Le devoir, 15 mars 1993, Cahier A
LE DEVOIR Vol.L X X X I V .No 61 M O N T R É A L .L K L l! N I) I 1 5 M A R S 1 il 1) « 6 .) o + T PS + T Y Q / T o r o u I o S 5 c Que sont les militants étudiants devenus?Isabelle Paré Une réforme majeure des cégeps se concocte à Québec, mais le militantisme étudiant demeure discret, presque impalpable.Pourtant, la grogne est certaine.Demain, les étudiants seront dans la rue, solidaires d’un jour dans un mouvement de grève orchestré, comme leurs aînés il y a 25 ans.Mais la colère de la jeune génération s’arrêtera-t-elle là, tuée dans l’oeuf ?, s’interrogent ceux qui ont vécu les belles heures de la contestation étudiante.Cette semaine, dans la salle de rédaction du DEVOIR, d’anciens militants étudiants, maintenant bien cravatés, rappelaient non sans fierté leurs frasques des années 70.«Nous, on était dans la rue, on occupait le bureau de la direction et le recteur dehors !», lançait un journaliste, un brin nostalgique, étalant ses exploits comme autant de médailles gagnées au front Et de s’inquiéter illico de la quiétude des étudiants d’aujourd’hui, même des plus militants.Oui, les milieux étudiants ont bien changé.Il y aura grève demain et mercredi, jeudi peut-être.Après, on verra.La seule mention du mot «grève» semble brûler les lèvres des militants.Aux journalistes, on parle plutôt de «journée d’études», de «réflexion».Non, les militants étudiants ne vraiment plus les mêmes.Au BICC (Bureau d’information de la coalition collégiale), on fonctionne discrètement, mais efficacement Petit local, deux téléphones qui ne dérougissent pas — avec mise en attente, il va de soi —, les télécopieurs qui crachent l’information en province.Un discret cellulaire permet même à l’âme dirigeante de la «machine» d’être joint à toute heure du jour.Dans ce cubicule, jusqu’aux petites heures de la nuit, on produit des documents, on multiplie les contacts.L’autre jour, raconte un professeur, une rencontre entre un syndicat de profs et le BICC était annulée en toute hâte.Motif : une «équipe volante» fonçait vers la Côte-Nord pour «faire de l’information» ! «On dirait des attachés de presse, des gens d’affaires.C’est une vraie machine électorale», disait le même professeur, médusé.Big business.Plus pareille, la contestation étudiante.Avant, on criait victoire quand la désaffection des cégeps s’étirait sur le calendrier.Aujourd’hui, les têtes dirigeantes du BICC ont fait des pieds et des mains pour que journées d’études et journées de relâche coïncident Histoire de ne pas trop écorcher le calendrier scolaire.«Dans notre temps, plus ça faisait mal, mieux c’était.Ils sont vraiment différents, ces jeunes», confie un militant syndical de longue date.Les porte-parole étudiants l’avouent d’ailleurs sans gêne aucune.Pas question de perdre des journées de cours, de s’attirer l’opprobre des étudiants et du public en paralysant l’activité cégépienne.«Nos moyens sont peut-être moins radicaux qu’avant, mais on veut davantage atteindre l’opinion publique.On veut proposer des solutions.On l’a vu en 1990, les manifs n’ont pas empêché le dégel des frais de scolarité à l’université», explique l’un d’eux.Du militantisme-spectacle, on est passé au militantisme de survie.On a troqué la pancarte pour le fax.Le petit livre rouge, pour la calculette.Avant, le front, c’était la rue.Aujourd’hui, les étudiants optent pour le maquis, les coulisses.La guérilla souterraine.Leurs aî-.nés n’auraient supporté un instant l’idée de négocier avec «le pouvoir établi».Maintenant, c’est dans les couloirs de l’Assemblée nationale que les militants étudiants s’évertuent à courtiser leurs ennemis.«Bien sûr, on fait surtout du lobby.On veut faire comprendre notre action par les syndicats, l’opposition.Les ailes jeunesse des partis politiques sont derrière nous», soutient M.McQuade.Convaincre par la raison plutôt que combattre par la contestation.Décevants, les jeunes militants d’aujourd’hui ?Seulement différents.Les Cohn-Bendit et leurs émules québécois se sont battus plus contre leur époque que contre leur école.Leur pied-de-nez était dirigé contre la planète toute entière.Les militants d’aujourd’hui, eux, ne tentent que de faire échec à une politique dont l’effet sera, encore une fois, de changer les règles du jeu après que d’autres en aient goulûment profité.Pas étonnant que leur colère soit surtout dirigée contre le ticket modérateur et les pénalités infligées aux étudiants retardataires.Enfants de la récession, ils en sont, comme tout le monde autour d'eux, à tenter de sauver les meubles.Lors des révoltes étudiantes de 86 en France, une jeune porte-parole étudiante avait d’ailleurs dit : «Nous, contrairement à nos parents, on est descendus dans la rue pour défendre notre bifteck.» Les étudiants d’ici ne sont pas si différents.Parce que le bifteck, c’est à peu près tout ce qu’il leur reste, maintenant que même un diplôme universitaire ne constitue plus, comme aux beaux jours de 70, un passeport direct vers la réussite.«Nos moyens sont peut-être moins radicaux qu’avant, mais on veut davantage atteindre l’opinion publique.» INDEX Les Actualités .A2 Agenda culturel B8 Aqpnnccs dasséesB4 Avis publics.B2 Culture.B8 Économie.A5 Éditorial.A6 Horaires télé .B7 Idées.A7 LBissonnette .A6 Le Monde.B3 Mots croisés.B4 Religions.B2 Sports.B6 Météo Ciel variable Max: -6 Détails en B4 L’ENTREVUE Gérard Meudal, chasseur de plumes PAGE B-l LES ACTUALITÉS Le BAPE fait face à une crise de confiance PAGE A-2 LES ACTUALITÉS Barbara McDougall quitte la politique PAGE A-4 Tempête irlandaise PHOTO ROBERT SKINNER MAUREEN O’MULLAN avait décidé de voir la vie en vert malgré la neige, et elle ne voulait pour rien au monde manquer la parade de la Saint-Patrick : arrivée au Québec d’Irlande en 1958, elle assistait hier à son 30e défilé.Nos informations en page A-3.Les étoiles vertes à la rescousse d’Hydro LOUIS-GILLES FRANCOEUR LE DEVOIR Plusieurs éminents écologistes québécois, dont Pierre Danse-reau, s’apprêtent à lancer une opération de réhabilitation de l’hydroélectricité comme filière énergétique, autant au Canada anglais qu’aux Etats-Unis, où des «mensonges grossiers» seraient «colportés par les lobbies anti-hydroélectriques» .notamment ceux du gaz naturel et du pétrole.Au Québec, ces écologistes qui vont se regrouper dans la nouvelle Union pour le développement durable, vont concentrer leurs efforts sur les bienfaits environnementaux des exportations d’électricité, qui permettront de réduire la contribution de l’Est nord-américain à l’effet de serre et à la pollution acide.Cette offensive, qui fera l’effet d’un baume sur les plaies d’Hydro-Qué-bec, sera lancée demain, à Québec, en marge de la commission parlementaire sur l’énergie, qui examine le Plan tie développement de la société d’Etat.Le coup d’envoi sera donné avec le mémoire du Groupe de recherche en macroécologie (GRAME), un petit groupe de chercheurs proches de l’UQAM, qui vient d’obtenir une subvention de 20 000$ d’Hydro-Québec pour améliorer des modèles analytiques et com- VOIR PAGE A-8: HYDRO Kim Campbell, un phénomène éphémère, estime Chrétien PIERRE O’NEILL LE DEVOIR L’apparente popularité de Kim Campbell obsède les dirigeants libéraux fédéraux, mais Jean Chrétien affirme n’y voir qu’un phénomène éphémère.Même si elle n’est pas encore officiellement candidate à la succession de Brian Mulroney, la nouvelle coqueluche des conservateurs a alimenté les propos des orateurs qui se sont succédés à la tribune du brunch-bénéfice de l’aile québécoise du PLC, hier au Palais des congrès de MQntréal.A l’instar de ses lieutenants québécois, Jean Chrétien a senti le besoin de rassurer les partisans libéraux et de corriger la perception des médias d’information.«Les conservateurs vont prendre de la popularité, parce qu’ils auront pendant trois mois de la publicité.Ensuite, nous aurons des élections générales.C’est absolument temporaire.» Question d’ajouter du poids à son argumentation, M.Chrétien a cité en exemple la campagne au leadership qui a permis à John Turner de remporter le congrès 1984 à ses dépens.«Pendant la lutte, le parti montait et montait dans les sondages.A un certain moment, nous étions loin en avant.En septembre, nous nous VOIR PAGE A-8: CHRÉTIEN i- 18 000 ans de tradition bônpo Onze moines tibétains viennent présenter au Québec la cérémonie du Nouvel An de l’Oiseau d’eau ODILE TRENBLAY LE DEVOIR Ils étaient onze moines tibétains à fouler la neige montréalaise dans leurs robes rouges en fin de semaine.Onze moines aux cntanes frais rasés, aux regards curieux et aux sourires indéchiffrables invités dans le cadre des célébrations des vingt ans du Club Aventure.Onze moines à trouver que décidément les Occidentaux courent plus vite que la vie, et que leur travail a bien l’air, comme c’est étrange, de les bouffer tout crus.Ils sont venus avec leurs svastikas sur la poitrine (symbole sacré), leurs instruments de musique: la longue corne aux incrustations de cuivre, les cymbales, les flûtes, les cloches et les tambours pour présenter à Montréal demain, mercredi et jeudi à l’Église St-Jean Baptiste, puis en tournée provinciale, un spectacle qui n’en est pas vraiment un.S’entremêleront chansons, prières, danses, acrobaties et numéros masqués pour la cérémonie habituellement présentée une fois par année lors du Nouvel An tibétain (qui avait lieu le 28 février en cette année de l’oiseau d’eau).Rue St-Hubert, dans les locaux du Club Aventure, les moines me font une démonstration de leur art.Tantôt les chants sont psalmodiés a capella et sur une seule note modulée, tantôt ils sont portés par des instruments de musique sur des sons très éloignés de nos harmoniques.D’aucuns les diront cacophoniques.Les longues cornes de l’appel à la prière résonnent comme des barissements.La musique fait partie de leur vie, comme le boire et le manger.Ils sont Tibétains oui, mais d’origine seulement, puisque ces jeunes religieux, tous âgés de moins de 25 ans sauf leur chef Nyma, habitent le Nord de l’Inde.Leurs parents ont fui le Tibet en même temps que le Dalaï Lama en 59 à l’heure de l’invasion du pays par la Chine.Ces moines n’ont connu que l’exil qui est le lot des 100 000 réfugiés tibétains du Népal et du Nord de l’Inde.Mais dans leur monastère de Menri à Polanji à flanc de montagne, ils perpétuent les traditions tibétaines millénaires et consacrent leurs journées à l’étude et au perfectionnement intérieur.Ces moines célèbrent une religion bien plus ancienne que le boudhis-me, proprement tibétaine et méconnue à peu près partout ailleurs dans le monde: Le Bon.Elle fut fondée il y a non moins de 18 000 ans par Tonpa Ils se lèvent à 5 h 30 tous les matins, partagent leur journée entre la méditation, la prière, les mantra, l’étude de l’astronomie comme de la poésie, de la philosophie.VOIR PAGE A-8: MOINES Les moines sont venus au Québec avec leurs svastikas sur la poitrine (symbole sacré), leurs instruments de musique: la longue corne aux incrustations de cuivre, les cymbales, les flûtes, les cloches et les tambours pour Srésenter Montréal demain, mercredi,et jeudi à l'Église St-Jean Baptiste, puis en tournée provinciale, le rituel du Nouvel An tibétain.PHOTO ROBERT SKINNER I .A2 LE DEVOIR, LE LUNDI 15 MARS 1993 Isuzu Trooper LS 499 $/mois ^ (Location à (ont; tenue) .'J .« .il IMAGINEZ TARZAN EN VESTON-CRAVATE.V6 24 SOUPAPES DE 190 CV» BOÎTE AUTOMATIQUE 4 VITESSES FREINS ANTIBLOCAGE AUX 4 ROUES»ESSUlE-PHARES/LAVE-PHARES CLIMATISEUR»SIÈGES CHAUFFANTS»CHAÎNE STÉRÉO CLARION LÈVE-GLACES ET VERROUILLAGE ÉLECTRIQUES SYSTÈME ANTIVOL Ce qui distingue le Trooper des autres véhicules de sa catégorie, c’est le raffinement, la finesse avec laquelle il vous mène à destination.De la jungle africaine à la jungle urbaine, même les endroits les plus sauvages deviennent tout à coup civilisés.Rien de commun avec tous ces véhicules qui s’avèrent aussi barbares que les endroits que vous désirez explorer, mais pas nécessairement habiter.ISUZU *Prix basé sur un bail de 48 mois avec dépôt minimum de 3500$ (ou échange équivalent), transport inclus.Paiement du Inversement et dépôt de garantie de 600$ remboursable requis.Taxes de vente, immatriculation et assurances en sus.Des frais de 5é du kilomètre s’appliquent après 96000 km.Détails chez votre concessionnaire Satum Saab Isuzu.•LES ACTUALITÉS- Le BAPE fait face à une crise de confiance Des groupes et organismes l’accusent de manquer de rigueur et de LOUIS-GILLES FRANCOEUR LE DEVOIR Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), un organisme sur lequel les citoyens s’ap- Euient depuis plus d’une décennie, devient de plus en plus i cible de groupes et d’organismes, qui l’accusent de manquer de rigueur et de transparence dans certains dossiers.Des critiques publiques ont en effet été adressées à cet organisme dans les dossier du barrage SM-3, sur la Côte-Nord, et dans les projets d’agrandissement de deux sites d’enfouissement, à Saint-Tite-des-Caps et à Saint-Jean-de-Matha.D’autres groupes se promettent d’être d’une grande vigilance dans le dossier de l’incinérateur de la Régie intermunicipale de gestion des déchets sur l’île de Montréal (RIGDIM), dont l’évaluation publique débute le 25 mars.La nomination d’un commissaire non permanent.Me Pierre Coderre, à la présidence de cette commission d’évaluation a soulevé des doutes sur l’importance que Québec accorde au dossier.Certains ont failli demander publiquement au président du BAPE, M.Bertrand Tétreault, de présider cette audience, ce qu’il n’a jamais fait depuis sa nomination.On retrouve au coeur de ce débat les mandats, jugés trop courts, récemment confiés au BAPE par le ministre de l’Environnement, M.Pierre Paradis, et le refus du BAPE d’utiliser ses pouvoirs d’enquête pour fournir aux citoyens un dossier complet avant qu’ils ne se prononcent Le dossier de Saint-Tite-des-Caps a servi de détonateur dans cette crise de confiance, qui éclate maintenant au grand jour.Le promoteur, Service sanitaire Leclerc, demande à Québec d’agrandir vers Saint-Joachin son site de Saint-Tite-des-Caps, où aboutit une partie importante des déchets de la Communauté urbaine de Québec (CUQ).Devant les inquiétudes suscitées par ce projet Québec donne au BAPE un mandat d’enquête, conférant du même coup aux commissaires tous les pouvoirs et immunités des commissions d’enquête.Le Front commun régional pour une gestion écologique des déchets demande, dès le début des travaux, plusieurs documents qu’il juge opportun d’obtenir, n’ayant pas sous la main une étude d’impacts comme les promoteurs en déposent lorsque leur projet tombe sous le règlement de l’évaluation des impacts.Les groupes locaux devront finalement se contenter du dossier «partiel» de ce projet, déposé par le ministère de l’Environnement, la CUQ et le promoteur.Ils se plaignent même que des documents, promis en audiences, ne leur ont pas été remis.Pour M.Jean-Paul Doyon-Pouliot, le président du front commun, le refus de la commission d’utiliser ses pouvoirs extraordinaires pour forcer la divulgation des documents demandés dénote non seulement un «manque de rigueur dans la gestion d’un dossier public» mais aussi un «refus inacceptable» du BAPE d’assumer son mandat jusqu’au bout Pour M.Doyon-Pouliot, ce manque de fermeté et de transparence entache la crédibilité même du processus d’enquête, de l’organisme lui-même et de ses éventuelles conclusions.Le même problème s’est posé à Saint-Jean-de-Matha dans un autre dossier où le promoteur Tranvick veut hausser la capacité de son site d’enfouissement pour en augmenter la vie utile.Contrairement à Saint-Tite-des-Caps, le promoteur a obtenu des tribunaux l’arrêt temporaire de l’audience déclenchée par le ministre.Mais au moment où le dossier atterrissait devant les tribunaux, la ville et des citoyens demandaient, eux aussi, aux commissaires de retarder leur enquête, qui allait débuter sans que des pièces maîtresses du projet Transvick, no- transparence tamment les plans et devis du projet d’agrandissement, n’aient été divulgués et rendus disponibles 30 jours avant le début de l’audience, comme le prévoit le règlement de procédure du BAPE.Le hic, c’est que si la commission du BAPE respecte ici son règlement et accorde ce 30 jours aux citoyens pour étudier le dossier, elle risque de ne pas pouvoir respecter l’échéancier fixé par le ministre.Citoyens et groupes mathalois songent sérieusement à boycotter cette audience si elle devait démanger avec un dossier incomplet ou sans la ferme détermination des commissaires d’utiliser les pouvoirs que leur accorde la Loi des commissions d’enquête pour faine toute la lumière dans ce dossier.Les citoyens veulent même que le mandat déborde l’augmentation de capacité du site et porte sur la gestion du site par le promoteur et le ministère de l’Environnement «On ne veut pas se retrouver en train d’écrire un mémoire sur un sujet mal connu, comme ce fut le cas à Saint-Tite-des-Caps», explique le secrétaire municipal, M.André Dal-laire.Le dossier Sainte-Marguerite, dont les audiences rédémarrent ce soir, pose des problèmes de nature différente quoiqu’apparentés.Plusieurs groupes ont reproché au BAPE d’avoir refusé de tenir audience en dehors de Sept-Iles où ils n’avaient pas les moyens de se rendre.Ottawa a même accordé des fonds à la FTQ pour s’y rendre et laissé de côté des groupes sérieux, sans le sou ! Le mouvement Au Courant a accusé d’entrée de jeu le BAPE de vouloir évacuer, par cette stratégie, les groupes environnementaux nationaux, qui contestent la nécessité, le bien-fondé de ce barrage.Selon le porte-parole du groupe, M.John Burcombe, le caractère régional de cette audience s’est effectivement imposé rapidement par cette exclusion des groupes nationaux, la protection du saumon et les retombées économiques du projet ayant dominé l’audience de Sept-îles.Certains groupes nationaux présents sur place, comme Au Courant, se sont retrouvés isolés, voire boudés par leurs alliés conservationnistes.La commission, de son côté, a renvoyé vers la fin des audiences la soirée thématique sur la justification du projet, la question pourtant en amont de toutes les autres dans un exercice de cette nature.Ce qui aurait été tout à fait différent dans une audience tenue à Montréal ou à Québec, affirme M.Burcombe.La première partie de l’audience sur SM-3 s’est donc terminée sans qu’Au Courant ait pu poser toutes ses questions, ajoute-t-il.