Le devoir, 2 octobre 1993, Cahier D
LE DEVOIR wtt / .ffi Le Feuilleton Page D 3 Les Petits bonheurs Page D 3 Littérature québécoise Page D 5 VISAS Page I) 10 LIVRES I.E I) E V O I II .L E S S A M E I) I 2 E T I) I M A X (' Il E R (I < T (I R R E I !) II R Hélène Le Beau La pessimiste méthodique STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Comme Fanny, l’héroïne de ses romans, Hélène l^e Beau est née en France, il y a trente et quelques années, dans un hôpital militaire pour grands brûlés, parce que sa mère tenait absolument à offrir son placenta à l’institution.«Mon père faisait alors un doctorat en droit international à Paris, explique-t-elle, dans la cuisine de sa jolie maison du nord de la ville, qu’elle habite avec son fils, ses chiens, ses chats et des livres, partout.Ma mère, comme toute Nord-Américaine, avait vécu lpin de la guerre et se sentait un devoir de participer à ce quelle appelait l’effort de reconstruction.C’est dur: on peut rencontrer un mutilé et se dire, tiens, celui-là a peut-être une partie de moi dans la face.» Drôle de façon de commencer sa vie, même pour un personnage.Fanny est apparue dans un premier roman, Im Chute du corps , publié l’an dernier chez Boréal et en France, à L'Arpenteur, une petite dépendance du royaume Gallimard.L’ouvrage a révélé l’auteure, quasi unanimement encensée par la critique.Le «Le Beau nouveau», impatiemment attendu, s’intitule Adieu Agnès.Il est également publié chez Boréal et paraîtra cet hiver en France, chez Flammarion.Le Beau, Hélène, y reprend le fil de l’histoire une vingtaine d’années plus tard.Stéphane, dite Fanny, l’héroïne de la première fournée, est maintenant à l’âge adulte.Elle est devenue sculpteur et «sa plus belle œuvre», sa fille Agnès, lui pousse dans le ventre, alors que la vie s’acharne avec son lot de misères.Comme Anne, comme C'est un garçon , comme tous les personnages greffés à son univers, Fanny lutte contre la mort et la maladie, incessamment.Les parallèles entre Fanny et Hélène abondent: comme son personnage, l’auteure adore Gould et surtout ses Variations Goldberg , comme elle, Le Beau se nourrit de Thora depuis des lustres.«11 n’y a que des détails biographiques dans ce que j’écris, que des puzzles de vie, que j'utilise comme levier, confie-t-elle.J’ai parlé de certains de mes rêves, de certaines de mes passions, du matériel qui m’entoure, c’est naturel.Mais mes personnages ont leur propre existence qui m’étonne parfois moi-même.» Ces vies sont sans complaisance.Un critique vient de parler «d'un univers morbide, où un malheur n'attend pas l’autre».Et effectivement, le propos est souvent grave et mélancolique, parfois triste comme la nuit, qui, écrit Le Beau, «laisse ses traces de gris sur les murs des immeubles.» L’auteure accepte certaines remarques sur la grisaille de ses visions.«C’est vrai que l’histoire que je raconte est dure, mais, bon Dieu, il faut bien voir que le malheur existe en dehors de la grande banlieue américaine.On dirait qu'Antigone lia pas sa place au Québec.On ne peut pourtant pas fermer les yeux, ta misère humaine est là, partout, et notre fin de siècle est encore plus déprimante que tout».Cela dit, elle tient à nuancer le portrait.«Je n’ai pas écrit un roman triste.Fanny est animée d’une force r .•VOIR RAGE I) 2: PESSIMISTE ¦Lg.-.- .« • 01, wmmm 8r:*r* SgMi s*^ Susan Hill écrit la suite du célèbre roman de Daphné du Maurier COLLECTION CINEMATHEQUE QUÉBÉCOISE ombre maléfique de Rebecca Daphné du Maurier REBECCA.Daphné du Maurier traduit de l'anglais par Denise van Moppès, Albin Michel, 1993,349 pages LA MALEDICTION DE MANDERLEY, la suite de Rebecca, Susan Hill Traduit de l’anglais par Anne Damour, Albin Michel, 1993, 395 pages PIERRE CAYODETTE LE DEVOIR Que sont devenus les de Winter après l’incendie qui détruisit leur domaine de Manderley?Maxime et sa jeune femme se libéreront-ils enfin de l’ombre de Rebecca qui se dresse toujours entre eux?L’Anglaise Daphné du Maurier (1907-1989), auteur de Rebecca, n’a jamais, de son vivant, donné une fin à son célèbre roman paru en 1938, abandonnant à leur soif plus de 30 millions de lecteurs.Cinquante-cinq ans plus tard, l’écrivain anglais Susan Hill; à la demande des héritiers de Daphné du Maurier, a écrit la suite de ce qui fut l’un des plus grands best-sellers de la littérature mondiale.La Malédiction de Manderley (Albin Michel) a été lancé cette semaine, simultanément dans toutes les grandes capitales: Londres, Paris, New York et.Montréal.Susan Hill, auteur d’une douzaine de romans, dont L'Oiseau de nuit et de Je suis le Seigneur du château (porté à l’écran par Régis Warmer), n’avait pourtant jamais souhaité écrire la suite du livre d’un autre écri- vain.«Pour Rebecca, c’était différent.J’y retrouve des aspects qui ont toujours été importants dans mon oeuvre.Par exemple un sens très aigu des lieux - Manderley.11 y a aussi dans Rebecca une atmosphère hantée qui m’intéresse beaucoup.et lorsque je l’ai relu, j’ai pensé qu’il y avait encore beaucoup à dire et à écrire sur ce thème», a-t-elle déclaré.Dès sa parution à l’automne 1938, Rebecca a fait de Daphné du Maurier une des romancières les plus populaires de son époque.En moins d’un mois, le tirage a atteint 45 000 exemplaires.Le roman a reçu un accueil triomphal en Amérique.A tel point qu’en décembre 1938, Orson Welles et sa troupe Mercury en ont joué une adaptation radiophonique.En 1940, le producteur David O’Selznick, qui venait de réaliser Autant en emporte le vent, a acheté les droits du livre.Peu de temps après, le grand Alfred Hitchcock portait Rebecca à l’écran avec une distribution à la mesure du roman: I aurence Olivier, Joan Fontaine et Juditli Anderson.Le scénario de Robert E.Sherwood et Joan Fontaine respectait fidèlement le récit de Daphné du Maurier, malgré une forte influence américaine.Le producteur David O’Selznik recevait quelques mois plus tard l’Oscar du meilleur film de l’année.Plus tard, Alfred Hitchcock adaptera une autre oeuvre de Daphné du Maurier, la nouvelle Les oiseaux.Au fil des ans, plus de 30 millions de lecteurs ont connu Rebecca.Ce roman sur l’amour et la jalousie a été traduit en 27 langues.Daphné du Maurier avait su créer à la fois un roman dramatique et un roman policier.L’histoire est archiconnue.Une jeu- ne fille modeste, dame de compagnie d’une vieille Américaine à Monte-Carlo, rencontre Maxime de Winter, un riche Anglais affligé par la mort récente de son épouse Rebecca.La vie de la jeune femme bascule.Elle se marie à Maxime de Winter.Avec ce mari quelle aime, elle emménage à Manderley, un vaste domaine gardé par une armée de domestiques.Tout a l’apparence d’un conte de fées.Pourtant, il n’en est rien.Mme Danvers, la gouvernante, lui ternit l’existence.Pire.L’ombre de Rebecca la hante constamment.Après la découvete inopinée du cadavre de Rebecca, on apprendra que l'épouse ne s’est pas noyée.Maxime ne peut plus supporter le secret qu’il porte.Il l’a tuée.Parce que Rebecca avait des amants et qu’elle le menaçait de mettre au monde un bâtard.Une nouvelle enquête conclut quand même au suicide.Car Maxime a menti et on l’a cru.En rentrant à Manderley, il retrouve sa belle.Mais le vaste domaine flambe.Fin.C’est ici qu’intervient Susan Hill.Dans La Malédiction de Manderley , on retrouve tous les personnages de Rebecca.Les de Winter s’exilent à travers l’Europe dans l’espoir d’oublier les sombres jours de Manderley.Mais ils doivent retourner en Angleterre pour l’enterrement de la soeur de Maxime.Ils y sont à nouveau confrontés à la médisance et aux soupçons.L’ombre de Rebecca plane toujours.Il y a deux ans, Alexandra Ripley avait connu un succès modeste en écrivant Scarlett, la suite A'Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell.Susan Hill réussira-t-elle à vaincre la malédiction des auteurs de «suites» de romans célèbres?10e SALON DU LIVRE ANCIEN de Montréal rand choix de livres épuisés et rares, illustrés, premières éditions, belles reliures, cartes, estampes, etc.samedi et dimanche prochains 9 et 10 octobre de 11 à 17h LE DEVOIR - Confrérie de la librairie ancienne du Québec titti ï Cil ri yhj f-yr licl ^1«I 1-i i l-'I M lirl HOLIDAY INN CROWNE PLAZA 420 Sherbrooke ouest, près Bleury ADMISSION : 4,00$ I.K I) E V (MH, L E S S A M EDI 'l E T I) I M A X (' Il E 3 0 C I 0 IS H E I !) !l 3 I) 1 PESSIMISTE Regarder la vie en face SUITE DE LA PAGE I) 1 de vie phénoménale.Elle et les autres personnages luttent pour vivre pleinement, regarder le monde avec lucidité.» Au total, Le Beau définit son attitude comme celle d’une «pessimiste méthodique».Et pour s’expliquer, elle cite Agota Kristof, qui répété que «les romans ne sont jamais aussi tristes que la vie».Les sources d’inspirations de Le Beau, ses modèles de plumes, viennent principalement d’Europe centrale et du Nord, là où, comme chez elle, l’écriture est une submersion dans l’énigmatique, l’inquiétude, le souci et l’insécurité, presque une méthode de recueillement qui permet de regarder la vie en face et de se rendre compte que tout en elle est problématique.Hélène Le Beau est particulièrement attachée à l’univers et à l’écriture du Suédois Stig Dager-man, auteur maudit, suicidé des lettres qui a brûlé sa jeunesse à créer des poèmes en prose où la folie de ce siècle se condense comme dans un bréviaire de la souffrance.Son maître demeure cependant Stendhal.Et comme lui, elle avoue écrire très vite, en quelques semaines.«Je me laisse imprégner, puis je me laisse porter par l’histoire.» Elle est déjà en train d’écrire le dernier volet de la trilogie de Fanny, où l’on retrouvera Bella, son enfant adoptée.Hélène Le Beau Le Beau a toujours noirci des cahiers.Mais elle a attendu longtemps avant d’oser montrer les productions de sa mécanique expressive, après des études en lettres, des années de travaux alimentaires en publicité et en communications, plusieurs traductions de l'anglais au français, notamment des ouvrages de la série Anne au Pignon Vert et Voix Off (Boréal), le tout dernier Carole Corbeil.