Le devoir, 7 juillet 1993, Cahier A
Vol.LXXXIV, No 1 5 5 'mm* PERSPECTIVES La débandade libérale Gilles Lesage Jamais deux sans trois, selon l’adage.Après Montmorency et Anjou, voici que le Parti québécois s’empare facilement du bastion libéral de Portneuf, détenu pendant 20 ans par l’exministre Michel Pagé.Fier avec raison de cette troisième victoire consécutive aux partielles, M.Parizeau en tire la conclusion que c’est un grand pas pour la souveraineté du Québec.Le chef péquiste va un peu vite en affaires.a performance de M.Roger Bertrand, un excellent candidat, est remarquable.Dans un comté traditionnel plus «pagéiste» que libéral, passer du balayage gouvernemental de septembre 1989 à la forte majorité péquiste de lundi n’est certes pas anodin.D’autant que, contrairement aux deux élections partielles précédentes, près des deux-tiers des électeurs se sont donné la peine de voter.Portneuf avait l’occasion de passer un message net et brutal au gouvernement qui termine péniblement un deuxième mandat.Le comté n’a pas raté cette chance, sans courir quelque risque que ce soit et sans s’engager pour l’avenir.C’est peut-être, Erobablement même, un indice de ce qui attend les li-éraux l’an prochain.Mais il est évidemment prématuré de prétendre que la longue marche vers la souveraineté se terminera en apothéose le soir de la Saint-Jean 1995.A l’instar de l’ensemble des Québécois, les Portneuvois avaient de bonnes raisons pour manifester leur mécontentement envers le gouvernement.De fait, les deux-tiers en sont insatisfaits, selon les sondages, ce qui correspond étrangement au maigre tiers du vote populaire que le candidat Gilles Portelance a gardé de peine et de misère.En dépit d’investissements majeurs, dans l’aluminerie Lauralco notamment, plus de 20% des Portneuvois actifs sont en chômage.Plus de 4000 chômeurs, ça fait beaucoup de morts qui marchent, dirait Félix Leclerc, et qui manifestent leur dépit en votant.Cette grogne est si vive que près de 1200 électeurs ont voté pour le Parti j’en peux pus (sic), et presque autant pour un libéral indépendant.Indice d’une grave crise de confiance envers les deux partis «traditionnels».En plus de faire face à un «contexte économique difficile», pour reprendre l’euphémisme du premier ministre Bourassa, son candidat a fait campagne dans des «circonstances inhabituelles».Et comment donc.C’est d’ailleurs un autre signe de débandade quand un parti aussi fort et bien organisé que le PLQ se trompe au point de faire confiance à un jeune candidat qui «enjolive» sa feuille de route.Il faut que le ministre-organisateur Marc-Yvan Côté ait perdu sa touche magique pour présenter son protégé Eric Dorion comme le «prototype du candidat libéral», et que M.Bourassa renchérisse en l’accolant à la relève et au renouveau.M.Dorion a dû se désister, ne laissant à M.Portelance qu’un mois pour faire campagne.Le PLQ n’avait pas besoin de cette gaffe pour faire mauvaise figure.En entrevue, l'ex-ministre Pagé disait en fin de semaine qu’il connaissait bien ses concitoyens, qu’ils étaient «sages» et protégeraient le fief libéral.C’est précisément parce qu’ils sont sages qu’ils ont exprimé si massivement leur dépit et leur désillusion.A l’évidence, le thermomètre de Portneuf est surchauffé et permet de mesurer l’ampleur dévastatrice des griefs populaires.D’autant que ce coup de semonce survient alors que la récession n’en finit plus de faire des ravages et que la surtaxe rétroactive sur l’impôt est ressentie comme une taloche cuisante.Certes, il a été question de souveraineté au cours de cette campagne.Mais ce ne fut pas, loin de là, le thème principal ou dominant.Seul M.Parizeau, à vrai dire, en a parlé abondamment au cours de ses deux visites.Son candidat, M.Bertrand, n’a pas caché l’option qui est désormais la sienne; mais il a traité surtout de pain et de beurre, comme il se doit, d’emploi et de chômage, gardant en réserve «pour quand ça comptera» le débat fondamental sur l’avenir du Québec.Les libéraux, fatigués et amochés, n’en ont pas parlé non plus.Peut-être auraient-ils dû le faire, ainsi que le prétendait le ministre Cannon, lundi soir.Mais pour attaquer le PQ sur ce point central, il aurait fallu que le gouvernement ait des horizons emballants, encore mieux, un nouveau projet de société à soumettre.Ce qui lui fait terriblement défaut, ainsi que l’ex-dépu-té Guy Bélanger l’a fait ressortir avec éclat, à la mi-juin.Durant son premier mandai, le PQ a perdu toutes les partielles, ce qui ne l’a pas empêché de se faire réélire facilement, en avril 1981.À l’inverse, élu dans une partielle en juin 1985, M.Bourassa s’est fait battre aux générales suivantes et a dû se réfugier dans Saint-Laurent.Tant et si bien que les partielles peuvent être un bon «thermomètre», selon l’expression du professeur Louis Massicotte, mais ce ne sont pas les meilleurs «baromètres» qui soient.D’autant que le gouvernement a un an pour s’amender et rectifier le tir.Peut-être même pour se donner un nouveau chef.Ce qui, comme dans le cas des conservateurs à Ottawa, donnerait une tout autre perspective électorale.ùi condamnation des trois partielles est sévère mais méritée.Elle n’est toutefois pas sans appel et démontre qu’un nombre croissant de Québécois ne se retrouvent ni dans le PLQ ni dans le PQ.Vague aspiration vers une troisième voie, qui sait?Portneuf vote plutôt contre Bourassa que pour la souveraineté INDEX Les Actualités.JV2 Agenda culturel .B7 Annum* chssées ,K2 Avis publics.B4 Culture.B8 Découvertes.B1 Économie.A5 Éditorial.A6 Idées.A7 Le Monde.B3 Montréal.A3 Mots croisés.B2 Politique.A4 Les Sports.B6 ’’A/îdi Météo Passages nuageux• Max.: 30 Détails en B-4 FONDÉ EN 19 10 ?¦i va»* CULTURE «Camping» ne vaut pas Vattente PAGE B-8 .1 II 1 I.I.E T I !) !» 3 MONTRÉAL De l'aide pour les chômeurs entrepreneurs PAGE A-3 + T P S + T Y l) LES ACTUALITÉS Douze ans de prison pour Teale PAGE A-2 !»> Le jazz n’a pas d’âge t PHOTO JACQUES NADEAU Les spectacles en plein air du Festival de jazz attirent des amateurs de tout âge Les cigales du Méridien SYLVAIN CORMIER LE DEVOIR Dans l’ascenseur du Méridien, celui qui déborde de l'hôtel comme une veine protubérante, celui que l’on voit de l’extérieur, celui qui donne à l’usager l’impression de s’élever au-dessus de la foule massée au coin de Ste-Catherine et Jeanne-Mance, il y a toujours un musicien.Même sans son étui de guitare, de saxophone ou de contrebasse, même si on ne l’a pas vu la veille ou tantôt sur l’une des scènes extérieures, à la PdA, au Gesù, au Spectrum, au Soda, même s’il nous est parfaitement inconnu, c’est écrit dans son regard, dans les traits de son visage, dans sa démarche, dans les plis de son pantalon, dans les couleurs un peu trop criardes de sa .j, chemise: ce gaillard-là gratte, pince, tape, pianote, plaque, chante.Peut-être est-il célèbre?Ou méconnu?C’est pareil.Le jazz est un monde de visages anonymes.Lundi soir, ils étaient deux dans l’ascenceur.Un jeune blanc, lunettes rondes et bermudas, un étui de guitare à la main, et un très vieux noir, VOIR PAGE A-8: JAZZ VA/.o N'T Formation de la main-d’oeuvre Ottawa ranime les espoirs de Québec DANNY VEAR LE DEVOIR Ottawa entrouvre la porte à Québec dans le dossier de la formation de la main-d’oeuvre.En réunissant sous un même toit toutes les ressources fédérales en matière de travail, d’assurance-chômage et de développement de la main-d’oeuvre, Ottawa pourra regarder «de façon cohérente et consistante» qui est le mieux placé pour «livrer les services», a expliqué le ministre Bernard Val-court au DEVOIR.Titulaire du nouveau superministère des Ressources humaines et du Travail, créé lors de la formation du cabinet de la première ministre Kim Campbell.M.Val-court croit que ces nouvelles responsabilités lui permettront de mieux s’occuper du «défi fondamental que représente la formation de la main-d’oeuvre et des ressources humaines».Selon lui, la nouvelle organisation mise en place par la première ministre Campbell permettra de travailler à une restructuration des activités et des services gouvernementaux «de concert avec les provinces».Avec ses propos, le ministre ranime les espoirs de Québec dans le dossier de la formation de la main-d’oeuvre.«C’est une ouverture, un discours encourageant, très positif.On n’a plus les moyens de mal utiliser nos ressources», a commenté Jean-Paul Arsenault, président de la nouvelle Société québécoise de formation de la main-d’oeuvre (SQDM) qui a vu le jour en avril dernier.En créant la SQDM, Québec démontrait qu’il se croyait le «mieux placé» pour gérer le dossier de la formation de la main-d’oeuvre.D’abord à l’ordre du jour des dernières négociations constitutionnelles, la formation de la main-d’oeuvre a été au centre des discussions entre Québec et Ottawa au cours des derniers mois.Québec souhaitait voir les pouvoirs d’Ottawa en la matière lui être transférés.Au moins dans le cadre d’une entente administrative.Mais aucune entente n’a été conclue jusqu a présent.«On continue de négocier entre fonctionnaires, a précisé le président de la SQDM.On attend maintenant des solutions politiques.» En vacances, le responsable de ce dossier, le ministre de la Main-d’oeuvre, de la Sécurité du revenu et de la Formation professionnelle André Bourbeau n’a pu commenter les propos de M.Valcourt.Dans ce qu’il n’ose appeler sa nou- VOIR PAGE A-8: VALCOURT «Il faut trouver des solutions», affirme le ministre Valcourt Taux de chômage Le Canada ne fait pas si mauvaise figure, soutient Campbell PC ET AFP Tokyo — Le chômage endémique qui sévit dans les pays du G-7 sera à l’ordre du jour du sommet, le Canada enregistrant à ce titre la pire performance des sept pays les plus industrialisés.Pourtant, même avec son taux de chômage de 11,3% le Canada ne fait pas si piètre figure sous certains aspects, assurait hier à Tokyo la première ministre canadienne, Mme Km Campbell.Ainsi, comparé à l’Europe, le Canada a une proportion moins importante de chômeurs de longue durée, soulignait-elle.