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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1993-11-20, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR Le Feuilleton Page 1)3 Essais québécois Page 1)4 La ml mie du livre de poche Page 1)8 Bandes dessinées Page Dlü Visas Page 1)14 i.K O !•: v n i R .i.!•: s s \ \i i: ni t n k r i> i m a \ t n i •> \ \ o \ i; \i u h i i as tenu un seul trimestre en sociologie à l'UQAM.C’est tout autre chose qui l'intéresse.«Ma conception de la fiction moderne ne me permet lias de décrire des personnages dans tous leurs faits et gestes.Ce sont des incursions que je fais, comme au cinéma, avec des entrées et des sorties brusques.C’est ma conception de la fiction bien que je n'en fasse pas une théorie.D’ailleurs, tout est faux dans ce que j’écris.Les premiers livres d'Henry Miller étaient comme ça.Mon premier livre contenait beaucoup de sexe, comme les livres de Miller.C’était un grand menteur, Miller.Il ne faut pas croire ce qu'il dit.Mon nouveau personnage aime Miles Davis, Billie Holliday, Ice Cube.Moi, ça ne me branche pas, en réalité».Cet été.il a passé deux mois au Québec avec sa femme et ses trois filles.Le reste de l’année, il vit presque tout le temps à Miami, dans le quartier haïtien.C’est un quartier fort calme, à deux pas du quartier le plus violent de l’Amérique.«C'est par iliaques à Miami».On compte maintenant 120 000 Haïtiens a Miami et 800 000 à New York.Quand on lui demande s’il n’est pas tenté d’écrire un roman à la manière de Tom Wolfe ou de James Baldwin sur les Haïtiens de New York, il répond que les gros romans l'embètent.Mais, on voit bien qu’il se demande comment percer aux Etats-Unis.Plusieurs de ses livres sont déjà traduits en anglais, aux maisons d’édition Coach House de Toronto et Bloomsbury de Londres.Le film tourné sur son livre a été vu dans 50 pays.Mais il n’aime pas ce film.Dany Laferrière espère avoir rapidement une quinzaine de livres.Ce sont les nuances qui ressortent d'un livre à l’autre qui en feront une oeuvre sur l'Amérique et sur Haïti, croit-il.Aes romans, il les voit comme des textes païens ou des textes de la parole.C’est tout autre chose que la littérature québécoise.Jusqu'à récemment, la littérature québécoise est une littérature «janséniste».«Elle est torturée, repliée, morbide, dit-il.Elle est branchée sur le péché.Bien sûr, il y a des exceptions.La chanson aussi, c’est différent.Mais, moi mes textes sont plutôt païens», affirme celui qui entend déjà les balles siffler autour de sa tète.POULIN «Tu écris comme quelqu'un qui marche à tâtons dans le noir.» SUITE DE LA PAGE 1)1 l'un de ses romans les plus achevés, qui est ainsi rédigé à la première personne du singulier: «l’histoire du Vieux chagrin est intimiste, ça allait mieux».Jacques Poulin est évidemment un perfectionniste.Tout le monde l’a dit.Il est, comme Patrick Modiano, ou comme les Américains qu’il admire, Raymond Carver, Richard Ford, de la tradition du minimalisme, et comme eux son travail, et son art, est d’arriver à «l’humanité», dans l’écriture, par le chemin le plus difficile, celui où les signes sont absents, les directions non indiquées.Il dit: «J’admire un écrivain comme Gabrielle Roy, que je place très haut dans mes choix de lecteur, ses constructions de phrases sont toujours étonnantes et audacieuses, et elle sait intégrer l’adverbe dans le corps de la phrase, et je 1 admire pour son humanité.Mais moi, qui n’écrit pas comme elle, qui ai choisi d’enlever plutôt que de rajouter, je n’espère qu’une chose, que cette humanité demeure dans l’émotion minimale que je peux créer.J’ai toujours peur qu’il ne reste pas assez demotion dans ma manière.Je me suis plusieurs fois fait dire qu’il y a de la froideur dans mes livres, et je fais attention.Mon idéal est d’arriver à un style complètement dépouillé, avec des éclats de chaleur ici et là».Il dit aussi: «Je m’aperçois que j’approche de la fin quand les phrases qui me viennent ressemblent à celles que j’ai enlevé.».Gabrielle Roy, comme Anne Hébert dont il se dit très différent, mais aussi Boris Vian et Philippe Djian, qu'il aime, et bien sûr le vieil Hemingway son maître, ils sont tous la dans La tournée d'automne où Poulin a imaginé un libraire itinérant qui, une fois encore, est son autre lui qui va.Personnage nommé le Chauffeur, qui parcourt la côte nord du Québec avec son bibliobus, son vieux chagrin, ses casseroles, ses livres - qu’il a tous lu - qu’il va distribuer gratuitement à un «réseau» de lecteurs qui n’est pas sans rappeler ceux de la résistance en France.Avec des chats étrangers, aussi, attirés à chaque étape par une odeur de lait qui serait restée présente sous cet ancien camion de laitier.Jacques Poulin ne voit pas, ne sait pas d’avance, et n’organise pas un plan de ses récits.Il n’en trouve la forme définitive que longtemps après une première intuition ou l’ombre apparue d’un sujet, dans le combat quotidien de l’écriture, qu’il mène plume à la main.«Tu écris, dit-il, comme quelqu’un qui marche à tâtons dans le noir; tout à coup tu as une illumination, comme une éclaircie qui apparaît; donc tu as une direction à suivre, soudain.C’est la pire méthode, mais je ne peux pas faire autrement».Pour Le coeur de la baleine bleue, le déclic ce fut un article de journal sur les greffes du coeur.Pour lui tournée d’automne, dont il a écrit quatre versions, l'idée lui est venue de la présence, au bout de sa petite me, d’un bibliobus de la Ville de Paris.«Pendant des semaines, en allant faire mes courses, je passais à côté, et cela a été le détonateur.J'avais besoin d’un substitut à l'écrivain, personnage de tous mes livres, qui a eu la forme d’un traducteur (Les Grandes marées), d'un commis aux écritures (Faites de beaux rêves), et là je détenais mon homme, un libraire itinérant, qui est un écrivain déguisé, un gars qui apporte les livres aux autres».Dans son cagibi où jadis espionnaient des concierges, sur sa table de travail où il écrit debout ou appuyé sur une sorte de prie-Dieu à l’envers à cause de ses problèmes de dos qui l’ont éloigné des courts de tennis, Jacques Poulin écrit deux heures le matin, deux heures l'après-midi.Au-dessus de la table, son lit pour les siestes, qu’il rejoint par une échelle comme dans une ca- bine de bateau.Dans la pièce unique, avec un coin-cuisine, des livres, les parutions québécoises récentes, une édition des Mille et une Nuits, des romans américains, une photo de Colette grande amoureuse des chats, la photo de la librairie Shakespeare and Co dont il parle dans son dernier roman, un ourson, l’affiche d’un Calder, un grand rideau qui masque la porte et étouffe les bruits.Jacques Poulin aurait aimé adopter dès le début, en 1967, l’attitude de Réjean Ducharme.Il me le dit aujourd’hui.Mais au lancement de Mon cheval pour un royaume aux éditions du Jour Jacques Hébert lui avait un peu forcé la main, l’assurant qu’il ne pouvait refuser une entrevue à un vieil homme du Montreal Star.S’il n’avait pas donné cet interview, si c’était à refaire, il aurait pris le maquis comme Ducharme.C’est sa nature.Il en serait heureux, aujourd’hui.Il me confie qu’il avait même pensé a un pseudonyme pour se dissimuler encore plus.C’eut été Marlow, comme le nom du canton où il est né, à Saint-Gédéon-de-Beauce.Marlow.Ce qu’il ne remettra jamais en question, c’est la décision d’écrire qu’il prit sur un coup de tête à l’université Laval en 1966, se croyant déjà vieux, à 27 ans, et pressé de choisir une vie.Ne lias écrire?