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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1993-10-16, Collections de BAnQ.

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LE Les petits bonheurs Page D3 Le feuilleton Page 03 Littérature québécoise Page D5 Visas Page D10 ?I.K I) E v O I H , I, E S SA M EDI I (I E T D I M A X ( Il E 17 (Il T U II II E I !l II A LITTÉRATURE JEUNESSE Quels livres offrir aux enfants du Nintendo?DOMINIQUE DEMERS Au Nintendo, l’univers du héros se métamorphose à tous les quarts de seconde.Un cyclope émerge de l’ombre, des montagnes éclatent, quelques champignons magiques propulsent le héros au septième ciel, un gouffre l’avale puis une plante carnivore.En moins d'une minute, les personnages volent, sautent, courent, nagent, planent; meurent et ressuscitent.Quels livres offrir aux enfants du Nintendo?Les éditeurs ne se contentent plus de livrer de belles histoires.L’objet livre est repensé.Il faut accrocher l’oeil, sédyire, étonner, voire même étourdir.A preuve, la toute nouvelle collection «Les racines du savoir» chez Gallimard Jeunesse.Des documentaires à la Spielberg, truffés d’effets spéciaux: holographie, anamorphose, caches, rabats, découpes, pages gaufrées, insertions, collages, pochettes avec vignettes autocollantes et lunettes stéréoscopiques.1 jes jeunes découvrent les constellations en explorant une carte du ciel en trois dimensions et apprennent le b a ba de l’écriture en tripotant un vrai morceau de papyms collé sur la page, lancés en Europe il y a quelques mois, ces documentaires nouvel ère ont fait fureur.En quelques semaines, la première édition était épuisée.Va pour les documentaires mais comment réinventer un roman?Il y a deux ans, Gallimard — encore une fois — proposait une nouvelle collection, «Lecture Junior», de courts romans aux pages couverture magnifiquement illustrées mais sans titre ni nom d’auteur.Pas un mot d’imprimé sur la page couverture.C’est en manipulant le livre que le lecteur potentiel découvre, en quatrième de couverture, le titre — Kama et moi par exemple — et l’auteur — Daniel Pennac.Quelques mois plus tard, un autre éditeur, Syros, renchérissant avec la collection «Les uns les autres»; les première et quatrième de couverture se déplient pour composer un vaste tableau couleur d’un demi-mètre de large.La révolution ne tient pas seulement à l’emballage.Jadis, des auteurs et des illustrateurs inventaient des histoires qu'ils proposaient à des éditeurs.Depuis quelques années, le livre emprunte à la télé la notion de projet, de concept.L’histoire vient après.Des exemples?La collection Faubourg St-Rock de l’éditeur québécois Pierre Tisseyre.Le directeur, Robert Soulières, a réuni trois écrivains, Marie-Andrée Clermont, Suzanne Julien et Vincent Lauzon au- .- le int dans un quartier imaginaire de Montréal.Ix‘s personnages fréquentent la même polyvalente, détestent la même directrice et se croisent d’un auteur à l’autre.Chez Québec/ Amérique, Anne-Marie Aubin a inventé la collection «Clip» consacrée aux genres littéraires brefs: nouvelles, poésie, témoignages, monologues.Des textes courts pour inoculer le goût de lire aux lecteurs Nintendo.Les éditions Hurtubise HMH innovent eux aussi avec des VOIR PAGE D-2: NINTENDO *7.£*' (TL mm N**" PSI •-4.N •v-TS** '¦ « Au Delà Des ClicheS Ilelène et William-Mathieu Mark.D>rs de l’installation d’un campement, les branches de sapin ou d’épinette sont cueillies, assemblées par paquets, transportées au campement et enfin étendues de façon ordonnée sur le plancher de la tente.Dans un camp secondaire, c’est au tour de Philippe Mark de préparer la bannique.Même si l’arme à feu a remplacé l’arc et les flèches, la lance et le collet, certains rites associés à l’animal ont toujours cours.Serge Jauvin A Vécu Un An Avec Un Couple MontagnaiS; Il Publie Son Journal-Photo CLÉMENT TR UDEL Comment diable aborder des gens qui ont déjà leur place au Musée des civilisations?Des Montagnais pour vrai! Eux, ils préfèrent s'appeler Innu.Dans leur langue qui m’apparaît saccadée, ils parlent de mai comme du «mois de l’outarde», de juillet comme de celui de sainte Anne et d’octobre — nous y sommes — comme du «mois où les feuilles jaunissent pour tomber».Hélène et William-Mathieu Mark, de La Romaine, portent chacun six décennies allègres et, pour la suite de leur culture, rien de mieux que de se conforter par la présence de quatorze petits-enfants! Le photographe Serge Jauvin a tout su d’eux.Des 25 000 clichés pris en une année de vie à-la-Innu dans les campements et multiples déplacements, il a sélectionné 365 pages pour en faire un journal photographique («la photo est un langage, on s’en sert comme un écrivain manie les mots»).C’est le fruit de cette observation que le Musée des civilisations (Hull) offre au public jusqu'au 17 avril 1994, grâce à la complicité de l’anthropologue Daniel Clément qui fait de ce monde un prototype de «toutes les Premières nations du Canada qui cherchent à préserver leur identité».L’exposition itinérante parcourt depuis 1986 la France el le Canada.le Musée a ajouté à cette exposition 50 objets qu'ont fabriqués les Mark: poêle, raquette, pièges, tente ou traîneau dont le design est un emprunt aux Inuit.Libre Expression et le Musée ont aussi pensé aux sédentaires.Ils mettent à notre portée un abrégé (120 photos) de ce journal de la vie quotidienne des Mark: AITNANU.Photos qui expriment l’adresse, la sérénité, la VOIR PAGE D-2: INNU LIBERTÉ 208/209 PARTIR SEPTEMBRE 1993 288 pages En vente es bébés ne sont pas laissés pour compte.L’éditeur suisse Calligram a créé «Petipluche», des livres avec héros en peluche pour les 12 mois à quatre ans.Au Québec, La courte échelle lançait cet automne ses premiers bébés-livres, «Des mots en images», des livres-concepts signés Roger Paré où les touts-petits apprennent 10 mots en autant de pages et de surprises.Les éditions Chouette, véritable spécialiste du bébé-livre, au Québec comme ailleurs, offrent quatre différentes collections spécifiquement conçues pour Jçg touts-petits.Le personnage vedette de ces albums, l’irrésistible Caillou, existait déjà en épinglette et marionnette-gant-de-toi-lette.Cet automne des auto-collants et des macarons à l’effigie du bébé-héros accompagnent certains titres et au printemps, Chouette promet une poupée.vraiment chouette.Il existait déjà des livres accordéon, des livres qui puent, des livres écrits à l’encre invisible, des livres électriques ou électroniques, qui chantent ou qui jouent de la musique; des livres-malettes et des livres cubes; des livres en forme de camion de dromadaire ou de maison.Avec des personnages qui pirouettent, font la grimace où bondissent hors des pages.On croyait tout inventé mais les éditeurs rivalisent de de nouveaux livres «extra-ordinaires».Héritage propose des albums couleur de la taille d’un biscuit (collection Mi-nic) et des livres-jouets éducatifs.Je Les éditeurs ont raison de chercher par tous les moyens de répondre aux désirs et besoins des nouveaux lecteurs.noue mes lacets enseigne ce qu’on devine et offre en prime un soulier de carton et de vrais lacets pour pratiquer l’affaire.Nathan vient de livrer ses Contes enchanteurs, un recueil nouveau genre: le château de Cen-drilkm comme la maison de sucre de la sorcière d’Hansel et Gretel émergent en trois dimensions avec tirettes pour animer décors ou personnages.Le conte lui-même est relégué dans un coin, sous forme de livre minuscule, enfoui dans une pochette.De facture moins tape-à-l’oeil, l’album Bon voyage, Léo! de Mick Inkpen, chez Nathan aussi, ressemble à un bon vieil album mais à mi-parcours les images se métamorphosent en posters géants.Moins géants quand même que Le grand livre de jeux des éditions Tormont.Un album tout carton avec dé électronique intégré et casier plastique pour ranger les jetons.Est-ce la fin des «livres-livres», simples romans nés de l’imaginaire d’une seule toute petite personne et livres d'images tout crus, sans fla-fla?Dans Lette à mon écrivain, paru aux éditions Lacombe, Eve, 15 ans, écrivait: «Jamais, de ma courte vie, je n’aurais cru les mots aussi puissants».Les enfants ont changé; les adolescents aussi.Il reste à étudier l’impact réel de la télé et du Nintendo sur les comportements de lecture des jeunes mais les éditeurs ont raison de se creuser la cervelle et d’expérimenter, de chercher par tous les moyens de répondre aux désirs et besoins des nouveaux lecteurs, d’attirer leur attention et de les retenir.Si l’édition jeunesse est là pour rester cela tient sûrement au dynamisme des éditeurs.Mais aussi à cette force magique que tous les Nintendo du monde n’enlèveront jamais au livre: le pouvoir des mots.* l’Hexagone 1953-1993 Quarante ans de littérature fête ses *tu ans: La quinzaine de l'Hexagone du 15 au 31 octobre 1993 À Montréal, Québec et Trois-Rivières Débats, rencontres, entretiens publics, séances de cinéma, soirées de poésie En vedette: les auteurs de l’Hexagone Activités Sam - 16 oct 14hà16h Dim - 17 oct llh • L'Hexagone chez Champigny «La littérature et le marketing font-ils bon ménage?» Table ronde sur l'utilité de faire une oeuvre littéraire dans un monde de plus en plus régi par la consommation et le marketing.Écrivains: Pierre Gobeil, Émile Martel, Micheline La France, Jean Royer.Animateur: Michel Guay Lieu: Librairie Champigny, 4380 rue St-Denis.Montréal Café-croissant avec Paul Chamberland Entretien public de Jean Royer avec Paul Chamberland Lieu: Maison des écrivains, 3492 rue Laval, Montréal La Cinémathèque rend hommage à l’Hexagone La chasse à l’espadon, de Ray Jones / Québec 1963 / texte: Gilles Hénault / n.& b./ 9’; Knojouak, artiste esquimau de John Feeney / Québec 1964 / texte: Gilles Hénault / c./ 20'; Champs d'honneur de Donald Brittain / Québec 1964 / commentaire: Gilles Hénault / c./ 38’; Voir Miami de Gilles Groulx / Québec 1963 / scénario: Paul-Marie Lapointe / n.& b./ 30' Angkor - Parole d’un empire qui fut de Roger Blais / Québec 1961 / commentaire: Fernand Ouellette / n.& b./ 12': Vaillancourt, de David Millar / Québec 1964 / commentaire: Fernand Ouellette / n.& b./ 29'; Gaston Miron de Roger Frappier / Québec 1971 / c./ 55' en présence de Roger Frappier qui présentera son film Lundi - 18 oct 13h30 Saint-Denys Garneau de Louis Portugais / Québec 1961 / scénario: Anne Hébert / n.& b./ 21 Ô Picasso de Gilles Carie / Québec 1985 / c./ 81 (distribution: Cinéma libre) Louis Portugais et Gilles Carie furent des membres fondateurs des Éditions de l'Hexagone.Lieu: Cinémathèque québécoise, 335 boul.de Maisonneuve Est, Montréal Entrée 4$ pour chacune des représentations L’Hexagone à l’Université du Québec à Montréal Le discours des poètes — 1945-1970 Table ronde sur ce que notre imaginaire collectif a retenu de la poésie des années 1945-1970.Écrivains; Michel van Schendel, François Dumont, Jean Fisette, Hugues Corriveau.Animateur: Bernard Andrés Lieu: Studio-théâtre Alfred-Laliberté, UQAM, salle JM-400 Le Discours des poètes — 1970-1990 Table ronde sur l apport des poètes des années 1970-1990.Écrivains: Louise Dupré.André Brochu, Pierre Oueilet, Robert Yergeau.Animateur: Paul Chamberland Lieu: Studio-théâtre Alfred Laliberté, UQAM, salle JM 400 Vin d’honneur du recteur df.l’UQAM, M.Claude Corbo Soirée de poésie Des poètes de trois générations liront leurs propres poemes ainsi qu'un texte d'un autre poète de l'Hexagone.Écrivains: Gaston Miron.Paul Marie Lapointe, Roland Giguère.Michel van Schendel.Yves Préfontaine, Nicole Brossard, Paul Çhamberland, Jean Royer.France Théoret, José Acquelin.France Boisvert.Claude Beausoleil.Patricia Lamontagne, Louise Warren.Animateur: Winston McQuade, animateur de Radar à CBF-AM Jeudi 21 oct 16h | 18h Vendredi 22 oct 20h L’Hexagone à l’Université Laval a Québec ¦La littérature peut-elle se passer d'essayistes?» Table ronde sur la nécessité d'un discours critique et sur I apport des essayistes à l’élaboration d’une littérature nationale.