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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1993-04-10, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR Vol.L X X XIV.ii o 8 :i M O N T II E A L .1.E S S A M EDI I 0 E T I) I M A N • I.E I) E V OIK, I.E S S A M EDI I O E T I) I M A X (' HE II AVRIL I !) !) A A 4 LES ACTUALITES Réforme des cégeps Les étudiants préparent leur riposte ISABELLE PARE LE DEVOIR Sur le pied de guerre, plus d’une trentaine d’associations étudiantes étaient réunies hier en caucus à Québec pour riposter à la réforme des cégeps présentée cette semaine.Le recours à la grève n’est pas exclu.Mais avant, toute une série de moyens d’action sera déployée.«Il n’est pas question que ce ne soient que les fils de riches ou les «pushers» qui aient le droit de continuer sans plus de soucis à échouer.Le ticket accélérateur est une mesure économique que l’on combattra à tout prix», a insisté hier M.Frédéric Lapointe, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).Les associations participantes ont d’ailleurs voté hier en faveur du rejet du controversé «ticket» qui impose une pénalité de 50$ par cour après cinq échecs.Elles réclament le rétablissement de l’article 33, aboli par la réforme, qui permet aux cégeps de refuser d’admettre un étudiant qui a échoué la moitié de ces cours.Cette mesure de contrôle est jugée beaucoup plus efficace pouf minimiser les échecs par les étudiants et surtout moins discriminatoire.Les associations étudiantes affiliées au Bureau d’information de la coalition collégiale (BICC) ont arrêté hier un plan d’action national qui laissera une grande marge de manoeuvre aux associations locales.Certains n’excluent pas le recours à la grève générale illimitée, même en cette fin de session, d’autres oui.«Nous avons toujours dit que nous n’écartions pas la grève en dernier recours», a souligné de son côté M.Sébastien McQua-de, porte-parole de cette coalition mandatée d’organiser la résistance étudiante au projet de loi.Selon le président d’un regroupement d’associations étudiantes, les cégépiens ne seraient pas très chauds à l’idée de faire la grève, peu convaincus de son impact.Mais selon le président de la FECQ, les étudiants ne seraient pas très chauds à l’idée de faire la grève, peu convaincus de son impact.«Cela ne dérange pas les gens de retarder leur session.C’est plutôt l’utilité d’une grève qu’ils questionnent», affirme M.McQua-de.Ce dernier affirme que des actions, comme une grève du zèle ou l’envoi massif de pétitions par la poste, permettront davantage d’enrayer o\i d’«embourber le système».Les étudiants placent au coeur de leur action la lutte contre le ticket modérateur mais aussi le rétablissement des deux cours d’éducation physique que se propose de sabrer la ministre Ro-billard.Par ailleurs, les étudiants d’universités ont eux aussi commencé à ruer dans les brancards, convaincus que la brèche ouverte dans la gratuité au cégep est une hérésie.L’Organisation nationale universitaire (ONU) affirme que par son ticket, la ministre Robillard verse «dans le dirigisme lourd, caractéristique du gouvernement actuel.Elle croit pouvoir régler le problème des échecs répétés par l’emploi d’une politique de bras de fer.» L’ONU avait déjà été échaudée par l’intention manifestée par le Conseil du Trésor dans son document Vivre selon nos moyens de hausser de 50% les frais de scolarité à l’université pour rejoindre la moyenne canadienne.«Le taux d’échecs élevé, observé chez les étudiants et les étudiantes du niveau collégial, résulte d’un malaise beaucoup plus profond du système de l’éducation tant au niveau primaire que secondaire.L’emploi d’une telle mesure (ticket) changera-t-elle, la réalité?, soulève l’organisme.A plus forte raison, l’introduction d’une amende risque de les accentuer (les problèmes) davantage».Québécor loupe son entrée en France MICHEL DOLBEC PRESSE CANADIENNE Paris — Le groupe Québécor a raté sa première tentative d’implantation en France et en Europe.le Tribunal du commerce a rejeté vendredi la proposition présentée par la société de Pierre Péladeau pour la reprise de l’imprimerie Cino Del Duca, de Blois.Il lui a plutôt préféré un plan de continuation des activités préparé par la direction de l’entreprise.Québécor offrait 30 millions de francs (environ 6,9 millions$CAN) pour cette importante imprimerie, pro priété du groupe Maxwell, qui était en redressement judiciaire depuis un an.Ses actifs valent au moins cinq fois plus.Le Tribunal du commerce a toutefois jugé que la proposition du groupe québécois n’assurait pas «un remboursement substantiel des créanciers» (ils sont près de 300 pour un passif de 300 millions de francs).Il a aussi estimé qu’il n’existait aucune certitude pour que les fonds «disponibles à une date précise (.) le soient à une date ultérieure».Les suppressions d’emplois projetées par Québécor ont particulièrement déplu au tribunal.Déterminé à procéder à une sérieuse restructuration de l’entreprise, le groupe québé- cois voulait licencier plus de 90 salariés, dont le sort, souligne le jugement, ne faisait l’objet d’aucune «garantie sérieuse».Québécor, au terme d’une partie de bras de fer avec les syndicats pour qu’ils acceptent de revoir à la baisse certains avantages sociaux, avait pourtant fait plusieurs concessions, renonçant notamment à 70 licenciements.Sa proposition était par ailleurs appuyée par le comité d’entreprise et le ministère public.Le rejet de l’offre de Québécor retarde son implantation en France mais ne devrait pas la compromettre.Blois ne sera pas la tête de pont en Europe de la société des Péladeau, mais ceux-ci ont dans leurs cartons d’autres projets.Pierre-Karl Péladeau a répété récemment que son groupe étudie «d’autres opportunités d’implantation, notamment au Royaume Uni».Son père a déjà confirmé pour sa part qu’il avait des vues sur une autre imprimerie, possédant trois ateliers, dont un à Paris, et comptant environ 300 salariés.En plus d’une imprimerie, le propriétaire du Journal de Montréal songerait à s’offrir un journal, en l’occurrence le quotidien populaire France-Soir, pour lequel il a récemment confirmé son intérêt PHOTO PRESSE CANADIENNE C’est un glissement de terrain qui a causé le déraillement d’un convoi de Via Rail, à environ 25 kilomètres de La Tuque.Un train déraille près de La Tuque: 13 personnes blessées Tuque (PC) — Un glissement Lizotte.fives d’urgence, dépêchées de la ville son épouse et de ses deux enfa e terrain provoqué par la fonte Seulement deux blessés sont de- de Parent, ont pu faire reculer le M.Lebeau, un ancien infn loinroc O POIIOO m rlneoillû m ont molieoo nkemniotlAn nil l nnlm nnmin! îxnnii’n In innnilnn d'.mn Mm.n’nnt lavxvtnJlninMnnMi nmnlnxn a Tuque (PC) — Un glissement de terrain provoqué par la fonte es neiges a causé le déraillement ’un convoi de Via Rail à environ 25 kilomètres de La Tuque, tôt hier matin, occasionnant des blessures mineures à douze personnes et des blessures plus graves à l’ingénieur principal du train, Louis Arsenéault, originaire de Rouyn-Noranda.Les treize personnes blessées ont été transportées au Centre hospitalier Saint-Joseph de La Tuque par la firme d’hélicoptères Hélimax.«L’ingénieur était blessé gravement, mais son état était stable», a précisé l’infirmier-technicien ambulancier, André Lizotte.Seulement deux blessés sont demeurés sous observation au Centre hospitalier Saint-Joseph et on estime que celles-ci devraient recevoir leur congé de l’hôpital dès aujourd’hui.La première locomotive a pris feu après avoir quitté les rails et s’est littéralement enfoncée dans le sable jusqu’à la hauteur des fenêtres de la cabine de pilotage.La seconde voiture est passée par-dessus la première et le wagon à bagages a.également quitté la voie ferrée.Les trois wagons transportant les passagers sont heureusement demeurés sur les rails.Des locomo- tives d’urgence, dépêchées de la ville de Parent, ont pu faire reculer le convoi jusqu’à la jonction d’une route forestière, où des autobus de la firme Chevrette, de La Tuque, ont pu recueillir les rescapés.«Nous étions étendus et un bon choc nous a réveillés.Nous étions dans le premier wagon et les portes se sont ouvertes au moment du violent impact.J’ai vu que le wagon à bagages était en dehors de la voie ferrée et que la locomotive était en feu», explique M.Louis-Phillipe Lebeau, un citoyen de Parent, qui se rendait en visite chez des connaissances à Saint-Tite, en compagnie de son épouse et de ses deux enfants.M.Lebeau, un ancien infirmier, ’ s’est immédiatement employé à pro- , diguer les premiers soins à l’ingénieur principal du train, très mal en .point.«Il avait une coupure profonde au front, ainsi que l’oeil gauche passablement mutilé.Je n’ai pas décelé de symptômes de fracture du crâne», précise-t-il.«Les secours nous sont parvenus très rapidement et l’évacuation s’est très bien déroulée», poursuit M.Lebeau, ajoutant que les gens de Via sont tous intervenus de façon extrêmement efficace à la suite du déraillement.CARRIERES ET PROFESSIONS POUR OBTENIR DES CANDIDATES ET DES CANDIDATS DE QUALITÉ, UTILISEZ LES CARRIÈRES ET PROFESSIONS DU JOURNAL LE DEVOIR 985-3399 UQAM Lluniversité actuelle Jf/y/VZ/V///////////////_.///////////y///////////.'///./X-.-’-.v.¦-X- x-x-.- 1 Professeurs substitut en scénographie (conception et réalisation de décors) Département de théâtre Sommaire de la fonction • Enseignement aux premier et deuxième cycles • Recherche et création théâtrale • Service à la communauté Exigences • Maîtrise dans le domaine et huit années d'expérience professionnelle pertinente OU douze années d'expérience professionnelle pertinente • Compétence éprouvée et reconnue par le milieu dans le domaine • Connaissance des techniques scéniques, un atout Date d'entrée en fonction : le 1" juillet 1993 L'UQAM souscrit à un programme d’accès à l'égalité des femmes en emploi.Conformément aux exigences relatives à l'immigration au Canada, ce poste est offert aux citoyen-ne-s canadien-ne-s et aux résident-e-s permanent-e-s.Traitement: selon la convention collective SPUQ-UQAM Les personnes intéressées sont priées de faire parvenir un curriculum vitae en français, daté et signé, avant le 19 avril 1993, à Mm* Josette Féral, directrice, département de théâtre, UQAM, C.P.8888, suce.A, Montréal (Québec) H3C 3P8 «I Université du Québec à Montréal ï AIDE A L’ENFANCE CANADA SAVE THE CHILDREN CANADA Aide à l’enfance Canada/Suve the Children Canada esl un organisme à but non lucratif (ONG) dont les programmes d'aide au développement sont axés sur l’enfance.Le Département de programme recherche unie) administrateur/trice à contrat pour 2 ans, à son bureau de Toronto.Les candidat/(e)s intéressé(e)s sont invité(e)s à faire parvenir leur curriculum vitae avant le 3 mai 1993.RESPONSABILITES : Administration des financements de programme (soumissions, ententes, contrats, rapports) et des subventions provinciales; levée de fonds pour projets, analyse et présentation de planifications et de rapports de programmes, articulation et présentation des politiques, des méthodes et des outils de-gestion de programmes, système de documentation et de références interne.COMPETENCES : Formation universitaire en administration et/ou sciences sociales, bilingue français/anglais, expérience en administration de programme d'aide au développement (expérience outre-mer et en levée de fonds serait un atout); excellente aptitude à travailler en équipe; IBM PC/2, Microsoft Word et Lotus 123.DATE D’ENTRÉE EN FONCTION : mai-juin 1993 ADRESSE : Philippe LeBlanc, Directeur des programmes, Aide à l'enfance Canada, 3080 me Yonge, suite 6020, Toronto, Ontario, M4N 3P4 Notre client, prestigieuse et importante filiale canadienne d'une société américaine engagée dans le secteur des soins de la santé, a-uvre à l’échelle internationale dans le secteur pharmaceutique.Établie a Montréal, cette compagnie innovatrice est à la recherche d'un médecin capable d'assumer un rôle important dans son programme de recherche et développement cliniques.Directeur régional adjoint de la recherche clinique - Montréal Relevant directement du Directeur régional de la recherche clinique, vous devre/ vous assurer que le travail de recherche se fait selon les normes, les conditions et les hauts standards de qualité de la compagnie.A ce litre, vous aurez, entre autres, a préparer des rapports touchant l'évaluation de la qualité de la recherche clinique.De plus, vous aurez a bâtir et entretenir des relations avec les communautés médicales et scientifiques impliquées au niveau national dans lu recherche clinique.Les candidats doivent être médecins ( VI.D.i cl posséder un minimum de Kl ans d'expérience en recherche clinique.Outre des habiletés à diriger et a motiver du personnel scientifique ainsi qu'a travailler en équipe, les candidats doivent posséder une grande capacité d'adaptation cl de communication.La maîtrise du français et de l'anglais est essentielle, tant écrite qu’orale.Notre client offre un salaire 1res concurrentiel cl une gamme complète d'avantages sociaux.Vous êtes invité a faire part de votre intérêt sans délai en communiquant au 1514) 878-9090 ou en faisant parvenir votre curriculum vine, en mentionnant le numéro de dossier R9I-.YA.à mesdames Marie-José Buil ou Micheline Denis.SOBECO ERNST A; YOUNG.505 boul.René Lévesque Ouest.Montréal (Québec) 112/ I Y7, Télécopieur: (.514)875-2673.Notre client offre des chances d'emploi égales à tous.ËU SOBECO Ernst &Young La pénétration de groupes ésotériques parmi les employés d’Hydro serait limitée LE DEVOIR La pénétration de groupes ésotériques parmi les employés et cadres d’Hydro-Québee est restée relativement limitée et sans grande conséquence sur leur travail et sur l’utilisation des ressources de l’entreprise, à en croire le rapport final qu’a remis jeudi la vérificatrice générale de la société d’Etat, à l’issue de quatre semaines d’enquête.Un communiqué émis par la société d’Etat indique que «lorsque cela est pertinent, les renseignements nominatifs découlant de la vérification ont été transmis aux gestionnaires concernés, qui prendront les mesures prévues aux règlements de l’entreprise».Sans entrer dans le détail des mesures qui pourraient être prises, le porte-parole d’Hydro-Québec Guy Versailles a précisé que «dans le cadre de la vérification, il n’y a rien qui a été découvert qui mérite un congédiement».D’après le rapport, 15 employés d’Hydro-Québec, dont deux cadres supérieurs et six cadres, sont ou ont été membres de l’Ordre du temple solaire (OTS) ou de l’Académie de recherche et de connaissance des hautes sciences (ARCHS), sous l’égide de laquelle l’homéopathe Luc Jou-ret donnait des conférences.De plus, 36 employés ont participé à des conférences publiques données par l’OTS ou l’ARCHS et sept conférences ont été données par Luc Jouret à l’intérieur des locaux d’Hydro-Québec en 1988 et 1989, à la demande de deux régions administratives de la société d’Etat.Elles s’adressaient à des groupes d’employés variant d’une dizaine à une cinquantaine de personnes et portaient sur des thèmes tels que «Le sens de la vie et la réalisation de soi» ou «Le vrai sens du travail».Selon les conclusions de la vérificatrice générale, «la participation des employés aux organismes cités s’est faite, dans l’ensemble, sur leur temps personnel.Il n’y a pas eu, de façon significative, d’utilisation impropre des ressources de l’entreprise.Aucun indice d’un favoritisme systématique et organisé d’acquisition de ressources (employés et consultants) n’a été décelé.» L’enquête avait été ordonnée le 10 mars par le président du conseil d’Hydro-Québec, Richard Drouin, après l’arrestation pour complot de trafic d’armes de deux personnes, dont un chef de projet de la société, Jean-Pierre Vinet.Hydro-Québec a versé 4394$ d’honoraires à Luc Jouret pour ses conférences et a remboursé 3106$ à des employés pour des frais reliés à leur participation à des conférences.Sept à neuf membres de l’OTS, dont trois sont des employés d’Hydro-Québec, ont tenu après les heures d’affaires douze réuni,ons dans les locaux de la société d’Etat.Un employé a consacré, au cours des trois dernières années, une partie de son temps de travail à la réception d’appels téléphoniques pour les activités de l’OTS ou de l’ARCHS et trois employés associés à ces organismes ont fait quelques appels interurbains reliés à ces activités.Quoi de mieux qu’un crâne-tempête pour faire un tire-peau à la langue française?'J Paris (Reuter) — Pourquoi aller en auto-stop pour un quick lunch au fast-food ce week-end, si l’on peut faire du pouce vers le restau-vite pour une bouffe grande vitesse pendant l’entresemaine?Et pourquoi subir un lifting au lieu d’un tire-peau, ou se faire faire un brushing qui n’est qu’un simple brossage et que les Américains appellent d’ailleurs «blow dry»?Alfred Gilder, dans la dernière en date des déclarations de guerre au franglais, propose des équivalents français pour expulser de la langue un millier d’intrus anglais.Produit d’un remue-méninges ou d’un crâne-tempête (brain storming), son livre Et si l’on parlait français?renvoie outre-Manche l’attaché-case, le caddy et la taxi girl pour les remplacer par la vali-sette, la voiturette et la taxi-p.Les yuppies ne sont plus des diplômés de business school dont le boss figure au Who’s Who, mais des minet-bosseurs issus des sup de fric dont le singe est dans l’éli-toscope.Le globe-trotter devient un trotte-globe, le trekking, du trotte-montagne.Un baby-sitter est un garde-bébé, un sit-in un fesse-bitume et un talk-show une télévidio-tie. I) E VOIR.L E S S A M K 1) I 1 O K T l> I M A X C II K 11 A V K 11.I !) !» fl -?LE DEVOIR ?-: POLITIQUE Québec donne deux mois aux syndicats pour en arriver à une entente «Négociez, ou tout va sauter», prévient Fernand Daoust PHOTO PRESSE CANADIENNE Le président de la FTQ, Fernand Daoust, et le président du Conseil du Trésor, Daniel Johnson, se sont serré la main avant leur rencontre de jeudi.MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Québec va probablement déposer avant le 14 mai un projet de loi pour imposer le gel des salaires des 400 000 emplqyés du secteur public pour deux ans et la récupération par l’Etat de 1% de la masse salariale par des gains de productivité.Le gouvernement donne ensuite aux syndicats jusqu’au 15 juin pour s’entendre avec lui sur la manière d’obtenir ces gains de productivité dans la fonction publique, les écoles et les hôpitaux.Après quoi, faute d’entente, il envisage de leur imposer trois jours de congé sans salaire pour récupérer 171 millions$ cette année.Voilà fa réponse qu’avait à faire le président du Conseil du Trésor, M.Daniel Johnson, aux syndicats venus lui annoncer jeudi qu’ils formaient un front commun pour non seulement rejeter ses propositions de gel et de gains de productivité, mais aussi pour entreprendre la négociation des conventions collectives; celles-ci arrivent à échéance le 30 juin.L’attitude de M.Johnson a été accueillie par les leaders syndicaux comme de la «provocation», de «l’insignifiance incarnée», dit la présidente de la CEQ, Lorraine Pagé.