Le devoir, 30 décembre 1993, Cahier A
mm LE DEVO i A 1) K X les Actualités .A2 Vendu cultnn'l .MO An» »k vs dansées.B5 Idées le Monde Montréal .A7 .A5 .A3 Avis publics .IM Mots croisés,.III Météo Culture .MH Politique .A4 Ciel variable Économie .M2 Société .Ml Max: -15 Editorial .AO les Sports .115 1 lélails en B 4 MONTRÉAL 3 millions de moins pour le déneigement PAGE A 3 LE MONDE Jirinovski scandalise tout le monde PAGE A 5 ÉCONOMIE Une première déconvenue financière pour Disney PAGE H 4 Après avoir célébré l’artifice.Les Japonais célèbrent un Noël païen et un jour de l’An quasi religieux.Maintenant qu’ils en ont fini avec le faste et l’artifice du premier, ils se préparent au second, qu’ils appellent le Shoogatsu, dans l’espoir de jours plus glorieux pour l’économie japonaise.akushj Watanabe aime la période des fêtes.A quelques jours de la nouvelle année japonaise, le Shoogatsu, il récupère de ses célébrations de Noël.Bouddhiste pratiquant, néophyte du catholicisme, de ses rites et de leurs significations, M.Watanabe, qui préfère qu’on l’appelle «Tak», n’a pas chômé au cours des dernières semaines.Il s’est tapé d’innombrables partys de Noël, — Kuri-sumasu pâli, comme disent les Japonais — avec ses collègues^ amis, il a entonné tous les chants de rigueur et s’est même permis un petit réveillon en famille le soir du 24 décembre.Dans sa demeure de Minoh, petite ville entre Kyoto et Osaka , il était prêt pour l’occasion: arbres de Noël, lumières et distribution de cadeaux.Tout y était.Plus vrai que nature.Enfin presque.Une fondue de tofu et de boeuf de Kobe avait remplacé la tourtière et des sushis,.non une dinde, trônaient au milieu de la table.«J’aime les réunions entre amis», explique «Tak», un Japonais occidentalophile de 61 ans.Noël plaît aux Japonais.Ils l’ont importé d’Amérique.Après l’avoir bien vidé de son contenu religieux — que l’infime minorité catholique du Japon connait pourtant bien — ils se sont mis à en célébrer l’artifice.Son faste et son clinquant.Au cours des dernières semaines, les grands magasins d’Osaka, la deuxième mégapole du Japon, invitaient leurs clients à grands coups de renfort publicitaire à donner un cadeau à leurs amis.Partout, les hauts-parleurs martelaient les oreilles des marcheurs, dans les grands magasins, à la sortie des métros.Même en traversant les ponts piétonniers qui enjambent le boulevard Midosuji, dans le centre-ville d’Osaka, on pouvait distinguer les accords séduisants de «Joy to the world».Mais, en ces temps de ralentissement de leur économie, les Japonais sont restés prudents.Ils ont sillonné les grands magasins, les mains vides.«On attend de voir l’avenir», explique Mariko Tanaka, travailleuse sociale dans la trentaine qui ira bientôt étudier à Peterborough, en Ontario.Avec un taux de chômage qui pourrait sous peu friser les 3%, des entreprises en période de «restructuration» et une économie qui stagne, les Japonais craignent pour leur avenir en cette fin d’année.Mais ils savent qu’ils peuvent tout de même garder espoir.Car, après le faste d’un Noël épicurien, ils s’apprêtent maintenant à passer aux choses sérieuses.A compter craignent pour ^hOl, le premier jour de l'année 1994, ils vont célébrer le leur avenir Shoogatsu, la fête la plus importante du Japon.Malgré son attirance pour Noël, Tak Watanabe, 61 ans, attend toujours avec la même impatience le Nouvel An.Comme des milliers de Japonais, il va se rendre à son temple bouddhiste local dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier.Cette première visite de l’année d’un temple s’appelle le Hatsumodè.Autour de minuit, un moine frappera alors le Bon-shoo, la cloche des temples bouddhistes, 108 fois.Chaque coup qui retentit représente une des 108 tentations auxquelles les êtres humains ont été soumis au cours de la dernière année; chaque coup équivaut à un pardon.Toutes les larmes seront alors comptées, toutes les criantes, réconfortées.«On va oublier les mauvaises choses de la dernière année», explique Tak Watanabe.Lorsque les 108 coups auront relégué les peines dans l’oubli, les Japonais pourront tourner leur regard vers la nouvelle année.Ils se souhaiteront alors fortune et bonne santé, prendront même des résolutions de début d’année.Ix-s Japonais ont trois jours pour visiter leur premier temple, bouddhiste ou shintoo, de l’année.Certains préfèrent leur temple.local; d’autres choisissent un temple prestigieux.À Osaka et à Tokyo, certains temples accueillent plus d’un million de visiteurs lors de ces trois jours.Les Japonais, qui ne pratiquent pas une vie religieuse bien assidue, ne se précipitent cependant pas tous vers un temple lors du Nouvel An.Les plus romantiques préfèrent assister au premier lever de soleil de l’année.lx*s plus tranquilles passent une soirée en famille.Di plupart d’entre eux vont s’offrir de la nourriture japonaise traditionnelle, parfois se rendre à la maison parentale, visiter des amis.«Pour tous, c’est le temps de se reposer», dit Tak.Bref, les Japonais vont relaxer — vraiment relaxer — pour une des rares fois de l’année.Ils auront amplement le temps de lire l’une des 30 cartes de voeux do Nouvel An qu’ils reçoivent en moyenne chaque année, d’un coup, lorsque leur Service des postes aura finalement distribué les quelque 3,5 milliards de cartes qu’il garde en stock jusqu'au jour fatidique du Shoogatsu.Avec un taux de chômage qui pourrait sous peu friser les 3%, les Japonais Le Canada proteste vigoureusement auprès de l’ONU et réévaluera son rôle en Bosnie Le Canada a adressé une «vigoureuse» protestation aux Nations unies à la suite de la brève détention de onze militaires canadiens par des miliciens serbes, et il s’apprête à réévaluer son rôle en Bosnie au cours d’un débat en commission parlementaire en janvier.«Je crois qu’il est utile que l’ONU soit informée du caractère urgent de la situation», a dit hier le ministre de la Défense David Collenette, à propos des difficultés croissantes que rencontrent les Casques bleus dans l’ex-Yougoslavie.Après avoir tenté d’abord de minimiser l’importance de l’incident survenu la semaine dernière à Visoko, Ottawa.après consultations entre les deux ministères concernés, Défense et Affaires étrangères, semble disposé à réviser son jugement.Pour les droits des enfants Ottawa fait volte-face VOIR PAGE A 8: OTTAWA CN et CP veulent fusionner + Côté santé, le nouveau Code civil envahit un terrain dont il n'avait cure jusque-là.Acharnement thérapeutique, don d’organes, nouvelles techniques de reproduction: autant de choses auxquelles 1*' bon vieux Code n’apportait point de remède.l’as étonnant que le nouveau Code se mette à l’heure de la médecine puisque chaque année plus d’un million de personnes sont hospitalisées et quelque 10 millions de consultations sont effectuées dans les hôpitaux et cabinets de médecins, ouvrant grande la porte à des bisbilles juridiques de toutes sortes.Votre frère est victime d’un terrible accident de la route et sombre dans un profond L coma.Aucune activité cérébrale.Des organes peuvent être prélevés.Qui décidera d’inter- rompre les soins?Qui donnera le feu vert à une transplantation?Y aura-t-il autopsie?Personne ne savait à quel point l'affaire Nancy B„ (pii ébranla tout le Québec à l’hiver 1992, allait jeter les balises de nouveaux droits des patients.L’histoire de cette jeune femme, maintenue artificiellement en vie par un respirateur.et qui réclamait le droit de décider de son sort, illustra à quel point une immense zone grise entourait la notion de consentement aux soins médicaux en cette ère de progrès technologiques rapides.«Le nouveau Code civil vient renforcer toute la notion de l’inviolabilité et de l'intégrité de la Votre frère est victime d’un terrible accident de la route.Qui décidera d’interrompre les soins?Qui donnera le feu vert à une transplantation?V aura-t-il autopsie?personne.Cela concrétise la tendance des tribunaux à reconnaître de plus en plus le droit des personnes à disposer de leur corps», estime Me Jean-Pierre Ménard, avocat specialise en droit médical.En matière de santé, le nouveau Code érige le consentement en principe sacro-saint.Un principe de base qui fait que nul ne pourra être soumis à des traitements médicaux, tests, prélèvements ou examens, sans y consentir.Si le malade est insconcient ou inapte, seul un parent ou une personne nommée par la loi pourra donner ou non le feu vert à des soins.Et seulement dans la mesure où ces soins sont dans l'intérêt du patient.Le nouveau Code annote donc d’un bémol la tradition du •paternalisme médical» où le médecin pouvait agir seul dans l’intérêt du patient.Désormais, le souhait du patient a préséance, même quand ce dernier refuse des soins qui lui seraient bénéfiques.Les ados ont le dernier mot Au surplus, le consentement fait loi très tôt.Votre fille a 14 ans?Elle pourra recevoir des soins, sans que vous n’en sachiez rien, à moins d’être hospitalisée pour plus de douze heures ou de subir une chirurgie majeure.«Une enfant de 14 ans et plus peut consentir seule à un avortement ou une cure de désintoxication.Si elle doit être hospitalisée, par exemple, pour les conséquences d’un avortement, les parents pourront être informés du tait de son hospitalisation mais iras des soins quelle a reçus», précise Me Ménard.Olga au pays des Nordiques 2000 signatures pour empêcher le départ de la famille Davidoff ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Pas moins de 20(H) supporters des Nordiques ont apposé hier soir leur nom au bas d’une petition toute spéciale.Une petition de dernier recours pour empêcher l'expulsion d'Olga Davidoff et de toute sa famille, celle-là même qui sert de confidente et de marraine aux familles des hockeyeurs de Pcx-URSS recrutés par l’équipe de Québec.Hier, Olga était un peu moins (x-ssimiste.Une activité frénétique régnait dans la demeure de Sainte-Foy où habitent Olga, son mari Valeri et leurs deux fils.Entrevues, emissions de radio, tous les médias de la Vieille capitale sont à leurs trousses.I;i veille, quelque 2(XX) personnes, -venues au Colisée de Québec pour assister au match opposant les Nordiques au Lightning de Tampa Bay, ont signe une petition pour soutenir la famille Davidoff.La même operation était répétée aux portes du Colisée hier soir.«La pétition circule, nous avons beaucoup d’amis qui nous aident.Il ne reste plus qu’à attendre et à espérer», a commenté hier Mme Olga Davidoff.VOIR PAGE A 8: NORDIQUES I.K M O N 1) K Début de réconciliation entre Israël et le Vatican l’AGKA 8 PHOTO JACQUES NADEAU DES PETITS comme Adriano, que l’on voit ici dans les bras de son grand-père Antonio Fantini, ne peuvent souvent voir leurs grands-parents.Les raisons sont multiples mais découlent généralement des divorces et du phénomène global de l'éclatement des familles.Si les petits sont déchirés quand survient la séparation des parents, les grands-parents eux sont alors souvent privés de la visite de ce qu’ils ont de plus précieux: lents petits-enfants.Hier, l'Organisation pour la sauvegarde des droits des enfants lançait un programme, Pour nos petits-enfants, destiné à venir en aide aux aines qui vivent ces situations difficiles.Nos informations en page A 3.Le nouveau Code civil et la santé Qui ne dit mot ne consent plus! Le nouveau Code civil du Québec entrera en vigueur le premier de l’An et avec la nouvelle minée 1994 naîtra toute une panoplie de nouveaux droits et devoirs découlant des 3188 articles de ce nouveau Code.Après un premier article portant sur le droit de la famille, ce deuxième volet d’une série de trois s’intéresse aujourd’hui au droit de la santé.ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Le regroupement des deux sociétés coûterait plus de 11 000 emplois GÉRARD BÉRUBÉ LE DEVOIR Rentables dans l’Ouest mais devant endiguer à tout prix les pertes enregistrées dans l’Est canadien, les compagnies de chemin de fer CN et CP demanderont à Ottawa la permission de fusionner leurs activités entre Winnipeg et Halifax.Ce regroupement, s’il venait à se concrétiser, permettrait aux deux entreprises de ramener leurs effectifs combinés aux alentours des 40 000 employés, une cible qui représente grosso modo 11 100 travailleurs (22%) de moins qu’actuellement.Cette fusion a été présentée par Paul Tellier, pdg de CN Amérique du Nord, comme étant la seule façon pour les deux entreprises, hier rivales, de mettre fin à «l'hémorragie qui leur a coûté 2 milliardsS au cours des cinq dernières années».Une demande en ce sens sera déposée en janvier, avec l’objectif de voir la nouvelle société entreprendre officiellement ses activités en janvier 1996.VOIR PAGE A 8: FUSION A 2 I.K I) K V 0 I H L K .1 K r I) I 3 I) I) K ( K M li It K I !l !l :s L E S A C T II A I, IT II S Environnement Grand bond en avant Sheila Copps annonce pour les Grands Lacs l’adoption d’une politique de «rejet zéro» des produits toxiques les plus dangereux L O U I S - G I LI- E S F K A N C » E U R LE DEVOIR Ottawa a adopté une série de priorités environnementales pour les Grands Lacs, beaucoup plus exigeantes que ses priorités connues pour le Saint-Laurent, en adoptant notamment pour les quatre mers intérieures la politique de «rejet zéro» pour les toxiques les plus dangereux.La politique de «rejet zéro» est préconisée depuis des années par la Commission mixte internationale, qui gère l’entente canado-américaine sur les Grands Lacs, sans pouvoir faire plus que des recommandations aux deux gouvernements.Ottawa a résisté jusqu'ici à se commettre officiellement en faveur d’une politique aussi stricte même si les dégâts causés par ces contaminants les plus dangereux sont en train de causer des dégâts parfois irréversibles.Dans un discours prononcé le 23 décembre devant le Rotary Club, de Hamilton, la ministre fédérale de l’Environnement et députée locale, Mme Sheila Copps, a voulu indiquer que le nouveau gouvernement fédéral entendait renverser la vapeur et prendre le leadership du nettoyage des Grands Lacs.Mme Copps a ainsi mis de l’avant trois priorités pour les Grands Lacs: «D’abord, a dit la ministre, nettoyer les secteurs les plus contaminés.Deuxièmement, viser la réduction et l’élimination virtuelle des substances toxiques persistantes.Et troisièmement, assurer la préservation de la biodiversité régionale et la santé de sa faune, de la flore et des gens.» In nouvelle ministre de l’Environnement a par ailleurs indiqué comment elle s’y prendra pour atteindre cet objectif et dans quels délais.