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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1993-03-06, Collections de BAnQ.

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Cinéma Page 3 Théâtre Page 5 Musique Page 6 Arts visuels Page 11 TÉLÉ Le goût amer de l’Histoire Les téléséries qui prennent l'affiche dans quelques jours baignent toutes deux dans Veau bénite.Et toutes deux portent un regard sur notre histoire.PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Du côté de Radio-Canada, Sheha-weh, emprunte le sillon tracé par le film Dancing with the wolves qui réhabilite la culture amérindienne et laisse parler les premiers habitants dans leur langue.Shehaweh réécrit notre petit manuel d’histoire du Canada, avec une intensité dramatique rarement atteinte au petit écran.Le réalisateur Jean Beaudin a peut-être pris quelques libertés avec l’histoire rpais il n’a fait aucune concession émotive et les téléspectateurs ont, mardi prochain, un rendez-vous télévisuel exceptionnel.A Télé-Métropole, Richard Martin et Roger Cardinal ont concocté, à partir du roman Au nom du père et du fils, de Francine Ouellet, un télé-roman de 13 épisodes qui fera à coup sûr un tabac.Le «making of», lâ semaine dernière, a attiré 2, 3 millions de téléspectateurs.Tous les ingrédients qui font le succès de la recette s’y trouvent, à commencer par l’atmosphère «canadiana» qui a fait tant de millage au pays des téléromans québécois.Des vérités sans nuance Nous sommes sur la terre des Belles histoires des pays d'en haut, en 1888.Ici, les Indiens parlent français, Biche Pensive parce qu’elle est au couvent chez les bonnes soeurs, son père Gros Ours parce qu’il a appris le français à son arrivée au village de Saint-Bernard.Il a été chassé d’Oka par les Mohawks ennemis avec qui ils parlaient anglais.Son accent est donc différent de celui de sa fille.Mais «pour éviter les problèmes de sous-tires», les réalisateurs font parler le père et la fille en français.C’est plus simple pour le téléspectateur.Même si le mythe du bon sauvage est présent dans Au nom du père et du fils, l’histoire est d’abord axée sur la domination que le curé Alcide Pla-mondon, un fou de Dieu et un malade du pouvoir, exerce sur ses ouailles.Les femmes sont des machines à faire des enfants.Sans procréation, pas d’absolution.Nous sommes au temps des vérités sans nuance et tel est le curé du village, tout d’un bloc, dur comme les roches qu’il transporte sur son ingrate terre.Pierre Chagnon joue ici le rôle de sa carrière.La critique du curé s’exerce par l’entremise du beau docteur de Montréal qui s’installe au village.il ne craint ni le curé ni les foudres de Dieu.Il ne partage pas les vues du patron de la place sur la manière de soigner les habitants, à commencer par les femmes qui ont déjà cinq enfants.Dès le premier épisode, tous les éléments et contrastes de la série sont réunis, tous les conflits en puissance sont mis sur la table.L’auteur de Au nom du père et du fils est ravie parce que «nous sentons, dès les premières minutes de la série, que les gens construisent un bout de pays».Francine Ouellette rappelait d’ailleurs cette semaine que la colonisation des Laurentides avait été encouragée afin de contrer l’çxode massif des Québécois vers les Etats-Unis.VOIR PAGE C-2: TÉLÉSÉRIES E - M .Quel lien entre la beanté convulsive d’une toile de Francis Bacon et la peinture sur velours pratiquée à El Paso?Aucun.Sauf„que les balises de la création peuvent se tendre comme un élastique entre le chef-d’oeuvre absolu et le kitch élevé au rang des beaux-arts.Quel lien entre le grand sémiologue français Roland Barthes et la culture du vidéo-clip?^.ucun.Sauf que le premier se serait fait un plaisir, s’il était encore des nôtres, d’analyser cet épiphénomène de la danse populaire fin de siècle.S’il y a bien quelque chose que l’on ne peut reprocher à René Rozon, le fondateur et directeur du Festival International du Film sur l’Art, c’est bien l’absence d’inertie, l’éclatement des sens et la totale liberté qu’il affiche depuis onze ans maintenant dans une odyssée cinématographique qui gomme toute hiérarchie des genres pour drainer aujourd’hui un public de 10 000 fidèles dans un pèlerinage compulsif chronométré au quart de tour.Ix‘ FIFA, qui s’installe dans les cinq salles se partageant les projections (Goethe-Institut, Cinémathèque SUITE EN PAGE C-2: FIFA PHOTO HORST CLICHÉ RÉPÉTÉ A ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT.EN RAISON DU TEXTE IMPRIMÉ SUR FOND GRIS OU DE COULEUR j-£L itLuaC.IUT a \.f L O U T cil Lzz.hu.•fz.Cts.ctu.’iiî.ZtZLL±.LCJ Lu fi (zut OC.} t, zt’is.Q ciu /t-f )tZClrLÏ PRINCE FRI NCE HBil A1C C 2 I, K I) E V 0 I R , LES SA M EDI (> / I) I M ANCHE 7 M A R S 199 3 DISQUES CLASSIQU Garant: un compositeur découvrir E S LA MUSIQUE DE SERGE GARAN1 Etisembles instrumentaux sous la direction de Walter Boudreau, Pierre Boulez, Serge Garant, Howard Cable et Pierre Béluse; solistes: Louis-Philippe Pelletier, Louise-Andrée Baril, Claude Webster, Serge Garant (piano), Yolande Parent, Pauline Vaillancourt, Fernande Chiocchio, Mary Morrison, Marie iMferrière, Michel Ducharme (voix), André Moisan (clarinette), Guy Ijachapelle (percussion) , Alain Aubut (violoncelle).Doberman-Yppan, DO-133, coffret de 4 disques.CAROL BERGERON On peut affirmer que, six ans après sa mort, le compositeur québécois Serge Garant est bel et bien entrée dans le purgatoire de l’oubli.Le purgatoire et non le néant, car considérant la valeur de sa musique, un jour viendra, qui n’est peut-être pas si lointain, où la redécouvrant, on constatera qu’elle prit forme dans un langage trop complexe pour que les auditoires, qui les premiers l’entendirent, aient pu l’adopter spontanément.Des collaborateurs, des collègues et des mélomanes éclairés, peu nombreux furent ceux qui suivirent ce grand musicien dans son cheminement multiple de créateur, d’interprète (pianiste et surtout