Le devoir, 12 mai 1993, Cahier A
Vol.I.X X XIV.N o I I U T Y Q / T o r i) n I o o LE DEVOIR P E R S P E C T I V E S Le jovialiste de Louiseville Michel venne «Dans la vie, tout fonctionne avec les idées qu’on se vend».A force de dire à quelqu'un: «Tas bien l’air malade!», il finit par le croire.«Il se regarde dans le miroir et vient tout croche», raconte Yvon Picotte, le ministre jovialiste.Le Jean-Marc Chaput du gouvernement du Québec.CA est lui qui vient de lancer un petit pavé 7 dans la mare en accusant les Québécois de s’apitoyer sur leur sort au lieu de se retrousser les manches.Et en disant que, pour lui, c’est fini les discours sur les restrictions budgétaires, comme ceux que tient son gouvernement.«Maintenant que tout le monde sait que l’Etat est cassé, il faut arrêter d’en parler, parce que ça démobilise tout le monde», dit-il.Parce que à force de dire qu’on est en récession, «on finit par croire qu’on ne sera pas capable de rien faire; parce qu’on a peur de pas être capables, on devient des incapables».Yvon Picotte est un cas.Un politicien comme il ne s’en fait plus.Député réélu quatre fois du comté de Maskinongé, en Mauricie, depuis 1973, il célébrera le 6 juin prochain ses 20 ans de carrière politique.Et en grande pompe.Ses proches organisent «les 24 heures d’Yvon», avec brunch à Yamachiche et gala de clôture à Trois-Rivières: le «Gala des Yvons», au cours duquel le ministre remettra à quelques invités choisis des statuettes à son effigie, laminées sur plexiglass.Comme des Oscars.Sauf que ce sera les Yvons.Il y aura de grandes vedettes de la chanson à ce spectacle où on attend 1100 personnes Les profits seront distribués à des oeuvres auprès des alcooliques et des toxicomanes.Ex-alcoolique repenti, qui s’en remet souvent à son «Dieu d’amour» dans les moments difficiles, remarié à une femme de 15 ans sa cadette, Picotte est un nouveau père à 50 ans.Son fils Marc-Antoine a huit mois.Son mariage avec Ginette Bellemare, de Saint-Bar-nabé, avait fait l'objet d’un reportage abondant dans Ix Nouvelliste, la gazette locale, en 1987.Tout le monde en avait ri.Ix* même journal avait publié un cahier publicitaire de 20 pages, en 1988, pour souligner ses 15 ans de vie politique.Picotte a souvent étalé ses états d’âme.Aujourd’hui, il part en croisade.Il a lancé les premières salves la semaine dernière, à Québec.Pour la postérité, il s’apprête à publier un livre (j’avais promis de ne pas le dire, mais M.Picotte me le pardonnera), qu’il vient d’écrire et dont le manuscrit porte le titre provisoire; «Ix droit au bonheur et à la réussite».La semaine prochaine, il part en tournée dans tout le Québec pour colporter son message positiviste, «avec mon bâton de pèlerin, pour provoquer des initiatives nouvelles et donner des exemples de réussite».Un motivateur.L'un de ses modèles s’appelle Louis Garneau, un fabricant de casques et de vêtements de vélo, qui a commencé avec «un vieux 6000 piastres que lui a prêtés sa grand-mère», qui a une usine aux Etats-Unis aujourd’hui et vend ses produits dans 16 pays d’Europe.Il exhorte les Québécois à «s’investir eux-mêpies», à cesser de penser que l’Etat doit faire les choses à sa place.D’autres ministres du gouvernement n’en disent pas moins.Comme Gérald Tremblay, proclamant notre économie «en état d’urgence».Comme Daniel Johnson, disant aux Montréalais que eux seuls peuvent relancer leur ville.Comme Lise Bacon, un certain soir devant les amis de Cité Libre, où il était «minuit moins cinq pour le Québec».Mme Bacon, blâmant les baby boomers pour leur égoïsme, invitait l’élite à se remobiliser.Mais Yvon Picotte n’a pas fréquenté Harvard Business School comme le ministre de l'Industrie et le président du Conseil du Trésor, ni ne fraye avec les amis intellos de Cité Libre ou les économistes gourous à la mode.Il dit comme ses collègues, sauf qu’il le dit le noeud de cravate défait, le veston tombé et le cigare éteint entre les deux doigts.«Je n’ai pas été élu pour faire plaisir â l’élite», disait le nouveau ministre du Loisir, de la Chasse et de la Pêche en 1986.Picotte ne fait pas dans la dentelle.Il a traité les Témoins de Jéhovah un jour de «parasites de la société».Il pense positif.Ses stages aux AA ont pu lui inculquer cette manière de voir.A des élèves de l’école secondaire L’Escale, à Ixuiseville, son bled natal, Picotte racontait récemment encore «l’enfer» dont il est sorti.Et son inspiration demeure Robert Bourassa.Une photographie du premier ministre orne son bureau, ainsi qu’une citation de lui, gravée sur une plaque, et dont Picotte s’inspire jour après jour: «Un peuple économiquement faible peut toujours avoir un passé, mais il n’a pas d’avenir».Autres informations en page A-5 I N I) K X Ix-s Actualités.A2 Éditorial.A8 Agenda culturel .B7 Idées.A9 Annonce* dansées .114 Ix Monde.n:i Avis publics 112 Montréal A3 Météo Culture 118 Mots croisés 112 Nuageux Découvertes lit Politique A5 Max.: 14 Économie A6 Ix s Sports.116 Détails en B2 Lors du «Gala des Yvons», le député de Maskinongé décernera des statuettes à son effigie à quelques invités de marque.M U N T 11 K A I.I.K M K R « R K l> I 1 2 M Al I est dans la région de Québec que les jeunes du secondaire ont obtenu le plus fort taux de diplomation en 1991-1992, selon les derniers indicateurs publiés par le ministère de l’Éducation du Québec.Au palmarès de la persévérance scolaire, la région de Québec est par ailleurs suivie de près par celle de Chaudière-Appalaches et de Montréal-Centre.Selon les statistiques du ministère, la région de Québec présentait en 1991-1992 un taux de diplomation de 79,3%, la région administrative de Chaudière-Appalaches comptait 73% de diplômés parmi ses inscrits, tandis que la région de Montréal-Centre, qui était au deuxième rang en 1990-1991, comptait l’année suivante un taux de diplomation de 70,8%.En plus d’obtenir le premier rang, en ce qui a trait à la persévérance scolaire, la région de Québec est celle qui a enregistré, en 1991-1992, la hausse du taux de diplomation la plus importante, comparativement à l’année précédente.Par ailleurs, toujours selon le rapport du ministère, le Nord du Québec se démarque comme étant la région administrative la moins performante de la province, pour ce qui est de la persévérance scolaire, avec un taux de diplomation de 42,6%.Également, l’Abitibi-Témisca-mingue, l’Outaouais, et les Lauren-tides, sont en queue de palmarès avec des taux de diplomation respectifs de 57%, de 57,4%, et de 57,7%.Dans l’ensemble du Québec, le taux de diplomation moyen en 1990-1991, était de 67,8%.Pour ce qui est de l’écart de performance entre les filles et les garçons, le rapport signale que les disparités dans la progression scolaire se manifestent très tôt dans le cheminement scolaire Des littératures d'expression française - de l’Acadie de l’Ontario des Prairies riches uniques exotiques i v i,En collaboration avec l.r.DrAOIR le quotidien Le Devoir LIBRAIRIES PARTICIPANTES : • Librairie Agence du livre • Librairie Champigny • Librairie Demarc (Fleury) • Librairie Papeterie Dimension • Librairie Ducharmc 1 Librairie Flammarion (Brossard) - Librairie Flammarion (Laurier) 1 Librairie Le Fureteur > Librairie du Square des élèves.En effet, le pourcentage de garçons qui accusent un retard scolaire à la fin du primaire, est supérieur de dix points à celui des filles, depuis 1980-1981.L’écart avec les filles s’accentue au cours du secondaire.«Finalement, disent les auteurs du rapport, le retard est tel que les garçons décrochent ou passent au secteur des adultes parce qu’ils ont accumulé trop de retard et se sentent mal à l’aise au secteur des jeunes».En effet, poursuivent-ils, le taux d’accès des filles en cinquième secondaire, qui est de 79%, équivaut au taux d’accès des garçons en quatrième secondaire.Les auteurs concluent donc que les garçons ressentent plus fortement que les filles le rehaussement des exigences scolaires, soit l'établissement de la note de passage à 60% plutôt qu’à 50%.Enfin, les indicateurs du ministère relèvent également qu’en 1981-1982, la dépense par élève du Québec dépassait de 27% celle de l’Ontario et de 19% celle des États-Unis.En 1991-1992, poursuivent-ils, la dépense par élève du Québec était inférieure de 11% à la dépense par élèye de l’Ontario, et de 12% à celle des États-Unis.L’accès au sacerdoce des femmes Jean-Paul II dit non aux évêques québécois STEPHANE BAI LLARGEON LE DEVOIR Le Pape Jean-Paul II a récemment réaffirmé le traditionnel refus de l’Église catholique en ce qui concerne l’accès au sacerdoce des femmes devant les évêques québécois réunis à Rome pour leur visite quinquennale.Cette nouvelle remontrance fait suite au dépôt, par les dignitaires, d’un ensemble de documents sur la vie de l’Église du Québec pour les années 1988-1993.Dans une lettre d’introduction au dossier et dont Le Devoir a obtenu copie, les évêques se plaignent en termes à peine voilés de$ positions de leur sainte mère l’Église.Les hommes de robe sont arrivés au Vatican le 25 avril et y demeureront jusqu’au 17 mai prochain.La visite dite «ad limina» a traditionnellement lieu tous les cinq ans afin d’y échanger avec le Saint-Père et ses proches collaborateurs siy la situation des diocèses et de l’Église nationale dans son ensemble.La lettre au «Très Saint Père» est signée par Bernard Hubert, évêque de Saint-Jean-Longueuil, président de la Conférence des évêques du Québec.Après un bref rappel des conséquences de la sécularisation croissante de la société québécoise, depuis une trentaine d’années, Mgr Hubert parle d’qne «situation inconfortable» dans l’Église.«Cette culture (la culture nord-américaine), écrit-il, donne tant de place aux droits de la personne et à l’égalité des femmes et des hommes dans la société que le discours de l’Église sur la place et le rôle des femmes dans la communauté chrétienne apparaît déphasée par rapport à la réalité vécue.Comme évêques, nous connaissons une situation inconfortable car nous tenons à vivre la double solidarité d’être unis aux responsables de l’Église universelle et d’être accueillants à ce qui est positif et germe d’avenir dans la vie de notre peuple.» Montréal sourit aux touristes.Dites-leur Bonjour! Gouvernement du Québec Ministère du Tourisme INVITATION Madame Louise Champagne, auteure de Chroniques du métro, sera heureuse de vous rencontrer à la librairie Le Parchemin et de dédicacer son recueil paru aux éditions Triptyque: > le jeudi 15 mai, entre l(ih50 et 18h50 >• le vendredi 1 1 mai, entre 16h30 et 18h30 Chroniques du métro, un accueil clinleureiix :1e Parchemins: Mezzanine, station llerri-l qam, Montréal - «45-5215 -Librairie agréée Les vocations se font rares et les femmes doivent souvent prendre la relève dans les fonctions habituellement réservées aux hommes.Dans le Rapport statistiques de l’Eglise catholique du Canada pour l’année 1991-1992, rendu public récemment, les évêques révélaient que 70 des 1852 paroisses du Québec étaient déjà dirigées par des religieuses.Dans sa réponse, le Pape s’est contenté de rappeler les positions officielles de son institution.,Tout d’abord, le grand patron de l’Église parle de «l’état de vie et la personne des ministres ordonnés» et se réclame du divin pour justifier ses positions.Il écrit que «L’Église-Épouse est fidèle à son seigneur en appelant au sacerdoce des hommes destinés à être personnellement, par un don total et plénier des signes du Fils de Dieu incarné.» Ensuite, le «Santo Padre» parle des femmes, en citant des extraits de la déclaration Inter insignipres du 15 octobre 1976.