargé de strates d’humanité, une partie de son corps tournée vers le port et les yeux rivés à la fois sur le ciel et sur la terre labourée par des siècles.Pour Dan S.Hanganu, le bâtiment est comme un être humain: il a des états d’âme, une présence, une absence, un caractère qui est mis en valeur par des ready-made technologiques.C’est la deuxième fois que l’on remet le prix Paul-Emile-Borduas qui intègre la peinture, la sculpture, l’architecture, la photographie, le design, les métiers d’art et les arts multidisciplinaires, à un architecte — en 1979, l’architecte et designer Julien Hébert recevait ce prix.Une preuve indéniable que cette discipline, essentiellement axée sur le service, s’inscrit aussi dans un véritable acte créateur.Et avec Dan S.Hanganu dans ses rangs, elle devient désormais partie intégrante d’un phénomène culturel.MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL présente un concert de UN RENDEZ VOUS avE( SOPHIE CLEMENT NORMAND D’AMOUR ANNE DORVAl ROBERT GRAVEL LOUISE MARLEAU MARIE MICHAUD GUYNADON JEAN-RENÉ OUELLET ANDRE ROBITAILLE GILBERT SICOTTE MARIE TIFO H LES CONCEPTEURS ANGELO BARSETTI MICHEL BEAULIEU JEAN-MARIE GUAY FRANÇOIS LAPLANTE CLAUDE LEMELIN DANIÈLE LÉVESQUE PHILIPPE MÉNARD DU 19 JANVIER AU 13 FÉVRIER 1993 MARDI AU VENDREDI : 20H, SAMEDI : 16H ET 21H B théâtre du nouveau monde - **¦«»-• 84, bue Ste-Cathesine Ouest, Metbo Piace-oes-Asts Un# piwtotiofl d« Q Un# (oMoborotw 4# R RÉSERVATIONS 861- .„ .e hongroise contemporaine mercredi 16 décembre, 20 h Cinquième salle, Place des Arts avec la Société de musique contemporaine du Québec (smcq) au pupitre Walter Boudreau Programme Istvân Marté J.MM’s Strange Meeting with Romeo and Juliet Franz Liszt Nuages gris et Bagatelle sans tonalité (arrangements de Walter Boudreau) Laszlô Tihanyi Nachtszene Gyorgy Ligeti Poème symphonique pour cent métronomes Gyorgy Ligeti Trio SUITES DE LA PREMIERE PAGE ?Major «Le plus frustrant est ce sentiment de tourner en rond dans un enclos où l’on se donne des compensations, du mauvais chocolat, avec une marionnette comme premier ministre, et dont on va maintenir l’indécision chronique du gouvernement au prochain scrutin parce qu’on lui a fait de Ta peine le 26 octobre.Pendant que l’industrie de l’humour fleurit, oui vraiment le Québec va mourir.de rire».André Major tient un journal depuis 1972.Un jour nous lirons l’intime bataille de cet homme qui n’avait que deux minutes, mardi, que certains ont jugé trop longues, pour dire merci à madame la ministre.Il m’avoue avoir accepté ce prix du Québec, comme il a accepté celui du Gouverneur-général en 1977, parce que ce sont des jurys qui l’attribuent, et aussi parce que, CQFD, les refus ne sont pas compris au Québec et s’ils ne sont pas compris ils ne sont par tolérés.«Les gens pensent que si t’es minoritaire tu te trompes».?Labrecque Jean-Claude Labrecque aime tellement les ciné-caméras, qu’il les collectionne.Chez lui, sur les étagères de son bureau, s'alignent les vieux appareils de marque Kodak, à l’épaule, comme il les apprécie, sensibles et souples.Sur certains modèles des années 60 , il a fait ses premières armes de caméraman.Des fois, il retravaille encore avec eux aujourd’hui, pour le plaisir de leur contact.L’image occupe une si grande partie de sa vie, que cette année, le projet qui l’excite le plus est une exposition de ses propres photos qu’il organisera en février dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois.Ces trente années de photographies de Jean-Claude Labrecque ressuscitent un peu de l’histoire récente du Québec.Quarante photos, regroupées par séries de trois sur un même sujet, comme des séquences.