Le devoir, 9 février 1993, Cahier A
1 mzm ¦ »é% $ ?•«M* *** .'V.Vi -un^* •***&%%>£ m-i'vM ?r* it* .awL»»,1 jkt.••% • -, mm imm, ••> * >.t .-r* ___________________> / PERSPECTIVES Nettoyage à Pitalienne L# système de Vaprès-guerre ne tient plus la route François Brousseau «La chute de Bettino Craxi le corrompu».«Le maire pris la main dans le sac».«Vérone: une province catholique et bien-pensante saccagée par la corruption».«49 politiciens milanais arrêtés, et ce n’est qu’un début».«L’opération Mains propres frappe maintenant Florence».La lecture des titres de journaux milanais, romains ou turinois, en ces jours d’offensive antimafia et de grave crise de conscience nationale, rend l’image d’une Italie bouleversée par les vents furieux de la purification morale.Les journaux de la Péninsule sont littéralement couverts de nouvelles et d’analyses sur la lutte à la corruption des politiciens et le sursaut policier contre le crime organisé.LA arrestation, hier à Ottaviano, d’une nouvel-7 le haute figure du crime organisé — Rosetta Cutolo, «marraine» de la Camorra napoli-.taine — accrédite l’idée que cette fois, ce r n’est pas une blague: le Belpaese de la «partitocratie», de la corruption politique, du catholicisme décadent et de la mafia souveraine est en train de changer pour vrai.Les accusations se multiplient contre des politiciens réputés intouchables jusqu’à tout récemment.On arrête le chef de la Mafia sicilienne, Toto Riina, puis, trois semaines plus tard, son équivalent napolitain.Le pouvoir incontesté des quatre ou cinq formations qui, sans discontinuer, ont dirigé l’Italie depuis la Seconde Guerre, fait eau de toutes parts.Témoin la chute imminente de Bettino Craxi, l’ancien tout-puissant président socialiste du Conseil italien, sur le point de démissionner et de comparaître pour cause d’accointances probables avec la mafia et les loges maçonniques.Témoin cette offensive soutenue contre le crime organisé de Naples et de Sicile, qui vient d’obtenir une nouvelle victoire hier en banlieue de Naples.Témoin la réaction qui s’organise contre les partis politiques incrustés et corrompus à la moelle, sous la forme des Ligues régionalistes d’Umberto Bossi et des regroupements interpartis comme celui de Mario Se-gni, ce démocrate-chrétien «propre» qui cherche à obtenir un référendum pour abolir le système électoral proportionnel et le remplacer — quel rêve! — par le système uninominal à un tour.En Italie, non seulement pour obtenir un permis de construction, mais aussi un certificat de décès, un permis de conduire ou même — l’histoire est authentique — pour aller chercher la dépouille mortelle de son ville ne sont père à la morgue municipale, il faut payer des pot-de-vin à tous les éche-épargnes ions.Le système italien de l’après-Guerre, basé sur l’opposition inexpiable entre démocrate-chrétiens hégémoniques et communistes toujours écartés du pouvoir, alimenté par la croissance économique et l’hypertrophie de l’État, rongé par le clientélisme systématique et par la toute-puissance de la Mafia dans la moitié sud du pays, ne tient plus la route.Les plantureux contrats «politiques» de sous-traitance aux petits copains, avec des commissions de 100 ou 200% dans les sept chiffres en dollars — le genre de scandale qui garderait, au Québec, la «une» pendant six mois au moins et ferait tomber deux gouvernements entiers — foisonnaient certes depuis des décennies dans la belle Péninsule.Mais ils ont soudain cessé, depuis un an ou deux, d’être considérés comme un mal nécessaire avec lequel il faut bien vivre.Tout à coup, d’un bout à l’autre du pays, des juges petits et grands se sont levés et ont commencé à déclencher des enquêtes sur tel maire, sur telle permanence de parti politique, sur tel politicien national très en vue.La vague s’est généralisée à tel point qu’il n’y a plus un seul parti épargné, plus une seule ville moyenne ou grande qui n’ait vu son conseil municipal dévasté par les «révélations».Bettino Craxi n’est que le symbole d’une vague purificatrice qui n’épargne plus personne.L’exemple est venu de haut.C’est que les juges combattant le crime organisé et la corruption spnt devenus en Italie de véritables héros nationaux.A la fin des années 80 et au début des années 90, deux magistrats, Giovanni Falcone et Paolo Borsellino, avaient donné le signal par leurs courageuses actions anti-mafieuses et leur lutte obstinée contre la fatalité à l’italienne.Leurs assassinats en mai et en juillet 1992, chefs-d’oeuvre de technologie meurtrière et sommets de crapulerie politique (pvec des complicités probables au coeur même de l’Etat) ont donné la nausée à tout un peuple, qui a crié Basta! et refusé la loi du silence, allant jusqu’à défier la Mafia dans les rues de Païenne.L’arrestation de Rosetta Cutolo, les centaines de mandats contre les politiciens à la Craxi, ou encore l’émergence de nouvelles forces à la marge de la vieille politique ne sont pas les garants automatiques du retour de la moralité publique en Italie.Mais tous ces événements prouvent que, là bas comme ailleurs dans le monde, «le vieux se meurt tandis que le nouveau n’est pas encore né» (Gramsci).Pas un seul parti, pas une seule INDEX ’Aa Les Actualités.A2 Éditorial ¦A6 Agenda culturel.B7 Idées .A7 Annonces dansées.J15 Le Monde .113 .Bl Montreal .A3 Avis publics.B2 Mots croisés.112 Ensoleillé.Culture .B8 Politique .A4 Max.: -12.Économie .A5 Les Sports .116 Détails en B2 CULTURE Radio-Québec prend le relais des émissions littéraires PAGE A-5 AVENIRS Peurs et frissons sur les campus universitaires PAGE A-5 Les Expos donneront 3 millions à Walker PAGE B-6 SPCUM ET RÉALITÉ MULTICULTURELLE Les jeunes policiers sont les plus durs Une étude indépendante illustre l’ampleur du fossé entre direction et patrouilleurs LES SPORTS PAUL CAUCHON LE DEVOIR Pour les patrouilleurs de la police montréalaise, les ses-sions de sensibilisation à la réalité interculturelle de la ville «ne servent à rien».La Charte des droits «est une entrave à notre travail», les lois «ne sont pas assez sévères» et les dirigeants «ne nous soutiennent pas assez».Et plus ils sont jeunes, plus ils ont tendance à se montrer intolérants.C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par André Jacob, du département de travail social à l’UQAM, étude subventionnée par le solliciteur général du Canada et dont les conclusions doivent être remises au SPCUM dans un mois.Le chercheur de l’UQAM voulait analyser l’impact de la formation des policiers montréalais aux réalités multiculturelles, à l’aide d’un questionnaire de 100 questions rempli par 385 policiers du Service de police de la CUM (SPCUM), suivi d’entrevues qualitatives.«Ce que je constate avec cette recherche, c’est le fossé énorme entre le discours des dirigeants et celui des policiers dans la rue, explique André Jacob en entrevue au DEVOIR.Le discours des gradés est très largement en faveur de la tolérance, de la promotion des droits, des rapports harmonieux avec les groupes culturels.Mais à Pas évident.la base, c’est une autre paire de manches».«De façon très majoritaire, les policiers interrogés doutent de l’utilité des sessions de sensibilisation interculturelle.Et plus ils sont jeunes, moins ils sont tolérants, alors qu’on aurait pu croire qu’ils étaient mieux formés aux réalités multiethniques.Jeunes, ils semblent plus favorables à une politique d’application de la loi et de l’ordre, et ils réclament plus de fermeté de la part de leurs dirigeants.» Il y a deux semaines, le groupe de travail sur les relations entre la police et les communautés noires, dirigé VOIR PAGE A-8: POLICIERS a .t 1 ¦.——a .—.—— RÉFORME DE L’ASSURANCE-CHÔMAGE Blais et Valcourt flairent la conspiration indépendantiste CHANTAL HÉBERT DE NOTRE BUREAU D'OTTAWA Deux ministres fédéraux ont montré du doigt le sou-verainisme hier pour expliquer la forte opposition qui se manifeste à Québec à l’égard du projet de loi C-105 sur l’assurance-chômage.Selon le ministre de l’Emploi et de l’Immigration Bernard Valcourt et son collègue de la Justice Pierre Blais, la mobilisation plus marquée au Québec qu’ailleurs au Canada contre les restrictions proposées au régime d’assurance-chômage résulte d’une conspiration indépendantiste pour affaiblir leur gouvernement.«Ils sont pour l’indépendance du Québec.Ils sont contre nous autres à toutes les cinq minutes, affirme ainsi Pierre Blais, principal organisateur ministériel du parti au Québec au sujet des syndicats.Pensez-vous qu’instan- VOIR PAGE A-8: ASSURANCE-CHÔMAGE -?FONDÉ EN 1910 ?- LE DEVOIR PHOTO JACQUES NADEAU C’EST LA SEMAINE de la canne blanche au Québec, et notre reporter Jean Dion a décidé de jouer le jeu en tentant une balade «aveugle» dans Montréal.Escorté par une spécialiste (heureusement), il a pu constater toute la difficulté de vivre sans le plaisir de voir.Ici, il s’apprête allègrement à tenter de passer par la fenêtre pour entrer dans un wagon de métro.Récit d’un handicap terrible en page A-3.SELON «THE LAFFERTY CANADIAN REPORT» Bouchard, Parizeau et Hitler: même combat PIERRE O’NEIL LE DEVOIR v A travers l’appel au nationalisme et le recours à la démagogie, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et Adolf Hitler, c’est du pareil au même, estime la maison de courtage Lafferty, Harwood & Partners Ltd.Intitulée The Lafferty Canadian Report, l’analyse politico-économique publiée en janvier par cette institution financière montréalaise insiste d’abord sur le fait que l’action politique des leaders du Parti québécois et du Bloc québécois repose essentiellement sur l’appel au sentiment nationaliste des Québécois.Et conclut: «C’est la forme classique de démagogie et ce n'est pas différent VOIR PAGE A-8: COMBAT Des fichiers pour séropositifs?