Le devoir, 11 décembre 1993, Cahier D
Le Devoir Le Feuilleton Page D3 Essais québécois Page 1)4 Les Beaux livres Page 1)6 Visas Page D22 I E I) E VOIR, LES S A M E DI II E I l> I M A X C II E I 2 I) E < E M lî I! E I II !l R Toni Morrison Le goudron et les plumes HERVÉ (LU A Y T oui Morrison ressemble à l’une de ses héroïnes en ce qu’elle a moins choisi délibérément son destin qu’il ne s’est présenté à elle après un divorce douloureux.Elle avait quitté son travail et l’université.Elle avait un peu de temps.Elle était triste.Elle s’est mise à écrire pour le plaisir.Chloe Wofford aurait pu tout aussi bien passer sa vie à enseigner la composition, la littérature anglaise et les lettres classiques à quoi la préparaient ses diplômes de Howard et de Cornell.Si c’avait été le cas, elle n’aurait pas eu besoin de signer ses articles spécialisés de son deuxième prénom fl'oni) et du nom de son exmari (Morrison).Or, pareille à l’une de ses héroïnes, le chagrin est là qui la pousse dans ses derniers retranchements.En 1970, paraît L'œil le plus bleu, son premier roman.Cinq autres suivront.De lectrice, elle devient lue, avec le Nobel qui récompense désormais l’ensemble de son œuvre à 62 ans.Du reste, selon Toni Morrison, lire et écrire demandent pour l’essentiel les mêmes qualités.«Chaque activité exige d’être vigilant et disponible à une beauté inattendue, à la complexité ou à la simple élégance de l’imagination de l’auteur, au monde évoqué par cette imagination.Chacune exige d’etre attentif aux endroits ou l’imagination se sabote elle-même, verrouille ses portails, pollue sa vision.» Voilà résumé en quelques mots comment le lecteur devrait aborder chacun de ses ouvrages.Tout y est.De l’attention qu’il faut porter à des séquences un peu obscures au merveilleux qui fait soudainement irru|> tion dans le texte en passant par la délicatesse et la complexité qui assurent la cohérence de ses livres.Car ses histoires sont loin d’être limpides et directes.Au contraire, leur narration est toujours heurtée et déconcertante.Le lecteur passe par toutes les émotions avant de se faire une idée un tant soi peu fondée sur ses personnages dont les jours sont pavés d’épreuves C’est le moins qu’on puisse dire.Le plus souvent, Toni Morrison remonte les générations comme autant d’étapes nécessaires a la révélation de ses héros, lesquels refoulent leur passé ainsi qu’une blessure vive.Iat romancière, comme l’avait fait James Baldwin avant elle, réhabilite au passage le courage de ses ancêtres.Ces Noirs longtemps enchaînés qui ont littéralement bâti l’Amérique.Ce ne sont plus des caricatures d’êtres humains réduits a la domesticité ou à la bestialité, mais tout une humanité souffrante en quête de liberté et d’une vie meilleure en dépit d’obstacles démesurés.Pourtant, ses Noirs sont loin d’être tous purs ni tous ses Blancs des sans-cœur.Morrison est bien placée pour savoir ce qu’altérité veut dire.Pour cela aussi, elle donne voix au chapitre aux jeunes femmes de couleur desquelles la littérature américaine n’avait pas fait grand cas avant elle.Ce qui la mène à la Médée hallucinante de Beloved.Sethe, qui assassine sa fille plutôt que de la voir livrée à son tour à l’esclavage.Morrison ne néglige pas pour autant ses congénères mâles.Témoin Im chanson de Salomon, autre roman VOIR PACE 1) 2: MORRISON n la MUSIQUE au Canada Gilles Potvin remet sur le métier son ouvrage d’encyclopédiste.Des trompettes de Jacques Cartier à la baguette de Charles Dutoit, en passant par Rush et Koch Voisine, VEncyclopédie de la musique au Canada raconte tout le fait musical canadien.MARIE LAURIER LE DEVOIR * Gilles Potvin aura consacré plus de vingt ans à cette œuvre de bé-ü nédictin.«Pas seul», précise l’an-^ rien critique musical du DEVOIR, toujours aussi modeste et courtois.Mais c’est avec un certain soulagement et une légitime fierté qu’il nous présente la très élégante nouvelle edition de Y Encyclopédie de la musique au Canada.Il en est très satisfait car pour cette version française la maison Fides a fait les choses en grand: cet ouvrage en trois volumes niche dans un coffret noir ébène aussi lustré que le piano Fazioli de la Chapelle du Bon-Pasteur.On se plait à les caresser avant de les consulter.Le travail des auteurs Gilles Potvin et Helmut Kallmann méritait bien un tel traitement, tant ils versent au patrimoine culturel canadien une œuvre fondamentale.Avec une équipe de 400 collaborateurs qu’ils ont dirigés, soutenus, traduits, encouragés, ils ont répertorié en 3880 pages et 600 photos, raconté tout le fait musical canadien depuis les tout débuts de la colonie, depuis les trompettes de Jacques Cartier jusqu’au dernier succès de l’Orchestre symphonique de Montréal et de son directeur Charles Dutoit, ce dernier étant répertorié sous la rubrique OSM, comme tous les autres chefs étrangers qui marquent ou ont marqué la vie musicale canadienne.Et encore Gilles Potvin nous souligne au cours d’un entretien au journal qu’il pourrait ajouter d’autres informations à ces volumes de taille déjà impressionnante, comme par exemple ces films récents sur André Mathieu et Glenn Gould qui ne paraissent pas dans les biographies de ces musiciens.«Mais il fallait bien s’arrêter quelque part et il nous a fallu limiter les nouvelles entrées quelques mois avant l’édition proprement dite, un travail d’envergure qui suppose une vérification soigneuse de milliers de détails.Par contre, l’index de 25 000 entrées en contient 845 nouvelles, notamment un long texte traitant de la psychologie de la musique de 1978 à 1990, sans compter celles des interprètes-vedettes comme Roch Voisine, Céline Dion.» Le Québec occupe le tiers du contenu de ce que Potvin définit davantage comme un ¦•dictionnaire encyclopédique».En entreprenant en 1971 la rédaction de cette somme musicale, à l’invitation de l’éditeur torontois et mécène F.L.Chalmers, le triumvirat des auteurs Gilles Potvin, Helmut Kalmann et Kenneth Winters était loin d’imaginer que cette aventure allait les mobiliser de façon aussi passionnante pendant plus de dix ans.«Nous commencions à zéro, rappelle Gilles Potvin, et chacun d'entre nous était à l’affût de la moindre documentation que nous pouvions repérer dans les journaux ou les VOIR PAGE D 2 MUSIQUE UIU OUVRAGE DE REFERENCE INCOMPARABLE FIDES ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE AU CANADA Bien plus qu’un dictionnaire de noms ou de définitions, c'est tout le fait musical canadien passé et présent qui se trouve dans Y Encyclopédie de la musique au Canada.Aucun ouvrage ne rend compte avec autant de justesse de la remarquable vitalité du monde musical québécois et canadien et de sa passionnante histoire.3880 pages, 000 photos 3965 articles, index de 25 000 entrées 3 volumes reliés présentés dans un coffret — Prix de lancement: 125$ jusqu’au 31 janvier 1994 - LIVRES ^— MUSIQUE Un des plus attentifs témoins de la vie musicale SUITE DE LA PAGE D-l revues.Tout nous était précieux et nous avons ratissé toutes les bibliothèques et les discothèques publics.Pour ma part, j’ai été favorisé puisque je travaillais aux émissions musicales du service international de Radio-Canada et j’avais donc accès aux archives de la maison.» Dix ans plus tard, paraissaient les éditions anglaise et française de la première Encyclopédie de la musique au Canada, devenues depuis les ouvrages de références indispensables pour quiconque s’intéresse à la musique, tant comme professionnel que comme amateur.Une décennie dans la vie d’une discipline artistique aussi effervescente que la musique, c’est peu et beaucoup à la fois.«Une remise à jour s’imposait de toute évidence, remarque Gilles Potvin qui a fait de la musique le pivot de sa longue carrière comme critique (au DEVOIR de 1961 à 1966 et de 1973 à 1985), cpnseiller, réalisateur, impresario et traducteur.Il s’agissait cette fois de revoir entièrement les quelque trois mille articles, de réviser l’index, de supprimer les données désuètes (environ 200), d’insérer les 845 nouvelles entrées, de corriger les erreurs qui se glissent inévitablement dans ce genre d’ouvrage, de trouver de nouveaux collaborateurs.» Bref un travail de titan, certes, facilité cette fois par l'expérience acquise durant la rédaction de YEMC-1, sigle retenu pour identifier la première édition de l’Encyclopédie musicale du Canada, mais également par la magie de l'informatique et à cet égard Gilles Potvin ne manque pas de rendre hommage à la compétence de Claire Versailles, une collaboratrice de la toute première heure.Ce projet de réédition réalisé dans l’angoisse de la récession et conséquemment de retards dans le versement de subventions re- «Je me demande bien si je serai de la prochaine équipe», remarque Gilles Potvin, qui de publier la seconde édition de son Encyclopédie musicale du Canada.PHOTO JACQUES GRENIER vient quises n’en est que plus exceptionnel, croit notre interlocuteur: «Une étude de faisabilité entreprise en 1986 en confirmait la nécessité et les deux éditeurs auxquels on devait le succès de la première édition étaient tous deux désireux d'en publier une seconde.Heureusement aussi, le personnel cadre était disponible pour mener à bien cette tâche monumentale, à l’exception toutefois de Kenneth Winters, l’un des trois directeurs initiaux qui se trouva dans l'impossibilité de se joindre à nous.» Le feu vert allumé, il s’agissait de définir les paramètres et la politique éditoriale qui tiennent compte de l’impact des années 1980 dims la vie musicale canadienne, notamment au plan des communications électroniques qui ont eu d’importants effets sur la création, la mise en oeuvre et la diffusion de la musique.«Mais les principales règles de YEMC-2 sont demeurées les mêmes, rappelle Gilles Potvin.Nous avions déjà établi le principe de l’interdépendance des activités musicales et des genres de musique.Mais nous avons tenu à réserver de l’espace à des manifestations où se retrou- vent le vernaculaire et le cultivé, ainsi que ses aspects spirituels et matériels.Encore une fois, nous avons considéré la composition comme la contribution la plus importante et la plus essentielle à la vie musicale.» Cette vie musicale, Gilles Potvin en est un des plus attentifs témoins lui qui depuis un demi-siècle y consacre tout son temps, tout son talent et maintenant sa prodigieuse mémoire.Cette superbe encyclopédie vient couronner une carrière déjà fort bien remplie lui qui, à 70 ans, rêve déjà d’une troisième édition où cette fois il parlerait du film de Jean-Claude Labrecque sur André Mathieu, ce musicien qu’il a bien connu, de même que son père Rodolphe Mathieu dont il fut l’élève.«11 s’agit d’un document irremplaçable, tout comme l’est le très beau film de François Girard sur Glenn Gould,» affirme Gilles Potvin.Mais il ajoute aussitôt que les noms de ces artistes tout comme les centaines d’autres compositeurs, chefs d’orchestre, chanteurs, chansonniers, critiques, interprètes de tous les genres, de même que les organismes recensés témoignent de la vitalité incessante de la vie musicale au Canada.Pour cette seule raison, YEMC-2 constitue un outil essentiel de référence qu’il faudra constamment remettre à jour.«Je me demande bien si je serai de la prochaine équipe», remarque Gilles Potvin avec ce sourire un peu nostalgique de celui qui vient de terminer une oeuvre monumentale mais qui serait déjà prêt à en commencer une autre.ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE AU CANADA Editions Eides, 1993, 3880 pages, 600 photos, 3985 articles, index de 25 000 entrées; deuxième édition en trois volumes présentés dans un coffret.UNE SEULE LIBRAIRIE LES MEILLEURS PRIX MEMOIRES POLITIQUES P.E.TRUDEAU Éd.Le jour Prix ord.29,95 S Notre Prix 20,85 S Les publications du Québec ALBUM PELLAN Prix ord.85,00 S Notre Prix 57,95 S ALBUM LEMIEUX Prix ord.85,00 S Notre Prix 57,95 S Les Editions Larousse LAKUUSbt NATURE AGENDA D'ART PEINTRES QUEBECOIS Éd.Utilis Prix ord.19,95 S Notre Prix 13,75 S AGENDA PELLAN Prix ord.17.95 S Notre Prix 11.95 S LES CHEMINS DE LA MÉMOIRE LES DEUX TOMES Prix ord.150,00 S Notre Prix 98,95 S LAROUSSE: MEMO LES CUISINES DU MONDE LAROUSSE DE LA NATURE Prix ord.79,95 S Notre Prix 54,95S Prix ord.69,95 S Notre Prix 47,95S MEMO LAROUSSE Prix ord."9,95 S Notre Prix 54,95 S A ROI SS II «mtiumilrli MUSIQUE LAROUSSE DE LA CUISINE Prix ord.79,95 S Notre Prix 54,95 S LAROUSSE DU JARDIN LAROUSSE DE LA MUSIQUE Prix ord.72,95 S Prix ord.145,DOS Notre Prix 49,95 S Notre Prix 99,95 S Dictionnaires Robert LE ROBERT j L'ÉVÉNEMENT ! NOUVEAU rim KOPiFi I ROBERT 1 Prix ord.69,95 S Notre Prix 4 7,95 S LE ROBERT & COLLINS SENIOR n i m i n s " « 'JfiÊ i * a s t « t .a «.