Le devoir, 22 mai 1993, Cahier C
LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 2 E T I) I M A N C 11 E 2 3 M Al I il !) 3 LE THEATRE ABSTRAIT ET NAÏF DE ¦ Sylvain Lelièvre Québec/Canada o» Télévision Page C-2 Cinéma Page C-3 Musique Page C-6 Arts visuels Page C-14 À quelques jours du Festival des Amériques, Robert Lévesque est allé prendre le pouls d’un autre festival, européen celui-là, le MayFest de Glasgow en Ecosse.Un festival populaire, très ancré dans la ville.PAGE C-2 Le metteur en scène américain le plus européen présente son Doctor Faustus Lights the Lights au Festival de théâtre des Amériques I ff» GILBERT DAVID Rejoint au téléphone fin avril au théâtre Vidy de Lausanne par LE DEVOIR, alors qu’il y présentait son Orlando, d’après le célèbre roman de Virginia Woolf, Robert Wilson savait déjà qu’il ne pourrait venir à Montréal pour la série de trois représentations de Doctor Faustus Lights the Lights, du 10 au 12 juin, avec lesquelles se terminera la 5e édition du Festival de théâtre des Amériques.Le concepteur a toujours plusieurs fers au feu et il mène de front plusieurs projets.Wilson sera donc retenu au même moment à Venise où, pour la première fois, il a été invité à participer à la fameuse Biennale, en y réalisant une installation.Si Wilson venait, il n’en serait qu’à son deuxième séjour ici.En 1980, il avait présenté, devant une public confidentiel, une séquence de Deaf-man Glance dans un loft de l’avenue des Pins, à l’occasion d’un festival de performances organisé par la revue Parachute.Le créateur, avec le compositeur Philip Glass, d’Einstein on the Beach, en 1976, n’était guère connu, de ce côté-ci de l’Atlantique, que des «happy few».L’est-il davantage aujourd’hui ?On peut en douter.Quoi qu’il en soit, le plus européen des artistes américains actuels — il a beaucoup travaillé en Allemagne, notamment avec Heiner Muller — n’a pas renoncé à toucher ses compatriotes.Il parle avec détermination de son projet d’établir à Long Island (New York) un centre international de création, qui réunirait des étudiants et des chercheurs dans différentes disciplines (anthropologie, mathématiques, etc.) à l’intérieur de workshops.Depuis peu, le cinéma l’intéresse aussi, et il est sur le point d’achever plusieurs films, dont l’un avec la danseuse Trisha Brown.La manière Wilson Gertrude Stein a écrit Doctor Faustus en 1938, en rêvant que son texte devienne le livret d’un opéra.Sa pièce n’a été créée à New York qu’en 1951, trois ans après sa mort.Wilson .qui a, ces dernières années, dirigé de nombreux opéras (Wagner, surtout, et Mozart), a demandé au compositeur allemand Hans Peter Kuhn d’écrire la musique de son Doctor Faustus, qu’il a réalisé avec des étudiants en art dramatique de l’ex-RDA.La première eut lieu le 15 avril 1992 au Théâtre Hebbel de Berlin.Cette pièce désinvolte et dédramatisée sur le mythe faustien est jouée dans sa version anglaise originale par des interprètes allemands, ce qui est significatif de l’approche de Wilson pour qui le texte est un matériau comme les autres, privé de son importance centrale habituelle.Depuis toujours, Wilson aime à travailler avec des non-professionnels.«Je trouve important de faire appel à toutes sortes de voix, professionnelles ou non, dans une sorte de contrepoint explique l’homme de théâtre.J’apprécie les artistes qui ont poli leur art et je trouve aussi intéressant de faire appel à des jeunes gens inexpérimentés qui apportent avec eux une très grande disponibilité à ma façon de faire.Les uns épaulent les autres, et réciproquement » Inventeur du théâtre d’images ?Concepteur minimaliste ?Visionnaire postmodeme ?Créateur hyperformaliste ?De telles étiquettes, qui VOIR PAGE 2: WILSON Guylainc Laperrière e*4NSOH** Interprètes auteurs ou composit cP \ * en h/ Amgm * • £ formation erfectionnement.iNTtR/ta Daniel DcShaitnc Quebec / Canada Christian Dente France MOnica Passos Brésil Secrétariat d'Etat du Canada l+l SOCAN LES RENCONTRES INTERNATIONALES DE LA CHANSON FRANCOPHONE du 20 au 29 août 1993 — Centre d'Arts Orford 10 jours de spectacles inédits, de conférences et de «coaching» avec des artistes-pédagogues de réputation internationale dont: 0*4NSOH Michel Lemieux Québec/Canada .-Vilain Leprest France États-Unis Mmutère de la Culture du Québec Communications Canada l+l Emploi et Immigration Canada INI O /INSCRIPTION : (514) 671-5696 D1C t LE DE V 0 I R , LES SAMEDI 2 2 ET I) 1 M A X C II E 2 3 M A I 199 3 WILSON Il récolte ovations et huées à chacune de ses productions SUITE DE LA PAGE 1 témoignent tant bien que mal des tentatives de classement de la manière Wilson, se butent à la souveraine opacité d’un théâtre comme au-delà du théâtre, dont cet artiste scénique a le secret.L’Américain qui récolte ovations et huées à chacune de ses productions, fait surtout carrière en Europe depuis vingt ans, après la «découverte» en 1971, à Paris, de l'étrangeté spatio-temporelle et de la configuration hiératique de son Deafman Glance (Le Regard du Sourd), un spectacle sans paroles, créé la même année au Brooklyn Academy of Music.Né à Waco (Texas) en 1941, Robert, dit Bob, Wilson est vite devenu un New-Yorkais d’adoption, en laissant à jamais derrière lui cette bourgade texane, dont il se souvient — si on insiste, en lui pointant les événements tragiques qui y ont eu cours dernièrement — sous les traits d’un monde ultra-conservateur ci diablement puritain.11 étudie l’architecture à New York de 1963 à 1965, après avoir tâté de la peinture à Paris — il n’a jamais cessé de peindre et de dessiner — et commencé des études universitaires au Texas où il fait surtout du théâtre avec différents groupes d’enfants.Un théâtre des formes pures Une des clés de l’oeuvre de Wilson est justement la fascination qu’exercent sur lui les entants à ses débuts, notamment ceux qui éprouvent des difficultés à s’exprimer verbalement.Wilson a en effet conçu plusieurs de ses spectacles au contact étroit d’enfants autistiques ou déficients mentaux, en particulier l’autiste Christopher Knowles qui jouera dans deux de ses productions : Ka Montain Guardenia Ter-race en 1972 et A Letter for Queen Victoria en 1974.Il en résulte un univers où toute intention de communiquer est suspendue au profit d’un entrelacement de figures, de plans, d’objets, d'effets lumineux et de personnages énigmatiques, qui s’apparente à la composition sérielle en musique ou à l’arrangement architectural.«Je n’essaie pas de fixer un sens.Ce qui m’intéresse, ce sont les relations entre les formes.Je suis très méthodique dans la recherche d’une structure, mais celle-ci n’est jamais prédéterminée.Au fil des répétitions, je sélectionne parmi plusieurs idées et j’organise peu à peu différentes atmosphères visuelles et sonores.Ce que c’est, ici et maintenant, importe plus que de savoir pourquoi.J’ai constaté (pie, plus on procède automatiquement, sans se poser de questions, plus on devient libre.Je demande aux interprètes d’improviser et j’enregistre le tout sur vidéo.Je leur fais voir ce qu’ils ont fait et le travail avance dans ce va-et-vient entre les improvisations et les visionne-jnents.Ma seule exigence face à l’acteur est qu’il n’impose pas ses propres émotions au public.» Avec Wilson, la scène se transfigure en tableaux tridimensionnels pour rêveurs éveillés, elle s’offre en tant qu’espace méditatif, propice à toutes les associations libres qu’une extrême lenteur d’exécution laisse affleurer.Malheur au spectateur qui, tout à son inquiétude de comprendre et d’arrêter un sens, chercherait à plaquer sur cette représentation (qui n’en est peut-être pas une, finalement) la logique, les Référents, les codes, en un mot la narrativité du théâtre conventionnel ! Ce théâtre ne raconte rien, ou si peu, parce qu’il matérialise une dérive analogique des sens, une expérience de l’abandon à l’être-là de l’espace, de la lumière, du silence (jusque dans les mots eux-mèmes) et du Temps.Ce qui n’interdit pas l’humour et fa légèreté, au contraire.Ce jeu des formes, à la fois abstrait