Le devoir, 22 janvier 1996, Cahier A
R U1 >2?1 a.r® ¦Jrt V*> runiruuu HirJll WJUippr Référendum ou vendetta?Pourquoi pas une consultation à la québécoise pour résoudre le problème corse ?Christian Rioux ?es centaines d’hommes, mitraillette au poing, en treillis militaire et en cagoule, défilent dans le maquis et tirent une salve dans la nuit.37 bombes explosent devant des bâtiments publics et des succursales bancaires.C’est ce qu’on appelle là-bas une «nuit bleue».Là-bas?En Algérie?En Palestine?Non, cette guerre se déroule en France, le pays des droits de la personne! Alors que le ministre de l’Intérieur, Jean-Louis Debré, revient de Corse, le bilan des attentats commis dans l’île de beauté est plus lourd que celui de ceux perpétrés en France au nom de l’islamisme.Au total, plus de 421 actions terroristes et 36 assassinats en 1995.Depuis septembre, les attentats se sont multipliés.Les mouvements nationalistes ne s’attaquent plus seulement aux symboles de la métropole, ils se battent entre eux.Ainsi, l’année s’est ouverte avec l’assassinat de Gilbert Rossi, sympathisant de La Cuncolta, la vitrine légale des terroristes du FNLC-canal historique fies plus radicaux).On soupçonne les militants d’une autre faction, le FNLC-canal habituel (né d’une scission en 1990).C’est presque devenu une tradition.Un ministre se rend dans l’île.Sa venue est précédée d’une série d’attentats.C’est à qui fera sauter le plus de monuments.Chaque faction veut gagner le titre de porte-parole des revendications nationales.Pendant ce temps, les élus, seuls représentants légitimes des 250 000 Corses, écoutent les balles siffler.Comment sortir de cette spirale terroriste?Tous les gouvernements français s’y sont cassé les dents.La répression tous azimuts n’y a rien fait.La conciliation tentée par la gauche non plus.En 1982, celle-ci accorda un statut particulier à la Corse, subtil mélange fait de pouvoirs régionaux, d’une assemblée régionale et d’exemptions fiscales.En 1988, le ministre de l’Intérieur, Pierre Joxe, fit voter une loi reconnaissant l’existence du «peuple corse».Le Conseil constitutionnel, la Cour suprême française, jugea la loi inconstitutionnelle car contraire à l’esprit de la République.Elle était pourtant soutenue par une majorité de Corses.Après 14 ans de compromis, la droite s’y prit autrement.L’ancien ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua, chercha à négocier secrètement avec les radicaux de La Cuncolta.Un peu comme si, en 1970, le ministre de la Justice de l’époque avait négocié clandestinement avec les cellules du FLQ.«On ne discute jamais avec des terroristes», avait pourtant déclaré Jacques Chirac le 5 septembre 1995.au sujet des islamistes.«Il s’agit de savoir si [.] on doit dialoguer avec ceux qui sont en rébellion avec la loi française ou dialoguer avec ceux qui ont été démocratiquement élus», a déclaré, indigné, Pierre Pasquini, ministre des Anciens Combattants.En menant des négociations en sous-main, le gouvernement n’a fait qu’accentuer la rivalité qui oppose les organisations terroristes, disent les observateurs.Résultat de cette guerre de clans sur fond de dérive mafieuse: le mouvement nationaliste corse est totalement discrédité.Alors qu’il recueillait le soutien d’un Corse sur quatre en 1992, il n’a plus les faveurs que de 10 % de la population.Jamais un candidat autonomiste n’a été élu en Corse à un poste important, sinon par le jeu indirect de la proportionnelle.Et l’on annonce une défaite cuisante des nationalistes aux élections de 1988.Plus enclin à soutenir les mouvements autonomistes étrangers que ceux qui se développent en son sein, le gouvernement français ne jouit que de quelques mois de trêve pour dire où il se situe et ce qu’il pense des revendications des nationalistes.Ceux-ci réclament la reconnaissance du peuple corse (aujourd’hui possible grâce une modification de la Constitution),,la généralisation de la langue corse et un statut proche de celui des territoires outre-mer.Pour y voir clair, plusieurs revendiquent une solution à la québécoise: un référendum.Dans un long article du Figaro, le sénateur Alain Peyrefitte, ancien ministre du général de Gaulle, en expliquait les avantages.«Le Québec, après s’être prononcé pour l’indépendance en 1980 à 40 % et en novembre dernier à 49 %, reste dans le Canada; toute violence y a été durement réprimée depuis l’assassinat de M.Laporte.Si la Corse proclame solennellement sa volonté de rester française, toute la rigueur des lois devra s’abattre sur les terroristes, qui seraient désormais sans conteste des rebelles.» Qu’on les perde ou qu’on les gagne, les référendums ont un avantage incontestable: ils évitent la violence.Le défi des prochaines années en Corse consiste à faire entrer les nationalistes radicaux dans le débat démocratique.Le référendum à la québécoise pourrait en être l’instrument et devenir avant longtemps un produit d’exportation.Comment sortir de cette spirale terroriste?Tous les gouvernements français s’y sont cassé les dents INDEX .Agenda .B7 Avis publics.B6 Classées .B5 Culture .B8 Economie .B2 .A6 Le monde .A5 Mots croisés.B5 les sports .B5 MÉTÉO Montréal Nuageux avec éclaircies.Faible neige débutant en soirée.Max:0 Québec Ciel variable.Ennuagement en fin de soirée.Max: -3 Détails en B 5 LES ACTUALITÉS Les «20 réalités de la séparation» selon Manning PAGE A 3 L'ÉCONOMIE Le défi de la solidarité # entre les générations PAGE B 2 L'ENTREVUE René Latourelle: le divin docteur PAGE B I Le printemps des Indiens PHOTOS PC ET JACQUES GRENIER LES FORTES crues qui ont forcé l’évacuation de 1200 personnes au Québec, au cours des derniers jours, ont commencé à régresser, hier, pendant la journée.À Châteauguay, en banlieue de Montréal, où les rues sont transformées en torrents d’eau glacée, des équipes de sauvetage s’affairaient toujours à secourir des citoyens inondés au moyen d’hélicoptères, de chaloupes, de véhicules tout terrain et même d’une excavatrice amphibie.Les dommages sont évalués à plusieurs millions de dollars.La municipalité a conclu des ententes avec les banques locales afin d’offrir des prêts de 500 $ à 1000 $ aux victimes (à droite).Nos informations en page A 8.Québec roule à l'aveuglette sur les inforoutes Cartier dénonce la vision «désuète, provincialiste et frileuse» du gouvernement MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Michel Cartier est choqué.Ce professeur de l’UQAM, l’un des experts les mieux renseignés au Québec sur le développement des autoroutes de l’information, dénonce avec véhémence la vision «désuète, provincialiste et frileuse» du gouvernement du Québec au chapitre des inforoutes.Dans un pamphlet incendiaire qu’il a fait parvenir au Devoir, M.Cartier dénonce en particulier l’absence de stratégie pour assurer la présence de contenus québécois sur les inforoutes internationales.Il critique la concentration du pouvoir et de l’argent consacré à ce domaine entre les mains d’une clique au Québec.Il déplore l’absence de compréhension de la part des autorités québécoises des véritables enjeux pour la culture et l’identité québécoises que recèlent les réseaux électroniques de communications.En somme, il pense que le gouvernement du Québec roule en aveugle sur les inforoutes.Il croit en outre que le Québec prend du retard dans ce secteur, notamment «à cause des dossiers sacrifiés sur l’autel du référendum».Selon lui, le gouvernement «ne finit plus d’attendre: attente du référendum, de l’après-référendum, de l’arrivée de M.Bouchard, du remaniement ministériel, des priorités qui suivront, puis des prochaines élections et du prochain référendum».Une autre année perdue pour les inforoutes québécoises.