«Elle (L’Eglise) n’éprouve pour autant, vous le savez bien, aucune réticence à l’égard des femmes: même si elle «ne se considère pas autorisée à admettre les femmes à l’ordination sacerdotale», elle reconnaît la grande importance de leur participation à la vie des communautés, notamment par l’exercice de responsabilités significatives, comme celles dont vous les chargez de plus en plus fréquemment, avec une confiance bien normale et dans le respect de la mission respective de l’homme et de la femme.» En clair, le Pape accepte que les femmes puissent continuer à jouer certains rôles dans l’Église.Le nouveau code du droit canon permet d’ailleurs l’émergence d’équipes mixtes de pastorales dans lesquelles ont voit des femmes, mais aussi des laïcs et des couples porter ensemble et conjointement avec un prêtre la responsabilité d’une paroisse.Par contre, le Pape ne déroge pas du droit canon: «Seul un homme baptisé reçoit validement l’ordination sacrée.» (can.1024) Une fête pour Lisette Morin LE DEVOIR Aujourd’hui, le Club de presse du Bas Saint-Laurent célèbre ses trente ans d’existence.Pour souligner l’anniversaire, les journalistes rimous-kois ont décidé de fêter celle qui incarne le plus la continuité et la fidélité de la presse régionale dans l’est du Québec, Mme Lisette Morin, qui a présidé à trois reprises ce club dont elle a été de la fondation en 1963.Mme I jsette Morin, la grande figure de la presse à Rimouski, qui a longtemps dirigé l’hebdomadaire Le Progrès du golfe, puis le Progrès-Echo, est aussi connue des lecteurs du DEVOIR où elle tient un feuilleton littéraire depuis près de 10 ans.Le DEVOIR se joint aux confrères de Rimouski pour lui tirer son chapeau, et lui souhaiter une bonne continuation.ROBIC DEPUIS 1892 AGENTS DE BREVETS ET MARQUES PROTECTION DES DROITS DE PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE ILGFR ROBIC RICHARD AVOCATS 55, ST JACQUES MONTRÉAL QUÉBEC H2Y 3X2 Fai (514) 845-7874 Tél : (514) 98 Jla nnithiit Jei Intanalilr i en bref CAMPBELL NE VEUT PAS DE DEUXIÈME TOUR Ottawa (PC) — Dans l’intérêt de l’unité du parti, la ministre de la Défense nationale, Kim Campbell, souhaite remporter la course à la direction du Parti conservateur au premier tour de scrutin.«Étant donné qu’une élection sera déclenchée très rapidement après la fin du congrès conservateur, je crois qu’il serait bon d’avoir une victoire au premier tour.Il en va de l’unité du parti», a-t-elle souligné, hier, aux journalistes.Mme Campbell s’est dite très satisfaite des appuis recueillis jusqu’ici auprès des délégués élus.Mais la bataille est loin d’être gagnée, a-t-elle reconnu au cours d’une réunion publique du caucus national.«Il faut gagner l’appui des délégués indécis, consolider l’appui de mes délégués et songer au deuxième tour de scrutin», a-t-elle précisé.Au cours des pro chaînes semaines, son équipe tentera d’ailleurs de sonder le pouls des délégués au deuxième tour de scrutin.«S’il y a un deuxième tour, il faut que nous ayons une stratégie», a-t-elle souligné.AGRESSIONS: UNE LOI INSTITUANT UN CLIMAT DE «PANIQUE MORALE» Ottawa (PC) — Une loi adoptée il y a cinq ans (jour faciliter le témoignage des enfants victimes d’agressions sexuelles est en train d’instituer un climat de «p:uiique morale» qui compromet le (lroit des accusés à un pro cès équitable, affirme un groupe d avocats criminalistes.«A l’heure actuelle, nous traitons un accusé dans une affaire d’agression sexuelle d’enfant sur le même pied que quelqu’un qui aurait été accusé d’espionnage pendant la guerre.L’histoire est remplie de ces exemples de gens qu’on a accusés à partir d’une preuve extrêmement mince en temps de crise nationale», îi déclaré à Ottawa Me Bob Wakefield, un des responsables de l’Association des avocats criminalistes de l’Ontario.«Cela a entraîné beaucoup d’injustices, à cause du climat d’hystérie, de panique morale de l’époque», a-t-il poursuivi devant le co mité parlementaire de la Justice.Le comité révise actuellement la législation qui a modifié les exigences de la preuve requise d;uis les cas d’enfants victimes d’agressions sexuelles, Eifin d’assurer le succès d’un plus grand nombre de poursuites et de mieux protéger les victimes.DES MELANGES A MUFFIN DANGEREUX POUR LA SANTÉ Toronto (PC) — La compagnie Robin Hood a annoncé hier qu’elle procédait au rappel de tous ses mélanges à muffin au gruau à faible teneur en gras parce qu’ils pourraient représenter un danger pour les personnes allergiques aux noix.Robin Hood a révélé hier par voie de communiqué que ces mélanges contenaient des fragments de noix dont la présence n avait [)as été inscrite sur la liste d’ingrédients apparaissant sur l'emballage du produit.Li compagnie a affirmé qu’elle avait entrepris de faire retirer les mélanges des étalages des magasins et des entrepôts.Ces mélanges ne présentent aucun danger pour les personnes qui ne sont pas allergiques aux noix.PHOTOGRAPHIES CONTROVERSÉES Ottawa (PC) — Des dirigeants de syndicats, y compris l’Alliance de la fonction publique du Canada, font campagne pour obliger le quotidien Ottawa Sun à abandonner sa «SUN-shine girl», une photo publiée chaque jour montrant une jeune femme, généralement court vêtue.Les syndiqués disent que ces photographies quotidiennes incitent à la violence contre les femmes.Le rédacteur en chef du Ottawa Sun, Rick Van Sickle, affirme que la décision de retirer ou non l;i photo controversée ne dépend lias de son journal.Si une décision devait être prise, elle le serait au niveau de ki direction de la chaîne de journaux Sun, a-t-il dit.La chaîne est contrôlée par Maclean Hunter.LES AUTOCHTONES, OBLIGÉS DE VIVRE EN MARGE DE IA SOCIÉTÉ?( )tlawa (PC) — Selon deux associations nationales autochtones, le gouvernement fédéral oblige les autochtones demeurant hors réserve à vivre en marge de la société.Cet avis est partagé par le Conseil des autochtones du Canada et le Conseil national des Métis, qui représentent la moitié de autochtones du pays.Tous deux 11» liaient hier des conférences de presse visant à dénoncer certaines restrictions budgétaires affectant leurs membres.le vice-président du Conseil des autochtones, Phil Fraser, soutient que le gouvernement néglige les autochtones qui n’habitent pas sur les résolves.Il va jusqu'à dire que son manque de volonté d'aider les autochtones habitant hors réserve confine à une forme d’apartheid. LE DE V 0 I R , LE M E l< C H EDI \ •> M I I !* !l 3 •i: ^- Développement régional Picotte veut réduire la > bureaucratie MICHEL VEN NE DE NOTRE .BUREAU DE QUEBEC Si Yvon Picotte a dénoncé, la semaine passée, le défaitisme et le manque d’ardeur des Québécois à développer leur coin de pays, il admet aujourd’hui, en entrevue au DEVOIR, que la lourde bureaucratie gouvernementale est aussi pour quelque chose dans ce qu’il appelle «la faillite du système», i C’est pourquoi il va proposer prochainement au gouvernement de réduire les nonnes des différents programmes d’aide au développement régional, dont il est responsable, à leur plus simple expression.¦ Il lance entre autres l’idée même de «forcer les pouvoirs publics» à < donner une réponse à un promoteur au plus tard 30 jours après le dépôt d’un projet.C’est «une idée que je lance: le net 30 jours», dit-il.«Si au bout de 30 jours, le gouvernement ne donne pas de ses nouvelles, une région devrait se sentir autorisée à aller de l’avant.Aujourd’hui, dit-il, «il y a trop d’étapes à traverser» pour un promoteur, à qui on demande «une étude de faisabilité, une étude pour ci, pour ça».Des études «inutiles la plupart du temps et qui ajoutent des coûts au projet».De sorte qu’au bout de trois mois, le promoteur est sans nouvelles, il , «perd la flamme, se décourage, et se dit qu’il a d’autre chose à faire qu’à zigonner».«Je pense que la bureaucratie décourage les gens à mettre en marche des projets», dit-il., M.Picotte réalise que le modèle , bureaucratique, qu’il récuse, des conseils régionaux de développement, qui sont en train de se mettre en place dans les régions dans la fou-, lée de la réforme du développement régional, veulent le reproduire.Certains d’entre eux «se donnent des normes plus sévères que les nôtres» et restreignent, par exemple, à certains types d’entreprises ou d’organismes, des programmes de soutien qui devraient être ouverts à tous.«Si on décentralise, c’est pour éliminer toutes les tracasseries administratives.Il ne faut pas qu’en région quelqu’un décide de se constituer un petit pouvoir hors duquel point de salut».M.Picotte croit cette décentralisation inéluctable.«I.es pouvoirs publics s jnt trop éloignés des citoyens».Le ministre constate d’ailleurs que là où un gouvernement a bâti quelque chose sans que le projet ne i soit issu du milieu concerné, ça n’a pas duré.«Là où on a construit une aréna en leur donnant les clés, ils n’ont plus personne aujourd’hui à y faire patiner et veulent la transformer en entrepôt frigorifique».Mais pour que le pouvoir local s’exerce, il faut que les gens présentent des projets.Ce qui n’est pas toujours le cas.Au 31 mars, 66% seulement des sommes prévues à l’entente Québec-Canada sur le développement régional de 820 millionsS avaient été engagés, 34% effectivement dépensées.M.Picotte le déplore.Il trouve que les Québécois manquent d’imagination et de confiance en eux.«Partout où on passe, on n’entend parler que de récession.11 faut savoir changer la machine de bord».Les gens sont trop pessimistes.«On a le syndrome du «ch’pas capable et ça marchera p’t’ête ben pas»; et on trouve toujours quelqu’un dans notre paroisse pour nous dire qu’on rêve en couleur.On manque de goût du risque».Le ministre croit que beaucoup de Québécois sont encore trop «nostalgiques» de l’époque d’avant la mondialisation des marchés.«Si les gens ne changent pas profondément.dit-il, ils vont tous crever.Ils ont beau épargner un fonds de pension.Mais si les jeunes ne se mettent pas à travailler, ils ne vont pas pouvoir en profiter».Six mois pour modifier la loi 178 Ottawa (PC) - L’ONll espère que le gouvernement du Québec modifiera la loi 178 sur l’affichage d’ici six mois, indique le compte-rendu final de la décision du Comité des droits de ;, l’homme.