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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1993-02-27, Collections de BAnQ.

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LE vl / .ffi Entre les lignes Page D2 Littérature jeunesse Page D3 Livres pratiques Page D4 Le bloc-notes Page D5 ?LIVRES I.K I) E V 0 I K .S A M EDI 27 DI M A X (' Il E 2 S E E V li 1 E II I !) !l II Le dictionnaire gruyère de Jean Cournoyer PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR Derrière les projets les plus ambitieux se cachent parfois des mobiles terre-à-terre.C’est avant tout pour chasser l’ennui que Jean Cournoyer a entrepris, il y a cinq ans, la rédaction de son Dictionnaire des noms propres du Québec qui sortait dernièrement chez Stanké.11 s’en confesse d’ailleurs sans honte, avec cette franchise brutale qui lui permet, depuis 16 ans, de se maintenir en selle dans l’univers cannibale de la radio privée.«J’étais morning-man à CKVL.A neuf heures, mes journées étaient terminées.Je n’avais plus rien à faire.» D’autres motifs, moins triviaux, animaient l’ex-ministre.«J’avais découvert, en complétant mes mots croisés du samedi, que je connaissais toutes les communes de Belgique ou de France.Mais je n’avais pas d’outil de référence facile et rapide à consulter sur l’histoire, la politique et les noms de lieux du Québec.Pour combler un besoin personnel, je me suis mis à écrire tout ça sur mon ordinateur», raconte-t-il.Ainsi donc est né ce curieux ouvrage: de l’initiative personnelle d’un animateur de radio que ne savait pas quoi faire de ses journées.Plutôt que de s’entourer d’une vaste équipe multidisciplinaire, comme le font Paul Robert et les autres grands auteurs de dictionnaires, Jean Cournoyer a choisi de travailler seul.Personne, hormis un réviseur, ne l’a accompagné dans cette aventure périlleuse.Conscient des limites de l’exercice, l’auteur se défend bien d’avoir voulu refaire l’histoire du Québec.«Ce dictionnaire, ce n’est que la mise en commun de documents qui existent déjà, des documents spécialisés, disparates.Je les ai seulement mis ensemble.Sans aucun mérite.» Listes et répertoires Pour concocter son ouvrage, Jean Cournoyer a donc colligé une série de répertoires, celui des parlementaires du Québec, ceux des députés fédéraux, ceux des municipalités publiés par le ministère des Affaires municipales du Québec, un répertoire des missions et paroisses (écrit en 1925), huit itinéraires toponymiques du ministère des Affaires culturelles et les listes de lauréats de grands prix culturels.De la somme de ces ingrédients résulte un ouvrage unique, riche de VOIR SUITE PAGE D-2: DICO La charité, s il vous plaît Le monde de Védition québécoise, toujours en crise, est pourtant subventionné à bloc.Certains réclament une politique Ma***' du livre qui soutiendrait un peu plus les artistes et la lecture, un peu moins la grosse machine ci imprimer.M Um STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR mm* es temps sont durs: récession, TPS, analphabétisme croissant, tout semble jouer contre les éditeurs, les distributeurs et les libraires.Il n’y a pas si longtemps, les maisons VLB et l’Hexagone ont été rachetées in extremis par Sogides.La question se pose: si la morosité persiste, quelle sera la prochaine institution emportée par la vague des faillite?Certains signes ne trompent pas.A commencer par la pauvreté apparente de la reiltrée d’hiver.Quelques titres se démarquent bien (par exemple le dernier Robert Lalonde, publié en France celui-là), mais dans l’ensemble, la barre semble placée assez bas.C’est pourtant dans cette mare stagnante que ce mois-ci, François Landry, un jeune étudiant en littérature de l’Université de Sherbrooke, a décidé de lancer son pavé.Son pamphlet intitulé L'édition repue et corrigée, paru dans LE DEVOIR, posait la question en toutes lettres: «A quand une politique qui soutiendra, non plus une industrie de bureaucrates pour qui la