Le devoir, 3 avril 1993, Cahier A
US DEVOIR Vol.LX X XIV - No 78 LES ARTS Le cinéma américain à l'heure des remakes PAGE C-l M O N T R K A L .LES S A M E I) I 8 E T 1) I M A N (' Il E I A V RII.1 0 » 3 I (’ A HIERS- 1.3 0 S + T I’ S ?T V Q L'ÉCONOMIE LIVRES La BNa une longueur d'avance # ll/jVl Les poètes québécois pour le Trust Général ^w bitume PAGE B-l IMOUTARDEI PAGEDl POLITIQUE Bourassa prêt à des concessions sur l'affichage PAGE A-4 PERSPECTIVES Référendum Inc.Chantal Hébert Qu’est-ce que la Banque Royale, la compagnie minière Noranda et les principaux fabricants de médicaments au Canada ont en commun ?Ce sont tous de gros commanditaires de la campagne référendaire orchestrée par le gouvernement fédéral l’automne dernier.Des chiffres compilés par Election Canada révèlent que c’est sur le bras des grandes entreprises que le comité référendaire du gouvernement fédéral a mené sa campagne en faveur de l’accord de Charlottetown.Des sept millions de dollars et des poussières reçus par le comité fédéral pour financer ses activités, 1% seulement venait de simples citoyens.Par comparaison, l’ensemble des institutions financières et l’industrie minière ont contribué plus de la moitié de la somme.Et c’est l’Association canadienne des manufacturiers de produits pharmaceutiques qui arrive en tête du classement avec un don de plus de 200 000$.Le référendum pancanadien de l’automne dernier aura donc été la deuxième aventure électorale de grande envergure des chefs d’entreprises du pays.Lors de l’élection de 1988, ils avaient fait très publiquement campagne en faveur du traité canado-américain de libre-échange.Mais à l’automne de 1992, les sondages montraient que les Canadiens n’étaient pas d’humeur à se faire bousculer par leurs élites, quelles qu’elles soient.Selon tous les experts, la population promettait d’être plus sensible aux arguments avancés par des personnalités moins associées à l’administration en place à Ottawa.En septembre dernier, le président du Conseil national des entreprises Torn D’Aquino déclarait donc que son groupe jouerait un rôle modeste dans la campagne référendaire.Il n’y aurait pas, annonçait-il entre autres, de vastes campagnes dans les médias en provenance du secteur des affaires.Jusqu’à cette semaine, on aurait pu attribuer à la récession la retenue du monde corporatif.Mais les coffres de Bay Street 1% n’étaient finalement pas si vides que ça.seulement en Pour l’essentiel, le comité fédéral du OUI a dépensé les géné-provenance reuses sommes versées par les entreprises.pour sa publicité télévides citoyens sée.Certains des influents commanditaires du OUI fédéral ne se sont pas contentés des coulisses référendaires.La Banque Royale qui a englouti 100 000$ dans la caisse du OUI s’est également payé sa propre sortie référendaire fracassante.Chiffres en main, son président-directeur général était venu prévenir que le Québec indépendant auquel un NON ouvrirait à son avis la voie mènerait deux millions de personnes au chômage ou à l’émigration.Sa consoeur et co-commanditaire, la Banque impériale de Commerce avait surenchéri avec le prognostic d’une économie paralysée par un résultat négatif le 26 octobre.Tout cela confirme finalement que le référendum de l’automne dernier s’est déroulé dans la plus pure tradition canadienne.En 1942, des distilleries patriotiques avaient financé le plébiscite qui avait mené à la conscription.Cinquante ans plus tard, le gouvernement fédéral avait pondu une loi référendaire à l’ancienne mode.La loi fédérale ne prévoyait ni subvention gouvernementale aux camps du OUI et du NON ni limite aux contributions.Au Québec, où le cadre référendaire est plus rigide, le portrait est bien différent.Récemment, on a noté avec parfois un peu d’amusement que Bombardier et Power ont versé la moitié des contributions individuelles au camp du OUI.Mais la loi québécoise est telle qu’il a fallu qu’une douzaine de personnes associées à ces sociétés accumulent les dons individuels pour en arriver à un total conséquent.Au bout du compte, les doux géants corporatifs québécois sont parvenus à donner environ 30 000$ au camp du OUI, soit l’équivalent d’une poignée de trente sous par rapport à ce qui se passait de l’autre côté de l’Outaouais.Les particuliers québécois par contre ont été plus généreux que ceux du reste du Canada.Ils ont donné de leur poche 251 471$ à la campagne référendaire qu’ont menée Robert Bourassa et Jacques Parizeau au Québec.Leurs compatriotes canadiens ont versé à peine 70 000$ à la cause à laquelle l’ensemble de leurs élites, à commencer par tous leurs premiers ministres, se sont associées.Au bout du compte, bien sûr, le gouvernement fédéral a perdu et les grands patrons semblent avoir gaspillé leur argent.Mais c’est une perte sèche dont certains ont déjà des raisons de se consoler.Par exemple, moins de deux mois se sont écoulés entre l’effort référendaire exemplaire des fabricants de médicaments et l’adoption, au rouleau-compresseur du projet le plus convoité par leur association, c’est-à-dire le projet de loi C-91 sur les brevets pharmaceutiques.INDEX jsmx Les Actualités .A2 Idées Agenda culturel .Cl 2 livres Annonces classées.JS Le Monde .,A(> Les Arts .Cl Montréal .A3 Météo Avis publics.B7 Mots croisés.,.B7 Nuageux.Économie .,B1 Politique .A4 Max.: +3.Éditorial .A10 Les Sports.Détails en B7 Pour Charestj les objectifs canadiens doivent primer tHflWCTi Enjeux nationaux d’abord, compétences provinciales ensuite MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le candidat au leadership conservateur Jean Charest ne voit pas comment les provinces peuvent faire cavalier seul dans les domaines qui forment les grands enjeux de l’époque, dont la relance de l’emploi et l’éducation, même lorsqu’il s’agit de compétences exclusives provinciales.«Les grands enjeux débordent les juridictions», a déclaré M.Charest hier devant 200 partisans conservateurs à Québec.Chaque niveau de gouvernement doit mettre ses juridictions et ses outils propres au service d’objectifs communs».Se réclamant d’un «nationalisme moderne» qu’il «aimerait incarner», le ministre fédéral propose «une approche et un leadership qui vont chercher à définir des objectifs pour l’ensemble du pays» aussi bien «sur le plan de l’économie, la PHOTO PRESE CANADIENNE Jean Charest s’adressait hier à 200 partisans conservateurs à Québec dette et le déficit, sur le plan de l’emploi, sur le plan de la formation et de l’éducation».Il veut que ces objectifs soient définis autour de la même table par «tous les grands partenaires».Il ne s’agit pas de se «substituer» aux provinces dans leurs champs de compétence, a-t-il précisé, même si les objectifs nationaux seraient définis y compris dans des champs de compétence exclusive provinciale, comme l’éducation.Voir aussi Le fédéral aura sa politique culturelle.A-4 L’éditorial de Lise Bissonnette sur la formation de la main-d’oeuvre.A-10 Pour illustrer son approche, il parle d’abord des problèmes financiers de l'Ontario.L’ampleur de son déficit inquiète le Canada tout entier et aura des effets sur l’économie du pays dans son ensemble.«Ce n’est pas que leur problème à eux, dit Charest.Il faut faire en sorte que l’enjeu du déficit et de la dette publique interpel- VOIR PAGE A-12 : CHAREST Un voyage d’un milliard pour Eltsine UHUTU AU Le président russe s’est adressé aux journalistes juste avant de prendre l’avion qui devait le mener à Vancouver hier.C’est aujourd’hui et demain qu’a lieu le sommet entre les présidents russe et américain.Petite mise, gros enjeu Pour Eltsine, l’avenir de la démocratie en Russie n’a pas de prix Vancouver sera le cadre ce week-end d’un sommet américano-russe dont pourrait dépendre, pour une large part, l’évolution de la politique de réformes engagée par le président russe Boris Eltsine.Pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants de la SYLVIANE TRAM1ER LE DEVOIR es déclarations d’appui et les gestes symboliques de soutien de l’Occident n’ont pas fait défaut à Boris Eltsine au cours des dernières semaines.Mais à WPRiver, le président russe attend de Bill Clinton qu’il aille au-delà des symboles.En dépit des promesses faites dans le passé, l’aide occidentale tarde à se matérialiser.Les institutions financières hésitent toujours à aider un pays politiquement instable.Des 24 milliards de dollars que les pays du G-7 avaient promis à Boris Eltsine il y a un an, un peu moins de la moitié est parvenue à destination.Interrogé à son départ de Moscou sur l’utilité d’une aide américaine d’un milliard de dollars, il a rétorqué que «l’Allemagne avait eu besoin de 100 milliards de dollars pour bataille politique qui se joue à Moscou, et du rôle que les Occidentaux souhaitent et peuvent jouer dans le processus de démocratisation de la Russie et des pays de l’ex-Union soviétique, nous avons demandé l’avis de spécialistes de ces questions.Voir en page A-8.se débarrasser du monstre communiste.» C’est pourtant à peu près 1 milliard de dollars que Bill Clinton aurait à, offrir au président russe.Aujourd’hui, à Vancouver, les Etats-Unis vont dévoiler l’ensemble de nie-sures qu’ils ont mises au point en vue d’aider la Russie à sortir de la situation économique chaotique où elle se trouve.Il est principalement question de débloquer des montants déjà votés par le Congrès américain, mais non encore utilisés.Cela a l’avantage de rendre ces sommes immédiatement disponibles.Le plan d’aide d’urgence américain comprendrait 700 millions de dollars affectés par le Congrès pour l’exercice budgétaire 1993-94 et une aide exceptionnelle de 500 millions supplémentaires pour l’exercice en cours.La Mai- VOIR PAGE A-12 : VANCOUVER Ottawa veut jouer un rôle de premier plan en éducation CHANTAL HÉBERT DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Le gouvernement fédéral est à mettre au point une stratégie pour prendre en main la direction des orientations en matière d’éducation au pays.Même si ce secteur constitue une chas-se-gardée constitutionnelle des provinces, Ottawa envisage de s'y donner un rôle de premier plan.Il caresse notamment le projet de créer un ministère des «ressources humaines» et de lier les milliards de dollars qu’il verse chaque année aux provinces pour financer l’éducation à leur performance eu égard à des objectifs pancanadiens.C’est ce qu’indique un document interne préparé pour le cabinet fédéral à la mi-février et dont LE DEVOIR a obtenu copie.Intitulé Stratégie fédérale sur l’apprentissage, et rédigé en anglais, ce document fait valoir que les Canadiens ont actuellement soif de leadership en matière d’éducation.Selon les conseillers fédéraux, Ottawa est bien positionné pour étancher cette soif.«Le gouvernement fédéral a une occasion d’agir et de jouer le rôle de catalys-te», peut-on lire.Pour ce faire, le projet de stratégie fédérale comporte essentiellement trois grands volets: • la mise en place d’objectifs et de cibles pancanadiens à atteimkcuui mnliè-re de performance scolaire et éducative; • la vérification des résultats par le 1 biais d’examens pancanadiens ponctuels pour mesurer la performance du système.VOIR PAGE A-12 : OTTAWA Bouchard en a assez Bourdon dépasse les bornes, selon lui JOSÉE BOILEAU LE DEVOIR Lucien Bouchard est en furie.Passe encore que des députés péquistes appuient publiquement des candidats à l’investiture du Bloc québécois.Passe encore qu’ils travaillent activement en leur faveur.Mais en envoyant une lettre à des délégués pour dénoncer le processus de sélection du Bloc dans le comté de Mercier, le député péquiste Michel Bourdon a dépassé les bornes, dit M.Bouchard.Et il ne mâche pas ses mots pour le remettre à sa place.