Le devoir, 19 février 1993, Page(s) complémentaire(s)
Vol.I- X X x I V N o -I I T V Q / T o r o ii I i» K kW- mm ?PÆ , 0, ¦ > PHOTO AP Tragédie maritime en Haïti: un traversier transportant plus de mille personnes entre Jérémie et la capitale Port-au-Prince a fait naufrage dans la nuit de mardi à mercredi, causant au moins 800 morts.Cette catastrophe en mer, dont l’ampleur n’a pas été connue avant 24 heures, compte parmi les plus meurtrières des dernières années.Une tempête, un mouvement de panique à bord, une surcharge fatale ainsi que l’état douteux de l’embarcation ont été cités parmi les causes du désastre.Les quelque 140 survivants, qui ont utilisé des objets divers et même des cadavres d’animaux pour atteindre le rivage, ont été rapatriés dans un climat de panique.Cette femme, photographiée hier à l’hôpital de Port-au-Prince, vient d’apprendre la mort de sa mère.Nos informations en page B-3.Desjardins débarque au Mexique Le Mouvement va aider à la création des «caisses solidaires BRIGITTE MORISSETTE CORRESPONDANTE DU DEVOIR Mexico — Les caisses populaires vont fleurir au Mexique avec l’appui de la Société de développement international Desjardins.M.Ghislain Paradis, directeur général de la SDID, vient de signer un accord à Mexico avec le ministre du Développement social, M.Donaldo Colosio.Le jeune ministre mexicain, qui figure parmi les aspirants les plus sérieux à la candidature présidentielle, est responsable du Programme de solidarité créé par le gouvernement actuel, il y a quatre ans.Les questions envi- ronnementales relèvent également de sa compétence.L’entente a pour objectif d’assurer aux communautés rurales du Mexique un appui technique et une autonomie financière, à travers un système efficace de petites caisses.C’est ainsi que les caisses populaires québécoises vont enfanter les caisses solidaires (cajas solida-rias) du Mexique.Quelque 13 500 petites et moyennes entreprises mexicaines vont ainsi pouvoir accéder à de meilleurs crédits et conditions de financement à travers la création de caisses d’épargne dans leurs localités.On peut citer en exemple des éleveurs de Vera Cruz, une coopérative de paysans de l'Etat de Morelos dont les fleurs sont maintenant exportées au Canada, des producteurs qui cultivent la figue dans le Zacatecas et exportent aux Etats-Unis, etc.«La Société de développement international Desjardins, explique M.Ghislain Paradis, offre au Mexique un appui administratif et technique à travers des stages de formation des dirigeants et employés des futures caisses de solidarité.Notre assistance comprend différents services, incluant un service informatique de comptabilité.VOIR PAGE A-10 : DESJARDINS Un enquêteur parle La traque des tricheurs est une mission sociale, estime un spécialiste du renseignement Le marché noir du renseignement personnel, dont LE DEVOIR révélait certains aspects troublants dans son édition du 11 février, relève en partie d’un réseau informel d’entraide entre des enquêteurs du secteur privé comme de l’Etat.Un ancien enquêteur privé, M.Réal Gagné, décrit dans une longue entrevue au DEVOIR, les dessous de ce marché occulte.MICHEL VENN E DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Réal Gagné, ex-enquêteur privé, m’avait donné rendez-vous discrètement dans le hall d’un hôtel chinois de Montréal.Je m’attendais de voir arriver une sorte de Colombo, dégingandé, cigarette aux lèvres, trench élimé.Erreur.Le monsieur qui se présente à moi est mis à quatre épingles.Rien du voyou recyclé.Rien non plus du Dick Tracy.Mais un peu tout de même du justicier chasseur de prime.