et naïf, très dépouillé et d’un rare perfectionnisme, vient bousculer les habitudes perceptuelles des spectateurs et les invite à appréhender (.imaginaire autrement.La théâtralité de Bob Wilson est unique et paradoxale, au croise-jiKat, si on veut, de ce qu’ont pu être les mystères médiévaux (la spiritualité y a sa place de même que la mythologie et la symbolique occidentales), du théâtre Nô et d’une allégorie postmodeme qui célébrerait, avec un sublime ; détachement, la fin des idéologies et la Beauté (devenue suspecte auprès des Modernes iconoclastes) en elle-même.Un théâtre des tonnes pures, pour tous.THÉÂTRE Le «baiser de Glasgow» ROBERT LÉVESQUE LE DEVOIR As rare as a Glasgow Kiss : le slogan du festival de Glasgow attire l’attention lorsqu’on débarque dans la grande ville portuaire d’Ecosse.Qu’est-ce qu’un «Glasgow Kiss»?On vous le dit avec la malice nécessaire, un «Glasgow Kiss».c’est un baiser violent, qu’on se donne front contre front les soirs d’ivresse et de bagarre.Parce que Glasgow, dans le Royaume-Uni, c’est la ville qui traine une mauvaise réputation depuis les années 60, une réputation qu’on dit injuste aujourd’hui (d’où le slogan) mais les réputations ont la vie dure.Depuis le début des années 80, le May-Fest, un grand festival populaire ouvert sur le théâtre, la danse, la musique, qui a lieu durant plus de trois semaines à tous les mois de mai, sert à contrecarrer d’édition en édition cette réputation de ville laide et agressive.Mai, à Glasgow, malgré la pluie et les ciels bas, est un mois de fête, le MayFest est présent dans la ville (on compte près de 500 performances tous genres confondus), on voit partout sur les murs de la ville grise la jonquille emblématique au jaune éclatant, les pubs affichent sur leurs ardoises des «spécial MayFest» ou des «MayFest Late Bar», bref l’événement est majeur dans la ville, inscrit dans la rue, et rejoint plus de 150 000 spectateurs, à 90% des Glaswegians.L’audace ordinaire Robert Robson est le quatrième directeur artistique du MayFest depuis la fondation du festival en 1982.Il en est cette année à sa troisième édition à la barre, dans les bureaux modestes de la rue Albion, à la tête d’une équipe de.neuf personnes.Il orchestre le modeste méga-festival avec un calme qui jure avec le second slogan du MayFest, «le festival le plus effronté d’Europe».Effronté?Rob Robson précise qu’il y a dans la nature écossaise un désir profond de «provoquer», quelque chose comme une audace ordinaire que le MayFest prolonge, favorise, installe, sur laquelle on mise, comme on a misé en 1990 en invitant le Québécois Robert Lepage alors peu connu à créer pour Glasgow, capitale culturelle de l’Europe cette année-là, sa fresque théâtrale sur la tectonique des sentiments et des continents.Le MayFest a une origine d’esprit socialiste.Dans son histoire de 11 ans on y respire une fronde anti-conservatrice qui s’est faite les dents dans une lutte au «thatchérisme», et il faut se rappeler que Maggie Thatcher avait eu le joli doigté de tester sa poll tax en Ecosse.On la détestera toujours.Robson m’explique que le MayFest est né dans le giron du Labor Movement comme une extension aux célébrations du May Day.En Ecosse, les Travaillistes contrôlent les trois quarts des sièges dévolus à cette «société distincte» dans la Chambre des Communes de Londres.Les rares Conservateurs écossais risquent à tout moment de recevoir des «Glasgow Kiss».Ce festival de mai, donc, est à la fois un grand rassemblement fourre-tout où l’on tro.uve des compagnies petites et grandes d’Ecosse, d’Irlande, d’Europe, certaines invitées, d’autres acceptées, et plusieurs qui squattent le MayFest sans vergogne.On trouve aussi de grands événements, la venue cette année de la Philarmonique de Saint-Petersbourg, des invités de grande réputation (Peter Brook y a donné son Mahabarata en 88 et Victoria de Los Angeles y chante ce mois-ci), et des stars de l’avant-garde comme l’Anglais Cheek By Jowl qui propose ces jours-ci sa lecture subversive d’On ne badine pas avec l’amour de Musset! Retour aux sources Contrairement à certains festivals plus glamour ou aux rendez-vous dunec plus ultra de la modernité, comme ceux de Munich, Londres, Avignon, le MayFest n’a pas l’ambition hégémonique ou le tic snob.On y voit le théâtre qui se fait, autant celui qui relève de la besogne que de l’audace.Toutes les théâtralités sont acceptées.Art à tous les étages.C’est le HLM des festivals.J’y ai vu une compagnie de danse écossaise (oubliez le folklore, tout de même) qui tentait péniblement de faire moderne et nous ramenait, vu du Québec, 15 ans en arrière.Départ à l’entr’acte.J’y ai vu trois pièces de théâtre, deux irlandaises et une écossaise, qui avait toutes la particularité de négliger la scénographie et la En Écosse, il y a une remontée de l’esprit nationaliste, qui, au théâtre, fait se poindre de plus en plus de pièces retours aux sources.technique au profit du sujet et du portrait social, et là aussi on sent le saut en arrière au temps des années 70 québécoises, les années d’affirmation, où l’on fouillait dans notre théâtre le passé collectif, genre Le Temps d’une vie ou C'était avant l(i guerre à l'A)ise-à-Gilles.En Ecosse, me souligne Robson, il y a une remontée de l’esprit nationaliste, un regain dont profite le Scottish National Party indépendantiste et qui, au théâtre, fait se poindre de plus en plus de pièces retours aux sources, des questionnements sur la société écossaise, ses différences, ses particularités, dans un portrait qui n’est pas sans faire penser au Québec d’avant le 15 novembre 76, et sans établir une complicité nostalgique avec les artistes québécois qui sont maintenant nombreux à prendre la route du MayFest et à s’y confronter à une problématique assez semblable à celle du Québec dans le Canada.Cette année, une section du festival est consacrée au Québec, avec les Deux Mondes, Maheu, Ginette Laurin et d’autres.J’ai vu un grand spectacle, le Macbeth du Tron Theater mis en scène par Michael Boyd, celui qui a prodigieusement mis en scène les Belles-soeurs de Tremblay en modem scots.Voir un Macbeth en Ecosse, quel à propos! La «Scottish play» de Shakespeare est finement rafraîchie par Boyd qui fait jouer les sorcières par des enfants et dissimule en coulisse le banquet dont on ne verra que les apartés cauchemardesques de Macbeth (joué superbement par Iain Glen).Lorraine Pintal a vu ce Macbeth.Un projet existe qui veut que Boyd vienne au TNM mettre en scène Macbeth avec des acteurs d’ici., pendant que Pintal irait diriger un Duchanne au Tron.Je viens de passer six jours (un de soleil, cinq de pluie) à Glasgow, avec l’équipe du Théâtre des Deux Mondes qui a eu l’idée de me glisser dans leurs malles.Semaine agréable, où j’ai touché de près la nervosité et le plaisir d’une équipe dont la camaraderie est vive.Plongée dans la réalité arrière d’un spectacle, L'Histoire de l’oie, à l’heure du montage matinal, des italiennes dans le hall d’un hôtel, de la générale d’après-midi, du pépin du soir de première (voir le DEVOIR du 15 mai), et des bouffes d’après-spectacle dans Glasgow sous la pluie, où les vieilles anecdotes retrouvent leur fraîcheur et où, si certains entendaient, le «Glasgow Kiss» ne serait plus rare.