«Qu’est-ce que je pourrais faire d’autre?J'aurais un sentiment d’inutilité, de perte de temps», me dit Poulin.Samuel Beckett répondait ainsi à cette question: «bon qu’à ça».Poulin aussi n’est bon qu'à ça, qui vit presque en ermite dans cette immense capitale des romanciers où seules quelques lettres de la Maison des écrivains de la rue de Verneuil le relie de loin à une confrérie, invitations qu’il repousse, informations qu’il range, ne déjeunant avec personne, vivant avec sa blonde du même âge qui habite a deux rues, même pas exilé, curieux mais inquiet des temps qui viennent, parlant du vieillissement qu’il insinue peu à peu dans ses romans comme pour l’apprivoiser, et me disant que sa maladie, comme un désir inconscient, lui convient parfaitement, et qu'il est dans son caractère de tout sacrifier à l’écriture.Jacques Poulin écrit deux heures le matin, deux heures l’après-midi, toujours appuyé sur une sorte de prie-Dieu.L'ANNÉE LEAU / presentation Je Pierre liourganh 120 pages 14,95 $ « Chapleau tire sur les beaux, les grands, les puissants, comme cela doit être quand on a un reste de conscience, de respect et de moralité.Ou un reste de courage.» Pierre Bourgault (extrait de la préface) j g EMMANUELE BERNHEIM SA FEMME Un petit bijou de fétichisme doux.G,95$ (T.P.S.incluse Chez entre libraire GALLIMARD BORÉAL Emmanuclc Bernheim sera au Québec du 23 au 28 novembre 1993 ACTUALITÉS I, I T T li II A I II li S LES MÉDIUS: BERNHEIM, AUSTER ET ONFAY La Française Emmanuèle Bernheim a remporté cette semaine ie Prix Médicis pour son roman Sa femme pain chez Gallimard.Emmanuèle Bernheim sera de passage a Montréal cette semaine.Elle l’a emporté au septième tour de scrutin, devançant Rachid Miinouni (Ixi Malédiction, Stock).L’écrivain améri-j cain Paul Auster a remporté le Medi-cis étranger pour Leviathan (Actes Sud).Michel Onfay a par ailleurs obtenu le Médicis essai pour La sculpture de soi (Grasset).LE PUBLIC HONORE FRANCINE OUELLETTE La romancière Francine Ouellette a remporté le Prix du grand public offert par Di Presse au Salon du livre de Montréal pour son roman Au nom du père et du fils .Le Salon du livre de Montréal a attiré cette année 111000 visiteurs, soit 4000 de plus que l’année dernière, au grand plaisir du président du Salon, M.Marcel Couture, et de la directrice générale, Mme Francine Bois.DEVINE QUI VIENT CAUSER.lit nouvelle librairie Renaud-Bray (5117, avenue du Parc) multiplie les activités d’animation.Demain, dimanche 21 novembre, à 14 heures, Daniel Pinard s’entretiendra avec Josée Blanchette, auteur du Guide des bons restaurants de Montréal et d’ailleurs (Editions de l’Homme) et Barry Lazar, auteur du Guide du Montréal ethnique (XYZ éditeur).L’événement s’adresse aux gourmets et gourmands, bien sûr.Mais aussi aux curieux avides de nouvelles saveurs et d’exotisme.Au grand bonheur des lecteurs du DEVOIR, Josée Blanchette signe à chaque semaine des Chroniques gourmandes.Elle participe aussi à l’émission Consommac-tion , à Radio-Québec, qu’anime son complice Daniel Pinard.Barry Lazar a quant à lui écrit un guide qui se veut un véritable passeport pour toutes les communautés culturelles et ethniques de Montréal.UNE INDUSTRIE EN PLEIN ESSOR?L’Association nationale des éditeurs de livres estime que l’industrie du livre se porte plutôt bien au Québec.«L’édition québécoise a progressé de façon fulgurante au cours des dernières années», a déclaré le v-p de l’Association Antoine Del Busso.De 1983 à 1992, le nombre de nouveaux titres publiés annuellement est en effet passé de 6271 à 8409, ce qui représente une augmentation de 34%.1rs maisons d’édition ont publié 3084 nouveaux titres en 1992, soit plus de 43% de l’ensemble.L‘ livre québécois a généré des ventes de près de 150 millions$.Il existe maintenant au Québec quelque 120 maisons d’édition.Nous y reviendrons, bien sûr.Ou que vous soyez.RENAUD-BM 276-7651 5117, avenue du Port, coin Laurier | de 8h à minuit 7 jours semaine LIBRAIRIE HERMÈS ae9tn22h 362 jours par annee 1120, ave.laurier ouest outremont, montréal tel.: 2743669 télec.: 274-3660 DEVINE OU JE VAIS MANGER CE SOIR?RENCONTRE DIMANCHE LE 21 NOVEMBRE À 1 4 h DANIEL PINARD s'entretiendra avec JOSÉE BLANCHETTE auteur du Guide des bons restaurants de Montréal et d'ailleurs 1994 (Éditions de l'Homme) et BARRY LAZAR, auteur du Guide du Montréal ethnique (XYZ).Ils vous dévoileront tous leurs coups de cœur! jtynïrdr DES BONS RESTAURANTS de Montreal et dïiilleins 7 jours par semaine 5117, avenue du Parc, coin Laurier de 8h à minuit 276-7651 » i.K i) !•: v h i n .i.k s s ,\ m edi 2 0 e t d i m a x c 11 k 2 1 x 0 \ k m b n 1: 1 « b '•''LIVRES'* I) :s U I 0 X Les soucis de Modiano et les souris de Duras CHIEN DE PRINTEMPS ECRIRE Patrick Modiano Marguerite Duras Seuil, 120 pages Gallimard, 147 pages Celle fois-ci le Modiano nouveau esl le plus court de tous, le plus ramassé, le plus précis, le plus simple.Ce piéton de Paris, vieil adolescent qui aipente la ville la plus quadrillée, et la plus littéraire du monde, de la place de l’Etoile aux boulevards de ceinture, des nies obscures aux quartiers perdus, avec de rares échappées vers Nice et des villas tristes, poursuit avec Chien de Printemps ses promenades rêvasseuses dans les carrefours et souvenirs d’une vie passée et d’une vie présente, Paris d’hier dans le Paris d’aujourd’hui, vies et villes qu’il superpose à l’infini de récits économes et énigmatiques.On aime ou on n’aime pas Modiano.Moi je l’adore.De tous les écrivains français qui font dans le roman depuis les années 60, sortant bi-annuellement ou presque leurs primeurs littéraires, Patrick Modiano est l’un des rares à avoir maintenu autant un style, un ton, ce que l’on appelle une musique, dans le projet littéraire d’une vaste cartographie des errances et des désespérances d’un être - cet autre lui - qui cherche et questionne à la fois des souvenirs de son enfance, de son adolescence, où l’on semble avoir un jour déréglé l’horloge de la vie.Ce coup-ci, à son 15e roman, Patrick Modiano est dans un café de la place Denfert-Rochereau, au printemps de 1964, avec une copine aujourd’hui oubliée; il a 19 ans.11 y avait connu un homme, photographe, qu’il ne revit jamais.Un homme qui.alors, avait l'âge qu’a atteint maintenant Modiano.Un homme qui taisait la peine d’un quadragénaire qui a perdu son ami, le photographe Robert Capa, et une femme, dénommée Colette Laurent.11 avait réellement 19 ans en 1964, Patrick Modiano.Dans sa littérature de réminiscence, il insère sa vie au compte-goutte, par des éclairs et des éclats de souvenirs où, l’imagine-t-on, on le voit marcher avec sa mère dans les mes de la capitale, observateur des façades et des cafés, muet, promeneur qui rêve éveillé, et déjà plein de soucis.Ainsi cette fois-ci il revient à ce printemps de 1964 lorsque, durant deux mois, il a vécu dans i’ombre de Francis Jansen, un homme dont il ne sait plus rien, et dont il veut nous dire le peu de choses qu’il sait de lui.Cet homme, qui parlait peu, qui avait toujours son Rol-leiflex, qui habitait un atelier dans la me Froidevaux, qui l’avait invité avec une copine à lui servir de modèles (des adolescents parisiens, pour une revue américaine), et qui disait, parlant du temps, «chien de printemps»; cet homme est demeuré une énigme pour Modiano.Une vieille énigme qui repasse.Un souci.Que cachait-il dans ses silences?Pourquoi ne répondait-il jamais au téléphone?Ce désabusement, cette tristesse, sont-ils ceux des êtres les plus sensibles, les plus discrets, dont la vie, en son milieu, se brise en silence., après un départ ou une mort.Modiano superpose ou surimpressionne ses souvenirs.Patrick Modiano MM Il se souvient qu’il avait déjà été présenté par sa mère à cette femme, Colette Laurent, sur le boulevard Saint-Germain au coin de la me Saint-Guillaume.Il s'en souvient maintenant, après avoir connu Jansen pour qui cette femme semblait être un amour clos; la photo de cette femme était au mur de l’atelier de la me Froidevaux.Et dans cet atelier, dont il avait obtenu la clef, il passait ses jours de mai et juin 64 à classer et répertorier dans des cahiers rouges de marque Clairefontaine les photos éparses de Francis Jansen, photos de Paris, la paîissade de la rue des Envierges, l’escalier de la rue Lauzin, la pente de la rue Westermann, l’emplacement de l’ancien cèdre au coin des rues Alphonse-Daudet et D‘ne veux.Dans ce jeu des souvenirs et images entrechoqués, dans ce retour sur le regard d’un homme mûr, qu'il a connu dans son adolescence, et dont il se rappelle l’expression triste et attentive, Modiano en arrivera, au fil des pages, avec son écriture minimaliste et artisane, en parfaite maîtrise de sa manière, à s’insinuer dans le fantôme du photographe qui ne répondait jamais au téléphone, a devenir un peu lui, maintenant qu’il en a l’âge, et du moins se souvient-il s’être imaginé, à 19 ans, qu’il deviendrait peut-être ainsi, plus tard, un homme qui fuit.Faut-il mourir de bonne heure lorsqu’on est un grand écrivain?Faut-il picoler et vieillir en silence, loin des micros et des éditeurs?Marguerite Duras?Yes, peut-être., pour reprendre un de ses vieux titres.C'était une petite pièce de rien du tout, qui montrait le monde réduit en cendres après une catastrophe nucléaire.Une femme avait survécu.On ne comprenait plus son langage.Di voilà un peu là, Duras, dans son décor de Yes, peut-être.C’est maintenant elle la femme qui a survécu.A ses beuveries, ses maladies, ses cures, à ses catastrophes, et à son oeuvre.On l'a vu au Cercle de minuit, récemment, triste buste ankylosé d’une grande romancière, épave qui ne reprendra plus la mer.Monstre échoué.J’admire au plus haut point la grande Duras, celle qui depuis que je sais lire m’a appris le délire.Ses romans, nous les attendions, nous les durassiens des provinces.Ils nous ravissaient.Longtemps je me suis couché de bonne heure, avec mon Duras dans les couvertures.J’aime ceux qui écrivent ainsi.Dans l'inspiration et le risque, dans la solitude hantée.Et Marguerite Duras, même si Milan Kundera ne la convie pas dans son théâtre du roman et ses «testaments trahis», est