«Ça s’appellera Triptyque», me dit-il.Et c’est une expérience formidable.» Billats Taxas incluie* 18.50 S adultei 11,50# Atudianti/ainéi in venta à II billetterie du Mutée et aux gicheti de la Place dat Arti O Cinquième salin U U Plane rie1.Ai 1t.185, rue Sainte-Catherine oueat Métro Place-dea-Art* Réearvation : 847-6212 (Mutée) 842-2112 (PDA) Heuret d'ouverture du Muteé : mardi au dimanche: llhé I8h mercredi: 11h à 21h Hi-'.i-rv.itinn-, téléphonique*, ’ f* 14 H4?211?I mi*, de Mirvii c Iterlr-v.im i! du 1,20$ ( i l/ixnr,) sur tout billet do plus de 10$ OrchestreBaroque deMontréal CONCERTOS CLASSIQUES POUR CLAVIERS Oeuvres de: J.Haydn, C.P.E.Bach, W.A.Mozart Solistes: MIREILLE LAGACÉ (pianoforte), JOËL THIFFAUT (clavecin) 14 décembre, 20h Cathédrale Christ Church rue Ste-Catherine ouest, entre la Baie et Eaton (métro McGill) Billets 20$ (adultes) et 14$ (étudiants, âge d’or) En vente à la porte le soir du concert ou RÉSERVATIONS par téléphone: 739-2B0B / 495-4888 Ministère des Affaires culturelles du Québec Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal Emploi et Immigration Canada 1 4 4 1 54 Le Devoir, samedi 12 décembre 1992 ¦ C-3 le cahier du ANS ?DESJARDINS «»fui BASILAIRE 1 l.A mil A A I IIS IX>IKI BROSSARD 849-film|troiS-RIVIERES 6600 boul Taschereau b M Fleur de ly» * Le film de Ci/m7 ('ollard lé Romane Rohrinqer.(/ni a reve •* v au Cinéma ELYSEE 35 rue Milton 5,4 288-4690 VEN.11 - SAM.12 ET DIM.13 : À 12H00 ET 16H45 LUN.14 - MAR.15 : 19H00 MER.16-JEU.17 : 12H00 ET 21H45 MARTINI rose et le macho COIFFEURS C 8* D INC.HOMMES-FEMMES 5272, ST-L4URENT MONTRÉAL.QUÉBEC Tél (514) 948-6206 Entre l’homme CINEMA Paul, dans le film-documentaire Est-ce ainsi que les hommes vivent?, naufragé d’une triple rupture avec sa conjointe et séparé de ses deux enfants.Entrevue avec Guy Simoneau PHOTO JACQUES NADEAl «C’est vrai que j'ai frappé un peu dur», admet Guy Simoneau.Odile Tremblay DEPUIS VINGT ANS, les femmes ont eu leurs revendications, leurs remises en cause, leurs solidarités, à grand renfort de soutiens-gorges brûlés, de «happenings», de hauts cris et d’étreintes sororales.Mais pendant ce temps, les hommes, comme collectivité, séchaient un peu.Le grand questionnement sur la condition masculine n’a pas eu lieu.«Tu seras un homme mon fils» dit l’admonestation classique.Oui, mais à quel prix?Entre le macho et l’homme rose, le mâle d’aujourd’hui s’ennuie de sa mère.En tous cas, il est en panne d’affection, de compréhension, et peut-être amputé d’une part vitale de lui-même, là où la sensibilité rencontre les diktats de la société.C’est du moins ce qui ressort du documentaire de Guy Simoneau sur la difficulté d’être un mâle, dont le titre est tiré du poème d’Aragon, «Est-ce ainsi que les hommes vivent?» Le fijm, qui vient de sortir au cinéma Elysée interroge surtout des hommes en crise.Comme Paul, le personnage principal, ils sont en rupture de couple et en totale remise en question.Ou ils ont commis des agressions sexuelles — le film donne la parole à deux violeurs qui expriment leurs frustrations.D’autres, comme l’adolescent David, se sentent incompris de leur mère.La caméra visite un groupe d’entraide masculin, où les pensionnaires sont invités, au mépris des tabous, à se toucher, à se rapprocher les uns des autres.Est-ce ainsi que les hommes vivent?fait jaser.Au Festival de cinéma de Rouyn-Noranda et en vision-nement de presse, là où le documentaire est déjà sorti, un certain public — des hommes surtout et intellos de surcroît — opposaient une résistance.Aux dires de son auteur, le film déplaît souvent aux journalistes masculins.Simoneau lit dans leur attitude un moyen de défense, et l’expression d’une pudeur virile.La scène où un homme se met à poil avant un massage, donc en position de complète vulnérabilité, est particulièrement mal perçue.«Les stéréotypes ont la vie dure.Certains ne supportent pas de voir pleurer un homme à l’écran, ni que deux gars s’étreignent.D’autres trouvent que le film n’est pas représentif de la société, que les cas montrés sont trop extrêmes (les deux violeurs surtout).Bref, de nombreux hommes ne se reconnaissent pas dans ces témoignages.