¦ Une trilogie de Ramon del Valle-lnclàn Texte français et adaptation Armando Llamas Mise en scène : lean Asselin avec Francine Alépin.lean Boilard.Réal Bossé, Denise Boulanger, Raymond Cloutier, Daniel Desputeau, Diane Dubeau.Catherine Fournier.Daniel Cadouas, Suzanne Lantagne.lacques Le Blanc, Denys Lefebvre.Sylvie Moreau.François Papineau.Anne-Marie Provencher Décor : ludit Csanadi • Costumes : François Barbeau Éclairages : Louise Lemieux • Mise en son : Bernard Bonnier DU 1er AU 29 MAI, ESPACE LIBRE ms Fullum ESPACE LIBRE : 521-4191 ADMISSION : 790-1245 1 PIÈCE PAR SOIR Mercredi, jeudi et vendredi 1ère partie Gueule d'Argent 5, 6.7 et 26 mai 20h30 2e partie L'Aigle emblématique 12.13.14 et 27 mai 20h30 3e partie Romance de loups 19.20, 21 et 28 mai 20h30 3 PIÈCES EN 1 JOURNÉE Samedi et dimanche : t, 2.8, 15.16.22.23 et 29 mai 1ère partie I5h30 2e partie I7h45 3e partie 20h30 rï.'t mm TÉLÉVISION Le réseau ABC présentait cette semaine Wild Paints, une mini-série pour le moins audacieuse, réalisée à grand frais par le cinéastre Oliver Stone.Pourquoi pas un Wild Palms québécois?FAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Un réseau américain, ABC, donne carte blanche au cinéaste le plus controversé de l’heure, Oliver Stone, afin qu’il prépare une télésérie pour la télévision.Nous en avons vu le résultat cette semaine, un film parfois bizarre, parfois éclaté, aux images futuristes et au propos souvent choquant.Que l’on ait aimé ou non, il faut saluer l’audace du réseau qui n’hésite pas à prendre des risques et dépenser, on le devine, beaucoup de sous.Les réseaux américains ont beau être en crise, leurs moyens financiers n’ont évidemment rien à voir avec ceux de nos télédiffuseurs.Et pour un producteur dont la série se retrouve dans les salons de l’Amérique, il y en a 50 qui ont également eu carte blanche mais dont les «produits» ne traverseront jamais l’écran.Et s’ils se retrouvent à l’horaire, il n’est pas dit qu’ils feront la saison si leurs série ne décolle pas.Faites l’exercice.Regardez le nombre de nouvelles émissions que les réseaux américains lancent à l’automne et, à l’approche des Fêtes, voyez combien il en reste.Des conversations que nous avons eues, ici, avec différents responsables de la programmation d’émissions québécoises, il ressort clairement que la pratique «carte blanche» ne pourrait tout simplement pas exister car si un télédiffuseur investit dans une série, il la présentera à l’écran, rentabilité oblige.Et tant pis si elle est pourrie.Flairer les navets Le téléroman La montagne du Hollandais à TVA est un bon exemple.Personne à TVA ne cache sa déception.Le téléroman n’a pas décollé, l’action était trop lente et les dialogues trop creux.Mais Michel Chamberland, le vice-président à la programmation, ne songe pas un instant à le retirer de l’horaire.«Nous allons améliorer le produit et le rentabiliser», déclarait-il il y a quelques jours.Le même drame s’est produit à Radio-Canada il y a quelques années avec CTYVON, décidément très ordinaire.« Iæ coût de l’émis- sion avait été tel que l’on ne pouvait la remplacer», expliquait, cette semaine, un membre de la direction de la Société d’Etat.La navet demeura donc en ondes le temps d’une saison.Ces impératifs financiers expliquent pourquoi les commandes effectuées auprès de réalisateurs demeurent très bien encadrées, même lorsque des cinéastes réputés sont sollicités.La télésérie Shehaweh, par exemple, qui fut confiée à Fernand Dansereau et à Jean Beaudin fut minutieusement suivie par Radio-Canada.C’est cette hésitation à prendre des risques qui fut à la source de la décision de Radio-Canada de mettre la hache dans le projet de série sur René Lévesque.Le projet n’était pas très avancé et aurait pu être très bon.Trop de doutes cependant avaient déjà été soulevés sur la qualité du texte.Contrairement aux Américains, qui vont jusqu’au bout de leurs projets, les télédiffusueurs d’ici s’efforcent de flairer les navets le plus tôt possible.De plus, il n’est pas certain que Téléfilm et la Société générale des industries culturelles du Québec, qui investissent dans toutes les productions télévisuelles d’envergure, accepteraient que leurs deniers ne se transforment pas en images sur le petit écran.Il arrive que de petites audaces soient permises.Ainsi, Radio-Canada a, il y a trois ans, donné carte blanche à Frédéric Bach (L’homme qui plantait des arbres), afin qu’il réalise un film d’animation sur le fleuve Saint-Laurent Le film, qui sera présenté à l’automne, remontera sur cinq siècles la grande voie d’eau, ressuscitera des espèces désormais éteintes et posera des questions sur l’avenir du cours d’eau.Que le film soit bon ou non, Radio-Canada devra le passer.Mais dans ce cas, personne n’a aucun doute sur la qualité du produit final.Ça marche fort le hockey! Les cotes d’écoute du hockey n’ont jamais été aussi élevées, à CBC comme à Radio-Canada.Au réseau français, elles frisent le 2 millions certains soirs.Allez donc dire à Gé rard Veilleux qu’il y a trop de sport à la télévision! , Roberto Zucco de Bernard-Marie Koltès MISE EN SCÈNE de Denis Marleau UNE COPRODUCTION DE la NCT.du Théâtre U B U et du Festival DE THÉÂTRE DES Amériques DU 1 2 OCTOBRE AU 4 NOVEMBRE 1 993 ACCIDENTS DE PÂRCOURS UN TEXTE ET UNE MISE EN SCÈNE de Michel Monty UNE PRODUCTION DE TRANS-THÉÂTRE DU 23 NOVEMBRE AU 4 DÉCEMBRE 1 993 M(gTT / ® True West (v.F.) de Sam Shepard TRADUCTION DE Pierre Legris MISE EN SCÈNE DE Brigitte Haentjens DU 1 8 JANVIER AU 17 février 1 994 lo nouvelle compagnie salle Denise-Pelletier L’Ombre de TOI de Sylvie Provost MISE EN SCÈNE DE Sylvain Hétu UNE PRODUCTION Ma chère Pauline DU 1 S AU 26 MARS 1994 Comme il vous PLAIRA de William Shakespeare traduction de Normand Chaurette mise en scène • d'Alice Ronfard DU 5 AVRIL AU 5 MAI 253-8974 ABONNEMENTS DISPONIBLES M A 4 « 2183 I.K I) K V (III!, I.K S S A M K I) I 2 2 K T H I M A X ( Il K 2 8 M Al I il II 8 C Patrick Bergin (Walter Russell) et Robert Joamie (le jeune Avik) dans Map of the Human Hearth, en français Coeur de Métis.Carte du tendre sur fond de banquise Une épopée juste et touchante racontant le choc des cultures et des sentiments MAP OF THE HUMAN HEARTH De Vincent Ward.Avec Jason Scott Lee, Anne Pa-rillaud, Patrick Bergin, Annie Galipeau et Jeanne Moreau.Scénario : Vincent Ward.Image Eduardo Serra.Musique: Gabriel Yared.Aust.-Fr.-Can., 1992.Présenté à l’impérial ALAIN CHARBONNEAU LP Arctique avait été égratigné plus tôt cette saison par f la description de pacotille qu’en avait fait le très pompier Agaguk.Juste retour des choses, les vastes plaines verglacées, les solitudes blanches et les banquises hiératiques du grand Nord québécois font un «come-back» remarquable à l’écran sous l’oeil avisé du cinéaste néo-zélandais Vincent Ward et de son directeur-photo Eduardo Serra dans une co-production qui récupère habilement les contraintes imposées par ce genre d’entreprise.Nunataaq, 1930.Dans un monde intemporel, à l’abri des remous qui agitent l’Occident, Avik mène la vie sans histoire d’un jeune Inuit de 11 ans, orphelin de père blanc et de mère autochtone.Jusqu’au jour où débarque comme un esprit venu du ciel un cartographe de passage, dépêché par le gouvernement pour dresser la carte de ce pays perdu.Se prenant d’affection pour celui qui devient sa mascotte, Walter Russel diagnostique chez ce dernier le mal tuberculeux et obtient de sa famille son transfert à Montréal où le jeune Avik sera traité dans un sénatorium et, le temps de guérir, passera à la moulinette pédagogique d’une nonne Ueanne Moreau, parfaite), non sans nouer une idylle avec une autre jeune métisse de son âge, Albertine, moitié Blanche moitié Cri — de fait, plus Blanche que Cri, et consciente que pour réussir dans la vie, il lui faut apprendre à cacher son origine indésirable.Séparé d’Albertine, Avik rapportera de son séjour montréalais la radiographie de ses poumons et le souvenir d’une chanson qu’elle lui roucoulait sur les toits de l’hôpital où ils se livraient aux jeux interdits de deux enfants marginaux.Une décennie a passé lorsque leurs routes se croisent à nouveau à Londres, en pleine seconde guerre, elle mariée avec le cartographe qui a sauvé Avik d’une mort certaine, lui chargé de prendre des photos de repérages du sol allemand pour l’année.Entre les deux, le jeu amoureux reprend là où, enfants, ils l’avaient laissé.Mais depuis, les règles ont changé.Map of the Human Hearth se déroule en un long «flash back» à la première personne, où se mêlent l’Histoire avec une grand hache — celle qui fauche tout le monde — et le drame intemporel d’Avik, qui est celui de tout Inuit vivant aujourd’hui.Le titre français traduit bien le di- lemme qui déchire le protagoniste de Coeur de métisse.A cheval sur deux mondes, rejeté par les