«On ne peut régler les problèmes des Grands Lacs à court terme, a-t-elle ajouté.Mais je me donne comme objectif d’atteindre des résultats tangibles dans chacun des trois secteurs prioritaires.» «D’ici l’an 2000, a-t-elle précisé, je veux voir achevé le nettoyage de la moitié des sites contaminés des Grands Inc s et la reconquête par les citoyens riverains de 75% des usages bénéfiques qu’ils en tiraient.» «Je veux notamment, a poursuivi Mme Copps, qu’on arrive à réduire et à éliminer virtuellement au moins 11 des contaminants les plus critiques pour les Grands Lacs.Je voudrais voir toutes les grandes industries de ce bassin appliquer des programmes globaux de prévention de la pollution.» La ministre de l’Environnement a aussi pris l’engagement au nom du gouvernement fédéral qu'il ne «doit plus y avoir de perte nette d’herbier riverain et plus une seule perte nette d’habitat pour le poisson».Dans ce domaine, la ministre a promis qu’Ottawa allait ajouter 5000 hectares à ses objectifs actuels de protection des milieux humides dans la région des Grands Lacs.En comparaison, le Plan d’action Saint-Laurent, phase 2, est sensiblement plus modeste.11 n’amorce la décontamination d'aucun des sites fédéraux contaminés, se contentant de préparer les plans pour cette éventuelle phase.L’objectif de protéger 5000 ha de milieux humides riverains est toutefois identique à celui du PASL-2.Mais Ottawa ne s’est jamais commis au Québec à appliquer la politique de «zéro perte nette» en matière de milieux humides ou d’habitats aquatiques.On a rapidement approuvé du côté fédéral les nouveaux projets industriels québécois en rive, comme les Soligaz, Lauraleo, etc., sans remettre en question le dragage continuel du Saint-Laurent ni envisager une réduction de la taille et de la vitesse des navires.L’objectif «rejet zéro» pour les 11 contaminants les plus dangereux n'apparaît pas dans le projet de PASL-2, récemment divulgué par LE DEVOIR.On s’en tient à parler d’élimination virtuelle des substances toxiques mais on ne précise ni le nombre des cibles prioritaires, ni le calendrier de réduction.La ministre fédérale de l’Environnement a par ailleurs précisé qu’une partie importante des fonds fédéraux alloués à la réfection des infrastructures municipales et provinciales allaient, en Ontario, se traduire par des investissements majeurs dans la dépollution: «de bonnes infrastructures pour un environnement propre», a-t-elle lancé.La ministre a dit rechercher, comme priorité personnelle, une «nouvelle entente Canada-Ontario qui reflète une vision commune du bassin des Grands Lacs», vision qu’elle entend articuler autour du concept de développement durable.Adam était-il sibérien?Corvallis, Oregon (AP) — La théorie scientifique qui veut que l’homme soit apparu en Afrique avant de se répandre sur la surface de la Terre pourrait bien être remise en cause par des outils découverts en plein coeur de la Sibérie par deux archéologues russes.Youri Motchanov et sa femme Svetlana ont découvert des outils en pierre dans la région de Yakoutsk et estiment qu'ils sont aussi vieux que ceux découverts dans la gorge d’Olduvai (nord de la Tanzanie) — soit d’environ deux millions d’années.«Cela pourrait nécessiter une importante réorganisation de la pensée sur les origines et l’évolution de l'humanité», affirme Rob Bonnichsen, directeur du Centre d’études des premiers Américains à l'Université de l’Oregon.Les Motchanov sont à Corvallis les invités du centre et de M.Bonnichsen depuis la semaine dernière.Ils doivent présenter leur découverte jusqu’à la mi-janvier sur la côte ouest, au Texas et à Washington.Jusqu’à l’effondrement de l’URSS, les scientifiques occidentaux n’avaient guère accès aux travaux effectués sur le «site de Diring», une grande excavation sur une île située au milieu d’une rivière juste au sud de Yakoutsk (à environ 5000 km a l'est de Moscou et un millier de kilomètres à l'ouest du Pacifique).A la différence de la plupart des sites archéologiques, qui peuvent mesurer seulement quelques mètres de long, le site de Diring est grand comme quatre terrains de football.On en a retiré 4000 objets en 38 lots.\\0f P Concours Dest ination Québec Cet hiver, visitez.Québec Consultez chaque vendredi notre page -Destination Québec» et participez à notre concours.1 er prix UN FORFAIT SKI D’UNE SEMAINE à la Station touristique Stoneba.ni incluant le transport par avion pur Air Alliance Ce forfait pour deux personnes comprend le transport par avion par Air Alliance, le transport de l ’aéroport à la station de ski, l'hébergement pour cinq nuits dans un studio ski au pied de la pente, les billets de remontée pour 5 jours, la location de l’équipement pour deux personnes et une leçon rie ski pour deux personnes d’une durée de deux heures.I^es repas ne sont pas compris.Le forfait doit être utilisé tel quel entre le 2 janvier et le 17 lévrier 1994.Valeur de I 225 S 2e prix UN WEEK END DE RÊVE au / bcâtre I,e Capitole Ce forfait pour deux personnes comprend deux nuitées à l’Hôtel du Theatre Te Capitole, un petit-déjeuner, le stationnement pour deux jours, deux billets dîner-spectacle pour un spectacle déterminé par le Capitole qui aura lieu entre le 1er février et le .30 mars 1994.Le transport n’est pas inclus.Valeur de 500 S.THÉÂTRE CAPITOLE Stoneham LA STATION TOURISTIQUE Ül/Hr/Hlianae Pour partit ipcr à t C JV Et» 514 845 *8’4 Til (514190 R»0*8«K cial ou plus simplement administratif, ces changements ont amendé, voire abrogé la charte d’origine,qui remonte à 1832.A cette époque, l’organisation municipale n’avait pas la complexité actuelle et la démocratie en était à ses premières armes.Ainsi, seuls les hommes de 21 ans et plus, propriétaires fonciers et résidant depuis 12 mois sur le territoire montréalais, avaient le droit de vote.Il faudra attendre 1889 avant qu’une certaine catégorie de femmes (les filles majeures et les veuves propriétaires) puissent participer à l’élection de leurs représentants municipaux.Cette même année, le scrutin ne se déroulera désormais plus oralement.Au chapitre des taxes, le mécanisme de contestation fut établi avec la 5e charte montréalaise qui date de 1874.Au même moment, la Ville obtenait le pouvoir de saisir les immeubles dont les taxes n'étaient pas payées ainsi que de construire un hôtel de ville sur la rue Notre-Dame pour 450 000$.Voilà quelques-uns des éléments relevés par Christian Sirois, avocat a la Ville de Montréal, dans un article publié dans la revue juridique Thémis.Me Sirois va au-delà de la simple anecdote en traçant un portrait historique de révolution de l’administration montréalaise transformée au fil des ans et de ses traditions.Malgré l'actuelle refonte des lois municipales entreprise par Québec qui tend vers l'uniformisation, Me Sirois estime qu’il est souhaitable que Montréal continue de bénéficier «d’une loi particulière, réduite certes, mais qui lui conservera certains pouvoirs nécessaires à l’administration efficace du moteur québécois».Invitation VOEUX DU JOUR DE L AN L'archevêque de Montréal.Mgr Jean-Claude Turcotte, sera heureux de rencontrer toutes les personnes qui désirent échanger des voeux avec lui à l'occasion du Nouvel An.On pourra rencontrer Mgr Turcotte après la messe de llhOO, samedi le 1er janvier à la Cathédrale Marie-Reine-du-Monde (angle René Lévesque et Mansfield).Pour renseignements supplémentaires, composez le 866-1661 £ i.K i) E v oi it , i.K .1 !•: r ni :$o n h < k m it n k i tt !» A I POLITIQUE Gel des salaires et prolongation des conventions collectives dans la fonction publique québécoise 1993: les fonctionnaires au réfrigérateur LIA LÉVESQUE PRESSE CANADIENNE Dans le secteur public et parapublic, l’année 1993 a été marquée par la prolongation des conventions collectives et le gel (les salaires pour deux ans.C’est le 23 mars que le président du Conseil du trésor Daniel Johnson annonçait qu’il proposait de prolonger les conventions collectives alors en vigueur dans le secteur public et parapublic, gelant aipsi les salaires de l’ensemble des employés de l’État jusqu’au 30 juin 1995.L’augmentation salariale de 1% qui était déjà prévue pour le 1er avril était toutefois accordée.M.Johnson faisait aussi part de sa volonté de récupérer un montant équivalant a 1% de la masse Salariale, en gains de productivité.Le montant était évalué à 171 millions$ pour l'ensemble du secteur public et parapublic.Dans son énoncé, ie ministre Johnson insistait sur la nécessité de respecter le cadre financier du gouvernement et d’améliorer l’efficience des secteurs public et parapublic.'A la mi-,mai, le projet de loi était officiellement déposé.«À la demande de l'Union des municipalités du Québec, y précisait-on, le projet de loi s'applique également aux organismes municipaux et à leurs salariés.» Les municipalités pouvaient toutefois se soustraire de l’application de la loi, si elles le désiraient.C’est ce que plusieurs centaines d'entre elles ont fait, mais principalement de petites municipalités.les syndicats n’avaient pas tardé à rejeter la loi, qui les privait de leur droit de négocier.Peu à peu, un front commun intersyndical s’est constitué.Le 29 mai, au cours de deux manifestations d’envergure à Québec et Montréal, plusieurs dizaines de milliers de syndiqués exigeaient de pouvoir négocier leurs conditions de travail.Le rejet des mesures gouvernementales était absolu et monolithique.Toutefois, les moyens choisis pour parvenir à minimiser les répercussions de cette loi sur les syndiqués ne faisaient pas l’unanimité.C’est ainsi que le 6 juin, la Fédération des affaires sociales de la CSN quittait le front commun.Celui-ci était constitué de la CEQ, la FLQ, le Syndicat des professionnels du gouvernement, le Syndicat de la fonction publique et les quatre autres constituantes de la CSN (Fédération nationale des enseignants, Fédération des professionnels salariés et cadres, Fédération des employés des services publics et Secteur des technologies médicales).Ce «front commun moins la FAS» proposait d'accepter le gel des salaires pendant un an seulement, et de négocier dès 1993 des augmentations pour les 2e et 3e années de la convention.En échange, la loi 102 devait être retirée.La contre-proposition prévoyait aussi une révision en profondeur de l’organisation du travail, à être négociée.La FAS, elle, rejetait tout compromis sur le gel des salaires et sur la récupération du 1% dans la masse salariale.La Fédération des infirmières et ses 44 000 membres, quant à elle, faisait bande à part.Elle acceptait de se plier au gel des salaires pour deux ans, mais rejetait la récupération du 1%.En échange, la FII() dressait une liste précise des priorités à aborder dans une négociation avec le gouvernement, dont l’organisation du travail.Malgré ces ouvertures syndicales et tentatives, rien n’y fit.Le 29 septembre, le Conseil des ministres promulguait le décret «concernant la prise de congés sans solde et l’application de mesures de remplacement dans les organismes publics».Ces mesures visaient à récupérer 171 millions$, c’est-à-dire 1% de la masse salariale.Le tout entrait en vigueur le 1er octobre.Selon le secteur visé — fonction publique, éducation, santé et services sociaux — on parlait de congés sans solde ou de congés de maladie, avec des modalités plutôt complexes.La formule retenue diffère pour les employés à temps plein et partiel, selon le réseau et selon le corps d’emploi.Le 24 novembre, la CEQ et la FTQ signaient avec le gouvernement des accords cadres pour entreprendre des négociations sur l’organisation du travail.Ces négociations pourront porter sur des thèmes comme la sécurité d'emploi, les régimes de retraite, la motivation des employés, les changements technologiques, la sous-traitance, l’aménagement du temps de travail, etc.Au cours des prochains mois, le secteur public et parapublic orientera sa lutte vers la loi 198.Globalement, celle-ci prévoit une réduction des effectifs de 12 % chez le personnel syndiqué d’ici 5 ans et de 20% des cadres d'ici 3 ans.De rudes combats pour la sécurité d'emploi sont à prévoir.PHOTO PC Kim Campbell a été battue par K.-O.aux dernières élections.Elle en riait hier matin, à Vancouver, dans le cadre d’une émission de télé humoristique.Mal lancée, l’année se termine du bon pied pour le Parti québécois • N O R >1 AN D E L I S L E PRESSE CANADIENNE Québec — Bien que le Parti québécois ait continué de dominer dans les sondages en 1993, son chef Jacques Parizeau a connu plus que sa part de déboires.L’année qui s’achève avait en effet bien mal commencé mais elle s’est terminée du bon pied.Le président du PQ a commis en janvier 1993 une malheureuse déclaration sur la non-pertinence du vote des minorités ethniques pour l’accession du Québec à la souveraineté et il a été forcé l’été dernier de désavouer une proposition de l'exécutif sur la question de l’affichage devant le tollé des militants et des médias.LE DEVOIR PLACE À LA RENTRÉE CULTURELLE 1994! K Y K Y Æ théâtre • spectacle • musique • télévision • • cinéma • radio • ,/*'• arts visuels • disques • vidéo cahier spécial 22 JANVIER 1994 tombée publicitaire 14 janvier 1994 service de la publicité (514) 985-3399 télécopieur (514) 985-3390 Pas étonnant devant cette conjoncture que l’image du chef et son style de leadership soient souvent mis en cause dans l’opinion, que ce soit par des citoyens ou des militants.En dépit des revers de sa direction, de récents sondages indiquent pourtant qu'une majorité d’électeurs, mécontents du gouvernement libéral, favorisent l'opposition dans leurs intentions de vote.Cet appui place le PQ à la porte du pouvoir mais les embûches demeurent multiples et les interrogations nombreuses face à l’avenir de l’option indépendantiste.Souvent perçu comme trop élitiste et un peu distant, M.Parizeau continue d’indisposer non seulement les indécis, souvent très importants parce qu'ils se branchent dans l’isoloir, mais aussi certains indépendantistes convaincus.«Jacques Parizeau n’a pas su répondre à mes attentes.Il a encore une fois démontré son incapacité à projeter une image modérée, réfléchie et rassurante», écrivait le 9 novembre un jeune lecteur indépendantiste, François Desrochers, dans une lette reproduite dans un quotidien de Montréal.«Je commence à en avoir l'habitude.Qu’est-ce que vous voulez, mais l’important, ce sont les intentions de vote», disait le président du PQ devant le Conseil national de son parti en décembre.En dépit de ce «problème», le PQ se prépare activement à prendre ia relève d'un gouvernement libéral exsangue et démotivé, qui aura donné jusqu’au départ de M.Bour^ssa l’impression de lin de régime.