Écrivains: Jean Marcel Paquette, Marie Andrée Beaudet.Clément Moisan, Laurent Mailhot Animateur: Réal Oueilet Lieu: Université Laval, Québec, Pavillon De Koninck Vin d’honneur du directeur du Creijq, M.Denis Saint-Jacques L’Hexagone au féminin chez Renaud-Bray "Qu'est-ce que les femmes ont tant à écrire?» Table ronde sur les préoccupations des écrivaines, leurs motivations Écrivaines: Micheline La f rance, Lise Gauvin.France Théoret, Louise Warren.Animatrice: Lori Saint Martin Lieu: Librairie Renaud-Bray, 5117 av du Parc, Montréal LIVRES- Le pire des deux mondes Jacqueline Boucher mélange maladroitement la fiction et la réalité L’INTIMITÉ DU POUVOIR Jacqueline Bouclier, VLB, 1993, 248 pages MICHEL VENNE LE DEVOIR Jacqueline Boucher a connu le pouvoir de près.Elle fut adjointe du premier ministre Robert Bourassa, de 1982 à 1989.Madeleine Pilon, c’est un peu elle, l’héroïne de ce premier roman, L'Intimité du pouvoir, qu’elle publie chez VLB.C’est l’histoire d’une femme de l’ombre, qui sacrifie sa vie et ses belles années au chef du Parti social-économique du Québec, Jean-Noël Brochu, qui ne le lui rend pas.Ce livre, elle le dédie à son fils Sébastien, «orphelin de la politique», élevé, dit-elle, par téléphone cellulaire.Madeleine témoigne, au fil des pages, d’un monde pourri.Un monde où «tout s'achète», la docilité des journalistes aussi bien que le silence d'un ministre devenu indésirable, avec une nomination dans un poste à l’étranger, ou une enveloppe bien dodue, remplie de billets verts.Un monde où -«tu sais comment les images à la télévision sont importantes pour moi»-, l’apparence l’emporte sur la substance, où règne la cupidité, la magouille, la futilité, l’improvisation, le racisme, la mysoginie la mesquinerie.Un monde oii l’on souffre de solitude et de frustration de tant d’illusions perdues.Page 64: «Madeleine songeait souvent à tout ce que ces hommes et ces femmes qui siégeaient au conseil des ministres avaient sacrifié pour obtenir l'insigne honneur d’y pénétrer.Et elle pensait aussi à toutes les déceptions que ces mêmes gens avaient eues quand iis s’étaient rendu compte que le véritable pouvoir n’était pas nécessairement dans cette enceinte».Le roman, qui mélange maladroitement fiction et réalité, est déjà accueilli dans les cercles politiques à Québec comme un règlement de comptes de Mme Boucher envers ses anciens collègues de l’entourage de M.Bourassa.Un chroniqueur du journal Le Soleil à Québec parle de «La Redresseuse».Ses collègues, qui sont incarnés avec vraisemblance dans les personnages du roman, du chef de cabinet à l’attaché de presse, qui la traitaient de haut, sans jamais lui témoigner de reconnaissance pour la besogne accomplie.Des collègues gaffeurs, surmenés, prétentieux, suffisants.Dans l’entourage (le vrai) de M.Bourassa, on trouve que la publication de ce livre, au moment où il quitte la politique est indécente.D’autant plus que M.me Boucher est toujours employée de l’Etat du Québec, dans une fonction diplomatique à titre de directrice des communications à la délégation du Québec à Mexico.Une indélicatesse de trop, juge l’ancien patron de Mme Boucher et bras droit de M.Bourassa durant les années où se situe l’action du roman, Mario Bertrand.Le bouquin était attendu.D'aucuns se délectaient à l’avance des révélations sur les coulisses du pouvoir.Mais la concoction romancée des souvenirs de Mme Boucher en décevra plusieurs.«Rien n’est authentique dans ce roman»; prévient l’éditeur en quatrième de couverture, bien que «ce récit parle de choses qui auraient pu se produire».De sorte qu'on ne sait trop sur quel pied danser.Quiconque lira ce roman, se demandera tout au long si M.Bourassa est Dans l’entourage de M.Bourassa, on trouve que la publication de ce livre, au moment où il quitte la politique, est indécente.D’autant plus que Mme Boucher est toujours employée de l’État Jacqueline Bouclier L'intimité du pouvoir comme M.Brochu.Traite-t-il, à longueur de jour, ses bons amis les journalistes de «trous-de-cul»?Lui est-il déjà arrivé, poulies besoins d’un discours, d’improviser sur le champ une politique du troisième âge qui impliquerait des dépenses pour le gouvernement?De couler de l’information à un journaliste pour mettre dans l’embarras un ministre dont il souhaitait la démission?De modifier sa politique pour un sondage?Avait-il une maîtresse parmi son personnel?Au cours d’un entretien avec LE DEVOIR, Mme Boucher réclame «le droit d’avoir de l’imagination».Mais elle truffe son récit de situations réelles.Le chapitre premier s’ouvre sur un incendie de BPC; plus loin, on assiste à la démission du trésorier du parti, un nommé Alfredo Terranova, qui évoque la démission (réelle) de celui du Parti libéral (le vrai), Tommy Derrico, à la suite d’une affaire de patronage.Les journalistes du roman portent les noms de véritables journalistes qui travaillent encore aujourd’hui à la tribune de la presse du Parlement de Québec.Mon collègue Denis Lessard de La Presse y est décrit comme celui à qui le premier ministre refile des informations compromettantes sur un ministre indésirable; mon collègue Michel David du Soleil est le ra-toureux qui, à partir des hésitations dans une réponse de l’attaché de presse, fait le lendemain une manchette dévastatrice pour le gouvernement.Les noms d’une douzaine de scribes y sont.Des reporters que l’entourage du chef du gouvernement voit comme «une meute avide», des «trous-de-cul», des «imbéciles», des «demi-watt» qui rapportent tout de travers et que l’on peut «amadouer» facilement, acheter le silence en leur promettant un «scoop», avec une invitation dans un bon restaurant, avec de jolies hôtesses lors des tournées à l’étranger.Mme Boucher évoque le cas d’un collègue, Maurice Girard, qui est aujourd’hui chef du bureau de l’agence de presse La Presse canadienne, à Québec.M.Girard, avait été nommé par M.Bourassa, en 1987, directeur des communications à New York.Dans le roman il est nommé à Paris, et cette nomination a pour but de le faire taire.Dans la version originale du manuscrit, le nom de M.Girard figurait tel quel (M.Girard est un ami de Mme Boucher).Mais les patrons du journaliste ont insisté pour que son nom soit rayé.Mme Bouchera obtempéré.Les journalistes, omniprésents, sont souvent des empêcheurs de danser en rond.Page 25: «Qu’est-ce que tu veux, dit le premier ministre Brochu.Depuis le Watergate, sous des dehors de liberté de presse, c’est la fin de la liberté politique.Chaque bulletin paroissial veut la tête de son mar-guillier, chaque hebdo celle de son maire et chaque quotidien celle de son chef de gouvernement».Avec L'Intimité du pouvoir, le lecteur n’a droit au meilleur d’aucun des deux mondes: le récit ne livre aucun secret bien gardé, aucune révélation savoureuse ou instructive sur la manière dont l’Etat du Québec est gouverné; il ne constitue pas non plus un bon roman.Ia" livre ne comporte aucune intrigue soutenue.11 est une accumulation de situations disparates.Il s’appuie sur une série de clichés (l’amant homosexuel du chef de cabinet qui coule à la presse, sous la signature des Redresseurs, des informations sur les coulisses du pouvoir), üi langue est molle comme celle des communiqués de presse émis par le bureau du premier ministre.Au mieux, le livre décrit un climat de la vie politique, qui, s’il correspond à la réalité, est à vous en dégoûter et propre en entretenir le cynisme du peuple à i egard de ses dirigeants.:s 1 tf » I I : I INNU Ce nom nous appartient! tendresse, la patience de ces «nomades», leur sens du partage, leurs rites et leur attachement a ce que Ri-goberta Menchu appelle son «na-hual» — ce monde très intime, porté comme un ombre, fait de signes distinctifs reliés a divers animaux, le plus vénéré étant ici le caribou dont îes Innu récupèrent tout, même la neige souillée de sang et les os broyés.Le moins apprécié des animaux est le carcajou qui multiplie les facéties pour embêter les gens, mais qui leur vaut aussi des cascades de rires lorsque vient le temps des contes, a la veillée, ou parfois sur les ondes de la radio communautaire.Pierre Perrault, a qui l’on doit Le goût de la farine, a déjà écrit sur un voyage à La Romaine: «nous sommes navrants de curiosité obscene et maladive a leur égard».Solange Vincent dans une «réflexion libre Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS sur la marginalisation des Amérindiens» (Anthropologie et Sociétés, 1986, Vol 10, no 2) pressent que les Blancs acceptent de «déstabiliser» une certaine image de l’Amérindien pour en prendre une autre qui en est l’exact contrepied, évitant ainsi «la troublante incertitude.les demi-teintes.la vie quotidienne et complexe pour se conforter dans de rassurantes catégories conceptuelles».Jauvin dans son livre sur le couple Mark — aussi attachant que l’était le couple Mathieu et Délina André dans la série d’Arthur Lamothe sur la dépossession des Montagnais \lnnu Assi («Notre terre») — ne livre pas de grandes théories.Il transcrit ce que son magnétophone et celui de feu Alexis Joveneau, prêtre oblat, ont gravé: confidences d’Hélène Mark sur son mariage a 17 ans: «il n’est pas paresseux», lui avait dit son père.Naissance d’Agnes, suivie de dix autres grossesses.En entrevue, cette Innu ne retient rien des revers passagers: «je ris tout le temps», et répond de façon qui peut apparaître déconcertante sur le «progrès des femmes».Elle pense, traduit Joséphine Bacon (de Betsia-mites), «qu’elle est très en avant du progrès, parce qu’elle vit sa vie tradi- domicile quelle n’abandonnera jamais.et qu’elle ne se considère pas la dernière de cette lignée».Médicaments provenant de la forêt, art de la saignée, autant d’atouts dans les mains de cette femme portant crucifix et bonnet perlé, dont le sourire est à la fois assuré et rassurant.Jauvin nous transmet aussi les circonstances de l’apprentissage de William-Mathieu Mark qui, à 30 ans, n’avait encore jamais dormi sous un toit.Cet homme modeste sait piéger le castor, tendre les peaux d’animaux et réfléchir longuement avant d’exprimer sa sagesse.Devenir chef?Il ne se proposerait pas, mais si des amis insistaient, il commencerait par consulter sur «ce qui est préférable pour la communauté».Il n’a rien oublié de son enfance errante avec son père surnommé «le solitaire», ni des valeurs qu’on lui a inculquées, tel ce respect de la neige, car, lui disait-on «l’enfant qui n’écoutait lias ses parents se ferait emmener à ia fonte des neiges».William-Mathieu continue de se méfier des «lois sur papier qui n’ont aucune valeur pour nous», surtout en ce qui a trait a la pêche au saumon.La trop brève rencontre (un peu plus d’une heure) avec ces deux Mercredi 20 octobre de 18h30 à 20h Lancement de «LA VIE PASSE comme; une ÉTOILE FILANTE: FAITES UN VOEU» Diane-Monique Daviau Editions L’instant même Samedi 6 novembre de I I b à 13b «LES ENFANTS DE L’INDIFFÉRENCE» Andrée Rufl’o Editions de l’Homme ac9hà22h 362 jours par année 1120, ave.laurier ouest outremont, montréal tél.i 274-3669 • téléc, i 274-3660 L’HEXAGONE % FÊTE SES 40 ANS chez Champigny ’LA LITTERATURE ET LE MARKETING FONT-ILS BON MÉNAGE?" TABLE RONDE avec Jean Royer, Pierre Gobeil, Émile Martel et Micheline Lafrance Animateur: Michel Gay SAMED116 OCT.DE 14H À16H Champigny 4380 ST-DENIS, MTL STATION MT-ROYAL 844-2587 Innu, dans un bureau du DEVOIR m’a confirmé ce que des êtres comme Serge Jauvin ont compris et 4p-pliqué: il faut mettre du temps avapt de pénétrer un univers qui ne craipt pas les longues plages de silence dans la conversation.J’aurais voulu savoir ce que William-Mathieu Mayk pensait des marchands, des bap-quiers.Il m’a dit qu’il ne pouvait pas détester «ceux qui étaient pratiquement les seuls à nous acheter nq>s fourrures» sur la Basse Côte-Nord.Là où j’ai cru saisir le début d’un iojta de critique, c’est que bien des films ont été faits sur les Innu mais que «ça n’a pas fait tellement avancer lys choses.quand ils se sont rendus discuter à Ottawa», et que mieux va lait un livre comme AITNANU que l’on peut conserver et relire.Pojir l’essentiel, il reconnaît sa vie daips ces pages qui servent pour ainsi dit e de catalogue à l’exposition (une é(ji lion en langue anglaise est prévue)» Philippe et Henri, deux des fijs Mark qui savent préparer la ban-nique (pain des Innu) et faire le coup de feu lors de la chasse, firent aus^i partie du groupe d’Innu qui a accueilli Serge Jauvin «avec une générosité sans faille», d’où la détermination du photographe de tenter de refléter «tout le savoir» que ces Ame rindiens possèdent, de rendre compte de «toute la vie contemporaine ju village, dans la maison» comme dans les campements dont l’accès ept maintenant facilité par le transport en avion! , Ces Innu, c’est après un long clije minement que Serge Jauvin pepl nous les présenter, ayant d’abord connu les us et coutumes de Point/' Bleue avant de multiplier les séjours dans d’autres réserves, jusqu’à Bet siamites el La Romaine.plus loin encore que le pays de Jack Monoloy! «J’ai essayé de rendre une vision tn térieure de leur monde», dit-il avec une pointe de regret quant à l’ampu talion nécessaire des deux tiers des clichés.