la plus grande de ceux-là, la combattante, la belligérante du roman au 20e siècle.Un écrivain immense.Mais voilà que cet écrivain immense publie une souris, Cinq petites souris.Des textes, sous le titre général (YÉcrire, et qui ne sont même pas tous écrits.La dame Duras a parlé à des admirateurs, qui ont enregistré, tout en filmant la dame Duras qui parle d’écrire, de la douleur d'écrire, ça on savait, de l'alcool, on savait aussi, des écrivains qu’elle trouve trop «propres», de Mitterrand qu’elle admire, on savait, et encore une fois de son petit frère Paulo, celui qui est mort du côté de la Cochinchine, celui qui n’était pas tout à lui et beaucoup à elle.Et puis c’est comme la fois de trop.On se lasse de Duras.On cherche l'éclair et on trouve la redite, les lieux communs d'une femme peu commune, les restants réchauffés, les reliefs des banquets scripturaires d’hier.On ferme ce petit livre plus étonné que déçu, étonné que cela nous tombe finalement des mains, étonné d'être soudain si insensible à la sorcière des délires, à la guerrière du Gange littéraire.Faut-il mourir de bonne heure lorsqu’on est un grand écrivain?Faut-il picoler et vieillir en silence, loin des micros et des éditeurs?Faut-il, Duras, redevenir comme tout un chacun?Se taire?Marguerite Duras • >• mm Le livre qui persiste l'OEUVRE DU GALLOIS Roman par Robert Walsbe, traduit de l'anglais par Marie Jose Theriault, Unreal, Montréal.N AÏM K A TT A N Quelle merveilleuse surprise! Un homme de 50 ans qui écrit son premier roman.A la lecture de l.'oeuvre du Gallois nous sommes d’abord pris par la truculence, l’esprit, l’ironie de l’auteur.A cela s'ajoute une érudition qui ne se manifeste que pour dire ses limites.Robert Walsbe est ne en 1927 en Saskatchewan de parents anglo-irlandais et polonais.Il a travaille dans la publicité et les relations publiques à Toronto, à Londres, à Paris et a Dm saune et, depuis 1971, il vit à Paris.Ainsi, il a traverse plusieurs langues et di verses cultures qui, en rai son de sa profession, se déployaient à l'envers, par des lieux communs qui frappent, des clichés qui brillent.De sorte qu'avant d’aborder de front la littérature, il a pratique ce qui la nie, l’aliène, la dessèche et la condamne à l’inanité.Il est au fait des faux semblants qui éblouissent et de la vacuité des mots sonores.Ce roman coule de source.Le personnage de Walsbe est un mort: Wallace Wales, le dernier d’une dynastie d’éditeurs londoniens puissants.Un employé de la maison, Robert Racine se voit assigner la tâche d’écrire sa biographie.Il se met à la poursuite de la trace du personnage.Or, il s'aperçoit, à sa déconvenue, que cette poursuite est ordonnée, commandée par des forces occultes.Le biographe reçoit 20 lettres, toutes rédigées à l'encre verte, dans les lieux et les circonstances les plus inattendus.Chaque fois Wales se révèle sous un visage nouveau et pas forcément aimable ou attirant.Nous nous promenons de ville en culture, de Vienne à Floren ce, de Toronto a Paris.L'auteur nous décrit, en connaisseur, l’état des lieux.Son érudition, aussi bien littéraire qu'artistique esl étendue et sans failles.Si elle s'affiche c’est pour se nier.Qu’est-ce le savoir?L’art?la culture?Des divertissements, des décors ( | il i embellissent?Avec un sarcasme acidulé et un humour de capaut, Walsh»' révèle les dessous peu attirants du monde de l’édition à Londres.Cependant, son propos est, on ne peut plus sérieux.Bien plus, il esl grave.Il croit en la parole, en la pesanteur des mots.Si ceux qui les transmettent, éditeurs et plumitifs les vident de leur substance, la littérature n’en persiste pas moins.L’éditeur-auteur qu’on croit enterrer par le récit qu’on veut faire de sa vie, surgit en tous lieux et tous temps et survit à l’entreprise de mise à mort.On ne tue pas la littérature fut-ce avec l’arme la plus redoutable: les mots.Livre de maturité certes.Mais si Walsbe a fait le tour des langues, des cultures ut des civilisations c’est pour découvrir la fraîcheur de la jeunesse et la substance de la littérature.Walsbe nous surprend, nous tient en haleine et notre plaisir est constamment soutenu.Di traduction de Mari»* José ThtViaidt, exemplaire, lui rend amplement justice.Le travail de Mme Theriault lui a d’ailleurs valu cette semaine le prix du Gouverneur général.Où que vous soyez.342-1515 Walshe nous surprend, nous tient en haleine et notre plaisir est constamment soutenu.S-5** pour les entants lin magnifique livre d'art $\àes MOt1 VR UVÏÆ °' G"1"4!»- ce utes çtewW5 ftvots de P Writer ->495$ cartonne b \es VïC 64 poS4' > es- PSVES CoWlTvC d'u"6ta’ o\e>v° BELLARMIN tint»»' .VeCt\on .vov'wri ,«caP"a" coi»»»""' .vU\siovïc ;„o»»s"cs de'» 9e MÉ ¦¦ i I) i i i) i: v ii i it s ,\ M I I) i I.I H I M A X I I X II V I M It It V R E S I.E S T S X II E I' 11 S Des civils bien inquiétants A K C I.T G 1 L I.E Il A M M ?EN PLEIN COEUR DE LA VIE (II) Ambrose Bierce Histoires de civils Traduction, préface et notes de Bernard Salle.Rivages poche/ Bibliothèque étrangère 157 pages Contemporain de Mark Twain, Ambrose Bierce n'obtint jamais sa grande renommée.Il en ressentit une profonde déception.Mais comment pouvait-il en être autrement?Autant Twain appelle le succès par son esprit bon enfant, sa verve populaire.autant l'ironie grinçante de Bierce le can-tonne-t-il aux tirages confidentiels.Parfois égal a un Edgar Allan Poe, Bierce a été un journaliste fort recherché.Travaillant pour l'empire naissant de Hearst, souvent proche du magnat de la presse, il est un pamphlétaire redoutable.Sa biographie nous mette de l'Ohio, ou il naît en l'842, jusqu’au Mexique où il meurt dans des circonstances mystérieuses en 1913.11 se serait engage septuagénaire dans l'armee de Pan-cho Villa.Entre ces deux bornes, il a été journaliste a San Francisco, directeur d'une feuille satyrique a Londres, chercheur d’or au Dakota et surtout il participe a la guerre de Sécession.Cette expérience de la guerre sera pour lui prédominante Les plus réussies de ses nouvelles ont a voir avec la peur de la mort, la relative grandeur de l'héroïsme.Il Ambrose Bierce Hn plein cœur de la vie poser Im recherche du temps perdu ou Citizen Kane a lhe Price is Right ou à la énième reprise de Godzilla contre la Chose n'a pas beaucoup de pertinence.Fn ce sens, l'attaque massive de M.Martineau porte, soutenue qu’elle est par un style aux raccourcis in-cisils que les lecteurs de Voir reconnaîtront.Ce faisant, celui-ci n'en tombe pas moins, cependant, dans certains pièges qui minent la portée de sa charge.Ainsi, que des intellectuels perçoivent le télévisuel comme un empêcheur de tourner en rond, comme un frein à la vraie culture, n’autorise pas a affirmer que la démocratie n'a pas besoin d'universitaires pour exister (air connu).S'aviser de faite ressortir les qualités de la télé ne justifie pas le refoulement de problèmes urgents comme la surinformation.M.Martineau ne craint pas la démesure, par exemple les 200 canaux que nous promet pour bientôt la libre optique.Ce n'est pas parce que le frigo est plein que je dois nécessairement bouffer tout ce qu'il contient, dame-t-il.On voit des lors où le bât blesse.Le mon de est divise en trois: les boulimiques, ceux qui font attention a ce qu'ils mangent (mais dont le frigo est plein) et les affamés culturels que la déesse télévisuelle, dont la prodigalité est infinie, n'a pas encore atteints.Les quotas et barrières qui freinent l’expansion de la culture américaine deviennent inutiles dans ce contexte.Faisons confiance au téléspectateur, grand juge devant l’éternel de ce qui est bon ou non pour lui.L'écologie, à quoi bon?L’heure culturelle est riche en calories.Intellectuels au régime, abstenez-vous.Quant aux nostalgiques de la chose écrite, vous pouvez crever de faim.Pour en finir avec l'antiaméricanisme, de Mario Roy, participe de la même apologie de la civilisation de l’image, du zapping et de la culture rock que le livre de M.Martineau.Mais l’argumentation de M.Roy est plus complexe, et à la fois plus retorse, car elle insiste sur le fondement idéologique de la division entre culture populaire et culture savante.Selon M.Roy — dont l’ironie m’a paru aussi plus mordante, liée a des arguments plus persuasifs —, la classe intello-universi-taire est coupable d'antiaméricanisme, de mépris envers le plaisir, la modernité, la démocratie et le peuple.On aura compris que la démocratie est ici invariablement celle du nombre, du plus grand nombre, démocratie dont la musique rock est l'expression esthétique et culturelle.Si le rock américain est si «révolutionnaire», c’est qu’il est une sorte de «journal des masses laborieuses», ce en quoi il a remplacé le jazz qui fut la première musique véritablement populaire mais qui est aujourd’hui entièrement récupéré.A cet égard, l'exemple du Festival de jazz de