ér ROBERT COLLINS Prix ord 16,95 5 Notre Prix 24.95S LEPftÔBERT ROBERT 2 Prix ord.84,95 5 Notre Prix 59,95 S LA GARANTIE DU MEILLEUR PRIX Si tin concurrent annonce un livre à un prix moindre que l e Parchemin nous réduirons ce prix de 5%’ tH le Parchemin .y REDUCTION SUR TOUS NOS LIVRES A I.'ANNEE Prix en vigueur jusqu'au 18 décembre.Ouvert Dimanche à l’intérieur de la station Métro Berrl-UOAM Tél.: 845-5243 , é ' Il tpftwt b'S T9 a'.'n' , /’«IX II' va - •> -, ;¦ .y.MORRISON L’agressivité et la douceur SUITE DE LA PAGE D-l éblouissant, qui raconte le retour aux sources d’un jeune Noir enrichi.Ce récit met aussi en évidence la vision sociale de Toni Morrison, sa manière d’envisager l’avenir de son peuple.Elle y suggère que les Noirs américains ont intérêt à concilier le riche héritage d’entraide afro-américaine et la poursuite de la réussite matérielle.De cette façon, ils se distingueront des Blancs uniquement appâtés par le gain individuel et se déferont de l’attitude de victime qui les a maintenu jusque là dans une situation endémique d'ignorance et de pauvreté.Car les créatures de Toni Morrison sont nombreuses à avoir connu l'horreur.Même si ses romans offrent aussi des modèles dans l’art de s’en sortir.Tous tentent au moins d’améliorer l’avenir de leurs descendants quand ils ne s’assurent pas du leur.Ce qu’un de ses personnages exprime de la sorte: «On a eu plus d’hier que n’importe qui.On a besoin d’un peu de lendemains.» De même y a-t-il trace chez elle — mais c’est plus rare — d'ancêtres merveilleux.On retrouve par exemple dans Ixr chanson de Salomon un Icare repartant vers l'Afrique.Belle image d’envol et de plumes qui s’oppose à la lourdeur du goudron, mot utilisé dans Tar Baby pour évoquer la condition nègre.Dans ce roman, Toni Morrison prouve justement à l’aide d’un couple formé d’une jeune bourgeoise noire et d’un intrus que nul Américain ne peut faire abstraction de sa couleur de peau quoiqu'il en dise.Le couple constitue certes l’autre axe de réflexion de Toni Morrison, ce qui se comprend aisément vu son engagement féministe.Le sujet n’est absent d’aucun de ses livres, quoiqu'il tienne davantage de place dans Tar Baby et Jazz, son roman le plus récent.L’écrivain est aussi une essayiste qui ne craint pas la polémique.Elle a analysé le rôle de la blancheur dans la littérature américaine avec Playing in the Dark aussi bien que l’affaire Anita Hill-Clarence Thomas avec Pacing Justice, En-gendenng Power.C’est cependant son imagination qui fait d’elle un grand auteur.Imagination qui se nourrit tout autant des fantômes et de la magie de la tradition africaine que du roman à narration élaborée à la Faulkner.A travers Toni Morrison, l’Académie suédoise a distingué non seulement une des romancières les plus engagées des Etats-Unis mais encore une oeuvre littéraire exigeante, de celles qui méritent d’être diffusées au plus vite.Ne serait-ce que parce que cette fille de soudeur, née en 1931, en Ohio, combine «cette agressivité et cette douceur que possédait Miles Davis»1.JAZZ El PLAYING IN IHE DARK Traduit de l'anglais par Pierre Alien Bourgois, Paris, 1993.249 et 114 pages LA CHANSON DE SALOMON H IAR BABY Traduction de Sylviane Rué Belfond, Paris, 1993.320 et 289 pages BELOVED Traduction de Sylviane Rué et de Hortense Chabrier Bourgois (10/18), Paris, 1993.380 pages 1 Entrevue deToni Morrison accordée en octobre 1ÎMI a l'Événement du Jeudi.jMhmh LES CARNETS DE DAVID THOMAS ANDRÉE DANDURAND ANDREE DANDURAND Au moment où le cinéma nous propose Germinal, la fabuleuse adaptation du roman d’Émile Zola, Andrée Dandurand nous rappelle qu’il y a moins d’un demi-siècle, ici même au Québec, des hommes et des femmes se battaient contre les grandes compagnies qui faisaient 11 de la dignité humaine et de la vie des travailleurs.Les Carnets de David Thomas témoignent de la grandeur et du courage de certains humains qui, seuls contre tous, se battent pour que la vérité éclate, pour que la dignité humaine soit enfin respectée.232 pages - 19,95 $ L’EXIL AUX PORTES DU PARADIS ANDRÉE DAHAN aux'v; ,.f.« T.-r-y.; .y.» ANDREE DAHAN «Ce récit se veut une dénonciation du tourisme sexuel.C’est lucide mais jamais larmoyant, l’auteur ne tombe jamais dans le piège de l'exotisme ou de l’émotion hébété et facile, et ce sujet, qui pourrait sembler ne se rattacher à rien, est au contraire d’une actualité criante(„.) Un roman puissant et original qui montre comment les écrivains néo-québécois peuvent renouveler notre littérature.» Frédérik Martin, Lettres québécoises.256 pages - 19,95.1 AUX EDITIONS QUEBEC/AMERIQUE I.E S P E T l T S I! 0 N II E II il S G I I.L E S AKCHAMHA U l.T ?Les plaisirs de la biographie LA VIE DE MONTAIGNE Jean Prévost Présenté par Bernard Delvaille U Livre de poche, 151 pages La mode, on le sait, est aux biographies savantes.Il arrive qu’elle soit précaution-,, neuses et prolixes.Parfois, leurs auteurs s’occupent avec tant d’acharnement à l’épisodique, au «fait vrai» qu’ils en oublient l’essentiel.La personne de l’écrivain n’a pourtant d’importance que dans la mesure où elle permet de mieux comprendre l’oeuvre.Ix> reste n’est que bavardage.Le petit livre dont je parle aujourd’hui n’a rien d’un travail d’historien littéraire.D’çntrée, l’auteur nous met en garde: «Ecrire la vie d’un homme illustre, cela peut donner confiance à ceux qui manquent de sujets, mais cela effraiera les autres.Ecrire la vie d’un homme qui n’a jxiint vécu plus activement que les autres, et qui a parlé de soi mieux que |ier-sonne ne pourra le faire, c’est une entreprise téméraire, sinon ridicule.» Jean Prévost a même avoué avoir écrit cet ouvrage en deux jours et demi afin de pouvoir se procurer des.vêtements nécessaires à un voyage qu’on lui offrait.Que l’essai qui en résulte soit cursif n’a donc rien; d’étonnant.Il n’empêche que ces scènes de la vie de Montaigne mises en forme par un écrivain intelligent et sensible constituent la meilleure introduction qui soit à l’oeuvre de l’auteur des Essais.Jean Prévost avait flirté avec l’Université, dont il setait écarté, rebuté par l’académisme outré qui y sévissait.Ce qui ne l’empêcha pas d’écrire une thèse remarquable, ixi Création chez Stendhal, que les Beylistes continuent de saluer.Engagé dans la Résistance, il devait mourir dans la bataille du Vercors, à l’âge de 43 ans.Bernard Delvaille qui présente Jean Prévost dans l’introduction du livre lui prête l’aveu suivant: «Si je regrette ce livre, je ne regrette pas l’expérience: voir grandir et faire grandir, mûrir, vieillir et mourir un homme aussi vite que les plantes au cinéma accéléré; se sentir habité par la mémoire particulière du sujet et’ oublieux de tout le reste, enivrerait,, n’était la fatigue; aux dernières, pages, obsédé par cette vieille fille célèbre, je dictai deux fois le mot Goumay au lieu de Montaigne.» Si l’on jiarvient à s’attacher à cette, évocation bâclée du grand écrivain, c’est justement que Prévost est habité par son sujet.D’accord, il cite abondamment son modèle, mais il entoure les morceaux de son anthologie personnelle d’une prose qui; n’est pas sans majesté.Est-ce par osmose ou mimétisme, le style de Prévost a souvent en apparence la patine acquise par la pratique comme; chez Montaigne.C’est dans les pages consacrées à l’amitié,qui lia l’auteur du Voyage en Itcdie à Etienne de la Boétie que la més thode retenue par Prévost est à son mieux.Comment peut-on apres lectù-' re de ce chapitre ne pas perpétuer son plaisir par la lecture des Essais?Ce n’est pas un mince mérite pour une biographie que de donner le goût de lire séance tenante l’auteur analysé.Cette Vie de Montaigne, dans toute sa brièveté et la rapidité de son exécution, nous mène directe-; ment vers l'un des écrivains indispensables de la littérature universelle.! Les prix du livre savant Serge Cantin a remporté le Prix» Kayniond-Klibansky 1992-93 de la Fédération canadienne des études humaines pour son ouvrage Le Philo-, sophe et le déni du politique: Marx,', Henry, Platon, paru aux Presses deï l’Université Laval.Barbara Rieti a reçu! le même honneur pour Strange Ter/ rain: The hairy World in Newfoundland (ISER Books: Institute of Social; and Economic Research, Memorial; University of Newfondland.1991).Par ailleurs, le Prix Jean-Charlesj Falardeau de la Fédération canadien-, ne des sciences sociales a été attri-.hué à Yves Landry pour son ouvragé! Tes Pilles du roi au XVIle siècle, paru' chez Leméac éditeur.Le Prix Harold Adams Innis a été décerné à Richard Johnston, André Blais, Henry E.Brady et Jean Crête pour leur essai lotting the People Decide: Dynamics of a Canadian Election, publié chez Mc-Gill-Queen’s University Press. i.K I) K V t» I li , I.K S S A M K DI II K T I) I M A X INK I 2 I) K < K M l( H K I II II :t tkVs L I V R E S - L E F F 11 I L L F T 0 N R O B E R T LÉVESQUE ?DIEGO & FRIDA J.M.G.Le Clézio Stock, 23H pages Combats singuliers du couple d’artistes.Guerres intestines et intellectuelles, querelles et tricheries, infidélités et complicités, plaisirs partagés et passions discutées.La vie a deux têtes ne sera jamais simple et un pessimiste comme Tchékhov, qui avait marié la belle actrice Olga Knipper, disait: si vous aimez la solitude, mariez-vous! J’imagine que l’un des pires couples de ce type, et sans doute l’un des plus producteurs d’adrénaline Jit-téraire, fut celui des Jouhandeau, Elise la danseuse et Marcel l’écrivain, (buis leurs incessantes disputes et ledrs vices guerriers dont la chronique, maritale, fut à la fois indécente, exagérée et passionnante, lin peu comme le couple sur-évalué de Sartre et du Castor, dont on apprend, maintenant qu’ils sont en terre, de rentrée en rentrée, les petitesses et les calculs de coups fourrés, les pieds sales du philosophe au lit (dont se rappelle Bianca Lamblin) et le côté seconde main des passes d’hôtel - gaz à tous les étages - dans les petites rues descendantes de Montparnasse.Pensons plutôt à Paul et Jane Bowles, Américains de la Méditerranée, lui qui fume la coca et flotte au déàsus des salons des villas marocaines, et elle qui écrit dans son ombre portée, comme en cachette, deux rares romans de liaisons délicates et lesbiennes des plus magnifiques.Comme si le ménage à faire après les fiestas nocturnes et opia-cêés avait empêché Jane d’en écrire un peu plus.Couples: parfois unis dans le travail, comme les sculpteurs Anne et Patrick Poirier, union maritale et artistique complète: ou souvent deux solitaires vivant ensemble.Ou deux associés de la vie matérielle et mondaine, qui produisent leurs oeuvres séparément sans se toucher, tels Sol-lers et la Kristeva au Faubourg Saint-Germain.Baudelaire, dans Mon coeur mis à nu, disait que l’église avait inventé le mariage pour désinfecter l’amour, et Picabia, lui, le copain du Duchamp LIBRAIRIE HERMÈS 1120, ave.laurier ouest outremont, montréal Pour annoncer voire RESTAURANT ,i |i |i t> 11‘ y.I (> (514) 985 3399 ’ I 800 363 0305 Tel et .(514) 985 3390 Et ce qu’on appelle l’amour V31 : un jiil de «la Mariée mise à nu par ses célibataires», disait plutôt que c’était carrément Satan qui avait inventé le mariage.quand Dieu avait inventé le concubinage.Jean-Marie-Gustave l>e Clézio vient de porter son regard attentif et attendri sur l’un de ces couples d’artistes les plus intéressants, les plus incroyables, de l’histoire de la peinture: deux êtres dissemblables et complices jusqu’au bout, le muraliste Diego Rivera et la portraitiste Frida Kah-lo.«Les noces d’un éléphant et d’une colombe», avait commenté le père de Frida, qui avait été photographe officiel du régime dictatorial de Porfi-rio Diaz et qui après la Révolution de 1910 vivotait dans la misère et ne put refuser la main de sa fille à la poigne de cet homme imposant et fantasque.Diego et Frida n’étaient pas faits pour aller ensemble, mais la passion était là, et l’art, et ce qu’on appelle l’amour, et c’est ainsi qu'ils ont survécu ensemble.Se faisant biographe, mais un biographe des arcanes du coeur et de l'oeuvre plus qu'un chercheur en archives, le romancier Le Clézio, que le Mexique fascine, donne libre cours, en un magnifique ouvrage, à sa passion pour l'histoire et la pré-histoire indienne de ce pays et pour les aventures communes et hors du commun de ces deux enfants du Mexique, la diablesse et l’ogre, celle qui est fragile et celui qui dévore, tous deux élevés par des nourrices indiennes, dans les montagnes, et préservés des démons.Plusieurs ouvrages ont été écrits sur l’un et l’autre.Le Clézio les a tous lus.Il a scruté l’oeuvré de chacun, les grandes murales de Rivera, les petits tableaux de Frida, et il s’est demandé ce qui avait lié ces deux-là, ces deux artistes si différents, aux oeuvres diamétralement opposées, du gigantisme engagé et pédagogique de Rivera à la minutie émotive et surréelle de Kahlo.On se rend peu à peu compte à la lecture de Diego & Frida que Le Clézio dépasse la biographie pour atteindre le mystère d’un tel couple dont il dira de la durée à toute épreuve, dans une belle observation d’écrivain, que «l’amour ne peut être autrement qu’une folie qui préserve de tout le mal réel».Parce que le mal réel, pour Frida Khalo, fut énorme.L’éléphant et la colombe peu après photographiés par Nickolas Muray.intense, l’affaire d’une vie de 47 ans.Déjà atteinte de poliomyélite dans son enfance, Frida Khalo, à 19 ans, eut un terrible accident d’autobus dans les rues de Mexico, collision qui lui brisa la colonne vertébrale.Sa vie sera marquée au noir et drame par cette fragilité définitive et douloureuse, cette incapacité d'avoir des enfants (Diego sera son enfant, dira-t- leur second mariage en 1940, elle), cette brisure du corps.Elle fera dans son oeuvre le récit muet de sa douleur, dans des images-rituels où le sang et les blessures, l’automutila-tion et la peur de la folie seront célébrés comme des exorcismes de facture minutieuse qui la feront reconnaître (par Breton dès 1936) parmi les surréalistes - mais elle refusait l’étiquette, et qui lui vaudront une ré- Marie Laberge GRAND PRIX 1993 DES LECTRICES DE Boréal