siens parce qu’à moitié Blanc et mal toléré par les Blancs parce qu’Esqui-mau, Avik promène son coeur de métisse dans un monde javélisé où il n’est nulle part chez lui.Son intégration au monde occidental passe par l’enrôlement moins volontaire que désespéré dans l’armée, qui le conduit au front où il participera au bombardement de Dresde.Mais c’est le titre anglais qui donne la véritable clef de lecture du film.Entre la carte du tendre et la cartographie du monde, Map of the Human Hearth tile la métaphore avec une implacable rigueur, esquissant selon les mots du réalisateur «la mappemonde des sentiments humains et universels à partir des réactions d’amour et de blessure de deux êtres qui s’aiment».Et de fait, Ward dessine les contours de deux coeurs prisonniers de leurs deux solitudes et trace ainsi au rouge sang la destinée tragique d’Avik, qui s’apparente par plus d’un point à une lente descente aux enfers.Mélodrame en surface, son film est poétique en profondeur, presque bachelardien par la symbolique des éléments qui s’y déploie de façon très particulière.I.es flammes illuminent les scènes apocalyptiques du bombardement de Dresde, filmées en studio comme un ahurissant son et lumière, tandis que l’eau — celle des larmes comme celle des mers — conclut par la noyade d’Avik le drame terrestre dont il a été victime et que l’air est souvent palpable dans les nombreuses séquences aériennes.Un climat poétique, riche et très complexe, baigne tout le film, construit de bout en bout sur un système d’échos qui cimente la mise en scène — les coeurs de phoques qu’on mange cru rimant par exemple avec ceux des hommes, brûlés par la passion.L'interprétation est solide, nourrie par les prestations secondaire de Jeanne Moreau et de Patrick Bergin.D’origine hawaïenne, Jason Scott Lee s'acquitte fort bien d’un rôle qui exige un équilibre constant entre expression et intériorité.Et Anne Parillaud s’affirme comme une comédienne polyvalente, capable de jouer autre chose que la Nikita à laquelle on l’a trop vite réduite.Un beau film, qui se démarque singulièrement dans le panorama cinématographique de cet été." Y’a que le resto qui soit trop petit! la.pcjufie.jJ \L TîT jJTL SNACK-BAR ' 302 EST.ONTARIO.MONTRÉAL 842*2040 Clichés en vue.HOT SHOTS! PART DEUX De Jim Abrahams.Avec Charlie Sheen, Lloyd Bridges, Valeria Goli-no, Richard Crenna, Brenda Bakke.Scénario: Jim Abrahams et Pat Proft.Image: John R.Leonetti.Musique: Basil Poledouris.E.-U., 1993.Présenté en 12 copies anglaises et 37 copies en français partout à travers la province.BERNARD BOULAI) La saison des poids lourds américains commence en force cet été avec Hot Shots! Part Deux.Cette parodie «heavy métal» relate la suite des aventures de l’infaillible soldat Topper Harley, le double de Rambo, bête noire de tous les affreux dictateurs de la planète.Renchérissant sur le succès du premier Hot Shots, pastiche plutôt réussi de l’imbuvable et patriotique Top Gun, Jim Abrahams remet ça au centuple, repoussant au-delà de l’imaginable les limites du genre.Rien ne résiste à son épreuve et tous les clichés et stéréotypes du cinéma hollywoodien subissent l’assaut du rouleau coin presseur «ZAZien», du nom de ce fameux trio de choc composé des frères Zucker et d’Abraham qui ont fait du pastiche leur marque de commerce.A leur palmarès, figurent notamment les Airplane!, Top Secret!, The Naked Gun et sa suite, qui se moquaient éperdument des originaux, un peu à la manière de Mel Brooks.Mais, cette fois, la sauce ne prend qu’à moitié et la lucrative entreprise, à force de nous en mettre plein la vue, provoque l’effet contraire et fi- nit par devenir lassante.11 y a à peu près un gag à la seconde et, vous vous en doutez bien, ils sont loin d’être subtils et raffinés.C’est bien sûr tout à fait voulu par le réalisateur qui se fait pratiquement un point d’honneur de charger au maximum ses images de trouvailles visuelles qu’on a peine à déchiffrer tant il y en a.Les clins d’oeil aussi ne manquent lias et ce n’est pas sans un certain plaisir que le cinéphile s’amusera à reçoit-naître ici et là une référence appuyée à Basic Instinct, Apocalypse Now (sans doute la meilleure du film), Terminator .Star Wars , Ij: Parrain , etc.On ne s’v ennuie donc pas vraiment et les imitations du président américain (un croisement entre Bush et Reagan) et de Saddam Hussein ainsi que de Topper/Rambo (Martin Sheen) sont tellement énormes qu’elles réussissent à faire rire.Mais après?Pas grand chose.En récupérant, sans les détourner, les lois du film d’action dans le style «gros bras écervelé à la Rambo», Jim Abrahams n’invente rien.Il impose sa propre recette: faire plus gros et plus débile que le vrai.De cet excès dans le délire et l’absurde, se dégage une impression de vide et d’inutile, mais aussi un sentiment de malaise.Car, encore une fois, ce sont les méchants Arabes, et les Irakiens, clairement identifiés, qui servent de prétexte et d’amuse-gueules aux divertissements,du grand public nord-américain.A quand un film avec Radovan Karadzic, le leader serbe bosniaque, dans le rôle du méchant?PHOTO BRUCE HIKMKUN vfc >-• •f mm 'VV, ¦ V • i*.i: ^ : Charlie Sheen en pastiche de Rambo: mais fa sauce ne prend qu’à moitié.-AUTOMNE OCTOBRE À ALGER’ EST UN DE CES RARES FILMS .DONT ON SORT NON SEULEMENT RENSEIGNÉ, MAIS ÉGALEMENT ÉMU JUSQU'AUX OS, SONNÉ JUSQU'AU MUTISME.NE ME CROYEZ PAS SUR PAROLE.VÉRIFIEZ VOUS-MÊMES I” Huguolte Roberge LA PRESSE -SI ON VEUT SAVOIR OÙ EN EST L'ALGÉRIE TRENTE ANS APRÈS SON INDÉPENDANCE, CE FILM EN EST UNE ÉVOCATION CONCRÈTE, COLORÉE ET ADMIRABLEMENT MENÉE.PASSIONNANT! ?1/2” Francino Laurendeau I F DEVOIR prima film AUTOMNE OCTOBRE À ALGER UN FILM DE MALIK LAKHDAR- HAMINA HUB G TUERA BIEN QUI TUERA LE DERNIER! Max&Jeremie PHILIPPE NOIRET | CHRISTOPHE LAMBERT JEAN-PIERRE MARIELLE jyj un Dm dp CLAIRE DEVERS CENTRE-VILLE wb-film 2001 Universit* melro McGill O "CAPTIVANT de la première â l'ultime séquence.On a envie de retourner voir Olivier Olivier!" - Francine Laurendeau / LE DEVOIR "Comme HITCHCOCK, Holland possède l'art d'étonner le spectateur.Un suspense fort efficace, d'une facture presque parfaite." - Luc Perreault/LA PRESSE OLIVIER OLIVIER UN FILM DE AGNIESZKA HOLLAND (EUR0PA EUROPA) Md* «1 \ illéjguturr» jiud .Le Château Chamylain UN CHEF-D OEUVRE DE COMEDIE!’ c - SERGE DUSSAULT, LA PRESSE LJ; SAVOUREUX, HILARANT, GÉNIAL ET INVENTIF.7 À VOIR ABSOLUMENT!’ - FRANCINE CRIMALDI.CBF BONIOUR /V/T I DRÔLE, l‘FW *\ /* MAGNIFIQUE! PÉTILLANT, À REVOIR! INTELLIGENT.” \ / |§Ç/ JOHA.NNIE PRIMCE.PAULTOUTANT, RADIO-CANADA COUREZ VITE VOIR “ LA CRISE”! ” - PAUL VILLENEUVE.JOURNAL DE MONTREAL LA BANDE DES SIX IRRESISTIBLE! , ON RIT lu BEAUCOUP ET DE GRAND COEUR!” - M -A.LUSSIER.CIBL-FM VINCENT LINDON PATRICK TIMSIT LA CRISE CESAR YriiiTV VfLatu MEILLEUR SCÉNARIO ORIGINAL MAIN SLRDE présente VINCENT IJNIXIN cl PATRK K11MMT dens un Film de ( DUNE SERRFAl Avec /ABOI ANNTK AIANE * (îILliN PRIVAT MIUIFUIAROQIE CHRISTIAN BENBimi Hcc h pinKipjliondcMLRLAPACOME.dc TO ROBERT Atl et deCLTHBUNEVULKEKIMi XciurioctdialoRiioCOUNESUIMAl .ïfrtW.S ST-ADELE 229-7655 Cmpnw Pme « JJ ?ntl! OCX BV STÊFS5T i I.E I) E V II I 11 , I.!•: S S A M E I) I 2 2 E T I) I M A X C II E 2 3 M Al I !) !) 3 I CINÉMA JMN.PV'.:: Mercedes Ruehl campe le rôle de la tante infantile, dans cette adaptattion cinématographique de la pièce Lost in Yonkers de Neil Simon.Un bonbon inodore, incolore et sans saveur LOST IN YONKERS I)e Martha Coolidge.Avec Richard Dreyfuss, Mercedes Ruehl, Irene Worth, Brad Stoll, Mike Damns.Scénario : Neil Simon.Image : John ny E.Jensen.Musique : Elmer Bernstein.E.