«On avait l’impression désagréable de vouloir trop en savoir, de prendre trop de temps et d’insister pesamment sur une question pourtant cruciale pour une commission de cette nature», commente M.Burcombe.Au Courant conteste aussi le mandat trop court accordé par le ministre Paradis au BAPE : il s’est écoulé moins de trois semaines, dit-il, entre le moment où les dernières réponses d’Hydro-Québec ont été fournies et le dépôt des mémoires.«Il est ridicule de prétendre qu’on peut étudier en quatre mois un dossier de cette importance et de cette complexité, et de préparer des mémoires en trois semaines avec des bénévoles qui travaillent pour vivre.On force les gens à s’épuiser et à travailler superficiellement On n’a même pas le temps de faire des recherches sérieuses même avec les fonds alloués.C’est méprisant pour le public et alarmant de voir Québec et le BAPE jouer ce jeu», conclut ce porte-parole qui aurait bien voulu qu’Ottawa fasse appliquer ses règles au lieu de s’en remettre à la prorince.Le même grief a été formulé dans les dossiers de Saint-Tite-des-Caps et de Saint-Jean-de-Matha où les mandats accordés par le ministre sont encore plus courts, soit trois mois, et l’aide financière.totalement absente.Les universitaires empochent, les juristes boudent Le ministère de Gil Rémillard a accordé pour 150 000$ à des experts de toute sorte de 1989 à 1992 DANNY VEAR LE DEVOIR Le ministre de la Justice et responsable du dossier constitutionnel, Gil Rémillard, aura fait la joie des universitaires et des constitutionnalistes au cours de son mandat Son Secrétariat aux affaires intergouvemementales canadiennes (SAIC) a déboursé quelque 150 000$ pour 19 mandats attribués à des experts de toute sorte entre le 1er octobre 1989 et le 1er septembre 1992, révèlent des documents de la Direction générale des affaires juridiques du ministère de la Justice du Québec qu’a obtenus l’Association des juristes d’Etat «Et il ne s’agit que d’une infime partie de tous les contrats octroyés par le SAIC au cours de ces négociations», affirme Marc Bergeron, président de l’Association des juristes d’État (AIE).Les quelque 80 pages de documents du ministère de la Justice lèvent le voile sur environ 4,6 millions$ de mandats que divers ministères ont octroyés à des avocats de pratique privée de 1989 à 1992.Selon l’AJE, dans bien des cas les mandats accordés auraient pu être complétés par un de ces 800 membres.Au ministère de la Justice, on ne s’étonne pas de ces chiffres.«Il existe des politiques précises lorsque rient le temps d’octroyer des mandats privés.On ne va pas consulter à l’extérieur des ministères pour rien», dit Linda Dion, porte-parole du ministre Rémillard.Parmi la quinzaine d’experts consultés au cours des trois années que couvrent ces documents, le professeur et constitutionnaliste à l’université d’Ottawa Yves de Monti-gny semble particulièrement prisé des autorités du SAIC.M.de Montigny a rédigé deux opinions juridiques sur les impacts constitutionnels de la notion de société distincte au lendemain des propositions fédérales de septembre 1991.Coûts?15 150$.En décembre 1990, une autre opinion juridique en matière constitutionnelle lui a valu 15 750$.Entre février 1990 et avril 1992, le SAIC lui a accordé quatre mandats.Dans un autre mandat, le ministère de la Justice a demandé à ce constitutionnaliste de le représenter devant la Cour suprême.Avec ces cinq mandats, M.de Montigny a reçu quelque 43 000$.Professeurs à l’Université Laval, deux anciens collègues de M.Rémillard, Nicole Duplé et Henri Brun, ont également obtenu des mandats du SAIC.Constitutionnaliste de renom, Mme Duplé a conseillé Québec pendant dix jours, à 400$ par jour, en 1990 (pour une note de 4000$).Avec-un autre mandat de conseiller en 1991, Mme Duplé, candi- date libérale défaite aux dernières élections fédérales, a reçu 13 937,50$ d’honoraires pour ses services.À l’occasion du projet de réforme du Code civil, le ministère de la Justice aura eu quelque 100 000$ en conseils.Un professeur de l’UQAM, Claude Masse, a obtenu le mandat de conseiller les membres de la Commission parlementaire chargée d’examiner le projet de réforme du Code civil.Coût?29 835$.En 1992, il était chargé de relire les textes de commentaires de trois livres du Code civil.Selon ses documents, le ministère de la Justice n’a pas encore approuvé les honoraires de ce mandat.Déux autres avocats ont obtenu des mandats similaires évalués à près de 50 000$.«On doit faire appel à ces experts lors de l’étude de questions complexes.Il n’y a rien de surprenant», dit Linda Dion, porte-parole du ministre Rémillard.Outre les mandats de la grande confrérie des universitaires et des constitutionnalistes, les documents du ministère de la Justice laissent toutefois apparaître quelques noms de firmes amis du Parti libéral.La firme Langlois, Robert a obtenu quelque 430 000$ pour six mandats, approuvés en majorité au cours de l’année 1990.Ancien président du Parti libéral du Canada, l’associé principal de cette firme, Me Michel Robert, est le champion québécois des mandats publics.Une fois ces trois mandats complétés, Me Robert a obtenu quelque 330 430$ de Québec, selon une compilation de l’AJE.Autre ancien du Parti libéral du Canada, Me Francis Fox a obtenu quelque 110 000$ pour ses judicieux conseils au ministère des Affaires culturelles et au ministère des Communications.Ancien ministre libéral, à Québec, dans les années soixante-dix, et éminence grise du premier ministre Robert Bourassa, Me Fernand Lalonde a représenté le mirtis-tère de la Santé et des Services sociaux devant la Cour Supérieure.En 1991, il obtenait un modeste 6080$.Deux anciens du ministère de la Justice du Québec, Me Louis Crête et Me William Atkinson, tous deux maintenant chez McCarthy Tétreault, une grande firme de Montréal, ont gardé des contacts étroits avec leur ancien employeur.Au cours de la période concernée, Me Crête a reçu des honoraires de quelque 110 305$ et Me Atkinson a obtenu douze mandats de divers ministères pour des honoraires totaux de près de 90 000$.En dévoilant ces données, l’Association des juristes d’État dénonce ce qu’elle appelle une «privatisation déguisée» des services juridiques de la fonction publique.PHOTO ARCHIVES Le ministre Gil Rémillard aura fait la joie des universitaires et des constitutionnalistes au cours de son mandat.» « LE DEVOIR, L E L U X l) I 15 M A R S I !) !» 3 A3 LES .S L’hiver n’en finit plus de finir Les météorologistes ne prévoient que.cinq centimètres pour demain ISABELLE PARÉ ET PAUL CAUCHON LE DEVOIR L* hiver a donné son assaut final, après avoir laissé tom-i ber sur le Québec jusqu’à 60 centimètres par endroit, entraîné trois pertes de vie et fait craindre le pire en provoquant une crue subite des eaux du fleuve Saint-Laurent à Québec.Si la tempête qui a atteint la province dès samedi n’a pas fracassé de record, elle a toutefois entraîné la troisième plus forte chute de neige depuis 50 ans.Les blizzards et les vents violents atteignant jusqu’à 100 km/heure par endroit ont entraîné la mort de trois personnes sur les routes du Québec, dont un automobiliste de , Gentilly, âgé de 18 ans, retrouvé mort dans son véhicule immobilisé par la neige.Selon la Sûreté du Québec, le jeune homme aurait succombé à l’hypothermie ou serait mort ' d’une intoxication due au monoxyde de carbone.Dans la région de Montréal, deux hommes sont morts d’une crise cardiaque dont un automobiliste de 46 ans, au Volant de sa voiture, sur la route 138 menant au Pont Mer-, .Çier., Quant aux Montréalais, ils se sont éveillés ce matin avec .un manteau de 42 centimètres de neige à pelleter.Une sur-' prise de taille à huit jours du printemps, mais tout de même moins impressionnante que lors de la «tempête du siècle» les 3 et 4 mars 1971, qui avait laissé 47 centimètres sur la métropole, dont 43 en 24 heures.En 1950, une tempête avait aussi entraîné une accumulation de mémorable de plus de 49 centimètres en deux jours.Rien n’arrête les Irlandais! PAUL CAUCHON LE DEVOIR La plus grosse tempête de neige de l’année n’avait rien pour impressionner les Irlandais dç Montréal, qui ont pris d’assaut la rue Sainte-Catherine hier pour assister à une parade de la Saint-Patrick qui comptait des dizaines de véhicules en tous genres et environ 3500 participants.Plusieurs milliers de spectateurs (des sources policières ont avancé le chiffre de 30 000), où l’on comptait bon nombre d’enfants assis sur les bancs de neige, ont bravé un froid quand même assez intense, malgré le soleil éclatant Mais le long de la rue Sainte-Catherine la neige accumulée le long des trottoirs laissait peu de place aux badauds.Le défilé est parti vers 13 h de la rue Atwater pour emprunter la rue Sainte-Catherine jusqu’au Carré Phillips, où se dressait une tribune logeant des responsables d’associations irlandaises.La parade de la Saint-Patrick est la plus démocratique qui soit : aucun concept, aucune thématique particulière, .sinon une accumulation de groupes, d’associations et de commerces qui défilent à la queue leu leu pour démontrer qu’il sont fiers «d’en être».On fête ainsi l’héritage irlandais depuis 169 ans à Montréal, et dans la parade annuelle, chacun a droit à son petit espace de gloire, les chars allégoriques servant de prétexte à présenter le plus grand nombre de participants arborant ' couvre-chefs verts ou trèfles peints sur les joues.C’est ainsi que le spectateur a pu saluer une succession d’associations irlandaises et de clubs sociaux — des clubs de curling, différentes branches de la Légion canadienne, les bénévoles du Shriner’s Hospital, les Chevaliers de Colomb de D’arcy McGee, les Lions de Ville La Salle, l’équipe de football de McGill et ses vaillantes cheerleaders, etc.Sur un char, la reine de Kirkland et ses duchesses avaient l’insigne honneur de saluer leurs sujets, le maire de Verdun s’était rebaptisé O’Savard, les journalistes de CJAD et de Newswatch étaient passés de l’autre côté de la barrière en s’installant dans un véhicule de parade, et le clown Ronald Macdonald faisait la nique à l’ours A & W demeuré dans la foule.Le montréalais francophone dont l’univers tourne autour du Plateau Mont-Royal, d’Outremont ou de Rosemont, et qui est allé plus souvent dans sa vie à Paris ou à New-York ' qu’à Pointe-Claire, ixiuvait ainsi améliorer sa connaissance de la culture métropolitaine en apprenant l’existence, par exemple, d’un restaurant de Pointe-Claire ou d’une compagnie de roulement à bille qui commanditaient d’énormes chars, ou en admirant les véhicules d’incendie de Baie d’Urfé et de Greenfield Park.L’identité irlandaise se montrait également très souple hier, annexant en son sein l’orchestre complet du Vieux Munich monté sur un char ou, encore mieux, l’association des scouts et guides de la communauté hellénique.Une certitude : les Irlandais étaient très fiers d’avoir bravé les éléments naturels pour maintenir leur tradition ! C’est toutefois la région du Bas du fleuve qui a subi les plus portes précipitations avec plus de 50 centimètres.L’Es-trie et l’Outaouais ont reçu de 30 à 40 cm, seule la région de l’Abitibi a été épargnée alors que la région de Québec recevait 25 centimètres.Crue subite à Québec Dans la Vieille Capitale, c’est la crue subite du Saint-Laurent, provoquée par l’effet combiné des vents et des marées, qili a fait craindre le pire dans les secteurs du Petit Champlain et du Vieux-Port à Québec, et certaines parties de la Côte de Beaupré et de 171e d’Orléans.Dans le secteur de la rue Dalhousie et le long du boule vard Champlain, plusieurs pieds d’eau ont recouvert les mes en matinée, provoquant l’interruption du service de traversiez Québec-Lévis pendant quelques heures, la ferme ture du boulevard Champlain sur trois kilomètres, et submergeant presque entièrement de nombreux véhicules laissés dans les terrains de stationnement de la zone portuaire.Des résidants de la me des Capucines, évacués en début de journée hier, ont pu réintégrer leurs demeures en soirée.L’eau est montée jusqu’au pied de la côte de la Montagne, pour finalement se retirer aux environs de midi.La montée des eaux a aussi provoqué de vives inquiétudes au Musée de la Civilisation, dont la façade donne di- rectement sur le fleuve.On en a toutefois été quitte, là comme ailleurs, pour plus de peur que de mal.Mais on restait sur le qui-vive pour la nuit.Sur 171e de Montréal, le blizzard a grandement paralysé la circulation automobile sur la plupart des grandes artères et des voies rapides.La tempête, qui a commencé à llieure du souper samedi, a entraîné pendant la nuit la fermeture des ponts Jacques-Cartier, Champlain et Victoria à Montréal, ce qui est très rare.Dans la nuit de samedi à dimanche, le Centre des mesures d’urgence de la Ville de Montréal était déjà sur le pied d’alerte.En pleine nuit, une cinquantaine de citoyens, immobilisés au métro Angrignon, ont été hébergés d’urgence au Centre Monseigneur Pigeon et n’ont pu regagner leurs résidences qu’au matin.La visibilité de la plupart des routes du Québec variait de passable à nulle et des centaines de véhicules bloqués ont été abandonnés sur les routes.Malgré tout, aucun accident mortel n’a été rapporté et seulement la Sûreté du Québec a fait état de 25 accidents mineurs.Toutefois, plus de 2300 appels ont été reçus entre 23 h samedi et 7 h hier matin au service d’urgence 911 de la Communauté urbaine de Montréal, soit 115% plus d’appels qu’ à l’habitude.La plupart provenaient d’automobilistes s’enqué-rant des conditions routières.A ; v » *** mn \ k»** EÜV- : PHOTO ROBERT SKINNER Comme des milliers d’autres Québécois, Bruce Haines, rue Sainte-Famille, s’est attaqué hier aux dizaines de centimètres tombés sur le Québec, enlisant balcons et voitures sous une lourde nappe blanche.Comme des milliers d’autres, il sera en quitte pour quelques muscles ankylosés ce matin et un retour difficile au bureau.La poudrerie a perduré jusqu’en après-midi hier, a|ors que plusieurs routes étaient encore enneigées, dont pertains tronçons de la 20 autour de Montréal, et le pont tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine.On prévoyait fermer le pônt-tunnel dans la nuit d’hier pour permettre son déneigement complet.Le réseau routier de la Montérégie a été fortement paralysé.ht Sûreté du Québec indiquait hier avoir secouru 300 personnes dans des véhicules enlisés dims la neige.Les activités aéroportuaires ont été perturbées tant à Mirabel qu’à Dorval où, dès samedi soir, plusieurs vols ont été retardés ou annulés laissant des centaines de passagère en transit en attente.Chez Voyageur, tous les départs ont été amiulés vers 20h samedi soir et le transporteur devait attendre hier que la Sûreté du Québec lui donne son accord pour reprendre ses services entre les principales villes du Québec.Plan de guerre ; À Montréal, l’opération déneigement, amorcée hier soir, a des allures de plan de guerre.