Le devoir, 7 décembre 1993, Cahier A
-?FONDÉ EN !) I O ‘H ïSl£?l KM f y.- 'fi \W - N (» 2 S 3 M O X T M K A I.I.!• M A I! I) I 7 D I ( | \| |; |f |.; | .) ;i li A i I* S ï v g I o r u ii I h N A c perspectives Les Anglos au bercail Le Parti égalité se marginalise, la polarisation fait le reste Gilles Lesage La défection du président-fondateur du Parti égalité est significative à un double point de vue.Uvré pieds et poings liés à quelques dinosaures frustrés, le «parti des Anglais» se marginalise de plus en plus.Et, à mesure que la campagne électorale approche, la polarisation augmente entre les souverainistes et les fédéralistes.Ce qui laisse bien peu de place à quelque autre voie ou voix, qu’il s’agisse du groupe Allaire-Dumont ou d’un mouvement de protestation linguistique.M.Robert Libman l’a bien compris qui, en deux temps trois mouvements, rentre au bercail libéral pour l’affrontement décisif qui s’annonce.Refusant de souscrire aux red necks qui réclament le bilinguisme intégral, le libre choix de la langue d’enseignement et le fédéralisme absolu, le député de D’Arcy-McGee a d’abord démissionné du parti qu’il a fondé en 1989, en guise de représailles contre la loi 178 et les restrictions à l’affichage bilingue.Puis, vendredi dernier, il a pris le chemin de la dissidence, comme son collègue de Westmount l’a fait à l’été 1992.Toutefois, contrairement à M.Richard Holden qui a fini par se joindre au PQ, M.Libman cherchera, selon toute vraisemblance, à se faire choisir candidat libéral.Ce qui est loin d’être dans le sac.Le jeune architecte, qui vient tout juste d’avoir 33 ans, en a fait du chemin depuis qu’il a réussi à canaliser la grogne de ses compatriotes contre le gouvernement Bourassa.Non seulement a-t-il fait élire quatre députés dans le West Island montréalais, mais le PE est arrivé deuxième dans cinq autres comtés.Toutefois, parti instantané et d’une seule cause, le PE a été sans cesse tiraillé par des tensions internes et des querelles publiques qui l’ont discrédité, y compris auprès des anglophones modérés.Ceux-ci, au lieu de prendre fait et cause pour «leur» parti, se sont éloignés d’une formation de plus en plus sectaire, dogmatique et radicale.En faisant adopter la loi 86, qui rétablit en bonne part le bilinguisme souhaité par les fondateurs du PE, les libéraux ont habilement rétabli les ponts avec leur clientèle naturelle, redevenue captive.M.Libman a lui-même suivi un cheminement intéressant.D’abord obsédé par les droits individuels, surtout linguistiques, il s’est livré à des excès, prétendant même que les lois 101 et 178 brimaient plus les anglophones d’ici que les francophones n’étaient humiliés à «The Soo» (Sault-Sainte-Marie).Mais il a aussi, usant habilement de son immunité parlementaire, dévoilé les fameux contrats à partage de risques qu’Hy-dro-Québec et le gouvernement gardaient jalousement secrets.Ce en quoi il a rendu un fier service à la libre circulation de l'information.Au point que Québec s’est senti obligé d’imposer des balises quant aux contrats avec des entreprises énergivores, comme l’aluminium.M.Libman n’en a pas moins suscité de vives antipathies chez les libéraux, auxquels il a fait perdre quatre précieux comtés en 1989 et qu’il a férocement combattus par la suite à l’Assemblée nationale.Maintenant que les anglophones rentrent au bercail libéral, y compris les animateurs d’Alliance Québec, et que les sondages sonnent à toutes fins utiles le glas du PE, on se bouscule aux portillons du West Island.Dans D’Arcy-McGee, ancien fief des ministres Victor Gold-bloom et Herbert Marx, M.Libman aura fort à faire s’il veut représenter les libéraux, l’an prochain.Dans Westmount (qui englobe désormais Saint-Louis), M.Holden n’a aucune chance de terrasser les libéraux et il se réfugiera dans le comté voisin de Verdun, ou ailleurs.Dans Notre-Dame-de-Grâce, que lorgne M.Robert Keaton, M.Gordon Atkinson court à la défaite si, par malchance, il ne suit pas son jeune ami Libman dans la dissidence.Aussi, du quatuor original, il ne restera que M.Neil Cameron à porter l’étendard du PE de Keith Henderson dans Jacques-Cartier.À ses risques et périls.Durant la campagne de 1989, le confrère Jean-V.Dufresne avait accolé l’étiquette d’Anglo-créditistes aux croisés du PE.Comme les zouaves de Réal Caouette à Ottawa, durant les années 60, et ceux de Camil Samson à Québec, la décennie suivante, mais encore plus rapidement qu’eux, le quatuor du PE est avalé par le système; bipartiste à l’extrême, il n’accepte un troisième larron qu’en période de crise ou comme transition.La crise linguistique en grande partie résorbée, quoi qu’en disent les intransigeants qui sont en train d’enterrer le PE, les anglophones font face à une échéance plus redoutable.L’élection du PQ serait le prélude à un référendum sur la souveraineté du Québec.Contre cette lourde menace, le bon sens et le réalisme exigent que les fédéralistes de toute obédience ne dispersent pas leurs énergies et resserrent les rangs autour de la cause sacrée.M.Libman a au moins appris depuis quatre ans qu'il ne sert à rien de s’éparpiller dans toutes les directions et que, quand le vent tourne, mieux vaut ne pas trop le contrarier.D’où son virage récent, suivi, si les libéraux oublient ses incartades, de §qn retour au giron familier et, malgré tout, rassurant.A moins d’être masochiste, quand les sondages vous donnent moins de 1% des suffrages — c’est le cas du PI') — il est préférable de se joindre à la parade.Quand les sondages vous donnent presque zéro, il est préférable de vous joindre à la parade 1 N 1) K X Les Actualités.„A2 Editorial .A0 ¦Agenda culturel .IM5 Idées .A7 Anne mers causées ,BT> le Monde .AS Avenirs .HI Montréal .A3 Météo Avis publies .Ht Mots croisés.B2 Ciel variable Culture .HH Politique .A4 Max.2 Economie .112 les Sports .H0 Détails en IM LE MONDE m AVENIRS LES ACTUALITÉS La gauche italienne se ?Unit-il cultiver «la Jean Campeau, candidat voit déjà au pouvoir v» différence» à fié cole?du PQ dans Crémazie PAGE A 5 *3.PAGE B 1 PAGE A4 Cherry ne bronche Après la manifestation des ouvriers de la construction, le ministre ne consent qu'à des clarifications MICHEL VEN NE DE NOTRE BUREAU DE QUEBEC La manifestation monstre de plusieurs milliers d’ouvriers de la construction, l’une des plus importantes qu’ait connue la Colline parlementaire depuis belle lurette, hier, n’a pas fait broncher le ministre du Travail, M.Normand Cherry, qui ira de l’avant avec le projet de loi 142.Le ministre lui apportera tout juste des clarifications qui ne seront probablement pas de nature à calmer les esprits dans l’industrie, où 30 000 emplois syndiqués sont mis en jeu, à quelques jours de Noël.La manifestation, réunissant au-delà de 20 000 ouvriers (les évaluations variaient entre 15 000 et 40 000), s est déroulée dans le calme.Mais s’est terminée, symboliquement, par l’incendie d'une maisonnette fabriquée pour l’occasion et transportée sur les lieux.La fumée a envahi la Colline parlementaire durant de longues minutes.Un membre du service d’ordre de la CSN me glissa à 1 oreille: «Ma crainte, si la loi passe, c’est que ce soit ça qu’on voie, mais pour vrai, sur les chantiers».Le rassemblement réunissait des membres de quatre centrales syndicales, qui manifestaient ainsi une unité rarement vue dans cette industrie où la concurrence syndi- cale a provoqué de la violence, à une autre époque.Les quatre centrales (CSN, FTQ, CSD et Conseil des métiers) avaient mis sur pied un service d’ordre impeccable et efficace.Les ouvriers étaient animés d’une colère contenue.VOIR PAGE A 8: CHERRY VOIR AUSSI ¦ Une loi improvisée: l’éditorial de Jean-Robert Sansfaçon.A6 Aux Nations unies Les Français convoitent un poste tenu par un Canadien JOCELYN COULON LE DEVOIR La France, mécontente de sa représentation au sein du Bureau des opérations du maintien de la paix des Nations unies, exerce de fortes pressions pour qu’un officier français soit nommé à un des trois postes de direction, dont celui du chef, le brigadier général canadien Maurice Baril.I>e général Baril est le conseiller militaire du secrétaire général de l’ONU, Boutros Boutros-Ghali, et occupe à ce titre la plus haute fonction militaire de l’organisation.Il est à New York depuis septembre 1992.Depuis plusieurs mois, la France est engagée dans une lutte pour obtenir le maximum d’influence dans la planification et la gestion des missions de maintien de la paix des Nations unies.Au bureau des opérations du maintien de la paix, le général Baril est assisté d’un chef d’état-major, un colonel finlandais, et d'un officier adjoint, un poste nouvellement créé, qui sera bientôt occupé par un colonel malais.Le responsable des opérations à l'état-major au ministère français de la Défense nationale, le général Philippe Mercier, a déclaré il y a quelques jours que la France a demandé à occuper l’un des trois postes de responsabilité.Toutefois, selon des sources aux Nations unies, ces postes, qui sont déjà comblés, le resteront pour au moins un an.Pour justifier cette demande, le général Mercier fait valoir que la VOIR PAGE A 8: ONU [T ' - i ’ •’**?"*' ~ • ?jMii Li manifestation des ouvriers de la construction contre le projet de loi 142 a Parlement ce symbole de la colère syndicale.Pourvu, disait un manifestant pas ça pour vrai sur les chantiers.PHOTO PC laissé devant le , qu’on ne voie Vous avez dit «nonobstant»?On peut tout expliquer à des Japonais au sujet du Canada.enfin, presque tout DANNY YEAR Une fois par mois, les residents de Hannan, une petite ville au sud d’Osaka, au Japon, discutent du sort du monde.Au programme, le mois dernier: le Canada, la vie quotidienne à Montréal, le chanteur Claude Dubois et.la clause «nonobstant».«Nonobstant?» Pendant quelques secondes, Takao Komatsubara est resté muet.Depuis presque 90 minutes, il traduisait sans problèmes mes propos sur le Canada.Avec ce mot inquiétant, il rencontrait son premier obstacle.En ce dimanche après-midi, M.Komatsubara, la quarantaine avancée, cadre chez Panasonic, s’était improvisé traducteur anglais-japonais de la petite conférence que les dirigeants du centre communautaire de Hannan m’avaient demandé de préparer «à propos de mon pays».En deux courtes heures, une quinzaine de Japonais, jeunes et vieux, voulaient tout connaître du Canada.Le climat.Ix's gens.Lt nourriture.Les habitudes de vie.Le système d’éducation.Ce nouveau premier ministre au nom impossible.Et le Québec, cet ilôt francophone, si étrange, quelque part à l’est des cinq Grands Lies dont ils avaient déjà mémorisé les noms.Ils étaient curieux de tout.Et souvent étonnés.Ils soupçonnaient bien qu’il existait une culture francophone au Québec, mais étaient surpris d’apprendre qu’on pouvait vivre en français — et en anglais — à Montréal.Ils ont poussé des soupirs d’envie lorsqu’ils ont appris que mes déplacements quotidiens dans le métro de Montréal ne me prenaient qu’une quinzaine de minutes chaque jour.Les habitants de Hannan, une espèce de Brossard en devenir, doivent se taper près d’une heure de train avant de se rendre à leur travail au centre-ville d’Osaka.Et ces trains sont bondés.Patient, M.Komatsubara a traduit.Mes propos comme les questions qui ne manquaient pas de surgir.