«Je voudrais que les élus se rendent compte qu’il y a un os dans la moulinette», dit Gagné.I>e ton est donné: la traque des tricheurs, ce n’est lias du marché noir, c’est, dit-il, une oeuvre sociale qui n'est pas reconnue.Gagné explique.A ses yeux, le travail des en- quêteurs privés qui obtiennent, grâce à la complicité de fonctionnaires, des renseignements qui les aident à épingler des mauvais payeurs recherchés par ses clients privés est une oeuvre sociale qui n’est pas reconnue., Il soutient que l’Etat bénéficie de ce marché du renseignement tout autant que le secteur privé, même si cela va à l’encontre de la Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur public.Far le jeu de l’échange de renseignements, des privés aident selon lui les fonctionnaires à mettre la main au collet de fraudeurs qui «trompent le système», affirme Gagné, qui se targue, grâce à son réseau de contacts, de pouvoir identifier de 15 à 30 fraudeurs de l’aide sociale par semaine, allant de l’adresse inexacte au concubinage non déclaré, au travail au noir.L’os, dit-il, c’est que les fonctionnaires chargés de repérer les fraudeurs (de l’aide sociale, de l’as-surance-chômage ou de la CSST) font souvent appel, clandestinement, à des enquêteurs privés pour les aider à faire leur travail, à les aider parfois même à obtenir une information appartenant à.un autre ministère.Des gens à qui les fonctionnaires retournent l'ascenseur le moment venu.« Donne-moi un coup de pouce, je vais t’en donner un la prochaine fois.» L’entraide entre enquêteurs est une norme dans ce milieu qui a son «éthique», quoi qu’on en dise, affirme Gagné.Souvent, ce sont des fonctionnaires, qui ont entendu parler de lui, qui le contactent pour obtenir son concours, prochaine fois.C’est ainsi que se forment des relations.«L’éthique du milieu veut que quand quelqu’un te contacte, tu le bourres au début, tu lui fournis ce qu’il veut, tu ne lui demandes rien, sachant que plus tard il se sentira obligé de t'aider».Si un skip tracer (une personne chargée de re- VOIR PAGE A-10 : ENQUETEUR La règle, c’est : donne-moi un coup de pouce, je fen donnerai un la y a m I.E I) K V (I I It .V K X I) K EDI I !) F K V K 1ER I !» !» 3 LE DEVOIR ACTUALITES ENQUETEUR Un justicier rémunéré «à la tête» I DESJARDINS Un concept original SUITE DE I.A PAGE 1 tracer un mauvais payeur) chez Eaton a du mal à repérer un débiteur, il téléphone à son collègue de La Baie, chez qui ce mauvais payeur est peut-être un honnête client.Le collègue lui refile l’adresse du type.En revanche, une autre fois, les renseignements circuleront dans le sens inverse.«C’est le même principe qui s’applique au gouvernement», assure Gagné, qui sait de quoi il parle.Il passait pour être l’un des enquêteurs les mieux branchés au Québec et en Ontario: au Revenu, à la police, à l’assuran-ce-chômage, à l’aide sociale, à la Société de l’assurance-automobile, à la CSST, chez Hydro-Québec.Il peut retrouver un numéro de téléphone même s'il est réputé confidentiel chez Bell Canada.Il collaborait avec des services de recouvrement.Même un juge de la Cour supérieure, qui recherchait à titre personnel un être cher disparu depuis deux ans aurait déjà requis ses services.Il croit que des fonctionnaires font appel clandestinement à ses services parce que lui, qui a les mains libres, peut faire des choses qui leur sont interdites, ou encore les faire plus rapidement et sans bureaucratie.