I est des amours irrémédiables t 400 pages, 24,95 $ Boréal j mm r ¦ jL ‘-/uja W w -, jv ' ’ J 2hEm3 putation particulière que la littérature (encore aujourd’hui avec Le Clézio), le théâtre et le cinéma célébreront.Diego Rivera est déjà célèbre, lui.lorsqu’ils se rencontrent.C’est, avec Orozco, Siqueiros, Tun des peintres •mexicains de premier plan.Au moment de la révolution paysanne d’Emiliano Zapata, il est à Paris, il flirte à Montparnasse toutes les femmes de la Coupole, ami avec Modigliani, avec Picasso, et il peint sous l’influence du cubisme, mais quelque chose d’obscur et fort le rappellera au Mexique lorsque son pays se délivre de la dictature et vit la première révo lution sociale et politique du 20e siècle.Sa nourrice indienne, son amour du peuple mexicain, l’inspiration populaire et le coeur partisan, tout le ramène à Mexico où il rencontrera Frida Kahlo.L’éléphant qui s’unira à la colombe est un être entier, un caractère, une nature, qui va tout de suite s’identifier à la révolution (malgré ses déchéances et son shakespearisme d’assassinats entre eaudillos), pre nant en main le Parti communiste, ré vant d’un siècle où le capitalisme mourrait, mais multipliant paroles et gestes contradictoires, avouant son admiration autant pour Henry Ford que pour lénine, et étant, pour tous ceux qui l’approcheront, un fiefli menteur.Une grande générosité, aussi.Un coeur tendre dans une peau de costaud.Un amuseur qui cachait un colosse de la peinture.Ce «couple exemplaire- que vont former Diego et Frida, dont la rela lion ne sera jamais de dépendance mais d’échange perpétuel, a l’abri des mesquineries et désillusions, étanche à la haine, ce seront ses différences qui le feront solide, lui cou reur (il la trompera même avec'àfr.l soeur), elle fidèle, lui politisé avec1'! compromissions (il avait accepté ’lift j travail pour les Rockfeller).elle poli-! tisee et fièrement rigoureuse, hil‘4 mettant son art au service de§ü masses, elle réservant son oeuvre, ses douleurs intimes; et, dans leuritP esthétismes si opposés, lui grossi*-" saut les traits, elle les raffinant, une ( chaleur se dégageant chez lui, une ’ raideur nous saississant chez elle.‘ Mais ils se sont aimés.Profondes ment.Tragiquement.Le Clézio pd= ' nôtre dans cet amour qu’il questiôl)^' ne.qui le fascine par son côté suriné1 main qu’il va deviner dans le journW de Frida Kahlo, ses poèmes à Diegb,1' où elle lui dit l'aimer jusque dans sèiF; mensonges, amour douloureux où ; pour Frida l’impossible mère (corn-’’ me la Yerma de Dura) Diego va devenir l’enfant de Frida.Quand ils se sont mariés une sè-i'' coude fois en 1940 (ils s’étaient séjirf- * res après que Diego eut séduit là" soeur.), Frida a exigé deux ehoseè; de Diego: qu’il n’ait plus de relation sexuelle avec elle, et qu’il ne paie ’ rien pour elle.En 1949 (elle meuW -en 1954) elle écrit: «Je ne parlerai pas de Diego comme de mon mâfi’,' car ce serait ridicule.Diego n’a'jà1 ’ mais été et ne sera jamais le mari de personne.Non plus comme d’tlrU amant, parce qu’il dépasse de berné coup les limites de la sexualité.Et si je parle de lui comme d'un fils, je-ijÿ fais rien d'autre que décrire cnj.peindre ma propre émotion, pouf ainsi dire mon propre portrait, et noijt! celui de Diego».Y-a-t-il pins bel écrit d'amour?Dkj-go mourra trois ans après elle.Et lé Clézio aujourd’hui est le messager! de ce couple tragique et idéal.Chrystine BROUILLET La conclusion des aventures de Marie LaFlamme 398 FACES.26.508 Denoël i «< » I.K I) K V (I I H .I.K S S A M K DI II K T |) | M ,\ \ ( || (•; | I) E ( K M It It E I il il :> il) 4 A ESSAIS Q U É B É COIS L I V R E S F 0U.f OMÇ FEN* CÎKNlfeSl o u r it ( * o i s i Boréal Uinquiétante «sauvageté» L’erreur de 500 ans de mission civilisatrice et d’évangélisation: se prendre pour l’autre, l’Amérindien U MYTHE DU SAUVAGE Olive P.Dickason, Septentrion, 451 pages LES EXPLORATEURS DE L'AMÉRIQUE DU NORD 1 492 1 795 Raymonde Litalien, Septentrion, 261 pages LES SAINTS MARTYRS CANADIENS VOLUME 4: LE MARTYRE DE CHARLES GARNIER SELON PAUL RAGUENEAU Guy La/lèche, Singulier, 327 pages i | Nonobstant les effets d’une certaine idéologie à la mode, il parait de plus en plus évident que le bilan de 500 ans de colonisation européenne est négatif.C’est ce qu’affirment des penseurs comme Tzvetan Todorov (1m conquête de l'Amérique) et Edgar Morin (Terre-patrie).L’Europe a exporté la démocratie, le modèle de l’Etat-nation et les Droits de l'homme, mais cette «mission» a coûté très cher, la dégradation continue des sociétés autochtones en témoigne éloquemment.La réduction de l’Amérin-dien au «Sauvage», aussi «bon» que Rousseau ait fait paraître celui-ci, donne en ce sens la mesure de la difficulté à comprendre la différence et la singularité de l’Autre dont ont fait preuve les Européens, difficulté jamais surmontée et désonnais insunnontable, le mal étant fait, irréparable.Coincés entre la culpabilité et l’apologie rétrospective, donc suspecte, nous multiplions les mises au point, les analyses, les retours en arriére, nous refaisons l’histoire officielle, nous tentons de redécouvrir l’Amérique, l'esprit de conquête en moins.Questions nordiques Les éditions du Septentrion portent bien leur nom et leur intérêt pour l'Amérique et les «affaires autochtones» ne date pas d’hier.Deux publications récentes, produites en co-édition avec Klinksieck, viennent s’ajouter à la liste des ouvrages qui cherchent à refaire et repenser la découverte du dernier des continents.Le mythe du sauvage et Les explorateurs de l’Amérique du nord se frot- Clwf pied-noir et ses braves, un tableau de Paul Kane réalisé en 1848.tent de manière bien différente cette question du rapport à l’autre que pose la colonisation.Dans le livre d'Olive Dickason, qui est la traduction de sa thèse parue en anglais en 1984, cette question est le coeur du propos.Reconnue comme une experte dans le domaine, Mme Dickason enseigne à Ottawa et s’est fait connaître comme journaliste dans le Globe and Mail.Le mythe du sauvage est certes un des plus prégnants cle l'histoire occidentale.J’ai souvenir d'un prof du secondaire (classique) qui appelaient les Amérindiens — on disait les Indiens à l'époque — les «sauvages» sans sourciller.On retiendra de cet essai qui plonge ses racines dims le monde gréco-romain, la Bible et le folklore médiéval que la «sauvagerie», ou l’état d'ètre sauvage, était une manière pour L'Européen de faire table rase de ses scrupules, d'être conforté dims la prédominance de sa loi et sa culture sur la nature de l'autre, le désordre et le chaos.On retiendra également que, si cette idéologie fut le résultat de l’alliance du catholicisme e( de la politique expansionniste des Etats-nations, la réalité et les faits donnèrent lieu a un certain syncrétisme lié aux exigences de la vie quotidienne et du commerce, et que l’on retrouve surtout chez les coureurs des bois mais aussi chez les Jésuites.Les Français sont peut-être de tous les colonisateurs ceux qui sont allés le plus loin dans l’acceptation (forcée) de l’Amérindien.C’est ce cas qui est examiné ici en détail.Raymonde Litalien est responsable du bureau de Paris des Archives nationales du Canada.Les explorateurs de l’Amérique du Nord retracent l’épopée des Européens, marins d’abord et avant tout, qui, pendant trois siècles, recherchèrent inlassablement une route maritime occidentale vers les Indes et furent amenés, malgré eux pourrait-on dire, à travers les contours du continent.Dans leurs explorations, les Le Moyne, les Gaultier de la Vérendrye, les Alexandre Mackenzie furent directement en contact avec les Amérindiens, qui devinrent parfois leurs alliés, et le syncrétisme auquel Mme Dickason faisait allusion dut aller de soi.Peut-être est-ce pour cela qu'il est finalement très peu question dans cet essai des rapports explorateurs-Amérindiens, si ce n’est pour dire que ces rencontres, au début surtout, se situèrent dans un contexte de besoin réciproque et de confiance.Les implications idéologiques inhérentes à la manière dont ces rencontres sont rapportées par les explorateurs (ou le passage de la réalité au discours, et vice-versa) sont laissées de côté.Les explorateurs de l'Amérique du Nord est un ouvrage d’archiviste et passionnera les géographes au premier chef, de même que les littéraires qui s’intéressent aux récits de voyage, un champ en pleine expansion au Québec et au Canada.Les mordus pourront par ailleurs consulter L'Aventure américaine au XVlIIe SOURCK MUSEE DES BEAUX-ARTS DU CANADA siècle: du voyage à l’écriture (Presses de l’Université d’Ottawa) de Pierre Berthiaume, que Mme Litalien, curieusement, ne recense pas.Plaidoyer pour l’écologie ordinaire LIVRE MAJEUR « Le present ouvrage n est pas un livre d’histoire.C’est plutôt un guide d’interprétation qui nous est offert, à partir des commencements.Comme si on se voyait grandir comme nation, de la naissance jusqu’à l’âge adulte.» Anne-Marie Voisard, Le Soleil 400 pages, 2 7,95 $ line relecture sérielle de notre histoire officielle Puisque nous en sommes à relire l'histoire occidentale, je me permets d’attirer l’attention sur le quatrième volume d’une recherche originale sur Les Saints Martyrs canadiens, dont je n’ai pas parlé jusqu’à présent bien que le premier tome soit paru en 1988 (mieux vaut tard que jamais!).Réalisée par Guy Lafièche, qui est professeur à l’Université de Montréal, et publiée chez une maison indépendante (à compte d'auteur?), cette recherche, qui comptera six volumes au total, se veut une lecture sérielle d’un des mythes qui ont forgé notre identité, rappelez-vous ces gravures de nos manuels d'histoire où des missionnaires attendrissants levaient les yeux au ciel en attente du premier coup de hache.Nous sommes une nation parce que nous avons nos martyrs, disait L'Action Catholique en 1925 au moment de la béatification des saints Martyrs canadiens.Félix-Antoine Savard n’a-t-il pas déjà qualifié Jean de Brébeuf et Gabriel Ialemant de «rubis rutilants d’entre tous les martyrs»?Histoire sérielle veut dire ici que l’édition critique des textes fondateurs de cet épisode historique — puisque c’est de cela qu’il s’agit, de rééditer des textes en les situant dans leur contexte — est présentée dans le cadre d’une «configuration d'analyses», d’une mosaïque d’interprétations, qui s’oppose a l’histoire dite événementielle, selon laquelle les faits se succéderaient en obéissant à une logique symbolique coupée de toute réalité.Il s’agissait en fait, et simplement, de rappeler que les saints Martyrs canadiens sont des récits d’édification religieuse, qui ont beaucoup de qualités littéraires certes mais peu de pertinence historique.LE GOUT DE LA TERRE, RENCONTRES AVEC DES ÉCOLOGISTES REMARQUABLES.René Vézina, préface de Jttlos Beaucame, VLB éditeur, collection «science et conscience», Montréal 1993, 27H pages.RAY M O N I) I.K M I K I! X T en ai assez de la "sinistrose” en environnement!».Li main sur e livre qu'il dédicace.Le goût de la « le Livre qu’il dédicace.Le goût < Terre, René Vézina plaide pour l'écologie ordinaire.«J’ai eu envie d’aller voir du côté des gens qui ont intégré les préoccupations environnementales dans leur mode de vie sans être obligés d’accrocher des bannières sur le pont Jacques-Cartier.J’ai voulu rencontrer des gens qui reflètent la maturation de l’écologie québécoise.» Inutile de préciser que, parmi les 22 portraits qu’il brosse dans son bouquin, publié récemment chez VLB éditeur, on ne compte ni ministre de l’environnement, ni PDG vantant le virage vert de son entreprise ni même de grandes gueules éeolos.«C’est plutôt une galerie de belles têtes pensantes préoccupées a leur manière par le Destin de la Terre», indique René Vézina, un journaliste qui se tient à l’affût de l'actualité environnementale depuis plus de dix ans.Propos et confidences Parmi ces «belles têtes», on trouve l’astrophysicien 1 lubert Reeves, le compositeur Michel Rivard, l’historien Jean Provencher; il y a aussi des personnalités moins connues du public comme l’agriculteur Pierre Gaudet, le géologue Claude Hillaire- "fi0 Cl'ampignv ' ROMANS QUÉBÉCOIS 1 LA TOURNÉE D'AUTOMNE, de Jacques Poulin - éd.Leméac 2 CETTE GRENADE DANS LA MAIN DU JEUNE NÈGRE EST-ELLE UNE ARME OU UN FRUIT?, de Dany Lalerrière - V L B.