culture se résume à des bilans annuels, mais les artistes, s’il en reste?» «la plupart des éditeurs vivent de leur travail, alors que la majorité des auteurs n’y arnve pas, dit-il aujourd’hui.Comme si la seule récompense d’écrire consistait à être publié.Allons donc!» Des droits faméliques Les droits d’auteurs rapportent 10 % sur les ventes au détail.Le calcul est simple: à 20 $ l’unité, les quelque 1000 à 1500 exemplaires d’un tirage moyen rapportent 2000 $ à 3000 $ à l’écrivain.Les éditeurs n’empochent guère plus.Leurs bénéfices oscillent autour du même pourcentage par titre, une fois les frais de production, d’administration et de publicité payés.«Sauf que.explique I.andry, leur argent, ils le font avant la mise en vente des bouquins grâce à un généreux système de subventions qui couvre pratiquement leurs frais.Ils n’ont pas besoin d’attendre la mise au monde du livre.» Résultat: «Ces livres imprimés à peu de frais finissent par échouer dans des entrepôts.Après quelques mois, les surplus encombrants sont pilonnés.C’est de la frime culturelle, de la dilapidation de fonds publics!» Il y a quelques cas célèbres.Par exemple celui de Gabrielle Gourdeau, au-teure de Maria Cliapdelaine ou le Paradis retrouvé, prix Robert-Cliche 1992, que Jacques I^anctôl, l’éditeur des Quinze, s’est obstiné à ne pas publiciser parce qu’il le jugeait «vulgaire» et «trop joualisant».Résultat, les ventes sont trois à quatre fois moins nombreuses que prévues, 2000 exemplaires tout au plus.«Mais c’est un cas d’exception, prévient la principale intéressée.On ne peut pas généraliser à partir de mon exemple.» Bruno Roy, qui est à la tête de l’Union des écrivaines et écrivains québécois, se dit pourtant tout à fait d’accord avec l’analyse de Landry.«Il démonte la mécanique des subventions qui encourage finalement la paresse et l’injustice.» Bruno Roy rappelle que la Loi 78 sur le statut de l’artiste n’oblige toujours pas les éditeurs à signer des contrats-types avec les auteurs.Dans Le Bulletin, son organe de liaison, l’Uneq publie toujours une liste des subventions versées aux éditeurs.Une dizaine de millions de dollars ont VOIR SUITE PAGE D-2: CHARITÉ [jé| ruliiirc en'mouvement NiMivriU'M VitllMItM • iribmlMiiHmii Dans la collection « Sociétés et mutations» La culture en mouvement Nouvelles valeurs et organisations Sous la direction de Daniel Mercure Cette nouvelle collection « Sociétés et mutations » a vu le jour grâce au Fonds Georges-Henri-Lévesque de la Faculté des sciences sociales de l'Université Laval.Elle porte sur le thème des mutations sociales et de leurs effets sur le développement.Dans le premier ouvrage de la collection, les collaborateurs étudient la culture en mouvement sous quatre aspects: les nouvelles manières de croire (la religion), de faire et d'organiser (le travail et les techniques), de vivre et d’être ensemble (les modes de vie), de connaître (le savoir), xii-318 pages, 32$ UN LIVRE I À DÉCOUVRIR.I En vente chez votre libraire ou chez l'éditeur Cité universitaire Sainte-Foy, Québec Canada G1K7P4 Tél.(4181656 5106 Téléc.(418) 656 2600 LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ LAVAL D1C S A M E I) I I) I M A X < Il E LIVRES V I E STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Pourquoi La Courte Echelle a-t-elle refusé de publier le roman de Dominique Demers Les Grands sapins ne meurent pas?«Pour des raisons idéologiques, tout simplement», déclare l’auteure.Le livre traite d’une adolescente qui refuse de se faire avorter.Le sujet pas très «Politicaly cprrect» semble avoir déplu aux éditeurs de Ijo.Courte Echelle, qui ont refusé de se compromettre.Censure?«La censure ne s’applique pas uniquement à ce qu’on dit, juge Dominique Demers.Elle touche aussi tout ce qu’on ne dit pas.(.) I,es tabous ne sont pas toujours là où on pense.» L’ouvrage est paru ce moi-ci chez Québec/Amérique, parce que l’autre célèbre maison d’édition pour la jeunesse n’en voulait plus.Elle avait pourtant publié avec grand succès le premier volume de la trilogie des Marie-Lune, intitulé Un hiver de tourmente.