Le devoir, 16 octobre 1993, Cahier C
I.K II K Y O I It .I.K s s A M KIM I II K T II I M A N r II K 17 II I T II II II K I II II II .'aaaai la manière isp*, * saB lÛfe4* Pi « Cinéma Page C3 Théâtre Page C6 Disques Page C8 Agenda culturel Page C12 Arts visuels Page C14 Berri mine L’auteur de Germinal blessé par l’accueil fait à son film Claude Berri est arrivé au Québec sur la défensive, et même un peu parano sur les bords.Son fameux Germinal, alias Germinator, a beau remplir les salles en France — surtout en province où on a compté 807 (XX) entrées la première semaine — faire couler des flots d’encre et créer l’événement, bien des critiques se sont rués sur la superproduction de l’heure comme des piranhas sur une blessure, l’accusant d’être nulle, mal jouée, etc.Et le cinéaste-producteur sort du combat échaudé, ensanglanté, flattant dans le sens du poil l’intervieweuse pour mieux la désarmer, soudain humble, puis argumentant, défendant son bébé à coups de griffes et de dents.Il faut dire que le bébé en question a coûté bien cher, qu’il lui a bouffé son temps (7 mois de tournage) comme son argent: 40 millionsS, qu’il a mobilisé une armada de figurants encharbonnés (parfois 400 du coup), réclamé une reconstitution longue et minutieuse des mines de houille du siècle dernier et que le résultat laisse à désirer.On s’attache plus, dit-on, aux enfants-problèmes.Le réalisateur a une faiblesse: il veut qu’on l’aime, lui et son œuvre avec.On a beau lui objecter que bien ou mal reçu, son Germinal hérite d’une publicité monstre à travers tout le chahut qu’il cause, ça ne le console pas des flèches empoisonnées logées dans sa chair.Et même si le Québec n’est pas un important marché-cible pour le film, le cinéaste traîne son spleçn avec lui.En France, Emile Zola est un bien national, et son roman naturaliste Germinal, une sorte de cri de ralliement des damnés de la terre toutes catégories.Ce classique de la littérature donne la vedette aux gueules noires des mines de charbon du Nord, sur fond de grève matée par les patrons aux cœurs de pierre, en plein XIXe siècle.Histoire de camper dans le réel l’épopée ouvrière, Berri est allé chercher des acteurs aux origines populaires.Iœs figurants sont de vrais mineurs du Nord, Berri lui-même avait un père fourreur (à qui le film est dédié), Depardieu est fils d’ouvrier, Renaud petit-fils de mineur, et Miou Miou vendait des pommes de terre avec sa mère aux halles.Comédiens-prolétaires du monde entier, unissez-vous.«Ça m’aurait coûté moins cher de tourner en Pologne, dit-il.Mais le cadre est garant de l’authenticité».Alors le tournage s’est fait dans la région du Nord où l’action se situe.«Ou bien on se donne les moyens de faire Germinal ou bien on ne le fait pas.» Pour justifier son budget, Berri assure que c’est cher et compliqué de faire venir des tonnes de charbon de Lorraine, de reconstituer une mine du temps, d’y faire descendre un cheval qui n’en a pas envie, de diriger une foule de figurants.Sans FESTIVAL INTERNATIONAL xT/^rn rn x tt lYUWLAU I : I \ULAU V^li > JL/1T li 1 > DE MONTREAL LE DEVOIR Le Moma de New York présente une magistrale rétrospective du peintre espagnol MAURICE TOURIGNY CORRESPONDANT A NEW YORK LI automne est là, à coup sûr.La preuve?