«L‘ Comité souhaiterait que l’Etat partie (le Québec) l’informe dans un délai de six mois de toutes mesures pertinentes qu’il aura prises à la suite des constatations du comité», précise le rapport del’ONU.Dans son verdict daté du 5 mai dernier, le Comité des droits de l’homme ides Nations unies a statué que la loi i 178 sur l’affichage au Québec viole la liberté d’expression des individus, enfreignant ainsi le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.A- ,r) -?LE DEVOIR ?- POLITIQUE JEAN DION LE DEVOIR Peut-être parce que ses troupes et lui en auront grand besoin d’ici au congrès au leadership conservateur du 13 juin, Jean Charest a beaucoup, beaucoup parlé d’espoir, hier.Se disant toujours persuadé que, comme dans la fable, «la tortue» franchira le fil d’arrivée bonne première, M.Charest a tenu un discours qui n’était pas sans rappeler le style des grands élans de Bill Clinton, lors d’une rencontre avec une cinquantaine de ses supporters de Montréal.Il les a notamment prévenus de «se préparer pour la plus grande aventure que nous ayons vécue ces dernières années au Canada».Il a ajouté que «ce qui me donne le plus confiance dans cette course, c’est que les Canadiens et les Québécois sont prêts à un certain nombre de sacrifices.Mais ils recherchent une chose: des gens qui sont engagés, qui ont une vision claire de là où le pays doit aller, qui ont des idées et qui vont aussi proposer une grande dose d’espoir pour l’avenir.» Pour le ministre, il s’agit d’incarner «un espoir nouveau, un espoir qui va nous permettre, sur le plan économique, d’offrir davantage de prospérité.Un espoir qui va faire en sorte que notre société, en commençant par le gouvernement fédéral lui-même, mettra l’accent sur les vraies valeurs de la société canadienne.Et je veux représenter ces valeurs, qui sont le travail, la participation et la contribution de Charest vit d’espoir \ iacoi/rp CONSERVATEUR nos citoyens.» Par la suite, participant à une émission diffusée sur les ondes de Musi-quePlus, M.Charest a poursuivi dans la même veine en faisant de ce thème la clé de voûte de son éventuelle politique en matière de jeunesse.Il est allé jusqu’à choisir le clip Hope of Deliverance, de Paul McCartney, pour illustrer «ce qui pourrait arriver ie 13 juin».Durant cette heure d’entrevue, le ministre a été amené à aborder différents éléments de son programme, mais aussi de sa vie personnelle.En réponse à un auditeur, il a ainsi réitéré son opposition à la décriminalisation des drogues douces.Il a également précisé que, étant donné l’état des finances publiques, le secteur de la culture ne verrait pas son budget augmenter au cours des prochaines années.Accompagné de son épouse Michèle Dionne, Jean Charest a par ailleurs confié se sentir «très coupable» de ce que le rythme d’une course au leadership l’empêche de voir plus souvent ses trois enfants.Mais le ministre avait également réservé quelques flèches pour sa rivale Kim Campbell, qui soutenait hier matin qu’une victoire au premier tour de scrutin — la sienne — serait bonne pour l’unité du Parti conservateur.«Ça illustre un peu l’attitude du camp de Mme Campbell des débuts PHOTO JACQUES OKI De passage à Montréal, le candidat Jean Charest a lancé un message d’espoir à ses partisans.de la campagne, a-t-il noté en point de presse.Ils s’objectent évidemment à ce que quelqu’un conteste le leadership.C’est comme s’il était illégitime pour quelqu’un d’autre de se présenter avec des idées.Moi, dès le début, je n’ai jamais cru à un couronnement.Et je ne pense pas qu’en réclamant un couronnement à ce moment-ci de la course, ça va la rendre plus attrayante pour les délégués.» Poursuivant son opération charme auprès des nombreux indécis, M.Charest a ajouté: «Si jetais un délégué, de me faire prendre pour acquis de cette façon-là, ça me forcerait à me poser des questions.Je ne pense pas que les gens tomberont dans ce panneau-là.» Le ministre a enfin tenu à atténuer les effets de l’appui de son collègue Michael Wilson au camp Campbell, rappelant que trois autres membres du cabinet — McKnight, Vézina, McDougall — s’étaient rangés derrière lui récemment «Il parait que M.Wilson l’a fait sur la base de la continuité.Or notre tVn-pagne est fondée sur le changement sur un changement d’orientatiotf de notre gouvernement pour ce qufest des politiques qui touchent aux personnes.» « Il y aura donc, affirme-t-il, un deuxième tour de scrutin au congrès/Et, «dans cette mesure, on est là ou on veut être à ce moment-ci.» 1; u LE GROUPE il v q u 'G ’[ q ¦e «tien financière planification stratéglq communication rédaction lion d'événements • gestion formation do porte-parole • animation relations de pr a • orp s at do documents audiovisuels • service d’achat médiat recherche • production UjLI M» Je vous présente une équipe avec laquelle je partage une véritable passion : la communication.Charpie membre de cette équipe apporte une contribution riche d’une expérience variée dans le inonde de la stratégie, du message, de l’organisation, des idées, des mots et des images.Ensemble nous nous taillons une place parmi les firmes de relations m _ s grâce aux nombreux défis que nous relevons avec une clientèle qui nous aime pour ce que nous sommes : efficaces, disponibles et créateurs.\a* Président, L> > a I t) -j .1 B J D ;I I o \ 0 b Û G J n Michel Fréchette Pouf recevoir notre brochure ou rencontrer notre équipe : (S 14) 273-5668 1200.\ V !•: IN I 1 IIIKNAHI) OHKST.IUHIKAU 200 .• > I Tl» KM OINT igllÉHEC) I I 2 V I V *> Tfcl.ÈI’IHINK (S14) 27» T K I .!•: • : 1 M K I I» (S14) 27» 22114 H 4656 L K I) E V 0 I R , I, E M E R C R E I) I 12 M Al 1 !l !» » 9 XXM TSE-300 DOW JONES S CAN -4,69 +1,79 +25,47 -0,27 1868.84 3,780,32 3468,75 78,47 —-?le' ?- ECONOMIE Tassé 514 879-2100 Obligations municipales 5 ans / 7,50% Tassé & Associés, Limitée Valeurs mobilières Depuis 1967 Avant même les audiences publiques Bell et le CRTC ont entamé le débat ROBERT DUTRISAC LE DEVOIR Ifiar 23fTO 9upi 9tn+ sam TUOll TV vant même que l’audience publique du CRTC sur les hausses des tarifs locaux de Bell Canada ne s’ouvre ¦‘’lbhdi, le président de la compagnie de téléphone, Robert ^’Rèamey, et le président du CRTC, Keith Spicer, ont déjà gf&Ümmencé à se crêper le chignon dans un échange épis-tçilaire mordant.G T’Accusant le CRTC de se traîner les pieds, M.Keamey ¦'jôuvre les hostilités dans sa lettre du 6 avril dernier où il plaint «de la façon dont le processus réglementaire 9,éWplue ou plutôt, nevolue pas».'n.9 ’Selon M.Keamey, «il n’y a eu aucun changement sub-9lsfântiel dans le ton, le poias et le rythme de la réglemen-11 ration» depuis que le CRTC a décidé en juin 1992 d’ou-"vlfir les vannes de la concurrence dans la téléphonie in-“ïeFurbaine.Le CRTC n’a pas encore répondu à plusieurs '‘Quêtes que Bell a présentées depuis lors, dont l’aban-.don aux clients du câblage intérieur, un programme de ^récompenses destinées à la clientèle et l’introduction du ^nouveau service IMPAC, tandis que d’autres demandes "‘mit été étudiées dans des délais trop longs, soutient le président de Bell.?°,1Le Conseil n’a pas suffisamment accordé d’autorisa-^opns temporaires de nouveaux services, sujettes à révi-?.%i6n, et quant il l’a fait, cela a pris trop de temps, aux [‘dites de M.Keamey, qui se demande «s’il est dans l’in-“tëhtion du Conseil de continuer dans les faits à retarder ses décisions».'!g?‘Soulignant l’«immense sens de l’urgence» que mani-[‘lëkte Bell devant les nouveaux besoins de ses clients, M.5T®éamey décrit comme «une moquerie de notre promes-commune d’offrir des services au bon moment et au bon prix à nos clients» les audiences publiques touchant ’TSitraduction de nouveaux services.«Quand je parle de ''‘divergence (mismatch) dans le rythme et le sens de l’ur-‘ k’ence, je ne parle pas de différences mineures», ajoute '/M.Keamey.''n"Dans une réponse caustique envoyée le 23 avril, le résident du CRTC Keith Spicer s’en prend à l’argumen-ation de M.Keamey, se surprenant que ce dernier lais-’Wentendre que le Conseil soit «présentement engagé 'dns une lutte contre les forces associées aux besoins ‘és clients, au libre marché et aux nouvelles technologies».' 'Contrairement aux allégations du président de Bell, le "’CRTC a accordé, sur les 21 requêtes présentées par la compagnie, 15 décisions finales ou intérimaires dans des “délais moyens de 14 jours ouvrables, signale M.Spicer.pBans les cas où le CRTC n’a pas encore arrêté sa décision, M.Spicer évoque la pauvre qualité de l’information fournie par Bell ou encore le manque d’arguments suffisamment persuasifs.«En résumé, les faits contredisent « simplement vos allégations de délais réglementaires indus», soutient le président du CRTC.Quelques jours plus tard, M.Keamey réplique à M.Spicer dans une longue lettre, soulignant notamment que «le processus réglementaire doit renverser l’actuel fardeau de la preuve contre l’innovation».Enfin, le 4 mai, M.Bud Sherman, vice-président du CRTC, en l’absence de M.Spicer, répond à M.Keamey et clôt la discussion.«Je suggère qu’aucun objet utile ne peut être accompli en continuant la présente ronde de correspondance sur le sujet entre nos deux bureaux.Le Conseil a déjà été pleinement mis au courant des doléances perçues de Bell Canada.» EN BREF ?CASCADES PAPERBOARD AFFICHE UN DÉFICIT Cascades Paperboard International a, pour la période de ; trois mois terminée le 31 mars 1993, affiché une perte ' nette consolidée de 5,2 millions$, soit 13 cents par action, I et un chiffre d’affaires consolidé de 233,5 millionsS, comparé à un bénéfice net consolidé de 443 000$, soit 2 cents : par action, et un chiffre d’affaires consolidé de 111 mil-i Èons$ pour la même période de 1992.La marge brute | d’autofinancement consolidée, pour la période terminée ; le 31 mars 1993, est de 4,6 millionsS, (8 cents par action), comparée à 5 millionsS (19 cents par action) en 1992.Clinton revient sur deux de ses projets de réforme fiscale -«- ; ÉMISSION DE 300 MILLIONS DU CN | Après plus d’une décennie d’absence, Canadien National : retourne sur le marché américain avec une émission de I 300 millionsS US.Cette émission comprend 150 mil-! lions$ US de billets à dix ans portant intérêt au taux an-| nuel de 6,625%, et 150 millionsS US de débentures à 30 ! ans à taux annuel de 7,625%.Salomon Brothers agit à I titre de preneur ferme pour cette émission.-?- DOMTAR SIGNE EN BEAUCE I Domtar et le Syndicat des travailleurs forestiers de la | Beauce ont signé, le 5 mai, un mémoire d’entente qui re-1 nouvelle leur convention collective pour six ans.Les par-' ties ont voulu de cette façon démontrer qu’elles tiennent j à maintenir le climat de travail harmonieux qui existe ji déjà, en plus d’améliorer encore davantage, dans une j| perspective à long terme, la relation de confiance qui |j s’est développée entre les différents partenaires.Les ex-; ploitations forestières de Domtar en Beauce emploient |! une trentaine de personnes.