«Les étudiants canadiens doivent-ils subir des examens d’entrée dans les collèges et les universités?» a demande une jeune Japonaise, Izumi, grugée par le re- VOIR PAGE A 8: JAPON Quel miracle pourra sauver la pêche?Il faudra un «plan Marshall», affirme un rapport JEAN DION DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Le Canada a besoin de rien de moins qu’«un équivalent contemporain du plan Marshall» pour relancer l’industrie de la pêche dans l'Atlantique, soutient le rapport du Groupe d’étude sur la question rendu public hier.Qualifiant la situation que vivent les collectivités côtières dépendantes de la pêche de «désastre aux proportions monumentales» et de «catastrophe», le groupe dirigé par l’ancien président du Syndicat des pêcheurs et de l’alimentation de Terre-Neuve, Richard Cashin, a appelé les gouvernements à travailler de manière concertée et à «élaborer une vision d’avenir optimiste et credible, sans quoi tout le littoral du Canada atlantique sera dévoré par la colère et le désespoir — deux ingrédients qui pourraient engendrer des troubles sociaux sans précédent».Devant la perspective que les stocks de poissons de fond — notamment la morue — ne se rétablissent pas avant au moins cinq à sept ans, M.Cashin s’est fait le héraut de «chambardements sociaux» qui continueront d’affecter tous les intervenants du secteur, mais surtout les VOIR PAGE A 8: PÊCHE Yves Bérubé meurt à 53 ans Il avait été ministre de René Lévesque Québec (PC) — L’ex-ministrepé-quiste Yves Bérubé est décédé, dimanche soir, à l’hôpital Notre-Dame de Montréal à l’âge de 53 ans.des suites d’un cancer.Députe de Ma-tane à l’Assemblée nationale de 1976 à 1985, M.Bérubé avait été ministre des Richesses naturelles puis de l’Energie et des Ressources dans le gouvernement de René Levesque.Il avait Yves Bcrubè aussi présidé le Conseil du trésor et fut ministre de l’Enseignement supérieur, de la Science et de la Technologie.Diplômé du Collège Saint-Liurent et du Massachussetts Institute of Technology, M.Bérubé avait entrepris une carrière dans l’enseignement comme professeur au departement des mines et de la métallurgie à l’Université Laval.11 a quitté la politique en 1985 pour devenir vice-president et directeur du contrôle et de l’administration chez Livallin.M.Bérubé a été mêle à plusieurs VOIR PAGE A 8: BÉRUBÉ t" *- !¦ n K V 0 I R , |.K \| \ Il I) I I) I ( !¦: M li II !•: I !) !l :i A 2 LS 1 rr rii LS Casino Washington donne le feu vert aux Mohawks d’Akwesasne Washington (AP) — Les Mohawks d’Akwesasne pourront, dès l’été prochain, ouvrir un casino sur le territoire de leur réserve qui chevauche la frontière du Canada et des Etats-Unis.Le département américain de l'Intérieur a en effet approuvé hier l’ac-cprd intervenu en octobre entre l’État de New York et les leaders de la bande et permettant l'implantation d’une maison de jeu à l’intérieur de la portion américaine de la réserve.Du reste, les amateurs ne pourront y jouer qu'à la roulette ainsi qu’aux jeux de dés et de cartes.11 n’y aura pas de machines à sous et ia consommation d’alcool y sera interdite.Ce projet soulève beaucoup de controverse au sein de la communauté Mohawk.Certains autochtones traditionnels s’opposent tout simplement au jeu, tandis que d'autres estiment que l’entente avec l’État va trop loin.En,vertu de cet accord, ia police de l’Etat et le «New York Racing and Wagering Board» ont le mandat de maintenir l’ordre et de veiller à l’intégrité du casino.Selon Brian Skidders, porte-parole du Conseil des chefs de la Nation mohawk, plusieurs Mohawks «ne voient d’un bon oeil ni cet accord, ni le principe du jeu.Il y a déjà trop de problèmes sociaux ici et la venue d’un casino n’est pas une solution».Les partisans du casino soutiennent au contraire qu’il entraînera la création rapide de 1500 emplois et injectera des dizaines de millions$ dans une économie dévastée par le chômage et la pauvreté.Contrat de la New York Power Authority Hydro-Ontario fait la lutte à Hydro-Québec SUZANNE DANSEREAU PRESSE CANADIENNE Toronto — Hydro-Ontario est en compétition avec Hydro-Québec pour l’obtention d’un contrat de plusieurs milliards de dollars avec la New York Power Authority.Le contrat, qui s’échelonne sur une période de vingt ans à partir de 1998 et qui prévoit la livraison de 800 mégawatts, devait aller à 1 lydro-Qué-bec, en vertu d’une entente de principe conclue entre les deux parties en 1990.Mais, parce qu’Hydro-Québec n’a pas obtenu à temps les autorisations nécessaires auprès de l’Office national de l’Énergie, les parties ont le droit de «reviser leurs positions» pendant un an et de regarder ailleurs.La date butoir était le 1er décembre.«Si on avait obtenu les autorisations, le contrat aurait été irréversible», a admis hier la porte-parole Helen Mayer.Voyant cela, Hydro-Ontario a manifesté son intérêt.Des discussions avec Con Edison, la société qui doit acheter les 800 mégawatts de la NYPA, ont commencé peu de temps avant le 1er décembre.Hier, un porte-parole de l’entreprise ontarienne, M.Terry Young, a indiqué que les chances d’Hydro-Onta-rio de remporter ce contrat n’étaient pas mauvaises.«Nous avons effectivement discuté avec la compagnie Con Edison au sujet de ce contrat, a-t-il déclaré.Il appert que nous leur avons fait une offre compétitive.» Du côté d’Hydro-Québec, on se limite à dire que les discussions se poursuivent.«Les parties recherchent une manière d'améliorer le contrat de diversité à leur satisfaction mutuelle», a déclaré la porte-parole Helen Mayer.le contrat vise l’acquisition d'électricité de puissance de diversité, c’est-à-dire de l’électricité qui est disponible entre avril et octobre, quand il y a un creux dans la demande au Québec.11 n’a rien à voir avec le contrat de 1000 mégawatts qu’Hydro-Québec avait signé en 1989 avec la NYPA, pour un montant de 17 milliards!-! et qui a, lui-aussi, été annulé.Mais il est semblable au contrat de 800 mégawatts qu’Hydro-Québec a conclu et honoré avec la NYPA en 1978, au montant de 1 milliards.C’est en quelque sorte le même contrat — le même nombre de mégawatts, la même nature, le même nombre d'années de service — sauf qu’il ne s'agit pas d’un renouvellement, a expliqué hier Mme Mayer.Mme Mayer n’a pu dire au juste pourquoi Hydro-Québec se trouve en position de perdre ce contrat — notamment pourquoi elle n’a pas obtenu les autorisations nécessaires.Le contrat de 800 mégawatts serait une grosse perte pour Hydro-Québec, comme celle du contrat de 17 milliards!?en 1992.Ce serait un bon coup pour Hydro-Ontario, qui a une énorme dette de 34 milliardsS et des surplus de 3500 mégawatts à vendre.Cette affaire illustre à quel point la compétition est forte dans le domaine de la vente d'électricité.Selon Terry Young, d’Hydro-Ontario, ce n'est pas la première ni la dernière fois qu’il y a une concurrence serrée entre les sociétés d’électricité canadiennes, que ce soit celle du Quebec, celle de l’Ontario ou celle du Nouveau-Brunswick.LES DEBATS DU DEVOIR Le Devoir vous offre une place publique.L'EDUCATION A CHANCE EGALE Faut-il augmenter à nouveau les droits de scolarité à l'université ?Participants: Clément Lemelin, Professeur, sciences économiques Université du Québec à Montréal Jacques Garon, Directeur, recherche socio-économique Conseil du Patronat du Québec Patrick Kenniff, Recteur Université Concordia Serge Charlebois, Porte-parole Organisation nationale universitaire Roch Denis, Président Fédération québécoise des professeures et professeurs d'université Présidente: Lise Bissonnette, Directrice, Le Devoir Jeudi le 9 décembre 1993,19 h 30 Amphithéâtre Jean-Lesage (B-2285) * Université de Montréal 3200 Jean-Brillant VENEZ VOUS AUSSI DÉBATTRE LA QUESTION ! Entrée libre Le Devoir avec ia collaboration de la Fédération étudiante universitaire du Québec PHOTO NASA lx-s astronautes Kathryn Thornton, à gauche, et Tom Akers, se sont employés hier à retirer le panneau solaire fixé au télescope Hubble.De nouvelles ailes pour le télescope Hubble Centre spatial de Houston (AP) — Pour leur deuxième sortie dans l’espace, les astronautes de la navette Endeavour se sont offert lundi une mission digne des meilleurs films de scien-ce-lietion en remplaçant un des panneaux solaires défectueux du télescope Hubble.Kathryn Thornton, suspendue au bout du bras articulé d’Endeavour, a détaché le panneau gauche tordu et endommagé.Elle l’a ensuite jeté dans le vide cl l’a regardé s’éloigner dans l’espace sidéral.le mince panneau de plastique blanc, pesant (tins de 180kg, a dérivé lentement dans les rayons du soleil pour rejoindre les quelque 6700 autres débris qui flottent en apesanteur autour de la Terre.«De voir cette chose qui glissait dans l'espace, cela faisait penser à 2001», a commenté Joe Rothenberg, directeur adjoint du projet Hubble à la NASA.Dans le film de Stanley Kubrick, 2001: Odyssée de l’Es- pace, des objets traversent majestueusement l’espace noir sur fond de musique tonitruante.«On aurait dit un oiseau», a renchéri Kathryn Thornton qui a passe près de six heures et demie avec son collègue Tom Akers à installer les nouveaux panneaux solaires qui alimentent en énergie électrique le télescope spatial.Les nouvelles «ailes» de Hubble devraient être déployées jeudi.Le panneau défecteux provoquait d’importantes vibrations à l’ensemble du système chaque fois qu’il passait de l’ombre à la lumière et inversement.De plus, ce panneau très endommagé ne pouvait plus s’enrouler.Thomton et Akers ont déposé l’autre panneau dans la soute de la navette et ont installé deux nouveaux panneaux munis d’écrans thermiques ainsi qu'un système de cont|>ensafion thermique modifié jxtur pallier la flexion qui affectait la première paire.