Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (3)

Références

Le devoir, 1996-02-13, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
FONDE 1 9 1 O ?Vol.I, XXXVII - N 0 » li M O X T H K A I.I.K M A RDI I 3 F Ê V R I K R I !) !) (! 7 5 c + T I’ S + T V Q / T o r o n l o IS PERSPECTIVES Le casse-tête A quelques semaines du dépôt du très attendu rapport Fortin-Bouchard sur la réforme du régime de la sécurité du revenu, une réalité aussi inquiétante qu’incontournable s’impose: les seuls gouvernements qui ont réussi à diminuer lç nombre des leurs sujets qui vivent aux crochets de l’Etat sojnt ceux qui ont tout simplement coupé dans le vif.A l’heure des compressions budgétaires et des nouveaux records à l’aide sociale, le Québec peut-il ne pas emboîter le pas?L’Alberta a réduit de moitié les effectifs des assistés sociaux depuis 1993, lorsque la tronçonneuse du premier ministre Ralph Klein s’est abattue sur les prestations des 95 000 ménages de la province qui en dépendaient.Vroum, et le chèque mensuel s’est vu d’un coup retrancher 19 %, laissant 459 $ à un prestataire sans enfant.Vroum, et on annule illico les prestations de ceux qui refusent de participer aux programmes d’employabilité.Vroum, et on force les prestataires sous-scolarisés à se tourner vers les bourses d’étudiants.Les vrombissements se font aussi entendre en Ontario où la «révolution du gros bon sens» de Mike Harris a néanmoins du retard en regard de celle de son mentor Klein.A peine élu en juin dernier, le gouvernement a retranché 21,3 % aux prestations des 650 000 ménages bénéficiant de la sécurité du revenu.Une personne seule touche maintenant une prestation de 195 $ par mois, à laquelle s’ajoute une allocation logement qui ne peut dépasser 325 $.Ensuite, M.Harris a instauré une ligne téléphonique 1-800, question d’encourager les délateurs à dénoncer leurs voisins prétendument fraudeurs.Le consentement à des visites à domicile est devenu «une condition d’admissibilité»; les bénéficiaires qui refusent «sans raison valable» l’entrée aux «boubous macoutes» ontariens perdent leurs prestations.Lès résultats de cette médecine de cheval: depuis juin dernier, moment où les nouvelles mesures ont été annoncées — elles ne sont entrées en vigueur qu’au 1er octobre — le nombre d’assistés sociaux a diminué de 120 000, soit de 9 % ,dans la province voisine pour s’élever en janvier à 1,2 millions (617 000 ménages).L’exministre Jeanne Blackburn, tout comme son successeur Louise Harel et le premier ministre Lucien Bouchard, ont beau prétendre que le Québec n’empruntera jamais la voie impitoyable des Klein et Harris.Au moment où M.Bouchard amorce son grand exercice d’assainissement des finances, la clientèle atteint des sommets inouïs à l’aide sociale.Comme Le Devoir le rapportait en décembre, les fonctionnaires du ministère prévoient que 840 000 Québécois vivront de l’aide sociale en mars prochain, comparativement à 799 500 en octobre dernier.Les compressions de 180 millions de dollars (sur un budget de 4,2 milliards) à l’aide sociale annoncées en décembre, ne seraient-elles qu’un avant-goût de ce qui nous attend?Voilà la question à laquelle Pierre Fortin et Camil Bouchard, les co-présidents du comité d’experts constitué par Mme Blackburn, achèvent actuellement de trouver une réponse.Aussi désagréable que soit le discours idéologique qui alimente les réformes ailleurs, es- Konrad Ydkabuski ?Aide sociale: y a-t-il d’autres solutions que la pérons que MM.Fortin et Bou-3 chard auront du moins étudié, tronçonneuse, l’esprit ouvert, les expériences al-bertaines et ontariennes.Car, outre le fait de créer de belles statistiques, la question est de savoir si ces «succès» ont tout simplement déplacé le problème?Combien d’ex-assistés sociaux albertain ont gravité vers la Colombie-Britannique, qui se plaint de ce que, en 1995, 650 nouveaux demandeurs de l’extérieur de la province se présentaient CHAQUE SEMAINE aux bureaux de l’aide sociale?Combien d’assistées sociales ont dû retourner auprès de leur conjoint violent qu’elles avaient fui auparavant?