Ü CLINTON RECULE SUR LES IMPOTS ji Chicago (AFP) — L’administration Clinton a accepté |i d’abandonner, devant l'opposition du Congrès, son projet j| d’incitation fiscale à l’investissement et va proposer une ji augmentation moins importante de l’impôt sur les béné-j| fices des sociétés, a indiqué hier un responsable gouverne-jl mental.La Maison Blanche négocie actuellement avec le I Congrès un compromis qui ferait passer-le taux d’imposi-: tion sur les sociétés de 34% actuellement à une fourchette ! entre 35 et 35,5%, selon ce responsable qui a requis l’anony-; mat M.Bill Clinton avait proposé initialement de relever le taux à 36%.Il avait également envisagé des réductions d’im-;1 pots en faveur des petites et moyennes entreprises qui ini' vestiraient dans de nouveaux équipements.SNC-Lavalin privilégie la rentabilité sur remploi Les revenus de ses activités internationales ont augmenté de 80% l’an dernier CLAUDE TURCOTTE LE DEVOIR A moins d’une forte reprise de l’économie cette année au Canada, ce qu’il ne prévoit pas, le Groupe SNC-Lavalin pourrait devoir réduire encore son personnel, même si l’obtention de contrats internationaux connaît une croissance exceptionnelle.M.Guy Saint-Pierre, président et chef de la direction l’a clairement laissé entendre hier aux actionnaires réunis pour l’assemblée générale annuelle, en expliquant qu’il fallait maintenir les mesures de la rationalisation pour atteindre les objectifs de rentabilité.«Le Groupe SNC est à la croisée des chemins», a lancé le président dès la première phrase de son discours.Une fois qu’il aura retrouver la rentabilité souhaitée, le groupe songera à de nouvelles alliances, à de nouveaux actionnaires, de manière à s’assurer une présence dans des pays où les marchés lui seraient fermés sans le lien avec certains partenaires.Le Groupe SNC-Lavalin (l’ajout de Lava-lin au nom officiel a été voté par les actionnaires hier) a vu son bénéfice net qui était de 4,2 millionsS en 1991 passer à 9,3 millionsS l’an passé, ce qui a donné néanmoins un rendement de seulement 6% sur l’avoir des actionnaires, acceptable en récession, selon M.Saint-Pierre, mais «bien en deçà des objectifs».Chez SNC-Lavalin, on vise un rendement de 4% supérieur au taux d'intérêt payé sur les obligations à long terme.Avec un tel critère, le groupe aurait dû atteindre un rendement de 11,5% en 1992.La direction va donc travailler à atteindre ce niveau au cours des prochains exercices.La profitabilité demeure la première priorité, quitte à laisser passer certains contrats trop peu rentables qu’on aurait autrement acceptés pour préserver des emplois.Cette attitude s’appuie sur le raisonnement que la rentabilité est la meilleure façon de préserver la majorité des emplois créés par le Groupe.Actuellement, SNC-Lavalin compte 5840 employés, dont 4831 dans le secteur de l’ingénierie.Pas moins de 900 emplois ont été éliminés depuis un an, alors qu’un en- Groupe SNC inc.Secteur: Génie et construction.Siège social: Montréal Employés: 5840 Bsmm:- Revenus: 1992:747,1 millions S 1991:580,8 millions $ Revenus nets: 1992:9,3 millions $ 1991:4,2 millions $ semble de mesures de rationalisation ont conduit à une gestion unifiée.«Nous pouvons maintenant compter sur une organisation plus souple, plus efficace et moins onéreuse», a mentionné le président.Cette austérité a graduellement eu un effet favorable sur les résultats financiers, une tendance qui s’est poursuivie dans le premier trimestre de cette année, avec un bénéfice net de 2,4 millionsS, soit 17 cents par action, comparativement à 91 000$ ou 1 cent par action dans le trimestre correspondant de 1992.Les trois secteurs d’activité ont amélioré leur rentabilité, grâce à une diminution de 13% des frais fixes.Au fait, une hausse du dividende de 5 cents par act >n a été décrétée hier par le conseil d'administration, qui compte quatre nouveaux membres, dont M.William Mackenzie Turner à la présidence, en remplacement de M.Jean-Paul Gourdeau.C’est la première fois que cette société a un président du conseil choisi à l’extérieur du personnel, ce qui est voulu, selon M.Saint-Pierre, pour établir un contre-poids et rassurer les actionnaires en leur faisant comprendre que le conseil défend leurs intérêts et pas seulement ceux des employés.Ainsi donc, c’est la stagnation économique au Canada qui a incité SNC-Lavalin à mettre l’accent sur les marchés extérieurs, ce qui explique que les revenus provenant du marché international ont atteint 39,7% en 1992, soit 74 projets dans 37 pays, en hausse de 80% par rapport à 1991.La croissance se poursuit, puisqu’il y a dans le carnet de commandes international 180 projets dans 75 pays, ce qui contribuera à près de 50*% des revenus dans l’ingénierie qui seront cette année de 1,2 milliards, en comparaison de 400 millionsS l’an passé.Toutefois, il y a eu de grands changements dans la pratique de l'ingénierie depuis une vingtaine d’années, à cause de l'arrivée de nouvelles technologies et d’une instruction plus poussée dans les pays du tiers monde où les concurrents ont désormais les connaissances professionnels de base dans le génie.Ainsi, un projet dans les années 80 qui permettait à SNC ou Lavalin d’envoyer 100 employés dans un pays étranger n’en laisse plus qu’une vingtaine maintenant, dont le rôle est de diriger le projet.Il importe maintenant de bâtir un réseau à travers le monde afin de réunir tous les éléments gagnants.Cette pratique existe déjà d’ailleurs.Par exemple, pour le métro d’Ankara, SNC-Lavalin, qui s’y retrouve avec plusieurs partenaires, n’a que 25 personnes impliquées pour un montant de 160 millionsS en incluant la vente d’équipements.Puisque les étrangers participent eux-mêmes aux travaux chez eux, il faudra attendre la reprise de l’économie au Canada pour que les projets d’ingénierie aient un plus grand effet d’entraînement sur l’emploi ici.Est-ce que la fusion de SNC et de Lavalin est une bonne chose?Oui, répond le président, en expliquant qu’elle a permis au Groupe d’acquérir un avantage stratégique en sautant une étape qui autrement aurait pris 10 ans.Il concède en revanche que le moment de faire cette fusion a mal tombé, parce que c’était au début de la récession.Le Groupe SNC, qui avait à la fusion créé la filiiale SNC-Lavalin, a décidé d’ajouter le mot lavalin au nom du Groupe lui-même, parce que cela offrira une image plus exacte de l’entreprise, laquelle est «plus apte à favoriser l’émergence d’une nouvelle culture», ce qui constitue un aveu que la fusion n’est pas encore totalement faite à l’intérieur de la boîte.L’industrie du papier voit enfin une lueur d’espoir au bout du tunnel La demande se raffermit et le virage du recyclage est bien amorcé PIERRE ROBERGE PRESSE CANADIENNE Malgré une conjoncture adverse qui s’est traduite en une perte globale de 1,6 milliards en 1992, l’industrie des pâtes et papiers au Canada se voit bien placée pour l’avenir, maintenant que le virage du recyclage est amorcé.«Par exemple, la demande de papier-journal se raffermit et nous fabriquons le meilleur», a plaidé Brian Mc-Clay, vice-président de l’Association canadienne des pâtes et papiers (ACPP), hier en conférence de presse.Le papier journal demeure important pour les compagnies membres de l’ACPP, qui présentait un tableau d’ensemble sectoriel et analysait les tendances, notamment en ce qui touche le recyclage.Ainsi en 1992, le papier récupéré amenait 16% de la matière requise pour fabriquer papiers et cartons au Canada; près de 55% provient des copeaux et chutes de sciage, la balance du bois rond (coupé en forêt).Au pays durant l’année écoulée, ajoute M.McCray, 15 usines ont mis en route des installations de recyclage: «Il y a trois ans, une seule usine recyclait, maintenant plus de la moitié le fait, dans une proportion ou l’autre.» Reboisement par les compagnies papetières, de 1980 à 1991.Malgré une conjoncture adverse, l’Industrie dos pâles et papiers au canada se volt bien placée pour l’avenir, maintenant que le virage du recyclage esl amorce.En 1991, l'industrie a renouvoté 113 % de la surlace de lorél qu’elle a exploitée, un rattrapage par rapport aux années précédentes où le reboisement était de 73 %.800 500 400 300 200 1975 800 100 millions do semis plantés Des 25 millions de tonnes de pâtes et papiers sotant des usiner du Canada, 80% sont pour l’exportation, surtout aux Etats-Unis où il faut satisfaire à des minima de fibre recyclée, 30%) ou plus.L’industrie canadienne n’a pas fini de s’alimenter au sud en vieux papier, souligne Pierre Lachance, porte-parole de l’ACPP, car la quantité consommée et récupérée au Canada ne suffit lias.Actuellement 30% du papier récupéré vient des USA et l’ACPP imagine très bien que cette part atteindra les 50% à moyen terme, en autant que le coût de transport ne devienne pas prohibitif.Du volume canadien de vieux journaux, la moitié est récupérée, ce qui se compare favorablement à d’autres pays.Mais même récupéré en totalité, il ne suffirait pas aux besoins de l’exportation.L’ACPP croit d’ailleurs que la demande de vieux papier va grimper; règle générale, si ce papier est disponible en quantité et en qualité, il trouvera preneur plus aisément.«Ca paraît qu’il est vendu à la tonne, des fois.c’est tentant pour quelqu’un, raconte M.Lachance.Nous avons déjà eu un cas où une transmission de moteur avait été cachée dans des ballots de vieux papier.» L’industrie bénéficie d’une certaine situation de souplesse des normes aux USA, où un imprimé — et non pas chaque feuille — doit en moyenne satisfaire à un minimum de fibre recyclée.L'éditeur peut ainsi prévoir des encarts composés d’une part importante de fibre neuve.Ce qui laisse une marge aux usines canadiennes moins performantes.Alors que les usines produisant du 100% recyclé peuvent proposer un avantage au client, qui a de l’espace pour utiliser de la fibre neuve.M.McClay souligne que l’épinette noire du Canada donne une fibre longue et forte, la plus adaptée au papier journal; celle des arbres exploités dans le sud des Etats-Unis est trop collante pour les machines, dit-il.Depuis cinq ans, 34 machines de papier journal ont été fermées au Canada, parce que trop vieilles, la plupart au Québec où est produite 60% de cette marchandise au pays.Une bonne partie du «délestage» d’usines peu performantes est faite et, au Québec spécialement, l’option du recyclage est prise, rappelle l’ACPP.De plus des usines de désencrage fonctionnent déjà au Capde-la-Madeleinc, Shawinigan, Gatineau, Bromptonville et Québec (Dai-showa).Québec s’oppose à un règlement fédéral LIA LÉVESQUE PRESSE CANADIENNE Le gouvernement du Québec s’oppose a un projet de règlement fédéral qui, selon lui, créerait une double réglementation et une double surveillance dans le domaine des valeurs mobilières.La ministre déléguée aux Finances Louise Robic a expliqué les objections de son gouvernement, hier, alors qu’elle pronon- çait une allocution devant les participants au Symposium sur l'industrie financière à l’aube de l’an 2000.Après l’adoption de sa Joi fédérale sur les banques, le ministre d’Etat aux Finances Gilles Loiselle a fait parvenir aux provinces un projet de règlement, qui n’est pas encore en vigueur, mais qui suggère de créer au sein du bureau du Surintendant des institutions financières une division qui surveillerait les activités mobilières.