Le devoir, 9 octobre 1993, Cahier D
LE DEVOIR ffi Le Feuilleton Page D 3 Les Petits Bonheurs Page D 3 Poésie Page D 4 Littérature Québécoise Page D 5 VISAS Page D 8 LIV R t S L E I) E V (MH.I.E S S ,\ M E I) I !» E T I» I M A \ ( Il E I II (l < T (I R II E I !» !l A Longtemps on a oublié que de Saint-Denys Gameau était peintre.Ci-dessus, la Liseuse, une des 30 toiles exposées à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier dans le cadre des Fêtes du cinquantenaire de la mort du célèbre poète.Saint-Denys Garneau Le peintre, le poète et sa famille K L M V Cil A R E S T CORRESPONDANT A QUEBEC Toutes couleurs dehors, la petite ville de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier fête, depuis une semaine, un de ses plus illustres résidants, Hector de Saint-Denys Garneau, disparu le 24 octobre 1943.Par des promenades sous les arbres rougissants du Manoir Duchesnay, l’ancienne demeure familiale, ou par la découverte, à la bibliothèque Anne-I Iébert, de ses talents de peintre, les fêtes organisées par la municipalité portneuvoise, à une demi-heure de Québec, nous permettent d’ajouter des dimensions à la figure souvent méconnue du poète.Dans la série d’événements et de publications entourant le 50e anniversaire de la mort de Saint-Denys Garneau, l’exposition de son œuvre peint dans un lieu qui porte le nom de sa cousine est certainement le plus original.On sait peu que Garneau se définissait autant comme peintre que comme poète.11 laissait pourtant derrière lui près d’une centaine d’esquisses et de tableaux, un chiffre important compte tenu de sa courte période d’activité.La trentaine de tableaux exposés jusqu’au 24 octobre sous le titre Esquisses en plein air, provenant tous de la collection familiale, permettent de découvrir un paysagiste sensible, aux couleurs sobres, possédant avant tout un excellent sens de la composition.Le découpage de ses scènes de campagne est parfois saisissant, en particulier dans une scène de travaux aux champs où les personnages se fondent dans des masses de couleurs très habilement confrontées.Le talent méconnu de Saint-Denys Garneau a aussi frappé les éditions Fides, qui feront paraître, en début novembre, une édition de luxe de Regards et jeux dans l'espace comprenant 35 tableaux de l’auteur.Ix's éditions ont aussi profité du lancement des activités du 50e, organisées par un groupe de volontaires, le Comité des Amis de Saint-Denys Garneau, pour annoncer une nouvelle édition VOIR PAGE D 2: LE PEINTRE Jacques Godbout UN «STIE» OUVERT SUR LE MONDE VINGT-CINQ ANS PLUS TARD, GODBOUT FAIT REVIVRE FRANÇOIS GALARNEAU pàt » i f Wmm PIERRE CAYODETTE LE DEVOIR Un jour, les commentateurs patentés de la littérature d’ici se pencheront sur le «stie» final de François Galameau.Ils l’analyseront, le décortiqueront, le créditeront.Jacques Godbout s’amuse déjà à les imaginer se courbant le dos sur le «stie» polysémique de Galarneau, son «stie» final, son «stie» du coeur, son «stie» ouvert sur le monde.Comme le Monsieur Jourdain de Molière faisait de la prose sans le savoir, Jacques Godbout fait de la métaphore sans le vouloir.Des milliers de babyboomers gardent le souvenir frais de Salut Galarneau!, une oeuvre enseignée en classe.Ils voient encore le professeur - militant pé-quiste, Volvo familiale et barbichette grise - leur expliquer patiemment que François Galarneau, ce vendeur de hot-dogs, ce naïf, ce cocu, ce tendre, ce pauvre, eh bien ce François Galarneau n’est pas François Galarneau, simple personnage de roman, mais bien une métaphore du Québec- qui-aspire-à-son-indépendance.«Je ne m’assieds pas à ma table - et ça je peux le jurer sur la tête de ma mère - en disant “bon, aujourd’hui je vais faire une métaphore, une parabole ou un roman symbolique".Pas du tout.Sauf qu’une fois que c’est terminé, je me rends compte que mon personnage peut effectivement être vu comme ça.Et ça m’embête.Parce que j’ai l’impression que ça l’enferme et qu’il m’échappe.Mais, se console-t-il, on me dit que si, dans un premier temps, ça enferme, quand les gens se mettent à discuter, ça ouvre encore plus.» D’ailleurs, c’est justement parce que le livre lui échappait que Jacques Godbout a tant tardé à faire revivre Galameau.«J’en avais le désir depuis longtemps.Sauf que je n’osais pas reprendre le personnage, étant donné qu’il m’avait échappé.Il avait été adopté rapidement par les lecteurs.Il était devenu un classique, enseigné en classe.C’est comme si Galameau ne m’appartenait plus.J’hésitais beaucoup.Jusqu’à ce que je me dise bon, ça fait 25 ans.Il s’est passé un sacré paquet de choses.Vingt-cinq ans, c’est une génération complète.Je serais curieux moi-même de savoir ce qui est arrivé aux personnages», se souvient-il.«La seule façon de le savoir, c’était de m’asseoir et d’écrire.Je me suis donné comme référence aujourd’hui, mettons 1990, et je me suis demandé où est Galarneau aujourd’hui?Quel emploi occupe-t-il?D’où vient-il?Qu’est-ce qu'il a vécu?Où sont ses frères?Puis, je me suis évadé à Paris, isolé, loin du téléphone.De novembre à mai, j’ai écrit, au fil de la plume, sept jours par semaine, quatre heures par jour.Jusqu’à ce que je me rende au bout de l’histoire.Et puis j’ai enfin su ce qui allait lui arriver.Je ne le savais pas plus que le lecteur quand il commence le livre», poursuit-il.Et alors, qu’a-t-il découvert?«J’ai découvert que Galarneau s’était efforcé de se soumettre au système, qu’il avait tenté de devenir un bon garçon, un bon citoyen, un bon Québécois.Mais qu’il avait été peu à peu happé par une société en mouvance».Mais que s’est-il passé au juste depuis la première vie de Galarneau?«Ce qui s’est passé, entre 1967 et aujourd’hui, c’est qu’on est passé à une diffusion du rapport à la terre à une diffusion du rapport à la Planète.Dans les années 60, la vision rurale du monde dominait.Nous vivions tous à la ville mais nous étions tous coupables de l’abandon de la terre.Pas étonnant que, quelques années plus tard, la loi sur le zonage agricole fut la plus consensuelle du PC j.Aujourd’hui, plutôt que d’être terriens par rapport au système rural, nous sommes devenus terriens par rapport à la Planète.Celte terre ne nous appartient plus parce que tout nous appartient et rien ne nous appartient.Quand l’immigration remet en question les traditions, quand cette immigration est inéluctable parce que les populations continuent de bouger, c’est un monde qui nous échappe.C’est un autre monde qui se crée», explique-t-il.S’il entendait Godbout parler ainsi, Galarneau sourcillerait.Les changements profonds de la société, l’ex-roi des hot-dogs les a vécus à sa manière.Il ne les a pas sentis comme chef de gouvernement ou comme militant marxiste.«Il les a vécus tout simplement comme Québécois moyen, vivant tantôt comme truckeur, tantôt comme gardien de sécurité.Il les a vécus comme ces gens-là les ont vécus.Si on prend le temps d’aller manger seul dans un restaurant et de tendre l’oreille, on apprend plein de choses sur leur façon de voir le monde.Je m’explique toujours Galameau comme étant celui que j’aurais été si j’avais pas fait mon cours classique.Sauf que j’ai bifurqué.On m’a offert le cours classique et c’est tant mieux.Mais je suis encore capable, il me semble, de sentir le monde et de penser comme si je n’avais pas fait mon cours classique.C’est là que la littérature entre en ligne de compte».Mais au fond, malgré toutes les mutations des dernières années, le Québec n’est-il pas une société qui tourne en rond?De Daniel Johnson père à Daniel Johnson fils, de Jean Chrétien à Jean Chrétien, du Galarneau-1967 au Galarneau-1993, des hot-dogs aux petits fours, le Québec donne souvent l’impression de faire du surplace.S’en sortira-t-on un jour?Godbout le romancier s’efface.Godbout l’essayiste perspicace s’enflamme: «Pourquoi on s’en sortirait?Ça tourne en rond au Québec parce qu’on a toutes les qualités et tous les défauts des grandes puissances, mais en plus concentré, en plus petit.Des problèmes de langue, ça se pose partout.Des problèmes d’immigration, ça se pose partout.Au plan social, les questions de santé, d’hôpitaux, de vieillissement de la population se posent partout.Les problèmes de télévision - 240 canaux qui nous arrivent des Etats-Unis - se posent partout.Nous sommes au monde, sauf que c’est toujours à l’état le plus petit.» Godbout le polémiste redoutable, Godbout l’intellectuel baveux renchérit: «Mon hypothèse est la suivante.On a toujours dit qu’on était isolé, qu’on formait une îlç française dans une mer anglophone.A mon avis, c’est un peu ridicule.Sauf que c’est vrai.Comme on vit dans une île, on va ailleurs s’initier.Dans ma génération, on allait s’initier en Europe.Dans la génération suivante, on allait s’initier en Californie.Et dans la génération qui a suivi, on allait s’initier n’importe où dans le monde et souvent dans le tiers monde».Le résultat?«Quand on revient, on a trois générations.Une qui rêve de faire l’indépendance comme ça se faisait au siècle dernier, à l’intérieur du Parti québécois: l’autre qui dit “mais ça n’a pas «Galarneau, c’est celui que j’aurais été si je n’avais pas fait mon cours classique.» VOIR PAGE D 2: GODBOUT Sous la direction de Yolande Grisé, NELLIGAN Réjean Robidoux et Paul Wyczynski un outil précieux qui trace un portrait actuel de l’œuvre et montre comment Cinquante ans après sa mort elle est devenue l’inspiratrice de plusieurs créateurs Actes du colloque organisé par le Centre de recherche en civilisation canadienne-française de l’Université d’Ottawa iS aux éditions FIDES I.I.I) K V (I I li .I.!¦: S S A M i: I) I !) !•: T I) | M A X ( II !•: | I) II i T II li II !•; | n u inc livic li i il r .lill iIk ii i i ill.II i< jot VOS NUITS SONT BLÊMES ?VOUS ÊTES FRIPÉS ?NE VOUS EN FAITES PAS NOUS AVONS DE BONNES 'S.**' • l’Hexagone 1953-1993 Quarante ans de littérature Félicitations à Madame Nicole Brossard reçue à l’Académie des lettres du Québec Oeuvres de Nicole Brossard aux Éditions de l’Hexagone: Prose Poésie Le désert mauve, 1987 Suite logique, 1970 L’amèr ou le chapitre Le centre blanc, 1978 effrité, Typo, 1988 Double impression, 1984 Picture Theory, Typo, 1989 Langues obscures, 1992 Nicole Brossard a aussi reçu en 1992 le prix Athanase-David du Québec pour l’ensemble de son oeuvre 1 an / 4 numéros 2 ans / 8 numéros inciivic !i i : 20 $ il r .lili illoi i : 25 ! Ôtr?Il l( )( :l ; 25 !( Envoyez votre chèque ou mandat en Inscrivant votre adresse ._„îu nom de XVZ.La rsvue de la nouvelle au : 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 Téléphone : S14.S25.21.70 • Télécopieur : S14.S2B.7B.37 LE PEINTRE Anne Hébert participera aux célébrations bruise Desjardins Du lac des Castors au lac Osisko MARIAGE A HOLLYWOOD, Marc-André Poissant, Editions Merlin Montréal, 5 Pt pages PIE R R K CAYOUKTTE LE DEVOIR critique, révisée par Mme Gisèle Huot, de l’œuvre du poète.Iœs trois tomes seront lancés successivement au tours de l’année prochaine.Mais pour en revenir à Sainte-Catherine même, lieu de prédilection de Saint-Denys Garneau, on peut aussi ajoutera la liste des activités la visite des lieux historiques du Manoir Duchesnay, les samedi et dimanche de I4h à •L6l î.et ce jusqu’au 24 octobre."•"La journée du 24 marquera le clou des activités, avec-la présence attendue d’une autre cousine célèbre, Anne Hébert, sans qui ces célébrations auraient été bien incomplètes.En cette date anniversaire du décès de Saint-Denys Garneau, une messe commémorative sera célébrée par le père Benoit Lacroix, auteur de la première édition critique des oeuvres du poète, et sera suivie du dévoilement d’une plaque commémorative, le tout en présence d’un rassemblement de descendants de la famille Juchereau Duchesnay.Une soirée populaire, avec au programme les chants du Choeur de ma rivière et une prestation des comédiens André Robitaille et Martine Francke, viendra clore cette journée.En jetant un coup d’oeil du côté de Québec, il faut toutefois ajouter à cette liste un prolongement fort intéressant de l’anniversaire, le 27 octobre, alors que l’ensemble Çanticum Novum présentera, a l'auditorium du Musée du Québec, une série de sept oeuvres de compositeurs contemporains, inspirées de la poésie de Garneau.Des extraits des dits poèmes seront aussi lus par le comédien Christian Vézina, bien connu pour ses excellents spectacles de poésie.Une soirée qui donnera, encore une •.fois, un regard neuf sur le disparu.'