«Quand j’ai déposé le ijianuscrit à La Courte Echelle, les commentaires ont immédiatement été dithyrambiques, raconte Deniers.Puis, on a commencé à niaiser, pour finalement me dire non au bout de six mois.» Le refus a été signalé par une lettre circulaire et la formule habituelle: «Votre livre ne correspond pas à notre politique éditoriale».Dominique Demers a subi quelques .démêlés avec La Courte Echelle., Barbara Creary, éditrice et directrice à La Courte Echelle refuse d’expliquer l’attitude le sa maison.«On ne divulgue jamais les raisons de nos choix.C’est strictement confidentiel.» Elle n’émet qu’un seul commentaire: «Ce n’est pas un cas d’exception, des manuscrits on en refuse des milliers par année.» Stanké et les subventions Extrait d’une entrevue d’Alain Stanké, publiée dans le dernier Livre d’ici: «Je n’approuve pas les politiques gouvernementales de subventions.Mieux (ou pire), je suis opposé aus système de subventions en général qui, dans l’état actuel des choses, persistent à maintenir artificiellement en vie une industrie malade dont on se demande parfois s’il ne vaut pas mieux débrancher la machine.» Toundra à vendre la maison d’édition montréalaise Toundra, spécialisée dans le livre d’enfant, est à vendre.La fondatrice May Cutler, demande un million de dollars, avec lesquels la noble dame de 70 ans entend «voyager beaucoup» et «faire plein de choses».Des offres sont arrivées de Toronto, Vancouver et même de la Californie.Mme Cuüer déclarait récemment quelle décourageait les grosses compagnies intéressées uniquement par son fonds et quelle voulait plutôt passer la main à une personne passionnée qui respecterait l’esprit de la maison de renommée internationale.Des nominations Marcel Couture, président et éditeur de la Société d’éditions de la revue Forces a été reconduit à la présidence du Conseil d'administration de la Corporation du Salon du livre de Montréal.La liste des autres membres comprend notamment Elisabeth Marchaudon, de la librairie Hermès, l’auteure Marie Laberge et Serge Théroux, directeur général de Dimédia.Par ailleurs, les membres de l’Académie des lettres du Québec ont réélu Jean-Guy Pilon à la présidence de leur organisme.Cela se passait au début du mois, lors de l’assemblée annuelle.ENTRE LES LIGNES Les joies de la publication Il faut une bonne dose d'inconscience pour oser un premier roman LE PARCOURS DU PREMIER ROMAN Jean-Michel Barrault, XYZ, 1993, A mp- O vous qui caressez un rêve de gloire universelle et les lauriers du Concourt pour un premier roman dans lequel vous avez mis tout votre coeur et toute votre candeur, voici de quoi refréner vos ardeurs.Un récit drolatique et grinçant signé Jean-Michel Barrault dévoile les arcanes de l’édition française, vue par la lorgnette de l’innocent de service, soit le petit provincial qui s’emmène en ville, son chef-d’oeuvre manuscrit sous le bras.Barrault y révèle un secret de polichinelle: qu’il faut bien du nerf, de l’endurance, de l’humilité et une bonne dose d’inconscience pour oser un premier roman.Que la route des débuts littéraires est jalonnée de grincements de dents et d’humiliations toutes catégories, que le monde de l’édition constitue aussi une jungle peuplée de bêtes féroces et de blanches proies.