«Tout va sauter au Québec», prévient le président de la FTQ, M.Fernand Daoust, si le gouvernement refuse de revenir à des tables de négociation et empmnte la voie «des diktats, des décrets et de la législation».»LE DEVOIR titrait que Bourassa surveille la marmite -jeudi -, eh bien il devrait surveiller le cuisinier, dit-il, parlant de M.Johnson.D est en train de faire tourner la sauce.Le résultat est explosif Ça sentait la poudre et le soufre ce matin».M.Daoust affirme que les syndicats sont ouverts à «toutes les propositions».Il n’exclut pas un gel des salaires.A condition de «leur faire subir le test de la négociation».Le ministre Johnson dit n’avoir «pas abandonné tout espoir qu’on puisse s’entendre», marquant au calendrier deux échéances incontournables: «première échéance le 14 mai, date la plus tardive à laquelle on peut déposer un projet de loi pour assurer une sécurité financière aux équilibres budgétaires du gouvernement, au titre de la rémunération», dit-U.Et le 15 juin, date au-delà de laquelle «il n’y a plus de place», a-t-il affirmé.M.Johnson répète qu’il n’y a, pour les syndiqués, «aucun enrichissement envisageable autrement» que par des gains de productivité ou par l’abandon de certains avantages sociaux, des congés payés par exemple.D ajoute que «des pancartes, j’en ai déjà vu».Le premier ministre Robert Bourassa a quant à lui soute- nu qu’il est «confiant qu’on n’aura pas besoin de recourir à la législation».D pense que les syndicats prendront en compte le fait que les propositions de son gouvernement «sont quand même relativement modérées par rapport à ce qui se passe en d’autres provinces ou dans des états américains, et bien que nous ne sommes pas les plus riches», dit-il.Le président de la CSN, M.Gérâld Larose, affirme que ce qui est en cause, ce n’est ni le gel des salaires ni cette idée de lier la rémunération à la productivité.Ce qui est en cause, c’est le droit des syndiqués d’avoir un quelconque mot à dire sur leurs conditions de travail.11 signale que les syndicats se sont battus, à partir de la fin des années soixante, pour obtenir une politique salariale uniforme, des conditions de travail équivalentes à la grandeur du Québec dans le secteur public et une sécurité par des conventions collectives.La proposition Johnson fait éclater ces trois gains syndicaux.M.larose pense que le président du Conseil du Trésor ne vise qu’un but: «éliminer les règles qui l’empêchent de faire ce qu’il veut, quand il veuf comme il veut».Sa proposition «n’est pas une base de négociation et nous la rejetons totalement», dit-il.«Sa sauce indigeste, nous ne l’avalerons jamais», dit pour sa part Fernand Daoust Le front commun regroupe cinq organisations syndicales: CSN, FFQ, CEQ et les syndicats des fonctionnaires (SFPQ) et des professionnels du gouvernement (SPGQ).Ces syndicats représentent environ 300 000 employés.La Fédération des infirmières (FIIQ, 45 000 membres) a décidé de ne pas se joindre au front commun, bien quelle offre au ministre la même réponse.Des instances du front commun en sont à préparer des moyens d’action pour infléchir la position du gouvernement Les cinq organisations ont l’intention de présenter également des demandes communes aux tables de négociation en juin.Segal ne se laisse pas tenter HUGUETTE YOUNG PRESSE CANADIENNE Ottawa — La réponse est non.Hugh Segal, le chef de cabinet du premier ministre Brian Mulroney, ne se lancera pas dans la course à la direction du Parti conservateur.> Après mûre réflexion, M.Segal a constaté qu’il n’avait pas une envie irrésistible de devenir premier ministre, a-t-il déclaré jeudi aux journalistes.¦ Puisqu’il était le dernier à se présenter à la ligne de dé- 1 part, M.Segal a expliqué qu’il aurait eu à surmonter de ' nombreux obstacles pour rattraper ses principaux concurrents.La ministre de la Défense, Kim Campbell, et le ministre de l’Environnement, Jean Charest, ont déjà une bonne longueur d’avance dans la course, ayant fait connaître leurs couleurs il y a plusieurs semaines.Au Québec, bien que le choix officiel des délégués se fera à partir du 22 avril, la majorité : des délégués sont acquis à Mme Campbell et à M.Charest.M.Segal ne voulait pas se lancer dans la course t sans appuis au Québec.«J’ai toujours été identifié à ceux qui ont travaillé fort pour assurer au sein du parti une place pour le Québec.D’être candidat à la course du parti sans un appui tout à fait respectable dans la province, pour moi, cela n’était pas tout à fait acceptable», a-t-il souligné.C’est à la suite de pressions des ministres Michael Wilson, Bernard Valcourt et Bill McKnight que M.Segal a songé à faire le saut dans l’arène.Ces trois ministres avaient même réussi à lui dénicher 750 000$ pour l’aider à financer sa campagne.Malgré ce bon coup de pouce, M.Segal a expliqué qu’il n’avait pas la conviction d’être dans les circonstances le candidat le plus apte à remporter la course.D’une part, il lui serait difficile de monter une campagne efficace, les meilleurs organisateurs s’étant déjà aiignés sur le camp Charest ou le camp Campbell, a-t-il admis.Charest: Seagal a fait une différence Même si Hugh Segal a annoncé qu’il renonçait à se lancer dans la course à la succession de Brian Mulroney, Jean Charest a déclaré hier que la campagne orchestrée pour inciter le conseiller du premier ministre à se porter candidat a fait une différence.«M.Segal a fait sa part», a déclaré le ministre de l’Environnement jeudi après s’être adressé à quelque 200 volontaires de sa campagne au Québec.«Les membres du ¦ Parti conservateur devront maintenant y penser deux fois avant de faire leur choix.» UCOD^E CONSERVATEUR a t i- i- \ t e > : I- n H i- I >- I Le délégué du Québec à Paris prendra la relève de Diane Wilhelmy MICHEL VENNE DE NOTRE .BUREAU DE QUEBEC Le premier ministre Robert Bourassa ramène au bercail le délégué du Québec à Paris, M.André Dufour, et lui confie à compter du 28 juin prochain la direction du Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes, le poste occupé avant lui par Diane Wilhelmy.M.Dufour sera flanqué d’un nouveau secrétaire adjoint, M.André F.J.Scott, qui a la particularité d’avoir fait carrière depuis 1980 dans la haute fonction publique et politique fédérale.Ce dernier occupait depuis 1991 la fonction de chef de cabinet du ministre de la Défense.Il exerçait les mêmes fonctions au ministère fédéral des Communications de 1989 à 1991, une époque durant laquelle les gouvernements du Québec et du Canada se sont affrontés sur le partage des compétences en télécommunications.Au même moment, M.Dufour, qui devient son patron, occupait la présidence de la Régie des télécommunications du Québec, laquelle défendait sa survie dans cette bataille.Les deux hommes, qui représenteront le Québec dans les discussions fédérales-provinciales notamment, se trouvaient donc chacun de leur côté de la barricade.M.Dufour prend la relève de Mme Diane Wilhelmy, dont le pos- te est vacant depuis l’automne dernier lorsqu’avait éclaté la fameuse affaire Wilhelmy-Tremblay, cette conversation captée clandestinement entre les deux hauts fonctionnaires qui s’en prenaient à l’accord de Charloftetown et critiquaient la manière de négocier de M.Bourassa.Mme Wilhelmy, après sept années au SAIC, est, retournée à la mi-novembre à l’École nationale d’administration publique (ENAP) où elle avait déjà enseigné de 1979 à 1983.1 LE DEVOIR avait appris, avant que n’éclate cette affaire, que Mme Wilhelmy avait décidé de quitter ses fonctions pour des raisons de santé, tout en demeurant conseillère.Son successeur avait même été choisi: M.Bernard Angers, qui était jusqu’alors sous-ministre au Revenu.Ce dernier a finalement décliné l’offre.Il a été nommé depuis recteur à l’Université du Québec à Chicoutimi, sa région d’origine.Le climat au sein du SAIC n’était guère propice à une nouvelle carrière après le référendum qui plaça le dossier constitutionnel sur la glace.D’autant plus qu’une fuite de documents publiés dans L’Actualité avait miné le climat de travail au sein de l’organisme.M.Scott pour sa part remplace à compter du 26 avril M.Daniel Beaudet qui est muté au poste de secrétaire adjoint au Développe- Benoît Bouchard annoncerait bientôt son retrait de la politique active Alma (PC) — le ministre fédéra! de la Santé et député de Rober-val aux Communes, Benoît Bouchard, rentrera du Mexique dans quelques jours afin de préparer sa sortie officielle de la politique active qu’il annoncera à ses électeurs le 19 avril, rapporte Le Quotidien, de Chicoutimi.Lors de son dernier passage dans cette région, M.Bouchard a confirmé que sa décision était arrêtée, mais il a indiqué qu’il préférait attendre encore quelques semaines avant de la faire connaître.Selon des informations dignes de foi obtenues par Le Quotidien au cours des derniers jours, M.Bouchard ne sera pas de la prochaine bataille électorale.Dans ses déplacements à l’intérieur du comté lors de sa dernière visite, le ministre a laissé entendre à certaines personnes que le temps était venu d’identifier les candidats potentiels au cas où il ne serait plus déjà partie.A des collaborateurs, il a confié que plus l’échéance approchait, plus il était convaincu d’avoir pris la bonne décision.La défaite référendaire sur l’entente contitutionnelle de Charlottetown et la départ du premier ministre Mulroney sont des éléments qui ont eu une grande influence dans la décision du politicien de Ro-berval, selon les commentaires formulés par des personnes interrogées par Le Quotidien.Pendant les jours qui ont suivi la ’er ministre et le deux de la course à la dii ‘ion, le député de Ro-berval a reiusé de s’associer à l’un ou l’autre des candidats, malgré les offres sur la table.Il a avisé l’Association conservatrice de Roberval qu’il n’interviendrait pas dans le choix des délégués locaux pour le congrès de juin.ment économique au conseil exécutif.M.Dufour met fin prématurément à son mandat à Paris qui devait se terminer au début de 1994.L’an dernier, il avait admis dans un entretien avec L’Actualité «avoir hâte de regagner ses terres».Il a une ferme à Pile d’Orléans.Sa famille ne l’avait pas accompagné dans la ville lumière.Nommé en janvier 1991, cet avocat expert des relations internationales prenait la relève de M.Marcel Bergeron, qui assurait l’intérim depuis plusieurs mois après l’élection de Jean-Louis Roy à l’ACCT.Il a exercé à Paris une diplomatie feutrée.M.Dufour a été accusé au moins deux fois par le Parti québécois d’avoir commis des bourdes inacceptables qui ont mis le Québec dans l’embarras: en juin 1991 lorsqu’il avait publiquement reproché au maire de Paris et ancien premier ministre Jacques Chirac, aux prises avec une grève surprise dans les transports en commun, d’avoir annulé à la dernière minute sa participation à un vernissage d’une exposition de trois peintres québécois; en mars 1992, quand il avait envoyé un représentant à une conférence de presse du leader d’extrême droite Jean-Marie Le Pen, boycottée par l’ensemble du corps diplomatique à Paris.CONFÈRENCE SUR LES IMPLANTS DENTAIRES Pour tout voir et tout savoir sur la facilité des traitements, sur les avantages esthétiques et le confort des dents ou prothèses sur implants, (méthode Branemark), venez rencontrer notre équipe et nos patients.Vous pourrez voir des vidéos, des photos et des modèles de dents sur implants, etc.Samedi, les 17, 30 avril et 1er mai Salon des Arts de l’Hôtel Méridien Complexe Desjardins à Montréal Réservez maintenant pour la conférence et une consultation personnalisée sans frais au 464-3368 ou au 1-800-263-3368 ® ® CLINIQUE D • IMPLANTOLOGIE DENTAIRE DH MONTRÉAL DR LUC CHAUSSÉ Confiez vos fourrures à Labelle Fourrure mm nmrnrTmnjvntçrjm fi 11 raHaMWBniBml) Une maison établie depuis 1910 appartenant toujours à la famille Jean Labelle.Labelle Fourrure peut vous assurer la sécurité et la Rrotection que seule une maison responsable peut vous apporter.otre building de sept étages est consacré entièrement à la vente, à la fabrication, au nettoyage (lusterized), à la réparation et à l’entreposage de vos fourrures.Vos manteaux sont assurés, nous allons les chercher et les livrons à nos frais, ou vous venez les apporter ou les prendre chez nous.Nos chambres fortes sont sur les lieux et elles sont à un degré de froid et d’humidité idéal pour la fourrure.6570, rue Saint-Hubert, Montréal 276-3701 i Beaubien * 00313 L E I) E V OIK, L E S S A M EDI I O E T I) I M A X < HE II A V H I I.I !) !» A •LES S • Hydro devra aussi se serrer la ceinture Québec gèle les dépenses d’exploitation pour trois ans et les hausses de tarifs seront moins élevées que prévu CATHERINE LECONTE LE DEVOIR Le ministère de l’Énergie n’a pas autorisé Hydro-Québec à augmenter ses tarifs autant qu’elle le souhaitait en 1993 et 1994.Et il vient de lui imposer un gel de ses dépenses d’exploitation pour trois ans, qui augure mal des conditions salariales que les employés de la société d’Etat peuvent espérer obtenir lors de la prochaine négociation collective.Le ministère a par ailleurs refusé à Hydro-Québec l’autorisation d’augmenter davantage le tarif qu’elle facture aux secteurs agricole et domestique (c’est-à-dire la clientèle résidentielle) pour corriger partiellement l’interfinancement entre ses différentes catégories de clients.Les organisations patronales avaient plaidé jusqu'à la dernière minute en faveur de ce principe de hausses différenciées, qui aurait bénéficié principalement aux entreprises.Au lendemain du conseil des ministres, la ministre de l’Energie Lise Bacon a annoncé jeudi que, «prenant en considération l’intérêt des consommateurs, la santé financière de la société d’Etat et le développement économique du Québec», le gouvernement a décidé de limiter les hausses de tarifs d’Hydro-Québec à 1,5% au, 1er mai 1993 et à 1,0% au 1er mai 1994.Cette décision haussera de 1,88$ par mois en 1993 la facture moyenne d’une résidence entièrement chauffée à l’électricité et de 1,26$ en 1994, soit une croissance équivalant à la moitié de celle de l’indice des prix à la consommation, a souligné la ministre.Hydro-Québec voulait augmenter ses tarifs de 2,3% en moyenne en 1993 et de 2,7% en 1994.Les hausses qu’elle proposait étaient supérieures à cette moyenne (2,5% en 1993) pour le tarif domestique et agricole, et inférieures (2,1%) pour les tarifs de petite et moyenne puissance, qui concernent la plupart des entreprises à l’exception des très gros consommateurs industriels d’électricité (pour lesquelles la hausse proposée se situait dans la moyenne: 2,3%).La proposition tarifaire d’Hydro-Québec reposait par ailleurs sur des prévisions de croissance moyenne de ses charges d’exploitation de 3,8% entre 1992 et 1995.De 1,93 milliard$ en 1992, ces charges (incluant l’amortissement des subventions et des radiations, mais excluant l’amortissement des immobilisations et les achats d’énergie aux réseaux voisins) passaient ainsi à 1,98 milliard$ en 1993, puis à 2,08 milliards$ en 1994 et enfin à 2,16 milliards$ en 1995.[Vlais le gouvernement a «demandé à la société d’Etat de s’en tenir à un budget d’exploitation de 1,95 milliard$ en 1993, en 1994 et en 1995», ce qui, selon les calculs du ministère de l’Énergie, devrait alléger globalement de 216 millions$ la facture d’électricité qu’Hy-dro-Québec servira à ses clients.Ce gel des dépenses courantes n’est pas sans rappeler celui que le président du Conseil du Trésor souhaite imposer aux salariés de la fonction publique.Mme Bacon a d’ailleurs tracé elle-même le parallèle: rappelant qu’Hydro-Québec sera bientôt en négociation avec ses employés, elle a déclaré que «ces employés devront se serrer la ceinture, comme on demande à tous les fonctionnaires de le faire».Des coupures de postes ont déjà été annoncées au sein de l’entreprise, mais «on verra si le gel des frais d’exploitation les obligera à en couper davantage», a ajouté la ministre.Elle a souligné qu’avant d’augmenter les tarifs d’électricité, Hydro-Québec doit démontrer quelle a rationalisé ses charges et fait tous les efforts possibles pour améliorer sa productivité.Précisant qu’elle exigera d’Hydro-Québec «des résultats concrets», Mme Bacon a ordonné à la société d’État de déposer d’ici au 1er juillet 1993 un «plan d’action visant à limiter son budget d’exploitation tout en tenant compte de l’importance de l’entretien du réseau et de la qualité du service».Le ministère de l’Énergie calcule que par rapport aux hausses de tarifs qu’il vient d’autoriser, celles que réclamait Hydro-Québec auraient coûté, sur 24 mois, 119 millions$ de plus aux entreprises et 107 millions$ de plus aux abonnés résidentiels.Il se félicite donc d’avoir ainsi «libéré 226 millions$ dans l’économie», ce qui «constitue un apport positif dans un contexte de relance économique».Ce raisonnement n’a pas convaincu l’Association des manufacturiers du Québec, dont le directeur général, Richard Le Hir, a traité le gouvernement de «fossoyeur» des entreprises pour n’avoir tenu «aucun compte des représentations qui lui ont été faites à la fois sur le niveau des tarifs et sur la nécessité de réduire l’interfinancement qui prévaut entre les différentes catégories tarifaires, et dont l’effet est de pénaliser indûment les consommateurs industriels et commerciaux de petite et de moyenne puissance».«Le secteur manufacturier fait maintenant face à la déflation, a affirmé M.Le Hir.Nos industriels ne sont donc même plus assurés de pouvoir recouvrer dans six mois les coûts qu’ils encourent aujourd’hui.«Dans ces conditions, la progression des tarifs de l’électricité doit être maintenue au strict minimum nécessaire pour faire face aux projets de développement d’Hydro-Québec, sans égard aux besoins financiers du gouvernement.» Téléfilm présente un budget de série «B» STEPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Téléfilm Canada coupe dans ses budgets, mais promet de maintenir le même niveau de production que l’année dernière, à peu de choses près.C’est le difficile exercice que promet la société d’État dans son Plan d’action pour l’administration des fonds et programmes de l’année 1993-1994.Et puis, comme les problèmes d’argent n’iront pas en diminuant au cours des prochaines années, Téléfilm veut revoir ses méthodes de financement.En bout de ligne, l’organisme fédéral souhaite la mise sur pied d’un seul fonds consolidé qui appuierait pêle-mêle, le cinéma, la télé et la distribution des produits.Téléfilm est l’Atlas du cinéma canadien: l’organisme tient le joyeux monde de la pellicule et du vidéo-télé à bout de bras depuis plus d’un quart de siècle, grâce à un riche système de subventions au développement, à la production, à la distribution d’émissions de télévisions et de longs métrages canadiens.L’organisme a appuyé des projets comme Scoop, Cruising bar et Les Filles de Caleb, mais aussi Léolo ou Le Déclin de l’Empire américain.La massue est tombé sur le colosse il y a quelques semaines déjà.Le budget de subvention de 1993-1994 a été amputé de près de 12 mil-lions$.Et comme le Conseil du Trésor est venu récupérer un autre 8,5 millions$, à même les revenus annuels de l’organisme, et qu’on lui a aussi imposé une baisse de 3% de son budget administratif, cette année, Téléfilm Canada dispose d’un tout petit eu moins de 149 millions$ pour ses opérations.En 1992-1993, sa grosse enveloppe frisait les 160 millions$, malgré des coupures de 7,5 millions$.Le total des compressions du présent exercice s’élève à plus de 22 millions$.Et le pire reste à venir.Téléfilm estime que les réductions budgétaires s’élèveront à plus de 110 millions$ au cpurs des cinq prochaines années.A elles seules, les sommes à retourner au Trésor fédéral pendant cette période dépassent les 45 millions$.Même si le bas de laine diminue, les administrateurs promettent donc de tout faire pour soutenir autant de projets que l’année dernière.Téléfilm promet autant de longs métrages ou presque, autant de séries télévisées ou presque, autant d’aide à la distribution ou presque.