Éditeur 3 HOMME INVISIBLE A LA FENÊTRE, de Monique Proulx - éd.Boréal Seuil 4 L’AVALEUR DE SABLE, de Stéphane Bourguignon - éd.Québec Amérique nf flin l’iltltt ardiris des sens Stc^' u 538 pu9cS 584 P°9CS NOUVEAUTÉ Tome II • HIVIR 1994 18 • NUMERO 1 VOLUME auto portraits te r jtr L’élégance au masculin DES MODES El DES HOMMES Farid Chenoune Éditions Flammarion, 1993, 336 pages JOCELYN COULON LE DEVOIR La mode est pratiquement le domaine réservé des femmes.Dans un kiosque à journaux, les revues de mode féminine occupent des rangées entières alors qu’on compte sur les doigts d’une main les magazines réservés à la mode masculine.Pourtant, la mode et l’élégance masculines existent bien, avec ses créateurs, ses moeurs, ses secrets et ses conflits.Farid Chenoune nous fait découvrir ce monde particulier dans un livre au texte brillant et aux illustrations superbes.Tous les beaux des deux derniers siècles y défilent avec des allures qui vont de la plus choquante à la plus classique.L'auteur aurait pu commencer son livre bien avant le XVIII' siècle, en remontant, par exemple, a la Renaissance, où les jeunes hommes s’appliquaient à porter les costumes les plus saillants pour montrer leurs attributs sexuels ou au règne de Louis XIV, qui obligea une noblesse belliqueuse à ajouter toujours La mode est sexuelle et politique.plus de dentelles et de rubans à ses costumes dans le but bien précis de la tenir constamment occupée à la cour.La mode est déjà sexuelle et politique et Chenoune le rappelle très bien tout au long de son étude.Car ce livre est plus qu’un ouvrage de belles photos sur papier glacé.C’est une histoire politique, culturelle, sociale et économique de la mode qui n’a fait autre chose que suivre le cours des événements qui ont façonné le monde occidental depuis deux siècles.Mais le choix de Chenoune est voulu.Le XVIIIe siècle marque la fin d’une mode officielle, celle qui divise la société en classes.Dans les rues de Londres, d’abord, puis dans celles de toutes les grandes villes européennes, apparaissent des costumes qùe tous peuvent porter.La démocratisation, mais aussi un certain conservatisme, va déferler sur le monde.Au grand émoi de certaines duchesses qui aimaient bien ces culottes collantes «où une femme savait tout de suite ce qu’un homme pensait d’elle».Les hommes vont renoncer «au plaisir de la parure, de l’ostentation, de la couleur», en adoptant de plus en plus le noir et les couleurs foncées.De Brummel a Hugo Boss, Chenoune illustre l’évolution et les changements de l’élégance masculine grâce a des illustrations de grands maîtres ou des clichés de photographes anonymes ou célèbres — comme Nadar — qui représentent souvent ces hommes qui ont fait l’histoire du monde.Le lecteur prendra plaisir a revoir la tenue débraillée, mais combien romantique, de Lord Byron qui fit des ravages dans l’Europe entière au siècle dernier.Ou les hpbits de Cocteau, Edouard VII, le duc de Windsor, Cary Grant, Camus et bien d’autres qui ont marqué leur ejîiôque et des générations entières.ILLUSTRATION EDMUND A.EMSHWILLER, MILADY’S HOUDOIK, DANS GALAXY SCIENCE FICTION, JANVIER 11)55.EN QUATRIÈME DE COUVERTURE Dans le rétroviseur de l’an 2000, on trouve une société où la vie domestique tient à une console électronique.Dans le rétroviseur de l’avenir LE FUTUR ANTÉRIEUR (SOUVENIR DE L’AN 2000) Christophe Canto, Odile Faliu Flammarion, 159 pages La course contre la fin du deuxième millénaire est commencée et tous les éditeurs vont se bousculer au portillon de l’an 2000 pour soupeser les projections de jadis et montrer que XAvenir n'est plus ce qu'il était, selon le titre de l’essai de Michel Saint-Germain qui vient tout juste de paraitre chez Québec-Amérique.Ix- futur antérieur, de Christophe Canto, musicien et illustrateur, et Odile Faliu, conservateur a la Bibliothèque nationale de Paris, opère de la même manière, soit en compilant les représentations de l’an 2000 tel qu’il fut évoqué dans le passé, tel qu’il «aurait été».Les moyens de l’édition française étant ce qu’ils sont, ce dernier essai a deux avantages.D’abord, la rétrospective, plus exhaustive, s’étend sur plus de cent ans, de 1851 à 1961, et couvre lere industrielle a son apogée.De plus, elle fait une large place aux représentations picturales du futur antérieur, ce qui n’est pas un mince atout quand il s’agit d’évoquer revue possibles hiver 1994 L'ARTISTE (AUTO) PORTRAITS - °.» -’ D ver* 'nod®* de reconnoiMO eooque» Aussi nous o-Mi v-ccede e' porlo.i fe ,, ^0( „ ,1 obwxvw comment lemblé pert nent en 993 , , o'auiOüfd'bj' et le» artistes se définissent pot app° ||e< j,, crèateuts et comment iis sont o leur tout, pe C P?„ous p,ewnient ici leurs nte'venann.nouv«ll.s to.es ne I art com.mpo.otn situées .fif emons e evqonw ._ a ma'qma .*e de >a don, le bogil.enttedes" *£gratu,t du souci de rentabilité, le put reconnaissance publique.ie ge* * y pia.s r de rengageront P»‘,K»ue TEMOIGNAGES ll)C BÉLAND JEAN FRANÇOIS CARON Gilbert boyer JEAN-SEBASTIEN HUOT .MARTHA HEMiNG ET lYNE LAPOINTE MARIO CÔTÉ L'imoge de l'artiste.Table ronde avec de jeunes auteurs SYLVIE DEVERS fT fRANGS DQPUiS-DÉRl Interroger l'imoginaire.Entretien avec Alain Fleiscber IOSE MARiF ARBOUR l'art, une foçon de vivre.Entretien avec Françoise Tounissou* FRANCINE COUTURE ESSAIS ET ANALYSES la parodie protocolaire STÉPHANE AQUIN De Léonard a Madonna TERR y ARCHIBALD f T DIANE PACQM Attitudes corporelles DE NA DAVIDA le petit Vitruve infatigable GtODGES ADAMCZYK L'imoge de l'écrivain et l'imaginaire commun a.jU»F thibauit l'art et les graffiti, lieu critique FRANÇOIS POISSON IMAGE Stele III — Stele IV FRANCE CHOINICRE Du dispositif tomme sujet PAUL BRETON POEMES ET FICTION Tout est donné £ TUfK ont Les écrits de l'eau SUZANNE JACOB Nos omis les chaouin» YVES BOISVERT Amsterdam FREDÉRC GIE UNO La rue des odeurs Bl ANC A CÔTÉ Le» médaillés de K>»«ÜIS wBAlD h NATTIER L Bulletin d'abonnement Abonnement institutionnel: 40,00 $ Abonnement de soutien: 40,00 $ le numéro: simple 8,00 $ Revue Possibles, B.P.114, Succursale Côte-des-Neiges, (Montréal, Québec H3S 2S4 NOM ADRESSE VILLE PROVINCE OCCUPATION CI-JOINT MANDAT POSTE AU MONTANT DE 25.00 $ POUR UN ABONNEMENT A QUATRE NUMÉROS A COMPTER DU NUMÉRO CODE POSTAI TÉLÉPHONE les mythologies scientistes du bonheur, la recherche de l’Eden technologique.Images, dessins, caricatures et photos forment la scène d’un texte largement descriptif et auréolé ici et là d’encarts qui donnent la parole aux Jules Verne, G.Wells, Isaac Asimov, et autres «conjectu-rologues» patentés.C’est à une histoire des idéologies optimistes du progrès que nous sommes conviés, dans sa version scientiste-positiviste (il serait intéressant qu’un jour, quelqu'un se penche sur l’autre version, socialiste-révolutionnaire).Aussi, dans le rétroviseur de l’an 2000, trouve-t-on une société sans livres, interdite aux piétons, où la vie domestique tient a une console électronique, une société-machine aussi fringante qu’un TGV intergalactique à carénage total défiant l’horizon.Particulièrement saisissant est le chapitre sur la «géométrie du futur», c’est-à-dire sur la ville qui est l’unique décor de l’univers technophile.Villes cubiques, villes-ponts, villes flottantes, villes atomiques sous globe, spatiopoles nomades, autant d’images vertigineuses créées par les démiurges du capitalisme serein, images qui font rêver, mais qui font peur aussi.Ix dernier chapitre est judicieusement consacré à l’angoisse, à la peur de l’esclavage qui est le tribut à verser au confort propre et aérodynamique de la technologie.Un livre à lire les deux pieds au chaud, mais pas trop.Un livre à offrir à ceux qui ne rêvent pas exclusivement en couleurs, qui savent que toute bonne chose, même le temps, même un millénaire, a une lin,est une médaille qui a un revers de fortune.Pour cultiver notre jardin JARDINS DES SENS Jeff Cox et Jerry Favia Editions Abbeville Paris 191 pages RENÉE ROWAN Pour les amoureux de beaux jai • dins, quel magnifique album! Ixs auteurs, tant par le texte que par les photos d’excellente qualité, nous font découvrir comment utiliser nos seas pour créer un jardin réussi et en tirer des plaisirs nouveaux.Jeff Cox, jardinier et auteur d’ou-.vrages sur les jardins depuis 25 ans, vit au nord de la Californie; il anime une émission de télévision sur une chaîne américaine consacrée au jardinage biologique.Le photographe Jerry Pavia, qui vil dans l'idaho, est aussi un professionnel dans ce domaine et collabore à de nombreuses publications sur les jardins.En guise d’introduction, l’auteur n’hésite pas à affirmer que «nul lieu au monde n'est plus sensuel qu’un jardin.Par les réactions visuelles, au ditives, gustatives, tactiles et olfac fives qu’il provoque, il nous émeut ou nous apaise.» C’est donc à partir de ces prémices qu’il partage son ouvrage en six chapitres: la vue, l'odorat, le toucher, Fouie, le goût et.le sixième sens, «ce sens qui est en quelque sorte la clef de l’art de vivre [.] le raffinement [.] l’intuition».L’un des objectifs poursuivis par Jeff Cox est «de mettre en lumière ces expériences sensorielles inconscientes.On verra par exemple que parcourir le jardin après la tombée de la nuit prend alors une nouvelle dimension», écrit-il.On verra que le plaisir naît non seulement de la couleur des végétaux mais aussi de leur forme, de leur texture, de leur volume et de leur harmonie ou de leur contraste avec d’autres plantes.L’auteur nous apprend comment profiter, dans le jardin, du chant des oiseaux; il nous parle du rire de l'eau ou de son murmure.Il nous montre qu'il est possible de parsemer un jardin ornemental de fruits, d’herbes aromatiques (comment donner du goût à un jardin), de fleurs comestibles et de légumes non seulement bons à croquer, mais qui peuvent être en même , temps ornementaux.Cet album n’est pas seulement beau à regarder: il donne aussi des conseils pratiques et des techniques sur la conception d’un jardin.On y trouve plus de 160 photographies en couleur représentant une grande diversité de jardins et de plantes, sources d’inspiration.ou d'envie, car bien jardiner est un art.Ce guide donne également une liste de plus de 600 végétaux (Heurs, arbustes et arbres) avec leur description et les sens auxquels ils correspondent.Un beau et luxueux cadeau à offrir aux passionnés du jardinage.Le secret du roi Les dessous du règne de Louis XV Pendant trente ans, Louis XV a tiré les ficelles du pouvoir grâce au Secret du Roi, le premier service secret «moderne» de France.FAYARD 1 J I.K I » K V ( 11It, I.KS SAMEDI I I KT I) I M A \ ( Il Y.I '1 I) KIT M It It K 1 SI SI :* SAGUENAY $Cvv:>' la ¦i+.:¦¦¦ PsI ÉDITIONS DU TRÉCARRÉ Suzanne Martel LES COUREURS DES BOIS Une découverte de la vie palpitante des pionniers de la Nouvelle-France À travers le récit des aventures palpitantes du coureur des bois Menfou Carcajou, c’est toute une époque que Suzanne Martel fait revivre: le xviV siècle à Montréal.On ne sera pas surpris de voir apparaître, aux côtés des héros, certains grands personnages de l’Histoire.UNE BELLE JOURNEE POUR MOURIR l’action de ce troisième volume de la série se déroule à un moment tragique de l’histoire de la Nouvelle-France: le massacre de l.achine en 1688.Vol.de 584 pages— 12,95S LES CHEMINS ITEAU Le quatrième et dernier volet des aventures de Menfou Carcajou.Une fresque historique fascinante, Vol.de M2 pages — 12,95$ I ÏTTFRATÏTRF TFÏTMFCÇF VIENNENT I)E PARAITRE VOYAGE Al FDI'-HOl* ROUGE ET OR ftft A A A A A A Y i A V-, \ it A A A A A A A A) (;x AA A AA AA LWJIâ e* a a a a a i ftft A A A A A A A A A AA A A A A A A A A A A A A Ai mmÊÊÊÊ%ÊÊÈit'''A A A A A A A A A A mmmmmmmmmmmga i A A A 8§ A A A é ‘ A k A Ky A A A é if A ft A WiM i* * a t k AA A k ft ft A |ft ft ft i Sslftêif ft ft ft A min js k * A a - iSLJ te AVftW kAAÀAA A A A A A.A HAA AA A A A A A A A ft ft ft; k ft ft i ft ft ft! k ft ft A ftftftj kftftft ft ftft ft* ft ftftft tftftA ftftft tftftft i**ft*k -ft A A i ftftft ft ft ft ft ft ft ft CoW"^ — LIVRES — B E A II ,\ I.1 V I! II S \ A la source du flord LE FJORD DU SAGUENAY texte: Yves Ouellet Photos: Alain Dumas Editions du Trccarré 160 pages.RENÉE rowan • # Quel beau cadeau à offrir aux amoureux du Québec! I.e Fjord du Saguenay est l’une de nos plus belles régions, une région spendide au potentiel illimité du point de vue touristique et qui est en plein essor.Écrivain et photographe nous livre ici un magnifique portrait tout en nuances et en contrastes de ce fjord, «une voie de lumière à travers notre pays et nos coeurs», écrit dans la préface Jean-Alain Tremblay.Yves Ouellet nous ramène loin dans l'histoire pour nous expliquer la formation du fjord du Saguenay.¦ Il y a quelque soixante-dix millions d’années, un effondrement de la croûte terrestre creusa, entre des parois abruptes, un immense fossé qui allait devenir le lit d’une remarquable rivière.La fjord du Saguenay avait amorcé sa genèse».Ce bel album est à la fois un cours de géographie et d’histoire abondamment illustré de magnifiques photographies en couleur, plus de 150.La qualité de l’impression est remarquable.Dans cet ouvrage, on parle de la faune et de la flore du Saguenay, une région abondamment pourvue; des bat turcs de Saint-Fulgence qui a perte de vue, «à marée basse, sembient glisser jusqu’au milieu du Saguenay»; des mammifères marins qui vont et viennent pour la plus grande joie des visiteurs; des sites archéologiques établis au confluent du Saguenay et de l’estuaire maritime du Siaint-Laurent; du développement du Saguenay et de la navigation; des «villages» du Fjord: Tadoussac, Saint-Fulgence, Saint-Rose-du- Nord.Chicoutimi.Tout y est dit et bien dit.On y trouve également des renseignements pratiques sur les activités de plein air et d’hébergement.