«Nos équipes sont très ljien rodées, c’est une tempête qu’on attendait, et nous mettons sur la route 1374 pièces d’équipement, ce qui représente le maximum disponible», a expliqué Mme Diane I^educ, du Service des travaux publics de la ville.Dès samedi soir, environ 800 employés étaient mobilisés pour dégager les grandes artères, et le travail s’est poursuivi tout?la journée d’hier, le nombre d’employés passant à 3000.A compter de 19 h hier soir, la ville a commencé les opérations de ramassage de la neige qui s’étendront sur une semaine.Quelque 2000 kilomètres de chaussée et les 3200 kilomètres de trottoirs devront être dégagés.L’opération devrait coûter de 11 à 12 millions$ aux caisses municipales, sur un budget annuel de déneigement d’environ 50 millions$.«Chaque centimètre de neige coûte 300 000$ à enlever.Avec cette tempête, nous atteignons probablement 190 centimètres pour l’année, notre budget annuel prévoyant 200 centimètres.Nous demeurons encore dans notre Budget», a soutenu Mme Leduc.On connaîtra plus clairement cette semaine l’état du budget de déneigement à la lumière des derniers événements.Ut moitié du déneigement consiste en des contrats signés avec l’entreprise privée, des contrats qui arrivaient justement à échéance cette semaine.La tempête maintenant passée, la dépression a laissé derrière elle une vague d’air froid qui s'étendra sur tout le Québec aujourd’hui, précipitant le mercure sous la barre qes -20 degrés.On prévoit qu'une autre dépression apportera demain quelques nouveaux flocons.Seulement cinq petits centimètres.67 morts aux Etats-Unis REUTER ET AP New York — La «tempête du siècle» qui a ravagé la côte est des.Etats-Unis a fait au moins 67 morts; depuis vendredi selon un dernier bilan, dont au moin$ 18 personnes en Floride, six dans l’Etat de New York et un homme mort de froid en Alabama.Depuis vendredi, près de trois millions de personnes se sont retrouvées sans électricité.Plus de un million étaient encore privés d’électricité dimanche, dont 400 000 personnes en Alabama.Di tempête a frappé 105 ans et un jour après le fameux blizzard de 1888 qui avait causé la mort de plus de 400 personnes.De grosses chutes de neige et des vents atteignant en certains endroits 160 km-h ont obligé les gouverneurs de 12 Etats à déclarer l’état d’urgence.Les météorologues notent que cette tempête rivalise en puissance avec les cyclones de l’été comme le prouve la très faible pression atmosphérique.Ils expliquent qu’elle est due à la rencontre d’un courant d’air froid de l’Arctique et d’un courant d’air chaud et humide du Golfe du Mexique.Dans la région de Boston, on compare la tempête au blizzard de 1978 qui paralysa la ville quatre jours durant.Il est tombé 60 cm de neige et on prévoit une couche de l’ordre de 75 cm au moins en divers lieux du New Hampshire, du Vermont et du Maine.Les aéroports de la région de New York ont été fermés, bloquant ainsi des milliers de voyageurs.Dimanche, les aéroports d’Atlanta et de Washington ont commencé à rouvrir, mais avec fort peu de vols.Les craintes de raz-de-marée ne se sont pas matérialisées, en particulier dans le Maine, et les comptes-rendus n’ont pas fait état de dégâts importants.Les universitaires ne seront pas du mouvement de grève ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Même si la menace d’une nouvelle hausse des frais de scolarité les ' guette aussi, les étudiants universitaires ne se joindront pas à la grogne cégépienne qui éclatera mardi prochain confie la réforme collégiale et le ticket modérateur.Les universitaires, bien qu’opposés à toute hausse des frais de scolarité au tégep et à l’université, ne feront pas tandem avec leurs cadets ce jour-là.Mais ce n’est pas faute d’intérêt et d’organisation.Farouchement opposées à toute mesure écorchant le principe de la gratuité scolaire, les associations étudiantes universitaires viennent de se regrouper en une puissante organisation nationale représentant ’ plus de 200 000 étudiants.Un précédent.' ’ Le regroupement en question, l’Organisation nationale universitaire (ONU) a réussi à rallier presque l’ensemble des associations étudiantes pour faire front à la hausse de 50% des frais de scolarité évoquée par le Conseil du Trésor dans son rapport «Vivre selon nos moyens».Pourtant, sur le terrain, les universitaires ont décidé de faire chambre à part et jouer de moyens d’actions plus modérés.Ils ne sortiront ni mardi lors des journées de grève et d'études des cégépiens, ni plus tard même si la cau: se leur est chère.«Il n’est pas question de quelque mouvement de grève que ce soit.Nous croyons que d’autres moyens doivent être examinés.En 1990, tout le monde est descendu dans la rue et ça n’a pas empêché le dégel des droits de scolarité à l’université», a soutenu M.Richard-Pierre Caron, responsable des communications pour l’ONU.Pas d’actions éclatantes, donc.On prêche la raison davantage que la passion du côté universitaire, dont le di- TRAITEMENT DE L’ALCOOLISME Le centre de recherche de l’hôpital Douglas entreprend un nouveau traitement médical expérimental contre l’abus l’alcool.Les personnes intéressées à participer, hommes ou femmes, peuvent téléphoner en tout temps au numéro suivant : (514) 766-4259 vorce avec le mouvement collégial — du riioins sur les moyens d’action — fut consommé lors d’un rassemblement national de toutes les associations étudiantes de cégeps et d’universités en février dernier.Reste que la cause n’en est pas moins importante pour le mouvement universitaire qui juge que le gouvernement fait fausse route en voulant piger davantage dans la poche des étudiants, tant à l’université qu’au cégep.«Plutôt que de faire des piquets de grève et des manifs, on va démontrer par des études que ce sont des choix erronés pour le Québec et proposer des modèles alternatifs de financement pour l’enseignement postsecondaire», a plaidé M, Caron.«La population du Québec doit réaliser de toute urgence l’importance capitale que représente l’investissement AUTO DIVORCE (en collaboration avec une firme de notaires) Divorce, séparation de corps, convention de rupture et garde d’enfants À L'AMIABLE FAITES-LE VOUS-MÊME À BON PRIX ET SANS DÉLAI Tel.: 671-0804 1-800-667-0505 dans l’enseignement supérieur.Dans le contexte actuel, seule une population scolarisée, adéquatement formée et préparée, pourra relever les nombreux défis engendrés par la mondialisation des échanges économiques», soutient l’organisme.Pour l’instanL l’action de l’ONU restera donc discrète et se jouera en coulisses.On réserve les actions publiques pour plus tard et les grosses munitions pour l'automne, moment où reprendra la discussion sur le financement et la fiscalité.ECHNOLOGIE I6 AU 18 MURS, 1993 PALAIS DES CONGRÈS.MONIRÉAl • PLUS D€ fOO STANDS D’EXPOSITION HEÏÏANI £H VtOOTE ILS NOUVEAUX MATtRIAUX.LES MOUVUIES nCHHOlOGIES 0 LES SERVICES DE SOUTIEN • CONFERENCES D INFORMATION.DEMONSTRATIONS, ATELIERS, VISITES TECHNIQUES INHKMATKM M MUIT1 MAAAMMBfl INC rtlfPHOW SU 717 1070 lUkOPKl* SU 7171741 HtàMtPU IA CHAMBft K COMMETO DU MONTRAI tflWOUTAIN SOUSlfctt o notent sonos n tktkxom cahada DU MKSItif « 11MUSTK DU CONHKl ilDilA tkhwxogh (*cn n k u mi m mwtüai (Ctooo relations LES ÉTATS-UNIS DE BILL CLINTON Alors que les Américains sont des voisins proches et que beaucoup de Québécois choisissent de passer leurs vacances chez eux, les États-Unis demeurent un pays mal connu.De même, alors que nous discutons souvent de la présence et de l'importance de cette grande puissance sur la scène internationale, nous prêtons relativement peu d’attention aux réalités et défis intérieurs de ce pays.Or, quels sont les enjeux pour les États-Unis au moment où Bill Clinton arrive au pouvoir?Y aura-t-il une révolution tranquille chez nos voisins du Sud?La société américaine est-elle prête à se restructurer au bénéfice des plus défavorisés?Pour nous aider à mieux comprendre la dynamique interne des États-Unis, nous avons Invité: M.Albert DESBIENS, professeur au département d’histoire, Université du Québec à Montréal.M.Jean-François CÔTÉ, chercheur, Centre inter-universitaire d’analyse du discours et de sociocritique des textes, Université du Québec à Montréal M.Guy LACHAPELLE, professeur au département de science politique, Université Concordia LE LUNDI 15 MARS 1993, DE 19H30 À 22H00 À LA MAISON BELLARMIN (Métro Jarry) 25 OUEST, RUE JARRY, MONTRÉAL TÉL: 387-2541 ENTRÉE: 3,00 S LES SOIRÉES RELATIONS SONT ORGANISÉES PAR LE CENTRE JUSTICE ET FOI À lire dans le numéro du mois d’avril de la revue Relations BIG BROTHER CHEZ LES PAUVRES Les effets pervers de la loi 37 25 OUEST.RUE JARRY, MONTRÉAL, H2P 1S6 — Tél.: (514) 387-2541 903524 I.E I) E V 0 I R , LE LUNDI I 5 M A US I !» !» 3 LES .S Les Canadiens déversent des quantités massives d’un produit cancérigène /'tljttawa (PC) — En voulant à tout V/ prix obtenir une lessive plus blanche et plus éclatante, les Canadiens déversent dans leurs cours d’eau des quantités massives d’un produit potentiellement cancérigène, affirme une étude effectuée pour le compte du ministère fédéral de l'Environnement Les Canadiens utilisent annuellement 150 millions de kilos de détergent à lessive et la plupart de ces détergents contiennent une substance connue sous le nom d’acide nitrolo-triacétique (NTA) et dont on sait qu’elle provoque le cancer chez les rats et les souris de laboratoire, explique le rapport * Les autorités médicales améri-gaines ont demandé aux manufacturiers, il y a déjà plus de 20 ans, de cesser d’employer le NTA afin de protéter la santé publique, et l’État de New York l’a même officiellement interdit en 1986.«Le NTA provoque le cancer chez les animaux et vu que les détergents se répandent dans l’environnement (.)» nous avons décidé de l’interdir», a dit en entrevue John Sambrano, porte-parole du département de la Protection de l’environnement de l’Etat de New York.Outre les risques de cancer, la combinaison de NTA et d’ions métalliques dans l’eau potable peut être à l’origine de malformations congénitales, explique le rapport fédéral.«Les cations — des ions chargés Ksitivement — qui se trouvent dans au potable peuvent traverser le placenta (qui protège le foetus) et provoquer des malformations congénitales.» Malgré ces risques, Ottawa autorise depuis quelques temps l’utilisation du NTA dans la fabrication des produits «verts» qui ont reçu l’estampille fédérale Écologo.Dans chaque mètre cube d’eau de lessive déversé par les foyers et les entreprises canadiennes, on trouve quelques centaines de grammes de détergent.«Du point des environne-mentalistes, cela constitue une lourde charge», ajoute le rapport rédigé le consultant scientifique torontois Tony Redpath.Ironiquement, l’industrie canadienne du savon a commencé à utiliser le NTA pour remplacer un autre type de substances controversées, les phosphates, à l’origine de la prolifération des algues qui atrophient les cours d’eau.Le NTA a le même usage que les phosphates, celui de se lier aux ions métalliques afin de prévenir la formation d’écume.On estime que 15 à 20% des détergents en poudre vendus au Canada contiennent du NTA Une étude effectuée dans les années 70 pour la Commission internationale des eaux limotrophes a révélé que la présence du NTA dans les Grands lacs était faible et a recommandé une analyse plus approfondie du composé chimique.«Les preuves appuyant l’existence les risques environnementaux que comporte l’utilisation du NTA me laissent perplexe, c’est tout ce que je puis affirmer», a dit M.Redpath qui a conseillé le ministère de l’Environnement dans l’élaboration des directives du programme Ecologo lesquelles s’adressent aux fabricants de détergents.A V A TOUS NOS ABONNÉS Dans le but d’améliorer la qualité de notre service à la clientèle, nos bureaux sont désormais ouverts dès 7 h 3 O le matin.LE DEVOIR SERVICE À LA CLIENTÈLE 1-514-985-3355 1-800-463-7559 HEURES D’OUVERTURE Lundi au vendredi De 7h30 à 16h30 LE DEVOIR Barbara McDougall quitte la politique PHOTO PRESSE CANADIENNE La secrétaire d’État aux Affaires extérieures, Barbara McDougall, ne participera pas au congrès au leadership du Parti conservateur et ne sera pas candidate aux prochaines élections fédérales.Ottqwa (PC) — La secrétaire d’État aux Affaires extérieures Barbara McDougall va quitter la politique: elle a déclaré hier qu’elle ne participera pas au congrès au leadership du parti et qu’elle ne sera pas candidate aux prochaines élections fédérales.Mme McDougall, député d’une circonscription torontoise, a indiqué qu’elle a beaucoup réfléchi à la possibilité de tenter de succéder à Brian Mulroney au congrès d’investiture de juin, mais elle a finalement décider de tirer sa révérence pour des raisons personnelles.«J’ai toujours aspiré à obtenir l’or dans tout ce que j’ai fait, a déclaré Mme McDougall au réseau CBC Newsworld.J’ai toujours visé le sommet.J’y ai donc réfléchi en profondeur.» Mme McDougall, pendant longtemps la femme importante au sein du gouvernement, a été éclipsée récemment par la ministre de la Défense Kim Campbell, la candidate favorite — mais non encore déclarée — dans la course à la direction.Le ministre du Commerce extérieur Michael Wilson, un député de Toronto ayant des liens solides avec le milieu des affaires, a aussi annoncé qu’il ne se lancera pas dans la course.La liste croissante des conservateurs de premier plan qui ont refusé d’entrer dans la course inclut le ministre des Affaires constitutionnelles Joe Clark et le lieutenant québécois de Brian Mulroney, le ministre de la Santé Benoît Bouchard.Mme McDougall, une analyste financière qui a accédé à un poste de direction dans un monde d’hommes, a été élu pour la première fois aux Communes au cours de la vague conservatrice de 1984.Elle a fait son chemin au pabinet, d’abord comme ministre dÉtat aux Finances, puis à la tête du ministère de l’Emploi et de l’Immigration et ensuite aux Affaires extérieures en 1991.Mme McDougall, qui est âgée de 55 ans, serait demeurée en politique si Brian Mulroney avait choisi de rester à la tête du parti.Elle examine maintenant sans se presser diverses possibilités d’emploi dans le secteur privé.Elle entend demeurer active dans les affaires du parti.Elle n’a pas encore décidé qui elle appuiera lors du congrès au leadership.Gestion des sites d’enfouissement de l’Estrie Le ministère de l’Environnement reçoit les reproches.d’un organisme public LOUIS-GILLES FRANCOEUR LE DEVOIR Le Département de santé communautaire (DSC) du Centre hospitalier de Sherbrooke estime que le ministère québécois de l’Environnement gère les huit sites d’enfouissement de l’Estrie sans avoir en mains des données hydrogéologiques suffisantes pour en contrôler les activités et.les séquelles.C’est ce qui ressort, en effet, d’un récent rapport effectué par ce DSC sur les huit sites estriens, une étude réalisée parce que les organismes de la santé «sont de plus en plus sollicités sur les dangers à la santé découlant de la gestion des déchets».Même s’il qualifie lui-même son étude de «sommaire» parce que basée sur les seules données disponibles au ministère de l’Environnement, cette étude permet néanmoins au DSC d’en conclure «qu’il y a un manque de connaissance important au niveau des données hydrogéologique pour la majorité des lieux d’enfouissement sanitaire».C’est la première fois qu’un organisme public du domaine de la santé stigmatise les faiblesses de l’Ënvi-ronnement aussi clairement.Des reproches similaires ont cependant souvent été adressés au ministère de l’Environnement dans plusieurs autres régions du Québec.Mais les groupes environnementaux ou de citoyens, qui portent ces accusations, sont généralement qualifiés d’alarmistes.L’étude en vient à une deuxième conclusion tout aussi inquiétante pour la santé publique et l’environne- ment.«On constate l’absence d’un programme de surveillance environnementale pour l’ensemble des lieux d’enfouissement sanitaire» de l’Ës-trie, ajoute le rapport qui s’inquiète du peu de cas que le ministère de l’Environnement a fait des citoyens jusqu’ici «dans le choix des modes et des lieux d’élimination sanitaire».