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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 1993-04-17, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR •>'f Entre les lignes Page D2 Livres jaunis Page D4 Le bloc notes Page D5 Essais québécois Page D6 JL' Jean Boisvert \ ^ A l’écoute de la poésie du vacarme : i MARIE-CLAIRE GIRARD Q Jean Boivert uand il a su qu’il gagnait jeudi dernier au Salon du livre de Québec le prix Octave-Crémazie décerné à un premier recueil de poésie, Jean Boisvert était seul dans son appartement et il s’est mis à crier.11 avait oublié jusqu’à l’existence de ce prix, et il ajoute que de toute façon, le plus beau c’est d’avoir pu publier L’Indéfinissable poé-trique aux Écrits des Forges.Il raconte que ses parents, qui ne s’étaient jamais vraiment intéressé à la poésie, ,se sont découvert un goût soudain pour ce genre littéraire.Peut-être faudrait-il un poète dans chaque famille du Québec pour inciter les gens à comprendre le langage des muses.Comment devient-on poète?Jean Boisvert a éprouvé le choc de sa vie à qpuze ans lorsque ses parents l’ont amené visiter la France, la Grèce et la Turquie.Ix» choc des civilisations et le choc de la différence.Plus tard, a vingt ans, il est allé en Inde travailler avec mère Thérèsa.Là lui est venue la révélation qu’il ne possédait qu’une seule vie et qu’il devait en faire quelque chose, entre autre écrire.Il avoue d’ailleurs un côté mystique, un rapport avec Dieu qui lui pose de constants problèmes, se retrouvant un jour athé, un jour croyant.Avec une fascination pour la magie, le réalisme fantastique et pour Le Seigneur des anneaux.Ce qui n’empêche iras le poète de 25 ans de poursuivre sa maîtrise en littérature à l’Université de Sherbrooke (avec une thèse sur la correspondance de Dostoievsky) et de traveller à l’Hôpital d’Youville de sa ville natale.Il dit avoir eu une enfance très tranquille, (ils unique et préféré porté vers le silence et la contemplation, avide lecteur, un enfant sans problème.Séduit par les aventures d’Arsène Lupin au début du secondaire, il a d’abord écrit de la prose puis de la poésie très romantique.Baudelaire lui a fait faire des rimes et Rimbaud a constitué l’ultime éblouissement avec ses cris prophétiques, ses dénonciations et sa rage.Plus tard c’est Gaston Miron qui bouleversera Jean Boisvert, et plus particulièrement La Marche à l'amour.«Nous avons une poésie incroyablement variée au Québec, dira-t-il.L’ennui, c’est que les gens ne le savent pas.Je regrette l’époque des années soixante et soixante-dix marquée par l’affirmation nationale; la poésie possédait un but à ce moment-là.Depuis la fin des années quatre-vingt, on parle de la poésie du silence.Moi je veux une poésie du vacarme où on gueule, mais avec de la tendresse.Il faut renouveller le genre et trouver sa vérité actuelle.» Il y a deux aspects dans ce recueil publié aux Écrits des Forges: L'indéfinissable poétrique ne se limite pas à une forme, les poèmes explorent en tous sens et prennent des tangentes diverses au gré de l’humeur.11 s’agit d’un univers qui chancelle et où entrent en lutte le mysticisme et la rationalité.«Ce recueil m’a demandé beaucoup de travail, concède Jean Boisvert, un véritable sprint.Et je n’attend pas l’inspiration des muses V",v" \V" ¦V \ y \V"“' LIVRES I.K K v u i i: K S S A M K I) I I Le Robert-Cliche / BALOTTE LES VENTS A t: t I M A X ( A V I! I I.Il !l L a survie du Robert-Cliche, prix événement du Salon du livre de Québec, est menacée.Cette année, il enchante le jury.L’année dernière, l’éditeur avait hésité à le publier.Jadis, il a servi de rampe de lancement, mais son aura a bien pâli.Où s’en va le prix de la relève du roman québécois?STEPHANE B A 1 1.LA K G E O N Survivra, survivra pas?La rumeur a échoué sur les bureaux du journal à la fin de la semaine dernière: «Le Prix Robert-Cliche va se saborder, c’est sa dernière année!» Vérification faite, il faut plutôt parler d’une période de remise en question profonde.Une de plus pour cette récompense qui a connu des hauts et des bas depuis sa création en 1979.