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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1993-06-19, Collections de BAnQ.

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le:_ Entre les lignes Page D2 Lectures d’été Page D4 Livres Jaunis Page D8 Le bloc-notes Page D9 ?LIVRES n» s i, !•: i) !•: v o i it .l !•: s s a m e d i i ù e t i> i m a x < n i: 2 11 .1 r 1 \ 1 p n Madeleine Ouellette-Michalska À l’écoute du moment de grâce PA U LE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Madeleine Ouellette- Michalska Madeleine Ouellette-Michalska ne désire maintenant qu’une chose: aller à la campagne faire des salades de pissenlits et regarder les fleurs pousser! Ia\ rédaction de son dernier ouvrage, auquel elle a consacré cinq ans, l’a épuisée.Mais elle sourit.Elle se sent libérée et, qui plus est, n’a aucun projet littéraire.Elle se contente de surveiller, du coin de l’oeil, l’accueil fait à son livre, le dernier d’une longue lignée.Prenant le contre-pied d’une certaine mode littéraire glorifiant l’intime contemporain, le «je me suis sentie comme ceci et comme cela», Madeleine Ouellette-Michalska effectue, avec L’été de Vile de Grâce, un retour au siècle dernier en accompagnant les immigrants irlandais qui débarquaient par milliers à Grosse-Ile, au large de Québec.Pauvres parmi les pauvres, ces immigrants, lorsqu’ils n’avaient pas rendu l’âme à bord, étaient rongés par le choléra ou le thyphus.L’auteur raconte l’été de 1847 à Grosse-Ile où les Voiliers déversent les immigrants par milliers.Iæ docteur Milroy, un Ecossais marié à une Québécoise et vivant à Québec, vient d’etre nommé directeur médical de Elle, qui fut un temps appelée Elle de Grâce.Il est découragé, angoissé devant la pénurie de moyens et l’affluence chaque jour plus importante des faibles humains envoyés sur l’île.L’immigration de cette époque était d’une intensité telle, compte tenu de la population québécoise de l’époque, quelle équivaudrait aujourd’hui à accueillir entre trois à six millions d’im-tnigrants en trois mois, rappelle l’auteur.Mais Madeleine Ouellelte-Mi-chalska ne nous donne pas un roman noir.Au contraire.Dans l’adversité, tous ses héros sortent grandis de la douleur, tous se transforment pour «trouver leur moment de grâce au contact de cet événement tragique», dit-elle au cours d’une entrevue.Et à travers la maladie et la mort, la vie perce.«Je suis devenue grand-maman pendant que j’écrivais ce livre», souligne l’auteur, en guise d’explication.Elle est épuisée mais heureuse de Earrivée de son dernier-né, auquel elle a travaillé cinq années.Madeleine Ouellette-Michalska écrit depuis 25 ans.Elle a publié une quizaine de livres, qui touchent à tous les genres: poésie, journal intime, essais, roman.Ses essais sont étudiés dans les universités américaines, européennes et australiennes mais ses amours vont toujours au ro-tnan qui lui permet de «travailler l’in-ime à travers une fresque sociale».Longtemps privée des plaisirs de ü VOIR RAGE !)-:(: GRÂCE .te-.-'H.i .¦rar 1 - .v ¦ a : ¦ JR & f : «as** ¦êmm •'V K Que lisez-vous au temps chaud?STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR oilà! La messe est finie.Et pour son dernier cahier de l’année, pour ses ultimes suggestions de lectures, LE DEVOIR a proposé à quelques auteurs de se prêter au jeu d’une chaîne littéraire: un premier écrivain recommande un second qui en choisit un troisième, et ainsi de suite.