«Mais je ne suis pas mécontente d’avoir su patienter.On est fragilisé quand on rend quelque chose public.» les dimanches 3,10 et 17 octobre, à 14h ENTRÉE LIBRE Une lecture-théâtre de LES GRANDS CHEMINS de Jean Giono par Jean-Marie da Silva Mise en scène: Jean-Marie da Silva et Paul buissonneau LAvaleur de sable r"«».l.oUTO,Kiw Prix en vigueur jusqu'au 8 oct.93 samedi, 2 oct.de 14h à 16h SEANCE DE SIGNATURE avec STEPHANE BOURGUIGNON Oampigny 4380 ST-DENIS, MONTREAL H Mt-Royal 844-2587 '“'LIVRES - ENTREVUE France Théoret, une solitaire solidaire PHOTO JACQUES NADEAU km % MARIE-CLAIRE GIRARD Dans le bistro de l’avenue du Mont-Royal où je rencontre France Théoret, entre soudainement la lionne Pauline Harvey.Si la comparaison peut tenir, c’est davantage à celle cl’un chat que je rattacherais la personnalité de France Théoret: prudente mais qui accorde toute sa confiance lorsqu’elle se sent en sécurité, curieuse, combative et aventurière, mais qui avance avec précaution pour s’assurer que le terrain peut bien la supporter.Après lui avoir rappelé combien j’avais aimé «L’Iiomme qui peignait Staline» (Herbes rouges), je lui demande de me parler de ce «Journal pour mémoire» qui vient d’être publié à l’Hexagone.«Je voulais parler de mon adolescence, dit-elle, réfléchir sur ma jeunesse.Je voulais parler de ce que représentaient les études pour moi, de la valeur très grande que j’accordais à la connaissance.L’objet d’un journal c’est de parler de soi, mais c’est très différent de l’autobiographie.Je voulais parler de moi mais aussi de l’époque, et des grands principes philosophiques qui se révèlent à l’oeuvre dans le parcours vers la connaissance: l’idéalisme, le scepticisme, le réalisme, le pragmatisme, le pessimisme, le stoïcisme.Je voulais rendre tout cela vivant, démonter que ce ne sont pas des concepts morts».Et c’est le journal d’une femme qui s’interroge sur le déterminisme et sur l’influence de la pensée occidentale sur sa vie, qui découvre comment les concepts ont affecté son existence, comment elle les avait perçus et comment ils l’ont questionnée.Mais loin d’être aride ou compassé, le livre est plein de vie et d’humanité, de profondeur et de sensibilité.A travers cette démarche vers la connaissance, c’est la jeune fille qu’a été France Théoret que nous découvrons.Tous les jours dans les tramways de Saint-Henri elle se répétait: «Je sais que je ne sais rien», tout en sa- France Théoret chant aussi quelle voulait étudier pour connaître, pour apprendre.S’ouvrir au monde, c’était poursuivre des études, se diriger vers la réalité.Le tout lié à une infinie curiosité.«C’est le fondement de mon instinct de vie, raconte France Théoret, enfant j’étais très sage et obéissante, pourtant parfois je transgressais les interdits en m’étonnant moi-même simplement pour voir ce qui allait arriver.Par curiosité».La connaissance donne envie d’un monde ouvert.D’un monde dont on est à la recherche aussi, comme cet univers de la littérature québécoise du XIXe et du XXe siècle que France Théoret a découvert grâce aux cours de Régi-nald Hamel à l’Université de Montréal.Encore là, c’est la curiosité qui l’a guidée vers des oeuvres qui ne se trouvaient pas nécessairement au programme: La Scouine d’Albert Laberge, ou Marie-Calumet de Rodolphe Morissette, ou encore les poètes du début du siècle.Et la littérature demeure le plus grand plaisir, le langage qui distingue les choses, élabore, affine les perceptions, transmet les imaginaires: «A un moment donné, poursuit-elle, j’étais friande de Bataille, de Genet et même de Sade.Ce que je découvrais chez-eux je n’avais pas besoin de l’avoir expérimenté.Les livres sont là aussi pour ça».Contente de sa vie, France Théoret éprouve peu de haine ou de ressentiment.Pourtant elle s’emporte lorsqu’elle commence à parler des velléitaires et tombe sur eux à bras raccourcis: «ces gens qui n’osent rien accomplir et qui reprochent aux autres de vouloir agir».Elle range dans la même catégorie tous ceux qui ne voient pas l’utilité d’étudier ou d’acquérir des connaissances, qui taxent d’élitisme ceux désireux d’obtenir des diplômes, qui soulèvent des objections face à la curiosité des autres.Elle travaille présentement sur un roman qui traite de l’argent, «Parce que nos rapports à l’argent définissent beaucoup de rapports avec tout le reste».Ecrire lui demande du temps et posant beaucoup la question du doute elle admet que se livrer à ce labeur exigeant qu’est l’écriture demande quelques certitudes intérieures.Ou si elle est contente de sa vie parce qu’elle écrit sur des choses qui la passionnent.Et la meilleure définition qui puisse peut-être s’appliquer à cette femme attachante, intelligente et sensible est celle d’une solitaire solidaire.NOUS LAISSONS LA CONCURENCE ANNONCER POUR NOUS Si un concurrent annonce un livre à un prix inférieur que le Parchemin, nous réduirons ce prix de 5% #le Parchemin u- REDUCTION SUR TOUS NOS LIVRES A L’ANNEE à l’intérieur de la station Métro ^ Berri-UQAM Tél.: 845-5243 * Sur présentation d’une preuve lors de l’achat — Livres en librairie — détails en magasin.Aider le monde mot à mot CODE L’autonomie grâce à l’alphabétisation dans le monde en développement Pour plus de renseignements, téléphonez au 1-800-661-CODE NEUVIÈME FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA POÉSIE TROIS-RIVIÈRES DU 3 AU ÎO OCTOBRE ±993 fflSBâ DIMANCHE LE 19 SEPTEMBRE: J2.20h00 Viriissef • lumiért ¦rtéikaut de Dwne legrou, poèmes de Daniel Dorait Galerie d’Ari de Parc.MERCREDI LE 29 SEPTEMBRE: JJ.IZbOO Vernit toge Francine Simonin, Atelier Preste Paper VENDREDI LE 1 OCTOBRE: 34.17h00 Viraiiiogu Le jour se lait (iom de Nichole OweHetle Poèmes A Said (Tenisie).Foyer de la Sale JJUlomo Thompso* SAMEDI LE 2 OCTOBRE: IS Z0600 Vk fr.Mf.Il poéilt liblntkéq.i Helcae leavuioai de Graed Man DIMANCHE LE 3 OCTOBRE: 36.12k00 Irtucb-puésit Société des Earvoms de la Mourut avec Ionise Depré, Grand Pru de Poésie-Itf3 de la Fondation les Forges lestoerontdePorcPorteane léverv (II f) 374-4459.Prix: 14,00 $ taies et pourboire inc 37.14h00AltRur d'écrltere-peésie Sofia lég de (entre Cohere! de îots Iméres.lev I Poner tésarr : (119) 379 911] 3l.14k00 Mnevnicei amereeseï de Jeanne l A/chrréqut Duguay, avec D Joyol Monon tldilphiOeg—y 39 ISfcOO Poémui ee direct Cafe Golene I Embescode lev P ligoegion (Italie), N.Ageodo (Espagne), P Dolourg (Fronce), J P CevoHos (Equateur), P.Delaveae (France), L Ovpré (Québec).MARDI LE 5 OCTOBRE: G.Kipeosdt (Fronce), M tosenberg (Argentine), A.L Sol (Sénégal), L Scblechter (luitmboerg), J Sventer (Slovaquie), T Toayoi (Turquio), J Wonderly (Brésil).A Vid (Tueisie), J P logées (Fronce) Iodes: J Toeygnant 60.11 kOO Matière è poésie Atelier Popyres.G RipeouH (Fri Ageodo (Espagne), I dt Posquole (Argentine), A L Sol (Séi 40.1 SUOMaevaocetiMereeus de Joanne l A/chevèqoo Dugooy.avec D Jayd Morsori Rodolphe Dugeoy 41 UbOQ Poèmes et Mestretiees d'id Veriissoge Café lor le Zéoob 42.17600 Anére-poésie: 40 ees de l'édlteer l'Heingeoe Café lor le Zénob lev A More (Qeébec), F Théoret (Québec), J Acqeeim (Québec) 43.17b00 Vernissage l'beawla reetn-verse, poèmes de toméo Savoie (Acodie) Ateber Popyres 44 17b30 Souper-poésie Rir’issono fuséo.lav I dt Posqeole (Argentine), l.Depré (Qeébec), M Korhmo Nzuy (Congo) I Porier (Québec).W Orffs (Belgique) lés (119) 375 4419 45 19600 Seeper-poésie lest l'Ambance lev: M Lookiro (Maroc), M.Monsoer (Manque).J Poche (Saisse), A.Soid (Teeisie), T Toeyel (Turquie), G l.peault (France) lés (119) 374 1270 4 6 20600 Concert Pierrot Foeriier cheete Jecqnes Irai, O.S.T.I Sale JA Thompson Prii: ISS, 24$, 21$.lés (119)3101797 47.20600 Vernissage Ceifloeeces de Groupe topp, iedori de I Porter (Québec) l Depré (Qeébec),G Morchomps(Québec),D Dacgis(Québec), P ligongiori(Italie),J P Cevoflos(Equateur), P Deiaveou (France), P De&oerg (Fronce) lest de Porc Porleare 41.20630 Roger Tebra : Café Galerie l'Embuscode 49.23600 Poèmes de soit: Café Bar le Zénob Inv J P logeas (Fronce), L Scblechter (loiom bourg), A l Soil (Sénégal),J Sventer (Slovaquie), J Wonderly (Iréul), N AgvodolEspagne).W Cbfft (leigiquo).M.Kodimo Nruji (Congo), M Monsoer (Manque) LUNDI LE 4 OCTOBRE: 50.12600 Poète ¦ l'UQTt Mal d entrée principal lev L Depré (Québec) 51.12615 Chaesees et poésie: Collège lafUcke 52.17600 Dkwr-poésie Calé Mozorl lev P ligongion (Italie), M tosenberg (Argentine), P Deiaveou (Fronce), I 6 Posquole (Argentine), A l Sali (Sénégal) Kés : (119) 371 9413 53.12600 (oaceors bofioei et tea-sbirts-peésie: Ecole Sec Chovigny 54 14600 AteRer d'écritere-poésie Avec I Porter (Qeébec) Sade lég de C Ceil de 1-1 KéservftMs (119) 379 9113 SS.) 7600 Aoéro-poétW: revie ee féminin Arcade Café lor Zénob Inv l Depré (Québec), A Said (Tunisie), N Agnode (Fspogne), M Monsoer (Mexique), M.losenherg (Argentine), C lerlrand (Qeébec) 56.17630 Saaeef-paésie («tisser* Fusée lev M Lookiro (Maroc), î Toeyel (Turquie), J Poche (Suisse), P Delbourg (Freece), G lipaaeit (Frame) lés (119) 375 4419 S7.19b00Soepef-peéiie lest l'Ambionce 1er J P logeas (France), l Scblechter (luiemboer|), A L Sol (Sénégal), J Sveeter(Slevoqme),J Wonderly (Irésl), P ligongiori (Ilote) lès (119)374 1270 SI 20630 Orgue et poésie: Pre Organe Cathédrole de Iron Rivières Inv P Duiavtoe (Fronce), M tosenberg (Argentine), J P CevaRos (Equateur), I di Posqaate {Argentine), J Sventer (Slevaqe*), T Toeyel (Ttrqeie), J Wonderly (Brésil) 59 23600 Poèmes de eelt Café Bar U Zénob Inv M Lookiro (Maroc), M Monsear (Menque).J Poche (Sense), A Said (Taersm), T Tonyol (Terqa*), P Deiovoao (France), P Defcoerg (Fronce), L Scblechter (leiemboerg), W Chffs (lelgiqot) ._.j), W.Orffi (Belgique).N.(Sénégal), J P.Cevallos (Equateur) 61.12600 Peéle è l'UOTR HaH d'entrée prmopoi lev: P.Delaveae (Fronce).62.12600 Piano-poésie lev L Scblechter (leiemboarg), M tosenberg (Argentine).M Kodima Nzuji (Congo), J Sventer (Slovaquie) Collège ImfSéche 63.12600 Dinar-poésie Café Moiort lev M Moesoar (Mexique), M.lookiro (Maroc), J Poche (Suisse), J P logeas (Fronce), T Tonyol (Turquie).A.Said (Tenisie).lés.: (119) 371-9413.64.12600 Jaxi et poésie: Café NeKigai, Ecolo Secondaire Chovigny 65 14600 Ateler d'écrftere-paésla libi do lécoocoer.Inv leraord Pozitr (Québec), lés.