À peu près la moitié de ses 125 candidats aux élections ont déjà été chosis ou sont sur le point de l’être.Plusieurs recrues prestigieuses se sont jointes a l’équipe en 1993: le groupe comprend entre autres l’ancien président de la Caisse de dépôt et de placement Jean Campeau, l’ex-présidente de la Fédération des infirmières du Québec- Diane Lavallée, le président de la Communauté urbaine de Québec, M.Michel Rivard, l'avocat criminaliste Serge Ménard et même une recrue du Parti Egalité, le député de Westmount Richard Holden.Le parti jouit par ailleurs d'un noyau de parlementaires aguerris, dont plus d’une demi-douzaine siègent à l'Assemblée nationale depuis 17 ans et ont déjà exercé le pouvoir.Deux de ses membres ont cependant été mis sur la sellette suite à des accusations de malversations de fonds.Par contre, de nombreux aspirants se bousculent aux portes de chaque assemblée d’investiture du PQ pour le choix de candidats, témoignant ainsi de la vigueur de l’opposition et des vents qui lui semblent favorables.Le programme du parti a été peaufiné au cours de nombreux congrès et ses défenseurs pensent qu’il constitue une base soljde pour inspirer l’action d’un futur Etat sous la gouverne du Parti québécois.Enfin, pour la première fois, le PQ s'est associé au Parlement fédéral à l’équipe du Bloc québécois de M.Lucien Bouchard, qu’il a appuyée aux élections fédérales et qui promet de lui rendre la pareille aux prochaines élections provinciales.En dépit d’une conjoncture favorable, l’opposition officielle à l’Assemblée nationale a éprouvé en quelques occasions certains ratés au cours de l’année.Sa tentative de soulever les forces nationalistes dans sa bataille linguistique pour contrer l’adoption de la loi 86 a échoué.Le Parti québécois a paru peu crédible auprès des 325 000 employés du secteur public en les défendant contre les lois 102 et 198 du gouvernement Bourassa puis-qu’au pouvoir, il avait agi de façon tout aussi condamnable en mars 1983 en réduisant arbitrairement et unilatéralement les salaires des syndiqués de 20% par l'adoption d’une loi matraque.QUÉBEC TRANSPLANT Au nom de tous les transplantés ayant bénéficié d’une greffe en 1993, Québec-Transplant tient à remercier toutes les personnes, familles, associations et entreprises qui ont apporté leur participation bénévole à la cause du don d’organes.• Familles des donneurs • Monsieur Marcel Leboeuf, comédien • Association canadienne des dons d’organes • Alcan, Club Challenger • Canadian, Pratt & Whitney Canada • Association des clubs de tennis intérieur • Barreau du Québec • Chevaliers de Colomb • Corporation des comptables agréés • Fondation Paul Giroux • Groupe Léger & Léger Meilleurs voeux de Noël et de Bonne Année! Parti conservateur La proie pour l’ombre Ne reste plus quune chose à faire pour Jean Charest: reconstruire.Y arrivera-t-il?MICHEL HEBERT PRESSE CANADIENNE Ottawa — Après neuf ans de pouvoir et un passé glorieux, le Parti conservateur de Sir John À.Mac-Donald a été envoyé au plancher à la suite du verdict-punch que lui a servi l’électorat le 25 octobre dernier.L-s yeux sont maintenant tournés vers le nouveau chef du PC, Jean Charest, un des deux seuls combattants qui ont été épargnés.Le député de Sherbrooke a un travail de titan à accomplir.Miné par une dette de plusieurs millions, n’ayant plus que deux députés aux Communes, le PC est écarté du pouvoir pour des années.Li reconstruction prendra du temps, a d’ailleurs admis son nouveau leader.Mais comment un grand parti national comme le Parti conservateur en est-il arrivé là?Kim Campbell, à qui Brian Mulro-ney avait passé le flambeau cette année, devait avoir tous les atouts pour renverser la vague de mécontentement qui s’élevait dans la population.Cet été, KM) (KM) personnes avaient manifesté sur la colline parlementaire, scandant des slogans anti-conservateur et réclamant des emplois.Ils promenaient une énorme boite de conserve de soupe Campbell montrant le visage de la nouvelle leader.O y lisait «Crematory» (crématoire).Après le départ de Mulroney, les conservateurs espéraient malgré tout décrocher un troisième mandat avec la blonde avocate de la Colombie-Britannique.D’abord ministre de la Justice, puis propulsée au prestigieux ministère de la Défense nationale, Kim Campbell lança donc ses troupes dans la bataille au début de septembre après un long été de cajoleries électorales.Mais la curiosité suscitée chez les électeurs au cours de la belle saison se solda par une défaite sans précédent dans l’histoire politique canadienne.Un grand parti venait d’être foudroyé.Le règne de Kim Campbell aura duré 123 jours.«Je crois qu’il est dans l’intérêt de mon parti que je démissionne à titre de leader.C’est la meilleure chose à faire pour moi et mon parti», a-t-elle déclaré quelques jours après sa proposition d’un plan de reconstruction devant être dévoilé en juin prochain.Jean Charest doit maintenant résoudre un prpblème d’une extrême complexité.Ecrasé entre le Reform party de Preston Manning et le Bloc québécois de Lucien Bouchard, le PC n’a plus que deux députés aux Communes: celui de Sherbrooke et l’ex-maire de Saint-John’s, Nouveau-Brunswick, Elsie Wayne.Au cours de l’histoire politique canadienne, les conservateurs avaient garni leur tableau de chasse de1 grandes victoires électorales.Leurs succès récents commencent en 1984.John Turner a remplacé Pierre Elliott Trudeau et Brian Mulroney a délogé Joe Clark à la direction du Parti conservateur.Le «p’tit gars de Baie-Comeau» parvient donc aisément à évincer les libéraux ancrés à Ottawa depuis presque un quart de siècle.Avec 211 députés aux Communes, les bleus décrochent cette année-là la plus importante majorité aux Communes depuis John Diefenbaker, le chef adulé par les conservateurs depuis près de trente ans.Voulant lui aussi entrer dans l’histoire aux côtés de «Dief», Brian Mulroney a raison une seconde fois de’ John Turner en 1988.La récolte est moindre mais fort respectable: 169, députés.Quand il démissionne en février 1993, Brian Mulroney affirme que son parti est toujours aussi puissant, aussi redoutable qu’aux premiers jours de la confédération.A cette époque, le conservateur Sir John A.MacDonald, resta à la tète du pays durant près de dix ans.En terme de longévité politique.Brian Mulroney est au second rang chez, les conservateurs, devant Diefenbaker.Mais depuis le 25 octobre 1993, les conservateurs craignent pouF l’avenir de leur prestigieux parti.Manning réclame une réforme du régime de retraite des députés ttawa (PC) -*- Le leader du Reform Party Preston Manning presse le premier ministre Jean Chrétien de donner l’exemple en matière d’économies en déposant rapidement un projet de loi visant a réorganiser le régime de retraite lucratif des députés.M.Manning a écrit au premier ministre pour lui demander officiellement d’apporter des changements au régime p-rmettant aux députés de ne pas y adhérer et de voir a leurs propres besoins en ayant recours a des régimes privés ou individuels.I In tel geste donnerait au Parlement plus d’«autorilé morale» pour demander aux Canadiens de se serrer la ceinture au nom de la réduction du déficit, dit M.Manning dans la lettre rendue publique hier.I c régime de retraite des deputes a été critiqué par des groupes comme la ( oalition nationale des citoyens, un or- ganisme qui surveille de près le gouvernement, parce qu’il est trop généreux.D-s députés ayant servi six ans ou plus trouvent commencer à toucher une pension — payée a vie — immédiatement après avoir pris leur retraité ou s'élre fait battre aux élections, quel que soit leur âge.les libéraux ont promis de réformer le régime de retraite et de mettre lin au système de double avantage — p-n net-tant à un ancien député de toucher une tx-nsion et un salaire du gouvernement en même temps.Cc|)ondant, le gouvernement attend les résultats d’une étude indé|rendante sur les salaires, p-nsious et avantages sociaux payés aux parlementaires, a déclaré Bob Douglas, le porte-parole du président du Conseil du trésor Art Eggleton.«Elle est attendue au début de la nouvelle année», dit M.Douglas.A1A L K I) K V (t I li .I.E .1 K P |) I ;l n I) |: i | M I! I! I I !i !l LE MOND • E N B R E F ?$ ] MERCENAIRES ALLEMANDS EN EX-YOUGOSLAVIE > $4 unich (Reuter) — La police frontière allemande a annoncé hier l’arrestation en l’espace de deux jours de deux Allemands affirmant servir comme mercenaires en ex-Yougoslavie.Un homme de 25 ans arrêté à la gare de Salzbourg, a la frontière entre l’Autriche et l’Allemagne, a dit combattre depuis six mois avec les forces bosniaques a Sarajevo et il a produit une carte d’identité militaire bosniaque.l,es Allemands ont le droit de s’engager çomme mercenaires mais l’homme, dont l’identité n’a pas été précisée, était recherché en Allemagne pour vol.Le second, un néo-nazi présumé de 21 ans intercepté ihardi à la gare de Salzbourg, a dit à la police avoir servi pendant un an dans l’armée croate.LES INTEGRISTES TUENT TOUJOURS EN ALGÉRIE AJger (d’après Reuter) — Un Belge et son épouse d’origine algérienne ont été retrouvés assassinés hier à leur domicile de la région de Bouira, à 90 km au sud-est d’Al- Bles victimes, Robert Bernard et son épouse, Fadila r ef, étaient tous deux ressortissants belges.Fadila, qgée de 40 ans, avait opté pour la nationalité belge à son tjiariage avec Bernard.Au total, 25 étrangers ont été tués 3n Algérie depuis septembre et au moins 159 Algériens nt trouvé la mort au cours du seul mois de décembre dans Ja vague de violence politique qui secoue le pays.Le dernier en date était le poète et professeur Youssef Sebti, assassiné mardi à l’Institut agronomique d’Alger, vraisemblablement par les intégristes.MENACES CONTRE LES ENFANTS À RIO DE JANEIRO Rio de Janeiro (AF'P) — Une quinzaine d’enfants des rues, certains d’entre eux survivants du massacre de la Candelaria perpétré le 25 juillet dernier par des policiers en plein centre de Rio de Janeiro, ont reçu de nouvelles menaces de mort, a averti hier Mme Ivonne de Melo, artiste sculpteur, qui s’occupe bénévolement des enfants des rues.Mine Melo a déclaré que plusieurs «gamins terrorisés» lui avaient téléphoné dans la nuit de lundi à mardi d’un quartier de la zone nord de la ville, Meier, pour lui demander secours.«Des hommes en voiture, armés de revolvers et de mitraillettes et exhibant une carte de policier leur ont dit de ’dégager’ (.) sous peine de devenir des “boules de sapin de Noël’’», a-t-elle expliqué.10 000 NOUVEAUX REFUGIES FUIENT L AFGHANISTAN Samarkhel (Reuter) — Plus de 10 000 civils ont fui les combats de ces deux derniers mois entre factions rivales afghanes à l’est de Kaboul, contraignant les organisations humanitaires à dresser des camps de réfugiés de fortune.1 Jn premier groupe de 4(KX) réfugiés a été installé cette semaine sous des tentes près du village de Samarkhel, à 15 km de Djalalabad sur la route entre Kaboul et le Pakistan.«Au début, nous n’avions pas réalisé l’ampleur de ce mouvement de population», a déclaré Pierre Krahenbuhl, dirigeant du CICR à Djalalabad.«Tout à coup, nous nous sommes retrouvés avec 10 (KM) personnes déplacées dans la ville et nous avons du imaginer des solutions et voir ce qu’on pouvait faire pour eux», a-t-il ajouté.Lendemain de massacre à Cité-Soleil r L m «% % PHOTO AP CETTE PETITE FILLE contemple ce qui reste de ce qui fut son abri, dons le misérable faubourg de Cité-Soleil, adjacent à la capitale haïtienne.Une trentaine de personnes auraient été tuées au cours de l'expédition punitive organisée lundi par un groupe armé hostile au retour du président Jean-Bertrand Aristide dans ce faubourg populaire.Selon des sources hospitalières, les victimes auraient été tuées par balles ou dans l'incendie délibéré de leal's abris.Il y aurait quelque 500 nouveaux sans-abri à la suite de cette violence des «néo-duvaliéristes».Tension au Sud-Liban 3 morts, 3 blessés Marjayoun (AFP) — Trois roquettes de type Katioucha ont visé, tard hier soir, la zone occupée par i’Etat hébreu dans le sud du Liban, sans faire de victime, a-t-on a|> [iris auprès de l’Armée du Sud-Liban (ALS, milice supplétive d’Israël).Les roquettes, tirées depuis une région où le Hezbollah pro-iranien est bien implanté, sont tombées aux alentours de Rabb at-Talatine, un village proche de la frontière entre le Liban et Israël, a-t-on précisé.Ces tirs sont intervenus alors qu’un calme précaire régnait depuis la mi-journée au Sud-Liban, où des duels d’artillerie ont opposé depuis l’aube mardi les combattants du Hezbollah à l’armée israélienne et sa milice auxiliaire locale.Les échanges de tirs et les raids aériens menés mardi par Israël contre un fief du Hezbollah ont fait au cours des dernières 48 heures 3 tués et 3 blessés dans les rangs de la formation intégriste et six blessés parmi la population civile, selon un bilan établi de différentes sources.Les négociations du Caire Patience, disent les Israéliens D’APRÈS AFP ET REUTER Le retrait d’Israël de Gaza et Jéricho sera terminé à la date prévue du 13 avril, a estimé hier à Rome le vice-ministre israélien des Affaires étrangères Yossi Beilin.Il a déclaré au cours d’une conférence de presse que le fait que les pourparlers sur les modalités du retrait aient duré plus longtemps que prévu ne signifiait pas que l’application de l’accord du 13 septembre serait retardée.«D’une façon générale, je crois qu’il est toujours possible de respecter la date-butoir du 13 avril », a ajouté Beilin.Pendant ce temps, hier au Caire, Israéliens et Palestiniens ont mis au point, avec l’aide de l’Égypte, des «idées» pour résoudre les trois principaux problèmes entravant la conclusion d’un accord global sur l’autonomie et Israël attend la réponse du chef de l’OLP Yasser Arafat.«Nous sommes parvenus à un terrain d’entente sur les trois ou quatre questions majeures, à savoir le point de passage sur le pont (reliant Jéricho à la Jordanie), la zone de Jéricho et quelques problèmes concernant la bande de Gaza», a déclaré le chef de la diplomatie israélienne Shimon Peres au terme des travaux du comité de liaison entamés lundi soir au Caire.M.Peres a cependant laissé clairement entendre que la balle est désormais dans la camp palestinien : nous attendons la réponse de la direction palestinienne .Une fois cette réponse connue, «nous donnerons immédiatement et simultanément notre propre réponse».Après ses déclarations sur ht Bulgarie et la Roumanie Jirinovski scandalise tout le monde / J’J Même le département d'Etat ajoute; sa voix au concert d'indignation Ijcs dernières déclarations fantaisistes de Vladimir Jirinovski ont fait des vagues hier, alors que toute une série d’officiels, russes, américains, roumains et bulgares ont réagi avec vigueur et scandale aux nouvelles envolées verbales du «fou de Moscou» qui a obtenu près de 25% des suffrages au scrutin de liste lors des élections du 12 décembre en Russie.D’APRES A E P ET REUTER Instamment prié de partir après avoir insulté le président bulgare Jeliou Jelev, le dirigeant ultranationaliste russe a quitté hier Sofia pour Moscou, a annoncé aux journalistes le président bulgare lui-même.«L’ambassadeur russe à Sofia m’a informé que M.Jirinovski avait quitté Sofia pour Moscou», a-t-il dit.Mardi, la Bulgarie avait donné 24 heures au dirigeant extrémiste russe pour quitter son territoire.Les réactions ont plu hier autour des propos fantaisistes d’un homme qui, ces derniers jours, a demandé au président bulgare de quitter son poste, traité la Roumanie d’«Ftat artificiel» peuplé de «tsiganes italiens», accusé la Turquie et la Grèce de vouloir conquérir les Balkans et le Caucase, et recommandé l’absorption de la Macédoine par la Bulgarie, entre autres.L’ambassadeur russe Alexander Adveev a dit avoir passé trois heures et demie pour obtenir une place sur un vol de l’Aeroflot après l’annulation, à la suite d’une grève sauvage des pilotes, du vol des lignes aériennes bulgares qui devait ramener Vladimir Jirinovski à Moscou, a rapporté le président Jelev.L’ambassadeur a dit à des journalistes qu’il avait présenté ses excuses au chef de l’Etat bulgare pour le comportement du dirigeant nationaliste.