À tout seigneur des lettres, tout honneur d’émettre: Michel Tremblay qui vient de publier Le coeur éclaté (Leméac) va poser le premier maillon.Michel Tremblay, de cape et d’épee Pour l’instant, le Louis XIV des lettres d’ici O’état de notre littérature, c’est lui), relit le touffu et prolixe Vicomte de Bragelonne d’Alexandre Dumas.Cette ultime partie des Trois Mousquetaires se déroule à l’époque du Roi Soleil.«J’ai l’impression de redevenir un ado», confie Tremblay qui avait oublié que dans ce classique, le gouverneur de la Bastille, «un méchant», porte le même nom que lui.Le dramaturge vient aussi de se plonger dans Le Maître des illusions (Plon) de Danna Partt, une brique qu’il décrit comme une sorte de Rose-Ma >y's Baby des années quatre-vingt-dix.«Ça me donne le goût d’écrire une pièce policière».Et pour cet été, que recommande-t-il?Le roman de l’heure, best-seller depuis des mois: Homme invisible à la fenêtre (Boréal/Seuil) de Monique Proulx.Monique Proulx, de plumes et de plumes La dame se fait voir à la campagne.Cette joumée-là il fait beau et le choix de Tremblay lui fait «extrêmement plaisir».De son côté, elle vient de relire Ce qu’il faut faire pour ne plus être écrivain (Eayard), des essais de Cyril Connolly, célèbre critique britannique des années 1930.«Il parle des embûches qui guettent l’écrivain, résume Proulx.D’abord le style mandarin, celui du culte des mots, de la littérature pour elle-même.Ensuite le style journalistique, mis à l’honneur par Hemingway.Et puis l’appât du gain et la surproduction.» Elle se replonge aussi périodiquement dans Lumière des oiseaux (Boréal/Seuil) de Pierre Mo-rency, qu’elle recommande à tous.«C’est mon livre de chevet.Une ode philosophique et poétique que je vais savourer et méditer toute ma vie.» Pierre Morency et les Indiens Morency renvoie le compliment à Proulx dont il a aussi adoré le bouquin.L’amoureux de la nature note toutes ses lectures dans un cahier, comme dans un calepin d’observations.Il vient de terminer deux ouvrages sur la barbarie, La trêve et Si c’est un homme (Stock), de l’Italien Primo Levy, qui raconte son incarcération à Auschwitz.«Une leçon de concision, note-t-il.L’horreur passée au scalpel.» Il mentionne aussi Léviathan (Actes Sud) de Paul Auster, Les baigneurs de Tadoussac (Triptyque) d’André Ricard et Sept Imcs plus au nord (Seuil) de Robert La-londe, qui est son choix final.«A cause des ses personnages surtout celui de la mère amérindienne.Et puis pour le côté initiatique, la célébration de la Nature, de l’humanité.» VOIR RAGE D-4: CHAÎNE » K J ) t~ I Zi LIBERTÉ 207 juin 1993 En vente chez votre libraire 6 $ + taxes Des nouvelles de Judith Cowan, de Lori Saint-Martin et de Pierre Sal-ducci; des poèmes de René Lapierre, de Marie-Andrée Lamontagne et de Jacques Rancou ru- les réflexions d'Alain Roy sur le minimalisme et de Jean-Pierre Girard sur le besoin d'encenser qui sévit à notre époque.D1C MICHEL de GRECE Bouboulim rouix Homme invisible à la fenêtre A quoi sert > de marcher quand on a des yeux ?248 pages, 19,95 $ Boréal i; 1 1 T T P P \ 1 P i; L L 1 1 1 W \\ A 1 h L STEPHANE B LE DE Bibliothèques 'Une équipe de recherche de l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information (EBSI) de l’Université de Montréal vient de publier une étude comparative sur la gestion des bibliothèques en France èt au Québec.Première différence: outre-Atlan-tique, on n’emprisonne pas les abonnés retardataires, comme à Lichine p.Q., et on ne ferme pas les bibliothèques l’été pour économiser un peu, comme à Montréal- Mais sérieusement.L’étude fait l’abord ressortir les particularités méritées de l’histoire.En France, les nbliothèques jouissent d’un passé dé plusieurs siècles leur conférant Upé importante mission de conservation, alors qu’au Québec, les bibliothèques paroissiales apparues vers 