«Les candidats à la publication forment un vivier inépuisable, un fretin si affamé qu'il gobe les appâts les plus dérisoires, tout disposé à payer sa propre capture», écrit Barrault, toutes illusions tombées.Et Parcours d'un premier roman d’explorer, de la gestation de l’oeuvre au grand pilonnage final, les étapes du cauchemar glauque guettant l'aspirant écrivain.En avant pour les misères diverses, le grenouillage, les croc-en-jambes et jeux de coulisse, les copinages divers, plaies universelles dont la France n’a pas l’exclusivité.La maison québécoise XYZ, jugeant le propos si proche de nos réalités nord-américaines, a co-édité l’ouvrage avec les éditions Le Félin.A l’heure où les éditeurs montréalais se font reprocher par certains d’abandonner les écrivains à leur sort en empochant la cagnotte des subventions, le livre résonne comme un cri d’alarme.On rit, mais jaune.Jean-Michel Barrault, quoiqu’on en pense, n’est pas un néophyte racontant sa récente expérience.Plutôt un vieux routier de l’écriture auteur d’une trentaine de livres.Parcours d’un premier roman ne prétend pas plonger dans les profondeurs du sujet.Il donne dans l’humour léger à la Nicole de Buron.Mais le sujet ^ .n’a,rien d’inoffensif.Etienne Cadaret, le narrateur du livre, pond un premier roman dans son Brioude natal et, après le grand bal des refus, _ est accueilli par une maison lajR- j d’édition qui lui prometj ODILE R E M B L A ?mers, mondes, et Renaudot.Suivra la cohorte des désillusions: le tirage plus petit prévu, le passage (raté) à ia célèbre émission littéraire Point-Virgule, les exemplaires du livre refoulés sur la dernière tablette des libraires, les ventes faméliques, les séances fantômes de signatures, peu de critiques, le thé et les petits fours dans le cercle littéraire de vieilles rombières, le prix bidon (il se donne en France chaque année mille cinq cents prix littéraires) qui achève de faire du roman, ci bien-nommé L’Illusion, le livre que personne ne lit.«Que fais-tu là, Etienne Cadaret proposant timidement à des indifférents ces pages que tu as écrites avec ta passion, ta sensibilité, ton émotion?, se demande le héros.Ils passent.Leurs regards glissent sur toi comme sur un meuble».Tranchons-là: si plusieurs écrivains retrouveront leurs déboires personnels dans ceux du narrateur du récit de Barrault, (on recueille parfois les confidences de romanciers condamnés à l’oubli par des éditeurs qui ne croient pas en eux (à tort?à raison?)), il ne faudrait pas fai- re de cet ouvrage le guide parcours obligé de toute première oeuvre littéraire.Car à côté de ces rejetés du système, il y a les autres, ceux que les attachés de presse jettent dans les bras des chroniqueurs littéraires, en les décrivant comme l’espoir de l’heure.En valent-ils la peine?Pas tout le temps.Des éditeurs zélés, il y en a.L’ennui, c’est que le «produit livre» n’est pas toujours à la hauteur.On publie trop, c’est là le hic.Tout le monde n’est pas Radiguet, ni Réjean Du-charme.Le livre est cher, le marché du Québec, petit, le monde de l’édition fragile, hyper-subventionné.Et parmi les Québécois, combien lisent québécois?«Tant de livres.Tant de talents.Tant d’espoirs.Et si peu de lecteurs», soupire l’auteur de Parcours d’un premier roman.L’édition est en crise permanente, en France, comme ici.Du moins là-bas, jouissent-ils d’un bassin de lecteurs potentiels qui nous fait cruellement défaut.te dramatique chez eux est désastreux ici.Finalement, ce petit ouvrage rigolo qui refuse de sombrer dans le pathos, a le mérite de ne pas jeter la faute sur prie seule catégorie d’intervenants.Editeurs, libraires, lecteurs, directeurs de salons du livres, écrivains, tout le monde se partage à ses yeux la responsabilité de la crise du livre, composée d’une foule de petites tragédies personnelles.Sauf qu’en bout de ligne, l’ouvrage ne répond pas à, la question cruciale, L’Illusion d’Etienne Cadaret méritait-elle le Renaudot dont rêvait son auteur?Le style enjoué mais facile de Jean-Michel Barrault autorise certains doutes.g PLAISIR j 0.LIRE Animatrice: Danièle Bombardier À Plaisir de lire, je reçois cette semaine l’écrivain Neil Bissoondath qui nous parle de son roman «Retour à Casaquemada», publié en traduction chez «Phébus».Originaire de l’Inde pur ses ancêtres, Neil Bissoondath, qui parle un français impeccable, est né à Trinidad dans les Caraïbes.Il a émigré au Canada en 1973; marié ù une Québécoise, il habite maintenant Montréal.Ije goût décrire, il Ta hérité de son oncle, l’écrivain V.S.Naipaul; un goût qui est devenu une nécessité."Retour à Casaquemada» a été encensé par la presse américaine, britannique et canadienne.Fait exceptionnel: il a obtenu pour ce premier roman des avaloirs internationaux de 350 000 $.