-U., 1993.Présenté an cinéma Faubourg.ALAIN CHARBONNEAU I flfc' n 1942, après la mort de sa femme, un New-Yor-kais, qui veut poursuivre une carrière dans le sud, confie ses deux jeunes enfants, Jay (Brad Stoll) et Arty (Mike Damus), à leur grand-mère Kurnitz (Irene Worth), une tatie arienne, dure comme la pierre et raide comme l’acier, qui tient avec sa fille, l’excentrique tante Bella (Mercedes Ruehl), un magasin de bonbons et de friandises.Pendant leur séjour, un oncle de passage (Richard Dreyfuss) , qui trempe jusqu’aux aisselles dans des activités on ne peut plus louches, leur enseignera à survivre au régime militaire imposé en haut lieu par sa marâtre de mère.Entre la médecine amère de l’une, les douceurs sucrées de l’autre et la délinquance amusée du troisième, les gosses apprendront que l’amour est chose possible même dans une famille où rien n’échappe à la machination oedipienne et où les rapports ont passablement fermentés au fil des ans.Tiré de la pièce «pulitzérisée» de Neil Simon, Lost in Yonkers est l’exemple parfait du film de producteur, cuisiné sans passion et misant pour l’essentiel sur quelques prestations d’acteurs - au demeurant assez bons - qui trahissent de façon flagrante la théâtralité du texte d’origine.La recette a du reste déjà fait ses preuves, puisque le film marque la 1 le collaboration entre Simon et le producteur Ray Stark, auxquels on doit déjà, parmi d’autres, The Goodbye Girl etThe Sunshine Boys.Aux cuisines de cette comédie dramatique inodore, incolore et sans saveur : la cinéaste Martha Coolidge, elle plutôt qu’une autre pour la simple raison que son précédent film, Rambling Rose, naviguait sensiblement dans les mêmes eaux, assaisonnées d’Amérique mythique des grandes années et de personnages de femmes marginales.Mercedes Ruehl, qu’on reverra cet été aux côtés de Schwarzenegger dans The Last Action Hero qui est présentement de la fête cannoise, interprète avec tous les débordements nécessaires la tante infantile, mésadaptée, un pied solidement ancré dans le monde des enfants quelle chouchoute, et qui revoit dix fois les films de Bette Davis et de William Holden.Irene Worth campe au marteau-pilon la mégère qui ne se laisse pas apprivoiser et dans la peau du mafioso, Richard Drey-fuss, quant à lui, fait trois petits tours et puis s’en va, nous livrant selon sa détestable habitude son petit numéro de cirque qui lui assure un nom au générique et un chèque à la fin du mois.En fait, le meilleur du film reste peut-être la bouille impayable du jeune Mike Damus, qui décline les répliques les plus hilarantes sur un ton impassible, avec un je-m’en-foutisme exemplaire.Pour le reste, cette comédie à l’Américaine passera sur les écrans comme ses nombreuses soeurs jumelles de l’été, juste le temps qu’il faut pour qu’on ne l’oublie pas sitôt après l’avoir vue.Le meilleur du film reste peut-être la bouille impayable du jeune Mike Damus Pauvre Canada Des insulaires pointent des missiles contre le Mont Rushmore et Canada’s Wonderland (?!) BURIED ON SUNDAY De Paul Donovan.Avec Paul Gross, Denise Virieux, Henry Czerny, Maury Chaykin.Scénario: Paul Donovan et Bill Fleming.Image: Us Krizsan.Musique: Marty Simon.Canada, 1992.Présenté au Cinéma de Paris BERNARD BOULAI) Pratiquement absent de nos écrans montréalais, le cinéma-canadien-anglais existe pourtant.Difficilement, mais il existe tout de même.Peu reconnu chez lui, il ne l’est pas davantage à l’extérieur de ses frontières.En effet, à part les films de Cronenberg, Egoyan et Ro-zema (qui, ceci dit, n’attirent pas les foules), rares sont les oeuvres des provinces voisines qui arrivent jus-cju’à nous.Ne serait-ce que pour cette raison, la sortie de Buried on Sunday de Paul Donovan constitue un événement en soi.Malheureusement pour ce film, le rendez-vous tant espéré avec le public québécois — ou un autre — n’aura pas encore lieu.C’est bien simple: ce film souffre du même syndrome qui frappe la plupart des productions canadiennes grand p u b 1 i c.11 y manque une façon de faire, une maîtrise dans l’art de la mise en scène, un style propre, du caractère; bref, ce qui fait la marque d’un auteur.Le résultat est un produit mièvre et plat, sans grande saveur, pauvre visuellement, très conventionnel et finalement inoffensif.Et pourtant, paradoxe des paradoxes, Buried on Sunday est sans doute le film canadien le plus subversif qui soit.C’est une charge politique féroce qui dénonce la tyrannie exercée par le pouvoir central d’Ottawa, ses politiciens pourris, ses lobbyistes mafieux, ses politiques économiques ultralibérales, son asservissement à Washington et ses magouilles avec les technocrates de Bruxelles.L’establishment politique actuel en prend plein la figure.Le prétexte de cette farce satirique prend pour cadre 111e imaginaire de Solomon Gundy, supposément située en Nouvelle-Ecosse, dont la principale, pour ne pas dire l’unique activité économique, est la pêche.Mais voilà qu’Ottawa, tel que promis dans un accord secret signé avec la Communauté européenne, interdit toute pêche sur l’île.Pour annoncer la nouvelle, le gouvernement envoie sur place un conseiller ministériel ambigu (Maury Chaykin) et une bureaucrate ambitieuse (Denise Ver-rieux) qui manqueront de se faire lyncher par une population en furie.C’est alors qu’intervient le jeune et beau maire «cool» de la ville (Paul Gross), également pasteur mais bien peu pratiquant.S’appuyant sur un vieux traité liant Pile à la Couronne, il convainc ses concitoyens de se séparer, du Canada! A Ottawa, on ne prendrait pas la chose au sérieux si, la veille, un sous-marin russe équipé d’ogives nucléaires n’avait pas échoué à Solomon Gundy.Echangé contre une camionnette, le submersible tombe entre les mains des insulaires qui pointent ses missiles contre le Mont Rushmore aux Etats-Unis et Canada’s Wonderland (?!) en Ontario.Si Maury Chaykin et Denise Virieux interprètent les émissaires fédéraux chargés d’annoncer à des insulaires, à leurs risques et périls, que la pêche est désormais une activité interdite.r ^ m mM Ottawa ne revient pas sur sa décision d’interdire la pêche sur 111e, les fusées partiront.C’est donc sur le ton de la dérision que Paul Donovan choisit de traiter cette histoire farfelue inspirée du sentiment d’aliénation qu’éprouvent les provinces maritimes vis-à-vis du pouvoir central.L’intention du cinéaste,, lui-même originaire de Nouvelle-Ecosse, est louable: ce n’est pas tous les jours en effet qu’on peut assister à une véritable descente en règle des vénérables institutions canadiennes.Cette insolence et cette envie de montrer un Premier ministre absolument incompétent, se faisant, rudoyer par un Vice-président américain, ne sont pas sans réchauffer le coeur de tout anarchiste qui sommeille en chacun de nous.Mais là où Donovan déçoit ses spectateurs, c’est dans sa manière terriblement conventionnelle et prévisible de racohter, si peu en accord avec le propos subversif qu’il désamorce finalement bien vite.La bombe politique miroitée perd ainsi totalement de son impact.D’incisif et de mordant qu’on aurait espéré, le ton de sa comédie devient mielleux et niais, empruntant un discours naïf écolo-communautaire qui s’enfonce sous le poids des pires bons sentiments.Effet «adoucissant» de l’influence télévisuelle?Probablement.C’est bien dommage.LE CALENDRIER DES ÉVÉNEMENTS MUSICAUX À VENIR en tête STUDIO DE MUSIQUE ANCIENNE DE MONTRÉAL CI.AUDIO MONTEVERDI : LES VESI’RES En commémoration du 350e anniversaire de la mort de Monteverdi 49 artistes sur scène: 26 choristes, 16 instrumentistes et les solistes: Marie-Claude Arpin et Pauline Vaillancourt, sopranos, Michel Léonard et Michiel Schrey, ténors, Michel Ducharmc et Alain Duguay, basses, sous la direction de Christopher Jackson.Le dimanche 23 mai à 20h, en l'église Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrcment 500, rue Mont-Royal Est (Métro Mont-Royal) Information et réservations : 84.3-4007 Association des organismes musicaux du Québec AOMQ EN COLLABORATION AVEC le: ET COOPÉRATIVE LES NUAGES" » IA MOME VERT DE-GRIS - LEMMY POUR LES DAMES De Bernard Borderie.Avec Eddie Constantine.1953 et 1961.En mémoire du regretté Eddie Constantine, qui s’est éteint un peu plus tôt cette année, la Cinémathèque nous a concocté pour aujourd’hui samedi un joyeux programme double, signé Bernard Borderie.Ixi môme vert-de-gris marque l’acte de naissance de l’impayable Lemmy Caution, le personnage de Peter Cheyney qui allait coller à la peau de Constantine tout au long de sa carrière, et jusque dans certains films de Godard et de Fassbinder, qui s’amuseront à en exploiter la dimension parodique.Quant à Ummy pour les dames, il nous entraîne vers la Côte d’Azur où Ix'tnmy se trouve mêlé à une ténébreuse affaire d’espionnage.Une occasion de suivre une nouvelle fois les aventures de ce héros de seconde zone et de se- cond degré, qui tient moitié de 007 moitié de-Rocambole.