chef d’orchestre), de pédagogue (professeur d’analyse à l’Université de Montréal), d’animateur de l’émission radiophonique Musique de notre temps (de 1971 à 1986, à Radio-Canada), de directeur musical de la Société de Musique Contemporaine du Québec pendant les 20 dernières années de son vie.Avec le temps qui remet le public au diapason de l’oeuvre d’art, le souvenir de cette riche personnalité se sera cristallisé dans une musique qui pour l’instant semble encore très abstraite.Le moment venu, une page comme Chant d'amours (achevé en 1975) sera perçue comme un élan irrésistible, le cri du coeur d’un être sensible et raffiné qui n’était surtout pas que cérébralité.Pour en arriver là, il faudra réintroduire cette musique dans les concerts, il faudra s’y faire l’oreille par le disque.Or, sous l’étiquette Doberman-Yppan paraissait récemment une anthologie Garant qui a exigé trois années de préparation et qui rassemble ses oeuvres les plus signifiantes, notamment les trois Circuits, les trois Offrandes, Phrases, Jeu à quatre, Amuya.D’une importance capitale, ce document reprend, en l’enrichissant considérablement, l’idée (et certains enregistrements) de Y Anthologie de la musique canadienne (Radio-Canada international) qui, en 1978, avait consacré un volume (quatre microsillons) à ce compositeur du Québec.Destiné à mieux faire connaître ces pièces, le coffret Doberman les propose dans l’interprétation du compositeur ou des musiciens qui les ont travaillées avec lui.Le cas de Boulez (dans Circuit III) est une exception qui montre précisément que cette musique est appelée à sortir de nos frontières.En rapport avec cette anthologie discographique, l’éditeur Doberman prépare actuellement une édition imprimée de l’oeuvre du musicien — un travail rendu difficile par le souci relatif que Garant apportait à la rédaction de ses manuscrits.Cette délicate entreprise nécessite la collaboration de ceux, comme le pianiste Ixjuis-Philippe Pelletier ou le chef Walter Boudreau, qui ont connu le compositeur.Pour une meilleure qualité d’enregistrement, Doberman a fait refaire certaines mélodies que Garant, au piano, avait gravées en compagnie du ténor Jean-Paul Jea-notte.On peut toutefois se demander si l’authenticité du témoignage n’aurait pas valu qu’on le conserva.Par ailleurs, il est retrettable qu’il n’ait pas été possible de reprendre ces pièces pour piano où l’instrument utilisé sonne plutôt désaccordé.Avec le temps, le souvenir de cette riche personnalité se sera cristallisé dans une musique qui semble encore très abstraite.PHOTO: RADIO-CANADA Marie-Renée Patry et Marina Orsini dans la série Shehaweh qui évoque le calvaire amérindien.TÉLÉSÉRIES En ces temps là.SUITE DE LA PAGE C-l Dans Shehaweh, également, un pays est construit.Mais sans dentelle autre que celle des sottes courtisanes du roi de France.Les contours de la Nouvelle-France sont tracées avec le sang des Indiens, et toute leur histoire est concentrée dans le destin tragique de Shehaweh.Le scénariste Fernand Dansereau et le réalisateur nous donnent une belle leçon d’histoire à un moment où les autochtones n’ont pas tellement bonne presse dans le coeur des Québécois.Or, sans dorer la pilule, le tandem Dansereau-Beaudin rappelle quelques dures vérités sur la constitution de la Nouvelle-France.En proie à de terribles doutes, le sieur de Maisonneuve aura cette tirade: «Nous étions venus pour les aimer.Or, qu’avons-nous fait depuis 20 ans?Nous les tuons.Nous les avons tués par centaines».Mais le gouverneur est bien seul dans ses doutes et il sera renvoyé en France pour oser comprendre les Indiens.«C’est douloureux.Et je sais que nous restons sans défense tout au long de la série.Mais nous, disait M.Beaudin il y a quelques jours, on ne pas dit pas ceux-là ont raison.On dit qu’il faut s’ouvrir aux autres».«Je ne prétends pas faire de l’histoire, ajoutait-il, je fais de la création».En fait, au lieu d’une série de cinq heures, Beaudin aurait pu faire un film de deux heures et demie.Car c'est du cinéma qu’il nous offre, avec une magnifique photographie et une musique tout aussi belle.Annie Galipeau incarne Shehaweh enfant puis, au second épisode, Marina Orsini prend la relève.Dès les premières minutes, elle est faite prisonnière, battue et violée.Le ton est donné.Le calvaire n’aura pas de fin.Rien de tel dans Au nom du père et du fils où les excès du curé sont plus faciles à digérer.Parce qu’ils sont le fait d’un individu et non pas de toute une communauté.Parce que les règles du téléroman sont respectées à la lettre.L’on en donne juste assez au téléspectateur, mais pas trop.La tension est maintenue mais elle est soutenable.L’on ne sort pas des sentiers battus.Comprenons-nous bien cependant.Nous avons ici un téléroman de qualité, avec de bons comédiens et des réalisateurs — Richard Martin et Roger Cardinal — qui utilisent avec intelligence même les clichés les plus éculés.MUSIQUE DE JACQUES HETL LIVRET DE YVES BEAI CHEMIN DANS LES ROLES PRINCIPAUX JOSEPH ROULEAU COLETTE BOKY CRÉATION MONDIALE DE L'OPÉRA LE PRIX En collaboration au-c Drame lyrique contemporain pour X solistes.16 choristes el 36 musiciens Mise en scène: Larry Tremblay • Direction musicale: Miklôs Takàcs SALLE PIEKRE-MERCLRE, CENTRE PIERRE-PÉLADEAU.300 BOUL.DE MAISONNEUVE EST (MÉTRO BERRMQAM) Les 30,31 mars.I, 2,3, avril 20 heures et le 4 avril 14 heures 30 Matinées de l'Atelier d’Opéra de l'L'QAM les 6,7,8, avril à 14 heures 30 Billetterie Salle Pierre-Mercure : 987-6919 Renseignements : 9X7-4174 (tsto) O L Impériale nt™ Bell Orner DeSerres des art» * SRC du Canada .I BANQUE I NATIONALE MUSI en tête LE CALENDRIER DES ÉVÉNEMENTS MUSICAUX L’ENSEMBLE ANONYMUS présente une nouvelle version de O Fortuna Le monde des Goliards ( I ÎOO - 1250) Cantate scénique Du 9 au 21 mars, 20 h, et les dimanches à 15 h 30 Chapelle historique du Bon-Pasteur, 100, rue Sherbrooke Est Billets en vente sur le réseau Admission