«Casaquemada» — la maison brûlée — est une île fictive des Caraïbes, qui a lu forme d’une larme à l’envers.Raj, le héros y retournera pour voir ses rêves s'effondrer devant l'absence de sens moral des élites, la corruption, la violence et la mort.Aussi à PLAISIR DF LIRE, .lunette Bertrand » ; Grâce à quelques auteurs comme André Brochu, Anne Dandu-rârid, Hugues Corriveau, Charlotte Boîsjoli ou André Vanasse, le roman québécois est résolument entré ces dernières années dans l’ère de la jouissance et de l’érotisme.Malheureusement, une fois le mouvement lancé, il risque d’enfanter n’importe quoi.Normand Boisvert vient de proposer avec Kidnapping-pong un petit conte léger qui lorgne à la fois le récit érotique et le suspense policier, et qui se cherche un genre sans parvenir à s’identifier.Kidnapping-pong est une version moderne de La Belle et la bête, féérie en moins.La Bête, c’est Réal.Un livreur de journaux, obèse, seul, dont la vie sexuelle se limite à la masturbation, malade, écoeuré de la vie et qui, à 34 ans, ne sait toujours pas dire «canne-lohis» et ignore ce que sont les sels de bain.La Belle, c’est Sophie.Une jeune professionnelle dont la beauté n’a d’égale que son acharnement au travail et à qui tout semble réussir.Comme dans la légende, la Belle est retenue captive par la Bête.Réal a kidnappé Sophie qu’il veut s’offrir en cadeau.Bien entendu, le pauvre jeu-né homme frustré a la ferme intention de ne faire qu’une bouchée de soit invitée, c’est-à-dire de se la violer toute crue, avant d’en finir avec la vie et de mourir coupable mais comblé.Si seulement Normand Boisvert avait eu l’audace de pousser ses personnages jusqu’au bout, son roman ail hait été horrible mais cohérent et abouti.Hélas il n’en est rien.Kidnapping-pong qui débute sur un ton révolté, vindicatif, soutenu par une certaine violence et un langage cru, cède finalement la place aux bons sentiments, en prônant l’amour, l’ouverture aux autres et la modération.Un revire-méht si rapide et inattendu qu’on a du mal à se croire dans le même livre.Tout ça pour nous expliquer que la vraie beauté n’est pas celle qu’on cijoit, que les méchants ne sont jamais aussi méchants qu’ils en ont l’air et que les apparences de réussite: n’impliquent pas forcément le bonheur.Pas très nouveau tout ça.: Ln dehors de cette absence d’originalité, d’une écriture inutilement vijlgaire («Cette pute le traite comme uije merde»), de métaphores pas toujours très heureuses («Réal admire sâ belle poitrine qui s’avance comme la:proue d’un superbe voilier»), d’un titre aberrant et d’une mise en page destinée à des enfants (avec des dessins de nounours entre les chapitres ('tides petits camions qui filent entre les paragraphes), le principal défaut do Kidnapping-pong est son caractère exagérément didactique.Normand Boisvert veut faire une démonstration et perd au passage toute nuance et crédibilité.La psychologie des personnages est appuyée à gros traits, jusqu’aux dialogues, souvent lourds qui se retrouvent soulignés constamment par des mots ou des expressions en lettres capitales.En bout de ligne, cette insistance ne fait qué’mettre en évidence les défauts d’un scénario cousu de fil blanc.L 1 T T E R A T U R E ,1 E L N E S S E Un cri de vie LES GRANDS SAPINS NE MEURENT PAS Dominique Demers, Québec/Amérique (pour 14 ans et plus).154p.GISÈLE DESROCHES Surprise! Le nouveau Dominique Demers paraît sur étiquette Québec/Amérique! Pour les adultes, Dominique Deniers, c’est la journaliste, l’auteure de La Bibliothèque des enfants, elle-même mère de trois enfants.Pour les jeunes fens de la collection Premier roman, elle est a romancière de Valentine picotée et de Toto la brute.Les ados eux, la connaissent parce qu’elle leur