Le devoir, 18 septembre 1993, Cahier D
Le feuilleton Page D3 Essais québécois Page D4 Les petits bonheurs Page D5 Littérature québécoise Page D5 Tourisme Page D6 I, E I) K VOIR, LES S A M EDI I H E T l> I M A X (' Il E I !» S Y.I* T E M R II E S I II !( IJ ' .b d ! q ' *¦ ¦¦¦ Demain matin, New Delhi m’attend L’Indienne Vijaya Rao prépare une thèse sur les Belles-Soeurs.Depuis la création des Belles-Seeurs en 1968, Michel Tremblay n’a fait que confirmer son statut d’écrivain majeur.I,a renommée du «p’tit gars de la rue Fabre» s’étend maintenant au quatre coins du monde.On le joue à Anchorage, Tel-Aviv, Copenhague.On prépare des thèses sur lui jusqu’à New Delhi.STÉPHANE BAILLA R (i El) N LE DEVOIR Où est Michel Tremblay?Il est partout! La preuve: l’Indienne Vijaya Rao a découvert l’auteur québécois dans une boîte de carton, à New Delhi, en 1986.Le Haut-commissariat du Canada en Inde venait de remettre des livres à la bibliothèque de l’Université Jawaharlal Nehru.Vijaya Rao, étudiante en littérature française, devait les trier.En ouvrant la première boîte, elle est tombée sur un livre d’entretiens avec des auteurs québécois, l’a feuilleté et a commencé à lire une entrevue avec Tremblay.Comme il y était constamment question des Belles-Sœurs , elle s’est procurée la pièce, l’a lue et ne s'en est pour ainsi dire jamais remis.• Chaque fois que je lisais le monologue de Rose Un aspect des Belles - Sœurs existe dans chaque femme indienne: le manque de communication, la révolte qui gronde, tout ça touche les gens de toutes les cultures.» Ouimet (le «monologue d u m audit cul») qui raconte que son mari demande son dû 365 jours par année, j'avais la chair de poule», dit la jeune femme de 29 ans, de son accent indéfinissable, dans un français impeccable qu’elle a commencé à ap-prendre à l’adolescence.Rao a finale- ment déposé un mémoire (Ph.M.) sur «La* thème de la révolte dans Iss Belles-Sœurs », èn 1988.Puis, elle a décidé de s’attaquer à un doctorat sur «Les marginaux dans l’œuvre de Michel Tremblay» (co-dirigé par un Québécois, Jean-Claude Godin de l’UdeM et un professeur indien, M.K.Madavane).Elle est présentement à Montréal, grâce à une bourse d’excellence du Centre d’études québécoises.C’est son deuxième séjour (le premier remonte à 1990).Mais, au moment de sa découverte des Belles-Sœurs, elle ne connaissait rien du Québec.«Je savais qu’on y parlait le français et c’est tout.» Mais quel français! «Le sens de certaines expressions m’échappait, évidemment.Je lisais le texte à haute voix, en prononçant à la française VOIR PAGE 2: NEW DELHI Vu na vf L’illustraient Gilles Tibo et Vartiste François Vaillancourt lancent un singulier album pour enfants Il y a un an, François Vaillancourt préparait des expositions ultra-contemporaines pour les Maisons de la culture ou la galerie Dazibao.Une des plus récentes, «Corriger les lieux après la photographie de voyage», présentait des photographies de ciment imprimées sur.du ciment.«Des affaires flyées », dirait ma tante.C’est en patinant au parc Lafontaine avec son beau-frère Gilles Tibo, illustrateur d’une cinquantaine de livres pour enfants couronnés des plus hautes distinctions — prix du Gouverneur général au Canada, prix Owl au Japon, etc.— qu’il a soudain eu l’envie folle de faire un album pour enfants.«Un truc qui ne serait pas vu seulement par une poignée d’individus et que je n’aurais pas à justifier dans de longs textes intellectuels», lance-t-il en riant.