«Le prix lui-même doit continuer d’exister, c’est essentiel, dit Denis Lebrun, directeur du Salon du livre de Québec.Il sera sûrement décerné l’an prochain.Ce qu’on questionne, c’est jusqu’à quel point le Salon s’y associera.» la nom du lauréat est dévoilé dès l’ouverture du Salon international du livre de Québec (SLQ).Jeudi dernier on apprenait que le mérite 1993 allait à Jacques Desautels, helléniste de renom, pour Le Quatrième roi mage.Une chose est certaine: c’est la dernière année que le Mouvement des caisses Desjardins commandite la chose.Le directeur négocie avec de nouveaux commanditaires de prestige.L’occasion est belle pour décider de mettre sur pied un nouvpau prix pour la relève, tout en laissant le Robert-Cliche aux Éditions des Quinze, qui en conserveraient légalement la propriété.Rien n’est encore décidé.Le Québec croule sous les prix littéraires.L’animateur français Bernard Pivot s’en était étonné en ondes, lors de l’enregistrement de sa célèbre émission Apostrophe au Salon du livre de Montréal, il y a quelques années.Le Répertoire des prix littéraires établi par Québec en 1991 dresse la liste de plus de 200 récompenses, la plupart régionales: 32 prix pour le roman, 35 pour la poésie, 42 à la nouvelle, le conte ou le récit, 27 prix de littérature jeunesse, huit à la ban- de dessinée, 23 pour l’écriture dramatique, le même nombre à l’essai et 13 autres toutes catégories confondues.Ouf! Une chicane mémorable la dispute entre Jacques lanctôt, éditeur des Quinze et Gabrielle Gourdeau, lauréate 1992, auteure de Maria Chap-delaine ou Is Paradis retrouvé a particulièrement entaché la réputation du prix.leur querelle a défrayé la chronique jusqu’à plus soif: demandes de corrections, refus de publier, accusations de négligence publicitaire, tout y est passé et deux lois plutôt qu’une, encore celte semaine, dans nos pages.les chroniqueurs ont fait échos à leur chicane avec d’autant plus d’empressement que le Prix a de moins en moins bonne presse, et se fait taxer de «populisme».«C’est devenu le prix de la relève du roman populaire», ironise Madeleine Monette, lauréate 1980, qui habite New York.En 1990, des mineurs voulaient déjà que le prix soit abandonne.D“ quotidien Is Soleil qui assumait jusqu’alors la commandite, s’en était retiré au profit du mouvement Desjardins qui abandonne à son tour.le lauréat reçoit une bourse de 2000 $ et un voyage à Paris.les candidats doivent avoir plus de 17 ans, avoir écrit un roman original et inédit d’au moins 200 pages.Bon an mal an, entre 60 et 90 manuscrits entrent en lice.Rampe de lancement, le Cliche?la liste des cinq premiers lauréats est impressionnante: Gaétan Brulotte, Madeleine Monette, Robert Lalonde, Chrysli-ne Brouillet et Louise Ieblanc.'Ious ont poursuivi une carrière d’écrivain et en général, ces «ex» du Cliche sont très satisfaits.Brouillet, lauréate 1982, parle du «tournant de sa carrière».Leblanc, récompensée en 1983 pour 37 1/2 AA a apprécié ce qu’elle nomme «une certaine notoriété instantanée».C’est un peu avec elle et Brouillet que le Cliche a amorcé son virage plus «populaire».Leblanc qui est maintenant intégrée à l’écurie de la courte échelle, ne s’en plaint pas.«Au fond, être lu, c’est la seule chose qui compte», dit celle qui a vendu près de 30 000 exemplaires de son Cliche, maintenant disponible en poche.Un rare sommet: les derniers ouvrages primés ont eu beaucoup moins de succès, ce qui donne une raison de plus (ou de moins?) pour se questionner sur l’avenir de la chose.Chacun a sa raison de s’inscrire.Gérard Gévry, deuxième en 1980 et 1981, à l’époque où il y avait trois lauréats, évoque son respect pour le juge Cliche, «grand défenseur d’une SUITE PAGE 1)2: CLICHE / CRITIQUE EN 1)4: IA DÉESSE Le Québec croule sous les prix littéraires.C e l u i p o u r la relève d u r o m a u v a- t-il d i s