a donné l’an dernier Un hiver de tourmente, à La Courte échelle.Pourquoi cette maison d’édition, après avoir publie le premier de la trilogie des Marie-Lune, a-t-elle boudé le deuxième?Dans Un hiver de tourmente, MarioLune faisait face à son premier amour en même temps qu’à la mort de sa mère.C’était autobiographique, très émouvant et trop court.On en redemandait.Dominique Demers avait déjà préparé la suite, quittant les souvenirs pour la fiction.Dans Les Grands sapins ne meurent pas, Marie-Lune, comme une noyée s’accroche à ce qu’elle peut, à Antoine.Ses yeux vert forêt.Ses bras qui consolent.Mais surgit le choc d’une grossesse.Le monde se lézarde.Comment être enceinte et en désastre en même temps?Antoine est prêt à se marier.Marie-Lune se sent émiettée.Affolée par le choix quelle doit faire, elle jongle avec les scénarios, s’engage dans une avenue, rebrousse chemin.Dominique Demers sait superbement dire les tempêtes qui chavirent le coeur.Dans cet épisode encore mieux que dans le premier, les émotions sont cernées avec une rare maîtrise.L’écriture est limpide et particulièrement efficace.Les phrases sont courtes, incisives.En trois mots, on comprend chaque mort intérieure, chaque hésitation, chaque déchirement.Et malgré les revirements aussi inattendus que l’adolescence elle-même, il y a des scènes poignantes, des bourrasques, des pistes de réflexion.Marie-Lune devra faire appel à toutes les res-souives intérieures pour triompher de la panique et de l’angoisse, les grands sapins restent debout dans la tourmente.Ils valsent mais tiennent bon.In lin nous laisse dans un grand cri.Un cri de vie.le personnage demeure terriblement cohérent.Malgré les situations extrêmes et les larmes, jamais le récit ne sombre dans le mélo, l’apitoiement ou la complaisance.Jamais il ne blâme ou ne juge.11 ne s’attarde pas.Tout à ses urgences, il fonce droit sur l’essentiel: une décision à prendre.Et les enjeux sont brûlants.Si brûlants en effet, que La Courte échelle a craint de se compromettre.Politique éditoriale oblige.Pourtant, il serait étonnant que ce roman ne figure pas parmi les prochains finalistes au Prix du Gouverneur général.Québec/Amérique doit se féliciter d’avoir ouvert les bras à ce second épisode, qui n’a d’ailleurs subi aucun remaniement avant l’impression.Une maison de production s’est aussitôt entichée de l’oeuvre intelligente et fine.Coproduite par la maison CINAR et la France, cette future té iésérie de quatre heures en est à l’étape de la scénarisation Vivement que paraisse le troisième épisode! ILLUSTRATION GERARD DANSKRBAU b» célèbre Marie-Lune tombe enceinte.et change de maison d’édition.Le pouvoir féminin en Nouvelle-France Biographie d'une femme digne et généreuse MADELEINE DE LA PELTRIE AMAZONE DU NOUVEAU MONDE Françoise Deroy-Pineau Bellarmin, 262 pages CLÉMENT TRUDEL LE DEVOIR La fondatrice des ursulines de Québec, Madeleine de La Peltrie, est une astucieuse «franc-tireuse»: à Alençon (Ouest de la France) sa ville natale, elle accueille des filles-mères, fréquente les faubourgs crasseux.En 1670, à Québec, sa sollicitude envers les filles du roi fraîchement débarquées - une scène reconstituée nous fait le bilan des fréquentations d’une vingtaine d’entre elles qui, cinquante ans plus tard, auront 832 descendants sur les bords du Saint-Laurent -lui vaudra même des insinuations du genre.