Le devoir, 29 mai 1993, Cahier E
L E I) E V OIK.I.E S S A M EDI 2 D E T I) I M A N (' Il E 3 O M Al I !» D 3 L’ENVIRONNEMENT PHOTO JACQUES GRENIER ‘ ,r ¦ .* 41 Du cri d’alarme à l’action rentable LOUIS-GILLES FRANCOEUR implifions un peu.Même beaucoup.Les années 70 ont vu naître véritablement la problématique environnementale avec des rapports célèbres comme celui du Club de Rome, des conférences comme celles de Stockholm et une pléiade de livres, ouvrages et essais de toute sorte.Le cri d’alarme était lancé.Dans les années 80, on a assisté à l’institutionnalisation de la protection de l’environnement.Ministères, lois et règlements ont poussé partout dans le monde comme autant de garde-fou dans un domaine qui en avait d’ailleurs besoin.Ces nouveaux contrôles ont fait passer progressivement le pouvoir des mains des écologistes de la première heure aux technocrates et fonctionnaires ainsi qu’aux citoyens, qui ont commencé à engager des batailles à leur façon.Dans les années 90, la gestion de l’environnement fait un nouveau bond.Pendant que les pouvoirs publics tentent, de façon générale, de minimiser leurs interventions pour des raisons budgétaires et de philosophie politique, la dé- fense de l’environnement devient de plus en plus une affaire d’innovation technologique, d’entreprise et de produits nouveaux, de concepteurs, de «patenteux» et de créateurs de toute sorte.Nous entrons dans l’ère des gestionnaires, publics et privés, qui vont donner corps à une nouvelle façon de voir et de faire et qui vont démontrer que l’environnement sera, de plus en plus, une affaire de gros sous, une affaire de rentabilité.Au plan comptable comme au plan social, d’ailleurs.Nous entrons véritablement dans l’ère du dollar vert.Et cela, paradoxalement, au moment même où on l’a fait virer au jaune! Cet injuste résumé des 25 dernières années de discussions sur le thème de l’environnement conduit à deux réflexions.D’abord, au fait qu’en environnement, il y a des modes et qu’il faut s’en méfier.La réflexion environnementale n’est pas morte dans les années 70 et les institutions gouvernementales des années 80 ne sont pas parfaites.Loin de là.Mais en même temps que ce travail d’approfondissement se poursuit, naît un nouveau front environnemental, à l’évidence, fait de création, de projets concrets et, surtout, d’une nouvelle manière de faire dans presque tous les secteurs de l’activité humaine.L’environnement passe dans l’entreprise après s’être frayé un chemin dans notre vie de tous les jours de puis une décennie.Il est de plus en plus rentable, en effet, de penser environnement, qu’on soit un exploitant forestier, un agriculteur, un industriel soucieux de sa facture d’énergie, de ses matières premières ou de la gestion de ses déchets.Et préoccupé par les malheurs que lui feront vivre ses détracteurs, à tort ou à raison, s’il oublie de montrer patte verte.Certes, il y a des récupérateurs.Pas ceux des matières premières, mais ceux de la crédulité populaire.Ils défendent les sapins naturels contre la hache pour mieux vendre des sapins artificiels.Le syndrome Bambi est devenu une recette universelle depuis les bébés phoques.On ne vend plus des abonnements à des studios de santé: on y pédale pour sauver une forêt tropicale ou un récif de corail! On ennoblit même le crédit lorsqu’il tourne au vert et on donne aux enfants l’illusion de sauver la planète en achetant un arbre qu’ils planteront devant le bungalow avant de filer avec le nouveau véhicule familial, de préférence un puissant V-8, vers le chalet construit sur un grand terrain déboisé et aux berges dénudées.Mais il y a, heureusement, les vrais récupérateurs qui, comme plusieurs autres professionnels, connaissent une nouvelle carrière avec la protection de l’environnement.Nos «guenilloux» d’antan recyclent aujourd’hui le papier, le verre et les plastiques.Les «vidangeurs» sont devenus des gestionnaires de déchets avec des centres de tri, manuels ou mécanisés, et les anciens dépotoirs deviendront, peut-être un jour prochain au Québec, des mines de ressources, comme c’est déjà le cas aux Etats-Unis où l’on extrait plus d’or par tonne (de déchets) dans la Silicon Valley que dans certaines mines commerciales! Des métiers se sont aussi reconvertis.Les ingénieurs municipaux, les «poseurs de tuyaux» comme on les a souvent appelés avec ironie, se sont mis à l’heure de l’assainissement.Et avec eux, des entreprises ont fait peau neuve pour devenir, avec un cortège de nouveaux conseillers, la nouvelle industrie de l’eau, puissante et plus efficace, au plan politique, que les 600 groupes environnementaux du Québec réunis! Mais les pages emcore à écrire de cette histoire fascinante, qui est celle d’une société en VOIR PAGE E-8: ALARME Nous entrons dans l’ère du dollar vert au moment même où,paradoxalement, on l’a fait virer au jaune STRATÉGIE de communication AFFAIRES publiques RELATIONS gouvernementales Cabinet-conseil en relations publiques Au service des entreprises et organismes du secteur privé et public depuis 1982.180, boul.René-Lévesque Est Bureau 300 Montréal (Québec) H2X1N6 Téléphone: (514) 878-9996 Télécopieur: (514) 878-4493 v L E I) E V 0 I R .I.E S S A M E I) I 2 !l K T I) I M A X (' Il E A 0 M Al I il il A ?Les nouveaux chercheurs d’or de Noranda Des métaux précieux dans les carcasses de téléphones, d'appareils