«Un policier ne peut pas arriver à un agent d’aide sociale et lui dire: sors-moi cinq BS, je vais te sortir cinq permis de conduire, dit Gagné.Il aurait les comités de déontologie sur le dos.» De même, plusieurs ministères ont des ententes entre eux pour s’échanger des renseignements: l’aide sociale a signé des ententes avec l’assurance-auto, l’assurance-ma-ladie, la Régie des rentes, la CSST, l’assurance-chômage.Mais les fonctionnaires «préfèrent me passer un petit coup de fil.Moi je me retourne; j’appelle mon churn.10 minutes plus tard, ils ont l’info qu’ils veulent, plutôt que de remplir une réquisition en 10 copies: la rose, la verte, la bleue, la jaune, acheminées au sous-directeur ou au super-superviseur.» Le job d’enquêteur n’a rien à voir avec l’image romantique des Jack Travis ou du Berrurier de San Antonio, insiste notre interlocuteur, même si, parfois, on se passe de l’info sous le manteau dans d’obscurs bars du centre-ville.Mais pour l’essentiel, tout se fait au téléphone.Un client est à la recherche de quelqu’un.Il contacte Gagné qui part à la pêche auprès de certains de ses contacts.On s’échange des adresses, des numéros d’assuran-ce-sociale.Souvent deux enquêteurs cherchent le même type, qui n’a payé ni Hydro, ni Bell, ni son loyer, qui doit des sous à l’aide sociale ou à l’assurance-chô-mage et a acheté à crédit, sous un faux nom, une bagnole de 30 000$.Jamais rien n’est écrit, pour éviter de laisser des traces.Les échanges se déroulent souvent le soir.Le fonctionnaire est alors à l’abri des indiscrétions.Bien que, selon Gagné, les supérieurs immédiats d’enquêteurs du gouvernement peuvent fermer les yeux sur ce trafic, sachant que ça peut rapporter au ministère, dans la mesure oii le fonctionnaire en cause le fait discrètement.Gagné se voit comme «un chasseur de prime», à la recherche de mauvais payeurs.Un justicier, rémunéré «à la tête».Lui a commencé sa carrière dans un job d’été pour le service de recouvrement d’un grand magasin.De fil en aiguille il passe par une agence de recouvrement, le service d’enquête d’un huissier et, finalement, le bureau de crédit, Equifax, où il travaille au service de dépistage.Il a quitté cet emploi l’automne passé, quand Equifax, accusé publiquement de s’adonner au marché noir du renseignement, a annoncé la fermeture de son service de dépistage.Gagné assure avoir démissionné.Equifax affirme l’avoir congédié.SUITE DE LA PAGE 1 «Nous allons assurer également un lien international entre les futures caisses mexicaines et des institutions semblables que nous avons contribué à implanter ailleurs dans le monde.» La SDID a fourni ses services en Amérique centrale (Costa Rica, Salvador, Nicaragua, Honduras), au Pérou, à la Bolivie et au Brésil, à quelques pays africains tels que la Côte-d’Ivoire, le Sénégal, le Burkina Faso, au Vietnam, aux Philippines, ainsi qu’à la Russie et à la Roumanie.«Notre premier but dans l’établissement de chaque caisse, rappelle M.Ghislain Paradis, vise à instaurer la confiance pour atteindre le plus rapidement possible un seuil de rentabilité.Il faut également des lea- ders crédibles, compétents, pour que s’instaure la confiance.» La concurrence étrangère et le manque de compétitivité sèment actuellement l’hécatombe dans les petites entreprises mexicaines.L’instauration du libre-échange nord-américain ne peut qu’accélérer une restructuration particulièrement douloureuse dans un pays où 40% de la main d’oeuvre est sous-employée, sans parler d’un taux de chômage qui menace la modernisation imposée par l’ouverture des frontières.L’originalité des caisses solidaires mexicaines réside dans leur capitalisation.S’ajoutant à l’aide gouvernementale, l’épargne individuelle et les PME vont fournir le capital de base.Chaque prêt, une fois remboursé, sera réinvesti dans la caisse.Les caisses solidaires mexicaines risquent néanmoins d’avoir du mal à atteindre un capital de base suffisant et un seuil de rentabilité.La Société de développement international Desjardins a obtenu l’appui de la Délégation générale et de l’ambassade du Canada dans la réussite de ce dossier.Le ministre Donaldo Colosio espère qu’une quinzaine de caisses solidaires seront mises en marche avant Pâques.Deux fonctionnent déjà à Nayarit et Zacatecas, et une troisième sera bieqtôt ouverte à Durango.