Émeutes de la Coupe Stanley Poursuites de 187 000$ I.E DEVOIR Les émeutes qui ont ébranlé le centre-ville montréalais dans la nuit du 9 an 10 juin dernier à la suite de la victoire de la Coupe Stanley, ont engendré hier les premières répercussions judiciaires.Trois entreprises ont déposé en Cour supérieure des poursuites en dommages-intérêts pour 187 (KX)$.D‘ magasin Archambault réclame de ht Communauté urbaine de Montréal (Cl VI).de la Ville de Montréal et du Service de police de la CUM, près de 67 000$.Canadian Surety (la compagnie d’assurances représentant la station Télé-Métropole) demande 90 000$ pour bris d’équipement audio-vi- suel et Ly électronique, 35 000$.Ces deux derniers plaignants poursuivent la CUM ainsi que le directeur de la police, Alain St-Germain, le coordonnateur des opérations de la soirée, Pierre Vézina, et le directeur du poste 25.les arguments allégués sont la négligence, l'improvisation, ht mauvaise préparation, le manque d'effectifs, la perte de contrôle et le non-respect du devoir de la police d’assurer la sécurité de la population.D’autres poursuites devraient être déposées aujourd’hui au Palais de justice de Montréal totalisant près de 1/2 million$.A la suite des émeutes de 1986, des poursuites de commerçants avaient également été enclenchées.Elles ont toutes été réglées au printemps dernier.mmmk U • Q • A • M • inc Drcsence.L'ENCAN DE NOEL 1993 LE 8 DEÇ^MBREi À d2H30 t / .A vJ A ¦ : à; 111\ \ i-1) r- .H.- ,»./ \, A Pllniversüédu Q}dbe^ à ‘Montréal, ]rU& y S te-Catherine coin SléDénd fâa.'bitlon^ piditfaftemm).z J{ t y / -j Vote allez certp^iemerittrouvez tvos j cadeau^ de Ofpël à des prix ridiculement bas.v/V ‘De plus, sur présentation de cette annonce sur le site de l'encan, obtenez un téléphone Cellulaire GRATUIT moyennant 10$ de frais adm.et selon (es conditions de Ceücom.!( y aura aussi des pri^ de présence.LE DEVOIR Cellcom Bell Mobilité CROI [9 Incarnant l’autre grand espoir électoral du MSI, Alessandra Mussolini, petite fille du Duce, a échoué, au seuil de la mairie de Naples devant le candidat.PDS Antonio Bassolino, vainqueur avec un peu plus de 55% des suffrages.Autre grand perdant des élections, le leader de la Ligue du Nord, Umberto Bossi, a averti les Italiens que si le schéma de vote de dimanche se reproduisait aux prochaines législatives la gauche pourrait: rafler (10% des sièges au nouveau parlement.En prévision de cette prochaine échéance, la chasse aux voix du centre, orphelines des partis traditionnels.a commencé.Fini et Bossi ont tendu la main à Mario Segni, transfuge de la démocratie chrétienne qui cherche à construire un nouveau parti de centre droit, pour former une grande alliance de la droite.Qehelto a de son côté invité ses partenaires de gauche à oeuvrer sur-le-champ à la mise au point d'un programme de gouvernement susceptible de fidéliser les voix des anciens électeurs de la Démocratie chrétienne.La déliquescence d'un pays / **- Poussière d'Etats en Bosnie-Herzégovine Les fronts se multiplient aux quatre coins de la république Plusieurs fronts se sont ranimés hier en Bosnie.La situation à Sarajevo, où six personnes ont été tuées et 28 autres blessées, a été très tendue avec des bombardements constants, ainsi que des combats d’infanterie pour la première fois depuis des mois.Dans la poche de Bihac, à l’ouest du pays, les forces du leader sécessionniste musulman Fikret Abdic, soutenues par les sécessionnistes serbes de la Croatie voisine, menaient des attaques simultanées en direction des villes de Bihac et de C’azin.Ces nouveaux combats ne font que renforcer les tendances à l’atomisation de ce qui frit la République de Bosnie-Herzégovine.Zagreb (AFP) — Éclatement des territoires, renversements d’alliances, dissensions au sein d’un même camp: après 20 mois de guerre, la Bosnie-Herzégovine, où l’on ne compte plus les poches enserrées dans des enclaves, est en voie d’atomisation.Face à sa désintégration, les dirigeants des trois communautés (serbe, musulmane et croate) cherchent à consolider des mini-États nationaux, dont deux aspirent ouvertement au rattachement à leurs voisins serbe et croate.La rupture au printemps dernier de l’alliance croato-musulmane, un fragile mariage de raison qui permettait aux Musulmans de se procurer armes et vivres par la Croatie et aux Croates de renforcer leur autorité sur les territoires contrôlés par le HVO (forces croates bosniaques), a profondément modifié les données du conflit.Les revers enregistrés par le HVO en Bosnie centrale ont entraîné une multiplication d’enclaves, encerclées en terres musulmanes, comme les poches de Vitez ou Kiseljak, ou adossées aux positions serbes, comme Vares, tombée le mois dernier, Zepce ou Drecelj.Grâce à ces succès, les Musulmans se sont taillés un territoire continu au centre de la Bosnie mais restent coupés de leurs enclaves de l’est, Srebrenica, Zepa et Go-razde, du sud (Mostar), du centre-nord (Maglaj) et surtout de la poche de Bihac, à l’ouest, en proie à la dissidence.Forts de leur suprématie militaire qui leur a permis de contrôler 70% du territoire, les Serbes de Bosnie arbitrent le conflit entre rivaux croates et musulmans.Les forces serbes ont épaulé les Croates en Bosnie centrale.Mais au sud, elles aident aussi les forces musulmanes.Ce phénomène semble révéler que la guerre n’est pas tant le résultat de haines ancestrales qu’un conflit d’intérêts.Une Bosnie éclatée en mini-Etats et enclaves CROATIE ¦Gradacac o Banja Luka oBihac Srebrenik Jajce o Turbe Srebrenica CROATIE oGorazde Jablanica H Serbes de Bosnie _ ] Musulmans de Bosnie Croates de Bosnie | Zone de Sarajevo • Ligne de Iront .Zones croates Mostaro MONTENEGRO par les Musulmans Dubrovnik -, AFP infographie - Patrice Oeré Loin de leurs états-majors, qui ont du mal à les contrôler et à leur venir en aide, les enclaves s’érigent en fiefs diriges par des «seigneurs» plus ou moins pacifiques ou guerriers.A Velika Kladusa, à la pointe nord de la poche musulmane de Bihac (ouest), un homme, F'ikret Abdic.patron d’un complexe agro-alimentaire qui n’a cessé de fonctionner malgré la guerre, considère que les intérêts économiques peuvent l’emporter sur les passions guerrières.Ancien membre de la présidence de Bosnie, où il a été élu aux premières élections libres en novembre 1990.Fikret Abdic a signé des accords de paix séparés avec les Serbes et les Croates au nom de son fief qu’il a proclamé «région autono- me de Bosnie occidentale», défiant l’autorité du président Alija Izetbegovic.Di poche, dont les débouchés économiques avant-guerre étaient Zagreb et le port croate de Rijeka, mène un fructueux commerce avec les Serbes de Bosnie et de Croatie.Son atout est d’être une zone non contestée à l’exception de Bihac même, noeud ferroviaire dont les Serbes ont besoin pour relier à Belgrade les terri-’ toires qu’ils contrôlent dans le sud de la Croatie et le nord de la Bosnie.En dépit de ses efforts, le leader sécessionniste musulman ne tient qu’un tiers de cette poche, où le gros de l’armée reste fidèle à Sarajevo.D-s enclaves peuvent aussi générer un bellicisme exacerbé comme à Kiseljak, dont les troupes ont semé la terreur a Vares.Considéré comme responsable du massacre d’au moins 25 personnes dans le village musulman de Stupni Do, le chef du HVO de Kiseljak Ivica Raie est allé jusqu a menacer de bombarder Sarajevo — avant d’être limogé —, mettant en évidence que les Croates participent à l’encerclement de la capitale.I^a décomposition du territoire a fait émerger des chefs militaires ou de bande, contrôlant l’un un bout de route, l’autre un pont, imposant rançons et péages.Les dissidences et l’indiscipline menaçant leur crédibilité internationale, Musulmans et Croates tentent de reprendre en main leurs forces années et de renforcer les institutions.L’année bosniaque a été purgée d’éléments mafieux et le gouvernement a créé des ministères chargés de' surveiller les régions afin quelles ne suivent pas l’exemple de Bihac.Zagreb a détaché en Bosnie un de ses meilleurs officiers, le général Ante Rosso, chargé de remettre au pas le HVO, qui a été subordonné aux autorités civiles.De son côté, le leader serbe bosniaque Radovan Karadzic, menacé en septembre par une mutinerie de soldats serbes à Banja Luka (nord-ouest), a retourné la situation à son avantage: il s’est débarrassé des autorités municipales qui lui reprochaient d’être trop tourné vers Belgrade et privilégiaient une alliance avec les Serbes de Croatie.Il A I T 1 Malval convoque une conférence de réconciliation Washington (AFP) — Le premier ministre haïtien, Robert Malval, a convoqué hier une conference de réconciliation nationale qui devrait réunir «dès la semaine prochaine» à Port-au-Prince «les groupes représentatifs» de la société haïtienne, dont les militaires et probablement un «représentant» du president Jean-Bertrand Aristide.U>rs d’une conférence de presse à Washington, M.Malval a également dit que sa démission le 15 décembre était «irrévocable», mais il a indiqué qu’il expédierait les «affaires courantes» jusqu’à la désignation d’un nouveau chef de gouvernement par le chef de l’Etat.Dans un «message à la communauté internationale» publié hier dans la capitale américaine, le président Aristide s’est pour sa part engagé à faire voter par le parlement haïtien une loi d’amnistie réclamée par les militaires et à prendre, sans les détailler, «un certain nombre de mesures pour assurer la sécurité de la nation».«Haiti est au bout du rouleau, économiquement.socialement, politiquement», a estime M.Malval en annonçant ce «rassemblement pour U1 sauvetage national» souhaite, selon lui, par tous ses interlocuteurs en Haïti.Le principe de cette conférence a déjà été admis par les «quatre amis» du pays, Etats-Unis, Venezuela, Canada et France, a-t-il ajouté.D' premier ministre haïtien a clairement indiqué que la conférence ne pourrait pas se dérouler «en dehors de l’accord de Governors Island».«Il faut rouvrir les discussions sur les points de l’accord qui n’ont pas encore été mis en oeuvre», a-t-il ajouté.Interroge sur la participation de l’année à cette conference, M- Malval a indique que le chel d’état-major, le général Raoul Cedras, semblait actuellement «davantage ouvert au compromis».