«Il est important de souligner que le chômage est un problème global.Nous allons le constater au cours du sommet: ce n’est pas un problème propre au Canada ou à l’Amérique du Nord», commentait Mme Campbell, à son arrivée hier au sommet du Groupe des sept.La première ministre du Canada souhaite d’ailleurs que les Sept mettent l’épaule à la roue pour remettre à l’ouvrage leur 23 millions de chômeurs.C’est une Kim Campbell confiante qui est arrivée au sommet de Tokyo, forte d’une cote de popula- VOIR PAGE A-8: CAMPBELL SOMMET DE TOKYO 1993 Trente ans pour atteindre le sommet Le parc provincial du mont Mégantic deviendra bientôt réalité STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Le bon génie des alpages et des sommets n’a pas souvent travaillé du côté du mont Mégantic aux cours des dernières décennies.Alors qu'il faut habituellement une quinzaine d’années tout au plus pour constituer un parc, les partisans de la création du parc provincial protégeant le plus haut sommet de l’est de l’Estrie travaillent déjà depuis deux fois plus longtemps à la réalisation de leur rêve.Mais cette fois, ça y est presque.Plus que jamais en tout cas, puisque le gouvernement promet la création du parc d'ici la fin de l’an prochain.«Le décret officialisant la création pourrait même être dé-posé dès cet automne», annonce fièrement Bernard Larouche, porte-parole du ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche (MLCP) de la région de l’Estrie.Il aura tout de même fallu 30 ans! C’est long.Très long.Le temps pour un chêne d’atteindre la hauteur d’une maison, mais pas pour les plus in- L’observatoire du mont Mégantic serait au coeur du nouveau parc provincial, un projet porté à bout de bras par Bernard photos Stéphane baillargeon Malenfant.décrottables optimistes de perdre espoir.«Ix> projet est maintenant trop avancé pour que le parc nous échappe», dit Bernard Malenfant, qui travaille depuis 15 ans comme technicien à l'Observatoire installé au sommet du mont.Malenfant porte le projet à bout de bras, comme un Atlas, depuis le début.Comme écolo président de l’organisme Sentiers mont Mégantic et VOIR PAGE A-8: MÉGANTIC t Nous n’avons PAS FINI DE VOUS SURPRENDRE Ne manquez pas LE DEVOIR.au vert, JOURNAL D’ÉTÉ ù ù ù Un DEVOIR déviant: En CARAVANE, NOS JOURNALISTES FONT UN DÉTOUR PAR CHEZ VOUS DE L'ABITIBI À LA GASPÉSIE DU SAGUENAY LAC SAINT-JEAN JUSQU'EN ESTRIE.Un DEVOIR dévêtu (en partie i): Moins de mots, plus d’images; un reportage photo tous les jeudis et un concours DE PHOTOS OUVERT À TOUS, Y COMPRIS VOUS.Un DEVOIR devin: Ce que vous ignorez des jolis dessous de LA VILLE, PAR NOS ENQUÊTEURS DE QUARTIER.* Un DEVOIR dévissé: Lâchez, nous tenons le volant sur l’itinéraire DE TOUTES LES ACTIVITÉS CULTURELLES DE L’ÉTÉ.TOUS LES GRANDS FESTIVALS DE MONTRÉAL ET DE QUÉBEC, ET UNE PAGE PAR SEMAINE SUR LES ACTIVITÉS CULTURELLES À QUÉBEC.Un DEVOIR déviré: NOUS FAISONS DES SPORTIFS DE CEUX QUI N’EN SONT PAS, UNE ASTUCE DE NOTRE CHRONIQUEUR Gilles-C.Marcotte.Un DEVOIR dévoyé (un peu !): NOUS SORTONS DU DROIT CHEMIN POUR DES CHRONIQUES SANS RAPPORT AVEC LE TEMPS, signées: Philippe Falardeau, Naïm Kattan, Denis Vaugeois.Un DEVOIR dévorant: Attention, «coup de foudre»: c’est le thème DONT VOUS NOURRIRONT LES NOUVELLES DE NOS ONZE ÉCRIVAINS INVITÉS.LE DEVOIR.au vert, À garder par-devers ! A 2 LE I) E V 0 I H .LE MERCREDI 7 JUILLET 1993 LES S Douze ans de cachot pour Karla Teale St.Catharines, Ont.(PC) — Reconnue coupable d’homicide involontaire pour son rôle dans les assassinats sordides de deux adolescentes, Karla Teale a été condamnée mardi à une peine de 12 ans de prison.C’est en refoulant ses larmes, le visage rougi et les lèvres tremblantes, quelle a entendu le juge Francis Ko-vacs prononcer la sentence recommandée par la Couronne et la défense.«L’accusée a commis les pires crimes, cependant elle n’est pas la pire criminelle», a dit le juge Kovacs de la jeune assistante-vétérinaire de 23 ans.Son ex-mari, Paul Teale, âgé de 29 ans, est sous le coup de deux accusations de meurtre au premier degré et d’autres accusations relatives aux assassinats de Kristen French et de Leslie Mahaffy, âgées respectivement de 15 et 14 ans.Karla Teale pourrait être admissible à une libération sur parole après avoir purgé quatre ans, ou le tiers de sa peine.«Aucune sentence ne pourrait refléter fidèlement la répulsion que ressent la communauté envers l’accusée», a dit le magistrat, qui a parlé des deux victimes comme de jeunes filles au-dessus de tout reproche.«Je comprends l’indignation légitime que ressent la communauté, et à juste titre.» Les membres des familles French et Mahaffy ont accueilli la sentence avec stoïcisme.Certains d’entre eux s’étaient mis à pleurer plus tôt en entendant le procureur de la Couronne Murray Segal lire une déclaration sur les faits relatifs à cette cause.Le juge Kovacs a déclaré que l’accusée avait coopéré avec la police.«L’accusée a fourni des informations importantes et peut-être inestimables à la police.Il y a de graves crimes qui n’ont pas été résolus ici, et ailleurs.Il n’y a pas de place pour l’er- Les Teamsters disent Oui auCTC Halifax (PC) — C’est finalement par un vote de 90 pour cent que les délégués du syndicat des Teamsters se sont réîiffiliés au Congrès du travail du Canada.I.es Teamsters redeviennent ainsi membres de la centrale syndicale pancanadienne dont ils avaient été expulsés il y a 32 ans.La boucle est ainsi bouclée, puisque l’exécutif du CTC avait lui-même approuvé le retour au bercail des Teamsters, en avril dernier.Les deux chefs syndicaux ont symboliquement posé côte à côte devant les caméras pour souligner l’événement.MM.Bob White, président du CTC, et Louis Lacroix, des Teamsters, ont échangé leur t-shirt sous les banderoles de chaque organisation syndicale.Le président du CTC ne craint pas que le retour du syndicat des Teamsters entache l’image de sa centrale, à cause de la réputation internationale douteuse des Teamsters dans le passé.MM.Lacroix et White ont tous deux rappelé qu’il n’y avait jamais eu de problèmes de corruption chez les Teamsters ,du Canada.Et les Teamsters des États-Unis, eux, ont fait maison nette.«Les organisations syndicales doivent travailler main dans la main», a conclu M.Lacroix, en énumérant des dossiers où la collaboration est plus que jamais nécessaire, comme le chômage, la déréglementation, la libéralisation des échanges commerciaux et l’industrie du transport.LeSUCO survit LE DEVOIR La date du 9 juillet 1983 a été fatidique pour le Service universitaire canadien outre-mer (SUCO), qui s’est vu couper son aide financière de l’Agence de Coopération et de Développement International pour une période de quatre ans.Le SUCO avait été montré du doigt par l’ACDI pour mauvaise gestion de ses fonds publics.Tirant un trait sur le passé, cette date a ouvert en revanche une période bénéfique pour le SUCO.L'organisation s’est mobilisée pendant trois années sans aucun financement de l’ACDI, en misant sur son expérience et sur les groupes de solidarité qu'elle avait mis sur pied depuis 83.Aujourd’hui, l’organisation vise à poursuivre l’implantation de projets de développement dans de nouveaux pays (Palestine, Afrique du Sud); à intensifier les rapports de solidarité déjà existant et à soutenir le partenariat entre ses filières en leur accordant plus de place.Le SUCO a également créé des centres de documentation spécialisés, comme le Cédai (Centre d’étude et de documentation sur l’Amérique latine).«Si le SUCO a réussi à survivre, c’est grâce à ses antécédents et aux petites filières qu’il a mis au monde», explique Alain Ambrosi, ex-secrétaire du SUCO (83-84) et directeur de l’aide au Tiers-Monde.Depuis 1987, l’ACDI a recommencé à financer le SUCO.«C’est une aide symbolique de 200 000$ qui nous permet d’envoyer des coopérants à l’étranger, soit au Pérou, au Mali et au Nicaragua.C’est peu par rapport aux 5 milliards que l’ACDI nous accordait en 83.» Ix* SUCO est limité à douze coopérants.la grande partie de son financement provient de la sollicitation auprès du public, du publipostage et des autres regroupements non gouvernementaux associés au SUCO.Les recettes du publipostage ont permis par exemple de créer une banque de 20 (XX) donateurs.I>e SUCO a offert récemment des stages à deux étudiants en psychoéducation de l’Université de Montréal, qui ont collaboré au projet «Ninos de la calle» visant à insérer les enfants de la rue au Nicaragua.D’autres projets de solidarité ont également vu le jour, comme la coalition Québec-Pérou sur le développement, ou le collectif «ocho de marzo» sur la coopération et la solidarité entre les femmes d’Amérique latine et du Québec.L’action du SUCO réside surtout dans des campagne d’information et de sensibilisation auprès du public québécois.«L’apport est direct et concret, même si notre énergie et nos effectifs sont limités» conclut M.Ambrosi.Les policiers municipaux menacent d'intensifier les moyens de pression JEAN DION LE DEVOIR La Fédération des policiers du Québec n’a pas du tout aimé les propos tenus lundi par le président de l’Union des municipalités du Québec, Ulric Blackburn, et elle a tenu à le lui faire savoir sans détours, hier.En fait, «c’est un très mauvais conseil» qu’a donné à ses membres M.Blackburn en les invitant à avoir recours à des mesures disciplinaires et à des poursuites judiciaires pour punir les employés municipaux qui utilisent des moyens de pression pour protester contre la loi 102, a soutenu le porte-parole de la FPQ, Guy Mardi.En substance, M.Blackburn avait fait valoir que certains syndicats — dont la FPQ, qui regroupe les membres des corps policiers municipaux — allaient un peu trop loin dans leurs recommandations de procéder à des ralentissements de travail et de ne plus décerner de contraventions, une mesure qui a touché jusqu’à maintenant environ une ville sur deux au Québec.En conséquence, le président de l’UMQ appelait les autorités municipales à serrer la vis, comme ce fut le cas à Grand-Mère où des réductions de salaires de 30% ont été votées, voire à recourir aux tribunaux pour faire respecter les conventions collectives.Or pour Guy Mardi, une telle déclaration risque fortement de compromettre «la bonne entente qui régnait depuis quatre ou cinq ans dans les relations entre les municipalités et leurs policiers».