& 2.Deux projets pourraient compromettre Vanonymat entourant le sida MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le ministère de la Santé étudie deux projets qui auraient pour effet de créer un fichier central de sidéens et un fichier central de personnes porteuses du virus du sida.La création de tels fichiers peut compromettre l’anonymat et la confidentialité dont on a scrupuleusement entouré la maladie au Québec.Ille pourrait aussi inciter des cependant les adversaires du projet, personnes a risque a ne pas Ise soumettre à un test de dépistage ou à s’exiler pour le faire, de crainte de voir son cas étalé au grand jour.Dans les deux cas, on insiste au gouvernement qu’il n'est pas question d’identifier le dossier du malade par son nom, mais plutôt avec un numéro de code fabriqué par ordinateur, à partir de son numéro d’assurance-maladie.A l’ère de l’informatique, disent cela ne garantit pas l’anonymat.Ces projets divisent la communauté médicale au Québec.Les promoteurs n’y voient que du bien: mieux on connaîtra la maladie, mieux on pourra planifier les services aux malades.La déclaration des cas de sida est nominale à peu près partout ailleurs en Amérique du Nord.Les tests de dépistage du virus (VIH) ne sont pas anonymes non plus dans la plupart des États américains et des provinces canadiennes.VOIR PAGE A-8: SIDA PHOTO JACQUES GRENIER «Tant que le sida aura une valeur de ’marqueur social’, il faudra s’abstenir d’en ficher les victimes», affirme le Dr Jean Robert, directeur du département de santé communautaire Saint-Luc à Montréal. I- E l> E V (HR, M A R I) I !» F É V R 1ER I it it 3 A 2 •LES ACTUALITÉS • Lindros acquitté PRESSE CANADIENNE Oshawa — On ne saura peut-être jamais si Eric lindros a versé de la bière et craché au visage de Lynn Nunney dans la nuit du 29 novembre dernier sur la piste de danse du Koo Koo Banana Club.Mais le juge Rhys Morgan, de la cour provinciale de l’Ontario, a décidé d’acquitter le joueur étoile des Flyers, hier, parce qu’on n’a pas réussi à prouver «hors de tout doute» qu’il avait commis ces voies de fait.«Si l’accusé est acquitté, cela ne veut pas dire que les actes allégués n’ont pas eu lieu», a déclaré le juge Morgan.Si toutefois les actes allégués ont eu lieu, il s’agit là d’un comportement «grossier et insultant» de la part de Eric Lindros M.Lindros, a-t-il sermonné.Le juge a conclu en disant qu’il aurait été plus sage de régler cette dispute sur place, sans qu’on ait à se rendre devant un tribunal.L’électricité, un service essentiel, estime le Barreau LOUIS-GILLES FRANCOEUR LE DEVOIR Le vice-président du Barreau du Québec, M.Denis Paradis, a suggéré récemment au nom de cet organisme au premier ministre, M.Robert Bourassa, de confier au Conseil des services essentiels le soin de décider de la pertinence de toute coupure de courant en hiver chez des abonnés d’Hydro-Québec.Dims sa lettre, obtenue par II] DEVOIR, Me Paradis est surpris de la manière dont Hydro-Québec tranche des dossiers aussi délicats: «Tout corps public qu’il est, Hydro-Québec peut-il se faire justice lui-même» en coupant le courant aux plus démunis avec les conséquences que cela comporte parfois.Me Denis Paradis est le frère du ministre québécois de l’Environnement, Pierre, de son prénom.Une personne de la région de Trois-Rivières est morte récemment des suites d’une coupure d’électricité.Cette personne avait entrepris de se chauffer avec un réchaud à gaz, qui l’aurait intoxiqué.Les décisions d’Hydro-Québec dans ce domaine sont prises en vertu de son règlement 411, qui balise les modalités d'interruption du courant.La société d’Etat y prévoit à son article 5 qu’elle limitera ses interruptions entre le 1er décembre et le 31 mars.Me Paradis dit avoir appris avec surprise dans LE DEVOIR du 4 février qu’Hy-dro-Québec n’en coupait pas moins le courant quelque 2000 fois par hiver.«Il me semble approprié, écrit-il au premier ministre, que les paramètres entourant la gestion de telles interruptions fassent l’objet d’un réexamen public en profondeur.Le chauffage électrique d’une résidence, dans un pays nordique comme le nôtre, est facile- ment assimilable aux services essentiels, tels les hôpitaux.» «Comprenant qu’Hydro-Québec doit rencontrer ses impératifs commerciaux, poursuit-il, ceux-ci ne doivent toutefois pas mettre en péril l’intégrité physique de ses clients, bons ou mauvais.Aussi, est-il étonnant de constater que c’est Hydro-Québec, seul, qui décide de procéder à l'interruption de courant.Un organisme indépendant d’Hydro-Québec, le Conseil des services essentiels, par exemple, ne pourrait-il pas étudier les cas problèmes avant de telles interruptions?» »MüH Il existe une façon plus simple d'économiser de l'énergie.Les clients d’Hydro-Québec qui ont participé au programme ÉCOKILO le savent bien.Grâce à ÉCOKILO, plus d’un million de foyers ont appris comment diminuer leur consommation d’énergie pour réaliser des économies appréciables, sans pour autant réduire leur confort.Bien entendu, il ne suffit pas seulement de remplir le questionnaire.Encore faut-il mettre en pratique les recommandations contenues dans le rapport de votre «condition énergétique».Et mettre en place les articles économiseurs d’énergie que vous avez reçus.Pratiques et avantageux, ils s’installent en un tournemain.Pour en savoir plus sur le programme ÉCOKILO, composez le 333-KILO pour 'Pour être admissible au programme ÉCOKILO, il f J:x.' ¦ I Gï: Il I !» F F.Y I! 1 K H 1 9 !» :{ ECONOMIE EN BREF ?NATIONAIR REPORTE SA LIAISON TORONTO-HALIFAX Nationair a reporté à une date ultérieure son nouveau service de vols réguliers entre Toronto et Halifax, qui devait débuter le 15 février.Le transporteur a expliqué sa décision par une demande insuffisante, «qui ne permettait pas de générer un profit sur cette route».Le tarif proposé par Nationair pour un aller simple était de 178$, ce qui représentait une économie de 51% par rapport aux tarifs réguliers.«Mais ce tarif fut rapidement imité par Canadien et Air Canada.» Nationair, a ajouté Daniel-Yves Durand, vice-président, Communications, ne peut se permettre d’exploiter des routes à pertes pour le simple plaisir d’accroître ou de maintenir une part de marché.«Il n’a jamais été dims nos intentions d’alimenter inutilement la surcapacité sur ce corridor hautement fréquenté par les lignes aériennes canadiennes.» AUTRE ALLIANCE POUR BIOCHEM BioChem ImmunoSystèmes a conclu un accord de distribution avec Behring Diagnostic.Behring, une filiale de Hoechst-Roussel Canada, devient le distributeur exclusif à l’échelle canadienne des produits de rétrovirologie d’ImmunoSystèmes.Hoechst-Roussel est la filiale canadienne de l’allemande Hoechst, spécialisée dans le secteur diagnos-tique.Ce contrat englobe également certains autres produits liés aux maladies infectieuses ainsi que la vente du Labotech, un analyseur automatique optimisant le traitement des trousses de dépistage de maladies infectieuses et autres.CLINTON A DÉCIDÉ DE SON PROGRAMME DE RELANCE le président Bill Clinton a indiqué hier avoir décidé des «grandes lignes» du programme de relance de l'économie qu’il présentera le 17 février, et l'a de nouveau justifié par le fait que la reprise sensible ne s’est pas encore traduite sur le plan de l’emploi.«J’ai fait les choix en ce qui concerne les grandes lignes du programme de relance», a-t-il dit à la presse, sans plus de précision, à l’occasion d’une réunion avec ses conseillers économiques à la Maison Blanche.La semaine dernière, on indiquait, selon des sources du Congrès, que le montant de ce programme serait de 31 milliards$ US, répartis presque également entre investissements pour des travaux d’infrastructure et incitations fiscales aux entreprises.L’objectif de ce plan est de créer immédiatement «jusqu’à 250 ()(X) emplois» avait récemment indiqué Robert Reich, secrétaire au Travail.L’industrie forestière Interurbain Regarder le long terme La table de concertation sur la grappe industrielle dans ce secteur se réunira à nouveau le mois prochain CLAUDE TURCOTTE LE DEVOIR Même si l’industrie forestière a encore plein les bras de problèmes à court ternie, le ministre des Forêts du Québec, M.Albert Côté, convoquera le mois prochain une deuxième réunion de la table de concertation sur le développement de la grappe industrielle dans le secteur qui le concerne.Cette table ou groupe de travail a tenu une première réunion avant la période des fêtes, au cours de laquelle les 15 membres ont pris connaissance d’un rapport substantiel montrant que l’industrie forestière (sciage, pâtes et papiers) ne se situe plus dans les secteurs les plus dynamiques et quelle fait en somme relativement peu, par exemple en recherche et développement, afin de se bien positionner pour l’avenir.Au cours de cette première réunion, des représentants de l’industrie ont fait valoir qu’il n’était pas oppoilun de parler de grappe industrielle, alors qu’il avait des problèmes majeurs.«Si le coeur est malade, commençons par ça», aurait déclaré l’un d’entre eux.A cela, M.Côté a rétorqué dans une entrevue toute récente au DEVOIR: «On les connaît les problèmes immédiats; parlons de la grappe».Le ministre ne nie aucunement l’existence de problèmes immédiats pour lesquels l’industrie propose des solutions qui souvent impliquent d’autres ministères que le sien et qui doivent être, le cas échéant, discutées à des paliers autres que celui d’une table sectorielle.M.Côté qui a passé toute sa vie professionnelle dans ce domaine particulier, d’abord comme ingénieur forestier, puis comme premier président de Rexfor, ensuite sous-ministre et enfin ministre depuis sept ans, connaît évidemment ce monde à fond.