Le devoir, 6 janvier 1993, mercredi 6 janvier 1993
30% SOLDE D'HIVER Vêtements isolants prêts à porter, pulls chemises et pantalons pour hommes et femmes 3525.chemin Queen Mary Tel : 739-4451/2141 Vol.LXXXIV — No Montréal, mercredi 6 janvier 1993 Ensoleillé avec passages nuageux.Détail page 4.Çi Jr * SOCIÉTÉ Islam: la libération piégée L’islam, la religion millénaire, ne cesse de gagner en influence et est devenue une formidable force de mobilisation sociale dans les pays arabes.Si des élections s’y déroulaient demain, les islamistes risqueraient de prendre le pouvoir.Dans le premier d’une série de trois articles, notre collaboratrice Martine Turenne cerne les raisons profondes qui motivent une telle effervescence religieuse, identifiée à une libération qui se bute cependant aux limites de l’espace culturel qu’elle occupe.Page 11 Bombardier affiche complet Son carnet de commande pour les prochaines années est de 8 milliards $ Claude Turcotte EN RECEVANT avant-hier la confirmation d’une commande de 856 millions $ CAN de la part de la Société nationale des chemins de fer belges, Bombardier portait son carnet de commandes pour 1993 et les prochaines années à environ 8 milliards $, partagés également entre les groupes de l’aéronautique et du matériel de transport.Même si la récession a touché Bombardier comme à peu près tout le monde, en le forçant à ralentir BOMBARDIER 1^* son programme de développement, il n’en reste pas moins que depuis quelques années, il s’est passé rarement une saison sans que ne survienne l’annonce d’un contrat important.Le dernier dans le temps, celui reçu par Bombardier Eurorail S.A.et portant sur une commande de 120 automotrices triples (soit 360 voitures) et 163 voitures de train, est le plus important pour la filiale belge et le deuxième plus important dans l’histoire de Bombardier pour le matériel de transport.Le plus grand contrat reste encore la commande de 1 milliard $ de la part de la ville de New York pour plus de 850 wagons de métro.Ce contrat belge sera rempli en grande partie par BN, la filiale bel-Voir page 4 : Bombardier Désastre écologique en mer du Nord Un pétrolier en route pour Québec s’échoue aux îles Shetland D 'après Reuter SUMBURGH (ÉCOSSE) - Un pétrolier transportant l’équivalent de 600 000 barils de pétrole s’est échoué hier sur des récifs près des îles Shetland, au nord de l’Écosse, où la tempête empêche les autorités de prévenir une marée noire qui s’annonce désastreuse.L’archipel est formé d’une centaine dlles, dont une vingtaine sont habitées.Depuis la fin des années soixante-dix, la vie dans ces îles a complètement été bouleversée par la multiplication de forages pétroliers dans la mer du Nord.Selon un journaliste de la radio écossaise qui se trouve sur place, «la nappe de pétrole est déjà d’une am- pleur considérable».«Il est quasiment impossible d’éviter une catastrophe écologique de grande ampleur», a déclaré de son côté Paul Horsman, du mouvement écologiste Greenpeace.Le Braer, qui bat pavillon libérien, transporte 84 500 tonnes de pétrole.Le Braer a été construit en 1975 à Nagasaki, au Japon et, selon la société norvégienne où il était enregistré, il était en bon état et bien entretenu.Selon des témoins, des voies d’eau sont apparues en dessous de la ligne de flottaison à l’avant et à l’arrière du pétrolier.L’épave a été jetée par la tempête sur des rochers au pied d’une falaise de près de 250 mètres de haut.Plusieurs heures après le naufrage, les responsables locaux affirmaient ne pas pouvoir fournir d’estimation des dégâts ni pouvoir agir pour prévenir l’extension de la marée noire.«Nous devons simplement attendre et voir», a déclaré un porte-parole de l’Unité de contrôle de la pollution marine, dont les avions de reconnaissance sont cloués au sol par le mauvais temps.La tempête, avec des vents atteignant 100 km/h, empêchait hier après-midi les avions de décoller et d’asperger des produits dispersants, a déclaré David Deas, de l’Unité de contrôle de la pollution marine.Le pétrolier se trouve sur la côte Voir page 4 : Désastre LA SURVIVANCE À SARAJEVO PHOTO AFP * w i«u j ’•IV,, REZA HIC mmm jm • : /• ,4 1 ‘ - ¦ ¦^1 æaesm Un résidant de Sarajevo a trouvé de quoi chauffer sa maison dans un cimetière de la ville.Il débite un des derniers arbres qui s’y trouvent encore.La capitale bosniaque est toujours assiégée et ses habitants apprennent à survivre avec les moyens du bord.L’ONU mal aimée gér Gh S L’ONU est attaquée de toutes parts.Après le dur voyage de son secrétaire énéral Boutros Boutros-ali en Bosnie-Herzégovine, en Somalie et en Éthiopie, où les foules l’ont chahuté copieusement, c’était hier et avant-hier au tour des factions cambod-iennes et de l’Etat Israël e s’en prendre à l’organisation internationale.À la suite du prince Norodom Sihanouk oui l’avait fait la veille, son fils Norodom Ranariddh a dénoncé hier l’APRONUC force de l’ONU au Cambodge en lui refusant désormais toute coopération, ce qui met encore plus en péril la mission déjà difficile de l’ONU dans ce pays.En Israël, près de trois semaines apres l’expulsion des 415 Palestiniens des Territoires occupés, les autorités veulent éviter le couperet des sanctions du Conseil de sécurité, qui réclame la réintégration immédiate des expulsés et hausse le ton à l’égard de l’Etat juif.De son côté, M.Boutros-Ghali a durci le ton hier en dénonçant les factions so-maliennes en guerre et en les enjoignant a négocier et à s’entendre.Voir nos informations page 7.Dans un éditorial intitulé «Pauvre ONU», François Brousseau se demande Êour sa part «ce que M.outros-Ghali a bien pu faire au bon Dieu» pour recevoir une telle série de tuiles sur la tête.Il analyse les raisons du discrédit actuel de la grande organisation internationale et plaide pour une paix onusienne qui ne soit pas une pax americana.Voir page 14.Affaire Trevor Kelly Le ministre se tait et attend les conclusions de renquete de la Surete Le boulet de Bill Clinton La dette du gouvernement fédéral croît plus vite que l’économie et limite sérieusement les options du président-élu D'après le New York Times LA LOURDE et croissante dette fédérale américaine limite sévèrement les options du président-élu Bill Clinton au moment où il se prépare à remodeler le budget que le président sortant, George Bush, soumettra au Congrès la semaine prochaine .Ce processus de révision, qui aura lieu au cours des prochaines semaines, marquera un tournant déterminant pour le nouveau président.En soumettant ainsi ses promesses électorales à la discipline de l’élaboration d’un budget, il donnera au pays une première idée de ses intentions réelles, tout comme le premier discours budgétaire de Ronald Reagan, le 18 février 1981, avait esquissé les grandes lignes de toute la «révolution rea-ganienne» qui allait suivre.Certaines choses sont déjà claires.Les promesses de M.Clinton de créer des emplois et de stimuler l’investissement pour revigorer l’économie seront limitées par la dette fédérale, qui croît plus vite que l’économie.