««C’est d’ailleurs de ses ancêtres Juchereau Duches-nay que Garneau tenait son prénom peu coutumier, “rêrdant leur illustre nom, les femmes de la famille en transmirent la trace, en utilisant le patronyme de l’an-bètre anobli par Louis XIV.Nicolas Juchereau de Saint-Denys.Le poète partageait son nom avec quelques cousins, mais il fut le seul à en faire tomber, publiquement, la particule.Marc-André Poissant “Moi, sans être mercantile, je voulais vivre de ma plume.Bien sûr, il y a quelques écrivains d’ici qui y parviennent, comme Michel Tremblay ou Arlette Cousture.Certains réussissent a gagner 500 000$ avec un roman.Mais ils y travaillent sept ou huit ans.Au bout du compte, ça fait un salaire très normal, sans plus-, dit-il.Marc-André Poissant, loi, visait plus haut.En 1988, un de ses collaborateurs, Claude Choquette, le met en contact avec-un agent à Londres, Mme Kathy Miller.«Ça a cliqué.Ix mardi suivant, je lui donnais rendez-vous a Ixmdres», se rappelle-t-il.Ce fut le début du conte de fées.Quelques mois plus tard, il publie à Londres, puis aux Etats-Unis.Entre-temps, il était devenu Mark Fischer.-Quand on publie un livre traduit avec le nom du traducteur, on en vend beaucoup moins.Alors j’ai choisi de prendre un nom anglais et de faire comme si mes romans étaient écrits en anglais.Iis me prennent pour un Canadien-anglais qui a un léger accent français-, dit-il en souriant.Avant d’entreprendre sa carrière internationale, Marc-André Poissant a public quelques romans au Québec.En 1979, il a fait paraître Paid Desormeaux, étudiant.Marie-Claire Blais avait fait la préface de ce premier roman.Il a vendu Le Lavigueur de la littérature LIVRES RECENTS ANCIENS - RARES ET D'AUBAINES LA OU VOUS RISQUEZ LE PLUS DE TROUVER plus (Iu 100 000 titres sur tous les sujets ACHETONS LIVRES ENCORE UTILES TÉL.: 845-7307 Richard, l’auteur-compositeur, pour entreprendre une carrière d’écrivain.La remarque est particulièrement cruelle.Mais Louise Desjardins a choisi d’en rire.Elle y voit en fait la conséquence du battage médiatique.Car chez les Desjardins, on connaît très bien l’effet réducteur, l’effet cannibale de la presse.La «gang montréalaise- se jette sans retenue sur ses proies.On aime, on encense et on étreint jusqu’à étouffer.«Pendant des années.je disais à toutes mes amies “venez entendre mon frère, c’est le meilleur chanteur et auteur-compositeur au monde”.Nous remplissions souvent ses salles pour ne pas qu’il soit seul.La presse, à l’époque, demeurait bien loin», se rappelle-t-elle.Cela dit, Louise Desjardins partage bien sûr une partie de l'univers poétique de Richard Desjardins.Le lac Osisko, la Main de Rouyn, les mines d’or, les immigrants, l'anglais : impossible d’y échapper.Et pourquoi y échapper?Cela dit, Louise Desjardins cherche à dépasser l’Abitibi mythique et propose une Abitibi plus intérieure.Contrairement à son frère, elle a choisi de retourner en Abitibi.Elle y vit depuis un an, loin des clameurs montréalaises.Quel regard porte cette adolescente de 50 ans sur son pays retrouvé?•C’est un mi lieu très inspirant.Mais c’est un peu le tiers monde.I.a récession frappe fort.L’environnement se détériore-, dit-elle.Elle lutte d'ailleurs contre les papelières qui veulent ratiboiser les abords du chalet des Des jardins.C’est quand même là qu’elle entend désormais vivre et se consacrer entièrement à l'écriture.DESMUS LA LOVE Marc-André Poissant plus de 15 000 exemplaires de son deuxième roman, Le Miroir de la folie.Il a oeuvré dans diverses maisons d’édition.En devenant Mark Fischer, il a négli gé sa carrière au Québec.Mais il n’est pas trop tard, croit-il.Il mise beaucoup sur un nouveau “thriller psychologique» qu’il vient de lancer.Mariage a Hollywood.Il y raconte le destin d’une jeune romancière qui accepte d’épouser un riche éditeur.Apres avoir connu le faste de la grande vie hollywoodienne, la jeune femme déchantera, évidemment.EUe découvrira un complot pour éliminer les épouses des riches d’Hollywood.Il esl vrai que les divorces coûtent les yeux de la télé.Comme tous les auteurs du genre, Marc-André Poissant prépare scs romans avec minutie.Il met des mois à rédiger un plan extrêmement précis.Il dit s'inspirer de Stephen King, le maître.-Le lecteur, aujourd’hui, esl impitoyable.Il faut susciter son intérêt des les premières pages.Pour cela, il faut utiliser beaucoup de “beats”.Ces “béais”, ce sont des unités narratives, des ae tiens, des événements.Pour donner fin contre-exemple, disons que Marcel Proust utilisait très peu de “beats” et il les exploitait au maximum.En revanche, mi auteur comme Sébastien Japrisot en utilise beaucoup.Il est rythmé», explique-t-il.L’homme de lettres Henri Tranquille a prédit que son Mariage a Hollywood deviendra un best-seller universel.Rien de moins! Les sceptiques devront peut-être se raviser, car avec Poissant - et Fischer tout est possible.IA LOVE h mise Desjardins hanéac, Montréal 167 pages PIERRE CA Y O DETTE LE DEVOIR Les lins commentateurs de la littérature québécoise l’ont souvent répété: la poésie de Louise Desjardins est "narrative».En clair, pour les laïcs que nous sommes, ils ont voulu dire que ses poèmes racontaient de petites histoires.De là à toucher le roman, il n’y avait qu’un pas.L'Abitibienne Louise Desjardins l’a franchi, cet automne, en publiant un remarquable premier roman, La Love (I.emeac).Prise dans le tourbillon de la vie professionnelle -elle enseigne la littérature depuis plus de 25 ans - et de la vie familiale, Louise Desjardins a consacré six ans à l’écriture de ce premier récit.Et pour mener à terme son projet, elle a même quitté la jungle montréalaise pour retourner vivre dans son Abitibi natale.Question, dit-elle, de «retrouver ses racines».Question aussi de mieux s'imprégner du paysage intérieur de son roman.Ainsi çst née Im Love , l'histoire d’une adolescente, Claude Ethier, qui, de Noranda à Montréal, découvre l'amour et les désillusions qui s’ensuivent.C'est un roman sur l’adolescence, sur la quête de l’identité, sur l’amour qui n’en peut plus d’attendre l’amour.«Bien sûr, puisque le récit se déroule à la fin des années 50 et au début des années 60, de nombreux adultes s’y retrouveront.Mais je crois aussi que les jeunes se reconnaîtront.Car les adolescents d’aujourd'hui vivent les mêmes émotions, les mêmes angoisses, les mêmes problèmes, comme l’avortement, par exemple», dit-elle.De Radio Grill au* Foufounes électriques, le scénario demeure souvent le même, en effet.Pour raconter le destin de Claude Ethier, Louise Desjardins a choisi une écriture «chaude», simple, dépouillée.L’expérience fut parfois difficile.Mais elle en ressort satisfaite.«J'avais l’habitude de la poésie, l'habitude de textes plus courts.J’avais d'ailleurs parfois la frustration de ne pas pouvoir aller au bout.Le roman Diuise Desjardins m’a permis d’aller plus loin, d'investir davantage».Louise Desjardins est l’un des grands noms de la poésie québécoise contemporaine.Elle a publié sept recueils: Ij> désed des mots (Ix* buisson ardent, Amay, Belgique), Im 2e avenue (Noroit, 1990), Im Minutie île l’araignée (Nouvelle Barre du jour, 1987), La Catastrophe.(Nouvelle Barre du jour, 1985, en collaboration avec Elise Turcotte), Les Verbes seuls (Noroît, 1985), Petite sensation (L’Estérel, 1985) et Rouges Chaudes suivi du Journal du Népal (Noroît, 1983), Elle n'était donc pas une inconnue en publiant cet automne Im hwe.Au contraire.Pourtant, certains Abitibiens ont cm qu'elle profitait du succès de son frère GODBOUT «Le temps est en soi.» d'importance, nous sommes Américains, c'est Hollywood qui doit l'emporter”: l’autre qui dit "mais, écoutez, la-Yougoslavie c'est bien plus important".C’est petit ici, mais les conversations sont les mêmes.On n’y échappe pas.Parce qu’on n’échappe pas à sa destinée, je me demande d’ailleurs si la destinée n'est pas déterminée par le lieu de naissance.» Soixante ans, alerte, droit comme un “i», Godbout ne vieillit pas.Du moins il le cache bien.Lui et Vigneault doivent être le fruit d’un quelconque eugénisme! Tous les autres écrivains majeurs des années 60 se sont tus, hormis Marie-Claire Blais et Claude Jasmin qui vocifère à la radio.Godbout est plus touclie-a-tout que jamais.Il est partout à la fois.11 écrit des romans, des essais.et des articles pour son ami Jean Paré dans L’actualité.Il prépare un nouveau documentaire pour l’ONF.11 preside le conseil d’administration des Editions du Boréal.Et on le»voit régulièrement s’esquinter sur les courts du club dâ tennis Saint-Laurent."Galameau, lui, est obsédé par le temps.Il a découvert line théorie philosophique dans un des livres qui trai-Hfdpnt chez Harry Rosen, laquelle théorie affirme que le temps n’est pas quelque chose d’extérieur à nous.I.’ex-préssion populaire du temps qui passe, c'est faux.Le temps, il est en soi.Le temps est génétique.Pendant qtjfon se parle, nous sommes en train de vieillir, inévitablement, inéluctablement, minute après minute.Et c’est de ce temps dont il faut jouir et profiter.La seule façon d’approcher ce drame ou cette tragédie qu’est le temps, c'est de savoir que le temps, c'est nous.C’est moi qui TSuis l’incarnation du temps», explique Godbout.i Jacques Godbout se passionne plus que jamais pour la •littérature, «le vrai monologue de l’humanité, depuis les •p.peres des Perses jusqu’à Claude Jasmin».Ce monologue intérieur l’anime toujours et l’animera pour les années a venir.«D’où vient ce monologue?Je pense que jc’ékt probablement l’ensemble des mots d’une langue.^L’ensemble des livres qu’on a lus.L’ensemble des rphrases que l’on a senties, des amours qu’on a voulu exprimer, des coleres, des souffrances, des peurs.Cette 'masse crée le monologue intérieur.Et ça.ça continue •toujours parce que letre humain ne change pas, même si la technique autour de lui change.» TT La seule angoisse qui paralyse parfois l’auteur du tPèmps des Galarneau.c’est la peur d’ennuyer les gens.vWsavait combien il s’en fait pour rien.Salut Godbout! iStie.U; LE TEMPS DES GALARNEAU Jacques Godbout, Éditions du Seuil 7*-; Paris, 1993, 186 pages Avant même que Marc-André Poissant n’ouvre la bouche, tout a été dit.Avec un orgueil a peine retenu, son agent, Carlo Tarini, a déballé son attaché-case d’avocat.«Ça, c’est l'édition chinoise du Millionnaire instantané.Ici, vous avez l’édition grecque, de même que les éditions allemande, italienne, norvégienne, coréenne, japonaise, anglaise, mexicaine et française».a-t-il souri, en jetant les livres sur la table.Puis il a renchéri : -Tremblay, il est traduit ailleurs dans le monde mais il ne publie pas».L’effet fut saisissant.Méconnu au Québec, Marc-André Poissant a vendu plus de 105 000 exemplaires aux Etats-Unis de son «conte philosophique» le Millionnaire instantané, publié en 1989.Il s'est retrouvé sur la liste des best-sellers du New York Times.Et le prestigieux quotidien américain lui a consacré un reportage.Sur le marché mondial, Marc-André Poissant fait carrière sous le pseudonyme de Mark Fischer.Il est gros, gros, gros.L'auteur, on s’en doutait, n’a rien d’un poète des Herbes Rouges.Et il n’a par ailleurs aucune gêne a parler d’argent.Une saga familiale Lhistoire dune famille et celle dun pays.Boréal RECIT 260 pages 22,2 5 $ CLICHE REPETE A ECLAIRAGE DIFFERENT.EN RAISON DU TEXTE MAL IMPRIME. I K I» K V (III!.I !