«mais l’éditeur m’a facile ment convaincu qu’il fallait rendreja publication accessible a tous et un fil hum de luxe aurait entraîné un coùp prohibitif».Pensons à Edward S.Curtis, je photographe américain dont la fijle vient de faire paraître une sélection (le 40 000 clichés pris au début du siècjc.ce qui nous donne un album (de luxir) sur L'Amérique indienne .Jauvin, fin.peut se considérer comble: son livre sort de son vivant cl il est à même (le nous communiquer son c ’’ évi dente pour les Innu.CLICHE RÉPÉTÉ A ECLAIRAGE OIEEEHf N1.EN RAISON OU TEXTE MAL IMPRIME 5526 I.E I) K V OIK.I.K S S A M K I) I I li K T I) I M A \ ( Il K 17 (M T O li I! I I II II A i) ;’> I.E S 0 N II E I Notes sur le vif CHRONIQUES I Guy de Maupassant Préface de Hubert Juin.Collection 10/18, 439 pages CHRONIQUE 2 445 pages CHRONIQUE 3 444 pages De Maupassant, on ne connaît généralement que les contes et les nouvelles.Quelques romans aussi qu’on se hâte de classer dans le rayon du naturalisme comme pour mieux les oublier.On lit toujours l’auteur de Pierre et Jean, mais on ne le prend pas toujours au sérieux.Ne le représente-t-on pas sous les traits d'un joyeux viveur portant canotier et courtisant les belles dames.C’est oublier l'écrivain en lui, l’admirateur inconditionnel de Flaubert, le compagnon de Zola.Cet amateur de femmes était prodigieusement doué.S’il faut bien admettre que certains de ses contes pèchent justement par leur perfection, on ne peut en revanche que se laisser guider par la précision de l’écriture.Maupassant sait décrire; ce que sa vision pénétrante lui permet de découvrir, il le transmet au lecteur de manière vive et prégnante.Qu’il ait collaboré aux journaux tout au long de sa vie n’a donc rien qui puisse surprendre.Du journaliste, il avait la vivacité, qu’il complétait avec l’acuité de sa vision.Ces trois volumes de chroniques nous permettent de suivre le cheminement de l’écrivain de 1876 à 1891.Il a donc 26 ans lorsqu’il publie le premier texte dans La République des lettres et il mourra deux ans après la publication du dernier que nous offre cette édition.Il est évident que le temps n’a pas été tendre pour certains de ses chroniques, inspirées par l’actualité.Maupassant aimait éperdument la beauté des femmes, leur aptitude à l’amour, mais il multiplie les credos en faveur de la polygamie.Comme la plupart des hommes de son temps, il estime que les femmes ne sont pas douées pour l’art ou la littérature.Elles consomment les chefs-d’oeuvre, mais n’en créent pas.Que cela nous paraisse aujourd’hui une ¦4$ G I I.1.K S A K C II A M H A 11 I.?sottise est tellement flagrant qu’il faudrait être obtus pour en faire grief à Maupassant bien longtemps.Je préfère, quant à moi, le jeune écrivain subjugué par son maître Flaubert et qui sait l’évoquer avec ferveur.De même ne suis-je pas indifférent au récit de ce que furent les soirées de Médan.Mais il y a plus.Maupassant est un témoin étonnant de la vie de cette fin de siècle.Hubert Juin écrit avec raison: «Témoin, Maupassant est insurpassable.Commentateur, il devient faux témoin.Sa pensée ne se distingue en aucune façon de la pensée qu'une certaine classe sociale portait alors sur la société.Celle de la moyenne bourgeoisie».Il est instructif de lire la prose de ce provincial qui tire sur tout ce qui bouge avec une étonnante candeur.Ce qui est quand même admirable dans ce dix-neuvième siècle à son déclin, c’est de voir qu’un écrivain se voyait octroyer la liberté de commenter l’actualité.Des préjugés, et de tous ordres, il les étalait sans vergogne.Il lui arrive de regarder les événements avec le petit bout de la lorgnette, mais ses chroniques ont un ton que n’auraient pas les papelards d’un tâcheron de l’actualité.Surtout qu’au moment où il écrit, le journalisme n’était souvent que le métier de la complaisance la plus veule.On pourra glaner dans l’un ou l'autre de ces trois recueils de chroniques quelques textes qui accompagneront la lecture toujours a recommencer des contes et nouvelles.C’est que, voyez-vous, Maupassant ne cesse jamais pour longtemps d’être un écrivain de taille.Qu’il soit parfois obtus comme un député ou ridicule comme un sénateur ne change rien à l’affaire.LETT K E S FRANC O I* Il O N E S Une contre-utopie IA COLONIE DU NOUVEAU MONDE Maryse Condé Paris, l/iffont, 1993,257pages USE CALVIN Imaginez un homme qui un jour a une révélation et se prend pour un fils du Soleil, Aton, et peut-être pour le Dieu lui-même.Imaginez qu’une femme le suive dans cette aventure et que tous les deux, guadeloupéens rencontrés a Paris, fondent famille et foyer, que des disciples les suivent et que d’autres les rejoignent, rescapés des bouleversements d’Haïti et d’Allemagne, jusqu'en Colombie où ils ont trouvé refuge.Vous aurez alors une idée de la communauté de Santa Marta désignée par les habitants du pays sous le nom de «colonie du nouveau monde».Pauvre colonie que celle-là, qui refuse tout autre éclairage que celui du Soleil, tout autre aliment que ceux delà terre, toute autre activité que celles liées à la prière et à la survie.A un Certain moment, on avait songé à faire de ce |x-lit groupe une nouvelle attraction pour touristes et de transformer leur village en cour des miracles.On dut vite déchanter.Seule la curiosité des Autochtones était piquée par ces gens à peine vêtus et maigrelets, aux moeurs incompréhensibles.Le projet de Maryse Condé, romancière née en Guadeloupe (connue pour sa fresque d’inspiration africaine, Ségou, est ambitieux.Au moment de la chute du mur de Berlin et de la fin du communisme, il s’agit de dévoiler les abîmes d'ignorance et de supercherie sur lesquels se fondent les sectes religieuses de tout acabit.Celle-ci est d’inspiration égyptienne, le rêve étant de se rendre dans la terre des pharaons adorer les Dieux.Ailleurs elle sera indienne ou pakistanaise mais le mé- canisme reste le même, qui édifie un système compensatoire grâce à la naïveté des uns et des autres.Il aurait été facile de verser dans la caricature.Jamais pourtant la romancière ne juge ses personnages.Elle choisit plutôt de les accompagner dans leur errance et leur désarroi.Même l’hypothèse de la schizophrénie, évoquée à quelques reprises, est-elle ramenée au point de vue des biens-pensants et à l'image du monde qu'ils véhiculent.La douleur et le mal d’être réunit ces personnages de la folie ordinaire, purs produits d’un monde désenchanté.Un visage domine les autres.C’est celui du pharmacien communiste, troublé par la beauté de la femme du Dieu mais aussi par le sort des habitants de la colonie du nouveau-monde.On aurait souhaité que l’auteure s’attache davantage à ce personnage, à son malaise face à la déroute des idéologies, à sa générosité humaniste et ambivalence.Toute fresque ne suppose-t-elle pas une figure unificatrice capable de transcender son époque en la réfléchissant?Maryse Condé s’intéresse aux déracinés, aux migrants, aux laissés pour compter (les grands mouvements sociaux.Son précédent roman, Les derniers rois mages (Mercure de France, 1992), racontait l'existence sans gloire d’un Antillais marié à upe Noire américaine et installé aux Etats-Unis.Aucune identité de suppléance ne venait à la rescousse de ce personnage singulier et seul, coureur de femmes par désoeuvrement.Dans La Colonie du nouveau monde, un petit groupe de fidèle essaie tant bien que mal de répondre à des temps incertains en inventant ses propos divinités.Mais le spectacle qu’ils donnent à voir est à ce point navrant qu'il en devient le modèle même de la contre-utopie.L I V R E S I.E F FFI I, I.F T () \ Un monde dans le carton bouilli MEMOIRES DE MELLE Michel Chaillou Éditions du Seuil ¦ Fiction & Cie, 1993, 325 pages.La mémoire est une valise qui ferme mal.On veut y mettre tout ou presque, en désordre, le secret et le certain, l’inconnu et l'inutile, le gai et le triste; on avance avec cette va-loche qui grossit, que l’on coud et recoud aux étapes déchirantes de la vie.C'est un monde qu’on enfonce dans le carton bouilli.Monde éclaté, débordant, fripé, à rattraper au jugé, vite et mal, au fond, parce que dans la mémoire «le temps parle trop vite».Pour Michel Chaillou et son personnage Samuel Canoby la mémoire ce sont des valises de sable, deux valises qu’un homme a reçu en héritage à la mort de ses parents et qu'il ouvre devant nous: «leurs documents de sable, papiers, quittances, loyers impayés, billets doux dont la douceur se fana, pages qui s'échappent chiffrées d’un dossier concernant la réfection d’un toit.Sans doute celui qui éternellement nous manqua?N’est-ce pas encore du sable, Charlie photographiée avec celui-ci, celui-là?du sable, ce portrait du ténébreux Elie Garnier qui se venge contre un pin?du sable, le sournois Gal-vès qui d'une main preste cache son visage?Ma mère rayonne à ses côtés en robe légère sur la tribune de l’hippodrome d’Anfa.Des chevaux s’emportent, l’un d’eux, noire cavale, s’échappe sur la route bitumée d’Aïn Diab.Et ce jour de liesse à Marrakech devant l’Univers, Ray aux anges auprès d’un célèbre footballeur.Si j'avais pu shooter aussi bien dans les buts de l’adversité?».Michel Chaillou écrit aussi vite que le temps fuit, contrôle d'émo-tion en quatrième vitesse dans les images qui dévalent, se catapultant et se superposant, dans les événements qui passent et repassent dans la brume atlantique des années enfuies à Casablanca; Samuel Canoby ouvre les deux valises, il a 54 ans, et Charlie sa mère, qu’il appelle aussi Charlotte selon l’humeur, et Ray, son pseudo-père dont il ne portera jamais le nom, resurgissent, sortent des valoches à son appel, débordent des cadres de vieilles photos Agfa Color, revivent, happés dans le souvenir, brassés dans la mémoire qui flanche et se reprend, fond de valise que Samuel expose aux vents poivrés du Maroc de son adolescence.C’est un bel ouvrage que signe Michel Chaillou et que les jurés du Concourt maintiennent en sélection pour le déjeuner du 8 novembre chez Drouant.Un livre exceptionnel.Celui d’un homme qui, dans la cinquantaine dont on ne saura strictement rien, se souvient, revoit, repasse et déséchoue en quelque sorte les cinq années passées à Casa quand il avait de 14 à 19 ans, de 1952 à 1957, parenthèse de cinq mis dans Casablanca dont il avait fait siennes «les ruelles larges comme les lignes de la main», les places, les carrefours, les cinémas, les librairies, les cages d’escaliers et les bordels acceuillants d’une ville blanche, rose et lie de vin.Le petit Samuel Canoby était débarqué au Maroc en juillet 1952, du Mermoz, venant de Bordeaux, avec sa mère Charlie Charlotte Canoby qui n’avait pas de sous pour six jours.Il avait 12 ans.elle en avait 30, bref ils étaient presque du même âge pour affronter l’avenir en se louant une chambre d’hôtel poussière dernier prix à Tanger.Où est le père?En fait ils le cherchent, mais pas trop, il devait être au Coup de roulis, hôtel-restaurant où l’on ne sait plus où il est, Ray, lç sémillant maître d'hôtel qui fuit.A 17 ans, du côté de Nantes, il avait engrossé Charlotte Canoby qui en avait 16: «procréé par accident» le petit Samuel Canoby, qui portera le nom de jeune fille de sa mère.Samuel et Charlie vont filer vers Casa la blanche, elle va se trouver un boulot de fille de salle dans une taverne Henri IV, ils vont vivre dans la rue Galliéni en se tassant dans un lit défoncé; plus tard, un riche bouja-di (ainsi appelle-t-on les Français qui vivent au Maroc avant l’indépendance) va leur avancer de l’argent pour acheter un restaurant, A la mère Michèle', que Charlie va astiquer et ge- Chaillou est romancier, il est aussi poète, son Maroc à lui est une adolescence en fête lédo i l rer, congédiant le personnel arabe pour engager des colons français.Fernand, Max, etc., ne gardant que Si Mohamed aux fourneaux, un sage qui sert de père conseil et légendes au petit Samuel qui grandit vite et devient très indépendant de mouvement.Chaillou, dans un mouvement d’écriture giratoire et lancinante, ou cinq ans d'impressions sont brassés et rebrasses jusqu'à la plçnitude du souvenir, fait revivre l’adolescence de Samuel Canoby dans les basques de sa mère dont il quitte le lit a 15 ans (avec le souvenir lancinant d’une nuit moite où il l'a déshabillée, ivre.) pour découvrir la liberté et le soleil en même temps, filant de la puberté à la nubilité dans les odeurs de citronnier et de poivrier, avec une ville à soi, sa cité du tendre, ses quatre copains, les filles, Bérénice la bibliothécaire qui lui refile Les Mille et Une nuits, Jacqueline To-'ouvreuse du théâtre municipal qui le laisse entrer aux entractes (il ne connaît que les fins de Faust, Werther et Paillasse) et qu’il saute un soir sous la statue d'un conquérant du Maroc, Yolande la fine prostituée du boulevard de Marseille, ses amours sous les escaliers et les djellabahs qui fuient.Michel Chaillou est romancier, il est aussi poète, son Maroc a lui est une adolescence en tète, dont il manie, au sortir des valises, le théâtre de la mémoire d'un terrible soleil traversé des ombres de son état; il ne retient pas l’attention de son père qu’il trouve a Marrakech où il tient la brasserie de l'Univers; sa mère se marie tous les soirs avec un type qu’il n'aime pas et qui calligraphie avec emphase le menu quotidien de la mere Michèle; sa mère Charlie qui est son seul pays dans un Maroc qu'ils fuiront avant l’Indépendance: sa mère que la population de Nantes en 1944 (il avait 6 ans) avait humiliée et tondue, et que pour une histoire de chèque sans provision on emprisonna du côté de Brème où elle était allée faire repousser ses beaux cheveux blonds.Le Maroc de Charlie, un monde' dans le carton bouilli, c’est celui des années 50; on trinque à la brasserie des frères Cerdan avec émotion (Marcel le boxeur s'est tuf aux Açores en 49, et l’on a pleuré avec Piaf), on va voir les films au Vox pour un frisson dans le noir et le frôlement d’une inconnue dans sa djellabah mystère, on lit Im Garçonne de Victor Marguerite en se masturbant, on reluque les décou-eheuses de l’hôtel Mode, alors qu’un soir le cuisinier arabe vous (lit, grave, de ne pas sortir le soir, et que vous apprenez que le grand café de la place Lyautey a été plastiqué, que des colons français sont tués à Meknès, et que l’on vous jure, à vous qui appreniez l’arabe pour être l’un des leurs, que les Français vont quitter le Maroc.Samuel, Charlie et son nouveau mari, le chien Stop, prendront la roule vers l’Espagne et reviendront en France.où 35 ans plus tard l’ancien enfant de Casa, qui entreprend sa vieillesse à Melle, une bourgade près de Niort dans les Deux-Sèvres, repense à tout cela jusque dans l’ivresse de se souvenir qui l’emporte sur le souvenir.Valise ouverte que seule la mort va refermer.r «fl**-»*-*»*!!