«Tout se passe, écrit-il, comme si ce gouvernement n’avait été galvanisé que par une idée mais sans pro- VOIR PAGE A 8: INFOROUTE Sans une vigoureuse stratégie de développement, Internet devient un cheval de Troie culturel pour les Américains Un loup dans la bergerie Le temps d’une croisade, bloquâtes et Canadiens anglais, petits libraires et propriétaires de méga-chaînes font cause commune LOUISE LEDUC LE DEVOIR Le petit monde du livre canadien n’en est pas à sa première fin du monde annoncée.L’imposition de la taxe sur les produits et services puis l’entrée en scène de librairies grandes surfaces — comme Renaud-Bray au Québec ou Chapters partout au Canada — avaient déjà donné lieu à certains débordements.Nouvelle secousse en vue: la chaîne américaine Borders compte ouvrir une librairie au printemps à Toronto, suivie de près par Barnes & Noble.L’ennui?Chacune, à elle seule, brasse de plus grosses affaires que toute l’industrie du livre canadien.Borders et Bames & Nobles font dans le gigantisme.Chacune compte quelque 100 000 titres, 50 000 disques, 2000 revues, dans le plus agréable cadre qui soit: petits cafés, aires de jeu pour enfants, stationnement gratuit.Chacune affiche des revenus annuels de près de deux milliards, grâce entre autres à de douteuses pratiques.Par exemple, le New York Times reproduisait récemment un extrait d’un programme promotionnel de Barnes & Nobles détaillant les prix que doivent payer les éditeurs pour obtenir un espace dans leurs vitrines.«Il faudrait être naïf pour croire que, tôt ou tard.Borders ne s’implantera pas au Québec, dans le West Island par exemple soutient Robert Davies, éditeur de l’Étincelle et membre du conseil ad- VOIR PAGE A 8: LIBRAIRES Le PQ à l'heure de la réflexion PAGE A 3 L'ampleur de sa victoire embarrasse Arafat Jérusalem (Reuter et AFP) — Avec 88,1 % des voix, Yasser Arafat est devenu hier le premier président élu du peuple palestinien au terme de près de 30 ans d’un combat nationaliste acharné.L’annonce de la victoire, tout à fait prévisible, du chef de l’OLP a été faite par Abou Mazen, responsable des opérations électorales.«11 s’agit de résultats préliminaires.Nous ne disposons pas encore de ceux de Jérusalem», a t-il dit.La candidature, toute symbolique, de la septuagénaire Samiha Khalil a recueilli 9,3 % des suffrages.11 y a eu 2,6 % de bulletins nuis.A l’annonce de la victoire du «Vieux» au célèbre keffieh, la population a tiré en l’air des salves d’allégresse et klaxonné dans les rues.«Je suis très fier de cette élection démocratique très importante, historique», a dit l’impétrant à l’annonce de sa victoire.«Comme je le dis souvent, le peuple est toujours plus important que ses dirigeants, quels qu’ils soient.Et nous espérons que ce scrutin sera yne véritable plateforme pour notre État palestinien indépendant.» Le chef de l’OLP a cependant semblé quelque peu embarrassé par l’ampleur de sa victoire.«Je me se- Yasser Arafat rais contenté de 51 % des voix seulement», a-t-il dit après un entretien avec l’ancien président américain Jimmy Carter à Gaza.L’opposition intégriste et marxiste avait boycotté la consultation de samedi — la première du genre en terre de Palestine.La forte participation électorale est interprétée comme un signe de l’autorité du chef de l’OLP et une approbation massive des accords de paix passés en 1993 avec Israël.Aux législatives, le Fatah de Yasser Arafat devrait remporter la plupart des 88 sièges du futur Conseil autonome palestinien chargé d’administrer la Cisjordanie et la bande de Gaza.Ces résultats seront publiés aujourd’hui.Le nouveau pouvoir législatif comptera cependant quelques voix indépendantes et de l’opposition islamiste, selon les résultats diffusés au compte-goutte par la Com- VOIR PAGE A 8: ARAFAT I.K I) K V I) I II .I.E I.I! X I) I 2 2 .1 A X V I K II I I) il II A C T 11 A LIT E S C O I, I, O Q D K S De l’insuffisance des remèdes référendaires Des sénateurs conservateurs attendent LE SUICIDE CHEZ LES HOMMES UQAM, 9 février, Louis Lernay: (514) 723-3594 Pourquoi 75 % des suicides sont-ils le fait des hommes?Tout au long de cette journée de conférences, des penseurs, des éducateurs et des praticiens vous livreront leur réflexion et leur expérience et tâcheront de cerner les raisons poussant les hommes à se suicider.Ils présenteront quelques pistes de solutions.Les deux journées précédentes sont dévolues à la formation et s’adressent à ceux et celles qui cherchent à mieux intervenir auprès des personnes suicidaires, de leurs proches et des gens vivant un deuil des suites d’un décès par suicide.SUICIDE-ACTIOH MONTRÉAL «DE LA VIE À LA MORT» Institut Raymond-Dewar Montréal, 29 janvier, Ixuis Lemay: (514) 723-3594 Thérèse Lavoie-Roux, invitée spéciale de Suicide-Action Montréal, présentera le rapport du comité sénatorial spécial sur l’euthanasie et l’aide au suicide.Le coût tout à fait symbolique du billet d’entrée est une véritable invitation aux étudiants, chercheurs et curieux ainsi qu’à toute personne touchée par cette problématique.APERÇU DE IA ROBOTIQUE CRIM Montréal, 5 février, '¦ Didier Clerc: (514) 398-1315 Dans les années 90 les robots quittent les ateliers pour travailler dans de nouveaux domaines tels que les industries primaires, le nucléaire et même l’espace.Au contraire du monde industriel où le robot travaille dans «son» monde, ces environnements ne peuvent être modélisés complètement.En conséquence, il faut un opérateur humain qui travaille avec lui, en tandem, afin de lui donner des directives.Cette nouvelle façon de travailler, en faisant coopérer un robot et un opérateur à travers une interface informatisée, est appelée télérobotique.C’est un sujet fascinant.Le séminaire est ouvert à tous et c’est gratuit.FOHDATIOH DE L'ENTREPREHEURSHIP «La corvée du plein emploi» Centre des congrès de Québec les 7 et 8 février, Hélène Julien: (418) 646-1994 ou 1-800-661-2160 Depuis 15 ans, la Fondation semble multiplier les efforts pour créer une véritable culture entre-prenariale au Québec, seule capable de générer des petites et moyennes entreprises.Dans la foulée, elle propose cette année la corvée du plein emploi.Tenez-vous bien! Il s’agit d’un ambitieux programme réalisé école par école, localité par localité, entreprise par entreprise.Il vise à assurer, en cinq ans, un emploi à chaque personne.Les vacances vous ont redonné le goût de la solidarité?Voilà de quoi utiliser votre energie nouvelle! ASSOCIATIOH CAHADIENHE DE L'INDUSTRIE DU BOIS Hôtel Reine Elizabeth Montréal les 14 et 16 février, Richard Lipman: (613) 233-6205 La conférence d’ouverture sera donnée par le chroniqueur au Globe and Mail, Jeffrey Simpson, et portera sur l’économie canadienne.Il fera part aux congressistes de ses réflexions sur la façon dont le secteur des affaires devrait se préparer à fonctionner plus efficacement dans une conjoncture politique en évolution.Des spécialistes internationaux relateront une mission visant l’importation de résineux en provenance des Pays-Bas alors que des économistes tenteront de dégager les perspectives économiques dans le secteur des produits forestiers.ASSOCIATIOH NATIONALE DES ÉDITEURS DE LIVRES «Droits et obligations de l'éditeur» Hôtel Inter Continental de Montréal, 16 février, Jocelyne Dazé, (514) 273-8130 Ce séminaire portera sur les droits et obligations impartis à l’éditeur, droits d’ordre légal et éthique.On y traitera tout autant des lois qui régissent les droits d’auteur, des pratiques commerciales que des usages de la profession.Cette conférence est animée par Raymond Vézina, éditeur bien connu dans le milieu.Elle est ouverte aux membres comme aux curieux.Elle peut être instructive pour les auteurs ou pour toute personne s’intéressant à l’éthique.Etes-vous de ceux-là?Isabelle Quentin Pour joindre l’auteure: iquentin@sim.qc.ca MANON C O K N K I.U K R PRESSE CANADIENNE Ottawa — Des sénateurs conservateurs veulent utiliser les audiences du comité sénatorial sur le droit de veto |x>ur mettre en évidence l’insuffisance des initiatives référendaires du premier ministre Jean Chrétien.«Les deux petits projets de (Jean] Chrétien, ça passe complètement à côté de la question», réagit le sénateur Jean-Claude Rivest, ancienne éminence grise de Robert Bourassa.