Ça tombait pile.Gilles Tibo était prêt, lui aussi, «pour quelque chose de complètement fou».Il faut dire que Tibo aime bien explorer des sentiers nouveaux.C’est un des rares illustrateurs d’albums pour enfants à utiliser l’aérographe, une technique exigeante.Armé d’un pistolet et d’un compresseur, il invente des mondes extraordinaires à l’intention des enfants et, de temps en temps, il s’embarque dans un projet risqué.Les beaux-frères ont inventé un début d'histoire et François s’est enfermé dans son sous-sol pour l’illustrer en créant de toutes pièces des personnages de cinq centimètres de haut dans des décors à leur échelle.Il faut dire que François Vaillancourt est un patenteux, un ramas-seur de vis, de broche et de toutes sortes de bébelles.Peintre scénique, il est aussi spécialiste du trompe-l’oeil.Les producteurs l’engagent pour transformer, à coups de pinceau, le contreplaqué en pierre ou en marbre.Récemment, à la demande des studios Disney, il a peint de l’écorce sur des canots de fibre de verre.Revenons au livre.Le héros devait être un canard.Et il était censé partir en voyage.François a mis plu-_ sieurs semaines à construire une pre- mière maquette où le canard et d’autres animaux faisaient la queue pour acheter un billet à la gare.C’est debout devant la maquette que Tibo et ¥ Vaillancourt ont craqué pour le petit cochon dans la file.Et c’est ainsi que Le premier voyage de Monsieur Patapoum est né.Ravi, inspiré, Tibo a rangé son aérographe pour écrire pendant que Vaillancourt s’engageait dans une lutte à finir avec la matière afin de créer personnages et décors.Après un corps à corps de plusieurs semaines avec l’argile, François Vaillancourt a commandé du latex des États-Unis et s’est remis au boulot.Un jour, découragé, il a lancé rageusement son dernier Monsieur Patapoum contre le mur.Le pauvre a bondi avant de s’écraser sur le plancher.«Je venais de maîtriser la technique et je découvrais qu'il fallait encore changer, explique François Vaillancourt.Le latex est utilisé pour les personnages de films d’animation et c’est très bien car on peut camoufler les coutures et des tas d’imperfections.Mais pour un livre, c’est impossible.L’appareil photo voit tout.Il faut des personnages impeccables».Le sculpteur s’est acheté de la plasticine de toutes les couleurs et il a travaillé des mois.«C’était com- V01R PAGE 2: PATAPOUM Stéphane Bourguignon i: L’avaleur d’images PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR Après avoir lu le panégyrique qu’en dresse son éditeur, on s’attend à rencontrer un personnagè vaniteux et arrogant.On cherche uiV ego monstrueux volant au-dessus dé la mêlée.Or il n’en est rien.Stépha-’ ne Bourguignon, auteur de YAvaleu'r de sable (Québec-Amérique), est un être immensément modeste.Ét il n’a surtout pas envie de révolutionner la littérature.Si on l’a propulsé en orbite, si on l'a sacré génie, si on le prô-clame «révélation de l’année» avant même qu’il n’ouvre la bouche, il jure qu’il n’y est pour rien.«Je ne suis pas arrivé dans ce milieu avec l’intention de brasser qui que ce soit.Je suis arrivé avec un per fit livre dans lequel j’ai mis mon âme, mon coeur, mes couilles.J’ai travaillé pendant sept ans, comme un chien.La seule prétention que j’ai, c’est de publier ce petit livre.S’il change des choses, c’est tant mieux'.Si on veut en faire un traité dè tonnes, ça ne me regarde pas», dit-il d’entrée de jeu.Quand on lui demande pourquoi il écrit, Stéphane Bourguignon répond en toute candeur «qu’il ne le sail pas».Un lourd silence s’ensuit.Chose certaine, il ne connaît rien cje l’angoisse de la page blanche.«Écrire, pour moi, n’a rien de torturant.