et à la porte le soir des représentations Billets réguliers : 18$, étudiants el âge d’or : 13$ PRO MÜSICA Les Violons du Roy et La Chapelle de Québec dans la Messe en si mineur HWV 232 de J.S.Bach, direction Bernard Labadie Le dimanche 21 mars, 20 h, salle Claude-Champagne Billets: 20$, I5$(ét, 10$), taxes ind„ en vente chez Pro Musiea, 3450, St-Urbain, X45-0532 QUEBEC-MONDE à la SMCQ Un cocktail d’oeuvres choisies par ROBERT LEROUX, percussionniste québécois émérite accompagné de ses amis.THIBAULT - PAGH-PAAN - STOCKHAUSEN et une création de ANTHONY ROZANKOVIC Réservations : 987-6919 Billets : 19$ / 11,50$ EN COLLABORATION AVEC O: DEVOIR ET COOPÉRATIVE 'LES NUAGES" AOMQ Association des organismes musicaux du Québec FIFA Privilégier l'oblique à la ligne droite SUITE DE LA PAGE C-l québécoise, Cinémas O.N.F., Elysée et Parallèle) a toujours privilégié l’oblique à la ligne droite, l’éclectisme à la banalité et le risque au conformisme.René Rozon ne s’embarasse ni des néo ni des post.Rozon qui est un électron fou visionne, cumule, engrange une image sublime, une note décadente, une ambiance surannée ou endiablée, un visage ravagé par l’angoisse, un style cosmopolite.Pour nous les restituer, une fois par an, sur grand écran, alors que le petit réduit ses chamades artistiques à une triste peau de chagrin.Maman parle des géants La llème édition quadrillée de ses thèmes suggestifs ( Carrefour de la création et Trajectoires qui regroupent les oeuvres en compétition, Point de mire, Miroirs de l’art, Paradis artificiels et le Temps retrouvé ) s’ouvrira avec La Joconde descendant un escalier de Joan Gratz, une mascarade visuelle épatante sur pâte à modeler illustrant les grands courants de l’art moderne.Elle précédera Le Jardin des ombres du québécois François Girard qui porte sur l’héritage architectural d’Ernest Cormier.Présidé cette année par Madeleine Gobeil, directrice de la Division de la promotion des arts et de la vie culturelle de l’UNESCO entourée du producteur, réalisateur et scénariste Eric Breitbart, du producteur québécois Roger Frappier dont le nom est associé aux films de Denys Arcand, du cinéaste d’animation à l’ONF, Pierre Hébert et du réalisateur d’origine britannique Adrian Maben, le FIFA rend hommage à ce dernier en présentant quelques unes de ses principales réalisations.René Rozon a toujours le don de pimenter son festival de quelques films salés, rigoureux, exploratoires, greffés à l’actualité ou de facture plus classique.«Parfois c’est l’aspect visuel ou le scénario qui influent mon choix car je peux programmer des films aux images éblouissantes même si le texte est plus ordinaire.Mais je sélectionne aussi, à l’inverse des films rares où l’on a très peu de documentation» explique t-il.Ainsi, dans la manne fertile qui nous est régulièrement proposée, on retrouve quelques fils conducteurs, des repères significatifs identifiant ce festival sans prétention post-hollywoodienne (starlettes-tapis rouge-limousines), véritale miroir de la production mondiale du film sur l’art actuel.Des témoignages émouvants: la céramiste Béatrice Wood, la maman des Dadaïstes mariée à Marcel Duchamp qui parle des géants qu’elle a rencontrés, Ray, Brancusi.et inoubliables: Roland Barthes qui se confie à la caméra dans un document regroupant des entrevues avec Derrida, Robbe-Grillet et Daney.Des univers majestueux: Joan Mitchell, une des grandes artistes américaines de la seconde génération de l’Expressionnisme abstrait.et ambitieux: l’opéra Oedipus Rex, l’oratorio de Stravinsky produit par le Festival Saito Kinen de Matsu-moto au Japon avec Jessye Norman dans le rôle de Jocaste.Une oeuvre méconnue et douloureuse: Charlotte Salomon, Charlotte, vie ou théâtre, qui produisit 769 tableaux avant d’être déportée à Auschwitz.ou caustique: l’étrange danois Kviurn, étiqueté peintre pornographique.Des pièces incongrues: la vision personnelle du cinéaste Ken Russell sur le compositeur tchèque Martinu.décapantes: Serge Gainsbourg, sa |»ésie, son ironie dans Serge Gainsbourg: France’s Secret Vice qui vont ravir ses fans et ceux de la pulpeuse B.B.qui n’a besoin de personne en Harley Davidson.ou lumineuses: Cornell et ses célèbres boîtes remplies d’objets.Spirale Parfois, ce sont quelques curiosités esthétiques qui vont attirer les cinéphiles.Comme les dessins érotiques et René Rozon, fondateur et directeur du Festival International du Film sur l’Art.provoquants de Tom of Finland dans Daddy and the muscle academy, une icône du monde gay dont l’imagerie a influencé Fassbinder, Mapplethorpe et Weber.Avec des entretiens de quelques acolytes bardés de cuir.Paris a eu son exposition sur André Bretoji au Musée national d’art moderne du Centre Georges Pompidou?Montréal verra le film réalisé dans cette optique alors que le maître du surréalisme renaîtra à travers des entretiens radiophoniques, des documents d’archiveset des images de films.L’art contemporain chinois est marginal ?Des artistes égalés le sort des limbes dans Encres ate Chine, Ming peint brutalement le portrait de Mao et le plus grand faussaire du monde, Dai-chien est proclamé le Picasso de la Chine dans Abode of illusion.La peinture sur velours, le Belzébuth des arts visuels?Ses tribulations sont sociales et mercantiles dans Black Velvet Art.L’autre cachet de cet événement ponctuel est infiniment caméléonesque alors que certains vont troquer leur rôle respectif pour passer devant ou derrière l’oeil de la caméra.Ainsi de la productrice et animatrice à la CBC de la célèbre émission qui porte son nom, Adrienne Clarkson qui a réalisé un premier film Artemisia ou l’histoire d’Artemisia Gentileschi, femnje-peintre du 17e siècle et (ç-ministe avant la lettre gagnant sa légitime cause après avoir été violée par un collègue de son père.De la plasticienne américaine Ida Applebroog qui faisait partie de l’exposition inaugurale du MAC (Pour la suite du monde ) risoires, à la violence nazie, qui mon\ te et qui éclate.Sur un jeu intéres-.sont de Robert Sean léonard.Odile Tremblay THE CRYING GAME.?De l’Irlandais Neil Jordan.U «thriller» surprise de l’année qui se retrouve en nomination pour une flopée d’Oscars et fait courir les foules.Il y a, comme on sait, un «secret» bien gardé constituant le pivot du film.Malgré des longeurs, (I)The Crying Game(I) a de ces retournements inattendus et piquants non dépourvus d’un charme vénéneux.En prime: un excellent jeu d’acteurs.Odile Tremblay < r LE DE V 0 I R .LES S A M EDI (i I) I M A X C Il E M A R S I !) !» 