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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1993-03-17, Collections de BAnQ.

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?FONDÉ EN 1910 ?^ « Trèfle, Guinness et identité collective DÉCOUVERTES Le Québec perdra-t- il la course aux milliards verts?PAGE B-l MONTRÉAL CECM: Bergeron candidate malgré la controverse PAGE A-3 LE MONDE Séoul réclame davantage de Marines PAGE B-3 Règlement de comptes chez Nationair Trois généraux démissionnent, les fournisseurs s’agitent, Ottawa menace Paul C a u c h o n Sur les Irlandais, qui célèbrent aujourd’hui leur fête nationale, tout le monde a sa petite idée.Grandes gueules, généreux et passionnés, batailleurs et fiers, chaque cliché en vaut bien un autre.Il s’agit de visiter ce soir les pubs irlandais de la métropole pour vérifier la persistance des mythes sur le trèfle et la Guinness.Mais si l’Histoire est garante du futur, rien ne yaut la Saint-Patrick pour réfléchir à l’identité québécoise actuelle.Comme la mémoire collective demeure toujours aléatoire en nos contrées, il n’est pas inutile de rappeler que plusieurs Irlandais sont d’abord venus en Nouvelle-France comme.soldats de l’armée française.Et que leur présence s’est surtout accentuée dans la moitié du siècle dernier, alors qu’ils fuyaient par dizaines de milliers les persécutions religieuses, et surtout les grandes famines des années 1840.Une bonne partie de ces Irlandais qui cherchaient un monde meilleur en Amérique trouvèrent surtout la mort à Grosse-Ile, près de Québec, cette île maudite où, parqués en quarantaine, ils furent décimés par les épidémies.Rappelant la mémoire de 30 000 de ces morts, Gus 0 Gormain, président de la Société St-Patrick, qualifie cette île de véritable «Mur des Lamentations» pour les Irlandais d’ici.Pour une communauté si identifiée au sens de la fête, les symboles de mort ne manquent pas: l’autre grand lieu d’émotion collective consiste en une énorme stèle funéraire située près du Pont Victoria, en mémoire de tous ces Irlandais installés à Pointe-Saint-Charles qui creusèrent le Canal de Lachine et construisirent le premier pont à relier Pile de Montréal à la terre ferme.En 1871, les Irlandais formaient 51% de la population dite d’origine britannique au Québec, le double des Anglais ou des Ecossais.En fait, les chercheurs qualifient les Irlandais de premier groupe majeur à immigrer au Québec.Ce qui ne sera pas sans conséquence pour notre identité collective.Des chercheurs ont écrit que l’immigration irlandaise a constitué un tournant culturel majeur, se dotant d’institutions à la fois catholiques et anglophones, devant un milieu traditionnellement catholique francophone ou anglo-protestant.Il est particulièrement révélateur de constater que parmi la vingtaine d’organismes irlandais à Montréal, la Société Saint-Patrick, la plus ancienne, a été créée le 17 mars 1834 .soit trois mois avant la Société Saint-J ean-Baptiste.Le Dr O’Gormain, qui est arrivé ici il y a 24 ans et dont les enfants fréquentent l’école française, n’hésite pas à en remettre: «Vous savez, la SSJB a été formée selon notre modèle.» Ajoutons que des milliers d’orphelins irlandais quittèrent le§ rivages mortels de Grosse-Ile pour être accueillis dans des familles canadiennes-françaises, et on conviendra que l’identité nationale d’une collectivité est une notion toujours plus complexe qu’on pourrait le croire.Plusieurs chercheurs soutiennent d’ailleurs qu’entre 20 et 35% de la population québécoise actuelle a des ancêtres irlandais.Où ces ancêtres nous mènent-ils tous?Entre autres à la Commission Bélanger-Campeau d’il a deux ans, alors que la Société Saint-Patrick, y présentant un mémoire, soutenait que le père de Nelligan, le «poète national du Québec» (c’est leur expression ), un natif de Dublin, aimait beaucoup plus la culture francophone qu’on l’a affirmé et tenait a placer ses enfants à l’école française.Sans vouloir lancer de polémique historico-littérai-re, on remarquera que les Irlandais québécois se servent de cet exemple pour déplorer devant Bélanger-Campeau que la mémoire collective ait «donné une image déformée de la culture irlandaise pour définir ce que la culture québécoise n’est pas», et que plusieurs Irlandais ont le sentiment de ne jamais pouvoir devenir membres d'une sorte de club québécois «non défini mais exclusif», malgré la nature du lien émotif qui les unit à la société d’ici.Ce que les Irlandais laissent entendre, c’est qu’il doit bien arriver un moment où l’addition des présences communes sur le territoire et où l’apport de chacun au bien-être collectif doivent finir par créer une identité collective multiple, riche de plusieurs sources et, osons le grand mot, métissée.Et si dans cent ans les spécialistes nous apprenaient que 25% des Québécois présentent aussi des ancêtres vietnamiens, et 30% des ancêtres Noirs?Nos enfants seront-ils moins Québécois pour autant?Bonne Saint-Patrick à tous! Il doit bien arriver un moment où l’addition des présences communes sur le territoire doit finir par créer une identité collective multiple.INDEX Les Actualités .A2 Agenda culturel.B7 Annonces classées H2 Avis publics.Bl Culture.RS Découvertes.B1 Horaires télé.,B7 .A7 AS Éditorial Afi le Monde .BT Montréal .A3 Mots croisés.B4 Sports .B6 .•vo® Météo faible neige Max.: 0 Détails en B6 GÉRARD BÉRUBÉ LE DEVOIR Le règlement de comptes a eu lieu.Frappé par la démission de trois de ses vice-présidents, Nationair doit, de plus, endiguer une ruée de fournisseurs qui, déstabilisés par le refus d’Ottawa de.jouer le rôle de banquier auprès du transporteur, tentent de récupérer leur dû.La nervosité est nourrie par le portrait financier de Nationair, un portrait noirci par une dette de court terme augmentant à un rythme exponentiel depuis quelques se- maines.La journée de lundi fut particulièrement intense pour Robert Obadia, président de Nationair qui, nous dit-on de source bien informée, a passé la majeure partie de la journée derrière les portes fermées de son bureau.«Nous avons obtenu de nos locateurs un rééchelonnement sur une dette de 15 millions$.C’est acquis, c’est signé, c’est ferme, insiste Henrick Sniecinski, devenu vice-président, Marketing, en remplacement de Claude Lévesque, démissionnaire.