«Nous considérons important, ajoute le rapport, d’impliquer les citoyens avant les prises de décision en leur donnant de l’information, en recueillant leurs préoccupations et.en en tenant compte.» Le DSC de cette région, la première à se mobiliser contre l’importation des déchets américains, estime que Québec ne devrait plus — comme il le fait encore couramment — permettre «l’aménagement de lieux d’enfouissement par atténuation naturelle», c’est-à-dire enfouir les déchets en espérant que le problème de leur présence se résorbera progressivement.Non seulement, ajoute le rapport, le ministère devrait-il exiger que les propriétaires de sites captent et traitent toutes les eaux qui suintent de leurs déchets mais l’Environnement devrait exiger d’eux qu’ils surveillent systématiquement les impacts de ces lixiviats et des biogaz produits par la décomposition des déchets.Selon le même rapport, c’est le site de FM Bessette, à Sainte-Anne-de-la-Rochelle, qui pose le plus de problèmes sur les huit analysés.Incidemment, le propriétaire de ce site est le seul qui n’ait permis au DSC de consulter son dossier au ministère de l’Environnement.Les données disponibles permettent néanmoins au DSC de relever des dépassements occasionnels des normes pour la demande biologique (DB05) et la demande chimique en oxygène (DCO), les composés phénoliques et les cyanures dans les rejets de surface, qui s’écoulent vers la rivière Yamaska-Nord.Le lixiviat, qui est dirigé vers un étang de traitement, accuse néanmoins des dépassements de charge organique.On a aussi identifié dans les piézomètres des niveaux élevés de fer, de DB05, de DCO et de conformes.«Il semble donc, conclut le DSC, que la protection de la nappe souterraine par le sol soit insuffisante.Comme la nappe sous le lieu semble contaminée à certains endroits, il est possible que cette contamination s’étende au-delà du lieu et, de ce fait, porte atteinte à la santé de la population consommant l’eau de la nappe.» Le DSC tempère toutefois sa conclusion en disant que seules les analyses du puits numéro trois révèlent des concentrations de substances supérieures aux normes, ce qui l’empêche de conclure «hors de tout doute» à la responsabilité du site dans la contamination souterrai- Hydro-Ontario Le scénario de la privatisation fait son chemin C«MQS D’ëQé ¦ CAMP «THÉÂTRE -ET NATURE» Ü&V ?(spectacle, acrobatie, scénographie, activités dans les bois) Groupes d’âge : 10-14 ans Endroit : Cantons de l’est Information et dépliants : 514-273-2049 no.permis du ministère de l'Éducation : PP4455-9095 w Collège DiftfRED ) Ministère de l'Agriculture • et de l'Alimentation DES ACTIVITÉS AGRO-ALIMENTAIRES ET ENVIRONNEMENTALES m KE RENSEIGNEMENTS (613) 679-2218 31 RUE ST-PAUL ALFRED (ONTARIO) KO0 1A0 Al HEURE DE MONTRÉAL JÉ PRESSE CANADIENNE Toronto — Le grand ménage annoncé cette semaine chez Hydro Ontario est peut-être le premier pas vers la privatisation de l’entreprise.Ce scénario est loin d’être souhaité par certains membres du conseil d’administration d’Hydro-Ontario.Et il ne correspond pas à l’idéologie qui prévaut au sein du gouvernement néo-démocrate de Bob Rae.Mais n’empêche que, pour la première fois dans l’histoire de la société d’État ontarienne, l’idée est envisagée sérieusemenL Et plusieurs experts interrogés à la suite des compressions à HydroOnta-rio prédisent que la voie de la privatisation est inévitable à moyen terme.Stanley Marshall, le vice-président de la société privée Fortis, le plus important distributeur d’électricité à Terre-Neuve, prévoit que d’ici.l’an 2000, toutes les sociétés d’électricité au Canada seront privatisées.«Il y a deux exceptions : les centrales d’énergie nucléaire — parce que personne ne veut les acheter — et Hy-droQuébec, que l’on n’osera pas privatiser à cause du nationalisme québécois», ajoute-t-il.M.Marshall explique que sur le plan économique, les gouvernements ne peuvent plus se permettre de posséder des compagnies d’électricité.«Ces entreprises ne paient pas d’im-j)ôts, elles sont responsables d’environ 40% de l’endettemenl des gouvernements, elles font baisser la cote de crédit des provinces, et elles ne sont plus efficaces.Elles coûtent des milliards de dollars par année aux Canadiens», avance-t-il.«Si Hydro-Ontario veut ramener à 60 sur 40 son ratio d’endettement, au lieu de 90 sur 10 comme il l’est présentement, elle n’a pas le choix», poursuit M.Marshall.En Ontario, où 22 des 24 centrales nucléaires canadiennes sont situées, il serait également difficile de trouver un acheteur pour les coûteuses installations nucléaires — et c’est là un des arguments majeurs des détracteurs de la privatisation.Mais «ce n’est pas parce qu’on ne peut pas vendre le nucléaire qu’il faut tout garder», lance Normand Rubin de l’organisme Energy Probe.Cet organisme, qui représente 20 000 citoyens ontariens venant à la fois du milieu des affaires et du milieu environnemental, fait la promotion de la privatisation d’Hydro-Ontario depuis plusieurs années.«Au début, les gens d’affaires ne nous écoutaient pas.Mais l’idée fait son chemin en Ontario, depuis qu’on s’est aperçu qu’Hydro ne peut pas concurrencer les petites compagnies privées américaines qui offrent leur électricité à meilleur marché», explique M.Rubin.Le problème est le même au Québec, souligne-t-il.«Tout cela parce que les monopoles d’Etat font parfois des choix jxilitiques, n’ont pas de compte à rendre à leurs actionnaires et s’impliquent dans des méga-projets qui coûtent cher — comme le nucléaire en Ontario — tandis que les sociétés privées ne prennent pas ces risques et orientent leur choix en fonction de la rentabilité économique.» Dans un document de réflexion rendu public le 20 février dernier, Hydro Ontario aborde pour la première fois l’idée de la privatisation comme un des moyens de rendre la société plus efficace et moins coûteuse.Après un survol des expériences qui ont eu lieu en Nouvelle-Ecosse, en Italie, en Allemagne et au Japon, le do aiment conclut toutefois que les résultats sont mitigé.Économisez jusqu'à 70$ par année Installez une pomme de douche à débit réduit.ICOKILO 333-KILO 903524 L K I) E V 0 1 R .I.E I.I! K R I I 5 M A R S I !) 9 3 A 5,i LE DEVOIR ECONOMIE CETTE SEMAINE À LA BOURSE Date Heure Lieu 15/03/93 09h30 St.John 15/03/93 11 hOO St.John 16/03/93 10h30 Vancouver 16/03/93 16h00 Montréal 17/03/93 10hOO Montréal 17/03/93 14h30 Vancouver 17/03/93 16h15 Toronto 18/03/93 10h30 Lethbridge 18/03/93 16h30 Toronto 19/03/93 10hOO Toronto 19/03/93 10h30 Toronto 9/03/93 14h00 Toronto 19/03/93 14h15 Vancouver 19/03/93 15h00 Toronto 19/03/93 15h35 Québec 19/03/93 16h00 Montréal .A/(BRT.A) ou actions de catégorie .B/(BRT.B) Nom de la Compagnie Date Conpak Seafoods Resourcecan Windarra Minerais Transcontinental G.T.C.Alubec Industries Queenstake Resources Ennisteel Canbra Foods Cons Eurocan Ventures Redlaw Industries Canada Trust Income Investment Galtaco Western Copper Holdings Harrowston Trustco Desjardins Terres Noires Ltée C.A.M.S.OFFRE EN ESPÈCES T.G.Bright & CO.pèces pour se porter acquéreur de la totalité des actions de catégorie .A/ et .B/ en circulation de la Société ci-dessus mentionée.Le prix offert est de 19$ par action.Date d’échéance : le 19 avril 1993.PROLONGATION D’OFFRE EN ESPÈCES Dundee Capital (D) Valeurs : actions ordinaires.La Société ci-dessus mentionnée a prolongé son offre en espèces visant à se porter acquéreur de la totalité des actions ordinaires en circulation de la Société.Le prix est de 7,45$ par action ordinaire de Dundee Capital soumise.Date d’échéance : le 2 avril 1993.ÉCHÉANCE DE BONS DE SOUSCRIPTION Income Trustco Valeurs : bons de souscription (INC.WT) Modalités : deux cents (200) bons de souscription plus 1550$ permettent de souscrire à une tranche de 1 000 $ de capital de la débenture 10 % — 31 mars 2003 et à cent (100) actions de catégorie .B/ d’Income Trustco.Date d'échéance : le 31 mars 1993.REMBOURSEMENT PARTIEL Interprovincial PipelineE (NW) Ltd.Valeurs : 13,4 % — 1er avril 2004 Date de remboursement : le 1er avril 1993 REMBOURSEMENT TOTAL Province de Québec Valeurs : 10,25 % — 1 er avril 1998 Date de remboursement : le 1er avril 1993 RÉORGANISATION Okanagan Skeena Group Limited(OKS) Valeurs : action ordinaires Modalités : dans le cadre d'une réorganisation du capital-actions de l’entreprise ci-dessus mentionnée, les actionnaires recevront une action de catégorie A et une action de catégorie B pour chaque action ordinaire de Okanagan Skeena Group Limited détenue.DIVIDENDE EN ACTIONS Welwood of Canada Ltd.(WLW) Valeurs : actions ordinaires Modalités : la société ci-dessus mentionnée versera 0,003180 action ordinaire de Weld-wood of Canada Ltd.pour chaque action ordinaire détenue, soit l’équivalent de 5 cents calculé d’après un prix de 15,72$ par action.Date de versement : le 31 mars 1993 FUSION Devran Petroleum Ltd.(DVP) Valeurs : actions ordinaires Senex Petroleum Corporation Valeurs : actions ordinaires Modalités : une (1) action ordinaire de Devran Petroleum Ltd.pour chaque groupe de dix (10) actions ordinaires de Senex Petroleum Corporation détenues.PROJET DE FUSION Minnova Inc.(MVA) Valeurs : actions ordinaires Metall Mining Corporation (MLM) Valeurs actions ordinaires Modalités : dans le cadre d’un projet de réorganisation, les sociétés ci-dessus mentionnées prévoient fusionner, sur la base d’une (1) action ordinaire de Metall Mining Corp.plus 4$ pour chaque action ordinaire de Minnova Inc.Date d'entrée en vigueur prévue : le 26 avril 1993 ÉMISSION DE DROITS DE SOUSCRIPTION Novicourt lnc.(NOV) Valeurs : actions ordinaires Modalités : un (1 ) droit de souscription pour chaque action ordinaire détenue.Dix (10) droits de souscription plus 22,50$ permettent de souscrire à neuf (9) actions ordinaires supplémentaires de Novicourt Inc.Date d'échéance : le 2 avril 1993.L’émission de droits de souscription ne s’adresse pas aux résidents des Etats-Unis.Les privilèges de majoration et de sursouscription sont accordés.NOTE : En raison de l’émission de droits de souscription, les modalités de conversion des actions privilégiées de série A de Novicourt Inc., soit 1,1 action ordinaire pour chaque action privilégiée de série A, seront modifiées.PRIVILÈGE D’ENCAISSEMENT PAR ANTICIPATION Municipal Finance Authority Valeurs : 9,5 % —11 mai 1998 Modalités : il y a un privilège d’encaissement par anticipation visant le titre ci-dessus mentionné.L'option en espèce offerte est 1000$ par tranche de 1000$ de capital encaissé par anticipation.Date d’échéance : le 12 avril 1993 À TITRE D’INFORMATION Multibanc NT Financial Corp.(MIB) Valeurs : actions donnant droit à la plus-value.Modalités : les adhérents qui ont racheté leurs actions donnant droit aux plus-values le 5 mars dernier ont reçu 18,16062126$ par action.Cette somme constitue une part au prorata du produit net de la liquidation partielle du portefeuille d’actions bancaires de la société moins le prix de rachat d’une action de catégorie A, soit 17$.Pacific Western Airlines corp Valeurs : 7,875 % — 30 décembre 1996 Conformément aux dispositions de l'acte de fiducie du 30 décembre 1986, tel qu'il est révisé entre PWA Corp.(anciennement Pacific Western Airlines Corp.-PWA) et la compagnie Montréal Trust du Canada (fiduciaire qui a succédé à Canada Trust), PWA Corp.a omis de verser l’intérêt sur le titre mentionné ci-dessus dû le 30 décembre dernier, comme il est stipulé dans l’acte de fiducie.Cette omission s’est poursuivie pendant une période detrente (30) jours suivant la date de paiement prévue.Par conséquent, le fiduciaire a donné avis qu’un cas de défaut, comme il est décrit dans l’acte de fiducie, a été institué.Les renseignements contenus aux présentes proviennent de sources que nous croyons dignes de foi mais nous ne pouvons pas en garantir l'exactitude.Ce document, étant un bulletin d’information, pourrait s'avérer incomplet.Les placements de l’État Les Bons du Trésor préférables à Hydro-Québec CATHERINE LECONTE LE DEVOIR Les sommes investies dans Hydro-Québec depuis six ans ont rapporté moins d’argent au gouvernement du Québec que s’il les avait placées en Bons du Trésor à 30 jours.Un brin provocateurs, à leur habitude, les professeurs de l’université Laval attachés au GREEN (Groupe de recherche en économie de l’énergie et des ressources naturelles) font cette réflexion décapante dans le mémoire qu’ils ont déposé devant la commission parlementaire de l’économie et du travail, qui examine actuellement le plan de développement 1993-95 d’Hydro-Québec.De 1986 à 1991, le rendement sur l’avoir propre d’Hydro-Québec a en effet été constamment inférieur au taux des Bons du Trésor, la différence allant jusqu’à huit points de pourcentage en 1990 (taux de rendement de 4,8% pour Hydro contre 12,8% pour le Trésor).C’est l’un des arguments à l’appui du plaidoyer du GREEN pour une tarification de l’électricité orientée sur le coût marginal (qui, par définition, reflète les coûts réels de production d’une unité additionnelle) plutôt que sur le coût moyen du kilowattheure, base actuelle de la grille tarifaire d’Hydro-Québec.L’Associadon des économistes québécois, dans le mémoire qu’elle vient soutenir demain devant la commission parlementaire, souligne d’ailleurs elle aussi «l’intérêt de se pencher à l’avenir sur une tarification reflétant au moins partiellement le coût marginal de l’électricité».Les économistes «attachent une grande importance à la vérité des prix comme condition à une allocation optimale des ressources», écrit l’ASDEQ.Or, «dans le secteur de l’électricité, où Hydro-Québec détient un monopole de fait, la vérité passe d’abord par une vérité des coûts».En clair, «on ne devrait pas développer des ressources pour lesquelles le prix de vente est inférieur au coût marginal», estime le directeur du GREEN, Jean-Thomas Bernard.Car au sens économique du terme, il y a gaspillage dès que l’emploi d’une ressource ou d’un produit ne produit pas un bénéfice au moins égal ou coût de cette ressource.Or, c’est exactement ce que fait Hydro-Québec.Le schéma ci-contre, tiré de son plan de développement 1993-95, montre que si les clients de petite et moyenne puissance (tarifs G et M, fourchette où se situent généralement les PME) paient à peu près le «vrai» prix, les clients résidentiels (tarif D) et les très gros clients industriels (tarif L, sauf les bénéficiaires des 13 «contrats à partage de risque» qui paient encore moins cher) bénéficient littéralement, selon l’expression de M.Bernard, de «subventions tarifaires».Pour lui, cela signifie qu’avec l’actuelle politique de tarification d’HydroQuébec, «comme société, on s’appauvrit: on ne s’enrichit pas à consommer des ressources hydroélectriques qui coûtent plus cher à développer que ce qu’Hydro-Québec reçoit sur ses ventes».Et de faire remarquer que «si la Caisse de dépôt avait un taux de rendement sur son «Il faut se pencher sur une tarification ¦reflétant le coût marginal de l'électricité» capital du même niveau que celui d’Hydro-Québec, tout le monde trouverait ça très scandaleux, parce que la Caisse est censée préparer nos vieux jours.» «Si le faible taux de rendement d’Hydro-Québec était la conséquence d’un simple transfert ou d’un don de l’entreprise aux résidents du Québec, écrit le GREEN dans son mémoire, les conséquences seraient mineures.Ce n’est pas le cas.Pour obtenir une part du transfert ou du don, les agents doivent gaspiller l’électricité en l’utilisant à des fins dont les bénéfices sont inférieurs aux coûts.» Ce que le GREEN appelle «la dissipation de la rente de la ressource hydroélectrique».Le problème, explique M.Bernard, c’est qu’Hydro-Québec peut se permettre de «dissiper» cette rente parce qu’elle ne lui coûte rien: elle n’a pas à payer au gouvernement du Québec la moindre redevance sur les eaux qu'elle utilise pour sa production hydroélectrique, contrairement aux producteurs privés comme Alcan.Hydro-Ontario et BC-Hydro en Colombie-Britannique paient à leurs gouvernements respectifs des redevances qui représentent en quelque sorte la valeur de l’eau, explique M.Bernard, tout comme les droits de coupe payés par les exploitants forestiers représentent la valeur des arbres.En fonction des économies que réalise Hydro-Québec en utilisant cette ressource hydroélectrique gratuite plutôt que les sources alternatives d’énergie (thermique, nucléaire, pour lesquelles il y a un coût de combustible), M.Bernard évalue cette «rente hydroélectrique» au minimum de 1 milliards par an.«Ce milliard pourrait être redistribué aux Québécois, dit-il.Le gouvernement pour s’en servir pour baisser les taxes.Présentement, c’est Hydro qui s’en sert pour baisser artificiellement les tarifs, mais pour bénéficier de ce cadeau, il faut consommer de l’électricité.