Le devoir, 8 avril 1993, Cahier C
L E DEVOIR, L E .1 E U I) I 8 A V R I L I !) i) 3 ?LE DEVOIR * mm .A' • 3 \ ' ; .'vw ^¦ffîSte W®*'****” • __ÉHH I EXTRA j I LES FEMMES DANS L'ÉGLISE HHOTO JACQUES GRENIER V V Jfe 9 ^ A , • S&fel "* -.v .Mmwki ¦ ¦ 1111,$ u " li i Î miWIWii n£|i ||l ' ^ /-Wf j T7> ?« -, jj i|p x i • • .«*'.•tiTvD^yPLX* .¦ •.¦ L'irréversible ascension / Swr /g terrain de leurs rapports avec l’Eglise, les femmes ont engagé une lutte à finir contre la discrimination et les inégalités GISÈLE TURCOT £P arrni les gains de la modernité, la liberté de conscience et la liberté de parole viennent au premier rang.Les femmes de toutes générations ont voulu prendre leur part de cet héritage, et les chrétiennes pas moins que les autres! D’autant que le Concile Vatican II, qui s’est terminé en 1965, a lui aussi fait un double cadeau subversif au peuple de Dieu: la liberté de conscience et l’encouragement à lire la Bible.Au Québec, comme ailleurs en Amérique du Nord dans les années 60, le renouveau du mouvement féministe dans la société civile a eu des répercussions importantes dans les milieux religieux.Chez les catholiques, par exemple, depuis la création du collectif L'Autre parole, en 1976, jusqu’au Rassemblement oecuménique tenu à la Pentecôte 1992, sous le thème «Oser la liberté», les féministes chrétiennes ont ouvert un vaste chantier.Aucune superstructure ne permet de mesurer l’ampleur exacte de ces nouveaux groupes venus s’ajouter aux grandes associations féminines déjà existantes.Les initiatives décrites dans ce cahier témoignent cependant d’une sorte d’effervescence intérieure d’où jaillissent récits de colère et de libération, analyses et enquêtes, engagements au service des communautés de foi, dialogues avec des femmes d’autres religions et actions multiples de solidarité.Sur le terrain de leurs rapports avec l’Eglise, les femmes ont engagé une lutte à finir contre la discrimination et les inégalités.Elles n’ont qu’à s’appuyer sur l’apôtre Paul pour réclamer leur dignité VOIR PAGE C 2: ASCENSION ¦h [< cW-vr^ Nouveautés LE CHRIST EST AMÉRINDIEN Achiel Peelman ÉVANGÉLISER Réflexions à l’occasion d’un synode Collectif sous la direction de Gilles Routhier À partir de recherches effectuées sur le terrain, un spécialiste nous invite à découvrir le visage du Christ à travers la culture amérindienne.352 pages - 24,95$ © La tenue du synode diocésain à Québec devient le prétexte pour 16 théologiens et théologiennes de l’Université Laval pour nous partager leurs réflexions sur l’avenir de l’Église du Québec.NOVAL1S 272 pages-21,95$ J i I, E I) E V 0 I R E X T R A .J E U I) I 8 AVRIL 1 !) !» 3 C 2 —-—-?LES FEMMES DANS L’ÉGLISE ?/ L’Eglise ne peut plus compter sans elles Les femmes sont majoritaires en théologie et en fidélité LOUISE LEDUC Dans les universités québécoises, les femmes sont maintenant majoritaires dans les facultés de théologie.En revanche, comme près de 80% d’entre elles étudient à temps partiel, rares sont-elles à accéder aux cycles supérieurs.La diplômée typique de théologie est une femme mariée, d’une quarantaine d’années aux revenus modestes et aux activités de bénévolat nombreuses.C’est ce qui ressort d’une étude menée entre 1990 et 1992 par le Centre de recherches féministes de l’UQAM dans cinq diocèses du Québec auprès des femmes salariées dans l’Eglise et de diplômées en sciences religieuses et en théologie.Si les femmes entreprennent des études en théologie, c’est par le désir qu’elles ressentent d’approfondir leur vie de foi.Le perfectionnement en vue d’un travail rémunéré ou bénévole est plus secondaire.Il n’en reste pas moins que leur formation en théologie, souvent complétée par des cours en éducation, sert bien les besoins de l’Eglise qui compte maintenant 2200 agents de pastorale non prêtres, parmi lesquels environ 60% sont des laïcs.Rares sont les études portant sur ,1a, présence des femmes dans l'Église à l’échelle du Québec.La dernière étude exhaustive remonte à 1988.Dans Les Soutanes Roses , Sarah Bélanger avait dénombré 1046 femmes travaillant dans l’Église, dont 614 agentes de pastorale.Depuis, on soupçonne ce chiffre d’avoir doublé.On sait que le diocèse de Montréal compte 6831 religieuses.Mais le travail de ces centaines d’autres femmes, oeuvrant parfois bénévolement, est difficile à évaluer et nécessite des études poussées, comme celle que le groupe Femmes et ministères s’apprête à révéler.Quelles sont les perspectives d’emploi pour une diplômée en sciences religieuses et en théologie?Selon le rapport émis par le Centre de recherches féministes de l’UQAM, 75,3% d’entre elles occuperaient un emploi, la plupart du temps à temps partiel.Parmi les personnes détenant une fonction rémunérée, 40% oeuvrent en éducation et 30% sont agentes de pastorale.Au niveau diocésain, les salaires des femmes varieraient entre 14000$ et 35 000$.En paroisse, les salaires se situeraient entre 5000$ et 20 000$.Les résultats obtenus par le Centre de recherches féministes semblent corroborer les tendances observées par Sarah Bélanger qui soutient que le nombre absolu de religieuses employées à temps plein est plus de deux fois supérieur au nombre de laïques.La description des tâches réservées aux femmes portent à réflexion.S’occupant principalement de pastorale scolaire, surtout au- près des enfants du primaire et de pastorale paroissiale, les femmes ne sont-elles pas cantonnées, comme le veut la tendance ecclésiale, au seul domaine de l’éducation?Certes, il existe des femmes responsables de paroisse, mais elles sont le fait d’exception (2% des femmes recensées par Sarah Bélanger).La complémentarité des tâches semble encore l’idéal privilégié.Dans l’ensemble, les répondantes ne se plaignent pas de leur degré d’autonomie.Sarah Bélanger, dans Les soutanes Roses soutient néanmoins que celles qui détiennent des postes de plus haute responsabilité sont particulièrement satisfaites de la marge de manoeuvre qui leur est accordée.Les employées diocésaines, plus près des instances décisionnelles, disent dans une proportion de 44% être en mesure de contribuer au renouveau et à l’évolution de l’Église.,Quand il s’agit de la position de l’Église sur la contraception, le divorce ou de son attitude envers les divorcés remariés, plus de la moitié