Ça n’a rien de douloureux.Cela m’apporte un incroyable bien-être, un immense plaisir», confie-t-il.Les clichêë de l’écrivain névrosé et les vertus dë l’écriture thérapeutique le font bien rire.Il se dit heureux, équilibré - du moins pour l'instant! - et comblé par sa blonde et son fils né il y a un mois.Comme dans les plus belles histoires du Reader’s Digest, il raconte qu’il écrivait déjà des nouvelles alors qu’il n’avait que 12 ans et que, de; puis, il n’a jamais cessé.Bien qu’il se défende bien vouloir réinventer la roue, Stéphane Bourguignon se permet quand même utj regard critique sur la littérature.«Je crois que la littérature peut devenir un art de musée si elle ne se laisse pas influencer par les autres médias comme le cinéma et la vidéo.Aujourd’hui, dans une seule pause commerciale de 30 secondes, ils te racontent une histoire.Nos jeunes sont élevés dans cet univers.Si la littérature ne se frotte pas un peu à çâ pour récupérer ce qu’il y a de bon là-dedans, je pense quelle est en danl-ger», soutient-il.Cette vision de la littérature l’amèj-ne à privilégier une écriture rythmée, visuelle, farcie de métaphores.D’humour aussi.«Je me suis obligç à ce qu'on lise une page ou deux et qu’on ne soit plus capable de s’arrêj-ter.Je commence à trouver de moinf en moins concevable qu’il y ait encu re des romans dans lesquels il fauf 125 pages avant de rentrer dans l’aq-tion.C’est de ces livres-là que nou4 les jeunes, nous décrochons.Nouf ne sommes plus de la génération pà-tiente.On est de la génération Pad-Man.Moi, j’écris pour donner lè goût de lire à tous ces jeunes qui délaissent la littérature», poursuit-il.«Je ne suis pas un expert en littérature.Ce ne sont que mes impressions», insiste-il, conscient que la pé-tite république des lettres l’a à l’oeil et souhaite à mots très peu couverte qu’il cafouille.Stéphane Bourguignon s’avère plutôt un féru de cinema.Il n’a d’ailleurs jamais étudié lç littérature à l’université et avoue nç pas être un lecteur boulimique.«Jê lis une douzaine de romans pat I VOIR PAGE 2: AVALEUR Sinw la iHm-lhn.S Jacques Grand Maison Le drame spirituel des adolescents l’rollls sociaux et religieux Sflwi U dlmtiun «1» Jacques (Irond'Mifenn Vers un nouveau conflit de générations I'nnfils sociaux et religieux «les 20-115 ans ¦ A ç'éiUdè* V»*>>:»t‘< » 1 AU CŒUR DU DÉBAT ACTUEL TROIS GRANDS SUCCÈS DE LIBRAIRIE!, (irand’Maiaon rl Mange UfWnrr Une génération bouc émissaire Enquête sur les baby-boomers ««udr* Albin « Sous la direction de Jacques Grand'Maison et de Solange Lefebvre LE DRAME SPIRITUEL DES ADOLESCENTS Profils sociaux et religieux — 248 pages — 22,95$ VERS UN NOUVEAU CONFLIT DE GÉNÉRATIONS Profils sociaux et religieux des 20-35 ans — 402 pages UNE GÉNÉRATION BOUC ÉMISSAIRE Enquête sur les baby-boomers — 440 pages — 25,95$ 886935 I- E I) E V DIR, L E S SA M EDI IS E T I) I M A N (! Il E I !» S E I* T E M B II E I !» !» 3 4 .1) 2 -LIVRES AVALEUR | Bourguignon veut porter son l roman à l'écran >.x: SUITE DE LA PAGE 1 ?.’année», confesse-t-il.Il aime bien Dany IX-aferrière, le Christian Mistral de JVamp, John Irving et Daniel Pennac.;Mais plutôt que de se vautrer dans les (livres, Stéphane Bourguignon passe ;ses journées à écrire des textes pour •Patrick Huard et Marie-Lise Piloté, ideux jeunes humoristes québécois.;Plus jeune, il a écrit des textes pour d’émission radiophonique Le Festival 'de l'humour québécois.Pas très orthodoxe comme c.v.d'écrivain.r En revanche, Bourguignon a étudié en cinéma.Il en consomme frénétiquement.C’est un avaleur d’images.D rêve d’ailleurs de faire du cinéma et il dit à qui veut l’en-tendre qu’il souhaite ardemment porter son roman à l’écran.