«Je dénonce cette intervention inacceptable et indue, a indiqué hier au DEVOIR Lucien Bouchard.Je n’ai pas fondé le Bloc québécois et traversé trois années de désert pour voir le Bloc inféodé par des barons locaux!» Depuis maintenant plusieurs jours, le torchon brûle dans le comté montréalais VOIR PAGE A-12 : BOUCHARD L’heure d’été Il ne faut pas l’oublier : c’est ce premier week-end d’avril, dans la nuit de samedi, que toutes les horloges et montres doivent faire un saut d’une heure vers l’été.Et Hop! i » I E I) E V 0 j II , I.E S S A M EDI 15 ET I) I M A X C II E I A V 15 I I.I !» !) :5 LES ACTUALITES EN BREF ?LES MUNICIPALITÉS SONGENT À TARIFIER CERTAINS SERVICES (PC) — Devant la forte réticence des citoyens à toute hausse de taxes, les municipalités envisagent de plus en plus le recours à la tarification pour certains services.Au congrès de l'Union des municipalités du Québec, à Montréal, le système de la tarification comme mesure pour générer des revenus a fait l’objet de débats intéressés.Compteurs à eau, loisirs municipaux, cueillette des déchets domestiques dangereux, taxes réduites lorsque le volume des ordures ménagères diminue, tarification pour les nouvelles infrastructures dans de nouveaux quartiers; plusieurs services municipaux y passent Nombreux sont les élus municipaux qui y voient une voie d’avenir en matière de fiscalité municipale, puisqu’il s’agit en même temps d’une responsabilisation du citoyen, d’une forme d’éducation au coût réel des services utilisés.LES ETUDIANTS EN SOINS INFIRMIERS FONT BONNE FIGURE LE DEVOIR — Québec a émis hier de nouveaux indicateurs qui révèlent que les élèves du programme collégial de soins infirmiers font meilleure figure que ceux des techniques de bureau et d'informatique.De fait, des données préliminaires démontrent que le taux de réussite (réussite de trois quarts des cours) de ces étudiants était de 67%, contre seulement 55% pour les élèves inscrits aux programmes de techniques de bureaux et d'informatique.Cette année, l'évaluation du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Science ne portait que sur trois programmes techniques donnés dans une quarantaine d'établissements au Québec.L'an dernier, Québec avait rendu publique pour la première fois la performance des cégeps dans les programmes de sciences humaines, de sciences de la nature et de techniques administratives.La revue de cette année porte en fait sur environ 15 000 élèves inscrits aux trois programmes techniques les plus fréquentés et les plus offerts dans les cégeps de la province.Un examen des taux de «diplô-mation» révèle qu'après trois ans, seulement le tiers des inscrits en soins infirmiers en 1986 avaient obtenu leur diplôme d'études collégiales (DEC).Cinq ans plus tard, ce taux passe toutefois à 66%.Les cheminements des étudiants en techniques de bureau sont nettement plus longs, seulement 17% d'entre eux ayant terminé leurs cours après le délai de trois ans prévu, et 36% après cinq ans.Université de Montréal co (/> o i Pour un Québécois moderne, l'anglais est un «must».La Faculté de l’éducation permanente offre des cours de 3 crédits le soir.Coût : 243,25 $ Conversation English Conversation EÜEESÜH Writing Woritshop Affaires Business English : Oral Communication Santé English tor Health Care Professionals Date limite d’inscription Le lundi 19 avril Renseignements (514) 343-6090 La Faculté de l'éducation permanente offre également des cours de français langue seconde.Les patients québécois continueront à recevoir l’AZT La mise en doute de l'efficacité du médicament sème la consternation ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Les résultats d’une vaste étude européenne démontrant l’inefficacité de l’AZT chez les personnes séropositives a semé stupeur et consternation hier dans les milieux médicaux et chez les patients au Quebec et à travers le monde.A la clinique L’Actuel de Montréal, où plus de 3000 personnes atteintes du virus VIH et du sida sont traitées par des médecins, le téléphone a sonné sans relâche toute la journée hier.«Ça a un impact effroyable sur les patients qui prennent l’AZT, le téléphone n’arrête pas de sonner depuis ce matin», a commenté hier le Dr Réjean Thomas, spécialiste du sida.Le résumé de l’étude qui sera publiée dans la très célèbre revue médicale britannique The Lancet démontre que l’utilisation précoce de l’AZT — vendu sous le nom commercial Retrovir — chez les porteurs du virus n’aurait pas d’effet sur la progression de la maladie.Amorcée en 1988 auprès de 1749 patients séropositifs, l’étude a calculé la progression de la maladie chez deux groupes de patients, l’un recevant l’AZT et l'autre un place- bo.Dans les deux groupes, on a observé que le rythme de progression de la maladie était similaire.Après trois ans, 8% des personnes recevant l’AZT étaient décédées et 7% de celles recevant le placebo.Malgré tout, tous les spécialistes du sida interrogés hier à Montréal ont indiqué qu’ils continueront à administrer l’AZT à leurs patients séropositifs et ne changeront pas d’un iota leur traitement.Le programme gouvernemental de distribution de l’AZT piloté par l’Hôtel-Dieu de Montréal aux 1700 patients atteints du VIH ou du sida au Québec ne changera pas non plus ses politiques.«L’article met seulement en cause l’efficacité de l’AZT quand il est utilisé chez les patients séropositifs qui présentent plus de 500 TC4 (globules blancs).Au Québec, le médicament n’est administré que lorsque le taux de TC4 descend en deçà de 500», a expliqué hier le Dr Raymond Beaulieu, directeur régional pour le réseau national des essais cliniques VIH.Bref, le traitement à l’AZT au Québec n’est disponible que pour les personnes dont le système immunitaire a déjà subi une certaine détérioration.Selon le Dr Thomas, de la cli- «Ça a un impact effroyable sur les patients qui prennent T AZT, le téléphone n’arrête pas de sonner depuis ce matin», a commenté hier le Dr Réjean Thomas, spécialiste du sida.nique L’Actuel, il faut interpréter cette étude avec prudence.Ce dernier émet d’ailleurs des réserves sur sa fiabilité, compte tenu que des patients du groupe placebo ont reçu de l'AZT par moments pour des raisons humanitaires.Cela a pu flouer les résultats, croit le Dr Thomas.«Il semble que 38% des patients du groupe placebo ont reçu de l’AZT à un moment ou l’autre.Tout cela n’est pas très clair.» Peu importe, rappelle-t-il, l’étude ne remet nullement en cause l’efficacité de l’AZT chez les sidéens ou même chez les patients séropositifs à un stade plus avancé.Au surplus, l’AZT est maintenant rarement administré seul, les médecins ayant recours à des combinaisons de médicaments.Mêmes réserves de la part du Dr Mark Wainberg, directeur du Centre d’études sur le sida de l’Université McGill et du programme sur le sida de l’Hôpital général juif.«L’AZT demeure un médicament très important.Cela a prolongé la vie de milliers de patients à travers le monde.Il faut aussi comprendre que le traitement à l’AZT est maintenant combiné à d’autres, dont le ddC et le ddl.» Bref, si l’efficacité de l’AZT seul est questionnée à un stade très précoce de la maladie, son efficacité de façon combinée n’est pas remise en question, a-t-il insisté.Il faudra attendre la Conférence internationale sur le sida de Berlin en juin prochain pour en savoir plus long sur les tenants et aboutissants de cette étude et ses effets sur le seul traitement disponible à ce jour pour ralentir la progression du virus du sida.Ailleurs aux Etats-Unis, les autorités médicales ont aussi réagi prudemment et recommandent d’attendre avant de faire tout changement ù la pratique médicale en cours.A Genève, le Dr Joep Lange, du programme mondial sur le sida de TOMS, a souligné que la combinaison des médicaments demeurait la piste d’avenir pour ralentir la progression du sida.L’AZT fut le premier médicament autorisé en 1987 pour prévenir le développement du sida chez les patients infectés par VIH.Depuis, d’autres médicaments dont le ddC et le ddl sont utilisés.Un nouveau vaccin est à l’étude au Canada pour remplacer ou compléter l’AZT chez les patients asymptomatiques.Un composé anti-sida, le 3TC, produit par Biochem et Glaxo, est aussi testé à l’heure actuelle auprès d’environ 800 patients au Caqada — dont 70 à Montréal —, aux Etats-Unis et en Europe.L’enquête sur les groupes ésotériques Hydro-Québec ne regarde pas à la dépense CATHERINE LECONTE LE DEVOIR La direction d’Hydro-Québec ne regarde pas à la dépense quand il s’agit de combattre l’idée que, selon l’expression de son porte-parole Guy Versailles, «Hydro-Québec serait une boîte de crack-pots».Même si la vaste enquête interne qu’elle a lancée sur la pénétration de groupes ésotériques dans ses rangs n’a mis en évidence qu’un taux d’environ un crack-pot pour 3000 employés ou 0,03%, ce qui pourrait être considéré comme statistiquement très bas.A ce jour, huit vérificateurs d’Hydro-Québec ont travaillé d’arrache-pied pendant trois semaines pour ne trouver que huit personnes (parmi lesquelles cinq cadres, dont au moins un cadre supérieur) appartenant ou ayant appartenu à des groupes ésotériques suspects, parmi les quelque 27 000 employés permanents et temporaires de THy-dro.«L’extraordinaire effort qui a été consenti semble hors de proportion avec le résultat obtenu, reconnaît Guy Versailles, mais c’est au regard de l’ampleur des doutes soulevés par cette affaire qu’il faut mesurer ça».Au moment où Hydro-Québec est engagée dans le processus de réorganisation de ses effectifs qui ne se fait pas sans tensions internes, et où elle multiplie les intia-tives et consultations publiques pour rentrer dans les bonnes grâces de l’opinion, «ce serait trop bête que quelque chose comme ça vienne bousiller le moral des troupes à l'interne et compromettre la confiance de la population», explique M.Versailles.Outre leurs salaires réguliers (48 000$ pour trois semaines), les huit professionnels du service de la Vérification générale d’Hydro-Québec qui enquêtent sur,«l’Ordre du temple solaire», «les Editions Atlanta» et autres «Académie de recherche et de la connaissance des hautes sciences» ont facturé 12 000$ de temps supplémentaire, a indiqué M.Versailles, depuis que le président du conseil d’Hydro-Québec, Richard Drouin, a ordonné cette enquête à la suite de révélations des médias.Sans compter les frais d’informatique et de location de locaux que «pour des raisons de discrétion», il a fallu louer à l’extérieur d’Hydro-Québec pour y mener des entrevues avec une trentaine d’employés impliqués ou témoins d’activités suspectes: le tout pour une somme additionnelle de 7000$.L’enquête n’est pas terminée, le rapport final étant attendu pour le 8 avril.Mais selon le rapport préliminaire rendu public avant-hier, elle n’a pas permis de déterminer jusqu’ici s’il y a eu favoritisme dans l’octroi de contrats ou dans l’embauche d’employés ou de consultants.Après vérification systématique de quelque deux millions de transactions passées depuis 1987 avec des fournisseurs de biens et services, il appert que seuls Atlanta et l’ARCHS ont reçu des paiements d’Hydro-Québec, pour un montant total de 5400$.Au chapitre d’éventuels détournements des ressources de l’entreprise, on signale une employée qui a consacré une bonne partie de son temps à la réception d’appels téléphoniques reliés aux activités de TOTS durant ses heures de bureau, et douze réunions tenues dans les locaux d’Hydro-Québec, après les heures d’affaires, par la poignée de membres de TOTS qui ont été identifiés.Université de Montréal Faculté de l'éducation permanente DEVELOPPEZ DE NOUVELLES APPROCHES CERTIFICAT DE GÉRONTOLOGIE Spécialement conçu pour les intervenantes et intervenants impliqués dans le milieu, ce programme de qualité vous permettra d’approfondir vos connaissances en gérontologie.Par ce certificat, vous pourrez accroître vos capacités profession nelles et développer une vision renouvelée de vos interventions auprès des personnes âgées.DATE LIMITE D'ADMISSION i LE 1" JUIN 11 Renseignements : 3744, rue Jean-Brillant 3e étage Métro Côte-des-Ncigcs (514) 343-6090 1 800 363-8876 LE PERFECTIONNEMENT RECONNU Hausse étonnante des dons d’organes ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Histoire de réduire les listes interminables de patients en attente, Québec-Transplant a décidé de revoir ses politiques et de mettre le gros prix pour inciter les hôpitaux à dépister des donneurs et à prélever des organes.Acculé à une baisse importante de donneurs Tan dernier, l’organisme responsable de la coordination du prélèvement et du transport des organes à travers le Québec a décidé d’offrir aux hôpitaux 500$ pour chaque donneur identifié et 4500 à 5000$ pour chaque prélèvement d’organes effectué.Québec-Transplant a au surplus fait le grand ménage de ses structures en 1992, triplant le nombre de ses coordonnateurs, ouvrant un bureau à Québec pour rehausser l’efficacité de son action.Tout cela, dans l’espoir de prendre d’assaut les listes d’attente qui, elles, croissent plus rapidement que le nombre de donneurs.Résultat: au cours des trois premiers mois de 1993, on a obtenu 30 organes de plus que Tan dernier.Une hausse de 58%.«Il s’agit de combler un besoin de remboursement et pas d’un incitatif commercial ou d’un achat d’organes», a insisté hier Mme Colette Dionne-Birks, directrice de Québec-Transplant.L’organisme se défend bien de vouloir augmenter les dons en retour d’espèces sonnantes et trébuchantes.Mme Dionne-Birks voit plutôt en cette politique une façon de rembourser les hôpitaux sous-financés pour les coûts importants qu’entraînent la référence de donneurs et le prélèvement d’organes.«Avant, le donneur était la responsabilité d’un médecin, ou d’une infirmière, laissé à lui-même dans un hôpital.Il faut tenir compte du fait que les hôpitaux sont serrés à la gorge et que le maintien d’un donneur entraîne des coûts significatifs.Ce n’est qu’une façon d’éliminer les entraves au don d’organes», a dit Mme Dionne-Birks, précisant que personne ne «faisait d’argent» dans ce nouveau contexte.Cette dernière a soutenu que la générosité démontrée de la part des 106 hôpitaux qui peuvent identifier un donneur au Québec avait atteint un certain «plafonnement».Le budget de Québec-Transplant, entièrement versé par le mi- nistère de la Santé et des Service sociaux, atteindra cette année 900 000$, dont 500 000$ iront au remboursement des hôpitaux et 200 000$ aux frais de transport des organes donnés.Après une croissance fulgurante, Québec-Transplant a connu des difficultés Tannée dernière, encaissant une baisse de 96 à 66 donneurs.«On avait les mains vides», de dire Mme Dionne-Birks ajoutant que son budget amélioré permettra d’être beaucoup plus rapide et efficace dans la logistique de ces opérations complexes.Environ 530 personne sont en attente d’un donneur au Québec.La situation se détériore puisque 41 personnes sont mortes Tan dernier avant d’avoir pu faire l’objet d’une greffe, comparativement à 22 en 1991 et 32 en 1990.