des agentes de pastorale est favorable au changement plutôt qu’au maintien des idées traditionnelles.Sept répondantes sur dix se disaient par ailleurs favorables, dans l’étude de Sarah Bélanger, à l’accès immédiat ou graduel des femmes au sacerdoce.Les autorités religieuses des différentes confessions au Canada ne voient pas la question du même oeil.Selon des données de Statistiques Canada, seules 29 confessions sur les 80 recensées ordonnent des femmes, 31 s’y refusant.Les vingt autres disaient ne pas avoir de ligne de conduite précise en cette matière ou ne pas avoir de clergé- L’Église Unie du Canada affichait alors le plus grand nombre de femmes ordonnées, soit 441 ou 11% de son clergé.L’Église anglicane, pour sa part, avait ordonné 212 fe.mmes (7% de son clergé) et l’Église presbytérienne, 86.Malgré ce conservatisme répandu dans toutes les confessions, les femmes demeurent plus pratiquantes que les hommes.En 1990, selon Statistiques Canada, 40% des Canadiennes et 32 % des Canadiens assistaient à un service religieux au moins une fois par mois.Cinq ans plus tôt, l’écart était encore plus prononcé alors que les proportions correspondantes étaient respectivement de 47% et de 37 %.Au diocèse de Longueuil, après une enquête menée dans seize paroisses en 1990, on déduisait que les fidèles féminines comptaient pour 60% de l’auditoire.Les exclues CLAIRE HARVEY La structure hiérarchique continue d’exclure leg femmes des postes de pouvoir dans l’Église catholique.Celles-ci constituent la principale main-d’oeuvre des paroisses, mais demeurent minoritaires dans les lieux de responsabilité de niveau supérieur et souffrent de discrimination au niveau du discours.Les revendications des mouvements féministes visent donc à transformer le modèle inégalitaire de cette institution dominée par le patriarcat Vers le milieu des années soixante, le Concile Vatican II a ouvert la porte à une participation grandissante des femmes dans l’apostolat.«Lors de la Révolution tranquille, l’Église a connu une baisse de son personnel ecclésiastique, explique Marie-Andrée Roy, sociologue et membre du collectif L’autre Parole.Tout en affirmant l’égalité des sexes, celle-ci a donc eu recours à une main-d’œuvre féminine sans lui reconnaître un statut égal au clergé.» On assiste donc à l’augmentation des femmes qui assument des fonctions diversifiées dans les paroisses.«ÉUes participent aux célébrations liturgiques ou à l’animation des catéchèses, mais demeurent exclues des lieux de pouvoir, dit Raymonde Jauvin, directrice du groupe Femmes et ministères.Elles sont habilitées à préparer les enfants à recevoir les sacrements, mais ne peuvent les donner puisque le clergé ne leur reconnaît pas le droit de faire partie du ministère ordonné.Elles demeurent donc sous l’autorité cléricale malgré l’éventail de leurs responsabilités.» Au Québec, l’opinion publique admet le principe d’égalité des sexes et du pouvoir permet aux femmes d’accéder aux fonctions de l’appareil de pouvoir contrairement à l’Église.Pour ne pas briser l’unité, celle-ci évoque l'organisation mondiale.«Rome émet des restrictions, signale Mme Roy.L’Église n’est pas tenue de respecter la Charte des Droits et Libertés au niveau de la gestion interne.On tolère cette discrimination parce quelle provient du clergé».Les femrries sont de plus en plus actives dans l’Église catholique québécoise.«Elles représentent 60% des étudiants inscrits dans les facultés de théologie ou les départements des sciences religieuses du Québec, dit la sociologue.Progressivement, celles-ci ont commencé à occuper des postes de responsabilités à l’intérieur de la structure des paroisses et exercent des tâches reliées au ministère», ajoute Mme Jauvin.Les mouvements féministes demandent donc la reconnaissance des droits égaux, insistent pour que la formation des futurs prêtres soient exemptes des stéréotypes sexistes.Elles souhaitent non-seulement, modifier le discours culpabilisant de l’Épiscopat sur la sexualité et le mariage, mais aussi influer le contenu des prises de position officielle.Les femmes exigent aussi la création de meilleures conditions salariales.Selon Les soutanes roses, une étude réalisée par le groupe Femmes et ministères en 1988, 60% des laïques et des religieuses qui travaillent dans les paroisses, les diocèses et les mouvements catholiques du Québec ne sont pas satisfaites de leur rémunération bien que 83% des religieuses et 44% des laïques continueraient à travailler même bénévolement ASCENSION Armées de patience, les femmes ont développé des tactiques de résistance SUITE DE LA PAGE C-l fondamentale de baptisées.Ce pilier de la foi chrétienne n’a-t-il pas écrit: «Il n’y a plus ni Juifs ni Grecs, il n’y a plus ni esclaves ni hommes libres, il n’y a plus l’homme et la femme, mais vous êtes tous un dans le Christ Jésus» (Galates, 3:28).Une vision qui donne espoir à ceux et celles qui veulent abolir les frontières du racisme, du classisme et du sexisme.Car il faut plus qu’une bonne dose de courage pour oser croire qu’on peut enrayer les ravages du sexisme de traditions religieuses ancrées dans des siècles de patriarcat.«Je suis une indécrottable optimiste, et pleine d’espérance», a l’habitude de dire, en riant, Marie Gratton Boucher lorsqu’on lui demande comment elle peut rester à la fois féministe, chrétienne et professeure de théologie à l’Université de Sherbrooke.Elle n’est pas la seule en son genre.Armées de patience, les femmes ont développé des pratiques adaptées à des temps de résistance.Les lieux de prise de parole, les réseaux de concertation et de solidarité se sont multipliés, même s’ils sont souvent portés à bout de bras et privés d’appui financier.Les études féministes universitaires fournissent de l’eau au rntjulin.La relecture féministe des Évangiles et de toute la Bible apporte une légitimité nouvelle à leurs projets.Ces pratiques incluent des efforts d’alliance avec, des hommes qui, à l’intérieur des Églises, comprennent que le mouvement des femmes est irréversible.De connivence en complicité, le plus souvent sur la pression de groupes de femmes convaincues, des po/its ont été jetés.Maintes Églises protestantes ont créé des unités spéciales pour assurer une représentation féminine à l’intérieur des Synodes et des Consistoires.Après l’Assemblée de Vancouver (1983), où les femmes et les commuanutés du tiers monde ont été mieux représentées, le Françoise EDO NOUVEAU Françoise Derov-Pineau MADELEINE DE LA PELTRIE AMAZONE Dl NOUVEAU MONDE Biographie de cette pionnière de la Nouvelle-France au XVIIe siècle, une des premières Européennes à sillonner la vallée du Saint-Laurent en canot d écorce, à pied ou en raquettes.Amie de Marie de I Incarnation, elle soutiendra Jeanne Mance dans son projet tême et en pastorale scolaire, après un engagement soutenu pour bâtir une communauté de foi signifiante, Mme Bouffard s’est rendu compte qu’une communauté chrétienne ne peut pas se contenter d’être chaleureuse.Cette communauté vit dans une société, dans un monde, et elle doit se préoccuper du mieux-être des gens.