«Il est possible de protéger les acquis et de maintenir la barre haute, à condition de porter une grande attention à la qualité des projets et au contrôle des coûts de production», estimait jeudi Pierre Desroches, président de l’organisme.Les budgets du fonds de télévision, le plus gros morceau de l’entreprise, baissent d’un seul petit million par rapport aux 66 de l’année dernière.Le fonds de distribution qui était de 16 millions $ l’an dernier passe à 13 millions pour l’exercice 1993-1994.Sur papier, le fonds de longs métrages passe de 29,1 millions!?à 24, 5 millions$.Dur, dur.Mais le grand patron de la boîte de la rue de La Gauchetière explique qu’en fait tout l’argent n’a pas été dépensé l’année dernière (deux productions toron-toises ont été interrompues) et que, par conséquent, dans les faits, il va se remplir à peu près autant de grosses bobines cette année.Grosso modo, cela veut dire environ huit films francophones, alors que dans les périodes les plus prospères, on pouvait tourner jusqu’à 12 longs métrages.Le problème, c’est que les films soutenus par Téléfilm ont de moins en moins de succès.L’an dernier, comme en 1991, aucun d’entre eux n’a amassé une recette aux guichets supérieure à 700 000$.Cette année, seul La Florida s’approche du mil- BasPrix ibmMsfttsiH&Urtpôt W/ AVEC ' W,, Une qualité (l'image 2 fois plus grande! le n°1 mondial *83^’ 400 lignes versus 240 lignes BGSC Une qualité d'image deux fois plus grande: 400 lignes vs 240 lignes! ° Audio Vidéo dub ° Zoom 81 ° Sensibilité 2 lux ° Lumière d'enrichissement chromatique de 5 Watts ° Télécommandée Ifour se filmer soi-même! t mu Encore mieux fépOlidlTG ' ll"à vos besoins (xÉÊtk MONTRÉAL • 8390 St Hubert 388-1122 LAVAL • 1599 Autoroute 440 ouest 681-7770 LONOUCUIL • 2203 chemin de Chambly 468-1993 lion$.Ces résultats modestes se sont répercutés sur les distributeurs.Il est pourtant primordial de rejoindre le public, voire de récupérer les clients perdus.Et les problèmes s’amplifient avec la croissance de l’activité internationale, la multiplication des chaînes de télé.Pour faire face à ces défis de taille, après une trentaine de consultations avec à peu près tout ce qui compte dans le milieu cinématographique canadien, Téléfilm a donc décidé de repenser ses structures.La proposition essentielle est de créer un seul fonds consolidé qui réunirait les trois secteurs d’activité principaux (télévision, long métrage et distribution).La volonté est là depuis quelques temps déjà.Elle est maintenant clairement exprimée dans le Plan d’action annuel.Il reste maintenant à mener à terme les discussions avec les instances fédérales concernées, notamment le ministère des Communications.L’intégration permettrait d’investir l’argent là où la demande et le besoin le commandent.On voit facilement le portrait que dessinera éventuellement une telle mesure, combinée aux mutations des dernières années.D’un côté, plus de films à gros budgets et plus de petites productions.De l’autre, le danger que les émissions pour la télévision rognent l’argent autrefois réservé au cinéma.L’arsenal-ciné intermédiaire, entre le gros canon et la petite mitraillette, est négligé depuis quelques temps par Téléfilm.Pierre Desroches réplique simplement qu’il vaut mieux produire moins, mais produire de la qualité, du genre qui puisse satisfaire ici comme ailleurs.Et le monsieur de citer le cas de Léolo, film à gros budget et grosses vedettes de Jean-Claude Lauzon, qui fait présentement un mini-tabac en Allemagne, avec 200 000 entrées, plus qu’au Québec.Par ailleurs, le président reconnaît que les produits du petit écran sont plus profitables que ceux du grand.Après tout, la série Les Filles de Caleb enchante la France.«Il nous faut le moins de corset possible, affirme le président Desroches, qui dit aussi ne pas s’en faire pour l’avenir du cinéma.On ouvre partout pour offrir le plus d’espace possible aux créateurs de tous les milieux.» Tirage du 93-04-07 8 28 30 37 41 43 Numéro complémentaire: *_____ GAGNANTS LOTS 6/6 1 2 838 503,70 $ 5/6+ 6 141 925,20 $ 5/6 210 3 244,00 $ 4/6 13 447 97,10 $ 3/6 273 932 10,00 $ Vente totales 18 702 950,00 $ Prochain gros lot |approx.|: 2 600 000,00 $ Prochain tirage: 93-04-10 Tirage du fd» 93-04-07 NUMÉROS LOTS 559660 100 000$ 59660 1 000 $ 9660 250 $ 660 50 $ 60 10 $ 0 2 $ T V A, le réseau des tirages Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle, cette dernière a priorité.si wm y».ST** id * A: -A» PHOTO PRESSE CANADIENNE Des autochtones en colère contre le projet du gouvernement du Nouveau-Brunswick de leur faire payer la taxe de vente installent une barricade.Autochtones et agents de la GRC s’affrontent au Nouveau-Brunswick Fredericton (PC) — Des manifestants autochtones et des agents de la Gendarmerie royale du Canada casqués et portant bouclier se sont affrontés à un barrage bloquant la Transcanadienne au Nouveau-Brunswick, vendredi, dans un mouvement de protestation contre la taxe de vente provinciale qui s’est étendu aux autochtones de Restigouche, au Québec.Des membres de l’escouade anti-émeute, qui remplissaient deux autobus complets, ont arrêté 24 autochtones, y compris le chef Steve Sacobie, à la réserve Maliseet de Kingsclear.Pendant ce temps, des barrages étaient dressés ou démantelés dans 17 endroits au Nouveau-Brunswick et au Québec, en signe de protestation contre le projet du gouvernement du Nouveau-Brunswick d’obliger les autochtones à payer la taxe de vente de 11% sur les achats effectués hors des réserves.Les chefs représentant les 12 ()()() Indiens reconnus au Nouveau-Brunswick n’ont pas réussi à convaincre le premier ministre Frank McKenna de renoncer à son projet, lors d’une réunion avec celui-ci, jeudi.Ix barrage n’était pas plus tôt démantelé à Kingsclear que les protestataires s’empressaient de ramener arbres, tables de pique- nique et déchets sur l’autoroute, a raconté M.Arthur Kitchen, un garagiste qui a eu droit à des jets de bouteilles et de roches pendant qu’il remorquait huit véhicules à l’écart.Un porte-parole de la police a fait savoir que la voie rapide restait néanmoins ouverte à la circulation, sous la surveillance étroite de deux dizaines d’agents, pendant que les autochtones, assis tout près, chantaient en battant de petits tambours.Ix mouvement des manifestations anti-taxe s’est ensuite étendu au reste de la province et jusqu’au Québec, où les Micmacs de Restigouche ont bloqué un pont le long d’une roule inter-provinciale menant à Campbellton, au Nouveau-Brunswick, obligeant les automobilistes à faire un détour d’une quarantaine de minutes.Les Micmacs québécois effectuent la plupart de leurs achats dans cette ville du Nouveau-Brunswick, située juste au sud de la Gaspésie.Un porte-parole de la GRC à Fredericton a déclaré que les 24 personnes arrêtées étaient détenues dans cette ville, et il a émis l’hypothèse que des accusations seraient probablement portées contre elles pour avoir entravé la circulation sur une voie rapide.Économisez jusqu'à 70$ par année Installez une pomme de douche à débit réduit.Vote de grève mercredi au Journal de Montréal .C A- Les Concerts Varia présentent dans le cadre de la série Les Amis de In musique Stella Artois legor Dyachkov violoncelliste Membre il I Musici île Montreal cl lauréat ilu T' prix au Concours de l'OrchesIrc symphonique de Québec, il jouera des oeuvres de J.S.Bach, Beethoven, Tchaikovsky, A.Louie et Shostakovich.Au piano Esfir Dyachkov Samedi 24 avril à 14 heures.Salle Tudor chez Ogilvy.(île l.i MoiiI.irih' a Ste-L athi’ilnc) Admission 10$ C/ne Présentation de Réservations 7611-9534 Itillcls en prc-vcnlc Pavillon Chrislollc, au rc/-ilc-ihaussée du mupusin.c LE DEVOIR LE DEVOIR Les journalistes du Journal de Montréal tiendront un vote de grève mercredi prochain.Ix“ comité de négociation du Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal a décidé d’ajourner les discussions avec la partie patronale, tard en soirée mercredi, après avoir reçu une offre globale jugée inacceptable.Les journalistes et autres membres du syndicat ont été convoqués à une assemblée générale, le mercredi 14 avril.Ils y étudieront l’offre globale et seront invités à donner un nouveau mandat à leur comité de négociation.Dans un communiqué émis hier, le syndical dénonce «l’ampleur injustifiée des exigences patronales, principalement au chapitre du fonds de pension, de l’indexation des salaires, du taux de temps supplémentaire en remplacement, de la prévoyance collective et des postes».La convention collective des syndiqués du Journal de Montréal est échue depuis le 31 décembre dernier.Ce 29 mars, la conciliation a été suspendue.Le conciliateur Robert Chagnon a décidé de se retirer, puisque l'écart entre les parties demeurait trop grand.i 902524 LE I) E V » 1 H .L E S S A M EDI I » E T I) I M A X ( IIE II A V RII.I !» !» A A LE DEVOIR LE MONDE RUSSIE Un printemps nucléaire ; La vie continue comme avant à Tomsk BOSNIE - HERZÉGOVINE L'OTAN enverra ses avions lundi Pour la première fois depuis la défaite nazie, l'Allemagne participera à une opération militaire Tbmsk (Reuter)— «La route est fermée parce c’est très dangereux là-bas», dit l’officier à un barrage de i la police non loin de Tomsk, en plein coeur de la Sibérie, l II cède finalement aux prières des journalistes de la té-> lévision et lâche : «Très bien, allez-y, mais à vos risques et périls».La police a barré les routes reliant Tomsk, ville de 520 000 habitants, aux villages de Nadejda et Gueorguievka, i contaminés par les retombées radioactives de l’explosion i survenue mardi dans une usine de retraitement nucléaire ultra-secrète.= En dehors du barrage et d’une équipe de la défense civile qui lave à grande eau les véhicules sortant de la zone contaminée, rien n’indiquait hier qu’il s’est produit un accident nucléaire grave, même s’il n’a rien de comparable avec la catastrophe de Tchernobyl, en avril 1986.Dans les deux villages, la vie continue comme avant et les enfants jouent dehors, dans les rues boueuses.«J’ai des enfants mais ils sont tous dans la rue.Nous savions déjà que c’était une région sale.Le lac, à côté de chez nous, est pollué par l’usine chimique qui est sur l’autre rive», dit Galina, médecin à l’hôpital psychiatrique de Nadejda.A Gueorguievka, où vivent seulement vingt habitants, plusieurs maisons en bois sont abandonnées depuis des années.«Les occupants sont partis depuis longtemps, ils avaient peur de la pollution ici», explique un ancien.«Nous aussi, nous aimerions partir mais nous n’avons nulle part où aller».La radioactivité ambiante sur la route menant aux deux villages est d’environ 200 microrùntgens par heure.La radioactivité habituelle est de 12 miçrorùntgens par heure.Un responsable du ministère de l’Energie nucléaire a expliqué mercredi, à titre de comparaison, qu’un immeuble de granit de la rue Tverskaïa, dans le centre de Moscou, dégageait une radioactivité d’une soixantaine de microrùntgens par heure.A Tomsk, où l’arrivée du printemps est synonyme de boue à cause de la fonte des neiges, un responsable du même ministère a assuré lors d’une conférence de presse que la situation ne posait pas de risques sanitaires.Les autorités vont s’assurer que la neige, contaminée, ne s’écoule pas en fondant vers la rivière, la Torn, qui passe au milieu de la ville.Mais ces mesures ne suffisent pas à faire taire les rumeurs sur ce qui se passe dans l’usine de retraitement elle-même.Les habitants craignent aussi que l’explosion n’ait pu projeter du plutonium hors de la cuve où s’est produite la déflagration, bien que des responsables locaux aient assuré n’avoir trouvé aucune trace de ce dangereux élément.«S’ils trouvent du plutonium, les gens pourraient commencer à paniquer», dit un journaliste russe.Eltsine hausse le ton L’opération de surveillance de l’espace aérien bosniaque, qui doit débuter lundi, constitue une première à la fois pour l'OTAN qui s’engage dans sa première mission de combat depuis sa création et pour l’Allemagne, qui n’a participé à aucune intervention militaire depuis la défaite nazie.Les seize pays de l’OTAN ont décidé de commencer les patrouilles aériennes pour faire respecter l’interdiction de survol de la Bosnie lundi matin, si le secrétaire général de l’ONU Boutros Boutros-Ghali donne son feu vert.Près de 70 avions américains, français, néerlandais et britanniques seront engagés.Cette opération — qui pourrait amener les avions occidentaux à tirer en dernier ressort sur les appareils violant la zone d’exclusion aérienne — représente un nouveau pas dans l’engagement militaire occidental dans l’ex-Yougoslavie, même si elle vise surtout à accentuer la pression politique sur les Serbes.D'APRÈS REUTER ET AFP Sarajevo — L’Onu a entamé une enquête approfondie après la découverte de munitions à bord d’un camion d’aide humanitaire, un épisode embarrassant pour l'organisation internationale qui a fait l’objet d’une réunion hier des chefs militaires serbo-bosniaques et de l’Onu.Sur le plan diplomatique, la Russie a fait savoir qu’elle était hostile à un renforcement des .rendions contre Belgrade alors que David Owen, l’un des deux co-présidents de la Conférence de Genève, a estimé qu’il ne fallait pas écarter complètement une action militaire pour amener les Serbo-bosniaques à accepter le plan de paix de l’Onu.D’autre part, le commandant en chef de l’armée serbo-bosniaque, le général Ratko Mladic, a déclaré que les casques bleus canadiens que le général Philippe Morillon prévoyait d’envoyer à Srebrenica ne seront pas autorisés à y pénétrer.Mais la situation dans l’enclave musulmane assiégée de Bosnie orientale fera l’objet lundi à l’aéroport de Sarajevo d’une réunion des chefs militaires musulman et serbo-bosniaque sous les auspices de l’Onu tandis que, pour l’Allemagne et pour l’OTAN, le 12 avril signifiera une première très importante - si le secrétaire général de l’ONU donne son feu vert: une mission de combat en Bosnie, dont le tiers du contin-grent seraformé d’Allemands.Depuis la défaite nazie en 1945, l’Allemagne n’a en effet participé à aucune intervention militaire.La Cour constitutionnelle allemande vient en effet de briser l’un des plus grands tabous en Allemagne en autorisant l’inclusiion de 150 militaires allemands dans les équipages d'AWACS survolant l’Adriatique.Ces AWACS guideront en principe les 45 avions alliés chargés de survoler la Bosnie et, possiblement, d’engager un combat.Ainsi prend fin en Alle- magne un statut ambigu qui, une fois la réunification réalisée et terminée la Guerre froide, était celui d’un pays qui aurait voulu jouer pleinement son rôle international.Quant à l’affaire des munitions découvertes dans un camion de convoi d’aide humanitaire, les deux principaux officiers de l’Onu en Yougoslavie, les généraux Lars-Erik Wahlgren et Morillon, se sont entretenus à Belgrade avec le général Mladic et son adjoint, le géné- ral Milan Gvero.Après la découverte jeudi de plus de 7500 balles de guerre dans un camion du Haut Commissariat de l’Onu pour les réfugiés (HCR), des officiers de la Force de protection des Nations unies avaient effectué des fouilles dans la zone de fret de l’aéroport de Sarajevo, d’où venait le véhicule.Ils y ont trouvé 8350 autres cartouches ainsi que 24 sacs de poudre.Barry Frewer, un porte-parole de la Forpronu, a qualifié l’incident de «grave et malheureux» et a ajouté qu’une enquête était en cours.«Il nous faut aller au fond des choses et rétablir un climat de transparence dans nos opérations».Il a précisé que les mesures de surveillance avaient immédiatement été renforcées à l’aéroport où jusqu'à présent les conteneurs d’aide alimentaire n’étaient pas gardés la nuit.Accusations et menaces U» chef des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, a aussitôt accusé certains éléments de la Forpronu d’aider les forces musulmanes, mais a assuré qu’il n'était pas question d’empêcher la poursuite de l’aide humanitaire, même si des contrôles plus stricts sont à prévoir.«Nous savons depuis le début que certains membres de la Forpronu aident nos ennemis, assurant en fait la poursuite de la guerre», a-t-il déclaré à Reuter à Belgrade.«Nous n’allons pas bloquer les convois mais vous comprendrez que nous devrons ordonner des fouilles plus poussées des véhicules, ce qui pourra causer des retards», a-t-il ajouté.La Forpronu et le HCR ont démenti les accusations de Radovan Karadzic et dit qu’ils ignoraient l’identité de ceux qui avaient placé les munitions dans le camion.S’exprimant à l’issue de sa rencontre avec les responsables militaires de l'Onu à Belgrade, le général Mladic a estimé que les 120 soldats canadiens devraient, s’ils souhaitent entrer dans Srebrenica, le faire «en passant sur mon cadavre ou sur ceux de ma famille».Un porte-parole de la Forpronu a précisé que la réunion de lundi entre le général Sefer Halilovic et le général Mladic ne porterait que sur Srebrenica.le porte-parole a également déclaré cpie Mladic avait accepté d’ordonner à ses troupes de respecter une trêve à Srebrenica à partir de 12h GMT aujourd’hui.Par la voix du vice-ministre des Affaires étrangères Vitaly Tchourkine, Ire Russie a estimé qu’un renforcement des sanctions contre Belgrade serait préjudiciable au processus de paix en Bosnie et pourrait avoir des effets inverses à ceux souhaités.On ignore si Moscou entend faire usage de son droit de veto.Le Conseil de sécurité se réunit lundi après-midi pour étudier un projet de résolution renforçant les sanctions contre la Serbie et le Monténégro.David Owen a quant à lui jugé que les sanctions économiques ne sont sans doute pas suffisantes et que la communauté internationale devra se résoudre un jour à des pressions de type militaire.«Il faudra peut-être que les gouvernements se décident à une action militaire spécifique et soigneusement jugée».L'OPERATION DE L 'OTAN POUR LA ZONE D'EXCLUSION AERIENNE EN BOSNIE VINCENZA 00 de l'opération 5ème ATAF (Allied Tactical Air Force) commandé pat général Antonio Rossetti (Italie)] ô’ter*iL.:i HONGRIE I OTA IM Un total de 70 appareils dont : |\ ROYAUME UNI 12 Tornado ’ F3 CANADA Participation envisagée ALLEMAGNE Equipages pour les 18 AWACS de l'OTAN F* Istrana'' (Mirage Fl Cf) français) A VillafrancaC (FI6 néerlandais) • Cervia A\_ jMirage 2 000 'a français) Anc0*A ITALIE SLOV., CROATIE Naples (QG de la Sème Hotte) A bases aériennes O bases US BOSNIE \ Sarajevo ' L V v Porte-avions US Kennedy! el son groupe de navires Giola del Collets.A SERBIE J Brindisi> PAYS-BAS 18 F16 ETATS-UNIS AWACS -*4J| 12 FNQ18 12 F15 FRANCE SICILE f 0 100 km 1 i L^Comiso ^^Sigonella - - - 10 Mirage 2 000 RDI] 4 Mirage F1-CR AWACS ¦ AFP infographie ¦ Fred Garel F K A N C E L'éclatement du pays déstabilisera le monde Balladur dans le concret -i ri è -T .1 ¦I i n I •i i Moscou (Reuter) — Le président Boris Eltsine a haussé le ton hier et averti les diplomates étrangers qu’un éclatement de la Russie pourrait déstabiliser le monde entier et poser une nouvelle menace nucléaire.«L’énergie de la désintégration détruira tout sur son passage.Elle n’enterrera pas seulement les réformes en Russie, mais déstabilisera l’ensemble du monde pour longtemps», a-t-il déclaré devant les ambassadeurs réunis au Kremlin.