(119) 294 «540 66 14600 AteRer d'écritere-poésie Inv: P Delbourg (Fronce) Salle lég de C Celt, de M.lés (119) 379 9113 67-74.17600 OUVERTURE OFFICIELLE DU FESTIVAL oe Centre CeHurel, Place de l'Hélel de vdle teanse du Grued Prix de Poésie de la Fondai me les Forges et des Prie de poésie A iphone Pkbé laocomeut des Earts des Forges Préseetatlae effkleRe des poètes iavitéfeh.Tees Us poètes seat presents Vernissage Hemmooo « St-Deeys-Garneae (Québec) du peintre Aeteiee Prévest, et de Griedeer uature de f Deloroyiéru (France) et D loucher (Québec) 7S 17600 Vernissage Heuri leedrene CaféGalerie l'Embescode 76.19600 Smmper-pmésle lest l’Ambance lev: t.di Posqeole (Argentine), L Depré (Qeébec), N Agvado (Espagne), J P Cavoilos (Eqeateer), W Giffs (leigtqee), M.Kodima Nzuji (Congo), lès 119 376-1270 77.20600 Rancaetra è In libi.men da Trois liviéres.Inv: Elise Tercotte (Qeébec) 7 1 20630 Peésle-see-et-lf miére ai Centro social du Cégop Pav.des Hemanrtés.Prix S,00$.Iibts en vente é rentrée Inv C David (Québec), A.Soid (Tunisie), P ligongiori (Italia), J.Wonderly (Irèsil) 79.23600 Poèmes de eelt Café1er Zénob Inv P Delbourg (Fromcm), N Ageodo (Espogne), L Depré (Qeébec), I Potier (Québec).A l Soil (Séoégol).C Dovid (Québec), P Dolovooe (Fronce), M Monsoer (Meuquo) MERCREDI LE 6 OCTOBRE: 10.11600 Metléro ¦ poésie.Aieber Papyrus lev: P ligongiori (Itoiie), P.Delbourg (Fronce), M tosenberg (Argentine), J Wonderly (Brésil), T Tonyol (Turquie).11.12600 Peéle è l'UOTR Hol d'entrée principal, Pavillon Imgeef Inv Amina Said (Tootsie).•2.12600 Dinar-poésie Calé Motor! lev J P Cevallos (Equateur), W Cliffs (leigque).M.Kodima Nzuji (Cange), l Scblechter (Luxembourg), C David (Québec) lés.(119) 371-9413.13-15.12600 Ciné-paésle, Remise des prix de poésie et lancement de livres oe Café Nefligon Ecole Sec Chovigny 16.12615 Rkbard Feisy chaule Jean Marrocbe Collège laftècbe Kés: (119) 375-7346.fri*: 2,00 $ ne 17.) 4600 Alaler d'écrittre-peésle libi mue da Shawmigan lev L Depré (Qoéboc) lés (119) 534 7211 •1.14600 Ateler d'écritere-poésie lev E Turcotte (Québec) Sole lég du C.Cuit du T l.tés (119) 379 9113 19.17600 A péru-poésie: rivet Estuaire Café 1er Zénob lev: E Tercotte (Québec), C David (Québec).J P Dooutl (Québec), J Duval (Québec), M loti! Ghettos (Egypte Qeébec) 90 17600 leecemeet: revit L'Expresse ou Café lor le listre 91.176 30 Sooperpoésle lèttssor* Fusée Inv A Soid (Tenisie), J Wonderly (Iréul), L Schlecbler (leiembeurg), M tosenberg (Argentine) lés (119) 375-4419 92.11600 Seeper SSJI l'eveek de frétais dees owe pays et le mande Inv: A lomme Sali (Sénégal), M Kodima Ntup (Conge), T Boisvert (Québec), C Leblanc (Moeitoba) Club de Golf les Vwles fergos Prix 15 $, taxes et service, compris lés (111) 375 4111 93 19600 Seeper-poésie test l’AmUance lev P Albert (Nord Ontario), P Delbourg (Fromce), T Tanyei (Tarquue).I Depré (Québec), C David (Québec) tés (119) 376-1270 94 19600 Rencontre J Pacbe (Sense) libi mon de Naolet 95 19600 Ramcoutre G lipeoult (Fronce) libi de liconcoer 96.19600 Ciné-poésie: Cmé Campes, Séminaire St Joseph l'Actempoguetrko Mm de Gouda Miller (1992) Carie de membre 97.20630 Rkbard Feisy cbaate Joua Marrocbe 1er listre U St Pial lés (119) 693 0340.91 21600 Cité-poésie: Cmé Campus, Séminaire Si Joseph U cité ebscer de coter Mm de Ehséo Svhiéla (1992) Corte de membre 99 23600 Poèmes de emit Cofé 1er Zénob Inv ETurcetle (Qeébec), P Albert (Nord Gnlorio), C (abiotic (Manitoba).W Orffs (lelgiqoe).P ligongiori (Italia), P Delbourg (Franca), J P Civolos (Equateur), M Kodimo Nrup (Congo) JEUDI LE 7 OCTOBRE: 100.17100 Mil è l'UOTI Hol! éeetrie pnaceol, Milo.I»: l Srkltrkler (laiemboerg) ‘101.17100 Dloer-Métla Café Mo tart I»: E.Tarcotk (Qeéberl, J Srtaltt (Sto.aqvü).JP Mm (FroMt), I.Parier (Qaébatl, M.Kadime Nzvji (Congo), I.di Posqvolt Itigootioo), 1 loinoil IQodUd, J.Soookr (Sloioqoiol.llv (111) 17M4I1 107.17115 St-Otoyi-farMoo, i,«lo«« îmilk p nition dt Bvrat do poélée ta bJbOothèqvti Ifni: I S.EipoéiJo é lo BAI.Héléno Bootnéjour, Grand-Mére 3-10 oct 16.Eipoéilt à la Bibl.mon Armand Goultl dt Sto-Anne de la Pérode, 3-10 Kl.17.E«poéik é lo Bibl.mon.di STi-IhécIo, 3-10od.ll.Eipoiiit é lo Bibl mut dt Nkoéat, 3-10 «1.If.Eipoéik é lo Bibl mun.dt Notn Domt dt Pierrevilla, 3 TOocl ÎO.Sipoédté lo Bibl.mun.da ShtnrinigQn, IScapl.29 Kl.21 .Eipoétit é lo Bibl.mun dt Si louhdo-ftontl, 3 lOod.22.iipo6iit é 61 Bibl.mun.dt Béroncour.MOod.23.Eipoéiie é lo Bibl.mun.dt Slt Morw-dt-Blundlord, 3-10 oct.24.E>poéiit é la BAI.mun.di toe out Sablai, 310 «I.25.Eip*éila é la Bibl mun do Si Till, 310 oct.2b.Eipoéilt é lo Bibl.mun.do St Tl» de Gulon.3-10 Kl.27.Fipoétia d ht Bibl mun de Troh-RivMfes, 310 Kl.2t.Eipoéilo é la Bibl di l'École Sk.Dt la Solo, 4- 8 WloblB 29.Eipoéilt é lo Bibl do l'École Sk.Chovigny, du 4-8 «lobco.Fipoiltioa dt tvroi do pobsio te tbroérioi: 30.tipoéilt é la Ubtoirie Oémonl (Aocin, S-IOact.31.Eipoétit é lo Ubtoiria lEièdn, 4 9 od. I.K I) K V (MH.I.K S S A M EDI 2 K T D I M A X < Il K A (t < T 0 II H E I II fl A I.E S P E T I T S lî 0 N II E II R S ARCHAMBAULT ?Misogynie à part AU BORD DE LA VASTE MER August Strindberg Traduit du suédois par Régis Boyer.Collection FG-Flammarion, 276 pages.Strindberg sera d’actualité à Montréal cette saison.On monte Mademoiselle Julie et Créanciers, deux pièces importantes du grand Suédois.La singularité de son théâtre et de ses écrits romanesques ne se discutent pas.Il en va tout autrement de ses partis pris arrogants.Je connais peu de romans qui affichent si clairement la misogynie de leur auteur que l’oeuvre dont je rends compte aujourd’hui.Axel Borg, jeune inspecteur des pêcheries, vient exercer son métier dans un milieu inculte.Aux prises avec l’incompréhension générale, ne représente-t-il pas la science, alors qu'autour de lui on se contente de médiocrité?11 fait la connaissance d’une jeune femme, Maria.Nul ne peut douter qu’Axel soit un sosie de Strindberg.Voici ce que pense des femmes son héros: «Certes, il avait eu déjà plusieurs aventures et liaisons galantes; mais il lui avait toujours été impossible, à la longue, de cacher sa femie conviction de la supériorité masculine sur cette forme intermédiaire entre l’homme et l’enfant, qu’on appelle la femme.».Axel est un bien piètre amoureux.Toute diversion qui l’entraîne hors de la réflexion intellectuelle lui semble vaine.Les promenades en barque avec sa fiancée l’ennuient.la belle finira par s’amuser auprès d’un assistant, que les légèretés de la vie ne rebutent pas.Bien que réprouvait la jalousie, sentiment à son sens dégradant, Borg se vengera ultimement.Ce qui ne l’empêchera pas de finir ses jours dans un état proche de la folie, méprisé de tous.On ne lirait plus Strindberg aujourd’hui si on ne retenait que ses préjugés misogynes et ses jugements de classe.Borg a beau convier Maria à s’asseoir «sur son trône», c’est-à-dire à accepter son amour, il menace de la précipiter si bas, en cas de trahison, quelle ne verni plus jamais alors «la lumière du soleil».Il faut donc passer outre à ces sottises pour ne plus s’attacher qu’à la fascination d’une entreprise romanesque hors du commun.Iaj savant qui décide de s’établir au bord de la vaste mer, dans une De de l’archipel de Stockholm que Strindberg a si souvent décrit, fait une descente aux enfers.Ne vivant que par l’esprit, il accepte de mêler son destin à celui de pêcheurs méfiants à qui il doit enseigner la prudence malgré tous les obstacles imaginables.Ce sont ces connaissances qui lui ix'miettent de savoir que la pêche au saumon remplacera bientôt celle du hareng.Ne lui manque que le degré vraiment supérieur de la connaissance qui lui permettrait de porter sur les humbles un regard qui n’en soit pas un de mépris.Au moment où il écrivait ce roman, Strindberg était sous l’influence des théories de Nietzsche.Pourtant si nous le lisons encore, c’est justement à cause de tout ce qui échappe chez lui à la notion de surhomme.Son Borg n’est pas tellement supérieur aux autres que torturé, déchiré.Et lorsqu'il cède au démon de l’orgueil parfaitement pitoyable.Confession à peine déguisée, ce roman nous dit sans ambages les misères du créateur.Comment ne pas être touché par ce cri de solitude et de douleur?> -xr LIVRES - I.E F E H I I, I.E T 0 N \ A l’entresol du Sphinx GRAND AMOUR , Erik Orsenna Éditions du Seuil 1993,299 pages.Le costume d’abord est apparu, long manteau du bon faiseur, cravates choisies pour être oubliées, foulard de shetland rouge, et le feutre; le chapeau de feutre était essentiel.Déjà en 1974 il posait le bonhomme dans les clichés des gazettes, feutre subliminal: on remarqua que c’est celui de Léon Blum en 36 devant les masses populaires, et qu’un tel couvre-chef est appelé aux plus hautes fonctions.Ce feutre-là était attendu à l’Elysée.Il y entra le 21 mai 1981, après que son porteur eut fait le détour au Panthéon, rose à la main, le feutre ému sur la poitrine.Un règne débutait ainsi entre les corinthiennes de Soufflot, un homme seul montant l’escalier et entrant vivant au Panthéon (suivi bien sûr d’une caméra) pour saluer Victor, Emile, le vieux Voltaire, et s’arrêtant aux cendres fraîchement livrées de Jean Moulin.I>e personnage s’est définitivement placé.François Mitterrand à 64 ans s’installait avec la plus sereine suffisance - on appelle ça de la grâce quand tçut va bien -au palais de l’Elysée, belle bâtisse où la Pompadour faisait des surbooms avec ses mignons, et Caroline Murat des trictrâcs entre filles pendant que les maris allaient pour Napoléon écraser des insurrections jusqu’à Madrid.Lui, l’homme au feutre gris charbon, un siècle et des poussières plus tard, allait y mettre sur pied - époque oblige - la machine de guerre médiatique d’un monarque républicain moderne, des ordinateurs aux ordonnateurs, avec les premiers fax sous les lambris, et y installer à l’entresol, entre la cafétéria, les toilettes et les archives, le quartier des nègres relié à Lui par un téléphone blanc.l>e vieux Mitterrand, en mal d’un Racine, voulait être à potfée de plumes.Erik Orsenna, romancier peu connu (on est en 1982) qui bossait dans les autobiographies de vieilles peaux (Dario Moreno, mais il refusa Gloria Lasso) pour payer les escalopes et les rognons, déjà nègre en somme mais pour le tout-venant du petit spectacle, reçut un bon matin un coup de fil du standard de la Présidence, palais de l’Elysée.Une voix de surmené: «Bonjour, ici le Secrétaire général.Depuis quelques temps nous suivons votre parcours.Ils sont rares les vrais anonymes.J’en viens au fait.Le palais