«Nous n’avions pas à tout inventer, mais à nous laisser interroger par le mouvement communautaire florissant dans notre quartier, et à être solidaires de ses luttes.«Cela a signifié des actions très concrètes, comme l’accueil des cuisines collectives dans les locaux de la paroisse.Jeannelle Bopffard estime qu’on ne peut pas faire Église indépendamment de la vie sociale.«Je vois Jésus Christ présent dans chaque être humain, dans chaque combat pour la justice.» Mais inversement, sans sa foi, elle n’aurait pas tenu le coup: «Il y a beaucoup de défis à relever, et c’est dur parfois de voir le Royaume à l’oeuvre dans les petits pas et les petits gestes.» nouveautés cerf La religion de ma mère 1/ rtiU du femmes dans lu tntmmiifim de la fin cerf Dorolhcv Sol le Souffrances Collectif dirigé par Jean DELUMEAU LA RELIGION DE MA MÈRE Le rôle des femmes dans la transmission de la foi Quel est le rôle concret que les femmes ont eu dans la transmission de la foi?Ce volume couvre l'histoire de cette question, depuis les premiers siècles du christianisme jusqu’à nos jours.Il propose une enquête originale sur un aspect de la vie de l’Église que l’actualité rend brûlant.Vol.de 400 p.—53,70$ Dorothée SÔLLE SOUFFRANCES Best-seller de l’édition théologique en Allemagne, ce livre a acquis une large audience par sa vivacité de style, sa profondeur humaine, son franc-parler théologique et sa justesse spirituelle.Dorothee Sôlle, théologienne protestante ouest-allemande, écoute, comme femme, les témoignages de souffrances multiples.Elle invite à ne pas s’abandonner passivement à la souffrance, mais à la surmonter selon un apprentissage personnel.Vol.de 216 p.—42,95$ Distribution FIDES Une collection d’ouvrages pratiques et accessibles sur les groupes spirituels et les courants religieux qui se développent en marge du catholicisme et des autres religions traditionnelles Sous la direction de Bertrand Ouellet, liiehard Bergeron et André Charron du Centre d'information sur les nouvelles religions Jean-Marc Charron 1.LES FONDAMENTALISTES ET LA BIBLE Quand la lettre se l’ait prison Richard Bergeron Vol.de 08 pages — 8,95$ 2.UN SOUFFLE DE SILENCE Méditation bouddhique, esprit ehrétien Pierre Pelletier Vol.de 60 pages — 0,95$ 5.LA FIN EST PROCHE Le discours apocalyptique actuel Yvon Lepage Vol.de 70 pages — 6,95$ 4.LES CONVERSIONS AUX NOUVELLES RELIGIONS Libres ou forcées?Boland Chagnon Vol.de 72 pages — 6,95$ 5.DAMNÉ SATAN! Quand le diable refait surface Richard Bergeron Vol.de 08 pages — 0,95$ 6.FOLIES OU THÉRAPIES?Regard clinique sur les nouvelles religions Pierre Pelletier Vol.de 142 pages — 11,95$ 7.L’ARMÉE DE MARIE Pour le triomphe de l’immaculée Lucie L.-Sansjhçon Vol.de 80 pages — 0,95$ 8.LES TÉMOINS DE JEHOVAH Vivre en étrangers Yvon Lepage Vol.de 74 pages — 0,95$ 9.LE VERBE S’EST FAIT LIVRE La Révélation protégée par la fondation URANTIA Jacques Rhêaume Vol.de 96 pages —8,95$ 10.POUR LE RENOUVEAU Le défi socio-ecclésial des nouvelles religions iW /loger Lebel, Guy Saint-Michel et Yvon B.Théroux Vol.de 72 pages — 0,95$ 11.LES ESSÉNIENS DE QUMRÂN Des ésotéristes?Jean Duhaime Vol.de 64 pages — 6,95$ 12.LA SCIENCE COSMIQUE.Quelle science?A Inde Ici ne G a ut h ier Vol.de 80 pages — 0,95$ 15.LA LÉGENDE DU GRAND INITIÉ Jésus dans l’ésotérisme liiehard Bergeron Vol.de 80 pages — 0.95$ 14.DES RÉPONSES À VOS QUESTIONS SUR LES NOUVELLES RELIGIONS Yvon B.Théroux Vol.de 88 pages — 8,95$ 15.LES DIEUX QUE NOUS SOMMES Le Mouvement du potentiel humain Pierre Pelletier Vol.de 88 pages — 8,95$ 16.POUR TROUVER SA VOIE SPIRITUELLE Jean-Claude Breton Vol.de 88 pages — 8,95$ 17.L’ÂME À LA DÉRIVE Culture psychologique et sensibilité thérapeutique Jean-Marc Charron Vol.de 68 pages — 6,95$ 18.CROYANCES ET INCROYANCES AU QUÉBEC André Charron, Raymond Lemieux et Yvon B.Théroux Vol.de 100 pages — 12,95$ CENTRE D’INFORMATION SUR LES NOUVELLES RELIGIONS 34fldes EN VENTE DANS LES LIBK VIMES LE DEVOIR EXTRA.1 E UDI R AVRIL 199 3 C 8 —-LES FEMMES DANS L’ÉGLISE- Le voile se soulève à l’ombre de la mosquée héêSS - • •*«# SYLVIE LOUIS La semaine dernière, à Québec, quand j’ai demandé à un groupe de Québécois ce que représentaient pour eux l’Islam et les musulmanes», on m’a répondu «Jamais sans ma fille», raconte Saïda Belas, membre du Comité des femmes du Centre des études arabes pour le développement, en faisant allusion au titre du film sur les musulmanes victimes de violence.Le Coran, texte sacré révélé à Mohammet, à la base de toute croyance musulmane, contient en effet de nombreux versets qui relèguent les femmes au rang d’inférieures et de mineures.L’homme a autorité sur la femme en vertu de la préférence que Dieu lui a accordée et à cause des dépenses qu’il fait pour assurer son entretien.La femme lui doit obéissance et soumission.L’homme a le droit d’épouser jusqu’à quatre femmes à la fois et peut répudier celles-ci selon son bon vouloir.Impossible de généraliser, cependant, quand on parle des femmes musulmanes.«On nage en pleins paradoxes», dit Mme Belas.Au sixième siècle, à l’époque d prophète Mahomet, les femmes jouissaient d’une certaine liberté, n’étaient pas voilées, sortaient, pouvaient demander un homme en mariage et le répudier.La première femme de Mahomet, Khadija, une riche veuve d’âge mûr, l’a d’abord employé comme agent dans son entreprise avant de le demander en mariage.Mahomet a toujours respecté Khadija et lui a été fidèle jusqu’à la mort de celle-ci.Si, de la naissance de l’Islam à nos jours, les sociétés musulmanes ont nettement évolué en faveur de la patrilinéarité et de l’homme, il existe cependant de nombreuses contradictions entre le texte du Coran et les multiples interprétations qu’en ont faites les écoles de pensée.