«Mais rien ne dit que les militaires soient devenus plus accommodants ou qu'ils soient divisés sur la marche à suivre», a-t-il ajouté.Un colon et son fils sont tués à Hébron Hébron (Reuter) — Des tireurs ont abattu un colon juif et son fils aine et blessé ses trois autres enfants hier non loin de la colonie de Kiryat Arba.près d’Hébron, en Cisjordanie, ont déclaré des militaires israéliens.Le père et son fils sont morts dans les dix minutes qui ont suivi l’agression, selon un témoin.Parmi les trois autres enfants, âgés de 10, 11 et 17 ans, l’un est dans un état satisfaisant, tandis que les deux autres n’ont été que légèrement blessés.Deux autres Israéliens ont ('te blesses lors d’une attaque au cocktail Molotov contre un autobus près du village d’al-Djib (Cisjordanie), au nord de Jerusalem, a-t-on appris auprès des forces de sécurité.En Cisjordanie toujours, des soldats israéliens ont abattu un Palestinien dans le village d’Aroura, près de Ramallah, a-t-on appris de sources palestiniennes et israéliennes.Abdel Rahman el Arouri ne figurait pas sur la liste des activistes recherches, ont dit des villageois.lût décembre 1992, il avait ete expulsé par erreur au Sud-Liban avec plus de 100 activistes musulmans, mais il avait clé autorise à revenir chez lui |xmi après.La radio israélienne a rapporté qu’il était soupçonne d’être impliqué dans le meurtre de deux Israéliens la semaine dernière (buts la région de Ramallah.L’année israélienne a déclare qu’elle vérifiait les informations.Des centaines de colons, s’en prenant aux véhicules arabes et aux journalistes étrangers, ont marché vers le lieu de la première agression qui porte à cinq le nombre d’Israéliens abattus en six jours.Un caméraman a été blesse à la main et un photographe a été menacé de mort.Au total 1S Israéliens et 34 Palestiniens ont trouve la mort depuis la signature de l’accord israélo-palestinien le 13 septembre à Washington.D’autres colons ont manifesté devant la residence du premier ministre Yitzhak Rabin a Jerusalem et dans tout le territoire israélien.Yitzhak Rabin a condamné l’agression de la famille de colons, y voyant une tentative de sabotage de l’accord de paix conclu avec l’OLP.«Je n’ai aucun doute sur les motivations des Palestiniens responsables de ce meurtre horrible.Ils veulent provoquer un enchainembnt d’événements qui entraînent la fin des négociations», a-t-il explique.D1C I.K I) I*: V l» I It , |.|.; m \ |> |) | i) !¦: ( !•: m it it !•: i ti n :t É D I T 0 I! I A L Une loi improvisée Jean-Robert S a n s fa ç o n L’industrie de la construction est malade.Malade de la récession, du travail au noir, des relations de travail pourries, des normes trop strictes et de la trop forte dépendance à l'égard du gouvernement.Le projet de loi 142 prétend corriger tout cela d'un seul grand coup de balai.Mais plutôt que de ramasser la poussière, le geste soulève la tempête.Et pour cause! Québec doit refaire ses devoirs.u Sommet de la construction qui s’est tenu à la fin d’octobre, le ministre du Travail, M.Normand Cherry, avait proposé plusieurs modifications profondes au régime de relations de travail boiteux en vigueur dans cette industrie: identification de quatre secteurs industriels différents et négociations séparées afin de tenir compte des conditions propres à chacun; période de médiation obligatoire; fin de l’ère des décrets tenant lieu de conventions collectives; mobilité régionale de la main-d’oeuvre, etc.Par contre, le ministère n’envisageait aucun changement à la syndicalisation obligatoire pour ne pas troubler la paix sociale.Devant l’échéance prochaine des décrets, en décembre.et même en l’absence de consensus significatifs à l'issue du sommet de l’industrie, on s’attendait à ce que Québec vote bientôt une loi qui aille dans le sens de ces propositions.D’ailleurs, sans l’avouer trop ouvertement.nombre de syndicats et de patrons étaient d’accord avec plusieurs des propositions du ministre.Or, voilà que le cabinet jugeait, il y a quelques joum, que le projet de Normand Cherry n’allait pas assez loin, qu’il fallait déréglementer l’ensemble de l’industrie de la construction résidentielle de huit logements ou moins.Pourquoi?Afin, dit-on, de combattre le travail au noir en réduisant les coûts de la main-d’oeuvre, et d’abattre toute barrière limitant la mobilité des entreprises et des travailleurs.Conséquence de cette décision politique aussi osée qu’inattendue: si la loi 142 est adoptée, des milliers de travailleurs perdront la reconnaissance de leur métier et de leur adhésion syndicale.Désormais, quiconque désirera travailler dans la construction résidentielle pourra le faire, sans autre exigence que la confiance et la fidélité d’un entrepreneur.Sans doute que les «bons» travailleurs, ceux qui sont les plus compétents et peut-être aussi les plus vaillants, réussiront-ils à gagner autant qu’av;uit.Mais pour les autres, les moins compétents et les moins besogneux, ou plus simplement les plus vieux et les plus fatigués, c’est lere de l’arbitraire qui commence.On comprend aisément la colere syndicale, celle des chefs et celle des indiens.Il ne s’agit pas seulement d’une histoire de cotisations et de gros sous, il s'agit aussi d’une question de dignité: perdre du seul fait d’une loi la reconnaissance de son métier, ce n’est pas une mince affaire, on en conviendra.Il n’était pas nécessaire de déréglementer entièrement la construction résidentielle pour parvenir aux objectifs de depart.Le fait que n’importe qui puisse désormais faire a peu près n’importe quoi dans le secteur résidentiel, cela ne réglera pas le problème du travail au noir, ni n’améliorera la qualité des travaux de construction.Si la syndicalisation obligatoire n’assure en rien la qualité des travaux, l’appartenance à un corps de métier demeure tout de même un atout incontournable quand il s'agit de travaux majeurs, com- me peut l’être la construction de grands projets résidentiels.11 y a quelque chose d’illogique à tenter, d’un côté, de revaloriser la formation scolaire professionnelle des jeunes, et de l’autre, à décider d’abolir toute exigence de qualification professionnelle pour un cinquième des travailleurs en place.Déjà, permettre l’embauche d’un plus grand nombre d’apprentis (par exemple, un apprenti pour chaque compagnon sur le chantier plutôt que un pour chaque cinq compagnons, comme c’est le cas présentement) aurait suffi pour faciliter l’accès des chantiers aux jeunes, sans pour autant discréditer leur métier.Quant aux consommateurs, ils se trompent en pensant qu’ils y gagneront beaucoup.Le prix des travaux ne devrait pas diminuer de plus que quelques points de pourcentage, et de façon bien temporaire, le temps ciue les organisations syndicales réapparaissent chez les plus gros entrepreneurs.En fait, au lieu de deux marchés comme c’est le cas présentement (le blanc et le noir), nous en aurons bientôt trois: le marché blanc syndiqué, le blanc non syndiqué et le noir aussi florissant qu’au-jourd’hui.D;uis sa partie qui vise spécifiquement la déréglementatfon du secteur résidentiel, l’actuel projet de loi 142 est improvisé, bâclé et dangereux.D’ailleurs, sa presentation n’a été précédée d’aucune étude sérieuse.Malgré cette grossière erreur de stratégie, le gouvernement ne doit pas craindre de revenir aux propositions initiales du ministre Cherry, propositions assorties des quelques rares prises de position ayant fait consensus à l’issue du sommet d’octobre, à savoir: l’abolition des décrets et leur remplacement par un régime de négociations sectorielles chapeautées d’un tronc commun normatif; une date fixe de fin de contrat en dehors de la haute saison des travaux; une période de médiation obligatoire avant l’exercice du droit de grève; une plus grande ouverture aux jeunes apprentis; un plan de lutte efficace contre le travail au noir.Quant à la déréglementation, n’oublions pas qu’elle existe déjà depuis 1988 dans le secteur de la rénovation des logements occupés par leur propriétaire.On pourrait l’étendre a la rénovation d’immeubles de huit logements et moins de même qu’à la construction individuelle de maisons neuves unifamiliales.Pour le reste — construction de maisons et de logements neufs comptant deux unités et plus, condos et développements résidentiels inclus — la sécurité et le bien publics prescrivent le recours à des entrepreneurs et des ouvriers spécialisés dont les compétences peuvent être vérifiées.A eux seuls, les plans de garantie offerts par les entrepreneurs ne suffisent pas ]X)ur assurer la qualité des travaux.Québec doit donc, sans honte, adopter une loi afin d’assouplir les regies en vigueur de cette industrie et de forcer les partenaires a prendre des responsabilités qu’ils ont refusées jusqu'ici.Mais pour y parvenir, il n’est absolument pas nécessaire de voter la désyndicalisation de 20 000 ouvriers, encore moins la disparition des normes minimales de compétence.Perdre la reconnaissance de son métier n’est pas une mince affaire.Les simili-fédéralistes Dès la publication du rapport du groupe Réflexion Québec, Jean Allaire répétait qu’il n'y a plus de vrais fédéralistes au Canada, et il a bien raison.D’après le dictionnaire, une fédération, c’est une -union de plusieurs Etats en un seul Etat fédéral.» Et un Etat, c’est une -autorité souveraine s’exerçant sur l’ensemble d’un peuple et d’un territoire déterminés».Les provinces, canadiennes ne sont pas de vrais Etats puisque le fédéral empiète dans des juridictions provinciales et usurpe des pouvoirs provinciaux depuis une cinquantaine d’années.Ix Canada n’est donc pas une vraie fédération.Ca fait longtemps qu’on trompe les Canadiens a ce sujet! Aussi, selon le dictionnaire, une confederation, c’est une -union de plusieurs Etats (pii s’associent tout en conservant leur souveraineté».Il appert que le Canada est encore-moins une confédération qu’une fédération! Les sommes énormes qu’Ottawa a dépensées l'an dernier en publicités diverses pour les 125 ans de la -confédération» canadienne, c’était en quelque sorte de la publicité fallacieuse! Dt question que je poserais lors du prochain référendum serait toute simple: «Etes-vous en faveur d’une vraie confédération?» Et je conseillerais aux électeurs de consulter leurs dictionnaires avant de voter.Ainsi, les démagogues tels que Chrétien et '1 rudeau seraient -confondus», comme disait le Capitaine Bonhomme! Dire rpie si Bourassa nous avait pose cette question au lendemain rie l’échec du lac Meech, il y aurait bien t-u 80% des votes en faveur d’une vraie confederation.Mais, fidèle a luî-mème, il n’a pas su se décider et agir! Vincent Maestrani Québec, 24 novembre 1993 LETT H E S -?