Ét le coût du service de la dette consomme une large part des recettes fiscales de l’État.Depuis l’arrivée au pouvoir de Ronald Reagan, la dette a quadruplé, passant de 735 milliards $ US en janvier 1981 à plus de 3000 milliards $ aujourd’hui.L’an dernier, pour la première fois depuis la fin des années 1950, la dette cumulée équivalait à plus de la moitié de la taille totale de l’économie américaine.Les intérêts à payer, soit 199 milliards $ pour la dernière année fiscale, dépassent maintenant la somme de tous les budgets fédéraux en matière d’éducation, de science, de main- tien de l’ordre, de transport, de logement, de bien-être social et d’aide alimentaire aux défavorisés.Tenant des propos de mauvais augure pour le président-élu, les membres de l’équipe Clinton, les parlementaires tant démocrates que républicains et les économistes indépendants s’accordent généralement sur les points suivants : M.Clinton est vraisemblablement incapable de «réduire le déficit de moitié d’ici quatre ans», comme le promettait sa plate-forme électorale.La tâche est devenue plus ardue depuis la publication de cette plate-forme.en juin dernier, parce que les hypothèses de croissance économique sur lesquelles elle reposait ont dû être révisées à la baisse depuis lors.Les coûts des programmes de santé augmentent en outre plus vite que prévu, et le Congrès a différé la compabilisation des frais encourus pour l’opération de sauvetage des caisses d’épargne.Serrer la vis budgétaire sur une économie fragile tuerait dans l’oeuf la reprise naissante et aboutirait, à long terme, à creuser encore davantage les déficits bud-géaires.Les parlementaires démocrates soutiendront des mesures de réduction du déficit étalées sur cinq ans, mais estiment que la tâche urgente du gouvernement est de contribuer à créer des emplois et à stimuler l’économie en 1993.La dette fédérale atteindra le plafond légal actuellement en vigueur en mars ou dans les premières semaines d’avril.Le Congrès devra d’ici là voter un relèvement du plafond d’emprunt que le gouvernement est autorisé à contracter, faute de quoi l’appareil gouverne- mental ne pourra plus fonctionner.Certains parlementaires essaieront d’utiliser le texte de loi autorisant ce nouveau plafond comme véhicule pour introduire des changements majeurs dans le processus budgétaire du Congrès.De telles tentatives risquent de perturber l’agenda et l’échéancier de M.Clinton en lançant un acrimonieux débat partisan sur la politique budgétaire.Le Congrès sera probablement plus enclin que M.Clinton à mettre la hache dans les dépenses militaires et dans l’aide à l’étranger, mais plus réticent à tailler dans les programmes intérieurs.«Irresponsabilité budgétaire» La morosité économique a contribué à alourdir la dette fédérale.De récents calculs de l’Office budgétaire du Congrès (CBO) montrent que la dette équivaut maintenant à 51,1'#’ du produit intérieur brut américain.Cette proportion était de 47,8 % en 1991 et de seulement 26,5 % en 1981, quand M.Reagan est arrivé à 1^ Maison Blanche.La dernière fois que la dette des États-Unis a atteint un tel sommet par rapport à la production économique nationale, c’était à la fin des années 1950 et cela reflétait la facture laissée par la seconde guerre mondiale.Selon les statistiques compilées par l’OCDE (Organisation de coopération et de développement écono-ipiques), le ratio dette publique/PIB est plus élevé aux États-Unis qu’en France, en Allemagne ou en Grande-Bretagne.Pour chaque dollar qu’il dépense, le gouvernement américain ne collecte que 79 cents.Voir page 4 : Clinton Hj RENTRÉE CULTURELLE 1993»»P- RÉSERVATIONS PUBLICITAIRES (514) 985-3399 Date de tombée: le 8 janvier 1993 LE DEVOIR 9 THÉÂTRE » 8 » CINÉMA « iPICTACl RADIO » LË « MUSI0UE * I ART! VISUELS » IANSB DISC!! ¦Hfli lis 9 VIDÉO 2 M Le Devoir, mercredi 6 janvier 1993 Des éoliennes bien moins coûteuses que l’électricité Louis-Gilles Francoeur UNE ÉTUDE effectuée pour Hydro-Québec par SNC-Shawinigan Inc indique qu’il en aurait coûté 9,7 cents du kilowatt-heure pour produire de l’électricité avec des éoliennes couplées à des diesels sur la Basse Côte-Nord, soit à peu près la moitié du coût du kilowatt-heure que produira le barrage Robertson dans la même région.Le barrage, qu’Hydro-Québec a été autorisé à construire après avoir été exemptée d’une nouvelle audience publique par le ministre de l’Environnement, M.Pierre Paradis, produira en effet de l’électricité au coût de 17 cents du kwh, précisait hier la porte-parole de la société d’Etat, Mme Marie-Pierre Bonas-sieux.Les Montagnais de la Basse Côte-Nord tentent d’obtenir une injonction de la Cour supérieure pour paralyser le démarrage de ce projet jusqu’à plus ample évaluation.Le projet est, à leur avis, d’autant plus mal évalué, que Québec n’a pas respecté la règle en vertu de laquelle il renvoyait en audience tout projet ayant franchi cette étape plus de cinq ans auparavant.Selon le ministre, le projet n’avait pas vraiment changé depuis sa première évaluation et rien ne justifiait, à son avis, une nouvelle évaluation même si, la première étude d’impacts ne comprenait aucune véritable alternative.L’étude commandée par Hydro-Québec à SNC-Shawinigan visait à combler quelque peu cette lacune mais sur le tard car Québec avait approuvé le projet de barrage à la mi-juillet.Le rapport SNC, déposé par Hydro-Québec au procès de Sept-Iles, a été remis à la société d’Etat en août 1992.On n’y précise pas quand et quel mandat formel a présidé à sa naissance.Meilleure comparaison Les auteurs du rapport concluent leur analyse économique en disant que le meilleur «indicateur» de rentabilité d’un mini-parc d’éolienne était non pas une comparaison des coûts de ces appareils versus les diesels mais avec le coût réel de l’énergie produite pour alimenter la région, c’est-à-dire le barrage Robertson.«Faute d’avoir ce coût pour les autres options étudiées dans le cadre du programme d’alimentation de la Basse Côte-Nord, la comparaison en regard de ce critère ne peut pas être présentée ici», écrivent les experts de SNC.Selon ces derniers, le remplacement d’une partie de la production des diesels de la région par un miniparc d’éoliennes de 3 mégawatts «n’est pas économiquement viable» au taux d’actualisation utilisé dans l’étude, soit 10%, et au prix actuel du pétrole dans la région, soit 21,8 cents le litre.Mais, ajoutent-ils, le projet «devient viable à un taux d’actualisation de 8%».Et il serait «davantage viable économiquement» si Hydro-Québec acceptait d’envisager qu’un tel parc puisse fournir de la puissance au mini-réseau régional, ce que la société d’État refuse d’envisager malgré l’expérience des Américains et des Européens dans ce domaine.En réalité, l’étude SNC postule d’entrée de jeu que les diesels de cette région devront toujours fonctionner à la moitié de leur régime et que le reste de la demande seulement sera comblée par les éoliennes.Plus efficaces Il s’ensuit de cette hypothèse que les éoliennes envisagées par SNC ne fourniraient sur une base annuelle que la moitié environ de la puissance qu’elles pourraient, autrement, extraire du vent.Même avec un tel taux d’inutilisation, leur coût de revient est de 9,7 cents du kwh.Au double de ce rendement, on peut imaginer que leur production se situerait aux alentours de 4,47 cents du kwh, soit très près de ce que coûtera vers l’an 2000 l’électricité d’un projet comme Grande-Baleine.Autre conséquence des paramètres d’étude imposés par Hydro-Québec, l’importance relative des coûts des différents parcs d’éoliennes augmente avec la taille des projets, ce qui est le contraire habituellement.Cela tient au fait que l’inutilisation forcée des appareils est plus coûteuse dans le cas des appareils de grande taille.Ce serait aussi le contraire, en réalité, notent les auteurs du rapport SNC, si on avait modélisé un parc d’éoliennes dont la production totale aurait été introduite dans le réseau provincial puisque les appareils auraient alors atteint leur performance optimale.K Ce ntl 4s WfcM 1 J PHOTO AP Pendez:le! Lundi soir à H alla Walla dans l’état de Washington, des manifestants approuvaient bruyamment la pendaison de Westley Allan Dodd, le meurtrier de trois jeunes garçons.Cette pendaison a été la première à survenir aux États-Unis depuis 1965.Les autos de promenade coûteront moins cher dans 17 municipalités Norman Delisle de la presse canadienne Les propriétaires de vé-ade QUEBEC-hicules de promenade de 17 municipalités seront exemptés en 1993 du supplément de 30$ sur leurs frais d’immatriculation en vue de financer le transport en commun.Parmi les municipalités concernées, sept sont de la région de Montréal.Ce sont Beauharnois, Melocheville, Mirabel, Oka (la paroisse et la municipalité), et Saint-Placide (le village et la paroisse).Dans la région de Québec, on compte trois municipalités de Pile d’Orléans, soit Saint-François, Saint-Jean et Saint-Laurent, de même que Shannon et Saint-Ga-briel-de-Valcartier.En Mauricie, les propriétaires de véhicules de promenade de Bécancour et de Champlain seront exemptés du supplément.Ce sera le cas également à Larouche et à Laterriè-re, au Saguenay, de même qu’à North Hatley, en Estrie.Le ministre des Affaires municipales, Claude Ryan, a indiqué que l’exemption avait été consentie aux propriétaires de ces 17 municipalités parce que ces derniers «n’avaient pas à se déplacer tellement souvent vers le centre de la région» où ils habitent.Il a cité l’exemple de la municipalité de Bécancour dont les habitants ne vont pas souvent à Trois-Rivières.