•: S S A M K I) I !l I T It I M \ \ ( Il \ I il (l ( I il IL II I I II !) n .j WM ¦¦ ¦ ¦ mm R A S M O N D l> L A N II K- 9hà22h 362 jours par année Oainpigiiy 4380 ST-DENIS, MONTRÉAL [®1 Mt-Royal 844-2587 EDITH WHARTON Vieux NewYork Donne/ l'espoir qui luit vivre.a Fondat ion i \nadii:nni; IH1 RI IN Il est peu d'oeuvres aussi attachante et aussi déroulante que celle de Virginia Woolf.Je l’ai vérifié une fois de plus en passant une dizaine de jours dans celte edition qui réunit six romans de la romancière anglaise et 19 de ses nouvelles.I dut au long de sa vie.on le sait.Virginia Woolf a été aux prises avec de fréquentes crises de depression.Son journal nous livre plusieurs signes de son désarroi.Deux mois avant son suicide en mars 1941, elle écrit: «Ui lutte engagée contre la dépression après le rejet par le Harper's de mon histoire et d’-KIlen Terry», je l’ai remportée — aujourd’hui (je Cl \SSII,Il I|| Vlnm UNI s V I R G I N 1 A W O O I x F lu IVIANS NOt A l t ! ! S «On pourrait presque dire que le rôle de récrivant s’apparente à celui du médium, car il s’efforce de faire partager au lecteur cette sensation et cette émotion» l’espère) en faisant le rangement dans la cuisine.Cette lame de désespoir ne réussira pas, je le jure, à m’engloutir».(1) Cette sensibilité a fleur de peau est partout présente dans les écrits de l’auteur de Mrs Dallouiay.Le travail de la r o m a n c i è r e consiste justement à traduire le frémissement de la vie.Il n’y a pas a proprement parler de psychologie dans sa manière.Les personnages ne sont pas décrits selon une logique rigide.Ci' sont plutôt des instants de vie, intérieurs ou non, qui nous sont proposés.Dans La chambre de Jacob, l’un des romans que présente celte édition, le personnage central nous est surtout connu par les observations des gens qui l’entourent.Nous le suivrons ainsi de sa naissance à sa mort.Pierre Nordon a raison d’écrire: «On pourrait presque dire (dans le cas de Woolf) que le rôle de l’écrivain s’;i|)-parenle a celui du médium, car il s’efforce de faire partagerai! lecteur cette sensation et cette émotion».C’est ainsi que l’oeuvre est résolument moderne.Le monde décrit n’a plus pour nous aucune réalité, il s'est écroulé comme les autres, reste le regard de l'écrivain qui nous est bien contemporain.Si j'ai évoque plus haut le côté déroutant de la plupart des romans de Woolf, c’est surtout à cause de la multiplicité des personnages.Beaucoup d'entre eux sont parfaitement insignifiants et se livrent à un babillage incessant.Par une sorte d’osmose, dont le génie de la romancière fournit l’explication, le lecteur s'imprégne pourtant de la gravité d'une vision du monde.Woolf ne décrit |>as des actes, elle évolue entre les actes.On nous soumet ici de nouvelles traductions, a l'exception toutefois de celle des Vagues, dont Marguerite Yourcenar s’était occupée au milieu des années 30.De certaines d’entre elles, on a dit que toutes fidèles quelles sont au textes originaux, elles n'en seraient pas moins écrites dans un style souvent laborieux.N'ayant relu pour les fins de cette chronique que Les vagues, La chambre de Jacob et des nouvelles que je ne connaissais pas, je n'en saurais trop juger.Ln revanche, il est évident que ce livre compact peut servir d'excellente introduction aux principaux écrits de cet écrivain qui souhaitait utiliser le terme d’élégie pour qualifier ses entreprises romanesques.«Fl tandis que j’essaie d'écrire, h' voyage au phare se construit dans ma tête.( )n entendra la mer tout au long du livre».(2) Lire Virginia Woolf, c’est accepter de voir et d’entendre d’une façon troublante."Un suspense extraordinaire!" Henri Tranquille Mariage à Hollywood Venez rencontrer l'auteur Marc-André Poissant samedi, 9 octobre de 14h ù 16h Prix en vigueur jusqu'au 15 oct.93 La putréfaction des sentiments Un monde d’émotions LES JOURS NE S'EN V0N1 PAS LONGTEMPS Angelo Rinaldi Editions Grasset 1993,313 pages.¦* ROMANS El NOUVEILES Virginia Woolf Préface notices et notes de Pierre Nordon.Le livre de poche, collection Poehotlièque», 1233 pages.( 1 ) Journal, t.S.éditions Stock (2) Journal, t.5.éditions Stock.Un bel ouvrage d’écrivain proustien qui déploie avec une préciosité énergique, et un cran de grand sophistiqué de la plume, son talent frondeur et maniaque.Ce roman commence comme chez James Hadley Chase, par un constat de meurtre, lin homme est entré dans l'appartement d’un ami de jeunesse et le trouve recroquevillé sur le tapis, le corps troué de balles de révolver.«Donc, il était mort.»; c’est la première phrase, la plus courte du roman sans chapitres qui nous emportera illico du polar à la fresque mémorielle, de James Hadley Chase on passe à Marcel Proust dès lors que le narrateur (l'homme qui entre et constate) s'attarde calmement a observer les motifs de camélias tachés de sang dans le tapis de laine rose et noir, un tapis dans le goût chinois qu'il juge trop neuf d’aspect pour notre pas une copie.Avec Angelo Rinaldi aucun polar ne tiendra plus d'une phrase, évidemment.Voila qu’il pose l’amorce et la conclusion (donc, il était mort) dès le début de ce faux polar qui est une vraie entreprise d’écriture, comme la première et la dernière phrases d’un roman entre lesquelles il place l'essentiel, son écriture discursive et ombragée, rose et noire, une littérature pure où le narrateur - et l’observateur du narrateur - rêvasseront dans un monde de souvenirs, tout temps aboli, dans le sillage du grand modèle, Proust, dont Rinaldi, qui ne s’en cache pas, et qui en a les moyens, va jusqu'à emprunter la tactique de la détonation, vous savez cette petite madeleine.le pavé inégal, un regard, toutes ces choses qui ébranlent la mémoire assoupie et la mettent en action, dans un souvenir précis, de lieu, d’odeur, une impression, une scène vécue que l’on revit en un éclair intense et que Rinaldi vous cisaille dans ses moindres détails.Les Jours ne s'en vont pas longtemps, beau titre insensé et si juste, est un bel ouvrage d’écrivain proustien ou Rinaldi déploie avec une préciosité énergique, et un cran de grand sophistiqué de la plume, son talent d’écrivain qui est frondeur et maniaque, son style qui pour être ouvertement proustien n'en est pas moins d’une élégance et d’un sens de l’énigmatique propres a lui et maîtrisés jusque dans les grands détours et ce rococo sombre de ses plus longues phrases, pour produire un ton unique dans les lettres françaises d’aujourd'hui.Un homme est mort, donc.Assassiné.Qui s'a|> pelait Franz de la Prazière.Son ami qui le découvre, et dont on saura qu’il s'appelle Marc dans une allusion à la page 258, va mener une intense enquête mémorielle autour du corps révolvérisé, en enfilant sur son pouce, son index et le médius de sa main droite trois condoms pour effleurer la tempe du cadavre, fouiller dans ses poches, ramasser un mégot marqué de rouge à lèvres, prendre dans un tiroir quelques photos, tous gestes et toutes choses qui le lanceront a la recherche du temps perdu vers une maison de la rue Gaston-Couvreur ou lui, Franz et sa soeur Ironise, vivaient dans une entente fragile, parenthèse ambigüe et frivole (lui et Franz couchaient avec les mêmes filles dans les mêmes lits les mêmes nuits) qui va se réouvrir toute entière dans la tète de cet homme qui découvre sur ce tapis aux camélias.15 ans plus tard, le corps de Franz, un dimanche après-midi de mars dans un appartement du quartier du Marais où il venait arroser les plantes, ayant rencontré par hasard trois semaines plus tôt cet ancien camarade partant en voyage.Ui rêverie est la dilatation d’une idée vénéneuse, écrivait Hugo.Tout le roman d’Angelo Rinaldi est une illustration de ce pari littéraire ancien et raffine où un écrivain creuse les tranchées d’une mémoire pour affronter le plus tard possible, au bout d'une guerre intime, une vérité qui fera mal.U- polar de Rinaldi a comme coupable, solution de l’énigme, une vérité: celle que Marc a repousse durant 15 ans après la rue Gaston-Couvreur, qu'il repousse accroupi sur le tapis aux camélias, qu’il oublie en retournant dans les distractions malheureuses de son siècle.Une vérité qu'il trouve un an après le meurtre, puisque les jours comme les angoisses ne s’en vont pas longtemps, lorsqu'il rend visite à la soeur de Franz, Louise qu’il a cru aimer pendant l’âge d'or de leur trio, qui vit recluse chez la tante de Ut Prazière, et qui refuse de voir Marc, lui lançant à travers la porte verrouillée de sa chambre une vérité apparemment mélodramatique: s’il n’y avait pas eu de filles dans leur lit, Franz et Marc n’auraient pas eu à sc mentir.1 fans le taxi qui le ramène de l’hôtel des Ui Prazière a la gare, Marc, saisi d;uis ce mélodrame fatal K Il ! K T I K V ! S Q l K ?où ce sentiment a eu besoin de la mort pour s'affirmer, se dira qu’au fond des yeux vides de Franz sur les camélias il aurait pu se voir en sc penchant un peu, amour de sa jeunesse, et il s'avoue 15 ans trop tard qu-il aurait pu avoir une destinée en aimant.une fois, un homme; quand il n'a eu qu'une vie en décevant des femmes, a l'instar de chacun».( )n pourrait, page 310, un instant, être dans un I felly des années 20 ou dans le dernier des drames gay, Rinaldi au moment de l’aveu perdant un peu de sa su perbe, mais ce n’est qu'un moment à passer, deux phrases, une lourdeur, comme la déception lorsque la découverte du coupable met fin a la passion de l’enquête.Hormis cette ombre au final, le Rinaldi nouveau, son neuvième roman, est d'une richesse noire du récit et rose très sombre du style allant vers le vert-de-gris: c'est un voyage inquiétant et attirant durant lequel défilent le temps qui tue la grâce et les ix'rsonnages qui vont sans ticket de retour vers leur décadence, dans la degradation des peaux et la putréfaction des sentiments.voyage |x?rvers mené par une plume qui dessine magistralement ses passagers, des moindres gestes aux intentions les plus enfouies derrière les attitudes.Franz de La Prazière était mannequin dans une agence parce qu’il était beau, qu’on le poussa a ce métier et qu’il pouvait ainsi payer la réfection du toit de l’hôtel particulier de sa famille.Louise, que son père a frôlé de trop près dans le secret des adolescentes, n’aimera personne et s'esquivera a la faveur d’un accident.La tante Mariemaine, cette Mme de Ut Prazière qui collectionne les armes à feu et se scandalise du cadeau des pistolets de Pouchkine que la France fait à Gorbatchev, a droit à des pages dont Proust aurait pu être jaloux.La concierge qui a vu Marc sortir de l’appartement aux camélias dans le tapis, qui est chanteuse de beuglant et comptable d’un cinéma porno, et dont l’utilisation de l'imparfait, ce dimanche de mars-la, passant du thé au cognac, fera comprendre à Marc qu’elle sait tout.Tout ce monde, et d’autres, dont un critique très méchant, très craint, frappé- d'un cancer, souffre-douleur de la patronne lesbienne d'un quotidien jo-vialiste, tout ce Paris de Rinaldi, dont une des intrigues se perd au Passage du Désir dans les hauts de Montmartre, font de ce roman du prince corse de la critique, plume-amiral des pages livres de l’Express, un pavé dans la mare des jury littéraires.Lui qui n’en a jamais eu.de prix, et qui mérite un Goncourt plus que d’autres, l'aura-t-il ce coup-çi?MARGUERITE YOURCENAR : L'INVENTION D UNE VIE Josyane Savigneau, Folio Ie journaliste du Monde retrace pour nous l’itinérai-rc littéraire et existentiel de Marguerite de Crayon-cour, alias Marguerite Yourcenar.Abondante et biqn informée, â mille lieues de la compilation maniaque de chiffres et de dates, chère a l’approche américaine, sa biographie brosse un portrait complice de cette figure importante des lettres françaises, qui fut tout a la fois écrivain, académicienne, nomade de corps et d’esprit, humaniste, traductrice, critique et.femme.On en profitera du même coup pour lire, réédité en folio, l’essai que la grande dame a consacré a Mishima, Mishima ou hi vision du vide, et de ce dernier, toujours dans la même collection, Le soleil et l'acier, la seule confidence qu’ait laissée sur sa formation l’auteur du Pavillon d'oP.EE LIVRE DE JOHN Michel llraudeau, Paint-Romans Coïncidant avec la sortie récente du sobre hommage que Michel Braudeau rend a son père disparu, on réédite en livre de poche Le livre de John, un roman paru l’an dernier et dont on a dit beaucoup de bien à sa sortie.Se souvenant qu'il a déjà été critique de cinéma avant d’etre écrivain, l'auteur de Naissance d’une passion signe ici une sorte de road book dans lequel un excameraman américain s’improvise réparateur de scénario et arpente l'Amérique à la recherche de nouveaux contrats en compagnie du jeune John, le .fils d’une amie qu'il doit initier aux trucs du 7e art et pour lequel il se prendra d’une passion interdite.: • LA PETITE POULE D'EAU, LA ROUIE D ALIAMONL RUE DESCHAMBAULT.CES ENFANIS DE MA VIE, LE IEMPS DE L INNOCENCE VIEUX NEW YORK Edith Wharton, Garnier-Flammarion.Le premier vient de faire l’objet d’une adaptation viscontienne, signée Martin Scorcese.Quant au second, il regroupe quatre courts romans où Wharton se livre à une minutieuse étude des moeurs de la faune aristocratique new-yorkaise du siècle dernier.Une plongée satirique au coeur d’une Amérique aveugle et arrogante, où la morale est sans cesse sacrifiée à l’apparence.Alain Charbonneau AiabiiL’IU’ Ro\ c ci de t|iu i hantait CEI ETE QUI CHANTAIT.BONHEUR D OCCASION Gabrielle Roy, Boréal Compact Boréal poursuit cet automne la réédition de l'ensemble de l'oeuvre de (labriolk* Koy dans sa col-lection de format intermediaire Compact.Après la publication de La détresse et l'enchantement et l)c quoi t'ennuies-tu.Eveline?, voici donc six romans parmi les plus importants de Roy.qui nous promènent de la rue Deschambaull à la route d'Allamont, de St-Boniface à St-Henri, et des berges du Sl-Uiurent aux régions sauvages du Manitoba.Chaque livre offre en complément une chronologie de la vie de l'auteur, ainsi qu'une biographie succincte des prind-pales études consacrées à l'oeuvre.