«Il n’est pas facile de remuer l’inertie dans un secteur aussi conservateur», avoue-t-il.Il considère en fait qu’il reste beaucoup de travail à faire et qu’il importe en premier lieu de développer la concertation.Il cite l’exemple de la machinerie et des équipements qui sont depuis toujours importés de l’étranger, alors qu’on aurait pu développer des technologies ici.Il y a maintenant des entrepreneurs désireux de remplir ce rôle, comme Laperrière & Ver-reault qui aimerait dans un premier temps effectuer l’entretien des équipements de plusieurs compagnies de papiers, ce qui serait sans doute moins onéreux et plus efficace que le système actuel où chacun a ses propres équipes de maintenance.Le ministre pense aussi à Rexfor, qui reçoit présentement 40 millionsS par année de son ministère pour le réaménagement forestier des coupes à blanc d’avant 1987.Cette besogne sera complétée dans deux ans.Que fera-t-on des 40 millionsS, qui pourraient peut-être servir autrement dans le développement de la grappe industrielle?Rexfor a déjà effectué un rapprochement avec la société belge Traetabel qui a investi dans trois projets de cogénération au New Hampshire.Pourquoi ne pas orienter Rexfor dans cette direction?Bref, les sujets de discussion et les défis ne manqueraient pas à la table de concertation.En attendant, il reste de nombreux dossiers spécifiques à considérer.M.Côté espère que l’offre d’un prêt de 5 millionsS par le gouvernement suffira pour aider à la réouverture de l’usine de Trois-Rivières et ramener ainsi 250 personnes au travail.La reprise des activités à l’usine de panneaux gaufrés de Chambord aura lieu prochainement; à Matane, on attend toujours les signes du marché pour reprendre la production, mais il semble, selon les études de marché les plus récentes, qu’il ne reste plus aucun espoir de redonner vie à l’usine de Port-Cartier qui a déjà coûté très cher à Cascades et surtout au gouvernement.Enfin, M.Côté désespère de voir le conflit du Uic Barrière (région de Maniwaki) se régie»-.Ix'S efforts de négociations depuis deux ans avec les Algonquins ont à nouveau échoué la semaine dernière.«Je suis pour un plan des gestion intégré, mais nous avons cédé tout ce que nous pouvions céder», insiste-t-il.Regain d’activité prévu dans la construction SERd E TRUFFAUT DEVOIR Dans la foulée de la reprise économique, les mises en chantier effectuées au Québec en 1993 progres-seront à raison de 5,2%, soit à un rythme identique à ce qu’on envisage pour l’ensemble du pays, pour atteindre ainsi les 40 200 unités.Au Canada, cette augmentation de 5,2% hissera à 177 000 le nombre des mises cil chantier.Selon les précisions apportées tant par M.Michel Laurence que Mme Kim-Anh Lam, tous deux économistes au sein de la Société Canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), ce regain d'activité sera essentiellement le fait de la catégorie unifamiliale.I )ans l’analyse accompagnant la publication de ces résultats, M.Uni ronce note en effet, qu’en 1993 «l’augmentation des mises en chantier se limitera aux maisons individuelles.La construction de logements collectifs devrait être moins importante, surtout dans le secteur des logements locatifs en Ontario et au Québec».De tous les facteurs qui, au Québec, vont contribuer à requinquer une industrie d’autant pins morose qu’en 1992 elle a enregistré une cinquième diminution consécutive, l’emploi, la création nette de 48 (XX) emplois, sera sans contredit, d’indiquer Mme Kim-Anh Lam, le facteur dominant.En 1992, le Québec a perdu 33 000 emplois.Qui plus est, cette embellie sur le front de l’emploi s’accompagnera d'une migration nette positive qui aura pour effet d’activer la demande.¦En 1992, la situation économique de l’Ontario et des provinces de l’ouest était si fragile, de confier Mme Kim-Anh Lam, qu’elle n'a pas exercé ce pouvoir d’attraction qui, lors des années antérieures, attiraient les Québécois.Pour 1993, on s’attend à ce qu’il en soit encore ainsi».Toujours au Québec, le recul de 113 000$ à 103 000$, entre 1989 et aujourd’hui, de la valeur marchande d’une maison neuve aura notamment pour conséquence de convaincre da-vanjage de locataires à faire le saut qu’ils ne l’avaient fait au cours des deux dernières années.D'autant, que selon les économistes de la SCHL les taux hypothécaires des cinq à dix ans resteront en-dessous des 10%.En fait, M.Ixiurence estime qu’il ne faut pas s’attendre à une majoration des taux avant 1994.Cette poussée de fièvre de la demande pour des produits s'adressant aux familles, se traduira par une majoration de 21% des mises en chantier de ce secteur, soit un total de 22 500.Dans cette progression, les acheteurs dits d'une deuxième maison ou les personnes actuellement propriétaires auront un rôle beaucoup pins influent qu’au cours des trois dernières années.Plus précisément, «le rebond de l’économie et de l’emploi, bien que modeste, devrait stimuler suffisamment la confiances des consommateurs et inciter les acheteurs de maisons plus dispendieuses à se manifester.» Du côté des unités locatives, la surabondance de logements vacants, surtout à Montréal où le taux d’inoccupation avoisine 7,5%, freinera tout désir de construire des édifices à vocation exclusivement locative.Conséquemment, la SCHL prédit que le nombre de mises en chantier dans ce secteur totalisera 40 200 logements seulement.Pour 1994, on s'attend à une amélioration sensible de la situation.Reichmann revient dans Pimmobilier Le financier américain George So ros va créer un fonds de placement immobilier avec le canadien Paul Reichmann, ancien responsable d’Olympia et York, officiellement en faillite depuis vendredi.Le fonds, baptisé Quantum Realty Fund et d’un montant de 525 millionsS US, débutera ses opérations en mars.Il sera géré conjointement par Reichmann, Reichmann International de Toronto, nouvelle société des frères Reichmann, et Soros Fund Management, qui gère plusieurs fonds.Unitel a la voie libre Ottawa rejette la pétition du SCEP ROBERT DUTRISAC LE DEVOIR Le cabinet fédéral a rejeté, hier, la pétition au conseil des ministres présentée par le Syndicat des communications, de l’énergie et du papier (SCEP), ultime tentative pour amener le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) à revoir sa décision d’autoriser la concurrence dans la téléphonie interurbaine.Maintenant que Bell Canada et les six autres compagnies de téléphone traditionnelles au pays ont perdu leur appel devant la Cour fédérale et que Stentor, qui réunit ces compagnies, a retiré sa pétition au cabinet fédéral, le déboutement du SCEP, connu jusqu’à tout récemment sous le vocable de Syndicat des travailleurs et travailleuses en communication et en électricité (STCC), laisse, sur le plan juridique, la voie libre à Unitel qui y voyait une toute dernière embûche à la concurrence dans l'interurbain.L’attaché de presse du ministre des Communications du Canada, Perrin Beatty, a souligné, hier, que M.Beatty appuyait pleinement la décision du CRTC.«Il y a ey un processus qui a duré deux ans lors des audiences du CRTC et le ministre n’avait pas l'intention de remettre en question ce processus»,a expliqué Charles Chénard.Hier en fin d’après-midi, le porte-parole au Québec du SCEP, M.René Roy, venait tout juste d’apprendre la décision du cabinet dont il ne connaissait pas encore l’argumentation.Selon le syndicat qui représente 30 (XX) employés des compagnies de télé- phone dites monopolistiques, ce sont les consommateurs qui paieront pour ce refus du cabinet fédéral de reconsidérer l’introduction de la concurrence dans l'interurbain.Dans leur petition, le SCEP soulignait que les tarifs du service local, déficitaire et largement subventionné par les revenus de l'interurbain, ne manquerait pas d’augmenter avec l’avènement de la concurrence dans l’interurbain.Le syndicat craint également que les nouveaux concurrents comme Unitel ne jouissent d’avantages indus en ne s’intéressant qu'aux segments les profitables du marché.Vendredi, Bell Canada a présenté une requête au CRTC visant l'obtention de hausses d'environ 50% des tarifs de son service local.Ixs audiences du CRI C sur le sujet débuteront le 17 mai.D’autres compagnies de téléphone au pays emboîteraient le pas, dont l’Alberta Government Telephones d’ici la fin de la présente année.Interrogé à Hull, hier, par la IYesse Canadienne, le président du CRTC, Keith Spicer, a soutenu que les jeux n’étaient pas encore faits.«Bell a simplement soumis une demande au CRTC.Aucune décision finale n’est encore prise», a-t-il fait valoir.Au moment de rendre sa décision le 11 juin dernier, le CRTC, son président en tête, avait déclaré que la concurrence dans l’interurbain n’entraînerait pas de hausses marquées des tarifs du service local.Déjà, l'Association canadienne des consommateurs et l’Alliance canadienne des entreprises de télécommunications ont manifesté leur opposition aux demandes de Bell Canada.La T.-D.s’attend à une croissance de 3,1% Toronto (AFP) — L’économie canadienne, sortie récemment de plus de deux ans de récession, va connaître une croissance de 3,1% en 1993 et de 4% en 1994, sans pour autant entraîner de diminution du nombre de chômeurs, indique la Banque Toronto Dominion, dans une étude publiée hier à Toronto.En fait, la T.-D.prévoit que l’économie canadienne affichera, en 1993, sa meilleure performance des quatre dernières années, stimulée par la faiblesse du dollar canadien et par le renforcement de l’économie américaine.La dépréciation du dollar canadien et la reprise économique aux Etats-Unis sont les facteurs qui contribueront le plus à la croissance de l’économie canadienne dans les deux prochaines années, prévoient les écono- MacMillan perd 48 millions$ mistes de la quatrième plus importante banque privée du Canada.Cette croissance ne devrait cependant avoir aucun effet inflationniste, puisqu’elle ne sera pas suffisamment prononcée.En rythme annuel, l’inflation ne devrait pas excéder les 2,5% cette année et 2,7% en 1994, prédit la banque.Selon les évaluations de la banque, le PIB canadien aurait finalement enregistré une croissance d’environ 1% en 1992, bien que l’organisme gouvernemental Statistique Canada ait attendu jusqu’au mois dernier avant de proclamer officiellement la fin de la récession dans laquelle le pays était plongé depuis avril 1990.La T.