«Après avoir échoué dans notre tentative de convaincre le gouvernement (dette exigible de 11 mil-lions$), il nous reste également à nous entendre sur un solde de 7 millions$ dû à des fournisseurs.» Ces fournisseurs présentent leurs factures «tous en même temps», a-t-il reconnu.Les propos de Robert Obadia sonnent de plus en plus faux aux oreilles des bailleurs de fonds.La dette de court ternie, chiffrée initialement à 20 millions, puis à 25 mil- VOIR PAGE A-8: NATIONAIR L’arme de l’opinion publique PHOTO JACQUES NADEAU Cégep du Vieux Montréal irs Ùsl «a ?rs de grèves importantes, même phénomène, les appuis viennent des autres syndicats, de membres de la communauté artistique, de groupes de droits civils et même de politiciens progressistes.Au niveau du développement économique, on assiste également à des phénomènes sem- blables: un regroupement des forces du milieu pour tenter de trouver des solutions communes.Ceci est particulièrement vrai à Pittsburg, frappée par le déclin de l’industrie de l’acier.Le comité de chômeurs et de chômeuses reçoit même du financement du Syndicat des métallos.Dans des luttes comme celle pour la mise sur pied d’un système public de santé, les coalitions sont larges.Même si toutes les organisations n’ont pas strictement les mêmes positions, elles poussent, ensemble pour des changements.Enfin, au niveau des Etats, les fédérations et les syndicats se coordonnent étroitement pour faire leur lobbying.Pace aux changements, de nouvelles solidarités Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, mars 1993 LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 0 JANVIER Directrice LISE BISS0NNBTTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTE AUX Directeur délégué à l'administration ANDRÉ LECLERC Directeur de l'information BENOIT AUBIN Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, ROCII CÔTÉ Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇ0N Directeur des publications spéciales GIIY DESDAIES FAIS CE QUE DOIS I 9 L E I) E V OIK.L K M E K (' H E I) I 17 M A R S I !» !» II A 7 IDEES Au collégial: réforme ou contre-réforme?Si les cégeps francophones réclament le maintien de la philosophie, du côté anglophone on craint qu’elle ne remplace les Humanities MAIMIRE MENNASEMAY AARON KRISHTALKA Département ^Humanities Collège Dawson ous en conviendrons avec la ministre Lucienne Robillard: le but principal de la réforme des cégeps est «le virage vers l’excellence».Mais ce virage ne sera qu’un voeu pieux si la réforme ne reposait pas sur une évaluation pertinente et démocratique du contenu et des modalités des changements proposés.Or, la ministre a préféré orchestrer des fuites invraisemblables qu’elle a tantôt niées et tantôt qualifiées «d’hypothèses de travail».Ce qui étonne dans ces «hypothèses», c’est la volonté de faire table rase de presque tous les acquis dans le domaine de la formation générale et de réorganiser les cégeps de fond en comble.Ces hypothèses respirent l’esprit bureaucratique et autoritaire.Les cours, leur contenu, leurs objectifs et les moyens d’y parvenir seront dorénavant déterminés par le ministère.Tout ce qui a trait à l’épanouissement du corps et de l’esprit a été radicalement appauvri ou carrément éliminé.Exemple: l’élimination de l’éducation physique et des Humanities dans les cégeps anglophones.L’abolition des Humanities, en partie ou en totalité, est une véritable catastrophe sur le plan académique.Les cours d'Humanities offrent aux étudiants l’occasion d’intégrer diverses disciplines.Les Humanities représentent un champ d’étude multidisciplinaire qui offre aux élèves les instruments de pensée indispensables à une ouverture critique au monde.Organisées en quatre catégories, c’est-à-dire les visions du monde, la connaissance, la créativité, les valeurs humaines et questions sociales, les Humanities offrent le seul lieu académique où les différentes disciplines se rencontrent.Elles offrent aux étudiants l’occasion unique de réfléchir sur les faits humains et sociaux dans leur intégralité historique et leur complexité phénoménologique.Les Humanities sont le domaine privilégié où l’analyse et la synthèse se conjuguent pour éveiller les étudiants à la richesse de l’expérience humaine et à la nécessité de la compréhension critique.Les Humanities sont devenues d’autant plus incontournables que le nouveau programme de sciences sociales a radicalement réduit le choix des cours offerts aux étudiants.Le département d'Humanities est donc le seul qui offre aux étudiants la possibilité d’intégrer diverses disciplines, de les confronter de façon créative et d’en faire jaillir des perspectives nouvelles.Les Humanities font partie, à juste titre, du socle de la formation générale dans les cégeps anglophones.Elles sont la plaque tournante de toutes les innovations académiques et pédagogiques.Avec les Humanities comme point de mire, les professeurs de Dawson ont créé et mis en oeuvre des programmes innovateurs tels que Reflections, Liberal Arts, Access, études juives, études helléniques, études féministes, études québécoises, études canadiennes et le New School, qui sont de véritables réussites.De telles innovations académiques et pédagogiques, qui ont pourtant fait leurs preuves, ne seront plus possibles avec l’élimination des Humanities et l’abolition de l’autonomie départementale et académique.Aucun de ces programmes ne pourra survivre dans le cadre de la réforme proposée.On s’en débarrasse pour les remplacer par quoi?Par un cours de logique, un cours d’histoire des idées et un cours d’éthique.Mais croit-on vraiment qu’un seul cours semestriel de logique suffira à doter les étudiants d’une pensée rationnelle et critique?Seul quelqu’un qui n’a jamais enseigné peut avoir une telle conception magique de l’enseignement de la lo-giqpe.Egalement farfelue est l’hypothèse d’un seul cours d’histoire des idées.L’histoire des idées couvre une période de plus de 3000 ans.Elle doit aussi embrasser les activités de l’esprit humain tel qu’il s’est manifesté dans toutes, les grandes civilisations, à moins que le ministère de l’Education ne ramène l’histoire des idées à l’histoire des idées occidentales (comme il l’a fait pour l’enseignement de l’histoire dans le nouveau programme de sciences sociales).Même si l’ethnocentrisme, qui caractérise le nouveau programme de sciences sociales, inspire également le cours d’histoire des idées, peut-on l’enseigner en 45 heures, voire en 90 heures, sans réduire cette histoire à des capsules d’idées que les étudiants seront obligés d’avaler sans interrogation, sans réflexion et sans compréhension des enjeux et des raisons qui donnent un sens à ces idées?Veut-on transformer l’histoire des idées en un catéchisme que les étudiants apprendront par coeur pour qu’ils puissent réussir à passer l’examen national que les «hypothèses de travail» préconisent pour les cours de formation générale?Un tel cours n’a rien à voir avec l’esprit critique qui caractérise les Humanities.La conception qui sous-tend le cours d’éthique est carrément instrumentaliste.Il y aurait différents cours d’éthique pour les différentes professions.L’éthique est donc conçue comme une collection de valeurs disparates où chaque profession piocherait une sorte de mode d’emploi.Voilà une proposition qui vide l’éthique de sa fonction critique et de l’universalité des valeurs humaines qui l’animent.Si l’on voulait préparer la jeunese a opérer un virage vers le cynisme, on ne pourrait faire mieux.Cet appauvrissement radical de la formation générale va de