«Certains érudits ont interprété les ver- sets de façon très progressiste pour les femmes tandis que d’autres, prêtres dévots ou politiciens exploitant le peuple, se sont montrés des plus rétrogrades», explique Saïda Belas.Les interprétations - et les modes de vie des femmes - varient donc non seulement selon les époques et les pays, mais aussi selon les classes sociales, le mode de vie villageois ou citadin et même d’une famille à l’autre.«La propagation de l’idéologie des droits humains a engendré un autre paradoxe», poursuit Mme Belas.D’un côté, les idées ambiantes d’égalité ont amené des groupes de femmes à revendiquer un meilleur statut.Au Maroc, les femmes dénoncent la polygamie, la répudiation et réclament le droit au divorce.Dans plusieurs pays, les féministes se battent pour abolir la loi qui les fait passer de la tutelle de leur père à celle de leur mari.En Tunisie, les femmes sont loin d’être quantité négligeable.Le dernier plan quinquennal de développement comporte un chapitre les concernant et la polyga-miç est aujourd’hui interdite au pays.A l’opposé, en Arabie Saoudite, où le statut de la femme est l’un des pires au monde, la révolution des femmes donne parfois lieu à des situations cocasses.Il y a deux ans, un groupe de Saoudiennes ont été arrêtées et ont perdu leur honneur et leur travail pour avoir enfreint la constitution qui leur interdisait de conduire un véhicule.Le revers de la médaille est que l’influence des droits humains a aussi favorisé la montée de l’intégrisme, la bête noire des féministes musulmanes.En effet, plusieurs pays musulmans ont assimilé au colonialisme tout ce qui venait de l’Occident.Pour nombre de musulmans, les femmes occidentales s’habillent comme des hommes quand elles ne se pavanent pas en maillot de bain ou, pire encore, sur des plages de nudistes.Elles ont aussi la réputation de coucher avec le premier venu.D’où le discours : «Gardons nos femmes au foyer et préservons leur vertu par le Code de la famille.» Dans tout pays musulman, le statut des femmes est régi par un Code du statut personnel ou Code de la famille.Ces textes qui s’inspirent du Coran, du Hadith (les paroles que le prophète auraient prononçées) et de la Sunna, (la vie du prophète) en sont des interprétations plus ou moins conservatrices.Plusieurs pays musulmans, dont la Turquie - le seul à avoir séparé les pouvoirs politique et religieux - coincés entre une constitution qui reconnaît aux femmes certains droits et un Code de la famille parfois nettement moins généreux, connaissent des situations contradictoires.«Entre le droit et la pratique, il y a une marge, dit Saïda Belas.Ce n’est pas parce que selon la majorité des Codes de la famille, les musulmans ont le droit d’avoir jusqu’à quatre épouses qu’ils le font tous.Historiquement, la polygamie assurait à la fois l’entretien des veuves des musulmans morts à la guerre et la survie de la communauté musulmane.Aujourd’hui, les jeunes ont intégré une certaine modernité mais surtout, la majorité des hommes ne sont pas assez riches pour entretenir plusieurs femmes.» Au Maroc, par exemple, seuls 4% des hommes seraient encore bigames, sinon polygames.«Cette coutume est en voie de disparition», affirme Mme Belas.Le port du voile, lui aussi, est en régression au Maroc.«Il convient de distinguer le port du voile de celui du tchador, affirme Naïma Den-dris, également membre du Comité des femmes du Centre des études • arabes pour le développement.L’un comme l’autre permettent à la femme de pouvoir emprunter l’espace extérieur réservé aux hommes de façon anonyme.Mais tandis que le voile ou la djellaba sont féminins, souvent de couleurs vives et décorés de broderies, l’austère tchador des intégristes musulmanes sert avant tout à marquer leur adhésion à une application à la lettre du Coran.» Si les musulmanes ne jouent pas de rôle au sein des structures religieuses islamiques, elles sont par contre de farouches gardiennes de la tradition.«La crainte que leur fille ne perde sa virginité avant le mariage et ne déshonnore ainsi la famille est un cauchemar pour la plupart des familles musulmanes qui ont immigré dans des pays Occidentaux et notamment au Québec, avoue Saïda Belas.L’idée fixe des parents est de marier leur fille avant que cette catastrophe n’arrive, soit en la renvoyant dans son pays d’origine pour qu’elle s’y marie soit en lui trouvant un mari potentiel dans la communauté.» Les mariages mixtes sont cependant de plus en plus fréquents.«J’ai dû demander à mon futur mari québécois qu’il se convertisse à l’Islam», raconte Naïma Dendris.En effet, la conversion est la condition sine qua non pour qu’un mariage entre une musulmane et un non musulman soit reconnu par la communauté et que leurs enfants échappent au statut de bâtards.La situation inverse, par contre, ne pose aucun problème.«De nombreuses femmes très scolarisées ont quitté leur pays parce qu’elles en avaient ras-le-bol de la situation, avoue une jeune musulmane qui a préféré garder l’anonymat.Quand elles sont battues, les musulmanes immigrées au Québec recourent d’ailleurs de plus en plus régulièrement aux maisons d’hébergement.Notre génération ne vit pas la sexualité de la même manière que celle de nos mères.Mais nous nous marions encore pour avoir un foyer et procréer.» Les cent manières d’être juive MARIE-ANDRÉE AMIOT T e me considère féministe, radi-'M cale et extrêmement traditionnelle dans mon judaïsme», explique Norma Joseph avec le plus grand sérieux.Professeur à temps plein à l’Université Concordia au département d’études religieuses, Mme Joseph donne des cours qui traitent des femmes et des religions.Parallèlement, Ghila Benesty-Sro-ka, fondatrice et directrice de la Tribune Juive se dit tout à fait athée .Pourtant, la revue qu’elle dirige comporte une désignation religieuse qui invite à croire que le contenu est lié aux traditions religieuses juives.