(Au Québec, on sait qu’une assistée sociale sur cinq se retrouve à la sécurité du revenu à cause de la «perte» de son conjoint.) Combien d’ex-prestataires ontariens et albertains ont véritablement réintégré le marché du travail, s’étant rendu compte qu’il n’était plus «payant» de dépendre de l’aide sociale?Combien de ces (^-bénéficiaires seront tout simplement introuvables, perdus dans les rangs gonflants des sans-abri?Voilà autant de bémols qui assombrissent les révolutions Klein et Harris.Mais à moins de se résigner à l’existence d’un nombre sans cesse record d’assistés sociaux au Québec pendant plusieurs années à venir, il va falloir autre chose que le réchauffé que le gouvernement nous sert depuis quelque temps: des programmes (mal nommés) d’employabilité tant vantés des dernières années.Tant MM.Fortin et Bouchard que Mme Harel le savent Déjà, sous l’ancien gouvernement libéral en 1994, un rapport interne du ministère de la Sécurité du revenu concédait que «des programmes d’intégration à l’emploi ont produit peu d’impacts significatifs.Pour certains groupes, la participation à des programmes entraîne des effets de rétention à la sécurité du revenu».Les dernières mesures annoncées par Mme Blackburn avant de quitter ses fonctions — la suppression du barème de disponibilité, la mise en œuvre des programmes AGIR et OPTIONS visant à instaurer des «services légers» pour aider les prestataires dans la recherche d’un emploi — émanent toutes de ce rapport pourtant «libéral».C’est ainsi que le nombre de prestataires participant aux programmes d’employabilité du ministère a baissé de 14,8 % en 1994 et de 6,3 % en 1995 pour se situer à 42 000 personnes — sur 550 000 adultes prestataires.Y aurait-il d’autres solutions que de sortir la tronçonneuse?Le fardeau de la preuve pèse lourdement sur les épaules de MM.Fortin et Bouchard.INDEX Agenda.B6 Avis publies.A4 ^ Classées.B6 Culture.B8 Économie.B2 Éditorial.A6 Le monde.A5 Mots croisés.B6 Les sports.B5 MÉTÉO Montréal Ciel variable avec 30 % de possibilité d’averses de neige.Max: -10 Québec Ciel variable.Max:-18 Détails en B 6 POLITIQUE Bouchard rabroue Irwin et Dion PAGE A 4 «MP AVENIRS L'école à la garderie ou la garderie à l'école?PAGE B 1 LES ACTUALITÉS Quand le suicide fait plus de ravages que la route PAGE A 2 Julie au pays des pommiers CF Cable-Vidéotron mû PHOTO JACQUES NADEAU ’ jMêz pi _____________ LE PLAISIR d’entrer dans les livres n’est pas le privilège exclusif de Fanfreluche, comme l’a constaté la petite Julie, âgée de 5 ans.Elle s’est retrouvée dans le corps d’une petite fille tombée d’un pommier, réduite 40 OOO fois, qui peut contempler dans toute leur splendeur les pistils et les étamines d’une fleur de pommier.Cette bande dessinée, grandeur nature, peut être explorée dans une salle d’exposition du monde végétal, «chlorophylle», au Jardin botanique de Montréal.Loyauté, intégrité, obéissance La priorité du nouveau chef d’état-major: insuffler un nouveau sens des responsabilités aux officiers supérieurs Les petits actionnaires de CFCF trancheront ROBERT DUTRISAC LE DEVOIR \ A son corps défendant, CFCF devra soumettre, d’ici 21 jours, la méga-transaction envisagée avec Vidéotron au vote de ses actionnaires.Dans un jugement unanime rendu hier, la Cour d’appel du Québec a en décidé ainsi, renversant le jugement de première instance.Cogeco Câble, actionnaire minoritaire avec 9,5 % des actions subalternes de CFCF, vient ainsi de gagner une manche dans la partie de bras de fer qui l’oppose