3 ?• ¦ ¦ THÉÂTRE Mener le théâtre par quatre chemins Le Théâtre Populaire du Québec complète sa 30e saison avec «Le Désir sous les ormes» d’O’Neill GILBERT DAVID Maryse Pelletier est à la barre du Théâtre Populaire du Québec depuis le 1er août 1992.Elle est ainsi devenue la septième personne, la deuxième femme et la première auteure dramatique à assumer la direction générale et artistique d’une compagnie qui a connu, depuis sa fondation en 1963, une évolution pour le moins cahoteuse, à l’image peut-être des milliers de kilomètres de route, pas toujours commode, que durent emprunter quelque 85 équipes de tournée en trente ans.-'Etabli à Montréal avec la mission d’apporter le théâtre aux quatre coins du Québec, le TPQ a commencé, sous la direction de Jean Valcourt, par offrir des pièces tirées avant tout du grand répertoire français.Durant six années, la compagnie itinérante a joué Corneille, Racine, Molière, Regnard, Marivaux, Beaumarchais, Musset, Feydeau, en poussant une pointe dans le répertoire moderne avec Pirandello et Anouilh.C’est, toutes proportions gardées, l’époque d’une approche classico-péda-gogique à la Vilar, marquée au sceau d’une volonté plébéienne de rendre accessible des pièces majeures du répertoire en régions.s ' Virage québécois Sous le mandat d’Albert Miliaire, de 1969 à 1972, le TPQ prend un brusque virage québécois.L’audacieux comédien et metteur en scène programme Loranger, Dufresne, Barbeau, Dubé, et il engage le collectif du Grand Cirque Ordinaire qui parcourt la province avec des créations incendiaires comme Tes pas tannée, Jeanne d'Arc?et Ten rappelles-tu, Pibrac, ce qui finit par provoquer son renvoi.Jean-Guy Sabourin lui succède et, durant quatre saisons, il maintient le cap sur la dramaturgie nationale, pratique abondamment lafcommande de textes de création, en réservait la petite part à des contemporains étrangère comme Arrabal et Wesker.'De 1976 à 1979, Jean-Yves Gaudreault s’éti remet à une formule plus sage qui juxtapose une pièce du répertoire québécois, une oeùvre du grand répertoire et une pièce étrangère contemporaine.Nicole Filion poursuit essentiellement cette politique jusqu’à sa démission en 1987, tout en recourant ponctuellement à la création de textes québécois et en donnant souvent un accent bou-levardier à ses programmations par le choix de.pièces d’auteurs français comme Guy Foisy, Alexei Arbouzov, Françoise Dorin, Marcel Achard ou Sacha Guitry.’Après la saison 1987-1988, Gilbert Lepage, PHOTO: JACQUES GRENIER Maryse Pelletier, directrice générale et artistique du Théâtre Populaire du Québec, confirme «la volonté du TPQ de contribuer au développement disciplinaire en régions, à la fois comme producteur d’un théâtre exigeant tout en étant accessible, et en tant que coproducteur associé à des compagnies régionales.» le nouveau directeur artistique, recentre peu à peu la programmation saisonnière du TPQ sur le théâtre québécois (répertoire et création), avec çà et là un Goldoni, un Tchékhov, un Miller, un Williams, et il a recours régulièrement à la coproduction de manière à faire face aux difficultés budgétaires de la compagnie.En 1991-1992, pour sa dernière saison à la tête de l’institution, Lepage avait choisi un classique de Michel Tremblay, Bonjour, là, bonjour, et deux créations d’auteurs québécois, Le Pays dans la gorge, de Simon Fortin, et Conte d'hiver 70, d’Anne Le-gault.Pour la saison en coure, Maryse Pelletier — qui a hérité, dit-on, d’une situation budgétaire rééquilibrée — n’a pas établi sa première programmation sur la lancée exclusivement québécoise de son prédécesseur.Une reprise de La Maison cassée, de Victor-Lévy Beaulieu, y côtoie en effet Les Traverses du coeur de la Canadienne Wendy Lill, et Le Désir sous les ormes, de l’Américain Eugene O’Neill (dans une traduction d’Yves Sauva-geau et Robert Ripps), qui prend l’affiche à la Maison de la culture Frontenac du 11 au 20 mars, dans une mise en scène de Martine Beaulne, avant d’entreprendre une tournée provinciale, du 23 mare au 9 mai.Livrer la marchandise C’est un secret de Polichinelle que les relations du TPQ avec les diffuseurs en régions n’ont pas toujours été au beau fixe.la compagnie de tournée a eu plus que sa part de navets et de productions académiques au fil des années — elle traîne notamment la triste réputation d’avoir joué Tchékhov de façon si excécrable qu’au seul nom du génial dramaturge russe les programmateurs régionaux se font aujourd’hui de glace.Plusieurs observateurs — dont je suis — en sont venus à se demander si le TPQ avait encore une légitimité artistique en tant que producteur et s’il ne fallait pas plutôt revoir la mission de l’organisme en fonction d’objectifs de diffusion qui viseraient à rendre enfin accessibles aux régions les meilleurs spectacles réalisés à Montréal et ailleurs au Québec.Maryse Pelletier n’en croit rien.