«Le climat était bon, et voilà qu’en quelques mois tout pourrait se désagréger», de dire M.Mardi.En guise de réplique à la sortie de M.Blackburn, la FPQ menace donc maintenant d’intensifier ses moyens de pression.L’hypothèse d’un recours à la grève demeure cependant écartée.«Cela n’a jamais été discuté», a dit M.Mardi.Entre-temps, les dirigeants de la FPQ et les représentants de l’UMQ doivent se rencontrer le 15 juillet prochain pour discuter de la loi 102, qui permet aux municipalités de geler le salaire de leurs employés, et de ses effets sur les conditions de travail des policiers.PP m E W m fl p*'; ! ÎV psi .PHOTO PC Bruce Atkinson, chercheur à l'emploi du gouvernement fédéral, devant un graphique montrant la chute vertigineuse des réserves de poisson sur la côte est.Les stocks de poisson dans le creux de la vague Ils ont atteint leur niveau le plus bas du siècle Halifax (PC) — C’est un véritable désastre économique et environnemental qu’a dépeint mardi un conseil fédéral des pêches en dévoilant son évaluation des réserves de poisson - un constat dont certains prédisent qu’il pourrait transformer radicalement la côte est du pays.Le président du Conseil de conservation des ressources des pêches, Herbert Clarke, a admis qu’il n’y avait pas beaucoup de bonnes nouvelles à tirer des rapports scientifiques sur l’état des poissons de fond - le fondement de la pêche de la côte atlantique, une industrie aussi importante [Jour la région que le blé pour les Prairies, ou l’automobile pour le sud de l’Ontario.La situation semble très sombre, a déclaré M.Clarke, avant que des experts ne passent la journée à décortiquer une litanie de mauvaises nouvelles illustrées par autant de graphiques aux courbes descendantes.«L’état des réserves de poissons de fond s’est détérioré de façon dramatique au cours des quelques dernières années», a dit M.Clarke.Le rapport de 128 pages signale que les stocks de poisson ont atteint leur niveau le plus bas de tout le 20e siècle, et qu’un redressement ne commencera pas à se faire sentir avant l’an 2000 au plus tôt Les stocks de morue du golfe Saint-Laurent, c’est-à-dire dans les zoqes du Cap-Breton, de l’Ile-du-Prince-Édouard et de parties du Québec et du Nouveau-Brunswick, sont à leur plus bas niveau jamais vu.Plus de 20 000 pêcheurs et employés d’usines terre-neuviennes ont perdu leur emploi à la suite du moratoire de deux ans sur la pêche à la morue, imposé en juillet dernier.Les données scientifiques indiquent que les réserves ont continué à décliner, qu’elles ne se reconstitueront pas avant au moins la fin de la décennie, et que le moratoire pourrait se poursuivre au-delà de l’an prochain et s’étendre à d’autres zones, au large de la Nouvelle-Écosse.Le dirigeant du plus gros syndicat de pêcheurs au pays, Earle McCurdy, allait jusqu’à dire, hier, que l’avenir même de la côte est du pays est en jeu.M.John Crosbie, l’ex-ministre fédéral des Pêches, a déjà évalué à 50 000 le nombre d’emplois en jeu.À l’heure actuelle, les 20 000 Terre-Neu-viens touchés par le moratoire reçoivent une compensation du gouvernement fédéral, mais ce programme expire l’an prochain.À Terre-Neuve en particulier, des communautés entières pourraient disparaître, déclarait M.Donald Savoie, économiste à l’Université de Moncton et membre du conseil.Le rapport mentionne que la surpêche, les migrations, les conditions climatiques, le manque de nourriture et les phoques ainsi que d’autres prédateurs ont contribué à ce désastre, sans pouvoir préciser l’importance particulière de chacun d’entre eux.reur dans la poursuite du criminel responsable, quel qu’il soit» Kristen French a été enlevée en avril 1992, et son corps nu a été retrouvé dans un fossé deux semaines plus tard.Le corps de Leslie Mahaffy a été retrouvé démembré et coulé dans le ciment, dans un lac près de St Catharines, en juin 1991.11 pourrait s’écouler un an ou plus avant que la preuve entendue mardi puisse être divulguée en vertu de l’ordonnance de non-publication décrétée pour assurer un procès équitable à Paul Teale) dont le procès ne se tiendra vraisemblablement pas avant 1994 ou 1995.Arrestation d'écologistes La GRC met fin à l'obstruction d'une route de transport de bois en Colombie-Britannique Tofino,C.-B.(PC) - Des policiers de la GRC ont mis fin à l’obstruction d’une route de transport dé bois, hier, et procédé à l’arrestatioh de 12 protestataires.Cette route conduit au coeur de la forêt humide de Clayoquot Sound, où se trouvent les arbres leà plus gros et les plus âgés du Canada, à environ 200 kilomètres au nord-ouest de Victoria, dans l’île de Vancouver.Vers 7h du matin, neuf policiers ont prévenu la centaine de perr sonnes qui bloquaient la route qu’elles contrevenaient à une injonction obtenue par MacMillan Bloedel, la compagnie de coupe de bois la plus importante de la Colombie-Britannique.Comme personne ne bougeait, les policiers ont exécuté des arrestations.Parmi les personnes arrêtées, on remarquait Mme Judith Robinson, qui est âgée de 72 ans.Au poste de police, neuf des protestataires ont refusé de signer un engagement à se tenir éloignés de tout barrage routier et ils ont été écroués.Les trois autres ont signé et ils ont été relâchés.Commencement I «Ce n’est qu’un commencement», a promis l’un des organisateurs de la manifestation, Tzeporah Berman.Les environnementalistes protestent contre la décision du gouvernement néo-démocrate de la province de permettre la coupe de bois d’environ 70 pour cent de la forêt de Clayoquot, sur une période d’au mojns 80 ans.À Victoria, le ministre des Forêts Dan Miller a déclaré que le gouvernement ne reviendra pas sur sa décision, quel que soit le nombre de personnes arrêtées.«Nous ne changerons pas d’idée, a-t-il promis.Je dis aux protestataires d’agir plutôt de façon positive, parce que nous avons beaucoup de trayail à faire dans cette province.»*' À Ottawa, le député néo-démocrâ-te Lyle MacWilliam a dénoncé son collègue Svend Robinson pour s’être joint aux manifestants de Clayoquot, notant que sa positiop ne reflétait pas celle des néo-démocrates fédéraux.«Le NPD, a-t-il dit, favorise la conservation des vieux arbres, mais il réalise qu’une interdiction conj-plète de coupe à Clayoquot coûtè-rait beaucoup d’argent aux contribuables de la Colombie-Britannique en indemnités aux compagnies.» Un Casque bleu canadien accusé de meurtre tente de se suicider Saskatoon (PC) — La police militaire a confirmé, hier, que lé Casque bleu canadien accusé dii meurtre au second degré d’un Sô: malien a tenté de se suicider après son arrestation.Le caporal-chef Clayton Mat-chee, 27 ans, de Meadow Lake, en Saskatchewan, a été trouvé pendu dans sa cellule, le 18 mars dernier.Sa famille a toujours soutenu que les blessures au cou et à la tête ne provenaient pas d’une tentative dfc suicide.C’est à la suite de ces allégations de la part de la famille que les enquêteurs de la police militaire opt recueilli des témoignages et ont conclu à la tentative de suicide.L’avocat de Matchee, Me Greg Bains, s’est plaint de ce que les résultats de l’enquête aient été révélés au public.Matchee et un autre Casquç bleu ont été accusés à la suite de la mort de Shidane Arone, battu dans sa cellule de la base militaire dé Belet Huen, en Somalie.Deux autres militaires sont accusés d’avoir pratiqué la torture.Me Bains a déclaré qu’il allai) plaider l’incapacité mentale de son client, à la suite des blessures qu’il a subies à la tête.903524 I.E I) E V 0 I R .I.E M E R (' I( E 1) I .1 T I I.I.E T I !) !) :t A 3 -?LE ?—- MONTREAL Li petite boite où I 'on mange bien Salons privés Ouvert le dimanche 844-1624 L'AGENDA ‘I * Plonger dans les livres Les parapets des quais de la Seine sont bien loin, mais des bouquinistes parisiens sont arrivés depuis la semaine dernière dans le Vieux-Port nous apporter un peu du charme de • là-bas.Ils en sont à leur 2e visite én terre montréalaise.Sept bouquinistes lyonnais et quelques-uns québécois sont également de la partie.Leurs caisses débordantes de livres sont offertes à l’assaut de la popula-tion.jusqu’au 25 juillet prochain sur la Promenade du Vieux-Port.Les amateurs y trouveront également de l’animation de tous genres; jusqu’à dimanche: marathon de lecture, bingo des livres, projections de films, etc.Musique bolivienne Pour les amoureux de rythmes sud-américains, Los Masis est en spectacle ce soir, au Théâtre de Ver-dure du.parc Lafontaine.Pour connaisseur ou profane, le rendezvous avec la musique traditionnelle bolivienne est à 20h30.C’est gratuit.Concerts spirituels C’est ce soir que s’ouvre la 22e saison de récitals d’orgue à l’Oratoire Saint-Joseph avec l’organiste Rachel Laurin.Cette dernière interprétera plusieurs oeuvres d’Alexandre Guil-mant qui fut l’un des principaux artisans du rayonnement de l’orgue au XIXe siècle.La programmation des Concerts spirituels se poursuivra jusqu’au 1er septembre, à tous les mercredis soir, 20h.Les billets (8$) sont en vente à l’entrée de la basilique.Folklore chinois Le Jardin botanique perce une petite brèche dans la culture chinoise cet été en présentant jusqu’au 25 juillet prochain, l’Ensemble folklorique de Chine.Les 23 artistes qui composent la troupe, se produisent en spectacle du mardi au dimanche, à 13h30, 14h30 et 15h30, au Jardin de Chine.Ils nous feront découvrir les danses, les musiques et les costumes traditionnels des peuples du sud-ouest de la Chine.Vous pourrez faire d’une pierre deux coups: en déboursant 7$ pour assister à l’événement, vous pourrez visiter le Jardin botanique.KATHLEEN LÉVESQUE .Suzanne Poirier empêtrée dans les démêlés juridiques LE DEVOIR Suzanne Poirier, la malheureuse abonnée de la bibliothèque de Lachine, continue de vivre des démêlés juridiques.La Cour supérieure a jugé hier 3 u elle ne pouvait se pencher sur la écision du juge de la Cour municipale de Lachine qui avait imposé une peine d’emprisonnement et une amende de 835$ à Mme Poirier parce au’elle avait perdu un livre et tardé ’en remettre deux autres.La Cour Supérieure ne peut réviser cette décision parce que le nouveau Code de procédure pénale ne lui donnerait pas cette juridiction.