/ Les musées new-yorkais sortent leurs gros canons.La semaine dernière, le Guggenheim lançait sa rétrospective ¦ Roy Liechtenstein (qui s’installera au Musée des beaux-arts de Montréal le printemps prochain) et demain, le Musée d’Art moderne offre au public son survol de l’œuvre de Joan Miro.Miro observé sous toutes ses coutures et la présence de chefs-d’œuvre imposants empruntés aux plus grandes collections du monde.Aucune période, aucune série du peintre espagnol n’est ignorée: le Moma présente le plus complet des panoramas jamais consacré à Miro sur notre continent.Carolyn Lanchner, conservatrice au Moma, a monté une collection colossale: près de 400 œuvres dans tous les médiums sont réunies dans les galeries d’exposition temporaire du musée jusqu’au 11 janvier.Peintures, sculptures, dessins, lithographies, céramiques et livres d’art sont partagés sur trois étages du musée de la 53e rue, pour marquer le VOIR PAGE C-2: MIRO SOURCE MUSEUM O K MODERN ART La ferme, une œuvre de 1921.fpRÉ VENTE SAMEDI 16 AU JEUDI 20 OCTOBRE 10h00 À 18h00 180 Mis KURIMAGESrHuovnwinRon ven-lim-jeulift 15-9 15 vun dim irutrvli mai 2 1XV6 15-9 15 1 ouï lois s 2 15-415-915 OO ance UN FILM DK W CLAUDE BERRI D'APRKS I.K ROMAN D' EMILE ZOLA K1.NN PRODI CTIONS PRFSKNTK JUDITH HENRY RENAUD GERARD DEPARDIEU JEAN-ROGER MILO JEAN CARMET MIOU MIOU CENTRE LAVAL»"-77?1600 Le Corbusier K O- VERSAILLES 353-7880 Place Versailles X?6 FAMOUS PLAYERS m » ±Jui l il 1 1 IR FRANCE VI = 13 ANS + CLICHE REPETE A ECLAIRAGE DIFFFRENl.EN RAISON OU TEXTE MAL IMPRIME I K I) E V OIK.I.E S S A M EDI I (i E T I) I M A \ C II E 17 0 < T O K I! E I !l 0 8 CINÉMA Guimauve sur fond d’eau salée LES VAISSEAUX DU COEUR Réalisation et scénario: Andrew Birkin d’après Benoîte Groult.Image: Dietrich Lohmann.Avec Greta Scacchi et Vincent D'Onofrio.Grande-Bretagne-France-Allemagne.BERNARD BO U LAD Célèbre best-seller vendu à plus de trois millions d’exemplaires dans 18 pays, Les Vaisseaux du coeur, de Benoîte Groult, a sans contredit été une œuvre féministe importante sur le plan littéraire.Transposée au cinéma, cette histoire d’amour impossible entre une intellectuelle pari- CAMÉRA D'OR Cannes 1993 P* if PRIX DU PUBLIC Y; îjj, FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE QUÉBEC 1993 0 "D'une sensualité extrême!" — Luc Perreault, LA PRESSE "Un plaisir visuel constant.À voir absolument!" — Elie Castiel, CHAA-FM "Un film infiniment séduisant!" — Francine Laurendeau, LE DEVOIR "Un bijou de film!" — Huguette Roberge, LA PRESSE "Pur et envoûtant!" — George Privet VOIR » • nw i 7 * ¦ él V l’odeurde lap ¦ ¦/ ij., ( .„ ne jran Hung DESJARDINS b«-film BASILAIRE 1 © DU REALISATEUR DE "LE GRAND CHEMIN" "Voici un film d'une sensibilité, d'une émotion rare sur les premiers amours.A ne pas manquer!" — L'Officiel Spectacles "Amour total, énorme, unique.On en sort heureux et ému!" — Première "Un film très émouvant, d'une grande justesse de ton!" — Paris Match ".frais, sensible, délicat et poétique!" — Jour de France ".plein de tendresse et de nostalgie!" — Le Figaro "Emotion, tendresse, humour.un direct au coeur!" — L'Union «UM« "Pour ceux qui ont aimé Le Grand Chemin1." Ci COMM/ avec Antoine Hubert, Olivia Munoz et Romane Bohringer .Un film de Jean-Loup Hubert art 3000 amok om munoz mm mm ** « y##*» * romane kmk*! ** causé cxeut idrae(fMo9jnèJEANlûUfHUKr»«£At4fUNCOSST(VÉHN lÜÜMRA MKAEl EK* OESMAXESTZ »êNAUD MÉNAGER JJUfNHUKRT H.)M «• o (oV0tr * PATRICK CATAüFG frtftJt > c ptagrofto ClAlX# iKGw’E MEK' {>MANC // !E»'JJtDAu6Q/f ,,_____| '//, : VU»/ > pf7)/V/ VÇtffl iV/r jA/>! >*/(ffC*wtANasinrtwsnoowiONScit20oo Jmw IVi+Jkm .