«Il est difficilement concevable que, dans ce contexte, le facteur nucléaire n’entre pas enjeu», a-t-il prévenu.Le président Eltsine s’est montré confiant à propos du référendum du 25 avril, qui doit permettre aux Russes d’arbitrer le conflit qui l’oppose aux conservateurs.Mais Rouslan Khasboulatov, le président du Parlement et principal adversaire de Boris Eltsine, a exhorté hier la population à voter non au référendum sur la poursuite des réformes.Lors d’une réunion de députés, conservateurs pour la plupart, Rouslan Khasboulatov a dénoncé les réformes économiques entreprises depuis 1992 qui ont poussé, selon lui, le peuple au désespoir et dans la misère à travers toute la Russie.«Vous et toute la population de ce pays devriez se demander à qui le pouvoir doit etre confié : veut-on vraiment d’un Raspoutine collectif?», a-t-il demandé.«Raspoutine collectif» Le mois dernier, un député conservateur avait qualifié les réformateurs capitalistes entourant Boris Eltsine de «Raspoutine collectif» — allusion au prêtre débauché qui avait obtenu la confiance du dernier tsar de Russie et de sa farrul-le.Rouslan Khasboulatov a accusé les partisans du chef de l’Etat de proférer des «mensonges monstrueux» défomiant la vraie nature du conflit et a demandé un accès équitable aux media pour toutes les parties.Le 25 avril, les électeurs devront répondre à quatre quesr tions sur leur soutien à Boris Eltsine, leur soutien aux réformes et la nécessité de tenir des élections présidentielles et législatives anticipées.Le président Boris Eltsine a lui demandé à l’Occident de soutenir le processus de réformes politiques et économiques.«Les changements en Russie donneront des résultats tangibles plus rapidement si le monde développé nous aide», a-t-il déclaré aux diplomates.«Nous parlons d’un partenariat et d’une coopération à long terme pour créer une économie saine et les bases solides de la démocratie en Russie», a-t-il dit.«Le référendum est une alternative aux querelles politiques croissantes, un moyen réel pour arrêter le glissement du pays dans le chaos», s’est-il exclamé.Boris Eltsine, qui a entamé en début de semaine sa campagne en vue du référendum, avait, déjà déclaré jeudi à Moscou que le «sort de la Russie» était en jeu.«S'il n’y a pas de président, les forces les plus extrémistes prendront le pouvoir entre leurs mains, le monde entier tremblera», a-t-il dit à des dirigeants de la presse.Selon les règles édictées par le Congrès, il laudra que le «oui» l’emporte avec plus de 50% de l’électoral pour etre adopté, un objectif presque inatteignable compte tenu de la faible participation des inscrits en Russie.L'ordre du jour du Parlement est très lourd Paris (Reuter) — La période d’installation du gouvernement s’est terminée sur la .déclaration de politique générale d’Edouard Balladur et le premier ministre est entré hier dans la phase des décisions et des mesures concrètes.Le chef du gouvernement a consacré son premier acte depuis qu’il a obtenu la confiance du Parlement à l’installation de la commission chargée de faire un «audit» de l’état de la France.Ire geste était un symbole de rupture avec le passé mais il ouvrait aussi sur l’avenir.«J’ai demandé à la commission de me fournir dans les quinze jours des éléments aussi incontestables que possible qui nous permettront de présenter le collectif budgétaire et de mener le redressement des comptes sociaux», a dit le premier ministre.Le premier texte important que le gouvernement souhaite faire adopter, déclare-t-on en effet à l’Hôtel Matignon, est la loi de finances rectificative qui permettra de dégager «au moins» 20 milliards de francs d’économies, (un peu de 4,5 milliard de dollars canadiens).Si Edouard Balladur a annoncé dans son discours-programme son intention d’organiser une conférence sur l’emploi, son principal terrain de manoeuvres va etre l’Assemblée nationale.L’ordre du jour de la session de printemps du Parlement sera très lourd et une session extraordinaire est d’ores et déjà envisagée.Le premier ministre n'en a pas fait mystère dans sa déclaration de politique générale en respectant les précautions oratoires qu’exige la Constitution qui stipule qu’une telle session ne peut avpir lieu que sur décret du chef de l’Etat.«Le programme que je viens de vous décrire et dont je vous demande d’approuver les principes est suffisamment important pour que je sois très vraisemblablement amené à demander à M.le président de la République de faire en sorte que vous [missiez l’examiner à loisir», a-t-il dit.Outre le colletif budgétaire, les PHOTO AI’ Édouard Balladur: mener le redressement des comptes sociaux.députés vont etre appelés à examiner dans les prochaines semaines le texte sur l’autonomie de la Banque de France (BdF) et la réforme de la loi de 1986 sur les privatisations.Le ministre de l’Économie, Edmond Alphandéry, a confirmé hier que ces textes seraient prêts à être présentés au Conseil des ministres avant la fin de la semaine prochaine.D’autres projets sont en chantier, réforme de la Caisse des dépôts et consignations, adaptation de la réforme de la procédure pénale, réforme du Code de la nationalité, texte sur les conditions d’entrée et de séjours des étrangers.Sans oublier une réforme de la Constitution concernant la Haute Cour de justice et le Conseil supérieur de la magistrature.Le temps de préparer ou de revoir ces textes, les travaux du Parlement ne commenceront cependant que dans les derniers jours du mois d'avril.Deux séances seulement sont ainsi prévues à l’Assemblée nationale la semaine prochaine : questions d’actualité au gouvernement, mercredi après-midi, et questions orales sans débat, vendredi matin.Ire semaine du 19 au 23 avril devrait donner lieu à un débat d'orientation générale sur le logement social et la situation dans les banlieues.1res députés entreront ensuite dans le vif du sujet avec, probablement, la réforme du Code de la nationalité déjà votée par le Sénat en juin 1990.Les socialistes cherchent leurs marques Paris (Reuter) —1res socialistes français, encore traumatisés par leur déroute électorale et leur révolution de palais, cherchent leurs marques et sont en quête d’une stratégie d’opposition.Ire nécessité de ne, pas mettre en péril la «courtoisie» des relations entre l’Élysée et l’Hôtel Matignon de la seconde cohabitation a pesé sur la réaction des dirigeants so.cialistes à la déclaration de politique générale d’Edouard Balladur, jeudi.Ire porte-parole du PS à l’Assemblée nationale, Martin Malvy, a choisi la ligne de «l’opposition constructive».Michel Rocard, nouveau chef du PS, n’a pu faire autrement que de saluer certains passages d’un discours-programme qui reprenait des thèses déjà développées par les socialistes depuis 1988.Comment critiquer un Edouard Balladur qui défend le franc fort avec autant de vigueur qu’un Pierre Bérégovoy, qui prône la poursuite de la construction euro|)éenne avec autant de conviction qu’un François Mitterrand ou défend la solidarité entre les collectivités locales avec autant de vigueur qu’un ancien premier ministre nommé .Michel Rocard ?Ire problème a tout du casse-tête.Pour Michel Rocard il s’aggrave encore de considérations internes car celui qui était il n’y a pas si longtemps «le candidat naturel» du PS à la prochaine élection présidentielle et n’est plus que le «président provisoire» d’un parti déchiré.S’il admet qu’Edouard Balladur est «fondé à espérer travailler avec du temps» et a «quelque raison de constater que la défaite électorale» des socialistes a «des raisons si profondes quelles pourraient bien être durables», Michel Rocard court après le temps pour rassembler son propre camp.Il a ainsi appelé ses opposants à le rejoindre au sein de la direction provisoire du PS pour préparer les états généraux de la reconstruction qui auront lieu début juillet.Treize anciens ministres et responsables socialistes, dont Pierre Mauroy, Louis Mermaz, ou encore Jack Ireng, Paul Quilès et Jacques Mellick, ont confirmé qu’ils ne se rallieraient pas facilement.Ils ont demandé la «création d’une commission représentative de l’ensemble du parti» qui devrait selon eux etre «présidée par une personnalité n’ayant participé ni à la direction précédente ni à la direction provisoire» afin d'éviter la «confiscation» du débat «par les courants ou les minorités agissantes».«C’est le retour des vieux turbans», a répliqué Jean-Luc Mélenchon, animateur de la Gauche socialiste et allié de Michel Rocard.Le «président provisoire» a préféré éviter l’affrontement.Il a rappelé que l’actuelle direction était «provisoire» et «collégiale» et qu’il n’avait «pas voulu préjuger de la structuration qui viendra après nos états généraux».Mais il s’est aussi fait l’avocat d’une «reconstruction complète» et a montré qu’il n’excluait pas de rassembler au-delà du PS. L E I) E V 0 I II , I.E S S A M EDI 10 ET DIMANCHE 11 AVRIL 1993 LE MONDE Le sens du devoir Alerte rouge dans l'«affaire King» Los Angeles (Reuter) — Le défenseur de l’un des policiers accusé d’avoir passé à tabac l’automobiliste noir Rodney King en mars 1991, a justifié l’usage de la force par le devoir de protection de la société.L’avocat de Lawrence Powell a expliqué que les quatre policiers blancs avaient agi ainsi pour protéger les citoyens contre les criminels.«Nous attendons d’eux qu’ils fassent leur devoir (.) Le devoir n’exi-geîiit pas du policier Powell qu’il termine sur le marbre d’une morgue d’hôpital», a plaidé Michael Stone.Jeudi, l’assistant du procureur avait accusé les policiers d’avoir agi comme juge et bourreau pour punir Rodney King de leur avoir manqué de respect lors de son interpellation le 3 mars 1991.L’acquittement des quatre hommes, lors d’un précédent procès le 29 avril dernier, avait provoqué à Los Angeles des émeutes san-glantes qui firent officiellement 53 morts et près d’un milliard de dollars de dégâts.1 Dix ans de prison?Au cas où ils seraient reconnus coupables, les policiers risquent une peine maximum de dix ans de prison et 250 000 dollars d'amendes.Des précautions ont été prises pour éviter une répétition des incidents de l’an dernier, non seulement à Los Angeles mais aussi à San Francisco, Las Vegas, Seattle ou Atlanta, autant de villes que la vague d’émeutes partie de la métropole californienne avait atteintes.Dans nombre de grandes villes, les: forces de police ont effectué des entraînements spécifiques.Les commerçants ont déjà prévu de fermer boutique dès que le verdict sera annoncé, et quel qu’en soit la teqeur.Tout le monde s’est armé.A San Francisco, les autorités ont prévu une stratégie à deux volets : des contacts redoublés avec les communautés susceptibles de s’enflammer et la mise sur pied de services d’urgence prêts à intervenir au moindre incident.Dès que sera connu le verdict du prôcès de Los Angeles, les forces de police de San Francisco seront placées sous rotation de 12 heures par équipes de huit.Tous les congés seront annulés.La monarchie se trace une voie royale Des prétendants au trône dans la campagne référendaire du 21 avril Lors du référendum du 21 avril prochain, les électeurs brésiliens seront appelés à choisir leur futur régime politique, qui entrera en vigueur en 1995.Monarchie ou république, système parlementaire ou présidentiel, telles sont les options qui sont proposées à l’occasion de cette consultation.princier sous l’injonction de sa mère Dona Isabelle, a-t-elle ou non une quelconque valeur ?C’est toute la question.La branche de Petropolis, représentée par Dom Pedro Gastao, assure que ce simple manuscrit ne vaut rien, et l’héritier de Vassouras, Dom Luis, affirme être le seul véritable chef de la maison impériale, suivi de son frère, Dom Bertrand.La querelle est alimentée par quelques royales injures ; Dom Pedro Gastao, qualifie de «fous» ses deux cousins et assure «ils peuvent aboyer tant qu'ils veulent, cela n’a pas d’importance».Ces derniers, en termes à peine voilés, qualifient Dom Pedro Gastao d’usurpateur sans foi ni loi.La querelle dynastique déborde aussi vers la politique.La branche de Petropolis défend une royauté à la mode espagnole «libérale, modératrice et dont la désignation du souverain reviendra au Congrès», dit Dom Pedro Gastao.La campagne de leur Mouvement parlementariste monarchique condamne une République «qui a connu, en un peu plus d’un siècle, sept Constitutions différentes et dix-neuf rébellions militaires» et vante les mérites du «quatrième pouvoir arbitre, d’un roi qui ne pense pas à la prochaine élection, mais à la prochaine génération».«Un roi en costume cravate, qui partira le week-end à bicyclette faire des pique-niques», précise son neveu Dom Joao Henrique.Et ils accusent leurs deux cousins d’être des «extrémistes liés à l’organisation Tradition famille patrie (TFP), un groupuscule fascisant».Les héritiers de Vassouras ne renient pas leur engagement.Dans son bureau de Sao-Paolo, Dom Luis en fait même la justification de son choix de vie, le célibat, et de sa chasteté, «conforme à la morale catholique immuable».Il regrette aussi «l’immoralité des plages, reconnue par la doctrine de l’Eglise, au moment où le topless succède au bikini», et déplore d’être obligé «de choisir des endroits isolés pour apprécier les bains de mer».Il justifie totalement son combat, «en première ligne aux côtés du TFP, contre la guerre subversive des communistes qui recherchaient une cubanisation du Brésil».DENIS HAUTIN G UI RA UT LE MONDE Rio-de-Janeiro - «Je préférerais faire mon travail et rester à la maison, mais je suis comme un soldat dans cette affaire, et Ton m’envoie au front où Ton veut.» Agé de quarante-deux ans, le prince Dom Manuel de Orleans y Bragança n’est pas vraiment un simple soldat.Homme d’affaires vivant en Espagne, à Séville, où il fut dernièrement commissaire adjoint pour le Brésil de l’Exposition universelle, il est revenu dans son pays faire campagne pour la restauration de la monarchie et aider la famille impériale brésilienne, dont il est l’un des descendants.Le prince Dom Alberto, son cousin, fait lui aussi campagne, sa journée d’avocat terminée.Un soir de mars, assis à la table de la salle à manger d’un appartement cossu du bord de mer à Rio-de-Janeiro, devant une assemblée d’une cinquantaine de personnes, il détaille «les garanties qu’offre un roi modérateur dans un pays où la République a connu d’aussi nombreuses crises».Il flanche tout de même un peu lorsqu’un chauffeur de taxi lui demande s’il «pourra rectifier les défauts de ma boîte automatique de changement de vitesse, dont personne ne veut assurer la garantie».De nombreux observateurs s'interrogent sur l'opportunité d'une telle consultation.«Votez pour le roi!» Mais quel est le nom du futur monarque?Campagne télévisée Après la chute de l’empire en 1889, trente-deux années d’exil en France de la famille impériale, et l’interdiction - «dite loi de pierre»- de toute campagne monarchique jusqu’à la Constitution de 1988, les Orleans y Bragança sont unanimes sur un point : la nécessité de la restauration.Tous ses membres multiplient les conférences, les déplacements dans le pays, et bénéficient de vingt minutes de campagne télévisée quotidienne.«Votez pour le roi !», tel est le simple thème choisi par leurs partisans, qui se gardent bien d’indiquer le nom du fiitur monarque.Ou plutôt en indiquent plusieurs.Car la rivalité entre les d.eux familles prétendantes, celle de Petropolis (Etat de Rio-de-Janeiro) et celle de Vassouras (État de Sao-Paolo), est leur principale pomme de discorde.La lettre de renonciation de l’héritier de Petropolis, écrite au début du siècle avant un mariage non Dangers: communisme et nazisme Son frère Dom Bertrand, insiste lui aussi sur «les dangers du communisme et du nazisme, qui ne sont que les deux revers d’uqe même médaille» et prône «la nécessité d’un État le plus léger possible et d’un plan de privatisation radical».Les deux héritiers «légitimos», réunis dans le Conseil pro-Brésil monarchique, justifient le né- cessaire engagement d’un souverain «qui ne peut être un simple d’esprit sans idées sur le monde», et soulignent que le futur régime «ne pourra pas être autre chose qu’un empire, vu la taille continentale de notre pays».Parmi les choix de régime politique proposés par le référendum du 21 avril prochain, la monarchie apparaissait il y a peu de temps comme un simple anachronisme introduit par un député royaliste, Antonio Henrique Cuhna Bueno, ou tout au plus comme la réparation d’une vieille injustice, la République, lors de son instauration, n’avait-elle pas aussitôt promis de procéder à une consultation populaire jamais réalisée ?«L’idée pouvait au début paraître folle ou au minimum curieuse, convient le prince Joao Henrique, mais ce n’est plus vrai.» Les sondages montrent qu’à trois semaines du scrutin, l’idée fait son chemin.Près de 20 % des électeurs se déclarent partisans d’une telle option et d’importantes personnalités brésiliennes, comme l’ancien ministre de la Justice, Colio Bor-ja, ou l’économiste réputé Mario Henrique Si-monsen, ont fait part de leur soutien à la restauration.«Je suis en effet convaincu de l’échec complet du présidentialisme au Brésil, confiait M.Simonsen à l’hebdomadaire «Véja», et je ne vois pas le système parlementaire fonctionner correctement dans notre pays avec un président élu.Les sources de conflits seraient dans cette dernière hypothèse permanentes.Il ne reste que le roi.» Si les partisans d’une République présidentielle, largement en tête dans les sondages, dédaignent eux le mouvement monarchique, les tenants du système parlementaire sont moins catégoriques et pourraient procéder à une «vote utile» en faveur d’une royauté parlementaire, d’autant qu’ils sont au coude à coude dans les intentions de vote.«Même si les partisans de la restauration ne ganent pas, assure le politicologue Amory de Souza, il persistera de toute manière un fort courant monarchiste.» Beaucoup d’observateurs s’interrogent tout de même sur l’opportunité d’une telle consultation.«Cette révision constitutionnelle est loin de constituer une urgence.Nous sommes un malade qui se préoccupe plus de la forme de son lit et de la couleur de la robe de son infirmière, que de se soigner à l’aide d’antibiotiques», écrivait ainsi dans le quotidien O Globo l’économiste et ancien secrétaire d’État, Roberto Campos.ITALIE Sortir la Péninsule de l'Europe?ROBIC I DEPUIS 1892 AGENTS DE BREVETS ET MARQUES Protection des droits de propriété intellectuelle LEGER ROBIC RICHARD 55, ST-JACQUES, MONTREAL, OUÉBEC H2Y3X2 fax: (514) 845-7B74 Tél.: (514) 91 R*0*B*K Ha naitxlu du Intanqlûtu Rome (Reuter) — Un ministre du gouvernement italien a estimé hier que les accusations de collusion entre d’anciens ministres et la Mafia faisaient partie d’un plan visant à marginaliser l'Italie dans le concert des nations.«Il y a quelqu’un qui veut pousser l’Italie hors de l’Europe et du groupe des démocraties les plus industrialisées», le G7, affirme le ministre du Commerce extérieur Claudio Vitalo-ne, de la Démocratie chrétienne (DC), dans une interview à Panorama L’hebdomadaire en a révélé des extraits avant publication.Claudio Vitalone est un proche de Giulio Andreotti, l’ancien président jweiBBgj Cette année, écoutez CIEL! ET PARCOUREZ LE MONDE! du Conseil qui fait l’objet d’une enquête sur ses liens présumés avec la Mafia, tout comme trois de ses anciens ministres.Tous sont membres de la DC, parti qui n’a jamais quitté le pouvoir en Italie depuis 1945.