«J’ai dit regretter que des citoyens russes en visite privée en Bulgarie puissent faire des déclarations qui ne correspondent pas à l’éthique et à la culture d’hommes politiques», a dit le diplomate.Un haut responsable du ministère tusse des Affaires étrangères a accusé hier Jirinovski d’avoir «viole les règles universelles de politesse».Evgueni Prokhorov, chef du département juridique du ministère-des Affaires étrangères, a affirmé) que les propos du président du soi*’ disant Parti libéral-démocrate de’ Russie n’engageaient pas le gouvernement laisse.A Bucarest, on fulmine.Le ministre roumain des Affaires étrangères Teodor Meleseanu a jugé hier «extrêmement graves» les propos de Jirinovski sur la Roumanie, précisant que l’ambassadeur russe à Bucarest avait été convoqué à ce sujet.M.Meleseanu a ajouté qu’il n’était «pas exclu» que Jirinovski soit déclaré persona non grata en Roumanie et souhaité «une prise de distance très claire des autorités de la Fédération russe par rapport à ces déclarations».Les parlementaires roumains, toutes tendances confondues, ont également vivement réagi aux propos du leader laisse, un sénateur du parti de la Démocratie sociale (au pouvoir) affirmant que M.Jirinovski était «un personage politique issu des cauchemars de l’histoire».Ix leader du parti ultranationaliste.Romania Mare (Grande Roumanie), Vadim Tudor, a traité M.Jirinovski de «fou» tandis qu’un animateur de la radio roumaine le surnommait Vladimir «Adolfovitch» Jirinovski.Quant aux USA, ils ont condamné hier les opinions «antisémites et racistes» du très coloré politicien russe.«Je dirais que Jirinovski a derrière lui une histoire de déclarations pin bliques incendiaires et le gouvernement américain condamne les opinions antisémites, racistes et xénophobes exprimées dans plusieurs déclarations de M.Jirinovski», a déclaré un porte-parole du département d’Etat, David Johnson.À la tête de l’Union européenne pour les six prochains mois Les Grecs tapent sur les nerfs des Européens Face au malaise sur Chypre, la Macédoine et l'Europe, Athènes est de plus en plus tenté de jouer la carte américaine À compter du 1er janvier 1994, la Grèce occupera pour six mois la présidence tournante de l’Union européenne (ex-CEE).Cette [irise de fonctions survient à un moment délicat, alors qu’Athènes — retombé sous la gouverne des socialistes depuis le 10 octobre — est en conflit larvé avec la plupart de ses partenaires européens.L’un des «os» les plus durs de ce conflit concerne la Macédoine, ex-république yougoslave qui vient d’être reconnue par la plupart des pays d’Europe, mais que la Grèce ne veut pas voir utiliser ce nom qui appartient exclusivement — prétend Athènes — à l’héritage hellène.En outre, le ministre des Affaires européennes Théodore Pangalos a traité il y a quelques semaines l’Allemagne de «géant à force bestiale et à cervelle d’enfant».Pour finir, les relations avec la Turquie sont de plus en plus tendues, notamment depuis que la nouvelle doctrine militaire grecque, qui vient d’être énoncée, réaffirme avec force l’activisme d’Athènes sur la question de Chypre, île envahie en 1974 par l’armée turque.Notre collaborateur a séjourné récemment en Grèce, où il a notamment rencontré M.Pangalos.Portrait diplomatique d’un pays controversé qui fait désormais du nationalisme un mot d’ordre officiel.COI FRED A.K I.ADORATION E E I) SPEC IAl E A thènes — En mettant fin à trois ans et demi de gou-Lvernemenl ultralibéral le 10 octobre, les Grecs ont signifié à leurs partenaires européens ainsi qu’aux voisins balkaniques une nette volonté de changement de cap, autant en politique intérieure et économique qu’en politique étrangère.«Enfant gâté» de l'Europe gavé de subventions communautaires, la Grèce demeure la seule puissance écono-nfique des Balkans — et la seule démocratie.Après avoir servi de relais balkanique des Douze, elle penche à nouveau vers les Etats-Unis, vivement préoccupée par l'expansion communautaire — lire: allemande — dans la ix'iiinsule.Ainsi, la nouvelle dynamique qui s'installe à Athènes au lendemain de l’élection d’un gouvernement majoritaire dirigé par Andréas Papandreou, ne ixiurra qu'avoir un effet d'entraînement clans toute la région.I lue légion que le ministre adjoint de l’Economie nationale, M.Georges Kandalepas, décrit comme «notre anière-[iays naturel».Le retour triomphal au pouvoir du PASO K (Mouvement socialiste pan-hellénique) a réhabilité son père fondateur, évincé en 1989 par une alliance entre la «Nouvelle démocratie» dirigée par Constantin Mitsotakis et la gauche eurocommuniste.Le nouveau gouvernement n'a jusque ici pas laissé paraître la moindre trace de cet anti-américanisme viscéral qui avait pourtant marqué les premiers mandats de M.Papandreou.Au contraire, les intérêts de Washington, toujours prédits en Grèce, trouveront désormais, semble-t-il, une oreille plutôt sympathique à Athènes.L'président Clinton n’a pas tarde à inviter son homologue à venir dialoguer à Iq Maison-Blanche.Et l’affaire de l'arrestation à Athènes, par la police grecque, de deux agents armés et déguisés ilp la CIA, lin novembre, a été balayée sons le tapis./ Skcpjo ntl’ PC MA CF DO INF \ ALBANIE Salonlque GRECE Atliànos I Jurant la récente campagne, jouant habilement la surenchère nationaliste sur la question macédonienne, M.Papandreou a réussi à piéger son adversaire, l’accusant d'avoir négligé les intérêts historiques de la Grèce, qui comprennent l’«alliance orthodoxe» avec la Serbie, et ce pour faire plaisir aux puissances européennes, notamment à l'Allemagne.Au pouvoir, M.Mitsotakis a voulu vendre aux enchères des pans entiers de la richesse nationale, touchant même aux iles et aux parcs nationaux, aux chemins de fer, au réseau national d’électricité et au système téléphonique.Ayant promis d’assainir les finances publiques et de maîtriser le déficit, le premier ministre déchu n’a fait que remplir les poches de sa famille et dises proches, pendant que le déficit grimpait et que les licenciements se multipliaient.Rien détonnant alors que le retour en force à Athènes d’une formation que l’on se plaisait à traiter de «dinosaure» ail eu de quoi froisser les susceptibilités au sein d'une Europe déjà éprouvée aussi bien par son incapacité de maîtriser le chômage que par sa faillite en Bosnie.l'Europe a de sérieux problèmes.Elle ne saurait plus être gouvernée que par des banquiers.Il faut quelle le soit par des élus des peuples», déclare une source très proche du premier ministre.«Les indices économiques, c’est évident, ne suffisent plus.Voilà pourquoi certains politiciens européens ont si violemment réagi à l'élection du FASOK.Ils ont compris que, dès que la Grèce assumera la présidence de la CE, le 1er janvier, nous en parlerons plutôt franchement.» Toutefois, fait-on savoir dans les milieux officiels, les années où la formation de M.Pa-pandréon jouait les trouble-fête sont révolues.«Nous n’avons pas une grande marge de manoeuvre dans une économie intégrée au syslè- Pangalos me européen et mondial», nous a expliqué M.Théodore Pangalos, ministre adjoint aux Affaires étrangères, responsable de la politique européenne.«Il faut réviser nos rapports avec la CE.D’accord, nous sommes les moins bien placés des Douze.Par contre, seul le Luxembourg peut appliquer intégralement le traité de Maastricht.» Si les Grecs, en réélisant M.Papandreou, ont vote pour le pain et l’emploi, ils ont aussi voté pour une fierté nationale qu'ils avaient considérée bafouée, surtout dans l’affaire macédonienne.L'affaire macédonienne: Athènes coincé?Soucieux de ne pas rompre avec ses alliés idéologiques de la droite européenne, notamment le chancelier Helmut Kohl et le premier ministre britannique John Major, M.Mitsotakis n'a jamais pu articuler de vision claire du rôle de son pays dans le bourbier balkanique, encore moins sur cette épineuse question de la «FY-ROM», selon l'acronyme officiel de «l'ancienne république yougoslave de Macédoine», récemment reconnue diplomatiquement par plusieurs pays européens, au grand dam de la Grèce.Lout en voulant appuyer — orthodoxie oblige — les dirigeants serbes que sont Slobodan Milosevic et Radovan Karadzic, l’ancien premier ministre a failli accepter que le nom du nouvel Etat contienne le mot «Macédoine», ce qui a précipité le déclenchement des élections.Deselections que M.Mitsotakis n’a pu gagner, malgré les conseils du grand stratège américain James Carville.Malgré la course aux armements dans laquelle il a engagé son pays (achat de plus de 500 chars blindés auprès des Etats-l Dis et des Pays-Bas dans la seule année 1992, selon des chiffres de l'ONU), M.Mitsotakis a été perçu comme •mou» à l’endroit de la Turquie.Dans son discours inaugural, M.Papandreou a rompu toute négociation avec «la République de Skopje» (la Macédoine), pendant que d’autres officiels du nouveau gouvernement évoquaient, en termes à peine voilés, l'importance du port de Thessalonique pour la survie «K économique de leur voisin.Lors du même discours, le nouveau premier ministre a averti Ankara que toute tentative de modifier le statu quo à Chypre serait perçu par la Grèce comme un casus belli, déclaration qu'il a explicitée quelques semaines plus tard lorsqu'il a annoncé que l’ile fera désormais partie du dispositif de défense hellénique.Selon M.Pangalos, le fond du malentendu avec Skopje «n’est pas le nom, mais le désir.Pourquoi d’ailleurs met*» tent-ils le soleil de Vergina sur leur drapeau?Pourquoi ne ’ veulent-ils pas reconnaître nos frontières?» Bien sur, ad- : met-il, «ce petit Etat ne menace rien ni personne à fheure actuelle.Mais dans le cas d’une instabilité généralisée dans le sud des Balkans, nul ne peut prédire ce qui arrivera.C'est alors que cette revendication prendra toute son importance».Après la reconnaissance par les pays européens de la Macédoine, à la mi-décembre.Athènes se voit désormais un peu coincé.Selon une source proche de M.Papandreou, la suivie de la Macédoine dcix ndra de sa capacité de collaborer avec la Grèce.«Nous croyons que ce pays ne [xnit survivre qu'avec des transfusions continues», conclut cette source avec un sourire laconique, traçant sur un bout de papier une carte sommaire de la «République de Skopje» divisée en trois.«Vous savez.il y a des gens qui croient que l’avenir, c'est cela.» Bien que la Macédoine ne représente aucun danger immédiat pour la Grèce, il en va tout autrement de l’Albanie.Non pas en raison d’une quelconque «menace» en provenance de ce petit pays aux abois.Mais plutôt en raison de l'instabilité grandissante ' dans la région, et du danger d’un débordement vers le sud d’une Serbie vouée à la consolidation de son territoire «historique», y compris la région autrefois autonome du Kosovo, peuplé à 90» par des Albanais.Vu d'Athènes, tout changement violent fera naître une nouvelle Bosnie.«Le Kosovo est une source de catastrophe potentielle», affirme M.Pangalos.«Je crois qu'il y a une seule iv|xmse: une Yougoslavie unie et démocratique.» Rien ne paraît, pour l’instant, plus improbable.Si le conflit qui déchire l'ex Yougoslavie se superpose à celui, commercial, qui oppose les Etats-Unis à l’Europe pour la maîtrise des Balkans, toute tentative d’alignement d’Athènes sur les positions américaines ne peut être que porteuse de dangers.M.Papandreou devra faire preuve d’une grande capacité de manoeuvre.Mais il devra également formuler des enjeux clairs pour un pays gagne par l’incertitude.Sinon, son mandat de la «deuxième chance» pourrait bien s'avérer celui.de la dernière chance.L'antiaméricanisme virulent, A c'est fini I.K I) E V 0 I H .i.E .1 K U I) I 3 (I I) K ( K M I! H K I II !l 3 A (» EDITORIAL Des ordres dans les limbes Gilles Lesage Ix> projet de loi 140 modifiant le Code des professions et l’ensemble des lois constitutives des 41 ordres professionnels est resté sur le carreau de l’Assemblée nationale, lorsqu’elle a ajourné ses travaux jusqu’à la mi-mars prochain.résentée trop tardivement par le t d’une loi aussi fondamentale, après 20 ans d’expé- gouvernement, 1 importante piece législative n’a pu franchir avant les Fêtes les multiples étapes menant à son adoption et à son entrée en vigueur.Le ministre, M.Raymond Savoie, en blâme l’opposition officielle.Mais il n’a qu’à s’en prendre à lui-même si, au moment de quitter son poste ministériel, il ne peut porter cette réforme essentielle à son bilan personnel.Un s’explique d’ailleurs assez mal les retards de dernière heure qui ont relégué le projet aux limbes.11 risque désormais de mourir au feuilleton de l’As-sêmblée et de la Législature en cours, mettant ainsi en péril un énorme travail qui, en dépit de ses imperfections, pouvait donner des fruits abondants.Ce qui aurait pu être le cadeau du 20ème anniversaire de l’Office des professions en deviendra le cauchemar.Durant trois ans, l’Office avait révisé, consulté, proposé et rédigé.Il en était résulté, il y a près d’un an, un avant-projet ministériel, soumis durant plusieurs jours a la consultation et à des audiences publiques.M.Savoie promettait ensuite un projet de loi pour le début de l’été, de sorte que les nombreux intéressés puissent en prendre part et le commenter avant l’automne.Pour des raisons obscures, le texte législatif a été repoussé à la mi-novembre, laissant trop peu de temps pour la suite ordonnée et réfléchie des choses.Cafouillage pénible.Le gouvernement se laissant lamentablement traîner les pieds, ce n’est en effet qu’au terme d’une longue séance nocturne — en fait, a 5h30 le matin du lü décembre — que M.Savoie a pu présenter et faire adopter en principe son projet de loi.Etrange rituel, entre l’aube et l’aurore, de la part d’un ministre pour qui «ce projet de loi est la plus importante modification envisagée aux lois professionnelles».Pourquoi cette parade nocturne quand "il s’agit d’une mise a jour importante qui aura pour effet de rendre le mécanisme disciplinaire plus transparent, plus accessible, plus rapide, mais aussi plus sévère, et qui surtout lui donnera ou lui rendra la crédibilité, condition essentielle de son efficacité»?I.e ministre a mis bien peu de chances de son côté pour faire adopter, encore selon ses termes, »un projet a la fois modeste et ambitieux qui vise a apporter des solutions concretes a des problèmes réels».A vrai dire, le gouvernement aurait voulu bousiller ce projet — d’ailleurs décrié par des ordres professionnels influents et le Conseil qui regroupe quelque 240 000 professionnels — qu’il n’aurait pas agi autrement.Avec raison, les porte-parole pé-quistes, surtout les députés Jocelyne Caron (Terre-bonne) et Pierre Belanger (Anjou) ont fait ressortir la mauvaise planification et l’absence de transparence gouvernementale, plus pitoyables encore dans un projet qui prétend s’en inspirer et l’insuffler a des ordres névralgiques.Leurs remarques sont d’autant plus pertinentes