«Rien dans [la] mentalité originale (des gens de là-bas] ne peut être compris sans d'abord comprendre ce qu’est le fjord, de sa source jus- qu'à son embouchure en passant par ses anses et ses baies, ses caps et ses falaises, ses fosses et ses abysses», note Jean-Alain Tremblay.Cet album nous aide de la plus agréable façon à faire cet exercice que l’on doit bien aux Saguenéens qui ont «conservé les valeurs de faiseurs de terre».Le Japon sous les doigts MICHEL HK LA IR 1 En principe, tout livre est «magique»; chaque page, chaque ligne, chaque mot possède le pouvoir de faire littéralement «surgir» un monde.Ou même plusieurs.Ceux et celles qui ont déjà lu des livres à leurs enfants savent de quoi je parle.Comment la sorcière réussit-elle à se cacher entre ces signes bizarres que sont les lettres?Comment le dragon ou la maison en bonbons peut-elle apparaître à la fin de la ligne?C’est précisément ce type d’émerveillement constant qui est à la source de cette nouvelle série de « p o p - h o p books» de la collection Rouge et Or des éditions G.P.Un «pop-hop book», c'est un livre d’images en trois dimensions.Vous ouvrez lentement la page, le papier se déplie et l'image explose presque en plein centre.Emerveillement garanti, même pour les adultes! Mais la chose est encore plus intéressante lorsque, comme ici dans Voyage au Japon, le livre-gadget est minutieusement fabriqué et que le texte qui l’accompagne est intelligent.Pour les enfants de 5 à K ans, voilà un outil d’apprentissage magique, une ouverture sur le monde et les différences culturelles qui en font la richesse.On trouve ici, une vue générale de Tokyo avec ses parcs, scs buildings et le fameux Shinkansen — le train-canon.Quelques pages plus Voilà un outil d'apprentissage magique, une ouverture sur le monde et les différences culturelles qui en font la richesse.loin on découvre le Grand Bouddha de Nara et même une scène tirée d’une usine où des robots articulés par une languette sont en train de monter la carosserie d’une auto.Tout cela agrémenté de propos simples et pertinents sur la culture japonaise, sa calligraphie ou sur le culte que les Japonais vouent à la nature.Ne serait-ce que parce que cette collection prépare les enfants à l’aspect magique de la lecture, voilà une belle idée de cadeau pour Noël.Deux titre?disponibles jusqu’ici: Voyage en E'.gypte et Voyage au Japon.Incontournables pour ceux qui fondent en voyant les yeux de leurs enfants se dilater de plaisir.Une nouvelle collection: ITINÉRAIRES (a b ass ion a'une ote • hilt's I Via huit MA ( J AS 1» KSI U Le combat d'un cdnealcur «L'âme d'un pays et l'avenir de son paysage, Jules Bélanger les voit de l'intérieur et nous les révéle avec force.» (Pierre Dansereau) Vol.de 224 p.— 15.95S René ( Mrboniioau l/KNFAXT QUI UHKRUHAIT DIRA' Le récit d'une grande quête d'absolu avec en toile de fond le Trois-Rivières des années 1930.Vol.de 208 p.— 15,95$ ( ülll'S LotollVIt' la musique: d'uxk vie: «Visionnaire, bâtisseur et homme de grande culture, Gilles Lefebvre a toujours visé à développer l'amour et le goût des arts, plus particulièrement de la musique.» (Joseph Rouleau) Vol.de 208 p.— 15,95$ Michel Miiir LUS NAITRA G LS DU CI LL «Michel Muir, le flamboyant pourfendeur des faux poètes.» (Réginald Martel) Vol.de 192 p.— 15,95$ Lminett Johns ROUS Ibuis In rm Une roulotte dans la nuit.À son bord, le père Emmett Johns, mieux connu sous le nom de Pops.«Je ne suis pas un boy-scout.Je suis juste un vieux prêtre parti à la recherche de ses brebis égarées.» Vol.de 104 p.— 14,95$ 34li(le L'AVENIR N’EST PLUS CE QU’IL ÉTAIT MICHEL SAINT-GERMAIN Pour connaître l'Avenir.écoutez l’émission Sous lu couverture, à Radio Canada, dimanche le 12 décembre à 16h00.Pour rencontrer l’homme derrière l'Avenir.venez à la Librairie Champigny, samedi le 18 décembre de I4h00à 16h()0.328 pages - 22,l)3 S AUX EDITIONS Q U E B E C / AM E RIQ U E Ailles - LIVRES - Coups de cœur pour les enfants UNE ÉTOILE CETTE NUIT-LÀ de Marcus Pfister éditions Nord-Sud, 1993 Après le succès A'Arc-en-Ciel le plus beau poisson des océans dont les écailles miroitaient de tous leurs feux sur chaque page, Marcus Pfister récidive avec l'histoire de la nativité.En compagnie des bergers ébahis, des rois arrachés à leurs beaux palais d’Orient et de tous les animaux de la forêt, les touts-petits se laisseront guider par une grande étoile qui les mènera à l’étable de Bethléem, üi thématique se prête merveilleusement aux douces aquarelles de l’illustrateur alors que de minces pellicules métalliques permettent aux étoiles, aux palais et aux ornements des rois de briller.C'EST MOI L’ESPION DE NOEl de Walter Wick et Jean Marzollo Scholastic, 1993 Walter Wick, le créateur de ces jeux photographiques, a misé sur le concept des objets camouflés dans l'image qui fait encore le succès de la série Charlie de Martin Handford.Ici, chacune des magnifiques photographies étalées sur double page représente une foule de décorations, de surprises et de cadeaux de Noël.Aux petits lecteurs d'images de retrouver ce qui y est caché.Les défis lancés se lisent comme des poèmes: «Je cherche une pièce d’or, deux oiseaux bleus, un oeuf doré, un petit lapin, une étoile et deux petits cailloux rayés.» Ces énigmes visuelles ne sont pas faciles à résoudre; les enfants doivent donc explorer longuement les images plutôt que les recevoir passivement.Des heures de plaisir et, en prime, des devinettes supplémentaires à la lin du livre ainsi qu’une invitation à en créer d’autres encore.COMMENT ON FAIT LES BÉBÉS! de Babette Cole Seuil, 1993 Il existe des dizaines de livres pour raconter aux enfants comment les papas et les mamans fabriquent des enfants, ht plupart sont bien faits et amusants.Celui de Babette Cole est génial et hilarant.Deux enfants exaspérés par les histoires farfelues de leurs parents (qui sont trop gênés pour raconter ce qui se passe réellement sous les couvertures) décident d’expliquer les choses de la vie à leurs aînés.Il fallait une Babette Cole pour trouver cette délicieuse astuce: laisser parler les enfants.Les informations sont aussi claires qu’inventives et la double page illustrant «papa et maman au Ira- / vail» dans toutes sortes de situations et de ?> positions constitue un des bons mo- S ÆÈ ments de la littérature pour enfants./ ar pour vrai TOUT CHOCOLAT de Sylvie lsnôtre, photographies par Daniel Czap Hachette Jeunesse, 1993 Un documentaire-livre de recettes de facture originale pour tous les chocolamanes.Non seulement les jeunes chefs apprennent-ils à réaliser des desserts chocolatés qui n’ont rien d’ordinaire — bûches, truffes, brioches, mousses, sablés cl charlottes — mais le livre propose une foule d'informations fascinantes sur ce sublime aliment découvert par les Aztèques.Sauriez-vous reconnaître un fruit de cacaoyer mûr?Saviez-vous que les Canadiens consomment en moyenne 3,0 kilos de chocolat par an, les Français 4,8 et les Suisses 10?LA MAISON DE SUZON de Lizi Boyd Seuil, 1993 C’est tout à la fois un livre, une maison, une peluche, un coffre à jouets et un atelier de bricolage.L’héroïne, Suzon, est une petite souris de feutrine.Elle habite véritablement entre les pages de ce livre qui, en s’ouvrant, se transforme en maison.Aux enfants d’inventer non seulement les histoires et les dialogues mais aussi les décors, les costumes et les accessoires.Une pochette en quatrième de couverture contient des carrés de feutrine et un livret expliquant comment fabriquer robes, manteaux, lunettes, chapeaux, meubles et lingerie pour l’adorable dévoreuse de fromage.^ LE NOUNOURS DE NOEf de Nathaéle Vogel Milan, 1993 Un livre-caresse qui fera frissonner de bonheur tous ceux qui croient encore au Père Noël.Di nuit de Noël, un petit garçon découvre un pauvre nounours aux pattes gelées et aux oreilles glacées.En suivant les traces dans la neige pour retrouver celui qui l’a perdu, l'enfant ramasse plusieurs jouets égarés qui le mènent, bien sûr, au Père Noël.Le pouvoir de séduction de cet album tient dans ce regard d’enfant que privilégie l’illustratrice et conteuse.La nuit devient magique et les jouets vivants.Quant au Père Noël, il est comme tous les enfants l’espèrent: immense, terriblement gentil, parfaitement tout-puissant.Sans compter qu'«il fredonne des petits mots de toutes les couleurs qui réchauffent les coeurs».IE CIEL PAR DESSUS NOS IETES de Diane Costa de Beauregard et Catherine de Sairigné-Bon Gallimard Jeunesse, 1993, coll.'- M DW NM riUNIflfl »»n DW OU TM Francine ' neilcUc Gmmd rég.: 24.95 spéc.: 20.95 Atfop) Mai Avau .Itan-Vvcv b*xK.y Un Eté ,SANS lUBE MargO* BMang» lapotni* Perdre mon enfant bnp41.é*> O e b ‘ Au lendemain de la Seconde guerre,' idans les pages de quotidiens et ddfnevues, l’intelligentsia littéraire française, Aragon et Jean Cassou en tête, attaque les éditeurs canadiens-fwmçais, qu’elle accuse d’éditer ontTb-Atlantique des oeuvres d’écrivains, collabos et de perpétuer ainsi lcfascisine.Ici, Robert Charbonneau se jette dans la mêlée et signe dans La Nouvelle Relève une série de réponses qui élargissent passablement le-débat, jusqu’à mettre en cause notre autonomie littéraire par rapport a la France et le porte-à-faux ins-titlitionnel de nos lettres.Bibliothèque québécoise réédite le journal deeette querelle, c'est-à-dire l'ensemble des textes de Charbonneau, précédé d’une presentation bien informée d'Elisabeth Nardout-I-afarge dt-augmente d’annexes diverses qui aident à mieux situer le débat dans le’Contexte de l’après-guerre.l.es remarques de Charbonneau sur notre américanisme et sur l’autonomie bancale de notre littérature traduisent bien l’irréductible ambiguïté du fait culturel québécois et pour cela, tilles restent, un demi-siècle plus tard, d’une cruelle actualité.LE LIVRE DE LA JAMAÏQUE Russel Banks, 10/18 On parle de plus en plus de cet écrivain américain, qui oeuvre en marge du néo-existentialisme de ses contein- E>rwns, Auster ou Delillo.«Story tetra né, grand conteur devant l'éternel, Panks nous livre avec Le livre de la Jamaïque un polar ethnographique ou sç croisent pêle-mêle la brousse jamaïquaine, les descendants des guerriers achantis, un universitaire américain en voyage d'études et.Errol Flynn, l'incorrigible don juan d'Uolly-wocd, ici mêlé à une sordide histoire de meurtre pour lequel un innocent auti K.htone est traduit en justice.LA RELATIVITE Nayla Farouki, Dont i nos-Flam ma rion Le "Que sais-je?" a maintenant un rival : le Dominos, crée par Flammarion grâce aux bons soins de Michel Serres et Nayla Farouki.tous deux philosophes et historiens des sciences.Destinée à rendre accessible a tous un savoir qui devient chaque jour plus complexe, cette collection propose, pour chaque sujet abordé, un parcours en deux parties (comme les dominos) : un expose qui présente au lecteur une synthèse des connaissances entourant l'objet d'etude ; et un essai plus libre, qui ouvre de plus larges perspectives sur la question et vise a stimuler la réflexion.Apres un Jacquard sur l’explosion dé- mographique et un l estan sur la procréation médicalisée, voici que parait une introduction a la relativité, signée par la co-directrice de la collection.I ne occasion de découvrir ce qui se cache sous la petite formule mathématique de ce cher Einstein et de comprendre une notion-clef de la physique moderne.LE PIEGE DE BOGOTA Robert Daley, Le livre de poche Parachute à Bogota parce que ses supérieurs de New-York n’apprécient guère ses méthodes peu orthodoxes, l’enquêteur Ray Douglas est chargé d'aider l’antenne locale de l’escouade anti-drogue qui lutte contre le trafic douteux du cartel de Medellin.I/- hasard voudra qu'entre lui et une journaliste intrépide stationnée en Colombie se noue une violente passion, renforcée par un combat commun.Jusqu'à ce que se referme sur ces deux déracines le piège de Bogota.Ce suspense nous est cuisiné par Robert 1 >aley, que le cinéma a imposé au public en adaptant deux de ses précédents romans, L'Année du dragon et le Prince de New York.POUR COMPRENDRE LES MÉDIAS Marshall McLuhan, Bibliothèque québécoise l it classique qui, depuis sa parution en 1964, a divisé les experts de la communication en meluhanistes et anti-mcluhanistes.Les uns brandissent comme des slogans qui expliquent tout les expressions clinquantes forgées par le penseur canadien: Le medium c’est le message», ••village global-., etc.1rs autres relèvent les sornettes - sur la lin de l'imprime entre autres - qu'il lui arrivait de proférer avec une désinvolture que l'Université et la communauté scientifique ne lui ont jamais pardi innée.Tantôt visionnaire tantôt fumiste, et souvent les deux à la fois, McLuhan reste le fauteur de troubles par qui les médias ont a jamais perdu leur innocence première, leur virginité idéologique.A lire ou a relire, ainsi que la preface de Florian Sauvageau qui porte un regard critique sur cette bible des temps modernes | LA RELATIVITE à TjjnvTm^ Un article tie collection LE CADEAU IDÉAL POUR AMATEURS D'ART ET GENS D'AFFAIRES Riopelle: Œuvres vives Tirage limité a 5 000 exemplaires.Offert dans une presentation de luxe a reliure cousue et revêtue d’une |aquette 4 couleurs 150 reproductions couleurs.Dimension: 23 x 30 cm 200 pages.Livraison assurée avant Noël h B Par la poste.Editions Riopelle-MTAI 55, rue Prince.Montréal (Québec) H3C 2M7 Par téléphone (514) 878-ARTS Par télécopieur: (514) 878-8078 Nom Titre Compagnie Adresse Ville Province Code postal T éléphone T élécopieur Nombre d'exemplaires MASTER CARD J VISA J AMERICAN EXPRESS J CHEQUE (ci-inclus) J À l’ordre de : MTAI 55 rP -, M-,- : q .m,«c> H3C 2M7 N° de carte Expiration Signature (obDfâtOir» pour *.»' ri*' t *e"« Offre spéciale pour cadeau d'entreprise: 4 Taxe incluse 6 exemplaires pour 375 $ Alain Destexhe S Va * mi assæ i ou i ¦ - * a a?' * ARMAND COLIN Mis m/m « i & 3 w Les paradoxes de l’humanitaire Entre les hauteurs de la philanthropie et les bassesses de la politique L HUMANITAIRE IMPOSSIBLE OU DEUX SIECLES D AMBIGUITE Alain Destexhe Boris, Armand Colin 1993, 240 pages FRANÇOIS HRO USSKAl