ÜKIAIKÏ0NDBPM5KIA QW biiWiVuuoi DES LE VENDREDI 22 OCTOBRE sienne et un pêcheur écossais ne passe malheureusement pas la rampe.Son adaptation au grand écran est signée Andrew Birkin, le frère de Jane.Au dernier Festival des films du monde, on a pourtant pu voir un excellent film de lui, The Cement Garden, tiré également d’un roman.Prix de la mise en scène à Berlin, Birkin montrait d’indéniables qualités d’écriture cinématographique, de direction de comédiens et empruntait un ton vaguement amoral pas du tout désagréable.Difficile donc de croire que c’est le même cinéaste qui a tourné les deux films.Remarquez, il a une excuse: The Cernent Garden a en fait été produit après Us Vaisseaux du coeur.Ce dernier sort donc sur nos écrans en version doublée française avec un an de retard.Entre-temps, Andrew Birkin a heureusement pu se refaire une réputation Reste qu’en attendant de voir The Cement Garden, nous voilà pris avec ces Vaisseaux du coeur qui a tous les défauts d’une mauvaise coproduction européenne.Et encore, j’ai eu de la chance puisque j’ai vu la version originale anglaise (qui sortira bientôt).Alors, imaginez la copie en français de ce film bâtard se, déroulant entre Paris, Londres, l’Ecosse, SOURCE MALOFILM Greta Scacchi et Vincent D’Onofrio dans Les Vaisseaux du coeur.les États-Unis et.Montréal.Déjà le casting est tout ce qu’il y a de plus incongru.Greta Scacchi a beau être belle et radieuse, elle n’est pas très crédible en George McEwan, fille d’un noble écossais et d’une mère française (Claudine Auger sortie des boulamites) vivant à Paris.Quant à l’Américain Vincent d’Onofrio, s’il arrive à nous faire oublier qu’il est né à Brooklyn et IFAMOUS PLAYERS GAGNANT DU BAYARD D’OR GRAND PRIX DU MEILLEUR FILM AU 8e FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM FRANCOPHONE DE NAMUR "LES POTS CASSÉS est un film savoureux.Une grande réussite." - Claude Deschénes.MONTRÉAL CE SOIR & QUÉBEC CE SOIR - RADIO CANADA l.i's Productions du lundi malin présentent une réalisation de FRANÇOIS BOl'VIFR GILBERT MARIE MARC SICOTTE TIFO MESSIER B» Un film à lire entre les lignes scenario GILLES DESJARDINS EXTRA STELLA ARTOIS PARISIEN 480 S!»-Catharin« O.X ?Qoolby stireo; 2 30-9 10 w ©s EllANE STUTTERHEIM et SYLVAIN BURSZTEJN le Grand Prix des Amériques FESTIVAL DES FILMS DU MONDE 199) PRIX D'INTERPRÉTATION MASCULINE Le Grand Prix de Montréal "HALETANT, ANGOISSANT.PASSIONNANT.|5^B IL FAUT ABSOLUMENT VOIR CE FILM" ^3 Francine Laurendeau - À L'ÉCRAN 1 un film do RADU MIHAILEANU avec JOHAN LEYSEN • ALEXANDRU REPAN • MIREILLE PERRIER ?QaxarstEBto] PARISIEN 480 St*-Cath«rin* O.?prima /r/m LA CRITIQUE EST UNANIME R O H IVI E R L’ENCHANTEUR LE BONHEUR CAHIERS DU CINÉMA L EXPRESS TOUT CELA EST DIABOLIQUEMENT INTELLIGENT LE FIGARO UNE SAVOUREUSE COMÉDIE DE CARACTÈRES TÉLÉ R AM A ROHMER NOUS SURPRENORA TOUJOURS: PASSIONNANT RÉPUBLICAIN L’ARBRE, LE MAIRE ET LA MÉDIATHÈQUE REMET LA POLITIQUE A SA PLACE LIBÉRATION JWI ADORÉ CA R HOMIER ROY.