paraitre?ILLUSTRATIONS LUCIE LACAVA SERONT EGALEMENT AU SALON 1 •«% : * ,pYV\CV^ SV*'»** ,„vwV^C Ct Judith Thurman (Etats-Unis).' Pour les accueillir, ils trouveront notamment Gilles Archambault, André Brochu, Jacques Foch-Ribas, David Homel, Nairn Kattan, Gaston Miron, Fernand Ouellette, Monique Proulx et Jean Royer.Jeanne, Héloïse, Aliénor et les autres ’.Régine Pernoud, médiéviste respectée, célèbre écrivaine, prononce une conférence intitulée Portraits de femmes au moyen âge, le mardi 20 avril, à 19h30, au pa-ÿillon 3200 Jean-Brillant de l’Université de Montréal.La dame se propose de revigorer notre mémoire historique en évoquant le souvenir de Jeanne D’Arc, Héloïse, Alié-Jior d’Aquitaine, Hildegarde de Bingen (quels beaux noms!) et d’autres femmes encore qui, chacune à sa ma-îiière, symbolise la conscience spirituelle et politique de Son temps.* ' Je cours les concours ' Les joyeux lurons érudits de l’Académie québécoise de «Pataphysique» organise un Concours d’exercice de style.On peut s’attendre à tout de la part d’une entreprise qui vise à «promouvoir dans le monde moderne la science des solutions imaginaires».J Aucun thème n’est donc imposé.En revanche, le jury ne va prendre en considération qu’une seule forme d’expression: l’énoncé paradoxal.Kosséça?Un exemple, pour bien saisir: «Dieu merci, je suis athée».Un autre, toujours dans la veine religiologique (comme on dit à l’IJQAM): «Je ne crois pas à l’astrologie: d’ailleurs, je suis ¦Verseau et les Verseaux ne croient pas à l’astrologie.» Les participants doivent envoyer leurs énoncés originaux et concis (de une à cinq lignes) avant le 30 avril à l’adresse suivante: Concours AQ’P, à l’attention de Paul £umthor (Héliciamène Incandescent), Maison des Écrivains, 3492 rue Laval, Montréal, Qc, H2X 3C8.Le concours est organisé en collaboration avec j’UNEQ et la librairie Gallimard.Le grand gagnant recevra le tome I des Oeuvres de Jacques Prévert dans l’édi-lion de la Pléiade.Il y aura d’autres prix et l’énoncé paradoxal primé sera adopté comme devise de l’Académie durant toute une année.Ateliers de création littéraire Ecrivains en herbes, étudiants en lettres, aspirants critiques, ou quiconque s’intéresse à la littérature et a déjà quelques textes à son actif, peut s’incrire aux Ateliers de création littéraire Fortuna, animés par la romancière niontréalaise Marie-José Thériault.Les ateliers comportent une cinquantaine de travaux pratiques plus ou moins brefs mais toujours exigeants, répartis sur quatre jours.Pour tout renseignement: 787-3278.Rectificatif Dans l’édition du 13 mars, on reprenait un communiqué annonçant que les éditions J’ai Lu venaient de publier pour la première fois un roman québécois, depuis Les Ploujfe et Trente Arpents.Le titre de la chose: Berlin-Bangkok, de Jean Pierre April.Erreur! En décembre 1991, la maison française a publié L’Amour venin de Sophie Schallinger (Polar, no 3148), un ouvrage d’abord paru aux Quinze.Sophie Schallinger est née (1949) et demeure à Montréal.L I V R, E S ENTRE LES LIGNES Nouvelles du Québec Pour dérouler en accéléré le fil d'une culture ANTHOLOGIE DE IA NOUVELLE AU QUÉBEC François Gallays, ed.fides, 1993, 427pages.Faire une anthologie de la nouvelle québécoise, c’est rendre un tribut à un genre injustement dédaigné.Chez nous, il n’y en a eu longtemps que pour le roman aux intrigues multiples et développées.Alors que la nouvelle était traitée comme une sous-catégorie littéraire, un avorton de roman trop écourtiché pour être honnête.C’est à peine si on commence à la reconnaître pour ce quelle est: un récit dépouillé et exigeant sautant sans le filet de la digression dans un cerceau étroit qui condamne l’écrivain à viser juste.Périlleux exercice de haute voltige.Or voici que les éditions Fides viennent de réunir des nouvelles couvrant un demi siècle de production littéraire, de 1936 à 1984.Et c’est l’histoire récente du Québec, de la grande noirceur aux derniers soubresauts de la Révolution tranquille qui renaît à travers les trente textes du recueil, empruntant notamment les voix de Jacques Ferron, d’Anne Hébert, de Gilles Archambault, de Gabrielle Roy, d’André Major.Rien de tel qu’une anthologie pour dérouler en accéléré le fil d’une culture.Puisqu’à travers les oeuvres marquantes d’un pays, on voit se dessiner en creux les étapes de son évolution.Telle est également l’opinion des éditeurs.