Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
dimanche 3 octobre 1993
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Le devoir, 1993-10-03, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
Vol.I.X X X I V N o 2 3 0 I o I' o il I o (S •) o LE DEVOIR PERSPECTIVES Deux nouveaux chefs pour deux Canada Les deux leaders «régionaux» sont les véritables gagnants des débats.Jean-Robert Sansfaçon Combien de fois Jean Chrétien devra-t-il répéter qu’il ne veut plus parler de constitution avant qu’elle ne disparaisse en fumée?Malgré toutes les déclarations politiques, malgré le fait que les Canadiens placent le chômage en tête de liste de leurs préoccupations, la constatation la plus forte qui ressort des débats des chefs et des derniers sondages, c est que le Canada est cassé en deux.Ce que nul vieux parti ne veut reconnaître.Les gagnants des débats des chefs, ce ne sont ni Jean Chrétien ni Kim Campbell, mais les deux leaders politiques régionaux: Lucien Bouchard et Preston Manning.Si un vote avait eu lieu hier matin au Québec, il ne fait aucun doute que Lucien Bouchard aurait accru son avance.Malgré sa tentative de se situer au-dessus de la mêlée et d’imposer l’image d’un premier ministre capable d’apporter des solutions aux problèmes de ce pays, Jean Chrétien est toujours incapable de faire oublier les cicatrices laissées par des années de confrontation avec le Québec.Comme il n’est pas davantage capable de faire oublier aux gens de l’Ouest que les libéraux ont toujours été les représentants les plus fidèles des intérêts des provinces centrales.Quant à Kim Campbell, l’héritage difficile de ses neuf années de complicité avec Brian Mulroney ressort en ombres chinoises à chacune de ses apparitions publiques.Alors qu’elle aurait dû s’affirmer par des prises de positions fermes, différentes de celles de son prédécesseur, elle a préféré parler de sa «façon nouvelle de faire de la politique».Personne n’a compris.A vingt jours des élections, ce sont toujours les deux chefs régionaux qui savent le mieux se faire entendre parce que leur existence même répond à une réalité de plus en plus ancrée dans l’imaginaire collectif canadien.Seule l’Ontario, qui s’est toujours prise pour le Canada, reste à l’abri du vent de régionalisme qui balaie le pays.Même les Maritimes ont leur parti régional, le Core, pour l’instant limité à la scène provinciale.Preston Manning et Lucien Bouchard ressortent plus forts qu’à la veille des deux débats de cette semaine.Ils étaient les seuls qui, malgré leur avance impressionnante et difficilement explicable, n’avaient rien à perdre à se retrouver les victimes des attaques des grandes machines traditionnelles.En d’autres temps, ils eussent sans doute sombré dans le ridicule.Cette fois, ils n’ont qu’à bien se défendre pour vaincre.Quand Kim Campbell souligne à l’intention de Lucien Bouchard que le fédéral dépense 34 milliards!?au Québec en retour des 26 milliards$ d’impôts payés par les Québécois, Lucien Bouchard lui répond du tac au tac : « .dont 8 milliards sont empruntés en notre nom, madame !» Malgré le ton suffisant, le coup porte.Ce «notre» de Ijjcien Bouchard, à n’en pas douter, c’est celui auquel s’identifie la majorité des électeurs francophones du Québec, eux pour qui le Canada constitue l’autre patrie, celle de la raison froide.Un «vrai» Canadien, partisan ou non de M.Manning, ne peut pas le comprendre, encore moins l’accepter.Quand Jean Chrétien tente de confondre Lucien Bouchard et d’émouvoir l’électorat en rappelant ses origines de pure-laine, il est aussitôt ramené en 1982, à sa participation à la nuit des longs couteaux, nuit de grande victoire pour le Canada, nuit de défaite pour le Québec.Que répond alors M.Chrétien?Qu’il ne veut pas parler de constitution, qu’il veut s’attaquer au problème du chômage.Sa réponse va dans le sens des sondages et tous les La meilleure blague des débats, c’est Jean Chrétien qui l’a faite commentateurs sont tentés de lui donner raison.Ce qu’ils oublient, c’est que, ce faisant, Jean Chrétien avoue qu’il n’a pas pas changé de position par rapport au Québec, que sous sa gouverne, rien ne va s’améliorer dans les relations entre Québec et Ottawa.Ix1 genre de réponse dont l’effet psychologique dépasse largement le sens immédiat des mots.D’ailleurs, dans la même veine, la meilleure blague des débats, ce ne fut pas celle des chicanes du cabinet conservateur, mais cette autre qui nous a ramenés à la belle époque du Crédit social.En parlant