Ça conduit les gens à faim de mauvais choix — par exemple, se chauffer à l’électricité plutôt qu’au gaz qui est en réalité moins cher — et c’est pour cela que l’utilisation de l’électricité est surdéveloppée au Québec.» Evidemment, si Hydro-Québec se mettait à facturer au coût marginal et non plus au coût moyen, elle ferait des bénéfices considérables sur l’électricité produite par ses vieilles centrales, dont le coût initial est complètement amorti.Mais «on pourrait utiliser ce surplus pour aider les gens, par un programme de subventions, à se reconvertir progressivement à d’autres formes d’énergie pour le chauffage», suggère M.Bernard.Quant aux industries énergivores qu’on attire au Québec à coûts de tarifs préférentiels, «on ne peut pas ne pas honorer les contrats qu’on a signés, mais de grâce, arrêtez cette politique-là!» La ministre de l’Energie Lise Bacon «n’a pas beaucoup aimé notre idée, dit-il.C’est normal: le gouvernement aime intervenir et il ne sait pas quoi faire d’autre en matière de politique industrielle.Mais ce que nous disons, c’est que s’il utilisait cet argent-là pour réduire les taxes, ça attirerait des investisseurs au Québec.» TOURISME D’AFFAIRES Stratégie de développement en Montérégie NORMAND CAZELAIS Longtemps négligé ou oublié, le tourisme d’affaires est de plus en plus utilisé, tant par îes entreprises que par les Etats ou les destinations, pour se positionner sur le marché ou pour relancer une économie touristique essoufflée.Prenons le cas de la Montérégie.Comprise grosso modo entre le Saint-Laurent et la frontière américaine, depuis la vallée du Richelieu jusqu’aux confins de Vaudreuil-Sou-langes à la lisière de l’Ontario, cette région profite et souffre à la fois de sa proximité de Montréal, qui l’alimente davantage en excursionnistes qu’en touristes de longs séjours.C’est dans ce contexte qu’un tourisme d’affaires bien exploité pourrait lui permettre de mieux tirer partie de ce voisinage.Voilà un peu le sens de certaines recommandations que contient un rapport présenté en janvier dernier à l’Association touristique régionale de la Montérégie par ia firme Diane Viau et associées, intitulé «L’industrie touristique en Montérégie: partenaire économique d’un développement régional intégré».Le tourisme d’affaires y figure au nombre des huit produits à développer en priorité pour «forger l’image touristique» de la région.Pour souligner cet accent à donner au tourisme d’affaires en Montérégie, les auteurs soulignent notamment qu’il s’avère le troisième but de voyage de la majorité des clientèles québécoises (après l’agrément et la visite de parents et d’amis) et que les dépenses touristiques des voyageurs d’affaires sont nettement plus élevées que celles de toutes les autres catégories de voyageurs.Montréal, d’autre part, est le plus important lieu d’affaires du Québec: agglomération de près de trois millions de personnes, elle génère chaque jour un grand nombre de réunions corporatives, de colloques et de séminaires qui drainent hors de leur milieu de travail régulier, pour quelques heures ou quelques jours, des milliers de personnes.Sa taille lui permet aussi d’attirer un fort volume de congrès nationaux et internationaux.Géographiquement la Montérégie est fort bien placée pour en profiter.L’étude propose deux pôles majeurs où intervenir, soit la sous-région Rive-Sud (de Boucherville à La Prairie environ) et Saint-Hyacinthe.Les recommandations se résument ainsi: développer des relations d’affaires privilégiées avec la clientèle d’affaires de Montréal; consolider les infrastructures existantes, notamment à Saint-Hyacinthe; mettre sur pied un office des congrès et du tourisme dans la sous-région Rive-Sud.Notons toutefois que la lecture du rapport peut en laisser plus d’un sur sa faim car l’analyse comme l’argumentation sont comprimées pour aller à l’essentiel.Des développements plus étoffés auraient en effet permis de mieux comprendre certains choix.On note même certains oublis.Ainsi, il aurait été intéressant de savoir pourquoi ses auteurs n’ont pas jugé bon dé recommander des interventions spécifiques à Valley-field, pôle sous-régional appelé à prendre de l’expansion au sud-ouest de Montréal, notamment autour du tourisme d’affaires.A SURVEILLER v MARDI ¦ Montréal financière n :;[ La Chambre de commerce du Mont-réal métropolitain invite Jacques Drouin, président du conseil et chef de 1 ’ la direction de la Corporation du GrouJ ' ’1 pe La Laurentienne, a placer les ser- * ‘ vices financiers au coeur de l’écono-mie de Montréal et de sa vocation internationale.¦ Le lobbyin gouvernemei Le Conseil du patronat du Québec propose un colloque sur le lobbying gouvernemental, Quoi faire et ne pas faire.MERCREDI ¦ Bell Québec dans l’Est Dans le cadre de ses midi-conférences, la Chambre de commerce de.l’Est de Montréal cède la parole à Louis Tanguay, président de Bell Québec SverüitfaÜonmteme Déjeuner-causerie de l’Institut des vérificateurs internes portant sur le thème La démarche qualité.Le conférencier est Richard Alain, directeur du service de la vérification interne de la Banque Nationale.¦La gestion du temps qu’il manque Petit-déjeuner-conférence sur la gestion du temps, organisé par la Chambre de commerce du West Island.¦ Le défi mexicain Colloque de trois jours sur le défi mexicain à l’heure de l’intégration continentale, organisé par l’Université' de Montréal en collaboration avec le consulat général du mexique à Montréal.iwr ique du sud Le Centre du commerce mondial accueille Alain Perez, président de la •-Chambre de commerce sud-africain, dont l'allocution porte sur l'Afrique du Sud.¦ Un déclin inévitable L’INRS-Urbanisation présente le point de vue de Mario Polèse sur un enjeu important: le déclin des centres-villes • est-il inévitable?JEUDI p Conférences internationales Début d'une série de trois journées de conférences sur le commerce international.L'Institut Fraser acceuille à l'Université McGill les grands du commerce du Mexique, du Canada, des États-Unis et du Chili.Colloque et dîner gala du Club de marketing UQAM.¦ La créativité en milieu de travail Le Groupe Entreprendre propose, pour sa part, un petit-déjeuner sur la créativité en milieu de travail.¦ Les normes comptables et les régimes de retraite , Conferenceoe l institut canadien de la retraite et des avantages sociaux portant sur Iles normes comptables et les régimes de retraite.VENDREDI ¦ Une gestion gouvernementale vérifiée La vérification améliore-t-elle la gestion gouvernementale?L’institut d'administration publique du Canada pose la question.Les événements diffusés dans cette chronique ont été recensés en collaboration avec L’Informateur des gens d'affaires, le média des événements d'affaires.Tél: (514)355-0474 Les événements contenus aux présentes proviennent de sources que nous croyons dignes de foi mais nous ne pouvons en garantir l'exactitude.TASSE Tassé & Associés, Limitée ROBIC AGENTS DE BREVETS ET MARQUES PROTECTION DES DROITS DE PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE 55, St-Jacques.Montréal, OC H2V 3X2 Fax (514)845-7874 Tél.: (514) 98 R*0«B*l«C /',j nialtiiic dei intangiOfei CONSEIL MÉTROPOLITAIN DU TRANSPORT EN COMMUN AVIS PUBLIC Veuillez prendre note que la prochaine assemblée publique du Conseil métropolitain de transport en commun se tiendra le vendredi 19 mars1993.Objet: Assemblée du Conseil métropolitain de transport en commun Date: Le vendredi 19 mars 1993 Heure: 11 h30 Lieu: Hôtel de Ville de Boucherville Salle Pierre Viger 500, rue de la Rivière-aux-Pins, Boucherville Une période de questions est prévue pour le public au début de l'assemblée.Les personnes désirant poser des questions sont priées de s’enregistrer dans les 15 minutes précédant le début de l'assemblée.Le 12 mars 1993 Jacques Ménard Secrétaire-trésorier Relais d’affair REIMS & CHATFAUX LA FINE FLEUR DES MAITRES HOTELIERS ESTRIE / NORTH HATLEY AUBERGE HATLEY Plein air et gastronomie dans un décor d’autrefois.Un relais pour les gourmets-gourmands, classé 4 fourchettes.Le charme d'une vieille demeure bourgeoise perchée sur une colline dominant le lac Massawippi.25 chambres dont certaines avec foyer.Forfait conférence incluant 3 repas, 2 pauses-café, frais de service 140$ p.p.occ.simple/par jour ou 110$ p.p.occ.dble/par jour.Pour renseignements: Tel.: (819) 842-2451 Fax: (819) 842-2907 LAURENTIDES / SAINTE-ADÈLE HÔTEL L’EAU A LA BOUCHE Ste-Adèle, un bouquet pour 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l’opposition manifestée par la Caisse.ravo! crieront certains, les profits et le contrôle resteront chez nous.Attention, répondront les autres, la Caisse a gagné une manche, pas la partie.Avant même l’annonce d’une alliance entre Unigesco, ce holding qui contrôle Univa (Provigo), et la financière américaine Blackstone, la Caisse avait renié Bertin Nadeau, son ancien homme de confiance tombé en disgrâce.La Caisse aurait pu lui venir en aide, elle a préféré le laisser crouler sous les dettes en espérant sans doute être en mesure de le remplacer un de ces quatre.C’était mal connaître Bertin Nadeau, ce bricoleur financier devant l’étemel.A la surprise générale, il y a un mois, Bertin Nadeau annonçait la signature d’une entente avec le groupe américain Blackstone selon laquelle les deux nouveaux associés rachetaient tout le monde à crédit, excluant par conséquent la Caisse des affaires de Provigo.Sous le double prétexte de la légalité et d’un prix de rachat trop bas, la Caisse a dit non.Nadeau et Blackstone auraient pu passer outre, mais la firme américaine a préféré retiré son miel du nid de guêpe québécois avant d’être piquée.Malgré son maigre 17 % des actions d’Univa, la Caisse a donc gagné la manche, mais c’est maintenant que ça va chauffer.D’accord, Provigo ne passe pas aux mains des Américains, ce qui ne devrait tout de même pas nous aveugler au point d’oublier les termes de la déclaration faite ven- La balle est dans le camp de la Caisse de dépôt dredi dernier par Bertin Nadeau.«Le retrait de la propo- .„ .„11V11U uauuiclt, sition Blackstone-Unigesco, disait Nadeau, nous incite à Bertin Nadeau de l’épicerie québécoise?concentrer à nouveau notre attention et notre énergie sur les autres options disponibles pour maximiser la valeur de notre placement dans Univa».Bertin Nadeau ne dit pas qu’il concentrera ses efforts à la relance de Provigo.Il affirme qu’il cherchera un autre moyen de maximiser la valeur du placement Or, compte tenu du niveau d’endettement fantastique d’Unigesco et des échéances rapprochées qui obligent le holding à trouver une soixantaine de millions d’ici juin pour rembourser une petite partie de sa dette, il n’y a pas trente-six portes de sortie.Ou bien la Caisse et Nadeau redeviennent .copain-copain et la Caisse accepte de renflouer Unigesco pour la maintenir à flot ou bien Bertin Nadeau tire la langue à Dieu le père, tourne les talons et cherche un nouvel allié, ou un nouvel acheteur intéressé par une belle grosse chaîne d’épiceries rentable.La Caisse ne peut pas être cet acheteur puisqu’elle doit se limiter à moins de 30 % des actions d’une société et que ce n’est pas son rôle.Qui alors?On pense tout de suite à une autre chaîne d’alimentation canadienne ou américaine, auquel cas, bye bye! le contrôle québécois, mais pour le vrai cette fois.La balle est maintenant dans le camp de la Caisse.Ses dirigeants auront fort à faire pour prouver que leur stratégie d’obstruction tenait à d’autres motifs que l’orgueil ou la servilité politique.Avec Blackstone, la direction de Provigo demeurait à Montréal et le contrôle financier risquait d’y revenir d’ici cinq ans.Avec la Caisse, quel prix faudra-t-il consentir à payer avant d’apprendre la nomination d’un nouveau Michel Gaucher, Pierre Lortie ou Chute d’une cliqué, maintien d’une classe François e règne presque ininterrompu des socialistes français, entrepris avec l’élection à la présidence de François Mitterrand le 10 mai 1981, sera chose du passé dans quelques jours.S’il est -impossible de verser la moindre larme devant la chute annoncée de ce régime décadent, rongé par les scandales et les abjurations morales successives, la question reste ouverte de savoir ce que représente au juste la leçon française.Premier constat, déplorable: de Nice à Saint-Malo, l’opposition politicienne entre (soi-disant) gauche et droite reste omniprésente.La recherche d’un «ailleurs» politique, symbolisée surtout par la percée écologiste — une famille qui a frisé les 20% dans les premiers sondages de 1993 —, n’a pas abouti à la perte de pouvoir et d’influence des vieux barons.Non seulement l’alternative électorale reste-t-elle inchangée, mais les deux têtes principales de la droite portent les mêmes noms qu’en 1981: Valéry Giscard d’Es-taing et Jacques Chirac.Le renouvellement n’est pas tellement plus évident «à gauche», où le recours présidentiel pour 1995, après la déroute certaine des législatives de ce week-end, s’appelle.Michel Rocard.Dans de nombreux pays européens, l’électorat est pro-• prement écoeuré de la classe politique dans son ensemble et souhaite confusément son remplacement Mais une malencontreuse combinaisons de facteurs — puissance logistique des appareils établis, système électoral injuste, faiblesse des idéologies de remplacement, absten- Brousseau tionnisme — permet à la vieille classe de maintenir peu ou prou ses positions.Certes, une clique partisane s’apprête à être évincée sans ménagement, mais c’est pour être remplacée par son alter ego de droite, tout aussi membre qu’elle de ce conglomérat arrogant qu’on appelle en France «la classe politique», et tout aussi peu imaginatif sur le fond.Le changement des systèmes électoraux est souvent cité comme l’un des moyens de faire entrer de nouvelles forces sur la scène (écologistes français) ou de nettoyer les écuries d’Augias de la politique (corruption en Italie).En France, pays du système uninominal à deux tours, les maisons de sondages font des projections diaboliquement précises, en termes de votes mais aussi en termes de sièges.On a ainsi prédit qu’un bloc de voix à peu près constant de 16-22% donnera quelque 200 sièges à l’UDF de Valéry Giscard d’Estaing, 100 au Parti socialiste.et une dizaine tout au plus aux écologistes! Vieille injustice du système majoritaire, bien connue sous nos deux.Mais dans l’Italie voisine, le diagnostic est inverse: pays de la proportionnelle et de ses excès caricaturaux, on y cite de plus en plus souvent.le système «uninominal sec» comme moyen par excellence d’en finir avec le scrutin de liste, sa stabilité mortifère et ses relents mafieux.Comme quoi, devant le malaise généralisé qui existe dans les rapports entre politiciens et sociétés, les diagnostics se ressemblent souvent mais les solutions potentielles varient toujours.Le renouvellement des classes dirigeantes est un défi multiforme.Question d’équité : Qu’est-ce qui, au plan de l’éthique, justifie que les gains de capitaux soient moins taxés que les salaires?Sont-ils vraiment plus difficiles à gagner, méritent-ils déontologique-ment un traitement particulier?Quel est le fondement moral des crédits pour dividendes?Voilà les questions que l’on s’attendait à entendre à la commission parlementaire sur les Finances publiques à Québec.Voilà les questions que le gouvernement ne souhaite pas que l’on pose à une telle commission.En lieu et place, il nous propose un exercice de conditionnement de l’opinion publique à la terreur du déficit Plusieurs grands ténors n’aiment pas que l’on parle de taxer plus équitablement la population, entre autres les hauts revenus.Ils allèguent qu’ils n’y a pas beaucoup de personnes riches et que cela ne rapporterait guère au trésor public.Or d’autres spécialistes en fiscalité et en économie ont démontré le contraire et l'importance de ne pas négliger les centaines de millions que cela pourrait représenter.Il est essentiel de prendre en compte l’équité sociale.La classe moyenne n’a plus confiance dans le système fiscal car elle sait qu’il favorise indûment les hauts revenus, surtout depuis les réformes apportées par Québec et Ottawa il y a à peine quelques années.Jacques Fournier Montréal, 8février 1993 Violence gratuite Le meurtre gratuit d’un bambin de deux ans par des gamins âgés d’à peine dix ans, le mois dernier, à Liverpool, en Angleterre, a suscité avec raison de vives émotions.Force est de constater que les enfants sont soumis à une multitude de messages visuels et tactiles où la vio- LETTRES -?