«Nous avions le souci que ces textes portent les traces de leur époque, en soient en quelque sorte les témoins», explique le préfacier François Gallais en faisant remarquer à quel point la nouvelle, plus encore que soumise aux lois du texte bref, est, comme le roman, l’enfant de son temps et de sa culture.Il y a, comme dans toute anthologie qui se respecte, les trous noirs des grands oubliés (le Alain Grand-bois d’Avant le chaos entre autre qu’on cherche en vain) et quelques récits mineurs montés en épingle — à côté de vraies perles.Le genre est nécessairement disparate.Mais, respectant la chronologie des textes, il invite ici au voyage dans le temps et l’espace.Allons y donc.Au début pendant les années de Crise, se lève dans le brouillard le Qué- o I) T R E M B L A Y ?bec rural conté par Albert üiberge, celui d’un couple de fermiers du rang du Carcan près de Chambly.Un Québec de quêteux, de terres ingrates, suintantes d’ignorance, de misère et de préjugés d’où les enfants s’évadent vers la ville, sur lequel bientôt Jacques Ferron viendra peindre le portrait d’un artiste qui s’abstrait de son monde et présage des jours nouveaux.Puis arrive, comme une plage lumineuse la prose d’Anne Hébert dont Le Torrent déferlant, et désormais classique, n’a pas vieilli.En 1963, à travers Un grand mariage, la dame de lettres évoque avec tant d’intime familiarité la Haute Ville de Québec, si frileuse et menteuse pour les enfants qu’elle a nourris en son sein, «têtue, repliée sur elle-même, armée dans son coeur étroit, depuis la Conquête anglaise.Une société aux rites immuables, aux arbres généalogiques clairs et précis, faciles à dessiner jusque dans leurs moindres familles».On file par la rivière de Madeleine Ferron, un affluent de la Chaudière, bien sûr, avec les bois d’épinettes beaucerons qui ont tant marqué son enfance.Pour aboutir ailleurs, dans un Québec d’exil, la plaine du Sud du Manitoba «si nue qu’on y voit longtemps un seul arbre solitaire, que les moindres choses apparaissant de loin à sa surface prennent une valeur singulière, pathétique», et où Gabrielle Roy, touchante et mélancolique comme d’habitude, emprunte aux côtés de sa mère la route d’Altamont.«Toujours, nous sommes en migration», dira-t-elle.Ce recueil, c’est aussi l’occasion d’entrer chez un Michel Tremblay oublié — et d’ailleurs digne de l’être tant les influences extérieures occultent ici son originalité — celui des Contes pour buveurs attardés, sa première oeuvre écrite en 1966, à caractère fantastique, plus proche des cauchemars d’Edgar Poe que des vociférations des Belles-Soeurs; et qui surtout ne joualise pas comme l’ose ce Jacques Renaud (l’auteur du Cassé, au langage cru qui fit scandale en 1968) dont on suivra les délires déambulatoires sur la Sainte-Catherine.Plus l’anthologie avance, plus elle se fait urbaine et violente.Montréal aspire tout le monde dans une pulsation frénétique.«Tuez-moi s’il vous plaît, mais faites-le sans passion», demande Mimi Verdi.«Je me meurs, je me masque encore, je dévie, je me dévide, je vis détournée», gémit Anne Dandu-rand.Plus elle se fait multiethnique aussi, comme des voix d’origine étrangère se mêlent au concert: celle de Marilu Mallet, celle de Nairn Kattan.Les mots éclatent, partent en tous sens, les écrivains aussi.Ixi cacophonie s’installe.On approche de la fin du siècle et le Québec se cherche un visage.Madeleine Ouellette-Michalska essaie de remonter à sa source.