«C’est vrai que j’ai frappé un peu dur, admet Guy Simoneau.Pour toucher les imaginations.Sinon, c’eut été jeter un coup d’épée dans l’eau, édulcorer le message».Guy Simoneau dit ne pas avoir voulu faire un film sur la condition masculine.L’expression lui apparaît restrictive, et en porte-à-faux.«Je pose un regard sur une certaine vulnérabilité, une certaine détresse des hommes, me dit-il en entrevue.Alors que les femmes se confient les unes aux autres, se touchent, sont solidaires, les hommes restent isolés avec des émotions mal perçues, des rôles mal compris.» «Aux nouveaux pères, on demande: rapprochez-vous de vos enfants, soyez tendres, attentifs.Mais en contre-discours, bien des femmes leur disent: vous êtes inaptes, maladroits avec les bébés.» «Vingt années de féminisme ont changé notre perception des femmes.Nullement le vécu des hommes.La société n’a pas évolué face à eux.Elle leur demande toujours d’être les plus forts.De réussir surtout.On ne parle jamais de ça, mais la grande majorité des itinérants sont de sexe masculin.La rue est pleine d’hommes qui n’ont pas eu droit à l’échec, qui n’ont pas osé demander de l’aide, parce que ça va à l’encontre du rôle dévolu à l’homme».Dans ce film, en donnant la parole aux hommes, Simoneau a refusé, et c’est là qu’il s’est mis à marcher sur du verre, de charger les femmes.«C’était un grand défi pour moi d’éviter ce piège, et ma plus grande réussite d y être parvenu», estime Simoneau.Pas de réglement de comptes donc du style — c’est la faute aux femmes castra-trices.Des questions surtout.«J’entendais des gars qui me chuchotaient que le discours de ces dernières années véhiculé à pleins médias où ils sont décrits violents, sexistes, mysogines, leur semblait excessifs : j’ai voulu creuser leur réalité.Mon film déborde avant tout de .tendresse».A l’origine de Est-ce ainsi que les hommes vivent?, il y a une recherche personnelle de Guy Simoneau.Depuis 1981, année où il a réalisé Plusieurs tombent en amour, un documentaire-choc extrêment troublant sur la prostitution, le cinéaste s’est donné pour défi d’aller au-delà des stéréotypes sociaux atteignant des domaines névralgiques et intimes de l’amour (monneyable ou pas).Dans On n’est pas des anges, en .83 — co-réalisé avec Suzanne Guy — il explorait un autre tabou: la sexualité des personnes handicapées physiques.Est-ce ainsi que les hommes vivent?s’inscrivait dans une démarche plus générale.Il a mis deux ans sur ce dernier film, tissant tranquillement ses liens avec les personnages.«Mais un film comme ça, c’est lourd à porter.Ça m’a tiré tellement de moi-même.» «Si je fais des documentaires, c’est parce que je sais que la réalité dépasse souvent la fiction», affirme le jeune cinéaste.Ce qui ne l’empêche pas d’avoir envie de créer une oeuvre d’imagination pure.Pour son prochain film, il se propose de faire le grand saut dans la fiction.«UN FILM HARD ET FLEUR BLEUE.AVEC DE UAMOUR ET DE LA BAISE, DE IA POLITIQUE ET DU ROCK.UN SACRÉ BEAU FILM!» Studio ALLIANCE VIVAFILM m«, LES NUITS FAUVES •«.« CYRIL COLLARD «< CYRIL COLLARD • ROMANE BOHRINGER • CARLOS LOPEZ CORINE BLUE CLAUDE WINTER RENE-MARC BINI LAURA FAVALI JEAN-JACQUES JAUffRET WC jHrOHIWflCEflOWlIM MARIA SCHNEIDER CLÉMENTINE CEIARIE w*non«y hkm CYRIL COLLARD OAWSSO«WU»« LES NUITS FAUVES ÉDITIONS FLAMMARIONMANUEL TERAN «.MICHEL BRETHEZ DOMINIQUE HENNEQUIN «u.LISE BEAULIEU NELLA BANFI mieux fait d’interroger dans son ensemble le phénomène du viol qui, lui, est en constante progression au Québec et fait chaque année plus de victimes.Ces dérapages plus ou moins contrôlés exceptés, Est-ce ainsi que les hommes vivent?répond tout à fait au critère de base de tout documentaire : provoquer la réflexion, forcer l’interrogation sur des as- Eects souterrains de la vie moderne.imoneau s’impose ici comme un documentariste à part entière, capable d’aborder avec simplicité la tranche de réel qu’il