Le devoir, 24 février 1993, Page(s) complémentaire(s)
Vol.1.X .X XIV.il o 4 5 T v y T o r o ii I o S 5 o LE DEVOIR M O X T II K A I.I.E M E R C R E I) I 2 I F F.V R 1ER I !» !» 3 (! 5 T I’ S PERSPECTIVES La contradiction américaine Une agence gouvernementale dénonce la répression en Haïti, une autre la nie Sylvia ne T r a m i e r «Les violations des droits et libertés étaient encore largement répandues en Haïti à la lin de l’année 92, et rien ne permettait de croire que l’armée souhaitait mettre fin à ces pratiques ou que le gouvernement civil était capable de contrôler l’armée.» C% est ce qu’on peut lire dan?le rapport an-/ nuel du département d’Etat américain sur la situation des droits de l’homme dans le monde, qui vient tout juste d’être rendu public.En tête du palmarès de la répression en tout genre: l’ex-Yougoslavie, la Birmanie, Cuba, l’Iran, l’Irak, le Soudan, l’Afrique du Sud, la Chine et Haïti.Assassinats, enlèvements, arrestations et détentions arbitraires, bastonnades se sont poursuivis sous le gouvernement Bazin, et «apcun des gouvernements haïtiens depuis le coup d’Etat de septembre 91 n’a réellement dénoncé, ni véritablement essayé de restreindre les pires excès de certains éléments des Forces armées.» La contradiction est flagrante entre une section d’une même agence gouvernementale américaine, qui dénonce la répression en Haïti, et une autre section qui la nie implicitement, en refusant d’admettre que les Haïtiens qui fuient leur pays ne sont pas essentiel-lenjent des réfugiés économiques.A New York, William O’Neil, membre du Lawyers Committee for Hupian Rights, estime que cette année, le département d’Etat américain a produit sur Haïti un rapport sérieux et bien documenté, qui va contribuer à faire avancer la dynamique mise en route par les Nations unies et le gouvernement Clinton pour restaurer la démocratie en Haïti.«Les réfugiés sont le symptôme de la maladie, et la maladie est en Haïti, dit M.O’I^eil, et Clinton s’en rend compte.» A Washington, des congressistes s’emploient à rappeler au président américain qu’il a promis de trouver une solution à la crise haïtienne.Trois Noirs américains, Charles Rangel, de New York, John Conyers, du Michigan, Donald Paine, du New Jersey, forment à la Chambre des représentants un lobby pour la démocratie en Haïti.Noirs Congressistes chevronnés, ils sont allés plusieurs fois en Haïti, et ils américains sont écoutés du président.Aussi très écouté est le révérend et haïtiens Jesse Jackson, dont on ne doit pas négliger le poids symbolique.Sa amorcent prise de position en faveur du président Aristide, sa visite en Haïti le une alliance mois dernier, son appel au gel des avoirs haïtiens aux Etats-Unis, son appui au mouvement de grève de la faim des 267 réfugiés haïtiens retenus à la base américaine de Guantanamo, tous ces gestes ont illustré avec éclat le rapprochement qui se dessine entre les Haïtiens exilés aux Etats-Unis et la population noire américai- ne.Normalement peu liés, de culture et de langue différente, les Noirs américains et les Haïtiens amorcent une alliance qui n’est nulle part plus visible qu’à Miami., A deux heures de vol de Port-au-Prince, ou au bout de plusieurs jours de périple pour les damnés de la mer, Miami est le débarcadère de ceux qui désespèrent d’Haïti, et le lieu d’une mobilisation incessante de la population haïtienne pour maintenir leur pays au premier rang des préoccupations de la diplomatie américaine.Avec l’aide d’organisations noires américaines, elle y parvient.«Little Haïti» est le coeur de cette diaspora, si proche de son point de départ quelle est constamment traversée par les moindres secousses et les moindres échos nés à Port-au-Prince ou à Cap-Haïtien.Quand Haiti tousse, Little Haiti s’alite.Le sort des réfugiés est ici une affaire de famille: ceux qui prennent la mer sont des parents ou des amis, on connaît les noms des capitaines de bateaux qui organisent les voyages clandestins, et on comprend, pour avoir vécu la même chose, ce qui pousse les Haïtiens à partir, malgré les dangers.