«Ce sont des choses sans signification dont ont le secret M.Chrétien et sa gang.» Au cours de la dernière semaine de la campagne référendaire, le premier ministre a promis de reconnaître la société distincte québécoise, de ne pas changer la constitution sans l’accord du Québec et de favoriser la décentralisation des pouvoirs.Depuis, la Chambre des communes a adopté une résolution reconnaissant le caractère distinct du Québec et M.Chrétien a présenté un projet de loi sur le droit de veto.LE DEVOIR Les journalistes de la Société Radio-Canada ont acheté des espaces publicitaires dans trois quotidiens (dont Le Devoir) aujourd’hui, pour réagir à l’agressive publicité du réseau privé TVA, parue sept jours plus tôt Contrairement à la direction de la SRC, qui n’a pas voulu envenimer le débat, le syndicat estime qu’il faut réagir aux visions colportées par TVA.Et aux projets du comité Juneau de remplacer la publicité par une taxe.«Si nous enlevons la publicité télévisée des ondes de Radio-Canada, fait valoir Gilles Provost, président du syndicat des communications de Radio-Canada, Télé-Métropole se retrouve avec un monopole sur la publicité télévisée.» M.Provost croit que la disparition de la publicité, loin d’être la solution à tous les maux qui affectent le té-lédiffuseur, ne ferait qu’accroître sa dépendance vis-à-vis du gouvernement, ce qu’il ne voit décidément pas d’un très bon œil.Mais ce qui inquiète surtout le syn- En vertu de ce projet, le gouvernement fédéral s’engage à prêter son droit de veto à cinq régions, dont le Québec.Les Communes ont adopté ce projet à toute allure.Le Sénat a décidé, de son côté, de tenir six jours d’audiences qui commenceront aujourd’hui avec la comparution du ministre de la Justice Allan Rock.M.Rivest, qui promet de s’abstenir au moment du vote, veut «essayer de faire comprendre aux gens que ce n’est pas là qu’est le problème».Une expression «bi’ûléc» Selon lui, il faut d’abord reconnaître l’identité québécoise dans la constitution sans utiliser l’expression société distincte qui est «brûlée».Deuxièmement, il faut donner un droit de veto constitutionnel au Québec et adopter une formule d’amendement qui ressemble à celle inscrite dans l’Accord du lac Meech.Mais le plus important, selon lui, demeure la nécessité de garantir aux Québécois «la capacité de déterminer librement leur projet de société tout en étant à l’intérieur du Canada».dicat, c’est la situation de monopole dans laquelle risque de se retrouver TVA et surtout son gros affilié montréalais Télé-Métropole.Le syndicat craint en fait que la disparition de la publicité entraîne tout bonnement la disparition de.Radio-Canada.Et dans un contexte où Télévision Quatre Saisons et TVA s’apprêtent à s’unir, «il ne reste plus que Télé-Métropole, Télé-Métropole et Télé-Métropole».«Les orientations actuelles favorisent un monopole du secteur privé», prévient le syndicat qui n’a pas très bien compris pourquoi la direction de la SRC n’a pas réagi aux attaques de TVA publiées largement dans les quotidiens et accusant Radio-Canada de concurrence déloyale.Quant à savoir quelle télévision doit faire Radio-Canada, la seule chose qui est claire c’est que l’unanimité n’existe pas.Certains pensent que la vice-présidente, Michèle Foitin, a bien raison de défendre ses émissions populaires alors que plusieurs autres pensent que cette voie, exploitée jusqu’à la lie dans le secteur privé, ne mène nulle part Contre-attaque de la SRC à la publicité de TVA Les journalistes mènent l’action Quel restera- choix t-il aux ’f'Qt'pi ire LvlCopCL franco]: ni iqîi / Lcl LC Lll u )hones id la U Udl J TV pu LU.Ldi blique 1 aura di sparu?le Syndicat des communications de Radio-Canada et la Fédération nationale des communications (CSN) de pied ferme les audiences sur le veto À son avis, les libéraux croient toujours en un gouvernement fédéral fort qui dicte ses normes aux provinces.«Cette philosophie risque de faire éclater le Canada.Je suis convaincu que s’ils perpétuent cette attitude, le Québec va décrocher», soutient-il.Son collègue Lowell Murray, qui a agi comme émissaire de Brian Mulro-ney lors des dernières heures de l’Accord du lac Meech, trouve «que la formule choisie ne mène nulle part».Il aurait souhaité que le gouvernement envisage une solution qui aurait pu être reprise lors de la conférence constitutionnelle de 1997 sur la formule d’amendement.A son avis, l’adoption du projet C-110 vient seulement tout compliquer et risque de nuire aux travaux de 1997, vu le ressentiment créé dans l’Ouest.Il aimerait que le gouvernement retire son projet de loi et s’en tienne pour le moment au respect de la promesse faite durant le référendum.Pour se faire, il pourrait présenter un projet de loi ou une résolution assurant qu’aucun change- ment constitutionnel ne sera apporté sans l’accord du Québec.Lui aussi rêve encore de la formule d’amendement de Meech.Selon le sénateur libéral Jean-Robert Gauthier, il est illusoire de croire qu’on peut y retourner puisqu’il serait impossible d’obtenir l’appui des souverainistes en poste à Québec.Le sénateur Pierre De Bané et lui estiment que le projet C-110 est un premier pas dans la bonne direction.Cependant, comme les conservateurs, M.Gauthier s'interroge sur la définition du consentement provincial prévue dans le projet C-110.Le projet est silencieux à ce sujet.Ottawa pourrait ainsi choisir entre le consentement du gouvernement provincial, celui de l’assemblée législative ou celui de la population, qu’il consulterait par voie de référendum, a déjà reconnu le ministre Rock.Lowell Murray «trouve difficile à avaler l’idée que le gouvernement fédéral puisse passer outre l’Assemblée nationale du Québec par voie de référendum».LÀ N G UE Eau chaude et même bouillante PIERRE BEAUDRY ai déjà dénoncé la tournure en bout de ligne, façon anglaise si jamais il en fut de dire en fin de compte ou au bout du compte.Et comme je m’y attendais, tous, absolument tous nos journalistes ont immédiatement abandonné cet anglicisme.Du moins je ne l’ai plus vu ni entendu, sauf peut-être quelque trois cent quatre-vingt-quinze fois.Enhardi, donc, par cet éclatant succès, je viens aujourd’hui m’attaquer à une autre façon tout aussi anglaise s’il en fut de parler de quelqu’un qui se trouve dans de mauvais draps.Car figurez-vous, chers lecteurs, qu’au lieu d’employer cette tournure tout à fait française, certains de nos journalistes, minoritaires bien sûr, ne se gênent pas pour évoquer le supplice de l’eau chaude, voire bouillante (comme j’ai eu l’occasion de lire récemment dans un grand journal).Je veux bien croire que les anglophones aient raison de sévir avec la plus grande rigueur contre ceux qui se conduisent mal, mais je ne pense pas que la civilisation française favorise autant de cruauté.Si donc nous voulons parler notre langue avec la délicatesse qui la caractérise, sachons utiliser la formule qui lui est propre.Et c’est alors, encore une fois, que nous éviterons de nous trouver dans de mauvais draps (la répétition, vous savez, ça peut avoir ses bons côtés) plutôt que dans la hot water.Des étudiants précoces Le mot anglais «student» désigne tous ceux qui font des études, du niveau primaire jusqu’à celui de l’université.Peut-on donc se demander si ce ne serait pas à cause de cela que nous avons des étudiants dans nos CEGEPS et même dans les écoles de nos «commissions» scolaires?J’ai même vu, à l’une des entrées du collège Grasset, cet affreux anglicisme affiché en énormes lettres là où les élèves (ou, à la rigueur les collégiens ou cégépiens) peuvent pénétrer dans le bâtiment pour y perfectionner leur français.Magnifique exemple, n’est-ce pas?EN BREF ?