Montréal ne me parait pas très probant.Ix*s gens écoutaient-ils davantage au show «olympique» de Madonna ou des Rolling Stones?C’est qu'en fait, en dénonçant l’élitisme d'une certaine classe bourgeoise (et ici le diagnostic, pour être brutal, est dans l'ensemble assez juste, même si les procèdes sont douteux a l’occasion, comme de s'en prendre a l'ancienne page Idées et événements» du DFV( )[R alors que ce sont souvent les mêmes gens qui écrivent dans la page «Opinions» de La Presse, où travaille l'auteur), M.Roy s'enferme dans l'élitisme inverse.Tout ce qui est savant ou «songé» devient suspect et n'a aucune chance de passer la rampe de la démocratie, c’est-à-dire de l'utilité publique.Mais sans doute atteignons-nous la les limites de la forme pamphlétaire.On ne peut a la fois tonitruer et être subtil.A sa façon, qui est limitée, Pour en finir avec l'antiaméricanisme est un essai qui vaut le déplacement.I’ 0 Ê S I K Photographies de parole et de mémoire t IMPRESSION DU SOUCI OU L’ÉTENDUE DE LA PAROLE Michel van Schendel, Montréal, L'Hexagone, 1995 il c HO I RASSA Certains poètes publient leur recueil a chaque année, avec une faconde parfois heureuse, mais souvent hâtive.D’autres laissent passer plusieurs saisons avant de redonner quelques vers entourés de blancs, dont le silence recouvre à peine les nombreux essais rejetés.Michel van Schendel n’appartient a aucune de ces catégories.Il ne publie pas très souvent, L'impression du souri ou l'étendue de la parole est son septième livre de poésie depuis 1958; mais dans chaque ouvrage, la parole se donne avec générosité, dans la sensualité du verbe, l'engagement amical et passionné d’une parole, l'effort de la pensée.Fn fait, son écriture m- forge en palimpseste, superpose les couches de mémoire autour de la circonstance; elle se construit de la distance qui sépare ces couches, fait naître (buts leur fracture la critique et l’inquiétude.Cela suppose des années de mûrissement, mais il arrive que plusieurs fruits se détachent en même temps.Viennent de paraître les deux premiers volumes des Rebonds critiques (1), qui seront bientôt suivis d'un troisième.Ces essais constituent une somme de la pensée d'un écrivain qui se veut a la fois poète et théoricien de la littérature.Bien que présentées dans des ouvrages différents, ces deux activités ne se séparent pas pour van Schendel, toujours préoccupé de saisir les relations complexes qui unissent le langage, la poésie, l’histoire et le politique.L’impression du souci.systématise une pratique amorcée dans les recueils précédents f2), qui consiste a intégrer aux poemes des réflexions qui les prolongent ou les déplacent.L-s textes n’en deviennent pas pour autant didactiques — ils ne délivrent pas de «message» politique appuyé.La relation entre la parole poétique et la réflexion (elle-même de facture poétique), a une fonction semblable a celle qui unit les couches du palimpseste: par la pluralité des points de vue et des chemins du sens, il s'agit de semer le doute et d'instaurer une vigilance.Ce souci "critique», qui conduit van Schendel à faire entendre la distance entre des paroles hétérogènes, se fonde sur deux événements majeurs.Ce fut d’abord la seconde guerre mondiale et l’horrible destruction des fantasmes totalisants qui l’ont motivée: elle a donné au poète la préoccupation d'une mémoire longue, de l’écriture comme conquête sur le temps long, affirmation du désir d'autres rapports sociaux.Ce fut ensuite l’exil qui conduisit le jeune Français à venir s’établir, en 1952, dans «ce putain de pays ecclésial mis au réfrigérateur de l’histoire».dépaysement et le sentiment d’étrangeté traversent tous les livres de l’auteur, mais leur blessure est devenue productrice, de parole et de chaleur: «la douleur d'exil et le souci affectueux de l'apporter a une culture d'accueil ont fait de moi un écrivain».L’impression du sou ci.se divise en deux parties: «Négatifs», sous-titré • Poème cri tique», puis «Sentiers pour un oeillet», qui se veut, "Critique du poème».Les «Négatifs» qui «impriment le souci» prennent pour prétexté la photographie.Van Schendel dit avoir été stimulé par le travail d’une étudiante, qui "Composait en reseau les images visuelles imprimées et les poèmes».Sauf que la presence de l’image, pour lui quait de s’imposerait detriment de la voix et de l'oreille alors que, au contraire, -la seule production d’une écoute entraînait ou conditionnait un vaste imaginaire de la vision».Il a donc voulu travailler au revers de l'image, «par enregistrement de photos vues ou imaginables».«Négatifs» propose deux modes de composition d'une écoute-vision.Des séries de courtes strophes versifiées rapprochent des notations sensibles et des aphorismes, parfois discontinus, mais que la sensualité des sonorités apparie: «Le coude est posé, / Les sabots heurtent la brume, / Le regard s’amidonne, comme un col d’autrefois./ L’inquiet va mourir au-delà».De longues proses, quasi narratives, créent des scenes, épellent la mémoire, véritables «souvenirs», comme on désigne parfois les photographies.Quelques craquelures, taches ou points flous altèrent ces -souvenirs», entre lesquels viennent alors s’immiscer le commentaire, la parole actuelle, la discordance «Sentiers pour un oeillet» donne L’ensemble propose surtout une manière de lire le poème comme le monde; et la description de la circonstance est autant un prolongement fantasmatique de la poésie que des événements qui l’ont suscitée.ris- un journal de l'écriture, une réflexion qui ac compagne dans le temps la création (fi s poèmes, pour les lin avec l’experience quotidienne.Il y a une part de leurre dans la dési gnation du journal, puisque celui-ci est en partie imaginé, sa n daction ne coïncidant pas forcément avec celle des poèmes qu’il commente.Le caractère autobiographique de certaines parties permettra au lecteur de mieux comprendre le rapport de l’auteur .avec son pays d’adoption et celui de son enfance, le croisement de son des tin avec celui d'autres artistes.Mais la aussi, il y a des leurres, dont un merveilleux canular (prétexté a une réflexion sur la fable cl la parabole), finalement dévoile, et que je vous laisse découvrir.I.'en semble propose surtout une maniéré de lire, le poème comme le monde, et la description de la circonstance est autant un prolongement fantasmatique de la poésie que des événements qui l'ont suscitée.L écriture de Michel van Schendel allie la profusion et l'ellipse.Li cri tique du poème travaille beaucoup par reprises, dont chacune dénoue autrement une question de langage et d éthique.C omme à travers les «souvenirs» craquelés ou brouillés des «Négatifs», le lecteur doit, dans le parcours parfois tortueux des «Sentiers», investir les fissures et les join turcs, et goûter le plaisir d’une lecture chercheuse, troublée, inquiète.( 1 ) Aux editions de 1 1 iexagone, l'an dernier et cet automne.(2) Veiller ne plus vriller, Le Noroit.19(9; Autres, autrement, l'Ilcxago ne.198.'!; I-.xtrème livre de: l'Hexagone, 1987.es voyages ¦¦ i Marie-Claire Blais Parcours d’un écrivain Notes américaines 21H pages • 17,95 $ Voici enfin rassemblés les 51 carnets que Marie-Claire Dlais a publiés pendant un an dans le cahier des livres du Devoir.L’émerveillement et l’indignation d’une jeune écrivaine québécoise séjournant sur la Côte Est Américaine, pendant les années 60, alors que les Etats-Unis sont en proie aux plus inquiétants soubresauts.Une écriture souveraine, une sensibilité extrême.vlb éditeur de(lagfi^Kideuttêratüre CLICHÉ RÉPÉTÉ A PCI AIRAGE TflFÉÉRF NT.F N RAISON fil) TEXTE IMPRIMÉ SUR FOND CRIS (111 IIP t.: II! LJR I K I» !