1850 .ont été très mal développées par l’Église.Ensuite, les bibliothèques françaises demeurent des services publics, sous l’autorité des départements, tandis qu’ici, elles ont un statut de corporations privées à but non lucratif, dont à peine 20% des revenus proviennent des municipalités desservies.Contrairement à nous, les Français ont aussi tendance à beaucoup utiliser le bibliobus.Et puis là-bas, l’acquisition de documents peut se faire chez l’éditeur, le grossiste ou le libraire (par appels d’offre et négociations de remises) alors qu’ici, une loi oblige les bibliothèques à se fournir chez le libraire de sa région, sans réduction possible.Finalement, on apprend que les bibliothèques françaises engagent beaucoup de professionnels (bibliothécaires, conservateurs.) alors que die ce point de vue, le Québec est sous-développé.Par contre les Québécois l’emporte du point de vue de l’horaire, nos abonnés ayant droit à 43 heures d’ouverture par semaine contre à peine 22 à 23 heures dans l’Hexagone.Conclusions?Le réseau québécois est moins développe que le ré- \IL LA RG E O N VOIR seau français, mais, au total, ces deux réseaux, sont bien moins nantis que leurs pendants anglophones et protestants, corpme ceux du Canada Anglais, des Etats-Unis ou des pays Scandinaves.Une des faiblesses franco-québécoises, c’est l’absence de législation.«Contrairement à la plupart des états développés, la France et le Québec ne possèdent pas de loi des bibliothèques publiques qui puisse vraiment contribuer à leur développement», écrivent Réjean Savard et Julie Chouinard en conclusion du document intitulé Les Bibliothèques publiques eu France.Points de comparaisons avec le Québec.On peut se le procurer auprès de l’EBSI.Concours de Pataphysique L’Académie québécoise de ‘Pataphysique (AQ’P) a désigné les gagnants de son concours dénoncés paradoxaux.Le premier prix va à Françoise Paul pour «Plus tu pédales moins vite, moins tu va plus vite».Son énoncé devient la devise officielle de l’AQ’P pour un an.Jean Daunais est arrivé second avec un énoncé de circonstance: «A force de se dépasser, on risque d’arriver deuxième.» Cinq personnes ont reçu des mentions spéciales, dont notre collaborateur Michel Vais («Votre surdité dépasse l’entendement») et Pierrette Champoux («La mort est une perte de temps»), L’Académie a reçu 2 500 énoncés d’environ 150 participants.Écrivain en résidence La Bibliothèque publique de Régi-na est à la recherche d’un écrivain en résidence du 1er septembre 1994 au 1er juin 1995.L’écrivain choisi pourra occuper 80% de son temps à la création, mais devra consacrer le reste à diverses rencontres ou ateliers avec le public.Le salaire est de 24 000 $.Ut date limite pour poser sa candidature est le 31 septembre.Renseignements au secrétariat de l'Union des écrivaines et écrivains québécois.Dialogue entre une fine mouche et mon oncle Adolphe LES HOMMES El IES FEMMES Françoise Giroud et Bernard-Henri Lévy, Paris, ed.Olivier Orban, 288pages a la n certain discours ; mode veut que les femmes soient allées trop loin dans leurs revendications.Toute une aile post-féministe se nourrit de regrets, de reculs, et bien des repenties de la vingt-cinquième heure viennent battre leur coulpe à travers de vigoureux essais.Ce contre-discours est à mon avis absurde, étant donné que les femmes ont avancé certes, mais ne se sont amarrées à aucun port.Elles marchent dans le brouillard d’un questionnement à tâtons, handicapées par une absence endémique de confiance en elles, dont nul succès professionnel n'est encore parvenu à combler l’abîme, toujours en quête inquiète, jamais fixées.Trop loin?Vous