des programmes sociaux, dimanche, Jean Chrétien a lancé cette vérité incontournable entre toutes: «.l’assuran- ce-maladie permet à tout le monde d’aller à l’hôpital non pas parce qu’ils ont de l’argent mais parce qu’ils sont malades!» Comme quoi il ne suffit pas d’être riche pour être malade! Autant Lucien Bouchard fut l’homme de la soirée de dimanche, vu sous l’angle québécois, autant Preston Manning fut le vainqueur de la soirée d’hier.Cette fois, pas tellement à cause de sa prestation éblouissante.Comme pour Lucien Bouchard, ni ses idées ni son équipe ne sont connus.L’un est à droite, l’autre au centre, mais par delà ces différences idéologiques, tous les deux représentent la cassure du Canada que le silence de l’après- Charlottetown a faussement fait passer pour l’écartement définitif de la question canadienne.Si ces deux chefs ont une chose en commun, et ce ne pourrait être beaucoup plus qu’une, c’est leur vision diamétralement opposée du pays, à l’image exacte des motifs contraires qui ont conduit Québécois et Canadiens à voter l’an dernier en choeur contre l’entente de Charlottetown.INDE X Les Actualités.A2 Agenda culturel .118 Aiutmces (lassées .112 Avis publics.112 Avenirs.B1 Culture.1110 Économie.H.'l Idées .AI) Le Monde .Ati Montréal Mots croisés.,.B2 Politique .A4 Des Sports.B7 Météo Ciel variable Max.: 8 Détails en B2 M (1 N T 11 Y A I.I.E M A II I) I ,r> 0 C T () B \\ Y | il «) 3 (i 5 c + T P S + T V (J MONTRÉAL Evasions: les gardiens accusent les autorités PAGE A 3 POLITIQUE Les francophones hors Québec sont déçus du débat PAGE A 4 ?’¦4.' CULTURE Qu'est le cinéma d'animation devenu?PAGE 11 10 ?* » * rl r ¦rm* .Mac n, -i;, • ' ' r ¦ v wj-A $ iT *' | Eltsine mate l’insurrection Une grande tragédie SYLVIANE TRAM 1ER LE DEVOIR Tant que les députés russes restaient enfermés dans le Parlement, tant qu’ils se contentaient de tenir tête au président Eltsine en le destituant et en proclamant un nouveau président à sa place, les événements de Moscou pouvaient passer pour une aimable bouffonnerie.Mais lorsqu’une dizaine de milliers de personnes armées descendent dans la rue, affrontent la police et forcent la levée du siege du Parlement après de violents combats, quand l’armée intervient et fait de nombreuses victimes, la farce politique vient de mal tourner.«Quand il a annoncé à la télévision le recours à la force, Boris Eltsine est soudain devenu une figure tragique», dit le russologue Valentin Boss, professeur à l’université McGill.«C’est une grande tragédie qui est arrivée.Mais Boris Eltsine a été obligé d’utiliser la force.11 n’avait pas le choix, car en face de lui, Rouslan Khasboulatov (président du parlement dissout) et Alexandre Routskoï (vice-président) n’avaient rien à perdre.Et aussi parce qu’il y avail ces rumeurs que quelques divisions de l’armée étaient passées du côté des parlementaires.Il fallait qu’il agisse avant que cela s’aggrave.» M.Boss pense que les événements tragiques de Moscou auront démontré aux pays occidentaux combien la situation en Russie est grave et porteuse de danger.«On voit à présent clairement combien la démocratie est fragile en Russie et combien ce qui s’y passe est d’une portée beaucoup plus considérable que ce qui arrive dans les Balkans ou en Somalie.» Comme d’autres observateurs at-VOIR PAGE A 10: TRAGÉDIE VOIR AUSSI ¦ Eltsine a le monde dans sa poche.A 6 ¦ Une armée traumatisée.A 6 ¦L’éditorial de François Brous-seau: le prix du sang.A 8 Les leaders rebelles sont êcroués LE DEVOIR AVEC AP, AFP ET REUTER Moscou — Plus de deux cents blessés, au moins 32 morts, des centaines d’arrestations dont celles d’Alexandre Routskoï et de Rouslan Khasboulatov: la crise politique qui avait éclaté à Moscou il y a deux semaines a trouvé son épilogue hier soir, dans une capitale russe que les forces de l’ordre s’affairaient à nettoyer après 48 heures sanglantes.Des heures comme Moscou n’en avait pas connues depuis la Révolution d’octobre.Les forces de l’ordre fidèles à Eltsine ont poursuivi après le couvre-feu leurs opérations de nettoyage d;ms le quartier du Parlement en flammes afin de neutraliser les derniers francs-tireurs.Au milieu de la nuit, des tirs en rafales résonnaient toujours dans la ville désertée depuis 23 heures, heure du couvre-feu imposé jusqu’à 5 heures du matin.Un petit groupe armé a vainement tenté une attaque à minuit contre le siège de l’agence ITAR-TASS, situé à environ deux kilomètres du Parlement, a annoncé l’agence.Au même moment, les forces de