«J’attends une offre», dit-il, le front bombé d’idéals.Il ad-; met qu’il ne savait absolument pas comment structurer un roman quand il a .entrepris l’Avaleur de sable il y a sept ans.Il ne connaissait que l’écriture cinématographique, une écriture basée sur l'économie de mots.Mais il a persévéré car, explique-t-il avec franchise, «à 22 ans c’est plus réaliste d’écrire un livre que de réaliser un film».Comme s’il voulait détonner encore davantage dans le paysage littéraire très nationaliste, Bourguignon dit “qu’il se sent «davantage citoyen du monde que Québécois».C’est pourquoi, renchérit-il, il n’y a dans son roman aucune description physique des personnages.C’est pourquoi aussi le narrateur ne situe jamais le lieu de l’action.«Qu’il soit à Montréal, Québec ou Paris, le lecteur pourra s’identifier aux personnages», dit-il.L’Avaleur de sable raconte l’histoire de Julien, un jeune homme marqué par la mort récente de sa compagne.«C’est un livre sur le deuil et aussi un livre sur le goût de vivre.Beaucoup de personnes autour de moi sont mortes au cours des dernières années.C’est aussi un livre sur la fin de l’adolescence, cette époque de la vie où on n’a rien d’autre à faire que de s’éclater», dit-il.Une époque de la vie dqnt l’auteur s’éloigne de plus en plus.A l’aube de la trentaine, il vit sagement en banlieue de Montréal, avec femme et enfant Le scénario classique, quoi.Stéphane Bourguignon prépare un second roman.Sans aucune angoisse.«Je sais très bien où je m’en vais.J’ai déjà trois chapitres de rédigés», dit-il fièrement.Dans son premier récit toutes les femmes veulent des enfants.Dans le roman suivant, tous les couples s’effondrent, résume-t-il.L’avaleur de sable n’a surtout pas envie de s’enliser.•Stéphane bourguignon T R U F O M I S T O Le flic de Missoula, Montana CUPIDE Robert Sim Reid No 2321 de la Série Noire \ A Missoula, bourgade flanquée entre deux buttes rocailleuses, Montana, habitent les drôles de zigotos du Noir à l’Américaine.Loins des guerres civiles qui se poursuivent à New York, c’est là, à Missoula, que James Crumley, James Iœe Burke et plusieurs autres enfants du duo Chandler-Hammett concoctent ces histoires, les seules histoires, mettant en scène les esclaves du trois-huit, les deux-de-pique, et les inspecteurs de mes deux.Cet endroit ne faisant pas exception, il y a évidemment des flics.Des vrais.Des réels.Il y a quelques mois, à la télé, un malin avait diffusé un «docucu» sur la bande Missoula.On les voyait faire honneur à l’éthylisme à coups de scotchs tout en découpant des conversations diverses à coups de rires.Lorsqu’il avait terminé son temps de travail, un flic de cette municipalité se joignait à ces bonshommes.Son identité?Robert Sirps Reid.A la différence de bien de ces flics qui confessent leurs bobos existentialistes aux saints de l’écriture, Reid compose des «purées de bordel», de chouettes histoires.Il y a un an, il avait frappé dans le cent avec Un trop plein de ciel - No 2303 de la Série Noire -, aujourd’hui il frappe fort avec Cupide, No 2321 de la Série Noire.Leo Banks, c’est le héros de Reid.Il est flic à Missoula.Il vit dans un petit meublé tenu par une héritière ayant dilapidé en moins deux l’actif d’une famille d’aristos des pâtes et papiers.Il a divorcé trois fois.Le soir, il s’endort une bière à la main.Il mange comme un pied.Et, signe suprême du bon goût, il préfère écouter Duke Ellington ou Dizzy Gillespie que les fadaises télévisuelles quand il ne fouine pas dans la terre à la recherche de fossiles.Bref, il aime son boulot, le jazz, la bière fraîche et les extraits de vie ancienne imprimés dans la pierre.C’est d’ailleurs lorsqu'il était en train de lire chez lui des rapports du U.S.Geological Survey, que la standardiste du poste de police lui apprend que Sky King Hudson a été trucidé de balles pesantes.Hudson, c’était une vieille connaissance de Léo.C’est lui qui l’avait saigné à la hauteur de la gorge.Hudson a donc été assassiné.Banks et son