- lence gratuite joue un rôle prédominant.Ces programmes télévisés, vidéo-cassettes, bandes dessinées, jouets à caractère belliqueux ont atteint une popularité sans précédent.Cette surconsommation précoce de messages violents s’accroît lorsque parents et tuteurs n’arrivent plus à maintenir un lien de présence physique et de communication verbale avec l’enfant pour suivre l’évolution de ses centres d’intérêt et les équilibrer le cas échéant.Il n’est pas étonnant qu’un tel enfant finisse par banaliser la violence en commettant à son tour des actes répréhensibles Dès lors, on saisit mieux toute l’ampleur et la signification du débat actuel sur la limitation de la violence au petit écran, aspect d’une problématique plus large, celle des valeurs à inculquer à nos enfants.Nous devons veiller à fournir un encadrement beaucoup plus sérieux et plus consistant, au risque même d’affecter nos aspirations d’adultes.Nous devons également rappeler aux élus leurs responsabilités morales d’aujourd’hui envers la société de demain.Othene Tanisma Montréal, 2 mars 1993 Sage femme Un suivi de grossesse par une sage-femme : une expérience magnifique! Je veux témoigner publiquement car je viens de vivre une expérience magnifique: donner la vie pour une deuxième fois et j’ai choisi d’être suivie par une sage-femme en plus du suivi traditionnel par un médecin.Ma dernière expérience de maternité vient maintenant confirmer mon intuition: j’avais besoin de plus qu’un suivi médical.Il me fallait celui d’une sage-femme.J’avais besoin de me sentir comprise, écoutée, pour ne pas dire enveloppée, en cette période de bouleversements importants.Pourquoi est-il si difficile aux mé- decins d’accepter une autre vision d’assistance lors de la grossesse?Pourquoi les médecins décideraient-ils pour nous, les femmes?Ne vivons-nous pas dans une société libre et démocratique?Je tiens à témoigner de mon vécu afin que la population sache et que les autres femmes fassent pression pour que bientôt, très bientôt même, les sages-femmes travaillent en équipe avec les médecins car leurs rôles sont différents mais complémentaires.Pauline Ix-gros Montréal, 5 mars 1993 \ A la prochaine Jeudi le 4 mars dernier, j’assistais à une conférence de presse de la ville de Montréal dans le cadre du dossier Femmes et ville.Apres avoir participé à une marche exploratoire rue Laurier, à laquelle étaient conviés les journalistes, je constate qu’on m’a volé.Le vol s’était produit dans le métro au moment où je me rendais justement q cette conférence.Il me devenait alors bien difficile de croire, à l’instar des organisatrices de cette soirée, que la ville pouvait devenir pour les femmes un endroit plus sécuritaire.Au poste 34 où je portais plainte, j’ai rencontré deux autres femmes qui venaient de vivre une expérience identique.Je suis rentrée chez moi, inquiète.J’ai beau me dire que je ne suis pas la seule à qui ça arrive, que ça fait partie de la vie en ville, que la vigilance est ma responsabilité, rien n’y fait.Je reste inquiète comme 68% des Montréalaises.Ix lendemain, j’ai pris le métro sans mon sac à main.J’ai ajouté à ma vie quotidienne une autre règle de sécurité en espérant qu’un changement responsable de mes vieilles habitudes féminines me protégerait désormais du vol à la tire.Jusqu’à la prochaine fois.France Rivard Montréal, 5 mars 1993 MM ty’cvN (jùOM Yooi AffftND Â ttëolt?SiÉM full t^ut Vfti U ORoiT OC Va* UMtff LE MONDE L’impureté, hélas! U n éditeur de mes amis ne cesse de m’abreuver de littérature édifiante.Il le faut pour mon salut, croit-il, depuis que j’ai fauté en .________jetant un oeil complaisant sur la politique culturelle dont l’État québécois a fait législation.Pornographie que tout cela.Pour lui, un ministre ne saurait avoir d’autre lien que platonique avec le milieu culturel, il doit se tenir roide et «à distance» selon la tradition britannique.Pour une femme piinistre, l’interdit est pire.Arrière Eve! Dans ses cauchemars, il voit la si belle Liza Frulla séduire ses meilleurs auteurs et les convaincre d’écrire des romans du terrqir exaltant l’état de québécitude, et l’État tout court.L'Enfer de la Bibliothèque nationale, qu’elle prétend d’ailleurs reconstruire, c’est elle.Pour nourrir sa paranoïa, il importe des mets fins de la mère-patrie.Et il est servi.Jack Lang, le grand frisé fiévreux qui a fait tripler les crédits de la culture depuis 1981 et l’arrivée des socialistes au pouvoir, se fait brasser.On le renie à gauche, à droite et au centre.Les pamphlets se vendent, seul effet de sa politique culturelle agréable à leurs auteurs.Jack Lang n’est pas non plus ma tasse de thé.Il est à la grande tradition de gauche ce que le coq-girouette est aux plus nobles clochers, un bidule pour voir venir le vent.En 1981, sur la planète qu’il parcourait en jeans griffés, il n’y avait pas plus virulent dénonciateur de l’impérialisme culturel américain.L’an dernier, il épinglait la Médaille des Arts et des Lettes au veston de Sylvester Stallone, Rambo de son métier.N’appelons pas Galilée pour prouver qu’il tourne.Mais il y en a dont la détestation de Jack Lang est bien plus profonde.À travers lui, c’est toute la présence de l’État aux affaires culturelles qu’on veut pourfendre.La machine a atteint plein régime il y a deux ans, quand Marc Fumaro-professeur au Collège de France, a publié un brûlot intitulé L'Etat culturel, Essai sur une religion moderne • LISE BISSONNETTE ?(Éditions de Fallois).Indigné pour une France dont le nom «conjugue noblesse de naissance et noblesse de l’esprit», l’historien mettait en accusation tout ce qui a tenté d’insuffler la culture dans les loisirs de masse, de Malraux à nos jours.Fausse démocratisation, expliquait-il, puisque les grandes oeuvres sortent contaminées de l’ayenture.Et perversion, puisque l’État décide lui-même de ce qui vaut d’être montré, diffusé, rendu accessible.A bas l’égalitarisme, concluait Fumaroli avec les accents de la déstalinisation.La nostalgie suintait là avec l’esprit de classe, et la France socialiste jugea l’oeuvre de droite, irrecevable.Jusqu'à ce qu’un autre brûlot sorte des rangs de gauche, de l’entourage même de Jack Lang.L’ouvrage de Michel Schneider, Im comédie de la Culture (Seuil), est la vengeance d’un ancien directeur de la Musique et de la Danse au ministère de la Culture.Revers de Fumaroli: de la démocratisation, il n’y en a pas eu assez, assène Schneider dans une satire persillée de souvenirs.Au lieu.de servir une culture publique, l’État Lang-Mitterrand s’est servi de la culture pour se canoniser, se donner des courtisans, acheter les fidélités politiques à Paris et en province.Atroces et pompiers, les goûts de Jack Lang pour le moderne vident l’art de son exigence et le remettent travesti au peuple qui croit y accéder.Depuis c’est l’hallali, de moins en moins thésard.Jean-François Revel applaudit dans Y Express, et en remet «Culture: douze ans de vulgarité», titrait récemment le Figaro-Magazine, pour lequel l’essayiste Guy Sorrqan signait une charge rendant Lang cbu-pable de l’avachissement de la Frafice devant son Minitel rose et sa télé des «reality shows».Le socialisme culturel est de la camelote, opinait Louis Pau-wels en éditorial.Vous verrez bientôt, à Bouillon de culture, Bernard Pivot amener l’accusé à ses juges.Un peu plus et j’aurais commencé à le trouver sympathique, l’arrogant expédié au pilori.Mais je n’en aurai pas le temps, puisque les élections législatives vont en finir avec lui dans quelques jours.Décapitation propre à rassurer notre éditeur, s’il ajoutait quelque observation du monde à ses bonnes lectures.On aura eu beau faire passer Lang pour un tsar, un dictateur, un tyran, un parrain et tout ce que le dictionnaire contient de synonymes pour les affreux, ses erreurs sont éphémères.Dans nos démocraties, il suffit de protester rudement ou de passer aux urnes pour que le méchant disparaisse.Quand Liza Frulla aura la main lourde, oindra des artistes officiels et pavanera son équipage au milieu de leurs oeuvres, il sera toujours temps d’aviser.En attendant cette ère d’oppression, personne ne semble ici vouloir faire du ministère de la Culture le lieu de toutes idées.Et le Périclès qui triplera les crédits de la culture n’est pas encore né.Nous n'avons pas de cauchemar à importer.Le pire qui puisse nous arriver, c’est que la ministre, comme la rumeur le veut, offre quelques sièges à de bons libéraux au nouveau Conseil des arts et des lettres du Québec.Mais ce Conseil, ce sont justement les milieux artistiques férus de «distance» qui l’ont appelé de leurs voeux.Écriront-ils à leur tour des pamphlets sur la pureté?Elle n’existe pas, hélas,,à moins de soulager entièrement l’Etat de sa mission culturelle, y compris de la charge des subventions, et même des subventions aux éditeurs.Satanique idée.P R, 0 -4— P 0 S .de la criminalité Des études faites au Canada, en Angleterre et aux États-Unis montrent que la «majorité» des crimes sont commis par une «minorité» de contrevenants de sexe masculin.Ivorrain Audy, président de l’Association des directeurs de police et pompiers du Québec et directeur du Service de police de Hull, a communiqué au Comité les constations d’études selon lesquelles 80 p.100 des crimes sont commis par environ 20 p.100 des contrevenants.Quant aux récidivistes, ils ont tous, sauf de rares exceptions, des problèmes de drogue.Il ressort de l’aveu des contrevenants et des dossiers d’arrestation de ceux qui ont un lourd passé judiciaire que la délinquance a commencé très tôt dans leur vie et qu’elle est devenue progressivement plus violente.Une proportion importante des jeunes multirécidivistes sont les contrevenants adultes de demain.Selon le professeur Marc LeBlanc de l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal, la moitié de ceux qui comparaissent devant les tribunaux de la jeunesse deviennent des criminels, une fois adultes.Tom Gabor, professeur de crimi- nologie à l’Université d’Ottawa, estime en outre que 7$ à 80 p.100 des détenus adultes ont été dans leur jeunesse des habitudinaires de la délinquance.Un certain nombre de témoins ont exprimé leur inqué-tude à propos du taux de criminalité chez les jeunes, particulièrement en ce qui concerne les crimes de violence.Ils ont cité des statistiques selon lesquelles au cours d’une période de quatre ans, soit de 1988 à 1992, le taux d’inculpations pour crimes avec violence par les tribunaux de la jeunesse (à l’exclusion de l’Ontario et de la Colombie-Britannique) avait augmenté de 34 p.100 au Canada.De plus, près de la moitié des jeunes contrevenants accusés en 1990-1991 étaient des récidivistes.A cause de ces statistiques et des rapports de presse qui ont tendance à accorder une trop large place aux crimes violents, compte tenu de leur fréquence, de très nombreux Canadiens éprouvent maintenant un sentiment d’insécurité.Tiré du Rapport du Comité permanent de la Justice, Canada, 1993 LE DEVOIR FONDÉ A R ¦0 JANVIER 10 10 HENRI B 0 U R A S S A LE Directrice LISE BISSONNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Directeur délégné à l'administration ANDRÉ LECLERC Directeur de l'information BENOÎT AIIBIN Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, ROCII CÔTÉ Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇON Directeur des publications spéciales GUY DESDAIES FAIS CE QU E DOIS LE DEVOIR.LE LUNDI I jj MARS 1993 A 7 IDEES l ' g Dtaü .uààSÈfr y >* -• >P*I* « eisM De la poudre aux yeux des chômeurs GUY MARTIN Service juridique CSN PIERRE PAQUETTE secrétaire général CSN D” evant l’opposition faite au projet de loi C-105 traitant de la Loi sur l’assurance-chômage, le ministre Bernard Valcourt et son gouvernement ont retiré ledit projet de loi, pour le remplacer par le projet de loi C-113.Selon les re-présentants du gouvernement, ce projet de loi comporte des amendements garantissant les prestataires contre les injustices susceptibles de découler de l’application de la loi.Dans les faits, les modifications proposées dans le cadre du projet de loi C-113 ne sont que de la poudre aux yeux! En effet, tout comme le projet de loi C-105, le projet de loi C-113 propose la même réduction du taux de prestations et maintient l’exclusion définitive du bénéfice des prestations pour les personnes ayant quitté leur emploi ou ayant été congédiées.Tout comme le projet de loi C-105 prévoyant l'exclusion définitive des personnes ayant abandonné volontairement leur emploi sans justification, ou ayant perdu leur emploi en raison de leur inconduite, le projet de loi C-l 13 prévoit exactement les mêmes dispositions, à son article 20.Depuis le 18 novembre 1990, avec l’entrée en vigueur du projet de loi C-21, les personnes se retrouvant dans l’une ou l’autre de ces situations, se sont vu exclure du bénéfice des prestations pour un minimum de sept semaines et un maximum de douze.De plus, leur taux de prestations est de 50 % de leur salaire, plutôt que 60 % et ce, pour le reste de la période de prestations.Avec le projet de loi C-113, c’est pour la totalité de la période de prestations qu’une personne ayant quitté son emploi, ou ayant été congédiée, sera exclue, soit pour une période de cinquante-deux semaines.Pire encore, toutes les semaines d’emploi accumulées dans le cadre d’un emploi duquel une personne a été congédiée, ou qu’une personne a quitté, ne seraient plus assurables, c’est-à-dire qu’elles ne pourraient pas servir à établir une période de prestations.Par ailleurs, il convient de rappeler que, lorsqu’une personne est exclue du bénéfice des prestations d’assurance-chômage, elle est également exclue des prestations d’aide sociale.Certes, cette personne pourra, possiblement, recevoir une aide conditionnelle du ministère de la Sécurité du revenu, mais il s’agira d’un prêt remboursable avec intérêts, et non de prestations d’aide sociale, ce qui entraînera l’endettement des travailleuses et travailleurs.C’est sans doute pour cette raison que le ministre de la Sécurité du revenu du Québec, André Bourbeau, est d’accord avec le projet de loi C-113, puisque son ministère deviendra créancier de plus de 40 000 Québécoises et Québécois, chaque année.Les représentants du gouvernement conservateur prétendent avoir adouci cette mesure en y ajoutant certains motifs justifiant un départ volontaire à la liste des cinq motifs apparaissant déjà à la loi.11 est à noter que les mb-tifs invoqués par un prestataire doivent établir que «Son départ constituait la seule solution raisonnable dans son cas».C'est donc dire qu’il appartient à un prestataire de faire cette preuve et de démontrer n’avoir eu d'autre alternative que de quitter son emploi, dans les circonstances.A titre d’exemple, le guide précise en ce qui a trait à la personne quittant son emploi pour suivre son conjoint, ce qui suit: «Lorsqu’une personne occupe un emploi stable, elle n’est pas justifiée de le quitter du seul fait qu'elle veut accompagner son conjoint qui s’en va séjourner dans une autre région.On parlera de circonstances atténuantes si la séparation doit être de longue durée ou encore si l’assuré se trouve à aller habiter une ville qui offre de nombreuses occasions d’emploi.» Comme cet exemple permet de le constater, ni le fait que la séparation des conjoints soit de longue durée, ni celui que le nouveau lieu d’habitation offre de nombreuses possibilités d’emploi, ne justifient le prestataire de quitter son emploi pour suivre son conjoint, mais constituent seulement des circonstances atténuantes, ¦ Donc, même si le gouvernement entend ajouter huit autres motifs pouvant justifier le départ volontaire, je lourd fardeau de preuve est exigé du prestataire par les agents de la Commission de l'emploi et de l’immigration du Canada (CEIC).Par ailleurs, en aucun cas, le gouvernement ne parle des cas de congédiement pour inconduite.A ce chapitre, la Commission de l’emploi et de l’immigration du Canada considère comme de l’inconduite tout geste jugé répréhensible par l’employeur.Donc, peu importe que le congédiement soit fondé sur un retard, une absence non motivée ou sans permission, le refus d’accomplir une tâche ou de suivre un ordre, un règlement ou de faire des heures supplémentaires, le vol, etc., tous ces éléments sont mis sur le même pied par la CEIC, et constituent de l'inconduite.En réalité, dès qu'un employeur inscrit «congédiement pour inconduite» avec le code «K» sur un relevé d’emploi, plus souvent qu’autrement, les prestataires sont exclus du bénéfice des prestations.Ainsi, les employeurs pourront utiliser les mesures prévues au projet de loi C-l 13, pour soumettre les employées à des conditions de travail inacceptables, sous menace de provoquer soit la démission d’un employé, soit son congédiement, ces deux situations entraînant l’exclusion aux prestations.Une telle mesure remet les salarié-e-s entre les mains de l’arbitraire patronal le plus absolu, et tout spécialement, lorsqu’il s’agit de personnel non syndiqué.Par ce projet de loi, le gouvernement appauvrit délibérément les travailleuses et travailleurs aux prises avec le chômage, afin de réduire artificiellement les coûts de l’assurance-chômage, plutôt que de s’attaquer au véritable problème qu’est le manque d’emplois.Le projet de loi C-113 est tout aussi inacceptable que le précédent et le gouvernement doit retirer son projet de loi.Un questionnaire à couleur raciste à l’UQAM PIERRE ALGIMANTAS DROUILLY Professeur de sociologie à l’UQAM u début du