pair avec la mise à l’écart des professeurs du fonctionnement académique des cégeps.La Commission pédagogique actuelle disparaît pour être remplacée par une Commission des études où la participation des professeurs semble exclue.L’organisation départementale des disciplines est abolie et l’autonomie académique vidée de son contenu, laissant la porte grande ouverte aux influences externes tant politiques que bureaucratiques.Le paternalisme de cette réforme est tout à fait incompatible avec les objectifs de l’éducation collégiale qui consistent à développer l’initiative et l’exercice du libre choix chez les étudiants.Un tel paternalisme qui, s’il s’agissait de l’éducation primaire serait peut-être un mal nécessaire, est tout à fait antipédagogique au niveau postsecondaire.Les hmanités assurent cet apprentissage du libre choix en offrant aux étudiants un éventail d’idées, d’expériences et de disciplines.Abolir l’enseignement des Humanities et enfermer la formation générale dans des cours standardisés et imposés, c’est priver les étudiants de la possibilité de faire des choix et d’apprendre à être responsables.C’est les infantiliser, infantiliser les professeurs, substituer l’uniformité à la créativité.Ce que Mme Robillard propose, c’est la contre-réforme et non pas le virage vers l’excellence.Les Humanities permettent aux étudiants d’intégrer diverses disciplines et offrent les instruments de pensée indispensables à une ouverture critique au monde.Leur abolition serait une catastrophe sur le plan académique.THE NEW YORK TIMES La réforme vient court-circuiter l’application des programmes d’accès à l’égalité pour les femmes mis en place pour résoudre la discrimination systémique LYNE BOYER MAUREEN DENNIE MARIE DUMOULIN LAURENCE PEDNEAULT Membres du Comité femmes FNEEQ-CSN, et dix-huit femmes membres des Programmes d’accès à l’égalité dans les collèges -.-ii u cours «des prochaines se- Amaines, la ministre Robillard livrera les détails de sa réforme des cégeps, dont plusieurs «hypothèses» ont été dévoilées [____ dans les médias.Sous le couvert de résoudre certains problèmes qui nécessitent manifestement l’application de mesures correctives, ce projet modifie fondamentalement la structure des cégeps et l’organisation du travail des personnels.Ce faisant, il vient court-circuiter l’application des programmes d’accès à l’égalité (PAE) pour les femmes mis en place en vue de résoudre les problèmes de discrimination systémique clairement identifiés.De plus, la réforme aura des impacts sur les étudiantes du réseau collégial.Ces dernières, dont on a pu dire qu’elles étaient les grandes gagnantes de la démocratisation scolaire, deviendront-elles, par un coup de baguette magique mal orchestré, les nouvelles perdantes de cette réforme des cégeps?Depuis plusieurs années, nous avons jugé socialement important de favoriser une plus juste représentation des femmes dans le corps professoral, tant pour assurer l’équité en emploi et redresser une situation discriminatoire que pour assurer aux élèves en formation des modèles qui ne soient pas exclusivement ou majoritairement masculins.Toutes les données récentes concernant le marché de travail démontrent clairement que, si davantage de femmes travaillent, elles demeurent cantonnées dans des emplois socialement moins valorisés.U' projet de réforme modifie la formation générale, notamment par la suppression quasi totale des cours d’éducation physique et la réduction des cours de philosophie, entraînant le licenciement massif des enseignantes dans ces disciplines.Cette mesure referme les portes qu’on avait timidement ouvertes pour les femmes susceptibles d’enseigner dans des disciplines où elles étaient absentes ou sous-représentées, non seulement à court terme mais également à moyen terme.En effet, l’abolition de la notion de discipline d’enseignement prévue par la ministre remet en question les mécanismes actuels de sécurité d’emploi qui existent et favorisent une très grande mobilité de la main-d’oeuvre.Compte tenu que, dans l’ensemble des disciplines d’enseignement, les femmes représentent le personnel le plus précaire, elles vont faire de nouveau les frais de la réforme.Dernières engagées et premières à devoir partir, elles représentent environ 34 % du personnel permanent et 50 % du personnel non permanent enseignant dans les différentes disciplines.Leur progression en termes numériques a été très lente depuis 10 ans et ce, malgré l’implantation dans une dizaine de cégeps de programmes d’accès à l’égalité sur une base volontaire.Alors que ces timides mesures de redressement commencent à peine à porter fruits (en 1985, les femmes représentaient 35 % du personnel enseignant des cégeps comparativement à 39 % à l’heure actuelle), on nous propose un virage dramatique.Ce virage risque non seulement de détruire les faibles gains des femmes en emploi, mais il relègue presque aux oubliettes l’espoir de corriger la discrimination systémique qui affecte les femmes dans le réseau collégial, à moins que ne se manifeste une volonté politique par l’obligation de se doter de PAE.Au lendemain de la réforme, on s’en doute, peu de femmes enseigneront en éducation physique et en philosophie.Mais combien de femmes enseigneront encore en histoire, en géographie, en physique ou en mathématique ?L’expérience de la dernière décennie est on ne peut plus éclairante.Le décret de 1983 a effectué une première saignée au sein du corps professoral: l’augmentation de la tâche de 13 % a évincé plusieurs non-permanentes et a bloqué l’accès à la permanence pour celles qui n’ont pas perdu leur emploi.C’est pourquoi certaines non-permanentes ont aujourd’hui jusqu’à 12 ans d’ancienneté.Il s’agit, déjà là, d’un net et inadmissible recul.Même si l’engagement des femmes pour l’enseignement de l'éducation physique et de la philosophie a progressé, elles ne représentent actuellement que 31 % du personnel enseignant en éducation physique et 22 % en philosophie.Les étudiantes en formation auront peine à s’identifier à des modèles féminins dans ces secteurs traditionnellement masculins.Autant de portes fermées pour la génération actuelle et celle à venir.Au-delà de la perte d’emplois, il nous faut considérer en soi la perte de l’éducation physique en tant que discipline, et prendre enfin conscience de l'apport de cette dernière à la formation des filles au collégial.Elle n’est pas un luxe mais une nécessité.La méconnaissance déplorable du rôle de l’éducation physique et conséquemment du rôle des enseignantes et enseignants de cette discipline aboutira, selon nous, à ces conséquences dramatiques sur le développement des étudiants et, particulièrement, des étudiantes.L’éducation physique n’est plus la «culture physique» ou «l’hygiène» des années 50.Elle favorise le développement complet des élèves autant sur les plans intellectuel, social, moral et émotif, que physique.L’accessibilité pour