ÉCRAN TOTAL UN FILM INTELLIGENT, PLEIN O’HUMOUR ET ETONNAMMENT ACTUEL S DUSSAULT.LA PRESSE PARTI SOCIALISTE un ru m or ERIC R C) 11 M E R onbe JL moine lu rr^cLoJJjicjue PASCAI GREGGORY e ARIEI.IE DOMBASIf FABRICE IUCHINI e CLÉMENTINE AMOUROUX FRANÇOIS-MARIE BANIER prima lilm Les pots cassés ?DOLBY STEWO, | wffwri! 12 20-2 MA «5.705-9 20 no,n pas dans un village côtier d’Écosse, il ne réussit pas pour autant à nous intéresser à son personnage.Sans doute que le problème à la source est le roman de Benoîte Groult, probablement inadaptable.Car cette histoire de passion amoureuse qui s’étend sur presque trente ans est, sur le plan narratif, un pari impossible à tenir au cinéma sans tomber dans la guimauve et un romantisme béat des plus convenus.Piège dans lequel tombe allègrement Andrew Birkin qui en remet avec une esthétique de carte postale digne des pires Emmanuelle ou de l’imbuvable Henry and June.Mais d’abord, comment croire à ce mélodrame moderne et féministe oti l’héroïne de Benoîte Groult, intellectuelle et écrivaine du monde, découvrant Simone de Beauvoir et les existentialistes à Paris dans les années 60, tombe en pâmoison devant ce bel étalon, simple pêcheur de poissons devant l’Éternel?Au cinéma, c’est malheureusement le ridicule de la situation qui ressort plutôt que la complexité de cet amour obsessif, qui dépasse toute logique rationnelle.Le rapport de classe sociale est aussi très superficiellement abordé.En plus d’être prétentieux et bourré de clichés sur une époque qu’on tente de recréer en toile de fond, question de meubler quelques scènes.Us Vaisseaux du coeur hérite aussi d'un traitement d’une lourdeur accablante avec une voix off exaspérante, pleine de suffisance et de sentimentalisme niais.Du début à la fin, on reste consterné par le manque de recul du réalisateur par rapport à l’œuvre adaptée.Par manque de confiance et d’expérience, Andrew Birkin n’a pas su laisser le film respirer par lui-même.Maintenant, grâce à The Cernent Garden, on sait qu’il en est désormais capable.JULIETTE BINOCHE DANS TROIS COULEURS UNE THILOülb UE KRZYSZTOF KIESLOWSKI version originale française ! DESJARDINS BASILAIRE 1 ?© version originale avec sous-titres anglais * jLç * v'JU* Va hr L* vÀ iVlv ^-“ÉiBlSTSELLER ' Vâiion famcaiv Je SALT ON OUR SKIN GERMINAL ?Signée Claude Berri, la superproduction française de l'année adaptée du roman de Zola raconte la grande épopée des mineurs français du Nord sous le Second Empire.Il y a une distribution prestigieuse, notamment Depardieu, Miou Miou et le chanteur Renaud, complètement gâchée par une direction très faible.Mal joué, mal monté, malgré des décors soignés, Germinal est un gros film coupé carré qui n’arrive pas à susciter l'émotion.Odile Tremblay LES VAISSEAUX DU COEUR ?De Andrew Birkin.Adaptation manquée du roman de Benoîte Groult qui raconte la tragique et supposée belle histoire d’amour entre une intellectuelle parisienne et un pêcheur écossais.Im sublime Greta Scacchi et le musclé Vincent d’Onofrio tentent de sauver les apparences mai l’ennui suinte de partout.Prétentieux, maladroit et sentimentaliste, avec quelques images de carte postale pour compenser.Bernard Bonlad MR.JONES ?i/2 De Mike Figgis.Drame humait^ typiquement hollywoodien qui use de toutes les ficelles du genre mais qui marche quand même.Richard Gere incarne le