s’est donné pour but de disséquer.EST-CE AINSI QUE LES HOMMES VIVENT?De Guy Simoneau.Scénario : Guy Simoneau.Image : Rénald Bellemare.Musique: Bernard Buisson.Qué., 1992.75 min.Présenté au Nouvel Elysée.Alain Cliarbonncau GUY SIMONEAU a le sens du sujet, à défaut d’avoir toujours celui du traitement.Qu’il fouille les dessous de la prostitution montréalaise Plusieurs tombent en amour ou qu’avec Suzanne Guy, il lève le voile sur la sexualité des handicapés On n’est pas des anges , ce documentariste de formation confesse un goût sans réserve pour ces choses dites taboues, que tout le monde aimerait connaître par le menu et dont pourtant personne ne parle.Son dernier film explore aussi des zones interdites, taraudant cette fois l’épais rempart derrière lequel les hommes se cuirassent contre leurs propres émotions.Sur un beau vers d’Aragon, Est-ce ainsi que les hommes vivent?nous invite à porter un regard sans complaisance sur l’homme blessé d’aujourd’hui, vulnérable, brisé, livré tout entier au désarroi auquel l’ont acculé trente ans de revendications féministes.Car il en va des conditions respectives de l’homme et de la femme comme des vases communicants.Pour que la gent féminine s’émancipe, se libère, envahisse le marché du travail, bref se prenne en main, il a bien fallu que l’espèce mâle paie un peu de sa personne, qu’elle mette en veilleuse son machisme, qu’elle passe à l’occasion le tablier, bref qu’elle se châtre, symboliquement s’entend.Bilan : l’homme ne sait plus très bien où il en est et doit constamment chercher son centre en périphérie de lui-même, tout se passant comme s’il lui fallait réapprendre qui il est en naviguant à l’aveuglette entre celui qu’il fut et cçlui qu’il doit être.; Une quête houleuse, qui colporte ayec elle sa part de nouvelles bi-bjtes : hantise de l’échec, mésesti-nte et dévalorisation de soi, incapacité de jouer franc avec l’autre sèxe.Mariant interviews et séquences dè cinéma direct, Simoneau mène dime son enquête auprès de qüelques victimes de ce nouvel ordre émotionnel qui semble avoir frappé le Québec plus durement qu’aucune autre région du f'iobe — allez savoir pourquoi.S’il n est pas toujours représentatif, les hommes interrogés appartenant le plus souvent à des classes défavorisées, l’échantillon retenu n’en offre pas moins quelques beaux cas d’espèce, dont Paul, le personnage principal, ce chômeur aune trentaine d’années, naufragé d’une triple rupture aVec sa conjointe et séparé de ses dèux enfants.Sa confession dépasse largement le cadre restreint de la simple interview, et c’est avec une réelle empathie qu’on l’écoute ra- conter ses déboires, mettre son coeur à nu.Même chimie dans le témoignage de ce jeune adolescent de 17 ans, qui a le mal de vivre chevillé à l’âme pour s’être durement heurté, lui de même que son père, à l’incompréhension de sa mère.Pour le reste, les témoignages sont inégaux, et s’additionnent sans toujours se compléter.On aurait aimé entendre davantage le thérapeute qui a mis sur pied un service d’aide téléphonique aux hommes en difficulté et dont la ligne semble ne pas dérougir.En revanche, on se serait passé des séances de thérapies personnelles ou collectives, ainsi que des litanies de lieux communs sur la difficile condition masculine, déclinées par trois femmes entre deux consommations au coin d’un bar.Le cliché et la psychologie populaire n’ont jamais été des moyens très sûrs pour comprendre pourquoi le taux de suicide est trois fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes.Mais là où Simoneau s’aventure en terrain glissant, c’est en étayant son propos par l’exemple du viol.Un violeur restera toujours un violeur, et lui céder la parole, comme le fait le cinéaste à deux reprises dans son film, c’est déjà supposer que le violeur a droit de parole et c’est faire du viol la manifestation extrême d’un désarroi ou d’un malaise qui serait commun à tous les