l’ordre ratissaient les immeubles voisins du Parlement pour repérer les combattants qui refusent de déposer les armes et se sont postés sur des toits ou à des fenêtres.VOIR PAGE A 10: ELTSINE PHOTO AP Un des défenseurs de la Maison-Blanche de Moscou porte le drapeau blanc de la reddition.Plus de 300 parlementaires et partisans se trouvaient dans le Parlement russe (à l’arrière-plan), qui porte les marques des violents combats d’hier.La «Roulotte à Buissonneau» n’est plus Désaffecté depuis deux ans, le théâtre ambulant n’intéressait plus personne ROBERT LÉVESQUE LE DEVOIR La Roulotte n’est plus.Vendue à un particulier, comme on dit.Il y a une semaine.Pour une bouchée de pain.Qui sait, servira-t-elle à une compagnie et finira-t-elle ses jours sur un quelconque chantier de construction?Retournée à ses origines, en fait, la «Roulotte de Buissonneau» que ce dernier, avec la Ville de Montréal, avait achetée au début des années 50 pour faire de ce «véhicule lourd» le plus fabuleux des théâtres ambulants de l’histoire de la dramaturgie québécoise.Mis au courant il y a quelques jours du sort définitif de «la Roulotte», j’ai cherché à savoir ce qui s’était passé au Service des loisirs de la Ville de Montréal pour que l’on largue ainsi, pour la valeur de ses essieux, un tel morceau du patrimoine culturel de la métropole, cette roulotte où la plupart des comédiens d’ici ont débuté; ce théâtre qui a émerveillé des générations de spectateurs dans les années 50, 60 et 70 et 80.Eh bien, il s’est passé ceci.La Roulotte n’était plus en opération depuis deux ans, et on l’a ressortie une dernière fois lors des fêtes du 350e anniversaire de Montréal à l’été 92.Une fois revenue au garage, la Roulotte fut décrétée «désaffectée» par des fonctionnaires municipaux.Dès lors, raconte le scénographe Michel Demers qui travaille maintenant pour la Ville de Montréal au service des Maisons de la culture, son sort était en jeu.VOIR PAGE A 10: ROULOTTE PHOTO VILLE DE MONTRÉAL lx* première roulotte en 1952.Un morceau du patrimoine culturel de Montréal.T> * ?M ( I-¦-t-¦- •*- » • Deuxième débat des chefs Une vraie foire d’empoigne JEAN DION LE DEVOIR Ottawa — Si le second débat des chefs constitue le moindrement un avant-goût du prochain Parlement, on aura droit à de joyeuses foires d’empoigne au cours des prochains mois.Malgré la promesse de s’en tenir aux questions de fond, les cinq leaders se sont livré, hier à Ottawa, une lutte épique, dégénérant à plusieurs reprises en un brouhaha indescriptible à l’image de cinq visions du Canada totalement irréconciliables.Un match nul âprement disputé.Jean Chrétien a tenté encore une fois de s’imposer comme le prochain premier ministre, vaguement au-dessus de la mêlée, mais les attaques plus cinglantes de ses rivaux l’ont toutefois forcé à déroger à sa stratégie et à se faire plus bagarreur.Kim Campbell, de son Cinq visions du côté, s’est montrée aussi agressive que la veille, peut-être même da- Canada vantage vu son aisance en anglais, et cela lui a valu d’être rappelée à totalement Tordre par la modératrice à ., quelques reprises.irréconciliables Commodément placé au centre de la scène, Preston Manning a pu exploiter son style à la fois populiste et professoral, et ses exposés sont demeurés relativement précis.Par rapport à la veille, Lucien Bouchard s’est forcément fait plus discret, mais il a pu décocher des flèches bien senties à l’endroit des Chrétien et Campbell.La langue aidant, Audrey McLaughlin a pour sa part connu un meilleur sort que la veille.Mais dans l’ensemble, du déficit à la question constitutionnelle en passant par l'immigration et les programmes sociaux, toutes les raisons ont été bonnes pour se crêper sans retenue le chignon.Sur le premier thème du débat, la question de l’emploi, les chefs s’en sont d’abord tenus à la ligne de conduite qu’ils observent depuis le début de la campagne et qu’ils avaient respectée dimanche.Jean VOIR PAGE A 10: DÉBAT y A I ()I.K I) K V I) I II , I.K M A H I) I it 0 C T 0 |{ li K I !) !) 4 -* LE DEVOIR «-—- ACTUALITES La Vita est fragile ?Quelle pub.mais quelle farce! C^est vrai que la viande est avariée mais, avec une bonne dose de ketchup, c’est mangeable».Non, c’est trop vulgaire, on ne peut pas présenter ça à la télévision.Peaufinons un peu.Et voilà: Quelles rides.mais quelle expérience! Quelle gueule.mais quel discours! Si BCP ne rafle pas tous les prix avec ça, je mange ma chemise.Quelle pub! Oui, quelle pub mais.L’entreprise n’était pas facile, vous en conviendrez.De mémoire d’homme, on ne se souvient pas qu'une agence de pub ait dû faire la promotion d’une minoune sortie de la «cour à scrap» ou d’un vieux disque 78 tours cassé.Je vois d’ici la tête de nos publicitaires quand ils ont vu la camelote.