«Le TIX) a toujours sa place dans le marché de l’offre et de la demande en régions.In réalité régionale est plus diverse et plus complexe qu'on ne le pense.Le développement culturel est très inégal d’une région à l’autre et notre compagnie essaie d’y remédier en offrant régulièrement de grandes oeuvres sur tout le territoire québécois.11 faut comprendre que le TPQ est considéré comme du théâtre à risque par les diffuseurs qui ont des budgets très serrés et qui ont tendance à choisir des spectacles dits sûrs.Nous jouons chacun des trois spectacles d’une saison dans 20 à 30 villes et nous rejoignons ainsi autour de 40,000 spectateurs par année.Notre présence régulière et fiable permet d’amener en province des pièces de qualité qui, autrement, n’y seraient jamais présentées.C’est le cas de la pièce d’O’Neill, qui est l’un des grands classiques de la dramaturgie américaine et qui sera jouée pour la première fois en dehors de Montréal.» A la suite d’une tournée de 45 jours, à l’automne, qui lui a donné l'occasion de prendre le pouls des diffuseurs en province, la directrice artistique se dit confiante de rencontrer les attentes des publics régionaux en donnant la priorité aux oeuvres du XXe siècle.«Les gens ont le goût d’entendre parler de ce qui se passe aujourd’hui, avance-t-elle.Il faut tenter d’échapper à la grisaille en choisissant des oeuvres denses, intelligentes et humaines, qui permettent de se poser des questions et qui aient une résonnance partout.» Sans rien dévoiler de sa prochaine programmation, Maryse Pelletier laisse entendre qu’elle donnera la vedette à la création et au répertoire québécois et étranger contemporain.«Le message de fond que j'ai passé, résume-t-elle, concerne la volonté du TPQ de contribuer au développement disciplinaire en régions, à la fois comme producteur d’un théâtre exigeant tout en étant accessible, et en tant que coproducteur associé à des compagnies régionales.» S’il n’en tient qu’à Maryse Pelletier, le TPQ est là pour rester.A condition, comme on dit, de livrer la marchandise.Sinon.«Il faut tenter d’échapper à la grisaille en choisissant des oeuvres denses, intelligentes et humaines, qui permettent de se poser des questions et qui aient une résonnance partout.» HISTOIRES À MOURIR D'AMOUR Un nouvel auteur, Yvan Bienvenue, réussit un coup sur deux dans ce programme double sur des restes humains assez identifiés; au bord d'une autoroute, dans une maison de campagne, des trios jouent des airs de cauchemar.À la salle Fred-Barry.-?- CÉLIMENE ET LE CARDINAL Culotté, l'auteur.Jacques Rampai imagine une suite au Misanthrope du grand Molière.Mais Jacques Rampai, s'il maîtrise le vers maîtrise moins le canevas.Il a pour lui deux acteurs de carrière, ici en pleine forme, Andrée Ijqchapelle et Albert Miliaire.À voir, pour eux.Au Ca/ë de la Place.-?- LOOK BACK IN ANGER j Une ènième reprise du classique de John Osborne, qui lança le mouvement des «jeunes hommes en colère» À Londres en 1956.Avec Aidan Devine dans le rôle de Jimmy Porter.Mais la mise en scène sans nerf de Maurice Podbrey ne rend pas justice .à la pièce.Au 'théâtre Centaur.• -?- LES BELLES-SOEURS Vingt-cinq ans après sa création ! au Rideau Vert, la Compagnie ' Jean-Duceppe produit une reprise de la première pièce de Michel Tremblay.Denise Filiatrault qui \ jouait Rose Ouimet en 68 signe la r mise en scène et réduit le grand • drame de Tremblay à un vaudeville superficiel.Un anniversaire raté.-•- LE PETIT BOIS Un texte remarquable d'Eugène ; Durif une scénographie sublime de Stéphane Roy, des éclairages magiques de Guy Simard, une première mise en scène réussie de René Ga- • gnon.Seul le comédien Yves Soutière fait problème.A l’Espace Go.Robert Lévesque (Sbncerts Dorothy Fralberg Julian Milkis piano clarinette violon Vladimir Landsman violoncelle Katherine Skorzewska Oeuvres de Messiaen et f.Milhaud Jeudi, 11 mars 1993, 20 h.Salle Redpath, Université McGill Entrée libre i .Ce concert est présenté grâce à une subvention spéciale du «Music Performance Trust Funds» obtenue par la Guilde des Musiciens du Québec.$ Club Aventure prtSMti TIBET.CHANTS, PRIERES, DANSES ET MLSIQI ES tmm COSCER1V 17-18-11) MARS 2011(10 ÉGLISE ST-JE AA BAPTISTE MMSES BILLETS EN VENTE AUX COMPTOIRS DU RÉSEAU ADMISSION 790- 1 245 21,700 NOUVEAUX BILLETS A VENDRE AUJOURD'HUI A MIDI ! iriTIIII DU 2 AU 27 MARS THÉÂTRE SI-DENIS1»1SW ST-DENIS‘TEL: 8#4211»T1CKETM(STER*TEL'790*1111 MISE EN SCÈNE : DENIS BOUCHARD 3-1.3 TF L E M A L N D U théâtre du nouveau monde D' ALBERT CAMUS MISE EN SCENE DE RENE RICHARD CYR avec KIM YAROSHEVSKAYA HAN MASSON ROBERT LALONDE LOUISE IAPRADE JACQUES GALIPEAU ET LES CONCEPTEURS LOU ARTEAU ASSISTANCE A U MISE Eli «EUE ET REGIE CLAUDE GOYETTE DECOR MÉRÉDITH CARON COSTUMES MICHEL BEAULIEU MICHEL SMITH MUSIQUE ANGELO BARSETTI MAQUILLAGES ET COIFFURES JEAN MARIE GUAY DU 9 MARS AU 3 AVRIL 1993 MARDI AU VENDREDI : 20H, SAMEDI : 16H ET 21H CAMUS EN MARS TNM CAMUS NCT VOTRE PASSEPORT EN MARS assistez à l'une des deux pièces de Camus et obtenez un tarif moitié prix adulte, pour l'autre production, sur présentation du billet LE MALENTENDU TNM 861-0563 CALIGULA NCT 253-8974 | TNM : TARIF REDU FT 30 MINUTES AVANT LE LEVER DU RIDEAU 20 $ (ARGENT COMPTANT SEULEMENT) théâtre du nouveau monde 84 Rut Sie-Caiherinl Oui i.Metro Plai l-dis Arts présente la matinée du mercredi 31 mars a H h et les matinées du samedi Photo Jeon Francois Beiube RÉSERVATIONS 861-0563 L E I) E V (HR, L E S S A M E I) I (i / I) I M A N C il E M A R S I 9 9 3 LA VITRINE DU DISQUE Le rock increvable et intemporel des Troggs ' Les Troggs, mettant en vedette Chris Britton, Reg Presley, Peter Staples et Ronnie Bond.THE IROGGS ARCHEOLOGY (1966-1976) 77te Troggs, Mini-coffret Fontana/Chronicles (Polygram) Quand on lui a dit que Michael Stipe et ses copains d’Athens, Georgia, R.E.M.pour ne pas les nommer, avaient repris son Love Is All Around, le vétéran chanteur des Troggs, Reg Presley, ne savait même pas que R.E.M.