«C’est une opération de déstabilisation.C’est une invention visant à attaquer la DC et tout le système des partis (.) pour empêcher une reprise (économique) de l’Italie», ajoute-t-il.Jeudi, le Parlement italien a précisé certains aspects des accusations pesant sur d’anciens ministres de Giulio Andreotti, dont Antonio Gava (Intérieur), Paolo Cirino Pomicino (Budget) et Riccardo Misasi (Education).En tant que députés, ils jouissent de l’immunité parlementaire, que les enquêteurs tentent de faire lever.Les intéressés démentent tout lien avec la Mafia.Dans le rapport rendu public jeudi par le Parlement, les magistrats calabrais réclamant l’arrestation de Ric- cardo Misasi écrivent notamment : «Jamais l’autorité de l’Etat n’était tojnbée si bas.Les représentants de l’État étaient les instruments de la puissance criminelle».Le 27 mars, Giulio Andreotti lui-même a été accusé par des magistrats siciliens, sur la foi de confessions de repentis, d’avoir soutenu politiquement la Mafia.Mais contrairement à d’autres, on ne lui reproche pas d’avoir rencontré lui-même des membres de l’organisation criminelle.Les documents remis au Parlement concernant les trois anciens ministres incluaient des preuves -écoutes téléphoniques entre autres -de leurs contacts avec certains des gangsters les plus recherchés d’Italie.Antonio Gava, qui dirige l’un des principaux courants de la DC, aurait ainsi eu des entretiens en tête-à-tête avec des barons de la pègre et passé un «pacte d’assistance mutuelle» avec la Camorra, version napolitaine de la Mafia.IDENTIFIEZ 5 MOTS PASSEPORT TIRAGE LE 30 AVRIL 1)93 Économisez jusqu'à 40$ par année Calfeutrez vos portes et fenêtres.GH* 23t^ a iCOKJLO 333-KILO •MOTS PASSEPORT REMPLISSEZ ET RETOURNEZ A CIEL-FRANCE, C P 98,5, LONGUEUIL J4H 3Z3 COUPON ORIGINAL OBLIGATOIRE PHOTOCOPIÉ AEFOStE Le devoir TÉLÉPHONE QUESTION 0 HABILETÉ A COMPLÉTER 90.8.5 TOURS U CHANTECLERC ta quotité a tous prig Ri iSIDENCES DE Prestige À VOIR AUJOUR'HUI À LA PAGE B-8 ANNONCES CLASSÉES LE DEVOIR GRANDE- BRETAGNE Les tories au fond du puits Londres (Reuter) —Jamais un gouvernement n’a soulevé tant de mécontentement en Grande-Bretagne depuis la dernière guerre mondiale, selon un sondage Gallup publié hier par le Daily Telegraph.L’action du gouvernement n’est approuvée que par 14,4% des personnes interrogées.Ce pourcentage atteignait presque 30% lorsque le parti conservateur de John Major frit porté au pouvoir le 9 avril 1992.«Pour le 6e mois de suite, le pourcentage d’assentiment est inférieur à 20%», écrit en marge du sondage Anthony King, professeur de sciences politiques à l’Université d’Essex.A la fin mars, les intentions de vote se portaient à 49% sur le parti travailliste, à 30,5% sur les Conservateurs, à 15,5% sur les libéraux-démocrates et à 5% sur les autres formations.Fin février, ces pourcentages étaient respectivement de 49%, 32%, 14% et 5%.La popularité personnelle de John Major a chuté à 23%.Elle atteignait 47% lors de la dernière élection.Celle du chef de l’opposition travailliste, John Smith, est de 36%.Il y a un an, l’ancien chef du Labour, Neil Kin-nock, ne recueillait que 21%.«Jamais un gouvernement n’a été aussi impopulaire aussi longtemps depuis que les sondages existent.Le seul point positif pour les Conservateurs, c’est que le Labour ne fasse pas mieux dans les sondages.Compte tenu des difficultés qu’affronte le gouvernement, le Labour devrait avoir une avance de 20 à 30 points», commente le professeur King.Crédibilité minée Chômage en hausse, crise des changes avec le retrait de la livre sterling du SME, fermeture des mines de charbon, hésitations du cabinet envers le Traité de Maastricht, sans parler d’un scandale de moeurs touchant un ministre, autant d’événements qui ont miné la crédibilité du gouvernement.Èn surface, les Conservateurs devraient avoir de quoi se réjouir des derniers indicateurs économiques.La Grande-Bretagne semble en passe de sortir d’une dure récession.Les dernières ventes de voitures, les intentions d’embauche des entreprises vont dans le bon sens.Mais plusieurs économistes notent que cela résulte essentiellement d’une politique qui a laissé chuter la livre pour faire baisser les taux.Cela est certes favorable aux exportations britanniques mais très critiqué ailleurs en Europe.EN BREF ?COMPLOT DÉJOUÉ Varsovie (Reuter) — Une tentative d’assassinat du président Lech Walesa a été déjouée jeudi matin, ont déclaré hier les services secrets polonais.«Des préparatifs contre la vie du président Walesa ont été neutralisés par des agents du Bureau de protection de l’Etat (UOP) jeudi au petit matin», avait rapporté le journal de Varsovie Zyde Warszawy, en citant le chef de rtJOP, Jerzy Konieczny.«Je peux confirmer ce qu’a dit le journal mais je ne suis pas habilitée à divulguer quelque détail que ce soit», a déclaré Irena Popoff, porte-parole des services de secrets.Une seule fois dans l’histoire conteiriporaine de la Pologne un chef de l’État a été assassiné.Gabriel Narutowicz, premier président du pays, avait été tué une semaine après son élection en 1922.PASQUA, FERME Paris (AFP) — Le ministre français de l’Intérieur Charles Pasqua a affirmé hier soir à la chaîne de télévision privée TF1 qu’il sera «impitoyable» avec les policiers responsables de bavures.M.Pasqua a, en même temps, mis en garde ceux qui tenteraient d’utiliser «l’indignation des jeunes» pour se livrer à des violences.Des manifestations violentes à Paris ont fait 13 blessés du côté des forces de l’ordre dans la nuit de jeudi à hier.Réxwmmwntr, trois jeunes gens sont morts à la suite de bavures poli-cièeres en quatre jours.M.Pasqua a ensuite affirmé qu’il avait confiance dans la police.Mais, a-t-il ajouté, «je ne laisserai pas ternir l’image de la police par les agissements de quelques-uns.Je serai impitoyable avec ceux qui commettent des fautes».Après avoir souligné que les bavures étaient les conséquences «d’une police mal encadrée», le ministre a rappelé que «la nation confie des armes pour qu’on défende les citoyens et non pour qu’on les agresse».Le ministre attend les conclusions du rapport d’enquête de la «police des polices» Inspection générale de la police nationale) avant d’aviser sur les sanctions à prendre.OURAGAN MEURTRIER New Delhi (AFP) - Au moins cent personnes ont péri hier après le passage dental), a annoncé l’agence indienne United News of India (UNI).Sous la force des vents plusieurs maisons ont été détruites, des arbres déracinés et des poteaux électriques renversés dans le district de Murshidabad (proche de la frontière avec le Bangladesh) où les communications routières sont interrompues, ajoute l’agence en citant la police.«SAINTE» CRUCIFIXION San Fernando (Reuter)—Une douzaine d'hommes et une femme ont été cloués à des croix de bois aux Philippines hier, en commémoration de la crucifixion du Christ D’autres, par centaines, ont porté des croix de deux mètres de haut sur leur dos ou se sont flagellés jusqu’au sang.Après avoir passé deux minutes doué à une croix, un jeune homme de 27 ans a dédaré : «C’était douloureux, mais je le referai l’année prochaine».11 affirme participer à cette célébration du Vendredi Saint pour la huitième année consécutive.Une femme d’une cinquantaine d’années est restée quand à elle crucifiée pendant près d’une demi-heure, sans dopner de signe de grande souffrance.L’Église catholique, qui a condamné ce fanatisme religieux, n’a pas encore pu empecher de tels actes, qui remontent au début des années 60.ELTSINE, « CRIMINEL» Téhéran (AFP) — L’ayatollah Abdol-K; rim MoussaviArdébili, proche des radi eaux iraniens, a qualifié hier de «sinistn criminel» le président russe Boris Eltsii l’accusant d’être responsable du «massacre» des musulmans en Azerbaïdjan, ai Tadjikistan et en Bosnie-Herzégovin «Eltsine, œ sinistre criminel, est en trail de massacrer les musulmans ai Tadjik tan, en Azerbaïdjan et en Bosnie-Herzé govine», a déclaré M.Moussavi-Ardébi anden président de la Cour suprême d’Iran et kâmême azéri, lors de la prièn du vendredi à l’université de Téhéran, f Ion lui, la Russie et les Etats-Unis sont à l’origine des conflits dans ces régions q visent à «massacrer les musulmans».VISITE À SAN SUU KYI Rangoon (AFP)—Le mari et le pli ne fils de Mme Aung San Suu Kyi < arrivés jeudi à Rangoon [xxir rendn à la dissidente birmane, prix Nobel paix 1991, a rapporté hier l’agence c presse offiriefle binnane Myanmar L’agence, qui se réfère au quotidien ror, ne pnédse par la durée de la vis mari de Mme Suu Kyi, l’universitai tannique Michael Aris, et de leur pl jeune fils, Kim, 14 ans.Aung San S vit depuis juillet 1989 en résidence veillée à Rangoon.Seuls son mari e leurs deux fils ont pu lui rendre vis mai 1992.Son |Ku1i d’opposition, la Nationale pour la Démocratie (NI remporté plus de 80% des sièges des élections législatives de 199(1 n’a jamais été autorisé à exercer pouvoir. SOMALIE L K I) E V IIIH, LES S A M EDI I » E T I) I M A ,\ ( HE II A V IIII.I !> !» 3_A 0 * LE MONDE * «Bienvenue en enfer» La guerre couve dans le sud Jilib (AFP) — Chassés de Kis-mayo, la grande ville portuaire du sud de la Somalie, plusieurs centaines de partisans du colonel Omar Jess campent, plus au nord, dans les villages de la vallée du fleuve Juba, d’où ils ont lancé quelques raids, repoussés par la Force multinationale sous commandement américain (UNITAF).Les partisans du chef de guerre ruminent une défaite qu’ils attribuent à l’UNI-TAF, et rêvent de reconquérir Kis-mayo (400 km au sud-ouest de Mogadiscio), tenue par la faction du général Mohamed Saïd Hersi «Morgan», avant la saison des pluies, imminente.«En deux jours, nous pouvons chasser Morgan», lance Mohamed, réfugié à Jilib, à 100 km au nord de Kismayo.Aux cris «d’UNITAF dehors», 200 habitants ont manifesté jeudi soqs le regard impavide de parachutistes belges.Pas d’arme apparente: les soldats les saisissent.«Mais il y a des caches partout», explique l’un d’eux.Drapée dans un voile rouge, une vieille femme jette une poignée de poussière en l’air.«Ce pays est à nous».Une pancarte souhaite «Bienvenue en enfer» aux soldats.Le colonel Jess et son puissant allié, de Mogadiscio, le général Mohamed Farah Aïdid, conservent leur emprise sur Jilib et les localités environnantes.L'UNITAF y est perçue comme une force d’occupation, alliée au général Morgan.Les hommes de Morgan «Nous avons été attaqués par les hommes de Morgan à Kismayo et l’UNlTAF a laissé faire», s’insurge Mohamed Ismaël Kalumbi, un «elder» (ancien) du village de Barr.Une quarantaine de blessés, dont des enfants, atteints par balles, couchent à même le sol de «l’hôpital», une pièce de ciment nu.Membres de la faction de Jess, ils ont été évacués de Kismayo par l’UNITAF la semaine dernière.Malgré la présence de 800 militaires belges, quelques centaines de miliciens de Morgan s’étaient infiltrés en ville en février.Ils ont réussi depuis à en chasser leurs ennemis par des actions de guérilla appuyées par de violentes manifestations.Les murs de Kismayo célèbrent leur victoire sur les «envahisseurs».Jess et Morgan s’appuient sur des clans rivaux -Haiti et Ogaden- qui revendiquent la légitimité d’occuper la cité.Le chef de guerre qui contrôle Kismayo peut y «fixer» ses partisans.Et surtout, placer en coupe réglée le trafic du port et les activités commerciales d’une ville de 160.000 habitants.Cet enjeu attise la volonté de revanche du colonel Jess.Mercredi, 150 de ses miliciens ont tenté de reprendre un ancien aéroport proche de Kismayo.Les paras belges se sont interposés et ont riposté.Ces soldats ont «massacré la population avec des chars», a accusé jeudi une responsable des femmes du village de Goobweyne.«Propagande grossière», s’insurge le général belge Raymond Key-meulen, qui concède que des miliciens «ont pu être descendus» lors de cet accrochage.La plupart des officiers estime que Jess n’a plus la capacité militaire de reprendre la ville.«Sauf s’il reçoit un appui massif d’Aïdid», note l’un d’eux.Cette tension entrave l’acheminement des marchandises et de l’aide de Kismayo vers le nord.«La vallée du Juba pourrait nourrir toute la Somalie», note le Dr Jan Devriendt, lieutenant dans l’armée belge.«Mais les villageois sont encore otages de ces bandes armées».Les soldats ont «massacré la population avec des chars».PROCHE-ORIENT Israël accepte Husseini Un pas dans la bonne direction Tunis (AFP) — M.Fayçal Husseini fera partie de la délégation palestinienne aux négociations bilatérales avec Israël, a déclaré hier M.Jamil Hilal, directeur du département de l’information de l’OLP, précisant que cette démarche avait été faite en réponse à une demande palestinienne.«L’acceptation de cette demande constitue un pas dans la bonne direction et répond aux demandes palestiniennes d’une représentation de personnalités de Jerusalem-Est aux bilatérales de paix», a dit M.Hilal dans une déclaration à l’AFP à Tunis.«Les Palestiniens continueront à oeuvrer en vue de l’intégration d’autres personnalités de Jérusalem-Est dans la délégation palestinienne», a-t-il ajouté.Interrogé sur l’éventuel remplacement de M.Haidar Abdel Chafi par M.Husseini à la tête de la délégation palestinienne, M.Hilal a affirmé que la direction palestinienne «n’a jamais envisagé ni proposé un changement dans le rôle de Haidar Abdel Chafi en tant que chef des négociateurs palestiniens».«Toutes les forces palestiniennes sont extrêmement soucieuses de voir Abdel Chafi continuer à assurer sa fonction de président de la délégation», a dit Jamil Hilal, faisant état «du respect et de la considération de tous les palestiniens» pour le rôle joué par M.Abdel Chafi.Selon une source proche de la présidence du conseil israélien, Israël a accepté l’intégration de Fayçal Husseini à la délégation palestinienne aux négociations bilatérales qui doivent reprendre le 20 avril Washington.De son côté, M.Husseini a affirmé, dans une déclaration hier au r quotidien tunisois Assabah, que Haidar Abdel Chafi «n’abandonnera pas la présidence de la délégation pales-tiniene aux bilatérales», estimant toutefois que sa propore intégration à cette délégation lui «permettrait eventuellement de fia) présider».M.Husseini a rappelé à ce propos qu'il avait été précédemment écarté de la délégation des négociateurs «en raison du refus d’Israël de permettre la présence dans la salle» de personnalités de Jérusalem-Est.IRAK Échanges de tirs dans le ciel D'APRÈS REUTER ET AFP TXTashington — Quatre appareils V V américains ont essuyé des tirs de la DCA irakienne au cours d’une patrouille dans la zone d’exclusion aérienne du nord de l’Irak mais ont pu regagner leur base, a déclaré hier le département d’Etat.Les appareils - trois F-16 et un F4G -ont riposté en larguant quatre bombes à fragmentation avant de rentrer à leur base, a précisé Richard Boqcher, porte-parole du département d’Etat.Bagdad a de son côté déclaré qu’un soldat avait été blessé dans le nord de l’Irak après qu’un avion eut largué une bombe à fragmentation sur un poste militaire de surveillance du barrage Saddam, situé dans la province de Nineveh, au nord du 36e parallèle.Le gouverneur de la province, le général Abdeldjaouad Dhanoun, a formellement démenti que les soldats irakiens aient ouvert le feu.«Il n’y a pas eu de qui-vive ou de tir par la DCA dans la région du barrage Saddam dans le nord de l’Irak», a-t-il dit.Il a ajouté que les soldats étaient en train de déjeuner lorsque les avions les ont bombardés.Le ministère irakien des Affaires étrangères, cité par l’agence INA, qua-lifie le bombardement «d’attitude agressive et provocatrice.» Bagdad précise que deux avions, volant à haute altitude, ont tiré deux salves sur le site.Richard Boucher a déclaré que l’incident s’était produit à environ trois km à l’est du barrage Saddam.«Les Etats-Unis et nos partenaires dans la coalition demeurent déterminés à faire appliquer toutes les résolutions adéquates du Conseil de sécurité des Nations unies et les diverses mesures qui ont été votées pour les appliquer, dont les zones d’exclusion aériennes», a-t-il dit.La zone d’exclusion du nord a été proclamée pour protéger les populations du Kurdistan irakien.«Ce dernier incident souligne le refus continu de l'Irak de se plier à ces résolutions et à ses obligations internationales», a ajouté Richard Boucher.«(L’Irak) sera tenu pour seul responsable des graves conséquences de son refus d’obtempérer.» Il s’agit du premier incident de ce genre depuis le 3 février, où des Mirages français avaient été pris pour cible.Les Etats-Unis avaient attaqué plusieurs objectifs militaires irakiens dans les derniers jours de l’administration Bush.Icidemment, l’ex-président américsain George Bush a reçu hier laplus haute décoration du Koweït.SOUDAN Les armes contre la faim?La situation dramatique dans le sud du pays n'a pas d'équivalent aujourd'hui dans le monde \ S Y L V1A N E TRAM 1ER LE DEVOIR \ A moins d’un arrêt des combats entre forces gouvernementales et forces rebelles au Soudan, les Nations unies devront envisager le recours à la force militaire, comme en Somalie, pour amener une aide alimentaire d’urgence aux populations.C’est l’avis de M.Abdul Mohammed, conseiller auprès d’organisations non-gouvernementales et d'agences de l’ONU, et membre d’un centre de recherche sur le développement dans la Corne de l’Afrique, Inter Africa Group.De passage à Montréal jeudi, M.Mohammed s’est dit peu optimiste sur les pourparlers de paix engagés entre les belligérants soudanais.«L’ouverture de corridors humanitaires vers le sud du Soudan est la priorité.La première chose sur laquelle les rebelles et le gouvernement devraient se mettre d’accord, et très vite, c’est de laisser passer les convois humanitaires.Sans quoi, il faut s’attendre à un nouveau drame humanitaire dans cette région.» Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), organisation d’aide alimentaire des Nations unies, 2,8 millions de Soudanais sont en danger à cause de la guerre et de la famine.Ira situation dramatique dans le sud du pays n’a pas d’équivalent aujourd’hui dans le monde.En dix ans de guerre entre les rebelles et le pouvoir central de Khartoum, un million de personnes ont été tuées et deux millions de personnes ont été déplacées.A cette guerre s’est superposé un conflit entre les groupes rebelles eux-mêmes.Les combats entre différentes factions du Mouvement populaire de libération du Soudan (MPLS) ont forcé le PAM à suspendre plusieurs fois ses opérations d’aide humanitaires au cours des dernières semaines.Le pont aérien à destination d’Ayod, à quelques 350 km au nord de la frontière avec le Kénya a été interrompu.De même que celui à destination de Kongor, un peu plus au sud.Les associations humanitaires ont baptisé cette région du sud du Soudan de «triangle de la faim.» Combats et aide «Le problème du Soudan, dit M.Abdul Mohammed, c’est que depuis 4 ou 5 ans, on n’a jamais permis aux opérations Kongor, au sud du Soudan, a été baptisé le «triangle de la faim».d’aide humanitaire de durer assez longtemps pour rétablir l’équilibre.Aucune opération humanitaire n’a duré plus de 6 mois.Chaque fois, les combats sont venus interrompre les programmes d’aide.Vous commencez à nourrir les gens, à les soulager, puis les combats reprennent et on revient en arrière.» Négociations de paix Des négociations de paix entre le gouvernement soudanais et la rébellion du sud, dirigée par John Garang, doivent reprendre le 26 avril à Abuja, au Nigéria.D’autres pourparlers entre le gouvernement et une faction rebelle hostile au dirigeant de la guérilla John Garang s’engageront la semaine prochaine à Nairobi.Ira guérilla lutte contre la domination du nord, islamiste et arabisé, sur le sud chrétien et animiste.Le gouvernement de Khartoum, qui bénéficie de l’aide économique et militaire de l’Iran est considéré comme une source d’instabilité régionale par les pays occidentaux.Il poursuit une politique d’islamisation autoritaire de la société soudanaise, et a intensifié son aide aux mouvement?islamistes du Maghreb et d’Egypte.Isolé sur le plan diplomatique, le gouvernement soudanais a pu jouer sur les divisions du MPLS pour retarder et laisser s’enliser la médiation menée par le Nigéria.M.Abdul Mohammed estime que les Nations unies devraient s’engager dans la médiation.