«Ce sont plutôt les gens du centre urbain qui vont vers Bécancour pour travailler parce que Bécancour est un parc industriel», a dit M.Ryan, lorsque cette mesure a été étudiée le mois dernier par l’Assemblée nationale.En 1992, le ministre Ryan avait imposé des frais supplémentaires de 30$ sur l’immatriculation des véhicules de promenade dans 195 municipalités du Québec, toutes situées dans les grands centres urbains.Les frais visent à compenser le gouvernement qui assure le financement des immobilisations en matière de transport en commun dans les centres urbains.Cette «surtaxe» a rapporté l’an dernier 55millions$ au gouvernement québécois.AVIS DE CONCOURS CONCOURS OUVERTS AUX HOMMES ETAUX FEMMES DIRECTEURS ET DIRECTRICES DU SCRUTIN Nous sommes à la recherche de personnes désirant relever le défi de seconder le Directeur général des élections en devenant responsable de la tenue des événements électoraux dans leur milieu.Ces concours visent à combler les postes de directeurs et de directrices du scrutin dans les circonscriptions électorales suivantes: BLAINVILLE, B0URASSA, CHARLESBOURG, JEANNE-MANCE, ÎLES-DE-LA-MADELEINE, MARGUERITE-D'YOUVILLE, MILLE-ÎLES, NOTRE-DAME-DE-GRÂCE, PONTIAC, RICHELIEU, ROBERT-BALDWIN, ROUSSEAU, SAINT-HENRI-SAINTE-ANNE, SAINT-LAURENT, VERCHÈRES.ATTRIBUTIONS Assumer dans sa circonscription électorale la responsabilité de la tenue d'événements électoraux ainsi que de la délimitation des sections de vote et des secteurs électoraux.CONDITIONS D'ADMISSION AUX CONCOURS Posséder la qualité d'électeur et être domicilié dans la circonscription électorale pour laquelle le candidat ou la candidate pose sa candidature ou dans une circonscription électorale contiguë pourvu que, dans ce dernier cas, la personne soit en mesure d'exercer la fonction d'une façon satisfaisante comme si elle était domiciliée dans la circonscription électorale pour laquelle elle est nommée.Comme des modifications ont été apportées à la carte électorale, soit par la création de nouvelles circonscriptions, soit par la modification des limites de certaines d’entre elles, veuillez vérifier la circonscription électorale ou la circonscription électorale contiguë dans laquelle vous êtes domicilié(e) en communiquant avec le Directeur général des élections au numéro de téléphone mentionné plus loin.COMPÉTENCES RECHERCHÉES • Posséder une expérience dans diverses activités professionnelles ou personnelles reliée aux domaines de la gestion administrative, de la formation de personnel et des communications avec le public.• Démontrer des habiletés professionnelles pertinentes à l'exercice des fonctions de directeur/directrice du scrutin plus particulièrement dans l'organisation d'activités, la formation du personnel et les communications avec le public.• Posséder une connaissance suffisante de la Loi électorale.• Avoir une très bonne connaissance de la circonscription électorale.• Avoir la connaissance de la langue française.• Connaître la langue anglaise lorsque le nombre d'électeurs et d'électrices anglophones le justifie.L'expérience acquise dans le domaine électoral ou dans des organisations de type communautaire ou social sera considérée comme un atout.DURÉE DU MANDAT La durée du mandat est de dix ans.Notons que la Loi électorale oblige l'employeur à accorder un congé sans solde et à ne pas exercer de sanctions à l'égard d'un employé ou d'une employée exerçant les fonctions de directeur ou de directrice du scrutin et ce, pour le temps nécessaire à la gestion des événements électoraux.RÉMUNÉRATION Le taux horaire pour cet emploi est d'environ 30 $.Le nombre d'heures requis annuellement peut varier entre 30 et 600 heures selon le nombre et la durée des activités.INSCRIPTION Pour obtenir un formulaire d'inscription ou toute autre information relative à ces concours, veuillez composer, entre 8 h 30 et 16 h 30, du lundi au vendredi, l'un ou l'autre des numéros de téléphone suivants: pour la région de Québec: 528-0422 à l'extérieur de Québec (sans frais): 1 800 461-0422 Les formulaires d'inscription doivent parvenir aux bureaux du Directeur général des élections avant 16 h 30 le 27 janvier 1993.[Xj y LE DIRECTEUR GÉNÉRAL DES ÉLECTIONS DU QUÉBEC Pierre-F.Côté, C R Mais le porte-parole de l’opposition, le député de Jonquière, Francis Dufour, a soulevé plusieurs questions concernant le supplément de 30$ pour l’immatriculation dans les zones urbaines.Cette mesure a «forcé les municipalités à augmenter le prix du transport en commun et rien ne garantit un transport en commun de qualité pour l’avenir., a dit M.Dufour.Le député de Jonquière a aussi fait valoir la façon bizarre dont la liste des municipalités exemptées a été dressée.Une première liste de huit municipalités a été établie mais l’opposition a protesté quand elle a constaté qu’aucune municipalité située dans un comté ayant élu uji député du Parti québécois n’avait été retenue.Le ministre Ryan a alors accepté d’ajouter neuf autres municipalités à la liste.M.Dufour a néanmoins fait valoir que plusieurs municipalités qui ne jouissent pas de service de transport en commun, verront néanmoins leurs propriétaires de véhicules de promenade être frappés du surplus de 30$ quand viendra le temps du renouvellement des plaques d’immatriculation.«Le ministre est demeuré insensible à nos arguments et il a préféré faire du cas par cas», a déploré le député Dufour.EN BREF Les Canadiens sont plus charitables OTTAWA ( PC ) — En 1991, les .Québécois, comme les autres Canadiens, ont donné davantage aux oeuvres de charité que l’année précédente, malgré la récession.Les chiffres divulgués hier par Statistique Canada révèlent que les résidants du Québec ont versé 400,4 millions$ aux organisations caritatives en 1991.Cela équivaut à 326$ en moyenne par donateur, contre 310$ en 1990.Même s’ils ont donné plus que l’année précédente, les Québécois ont été les moins prodigues au pays.Dans le reste du Canada, le don moyen a été d’environ 567$, contre 545$ en 1990.Les plus généreux ont été les résidants des Territoires du Nord-Ouest, qui ont contribué 716$ en moyenne en 1991 — plus que tout autre territoire ou province.En tout, 5,4 millions de Canadiens ont acheminé 3,1 milliards $ aux organismes charitables en 1991, une hausse de sept pour cent par rapport à l’année précédente.De façon générale, les Canadiens âgés de 55 à 64 ans étaient les plus enclins à prodiguer leurs largesses, avec des dons de 1400$ en moyenne, tandis que ceux de 35 ans et moins donnaient les plus faibles montants, 280$ en moyenne.Statistique Canada a signalé que les moyennes des montants donnés se trouvent gonflées par le petit nombre de Canadiens riches qui allouent de grosses sommes aux organisations de charité.Le don médian, qui reflète plutôt le montant des dons les plus courants, a été de 130$ au Canada.Terre-Neuve, la province la plus pauvre, enregistrait le don médian moyen le plus élevé en 1991, soit 230$.Avec un don médian de 80$, le Québec était le plus chiche donateur.Procès de Fabrikant le 8 mars LE PROCES de l’ex-professeur Valery Fabrikant, de l’Université Concordia, qui doit répondre à des accusations de meurtre et de tentative de meurtre relativement a la fusillade qui a fait quatre morts et un blessé, en août dernier, débutera le 8 mars prochain.Le juge Claire Barrette-Joncas, de la Cour supérieure, a retenu cette date, hier, après que Fabrikant eut rejeté une suggestion pour fixer l’audition de la cause à une date : • plus avancée.L’ex-professeur a de' nouveau profité de sa présence en * cour pour présenter des requêtes, dont une visant à lui permettre de quitter la prison sous escorte policière pour préparer sa cause.Le juge lui a toutefois rappelé que sa