copain Red Han-rahan amorcent leur enquête.Ils commencent leur boulot, et voilà qu’on découvre le corps d’une jeune femme enterrée dans un terrain vague.Qui est-elle?Nul ne le sait.Le seul indice est un tatouage.L’impression d’un gros dragon sur le dos de la main.A défaut d’identifier cette jeune personne à partir de sa dentition, Banks part à la recherche du zigue qui a signé le «tatou» avec d’autant plus de fébrilité, que le tatou en question est un tatou récent.Il est frais, le dragon sur le dos la main de la jeune fille.Au bar de ses habitudes, Banks ap- prend qu’un type silencieux laisse voir un dragon sur la main lorsqu’il boit.Il s’appelle Fisher White.Banks le met sous surveillance.Mais voilà que les surveillants des surveillants de Banks, bref, les boss de Washington, ordonne à ce dernier de mettre la pédale douce.Car.Car Banks a découvert que la fille assassinée est la fille de Jacob Ryme, un ancien colonel de l’armée qui travaille toujours pour l’armée.Notre Ryme est expert en magouille.Il est un intermédiaire pour le Pentagone qui s’est mis au vert dans le Montana.Cassidy,- l’un des tenanciers de la maison Poulaga de Missoula, demande à Banks d’y aller mollo avec Ryme.Tu parles! Banks va voir Ryme qui lui apprend que Fisher White n’est pas Fisher White mais.un autre! Qui?Des nèfles! On ne dira rien.Absolument rien.Sauf que si vous en avez ras-le-bol des «auteu-reeees» british qui font du polar avec des fonds de tasses de thé comme seuls indices, alors c’est que vous êtes assez grands pour lire Robert Sims Reid, le vrai flic de Missoula.Le meilleur conseil de ce bouquin?Page 98: «Crois-moi sur parole, Léo.A moins que tu veuilles une famille nombreuse, ne laisse jamais ta vieille se trouver un gynécologue qui a commencé sa vie comme Jésuite».La meilleure nouvelle du livre?Page 244: «Les blessures à bout portant font relativement peu de bruit car le corps agit comme un grand silencieux.» PATAPOUM Il y a de la magie dans ces petits animaux SUITE DE LA PAGE 1 plètement hallucinant, dit Gilles Tibo.Il a passé des jours' à tripoter ses petits bonshommes pour arrêter les gestes, trouver le bon port de tête.Après, il s’est mis à monter les décors.Je n’ai jamais vu un gars triper autant sur deux bouts d’herbe ou un champignon d’un demi-centimètre».Vaillancourt a confectionné des rideaux miniatures et bricolé des abats-jours de la taille d’un raisin.Il a construit un coffre et des outils pour Monsieur Patapoum qui est menuisier, une trottinette pour Presto le lièvre, un vélo pour l’ours Nobel.Et puisque tous ces amis, et d’autres encore, sans oublier le canard de la première histoire, devaient voyager très très loin, Vaillancourt leur a inventé des pays: forêt de conifères, étang de nénuphars, désen de sable, montagnes aux pics enneigés.Le premier voyage de Monsieur Patapoum, paru simultanément en français et en anglais chez Annick Press, rappelle un peu Le vent dans les saules de Kenneth Graham.Il y a de la magie dans ces petits animaux, beaucoup de tendresse aussi et juste assez de fantaisie.Les images ne sont pas toutes également réussies mais les enfants s’attachent immédiatement aux personnages et sont séduits par la miniaturisation.Les grandes personnes aussi.Iœ texte de Tibo est, de loin, le meilleur de tous ceux qu'il a signés.L’illustrateur réputé a même, plus que jamais, envie d’écrire.Il songe d’ailleurs à produire des textes qu’il n’illustrerait peut-être pas.Mais pas tout de suite, car une nouvelle aventure de Monsieur Patapoum est déjà en chantier.Le beau François s’affaire déjà autour des maquettes.Et il rêve de vivre à plein temps avec ses petits bonshommes.Plein temps.ou presque.Pendant qu’il modelait