* é .Une histoire d’aujourd’hui, une histoire d’amour f#qui se déroule entre Paris et Montréal, et oij séduction est synonyme de mystère.UN S1NC.F M A PARU 1)1 TOI Boréal ft I > U t» \ r h I98 pages • 18,50 $ LIBRAIRIE HERMÈS 1120, ave.laurier ouest outremont, montréal tél.i 274-3669 télec.: 274-3660 I'> 1 I I I» I v il I I! , I I.S S A M K I) I !» K T I) | NI \ \ ( || K | o u c r n |{ li !¦: I il «I :( V R E S POÉSIE Du partage au passage AU PETIT MAIIH Jacques Brault ‘ et Robert Melançon Montréal, I.'Hexagone, «Poésie», 1993.LUCIE H O U KASSA A u petit matin, tout s’ouvre.C’est Te moment où, non encore captif fies choses à faire et des autres à satisfaire, on peut se contenter d’êt’rè, et ainsi échapper à soi, pour rfilè’ùx voir, sentir, entendre.C’est le moment où «sous la pluie / le pavé luisant / fait des moires».Hails le livre de Jacques Brault et Robert Melançon, on trouve cette disponibilité du regard, qui fait que tel1 aspect du monde ambiant peut sé Réfléchir dans un pavé, et celui-ci se mettre à onduler pour aussitôt en refléter un autre.Au petit matin s’inspire libre-inéiit de la forme japonaise du haï-kaf-renga, fondée sur une succession de courts textes versifiés.Des nombreuses règles «parfois traeas-sièrés», Brault e.principe d’alternance: chaque strbphe y est à la fois un poème autonome, un maillon attaché à la précédente ou à la suivante, et un élément d’un long cycle.L’alternance a d’ailleurs conditionné toute l’écriture^,puisque les auteurs ont échangé itrfcahier dans lequel ils écrivaient à tour de rôle une strophe.Le caractère concis, instantané et dépouillé des poésies japonaises a attiré plusieurs poètes québécois, à commencer par Jean-Aubert Loranger, au début du siècle.Mais c’est la première fois, à ma connaissance, quest tenté le parti du renga.ce jeu de la multiplicité dans l’unité, de la rupture dans la succession.fait?Ce que l’on voit et sent chaque jour, dans la ville surtout, Montréal en l’occurrence, que le poènv nomme de temps en temps av • son fleuve, ses rues , son mont: cela va des maisons aux enseignes, mais aussi du ciel à la Entre les strophes, la relance est si bien assurée que l’on ne sent pas du tout la présence de deux plumes individuées, distinctes, mais celle d’une troisième voix.Et cette relation, réussie, entre l’instant et la durée, constitue l’un des intérêts majeurs du recueil.Chaque strophe déploie un microunivers.centré sur le dehors observe, sur l’observateur ou sur leur in- 10e SALON DU LIVRE ANCIEN de Montréal f.teraction.De l’une à l’autre, le blanc ménage un saut, une respiration, tandis que la reprise d’un thème, d'un élément sonore, d’une tournure, crée un passage, rappel du passé et relance vers autre chose: «On pressent le soir / le ciel a pâli / au bout de la rue / Quel pressoir bientôt / au-dessus des toits».Le renga commence et s’achève au petit matin, formant un cycle complet du jour et de la nuit.Scandé à l’occasion d’indications temporelles, le poème semble composer une narration sans histoire, ou alors présenter, au fil des heures, une série de détails entourant une histoire non racontée.Si bien que le lecteur est arrache à la sienne, sans entrer dans celle d’un autre en particulier, et qu’il peut ainsi sentir le pur passage, celui que les aphorismes de Basho, placés en tête et en fin du livre, signalent comme seule demeure: «Du voyage fais ton gîte».Passage, partage.Entre les strophes, la relance est si bien assurée que l’on ne sent pas du tout la présence de deux plumes individuées, distinctes, mais celle d’une troisième voix, «anonyme», comme le disent les auteurs dans la préface.En fait, le partage de l’écriture fait un poème qui n’est ni épanchement d’un moi, ni construction d’un bel artefact sans voix; ce texte échappe ainsi à une fausse opposition forme-expressivité qui a beaucoup marqué notre poésie depuis 20 ans.Tant les deux «moi» que l’objet de langue (pourtant bien ciselé) se laissent oublier, au profit d’une expérience de contemplation active, de visions inusitées nées du croisement de deux regards qui se laissent altérer l’un par l’autre.Qu’est-ce qu’on y voit et sent, au pluie, du moineau à la corneille.Rien de plus, mais aussi, beaucoup plus.D’expériences qui pourraient être à tous et de tous les jours, de mots qui sont à tous et de tous les jours, le poème crée une étrangeté, non pas inquiétante (comme celle dont p a r 1 ait I'reud), mais familière, tel ce lever du jour: «La barre de lumière / là-bas s’allonge et suinte / comme une vieille cicatrice / soudain se découd».Sans doute cela est-il dû à la grande unité et simplicité apparente de la langue, qui fait oublier quelle est également dense, savante et extrêmement diversifiée.L’amateur de poèmes vaguement doublé d’un grammairien reconnaîtra, transformés ou non, des tours de parole qui ont marqué la poésie depuis des siècles — rimes diffuses, inversions, invocations, jeux de vers, figures; il reconnaîtra surtout, ce faisant, les lecteurs passionnés que sont les auteurs eux-mêmes.Brault et Melançon ne poussent pas plus la langue dans ses derniers retranchements qu’ils ne la nient.Ce n’est pas seulement dans le choix du renga que leur art rappelle l’Orient: leur maîtrise artisanale, assumée et dépassée, évoque celle de l’estampe, où chaque peintre devait connaître un réservoir commun de motifs, coups de pinceaux, etc., pour le remanier à sa façon et ainsi offrir un art à la fois lisible, impersonnel et singulier.Et il ne faut pas penser qu’ici la sobriété rime avec l’austérité ou la neutralité, non plus que la simplicité avec la naïveté.Le propos sait se faire grave lorsque nécessaire: «Quel est ce silence / plus lourd que tout l’univers / qu’on sent coulter en soi».Mais le renga est «volontiers ludique», et à deux, on joue, on se déleste.On laisse monter l’humour: «Avec / un air de campagne citadine/ se dandine circonspect / un moineau tige dia-mantine / au bec».Pour un peu, on dirait une comptine, et voici en effet, plus loin, l’imaginaire d’enfance qui affleure: «La grande sorcière / de la nuit enfourche / son balai sous l’oeil / roux des loups-garous».Li magie opère, mais pourquoi?Peut-être parce qu’il s’agit de la fausse naïveté de qui sait, sans illusions, mais ne refuse pas, au petit matin, de se lever pour y voir neuf: «Cueille mon âme / cueille ce petit jour / qui s’attarde / encore/un peu».NOUVEL EMPLACEMENT HOLIDAY INN CROWNE PLAZA 420 Sherbrooke ouest, près Bleury aujourd'hui et demain 9 et 10 octobre (de 11 à 17h Grand choix de livres épuisés et rares, illustrés, premières éditions, belles reliures, cartes, estampes, etc.ADMISSION :4,00$ li] DEVOIR - C.L.A.Q, T .v- A> CHEZ * W EST-SELLERS ' r>.» t le \Parchemin == ROMANS QUÉBÉCOIS 1 If COEUR ÉCLATÉ, de Michel Tremblay - léméac 2 L’HOMME INVISIBLE À LA FENETRE, de Monique Proulx - Boréal Seuil 3 L’AVALEUR DE SABLE, de Stéphane Bourguignon - Québec Amérique 4 LA LOVE, de Louise Desjardins - Léméac 4T ESSAIS QUÉBÉCOIS I LA DÉROUTE DES SEXES, de Denise Bombardier - Seuil 2 LE CATÉCHISME DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, collaboration - C.E.C.C.3 L’ALLIANCE DE LA BREBIS, de Gabrielle Lavallée - J.C L «r ROMANS ÉTRANGERS I LE MAITRE DES ILLUSIONS, de Donna Tard - Plon 2 UN JOUR TU VERRAS , de Mary Higgins Clark - Albin Michel 3 JESSIE, de Stephen King - Albin Michel 4 LE PARC JURASSIQUE, de Michael Crichton - Robert Laffont w ESSAIS ÉTRANGERS 1 BACKLASH LA GUERRE FROIDE CONTRE LES FEMMES, de Susan Faludi - Des Femmes 2 DIEU ET LES HOMMES, de l'Abbé Pierre et Bernard Kouchner - Robert Laffont 3 LES HOMMES ET LES FEMMES, de Françoise Giroud et Bernard Henry Levy - Olivier Orban «T LIVRE JEUNESSE 1 CAILLOU, LE PETIT POT, de Hélène Despuleau» el Joceline Sanschagrin - Chouette «r LIVRES PRATIQUES I POUR RÉUSSIR LE 1EST DE FRANÇAIS ÉCRIT, de Monique Desnoyers - Du Irécarré 2 L’ART D’ÉCRIRE, de Pierre Tisseyre - Pierre Tisseyre W COUPS DE COEUR I LA FIRME, de John Grisham - Robert Laffont Mezzanine, station Herri-Uqam Montréal, H'1.r>-,r>g'l.'t ESSAIS (i U É B É cois \ A la mode de chez nous Un bilan du nationalisme à la veille des élections HISTOIRE DU NATIONALISME QUÉBÉCOIS Gilles Gottgeon (Entrevues avec sept spécialistes), VLB et Société Radio-Canada, 171 p.L’entrée «nationalisme» du Dictionnaire des citations françaises de Larousse se pare d’un seul exemple, tiré d’Henri Barbusse: «Combien de crimes dont ils ont fait des vertus en les appelant nationales!» Dans «La nouvelle trahison des clercs», Trudeau disait à peu près la même chose quand il rendait responsable des guerres le nationalisme des États.Barbusse était un écrivain communiste, Trudeau un homme d’État fédéraliste.Autres temps, autres mœurs.Dans le fond, peut-être que, comme la fille de la chanson de Michel Rivard, le nationalisme n’est jamais â la mode, et jamais démodé.Un défi de taille L'Histoire du nationalisme québécois de Gilles Gougeon constitue l’intégrale des entrevues réalisées avec des historiens dans le cadre d’un documentaire en quatre parties diffusé à l’émission «Le Point» de Radio-Canada en janvier 1992.Je n’ai pas eu l’occasion de voir le documentaire, j’ai donc lu ces entrevues en faisant abstraction de leur contexte télévisuel.