que la réforme ne va pas aussi loin quelle le devrait, et quelle comporte des failles et des carences qu’un examen minutieux et approfondi permettrait de corriger, du moins en partie.Mal leur en prit.Au lieu de prendre acte des nombreuses doléances de l’opposition — notamment quant au traitement des plaintes, surtout a caractère sexuel, le ticket modérateur pour la révision des décisions du syndic, la francisation et la féminisation des termes, le secret professionnel, les ordres a titre Le Code des professions reste sur le carreau.réservé, et le reste — le ministre s’en prend plutôt a ______, ._________________________________ l’opposition parlementaire.Comme si la révision ?professionnels?C’était pourtant une bonne idee.rience précieuse, et qui compte plus de 450 articles, pouvait se faire par enchantement, dans la fébrilité et la bousculade d’une fin de session dominée par deux lois spéciales, relatives à la construction, et la transition de M.Bourassa à M.Johnson.Des amendements?Le ministre n’en a cure, comme s’il était fatigué, avait hâte d’en finir et de retourner pratiquer le notariat à Val d’Or.Pourtant, parmi les 41 ordres visés, au moins un, celui des psychologues, s’est donné la peine de réagir au projet ministériel, non pas pour le féliciter, mais pour réclamer des normes plus sévères.Seul ordre ayant, depuis dix ans, clairement interdit les relations sexuelles entre professionnel et client, l’Ordre professionnel des psychologues considère que les dispositions contenues à cet égard dans le projet 140 constituent un net recul.11 demande donc au gouvernement de le modifier, de façon à interdire nettement toute activité sexuelle dans le cas des pratiques professionnelles qui reposent sur un lien privilégié de confiance.De plus, insiste l’Ordre, un professionnel ne doit pas profiter de la vulnérabilité d’un ex-client pour s’attirer des faveurs sexuelles, pour poser des gestes ou tenir des propos injustifiés â caractère sexuel.Talonné à ce titre litigieux et, de façon plus générale, sur la protection du public que le Code en gestation est censé assurer de façon étanche, le ministre farfine et tergiverse, se félicite du travail accompli et pourfend les détracteurs de son chef-d’oeuvre.Il accuse même l’opposition de faire un filibuster (obstruction systématique), alors quelle se livre à son devoir normal de vigilance et de cohérence.Excédé, pour se défendre, il décrie même les dispositions ontariennes, plus sévères que celles qui sont prévues au Québec quant aux fautes à caractère sexuel.A vrai dire, en même temps qu’il voulait procéder «à la bonne franquette», selon ses propres termes et au grand déplaisir de ses critiques péquistes, le ministre laisse une double et pénible impression: non seulement ne veut-il pas corriger et améliorer son projet, pour le rendre plus acceptable et utile au grand public, mais le parrain ne semble plus tenir du tout à ce que son «bébé» entre en vigueur.Autrement.il aurait fait en sorte qu’il soit présenté et étudié à des heures normales et raisonnables, et non indues, et il aurait agréé d’emblée bon nombre des suggestions de l’opposition.Faut-il se réjouir de cette attitude étrange et cachottière?Oui et non.Oui, parce que l'étude du projet (qui n’a franchi que 59 des 453 articles) peut être poursuivie pendant l’intersession et, pour peu que le gouvernement le veuille, être complétée calmement dès le mois de mars.Non, en raison de plusieurs signes inquiétants.Le ministre Savoie quitte son poste en janvier et son successeur voudra probablement remettre l’ouvrage sur le métier.D’autant que les ardents promoteurs de la réforme a l’Office ont été mis de côté et remplacés par des dirigeants qui n’ont pas encore fait leurs preuves en cette matière.A l’exception de la nouvelle vice-présidente, Mme Sylvie de Grandmont qui, jusqu’à ce jour, présidait le Conseil interprofessionnel et menait la charge contre -l’ingérence» et le «dirigisme» gouvernemental.Cela n’augure rien de bon pour un essai de réforme qui, malgré ses faiblesses, méritait un meilleur sort.Une fois de plus, c’est la protection du public, que l’on prétend pourtant servir, la main sur le coeur, qui en souffrira.Pour un Code des ordres Conjoints du même sexe: des précisions Suite a la lecture de votre éditorial, il m'apparaît important d’apporter deux corrections a vos affirmations.Vous rapportez que la Ville de Montreal et d’autres villes et universités ont devancé les législateurs et reconnaissent les unions entre personnes de même sexe, aux fins des avantages sociaux.».lout d’abord, il me parait erroné d’attribuer à un organisme le pouvoir de -devancer le législateur».L'organisme a le pouvoir d’appliquer des mesures progressistes qui s’adaptent aux changements de société du moment qu elles n’entrent pas en conflit avec les lois.Ainsi, dans le cas de certains avantages so-iaux, la reconnaissance des i enjoints de même sexe est possible car elle respecte celte regie et n’a d’implication réelle que sur la régie interne de ces compagnies.Par contre, dans le cas de certains autres avantages, les lois sont attaquées et c'est une autre histoire.Dans le cas des pensions, par exemple, la volon' n organisme de reconnaître ,> conjoints de même sexe est déjouée par la loi de l’impôt qui ne reconnait que les conjoints de sexe opposé.Il sera dont impossible a cet organisme de devancer le législateur car lui seul ixissede le pouvoir de changer la no- L E T T R E S —— tion de conjoints de même sexe qui se retrouve dans la loi de l’impôt ou dans le code civil, selon les cas.En deuxième lieu, il importe d’attribuer les efforts progressistes, bien que réalisés a l’intérieur des lois, aux bons organismes.Dans le cas cité de la Ville de Montréal, la seule reconnaissance a laquelle on pourrait se référer en relation avec vos propos serait celle donnée dans le cadre des assurances collectives.Or, dans ce cas précis, c’est par la compagnie la Prudentielle d’Amérique, compagnie qui détient le contrat des assurances collectives de la Ville, que la reconnaissance s’établit.la Ville de Montréal, dans ses conventions, en fait même pas ces variations a l’intérieur des lois permises.Par exemple, dans les conventions qui sont négociées avec cet employeur, la definition reconnue de conjoint est la suivante: «signifie l’homme ou la femme qui sont mariés et cohabitent ou qui vivent maritalement et qui résident ensemble depuis trois ans ou depuis un an si un enfant est issu de leur union et sont publiquement représentes comme conjoints».Cette définition limite aux conjoints de sexe opposé l’accès aux congés de type «décès du conjoint» et «reprise en charge lors de ht naissance d’un enfant» Pourtant, cette reconnaissance correspondrait aux latitudes per mises par les lois.D- but de mon intervention est de démontrer que tout mouvement prie gressiste, tant qu’il ne se traduit pas en terme de loi, demeure un discours théorique que plusieurs utiliseront comme paravent dissimulant une réalité très conservatrice.De plus, ce discours théorique endort les instances décisionnelles car il laisse croire que la réalité se déjoue des lois et qu’il suffit d’avoir des idées progressistes pour changer notre société.Jean Boucher, .Président .SA VM Montréal, 17 décembre 1993 Pères, nous le sommes! En réponse a la lettre parue dans LE DEVOIR du vendredi 10 décembre dernier, lettre qui traitait de la relation «père-enfant(s)», je crois qu'il ne faut surtout pas généraliser.Des pères s’impliquant auprès de lcur(s) enfant(s), j’en vois tous les jours: a l’école, dans leurs activités parascolaires (sports, musique, science, etc.), lors de diverses activités culturelles (cinéma, théâtre, jardins botanique et zoologique, etc.).Ces pères sont responsables, affectueux et surtout, fiers de l’être!!! D’un père de coeur et d’honneur (ayant la «garde partagée») et au nom de tous les PERES dont on ne cesse de décrier l’irres|X)nsabilité.Daniel Marion Waterloo, le 23 décembre 1993 GMîWl UEÜKt tvf-ll, ITJOUDSOU?Il EST.REPRISE Les métamorphoses du Phénix S 'il y a une période de l’année dédiée aux valeurs de la famille et de l’enfance c’est bien celle des fêtes! L’acteur américain River Phoenix, 23 ans, dont la mort récente par overdose a frappé l'opinion, les aura incarnées jusqu’au bout à l’écran comme dans la vie.On se souviendra sans doute de ses rôles dans «Mosquito Coast» de Peter Weir, dans «Stand by Me» de Rob Reiner ou encore de sa remarquable interprétation de jeune prostitué narcoleptique dans «My Own Private Idaho» de Gus Van Sant.Chacun de ses films illustre l’éternel dilemme du passage de l’adolescence à l’âge adulte.Voilà pourquoi sa mort brutale a fait vibrer de par le monde le coeur de sa génération.Sa disparition saisit, un certain état de la culture politique en cette fin de siècle.«J’avais 20 ans et je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie».Enfant star a l'irrésistible sex-appeal, fils millionnaire de parents pauvres, végétarien qui s’empiffrait de chocolat et de coca cola, écologiste et junkie tout à la fois, il aura vécu cette injonction célèbre de Paul Nizan jusque dans ces ultimes contradictions.Sa vie brisée nous fascine justement parce qu’elle nous donne à lire tant les aspirations irrésolues de notre époque que les étemels conflits entre générations.Et ces conflits concernent le rituel de passage.Or il se trouve que dans nos sociétés soi-disant modernes, ce rite a été abandonné.Conséquence il n’y a désormais plus rien (sauf le service militaire et encore) pour marquer la séparation du jeune homme du monde de l’enfance.Aujourd’hui, par la magie médiatique, ce monde ne fait qu’un seul bloc indistinct où dominent les valeurs de la jeunesse éternelle a l’aune de laquelle nous mesurons désormais la réussite.Cet état de chose, on s’en doute, ne crée pas d'authentique intégration.Pour ce faire, il importe de réintroduire symboliquement le risque, c’est-à-dire le rapport à la mort.Un excellent exemple de cette recréation nous est donné dans «Im fureur de vivre», la grande réalisation de Nicolas Ray qui a rendu célèbre James Dean et auquel la rumeur persistante compare Phoenix.Dans ce film culte, James Dean y interprète un jeune collégien qui doit chercher ailleurs qu’auprès d’un père démissionnaire, féminisé dans des tâches domestiques, un modèle des valeurs de courage et de conviction.11 est sommé de prouver sa virilité en participant a une course de voitures volées lancées a tombeau ouvert vers une falaise.Le pari consiste à sauter le dernier du véhicule.On connaît la suite.S’il s’en réchappe dans le film, Dean n’aura pas cette chance dans la vie avec sa Ferrari.Signe de réussite sociale et d’appartenance de classe, la voiture est ici détournée de sa fonction pour redevenir ce qu’elle a toujours été: un bolide.C’est par le biais de la vitesse que la voiture est dangereuse et de ce fait peut devenir un instrument de l’initiation pour la génération des années 50.Période qui coïncide, ô hasard, au début du consumérisme.Rappelons-le, la guerre est finie.C’est le début de la télé et du Rock’n’roll qui va mettre à mal les valeurs traditionnelles.Cette vague culminera par l’avènement de la contre-culture, la valorisation de l’écologie, 15 ans plus tard.River Phoenix est le fils embléma- tique de cette génération hippjc qui prône la paix au Vietnam et lé respect de l'environnement, fume du Hasch et du pot.Et croit à la rédemption par le sacré, même de pacotille.(Son prénom River provient de «rivière de la vie» dans «Siddhar-ta» de Herman Hesse).Quarante ans plus tard, la révolte du jeune Phoenix ne passera donc plus par l’auto mais par la drogue.Instrument de «libération» et de statut social du propre père de «River», la drogue le sera également pour son fils.Mais cette fois elle sera «dure», histoire de bien marquer sa différence.A l’instar du prostitué toxicomane dans «My Own Private Idaho», River Phoenix succombera aux illusions des mondes artificiels.Car si hier les limites à dépasser étaient physiques — le terrain de course, la performance athlétique — aujourd’hui elles sont davantage intérieures, réduites à la frontière du corps.La drogue est le véhicule idéal du voyage et donc de ce fait la balise de nouvelles limites à transgresser.Voilà pourquoi sa consommation s'est accrue récemmeht auprès des jeunes stars d'Hollywôod.Une tendance qui risque de faire boule de neige.Ce parcours n’est pas sans rappeler, au Québec, le parcours météorique d’un Emile Nelligan ou celui plus récent d’un Gilles VillenÔuve.Car ces destins touchent à leui* manière la plus enivrante des épreuves: la vitesse.Telle est l’illumination rimbaldienne: parvenir à la fulguren-ce en faisant l’économie d’une démonstration bref du temps qui passe.Un dilemme qui rattache ces itinéraires à une très ancienne tradition classique: celle des héros.Voilà pourquoi leur vie est exemplaire et tragique.Leur sacrifice permet à la société toute entière de prendre la mesure de ses limites.Et de ses contradictions.Mais aujourd'hui il ne s'agit plus de défendre la cité ou de venger son honneur.L’enjeu consiste simplement à redonner un sens a la vie.Enjeu éternel.A P II « P 0 S —?— .d’un crime La loi prend parfois du retard sur la désapprobation sociale, alors qu’en d’autres circonstances, c'est la société dans son ensemble qui n’apporte pas a la loi le support nécessaire à son application.Ix- sort de la prohibition de l’alcool aux Etats-Unis, les nouveaux enjeux relatifs a la protection de l’environnement et l’attention accrue portée depuis une décennie à la violence faite aux femmes et aux enfants sont, de façons différentes, des exemples de ces relations complexes entre le droit et les valeurs sociales.la notion de ce que constitue un crime, de même que nos attitudes face a la criminalité sont donc en constante évolution et varient selon les époqdbs et les cultures.Les délits de sorcellerie et de vagabondage, fréquents aux 17e et 18e siècles, ne sont plus que curiosités.Aujourd’hui, des mouvements très importants favorisent la prohibition de la détention d’armes a feu ou demandent des actions beaucoup plus énergiques a l’égard de la protection de ('environnement; autant d exemples de l’évolution réçente de notre société.Tiré du Rapport de la Table ronde sur la prévention de la criminalité, Gouvernement du Québec 199.4 .1 A N V I H II Directeur ri é légué à l'administration AN I) It E 1, K (', I.E It C 1.1K U, KOCH CÔTÉ Rédacteur en chef adjoint ,1 K A N It 0 It K K T SANSKAÇ0N i.K i) i: v i) i h .i.k ,i !•: r n i :t u i> r.c r m ii r e i ti it :t A 7 IDÉE S ! I Yves Bérubé.PHOTO AKCHIVKS Hommage à Yves Bérubé L.GONZAGUE LANGLOIS ANCIEN DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L'ASSOCIATION DES MINES DU QUÉBEC es principaux quotidiens québécois, sous la plume de leurs éditorialistes, ont souligné, de façon généreuse et éloquente, les grandes qualités d’un ancien ministre disparu dernièrement, M.Yves Bérubé.Je n'ai pas l’intention d’entrer en compétition avec le concert de ces L louanges bien méritées.