Monsieur Patapoum sa conjointe a fabriqué un bébé.Monsieur Patapoum et le petit Romain ont vu le jour presque en même temps.Gageons que François Vaillancourt n’a pas fini de travailler avec Gilles Tibo.NEW DELHI Tremblay, partout à la fois SUITE DE LA PAGE 1 et je sentais bien que ça n’allait pas vraiment.» Elle juge tout de même que sa méconnaissance du contexte québécois lui a alors permis d’aller à l’essentiel, au-delà des timbres Gold Star, de la cuisine québécoise et du plateau Mont-Royal.Vijaya Rao cite Tremblay lui-même, qui répète toujours que c’est en étant local qu’on atteint l’universel.«J’ai réagi par rapport au texte en soi.Un aspect des Belles Sœurs existe dans chaque femme indienne: le manque de communication, la révolte qui gronde, tout ça touche les gens de toutes les cultures.» Et maintenant, elle connaît la société québécoise de l’intérieur.«Tremblay est un excellent guide.J’imaginais toutes sortes de choses: le Parc Lafontaine, l’Oratoire, la rue Ste-Catheri-ne, tout ça était dans ma mémoire.» Elle a tout de même eu un choc en visitant le Plateau.«Je pensais que c’était un quartier pauvre.Tout est relatif.» Il ne lui a fallu que quelques mois pour bien se faire à l’accent, quelle adore.«Je le trouve tellement chaleureux.» Maintenant, elle peut facilement vous donner la signification de «Beau jouai vert» ou de «kétaine», et comprendre les nuances dans l’utilisation des sacres.Les personnages d’homosexuels et de travestis, comme Hosanna ou la Duchesse, qui l’intéressent maintenant, semblent tout de même encore plus particuliers.«Je commence à découvrir que la marginalité est tellement relative, dit l’Indienne.Je vais la questionner comme métaphore.(.) Je vois l’œuvre de Tremblay comme une grande contestation du pouvoir, une critique de l’inégalité, une revendication incessante du droit à la différence.IA encore il touche un aspect essentiel de la vie en société et c’est cet aspect qui justifie qu’une Indienne s’intéresse à son travail.» Vijaya Rao a rencontré Tremblay en 1990 et devrait le revoir avant de retourner en Inde dans quelques semaines.Elle veut proposer à la troupe de théâtre de New Delhi à laquelle elle appartient, la Chingari, de monter Les Belles-Sœurs .Elle pourrait elle-même la traduire, en se faisant aider un peu.pour l’hindi.Elle ira bientôt voir la reprise de la production de cette pièce chez Duceppe.Ce sera la première fois quelle verra du Tremblay sur scène- Paris, New Delhi, Anchorage.Cet automne, Tremblay est omniprésent sur les planches québécoises, avec une première mise en scène (Nature Morte , de Serge Boucher, au Quat’sous, en octobre) et quatre reprises de ses propres pièces pendant la saison.Il trône aussi au sommet des listes de best-sellers avec son dernier roman, Le cœur éclaté.Mais il rayonne tout autant à l’étranger.Une troupe de New Delhi a déjà monté Al-bertine en cinq temps (Gitanjili, en hindi), il y a quelques années.Les Belles-Sœurs, créée en 1968, a depuis été traduite en anglais et trois fois plutôt qu’une, mais aussi en espagnol, allemand, roumain, po- lonais, yiddish, italien et créole.Bernard Pivot, animateur du monde littéraire français, auteur de Im Bibliothèque idéale, en a fait une des cinquante meilleures pièces de tous les temps.D'autres œuvres de Tremblay sont maintenant disponibles en danois, portugais, letton, turc, japonais, écossais, hollandais, hébreu et finnois.Bonjour, là, bonjour (1974), a connu 20 productions étrangères et a été jouée dans trente villes différentes à travers le monde entre 1977 et 1992.Pendant la même période elle a aussi été montée 31 fois au Canada et au Québec.