LE DEVOIR Voici un livre fondamental qui comble une lacune criante dans la bibliographie politique contemporaine: une réflexion à la fois historique et sociologique sur la grande question de «l’action humanitaire», cette panacée que l’on met en scène au téléjournal, sans qu’on ne sache toujours, entre les bons sentiments et leurs effets pervers, séparer le bon grain de l’ivraie.Médecin et politicologue, secrétaire général de l’organisation Médecins sans frontières, Alain Desthex-he est l’un des observateurs — et acteurs — les mieux placés qui soient pour nous entraîner dans les méandres moraux et pratiques de cette action passée au premier plan de la politique contemporaine.L’humanitaire, nous rappelle opportunément l’auteur, n’est pourtant pas une concoction récente ou une invention française, quoique semble en dire parfois l’une des grandes vedettes de ••l’humanitaire-spectacle», Bernard Kouchner, ce médecin qui fut ministre délégué à l’Action humanitaire dans le dernier gouvernement socialiste de Paris.Au contraire, on peut relever, comme le fait Destexhe dans le premier chapitre de son livre, à partir du 16e siècle des exemples de sollicitude pour les blessés de guerre et d’échanges de prisonniers.Au 18e siècle, les principes de neutralité du personnel soignant, de leur immunité statutaire, etc., font leur apparition.Mais c’est la création de la Croix-Rouge par Henry Dunant au milieu du 19e siècle qui inaugurera l’action humanitaire telle qu’on la connaît aujourd’hui, avec ses paradoxes, ses effets pervers.et parfois, tout de même, ses bienfaits.Passant en revue divers épisodes récents de cette aventure — Biafra, donne bonne conscience aux opinions publiques un moment émues par les enfants décharnés au télé-journal; l'humanitaire devenu perversement jouet dans les mains des protagonistes d'une guerre, «parti des victimes qui devient une arme dans les mains du plus fort».Kxemple entre mille, relevé par l'auteur, des ces paradoxes déchirants: «Lorsqu'une guerre a pour but ultime d'exclure et de vider une partie de la population, l'action humanitaire est prise dans un dilemme insoluble: soit elle aide a évacuer les habitants pour les protéger et elle contribue a l’objectil même de la pu rification.soit elle s'y refuse et elle expose directement les personnes a des exactions encore plus graves.» Le livre est riche d'exemples concrets et terre-à-terre, issus d’une connaissance étendue du «terrain»; Alain 1 )estexhc, spécialiste de l'Amérique latine, a parcouru les cinq continents pour MST.Mais il contient également, en quelques phrases fortes et en convoquant au besoin Canins, Ricueur et quelques autres, l’esquisse d’une réflexion philosophique sur les méandres de la politique moderne et de ses rapports a l'humanitarisme.U* dilemme fondamental pourrait se résumer comme suit: d'un côté le danger de la dépolitisation totale, qui conduit à ne voir que des victimes indifférenciées qui ont toutes besoins de couvertures et de médicaments; lé-mique souvent à mots couverts, mais une nature qui s’offre a l'exploration Un ouvrage présentant les meilleures caricatures parues dans Le Devoir.I 20 pages r\ (4,95$ AV Serge Chapleau i la librairie RENAUD-BRAY (3117, avenue du Parc) pour dédicacer son livre dimanche, 12 décembre de 14 h à 16 h BOREAL H ALO ( AIMM) scientifique lout comme les mots, ferment de toute culture, se prêtent à la combinatoire, aux acrobaties verbales et aux cabrioles sémantiques.Bref une nature, rappelle Calvino dans son essai sur Pline, qui est «comme ce qui esi extérieur a l'homme mais qui ne se distingue pas de ce qui est le plus intrinsèque a son intellect, l'alphabet des rêves, le code de l’imagination, sans le-quel on n’atteint ni la raison ni la pensée." Rien d étonnant des lors a ce que parmi les alfinites paradoxales de Calvino, Galilée cotoie Perec, le premier comme le plus grand écrivain italien, le second comme le savant français le plus important desannées7().Mais ce qui lrap|)e dans ce livre aux commentaires toujours savoureux, précis, bien informés, c'est l'infatigable curiosité de son auteur.Se risquant dans les sentiers de traverse, Calvino brise I inertie qui, pour tel écrivain, nous porte invariablement vers tel livre.S il parle de Balzac, c’est pour nous taire découvrir /.es petits bourgeois , mi roman peu connu dans le quel se declare le plus clairement l’intention sociologique du créateur de ht comédie humaint S'il parle de Dickens, c'est pour nous vendre avec un enthousiasme contagieux les premieres pages de /.ami commun, le moins lu des romans du célébré au leur anglais.S'il parle de Mark Twain, ( est pour troquer le trop eomui llttek Finn contre l.homme qui corrompit Iladleylnng.Sans être spec ialiste, Calvino lait montre d un gout peu commun pour les continents ignorés et, meme en terre classique, pratique la lecture comme une aventure toujours i ce ommenei'c.Il y a la une leçon |xiur la critique, qu'elle soit universitaire ou journalistique.Où que vous soyez, 276-7651 Où que vous soyez, ! 5117, avenue du Porc, coin Laurier de 8h o minuit 7 jour, semaine i———————-.______ CLICHF RF PE TF A ECLAIRAGE DIFFERENT EN RAISON OU TEX1E MAL IMPRIME Il II I v (I I li .Ils S A M K I) I II I.T II I M \ \ ( Il K I I) I ( K \l li IS I I II II I) \ÏA m" U V I "S* » ! tu.'Î Q) , Pour comprendre le monde (d'aujourd’hui UMyft.».' |U )U|.\| , SM.UN Deux livres indispensables MON PREMIER LIVRE D'ART Grandes oeuvres, premiers mois hides, 64 panes l lérél.Les esprits curieuxrüb avides d'apprendre y trouves ront une mine de renseigne»! ments souvent inédits, «lui moins pour les non initiés.;r:s Le cerveau, un inconnu, est! imprime en format poche et sujb papier bible comme les autnfsl ouvrages de cette collection»UU est, lui aussi, d'une qualité t*Kû ceptionnelle.PRIX DU SIGNET DVR 1993 Catégorie Eddai Pierre Vadeboncoeur Le bonheur excejoif i vh n il ¦ >?.oil'll] mi ¦% •Idiî pub ! » >1 .(fs n > )| i iz rirt I UIKQ il) >u[h no { ¦-(.À bonheurs ilinrosion tous les samedis, de 12h,30 à Ih.3().En entrevue celte semaine A N DUE.I DAN DURAND Petit Larousse couleurs Éd.Larousse Ord 54.95 $ 39,95 S souvenirs ^b^Tpr The Tchaikovski Box (5 d.c.A Bouquet of Classics (5 d.c • Treasured Classics 15 d.c.) EMI 24,99 5 Ch.Mon Premier Livre de Souvenirs Éd.Piccolia Ord.39,95 $ 29,95 S Coll.Album I d.Courte Échelle 4.95 $d, 3,95 S ch \ isuel (anglais-français) I d.Québec/Amérique Ord -1,95 $ 39,95 5 Robert x Collins senior I d.1 e Robert Ard 4o,95 s 26,95 5 Prix en vigueur jusqu'au 15 décembre 1993 SPÉCIAL encvclopFoie „MVM - - l A - ° ^ Ç> JE ROBERT I’ICIIOS(7ai»| HU0"S9 Carrefour Angrignon: 365-4432 Mail Champlain: 465-2242 Galeries d’Anjou: 351-8763 Centre Laval: 688-5422 371 Laurier Ouest: 277-9912 igny m Mont-Royal 4380 St-Denis, Montréal (514) 844-2587 Stationnement et entrée à l'arrière rue Drolet _ \ I\ Aji-* X m .-m m./ i 1 1 ^ J j V f**"/ À» n' Coll.Contes Classiques j Éd.Mango ch.4,95 S ch.| a .ajjj ' iiy i§gr*r~ a •r \T P 1 \ h 1 nP .IS L E S SA M E I) I II E T I) I M A X < Il E I 2 I) H (' E M II It K I !l !) A xut b! -obO) -login i U - ir.'l i : •in in Piiiill ; 833 Ji i li l'\f,r side! ’ -TiJrn -ai )ix \ •iVS » ornni • vl • S' 1 iiov:> > •Kisini ; 8*)Ii ;c 1 : •lo) / 5Up S»I in i i no?t: ; OJfltr IMi r -»tn ju U annuaire de la misogynie CEIIE MÂLE ASSURANCE Benoîte Groult Albin Michel, 276 pages M A R I E - H É L È N E A LA R I E LE DEVOIR T a différence des organes sexuels entraîne la différence «Lj des fonctions sociales.Le prétendu droit de suffrage n’est qu’une des fonctions sociales qui incombent à l'homme à cause de sa conformation physique et mentale.».De qui peut bien être cette citation?Son auteur n’est nul autre qu’Henri Bourassa, le fondateur du journal LE DEVOIR.Dans cet essai de Benoîte Groult, cette citation succède à celle de Charles de Gaulle: «Un ministère de la condition féminine?Pourquoi pas un sous secrétariat d’Etat au tricot.» Ce livre est en fait un annuaire des misogynes.On y trouve 2000 citations dénichées à même l'histoire.Personne ne trouve grâce aux yeux de Benoîte Groult: les religieux, les philosophes et moralistes, les médecins et scientifiques, les éducateurs, les hommes politiques, les écrivains, historiens et journalistes et les femmes aussi.Molière, Balzac, Vian, Sartre, Camus, Bernard-Henri I évv : ils y sont tous.Dans une introduction courte mais fort intéressante, l’auteu-re retrace l'histoire des femmes vue par les hommes.On y explique comment est née la notion d’infériorité de la femme, comment cette notion a été entretenue à travers les âges par des mécanismes simples mais efficaces.Comme les premiers penseurs de l'Antiquité avaient décrété que les femmes naissaient faibles d’esprit et incapables d’activité créatrice, il n’en fallait pas plus aux Pères de l’Église pour emboîter le pas: des deux versions originales de la Génèse, dont l'une était que l’homme et la femme avaient été créés en même temps ils choisirent celle que nous connaissons bien.Aristote avait bien affirmé: «.que la femme n’est qu’un mâle raté, une erreur de la nature, le résultat d’un défaut de fabrication».Pour sa part Bossuet dira quelques siècles plus tard «la femme est le produit d’un os surnuméraire».Il est facile de comprendre que le sort des femmes ait été réglé d’avance.Être un homme de science au moyen-âge voulait souvent dire aussi appartenir au Clergé, il ne fallait donc pas compter sur eux pour faire avancer la cause des femmes.Benoîte Groult nous rappelle qu’aucun chirurgien n’assistera à un acou-chement en Europe avant 1550.C’est donc dire à quel point la médecine s’intéressait a la femme! Plus tard, par contre, c'est â sa psychologie qu’on s’intéressera.Le Dr Fonssagrives, en 1869 nous dit: «On a beaucoup discuté la question de savoir si la femme n’était pas un être radicalement débile (.).Sa débilité n’est qu’apparente: elle a, en effet, de meilleurs principes de vie que l’homme.» On serait tenté de croire que les poètes et écrivains pourraient racheter leurs frères, mais aucun sauf peut-être Stendhal ne peut se taxer d'ètre féministe selon Benoîte Groult.Effectivement, Stendhal proposait à sa soeur que plutôt de tricoter, elle devrait lire un bon livre.Ainsi, ses heures seraient utilisées à meilleur escient.Tout les autres auront demandé aux femmes de se conformer à l'idéal masculin de féminité.Qu’on pense à Claude Mauriac: «La femme est une promesse non tenue», Victor Hugo: «Une femme qui a un amant est un ange, une femme qui a trois amants est une femme», William Burroughs: «Elles sont vraiment une sorte d’erreur fondamentale».la liste continue toujours dans le même ordre d’idées.Les années passent et bien sur le discours misogyne se transforme.Il devient, nous dit-on gényphobe: «Mais peut-on parler de misogynie névrotique?N’est-ce pas un pléonasme?La misogynie est-elle autre chose qu’une névrose, une manière d’exorciser la peur qu’inspire l’Autre?».Heureusement les temps changent.Et s’ils ne changeaient pas tant que ça?Avec cet essai, l’auteure à’Ainsi soit-elle et des Vaisseaux du cœur veut nous mettre en garde contre cette espèce de léthargie qui s’empare du féminisme.En conclusion, Benoîte Groult compare l’anti-féminisme au racisme en disant qu’«il n'existe pas de misogynie charmante ou bénigne, pas plus que de racisme charmant ou sans danger».Bref, un ouvrage dense et croustillant qui vous fera peut-être perdre vos dernières illusions sur les grands Hommes de l'histoire.