«Pas vendable! On va y perdre notre réputation! Adressez-vous plutôt aux encanteurs ou faites une vente de garage!» Ils ont ri un bon coup puis ils se sont mis au travail: ce qu’on ne ferait pas pour de l’argent! Et ils ont fait des miracles: à partir du produit le plus avarié du pays ils ont réussi à nous le rendre presque digestible.Mais pour y arriver, ils ont du faire une pirouette invraisemblable, c'est-à-dire vider de son contenu le contenant tout rouillé qui prend l’eau de toute part.Quelle pub.mais quelle farce! En effet, parler de l’expérience de Jean Chrétien (en n’en disant rien) comme si elle était l'aboutissement d’un parcours droit et sans faille, comme si elle n’était pas faite de coups fourrés et de jobs de bras, comme si elle ne s’était pas construite sur l’isolement du Québec, comme si elle n’était plus que synonyme d’une sagesse impériale, ou comme si elle allait lui servir désormais à ne plus tomber dans le simplisme le plus grossier et la démagogie la plus primaire, à ne plus nous prendre pour des imbéciles ou à compter sa soif inextinguible du pouvoir, oui, parler de l’expérience de Jean Chrétien sans en rien dire c’est comme parler de celle du braconnier qui, certes, est importante mais de quelle nature?Pour ma part, quand j’entends parler de l’expérience de Jean Chrétien, je comprends qu’il s’apprête à faire d’autres expériences sur notre dos et ce n’est certainement pas son discours, comme dit la pub, qui va me rassurer.Parce que le discours qu’il cite aujourd’hui (des jobs! des jobs! des jobs!) ne vise qu'à faire oublier celui qu’il a tenu pendant des années et qu’il reproche a ses adversaires de vouloir rappeler en les accusant de «constitutionnaliste» (On se demande d’ailleurs comment il a osé prononcer en public, sans s’enfarger, un mot si difficile pour sa langue de bois.) Oui, son discours, nous le connaissons bien: mesures de guerre, rapatriement unilatéral de la Constitution, échec à l’entente du Lac Meech, échec à l’entente de Charlottetown, refus de tous les accommodements, augmentation spectaculaire de la dette du pays, réduction du rôle international du Québec, magouilles référendaires avec «son bon ami» Claude Ryan, multiculturalisme pervers, French Power illusoire, folklorisation du député et du ministre québécois à Ottawa, grossièreté langagière, inféodation au grand capital, mépris des cultures québécoises et canadiennes.N’en jetez plus la cour est pleine.Mais il a aussi fait de bonne choses, entends-je dire déjà.Oui, sans doute, mais je laisse à son agence de publicité le soin d’en dresser la courte liste.Mais c’est justement parce que sa publicité ne nous dit rien du contenu de la vieille canne qu’il nous faut combler les vides, rappeler quelques «expériences» et quelques «discours» de cet homme qui deviendra peut-être premier ministre du Canada grâce au Canada anglais qui compte sur lui pour remettre, encore une fois, le Québec à sa place.Bravo pour la pub, elle est superbe.Il ne reste plus aux publicitaires qu’à imaginer la pub dont se servira le premier ministre pour se présenter dans les capitales étrangères.Une suggestion: Quelle tête.mais quel mal de bloc! festival oanje VALÉRIE LEHMANN La nouvelle création que le chorégraphe québécois Jean-Pierre Perreault vient d’offrir aux Montréalais dans le cadre du Festival international de nouvelle danse est une pièce fragile, presque qu’autant que la deuxième oeuvre d’un artiste prometteur.La Vita est ainsi parce qu’elle constitue une oeuvre de transition, un passage, une ouverture.Le thème exploré dans La Vita n’est pas nouveau pour Perreault, — il s’agit de solitude, de confrontation et de partage — ; l’ambiance recréée sur la scène, où se déplacent six couples en quête d’eux-mêmes, ressemble à celle des pièces précédentes du renommé créateur; mais quelque chose dans la gestuelle et dans les corps ne bouge plus comme auparavant.On peut déceler cette sensation dans les ports de bras, dans les enlaçades, dans les regards.En observant attentivement une demi-pointe qui se place, on sent que Perreault est en train de changer.Bien sûr, dans l’heure que dure le spectacle, beaucoup de moments appartiennent encore au Perreault qui affectionne les piétinements, les