«Je ne peux pas croire qu’on ne peut pas appeler d’une décision d’un juge de la Cour municipale de Iachi-ne», s’est offusqué l’avocat de Mme Poirier qui compte bien en appeler de la décision de la Cour supérieure.Un juge de la Cour municipale de Lachine avait décidé d’imposer une peine de prison à Mme Poirier après qu'elle ait refusé de payer une amende de 835$ et de réaliser des travaux communautaires.Récemment, lachine a atténué la sévérité du'règlement municipal qui détermine les amendes cjux abonnés de sa bibliothèque.«C’est ma victoire», a dit Mme Poirier qui affirme que toute cette affaire n’esf plus qu’une question de procédure.Mulroney, avocat i • PRESSE CANADIENNE L’ancien premier ministre Brian Mulroney se joindra bel et bien à l'important cabinet d’avocats montréalais Ogilvy Renault, dès son retour (l’Europe, c’est-à-dire au début du mois d’août.Il y retrouvera ses vieux camarades de travail Yves Fortier et Bernard Roy.‘ D’abord annoncée par un quotidien montréalais, la nouvelle a été confirmée hier avec enthousiasme par M.Portier, ex-représentant officiel du Canada aux Nations unies pendant trois ans: «Confirmer ou nier?Confirmé, bien sûr, c’est vrai!».la nature exacte de son travail demeure indéterminée jjour le moment.«Le travail d’avocat peut vouloir dire bien des choses, a déclaré M.Fortier, en ajoutant qu’un pomme de loi qui n’a pas exercé sa profession depuis plusieurs années devra d’abord voir où il se sent le plus à l'aise.Les chômeurs des quartiers pauvres pourront devenir entrepreneurs Ottawa annonce un programme d'aide aux secteurs les plus défavorisés DANNY V E A R LE DEVOIR T es chômeurs des quartiers les .Lplus défavorisés de Montréal pourront ouvrir leur dépanneur ou leur petite entreprise informatique grâce à un programme d’aide du gouvernement fédéral.Environ 625 prestataires d’assurance-chômage de cinq secteurs de la métropole pourront profiter du programme d’«Aide au travail indépendant» (ATI) qui met à leur disposition quelque 6,2 millions$ dès cette année, a annoncé hier le ministre délégué aux Ressources humaines et au Travail, Bernard Valcourt.Avec le taux de chômage de 14,6% qui sévit à Montréal, Ottawa croit qu’il est temps d’agir dans les secteurs les plus pauvres de la métropole: Centre-Sud/Plateau Mont-Royal, Mercier/Hochelaga-Maison-neuve, Rosemont/Petite-Patrie, Vil-leray/Parc Extension, Saint-Michel et Sud-Ouest.Seuls les prestataires d’assurance-chômage sont éligibles à ce programme.Ils doivent vivre dans l’une des cinq zones désignées et prêts à partir leur entreprise.Un plan d’affaires, un projet d’entreprise viable, un investissement personnel d’au moins 25% (maximum 4000$) du montant versé par le gouvernement, telles sont les exigences que devront rencontrer les .chômeurs.Le participant recevra ses prestations régulières d’assurance-chômage pour une période maximale de 52 semaines.«Les chômeurs qui ont des idées pourront les exploiter dans le cadre de ce programme.La créativité sera encouragée et non pénalisée», a dit Jean Corbeil, ministre des Transports et ministre responsable de Montréal, présent à la conférence de presse.Montréal est le premier centre urbain au Québec à être éligible à ce program me.«J’encourage les Montréalais à croire et à oser», a dit John Gardiner, vice-président du comité exécutif de Montréal -et responsable du développement économique, qui-a bien accueilli le programme d’Ottawa.Depuis sa création il y a trois ans, le programme était réservé aux zones rurales défavorisées dont les taux de chômage étaient les.plus élevés.Le programme a été un succès, a dit le ministre Valcourt.L’an dernier, quelque 1157 Québécois en régions ont utilisé ce programme.Selon un sondage mené par Emploi et Immigration Canada, environ trois nouveaux entrepreneurs sur quatre conserveraient leur entreprise après qu’ils aient cessé de recevoir leurs prestations.«On ne se leurre pas, on ne commencera pas des General Motors avec .notre programme.On parle de TTE, des «tites», «tites» entreprises», a dit le ministre Valcourt.Jusqu’à présent, les nouvelles entreprises oeuvrent en majorité dans le secteur des services: dépanneurs, entreprises de nettoyage, d'informatique.«Tout est possible.Mais on n’ouvrira pas de boîtes de danseuses», a-t-il précisé.Les gens intéressés à participer peuvent s’informer plus avant dans les centres d’Emploi et Immigration Canada ou auprès des organismes communautaires.' Liés par contrat au gouvernement, ces organismes coordonnent les efforts des entrepreneurs, leur donnent des conseils en gestion, de la formation et du soutien technique aux participants.L’an dernier, Ottawa a dépensé 12 millions$ au Québec dans le cadre de son programme ATI.En 1993, cette somme est passée à quelque 33 millions$.Ottawa aidera ainsi 2000 prestataires d’assurance-chômage à mettre sur pied leur entreprise.Jean Corbeil Bernard Valcourt Histoire d'eau Un septuagénaire se bat contre un tuyau d'égout DANNY VEAR LE DEVOIR Le septuagénaire Eugène Flibotte a vaincu Saint-Basile-Le-Grand.Dans cette histoire rocambolesque que les médias n’hésitent plus à appeler l’«affaire Flibotte», la Cour supérieure a jugé que Saint-Basile-Le-Grand ne pouvait exproprier le bout de terrain du septuagénaire dans le but d’y maintenir un tuyau Contre la volonté d'Eugène Flibotte, Saint-Basile voulait soulager son système d'évacuation des eaux.d’égout installé là, par erreur.il y a plus de quatre ans.Toute cette histoire remonte à 1988.Contre la volonté de M.Flibotte, Saint-Basile a alors installé ce tuyau dans l’espoir de soulager son système d’évacuation des eaux, débordé lors des périodes de grande pluie, et d’en déverser le trop-plein dans un ruisseau.Pour ce faire, elle avait obtenu une autorisation du ministère de l’Environnement, valable pour trois ans.Ce délai devait permettre à la municipalité de compléter l’installation de son nouveau système d’assainissement des eaux.Or, M.Flibotte a toujours affirmé que ce terrain était le sien.Quelques trois années plus tard, de querelles en débats juridiques, Saint-Basile a finalement reconnu que ce fameux terrain ne lui appartenait pas.Mais M.Flibotte n’a pas eu le temps de crier victoire que la municipalité l’informait quelle voulait exproprier son terrain.Et maintenir le tuyau en place.M.Flibotte n’a pas aimé.Il a contesté cette décision en Cour supérieure qui lui a donné raison.Dans sa récente décision, la Cour supérieure précise que la municipalité veut effectuer des travaux en vertu desquels elle doit être autorisée par le ministère de l’Environnement.Or, le permis du ministère de l’Environnement est échu.La municipalité avait demandé au ministère de prolonger son certificat d'autorisation pour continuer son déversement dans la rivière.Le ministère n’a toujours pas répondu.En désespoir de cause, Saint-Basi-le-Le-Grand avait même demandé au ministre de l’Environnement Pierre Paradis de s’expliquer devant le tribunal.Nullement impressionné, le juge Bernard Gratton a établi que la municipalité n’a aucun droit d’expropriation du terrain de M.Flibotte puisqu'elle n’a obtenu aucune autorisation du ministère de l’Environnement.Dans sa décision, le juge précise que le pouvoir de la municipalité provient de l’application de la Loi de l’Environnement et quelle ne peut agir sans autorisation.En voulant exproprier sans autorisation, Saint-Basile «usurpe un droit qu’elle n'a pas», ajoute le juge.Dans sa décision, le juge Gratton réserve à M.Flibotte tous ses recours.De fait, le septuagénaire poursuit déjà Saint-Basile en dommages et intérêts pour une somme minimale de 45 (XX)$.Il exige également que la municipalité le débarrasse de ce fameux tuyau.Mens sauna in corpore sano Jq fïvy mr mm® PHOTO JACQUES NADEAU QUAND LE SEUL FAIT D'EXISTER fait suer à grosses gouttes, comme c’était le cas hier, une certaine abnégation est nécessaire pour s'aventurer à vélo dans le grand four montréalais, Il faisait si chaud, d'ailleurs, que même cette sculpture de béton, «Monica», sur la promenade Père-Marquette à iMchine, semblait avoir fondu.Mais qu’on se détrompe: la «fragmentation» de l’oeuvre de Jules Lasalle cherche plutôt à «évoquer des interrogations essentielles autour des notions de temps et d’histoire».Le temps, comme dans «beau temps pour s’étendre».?Surtaxe des immeubles non-résidentiels Les artistes réclament un statut d'exemption pour leurs ateliers KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Après deux manifestations à l’hôtel de ville de Montréal, des rencontres avec les responsables politiques et administratifs ainsi qu’une tentative de sensibiliser le ministre des Affaires municipales, Claude Ryan, les artistes montréalais piaffent d’impatience dans le dossier de la surtaxe sur les immeubles non résidentiels.Et à leurs yeux, il y a péril en la demeure.Tant et tellement d'ailleurs, que le premier réflexe de ' quelques artistes lorsqu’ils ont appris il y a trois semaines, que la Ville de Montréal suspendait le remboursement de la surtaxe, a été de déserter leurs ateliers.C’est que les artistes ne peuvent faire face à cette dépense dont ils ont été épargnés depuis 1987: leur revenu moyen s’élèverait à 8(XX)$ par année selon Bastion Gilbert, directeur de l'Association des artistes du domaine réputé des arts visuels (AAI)RAV).A l’hôtel de ville, on confirme que les studios d’artistes ne sont pas exemptés au sens de la nouvelle loi sur la fiscalité municipale (Loi 145).