mois de décembre der- A" nier, j’ai reçu un «questionnaire confidentiel d’auto-identification» concernant l’équité en matière d’emploi, questionnaire qui provenait du Vice-rectorat aux affaires hu- -maines de l’UQAM.Ce questionnaire me demande, en tant qu’employé de l’UQAM, de me classer dans des catégories ethnoraciales, pour supposément mettre sur pied, un programme d’accès à l’égalité en emploi.A la lecture de ce questionnaire très officiel, j’ai eu une réaction de colère devant un tel fatras d’incompétence, d’ignorance, de préjugés et de bonne conscience «politiquement correcte», puis je me suis dit qu’après tout l’université n’est pas le seul endroit où l’on gaspille les fonds publics à de telles niaiseries, et qu’au fond il n’y avait pas de quoi fouetter un chat pour une si petite boulette.J’ai donc jeté le questionnaire aux poubelles, la meilleure place où le ranger, en y jetant aussi ma colère et en me disant que «la bêtise humaine, c’est comme l’univers, ça n’a pas de limites».Il se trouve que le hasard des conversations avec des collègues et des étudiants, m’a révélé deux choses: d’une part aucun de mes interlocuteurs «blancs» (c’est-à-dire plus précisément faisant partie de la majorité d’origine européenne et de culture chrétienne occidentale) ne trouvait rien de spécial dans ce questionnaire, alors que tous les «autres» se sentaient qui mal à l’aise, qui interpellé, qui choqué, qui indigné, qui en colère, tous, à un degré ou un autre, «en maudit» de se faire demander par des bureaucrates racistes de se classer eux-mêmes dans une catégorie raciale.Le questionnaire demande «à quel groupe ethnique appartenez-vous?» sans qu’une définition claire de ce qu’est un groupe ethnique ne soit donnée.C’est sans doute que les auteurs n’ont pas de telle définition, car on trouve dans le choix de réponses possibles un amalgame hétéroclite de catégories qui fait plus penser à la fameuse classification des trésors de l’empereur de Chine par Borgès, qu’à une quelconque classification scientifique.En effet, on ne trouve que des groupes européens sans qu’on puisse déterminer les critères ayant présidé à leur choix.Bien entendu, les groupes fortement représentés au Québec y figurent (Italiens, Grecs, Portugais, Allemands, Polonais, Espagnols, Russes, Ukrainiens), mais aussi les Maltais (150 personnes au Québec selon le recensement de 1986!) et les Chypriotes (5 personnes en 1986!).Et à côté des groupes culturels relativement bien définis par la langue, on trouve aussi le groupe Yougoslave (que deviennent les Slovènes, Serbes, Croates, Bosniaques, etc.qui pourtant se massacrent depuis des mois au nom de la «purification ethnique»?), le groupe Belge (que deviennent les Flamands et les Wallons?), le groupe Suisse (que deviennent les Suisses romands, alémaniques et romanches?), alors qu’on distingue dans le questionnaire les Tchèques et les Slovaques (mais aussi les Tchécoslovaques!).Personnellement, je cherche le groupe Français (de France) mais ne le trouve pas! Les Bri- tanniques non plus d’ailleurs.Il y a des personnes qui sont plus ethniques que d’autres, faut-il croire! Heureusement, je peux me retrouver éventuellement dans le groupe Lituanien (mais pourquoi je ne trouve ni les Lettons ni les Estoniens?).Enfin, on trouve une catégorie Juif (!).Ce n’est pas parce que Statistique Canada a réintroduit en 1986, dans sa classification des origines ethniques, les groupes «Juif» et «Noir», que l’on doit bêtement reproduire de telles catégories racistes.Parler d’une origine ethnique juive, c’est incorporer dans notre grille la notion de race juive (l'expression «origine ethnique» n’étant que la forme polie adoptée après la guerre par le Bureau fédéral de la statistique pour désigner la «race»): c’est donc avaliser les théories racistes et préparer, qu’on le veuille ou non, la voie à l’extrême droite antisémite.On ne retrouve pas «Noir» parmi les groupes ethniques, car c’est la première catégorie de la question sur les minorités visibles («vous considérez-vous comme faisant partie d’une des minorités visibles du Québec?»): mais en passant, où sont les métis, mulâtres, créoles dont s’enrichit tous les jours l’espèce humaine?Si la classification des groupes ethniques me fait penser à Borgès, la classification des minorités visibles me fait penser à Woody Allen.On y retrouve en effet les «Noirs», les «Asiatiques d’Extrême-Orient», les «Asiatiques du Sud-Est», les «Indo-Pakistanais», les «Insulaires du Pacifique», mais aussi les «Asiatiques occidentaux et Arabes» et les «Latino-Américains».Visibles?Une note nous explique que, selon Immigration Canada, font partie d'une minorité visible toutes les «personnes autres que les autochtones qui ne sont pas de race blanche (sic!) ou qui n’ont pas la peau blanche (sic!) et qui se reconnaissent comme telles auprès de leur employeur».Convenons que les Haïtiens n’ont pas la peau vraiment blanche, que c’est peut-être aussi le cas des Indo-Pakistanais (mais comme disait Anthony Cavannagh, les «pakis» sont des maudits hypocrites, «ni Noirs, ni Blancs»), convenons aussi que les Chinois, Japonais, Vietnamiens et autres «jaunes» ont généralement les yeux bridés, et que ce sont là des évidences, mais vraiment secondaires.La race n’est pas un concept scientifique, mais une catégorie politique, surtout lorsqu’on se base sur des caractéristiques aussi secondaires que la couleur de la peau ou la forme des yeux, ce qui permet de mettre dans le même sac des groupes aussi différents entre eux que des Antillais, des Africains et des Américains, ou les Japonais, les Chinois, les Coréens, les Vietnamiens, etc.Visibles, les Arabes?Mais au fait, c’est quoi un «Arabe»?Immigration Canada y jette pêle-mêle les Iraniens (qui sont Persans de langue indo-européenne), les Turcs (qui sont Ttirks, de langue turco-tartare), et les autres peuples des anciens empires ottoman et arabe (Liban, Egypte, Tunisie, etc.qui sont de langue sémitique).A-t-on plutôt affaire alors au groupe des Musulmans, ce qui ferait le pendant des Juifs?.Le problème, c’est qu'il existe plus de musulmans aux yeux bridés ou à la peau foncée, que de musulmans sémitiques.Visibles, les Arabes?Et les Latino-Américains qui sont pour une très large part d’origine espagnole, portugaise, ita- lienne, française, etc., et même juive?Pas de race blanche, les Arabes?Et les Latinos?Visibles?Mais visibles par qui?Pour concevoir comme «visibles» des «Arabes» et des «Latino-Américains», il faut vraiment être un pur «Aryen», c’est-à-dire un «grand dolichocéphale blond» {Robert), c’est-à-dire un fonctionnaire White Anglo-Saxon Protestant (WASP) de l’État fédéral! Alors les «métèques» (petite taille, cheveux et yeux foncés, barbe forte, système pileux abondant, peau foncée parce que tannée par le soleil, accent particulier, etc.), deviennent «visibles» par contraste.C’est celui qui s’inscrit dans les institutions, même si c’est dans le cadre d’une politique d’équité en matière d’emploi.Minorité ethnique, minorité visible, voilà deux concepts racistes qui se mettent en place tout doucement et sans bruit, mais qui peuvent nous mener à terme, et ici je pèse mes mots, vers des situations de type yougoslave.Pensons, par contraste, à l’abus du terme «Québécois pure laine» par ceux qu’en retour nous désignons maintenant de «minorités visibles».L’essence du racisme, c’est au fond de dire à quelqu’un: «Tu es Noir (ou Juif, ou Indien, ou Jaune, etc.), donc je sais tout de toi.» Peu importe que tu sois génial ou imbécile, honnête ou voleur, sincère ou fourbe, compétent ou bon à rien, tu as la peau de telle couleur, ou les yeux de telle forme, ou le nez de telle taille, et donc je sais tout de toi.Et je sais donc que tu es imbécile, voleur, fourbe et bon à rien! Le racisme réduit toujours l’humain au génétique pour le dénigrer en le bestialisant: c’est vraiment, comme le disait Etiemble, le «pêché vraiment capital».Pascal disait que l’homme n’est ni ange, ni bête, mais que lorsqu’il veut faire l’ange, il fait la bête.La définition des «minorités visibles», pour assurer l’équité en matière d’emploi, est l’une de ces bonnes intentions dont le chemin de l’enfer est pavé.Dans le cas plus particulier du questionnaire d’auto-identification de l’UQAM, je pense qu’on fait semblant de faire l’ange, mais qu’on fait très consciemment la bête.Car au fond, tout ceci n’est qu’une question de fric.En effet, suite à une décision du Conseil des ministres du Québec datée du 23 septembre 1987, «les entreprises de plus de 100 employés qui veulent soumissionner des contrats de biens ou de services de 100 000$ ou plus au gouvernement du Québec doivent s’engager, si elles obtiennent le contrat, à faire un programme d’accès à l’égalité pour les femmes, les autochtones et les membres des minorités visibles».La même politique existe au niveau du gouvernement du Canada, mais le plancher financier est de 200 000$! À l’UQAM, cette politique a été approuvée par le conseil d’administration.L’université est une entreprise, et les professeurs sont des entrepreneurs, j’en conviens.Mais ce n’est pas une raison pour avaliser sans remettre en question les notiqns racistes nouvellement mises en place par l’Etat fédéral.Ces notions, il faut les dénoncer maintenant.Sinon, nous serions comme ces irresponsables dont l’histoire fourmille, et qui ne savaient rien, et qui obéissaient aux ordres, ou qui se conformaient aux directives.Jacques Lanctôt outragé écemment, votre collaborateur Stéphane Baillargeon, dans un article sur le milieu de l’édition au Québec, me prêtait des intentions que je n’ai jamais eues.Il affirmait, entre autres, que je m’étais «obstiné à ne pas publiciser» le roman de Gabrielle Gourdeau, parce que je le jugeais vulgaire et trop joualisant, avec pour résultat «des ventes trois à quatre fois moins nombreuses que prévues, 2000 exemplaires tout au plus».Fin de la citation.J’aimerais premièrement préciser qu’en aucun temps, votre collaborateur n’a pris la peine de me consulter ou de vérifier auprès de l’éditeur ses affirmations mensongères et outrageantes à mon égard.Cela aurait été la moindre des choses.Mais comme il semble de bon ton en ce moment de trouver des boucs émissaires un peu partout —jamais les bons à mon humble avis —, qu’il s’agisse des baby-boomers-res-ponsable&de—la-crise-et-du chômage, ou des éditeurs qui se remplissent les poches avec les subventions gouvernementales et «dilapident les fonds publics», en faisant leur argent «avant la mise en vente des bouquins» (comment peut-on oser laisser courir une telle fausseté?S’il en était ainsi, je n’aurais jamais vendu VLB Éditeur, Alain Horic des éditions de l’Hexagone n’en aurait jamais fait autant et Boréal n’aurait pas vendu d’actions au Seuil), je peux comprendre la démarche de votre collaborateur.Venant aux faits: Le roman de madame Gabrielle Gourdeau a mérité le Prix Robert-Cliche, et à ce titre il a eu droit à la promotion habituelle et tout à fait exceptionnelle accordée à ce genre de prix.C’est-à-dire une publicité dans le Télé-Presse ou Télé-horaire, inséré dans l’édition du samedi de six journaux québécois, La Presse, Le Soleil, Le Droit, La Tribune, La Voix de l’Est, et Le Nouvelliste.Ces journaux i ) f rejoignent approximativement un million de lecteurs et cette publicité coûte à elle seule environ 10 000$.Il y a également eu des publicités dans votre joumàl et dans le magazine lettres québécoises.Par ailleurs, madame Gourdeau a pu profiter des services d’une attachée de presse, embauchée pour l’occasion, et qui était chargée d’organiser unje tournée de promotion dans différentes villes.Et nous avons fait confectionner un poster, tiré à 500 exemplaires, reprenant la maquette du livre et la photo de l’auteur.Cela représente, au bas mot, un «investissement» de 20 000$ en publicité, pour ce seul ouvrage.Comment alors peut-on affirmer, cpm-me le fait votre collaborateur, que je livre ne s’est pas vendu parce que réqi-teur n’a pas fait l’effort nécessairé?Cela frise la malhonnêteté.En fait, la seule dépense que j’ai refusé de payer, ce fut les frais de «garderie» du toutou de l’auteur pendant quelle était en tournée au pays de Maria Chapdelaine (ce qui ne nous a pas empêchés de lui payer les services d’une limousine entre Chicoutimi èt Roberval).J’ai pensé que ce serait vraiment mal utiliser les «sommes énormes» qui proviennent des gouvernements au titre de l’aide à l’édition et de l’aide à la promotion.On me l’aurait sûrement reproché un jour.Mais, a-t-on pensé aux «subventions énormes» que reçoivent certains centres universitaires, comme l’université de Sherbrooke, pour permettre aux «chercheurs» d’effectuer leurs recherchés savantes sur le milieu de l’édition?Je trouve que c’est bien mal utiliser lés fonds publics que de répandre ainsi de tels mensonges et de telles insanités sur un milieu, celui de l’édition littéraire au Québec, qui se meurt à petit feu faute d’aides conséquentes de la part des autorités concernées.: Jacques Lanctôt éditeur du Groupe Ville-Marie littérature.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes : à l'information générale et métropolitaine : Claude Beauregard, Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Pierre Cayouette, Jean Chartier, Louis-Gilles Francoeur, Louis-Guy L'Heureux, Caroline Montpetit, Bernard Morrier, Isabelle Paré, Laurent Soumis, Guy Taillefer, Danny Veart Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes), à l'information culturelle: Michel Bélair (responsable), Roland-Yves Carignan, Paule Des Rivières, Marie Laurier, Robert Lévesque, Odile Tremblay (Le Plaisir des livresJ; à l’information économique : Gérard Bérubé (responsable).Robert Dutrisac, Catherine Leconte, Jean-Pierre! Legault, Serge Truffaut, Claude Turcotte; à l'information internationale: François Brousseau (éditorialiste, et responsable), Jocelyn Coulon, Sylviane Tramier, Clément Trudel; à l’information politique : Josée Boileau, Jean Dion, Pierre O’Neill, Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec).Michel Venrie ' (correspondant parlementaire à Québec).Chantal Hébert (correspondante parlementaire à OttawaJ; Serge ' Chapleau (caricaturiste); à l'information sportive : Yves d'Avignon; Suzanne Marchand (adjointe à la-direction), Marie-Josée Hudon, Jean Sébastien (commis).Danielle Cantara, Christiane Vaillant (clavistes), Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction), Isabelle Baril (secrétaire à la direction).LA DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur)', Manon Scott, Sylvie Scott, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ Lucie Pinsonneault (directrice), Jacqueline Avril, Brigitte Cloutier, Francine Gingras, Johanne Guibeau, Lucie Lacroix, Christiane Legault, LiseMajor (publicitaires); Marie-France Turgeon, Micheline Turgeon (maquettistes); Gloria Taillon (secrétaire).L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (coordinatrice des sendees comptables); Florine Cormier, Céline Furoy, Jean-Guy Lacas, Marie-France Légaré, Raymond Matte, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross, Linda Thériault (adjointe à l’administration), Raymonde Guay (responsable du financement privé).LE MARKETING ET SERVICE À LA CLIENTÈLE Christianne Benjamin (directrice), Monique Corbeil (adjointe), Nathalie Thabet (responsable du marché institutionnel), Monique L'Heureux, Lise Lachapelle, Olivier Zuida, Rachelle Leclerc-Venne, Jean-Marc Ste-Marie (superviseur aux promotions des abonnements), Louise Paquette.LA PRODIICTION Robert McDougall (directeur des systèmes informatiques et de la production), Johanne Brunet, Lynda Di Cesare, Richard DesCormiers, Michael Schneider, Louis Simoneau.LES ANNONCES CLASSÉES ET LES AVIS PUBLICS Yves Williams (superviseur), Manon Blanchette, Serge César, Dominique Charbonnier, Marlène Côté, Pierre Cotton, Josée Lapointe, Sylvie Laporte, Francine Morvan, Pierrette Rousseau, Micheline Ruelland, Désirée, Szucsany, Marc Vigneault. A 8 L E I) K V (I 1 H ¦ I.E L II N [) I | 5 M A R S 19 9 3 Le Devoir ACTUALITES Bosnie Le général Morillon joue sa dernière carte pour sauver Srebrenica Banja Koviljaca (AFP) — Le drapeau de l’ONU flotte sur l’enclave musulmane assiégée de Srebrenica, où le général Philippe Morillon, commandant la FORPRONU en Bosnie, a établi son «quartier général tactique» pour arrêter l’offensive serbe et obtenir le passage de l’aide humanitaire.Selon le Dr George Dallemagne, membre de Médecins sans Frontières (MSF), qui a quitté Srebrenica hier en compagnie de deux collègues de MSF, d’un représentant du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) et d’un militaire de l’expédition, «le général Morillon joue une de ses dernières cartes, peut-être la plus forte, pour sauver la ville».Interrogé par l’AFP après son arrivée à Banja Koviljaca, Laurens Jolies, du HCR, estime aussi que le général «a bien joué.Avec la pression internationale, il a peut-être une chance.Sinon la ville tomberait dans quelques jours.» En décidant samedi de s’adresser publiquement à la foule en lui promettant de rester à ses côtés et d’ameuter l’opinion internationale, le général Morillon a opéré «un extraordinaire retournement de situation», dit Laurens Jolies.