«Nous voulons non seulement éliminer les décès, mais répondre au besoin de tous ces autres qui attendent des organes compatibles», soutient la directrice de Québec-Transplant.Le Québec est la seule province canadienne à procéder ainsi pour l’instant, mais il semble que ses voisines reluquent sérieusement cette nouvelle façon de faire.Rencontre «constructive» sur la gestion des déchets DANNY VEAR LE DEVOIR Une loi spéciale permettant la tenue d’une enquête publique sur la gestion des déchets pourrait être adoptée rapidement et mise en place dès Tété prochain, est convaincu le Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets.Sensible à l’idée d’une loi spéciale, le ministre de l’Environnement, Pierre Paradis, a discuté hier avec les membres de ce groupe écologique qui, il y a un mois, occupait son bureau dans l’espoir d’une rencontre qui s’est concrétisée.«Tout s’est déroulée dans un climat constructif», a dit Liliape Cot-noir, présidente du PCQGED, qui milite en faveur d’une enquête sur la gestion des déchets depuis un an., A son tour, le ministre leur a demandé de le convaincre que l’adoption d’une telle loi est toujours possible dans le cadre de la présente session parlementaire.A l’occasion d’une nouvelle rencontre qui se déroulera à Québec mercredi, des avocats près du FC-QGED expliqueront au ministre de quelle façon il serait possible qu’il adopte à la vapeur une loi spéciale.Selon le Front commun, la loi spéciale pourrait être en vigueur dès le 24 juin.En plus d’une enquête publique, les groupes écologiques demandent que soit imposé un moratoire sur l’agrandissement et l’établissement de tout nouveau site d’en- fouissement au Québec.En ce sens, les groupes écologiques devront convaincre les premières touchées par un moratoire: les municipalités du Québec.Le ministre Paradis ne compte pas leur imposer un moratoire contre leur gré.«Il faut que le monde municipal soit d’accord avec nos actions», a souligné Sylvie Marier, la porte-parole du ministre.Des municipalités du Québec -Montréal est un exemple- ont déjà réclamé qu’une enquête ait lieu sur le sujet et qu’un peu d’ordre s’installe dans la gestion des déchets au Québec.«On continue nos représentations auprès des organismes représentants les municipalités», a indiqué la présidente du Front Commun.CESSATION D'ACTIVITES STOCK DE PLUSIEURS MILLIONS DE DOLLARS TOUT DOIT PARTIR RAPIDEMENT! 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exaspération atteint un nouveau sommet chez les porte-parole de la communauté blanche PAUL CAUCHON LE DEVOIR Dure semaine pour les citoyens d’Oka et de Kanesatake, alors que la division règne chez les Mohawks et que l’exaspération atteint un nouveau sommet chez les porte-parole de la communauté blanche.«Nous sommes complètement vidés, tout Oka est dans un état dépressif» de dire Michel Beaulne, président de la Chambre de commerce d’Oka qui avait lancé en novembre dernier un «cri d’alarme» censé faire débloquer la situation.«Nous avons encore cru aux belles paroles des politiciens et rien ne bouge» ajoute-t-il, alors que lundi prochain la crise d’Oka en sera à sa 1000e journée, en prenant comme date fatidique le 11 juillet 1990, date de l’assaut de la SQ.La Chambre de commerce doit se réunir la semaine prochaine pour discuter des actions à prendre et on pourrait décider de tenir une manifestation à Montréal, une idée qui avait déjà été évoquée.M.Beaulne n’apprécie pas l'attitude au bureau du premier ministre du Québec, alors que le conseiller de M.Bourassa, John Parisella, avait promis de nommer une personne responsable du dossier d’Oka en février, ce qui n’a pas encore été fait.Plus fondamentalement, M.Beaulne constate qu’il y a «trop d’intervenants dans le dossier, personne ne se comprend, personne ne se parle».Il en donne comme exemple la subvention de 1,5 millions annoncée récemment pour «guérir les blessures psychologiques» des Mohawks de Kanesatake.«Le fédéral a gaffé, c’est le nouveau ministre des Affaires indiennes Pierre Vincent qui a décidé tout seul sans consulter.S’il avait annoncé qu’il accordait 1,5 millions pour relancer l’économie chez les Mohawks, personne n’aurait chialé».Jean Jolicoeur, président de l’Association des propriétaires à l’intérieur de Kanesatake, n’en revient d’autant pas que son association avait mis en place en début d’année un service d’aide psychologique aux citoyens de la région, service offert bénévolement par un psychothérapeute.Michel Beaulne reproche également au gouvernement fédéral de ne pas tenir ses promesses puisque le nouveau ministre Vincent avait promis de rencontrer les gens d’Oka en février, ce qui ne s’est jamais concrétisé.Les Blancs d’Oka constatent qu’aucune mesure parti- culière n'est mise en place pour relancer l’économie de la région, et qu’on ne cherche pas à améliorer la sécurité dans le secteur.En ce qui concerne la négociation territoriale la situation demeure toujours contuse.Travaux publics Canada, mandaté par le ministère des Affaires indiennes, continue à présenter des offres d’achat aux propriétaires blancs, mais les négociations sur la façon de redonner ces terres aux Mohawks est bloquée depuis décembre.Pour le fédéral, l’utilisation de ces terres et des ces propriétés achetées aux Blancs seraient confiées aux Mohawks alors que la terre demeure propriété de la Couronne, un mécanisme vu comme «provisoire, et sans préjudice par rapport au statut final de l’ensemble des terres» selon une porte-parole du ministère, avant qu’on passe à une autre phase de la négociation.Le conseil de bande de Kanesatake veut plutôt négocier tout de suite l’ensemble du territoire de la Seigneurie des Deux-Montagnes, jusqu’à Mirabel.Jean Jolicoeur va plus loin en remarquant qu’à ce jour la plupart des sommes versées en compensation et pour l’achat de terres l’ont été sans l’intervention de la table de négociation, ce qui lui permet d’ajouter que la discussion à cette table, qui regroupe des représentants municipaux, autochtones et des deux gouvernements supérieurs, est menée en pure perte.La situation se complique encore par la controverse politique à Kanesatake.Le chef Jerry Peltier du Conseil de bande à écrit cette semaine à ses troupes pour évo-uer la possibilité d’un référendum qui lui permettrait e mieux concentrer le maximum de pouvoirs entre ses mains.Deux membres du conseil de bande ont quitté le.conseil et Jerry Peltier est contesté par plusieurs membres de sa communauté.Ainsi Roger Simon, un Mohawk qui tente de mettre sur pied une Chambre de commerce de Kanesatake, qualifie M.Peltier de «dictateur pire que Duplessis», et il estime que les «traumatismes» pour lesquels on vient d’annoncer une aide financière sont bien plus liés à la situation actuelle à Kanesatake qu’aux séquelles de la crise de l’été 1990.«Des jeunes énervés font peur à tout le monde, on.entend des tirs de mitraillette, des automobiles sont volées, on s’introduit par effraction dans les maisons, des femmes se font houspiller, il n’y a plus aucun contrôle» explique-t-il.La tempête: mieux vaut laisser fondre La «stratégie de saison» permettra des économies de 6 millions$ DANNY VEAR LE DEVOIR Montréal rit jaune lors d’un poisson d’avril blanc.Ses goussets, elle doit les ouvrir bien grands au lendemain de la tempête du 1er avril.En raison de ce petit imprévu météorologique, elle devra débourser entre 1 et 1,2 million$ pour les travaux de déneigement des rues montréalaises.Hier, charrues, souffleuses et camions de déneigement ont circulé dans Montréal.«On enlève le plus gros», explique Marcel Chouinard, porte-parole du services des Travaux publics de la Ville.Quelque 31,2 centimètres de neige sont tombés sur Montréal en moins de 24 heures.Il s’agit de la plus lourde précipitation depuis le 3 avril 1975.Ce jour-là, il était tombé 25,7 centimètres en moins de 24 heures.Une fois la première opération de déneigement terminée, Montréal adoptera une stratégie de saison.Elle compte sur le printemps qui arrive et le soleil qui réchauffe pour éliminer les congères qu’auront laissées les charrues.C’est simple.On laissera la neige fondre au soleil.Montréal croit ainsi qu’elle épargnera quelque 6 mil-lions$.«Le chargement, c’est toujours la partie la plus dispendieuse d’une opération de déneigement», explique Marcel Chouinard.Montréal a la vie dure depuis le début de l’année.Du 1er janvier au 19 mars, il est tombé 184 centimètres de neige sur la ville.En conséquence, elle a dépensé environ 39 millions pour son déneigement depuis le 1er janvier.Ses prévisions budgétaires de 1993 consacrent 57 millionsS au déneigement.En 1992, le budget de déneigement s’élevait à 58 millionsS.Dans les faits, quelque 49 millions ont été dépensés.En novembre et décembre 1992, à peine 16 centimètres de neige étaient tombés sur Montréal.En dépit de la chute de neige légère de la fin de soirée, hier, la météo semble au rendez-vous.Selon Environnement Canada, la température devrait varier entre 6 et 9 degrés au cours des prochains jours.Le temps sera ensoleillé.De telles conditions assureraient une fonte de la neige au rythme d’environ 10 centimètres par jour.Discrètes, des équipes d’employés municipaux ont repoussé la neige obstruant les puisards au cours de la journée d’hier.Cette opération permettra un écoulement efficace de cette eau.Une seule exception: Montréal chargera la neige à des endroits stratégiques, tels les hôpitaux, les entrées des stations de métro ou les artères commerciales.PHOTO JACQUES GRENIER Tout le monde s’en serait bien passé.mais il a bien fallu sortir une autre fois les pelles à la suite de la tempête.È**v ; ^ A» Porté disparu en Haïti, il est retrouvé à.Montréal Port-au-Prince (PC) — Un jeune Québécois de 19 ans, porté disparu en Haïti depuis quelques jours, a été retrouvé au pays.Il s’agit de Jean-Sébastien Gratton, de Laval, qui avait été porté disparu le week-end dernier.Il était allé en Haiti visiter des amis habitant le vilage de Mont Rouis, à environ 100 kilomètres au nord de la capitale haïtienne.Les parents de M.Gratton, Jean et GALERIE SIMON BLAIS 4521, rue Clark suite100 Montréal (514) 849-1165 CL «Cho gravures jus Mardi au samedi de 9h30 à 17h30 et sur rendez-vous PAUL OUTIER ses de Lumière» et peintures récentes qu’au 17 avril Micheline Gratton, avaient pris l’avion en direction de Haïti dimanche dernier, dès qu’ils ont appris la disparition de leur fils.Ils sont revenus au Québec hier, a indiqué le consul canadien à Port-au-Prince, Torn Morson.M.Gratton se rendait fréquemment en Haiti depuis une dizaine d’années avec sa famille.«y v Invitation SpéciaCe A TOUS LES FIDELES À LA CATHÉDRALE MARIE-REINE-DU-MONDE ?le MERCREDI SAINT, 7 avril, à 20h00, la MESSE CHRISMALE sera concélébrée par plus de 300 prêtres sous la présidence de l'archevêque de Montréal Monseigneur Jean-Claude Turcotte ?le JEUDI SAINT, 8 avril, à 20h00, la Cène du Seigneur sera présidée par Monseigneur Pierre Saint-Cyr, curé de la Cathédrale -le VENDREDI SAINT, 9 avril, à 15h00, la méditation du Chemin de la Croix sera animée par Monseigneur André-Marie Cimichella, évêque auxiliaire à 17h00, Monseigneur Jude Saint-Antoine, évêque auxiliaire présidera l'Office du Vendredi Saint ?le SAMEDI SAINT, 10 avril, à 20h00, Monseigneur Jean-Claude Turcotte présidera la Veillée Pascale ?le DIMANCHE DE PÂQUES, 11 avril, à llhOO, la messe de la Résurrection sera présidée par Monseigneur Pierre Saint-Cyr, curé de la Cathédrale ‘j £?(Pour informations, appetez au 866-1661 ' À -Si ORCHESTRE DE CHAMBRE McGILL Chef d’orchestre: ALEXANDER BR0TT IGOR OISTRAKH, violon MOZART: Deux concertos pour violon LE LUND112 AVRIL à 20 h § § Billets: 25 S-18$ § en vente à la Place des Arts Renseignements: 842-2112 fi Salle Wilfrid-Pelletier OU Place des Arts Trois mois pour relocaliser une garderie! L'Office des services de garde stupéfié JOSÉE BOILEAU LE DEVOIR La garderie Rosemonde, du cégep de Rosemont, a reçu vendredi dernier une lettre qui a causé tout un choc: un avis d’éviction pour le 1er juillet, signé de la direction du collège.Déjà les évictions sont rares dans le monde des garderies, et encore plus pour des garderies qui, comme Rosemonde, sont implantées depuis 15 ans et ont excellente réputation.Mais avec un délai de seulement trois mois pour lever les pattes, c’est du jamais vu. l’Office des services de garde à l’enfance, qui a été avisé seulement hier de la situation, on était stupéfié de la nouvelle.«Il y a un important problème de locaux pour les garderies à Montréal.Il a fallu au moins six mois et parfois jusqu’à deux ans pour relocaliser une garderie dans les quelques cas d’éviction que nous avons eu à traiter jusqu’à maintenant», expliquait la porte-parole de l’Office, Mme Sylvie Charbonneau.À l’Office, on s’expliquait d’autant moins la situation que les garderies en milieu de travail sont une priorité et que l’entreprise est considérée comme partenaire de la garderie.Personne ne s’attend à ce que l’entreprise la laisse tomber du jour au lendemain.La situation est d’autant plus délicate que les budgets de relocalisation de l’Office sont tous alloués d’ici 1995.«Mais il est clair ici qu’il s’agit d’un cas d’urgence.Nous n’avons jamais laissé fermer une garderie, surtout pour un tel motif.Il n’est pas exclu non plus que nous intervenions auprès du collège», d’indiquer Mme Charbonneau.Le porte-parole de la direction du cégep, M.Louis Lavoie, expliquait de son côté que des raisons financières incitaient le collège à agir ainsi.