était un groupe de rock, encore moins le plus important groupe américain des années 90.Il croyait plutôt que c’était le nom d’une compagnie de disques, parce que ça sonnait un peu comme RCA L’histoire finirait là si Stipe n’avait pas relancé Presley, lui proposant d’enregistrer ensemble un nouvel album des Troggs.Ainsi naquit en 1992 l’excellent Athens Andover, liant à jamais les deux groupes et leurs villes d’origine respectives, deux trous perdus dont personne ne devait jamais sortir.Dire que les Troggs sortaient d’Andover dans les années 60, c’était comme dire que des hommes du Néanderthal sortaient de leurs cavernes.D’où leur nom, fort bien choisi, de Troglodytes, raccourci en Troggs pour que ça se retienne mieux, en référence aux petites bêtes de la mythologie qui vivaient dans des cavernes.Les habitants d’Andover étaient alors les Terre-Neuviens, les Belges, les têtes de turc des Britanniques.Des brutes épaisses, des simples d’esprit, tout justes bons à casser des pierres.Quand Wild Thing s’est hissé au sommet des classements internationaux, le chanteur des Troggs, Reginald Ball, rebaptisé Reg Presley avec le sans-gêne d’un Elvis Gratton, était briqueleur et s’attendait à le demeurer jusqu’à la retraite.Toute la carrière des Troggs, en cela, est un pied-de-nez au destin.Pas surprenant que le groupe existe encore.Les Troggs firent irruption sur la scène pop britannique au début de 1966 comme une poussée d’herbe à poux dans un champ de fleurs.Une femme à barbe dans un concours de beauté.Un éléphant dans une boutique de porcelaines.Lorsque les Sex Pistols enculèrent le disco en 1976, le choc fut à peine plus violent.Il faut se replacer dans le contexte de l'époque pour comprendre l’impact des Troggs, de leurs rengaines à trois accords et des obsessions sexuelles de Reg Presley.Au même moment, les Beatles s’ouvraient à la culture indienne, intégrant un sitar à Norwegian Wood (This Bird Has Flown), les Kinks ironisaient sur la vacuité d’un Well-Respected Man, et les Stones se pâmaient pour une Lady Jane médiévale.Les Troggs, eux, reluquaient les mini-jupes et chantaient, la morve au nez: «Your slacks are low and your hips are showin’ / When I’m with you I can’t control myself».Quand Jimi Hendrix reprit Wild Thing au Festival Pop de Monterey, tous les enfants-fleurs crièrent pourtant au génie.Un quart de siècle plus tard, la musique des Troggs, glorieusement minimale, n’a pas pris une ride.Leurs vieux albums s’arrachent à prix d’or.From Home (avec sa fabuleuse guitare distorsionnée qui résonne comme une abeille dans une boîte de conserve), I Just Sing, When Will The Rain Come,, Lost Girl, I Can Only Give You Everything et Cousin Jane pourraient avoir été enregistrés par les Ramones en 1979 et aujourd’hui même par n’importe quel groupe de rock alternatif.C’est vous dire à quel point la compilation The Troggs Archeology (1966-1976) vous attend de pied ferme, avec ses 52 titres redondants à souhait, son chic et passionnant livret, une brique et un fanal.RAVE ONII The Kentucky Headhunters Mercury (Polygram) Quand j’ai besoin de ma dose de rock’n’roll 100% proof, je sais où la trouver chez les chasseurs de tête du Kentucky.Deux ou trois rasades de leur tord-boyaux et je jure à tous les saints qu’Elvis se cache dans mon sous-sol à Montréal-Nord et que je le nourris de bonnes beurrées de beurre de pinottes avec des bananes.Il y a quinze ans, on aurait mis les Headhunters dans la même marmite de rock sudiste que Lynyrd Skynyrd et les Allman Brothers.Aujourd'hui, le country a le dos tellement large qu’il les abrite sans difficulté, même si Garth Brooks a l’air d’un pied-tendre à côté de ces «hillbillies» chevelus et bruyants qui tirent avant et posent les questions après.Ce qu’ils font avec le rockabilly de Carl Perkins (Dixie-fried), le bluegrass de Bill Monroe (Blue Moon Of Kentucky) et le jug-band music du Lovin’ Spoonful (My Gal) ne me rassure pas sur leur capacité de conduire un quatre par quatre dans les collines du Kentucky après neuf heures, mais ça ne m’en réchauffe pas moins le coeur.Sylvain Cormier MISERERE Zucchero, Polygram N*est pas le plus gros vendeur de disques en Italie qui veut! Il faut s’appeler Zucchero, avoir une voue qui évoque celle de Joe Cocker, un rock puissant et tellement inspiré qu’il séduit les meilleurs musiciens — le duo avec le ténor Pavarotti, qui donne son titre à l’album, déménage plus que de raison — et des textes en italien et en anglais qui lui ouvre toutes grandes les portes du marché nord-américain.Miserere qui n'est pas sans rappeler la «soûl» d’un Ray Charles, s’inscrit à mille lieues des vagues guimauves que l’Italie encense habituellement.Et comme Zucchero — Fornaciari de son patronyme — aime beaucoup travailler avec les grands, il a confié les paroles de ses chansons aux Bono, Elvis Costello et autres Frank Mus-ker pendant que même Ennio Mor-ricone faisait la queue en attendant que le «sucre» veuille bien enregistrer avec lui! L’album est percutant, tout en rythme et en choeur gos-pellien.Ça bouge et on en redemande! Pascale Pontoreau Le lundi 15 mars 1993 à 20 h Théâtre Maisonneuve Place des Arts Grieg Peer Gynt, Suite d orchestre n° 1.op 46 Concerto pour piano en la mineur, op 16 Sibelius Symphonie ri 5 en mi bémol majeur op 82 Chef d'orchestre Agnès Grossmann Soliste Stéphane Lemelin, pianiste Nous mettons tous / nos espoirs / vn en vous.I cqk# Merci de votre aide bénévole. La Fondation canadienne DU REIN JAZZ ET BLUES «Soufflé» génial; trombone «métroïde» DANCE OF PASSION Johnny Griffin, Antilles SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR De la constance, Johnny Griffin, saxophoniste dur né le 24 avril 1928 à Chicago, connaît toutes les déclinaisons.Que ce soit en grande formation ou dans le cadre d’une petite boîte perdue dans les fjords norvégiens, jamais l’auteur du Chicago Calling n’a baissé la garde.Son truc, son moto a toujours été: «faisons du bon au minimum.Pour le reste on s’en remet à la Providence».Cette prédilection ou plutôt cette maîtrise pour la constance trouve probablement son origine dans ce dénominateur si commun à tous les bipèdes qu’il intrigua le père Freud pendant des lunes.On a nommé le rêve.Dans cette affirmation, on vous l’assure, il n’y a aucune divagation.De cette conjugaison du rêve avec la musique, son dernier album, Dance of