(Présenté à la Cinémathèque québécoise samedi, le 22 mai à 18h35 et à 20h35).POULET AU VINAIGRE De Claude Chabrol.Avec Jean Poiret et Stéphane Audran.1934.Dans une petite ville de la province française, trois notables convoitent pour leur projet immobilier les terrains de la veuve Cuno, sur laquelle ils exercent des pressions pas toujours très catholiques.Suite à la mort de l’un d’eux, l’inspecteur La-vardin est dépêché sur les lieux pour mener l’enquête.Imbibé de la verve vinaigrée .de Chabrol et travaillé par l’étude de moeurs qu’il aurait mieux valu ne pas étudier, ce polar français compte parmi les belles réussites du genre et figure aujourd’hui, sans rougir, aux côtés des films de Clouzot.(Présenté au Conseivatoire vendredi, le 28 mai à 19h00 en v.o.).THE SAPHEAD De Herbert Blache.Avec Buster Keaton.1920 Un film qu’on n’a pas souvent l’occasion de voir à l’écran — ni même en vidéo — et qui pourtant, à l’époque, consacra Keaton l’égal de Chariot, ce qui n’est pas peu dire.L’homme qui n’a jamais ri incarne ici le fils d’un magnai des mines qui passe pour l’idiot de la famille et qui sauvera, bien malgré lui, son père de la ruine.(Présenté à la Cinémathèque québécoise vendredi, le 28 mai à 18h35 avec accompagnement au piano).Alain Charboinu’mi après MONSIEUR HIRE et LE MARI DE LA COIFFEUSE NOIRET- BOHRINGER- LHERMITTE MIOU -MIOU CAROLE BOUQUET TANGO UNE COMEDIE DE PATRICE LECONTE » nnioouttiÆSM PRODUIT PAR PHILIPPE CARCASSONNE & RENE CIEITMAN njfgEirii DANS CERTAINES SAlltS BERRI 849-1 1280 rue Sl-Dcmt tÎlmIîîôÙvÉl^ÛsÈg®^/1cJrrÉfÔÙrÛm^!4TbrÔssÂrd^^ Du grand Bergman! Fiancine Grimaldi, CBF BONJOUR Iles Enfants du Dimanche un film de DANIEL BERGMAN un scénariode INGMARBERGMAN^ LE DAUPHIN MW'iyL.,-¦ - „ 2396 Bp.iubiffn „l ?ffi Mjl 86 L E I) E V OIK, LES S A M EDI 2 2 E T I) I M A X (’ Il E 2 li M Al I II !l A C 5 Le bazar de l’audiovisuel 1 PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Le gourou du «reality show» en France, Bernard Bouthier, répondra aux accusations de perversion de ses détracteurs.Le directeur international de la publicité de Benetton, Pascal Somarriba-Brouard, défendra sa stratégie explosive, les directeurs des télévisions tchèque, polonaise et hongroise expliqueront leurs projets.Ce sera une réunion des branchés mondiaux de l’audiovisuel.Ils seront 9000, mercredi, jeudi et vendredi prochains, à déambuler Place Bonaventure, pour entendre des conférences, se familiariser avec les dernières trouvailles technologiques audiovisuelles (comme une paire d’écouteurs fabriquée en Allemagne, qui se vend 14 000$) et brasser des affaires, vendre des émissions etc.Pour les »branchés» L’initiative de ce grand happening revient à M.Claude Desjardins.Il y a dix ans, ce comédien au chômage eut l'idée de lancer une revue, Qui fait quoi, qui contiendrait un répertoire des maisons de production et de leurs projets.Ainsi, se dit M.Desjardins, je saurai tout avant tout le monde.Mais le comédien devenu éditeur n’a pas eu à s’inquiéter car rapidement sa revue est devenue incontournable pour les branchés de l’audiovisuel (tirage de 7000) et l’occupa pleinement.Cinq ans plus tard, l’éditeur décidait de lancer un salon où les exposants afficheraient leurs produits et feraient des affaires.L’année dernière, il ajoutait un volet«conférences» sur l’avenir de la télévision en mutation.Ajoutez à cela des concours de vidéos d’entreprises et d’innovations technologiques et vous avez une idée de l’événement, qui s’adresse davantage à un public averti qu’à monsieur tout le monde.Mais si vous voulez voir la fabrication d’un logo télévisuel, vous êtes à la bonne adresse.Michel Poirier, un petit futé de 27 ans qui travaille pour SynCom (concepteur de l’écran du Point), sera présent, avec son écran multi-image, qui permet un nouveau système de projection sur écran géant.Ceux que la technologie laisse froids pourront brasser des idées.Le volet «débats» de l’événement s’inspire d’une initiative similaire à l’Université d’été de Carcans Maubuisson (dans la région de Bordeaux).L’institution organise depuis une douzaine d’année des conférences sur les communications audiovisuelles.Le groupe de Bordeaux travaille d’ailleurs avec l’équipe de Montréal au choix des conférences et des conférenciers.Voyeurisme?Dans le volet conférences, le producteur de TF1 Bernard Bouthier aura fort à faire pour justifier les émissions vérité qu’il a lancées sur les ondes de TF1, dont Sexy Folies, Perdu de vue et, plus récemment, Témoin numéro un qui a provoqué une véritable polémique en France et suscité l’ire non seulement de l’Association des téléspectateurs mais des magistrats.Il sera entouré d’Alain Rollat, chef du service médias-communication au journal U Monde, qui s’est maintes fois prononcé contre le «reality show», Johanne Tremblay, une anthropologue qui, dans un récent articel paru dans LE DEVOIR a déploré que la télévision soit devenue un «confessionnal burlesque» et Michel Chamber-land, vice-président de la programmation à Télé-Métropole, qui adoptera une position mi-chair mi-poisson.II défendra certaines émissions (Claire iMmarclie) que son réseau présente, tout en posant certaines limites.Le Québec a aussi sa version des «reality shows» .La plupart sont bougrement efficaces et très écoutés.On pense à Claire Iximarche, à Parler pour parler, à Mongrain de sel et, dans un autre registre à 911.Ces émissions qui donnent la p;iro-le à des gens ordinaires — et qui sont d’inspiration américaine — sont-elles l’expression d’une démocratisation du médium ou la manifestation d’un voyeurisme ne menant nulle part?Cette année, en raison du traité de libre-échange avec le Mexique, ce pays est à l’honneur.Un débat aura lieu jeudi matin, réunissant trois experts mexicains qui expliqueront les forces et les faiblesses de leur système télévisuel et de leurs productions audiovisuelles.Et parleront de leur peur vis-à-vis du libre-échange.Avec ses 85 millions d’habitants, le Mexique représente un attrait pour les producteurs d’ici, il va sans dire.L’Europe centrale est également à l’honneur.Et, encore ici, parions que des auditeurs attentifs aux «besoins» des Européens rempliront la salle de conférence, surtout à une époque où la vente d’émissions de télévision à l’étranger est un gage de rentabilité La publicité aura également sa place dans les discussions des prochains jours.L’harmonie qui a longtemps uni les agences publicitaires aux médias se détériore et les agences préfèrent de plus en plus investir dans de grands événements populaires plutôt qu’à la télévision.Que faire?Ce panel réunira, outre M.Sommariba-Brouard de Benetton, Mme Barbara Ann Thompson, directrice de la publicité à Provigo Distribution et M.André Morrow, président et chef du produit créatif chez Marke-tel/Foster/McCann-Erickson.Des fonds publics, surtout du gouvernement du Québec, permettent la tenue de «Productions 93».Environ 200 000 $ des 500 000 $ né-cesaires à l’organisation de l’événement proviennent d’organismes publics.?'ST* %.MUCTIOfi©[!!j COMMUNICATIONS 9Î C0RP0VISI0N La couverture du guide officiel de Communications 93, la deuxième conférence internationale sur les communications, la culture et les technologies.LES THEATRES EN ETE AU THÉÂTRE DE MARJOLAINE LES NONNES II.LA SUITE Une comédie musicale de Dan Goggin.Traduction et adaptation de Danièle et Sophie Lorain.Eh oui! les nonnes sont de retour plus drôles et plus «stars» que jamais.Vous avez aimé Les Nonnes, alors venez voir.la suite: LES NONNES II avec Nathalie Gadouas, Michelle Labonté, Danièle