-r- Un prix à une oeuvre «bilingue» L’attribution du Prix du Gouverneur général au livre de Nancy Huston, /x Cantique des Plaines, pose bei et bien un problème concernant la question du rapport entre langue et littérature.Pour le comprendre, qu’on se souvienne de la polémique autour de films français tournés en anglais et refusés par l’institution française pour l’attribution des trophées César.Certes, le fait de considérer non éligible un livre d’abord écrit en anglais et ensuite aussi en français, n’attaque en rien la qualité littéraire de l’ouvrage ni le droit de Mme Huston a se réclamer de la littérature ca-nadienne-française et de la littérature canadienne-anglaise.Mme Huston a déjà écrit d’autres • livres en français et en France.Soit.Mais /x Cantique des Plaines est bel et bien une traduction en français d’un original écrit en langue anglaise, fût-il traduit par l’auteur elle-même .Pourquoi le Conseil des Arts veut-il le nier?Di question reste entière.Ix- prix du Gouverneur général est attribué en fait a une oeuvre «bilingue».C’est une façon comme une autre d’éviter la littérature dite québécoise.Pour certains médias «nationaux» comme pour l’institution littéraire «Canadian/amuYmmc», passer par Paris est une façon d’éviter la littérature québécoise.Et ce n’est pas entrer dans le bois ou devenir nationaliste que de défendre le territoire d’une littérature de langue française en Amérique du Nord anglophone.Di littérature québécoise, certes, est le langue française.Et la littérale re canadienne-française, celle qui s’écrit au Manitoba, en Ontario, en Acadie, est aussi de langue françai- se.Quand, de son propre aveu, Nancy Huston écrit en anglais pour retrouver la «petite musique» de ses racines canadiennes, elle est un écrivain de langue anglaise.C’est dans cette langue qu’elle invente son livre.Quand elle l’écrit en français, elle agit en écrivain traducteur, même si elle se traduit elle-même correctement et avec un plaisir littéraire certain.En somme, le statut de Nancy Huston comme écrivain canadien-français n’est pas si clair, quoi qu’on en pen,se au Conseil des Arts du Canada.Ecrivain Canadian émigrée en France, elle écrit en français.Puis, écrivain de langue française, elle se met a écrire en anglais pour le cantique des plaines du Manitoba natal.Ce revirement nous montre bien qu’un écrivain appartient a sa langue et que la langue de Nancy Huston reste l’anglais, du moins pour ce livre qui lui a valu le Prix du Gouverneur général de langue française.I.’attribution du Prix canadien du Gouverneur général a une oeuvre «bilingue» pose toute la question de l’appartenance littéraire et culturelle tant des Québécois que des Canadiens français et des Canadiens anglais.Et nous ne sommes ni chauvins, ni excessifs, ni anachroniques, ni ridicules de poser la question.Nous sommes des éditeurs responsables de ce qu’ils font.Dt polémique sert a éclaircir la situation.Nous ne faisons pas semblant d être des Québécois de langue française en Amérique.Nous le sommes et nous savons le prix d’une culture dans l’histoire et nous avons le droit de défendre cette valeur au moins symbolique qu’est un Prix du Gouverneur général rie langue française au ( anaria.Jean Royer Editeur Montréal, décembre P>93 VAS QUKttôW Dt ^ttUltPs u M ( P*jSs5Wt> OPINION ->- Sophismes économiques PIERRE LEJEUNE Professeur de science économique Collège de l'Assomption r"" e Canada traverse une pé- Lriode difficile.Au.plan économique, la plupart des pays industrialisés souffrent de chômage chro-1!==J nique.L’Australie, la France, le Canada, l’Italie et la Grande-Bretagne ont tous un taux de chômage qui oscille entre 10 et 12% ( The Economist, 23 octobre 1993).A cet effet, les économistes font la distinction entre le chômage conjoncturel qui découle du cycle économique (récession/reprise) et le chômage de type structurel qui, lui, résulte de l’incapacité de notre système économique actuel a former adéquatement nos ressources humaines en fonction des impératifs du marché du travail.Existe-t-il des solutions pour contrer le problème du chômage à long terme au sein de l’économie canadienne?Il est primordial de dénoncer certains sophismes économiques, ces arguments faux malgré leur apparence de vérité, qui tiennent lieu de solutions possibles induisant ainsi la population en erreur.En voici quelques exemples: ¦ Le gouverneur de la Banque du Canada est le grand responsable de la présente conjoncture en raison de son entêtement à maintenir les taux d’intérêt élevés pour combattre l’inflation.Faux.Dans l’éventualité ou la Banque du Canada laisserait l'inflation prendre effet, il s’ensuivrait, justement, une hausse des taux d’intérêt a long terme.Dt raison est simple: les créanciers veulent se protéger contre les effets dévastateurs de l’inflation et exigeront en conséquence une prime de risque.Des pays comme l’Allemagne et le Japon l’ont compris.L’Italie, quant a elle, figure en bas de liste avec le taux d’inflation le plus élevé poussant ainsi les taux d’intérêt a long terme à la hausse.Il existe donc une corrélation positive entre le taux d’intérêt à long terme et le taux d’inflation.La Banque du Canada croit que la relation est causale, et elle a raison.¦ lit dette gouvernementale (fédéral et provinces) de 700 mil!iards$ n’est pas aussi grave qu’on le dit; elle n’en-traine que des effets de redistribution de la richesse.Faux.Alors que la dette intérieure n’a principalement que des effets sur la redistribution de la richesse au sein de la population canadienne, la dette extérieure, elle, draine une grande partie des ressources financières à l’étranger.Les paiements d’intérêts en devises étrangères, qui sont considérables, diminueront assurément notre niveau de vie futur.D’ores et déjà, le solde positif de la balance des exportations moins les importations ne suffit plus à assumer entièrement nos obligations contractuelles.Il s’ensuit alors le cycle infer» mil de l’endettement auquel les pays en voie de développement ont dû faire face, avec les conséquences que l’on connaît.¦ Ix libre-échange est en grande partie responsable du chômage.Faux.S’il est vrai que les impératifs du libre-échange forcent les entreprises a rationaliser et a repenser l’organisation du travail, il est loin d’être évident que les entreprises canadiennes ne puissent pas tjrcr profit de ces nouveaux marchés.A preuve, les exportations ont augmenté (1(1,4%), ce qui est plus que les importations ( 11,91) depuis la dernière année.¦ I n TI’S est une taxe régressive.Faux.La TPS est une Fixe moderne.Di TPS, il faut bien le dire, remplace la TFV (une taxe au manufacturier de 13,5%) qui était inéquitable (applicable sur les biens seulement), non concurrentielle (applicable aux exportations) et archaïque.La plupart des pays industrialisés, à l’exception des Elats-l nis, appliquent déjà une taxe à valeur ajoutée qui se situe entre 15 et 25%.¦ Ix fardeau fiscal est mal équilibré, lxs compagnies devraient contribuer davantage.lxs compagnies ont comme objectif de faire des profits.Si les gouvernements imposent des charges fiscales trop lourdes, deux scénarios sont possibles: il y aura une rationalisation de l’entreprise (licenciements) pour conserver les marges de profit .intactes, et/ou une hausse des prix que le consommateur devra absorber.11 est illusoire et absurde de voir là une solution a nos problèmes.Où sont donc les vraies solutions pour combattre ce fléau économique et social qu’est le chômage?I )ans une perspective à long terme, voici quelques suggestions: ¦ lxs Canadiens et les Canadiennes doivent faire preuve de solidarité.Ix partage du travail est nécessaire si l’on veut éviter une crise sociale.A cet effet, le gouvernement doit orienter sa fiscalité en conséquence et favoriser les entreprises qui y participent.¦ Les résidants de ce pays doivent accepter une hausse modérée d’impôt et de taxes (c’est cela, la solidarité entre les générations!) pour enrayer le cycle infernal de l’endettement.¦ lxs bénéficiaires de services doivent accepter le principe du ticket modérateur, comme l’ont récemment expérimenté les Néo-Zélandais.¦ Les personnes qui reçoivent de l’aide sociale et de l’assurance-chôma-ge (20% de la population active) doivent participer à un programme de réinsertion au marché du travail, sur la base de l’alternance travail-ctudes.¦ lxs gouvernements doivent poursuivre l’effort de rationalisation dans le secteur public en ayant une politique de relocalisation de la main-d’oeuvre vers la base.Ces voies de solutions ne sont ni nouvelles, ni originales, ni exclusives; elles ne sont ni des solutions miracles, ni des solutions sans effort.Ce sont tout simplement des solutions qui émanent du bon sens et de la raison.À P K C —?» .de la peur Le pourcentage des personnes qui ne se sentent pas en sécurité lorsqu’elles marchent seules la nuit dans leur quartier s’élève a 36% dans le cas du Québec en 1987, contre 25% au Canada et 21% en ( Jntario.Ces résultats peuvent paraître surprenants alors que le même sondage établit un (aux de victimisation de 60 pour 1000 dans le cas du Québec contre 113 pour le Canada et 146 dans le cas de l'Ontario; malgré que le Québec connaisse l’un des plus bas taux de victimisation au Canada, c’est la que le sentiment d’insécurité parait le plus grand.l P 0 s dans la rue Au Canada, celte insécurité que ressentent les personnes a marcher seules la nuit dans leur quartier est présente dans une proportion nettement plus élevée chez les femmes (39%) que chez les hommes ( 11%,).Meme si I LSG ne comporte pas les données régionales sur cette statistique, il tant présumer que la crainte de marcher seule dans son quartier la nuit est susceptible d affecter la majorité des femmes au Quebec.Portrait social du (Jucher, Bureau de la statistique du Québec, 1992.Lu Devoir P 0 H K PAR II K N R 1 It II II It A S S A 1.1! 