les filles de niveau collégial à l’éducation physique est un des grands acquis de la réforme Parent.Plusieurs cours répondent plus spécifiquement aux attentes et aux besoins des filles et des femmes: autodéfense, relaxation, apprentissage de sports individuels, de plein air, danse et mouvement, etc.U1 contexte de l’enseignement secondaire ne permet pas cette spécificité et cette diversité dans les choix proposés.11 ne faut pas oublier aussi le rôle des modèles féminins dans les sports et les activités physiques au collégial: en général, l’approche de l’enseignante en éducation physique est différente de celle d’un collègue masculin.De plus, l’expérience du contexte de la mixité dans les cours collégiaux fournit des éléments riches de signification sociale: elle permet des interactions entre les sexes, qui vont susciter de réelles découvertes au niveau émotif et psychologique autant chez les garçons que chez les filles.Pourquoi priver les élèves de cette ouverture à la diversité et de cette exposition à d’autres réalités?Plusieurs générations de femmes n’ont pas eu la chance de s’approprier, lors de ieurs études, cette dimension privilégiée qu’est le rapport au corps, au mouvement; or, cette relation particulière est une condition nécessaire à la confiance en soi et à l’autonomie, éléments importants d’apprentissage, particulièrement pour les adolescentes.Elle permet de développer un vécu concret et un ensemble de références physiques à la base de l’identité.Si cette réforme est faite pour le bien des jeunes, elle le sera, semble-t-il, à leur corps défendant.Une réforme est intéressante si elle corrige des problèmes.Celle qui est proposée nous ramène loin en arrière.Les étudiantes du collégial, qu’on a qualifiées de grandes gagnantes de la démocratisation scolaire, deviendront-elles les nouvelles perdantes de cette réforme?Education physique: la clôture des débats a-t-elle déjà sonné?La recherche du développement intégral de la personne doit devenir la base même de l’éducation physique.PIERRE DEMERS, PH.D.Professeur titulaire Université de Sherbrooke y =! a remise en question de l’éducation physiqqe Lan collégial a été brève et superficielle.Par manque de discernement, à force d’interro^èr l’accessoire.On est passé loin de l’essentie|.Elle n’a été que l'occasion de scruter, à la grosse loupe, le symptôme d’un problème beaucoup plus profond.Les acteurs en présence n’ont pas su examiner lucidement le malaise fondamental.Dans une démarche, que l'on peut qualifier du moindre effort, l’éducation physique et la philosophie n’ont servi que de cibles trop évidentes.Le système scolaire, dès le départ, doit prôner un système d’éducation sans fin.Dans cette perspective, il doit s’interroger sur les valeurs a prioriser.En éducation physique on a dit non, par défaut et sans débat, à la prévention, à la promotion de la santé, à l’éducation physique des jeunes.On s’est plutôt tourné vers, et enfermé dans une technique, une recette, une méthode, une «bébelle», voire dims un système d’autotorture.Depuis toujours, en éducation physique, l’objectif essentiel à atteindre est l’autonomie en matière Je santé, concrètement vécue par une prise en charge individuelle et collective, voire communautaire du bien-être de chacun.Dans cette ligne de pensée, l’éducation physique réussirait à faire un investissement préventif «à long terme».Le rêve serait qu’une populaiton prenne, collectivement, sa santé en mains.L’éducation physique est devenue une matière scolaire alors qu'en réalité, plus en profondeur, elle fait partie du processus de développement personnel qui peut permettre à une personne de devenir plus humaine.Considérée ainsi, elle est humanisante.La base même de l’éducation physique doit devenir la recherche du développement intégral de la personne, à partir duquel elle peut définir et vivre son propre équilibre mental, définir et vivre ses relations avec les autres et ses milieux de vie et conférer des significations à ses expériences de vie, la somme desquelles représente le sens que revêt sa vie.Dans cette perspective, l’éducation physique est essentielle à toute personne, y compris celles qui étudient dans nos collèges.Actuellement, il n’y a pas assez d’éducation physique dans le système scolaire pour parvenir à atteindre une telle éducation globale.N’y en a-t-il pas trop, pour faire ce qu’on fait maintenant?La réponse est, à mon sens, oui.Sans buts d’humanisation, le fractionnement extrême de l'enseignement de l’éducation physique s’accentuera.L’éducation physique est-elle un luxe ou répond-elle à un besoin réel des gens?S’étant définie par ses moyens, on a attaqué ses moyens.Ce sont les buts quelle poursuit par rapport aux résultats qu’elle obtient, à long terme, qu’il faut réussir à évaluer correctement.11 s’agit d’éducation, rapi)elons-le.L- point positif de cette remise en question est d’avoir réalisé que l’éducation physique existe peut-être.pour améliorer la vie des gens.I>es éducatrices et éducateurs physiques doivent recentrer leur questionnement sur le pourquoi de l’éducation physique.Ijes gens doivent pouvoir définir quelles formes leur éducation physique prendra, comment ils la pratiqueront, quand et à quelle intensité.laissons les gens définir leur propre pratique.naturellement, à partir de principes de vie simples.Ne leur imposons pas toute mode qui passe — qu'ils l’incluent, s’ils le désirent.Donc, à partir d’une éducation authentique, visons l’autonomie et la liberté d’action.Toute la population québécoise doit saisir, par contagion, ce message d’autodéveloppement par l’éducation physique.Tout peut concourir à l’éducation physique des gens.Elle se passe avant tout dans leur tête et commence par une simple décision personnelle et consciente dé s’éduquer physiquement pour prendre soin de soi.L'éducation physique possède un potentiel qu’aucun^ autre expérience humaine ne peut offrir.Elle peut aider la personne à se développer dans toutes ses dimensions (physique, sociale, mentale et spirituelle), si les moyens convergent vers ce but.L’éducation physique, au collégial comme à tous lés autres niveaux d’enseignement, doit rectifier son tir.Plutôt que de perpétuer une approche essentiellement axée sur une recherche de performance, y compris dans les apprentissages, c’est vers une démarche éducative réelle qu’il faut se tourner.