-D.prévoit également une amélioration de la situation en termes de nouveaux emplois créés.M; ' acMillan Bloedel a mis un ter-.me à son exercice financier 1992 avec une perte de 48,8 millions$, sur des ventes de 3 milliards$.Il s’agit tout de même d’une amélioration par rapport à 1991qui s’est soldé par une perte de 93,4 millions$ sur des ventes de 2,7 milliard^.MONTREAL-TORONTO TARIF TGV (Très Grande Valeur) Service Prestige L'ALLER- RETOUR Réservations 48 hres avant le départ Départs de Dorval L’offre se termine le 28 février 1993 88 $ l’aller simple é NATIONAIR M V CANADA AUJOURD 'HUI Pour réservations, consultez votre asent de voyases ou contactez Nationair au 875-8111 ou 1-800-361-0511 ' Taxes en sus C0GEC0 Monsieur Henri Audet, président du conseil et chef de la direction de COGECO inc., a le plaisir d'annoncer la nomination de monsieur Daniel Damov à titre d'administrateur au sein du conseil d'administration de l'entreprise.Président du conseil de la société Zurich Canada Compagnies d'Assurances, monsieur Daniel Damov a oeuvré à plusieurs titres dans le milieu de l'assurance, notamment comme membre des conseils d'administration du Bureau d'assurances du Canada et des chaires d'assurances de l'Université Laval et de l'Université de Calgary II est également président du conseil d'administration du Niagara Institute, membre des conseils d'administration de la Société canadienne d'indemnisation pour les assurances de personnes, de l'hôpital Sunnybrook ainsi que du Conseil canadien des chefs d'entreprise.COGECO est une entreprise active dans le secteur des communications.Par l'entremise de ses filiales, COGECO dessert environ 415 000 abonnés de la télédistribution dans cinq provinces canadiennes, exploite cinq stations de radio et quatre stations de télévision au Québec, et publie 34 journaux hebdomadaires tirant environ un million d'exemplaires au Québec et en Ontario.Les titres de COGECO sont inscrits aux bourses de Montréal et de Toronto.A1C !• K I) K V OIK.M A R l> I il F Ê V K I E K I 9 !» 3 ÉDITORIAL Marche arrière, monsieur Valcourt Jean-Robert Sansfaçon Jadis la pierre angulaire du système canadien de protection sociale, le programme d’assurance-chômage ne répond plus aux besoins et aux moeurs de notre société.11 faut y voir, et vite.Mais d’ici là, pourquoi s’acharner à faire payer les plus pauvres?==s^======:^===! algré la grogne dont l’écho M s’est fait entendre jusque dans la rue et même au sein du caucus des députés conservateurs québécois, le ministre Bernard Valcourt n’entend toujours pas revenir sur sa décision de soustraire certains chômeurs aux prestations d’assurance-chôma- ¦ ge.Qu’ii y ait de l’abus, personne n’en doute.Qu’il faille resserrer les contrôles, plusieurs le souhaitent.Mais prétendre que tous les travailleurs qui quittent volontairement un emploi pour autres motifs que ceux prévus à la loi, sont des profiteurs, c’est de la démagogie.Qui n’a pas été forcé, au moins une fois dans sa vie, d’abandonner un poste parce que rien n’allait plus?Conflits de personnalité, conditions de travail à mille lieux de celles annoncées, rétrogradation, incapacité de répondre aux attentes de sa fonction, tablette.Qu’on demande à un chômeur de justifier son départ par écrit, qu'on le pénalise par une période d’attente plus longue ou de prestations plus courte s’il s’agit d’un départ sans motifs, seul le manque d’imagination ou l’entêtement mesquin empêche de trouver les moyens de limiter les abus.Même pour les cas d’exception déjà prévus par la loi, ceux de harcèlement sexuel par exemple, il est illogique et injuste de faire porter le fardeau de la preuve sur les épaules des plaignantes.Combien de femmes n’oseront jamais affronter leur patron devant des juges, et se retrouveront dès lors sans revenu même après des années de travail et d’angoisse?Cette supposée générosité du système à l’endroit d’individus qui quittent leur emploi n’a rien d’une mesure socialisante, contrairement à ce que «sérénade» le ministre.Nous vivons dans une économie libérale ou le marché de l’emploi, comme celui des biens et des services, doit être le plus libre possible, dans le respect du droit fondamental d’association-négociation, et des lois du travail.Cela suppose qu’une entreprise puisse licencier ses employés en cas de difficultés financières, ou de «rationalisation» de ses activités, mais aussi que les salariés aient la liberté de quitter leur emploi.En leur coupant les vivres, on fausse le jeu au profit du plus fort, celui qui contrôle déjà le pouvoir d'embauche et de licenciement.Bien sûr, il y a des coûts associés à cette liberté de manoeuvre de la force de travail, coûts qui peuvent paraître élevés, voire superflus en période de récession.Mais alors, pourquoi permettre aux entreprises de licencier des salariés sans pénalités et sans avoir à le justifier?Après tout, 90 % des coûts du régime d'assurance-chômage n’originent pas du choix des salariés de quitter leur emploi, mais de décisions d’entreprises concoctées à huis clos, sans aucune justification publique, et procédant d’un unique objectif: la rentabilité des capitaux.En somme, les capitaux et les profits sont privés, mais les coûts sociaux du chômage restent essentiellement publics.D’accord, puisque c’est là l’essence même du capitalisme, mais en autant qu'en situation de crise économique, le préjugé favorable aille aux victimes et à leur famille, non aux aventuriers de la finance.Le projet de loi du ministre Valcourt confierait à l’un des deux acteurs de la scène du marché du travail un pouvoir excessif sur l’autre.Déjà en position de pouvoir congédier comme et quand il l’entend, l’acteur patronal détiendra désormais un pouvoir de chantage à l’emploi.Chantage que certains n’ont pas perdu de temps à utiliser, comme un enquête du DEVOIR le rapportait récemment.Une autre mesure du projet de loi pose problème.Il s’agit de la diminution du montant des prestations maximums de 60 % à 57 % du salaire assurable.Comme les prestataires actuels ne seront pas touchés et que le salaire assurable augmentera cette année de 2 à 3 %, le montant des prestations versées ne devrait à peu près pas diminuer.Parlons donc d’un gel des prestations plutôt que d’une diminution.Mais pourquoi cette mesure?Pourquoi pas -5 %, ou -2 %?Est-ce bêtement parce que le ministre veut couper 600 millions $ et que 3 % est la coupure magique?Si le ministre veut absolument trouver 600 millions $, on pourrait lui suggérer bien d’autres moyens.Pourquoi, par exemple, ne pas imposer un ticket modérateur aux entreprises qui utilisent l’assurance-chômage pour payer leurs employés 90 % de leur salaire en travaillant moitié moins.C’est le cas de GM notamment, à chaque vague de ralentissement de la production.De même, pourquoi ne pas imposer un ticket modérateur équivalent à quelques semaines de prestations par nouveau chômeur à toute entreprise qui fait des licenciements dans le but d’améliorer sa rentabilité?Les salariés ne doivent-ils pas, eux, se priver de revenus pendant les deux premières semaines de chômage?En plus de générer une entrée de fonds substantielle, une telle mesure inciterait les employeurs à moins de légèreté dans leur politique de gestion des ressources humaines.En soi, que la caisse d’assurance-chômage ne fasse pas ses frais en période de récession, il n’y a là rien d’anormal.Auparavant, le déficit était assumé par le gouvernement qui reconnaissait ainsi sa responsabilité.Depuis quelques années, les dés sont pipés.Non seulement Ottawa ne contribue plus à la caisse et laisse le déficit s’accumuler (5 milliards $, présentement), mais il y puise des milliards $ pour la formation de la main-d’oeuvre.En agissant de la sorte, Ottawa fait porter les coûts de la formation sur les seules épaules des travailleurs et des entreprises qui créent le plus d’emplois.Si on tient à une politique globale de la main-d’oeuvre, qu’on en conçoive une et qu’on décide qui y contribuera.Pour l’instant, c’est ce bricolage d’amateurs qui explique en partie la crise du programme.Qu’on propose des réformes, pas des coupures sauvages dont les conséquences sociales seront aussi dramatiques que les effets économiques seront pervers.Ce projet de loi doit être retiré du feuilleton, ou repensé du tout au tout.En s’entêtant à vouloir imposer sa réforme, le ministre Bernard Valcourt ne fera que renforcer l’image d’un gouvernement qui n’a cure du sort des petites gens.L’un des acteurs du marché du travail aurait un pouvoir excessif sur l’autre.Rhodésie à l’envers Je ne fais pas de politique, bien que je ne sois qu’une politique.Mais quand M- Pierre Bourgault écrit ce qu’il écrit (LE DEVOIR, 3 février 1993), je ne peux que m’insurger, et pour les raisons suivantes: • Le Québec est mon pays et j'y crois suffisamment pour que les chefs qui prétendent vouloir me diriger n’en fassent pas une Rhodésie à l’envers, celle que les «mo-nonques» et les «matantes» voudraient maintenant m’imposer, et je nomme Jacques Parizeau et Pierre Bourgault.• Je sais qui je suis, un Québécois comme n'importe quel autre dans mon pays: suis-je de vieille souche ou de souche nouvelle?Question dont même Hamlet ne pourrait pas débattre: un pays ne se fait pas sans les autres, c’est-à-dire contre, mais pour.Tolérance?Non, même habitation du même lieu, ce qui veut dire mêmes problèmes de vie et de mort.Or, ou sont les mêmes problèmes de vie et de mort maintenant?Dans la langue?Dans rien d’autre?Si c’est cela, les séniles précoces comme Yves Beauchemin et.André Major ont raison, tout comme les «mononques» et les «matantes», qu’ils s’appellent Jacques Parizeau ou Pierre Bourgault: a défaut de pouvoir nous proposer un nouveau contrat social, ils voudraient nous rendre comme société aussi déliquescents qu’eux le sont: jouir enfin du pouvoir, mais rien que pour le pouvoir, comme des »mo-nonques» et des «matantes», ce qui serait digne de n’importe quelle république de bananes, mais non des problèmes, plutôt désastreux, que même comme nation nous vivons, pareillement a n’importe quelle autre: si pour tous on ne fait pas de notre terre une terre de liberté, a LETTRES -?