«A partir d’accords commerciaux, le Mexique et le Canada peuvent également partager des expériences sociales, a déclaré le ministre en signant l’accord qui assure à son ministère l’appui technique de Desjardins.Cette coopération apporte aux caisses de solidarité une garantie d’efficacité et de transparence.» Des personnalités de Saint-Jean-de-Matha demandent à Paradis de retarder l’enquête LA CAISSE Une position de négociation SUITE DE LA PAGE 1 Interrogé à ce sujet, le président du Conseil du patronat Ghislain Dufour estime que la position prise par la Caisse en est une de négociation.«La Caisse s’est probablement dit pourquoi pas aller chercher 12$, pourquoi pas 13$?», a déclaré Ghislain Dufour, pour qui une acceptation automatique de la proposition aurait pu être interprétée comme une mauvaise façon de négocier.«Il fallait s’attendre à ce genre de déclaration de la Caisse de dépôt après l’invitation en ce sens du chef pé-quiste», a lancé Ghislain Dufour.Ce faisant, la Caisse répond aux doléances formulées, notamment, par le chef de l’opposition, Jacques Parizeau, qui a exhorté la Caisse à obtenir davantage, tant en termes de prix que de protection du contrôle québécois d’Univa.«C’est une position politique et stratégique» a souligné un observateur qui a voulu garder l’anonymat.Surprenant tout de même que la Caisse intervienne si tôt, avant même que le comité mis sur pied par le conseil d’Univa afin d’évaluer l’offre ne fasse sa recommandation, d’ici un mois.Rappelons, de plus, que le vote des actionnaires d’Univa n’est prévu qu’au mois de mai.Pour une autre source, proche du dossier, la Caisse n’a pas apprécié la démonstration de Berlin Nadeau de sa capacité à se passer des ressources financières de l’institution québécoise.Dans le cas de la Caisse, on ne peut parler de bluff, puisqu’elle a les moyens de ses ambitions.En revanche, on ne sait si la Caisse dispose d’un scénario de rechange où Bertin Nadeau et Unigesco ne figurent plus.Si la Caisse avait voulu soutenir M.Nadeau, aux prises avec des échéances de dettes au printemps, elle l’aurait fait bien avant, en investissant dans Unigesco par l’entremise du holding en amont Univantage, par exemple.En réponse à la décision de la Caisse, Unigesco a réitéré sa conviction que la proposition soumise aux actionnaires d’Univa était «juste et équitable».On rappelle également qu’un important actionnaire, le groupe Empire des Sobey, avait qualifié le prix offert de «raisonnable».Unigesco incite tous les actionnaires d’Univa à attendre les conclusions du comité indépendant mandaté par le conseil d’administration d’Univa pour analyser la proposition et formuler une recommandation.Ix rapport de ce comité est attendu vers la mi-mars.Dans cet ordre d’idées, Daniel Larouche, vice-président, Affaires publiques d’Unigesco, voit dans l’annonce de la Caisse de dépôt un geste prématuré.Et il aurait aimé que l’institution précise davantage sa pensée sur l’insuffisance des assurances.«Ix transaction projetée a été conçue spécifiquement pour garder intactes la gestion, l’intégrité et l’orientation actuelles, pour assurer la souplesse financière et pour poursuivre les programmes de redéploiement et de développement en cours chez Univa.» En d’autres mots, la proposition vise à offrir toutes les avenues possibles à la Caisse.De plus, si Unigesco exclut une surenchère, le tandem n’écarte pas une redéfinition du partage 80% (Blackstone) 20% (Unigesco) si la Caisse exprimait sa volonté de jouer un rôle plus prépondérant dans le nouveau holding appelé à chapeauter