«Le collège n’a plus assez de locaux pour dispenser la formation et il faut en louer à l’extérieur, ce qui coûte très cher, surtout à la suite des compressions budgétaires annoncées par le gouvernement la semaine dernière.Il faut donc nous tourner vers notre mission première et laisser tomber les activités périphériques.» M.Lavoie indique notamment que le cégep loue des locaux similaires à ceux de la garderie sur la rue Fullum au coût de 61 000$ par année alors ue le loyer de la garderie Rosemon-e ne rapporte que 2200$.Le calcul est donc simple à faire et pour le reste, le cégep ne fait qu’appliquer la clause d’éviction prévue au bail: trois mois.«C’est moi qui ai négocié le bail, dit M.Lavoie, et je ne suis pas un expert en garderie.Si ce n’était pas un délai assez long, il fallait me le signaler avant.» La direction se dit maintenant prête à allonger le temps alloué et a aider la garderie dans ses démarches.Mais il est très clair qu’il faut qu’elle parte.«Notre responsabilité première, dit M.Lavoie, c’est l’éducation.Entre la formation de 70 chômeurs et 45 enfants, nous choisissons les chô-, meurs.C’est douloureux, mais c’est comme ça.» À la garderie, qui compte 45 en-j fants de 18 mois à cinq ans, le coor-; donnateur Serge Blais indique que; les parents et les 18 employés sont; sous le choc.! «Des rumeurs circulaient depuis! quelque temps, mais la direction! nous avait dit qu’il ne fallait pas! s’énerver avec ça», note M.Blais.j Celui-ci garde toutefois espoir que; l’entrée en fonction d’un nouveau directeur du cégep à la mi-avril permet-! tra un retournement de situation.! Université de Montréal Faculté de l’éducation permanente UN ATOUT MAJEUR DANS VOTRE CARRIÈRE CERTIFICAT UNIVERSITAIRE EN DROIT OFFERT LE SOIR Ce programme d’une grande rigueur vous propose une initiation au droit général, droit des affaires ou droit public, selon vos intérêts.Une occasion privilégiée d’acquérir des connaissances sur les aspects fondamentaux du droit et de développer un esprit analytique utile au traitement des dossiers à incidence juridique.TYois certificats vous conduisent à un baccalauréat RENSEIGNEMENTS: Faculté de l'éducation permanente 3744, rue Jean-Brillant, 3e étage Métro Côte-des-Neiges Montréal : (514) 343-6090 Extérieur : 1 800 363-8876 DATE LIMITE D'ADMISSION i LE 1" MAI 1993 LE PERFECTIONNEMENT RECONNU \ L E I) E V « I R .E E S S A M E I) I A E T I) 1 M A .V C II E 1 A V R I L I !) !l A LE DEVOIR POLITIQUE EN BREF ?JUSQU’À 3 MILLIARDS$ PERDUS EN RAISON D’UN ABRI FISCAL Toronto (PC) — Ottawa et les provinces perdent jusqu’à 3 milliards$ par an du fait d’un abri fiscal mis en place par le gouvernement conservateur fédéral en 1985, a révélé hier la firme comptable Ernst and Young.Entre 1985 et 1990, environ 46 mil-liards$ de gains en capital déclarés ont été admissibles à i’exemption à vie, soit près de 8 milliardsS par an, démontre le-rapport de M.Satya Poddar, responsable des services sur les politiques fiscales.«Ceci équivaut à un coût annuel moyen de 2,5 à 3 milliardsS pour les gouvernements fédéral et provinciaux, c’est-à-dire plus de deux fois le montant initialement prévu par le gouvernement fédéral.» UN NUMERO DE TÉLÉPHONE POUR REJOINDRE CAMPBELL Toronto (PC) — Iæs Canadiens qui veulent «bâtir une société meilleure» sont invités à «contacter» directement Kim Campbell en signalant le numéro 1-900-5615-K1M.Mais soyez prévenus: votre vision du Canada coûtera 50 cents la première minute et 35 cents pour les minutes supplémentaires.Et vous ne pourrez pas la faire connaître à la candidate à la succession de Brian Mulroney avant qu’on vous ait d’abord demandé de faire un don au Parti conservateur, cartes Visa ou Mastercard acceptées.Ensuite, on vous offrira de devenir membre, de travailler comme bénévole ou.de répondre à la question de la semaine, laquelle est présentement: «Comment- selon vous réduire le déficit?» Lors du dévoile ment de la ligne téléphonique, hier à Toronto, la ministre Kim Campbell a indiqué quelle avait pour but de «permettre aux Canadiens de contribuer à bâtir l'avenir du Canada».MERCREDI DEPLORE L’INERTIE DE LA COMMISSION ROYALE Ottawa — Le chef national de l’Assemblée des Premières Nations, Ovide Mercredi, déplore l’inertie de la Commission royale sur les peuples autochtones à offrir des solutions concrètes pour régler les besoins pressants des autochtones.La commission rendait public hier un deuxième document de réflexion intitulé Am coeur du dialogue.Ce rapport identifie les nombreuses pommes de discorde qui caractérisent les relations entre autochtones, là population canadienne et les gouvernements.Le rapport avance certaines pistes de solutions au sujet de l'autonomie gouvernementale, par Exemple, mais il ne propose aucune recommandation concrète, ce qui iriet M.Mercredi en furie.En l’ab-Sence d’un cadre constitutionnel, il craint que le statu quo ne s’enracine.Le fédéral aura sa politique culturelle Beatty assure qu’il respectera les responsabilités particulières du Québec MICHEL HEBERT PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le ministère fédéral des Communications devrait avoir sa propre politique culturelle et accentuer sa présence dans tous les domaines artistiques au Canada.Le ministre Perrin Beatty a fait savoir, hier, qu’il endossait cette recommandation du comité des Communes sur les communications et la culture en précisant toutefois qu’en matière culturelle, le fédéral devra respecter les responsabilités particulières du Québec en ce domaine.«Le gouvernement, écrit-il, doit faire en sorte que les structures législatives, réglementaires et poli- tiques offrent aux Canadiens la possibilité de rêver, de réfléchir et d’agir de façon créatrice et ce, dans toutes les disciplines artistiques et dans toutes les sphères culturelles».Le ministre Beatty convient de la nécessité de voir tous les paliers de gouvernements, les mécènes et la communauté culturelle canadienne jouer un rôle dans la promotion et le financement des arts.«Les responsabilités particulières du Québec en ce qui a trait à la protection et à la promotion de sa culture doivent être reconnues», ajoute-t-il prudemment.Le comité des Communes recommande qu’une politique canadienne sur la culture devra comporter un volet sur les arts et les artites, y compris les arts du spectacle, visuels et littéraires, sans oublier l’artisanat.Cette politique devra aussi tenir compte des industries culturelles, notamment la programmation d’émissions radiodiffusées, la production cinématographique et vidéographique, l’enregistrement sonore et l’édition.La préservation du patrimoine, les galeries d’arts, les musées, les sites et les édifices historiques devront aussi trouver place dans cette politique culturelle fédérale.Dans le strict domaine des communications, la politique fédérale portera sur la radiodiffusion, y com- pris la radio, la télévision, la radiodiffusion par câble et par satellite.Cette politique culturelle comporterait également un volet sur la téléphonie, la télécopie, la transmission directe de données et les communications par satellite.Le fédéral compte aussi encourager «une participation et une présence équitable des peuples autochtones, des minorités culturelles et des femmes au chapitre de la programmation et de l’emploi dans les secteurs culturels et de communications».S’il n’est pas prêt à augmenter de 5% par année l’enveloppe budgétaire consacrée à la culture, «le gouvernement appuie fermement» la création d’un programme de mesures incitatives destinées à susciter un important mouvement de philanthropie et de bénévolat à l’appui des activités culturelles au Canada.Le rapport du comité des Communes, intitulé Les Liens qui nous unissent, demandait également au gouvernement de modifier le nom du ministère des Communications.Il apparaît maintenant plus approprié aux parlementaires de l’appeler ministère de la Culture et des Communications.Le terme «communication» recouvre déjà toutes les facettes de l’expression culturelle, a répliqué le ministère.Dossier linguistique Le PQ opterait pour le statu quo PRESSE CANADIENNE Le Conseil général du Parti québécois sera invité au cours du week-end à plonger dans le dossier linguistique en adoptant des mesures musclées pour faire respecter la Charte de la langue française.Mais les quelque 400 délégués réunis à Place Bonaventure pourraient plutôt opter pour le statu quo, que favorise la direction du parti au lieu des actions précises que voudraient faire adopter les péquistes de la circonscription de Groubc.«Je ne pense pas que la question va dominer les débats», a déclaré dans une interview téléphonique M.Pierre Boileau, directeur général du PQ.En lieu et place, on souhaite une sérieuse discussion sur deux questions sociales: l’éducation et la pauvreté chez les femmes.Seulement quatre propositions émanant des associations locales ont abouti au conseil général, dont deux portent sur la langue.Dans un premier temps, les péquistes de Groulx (nord de Montréal) veulent que l’aile parlementaire du parti «dénonce le moratoire décrété par l’Office de la langue relativement au statut linguistique de la ville de Ro-semère», quelle «exige du gouvernement l’application intégrale de la Charte de la langue» et que l’opposition officielle à l’Assemblée nationale appuie «officiellement» toute personne ayant recours aux tribunaux pour faire respecter la loi 101.Mais c’est plutôt la proposition de la circonscription de La Pinière que les délégués pourraient retenir puisqu'elle traduit, sans s’en être inspirée, la position de la haute direction.Cette association située à Brossard, sur la rive sud de Montréal, suggère que le PQ «s’abstienne de tout débat sur la langue compte tenu que la priorité doit être accordée à l’économie québécoise».Information Ville de Montréal Assemblée du Conseil municipal La prochaine assemblée du Conseil de la Ville de Montréal aura lieu le lundi 5 avril 1993, à 14 heures, à la salle du Conseil de l'hôtel de ville, 275, rue Notre-Dame Est, Montréal (métro Champ-de-Mars).Parmi les points inscrits à l'ordre du jour de cette assemblée, le président du Conseil souligne les suivants: Travaux au réseau de conduits souterrains (5 318 008,10 $).Projets de convention entre la Ville et les organismes suivants: - Motivation-Jeunesse 16/18 inc.- Association latino-américaine de Côte-des-Neiges inc.- Conseil de la communauté noire du Québec inc.Centre des femmes de Montréal - Pavillon d'éducation communautaire Hochelaga-Maisonneuve inc.- Association jamaïcaine de Montréal inc.- Club Ami - École Mont Saint-Antoine inc.Projet de modifications au Règlement sur les districts électoraux.Les assemblées du Conseil sont publiques et comportent une période de questions.Toute personne qui désire poser une question à un membre du Conseil, au cours d'une assemblée, doit s'inscrire en se présentant au hall d'honneur de l'hôtel de ville, dans les 30 minutes qui précèdent le début de l'assemblée.Il est aussi possible d'adresser une question écrite à un membre du Conseil, soit en la faisant parvenir directement au greffier de la Ville, 275, rue Notre-Dame Est, bureau 15, Montréal H2Y 1C6, soit en remplissant la formule disponible dans tout bureau Accès Montréal.Le membre du Conseil dépose sa réponse lors d'une assemblée du Conseil et une copie est transmise à la personne qui a posé la question.Montréal, le 3 avril 1993 Le greffier de la Ville, Léon Laberge PHOTO JACQUES NADEAU Le premier ministre Robert Bourassa a refusé, hier, de rencontrer la vingtaine de journalistes montréalais qui l’attendaient à son bureau d’Hydro-Québec en début d’après-midi.Seule une séance de photos a été autorisée.Bourassa prêt à des assouplissements concernant l’affichage extérieur PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Robert Bourassa est disposé à consentir à la communauté anglophone des assouplissements concernant l’affichage commercial extérieur.Président du caucus des députés libéraux, Marcel Parent a dégagé cette conclusion des entretiens qu’il a eus hier avec le premier ministre.