a besoin d’une plume.Je compte sur votre discrétion.Et sur une réponse demain neuf heures».Orsenna, entre Une comédie française paru en 1980 et L’Exposition coloniale paru en 1988 (qui lui vaudra le Concourt), travailla donc trois ans dans l’ombre pour l’homme au feutre de Blum, première plume à l’entresol du Sphinx.Aujourd’hui, cherchant sujet après Une fable, reportage, roman, divertimento, où l’homme au feutre de Blum, vite devenu dieu, est traité par la majuscule.l’euphorie du Concourt (des Pâques pour un ex-nègre), Orsenna a fait.roman de ce boulot de plumitif à l’Elysée.il a osé (mais tout le monde le fait maintenant) montrer les dessous des dentelles rhétoriques mitterran-diennes, dans la fabrique des petites phrases, en se lançant avec un humour douché dans une fable politico-romanesque où il ne faut plus chercher les clés tant les portes sont toutes ouvertes.Roman oblige, Erik Orsenna va devenir Gabriel O., autobiographe, expert en souhaits et effets présidentiels, maître des condoléances aux familles des grands de ce monde, mais ceux qui s’adressent à cet infatigable nègre du palais, à la cantine ou dans le Puma du président, vont l’appeler M.Orsenna.Donc pas de détours.Reportage, dites-vous?C’est tout ça que Grand Amour, fable, reportage, roman, divertimento, où l’homme au feutre de Blum, vite devenu dieu, est traité par la majuscule (a-t-Il dit), et décrit, tel Louis XIV arrivant à Versailles en hélico, comme le monarque issu des urnes que la France consentante s’est donné.Il ne faut pas oublier les détails pour comprendre Mitterrand et la trame du roman d’Orsenna; Catherine Nay nous en signalait un d’importance dims son ouvrage de 1988 (Les sept Mitterand chez Grasset), lorsqu’au premier 14 juillet de son règne le président socialiste fit avancer son fauteuil de deux mètres devant la rangée des officiels.Jusque là ses prédéces- seurs, y compris le très distingué Gis-card d’Estaing (qui, lui, allait manger des oeufs brouillés chez l'éboueur sans être invité), s’étaient contentés d’un ixrtit décalage de rien du tout des pieds.de fauteuil.L’Elysée où Gabriel O.débarque un bon matin de 1982, accompagné par sa mère quj rêve de l’y voir ministre, est cet Elysée de la Pompadour, des Munit, de Napoléon qui n’y resta guère, un palais qui retrouve ses parfums de monarchie, où l’on vit à la fois comme dans une impression de grand collège huppé et ciré et comme clans la maison de la grande flatterie oii le personnel, de la chef concierge au conseiller spécial, vit dans l’admiration du grand iocataire (ces années-là, 82-85, avant la cohabitation ingrate, sont celles du «Grand Amour» envers le président), suspendu aux rumeurs au creux du grand logis du 55 rue du Faubourg Saint-Honoré où bat le coeur du régime pendant que derrière les rideaux vieux rose de l’entresol Gabriel O.rédige Ses discours, pour la visite d'Omar Bongo, pour le sommet franco-allemand de Bad-Kreuzna-ch, pour une allocation à Bayonne, et Ses télégrammes, pour consoler Bourguiba après le raid israélien contre l'OLP à Tunis, embrasser dans le deuil la veuve de Tchemenko et le grand ami de Yul Brynner, ou la famille de la pauvre Dalida qui vient de décider de se suicider.Défense et illustration du métier de nègre, Grand Amour est aussi un précis d’histoire de ce grand métier de l’ombre qui a ses gloires, d’Auguste Maquet qui rédigea pour Dumas père la seconde partie de Monte-Cristo et qui était si foncé de peau (d’où le terme), à Emmanuel Berl qui fut le nègre juif de Pétain en juin 40, en passant par Charles De Gaulle (mais oui!) qui écrivit dans les années 20 un ouvrage sur l’année pour Philippe Pétain et dont Orsenna publie une incroyable lettre où le futur héros du 18 juin, à la limite de l’insolence, réclame du héros de Verdun qu’il «fasse l’aveu de son collaborateur».Métier étrange du nègre, qui vous étourdit et vous trouble, et vous déçoit lorsque vous vous rendez compte que votre texte est parfaitement respecté dans Sa bouche.Douleur du nègre lorsque vous avez à rédiger les félicitations d’usage pour un Concourt lorsqu'un de vos romans était en sélection.Frissons du nègre lorsque le Président vous a à portée de regard dans sa voiture blindée et vous demande ce que vous pensez de la mort et qu'à votre réponse (une allusion bien plaçée à la littérature tibétaine.) une lueur s’allume dans l’oeil du sphinx; «on devient ministre pour moins que ça», se dit Gabriel ()., alias Erik Orsenna, qui ne l'est pas devenu, ministre, et qui a préféré sortir de sa condition e.t de son entresol pour rejoindre les Etats du livre de l’autre côté de la Seine.Jean-Paul Desbiens Croissance personnelle par l'écriture créative LES ATELIERS A LA PLUME DE SOI ANIMATION: Nadine Gucydan psychologue ARC-EN-SOL 803, rue Laurier Est Montréal (Québec) II2J 1G2 2 7 0 - 7 3 0 0 Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Aujourd’hui 2 octobre rie 14b à 16h.Hélène Mouette UC GOUDRON ICT L1CS PLUMES XYZ éditeur 362 jours parannee^ I 120, ave.laurier ouest outremont, montréal loi.: '2"-t-ô(i(ilt • téléc.: 274-ô(ib() L'Avaleur de sable de STÉPHANE BOURGUIGNON "LA CRITIQUE EST UNANIME' L’Avaleur de sable STÉPHANE BOURGUIGNON roman 240 pages 17.95$ «L'Avaleur de sable o toutes les qualités des bons romans qui aspirent le lecteur avec facilité dès les premières pages.» Gilles Crevier, Journal de Montréal «La langue est simple, la phrase rapide, le ton familier.» Julie Sergent, Revue Voir Montréal «Je m'en porte garante : L'Avaleur de sable est un livre formidable, un hommage aux femmes exceptionnel.» Suzanne Lévesque, Radio Canada «Je me suis rendu d'une traite jusqu'à la fin de ce roman en y prenant un très grand plaisir.Stéphane Bourguignon a beaucoup de talent.» René-Homier Roy, Radio Canada «Un livre quasi parfait.» Frandne Grimaldi, Radio Canada « Comme aux premiers jours de sa célébrité fortuite, le frère Untel garde la dent dure.» Jean-Simon Gagné, Voir « Ceux qui croient bien le connaître pour avoir lu ses ouvrages précédents seront surpris des confidences, parfois étonnantes, de cet homme modeste.» Gilles Lesage,Le Devoir « Moins d’illusions, autant de fougue.» PierreVennat, La Presse AUX ÉDITIONS QU É BEC / AM É RJQU E ean-Pau! Desbiens I983-I992 orea I.E I) E V OIK.L E S S A M E I) I 2 E T 1) I M A N C II E 3 0 C T O B K E I !l !» 3 1) 4 -LIVRES Le «poète des gueux» retrouvé Jean Narrache, premier poète populiste du Québec, est-il toujours d’actualité?JACQUES THERRIEN Plus de 70 ans après la parution du premier recueil, la poésie de Jean Narrache est-elle toujours d’actualité?Tout autant que peuvent l’être la pauvreté, les guerres et l’incompétence récurrente des gouvernements, doit-on constater.«Les gars de la misère — la majorité su’ terre — et les gueux» ont trouvé en ce poète de l’entre-deux-guerres un allié, un ardent défenseur de leur langue.Cette audacieuse versification de la langue parlée québécoise, celle du franc-parler, le désigne premier poète populiste du Québec.Méconnu, oublié, Émile Coderre, alias Jan Narrache, trouve à son tour des alliés.Depuis deux ans, Richard Foisy marche sur les traces du poète et farfouille dans les 10 000 pages de documents réunissant l’oeuvre poétique, la correspondance, les articles, les textes radiophoniques et les conférences de Coderre-Nairache.Porté par l’enthousiasme, le chanteur nous livre une partie de ses découvertes qu’il nous présente en trois volets: une anthologie de poèmes et proses, un récital de chant et une exposition.«C’est d’abord à titre de chanteur que j’ai découvert Jean Narrache.Je me disais qu’il faudrait que je chante un poète qui écrive en langue québécoise et c’est le nom qui m’est revenu à la mémoire, un souvenir lointain qui remonte à la petite école.J'ai découvert un homme extraordinaire — bien reculé dans l’ombre, cité de temps à autre dans certaines anthologies — et une oeuvre inédite à 90%», nous apprend le chantre de nos poètes d’ici.Véritable porte-étendard, Richard Foisy transforme en chanson les mots de nos poètes depuis une bonne décennie.Les cinq dernières années, il a transporté son florilège chanté entre Montréal et surtout Paris, où il arrive à vivre de son métier.Son répertoire est consacré à Émile Nelligan, Alain Grandbois, Alfred Des-Rochers, Alphonse Piché, Gaston Miron et maintemint Jean Narrache.«Léo Ferré disait qu’au XXe siècle, c’est la musique qui a sauvé la poésie.Malheureusement, la poésie n’a plus auprès du public-lecteur la même popularité qu’au siècle dernier», rappelle l’artiste.Pourquoi une anthologie alors?«Lorsque j'ai commencé mes recherches, j’ai réalisé qu’en 1993 ce serait le cen- Jean Narrache ternaire de la naissance de Jean Narrache.Je me suis demandé si l'oeuvre était assez volumineuse et intéressante et si l’homme était lui-même assez riche.Par la suite, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose».Ce quelque chose en question donne une anthologie intitulée Quand j\pari' pour parler, publiée aux Éditions de l’Hexagone, un récital du même titre composé d’une vingtaine de poèmes mis en musique et d’une exposition commémorant le centenaire de naissance de Jean Narrache, présentée jusqu’au 27 novembre à la Bibliothèque nationale du Québec.Pharmacien de profession et secrétaire-regis-traire du Collège des pharmaciens, vendeur de commerce pendant plus de 15 ans pour gagner sa croûte, poète-prosateur, écrivain radiophonique et journaliste, Jean Narrache demeure un personnage énigmatique de notre littérature québécoise.Derrière une bonhomie apparente se cachait un homme troublé et certaines parties de sa vie laissent l’empreinte d’un homme parfois dépressif, en conflit face à son oeuvre littéraire.Ri- chard Foisy décrit l’auteur au pseudonyme-calembour comme un être «qui souffrait d’un complexe d’infériorité très marqué.Malgré qu’il soit un écrivain reconnu depuis 1932 avec le succès de Quand j’parl’ tout seul, il s’est toujours demandé s’il était un poète.Malgré la reconnaissance de ses pairs, il a dit, en 1942, qu'il n’avait jamais rien écrit qui vaille et qu’il détestait tout ce qu’il écrivait».Pessimiste-amoureux de la vie, mélancolique-humoriste, Jean Narrache vivait de ces contradictions, tant dans sa vie que dans son écriture.De ces dualités, il en fait un instrument populaire unique.A propos de la vie, raconte Foisy, Jean Narrache disait «venir au monde est une sentence contre laquelle on ne peut pas faire d’appel.Il disait aussi vers la fin de sa vie, dans les années 1960: «la pauvreté n’est pas disparue, ellç a évolué comme tout l’reste».A son corps défendant, Coderre-Narrache a dû maintes fois justifier son écriture populaire et son parti-pris pour les les pauvres, les nécessiteux.