Évidemment j’ai pensé aux séries «Le 30-60» et «Le 60-80» sur l’histoire de la Belle Province qui avaient fait les beaux jours de Radio-Québec il y a quelques années, et à partir desquelles Paul-André Linteau, René Du-rocher, Jean-Claude Robert et François Ricard avaient tiré une exemplaire Histoire du Québec contemporain en deux volumes.Lxi comparaison est un peu boiteuse, toutefois, les moyens de M.Gougeon étant plus limités.Brosser un tableau de la question nationale québécoise de 1759 à nos jours en moins de deux cents pages représente un défi de taille, ne serait-ce que d’un point de vue didactique.Pour relever ce défi, donc, l’homme au noeud papillon a interviewé sept universitaires dont la spécialité correspond à une époque donnée de l’histoire du Québec.Les bornes historiques ne réservent ici aucune surprise: la Conquête (si paradoxalement nommée), la Confédération, la première crise de la conscription, les années trente, l’ère duplessiste, et la Révolution tranquille jusqu’à aujourd’hui.Pour choisir ces experts, M.Gougeon s’est lié à un prof d’histoire de 1TJQAM.Résultat: quatre experts viennent de l’UQAM, deux de l’Université Lival et le dernier de l’Université de Montréal.De deux choses l’une, ou bien la représentativité n’était pas le souci majeur des concepteurs de cette série, ou bien l’UQAM est devenue la Mecque de l’historiographie québécoise.Dans un même ordre d’idée, en attribuant à chaque spécialiste la responsabilité d’une période bien délimitée, on évite toute confrontation sur l’interprétation des événements ou sur le sens général de l’histoire québécoise.Ce que l’on a, c’est un mouvement plutôt linéaire qui trouve son origine dans le nationalisme «canadien», de type territorial, son Histoire du nationalisme ]uébécois pécialist,*s vues ava trlb *ii tour moyen terme dans le nationalisme «canadien-français» défensif et conservateur provoqué par l’Union et la Confédération, c’est-à-dire la mise en minorité des «parlants fran-; çais», et son aboutissement dans le nationalisme «québécois» de l’ère contemporaine.Ce que l’on a égale-1 ment, c’est une histoire des national listes plutôt qu’une histoire du natio-> nalisine.Jules-Paul Tardivel, «le pre> mier séparatiste», Honoré Mercier) I lenri Bourassa, Lionel Groulx, Main rice Séguin, «le théoricien du mou* veinent indépendantiste contempo* rain», Georges-Émile Lapalme et René Lévesque - ces deux derniers ayant récemment été l’objet de colloques à.l’UQAM - dominent la scè^ ne, laissant dans l’ombre certaines questions plus théoriques comme le rapport du nationalisme aveo d’autres systèmes idéologiques, ou alors plus vastes.Sauf dans le cas des Patriotes qui furent, on le sait, inspirés par la Déclaration d’indépendance des Ltats-Unis, aucun lien avec d’autres nationalismes n’est tracé.I Ine façon de comprendre le présent Malgré les quelques défauts que je viens de mentionner, Y Histoire du nationalisme québécois se présenté comme une bonne introduction à l’évolution du «sentiment national» au Québec.Dans le contexte électoral actuel, sa lecture met aussi en évidence quelques leçons histoT riques.Il n’est pas vain de se rendrd compte, par exemple, que la méfiance généralisée des Québécois envers l’État ne date pas d’hier et que, saut pour l’époque de la Révolution train quille, elle est même, l’Kglise aidant; un trait marquant de notre histoire politique et intellectuelle (la penséti de Lionel Groulx, avec son insistant ce sur le rôle de l’Etat, ne coïncide toutefois qu’en partie avec cette ten* dance).Par ailleurs, si l’on acquiesce à l'affirmation de Richard Desrosiers selon laquelle il y a une constantq dans l’histoire du peuple québécois; soit «un questionnement sur le lien avec le grand tout canadien», la présence du Bloc québécois à Ottawa est dans l’ordre naturelle des choses constitutionnelles.Enfin, pour expliquer l’attrait exercé par le fascismé et le corporatisme des années trente auprès des Canadiens français, Robert Comeau lie le succès des Franco, Salazar et Mussolini à la solution simple qu’ils avaient proposée pour endiguer le chômage et la crise économique, une solution a deux volets: la construction d’autoroutes et l’industrie de l'armement.C'était un volet de plus que le programme électoral de Jean Chrétien.\?l> l pages Psychosociologue, Roger Fessier organisait durant l’hiver 1987 un sémi naire multidisciplinaire sur le couple el son avenir dont les travaux ont inspire cet ouvrage.I In ouvrage intéressant, bien documenté, qui conclut que «peu importe la lorme que prendront dans l’avenir les institutions matrimoniale et familiale, une chose demeure certaine: la vie à deux représente une situation complexe ou devraient se risquer que ceux et celles qui, mo (lestement, acceptent de s’ouvrir aux changements et a l'apprentissage».Rrnrr Rouan l CLICHE REPETE A ECLAIRAGE I1IFFEIIII ^ i K i> i; v 0 i it S A M i: I) I !» I I l> I M A \ ( 1 II (III I !l !l I) .) V I! E $ -AM I.I I I É K A T l! R E Q II É B É C O I S E La crise et son récit GEORGEIIE DE BAIISCAN Jean-Paul Fugère, roman, triptyque, 1993, 193 pages Depuis une dizaine d’années, chercheurs et écrivains pensent souvent aux années 1930.On y retourne pour mieux comprendre la crise de notre époque, pour le constater, de colloque en roman: celle qui prend des allures de revenante n’est jamais la même.Voyez par exemple ce que Bernard, le discret (larrateur de Jean-Paul Fugère, rappelle: -Au cours de ces années sombres, le ciel offrait la jteule issue.On multipliait les gestes pieux: neu-vaincs, retraites, chemins de croix, pèlerinages.Bernard ne peut dire combien de fois il s’est rendu à l’oratoire du mont Royal avec sa parenté d’ici ou de Batiscan.Saint Joseph semblait plus attentif que les grands aux misères du monde.On y montait à pleines paroisses, dans un esprit de dévotion et de pique-nique, et, dans un monde affreusement bouché, avec toute l’espérance de la foi et l’optimisme de la Bolduc, (p.53) Le porte-parole narratif, se souvient de l’époque où le Ciel commandait encore à la Cité, au bon temps du frère André et du jeune Duplessis, ou la prière emmêlait facilement la litanie et la turlute, les rituels et le pique-nique.Aujourd’hui, alors que le plein air offre ses rituels au Dieu du sport et trouve ses bénédictions dans la météo, il sait que la Cité reprend tout de même les refrains de la grande Dépression.D'où les rappels historiens et ironiques, \jç discours libéral (de Godbout) disait déjà: “Ce qui importe par-dessus tout, c’est d’élire les libéraux qui rendront a l’ouvrier sa légitime fierté d’avoir gagné lui-même son pain à la sueur de son front».(183).Celui de Duplessis (et de sa future Union nationale) plaidait pour «la patrie», «la cause des vieux qui ont été sacrifiés» et «la cause desjeunes (.) outrageusement trahis».Elire Duplessis, c’était même, selon Paul (iouin, préparer l’indépendance.En ce temps-là (comme disait alors notre maître-livre), on se répétait.Déjà.Mais si, à soixante-dix ans, l’«écriveux» de ce roman donne ainsi une autre vision des années du Secours direct, c’est surtout pour se souvenir de sa chère marraine, Georgette la «gorgeuse» (en fait: «gorgeous») à qui le nom du village natal porté en titre donne une noblesse de carnaval.Il imagine la sensualité de la paysanne de 15 ans dès sa venue à Montréal-en-ville, alors quelle devient pensionnaire chez sa soeur (la future mère de Bernard), 11 la suivra ensuite dans sa vie plutôt libre d’amoureuse, du Il faudrait remercier ceux qui comme Jean-Paul Fugère nous redonnent notre réalité à travers le prisme de la fiction.ménage à trois (formé avec son mari et l’ami à consoler, par fidélité conjugale) à la manufacture de l’«ami» Saul; ou à la permanence d’un candidat montréalais à la députation provinciale, en 193(1.Mais se souvenir ne va pas toujours de soi: le narrateur hésite au début et continuera de se situer en retrait, se cachant derrière la troisième personne du pseudo narratif.Plus encore: cette attitude s’accusera encore dans le refus du passé simple, ce présent du récit traditionnel.On aura donc toujours du passé composé, comme pour se faire dire que l'on est toujours dans l’après-histoire.C’est que le rapport à sa belle toutoune de marraine a évidemment quelque chose de gênant pour Bernard: il a dormi avec elle jusqu'à l’âge de neuf ans.C’était en tout bien, tout honneur, comme on savait le faire à l’époque où la promiscuité avait d’autant plus de pudeur, mais comment le dire à la lectrice d’aujourd’hui, à Solange, la fille de Georgette, dont le narrateur a fait.sa filleule?Ainsi va ce roman pudique et prudent, bien documenté, dans une évocation des années 30 comme nous n’en avons guère.Qui a raconté concrètement les années de la «Crise», sans évacuer l’Histoire?Sûrement parles Jovette Bernier (La chair décevante, 1931) et Rex Desmarchais (L’initiatrice, 1931) chez qui le péché de la chair, en fait celui du réel, de l'incarné, rendait vite fou ou faisait symboliquement mourir.Même Les Demi-civilisés (Jean-Charles Harvey, 1934) se consacrent d’abord à la crise «intérieure».Il faudrait remercier ceux qui comme Jean-Paul Fugère nous redonnent notre réalité à travers le prisme de la fiction.Dans une oeuvre qu’il façonne depuis bientôt 30 ans (Les terres noires, 1965), le réalisateur pionnier de Radio-Canada continue, avec ce sixième roman, d'exploiter un filon qu’on dira sans doute autobiographique.Mais pourquoi s’y objecterait donc?N’est-ce pas la matière première de l’écriture?Israël est-il un État comme les autres?« REPENSER ISRAE1 Morale et politique dans l'Etat juif Autrement, No 70, Septembre 1993, 193 pages JOCELYN COUPON LP Etat juif attire, fascine, re-’ pousse, désoriente», constate la note de l’éditeur.Et pour cause.Personne ne peut rester indifférent à ce pays et aux événements, intérieurs et extérieurs, (pii façonnent chaque jour son destin depuis 45 ans.Pour certains, il s’agit d’un modèle politique, social et moral dont la défense justifie bien des excès.Pour d'autres, il est l’incarnation du mal, du corps étranger en Orient, de l’Etat arrogant et conquérant qui opprime un peuple.Ces jugements sont de l’ordre du «mythe et du fantasme», écrit, avec raison, Ilan Greilsammer qui a eu l’idée de réunir les textes de Sept personnalités israéliennes de tendances diverses qui tentent une réflexion d’ensemble sur la société israélienne et la place de l'Etat juif dans le monde.Au moment, où, au Proche-Orient, Israéliens et Palestiniens signent la paix, ce numéro de la revue Autrement est d’une actualité immediate.Tous les textes de ce livre ont comme point central le questionnement moral de la réalité sociale et politique d’Israël.Chaque auteur y va de son interprétation qui ne plaira pas à tous, tant le sujet est émotif et chargé de souvenirs cruels et douloureux.Greilsammer ouvre le débat par un long texte sur la société israélienne d’aujourd’hui.Tout y liasse: la condition des femmes, le sort des Palestiniens, la corruption politique, le fanatisme religieux, l’armée, etc.L’auteur rappelle que si la sécurité d’Israël est une préoccupation qui unit fortement le peuple juif, celui-ci n’est pas une masse uniforme de gens sans état d'âme.I.a société israélienne est traversée de courants extrêmes qui vont des Juifs prônant la destruction d'Israël à ceux qui militent pour un Etat largement ouvert I.I T T E R A T II R E E II N E S S E La courte échelle, du berceau au cégep GISÈLE DESROCH ES \ Pour sa production d’automne, \a courte échelle a choisi d’ajouter des titres à chacune de ses collections, favorisant ainsi tous les âges de son public lecteur.Quand on aime, à sept ans, 10 ans ou 13 ans, un héros ou une héroïne, on ne les lâche pas si facilement! Souvent, on a dévoré toute la série et on est affamé de nouveautés.Si la maison d’édition n’avait, jusqu’à maintenant, rien à offrir aux moins de trois ans, elle s’attaque désormais à un public de plus en plus réceptif aux livres: les bébés (à partir de neuf mois).Roger Paré (auteur-illustrateur de la populaire série Us plaisiis) signe les deux premiers titres de cette toute nouvelle collection de bébes-livres Des mots en images: Un éléphant et Un chat.A chaque page s’ajoute à l’image précédente un objet que l’on découvre comme une surprise et que l’on nomme comme un jeu après avoir repéré tous les objets des pages précédentes.Le livre est solide et joli, lx concept offre plusieurs possibilités (jeux d’observation, vocabulaire, mémorisation.).1rs illustrations sont simples, espiègles et fantaisistes.