Univa.LOUIS-GILLES FRANCOEUR LE DEVOIR ‘\Teuf personnalités de Saint-Jean-I î de-Matha ont demandé hier au ministre de l’Environnement, M.Pierre Paradis, de prendre des mesures pour qu’ils puissent prendre connaissance de la totalité du dossier d’agrandissement du site d’enfouissement Transvick avant que ne démarre l’enquête sur ce projet.Cette enquête, confiée par le ministre au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), est sensée démarrer la semaine prochaine.Les leaders mathalois estiment qu’ils ont droit, comme dans toute audience du BAPE, à une période d’étude de 45 jours avant que ne démarre la consultation proprement dite.Mercredi soir, la commission du BAPE rencontrait les groupes de citoyens de Saint-Jean-de-Matha.Selon les renseignements obtenus par LE DEVOIR, ils ont été stupéfaits d’apprendre que les commissaires n’avaient même pas reçu les plans et devis du projet de Transvick.Ces documents font partie intégrante de la demande et du permis d’agrandissement lorsqu’il est accordé par le ministère.Après avoir découvert qu’ils n’avaient que cinq jours pour étudier un dossier dont ils ne connaissent qu’une partie, ils ont demandé à la commission de modifier son plan d’audience.La responsable de la commission, Mme Johanne Géli-nas, leur a suggéré de s’adresser plutôt au ministre.Historiquement, le BAPE a mis à la disposition des citoyens pendant 45 jours les dossiers soumis à son attention.Les leaders mathalois, qui en sont à leur troisième audience du BAPE chez eux, ont donc demandé à M.Paradis d’allonger le mandat du BAPE pour leur permettre d’étudier la totalité du dossier connu du ministère.Selon M.Luc Ouimet, un Mathalois qui est aussi président du Bureau de consultation de Montréal, «on voit dans toutes les procédures au pays et dans les pratiques du BAPE depuis sa création qu’on remet le dossier complet aux citoyens avant de les consulter.Ce droit Mazankowski applaudit au plan Clinton MICHEL HÉBERT PRESSE CANADIENNE rttawa — Le ministre fédéral des 'Finances, Don Mazankowski, a applaudi, hier, à l’initiative du président américain Bill Çlinton de lutter contre le déficit des Etats-Unis par le biais de coupes massives dans les 01 Rio prête pour son carnaval Valcourt passe une dure journée à Toronto SUZANNE DANSEREAU PRESSE CANADIENNE Toronto — C’était l’anniversaire de naissance de Bernard Val-court, hier.Mais le ministre fédéral de l’Emploi et de l’Immigration, qui déjà en arrache avec son projet d’assurance-chômage, a dù passer une partie de la journée escorté par la police pour se protéger contre ses propres employés qui hurlent contre sa nouvelle polititique d’immigration.M.Valcourt était à Toronto pour prononcer un discours sur sa politique d'immigration devant les gens d'affaires du Empire Club.Mais dès son arrivée, on lui a signalé qu’une vingtaine des ses employés refusaient de quitter les lieux avant de l’avoir rencontré.Après son discours, le ministre s’est fait escorter par plusieurs policiers et est sorti par une porte de côté, dans le but d’éviter les employés mécontents.Mais John Bryan, du Syndicat des employés du ministère de l’Immigration, l’a poursuivi et a fait savoir à son attaché de presse qu’il avait des «amis» au ministère des Transports qui tenteraient de retarder son avion.