«On a eu beau le faire passer pour un bourgeois, il s'en est défendu.Suite au succès de Quand j’parl’ pour parler, en 1932, Claude-Henri Grignon avait traité Narrache de petit bourgeois, qui puait le banquet et l’idée reçue.Il l’accusait même publiquement d’avoir plagié le poète parisien Rictus.Aux attaques de Grignon, Narrache avait répondu, entre autres, qu’il était tellement riche qu’il se promenait avec sa valise d’échantillons pour vendre de la peinture».Exaspérée par l’inertie et désabusée devant la peur du «bon populo», Narrache soulignait, en 1930, la résignation du peuple qui se croit né pour un petit pain.«A quoi bon s’insurger» disait-il.Homme de contradictions, il le sera jusqu’au bout.«Il adhérait tellement aux valeurs d’ici, dans un Québec très traditionaliste, tout en étant un écrivain avant-gardiste.Malheureusement, il était en réaction face à la la modernité.Il y a certains aspects de sa pensée qui étaient très conformiste.Il ne s’est pas ouvert à beaucoup d’horizons extérieurs.Il n’aimait pas le jazz, Debussy, Ravel et les peintres Borduas et Pelland.Il n’aimait pas la chanson française, ni la chanson populaire, lui, un poète populiste», souligne le chanteur qui reste néanmoins un grand admirateur de l’auteur de son oeuvre.La mort de Paule Thévenin Une vie consacrée à Artaud ROBERT LÉVESQUE Interne en psychiatrie, Paule Thévenin avait 23 ans lorsqu’elle a connu Antonin Artaud en 1946, deux ans avant que le poète de L’Ombilic des limbes et i'essayiste du Théâtre de la cruauté ne meure.Elle a raconté cette première rencontre, dans la chambre d’une maison de santé à Ivry où Artaud, pathétique artiste aux prises avec ses démons, l’avait accueilli d’un «bonjour» espacé et sonore.Paule Thévenin est morte samedi dernier d’un cancer, à l’âge de 70 ans.Les 47 ans écoulés entre sa rencontre avec Artaud et sa mort, elle les a consacrés à l’oeuvre de l’artiste.Paule Thévenin s’était vu confier en 1948, par la maison Gal- limard, le soin (et le sort) d’établir l’édition complète des oeuvres d’Artaud, une masse énorme de manuscrits épars.Ce quelle fera avec un dévouement et une patience exceptionnelles au long de sa vie.Vingt-cinq des 28 volumes prévus pour les «oeuvres complètes» d’Artaud ont paru chez Gallimard avant que les ayants-droit d’Artaud obtiennent, en 1991, la suspension de l’édition.Depuis lors, Mme Thévenin devait affronter des ennuis légaux.Elle est morte d’un cancer, une maladie qui l’avait empêchée de venir à Montréal le printemps dernier lors du colloque Artaud organisé à l’UQAM.Elle venait de publier, au Seuil, Antonin Artaud, ce Désespéré qui vous parle.par semaine La Pitié dangereuse /4> Çahim Ratées Grasset en collaboration avec LE DEVOIR g22D£QP célèbrent le 10e anniversaire des Pour participer à ce concours, remplissez le coupon de participation ci-dessous et retournez-le à: CONCOURS LES CAHIERS ROUGES LE DEVOIR 2050, rue de Bleury, 9e étage, Montréal, Qc, 113A 3M9 ___________________________________________________ Question: Nommez un des auteurs de ces trois titres: Germinal: ___________________________________________ La pitié dangereuse:_________________________________ Feuilles d’herbe: Nom: Adresse:, Ville: Code postal: Téléphone: Ije* tirages auront lieu une fois par semaine le vendredi, durant 6 semaines consécutives a compter du 17 septembre 1993 Les gagnants et les gagnantes seront aviséfejs par la poste \a valeur totale des prix attribués est de 850 $ Les reglements de ce concours sont disponibles au bureau du Devoir I-es coupons de participation seront publiés dans Le Devoir les 11,15,18,22 et 25 septembre ainsi que le 2 octobre 1993 Cahiers Rouges 3 tirages Identifiez correctement l'auteur d'un de ces livres de la collection Les Cahiers Rouges.Une bonne réponse vous donne la chance de gagner trois livres ae la collection Les Cahiers Rouges.LIVRES RÉCENTS ANCIENS-RARES ET D'AUBAINES ma LA OU VOUS RISQUEZ LE PLUS DE TROUVER plus de 100 000 titres sur tous les sujets 1246, rue St-Denis ACHETONS LIVRES ENCORE UTILES TEL.: 845-7307 E S T S E L L E R S LIBRAIRIE £ y PANTOUTE ROMANS QUÉBÉCOIS 1 L'AVALEUR DE SAB1E, de Stéphane Bourguignon - Québec/Amérique 2 HOMME INVISIBLE À LA FENÊTRE, de Monique Proulx - Boréal 3 PORTAGES, de Gilles Vigneaull - Nouvelles Éditions de l’Arc I LE COEUR ÉCLATÉ, de Michel Tremblay - Leméac authentiques que notre mémoire collective puisse nous faire revivre.1914 UN MONDE NOUVEAU Louis Blériot.La traversée de la manche.1928 QO Sk 1914.S m- , L ¦ HP j?'A ># f "'ife • &.• s, ’ 'fVrl DERRIERE LE FRONT Le mythe de Chariot.1928.LES ANNEES JAZZ Joséphine Baker.1945 at - m at PARADIS PERDUS Londres sous les bombes.A-, v LES GRANDES ILLUSIONS L'explosion du dirigeable «Hindenhurg .1945^ O VENTS D'OUEST, VENTS D EST Problème noir aux Etats-Unis.W4' NOUVELLE VAGUE Les Beatles.1990 IL- mS SOLIDARNOSC La fin du communisme.'m mm PEACE AND LOVE Mai 1988 à Paris.1990.to GÉNÉRATION 2000 O 10e épisode disponible en fan 2000 Découvrez les autres collections de PERIODICA VIDÉO OMNI SCIENCE ¦ CONTACT ¦ PREMIÈRE SÉANCE LES VIDÉO GUIDES HACHETTE ET PLUS DE 500 FILMS Aux maisons d'enseignement, communiquez avec nous pour les prix institutionnels BON D E COMMAND LJ Je désire recevoir la collection complète «Notre Siècle 1900/1990» G Je désire recevoir gratuitement le catalogue PERIODICA VIDÉO Prix régulier : 269.00$ ¦ Prix de lancement : 229,00$ Le coffret de 9 vidéocassettes 7.00$ Port et manutention 16.52$ TPS 7* Nom 20.20$ TVQ8T 272.72* Total Adresse 1 ] Chèque ou mandat là 1 imlrf do PERIODICA VIDÉO) Ville ?visa ?MASTERCARD Code postal Numéro de la carte Exp.Téléphone Signature Postez à : PERIODICA VIDÉO ¦ C.P.444, Outremont (Québec) H2V 4R6 ou commandez par téléphone : Tel.(614) 274-3470 « Fax (514) 274-0201 « 1-800-361-1431 E T I) I M A N ( Il K 3 (I < T 0 II II E I !) Il 3 H Q ¦ ï g - - H g g g I.E I) E V (I I II , I, E S S A M K I) I 2 Centre de lecture rapide Lire de 3 à 7 fois plus vite avec CLR • LECTURE RAPIDE STRUCTURÉE • (session d’automne) > Globalisation, perception et vitesse > Attention, concentration et identification > Détente mentale et visualisation Cours (l’entraînement Durée: 8 leçons de 3 heures (1 leçon par semaine en soirée) Dates: mardi 5 oct au 23 nov 18 h 30 mercredi 6 oct au 24 nov 18 h 30 jeudi 7 oct au 25 nov 18 h 30 Lieu: Les Dominicains de St-Albert 2715, chemin de la Côte-Sainte-Catherine, Montréal (stationnement gratuit) (métro U.de M.) Coût: statut régulier 350 S (taxes incluses) statut étudiant* 270 $ (taxes incluses) Nombre: 10 à 18 participants * Personnes à temps plein âgées de 25 ans et moins > Compréhension, rétention et rappel > Structuration et méthode d’étude > Gestion de ses lectures Cours intensif* Durée: 5 modules de 3 heures (3 jours d’affilée) Dates: vendredi 22 octobre 19 h 00 à 22 h 00 samedi 23 octobre 9 h 30 à 17 h 00 dimanche 24 octobre 9 h 30 à 17 h 00 Lieu: Le Centre 630 630, rue Sherbrooke Ouest, suite 200, Montréal (métro McGill) Coût: 270 $ (taxes incluses) Nombre: 10 à 16 participants * Cours s’adressant plus spécialement aux cadres et professionnels ainsi qu’aux universitaires.* Cours offert également en novembre.• ACTIVITÉS COMPLÉMENTAIRES • La vision et ses problèmes selon une approche holistique Conférence: 3 heures Guy Duchemin Rendez-vous avec nos mémoires Séminaire: 6 heures Guillemette Isnard L'apprentissage accéléré Séminaire: 12 heures Christian Drapeau Éliminez vos problèmes visuels en améliorant la mise à foyer de la lumière dans l’œil, la mobilité, la centration, la coordination et la perception de vos yeux.Optométriste diplômé de l'Université de Montréal, Guy Duchemin sést engagé, dès le début de sa pratique, dans la voie de la rééducation visuo-motrice, ce qui en fait l'un des pionniers dans ce domaine au Québec.Il est auteur de deux livres : Vaincre la myopie et Travailler sur ordinateur sans abîmer ses yeux ni fatiguer sa vue.Apprivoisez vos mémoires par vos sens, votre émotivité et votre cerveau; passez d’une mémoire “intellectuelle” à une sensibilité intuitive; établissez un lien réel entre vos connaissances acquises et vos certitudes intuitives, à partir du rapport entre votre cerveau et vos mémoires.Neurobiologiste, auteur et chercheur, Guillemette Isnard propose un programme sur mesure de consultations, séminaires, conférences, auprès d'une clientèle privée et institutionnelle.Elle est auteur de deux livres: La mémoire vivante et L'enfant et sa mémoire, une histoire d’amour.Éveillez et utilisez tout votre potentiel intellectuel; augmentez de 2 à 4 fois votre vitesse d’apprentissage grâce à la respiration synchronisée, la relaxation, la musique, la visualisation, la mnémotechnique, la prise de notes imagée, et par des exercices inspirés de la kinésiologie et du hatha yoga.Diplômé en neurophysiologie de l'Université McGill, Christian Drapeau est membre de la «Suggestive Accelerated Learning and Teaching Society».Il travaille comme conseiller pédagogique et enseigne également le yoga et la méditation.Il est auteur de deux livres: Apprentissage accéléré, théorie et pratique et à paraître, la santé au naturel.L'apprentissage accéléré (3 heures) Samedi et dimanche, 13 et 14 novembre 9 h 30 à 17 h 00 200 $ (taxes incluses) Rendez-vous avec nos mémoires (6 heures) Dimanche 21 novembre 1993 9 h 30 à 17 h 00 100 $ (taxes incluses) La vision et ses problèmes.