«Pour nous, c’est un chevauchement, puisque les activités des valeurs mobilières sont réglementées par les Commissions des valeurs mobilières des provinces.Le domaine des valeurs mobilières relevant de la juridiction provinciale, il est tout à fait normal que les institutions financières à charte fédérale voulant oeuvrer en valeurs mobilières respectent les législations provinciales, ce qui inclut naturellement les banques», soutenait Mme Robic.Taux d’escompte j 11 mai 5,23% 88 89 90 91 92 93 mai 93 Le taux d’escompte poursuit sa baisse GÉRARD BÉRUBÉ LE DEVOIR La Banque du Canada a ramené le taux d’escompte à son niveau d’avant budget Mazankowski.A 5,23% hier, en baisse de 16 points, le taux directeur est revenu près de son plancher, sortant de sa zone d’influence.«La Banque du Canada a fait son job, lance Dominique Vachon, économiste à la Banque Nationale.Les taux de court terme sont revenus à leur niveau de l’automne dernier, avec un dollar plus faible.Tout ce quelle peut faire maintenant, c’est de se coller aux fluctuations du dollar et travailler à maintenir un marché des changes ordonné.» À cet effet, la vulnérabilité du dollar canadien ne s’est toujours pas résorbée.Hier, il se repliait de 27 points pour terminer la séance à 78,47 cents US, une séance au cours de laquelle la devise canadienne a fluctué fortement face à sa contrepartie américaine.«Il faudra surveiller la réaction des investisseurs étrangers aux budgets provinciaux, notamment celui de l’Ontario», a ajopté Mme Vachon.À 5,23%, le taux d’escompte se situe à quelque 30 points au-dessus de son bas des 12 derniers mois (4,93%) établi le 3 septembre dernier.«Au stade actuel, toutes baisses additionnelles ne devraient pas avoir de répercussions majeures sur les taux bancaires.» L’économiste de la Banque Nationale insiste: la marge de manoeuvre de la banque centrale est désormais faible.Que le taux directeur soit à 5 ou à 4,5%, ce n’est plus ce dont l’économie a besoin pour s'engager sur la voie d’une reprise solide.«Nous faisons face à une courbe de rendement avec une pente fortement positive», fait-elle remarquer.Les taux d’intérêt de longue échéance demeurent très élevés, tant en termes nominaux que réels, ce qui alourdit d’autant le coût du financement.L’écart entre le taux de 3 mois et celui de 20 ans, à 225 points en février, a dépassé la barre de^ 300 points.Même constat aux Etats-Unis.«C’est historiquement large!» En l’absence d’attente inflationniste, ce tribut peut s’expliquer par l’état lamentable des finances publiques.«Les taux de long terme vont se mettre à baisser lorsque les gouvernements commenceront à mettre de l’ordre dans leurs finances publiques», a précisé Mme Vachon.GATT La France pourrait déclencher une crise sur le volet agricole Bruxelles(Reuter) — La France est prête à déclencher si nécessaire une crise européenne sur le volet agricole du Gatt, mais elle pourrait accepter la partie de l’accord qui concerne la production d’oléagineux, a déclaré Alain J.s des Af- faires éu«uiKvito.«La discussion dans les prochaines semaines sera difficile», a-t-il souligné quelques heures après l’adoption par le gouvernement français d’un «mémorandum» sur la position française dans les négociations commerciales du Gatt.«L’enjeu vaut (.) que l’on prenne éventuellement le risque d’une crise» au sein de la Communauté européenne, a-t-il dit à quelques journalistes lors d’un dîner.«C’est un enjeu économique majeur pour nous.Nous ne pouvons pas céder».Le chef de la diplomatie française a ajouté qu’une crise communautaire était préférable à une crise nationale.Mais Paris est convaincu que ce scénario peut être évité.«Le pire n’est pas sûr.Nos partenaires n’ont pas intérêt à une crise», a-t-il ajouté.A1C ^ L E I) E V 0 I a .I.E M E K C H EDI | 2 M .\ I I !) !) » A'i7 ECO NOM Le Conference Board révise ses prévisions économiques à la baisse Les mesures de réduction des déficits provinciaux nuiront à la consommation Devant un comité sénatorial Un expert met en garde contre un refus de l’ALENA II pourrait perdre de la crédibilité en Amérique latine Ottawa (FC) — Le Conference Board a reconnu hier que ses dernières projections économiques étaient trop optimistes, compte tenu que les budgets des provinces, plus durs que prévu, restreindront les dépenses à la consommation.L’organisme, en conséquence, ne prévoit plus qu’une croissance très légèrement supérieure à 3%, autant cette année qu’en 1994, soit environ un demi-point de moins que prédit.C’est le secteur gouvernemental de toutes les provinces qui sera le facteur le plus déterminant de la croissance.«Ce sont les dépenses à la consommation qui seront en effet les plus touchées par les mesures prises par les gouvernements provinciaux pour réduire leur déficit», affirme l’organisme dans une étude sur l’économie des provinces.¦ Ce rapport repose toutefois sur l’analyse des projections nationales de mars dernier, avant le dépôt du dernier budget fédéral et de plusieurs budgets provinciaux.Malgré tout, l’organisme affirme que le dernier budget fédéral n’aura qu’un impact marginal sur l’en- MARIE TISON PRESSE CANADIENNE Washington — Le leader de la majorité à la Chambre des représentants Richard Gephardt a suggéré hier de profiter des négociations sur les ententes parallèles à l’Accord de libre-échange nord-américain pour contourner le Pacte canado-américain de l’automobile.Dims une allocution prononcée de vaut les membres de l’Economie Strategy Institute, à Washington, le représentant démocrate du Missouri s’en est pris aux dispositions de l’Accord de libre-échange nord-américain dans le domaine de l’automobile.«Est-il dans notre intérêt d’avoir une entente qui permette au Canada et au Mexique de continuer à proté- semble de l’économie.Par contre, l’Alberta et la Colombie-Britannique continueront de mieux faire que le reste du pays, en 1993, en raison de la fermeté du marché du pétrole et de la bonne performance du secteur des services.Les exportations, par ailleurs, permettront une reprise au Québec et en Ontario tandis que les provinces de l’Atlantique ne connaîtront qu’une faible croissance, cette année.Voici d’ailleurs quelques faits saillants des dernières prévisions trimestrielles du Conference Board: ¦ Terre-Neuve continuera à souffrir du moratoire sur la pêche à la morue et d’une lente reprise dans les secteurs forestier et minier.Le projet Hibemia et le renforcement du secteur des services permettront toutefois à la province de connaître une croissance d’environ 2,3%, cette année.¦ L’Ile du Prince-Edouard connaît un mini-boom dans le domaine des dépenses à la consommation.I>e projet de liaison routière entre l’île et le continent devrait lui permettre d’atteindre un taux de croissance de 3,1%, le plus important des Maritimes.ger leurs industries automobiles?», a-t-il lancé.A l’issue de son discours, M.Gephardt a déclaré aux journalistes que les Américains faisaient face à des restrictions excessives au Canada et au Mexique dans le domaine de l’automobile.Il a affirmé qu’en vertu de l’accord nord-américain, ces restrictions ne disparaîtront complètement qu’au bout de 10 ans, et que ce n’est qu’alors que les mêmes règles du jeu s’appliqueront à tout le monde.Le Mexique éliminera son Décret de l’auto 10 ans après l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange.Ce décret était vu comme une mesure protectionnsite qui causait des distorsions dans les investissements et restreignait les importations.Les restrictions que voit M.Ge- ¦ La Nouvelle-Écosse continue à subir l’impact de nombreuses pertes d’emploi et ne connaîtra très probablement pas une croissance digne de mention avant l’an prochain.La croissance, cette année, pourrait y être de 1,4%.¦ Le dernier budget du Nouveau-Brunswick, qui comporte des augmentations de taxes et des réductions de personnels dans le secteur public, réduira les dépenses à la consommation bien au-delà de la présente année.La croissance, pour 1993, sera de quelque 2,2%.¦ La situation de l’emploi nuira à la reprise, au Québec.Les exportations devraient toutefois y porter le taux de croissance à 3,6%.¦ L’Ontario connaît également des moments difficiles, en raison des contrôles imposés sur les dépenses gouvernementales.Le Conference Board prévoit que l’impact de ces mesures se fera surtout sentir l’an prochain et y prévoit une croissance de 3% cette année.¦ Le Manitoba a également pris des mesures pour réduire son déficit, mais on y note une forte reprise dans le secteur manufacturier.Le phardt dans le commerce canado-américain de l’automobile ne disparaîtront pas aussi facilement puisque ces échanges sont gouvernés par le Pacte de l’automobile, qui ne devrait pas être modifié par l’accord de libre-échange.M.Gephardt a soutenu que pour protéger l’industrie américaine, il faudrait prévoir des mesures spéciales en cas de hausse subite des importations d’automobiles.Il a suggéré de profiter des négociations sur les ententes parallèles à l’accord nord-américain pour s’entendre sur de telles mesures.L’accord nord-américain comporte une section sur les modalités d’adoption de mesures spéciales en cas de hausse subite d’importation, mais les Américains sont revenus à la charge C onference Board prévoit même que la dévaluation du dollar, face à la devise américaine, pourra porter la croissance du secteur manufacturier a 7% en 1993.Quant à l'économie du Manitoba, elle croîtra de 2,3% durant la même période.¦ I-e budget de crise de la Saskatchewan, combiné à la mollesse des secteurs de l’agriculture et de la construction, provoqueront une croissance lente d’environ 1,8%, cette année.Le Conference Board admet même que l’impact du dernier budget de cette province pourrait réduire encore ce taux.¦ L'Alberta profitera de la force du secteur pétrolier et d’une importante augmentation des activités dans le domaine de l’exploration minière.Sa croissance, la plus forte au Canada cette année, devrait s’établir à 4,5%.