Passion sur étiquette Antilles, en est la parfaite traduction.Le morceau titre, soit cette «danse de la passion», Griffin en a composé la chorégraphie, en pleine nuit, dans le petit château provençal qui lui sert de logis permanent.Ainsi qu’il l’a confié au magazine JazzTimes, «la musique de Dance of Passion m’est arrivée dans un rêve.Il était trois heures du matin lorsque j’en ai entendu les sonorités que je me suis empressé de traduire sur mon piano et d’enregistrer.C’était comme si je m’étais éveillé dans une pièce où de belles femmes dansaient en silence.Toujours est-il que le lendemain, j’ai travaillé ce que j’avais entendu.» Peu après, cet homme aimant les difficultés musicales pour mieux en simplifier les substances, s’est dit quelque chose comme: «Pourquoi ne pas enregistrer cette pièce et quelques autres en compagnie d’un pro du tuba, d’un maître du trombone et d’un spécialiste du cor anglais.» Faire swinger un tuba et un cor anglais, pensez-y une seconde, c’est pas évident.Et comme John Arnold Griffin, ancien élève du dur mais efficace Captain Dyett de la DuSable High School, a une sainte horreur des interprétations fades, des pièces jouer sans aucune vie, il a ordonné à son pianiste Michael Weiss, un type aussi doué qu’il est discret, d’arranger le tout De lier ensemble des ingrédients disparates pour composer un soufflé, cette chose délicate entre toutes.Pour atteindre son but, ce grand, ce très grand saxophoniste, a fait appel au tromboniste Steve Turre, à Dave Bergeron pour le tuba, à John Clark pour le cor anglais, à Peter Washington pour la contrebasse et à Kenny Washington pour la batterie.Micheal Weiss, on s’en doute, était au piano.Tous ces messieurs, tous ces experts des instruments nommés se sont retrouvés les 29 et 30 avril 1992 au studio newyorkais de l’étiquette BMG pour enregistrer cette «danse de la passion», bien sûr, mais également six autres compositions du maître de cérémonie.Les titres?From Here To There, Make Up Your Mind, The Way It Is, Take My Hand, You’ve Never Been There, Dawn, et, pour clore le tout, un standard de Cole Porter, soit All Through The Night.L’ensemble frappe par la sobriété affichée par notre soliste qui, il faut le souligner, s’était taillé toute une réputation en croisant amicalement son ténor avec celui de Eddie Lockjaw Davis, Clifford Jordan, John Col-trane ou avec Dexter Gordon, 6on complice en bebop confectionné avec les signes inhérents de la dureté urbaine de New York.L’ensemble frappe encore par l’originalité des compositions, par le plaisir musical que les Turre, Wpiss et compagnie déploient avec une jgé-nérosité exemplaire, par la passion mais également, voire surtout, par ce goût pour la beauté qui jamais p’a quitté Johnny Griffin depuis qu’il accompagna Thelonious Monk isur Crépuscule For Nellie, un soir d,’au-tomne 1958 au Five Spot.Ce soir, notre Griffin a compris ce qui faisait la beauté de l'égérie du jazz.Aujourd’hui, et grâce à cet albunp, il nous en livre la sculpture.Griffin est proche du chefd’oeuvrç.EVERY ONE OF US n Ray Anderson, Gramavision Ray Anderson est sans aucun doute le plus aventureur des troirçbo-nistes.Il est un amant du risque.Il aime les précipices.S’il n’est pas le plus doué des maîtres de cet instrument, il est, sans l’ombre d’une hésitation, Ie plus original.Le plus éclectique.| Comme ses albums antérieurs, son p’tit dernier, Every One of Us sur Gramavision, est un fourre-tout agréable.Un exercice de style combinait le blues avec l’avant-garde, le dixieland avec le bebop, le gospel avec la politique.Ray Anderson est un enragé.En fait, il est un grand sensible.,5 En compagnie de Ed Blacwéll, le batteur du Something Else de Ornette Coleman, de Charlie Hadeq, le contrebassiste ayant musicalement traduit l’oeuvre de Raymond Chandler, et Simon Nabatov, le pianistq du dynamisme, Ray Anderson signe encore une fois une production qui ravira autant les amateurs de Free Jazz quç de blues anciens., A elle seule, sa transcription sonore d’une discussion entre Muddy Waters et Willie Dixon devrait ramener à la vie tous les esprits chagmis, tous les râleurs.Ray Anderson, j’en fait le pari, est un descendant de Raymond Queneau.Son album, c’es trombone dans le métro.Le saxophoniste John Arnold Griffin.madeleine arbour, s.d.i.q., d.i.c., designer en aménagement d'intérieur résidentiel • commerc/0/ .depuis 1965 / 266 est.rue st-paul, vieux-montréal h2y lg9 (514) 878-3846 Tess Imaginaire et le Musée d'art contemporain de Montréal présentent en collaboration avec Les Arts du Maurier Agnes Grossmann Chef 0 orchestre Une présence Une invitation de Bell Stéphane Lemelin Pianiste y/// l )R< III Si RI Mi l ROI’l11 11 \r un monde sans lin.Un spectacle multimédia d'anticipation suf la génétique et le pouvoir Création et mise en scène de Mario Boivin Dialogues de Jérôme Labbé Du 9 au 21 mars 1993 à 20 heures, dimanche à 14 heures Relâche le 15 et le 16 mars Musée d'art contemporain de Montréal Salle multimédia (métro Place-des-Arts) Adulte : 1 2$, étudiant et aîné : 10$, groupe de 10 personnes : 8$ Réservations : Musée d'art contemporain de Montréal (514) 847-621 2 n Théâtre Maisonneuve U U Place des Arts Réservations téléphoniques: 514 842 2112.Frais de service.Redevance de 1,25 ${* taxes! sur tout billet de plus de 10 $ TESS IMAGINAIRE COMPAGNIE DE THÉÂTRE ET DE SPECTACLES Les Arts du Maurier Ltée -=r- W MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL L E I) K V DIR.I.E S S A M E D I (i / I) I M A X ( Il E M A It S I «I !l It (’ 7 ET 1 A ¦' 1 1 9 ^ — — — — ROCK Garder le contrôle, c’est rock and roll în ¦ ni-) •>b< •1(0 ii LES CO-IOCS En spectacle au Grand Café Les mercredi 10,17,24 et 31 mars.SYLVAIN CORMIER Quelque part entre le bunker syldave à'Objectif Lune et une fabrique de corned beef désaffectée, le vieux bâtiment de la rue St-Laurent a autant de caractère que ceux qui l’habitent.Pas de sonnettes, ni d'intercom.Pour se faire ouvrir la porte principale, il faut prévenir l’un des occupants à l'avance.Très post-nucléaire dans le genre, un endroit idéal pour un groupe de rock’n roll.L’immeuble est un monument à l’histoire des Co-Locs.