Lorain, Hélène Major et Monique Richard.Du 22 juin au 22 août.Rés.: Mtl: (514) 845-0917 jusqu'au 11 juin, Eastman: (514) 297-2860 et 297-2862.Eastman, autoroute 10, sortie 106.MifflMiiKKiKIIIÜ! Centre culturel de drummondville PASSAGES NUAGEUX Un froid règne depuis deux ans entre deux soeurs.Le hasard les réunit sur le même terrain de camping.Le soleil saura-t-il réchauffer l’atmosphère?Une comédie vivante et rythmée où se dévoileront toutes les réponses sous autant de belles percées de soleil que d'inquiétants passages nuageux.Tarifs de groupe: sur semaine 16,80 î Tarifs individuels: sur semaine 18,80 $ samedi (tous) 20,80 $ Les tarifs incluent toutes les taxes.Billetterie: (819) 477-5412 Stationnement gratuit, Salle climatisée, Bar et terrasse extérieure.LOUIS-GEORGES GIRARD Au Théâtre sainte-adèle NI VU NI CONNU Une comédie dramatique, touchante parfois désarmante qui révèle à travers ces quatre personnages notre société nord-américaine, ses préjugés et ses faiblesses.Avec France Castel, Yves Corbeil, Normand Lévesque et Ginette Morin.Auteur: Terence McNally, adaptation Jean-Guy Viau.Mise en scène de François Barbeau Réservations: 229-7611 • 476-9919 • 227-1389 1069, Ste-Adèle, sortie 67 - autoroute 15 nord.Au Théâtre saint-sauveur LA COURSE AU VISON Une course folle vers le rire chez Radisson, Radisson & Desgroseillers maîtres-fourreurs.Une suite de quiproquos, un rythme fou où toutes les situations s'embrouillent pour mieux vous faire rigoler.Avec Claude Michaud, Benoit Marleau, Louise Remy, Donald Pilon, et 3 autres comédiennes.Auteurs: Cooney & Chapman.Mise en scène & adaptation de Claude Maher.22, rue Claude, St-Sauveur.Rés: 227-8466 • 476-9995 AU THÉÂTRE DU MANOIR RICHELIEU Réservations: (418) 665-3704 • (418) 665-7455 AU PATRIOTE DE STE-AGATHE O LA CHANCE AUX COUREURS LA CHANCE AUX COUREURS de D.Benfield.Une comédie dans la tradition des meilleurs spectacles du PATRIOTE.Adaptation de Michel Forget, mise en scène de Monique Duceppe avec Michel Forget, Luc Guérin, Guy Jodoin, Danielle Lépine, Adèle Reinhardt.Dès le 18 juin du mardi au vendredi 20h30 samedi 19h et 22h.Sortie 83 Autoroute des Laurentides.Réservations: direct Mtl 861-2244 ou (819) 326-3655.AU THÉÂTRE DE LA DAME DE COEUR S!£ii£J]£ii£Jl£5l£J! i Au Centre Culturel de Beloeil L’Ensemble «Cantabile» de Montreal présente PHI-PHI Musique d'Hcuri Chnslint Livret d'Albert Willetnclz LA COMÉDIE MUSICALE QUI LANÇA LES «ANNÉES FOLLES» À PARIS EN 1918! Dans les studios du grand sculpteur grec Phidias une commande importante est en jeu' «Phi-Phi» doit sculpter l'Amour et la Vertu.! Le corps humain est d même d'inspirer les courbes maîtresses et les contours muscles île tels principes .mais pas n'importe quel corps évidemment! Une truculente comédie où esthétique, politique, idyllique ei.erotique riment passionnément avec comique! I ukci.Masicr 3I-HU-M772 DU 18 JUIN AU 21 AOUT |DU MERCREDI AU SAMEDI S|HT.Venu* île Groupes • >H>27-î M P Ô-Æ'J '1 U- - BEAUPRÉ / MONT SAINTE-ANNE HOTEL VAL-DES-NEIGES Centre de villégiature de congrès situé ou pied du Mont Sainte-Anne.110 chambres de luxe, cuisine réputée, piscine intérieure panoramique, sauna, bain tourbillon, salle d'exercices, salles de réunion (12).Demandez nos avantageux forfaits : «Évasion à la montagne», «Coeur à coeur».«Douces Vacances», «Réunion d'affaires».«Ski à la carte», «Cadeau», etc.tarifs et forfaits spéciaux pour groupes, Tél.: (4I8) 827-5711.FAX (418) 827-5997, sons Irais 1-800-463-5250.HÔTE: 1-800-361-6162.BAIE SAINT-PAUL AUBERGE LA PIGNORONDE Auberge o flonc de montagne ovec vue magnifique sur le Saint-Laurent.27 chambres tout confort, fine cuisine, salle de réunions et de jeux, piscine Intérieure panoramique, bar-détente, ambionce chaleureuse, etc.Demandez nos forfaits : «Évasion vers l'Art», «Coeur à Coeur», «Douces Vacances».«Réunion 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la plgce du zoom qui va grossir et chercher le détail le plus précis.A l’inverse, lorsque l’image se met hors-foyer, trouble son écho, se dilapide dans la souffrance qui tord et efface les reliefs du visage, nous sommes ouvertement en dehors de l’image qui résiste à révéler sa surface sensible et tangible.Les voix de la folie interpellent celles de la raison, dans cette installation de 1983 de Geneviève Cadieux: au sentiment de claustrophobie qui nous étreint devant cette scène muette porté par des silences et une trame sonore obsessive, s’ajoute le désir de pénétrer dans les arcanes du familier, de les fouiller avec un haut degré de voyeurisme que contredisent la pudeur et l’intimité de la tragédie qui se joue ici à fleur de peau.L’effet de mise à distance et de promiscuité qui parcourt le corpus d’oeuvres de Geneviève Cadieux exposé et organisé , par le Musée d’art contemporain de Montréal sous l’égide du .conservateur Gilles Godmer, fonctionne par flash-back, par fondu-enchaînés, par réminiscence prégnante.Les lieux jusque-là interdits, puisque encerclés par l’aura du privé, se dévoilent dans une double lecture qui procède d’une vision en accéléré et au ralenti alors que dans la confrontation et la consolidation d’un corps-à-corps très subtil entre l’oeuvre et le spectateur, l’artiste valorise l’ambiguïté au détriment de la litéralité.Le catalogue de formes que Geneviève Cadieux investit depuis plus d’une dizaine d’années — et ce processus qui procède par segmentation, métaphore, métonymie, est d’une grande cohérence — prend chair dans de grands formats qui renvoient aux panneaux publicitaires, à l’écran de cinéma.Une stratégie visuelle De cet impact visuel magistral qui intimide puis fait participer le spectateur à sa tenace physicalité, dérivent d’autres horizons sensoriels plus discrets, des traces mnésiques profondes.Le toucher, l’odorat, l’ouïe découpent ainsi, tel un métalangage, un autre réel vacillant entre plaisir (baiser, sensualité exarcer-bée) et douleur: ecchymoses, cicatrices indélébiles, bleus-tatouages éphémères qui inscrivent sur la peau, les états-limites du corps.Celui-ci est manipulé, agrandi, fragmenté suivant et entre autres, une fonction érotique, soumis à l’introspection la plus précise que la photographie pointe, caresse et met en abîme dans les gros plans de parties anatomiques.Le corps est virtuellement présent dans cette identification d’empreintes, qui, microscopiques, se détachent, et empiètent un autre espace de représentation plus vulnérable car piégé par les gros plans et les cadrages particuliers, nés avec l’utilisation de la caméra au cinéma.Cadieux, en court-circuitant les dispositifs photographiques et cinématographiques, cristallise alors une inquiétante et latente étrangeté qui vient brouiller l'identité du sujet.Ajoutons à cela la notion de hasard — sur 150 photos, l’artiste en sélectionnera une seule — qui cimente le noeud de l’intrigue, et nous voilà désormais devant Blow-up, film-culte d’Antonioni.Révéler ce qui est caché, perdre ce qui est montré, transférer.La pellicule photo et la peau échangent des caractéristiques épidermiques qui leur sont propres (grain, textures, blessures) et deviennent surfaces signifiantes qui combinent à la fois dimensions spatiales et temporelles.L’oeil rechargeable de Geneviève Cadieux enregistre leur affinités et leurs ambivalences à partir d’une gamme de matériaux et d’une stratégie visuelle qui nous place dans les territoires du paradoxe.Transparence et opacité.Un miroir bruni où se reflète la silhouette caviardée du spectateur, une plaque de plomb criblée d’écriture braille qui aveugle le regard et sollicite le toucher.La douleur, en suspens, et la mécanique du premier contact amoureux.Deux cicatrices qui cloîtrent et se replient sur un vide abyssal que deux lèvres emboîtent dans un baiser charnel.Jusqu’où peut-on pénétrer dans l’image?Les yeux fixent et nous font baisser le regard.Les yeux sont vitreux et nous obligent à céder au vertige d’une instable irréalité.Si celle-ci nous bascule dans la part de rêve et de poésie qui flotte dans le ciel de montréal où des