À PROPOS DES CAROTTES Washington (AP) — Non seulement le bêta carotène ne préviendrait pas le cancer ou les maladies cardiaques, mais il pourrait même provoquer une augmentation du risque de cancer mortel du poumon chez les fumeurs.Les chercheurs de l’Institut national contre le cancer sont arrivés à cette conclusion après avoir constaté un taux de mortalité anormalement élevé chez des personnes recevant de fortes doses de bêta carotène, une vitamine dérivée de la carotte, lors d’une étude menée auprès de fumeurs.Le Dr Omenn, responsable de l’étude, a décidé d’y mettre fin après avoir constaté une augmentation de 28 % des cancers du poumon et de 17 % de la mortalité dans le groupe ayant reçu de fortes doses de bêta carotène.DRAME FAMILIAL Longueuil (PC) — Deux fillettes se trouvaient toujours dans un état critique, hier, après la tragédie familiale qui a coûté la vie à leur mère et à leurs trois sœurs.Les médecins jugent le père hors de danger.L’homme d’origine égyptienne, demeurera cependant à l’hôpital Pierre-Boucher sous surveillance policière.Houidad ElTomi, 13 ans, souffre de graves blessures à la tête, mais aurait de bonnes chances de s’en sortir.Sa sœur Batoul, neuf ans, repose dans un état extrêmement critique à l’hôpital Sainte-Justine, victime de lésions au cerveau.Les quatre victimes sont Leila, 2 ans, Hend, 6 ans, Sabrina, 18 ans, et leur mère, Aida.Perturbé par un divorce imminent, Mahmoud El Tomi aurait poignardé à mort samedi soir toute sa famille.R E S U L T A T S loto-québec Tirage du 96-01-20 6 19 28 35 38 42 GAGNANTS 6/6 I 5/6+ 4 5/6 416 4/6 20 862 3/6 384 196 LOTS 5 161 539,60 $ 225 668,80 $ 1 735,90 $ 66,30 $ 10,00 $ Numéro complémentaire: 45 Ventes totales: 21 910 657,00 $ Prochain gros lot (approx ): 2 100 000,00 $ Prochain tirage: 96-01-24 SELECT A#' * 1 )?> Tirage du 96-01-20 6 9 11 19 38 40 Numéro complémentaire: 26 MISE-TÔT 25 31 34 37 GAGNANTS LOTS 30 1 666,60$ GAGNANTS 6/6 0 5/6+ I 5/6 20 4/6 I 040 3/6 16 633 LOTS 1 000 000,00 $ 15 629,80 $ 521,00 $ 46,70 $ 5,00 $ Ventes totales: 639 228,00 $ Gros lot à chaque tirage: 1 000 000,00 $ Tirage du 96-01-20 Tirage du 96-01-19 NUMÉROS 256268 56268 6268 268 68 8 LOTS 100 000 $ 000 s 250 $ 50 $ 10$ 2 $ EfStra UH Stiver 7 Super 7 [ NUMÉROS 100960 00960 0960 960 60 0 Tirage du 95-01-19 LOTS 100 000$ I 000 $ 250 $ 50$ 10$ 2$ 1 6 31 35 37 45 46 Numéro complémentaire 28 GAGNANTS 7/7 0 6/7+ I 6/7 55 5/7 3 967 4/7 87 723 3/7+ 83 203 3/7 745 545 LOTS 11 000 000,00 $ 206 012,60 $ 3 277,40 $ 162,30 $ 10,00 $ 10,00 $ partie, gratuite Ventes totales 11 012 018,00 $ Ptochan gros lot (approx ) 12 000 000,00$ Prochain tirage 96-01-26____________________ TVA, le réseau des tirages Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle, cette dernière a priorité I.K I) K V 0 I H I.K I.I' N DI 2 2 .1 A N V I K II I D 9 II A 3 LES ACTUALITES mm i'-W 'Si Tont'.•*.' d\ laUttiiÆ/' Le monastère des Sœurs du Précieux-Sang dans Villa-Maria risque bien de changer de visage bientôt.PHOTO JACQUES GRENIER Développement résidentiel dans Villa-Maria Le conseiller Goyer fait fi des critiques BRIAN MYLES LE DEVOIR En dépit des protestations formulées par une coalition de citoyens et d’experts, le conseiller Pierre Goyer, responsable de l’urbanisme au sein de l’administration municipale, se fait encore le promoteur du développement résidentiel dans le secteur Villa-Maria.Au cours d’une longue entrevue, le conseiller Goyer a défendu son point de vue et celui de l’administration Bourque au sujet du développement résidentiel dans Villa-Maria, un espace vert privé de quelque 50 acres dans le quartier Notre-Dame-de-Grâ-ce (N.-D.-G.), à Montréal.M.Goyer a, par la même occasion, repoussé du revers de la main la plupart des objections soulevées par des citoyens du quartier et de nombreux experts en urbanisme.Jeudi dernier, M.Goyer a arpenté pendant plus de deux heures, avec son «seul chapeau de formation d’urbaniste» le secteur Villa-Maria.Il en est revenu avec la certitude que l’administration Bourque a pris les bonnes décisions dans ce dossier.«J’ai regardé l’ensemble du terrain.Qn peut faire un développement sans que ça nuise à la perspective historique», croit M.Goyer, qui est prêt à relever le défi de «faire un débat d’urbanistes».Des groupes comme Héritage Montréal, Les Amis de la Montagne et le Comité pour la protection de Villa-Maria, de même que des experts en patrimoine et en aménagement, des urbanistes et des architectes de renom ont récemment uni leurs voix pour s’opposer à un projet de développement résidentiel dans Villa-Maria.La Ville de Montréal a récemment autorisé la construction de 172 unités d’habitation sur le terrain du monastère des Sœurs Adoratrices du Précieux-Sang.Le conseiller Goyer estime par ailleurs qu’il y a «encore de la place» pour permettre la construction résidentielle en bordure du secteur, situé dans l’un des quartiers les plus dépourvus en espaces verts de la métropole.La Coalition pour la mise en valeur de Villa-Maria estime que ce projet, ainsi que l’aménagement éventuel de voies de transit dans le secteur, «mettent en cause la valeur patrimoniale» de Villa-Maria, en plus de contribuer à la densification urbaine de N.-D.-G.L’un des membres de la Coalition, l’architecte et urbaniste Jean-Claude Marsan, prétend que le plan directeur présenté par le Service de l’urbanisme de la Ville de Montréal est «grossier».«La Ville avance avec un plan qui, manifestement, n’a pas fait l’objet d’une grande réflexion, pour arriver à la conclusion qu’on va densifier un peu partout», dit-il.«Les analyses qu’il faut faire pour pouvoir découvrir à la fois les contraintes et les potentiels d’un site semblable demandent beaucoup plus d’approfondissement», poursuit-il.Pour une analyse historique M.Marsan, qui est également professeur titulaire à l’Université de Montréal, estime que «pour avoir une bonne compréhension de ce site-là, il faut faire une analyse historique de toute l’évolution du secteur».Le réplique ne se fait pas attendre.C’est l’élève qui répond au maître, Pierre Goyer étant un ancien étudiant de Jean-Claude Marsan.«Il n’y a pas de site urbain qui est figé dans le temps», estime M.Goyer, qui croit que les propriétés situées dans le secteur Villa-Maria font partie d’un «projet inachevé des années 30 ou 40».«Peut-on se donner une chance de l’achever?», demande-t-il.Le conseiller Pierre Goyer a affirmé la semaine dernière qu’il y aurait vraisemblablement une deuxième consultation publique concernant le développement résidentiel dans le secteur Villa-Maria.Cette consultation serait menée de concert avec les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame — qui occupent également le secteur Villa-Maria — «afin de régulariser leur situation».M.Goyer souligne que «l’orientation ultime» de la Ville, par l’entremise d’ententes de développement, est de créer un espace vert «véritablement public» dans le quartier, comme le réclament les citoyens depuis des années.«J’ai eu la révélation jeudi, lance-t-il.Il n’y a aucun cas à Montréal, et peut-être même au Québec, d’un parc qui comprend un bel ensemble architectural.», Le conseiller de Saint-Edouard entrevoit la possibilité de mettre à la fois en valeur la verdure et la brique sur une partie du terrain de appartenant aux Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame.«Le seul moyen pour obtenir un parc qui soit véritablement public, c’est d’échanger, en faveur d’un paix, des droits de développement [résidentiel] en bordure», conclut-il.Les «20 réalités de la séparation» selon Manning Parmi les scénarios évoqués: le morcellement territorial JULES RICHER PRESSE CANADIENNE Ottawa — Ni agitateur, ni prophète de malheur, Preston Manning se présente comme le reflet des sentiments véritables du reste du Canada face aux conséquences de la souveraineté du Québec.