«Je pense que M.Bourassa, dans le domaine de l’affichage, est prêt à certains assouplissements», a déclaré le député de Sauvé à l’issue de cette rencontre à laquelle a également participé William Cusano, le whip en chef de l’aile parlementaire.Des propos des deux députés, il ressort que la question linguistique a dominé les entretiens.Ije premier ministre s’est informé de la réaction de ses députés à l’égard de l’Avis du Conseii de la langue française, selon lequel l’affichage bilingue devrait être permis pourvu qu’il soit limité aux petits commerces.Les confidences que le président du caucus a refilées à la presse s’inscrivent dans le sens des propos du ministre responsable de l’application de la Charte de la langue française, Claude Ryan, pour qui la recommandation du Conseil de la langue française sur l’affichage ouvre des pistes qui pourraient permettre des «ajustements».Il reste à savoir si ces assouplissements nécessiteront des modifiera- A Université de Montréal Diplôme d’études supérieures en toxicologie ETUDES A TEMPS PARTIEL La Faculté des études supérieures offre un programme interdisciplinaire de 30 crédits, étalé sur deux ans et menant à un D.E.S.S., dans les domaines de la toxicologie industrielle, environnementale, agroalimentaire et des médicaments.Objectifs Par l’intégration des connaissances, les candidats seront capables de reconnaître le rôle et l’apport des différentes disciplines dans la solution de problèmes complexes et dans l’évaluation des risques toxiques propres à leur domaine de pratique.Préalables Détenir un diplôme de 1er cycle, soit en biologie, en chimie ou en sciences de la santé, et posséder une expérience pertinente et suffisante dans un domaine connexe.Date limite pour présenter une demande : 7 mai 1993.Renseignements : tr (514) 343-5889 fions à la loi 101 ou émaneront simplement de modifications à la réglementation.En parlant de «solutions ponctuelles», M.Ryan a donné l’impression que c’est seulement la réglementation qui serait remaniée.Il est par ailleurs acquis que les assouplissements envisagés par le premier ministre Bourassa ne visent pas à permettre le bilinguisme intégral, un membre de son entourage ayant confié au DEVOIR que quelle que soit la solution retenue, le gouvernement devra quand même avoir recours à la clause dérogatoire.Au cours de la discussion, M.Bourassa s’est également demandé quelle serait la réaction des députés francophones nationalistes si le gouvernement décidait de modifier et d’assouplir les modalités entourant l’obtention du statut bilingue pour les municipalités qui en font la demande.Sur cettte dimension de la politique linguistique, comme sur les autres, le président et le whip du caucus se sont efforcés de donner l’heure juste à leur chef, de lui décrire les appréhensions et préférences qui alimentent les angoisses socio-linguitisques des députés.Quoi qu’il en soit, M.Marcel Parent estime que le premier ministre ne s’est pas encore fait une idée précise et définitive des solutions qu’il proposera au conseil des ministres.Cette rencontre avec la presse a permis de faire le point sur la santé de M.Bourassa, en qui les deux députés ont trouvé un homme «en pleine forme, en pleine possession de ses capacités physiques et mentales, très dynamique et enthousiaste».I^e premier ministre a repris le rythme régulier de ses activités au bureau de Montréal.Le moment de son retour à l’Assemblée nationale n’est pas encore arrêté.Il ne participera j)as au caucus sur la langue que tiendront ses députés, mercredi prochain à Québec.Il parti-cipera par ailleurs au cocktail-bénéfice de son association de comté, le 19 avril dans Saint-I.auront.Sa jjarticipa-tion au conseil général des 27 et 28 avril demeure incertaine.Il retournera en début de mai à l’Institut national de la santé de Washinton, où il a rendez-vous avec le Dr Rosenberg, qui lui communiquera les résultats de ses traitements.Le Parti Égalité pourrait lancer une campagne de désobéissance civile PRESSE CANADIENNE Québec — Le Parti Égalité somme le gouvernement Bourassa de modifier la loi 101 dans le sens exigé par la communauté anglo-québécoise.Sinon, cette communauté va se retourner massivement vers le Parti Égalité lors du prochain scrutin, a averti hier le chef du parti, Keith Henderson.M.Henderson a même,prédit que dans ce cas, le Parti Égalité pourrait détenir la balance du pouvoir à l’Assemblée nationale grâce à l’élection de six à dix députés.Son rôle pour faire modifier la Charte de la langue française par l’Assemblée nationale serait alors déterminant.Le Parti Égalité analyse aussi la possibilité de demander aux Anglo-Québécois de défier toute politique linguistique qu’ils jugent contraire à la Charte des droits mais «aucune décision officielle n’a encore été prise à cet égard», a fait remarquer M.Henderson.Lors d’une conférence de presse qu’il a donnée en compagnie de ses députés Robert Libman (D’Arcy-McGee) et Neil Cameron (Jacques-Cartier), M.Henderson a expliqué que d’ici la mi-mai, le Parti Égalité entend mobiliser la communauté anglo-québécoise pour forcer le gouvernement à modifier la loi 101 au-delà des «faibles» recommandations du Conseil de la langue française.«Si le gouvernement ne le fait pas, qu’il soit prévenu que les Québécois anglophones vont protester encore plus fort qu’en 1989 lorsque viendront les prochaines élections, générales», a dit le chef du Parti Égalité.I.e Parti Égalité rejette d’emblée l’idée qu’au dernier moment, les électeurs fédéralistes vont automatiquement se ranger derrière les libéraux de Robert Bourassa pour éviter une division qui favoriserait le Parti québécois.«Nous avons trop souvent entendu cette m.», a réagi rageusement le député Neil Cameron au journaliste qui émettait cette hypothèse.Le Parti Égalité entend aussi exiger d’Ottawa, et notamment des candidats à l’investiture conservatrice, qu’ils s’engagent à utiliser le pouvoir de désaveu du gouvernement fédéral pour annuler toute loi linguistique votée par l’Assemblée nationale par le biais de la clause dérogatoire.«Il n’y a pas de loi qui aille plus à l’encontre de l’esprit canadien» que la clause dérogatoire, a soutenu M.Henderson.Les recommandations sévèrement critiquées M.Henderson et ses deux collègues ont par ailleurs critiqué sévèrement les recommandations du Conseil de la langue française publié plus tôt cette semaine.L’avis du Conseil de permettre le bilinguisme juste pour les petites entreprises «est une insulte à l’histoire de la société québécoise et à l’esprit de tolérance des Québécois», a dit M.Henderson.De plus, la suggestion du Conseil ne passerait pas le test de la Cour suprême, a-t-il mentionné en s’appuyant sur l’avis de trois juristes qu’il a consultés: Me Steven Scott, Julius Grey et Howard Greenfield., Le Parti Égalité considère également comme un «signe de mépris» envers la communauté anglophone le non-élargissement de l’accès à l’école anglaise proposé par le Conseil.M.Henderson propose le libre choix total en matière d’accès aux écoles, un régime qui existait avant 1974 et qui faisait en sorte que 81% des immigrants choisissaient d’envoyer leurs enfants à l’école de la minorité anglaise au Québec.* « L E S S A M EDI A E T D I M A X C 11 E LE DE V l) 1 R 1 A V H 1 l.I !) !) A M :¦: ; 'W&ïêÊ:- Éhà i < î ' \V .j.\> , .: 1 ¦ ¦'¦' iiw p-M' .: .’ mm .¦ ¦ Y*ïï- ¦ / 1 I.E I) E V 0 I R .I.E S S A M E 1) I 3 E T I) I M A N C II E I A V R I L If) !) 3 A 6 LE DEVOIR LE MOPE BOSNIE - HERZÉGOVINE L'OTAN est prête à lancer j la première action militaire de son histoire | Van ce remplacé par un Norvégien, le cessez-le-feu tient toujours ;; Depuis la fin de la guerre froide, l'OTAN cherche à ::se doter d'un nouvel objectif en offrant notamment de : participer à des missions de maintien de la paix de TONU.La Bosnie-Herzégovine est un terrain propice :à un tel objectif.En attendant, la journée d'hier a été surtout marquée par le remplacement de Cyrus D'APRES AFP ET REUTER •> •fi T 'OTAN a proposé officiellement ;.L/ hier de faire respecter par la force .la zone d’exclusion aérienne décrétée par l’ONU en Bosnie-Herzégovine, a "annoncé hier le secrétaire général de ‘l’OTAN Manfred Woemer.5; M.Woemer a annoncé ce qui sera via première action militaire de toute ; l’histoire de l’OTAN depuis sa créa-,’ tion en 1949, devant la presse, à l’issue : d’une réunion des ambassadeurs des f 16 pays membres de l’OTAN à T Bruxelles.£ Il a refusé de préciser quels pays ^participeraient à l’opération tout en indiquant que des pays non membres ‘ de l’OTAN pourraient y prendre part.! Selon des diplomates, les États-Unis, 'Ma France et la Grande-Bretagne se-! ' ront les principaux participants.• ï M.Woemer a indiqué que l’opéra- • tion pourrait commencer rapidement.Elle pourrait débuter, d'ici au 13 avril, [¦.deux semaines après le vote de la ré-; solution qui est intervenu mercredi, v «C’est la première fois que cette Al-liante lancera une opération militaire.:j;C’est la première fois quelle aura lieu ;-jen dehors de la zone de l’OTAN.C’est la première fois quelle arrive Tpour soutenir l’ONU et c’est la pre-‘îlmière fois quelle fait respecter une •?résolution de l’ONU», a expliqué M.;j; Woemer.’ v Le secrétaire général a précisé que \ les ambassadeurs avaient pris plu-sieurs décisions pratiques hier et que d’autres décisions seront prises la se-¦ maine prochaine.;j: Selon des diplomates, chacun des 16 États membres a précisé ses possibilités pour faire respecter la zone d’exclusion aérienne décrétée par le il) Conseil de sécurité en octobre et vio-Mée à 500 reprises depuis.« Les responsables de l’OTAN n’ont ¦¦•pas confirmé les informations selon ^lesquelles 50 à 100 avions pourraient !.'! participer à l’opération.A la demande de l’ONU, l’Alliance «•atlantique a étudié depuis plusieurs «mois les moyens de faire respecter f.; cette résolution.; ; Les avions de combat américains ; ^opéreront à partir d’un porte-avions :Iqui est en Adriatique et à partir de • bases aériennes en Italie.Par ailleurs, le ministre norvégien des Affaires étrangères Thorvald Stol-tenberg, a accepté hier l’offre du Secrétaire général de l’ONU Boutros Boutros-Ghali de remplacer prochainement Cyrus Vance à la co-présidence de la Conférence de paix sur l’ex-Yougoslavie.C'est un homme de terrain qui connaît bien les difficultés de la crise dans l’ex-Yougoslavie.«Je vais consacrer à cette mission tout mon temps et toute mon énergie», a déclaré M.Stoltenberg hier à Oslo.«Je vais d’abord examiner la situation et m’entretenir en premier lieu avec MM.Vance et Owen» (respectivement co-président de la Conférence de paix sur l’ex-Yougoslavie et médiateur de la CEE dans le conflit), a-t-il ajouté.M.Stoltenberg s’est refrisé à préciser plus amplement quelles seraient les premières orientations de son action.M.Stoltenberg a indiqué que l'ancien Secrétaire d’Etat américain Cyrus Vance abandonnerait son mandat de négociateur de l’ONU à la fin du mois.Les convois toujours bloqués Sur le terrain, le cessez-le-feu proclamé dimanche dernier tenait toujours, selon la Force de protection de l’ONU.Mais les représentants onusiens en Bosnie se heurtent toujours à l’obstruction des Serbes, qui refusent notamment le passage de nouveaux convois de ravitaillement vers Srebrenica Ils n’acceptent plus de laisser passer que des camions vides pour évacuer femmes et enfants de la vüle assiégée.Les convois d’évacuation ont été suspendus depuis que cinq enfant et deux femmes ont trouvé la mort, étouffés ou écrasés, mercredi, lorsque la foule a littéralement pris d’assaut les camions de l’ONU devant les conduire jusqu’à Tuz-la L’évacuation des habitants est critiquée par les autorités musulmanes de Bosnie elles-memes, qui estiment que l’ONU participe ainsi à la purification ethnique de l’est du pays.Judith Kumin, représentant du Haut Commissariat de l’ONU aux Réfugiés (HCR) à Belgrade, a défendu la position de son agence en disant «C’est un dilemne impossible (.) Il est impossible d’aller à Srebrenica avec des camions et d’en revenir sans emmener des gens.MkxvsoftWORKS Une puissante équipe pour vos besoins présents et futurs! 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la communauté internationale de faire plier les Serbes de Bosnie, la seule des trois communautés bosniaques à ne pas avoir encore signé le plan de médiation Vance-Owen de réglement du conflit dans l’ancienne république yougoslave.Ainsi, l’émissaire spécial du président russe dans l’ex-Yougoslavie, M.Vitali Tchourkine, se trouvait hier à Bi-leca (sud de la Bosnie) pour assister à une session spéciale du «parlement» des Serbes de Bosnie consacrée au plan de médiation.La Russie est également le seul des cinq membres permanents du Conseil de sécurité à avoir demandé un délai avant de se prononcer sur un projet de résolution destiné à renforcer les sanctions contre la Yougoslavie (Serbie et Montenegro), examiné prochainement à New York, qui pourrait plonger Belgrade dans un isolement total.Cette résolution constituerait un moyen de pression supplémentaire sur les Serbes après la résolution de mercredi autorisant la mise en oeuvre de moyens militaires pour surveiller la zone d’exclusion aérienne en Bosnie.Le ministre russe de la défense, le général Pavel Gratchev, s’est déclaré opposé à l’emploi de la force pour faire respecter l’interdiction de survol.«La Russie ne devrait pas envoyer de troupes dans l'ex-Yougoslavie» car «elle n’a pas besoin d’un autre Afghanistan», a-t-il dit Hier, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Sergueï Iastr-jembski minimisait la déclaration du général Gratchev, en estimant que ses propos avaient été «légèrement» interprétés.Il a affirmé au contraire que la résolution sur la zone d’exclusion aérienne avait pu être prise «en grande partie grâce aux efforts de la Russie».Mais la prise de positions du premier représentant de l’armée montre à quel point la Russie reste opposée sur le fond à un durcissement jusqu’à l'extrême des pressions sur les Serbes, une attitude partagée par une grande partie de la population comme par les conservateurs au parlement qui accusent depuis des mois la diplomatie russe de «trahir l’amitié séculaire entre les frères slaves».