1 (1 ,| ,\ n V 1 K R Dire e l.r i rter un jugement sur des oeuvres mais également de faire le procès d’intention des créateurs.Nous voulons simplement dire que s'il y a réellement une tendance de fond vers l’interdisciplinarité, c’est que nous n’avons pas peur de disparaître au contact de collaborateurs ayant des univers de création distincts.Cet as]x-ct interdisciplinaire de la création en danse n’est d ailleurs pas nouveau.La véritable question qui se pose est dans la manière d’intégrer et de faire interagir les disciplines.Si Valérie Lehmann désire engager un débat et stimuler la création par sa critique, nous somme d’accord.Mais elle semble plutôt s’être engagée dans un dialogue de sourds en nous prêtant des intentions qui ne sont pas les nôtres — ce qui rend sa démarche contre-productive.Un critique qui tient a dé fendre la danse contre notre impertinence aurait tout intérêt à nous permettre de faire valoir le sérieux de nos démarches artistiques en entrevue afin d'aiguiser sa perception et celle de ses lecteurs.D semble aussi que cette critique remette en question l’éthique professionnelle car, devant porter sur un spectacle particulier, elle comporte des retours sur des oeuvres étrangères à ce spectacle.Un regard étroit sur le rôle de l’art et des médias Loin de moi l’idée qu’un artiste, lorsqu’il entre en scène, cherche à fuir une quelconque responsabilité de création, loin de moi le désir d’engager un procès d’intention aux chorégraphes en herbe.mais combien présente la crainte d’assis ter, à travers mes rencontres quotidiennes de la jeune danse québécoise, au développement de la banalisation du processus chorégraphique qui se traduit concrètement par un manque croissant de fantaisie et d’exubérance dans la jeune génération.C'est ce [joint que tentait de soulever l’article paru dans LL DEVOIR du 1er novembre 1993, qui se voulait une interrogation, comme l’indiquait son titre: «Où sont les apprenties sorcières?».Cependant, après lecture de votre texte, mes soucis portent sur un autre sujet.En effet, la définition des droits et des devoirs du critique que vous projxjsez dans votre texte me plonge dans le désarroi.D- bon critique en danse, selon vos règles, a le droit d’aimer ou pas, mais il doit rester extérieur au processus de création et ne doit pas porter de jugement sur les auteurs, ni d'ailleurs trop sur les oeuvres s’il ne veut pas courir de risques.le bon critique doit faire valoir le sérieux des démarches artistiques des créateurs, quoi qu’il en soit.Enfin, le bon critique doit seulement faire de la critique, d'un seul speo tade à la fois, et ne doit pas faire référence a des oeuvres étrangères à celle dont il parle, sous peine d’être hors la loi.D’où vous viennent ces images sinon de l’époque de la chasse aux sorcières?J’ai peine à croire que de jeunes artistes, en 1993, peuvent, tout en se réclamant légitimement de la liberté d'expression, avoir un regard si étroit sur le rôle de l'art et des médias d’information.Je regrette que vous n'ayez pas.autrement que par quelques phrases au ton péremptoire («Soyons clairs!»), exprimé «votre engagement profond dans une dé-marche artistique sérieuse».Je crois fermement qu'un média est avant tout un lieu d’ouverture et de questionnement.Valérie Lehmann Il faut reconnaître dans le FLF l’ancêtre du féminisme radical au Québec MA RJ O LA I N E I’ E 1.0 (JUIN VÉRONIQUE O’LEARY Membres dit Collectif du Théâtre des Cuisines et ex-militantes an FLF L ministration Drapeau-Saulnicr passait a la Ville de Montréal un règlement antimanifestation interdisant tonie forme de rassemblement public, saut bien entendu celui de la Coupe Grey.C’csl dans ce contexte de repression que des femmes, militantes et syndicalistes pour la plupart, invitent les tommes a se rassembler en front commun spontané pour délier par une mani testation le règlement anti-manifestation, ce qu'aucun mouvement n'avait ose faire jusque-là.Environ 200 femmes répondent à l’appel ci sont arrêtées, emprisonnées et condamnées a une amende par la Ville de Montréal.Cette action surprend tout le monde et pour nous, femmes et militantes, c’est la première prise de conscience de notre force collective.A la suite de cette manifestation du 29 novembre 19(19, les femmes continuent de se rencontrer régulièrement et, petit à petit, forment ce qui deviendra le Front de liberation des femmes du Québec, le FEE.Avec deux aimées de son existence et de son combat, c’est une nouvelle génération de féministes qui naît, poussant plus loin la remise en question faite par les féministes réformistes des generations précédentes et posant les premiers jalons de ce qu'on appelle maintenant le féminisme radical.-Radical - par le fait de s'attaquer aux «racines» de l'oppression spécifique des femmes: le système patriarcal.Avec le ELI* sont donc jetées pour le Quebec les premières bases concrètes de la revolution féministe' du XXe siècle.Le Fl F.en deux années d’existence à peine et dans la turbulence caractéristique des changements sociaux profonds, laissera aux femmes et au mou veinent des femmes du Québec un fieri tage dont on goûte encore les fruits: mise sur pied d’un service de reference pour les avortements dès 1971.implantation de la première garderie contrôlée par des femmes dès 1971, creation dès novembre 1971 du journal Québécoises Deboutte dont le Centre des femmes (1972) reprendra la parution, modification de la Loi des jures pour y inclure les femmes, a l’été 1971.après l’emprisonnement de sept militantes du Fl F.Quand le FLF' decide de disparaître.en décembre 1971, il donne naissance (1972) au Centre des femmes et au premier collectif féministe de recherche qui entame une analyse de la situation des ménagères.Le Centre des femmes donne naissance à son tour au Théâtre des Cuisines, au Comité de lutte pour l'avortement et la contraception libres et gratuits.au Centre de santé des femmes du quartier Flateau Mont-Royal, au Centre île documentation féministe et aux Editions du Remue-Ménage.C'est aussi à cette époque que les militantes syndicales proches du Centre des femmes et qui partagent ses objectifs créent les Comités de condition feminine dans leurs centrales.Rien n’est jamais acquis aux femmes, pas même leur histoire, comme le dit Christine Delphv dans Questions féministes (février 1980): - Et qui écrit l'histoire la fait.» Celle du FLF' a donc besoin d’être écrite et réécrite par celles-là mêmes qui, comme nous, l’ont vécue.C’est une urgence et une nécessité par les temps durs que les femmes et ies groupes de femmes traversent et au lendemain de l’anniversaire de la terrible tuerie de Polytechnique.Nous avons besoin plus que jamais d’entendre parler et chanter les racines de nos luttes et de nos victoires à travers le silence amnésique de l’Histoire et même, a notre triste étonnement, de Y Histoire des femmes an Québec (revue et mise à jour, Le Jour, 1992) où le Collectif Clio a purement et simplement efface le FLF de son chapitre sur «Les années chaudes du féminisme (1969-1980)».Le FLF est toujours vivant dans notre coeur et pour bien des femmes de notre generation qui reconnaissent en lui l’ancêtre du féminisme radical au Québec.e 29 novembre est une journée historique pour les femmes et pour le mouvement des femmes au Québec.Rappelons qu’au début du •mbre 1969.l’ail- le FLF et durant les Rien n’est jamais acquis aux femmes, pas même leur histoire.L • É Q l l P E DU D K V O I R LA REDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitni-ne Sylvain Blanchard, Paul Cauchon.Jean Chartier.I-ouis-Gilles l'ran-coeur.louis-(iuy I.’Heureux.Jean-IVrre legault.Caroline Montpetit.Bernard Mortier.Isabelle Lire.Diane IYccourt, Laurent Soumis.Guy Taillefer, Jacques ( îrenier et Jacques Nadeau (photographed , à l'information culturelle: Michel Belair (responsable).Stéphane Baillargeon.Roland-Yves Cari-gnan.lierre Cayouette (Uvres).Paule des Rivières, Marie laurier.Robert Ijevesque, Odile Lremblay; à l'information économique (ierard Berube (responsable).Robert Dutrisae.Claude Irvesque.Serge lruffaut, Claude Turcotte; à l'information internationale I ranyois Brousseau (éditorialiste et responsable).Antoine Char.Jocelyn Coition.Sylviane Tramier.Clement Trudel; A l'information jxilitique Pierre O'Neill.Jean Dion {correspondant parlementaire à ( Tttawa), ( lilies U‘sage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venue (correspondant parlementaire à Quebec): Serge Chapleau (caricaturiste), à l'information sjxirtivc Yves d'Avignon; Denise Babin, Rachel Duclos (commis), MaritJlélène .Marie (secretaire à la redaction), Isabelle Baril (secretaire à la direction Li Documentation: Cilles Pare (directeur), Manon Scott.Serge Iaplanie (Quebec).Rachel Rochefort ((Htawa).LA DIRECTION ARTISTÏQl E I ucie Iacava.LA IT BLICm Lucie lYnsonneault (directnet ).Jacqueline Avril.Brigitte Cloutier.Cyslaine Côté.Francine Cingras.Johanne Cuibeau.Lucie Lacroix, Christiane Legault.(publicitaires).Micheline Turgeon (commis): Michèle Bouchard Gsecrétaire); Ghislaine Laflcur (réceptionniste) L’ADMINISTRATION Henry Riedl (contrôleur), Nicole Carmel (coordinatria des services comptables): Llorine Cormier.Celine Kuroy.Jean-Guy lacas.Raymond Matte.Nathalie Perrier.Danielle Ponton.Danielle Ross, linda Thepault (adjointe à l'administration) LE MARKEDXG HT SERVICE A LA Cl JE YITIJ Christianne Benjamin (direetn,.) Johanne Brien [secretaire).Manon Blanchette.Monique l'Heureux.I ise Lichaixdle.Olivier /uida.Ra chelle 1 tvletv Vernie.Jean-Marc Ste-Marie (superviseur aux promotions dis abonnements) LA PRODl CTIOX Robert McDougall (directeur des système informatiques et de la production), Johanne Brunet.1 )anielle Cantara.Sylvain Darcy.Richard DesCormicrs.Caroline Des Rosiers.1 ynda Di Cesare.Mariejosee Hudon.Michael Schneider.Marie-France Turgeon (coordonnatrice).Christiane \ aillant.Les annonces classées et avis publies: Yves Williams (superviseur), Dominique Charbonnier.Marlène Côte.Sylvie Laporte.Pierrette Rousseau.Micheline Ruclland.LE CONSEI1 Dl DEVOIR INC.henv Bourgie (president) LA FONDA TION Dl D EYOIR Marcel Couture (président), Roger Boisveit tr.v.dm dent et dirirtnir general), Raymonde Guay (responsable du financement pn-iyO.1 i !¦: i> !¦: v n i u , i.v.m a it n i I) E (' !•: M It It K I II II :t A K ?LE DEVOIR ?ACTUALITES BOURG AULT ?Vive l’élite! C.serai-je l’avouer, je suis élitiste.A Pire, je suis un intellectuel élitiste.É Voilà un aveu c|ui pourrait me coûter cher y clans une société où on pratique allègrement un anti-intellectualisme primaire (voir la brochure de Mario Roy sur l'anti-américanisme) et où les élites sont condamnées au nom d'une doctrine égalitaris-te où la démagogie le dispute au mépris de soi et des autres.Il est facile de tenir un discours contre l’excellence tout en exigeant, pour soi-même, les meilleurs services et les meilleurs produits.Ce qui, souvent, fausse notre jugement, c’est que nous entretenons une image «élitiste» des élites.Elles seraient constituées d'un petit nombre de personnes qui se prennent pour d’autres et qui n’ont d’autre but dans la vie que d’asseoir leur domination sur l’exclusion de la plèbe qui ne les mérite pas.Cette image est fausse parce quelle ne tient pas compte de la réalité.En vérité, les élites sont partout et chaque fois que nous avons besoin d’un service, c'est d’abord à elles que nous nous adressons.Si je dois me faire opérer pour une tumeur au cerveau, je chercherai le meilleur des médecins.Si je veux m’acheter une auto, je vais m’adresser au meilleur des constructeurs et je demanderai aux amis de me présenter le meilleur des concessionnaires.Je veux le meilleur plombier et le meilleur menuisier.J’exige de lire les meilleurs écrivains et je rêve de ne voir que les meilleurs films tournes par Edite des cinéastes.; Mon tailleur est meilleur que le tien, et j'aime mieux voir jouer Mario Lemieux plutôt que le dernier des petits gros qui patine sur la bottine.A la télévision, je veux voir les meilleurs et, si possible, en haute définition; à la radio, je me désole quand on ne m’offre pas l’élite des animateurs.Les