- quoi bon l’indépendance?Peut-être MM.Parizeau et Bourgault ont-ils enseigné trop longtemps.Ils ont peut-être si bien désappris de tout que leurs élèves pourraient sans doute commencer à faire leur véritable éducation.Victor-Lévy Beaulieu Trois-Fist oies, 3 février 1993 Mme Bacon en 12 secondes Dans la presse, le discours de Lise Bacon devant les amis de Cité libre fut assez mal reçu (D.Latouche, LE DEVOIR, 23 janvier).Une bonne partie de l’auditoire réagit assez mal également.Apres son allocution, une douzaine de personnes se levèrent pour lui adresser des commentaires.Plus des deux tiers s’opposèrent sans vergogne à ses thèses.t ne seule question concernant le portefeuille de l’Energie: un intervenant voulut savoir si le gouvernement avait l’intention de créer «un musée national de l’électricité» ou encore «un musée des onze nations autochtones du Québec», a Montréal.La ministre souleva un point intéressant, cependant, lorsqu’elle dénonça le caractère spécieux des reportages de la presse audiovisuelle enluminés d’extraits parlés de moins de douze secondes.Ainsi, les journalistes «entretiennent l’ignorance» et «véhiculent des demi-vérités», dit-elle.Mme Bacon a raison sur ce point.A la télévision de la CBC, on a pu voir un reportage dans lequel Jean Chrétien intervenait par le biais de deux extraits de trois secondes chacun et un troisième de sept secondes, a la mi-janvier! Epis-ser des extraits de huit secondes est devenu pratique courante en presse parlée.Pendant la dernière campagne électorale, The CBS Evening News imposa une norme minimale de 30 secondes pour les segments parlés (clips) des candidats a la présidence.Cette pratique devrait être analysée par les patrons de presse.A la télévision, les images en cascades ne peuvent que gommer le texte du journaliste et encore davantage le sens des paroles des interviewés.Henri-Louis Comte Président, Mèdianor Montréal, 25 janvier 1993 Attention au titre! Il y a quelques années, une terrible canicule fit de nombreux morts en Grèce.J’ai été sidéré de voir un jour, a la une du DEVOIR, sous le titre suivant: «La Grèce fond», la photo d’une femme obèse, inconsciente et portée par deux hommes.Maladresse ou farce plate, digne de Hara Kiri?J’ai ressenti un malaise plus grand encore le 20 janvier dernier, quand je suis tombé sur ce titre en page B-3: «Les trains et les Juifs au musée».Un banal entrrefilet soulignant l’inauguration de deux expositions, l’une sur l’industrie ferroviaire à Montréal, l’autre sur deux siècles de présence juive au Canada.Réunir ces deux sujets en un seul titre artificiel, ça ne fait jamais qu’un mauvais titre de plus.Mais que, ce faisant, on mette sur le même pied les trains et les Juifs, et que, de surcroît, on parle d’un peuple comme d’un objet mu-séologique, c’est carrément inacceptable.Il faut faire attention à ce qu’on écrit dans un journal.André Lemelin Sainte-Foy, 29 janvier 1993 ~ 1 a mort récente de l’ancien L gouverneur général Jeanne Sauvé ramène le souvenir de la première Québécoise à s’être illustrée à Ri-t==J deau Hall, Pauline Vanier.Décédée en mars 1991, à l’âge de 93 ans, Pauline Vanier avait quitté le Canada en 1972 pour vivre en France.De fait, elle vivait à L’Arche, petite communauté du nord de la France où son fils Jean avait installé le premier de ces centres se chargeant de personnes souffrant de déficiences mentales.Toute une génération de Québécois et de Canadiens connaît, probablement très peu Pauline Vanier qui a quitté le Canada il y a deux décennies.Un tout petit livre est récemment sorti sur Mme Vanier.Deborah et George Cowley, d'Ottawa, en ont rédigé le texte (One Woman’s Journey) à partir des 18 heures d’entrevues qu’elle leur avait accordées.Le lire, c’est se rendre compte des raisons pour lesquelles tant de gens admiraient cette femme.Elle avait épousé Georges Vanier, soldat, officier, diplomate et gouverneur général.Cette femme était dotée d’une foi profonde, d’un caractère bien trempé, son action s’inspirait de principes solides et elle avait un coeur très généreux pour s’occuper de sa famille, des gens dims le besoin et de son pays.Au cours du dernier conflit mondial et dans l’après-guerre, elle s’est dévouée pour les réfugiés en Europe.La vie de Pauline Vanier fut extrêmement intéressante, en partie du fait de son mariage-à Georges Vanier.Le couple se trouvait à l’ambassade canadienne à btndres durant les années 30, témoin des préliminaires à la guerre.Le début de la guerre, il l’a vécu à l'ambassade parisienne.Les Vanier et leurs enfants purent quitter la France avant l’arrivée des Nazis et eurent la chance d’atteindre Londres.C’est là que Pauline Vanier vécut les premières années de la guerre et la bataille de Grande-Bretagne.Elle et son mari étaient tout à fait convaincus que le gouvernement canadien devait donner son appui à Charles de Gaulle.Le gouvernement canadien, largement influencé par À PROPOS -?- .du rapport aux médias Il n’est pas facile de prendre du recul et une distance critique a l’égard des médias.L’abondance des informations et des messages véhiculés donne souvent l’illusion de la diversité et de l’exhaustivité de l’information.De plus, le rythme auquel les informations se succèdent et se remplacent les unes les autres ne laisse guère de place à la réflexion et à la compréhension.I>es individus n’ont donc pas le temps d’assimiler les événements, d’en discuter avec d’autres et de former ainsi une opinion éclairée, le public doit nécessairement dépasser le stade de l’écoute passive.Ce qui implique d'acquérir une attitude plus sélective dans le choix des émissions ainsi qu’une aptitude à comparer les sources d’information et à questionner ce qui est écrit, dit et montré.Pour inciter les médias à entretenir des rapports de communication non marchands avec le public, il faut en quelque sorte que le public en arrive lui aussi à utiliser les médias non pas en tant que consommateur passif mais en tant que citoyen actif.t Bref, l’action pour améliorer la qualité des médias, à 1 instar de celle sur l’environnement, doit s’attaquer aux causes du problème et faire en sorte que cette bataille devienne celle de tous les citoyens.Extrait de «bt population face aux médias», Lina Irudel, Institut canadien d'éducation des adultes, vlb éditeur, 1992.VALCOURT ?rlt POOR Le.?û\R|(S f\ual Le souvenir de Pauline Vanier JEFFREY SIMPSON ?l’appui que donnait le Québec au régime de Vichy, n’a pas reconnu de Gaulle comme légitime représentant.de la France.Le gouvernement canadien était tellement contrarié par l’appui que donnait Vanier à de Gaulle que Georges Vanier fut rappelé au Canada.Mme Vanier raconte comment, à Montréal comme à Québec, les Vanier étaient ostracisés; le Canada français, influencé par l’Église, appuyait Vichy.«Nous avons essayé de parler de ce que nous avions vu en Europe et de faire prendre conscience de la menace qu’une victoire allemande ferait peser sur le Canada, mais nos paroles tombaient dans l’oreille de sourds», confie Pauline Vanier aux auteurs.• «Souvent nous nous sommes butés à un rejet violent.On nous accusait de vouloir tromper les gens, de mentir délibérément.«On se mit à nous envoyer des lettres de menaces ou des coups de fil du même type.Les réunions auxquelles nous nous adressions étaient perturbées par des gangs organisés.On chuchotait des accusations odieuses contre nous, à propos de notre vie privée ou même de nos enfants.Parfois ces accusations étaient reprises par la presse.» Le gouvernement canadien eut finalement la sagesse de donner son appui à de Gaulle.Il renvoya les Vanier à Londre tout d’abord, puis à Alger pour garder contact avec la France libre.Le couple de Gaulle et le couple Vanier se lièrent d’amitié, amitié qui demeura intacte après la fin de la guerre.De Gaulle, en raison de son amitié avec Georges Vanier, fit don au Canada d’une magnifique résidence dans le Faubourg Saint-Honoré.Plus tard, après la mort de son mari, Pauline Vanier s’inquiéta de l’éventuel appui de de Gaulle à l’indépendance du Québec.Elle rendit visite à de Gaulle avant son voyage de 1967 au Québec (Montréal était cette année-là l’hôte d’Expo 67).Au tout début du lunch, selon ce qu'a dit Mme Vanier aux Cowley, de Gaulle dit: «On ne peut envisager l’unité.Même la souveraineté-association est impensable.Seul un Québec libre et indépendant sera à même de sauver la civilisation nord-américaine.» A ces mots, confie Mme Vanier, «je fus interloquée.Je lui dis franchement qu’il se livrait selon moi à un jeu dangereux, qu’il nous jetterait dans les bras des Américains et qu’inévita-blement les Américains ne permettraient ni au Québec ni à ce qui resterait du Canada d'être de vrais pays indépendants.» Après la mort de Georges Vanier, sa veuve Pauline conserva des liens avec maintes organisations au Canada, tout spécialement avec l’Institut Vanier pour la famille quelle fonda et auquel elle donna pour mandat de promouvoir la recherche et autres activités propres à renforcer la vie familiale.Catholique fervente, Pauline Vanier eut épisodiquement des doutes quant à sa foi.Elle s’interrogeait sur l’utilité de sa vie, elle se demandait si elle était vraiment en mesure d’aider les malades accueillis à L’Arche.J’imagine que des féministes modernes se gausseraient du souci de Pauline Vanier pour la famille, le devoir et le pays.N’était-elle pas une enfant de l’ère victorienne?Je ne suis pas certain qu’elle aurait bien compris le langage d’aujourd’hui avec ses références constantes aux «droits», car pour elle, ce qui comptait vraiment, c’étaient les obligations et les responsabilités.Elle eut une mort calme, en paix avec elle-piême, avec sa famille et avec son Eglise.Sa vie durant, elle eut un impact énorme sur bien des gens au Canada, comme nous le rappelle le livre qui raconte le «voyage d’une femme».LE DEVOIR FONDÉ FAR HENRI B 0 U R A S S A LE 10 JANVIER I fl I 0 Directrice LISE BISS0NNKTTK Rédacteur on chef BERNARD DESCÛTEAIJX Directeur délégué à lad ministration ANDRÉ LECLERC Directeur de l'information BENOIT AUBIN Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, ROCII CÔTÉ Rédacteur en chef adjoint JEAN ROBERT SANSFAÇON Directeur des publications spéciales GUY DESHAIES FAIS CE QUE DOIS L E I) E V 1) 1 K , M A K D I !) F K V K I E R IDEES !» !