«On reçoit une demande de production par jour», confie Nathalie Goodwin, de l’agence Goodwin, qui représente Tremblay.Elle, évalue qu’une demande sur quatre vient de l’étranger.L’agence fait affaire avec un représentant à Londres depuis deux ans.«Chaque année, on reçoit aussi une ou deux demandes de renseignements de l’étranger pour des thèses pu des mémoires.» Les Editions Lansman de Belgique et les Cahiers de Théâtre Jeu de Montréal viennent de lancer Le Monde de Michel Tremblay, une brique de 479 pages bourrée d’études savantes, la «première exploration en profondeur de cet.écrivain majeur, tant au Québec qu’à l’étranger».Tremblay n’y comprend rien Tremblay esf fier des productions internationales de ses pièces.Les hommages savants, lui inspirent d’autres sentiments, plus ambigus, presque de la perplexité.Le cas Ra< > i'a même un peu plus étonné que les autres.«En Italie, en Pologne, ou aux Etats-Unis, parce qu il existe des centres d’études québécoises, on peut s’attendre à ce que des universitaires fassent des thèses sur nous.Mais l’Inde, c’est un autre monde, un univers culturel tellement différent.» De toutes façons, Tremblay ne lit pas ce qui sort des chiures et des départements d’études littéraires, en Inde, en Norvège, ou même ici| Ou plutôt il ne le lit plus depuis sa toute première et unique expérience, en 1979, alors qlie Yolande Villemaire lui avilit remis unç copie de sa thèse à saveur sémiologique sur À toi pour toujours, ta M a rie-1mu .«Je n’ai rien compris, avoue Tremblay.Ou alors j’ai compris qiie c’est fait pour des spécialistes, mais pas poiur moi: la dernière personne concernée par une thèse, c’est le sujet de la thèse.» Il dit encore que les études universitaires sont faites «pour les crédits» et surtout «qui y a des choses qu’un auteur ne doit pas savoir».«Certaines révélations pourraient me bloquer.Et je ne veux surtout pas m’obliger à écrire*ni pour les universitaires ni pour les critiques.(?e serait trop facile.A la limite, je n’écris même pas vraiment pour le public.» Mais tout n’est pas perdu.Un jour, s’il arrête de créer, Michel Tremblay va peut-être lire ces milliers de pages «songées» venues d’ici comme d’ailleurs et qui ont parfois la prétention çle le cerner et de le comprendre mieux que Jui-même.«Ce jour là, vous entendrez un grand rire homérique traverser Montréal.» NEUVIÈME FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA POÉSIE TROIS-RIVIÈRES DU 3 AU lO OCTOBRE 1993 DIMANCHE LE 19 SEPTEMBRE: J2.20b00 Varait saga laaléra artéilaaaa tk Dion legro», poéam 4e Damai Dorais.Golent tAn éa Porc.MERCREDI LE 29 SEPTEMBRE: l).17b00 Varaiisaft Froaciaa Siaoaia, Aialwr Pressa Papier VENDREDI LE 1 OCTOBRE: M.l 7100 VwtflMp: U )*ar 11 (ail l.wra rk Nnhuk Orwl.ni Peéem A M (Tmw).Foyer de la Sali J.A«lo«o-Ttaiptoa SAMEDI LE 2 OCTOBRE: J5.20b0Q Vk fre—fa et peésia libtiotbéqaa HéUee-leoeséioer de Graarf Méva DIMANCHE LE 3 OCTOBRE: 31.12100 Braacb-paésia Société des [envoies do la Meeride evoc loerse Dvpré, Greed Pris de Poésie-1333de La Foedohe* les Forces leslaeraet de Perc Paritaire lèserr.: (113) 374-4453 Pris: 14,00 S taies ei poerbo*o itc.37.14400 Atoler d'kritore*peéiie Sole lég de Centre Cehvrei de Tois-lméres.lev: I Porter léserv.: (113) 373-3113 31.14400 Meeveeros aaeereases de JeoaH l'A/cktvèqva Dvgacy, avec D Jeyoi: Marsae lodolpàe-Dogtqr 3315400 PeéMt et direct Café Gelant l Eabesrode lev: P.Itgonçwn {Italie).N.Agvode» (EspofM), P.Defcoerg (France), J.P (evalos (Éqvaiewr).P Deioveae (France), L Dvpré (Qvébnc), G.lipeavH (France), M Koseeberg (A/gnatiav).A.I.Sel (Séeégel), l Sdileàler (leienboerg), J.Sveeter (SJovoqvtt), T.Toayoi (Terqeio), J Wanderfy (Irésrl), A Said (Teeisie), J P logées (France).Teles: J Tovsrgeaet 40.15k30MeevaBceiaaevreeMS