élites sont partout, et nous sommes en droit d’exiger d’elles de meilleurs services et de meilleurs produits.Il en va de même des élites intellectuelles.C’est vrai quelles sont trop souvent arrogantes et c’est également vrai qu’elles ont tendance a s’isoler dans des tours d’ivoire pour se rendre inaccessibles.Cela ne devrait pas nous empêcher de requérir pour nos enfants les meilleurs professeurs ou d'exiger de nos chercheurs qu’ils trouvent quelque chose de temps en temps.Autrement dit, je n'aime pas le double langage de ceux qui dénoncent les meilleurs tout en se précipitant chez eux pour se faire soigner, pour se faire construire une maison, pour faire réparer l'évier ou pour se-faire-couper-le-plus-beau-des-petits-rôtis-par-le-meilleur-des-bouchers.Je ne peux supporter les discours de ceux qui dénoncent le sport d’élite (ce qui compte, c’est de participer) et qui ne jurent que par Sylvie Fréchette, Wayne Gretzky ou Carl Lewis; de ceux qui nous parlent des perdants, mais qui n’ont d’yeux que pour les médailles d’or.Oui, j’aime mieux Pavarotti que.J'aime mieux Dutoit que.J’aime mieux Pei que.J'aime mieux Bocuse que.J’aime mieux Derome que.J'aime mieux M.Jacques Sévigny parce qu’il est le meilleur électricien que je connaisse.Quand je veux que ma maison tienne debout, que mon pain soit bon, que mes cheveux soient bien coupés, que le moteur de ma voiture tourne rond, que mon taux de cholestérol soit bien contrôlé, que le spectacle me ravisse, que le trou soit bien creusé, que mon bateau tienne l'eau et que mon avion tienne l’air, je préfère recourir aux élites, j S’il m'arrive de ne pouvoir le faire, c'est pour m’en désoler et non pas pour les dénoncer.Les élites sont partout Essayez donc de vous en passer.juste pour voir.BÉRUBÉ Une bonne moyenne SUITE DE LA PAGE 1 décisions prises par le gouvernement de René Lévesque, dont certaines controversées.A titre de ministre des Richesses naturelles, il avait contribué a la nationalisation des principales mines d’amiante du Québec et avait amorcé le développement des mines de sel des Iles-de-la-Madeleine.Au cours de son second mandat, comme président du Conseil du trésor, il avait piloté la décision du gouvernement de réduire les salaires des fonctionnaires.Les salaires avaient été réduits de 20 le .'il mars 1983, une décision qui a handicapé les succès électoraux du Parti québécvois pendant de nombreuses années.«En voyant en rétrospective le rôle que j’ai joue comme ministre, je constate des succès mais des échecs.la conjoncture mondiale modifie sans cesse les données, et ce qui apparaissait bon hier l’est moins aujourd’hui», avouait-il le 30 août 1985, en annonçant son retrait de la vie politique.«Ce qui compte, c’est la moyenne au bâton.C’est pourquoi je ne suis pas déçu d'avoir pris certaines décisions plus discutables», ajoutait-il.L’ex-député de Matane se présentait aussi comme un souverainiste convaincu, qui avait mal accepté l’arrivée a la tête du Parti québécois de Pierre Marc Johnson.M.Bérube laisse dans le deuil son épouse Francine Leroux et ses deux filles, Sylvie et I lominique.I,es dispositions concernant ses funérailles seront connues aujourd’hui.Unicef CHERRY Amendements SUITE DE LA PAGE 1 Contenue parce qu’on ne voulait pas se tirer dans le pied et donner un prétexte au gouvernement de se braquer.Mais ce n’est pas l’envie qui a manqué de défoncer les clôtures, malgré la présence, au chaud dans le sous-sol du Parlement, de quelque 3(H) policiers casqués de la Sûreté du Québec.A un moment, avant que ne commencent les discours, plusieurs ouvriers ont scandé: «Lortie, Inertie, Lortie»,' comme s’ils appelaient à leur aide ce caporal qui, il y aura bientôt dix ans, a pénétré l’Assemblée nationale, vi-dagt le chargeur de son arme sur les employés et les députes qui s’y trouvaient, causant morts d’hommes.C’est leur gagne-pain qui est en cause.Si le gouvernement va de l’avant et déréglemente la construction résidentielle pour les immeubles de huit logements et moins, comme il se propose de le faire, ils se voient devenus incapables de nourrir leurs enfants.Un ouvrier résume ainsi le projet Cherry: «c’est comme si on arrivait, qu’on déchirait ta convention collective et qu’on t’annonçait que, lundi, c’est un jeune sans formation qui va venir faire ta job pour la moitié du salaire».Son voisin m’a dit: «regarde-nous aller; on va tout casser».U-s leaders syndicaux se sont ensuite succédé à la tribune, appelant au calme, mais répétant leur détermination à ne pas laisser «cet ancien leader syndical (N.Cherry) déchirer notre convention collective».Le président de la FTQ Fernand Daoust, a exigé la tète du ministre.«Qu’il cède sa place».M.Daoust, a dénoncé les «mensonges» de ce gouvernement en fin de mandat qui semble avoir perdu la raison.Ce n’est pas vrai, dit-il, que cette loi mettrait fin au travail au noir.Ce n’est pas vrai quelle créerait des emplois pour les jeunes.Ou alors, «si jamais des jeunes se trouvent un emploi, c’est parce qu’ils vont mettre leur père au chômage sur les chantiers».I il jeune président de syndicat CSD, M.Michel Fournier, âgé de 33 ans, a appelé, mais à sa manière, à l'unité entre générations.«Je n’ai pas participé aux luttes des années passées, dit ce soudeur en tuyauterie.Et il y a beaucoup de jeunes comme moi, qui se battent aujourd’hui pour leur père, pour leur famille et pour leurs fils.» Les chefs syndicaux ont fait ressortir le caractère injuste des interventions du gouvernement à l’égard des ouvriers, qui sont choisis, croit M.Daoust, comme boucs émissaires.Ce dernier s’est demandé ouvertement comment il se fait que le gouvernement s’en prend à eux soi-disant pour mettre fin au travail au noir sur les chantiers, mais qu’il tolère la contrebande de cigarettes clés Warriors et des Mohawks.Son collègue de la CSN, Gérald Larose, a souligné comment le gouvernement était prompt à pourchasser les assistés sociaux présumés fraudeurs, mais laxiste à l’endroit des employeurs de l'économie souterraine: «Quand ils veulent partir après les assistés sociaux, il y a une armée de boubous macoutes; mais quand il est question des employeurs, il n’y a pas de Cherry macoutes».Pour contrer le travail au noir, croit M.I .arose, il ne faut pas déréglementer et ainsi cautionner l’économie souterraine mais plutôt donner de vrais pouvoirs d’inspection qui vont permettre d'épingler les tricheurs.M.Larose note que «tout ce qui avait contribué à pacifier l’industrie de la construction, ils le font sauter.Tas l’impression de quelqu’un qui court après le trouble».Alors il ne voit qu’une explication: «Ce gouvernement est devenu intégriste.Il est devenu très idéologique notamment avec Daniel Johnson, qui est un ultra-conservateur, il fait partie du red wing du parti.C’est un Thatcher retardé, 10 ans après, et qui croit que comme dans la religion, qu’avec le néo-libéralisme et la déréglementation, il y a une relance et de la richesse alors que c’est exactement le contraire.On a affaire à un politicien d’un autre âge.» Le président de la CSN croit que la réglementation permet de conserver «un régime civilisé» dont profitent aussi bien le gouvernement, les employeurs, les travailleurs que, il ne faut pas les oublier, les consommateurs.La maisonnette de fortune, qui a brûlé à la fin de la ma-nif, elle était bancale, mal foutue.«C’est comme ça que seront les maisons neuves, avec la déréglementation: tout croches», a crié l’animateur, au micro.L’après-midi, à l’Assemblée nationale, le ministre Normand Cherry a fait savoir qu'il proposerait des modifications au projet de loi (probablement tard hier en soirée).Il soutient que ces modifications permettront de «faire la réconciliation» entre les préoccupations exprimées et la loi avec laquelle il a l’intention d’aller de l’avant.En fin d’après-midi, M.Cherry a donné un aperçu du contenu de ces amendements.Ils auraient pour effet d’assurer aux travailleurs du secteur du résidentiel la protection des avantages sociaux (assurance, accidents du travail, fonds de pension, etc.); une définition plus claire des secteurs (le projet de loi divise l’industrie en quatre: résidentiel, commercial, industriel, voirie); des clarifications au sujet du règlement de placement (mesures transitoires), le régime de négociations et les qualifications professionnelles.Dimanche soir, le gouvernement avait réuni par anticipation les députés à Québec pour leur fournir des explications.Il y en a parmi eux qui ont dormi dans leur bureau, pour éviter de croiser les manifestants hier matin.Est-il encore possible de dialoguer avec les syndiqués?«Ca dépend d’eux», a répondu M.Cherry à deux journalistes qui le poursuivaient, zigzaguant entre les cordons de sécurité.En Chambre, le ministre a «félicité les manifestants» pour la façon «qui les honore» de laquelle il se sont comportés.Il a invoqué la nécessité pour le gouvernement de trancher, rappelant que les parties (patrons et syndicats) s’entendent facilement pour identifier les problèmes, mais pas du tout sur les solutions.«Quand il s’agit de solutions, c’est le corporatisme qui s’installe».11 affirme que la décision de déréglementer la construction des huit logements et moins correspond à «une vision d’avenir» de la construction.Les manifestants en avaient lourd sur le coeur contre Nonn Cherry: «trou de cul, tu vas y goûter»; «dangereux cochon en liberté»; «la pourriture sur le sundae: cherry»; etc.Pendant ce temps, un juge a accordé une injonction pour que les chantiers de la région de Québec soient épargnés par le mouvement de grève.Et le député de Saint-Maurice, M.Yvon Lemire, molesté à son bureau le 26 novembre, a inscrit au feuilleton de l’Assemblée nationale une motion pour atteinte à ses droits et privilèges.Il y accuse nommément «M.Jules Vaillancourt, domicilié au 211, rue Payette, dans la ville de Le Gardeur» d’avoir «attaqué, rudoyé, gêné et menacé un député de même qu’il a essayé d’influencer le vote, l’opinion, le jugement ou l’action du député par des menaces et pressions indues».L'Assemblée nationale a le pouvoir de se transformer en tribunal et de faire comparaître l’accusé et des témoins.Elle peut condamner l’individu à des peines, y compris à une peine d’emprisonnement.SUITE DE LA PAGE 1 employés des usines de transformation du poisson.En somme, il y a dans l’Atlantique trop de monde qui espère tirer ses revenus de la pèche, et une restructuration profonde, entraînant recyclage et déménagement de plus de la moitié des individus, ne pourra être évitée.Pour renverser la tendance à l’«effondrement» du secteur, le Groupe d’étude recommande une rationalisation de la capacité de pêche «de façon équitable et équilibrée entre les régions, afin que la capacité reflète les limites de durabilité d'une ressource rétablie».Cette mesure et d’autres pourrait se réaliser sous le chapeau d'«offices de rationalisation de l’industrie de la pêche» indépendants et créés conjointement par Ottawa et les provinces.En matière de revenus, le rapport propose une forme de professionnalisation du secteur de la pêche, qu’«il faut cesser de considérer comme l’employeur de la dernière chance».Il prône une réforme du régime d’assurance-chômage des pêcheurs afin de venir en aide aux pêcheurs professionnels travaillant a temps plein et d'«éli-miner les dispositions actuelles ayant un effet dissuasif PECHE Trop de monde sur les travailleurs d’usine couverts par l’assurance-chô-mage ordinaire».Le rapport Cashin défend par ailleurs le principe d’une stabilisation du revenu des pêcheurs, similaire à celui qui a cours dans le secteur agricole.Le ministre des Pêches et Océans, Brian Tobin, a accueilli plutôt favorablement le rapport, le qualifiant d’«iti-néraire à suivre pour trouver des solutions» au problème des pêcheries atlantiques.Il a fait ressortir la nécessité de discussions a venir avec ses homologues provinciaux et des représentants de l’industrie.Si les conclusions du groupe Cashin sont sombres, M.Tobin a tenu a préciser que «la réalité n'est pas que le rapport recommande de fermer des usines de transformation ou de déplacer des travailleurs ou des pêcheurs.Di réalité est que 40 000 pêcheurs et travailleurs sont déplacés aujourd'hui dans les Maritimes et au Québec.On ne parle pas de fermer une industrie: on parle de reconnaître qu’une partie importante d’une industrie est aujourd'hui fermée.Et on soulève la question de savoir comment on peut la faire revivre».«Si on pense que l’industrie peut offrir du travail à tout le monde, on se destine à l’échec», a précisé le ministre.M.Tobin a par ailleurs prévenu que le programme de compensations offert aux travailleurs touchés par la pénurie de poissons avait ses limites.Ainsi le gouvernement libéral tiendra sa promesse électorale de «ne pas laisser tomber» les pêcheurs, mais «l’idée que ceux qui reçoivent actuellement des compensations pourront continuer à le faire aussi longtemps que les stocks de poisson de fond n’auront pas réapparu n’est pas sur la table».D‘ programme doit prendre fin le 15 mai 1994.Le ministre des Ressources humaines Lloyd Axwor-thy, se penchera de son côté sur les mesures à prendre pour aider ceux qui devront quitter l’industrie et se trouver du travail ailleurs.Quant aux coûts des mesures prônées par le groupe d’étude, ni M.Cashin ni M.Tobin n’ont été en mesure de les chiffrer.Par contre, ce qu’on sait, «c’est que les coûts moins élevés que si on ne fait rien», a dit Richard Cashin.Par ailleurs, le porte-parole du Bloc québécois, Yvan Bernier, s’est dit «déçu» du rapix)rt.Selon le député, au lieu de se concentrer sur les changements nécessaires auxquels devra se plier l’industrie de la pèche, le groupe Cashin s’est contenté d'analyser la réduction des effectifs.«On ne nous dit pas ce qu’on va faire», a déploré M.Bemier.SUITE DE LA PAGE 1 France est le premier fournisseur de Casques bleus a FONT.Apres le retrait de ses forces en Somalie, dans quelques jours, la France aura 7000 soldats dans sept missions de maintien de la paix.Elle est suivie de près par l’Inde et le Pakistan qui ont respectivement 6000 et 5000 soldats en Somalie.Le Canada dispose de 2500 soldats dans 10 missions à travers le monde.! es Français n’ont jamais caché leur insatisfaction face aux opérations de maintien de la paix des Nations unies.Au début de l’année, un rapport du Sénat français critiquait la gestion des opérations du maintien de la paix et la faible représentation de la France au bureau du conseiller militaire.Il y a présentement quatre officiers français sur les 70 qui travaillent pour le bureau.A l’ONU, on souligne qu'il y a 72 pays qui contribuent et qu’une vingtaine d’entre eux fournissent plus de 70% des soldats.ONU Insatisfaction Les opérations du maintien de la paix sont devenues une des principales activités diplomatiques des Nations unies.Le conseiller militaire gère une force de près de 80 000 soldats répartis dans 17 missions sur quatre continents.En 1991, il n’y avait 12 (MK) Casques bleus.Les missions prennent une tournure de plus en plus politique et les grandes puissances n'hésitent pas à dicter leurs conditions.En Somalie, l’ONUSOM II est complètement dominée par les Américains même si la mission est dirigée par un général turc et que la majorité des troupes provient des pays du tiers monde.En Yougoslavie, les Français, qui disposent du plus important contingent de Casques bleus (5700 sur 27 000), ont pris le contrôle des activités de ITNPROFOR cet été après avoir obtenu la nomination d’un des leurs a sa tête.Cette affaire avait soulevé une vive controverse a l’époque.Quelques mois après son installation a Zagreb comme chef de la composante militaire, le général suédois Eric-Dirs Wahlgren apprenait d’un jour- naliste que l’ONU avait décidé de le remplacer par un français, Jean Cot, apres une visite de M.Boutros-Ghali à l’Elysée.Selon des diplomates occidentaux et des attachés militaires à New York, la position du général Baril semble pour l’instant être assurée.Personne ne se plaint de son travail et il a toute la confiance du secrétaire général.A l'été 1992, le général Baril avait été choisi par M.Boutros-Ghali pour succéder a un général ghanéen en poste depuis neuf ans.!*¦ secrétaire général a confié à i’officier canadien la tâche de réformer la gestion et la planification des aspects militaires des missions du maintien de la paix.M.Boutros-Ghali aimerait voir l’ONlf disposer de forces militaires qui seraient déployées en quelques jours lorsque le Conseil de sécurité en ferait la demande.Actuellement, il faut plus de trois mois avant que les premiers éléments militaires d’une mission se déploient sur le terrain.JAPON Trop de géographie SUITE DE LA PAGE 1 mords en ce dimanche après-midi parce qu’elle n’étudiait pas 1 une des matières qu’elle devra maîtriser sous peu.Cette année, comme des milliers de jeunes du mémo âge, elle doit subir des examens qui décideront si elle fréquentera 1 université de son choix ou une université de seconde zone.-Pas dans toutes les universités et pas pour tous les programmes», ai-je répondu.«Quelle chance vous avez!», a-t-elle retorque.«Mais que valent les études dans ces ecoles?», a commente un homme dans la quarantaine.b s plus âgés, plus prudents avec les étrangers, ont rédigé leurs questions sur des bouts de papier.Plus audacieux, les plus jeunes n hésitaient pas a poser leurs questions dans I anglais qu ils apprennent tous, sérieusement, a I ec oie.••( omment faites-vous pour vivre dans un tel froid?» 'Le C anada est-il une société aussi violente que les Etat Sri mis?» «Comment c'est Vancouver?» Je n y ai jamais mis les pieds, le ( anada est un pays avec trop de géographie, ai-je dû leur répondre.Et il m’a semblé que ça les a un peu déçus.Peut-etre n était-ce qu un hasard, mais mon traducteur a alors proposé une pause a cet auditoire studieux.A mon tour, je leur ai propose d crouler un peu de Claude Dubois.Un soupçon de société distincte en terre nippone.Ils ont bien aimé Dubois et cette chanson, Ti-Istup, qui raconte l'histoire d’un gars de Percé et de ses couchers de soleil.Après la pause, l’auditoire nippon s'est intéressé plus sérieusement au cas du Québec.«Si tout le monde y parle français, est-ce que je serai compris si je voyage au Québec?» a demandé un vieux monsieur des la reprise des travaux.L an prochain, il souhaite visiter sa fille qui étudie à Boston, m'a-t-il expli qué avec le sourire.Il aimerait en profiter pour se rendre à Montréal.“Mais je crains de ne pas être compris si on y parle français», a-t-il dit.Un touriste qui parle anglais n’aura aucun problème a Montréal; les hôteliers y parlent anglais et il est possible d’y vivre en français et en anglais, ai-je expliqué.«Les anglophones n’ont aucune difficulté a vivre a Montréal?a alors demandé, un peu suspicieuse, une dame fort polie.Il me semble avoir entendu qu’ils avaient des problèmes», a-t-elle dit au traducteur.I.'après-midi s'était bien déroulé.Jusque-là, les questions avaient été anodines.Rien ne laissait présager que je devrais patauger dans les eaux de la question linguistique au Québec.Pourtant.«Vous devriez peut-être ex- pliquer l’histoire du Québec», a ajouté une autre dame.Comme les politiciens fédéraux lors de la dernière élection, j’avais voulu éviter les questions constitutionnelles.Je ne pouvais plus y échapper.J’y ai été d’un peu d’histoire, de quelques dates, 1763, 1867, de quelques lois, la loi 101.A mes côtés, M.Komatsubara traduisait toujours.Mais, lentement, la fatigue le gagnait.Plus le temps s’écoulait, plus ses traductions s’écourtaient.Puis, au milieu d’une description rapide de la loi 178, le mot fatal est arrivé: ».en vertu de notre Constitution, la clause “nonobstant” permet.» •Nonobstant?» a répété le traducteur.J'ai bien tenté d’ajouter quelques explications.En vain.1rs esprits japonais semblent fermes a la constitutional!-té qui teinte la vie politique canadienne et québécoise.J’ai dû m’excuser de ce travers canadien auprès de mes hôtes japonais.( )n ne m'y reprendra plus.J’ai réglé le tout en parlant de la bonne entente qui régné, malgré tout, entre les francophones et les anglophones a Montréal.Et de la beauté sauvage du Québec.Je crois bien qu’ils m’ont pardonné.Avant que je parte, ils m'ont offert une dernière tasse de thé et pris une photo de groupe avec ce Montréalais de passage à I human.LE DEVOIE LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 A 1 6EU0 RENSEIGNEMENTS (514)985 3333 ADMINISTRATION (5)4) 985 3333 AVIS PUBLICS ANNONCES CIASSÉES PUBLICITÉ NUMERO SANS TRAIS (514) 985 3344 (51 4) 985 3344 (514)985 3399 t 800 361 0305 • Extérieur (tans Irais) * 1-800-463-7559 DU HINDI Alt VENDREDI A DI /IDO A I 61110 2050.RUE DE BIEURY.9E ÉTAGE.MONI RI Al, (QUÉBEC) II3A 3M9 SERVICE DES AB0NNEMFNIS les numéios de téléphone suivants sont valables pour le servit» de livraison par ramelol et pour les abonnements poslaui Montréal (514) 985 3355 IB DEVOIR est publié par il DI informations publiées dans 11.DI-, VOIR IJ IM-volR.Kn» Montrr-.il.t(jtu !>••« », IlitA ’.MD II.t imprime |„ir |,.s imprimerie Qtirlnsor IüSüIIi*./ I l Itourrl* an.division «li lin|.iimi rirs (Jurlm or lri< M.' ou» .1 me Saint |.ht|»m s.Moulu al I Agniu |*rvssr s an.idn nui .>.1 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