«Nous représentons une partie importante de la pensée [du reste du Canada], particulièrement celle de l’Ouest (.) Et il est important que les Québécois comprennent cette perspective», a dit le chef réformiste lors d’une entrevue, jeudi dernier.Cela lui permet donc d’endosser et de faire la promotion d’un document de consultation que son parti a rendu public la semaine dernière en vue de la tenue de son congrès général de juin prochain.Outre les positions constitutionnelles des réformistes, le document fait état des «20 réalités de la séparation».Et il s’agit de dures réalités.Advenant la souveraineté, le Québec doit accepter de morceler son territoire pour permettre à ses citoyens qui veulent rester canadiens d’en avoir la possibilité.Ce morcellement se fait au moyen de référendums locaux.Le gouvernement canadien exige l'établissement d’un corridor libre de toute entrave afin de relier l’Ontario aux provinces de l’Atlantique.Les biens militaires se trouvant sur le territoire québécois restent propriété du Canada.La dix-neuvième «réalité» finit d’enfoncer le clou: «L’accord final sur les conditions de la séparation devra être approuvé par la population canadienne par un référendum national.» On ne dit pas ce qui pourrait arriver si le Québec refusait d’accepter le principe de ce référendum.Dans la version préliminaire des «20 réalités» présentée l’automne dernier, on évoquait la possibilité d’une intervention de l’année au moyen de la proclamation de la Loi sur les mesures d’urgence (appelée auparavant Loi sur les mesures de guerre).On aura préféré, cette fois, omettre cette menace.Malgré cet adoucissement, Près-ton Manning se défend de mettre de l’huile sur le feu ou même de préparer des désordres.Des leçons de l’Histoire Le chef réformiste tire également ses certitudes de l’histoire.Il affirme avoir étudié (es mécanismes de la sécession des Etats avec attention.«Ce que j’essaie de faire, c’est d’empêcher toute forme de désordres civils.Et un des moyens de les prévenir est de présenter exactement ce que vous croyez qui pourrait se produire», affirme-t-il.L’histoire lui enseigne que les petits groupes faisant partie de grands groupes qui veulent se séparer cherchent, eux aussi, à affirmer leur identité.«Ils prennent tous les arguments que le grand groupe a utilisés pour se séparer de la première entité et les emploient à leur tour pour faire leur sécession», explique-t-il.Les groupes communautaires protestent contre les coupes PRESSE CANADIENNE Des groupes communautaires et syndicaux dp Québec, de l’Ontario et même des Etats-Unis se sont réunis ce week-end à Montréal pour discuter des actions des différents gouvernements contre les démunis.La «Conférence pancanadienne d’urgence de riposte aux compressions» réunisssait des groupes comme le Regroupement des chômeuses et chômeurs du Québec et l'Ontario Coalition Against Poverty, de même que quelques représentants de l’étranger venus raconter leurs luttes.Les groupes canadiens ont surtout mis l’accent sur la riposte contre la ré- forme du régime d’assurance-chômage et les différentes compressions dans l’éducation et les programmes sociaux.Les organisateurs affirment que depuis le début de la riposte contre la réforme Axworthy, il s’agit de la conférence la plus importante en vue de permettre aux divers groupes de se coordonner.Les participants ont discuté du Manifeste de Montréal, un document d’une page qui dénonce «les attaques systématiques contre nos droits socio-économiques» et qui fait appel à des «mobilisations massives» contre «les intérêts des grandes corporations et des financiers internationaux».EN BREF ?PORTÉES DISPARUES Djakarta (AP) — Plus de 100 personnes étaient toujours portées disparues hier après le naufrage vendredi soir d’un ferry dans une tempête au large de Pile de Sumatra, au nord de l’Indonésie.Depuis samedi, sept nouveaux survivants ont pu être repêchés, ce qui porte le nombre des rescapés à 46 jusqu’à présent, pour 54 corps retrouvés.Les autorités indonésiennes poursuivent les recherches.Les forts courants gênent les recherches et font craindre de voir les éventuels survivants comme les corps dériver très loin.-?- INONDATIONS AUX É.-U.Washington (Reuter) — La capitale américaine a été une nouvelle fois victime des intempéries hier.Le Potomac est sorti de son lit et a provoqué des inondations qui pourraient se révéler être les plus importantes des dix dernières années.En Pennsylvanie, la rivière Susquehanna est aussi sortie de son lit et a inondé la résidence du gouverneur, le républicain Tom Ridge, qui a été contraint de passer une nuit dans une caserne de la police.-?- AÏE! AÏE! AÏE! Houston (Reuter) — Près de 1500 fanatiques du tatouage et de l’anneau ont participé hier à la 20*' conférence internationale des tatoués dans un hôtel au Texas.La dernière mode en matière de tatouage semble être le tribalisme — se faire tatouer des emblèmes tirés des cultures primitives et les dessins sataniques.Enfin, la technique dite du Prince Albert gagne du terrain.De quoi s’agit-il?Se faire percer les organes génitaux avec un long clou en métal.Aux dires des praticiens du genre, cette technique serait indolore.relations Le suicide assisté: une question de société Parmi les questions éthiques soulevées dans notre société, il y a toutes celles qui concernent le suicide assisté.Faut-il décriminaliser l’euthanasie et l’aide au suicide?Dans quelle perspective convient-il de resocialiser la mort?Comment développer un programme de soins palliatifs qui rejoigne la personne?Pour nous aider à comprendre ces questions, nous aurons avec nous: M.Marcel Boisvert, médecin, professeur à la faculté de médecine de l’Université McGill et attaché au service de soins palliatifs de l’Hôpital Royal Victoria M.Robert Dagenais, du service de la pastorale de l’Hôpital Notre-Dame M.Pierre Deschamps, directeur de la recherche au Centre de recherche en droit privé et comparé du Québec, Université McGill Mme Jocelyne St-Arnaud, professeure à la faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal LE LUNDI 22 JANVIER 1996, DE 19h30 À 22h00 Contribution volontaire: 5,00 S LES SOIRÉES RELATIONS SONT ORGANISÉES PAR LE CENTRE JUSTICE ET FOI À lire dans le numéro de janvier-février de la revue Relations : HAÏTI : LA DÉMOCRATIE À PETITS PAS 25 Jarry ouest, Montréal H2P1S6-Téléphone (514) 387-2541 g Bouchard rencontre ses troupes L’heure de la réflexion Après les folles années, le PQ profitera de Vaccalmie pour actualiser son discours l: CLAUDE TURCOTTE LE DEVOIR ucien Bouchard et les 40 membres du bureau national du Parti québécois s’entendent sur les grandes orientations, mais ils pensent aussi que c’est le moment de réfléchir sur le contenu et le sens du congrès général qui doit avoir lieu avant la fin de 1996.«C’est l’année du brassage d’idées.On va se demander comment actualiser et moderniser le programme du PQ.Voilà ce qui se dégage du bureau national», a expliqué dans un point de presse Monique Simard, première vice-présidente et directrice générale du parti.Ce fut au cours de cette dernière fin de semaine un premier contact entre M.Bouchard et deux des plus importantes instances du Parti québécois, le conseil exécutif et le bureau national auquel participent les 16 présidents régionaux, les présidents des comités nationaux (femmes, environnement, etc.).Selon Mme Simard, cette réunion s’est déroulée dans les meilleures conditions.«On n’a jamais senti quelque réticence à la venue de M.Bouchard au PQ», a-t-elle souligné.Par ailleurs, le nouveau président lui aurait confié avoir été «ravi de cette rencontre, de la qualité des échanges et de la franchise».Toutefois, M.Bouchard est en pleine lune de miel avec la population et son parti, «mais on peut aller du mieux au pire et c’est là qu’on a besoin de son parti», prévient la vice-présidente.Pour ce qui est des critiques exprimées la semaine dernière par certains militants péquistes, Mme Simard y voit tout simplement une attitude saine et correcte.Elle reconnaît qu’il y a eu moins de communications entre la base du parti et l’appareil gouvernemental, ce qu’elle attribue à quatre années très actives sur le plan électoral et référendaire.