(4,95 $ chacun) Du côté des albums.Le père Noël, le 13e de la série Jiji et Pichou (dont le succès ne se dément pas depuis 1976), est à la fois magique et suave.Pour éviter que le Père Noël ne reste coincé dans la cheminée.Jiji décide de l'attendre dehors, la nuit de Noël.1rs illustrations sont pleines d’atmosphère et de rêve.I.'ouragan, le petit dernier de la série Drôles d'histoires, énumère les catastrophes déclenchées par Thomas, un jeune garçon rapide comme un ouragan.Le succès de la série contribuera sans doute à masquer la faiblesse d’un texte répétitif et collé aux illustrations.Pour les sept à 10 ans, trois Premiers Homans.Ixs fervents de Marie-Francine Hébert seront ravis de ce nouveau Méli-mélo.Un crocodile dans la baignoire est aussi frais, fantaisiste, cocasse que les précédents et beaucoup moins anodin qu’il n’y paraît: il y est question d’affront, d’intimidation, de vengeance.Quant à Louise Leblanc, elle a choisi de nous emmener à Paris.Sophie part en voyage est un texte vif, sautillant et piquant comme les sauces nord-africaines que Sophie découvre là-bas.L’auteure réussit à y aborder le thème de la liberté de façon tout à fait pertinente.Sonia Sarfati propose une deuxième aventure de Raphaël et Myriam: Chalet, secret et gros billets.C’est un policier sans police (tout se passe entre enfants), simple et souriant.Le suspense y est bien mené et comporte de nombreux rebondissements.Les lecteurs et lectrices de neuf à 12 ans, familiers de la collection Roman Jeunesse, feront sans doute un accueil enthousiaste à Faut-il croire à la magie?, de Sylvie Desrosiers.Cette rocambo-lesquc aventure de Notdog, le chien le plus laid du village et des Inséparables, est à mon avis, la plus réussie de la série.Les blagues fusent, le ton est joyeux, les quiproquos folichons, et certaines scènes sont tout à fait irrésistibles.Une autre histoire de détectives, Des crayons qui trichent, aux allures plus réalistes, et à l’humour plus grinçant, connaîtra peut-être la même popularité, malgré la faiblesse du scénario et la confusion du récit.Quant aux deux nouveaux titres de la collection Roman + destinée aux 13 ans et plus, ils s’inscrivent tous deux dans la tradition des romans miroirs, avec peut-être un petit quelque chose de moins banal.L’un, L’emprise de la nuit, met en scène un jeune héros noir (enfin!), à la recherche de son frère (noir aussi, bien sûr), perdu quelque part dans la violence et la nuit de Montréal.Une sorte de Stephen King, sauce créole, servi à la montréalaise.Dans l’autre, Un vent de liberté, c’est le cadre qui nous sort de l’ordinaire.L'héroïne, Anna, secouée par les paradoxes de l’adolescence, vit sur une île quelle trouve bien petite pour sa soif de liberté.Elle est à la recherche de son grand-père disparu, un être extraordinaire, «croisement de Mary Poppins et de Schtroumpf farceur».Et elle a une amie noire (décidément, ça devient politically correct!).La courte échelle étend maintenant son influence, grâce à l’ensemble de ses collections, depuis le berceau jusqu'au Cégep.Il est incontestable que sa popularité a contribué et contribue encore à développer des habitudes de lecture chez les jeunes.Elle est désormais une institution incontournable.Il reste à souhaiter que ce leader de la littérature pour la jeunesse n’en reste pas là et offre à lire des textes différents, plus exigeants, des approches et des genres autres pour élargir maintenant les horizons de celles et ceux qui ont découvert le plaisir de lire.L SUITE DU GRAND CLASSIQUE ET BEST-SELLER 350 pages — 25,95 $ : L autxz nuit 396 pages — 25,95 $ Albin Michel aux Arabes.Entre ces deux options, la majorité des Israéliens tentent une réconciliation qui n’est pas toujours aisée, la religion, l'histoire, l’expérience brouillant les cartes.Et quels bons exemples pour illustrer ces tourments que les textes de A.B.Yehosluia et 1 laim Gouri et l'entrevue avec Yeshayahou Leibovvitz sur les droits moraux des Juifs sur la terre d'Israël.Celui du grand écrivain Yehosluia est certainement le plus controversé et le plus troublant.Démolissant un après l'autre les arguments religieux, territoriaux et historiques des prétentions juives sur la terre d’Israël — qui reçoivent un large appui auprès de la population — il souligne que le seul argument moral qui justifie l'etablissement d’un Etat juif, est celui du droit de survivre.Un argument que plusieurs trouveront fragile face à la determination des ennemis d'Israël.IJaim Gouri réplique, sans chauvinisme, «qu’une grande partie de la population vit selon des critères moraux, alors même qu'elle se trouve aux prises avec un conflit destructeur, face à un ennemi cruel et dépourvu de toute considération morale».Ce n’est pas l'avis du professeur Leibowitz pour qui il n’existe aucune différence d’ordre moral entre Juifs et Palestiniens.Si tous les auteurs s’entendent pour trouver une solution — territoriale — au problème palestinien, il semble qu’aucun d’entre eux n'est encore le courage de démolir le mythe cpii veut qu’lsraël soit jugé plus sévèrement que les autres pays.Israël est un pays démocratique et est juge comme tel.On attend d'Israël qu’il se comporte non comme l’Irak ou la Birmanie mais comme l'Etat légaliste qu’il si; proclame.; lin ce sons.Israël est un Etat comme lçs autres, c’est-à-dire comme les aqtçpfc nations occidentales, -, Les auteurs se plaignent qu’lsraël a mauvaise presse et qu'un crimp,is-; raéüen fasse une manchette atqrs que les crimes des autres «sont panses sous silence».Cela est faùjx,.D’abord, lorsque des terroristes .fcajfc pent en Israël, la presse mondiale,en parle alors que les représailles israéliennes sur des camps au Sud-Ijban, qui causent plus de morts et de f)nfr truction, ne font jamais la manchette.Ensuite, les Etats occidentaux subissent tous les critiques de la pre/fôÇ lorsqu'ils s’attaquent aux «faiblpsm les Américains vilipendés en Irak,ou en Somalie; les Canadiens face aux Autochtones; etc.Enfin, les méi^ts ne sont pas pro-arabes.Bien,qiçi, contraire.Israël jouit là d’un capital de sympathie important.St un concurrent annonce un livre à un prix inférieur que le Parchemin, nous réduirons ce prix de S^Vo : B® ’ le Parchemin :•(! AJ ¦ REDUCTION SUR ECUS NOS LIVRES A L'ANNEE - Tél.: 845-5243 détails en magasin à l’intérieur de la station Métro LSsJ Berri-UQAM * Sur presentation d’une prouve 'ors do I achat Lives en librm m l’Hexagone 1953-1993 Quarante ans de littérature fête ses 40 ans ! La quinzaine de l’Hexagone du 15 au 31 octobre 1993 .A Montréal, Québec et Trois-Rivières Débats, rencontres, entretiens publics, séances de cinéma, soirées de poésie En vedette: les auteurs de l’Hexagone Vend - 15 oct 18h Sam - 16 oct 14hà16h Activité • L’UNEQ accueille l'Hexagone Lancement des 12 derniers titres de TYPO Lieu: Maison des écrivains.3492 rue Laval, Montréal Sam - 16 oct L’Hexagone chez Ciiampigny ••La littérature et le marketing font-ils bon ménage?» 14h à 16h Table ronde sur l'utilité de faire une oeuvre littéraire dans un monde de plus en plus régi par la consommation et le marketing.Ecrivains: Pierre Gobeil, Emile Martel, Micheline La France, Jean Royer.Animateur: Michel Guay Lieu: Librairie Champigny, 4380 rue St-Denis.Montreal Dim - 17 oct Café-croissant avec Paul Chambf.rland 1 lh Entretien public de Jean Royer avec Paul Chamberland Lieu: Maison des écrivains, 3492 rue Laval, Montréal La Cinémathèque rend hommage à l'Hexagone 15h La chasse à l'espadon, de Ray Jones / Québec 193 / texte: Gilles Hénault / n.& b./ 9'; Knojouak, artiste esquimau de John Feeney / Québec 1964 / texte: Gilles Hénault 7 c./ 20': Champs d'honneur de Donald Brittain / Québec 1964 / commentaire: Gilles Hénault / c./ 38': Voir Miami de Gilles Groulx / Québec 1963 / scénario: Paul-Marie Lapointe / n.& b./ 30' 18h35 Angkor - Parole d’un empire qui fut de Roger Blais / Québec 1961 / commentaire: Fernand Ouellette / n.& b./ 12’; Vaillancourt, de David Millar / Québec 1964 / commentaire: Fernand Ouellette / n.& b.Y 29': Gaston Miron de Roger Frappier / Québec 1971 / c./ 55' en présence de Roger Frappier qui présentera ^|on film 20h35 Saint-Denys Garneau de Louis Portugais / Québec 1961 / scénario: AnV\e Hébert / n.& b./ 21' Ô Picasso de Gilles Carie / Québec 1985 / c./ SU (distribution: Cinéma'libre) N.B.Louis Portugais et Gilles Carie furent des membres fondateurs des Editions de l'Hexagone.Lieu:*Cinémathèque québécoise, 335 boul.de Maisonneuve Est, Montréal Entrée 4$ pour chacune des représentations , Lundi - 18 oct L’Hexagone À l’Université du Québec à Montréal 13h30 Le discours des poètes — 1945-1970 Table ronde sur ce que notre imaginaire collectif a retenu de la poésie des années 1945-1970.Ecrivains: Michc4 van Schendel.François Dumont.Jean Fisetle.Hugues Corriveau.Animateur: Bernard Andrés Lieu: Studio-théâtre Alfred-Laliberté.UQAM, salle JM400 15h30 Le Discours des poètes — 1970-1990 Table ronde sur l'apport des poètes des années 1970, 1990.Écrivains: Louise Dupré, André Brochu.Pierre Ouellet, Robert Yergeau.Animateur: Paul Chamberland Lieu: Studio-théâtre Alfred-Laliberté, UQAM, salle JM 400 17h Vin d’honneur du recteur de l’UQAM, M.Claude Corbo 20h Soirée de poésie Des poètes de trois générations liront leurs propres poèmes ainsi qu'un texte d'un autre poète de l’Hexagone.Écrivains: Gaston Miron, Paul-Marie Lapointe, Roland Giguère.Michel van Schendel.Yves Préfontaine, Nicole Brassard.Paul Chamberland.Jean Royer.France Théoret, José Acquelin, France Boisvert, Claude Beausoleil.Patricia Lamontagne, Louise Warren.Animateur: Winston McQuade, animateur de Radar à CBF-AM Jeudi - 21 oct L’Hexagone à l’Université Laval à Québec ••La littérature peut-elle se passer d'essayistes?» 16h Table ronde sur la nécessité d'un discours critique et sur l'apport des essayistes à l'élaboration d'une littérature nationale.Écrivains: Jean Marcel Paquette.Marie Andrée Beaudet, Clément Moisan, Laurent Mailhot Animateur: Réal Ouellet Lieu: Université Laval, Québec.Pavillon De Koninck 18h Vin d’honneur du directeur du Creuq, M.Denis Saint-Jacques Vendredi - 22 oct L’Hexagone au féminin chez Renaud-Bray “Qu'est-ce que les femmes ont tant à écrire?» 20h Table ronde sur les préoccupations des écrivaines, leurs motivations Écrivaines: Micheline La France, Lise Gauvin, France Théoret, Louise Warren.Animatrice: Lori Saint-Martin Lieu: Librairie Renaud-Bray, 5117 ave du Parc, Montréal F F F HI NI, EN RAISON DU TEXTE MAL IMPRIME I.i: i) !•: y (i i i! , i.I-: s s ,\ m !•: i> i ti t: r p i m ,\ x c n i: i n o r t o i; it i i ti n :t P ¦ âLÂxüï* ItÊÊf ¦ m J*, ::*mm iW* * Mtm»- z’s.w w AMjWWÆüMiï I kCi yAïiuwiwuî»! «LUI ***»'¦ ¦> " >•».* VINS 1627 $ Le Devoir TOURISME T O U K I S M K / C II K O N I Q l) E Le casino: un attrait de plus NORMAND C A Z F LAIS C’est aujourd’hui l’inauguration du casino de Montréal.A moins de surprises de dernière minute.Avec le jeu, sait-on jamais.L’avènement de tels établissements au Québec aura suscité des débats passionnés.Mais pas toujours passionnants.Et ce n’est pas demain la veille que cela cessera.Lundi dernier, dans les pages du DEVOIR, on pouvait lire les positions diamétralement opposées de l’ancien ministre des Finances du present gouvernement québécois, Yves Séguin, pour qui un casino est «la plus grande folie de l’heure», et d’André Vallerand, actuel ministre du Tourisme — et ex-collègue du premier —.qui affirme, quant à lui, que les casinos sont, entre autres, «un outil de premier choix pour attirer des congrès au Québec».Il suffit d’en parler un peu autour de soi pour constater combien les avis sont partagés sur la question, autant pour des motifs économiques, moraux et sociaux que strictement touristiques.Je ne crois pas, n’en déplaise à certains, que les casinos soient la créature du diable annoncée.Mais je ne crois pas non plus qu’il s’agisse d’une nouvelle pierre philosophale en matière touristique: dans une économie saine et équilibrée — et j’espère que tous nos gouvernants travaillent à bâtir une telle économie —.des casinos, si sophistiqués soient-ils, ne constitueront jamais des locomotives de développement; tout au plus, des wagons à attacher au train.Macau, Monaco, Las Vegas sont des exemples typiques d'économies artificielles où des casinos jouent un rôle prépondérant.Il est vrai par ailleurs qu'ils peuvent participer au développement économique et touristique: le cas de l’Autriche, depuis l’instauration de la société d’état Casinos Austria AG en 1984, l’illustre pertinemment.Dans ce cas cependant, les casinos s’inscrivent plutôt comme des supports efficaces à la mise en valeur touristique de certaines destinations.Il ne faut pas oublier que l'Autriche a voulu à ce propos capitaliser sur sa situation géographique au cceur des Alpes et de l’Europe, a côté de pays riches comme l'Allemagne et surtout la Suisse qui ont volontairement, pour des raisons différentes, limité l’essor et la prolifération de leurs casinos, a côté