«Nous sommes vendus aux États-Unis, nous devons lutter contre la tendance à trahir nos amitiés aux exigences occidentales», s’exclamait récemment un dirigeant du Front de Salut National (FSN), coalition de nationalistes et procommunistes, lors d’une manifestation contre la politique du gouvernement Vance par le ministre norvégien des Afaires étrangères, Thorvald Stoltenberg.Sur le terrain, le cessez-le-feu de dimanche tient toujours, malgré les tirs de «snipers» (tireurs embusqués) qui ont fait quatre morts hier à Sarajevo.PHOTO AP Ces trois enfants bosniaques étaient hier en sûreté dans un camp de réfugiés de Zivinice, localité Située à environ 90 kilomètres au nord de Sarajevo.Ils avaient été évacués lundi de Srebrenica, avec d'autres enfants.AZERBAÏDJAN Les Arméniens progressent L'état d'urgence est déclaré dans 1'ex-république soviétique Moscou (Reuter) — Le président azerbaïdjanais Aboulfaz Eltchibey a proclamé hier l’état d’urgence dans l’ancienne république soviétique, rapporte l’agence Itar-Tass.Selon les agences Touran et Khabar-Service, le président Eltchibey a signé un décret à cette fin en raison d’une «agression militaire arménienne».Un peu plus tôt, un porte-parole du ministère azerbaïdjanais de la Défense avait annoncé que des forces arméniennes avaient pris le contrôle de 25 villages de l’ouest de l’Azerbaïdjan et avaient atteint le centre régional de Kelbadzhar.Il ajoutait que des Arméniens combattaient à l’intérieur de la ville, sans autres précisions.Plus de 2 500 personnes ont été tuées en cinq ans de conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.L’essentiel des incidents a eu pour enjeu l’enclave à majorité arménienne du Haut-Karabakh, mais les combats ont souvent touché les régions frontalières des deux républiques.D’après les agences, le décret du président Eltchibey — confirmé par le parlement azerbai-janais — entre en vigueur aujourd’hui sur l’ensemble du territoire national pour une durée de deux mois.Le président azerbaïdjanais a déclaré que près de 100 000 personnes — 60 000 à Kelbadzhar et 32 000 à Latchi-ne — étaient menacées «d’extermination».Un porte-parole du ministère de la Défense a précisé que 20 000 personnes avaient fui Kelhbadzhar par la montagne et que 3000 réfugiés avaient été évacués par hélicoptère.Il a accusé les forces régulières arméniennes et des éléments de la 7e Armée russe, restés en Arménie après l’éclatement de l’URSS en 1991, de prendre Kelbadzhar en étau.Un porte-parole du ministère arménien de la Défense, cité par l’agence Tass, a démenti toute implication de forces régulières arméniennes.Appel turc à l’Arménie Il a expliqué que des combattants arméniens du Kara-bakh ripostaient à une tentative des Azerbaïdjanais pour couper le couloir de Latchine, qui relie l’enclave à l'Arménie.Le ministère russe de la Défense a démenti à plusieurs reprises que des troupes russes soient impliquées auprès d’uné des parties au conflit du Karabakh.Le porte-parole azerbaïdjanais a toutefois affirmé que que les services de renseignement de Bakou avaient intercepté des messages radio prouvant l’implication de soldats russes.L’ambassadeur d’Azerbaidjan en Turquie, Mehmet Ali Nowrouzoglou, a lancé hier un appel aux pays occidentaux, à l’Otan et aux pays voisins en leur demandant de «dire stop à l’Arménie», rapporte l’agence ana-2 500 morts tolienne.depresse.Le ministère turc des Affaires étrangères a en cinq ans quant à lui exprimé sa préoccupation en invitant l’Arménie à «cesser immédiatement ses at-de conflit.taques et à se retirer du territoire azerbaïdjanais qu’elle a occupé».La Russie a elle aussi critiqué l’Arménie, mais indirectement.Une déclaration de son ministère des Affaires étrangères constate que les opérations militaires ont débordé du Karabakh et ajoute que l’on «ne peut que dénoncer le fait que les parties au conflit ne respectent pas les frontières intérieures et extérieures».selon l’agence Tass, le ministre russe des Affaires étrangères, Andreï Kozirev, s’est entretenu hier par téléphone avec son homologue turc Hikmet Cetin.«Tous deux ont exprimé leur grave préoccupation lace à l’escalade de l'affrontement militaire» et sont convenus de la nécessité d’un cessez-le-feu immédiat pour parvenir à un règlement politique auquel ils se sont dits prêts à apporter leur collaboration, ajoute Tass.SOMALIE Les militaires canadiens restent bouche cousue dans 1'«affaire Belet Huen» Ottawa (PC) — On ne connaîtra peut-être pas avant encore plusieurs semaines les résultats de l’enquête sur le décès d’un civil somalien en détention à Belet Huen.C’est ce qu’a fait savoir hier la ministre de la Défense, Kim Campbell, au cours d’un arrêt à Toronto dans le cadre de sa campagne au leadership conservateur.«Autant que je sache, l’enquête se poursuit avec toute la célérité voulue.Toute l’information sera rendue publique en conformité avec la loi militaire et la Charte’ (des droits)», a-t-elle dit.Jusqu’à présent, les militaires n’ont laissé filtré que des bribes d’information sur le décès suspect survenu au centre de réfugiés de Belet Huen.On n’a pas révélé la cause de la mort de Shidane Omar Aroni, et on n’a pas confirmé non plus si une autopsie a été pratiquée.Quatre membres du Régiment canadien aéroporté, basé à Petawawa, en Ontario, sont détenus en rapport avec la mort du civil somalien.Son corps a été retrouvé le 16 mars dans une cellule, où il avait été incarcéré après avoir été surpris en train de tenter de s’introduire dans la base canadienne.Après la découverte du cadavre, le caporal-chef Clayton Matchee, de Meadow Ixike, en Saskatchewan, a été mis aux arrêts.Il devait plus tard être hospitalisé après avoir tenté de se pendre.Il a été transféré au Centre médical de la Défense nationale, à Ot- tawa, où son état est jugé très grave.Les soldats Elvin Brown, âgé de 24 ans, d’Edmonton, et David Brockle-bank, également âgé de 24 ans, de Charlottetown, et le sergent Mark Boland, âgé de 31 ans, de Russell, en Ontario, sont détenus en Somalie.En Chambre, les libéraux ont critiqué la ministre Campbell, à laquelle ils reprochaient de ne pas avoir rapporté l’incident aux Communes.Mais elle a soutenu que.les élus se devaient de rester à l’écart du processus judiciaire, et s’abstenir de commenter l’enquête.L’armée a fait savoir que les trois militaires détenus en Somalie seront éventuellement transférés au Canada.Il est possible qu’ils soient traduits en cour martiale en Somalie même.MONTRÉAL • 8251 St-Hubert 385-1777 LAVAL • 1533 Autoroute 440 ouest 688-1001 LONGUEUIL • 2203 chemin de Chambly 468-5651 I Résidences DE P RESTIGE À VOIR AUJOUR'HUI À LA PAGE B-9 ANNONCES CLASSÉES LE DEVOIR F RANG E Séguin veut «rééquilibrer les institutions» D'APRES REUTER ET AFP Paris — Philippe Séguin, élu vendredi président de l’Assemblée nationale, a préconisé un «rééquilibrage des institutions».«Ix- moment est peut-être venu de procéder à un rééquilibrage nécessaire entre l’exécutif et le législatif, entre le gouvernement et sa majorité et, au-delà, entre le gouvernement et l’Assemblée.J’ai bien l’intention de m’y attacher», a-t-il dit sur France 2.Évoquant l’Europe et le traité de Maastricht, dont il a été l’un des plus farouches adversaires, il a jugé que le débat sur ce traité était clos.«On a tort de se laisser enfermer dans un débat qui est clos, celui du traité de Maastricht.Ce traité a été adopté par les Français (.) Maintenant, je crois que le problème européen se pose à un autre niveau: il s’agit de savoir comment rendre compatible notre développement et celui des pays (moins favorisés)», a-t-il dit.Assurant qu’il garderait sa liberté d’expression à sqn nouveau poste, le député-maire d’Épinal a estimé que son élection au «perchoir» marquait" la volonté de la majorité de se présenter unie» devant les Français.M.Séguin, farouche opposant au Traité de Maastricht, a frôlé d’une voix l’élection au premier tour, obtenant 266 voix, pour un majorité absolue nécessaire de 267 voix. I) E V 0 I R I.E S S A M E I) I 3 E T I) I M A X ( Il K A V R 1 I.1 !l !l 3 ; .-;:v .V : - É|||||I| .• , » ¦ : • •v'A >•:&?*: ICE EH BLACK LA NOUVELLE a/e,A.mm mm mm ; I- E I» K V 0 I K .L E S S A M E I) I A ET I) I M A N CHE l A V R I L 1 !) !) 3 A 8 * L E MONDE* Nous avons demandé à cinq des meilleurs spécialistes de la Russie et de l’ex-Union soviétique au Québec de nous aider à comprendre la crise politique que traverse le pouvoir à Moscou, et les turbulences qui accompagnent le démantèlement de l’économie dirigée et le passage à l’économie de marché.?Jacques Lévesque: père de la soviétologie québécoise, fondateur du département de Sciences politiques de l’UQAM, professeur titulaire à l’UQAM et professeur invité à Stanford, Berkeley et Rome.Auteur notamment de «L’URSS et sa politique internationale de Lénine à Gorbatchev».?Rémi Hyppia: chargé de cours en Sciences politiques à l’Université Laval, et en gestion à l’UQAM.?Dominique Arel: spécialiste de l’Ukraine, chargé de cours à l’Université McGill.?Roman Serbyn: professeur titulaire au département d’Histoire de l’UQAM.?Pierre Binette: chargé de cours au Collège militaire royal Saint-Jean.Propos recueillis par François Brousseau et Sylviane Tramier æLa féroce querelle politique à laquelle on a assisté à Moscou ces dernières semaines peut-elle malgré tout mener à la construction d’un Etat de droit?Ou le débat dit constitutionnel n’est-il qu’un prétexte à des luttes pour le pouvoir?ROMAN SERBYN: En Russie et dans les autres républiques de l’ex-Union soviétique, on ne comprend pas encore très bien ce qu’est un Etat de droit.L’Etat de droit, c’est un Etat qui a certaines règles que l’on s’entend plus ou moins à respecter.Je ne pense pas qu’on comprenne très bien quelles sont ces règles en Russie.Et en plus, on les respecte plus ou moins.On les respecte quand c'est à notre avantage, sinon on les ignore.Par exemple, l'intervention de la Cour constitutionnelle de Zorkine, qui dénonce le décret d’Eltsine avant sa publication.Ce n’est pas le type d’interven-tjon qui serait normalement acceptée dans un Etat de droit.RÉMI HYPPIA: Il y a deux problèmes: au niveau des institutions, et au niveau des mentalités.La Cour constitutionnelle a été fondée à l’automne 1991 en principe pour régler les problèmes de juridiction entre le législatif et l’exécutif.C’était dans l’optique où il y aurait une nouvelle constitution adoptée rapidement en 1992.Cette constitution n’est jamais venue.D’autre part, cette question de mentalités.Prenons Khasboulatov, qui est speaker de la Chambre.Son rôle est d’assurer le bon déroulement des débats au Parlement, pas de prendre position! On voit déjà là qu’ils ne comprennent pas le fonctionnement des institutions dites démocratiques.Mais c’est compréhensible aussi.On ne peut pas leur demander de faire en 4 ou 5 ans ce qui nous a demandé 200 ans.DOMINIQUE AREL: Il y a une lutte féroce au sommet pour le contrôle du pouvoir exécutif entre la branche parlementaire et la branche présidentielle.Le ton monte au sommet.Mais en même temps, on assiste à la désagrégation de l’autorité gouvernementale quelle qu’elle soit: parlementaire, présidentielle et au niveau des régions.PIERRE BINETTE: On essaie de mettre sur pied un Etat démocratique, libéral dans une situation où il y a effondrement total de l’économie.Normalement, historiquement, c’est l’inverse qui se produit.Vous aviez des classes montantes qui s’opposaient à l’aristocratie et des nécessités de production qui obligeaient à un changement des règles du jeu et qui militaient en faveur de la démocratie.Dans le cas russe, le système s’est effondré sans qu’il y ait véritablement de classe montante et vous avez une désorganisation économique totale.Daps le chaos économique, peut-on instaurer un Etat de droit et un régime dé- De toute façon, est-bien un État de droit qui pourrait sortir les Russes du pétrin?JACQUES LÉVESQUE: C'est à tâtons que l’Etat de droit est en train d’émerger.Séquence par séquence.A partir du moment où la Cour constitutionnelle a dit que la prise des pleins pouvoirs par Eltsine était anticonstitutionnelle, Eltsine s’est immédiatement rajusté en conséquence.Il a cherché un compromis.Finalement c’est une espèce de compromis boiteux qui est en train de sortir, mais quand même on peut dire que jusqu’à maintenant, grosso modo, le droit a été respecté.Mais est-ce que cela contribue à la résolution des problèmes politiques et à l’issue temporaire de la crise?Je crois au contraire qu’on va vers un approfondissement de la crise et vers une paralysie plus grande du pouvoir qui risque d’être confirmée et accentuée encore par les résultats du référendum.La base du droit a été respectée.Mais est-ce que c’est cela qui va amener la Russie à sortir de ses problèmes socio-économiques actuels?