*- § m photo « ro(.i;k vioilet Laforest Guy Laforest signe des textes percutants sur le nationalisme, québécois ou canadien.Il propose une analyse pénétrante de la carrière de Robert Bourassa et de sa conception de la « prudence » en politique.-H (i U Y I A F O R F S a ence Tl XTI.S l'Ol ITIQUt S #6 Boréal Il O R I A 2/2 pages • 19,95 $ François Landry LE COMÉDON TRIPTYQUE Tél.et télec.: 524-5900 * Jean-Paul Fugère GEORGETTE DE BATISCAN (roman) 22,00 $, 414 pages Un divertissement total.M.Landry sait accrocher son lecteur.Le rythme est bon, le suspense est bien dosé, l’humour arrive à point et les dialogues sont nets, vivants Il suffit donc de se laisser embarquer dans les bateaux que montent les héros, d’apprécier la psychologie très juste des personnages, surtout celle du policier Morhu, et d’essayer d’imaginer peu à peu, tandis que passent les heures et que vient l’aube, un dénouement qui sera évidemment contredit Réginatd Mortel «La Presse» en vente chez votre libraire (roman) 15,95 $.191 pages.Il faudrait remercier ceux qui comme Jean-Paul Fugère nous redonnent notre réalité à travers le prisme de la fiction.Dans une oeuvre qu’il façonne depuis bientôt 30 ans (Les terres noires, 1965), le réalisateur pionnier de Radio-Canada continue, avec ce sixième roman, d'exploiter un filon qu'on dira sans doute autobiographique Mais pourquoi s'y objecterait donc?N est-ce pas la matière première de l'écriture?Jacques Allard «Le Devoir>< il.ORGl ,lc BAl'l SC AN il !• b I» !•: v Oil!.I |{ S S \ M K I) I III K T I) I M A N C ME I7 O C T O B R E I !) !) A (D-4 Parler pour penser Ronfard, Riopelle, Bunge ouvrent une passionnante série tü 4 f « « • ••!!»¦* il Mit îîj; «ïî • jîH t : ï ; - (H-(n < I 4 < < il» J ' K O B K K T S A L E T T I ?ENTRETIENS AVEC JEAN-PIERRE RONFARD Robert Ifvesque Liber, «De vive voix», 176 pages ENTRETIENS AVEC JEAN-PAUL RIOPELLE Gilbert Erouart Liber, «De vive voix», 121 pages ENTRETIENS AVEC MARIO 6UNGE Laurent-Michel Vacher Liber, «De vive voix», 139 pages L’idée est si simple qu’on se demande comment il se fait qu’un éditeur n’y ait pas pensé plus tôt: choisir quelques personnalités importantes dans leur domaine respectif, leur adjoindre des interlocuteurs intelligents, et les laisser discourir sur leur vie, leur travail et leur passion.A en juger par les trois premiers volumes de la collection «De vive voix*, chez Liber, le résultat est plus que probant, il est remarquable.Mais qu’ont en commun Jean-Pierre Ronfard, Jean-Paul Riopelle et Mario Bunge, à part la célébrité qu’ils ont respectivement acquise en théâtre, en peinture et en philosophie?De prime abord, rien, surtout qu’aucun d’entre eux n’est ce qu’on appelle une vedette médiatique.Au second abord, beaucoup, précisément un certain anticonformisme.Français chez les Québécois, Ronfard est un poète des planches, un soixante-huitard qui n’est pas resté accroché à mai 68, c’est l’«accoucheur scénique» de Claude Gauvreau et de Réjean Ducharme, le cofondateur du Théâtre expérimental de Montréal et l’auteur de Vie et mort du roi boiteux, une pièce en plusieurs pièces à la mesure de sa vision festive du théâtre.Québécois chez les Français, Riopelle est un génie iconoclaste (il aurait pu être coureur automobile ou joueur de hockey), un avant-gardiste épris de classicisme (il aime Matisse, Proust), une force de la nature anarchiste («Je n’ai jamais voté que pour moi-même»), qui a fréquenté Céline, Breton et Beckett (pas nécessairement en même temps!).Ix» moins connu de ce trio improbable, Mario Bunge est quant à lui d’origine argentine, il est polyglotte, philosophe (il enseigne à McGill), est l’auteur d’un monumental traité en neuf tomes sur le matérialisme Scientifique célébré dans les pays anglo-saxons et latins.Etabli à Montréal depuis 1966 , celui qui fut l’élève du physicien Guido Beck et l’ami de l’écrivain Emesto Saba-to est un des secrets intellectuels les mieux gardés à l’ouest de la rue Saint-Laurent.Surmonter la culture Les Entretiens avec Jean-Fierre Ronfard, réalisés par mon collègue en ces pages Robert Lévesque, sont ceux qui plongent le plus directement dans le vif de notre rapport à la culture.Après une première partie au contenu essentiellement biographique, le dialogue s’amorce véritablement par la suite quand vient le temps de parler mise en scène, création, travail du comédien et situation du théâtre québécois.Au lil des questions est alors esquissé le portrait d’un homme de théâtre cultivé mais qui a surmonté la culture, d’un pédagogue dont le trajet a la rigueur de la passion, sans les inconvénients du «carriérisme», d’un homme pour qui l’heure du bilan qui sonne n’exclut pas la franchise, l’autocritique et un regard amusé sur ses expériences passées.Dramaturge et comédien, homme de création et de répertoire, doué pour le texte et la parole, mais â mille lieues des relations publiques, Ronfard est inclassable.C’est un être drôle et intègre, et ces deux seules qualités alliées nous valent de superbes envolées contre les clichés liés à la spontanéité et les dangers du pathétique ou du «déballage rapide de tripes fraîches» qui guettent ceux qui confondent trop aisément expressivité et créativité (air québécois connu).ROBERT LÉVESQUE Entretiens avec J e ci n - JP i e t t e RONFARD SUIVIS DF.I A LEÇON DE MUSIQUE 16-H Liber de vive voix ________________________t________________________ Voilà des entretiens qui révèlent un être qu’on se prend à respecter et à aimer, pour la constance et l’originalité de son approche du théâtre, à l’écart de l’institutionnel et du commercial.Un être qui a vécu sa passion, y a réfléchi et sait en parler intelligemment, avec beaucoup de maturité et sans affectation.Ce n’est pas rien.Avec Riopelle, l’entretien tourne davantage à l’entrevue, malgré la bonne volonté de Gilbert Erouart — présenté par l’éditeur comme un diplomate et un historien de l’art sans autre précision.Riopelle est une figure mythique et il le sait.L’affabilité est pour lui, qui vil maintenant seul sur son ile avec sa compagne après de nombreuses années d’exil artistique en France, un leurre.Les entrevues qu’il a données se comptent sur les doigts de la main, ce qui fait de ce livre un événement en soi.Et puis en dépit de son tempérament peu loquace, de ces coq-à-l’âne et des silences qu’il oppose parfois aux questions, celui qui préfère se dire «dépressionniste» plutôt qu’impressionniste, qui annonce que l’abstraction n’existe pas en peinture, ne résiste pas finalement à livrer quelques confidences et, surtout, quelques réflexions sur l’art, sous formes de boutades ou de devinettes bien entendu, dont celle-ci: «Voir une main sur un tableau représentée non pas avec cinq mais avec sept doigts — main par ailleurs parfaite, articulée.— est-ce contempler de l’abstrait ou du figuratif?» Interrogé pour ces Entretiens par Laurent-Michel Vacher qui enseigne au cégep Ahunfsic, Mario Bunge, quant à lpi, nage à contre-courant de la mode philosophique.A l’ère de la déconstruction et du fragment, il pose un regard systémiste, donc globalisant, sur la réalité: «Tout ce qui existe est soit un système, soit une composante d’un système».L’espace manque ici pour rendre compte des nombreuses ramifications, philosophiques mais aussi économiques, scientifiques et politiques, de la pensée de Bunge.Il suffira de dire qu’en dépit de sa base rationnelle et scientifique, celle-ci a une forte dimension éthique qui rappelle la recherche d’un autre professeur de McGill, Charles Taylor.Comme chez Ronfard, qui renâcle à l’académisme, ou chez Riopelle, qui fuit les étiquettes, il y a chez Bunge — qui incidemment avait fait l’objet de l’entrevue du lundi dans LE DEVOIR du 27 mai 1991 — quelque chose de l’esprit libre.L’idée était si simple qu’on se demande comment il se fait qu’un éditeur n’y ail pas pensé plus tôt.Encore fallait-il trouver des personnalités qui ont quelque chose à dire et pour qui, pour notre plus grand bonheur, la parole ne cache pas la pensée mais la révèle.Uinnocence corrompue des temps modernes On croirait voir défiler un bulletin d'informations tant est réaliste et ancré dans le présent le portrait que fait Bissoondath du Toronto d'aujourd'hui L'INNOCENCE DE L'AGE Neil Bissoondath, Pliébus, 316 pages » ISABELLE RICHER Neil Bissoondath a une écriture résolument cinématographique.Chaque élément, chaque détail du récit revêt une importance calculée, 3ui se précise au fil des pages.Rien ’apparaît qui ne soit inutile.L’auteur possède ce don certain pour installer ses personnages en deux coups de cuiller à pot et planter un décor que l’on voit immédiatement, pour peu que notre imagination s’abandonne aux descriptions inspirées.Les dialogues, réussis, servent le déroulement de l’intrigue plus qu’ils ne rhabillent Le moteur de L’innocence de l’âge se cache dans l’urbanité de son propos, dan son actualité.On croirait voir défiler un bulletin d’informations tant est réaliste et ancré dans le jmésent le portrait que fait Bissoon-nath du Toronto d’aujourd’hui; Toronto qui ressemble d’ailleurs à n’im-ÿWile quelle autre grande ville.j | choc des générations.,, i j igasco a la cinquantaine tranquille.Depuis qu’il a perdu sa femme, la vie se partage entre son snack-bar minable où il sert quelques clients égarés et les amis avec qui il trinque deux fois la semaine dans une taverne d’habitués.Son fils, Danny, malgré sa maîtrise en gestion, travaille pour les Constructions Simmons, entreprise bas de gamme appartenant à un promoteur immobilier amoral, dont l’unique préoccupation est l’argent.La devise de Simmons s’accorde avec le logo de sa compagnie, un lion dressé sur ses pattes, gueule ouverte: «A moins de devenir un lion, on devient sa proie».La première faille dans la relation entre le père et le fils apparaît dans les jugements qu’ils posent l’un sur l’autre, dans la conception qu’ils se font de la vie idéale pour chacun.Puis des failles plus intimes surgissent: des blessures d’enfant, des attentes non comblées , des reproches jamais exprimés.Lorraine, une amie de Pasco, lui fera ce commentaire: «Vous devriez vous parler un peu plus».Et Pasco pensera: «Le genre de remarques de ceux qui ne savent pas quoi dire d’autre.Un conseil sans valeur parce que trop général».Pourtant, c’est ainsi qu’ils parviendront à à E S T - S E L L E R S LIBRAIRIE HERMÈS ROMANS QUEBECOIS 1 HOMME INVISIBLE À LA FENÊTRE, de Monique Proulx - Boréal Seuil 2 LE COEUR ÉCLATÉ, de Michel Tremblay - Léméac 3 PORTAGES, de Gilles Vigneault - Nouvelles Éditions de l'Arc 4 FORTUNA STAR, de Anton Anghel - VLB 4P' ESSAIS QUÉBÉCOIS 1 JOURNAL D'UN HOMME FAROUCHE, de Jean-Paul Desbiens - Boréal 2 LA DÉROUTE DES SEXES, de Denise Bombardier - Seuil 3 DENYS ARCAND, LA VRAIE NATURE DU CINÉASTE, de Michel Coulonges - Boréal 4P' ROMANS ÉTRANGERS 1 LE MAÎTRE DES ILLUSIONS, de Donna Tard - Plon 2 LA LYRE D'ORPHÉE, de Robertson Davies - Édifions de L'Olivier 3 LE CARNET ROUGE, de Paul Ausler - Actes Sud 4 CANTIQUE DES PLAINES, de Nancy Huston - Actes Sud Leméac 4P' ESSAIS ÉTRANGERS 1 ÉCRIRE, de Marguerite Duras - Gallimard 2 LES HOMMES ET LES FEMMES, de Françoise Giroud et Bernard-Henri Lévy - Orban 3 LE TRÈS-BAS, de Christian Bobin - Gallimard 4P' LIVRE JEUNESSE 1 LE JARDIN SECRET, de Frances H.Burnett - Folio junior 4P' LIVRES PRATIQUES 1 BONS GRAS, MAUVAIS GRAS, de Louise Lambert-Lagacé et Michelle laflamme - Homme 2 GUIDE DU MONTRÉAL ETHNIQUE, de Lazar et Douglas - XY2 4P' COUP DE COEUR 1 CANTIQUE DES PLAINES, de Nancy Huston - Actes Sud Leméac 2 TU ATTENDS LA NEIGE, LÉONARD?, de Pierre Yergeau - L'Instant même 3 UN AIR DE FAMILLE, de Michael Ondaatje - Points romarn Seuil *.1120 av.Laurier ouest, Outremont, II2V 21.4, 274-3669 LI-—- M M BISSOÜM) VI M L Innocence i age O ruinai» i i mu réconcilier leurs univers pas si éloignés.Les valeurs, bien qu’elles diffèrent selon les générations, conservent une parenté indéniable.celui des cultures Bissoondath a su, avec un égal bonheur, mettre en parallèle le choc des générations et celui des cultures, ce qui fait de ce roman un reflet juste et impitoyable de la société contemporaine.Parmi les amis de Pasco, Montgomery Bird (qui pa’le comme ça, ce qui est malheu’sement ‘idicule à la lectu’e!).Antillais de la Grenade venu au Canada pour le bien de sa famille, Montgomery travaille aux postes.Il es visiblement dépassé par les goûts et les attitudes de sa fille de 16 ans, Charlene.