«Moi, je serais venu à la nage», dit Auguste Marcel, installé depuis 12 ans à Miami.Ici, la puissante organisation noire NAACP (National Association for the Advancement of Colored People) s’est rangée du côté des Haïtiens, surmontant des années de méfiance ou d’indifférence envers une population vue comme arriérée, peu instruite.La NAACP a participé aux manifestations organisées par les Haïtiens de Miami pour marquer le deuxième anniversaire de l’arrivée au pouvoir du président Aristide, le 7 février.L’avocat d’origine haïtienne Philippe Brutus, président de l’Association des avocats haïtiens en Floride et membre de la NAACP, s’est joint à une grève de la faim en signe de solidarité avec les Haïtiens détenus au ceïitre de la rue Krome.«Ixs Noirs américains réalisent que leurs destinées son liées aux nôtres.Nous sommes tous en quelque sorte des exclus du progrès des droits et libertés.» INDEX Les Actualités .A2 Idées .A7 Agenda culturel B7 Le Monde .B8 Annonces (innées B2 Montreal .A3 V ' Culture B8 Mots croisés.B4 Météo Découvertes B1 Opinions .A6 Ensoleillé Économie A5 Politique .A4 Max.:-13 Éditorial A Sports .B6 Détails en B2 MONTRÉAL POLITIQUE «Croc» n'entend pas Hôtel-Dieu: te vérificateur à rire général fera enquête PAGE A-3 PAGE A-4 DÉCOUVERTES Informatique: la multiplication des octets PAGE B-l * •< ¦« • -j •’ Prise de becs PHOTO AP CERTAINS racontent à Madrid que cette vieille dame nourrit quotidiennement les moineaux de son entourage.D’autres disent qu’ils se manifestent mutuellement leur affection.Allez savoir.Nationair rate un premier rendez-vous important La survie du transporteur repose entre les mains d’Ottawa GÉRARD BÉRUBÉ LE DEVOIR \ A la merci de ses fournisseurs, Nationair a manqué un premier rendez-vous important: sa dette de 4 millions$ à Revenu Canada arrivait à échéance hier.Disposant d’une marge de manoeuvre très faible, sinon inexistante, la survie de Nationair repose désormais sur une volonté ministérielle.La dette de Nationair n’est pas de 20 ou de 25 millions$.Elle atteint plutôt les 54 millions$, chiffre avancé hier par la station CKAC et confirmé par Daniel-Yves Durand, vice-président, Communications, du plus important transporteur au Québec.Cette dette, dont l’échéance est de court terme, repose sur un actif de 30 millions$, comprenant deux appareils DC-8 et des immeubles.11 s'agit d’une dette chaude, exigible immédiatement dans sa quasi-totalité.«Nos locateurs d’appareils et nous sommes convenus d’un rééchelonnement, à long terme, d’engagements totalisant 15 millions$.C’est de l’acquis», a répété M.Durand.Nationair prévoit rencontrer d’autres fournisseurs la semaine prochaine, certains étant plus nerveux que d’autres.Quelques-uns d’entre eux attendent avec impatience des rem- boursements d’arrérages de quelques millions de dollars alors que d’autres, peu confortables, exigent d’être payés sur livraison.«Il y a toujours des fournisseurs plus nerveux que d’autres.Nous travaillons présentement à les rassurer.» Le vice-président de Nationair parle de plans de remboursement, de programmes de rééchelonnement et de réductions du montant des factures à payer.Mais pas de recours à la protection des tribunaux.pour l’instant.«Ce que nous recherchons, c’est le moyen de reporter nos dettes passées.Si nous remboursons en bloc, nous allons devoir nous débattre avec des «tireux de plug», a-t-il pris soin d’ajouter, en reliant le remboursement en bloc aux créances dues aux différents paliers gouvernementaux.«Nous dégageons un surplus à la fin de chaque mois, ce qui nous permet de rembourser nos arrérages.Sauf que la dette gouvernementale est exigible immédiatement.» Sans compter le 1,2 million$ nécessaire pour revenir au service de compensation consenti par l’Association du transport aérien international.Car si des engagements de 15 mil-VOIR PAGE A-8: NATIONAIR Au conseil général du PLQ: déficit, violence et racisme PIERRE O’NEILL LE DEVOIR A la recherche de solutions aux problèmes économiques et sociaux, les libéraux provinciaux sont particulièrement préoccupés par le déficit gouvernemental, la violence, le racisme, l’éducation et le sort des jeunes.Ce sont les thèmes qui reviennent le plus souvent à travers les 75 résolutions qui émanent des associations de comtés et qui seront débattues en fin de semaine, à l’occasion du conseil général que tiendra le parti à Montréal.En l’absence de leur chef, Robert Bourassa, les quelque 400 représentants de la base militante consacre- VOIR PAGE A-8: PLQ Lacunes et contradictions truffent la loi sur la vie privée MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUEBEC e projet de loi 68 sur la protection .-
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.