voulez rire!!! Mais dans ce flottement de la communication, dans cette redéfinition des rôles sexuels qu’impose cette marche en avant, la question des nouveaux rapports hommes-femmes se pose, lancinante.Des deux côtés de l’Atlantique, le qu’est-ce qu’un homme?qu’est-ce qu’une femme?l’exploration du désir, de la fidélité, du mariage, nourrissent la chose littéraire.Tel ce dialogue entre Françoise Giroud et Bernard-Henri ITvy, publié chez Olivier Orban sous le titre Les Hommes et les femmes.Deux générations, deux sexes, deux cerveaux, deux «noms»; Françoise Giroud a derrière elle une double carrière politique et littéraire.BHL est un des nouveaux philosophes les plus écoutés de France.L’exercice promettait d'être explosif, fascinant, d’ouvrir des pistes de réflexions nouvelles.11 stupéfie dans un premier temps.Avant de décevoir.Précisons-le d’entrée de jeu: cette petite joute verbale n’est pas à l’avan- l! Suzanne Martel (LES COUREURS DES BOIS vètvl* tage de BHL.Il aurait voulu jouer le faire-valoir de Françoise Giroud, être le dadais de service mettant en valeur les analyses souvent justes de madame, que vraiment il n’eut pas émis de réflexions à plus courte vue.Bernard-Henri Lévy fait piètre figure à un point qui laisse baba de la part d'un intellectuel de son calibre.sourds souvent.Sauf à l’heure de parler de la jalousie, question qui réconcilie les protagonistes.Pour l’un et l'autre la référence suprême en la matière demeure Proust et son Al-bertine.«Nous devrions avoir honte d’en parler après lui», dit-elle.Françoise Giroud met le doigt sur la nouvelle obscénité de l’heure, qui •«s’est en quelque sorte déplacée du sexuel au sentimental»; si bien que l’amour est devenu tabou alors que l’érotisme croit et fleurit fièrement.Ici et là, BHL opine du bonnet, parfois il interroge sa partenaire.On dirait que sa pensée n’est pas vraiment fixée, quelle erre au premier stade diffus de sa conception.Les seuls moments où il dévoile un peu de lui-même, c’est en parlant d’érotisme, quand il est question de ses goûts personnels et qu’il ne se pique plus de réflexions générales.Françoise Giroud et Bernard-Henri Lévy papotent.PHOTO JKRKMIK NASSII Alors que Françoise Giroud livre ici le fruit d'années de réflexions mûries, commentant les avancées, les stagnations du couple, marchant à coups d’intuitions, de nuances, BHL s’enferre en des préjugés d'un autre âge, prisonnier d’une sorte de fatalisme à l’oriental.A ses yeux, les rapports hommes-femmes sont les mêmes qu'hier et que demain.Il livre un discours opaque, fermé, tandis que les antennes de Giroud captent l’air du temps: «Quelque chose est en mouvement», constate-t-elle.Lui n’a rien vu passer.BHL est-il un dinosaure?La question est lancée.Quand il profère des énormités du type «l’argent va mal aux femmes», quand il refuse de comprendre à quel point l’autonomie financière est la clé de l’indépendance féminine, quand il nie le fait que les rapports amoureux ont bel et bien évolué depuis que «les femmes sont en train de se libérer d’elles-mêmes», comme lui annonce Giroud.on croirait entendre les propos d’un ostrogoth.A sa vis-à-vis qui évoque avec finesse «cette confiance tremblante que les femmes ont prise en elles.», il oppose, imperturbable, le vieux mythe d'Adapt et Eve éternellement chassés de l’Eden: «L’espèce humaine est coupable.Elle l’est originairement.Les femmes le sont aussi.» Nous assistons à un dialogue de «C’est drôle, remarquera Giroud.Vous êtes beaucoup plus jeune que moi et, quelquefois, j’ai l’impression d’entendre mon grand-oncle Adolphe qui disait, le cher homme: ‘Moi vivant, jamais une femme de ma famille ne travaillera’».