«Mam’zelle se balade déco’ée que tu c’oirais un arb’ de Noël».Quand elle fuguera, Montgomery sera au désespoir.Et quand il apprendra qu’elle se prostitue, il ne s’en remettra pas.Rendu agressif par trop de douleur, Montgomery sera abattu par un policier, un soir où il s’en était pris à un voisin.La valse des manifestations antiracisme et des discours récupérateurs nous rappellera alors un passé récent.D’ailleurs, une foule de petites scènes puisent dans cette réalité urbaine qui se déploie devant nos yeux jour après jour: un chauffeur de taxi agressé, une fugueuse de 15 ans morte gelée, une immigrante illégale dont on abuse, des skinheads qui terrorisent les gens.Ce dernier épisode illustre bien, par ailleurs, les incongruités d’une traduction faite dans le plus pur argot de Paris.Un skinhead du centre-ville de Toronto s’adressera à une vieille en ces termes: «Vise un peu c’te trogne!» Résultat, on sourit en plusieurs endroits alors que l’effet inverse est recherché.Pourtant, dans cette grisaille pessimiste se glissent les ferments du changement.Avec une économie de senti- mmwm Bissoondath a su, avec un égal bonheur, mettre en parallèle le choc des générations et celui des cultures, ce qui fait de ce roman un reflet juste et impitoyable de la société contemporaine ments, Bissoondath apprivoise les solitudes de ses personnages et les force à des prises de conscience salutaires.Ce roman n’est pas que le constat déprimant des ratés qu’on enregistre chaque jour.On y surprend Pasco, Danny, Lorraine et les autres à faire la paix avec leur passé, leur présent, les gens qui comptent.Neil Bissoondath n’a pas 40 ans (il est né en 1955) mais affiche déjà une grande maturité dans la maîtrise de l’écriture.Grâce à L’innocence de l’âge, il confirme un savoir-faire sur lequel on entretenait peu de doutes.Son premier roman, publié en 1988 mais traduit l’an dernier sous le titre Retour à Casaquemada, a été couvert d’éloges.Les critiques ont même reconnu chez l’auteur d’ascendance indienne, né aux Caraïbes et installé au Canada depuis 73 (et à Montréal depuis 90), le souffle des plus grands.On a évoqué V.S.Naipaul (dont il est le neveu) et Salman Rushdie.Si la comparaison est un peu hâlive et surtout lourde à porter, Bissoondath demeure un des rares auteurs de sa génération (avec Michael Ondaatje) dont la richesse des origines multiplie le talent et autorise les rapprochements les plus audacieux.i—Mmmmmmm Académie des lettres du Québec 11e Colloque des écrivains le samedi 23 octobre 1993 Hôtel Le Chantecler, Sainte-Adèle (Sortie 67 — Autoroute des I^aurentides) (514) 393-8884 Les livres qui vous ont fait(e)s Animateur: M.Jacques Folch-Ribas Discours inaugural: M.Jean-Pierre Duquette Première séance Participants: M.Jean Kthier-Blais — M.Marcel Trudel — M.Jean-Louis Gagnon Deuxième séance Participants: Mme Madeleine Ouellette-Michalska — M.André Berthiaume — M.Claude Lévesque Troisième séance Participants: Mme Denise Desautels — Mme Pauline Harvey -M.François Ricard Ce colloque est ouvert à tous les écrivains ainsi qu’au grand publie (Aucun Irais d’inscription) Transport gratuit par autocar Connaisseur 8 li Montréal — Sainte-Adèle: départ en face du 1600, rue Berri 8 li 15 Arrêt au Métro Villa Maria 22 h 30 Retour à Montréal Renseignements et réservations pour l’autocar: (51 A) 488-5883 9 h 30 11 h N h 30 16 h \.I T T K R A T IJ R li .1 Ii II N K S S H ICI Collectif coll.Clip, Québec/Amérique Québec/Amérique, fidèle au concept de la collection Clip, propose de courts textes qui ont un point de départ commun: il s'agit cette fois du pays et de la notion d'appartenance.Pas évident d'intéresser les jeunes à ce thème! Cinq auteurs proposent leurs textes de fiction.Iz-s trois premiers réussissent à nous passionner en attaquant le sujet sous un angle original et très actuel, lii page couverture, pourtant très jolie, ne réussira sans doute pas à retenir l'attention du public à qui elle est destinée.LES BOTERO Texte de Carmen Marois Illustrations de France Brassard coll.Clip, Québec/Amérique T oliment présentés et agréable-J ment mis en pages, une trentaine de courts épisodes relatent les aven-, turcs rocambolesques et farfelues de M.Botero et de sa famille.l.es personnages sont malheureusement stéréotypés (Madame fait la popoté, remplit le panier à provisions, donné le bain aux jumeaux.Monsieur lit lé journal des affaires, tond le gazon, va à la pêche, etc.).Le ton est à la blague et à la rime, l'accent est mis sur lés jeux de mots plutôt que sur le contenu, les textes sont truffés d'expressions peu familières.Si certaines chutes sont croquantes d'humour, plusieurs tombent à plat.DANGER PLEINE tUNE Texte de Viviane Julien d’après le scénario tiré du film illustré des photos d’Yvan Vit Coll.Contes pour tous, Québec/Amérique Un jeune garçon reçoit en cadcali de son père des cocons venus d'Afrique.L'un d'eux se transformera en fée-papillon qu'il sera le seul à percevoir.Avec elle, il vivra des moments enchantés, inoubliables.On ne sait où l'intrigue se passe.Certainement pas dans une ville où la présence des Noirs est courante, ce qui donne lieu a une phrase d'autant plus malheureuse qu'elle est anodine: «Jusque là, c'est assez normal.Mais «l'homme qui s'apprête à pousser cette porte l'est beaucoup moins «(sic!).il est grand, les cheveux crépus et sa peau est noire comme«l'ébènc.Sûrement pas un résident du quartier.» (p.24-25).L'hiç-loirc est par ailleurs assez jolie mais la narration repose presque entièrement sur la description de scènes animées qu'il serait nettement plus intéressant de voir à l'écran.( Usé lu Dcsroclws » I.E I) E V OIK.I.K S S A M K I) I Mi E T l> I M A X ( Il E I 0 (' I' u li II E I il H :i L I T T É R A T U R E Q U É B É C O I S E L’espace secret du littéraire LE IEMPS DES GALARNEAU i===^HP^SB=== Jacques Godbout, roman, Seuil, «Fiction & Cie», 1993,186 p.Que pouvait bien devenir le cher François Galarneau?En ces temps postmodemes où la nostalgie conduit des écrivains à prolonger ou faire revivre des romans classiques, Jacques Godbout a décidé de faire revenir son plus fameux personnage, le narrateur-auteur de Salut Galarneau! (1967).Le peu conventionnel roi du hot-dog, l’écrivain anarchiste est devenu un «gardien de sécurité».Songerez-vous à Euchariste Moisan -exilé familialement à White Falls, G.S.A.(Ringuet, Trente arpents, 1938)?S’il est dérisoire, le nouveau vigile de la loi de l’ordre le sera ici plaisamment.Et qui plus est, il finira ses jours au soleil du sud.Avec ce huitième roman, Jacques Godbout retrouve donc, pour le plaisir de tous ses lecteurs, la verve et la fantaisie du premier Galarneau.Ce qui est bienvenu après L’Ecrivain de province (1991), plus journaliste que diariste, où se pratiquait une socialité assez anecdotique, recouvrant pudiquement l’intimité attendue dans le journal.François, maintenant quadragénaire, continue donc d’observer ses semblables et lui-même.Il «ethnographie», comme il le disait au temps d’Expo 67.Et, tout en réduisant de façon significative l’anglicité initiale, il reprend certains mots (dont le «stie» ducharmien; son «sacrement» est plus convaincant!) et certaines formules («klaxonner comme des Grecs à un mariage», «vaincre le dragon».).Il se souvient aussi douloureusement de son premier grand amour (Marise en-allée avec son frère Jacques, dit «écrivain de la famille»), et tente plus que jamais d'être heureux.Mais le bonheur ne se trouve plus dans le «vécrire» (vivre et écrire).Cela va-t-il de soi, maintenant 'qu’il a beaucoup lu et étudié?Si l’on se fie à la trajectoire du ^nouveau récit, la quête d’aujourd’hui ne consiste plus à faire un livre pour que tous les Gagnon de la terre le li-'sent.Le projet n’est dorénavant ni collectif, ni amoureux ni autrement esthétique dans sa visée.Il consiste, semble-t-il, à retrouver certain roman familial, pour retourner vers le 'soleil! Vers cette chaleur qui se thé-inatisait dès le début de l’oeuvre (voir l'Aquarium en 1962 et le Couteau sur la table en 1964).Pour cela, «François doir d’abord recréer le milieu des Galarneau dont le patronyme renvoie nommément à l’astre primordial dans le Québec traditionnel.Et puisque le père est déjà mort (dans le premier roman) et que la mère se trouve maintenant à Boston,.en résidence pour vieillards, il n’a plus qu’à reconstituer le clan des trois frères, pour autant que Jacques et lui parviennent à rejoindre et retenir Arthur, l’ex-leveur de fonds du clergé et feu follet de profession (es-icroc, «personnificateur»).Pourquoi faire?Devenir «galarnaute».Partir ¦en fusée.Eh oui! dans l’espace interstellaire,' et «mettre le cap sur une terre inconnue», plus chaude, de toute évidence, que celle du Québec.La fusée serait française, partant de la base guyanaise de Kou-rou, dans les parages de Cayenne.Telle est la nouvelle lubie de François.On apprend d’ailleurs, au fil des pages, que c’est à l’hôpital psychiatrique qu’il avilit terminé son Salut Galarneau! et assisté à son succès, s’y r! S J A C Q U E S AELARI) ?faisant lire les lettres reçues tout en subissant les électrodes et autres prescriptions qui furent nécessaires pour le «décrinquer».Son premier roman faisait donc partie d’une thérapie?11 a ensuite été «truckeur» («camionnant» aux Etats-Unis), puis livreur de la blanchisserie Jolicoeur, avant d’aboutir chez son employeur actuel, Harry Sécurité, dont il porte le costume et les insignes de gardien-chef au centre commercial Garland.Mais, direz-vous, comment ce gardien de nuit, même vampirisé comme on l’est dans sa famille, peut-il avoir les moyens du coûteux voyage projeté?C’est que, dans un monde où «la morale est à sec» et où règne le commerce, le pseudo-policier a des hauts-le-coeur et finit par suivre le chemin déviant d’Arthur.Tous les moyens deviennent donc bons pour quitter cette terre où l’on s’inquiète davantage des autres espèces que de l’humaine.Où l’échange amoureux, sexuel s’avère si difficile: François ne pourra aimer celle avec, qui il contracte un mariage blanc.A Catherine, cette belle Cambodgienne dont il a permis l’entrée (avec ses enfants), il lègue rien de moins que son pays.Et, devant l’impossible amour avec la si désirable Helen, jeune femme de Many Rosen, son patron, il ne lui restera que le plaisir solitaire, activé par la contemplation des miniatures persanes volées qui lui apporteront justement la fortune et le rêve du voyage interstellaire.Quelle chaîne signifiante, mes aieux! pourrait dire François, si le roman continuait de s’écrire et lui de s’instruire.Ainsi va, mine de rien, la leçon si désinvolte en apparence, donnée en ces cinquante petits chapitres bien numérotés.François, l’écrivain naïf qui sait maintenant compter, n’aura observé l’actualité et ses semblables (jusqu’à les «épouser») que [jour les quitter.Son objectif: convertir finalement le temps en espace, le réduire en fait à l’espace familial, au clan des frères; laisser ensuite l’espace national aux immigrés pour enfin accéder, si possible, au ciel, à cet espace du rêve où s’étire le temps sous le soleil (paternel, nourricier).Pour les lecteurs de Godbout, François rejoint par là Thomas d’Amour (D’Amour, B.Q., 1972) qui empruntait si volontiers la toupie ciu Temps de Jacques le Matamore (la bande dessinée états-unienne des années 1950) quand ses amies dactylos le laissaient faire.Ces renvois au monde fictif d’un auteur maintenant consacré s’accompagne par ailleurs d’un véritable hommage à la littérature d’ici (André Langevin et Réjean Ducharme sont cités), de France (avec le Paris des écrivains) et des U.S.A (avec Bradbury et d’autres).Ij?centre commercial Garland conduit à Disneyland et finalement à Liteland, ne serait-ce que parce que chez Harry Sécurité on doit lire plutôt que de regarder la télé.On le voit un peu: ce nouveau Galarneau ne parle du temps que pour nous renvoyer à l’espace plutôt secret du littéraire.Paradoxe de l’oeuvre du plus médiatique des écrivains québécois.«/Vie à* EXPOSE Musée d'Art moderne de la Ville de Paris Musée de la Mode et du Costume Musée de sculpture en Plein Air Musée de la Vie Romantique Maison de Victor Hugo Musée Cognacq-Jay Maison de Balzac Musée Carnavalet Musée Zadkine Musée du Petit Palais Musée Bourdelle Pavillon des Arts Musée Cernuschi Palais Calliera Catalogues d'exposition, livres d'art, guides, catalogues raisonnés de collection.Catalogue sur demande.Jusqu'au 31 octobre 1993 LIBRAIRIE DU MUSÉE, 1368, rue Sherbrooke ouest Téléphone: (415) 285-1600 Télécopieur: (514) 285-2876 Heures d'ouverture de la Librairie: tous les jours, de 11 h à 18 h; les mercredi, jeudi et vendredi, jusqu'à 21 h.Entrée gratuite.’ MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL I) ‘ î) L I V R E S La mémoire d’Adrienne Madeleine Ferron raconte l’histoire de sa famille maternelle ADRIENNE Une saga familiale, de Madeleine Ferron, Us Editions du Boréal, 247 pages, septembre 1993.MARIE LAURIER LE DEVOIR La généalogie d’une famille recèle un intérêt souvent limité à ses descendants ou ses héritiers.Quand elle déborde le simple rappel chronologique pour s’inscrire dans le climat sociologique d'une époque comme c’est le cas pour la saga des Caron depuis l'arrivée à Québec du premier descendant de la tribu en 1634 jusqu’en 1931, c’est tout un pan d'histoire qui nous est raconté et il faut que cela soit bien raconté.Comme un roman, ajouterais-je, ce que Madeleine Ferron réussit avec bonheur en nous présentant Adrienne qui met en scène plusieurs générations de Caron dans trois siècles d’histoire.Adrienne est le prénom de sa mère qui est évidemment celle de sa soeur Marcelle, la peintre, Paul, le docteur, toujours vivants, de feu Jacques Ferron, le célèbre écrivain également médecin et de Thérèse décédés respectivement en 1985 et en 1968.De sa mère, Madeleine Ferron garde le souvenir d’une femme cultivée, aimant la littérature et la musique.Au pensionnat, elle et sa cousine Annette cachaient les livres à l’index, «Balzac et Victor Hugo par exemple, dans des couvertures de biographies religieuses ou de manuels scolaires ou divisaient un volume trop épais en tranches assez minces pour pouvoir les glisser une à une dans leurs besaces».Preuve que ces femmes, loin d’être des mijaurées et des enfants élevées dans l’eau bénite, savaient échapper à l’ennui et à la discipline Spartiate de l’époque.Qui n’a connu le plaisir de pratiques clandestines dans sa jeunesse?Née en 1899, instruite chez les Ur-sulines, devenue épouse et mère de cinq enfants, Adrienne aura peu de temps pour imprégner sa nichée de son influence et de sa culture que déjà la maladie l’en éloigne.Filtre deux séjours au sanatorium, l’espoir d’un retour à la santé, elle mettra au monde deux enfants.La tuberculose, cette terrible maladie de la première moitié du 20e siècle, l’emportera à 32 ans.Madeleine avait huit ans: «Je me souviens encore de la douceur de sa peau, de ses goûts raffinés, nous dit-elle en entrevue.Elle écrivait et peignait très bien.C’était une femme ouverte, indépendante, cultivée, croyante mais non dévote.Tout comme ses soeurs elle attachait beau- coup d’importance à l'éducation et l’instruction des filles.Elle-même avait été favorisée par ce climat en dédit du fait qu'elle avait trois tantes religieuses qui favorisèrent plutôt les études d’Adrienne plutôt que l’attirer vers le cloître.Pénétrer dans la vie d’Adrienne et de ses ancêtres, c’est aussi voyager à travers une des régions les plus attachantes du Québec, sise entre Trois-Rivières, Maskinongé et Saint-Alexis des Monts pour s'arrêter un peu plus longuement à Saint-Léon, une banlieue de Ixniiseville, où vivait la famille fondée par Adrienne Caron et le notaire Alphonse Ferron, ce dernier activement impliqué dans la vie politique et sociale de ce patelin.Devenu veuf, sans jamais se remarier comme c’était la coutume, il continua de s’occuper de sa nichée avec l’aide de domestiques, ce que l’auteur souligne en filigrane sans insister plus qu’il faut, se limitant à suivre la trame de sa famille maternelle en parfaite cohérence avec son sujet déjà considérable.Mais l’on soupçonne que l’histoire des Ferron pourrait être tout aussi intéressante et je me demande encore quelle a été la réaction de Emile Ferron, amoureux d’Adrienne qui lui a préféré son frère Alphonse.De même que les discussions politiques entres les deux familles, les Ferron rouge vif et les Caron, des conservateurs ultramontains.Madeleine Ferron a écrit plusieurs romans et nouvelles mais également des essais ethnographiques en collaboration avec son mari Robert Cliche, notamment Quand le peuple fait la loi publié en 1972 par les Editions Hurtubise, et en 1974 chez le même éditeur Us Beaucerons, ces insoumis.En 1980, elle collaborait à un ouvrage collectif à la mémoire de Robert .Cliche, décédé en 1978,paru aux Editions Les Quinze.Lambeaux de souvenirs En feuilletant les albums de famille et se souvenant que son frère Jacques aurait bien voulu entreprendre lui-même ce projet de retracer la lignée maternelle de la famille, Madeleine Ferron s'est finalement mise à la tâche pour produire cet ouvrage après deux ans de recherches intensives.«Il faut exercer une vigilance de collectionneur pour reconstruire une histoire de famille», écrit-elle.Ce qui n’est guère facile quand on ne dispose que de fragments d’archives, de «lambeaux de souvenirs qui flottent dans notre mémoire comme des feuilles sur un cours d'eau», quand il faut reconstituer «Je me souviens encore de la douceur de sa peau, de ses goûts raffinés.Elle écrivait et peignait très bien.C’était une femme ouverte, indépendante, cultivée, croyante mais non dévote.Tout comme ses soeurs elle attachait beaucoup d’importance à l’éducation et l’instruction des filles.» En feuilletant les albums de famille et se souvenant que son frère Jacques aurait bien voulu entreprendre lui-même ce projet de retracer la lignée maternelle de la famille, Madeleine Ferron s’est finalement mise à la tâche pour produire cet ouvrage après deux ans de recherches intensives.l’ambiance des photos, comme celle de ses trois tantes «cpii posent vers 1906 dans l’atelier du photographe et ne peuvent lias être malheureuses tant leur abandon est charmant dans leurs robes blanches agrémentées de dentelle.» Le récit de Madeleine Ferron tient à la fois de la chronique et de la littérature et illustre cet art qu’elle possède de conjuguer émotion et rigueur.C’est son frère Jacques Ferron qui serait fier d’elle, lui qui l’a si souvent encouragée à écrire ce livre: «Quand on redonne vie à sa mère, on suscite une sirène qui rend la mort fascinante», écrivait l’auteur de L’Amélan-cliier , une phrase que sa soeur Madeleine met en exergue dans son Adrienne dont une seule photo flqpa-raît d’elle, en page couverturf du livre.>¦: i J -1»»— NOUS LAISSONS LA CONCURENCE ANNONCER POUR NOUS : Si un concurrent annonce un livre à un prix inférieur que le Parchemin, nous réduirons ce prix de S^A) M le Parchemin T II no I 50 i XII ni U T!-)' MJ.RÉDUCTION SUR TOUS NOS LIVRES À L'ANNÉE «lu Berri-UQAM Tél.: 845-5243 1 , \ ( * Sur présentation d’une preuve lors de l âchât Livres en librairie — détails en magasin à l'intérieur de la station Métro =T= : \ n |©iuS>î& •E’© , sia® k .VNN ( Il IKM.V Vlb éditeur i^LAGF^DE LITTÉRATURE • l’Hexagone I 1953-1993 Quarante ans de littérature France Théoret JOURNAL POUR MÉMOIRE Collection Itinéraires 256 pages — 19,95 $ Un récit d'apprentissage qui est un vibrant éloge de la quête des connaissances et de la littérature.«J'ai aimé le Journal pour mémoire de France Théoret (.) à cause de la continuité du regard qu'il impose, un regard franc et délicat sur le passé d'une jeune fille en fleurs».— Robert Saletti, Le Devoir loumal pour mémoire René Derouin L’ESPACE ET LA DENSITÉ Entretiens avec Pierre-Michel Sarrazin Collection Entretiens L'espace et la densité nous propose le parcours de René Derouin sous forme de témoignage.Il nous introduit à sa démarche artistique et intellectuelle, qui englobe une réflexion sur le métissage des cultures.NOUVEAUTÉS DOBRYD Comment apprendre à vivre, quand on ?a cinq ans et que l’on a passé la moitié de sa vie cachée dans le fenil d’une grange, alors que l’armée allemande ” * occupe le petit village polonais de - Dobryd, en 1944?Ann Charney raconte, avec talent et simplicité, la vie inordinaire de cette enfant se débattant entre guerre et paix.205 pages — 16,95 $ Serge Patrice Thibodeau L’APPEL DES MOTS.LECTURE DE SAINT-DENYS-GARNEAU [\'l J :iv: ppemes».Gilles Toupin, La Presse I rance Daigte La vraie vie R i.!•: i) i.\O i h I !•: s S A M K I) I Mi !•: I I) I M A \ I K I ni I H It K I II II Ms V I) \ s x\i a T R I !•' ( > M S T () Josette Alia Quand les éditeurs font de Fappariement It REINE OE POMONA Par Kent Nunn Nh’F Galliward DOCIEUR DE MARR Par Paul Theroux Bclfond CHERE LAURA Par Jean Stubbs Grands detectives chez 10 IS Moyen-Orient: la poignée de main ne règle pas tout LEW ARCHER DETECTIVE PRIVE A HOLLYWOOD Par Pass MacDonald Fleure Noir our être grosse.i;i semaine, elle l’a été.l’ne vraie bouillabaisse.A tel point, qu’on a constaté que s'il n’y a pas actuellement de pressions inflationnistes sur le cours du dollar c’est parce qu’elles impriment leur influence sur le Iront des contes policiers.Comme quoi, l’inflation ça a du bon.Remarquez que cette avalanche n’est pas économiquement innocente.La popularité du polar aidant, les éditeurs engrangent les espèces sonnantes qui leur permettent de confectionner d’autres objets livresques.Bref, ils font de l’appariement.On ne s'en plaindra pas.Tant qu’on aura la possibilité de se bidonner.lent /, parlant de rigolades il y a cet" Reine de Pomona de Kent Nunn, écrivain né a Pomona, que propose la N RU de Gallimard.Une histoire complètement loufoque.'1 ( tulement bancale.Si loufoque et bancale que la rate, pour se dilater, elle se dilate pas a peu près.1 a Reine de Pomona, c’est l’histoire d’un représentant Par! Dean.Ht que représente-t-il notre Karl Dean proprietaire d’une Falcon modèle (T2?Des ordinateurs, des produits financiers, des magnétoscopes?Ben non.Earl 1 lean représente le lieu commun des représentants, on a p' mine l’aspirateur.Et oui.il defend les couleurs du ‘¦bouffe poussière» de marque Cyclone.Règle générale, son laïus consiste à faire une démonstration gratis, autrement dit a passer l’aspirateur sur le plancher des prolos, pour appâter le client en lui refilant des poupées.Bon.Earl Dean se pointe chez Dan Brown, un dur, un tatoue, un Hells Angel psychopathe.Earl fait s m speech.11 aperçoit un cadavre qui repose sur la masse de glaces du congélateur.Le cadavre en question.C’est le frère de Dan.Histoire de se consoler, Dan ingurgite bière après bie-r Entre deux lampées, il se souvient qu’il a connu Earl 1 lean.Il se rappelle et souligne a l’attention des deux copines qui vivent avec lui que Earl Dean n’est autre que ;U mny Mathis, ex-chanteur de rock and roll.Et comme I a a gardé un bon souvenir de la voix de Dean-Mathis, ii decide en quelque sorte de le kidnapper.Non pas pour demander une rançon, mais pour qu’il l’aide a trouver le zi got o qui a trucide son frère.l it la.Kent Nunn, l’auteur, nous propose rien de moins qu’une promenade criminalo-cingiée complètement, on h répété, loufoque.Loufoque et surréaliste, abracadabrante, donc marrante.C’est fou.C’est dingue.C’est a j’oppose du «qui-a-fait-quoi» de B-D James et consort.Grand écrivain, immense écrivain du voyage, Paul Théroux, l’auteur notamment du Railway Bazaar, vient fle faire une incursion dans le polar d’autant plus originale qu’il disséqué le rapport haineux qu’entretiennent deipj jumeaux identiques, George et Gerald, jusqu’au jour.Gerald est un universitaire.Il vit dans la maison familiale.C’est a Boston.Ses parents sont morts depuis longtemps.Depuis des années, il n’a plus de nouvelles de George.Celui-ci débarque un beau matin et lui demande l’hospitalité pour quelques jours seulement.Gerald accepte.Mais comme ni l’un ni l’autre ne peuvent se blairer, il va séjourner dans sa maison de campagne.Comme convenu, il revient chez lui une semaine plus tard.Et il découvre le cadavre de son frère.; Apres quelques minutes de réflexion.Gerald décide de prendre la place de son frère.Il veut comprendre le pourquoi.Il veut savoir le passe et le présent de George.II dévient le Docteur De Marr.Il prend ses tics.Gerald se glisse dans les mensonges, les mensonges étonnants, de George.; Ce Docteur De Marr écrit par Paul Théroux est pas mal.Dans le genre psychologie de la haine, ça ne vaut pas Le curé de Tours de Balzac, mais ça reste tout de même intéressant.On n’en dira pas autant de Chere Laura de Jean Stubbs.Ce roman britannique paru dans la collection Grands détectives de 10/1X tombe a plat a cause de la conclusion qui fait que contrairement a ce qui écrit au verso il ne s’agit pas d’un tableau subtil de l’époque victorienne.Tenez, si le mal de vivre féminin de l’ere dite vic-torienne vous intéresse, on vous suggéré amicalement, et à moins que ce ne soit déjà fait, la lecture des nouvelles de Thomas i lardy.C’est triste.C’est dommage.Car habituellement, cette collection nous propose avec abondance les petits bon-peurs de la lecture.Il Apres avoir réuni tous les Johnny Métal de l.eo Malet ètï un seul volume, voila que Fleuve Noir récidive.Cette fdûs-ci, les petits malins ont rassemble 9 histoires composées par le grand, l’immense Ross MacDonald, le créateur du privé D-w Archer.Bravo! C LAI I)K LÉVESQUE LK DEVOIR S’agissait-il d’interviewer la journaliste ou la romancière?Pourquoi pas «deux entrevues en une», puisque Josette Alia exerce toujours sa part du «quatrième pouvoir», à titre de directrice adjointe au Nouvel Observateur.Comme sa visite a Montréal faisait immédiatement suite a un séjour en Israël - au moment précis où la paix était signée à Washington avec l’OLP de Yasser Arafat -, il était même inévitable que la conversation porte beaucoup sur l’actualité, ht journaliste est devenue romancière depuis quelle a publié, fin 1992, Quand le soleil était chaud, (Grasset) à la fois roman sentimental et fresque du conflit au Moyen-Orient qu’elle a couvert depuis les fameux «six jours» de juin 1967.Le roman procurerait-il une liberté qui échappe a l’analyste politique et même au grand reporter?