•: v "IR, I.I s N A \| ! I) I •> Il I I I) I M A \ l Il I 2 I \ Il V I M R R I I !l >1 il I V R, E S Un écrivain mort de rire L’éclat et la brillance des météores r»"* °rt'” et c du tctrrt‘>*,r Le mal de Vienne li«m Ulfit^tr GALLIMARD LA VIE PASSE COMME UNI ÉTOILE FILANTE: FAITES UN VŒU umuiitühhii Diane Monique Daviau FELICITATIONS A NOS AUTEURS sonnage reviennent rôder rue Saint-Denis, où était la chambre des minables origines; avenue du Parc, où toujours se trouvait la blonde du désir noir.L’improbable lanière d’ici assurait mieux que d’autres la fenêtre sur le monde, mais ou retrouver maintenant la solitude quand l’américanité (célébrité) vous est tombée dessus?Quoi qu’il en soit, l’écrivain n’est tout simplement pas un porte-étendard.Son flambeau devient facilement (idéalement?) une torche.Alors que revienne le temps de l'insuccès (avec ce cher vieux singe de Bouba)! lit que par dessus-tout l’on se gondole et bidonne, pour cacher cette nouvelle misère.Vive la deviation du rire, la digression contrôlée du ricanement.Que le lecteur soit bien attrapé par la parlotte et l’anecdote.Que le livre soit le livre du rien et du rire.Milan Kundera?Oui, on y pense dans Y Art du rowan (Gallimard, 1986), quand il part de son Livre du rire et de l'oubli, pour justifier son art de la digression romanesque, disant construire ses récits autant dans l’histoire racontée que dans les thèmes a développer.Dany Laferrière et son narrateur n’ont pas sûrement cette ambition aussi articulée de faire penser le roman.Pourtant ils seraient bien d’accord pour dire avec le maître franco-tchèque: «le roman est une meditation sur l’existence vue au travers de personnages imaginaires».Lifer-riere ne fait rien d'autre, sinon en rire tout le temps, et à ces autres corrections près que son personnage imaginaire est calqué a vif sur le sien et que rire ne va pas forcément avec oubli.La guerre à l’identitaire Cette fiction essayiste se donne CDU GRENADE DANS IA MAIN DU JEUNE NEGRE ESI ELLE UNE ARME OU UN FRUIT?Dany I/iferricrc, rowan, VLB éditeur, 1993, 201 pages.T Hexagone 1953-1993 Quarante ans de littérature lx‘ livre du rien et du rire L’écrivain et son alter ego fictif ont-ils ainsi scie en riant la branche de leur perchoir?Ceux qui connaissent l’auteur tYEroshima (1987), de L’odeur du café (1991) ou du Goût des jeunes filles (1992) savent bien que non: laferrière est avant tout écrivain.Ht le llambeau de la négritude n'est sûrement pas moins lourd a porter que celui de la québé-cite ou se nouent la francité et l’américanité.Lst-il si étonnant qu’un écrivain d’origine haïtienne ait abouti au rond-point québécois de l’indécidable?Ou comprend en tout cas que l’écrivain et son per- IA VIE PASSE COMME UNE EIOILE FILANTE FAITES UN VOEU I liane-Monique Ilaviau I.instant meme, 179 p.UNE RENTREE LITTÉRAIRE DE PRIX Prix Médias 1993 EMMANUÈLE BERNHEIM Sa femme 15,85$ Prix Rcnaudot 1993 NICOLAS BRÉHAL Les corps célestes 18.65S & jC Prix de l'Académie Française 1993 PHILIPPE BEAUSSANT Héloïse 24,95$ ainsi dans le mélange des genres, comme l’aime beaucoup l’auteur.Kl tout autant le roman et l'essai d’aujourd'hui.Kxemples: le récit que vient de faire paraître André Brochu: Im grande langue (XYZ) où l'on est entraîné dans une fiction satirique qui commence comme un réquisitoire.De son côté, Noël Audet ne pouvait que terminer qu'avec une histoire son livre: Ecrire de la fiction au Québec (1991).Dany ^derrière, lui, se met (apparemment) en scene des le départ en fictionnalisant un projet d’article sur l’Amérique que lui aurait commande une grande revue californienne.On le paiera pour qu’il voyage à .travers l’Amérique (réduire aux Etats-Unis).Il en profitera pour revenir a la base même du rapport vécu dans Comment faire lawour: le Nègre n’est bien qu’avec la Blanche blonde.Mais ce serti bientôt pour devoir affronter l’appel de la race: parler des femmes noires, injustement délaissées, même par les écrivains noirs.Comme les autres femmes, Krzulie, la deesse aux yeux rouges viendra le hanter, exacerbant les questions qui structurent le récit.Des questions comme: Ou doit réfléchir l'écrivain nègre?(dans le noir, évidemment): pourquoi un écrivain nègre doit-il toujours avoir une position politique?parler de sexe?Pourquoi pre-fere-t-il les blondes?Quels sont ses héros américains?(sinon des Noirs)?La réponse finale: «Je ne suis plus un écrivain nègre».Traduire: une guerre culturelle est en cours qui tue jusqu’à la question identitaire.Voilà une Grenade bien lancée: son fruit passe bien la promesse des armes.Au fond, ne vaut-il pas mieux être mort de rire?tj' n passant a la maison d’édition j L’instant même.Diane-Monique Daviau a abandonné derrière elle le superflu de son écriture.A preuve, elle reprend ici certaines nouvelles publiées dans le précédent recueil, Dernier accrochage, mais les dépouillé.les laissant épurées, comme élaguées, pour n’en laisser voir que le coeur.De plus en plus économe, comme si elle visait la quintessence, Diane-Monique Daviau prévient d’ailleurs le lecteur que ce long titre, Im vie passe comme une étoile filante: faites un voeu, cache «récits, fragments et éclats».Le premier volet compte treize nouvelles qui sont celles de l’immobilité.l’immobilité fertile qui appelle l’imaginaire.Dans «Les kangourous broutent la nuit par petits groupes», un homme rêve dans une salle de cinema a un monde peuplé de kangourous (ce qui nous vaut une délicieuse touche d'humour: «Car les kangourous - les roux sont les plus beaux -, les kangourous roux et leur compagnes d’un gris bleu très doux.»).Un autre attend sa mere a la gare, et ses quelques instants de réflexion solitaire lui permettront de s’en affranchir.Un autre enfin, mais celui-ci n’a pas trois ans, se comporte comme s’il se trouvait chez Préverl.«Tout petit» s’apparente aux poèmes en prose du poète de Neuillv par l’image et par le geste: «.il prend la plus grosse paire de ciseaux, attrape au passage une pomme bien juteuse et une pince a linge, (.) fait une incision dans le store.relève le pan de tissu et le maintient en place a l’aide de la pince à linge, prend sa pomme, s'assoit dans le carré de soleil.et il croque dans sa pomme.» Les vingt-huit textes regroupés sous le titre «Ton petit dauphin» s’attardent aux choses de l’amour.La rencontre, la fragilité, le doute, l’attente, l’absence, le chagrin d'amour.Parfois, des formules un peu puériles pour décrire l’émotion: ¦Mon coeur, tout plein d'anges et de cerfs-volants, peureux, ferme a double tour.Lentement, tes yeux grignotent la porte de mon coeur.>¦ Mais le plus souvent des mots rapides, efficaces, qui nous entraînent Daviau excelle dans cet art difficile de raconter des histoires dont la brièveté la force à asseoir rapidement son propos sans vendre la mèche.sit là h vite vers l’essentiel: «Tu ne la connais pas, ne la regarderas jamais dans les yeux: ma tristesse.Elle ne me visite qu’en ton absence.» ou encore, parlant de cette brûlure que laisse une barbe mal rasée sur le menton de la femme amoureuse: «Une blessure qui lui va bien, au fond.Une blessure de grand luxe, un reste de frisson.» Le troisième volet marque la maîtrise du genre.Depuis des années maintenant.Diane-Monique Daviau excelle dans cet art difficile de raconter des histoires dont la brièveté la force a asseoir rapidement son propos sans vendre la mèche.Partout.dans ces quinze derniers récits, on est menés, conduits par le bout du nez jusqu'à ce que l’intention explose en bout de page.Et l'émotion avec.Dans «Ce qu’on sait», l'auleure en fait une belle demonstration.Partant d’une toute petite réflexion qu'on se fait souvent («C'est incroyable comme on sait les choses!»), elle nous amène au bord de la mort.Lors d'une réunion de famille, une jeune femme prend des photos sans arrêt, mais jamais de son père.N'apparaissent sur ies photos que des objets appartenant au père: «Il est partout présent, sur chaque photo il me fait ses adieux.Mais lui en entier.C’est comme si je n’avais pas voulu le perdre d’un seul coup.Comme si je ne voulais pas.ce jour-là, accepter de savoir tout ce que je savais déjà.» I.'auteure est habile, qui nous entraine dans une histoire très «zen» (L’aiguille au fond de la mer) dont on sort quasi en déséquilibré pour l’être tout à fait quand, dans • Passage», cette même histoire, ces personnages qu’on a abandonnés deux pages plus tôt, se répercutent comme en écho.Diane-Monique Daviau reus-perilleux exercice de la coherence et la parenté dans ses écrits qui se repondent avec bonheur.Les fragments se retrouvent Prix Fcniina Étranger 1993 IAN Mc EWAN L’enfant volé 23.30$ Prix Aujourd'hui 1993 MILAN KUNDERA Les testaments trahis 22,90$ Grand Prix Catholique de Littérature 1993 CHRISTIAN BOBIN Le Très-Bas 29.95$ Prix Concourt des Lycéens 1993 ANNE WIAZEMSKI Canines 18.65$ dans une construction ternaire où chacun, pris isolement, compose une histoire en soi mais encore da vantage, s’inscrit dans 11111’ forme de continuité Ce morcellement de la forme 11’a rien pour déplaire à Blan-clmt qui a toujours soutenu que le discours s'interrompt et se fragmente a l’infini mais n'en est pas moins continu.En guise de conclusion, Diane-Monique Daviau s'offre le luxe d’un clin d'oeil.Son «Exercice de disparition» en est un d’apprivoisement.I.'écriture nomme les choses et commande le silence.Gela devrait suffire a nous réconcilier avec la mort, croit elle.Mais entre-temps, elle nous invite a ouvrir grand ies yeux pour apercevoir les étoiles filantes qui.comme la vie et la lecture de ce recueil, passent beaucoup trop vite.342-1 515 5199 chemin de la Céte-des-Neiges jeu., ven,, son.de 9h à minuit dim., lun., mar., mere, de 9h 6 21h Pierre Gobeil Grand prix du livre de Montréal et finaliste au Signet d'or de T Radio-Québec 1 Pour Dessins et Carte du territoire.