«Depuis deux ans, les négociations ne mènent à rien.Les Nations unies devraient prendre les choses en main et travailler avec les gouvernements de la région pour rapprocher les parties.Il n’y a plus de temps à perdre.Et le premier objectif que devraient se fixer les pourparlers de paix, c’est de parvenir à un accord dans lequel les belligérants s’engageraient à permettre l’accès aux convois humanitaires aux régions dévastées du sud.» Depuis 1989, les ONG et les agences humanitaires de l’ONU sont présentes au Soudan.La mobilisation internationale n’a pas fait défaut.Mais il reste «à la communauté internationale à exercer des pressions politiques pour faire aboutir les négociations.«Dans les prochains mois, l’Onu va devoir montrer quelle est déterminée à faire ouvrir le sud du Soudan aux opérations humanitaires.Si cela n’est pas fait, l’option d’une force militaire humanitaire devra être envisagée», soutient M.Mohammed.PHOTO OXFAM-QUÉBEl Dans un camp de réfugiés: près de 3 millions de Soudanais sont menacé: par la guerre et la famine.) r»**?» Économisez jusqu'à 12$ par année Utilisez une minuterie de chauffe-moteur.la r COLLEGE DE PHOTOGRAPHIE 1600, rue Berri,3ième étdge.Montréal (Québec) H2L 4E4 Métro Berri-UQAM Devenez photographe professionnel en moins d'un an!^jp| y?¦r -'y 842-8643 kk PROGRAMME D'ETUDES COLLÉGIALES INTENSIF DE 8 MOIS.Prospectus gratuit AVEC LE PROGRAMME SPRINT, RETOURNEZ AUX ÉTUDES AVEC UNE SUBVENTION CORRESPONDANT À ENVIRON 90% DE VOTRE SALAIRE, ET AUCUN FRAIS DE COURS À PAYER DEBUT: SEPTEMBRE 1993 Nouveau: Ateliers de traitement d'images sur Photoshop (Macintosh) Programme de photographie commerciale, A.E.C.370.34, Permis No.749 .3.33 Berri-UQAM t A Université de Montréal Faculté des sciences de l’éducation *j Centre de formation continue • Renouveler ses compétences en éducation MAÎTRISE EN ÉDUCATION, OPTION GÉNÉRALE Nouveau programme de 45 crédits destiné aux enseignants, aux formateurs d’adultes, aux professionnels et aux administrateurs de l’enseignement primaire, secondaire et collégial, désireux de mieux comprendre les enjeux actuels de l’éducation et de se doter de moyens d’intervention adaptés.- !j Grand choix de cours dans plusieurs domaines : administration de l’éducation, andragogie, didactique, éducation comparée et ,t fondements, mesure et évaluation, orthopédagogie, psychopédagogie, technologie éducationnelle.Cours du soir donnés sur le campus.La Faculté répond également à des demandes de groupes institutionnels désirant une formation hors-campus.3 £3.Exigence particulière : détenir un grade universitaire de 1er cycle.Date limite d’admission : 15 mai 1993 pour la session d’automne 1993.Annuaire et formulaire d’admission : 90, avenue Vincent-d’lndy Local B-336 Tél.: (514) 343-7622 -T r J («K m A 10 L E I) E V 0 I R .L E S SA M EDI 10 ET I) I M A N C H E II AVRIL 199 3 EDITORIAL —f- Pâques à long terme Benoît Lacroix, o .p.Qu’est-ce que le bonheur?Qui l’a inventé?Freud?Mais avant Freud?D’où vient ce désir d’un bonheur à long terme, jamais satisfait?Un tel absolu vaut-il la peine qu’on se donne pour le saisir?Qui, qu’est-ce que le bonheur?La réponse philosophique est belle: le bonheur serait la possession certaine, consciente et définitive d’un bien au superlatif.S’il ne dure pas, à quoi bon s’essouffler?.pjnoza qUjt au fajt et pour une S fois, résume assez bien la réflexion des siècles, pense que «le bonheur est la satisfaction de toutes nos inclinations, tant en extension, c’est-à-dire en multiplicité, qu’en intensité, c’est-à-dire en degré et en protension, c’est-à-dire en durée».Encore la durée! «Soyez un peu plus concret», me direz-vous.Mais non! Pas tout de suite.Surtout pas avant d’avoir identifié le bonheur à son meilleur, le bonheur qui, nous le savions, appelle l’amour dans une transparence sans retour et sans repli.Aimer! Etre aimé! Toujours! A jamais! Jésus aurait dit, en Galilée probablement, qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie à l’amour, c’est-à-dire à la personne aimée et qu’ainsi il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir.Sans ce don continu de la vie, l’amour risque de n’être qu’un épisode, épisode non négligeable bien sûr, mais incapable d’assurer le vrai bonheur.La continuité inféfinie est la seule réponse valable au désir fondamental qui est en chacun, chacune de nous.Ce n’est pas tout.Pour être heureux à jamais, il faut non seulement un esprit généreux mais, n’étant ni dieux ni anges, il faut aussi le corps.En chaque personne, corps et esprit vont ensemble.Sauf que ce corps, né pourtant d’un désir d’amour infini, reste mortel et périssable.Nous mourrons tous.Déjà à cette hypothèse, le corps résiste.Avec raison.Ne mérite-t-il pas mieux, ce corps, ce corps personnel, qu’un pas-sage-terminus au columbarium, si doré soit-il?Plus qu’un six-pieds-sous-terre?Sa manière de résister à la maladie et à la souffrance ne serait-elle pas une invitation implicite à sa propre durée?Eh bien! Voilà qu’en ces jours de printemps les chrétiens de diverses allégeances célèbrent les liturgies pascales jusqu’à magnifier, chanter sinon crier leurs désirs de vie et de survie, leur espoir d’un bonheur à long terme.C’est à cause d’un jeune adulte né d’une femme comme nous, être en chair et en os, vu et revu en Galilée comme en Judée.Ce Jésus-Christ et Seigneur à qui les toutes premières communautés chrétiennes attribuent tant de miracles jusqu’à celui de son propre retour à la vie après que les soldats romains l’eurent exécuté, souhaite ardemment, au nom de la même toute-puissance sacrée qui l’avait fait naître, que nous demeurions tous et toujours dans le même désir d’un bonheur durable: «Qui croit en moi, s’il meurt, obtiendra la vie étemelle.» Un de ses confidents privilégiés, Jean de Patmos, résume: «Dieu a tellement aimé le mon- de qu’il a donné son fils unique afin que quiconque croit en lui ne se perde pas mais ait la vie étemelle», c’est-à-dire le bonheur d’aimer personnellement à jamais.Plusieurs siècles avant le Christ, un mystique ju-daïsant d’Orient longtemps éprouvé par la souffrance avait prédit au nom du même Dieu: «Ah! si seulement on écrivait mes paroles, si on les gravait en une inscription! Avec un burin de fer et de plomb, si pour toujours dans le roc, elles restaient incisées.Je sais bien, moi, que mon rédempteur est vivant, que le dernier, il surgira sur la poussière.Et après qu’on aura détruit cette peau qui est mienne, c’est bien dans ma chair que je contemplerai Dieu.C’est moi qui le contemplerai, oui, moi! Mes yeux le verront, lui, et il ne sera pas étranger.Mon coeur en brûle au fond de moi.(Job 19: 23-27) Dans ces perspectives, la vie d’ici serait comme le prologue d’une vie continuée autrement.Énergisé, transfiguré à partir de ses cendres, le corps corruptible deviendrait un corps spiritualisé, transformé quoi.Comme il est arrivé au corps meurtri du Christ.Mais non! Mais non! Personne n’est humainement obligé d’y croire et de suivre cette suprême croyance de milliards de chrétiens depuis deux mille ans.Croire à de tels mystères (la mort restera toujours un mystère) qui engagent la durée même de la vie amoureuse ne peut être valide que si l’acte de foi devient un acte ouvert, personnel et libre.Bref, Pâques, cette année encore, est la fête d’un désir d’amour à longue durée, désir élargi et mué en croyance démesurée comme tout ce qui touche à la permanence du bonheur qui, lui aussi, ne veut pas mourir.Ô abîme d’amour! Océan profond! dirait la grande Catherine de Sienne.C’est aussi la «leçon des ténèbres» de notre déesse des mots les plus beaux, Anne Hébert: Immobile Attendre que les temps soient révolus Dans l’espoir d’une petite étoile À l’horizon couleur de suie.Pâques au ciel de l’humanité?Une petite étoile à deviner.Pâques, cette année encore, est la fête d’un désir d’amour à longue durée.Abstinence et ferveur bigote! En présentant le carême des chrétiens et le ramadan des musulmans, un journaliste du DEVOIR les qualifie comme «la période d’abstinence et de ferveur bigote» (Stéphane Baillargeon, LE DEVOIR, 22 février 1992).En voilà un autre qui juge de haut ce qu’il ne connaît pas.Il est de bon ton de mépriser les pratiques religieuses.Le mépris envers ceux qui croient en Dieu est l’envers de la bigoterie et n’est pas plus civilisé que celle-ci, dans un monde censé pratiquer la tolérance et l’ouverture d’esprit.Le carême chrétien et le ramadan musulman sont des pratiques religieuses, un hommage au Dieu de la foi.Dans la foi chrétienne, l’approche de Dieu a aussi des conséquences sur nos relations avec les autres.Ainsi, le jeûne, les restrictions qu’on s’impose durant le carême ont leur pendant dans le partage avec les démunis.On se prive volontairement pour aider ceux qui sont condamnés à la privation par manque de ressources.La campagne de Développement et Paix trouve sa place naturelle dans le carême.Cet organisme de l’Église catholique au Canada a comme but d’éveiller notre conscience devant nos responsabilités envers le tiers monde en collectant des fonds pour aider des projets de développement dans les régions défavorisées.En ouvrant son coeur dans le partage, on l’ouvre aussi à Dieu.«Le jeûne que je préfère, n’est-ce pas ceci: dénouer les liens provenant de la méchanceté, détacher les courroies du joug.N’est-ce pas partager ton pain avec l’affamé.LETTRES -?- «Et encore: les pauvres sans abri, tu les hébergeras, si tu vois quelqu’un nu, tu le couvriras: devant celui qui est ta propre chair, tu ne te déroberas pas.Alors ta lumière poindra comme l’aurore et ton rétablissement s’opérera très vite.Ta justice marchera devant toi et la gloire du Seigneur sera ton arrière-garde.» (Isaïe 58, 6-8).Si c’est là de la ferveur bigote.Robert Lebel Evêque de Valleyfield Valleyfield, mars 1993 Tour d’ivoire La Cour suprême du Canada a statué que le gouvernement du Manitoba était en droit de déduire des chèques de bien-être social les sommes versées en trop aux bénéficiaires.Dans ce jugement partagé (5-4), le juge John Sopinka écrit que les prélèvements effectués (entre 6 $ et 8,43 $) sur les chèques mensuels de bien-être social sont si peu élevés qu’ils ne peuvent être cause d’inconfort pour les prestataires.Mais sur quelle planète la Cour suprêrjie vit-elle?Ne sait-elle pas que l’Etat québécois doit nourrir les enfants à l’école parce que les revenus (l’aide sociale ou le salaire minimun) de leurs parents ne suffisent pas à satisfaire leurs besoins de base en nourriture, en vêtements, en habitation et en transports?L'article 45 de la Charte des droits et libertés de la personne est pourtant très clair: «Toute personne dans le besoin a droit, pour elle et sa famille, à des mesures d’assistance financière et à des mesures sociales, prévues par la loi, susceptibles de lui assurer un niveau de vie décent.» Comment la Cour suprême peut-elle être aussi insensible à la réalité des plus démunis de notre société?Il est vrai que les préoccupations que l’on a quand on a un revenu de 100 000 $ sont différentes de celles que l’on a quand on a un revenu de 9000 $.La seule façon réaliste de partager la richesse des nations est de réduire l’écart entre les salaires des travailleurs (par exemple, le plus bas salaire pourrait être de 20 000 $ et le plus haut salaire de 30 000 $) et de partager le travail.Une société ne doit pas tolérer que des travailleurs vivent dans la pauvreté pour que des travailleurs vivent dans la richesse.C’est le travail utile de chacun des travailleurs qui bâtit aujourd’hui la société de demain.Gilles Grenier Grand-Mère, 3 avril 1993 Recherche conjointe Après avoir lu l’article de Paul Cau-chon intitulé «Un nouveau centre fera la promotion de la santé» à la page A3 de votre édition du 30 mars 1993, j’aimerais porter à l’attention de vos lecteurs le fait que les centres de recherche — qui sont au nombre de six plutôt que cinq — sont le fruit d’une initiative conjointe entre Santé et Bien-être social Canada et le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, les deux partenaires contribuant chacun 50 % des 500 000 $ accordés à chaque centre.Je profite de l’occasion pour renouveler aux six universités invitées à accueillir un centre — Montréal, Colombie-Britannique, Saskatchewan, Lethbridge, Dalhousie et McMaster — les plus sincères félicitations de notre Conseil.Ixruise Dandurand Secrétaire générale Conseil de recherches en sciences humaines du Canada Ottawa, 31 mars 1993 '¦VT, LA Soumoo BVAAlb C’est le moule qu’il fallait changer en croire certains, il y au- la situation.On va tout simplement N rait de la purification pé- Adagogique dans l’air.C’est en des termes qui le laissaient entendre que les professeurs d’éducation physique et de philosophie ont accueilli la réforme du programme des cégeps proposée par la ministre Robillard.A les écouter, on sait déjà qu’il doit y avoir quelque chose de bon dans cette réforme puisque autant de barons locaux crient au meurtre.Si j’avais été à leur place, j’aurais probablement fait de même.La réforme de la ministre est à l’image de toutes celles qui l’ont précédée: ni pire, ni meilleure.On ajoute un petit cours, on en retranche deux; on change les questions d’examen, on modifie les sigles.Et avec en prime quelques réformes de structures et l’inévitable tarification.Le diagnostic de la ministre n’est pas erroné.Comparé à d’autres, ce serait plutôt l’un des meilleurs que l’on ait jamais porté sur les cégeps: les étudiants ne travaillent pas assez fort dans des cours qu’ils mettent trop de temps à réussir et qui ne les préparent pas vraiment à ce qu’ils vont faire par la suite.Il suffit d’avoir enseigné quelques années à l’université pour savoir jusqu’à quel point nos cégeps sont malades.En première année des sciences humaines universitaires, on ne se pose même plus la question: on recommence à partir de zéro comme s’ils n’avaient rien appris.Le plus triste, c’est que rien de tout cela ne va changer.Les étudiants le savent.La ministre le sait.Les profs le savent.Les concierges aussi.Mais on va faire semblant qu’il se passe quelque chose, question de prouver qu’on existe.Le syndrome de la vérification DANIEL LATOUCHE ?est au coeur de la réforme.On va évaluer, coter, comparer, supputer, classifier.Tout va y passer: les programmes, les élèves, les enseignants, les cours, les établissements, les cheminements.C’est l’illusion du classement transformé en système.Bien sûr que cela va donner des premiers — auxquels on va s’empresser d’ouvrir toutes les portes — et des derniers pour lesquels on va trouver des portes de secours.Faut-il vraiment un organisme extérieur et des tests à n’en plus finir pour savoir si un programme rencontre des objectifs qui auront été établis en fonction des tests qui devront être passés?Bon nombre d’étudiants — n’exagérons pas sur le nombre — qui sortent actuellement des cégeps savent à peine lire ou écrire.Ils doivent se mettre à trois pour maîtriser les quatre opérations mathématiques.Les histoires d’horreur à ce sujet sont connues et archiconnues.Et, à mesure qu’elle vieillit, la génération du baby-boom a tendance à embellir la situation du temps des collèges classiques.Mais là n’est pas la question.La ministre a-t-elle pensé que ce n’est pas en augmentant le nombre de contrôles et les incitatifs à rencontrer les délais que l’on va régler connaître encore un peu mieux et produire un peu plus rapidement des étudiants qui ressembleront en tous points à ceux de l’ancien moule.Quiconque a frayé avec le monde de l’apprentissage sait que les contrôles sont faits avant tout pour ceux qui les rédigent.Le plus souvent, c’est pour les sécuriser et les renforcer dans leur conviction qu’ils sont «en contrôle» de la situation.Quant aux contrôlés, s’ils s’en sont sortis jusque-là et qu’ils ont réussi à battre le système, ce n’est pas un contrôle de plus qui va les énerver.On leur fournit même une bouée supplémentaire, celle de la possibilité de perdre leur temps au cégep à condition qu’ils paient.Quelle merveilleuse façon pour un gouvernement de réduire son déficit.Mais le problème, madame la ministre, ce n’est pas qu’il est actuellement possible de traîner gratuitement au cégep — mieux vaut traîner là qu’ailleurs — mais qu’il est possible d’obtenir son diplôme de cégep après non pas un ou deux échecs, mais quatre ou même cinq.Et le problème devient scandale lorsqu’on met de l’avant une réforme qui va permettre aux cancres fortunés de perpétuer cette tradition.L’Histoire retiendra qu’en 1()93, au Québec, un ministère de l’Éducation aura appris à rentabiliser l’échec et la médiocrité scolaire.Correction Une erreur de transcription s’est glissée dans la chronique d’Ariane Émond publiée le mercredi 7 avril dernier.Il aurait fallu lire, au sujet de Pierre Bourque: «Mais, dit-il dans une entrevue pour Second Regard (diffusée la saison prochaine) - et non la semaine prochaine! -, je ne me laisse pas abattre facilement.» A PROPOS -?- .des études en 1964 Pourquoi a-t-on aimé le collège classique?— La raison fondamentale pour laquelle la très vaste majorité accorde une grande valeur à la formation classique, c’est la culture générale.Nombreux sont ceux qui ont voulu définir ce qu’ils entendaient par culture générale et, par là, ils ont pu préciser leur notion de l’homme formé ou cultivé.Ainsi l’on dira qu’au cours classique ce n’est pas tellement la matière qui compte que la manière d’envisager les études.Un autre insistera sur l’ouverture globale de l’esprit, curieux de tout comprendre en une synthèse qui porte sur toutes les formes de la matière, toutes les facettes de l’homme et sur la clé de voûte de l’intelligence du monde qu’est Dieu.On parlera aussi de la tournure d’esprit, de la façon de voir les choses, d’un art de penser.Puis les formules varieront sur cette donnée fonda- mentale: «On ne nous enseigne pas comment faire de l’argent, mais on nous donne un art de vivre qui vaut toutes les fortunes.» — «Le plus important c’est la possibilité de faire face aux problèmes et de pouvoir les résoudre par une méthode de travail.» — «Par tout ce qu’il aborde, le cours classique procure une vraie culture générale: il ouvre sur le monde et ses problèmes.» — «Sans être simplement et purement des érudits, nous sommes en mesure de comprendre l’ensemble des problèmes et sujets qui touchent à l’homme et à la vie.» — «La culture générale m’a donné l’ouverture d’esprit et le fond de connaissances nécessaires pour jouir de tout ce que la vie peut nous apporter de valable, pour vivre vraiment au sens plein du mot, c’est-à-dire de tout goûter et de tout apprécier à sa véritable valeur.» Tiré de Collège et Famille, avril-juin 1964.