hommes d’une époque précise (en l’occurrence, la nôtre) et qu’il serait donc important de comprendre.Bref c’est suggérer que, même impardonnable, même condamnable, le violeur a à tout le moins l’excuse d’une détresse qu’il partage avec le reste des hommes de son temps et qui par conséquent mérite d’être exprimée.Rien de plus dangereux comme conception, car le viol n’est d’aucun siècle, d’aucune époque : il est une injure née avec la division des sexes et aucune détresse passagère, aucun mal du Siècle ne devrait nous le rendre plus compréhensible.Du constat à la justification, la frontière est parfois mince, et le documentariste l’a franchie, sans doute malgré lui, en donnant ainsi à l’odieux une chance de s’expliquer.Il aurait Vent d’Est Films et Cinéma Libre présentent EST-CE AINSI QUE LES hommes VIVENT?un film de Guy Simoneau BIC, BOYS DONT CRY "étonnant et courageux" "un film événement" le Devoir la Presse "Jamais auparavant un film n’avait créé autant de réactions auprès des spectateurs" Lg prontj^re Faut-il donner la parole à l’homme blessé ?Enquête sur des victimes en deçà de tout soupçon C-4 ¦ Le Devoir, samedi 12 décembre 1992 CINEMA FILMS-VIDEO Kg H ^ V Yves d'Avignon La preuve Drame australien du réalisateur Jocelyn Moorhouse.Avec Hugo Weaving, Geneviève Picot et Russell Crowe.Simultanément le 16 décembre.AVEUGLE de naissance, Martin a une façon bien personnelle de découvrir le monde qui l’entoure.Au moyen de la photographie, il fixe sur pellicule des images que les autres lui décrivent.De tempérament capricieux, Martin doit avoir la confiance absolue de son entou-,.rage pour que son procédé soit valable.Son entourage, c’est un plongeur de restaurant et Cecilia, qui aime Martin qui entrevoit jalouse-, ment l’arrivée d’un autre ami.Un loup dans la bergerie Comédie américaine de Robert Ellis.Avec Roger Moore, Talia Shire et • • Collenn Dwehurst.Simultanément le 16 décembre.TROIS FEMMES — la belle-mère, sa fille et sa petite fille — recevront.un cadeau qui changera considérablement leur vie: un homme qui leur fera découvrir l’amour, l’aventure et le bonheur.Egalement disponibles Prelude to a Kiss (comédie avec Meg Ryan et Alec Baldwin: en anglais le 16 décembre): quand on se ¦ marie, on promet d’aimer son conjoint pour le meilleur et pour le , pire, etc.Mais on ne pouvait s’attendre à ce que cette promesse soit : mise en doute quelques heures seulement après que les voeux aient .été échangés.Un tueur dans la foule (drame avec Charlton Heston et John Cassavetes: simultanément le 16 dé- , cembre): Terreur et panique au Colisée de Los Angeles quand un tueur solitaire s’attaque à une foule record venue assister à un match d- ¦:1117ii A .vttrrli ni s » /[Vi ot feuruvn de ANDREW LLOYD WEBBER mis en scène pur HAROLD PRINCE AVANT-PREMIÈRE: 16 DÉC.1992 SOIRÉE D'OUVERTURE: 17 DÉC 1992 ÉVITEZ LES DÉCEPTIONS.RÉSERVEZ AUJOURD’HUI! o Théâtre Maisonneuve, wv place des Arts, Montréal RÉSERVEZ UNE SOIRÉE AVEC LE PHANTOM (514) 790-2222 Billets egalement en vente au guichet de la Place des Arts et aux guichets TickétMaster (situés dans certains magasins de la Baie) Groups (20 et plus) téléphonez.: (514) 874-9153 au Québcct (416) 925-7466 en dehors du Québec Réservez une place de choix grâce à Avant-premiére de American Express.Composez le (514) 790-0300.Version originale! En anglais avec des surtitres en français.Canadien Ne urtlt mir obtenir PÉDAGOGUES ET DIRECTEURS (TRICES) D'ÉCOLES IcAcrvc/ ilci aujourd'hui des places pour vos etudiants dans le Programme educatifdu Phantom, us de détails et vous renseigner au sujet du transport gratuit par autobus, téléphone/ au: (S 14) 874-91 S3.Le Devoir, samedi 12 décembre 1992 C-5 le cahier du t • ameai CINEMA Claude Miller et les petites histoires qui font l’Histoire Odile Tremblay IL Y A toujours un danger à porter à l’écran une oeuvre littéraire.Danger de la dénaturer, de la rapetisser, de la figer.Ce qui n’empêche pas les cinéastes dé prendre un jour ou l’autre ce risque-là.Les romans appellent les scénarios, avec leurs histoires déjà toutes prêtes et si tentantes.Claude Miller n’y a pas résisté.