«Il n’existe pas de misogynie charmante ou bénigne, pas plus que de racisme charmant ou sans danger».LE PETIT LAROUSSE LE PETIT LAROUSSE PETIT LAROUSSE Ppx ord.54.95 5 Notre Prix 36,95 S LAROUSSE GRAND FORMAT Prix ord.79,95 5 Notre Prix 48,95 S - IJ» 1* " ApL »Tjj| .fi ¦ .du ÆtmÉ* ¦ævh v\\ \ ‘ '/ > "• 'fvf •lis COFFRET IMPRESSIONISME 2 volumes - id.Jaschen Prix ord.99,95 5 Notre Prix 64,95 S COFFRET VAN GOGH 2 volumes - id.Taschen Prix ord.14,95 S Notre Prix 23,955 MB'i KvUJ LES ANIMAUX DU GRAND NORD id.Héritage Prix ord 19,95 5 Notre Prix 2 7,95 S LA GARANTIE DU MEILLEUR PRIX Si un concurrent annonce un livre à un prix moindre que Le Parchemin nous réduirons ce prix de 5%’ AIMER ET SE LE DIRE id.de l'homme Prix ord.19,95 S Notre Prix 13,955 LE LIVRE JEU DES HIEROGLYPHES éditions Héritage jeunesse Imitez les scribes égyptiens.Inventez vos codes secrets et déchiffrez des messages.Prix ord 27,95 S Notre Prix 19,8s5 le Parchemins RÉDUC TION SUR TOUS NOS LIVRES A L'ANNEE l’rix en vijçucur jusqu'au 18 décembre Ouvert Dimanche à l’Intérieur de la station Métro m Berri-UQAM Tél.: 845-5243 LIVRES -r De la radiographie à la géographie L'ATLAS DE LA SANÏÉ DANS LE MONDE , 136 pages, Judith Mackay.Editions Autrement, octobre 1993.ANTOINE CHAR LE DEVOIR .'T'outes les quatre heures, un jumbo-jet « 1 s’écrase sans laisser de survivants.Tous les passagers sont des femmes dans la fleur de l’âge (.) Elles sont enceintes ou accompagnées d’un nouveau-né (.) » Elles sont plus d’un demi-million à mourir annuellement dans le monde d’affçctions liées à la grossesse et à l’accouchement.A 4000 près, ces décès ont pour cadre les pays pauvres.Il n’y a certes rien de plus rebutant que les nombres qui se bousculent pour expliquer un fait, mais lorsqu’ils introduisent un sens à ce fait celui-ci prend alors une dimension humaine qui donne à penser pour mieux donner â voir.L'Atlas de la santé dans le Monde est un tout petit livre de 136 pages qui nous fait grimper un Himalaya de chiffres et de statistiques pour mieux nous déposer au sommet de la réflexion.L’auteure n’est vraisemblablement connue que de son entourage immédiat.Peu importe, le Dr Judith Mackay qui se présente comme une «spécialiste, reconnue sur le plan international, des questions de santé» sait de quoi elle parle.En huit courtes tranches, elle nous livre ce qui devrait être le pain quotidien de toute personne af- famée de données sur son «village planétaire».Ainsi, nous apprenons que tous les 30 ans environ, un nouveau virus de la grippe fait le tour du globe et que «la pire épidémie du siècle (1918-19) a frappé la moitié de la population mondiale et tué environ 20 millions de personnes».Plus que toute la Première Guerre Un tout petit livre mondiale.Les maladies cardiovasculaires, c’est bien connu, comptent pour près de la moitié des morts dans les pays industrialisés mais sait-on qu’elles constituent la seconde cause de décès (16%) des pays dits en développement après les maladies infec-tueuses et parasitaires?Au total, sur les 50 millions de morts chaque année dans le monde, 12 millions partent d’une maladie du coeur, contre 5 millions pour le cancer «à peu près équitablement partagés entre pays riches et pauvres».Le sida lui aussi touche le monde entier mais ce qui surprend en lisant ce livre c’est d’apprendre que d’ici la fin du siècle, un tiers de cas «frappera un enfant, et, s’ils en réchappent, ils seront entre 10 et 15 millions d’orphelins â cause de cette maladie».de 136 pages qui nous fait grimper un Himalaya de chiffres et de statistiques pour mieux nous déposer au sommet de la réflexion.Si heureusement nous ne sommes pas tous malades, «nous sommes tous handicapés â un degré ou â un autre, mais la vie de 7 à 10% de la population mondiale se trouve gravement altéréee par des problèmes physiques, mentaux ou sensoriels».Judith Mackay nous apprend même, sans nous donner plus de détails, que 13% des Canadiens sont handicapés.Pour soigner les 5 milliards d’hommes, de femmes et d’enfants (la population mondiale augmente de deux millions en moyenne par semaine), «il y a plus de 5 millions de praticiens de par le monde, 500 (XX) dentistes et 4 millions d’auxiliaires tlivers», encore une fois très inégalement répartis.Quant aux médicaments, plus des trois quarts des produits pharmaceutiques du monde sont consommés par 25% de la population mondiale qui vit, bien sûr, dans les pays riches.«Dans certains pays d’Europe et d’Amérique du Nord, chaque personne dépense à peu près jusqu’à 300 dollars par an pour des médicaments, contre 5 dollars dans les pays pauvres; dans certains pays d’Afrique noire, ce chiffre s’abaisse à un dollar.» Pour élaborer cet atlas de la santé dans le monde, Judith Mackay a surtout fait appel à l’Organisation mondiale de la santé et à d’autres agences des Nations unies telles que l’UNICEF.Les 36 cartes de cet atlas sont claires, bien détaillées et suivies chacune d’un commentaire de l’auteur, écrit cependant dans un style «clinique».Mais le Dr Judith Mackay n’a aucune prétention littéraire et c’est peut-être mieux ainsi.La dérive parfois lascive des jours LES ÉLÉMENIS DU DÉSASTRE Alvaro Mutis Traduit de l'espagnol par François Maspero Farts, Grasset, 1993.238 pages HERVÉ GUAY Adéfaut de publier un nouveau roman d’Alvaro Mutis cet automne, Grasset fait connaître son oeuvre poétique dans une très belle traduction de François Maspero.Le romancier colombien a du reste commencé sa carrière littéraire comme poète.En 1959, Octavio Paz saluait déjà « l’ordre et la beauté» de ses poèmes.Précisons tout de suite que Mutis ne pratique pas une poésie hermétique.Plus accessible que d’autres au lecteur, elle est composée en outre de courts textes en prose, dont plusieurs ont été intégrés ça et là à ses divers romans par le poète, à la manière d’un peintre qui fusionne l’abstrait et le figuratif.Ceux qui connaissent bien l’écrivain seront aussi heureux de retrouver Maqroll el Gaviero, le protagoniste des cinq romans antérieurs de Mutis.D’ailleurs, le personnage est né dans ces recueils de poèmes où il invoque le Seigneur, conjure la maladie et raconte ses errances.En fait, Mutis écrit une poésie très narrative où s'accumulent pêle-mêle les événements, les actions, les hommes et les choses.Le poète semble toujours s’y demander pourquoi tout cela combiné mène forcément au naufrage.Voilà pourquoi son recueil s’intitule lœs éléments du désastre.Ce qu’il dit autrement quand il affirme que «nul rêve, pas même le plus noir de nos cauchemars, ne peut égaler la somme totale des échecs qui composent notre vie».Le poète fouille néanmoins tous les recoins de sa mémoire pour se rappeler les moments ou la chair arrache au Temps quelque «vérité d’une substance particulière».Il est toujours en quête de la femme qui «vient d'un autre temps», voire de cet autre temps, de cet autre lieu d’avant le désastre où l’harmonie et le bonheur régnaient peut-être.Encore qu’avant tout, Mutis soit un poète de la dissolution.Une fois toutes choses nommées, leur souvenir s’en va se perdre «comme l’encre du poulpe dans l’océan vaste et calme».Aussi se fait-il volontiers le récitant des démarchages et marchandages inutiles, des attentes prolongées, des vides passagers, des parcours erratiques qui ne mènent nulle part et dont chaque desti- Mutis est un né5““ prodiP"- poète pessimiste, quoique d’un pessimisme hédoniste, pour qui vivre est certes un exploit inutile, mais exaltant le courage.Buis, au détour d’un chemin peu fréquenté ou bien d’un champ de bataille: la mort.Qu’importe que veilles ou agonies l’aient précédée puisque l’homme n’arrive jamais à comprendre un Dieu dont la logique le dépasse (même s’il croit en lui).Ije savoir non plus ne lui est d'aucun secours pour éclairer son terme car souvent il ne sert qu’à mesurer l’ampleur de «la misérable incurie des hommes».Soit: Mutis est un poète pessimiste, quoique d’un pessimisme hédoniste, pour qui vivre est certes un exploit inutile, mais exaltant le courage.C'est dans son corps noyé de sensations que le poète éprouve «la solitude aquatique et nocturne de la forêt» ou qu’il appréhende avec «la patience du galet» la visite de la pluie «un instant victorieuse de la mort».Ses poèmes rendent d’une façon particulièrement vive le temps suspendu indéfiniment, les pérégrinations vaines ainsi que l’irruption inopinée de la camarde.Pour cela, chez Mutis, nombreux sont les marigots funèbres dans lesquels s'enlise le voyageur, ou encore les évocations anciennes de héros qui n’ont pas mieux survécu que nous ne le ferons.En revanche, dans ces pages claires-obscures, que de vers justes pour chanter la dérive parfois lascive des jours.MICHEL SER RES de I Atjdcimc lum,ui»2 LA LÉGENDE DES A X 1 ANGES mmmurion Nouveauté Michel Serres LA LÉGENDE DES ANGES A travers l'exploration passionnée du monde des Anges, messagers d'hier et d'aujourd'hui, Michel Serres fait pour la première fois, dans ce magnifique ouvrage illustré, la synthèse de deux grands courants de sa pensée: l'étude de la communication et celle de notre monde physique, sensible, social et humain.Il nous offre, pour notre plus grand plaisir, une nouvelle dimension de découverte et de rêve.Flammarion Sexe, bombe et rock’n roll JOUEURS Don DeLillo, Actes Sud, 202 pages RÉMY CHAREST LE DEVOIR Vous avez certainement déjà entendu dire que les écrivains savent parfois, entre les lignes, être visionnaires, parfois même un peu prophètes.Ui traduction de Joueurs, roman paru, à l’origine, en 1977, semble placer son auteur, Don DeLillo dans cette catégorie de manieurs de plume.De Lillo nous entraîne, par la voie des aventures sexuelles et de la curiosité désoeuvrée de travailleurs en routine, sur les traces d’un couple à la dérive, Pammy et Lyle.Elle est confuse et sombre à tout moment dans l’ennui total, il est maniaque et manipulateur, et ils deviendront joueurs involontaires d’étranges scénarios, en particulier d’un complot visant à faire sauter le World Trade Center, intrigue pour le moins réactualisée par des événements récents.Si la vision de DeLillo s’arrêtait à cette anecdote, on pourrait aisément mettre le tout sur le dos de la chance, et remettre Joueurs sur les tablettes des romans passés.Mais c’est avant tout son appréciation d’une société au bord du gouffre, qui tente de garder la face malgré tout, qui se présente très bien dans le contexte des années 90.L’auteur de Mao H et un des chefs de file de la nouvelle vague américaine, apparenté à des auteurs comme Brett Easton Ellis, Russell Banks ou Cormac McCarthy par un regard parfois à contre-courant sur les dessous et les travers de la société américaine, a su saisir des tendances qui ne sont que récemment apparues au grand jour.Quand il nous montre Lyle assis à cinquante centimètres de son téléviseur, zappant toutes les quelques secondes parce qu’il n’y a que l’image qui compte, courant les pubs parce quelles sont plus accrocheuses que les émissions, happé au passage par un canal de pornos amateurs qui l’arrête un peu plus longtemps que le reste, voilà bien un regard en avant de son temps.Sa manière de construire des conversations qui ne tiennent à rien, plus souvent un moyen de combler le vide, de faire passer le temps, plutôt qu’un véritable échange entre les esprits, aurait pu inspirer Douglas Coupland, l’auteur de Generation X.Le sens du décrochage, du désoeuvrement sont des choses bien à la mode, ces années-ci: pour un auteur qui parle, en boutade, DeLillo a su mettre le doigt sur la longue durée.Bien sûr, il y a quelques choses dans son point de vue qui tiennent plus des années de révolution sexuelle que des années sida.Mais le sexe, malgré tout, ne se démode jamais, et le regard de l’auteur est, là aussi, tout à fait singulier.Ut manière d’observer le mouvement des corps, de l’expliquer, d’en décortiquer certains éléments, est tout a fait inusitée.Le tout baigne dans un humour cinglant, une immense mesure de dry wit, comme disent les anglais: les gags et les commentaires sardoniques passent si vite que si on cligne des yeux, on en perd la moitié.Il y a cette même vivacité dans la construction du roman, où Don DeLillo croise le sexuel el le politique, l’économique et le gastronomique avec une apparente désinvolture.( elle écriture est dense el intense, et doit être parcourue avec attention: deux tableaux a priori mystérieux encadrent le (lévelopix-ment de l’histoire.I -cur signification ne se révèle que graduellement, si ce n’esl qu'à la relecture.Ce u est, par exemple, qu’à la toute fin du bouquin que l’on comprend cette phrase, apparemment lancée de nulle part, au tout début du livre: «les motels.J aime les motels.J’aimerais en posséder une chaîne, mondiale.J’aimerais aller de I un a l'autre, et encore à un autre, t ela a quelque chose de gratifiant-» la aussi, il y a un peu de prophétie, propre au seul roman, celle-là.¦ mÊÊÊmmiÊÊÊimmiaaÊÊtÊmmi I.K I) K V U I li .I.K S S A M K I) I II K I) I M A X (' Il K 12 I) K (’ K M li li K I !» 9 Il B A N I) E 1) E S S I N li li dL ‘ Othon Aristides, dit Fred Le seul et unique Fred L’histoire du Corbac aux baskets annonce un virage dans l’œuvre du célèbre bédéiste «J’ai toujours eu un faible pour les fées qui tapent sur les crapauds avec leur baguette afin de les transformer en prince charmant, ou vice-versa.» L'HISTOIRE DU CORBAC AUX BASKETS Fred Edition Dargaud PIERRE LEFEBVRE O thon Aristides, dit Fred, est l’un des auteurs de bandes dessinées les plus importants de sa génération.Depuis le début des années 60, il élabore une oeuvre forte et l’originale.Il demeure inclassable.On ne peut l’associer à aucun courant, ou arbre généalogique.Seul Winsor McCay, créateur de Little Nemo, pourrait être considéré comme son prédécesseur.Autrement, c’est plutôt du côté de la littérature, chez Lewis Carroll, Jules Renard et Kafka notamment, qu’il faut chercher ses sources d’inspiration.De même, si la BD contemporaine regorge de sous-Franquin (Lagaffe), sous-Cotlib (Ru-brique-à-Brac) ou sous-Greg (AchilleTalon), FYed demeure l’un des rares «monstres sacrés» à ne pas avoir eu de disciples, talentueux ou non, preuve supplémentaire de l’exclusivité de sa démarche.Si le grand public le connaît pour les aventures de Philé-mon, ce jeune homme accompagnant inlassablement le puisatier Barthélémy dans sa recherche du «A» de l’océan Atlantique, l’autre versant de son oeuvre est tout aussi considérable et recèle de trésors tel l’éblouissant Petit Cirque, alliage troublant de tendresse et d’humour noir et peut-être à ce jour le chef-d’œuvre de l’auteur.Fred était de passage à Montréal dernièrement, où il a lancé au Musée.pour rire L'Histoire du Corbac aux Baskets.Il y avait maintenant cinq ans qu’il n’avait touché à la bande dessinée et une nouvelle publication du maître de la BD poétique est événement en soi.Mais ce dernier album est beaucoup plus qu’un simple ajout au bout d’un bibliographie déjà copieuse.11 s’avère un des temps fort de l’oeuvre, et annonce même une nouvelle voie dans le travail de Fred.Avec ce récit d’une séance de thérapie d’un type qui s’est éveillé un matin transformé en corbeau, Fred renouvelle en effet son art, tout en demeurant fi-dèle à ce mélange de satire et de merveilleux qui soutient l’esprit de son oeuvre.