comparution avait pour unique but de fixer la date du procès.4b 4b 4b 4b # 0 # 0 # z # 0 4^ ASSEMBLEE NATIONALE AVIS DE CONSULTATION GENERALE Les thérapies alternatives La Commission des affaires sociales est chargée de procéder à une consultation générale et de tenir des auditions publiques à compter du 23 février 1993 sur les thérapies alternatives et, à cette fin, d’examiner: — la reconnaissance professionnelle de certains thérapeutes alternatifs et les mécanismes de reconnaissance des thérapeutes non éligibles à un statut professionnel au sens de la loi; — l’information au pubile; — la contribution du réseau de la santé et des services sociaux pour qu’il favorise la liberté des choix thérapeutiques.Toute personne ou organisme qui désire exprimer son opinion sur ce sujet peut soumettre un mémoire à la Commission des affaires sociales.Les mémoires devront être reçus au Secrétariat des commissions au plus tard le 8 février 1993 en 25 exemplaires de format 21,5 cm sur 28 cm (8‘/2 pouces sur 11 pouces).Ils devront être accompagnés d’autant d’exemplaires d’un résumé de leur contenu.La Commission prendra connaissance des mémoires reçus.Elle choisira alors, parmi les personnes et les organismes qui lui ont fait parvenir un mémoire, ceux qu’elle entendra.Les personnes ou les organismes qui désirent que leur mémoire soit transmis à la Tribune de la presse doivent en faire parvenir 35 exemplaires supplémentaires.Veuillez adresser les mémoires, la correspondance et les demandes de renseignements à: Me Denise Lamontagne Secrétaire de la Commission des affaires sociales Secrétariat des commissions Hôtel du Parlement Bureau 3.28 Québec (Québec) GlA 1 A3 Téléphone: (418)643-2722 Télécopieur : (418) 643-0248 Avis publié par le Secrétariat des commissions Le Devoir, mercredi 6 janvier 1993 M 3 L’affaire Trevor Kelly Le ministre se tait en attendant les conclusions de F enquête policière Le vandalisme contre les synagogues: des néo-nazis plus organisés Paul Cauchon MALGRE une demande d’enquête publique formulée par le Parti québécois sur la mort de Trevor Kelly, le ministre de la Sécurité publique n’a aucun commentaire à faire pour le moment, attendant les conclusions de l’enquête actuellement menée par la Sûreté du Québec sur cet événement.Au nom de l’Opposition officielle le député Michel Bourdon appuie la demande de certains représentants de la communauté noire de mener une enquête publique sur la mort de Kelly, «comme ce fut le cas lors du décès de Marcellus François», ajoute-t-il.Au Service de police de la communauté urbaine de Montréal on indique également qu’aucun commentaire ne sera fait tant que la SQ n’aura pas terminé son rapport.Trevor Kelly, Montréalais d’origine jamaïcaine, a été abattu vendredi soir par un policier qui a cru la vie de son collègue en danger.M.Kelly se serait rué sur un des poli- LE CORONER Cyrille Delâge insiste sur son plaidoyer en faveur de la prévention dans son rapport sur l’incendie criminel du centre d’accueil Saint-Isidore, au sud de Montréal, qui a fait cinq morts, le 12 décembre 1991.Dans son rapport d’une trentaine de pages, rendu public hier, le coroner recommande que les édifices hébergeant des personnes dont l’état de santé physique et mental rend l’évacuation problématique soient munis de gicleurs automatiques.Le coroner précise que cette mesure devrait s’appliquer à tous ces édifices, à tous les étages et dans toutes les pièces.Pour diminuer le nombre de décès dus aux incendies, Me Delage soutient ciers avec un couteau.Le coroner a fait savoir avant-hier soir que la victime avait été atteinte dans le dos par un coup tiré de côté.Le règlement sur l'utilisation des armes à feu a été révisé en septembre dernier par le Sendee de police de la Communauté urbaine de Montréal (SPCUM) et il prévoit que l’usage de l’arme de sendee est permis dans trois cas: «en dernier recours; lorsqu'une vie humaine est en danger; ou pour euthanasier un animal dangereux ou souffrant».En attendant de savoir si une vie humaine était effectivement en danger, cette histoire ne contribue en rien à améliorer les relations entre la police et la communauté noire, des représentants de cette communauté doutant déjà de la version policière.Il faut se rappeler qu’à la suite de l’affaire Marcelus François, tué par un policier en juillet 1991, le coroner Harvey Yarovsky remettait au printemps dernier un rapport accablant pour le service de police, qui recommandait une révision de l’organisation, des méthodes, des standards, des pratiques, des procédures de Ten- ue les règles de prevention existantes evraient être rendues plus sévères.¦ On se rend bien compte que les règles de prévention existantes doivent être repensées», écrit-il.Le coroner recommande notamment ciue le nombre minimal d’effectifs affectés à la surveillance des bénéficiaires résidant dans ce genre d’édifices soit révisé à la hausse.Il propose enfin aux petites municipalités, villages et paroisses de faire appel, une ou deux fois l’an, à l’un ou l’autre des 1000 techniciens en prévention des incendies que compte le Québec.Philosophe, le coroner Delâge rappelle que la protection contre les incendies devrait être dirigée d’abord vers la prévention.semble du service.M.Yarovsky concluait également qu’il existait toujours un sérieux problème d’attitude au sein du service de police envers la communauté noire, et il recommandait qu'un groupe de travail soit nommé pour élaborer un programme d’action afin de contrer les «attitudes racistes individuelles» dans le sendee, groupe qui a été créé.Le Commissaire à la déontologie policière a également procédé à une enquête sur les éventuels manquements à l’éthique policière commis lors de l’opération qui a mené à la mort de Marcelus François, et son rapport doit être prêt d’ici la fin janvier.Le commissaire pouirait décider de citer à comparaître des policiers devant le comité de déontologie policière, tout comme il pourrait juger qu’il n’y a pas eu de manquements.Paul Cauchon LE VANDALISME constaté samedi dernier dans sept synagogues de la région montréalaise a suscité la réprobation générale hier alors que, dans une complète unanimité, s’indignaient le maire de Montréal, la ministre Monique Gagnon-Tremblay, la Société St-Jean-Bapiste et plusieurs autres groupes.La Ligue Antifaciste Mondiale (LAM), qui observe avec attention les activités des groupes d’extrême-droite et néo-nazis, croit que ces actes témoignent d’un sens de l’organisation de plus en plus poussée.«Dans les mouvements néo-nazis au Québec les moyens utilisés semblent se raffiner», explique Alain Dufour, responsable de l’organisme.«Mais on n’a pas noté de progression du nombre d’adhérents.Je crois même que le membership a baissé».Alain Dufour remarque que contrairement à la profanation de cimetières juifs commise il y a deux ans, «une opération réalisée de façon un peu anarchique par des jeunes qui sortaient des bouches de métro», cette fois-ci les synagogues ont été vandali-sées en quelques heures alors quelles obvient assez éloignées l’une de l’autre.«Mais rien ne prouve encore qu’il s’agit d’une groupe vraiment organisé, continue-t-il.Il peut s’agir aussi d’un ou deux individus obsédés».Une récompense de 10 000 $ est offerte à quiconque offrira des renseignements conduisant à l’arrestation des responsables.L’organisme Jeunesse au Soleil, qui a reçu la moitié de cette somme d’un donateur anonyme, explique qu’il s’agit d’un homme d’affaires qui désire «mettre un terme à ces gestes posés contre ces institutions avant que le désordre se répande.» Pour Alain Dufour il s’agit là d’une initiative intéressante qui risque de déstabiliser le groupe responsable des actes, si groupe il y a.