aussi de pays comme la Tchécoslovaquie et la Hon- l’IlOTO CI' Dis Vegas est un des lieux de prédilection des amateurs de jeu qui profitent de leur voyage pour visiter les casinos.grie qui faisaient, jusqu’à tout récemment, partie de l’orbite soviétique.Mais le succès macroéconomique de ces casinos provient davantage de la décision du gouvernement autrichien d’exporter, si je peux me permettre l'expression, une «technologie»: la société Casinos Austria AG «vend» en effet, clés en mains en quelque sorte, au Kenya, en Argentine, en Russie et à travers le monde, même sur des navires qui sillonnent les mers et grands fleuves du globe, des concepts de casinos qu’elle gère ensuite sur place.Ce qui n’est, pas je crois, dans les intentions du gouvernement du Québec, même si la taille démographique de la province équivaut a celle de l’Autriche.En bout de ligne, il est cependant triste et agaçant qu’une telle importance soit accordée aux casinos: tant pour le tourisme en particulier que pour l’économie en général, ils ne seront jamais autre chose que des outils, somme toute, secondaires.Sinon ils seraient l'expression d’une économie et d'un tourisme fort mal en point.Sans parler des piètres valeurs que pourraient professer notre société.Cela est triste et agaçant car il y aurait tant à faire pour assainir la situation touristique du Québec, tant à faire pour transformer en profondeur ses rouages et son orientation.Par les médias, les intervenants touristiques et le personnel politique se sont réjouis et félicités de la saison exceptionnelle que le tourisme a connu au Québec cet été.L’une des principales causes s’impose d’évidence: les Québécois ont voyagé davantage chez eux.Sera-ce a one-shot-deal ou est-ce que cela durera?Trop de Québécois choisissent encore le Québec comme destination de voyage ou de vacances parce qu'ils ne peuvent aller ailleurs, par défaut en quelque sorte.Et ils n'ont pas toujours tort: en bien des endroits, surtout vu de près, le Québec est laid, mal entretenu, décevant.Souvent, il est également trop cher, eu égard a la qualité du produit offert.Mais, surtout, il souffre d'une faiblesse congénitale: les Québécois regardent systématiquement ailleurs quand ils pensent voyages et vacances.Voyez la Floride, malgré la réputation peu enviable qu’elle est en train de se construire: les Québécois vivent avec elle une espèce de roman d’amour qui relève plus d'une vénération du mythe américain que de l'appréciation de ses qualités propres.Comme en témoignent les snowbirds.ces retraités qui passent assidûment leurs hivers en Moride, cette affection relève aussi d'une profonde aversion, souvent gratuite, envers l’hiver québécois.Intéresser davantage les Québécois à voyager au Québec, améliorer le produit, valoriser l’hiver, développer de nouvelles ressources et de nouvelles compétences dans les pôles principaux et dans les régions, consolider des itinéraires touristiques intégrés, imaginer de nouvelles façons de faire (dans l’axe soins de santé et tourisme, par exemple, ou auprès des communautés ethniques et de couches sociales moins favorisées), développer l'écotourisme et toute la dimension culturelle du tourisme, construire et investir à long terme: il y a tant a faire.Bien plus que de jouer à la roulette! IO PORTUGAL PAYS QUI SE GOÛTE 04 fo r ~lé(Ouvrjr r S'P/es lignée SOf) r^me un arriere-paV^ 6 One Xrr' ^rm de rudes vallonv 0 /».• CELEBRES L’autriche aussi compte sur ses casinos SPITE I)E LA PAGE D 1 ¦ En Autriche Le premier casino autrichien que j’ai visite fut celui de Badgastein dans les Alpes, a la fois station thermale (dont les origines remontent au Moyen Age) et station de sports d'hiver (le ski y est particulièrement grisant).Il venait tout juste d’aménager dans le Grand Hotel de l'Europe, un établissement comme on croit qu’il ne s’en fait plus.Ce fut a Scunnering, Baden.Salz-bourg et Kitzbühel que naquirent les casinos autrichiens en 1984.Le Parti National-Socialiste les lit tous fermer en 1939, sauf a Baden qui cessa ses activités en 1944.Les casinos de Badgastein, Salz- bourget Valden reouvrirent en 1950.| 1 ne histoire troublée donc.Par ordonnance gouvernementale, Casinos Austria AG prit en 1984 la relève de stcrrcicliisclip Spielbanlten AG et administre maintenant douze établissements à Baden, Badgastein, Bregenz, Graz, Innsbruck, Kilzbii bel.Kleinwalsertal, I.inz, Salzbourg, Seefeld, Velden et Vienne.Le gain me de jeux autorisés dans les casinos autrichiens est 1res large, depuis les tables de roulette française et roues de fortune jusqu'aux tables de Red Dog.jeu ruineux s'il en est.Renseignements: Office national autrichien du tourisme, 1010, rue Sherbrooke ouest, Montréal H3A2R7, (514) 849-3709/9577 (télécopieur).LE JEU Les endroits de jeu dans les destinations touristiques ne manquent pas SUITE DE LA PAGE I) 1 ticket aller-retour.À Dis Vegas, dans le désert du Nevada, in the middle of nowhere, les casinos ont fait l'objet d’une tolérance exceptionnelle.Dt Californie, the Golden State, n’était pas loin.Par la route, par le train puis par avions entiers, les joueurs, amateurs et professionnels, y ont afflué.Dans la nuit noire se sont allumées des légions de néons, comme autant de soleils artificiels.Tout y est flamboyant: l'architecture des immeubles, le personnel d’accueil, les drinks gratuits servis aux tables et dans les allées, les limousines sur les boulevards, les stars de la scène qui y font leurs spectacles.Dis Vegas, c’est le triomphe du jeu légalisé dans une société puritaine qui associait — et le fait largement encore — le jeu a la paresse, l'illicite, l’interdit.En un mot, au péché.Souvenez-vous des barbottes du Montréal du vieux temps, des descentes de police dans le Ited Light.Las Vegas, c’est ce jeu «moralisé», encadré dans les limites étroites d'une tolerance battue en brèche par les retombées économiques.Ou leurs promesses.Car tous les casinos, version états-unienne, ne tinrent pas leurs promesses.Allez voir à Atlantic City: plus paumé que ça, tu perds! Ils devaient revamper, requinquer une station balnéaire en décripitude qui allait à vau-l’eau, refaire sa fortune.D' paradis attendu fut un enfer.Même les plus grands amateurs de casinos, le plus souvent insensibles aux ambiances, déclarèrent forfait.En Europe, c’est la Mecque.Les casinos européens, parfois à tort, ont une réputation de classe totale.X' perdre de l'argent est presque un plaisir.Ils sont partout: au Portugal, a Estoril et Caseais, chics stations balnéaires près de Lisbonne, a Dmdres, au Danemark, en France, Autriche, Allemagne, Italie; et aussi dans les anciens pays du Bloc soviétique, en Hongrie, à Moscou, en Roumanie, Pologne, Latvie, Slovaquie, dans la République tchèque.Sauf en Irlande.En Suisse, on n’en parle pas: de l'avis même du gouvernement, les mises autorisées sont insignifiantes.D's casinos ont essaimé sur la planète.Vous pouvez y jouer au Kenya, a Di Réunion, en Martinique, en Guadeloupe, aux Bahamas, en Argentine.Wherever you go, or almost.Depuis plusieurs années, les bateaux de croisière font leurs choux gras avec leurs casinos qui ne désemplissent pas: dans les Caraïbes, en Mediterranée, sur les océans, sur le Rhin, le I )anu-be, c'est le jack pot.Aujourd'hui, c'est le cas de le dire, le Québec entre officiellement dans la danse.El, par un drôle de hasard, dans l'ancien pavillon de la France a Expo fi7, la I ace dont les règles prévalent du.majorité des casinos du monde.J'irai, pour v Pas lors des premiers jours; plu ard, quand l’effet de curiosité sera passe.J’y trouverai cette faune universelle pour qui toutes les formes de jeu se resume à ce jeu: risquer, battre un système, gagner parfois, perdre souvent.Et toujours recommencer.e/H°jisi,e°des 'I60 bou,eik °o/e^i0ürnée0°JeSepP^m-à 9°U,ecfonen redemande., %r * /6^$‘ /o%e P,f,°nneL 'Ps el manoirs, petit déjeune*.%r>eJ/0uG.u Jegu^lion de vin.’P, '0n ^ ^orrimj0>rüPe limité, assurances, -, %»jKpoW(ofeio„ OfC.Girassol ' CR"’”" M >C( ¦ voyages «m IJCPp^tBQRTUGAL (Inc* vue du célèbre Caesar’s Palace* (le l-as ve#is, en 1981.riioin arc iiivi * CLICHE RÉPÉTÉ A ÉCLAIRAGE DIFFÉREN I.K |> I V il I I! .|,IS SA M K 1) I !i K I' I) I NI A \ ( Il I I n n ( I' (i B K I I il S» :i ?¦ - >».- ¦ - -* U* - — '%jQg ~,r^wi ¦*% -sag®».',' 11 §¥ST uc-aX» î>si - ül .cJl?sslSPN r S; ft • .- - ’is-** «rs«i s i-w La Beauce, un pays où tout semble possible NORMAND CAZKLAIS On parle souvent d’elle et de ses gens mais, par une étrange contradiction, on ne la visite pas assez.Elle, c’est la Beauce.Une région, dit-on, qui n’a pas besoin de présentation tant elle a une réputation.Une réputation qui tient aux débordements printaniers de la Chaudière et à l’entéte-ment de ses riverains, encore plus grand que la force de la rivière.Une réputation qui tient aux Beaucerons eux-mêqies, entreprenants, solidaires.A tort ou à raison, dans la Beauce, tout semble possible.A Propos et confidences (vieille série télévisée intimiste qui avait le mérite de donner la parole à des gens qui avaient quelque chose à dire, Robert Cliche, Beauceron célèbre s’il en fut un, avait insisté sur «l’abondance du coeur des Beaucerons».Ixi Beauce répond en écho à la pensée de Vigneault: «Un pays, c’est le monde qui l’habite.» Nous sommes ici dans les vastes plis des Appalaches.Pour vous en assurer, marchez la longue cqte qui va de la Guadeloupe à Saint-Évaris-te-de-Forsyth; elle vous rentrera dans les jambes.Les vastes plis des Appalaches donc, couverts de forêts où se répand l’érable et ses couleurs en ce temps-ci de l’année.En fait, la Beauce s’organise autour de deux vallées, la Chaudière et l’Etchemin, qui cisaillent à la perpendiculaire les cordons montagneux.Ella va aussi loin à l’ouest qu’aux lèvres des lacs Mégantic et Saint-François, vers Lambton et Saint-Ludger, et s’étend à l’est, accolée à la frontière du Maine, aux hautes-terres de ce qui fut le comté de Dorchester dans les arrières de Bellechasse.Un beau pays.Plus élégant encore a l’automne.Je suis toujours surpris, comme si je l’oubliais de fois en fois, par l’ampleur gracieuse de la vallée de la Chaudière: ses champs, ses pentes, ses fermes et leurs silos, les caprices de la rivière, l’HOTO ARCHIVES Saint-Léon de Standon, l’un de ces villages beaucerons près de la grande échancrure du Saint-I-auront.ses petites villes — Sainte-Marie, concours de force qui mettent des Vallée-Jonction, Saint-Joseph, Saint- Georges, Saint-Gédéon — disposées en chapelet, ses églises orgueilleuses, ses maisons et moulins centenaires.Ce ne doit pas être par accident que le pont couvert de Notre-Dame-de-la-Providence, le plus long du Québec avec ses 152 mètres, soit encore debout.Mais, par là, il faut prendre tous l,es chemins.Du côté de Saint-Ephrem-de-Tring, on cultive encore et toujours l’amour des chevaux de trait, vous savez, ces percherons ou ces belges, blonds, lourds, énormes et magnifiques.Il faut aller, ne serait-ce qu’une fois un, été, au festival beauceron de Saint-Ephrem, qui ra-paille les paroisses des alentours, et assister, étonné et captivé, aux attelages à l’épreuve.Cette force, mésurée et formidable, contrôlée par des voix sans violence, est bien plus belle que celle de tous les puissants tracteurs du monde.Allez aussi vers Saint-Odilon, Lac-Etchemin, Sainte-Rose-de-Watford, Saint-Léon de Standon, des villages et des campagnes si près de la grande échancrure du Saint-Laurent, mais si loin de notre connaissance qu’on n’en soupçonne même l’existence.Et remarquez cette toponymie qui associe, sans ciller, extraits du martyrologue et appellations anglophones: au cours d’une histoire assez courte, depuis 1735 à peu près, des vagues de Français, d’Àca-diens, d’Anglais, d’Ecossais, d’Allemands.d’Irlandais y ont fait leur pa- trie.Par là, il faut faire tous les chemins, Suivre les entailles les plus modestes en apparence, comme celle dans le bas de Bellechasse qui suit la rivière du Sud à partir de la fourche d’Arinagh.Elles promettent d’agréables découvertes.Il faut faire ces chemins, admirer des calvaires, des presbytères chenus, des espaces qui prennent l’air.Et espérer faire des rencontres.Cette Beauce-là n’est pas touristique.Pas encore.Si vous y avez de la parenté ou des amis, vous savez ce que je veux dire.Renseignements: Association touristique de Cliaudière-Appalache, 800 autoroute Jean-Lesage, Ber-nières.G7A 1C9, (118) 831-1411.E N HR E F ?PRIX D’EXCELLENCE À TORONTO Le restaurant Trufiles du Four Seasons 1 Intel de TocoWo vient d’être sélectionné parmi les dix meilleurs restaurants d’hôtels du monde par le magazine 1 lotels pour 1993.C’est le premier et seul établissement canadien à connaître un tel honneur.Les autres restaurants sont Les Célébrités de l’Essex 1 louse de New York, le Club Del Doge de l’hôtel Gritti Place de Venise, le Four Seasons du Four Seasons Hotel de Londres, Le Gentilhomme de l’hôtel Le Richmond de Genève.Le Chantecler du Negresco de Nice, Le Grill du George V de Paris, The 1 lassler Rooftop Restaurant de l’hôtel 1 Lissier de Roffl«4 le Mark’s Restaurant de l’hôtel 'Die Mark de New Yorl* et le Verandah de la Villa d’Fste de Cemobbio du lac dp.Corne en Italie.i •• »i 4 -?