¦ I.a Colombie-Britannique profitera d’une reprise dans les secteurs forestier, minier et manufacturier, en raison principalement d’une augmentation des exportations vers les Etats-Unis.La croissance prévue y est de 4,4% pour 1993 et un peu inférieure en 1994.après la conclusion des négociations principales.Avant même qu’il ne soit élu président, le gouverneur de l’Arkansas Bill Clinton a fait savoir qu’il n'appuyerait l'accord de libre-échange que si des ententes supplémentaires venaient le renforcer au niveau de la protection de l’environnement, des droits des travailleurs et des hausses subites des importations.Ce dernier aspect n’est pas au goût des Canadiens, qui estiment qu’il reviendrait à rouvrir l'accord principal.L’administration américaine s’est depuis montrée un peu plus tiède à ce sujet, sans toutefois abandonner l’idée complètement.M.Gephardt a longuement insisté hier sur l’importance des ententes parallèles pour protéger les intérêts des Américains.MICHEL HÉBERT PRESSE CANADIENNE Ottawa (PC) — Le Canada perdra de l’influence et de la crédibilité en Amérique latine s'il ne signe pas l’Accord de libre-échange nord-américain, soutient un expert en relations internationales.«Si nous ne joignons pas l’ALENA, nos liens politiques avec le Mexique seront affaiblis et le Canada sera perçu plus comme un pays amical favorisant des relations dans les domaines culturels et intellectuels», a déclaré hier à Ottawa, devant le comité sénatorial sur les affaires extérieures, M.David Pollock, de l’Université Carleton, en Ontario.«Nous serions économiquement et politiquement moins importants pour eux», a-t-il ajouté.M.Pollock a souligné qu’en s'excluant de l’ALENA, le Canada perdrait du poids auprès des pays d’Amérique latine et des Antilles, qui verraient plutôt le Mexique comme un intermédiaire plus crédible sur le marché économique nord-américain.Selon M.Pollock, l’ALENA pourrait éventuellement être élargi à d’autres pays d’Amérique latine, soit en y ajoutant des Etats associés aux trois pays signataires, ou encore par le biais d’ententes bilatérales que les trois pays signataires pourraient conclure avec d’autres pays.Le Brésil, le Chili, l'Argentine, le Venezuela et le Costa Rica pourraient y adhérer d’ici la fin du siècle, prédit le professeur Pollock, qui fut directeur de la Commission économique de l’ONU pour l’Amérique latine.«La possibilité d’ententes bilatérales entre les États-Unis et le Mexique et les autres pays d’Amérique latine nuira aux intérêts économiques du Canada», a-t-il déclaré.M.Pollock a expliqué que trois grandes zones commerciales mondiales sont en formation: l’Europe et l’Afrique — avec l’Allemagne au centre —, l'Asie, dont le Japon sera le point fort, et l’hémisphère améri- cain, où les Etats-Unis dominent déjà.C’est ce qu’il appelle les zones deutclmjark, yen et dollar.Les États-Unis et le Mexique continueront d’élaborer une entente commerciale de libre-échange même si le Canada n’y participe pas, selon M.Robert Clark, négociateur en chef adjoint de l'ALE NA pour le Canada.Il a rappelé devant le comité sénatorial que le Mexique avait pris Illative, en 1990, de libéraliser ses tyçps commerciaux avec les États-Unis.),,, «Nous ne pouvions nous limiter à un rôle d’observateur parce qu’il aurait été difficile pour le Canadâ,pe laisser les Etats-Unis et le Mexjqye conclure un pacte commercial, et ensuite signer avec eux une nouvelle entente», a déclaré M.Clark, sèjon qui l’objectif du Canada était de protéger ses intérêts commerciaux,çn ayant accès aux marchés américain et mexicain.0i, «Nous exclure de l’ALENA, ^t,-il insisté, signifierait nous exclurç.du marché mexicain et, dans une cervine mesure, du marché américain»,.Selon M.Clark, il est irréaliste de penser maintenant que l’ALEJNA puisse être modifié ou amendé.e Conseil canadien des ministres de l’Environnement (CCME) a désigné la vallée inférieure du Fraser, le corridor Windsor-Québec et le sud de la région de l’Atlantique comme étant trois régions à problème.D’après l’indicateur fédéral d’ozone troposphérique, qui fait partie d’une série nationale de mesures sur la qualité de l’environnement, la norme maximale acceptable pour l’ozone est souvent dépassée dans ces régions.Environnement Canada.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI B 0 U R A S S A LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSON NF.TTE Rédacteur en chef BERNARD DE S COTE AUX Directeur délégué à l'administration ANDRÉ LECLERC Directeur de l'information BENOÎT AIIIIIN Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, ROC 11 COTÉ Rédacteur en chef adjoinL JEAN ROBERT SANSFAÇON Directeur des publications spéciales (î IIY I) E S II AIE S FAIS CE QUE DOIS L K I) E V 0 I R .I.E M E R C R E I) I | ¦> \| .\ | | •) | A 9 IDEES Les arbres cachent la forêt Le projet de relocalisation des HEC dans le boisé Brébeuf est une conception à la pièce .’«¦TM % kit.ï>* H‘b r ¦.M m hf.u rafi f'.s ."V: (** A »• fqs.-'SjL,?' §vt* V V t ‘ s Af Vw : r -te mt :a i» »$• m.«a j- W; '•VfV «3 UHl A AK*»' WÎîtl a ( HS » I » précié des organismes rencontrés.Ne pas consulter n’est pas bien vu.doit-on comprendre que consulter serait également mal vu désormais?On parle aussi d’«un mur de verre et de béton haut de 140 pieds».L’auteur, nous le supposons, fait référence au bâtiment de la phase II, une phase prévue pour des agrandissements future si nécessaire.Ce bâtiment, d’une hauteur de 34 mètres, voit son toit surmonté d’une petite tour carrée de 9 mètres à la base et de 9 mètres de haut, en rappel de la tour de l’architecte Cormier, qui marque le pavillon central de l’Université de Montréal.Peut-on toujours parler d’un mur de 140 pieds de haut?PHOTO JACQUES GRENIER La maquette du projet de construction de l’École des Hautes Études Commerciales.iCIlv' Pour fin de comparaison, précisons que la façade de la prochaine École des HEC (phase 1), chemin de la Côte-Sainte-Catherine, mesurera 34 mètres de haut.Cette hauteur s’intégre harmonieusement à celles des bâtiments voisins, soit la faculté de l'aménagement, à 27 mètres, le Collège Jean-de-BrébeuL à 33 mètres et l’Hôpital Sainte-Justine, à 40 mètres.L’arrière de l’édifice de la phase I, d’une hauteur de 19 mètres, apeure moins quand on apprend que celle d’une CQncierge-rie située en biais sur le boulevard Édouard-Montpetit fait 16 mètres de haut Un mammouth architectural?Finalement, «la construction d’un mammouth architectural».ne rend certainement pas hommage au magnifique concept de l’architecte Dan Hanganu dont les réalisations lyi ont valu cette année le prestigieux prix Paul-Émile Borduas, octroyé par le gouvernement du Québec.A ce sujet, nous laisserons s’exprimer un autre expert de l'Université de Montréal, M.Yves Dechamps, qui affirmait, dans un mémoire soumis au CCA, être en faveur du projet des HEC.Il y soulignait entre autres la confiance que lui inspire l’arclutecte qui «a su traiter ave sensibilité et justesse plusieurs situations urbaines complexes dont le meilleur exemple est peut-être le Musée de Pointe-à-Calliçre.» L'École des HEC, établie depuis 23 ans sur le campus de l'Université de Montréal et dans le quartier Côte-des-Neiges, n’est pas «un promoteur», mais une citoyenne corporative qui fait aussi partie de notre patrimoine collectif.Elle a donc voulu doter ses étudiants et la population d’un édifice qui s’inscrive le plus harmonieusement possible dans son environnement physique et humain.C’est pourquoi le trafic automobile a été volontairement confiné à l’artère Côte-Sainte-Catherine et que la circulation piétonne sera concentrée sur la la rue Louis-Colin, en direction du métro; c’est pourquoi, aussi, la création d’un pare, en remplacement du stationnement actuel de la faculté de l’aménagement, a été proposée; c’est également pourquoi les consultations auprès des divers organismes qui ont à coeur le développement du quartier Côte-des-Neiges ont été entreprises dès l'automne dernier.Le projet de construction des HEC, c’est aussi cela.Un projet qui comporte des contraintes, certes, mais qui offre aussi de nombreux avantages dont pourra bénéficier une large collectivité.ïttVl.T m A 10 i.!¦: i) !•: v » i it , i.k m k h c h k » i 12 m a i 1 !» !» 3 E N BREF ?DES RÉACTIONS ALARMISTES, DIT URGENCES SANTÉ LE DEVOIR — La direction d'Ur-gences Santé trouve «inutilement alarmistes et mal fondées» les réactions de quelques médecins et représentants municipaux regroupés dans une nouvelle coalition sur les services d'urgence pré-hospitaliers.Cette coalition déclarait lundi que la nouvelle formation des techniciens ambulanciers d'Urgences Santé, qui doit être complétée d'ici l'été, ne correspondra pas aux nonnes nord-américaines en vigueur.On sait qu'Urgences Santé entreprend actuellement de retirer les médecins sur la route et de mieux former ses ambulanciers aux procédures d'urgence.Urgences Santé rappelle que le retrait des médecins sur la route et leur affectation à des fonctions de fonnation et surveillance de la qualité des soins s’effectueront progressivement et au fur et à mesure que les techniciens ambulanciers auront eu la fonnation adéquate.La réforme est tout à lait cohérente avec les travaux menés depuis plus de deux ans par le comité aviseur présidé par le Dr Pierre Fréchette, coordonnateur médical des services préhospitaliers d’urgence et de la traumatologie pour le Québec, soutient la direction de l'organisme.-?- VERDUN À L’HEURE DE LA CONCERTATION LE DEVOIR — Plus de 150 personnes ont participé hier à des «états généraux sur l’avenir de la ville de Verdun», point culminant d’une vaste consultation populaire orchestrée par le maire Raymond Savard.Venus de tous les milieux, les participants ont débattu d’une trentaine de recommandations visant à améliorer la qualité de vie, le développement économique, le développement socioculturel et le développement communautaire de Verdun.En matière d’environnement, notamment, il a été convenu que soit réalisé un vaste programme visant à mettre en valeur les berges du fleuve Saint-Laurent.Ces berges sont de plus en plus appelées à devenir la vitrine de Verdun, ont dit les citoyens.On veut toutefois qu’elles soient aménagées «avec prudence» et quelles demeurent accessibles à tous.Plusieurs participants ont pas ailleurs insisté sur la nécessité pour Verdun d’améliorer l’ensemble de ses communications, tant avec les citoyens qu’avec les médias.Les failles de la Ville à cet égard font en sorte que les perceptions sont fort différentes des réalités.Sur le plan de l’habitation, les Verdunois ont exprimé la volonté de voir la Ville mettre sur pied un programme incitatif fiscal pour la rénovation et l’accès à la propriété.-?- INFRACTIONS À LAVAL: VAILLANCOURT S’EXPLIQUE IE DEVOIR — Des 49 condamnations à 43 citoyens de Inval qui ont versé plus d’argent que ne le permet la loi à des partis politiques municipaux des Lavallois, 12 seulement sont le fait de partisans de Parti du ralliement officiel (PRO) des Lavallois du maire Gilles Vaillancourt, a précisé hier M.Jean Bertrand au nom du parti.Les 37 autres cas révélés par le Directeur général des élections lundi sont des personnes qui ont contribué aux trois partis municipaux en lice lors des élections de 1989.