«Le problème se pose dans tous les partis politiques, pas seulement chez nous», ajoute-t-elle.Quoi qu’il en soit, on veut au PQ profiter de cette année, sans élection, ni référendum, pour reprendre son souffle.Les quatre dernières années ont été éprouvantes, financièrement et autrement, pour les comtés.Il s’agit maintenant de réfléchir sur ce que sera le congrès.Mme Simard rappelle que M.Parizeau s’en était servi pour réorienter le parti.Les premiers contacts de cette fin de semaine ont permis d’aborder «des questions larges».Par exemple, M.Bouchard a pu faire part de sa conception du parti et de sa prési- l’HOTO ARCHIVES Monique Simard Bouchard a rassuré les militants à propos de la dimension sociale-démocrate du dence, des rapports à établir entre le parti et l’aile gouvernementale.Le nouveau chef et le bureau national ont aussi pu constater qu’ils s’entendaient sur la priorité à accorder à l’action gouvernementale, à l’économie; leur vision se rejoignent également dans certains grands dossiers, comme celui de l’éducation et de la fiscalité.Il semble que M.Bouchard ait par ailleurs rassuré les militants à propos de la dimension sociale-démocrate du programme programme.On a aussi parlé des communautés culturelles ou de «la composition de la société québécoise»; la démarche à cet égard s’articule autour d’un plan d’action qui implique le gouvernement, les structures du parti, les liens à établir entre le PQ et les communautés culturelles.Ce vaste dossier fera l’objet d’un conseil national spécifique en avril prochain.La liste de tous ces dossiers prioritaires ne veut en aucune façon dire que l’objectif de la souveraineté soit remis aux calendes grecques, a précisé Mme Simard, en constatant qu’il y a «comme une maturité politique qui est atteinte» au PQ, ce qu’elle traduit par l’absence de position dogmatique.Elle en veut pour preuve que la proposition d’association en début de campagne référendaire fut adoptée à l’unanimité par les comtés.Pour ce qui est de l’avenir, il s’agit de travailler sur les idées et de raffiner les stratégies.Il faudra mettre l’accent en particulier sur le genre de société qui viendra après la souveraineté.Plusieurs interrogations ont été soulevées à ce sujet pendant la récente campagne référendaire.Au cours de cette transition et période de réflexion, les péquistes promettent de demeurer aux aguets sur ce qui se passe au Canada anglais, surtout à Ottawa, au cas où il y aurait des élections fédérales.CHIMIE TUUAUPtA>°° coordonner le travail des employés et contractuels responsables de la promotion, la commercialisation, la billeterie, et l'accueil.QUALIFICATIONS REQUISES: >- soit un baccalauréat universitaire en communications accompagné d'une connaissance du milieu des arts *• soit un baccalauréat universitaire dans une discipline reliée aux arts *¦ une expérience administrative et communicationnelle de 5 ans et plus connaissance parlée et écrite du français et de l'anglais.Les personnes intéressées doivent postuler au plus tard le 9 février 1996 et être disponible à partir du 1" avril.Veuillez faire parvenir votre curriculum vitæ et une lettre d'intention à : FESTIVAL INTERNATIONAL DE NOUVELLE DANSE 4060, boul.Saint-Laurent, bureau 204, Montréal (Québec) H2W 1Y9 Par la poste ou par télécopieur seulement: (514) 287-7146 Fédération des coopératives québécoises en milieu scolaire La Fédération des coopératives québécoises en milieu scolaire, organisme regroupant soixante coopératives principalement en milieux collégial et universitaire oeuvrant, entre autres, dans les domaines du livre, de la papeterie et de T informatique et ayant un volume de ventes consolidées de soixante-dix millions de dollars, est à la recherche d’un(e): CONSEILLER(ERE) EN GESTION (Région de Montréal) NATURE DU POSTE: Sous l’autorité du coordonnateur des conseillers en gestion et en conformité avec les politiques en vigueur, le(la) conseiller(ère) en gestion est appelé(e) à collaborer à l’ensemble des activités de gestion, de développement et de formation des coopératives relevant de sa juridiction.Le(la) conseiller(ère) devra de plus participer aux activités de coordination du réseau.QUALIFICATIONS REQUISES: • Détenir un diplôme universitaire de premier cycle en administration ou dans un domaine connexe; • Posséder un minimum de cinq (5) ans d’expérience pertinente dans la gestion d’un commerce de détail et des ressources humaines; • Posséder une expérience de travail avec un conseil d’administration; • Posséder des habiletés nécessaires pour la dispense de sessions de formation et une facilité de communication; • Être disposé(e) à se déplacer régulièrement sur le territoire du Québec; • Connaître l’anglais et le milieu coopératif seraient des atouts très importants.RÉMUNÉRATION: La rémunération est fixée selon l’échelle salariale en vigueur à la F.C.Q.M.S.Faites parvenir votre curriculum vitae, avant le 2 février 1996, à: Comité de sélection - F.C.Q.M.S.780, de Brabant Sainte-Foy (Québec) G1X3V9 À l’attention du coordonnateur des conseillers en gestion Vice-recteur ou vice-rectrice aux relations institutionnelles L’Université Concordia est à la recherche d’un vice-recteur ou d’une vice-rectrice aux relations institutionnelles.Ce poste est normalement assorti d’un mandat de cinq ans, renouvelable à la suite d’un exercice ouvert de sélection.Le ou la titulaire devra entrer en fonction le plus tôt possible.L’Université vient de redéfinir les responsabilités liées à ce poste, qui comprennent notamment : l’intensification des relations avec les diplômés-es et l’accroissement des activités de collecte de fonds; le raffermissement des liens avec les gouvernements et les autres universités québécoises; la gestion des ressources humaines dans le cadre d’un milieu de travail syndiqué, dans un contexte financier très difficile.La personne titulaire est également responsable du Service communications/marketing et du Service des relations publiques.Les candidats et candidates doivent: avoir les états de service universitaires requis et l’expérience de l’administration universitaire à un poste supérieur ; pouvoir être un porte-parole éloquent et convaincant de l’Université dans ses relations avec divers organismes externes; faire la preuve qu’ils sont aptes à gérer efficacement les ressources humaines dans le cadre d’un milieu de travail syndiqué; être en mesure de gérer les activités de collecte de fonds.Il est essentiel de posséder la maîtrise de l’anglais et du français.Prière d’envoyer les offres de services et les mises en nomination, accompagnées de renseignements biographiques, au plus tard le 15 février 1996 à : Conformément aux exigences canadiennes en matière d’immigration, cette annonce s’adresse aux citoyens canadiens et aux résidents permanents.L’Université Concordia souscrit au principe de l’équité en matière d’emploi et encourage les candidatures provenant des femmes, des autochtones, des minorités et des personnes handicapées.Nicole Fauré La Société Caldwell Amrop Internationale 1840 ouest, rue Sherbrooke Montréal, Québec H3H 1E4 UNIVERSITÉ Concordia ON VOUS PRÉPARE POUR LE MONDE I A (i I.K I) K V 0 I II , I.K I.I' \ I) ! .1 A X V IKK I !» Il I! 1 1 J Toronto, Montréal, même cul-de-sac Jean-Robert Sans faç o n Comme Montréal, Toronto fait face à de nombreux problèmes qui appellent des solutions régionales Depuis quelques jours, les Torontois ont leur grand projet de réforme des structures métropolitaines comme ce fut le cas pour Montréal avec la présentation du rapport du groupe de travail Pichette, il y a deux ans.Et comme chez nous, le risque est grand de voir la plupart des bonnes idées de ce rapport torontois mourir sur le papier qui les a vues naître.a grande région de Toronto compte plus de 4,5 millions d’habitants répartis dans 31 municipalités regroupées autour de cinq communautés urbaines.Par comparaison, la grande région de Montréal est habitée par 3,2 millions d’individus qui vivent dans 102 municipalités regroupées en 12 Municipalités régionales de comté et une communauté urbai- ne.A Toronto, comme à Montréal, on déplore depuis des lustres que la ville-centre soit désertée au profit des banlieues, avec les conséquences que l’on sait sur la fiscalité, l’environnement et le développement économique.La banlieue attire une nombre croissant de familles moyennes, mais aussi d’entreprises, abandonnant à la ville-centre et à ses seuls contribuables la responsabilité d’offrir les services qui, de façon paradoxale, contribuent