Étant donné, cependant, qu’à titre de directeur d’une association patronale (L’Association des Mines), j’ai eu le grand privilège de le côtoyer pendant son mandat de ministre de l’Énergie et des Ressources, j’aimerais ajouter ma perception personnelle sur la riche personnalité de l'ancien ministre.Lorsque M.Bérubé était professeur à Laval, avant son entrée en politique, j’avais eu l’occasion, à plus d'une reprise, de constater son extraordinaire intelligence à maîtriser facilement certaines données scientifiques et d’apprécier son approche originale sur plusieurs autres sujets.C’est donc avec une certaine surprise que j’appris son arrivée en politique.Après son élection, cependant, sa nomination au poste de ministre de l’Énergie et des Ressources fut, pour moi, un élément rassurant, dans le grand,dérangement que constituait l’arrivée au pouvoir de politiciens perçus par le monde patronal, comme particulièrement socialisants.Au cours des cinq années que M.Bérubé a passées au ministère de l’Energie et des Ressources, nous avons eu l’occasion de lin faire de nombreuses représentations sur l’état de l’industrie minière.Pour ma part, j'ai toujours hautement apprécié son approche à nos préoccupations.A l’inverse des autres ministres que j’avais connus jusqu’alors, il semblait avoir fait table rase de tout ce qui avait existé auparavant, pour se concentrer strictement sur let^ arguments que nous lui exposions et en apprécier la justesse.Lorsque nous l’avions convaincu, il agissait en conséquence, sans se préoccuper de la tradition et de tous le,s «ça ne se fait pas» qui avaient pu exister auparavant.Même si la grande majorité de notre groupe ne partageait pas les opinions politiques du ministre Bérubé, cette péripde fut une sorte d’âge d’or pour le secteur minier québécois, lequel a profité de plusieurs incitatifs fiscaux qui opl permis de relancer, à toute vapeur, la recherche minepde au Québec.Au cours d’une conférence, j’avais même senti le besoin d’affirmer, un jour, que le ministre Bérubé était le meilleur ministre des mines que nous ayon^jamais eu.Ce compliment ne m’avait pas fait que des amis chez ses collègues.Sa disparition est.pour moi, une occasion de répéter combien cet homme intègre, humain et si qualifié, a permis relancer le secteur minier québécois, même au cours de la sérieuse récession que nous avons vécu au débui'.Ües années 80.Le «nouvel ordre» européen et les Balkans PHOTO ARCHIVES On constate que l’Occident est en train de se réorienter dans la crise yougoslave actuelle où les intérêts de la France, de la Grande-Bretagne et de la Grèce sont en opposition directe avec ceux des États-Unis, de l’Allemagne, de l’Italie et de la Turquie.mouvements stratégiques d’une nouvelle Russie puissan- ANDRÉ GEROLYMATOS PROFESSEUR COLLÈGE DAWSON 1 y a 18 ans, en août 1975, 35 Etats européens, le Canada et les États-Unis confirmaient, a Helsinki, le dernier acte de la conférence sur la sécurité et la coopération européenne.L’obligation de respecter la souveraineté, l’égalité et l’intégrité territoriale des États y figurait et occupait une place éminente.Les signataires s’étaient en effet mis d’accord pour respecter les frontières existantes en Europe et pour ne pas les modifier, sauf si les parties intéressées y consentaient.L’unification des deux États allemands offre un exemple de ce consentement.Malheureusement, cette procédure n’a pas été suivie dans le cas yougoslave.La Slovénie, la Croatie et la Bosnie ont acquis leur indépendance sans l’accord du gouvernement yougoslave.Un argument qui justifierait cette exception peut être fondé sur le Sème principe de l’Accord d'Helsinki qui défend le concept de l’égalité des peuples et leur droit à l’autodétermination dans le cas où il s’agit de minorités ethniques.Il va sans dire que ce principe s’applique aux Albanais du Kosovo, à la minorité hongroise de Voïvodine, aux Serbes de Croatie, aux Grecs de l’Albanie du Sud (Émpi-re du Nord), aux Albanais de l’ancienne république yougoslave de la Macédoine, aux Hongrois de la Transylvanie, aux Kurdes de Turquie et d'Irak ainsi qu’à toutes les minorités ethniques de l’ancienne Union soviétique.Ironiquement, cette interprétation exclut les musulmans de l’ancienne Yougoslavie ainsi que toute communauté religieuse, qu’il s’agiss,e de la majorité ou de la minorité de la population d’un État.Il faut dire que le même principe ne prptêge que les droits d’une minorité ethnique dans un Etat.L’acte final d’Helsinki a été conclu en 1975 entre les pays occidentaux et ceux de l’Est.Ce dernier groupe n’existe plus comme bloc et l’Occident est en train de se réorienter.On constate cette dernière réalité dans la crise yougoslave actuelle où les intérêts de la France, de la Grande-Bretagne çt de la Grèce sont en opposition directe avec ceux des Etats-Unis, de l’Allemagne, de l’Italie et de la Turquie.A la lumière de cet argument, on peut mieux comprendre le manque d’enthousiasme des Britanniques, des Français et des Grecs à l’idée d’une intervention dynamique, armée, de l’Occident en Yougoslavie, tandis que les Allemands, les Turcs et les Italiens appuient une offensive militaire contre les Serbes.Il est intéressant de noter que ceux qui sont favorable à une intervention armée veulent qu’elle soit entreprise par les Américains.Ainsi, derrière la question de la protection de l’aide fournie par les Nations Unies aux musulmans de l’ancienne Yougoslavie, se cache le nouveau format de l’«Ordre Mondial», au moins dans le cas européen.Actuellement, ce nouveau format n’inclut pas les Américains — en réalité leur intérêt dans l’imbroglio balkanique n’est pas influencé que par l’opinion publique et par les médias d’information — et les Russes qui sont profondément préoccupés par leurs problèmes intérieurs.En tout cas, jusqu’à maintenant la Russie essaie de faire avancer la stabilité politique des pays membres de la communauté des Etats indépendants dans l’espoir qu’un jour, ces États s’intégreront à une nouvelle Russie.Pour sa part l’administration américaine essaie de consolider l’intégrité de ces nouveaux États qui pourraient dans l'avenir devenir une zone tampon et ainsi limiter les te.Quoi qu’il en soit, les activités politiques de deux puissances ne sont pas compatibles avec les intérêts des États européens qui se trouvent actuellement stratégiquement dégagés, pour la première fois depuis la fin de la guerre froide.Une nouvelle réalité européenne est en train de se développer dans la tragédie yougoslave, et ceci, entre les pays qui désirent une Serbie puissante et ceux qui souhaitent son affaiblissement.L’enjeu de cette réalité est constitué par le contrôle stratégique du Sud-Est européen et, même plus loin, du Proche-Orient, de la Trans-Caucasie et, éventuellement, de l’Asie Centrale.D’une certaine façon, cela rappelle les antagonismes anglo-russes en Asie Centrale au milieu du 19e siècle.Reste à voir si l'affaire se terminera par la création d’une zone allemande-autrichienne-italienne et turque qui influerait la Slovénie, la Croatie.l’Albanie, la Bosnie et l’ancienne république yougoslave de la Macédoine, en guise de pont, ou par une alliance entre la France et la Grande-Bretagne, incluant la Serbie et la Grece, qui contrôlerait l’extrémité Sud-Est de l’Europe et ouvrirait un corridor vers les régions ci-haut mentionnées.Les analystes américains pensent toujours en termes de guerre froide et, pour plusieurs, c’est le danger islamiste qui les préoccupe.Dans cette ligne de pensée stratégique, l’administration américaine a appuyé l’expansion de l’influence turque dans les États musulmans, anciens membres de l’union soviétique.On espère ainsi contrebalancer l’influence islamique iranienne.L’administration américaine ne semble toutefois pas voir que ces pays islamiques comptent des populations russes, certes, mais aussi des unités de l’ancienne année soviétique, lesquelles, dans certains cas, influencent toujours les administrations locales.Les dirigeants américains ont aussi oublié que, malgré le développement du secteur privé en Turquie, ce pays n’est toujours pas un investisseur dans ces nouvelles républiques.Ce sont de capitaux et de produits dont les républiques islamiques asiatiques ont besoin.lueurs populations se méfient d'un Islam marqué par son fondamentalisme.Cinquante ans de régime soviétique ont produit une classe de technocrates, de professionnels, d’artistes, d’ouvriers spécialisés, lesquels, sans nécessairement se tourner vers l’Occident, aimeraient tout de même bénéficier du régime capitaliste.Ia's Européens, eux, semblent l’avoir compris.Ils sont en train d’établir des bases de pénétration économique dans cette région.Devant l’absence russe et américaine, ils pourraient en tirer des profits financiers considérables.Cependant, cette course pour le contrôle des marchés asiatiques a créé une competition parmi ces mêmes Européens dont on peut sentir les échos dans le carnage yougoslave.1 SLOVÉNIE 2 CROATIE 3 BOSNIE H£ RZEQO^ «VOÏVODINE S SERBIE eMONTÉNÉGRO ZKOSOVO ^MACÉDOINE ,r~a Myrt»»,d«u| i.ms utanwsé! GRECE Ia“s signataires du Sommet d’Helsinki s’étaient mis d’accord pour respecter les frontières existantes en Europe.• L’avenir du Québec sans le Canada Conrad Black et ses scribes auraient intérêt l>‘ à allonger leur liste de lecture 1*1 ERRE-PAUL l’ROULX :PROFESSEUR TITULAIRE Il E PARTEM ENT DES SCIENCES ECONOMIQUES UNIT E RS I U E DE MONTREAL [[=™t] e Globe and Mail du 3 novembre publiait un résumé de l’allocution de Conrad Black à un déjeu-J lier conjoint des Empire and Canadian Clubs sous le titre « Black lashes oui at Québec bribery •¦.Le 30 octobre The Economist de Londres publiait un éditorial que M.Black aurait eu intérêt à lire cl qui reprend, entre autres, un argument économique qui a eu peu d’écho dans nos débats domestiques.Selon The Economist, «la séparation ne causerait pas beaucoup de (lomp/age au Canada.A une époque de libre-échange et de liberté de mouvement, aucune partie vitale de son économie ne serait démantelée».I ci qu’exprimé maintes et maintes fois,dans mes écrits depuis quelques années, il s’agit d’une proposition valable faut pour le Québec que pour le refile du Canada.L’intégration economique découlant du change mont'féclmologiquo, des stratégies de localisation des entreprises, des accords de liberalisation des échanges, de la mutation de nos economies vers la production des biens (je liante technologie et de haute valeur ajoutée et les services, donne lieu a la disparition des Irontieres politiques, à des espaces économiques communs qui ne coïncident plus avec le découpage politique des pays.Ceux-ci demeurent cependant essentiels (d’où un motif pour la sou verainelé du Québec) pour lavoriscr les synergies et l’acceptation d’objec lits sociaux, économiques et culturels si importants a la compétitivité dans un monde de plus en plus re gionalisé et globalisé.On est loin des scénarios apocalyptiques des chevaliers d’un Canada centralisé et uni! Ia- Canada est trop hétérogène The Economist évoque aussi la fragilité des ententes lorsque «les deux parties sont réticentes aux compromis qui les garderaient unies», constat qui leur est suggéré par une lecture des positions des «Canadians» lesquels pensaient trop céder au Québec lors de Charlottetown.le Canada est trop hétérogène pour permettre de créer «coast to coast- les synergies, les collaborations et la confiance mutuelle, si nécessaires, à une insertion réussie dans une économie du plus en plus globale et ouverte.Nous avons en ce moment une équipe avec deux gérants (un à Ottawa et un à Québec) et.même au Québec, des joueurs qui.pour l’instant, choisissent de ne pas jouer ensemble devant l’incertitude que perpétue notre régime politique actuel.The Economist s'inquiète du sort de nos concitoyens et concitoyennes anglophones.Notre défi est de les inciter à accepter l’Assemblée nationale plutôt que la Cour Suprême du Canada comme fieu où se dessine roui nos relations et collaborations dont nous pouvons mutuellement bénéficier.I.'invitation reste ouverte à la mise au point d'un Pacte qui nous permettrait de faire du Québec un endroit privilégié en Amérique du Nord.Quant a nos concitoyens et concitoyennes allophones, nous ne pouvons que les inviter à se joindre a la majorité des Québécois pour former une équipe qui saura mieux que dans le Canada de Preston Manning permettre leur développement éco mimique, social et culturel dont nous nous enrichissons tous.Conrad Black est d’avis que le C’a nada anglais se tirerait mieux d'affaires en négociant une entente avec les Etats-Unis qu’en continuant à faire des concessions au Québec.D’accord, car la vision du pays qu'il désire est si incompatible avec celle de la majorité des Québécois et Québécoises qu’il est plus indiqué pour les «Canadians» de s’entendre pour définir le pays qu’ils désirent, les Québécois faisant de même.Quand on voit comme concession et chantage la moindre revendication du Québec pour faire reconnaître le français comme bien public, quand on rejette des formules fédéralistes asymétriques comme il en existe une vingtaine au monde, quand on prétend que le Québec tire plus que sa part de sa participation au fédéralisme canadien il est temps de divorcer! Invitation à lire J'invite monsieur Black et ses scribes à lire les travaux les plus récents sur les comptes économiques du fédéralisme.Et pour s’assurer qu’ils ne les balaye iras du revers de la main je l’invite à lire les travaux de chercheurs publiés en Ontario par le C.D.11 owe Institute.Qu'il prenne connaissance des travaux de J.Mc-Callum, actuel doyen des Sciences sociales à l’Université McGill, lequel a dirigé les travaux du C.D.Howe Institute en vue du débat référendaire de Charlottetown.Ils pourraient y lire en ce qui concerne le paiement d’impôts de toutes sortes et la part québécoise des dépenses de lone-tionnemenl du gouvernement federal an Québec, que le solde est nul en ce qui concerne le Québec et l'Alberta.Ils pourront lire dans une récente publication (A Partnership in Trouble) de C.D.Howe, les travaux de F.Leslie, conseiller au gouvernement federal, lequel en arrive à une estimation d’un transfert positif de l’ordre de 0,7% du PIB du Québec toujours en ce qui concerne les impôts et dépenses courantes.Inutile d’indiquer que je ne partage pas toutes les hypothèses de Leslie et que je pourrais aussi plausiblemenl en arriver à un chiffre négatif.Et tous sont d’avis que les transferts aux provinces sont en diminution! Monsieur Black et ses scribes tireront profit d’un lecture des travaux de P.Harding du Council of Atlantic Premiers, où l’on établi qu’exception faite du Yukon, le Québec arrive bon dernier en ce qui concerne les dépenses de fonctionnement de la majorité des ministères du gouvernement fédéral.Nous n’avons pas de soucis à nous faire lorsqu’il s’agit de transferts établis à partir de formules objectives et négociées reposant sur des critères facilement identifiables.Notre problème