(12 heures) Dimanche 28 novembre 1993 13 h 30 à 16 h 30 30 $ (taxes incluses) Les activités complémentaires ont lieu au Centre 630, 630 rue Sherbrooke Ouest, suite 200, Montréal (Métro McGill) Nombre: 10 à 20 participants Centre de lecture rapide Centre de lecture rapide (C.L.R.) inc.Pour informations: C.P.904, suce.N.D.G.Montréal (Québec) M.Raymond-Louis Laquerre H4A 3S3 tél.: (514) 484-9962 Pierre Tisseyre Un grand éditeur: Pierre Tisseyre T H l! F () MIS T () Johnny Métal, précurseur du noir français Fleuve Noir réunit en un volume les six Métal de Léo Malet Léo Malet, du bordel au stalag, de Nestor Burma à Johnny Métal.ffliwKfll mm JEAN ÉT II 1ER- B LA I S Il y a une loi non écrite clans la vie des peuples, qui veut qu’en dernière analyse, ils soient jugés par leur littérature.Au Québec, Jean-Marcel Paquette traduit l’épopée de Gilgamesh et les opéras de Wagner.Sumer renaît et le héros babylonien rejoint dans la stratosphère, Hunding et les Walkyries.Les hommes politiques, les industriels, la foule anonyme disparaissent; les écrivains demeurent.Ils forment une grande famille, avec ses heurts à répétitions.Ils écrivent, rêvent à la gloire et cette gloire porte un nom précis, qui fait frémir d’aise.Elle s’appelle un livre.Au centre du tourbillon livresque, comme un mât dans la tempête, ou une vigie, se dresse l’éditeur.Cicéron avait des copistes, esclaves qui lui avaient coûté très cher.Je gage qu’au premier d’entre eux, il demandait son avis sur la valeur de ses discours et de ses traités.Cet homme était déjà un éditeur.Au Moyen âge, dans les abbayes, les moines nous ont conservé les grands textes de l’Antiquité, avec la Bible et les mystiques.Quelques hommes ont fait le choix de ce qui nous reste de la littérature des Anciens.On ne les appelait pas des éditeurs, mais ils en jouaient le rôle.Plus près de nous, les grands éditeurs foisonnent, du Barbin de Boileau à Flammarion et Gallimard.Au Québec, le nom de Bernard Valiquette, d’Albert Pelletier, d’Hurtubise ou d’Yves Dubé resteront; éminemment, celui de Pierre Tisseyre.Editeur, par définition.En traçant le contour de son portrait, je veux tenter de dessiner le profil d’un éditeur, dans ses rapports avec les écrivains.Pierre Tisseyre est Français d’origine.Il a fait la guerre et nous est venu de New York où il débuta dans la carrière.A Montréal, il fonda le Cercle du Livre de France, qui initia des générations entières à la lecture de bons ouvrages.Surtout, il mit en place une maison d’édition, celle qui porte aujourd’hui son nom.Il était jeune, dynamique, amoureux des lettres (cette dernière qualité étant un sine qua non), passionné par la mécanique de l’édition.Il était aussi homme d’affaires, soucieux de rendement, libéral avec ses auteurs, dur à la peine, faisant de la publication du livre, et de sa diffusion, le centre de sa vocation.Dans cet esprit, il créa le Prix du Cercle, qui entoura les écrivains d’une aura de notoriété.Les écrivains ont besoin de cette gloire d’un instant, un prix, une récompense, des interventions, la reconnaissance du public, l'impression qu’on les reconnaît dans la rue.Ix‘s Julien Gracqs sont rarissimes, qui se réfugient dans l’anonymat.Mieux encore, Pierre Tisseyre devint vile l’ami (le ses auteurs, Claire Martin, Paul Poupin, Aquin, Bertrand Vac, Langevin.Il inspirait confiance.Ceci ne veut pas dire qu’il passait tout lorsqu’on lui sou-mcttail un manuscrit.Il le lisait attentivement.Sa soeur, Mme Cil-liot, y allait aussi de ses avis.L’auteur trouvait en face de lui non seulement un amateur de bons textes, mais aussi un juge presque infaillible.Tisseyre décortiquait un manuscrit, en retenait les temps forts, les faibles, d’un coup d’oeil saisissait le déséquilibre dans l’organisation du texte, proposait des variantes, repensait le livre avec son auteur.Pout ceci dans une atmosphere de liberté.En dernière analyse, l’écrivain restait le maître de son texte.Tisseyre agissait comme un témoin, premier lecteur.Il y avait dans son attitude quelque j chose de tutélaire.Quiconque n’a pas écrit imagine mal la solitude de l’écrivain.Il l’aime, ne saurait se passer d’elle.Il n’y a pas de travail plus solitaire que celui d’écrire.Mais cette solitude lui pèse.Les forts vivent avec elle et font une oeuvre; les faibles écrivent quelques livres.Le bon éditeur est celui qui reçoit les confi-dences des écrivains, en qui ils mettent toute leur confiance.11 est modeste, en sorte que l’auteur aura toujours l’impression (juste, du reste) qu’il est l’élément les plus important du dialogue en cours, qu’il ne s’agit pas que de son livre, mais de lui-même.L’éditeur sait aussi être sévère.Il est un père, qui connaît tous les secrets.Il doit être passé maître dans Part de corriger, rabrouer, morigéner, exiger qu’on lui remette un manuscrit qui tarde, accompagner jusqu’à la fin son auteur, comme un aumônier qui ne quittera jamais le condamné.Nombreux sont les auteurs qui faiblissent à la dernière minute, qui ne veulent plus que le livre auquel ils ont tant travaillé, paraisse.L’éditeur est là, qui leur entoure l’épaule de son bras compatissant et le livre, voit le jour, et les critiques sont flatteuses, et c’est la joie, le triomphe.L’écrivain prend le dessus sur l’homme.L’auteur oublie vite son éditeur, jusqu’au prochain manuscrit.Un bon éditeur est toujours là; il n’est jamais pressé.En réalité, il s'agit d’un symbiose, que cimente Part d’écrire.C’est le titre du dernier livre de Pierre Tisseyre (1).L’Art d’écrire est le fruit de cette longue collaboration avec les écrivains québécois qu’est la vie de Pierre Tisseyre.Il s’adresse surtout aux auteurs en herbe avec des conseils aux chevronnés.Dieu sait que nous avons besoin, jusqu’au dernier mot, d’être guidés ! Plus on avance dans l'écriture, plus on se rend compte qu’on ne sait rien, ou si peu.11 vous manque toujours quelque assise.Le livre de Pierre Tisseyre vient donc à son heure.Il évitera au jeune écrivain de commettre des fautes impardonnables, dans la composition de son premier livre.Mais ce livre, il faut l'étudier avec humilité, car, derrière sa facilite air-parente, il recèle des trésors d'expérience.Comme le bridge.On voit d'excellents joueurs tout à leur affaire; on se dit que c’est facile, il n'y a qu’à suivre les règles.Attention.Dès la première leçon de bridge, on se rend compte que s'ouvre devant soi une forêt aux sentiers inextricables, aux denses frondaisons.Chaque joueur de bridge est un Petit Poucet.L’écrivain est un chevalier dans la forêt à la recherche de la Princesse mythique.Pierre Tisseyre, comme tout éditeur, est un enchanteur Merlin.Avec cette différence que, dans notre milieu, il est l’enchanteur par excellence.Je tenais à rendre cet hommage à Pierre Tisseyre aussi parce qu’il tut mon premier éditeur.Je l'ai quitté, sans qu’il m’en ait voulu, autre signe de son merveilleux professionnalisme.Peut-être même a-t-il poussé un soupir de satisfaction ! Ceci dit, comment oublier l'instant magique que fut la parution de mes premiers Signets.Pierre Tisseyre me les remit.Je tenais d’une main amoureuse à la fois les livres et l'instant, dont je m'emplissais le coeur et l’esprit.En face de moi, celui que je pouvais nommer de l’un des plus beaux noms du langage humain: mon éditeur, en soulignant le possessif.Beaucoup d’écrivains sont passés par là, à (pii Pierre Tisseyre a permis de vivre ce moment de plénitude.Je suis persuadé que c’est en leur nom à tous que j’écris ces lignes.(1) l.'Art d'écrire.Editions Pierre Tisseyre, Montréal, 1993 LEO MALET, Im série Johnny Metal Editions Fleuve Noir Léo Malet n’est pas né n’importe où.Il est né le 7 mars 1909 à Montpellier, vieille ville universitaire située à la lisière de la Méditerran-née.Son père était employé de bureau, sa mère était couturière.Comme la mère de 1 andin.Le Malet, on le connaît surtout à cause de Nestor Burma, le héros de la série Les nouveaux mystères de Paris.On connaît moins - hélas! -, sa trilogie noire.Pourtant, juste les titres.Le soleil est pas pour nous, Im Vie est dégueulasse, Sueurs aux tripes.On connaît encore moins la série Johnny Métal.L’auguste maison Meuve Noir, qui propose toujours du polar «sang pour sang» a eu l’idée géniale de réunir en un volume les six Métal écrits par le Malet.Journaliste au New York World, Métal Johnny est une caricature avant l’heure des personnages bas en couleurs mais tout de même flamboyants de la Série Noire.En fait, soyons précis sans être injuste, Johnny Metal est le précurseur du noir à la française.Il est l’aîné de Burma, mais également de Daeninck Didier, Manchette Patrick et autres troublions littéraires plongeant la plume dans le «populo.» Metal est l'aîné de quelques-uns pour avoir d’abord été le fils de quelques autres.Johnny, c’est la prolongation sur pieds des héros et personnages de ces romans si injustement oubliés que les Pierre Mac Or- Regarder écouter lire Claude Lévi-Strauss Plon, 1993, 191 pages.HEINZ WKINMANN N’ayant cessé, dans toute son oeuvre anthropologique, de réfléchir sur les «rites de passage» entre Nature et Culture, Claude Lévi-Strauss s’installe dans son dernier ouvrage, résolument du côté de la culture.A 85 ans, l’«auteur le plus cité au monde», peut bien se laisser aller un peu aux délices de l’amateur qui regarde des tableaux, écoute de la musique, lit des livres non par devoir mais pour le plaisir.N'ayons crainte, l’auteur de L'homme nu ne s’embarque pas dans un «egotrip», étalant devant un lecteur complice ses idiosyncrasie artistiques et musicales.Certes, le ton est feutré, la construction d’ensemble libre, les différents chapitres se détachant telles des perles lan, Francis Carco et André Héléna ont composés.On pense évidemment au Quai des brumes, Jésus la Caille et J'aurai la peau de Salvador.La série Metal est née sous l’impulsion de Louis Chavance, directeur d’une collection «popu» affiliée à la maison fondée par Georges Ventillard.C’était en mai 1941.Malet revenait du stalag où il avait été emprisonné pendant plus d’un an.11 était fauché.Alors Chavance lui a dit, c’est authentique, «Tu as bien dû voir des films de gangsters?».Malet: «Oui, ce sont presque mes films de prédilec- enchâssées dans une bague.Même l’amateur fait un vrai travail d’orfèvre.Plus subtile encore, la structure de l’oeuvre illustre le sujet profond, fil conducteur invisible qui traverse les 24 chapitres: comment un élément de base — littéraire, artistique, musical —, s'intègre-t-il finalement dans le tout de l’oeuvre qui le fonde?Le flâneur culturel jette son dévolu sur trois auteurs: Poussin, Rameau et Diderot.Chez Poussin — que son père, peintre professionnel, avait fait découvrir au jeune Claude lors de leurs visites