«traite des blanches»! Lorsque sa soeur Madeleine, de trois ans son aînée, et son beau-frère se mettent en tête de la faire déclarer inapte à gérer ses biens, elle fait appel au Parlement de Rouen et obtient gain de cause.grâce aux services empressés d’un mari «fictif», Jean de Bemières Louvigny.Ce dernier se charge de gérer son avoir tandis qu’elle réalise, après avoir été reçue à Saint-Germain par la reine Anne d’Autriche (mère d’un poupon qui n’a que six mois en mars 1639 et qui deviendra le Roi-Soleil), son rêve d’être utile dans le Nouveau Monde.Cette «utopie» de fonder un couvent pour amérindiennes fut tout de même avalisée par Monsieur Vincent et par plusieurs jésuites de renom, dont le Père de Condren.Rêve partagé par l’amie tourangelle, Marie Guyart de l’Incarnation femme d’affaires et mystique (biographie signée par Deroy-Pineau en 1989, chez Laffont).Marie et Madeleine ont d’ailleurs été mises en contact par le jésuite Poncet de La Rivière.Avec Madeleine de Im Peltrie, Mme Deroy-Pineau nous fait explorer un siècle de pionniers.Elle signale à quel point le réseau des Percherons est fort dans les premières années de la colonie (avec les Giffard, les Mercier, etc.) Elle ne dédaigne pas l’eth-no-histoire et nous initie aux moeurs alençonnaises, à la «sagamité» (mets indien), voire aux Harlequin de l’époque qui savaient parler aux jeunes filles rêvant d’un bon parti.Un mariage sans bonne entente?«Les pères en rêvent, les filles en crèvent» disait un auteur du 16e siècle qu’a peut-être subtilisé à une domestique la future «amazone».Madeleine de bi Peltrie fut veuve à 22 ans, de Charles de Gruel de La Peltrie dont elle eut une fille morte au berceau.Les quatre décennies qu’elle vécut dans la vallée du Saint-Laurent coïncident avec la difficile implantation de Ville-Marie (en 1645, Trois-Rivières, Ville-Marie et Québec regroupaient à elles trois 600 habitants de souche européenne seulement).Elles marquent aussi, on l’a dit à satiété, une ère de ténacité fervente entretenue en bonne partie par les lettres de Marie de l’Incarnation et par les Relations.Mélange de non conformiste et de personne imbue de sa religion, Madeleine de La Peltrie saura se faire discrète, humble, mais aussi enjouée (elle apprend les danses amérindiennes qu’accompagne la viole d’une professe) et docile à la règle d’un couvent sans être religieuse.11 y eut bien un froid momentané avec Marie de l'Incarnation lorsque Mme de bi Peltrie prit le parti des «montréalistes» Jeanne Mance et Paul Chomedey de Maisonneuve et sembla, de ce fait, abandonner «ses» ursulines qui «eurent grand peine à contenir le coup», signale le Dictionnaire Biographique du Canada (tome 1er).On craignait surtout les incursions des Agniers.Deroy-Pineau nous parle plutôt de l’attitude de soeurs «parisiennes» qui auraient fait sentir à Mme de la Peltrie que son utilité décroissait, C’est une occasion pour l’héroïne d’accepter une invitation de loger à Sainte-Foy où Pierre de Puiseaux, ex-flibustier, se prend d’amitié pour les futurs «montréalistes».Sainte-Foy a l’avantage de la rapprocher de Sillery où vivent tant de petites indiennes dont elle est la marraine.La toute première pensionnaire des ursulines de Québec fut d’ailleurs Marie, fille du chef algonquin Noël Negamabat.Biographie d’une femme digne, conséquente et généreuse.Il faut la lire en se disant que les nombreux chapitres informatifs ou à suspense compensent de beaucoup les extrapolations vers ce que nos contemporains nommeront le «pouvoir féminin».L K 1’ T II E S Langue salie Il est si simple de médire.J’ai eu la «chance» de parcourir la critique du recueil de Michel Gameau, dans LE DEVOIR du samedi 30 j ’ *.L’auteure y relève tous les emplois «impropres» que le «pauvre» Michel Gameau «ose» utiliser dans sa poésie.Il ne faut pas toucher à ça.Les mots «couverte de laine», «catalogne» et «caneçons» sont «cacas», pas bons.Il faut se garder de «salir» ainsi la grande langue de Molière.Suite à cette lecture éducative, je me suis posé la question suivante: est-il normal qu’une personne qui ne comprend rien à la poésie puisse s’amuser à salir si joyeusement une oeuvre d’une telle force dans les pages d’un journal aussi important et influent?J’ai eu le bonheur de dévorer la poésie du Phénix de neige de Michel Gameau, parue chez VLB en octobre dernier, une poésie de simplicité certes, mais pas une poésie simpliste.Désolé pour Madame laide Bourassa qui n’arrive pas à «s’abaisser» au niveau d’une poésie aussi touchante, mais elle passe à côté d’un