rôle d'un homme maniaco-dépressif drôle, charmeur et sympathique mais qui est toujours à deux doigts de commettre l’irréparable.Lena Olin, en psychiâtre attentionné, lui apportera le réconfort et l’amour nécessaires.Sincère, parfois touchant et honnêtement réalisé.Bernard Bonlad M.BUTTERFLY ++1/2 Encore une histoire de travesti.Mais à la manière Cronenberg, sans le fantastique toutefois, sur des climats de brouillard qui rappellent ceux du Naked Lunch.L’histoire, celle d’un diplomate (Jeremy Irons) tombé amoureux d’une cantatrice cm sexe indéfini, est mal développée, et le scénario plein de lacunes.Mais ces paysages, qu’on dirait tirés d'unjêve, sont quand même envoûtants.À voir pour l’atmosphère, en oubliant l’intrigue.Odile Tremblay SHORT CUIS ?De Robert Altman.Grande fresque sociale de trois heures, inspirée de huit nouvelles et un poème de Raymond Carver, dressant un portrait ironique de la grande famille américaine qui a perdu ses idéaux.Une pléiade d’acteurs, de Tim Robbins à Andie MacDowell, en passant par Jack Lemmon et Matthew Modine, composent les morceaux épars de cette plongée audacieuse dans l'ordinaire et la banalité de la vie quotidienne.Maîtrisé quoique froid et moins inspiré que Nashville.Bernard Bonlad L’ARBRE.LE MAIRE El TA MEDIATHEQUE Une délicieuse comédie de société signée Eric Rohmer.On y cause beaucoup, comme il se doit, de politique — thème nouveau pour Rohmer.Im parole étant ici prétexte à un regard ironique posé sur la société française, campagnarde vs parisienne.On rencontre un maire déterminé à constndre un centre culturel dans un trou perdu et qui trouve des adversaires sur son chemin.Im film mélange habilement les genres et peint une très amusante et très crédible galerie de portraits.Odile Tremblay BLEU ?De Krzysztof Kieslowski.Un très beau film baigné par la musique où les dimensions se chevauchent comme dans Im double vie de Véronique, mais en plus fin.Im film raconte la retraite loin de son monde d'une femme dont le mari compositeur et la petite fille viennent de périr dans un accident.Farté par une Juliette Binoche lumineuse qui donne ici sa pleine mesure, malgré sa fin sirupeuse, Bleu constitue du grand Kieslowski.Odile Tremblay A BRONX TAIE ?1/2 De Robert De Niro.Tirée d'une, pièce de théâtre écrite par Chazz Pal-minteri, cette chronique urbaine raconte les tribulations d'un fils d’immigré italien déchiré entre son père naturel, un homme modeste sans histoire, et son père spritucl, un gangster violent mais affectueux.Maîtrisé, sensible, intelligent, parfois grave et surtout brillamment interprété, A Bronx Tale est une belle réussite laissant présager une nouvelle carrière prometteuse pour De Niro.Bernard Bonlad ^ r avec ^ Yves Hunstad I -iCÊL'è 4:kiri ‘ 1710, rue Amherst.525-3699.,u s! HOMMAGE À LÉON BELLEFLEUR jn Rythmes et couleurs, une ,y rétrospective du grand peintre \y qui s’étend de 1923 à 1993.s; Centre d’art Morency.Jusqu 'au T) 7 novembre.