précisément à rendre plus agréable le fait de vivre en banlieue, «si près de la ville!».C’est donc dans le but de régler d’un coup de crayon nombre de problèmes de planification régionale et d’en arriver à un partage plus équitable des coûts, que les gouvernements créent des comités d’étude.Ici, celui dirigé par M.Claude Pichette dont le rapport remis il y a déjà deux ans a été reçu dans l'enthousiasme, y compris par le ministre d’alors, M.Claude Ryan, avant d’être vertement dénoncé par les banlieues et remisé sur une tablette; à Toronto, le comité Golden, dont les recommandations viennent aussi de recevoir un appui chaleureux de la part du ministre ontarien des Affaires municipales, mais dont l’avenir dépend aussi du pire ennemi de la logique des technocrates: la banlieue elle-même.Le rapport Golden, du nom de Anne Golden, la présidente du groupe, propose des modifications majeures à l’organisation de la vie municipale du Grand Toronto.Inspiré d’une grille d’analyse qui conteste les vertus du libre-marché et place la concertation et la planification en tête des vertus chez les élus municipaux, il propose des solutions que nous connaissons aussi très bien: création d’un organisme supraré-gional dirigé par des représentants des villes, disparition de la structure des communautés urbaines et nouvelle répartition du fardeau fiscal au profit de la ville-centre.Le modèle torontois se distingue du rapport Pichette en proposant l’abolition pure et simple des communautés urbaines, redistribuant les cartes entre la nouvelle organisation suprarégionale et les 31 municipalités locales.A Montréal, même si on entendait changer le nom de la CUM, on proposait peu de modifications à son fonctionnement.Ce faisant, nous nous serions retrouvés avec des conseils locaux élus, une communauté urbaine dirigée par des représentants des villes, et pour chapeauter le tout, un troisième étage de concertation régional aussi formé de représentants non élus, financé par la province (9 % d’un budget de 120 millions), par les villes membres (38 %) et., par plusieurs nouvelles taxes sur l’enfouissement des déchets, les chambres d’hôtel, l’essence et l’immatriculation des véhicules (53 % du budget, ou 63 millions).L’arbitre des décisions politiques a un nom: l’électeur de banlieue A Toronto, le comité Golden suggère ce que Montréal a déjà réussi, sans en tirer de miracle: réformer l’impôt foncier pour qu’il soit calculé à partir de la valeur marchande des propriétés.Et pour éviter que le choc ne soit trop brutal (on n’est pas parvenu à évaluer les effets de la réforme sur le compte de taxe des uns et des autres), le comité Golden attend du gouvernement de Mike Harris qu’il crée un fonds spécial de 200 millions.Une solution élégante pour faire passer la pilule, mais si peu réaliste.Malgré des réactions positives de la part des spécialistes et des élus de Toronto, l’opposition s’organise.Les communautés urbaines ne veulent pas mourir.Les petits propriétaires de Toronto ne veulent pas payer plus d’impôt à la suite de la réévaluation de leur maison.En banlieue, ce sont les entreprises qui risquent d’écoper à cause d'un nouveau calcul de la taxe scolaire uniformisée, elles qui ont choisi de s’établir loin du centre précisément parce que les tharges fiscales y sont moindres.Une crainte partagée par les élus des banlieues qui ne veulent pas perdre cet avantage comparatif et qui, par surcroît, sont certains de ne pas avoir voix au chapitre dans la nouvelle structure régionale où seules les grandes villes seront assurées d’un siège.En somme, à moins d’une intervention autoritaire du gouvernement provincial, le bel échafaudage de Mme Golden va s’écrouler comme un jeu de cartes.A Toronto comme ici, une constante se dégage du processus: entre la logique qui conduit des gens raisonnables à vouloir créer des institutions vouées au développement de leur région, et les intérêts particuliers des citoyens de dizaines de localités champignons pour qui la réforme serait synonyme de hausse de taxes, le fossé est à ce point profond qu’il devient infranchissable.Dans une ville comme Montréal, il en coûtait 1842 $ par habitant en 1992 pour assurer les services municipaux, contre 880 $ en moyenne pour les villes de la couronne nord.Même si bon nombre d’habitants de Blainville ou de Terrebonne travaillent et se divertissent à Montréal, le jour est loin où ils accepteront de bonne grâce une hausse de 600 $ de leur fardeau fiscal individuel dans le seul but de permettre aux Montréalais de payer l’équivalent du coût moyen régional pour leur service, soit 1400 $ par personne.Qui en doute?La réalité nous enseigne que même légère, toute augmentation du fardeau sera jugée de trop par les maires de banlieue et leurs commettants.Seul Québec pourrait l’imposer, ce que le ministre des Transport a bien compris, lui qui vient de fixer de nouvelles règles de financement du transport en commun applicables à toutes les municipalités de la grande région métropolitaine, au grand dam de ces dernières.A Toronto, avant même que le gouvernement provincial n’ait fait connaître ses intentions, on entend les maires crier à l’injustice et refuser de participer davantage au financement des services de la ville-centre que l’un d’entre eux a qualifié de «folies de Toronto».Aucun doute possible: entre la logique des modèles technocratiques et les propos outrés des élus locaux, l’arbitre ultime a un nom: l’électeur.Or, que cela plaise ou pas, ces électeurs sont désormais plus nom-„.breux en banlieue qu’en ville.La pérennité d’un désastre Le Devoir nous a appris récemment que les critiques formulées au sujet du nouveau programme de français du secondaire avaient vexé les concepteurs de cette merveille ainsi que la présidente de l’AQPF.A titre de professeur de langue et de littérature depuis plus de 25 ans, j’aimerais me permettre ici quelques remarques à ce sujet, étant donné que je connais ce programme et aussi je crois, les résultats qu’on en peut attendre.En guise d’introduction, disons d’abord que la langue écrite et parlée au Québec par les gens qui ont eu le malheur de naître, disons, après 1965, est en général minable.la plupart de ces victimes disposent au mieux d’une demi-langue quand ce n’est pas du quart.Ils parlent la langue de ceux qui ne l’ont pas apprise.Etrangement, ce malheur coïncide avec l’avènement dans nos écoles, de nouvelles méthodes et de nouveaux programmes, tous marqués au sceau des merveilleuses sciences de l’éducation et de leur psycho-pop.Ces programmes bidons et boursouflés ont toujours été conçus par des allégés et pour des allégés.Les géniteurs de ces programmes sont presque toujours des didacticiens qui se sont recyclés en didactique parce qu’ils étaient incapables d’enseigner ou encore par des linguistes qui ne maîtrisent pas leur langue.Hélas! Le dernier-né de cette triste LETTRES -?