dominicales au Louvre —, Lévi-Strauss analyse l’étrange rigidité, souvent remarquée, des personnages, sans rapports les uns avec les autres, fussent-ils proches.Rigidité due à la manière de peindre de Poussin qui se servait de maquettes en miniature pour «composer» ses tableaux.Mais c’est le débat autour de Ra- tion.» Chavance: «Eh bien! Il s'agit d’attraper le même mouvement, le rythme.» Selon Malet, «l’idée de Georges Ventillard, l'éditeur était la suivante: il pensait que les hostilités continuant, on ne trouverait bientôt plus sur le marché les romans policiers anglais ou américains, interdits d’entrée en France.Or, eux seuls captivaient vraiment le public.Donc, si vous preniez un pseudonyme anglo-saxon et que vous écriviez une histoire qui se passe en Angleterre ou dans une Amérique de fantaisie.Di vente était assurée.» meau qui constitue sans aucun doute la pièce maîtresse de l’ensemble.Parmi les trois arts en lice, c’est donc la musique qui gagne haut la main.Les observations de l’amateur averti de musique pourraient donner à réfléchir encore aux «professionnels» souvent embourbés dans leurs ornières.Lévi-Strauss n’avait-il pas transcrit la musique de certaines tribus amérindiennes?Hélas, un éditeur distrait a oublié dans un taxi le manuscrit à tout jamais perdu.Le débat sur Rameau est enrichi grâce à l'apport d’un théoricien et critique de Rameau, complètement oublié aujourd'hui, Michel-Paul-Guy de Chabanon, De la musique considérée en elle-même et dans ses rapports avec la parole, les langues, la poésie et le théâtre (1785).11 tranche la querelle entre mélodie et harmonie en mettant Rameau et Rousseau dos à dos, en contestant vivement l’affirmation de Malet encore: «Louis Chavance, qui, lui, signait Irving Ford, avait un faible pour les pseudonymes qui disent déjà quelque chose au public.Prenez un nom comme Remington, Cadillac ou Underwood., disait-il.11 m'a proposé Harding, le nom d’un président des Etats-Unis mort mystérieusement.Ça tombait d’autant mieux que Harding, c’était aussi le nom de l’actrice Ann Harding qui jouait dans Peter Ibbetson, aux côtés de Gary Cooper».Et comme Malet, le poète alors anarchiste qui faisait partie de la troupe surréaliste à André Breton, n'aimait pas les flics, il a décidé de faire de Johnny Metal un journaliste «parce qu’un journaliste, c’est quelqu'un qui va et qui vient.C’est du moins l’idée que je m’en faisais.» Si aujourd’hui, pour cause de fax et autres gadgets technologiques, les journalistes se déplacent peu, il en allait tout autrement à l'époque de Johnny Métal.Pour le New York World, l’ami Metal se déplace au rythme des castagnettes.Il est tout le temps sur la brèche.Il plonge constamment dans des coups fourrés.Il titre toujours son épingle du jeu.Car.Car dans son cas, histoire de lui faciliter la vie, Malet multiplie le non-sens et le contre-sens au profit du style.Du bon mot.Ces histoires, ces romans, on pense surtout à celui qui s’intitule Le Dé de jade, ce sont d’abord des histoires ayant le sourire pour dénominateur commun.On se bidonne.C’est très bien ainsi.ce dernier dans l'Essai sur l’origine des langues que la musique trouve son origine dans la langue.Nous le savions, Lévi-Strauss a une prédilection pour le dix-huitième siècle français.C’est pourquoi il choisit aussi son auteur du «lire» dans le siècle des Lumières: Diderot.Paradoxalement, c’est ici que Lévi-Strauss est le moins éclairant.N’oublions pas de mentionner que Lévi-Strauss verse au dossier du surréalisme l’échange qu’il a eu avec Breton sur le bateau qui le menait en 1941 à la Martinique.Lévi-Strauss pose à Breton la question cruciale, au centre du débat surréaliste: comment un objet usuel, «ready made», peut-il devenir oeuvre d’art?Tout naturellement, le tout se termine — (dé)formation professionnelle oblige — sur la conception de l’art de quelques tribus amérindiennes qui le jugent autonome, souveraine, finalité sans fin.Kant ne disait rien d’autre! vlb éditeur DE LA GRANDE LITTÉRATURE NOUVEAUTES Gilles Gougeon HISTOIRE DU NATIONALISME QUÉBÉCOIS Entrevues avec sept spécialistes Un document exceptionnel qui retrace la naissance et l'évolution de l'identité nationale des Québécois.Cet ouvrage comprend l'intégrale des entrevues réalisées par le journaliste Gilles Gougeon dans le cadre de la série télévisée à l'émission Le Point, de Radio Canada.l’Hexagone 1953-1993 Quarante ans de littérature NOUVEAUTES \)oO JlU' 4* f : * iAv Lt' m H> U, - 174 pages — 16,95 $ Heinz Weinmann DON JUAN 2003 -, EROS ET SIDA \ À la fois pièce de théâtre et essai, ce \ nouvel ouvrage de Heinz Weinmann jette un regard, à \ la fois critique et historique, sur nos comportements \ érotiques, en établissant un parallèle entre notre \ époque et celle de la Renaissance où sévissait une \ autre maladie transmise sexuéllement, la syphilis, qui \ semait, elle aussi, l'angoisse et la mort.\ 179 pages—16,95$ \ Sous la direction de f—•- Francine Couture / ' —.LES ARTS VISUELS AU QUEBEC DANS LES ANNÉES SOIXANTE j La Révolution tranquille ne fut pas simplement / politique, elle eut ses incidences sur toute lar société L québécoise, et, plus particulièrement, sur le milieu des Ê arts visuels, qui connut une effervescence sans ^ précèdent.‘Voici la première histoire de l'art des W années soixante et des courants qui ont marqué le l~.“ modernisme québécois./'?'j , 347 pages (plus 16 pages —24,95 $ / „ 'i’nstp "'CVk*.•« .Pierre Salducci SOUVENIRS INVENTÉS On les croit précis, ces souvenirs.Vivants et bien i présents à l'esprit.Mais à peine essaie-t-on de les l raconter qu'ils nous échappent.Du Grand Nord I québécois aux quartiers de Barcelone, Pierre 1 Salducci nous fait découvrir, dans ces vingt I nouvelles, dès personnages profondément marqués H par les lieux qu'ils traversent.B 154 pages — 16,95 $ France Daigle LA VRAIE VIE En coédition l'Hexagone Éditions d'Acadie Collection Fictions 80 pages 12,95 $ La nouvelle littérature acadienne.«Un art très sûr.Tout cela est très intelligent et très subtil.(Une) oeuvre d'art, aussi riche que gratuite».— Reginald Martel.La Presse «Un petit récit génial de concision, de suggestion poétique." — Jacques Allard, Le Devoir France Théoret JOURNAL POUR MÉMOIRE Collection Itinéraires 256 pages — 19,95 $ Un récit d'apprentissage qui est un vibrant éloge de la quête des connaissances et de la littérature.«J'ai aimé le Journal pour mémoire de France Théoret (.) à cause de la continuité du regard qu'il impose, un regard franc et délicat sur le passé d'une jeune fille en fleurs».— Robert Saletti, Le Devoir fniMct Ihntrrl Journal pour mémoire L’ESPACE ET LA DENSITÉ Ummitum Mxbri IVm Wudn René Derouin L’ESPACE ET LA DENSITÉ Entretiens avec Pierre-Michel Sarrazin Collection Entretiens Lancement: le 5 octobre à la galerie Lacerte-Palardy & Associés L'espace et la densité nous propose le parcours de René Derouin sous forme de témoignage.Il nous introduit à sa démarche artistique et intellectuelle, qui englobe une réflexion sur le métissage des cultures.L’oeuvre souveraine I.K I) K V (III!.I.K SSA M K I) I 2 K T I) I M A X < Il E 3 0 ( T (I li II E I !» Il A LE DEVOIR OURISME T OURISME/EX C 11 R S I O La Gaspésie des deux vallées L’automne en Estrie Là où monts et merveilles s’entrechoquent NORMAND C'A/.E LAIS Deux belles et longues vallées coupent la Gaspésie en son travers.L’une est connue de ceux qui en font le tour: c’est celle de la Matapé-dia, officiellement 147 kilomètres entre le village de Matapédia, au creux extrême de la baie des Chaleurs, et Mont-Joli, sur la terrasse au-dessus de Sainte-Flavie.La route 132 emprunte son sillon.L’autre vallée, celle de la Grande Cascapédia, est plus secrète.Elle s'enfonce résolument dans la masse des montagnes.Sur 140 kilomètres, la route 299 relie Sainte-Anne-des-Monts, du côté du fleuve, et New Richmond, sur le versant de la baie des Chaleurs.Deux vallées, deux personnalités.Dans une Gaspésie à la fois immuable et changeante.La Gaspésie, on l’on l’oublie trop souvent, ce bras de terre qui avance dans la mer, est un bras noueux comme celui d'un bûcheron.Ses muscles, ses tendons, sont des montagnes forgés par le temps.Des montagnes qui sont le dernier lambeau des Appa-laches.11 a fallu des rivières fortes, obstinées, pour les cisailler.La Matapédia est de celles-là.Depuis les hauteurs de Saint-Moïse ou presque, c’est-à-dire tout près en fait du Saint-Laurent, elle a patiemment creusé un évasement qui fait son chemin jusqu’à l’Atlantique.Dans la vaste Gaspésie, elle s'est donnée un climat particulier où poussent, beaucoup plus nombreux qu’ailleurs, des ormes et des érables.A l’automne, le spectacle y prend une ampleur insoupçonnée.La revanche du paysage Elle prend alors une douce revanche.la vallée.Car, voyez-vous, elle est sous-estimée: trop souvent, les visiteurs de la péninsule, pressés d’arriver à Percé ou de retourner chez eux, la regardent à peine.S’ils y allaient à l'automne, ils en écarquille-raient les yeux à s’en donner un torticolis! Suivons-là ensemble.Voyez ici, comme elle s’élargit de part et d’autre du long lac qui porte son nom.Regardez ces vallons et ondulations, ces collines qui se chevauchent et qui deviendont des montagnes, ces fermes et ces champs, ces maisons, ces granges et ces silos, les derniers champs de foin et le vert mûr des prés.Regardez la masse brillante du lac et les sombres conifères qui, de l’autre côté, s’y mirent avant d’escalader les flancs des pentes.Et regardez ces couleurs! Continuons.Amqui, le lac au Saumon, Caupsapscal, trois ponts couverts: la vallée se rétrécit.Bientôt, elle accentuera sa pente, deviendra sauvage entre les plaques effritées des schistes redressés.La route, la voie ferrée et la rivière feront une tresse en s’entrecroisant encore et encore.L’eau coule parfois sans presque bouger.parfois en développant de grands frissons.Et partout, d’en haut en bas, des couleurs et des couleurs.La Grande Cascapédia pourrait passer pour timide.Son embouchure dans la baie est toute faite de modestie.Sur la 132, entre Maria et New Richmond, il faut être attentif aux panonceaux routiers pour ne pas rater la signalisation de la route du Parc, comme on dit par là.Mais, tout de suite, dès le premier contact, le charme opère.En retrait, quelques maisons