( 3 A Non à un autre Mirabel La relocalisation de l'Hôtel-Dieu va à l'encontre du bon sens en matière d'urbanisme JEAN-CLAUDE MARSAN Architecte et urbaniste epuis le début des années 1970, Montréal est témoin, environ tous les 10 ans, d’une importante controverse publique concernant un projet immobilier ou d’aménagement urbain.Chacune de ces controverses a donné lieu à un affrontement virulent entre, d’une part, les Montréalais et de l’autre, sur la ligne de front ou en appui à des promoteurs, le gouvernement municipal ou provincial.Dans chacun des cas, les enjeux étaient déterminants pour l’avenir du cadre bâti de l’agglomération.Ainsi, en 1973, les Montréalais se sont opposés massivement à la démolition de la maison Van Home.Leur pire opposant fut le ministre des Affaires culturelles qui répugnait à se servir de la Loi sur les biens culturels pour faire de l’urbanisme, comme si l’urbanisme n’était pas aussi une expression culturelle.I^i maison Van Home a été démolie, certes, mais ce fut à partir de ce moment-là que le patrimoine architectural et urbain est devenu une composante obligée de l’urbanisme dans la métropole.En 1984, les Montréalais se sont ligués pour empêcher la fermeture de l’avenue McGill College.Derrière les promoteurs qui voulaient s’emparer de la me, il y avait l’administration municipale qui leur avait donné la permission et qui les soutenait.L’enjeu était, pour la population, la conservation d’un symbole: la vue du mont Royal.Le public eut gain de cause et l’aménagement de l’avenue fut terminé tant bien que mal.Ce qui est désormais acquis, c’est que l’urbanisme doit prendre en charge les valeurs culturelles et esthétiques.Aujourd’hui, c’est la controverse entourant le projet de déménagement de l’Hôtel-Dieu qui bat son plein.Pour le ministre de la Santé et des Services sociaux, il s’agit essentiellement d’une opération de rationalisation des soins de santé.Pour la majorité des Mont-réalais, l’enjeu est de loin plus vaste et déterminant Il concerne le modèle même d’agglomération qui sera favorisé dans l’avenir.11 s’agit donc, encore une fois, d’une question d'urbanisme.EK- -ytc-o ST PHOTO JACQUESNAOEAU En bout de ligne, les Montréalais disent non à un modèle d’agglomération à l’américaine qui est la négation même d’une vie urbaine civilisée.L’insensibilité aux modèles souhaitables Que le ministre soit peu ouvert à cette dimension urbanistique de la problématique se comprend fort bien puisqu’il en a une conception sommaire, équivoque et sourde aux modèles souhaitables.En lisant le chapitre qui est consacré au patrimoine et à l’urbanisme dans le rapport du ministère ( Le citoyen: la véritable raison d’être de la relocalisation) en réponse au rapport du comité Yergeau, le lecteur est plongé dans un monde qui paraît simple et rassurant, et qui tend à faire des opposants au projet du déménagement des arriérés qui n’ont rien compris à la dynamique de l’évolution urbaine.Or, en réalité, c’est le contraire qui est vrai: c’est le ministère qui s’égare dans un univers qu’il connaît peu et mal.On lit ainsi dans le rapport ministériel: «L’organisation des services de santé de courte durée à Montréal présente des caractéristiques particulières qu’on ne trouve pas nécessairement dans d’autres métropoles nord-américaines ou même européennes.Le modèle de répartition des centres hospitaliers de courte durée est très fortement concentré au centre-ville.» Si ces centres hospitaliers sont concentrés au centre-ville, c’est que Montréal a eu la chance au cours de son histoire de développer une ville centrale d’une densité substantielle et c’est pour cela qu’elle est aujourd’hui une des rares villes sur le continent nord-américain à avoir conservé un centre animé et humain.Qui veut du modèle de la métropole américaine, avec son coeur exsangue et perclus de violence, et sa périphérie éclatée, royaume du centre commercial, de l’ennui et de l’individualisme acharné?L’Europe, où les villes ont beaucoup mieux résisté aux forces de désintégration contemporaines, offre un modèle de loin plus humain et prometteur.Le portrait qui est donné dans le rapport du ministre de l’évolution urbaine de Montréal est pour le moins équivoque.Il donne l’impression que l’habitat caractéristique de la ville centrale s’est perpétué dans les banlieues récentes.Ainsi, il est écrit «L’industrie secondaire s’est peu à peu déplacée vers la périphérie de même que les services commerciaux, financiers et professionnels se sont rapprochés des nouvelles populations implantées.Seuls les services tertiaires sont demeurés au centre-ville.» Or, la banlieue contemporaine n’est pas à l’image du quartier traditionnel avec sa mixité de fonctions et son dynamisme communautaire.C’est essentiellement un développement résidentiel sans ligne directrice, à très faible densité, souffrant d’un déficit d’emplois et d’équipements collectifs, dé- pendant de l’automobile pour la poursuite des activités quotidiennes.Si les populations qui y résident ont droit aux services sociaux, tel qu’un hôpital de première ligne, on cherche en vain les raisons qui pourraient justifier l’implantation dans un tel milieu, situé à 20 kilomètres de l’université et privé de liaisons faciles par transport en commun, d’un «supercentre» hospitalier universitaire d’enseignement et de recherche.Par contre, dans le modèle urbain contemporain, alors que l’industrie tertiaire a remplacé l’industrie secondaire comme moteur de l’économie (deux Montréalais sur trois travaillent désormais dans le domaine des services), le centre-ville est le lieu privilégié de concentration des services tertiaires.Ainsi, s’y localisent l’administration publique et privée, l’éducation universitaire et la recherche, les activités bancaires, financières, commerciales, culturelles et celles reliées aux transports et aux communications, enfin les hôtels et les lieux de divertissement.Deux raisons principales expliquent cette concentration.En premier lieu, les services offerts s’adressent à toute la région urbanisée et doivent se trouver à l’endroit le plus accessible de l'agglomération.En second lieu, les entreprises profitent de cette concentration, soit comme support à leurs activités, soit en étant en synergie avec d’autres établissements.L’Hôtel-Dieu, à titre de centre hospitalier universitaire engagé dans la recherche de pointe, trouve au centre-ville un milieu propice à ses activités, notamment grâce à la proximité de l’Université de Montréal et d’autres institutions, tel que l’Institut de recherches cliniques de Montréal.D’un point de vue économique, son dynamisme est d’autant plus à encourager que la métropole possède une certraine avance au pays dans la recherche biomédicale.Le comité Yergeau avait raison d’interpréter le projet du ministre de la Santé et des Services sociaux comme l’équivalent de vouloir créer un nouveau pôle de développement à Montréal.Car, en urbanisme, cela fait partie d’une stratégie de développement d’utiliser des entreprises du genre comme levier pour en attirer d’autres.Ni Tokyo ni Mexico Le hic, c’est que Montréal n’est ni Tokyo ni Mexico et que loin d'avoir besoin de développer des pôles de décentralisation, elle doit au contraire consolider la ville centrale dont dépend la vigueur et le dynamisme de la région.Cela est bien reflété dans le plan directeur dont vient de se doter la municipalité montréalaise.Montréal est engagée depuis plusieurs décennies dans la spirale du déclin.Elle doit faire face à des défis énormes, tant sur le plan local qu’international.Alors qu’on aurait besoin d’une stratégie politique pour conserver les acquis, concentrer les forces et rebâtir l’avenir à partir de quelques atouts disponibles, à Québec on s’emploie avec obstination et aveuglement à créer un autre Mirabel.Les Montréalais et la ville de Montréal disent non à cette aventure qui n’a ni queue ni tête et qui va à l’encontre du bons sens le plus élémentaire en matière d'urbanisme.Ils disent non à l’ignorance et à l’arrogance comme mode de planification.En bout de ligne, ils disent non à un modèle d’agglomération à l’américaine qui est la négation même d’une vie urbaine civilisée.Une relation particulière L'Office franco-québécois pour la jeunesse a 25 ans DOMINIQUE DE COMBLES DE NAYVES Consul général de France C’est aujourd'hui le 25e anniversaire de la création de l'Office francirquébécois pour la jeunesse.il 1 y a quelques semaines, les chancelleries diplo- Imatiques françaises et allemandes étaient amenées à célébrer le 30e anniversaire du Traité de l’Elysée, fondement de la coopération franco-allemande._________Cette date est capitale pour l’histoire européenne, souvent tragique du fait de l’affrontement ancien entre la Erance et l'Allemagne.Elle symbolise aussi la volonté farouche et permanente de la diplomatie française de restituer la France dans l’oeuvre, jamais achevée, de reconstruction de l'Ordre international.Tel fut également le sens originel de la démarche qui a conduit la France à développer avec le Québec une relation si particulière et des instruments de coopération exceptionnels, qui les placent au 2e rang d’importance entre partenaires industriels.derrière ceux de la coopération franco-allemande.Car, on oublie trop souvent la similitude entre les deux coopérations, et les ressemblances étonnantes des outils mis en place depuis un quart de siècle d’un corpus complexe de traités, d’accords ou d’ententes jusqu’aux offices d’échanges pour la jeunesse.Une génération après l’établissement de tels mécanismes, que reste-t-il du patrimoine commun?I a volonté de faire de la coopération le moteur de la relation politique était le but affiché, revendiqué même, parfois avec fracas.Or, malgré l’usure du temps, le changement des majorités politiques et la modification radicale de l’environnement international, ce souci est toujours au