photo, de calculatrices et de jouets ANDRÉ FICHÉ Qu’est-ce que Rouyn-Noranda a à voir avec les accords Sait?Ix» recyclage des métaux contenus dans les plaquettes électroniques des missiles démantelés.La fonderie de la capitale du cuivre ne transforme pas toujours du matériel à ce point sophistiqué, mais l’intérêt est manifeste.Et pour cause, les assemblages de haute précision des industries aéronautiques et spatiales contiennent une haute teneur en métaux précieux.Les mêmes métaux se retrouvent tout de même én quantité appréciable sur les circuits intégrés de divers biens de Consommation.Les installations électroniques sont donc le meilleur filon à exploiter.La fonderie se spécialise aujourd’hui dans le recyclage des rebuts électroniques.Carcasses de 'téléphones, appareils photo, calculatrices, jouets, vieux téléviseurs, etc.«Une seule once et quart d’or contenue dans une tonne de cuivre devient intéressante», dit Daniel Picard, directeur du Service des affaires de Noranda.Plus la concentration d’or est forte, plus le transport est économique.» Pour la compagnie de l’Abitibi, les métaux précieux contenus dans les anodes de cuivre font que la distance n'a plus d’importance.Normal quand on roule sur l’or.La prospection se fait bien au sec, dans les bureaux des courtiers et sans exploiter de mine.La récupération, selon les cadres de l’usine, fait de l’exploitation le premier «gisement» d’or au Canada et le huitième au monde.Métallurgie du cuivre, Noranda, plus communément appelée «La Noranda», ne fait certes pas ses premières armes dans l’industrie de récupération et de refonte des pièces métalliques d’équipement militaire.Déjà, dès la fin de la guerre, l’usine refondait les douilles usagées d’obus.La stratégie du recyclage s’élaborait tranquillement et la compagnie affinait son expertise qui allait devenir sa marque de commerce, c’est-à-dire extraire le maximum de valeur d’une matière des plus impures.En 1976, l’exploitation de la mine est abandonnée, le gisement ?*yw À l’usine de Noranda, la nouvelle mine d’or est constituée d’un gisement de vieux appareils électroniques dans lesquels on récupère des quantités étonnantes de métaux précieux HF ¦ - est épuisé.Le passage de l’extraction vers le traitement était déjà bien avancé et cette dernière production occupait une large part des activités avec une clientèle établie.Le procédé de recyclage s’était également amélioré.La Noranda veut faire oublier son passé moins glorieux de premier pollueur de la région.C’est sous des pressions locales soutenues et par réalisme économique qu’elle a entrepris sa conversion environnementale.«Ce n’est pas par angélisme qu’il y a eu changement d’attitude, les standards de vie changent, raconte Jacques Moulins, directeur au Service de l’environnement et de la santé.Il fallait faire face à la détérioration de l’environnement ou disparaître du paysage».Des mesures satisfaisantes pour tout le monde ont été prises.«Le réprésentant du Comité pour l’environnement de Rouyn-Noranda a déclaré devoir maintenant chercher un autre cheval de bataille», affirme Normand Ouimet des relations extérieures de la compagnie.Le pollueur repenti a engagé une vraie lutte contre les pluies acides.Il s’est doté d’une politique environnementale dont les mesures dépassent les normes et a rentabilisé sa pollution par la construction d’une usine d’acide.Celle-ci récupère une bonne part des émanations d’anhydride sulfureux produites par l’usine de traitement.On veut atteindre les 70% pour 1995.Pour ne rien laisser au hasard, une surveillance continue est exercée depuis une station mété-rologique pour contrôler la densité de So2 au sol.A la moindre anomalie, une partie de la production peut et doit être interrompe sur ordre des experts, sans autre préavis.Les justifications viennent plus tard.Une partie des problèmes est en voie de résolution.Mais attention, les polluants prennent parfois des allures sournoises.«Votre ordinateur si utile est classé déchet dangeureux dans la nature par les nombreuses soudures au plomb posées sur les circuits» dit Daniel Picard.Comme le téléphone, l’auto téléguidée et la calculatrice.de maître e main en droit de 1environnement 9^ eule eule une équipe multidisciplinaire permet une vision claire et offre une maîtrise complète des questions de droit de l'environnement.Chez Ogilvy Renault, vous trouverez une équipe d'avocats formés dans plusieurs domaines de pratique, dont certains possèdent aussi une formation universitaire complémentaire en biologie, en génie, en relations industrielles ou en sciences politiques et ont acquis une compétence exceptionnelle en droit de l'environnement.Des questions soulevées lors des transactions ou du financement d'une entreprise aux obligations de décontamination, des conseils sur la conformité aux lois et règlements environnementaux aux litiges concernant la responsabilité civile ou pénale, l'équipe du droit de l'environnement d'Ogilvy Renault sera à vos côtés.L'avantage d'Ogilvy Renault, c'est de vous offrir l'alliage unique d'une connaissance profonde des questions environnementales et d'une performance reconnue en droit traditionnel.IJ alliage tradition ~ iflflOVâtiOlf ( XilIVY RENAIJLI A V O ( A I S Montréal ( )tlawa Québec Osler Renault Ladner Londres Paris I long Kong New York '
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.