*'' ’Une vieille connaissance occupe l’appartement d’à côté.Une éhanteuse, et pas n’importe laquelle: Cha Cha Da Vinci, la ' reine du rockabilly-bop au Québec, la Jenny Rock des an-: glos, la Wanda Jackson des années 90, un paquet de nerfs à • ' vif qui brasse les boîtes montréalaises depuis des années •avec son groupe au nom ronflant, Cha Cha & The Chain ." Gang.Au début des Co-Locs, l’excellent guitariste Louis Léger; officiait avec les deux groupes.; ' ' A l’étage du dessous, Là où les Co-Locs — le chanteur André (Dédé) Fortin, le bassiste Serge (Mononcle Serge) Robert, Patrick Esposito dit Napoli à liiarmonica, Mike Sawats-ky aux guitares et au saxo, Jimmy Bourgoing à la batterie — répètent en vue de leurs quatre mercredis au Grand Café, nichait il n’y a pas si longtemps l’unique Ray Condo, grand cowboy squelettique, sorte de missionnaire du western-swing de bas étage.Si Cha Cha est leur mère supérieure, ' Condo est en quelque sorte le père spirituel des Co-Locs, ne i, :9erait-ce que pour son mépris absolu des modes et des cou-' ^ants musicaux.;'H De fait, le tout premier spectacle des Co-Locs, c’était en première partie de Ray Condo & His Hard Rock Goners, en 1 ôctobre 1990, dans le cadre du Festival International Rock de Montréal.J’y étais, parmi une quinzaine de clients aussi 1 ' ravis qu’éparpillés dans le Tallulah, au dessus du Lola’s Para-: < •Wv > -. un sujet en soi banal, la poupée, et à partir de médiums traditionnels, la peinture, la gouache et l’aquarelle que l'es mythes, dans ce cas-ci, ancrent dans cette catégorie mièvre d’çu-vrage pour jeune fille rangée, Ellen Phelan arrive à synchroniser une oeuvre forte, dérangeante, qui persiste à affirmer ses corrélations avec un symbolisme pas si naïf que ça, bercé par lin réalisme troublant.On sort angoissé de l’exposition organisée par l’University Gallery de l’Université du Massachusetts à Amherst (conservatrice: Marge Goldwater)'.et présentée au Centre Saidye Bronfman.Les tableaux et oeuvres sur papier distillent un parfum anxiogène porté par des réflexions sur les rapports fille-mère, sur les liq’ns amoureux, sur les thèmes de l’auto-identification et de! la mémoire.Il y a ici quelque chose à la fois de vieux-jeu et de l’ordre du fantastique macabre dans le travail de cette artiste originaire de Détroit qui a participé à de nom- breuses expositions solos et de groupe dont Allegoriei of ¦ ¦ ~ - MOMA en 92, Modernism: Contemporaray Drawing au 1991 Biennale exhibition au Whitney Museum of American Art à New York en 91.Partie de sources post-mitii-malistes dans les années soixante-dix après une longue étape dans l’abstraction gestuelle, Ellen Phelan a parallèlement intégré à l’étude de la nature, cette série issue de sa collection de jouets.Après les pans de toiles pliés ien zig-zag et peints sur leur surfaces respectives, auxquels allaient se succéder des bas-reliefs, des chaises en bois amoureux.et des échelles camouflées de tissu, des formes en évan-tails monochromes calquées sur les proportions de son corps, des peintures sur plaque d’aluminium, l’artiète exécutera, entre autres, des paysages inspirées des grands maîtres naturalistes Whistler, Corot, Turner qui apporta une identité particulière à l’espace et à la lumière.tf Une fable obscène V.Les poupées apparues dans sa production au milieu des années quatre-vingt, figures enfantines qu’elle traite comme des paysages intérieurs, appliquent cette maxime de De Kooning : «La surface est une brève apparition».Fantômes ourlés de leurs ombres aquatiques, silhouettes floues surgies d’un fond livide, dans la gouache Baby and an old Man, le corps de l’enfant aux yeux fixes et aux membres grossiers, est disproportionné par rapport à cet homme en bleu, vigilant qui symbolise la mort.Même sensation devant l’aquarelle Matinee Idol où un visage masculin spectral qui rappelle les caricatures acides de Grosz apparaît en gros-plan, ignoble.Cette peur inconsciente devant l’inconnu puise sa force dans des icônes instables où des dégoulinures de peinture cassent la trop parfaite symétrie de la physionomie humaine.Dandy grotesque portant chapeau, personnages clownesques aux allures simiesques et aux lèvres rouges, monstres goyesques que l’on retrouve dans les toiles saturées de noirs qui révèlent d’anormales mises en scène.Ivrognes; famille de pantins embourgeoisés arrangés dans une obscène fable de Lafontaine alors qu’un lapin et une grenouille se font les métaphores des’figures emblématiques paternelle et maternelle.Toute la gamme des émotions y passe alors que certains tableaux empreints de théâtralité, ramènent quelques jouvencelles richement habillées qui évoquent les tableaux de Vélazquez.Dâns The Kiss: revenge, un cerne noir et épais délimite le corps d’une héroïne bafouée par un couple qui tombe sur le sol.Ces marionnettes ont une implacable rigidité cadavérique humaine.Même les images plus sereines, mère altière portant progéniture daïis des lieux brumeux, mettent mal à l'aise le spectateur qui s’inqiiiè-te devant cette intime friction entre la fiction et la réalité.Ellen Phelan nous glace le sang mais quelle artiste! en/te- &) ànc.650, Crémazie Est, Montréal tél.: 381-4404 F» O L - A R T REGROUPANT 6 ARTISTES POLONAIS(ES) ‘Barska • Berzoïvslq • Jalqièiec • Tiaseclçq • Skrzypek.• Zohak VERNISSAGE DIMANCHE LE 7 MARS DE 13h30 À 17H JUSQU’AU 17 MARS YVES GAUCHER Du 6 mars du 26 avril Galerie d'art Tél.: (819) 821-7748 M UNIVERSITE DE SHERBROOKE LALIBERTE oeuvres récentes rencontre avec l’artiste aujourd'hui à 15 h.jusqu’au 15 avril.WADDINGTON & GORCE 2/55 rue Mackay Montréal, Québec Canada //.?G 2J2 Tél: (514) H47-1112 Fax: (514)847-1113 I
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