coeur des relations franco-québécoises et franco-allemandes.Si certains outils, identiques à l’origine, ont par la force (les choses profondément divergé, la philosophie des deux systèmes est, en revanche, toujours comparable, presque intacte.Ce n’était pas évident car, au fil des ans, les cadres ckuis 1( squels s’inscrivent la coopération franco-allemande et la coopération franco-québécoise sont devenus de plus en plus différents.Pour la première, à une réconciliation bilatérale néces-saire, vitale, s’est ajoutée la mission prioritaire de la construction européenne; pour la seconde, l'espace chaleureux des retrouvailles passionnées et quasi exclusives, s il n’a jamais été abandonné, a dû s’adapter à un monde de plus en plus éclaté et extraverti.Mais, tout au long de ces années, en aucune façon, cette volonté politique partagée n’a cédé le pas aux modes passagères qui, soit voulaient relancer de vieilles querelles, soit préconisaient de tout jeter aux orties, puisque l’histoire, paraît-il, était finie.La volonté de faire de la coopération le moteur de la relation politique était le but affiché, revendiqué même, parfois avec fracas.Même si comparaison n’est pas raison, on ne peut — tout en conservant à l’esprit des ordres de grandeur très différents — s'empêcher de relever que la coopération franco-québécoise comme la coopération franco-allemande, ont joué un rôle important dans le domaine particulier des échanges économiques.Dans les deux cas, des projets industriels précis et qui, naturellement, échappent à un moment ou à un autre à la sphère de l’action publique, ont été générés par des travaux menés — souvent pendant de longues années, hélas, un peu obscurément — dans le cadre des coopérations bilatérales.Ainsi en est-il pour la France et l’Allemagne dans l’aéronautique, l’électronique, l’énergie etc.; de même, pour la France et le Québec suffit-il de prendre comme exemples le secteur de l’audiovisuel, avec TV5, celui de l’industrie métallurgique avec l’investissement franco-québécois de l’aluminerie de Bé-cancour, ou encore celui des plastiques et des matériaux composites.Parfois même, les partenariats franco-allemand et québécois finissent par se rencontrer, comme en témoigne le contrat signé entre Bombardier et l’Aérospatiale.Alors qu’on s’attarde à l’envi sur certains anachronismes des programmes franco-québécois ou franco-allemands, on omet de regarder ce qui bouge, ce qui change.Ainsi, la montée en puissance dans toutes les sociétés industrielles des préoccupations environnementales a conduit, une nouvelle fois de façon identique, les concepteurs des coopérations franco-allemande et franco-québécoise à introduire dans leurs programmes des projets liés à la protection des milieux naturels.On en trouve, d’ailleurs, la traduction concrète dans les programmes de cette année.De même, la formation des jeunes est-elle au coeur des réflexions communes franco-allemandes et franco-québécoises.Nos sociétés postindustrielles génèrent — hélas — autant de personnes sans réelle formation qu’elles savent créer des richesses toujours plus nombreuses.Les maux sont communs, la réflexion peut et doit l’être aussi.C’est d’ailleurs le souhait exprimé à Québec, en novembre dernier, par les responsables de la coopération franco-québécoise d’ouvrir certains de leurs programmes à de nouveaux partenaires européens et, pourquoi pas, américains.«Rien n'est étranger à la coopération franco-québécoise», comme rien n’est étranger à la coopération entre la France et l’Allemagne.C’est l’héritage que nous ont laissé ceux qui, au milieu des années 60, ont imaginé, avec un peu de folie que deux pays rivaux pouvaient contribuer à construire le plus grand ensemble économique de la planète, et que la France et le Québec, après des décennies d’oubli, d’indifférence, voire de méfiance pourraient se retrouver, puis se lancer dans l’aventure également un peu folle de la francophonie.Mais cela, c'est une autre histoire.Pornographie: le véritable enjeu d'Enjeux P CLAUDE BENJAMIN Responsable des communications Régie du cinéma endant plus de 10 jours, Radio-Canada a fait la promotion de l’émission Enjeux devant traiter de la pornographie, en ne manquant pas de prévenir le téléspectateur que le sujet était délicat.Mais, les petites annonces avaient omis de nous révéler que les auteurs avaient décidé de réduire les téléspectateurs à l’état de voyeurs.Nous découvrions au terme du visionnement que les «enjeux» seraient abordés une autre fois.Commentant l’émission, Ghislaine Rheault, dans Le Soleil du 29 janvier, a vu fort juste: «.en voulant montrer l’ampleur du phénomène de la pornographie au Québec et ailleurs, on s’est enfermé dans une démonstration gratuite et complaisante».Que le réalisateur en effet, pour illustrer son propos, nous ait montré quelques images pour bien faire saisir de quoi est faite la pornographie, soit.Mais à partir du moment où cela devenait répétitif, ce n’était ni utile, ni pertinent.La Régie du cinéma, je puis en témoigner, n'a ménagé ni temps, ni efforts pour documenter les responsables de l’émission qui se sont présentés à ses bureaux.Nous avons maintenant l’impression d’avoir été floués.Personnellement, j’ai accordé une longue entrevue au cours de laquelle je fus invité à cerner les causes du phénomène, ses effets et plus précisément où cela nous menait comme société.De ces propos, n’ont été retenus que quelques mots fort peu importants mais qui, sortis de leur contexte, étaient «croustillants».Bernard Arcan, auteur d’un ouvrage très intéressant sur la question, a vu sa pensée atrophiée par le montage retenu pour cette émission.Plutôt que de nous faire partager les fruits de sa réflexion, on a préféré nous montrer les réactions d’une journaliste à la vue de certaines images.Le voyeurisme empruntant ainsi une voie pour le moins bizarre.Comme si tout cela ne suffisait pas, nous avons eu droit à une tournée en Pologne, prétexte à l’examen de ce qui se passe ailleurs.Un véritable salmigondis: hom- L’ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes : à l'information générale et métropolitaine : Claude Beauregard, Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Pierre Cayouette, Jean Chartier, Louis-Gilles Francoeur, Loui&Guy L’Heureux.Caroline Montpetit, Bernard Morrier, Isabelle Paré, Laurent Soumis, Guy Taillefer, Danny Vear, Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); à l’information culturelle: Michel Bélair (responsable), Roland-Yves Carignan.Paule Des Rivières, Marie Laurier, Robert Lévesque, Odile Tremblay (U Plaisir dès livres)-, à l’information économique : Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutrisac, Catherine Leconte, Jean-Pierre Legault, Serge Truffaut, Claude Turcotte; à l’information internationale : François Brousseau (éditorialiste et responsable), Jocelyn Couion, Sylviane Tramier, Clément Trudel; à l’information politique Josée Boileau, Jean Dion.Pierre O'Neill.Gilles Iesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec) Chantal Hébert (correspondante parlementaire d Ottawa): Serge Chapleau (caricaturiste); à l’information sportive : Yves d’Avignon; Suzanne Marchand (adjointe- à la direction), Marie-Josée Hudon.Jean Sébastien (commis), Danielle Cantara, Christiane Vaillant (clavistes), Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction), .! „ .j.‘—rftairèà la direction).IA DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur): Manon Scott, Sylvie Scott, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).î Jacqueline Avril, Brigitte Cloutier.Francine Gingras, Johanne Guibeau, I-ucie Lacroix, Christiane legault, LiseMajor (publicitaires): Marie-France • .r_r.lm-io Taillrxn /terrMnire) l’ADMINISTRATION Nirolp Carmpl (rnordinntrire dp* smtires rnmtitnhlK)- Florinp Cormier.Isabelle Baril (secret ia puHuerrÉ j (adjointe) Nathalie Thabet (responsable du marché institutionnel).Monique L'Heureux, Use Lachapelle, Olivier Zuida, Rachelle Leclerc-Venne.Jean-Marc Ste-Marie (tu/imiscùr aux promotions des abonnements).leuisc Paquette.IA PRODUCTION Robert McDougall (directeur des systèmes informatiques et de la production), Johanne Bninct 1 vnda Di Cesare Richard DcsCormiers, Michael Schneider.Louis Simoneau.LES ANNONCES CLASSÉES ET LES AVIS PUBLICS Yves Williams (superviseur), Manon Blanchette, Serge César, Dominique Charbonnier, Marlène Côté, Josée Lapointe, Sylvie Laporte, Jean Laurin, Pierrette Rousseau, Micheline Ruelland.THE NEW YORK TIMES me d’église versus danseuse, peep-show ambulant, construction de nombreuses églises comme jadis.au Québec, tout cela alors que l’émission jusque-là avait porté sur la hard-pomo.La place qui est faite dans nos sociétés à la pornographie, tout aussi bien qu’à la violence, méritait qu’on s’y arrête.Sur cette question, comme sur toute autre, un public averti en vaut deux.H y avait donc lieu de bien informer les téléspectateurs pour qu'ils puissent saisir les «enjeux» de la pornographie.Le 27 janvier dernier, la Société Radio-Canada s’est satisfaite de peu et son public a dû se contenter de visionner un vidéoclip. A 8 L K I) E V 0 I |{ M A B 1) I !) K E V li I K H I !) !) 3 LE DEVOIR ?- ACTUALITES SIDA Des fichiers pour séropositifs?SUITE DE LA PAGE UNE D’autres, cependant, n’y voient que des risques.