courses sans but et les fausses sorties.Mais déjà le décor à sa manière contient SUITE DE LA PAGE 1 Des blindés encerclaient toujours, tôt ce matin, le bâtiment de la Maison-Blanche dont les trois derniers étages brûlent depuis plusieurs heures, tandis que des balles traçantes zèbrent la nuit moscovite.11 était impossible d’évaluer hier soir le nombre de combattants encore sur le pied de guerre, les autorités restant très discrètes sur la situation dans et autour du Parlement.Un Parlement où, selon la milice, plus de 2000 armes ont été saisies.Routskoï et Khasboulatov, les deux principaux adversaires de Boris Eltsine, ont été arrêtés et «sont entre les mains de la justice», a annoncé la police.Des centaines de personnes qui s’étaient retranchées dans l’enceinte du Parlement se sont également rendues après l'assaut donné par les forces gouvernementales.On les a vues sortir, les mains sur la tête, à la queue leu leu, de l’édifice en flammes (photo, page A 6).La crise russe, qui a pris une tournure insurrectionnelle dimanche, a fait au moins 32 morts (parmi lesquels un journaliste britannique et un soldat américain) et 219 blessés, selon un bilan provisoire.Le bilan exact ne sera connu que lorsque l’on saura avec précision le nombre des victimes à l’intérieur de la Maison-Blanche.A aucun moment le soutien de la communauté internationale n'aura fait défaut au président Eltsine, la Communauté européenne a publié une déclaration dans laquelle les Douze «réitèrent leur soutien au président Eltsine et au processus de réforme», tout en déplorant «les pertes en vies humaines», un texte qui reflète bien les déclarations de la plupart des chancelleries (voir page A 6).Après dix heures d’assaut donné par les blindés T-72 de l’armée russe, arrivés dans la capitale durant la nuit de dimanche à lundi, les rebelles se sont rendus et ont été emmenés dans des autocars.Parmi ceux qui étaient retranchés dans le Parlement figuraient des civils, des femmes, des jeunes, mais aussi tentifs de l’actualité et de l’histoire russes, M.Valentin Boss ne manque pas d’évoquer les grandes heures des révolutions et des soulèvements en Europe pour tenter de comprendre ce qui s’est passé à Moscou: «Il faudrait par exemple savoir avec certitude quels éléments étaient dans les foules qui ont forcé le barrage devant le Parlement», dit-il.«Comme pendant la Révolution française», il est important de connaître la composition des foules insurrectionnelles.«Mon impression est que, à Moscou, la plupart étaient des civils, des gens plutôt âgés, économiquement blessés par la situation actuelle de la Russie.Pas forcément tous des bolcheviks, mais des personnes de l’ancienne génération, aidées par quelques jeunes activistes.» A brève échéance, le coup de force de Boris Eltsine affermit son pouvoir, pense M.Boss.Cependant, à plus longue échéance, on risque de lui reprocher — comme l’a déjà fait du reste l’ancien président Gorbatchev — de ne pas avoir voulu négocier avec les dirigeants du Parlement et d’avoir exigé d’eux une reddition sans conditions.La composition du prochain parlement qui découlera des élections de décembre prochain, pourrait s’en ressentir, et présenter un assortiment de tendances tout aussi opposées au projet réformateur de Boris Eltsine un nouvel artiste, parce qu’il offre des ouvertures, permet des choix.L’interprétation, elle, ne nossède plus d’intention patriarcale.La structure dramatique, elle, a perdu de sa rigidité habituelle.Le vague désordre qui règne sur le plateau fait plaisir à voir.Le timide ab:uidon des corps à la tendresse séduit.Pendant 40 minutes, la pièce contient plus d’air que jamais aucune des pièces de ce chorégraphe n’en a cqntenu.Oui, Jean-Pierre Perreault a pris des risques.Evidemment, comme il n’a pu changer complètement de repères, la musique se montre encore pompeuse et le ton, sentencieux.Comme il est lui difficile de quitter ce qu'il aime, duos masculins fratricides et marches incantatoires font partie du spectacle.Comme il est dur de se lancer dans l’inconnu et de résister à la pression du passé, les dernières vingt minutes de la chorégraphie ne se montrent pas à la hauteur du travail entrepris.Une oeuvre de transition par définition ne peut être une oeuvre facile.La Vita n’échappe pas à cette règle, même si elle représente la deuxième partie d’un cycle qui a débuté au printemps avec Adieux, en guise de bilan exhaustif.Enfin, ce soir à l’Agora, la danse anglaise jouera son Soutien total des