se présente lorsque la discrétion ministérielle a cours.Comment accepter un régime politique quand on ne peut faire confiance à la discretion dont doit disposer tout gouvernement?L’élection du Bloc québécois à Ottawa donne une indication de la confiance que nous faisons à monsieur Jean Chrétien et à son Parti pour défendre nos intérêts à Ottawa.Monsieur Black et ses scribes de-vraient aussi prendre connaissance des travaux ayant tenté, plutôt mal que bien, convenons-en, d’examiner le partage des actifs (parcs, ponts.) du gouvernement federal entre les provinces.Selon les estimations de la Commission Campeau-Belanger la part du Québec serait de l'ordre de 18%.Relation presque équilibrée du côté courant, 18% des actifs du côté capital alors que le Québec paye environ 23% des impôts perçus par le gouvernement federal et est au sixième rang en tenues de revenu per ca- pita et familial et qu'on y trouve plus de chômage que dans l’ensemble des provinces atlantiques! Voilà des constats qui indiquent comment la vision du Québec que véhicule Conrad Black, vision largement partagée par les «Canadians•> , est totalement incompatible avec celle de la majorité des Québécois.Convenons qu’il faut améliorer nos méthodes d’analyse pour tenir compte de beaucoup d'autres facteurs dans un examen de la question.La réduire à une question d’argent et d economic est indiquer la fragilité du pacte sur lequel repose le Canada.Etant économiste de formation, on comprendra que je veuille suggérer à monsieur Black de prendre connaissance de nombreux travaux européens et québécois dans lesquels on s'interroge sur les determinants du développement economique, et par conséquent social et culturel, dans des espaces économiques intégrés tels le Marché commun européen et l'Amérique du Nord.11 pourra mieux évaluer pourquoi une majorité d’économistes québécois sont d'avis que le développement économique social et culturel du Québec de demain pourra mieux se faire dans un Québec sou verain qui d'une part partagera des competences et harmonisera des po-litiques avec Ottawa, Washington, Bruxelles.mais, d’autre part, gardera jalousement sa souveraineté et ses compétences dans divers domaines dont l'innovation, l'éducation et la formation, les infrastructures multimondiales et la culture afin d’agir plus efficacement sur les nouveaux determinants de la compétitivité qui nécessitent une décentralisation et une déconcentration des pouvoirs que nos voisins «Canadians» ne peuvent envisager.L • É (} Il I I» K I) U I) E VOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier.Jean Dion, Louis-Gilles Francoeur, Louis-Guy L'Heureux, Caroline Montpetit, Bernard Morrier.Isabelle Pare, Diane Precourt, Laurent Soumis.Guy Taillefer, Danny Vear: Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes'.à l'information culturelle: Michel Be-lair (responsable).Stéphane Baillargeon, Roland-Vers Carignan, Pierre Cayouette {Livres)Paule des Rivieres.Marie Laurier.Robert Lévesque, Odile Tremblay; à l’information économique : Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutrisac, Jean-Pierre Icgault.Serge Truffaut, Claude Turcotte, a l'information internationale François Brousseau éditorialiste et responsable).Antoine Char.Jocelyn Coulon.Claude Lévesque, Svlviane Tramier.Clement Tmdel; à l’information politique Josee Boileau.Pierre O'Neill, Gilles Lésa-gt l'irespiaidant parlementaire et éditorialiste à Québec>.Michel Vernie correspondant parlementaire a Qucba Serge Chapleau (caricaturiste); à l'information sportive Yves d'Avignon; Suzanne Marchand (adjointe a la direction).Denise Babin, Rachel Dudo> commise Marie-Hélène Ala-rit secrétaire à la rédaction).Isabelle Baril (se- >: LA DOCLMFNTATION (idles Pare directeur .Manon St ”, Serge La-plante (Québec), Rachel Rm LA DIRKCTION ARTISTIQl F Lucie Lacava.LA PI Bl.lC IFF 1 ucie Pinodineault (directrice), Jacqueline Avril.Brigitte Cloutier.Gyslaine Côté, Franchit Gingras.Johanne Guibeau, Lucie Ixi-croix.Christiane 1 egault.publicitaires)-.Micheline Tmg« on maquettiste): Michèle Bouchard secrétaire Ghislaine Lifleur réceptionniste).I.'ADMINISTRATION Nicole Carmel icoordi-natnet des services comptables'-.Florine Cormier, Céline Furoy.Jean-Guy Licas.Marie-France Ix*-gare.Raymond Matte.Nathalie Perrier, Danielle Ponton.Danielle Ross.I inda Thériault (adjointe U MARKKTING FT SF'R-\ ICI À L\ CI.1HNTHI.F Christianne Benjamin i-.’cctr ¦ •.MoniqueCorbeil (adjointeK Nathalie Thabet i responsable du marche institutionnel), Monique l'Heureux.1 ise lachapelle.Olivier Zui-V< nne, Jean-Man Ste Marie superviseur aux promotions des abonnements), 1 >e : , LA PRODl CTION Robert McDougall i directeur des systèmes informatiques ¦ : dt la production .Johanne Brunet, Danielle Cantara, Sylvain Darcy.Richard DesCormiers, Cesare, Marie- ' m e li Mu * 1 ci n h »!( i.Marie-France ITS ANNONCES CL\SSKFS I l LFS AVIS l’t HI ICS Yves William'' superviseur ).Manon Blanchette.Dominique Charbonnier.Marlène Côte.Sylvie Laporte.Pierrette Rousseau.Micheline Ruelland.CONSI 11 Dl DKYOIR INC.Pierre Bourgie pu-sident) FONDATION DI DFA OIR Marcel Couture (presidentt.Roger Boisvert (vice-président et directeur genera/).Raymonde Guay (responsable du financement prive).i i i: i) k v oil!, i.k ,i k r i> i :i o h !•: i k m it it k i ii ii :t ?LE DEVOIR * FUSION Un nouveau partenariat avec la main-d’œuvre SUITE DE LA PAGE 1 Cette nouvelle entité, baptisée pour l’instant Newco, regroupera tous les équipements et ressources des deux compagnies dans l'Est du pays, y compris la mise en commun des activités sur ie tronçon Sarnia-Chicago.«Newco est une entreprise sur papier, fictive.Elle constitue le scénario le plus intéressant ou le plus attrayant en termes de mise en commun des éléments d’actif, d’états financiers et, surtout, de revenus nets», a expliqué Robert Frank.Le porte-parole du CN a ajouté que l’option retenue aux termes d’une étude portant sur le partage des infrastructures à l’Est de Winnipeg est présentement l'objet de discussions constantes à haut niveau, entre MM.Tellier et son homologue du CP, Robert Ritchie.«En 1994, les transporteurs canadiens de marchandises par rail devront s’attaquer à deux enjeux fondamentaux: la restructuration des réseaux ferrés dans l’Est du pays, et l’établissement avec la main-d’oeuvre d’un nouveau partenariat plus conforme aux réalités actuelles.L'avenir du rail au Canada dépend de ces deux facteurs», a ajouté le président du CN, dans sa revue de fin d’année présentée sous le titre « 1994, une année décisive dans l’histoire du rail canadien».Ce scénario de fusion, à l’étude depuis au moins un an maintenant, a atteint une phase avancée.«Ce n’est pas la première fois dans notre histoire que ces deux géants négocient, mais je crois qu’ils n’ont jamais été aussi loin dans les pourparlers.Je suis confiant qu’en janvier, CN et CP en arriveront à une entente commune et que, peu après, ils amorceront les discussions avec le gouvernement», a déclaré à la Press,e Canadienne le président de la société ferroviaire d’Etat.Ottawa aura alors à décider si le scénario proposé s’inscrit dans l’intérêt national.Perdant constamment du terrain au profit de l’industrie du camionnage et des réseaux de chemin de fer américains, plus performants, les deux sociétés ferroviaires nationales ont entrepris une vaste restructuration de leurs activités respectives.Au sommet atteint au début des années 1980, les deux entreprises employaient un peu moins de 81 000 personnes dans le transport ferroviaire.Cet effectif total est tombé à 63 000 en 1991, puis à 54 300 l’année suivante.mouvement de mises à pied ne s’est pas arrêté là.CP a amorcé une nouvelle ronde de coupures, 400 postes en 1992 et 1200 cette année, alors que le CN annonçait, au début de 1993, un nouveau plan de relance prévoyant l’abolition de U 000 postes d'ici 1995, 10 000 au Canada et 1000 aux Etats-Unis, dont 3200 cette année.Le coût total de ces compressions au CN: 900 mil- lions$ en indemnisations diverses, un poste non récurrent qui devrait permettre à l’entreprise de sauver annuellement 650 millionsS d’ici 1997 (3,9 milliards$ au total).Sans ces coupures, les pertes du CN étaient appelées à franchir le cap du 1,5 milliards en 1997.Au total donc, les multiples vagues de réductions du personnel ont amené l’effectif total des entreprises à 51 100 cette année, nombre qui devrait passer à 43 500 en 1995.Le CP aura alors réduit sa force de travail de 33% par rapport au sommet et le CN, de 53%.Cette cible de 43 500 reprend ainsi les conclusions d’une étude menée par la firme de consultants IBI, de Montréal, commandée par le gouvernement fédéral et rendue publique en février dernier soulevant la nécessité, pour les deux sociétés nationales, de ramener leurs effectifs combinés à environ 40 000 travailleurs et d’abandonner la moitié des 51 500 kilomètres de voie qui forment leurs réseaux canadiens si elles veulent soutenir la concurrence américaine.Une telle ponction, selon l’analyse d’IBI, se traduirait par des économies annuelles de 1 milliards pour les deux transporteurs de marchandises.CP Rail a affiché une perte de 24,5 millionsS en 1991, et de 343 millionsS l’année suivante.U division ferroviaire du CN a subi, pour sa part, une perte de 350 millionsS entre 1990 et 1992, tout en se dirigeant vers une perte de 80 millionsS cette année.Et c’est sans compter le poste extraordinaire de 900 millionsS relié au programme de compressions.«Ce plan de compressions est une pré-condition a tout accord pouvant mener à la fusion», a insisté Robert Frank.Le porte-parole du CN n'a pas voulu détailler la configuration de Newco si cette entreprise venait a voir le jour.«Ces données demeurent hypothétiques et confidentielles.Tout ce que je peux dire c'est que, le cas échéant, le CN apportera davantage que le CP dans cette nouvelle entreprise, en termes de réseau, de volume mais également de dettes.» «11 faut comprendre, a-t-il insisté, que ni le CN, ni le CP ne peuvent espérer exploiter à l’Est de Winnipeg de façon rentable et viable.Aussi bien parer les coups maintenant plutôt que d’affronter une crise dans deux ans.» Le CN tire 90% de ses revenus du tiers de son réseau et 9% de l’autre tiers, laissant un maigre 1% pour le dernier tiers.Son réseau de 36 000 kilomètres de voie doit donc être rapetissé de moitié, en privilégiant la vente de tronçons à des exploitants locaux, l'utilisation commune avec CP ou l’abandon pur et simple, comme ce lut le cas en septembre dernier pour la liaison ferroviaire entre Sherbrooke, au Québec, et Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, délaissée par CP Rail.Les deux entreprises exploitent déjà en co-participation, depuis décembre 1992, un tronçon de voie entre Montréal et North Bay.OTTAWA Vers un large débat public SUITE DE LA PAGE 1 Le Canada n’entend pas remettre en question sa participation aux missions de maintien de la paix des Nations unies, mais la mésaventure survenue des onze militaires canadiens de la force de protection de l’ONU en Bosnie a accentué un débat déjà latent dans la diplomatie canadienne.Le ministre canadien des Affaires étrangères, André Ouellet a jugé hier «regrettables» les incidents de Viso-ko, au cours desquels des miliciens serbes ont retenu, désarmé, frappé et menacé de mort des Casques bleus canadiens a un poste de contrôle en Bosnie.Il a affirmé que la politique canadienne n’en était pas pour autant modifiée.Mais faisant réference à la mission de la force de protection de l’ONU dans l’ex-Yougoslavie, il a ajouté: «Bien sûr, s’il s’avérait que ce n’est plus une mission de maintien de la paix (.) alors les Nations unies devraient prendre une decision.» Tout se joue en effet sur l’ambiguïté de la situation en Bosnie, où la force de protection de l’ONU a un mandat humanitaire dans un contexte de guerre.Cela n’est plus exactement du «maintien de la paix», et cela pose problème.Dans un entretien accorde au DEVOIR la semaine dernière, le ministre Ouellet déclarait: «Le Cana-~da doit se demander s’il a les moyens d’intervenir militairement dans des pays où il y a des conflits.(.) Je ne dis pas que nous devons rejeter le concept d’ingerence humanitaire, mais il faudra être prudent sur cette voie.» Le ministre des .Affaires étrangères propose d’ouvrir un large débat public sur la question du maintien de la paix et sur le rôle que le Canada pourra y jouer.La même tendance se dessinait hier dans les propos du ministre de la Défense, David Collenette: «La nouvelle dimension des missions de l’ONU nous force peut-être à réexaminer la nature des opérations militaires qu’elles entraînent.» Alors qu’à l’ONU, le Canada enregistrait une protestation officielle énergique, des voix s’élevaient hier pour dénoncer la gestion onusienne des opérations dans l’ex-Yougoslavie et pour réclamer le retrait des quelque 2000 militaires canadiens qui y participent.«Au siege des Nations unies, ils devraient se rendre compte que les missions en Bosnie ne sont pas une partie de plaisir, et ils devraient assumer la pleine responsabilité de la sécurité des soldats», a dit au DEVOIR Ale* Morrison, directeur général de l’Institut canadien d’Etudes stratégiques.Et le professeur Jack Granatstein d’aller plus loin: «Il est temps de sortir de la Bosnie.L’ONU est plus un obstacle qu’autre chose la-bas.» Aux Nations unies, on explique que le genre d’incident dont ont été victimes les onze soldats canadiens du 12ème régiment blindé ne sont pas rares en Bosnie.La semaine derniere, des Casques bleus français ont été détenus pendant lheure et demie, et des Casques bleus britanniques ont essuyé le feu d’armes automatiques.Sans nier la gravité de l’incident, Fred Eckhard, porte-parole du secrétaire général de l’ONU pour les questions de maintien de la paix, a dit hier au DEVOIR que c’était «le lot quotidien de soldats de la paix évoluant en zone de guerre».«Il est vrai que dans l’opinion publique, on comprend mal pourquoi les Casques bleus doivent s’abstenir de riposter a l’agression.Mais c’est cela le mandat des Casques bleus en Bosnie: atteindre, sans avoir recours a la force, un objectif qui n’est pas militaire, mais humanitaire.(.) Il faut comprendre qu’il n’y a qu’une autre alternative: engager une offensive militaire et provoquer une guerre totale, ou se retirer et laisser mourir les gens de faim et de froid.L’ONU choisit l’option médiane, même si les Casques bleus doivent parfois vivre des situations éprouvantes, pour que l’aide humanitaire continue de soulager les populations.» L’ancien patron de la Force de protection de l’ONU dans l’ex-Yougoslavie, le général lx-wis MacKenzie, se disait hier peu surpris de l’incident de Visoko: «Il arrive de façon routinière que les vies soient menacées, et ce n’est pas la première fois que des gens ont été déte nus», a-t-il dit.A la base de la 5ème brigade mécanisée de Valcar-tier, d’ou provient l’unité du groupe tactique du 12éme régiment blindé posté a Visoko, on précise que les onze militaires impliqués dans l’incident sont tous ries soldats réguliers des forces canadiennes, et non des réservistes.Tous ont reçu, en plus de leur entraînement de base, une formation intensive de trois mois a Valcartier, qui les a préparés a leur mission.