«Pour un jeune qui n’a pas d’argent et qui est dans un groupe néo-nazi la perpective de toucher une telle somme en dénonçant ses collègues pourrait être alléchante».Par ailleurs ces actes de vandalisme (essentiellement des dessins de croix gammées et des graffiti évoquant l’Allemagne nazie) commises samedi ont suscité une véritable levée de boucliers.La ministre des Communautés culturelles et de l’Immigration Monique Gagnon-Tremblay a voulu «partager 1 indignation et la tristesse de la communauté juive devant ces actes qui rappellent les événements les plus douloureux de son histoire (.) De tels agissements jettent le discredit sur toute la société québécoise qui, dans sa très grande majorité, est résolument tolérante et attachée au principe de la liberté des religions».La ministre appelle la population à rester vigilante devant toutes les expressions de racisme et d’antisémitisme qui constituent «une atteinte à la volonté de bâtir une société juste et respectueuse de ses minorités».Au Québec, conclut-elle, «il n’y a pas et il n’y aura pas de tolérance à l’intolérance».Le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Jean Do-rion, ajoute que «ces gestes odieux méritent une réprobation immédiate.Leurs auteurs doivent savoir qu’ils ne bénéficient d’aucune complaisance au sein de notre population», ajoute-t-il, souhaitant que les dirigeants politiques et les leaders d’opinion répondent rapidement à l’appel lancé par le Congrès Juif Canadien, en dénonçant ces actes haineux.«Je sais que j’exprime le sentiment de la plupart des Montréalais en disant que je me sens personnellement outragé par les profanations dont ont été l’objet, en fin de semaine, différentes synagogues de Montréal, déclare pour sa part le maire de Montréal Jean Doré.Nous tenons à réitérer notre solidarité avec la communauté juive de Montréal.» Les actes de vandalisme ont été également déplorés par le Comité consultatif sur les relations interculturelles et interraciales de la Communauté urbaine de Montréal, par le Conseil des communautés culturelles et de l'Immigration, par le président du Centre international des droits de la personne et du développement démocratique Ed Broadbent, par le chef du Part égalité Robert Libman, par l’Opposition officielle à la Chambre des Communes d’Ottawa.PHOTO JACQUES GRENIER Enfin! Normalement si occupé durant les Fêtes, le Mont royal est resté désespérément vide cette année, faute de neige.Le policier Claude Girard, sur Paladin, a acucilli hier en conséquence le petit Jonathan.Enfin de la neige et enfin des visiteurs! D’abord prévenir les incendies 3250 $ pour sa phobie des policiers CARRIERE rde 10:0»“ flJOJ xNts etabom SSb MBNT 1er de 18:°° enl H TOUS ESTIiailOI CEPSUM linni>iue l'ambiance.Danny Year UNE FEMME qui a développé une phobie à l’endroit des policiers à la suite d’une arrestation a obtenu 3250$ de la Communauté urbaine de Montréal au terme d’un règlement à l’amiable.Agée de 23 ans, Rachel Jankielsz-tajn affirmait que les policiers du Service de police de la CUM ne l’ont pas informé de ses droits lors d’une arrestation et d’une détention injustifiées, l’ont détenue illégalement et ont omis de vérifier qu’un mandat d’arrestation émis à son endroit n’était plus valable depuis deux ans.En Cour supérieure, Mme Jan-kielsztajn réclamait 36 100$ pour préjudice psychologique à la CUM.L’entente à l’amiable met fin à cette poursuite judiciaire amorcée en 1990.C’est le 14 octobre 1989 que Mme Jankielsztajn est arrêtée par des policiers du SPCUM pour avoir brûlé un feu rouge à l’intersection des rues Bélanger et Saint-Hubert.Le policier André Gascon l’informe alors qu’un mandat d’arrestation a été émis contre elle.Elle se rend au poste 43.Mme Jankielsztajn explique aux policiers que le mandat darrestation ne pou- Malenfant: des créances de 22 millions $ QUÉBEC (PC) — Les créances ordinaires du Groupe Malenfant dépassent maintenant les 22 millions$, selon les documents envoyés hier à tous les créanciers.Les petits créanciers récupéreraient donc, au mieux, sept pour cent des sommes qui leur sont dues.C’est ce que permettent de conclure les derniers états financiers préparés par le syndic à la proposition, Marc Sheedy, de la firme Coopers et Lybrand.Raymond Malenfant propose d’utiliser un prêt de deux millions$, accordé par Gestion immobilière Im-uua, pour se sortir du bourbier.Les documents relatifs à ce prêt indiquent par ailleurs qu’en plus des (leux hypothèques d’un million$ chacune sur ses hôtels, M.Malenfant, son épouse et leur société, Motel Universel inc., ont dû consentir des garanties supplémentaires d’un mil-lion$ sur leurs immeubles respectifs.L’homme d’affaires offre de rembourser dans un premier temps les quelque 400 000$ qu’il doit à ses créanciers privilégiés, selon sa propre évaluation.Une autre partie du montant servira à payer les frais encourus par cette nouvelle hypothèque.Le solde, quelque 1,5 million$, sera partagé entre les créanciers ordinaires, en proportion des créances do chacun.Comme le total de ces créances dépasse 22 millions$, le Groupe Malenfant ne pourra donc pas rembourser plus de sept ou huit pour cent de cette dette.vait être valable car il avait déjà été exécuté en 1987.Elle aurait alors invité les policiers à faire les vérifications nécessaires aux archives.Selon elle, ils ont négligé de le faire.Sans jamais avoir été informée de son droit à l’avocat, elle aurait été détenue presque trois heures dans une «cellule pour juvénile, plus confortable qu’une cellule habituelle et sans barreaux», selon l’expression des policiers.Par la suite, elle est conduite au Centre de réadaptation Cartier.Elle y sera détenue deux jours, jusqu’à sa comparution devant la Cour du Québec, le 16 octobre.C’est à ce moment qu’elle est informée que son arrestation avait été une erreur: le mandat d’arrestation avait été exécuté dès le 5 avril 1987, admettent les policiers.Il n’était donc plus valable.En conséquence, Mme Jankielsztajn pouvait quitter le tribunal.Mme Jankielsztajn est sortie bouleversée de cet épisode de sa vie, estime le Dr Robert Duguay, directeur-adjoint de la Clinique de la douleur de l’Hôtel-Dieu de Montréal, dans une évaluation de l’état psychologique de la jeune femme, déposée en Cour supérieure.Elle était bouleversée parce que sa fille, de quatre ans à l’époque, l’accompagnait au moment de l’arrestation.Devenue nerveuse après sa mévaventure policière, elle a éprouvé une peur «flottante» nui- sant à son travail et ses études.Enfin, elle a développé une peur «pratiquement phobique» à l’endroit des policiers, dit le Dr Duguay.Elle ne voudrait plus sortir avec un sac à main de peur qu’un policier lui demande ses papiers, dit-il.Selon les policiers, une simple erreur administrative viendrait expliquer la mésaventure de cette jeune montréalaise.En 1985, elle commet une infraction et doit se présenter devant le Tribunal de la jeunesse.Elle ne s’y rend pas.Le Tribunal émet alors un mandat d’arrestation contre elle.Deux ans plus tard, les policiers l’arrêtent.Le 6 avril 1987, elle comparaît devant le Tribunal.Cette affaire aurait dû en finir là.Mais les préposés du Tribunal auraient omis d’annuler le mandat d’arrestation.Lorsque, le 14 octobre 1989, les policière vérifient l’identité de Mme Jankielsztajn après qu’elle ait brûlé son feu rouge, le Centre de renseignements policiers du Québec affiche tou-jours le mandat d’arrestation de .1985.Dans cette affaire, les policiers affirment qu’ils ne pouvaient tout simplement pas la libérer puisque le mandat existait bel et bien.La CUM ni les policiers n’admettent leur responsabilité au terme du règlement à l’amiable intervenu avec Mme Jankielsztajn.En contrepartie, celle-ci ne peut dévoiler les modalités de ce règlement.Uliriles pour Ions cl pour Ions les jiorils • ?I il personnel îles pins ipitililiés * * • * I il rentre de massothérapie * ?