hommes en uniforme.Les deux meneurs, le vice-président Alexandre Routskoï — qui s’était proclamé «chef de l’État» — et le président du Parlement dissout Rouslan Khasboulatov, se sont rendus les derniers, après avoir reçu d’une ambassade occidentale des assurances concernant leur sécurité, a déclaré Dimitri Rourikov, un conseiller de Boris Eltsine.Peu avant leur arrestation, Routskoï et Khasboulatov ont accordé une entrevue à la chaîne de télévision France 2.Faisant visiter un Parlement abîmé par les bombes, Routskoï a prétendu devant les caméras que «le ministre de l’Intérieur a donné l’ordre de tuer les personnalités marquantes et de ne pas les arrêter».Après la reddition des parlementaires, des coups de feu étaient toujours tirés autour de la Maison-Blanche — dont une bonne partie, notamment les étages «stratégiques» du bâtiment — a été détruite par le feu.La bataille avait commencé très tôt dans la matinée, à quelques heures de l’expiration de l’ultimatum lancé par le gouvernement aux rebelles.Dimanche, les partisans des insurgés avaient pris la mairie de Moscou et la station de télévision d’Ostankino au cours de violents affrontements.Les blindés ont lancé l'assaut sur le Parlement peu après 7 heures locale.Boris Eltsine avait précédemment signé un décret autorisant l’usage de la force pour permettre la libération du Parlement.Des chars ont ouvert le feu tôt dans la matinée, ouvrant des trous béants dans la façade du bâtiment.Les journalistes présents sur place ont entendu des rafales d'armes automatiques et ont vu des soldats trainer à l’écart des corps gisant sur la chaussée.Les Moscovites, dans leur immense majorité, se sont tenus à l’écart des combats qui ont opposé les partisans des rebelles aux forces de l’ordre.Sans prendre parti, ils ont assisté aux affrontements en curieux, voire en spectateurs sportifs: des centaines de civils étaient massés hier sur un pont proche de la Maison-Blanche, certains tenant leurs enfants dans les bras.que l’actuel parlement dissout.«Dans l’histoire des insurrections russes, on voit qu’il reste toujours, longtemps après, quelque chose du côté qui perd.Il est clair ici que l’histoire n’est pas finie», dit M.Boss.Dans les jours qui suivront, on sera en mesure d’apprécier l’étendue des défections survenues dans l'armée pour le camp des parlementaires.On sera également en mesure de déterminer s’il y a eu conspiration contre le président Eltsine dans les rangs de l’armée, et s’il y a eu dans le mouvement anti-Eltsine le recours à des tactiques insurrectionnelles, de type bolchevik.«Tous les ex-communistes, y compris Eltsine lui-même, savent très bien que l’on peut faire une révolution avec très peu de gens», dit M.Boss.«Pour la Révolution (l’Octobre, il y avait peu de bolcheviks, et la population est restée passive.Il semble que l’on ait voulu utiliser cette fois encore la tactique des Bolcheviks.L’histoire se répète en quelque sorte.» Encore une fois, l’Occident n’a pas ménagé ses appuis au président russe.«Boris Eltsine est la seule chose sur laquelle on peut compter à l’heure actuelle», dit Valentin Boss.«Mais ce qui est terrible en Russie, comme en Géorgie, c’est que lorsque l’ordre disparaît, il n’y a soudain plus de politiques, il n’y a que des chefs.» dernier atout.Grâce au Jonathan Burrows Group, le public montréalais va peut-eêtre vivre enfin l’explosion britannique promise par les organisateurs du FIND, qui jusqu’à présent ne s’est pas produite puisque ni Michael Clark, ni DV8, ni Shobana Jeyasingh ne peuvent être qualifiés de nitroglycérine.Mais Very du Jonathan Burrows Group se révèlera-t-elle une danse enflammée ?Son sujet peut prétendre à cela puisque la pièce traite des «avatars du conservatisme : hypocrisie, rigidité, contradictions» avec ironie.Sa forme également est suceptible d’être incendiaire puisque danse théâtre chant musique et cinéma sont mêlés.Enfin, son style chorégraphique a toutes les chances de surprendre puisque Jonathan Burrows est un ancien danseur classique reconverti, connu pour sa gestuelle acéréé.Info pratique Danse midi, au Complexe Desjardins, 12h Annamirl Van der Pluijm, 17h30, à Tangente Jonathan Burrows, 19h, à L’Agora DV8 Physical Theatre, au Théâtre D’Aujourd’hui, 19h Jean-Pierre Perreault, à la salle Mercure 21h DEBAT Étincelles SUITE DE LA PAGE 1 Chrétien a parlé de son programme et d’investissements dans les infrastructures, Lucien Bouchard de coupures dans les dépenses publiques, notamment militaires, et dans les abris fiscaux.