- famille de programmes ne semble pas s’être affranchi de cette lourde hérédité et le fait qu’il soit défendu par la présidente de l’AQPF ne fait que confirmer la solide tradition de médiocrité de cette association subventionnée.Ce programme, avec ses 3000 objectifs et son habituel charabia qu’on veut faire passer pour du vocabulaire spécialisé, assure la pérennité du désastre, beaucoup de «productions écrites» pour les fonctionnaires du ministère et de nombreux contrats pour des éditeurs chanceux.Marie-Claire Labrecque Montréal, 8 janvier 1996 Mauvaise cible J’ai été littéralement abasourdi par les propos de l’ancien ministre libéral André Bourbeau concernant les mesures prises ou envisagées par le ministère de la Sécurité du revenu pour «fouetter» les assistés sociaux.Ainsi, selon ce grand penseur contemporain, le gouvernement du Québec devrait ^inspirer de l’expérience de certains Etats américains «qui ont imposé une limite à la période pendant laquelle certaines catégories de prestataires peuvent toucher de l’aide sociale» (Ije Devoir, 11 janvier 1996).Si l’on pousse la «logique» de M.Bourbeau à l’extrême, on pourrait, avec un peu d’imagination, entrevoir le scénario suivant: dorénavant, chaque demandeur d’aide sociale devra convaincre la population qu’il «mérite» d’être prestataire.S’il est jugé digne de confiance, l’heureux élu sera proclamé assisté social pour une période de quatre ans, durant laquelle il sera soumis à la critique des démunis qui se seront vu refuser de l’aide.Cette nouvelle dynamique insufflerait non seulement une dose d’initiative aux assistés sociaux, tant ceux «au pouvoir» que ceux qui y aspirent, mais nous permettrait aussi de mieux apprécier le caractère édifiant de nos institutions parlementaires.Trêve de plaisanterie, si l’on veut vraiment réintégrer les assistés sociaux au marché du travail, qu’on cesse donc de mettre la charrue avant les bœufs en attaquant les victimes, et qu’on s’attaque plutôt aux causes profondes du chômage et des déséquilibres sociaux.En traitant les marginaux avec condescendance, voire avec mépris, le gouvernement ne cherche qu’à trouver des boucs émissaires pour masquer son manque de courage et d’idées.Comble de pathétique, lorsque la relève se constitue principalement de politiciens usés et évidés comme André Bourbeau, dont la mission première est d’attendre une fois de plus leur «tour» pour diriger le «manege qui tourne en rond a tout jamais vers l’infini», il y a lieu de se demander si la jeunesse et les chômeurs québécois ont droit à quelque espoir.C’est l’aviron qui nous mène qui nous mène.Jean-Chartes Merleau Hull, 12 janvier 1996 SïRÏSSf- LE MONDE La rose et le chrysanthème ure joumee: j ai repare ma radio, que j’avais balancée contre un mur; j’ai nettoyé ma télévision, salie par tous les légumes que j’avais lancés dessus; pour NORM BAILLA ?finir, j’ai ramassé tous ces journaux froissés ou déchirés qui traînaient un peu partout dans la maison.Ce que les médias nous en ont fait baver depuis la mort de Mitterrand.Les réactions suscitées par ce décès et sa couverture médiatique n’auraient pas été autres si le but consciemment recherché avait été de crétiniser.?Les grands enfants débiles que nous sommes n’ont le plus souvent que des relations affectives avec le politique.On joue donc à plein sur ce registre.Le résultat est immonde.Gigantesque poutine gluante de bons sentiments, vaste supercherie des élucubrations et dithyrambes de la gauche comme de la droite, infini déferlement de la connerie.Quand la politique n’a de cesse de se donner en représentation, il est fatal qu’elle finisse par se confondre avec le spectacle.Se cristallise ici quelque chose de cette mythologie postmoderne qui fait désormais l’ordinaire de notre quotidienneté.Tout ces consensus œcuménistes mous, sans consistance, pour mythomanes plus ou moins consentants.Entre l’idôla-trie et le dénigrement systématique, rien.Ou si peu.?Enterrement religieux?Civil?Familial?Au Panthéon?Au cimetière du village natal?De celui de la ville dont il a été maire?On a joué sur tous les tableaux.Je pense quand même qu’on aurait dû enterrer Mitterrand en cachette, auprès du cadavre de la gauche qu’il a tant aimée.Lui devait bien savoir où il se trouve, ce cadavre.?«Le problème, ce n’est pas de remplacer Pompidou par Mitterrand.C’est de supprimer la possibilité que Pompidou ou Mitterrand aient une chance d’être élus chefs d’un autre.» C’est signé Sartre et c’était lors de l’élection présidentielle de 1974.On manque terriblement d’opposants.?Notre époque est tellement nulle qu’on trouve extraordinaire que François Mitterrand, un homme politique, ait lu de vrais livres, en ait écrit et se soit même intéressé à la culture.Remarquez bien qu’on n’a pas tout à fait tort de penser ainsi: un aussi considérable imbécile que Ronald Reagan a pu se hisser à la tête de la première puissance mondiale.Reagan: c’est-à-dire un homme dont il n’est pas démontré qu’il ait été capable de lire quelque chose d’un peu plus compliqué que son horoscope.Celui que lui préparait son astrologue personnel, Dien entendu.AND R G E O N ?Philippe Val: «Avec Mitterrand, ce sont nos plus belles désillusions qui s'envolent.» Comme j'aurais aimé vous aimer, Monsieur Mitterrand.Comme il est beau et touchant ce tableau vrai: vous êtes là présentant au président américain un écrivain de son pays et lui expliquant son œuvre, dont l'autre ignore tout.Chapeau bas, ici.Mais ça ne suffit pas." ?A la mort du monarque, les valets littéraires entonnaient ses louanges.Les poètes pensionnés, eux, sortaient leurs lyres pour chanter la gloire du grand homme.Pendant ce temps, dans la rue, des rimeurs de trois sous et des chansonniers de quatre entonnaient un autre refrain.Certes les rimes étaient moins riches, la pensée moins élevée, la forme moins habile.Mais ces refrains populaires disaient leur part de vérité qu’on aurait tort de ne pas entendre.François III est mort.Vive le roi.Et imaginons qu’un de ces rimeurs des rues déroule pour lui ces douze pieds bots réglementaires dont raffolait ce grand amoureux des lettres.Un jour de mai mil neuf cent quatre-vingt-un Il pleuvait, mais tant pis: le beau temps arrivait Vous leur aviez promis.Un pour tous, tous pour un Et un nouveau soleil, disiez-vous, se levait À l’heure du bilan, il faut bien déchanter À l’actif peu de choses dont on puisse se vanter: «Comme il aimait les livres; y a plus de peine de mort» Avouons que c’est court ou alors j’ai bien tort Je passe sans insister sur toutes ces affaires Dont vos règnes tant de fois Majesté ont souffert Le pouvoir est maudit le sachant pour ma part Je ne m’étonnais pas.D’autres pleuraient sous le fard Comme ils pleurent à présent leurs rêves engloutis Qu’ils enterrent avec vous, Monsieur le Président Moi j’attends naïvement à l’écart des partis Le jour où il n’y aura plus de Monsieur l’Président Comprenez la douleur que ressentent aujourd’hui Ceux-là qui avaient mis en vous tous leurs espoirs C’est plus dur admettez de se faire à la pluie Alors qu’on attendait le soleil rouge ou noir La vie reprend son cours, c’est celui de la bourse Et pendant quatorze ans votre bizarre course N’a guère su freiner la mainmise du marché Sur la vie que pourtant vous désiriez changer Comme j’aurais aimé une autre destinée Pour la gauche.Pour dire aujourd’hui: «Je vous aime» Hélas je vous en veux.La Rose s’est fanée Il ne reste rien d’elle au temps des chrysanthèmes.A PROPOS -?- .des investisseurs et des épargnants in 1994, l’âge moyen des épargnants comme des investisseurs était de 51 ans.L’âge moyen des épargnants était de 47 ans en 1990, tandis que celui des investisseurs est demeuré relativement stable.Le revenu total médian des investisseurs se chiffrait à 35 400 $ en 1994.Il était bien plus élevé que celui des épargnants qui n’atteignait que 22 200 $.Par contre, le revenu total médian de l’ensemble des déclarants était de 19 100 $.Le revenu de placement médian était de 600 $, soit toujours le même depuis 1992.Le revenu d’intérêt médian des épargnants est demeuré de 500 $ pour une troisième année consécutive.Le revenu médian des investisseurs s’est abaissé pour une quatrième année de suite.Il est passé d’un sommet de 3 300 $ en 1990 à 1700$ en 1994.Montât, Statistique Canada, novembre 1995 LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI B 0 11 R A S S A LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSONNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUN Vice-président, Finances et administration FRANÇOIS TII0DIN Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, GUY TAILLEFER.NORMAND THERIAULT Rédacteur en chef adjoint JEAN ROBERT SANSFAÇ0N Directeur artistique ROLAND YVES CARIGNAN 2050.rne de Bleary.9* étage.Montréal (Qoébec)H3A 3M9.Tél.: (5 14) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS MMHUiHMHMHHMBHHBBMMMMi I.K H K V II I It .I.K I.I' N l> I .1 A X V I K It I II II li I) E E S b» révolution ratée (1) Le clerc et le coureur des bois Culturellement et historiquement, les Québécois sont partagés entre deux traditions: autoritarisme et liberté ' - ¦ : .
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