- « • ï TCHOU! TCHOU! /.! Les week-ends, le Musée ferroviaire canadien de Saiui- , Constant, sur la Rive-Sud de montréal, présente juscpu’au 17 octobre l’exposition Savoir-faire, l’industrie fenopiairA à Montréal.Elle met en valeur des objets racontant;sdh ! histoire, de ses balbutiements jusqu’à • l’àge d’or», et ra-1 conte la dureté des métiers reliés au transport du raiL:; 1 Frais d’entrée.- i u; Renseignements: Musée ferroviaire canadien, 12(1, cutf Saint-Pierre, Saint-Constant, J5A2G9, (511) 638-1553.;> i FESTIVAL ELIROPA MUSICALE Jusqu’au premier novembre.Munich sera l’hôte du tival Europa Musicale: 31 orchestres symphoniques ieul.ropéenssi produiront, dont l’Orchestre Royal ConcérAgô-bouw d’Amsterdam, l’Orchestre national de Lithuania l’Orchestre philarmonique de Londres et l’Orchestre symphonique de Vienne.Chacun jouera des oeuvres de.compositeurs de son propre pays, du 18e au 20e siècle.,.Le 32e et dernier concert aura lieu le premier novembre, donné par l’Orchestre de la Jeunesse de la Communau» té.Européenne., • Renseignements: Office national allemand du tourisme, 175 Bloor Street East, North Tower, suite 604, Toronto.Ontario, M4W 3R8, (416) 968-1570.iov IxA BRETAGNE DE GAUGUIN Jusqu’à la mi-octobre, l’agence Voyages Malavoy, la Galerie Jean-Pierre Valentin et le peintre breton Jean Ris nault proposent aux amateurs d’art et de gastronomie un circuit guidé permettant a quatre voyageurs à la foils do suivre l’itinéraire de Paul Gauguin a la fin du 19e siècle dans les environs de Pont-Aven/Le Pouldu dans le Finistère.L’hébergement se fait a Moëlan-sur-Mer: aux iMôu-lins du Duc, membre des Relais du Silence (2558 par.- .personne), ou a l’hôtel Kerfany (205$ par personne)-.- HEBERGEMENT région iiÜM SÎ2PV5S ''/a.REIAIS& CHATFAUX I I f INC III IR DIS MAITRES HômiERS CHARLEVOIX / CAP À L’AIGLE LA PINSONNIERE ! Lauréat de la gastronomie — Grands prix du tourisme 93.Sous un même toit, un somptueux relais de campagne, un grand restaurant et une cave exceptionnelle.Piscine intérieure, sauna, tennis et massothérapie.Forfait «Les Grands Festins d'automne» (2 nuits) incluant les repas du matin, un repas table d'hôte le vendredi, un cocktail et un repos gourmand de 7 services le samedi, A compter de 115S par pers.par nuit, occ.double, service compris.Valide lors des 3 derniers week-ends d'octobre (418)665-4431 télécopie: (418)665-7156 LAURENT1DES HÔTEL-RESTAURANT LEAU-À-LA-BOUCHE Ste-Adèle hôtel 5 fleurs ûe lys 4 diamonts CAA, forfait «Une autre tentation» 112 S par personne, occ double.1 nuit chompre-salon souper tobie d'hôte, petit déjeuner, pourboire inclus, taxes en sus.Informez-vous sur nos forfaits - pour les amateurs de bons vins «Les vendredis gourmands d'automne» - pour les romantiques - pour votre voyage de noces ou anniversaire de mariage notre «forfait de rêves» téléphoner sans frais de Montréal - Tél.sons frais de Montréal-centre 514-227-1416 ou interurbain 514-229-2991 MONTÉRÉGI E / SAINT-MARC-SUR RICHELIE U HÔTELLERIE LES TROIS TILLEULS À St-Marc-sur-Richelieu.Une I hôstellerie paisible et confortable, dans une demeure d’un autre âge, sur le bord de la rivière Richelieu et où le personnel ha qu'un seul désir : satisfaire.Lauréat national «Mérite de la Restauration».Nous avons différents forfaits à vous proposer.584-2231 ES TRIE / NORTH HATLEY AUBERGE HATLEY Grand Prix National de lo Gastronomie 1993 «La Table d'O’-25 chambres dont certaines avec foyer, balcon, vue sur le lac Découvrez I Estrie en automne: randonnée à pied ou à cheval, golf, galerie d'art, etc.Forfait à partir de 100S/pers./jour/occ dble incluont souper, petit déj et service.N B.Forfaits conférence disponible.Brunch le dimanche à 22$/pers Tél: (819) 842-2451 Fax: (819) 642-2907 N.B.Possibilité de séminaires et de conférences.MONT SAINTE-ANNE /\ uluTge La C amariné ) -fŸ I e Mont Sle-Anne en automne, un rendez-vous tout en courut avec 'n ) nature Combinez à vos activités de plein a» le confort mod -sympathique auberge lauréate Provinciale du Grand Prix Québèce onomie 9?Une heureuse escapade à 25 minutes du Vieux Québec, à 3 kms de la Basique Ste Anne O de 79,00 S, forfaits disponibles Rés Sons Irais; 1 -800-567-3939 (418) 827-5703____________________ s de ta «es à Hôtellerie Champêtre Auberges et Hôtels du Québec Vous faire plaisir, c'est dans notre nature! LAIRENTIDES HÔTEL LA SAPINIÈRE — (Lourentides au nord de Montréal) - Lac - 1 heure de Mtl -70 chambres — cuisine raffinée - prestigieuse cave à vin - sports de saison - FORFAITS SUR SEMAINE ET FIN DE SEMAINE - TÉL 800-567-6635 ou 819-322-2020 - FAX: 819-322-6510 -1244 chemin Lo Sapinière, Val David (Québec) JOT 2N0 M O N T E R E G I E - R 1 G U A U D AUBERGE DES GALLANT — Situé sur :a montagne de Rigoud, au cœur d'un sanctuaire de chevreuils et cf'oiseaux.Observez la faune en vous baladant dons nos sentiers en forêt gui «bruien4- de couleurs Forfait Romonhaue incluont chambre avec foyer, soupers gastronomiques, petit-déjeuner et pourboires à 199,00$ pour deux personnes Brunch du dimanche 15,00$ Réservations: Mtl., 451-4961 ou 459-4241, Aut.40 Ouest, sortie 17, LA N A G D 1 I R E AUBERGE DE LA MONTAGNE COI PEE * * * * L Évasion au naturel - A1 hre de Mtl 50 ch et sûtes luxueuses cuisine honnête, pisc int.et sounas, tennis doub'e théâtre équitation et véjo Golf 6 orox.Sa'ies réunion et banquet On y Pâtit vos forfaits sur mesure afin de répondre à vos besoms 1 -800-363-8614 REGION D E QV É B E C ( Il ME Al MONT-SAINTE-AWE Château Mont-Samte-Anne Hôtei-SPA est situé au p-ed ae lo montagne au coeur d'un des plus magnifiques parcs ae ia province de Québec Pour découvrir Chanevoix et le vieux Québec : Hôtel Château Mont-Soote-Anne est le centre de villégiature et de congrès 4 savons par excellence À partir de 59$ par personne en occupation aoubê mpiuant I hébergement :e petit déjeuner campagnard et le pourboire, profitez d'une acf vité de votre choix telle golf, tennis, vélo musée croisières efbien plus Pour réservations 1-800-463-4467 C II A R L E VOIX I Une des auberges les plus prestigieuses de Charievcx o i enseigne du romantisme et ae ta détente Vue spectaculaire sur le fleuve Lauréat national du prix québécois ûe !a gastronomie.Grand prix du tourisme 1991 Chambres coquettes et confortables a majorité munies de Pam tourbillon salon, foyer balcon privé informez-vous su' nos forfaits golf noces excursions aux balines.Hautes Gorges Fjord Ou Sag^'cx 418-665-3731 Un nouveau reseau hôtelier unique rHôtellerie ri prestigieux des meilleurs auberges ( .hampêi re hôtels de villégiature au Québec.AuWtgtxet Hàlch ilu Quebrt O QUÉBEC MANOIR DU LAC DELACE Situé à 20 minutes au nord de Québec au pied des Lourentides.Chambres spacieuses et suites Piscine intérieure sauna bains tourbillons, mini-golf tennis, bicyclette badminton, randonnée pédestres Forfait couleurs incluant chambre repas du soir, petit déjeuner et accès aux activités sportives à partir de 73,00 S p p par jour, occ double AUSSI DISPONIBLE: FORFAIT ÉQUITATION ______________________ Réservation: (418) 848-2551 ou 1-800-463-2841 OFFREZ-VOUS UN SEJOUR CHEZ LA FAMILLE DUFOUR UWT* f'LTi-vTT'n: ’Biiic .£ÆJ ¦ 800-36 Mfô SAINT PAUL BAIE AUBERGE LA PIGNORONDE Auberge à franc de montagne avec vue le Saint-Laurent 27 chomp'es ’out confort, fine cuisse sae ae réunions e’ ae jeux piscine panoramraue.bo'-aé'ente ambiance choieureuse, etc Demanaez nos Wo's «Evasion vers i An-Coeur», «Douces Vacances » «Réunion d’affaires» «Coaea- etc Tarifs e- ‘orfa-’s soécraux aw grojpes Tél : (418) 435-5505.FAX (418) 435-2779, sans Irais 1-800-463-5250, HÔTE : HOTEL VAL-DES-NEIGES Centre ae villégiature de cong'és s-tuè au ped du Mont Anne 110 chambres de luxe cuisine réputée, piscne intérieure panoramiaue.sauna Dam d'exercices, sa11,es ae réunion (12) Demandez nos avantageux forfafs «Evasion à 'o montagne» «Coeur à ¦Douces Vacances», «Réunion d'affaires" «Codeou» etc.Tants et forfaits spéciaux pour Tél.: (418) 827-5711.FAX (418) 827-5997.sans frais 1-800-463-5250.HÔTE: 1 ISLE-AUX-COUDRES HOTEL CAP-AUX-PIERRES Dans une amp ance tami a e, 46 enambes e' 52 mo'eis tourt confort, cuisine exceptrannee.D'SC ne nténeure et extérieure orara o ng-cong tournois sportifs soirées onimées, folklore, ambiance familia'e.Demandez nos forfaits •Evason oans ¦'î'e- Coe* à Coeu! 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Rien de va plus! Noir, impair et manque», lancent les croupiers placides, avec un accent souvent à donner la chair de poule à de vieux rhinocéros.Le plus connu des casinos français est officiellement hors du territoire de l’Hexagone: il se trouve à Monte-Carlo, dans la Principauté de Monaco, havre fiscal de bien des fortunes du pays qui l’entoure.Mais il devient de moins en moins doré.En date du plus récent recensement, il y a 96 établissements adhérents aux Casinos de France, distribués pour la plupart en montagne, dans les zones balnéaires et dans les stations thermales où ils ont connu leur première expansion.D’autres, comme à Annecy, opèrent sous d’autres licences.D‘ choix ne manque lias.Pour en obtenir la liste, il suffit de communiquer avec la Maison de la France (1X1, ave.McGill College, bureau 490, Montréal H3A2W9,514-288-4264).¦ En Allemagne L’Allemagne de l’Ouest comptait une quinzaine de casinos.Peut-être quelques autres s'y sont-ils ajoutés depuis la réunification.Celui de Wiesbaden est l'un des anciens d'Europe.En 1771, le prince Karl de Nassau-Unsi-gen accorda, pour une redevance annuelle de 200 florins, une concession à un banquier.Intégrée à la construction du Kurhaus, la première salle de jeu apparut en 1810 et, lorsque Dmis-Philippe de France ordonna la fermeture des casinos français, Wiesbaden devint le haut-lieu de la roulette dans toute l’Allemagne.Plus tard, le 30 décembre 1872, le Kaiser, à cause d’une histoire de coeur bien sûr, y interdit le jeu et il fallut attendre 77 ans plus tard, le 29 octobre 1949, pour que le casino ouvre à nouveau ses portes au Théâtre de la Hesse.Le casino réintégra le Kurhaus en 1981, après d’importants travaux de rénovation.Avis aux lui qu’a décrit Dostoievsky dans l.e Joueur.Il a repris sa place au sein des grands établissements européens: le restaurant üi belle époque et les palmiers et arrangements floraux autour des tables de roulette et de black jack reconstituent, dans les Weinsaal et Winter Carden, le décor et l'atmosphère évoqués par l’écrivain russe; élégance, tradition, fortune et une certaine décadence.A noter: comme en beaucoup d'endroits du genre, le port de la cravate et de la veste est obligatoire mais on peut s’en procurer au vestiaire.les hommes y sont admis dès 18 ans; seules les femmes mariées de moins de 21 ans, en compagnie de leur époux, ont le droit d’entrer mais non de jouer.Renseignements: Office national allemand du tourisme, 175, Floor Street East, North Tower, Suite 604 Toronto, Ontario M4W 3R8, (416) 968-1570/1986 (télécopieur).VOIR PAG I I) (i: CÉLÈBRES ATS VOS JEUX 257719
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