«Mais notre mandat est de trouver une interprétation de la loi la plus favorable possible aux artistes», affirme le commissaire principal à la Commission d’initiative et de développement culturels (CIDEC), Bmno Blache.L’A AI) RA V veut que Montréal fasse des démarches auprès du ministre Ryan pour créer un statut d'exemption pour les artistes.Sous l’ancien régime fiscal, les altistes pouvaient obtenir une subvention-équivalente au montant de la taxe d’affaires.L’administration municipale aurait donné en mars dernier, l’assurance aux artistes que rien ne serait changé.Mais voilà, la Ville vient de faire volte-face, et c’est d’ailleurs ce qui a mis le feu aux poudres.Comme en rendait compte LE DEVOIR il y a déjà deux semaines, le dossier fait actuellement l’objet d’une évaluation auprès d’un comité regroupant des représentants du service des finances, du contentieux et de la CIDEC.Le comité a d’abord fait l'inventaire du nombre de locaux non résidentiels occupés par des artistes.«Il faudra se demander ensuite, comment peut-on établir des règles objectives pour savoir qui a accès ou non à une exemption», a précisé M.Blache.Une décision devrait être rendue publique d’ici la fin du mois d'août.Mais les 300 membres de l’AADRAV se disent insatisfaits de cette réponse.«D'une façon ou d’une autre, la Ville doit trouver un moyen de nous rembourser», réclame Bastien Gilbert.«Nous ne sommes pas des commerçants et l’espace que nous occupons est utilisé pour la création», lance Lyne Robichaud, peintre.Les représentants de l’AADRAV entendent poursuivre leurs pressions.Déjà une pétition circule réclamant le maintien des avantages consentis aux artistes et un amendement à la Loi 145.De plus, une manifestation est prévale pour le 14 juillet prochain pour sensibiliser la population.Jazziloque Vv At-DE) >'‘ O N f Il y a plusieurs festivals GILLES A R C H A M B A U LT Je n’ai nullement l’intention de le cacher, j’aime les contrastes.Rien ne me fait plus peur que l’uniformité.A ce chapitre, le Festival m'a gâté hier.Vers la fin de l'après-midi, j’ai baguenaudé aux alentours de la Place (les Arts.Un petit ensemble sans prétentions, Streetnix, à la Terrasse Air Canada, s’adressait à un auditoire composé en partie de familles.On avait traîné là une marmaille qui acceptait de bon gré d’être maquillée sous les traits d’un chat.Tout respirait le pique-nique à la Ronde, les ma- nèges en moins.A 22 heures 30, sur la Scène liibatt Blues, les enfants qui avaient grandi s’étaient débarrassés de leur père et mère.Zora Young and Her Chicago Blues Posse proposaient une musique torride qui incitait les spectateurs à se balancer en cadence.Plusieurs dansaient, les filles surtout.Elles devaient se croire sur la scène en compagnie de la Zora aux formes pleines que mettait en évidence un ensemble d’un rouge écarlate.Un public dense qui, de l’endroit où j’étais, semblait une mer agitée par l’orage.Il est des orages qui ne sont pas débridés.Sous un autre chapiteau, une quintette au nom évocateur d’Evangeline faisait son miel du répertoire conventionnel du blues.Cinq femmes qu’on était venu entendre en moins grand nombre.Ce qui ne veut pas dire qu’on ménageait ses applaudissements.Un public jeune là aussi pour qui l'heure du sommeil viendrait bien plus tard.En pareille circonstance, je ne cesse d’être perplexe.Je ne suis pas un inconditionnel du blues.La passion que j’ai toujours pour l’oeuvre d’un Light-nin’ Hopkins ne résiste pas à l’écoute d’une enfilade de phrases prévisibles.Après deux ou trois morceaux, je m’éloigne.La plupart du temps toutefois il me reste en tête un refrain.D y a aussi que je ne déteste pas être au milieu de jeunes.Je me sens alors en pays étranger.Un pays dont les moeurs vous seront à jamais imperceptibles.Plus tôt dans la soirée, à la salle Maisonneuve, puis à Wilfrid-Pelletier, c’était une toute autre affaire.Auditoire en majorité anglophone et ventripotent Les femmes avaient revêtu leurs robes de soie.Avec mon T-shirt, je me sentais fort joliment à l'écart.Ce public fit fête à Dee Dee Bridgewater et à John Pizzarelli.La première qui cabotine avec élégance change à ravir quelques standards, dont un merveilleux.L«//aèy ofBirdland.Je ne serai pas aussi clément pour le chanteur-guitariste dont j’ai peu prisé la performance.Quatre pièces m’ont suffi pour classer au rayon de la nostalgie sur commande sa recréation des grands succès de l’époque des big bands.Il nous a pourtant donné quelques bons disques en compagnie de son père, Buck Pizzarelli.C’était avant qu’il devienne a N oints Recording Star.J'ai quitté le crooner pour George Shearing et Joe Williams.Très en forme, le pianiste a trouvé en Neil Swain-son un contre-bassiste remarquable.Les deux nous ont offert un jazz subtil, intelligent.Après l'entracte, arriva Joe Williams.Ce chanteur que j’adore ne m'a pas semblé en voix hier.Peut-être est-ce à cause d’une certaine fatigue, mais il n’avait pas tout à fait ce dynamisme qui lui est coutumier.Ce qui ne l'empêcha cependant pas de se déchaîner à l’occasion de quelques-uns de ces blues de son répertoire.George Shearing le suivait avec une extrême aisance dans ce territoire qui paraissait éloigné de celui qu’il avait plus tôt exploré.Etrange soirée, vous ne trouvez pas?Dire qu’il y a des gens qui doivent voyager pour traquer l’insolite.ROBIC DEPUIS 1892 AGENTS DE BREVETS ET MARQUES PROTECTION DES DROITS DE PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE LEGER ROBIC RICHARD AVOCATS 55, ST-JACQUES MONTRÉAL, OUÉBEC H2V 3X2 Fax (514) 845-7874 Tél.:(514)98R*0*B*K T-a maitxiit du intanûiùtu D1C I.K I) E V (MR, I, E M E R C R E I) I J U I L L E T I !) 9 3 A 4 ( ?LE DEVOIR^ POLITIQUE Lendemains d'élections à Portneuf La souveraineté a été mise en lumière Bertrand croit que le vote de lundi n'était pas seulement un «désaveu cinglant pour les gens au pouvoir» PHOTO PC Roger Bertrand: la souveraineté était au coeur de mon programme.*m\ JOSÉE BOILEAU LE DEVOIR Roger Bertrand, hier matin, était encore tout à la joie d’avoir largement gagné ses élections dans Portneuf.Ce n’était pas l’euphorie car il s’y attendait.Les sondages internes du Parti québécois lui donnaient déjà une avance de 10 points dès le début de la campagne.Mais M.Bertrand n’entendait pas amoindrir l’effet de sa victoire, qui lui a valu 10 573 votes, soit 51% des voix, contre 7048 à son plus proche adversaire, le libéral Gilles Portelance, dans un comté acquis depuis 20 ans au libéral Michel Pagé, ministre qui démissionnait l'automne dernier.M.Bertrand devinait même les questions.«Vous allez vouloir me faire dire que cette élection est seulement un désaveu du gouvernement en place et qu’elle ne veut rien dire pour la souveraineté, avançait-il même.Malheureusement pour vous, je ne suis pas d’accord.«il y a un désaveu cinglant pour les gens au pouvoir, dont les politiques nous ont donné des surtaxes, un surdéficit, du chômage, la décentralisation vers les municipalités, la loi 86.«Mais la souveraineté était au coeur de mon programme.Je la positionnais clairement comme le moyen de développer le Québec sous toutes ses facettes.Il ne faut pas sous-estimer le jugement de la population à cet égard.» L’arrivée au troisième rang, et avec uand même près de 1200 voix, du candi-at du Parti J’en peut pus (sic), le parti de ceux qui s’estiment laissés pour compte, n’a pas plus surpris M.Bertrand.Il y a là des péquistes en puissance, analysait-il hier.«L’électeur, surtout dans Portneuf, ne change pas facilement de camp.Ceux qui hésitent à passer directement du Parti libéral au Parti québécois ont choisi de voter pour ce parti.Mais nous irons les chercher à l’élection générale.» Roger Bertrand en est à sa première expérience politique, mais le milieu gouvernemental lui est familier et les péquistes réservent un bel avenir à ce haut fonctionnaire spécialiste de la révision des systèmes de santé.Il a déjà eu Jacques Parizeau pour patron lorsque celui-ci était président du Conseil du Trésor et qu'il y était directeur il y a dix ans.Il a siégé ensuite à l’importante Commission Rochon sur la réforme de la santé, puis est devenu directeur général de la Régie de la santé et des services sociaux de la région de Québec.Invité comme conseiller en santé dans différentes provinces ces dernières années, il dit avoir vu la souveraineté «par l’autre bout de la lorgnette».«J’ai pu mesurer à quel point on est différents au Québec, pas juste sur la langue mais dans tout, et aussi que l’ensemble canadien est d’un anachronisme totalement dépassé».Il a eu à affronter deux adversaires libéraux en cours de campagne, Le premier, un jeune homme de 32 ans, Eric Dorion, a dû plier bagages à la suite d’inexactitudes qui embellissaient son curriculum vitae.Ce fut une dure confrontation avec le cynisme qui a cours aujourd’hui dans la population.«Cette affaire de c.v.a amené les gens du comté à ne plus accorder aucune confiance à la politique.Il y a eu une réaction de refus global, même à mon égard, de raconter M.Bertrand.Plus personne ne voulait nous croire.J’ai ramassé autant de baffes que mon adversaire dans toute cette histoire.» Le nouveau député péquiste ajoute avoir vu les électeurs traverser «trois phases» pendant la campagne: le découragement, ensuite le rejet et l’amertume à la suite de la sortie du budget Levesque.Puis l’écoeurement total, dit-il, qui a fait que les électeurs «ont sacré les libéraux dehors».Et pourquoi lui ferait-il mieux?Pourquoi avoir opté pour cette politique que chacun boude aujourd’hui?«J’y ai sérieusement réfléchi quand on m’a approché.J’ai décidé d’y aller à cause du manque de relève, dit-il.Va-t-on laisser la politique seulement à ceux qui ont décidé d’en faire une profession?Moi, je ne resterai pas 20 ans.