* (Inreri "Jours pur semaine isaiij e.wepliioisi DEMANDEZ NOS PROGRAMMES ' 343-6150 0 UnivefSilo do Montreal Services aux etudiants Service des sports Crn(i e d éducation physique et des spoils de i iln.ivers11é de hontiéal deaul Cauchon, Pierre Cayouette, Jean Chartier, Louis-Gilles Francoeur, Jean-Denis Lamoureux, Louis-Guy L'Heureux, Caroline Montpetit, Bernard Morriei, Isabelli il l'information culturelle riuiinu^Q.nlKln^iin'.ntln à'ijnfor'matlonTntérnationale Jocelyn Coulo'n (responsable), François Brousseau (éditorialiste), Sylviane Tramler, Clément 'rüdol à nnfo mabon Dolïtique Josée Boileau, Jean Dion, Pierre O'Neill, Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste .1 Quebec) Michel Vcnne (correspondant parlementaire à Québec).Chantal Hébert (correspondante parlementaire à Ottawa), à l'information sportive Roland-Yves Carignan, Suzanne Marchand (adjointe à la direction).Marie-Josée Hudon.Jean Sébastien (commis).Danielle Cantara.Thérèse Cluminaonp Christiane Vaillant (clavistes).Marie-Holène Alarie (secrétaire à la rédaction).Isabelle Baril (secrétaire I la direction) LA DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur); Manon Scott, Sylvie Scott, Serge Laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITE Lise Millette (directrice) Jacqueline Avril, Brigitte Cloutier, Francine Gingras, Johanne Guibeau, Lucie Lacroix.Christiane Legault, Lise Major (publicitaires).Marie-France Turgeon, Micheline Turgeon (maquettistes); France Grenier (secrétaire).L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (coor-dinatrice des services comptables); Florine Cormier, Céline Furoy, Jean-Guy Lacas, Marie-France Légaré, Raymond Matte, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross.Linda Theriault (secrétaire à l'administration).Raymonde Guay (responsable du financement privé).LE MARKETING ET SERVICE À LA CLIENTELE Christiane Benjamin (directrice), Monique Corbeil (adjointe), Nathalie Thabet (responsable du marché institutionnel), Monique L'Heureux, Lise Lachapelle.Olivier Zuida, Rachelle Leclerc-Venne, Jean-Marc Ste-Marie (superviseur aux promotions des abonnements), Louise Paquette La PRODUCTION Johanne Brunet, Lynda Di Cesare, Richard DesCormiers, Michael Schneider, Louis Simoneau.LES ANNONCES CLASSÉES ET LES AVIS PUBLICS Yves Williams (superviseur), Manon Blanchette, Serge César, Dominique Charbonnier, Marlène Côté, Françoise Coulombe, Josée Lapointe.Sylvie Laporte, Jean Laurin, Pierrette Rousseau.Micheline Ruelland, Olivier Speciel.LE DEVOIR est publié par lïmprimene Populaire Limitée, société à responsabilité limitée, dont le siège social est situé au numéro 2050, me de Bleury, Montréal.H3A 3M9.Il est composé et imprimé par Imprimerie Dumont, 7743 rue Bourdeau, une division des imprimeries Québécor Inc,, 612 ouest rue St-Jacques, Montréal.L’Agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les inloimations publiées dans le Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc.située au 775, bout lobeau, St-Laurent.Envoi de publication • Enregistrement no 0850.Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec.Téléphone général : (514) 985-3333.Le Devoir (USPS = 003708) is published daily by I Impnmeno Populaire, Limitée, 2050 Do Bleury, 9e étage, Montréal, Québec H3A 3M9.Subscription rate per year is S 439.00 USD.Second Class Postage paid at Champlain, N Y US POSTMASTER : send address changes to : Insa, P.Q.Box 1518, Champlain, N Y.12919-1518, 14 ¦ Le Devoir, mercredi 6 janvier 1993 EDITORIAL Pauvre ONÜ VOULEZ-VOUS faire rire de vous à Sarajevo?Faire pleurer les gens au Cambodge?Recevoir des tomates à Mogadiscio ou à Addis-Abeba?Vous faire traiter d'«agent de l’ennemi» à Jérusalem?Prononcez le mot: «ONU».Mieux encore: annoncez que vous êtes le grand patron de cette auguste organisation internationale.Succès assuré.Prenez ensuite vos jambes à votre cou et courez aussi vite que vous le pouvez, comme M.Boutros Boutros-Ghali a dû le faire, avant-hier à Mogadiscio.En ce début de 1993, l’Organisation des Nations unies censée jouer les arbitres suprêmes du Nouvel Ordre mondial et mettre hors d’état de nuire les trouble-fête, a des lendemains de veille un peu durs.En particulier, le temps des Fêtes a été passablement difficile pour M.Boutros-Ghali, secrétaire général de 70 ans qui célèbre ces jours-ci son premier anniversaire à la tête de l’organisation.Chahuté la semaine dernière à Sarajevo où les habitants lui ont délicatement donné du «Salaud!» et du «Fasciste!», accueilli cette semaine par des jets de détritus à Mogadiscio, vilipendé le lendemain en Ethiopie où on l’a accusé de soutenir les séparatistes érythréens, l’homme politique égyptien apprend «à la dure» le métier de politicien et de premier diplomate international.Devant ces manifestations d’hostilité de plus en plus fréquentes envers le gendarme international défaillant qu’est l’ONU, il n’est pas facile de faire la part entre le spontané et le prémédité, entre la réaction populaire authentique et la manipulation politique des leaders, entre le courroux justifié et l’erreur de perspective dont pâtirait injustement un bouc émissaire tout trouvé.Quand le prince cambodgien Norodom Sihanouk (avant-hier), le gouvernement israélien (hier), ou encore le dictateur irakien Saddam Hussein (presque tous les jours) dénoncent l’ONU et ses désirs d'intervention, on ne saurait dire en vérité si c'est flatteur ou dévastateur pour l’Organisation.Quand une foule somalienne de petites dimensions mais d’une grande agressivité attaque physiquement son secrétaire général en visite au pays, on peut facilement en déduire l'existence de manipulations politiques et d’intérêts de clans inavoués.11 y a des gens qui ne veulent pas la paix, qui font leur pain et leur beurre du chaos alimentaire, du bordel et de la guerre.Mais la déception réelle et profonde de populations à qui on avait fait miroiter la paix et la prospérité n’est pas un caprice injustifié, le simple produit de manipulations de petits chefs locaux soucieux de préserver leurs prérogatives.Elle pointe un doigt accusateur en direction d'une communauté internationale dominée par l’Occident et soupçonnée, à travers les organisations internationales «new look», de vouloir ici imposer un néocolonialisme sous les couleurs du droit et d’occasionnelles préoccupations humanitaires (Koweit, Somalie), et là de masquer son indifférence ou son impuissance derrière de pathétiques gesticulations sans effet (Yougoslavie).Qu ’est-ce que M.Boutros-Ghali a fait au bon Dieu?Investie d’espoirs immenses au lendemain de la chute du communisme et de la nouvelle promesse d’une paix mondiale, l’Organisation issue de la Seconde Guerre mondiale était promise à une renaissance, encore annoncée il y a six mois dans le prometteur «Programme pour la paix» de Boutros Boutros-Ghali.Elle est plutôt aujourd’hui, dans le plus grand désordre, successivement force de police, tutrice d'États démolis, organisatrice d’élections, voire entrepreneuse en construction.Un peu partout dans le monde, des civils et des militaires ne sachant trop ce qui est leur mandat accourent de l'Est et de l'Ouest pour «aider leur prochain».L’ONU a engagé autant de missions au cours des quatre dernières années qu'au cours des quarante précédentes.Il n'est pas étonnant qu’aujourd'hui on éprouve un certain désarroi devant cette kyrielle d’entreprises qui dégagent une très nette impression de cacophonie.Les griefs qu'on adresse à l'ONU sont divers; ils vont du «trop» au «trop peu».En ex-Yougoslavie, la population bosniaque musulmane, qui se considère à juste titre comme la grande cocue de l'Histoire contemporaine de l'Europe, trouve que l’ONU n’en fait pas assez.Selon les bosniaques musulmans, les Nations unies sont d'une indulgence coupable envers l’indéniable agresseur qu’est la Serbie.Boutros-Ghali lui-même n'a-t-il pas conseillé, encore récemment, la plus grande prudence de- vant l’utilisation de la force internationale dans les Balkans?N’a-t-il pas maladroitement, à certains moments, tendu à renvoyer dos à dos les différentes factions en guerre?N’a-t-il pas eu, pendant des mois et des mois, le pied à fond sur les freins, alors qu’il était encore temps de sauver la Bosnie-Herzégovine en intervenant militairement?Mais n’est-ce pas le même Boutros-Ghali — un Africain— qui a, au contraire, poussé de toutes ses forces en faveur d’une attitude inverse en Somalie, en prônant, contre Washington, le désarmement actif et total de toutes les factions en guerre?Là-bas, le reproche serait plutôt différent: «l’ONU en fait trop», entend-on dans les rues de Mogadiscio et de Baidoa.