«Eh bien non, aucunement, explique M me Benesty-Sroka, les Juifs ne sont pas nécessairement religieux, ils appartiennent plutôt à une communauté culturelle riche qui représente un mode de vie plutôt qu’uniquement une religion.» L'ASSOCIATION DE MARIE IMMACULÉE Ni clôture, ni grille, ni cloche.Pas de vie commune et pourtant ils forment une vraie communauté.Tels sont les Associés de Marie Immaculée, hommes et femmes catholiques qui vivent et travaillent dans le monde sous une règle et dans l'observance des trois voeux de perfection.N'étant pas obligé à la vie commune, le voeu de pauvreté permet à chaque membre de garder ses propres biens.Ils peuvent vivre seuls, avec leur famille, en appartement ou avec un autre membre de la communauté.Ils ne renoncent pas à tout acte de popriété au sens propre de la loi mais à tout attachement à ce qu'ils possèdent ou acquièrent dans le monde.La souplesse de ses conditions de vie permet à l'Association de recevoir parmi ses membres toute personne qui n'a pu pour raison de santé, problèmes de famille ou autres réaliser son désir de se consacrer au Seigneur.Même le noviciat n'interrompt pas le travail ou la profession que le sujet exerce.La formation se donne par correspondance du Centre de la société à l'adresse suivante : L’Association de Marie Immaculée 6 Farmbrook Lane Palm Coast, Florida 32-37 Les vœux sont faits privément, chaque année, jusqu'au voeux perpétuels.L'Association comprend loris catégories de membres, séparées et distinctes: 11 pour femmes seules; 2) pour hommes seuls; 3) pour hommes et femmes seuls ou mariés qui veulent servir Dieu tout en restant à la maison, sans vœux de religion.Toute personne intéressée peut avoir un supplément d'information en communiquant avec I Association de Marie Immaculée à l'adresse donnée ci-haut.fl Y Y DOMINICAINS 4" Communautés locales et engagements apostoliques: Québec, Trois-Rivières, Saint-Hyacinthe, Brossard, Montréal, Ottawa, Toronto + Collège dominicain de philosophie et de théologie: L'acuité de théologie, Département de philosophie, Ottawa 4" Institut de pastorale, Montréal + Magazine Présence, Montréal Administration provinciale 5353, avenue Notre-Dame de Grâce Montréal, QC H4A 1L2 Pourquoi alors avoir choisi une telle raison sociale?«Parce que je considère que le judaïsme est un mode de vie, donc pour moi, être juive signifie être universelle et la Tribune Juive est mise à la disposition du citoyen d’ici par une juive qui fait la promotion des valeurs interculturelles.» Deux femmes, l’une Ashkénaze et l’autre Sépharade, très féministes et diamétralement opposées dans leurs convictions religieuses.Pourtant, elles partagent la tradition juive à laquelle elles sont farouchement attachées.On compte environ 100 000 juifs à Montréal.Trois sur quatre sont Ashkénazes, surtout anglophones, originaires des pays d’Europe centrale et les 25 000 autres, Sépha-rades francophones venant en grande partie du bassin méditérranéen.Pour Rifka Augenfeld, d’origine polonaise, le judaïsme représente une série de traditions qui mènent à des combats politiques, à des options socialistes, à des organisations communautaires.Elle est aujourd’hui présidente de la table de concertation de Montréal pour les réfugiés.Pour une autre femme, celle-ci commerçante, issue de la communauté hasidim et qui ne veut pas être identifiée, le judaïsme n’est ni une préoccupation, ni une question philosophique, c’est l’unique façon de vivre.Tous ses gestes quotidiens sont dictés par son orthodoxie et rien n’est laissé au hasard d’un menu à la carte où on choisit ce qui va en rejetant ce qui ne va pas.«Nous sommes très liés.Notre vie tourne autour de la communauté, nos familles, les fêtes, la synagogue.Nos enfants étudient dans des écoles juives et nous ne les envoyons pas à l’extérieur après l’école secondaire parce que nous voulons les protéger contre les problèmes qui guettent les jeunes: drogues, violence, mauvaises in- fluences.Nos enfants font partie de notre communauté et marient des pairs au sein des hasidim.Ce serait une tragédie pour les deux familles si l’un d’eux épousait quelqu’un de l’extérieur.” Norma Joseph est aussi de cet avis.La religion qu’elle pratique avec beaucoup de ferveur assure unç continuité à sa race.A ses yeux, en instituant des mariages mixtes, la communauté risquerait de s’affaiblir et elle y voit là un grave danger d’assimilation: «Je suis tout à fait en accord avec le multi-culturalisme, mais dans un mariage mixte, un des deux partenaires perd son identité.On efface alors doucement la culture de cette personne et de ceux qui la suivent, c’est une forme de destruction.» Ghila Benesty-Sroka pour sq part, n’adhère pas à cette théorie.Egalement directrice de La parole métèque, magazine du renouveau féministe, elle ne voit aucun danger dans les mariages interculturels.«En tant que juive, si j’épouse un .ÿ A-x MêmM 1130 boul.Saint-Joseph Est Montréal H2J1L4 (525-2574) 70 ans d’engagement social et de promotion de la condition féminine LA SOCIÉTÉ DES MISSIONS-ÉTRANGÈRES La Société des Missions-Étrangères de Pont-Viau regroupe des prêtres et des laïcs (hommes et femmes) qui vont au Soudan, aux Philippines, au Japon, à Hongkong, à Cuba, au Honduras, au Pérou, en Argentine, au Chili et au Brésil pour ?accueillir les valeurs culturelles et religieuses des peuples qui y vivent, sR témoigner de l'Évangile, ?former des communautés chrétiennes vivantes, ?s'engager dans la promotion de la justice et du respect de la dignité humaine.180, place Juge-Desnoyers, Pont-Viau, Ville de Laval, Québec, H7G 1A4 Tél.: (514) 667-4190 non-juif, je ne perds pas mon identité.Au contraire, je me sens tout à fait capable de transmettre le judaïsme à mes enfants.Je sui juive de connaissances, de culture, de conscience.Je suis athée parce que je ne suis pas croyante, mais j’ai une conscience juive et ça, on ne le perd pas.» Race, culture, religion, traditions, tout se mêle quand on parle de judaïsme.Et la communauté est tricotée si serrée qu’il est très difficile pour le non-juif d’y pénétrer.Depuis une vingtaine d’années, l’arrivée massive des Sépharades qui sont à 97% francophones a permis un rapprochement entre la communauté juive et les Québécois.