«Oui, le roman donne plus de liberté et aborde d’autres rivages, surtout.Jetais cantonnée dans le politique.J’avais envie d’écrire autre chose, parce que je trouvais qu'il y avait une matière première romanesque et qu'on ne rend pas compte de tous les aspects a travers le journalisme.Il n'y avait pas l’émotion, les sentiments, le vécu des gens.» Le roman de Josette Alia retrace la vie d'une femme, Lola Falconeri, issue de la grande bourgeoisie chrétienne du Caire, que les excès de la revolution nassérienne inciteront à s’exiler au Liban, pays qu’elle devra également quitter, quelques années plus tard, à cause de la guerre civile.Le roman est aussi celui de cette importante communauté chrétienne d’Orient, solidaire parce que vivant en minorité dans un univers musulman, mais tout de même divisée (entre ses composantes ethniques ou sectaires: copte-catholique ou copte-orthodoxe, grecque-catholique ou grecque-orthodoxe, maronite, etc.), voire déchirée entre la sympathie pour la cause arabe et la crainte de l'islam militant, cherchant péniblement à se situer par rapport a l'État juif.Refusant un statut de seconde zone, les chrétiens d’Orient se sont faits les promoteurs des doctrines laïques de la revolution arabe: baas-sisme en Syrie, nassérisme en Egypte, qui d’ailleurs les décevront.On les retrouve en assez grand nombre au sein de l’OLP, qui véhicule un islam moderne, fort loin de l’integrisme, selon Josette Alia.Quand le soleil était chaud a le grand mérite de nous faire cheminer à travers l'incroyable complexité du Moyen-Orient, de nous fournir des repères, de baliser quelque peu cette problématique en lui donnant des visages humains.«Les images de télé fournissent toujours des informations fragmentaires, explique Josette Alia.On ne peut pas faire un historique énorme en une minute, une minute et demie.Même les articles dans la presse écrite n'arrivent pas à chaque fois à tout dire.On ne comprend pas les problèmes politiques au Moyen-Orient si on n’a pas la dimension humaine.Ix* conflit n'y est pas seulement politique: c’est un problème d'hommes qui ont des revendications identitaires sur la même terre.Donc c’est très largement psychologique et émotionnel.» «Ceci dit, je n’ai pas écrit un roman pour expliquer l’histoire du Moyen-Orient, mais parce que j’avais envie d’écrire un roman.J’ai écrit l'histoire de cette femme, de ses amours, de sa famille et après, je me suis dit que je devais écrire ce qui se passe pour qu'on la comprenne.Je ne suis pas partie de l'Histoire pour la romancer, j’ai 4 N XI .Al IMIOTO JACIJI I/ On ne comprend pas les problèmes politiques au Moyen-Orient si on n'a pas la dimension humaine, affirme Josette Alia.plutôt mis une toile de fond derrière l’histoire romanesque pour restituer la vie.» L'auteur a généralement évite celte pratique, fréquente dans les romans politico-historiques, qui consiste a taire débiter aux personnages de longs exposés sur une conjoncture, au détriment de la vraisemblance et de l’efficacité romanesque.Lorsque ce genre de cours magistral s’imposait, Josette Alia a eu recours a des techniques plus heureuses - d’aucuns diront peut-être trop faciles -telles qu'extraits de la chronique d’une famille fictive ou de journal intime.Quand le soleil était chaud n'est pas un roman autobiographique.Le personnage de Lola appartient a la fiction.Comme pour mettre les choses au clair, hauteur a fait intervenir, dans un rôle de •soutien», celui d’Anne, journaliste au Nouvel Observateur.•C'est un clin d'oeil.J'avais besoin de raconter les choses d’une façon un peu extérieure et puis au fond, puisque moi j’étais là, je me suis dit : pourquoi je ne me mets pas dans le livre?», précise Josette Alia, qui est native, ni de l’Egypte, ni du Liban, mais «de la France profonde, au nord de la vallée de la Loire».Le roman met en scene de vrais personnages — comme le toi Farouk.Nasser, Sadate, Béchir Gémayel, Jean Lacouture — et d'autres qui sont inventés.Dans quelle mesure inventés?«Il y a des gens que j’ai connus, et il y a de la fiction: on imagine des personnages, puis ils prennent de leur épaisseur tous seuls.» Josette Alia avait déjà publié, il y a deux ans Im guerre de Mitterrand., avec Christine Clerc.-Je trouve aussi intéressant d’écrire des livres politiques, parce que cela fixe les choses.C'est un moment de l’histoire qu’on met entre parenthèses et qu'on raconte comme on l'a vécu ou tel qu’on le connaît d'après ses recherches.C’est intéressant, mais on ne s’investit pas du tout de la même manière que dans un roman.» Un roman ne constitue-t-il aussi une oeuvre plus durable que l’essai politique et, à plus forte raison, que l’analyse ou le grand reportage publiés dans un magazine d'actualité?«C’est tout a lait un autre métier.Dans l’intention, dans l’écriture, et, effectivement, dans l’impact, dans le retour qu’on en a.» Surpris en diable L'auteur fait cependant remarquer, un peu amusée, que l'accord entre Israël et l'OLP risque de «démoder» aussi ce volet de son roman qu'est la guerre au Moyen-( frient.Mme Alia avoue sa surprise devant l’accélération m ente tics événements.Sans être aussi interloquée, toutefois, que les principaux intéressés, avec lesquels elle a regarde, a Jerusalem, la poignée de main historique retransmise en direct à partir de la Maison-Blanche.Les gens n'ont rien dit pendant deux heures.Contrairement a ce qu’on a vu sur les images, ce n’était lias la joie, c’était la stupeur.On avait fait un diable d’Arafat pendant des années et (les Arabes) en avaient fait autant de Rabin.Puis, tout à coup, c’est le diable qui serre la main.C’était impensable, lin grand choc émotionnel.Fous de suite après, ça été la joie parce que c’est la fin de la guerre, de l’occupation, de l'Intifada.Mais aussi l’angoisse.On signe la paix, on rend les territoires et après, qu'est-ce qu'on aura en échangé.Est-ce qu’on aura vraiment la paix?C’est un pari.Pour les Palestiniens aussi, c’est l’angoisse.On signe la paix avec les Israéliens, c'est-à- dire qu’on renonce complètement à son rêve d'un Etat palestinien.» Ea poignée de main ne règle pas tout, estime Josette Alia, puisqu'il reste a donner corps a plusieurs questions qui apparaissent en filigrane dans l’accord: statut de Jérusalem, maintien de l’ordre dans les territoires après le retrait de l'armée israélienne, retour des réfugiés, financement de la paix, etc.«Ce sont des problèmes, mais pas insurmontables, qui peuvent se régler dans une dynamique de paix, qui a été créée.» Puisqu'il est question d’Arafat, «ce n’est pas le diable, dit-elle.Il est extrêmement malin, extrêmement intelli genl, on ne sait jamais ce qu’il pense.11 est d’une prudence énorme.Mais il est chaleureux, et il a certain charme.Il est capable d’avoir une langue de bois épouvantable, quand il n'a rien à dire.Mais quand il a quelque chose à dire, il sait convaincre, il est très astucieux.Ix1 problème, c’est de savoir s’il est encore représentatif de l’ensemble des Palestiniens.» Josette Alia songe a écrire d'autres romans.En attendant, on lira plutôt ses reportages sur le Moyen-Orient.Après Israël, apres le saut au Québec, elle ira, en novembre, signer quelques livres» au Liban, qui constitue le cadre principal de Quand le soleil était chaud.Que res-te-t-il, au fait, du pays des cèdres, qui a servi ce «champ d'expérience et de bataille dans le conflit moyen-oriental?Maillon fragile, pays où les chrétiens et les musulmans étaient a égalité, démocratie — ce qui n’était pas supportable pour les pays voisins —, il a payé très cher.Je crois qu’il continue à payer.L’identité libanaise existe toujours, les gens vivent ensemble.Tout le monde ne faisait pas partie des milices.Mais le pays est occupé par les Syriens cpti ont toujours considéré que le Liban fait partie de la grande Syrie.Donc il y a une situation subtile dont on ne voit pas l’issue.» Lewis MacKenzie Un général dans l’enfer de Sarajevo Il a attiré l’attention de l'opinion publique sur la situation horrible de la population de la capitale bosniaque JOCELYN COt LON PEACEKEEPER THE ROAD TO SARAJEVO Major-general Iwwis MacKenzie Douglas & McIntyre, 'Toronto, 1993, 345 pages Qui ne coi ral Lew connaît pas aujourd'hui le gene- T EDITIONS DU NOROIT présentent Lewis MacKenzie?Pendant six mots, l'an dernier, il fut le commandant de la force des Nations unies a Sarajevo.Grâce a ses coups de gueule médiatiques, il a attiré l’attention de l'opinion publique sur la situation horrible de la population de la capitale bosniaque.Et grâce aussi aux médias, il s’est construit une réputation de héros - fort méritée d’ailleurs - que sa longue carrière dans l’armée canadienne ne laissait pas présager.Narration de la vie de militaire Les cent premières pages de scs mémoires sont la narration, plutôt terne, de la vie militaire de l'officier Ixwis MacKenzie tant au Canada que dans les différentes missions de maintien de la paix ou il fut posté.Entreprenant, sur de lui et parfois frondeur, Mackenzie relevé bien des défis pour gagner ses promotions mais il sait aussi garder le contact avec ses soldats, la première qualité d’un bon officier.Cela va bien le servir en Yougoslavie.Au début de 1992, apres trois décennies au service de l'armée canadienne, n’est-il donc pas temps de penser a la retraite?Pas du tout écrit le Direction littéraire Hélène Dorlon.Paul BH.ing'T f P IV».Sur» Dr Izirtrnlrr Montréal ig-iéU#-.i M2II 2NG Direction administrative t.lande F*md Homme \Hiri boni des Hauteurs St Hlppolyle.iyuél>er| JOB IK) Téléphone et télécopieur > ; U VCJ IM l SAINT-DENYS GARNEAU POÈMES CHOISIS general qui, a peine revenu d’un séjour en Amérique centrale, demande à être envoyé en Yougoslavie.L’état-major refuse, prétextant que MacKenzie a déjà effectué huit tours dans des missions de paix et qu’il faut laisser la chance a d’autres.Mais le fortune va se montrer généreuse.Le général est envoyé en Yougoslavie pour la mission la plus passionnante de son existence.C’est la que le livre de MacKenzie commence a être intéressant.Rien à voir avec Gaza Le général canadien va rapidement se rendre compte que la mission en Bosnie n’a rien a voir avec celles qu’il avait effectuées à Gaza, a Chypre où en Amérique centrale.1rs haines ethniques, la mauvai-foi des parties, les combats sournois et en en- sanglants vont transformer sa vie & T;k ( Hélène Dorion rz$ Le livre ti« Jacques Brault Choix et présentation rit La cassette pfH ines 1ns par Paul-André Bourque Musique tit Violaine Corradi i zs Le spectacle Bibliothèque Nationale du Québec 1700 rue Saint Denis à Montréal 21 octobre 1993 20 Paul-André Bourque et Violaine Corradi Prix (1 intréf pertaclc Saint-Denys Gamcau sera précédé du IANCEMENT COLLECTIF -, livres parus au Noroît en !99.'i, en présence des auteur es et artistes De 10:00 a 20:00.Nouveauté INTRODUCTION À L’ÉTHIQUE DE L’ENVIRONNEMENT André Beauchamp * 24d pages 15,95 $ Enfin, en langue française, la première introduction générale à une éthique de l’environnement.L’auteur y aborde les questions éthiques soulevées par la «deep ecology», ainsi que celles du développement durable, de l’équité et de la participation démocratique.Afin d illustrer la façon dont se posent les problèmes éthiques en environnement, l’auteur cite en exemple le projet Grande-Baleine.GP EDITIONS PAULINES En vente chez, votre libraire MacKenzie raconle dans le détail ses incessantes négociations avec les Serbes et les Musulmans, ses batailles pour assurer la sécurité des citoyens de Sarajevo et celle des soldats de l’ONU et l’extraordi naire utilisation qu'il fait des médias pour faire bouger les choses.l e témoignage du général est fort instruct il pour ceux qui désirent en savoir plus sur l'organisation sinon la désorganisation des missions de l’ONlI.Les exemples (les bourdes onusiennes sont legion, comme cette décision d’installer le quartier general de la mission en Yougoslavie a Sarajevo malgré les objections clairvoyantes des militaires au moment oil la guerre se préparait dans cette ville.Toutefois, une partie du livre de MacKenzie laisse songeur tant par ses commentaires sur les leaders des factions que , mu la situation en Bosnie.I.e général a souvent etc accuse d’être pro* Nerbc.( )r, ses descriptions des Musulmans et de leurs actions sont toujours negatives alors (pie celles portant sur les Serbes sont plutôt neutres.( omme son livre porte sur Sarajevo, il parle rarement de la situation dans le reste de |;i Bosnie où les Serbes et maintenant les Croates-sont responsables du nettoyage eth-nique Les Musulmans sont donc passablement agressifs et vicieux à Sarajevo ce (pii est sans doute vrai * lace a des Serbes toujours prêts au compromis.A la décharge du général on doit dire (pie son livre n'est pas une analyse détaillée (lu drame yougoslave mais mi témoignage à chaud du sé-jom d’un soldat sur place.Il ne pas espérer plus.! \ CLICHÉ REPETE A ÉCLAIRAGE DIFFERENT EN RAISON DU 1EXTE MAL IMPRIME I.K i> F.A (I I K .I.ï.S S A M i: |) I I ti !¦: I |I I M A N < Il K 17 (IC T (l 15 I! K I II II ACTUALITÉS 1.1 I I [|| A I II 1 > ’RIX MOLSON REMIS LUNDI 1 n'inBi* officielle du prix Molson ¦ * l’Académie* des lettres du Quebec Am a lieu le lundi 18 octobre à 17h30, " la salle John-Molson de la Brasse-lie Molson O’Keefe ( 1070.Notre-Ilaine Est), 1 >' s 81) oeuvres soumises, le jury a ' leitu les cinq suivantes: Marie sui-rail I lie, de Use Bissonnette (Bo-" al), Erik, l'Amérique, de Marc De-.