et fermes, d’héritage anglophone, font des taches d’harmonie.Quelques kilomètres plus loin, le village de Grande-Cascapédia étale ses demeures: un beau village, disons-le tout net.Note un peu triste mais inévitable dans le contexte actuel: deux magasins, parmi les rares que compte l’agglomération, ont fermé leurs portes.Puis vient la montagne.Comme une muraille qui aurait incliné ses défenses.Li route suit la rivière, ses fonds de galets et de gros cailloux qu’affectionnent tant le saumon, rencontre çà et là des camps de chasse et de pêche, des pécheurs et des chasseurs.Puis monte vers les monts Notre-Dame et les Chic-Chocs, vers le parc de la Gaspésie.Vers cet intérieur gaspésien qui se rapproche du ciel.Des buses virent dans le vent, les voyez-vous?Et ce renard qui coupe la route, droit devant, en trottinant?Et ces bouquets de couleurs?Altitude 353 mètres: la route descendra, souvent abrupte, vers le Saint-Laurent, dans le goulot de la rivière Sainte-Anne.De part et d’autre, des sommets vêtus de lichens, tant la conjugaison de l’altitude et de la latitude fait sentir son effet.Dans quelques semaines, peut-être même dans quelques jours, la neige y durera jusqu’au printemps.Prenez votre souffle: nous sommes dans le parc.Nous arrivons au Gîte du Mont-Albert.Des marcheurs vont par les sentiers.Les suivrez-vous?11 vous reste encore deux semaines.MARIE-MICHÈLE CK O N Tout en haut de la côte, le panorama déplie les perspectives enflammées de la terre estrienne qui entrechoque doucement ses monts et merveilles.Là, l'automne n’est pas une saison langoureuse qui annoncerait trop vite frimas, tuques et hibernation forcée, mais une véritable sti-mul: ‘.ion des sens, une bouffée d’oxygo’ , une panacée pour les citadins que nous sommes, enrhumés, enfiévrés, à bout de souffle.Pour le retrouver, rien de tel que d’assister au Mont Sutton au Banoramaduodla-côtc qui déploie toutes les fins de semaines depuis le 4 septembre et jusqu’au 11 octobre, une panoplie d’activités qui s’adressent aussi bien aux têtes engourdies par le train-train quotidien qu’aux jambes ramollies par les courses effrénées dans les métros bondés.On prend le télésiège no2 qui nous hisse au sommet, on déplie sa nappe fleurie, on déballe les éléments essentiels à tout pique-nique qui se respecte et on regarde.Artifices de couleurs, explosions d’odeurs.Si l'on s’intéresse autant au réel qu’à la fiction, on peut toujours participer à une chasse aux images.Armé d'un appareil photo, on peut immortaliser une liste de sujets que l’on vous fournit à l'inscription (19$) — au bureau d’information touristique, près de l’Hôtel de Ville — qui inclut un film couleurs 35mm de 24 poses, le développement avec le double des photos, leur expédition après le développement, les taxes de vente et les frais de participation.Il y aura tirage de plusieurs prix de participation, le 23 octobre prochain, pour tous ceux et celles qui se seront qualifiés avec huit photos parmi les sujets présentés.De plus, à cette journée d’aventure, se greffe un concours où chaque participant est invité à soumettre un aggrandisement d'une des photos qui seront exposées les 30 et 31 octobre et évaluées par un jury.Prix pour les trois meilleures et prix pour la plus populaire, sélectionnée par le public qui aura visité l’exposition.Le dimanche 10 octobre, les amoureux des bolides assisteront au rallye automobile du Mont Sutton qui débutera à 10H30 et qui sillonnera 120 km de la région.Renseignements: Bureau d'infonna-tiou touristique de Sutton.(514) 565-8455 ou 53841455.Mont-Sutton: 538-2339 et 866-5156.Au Mont Orford, le plaisir continue avec Im flambée des couleurs.Au programme, pour les deux prochaines SUPER * Montreal ?Lisbonne ?Monueui -Hôtels: Cascais (5 nuits) ?Algarve (7 nuits) ?Lisbonne (Excepté du 10 au 75 Auto comprend kilométrage illimité, exonération de dommages P°uf c LONGS SEJOURS* 27 nuits «Studio, Club Praia t* £ a.*-,L ***’"’ : • .'’ l-fvSr >r^v Ssjg LE DEVOIR L'automne en Estrie page D 8 N ouvELLE- Angleterre Une courtepointe à cheval sur les montagnes NORMAND CAZELAIS NW" os voisins du Sud, on le sait, se sont largement approprié ce continent.Ils ont nommé leur pays The United States of America et leur force de conviction est telle que tout le monde les appelle the Americans.En français, les Américains.Pourtant, l’impression que donne la Nouvelle-Angleterre est bien différente de ce pays tout-puissant, de cette nation hégémonique.Il s’en dégage plutôt une certaine sérénité, une recherche d’équilibre et d’harmonie qui se distinguent des autres régions.Ici, aucun doute là-dessus, nous sommes dans le berceau des Etats-Unis.La devise, par exemple, du New Hampshire est Live free or die.Affichée sur les plaques minéralogiques, elle rappelle que ce tout petit Etat, couvrant à peine 150 kilomètres par 300 kilomètres dans sa partie le plus étendue, a activement participé au mouvement d’indépendance des colonies américaines, à tel point qu’il proclama la sienne sept mois avant la Déclaration du 4 juillet 1776.On y rencontre, bien évidemment, des McDonald, des Kentucky Fried Chicken devenus eux aussi des KFC, des autoroutes à ne plus finir, des motels plus grands que nature, des cafétérias servant une cuisine innommable.Il y a, là aussi, des villes sales et laides, et ce ne sont pas tous les quartiers de Boston qui méritent de figurer dans des anthologies de l’urbanisme et de l’architecture réussis.Oui, nous sommes bien, à tous égards, aux Etats-Unis d’Amérique.Pourtant, nombre de détails nous laissent parfois croire autrement Officiellement, la Nouvelle-Angleterre inclut six Etats, depuis la frontière du Québec et du Nouveau-Brunswick jusqu’au Rhode Island et au Connecticut.En fait, ceux qui nous sont les plus familiers, le Massachusetts, le Maine, le New Hampshire et le Vermont, composent les pièces d’une courte-pointe à cheval sur les montagnes.De ces quatre, le Vermont est d’ailleurs le seul qui n’ait un flanc a la mer.Cette mer, nous la connaissons bien.De juin à la fin août, nous la fréquentons assidûment Elle nous est aussi chère, malgré sa fraîcheur, que celle de la sacro-sainte Floride.Mais êtes-vous déjà allé la voir, a l’automne, quand s’est retiré le flot des estivants occupés à bronzer sur les plages?Quand le ciel et les vagues n’ont plus la même couleur?Sous le vent frais d’octobre, le littoral du Maine, qui mesure 370 kilomètres en ligne droite mais 5597 kilomètres lorqu’on en suit les moindres replis, développe de nouvelles images, de nouveaux parfums.La US 1 y fait de nombreux détours, le long d’une côte digne des dentellières bretonnes qui avance de longues langues de roc défiant la mer, se repliant en anses, baies et goulots, s’éclatant en iles et îlots.Ce paysage tourmenté, âpre et beau, gardé de phares qui clignent de l’oeil a Qwls Head, Camden, Rockland, s’assagit en de vastes plages au sud de Portland.Partout, sous le soleil ou dans les embmns, le charme très New England des villages bien calmes, des maisons de bois blanc retirées sous leurs grands arbres, au milieu de leurs nettes pelouses, opéré toujours.Ije charme de la Nouvelle-Angleterre.VOIR l'AOK I) H: CHARM K Le petit village de South Woodbury, dans le Vermont, à l’automne.PHOTOS VERMONT TRAVEL DIVISION Quelques idées FÊTE DES CANNE6ERCES Le Massachusetts — le Mass, comme on dit — est l'un des principaux producteurs de canneberges.D'atocas, quoi.Ce fruit rubis arrive à maturité à la fin de l’été, au début de l’automne.On en cueille notamment en abondance sur le South Shore de Cape Cod, dans le comté de Plymouth et sur Pile de Nantucket.Ce dernier endroit célèbre, du 15 au 17 octobre, le 4e Week-end annuel de la récolte des canne-berges: tournées des marais, concours culinaires, dégustations de vins de canneberges, expositions d’artisanat.Renseignements: (508) 228-1700.Vermont Dept, of Travel & Tourism, 134 State Street, R404, Montpelier, VT05602, 1-800-VFR-MONT, poste R404, (802) 828-3236.?AU QUÉBEC AUBERGES DANS LES MONTAGNES BLANCHES Jackson House, The Wildcat Inn, Cranmore Mountain hjdge, Nestlenook Farm: elle sont 24 au total a faire partie des Country Inns in the White Mountains.Des endroits retirés, des maisons parfois centenaires, une dizaine de chambres en moyenne, des meubles d’une autre époque, des hôtes attentifs, des prix très abordables, que voulez de plus.Un dépliant présentant les divers établissements est disponible gratuitement sur demande.FLAMBÉE DES COULEURS Ixi Flambée des couleurs du Mont-Orford poursuit, ce week-end encore et du 8 au 11 octobre, ses activités: forfaits golf, vélo, circuit des antiquaires, souper et soirée médiévale, randonnées pédestres en montagne, pique-niques, télésiège panoramique, expositions d’artisans et d'artistes-peintre, tours d’hélicoptère, interprétation de la nature, etc.Renseignements: (819) 843-6548.Renseignements: Country Inns in the White Mountains, Box 2025, North Conway, New Hampshire 03860, 1-800-562-1300, (603) 356-9460.A SAINT BENOiT L’abbaye Saint-Benoit-du-lxic jouit d’un site admirable.Son architecture et ses offices attirent régulièrement de nombreux visiteurs.A 17li tous les jours, sauf le jeudi à 19h, les vêpres sont chantées en grégorien.Vente à la boutique, tous les jours sauf le dimanche, de 9h ci 10h45 et de 14h à I6h30, de cidre, fromage et articles religieux Renseignements: (819) 843-4080.GUIDES D'AUTOMNE Le Mass et le Vermont distribuent gratuitement des guides d’activités automnales, Massachusetts Fall Events and Pall Foliage Guide el Vermont 1993 Fall Events: fêtes et foires, festivals de musique et rie théâtre, circuits de couleurs, lieux ou loger, etc.Renseignements: Massachusetts Office of Travel & Tourism, 100, Cambridge Steet, 13th Floor, Boston, MA 02202, 1-8(4632-8038, (617) 727-3201.CROISIÈRES SUR LE MEMPHRÉMAGOG Le lac Memphrémagog est un long et magnifique lac de faille.Du quai jfédéral de Magog, l’Aventure I et l'Aventure II y proposent des croisières d'une heure et quarante-cinq minutes.Départs tous les week-ends pendant les belles couleurs de l’automne.Tarifs: 10,50$ pour les adultes et 5,25$ pour les enfants de moins de 12 ans.Renseignements: (819) 843-8068.Une église typique du nord du Vermont.
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