„ L’ÉQUIPE I)U DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes : à l'information générale et métropolitaine : Claude Beauregard, Sylvain Blanchard.Paul Cauchon, Pierre Cayouette, Jean Chartier, LouisTiilles Francoeur, Louis-Ciuy L'Heureux, Caroline Montpetit, ’ Bernard Morrier, Isabelle Paré, Laurent Soumis, Guy Taillefer, Danny Vear, Jacques ( Irenier et Jacques Nadeau (photographes)-, A l'information culturelle: Michel Belair (responsable), Roland-Yves Carignan, Paule Des Rivières, Marie l-aurier, Robert Lévesque, Odile Tremblay (Le Plaisir des livres); A l'information économique : Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutrisac, Catherine Leconte, Jean-Pierre Legault, Serge Truffaut, Claude Turcotte; A l’information internationale: François Brousseau (éditorialiste et responsable), Jocelyn Coulon, Sylviane Tramier, Clément Trudel; A l'information politique : Josée Boileau, Jean Dion, Pierre O'Neill, Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Vennè (correspondant parlementaire à Québec), Chantal Hébert (correspondante parlementaire à Ottawa); Serge Chaplcau (caricaturiste); A l’information sportive : Yves d'Avignon; Suzanne Marchand (adjointe à la direction), Marie-Josée Hudon, Jean Sébastien (commis), Danielle Cantara, Christiane Vaillant (clavistes), Marie-Hélène Alaric (secrétaire à la rédaction), Isabelle Baril (secrétaire à la direction).IA DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur); Manon Scott, Sylvie Scott, Serge Iaplante (Québec), Rachel Rochefort.(Ottawa).IA PUBLICITÉ Lude Pinsonneault (directrice), Jacqueline Avril, Brigitte Cloutier, Francine Gingras, Johanne Guibeau, Lucie Lacroix, Christiane legault, UseMajor (publicitaires); Marie-France Türgeon, Micheline Tutgeon (maquettistes); Gloria Taillon (secrétaire).L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (coordinatricc des services comptables); Florine Cormier, Céline Furoy, Jean-Guy Incas, Marie-France I-égaré, Raymond Matte, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross.l-inda Thériault (adjointe à l’administration), Raymonde Guay (responsable du financement privé).LE MARKETING ET SERVICE À IA CLIENTÈLE Christianne Benjamin (directrice), Monique Corbeil (adjointe), Nathalie Thabel (responsable du marché institutionnel), Monique L'Heureux, Use Lachapelle, Olivier Zuida, Rachelle Ledere-Venne, Jean-Marc Ste-Marie (superviseur aux promotions des abonnements), Louise Paquette.IA PRODUCTION Robert McDougall (directeur des systèmes in/brmatiques et de la production), Johanne Brunet, Lynda Di Cesare, Richard DesCormiers, Michael Schneider, Louis Simoneau.LES ANNONCES CLASSEES FT IES AVIS PUBLICS Yves Williams (superviseur), Manon Blanchette, Serge César, Dominique Charbonnier, Marlène Cité, Pierre Cotton, Josée Lapointe, Sylvie Laporte, Francine Morvan, Pierrette Rousseau, Micheline Ruelland, Désirée, Szucsany, Marc VigneaulL I.!•: 1) !•: VOIR.I.K M K H C li K I) | 1 7 M A R S 19 9 3 LE DEVOIR ACTUALITES FESTIVAL Shakespeare, le plus joué SUITE DE LA PAGE 1 texte de Gertrude Stein qui avait été écrit en 1938 et conçu pour un opéra.En 1951 à New York, Julian Beck et Judith Malina au Living Theater avaient créé la pièce de Gertrude Stein.Wilson, avec le musicien Hans Peter Kuhn, en fait une alchimie théâtrale.Le Québécois Robert Lepage sera aussi l’une des stars du FTA 93 avec sa trilogie shakespearienne créée à Paris lor.s du récent Festival d’automne.A la Maison de la culture Mercier, Lepage offrira 13 représentations en alternance de ses trois Shakespeare traduits par Michel Garneau, Coriolan, Macbeth et La Tempête.La critique parisienne a été divisée devant ces Shakespeare revisités ou réinventés par Lepage et sa compagnie du Théâtre Repère, où la tyrannie et la démocratie (Coriolan), l’ambition et la violence (Macbeth), l’imagination et le rêve (La Tempête), sont les grands thèmes de cette exploration shakespearienne de Robert Lepage.Le barde.et les Québécois Shakespeare sera l’auteur le plus joué au FTA 93 puisqu'en plus des trois spectacles Lepage le spectacle d'ouverture du festival sera présenté par la troupe du Théâtre National de Craiova qui débarque en Amérique pour la première fois avec Titus An-dronicus mis en scène par Sylviu Purcarete, ce spectacle qui a reçu une moisson de prix, dont le grand prix de la mise en scène lors du dernier gala Uniter tenu à Bucarest.Le Titus Andronicus de Purcarete, qu’on dit particulièrement spectaculaire, sera joué en roumain sur la scène du Théâtre Jean-Duceppe les 27 et 28 mai.Ce Shakespeare rarement joué, l’une des premières pièces du barde, est l’une des oeuvres théâtrales les plus sanglantes et l’on dit que la troupe roumaine a trouvé dans cette oeuvre de haine et de vengeance l’écho de son histoire récente.Le spectacle a fait événement en Roumanie.Après Shakespeare, Tchékhov.On verra au festival une production russe des Trois soeurs mise en scène par Youri Pogrebnichko pour le Théâtre Krasnaja Presnja.Ce théâtre en est un tout petit à Moscou, mais les productions y sont toujours, nous dit-on, d’une grande densité théâtrale.On verra Les Trois soeurs au Gésu, du 3 au 6 juin.De plus, le groupe québécois de l’Opsis créera au FTA une adaptation libre de la première pièce de Tchékhov, Platonov, que Serge Denoncourt va mettre en scène sous le titre Comédie russe.Il s’agit d’une «réappropriation» de la pièce de Tchékhov par Pierre-Yves Lemieux, qui a fait îa même chose avec Shakespeare ou Goldoni.Denis Bernard jouera le rôle de Platonov, ce spectacle sera donné à la Bibliothèque Dawson du 31 mai au 3 juin.Une autre troupe vient de Bucarest, celle du Théâtre franco-roumain qui présentera une variation libre autour de la pièce de Pirandello Six personnages en quête d’auteur.C’est Sophie Loucachevsky qui met en scène ce spectacle créé au Théâtre Bulandra de Bucarest en janvier 92.Loucachevsky a été une assistante d’Antoine Vitez et c’est l’un des metteurs en scène européens les plus inventifs, audacieux.Elle part ici de la trame de base de la pièce de Pirandello pour en faire une réflexion sur le sens du théâtre dans un pays effrayé par son passé, angoissé par son avenir.On verra Six personnages en quête d’auteur à la Maison de la culture Frontenac du 4 au 7 juin.Deux spectacles viennent du Chili, Popol Vuh qui marque le retour du Gran Circo Teatro qui avait présenté La Negra Ester au FTA 89, et Malasangre du Teatro del Silencio de Santiago.Le premier spectacle, mis en scène par Andres Perez Araya, parle des débuts de la civilisation quichée (il sera joué à l’extérieur au Parc Lafontaine du 28 au 31 mai), et le second, mis en scène par Mauricio Celedon, parle de l’itinéraire de Rimbaud (on le verra aussi au Parc Lafontaine du 3 au 6 juin).Du Québec, en plus des Lepage, du Tchékhov de l'Opsis, et d’une reprise du spectacle de Pol Pelletier (Joie créé au Théâtre d’Aujourd’hui cette saison) , on verra la création nord-américaine de la dernière pièce de Bernard-Marie Koltès, Roberto Zucco.On savait que Denis Marleau allait mettre en scène Zucco dans une grande co-production entre le FTA et la Nouvelle Compagnie Théâtrale.On sait maintenant que le décor sera du peintre Michel Goulet et la musique de Denis Gougeon.Le personnage tragique de Roberto Zucco sera interprété par Henri Chassé, et l’on verra dans la distribution Pascale Montpetit, Christiane Pasquieç, Pierre Chagnon et Pierre Lebeau.A la salle Denise-Pelletier les 3, 4 et 5 juin, ce spectacle sera à