«Mais il reste encore beaucoup à faire, dit Rifka Augenfeld.Ce n’est pas tout de converser entre gens de vieille souche et nouveaux arrivants ou juifs qui sont ici depuis le 18e siècle, il faut recevoir les gens dans leurs maisons, les inviter à leurs fêtes, les inclure dans leur vie, c’est ça la véritable intégration.» Joy Lewitt, devenue en 1979, la première femme rabin de Toronto LES SOEURS DE L’ASSOMPTION DE LA SAINTE VIERGE NICOLET Congrégation vouée à l’éducation chrétienne du peuple de Dieu avec une option préférentielle pour les jeunes, les femmes et les personnes appauvries.Les Oblates Franciscaines de St-Joseph Solidaires en Église des femmes qui se lèvent et s’engagent à faire advenir un monde nouveau Soeurs de Saint-Joseph de Sauit-Oïyacintfie' M Une Congrégation vouée à l’éducation intégrale de la jeunesse et à l’évangélisation des pauvres Au service de l’Église du Québec depuis 1877 i i \ L E I) E VOIR E X T R A .JEUDI 8 A V R I I.1 !) Ï» 3 C *|U'* ,s «*«< ' intvxk* «jv.LES CHRÉTIENS ET LES IMAGES Les attitudes envers l'art dans l'Église ancienne Stéphane Bigham Ce livre examine le témoignage biblique, littéraire et archeo' gique du judaïsme et du christianisme de l'Antiquité afin de découvrir les attitudes des juifs et des paléochrétiens envers P art figuratif.L'étude démontre que le judaïsme et le christianisme primitif, contrairement aux idées reçues, ne sont pas hostiles aux images.DE NARCISSE A JÉSUS La quête de l'identité chez François d'Assise Jean-Marc Charron 294 pages * 21,95 $ L'auteur nous entraîne dans l’univers humain et psychologique de saint François.Il nous présente sa conversion à la lumière du concept de crise d'identité tel que formulé par Erikson et analyse la dynamique sous-jacente à cette crise et à l'intégration d'une nouvelle identité.LA PAROISSE POST-MODERNE Faire Église aujourd'hui.L'exemple du Québec André Chevalier 376 pages * 29,95 S On a souvent proclamé la mort de l'institution paroissiale.L'auteur de ce livre s'oppose à un tel verdict et préconise une paroisse renouvelée, centrée sur la mission du Christ, gui est reconnaissance de la dignité des personnes et «pratique» de la communion humaine et ecclésiale.L'i.HOMME» QUI DIVINISE Pour une interprétation christo-centrique de l'existence Réal Tremblay 252 pages * 21 $ Les humains sont tourmentés par le sens à donner à leur existence.Ce livre voudrait être l'expression de cette recherche incessante du sens qui constitue l'épine dorsale cfe la vie humaine et chrétienne en particulier.En chemin vers la racine ultime du réel, nous sommes invités à fixer le regard sur le Crucifié ressuscité.L'AMOUR, LE COUPLE France, Quéré 110 pages, * 13,95 $ La famille est un fait, une politique, un mystère.Tels sont les trois grands axes de cet ouvrage qui situe le couple dans son enracinement humain et historique, dans sa dimension sociale et éthique pour, enfin, le présenter comme mystère.Mystère de la gratuité qui ouvre a la grâce, mystère de communion qui ouvre au Dieu, un et trois.CTA ÉDITIONS PAULINES LES ministères Simon Dufour et Rémi Parent 106 pages* 13,95 Comment sont nés les ministères?Comment ont-ils évolué?Quelles nouveautés le concile Vatican II a-t-il apportées?Telles sont les questions essentielles qu'il faut se poser avant d’aborder celle de l'avenir des ministères.Un livre synthèse mené avec clarté et conviction sur un sujet difficile et controversé.Sans nier les difficultés, les résistances, les problèmes, il propose des voies.U MORALE Jean-Marie Aubert 112 pages * 13,95 $ La morale chrétienne est une morale du bonheur, de la liberté et de l'amour.Un excellent exposé des fondements de l'éthique chrétienne par un spécialiste dans le domaine.en vente chez votre libraire ÉCONOMIE Et EOl ï*!'-** «v.f.*1 ÉCONOMIE ET FOI Michel Fause et Jérome Régnier 128 pages * 13,95 S Ce livre démontre à montrer comment il est possible, en tant que chrétien, de penser et de vivre l’économie.Il discerne au sein des problèmes économiques contemporains les principaux défis et questionnements éthiques, et précise ce qu’apportent en ces domaines les positions de la foi chrétienne.et l’enseignement social de l'Église. C 10 L E I) E V 0 I H E X T H A .JEUDI « A V R I L I 9 9 3 LES FEMMES D Rome invoque la tradition pour refuser le sacerdoce aux femmes MARTINE D’AMOURS En novembre dernier, l’Église d’Angleterre, maison-mère de l’Eglise anglicane, décidait d’admettre les femmes au sacerdoce.Rome en a profité pour réitérer son opposition à l’ordination des femmes et) invoquant les arguments de l’Écriture, de la tradition et de la symbolique.Des arguments que réfute vivement le groupe québécois Femmes ét ministères, auquel appartient la théologienne Yvonne Bergeron, enseignante à la Faculté de théologie de l’Université de Sherbrooke et coordonnatrice de la pastorale sociale ce diocèse.; Le, principal argument invoqué par l’Église catholique est celui de la tradition, c’est-à-dire de sa constance, au cours des siècles, à refuser l’ordination des femmes.Pour Yvonne Bergeron, c’est un argument fragile.«Entre le deuxième et le quatrième siècles, des communautés chrétiennes ont eu des femmes diacres.Par ailleurs, des historiens ont révélé qu’au sixième siècle, il y a eu des femmes prêtres en Italie méridionale.U n’est donc pas exact de dire que l’Église catholique n’a jamais ordonné de femmes.» «Aussi, poursuit la théologienne, je crois qu’il existe une certaine confusion a,utour du mot tradition.Bien sûr, l’Église veut et doit rester fidèle à la grande tradition qui réunit tous les croyants, celle de Jésus mort et ressuscité.Mais on entend aussi par tradition des décisions circonstanciées, selon les époques, qui peuvent et doivent changer au nom de la fidélité à l’esprit évangélique.Certaines de ces décisions, comme l’abandon du latin comme langue des célébrations, ont changé au cours des siècles: pourquoi ne ferait-on pas de même en matière d’ordination?Le deuxième argument, le fait qu’aucune femme ne figure parmi les 12 apôtres, est contesté par un nombre grandissant d’exégètes et de théologiens qui s’accordent pour dire qu’on ne peut tirer de la décision de Jésus des raisons déterminantes pour refuser l’accès des femmes au sacerdoce.