«C’est du néocolonialisme, on nous ramène le XIXe siècle et ses protectorats», renchérissent, ici, les contempteurs habituels de l’Occident.Sauf que l'impopularité de l'ONU en Somalie, habilement alimentée par certains seigneurs de la guerre, se double souvent, sur place, d’un grand amour envers les Américains et tout ce qu’ils représentent.L’anticolonialisme articulé n’est pas le moteur premier des populations affamées et décimées par la barbarie humaine, une barbarie en l’occurrence surtout locale.«Yankee corne home», et au diable la souveraineté nationale si cela peut nous permettre de manger: tel pourrait être le nouveau cri de ralliement des déshérités.À la veille de son départ un peu piteux de la Maison-Blanche, le président George Bush vient d’ailleurs de réaffirmer.hier, le rôle de leadership mondial de son pays, «unique superpuissance dans un monde où guette le chaos», agent principal du toujours hypothétique «Nouvel Ordre mondial» qu’il appelle encore bizarrement de ses voeux, en guise de testament politique.Peut-on échapper à une pax america-na sous des couleurs onusiennes?Le nouveau Conseil de sécurité peut-il être autre chose qu'un instrument supplémentaire de la politique étrangère occidentale?Le monde a-t-il, physiquement, une capacité d'intervention effective dans toutes ces Somalies qui vont se multiplier?Est-il prêt à prendre transitoirement en charge ces pays?Ces derniers seront-ils d’accord?Passionnantes questions de l’après-Bush et de l’après-Guerre froide, sur lesquelles M.Boutros-Ghali, dans son avion entre Sarajevo et Mogadiscio, a dû réfléchir avec angoisse.FRANÇOIS BROUSSEAU LETTRES Aü DEVOIR À qui la faute ?J’AI LU AVEC INTÉRÊT l’article de Caroline Montpetit (16 décembre) intitulé: «Des examens de français à rabais-.Au secondaire.au Québec, il est vrai qu’un élève peut réussir son cours de français tout en étant faible en orthographe.La seule fois où les professeurs de français ont à comptabiliser le nombre de fautes dans l’évaluation sommative, c’est lors de la production écrite (composition).En effet, en septembre, le ministère de l’Éducation a envoyé une directive aux commissions scolaires, demandant aux enseignants de ne pas compter les fautes d’orthographe d’usage et de grammaire lors des examens sommatifs en compréhension de l’écrit et de l’oral.Comment ne as qualifier cette directive d’exigence à ra-ais?Encore une fois, on vise la performance et non plus la maîtrise de sa langue.Dommage! On dira donc l’année prochaine que les élèves ont de meilleures notes en français.Ceci sera dû à une diminution de nos exigences.Nos élèves arriveront au niveau collégial et rateront l’examen de français puisque celui-ci porte principalement sur les connaissances lexicales et grammaticales.Beaucoup d’élèves et d’enseignants québécois tiennent à la qualité du français.Plusieurs élèves, appuyés par leurs enseignants, font de réels efforts pour acquérir une meilleure maîtrise de la langue française.Malheureusement, pour d’autres élèves, seule l’expression «ça compte- les motive à ne pas faire de fautes.Peut-on leur reprocher d’être semblables à l’ensemble de la société?Pourquoi la qualité du français ne serait-elle pas mesurée dans toutes les matières?Ce serait un premier pas important vers la maîtrise de cette merveilleuse langue qu’est le français.Nicole Poirier Ste-Foy, 16 décembre 1992 Le mur du maçon CEST UNE PAGE D’HISTOIRE que viennent de ressusciter Véronique Sapin et Martin Cape] dans leur Lettre au DEVOIR du 21 décembre.Cette lettre renvoie en réalité au 8 septembre 1760 et se vit plus qu’ailleurs dans notre actuel ministère québécois de l’Éducation.Voltaire écrivait au marquis de Chauve-lin, le 3 octobre 1760: «Si j’osais, je vous conjurerais a genoux de débarrasser pour jamais du Canada le ministère de France.Si vous le perdez, vous ne perdez presque rien.« Or, c’est en perdant ses possessions d’Amérique que la France a accepté que sa civilisation passe au second rang, comme le notait déjà Hume en 1767: «Laissez les Français triompher de ce que leur langage est aujourd’hui répandu partout.Nos solides établissements d’Amérique, qui croissent sans cesse, promettent à la langue anglaise bien plus de stabilité et de durée-.Or, il y allait plus que du langage.C’est la franc-maçonnerie française qui s’exprimait alors à travers Voltaire et c’est encore elle qui règle cette même question d'Amérique de l’intérieur de notre système d’éducation, de notre presse et de notre télévision, à doses de petits et de gros mensonges quotidiens.L’essentiel étant, pour elle, que l’Église meure, doivent la France et la civilisation française en mourir à leur tour.Edmond Robillard, o.p.Montréal, 21 décembre 1992 Cahiers en péril ON ANNONCE que certaines autorités dans les commissions scolaires voudraient interdire l’achat et l’utilisation de cahiers périssables, c’est-à-dire de cahiers dans lesquels l’élève écrit.A notre point de vue, ce serait une erreur.Cette interdiction serait même une mesure antipédagogique.Les cahiers périssables sont aussi nécessaires que les manuels de base.Ils permettent de faire faire des exercices d’application à la suite des explications données par le professeur.Tous les pédagogues savent s que, pour progresser, l’élève doit appliquer, en faisant des exercices, les notions théoriques qu’on lui a communiquées précédemment.Le cahier périssable est nécessaire parce qu’il permet de présenter des types d’exercices que le manuel seul ne saurait adéquatement offrir.En efîèt, comment un manuel de base, dans lequel il est interdit d’écrire, peut-il présenter des activités comme les phrases à compléter, les illustrations à identifier, les graphiques à terminer ou a colorier, les lettres à encercler dans le choix multiple ou le vrai ou faux, les éléments à associer par un trait, le pointillé a noircir et j’en passe?Pour toutes ces raisons, le cahier périssable est un outil nécessaire pour assurer un bon apprentissage.Raymond Paradis Saint-Lambert, 21 décembre 1992 LE DEVOIR Fondé par Henri Bourassa le 10 janvier 1910 Directrice: USE BISSOMRETTE Rédacteur en chef Bernard Descôteaux Directeur délégué a l’administration André Leclerc Rédacteur en chef adjoint Jean Francoeur Directeur de l'information Benoit Aubin Directeurs adjoints de l’information Pierre Beaulieu, Roch Coté Directeur des publications spéciales Guy Deshaies FAIS CE QUE DOIS La bravoure et le mépris J’AI FINALEMENT VISIONNÉ cette émission de Radio-Canada sur les bombardements alliés exécutés par des aviateurs canadiens lors de la Deuxième Guerre mondiale.J’aimerais féliciter les réalisateurs de cette émission.Les émotions véhiculées, la peur, le courage, le mépris ne peuvent être qu’un parfait reflet de la réalité de l’existence de ces combattants.Je ne peux qu’admirer ces hommes et femmes qui ont combattu contre les armées d’Hitler.Mon père, le commandant Paul La-pointe aujourd’hui décédé, y était.Pendant quatre années et avec 211 sorties au combat sur son Spitfire, il a vécu des moments difficiles.Mettre sa vie en jeu à 20 ans, être éloigné de sa famille, être francophone dans la RCAF n’était pas facile Pour le peu qu’il nous a parlé de la guerre, laissez-moi dire à ceux qui dénigrent cette émission que ce que j’ai vu correspondait exactement aux énoncés de mon père.Il a dû vivre avec des souvenirs atroces, mais sans sa bravoure et celle des autres combattants où en serions-nous aujourd’hui?Pour moi, une des meilleures méthodes pour éviter d’autres conflits, c’est de montrer les horreurs engendrées par ceux-ci.Quant au mépris, c’est souvent les politiciens qui doivent en porter l’odieux.Pourquoi?Par leur manque de courage quand vient le temps de vraiment relancer l’économie.Car la plupart de leurs décisions ne visent qu’a se faire réélire.Des décisions qui les avantagent et trop souvent nous désavantagent nous les gens du peuple.Jean Lapointe St-Eustache, 20 décembre 1992 Quel farceur ! LES RÉCENTES DÉCLARATIONS de Lucien Bouchard, concernant la loi 178, peuvent étonner.Après avoir réclamé au cours des dernières années un assouplissement à la législation linguistique, le chef du Bloc québécois épaule a nouveau le mousquet du patriote et s’y