à la famille Pouliot, l’actionnaire majoritaire.Mais, pour ce prétendant éconduit de CFCF, la partie n’est pas gagnée pour autant.Pour la direction de CFCF, qui vient d’essuyer un revers majeur, ce sont d’autres délais, dans la meilleure des hypothèses, qui s’ajoutent à la conclusion de cette transaction de 720 millions et son approbation par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).Au palais de justice en fin d’après-midi hier, le président et chef de la direction de CFCF, Adrien Pouliot, VOIR PAGE A 8: CFCF Frais de scolarité Un gel «irresponsable», estiment les rëcteurs PAUL CAUCHON LE DEVOIR Pour faire face à d’imminentes compressions budgétaires, les universités devront revoir en profondeur leurs stratégies pédagogiques et la façon même d’enseigner.Et il leur faudra sûrement revoir les frais de scolarité, dont le gel actuel est « irresponsable».C’est ce que soutient Pierre Reid, recteur de l’Université de Sherbrooke et président de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ).Tout en reconnaissant que le déficit du gouvernement québécois est inacceptable et que le budget de 'éducation semble de plus en plus visé par les autorités politiques, le niveau de compressions qui attend les universités lui apparaît «exorbitant», dit-il (des informations circulent vouant que les universités absorbent au moins 100 millions de dollars de compressions pour 1996-1997).Mais devant une telle situation, Pierre Reid fustige les Pierre Reid JOCELYN COULON LE DEVOIR Le nouveau chef d’état-major des Forces armées canadiennes (FAC), le général Jean Boyle, a pris au début du mois de janvier le commandement d’une institution démoralisée.Les militaires ne font plus confiance à leurs officiers supérieurs et l’opinion publique se montre de plus en plus cynique envers l’armée.Le général Boyle s’est donc fixé comme priorité d’insuffler un nouveau sens des responsabilités au sein du leadership militaire et de rajeunir son équipe.D’ailleurs, dès la semaine prochaine, le ministère de la Défense nationale annoncera la nomination de 10 à 18 nouveaux officiers supérieurs au rang de général ou d’amiral.Ces nominations affecteront l’armée de terre, l’aviation et la marine.Autant d’officiers prendront leur retraite.Le général Boyle a été nommé commandant des FAC à la fin décembre par le premier ministre Jean Chrétien.Il a succédé au général John de Chastelain qui avait occupé ce poste depuis 1989, sauf en 1993 où il avait été ambassadeur du Canada à Washington.Le jour de sa nomination, le général Boyle a affronté pour la première fois les journalistes et, événement inhabituel, s’est vu demander s’il n’avait pas caché des documents dans l’affaire somalienne.Boyle a répliqué que non, mais il était visiblement embarrassé.«Je suis tout à fait conscient qu’il existe dans l’opinion publique une perception négative des forces armées, dit-il, lors de l’entrevue qui s’est déroulée à ses bureaux d’Ottawa la semaine dernière.Je veux changer cette perception.Mais je suis aussi très conscient que les militaires ont perdu un peu la foi envers leurs officiers supérieurs.Tous les rapports que je reçois m’indiquent qu’une petite minorité de 20 % des soldats font encore confiance au leadership militaire.Ce n’est pas sain à un moment où les forces armées doivent gérer la décroissance de leurs effectifs et se transformer face aux défis du prochain siècle.» Âgé de 48 ans, Boyle, ceinture noire de judo et amateur de golf et de bicyclette, a embrassé la carrière militaire en 1967.Il a fait des études d’économie au Royal Military College de Kingston avant d’intégrer l’aviation en 1972.Pilote, le général Boyle a été commandant d’escadrille à Bagotville puis commandant de la division aérienne à Baden, en Allemagne, entre 1989 et 1991, avant de retourner