«'¦'.yse (Québec/Amérique), Le qua-rii] me roi mage, de Jacques Desau-l' ! ; (I '‘a Quinze), Guanahani, de 1 nuis Lefebvre (Boréal) et Homme invisible à lu fenêtre, de Monique l’rouLx (Boréal).Ix* jury est composé U mesdames Fernande Saint-Mar-rin (présidente).Louise Maltepx-' oi cier et de messieurs Jean Etliier-’’lais, Jean-Pierre Duquette et Naïm Aaitan.Le directeur des Relations publiques de la Brasserie Molson 1 Keele, M.Réjean Houle, le prési-• ut de l’Académie des lettres du Québec, M.Jean-Guy Filon, et le ce skient de l'Union des écrivaines •' écrivains québécois, M.Bruno ' 1 iv, participeront à la remise officielle du prix Molson.: ES LIVRES QUI VOUS NT FAIT(E)S i Académie des lettres du Québec ! i! idra son 1 le Colloque des écri-is le 23 octobre prochain a l’I Intel ¦ Clianteclerc de Sainte-Adèle.Ut f ( ncontre aura pour thème «Ix*s livres qui vous ont fait (e)s».M.aeques l'oIch-Rjbas animera lajour-.MM.Jean Ethier-Blais, Marcel 1 rudel, Jean-Ixjuis Gagnon, Claude ’ vesque.André Berthiaume et ¦ lanqois Ricard participeront au colloque, tout comme mesdames Madeleine Ouellette-Miehalska, lauréa- 10 du prix France-Québec, Denise Desautels et Pauline Harvey.Ix* colique est ouvert a tous les écrivains insi qu'au grand public.Ixs partici- pants auront droit au transport gratuit, depuis Montréal, par autocar 1 onnaisseur.1 x* départ se fera a 8b.eu face du l(à(KI, rue Bern.v C NICOLE BROSSARD ET WES BEAUCHEMIN HONORÉS ! .'/Académie des lettres du Québec a cueilli récemment deux nouveaux m lembres en ses rangs: les écrivains iicole Brossard et Yves Beauche- ¦ • lin.La cérémonie de réception a eu lieu le 30 septembre dernier.M.aim Kalian a prononcé le discours de réception d’Yves Beauchemin.M.lande l.éves(|ue a fait de même pour Nicole Brossard.L'Académie inadienne-française a été fondée le )) décembre 1944 par un groupe d'écrivains réunis autour de Victor Barbeau.Depuis juillet 1992, elle a (iur nom L’Académie des lettres du Juébec.L’Académie a pour but de •< i vir et défendre la langue et la cul-ure française au Canada.LE «12-17»; LES FINALISTES SONT CONNUS I ¦ jury franco-québécois du prix Brive/ Montreal du livre pour l'adolescence.le ¦12-17", a fait connaître sa sélection.I lix ouvrages ont été retenus parmi les 35 ouvrages présentés.¦ >n retrouve parmi les finalistes Do-uinique Deniers (Iss grands sapins '/aril-I)uma-Diane Lailliicr Main Chartriiiiil Helene ( liarlrand Madeleine ( Üiurtrand Suzanne-(7 Llmrlraml Hélène Chenier Suzanne ( loulier-Boeher Dominique Daijnieaull l'aille Davfluy Kmnain Dtslmi- Hubert Diilnie Louis Diurne Jeanne Duval Solange I ernel-hervai1 Andrée I errelli Carole Finette Florian Fortin ( lande t.aulliier Aline Cidicil Jeiui-Cii) llaniflin Bernard llidierl Bernard Jasmin Pierre Jasmin Pauline Julien Canton l‘Heureux Benoit Lacroix I nuise l.atraverse Hilbert l.ebel Huger I eelere Marthe I egaull Jacques l.i/ee Suzanne Manm-Maricr Thérèse Martin Cérald McKenzie Caston Miron Jacques Mimei Laura Monelle lin-aire Murin Madeleine Parent (ihislaine Pairv-Buisson Helene Pellelier-Baillargenn Francine Pcllelier-Béchanl Micheline Piché Mia Kiddc/ Cliislaine Hnquei Jaunit Suint-Denis Cisèle l urent Pierre A adebnncnciir Cilles A igneauli I a roliune de -fi)S pages — l'-Z.'Aï.s Editions titles • Editions du iTimir-ménaife Nouveautés religieuses ,h’\nsÎi«u ,iaOOialt°c UO'UTlWU) N A WA K VXjfX Home''*' s i Hoinclies wu»** *i*iQS** ticnn** LA SPLENDEUR DE LA VÉRITÉ Jean-Paul II 192 pages * 2,95 S Lettre encyclique Veritatis Splendor du souverain pontife Jean-Paul II sur quelques questions fondamentales de l'enseignement moral de l’Église.IL N'Y A PAS DE PLACE DANS LE COEUR TRANSPERCÉ L'HÔTELLERIE Jean-Guy Pagê Jean-Guy Pagé 288 pages * 18.95 S 256 pages * 16,95 S Cette deuxième sérié de reflexions, Inspirées par les lectures bibliques que RUI ^ a ^ n >'a P‘,s place l'Eglise propose pour les dimanches de dans I hôtellerie, commente cette fois l’année liturgique B, ces courtes es textes bibliques des dimanches de reflexions visent à preparer les fidèles * année* C L auteur nous y invite a une à la célébration eucharistique et à les meditation sur ce coeur de chair transaider à la prolonger dans leur quoti- pefte, celui du Christ, qui nous «devoi dien Car, trop souvent, il n'y a pas de 'e *e coeur aimant du Pere» place dans notre vie de tous les jours pour la méditation de la parole de Dieu ni pour sa mise en pratique NI CURÉS, NI POÈTES! En collaboration 17,95 $ POURQUOI DIEU NOUS FAIT-IL SOUFFRIR?Peter Kreeft 16,95 S LA NOUVELLE THÉOLOGIE PRATIQUE Marcel Viau 19,95 V ENTRE LES MAINS DE DIEU Michel Fortin 112 pages * 12,95 $ Qui n'a pas eu déjà «t affronter ces moments difficiles qui jalonnent la maladie d’un proche?Dans cet ouvra ge, Michel Fortin reciee l’itinéraire que peut suivre un grand malade, jusqu’à sa confrontation ultime avec Dieu, essayant d’y puiser un enseigne ment ou une reflexion sur la foi Une lueur d'espérance peut surgir en bout de route 272 pages Quelques années après la tenue du premier congrès provincial des agents laïques de pastorale, cet ouvrage livre une réflexion sur ces hommes et ces femmes qui forment une sorte de «clergé parallèle» mais n'en rêvent pas moins a une Église différente, complice de notre existence quoti (tienne 248 pages Peter Kreeft est témoin de notre monde: un monde rempli de milliards de vies ordinaires frappées au hasard par des souffrances qui ne semblent pas avoir de sens.Il relate avec une profonde sagesse le résultat de son propre combat avec Dieu dans l'effort de» comprendre le sens de tout cela 104 pages De nos jours, nombre de* théologiens qui oeuvrent en étroite* collaboration avec des communautés chrétiennes manquent d’instruments pour corn prendre leur pratique La nouvelle théologie pratique est une oeuvre concrète*, aux réferences abondantes, elle saura c omble» cette* lac une de* la théologie < ontemporame EDITIONS PAULINES en vente chez votre libraire .1458 I) 8 rrr~ I.K I) E V I) I I! I.!• S S A M E I) I Id E T H I M A X < E I II (' T 0 B R E I !» 9 3 rn 0II 11 IS M T O U R I S M E / C H R O N I Q U E Attention, voyageurs! Espèces menacées x:j,NORMAND C AZ E LAIS •If __ onsieur Brassens, s’il-vous-plaît, chantez-nous encore Im chasse aux pa-,«*.t -ml.pillons.Ah! ils devaient .,çjrç,beaux, les flambes, les citrons, les paons de jour qui dansaient dans ,.1’akjde Sète devant la mer.Ah! la r ^ v/ » i« M içïjasse aux papillons innocente et .çTiâmpêti tampètre, qui nous fait tourner la ¦tète et penser à autre chose sur l’her-fté tendre., .jyiais, à cause de leurs ailes dia-.flhanes, couvertes d’écailles colonies, les papillons font bien plus (jbjurner la tète des collectionneurs qw des amoureux.Et il y a des col-lepjionneurs prêts à payer des prix ¦ jfpUjs furieux — et d’autant plus éle-.v^si flue Ie spécimen est rare — .pour compléter leurs tableaux de .chasse.Prêts aussi à courir le vaste (Oipnde.L1Xes chasseurs seront toujours des voyageurs: il leur faut traquer le gi-.foer là où il se trouve.Certains sont (disciplinés, respectueux de la nature ££ également de leurs victimes en , quelque sorte; ils prennent grand .sjoip du milieu et veillent à ne pas troubler son équilibre ni à com-.rpejtre des abus.D’autres le sont piojns; la quantité pour eux prévaut .tjjpp souvent sur la qualité et tous les moyens, surtout les pas permis, sont b’qns pour arriver à leurs fins.Ils spnt ostentatoires aussi.Voici moins ,4e, deux semaines, j'ai rencontré sur 49 route du parc de la Gaspésie un pjck-up portant fièrement sur son toit une tête d'orignal aux bois évidemment impressionnants.Le plus souvent, pour rapporter de tejs souvenirs, il n’est nul besoin de prouver des objets de grandes dimensions ni d’être chasseur.Il suffit d’aller dans des boutiques spécialisés et d’acheter une ceinture de «pur eroco», des bulbes d’orchidées «rarissimes», un bracelet en ivoire d’éléphant, un couteau ciselé dans une corne de rhinocéros, une fourrure d'ocelot, des boucles d’oreille en carapace de tortue.Des souvenirs pour se souvenir de voyages et périples, pour meubler le quotidien, pour vraiment montrer qu’on y est allé.Des voyageurs, plus audacieux ou insouciants, ramènent des souvenirs vivartts: singes, reptiles, perroquets et aaetera.Ils sont alors imaginatifs poi r tromper la vigilance des doua- niers.Des souvenirs pourtant dont ils risquent de se lasser vite, tant ils les trouvent encombrants au jour le jour, à mesure que le voyage s’estompe avec le temps.Tout cela, bien entendu, n'est jamais fait pour mal faire.11 y a tellement d’animaux, tellement de végétaux par ce vaste monde.Qu’est-ce qu’une petite action individuelle — puisse-t-elle ressembler à l'ombre d’un méfait — peut avoir comme conséquence?C’est insignifiant, voyons donc! Ce n’est pas l’avis du Fonds mondial pour la nature (World Wide Fund for Nature/WWF).11 écrivait récemment, dans l'une de ses publications, que «les vacanciers devraient comprendre qu'en achetant de tels souvenirs, ils entretiennent une demande qui, à tenue, peut faire beaucoup de tort à la nature et même amener certaines espèces au bord de l’ex-tinçtion».A cet effet, le WWF — tel est son sigle qu’il utilise à l’échelle mondiale — donne le cas des coraux en rappelant qu’ils ont une croissance «extrêmement lente» (quelques centimètres par an) et qu’ils constituent «un élément indispensable de l’écosystème marin».Plus grave encore, soutient-il, les touristes peuvent se trouver sans le savoir dans une situation illégale en important des biens interdits par les lois de leurs lieux de résidence.Ce n’est pas, explique le WWF, parce que ces biens peuvent être plus ou moins facilement accessibles ailleurs, au Népal, en Thaïlande, en Indonésie, au Pérou par exemple, qu’ils seront bienvenus chez nous: «Dans le doute, abstenons-nous d’acheter», conseille-t-il.Il suggère en outre aux voyageurs de bien y penser avant d’arracher un morceau de corail, de rapporter un spécimen d’une espèce rare ou menacée.Il les enjoint de s’informer avant de partir auprès de sociétés d'horticulture ou de biologie, de communiquer avec les embassades des pays concernés par les voyages projetés ou d’écrire à Traffic, le département du WWF qui s'occupe du commerce international des plantes et des animaux en danger, 608, Chaussée de Waterloo, 1060 Bruxelles, Belgique.Mais il n’interdit pas à Monsieurs Brassens de chanter la Chasse aux papillons.iT Je Les boucles d’oreilles en carapace de tortue, le nagnifique bracelet en ivoire que vous avez achetés en voyage proviennent peut-être d’espèces menacées E N B R E F ?PASION POR ESPANA Le festival Pasion por Fspaffa se tiendra à l’hôtel Le Quatre Saisons Montréal, du 18 au 31 octobre, en mettant l’accent sur la gastronomie espagnole et le réseau hôtelier des Paradors.Ce mot désignait autrefois le lieux réservé aux voyageurs respectables, contrairement aux posa-das où l’on gardait les animaux pour la nuit.En 1926, le marquis de Vega-Inclan, alors commissaire royal au tourisme, projeta de créer des paradors d’Etat.Le roi Alphonse XIII approuva le projet et c’est dans la sierra de Gredos que fut construit le premier parador, réservé à la chasse.Le réseau comprend aujourd’hui 86 établissements, privilégiant les palais, châteaux, couvents et autres monuments anciens couvents.Renseignements: Office national du tourisme d’Espagne, 102, Bloor Street West, Suite 1400, Toronto M5S1M8, (416)961-3131/1992 (télécopieur).EXPO SUR LE DANUBE L’exposition Le Danube aura lieu du 29 avril au 26 octobre 1994, à Engel-hartszell, en Haute-Autriche.Elle se tiendra dans un musée flottant, fait de deux bateaux et d'un pavillon siq> plémentaire qui sera érigé sur la rive.Elle présentera le Danube, long de 2860 km, comme un espace qu’on peut visiter, comme un espace vital de différents peuples depuis les premieres colonisations jusqu’aux invasions des Huns, Avares et Hongrois, comme également un paysage que les voyageurs de tout temps ont traversé.L’espace culturel du Danube y occupera évidemment une place importance avec ses châteaux, abbayes, universités, etc.Des liens avec le présent feront ressortir les récentes transformations politiques et les nouvelles guerres qui s’y déroulent.Renseignements: ( )berosterreich Touristik, Schillerstrasse 50, Linz/Donau, Autriche 4010, (011) 43-732-30-24.SAINTS D’EUROPE Les saints en Europe centrale est le thème d’une exposition qui se tiendra du 12 octobre au 28 novembre, à de la Galerie nationale de Bratislava, en Slovaquie.HEBERGEMENT en région REIAIS & CHATFAUX LA FISC FLEUR DES M AITRES HOTELIERS CHARLEVOIX / CAP À L’AIGLE JA PINSONNIERE: auréat de la gastronomie — Grands prix du tourisme 93 ous un même toit, un somptueux relais de campagne, un grand restaurant et une cdve xceptionnelle.Piscine intérieure, sauna, tennis et massothérapie Forfait «Les Grands Festins J automne» (2 nuits) incluant les repas du matin, un repas table d'hôte le vendredi, un cocktail et un repas gourmand de 7 services le samedi A compter de 115S par pers, par luit, occ double, service compris Valide lors des 3 derniers week-ends d octobre (418) 665-4431 télécopie (418) 665-7156 LAURENT1DES IÔTEL-RESTAURANT L’EAU-À-LA-BOUCHE *e-Adèle, hôtel 5 fleurs de >, 4 damants CAA,, forfait «Une outre tentation, ' 12 3 par personne, occ double i nuit chambre-salon ,per *abie d'hôte, oetit déjeuner, oourboire inclus taxes en sus informez-vous sur nos forfaits — pour les ateurs de oons vins «les vendredis gourmands d'automne* — pour les romantiques — pour votre jyage de noces ou anniversaire de mariage notre «forfait de rê e phoner sans frais de Montréal - 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