lèvres féminines rouges sang boivent la voie lactée, elle bouscule les distances psychologiques entre les trois personnages qui composent Portrait de famille et happe le spectateur dans la double réflexion de Blue Fear.De la juxtaposition entre deux images — qui devaient initialement s’oposer dos à dos dans un boîtier pour un projet public à Plymouth et qui fut censuré — naît l’hybridité.Nuque, épaules alourdies qui se referment bizarrement sur les ailes du nez, pupilles, plis du front, baignent dans une couleur délétère, placide, que contredit dans un volte-face soudain et angoissant, la peur bleue de la peau qui se fane, du temps qui passe et qui nous regarde droit.dans les yeux.Geneviève Cadieux l’a très bien compris: c’est bien par là que tout arrive.Interroger les fantômes du passé Miriam Fabijan Translation Galerie Oboro 4001, rue Berri, esp.301 Jusqu’au 6 juin « » MONA HAKIM 4 > La quête d’identité culturelle est un thème qu’il faudra dorénavant ins-.crire en permanence dans le vocabu-• laire des arts visuels, tant il reflète une réalité actuelle.Miriam Fabijan, née à Calgary de parents Slovènes ayant im-, migrés au Canada en 1947, est un : exemple d’artistes pour qui la création artistique prétexte la reconnaissance de soi.Dans Translations, l’installa-tion-photo présentée à la galerie Oboro (et qui a déjà été exposée en Slovénie et en Italie), Fabijan s’accroche au passé en abordant les thèmes de l’en-; fance et de la famille sur un air de : jcomptine apprise dans sa jeunesse.: 'My hat has three holes, three holes has : 'my hat.rapporte la comptine inscrite l‘sur les murs de la galerie.Pour être tien comprise, l’artiste insiste et la tra-; duit en anglais, en Slovène et même en braille (des tracés de mains miment les gestes).Ces messages graphiques engagent la communication et révèlent chez cette artiste un immense besoin de se raconter.Derrière un accrochage relativement ascétique, se cache ici une grande fragilité.Au mur, sont alignées méthodiquement des photographies tirées d’un album de famille, celles du père et du grand père dans leur jeune âge et celle de l’artiste, enfant, assise dans sa balançoire.Au sol, émerge d’une boite la voix de la mère s’exprimant dans sa langue d’origine.Entre les photographies, le texte de la comptine circule comme une rengaine presque obsessionnelle.Chez Fabijan, le passé est un retour sur soi où l’enfance cherche à expliquer un présent équivoque.Nous ne sommes pas très loin ici de la psychanalyse.Dans un accrochage épuré, chaque élément est ici représentée comme un signe codé.Le chapeau servant de leitmotiv à l’histoire narrée en est l’exemple frappant.Tantôt déposé sur la tête du grand-père, tantôt peint sur une toile brute ou encore inscrit dans le phrasé de la comptine, le chapeau devient à la fois signe visuel, signe pictural et signe scriptural.Dans ce sens, la démarche de Miriam Fabijan est très proche de l’art conceptuel où l’idée prédomine au détriment de l’image, où la composition est réduite à l’essentiel.Car ne l’oublions pas, le travail de cette artiste est avant tout construit comme un message, pareil ici à une complainte.On comprendra alors le traitement un peu froid de l’installation qui, loin d’être superflu vient plutôt appuyer son propos.Dans cette atmosphère austère et trouble, le besoin d'affirmer une identité et de traduire ses états d’âme fait preuve de la grande distance entre elle et son sujçt, entre sa culture et ses origines.A cet effet, les lourds et sombres cadres de bois bordant les photographies tranchent avec la limpidité des images et confirment la mise à distance.Les cadres retiennent ainsi les sujets dans un espace clos, les repoussant dans un passé inaccessible.Les personnages familiaux échappent visiblement à l’artiste.Rendus translucides par l’agrandissement des photos, ceux-ci ne sont plus que les fantômes de son passé.Miriam Fabijan aime courtiser le mystérieux et l’obscur.Dans The Shade of a Shadow, une exposition antérieure, un ange accompagnait la mère (celle de l’artiste) et sa fille, proposant un curieux mélange de baroque et de mysticisme.Ici, l’épuration de la composition rend le message clair.Ces mains qui nous parlent dans un langage braille traduisent l’angoisse du propos.Les gestes et les textes répétitifs illustrés de manière quasi phobiques renforcent les déchirements omniprésents chez les personnes de cultures partagées.D’une préoccupation personnelle, Miriam Fabijan traite de l’universel.Empreinte d’un regard profondément nostalgique, la création chez elle devient une sorte d’exutoire.Une exposition cérébrale, parce qu’elle fait appel à la psyché, mais extrêmement signifiante et efficace.Champigny la plus grande librairie francophone d'Amérique expose Michèle Assal CÉLINE GOUDREAU Louise Mercure jusqu'au 26 mai 4380 St-Denis, Mtl 844-2587 ouvert 7 jours de 9h à 22h PHOTO MIRIAM FABIJAN Un détail de My hat lias three holes, de Miriam Fabijan où le chapeau apparaît comme un leitmotiv.FESTIVAL THeâTRE 2 etudiant 2 n r o « ut h i il n 5 tfüCT Z 5 3 • 8 9 7 4 présidence d'honneur d Rnne Dorva à 1 7h et 20h : [N PIÈCES DÉTACHÉES de MICHEL par la polyvalente Sainte-Thérèse TREMBLAY à 17h et 20h : LA FEMME FANTASQUE de CARLO GOLDONI par la Troupadour de l'école secondaire Saint-Sacrement à 17h et 2Oh : • EXODE, CRÉATION COLLECTIVE par les Enferesques de l'école secondaire Paul-Gérin-Lajoie à 19h et 21h30 : AU COMPTE-GOUTTES, extraits de SAMUEL BECKETT suivi de JACQUES OU LA SOUMISSION d'EUGÈNE IONESCO par la troupe Prospèpèro du cégep Saint-laurent.à 19h et 21 h30 : LES JOYEUSES ET HORRIFIQUES FARCES DU PÈRE LALANDE de JEAN-MANUEL FLORENSA par la troupe Sans-Sac du cégep lionel-Groulx.n: devoir Et 3 PM MARÉE HUMAINE 40 000figurines d’argile ont envahi le Musée.Avec Champ, l’artiste britannique Antony Gormley nous éblouit.Musée des beaux-arts de Montréal.Jusqu ’au 19 septembre.-?- CECCOBELLI Im peinture italienne d’aujourd’hui: Ceccobelli est un grand maitre.Centre Saidye Bronfman.Jusqu’au 25 mai.-?- COMTOIS Une mise en perspective, une vision en profondeur sur l’histoire de la peinture.2155, rue Mackay.Jusqu ’au 27 mai.-?- PARCOURS Le vidéaste Daniel Dion interroge la notion d’identité.Une oeuvre prolifique.Musée des beaux-arts du Canada.Jusqu'au 4 juillet.-?- PARCOURS PHOTOGRAPHIQUE Ludion ludique, Serge Tousignant présente 20 ans de création.Prolifique.Musée du Québec.Jusqu’au 24 mai.-?- LIEUX DE L'ERRANCE Des lits, des toiles, des cartes routières: Guillermo Kuitca aime se sentir étranger dans son propre pays.Musée d’art contemporain de Montréal.Jusqu'au 6 juin.-?- OBJETS VOLANTS File s’appelle Marilia Maria Mira, elle est d'origine portugaise et elle fait des petits objets portatifs aérodynamiques.Galerie Jocelyne Gobeil.Jusqu'au 12 juin.-?- BIODAME Jean-Jules Soucy expose la cueillette intensive de pelures d’oignons.U Lieu, Québec.Jusqu’au 30 mai.-?- SIGNATURE SPÉCIFIQUE Trevor Gould nous impressionne: un artiste intelligent, une des meilleures expostions du mois.Galerie Roche-fort.Jusqu'au 27 mai.-?- MUYBRIDGE Redécouverte d'un grand photographe et d'une ville à son image: San Francisco.Centre Canadien d'Arcliitecture.Jusqu'au 25juillet.-?- ART DE LA DÉRISION Parodie, ironie, humour: les peintures de Joanne Todd sont décapantes.Galerie d’art léonard et Bina Ellen.Jusqu’au 5 juin.Marie-Michèle Cron Association culturelle T.X.Renaud CONFÉRENCES MERCREDI, 2 JUIN, 20H «Chambord et Blois en Val-de-Loire» par : Michel Brunette MERCREDI, 9 JUIN, 20H «Il y a 50 ans, mourait Rachmaninov» par : Claire Villeneuve Auditorium St-Albert-Le-Grand 2715 Chemin de la Côte Ste-Catherine Entrée à droite par l'Institut de la Pastorale Métro : Université de Montréal ou autobus 129 Stationemenmt gratuit Renseignements : 332-4126 de 17H À 19H (lundi, mardi, jeudi) Billets : 7 $ (abonnés : 4$, étudiants : 3 $) le Devoir W OEUVRES^» D'ART 1 A VENDRE OU A ACHETER RUBRIQUE 301 ANNONCES CLASSÉES k 985-3344 À JtJM.au.AA •vm / Te » TV
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