à Kingston pour diriger le collège où il avait étudié.De 1993 jusqu’à sa nomination il y a quelques semaines, il a occupé au ministère de la Défense nationale les postes de sous-ministre adjoint à la Politique et aux Communications puis au Personnel.Contrairement à son prédécesseur, le général de Chastelain, le nouveau chef d’état-major ne veut pas devenir un personnage public.Grâ- Le général Jean Boyle VOIR PAGE A 8: CHEF VOIR PAGE A 8: RECTEURS Coup de barre maison pour l’ONF «Nous avons privilégié la production au détriment de la distribution» ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Deux semaines après la bombe Juneau qui recommandait pour lui une profonde restructuration, ’ONF révélait hier par la voix de sa présidente Sandra VlacDonald ses propres perspectives d’avenir.Conserver l’édifice de Côte-de-Liesse, réduire le nombre de créateurs permanents pour miser sur les pigistes, sabrer dans 50 % des coûts d’administration ou de services non reliés à la production, se débarrasser du laboratoire, transformer l’infrastructure technique pour passer à la technologie numérique en réseau.Et ne déménager qu’une partie c u volet anglophone à Toronto, soit ’équivalent d’un ou deux producteurs et d’un million de dollars.Tels sont quelques-uns des coups de barre annoncés par une Sandra MacDonald manifestement épuisée hier après-midi au moment de sa rencontre avec la presse.La présidente avait passé la matinée à expliquer ce plan de relance à ses troupes consternées.La journée avait été rude.«Cette transformation globale de l’Office a réclamé neuf mois de travail.Il y aura une période d’ajustement VOIR PAGE A 8: ONF "F A 2 Manuel d’anglais critiqué i.k n k v (iiu, i, k m a i< i) i i :i r é y \\ i y, h i » » « • L i; S A C î H A I, IT É S • Première cause de décès non naturel au Québec E N F L’éditeur s’offusque Le suicide fait plus de ravages que les accidents de la route ISABELLE PARÉ LE DEVOIR La maison Lidec, qui diffuse un manuel scolaire flirtant avec l’astrologie et la numérologie, défend avec verve son volume et affirme que ce sont les programmes du ministère de l’Education qui l’obligent à privilégier ces thèmes ésotériques.Offusqué par le traitement réservé au manuel d’anglais langue seconde Flight 414 publié par saunaison d’édition, Marc-Aimé Guérin, propriétaire des Editions Guérin, soutient que Lidec n’a fait que se .conformer à la lettre aux programmes du ministère de l’Éducation pour produire son volume.Montré du doigt par l’Association des communicateurs scientifiques, le manuel Flight 414 aborde notamment les thèmes de l’astrologie et de la numérologie, en informant les élèves de 4e secondaire sur la façon de trouver leur «nombre de naissance» (birthforce number) pour connaître leurs «vrais talents», leurs «désirs secrets» et leurs «traits spéciaux».Le livre présente aussi un dossier sur les ovnis et rapporte de façon très réaliste les témoignages de ceux qui déclarent les avoir vus.«On en parle parce que les programmes en parlent.On doit suivre les grilles d’évaluation du ministère.S’il y a un volume qui est valide, c’est celui-là», défend M.Guérin.Par ailleurs, ce dernier trouve tout à fait acceptable que des manuels destinés à des enfants abordent des thèmes comme ceux de l’astrologie, des ovnis ou de la numérologie.