«De quasi-otages que nous étions, il est devenu le héros de la ville».L’expédition composée de 20 membres, arrivée jeudi soir à Srebrenica après un voyage éprouvant, où un camion de médicaments avait sauté sur une mine, s’était vu interdire de partir vendredi en fin d’après-midi par une foule désespérée de femmes et d’enfants en pleurs, «plaidant pour leurs vies» alors que la famine poind.Laurens Jolies raconte comment tout a changé après le discours du général qui s’est adressé à la foule à partir du balcon de la mairie.Les autorités locales ont mis à sa disposition l’immeuble de la mairie, «des femmes se sont mises à tout nettoyer pour nous, nous avons même vu arriver des couvertures», raconte le responsable du HCR Hier, le commandant de la FORPRONU (Force de protection des Nations unies) en Bosnie a joué de son autorité pour permettre le départ des civils de l'expédition alors que le foule se massait de nouveau devant la mairie.Sortant au balcon avec un mégaphone, il a dit devant 1500 personnes :«Ne vous inquiétez pas, je reste avec vous.En tant que commandant militaire, je vous demande de vous disperser», raconte Laurens Jolies.Et la foule s’est retirée en cinq minutes.Ceux parmi les membres de l’expédition qui ont quitté Srebrenica, ont par contre eu quelque mal quelques kilomètres plus loin à convaincre les Serbes bosniaques de les laisser franchir de nouveau leurs lignes sans que le général sorte lui aussi.Selon Laurens Jolies, le général Morillon est fermement décidé à rester lui-même dans l’enclave tant qu’un convoi d’aide ne sera pas parvenu à Srebrenica et que ne soient déployés des observateurs militaires de l’ONU.Un convoi d’aide parti hier matin de Mali Zvomik (Serbie) vers Srebrenica, après quatre jours d’attente, avec l’autorisation des autorités serbes bosniaques, a dû rebrousser chemin après avoir été bloqué par des policiers yougoslaves prétextant des dangers encourus le long de la rivière Drina, frontière entre la Serbie et la Bosnie.«La situation de Srebrenica est vraiment épouvantable», estime le Dr Dallemagne qui a raconté avoir vu des bébés de quelques mois qui n’ont rien mangé depuis trois jours.Une vingtaine à une trentaine de blessés, venant surtout de l’enclave voisine de Konjevic Polje, objet d’une offensive serbe, arrivent chaque jour à l’hôpital, privé de chirurgien et de matériel.La population, pour toute alimentation, ne dispose plus que d’une sorte de pain fait d’un mélange de feuilles et de son, et des paquets d’aide américaine, «qui sont mangés sur place», raconte-t-il.Les déchets de plastique provenant des paquets-repas américains jonchent les rues.Tous les soirs, la population de la ville surpeuplée, où s’entassent des réfugiés en haillons, allument de grands feux en attendant les avions américains.Samedi dans la nuit, une personne a été tuée par une palette dont le parachute ne s’est pas ouvert lOième Anniversaire 18 - 19 - 20 - 21 mars 1993 MONTRÉAL PLACE BON AVENTURE, HALL EST ÊTRE EN SANTÉ, C'EST AUSSI SAVOIR Émission de radio en direct avec Dr Roland Albert au Salon le jeudi et vendredi entre 14h et 16h Ateliers, Dégustations et Massages Gratuits Techniques nouvelles - Produits naturels et vitamines ENTRÉE LIBRE POUR LES FEMMES ENCEINTES 2 HEURES DE GARDERIE GRATUITE POUR L'ENFANT DE PLUS DE 2 ANS.La revue Défi Santé et un agenda '93 seront remis gratuitement (1 par famille jusqu'à épuisement des stocks) CONFERENCIERS INVITES: - Jeudi 18: Dr Roland Albert; Renée Frappier; Francine Galarneau.- Vendredi 19: Annette St-Pierre; Dr Roland Albert; Vittorio Marzorati; Gilberte Talbot; Renée Frappier; Jean Ro:k Gagnon; Jeanine Jean.- Samedi 20: Daniel Bitton; Francine Galarneau; Dr Raymond Bontemps; Lise De Monceaux; Jean-Pierre Gauthier; Jocelyn Demers; Dr Jean Drouin; Ghislaine Gerber; Jeannette Giguère, Aléna Braunova; Diane Perron; Maurice Nicol; Dr Roland Albert; Renée Frappier; Lise Bourbeau.- Dimanche 21: Dr Raymond Bontemps; Dr Roland Albert; Renée Frappier; Denise Légaré; Dr Maurice Larocque; Dr Philippe Picard; Michel Demers.Informations: (514) 766-1932 En collaboration avec: cjms®,2ao LE DEVOIR Consulter Le Devoir pour la programmation des confère B 7ices HYDRO Victime du syndrome «pas de ma génération» SUITE DE LA PAGE 1 paratifs, qui font de l’hydroélectricité le champion du développement durable.Le mémoire du GRAME fait la charrue devant la nouvelle Union pour le développement durable en demandant à Québec de financer la mise sur pied d’un tel groupe dont la création sera annoncée le même jour.Le premier défi de ce groupe sera de «réhabiliter l’hydroélectricité et réfuter les mensonges» dont elle est victime en terre anglophone, étasu-nienne ou canadienne.On retrouvera derrière cette nouvelle bannière écologiste les noms de Pierre Dansereau, professeur émérite à l’UQAM; Pierre Bourque, directeur du Jardin botanique de Montréal et concepteur du Biodôme; Jacques Prescott, conservateur du jardin zoologique de Québec et président du comité canadien de l’Union internationale pour la conservation de la nature; Francis Cabot, un homme d’affaires américain; Yves Guérard, président du GRAME et chargé de cours à l’UQAM.M.Guérard et M.Jean-Pierre Drapeau, un journaliste spécialisé en environnement, sont les auteurs du mémoire du GRAME.Le GRAME a été fondé en 1989 par M.Luc Gagnon, ex-candidat à la présidence du Parti québécois et, alors, vice-président de l’Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN).M.Gagnon travaille depuis un an pour les services environnementaux d’Hydro-Québec où il se spécialise dans la comparaison des différentes filières énergétiques.Les services environnementaux d’Hydro-Québec et la société d’État elle-même financent une chaire en environnement à l’UQAM, qui port,e d’ailleurs le nom de la société d’Ètat, et de nombreux projets de recherche au sein de cette institution.Selon M.Guérard, la démystification «intellectuellement rigoureuse et indépendante» qu’amorce la nouvelle Union pour le développement durable ne se limitera pas aux seuls bienfaits de l’hydroélectricité.Elle s’étendra éventuellement à la production du papier et à l’exploitation des forêts, à l’utilisation de l’amiante et au dossier de la fourrure et de la chasse, que les groupes animalistes internationaux dénaturent par une exploitation émotive qui n’a rien à voir avec une gestion écologique des espèces animales.L’hydroélectricité, affirme le GRAME, est de toutes les filières énergétiques la plus propre et la plus efficace mêrpe pour le chauffage domestique.A long terme, c’est celle qui rapporte le plus de bénéfices parce que, si ses séquelles se font sentir au présent, les barrages que la présente génération laissera aux deux ou trois prochaines générations seront payés, économiquement et environnemen-talement parlant, hormis quelques réparations.Au contraire, la démolition des centrales thermiques et nucléaires et leur reconstruction seront nécessaires environ tous les 50 ans, ce qui laisse beaucoup moins de bénéfices aux futures générations en plus de leur refiler des impacts comme l’effet de serre ou les déchets nucléaires.L’hydroélectricité est, selon le GRAME, victime du syndrome «pas dans ma génération» car ses impacts, que ce soient la perte de territoires, les dégâts liés à la construction, le désenclavement de zones giboyeuses inaccessibles ou le mercure généré durant les 30 premières années des barrages, se concentrent toutes sur la génération qui construit Or, ces séquelles doivent être perçues comme une réelle «internalisation» des coûts de l’hydroélectricité, dont un avantage en logique environnementale.Le thermique et le nucléaire, au contraire, semblent moins dommageables sur le coup.Le thermique (gaz et pétrole), par exemple, dissout insidieusement sa pollution dans l’atmosphère en plu^ de bénéficier des subventions de l’État C’est le recours à l’hydroélectricité, ajoute le GRAME, qui permet aux Québécois, les champions énergivores de la planète, d’afficher malgré tout un bilan de contribution à l’effet de serre qui est deux fois moindre que celui des Américains et des Canadiens ! C’est pour cette raison que le GRAME s’inscrit en faux contre le programme de cogénération électrique piloté par Hydro-Québec, qui lance le Québec, pourtant riche d’énergie propre, dans la filière la plus polluante, soit celle des centrales thermiques, fussent-elles habilement déguisées.Permettre la récupération d'énergie, oui.Mais il faut dire non, dit le GRAME, à la production de mégawatts additionnels via la cogénération.Il n’est pas plus avantageux, écologiquement parlant, pour le Québec d’envisager de réduire la part de l’électricité dans le chauffage domestique ou commercial par le recours au gaz naturel car cela ajoutera à l’effet de serre.Le GRAME est tout aussi icono- claste à l’endroit du programme des petites centrales, mis de l’avant par Hydro-Québec, car, démontre-t-il, chiffres à l’appui, un seul méga-projet comme Grande-Baleine est éminemment moins dévastateur que la construction de 200 ou 400 petites centrales, si on compare le total des berges détruites, les dommages aux migrations des espèces aquatiques, etc.Hydro-Québec aurait ici cédé au dogme du «Small is Beautiful» pour tirer un peu plus sur le vert médiatique.Le GRAME, qui favorise les exportations d’électricité, mais à fort prix pour ne pas encourager le gaspillage d’énergie, demande à Québec de taxer fortement le pétrole et le gaz tant que les promoteurs de ces filières énergétiques n’auront pas intégré le coût environnemental de leur produit et qu’ils n’auront pas adopté un programme d’efficacité énergétique aussi complet que celui d’Hydro-Québec.Concurrence oblige.Le GRAME estime enfin que la Convention de la Baie James et du Nord québécois a été aussi profitable aux Cris et aux Inuit que le projet de la Baie James l’est pour le bilan environnemental du Québec et de la planète.Il préconise qu’on en négocie une semblable avec les Montagnais et At-tikamek, basé sur les mêmes principes d’affectation territoriale.En sus, préconise le GRAME, Québec devrait constituer un fonds de 400 millions$ pour impliquer les autochtones dans la conservation et la gestion d’immenses réserves ou parcs autour des réservoirs hydroélectriques afin d’assurer l’exploitation des espèces dans une optique de développement durable.MOINES Tibet, terre promise SUITE DE LA PAGE 1 Shenrad.Au fil des siècles, le Bon devait se marier étroitement au Boudhisme dominant.Si bien qu’aux yeux des profanes, les différences entre les deux religions ne sont aujourd’hui que nuances.Mêmes croyance en la réincarnation, même pacifisme, mêmes déités multiples, même type de vie monastique avec des différences rituelles pourtant.Car le Bon possède une dimension Elus magique et secrète, dont les oudhistes parlent à voix basse et sur laquelle Nyma glissera vite dans son anglais aux consonnances étranges.«Si vous entendez par magie, des rites noirs de sorcellerie, vous vous trompez», me dit-il.Mais le moine évoque la maîtrise des élé^ ments extérieurs qui va de pair avec une élévation spirituelle.Les moines Bônpos ont des pratiques tantriques, réservées chez les boudhistes aux couples mariés.Au début du XXe ^siècle, le Tibet comptait 333 monastères bons.Il en reste à peine une poignée là-bas où la vie religieuse est si sévèrement réprimée.Combien d’adeptes de cette religion aux racines si anciennes se sont réfugiés en Inde et au Népal?Nyma parle de 1000 ou 2000 à peine.Alors que les Boudhistes tibétains sont aidés à travers le monde, les Bônpos peu nombreux, mal connus, doivent compter sur les seules ressources de leur communauté pour survivre et se développer.Le monastère de Menri, fondé en 67 est établi à proximité d’un camp tibétain, loin de tout village indien, coupé en quelque sorte du pays d’accueil.Ils sont 186 moines dont un grand nombres arrivés très jeunes, à six ou huit ans, orphelins recueillis et élevés par la communauté.Ils se Il ne reste plus qu’une poignée de monastères bôns au Tibet, là-bas où la vie religieuse est sévièrement réprimée.lèvent à 5h30 tous les matins, partagent leur journée entre la méditation, la prière, les mantra, l’étude de l’astronomie copime de la poésie, de la philosophie.A 18 ans, ils pourront choisir entre retour au monde ou vie religieuse.Le moine Bônpo traverse trois degrés d’initiation sur dix années d’études.«Notre visite en terre québécoise constitue, m’explique Nyma, une transgression de nos voeux.» Les moines bônpos sont liés par 250 voeux, qui vont de la pauvreté, chasteté, etc.jusqu’à l’interdiction de manger de l’ail ou de s’asseoir sur une chaise droite.«Mais en visite, me dit-il, on peut déroger à certaines règles».Nyma espère faire mieux connaître la religion Bon et ses traditions à l’Occident C’est pourquoi il a accepté de répondre à l’appel du club Aventures.C’est aussi parce l’invitation leur est venue de Joe Ya-red, cinéaste montréalais venu réaliser un documentaire sur la vie de leur monastère.«Jamais, dit Joe Yared, qui fait ici de lien entre moines et journalistes, ils n’auraient accepté de venir dans un climat plus impersonnel.Le voyage des moines en est un aussi d’ami- tié.» «De toute façon, nos voeux nous interdisent de voyager dans le but d’atteindre un profit personnel», précise Nyma.Qu’ils soient Bônpos ou boudhistes, pour ces moines de la diaspora, le Tibet constitue la terre promise, qu’ils appellent de leurs voeux comme les Juifs en exil.«Je sais que j’y retournerai un jour, me dit Nyma avec l’accent de la certitude.» Nyma participe aux tables de concertation avec le Dalaï Lama qui négocie pacifiquement, et jusqu’à maintenant sans résultat, le retour des religieux exilés au Tibet.CHRETIEN Nous voulons remettre les Canadiens au travail» SUITE DE LA PAGE 1 sommes retrouvés deux points plus bas que nous étions le jour de la démission de M.Trudeau.» La popularité de Kim Campbell est-elle en train de miner son leadership auprès des militants libéraux ?Jean Chrétien n’en croit rien.Il a récemment effectué un bref séjour dans les provinces de l’Ouest.Il avoue qu’il s’attendait y trouver «des troupes nerveuses».Mais les piliers libéraux de la'région l’ont rassuré.«Ils m’ont dit que cela n’a pas changé grand chose, Ça ne m’énerve pas beaucoup.» Et si jamais Kim Campbell est élue à la direction du Parti conservateur, les libéraux s’ocçuperont de démystifier son image.A ce propos, M.Chrétien souligne qu’il y a bien des choses que les Canadiens ignorent sur l’étoile montante des conservateurs.Il rappelle qu’elle a déjà été députée créditiste et que l’année où elle fut candidate à la direction de ce parti, elle s’est classée douzième sur 12 candidats avec seulement 12 voix.D’ailleurs, Jean Chrétien est convaincu que ce ne sont pas de nouveaux visages que veulent les Canadiens en politique, mais de nouvelles idées.À son avis, l’erreur de Brian Mulroney a été de trop parler de constitution, alors que les Canadiens voulaient entendre parler de solutions aux problèmes économiques.«Nous voulons remettre les Canadiens au travail.Ce ne sera pas facile, mais c’est possible.Et nous allons le faire.» La tempête a gâché le brunch-bénéfice de l’aile québécoise du PLC, qui avait vendu 1600 couverts.Seulement 800 libéraux ont bravé le blizzard pour venir entendre leur chef, qui aurait parlé devant une salle à moitié vide si les organisateurs ne s’étaient pas dépêchés de tirer les cloisons pour réduire l’espace disponible.Le surplus de nourriture a été remis à l’Accueil Bonneau, qui reçoit quotidiennement des centaines de défavorisés, de sans-abri, d’itinérants.Dans l’auditoire, seulement deux députés libéraux provinciaux : Michel Bis-sonnette et Jacques Chagnon.Ce qui porte à croire que, malgré l’intention du PQ de mener campagne en faveur du Bloc et la désaffection populaire qui afflige les conservateurs, tiédeur et malaise continuent de caractériser les relations entre le parti de Robert Bourassa et celui de Jean Chrétien.Économisez jusqu'à 60$ par année Abaissez la température du thermostat de 22°C à 20°C quand vous êtes à la maison.ËCOKILO 333-KILO a
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