coup sûr l’un des événements du FTA 93.La pièce fera ensuite partie de la saison 93-94 de la NCT.Un spectacle pour enfants du Car-rousseî, Contes d’enfants réels sur un texte de Suzanne Lebeau (au Théâtre d’Aujourd’hui du 28 au 30 mai), un spectacle espagnol qui faisait partie du festival des jeux de Barcelone, et deux spectacles cana-diens-anglais de Toronto, Frontera Americanas sur les clichés de la latinité et The Lorca Play sur l’univers des femmes de La Maison de Ber-narda, complètent cette cinquième édition.On note une présence des ex-pays communistes avec deux spectacles roumains, une troupe de Moscou, le spectacle de Robert Wilson élaboré avec des étudiants d’art dramatique de l’ex-Allemagne de l’Est.Et une forte présence québécoise avec sept des 16 spectacles.On note aussi la grande tendance d’un théâtre ancien revisité, réapproprié et éclaté, Pirandello, Lorca, Tchékhov servant de références et de points de départ pour d’autres créations, risquées, contemporaines.L’affiche de Josette Trépanier est superbe et significative, ce personnage d’aujourd’hui dans une grande robe d’hier, ce jaune, ce blanc et ce rouge actuels sur une image de personnage à découper.Pour les forfaits, les aubaines et les horaires, on s’adresse à l’Info-festival, au 842-3997.ELECTEURS Plus de 400 sièges pour la droite SUITE DE LA PAGE 1 de l’eau dans son vin, et elle présente un programme qui ne prévoit que quelques allégements des charges sociales des entreprises Eour encourager l’emploi.«Rien de ien bouleversant là-dedans», dit un analyste.Dans une campagne électorale atone, où l’affichage a été si bien réglementé qu’il est inexistant, quelques affiches géantes dominent le paysage urbain: des singes guillerets et qui ont les têtes familières des dirigeants politiques Michel Rocard, Valéry Giscard d’Estaing, Brice Lalonde et Jacques Chirac, accompagnés de la légende: «Oui à la France qui rit».• Ce coup de publicité réalisé pour une compagnie de vêtement réussit à capter un peu de l’esprit de la campagne électorale: dérision politique et cynisme électoral.Sceptiques, les Français s’en vont aux urnes pour rejeter le parti au pouvoir sans être convaincus de la valeur de ceux qu’ils vont installer à la place.Avec des intentions de vote qui se stabilisent autour de 42%, la coalition de droite RPR-UDF s’apprête à rafler plus de 400 sièges de députés sur les 577 de l’Assemblée nationale.Une situation économique de crise et une détérioration constante de la vie politique, minée par les «affaires» politico-financières, ont fortement entamé le crédit de la gauche., Selon le dirigeant de droite Edouard Balladur, donné favori pour le poste de premier ministre, la France connaît sa plus mauvaise performance économique depuis la guerre.«La situation est grave», va-t-il répétant.Et à bien des égards, les Français sont d’accord avec lui.Le chômage atteint près de 10,5% de la population active et frappe 3 millions de personnes, officiellement.Mais bien plus si l’on ne compte pas comme emplois réels les nombreux dispositifs sociaux qui, à coups de stages de perfectionnement, de formation professionnelle, de cours de recyclage, masquent quelque peu la réalité.Et le pire est à venir: les instituts de conjoncture et les dirigeants politiques avaient tablé sur une croissance de 2,6% en 93.Elle ne sera finalement que de 0,5%.Source de croissance, la France a connu une croissance négative au deuxième semestre 92 et s’attend au même résultat au premier trimestre 93.Selon les experts de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), «les perspectives de production des entreprises industrielles au printemps 93 sont aussi dégradées que lors de la guerre du Golfe.» Et le Bureau d’informations et de prévisions économiques (BIPE) prévient que la France «traverse, au tournant des années 92-93, le point le plus creux de Ja conjoncture.» Etranglées par des taux d’intérêts prohibitifs (12% pour les taux à court terme), bon nombre d’entreprises ont mis la clef sous la porte.Les investissements industriels et immobiliers se sont effondrés l’année dernière.«Les difficultés de court terme sont très graves, dit M.Elie Cohen.Même si paradoxalement les données fondamentales sont bonnes: l’inflation est maîtrisée, le solde du commerce extérieur est positif, la rentabilité ne tient pas à des dérapages dans les dépenses de l’Etat, mais plutôt au retard des recettes.» La révision à la baisse des prévisions de croissance va accentuer encore un peu la chute des entrées fiscales et l’envolée du déficit budgétaire à environ 300 milliards de francs (60 milliards de dollars), soit 4% du PIB.Dans ce contexte de marasme économique, de crise financière et de méfiance caractérisée à l’égard des politiciens, la victoire de la droite ne fait pas de doute, mais les lendemains de victoire risquent d’être malcommodes pour la nouvelle équipe dirigeante.Le meilleur espoir de la droite est que les économistes cette fois ne se trompent pas quand ils diagnostiquent une crise conjoncturelle et non pas structurelle du pays.Il pourrait alors y avoir un scénario rose: l’Allemagne, entrée en récession elle aussi, pourrait trouver avantageux de relancer son économie et de baisser ses taux d’intérêt.Avec pour effet de détendre les taux français.Et la reprise de l’activité économique que l’on voit poindre aux Etats-Unis pourrait aussi entraîner la mécanique économique européenne.C’est en tout cas hors de ses frontières que résident les principales solutions aux problèmes français.Les recettes nationales ont déjà été essayées, et personne ne compte sérieusement sur elles.Selon ce «modèle vertueux», le gouvernement de droite n’aurait qu’à attendre pour bénéficier de la relance étrangère.Tout le jeu consiste à ne pas avoir à attendre trop longtemps, car le calendrier politique est pressant: les présidentielles sont dans deux ans.Faudra-t-il voir dans la défaite des socialistes et l’arrivée (je la droite un reflux du rôle de l’Etat?Un retour aux valeurs ultra-libérales à la Thatcher ou à la Reagan?Une sorte d’effet Clinton à l’envers?Non, c’est plus difficile à interpréter, dit un observateur qui croit que les Français sont en réalité ambivalents: acquis au libéralisme économique, mais profondément attachés au socialisme en matière de protection sociale.NATIONAIR Une situation tendue SUITE DE LA PAGE 1 lions$, est passée à 54 millions$ dans les discours des porte-parole, pour finalement atteindre 62 millions$ selon les chiffres avancés par Robert Obadia lors de la conférence tenue vendredi dernier.Ne disposant apparemment d’aucune dette à long terme; le hangar d’entretien propriété de la compagnie serait grevé d’une hypothèque de 4 millions$.C’est sans compter l’hypothèque sur chacun des deux vieux DC8 appartenant encore à Nationair, et le solde de 3 millions$ sur le prêt participatif de 3,5 millions$ consenti par la Société de développement industriel.Ce