\ roman ¦r Maurice Lemire auteur de Formation de l'imaginaire littéraire au Quebec 1764-1867 Médaille de l'Académie des lettres du Québec et finaliste au Prix du Gouverneur général Rober Racine Finaliste au Prix du Gouverneur général Le mal de Vienne, roman t elle grenade dans la main du jeune Negre est elle une arme ou un (ruit?Paul Chanel Malenfant Finaliste au Signet d'or de Radio-Québec pour Le verbe être, poesie François Tétreau Prix Jovette-Bernier (Joliette) Pour Le lit de fYocuste roman CETTE GRENADE DANS LA MAIN DU JEUNE NÈGRE EST-ELLE UNE ARME OU UN FRUIT?Une suite attendue à Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer.Un roman qui questionne l'Amérique profonde, celle du pouvoir de l'argent et de l'extrême misère, du succès, du racisme.Une écriture puissante, un humour corrosif, «une révélation noire».205 pages — 16,95 $ vlb éditeur De'ÜÎGRANDE LITTÉRATURE André Fcrretti et Gaston Miron Prix Alphonse-Desjardins de l’essai (Sherbrooke) Pour les Grands Textes indépendantistes, anthologie Il est revenu le rigolo du Comment faire l'amour avec un Nègre sans se fatiguer (1985).Avec un livre parlé, qui rit toujours aux éclats.Son histoire est typique de l’époque: un écrivain se raconte et le livre se fait.De bric et de broc, dirait-on au premier coup d’oeil.Une quarantaine de chapitres regroupés en huit parties qui font semblant d'être sept.Des narrations brèves qui sont aussi très dialoguées, comme Pécrivain-narrateur dit les aimer.Le sujet?Qu'est-ce qu’un écrivain noir peut bien avoir a faire avec l’Amérique (la culture états-unienne) quand elle lui fait fête et succès de son écriture nègre?D'où vient donc ce manque, le trou au coeur, le mal a Pâme?Se souvient-on de la théorie aquinien-ne de «la fatigue culturelle» (1962, repris dans Blocs erratiques)?Ici, le guide du Comment faire l'amour?se demande maintenant Comment écrire?et il ne veut plus être folklorisé, figé dans l’imagerie de «l'écrivain nègre».Hubert Aquin et les théoriciens de la décolonisation Pont bien expliqué.Ras-le-bol! annonce justement le graffito de l’exergue, piqué dans le métro de New York: «Je ne renie pas mes origines, mais je ne m’entends pas bien avec les autres Nègres.Je trouve qu’être nègre, ce n’est pas tout dans la vie». R A N C O l> II O N I) (> 1 K 11 K V «> I » ¦ I I- s S A M K I) | 2 O E T I) I M A X l II E 2 I X I) V K M U lî K | «| .iuna> • A 'Ms à chanson Centre de santé-beauté Boutique d'an Au coeu tu Ba»e $t-Pu„ artistique.23 rue Saint-Jean Baptiste Baie Sont Paul (418)435-2255 HOTEL 1 LA MAISON ACADIENNE LA MAISON ACADIENNE Tendez-vous avec mrioire • Chambre rénovées à nam» de 39 $ deieuner mcius • Forfaits Histoire culture gastronomie 64 $ ' Ski Aient Ste-Anne ou Stoneham) de 79 $ à 89 $' ' ,P: « car personne par tour occ double sur une bose de 2 jrs taxes et services incl.) (418)694-0280 1-800-463-0280 ILE D€ MONTRÉAL AHUNTSIC/JEAN-TALON ClU8 VOYAGES JOSÉE 15 U) 270 4'05 cum VOYAGES IA JEUNESSE (514)381 5345 CLU6 VOYAGES Pl// (514,388 9/4 ANJOU CLUB VOYAGES VERSAJUES (514) 353 6930 CENTRE-EST aim voyages oc maiv>«neuve (514)599 3404 CENTREVIUi CLUB VOYAGE S OANAGlOeE 514)87 0294 CLUB VOYAGES CEr/TRE /Ult (514 849 75/ CLUB YO'YA0ES^T9O &E&* (514) 988 8488 Club VOYAGES YOYABEY 1514) 988 9399 CÔTE DES NEIGES CLUB /O Y A GE S CÔTE DES NEtGES 4 4 341 4490 LACHINE CLUB VOYAGES MAP F '514,437 1183 OUTREMONT club voyages cutpemgnt (514) 974 4444 PLATEAU MONT-ROYAL ClUB VOYAGES ATIAS ¦5 4 597 888' CLUB VOYAGES DU PlA^EA , 5 4)52 3320 POINTE-AUX-TREMBLES CLUB 'VOYAGES PLANTE AUX TREMBlf S '514 449 3440 ROSEMONT OlUB VOYAGES ROSEMONT (5U) 376 5910 SAINTLAURENT Club voyages duverna y '514)331 1134 SAINT LÉONARD CLUB VOYAGES AIJPE VOIP '5'4, 799 1 198 SAINTE ANNE-DE BEUiVUE C LUB VOYAGES JACOUHWl (5U 44/ 9040 BANUEUESET REGIONS BECANCOUR CLUB voyages surer VOlfu (819) 933 9093 BOUCHERVILLE auB voyages r laudeue 1514, 44 >457 CAP DE LA MADELEINE ClUB VOYAGES SURE P SOtEIL (819) 379 7641 CHAMBLY / MARIEVILLE r l JB VOYAGES DANIEl 5 4)448 0454 COWANSVILLE enjb voyages tpansatiantioues (514) 943 7100 DRUMMONDVIUI 01'JB VOYAGES AGATHE IfClERC (819) 4/7 8383 GATINEAU ClUB VOYAGE S GUE RTIN '819, 441 9990 GRANBY ClUB VOYAGES PRINCESSE (514) 3/9 4444 GREENFIELD PARK/BROSSARD/ SAINT LAMBERT CLUB VOVAOf'.Y/.eTiFP (514)479 '979 HULL ClUB voyages GuEPTIN (819) ni '451 ClUB VOYAGES OUÎAOUAIS (819) 774 0409 JOUETTE Y.U JB VOYAGES AlBATPOS 4 4, 759 5551 LAVAL y LUB VOVAOES IA VA! (514) 48/ 5900 ClUB VOYAGES ME P x.MONDE (514i 441 Y//J3 MAGOG CLUB VOYAGES ESTPIf (819) 843 9894 RAWDON ClUB VOYAGES AIJRF VOIP (514)834 4549 REPENT1GNY ClUB VOYAGES If S GALERIE S DE REPCNTIGNY (514) 589 4045 SAINT HUBERT/lONGUEUIt/ SAINT-BRUNO ClUB VOYAGES JM (514)676 0258 SAINT HYACINTHE y U JB VOYAGES AGEMA (S14)7/3 555/ SAINT JEAN SUR RICHEUEU ClUB VOYAGES EOEN 1514) 348 9991 SAINT JEROME < iub voyages japo (514) 4 14 3590 SAINTE THERESE ' IUB / < YAGf S MAPlNAlP (514) 417 9194 SHAWINIGAN ' IUB VOYAGES DUPOY MFP (819) 539 4943 SHERBROOKE Y IUB V' ) YAGf S F '/ AF’ADf 9000 (819)543 5344 SOREL y IUB vYAGES AIP MFP (514) 74?0496 TROIS RIVIERES IUB VOYAGES SUPER SOIE II (819) 1/4 1050 VAUfYFIElD ClUB VOYAGES ATOU (514)373 5459 VARENNES ClUB VOYAGES SAINTE ANNF (514)652 0605 VICTORIAVIUE r IUB VOYAGE S MÉRISOl (H 19)758 8975 DÉTENTEUR D UN PERMIS DU QUÉBEC Partout au Québec un seul numéro I-800-66ENVOL ¦.*3ÇR(e.*»V .- I., ATS.* *• Tv tv ** * ¦ • 20 décembre SEA GATE au coeur de la zone hôtelière de Fort Lauderdale BAYSHORE YACHT & TENNIS CLUB idéal pour les golfeurs, hébergement de type condo BEACHARBOUR RESORT directement sur la plage de Sunny Isle HOLLYWOOD BEACH RESORT cuisinette I leroome 719* 799* 829* 899* RÉPUBLIQUE DOMINICAINE ! jemoine CLUB COSTAMBAR FORMULE CLUB TOUT COMPRIS Tous les repos + boissons locales + activités 899 $ 20 décembre $ EMBASSY BEACH RESORT OQ0 FORMULE CLUB TOUT COMPRIS %9WW Tous les repas + boissons locales + activités 17 décembre FIESTA BAVARO FORMULE 2 REPAS PAR JOUR Directement sur la plage de Punta Cana 1369 $ 19 décembre Fêtez Noël au Mexique BUGANVILIAS VALLARTA Puerto Vallarta Hôtel de catégorie de luxe Directement sur la plage — près du centre-ville Immense piscine — salle d'exercice Balcon vue sur mer 50$ US crédit boisson par semaine par chambre 18 décembre 1 lornoine départ le 18 décembre * 1 semaine 779 $ à'‘fj” r" 19 DÉCEMBRE FORMULE CLUB TOUT COMPRIS JAMAICA GRANDE 1769$ SuperClub JAMAICA JAMAICA 1829$ COUPLES 1829$ MV GRUZIYA DÉPARTS LES 1 9 ET 26 DÉCEMBRE Croisière de 7 jours au départ de Tampa vers Puerto Cortez (Honduras), Belize City (Belize) et Cozumel (Mexique) À partir de 11 64$cad (portion aérienne en sus.) Prix minimal par personne en occupation double pour certains départs de Montréol entre le 17 décembre et le 26 décembre 1993 Toutes taxes incluses Nombre de places limité Des conditions relatives quant aux durées minimales et maximales, à l’achat de billets à l'avance ou autre preuvent être applicables Les prix ne s'appliquent qu'aux nouvelles réservations et sont en vigueur du 20 au 26 novembre 1993 1029 $ CLUB PLAYA TROPICALE OCQ$ 3 repas par jour + boissons locales + sports nautiques Directement sur la ploge FARALLON DEL CARIBE 3 repas par jour + boissons locales + animation Directement face à la mer 17 décembre MARGARITA DYNASTY Studio Nouvel hôtel de catégorie intermédiaire dans la zone de Costazul Cuisineyye équipée 1 lemorne 799 $ 859 LAS ARENAS BEACH RESORT MARGARITA 3 repas par jour Boissons locales a volonté de 11 h à 02h du matin, goûters durant le jour, service de navette gratuit du Club à la plage, programme quotidien d'activités, piscine, gymnase, aérobie, plongée en apnée, leçons de plongée sous marine, kayak SAINT-MARTIN FÊTEZ NOËL DANS L'UN DES PLUS SOMPTUEUX HÔTEL DES ANTILLES DÉPART LE 1 8 DÉCEMBRE $ MAHO BEACH & CASINO Splendide hôtel de catégorie de luxe directement sur une magnifique ploge 1469 $ lîeqor de sable blanc "Cocktail de bienvenue ClUB VOYAGES Le plus grand réseau d'agence de voyage au Québec vous donne tous les moyens.vacances air Transit 1 I K H i: V il I It .I i: S N A M I II I -J (I I I II I NI A \ l II I I \ Il \ I M H H I I !l !» Il T I) no* T O l R I S M K / C 11 K O N I Q l K K N H R K F Les risques du voyage Qu'on le veuille ou non, les maladies font partie des voyages NORMAND C A/.K I.AIS Pour beaucoup d'entre nous, le désir de partir quand l'hiver et le froid arrivent devient presque une maladie.Ce qui ne veut pas dire qu’il faille courir après les maladies en voyage.Mais, quoi qu'on en pense, les risques de maladie font partie du lot des,voyages, surtout quand ces derniers nous mènent en des contrées réputées exotiques, aux moeurs et atix climats fort différents des nôtres.Les Tropiques, incluant le Mexique, les Antilles et une grande partie de l’Amérique latine, si populaires et attrayantes pour les nordiques que nous sommes, sont du nombre.Ces maladies qui nous guettent ne se limitent pas qu’aux coups de Sôlèil et à la turista.Unir palette