événement dans la littérature québécoise.Cependant, entendons-nous bien.Je ne plaide pas ici en faveur d’une poésie du jouai mais bien en faveur de la poésie.Valéry disait dans son Art poétique: «Les mots que j’utilise sont les mots de tous les jours et pourtant ce ne sont plus les mêmes.» Madame Bourassa n’est-elle pas capable de faire la différence?Est-ce beau ou non?Y a-t-il travail artistique?Les mots employés par Michel Gameau existent vraiment, et s’il est impossible à Madame Bourassa de les utiliser sans s’esclaffer, Michel Gar-neau arrive, lui, à leur rendre un hommage mérité, à faire en sorte que nous ayons la mémoire longue.' Mais surtout, si Madame Bourassa n’a aucun respect pour ses voisins, ses parents et ses amis, pour1 ceux qu’elle croise dans la rue et même dans les couloirs de l’universi- ' té Laval où elle se fait une gloire ", d’enseigner, qu’elle ait à tout le moins la décence de ne pas l’écrire ’ noir sur blanc dans les pages d’un journal aussi respectable que LE DEVOIR.Ce n’est pas tout de posséder un doctoral pour arriver à comprendre la poésie, il faut encore posséder une certaine dose de sensibilité et, malheureusement, on ne peut l'acquérir sur les bancs d’école.Marc IVoulx Charlesbourg, 4 février 1993 Réponse Monsieur, Un parti-pris idéologique et esthétique vous aura fait mal lire ma critique du Phénix de neige.Votre adhésion à une poésie du quotidien et d’ici vous a fait croire que je réprouvais l’usage de régionalismes (c’est vous qui parlez d'emplois impropres), alors que j’ai mentionné à quel point d’autres poètes avaient réussi dans l’intégration de la «parlu-re».Vous y voyez un problème de mots: or, ce ne sont pas les mots pris isolément qui créent le sens et la force du poème, mais leur assemblage.C’est, il me semble, le sens de la phrase que vous citez (en passant, elle n’est pas de Valéry, mais de Claudel, dans les Cinq grandes odes: Les mots que j’emploie, ce sont les mots de tous les jours, et pourtant ce ne sont pas les mêmes».Ma critique visait le manque de rigueur qui donne une accumulation de poncifs au lieu de renouveler notre perception esthétique ou éthique du monde.Contrairement à ce que vous pensez, je respecte mes concitoyens, et c’est même pour ça que je critique un laisser-aller qui me paraît, lui, les mépriser.Lucie Bourassa O IA du 2 au 21 mars 1993 20 % de rabais sur tous les livres et catalogues en librairie! Rabais supplémentaire de 10 % aux Amis du Musée LIBRAIRIE DU MUSÉE 1368, rue Sherbrooke ouest Montréal (Québec) (514) 285-1600, poste 350 MUSEE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL Ces réductions s'appliquent uniquement au* livres en stock à la librairie; elles ne sont valables ni pour les commandes spéciales ni pour les livres ou les catalogues à prix déjà réduit.Heures d'ouverture : mardi, samedi et dimanche de 11 à 18 h mercredi, jeudi et vendredi de 11 à 21 h DANS LES TYPO Classiques et contemporains de la littérature québécoise en format poche LES MEILLEURS ROUQUINS Poésie - Roman - Nouvelles - Essai - T li é â t r e - Chansons Nomrelles “e Montréal rrcrr.ee Théoret- ¦oo-r^rn^SS?VAaopole Fernand Ouellette La mort vive TYPO I» Clan» toleuns L’atelier «une Clam, Etal, Laurent Mailhot Pierre Nepveu La Poesle québécoise amîhoux*® l’ange de la solitude • Plus «le RIO fifres disponibles parmi les fonds de l'Hexagone, les Quinze et VLR Éditeur.• Une édition soignée (revue, corrigée ef augmentée) d'oeuvres reconnues pour leur valeur littéraire et essentiels à la connaissance «le la littératurc québécoise.• Une édition si Isiquelic s'ajoute une préface ou une postface, une notice bio-bibliogrnpliiqiic et un choix de critiques.A pnrailrc nu printemps IHfLt L'homme rupaillé» de Gaston Miron Des Sauvages» de Samuel de Clisimplain Le Saint-Elias.de Jsicques Forron Pii’fu.siua : Agence «le distribution populaire Tel.: (514) 4211-11112 • l-KOO-.M»I-1ll»
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