«Jésus ne pouvait aller plus loin que la tradition de son époque, qui n’accordait à peu près aucun crédit au témoignage public des femmes, affirme Mme Bergeron.Ce qui est normatif par ailleurs, c’est l’attitude libératrice de Jésus à l’égard des femmes.Il les a traitées, non pas d’abord comme des FAUTE SUITE DE IA PAGE C-9 25 ANS D’EXPÉRIENCE AC III 18,828,14 12,793,85 PASSIF lH.828.i4 12,798,85 soi m 0,00 0,00 C«< >ssel i n -b A ssociés (UMI’I Mil I S U.KI I S 1415.Kl I J A RR Y EST.BUREAU 42(1.MONTRÉAL (QUÉBEC) 1I2E IA7 TÉLÉPHONE : (514) 376-4090 épouses et des mères, mais comme des personnes égales.La caractéristique des êtres humains pour Jésus, c’est leur égalité devant Dieu.» Le troisième, argument est symbolique.Pour l’Église catholique, le prêtre dans l’exercice de ses fonctions, en particulier dans la célébration de l’eucharistie, représente le Christ par une «ressemblance naturelle».Cette ressemblance n’existerait pas si ce rôle était tenu par une fenjme.A cela, Mme Bergeron répond qu’il n’y a pas de lien naturel entre le ministère ordonné et la masculinité.“C’est un lien de convenance.Ce que nous disons, à l’instar des Anglicans d’ailleurs, c’est qu’il est pour le moins convenable que Jésus-Christ, être humain, puisse être représenté par des hommes et par des femmes.Pourquoi une femme ordonnée ne pourrait-elle pas jouer les deux rôles goût d’aller au bout, au plan eucharistique.” Pour M.Marc Pelchat, professeur de théologie à l’Université Laval, le fait de confier la responsabilité de paroisses à des laies est peut-être une solution pratique à court terme, mais certainement pas la voie de l’avenir.«Si des laïcs, hommes et femmes, font la même chose que les prêtres, sauf l’administration des sacrements, pourquoi IW FACULTE DE THEOLOGIE UNIVERSITÉ SAINT-PAUL Théologie systématique , et historique Études bibliques Éthique - B.Th., M.A.fTh.), L.Th., Ph.D.fTh.), D.Th.- Programme d’initiation à la théologie - Programme de formation en éducation de la foi - Session d’été en liturgie Pour de plus amples renseignements: Faculté de Théologie Université Saint-Paul 223, rue Main Ottawa.ON K1S 1C4 (613)236-1393 principaux du prêtre qui consistent à rappeler à la communauté que Jésus agit dans les sacrements et à rappeler à chaque croyant sa responsabilité en Église?Ce ne serait d’ailleurs pas une si grande innovation: les femmes sont déjà reconnues comme ministres dans le sacrement du mariage et peuvent recevoir l’autorisation de baptiser.» Yvonne Bergerçn croit qu’il est grand temps que l’Eglise catholique engage le dialogue et cherche des éclairages nouveaux sur cette question.«Les femmes, estime-t-elle, voudront de moins en moins s’engager dans un système qui affirme l'égalité tout en pratiquant la discrimination.Elles accepteront de moins en moins d’être subalternes à l’autorité cléricale.Elles chercheront à se réapproprier le pouvoir qui correspond à lejir responsabilité de croyantes.Si l’Église demeure le seul secteur d’activité où l’on refuse que les femmes exercent des responsabilités égales à celles des hommes, elle risque de perdre sa crédibilité, de voir les différences s’exacerber et des femmes quitter ses rangs.» Pour qu’un dialogue fructueux s’engage, il faut, à son avis, réunir un certain nombre de conditions.«Il faut que les femmes continuent d’occuper tous les espaces possibles, qu’elles continuent à faire des brèches dans le système, en établissant des relations égalitaires avec les pasteurs, en affirmant leur responsabilité de servir dans cette Église.Mais on devra aussi faire tomber les barrières juridiques, parce qu’aussi longtemps que les acquis des femmes ne s’inscriront pas dans des formules juridiques, ils seront très fragiles.» «En rdevanche, estime la théologienne, il faudra en arriver à une plus grande .délégation des pouvoirs dans l’Église.La conférence épiscopale québécoise est certainement la plus prête à s’ouvrir à l’ordination des femmes, mais elle n’a guère le loisir d’opérer comme elle veut parce que le pouvoir est centralisé à Rome.» «Il faudra finalement démystifier le discours théologique dominant qui, à la manière d’une idéologie, maintient tout le système en place.Les hommes et les femmes, conclut Yvonne Bergeron, devront se libérer d’un système qu’ils ont eux-mêmes intériorisé.Quand on ose la liberté au nom de sa foi, cela ne peut faire autrement que d’entraîner des changements.» ne seraient-ils pas prêtres?Il faudrait avoir le courage de poser la question de l’élargissement de l’accès au sacerdoce.» Plusieurs responsables ou coordonnatrices de paroisses se défendent bien pourtant de vouloir prendre la place du prêtre, arguant qu’il y a une 1793 1859 louis Qutrbts Les Clercs de Saint-Viateur fêtent le bicentenaire de la naissance de leur fondateur Les frères des écoles chrétiennes SIGNUM FIDEI Camp de l’Avenir À ORIENTATION PASTORALE Camp d’été 1993 VOUÉ AU SERVICE DES JEUNES NOMMA GE A UX FEMMES DANS L EGLISE ffflTRt CAMP I Garçons et filles 14-15-16-17 ans 26 juin au 3 juillet CAMP 2 Garçons 12-13 ans 11 au 17 juillet CAMP 3 Filles 12-13 ans 4 au 10 juillet CAMP 4 Garçons et filles 14-18 ans 18 au 25 juillet Secrétariat 1475.ave Morgan Montréal HIV2P6 (514) 255-9392 Secrétariat 947, Route 148 Est, C.P.97 Calumet (Québec) JOV IB0 (819)242-7846 Camp Aventure-Jeunesse DE PLEIN AIR ET D’AVENTURE Camp d’été 1993 VOUÉ AU SERVICE DES JEUNES CAMP ACCRÉDITÉ ACQ CAMP 5 Garçons et filles 9-10-1I ans 1er au 6 août CAMP 6 Garçons et filles 9-10-1 I ans 8 au 13 août ¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦I ANS L’EGLISE ?- Mgr Hubert craint que Pordination des femmes ne soulève un tollé LOUISE LEDUC POur Mgr Bernard Hubert, évêque du diocèse de St-Jean-Longueuil et président de l’Assemblée des évêques du Québec, le débat sur l’ordination des femmes vient porter ombrage à une question plus fondamentale encore, celle de la lutte engagée contre le cléricalisme.«Au Québec, on assiste à un changement plus révolutionnaire.On est en train de faire en sorte que le ministère soit désormais divisé entre les prêtres et les laïcs, le premier décidant des orientations à prendre, mais en complémentarité avec son conseil de pastorale», explique Mgr Hubert.Ce changement, amorcé il y a quelques années, s’est fait sans heurts et sans remue-ménage théologique.Chacun y trouvait son compte: le fidèle gagnait des responsabilités et l’Église ne pouvait négliger cet apport au moment où les prêtres se faisaient de plus en plus rares.Au contraire, l’ordination des femmes n’irait pas sans soulever un tollé dangereux pour l’unité de l’Église.