prêt, octroyé en 1988 dans le but de supporter l’implantation d’un hangar, portait sur un projet de 12 millions!?, dont la valeur aux livres, après quatre ans d’amortissement, atteindrait pourtant les 17 millions!?selon les chiffres officiels avancés par Nationair.Ce hangar constituerait le coeur de l’actif, évalué officiellement à 30 millions!?.Avec un passif de court terme de 62 millions!?, exigible dans sa quasitotalité, la survie de Nationair reposerait sur un report, qualifié de vital et de minimum, de 22 millions$ (en sus des 15 millions$ déjà réglés).S’ajouterait à celui-ci le besoin d’une marge de crédit de 30 millions!?.A l’état des résultats, Nationair a dégagé, l’an dernier, un chiffre d’affaires de 280 millions$ et une perte de 1,8 million$ .selon les déclarations de Robert Obadia.Cette perte s’ajoute à celle de 12,2 millions!?subie en 1991, et à celle de 385 200$ enregistrée aux termes de l’exercice 1990.Cette série de contradictions entre les chiffres avancés par Nationair et les données réelles n’ont pu faire autrement que d’alimenter les tractations.A cet effet, la colline parlementaire a été inondée de rumeurs vendredi, peu avant l’annonce officielle du ministre des Transports.L’une d’elles veut que l’entourage du ministre ait qualifié le plan de redressement déposé par Nationair de «véritable tour de passe-passe».Une autre parlait «d’horreurs soi-disant découvertes dans les états financiers de l’entreprise», dont le versement à M.Obadia de généreux dividendes ayant pour effet de vider l’entreprise de son sang.Selon une source proche du dossier, M.Obadia aurait empoché pas moins de 15 millions$ sous forme de dividendes au cours des cinq dernières années.Toutes ces rumeurs ont été démenties avec véhémence par Robert Obadia.Le président a été toutefois moins convaincant en répondant à une information du DEVOIR voulant 3u’il s’apprête à partir une entreprise ans le marché du cargo advenant la disparition de Nationair.Admettant détenir une license (non encore utilisée) en ce sens, il a répondu par la négative «pour la simple et bonne raison que Nationair ne disparaîtra pas».La confusion règne! «Nous avons été tenus au secret concernant la situation financière réelle de l’entreprise, a lancé Daniel-Yves Durand, un des trois vice-présidents à avoir remis leur démission hier.Dans ce contexte, il était exclu, pour nous, de demeurer la caution morale de l’entreprise vis-à-vis les employés et l’extérieur.» «Ma décision, quoique réfléchie, est spontanée, a renchéri M.Durand.Ma démission est une question de fierté et de réputation.Il est primordial, et ce sont mes exigences professionnelles qui l’imposent, que l’information que je livre soit réaliste et vérifiable.» «Il a trahi la confiance de ses collaborateurs», a ajouté Claude Lévesque.Daniel-Yves Durand (vice-président, Communications), Claude Lévesque (vice-président, Marketing) et Jean Côté (vice-président, Planification des opérations) ont rejoint Luc Trépanier (vice-président, Services en vols), qui fut démis de ses fonctions il y a deux semaines.Tous trois tiennent à préciser que leur dé cision de quitter Nationair avait été prise il y a dix jours.«Nous avions avisé Robert Obadia verbalement.Mais nous préférions attendre la dé cision du ministre des Transports avant de passer de la parole aux gestes, pour ainsi ne pas nuire aux négociations.Après tout, 1300 emplois sont en jeu», a souligné M.Durand.Claude Lévesque parle d’une situation tendue chez Nationair depuis trois semaines au moins et écarte tout parallèle avec une tentative ratée de putsch.«Avec l’appui de tous les vice-présidents, nous avons proposé à M.Obadia certaines avenues de redressement, de restructuration.Nous voulions agir afin de relever la compagnie et avons suggéré au pré sident de se tasser, de nous laisser prendre les choses en main, compte tenu de son impopularité auprès des employés, du gouvernement, des fournisseurs.M.Obadia a pris cela pour un putsch.» Au cours d’une conférence convoquée hier, Robert Obadia a vivement réagi à la démission en bloc de ses trois généraux en les taxant de «personnes apparemment sans moralité, sans éthique».Ils veulent donner l’impression que Nationair est en train de couler, mais c’est totalement faux, a-t-il enchaîné.Il n’a pas exclu le recours à des poursuites, qui pourraient découler de «plusieurs mois d’enquête interne», a lancé M.Obadia, sur les ondes de Radio-Canada.Si Nationair n’est pas en train de couler, selon les dires du président et actionnaire à 90%, le transporteur n’en est pas moins au bord du gouffre.«Le ministre Corbeil a été très catégorique: le gouvernement n’est pas un banquier.Les sommes dues doivent être payées immédiatement», a répété Patrice Miron, attaché de presse du ministre des Transports.Le ministère fera parvenir une directive à tous les transporteurs au cours des prochains jours les enjoignant de respecter les échéances.Les délinquants devront agir immédiatement au risque de s’exposer à des sanctions.«Le gouvernement fédéral est sérieux, insiste Patrice Miron.Le ministère prépare actuellement le terrain en vue d’établir les étapes à franchir.» Dans une lettre remise aux transporteurs le 17 février dernier et fixant au 1er mars l’échéance sur les sommes dues, le ministre a parlé de mesures allant du retrait des droits d’atterrissage sur certains aéroports à la saisie pure et sirqple d’appareils.A Aéroports de Montréal (ADM), une société de gestion qui chapeaute les aéroports de Dorval et de Mirabel, le président, Jacques Auger, a réfuté les rumeurs voulant qu’ADM puisse regarder la possibilité d’acheter le hangar de Nationaiç afin de renflouer le transporteur.«A l’instar du gouvernement, nous ne sommes pas intéressés à jouer le rôle de banquier.» M.Auger s’est refusé à tout commentaire sur la situation financière de son client, qui compte pour 23,4% de l’activité passagers de l’aéroport de Mirabel.«Tout ce que je peux dire, c’est que nous avons été, et sommes des gens très privilégiés par rapport à d’autres.C’est le plus loin que je puisse aller dans mes déclarations, et je m’étire le cou», a-t-il pris soin d’ajouter, tout en précisant qu’ADM disposait d’une bonne équipe de recouvrement des sommes dues.Même scénario d’attentisme à la Société de développement industriel.Claude Meunier, directeur, Développement des affaires, parle d’une vérification constante auprès de l’entreprise.CHAREST Populaire, «même s'il est conservateur» SUITE DE LA PAGE 1 fions de fonds, M.Charest a également cherché à battre en brèche l’idée qui veut qu’un candidat du Québec soit désavantagé.«Il faut que la population canadienne puisse se retrouver dans la personne qui assumera les plus hautes fonctions.On né peut pas parler d’origine dans cette situation-là.Après tout, au PC, on ne peut pas dire qu’on ait abusé de la règle de l’alternance depuis 125 ans.» Il appert cependant que la décision de M.Charest n’a été prise qu’au tqrme d’une réflexion déchirante.