“Je suis comme tout le monde, me dit-il.Lire un roman, c’est faire un film dans sa tê.te.Moi, j’ai la chance extraordinaire de pouvoir réaliser ce film-là.» Depuis bien des années, il avait envie d’adapter L’Accompagnatrice de la romancière russe Nina Berbe-rova.au cinéma, se sentant inspiré par cette histoire de jeune fille pauvre et terne qui devient accompagnatrice au piano d’une belle diva, et vit dans son ombre.«J’aimais la nature de sa fascination pour une star.Eprouve-t-elle une part de répulsion pour ce bonheur indécent qui la nargue, elle qui, par la profonde injustice de la vie, n’est pas faite pour ce bonheur-là?» Le film a vu le jour.Il sera d’ailleurs dans nos salles vendredi prochain.Claude Miller était cette semaine à Montréal avec ses acteurs, les Bohringer père et fille, Richard et Romane.Le vieux routier aux yeux verts joue dans L’Accompagnatrice le mari de la cantatrice, un homme d’affaire parvenu, humilié, fou de sa femme qui le trompe.«On se ressemble beaucoup, ce personnage et moi, me dit l’acteur.Nous sommes plus des animaux instinctifs que des raisonneurs.» Bohringer trouve tout naturel de jouer avec sa fille — qui interprète l’accompagnatrice.Quand on connaît bien quelqu’un, on se met aisément à son diapason.Bohringer se prépare d’ailleurs à tourner, comme cinéaste, un autre film avec Romane.Plus timide que ses vedettes, Claude Miller manifeste une courtoisie et une simplicité touchantes en entrevue.Et il a une voix douce, qui fait contraste avec celle, grondante, de son acteur masculin — derrière laquelle se cache, on le découvre assez vite, un doux.Miller est un cinéaste qui tourne peu, mais qui a du succès.Peu de flops derrière lui, mais une filmographie où figurent des oeuvres désormais classiques: Garde à vue avec Serrault, Mortelle Randonnée (le meilleur rôle d’Adjani), L’Effrontée et La petite voleuse mettant en scène Charlotte Gainsbourg; des films de qualité, stylistiquement dépouillés, racontant (avec humour!) des drames, viols, meurtres, enfances volées, sur fond de fresque sociale souvent.«J’aime quand les petites histoires des gens sont rejointes par la grande Histoire», me dit-il.Dans L’Accompagnatrice, la dernière grande guerre se profile en décor, dans la France occupée.Pure adaptation de Miller.Berberova avait situé son roman en 1920, à saint-Pétersbourg, durant la révolution russe.«Il est fini le temps où l’dn réalisait des films français avec dés acteurs français déguisés en Russes, explique le cinéaste.Per- PHOTO JACQUES GRENIER Claude Miller et Richard Bohringer en visite à Montréal pour la sortie de leur film L'Accompagnatrice.compagnatnce sonne n’y croyait.Mieux vaut transposer l’action dans une monde plus familier.J’ai cherché une époque tumultueuse, familière aux Français, une époque de faim, de froid, de peur.L’occupation allemande s’est imposée à moi.» Berberova a lu et aimé le scénario, parait-il.Si Claude Miller n’avait pas été cinéaste, il aurait été cinéaste.Une vocation incontournable, un rêve de toujours, et une façon comme une autre de refuser l’état adulte.«Je suis comme un enfant qui joue avec des soldats de plomb», déclare-t-il.Son enfance, il l’a d’ailleurs passée dans les cinémas de quartier parisiens où les acteurs étaient d’autant plus grands à l’écran que lui était petit.Miller a toujours aimé mettre en scène les adolescentes.«J’aime confronter aux adultes ces petits personnages qui en sont au début de l’existence, avec leurs illusions, leur appétit de vivre.» Comme dans L'Effrontée, La petite voleuse.Charlotte Gainsbourg fut longtemps son inspiratrice et sa vedette.Mais depuis quelque temps, elle est montée en graine.