«Il est possible, dit Mgr Hubert, que seule une minorité de Québécois s’opposerait à voir une femme devenir prêtre.Mais comment une femme ordonnée serait-elle reçue à Edmonton?Si l’on regarde du côté des Anglicans, qui forment une communauté beauepup plus petite et homogène que l’Église catholique romaine, l’ordination des femmes ne se fait pas dans la plus grande sérénité.» Le prélat doute, par exemple, que les orthodoxes puissent admettre pareille nouveauté.«L’ordination des femmes ne viendra pas ayant qu’il n’y ait consensus dans l’Église.Même les théologiens n’arrivent pas à tenir un discours unanime.» Olivette Genest, exégète à la Faculté de théologie de l’Université de Montréal, renvoie vite la balle.«Pour la question des femmes, on fait référence aux orthodoxes, mais on se garde bien de piger dans leur tradition pour le divorce et le mariage des prêtres.» Le retard qu’accuse l’Église catholique sur le rôle des femmes serait d’autant plus déplorable qu’elle aurait le devoir, de par sa mission prophétique, de faire avancer les fidèles.C’est au berger de faire avancer les brebis et non aux brebis les plus aventureuses de mener le bal.» La Bible, écrite il y a deux mille ans dans une société patriarcale, est Mgr Bemartd Hubert encore aujourd’hui le livre de chevet de millions de chrétiens dans le monde.De par sa symbolique, la Bible laisse une large part à l’interprétation, notamment quant au rôle qu’est appelée à jouer la femme au sein de l’Église et de la société.Théologiennes féministes et autorités religieuses y trouvent donc de part et d’autre les arguments de base des positions qu’elles défendent.Selon Olivette Genest, le fait que Jésus se soit incarné en homme ou qu’il n’ait pas ordonné de femmes à la Cène ne signifie pas d’un point de vue théologique qu’elles devraient être exclues du sacerdoce.Ces choix se seraient inscrits dans le cadre d’une société juive patriarcale que Jésus ne pouvait pas à lui seul réformer du jour au lendemain.Pourtant, le Christ prenait au sérieux les femmes, conversant avec la Samaritaine et visitant les Marthe et Marie.Son message, en prônant la justice et le respect des défavorisés, s’en prenait à toutes les formes de discrimination, y compris celle dont étaient victimes les femmes.Pourtant, le comportement avant-gardiste de Jésus, qui brava les tabous de son temps, n’aura pas d’écho dans la Bible.«Avant la fin de la rédaction du Nouveau Testament, la communauté chrétienne fait déjà marche arrière et la femme n’est plus considérée que dans son rôle de mère et d’épouse», dit Mme Genest.Certes, la tradition pèse lourd.Pendant vingt siècles, aucune femme n’a été ordonnée prêtre.Il n’est donc pas évident pour le Pape de rompre avec ces critères réservant la prêtrise aux seuls hommes célibataires.Marie-Andrée Roy, théologienne, trouve pourtant que l’importance accordée à la matérialité du corps de Jésus est superficielle.«De toute manière, Jésus était un Juif, mort dans la trentaine.Si vous regardez du côté de Rome, vous ne trouverez pas beaucoup de juifs et il y a fort à parier que la moyenne d’âge des prêtres est pas mal plus élevée!» Que dire des lectures féministes de la Bible?Mme Genest les trouve saines et rafraîchissantes.«Il est évident qu’on ne peut pas véhiculer une tradition au féminin à moins de corrompre le texte.Mais c’est en s’y esr sayant, rappelle Mme Genest, que l’on s’aperçoit à quel point ce texte est masculin, androcentrique et patriarcal.Pourtant, l’enseignement de Jésus a doqné tout ce qu’il fallait pour que l’Église rajuste ses positions, ce qu’elle aurait dû faire il y a des siècles».Olivette Genest n’en soulignera pas moins les efforts remarquables de l’épiscopat canadien et québécois qui, depuis 1976, font des efforts courageux dans leur intercession en faveur des femmes auprès de Rome.Il regte que plusieurs fidèles boudent l’Église.Parmi ceux-là, certains le font parce qu’ils ne crojent pas au message que véhicule l’Église mais gardent, selon Mgr Hubert, leur carte de membre pour les funérailles et les baptêmes.Certains décrochent aussi parce que l’Église n’accorde pas aux femmes d’être médiatrices du sacré.«On est une Église qui cherche.Il ne s’agit pas de garder les fidèles à tout prix.Mais pour ceux que l’Esprit Saint éclaire, jl faut qu’ils restent pour changer l’Église de l'intérieur», suggère Mgr Hubert.Mais l’Église peut-elle s’ajuster à la société actuelle?Selon Mgr Hubert, il n'est pas impossible que dans des synodes romains futurs, les critères d’accessibilité à la prêtrise soient réévalués, surtout que les positions qu’on y débattra ne seront pas celles des seuls prêtres mais aussi des laïcs, de plus en plus influents aussi bien au Québec qu’en Afrique.Mais la date de pareil virement de cap reste à fixer.En attendant, les femmes québécoises, plus nombreuses que les hommes à se rendre quotidiennnement à la messe, ont peut-être une motivation supplémentaire d’espérer la venue d’un Christ qui, espèrent-elles, jouira peut-être d’une écoute plus attentive.place pour chacun, qu’elles sont satisfaites des responsabilités qu’elles ont et que les paroissiens, surtout les plus âgés, ne sont pas prêts à voir ordonner des femmes.Au départ, rapportent-elles, plusieurs fidèles étaient insécurisés par la peur de perdre le prêtre.«Pour fournir une réponse viable à la pénurie de prêtres, poursuit par femmes et lHommes partenaires dans [’‘Église 9dommages du diocèse de Saint-Jérôme I ,:i Mniti ise ès ai ls (Il sciences pastorales Développez Us compétences et attitudes nécessaires pour intervenir efficacement, grâce au programme révisé d’études supérieures de l’Institut de pastorale.Le programme O 2 ans (4 trimestres), 45 crédits Les concentrations O pastorale générale O travail de groupe O counselling Individuel et matrimonial O service pastoral en soins de santé Les composantes O corps professoral reconnu Z> champs de recherche diversifiés O pratique professionnelle Incluant: • stages en milieu de travail • séminaires d'intégration et de développement personnel • cours d’éthique prolesslonnelle Institut de pastorale Université Saint-Paul 223, rue Main OTTAWA K1S 1C4
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