«Ce n’est pas assez de remplacer les trottoirs», a-t-il lancé à son vis-à-vis libéral.Après que Kim Campbell eut évoqué l’impossibilité pour le gouvernement de créer des emplois «en tant que tel», M.Chrétien est revenu à la charge, indiquant que la réfection d’infrastructures était pertinente au moment où les coûts en sont bas.«Quand vous voyez des édifices en train d’être construits, quand vous voyez des camions et des ouvriers dans les rues, vous vous sentez bien et vous êtes porté à dépenser votre argent», a-t-il dit, un peu comme il l’avait fait la veille.lxs premières étincelles sont survenues après l’évocation par Audrey McLaughlin de la nécessité d’abolir l’Accord de libre-échange nord-américain, et ses allégations à l’effet que les libéraux l’appuyaient sous la couverture.Pressé de questions par Preston Manning et Lucien Bouchard, M.Chrétien a ensuite dû défendrç sa stratégie de renégociation partielle du traité avec les États-Unis.Le chef libéral a par ailleurs accusé le NPD de vouloir «ériger un mur autour du Canada».Sur la question précise de la création d’emplois, les accusations ont fusé de toutes parts, chacun accusant l’autre d’avoir un programme inefficace.Preston Manning a quelque peu déridé les spectateurs en suggérant que le programme libéral de redémarrage du secteur par les infrastructures équivalait «à vouloir faire démarrer un 747 avec la pile d’une lampe de poche».Suivait un débat sur la question des programmes sociaux, lors duquel Preston Manning avait lancé l’hameçon en affirmant que «les programmes de soins de santé sont malades» au Canada, le chef du Reform s’est fait accuser de vouloir instaurer deux systèmes distincts, l’un pour les riches et l’autre pour les pauvres.C’est alors que M.Manning a, pour la première fois, cherché à prendre le jeu en mains.Réitérant que son programme prévoyait le maintien des paiements de transferts tout en donnant plus de latitude aux provinces, il a enjoint à plusieurs reprises les chefs conservateur et libéral de s’engager à ne pas diminuer ces paiements.Ce que les deux ont fait, mais en des termes aussi vagues que la veille.Glissant sur l’inévitable question du déficit, l’échange a vu Mme Campbell accuser Jean Chrétien de «mentir» à ce sujet.Celui-ci a sauté sur l’occasion de répliquer lorsque la première ministre a évoqué les réductions de 14 milliardsS à la Défense effectuées par le gouvernement.«Quel gouvernement?», a-t-il demandé.«Le dernier gouvernement», a-t-elle répondu à la dérobée.«Ah! celui-là!», a-t-il persiflé.S’agissant du thème du «Canada de l’avenir», c’est cette fois Lucien Bouchard qui s’est retrouvé sur la sellette, faisant face au tir combiné de ses quatre adversaires.D’abord interrogé par un journaliste, le chef du Bloc a indiqué que son parti n'avait pas l’intention d’être «injuste» ou «stupide» en allant voter contre des mesures favorisant les pêcheurs de l’Atlantique ou les agriculteurs de l’Ouest, par exemple.Mais «il y a deux nationalismes dans ce pays, et le problème, c’est que les Québécois ont une vision conflictuelle» de ce que devrait être le pays.Jean Chrétien est alors entré dans la danse en parlant du «million de francophones hors Québec qui sont aussi francophones que vous et moi» et en faisant ressortir que les citoyens en avaient marre de parler de Constitution.M.Bouchard a répliqué que le chef libéral «refusait de faire face aux problèmes».Quelle pub! ELTSINE TRAGEDIE Des chefs, pas de politique SUITE DE LA PAGE 1 ROULOTTE Vendue aux enchères SUITE DE LA PAGE 1 On a entrepris des démarches auprès du Musée de la Civilisation à Québec, et auprès des gens qui s’occupent de l’éventuelle mise sur pied d’un musée des arts et du spectacle.Dans les deux cas, même si la Ville de Montréal offrait de «donner la Roulotte», et même de la transporter à bon port, les personnes approchées ont refusé l’offre.