«Tant que le sida aura une valeur de «marqueur social», il faudra s’abstenir d’en ficher les victimes,» affirme le Dr Jean Robert, directeur du département de santé communautaire Saint-Luc à Montréal.Un premier projet veut constituer une banque des noms des porteurs du sida.Le second, appelé Médecins sentinelles, est piloté par le DSC du Saint-Sacrement à Québec et consiste en la création, à leur insu, d’une banque de données sur 25 000 des 100 000 personnes qui subissent un test de dépistage du virus du sida (VIH) chaque année au Québec.Cela revient à créer un fichier des séropositifs, soit des personnes porteuses du virus.Une personne infectée par le VIH peut ne jamais développer la maladie et elle continue à vivre sans que rien ne paraisse.Le but de ce fichier est de suivre de près l’évolution de la transmission du virus en fonction des comportements des individus à risque.Une phase-pilote a été réalisée en 1988-89 avec 4000 sujets.Elle a permis de découvrir une augmentation de la prévalence du virus chez les utilisateurs de drogues par voie intraveineuse.Le fichier contiendrait le résultat du test mais aussi des informations personnelles: l’orientation et les habitudes sexuelles, la consommation de drogues, les antécédents de maladies transmissibles sexuellement.La fiche de chaque individu serait identifiée par un numéro secret correspondant à son numéro d’assurance-maladie (NAM).Le nom de la personne n’y figurerait pas.Ce numéro sert à éliminer les doubles inscriptions.Le projet s’appuierait sur la participation volontaire d’un réseau de médecins partout au Québec.Le médecin participant devrait communiquer, à son insu, le numéro d’assurance-maladie du patient, à un ordinateur.A partir de ce numéro, l’ordinateur générerait un code secret indécomposable.Il serait impossible à partir du code de reconstituer le numéro d’assurance-maladie.C’est ce code secret qui figurerait sur la fiche transmise au ministère.Toutefois, le même numéro d’assurance-maladie générerait toujours le même code secret.Il serait donc possible à un être malveillant, ayant accès au système et connaissant votre numéro d’assurance-maladie, de produire le code secret lui étant associé et de vérifier ensuite dans la banque de données si vous y êtes et si vous êtes séropositif.Le système serait entouré de mesures de sécurité et seuls les membres de l’équipe de recherche y auraient accès, jure le responsable du projet, le Dr Michel Alary.Mais le directeur du Mouvement d’intervention et d’entraide de lutte contre le sida à Québec, M.Jocelyn Châteauneuf, soulève l’hypothèse qu’un tribunal puisse forcer le médecin à révéler le code d’un individu.Un juge pourrait le faire dans le cas d’une personne accusée d’agression sexuelle, par exemple.Ou encore soupçon-née par son assureur d’avoir souscrit à une police d’assu-rance-vie à un moment où elle se savait infectée par le virus, sans l’avoir dit.Rappelons que la Cour suprême du Canada a statué, en mars 1992, dans une cause impliquant La Métropolitaine, que «le droit à la confidentialité de ses dossiers médicaux est un droit relatif».Une personne renonce «sans réserves» à ce droit lorsqu’elle signe une formule standard permettant à l’assureur d’avoir accès à ses dossiers pour évaluer le risque.Le second projet vise à faire modifier le règlement sur la protection de la santé publique pour que le formulaire de déclaration obligatoire des cas de sida porte un élément d'identification du malade.Ces formulaires sont remplis par le médecin traitant et sont acheminés au ministère qui les utilise entre autres à des fins statistiques.Le ministère suggère que cet élément d’identification soit, dans ce cas-ci également, un code secret généré par un ordinateur à partir du numéro d’assurance-maladie.Dans ce cas-ci toutefois, selon un document descriptif du projet, le département de santé communautaire conserverait une «liste d’appariement des numéros originaux et des numéros encryptés (sic)».Le ministère est conscient que cette procédure aurait pour effet de constituer un fichier de renseignements nominatifs qui permettraient d’identifier les malades.Cela est dans le but de pouvoir retracer le patient concerné si nécessaire.Mais toujours subsiste le risque d’une indiscrétion, d’une fuite, d’un trafic occulte d’informations personnelles.Un risque inacceptable, dit le Dr Jean Robert.«Quand on voit chaque semaine des malades dans la misère, qui ont perdu leur emploi, perdu leur logement, qui n’ont pas de place où finir leur vie, à cause aune indiscrétion, je pense qu’il faut encore faire un petit sacrifice sur la pureté des statistiques, dit-il.Que j’aie 508 cas dans le territoire, ou 493 ou 608, qu’est-ce que vous voulez que ça change?» Le siaa est source de discrimination, poursuit le médecin, qui invite ses collègues à se rendre compte qu’il y a dans la société des gens moins vertueux qu’eux.Les informations sur les sidéens sont en demande sur le marché noir.Dans les cabinets privés, des employés sont soudoyés pour sortir les dossiers.Le Dr Robert note que beaucoup d’Ontariens viennent subir le test de dépistage au Québec pour fuir le système nominatif de leur province.A tel point que le gouvernement de Bob Rae a créé, il y a un an, un réseau de cliniques où il est désormais possible de subir le test anonymement.L’anonymat «n’est pas un bon système», rétorque le Dr Robert Remis, responsable du programme de surveillance du sida au Québec.Cela rend «le suivi des cas plus difficile», argue-t-il, et introduit un biais dans les statistiques.Il estime à 15 à 20% des cas déclarés de sida être des doubles de cas déjà enregistrés.Les gens vont consulter un second médecin lorsqu’ils apprennent qu’ils sont atteints.Les deux médecins inscrivent le cas.L’anonymat protège les intérêts des individus, dit le Dr Remis.«Je veux bien, mais à condition qu’il n’y ait pas un prix trop lourd à payer pour la collectivité».A son avis, l’intérêt de la collectivité veut qu’on dispose d’informations plus précises sur l’étendue de l’épidémie.Les sidéens, dit-il, sont déjà connus dans le système de santé, leur état est connu de leur entourage.La protection de l’anonymat, «ce n’est pas si délicat que ça», dit-il.Au cabinet du ministre de la Santé, M.Marc-Yvan Côté, une porte-parole précise que chacun des deux projets n’a fait l’objet d’aucune décision.Mme Marie-Claire Ouellet assure cependant que, dans les deux cas, «on cherche une solution qui respectera l’éthique».COMBAT Parizeau, Bouchard, Hitler.SUITE DE LA PAGE UNE de ce que Hitler a fait».Rédigée par le président et directeur général de la firme, M.Richard Lafferty, l’analyse dont LE DEVOIR a obtenu copie met en relief l’absence d’organisations suffisamment fortes et structurées pour freiner la montée du courant nationaliste.L’auteur déplore notamment qu’il n’y ait pas au Québec de groupes patriotiques organisés, fondés sur les concepts de liberté, d’égalité et de fraternité.«Ç’est la même situation qui prévalait avec Hitler.Les grandes industries et les banques n’ont pas voulu offenser le leadership dictatorial par peur de réactions punitives.Et cette situation semble largement pré-valpir aujourd’hui dans la province de Québec».A titre d’exemple, The Lafferty Canadian Report rappelle l’intervention du président de la Banque Royale pendant la campagne référendaire, alors que M.Taylor avait prédit que si le NON l'emportait, le taux d’inflation triplerait et quelque 800 000 Canadiens perdraient leur emploi.L’auteur soutient qu’à la suite des réactions démagogiques du président du Parti québécois, la Banque Royale a perdu 100 millionsS de dépôts.Et il trouve encore plus attristant que le président de la Banque Royale ait senti le besoin de s’excuser auprès de ses actionnaires.L’analyste financier Richard Lafferty s’attend d’ailleurs à ce que son entreprise subisse le même sort.«Nous allons probablement être pénalisés pour avoir exprimé ces vues.Mais le succès d’Hitler était entièrement fondés sur la peur et ce sont précisément les tactiques du Parti québécois».Rejoint par LE DEVOIR, M.Lafferty a rejeté l’idée que ses propres propos soient eux-mêmes démagogiques.Il reconnaît que de dramatiser ainsi la situation puisse amener des capitaux a fuir le Québec.Mais il es- time que l’essentiel pour un analyste financier est de savoir écrire franchement la vérité.«Ma responsabilité est de décrire les conditions économiques et politiques comme je les vois.Ça dépend comment on définit la démagogie.Si mes clients me demandent s’ils devraient investir dans de telles conditions, je leur dirai non».Président de la firme de courtage, Bolton & Tremblay, M.Jacques Landry a expliqué au DEVOIR que M.Lafferty est généralement perçu dans le milieu comme un analyste financier compétent.Mais à son avis, sa compétence s’arrête là.D dirige une entreprise marginale qui gère un petit for-tefeuille.«Les gens du milieu sont surtout curieux de savoir ce qu’il pense, mais il n’a pas vraiment d’influence.C’est un penseur indépendant».Il note que M.Lafferty a le secret des coups fumants de ce genre.Destiné aux actionnaires et clients de l’entreprise, The Lafferty Canadian Report est publié à quelques centaines d'exemplaires.L’auteur y exprime l’opinion que le sentiment nationaliste est particulièrement florissant dans les régions rurales parce que les gens y sont moins renseignés et moins éduqués.Il souscrit à l’hypothèse que le premier ministre Bourassa sera amené à quitter la vie politique.Dans cette optique, il lui parait que son successeur manquera de temps pour se donner une identité politique avant les prochaines élections fédérales.Au nombre des aspirants les plus couramment mentionnés, il cite les noms du ministre conservateur, Benoît Bouchard et des ministres libérauxPierre Paradis et Gil Rémillard.Enfin, Richard Lafferty constate que les Canadiens subissent essentiellement l’influence des intérêts établis et se laissent progressivement entraînés dans le schéma de la conformité.Une influence qui origine de trois bastions de l’establishment «Ce sont les politiciens, les banques et les avocats.Et ils ont chacun les mains dans les poches de l’autre».Méningite: en acceptant d’être vacciné, vous acceptez d’être fiché MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUEBEC Vôtre petite signature sur le formulaire d’autorisation de vaccination contre la méningite, ces jours-ci, ne vous vaut pas, à vous-même ou votre enfant, qu’un petit vaccin.Elle vous vaut également le privilège d’être fiché dans une banque de données créée expressément pour faciliter divers travaux de re- ¥ ! cherche sur cette maladie.Québec souhaitait en effet profiter de la vas- .
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