«Mais on a des gouvernements qui ne font qu’équilibrer les comptes, alors que c’est en proposant des plans de redémarrage de l’économie et de l’emploi qu’on va soutenir nos programmes sociaux.Il faut créer un environnement propice pour le démarrage d’entreprises, mais aussi modifier les attitudes.On a perdu des réflexes.«Dans ma campagne, j’ai rencontré un homme qui avait conseillé à son fils de refuser un emploi à 7$ de l’heure parce qu’il en ferait autant sur l’aide sociale! Mais comment aller chercher de l’expérience alors?On n’accepte plus de commencer au bas de l’échelle.«Mais j’ai aussi rencontré un monsieur de 45 ans qui a perdu son emploi, a refusé de s’inscrire à l’assurance-chômage et a choisi de lancer sa petite compagnie de laminage avec sa femme.C’est ce sens de l’action que je veux aider à retrouver.» LE GRAND CONCOURS DE PHOTOGRAPHIE DU DEVOIR Vous voyez clair ?Vous faites clic ?Vous aimez faire des photos ?Vous aimez les montrer à tout le monde ?Vous aimeriez les voir publiées ! Soil, LE DEVOIR est exactement ce qu'il vous faut.Nous organisons cet été un concours pour les photographes amateurs du Québec.Ce que nous cherchons ?Des photos intéressantes, éloquentes, insolites, esthétiques, surprenantes.Bref, des photos réussies.Le sujet ?Il vous appartient: faune de nuit, rosée du matin, action, réflexion, contemplation, évasion, peu importe: nous sommes à la recherche d'images de qualité, dont le sujet sied, évidemment, à la parution dans un quotidien familial.Nous publierons les meilleures photos dans une page spécialement aménagée du DEVOIR, une fois la semaine, à partir de la fin de juillet.Des experts évalueront votre travail.Un tirage au sort parmi les photos publiées déterminera une photo gagnante.Son auteur recevra une caméra vidéo Sanyo d’une valeur de 750 S, gracieuseté de Dumoulin.Remplissez le formulaire et faites parvenir vos photographies à Mme Suzanne Marchand, LE DEVOIR, 2050, rue de Bleury, 9e étage, Montréal (Québec) H3A 3M9 tél.:(514)985-3333 JE PARTICIPE AU CONCOURS DE PHOTOGRAPHIE DU DEVOIR Brève description du sujet:.Adresse:.Ville:.Code postal:.Téléphone:.Le lirage aura lieu le 10 septembre 1993.le gagnant ou la gagnante sera avlsé(e) par téléphone La valeur du prix attribué esl de 750 S.Les règlements de te concours sont disponibles aui bureaux du DEVOIR.Inclure une enveloppe pré allrancbie et pré adressée.Le concours se termine le 30 juillel 1993.La loi 101 a sauvé Saint-Jean-de-Matha LOUIS-GILLES FRANCOEUR LE DEVOIR La loi 101 parrainée par le ministre de l’Environnement, M.Pierre Paradis, aura évité à la municipalité de Saint-Jean-de-Matha que sa défaite majeure hier devant la Cour supérieure ne se transforme en déroute totale devant la société de gestion de déchets Bérou-Trans-vick.Cette dernière se retrouve en effet, par l’effet conjugué du jugement et des nouvelles exigences de la loi 101, à la case départ dans son projet d’agrandissement du site mathalois.Comme ses adversaires d’ailleurs.Ix municipalité a en effet essuyé un échec cuisant alors que le juge John Hannan, du district de Joliette, refusait d’annuler les certificats émis par l’ancien secrétaire municipal, M.Jean-Maurice Gadoury, en août et en septembre dernier.Ces certificats attestaient de la conformité de deux projets de Bérou-Trans-vick à la réglementation municipale.Un de ces projets vise à agrandir le site d’enfouissement pour lui donner une durée de vie d’au moins cinq ans.Le ministère de l’Environnement ne peut même pas étudier un projet de ce genre s’il n’a pas, préalablement au dossier, un certificat émis par le secrétaire municipal, attestant de sa conformité à la réglementation municipale.Le magistrat, à qui on demandait un «jugement déclaratoire» sur la valeur des certificats de conformité eu égard à la réglementation municipale, n’a pas répondu à cette question que lui posait Saint-Jean-de-Matha.Il a refusé d’annuler les certificats obtenus par Bérou-Transvick parce que la municipalité a intenté son action devant le tribunal hors délai, c’est-à-dire plus de 30 jours après leur signature par le secrétaire municipal.Ce délai n’est pas écrit dans la loi mais défini par la jurisprudence.Le juge Hannan a interprété la demande de jugement déclaratoire comme une action en nullité déguisée, qu’il a jugée hors délai.Il n’y a pas de délai de prescription pour un jugement déclaratoire.Ix magistrat ne statue pas dans son jugement sur le fait que les citoyens et les membres du conseil municipal ont fait face à des mois de délais pour obtenir du secrétaire municipal les certificats de conformité, pour neutraliser les veto du maire et pour obtenir un avis, selon lequel les certificats ne respectaient pas le règlement de zonage municipal.Bérou-Transvick a aussi obtenu du juge qu’il invalide «l’annulation» des deux certificats de conformité de l’ancien secrétaire par le nouveau, M.André Dallaire.Mais cette société n’a pas obtenu que le jugement Hannan s’applique pendant un appel, une éventualité à i’étude même si elle aurait peu d’effet dans les circonstances, sauf de tirer au clair la portée de la réglementation municipale, laissée en suspens par le magistrat.En effet, même si le jugement Hannan devait maintenir actif le projet de Bérou-Transvick, il faudra au moins un an et demi à cette société pour se conformer aux nouvelles exigences de la loi 101 visant à soumettre ce type de projets à la procédure d’évaluation des iid-pacts environnementaux.Transvick devra donc obtenir une directive pour guider l’élaboration de son étude d’impacts et ie dossier devra faire l’objet d’un examen public à l’occasion d’une audience.Quant au ministère, il n’émettra aucune directive au promoteur tant que la période d’appel (30 jours) n’aura pas pris fin, affirmait hier Mme Sylvie Marier, l’attachée de presse du ministre de l’Environnement.A Saint-Jean-de-Matha, le jugement Hannan provoquait une déception palpable.Pour la conseillère Lorraine Gadoury, le magistrat «a choisi la porte facile: il pouvait très bien éclairer le conseil et les citoyens en leur disant d’abord si les certificats étaient conformes ou non à la réglementation, quitte à les juger valides, dans un deuxième temps, s’ils étaient hors délais.Il n’a rendu service à personne en limitant le débat à une affaire de procédure.Tout le monde est renvoyé à la case zéro et il faudra tirer au clair cette question, tôt ou tard, qui importe autant à la municipalité, au ministère aux citoyens et à la compagnie.Nous estimons d’autre part que, s’il y a eu délais indus, c’est à cause principalement du maire et du secrétaire, qui se sont assis sur les certificats pour empêcher qu’ils ne soient connus et expertisés.Mais le juge n’en parle même pas et ne tient aucunement compte des difficultés de la démocratie municipale.» La Caisse prêtera au Bloc /Québec (PC) — Ix Caisse centrale Desjar-W dins est sur le point de prêter 1,5 million^ au Bloc québécois pour lui permettre de financer sa campagne électorale en vue des prochaines élections fédérales, qui devraient être déclenchées probablement d’ici la fin de l’été.Dans un document obtenu hier de la plus singulière des façons par la Presse Canadienne, îe vice-président Financement et Services bancaires des caisses, M.Jim Mcleod, et son directeur Richard Dupuis offrent au parti de M.Lucien Bouchard un prêt d’une durée d’un an d’une valeur de 1,450 million$, versé par tranche de 25 000$, a un taux d’intérêt «préfé- rentiel de la Caisse centrale, majoré de 1 pour cent».Ix parti fédéralo-souverainiste devra rembourser la somme d’ici le 30 juin 1994 à partir des souscriptions populaires recueillies auprès des membres et sympathisants.Ix Bloc a jusqu’au 31 juillet pour donner sa réponsev-Il nous fait plaisir de vous informer que la Caisse centrale Desjardins met à votre disposition le financement décrit à la présente», soulignent les signataires en guise d’introduction à la lettre expédiée à M.Michel Hébert, représentant principal du Bloc pour les prochaines élections.Kim Campbell en librairie Deux bouquins sont déjà sortis sur la première ministre JOSÉE BOILEAU LE DEVOIR Dix jours à peine comme première ministre, et déjà Kim Campbell peut compter sur deux bouquins qui lui sont consacrés et qui atterrissaient hier dans les salles de rédaction du pays.Cette fois, contrairement aux médias, pas de potinage sur son changement de nom, son passé familial, ses études et ses ex-maris.Ce sont les politiques de Mme Campbell qui sont au coeur des deux livres publiés, comme en font foi leurs titres explicites: «The Politics of Kim Campbell», du journaliste Murray Dobbin, et «Reading “Kim” Right», de Frank Davey.Elle a bien sûr encore peu fait, mais les auteurs ont dû juger que le passé est garant de l’avenir, histoire de «vous aider à juger ce qu’un gouvernement dirigé par Kim Campbell peut vouloir dire pour vous.et pour le Canada», comme on peut le lire à l’endos du livre de M.Dobbin.Celui-ci a choisi de faire une plongée dans l’univers politique de Mme Camp-.bell.Comment elle se comporte dans les coulisses de la politique, la femme politique qu’elle a été sur la scène municipale, provinciale et fédérale.Elle a refusé de le rencontrer, mais M.Dobbin -qui a même eu le temps de recevoir une subvention pour son livre - dit avoir recueilli des confidences et des commentaires de dizaines de personnes.et de journalistes.Son ouvra- ge reprend surtout les articles écrits sur Mme Campbell et comporte non seulement un chapitre sur le congrès au leadership d’il n’y a même pas un mois mais aussi sur ce qui l’attend comme première ministre.L’oeil, on le sent, est sympathique et, on s’en doute vu la vitesse d’exécution, aussi approfondi qu’un long article de quotidien.Mais la curiosité est piquée: la couverture est alléchante, le livre n’a que 170 pages et les mordus de politique voudront vérifier si leurs informations sont à jour.Frank Davey, lui, a choisi le regard férocement critique.Publié à compte d’auteur, son livre «Reading “Kim" Right», avec sa couverture rouge et sa mauvaise photo en noir et blanc, donne déjà le ton: celui de la contestation de gauche.Kim Campbell, c’est une image qui est le pur reflet de la culture canadienne, argumente-t-il.Vaillante Anne of Green Gables qui vient de l’idyllique Colombie-Britannique et qui voudrait laisser croire que nos institutions nationales peuvent être à la fois solides et sexy.Kim Campbell, dit encore M.Davey, c’est surtout l’ambiguïté.Ix femme de droite qui est vue comme progressiste, la féministe pas si convaincue, et qui joue de l’épaule pour remonter la libido de la nation.La démonstration est évidente et lourdement soulignée.Et bien moins amusante que lorsqu’il faut la résumer! Ottawa voudrait lever les sanctions contre Pretoria le 19 juillet Ottawa (PC) — Le ministère des Affaires extérieures a exprimé l’espoir, hier, que le Canada pourra abandonner ses sanctions économiques contre l'Afrique du Sud le 19 juillet.C’est à cette date, a fait remarquer le porte-parole du ministère, Rodney Moore, qu’a lieu la prochaine réunion du conseil chargé de négocier la fin de la domination de la minorité blanche.Il est possible que les leaders des 26 partis puissent alors s’entendre sur la structure du conseil exécutif transitoire, qui dirigerait l’Afrique du Sud jusqu’aux élections du 27 avril.