«.Dans l’opinion publique, on comprend mal pourquoi les Casques bleus doivent s’abstenir de riposter à l’agression.» SANTÉ À 1ère des nouvelles technologies SUITE DE LA PAGE 1 Sous l’ancienne loi, les hôpitaux devaient informer les parents pour tous les soins prolongés reçus par leur enfant.qu’ils nécessitent ou non une hospitalisation.Consentement oblige, aucune expérience médicale ne pourra non plus être effectuée sur un mineur ou une personne inapte à moins que ces derniers n’en comprennent la nature et le but.Même les adultes consentants ne pourront devenir cobayes si l’expérience comporte des risques disproportionnés face au bienfait espéré.Dans la même veine, les nouvelles règles prévoient que tous les prélèvements de tissus effectués sur une personne pour fin de recherches ou pour les besoins de l’industrie pharmaceutique ne pourront se faire sans le consentement écrit de la personne.On devra donc, par exemple, obtenir le feu vert de la mère pour récupérer le placenta après un accouchement, comme cela se fait dans de nombreux hôpitaux.Le don d’organes Pour la première fois, le don d’organes sera réglementé par le Code civil.Ainsi, il sera interdit aux enfants ou aux personnes inaptes de faire des dons d’organes ou de produits du corps, non renouvelables.Un mineur pourra seulement faire don de son sang, de sa moelle osseuse ou d’une partie du corps qui se régénère, après avoir reçu l’accord du parent ou du tribunal.«On veut ainsi éviter que les majeurs inaptes deviennent des banques vivantes d’organes.Pour les enfants, on a voulu éviter ce qui se passe aux Etats-Unis où les dons se font entre jumeaux, parfois au détriment des enfants», d’ajouter Me Ménard.Quant aux adultes, ils ne pourront faire don d’un organe ou d’un produit du corps qu’à titre gratuit.Ce changement pourrait avoir des conséquences majeures, notamment sur les hôpitaux et les cliniques qui dédommagent des candidats pour les dons de sperme et d’ovules.En cas de décès, les organes du défunt ne pourront non plus être prélevés sans l’accord d’un proche.Si, par contre, des médecins attestent par écrit n’avoir pu obtenir cet accord dans un temps requis et qu’il existe un espoir sérieux de sauver une vie humaine, le prélèvement d’organes pourra se faire sans la bénédiction de la famille.Fait nouveau, une autopsie ne pourra être faite sur un corps sans l’accord des proches, alors qu’un médecin pouvait autrefois agir de son propre chef.la famille qui autorise l’autopsie aura aussi droit d’obtenir le rapport complet d’autopsie.Le Code et les bébés in vitro Le nouveau Code met aussi le pied dans l’ère des nouvelles technologies de reproduction.Ainsi, pour la première fois, il déclare nuis et illégaux les contrats de mère porteuse.En cas de litige, la garde de l’enfant reviendra automatiquement à la mère biologique de l’enfant, peu importe les ententes conclues entre une femme et un couple.L’insémination artificielle ou la fécondation in vitro (FIV) étant de plus en plus populaires, le Code stipule clairement qu’aucun lien familial ne pourra être revendiqué de la part d’un donneur de sperme ou d’une femme ayant fourni un ovule.Nouvelle version de la négation de paternité, le père marié d’un enfant né par FIV ou insémination articifielle pourra réfuter la paternité s’il prouve qu’il n’a pas consenti à cette technique de reproduction.Dans le cas du conjoint de fait, les nouvelles techniques de reproduction imposent en quelque sorte de nouvelles obligations.Même s’il n’existe de présomption de paternité qu’envers les hommes mariés, le conjoint (k' fait qui a consenti a la reproduction médicalement assistée engage pleinement sa responsabilité envers l’enfant a naître et la mère.Cet article de droit nouveau vise à protéger la mère qui aurait amorcé avec son conjoint un traitement de l’infertilité, mais dont le concubin ne reconnaîtrait pas l’enfant à la naissance.Conçus en éprouvette ou pas, les bébés nés d’un couple, marié ou non, qui a dit oui aux techniques de reproduction, auront toujours un papa.DEMAIN, LE NOUVEAU CODE ET LA CONSOMMATION Le début d’une réconciliation Israël et le Vatican échangeront des ambassadeurs Les négociateurs du Vatican et d’Israël ont mis hier la dernière main à l’accord qui conduira à l’établissement de relations diplomatiques entre le Saint-Siège et l’État hébreu.Cet accord historique, qui tourne la page de 2000 ans de mésentente et auquel les deux parties travaillaient depuis 17 mois, sera solennellement signé aujourd’hui à Jérusalem.Le Saint-Siège et l’État hébreu, qui s’y reconnaissent pour la première fois en tant quantités, n’échangeront dans un premier temps que des «représentants spéciaux», mais il doivent nommer dans le courant de l’année prochaine des ambassadeurs.LE MONDE Comment surmonter un passé aussi long — près de 2000 ans — et aussi douloureux, d’affrontement entre le judaïsme et le christianisme, deux religions nées sur la même terre, «des mêmes fécondités de la Bible», comme l’écrit André Chouraqui, mais dont l’une s’est imposée aux dépens de l’autre, parfois en l'écrasant?1904: le «père» du sionisme, Theodor Herzl, se rend au Vatican quérir le soutien du pape Fie X dans sa campagne pour un foyer national juif en Palestine.«Impossible», lui répond le chef de la catholicité.Et il étale des griefs qui en disent long sur l'étendue du fossé: «Les Juifs auraient dû être les premiers à reconnaître le Christ.Us ne l'ont pas encore fait.Vous donner la place (NDLR: dans les Lieux saints), nous ne le pouvons pas.Si vous allez en Palestine et si vous y établissez votre peuple, nous voulons au préalable être prêts la-bas avec des églises et des prêtres.Prêts à vous baptiser tous.» Jusqu’à très tard, le nom d’«Israël» est tabou au Vatican.Quand, en 1957, l’Orchestre philharmonique de Jérusalem vient se produire devant Pie XII, on croit a un dégel.Mais le lendemain, l’Oss^rvatore Romano écrit que le pape s'est adressé.a «des musiciens juifs originaires de 14 nationalités différentes».En 1964, visitant la Terre sainte, le pape Paul VI fait ouvrir un passage a la frontière entre la Jordanie et Israël pour éviter d’être reçu officiellement à Jérusalem.Il ne prononce pas une seule fois les mots «Israël» ou «juif», ne s’adressant a ses hôtes que [Kir l’expression sibylline de «fils du peuple de l'Alliance».Rentré a Rome, il envoie un télégramme a «Son Excellence M.Shazar I el-Aviv», feignant d’ignorer que M.Shazar est président d’Israël et réside a Jérusalem.Le concile Vatican II, entre 1962 et 1965, met fin a cet «enseignement du mépris» du judaïsme, que l’historien français Jules Isaac avail dénoncé jusque devantjean XXIII.Vatican II condamne l’antisémitisme.Il renonce aux stéréotypes sur les Juifs («peuple déicide», «perfide») et ouvre avec eux un dialogue officiel qui dure jusqu’à aujourd’hui.Mais il n’a pas un mot sur l’Etat d’Israël.Craignant des représailles pour les minorités catholiques d'Orient, les évêques des pays arabes, ennemis d’Israël, font même le forcing, pendant les deux dernières sessions du concile, pour empêcher l’adoption de la déclaration favorable aux Juifs.Il faudra attendre encore près de 20 aps pour que le pape Jean-Paul 11 parle enfin, le premier, d'«État d’Israël».11 le fait le 5 octobre 1980, affirmant que «poussé, par l'angoisse de sa sécurité, le peuple juif a donné vie a l’Etat d’Israël».Quatre ans plus tard, dans une lettre restée célébré sur Jérusalem, intitulée Redemptionnis Anno, le pape souligne le droit de j’«Etat d’Israël à la sécurité et à la tranquillité».En 1985 enfin, pour la premiere fois dans uq document théologique, le Vatican évoque l’existence de l’Etat d’Israël et souligne la centralité de la notion de «terre» pour les Juifs.Mais, ajoute-t-il aussitôt, «les options politiques d’Israël doivent être envisagées dans une optique qui n’est pas elle-même religieuse, mais qui se réfère aux principes communs du droit international».On est là au coeur du conflit sur la reconnaissance d’Israël.De fait, la i»rte du pape a toujours été ouverte aux dirigeants israéliens.Et de Golda Meir, reçue par Paul VI le 16 janvier 1973, à Shimon Peres le 23 octobre 1992, tous ou presque ont été les hôtes du Vatican.En 1963, à Jérusalem, on pleure la mort du «bon» pape Jean XXIII.Des délégations viennent d’Israël aux obsèques et aux cérémonies d’installation des papes.Et pourtant, l’opinion et les autorités en Israël ne comprennent pas le refus, par le gouvernement de l’Eglise, de relations normales et complètes.C’est imp déception partagée par les communautés juives aux Etats-Unis et en Europe, qui entraîne des questions: est-il sûr que seules des raisons politiques expliquent la distance maintenue par Rome?On |X'ut reconnaître un Etat, sans bénir tous ses choix politiques.L’obstacle n’est-il pas d’abord religieux?Autrement dit, l’Église, qui s’est toujours présentée comme le «nouvel Israël», n’admettrait pas la renaissance, sur la terre d’Israël, d’un peuple qu’elle a considéré pendant près de 2000 ans comme maudit, chassé par Dieu pour avoir été infidèle et n’avoir iras reconnu le Messie.Ix* Vatican s’insc rit en faux contre une telle interprétation théologique.Ix- débat est, selon lui, exclusivement politique, nourri de ses réserves anciennes sur le statut de Jérusalem, notamment après l’annexion, en 1967, de la partie orientale de la ville, de sa condamnation répétée de la répression dans les territoires occupés et de sa défense du droit des Palestiniens à une patrie.Dès le premier vote de l’ONU sur le partage de la Palestine en 1947, Rome s’aligne sur la position prise par les grandes puissances et réclame l’«intemationalisation» de Jérusalem.C’est une position constante sous le pontificat de Paul VI (1963-1978) et, depuis 1978, celui de Jean-Paul II.!/¦ deuxième gros «cactus», dans les relations entre Rome et Jérusalem, est bien sûr la question palestinienne.Dès la première guerre israélo-arabe de 1948, l’Eglise choisit son camp.Elle se bat |xmr faire reconnaître les droits des Palestiniens, mobilise en leur faveur l’opinion internationale, organise l’aide aux réfugiés, crée une mission pontificale |xnir la Palestine.Alors qu’en octobre 1991, apres la guerre du ( iolfe, un processus de paix est enclenché, à Madrid, entre l’OLP et Israël, le Saint-Siège redoute de rester sur la touche d’une négociation internationale susceptible de déboucher, a terme, sur un règlement au Proche-Orient et une toute nouvelle donne pour la ville de Jérusalem.Il accepte donc de partici-[x.-r a une commission bilatérale avec Israël, en vue de régler les points,litigieux et de «normaliser» les relations entre les deux Etats, le dialogue s’ouvre donc enfin officiellement.Li commission est créée le 29 juillet 1992 et depuis se réunit régulièrement a Rome et à Jérusalem.NORDIQUES Expulsion le 14 janvier SUITE DE LA PAGE 1 L’organisation des Nordiques a mis la main à la pâte pour aider Mme Davidoff, engagée par l’équipe pour servir d’interprète et aider les femmes et enfants des joueurs de l’ex-empire soviétique à mieux s’adapter au Québec.Après un rejet de leur demande du statut de réfugié, la famille Davidoff a vu son appel rejeté en décembre par la Cour fédérale.Une ordonnance d’expulsion du pays prononcée par la même cour sera exécutoire dès le 11 janvier.Face à cette double rebuffade, les Davidoff demandent maintenant au ministère de l’Immigration de les accepter pour des raisons humanitaires.«Mme Davidoff est très importante pour les familles des joueurs car elles sont encore plus isolées que les joueurs.Mme Davidoff aide les épouses a s’intégrer ici, à aller chez le médecin, chez le coiffeur.Elle les aide à faire le pont entre leur culture et la nôtre», a soutenu hier M Martin 'Thibault, directeur des relations ’ " s pour Ixs Nordiques.L’équipe de Québec compte trois joueurs de l’ex-URSS, détenteurs de permis de travail temporaires, venus ici avec leur femme et leurs enfants.Arrivée au Québec en février 1992, Olga et sa famille ont fui la république soviétique du Tadjikistan en dé cembre 1990, alors déchirée par une guerre civile entre musulmans, Russes et Arméniens.Son mari, Valeri, est Arménien.Olga, Russe et c; ’ " .¦.Pourchasses par les islamistes, ils décident de s’exiler et de fuir vers Israël, la seule porte de secours qui s’ouvre a eux.Ils abandonnent leur passeport soviétique pour y arriver.«Notre tragédie, c’est d’etre un mariage mixte.Il aurait fallu se divorcer ou se séparer pour rester en IIRSS car mon mari, arménien, était très menacé au Tadjikistan », explique Olga, dans un français fluide enjolivé d’un accent.Arrivés en Israël avec leurs deux enfants, Olga et Valéii vivent dans un kibboutz près des hauteurs du Golan et se lieront d’amitié avec Lise Villeneuve, une Québécoise.Toute la famille Villeneuve aidera ensuite les Davidoff, partis d 1 IRSS avec a peine 600S en poche, a se rendre de ce côté-ci de l’Atlantique.«Ce sont des gens fantastiques, ils nous ont aidés, ils nous ont compris», d’ajouter Mme I lavidoff.Ici.Olga est «repcchee» par les Nordiques pour aider a 1 integration des joueurs issus de l’ancien empire des So viets.Elle chouchoute les épouses qui balbutient le français, joue a I interprète a tout moment et s’est meme pur tee a 1 hôpital au chevet d’une mere en train d’accoucher.«Si on les déporté en Israël, ils seront expulsés vers le I adjikistan.C e ne sont pas des Juifs.Ici, ils sont bien inté grès.Il ne manque qu un emploi permanent a l’un des deux conjoints», de dire Me Michel Marquis, l’avocat de la famille.De fait, il reste un second espoir aux I lavidolf: celui d obtenir un emploi à temps plein avant leur déportation.I.obtention dun travail permanent permettrait au minislè re (les C ommunautés culturelles et de l’Immigration du Québec de les sélectionner et de les accueillir ici.Chez les Nordiques, on n’engage Mme Davidoff qua la pige.«Nous n avons besoin d elle que de façon temporaire.On essaie d’examiner diverses solutions.Il y aurait peut-être moyen de I engager avec d’autres employeurs», a soutenu hier le porte-parole des Nordiques LES BUREAUX OU DEVOIR SON r OUVERTS AVIS PUBIICS (514) 985 3344 DU LUNDI AU VENDREDI SERVICE D f S A R 0 N N I M 1 N 1 S suivants sont vnlnblns nom le devoir DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 A 16H30 ANNONCES CLASSÉES (514) 985 3344 À DE 7H30 À 16H30 les numéros de téléphone RENSEIGNEMENTS (514)985 3333 PUBLICITÉ (514) 985 3399 2050.RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE, lo servir e de livraison pat (amelol el pout les abonnements postnui ADMINISTRATION (514) 985-3333 NUMÉRO SANS FRAIS 1 800 363 0305 MONTRÉAL.(QUÉBEC) H3A 3M9 Montréal (514) 985 3355 lh IjKVOIK est publie par l.h DK * (dk In* dont !*• sif'K* '** nu situe au numéro '/.
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