«Je ne suis pas convaincu, de l’existence de ces ‘nouvelles femmes’», répète BHL à perpète.Et elle de s’étonner: «Mais pourquoi voulez-vous nier que toutes les femmes ne sont pas taillées sur le petit modèle gémissant, sournois et douloureux que vous avez en tête, celui du XIX' siècle, même pas d’il y a 50 ans?» Contre-performance donc de la partie masculine, ce petit duel de mots manifestement orchestré par un éditeur qui prévoyait faire un gros coup médiatique en opposant deux stars du verbe, montre surtout à quel point la réflexion sur la question hommes-femmes est encore tâtonnante.Le livre ne résoud rien et appelle d'autres pistes, qui tardent à venir.?Je profite de ce dernier numéro de l’année pour faire mes adieux au cahier des livres, ayant démissionné de mes fonctions de directrice littéraire.Mais on me lira quand même au DEVOIR, surtout dans les pages culturelles, mi, notamment je coordonnerai le secteur cinéma.Un autre en septembre reprendra la barre du cahier.Je lui souhaite bien du plaisir.MÉMOIRES D’EUROPE ANTHOLOGIE DES LITTÉRATURES EUROPÉENNES Christian Biet et Jean-Paul Brighelli Folio, trois volumes sous coffret Les deux professeurs aidés d’une vingtaine de collaborateurs ont réuni les textes majeurs qui constituent six siècles de culture, d’un continent triomphant, déchiré, essentiel à l’échelle du Monde, «la charpente de la littérature européenne de la prise de Constantinople par les Turcs, à nos jours».Quatre cent trente-cinq courts extraits de prose, poésie et théâtre constituent cette Bibliothèque de l’honnête homme européen.Ils sont présentés dans un ordre chronologique autour de trois grands moments: 1453-1789, puis 1789-1900 et 1900-1993.Des pôles d’attraction nationaux ressortent clairement: le XVe et XVIe siècles sont italiens et espagnols, les XVIIe et XVIIe davantage français, puis anglais et allemand, etc.Chaque partie est introduite par un auteur imaginaire qui décrit son temps.Suivent ensuite une carte politique puis l’anthologie par domaine linguistique, les auteurs étant classés par ordre alphabétique.L'ÉIAI DE L’ENVIRONNEMENT DANS LE MONDE M.et C.Beaud et Mohamed L Bouguerra 1m Découverte, 480 pages Cent vingt .articles de plus de 90 spécialistes.A la fois un diagnostic complet de la situation mondiale et un portrait détaillé, région par région, pays par pays, continent par continent.«Tout est affaire de décors» comme dit le poète: on n’est pas dans la même situation au Japon, en Amazonie, en Roumanie ou en Arctique, mais, au total, on est tous dans le même bain.A partir des déséquilibres constatés dans différents éco-systèmes (océans, forêts, etc.) et des facteurs de dégradation, l'ouvrage propose aussi une réflexion sur l’avenir de la planète.Quels sont les scénarios possibles?Comment corriger certaines évolutions?Quelles voies semblent les plus dommageables?L’équipe de collaborateurs canadiens comprend notamment le philosophe Venant Cauchy de l'Université de Montréal.S.B.PLON «Je vins au monde sur le sol maculé d’une prison d’Istanbul le I 1 mai 1771.» I ci est le début de l’étonnant récit de La Bottlwttlitia.Par l’auteur de «La nuit du Sérail» 29.P.S s W.ASSI 1.A BAIL OC! NORD A travers le récit des aventures palpitantes du coureur des bois Menfou Carcajou, c’est toute une époque que Suzanne Martel fait revivre: le xvn1 siècle à Montréal.1.MENFOU CARCAJOU Vol.île 248 juiges — 9,95$ 2.LA BAIE DU NORD Vol.