«Mon pays est une légende rocailleuse et glacée qui donne froid aux os», dit-elle.La suite reste à écrire.Dans ce recueil de nouvelles québécoises, on retrouve une Gabrielle Roy touchante et mélancolique comme d’habitude, mais un Michel Tremblay bien différent.) r LA VITRINE DU U V R E NE RIEZ PAS, (A POURRAI! ETRE VOIRE VOISIN! Claude Daigneault Les Éditions Logiques, 219 p.L’auteur, qui a longtemps été journaliste, a collection né de désopilants «bouchons».Le bouchon, c’est ce çe, tit-texte bouche-trou, intemporel et sans danger qu’on Insère à la dernière minute pour combler un vide dans u/vj page.Des faits divers de premières classes, que toufcje monde lit, dont tout le monde parle mais dont personne ne se souvient jamais.Par exemple celle de ce policier de Dearborn, au Michigan, suspendu pendant trois jouis et obligé de passer un examen psychiatrique parce ouït traçait une barre sur le chiffre 7, à la manière européen, ne.Les textes ont été réécrits pour qu’ils s'enchaînent agréablement, dans des sections thématiques fie trafail.l’auto, le sexe.).Un seul regret: qu’aucune illustration n’agrémente le tout.• A « LES PETITS PHYSICIENS S’AMUSENT Jack Challoner fl] Larousse, 47pages k • \ * » • Un autre titre de la collection Mon album d’activités.Dans ce cas, les petits physiciens s’amusent avec des piles, des aimants, des ampoules, du fil électrique.Jls créent des personnages loufoques qui s’animent mystérieusement, un porte-trombones, une chouette, dont les yeux clignotent.Ils peuvent même fabriquer une radio ou de petites voitures électriques! Et tout ça avec deux ou trois bricoles, un tournevis, une pince à dénuder, des ciseaux.L’illustration donne des frissons de bonheur et le texte d’accompagnement fournit les explications d’usage: comment cela c’est passé et, bien sûr, pourquoi?* * V Peinlurt à Vtau Bouchon t &.« • î* Bagurttt» en Aimant en fera eheial ¦ Pâle i modeler colorée Grand» aimants droit» Aimant» rond» Il te faut AlgulUt L’AMÉRIQUE DE CLINTON Nicole Bernheim Lieu Commun, 285 p.L’Amérique est en crise.On le sait.Le nouveau président hérite d’une situation peu brillante.C’est connu.Mais sur quelle musique le saxophoniste-politicien va-t-il faire danser son pays?Quel avenir se prépare, sous nos yeux, de jours en jours, pour la plus grande puissance du monde, peut-être sur son déclin, peut-être en train de se ressaisir?Mi-analyse, mi-reportage, cet ouvrage se veut une introduction à l’Amérique du XXle siècle.Nicole Be-rjieim est une ancienne correspondante du Monde aux États-Unis.Elle s’est fait connaître par un ouvrage sur Reagan, en 1984, dans lequel elle décrivait l’ancien président comme «un provincial inculte, mais malin».S.B.ÏPLAISIR ^LIRE Animatrice: Danièle Bombardier Il est un phénomène étrange dans le monde de la littérature médiatisée : les stars.Les auteurs sacrés stars ne le sont, en général, pas pour leur oeuvre, mais pour l’image qu ’ils projettent et que les médias reprennent presque à Tunisson avec une satisfaction évidente.Mon invité cette semaine Alexandre Jardin promène, depuis la publication à 24 ans du «Zèbre», l’image d’un enfant refusant de quitter les rives du pays doré de l’enfance, qui s’y attarde avec candeur, naïveté et fraîcheur.Célébré par les uns, très souvent éreinté par la critique, Alexandre Jardin persiste et vient de signer à la très sérieuse maison Gallimard un 4e roman «Le petit sauvage» sur le thème du refus de l’âge adulte.Son héros, un monsieur très bien, directeur d’entreprise, décide un beau matin de tout abandonner pour redevenir le petit garçon qu 'il a été: «Le petit sauvage».Alexandre Jardin aujourd'hui âgé de 28 ans, marié, père de famille, célèbre, affirme à la ville, à l'instar de son personnage, qu 'il ne veut pas devenir une grande personne et réclame le droit à l'enfance perpétuelle.Ma deuxième invitée cette semaine Louise Forestier est une femme, une artiste et.une lectrice passionnée.Elle nous parlera de ses lectures préférées.Un éventail qui s'ouvre sur les «Signes de piste» et s'arrête aujourd’hui à sa nouvelle idole littéraire Robertson Davies.PLAISIR DE LIRE Le dimanche à 19 h 30 L’autre télé.L’autre vision.Radio Québec CLICHE Un prix à revoir SUITE DE LA PAGE D-l langue française de qualité.» Danielle Dubé, primée en 1984 (Les Olives noires) s’est laissé impressionner par la machine médiatique qui avait lancé Chrystine Brouillet, deux ans plus tôt.