«La science n’abolit pas les questions métaphysiques.C’est l’actualité qui fournit les sujets d’intérêts.Je ne veux pas que l’école soit fermée à certains courants.On parle du suicide, pourquoi pas de l’astrologie.On parle bien du père Noël aux enfants, même s’il nlexiste pas», défend M.Guérin.Ce dernier déplore d’ailleurs que cette critique «nuise à son commerce», alors que plusieurs maisons d’édition concurrentes s’inspirent exactement des mêmes thèmes, dictés par le ministère.De fait, le programme de base en enseignement de l’anglais langue seconde fait clairement mention, au sixième chapitre, que l’apprentissage à la discussion chez l’élève passe par le thème de la connaissance de soi, avec l’aide de la numérologie, de la graphologie, de l’analyse des signes du zodiaque chinois et de l’astrologie traditionnelle.,En annexe du programme, une liste de 25 «thèmes, sujets et déclencheurs» sont proposés pour susciter des «situations d’apprentissage», et l’astrologie de même que la graphologie se retrouvent au premier rang.On présente comme étant d’intérêt les sujets ayant trait aux superstitions, aux sciences occultes et au surnaturel, notamment les soucoupes volantes, les fantômes, la magie et la perception extrasensorielle.LE DEVOIR ET PC Depuis 1990, le suicide est devenu la première cause de décès non naturel au Québec, devançant même les accidents de la circulation, et ce pour tous les groupes d’âge.En 1995,1290 suicides seront déclarés par le Bureau du coroner, contre 875 décès dus à un accident de la circulation.Ces statistiques étonnantes ont été dévoilées hier par le Bureau du coroner en chef et le ministère de la Santé et des Services sociaux, dans le cadre de la Semaine provinciale de prévention du suicide.Pour le moment, il s’agit de projections, puisque toutes les compilations ne sont pas terminées.Mais chose certaine, depuis 1990, le taux de suicide est préoccupant et il semble avoir atteint un plateau inquiétant.Toutefois, le nombre de suicide a grimpé chez deux groupes d’âge seulement, en 1994, soit les 15 à 24 ans — de 215 suicides en 1993 à 234 en 1994 — et les 14 ans et moins —11 en 1993 et 22 en 1994.Au niveau provincial, le taux de suicide était de 17,5 par tranche de 100 000 habitants, en 1994, alors qu’il était de 18,1 l’année précédente.Les hommes sont beaucoup plus frappés que les femmes.Autre fait surprenant: le moyen utilisé le plus fréquemment pour le suicide est la pendaison, avec 527 cas en 1994.Suivent dans l’ordre l’arme à feu avec 285 cas, l’intoxication (262), la chute (76) et les autres moyens.Porte-parole pour une deuxième année consécutive de la Semaine provinciale de prévention du suicide, Guylaine Tremblay a expliqué que «comme tout le monde, je me suis sentie démunie devant ce phénomène», mais qu’avec les années elle a appris à réagir avec plus d’aplomb.«J’ai toujours trouvé étrange que lorsque quelqu’un se coupe une main ou se fracture une jambe, on est plus prompt à réagir que lorsqu’il s’agit d’un individu en détresse psychologique.Je pense que la réaction est plus rapide parce qu’on sait quoi faire: sortir les bandages ou appeler le 911.Or, des outils et des ressources de qualité pour tenter de soulager la souffrance humaine, ça existe.On devrait tendre les bras aussi rapidement dans ces cas-là.» C’est ce que pense aussi Éric, 22 aqs, bénévole dans un centre de prévention du suicide.«A Montréal, comme ailleurs en province, il y a effectivement des dizaines d’hommes et de femmes qui ne demandent rien d’autre que d’essayer d’aider ceux et celles qui sont dans le besoin.Le problème, c’est qu’encore trop de gens préfèrent l’isolement II n’y a pas pourtant pas de honte à souffrir.» «Les gens se cachent parce qu’ils se méfient, ajoute Geneviève, une autre bénévole.A Montréal, on ne fait UNE OFFRE BLINDEE ipPP® -MJ 1 "r.par mois*!# § i # ! T i JETTA GL 1996 LOCATION 2 ANS Être blindé contre les tracas, ça vous intéresse?Le programme Protection blindée comprend : • l'entretien gratuit (même les changements d'huile)** ; • une garantie pare-chocs à pare-chocs** ; • l'assistance routière 24 heures par jour** ; • la valeur de rachat garantie.