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISS0NNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAIIX Directeur delegué à l'administration ANDRÉ LECLERC Directeur de l'information BENOÎT AUBIN Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, R0CII COTÉ Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇON Directeur des publications spéciales GUY DE S HAIES FAIS CE QUE DOIS - • 4 mm Sur les chapeaux de roues Plaidoyer en faveur du port obligatoire du casque à vélo PHOTO NORMAND BLOUIN N’attendons pas plus longtemps pour offrir à nos enfants ce cadeau de vie.JEAN-FRANÇOIS JULIEN M.D.Clinique de médecine du sport PEPS, Université Laval 1 va y avoir bientôt un Ian que Sébastien est décédé.Il étrennait ce jour-là sa nouvelle bicyclette.Il en était fier, il brûlait de la montrer à tous ses amis en cette belle journée de printemps.Il prit la route de l’école l’esprit occupé par le maniement complexe de cette monture à 10 vitesses.Obnubilé par la joie prochaine que lui procurerait l’envie de ses camarades, il ne remarqua pas que depuis quelques instants déjà, il roulait au milieu de la chaussée.Lorsque l’automobiliste le vit, il était trop tard.Le choc ne fut pas très violent, l’automobile roulait lentement.Pourtant, l’epfant gisait là, inconscient.A l’hôpital, le neuro-chirurgien trop habitué à fréquenter le drame résuma en quelques mots la cause du décès: traumatisme crânien et hématome sous-dural.C’était une belle journée de printemps, Sébastien venait d’avoir 12 ans.Chaque année, au Québec, une quarantaine de cyclistes se retrouvent au registre statistique de la Société de l’assurance automobile dans la colonne des décès: 42 en 1990, 38 en 1991 et 25 en 1992; 178 au total depuis les cinq dernières années, dont 92 étaient âgés de moins de 15 ans.Cela sans compter les 1797 blessés graves et les 17 351 blessés légers.La bicyclette n’est certes pas un jouet anodin.Vélo-Québec a estimé qu’en 1987,20 000 accidents ont impliqué une bicyclette sur les, routes du Québec.A l’heure où on se penche sur le transport scolaire qui a fait 22 victimes depuis six ans, ne serait-il pas juste d’accorder une importance prioritaire au dossier de la bicyclette qui, elle, a causé 216 décès dans la même période de temps?La bicyclette est certes moins visible qu’un autobus scolaire mais beaucoup plus meurtrière! Nous pourrions freiner cette triste héca- II semble que la protection des parties sexuelles soit plus fortement ancrée dans les moeurs sportives québécoises que celle du contenu de la boîte crânienne.tombe par l’usage d’un équipement simple mais efficace: le casque protecteur.Dans une étude cas-contrôle publiée en 1989 dans le New England Journal of Medicine, Thompson a estimé, en analysant 235 cas de traumatismes crâniens survenus à bicyclette, que le port du casque protecteur pouvait diminuer de 85 % le risque de blessures à la tête et de 88 % le risque de blessures au cerveau.Peu de temps après, en 1990, dans Y American Journal of Public Health, Thompson a précisé que le casque pouvait aussi réduire le risque de blessures à la moitié supérieure du visage.Peu de popularité chez les jeunes Une autre étude, celle-là réalisée à Oxford en Angleterre, comparait les blessures d’un groupe de motocyclistes à celles de cyclistes.Une différence entre les pourcentages de blessures à la tête (15,0 % chez les motocyclistes et 33,0 % chez les cyclistes), pouvait s’expliquer par le port obligatoire du casque chez les premiers et son absence sur la tête des seconds (0,7 % en portaient un au moment de l’accident).Bien que certains mettent en doute les résultats ou du moins l’implication de ces études, il semble logique de croire que le port du casque protecteur diminue de façon substantielle les risques de blessures.Pourtant, au Québec, bien peu de cyclistes portent le casque.Une enquête réalisée par le Département de santé communautaire de l’hôpital Charles-Lemoyne a montré que seulement 2,6 % à 9,4 % des enfants portaient le casque, alors qu’il serait à souhaiter que nos enfants erpboitent le pas.A Ottawa, l’usage du casque a fait un bond formidable entre 1988 et 1991 pour passer de 0,8 % à 25,0 % chez les étudiants de niveau élémentaire et de 1,9 % à 17,0 % chez ceux du secondaire.Les adultes pour leur part semblent se préoccuper beaucoup plus de cet aspect sécuritaire puisqu’on note chez eux un taux d’utilisation frôlant les 50,0%.Les garçons de 9 à 12 ans sont le groupe le plus à risque, mais aussi celui qui fait le moins usage de cette coiffe protectrice.Plusieurs solutions ont été mises de l’avant afin d’enrayer ce fléau.Depuis quelques années, de nombreuses pistés cyclables de même que des voies réservées aux cyclistes ont été inaugurées au PHOTO NORMAND BI.OU1N Le casque protecteur diminue de façon substantielle les risques de blessures.Québec.Des programmes de sensibilisation à la sécurité routière ont aussi été offerts, mais leur impact réel reste encore à démontrer.Serait-il souhaitable d’instaurer un permis de conduire pour cyclistes avec test d’aptitude?Loi ou liberté?La question reste ouverte, mais rien ne vient appuyer l’efficacité d’une telle mesure dans la lutte aux accidents.L’Association médicale canadienne, de concert avec Sandoz Canada, une compagnie pharmaceutique, a parrainé un projet pour la promotion, la vente et la distribution à prix abordable de casques protecteurs.Cette campagne a été un succès puisque en 1991, 46 000 unités ont trouvé preneurs au Canada dont 5000 au Québec.Ce sont toutes de louables tentatives mais il semble que la protection des parties sexuelles soit plus fortement ancrée dans les moeurs sportives québécoises que celle du contenu de la boîte crânienne.Se rappelant le débat houleux entourant le port obligatoire de la ceinture de sécurité, certains se protégeront derrière le bouclier de la «liberté individuelle».Mais «liberté signifie aussi responsabilité».Je propose donc à nos gouvernements de légiférer en cette matière et de considérer comme obligatoire sur la voie publique, le port du casque protecteur pour tout cycliste âgé de moins de 16 ans.Le casque n’est Utile que sur la tête du cycliste, n’attendons pas plus longtemps pour offrir à nos enfants ce cadeau de vie.La réforme du général Au collégial, la formation générale est trop étroite et disparate pour jouer vraiment son rôle GAËTAN BOUCHER Directeur général Fédération des cégeps =====jl il des points les plus importants de la Uréfonne de l’enseignement collégial est le renouvellement de la formation générale commune.Les étudiants arrivent à l’université ou sur le marché ________ du travail avec des lacunes importantes, qu’ils ont de plus en plus de mal à porter faiblesse de la langue écrite et parlée, de l’esprit d’analyse et de synthèse, du sens critique, etc.Cela montre d’une certaine façon, et même si le collégial n’est pas l’unique responsable de ces faiblesses, que l’école n’a lias bien rempli son rôle, un rôle pourtant important, vital: outiller les individus, leur donner le bagage nécessaire pour pouvoir progresser, apprendre toujours plus, s’intégrer dais une société de plus en plus complexe.Cela explique pourquoi la Fédération des cégeps insiste tant sur la réforme de la formation générale.Bien sûr, tous les cours doivent contribuer à développer ces outils intellectuels de base: chaque professeur, qu’il enseigne la littérature ou la chimie, doit être exigeant sur l’organisation de la pensée, la clarté des idées, la qualité de la langue, etc.Mais la formation générale, ce «bloc» commun à tous les étudiants de cégep, a cela pour principale vocation: «former les esprits», leur apprendre à penser et à réfléchir, élargir leur champ de vision, leur compréhension et leur connaissance du monde, afin que chacun, chacune, puisse poser sur son environnement, sur soi-même, un regard éclairé.Afin que chacun, chacune, arrive à se situer historiquement, socialement, géographiquement Pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient, on a besoin dé points de repère.Non plus seulement par rapport à sa propre société, mais par rapport au monde entier puisque les frontières, malgré les guerres qu’elles provoquent encore, n’existent plus vraiment.Un individu qui comprend le monde a l’impression de pouvoir agir sur lui, ne serait-ce que modestement.Cela donne un sens à son existence et à tous ses engagements — y compris sur le plan professionnel.Cela fait de lui un être autonome et créatif.La formation générale donnée au collégial est trop étroite et trop disparate pour jouer vraiment son rôle.Disparate par- La vocation première de l’école, qui ne peut pas tout assumer et qui doit se concentrer sur l’essentiel, est de former les cerveaux.ce qu’il n’y a, au sein d’une même discipline, pas assez de standards et d’objectifs communs, parce que d’un collège à l’autre et même parfois d’un cours à l’autre dans un même établissement, les contenus et les méthodes varient encore trop, et que les élèves en sortent avec des connaissances et des habiletés très différentes, çn nombre et en qualité.Etroite parce qu’elle est limitée à trois disciplines, qui ne permettent une ouverture suffisante ni sur le passé, ni sur le monde.Il faut donc, paradoxalement, la resserrer et l’élargir.Resserrer les exigences, les objectifs, les standards, pour qu’il y ait uniformité et cohérence d’un collège à l’autre, d’un cours à l’autre.Élargir les contenus pour donner accès à ce vaste fond culturel dont personne ne peut se passer.Compte tenu de ce qui précède, la Fédération des cégeps propose que la formation générale soit repensée et divisée en deux blocs: le premier, obligatoire, comprendra des cours de français, de littérature, de langue seconde, mais aussi l’étude des grandes œuvres de l’humanité dans une perspective historique et le développement de la pensée.Les objectifs, les compétences à développer, les standards à atteindre, les cours à suivre dans ce bloc, qui sera aussi le plus important puisqu’il représentera les deux tiers de la formation générale, seront fixés par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science afin que tous les étudiants, quel que soit leur collège, acquièrent un bagage et des connaissances très semblables.Le second bloc devra permettre aux étudiants de mieux comprendre les enjeux et les réalités socio-économiques, les valeurs morales et éthiques, d’avoir une meilleure culture scientifique et technologique, de mieux connaître les arts, de maîtriser éventuellement une troisième langue, ou encore de faire des apprentissages reliés à la santé et à l’éducation physique.Les thèmes de ce second bloc sont fixés d’avance, mais chaque collège aura la possibilité d’en privilégier certains, et même de laisser le choix à ses étudiants, et d’en adapter le contenu selon ses différents programmes d’études.Chaque établissement possède en effet un projet éducatif distinct, conforme aux caractéristiques de son milieu, à sa tradition, aux orientations pédagogiques qu’il veut privilégier, et cela doit pouvoir se refléter dans la formation.Pourquoi ces domaines-là et pas d’autres?PHOTO ARCHIVES Gaëtan Boucher: «Moderniser la formation générale est une priorité.» Pourquoi cette approche «thématique»?Revenons au premier bloc, le bloc obligatoire.L’enseignement de la langue maternelle et l’enseignement de la littérature y occupent une place de choix, pour des raisons évidentes: véhicule de la pensée, instrument de communication, la langue maternelle est un outil dont la maîtrise — la maîtrise, et non pas seulement la connaissance de base — est essentielle.Or, c’est dans la littérature que la langue trouve son expression la plus achevée, la plus parfaite: la littérature, mémoire collective de l’humanité, miroir universel de la condition humaine où chacun, chacune, trouve écho aux questions fondamentales, existentielles, qu’il porte en lui.Langue et littérature vont de pair parce qu’elles s’enrichissent mutuellement et parce qu’elles sont le fondement de toute compréhension du monde.Qui peut douter, aussi, de la nécessité de maîtriser l’anglais pour se mouvoir avec facilité dans un contexte international?Même les universités québécoises commencent à en faire une exigence.Les anglophones veulent quant à eux parler le français pour pouvoir vivre et travailler en français au Québec.Perspective historique?Mais qu’est-ce que la «perspective historique» et le «développement de la pensée»?Pourquoi n’avoir pas défini avec précision les disciplines qui entreront dans ces champs?Et que devient la philosophie, dont la place est si importante dans la formation générale actuelle?Il n’est pas raisonnable de croire qu’on pourrait se passer d’une discipline aussi fondamentale, pour la formation de la pensée, que la philosophie.Ni que l’on peut étudier «les grandes œuvres de l’humanité» sans passer obligatoirement par là.Cela va de soi : les contenus, les méthodes, les approches de cette discipline devront être revus et adaptés pour permettre l’élargissement de la formation générale.Mais la philosophie, domaine d’investigation par excellence de l’esprit humain, occupera une large place dans le bloc de formation commune.Quant à l’éducation physique, elle favorise la santé, le bien-être physique et psychologique, ce qui ne peut avoir que des effets bénéfiques pour la réussite des études.Il est important de la valoriser, d’inciter les jeunes et les adultes à en faire.Mais la vocation première de l’école, qui ne peut pas tout assumer, qui doit se concentrer sur l’essentiel, est de former les cerveaux: c’est ce qu’elle sait le mieux faire, et c’est à ce rôle qu’elle doit se consacrer.Il faut bien admettre que l’éducation physique n’a pas, pour la formation des étudiants et pour leur avenir professionnel, la même importance fondamentale que l’étude de la philosophie, de la langue maternelle ou d’une langue seconde.Les élèves arrivent au cégep après onze ans d’éducation physique obligatoire.Ceux qui désirent continuer ont accès à une multitude d’installations sportives dans les établissements d’enseignement, dans les municipalités, etc.Pour toutes ces raisons, nous avons placé l’éducation physique dans le second bloc, celui que les collèges auront le choix d’aménager selon leurs orientations propres.Gageons qu’elle n’y perdra pas trop: il y a une forte tradition sportive dans le réseau collégial, nombreux sont les collèges qui offrent un programme sports-études.L’éducation physique ne disparaîtra pas de nos programmes.Elle y occupera simplement une place un peu différente.Au centuple Les autres thèmes contenus dans le deuxième bloc illustrent bien cette volonté d’élargir, sans l’éparpiller, la formation générale.Peut-on se passer, de nos jours, d’un minimum de culture scientifique et technologique?Peut-on s’abstenir, parallèlement, devant les formidables progrès techniques, de se questionner sur les fins et les moyens des sociétés modernes, sur leurs valeurs?Aucun domaine n’y échappe, les problèmes d’éthique — des problèmes très philosophiques.— se posent partout Par ailleurs, l’internationalisation des échanges, phénomène irréversible, entraîne des va-et-vient constants d’un pays à l’autre, une confrontation des valeurs, des croyances.Tout cela appelle une compréhension des enjeux et des réalités socio-économiques des uns et des autres, et aussi la pratique d’autres langues étrangères.Le collégial a pour mission de donner à ses étudiants les outils et les connaissances fondamentales dont ils se serviront, leur vie durant, pour progresser, pour s’adapter, pour se construire.Au primaire et au secondaire, on balise le terrain, on creuse les fondations.Au collégial, on dessine la maison, on installe la charpente, on monte les murs, afin que tout ce qui s’y posera par la suite soit stable, bien intégré.C’est là une étape capitale, qu’on ne pe.ut pas se permettre de rater.Les lacunes étant évidentes, il serait inacceptable, absolument incompréhensible, alors qu’on réforme le collégial, de ne pas s’attacher en priorité à moderniser la formation générale, à la faire forte et rigoureuse.Les jeunes qui entrent au cégep aujourd’hui, et qui seront demain aux commandes de la société québécoise, nous le rendront au centuple.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes : à l’information générale et métropolitaine : Claude Beauregard, Sylvain Blanchard, Haul Cauchon, Pierre Cayouette, Jean Chartier, Jean Dion, Louis-Gilles Francoeur, Louis-Guy L’Heureux, Caroline Montpetit, Bernard Morrier, Isabelle Paré, Diane Précourt.Laurent Soumis, Guy Taillefer, Danny Vear; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes)', à l'information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon, Roland-Yves Carignan, Paule des Rivières, Marie I-aurier, Robert Lévesque, Odile Tremblay (Livres)', à l'information économique : Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutrisac, Catherine Leconte, Jean-Pierre Legault, Serge Truffaut, Claude Turcotte; À l’information internationale: François Brousseau (éditorialiste et responsable), Antoine Char, Jocelyn Coulon, Claude Lévesque, Sylviane Tramier, Clément Trudel; à l'information politique : Josée Boileau, Pierre O’Neill, Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec), Chantal Hébert (correspondante parlementaire à Ottawa) ; Serge Chapleau (caricaturiste); h l’information sportive : Yves d'Avignon; Suzanne Marchand (adjointe à la direction), Marie-Josée Hudon, Jean Sébastien (commis), Danielle Cantara, Christiane Vaillant (clavistes), Marie-Hélène Ala-rie (secrétaire à la rédaction), Isabelle Baril (secrétaire à la direction).LA DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur)', Manon Scott, Sylvie Scott, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ Lucie Pinsonneaulf (directrice), Jacqueline Avril, Brigitte Cloutier, Francine Gingras, Johanne Guibeau, Lucie Lacroix, Christiane Legault, Li-seMajor (publicitaires); Marie-France Turgeon, Micheline Turgeon (maquettistes); Gloria Taillon (secrétaire).L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (coordinatrice des services comptables); Florine Cormier, Céline Furoy, Jean-Guy Lacas, Marie-France Légaré, Raymond Matte, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross, Linda Thériault (adjointe à l'administration), Raymonde Guay (responsable du financement privé).LE MARKETING ET SERVICE À LA CLIENTÈLE Christianne Benjamin (directrice), Monique Corbeil (adjointe), Nathalie Thabet (responsable du marché institutionnel), Monique L'Heureux, Lise Lachapelle, Olivier Zuida, Rachelle Leclerc-Venne, Jean-Marc Ste-Marie (superviseur aux promotions des abonnements).Louise Paquette.LA PRODUCTION Robert McDougall (directeur des systèmes informatiques et de la production), Johanne Brunet, Lynda Di Cesare, Richard DesCormiers, Michael Schneider, Louis Simoncau.LES ANNONCES CLASSÉES ET LES AVIS PUBLICS Yves Williams (superviseur), Manon Blanchette, Serge César, Dominique Charbonnier, Marlène Côté, Pierre Cotton, Josée La-pointe, Sylvie Laporte, Francine Morvan, Pierrette Rousseau, Micheline Ruelland, Désirée Szucsany, Marc Vigneault. A 12 !¦ 1- 1) !'¦ V I I'» • !¦ I'- S S ,\ M K I) I I 0 K T |) | M A N C H E 11 A V R I L 1 !) 