«On ne la reconnaît plus.Toute enjambes, comme sa mère.» En 86, Miller a écrit le scénario en pensant à Charlotte pour le rôle-titre, mais il attendait qu’elle ait l’âge du rôle (20 ans).Il a dû se retourner de bord quand elle a trop grandi, menaçant d’éclipser le personnage de la cantatrice.Il voulait prendre une jeune actrice beaucoup plus jolie que le personnage du roman de Berberova, physiquement très vilaine.«Ce qui est suggéré en littérature est imposé au cinéma.J’avais peur que la laideur n’indispose le spectateurs-Miller a troqué Charlotte pour Romane Bohringer, la fille de Richard qui tient aussi la vedette dans Les ’Nuits fauves de Cyril Collard).Pour le spectateur, c’est un peu bonnet blanc et blanc bonnet, puisque Romane a des airs, des moues de Charlotte.Question de direction?Claude Miller avoue qu’il s’est peut-être laissé inspiré par sa vedette de La petite voleuse en travaillant avec Romane.Comme Tous les matins du monde de Corneau, L’accompagnatrice est un film porté par la musique.Sans être mélomane, Miller se dit connaisseur.«Puisque Berberova, dans son roman n’avait nommé aucun musicien, aucune oeuvre, j’ai laissé parler mes goûts personnels pour le choix des pièces, certaines Messes de Mozart pleines de douceur et de grâce, Strauss, Schubert, l’air des bijoux dans Thaïs de Mas-sonet.» Miller a mis du temps avant de trouver l’interprète de la cantatrice.Il voulait une actrice peu connue du public français «histoire que le spectateur croit à son personnage de chanteuse».Tout en cherchant une pro.Elena Safonova était tout ça.Vedette en Russie (on l’â vue dans Les yeux noirs de Mikhalkov) elle est peu exposée ailleurs.Miller lui a demandé d’éviter l’effort et les fp'imaces en chantant (comme l’eut fait une vraie cantatrice), de garder ses traits lisses afin de demeurer pour le pùblic une figure symbolique de beauté et de grâce.La voix derrière la voix est celle de Laurence Monteyrol, une jeune soprano française qui double la vedette.«Elle avait un peu le même timbre que Safonova, ce qui rendait le passage de la parole au chant vraisemblable.» «La musique dans ce film fut pour moi un véhicule d’émotions, au même titre que le jeu, que l’image, mais sur un langage bien plus pur», conclut le cinéaste.Fait divers plus ou moins bien ficelé SWOON De Tom Kahn.Avec Daniel Schlachet, Craig Chester.Ron Vawter, Michael Kirby.Scenario : Tom Kalin.Image : Ellen Kuras.Musique : James Bennett.E.-U., 1992.Présenté au cinéma de Paris.Alain Charbonneau PRESENTE une première fois au dernier Festival des films du monde de Montréal, Swoon tire son argument d’un étrange épisode des annales judiciaires américaines, qui a inspiré le Hitchcock de The Rope et le Richard Fleisher de Compulsion .Réalisé en un temps record (deux semaines de tournage) et avec un budget somalien, ce premier film d’un jeune cinéaste américain indépendant raconte l’histoire morbide de deux adolescents de 18 ans, Nathan Leopold et Richard Loeb, tous deux juifs, et homosexuels de surcroît, menant la vie décadente de dandys moderne dans l’Amérique des années folles.Le premier est timide, réservé, inverti dans tous les sens du terme, et voue une passion égale aux oiseaux et à son ami.Le second est beaucoup plus sûr de lui, joue les dominateurs, lit Nietzsche dans le texte et pourrait passer pour le fils spirituel de l’auteur de De l’assassinat considéré comme un des beaux-arts PHOTO JOHN ROWAN Richard Loeb, un des «méchants» mis en scène par Tom Kalin.Ensemble, ils conçoivent et mettent à exécution ce qu'ils croient être le crime parfait — le meurtre d’un enfant, certains que la gratuité de leur geste et l’absence de tout mobile leur assureront un alibi infaillible.Aussi désinvoltes dans le meurtre qu’en amour, ils laissent sur les lieux du crime une foule d’indices grâce auxquels les autorités auront tôt fait de les retracer, de les traduire en justice et de les condamner à plusieurs années