«A quatorze heures cet après-midi, (hier), il n’était pas encore fixé», a confié au DEVOIR une source proche du ministre.Selon cette source, c’est vraisemblablement la volonté d’éviter que la course au leadership ne soit terminée avant même son déclenchement qui a finalement convaincu le député de Sherbrooke de poser sa candidature.Dans les milieux concernés, on évoque en outre la visibilité nationa- le que donnera à M.Charest une lutte à deux, même s’il semble partir avec un retard considérable.Cette course s’annonce d’ailleurs des plus ardues pour le jeune ministre, qui ne compte jusqu'à maintenant sur l’appui, au Québec, que d’une vingtaine de députés, dont deux ministres qui ne sont pas véritablement des poids lourds du gouvernement.Pierre Cadieux, ministre d’État aux Sports amateurs, était présent hier au souper-bénéfice du PC.On attendait par ailleurs le ministre des Transports et responsable de l’île de Montréal, Jean Corbeil.M.Charest devra donc chercher à faire le plein d’appuis à l’extérieur du Québec, où la «campbellmanie» ne laisse pas d’irriter plusieurs conservateurs.On sait que le premier ministre de l’Alberta, Ralph Klein, a déjà manifesté son soutien au ministre de l’Environnement.Quatre députés de l’extérieur du Québec étaient aussi présents hier soir.L’annonce de M.Charest mettait par ailleurs fin, à Sherbrooke, à de Plus de vingt pays font maintenant la promotion du «testament biologique» Économisez jusqu'à 40$ par année Abaissez la température du thermostat de 20 C à 1 7 C durant la nuit.ËCOKIIjO 333 KILO PAUL CAUCHON LE DEVOIR Le président-fondateur de la Fondation «Responsable jusqu’à la fin», Yvon Bureau, croit que la responsabilité d'informer un patient des traitements qu’il reçoit devrait être transférée à l’établissement de santé plutôt que d’être placée sous la seule autorité du médecin traitant «Si le directeur général d’un établissement reçoit ce mandat, il voudra voir à ce que l’hôpital fasse tout son possible pour bien informer le patient de traitements majeurs, ne serait-ce que pour éviter d’éventuelles poursuites, explique-t-il.Toute l’équipe soignante aurait ainsi le mandat de gérer l’information auprès du patient, ce qui enlève une énorme responsabilité sur les épaules d’un seul médecin».Yvon Bureau milite depuis plusieurs années pour faire reconnaître les droits du mourant, dont le droit de recevoir une information adéquate et le droit de refuser les traitements qui prolongent indûment la vie.I ravailleur social oeuvrant au Centre François-Charon à Québec, Yvon Bureau recevait, il y a deux semaines, le Prix d’excellence de l’Association canadienne des travailleurs sociaux pour le Québec, et la fondation qu’il préside organise aujourd’hui le premier colloque québécois sur les volontés de fin de vie, qui se tient à l’hôpital Louis-H.Lafontaine à Montréal.Promoteur du «testament biologique», ou «directives de fin de vie», il explique qu’aujourd’hui plus de 20 pays en font la promotion, et aux Etats-Unis plus de 80% des Etats l’ont légalisé.Le colloque permettra d’examiner les applications concrètes de ce document ainsi que les réticences qu’il suscite.«Au Canada, ce document n’est pas légalisé, mais il n’est pas illégal non plus, explique M.Bureau.En fait, il respecte l’esprit de la loi, dont l’article 19.3 du Code civil qui dit que l’on doit tenir compte des volontés déjà exprimées lorsqu’on décide au nom de quelqu’un de confus».Le testament biologique, qui est qpparu à la fin des années 60 aux Etats-Unis, est un document dans le- quel une personne exprime sa volonté face aux soins et traitements qu’elle aimerait recevoir dans le cas où elle serait gravement malade et incapable de manifester ses choix.«Il est préférable de le signer en présence d’une ou deux personnes en qui on a confiance, ajoute M.Bureau.On peut le signer n’importe quand, avec son testament ordinaire ou lorsqu’on entre à l’hôpital pour des traitements majeurs.De plus en plus d’hôpitaux en tiennent compte, mais il faut insister».«Plusieurs personnes croient qu’en entrant à l’hôpital elles signent un chèque en blanc pour laisser les médecins tout faire, continue-t-il.Mais ce n’est pas vrai.Il faut insister pour placer ces directives de fin de vie dans le dossier médical.Ixs gens ont très peur de servir de cobayes, de ne pas être respectés, de perdre leur dignité.Ces directives expriment un droit de refus de traitement, et le droit de ne pas souffrir même si ça peut abréger la vie».Ces directives énoncent le droit d’avoir toute information sur tout traitement, ainsi que le droit à un consentement éclairé.nombreuses heures de spéculations au cours desquelles chacun semblait avoir quelque chose à dire sur ce qui allait se dérouler plus tard en soirée.Le quotidien La Tribune avait contribué à alimenter la.machine à rumeurs en publiant en manchette, dans son édition d’hier, que, après les désistements de Perrin Beatty et Don Mazankowski, «Charest songe aussi à reculer».L’intense «période de réflexion» que le ministre affirmait poursuivre encore lundi soir était d’autant plus surprenante, notait le journal, qu’il invitait, il y a quelques jours à peine, les membres de la presse parlementaire «à venir casser la croûte à Sherbrooke» hier.Ce qui était cependant clair, écrivait de son côté l’éditorialiste Jacques Pronovost, c’est que la tendance prononcée de l’establishment conservateur à rallier le camp Campbell plaçait le ministre dans «une souricière» comparable au combat de «David contre Goliath».Pour M.Pronovost «on ne pouvait imaginer pire scénario pour le député de Sherbrooke en ce 16 mars».Par ailleurs, dans la population, la décision «tant attendue» suscitait bien des interrogations, mais également des opinions bien arrêtées.Les quelques personnes rencontrées au hasard par LE DEVOIR dans les rues de Sherbrooke ont unanimement dit espérer que Jean Charest se lance dans la.course, ne serait-ce que pour le prestige de la chose.et de la ville.Toutefois, elles n’étaient pas toutes convaincues qu’il allait le faire.Principaux motifs invoqués: «Il sait déjà que Kim Campbell va le battre à plate couture» et «il est encore trop jeune».Dans Sherbrooke la circonscription, on s’entend cependant pour affirmer que le ministre de l’Environnement est extrêmement populaire, «même s’il est conservateur».Sa présence et, très certainement, la rumeur de sa participation à une course au leadership ont permis au PC local de passer à 3000 membres, un sommet au Québec.Même Brian Mulroney, dit-on, n’a jamais réussi une telle performance dans son propre comté.Ce qui a fait dire au président de l’Association conservatrice de Sherbrooke, Paul Milliard, qu’«un comté de 3000 membres, c’est un comté de premier ministre».Jean Charest a maintenant trois mois pour lui donner raison.
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