«Le PRO ignorait que ces citoyens contribuaient également aux autres partis.Il a donc accepté de bonne foi leur contribution», écrit M.Bertrand dans un communiqué.Le PRO a remboursé dès 1992 les contributions excédentaires des 12 cas portés à son attention, pour un montant total de 5500 $.En conférence de presse, lundi, le directeur général des élections Pierre F.Côté avait souhaité que les citoyens et les partis lavallois lassent un effort pour les élections de 1993 pour mieux se conformer à la loi.Dans un texte publié hier, nous avons malencontreusement baptisé le parti de M.Vaillancourt le Renouveau de laval, alors qu’il s’agit du PRO des Lavallois.Le Renouveau était le parti adverse aux élections de 1989.-?- LA MOITIÉ DES RAPPORTS D’IMPÔT RÉVISÉS Ottawa (PC) — Moins de deux semaines après l’échéance du 30 avril, le ministère du Revenu a déjà révisé la moitié de tous les rapports d’impôt reçois et expédié 7,9 millions de chèques aux contribuables, soit une somme de 7 millions$.Le ministre Otto Jelinek a révélé mardi que 10,4 millions de rapports d’impôt ont été étudiés sur un total de 19 millions.A la même date, l’an dernier, le ministère du Revenu n’avait examiné que six millions de rapports, soit seulement le tiers des 18 millions reçus.-?LE DEVOIR ?- ACTUALITES Débat linguistique «Le bruit» ne dérange MICHEL VEN NE DE NOTRE,BUREAU DE QUEBEC Le ministre responsable de l’application de la Charte de la langue française, M.Claude Ryan, n’est guère influencé par «le bruit» que font les opposants à la loi 86.Pour lui, le rassemblement de quelque 2000 personnes qui ont réclamé le respect de la loi 101 à l’école Ix Plateau, lundi soir, «est une étape familière du processus de tamisage qui doit accompagner l’examen du projet de loi.Nous n’avons rien à dire contre ça, dit-il, hier, à des journalistes».«Tranquillement, un équilibre se dégage des discussions qui ont lieu.C’est comme ça que la démocratie avance».Et le ministre d’ajouter.«Je ne suis pas le genre de personne à être influencée par ceux qui font le plus de bruit».Ces propos fort posés contrastaient avec l’échange costaud qu’il venait d’avoir, en Chambre, avec la porte-parole du Parti québécois, Mme Jeanne Blackburn, qu’il a accusée de véhiculer des «mensonges» sur le dos du projet de loi.Le ministre a dû accepter de retirer ses propos.Il était si en colère, que ses mains tremblaient.Mme Blackburn a soutenu que le projet de loi 86 instituait le bilinguisme officiel au Québec, aussi bien à l’école que dans l’affichage commercial, que dans l’administration.«Ce sera l’anglais et le français partout».Le projet de loi «affaiblit le français comme langue officielle».Qu’est-ce qui a tant changé, depuis 1977, pour ainsi «remettre en question les objectifs fondamentaux de la loi 101?» Ix ministre a répondu qu’au moins une chose n’avait pas changé: «Le manque de respect de l’opposition [xtur la vérité dès qu’on aborde la question de la kingue».M.Ryan demande «où est le problème?» à permettre par l’article 22 du projet de loi 86 à ce que l’enseignement puisse être fait dans une autre langue que le français dans le but d’en faciliter l’apprentissage.Et il qualifie de «simple courtoisie» le fait de permettre explicitement au gouvernement de communiquer par lettre non seulement en français mais aussi en anglais avec les autres provinces ou les personnes morales au Québec.Le ministre «ne souscrit pas aux frayeurs que Mme Blackburn essaie de répandre parmi la population quant à l’avenir du français».A cet égard, il demande de regarder «l’ensemble de la politique du gouvernement», aussi pas Ryan bien en éducation qu’ailleurs, et non uniquement le projet de loi pour juger de son action en matière de promotion du français.Il accuse la députée péquiste de «dérailler» lorsqu’elle lui reproche de «céder aux requêtes répétées des lob-byistes anglo-Québécois, qui sont nombreux au sein de son parti».Ix chef péquiste Jacques Parizeau, a pour sa part accusé le gouvernement d’avoir «ouvert une diversion en provoquant une crise linguistique absolument inutile» afin de masquer ses échecs au plan économique.Aujourd’hui, le PQ proposera à l'Assemblée nationale une motion selon laquelle les consultations publiques sur le projet de loi, du 18 mai au 2 juin, «seront incomplètes et superficielles», sans «la divulgation préalable des projets de règlements d’application du projet de loi 86, qui seuls indiqueront toute l’étendue de l’altération de la Charte de la langue française».Ix projet de loi, rappelle le PQ, rétablit le bilinguisme dans l’affichage, mais le gouvernement se réserve le IxHivoir de déterminer, par règlement, les cas ou les conditions où l’affichage public doit se faire uniquement en français, sans prédominance du français ou uniquement dans une autre langue.TRUST Les banquiers étonnés SUITE DE LA PAGE 1 sa conclusion, sera gelé tant et aussi longtemps qu’un juge de la Cour d’appel ne se sera pas penché sur ce dossier.Un processus qui pourrait prendre un an avant que la cause soit entendue.Cela étant, après analyse approfondie par les avocats de la Banque Nationale du verdict formulé par le juge Durand, cette institution a préparé à l’attention des dirigeants de ses succursales un mémo dans lequel il est souligné qu’il «s’agit seulement d'un cas d’espèce sur une clause particulière d’un contrat de prêt d'une institution financière (Trust Général).On ne peut pas tirer de conclusions d’application générale pour d’autres contrats de d’autres institutions.» Après avoir rappelé que ses contrats prévoient le remboursement avant terme d’un prêt hypothécaire «moyennant paiement d’une pénalité fixée au contrat», la Banque Nationale précise que ses «contraLs ne sont pas visés.La légalité de nos contrats n’est nullement mise en cause par le jugement qui n’aborde pas cette question précise».En conséquence, le mémo indique que la politique en matière de paie- ments par anticipation est maintenue.En marge du Symposium sur l’industrie financière canadienne, M.Richard Carter, premier vice-président, gestion des produits de la Banque Nationale, a fait part de son étonnement qu’il a illustré en ces termes: «C’est comme si un locataire, parce qu’il aurait trouvé un logement plus intéressant que celui qu’il occupe présentement, décidait de casser son bail.» Autrement dit, «le locataire aurait le droit de partir sans que le propriétaire ait le droit de modifier les règles du jeu».Vice-président exécutif de la Standard life, M.Claude Garcia, un actuaire de formation, a expliqué au cours d’un entretien qu’après une lecture attentive de l’exposé arrêté par le juge Durand, il avait identifié bien des contradictions, biens des erreurs de faits.«Lorsqu’il écrit que les institutions n’accordent plus de prêts à long terme, le Juge Durand fait une erreur.» A la page 3, le Juge Durand note: «Ixs prêts hypothécaires sont consentis aujourd'hui à des termes beaucoup plus courts que jadis et les fluctuac-tions du marché n’affectent pas les prêteurs aussi sévèrement que s’ils étaient liés par des contrats de dix, quinze ou même vingt-cinq ans, et, d’autre part, la marge entre le taux auquel le prêteur emprunte et celui auquel il prête est d’habitude assez grande pour tenir coippte de ces fluctuations.» A cet égard, M.Garcia a tenu à rappeler que les institutions accordent des prêts hypothécaires en aval après qu’elles soient allées à la pêche aux dépôts en amont.Conséquemment, si le jugement est confirmé, de poursuivre M.Garcia, «comment pensez-vous que les épargnants vont réagir si tout à coup les institutions leur signalaient que les taux garanties, les taux promis, doivent être réduits?» En fait, si les conclusions du Juge Durand sont cautionnées par d’autres instances juridiques, M.Garcia s’attend à ce que les institutions n’offrent plus que des taux à cour terme.Dans ce contexte, il serait possible que l’industrie bancaire canadienne «vendent par exemple des parts dans un syndicat d’hypothèques, comme c'est le cas aux Etats-Unis, au lieu de vendre des dépôts à terme.» Enfin, selon le vice-président exécutif de la Standard Life «le Juge Durand a oublié que ce n’est plus le Roi (en l’occurence Henri IV) qui fixe les taux, mais bien le marché.» CONSEIL Frulla ne s’avoue pas battue SUITE DE LA PAGE 1 travail de ce dernier.Son nouveau mandat devait faire l’objet d’une appro bation officielle, aujourd’hui, au Conseil des ministres.Une chose est indéniable, le recteur de l’UQAM aurait eu devant lui une so tide équipe, formée de personnalités au coeur des disciplines dans lesquelles elles évoluenL Nous avons appris que les personnes suivantes feront partie du Conseil des arts et des îettres: Mme Monique Mercure, co médienne accomplie et directrice de l’École nationale de théâtre, Luc Pla-mondon, parolier qui milite depuis de nombreuses années pour le droit d’auteur, Ginette Laurin, fondatrice et directrice de la troupe de danse moderne O Vertigo, M.Godefroy- M.Cardinal, ex-directeur du Musée du Québec et professeur, au département des sciences de l'Education de l’UQAM, M.Jean-Claude Germain, homme de théâtre (et présentement membre du conseil d’administration du Conseil des arts fédéral) et M.Pierre Gabriel, ex-sous-ministre.M.Corbo, pour sa part, dirige les destinées de l'UQAM depuis 1986.En 1991, le gouvernement renouvelait son mandat |X)ur cinq ans.Il est avant tout un universitaire et sa fidélité à l’UQAM est très forte puisqu’il y oeuvre depuis les débuts de l’institution, en 1969.Il n’en a pas moins publié des ouvrages et présidé plusieurs jurys.En 1989, M.Corbo avait passé bien près d’être candidat libéral.Il bénéficiait de l’appui du premier ministre, M.Robert Bourassa, mais il s’était finalement désisté après avoir appris que les libéraux du comté pressenti, l’Acadie, ne voulaient pas d’un candidat choisi par le premier ministre.Si la ministre de la Culture tenait tant à annoncer la composition de son Conseil cette semaine, c’était pour permettre au groupe de se mettre au travail rapidement.Car les membres n’auront pas trop du printemps et de l’été pour compléter la mise en place de leur organisme.Il s’agit notamment d’effectuer le transfert des dossiers qui sont présentement attachés au ministère, de manière à être en mesure de gérer, dès septembre, l’ensemble des demandes d’aide des artistes et des organismes culturels du Québec.Il s’agit aussi de faire connaissance avec les fonctionnaires qui suivront leurs dossiers et travailleront désormais au Conseil même.Mme Frulla n’était pas en mesure, hier, d’annoncer une nouvelle date pour une nouvelle conférence de presse.Mais elle refuse de s’avouer battue: «11 y a d’autres candidats et candidates capables de diriger le premier Conseil des arts et des lettres», a-t-elle fait savoir hier.Elle refuse de dire si elle envisage d’offrir la présidence à un des membres du Conseil.