«Des gens du Musée de la Civilisation, explique Michel Demers, sont venus visiter la Roulotte il y a quelques mois, mais ils n’ont par la suite fait aucun signe.Quand on leur a demandé de nous confirmer leur intérêt, ils nous ont dit qu’ils n’en voyaient pas».Ce fut la même chose avec les gens du futur musée du spectacle, ajoute Demers, et c’est le président de l’Union des artistes, Serge Turgeon, qui au nom de ce groupe n'a jamais voulu faire savoir par écrit que la Roulotte pouvait les intéresser.Paul Buissonneau, que je n’ai pu rejoindre hier (il était à 24 heures de la première du Marchand de Venise au TNM), avait fait savoir officieusement, dit Demers, qu’il pourrait entreposer la Roulotte, l’installer sur un terrain lui appartenant en dehors de Montréal.Mais Michel De-mers précise qu’en l’absence d'une demande formelle, écrite, la Ville ne pouvait rien faire avec la suggestion de Buissonneau.Remisée au service de la récupération depuis plus d’un an, la Roulotte, finalement, comme n’importe quel autre véhicule municipal, a été vendue aux enchères.Il y a une semaine.Comment dire?C’est un petit scandale, de ces petits scandales qui font de grands trous dans notre patrimoine et notre histoire culturelle.Tout le monde semble responsable dans cette histoire, la Ville, les gens de musée, et il est difficile de croire que personne n’a pu trouver une façon de conserver La Roulotte dans un lieu idoine, accessible, de l’établir dans un environnement logique (au risque de devenir une buvette s’il le faut).Iancée en 1952, l’aventure de fa Roulotte est l’une des aventures majeures de notre histoire théâtrale.Avec Paul Buissonneau, son directeur artistique, son créateur, son infatigable animateur, cette Roulotte a fait le tour des parcs de Montréal durant plus de 30 ans.Transformée en théâtre ou en castelet de marionnettes, la Roulotte a vu défiler sur sa scène tout ce qui compte dans le monde du spectacle québécois, d’Yvon Deschamps à Robert Charlebois, en passant par Clémence Desrochers, Jean-Ixuis Millette, Guy Sanche, Luc Durand, des dizaines d’autres artistes qui débutaient sur les planches sous les ordres de Buissonneau, transformés en lutins ou en ogres, en mousquetaires ou en arbres, dans des centaines de saynètes mises en scène par le plus inventif des hommes de théâtre de cette époque.C’est là que François Barbeau faisait ses premiers costumes.la plupart des comédiens qui débutaient à la Roulotte trouvèrent le chemin des émissions pour enfants à Radio-Canada, puis celui des théâtres professionnels.Ils avaient découvert dans La Roulotte l’un des secrets du théâtre, sa magie, l’émerveillement qui se crée avec des riens.Et des générations de petits Montréalais ont dé- couvert, accroupis devant La Roulotte, le plaisir du théâtre.Buissonneau, qui avait fait ses classes en France avec les Comédiens routiers de Léon Chancerel, et les Copiaux de Jacques Copeau, avait élaboré ici une très riche pratique foraine du théâtre dans cette Roulotte que l'on vient de vendre sans une larme.Michel Demers, qui a fait deux décors pour la Roulotte, affirme que «le dossier est fermé».«Ce n’est pas de gaieté de coeur qu’on s’en est débarassé, dit-il.On a tous été |K‘tits devant la Roulotte, mais son esprit va demeurer, dans les photos, le nom, l’esprit, le souvenir».Ouais.Brassard lit Tremblay André Brassard retourne au Centre national des arts (CNA), le temps de lire des extraits des Douze coups de théâtre de son camarade Michel Tremblay.Demain, 6 octobre, le metteur en scène lira quelques-uns de ces souvenirs d’enfance et de théâtre (dont un de La Roulotte de Buisonneau.) que Tremblay a publié chez Leméac.la lecture, unique, aura lieu à midi 10 à la salle Elgin du CNA.L’entrée est libre.LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS: AVIS PUBLICS (514) 985 3344 DU LUNDI AU VENDREDI SERVICE DES ABONNEMENTS Le Devoir DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À 16H30 ANNONCES CLASSÉES (514) 985 3344 À DE 7H30 À 16H30 les numéros de téléphone suivants sont valables pour RENSEIGNEMENTS (514) 985 3333 PUBLICITÉ (514) 985 3399 2050, RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE.le service de livraison par camelot et pour les abonnements poslaui.ADMINISTRATION (514) 985 3333 NUMÉRO SANS FRAIS 1 800 353 0305 MONTRÉAL, (QUÉBEC) H3A 3M9 Montréal (514) 985-3355 LK DEVOIR est publié par I.E DEVOIR Inc dont I- su-rc social est situé au numéro 207) de Bleury, '*• étaRe, Montréal, (Québec), MBA 3M9.Il est imprimé par les Imprimerie Quebei or lüSalle, 7743 de Bourde,m.division de Imprimeries Québécor Inc., G12 ouest rue Saint-Jacques, Montréal.I.’Agence Presse Canadienne est autorisée A employer et à diffuser les informations publiée dans I.E DEVOIR.1.1.DEVOIR > it distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Int , 775 boni le beau, St-lüurent.Envoi de public ation - EnreRiatrement ru» 0858.1 )é|x‘»t léRal: Bibliothèque nationale du Québe» Téléphone Rcnéral: (f»M) 985-3333; service a la clientèle: (514) 985-3355; publicité: (f>14) 985-3399.
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.