(Il a été impossible de savoir si la chose s’est produite ou non).Quelques heures plus tard, M.Bryan et d’autres employés ont occupé le bureau torontois de la ministre d’Etat à l’Immigration, Pauline Browes.Ixs employés du ministère fédé- ral de l’Immigration se plaignent de la mise sur pied d’un centre informatisé de traitement de demandes pour les réfugiés et les immigrants, à Vegreville, en Alberta.L’établissement de ce centre se traduit par 584 pertes d’emplois et nuit aux immigrants et aux réfugiés qui ont peu de moyens, déplorent-ils.D’autre part, le ministre Valcourt a livré, hier, un discours plutôt élec-toraliste devant le Empire Club de Toronto.Le thème qu’il devait aborder — sa politique d’immigration — a à peine été effleuré.Le ministre a préféré vanter les performances économiques de son gouvernement et s’attaquer au chef libéral Jean Chrétien, qui était l’invité du Empire Club la semaine dernière mais qui a attiré un auditoire deux fois plus important.M.Valcourt a de plus abordé sa politique controversée de l’assurance-chômage.«Il faut mettre fin à la logique de la dépendance», a-t-il dit, suscitant les applaudissements de son auditoire.M.Valcourt a ridiculisé le système actuel de sécurité sociale au Canada: en vertu de ce système, «on vous donne des bénéfices si vous quittez votre job», a-t-il dit.Selon lui, il faut changer ce système parce qu’il «s’adresse même à ceux qui n’en ont pas besoin».«Parce que je tiens ce discours, je suis l’homme le plus haï à Ottawa», a-t-il conclu.dépenses gouvernementales.«Nous sommes encouragés par le fait que que le président Clinton n’a pas essayé de reporter l’énorme défi que représente la réduction du déficit américain», a déclaré M.Mazankowski aux Communes.«Le programme économique du président Clinton, a-t-il ajouté, est très similaire à celui que nous poursuivons depuis que nous sommes au pouvoir: il mise sur des investissements dans les infrastructures, la formation de la main d’oeuvre et reconnaît le rôle important que joueront les petites entreprises dans la relance de l’économie.» Le ministre des Finances déposait en deuxième lecture, hier, le projet de loi C-l 13 qui, une fois adopté, activera des compressions budgétaires de huit milliards de dollars au cours des deux prochaines années.Le pro- Économisez jusqu'à 40$ par année Calfeutrez vos portes et fenêtres.ICOKILO 333-KILO a PHOTO AFP CES DEUX DANSEUSES de samba sont prêtes pour le carnaval qui va débuter demain et se poursuivre jusqu’au 24 février.Im ville de Rio, attend, comme chaque année, des dizaines de milliers de touristes pour son célèbre carnaval.LE DEVOIR est publié par I/- Devoir Inr., société a responsabilité limitée, dont le siège social est situé au numéro 2050, rue de Bleury, Montréal, II.'tA 3M9.Il est composé et imprimé par Imprimerie Dumont, 7743 rue Bourdeau, une division des imprimeries Québécor Inc., 012 ouest rue St-jacques, Montréal.L'Agence Presse Canadienne est autorisée a employer et à diffuser les informations publiées dans le Devoir, le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inr, située au 775, bout Icbeau, St-Diurcnt.Envoi de publication Enregistrement no 0858.Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec.Téléphone général : (514) 085-3333, le Devoir (LSI’S - 003708) is published daily by le Devoir Inc., 2050 De lileury.')'¦ étage, Montréal, Québec II3A 3M0.Subscription rate per year is 8 439.00 USD.Second Class Postage paid at Champlain, N.Y.US POSTMASTER : send address changes to : Insa, P.Q.Box 1518, Champlain, N.Y.12919-1518.LE DEVOIR ?— RENSEIGNEMENTS (514) 985-3333 ADMINISTRATION (514) 985-3333 AVIS PUBLICS (514) 985-3344 ANNONCES CLASSÉES (514) 985-3344 PUBLICITÉ NUMÉRO SANS FRAIS (514) 985-3399 1 800 363 0305 SERVICE À LA CLIENTÈLE LE DEVOIR 2050.RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE MONTRÉAL (QUÉBEC) H3A 3M9 LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00À 16H30 d’accès à l’information et celui de pouvoir l’étudier avant le début des audiences n’est pas seulement une question de justice naturelle, mais c’est le seul moyen de leur permettre de fonctionner en audience avec efficacité