est large: maladies de la peau (irritations, éruptions), indigestions et constipation, fatigue et surmenage, troubles cardiaques, maladies rares, contagieuses ou infectieuses (mala-qa, bilharhiose, hépatite, etc.), troubles psychologiques, maladies vénériennes, sida et bien d’autres encore.En voyage, l'organisme est soumis à des tensions, à des changements d’habitudes et de milieux qui le mettent en état de vulnérabilité.Ajoutez à cela la nervosité et l’excitation liées au départ, la fatigue due aux déplacements, une certaine inquiétude a l'idée de se retrouver pendant un temps en terrain inconnu loin du quotidien si familier et sécurisant et vous obtenez des conditions qui prédisposent bien des voyageurs à gâcher une partie de leurs vacances à soigner des bobos de gravite diverse.Sans compter que l’âge, la déshydration, l'état de santé général ou un excès de poids peuvent rendre encore plus difficile l’acclimation.Que faire alors?Rester chez soi, acheter des disques de béguine et de calypso, préparer des punchs et des'pinas coladas, se mettre sous la blinde solaire et regarder sur écran géant dans son sous-sol des images vidéo • plus vraies que nature»?N’y a-t-il pas de meilleure solution?Comme celle de prendre un minimum de précautions?Certaines relèvent du gros bon sens.Ainsi, dans l’avion à l’aller et lors des premiers jours, il importe de se reposer, de manger régulièrement mais légèrement et d’éviter l’alcool afin de laisser l’organisme s’adapter.Di turista, qualifiée selon lesdieux de Delhi Belly, Rangoon Runs, Hong Kong Dog, Montezuma Reilenge, Aztec Two Step, n’est lias la fatalité des Tropiques a laquelle nul ne peut échapper; il suffit souvent d’àdopter quelques mesures bien simples qui excluent le recours systématique aux médicaments: ¦ allez-y mollo au début avec les niefs épicés: ¦ évitez de boire de l’eau du robinet (même sous forme de glaçons dans les’ drinks) ou laites-la bouillir d’abord; ¦ lavez-vous fréquemment les mains et surveillez votre hygiène générale; ¦ mangez du poisson et des aliments — surtout les viandes — bien cuits et fraîchement préparés; ¦ mangez fruits et tomates pelés; ¦ ne laissez pas d’aliments traîner birr la table avant et après les repas (quand vous vivez dans un appartement avec cuisinette ou dans une villa); ¦ Soyez prudent avec la crème glacée et les eaux minérales locales; ¦ évitez les restaurants en plein air till il y a des mouches (même si cela vous prive d’une certaine couleur locale).D’autre part, la peau blanche et delicate venue du Nord demande quelques attentions: ¦ portez des vêtements amples, le f Pour améliorer In < ondilion des personnes nlleintes d'un c .tue er et leurs prix lies.Fondation québécoise du cancer 2075.tue de Champlain Montréal (Québec) H2L 2TI tôt (514)527AMV-1 Vacances NOtL Si IT1RPJI Sa nf Départ U* 22 décembre 1993 Retour le 3 janvier 1994 13 jour* /10 nuits / Escorté on français ( ircuil six nuits ?quatre nuits 3 Tel Aviv 23 topas compris llcboiftomcnt on hôtel tir première classe à partir tir ¦n f r*(\ rp mmmà *mS 'S >j/ Mu ItlMS par |vrv*nne.txvupatton double Voyages Alexandre i i>-.o» 393-9509 gers et faits de coton ou de libres naturelles (les tissus synthétiques sont a proscrire) qui laissent vos pores respirer, qui facilitent la circulation du sang et la transpiration tout en évitant les irritations cutanées (quitte à apporter un défroisseur à vapeur ou un fera repasser); ¦ changez souvent de vêlements et lavez-les dans la baignoire si besoin est; ¦ exposez-vous au soleil à petites doses, surtout les premiers jours, et allongez les périodes d’insolation progressivement; ¦ utilisez des crèmes et lotions solaires de qualité et suivez les directives d’application; ¦ prenez, si vous le voulez, de la vitamine A.Des vers, souvent invisibles à l’oeil nu, transmettent des maladies dont les séquelles peuvent vous suivre pendant de longues périodes au retour.Dans ce cas, il ne faut marcher pieds nus que sur les plages de l’océan et éviter de se baigner en eau douce, à moins que l’endroit soit officiellement sans danger.Pour se protéger des moustiques, il convient de couvrir bras et jambes après le coucher du soleil, d’appliquer régulièrement un enduit efficace, de munir lits et fenêtres de moustiquaires.Pour en savoir plus long, vous pouvez aisément vous procurer en librairie des ouvrages qui traitent de ce sujet.Je pense, entre autres a deux titres qui ne doivent pas être épuisé,s: Les maladies en voyage par le Dr Eric Capmes (collection Points Planète aux Editions du Seuil),Voyager en pays tropicalpar Jacques Hé- •.« m mm AFRIQUE DU SUD Il est plus facile de voyager vers l’Afrique du Sud depuis que ce pays a abandonné sa politique d’apartheid.Ainsi, les voyageurs canadiens n’ont plus besoin de visa pour y entrer.lu compagnie nationale South African Airways (SAA) offre cinq vols par semaine entre l'aéroport J EK International de New York et Johannesburg.Renseignements: SAA, 1-800-7Ü1?-9075.Embassade de l’Afrique du Sud à Ottawa, (615) 711-0550, ou Consulat général de l’Afrique du Sud à Montreal (511) 878-9217.photo .mums Que faire si la maladie nous guette en voyage?Rester chez soi et regarder sur écran géant dans son sous-sol des images vidéo «plus vraies que nature»?N'y a-t-il pas de meilleure solution?Comme celle de prendre un minimum de précautions?Recevoir ses vaccins, par exemple.bert (Boréal Express) et Guide médical des voyages et, des loisirs du docteur J-PSégal (Editions Inter).Sinon, communiquez avec le bureau des passeports le plus proche et demandez un exemplaire gratuit du dé>-pliant Bon voyage, mais.- Santé: un brin de prévention.En effet, il ne s’agit pas de devenir parano mais de prévenir.AIR CANADA EN CALIFORNIE En collaboration avec le Bureau du tourisme de la Californie, Air Canada offre des tarifs avantageux (397$ aller-retour depuis Montréal) sur ses vols vers San Francisco et Los Angeles, représentant jusqu’à 62% réduction sur les pleins tarifs en classe Economie.Les voyageurs intéresses aux séjours de rêve en Californie pourront aussi obtenir des reductions sur la location de voitures, l'hébergement et des attractions populaires.A partir du 18 décembre, le transporteur ajoutera un troisième vol quotidien sans escale entre Toronto et San Francisco et inaugurera un vol sans escale, par Airbus A320, entre Montréal et Dis Angeles les samedis et dimanches.1 )epuis le 1er novembre et jusqu'au 31 mars prochain, il offre egalement des rabais sur ses liaisons Montreal-Dindres (537$ aller-retour).Dans ce cas, le séjour doit être d’au moins une semaine sans dépasser un mois, la place doit être retenue au moins 21 jours avant le départ et le paiement, effectue dans la semaine qui suit la réservation.HORAIRE D’HIVER DE CANADIEN Le 31 octobre, est entré en vigueur l’horaire d’hiver de Canadien International qui dessert 119 destinations dans 17 pays et cinq continents.Toronto continuera d'en être la plaque tournante tant vers.l'Amérique du Sud, l'Europe, les Elats-l nis et le reste du Canada.Les liaisons entre Montréal et Toronto sont maintenues à 11 vols par jour.RABAIS VIA RAIL Les passagers en partance de Montreal à destination de Jasper ou Vancouver en première classe ou en voiture coach de VIA RAIL bénéficient d’un rabais de 25".d'ici le 31 décembre et d’un rabais additionnel de 15% entre 1er novembre et le 14 décembre.Dans ce dernier cas, les billets doivent être achetés sept jours à l’avance.1 Skiez les Al ¦ 6/ jet tours lA CÔTE D’azur CANNES FORFAIT DE 3 SEMAINES EN STUDIO PIERRE ET VACANCES TOUT ÉQUIPÉ, TRANSPORT AÉRIEN INCLUS! A partir de m 4r.SEMAINE GRATUITE! (réservez avant le M) novembre ().\) ‘Prix par personne, base 1.comprenant le transport aérien de Montreal a Nice I hébergement et les taxes il aéroport de s(>$ ô?jet tours if* AlPES FRANÇAISES » Alpes ; de 339$* S •Une semaine a Rit/buchcl l’m par personne dans une chambre en ocupation double pour la portion terrestre pour 7 nuits s compris les transferts, les petit-déjeuner* et toutes les taxes Le tant aerien est ««PI Vente de sièges La Suisse à partir de 648$ de Toronto, Montréal.Ottawa.Québec, et Halifax, en collaboration avec Air Canada.L'Autriche à partir de 688$ de Montréal et Toronto.Pour obtenir notre brochure Les Alpes Enchantées “° composez 1-800-337-9477.swissair CHAMONIX UNE SEMAINE DE SPORTS D’HIVER INCLUANT I.’HÉBERGEMENT EN STUDIO PIERRE ET VACANCES VOI AIR FRANCE VERS (.ENIM TAXES ET TRANSFERTS Al’X HÔTELS 1N( I I S! ‘I’ri\ par personne.en janvier, haw 1 A partir de A partir de m Aparthotel ( 1 nuit ) (Excepté du 10 au U additinnnpR- nnv » mars 61 S od./avril/mQ' Mo 13 \° , Ôy Jet tours ANTILLES À partir de ST-MARTIN FORFAIT D’UNE SEMAINE DANS LE CONFORT D’UNE PETITE SUITE À L’HÔTEL MONT VERNON*** TRANSPORT AÉRIEN ET PETIT DÉJEUNER INCLUS! * l’rtx p.u personne en j.inx n i base J i.ixes il aéroport el ir.mslerts 11 hotel nu lus (l.ixe île M’iotir p.iy.ihle Mir pl.u e tS I s p.ir jouo CONSULTEZ VOTRE AGENT DE VOYAGES OU JET LOI RS (SI4) 2S5-00SS ET DEMANDE/.NOTRE BROCm RE HIVER DM4.Uétrntmii d'un printls du Quel»** « Hôtels: Cascais (5 nuits) ?Algarve (7 nuits) » tou».