-‘c > GALERIE ROCHEFORT A DÉMÉNAGÉ." Au 350 rue Saint-Paul ouest, un espace qui renoue avec la rue et qui _ accueille, pour son ouverture, des objets des artistes de la galerie.Jusqu’au 31 octobre.L'USAGE ET LA CONTEMPLATION Des liens entre la poterie et la sculpture, Marie A.Coté situe les enjeux de cette double présentation.307, rue Sainte-Catherine ouest, espace 200.Jusqu’au 30 octobre.MATIÈRES MIXTES Michel Casavant s’est nourri de toute la peinture occidentale.20 ans de réflexion.Galerie Dominion.Jusqu 'au 30 octobre.UN SIÈCLE DE CENDRES.Des itistallations de Paul-Émile Saulnier dans une atmosphère glauque et envoûtante.Galerie de l'UQAM.Jusqu'au 6 novembre.IRONIE DU SORT Avec ses décors typiques des foyers québécois, Plume Latraverse expose son point de vue sur notre culture.|Maison de la culture Notre-Dame-| de-Grâce.Jusqu’au 31 octobre.Marie-Michèle Cron Mona Hakim ARTS VISUELS Au pays des microcosmes assourdissants KIM ADAMS.KIM MOODIE Galerie Christiane Chassay 372, rue Sainte-Catherine ouest, salle 418 Jusqu’au 30 octobre 1993 MARIE-MICHELE CRON En ces lemps de brasse-camarade politique, alors que des Fous de l’art traditionnel qui ne portent peut-être pas barbe intégriste mais revendiquent le retour à certaines valeurs morales et esthétiques — certains d’entre eux se permettent même de remettre encore en cause le Refus Global et continuent de ressasser la vieille dichotomie du beau, du bon donc du vrai contre le laid, le macabre, le superflu que complotent les artistes contemporains, cette clique d’Attila, ces pilleurs des banques de l'Etat.— voilà que Kim Adams donne un bon coup de canon là-dedans.Comme un brusque coup de pied dans le pastiche ambiant de la société nord-américaine.Epicurien, Kim Adams a installé à la galerie Chistiane Chassay un convoi de friandises visuelles: un camion qui tire une remorque qui dre une fosse septique qui tire un réservoir d’eau, éléments grandeur nature vaporisés à la bombe aérosol de couleurs acidulées, propres et nettes, transportant dans leur enveloppe de silence majestueux, un bruit suspect, un frottement de roues sur des rails: un train d’enfant circule autour d’une montagne.Kim Adams est un personnage double qui a toujours aimé la gémellité, les paradoxes idéologiques, l'incursion de l’activité artistique dans le social.Il fait descendre l’art dans la rue, comme Krzysztof Wo-diczcko avec son Poliscar, un appareil pour itinérants et le recharge du sens de la fête, du convivial.Ainsi, par exemple, les oeuvres Machine à cadeaux et Machine de trottoir que l’artiste plaçait et accompagnait au milieu des années quatre-vingt dans des lieux publics, célébraient les rencontres animées dans la ville — la première était une cantine ambulante qui distribuait des objets inutiles.Mais il les remonte aussi dans les galeries et les musées, leur conférant alors une autre fonction, cérébrale et spatiale, liée à la sculpture.Dans un cas comme dans l’autre, le glissement est presque invisible parce que chaque fois, ces mises en situation qui tiennent du carnavalesque, demandent la participation implicite du spectateur qui ne se gêne pas pour y embarquer mentalement, si ce n’est pas physiquement.V PHOTO JACQUKS NADEAU Un camion qui tire une remorque qui tire une fosse septique qui tire un réservoir d’eau.