et intelligence.Le contraire pourrait même s'avérer dommageable à la crédibilité d’une commission.» M.Ouimet, qui a été commissaire du BAPE pendant des années, a présidé à ce titre certaines des plus importantes audiences de la dernière décennie.Il est actuellement président de l’Association québécoise pour l’évaluation des impacts.La demande des leaders mathalois au ministre Paradis a notamment été signée par M.André Dal-laire.Ce dernier, qui présidait jusqu’à tout récemment le comité de citoyens opposé au projet Transvick, a été embauché cette semaine comme secrétaire intérimaire de cette municipalité par une majorité de son conseil, qui a ainsi outrepassé le veto du maire.M.Dallaire fait l’objet d’une poursuite de 125 000$ de Transvick pour des propos présumément diffamatoires.chain budget, a-t-il indiqué aux journalistes, poursuivra les mêmes objectifs et comportera de nouvelles compressions, notamment dans les soins de santé.Ce prochain budget est attendu au printemps prochain.Bill Clinton a demandé mercredi au Congrès et au Sénat américains le feu vert pour des hausses de taxes de 242 milliards$ et des compressions budgétaires de 246 milliards$ auxquelles ni les programmes sociaux ni les fonctionnaires américains n’échapperont.Le ministre Mazankowski a dit espérer que les initiatives du président américain auront des effets bénéfiques sur l’économie canadienne.Far contre, il n’imitera pas le chef d’Etat américain en augmentant l’impôt sur le revenu des particuliers les mieux nantis au Canada.V / Le Monde Page B3 Les Sports Page B6 Agenda culturel Page B7 Culture Page B8 PLAIS RS L E 1) E V 0 1 R .I.E V E X I) li EDI I !» F E V It I E R I !» !» !» La Saint-Valentin, post mortem ROBERT LÉVESQUE ?Pleure pas, Germaine 8 mai 1956.28 août 1968.Ces dates-là sont importantes dans le calendrier théâtral du siècle.La première nous transporte à Londres, Tony Richardson se ronge les ongles dans les coulisses du Royal Court, le petit théâtre de Sloane Square qui va devenir grand parce que ce soir-là on crée Ijook back in Anger de John Osbome.La seconde nous ramène à Montréal, André Brassard se gratte la barbe dans les coulisses du Rideau Vert, le théâtre bourgeois qui ne va pas changer ses habitudes même après la révolution qui s’y fait ce soir-là avec Les Belles-soeurs de Michel Tremblay.En 1956, en 1968, à Londres, à Montréal, ces deux pièces, aujourd’hui dans le répertoire mondial, sont des électro-chocs sociaux bien avant d’être considérées comme des chefs-d’oeuvre de la dramaturgie.Dans le matérialisme britannique de l’après-guerre, la figure, le cri du prolétaire Jimmy Porter dans Imk Back in Anger résument une rébellion socio-politique qui prendra l’allure d’une lutte des classes.Dans le colonialisme culturel québécois des années 50 et 60, la figure, le cri de Germaine Lauzon dans Les Belles-soeurs épousent une révolte nationaliste qui prendra l’allure d’une bataille de la langue.Ce sont des pièces coups de poing.Des colères froides; les premières colères, réfléchies et percutantes.Osbome fait de Jimmy Porter un rebelle sans cause qui gueule à tout vent dans son meublé des Midlands, qui rejette l’hypocrisie et les traditions de l’Angleterre conservatrice, y compris le meilleur et le Times.Tremblay fait de Germaine Lauzon le réceptacle d’une colère plutôt que sa profératrice, elle est dans sa cuisine du Plateau Mont-Royal le témoin impuissant et floué d’une vaste machination de vol, mais un témoin qui gêne parce qu’il pleure à chaudes lamies, sa naïveté crevée.la pièce d’Osbome secoua les Anglais dans leur conformisme.La pièce de Tremblay secoua les Québécois dans leur innocence.Osbome avait 27
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