«Il y a longtemps que nous désirons lever ces sanctions, mais nous voulons que la situation soit propice», a déclaré M.Moore.Ix Canada, a-t-il souligné, attend que l’Afrique du Sud «adopte une politique de réel progrès vers le démantèlement de l’apartheid, et non des déclarations d’intention».Ce qui peut retarder l’adoption de cette politique, a noté M.Moore, est la violence qui secoue l’Afrique du Sud depuis quelque temps.Au cours des quatre derniers jours, 125 personnes ont été tuées dans une guerre de pouvoir entre le Congrès national africain, dirigé par Nelson Mandela, et le Parti de la liberté Inkatha.Boutros-Boutros Ghali recevra un honoris causa de l'Université Laval LE DEVOIR Le secrétaire général des Nations unies, Boutros Boutros-Ghali, sera de passage à Québec, le 23 août prochain, pour recevoir un doctorat honoris causa en droit de l’Université Laval.Ixrs de sa visite, M.Boutros-Ghali agira également à titre de conférencier invité lors de la séance d’ouverture de l’Association du Barreau canadien.Il prononcera à cette occasion une allocution intitulée «Droits de l’homme et démocratie».Il s’agira de la première visite au Canada de M.Bou-tros-Ghali depuis son accession à la tête de l’ONU, le 1er janvier 1992.Pierre O'Neil, relationniste LE DEVOIR Pierre O’Neil, l’ancien secrétaire de presse du Premier ministre canadien, Pierre-Elliot Trudeau, vient de se joindre au cabinet de relations publiques National inc.M.O’Neil qui a d’abord fait carrière comme journaliste au journal Ix- Devoir et à La Presse, entre 1962 et 1972, a dirigé l’information pendant 14 ans à Radio-Canada avant d’être limogé en 1991.Ix- président de National, Luc Beauregard, a souligné par voie de communiqué que «M.O’Neil apportait une nouvelle perspective et une contribution additionnelle à l’équipe» déjà en place qui oeuvre à 92% dans le secteur privé. S CAN OR XXM TSE-300 DOW JONES •2.85 -6,12 -34,04 1909,51 3984,37 3449,93 +0,05 77,87 +6,40 392,30 —-* LE DEVOIR *- ECONOMIE Obligations municipales S ans / 7% 514 879-2100 Tassé & Associés, Limites Valeurs mobilières Depuis 1967 EN BREF ?Les porteurs de débentures se résignent Taux d’escompte % l 6 juillet 4,73% r 88 89 90 91 92 93 juillet 93 AUTRE BAISSE DU TAUX D’ESCOMPTE Ottawa (PC) — La Banque du Canada a abaissé mardi son taux d’escompte, qui est descendu à son plus bas niveau en vingt ans.Le taux directeur, qui était de 4,79% la semaine dernière, passe à 4,73%.Le faible taux d’inflation et un dollar stable ont contribué au mouvement à la baisse des taux d’intérêt.Le taux d’escompte le plus bas enregistré au cours des 12 derniers mois est de 4,73%.Et celui le plus élevé des 12 derniers mois a été de 8,82%, le 24 novembre 1992.BAISSE DES VENTES DE RÉSIDENCES Après avoir enregistré pendant deux mois consécutifs une légère augmentation du nombre de ventes d’unités résidentielles, les statistiques publiées par le Service SIM/MLS de la CIGM indiquent un ralentissement du nombre des transactions en juin par rapport à juin 1992 annulant ainsi i’augmentation anticipée du nombre des ventes pour le deuxième trimestre 1993.En juin, le nombre d’unités résidentielles vendues a diminué de 2% passant de 1701 en juin 1992 à 1666 en juin 1993.Le volume des unités résidentielles vendues a également connu une baisse de 1,9% passant de 199 537 422$ en juin 1992 à 195 734 000$ en juin 1993.Ix> deuxième trimestre 1993 a connu une performance similaire à celui de 1992 enregistrant 6674 ventes comparativement à 6671.Feu vert à Trustco Général ROBERT DUTRISAC LE DEVOIR Dans un élan quasi unanime de résignation, les détenteurs de débentures de Trustco Général ont donné, hier, leur aval à la proposition de la direction de la société de fiducie, 30 cents pour chaque dollar, ou 28,7 millions$ versés dans les prochaines semaines sur les 95 millions$ investis.«Le 30 cents, c’est clair et net que c’est un premier versement de capital», a assuré au cours d’une conférence de presse le président du conseil de Trustco Général, Pierre Goyette, à l’issue d’une assemblée des détenteurs de débentures, suivie par une assemblée des actionnaires ordinaires du holding.Pour que se réalise ce sauvetage financier, qui repose sur la vente pour un montant variable des actifs du Trust Général et de Sherbrooke Trust à la Banque Nationale, il reste à convaincre des créanciers subordonnées du Trust Général, dont les billets à ordres s’élèvent à 68 mil-lions$.Avec 12 millions$ de ces billets à ordre subordonnés, la Banque Lau-rentienne a déjà rejeté la proposition de la Banque Nationale, a rappelé, hier, Ixmis Bernard, vice-président de la Banque Laurentienne, une proposition basée sur un remboursement aléatoire en capital variable.Les négociations se poursuivent.Quant aux actionnaires privilégiées, dont les titres affichent une valeur nominale de 50 millions$ ou 25$ pièce (1$ seulement en Bourse), ils perdront vraisemblablement la totalité de leur mise, selon des scénarios réalistes.«C’est un risque que quelqu’un prend quand on achète des actions privilégiés», estime M.Goyette, qui n’a pas voulu présumer de leur sort.Regroupés, les actionnaires privilégiés de Trustco Général ont entamé vendredi dernier des procédures judiciaires afin de se faire reconnaître comme créanciers au même titre que les détenteurs de débentures.Selon l’avocat qui les représente, Me Maurice Régulier, de l’étude Guy et Gilbert, les actionnaires privilégiés ont droit au remboursement de la valeur nominale de leurs titres en cas de liquidation de Trustco Général, conformément aux statuts du holding, que cette liquidation soit volontaire ou non.Et ils deviennent ainsi des créanciers ordinaires de la société.En vertu du plan approuvé'hier contre mauvaise fortune bon coeur, quatre institutions financières qui détiennent 50 millions$ de ces débentures ont accepté «de passer leur tour», selon l’expression de M.Goyette, quitte à obtenir plus tard le 30 cents.C’est la moindre des choses: il s’agit des principaux actionnaires actuels de Trustco Général, L’Indus-trielle-Alliance (34 millions$) et la Caisse de dépôt et placement du Québec (2,7 millions$), et de l’éventuel acquéreur, la Banque Nationale et sa filiale, Lévesque Beaubien Geoffrion, (13,millions$).A la faveur de cette transaction évalués à 178 millions$ dans le meilleur des cas — et moins si les actifs acquis de Trustco Général se détériorent au cours des quatre prochaines années —, la Banque Nationale fait l’acquisition d’actifs de plus de 3 milliards$, de 32 succursales et de quelque 150 000 clients.Contrairement aux prêts personnels consentis au promoteur déchu Robert Campeau et aux prêts non garantis accordés à Olympia and York, la Banque Nationale ne prend aucun risque avec l’acquisition du Trust Général et du Sherbrooke Trust.Ce sont les détenteurs de débentures qui serviront de tampon et seront remboursés en fonction de la performance (ou de la contre-performance) des actifs acquis.C’est la magie du capital variable, variable pour le vendeur mais fixe pour l’acheteur.Selon M.Goyette, une bonne partie du 70% de la valeur des débentures qui n’est pas versée maintenant sera éventuellement recouvrable.Sur une somme de 100 millions$, 76 mil-lions$ pourraient ressurgir après quatre ans.La réalisation éventuelle d’actifs médiocres que n’acquièrent pas la Banque Nationale et qui demeurent dans le holding, dénommé à l’avenir Corporation financière Gene-can, pourra également diminuer les pertes des créanciers.Patience et longueur de temps.Une commande de 390 autobus Nova Bus relance l’usine de MCI Le Fonds de solidarité y investit 12,5 millions$ CLAUDE TURCOTTE LE DEVOIR Grâce à un effort collectif peu commun, l’usine d’assemblage d’autobus MCI de Saint-Eustache évite non seulement une fermeture définitive, mais elle connaît surtout une renaissance prometteuse avec de nouveaux-propriétaires, un transfert de technologie et les même 175 employés, qui entreprennent un recyclage.Tout d’abord, deux partenaires, Nova Quintech (déjà propriéraire de deux usines à Saint-François-du-lac pour la fabrication de camions d’incendie) et le Fonds de solidarité des travailleurs, ont formé une nouvelle compagnie, Nova Bus, qui achète tous les actifs de MCI, ce qui avec le transfert de la technologie d’autobus à plancher bas de la firme hollandaise United Bus et la formation des travailleurs représente un investissement dépassant 20 millions$.Le Fonds de solidarité y