de Jeanne l'Ardwvèqve Dvgoay, avec D Joyaf Monta todolpi» Dtgtey 4114400 PoéaMi et Mestretieei d'kl Veraissoge Café 1er Le Zéanb 42.17400 Aeére-peésie: 40 ait de l'éKteor l'Hoiogeee Café 1er le Zéaab lev: A.Horn (Oeébec), F.Tkéorel (Ovébec).J.Acqvaf» (Oeèbec) 43.17400 Viral nage l'baaoàa recto-verse, poèmes de toméo Savon ( Acodn) Atelier Papym 44 17430 Seeeer-peésie lôtissene Fesée lev: I.di Pasgeaie (Argentine).I Depré (Ovébec), M.Kadtaa-Nzep (Congo).I.Potier (Ovébec).W Orffs (leigiqve) lés (113) 375-4413 45.13400 Sevper-peésie lest l'Anb«Ke lev M loakra (Maroc), M.Measevr (Mtxiqat), J Pec4e (Sncsse), A Said (Tveisn), T Taeyei (Torqvn), G Itpaovh (France) lés (113) 374-1270 44 20400 Ceecert Pierrot Feoreier eboeto Jacqtti Irai O.S.T.t Sole J A Tbenpsee Prit: 15$, 24$, 21$ lés.(113) 310 3737 47.20400 Vereissege Ceafleeeces do Groope topp, leclere de: I Potier (Ovébec).I Dvpré (Oeébec), G Morcbonps(Qoébec), D DorgistOeébec), P ligeagiori (Italie), J P (evoAos(Egoatevr), P.Deieveev (Fronce), P Da&ovrg (Fronce) lesl do Porc Portvove 41.20430 loger Tebre : Café Galerie l'Einbvscode 49.23400 PoéaMi de voit: Café-ler Le Zéeeb lev: J P logées (Fraece), L Scbiecbter (Lvien-bovrg),A l.Sali(Sénégal).J Sveeter (Slovoqvn),J Woederfy (Irétd).N Agvodo(Espagne),W Ckfft (leigiqve), M Kodimo Nrvp (Conge), M Moesoer (Mtnqve) LUNDI LE 4 OCTOBRE: 50.12600 P.ér.è l'UQTI Mal d'uni.pmupol In: L Dvpré (Oterai 51.12415 Cbeoseet et poésie: Collège Laflècbe 52.12400 Dleer-peésie Café Metorl lev P Iqoagnn (Italie), M loseeberg (Argentine), P Deioveae (Fronce), I é Pasqvaie (Argentine), A l Sail (Sénégal) lés (113) 371 3413 53.12400 Ceecevrs beIWat et tee-sbirts-peésle: (cole Sec CVcmgvy 54 14400 Ateler d'écrltvre-peésle Avec I Potier (Ovébec) Sole lég de (.Cnit de Tl léservvtions (113) 373 3113 55.17400 Anére-peétle: revee ov fétable Arcade Café 1er Zéneb lev l Dvpré (Oeébec), A Said (Tenttiei, N.Agvode (Espagne), M Mensevr (Menqve), M lesenberg (Argentine), C lerirend (Oeèbec) 54.17430 Seiner-peiile létnserie Fesée lav M bekve (Morve).T Tonyei (Terqeie), J Peeke (Svrsve), P.Delbovrg (Fronce), G lipeovit (France) lés (113) 375 4413 57.13400 Seoper-neétie lesl L'Ambiance lev J P logées (Fronce), l Sckleckler (leienboerg), A.I.Sal(Sénégal), J Svealer(Slovaqa*), J Wonderfy(Irésrf),P ligoogien(Itobe) lés (113)374 1270 51 20430 Oreee et poésie: Pre Organe Catkédroie de îrers Irviéret lav P Deioveoa (Fronce), M.lesenberg (Argeotne), J P Ceveles ((qeetevr), I di Pasqvaie (Argentan), J Svealer (Sieveqvn), T.Toeyel (Terqeie), J Wonderly (Irésift.59 23400 Paéawi de nak Café 1er U Zéneb lev: M UofcJrf (Maroc), M Mensevr (MeiiqneU Peeke (Sense), A Said (Tvnisio), T Toavel (Tvrqvie), P Deioveae (Franco), P Defcoerg (Franco), l.Sckleckler (Loiembevrg), W Ckfft (leigiqve) MARDI LE 5 OCTOBRE: DO.IUOO Mvtlér.è p*éik Alite fopyt.i G Ivmih (FtokiI.W.drffi lldgiq»).N Agwd.(tipopNl, I.di Pnqul.lAiptilm), IL Sol ISéMgol), J?Cool loi itqvglm) 61.12SOO Mt.d l'UQTI Hald'.itré.préKipol In f D.lnnv IfiOKll il.12100 Nn«-p«éil.In: L SdtetmllnmbMri).AI.Imiteg (A/gMiM), M.Kadtmo Nzvji ICmp), J.Su.1.1 (Slnaq.it) Cthg.latek.63.12100 DlMT-pteil.CofÉ Mozart In kl Umuw (M.iiq.), M Ltakiro (Maroc), J.Fotk.(Sanul, J f log».! IfiazK.I, T Taayil IT.rq.iil, A Said IT.im) ldi : (111) 321 1413 64.12600 Jan .1 p**i»: Calé laliga., Etait S«»daui Cknigay 65 14600 ll.br d'érrHimptéik IrW d.lécovcur In: l.rwd Etzm (bétel Its : (111) 294-4560.66 UkOO 4l.br d'érrllnnpnil.In P blbnrg (front.1 Soil, lég d.C C.H d.T ».16t.: (119) 379-9113.67-74.17k00 OUVERTURE Of FICHUE DU FESTIVAL a.Cuir.C.hw,l, Plat.d.l'Hdttl d. -t' '?%¦ SL «Y.'f u
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