(le 208 liages — 9,95$ Grandes histoires CLICHE RÉPÉTÉ A ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT, EN RAISON DU TEXTE MAL IMPRIME I K I) K V Iilli.I.K S S A M V.DI I !» K T I) I M A X ( Il I (I -I I' I X I !l |) » « » â V t* | M I • % $ t * * * * § I rormi n GRAND PRIX 199] DES LECTRICES DE des amours irrémédiables 400 pages, 24,95 $ Boréal Madeleine Ouellette-Michalska ne aet Bevis Milliers (je ne sais pas s’il est disponible à Montréal mais il se vend en Grande-Bretagne pour moins de cinq livres sterling) est une mine inépuisable qui donne l’essentiel — et même plus — sur tous les styles, les époques, les matériaux (le bois, l’argent, le papier * mâché et tutti quanti).Fascinant! Et précieux.La route des whiskys — malt, lias blended — vaut bien celle des ~ vins.Le guide de John Wilson, que ! j’ai acheté presque par distraction dans une boutique écossaise m’a goûlument convaincu.Ne nous trompons pas: c’est une question de chimie qui associe de l’eau de rivières, des céréales, un art de faire, une culture et l’âme de tout un peuple.Des distilleries, grandes et petites, une cinquantaine en tout.Et un alcool unique.Une eau-de-vie, c’est-à-dire un Uisge.GUIDE DES SENTIERS DE RANDONNÉE DU NOUVEAU-BRUNSWICK Éditions d'Acadie, 232 pages La différence est souvent à côté de chez soi.Un guide bien conçu, bien fait, des indications précises et des cartes qui le sont un moins.Sur les traces des Micmacs et des Ma- , lécites, par les montagnes, les fo- ‘ rêts et les prés.Et en Acadie.Ça vous dit?¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦«¦¦B Cet été laissez-vous séduire par la voix d’un livre cassette.LITTERATURE Un vibrant hommage à une Québécoise hors du commun EORGES Simenon En vente chez votre libraire MAIGRET À VICHY 3 cassettes, durée 4h 39,95 $ Sous la direction d'Hélène l’elletier-Baillargeon.Claudette lloivin, Hélène Chénier et Gisèle Tureot C.ASSITES ÜTL'l'.TTfM Fl radio Bieue Comptoir de diffusion du livre Téléphone : 683-4102 Un MÊAf it k pmjêiï i i i i s » I m m Luc AsieMn Guerre • riVxaymw Le mal de , Vienne CUudeD«W'S ku'.««r i DES BONS LIVRES, S'IL VOUS PLAÎT! DE LA BONNE LITTERATURE POUR L'ETE vlb éditeur LA PETITE MAISON , DE LA GRANDE LITTERATURE • l’Rpya/innp 1953-1993 I iicAuyunc QUARANTE ANS DE LITTERATURE Sylvain Trudel Zara, ou !a mer Noire Le récit flamboyant et lyrique d'une quête effrénée à travers le monde et le chaos.«Un livre admirable.Un texte dont certains passages ressemblent en aussi beau aux Illuminations de Rimbaud, je vous le j recommande.» ; Daniel Pinard, VSD Bonjour, Radio-Canada, j 128 pages 14,95 $ Jacques Desautels Le quatrième Roi mage Une enquête à Venise à propos d'un mystérieux anneau au doigt de la Vierge Marie, peinte par Le Titien, qui nous transporte de Venise à Chypre et qui risque de bouleverser nos croyances religieuses.288 pages 19,95 $ Qyinzg- éditeur Pierre Gobeil Dessins et cartes du territoire Roman • iHruo'tv Émiie Martel Le dictionnaire de cristal Roman» IJ • fMfc«aqone Claude Dubois Fresque Un recueil de 128 chansons de Claude Dubois, de «J'ai souvenir encore» à «Labrador», en passant par «Ti-Loup», «Sullivan», «Comme un million de gens», «Femmes ou filles» et «Plein de tendresse».Un grand moment de poésie et de chanson! Erra Pierre Gobeil Gérald Godin Émile Martel Dessins et cartes Écrits et parlés T Le dictionnaire du territoire Vol.1.Culture 448 pages de cristal Coll.Fictions Vol 2.Politique 336 pages Coll.Fictions 144 pages 16,95 $ Coll.Itinéraires 24,951 ch 164 pages 19,95 S Rober Racine Luc Asselin Micheline La mal de Vienne Guerre La France Coll.Fictions Nouvelles Vol de vie 208 pages 19,95 S 256 pages 19,95 î Nouvelles 256 pages 14,95 S RIcteftM U t'Mc» Vol de vie OmU f.i»ti'i ÉCRITS BT PARLES I î (aiMT-1 il ,| | | \ | |)
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