«Cette histoire de corbeau me fait un peu l’effet d’un premier album», m’avouait Fred lors d’une rencontre au Salon du Livre de Montréal.«Quand je l’ai entreprise, cela faisait quatre ans déjà que je n’avais pas dessiné et écrit quoi que ce soit pour la BD.Habituellement, je m’arrêtais pour trois semaines, un mois tout au plus.Aloi s cette extraordinaire distance m’a permis d’aborder ce médium comme quelque chose de neuf» poursuit-il.«J’ai bien sûr encore et toujours les mêmes préoccupations, mais cette fois-ci, j ai réussi à les préciser un peu plus, en les focalisant sur des problèmes immédiats, comme le chômage par exemple, ou l’intolérance face a la différence.Mon intérêt pour l’air du temps, on le retrouve aussi dans Philemon, mais un petit peu dilué, parce que là, je tente d abord de construire une aventure qui intéressera d’abord les enfants» précise-t-il.«Ici, j’ai voulu toucher les choses directement, aborder l’actualité comme peuvent le faire les caricaturistes-éditorialistes.Ce qui n’en fait surtout pas un album à messages.Je me suis seulement défoulé sur des trucs qui m’ennuient.Cela ne changera pas le monde, mais mois, de faire un truc pareil, ça me change de l’état actuel des choses» m’assure-t-il.Bien qu’Armand Corbackobasket s’éveillant un matin recouvert de plumes ne peut qu’im-manquablement rappeler l’infortuné Grégoire Samsa s’éveillant changé en cafard, il n’est pas pour autant un enfant illégitime de Kafka.Armand fait plutôt partie d’une longue lignée de métamorphosés issus de l’ensemble de l’oeuvre de Fred.Par exemple, dans Le Fond de l’Air est Frais, Simon Soublequilloux s’éveille, lui, avec une roue à la place du pie et un moteur lui tenant lieu d’entrailles.Toujours dans le même album, le nez d’un fiancé se mue en trompe suite à un repas de choucroute.Il n’y a pas que les gens d’ailleurs, qui se transforment chez Fred.Les parquets deviennent mouvants, comme les sables, les pianos sauvages chargent comme des taureaux, et les zèbres font office de cellules.«J’aime bien la notion de transformation» déclare Fred.C’est un truc de conte de fées.J’ai toujours eu un faible pour les fées qui tapent sur les crapauds avec leur baguette afin de les transformer en prince charmant, ou vice-versa.J’aime imaginer que dans la vie, tout est possible.C’est avant tout cela qui me charme dans la notion de métamorphose: que cela soit possible.Ce n’est pas pour moi un moyen de faire des paraboles.Un type qui se transforme en corbeau, ça ne veut rien dire, hormis qu’un type peut se transformer en corbeau.Les contes, j’y ai cru quand j’étais enfant, et j’ai la chance d’y croire encore» confesse-t-il.«Ce matin par exemple, de ma chambre d’hôtel, j’ai vu un oiseau ciui passait à toute vitesse, et c’était marrant, parce qu’il avait l’air pressé.On aurait dit le lapin de Carroll.C’est tout juste s’il n’avait pas un attaché-case et une montre.Et un peu plus loin derrière, il y avait une mouette qui planait, en s’en foutant complètement, comme si elle n’avait rien à faire de toute la journée.Il suffit de regarder pour imaginer des histoires» me dit-il.«Moi, je ne m’embête jamais quand je suis seul.Je n’ai pas besoin de bouquin ou de quoi que ce soit: je regarde autour de moi, et c’est fascinant.Il ne s'agit iras d’observer pour observer, mais de laisser flâner le regard.Parce que lorsqu'on regarde de façon utilitaire, pour "voir", pour "enregistrer", ce n'est plus la même chose.Je ne prend aucune note dans ce temps là.Parfois même, je ne capte même pas ce qui a lieu.Et d’autre fois on est plus réceptif et n’importe quoi nous permet d’inventer une histoire.J’aime bien être dans ce genre de disposition.Je le suis presque tout le temps d’ailleurs.Et je ne fais pas d’efforts.C’est comme ça, c’est tout.Quand je travaille, c’est très simple, je n'ai qu’à mettre dans cet état, bien que ce soit alors un plus compliqué, parce qu'il faut rendre les choses compréhensibles pour les autres.Mais je pourrais fort bien me passer d’écrire et de dessiner, et seulement m’étendre sur mon lit pour imaginer des histoires à longueur de journée.Mais ce serait un peu égoïste», conclut-il en souriant.Un livre unique sur l'une des plus belles régions au Québec FJORD DU SAGUENAY Alain Dumas Yves Ouellet 160 pages, 49,95 $ • Des textes c/ui relatent l'histoire, la faune et la/lore du Fjord, du Saguenay • Plus de 150 photographies en couleurs illustrent les textes • Des renseignements pratiques sur les activités de plein air et l'hébergement Le Fjord du Saguenay, un ouvrage qui exprime Dime de ee pays! R E S Pearson à Pearson SEIZE THE DAY.LESTER B PEARSON AND CRISIS DIPLOMACY Geojfrey A.H.Pearson Carieton University Press, 1993, 190 pages JOCELYN COULON LE DEVOIR Il fut un temps où le Canada comptait dans les affaires mondiales.Sa voix était écoutée, son influence était notable.Les historiens ont appelé cette époque, qui s’est écoulée entre 1945 et 1960,1 age d’or de la diplomatie canadienne.Et un de ses plus brillants représentants fut certainement Lester B.Pearson.Dans ce livre, court mais qui va à l’essentiel, son tils Geoffrey retrace les grands moments de l’action internationale de son père, lorsque celui-ci occupa le poste de ministre des Affaires étrangères de 1948 jusqu’à la chute du gouvernement libéral en 1957.C’est l’hommage d’un fils, lui-même grand diplomate, à un père exceptionnel.Sans apologie, ce qui aurait pu être tentant.Après tout, Lester B.Pearson est le seul Canadien à s’être distingué tant à l’étranger — prix Nobel de la paix — qu’au pays en devenant premier ministre en 1963.Un parcours sans écueil pour ce fils d'un modeste ministre méthodiste.Pearson a été de toutes les décisions et de toutes les crises qui ont jalonné cette période troublée, mais combien euphorique de l’après-guerre.11 fallait tout reconstruire, et cela a permis au Canada de jouer un rôle, souvent déterminant, (fans la création de l’OTAN et de l'Etat d’Israël, dans l'aide aux pays du sous-continent indien, dans le refoulement du communisme en Corée ou à Berlin, dans le règlement de la crise de Suez et dans la création des Casques bleus, deux initiatives qui devaient mériter à Pearson le Nobel.A chaque fois que cela était possible, il réclamait et obtenait une plus grande intervention des Nations Unies.Il croyait fermement au concept de sécurité collective et à l’action modératrice de l’ONU.Tout cet activisme diplomatique ne lui a pas valu que des amis.Les Britanniques préféraient leur allian- ce spéciale avec les États-Unis aux grandes organisations transatlantiques.Les Américains n’aimaient pas le recours constant à l’ONU alors que les Conservateurs au Parlement dénoncèrent la trahison envers les mères patries dans l’affaire de Suez, lorsque l’opposition à ses idées était trop forte, Pearson savait «prendre le siège arrière».Il restait toutefois inébranlable dans sa conviction que l’ordre international de l’après-guerre devait reposer sur des bases solides qui éviteraient qu’il ne s'effondre comme celui qui avait suivi le conflit de 1914-1918.11 estimait de son devoir d'aider à la construction d’organisations régionales et internationales dont les décisions seraient respectées.Mais Pearson pouvait être ferme et acceptait, avec réticence, que la force rétablisse le droit, sinon le statu quo.Son héritage lui a survécu, et son iils rappelle qu’avec la (in de la guer re froide et le retrait de la puissance américaine, les occasions à saisir sont nombreuses qui pourraient permettre une renaissance de la diplomatie canadienne.JORD SAGUl I.e m a g a z i n e i n d i s p e n s able a u b o u q u i n e u r BLANCHE ï Je suis sans doute une moraliste cachee.Ainsi, Lust est une forte critique sociale, un exemple démontrant les mécanismes de l'esclavagisme moderne.Voyez-vous, ce qui importe chez Sade, pour ne prendre que cette référence, ce ne sont pas les scènes érotico-sexuelles; ce qui est inouï, c’est le tableau moraliste de cette société, dans laquelle les aristocrates, les évêques, les avocats jettent le peuple comme autant de morceaux de viande sur un comptoir, le déchirant et s’en débarrassant après.[.] Oui, je parle souvent du principe du père: il n’est plus le protecteur de la famille, tien est le démon.[.] Je participe, je prends parti et par ma façon d’écrire j’évite une lecture superficielle, je m \adresse à des lecteurs qui auront du plaisir à apprivoiser ma langue.Il ne s’agit nullement d’une écriture élitiste.Sans vouloir nécessairement écrire pour tout le monde, je me demande pourquoi je ne devrais pas donner du plaisir intellectuel à des lycéens si je les force à rester près du mot.Elfriede Jelinek Entrevue réalisée par Hans-Jürgen Greif A suivre dans le numéro de décembre du magazine Nuit blanche Offre spéciale d'abonnement (4 numéros: 18,19 $) Un livre au choix contre un abonnement.Indique/ le livre choisi.+ (Frais postaux 3 S S) ?Ville concrète (Cassette), Claude Beausoleil, Écrits des Forges — ?Amantes (Cassette).Nicole Brossant, Écrits des Forges ?la marche à l'amour (Cassette).Gaston Miron, Écrits des Forges — ?Dictionnaire des expressions québécoises, Pierre Desruisseaux.“Bibliothèque québécoise» — ?Le temps sauvage, Anne Hébert."Bibliothèque québécoise» — ?Regards et jeux dans l'espace, Hector de Saint-Dems (iarne.au."Bibliothèque québécoise» — ?Pour comprendre les médias, Marshall McLuhan, "Bibliothèque québécoise» — ?Trou de mémoire.Hubert Aquin, "Bibliothèque québécoise» — D Occasions de bonheur, Alain Stanké.Stanké — ?Les gens du neuve, anthologie.Victor-Lévy Beaulieu.Stanké — ?Kéhek à la porte (Poèmes politiques: 1%'-1W), Raoul Duguay.Stanké.Nom:_______ Adresse: Code postal EDITIONS DU TRECARRE ________Téléphone:______________________________________________ Envoyez lotre chèque à l'ordre de Suit blanche.102b.rue Saint Jean, bureau 403.Québec (Que ) GIR IR7 CKTTE OFFRE EST VALVULE JUSQU'AU 31 MARS IWi Itl II Tél (418) 692-1354 I.!'• I» I'- V ill It .I.K S S A M K |)| I | K T I) I M A X < Il K I L Il K ( K M li lt K I !» Il :t 1)! 20 TOURISME i11 côté de Sainte-Adèle ¦ A ses Io( faits gastronomiques, l’Eau .a la Bouche (514-227-1416), Membre des Relais & Châteaux, a ajouté un forfait de deux nuits en chambre-studio, ; deux petits déjeuners, deux journées ; de ski alpin a la station Belle-Neige de ! Val-Morin et un diner en table d'hôtiv a compter de 210$ par ix'rsonnc en ix-cupation double, taxes et services en sus.¦ ( irand hôtel de villégiature, le Clian- ! teeler (1-800-363-2420) offre le Gîte Xi j Ski.forfait comprenant hébergement ; et ski illimité de jour et en soiree (69$ : par personne par jour en occupation j double et de 10.1$ a 143$ avec deux rc-pas par jour) el I Escapade biurenlicn-nc (deux nuits, deux petits déjeuners, : un repas a plusieurs services et deux jours de ski, 209$ par ixTsonne en occupation double).I axes et services en sus dans tous les cas.Renseignements: Association des stations de ski du Québec, (511) 193-1810.LA GLISSE SUITE DE LA PAGE I) 22 Et skier conduit au voyage.A Val d’Irène en Gaspésic, au Valinouët au Saguenay, au Mont-Comi dans le Bay Saint-liiurcnl, à la Vallée-du-Parc en Maurieie, au Monl-Sainle-Marie, dans l’Oulaoiiais, au Mont-Orignal dans la Beauce, le ski de descente s’exerce partout ou presque.Et partout l'oeil, au sommet des versants comme a mi ix'iite, l’oeil |x‘iil se laisser aller a admi- rer des panoramas inconnus en d autres saisons: parce que les feuilles ! sont tombées, parce que la neige colo-le tout différemment, parce qui* le ski et l'hiver permettent de monter vej-çÎ! les bailleurs —avant la descente! ;; j' Fl toujours et partout ce plaisir renouvelé, que la neige soit dure ou); mouillée, lourde ou floconneuse, que les pentes soient raides ou qu'il y ait des bosses, que le temps suit doux, frisquet ou carrément froid A1C 880070 i.i it i: v (t i is s s \ m i: h i i: T I) I M A \ < II I 1) I l K M li I! I I !l !) I) ‘41(1 T !> h SME C 11 K () N l Q l! K Compagnons de route NORMAND C A Z H L A I S Nombre de gens vivent au quotidien le célibat ou la solitude.Pour certains, c’est un choix; pour d’autres, non.Et ce n’est pas tout le monde qui possède la puissance d’évocation de Moustaki.On parle même, en des milieux bien informés, de mal du siècle.Chose certaine, il y a là une forme d’étau moral, sinon une détresse.Pour s’en assurer, il suffit de lire les sections spécialisées des annonces classées des journaux ou d’observer la rapide prolifération de clubs de rencontres en tout genre.En février dernier, voici donc une dizaine de mois, est né à Magog un «club so cial», Les Compagnons de route.«Son but, dit Jean-Guy Blain, son initiateur, est de proposer aux personnes seules des activités et voyages thématiques adaptés à leurs besoins et bien d’autres avantages que seul un regroupement peut offrir grâce à son pouvoir d’achat (forfaits de groupes, tarifs préférentiels pour hôtels, assurances, etc.).» Jusqu’ici, Les Compagnons de route ont traité plus de 2500 demandes d’information et recruté quelque 475 membres résidant pour la plupart dans les Cantons de l’Est et la région montréalaise.1 .es adhérents ont entre 38 et 52 ans et un peu plus du quart sont des hommes; beaucoup sont des enseignants, des semi-professionnels et des professionnels.Et tous vivent seuls, bien sur.
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.