Ça n’est pas sûr.Est-ce le respect du droit qui est la solution?Ce n’est pas évident.Alors quelle solution est la meilleure pour sortir de l’impasse actuelle?Des élections?Une nouvelle constitution?Ou quoi encore?JACQUES LÉVESQUE: C’est sùr que d’une élection demain matin, il ne sortirait pas un parlement en majorité pro-Eltsine.Pour que le système fonctionne, il faudrait une constitution qui délimite les pouvoirs, et un régime présidentiel fort.C’est la seule solution, compte tenu de la situation du pays.Mais une simple élection au Congrès et à la présidence avec la constitution actuelle, ça ne donnerait rien.RÉMI HYPPIA Oui, la situation serait encore bloquée.Ce serait encore pire, puisque le Parlement aurait, là, une vraie légitimité.Il faut donc faire d’abord une Assemblée constituante, puis ensuite passer à la deuxième étape.DOMINIQUE AREL Même avec un référendum dans un mois avec OUI à de nouvelles élections, et OUI à Eltsine, on retourne à la case départ.PIERRE BINETTE: Le problème de base est donc de changer le document constitutionnel, de redéfinir la constitution.JACQUES LÉVESQUE: C’est ce qu’EItsine propose: élire une Assemblée constituante, comme cela se fait dans des situations révolutionnaires.Comment peut-on évaluer aujourd’hui le risque d'une dérive vers un pouvoir autoritaire, voire dictatorial à Moscou?mocratique?JACQUES LÉVESQUE: la situation, l’histoire russe et la politique qu’EItsine a suivie, tout cela risque d’appeler un pouvoir fort.Non que ce soit souhaitable, mais avec cette paralysie, «Ce qui me frappe, c’est la réticence de Eltsine à utiliser la force.» JACQUES LÉVESQUE ce chaos, la désintégration de la Fédération russe qui se passe en ce moment, forcément cela va appeler à un moment donné une réaction autoritaire.Et c’est très dangereux.Que sera cette réaction autoritaire et avec qui?RÉMI HYPPLA: Eltsine a surtout manifesté des tendances autoritaires pour prendre le contrôle du processus de passage à l’économie de marché.C’est toujours pour tenter de pousser la thérapie de choc qu’il a pris des mesures, disons, autoritaires.Mais au niveau politique, on doit souligner qu’il n’a suspendu aucun droit, aucune liberté fondamentale.JACQUES LÉVESQUE: Ce qui me frappe, étant donnée la tradition violente de l’ancien régime, c’est la réticence d’Eltsine, comme de Gorbatchev d’ailleurs, à utiliser la coercition, la force, la répression.Pourtant, la culture politique de l’ancien régime pousserait à cela.Est-ce une volonté de se démarquer?Cette retenue, que l’on a constatée aussi chez les putschistes en 1991, est pour moi un phénomène frappant et un peu mystérieux.Les médias dépeignent la crise actuelle en noir et blanc.D’un côté, le bon Eltsine, démocrate, leader bien-aimé au pouvoir légitime.De l’autre, les parlementaires antidémocratiques, des communistes au pouvoir usurpé.Cette vision est-elle conforme à la réalité?DOMINIQUE AREL: L’image qu’on a à l’Ouest est un peu simpliste: Eltsine a été élu directement par le peuple en 1991 avec 57% des voix au premier tour.Très populaire et, semble-t-il, toujours populaire en dépit de la débandade économique.Quant au Parlement, on le voit comme un bastion communiste, non représentatif, qui probablement va se faire laver aux prochaines élections.Moi je dirai: Eltsine toujours populaire?Oui.Il était le grand combattant, le chevalier anticommuniste.Mais il n’a jamais eu le mandat nécessairement pour faire une thérapie de choc.Il reste à voir s’il serait capable de remporter une autre élection.Le Parlement, un bastion communiste?C’est tout à fait simpliste de caractériser ainsi le Parlement.On dit que 80% des députés étaient communistes il y a trois ans en mars 90.Ça n’a rien à voir, car Eltsine lui-même était communiste.Et peut-être la tnoitié de la Russie démocratique, celle des pro-Eltsine, était aussi communiste.La question à l’époque c’était, que l’on soit communiste ou non: «Etes-vous pour les réformes, pour la perestroika?» Maintenant, on dit que les élections elles-mêmes n’étaient pas démpcratiques.Warren Christopher (secrétaire d’Etat américain) a dit qu’il reconnaissait plus de légitimité à l’élection d’Eltsine, que son élection était plus démocratique.Ce n’est pas vrai! Dans les villes en tous cas, l’élection parlementaire de 1990 était tout à fait démocratique.•- ÀA1 Quelle est l'espérance de vie politique de Boris Eltsine?JACQUES LÉVESQUE: J’ai toujours dit qu'il durerait moins longtemps que Gorbatchev, mais cela lui laisse encore du temps! Gorbatchev a duré sept ans, lui ça fait deux ans.RÉMI HYPPIA: Eltsine a souvent rebondi quand on le donnait battu.Mais cette fois, il est aux prises avec la crise la plus grave qu’il ait jamais eu à affronter.DOMINIQUE AREL: Eltsine a les villes avec lui.Malgré la catastrophe économique, si les gens doivent choisir, ils vont probablement se ranger de son côté.Mais il n’a pas les campagnes.La paysannerie russe a été démolie.Il y a comme une nouvelle formation historique de gens qui ne croient pas au changement et qui votent systématiquement pour des candidats communistes conservateurs, autrement dit pour le potentat local.ROMAN SERBYN: Ce sont des serfs qui votent pour leur maître.DOMINIQUE AREL C’est ça.S'il y avait une élection demain matin, la paysannerie voterait pour les communistes, pour ces gens que l'on voit au Parlement et qui, répète-t-on faussement, ne représentent personne.Il y a une structure sociologique particulière.Il y a une résistance à la privatisation qu’on 11e rencontre pas en Chine, ni en Pologne, ni en Hongrie, où la collectivisation n’était pas aussi poussée.La paysannerie vote pour les communistes.Pas fous, les communistes du Parlement sont tous allés se faire élire dans les comtés ruraux.Il y a une apathie urbaine en raison de la crise, alors que dans les comtés ruraux, la participation est de 95%, et les communistes raflent 95% des voix comme dans le bon vieux temps! Dans les villes, on a annulé des élections à cause de la règle des 50% de participation.En Occident c’est le contraire: le taux de participation est moins élevé dans les campagnes qu’en vil- le, où l’urbanisation favorise le débat et l’action politique.RÉMI HYPPIA Le problème en Russie, c’est qu’il n’y a pas de partis politiques pour faire sortir le vote.Eltsine n’a pas de parti.JACQUES LÉVESQUE: Il a pensé à former un parti.Il ne l’a pas fait, pensant peut-être qu’il y avait des risques et qu’il avait plus intérêt à jouer sur les coalitions, à être au-dessus des partis.DOMINIQUE AREL: Il faut dire que le mot «parti», en Russie, désignait le Parti communiste.Il y avait donc une aversion pour les partis en général.Est-il possible que l’ancienne Union soviétique se reconstitue d’une façon ou d’une autre, dans une espèce de nouvelle confédération?ROMAN SERBYN: En Russie et en Occident, on a encore la nostalgie de l’Union soviétique.On a beaucoup de difficultés à accepter la séparation, l’indépendance de ces nations exsoviétiques.On oublie que l’union, c’était l’empire.Pareil en Russie: les Russes refusent d’accepter que les grandes montagnes du Caucase, ce n’est plus chez eux.Que d’aller à Kiev, ce n’est plus aller visiter «la mère de la Russie».Je pense qu’à l’Ouest, lorsqu’on parle par exemple du danger nucléaire, ou encore des dettes, on aimerait bien que cela soit assumé par l’ensemble des républiques.Les raisons sont évidentes: il était plus facile de s’entendre avec un seul interlocuteur qu’avec 15.Pour les hommes d’affaires aussi, c’était plus simple de s’entendre avec Moscou pour des concessions dans les colonies.PIERRE BINETTE: 11 y a eu différentes phases dans l’évolution des relations entre Moscou et les ex-républiques soviétiques.Une première phase où, en raison de l’obligation de séduire l’Occident, Moscou a adopté une politique de laisser-faire.Mais de toute évidence, à cause de la montée en force des groupes nationalistes extrémistes, et de leur emprise sur certaines institutions du pouvoir exécutif, il y a aujourd’hui des modifications dans la politique étrangère de la Russie vis-à-vis des anciennes républiques.En ce qui concerne la question de la fédération, Khasboulatov (président du Parlement) a fait sa petite randonnée dans les ex-républiques.Il a parlé d’un parlement uni, d’une citoyenneté unique, du retour à une forme de fédération.JACQUES LÉVESQUE: Je crains que l’on n’ait vu, jusqu’à maintenant, que le meilleur des rapports entre la Russie et les républiques.Qui que ce soit qui remplacerait Eltsine sera forcément pire à ce chapitre des relations avec les anciennes républiques.Et même Eltsine, compte tenu de l’évolution du rapport de force politique, pourrait durcir sa position.Il faut donc s’attendre, non pas à une reconstitution de l’Union, mais à des rapports beaucoup plus durs, beaucoup plus difficiles dans l’avenir entre la Russie et les ex-républiques.C’est ça, le pari d'Eltsine dans sa modération, de dire: «On va les attendre au détour.Ils vont avoir de tels problèmes économiques qu’ils vont être obligés de se rapprocher.» ROMAN SERBYN: En Ukraine, l’attachement à l’indépendance est de plus en plus fort.Tandis qu’il y a deux ans, si on avait réimposé l’union, il n’y aurait pas eu de conflit en Ukraine.Avec le temps, cela va être encore plus dangereux.Là, à long terme, on pourrait retrouver un scénario yougoslave.JACQUES LÉVESQUE: 11 y a peut-être des gens qui vont essayer de le faire.Mais inversement, je pense qu’une certaine recomposition de la CEI sur une base pragmatique n’est pas incompatible avec une indépendance de l’Ukraine, pourvu que ça se passe d’une façon civilisée.ROMAN SERBYN: Pourquoi l’Ukraine voudrait-elle s’associer avec le Tadjikistan, alors quelle a la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Hongrie à côté?Elle a tout intérêt à former plutôt une association avec ces pays.Les conflits armés pourraient-ils s’étendre entre la Russie et les ex-républiques soviétiques?Les guerres de la périphérie — Caucase, Asie centrale — ont-elles à voir avec l'impérialisme russe?DOMINIQUE AREL: Chaque partie blâme l’impérialisme russe.Mais en réalité, cela n’a rien à voir, ou tout au plus de façon incidente.Entre Arméniens et Azéris, c’est un conflit territorial, historique qui regarde ces deux nations.Même chose entre les divers clans tad-jiks, entre les Ossètes et les Ingouches, entre les Abkhazes et les Géorgiens.Ce sont des conflits ethniques, et non pas la faute des Russes.Un deuxième type de conflit concerne les russophones et la majorité d’une nouvelle république.Principal exemple: la Moldavie où il y a la guerre.Deuxième exemple: les pays baltes, où le conflit est sans violence mais politiquement assez sévère.En Estonie, il n’y a pas un seul député russe au parlement.Ils ont été complètement sortis du jeu électoral.PIERRE BINETTE: Pour revenir à la question d'une recomposition de l’union, il est vrai que des groupes conservateurs, comme ceux de Khasboulatov, ont parlé d’annuler la reconnaissance des indépendances.Je ne crois pas que cela aille jusque-là.Mais il y a des gens occupant des postes de responsabilité qui tiennent ce langage.JACQUES LÉVESQUE: Oui, et c’est une tendance montante sur la scène politique lusse.Est-il possible que lu désintégration emporte la Fédération russe comme elle a emporté l'ancienne URSS?Après tout, les Bachkirs et autres Iakoutes sont en généra! très minoritaires sur les territoires • PIERRE BINETTE «Dans le chaos économique, peut-on instaurer un État de droit et un régime démocratique?» DOMINIQUE AREL «S'il y avait une élection demain, la paysannerie russe voterait pour les communistes.» ROMAN SERBIN «En Russie et en Occident, on a encore la nostalgie de l'Union soviétique.On oublie que l'union, c'était l'empire.» RÉMY HYPPIA \ I «On ne peut pas leur demander de faire en 4 ou 5 ans ce qui nous a demandé 200 uns.» L E I) E V 0 1 It , 1.E S S A M E l) I E T I) I M A X ( Il E I A \' It I I.I !» !» :t LE MONDE autonomes de la Fédération qui portent leurs noms.JACQUES LÉVESQUE: Je ne crois pas que la désintégration de la Fédération russe ira aussi loin que la désintégration de l’Union soviétique en 1991, car il n’y a pas dans les entités qui véhiculent cette désintégration la pesanteur historique, la cohésion nationale et ethnique pour que cela aboutisse à une dizaine de nouveaux États.Ça ne se rendra pas jusqu’à l’ultime conséquence de l’éclatement en plusieurs Etats.ROMAN SERBYN: Il faut distinguer entre désintégration du pouvoir et désintégration de l’État.Il y a bien en Russie une désintégration du pouvoir.Mais pour l’État, c’est plutôt une décentralisation de pouvoirs qui se produit et qui amène plus d’autonomie pour les régions.Mais cela ne présente pas le même danger pour l’intégrité de la république russe, que pour l’union.Car il n’y a pas volonté de séparation dans les minorités.JACQUES LÉVESQUE: Il y a des collègues qui soutiennent pourtant qu’il y aura désintégration de l’État, y compriç la Sibérie orientale devenant un État indépendant, comme elle l’était durant une brève période après la révolution.,Un peu de la même façon dont les États-Unis sont devenus indépendants, non sur une base ethnique mais bien plutôt géographique.Mais moi, je ne pense pas que cela aille jusque-là.Y a-t-il un danger de guerre civile entre la Russie et les ex-républiques soviétiques?