d’emprisonnement.Pour Talin, il s'agissait de broder sur ce fait divers un réquisitoire contre l’homophobie, l’anti-sémitis-me et l’anti-intellectualisme, qui grondent depuis quelque temps, aux Etats-Unis comme en Europe.Sabordant le traditionnel film de gangsters en cavale, genre Gun Crazy , Swoon .dans sa seconde moitié surtout, brosse un sombre portrait, tout en creux et en ellipses, de la société américaine de l’époque, qui interpréta fort hypocritement le geste des deux jeunes comme une conséquence quasi naturelle de leur orientation sexuelle et de leur appartenance religieuse.Le cinéaste ne prête à ses protagonistes les traits d’immoralistes en herbe que pour mieux dénoncer par après le moralisme sclérosé, perverti, d'un monde qui éprouve à tout prix le besoin de se trouver des boucs émissaires.Manière par moments, maladroit et inégal dans l’ensemble, piètrement interprété par des acteurs sans expérience, et d'un style que traversent des influences mal digérées, Swoon n’en reste pas moins un film audacieux, servi par un travail remarquable sur la bande-son.Quelque chose comme un film étudiant qui vaudrait davantage par ce qu’il est que par ce qu’il annonce.OFFREZ L'OSM POUR NOEL! A concerts 19 janvier, à la Place des Arts 23 février, à la basilique Notre-Dame 20 avril, à la Place des Ails 3 prix 49$, 62$.88$ (Jaxcscl redevances IM)A incluses) lin simple appel et vos emplettes de Noël sont terminées 842-9951 Dimanche 13 décembre, 14h30 LISZT: Orphée R.STRAUSS: Concerto pour eor no I en mi bémol opus 11 TCHAIKOVSKI ( 'onccrto pour violon en ré majeur, i ( 1er mouvement ) SIBELIUS: Concerto pour violon en ré mineur.( SIBELIUS: Einlnmlia BILLETS: 7,75$ 12,25$ 16.50$ l mi les dimanches STANDARD LIFE Richard Hoenich, chef James Ehnes, violon Julie-Anne Ferland-Drolet, cor Mare-André Gauthier, violon 3 •KM ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL Charles dutoit CLICHÉ RÉPÉTÉ Â ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT.EN RAISON DU TEXTE MAL IMPRIME C-6 M Le Devoir, samedi 12 décembre 1992 m le cahier du VITRINE DU DISQUE Compacts «campagnards» pour décorer l’arbre A Very Special Christmas 2 A&M (PolyGram) CHIC ALORS! nous étions-nous exclamé en 1987, ravis de l’aubaine.Pensez-donc: Noël chanté par Sting, U2, Peter Gabriel, John Mellen-camp, Bruce Springsteen et compa- fnie sur un même album, A Very pedal Christmas.Rien que des Grandes pointures réunies pour une onne cause, les Special Olympics.Depuis, sinon la réédition l’an dernier du légendaire album de Noël de Phil Spector, le temps des fêtes a été plutôt calme pour les amateurs de rock’n’gui.Voilà qu’on remet ça en 1992 avec A Very Special Christmas 2.Du même acabit?Hélas, non.Forcément, comme on s’était déjà payé les meilleurs la première fois, on a dû viser moins haut, ce qui, en soi, n’est pas si grave.Le problème, c’est qu’on a majoritairement négligé le rock au profit de la pop ultra sophistiquée, pasteurisée et javelisée des Michael Bolton, Tevin Campbell, Debbie Gibson, Wilson Phillips et autres Vanessa Williams, tartines du palmarès adult contemporary.Ainsi, le trop soyeux Luther Van-dross enfle le Christmas Song de Mel Tormé jusqu’à ce qu’il vous pète à la figure.Cyndi Lauper, pas plus fine, s’insinue dans un vieil enregistre- • K^jctirxl de vw -—- ELECTRO CLIPS NORMANDEAL T M I B A L 1 I .2 CD (158') «livre de 220 pages 4 CD de 25 clips de 3' * livret de 58 pages NOUVEAUTÉ +¦ O A O U S T SMAlïtï ¦; /Hi I#S4*'4 ' empreintes DIGITALes 8 SONARf Des compacts pressés d’audace et de musique qui s'écoute S M IJ N M pour les musiques invisibles NOUVEAUTE Atlantide • Colgot(h)a BRÉCENT • BOUDREAU/DUCUAY plus de cinquante musiciens radiophonie et myhtologie sonore CHANTS LIBRES Ne blâmez jamais les bédouins THIBAULT/DUBOIS Pauline Vaillancourt.soprano opéra solo sur CD • livre de no pages \ a < • lh i l
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