«Une récompense, ça donne confiance, dit, Madeleine Monette.Les éditeurs vous lisent avec plus d’attention, les autres auteurs vous respectent, et puis ça encourage à persévérer dans le travail d’écriture.» Des littératures d'expression française - de l’Acadie de l’Ontario des Prairies riches uniques exotiques I L’ lu-miD c°bab|,ra,ii>n avec LE Dr,VOUI le quotidien Le Devoir LIBRAIRIES PARTICIPANTES : • Librairie Agence du livre • Librairie Champigny • Librairie Dcmarc (Fleury) • Librairie Papeterie Dimension • Librairie Ducharmc • Librairie Flammarion (Brossard) • Librairie Flammarion (Laurier) • Librairie Le Fureteur • Librairie du Square 1993: un bon cru Comme la plupart des gagnants des premières années, Monette s’est un peu désintéressé des tribulations du Cliche.Elle suggère que le Prix soit transformé en récompense pour un premier roman publié (alors qu’il est jugé sur manuscrit).Histoire de laisser faire aux éditeurs un premier déblayage.Quand même, cette année, le Cliche promet de bien se classer.Le quatrième roi mage.Une enquête à Venise, de l’universitaire Jacques Desautels, est présenté comme «le premier roman d’un Umberto Eco québécois».Il y a là tout ce que peut souhaiter un jury littéraire: une maîtrise indéniable de l’écriture, un étalage agréable de culture.L’histoire se joue dans l’atmosphère trouble de la Méditerrannée orientale et du Moyen Âge, à Venise, l’ancien centre du monde, où l’historien d’art François Quintin poursuit ses recherches sur le Titien.TRIPTYQUE 524-5900 / 525-5957 ANNE ÉLAINE CUCHE LA PISSEUSE b Ttimrqo* Eniny*» Undry LATOUR DE PRIAPE Mi ùi.™* Anne Elaine Cliche LA PISSEUSE (roman) 241 p., 19,95$ La pisseuse est une femme, un tableau, une séquence be lilm interminable, une expérience religieuse, une demande, une prière, bref: un roman, La pisseuse est le nom d'un parcours vers le sens d'une image perdue: un deuil, l'invention d'un mystère.François Landry LA TOUR DE PRIAPE (conte érotique) 88 p., 13,95$ La lour de Priape est un conte érotique qui atteint les limites de la fantasmagorie, sans jamais y céder.L'auteur maintient le lecteur pour ainsi dire sur la corde raide, l'entraînant malgré lui dans un monde où beauté et cruauté se chevauchent constamment.Disponible chez votre libraire ! U Accordé à l’unanimité du jury.Calme après l’ouragan de l’année dernière, Jacques Lanctôt, le patron des Quinze où paraît le roman, se déclare «entièrement satisfait» et lui prédit le succès».Le directeur du Salon du livre de Québec, où était remis la récompense jeudi soir dernier, parle «d’une oeuvre riche, par un auteur doué et cultivé».Doux euphémisme.Le lauréat enseigne la langue, la littérature et la civilisation grecques à la faculté des lettres de l’Université I-aval.Il s’avoue érudit, humaniste.Il a déjà publié quatre essais dont Dieux et mythes de la Grèce ancienne, finaliste au Prix du Gouverneur général en 1979.Le Robert-Cliche se veut le prix de la relève du roman québécois.«Quand on me le rappelle, je rentre sous le tapis, confie le professeur Desautels, qui a maintenant 56 ans.Personnellement, je préfère dire que le Prix récompense un premier roman.» CLICHÉ RÉPÉTÉ A ÉCLAIRAGE DIFFÈRENT.EN RAISON DU TEXTE MAL IMPRIMÉ L E l> E V II I It .LES S A M E D E T D I M A X ( HE IS A V II 1 l.1 !) !> 3 LIVRES ENTREVUE ILLUSTRATION GERARD Variation sur le thème du jeune violoniste frustré, assassin du vieux compositeur condescendant.La fragilité, ce trompe-l’œil Carole Tremblay passe en douce de Vécriture jeunesse à celle pour adultes [.::>• Mi •i i i ni il ¦ ¦>, .,U‘ i’ i •CJû ri î i.J’l : )i it il ' :
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