9 :$ -* LE DEVOIR «-—- ACTUALITÉS BLOC Les rumeurs s’amplifient SUITE DE LA PAGE 1 ment la ville de Montréal-Nord.Une implication aussi visible des syndicats inquiète des militants du Bloc.Surtout après l’expérience vécue dans le comté de Mercier, où la candidate préférée de la direction du BQ, Francine Lalonde, l’a emporté en raison d’un appui massif de délégués venus de l’extérieur du comté.M.Nunez, Chilien d’origine, travaille depuis près de 20 ans à la FTQ.On dit de lui qu'il a la faveur du bureau de Lucien Bouchard.On dit surtout qu’il est fortement appuyé par la FTQ-Construction et que celle-ci ne ménage rien pour faire passer «ses» candidats.La rumeur veut même qu’une cinquantaine de ses membres fassent présentement le tour des conventions pour voter et qu’ils étaient là dimanche dernier dans Mqrcier.A la FTQ, on nie avec force pareil ragot.Mais on admet que certains membres de ce syndicat peuvent être présents à la demande de candidats îors d’assemblées chaudes, comme dans Mercier, «pour assurer l’ordre en cas de grabuge».Mais aucun de ces syndiqués ne vote, assure-t-on.Le Bloc québécois est pour sa part peu en mesure de s’en assurer puisqu’il ne vérifie pas si certains de ses 58 000 membres actuels sont inscrits dans plusieurs comtés en même temps.«On vérifierait si on recevait des plaintes, dit le directeur général du Bloc, Bob Dufour.Mais on n’en a jamais reçu.Et la vérification systématique, on n’a pas le temps de faire ça.» Les rumeurs, pendant ce temps, s’amplifient.Et dans Bourassa, les chiffres de recrutement divulgués à la fin mars par l’exécutif du Bloc du comté indiquent que sur 283 membres recrutés par M.Nunez, seulement 30 proviennent du comté.La méfiance s’est aussi accrue quand la proposition de l’exécutif du comté de tenir l’assemblée d’investiture un soir de semaine a été rejetée par la direction nationale du Bloc.«Ils nous ont dit qu’ils voulaient que ça ait lieu un dimanche pour donner des chances aux membres de l’extérieur du comté qui viennent voter», affirme Albert Gravel, actuel président de l’exécutif du Bloc dans le comté, mais qui démissionnera sous peu car il est lui aussi aspirant-canadidat.M.Gravel, résidant du comté et qui y milite depuis 30 ans, ajoute: «Montréal-Nord c’est un village et les gens se sentent agressés par tout ce monde qui vient de l’extérieur.Alors c’est la guer- re, mais dans le comté, on est solidaires».Osvaldo Nunez ne veut pas, pour sa part, divulguer tout de suite les résultats de son recrutement.Mais il soutient que ses efforts sont concentrés sur le comté.«J’ai des appuis partout, dit-il.Beaucoup de gens veulent faire une place à un syndicaliste et à quelqu’un issu des communautés culturelles.Dans Bourassa, on trouve quand même 30% d’allo-phones.» Il reconnaît que le soutien de la FTQ l’avantage: «Sans l’appui de la FTQ, je ne me serais pas présenté.Il y a tellement de gens qui veulent devenir candidat».Et la FTQ travaille fort pour l’aider.Des gens des Travailleurs unis de l’automobile, du Syndicat canadien de la fonction publique, dont le Syndicat des cols bleus de la Ville de Montréal, de la FTQ-Construction, qui ont systématiquement relevé le nom de leurs membres qui résident dans le comté et qui leur ont demandé de s’inscrire au Bloc.La réponse a été très bonne.La centrale donne aussi à M.Nunez l’occasion de se faire voir, comme lors d’un récent colloque oii il avait son propre kiosque.Le comité organisateur d’Osvaldo Nunez comprend aussi, de façon plus élargie, des membres de la CSN et de la CEQ.Mais pas question de «pa-queter» des assemblées, dit-on.On joue plutôt la solidarité syndicale selon les règles et dans le comté, fait un porte-parole de la FTQ.Et si traditionnellement les appuis de la FTQ, au fédéral, allaient au NPD, il est assuré que lors de la prochaine campagne électorale, c’est le Bloc québécois qui recevra l’aval de la centrale.Contrairement à la FTQ, la CSN n’a jamais pris position ou milité, au cours de son histoire, pour un parti politique.Mais un certain courant, mené par Pierre Paquette, n’a pas renoncé à obtenir une adhésion officielle au Bloc, fort du fait que depuis 1990, la centrale a ouvertement opté pour la souveraineté et que son président, Gérald Larose, s’est impliqué à ce chapitre tant à la commission Bélanger-Campeau que pendant la dernière campagne référendaire.Pour le moment, les cinq candidats venant directement de la CSN qui se sont présentés au Bloc québécois le font sur une base individuelle.L’un de ces aspirants a été battu dans Saint-Maurice, un autre, Claude Bachand, a été élu candidat dans le comté de Saint-Jean.Les trois autres sont en attente de leur convention, en Estrie, au Lac Saint-Jean et en Abitibi.Dans ce dernier cas, c’est même le président du Conseil central de la région, Serge Lefebvre, qui se présente.S’il n’y a pas de mot d’ordre de la centrale pour les appuyer, des membres de la direction les ont quand même au préalable rencontrés pour connaître leurs préoccupations.Et chacun traîne avec soi des réseaux qui renforcent les liens du Bloc avec le monde syndical, comme on en voyait aux premiers temps du Parti québécois, avant que celui-ci ne prenne le pouvoir.L’élection du député Gilles Duceppe, dans le comté montréalais de Laurier-Sainte-Marie à l’été 90, a marqué le début de cette association entre des militants de la CSN et le Bloc.Lui-même issu de la centrale et appuyé par celle-ci (comme candidat «indépendant» car, à l’époque, le Bloc québécois n’existait pas officiellement), Gilles Duceppe avait attiré dans son sillage plusieurs militants d’importance, comme Pierre-Paul Roy, actuel directeur de cabinet de Lucien Bouchard et ancien permanent de la Fédération des affaires sociales de la CSN.En mai 91, Pierre Paquette avait soumis à la CSN une proposition pour que celle-ci appuie «les candidats progressistes au sein du Bloc québécois».La proposition avait été amendée dans les termes suivants: la CSN appuierait dorénavant les «candidats progressistes et indépendantistes».Et où sont ceux-ci en 1993?Au Bloc québécois! «Il n’y a rien d’orchestré, explique Pierre Paquette, mais ça correspond à la volonté du Conseil confédéral.Il y a des gens qui ont répondu à l’appel de mai 91 et on s’en félicite.» Le phénomène est quand même limité, insiste-t-il, et il n’y a pas de grande machination syndicale à l’oeuvre.«La réponse est plus simple que tous les grands complots, dit Gilles Duceppe.Au fil des ans, tu te constitues des réseaux.Les miens venaient du monde municipal, communautaire et syndical.Quand je suis allé au Bloc, je n’étais pas une figure nationale, alors j’ai appellé mon monde.Et ces gens-là ont décidé sur une base individuelle de venir avec moi».Les organisations syndicales ne sont pas au service du Bloc, le Bloc n’est pas inféodé aux syndicats, répète-t-on de tous côtés.Mais la connivence est certaine et prend de multiples formes.«Si les gens indépendantistes et progressistes ne s’en mêlent pas, conclut Pierre Paquette, après ils n’auront qu’à s’en mordre les pouces.» EXPOS Une masse salariale très basse exyus SUITE DE LA PAGE 1 dans cette affaire.Parmi les nouveaux propriétaires, on retrouve la Fédération des caisses populaires Desjardins de Montréal et de l’Ouest du Québec (7 millions$) et le Fonds de solidarité des travailleurs du Québec (7 mil-lions$).Entreprise Bell Canada (5 millions$), Burns Fry (1 million$), Canadien Pacifique(5 millions$), Provigo (5 millions$), Télémédia (5 millions$), McLelland and Stewart Sport (5 millions$), Freemarks Investment (2 millions$) et V.S.Services (2 millions$) complétaient la liste des propriétaires.Paul Roberge, des Boutiques San Francisco, s’est ultérieurement ajouté à la liste, en achetant 13,3 % de la participation de la Ville de Montréal.Malgré les déboires de 1991, la direction des Expos ne s’est jamais découragée.«Nous nous sommes efforcés de garder, quoi qu’il advienne, une encaisse positive, dit Claude Brochu.Et nous savions que l'intérêt des Montréalais pour notre sport n’avait pas diminué, puisque nos cotes d’écoute étaient bonnes à la radio et à la télévision.Il s’agissait de transformer les partisans en clients du stade».Dès 1992, le plan de relance des Expos a donc porté fruit.Quelque 1,750 million de spectateurs sont venus au stade, soit près de 800 000 de plus que l’année précédente.Le seuil de rentabilité, 1,4 million, a nettement été franchi.Les Expos ont enregistré en 1992 un bénéfice d’exploitation de 4 à 5 millions$.Les actionnaires n’en retirent rien pour l’instant.Mais ils ne regrettent pas pour autant leur geste.«Au contraire, nous sommes extrêmement fiers de participer à la relance des Expos», dit Jean-Pierre Beaudry, porte-parole de la Fédération des caisses populaires Desjardins.Les profits sont réinvestis afin de consolider les finances de l’équipe.«Disons qu’on commence à sortir du bois, estime Claude Brochu.Mais nous continuerons quand même de privilégier un style de gestion serré.Tant et aussi longtemps que nous n’aurons pas atteint le cap des deux millions de spectateurs, je vais toujours considérer que nous sommes dans une condition de survie».PHOTO ARCHIVES Ix> président des Expos, Claude Brochu, à gauche, en compagnie de Charles Bronfman, ancien propriétaire de l’équipe.la revente des Expos a été une opération fructueuse pour la survie du hasehall à Montréal.la moyenne des assistances, pour l'ensemble du baseball professionnel, s’élève à 2,1 millions de spectateurs.Les Blue Jays de Toronto, gagnants de la Série mondiale, dépassent allègrement le cap des 4 millions de spectateurs.Le secret des Expos, c’est de garder une masse salariale très basse.L’an dernier, elle était de 18 mil-lions$.Cette année, elle variera autour de 16 millionsS, en partie grâce Économisez jusqu'à 15$ par année Placez une couverture isolante sur votre chauffe-eau.tCOKILO 333-KILO aux départs de deux joueurs vétérans, Ivan Calderon et Tim Wallach.Tous deux coûtaient par saison 3 millions$ aux Expos.Le club montréalais refuse systématiquement d’embaucher des superstars établies et de leur verser des salaires faramineux.Barry Bonds des Giants de San Francisco - il recevra 7 mil-lions$ cette année - ne jouera jamais avec les Expos.La direction préfère développer des jeunes.Et ça fonctionne.Ce mouvement de jeunesse se répercute même chez les partisans.Plus de 65% des spectateurs ont moins de 45 ans, révèle une étude interne.Avec ses 200 athlètes (joueurs des Expos et joueurs des équipes des fi- Donnez l'espoir qui fait vivre.La Fondation canadienne DU REIN Haies), ses 80 instructeurs et dépis-teurs, ses 80 employés administratifs et ses 1000 employés affectés aux parties, les Expos constituent toujours une singulière et fragile entreprise, malgré un budget de quelque 50 millions$.Tout l’édifice repose toujours, en grande partie, sur la performance de l’équipe ou sur d’autres variables imprévisibles.L’an dernier, l’embauche du gérant Felipe Alou, adulé par la presse et le public, a déclenché une véritable fièvre du baseball à Montréal.Qui aurait pu le prévoir?La question des contrats de télévision constitue également une menace pour les Expos.L’équipe montréalaise, comme toutes les autres, reçoit chaque année 14 millions$US en redevances d’un «fonds central» auquel contribuent notamment CBS et ESPN.Or ce contrat ne sera vraisemblablement pas renouvelé au terme de la saison 1993.Du moins, pas dans les mêmes termes.Les réseaux pourraient se retirer.«L’an prochain, tous les clubs devront essuyer une baisse de revenus de 6 millions$US.Il faudra faire d’autres compressions budgétaires», dit Claude Brochu.La plus grande, l’ultime frustration des Expos, demeure l’impossibilité de pénétrer le marché national canadien.Tout va aux Blue Jays.Les réseaux nationaux CTV et TSN diffuseront cettp saison 135 parties à travers le pays.A peine 35 matchs des Expos seront diffusés: 25 par TSN et dix par CTV.«Les Blue Jays reçoivent 200 000$ par partie.Nous, on est chanceux d’avoir 25 000$.Qu’est-ce qu’on peut faire contre ça?Rien», se plaint Claude Brochu.Tous les réseaux nationaux sont à Toronto et là, ce sont les Blue Jays qui dominent.Le problème, c’est que 80% de toute la publicité nationale se décide à Toronto.Montréal souffre du phénomène «out of sight, out of mind».J’espère que, si nous connaissons une bonne année, le consommateur canadien demandera de voir les Expos».Les pratiques salariales en vigueur dans la ligue inquiètent également les actionnaires des Expos.La stratégie de l’équipe montréalaise de miser sur les jeunes ne pourra pas fonctionner à long terme.Claude Brochu le sait.Le système des agents libres et des salaires astronomiques ont anéanti les Pirates de Pittsburgh.D’ici deux ans, ce pourrait être au tour des Expos de perdre les DeShields, Walker, Grissom et Wetteland, des jeunes appelés à devenir des vedettes.«Il faut de toute urgence que la ligue se dote d’un système de partage des revenus et d’un système de cap salarial.Pour nous, ce sera la seule façon de garder nos joueurs.Le système actuel est injuste», dit Claude Brochu.Entre-temps, l’optimisme règne.Et c’est dans ce climat que les Expos entreprendront leur 25e saison locale au Stade olympique, mardi prochain.l’HOTO PRESSE CANADIENNE M.Bourassa lors de sa rencontre de jeudi avec les journalistes de la tribune parlementaire.LOI 178 Prudence SUITE DE LA PAGE 1 essentiels aux yeux de la communauté internationale».Le premier ministre Robert Bourassa a accueilli la nouvelle avec prudence: «L’institution est crédible, a-t-il dit lors d’un point de presse jeudi.Est-ce que le contenu du jugement va tenir compte de la réalité québécoise?» Il admet qu’une pareille décision est un élément qui peut être considéré dans le débat en cours sur l’opportunité de modifier la loi pour permettre l’affichage bilingue.«De là à ce que ce soit l’élément déterminant, dit-il, c’est une autre histoire».M.Bourassa rappelle que le Québec est «l’un des endroits au monde où la liberté d’expression peut le plus facilement se manifester».Selon la Chateauguay Valley English Speaking People Association, un groupement qui a soutenu M.McIntyre dans sa démarche, le comité des Droits de l’homme aurait conclu que le fait de prohiber l’usage de la langue du plaignant sur les affiches de son propre commerce enfreint l’article 19, section 2 du Pacte selon lequel tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression par «quelque moyen que ce soit».L’affaire avait débuté il y a deux ans lorsque l’Office de la langue française avait demandé à M.McIntyre de retirer le panneau annonçant, en an- glais seulement, son salon funéraire.Unilingue anglais, M.McIntyre était : disposé à mettre une affiche biUngue.En apprenant que la loi ne le tolérait ¦ pas davantage, il alla à l’ONU.Jeudi, il s’est dit heureux de la dé- : cision mais a déploré le fait qu’il doi-.ve se tourner vers des organismes i internationaux et se battre contre les gouvernements de son propre pays pour faire valoir ses droits.L’ex-juge en chef de la Cour supérieure du Québec, M.Jules Deschênes, avait prévu en décembre 1991, devant une des commissions constitutionnelles de l’Assemblée nationale, que la loi 178 «puisse être considérée comme une violation 3ë~ nos obligations en vertu du Pacte».M.Deschênes avait expliqué que ce pacte était beaucoup moins tolérant que la Charte canadienne des droits quant à l’utilisation de clauses dites «nonobstant».Il avait prévenu les parlementaires < • que l’on ne devait pas «rejeter du re- ¦ vers de la main» une telle sanction, > donnant l’qxemple de l’affaire Sandra Lovelace.A la suite d’une plainte déposée par cette Indienne, le même comité de l’ONU avait jugé que la loi sur les Indiens était discriminatoire envers les femmes en vertu du même pacte international.Le gouvernement fédéral avait fait amende honorable et s’était senti obligé de modifier la loi.Bourassa SUITE DE LA PAGE 1 presse, jeudi.M.Bourassa avait rencontré ses députés mercredi: la très grande majorité de ceux ayant exprimé un avis se sont dits en faveur d’assouplissements à la loi, avaient constaté tous les participants.Cet assouplissement pourrait aller jusqu’à permettre à tous les commerces, quelle que soit leur taille, d’afficher dans une autre langue, si le français est obligatoire et prédominant.Par contre, une consultation en cours à travers la province au sein de la Commission jeunesse du Parti libéral montre que les jeunes militants y sont beaucoup plus réticents.Jusqu’à présent, «je ne sens pas de façon aussi évidente une ouverture chez les jeunes» que celle observée chez les députés, dit dans un entretien avec LE DEVOIR le nouveau président des Jeunes libéraux M.Claude-Eric Gagné.«Sans parler de fermeture, dit-il, les jeunes ne favorisent pas une libéralisation complète de l’affichage extérieur».»Les gens ont évolué», concède Gagné.Mais «de là à dire libéralisation, il y a une marge».De façon générale, les jeunes considèrent que «c’est important comme peuple qu’on protège le français».Les députés ne sont pas non plus unanimes.Certains prônent le statu quo.Un bon nombre s’ouvrent à des assouplissements mais voudraient que le droit de recourir à une autre langue que le français soit limité à certains commerces pour éviter le bilinguisme intégral.M.Bourassa a fait savoir que les experts du gouvernement examinent justement «comment on peut appliquer de façon concrète» une solution fondée sur la distinction entre des types de commerce.Le premier ministre jongle avec les scénarios, qui seraient au nombre de quatre pour l’heure, incluant des formes de bilinguisme total ou partiel, l’application du juge- ment de la Cour suprême de 1988 ou la reconduction pure et simple de la clause «nonobstant».Mais il peut y en avoir d’autres, dit-il.Ce n’est pas limitatif.M.Bourassa demande également des avis juridiques mais rap-' pelle qu’il peut y avoir autant d’avis que d’experts dans un domaine comme celui-là.p Jusqu’à présent, le débat semblé serein.Mais des menaces commen- • cent à poindre.Le ministre des Transports Sam Elkas a déclaré jeudi soir: «Ma position était claire au dé- • part que je ne pourrais pas rester si la clause «nonobstant» est renouvelée».Les enjeux électoraux n’échappent pas à la discussion: «N’oubliez•• pas que dans un an et demi il y a une campagne électorale», notait jeudi soir le député de Vanier, Jean-Guy t Lemieux.La Commission politique du PLQ devrait avoir rédigé un projet de ré- ¦ solution d’ici une semaine.Cette proposition serait transmise le lendemain aux associations de comté qui auront trois jours pour proposer des amendements.Le président du parti, M.Jean-’ Pierre Roy, a déclaré jeudi: «Il serait très surprenant que le PLQ recommande le statu quo en matière d’affichage.Partout des gens me disent qu’au niveau de l’affichage, on doit tenter de trouver une formule acceptable a la communauté anglophone», t ; M.Bourassa a par ailleurs répété’ qu’il ne prendrait pas de décision sur son avenir politique avant d’avoir obtenu, au début de mai, les résultats de ses traitements contre le cancer.Il a précisé que son état de santé serait un facteur de décision mais «pas le seul».Il considérera aussi «le contexte général, ma famille», dit-il.Il ajoute que pour le moment, sa priorité est «d'affronter les dossiers les plus exigeants de l’heure: l’économie, le front commun et le dossier linguistique».11 paraissait en bonne forme, compte tenu des circonstances, le regard vif et la voix assu- , rée, n’ayant point perdu son humour! ni son sens de la répartie.
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