oppose vigoureusement.Pris de court par les derniers événements, il se sent maintenant obligé de trouver un échappatoire: il faut faire l’indépendance avant de permettre l’affichage bilingue.Digne émule du PQ, le cousin fédéral crie à la débâcle et à la trahison avec sa facilité habituelle, après avoir vainement tenté de séduire l’électorat anglophone par une «ouverture d’esprit» bien suspecte pour un politicien de sa trempe.Reflet fidèle d’une carrière caractérisée par les rebondissements, les abandons, les pirouettes et la débrouillardise de l’opportuniste, sa plus récente prise de position démontre qu’il reste bien le même.Quel farceur! Lucien Bertrand Montréal, 21 décembre 1992 KdVi CAWttil o DE LA JUSTICE * LA TUEUSE, Ariane Émond Les filles de Judith « E LLE S’ETAIT INSCRITE dans l’existence avec le désir de rendre cette humanité meilleure (.).Petite fille, elle rêvait d’une destinée hors du commun, elle voulait changer le monde.Ni par la puissance ni la gloire, cela ne l’intéressait pas.Par l’amour, la compassion, la compréhension, à travers la çonscience et l’action.» J’ai passé les vacances en bonne compagnie.Plusieurs heures durant, comme une boulimique certains jours, j’ai dévoré la biographie de Judith Jasmin (De feu et de flamme, Boréal) que je ne saurais trop recommander.Bien sûr, l’environnement familial extraordinaire dans lequel elle a grandi fait envie, son parcours humain et professionnel reste admirable.Mais, plus bouleversant encore, c’est de sentir à travers cette oeuvre combien Judith Jasmin a porté, avec conviction et panache, sa conception du journalisme, une pratique nécessairement engagée, fondée sur la fierté et la lucidité.En ces temps durs et gris, c’est cela qui m’a ravie.Pourtant, son indépendance d’esprit, sa mission d’aiguiser les consciences, ses prises de positions, son internationalisme à contre-courant, son franc-jeu avec le public qu’elle respectait absolument, Judith Jasmin les a payés cher dans une société encline à récompenser le conformisme.Hier, comme aujourd’hui.Mais, sans elle, le journalisme québécois ne serait pas ce qu’il est les meilleurs jours.Sans une once de complaisance, la journaliste Colette Beauchamp, devenue biographe, raconte avec sensibilité et rigueur cette vie riche et grave qu’on devrait songer, sérieusement, à porter à l’écran.Toujours chez Boréal, j’ai aussi savouré Défense de la liberté, oü la biographe a cette fois rassemblé et présenté quelques conférences et retranscriptions de reportages de Judith Jasmin.«Une vision lucide de notre époque ne peut être qu’une vision tragique.Notre univers n’est pas un lieu de joie, d’amour (.).Il n’y a qu’une réponse qui ne conduise pas au désespoir, c’est de faire front, de lutter, de s’engager.C’est d’accepter l’aventure et, si possible, le courage.(.) Non, il n’est pas inutile de tenter, dans notre métier, de faire passer les révoltes qui nous agitent parfois.Le journaliste peut être l’éveilleur de son milieu.A une époque où les mass médias jouent un tel rôle dans l’évolution des sociétés, il est bien évident que le journaliste ne peut plus être un simple amuseur.» Ce texte, qu’elle aurait pu signer hier, a été écrit au printemps 1964.Les propos dissonants de Judith Jasmin sur sa profession trouvent écho dans le dernier ouvrage du journaliste et essayiste Laurent Laplante: L’information, un produit comme les autres?, publié le mois dernier par l’Institut québécois de recherche sur la culture.L’auteur, un vieux routier du journalisme, jette un éclairage sans artifice sur la façon dont l’information est conçue, façonnée, je dirais et vendue, dans nos sociétés.Laplante s’inquiète à juste titre du fait que, même gavés d'information, beaucoup trop de gens avouent leur incapacité à comprendre vraiment les enjeux de ce monde, n’arrivent pas «à décoder le présent».Et, si ce n’était pas un hasard?Et si le droit du public, non seulement à l’information, mais à une pluralité d’opinions, pour l’aider à bâtir un portrait vraisemblable des situations et des événements qui secouent la planète, était un principe mal servi dans la pratique quotidienne de nos médias, faute d’en faire une priorité?En analysant le fonctionnement des règles écrites et informelles qui régissent les entreprises de presse «moins intéressées à vendre de l’information au public qu’à vendre des publics aux agences de publicité», en soulignant l’attitude de plus en plus corporatiste des journalistes en face de leur profession, le rôle de divertisseurs publics qu’occupent certains chroniqueurs-maison et la précarité des collaborations extérieures, la passivité des journalistes et leur vulnérabilité face aux pressions des directions et des relationnistes, enfin en dénonçant la banalisation de l’information-spec-tacle, Laurent Laplante nous amène à nous demander, gens de la presse et du public, ce qu’il faudrait faire pour que l’information diffusée dans nos médias éclaire véritablement nos lanternes, vacillantes, en cette fin de siècle?L’analyse de ce doyen du métier n’est pas sans trouver résonnance dans les réactions populaires qui sont de moins en moins tendres envers les journalistes, professionnels moins crédibles selon les sondages que les policiers ou les juges.Méfiance du public, échaudé par les véritables sornettes au’on lui a racontées à l’occasion; baisse de crédibilité des journalistes, qui ont parfois répété de manière trop complaisante les informations des institutions ou des gouvernements ( pendant la guerre du Golfe ou la crise d’Oka par exemple).C’est ainsi que de plus en plus de nos concitoyens choisissent de ne plus regarder les bulletins de nouvelles et de ne jamais lire les journaux.La perte de confiance dans les journalistes n’est-elle pas qu’un symptôme de la perte de crédibilité des entreprises de presse elles-mêmes?Après nous être inquiétés, il y a 40 aps, du pouvoir exagéré que détenait l’Église dans le pétrissement des consciences, il convient sans doute de nous demander avec le professeur Noam Chomsky du MIT si dans la conjoncture des médias actuels, nous n’aurions pas intérêt à suivre «un cours d’auto-défense intellectuelle».Ce chef de file américain de la linguistique moderne, bardé de diplômes et de grades honorifiques, auteur d’une trentaine d’ouvrages, passionné de sciences, d’art, de philosophie et de politique, s’emploie depuis quelques années à éveiller les esprits au pouvoir de l’information en démocratie.Un film signé par deux cinéastes montréalais, Peter Win-tonick et Mark Achbar, Manufacturing Consent, reçoit depuis sa sortie l’an dernier la faveur des festivals et des intellectuels.Chomsky démontre calmement, inlassablement, d’une tribune à l’autre, les formes subtiles et sournoises d’enfermement idéologique dont sont responsables les médias qui, par leur poids et leurs liens économiques, concourent à la fabrication de l’opinion dominante et font taire les opinions divergentes.Bref, il pointe du doigt les intérêts que la grande presse partage avec le pouvoir et encourage les gens à développer leur sens critique en face des médias et à porter attention, non seulement à ce qu’ils disent, mais aussi à ce qu’ils taisent.Ne sommes-nous pas nombreux à partager l’ambivalence qu’exprime Laurent Laplante: «D’un côté, le sentiment que l’information ne donne pas aux humains de ce temps et de cet espace le plein supplément de lucidité et de liberté qu’on en attendrait.De l’autre, la certitude que l’information est, plus que jamais, plus que (juoi que ce soit, conviée à la suprême dignité: celle de permettre aux femmes et aux hommes de notre temps d’en comprendre davantage, de mieux décider, de se solidariser plus profondément avec leurs semblables».Je vous laisse en vous rappelant, comme ça, que la période des Fêtes aura été l’occasion de nous priver de voix éveilleuses et discordantes.Celle de Francine Pelletier, dont la chronique est disparue des pages de La Presse et celle de Monique Simard à qui CJMS vient de retirer son émission Questions d’information.Bonne année tout de même.J
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.