met à lui seul 12,5 millions$.Toutefois, cet exercice d’entrepreneurship n’aurait pas eu lieu sans la décision de l’Association des transporteurs urbains du Québec de faire à nouveau confiance à cette usine en lui commandant 390 autobus, ce qui représente un contrat d’environ 100 millions$, dont 64,5 millions$ proviendront de subventions du gouvernement du Québec.L’entente prévoit que 330 de ces véhicules seront de type classique et 60 de type plancher surbaissé qui seront «usinés» à Saint-Eustache, lorsque le transfert technologique sera complété.Très motivés, les employés de l’usine dont la plupart ont été mis à pied depuis plusieurs mois ont exprimés leur détermination auprès des diverses instances syndicales, en particulier Claude Ducharme, qui est intervenu énergiquement auprès du Fonds de solidarité et des ministres concernés.En somme, on a voulu refaire à Saint-Eustache le coup de l’usine GM à Boisbriand.Il a tout de même fallu 16 mois de négociations complexes avant d’en arriver à une solution concrète, qui est «la dernière chance de cette usine».Car le contrat de 390 autobus n’est qu’une poussée pour mettre la roue en marche.Il faudra produire des autobus de grande qualité, ce qui n’était plus le cas chez MCI, et le faire à prix compétitif afin de pouvoir atteindre le marché nord-américain, qui représente un potentiel de vente de 3500 véhicules par année.M.Yvon Lafortune, président de Nova Bus et l’un des fondateurs de Nova Quiteeh, est aussi un ancien cadre chez Bombardier.Son plan est clair: il suit l’exemple de Bombardier qui à partir d’un contrat poulie métro de Montréal a donné une forte impulsion à sa division du transport en commun.Nova Bus n’est cependant pas encore rendu à l’étape de solliciter de nouveaux contrats ailleurs qu’au Québec.Cette vision est d’ailleurs partagée par les autres partenaires du projet, dont le ministre Gérald Tremblay, qui a poussé depuis le début pour l’aboutissement de ce dossier.La SOI accorde au fait un prêt remboursable de 2,9 millions$, en plus d’accorder une garantie Les 175 employés entreprennent maintenant un programme de recyclage pour assurer un produit de qualité.- -' uite aux commentaires de Mme Louise Hu-neault sur la perception des pensions alimentaires, publiés dans vos pages, je tiens à préci-ser que les propos que j’ai tenus à l’égard du système ontarien de perception des pensions alimentaires ne se voulaient nullement une cri- j! tique négative des efforts de ce gouvernement pour renié- |J dier à la problématique du non-paiement des pensions ali- ¦' mentaires.Les solutions retenues par le gouvernement on-!! tarien répondent à la spécificité des problèmes rencontrés dans cette province.La situation au Québec est bien différente.11 m’apparaît évident, de par les données disponibles, que la distinction majeure entre nos deux provinces réside, dans le fait qu'un plus grand nombre de Québécois s’ac-" quittent volontairement de leurs obligations alimentaires.' Ainsi, la proportion " de débiteurs québécois refusant ou étant incapables de payer une Iiension alimentaire est de l’ordre de 8,4 % alors qu’elle est de plus de 50 % en Ontario.De plus, une autre distinction importante se situe au niveau de la tradition de droit civil propre au Québec.Selon notre droit, l’exécution forcée des jugements n’a lieu que si le débiteur fait défaut de respecter les termes d’une ordonnance de payer une somme d’argent.Ainsi, en matière de pension alimentaire, l’Etat n’iri” tervient que dans les cas de mauvais payeurs.A cet égard;' j’ai déjà énoncé à plusieurs reprises, que la responsabilisa.tion des débiteurs en matière d’obligation alimentaire deV meure pour moi un objectif fondamental.Le paiement d'une pension alimentaire ne doit pas être-1 perçu comme une punition mais plutôt comme une resu ponsabilité parentale.Ainsi, il m’apparaît important de soi^-, ligner que le règlement à l’amiable des litiges constitue, en matière familiale entre autres, une voie à privilégier.En ef- ’ fet, l’expérience démontre qu’une entente sur une pension" alimentaire négociée par les parties a certainement plus de chance d’être respectée qu’une ordonnance imposée par le-tribunal.C’est pourquoi j’ai fait adopter la Loi sur la médiation familiale qui prévoit que des services de médiation fa-.miliale seront disponibles dans tous les districts judiciaires' dès le début des procédures en séparation ou divorce.Ces services seront disponibles dès l’automne prochain., Mme Huneault a aussi mentionné que le système onta • rien avait permis à ce gouvernement d’économiser 28 mil-" lions$ en prestations d’aide sociale, en un an.Je souligné! qu’au Québec, le paiement volontaire des pensions alimerc » taires permet à lui seul d’économiser au Trésor québécojs.près de 43 millions$ annuellement en prestations d'aide .sp^ ciale, sans que ce dernier n’ait à consacrer quelque argent à des efforts de perception.Il m’apparaît donc évident que-la responsabilisation des débiteurs doit être maintenue.q Je retiens également des propos de Mme Huneault qui?; la solution de la retenue à la source semble idéale et pro-, metteuse de meilleurs résultats de perception, puisqu'elle affirme que deux créancières sur trois reçoivent régulière1' ment une pension en Ontario.Il faut cependant situer cette < proportion dans son contexte, à savoir qu’il s'agit de deux tiers de seulement 28 % des ordonnances, c’est-à-dire celles qui font actuellement l’objet de retenues à la source, tel que le mentionnait M.Biyan Harrison, responsable des re-' lations publiques du service de perception ontarien.I-e système québécois est certainement perfectible.C’est pourquoi nous étudions actuellement différents moyens pour rendre encore plus efficace la perception des pensions alimentaires.Cependant, je suis convaincu que le système ontarien n’est pas un modèle à suivre pour le Québec.Les situations sont très différentes.De plus, le système québécois est plus décentralisé avec ses 58 points de services et ses moyens d’action plus efficaces comme la saisie de salaire, qui peut être pratiquée par le percepteur des pensions alimentaires et qui équivaut à une retenue à la source.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes : à l’information générale et métropolitaine : Claude Beauregard, Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Pierre Cayouette, Jean Chartier, Jean Dion, Louis-Gilles Francoeur, Louis-Guy L’Heureux, Caroline Montpetit, Bernard Morrier, Isabelle Paré, Diane Précourt, Laurent Soumis, Guy Taillefer, Danny Vear; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographesJ; à l’information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon, Roland-Yves Carignan, Paule des Rivières, Marie Laurier, Robert Lévesque, Odile Tremblay (Livres) ', à l’information économique : Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutrisac, Catherine Leconte, Jean-Pierre Legault, Serge Truffaut, Claude Turcotte: à l’information internationale: François Brousseau (éditorialiste et responsable), Antoine Char, Jocelyn Coulon, Claude Lévesque, Sylviane Tramier, Clément Trudel; à l’information politique : Josée Boileau, Pierre O’Neill, Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec), Chantal Hébert (correspondante parlementaire à Ottawa)-, Serge Chapleau (caricaturiste); à l’information sportive : Yves d’Avignon; Suzanne Marchand (adjointe à la direction), Denise Babin, Rachel Duclos (commis), Danielle Cantara, Marie-Claude Coupai, Christiane Vaillant (clavistes), Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction), Isabelle Baril (secrétaire à la direction).LA DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur)', Manon Scott, Sylvie Scott, Serge La-plante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA DIRECTION ARTISTIQUE Lucie Lacava.LA PUBLICITÉ Lucie Pinsonneault (directrice), Jacqueline Avril, Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté, Francine Gingras, Johanne Guibeau, Lucie Lacroix, Christiane Legault.(publicitaires); Micheline Tur-geon (maquettiste); Michèle Bouchard (secrétaire); Ghislaine Lafleur (réceptionniste).L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (coordinatrice des services comptables); Florine Cormier, Céline Furoy, Jean-Guy Lacas, Marie-France Légaré, Raymond Matte, Nathalie Perrier.Danielle Ponton.Danielle Ross, ¦ Linda Thériault (adjointe à l’administration).LE MARKETING ET SERVICE A LA CLIENTÈLE Christianne Benjamin (directrice), Monique Co port aux autres comme des rafales de vent dans une soufflerie.A la limite, on aurait dit qu’ils ne chantaient pas, mais qu’ils laissaient respirer leur voix.Jamais musique ne m’avait paru si naturelle.Après tout, ces Corses, Guelfùcci excepté, ne sont mêmes pas des chanteurs professionnels.L'un est gendarme, deux sont apiculteurs, d’autres enseignants.Ils frétaient pas autre chose qu’eux-mêmes, des campagnards débarqués en ville, célébrant leur bonne fortune et buvant et en chantant.Ma main à couper que leur série de spectacles à l’église St.James United, qui commence aujourd’hu i|x)tir se terminer samedi, ne leur procurera pas plus de plaisir que ces soirées autour du bar.LE DEVOIR -4- RENSEIGNEMENTS (514) 985-3333 ADMINISTRATION (514) 985-3333 AVIS PUBLICS (514) 985-3344 ANNONCES CLASSÉES (514) 985-3344 PUBLICITÉ (514) 985-3399 NUMÉRO SANS FRAIS 1 800-363 0305 LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À 16H30 SERVICE DES A B 0 H J|.| JLE N ï S tes numéros de téléphone suivants sont valables pour le service de livraison par camclol cl pour les abonnements postaux.Montréal (514) 985-3355 • Exléricur (sans Irais) 1 -800-463-7559 DU LUNDI AU VENDREDI DE 7H30 À 16H30 2050, RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE, MONTRÉAL, (QUÉBEC) H3A 3M9 LE DEVOIR est publié par LF.DEVOIR Inc.dont 1*- siege v* ial »-st situé an numéro 20.7) de Bleury.')
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