À l’intérieur, une micro-société, le parc jurassique de la société des loisirs et du monde du travail.NICOLE ELLIOTT Peintures récentes jusqu'au 25 octobre inclusivement GALERIE Dû CENTRE 250, rue Saint-Laurent Saint-Lambert, Québec J4P 3R 8 Le roi de la tombola En se référant constamment à ces moyens de transport qui nous facilitent la vie, voitures, camions, caravanes, et qui sont, en parallèle, une extension de la maison rassurante, Kim Adams s’amuse à dérégler leurs caractéristiques, l’immobilité, le nomadisme, en les faisant louvoyer de l’une à l’autre.La maison devient une roulotte lorsque décrochée du bord de la route, elle piste l’aventure et mange les longues distances, la voiture, lorsque fixée, comme ici dans la galerie, devient oeuvre d’art inquiétante et iconoclaste dont on n’arrête pas de faire le tour, de compter les vis et les vertus, de se laisser fasciner, comme des mômes attirés par une barbe-à-papa trop artificielle et trop sucrée, devant ces mécanismes qui nous échappent.Car Kim Adams est le roi de la tombola: Charriot terrestre et Colonie artistique, deux pièces qu’il avait présentées auparavant chez Chistiane Chassay, exposaient crûment l’envers du décor de notre ère post-industrielle et les problèmes reliés au logement.L’artiste avait farci des maquettes miniatures d’une multitude de figurines en plastique mimant des scènes du quotidien.Le prix de présence du spectateur attentif?Une foule de questions sur les désastres écologiques et les dangers naturels, l’industrie excessive du loisir, la prolifération des véhicules et le déclin de leur empire, les espaces d’habitation pour artistes dont les conditions sont souvent précaires, toujours mouvantes.En inventoriant la vaste saga des moeurs et des désirs des contemporains que nous sommes, Kim Adams avait construit ici des microcosmes assourdissants de détails qui trépignaient de rage ou nageaient dans le bonheur et nous laissaient, inévitablement, sur les dents.Parodie et lucidité à l’appui Dans Dode’s Ka-den , titre allusif à un film de Kurosawa qui renvoie par onomatopée au rythme répétitif du train sur les rails, tout se déroule par contre en huis-clos, dans un endroit que d’habitude, ironie du sort, on fuierait, en l’occurence la fosse septique.Là reposent et se tiraillent dans une redoutable mise en scène, la société des loisirs et le monde du travail que seul l’oeil pénètre.Truffée d’éléments courants empruntés aux rayons des magasins, entonoirs et boyaux de raccordements en plas- TEL:672-4772 Du mardi au dimanche de I2h à 17h jeudi 12h à 21 h.FRANK VONDREJS sculptures récentes Vernissage aujourd'hui de 13h à 17h Galerie Jean-Pierre Valentin 1434, RUE SHERBROOKE OUEST, MONTRÉAL TÉL.: (514) 849-3637 tique, qui deviennent instruments d’optique démembrant et multipliant les perspectives, l’enclave, véritable parc jurassique, est gardée par l’in-coyable Hulk qui bombe le torse alors que tourne un petit manège illuminé de lampions, que danse le symbole Kentucky Fried Chicken, que le CN réunit facticement les solitudes, que deux constructeurs s’exclament devant leurs réalisations.Si les créations de Kim Adams puisent des éléments de fabrication et certains procédés liés à la production industrielle ( boulonnage, soudure, perçage.) dans la lignée des sculpteurs britanniques Caro et Smith, elle n’en sont toutefois ni soumises ni inféodées.L’artiste y infuse, parodie et lucidité à l’appui, le modelage précis et minutieux de ces paysages fantastiques activant les leviers critiques de l’infrastructure du pays qui a toujours privilégié le progrès technique
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