(Encore faudrait-il que ledit membre soit disponible).Ix Conseil des arts et des lettres, qui remplira un rôle semblable à celui d’Ottawa (même s’il sera plus proche de la ministre que l’organisme fédéral) est la pièce de résistance de la nouvelle politique culturelle de Mme Frulla.Dans un contexte de compressions gouvernementales sans précédent, Mme Frulla a réussi, en mars dernier, à conserver intact le budget prévu de 42 millions$ du futur organisme culturel.SORCIER Stratégie nerveuse SUITE DE LA PAGE 1 M.Clinton a basé son quartier général à Little Rock et c'est de là que la campagne a été dirigée.Mauvaise tactique?«Non, c’était finalement une excellente idée qui a contribué grandement au succès de la campagne.» Le tandem Carville-Begala peut quand même se vanter d’avoir mené une campagne énergique, toujours prête à répliquer aux attaques, grâce notamment à la mise sur pied du désormais célèbre «cabinet de guerre» au quartier général de Little Rock.Dans ce véritable centre nerveux de la campagne, une cinquantaine de personnes pouvaient répondre en permanence et de manière rapide et coordonnée à tous les aléas de la campagne.Ix campagne de Bill Clinton a peu utilisé les grosses productions publicitaires de style hollywoodien, mais plutôt les petits messages radiophoniques, rapides et variés.Cela était le résultat d’une stratégie qui se voulait nerveuse, rythmée et souple.«Notre conception a changé la façon dont on conduit les campagnes électorales», dit M.Begala.«Les campagnes électorales sont traditionnellement dirigées de façon rigide, avec une structure hiérarchique pyramidale.Nous on a changé tout cela en laissant circuler les idées des uns et des autres.» Ainsi l’idée d’aller à l’émission de faire une apparition et de jouer du saxophone à l’émission de Arsenio Hall venait de Mandy Grunwald, une autre des personnes qui conseillaient Bill Clinton en matière d’image.L’équipe composée de Paul Begala, James Carville, George Stéphano-poulos, de Mandy Grunwald, et d’autres animateurs de la campagne de Bill Clinton, des jeunes dans la trentaine ont apporté avec eux une sorte de nouvelle culture politique.C’est exactement ce que recherchait Bill Clinton: «C’est lui qui nous a engagés parce qu’il voulait précisément ce genre de campagne dynamique.» Consultant pour le Comité national des Démocrates, Paul Begala a accompagné M.Clinton dans sa campagne présidentielle l’année dernière à titre de stratège politique pendant que son compère James Carville veillait au grain dans le «cabinet de guerre».Aujourd’hui, M.Begala est aussi commentateur politique à l’émission All Things Considered du réseau National Public Radio.Pour lui, la principale force de la campagne de Bill Clinton est que le président avait su s’entourer de gens avec lesquels il se sentait en harmonie.Des gens.de la classe moyenne; celle qui aux États-Unis fait ou défait une élection.Pour le reste, tout est une question «d’intuition, de se laisser guider par son instinct.» Pour ce qui est de l’apparence proprement dite du candidat, M.Begala a bien dû conseiller une ou deux fois au futur président de se faire couper les cheveux, et de s’assurer qu’il était bien maquillé avant de se présenter devant les caméras.Mais rien de bien dramatique.Détail vestimentaire, rien à changer non plus.Si quand même: le président Clinton a un goût immodéré pour les cravates voyantes.Un conseiller (qui n’était pas Paul Begala), l’a mis au régime des cravates conventionnelles et insipides pendant la campagne.«Cela lui a fendu le coeur, mais maintenant vous pouvez remarquer qu’il s’est remis à porter des cravates rigolotes.Bon, d’accord: il en avait une avec des montgolfières dessus, (hot air balloons).Cela aurait amusé les journalistes.Mais honnêtement, je ne crois pas que les Américains vont décider de voter pour ou contre quelqu’un à cause de sa cravate.» EXODE Un phénomène urbain SUITE DE LA PAGE 1 de 125 000 personnes.C’est l’Ontario qui a subi les plus grandes pertes de population en cinq ans (223 000).Des pertes qui furent toutefois largement compensés par l’entrée massive de nouveaux arrivants (270000).On apprend par ailleurs que ces migrations touchent surtout les régions métropolitaines.Ainsi, la grande région métropolitaine de Montréal a vu sa population fondre de 30 000 personnes entre 1986 et 1991.Comparativement, plus de 115 000 personnes quittait la ville de Toronto au profit d’autres villes ontariennes.Pendant ce temps.Vancouver (40 000) et Ottawa-Hull (25 000) recensaient les plus forts gains de population au pays.Par ailleurs, la série de chiffres dévoilés par Statistique Canada révèle aussi que le niveau d’instruction des Canadiens a atteint en 1991 un niveau historique.Bien que le décrochage soit sur toutes les lèvres, le nombre des Canadiens scolarisés va croissant et de plus en plus de jeunes investissent ies bancs d’école, affirme l’organisme fédéral.Au pays, le nombre des Canadiens détenteurs d’un diplôme d’études postsecondaires a atteint le sommet inégalé de 43% en 1991, alors qu’il plafonnait à 36% en 1981, révélaient hier les derniers chiffres publiés par Statistique Canada.En 10 ans, le nombre des bacheliers a fait un bond de 63% au Canada, celui des titulaires de maîtrise a grimpé de 78% tandis que les détenteurs d’un doctorat doublait.Dans l’ensemble du pays, au moins 15% des personnes âgées de plus de 15 ans détiennent un diplôme universitaire.De 1981 à 1991, le nombre des diplômés d’universités est passé de 1 à 2,4 millions.Aujourd’hui, presque la moitié de ces diplômés sont des femmes.En fait, la représentation féminine à l’université a plus que doublé en dix ans, augmentant de 157% depuis 1981, comparativement à 85% chez la gent masculine.A la petite école, la fréquentation scolaire est aussi fortement en hausse.Pas moins de 80% des jeunes sont sur les bancs d’écoles, comparativement à 66% il y a une décennie.Et ce, même si le nombre absolu des écoliers âgés de 15 à 19 ans a diminué en six ans au Canada.On parle fréquemment de décrochage, pourtant, en proportion, il y a plus de jeunes qui fréquentent l’école secondaire qu’en 1981.Si, en 1991, le tiers des Canadiens n’avaient pas obtenu de diplôme d’études secondaires, la plus forte proportion des peu instruits se situe chez les personnes plus âgées (64% à 65 ans).Parmi les jeunes de 5 à 24 ans, seulement 15% n’ont pas achevé leurs études secondaires, selon Statistique Canada.Chez leurs aînés de 20 à 24 ans, le taux de fréquentation scolaire a bondi de 19% à 32% en dix ans.Chômage, récession, pénurie réelle ou appréhendée d’emploi expliquent cette ruée soudaine, selon l’organisme.D’ailleurs, le partage études-travail est devenu la marque de la décennie dans le groupe de cet âge.Au moins le tiers des jeunes de 20 à 24 ans travaillent et étudient à temps plein, soit deux fois plus qu’il y a dix ans.Mais cette ruée scolaire ne se manifeste pas partout de la même façon.Ixs techniques et métiers du génie et des sciences appliquées étaient les plus courus en 1991, suivis par les sciences de la gestion et des affaires, puis par les sciences et techniques de la santé.Ix parent pauvre des études collégiales et universitaires demeure le secteur des sciences physiques, fréquenté par le plus petit nombre d’étudiants depuis 1986.Une décision mal accueillie SANG SUITE DE LA PAGE 1 Me Godin a appris en juin 1988 qu’il était séropositif.«On m’avait dit que peut-être je serais malade.Mais personne n’était certain de riep», a-t-il dit.A partir du début de 1991, les hémophiles ont discuté avec le gouvernement du Québec de la possibilité de créer un programme d’indemnisation.«On nous avait dit de ne pas faire de vagues», a dit Me Godin.«En désespoir de cause», il a déposé sa demande de recours collectif notamment parce qu’il constatait que «les négociations avec Québec ne menaient à rien».C’est en septembre 1991 que Me Godin a déposé sa demande de recours collectif.C’était trois mois trop tard.Me Godin déplore que la Cour d’appel ait interprété de façon «trop stricte» la disposition du Code civil en la matière.«En droit commercial, les délais pour exercer un recours peuvent s’étendre jusqu’à cinq ans.On de- vrait être plus généreux lorsqu’il s’agit de la vie humaine.Le droit médical, c’est tellement nouveau», a expliqué Me Godin.Avec son avocat, il doit maintenant décider s’il déposera une demande d’en appeler de la décision de la Cour d’appel devant la Cour suprême.«On verra», a-t-il dit.C’était la seule demande de recours collectif déposée par les hémophiles séropositifs, assure Me Michel Savanitto, l’avocat de Me Go-clin.Il existe cependant des recours individuels déposés au nom de personnes transfusées.Des hémophiles ont mal accueilli la décision de la Cour d’appel.«C’est désolant.On doit se tourner vers Québec», a dit Jean-Daniel Couture.Four le moment, Me Godin dit espérer que le ministre de la Santé et des Services sociaux, Marc-Yvan Côté, aille dans le sens çle son homologue de la Nouvelle-Ecosse.Récemment, a la veille du lancement d’une campagne électorale dans la province, le gouvernement néo- écossais a annoncé qu’il créait un programme d’indemnisation pour îes hémophiles.En fait, Québec a entamé de nouvelles discussions avec les représentants de la la Société canadienne de l’hémophilie — section Québec.En février dernier, ies représentants des hémophiles et ceux du ministre de la Santé et des Services sociaux s’étaient rencontrés dans le but de discuter du principe d’accorder une indemnisation aux hémophiles québécois.«Ix dossier suit son cours», a expliqué Marie-Claire Ouellet, porte-parole du ministre Côté.Depuis quelques semaines, le ministre a promis de déposer «sous peu» un mémoire au conseil des ministres.«Il ne l’a pas fait», a dit sa porte-parole.Elle a toutefois précisé qu’une «bonne discussion entre les ministres permettra de débroussailler le terrain».Ottawa a déjà accordé une aide de 120 000$ aux hémophiles séropositifs canadiens.Ceux-ci ont reçu leur dernier versement en avril dernier.LE DEVOIR RENSEIGNEMENTS ADMINISTRATION AVIS PUBLICS ANNONCES CLASSÉES PUBLICITÉ NUMÉRO SANS FRAIS (514) 985 3333 (514)985-3333 (514)985-3344 (514) 985-3344 (514) 985 3399 1 800 363 0305 LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 9HOO A 16H30 SERVICE DES ABONNEMENTS Ici numéro! de telephone suivant! sont valables pour le service de livraison par camelot el pour les abonnements poslaus.Montréal (514) 985-3355 a Extérieur (sans frais) 1 800 463-7559 DU LUNDI AU VENDREDI DE 7H30 À 16HB0 SERVICE À LA CLIENTÈLE LE DEVOIR 2050, RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE, MONTRÉAL, (QUÉBEC) H3A 3M9
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