À l’intérieur même de la Russie?JACQUES LÉVESQUE: Pour moi, il n’y a aucun danger de guerre civile entre Russes.Mais si on parle de conflits entre Russes et non-Russes, le seul endroit où il y a un scénario à la yougoslave possible, à une petite échelle, c’est en Moldavie (république roumanophone).Il y a aussi des ingrédients de scénario yougoslave dans les républiques baltes.Il suffirait simplement qu’un pouvoir nationaliste et irresponsable à Moscou se mette à encourager les 40% de Russes d’Estonie à proclamer l’indépendance sur leur territoire comme les Russes de Moldavie, et que l’armée russe leur fournisse des armes.Et ça, à mon avis, c’est un risque réel.Tout dépendra de l’évolution du pouvoir politique à Moscou.Sur le plan économique, un retour en arrière dirigiste est-il possible?Y a-t-il une autre voie de transition à l’économie de marché que celle actuellement suivie?JACQUES LÉVESQUE: On ne reviendra jamais à une économie centralement planifiée.Mais est-ce que certaines réformes vont être ralenties?Peut-être.PIERRE BINETTE: Certains en Russie parlent du modèle chinois de transition au capitalisme.JACQUES LÉVESQUE: Ix grand succès du modèle chinois, c’est la privatisation spontanée de l’agriculture.Dans les années 80, les paysans ont profité d’une espèce de flottement de la politique au sommet.Ceux qui avaient encore la mémoire de ça on commencé à se repartager les terres sur une base familiale.Comme il n’y avait pas de sanction, le gouvernement a légalisé.Et c’est ce qui a redynamisé l’économie.En Russie, c’est l’inverse.C’est le gouvernement qui encourage la base à privatiser, c’est la base qui ne suit pas.A partir de cet élément central d’expérience russe et chinoise, peut-on dire que c’est transposables?J’ai du mal à croire que la thérapie de choc, style Gaïdar, soit la voie la plus rationnelle, au vu de la catastrophe et du désastre qu’elle a produit.Que peut faire l’Occident pour aider la Russie et les ex-républiques d’URSS?Les efforts ne sont-ils pas déployés en pure perte?JACQUES LÉVESQUE: C’est une question très difficile effectivement.Même s’il y avait de l’argent disponible, ce qui n’est pas évident, est-ce souhaitable, étant donné le chaos écgnomiqqe du pays?L’aide directe d’État à État est en pure perte.L’État, nous l’avons dit, est en pleine décomposition.Il y a des détournements de fonds extraordinaires, une corruption généralisée.Il y a de quoi hésiter avant d’accorder dé l’aide.Mais il y a des formes concrètes d’aide qui peuvent être envisagées, comme la construction de logements pour les militaires rapatriés d’Europe de l’Est.DOMINIQUE AREL: Les problèmes macro-économiques sont pires qu’il y a un an.L’Occident ne' veut pas donner de l’argent dans un puits sans fonds.PIERRE BINETTE: Qui est intéressé à aller investir?Qui a cette capacité de le faire actuellement?Peut-être les Japonais.Et encore là se pose le problème des îles Kouriles.Tant qu’il n’y aura pas règlement de ce différend, le Japon n’accordera pas une aide substantielle.RÉMI HYPPIA: On n’a pas des milliards à donner pour relancer ces économies.La meilleure aide, c’est la formation.Mais beaucoup en Europe de l’Est et en Russie s’attendaient à un nouveau plan Marshall et qui n’est pas venu parce que, surtout, les Américains n’ont simplement pas les moyens de se le payer.DOMINIQUE AREL: Sur la question de l’aide économique, l’Occident met l’accent sur la Russie à cause de la présence des armes nucléaires.L’Ukraine a 52 millions d’habitants et on ne s’y intéresse pas.On regarde toujours à Moscou et jamais à Kiev.Ce qu’on remarque en Ukraine, c’est un sentiment de frustration devant le désintérêt occidental.Plus on se désintéresse d’eux, plus on va convaincre les Ukrainiens de garder leur arsenal nucléaire.11 y a un lien entre les deux: si tu as l’arme nucléaire, tu comptes dans le monde.RÉMI HYPPIA II y a un sentiment de frustration qui commence à naître car l’aide de l’Occident ne vient pas vite.PIERRE BINETTE: 11 y a une frustration vis-à-vis de tout ce qu’était l’Occident, qui allait leur permettre de devenir riches en un ou deux ans.Il y avait même des économistes qui prévoyaient des phases de transition de 3 ou 4 ans.Alors qu’il faudra peut-être 15 ou 25 ans.M E X I Q II E Université de Montréal Faculté des arts et des sciences I»» nces à \a fac (70 Si l'on veut accélérer sa scolarité élargir ses connaissances apprendre une langue Cours intensifs Printemps-été 1993 Demandez le répertoire des cours Renseignements : 343-6521 Un dinosaure de parti pas tout à fait fossilisé L'avenir est le sujet favori du président Salinas ne pourra briguer un autre mandat aux élections de 1994.TIM GOLDEN THE NEW YORK TIMES Aguascalientes — Dans une région quasi aride du centre du Mexique, le président Carlos Salinas de Gortari parle de son sujet favori: l’avenir.L’amphithéâtre est moderne, entouré d’un parc industriel de haute technologie.C’est là que s’est tenue la 16e assemblée nationale du PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel) à la fin du mois de mars.Dans l’assemblée, la plupart avaient les yeux braqués sur le podium où le président concède que «sans aucun doute, il faudra du temps pour consolider ces changements».A sa gauche, dans un costume de polyester qui semble correspondre aux goûts de la vieille garde du PRI, Fidel Velazquez roupille - âgé de 92 ans, ce leader syndical dirige la Confédération des Travailleurs Mexicains (CTM).11 semble bien avoir mérité ce repos.La CTM, forte surtout dans les couches rurales du Mexique, a depuis quelques années été reléguée dans l’ombre par les dirigeants actuels du parti, davantage à l’écoute du milieu des affaires.Il semble toutefois que le dernier caucus de ce parti qui tient les rênes du Mexique depuis 64 ans ait signifié un certain retour de la vieille garde.Fidel Velazquez a longuement été ovationné par les délégués à son arrivée dans cette ville au nord-ouest de Mexico.Les syndicats ouvriers et organisations de paysans ont réussi à améliorer leur statut et à gagner une niche dans le nouveau bureau directeur du PRL Le président du parti qui avait lutté pour diminuer le rôle des traditionnalistes, a dû céder la place à un autre, mieux disposé à écouter une base plus lente à vouloir des changements.Le président Salinas avait le dessein de supplanter cette base ouvrière et paysanne par des éléments plus ouverts à une structure démocratique pouvant donner davantage la parole aux groupes de citoyens et aux mouvements enracinés dans le peuple.Son discours faisait Un parti qui n'a jamais perdu d'élections depuis la révolution de 1910.1 PHOTO ARCHIVES le constat du temps qu’il faudrait passer à compléter ces changements.Ix chef de l’État plaide en somme pour une trêve.La prochaine élection présidentielle se déroulera en 1994 et Salinas ne peut pas briguer un autre mandat.Réhabilitation «Les secteurs ont été soumis à une réévalu-tion», confiait le gouverneur de Durango Maximiliano Silerio, ce qui veut dire qu’une ré» habilitation est en cours pour les travailleurs, les paysans et les factions «populaires» sur lesquels, traditionnellement, s’es( appuyé le PRL M.Silerio, gouverneur d’un État qui semble prédestiné à servir de décor aux films «westerns» d’Hollywood, est d'habitude peu disert, mais il peut à peine contenir le plaisir qu’il éprouve à sentir un nouvel équilibre du pouvoir.Avant d’être élu gouverneur, Silerio dirigeait la Confédération nationale des paysans.Il estime que «la bataille n’est pas terminée».Depuis que l’entourage de Salinas, tonné de technocrates, s’est hissé au pouvoir en 1988 avec très peu d’apport des syndicats et de leur base appauvrie et portée à la grogne, les assemblées nationales du PRI ont été l’occasion d’étranges joutes politiques.Dans un coin du ring, les «Salinistas», portant beau dans leurs costumes Hugo Boss - ce camp se replie sur le pouvoir énorme de l’exécutif et sur les idées d’économie de marché et de libre-échange.Dans les rangs syndicaux, on les désigne souvent comme des «yuppies perdus».Face à ces «salinistas» se déploie le groupe des leaders paysans et ouvriers et celui de la vieille garde régnant au niveau des provinces.Par dérision, on parle d’eux comme de «dinosaures» qui aiment évoquer la Révolution de 1910, laquelle donna naissance aux secteurs qu’ils dirigent.Ils se disent les garants des laissés pour compte fies salaires sont extrêmement minces, malgré une économie qui a trouvé son essor).Dans ce que les Salinistas décrivent comme un avenir démocratique, on identifie le souci qu’ils ont de renforcer leur contrôle sur le centre de décisions.En 1990, la 14e assemblée du PRI avait plastronné à propos d’une innovation: des primaires pour le choix des candidats aux postes de gouverneurs.Dès qu’un favori de Salinas se fit battre, on mit de côté cette réforme.Le noeud du scénario tient à une lutte pour le pouvoir.Pour un parti qui n’a jamais perdu d’élection présidentielle et qui n’a concédé à l’opposition que trois postes de gouverneurs, il est de prime importance de se réserver la désignation des candidats.Après maints palabres autour d'une idéologie de «nationalisme révolutionnaire», on fut mis en présence, de facto, d’un «libéralisme social» qui caractérise le courant de pensée de Carlos Salinas de Gortari, idéologie qui semble tenir à l’économie de marché jumelée à une conscience sociale.Parmi les plus jeunes délégués à cette 16e assemblée, il n’apparaissait pas clairement que la vieille garde ail récupéré une partie de sa force d’antan.Francisco Hernandez Juarez (43 ans) qui représente un syndicat d’employés du téléphone appartenant au courant démocratique dit ne pas comprendre: «je croyais que les revendications pour le changement étaient plus fortes».Cette 16e assemblée, selon une déléguée pleine d’humour, aurait pu inspirer à un journal la manchette suivante: «accolade fraternelle entre yuppies et dinosaures» Carlos Salinas de Gortari: président depuis 1989: un diplômé de Harvard, qui mise sur la modernité, et le LES BOAT PEOPLE JETTENT L'ANCRE Hanoi (Reuter) — L’exode des «boat people» fuyant le régime communiste du Vietnam a cessé et les Vietnamiens réfugiés dans des camps d'Extrême-Orient rentrent aujourd’hui dans leur pays, a fait savoir hier un organisme de la Communauté européenne.Aucun boat people n’est arrivé dans les camps de la région en janvier et février dentiers, mais seulement 1500 personnes sont rentrées au Vietnam, soit la moitié du nombre habituel sur une période de deux mois, a précisé Jorgen Gantmelgaard, responsable d’un programme international mis en place par la Communauté européenne.Près de 17 000 Vietnamiens sont rentrés dims leur pays en 1992, venant pour la plupart de Hong Kong et de Thaïlande, conta* 12 000 en 1991.En janvier dernier, près de 90 000 Vieüuuniens vivaient toujours dans des camps de réfugiés, selon les chiffres du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Hanoi.REGIME CIVIL POUR LE LESOTHO Maseru (AFP) — Ix Parti du congrès du Basutoland (BCP) est arrivé au pouvoir au Lesotho hier après deux décennies d’exil politique et malgré une tentative de coup d’Etat militaire de dernière minute visant à empêcher le passage à un régime civil.Le président du Conseil militaire, le major général Phisoana Ramaema, a salué le nouveau premier ministre, Ntsu Mokhehle, et a procédé à la passation des pouvoirs au cours d'une cérémonie qui s’est déroulée dans un stade devant quelque 30 (XX) per-sonnes qui ont salué l’événement par un tonnerre d'applaudissements.Le Çonseil militaire a déjoué jeudi une tentative de coup d'État menée par de jeunes officiers mécontents de l'arrivée du BCP au pouvoir et craignant de perdre leurs emplois.Des nouveauxPékin (d’après AP) — La Chine a nommé hier 49 nouveaux conseillers à Hong Kong; ce groupe s’ajoute aux 43 conseillers désignés l’an dernier par Pékin pour un mandat de deux ans.On estime que ce geste tend à contrer les tactiques du gouverneur de Hong Kong, Chris Patten, qui essaie de préparer le retour prévu de la colonie britannique à la Chine, en 1977, en élargissant la base du corps électoral.Ixs conseillers sont présentement à Pékin pour une séance de travail de trois jours.Ils ont posé hier en compagnie de Jiang Zamin, secrétaire général du Parti communiste qui estime ces nominations susceptibles d’assurer prospérité et stabilité à l’enclave de Hong Kong.De Bruxelles où il se trouve, le gouverneur Patten a commenté brièvement les nominations, disant que si la Chine est prête à écouter des conseillers plus nombreux, c’est tant mieux.Parmi les nouveaux conseillers désignés par Pékin se trouve Sir David Akers-Jones qui a déjà agi comme gouverneur en titre de Hong Kong.Ce dernier a déjà critiqué tout plan de dévolution de Hong Kong qui ne tiendrait pas compte des souhaits de la Chine.ALLEMAGNE, TERRE D'ASILE Bonn (AFP) — L’Allemagne a accueilli 43 731 demandeurs d’asile en mars, soit 14% de plus qu’en février, a annoncé vendredi à Bonn le ministère allemand de l'Intérieur, dans un communiqué.Le nombre de demandeurs d’asile a augmenté de 23% le mois dernier par rapport à la même période en 1992, précise le communiqué.L’Allemagne a enregistré pour toute l’année dernière un chiffre record de plus de 438 000 demandes d’asile.Ixs Roumains ont été les plus nombreux à déposer une demande d’asile politique (14 343), devant les personnes originaires de l’ex-Yougoslavie (6924) et les Bulgares (4133).IRRÉGULARITÉS À L’OMS Genève (AFP) — Une commission d’enquête a relevé plusieurs irrégularités dans la gestion de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avant la réélection controversée en janvier de son directeur général, le Japonais Hiroshi Nakajima, contre lequel elle n’a toutefois relevé aucune charge, selon son rapport rendu public hier.Selon cette enquête menée par le contrôleur général de Grande-Bretagne, Sir John Boume, six contrats, dont cinq passés avec «des personnes ou des institutions de pays membres du Conseil exécutif de l’OMS», présentaient des «insuffisances».Le sixième concernait l’Organisation de l’unité africaine (OUA).Ces contrats repré- theatre d'aujourd'hui Direction artistique : Michelle Rossignol co Pr?fit*zH Soir' d'Qvome n°tre -, CAMPS D'ÉTÉ //Vi, ' V\ CAMP INTERNATIONAL ALTITUDE 2001 • Sports & Plein Air • Vélo de montagne • Escalade • Camp indien • Canot • Camp pionnier • Hébertisme • Activités en anglais mk h du 2 au 25 avril 1993 mm Ms* D'après la vie et l'oeuvre de Marina Tsvétaéva de Michèle Magny mise en scène de Martine Beaulne avec Élise Guilbault, Anne Dorval, Emmanuel Bilodeau Représentations à 20h du mardi au samedi et à 15h le dimanche Réservations : 282-3900 3900,rue St-Denis, Montréal .Billets également disponibles a la licorne 455y tue Papineau ol a lo.Nouvello Compagnie Théâtrale 4353, tue Sic Collienne est ¦ northern r ro'otom -(T*
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