- - , \ (Excepté du 10 au 2 ' _ Auto comprend kilométrage illimité,ossUt.^ exonération de dommages pour[0 _ E iONGS SEJOURS • ALGARV| 27 nuits* Studio, Club Proiada^0 Novembre 93 a ov" A Montreal ?Faro * Montreal 1 depart le samedi •* SO S 'pnxporpers occ double jusqu’oui 6 mai.^4 selon date de départ.Toutes taxes incluses.Contactez votre agent de voyages Permis du Quebec PORTUGAL PAY) Oil LE SOLEIL Eli FLEUR Girassol rAIR ^PORTUGAL CLICHE RF PF TF A FCt AIRAGF DIFFERENT.EN RAISON DU TEXTE MAL IMPRIME I) 14 I X 0 V K M I! i: K I !l !l :( 1- K I) K V OIK.I.K S S A M K I) I 2 II K T |) I M A X ( Il K 2 -?LE~ ?- Par les pros bateaux Qu'ils s’appellent Mermoz, Norway (ex-France), Royal Viking Queen, ms Westerdam, Regent Star, Zenith ou Song of America, ce sont de grands hôtels flottants avec piscines, salles de bal, restaurants, salles de cinéma et de vidéo, gymnases, salles d'exercice and so on.Quels qu’ils soient, ils portent des noms qui incitent au départ, qui réfèrent à de vastes espaces et font croire à la puissance et à la sécurité en toutes circonstances.En hiver, ils partent de Miami et Fort Lauderdale, de Kingston et Montego Bay en Jamaïque, de Nassau aux Bahamas, de San Juan à Porto Rico, d’Acapulco; ils font les Keys, les îles du Vent ou sous le Vent, le canal de Panama, la côte mexicaine, celle de l’Amérique centrale ou celle de la Colombie et du Vénézuela: le choix des itinéraires est considérable.Le choix des formules aussi: les tarifs peuvent inclure la croisière elle-même mais également, selon les besoins de chacun, le transport aérien jusqu’au lieu de départ, des portions terrestres prolongées au retour (en Floride ou au Mexique, par exemple).Les prix varient selon la longueur du parcours, la période de l'année (les Fêtes de Noël et du Nouvel An constituant le haute-saison), la catégorie du navire (certains sont plus luxueux que d’autres), la dimension et la localisation de la cabine, etc.Il faut se renseigner au préalable sur les diverses destinations possibles et savoir déjà où portent ses préférences.Savoir que les cabines avec hublot et aux ponts supérieurs coûtent plus cher, que la clientèle de ces voyages tout confort est souvent âgée.Prévoir qu’il y aura des dépenses supplémentaires aux escales, que tous les repas ne sont pas toujours compris.Savoir que toutes ces croisières ou presque proposent maintenant des casinos à bord, roulette, black jack, machines à sous et tout le pataclan: saura-t-on résister?Et jusqu'à quelle somme?.Toutes les agences de voyages débordent de ces brochures rutilantes, sur papier glacé, aux couleurs vives et convaincantes.Il importe, avant d’acheter un tel voyage, d’avoir déjà une bonne idée de ce qu’on a en tête et de ne pas craindre de poser toutes les questions voulues afin de s’assurer que le commerçant connaît son affaire.Afin que l'option retenue soit la bonne.N.C.Ou par la voile I’une des formules qui a pris de la popularité est la location de voiliers, pour quatre ou huit personnes notamment, avec ou sans capitaine.En ce dernier cas bien sûr, il faut que l’un des équipiers s’y connaisse en la matière et soit capable d’en faire officiellement la preuve.Partir en voilier dans les îles du Sud, y a-t-il quelque chose de plus beau?Pourtant, il faut y penser à deux fois avant d’embarquer.Car, au-delà de l'image romantique ou aventureuse, il y a la réalité — une dure réalité pour certains.Que ce soit un catamaran ou une embarcation de structure plus conventionnelle, un voilier reste un voilier, a savoir un espace de quelques dizaines de mètres de long par quelques mètres de large.Il est très facile de s’y marcher sur les pieds et de tomber sur les nerfs du voisin ou de la voisine.Bien des amours, bien des amitiés n’y ont pas résisté plus de deux, trois jours: dans un tel espace, les moindres défauts de chacun prennent une ampleur disproportionnée.Et ce n’est pas tout le monde qui a le pied marin.Un mal de mer parfois s'attrape pour un rien.Des personnes, selon toutes apparences bien normales et bien constituées, développent des angoisses, prennent panique sitôt quelles ne voient plus de terre sur la ligne d’horizon ou deviennent carrément claustrophobes a bord d’espaces si réduits.Rien de sert de gâcher des vacances, même au nom des plus belles idées.Car c’est effectivement une belle idée.Ives circuits et les horaires sont souples, il s’agit de les ajuster aux goûts de l’équipage; la mer turquoise ou émeraude est toujours la, il suffit d’y plonger le bout des pieds ou le corps tout entier.Ije boulot, le métro, les bouchons de circulation sont loin, loin, loin: des plages et des lieux de baignade qui changent a tous les jours, des poissons qui virent dans l’eau, des coraux et leurs mille lumières, le soleil au firmament.De telles croisières peuvent faire partie d'un forfait comprenant le transport aérien aller-retour acheté avant le départ ou être négociées sur place, dans les Antilles Françaises, aux Iles Vierges ou ailleurs: ce ne sont pas les possibilités qui manquent Mais le mieux, du moins pour une première fois, est d’y aller en forfait tout inclus avec quelqu’un qui l’a déjà fait.I,e vent alors, dirait-on, souffle mieux dans les voiles.Larguez les amarres 'jlSi * V *! i* ; *•> * rvL, k - •.- .V-> -'A*** »-• - ¦ j&'f t v ,v.- .' /» ' **-•• -’Ww® -.,jr< y .* /i Sûè&CS: •* ''¦&***.- r- • f ; iïjœ&SBSk&lRr 1/’'//fil Iw I v ***** i ri» ï.•M ' Oiibjï’4 jflfï ypr- % J mu?1 C- Si»» & mm l ne ouvre de Théodore de Bry illustrant un vaisseau portugais au large des côtes brésiliennes, au XVIe siècle.SOI Kl I IMS (,HANDS NAl'IOATKUHS Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir?NORMAND CAZEI.AIS Ohél moussaillon, du haut de ton mât, ne vois-tu point de terre à l’horizon?«Non, capitaine, pas encore.Pas encore.» A l’autre bout, sur un continent ou une ile quelconques, une dame du temps jadis ou d’une époque moins lointaine entendait, montée sur sa muraille: ••Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir?» Ainsi, en fut-il de la destinée humaine: certains partaient, jamais sûrs de revenir, alors que d’autres restaient et les attendaient, jamais sûrs de les revoir.Le moyen le plus facile de rejoindre d’autres horizons a été la voie d’eau: rivières, lacs et fleuves cpù irriguent et pénètrent même les contrées les plus reculées, océans et mers qui se perdent dans l’infini.I )es navires de papyrus des anciens Egyptiens jusqu'aux clippers qui se construisaient encore au début de ce siècle, depuis les canots d’écorce des Amérindiens jusqu’aux caravelles et fre gates qui menaient les «découvreurs» vers les rives du Nouveau-Monde, l’onde liquide, comme disaient les poètes, a porté — toujours plus loin — la soif bien humaine d'en savoir plus.Ainsi, sous toutes leurs formes, les bateaux et navires, gros et petits, solides et fragiles, à rames, à voile et à moteur, ont représenté l’idée du départ.Bien avant les quais de gares, les rades des |x>rts ont nourri les cs|x)irs de mouvance, vu et entendu les pleurs des séparations.L'image fut si forte quelle se transmit même aux chameaux transformés en «vaisseaux du désert».Au Québec, le musée maritime Bernier a L’islet-sur-Mer (41K-247-5001) et au Lieu historique national la-Ba-taille-de Rcsligouche a Pointe-à-la-Croix MIX-7MK-.r>()7(>) dans la Matapédia témoignent, entre autres choses, des conditions de voyage difficiles de ceux et celles qui s'embarquaient sur les voiliers et navires d'autan.Ce n’était pas des croisières de tout repos que de prendre ainsi le large.U*s dictionnaires définissent les croisières comme des circuits maritimes ou fluviaux accomplis par des vacanciers, comme des voyages touristiques à bord de paquebots ou navires de plaisance.Quand le Queen-Elizabeth, le France autres grands paquebots de ligne furent définitivement déclassés par l’avion et le transport aérien, les croisières prirent vraiment leur expansion dans les Antilles, en Méditerranée, dans le Pacifique-Sud, enfin partout où des deux cléments ou des paysages grandioses pouvaient attirer des voyageurs.Telles sont aujourd'hui les croisières: des trajets d’une semaine ou plus allant d’une escale a l'autre, les soirs et les nuits étant consacrées aux festivités et au sommeil, les périodes diurnes aux arrêts dans les ports et à la visite — rapide — de ces terres qui clignent ainsi de l’oeil.Elles ne perdent jamais vraiment la terre de vue et reviennent toujours au port.N.C.D1C
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