Le devoir, 20 mars 1993, Cahier D
LE DEVOIR tri.Entre les lignes Page D2 Livres jaunis Page D4 Le bloc-notes Page D5 D„.J**.n__ Parcours d'un écrivain Page D6 ?LIVRES Monique Proulx 25.Entre l’angoisse Hv\ ° et l’exaltation ËJ.MARIE-CLAIRE GIRARD WÊ:r ’était une petite fille brillante qui jouait avec son ballon en se racontant des histoires pendant tout l’été.Maintenant elle vient d’écrire son troisième livre, Homme invisible à la fenêtre aux éditions du Boréal où elle met en scène un peintre en chaise roulante entouré t1?" d’une faune hétéroclite d’êtres humains.Ce livre, selon l’aveu de Monique Proulx, est l’hommage à un ami.«J’ai été obligée de m’intéresser à la peinture, dit-elle, et cela m’effrayait, moi je suis profane en ce domaine.Mais j’ai toujours envié ce geste primaire des peintres; cette ¦ douloureuse démarche.La possibilité qu’ils ont de jouer avec la couleur, avec leurs instincts, comme des enfants.Peintre, j’aurais été une ex-pressioniste attardée à la Egon Schiele.» •\ ¦ L’écriture de Monique Proulx se ^approche de l’expressionisme, quand on y pense un peu, pleine de , couleurs, d’excès, cherchant à traverser les apparences.Et sa matière de prédilection, ce sont les êtres humains.Elle aime être effrayée lorsqu’elle écrit, choisissant un narrateur masculin, peintre, en chaise roulante, à travers duquel elle se livre entièrement, quoique de façon clandestine.Ce qui lui procure angoisse et exhaltation.Tout juste débarquée de Floride (pour se retrouver dans une immense bordée de neige), Monique Proulx déclare ne pas trouver les pays de soleil très stimulants.Originaire de Québec, elle habite Montréal depuis dix ans.Métropole qu’elle trouve merveilleuse et effrayante, la seule ville où elle se sent capable de vivre mais à qui elle reproche sa laideur innommable, qui lui insupporte.«Je ne sais pas, continue-t-elle, où les Montréalais puisent la lumière qui est en eux.Nous sommes des survivants sur un atoll, presque en voie d’extinction, ce qui nous confère sans doute cette force incroyable.Née à Québec, je suis l’esclave de sa beauté Monique Proulx vient d’écrire son «livre de lucidité».géographique, de son bord de fleuve fabuleux, de ses paysages sauvages.Je ne l’oublie jamais.A Québec il y a l’appel de l’infini, à Montréal l’horizon n’existe pas.» Quand on lui demande si une hérédité d’écriture existe dans sa famille, elle parle de son père qui a écrit deux romans dans les années cinquante avant de déserter le journalisme pour devenir fonctionnaire, laissant tomber par le fait même tout le côté imagination qui habitait sa vie.Monique Proulx a elle aussi été fonctionnaire pendant trois ans.Un jour, elle a tout abandonné pour se consacrer à l’écriture et au cinéma.Et son deuxième livre, Le Sexe des étoiles sera bientôt un film, donnant des visages aux personnages de cet extraordinaire roman où la petite Camille, férue d’astronomie, doit composer avec un père transsexuel.VOIR SUITE PAGE D-2: PROULX Alfred DesRochers jj- I.E I) E V 0 11$.I, E S S A M E I) I 2 0 E T I) I M A N (' Il E 2 I M A H S I «>
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