Ça vous laisse deux ans pour jouir pleinement et en toute sérénité du plaisir de conduire votre Jetta.Vous verrez, le temps passe vite, en si bonne compagnie.Coussins gonflables côtés conducteur et passager • climatiseur • système d'alarme et verrouillage central • radio AM/FM cassette • rétroviseurs télécommandés • direction assistée • transmission manuelle 5 vitesses • moteur 2,0 litres, 115 ch.La mensualité ne s'applique qu'au modèle neuf Jetta GL 1996 à essence, groupe d'option Q41, pour une location de 24 mois.D'autres termes sont aussi offerts.Versement initial de 1 500 S ou échange équivalent ainsi qu'un dépôt de 350 $ requis au moment de la transaction.Le transport est inclus.Préparation en sus.Limite de 40 000 kilomètres.Frais de 104 le kilomètre additionnel.Sous réserve de l'approbation de crédit VCI.L'offre est valide pour une période limitée.Frais d'immatriculation, assurance et taxes en sus.’ Entretien gratuit pendant 2 ans ou 40 000 km.Certaines restrictions s'appliquent.Voir les concessionnaires participants pour tous les détails.Le modèle offert peut différer du modèle présenté.L'offre ne s'applique qu'aux particuliers pour un véhicule à usage personnel et non commercial.m c# LES CONCESSIONNAIRES VOLKSWAGEN ILE DE MONTREAL Auto Strasse 5905.ROUTE TRANSCANADIENNE, ST-LAURENT 748-6961 Automobiles Autohaus 1855, AV DOLLARD, LASALLE 364-2753 Automobiles G.M.F.3050.BOUL ST-CMARLES, KIRKLAND 694-1378 Centre-Ville Volkswagen 324.RUE PEEL.MONTRÉAL 846-1717 Automobiles Popular 5441, RUE ST-HUBERT.MONTRÉAL 274-5471 Automobiles Rimar 5500.BOUL MÉTROPOLITAIN E .ST-LÉONARD 2534888 Automobiles Sfolz 13255.RUE SHER8ROOKE EST.MONTRÉAL 642 6242 Campbell & Cameron 4050.AV VERDUN.VERDUN 762-9777 Nordest Volkswagen 10395, BOUL P1E-IX.MONTRÉAL 325-3422 RIVE-SUD Antilles Automobiles 649, CHEMIN LAROCQUE.VALLEYFIELD 371-5563 Automobiles B.Duval 400.BOUL ROLAND-THERRIEN, LONGUEUIl 679-0890 Automobiles F.M.16070.RUE ST-LOUIS.ST HYACINTHE 773-9643 Automobiles Niquet 1905.BOUL SiR WU/RiD l^LUHER.RTE 116.ST-BRUNO 653-1553 Automobiles Sabric 125.RUE AJMÉ ANCEMT.VAUDRfUn.455 7941 Chambly Automobiles 3334, BOUL TASCHEREAU.GREENFIELD PARK 671-7238 Châteauguay Volkswagen 20.BOUL INDUSTRIEL.CHATEAUGUAY 698-2261 Marcel Synnott Automobile 1200, RUE BOURGOGNE.CHAMBLY 658-6645 Park Avenue Volkswagen 8805.BOUL TASCHEREAU OUEST.BROSSARD 656-4811 St-Jean Volkswagen 815.CHEMIN GRAND BERNER NORD ST JEAN SUR (OCHEUEU 348 7309 RIVE-NORD Automobiles André Rivest 839.RUE NOTRE DAME.REPENTlGNY 585-1700 Automobiles I.Lauzon 1384, BOUL LABEliE.BLAJNAUi 430-1460 Automobiles Lafontaine 2031, BOUL.LAAELLE, ST-JERÔME 438-4101 Automobiles Le Passant 125.RUE PRINCIPALE.LACHUTE 476-9966 Arbour Automobiles 700.BOUL DES LAURENTlDES, LAVAL 343-3422 Butz Automobile 421, BOUL SAUVÉ.ST-EUSTACHE 627 4466 Degrandpré Automobiles 1128.RUE P1ETTE.JOUETTE 756-4515 Volkswagen Mascouche 118.MONTÉE MASSON.MASCOUCHE 474 2428 m ~ § association QUEBECOi£É-DE ICID PHOTO JACQUES GRENIER Le Dr Christine Colin et M' Pierre Morin, de l’Association québécoise de suicidologie.confiance à personne.Ca fait partie du problème.» Le suicide est inégalement réparti selon les régions du Québec.Le Saguenay—Lac-Saint-Jean affiche le taux le plus élevé, avec 23,7 par tranche de 100 000 habitants, suivi de la région Chaudière-Appalaches avec 23 pour 100 000, la Mauricie—Bois-Francs avec 22,9 et la Côte-Nord avec 22,8.Une priorité Face à toutes ces statistiques, le ministère a annoncé qu’il ferait de la prévention du suicide une priorité.La sous-ministre adjointe à la Direction de la santé publique, le Dr Christine Colin, annonçait également, hier, la mise sur pied d’un groupe de travail sur la question.Le groupe de travail, formé d’experts, sera chargé de proposer des stratégies, des orientations et des actions prioritaires en matière de prévention du suicide.Il aura un an pour accomplir son mandat.Entre autres, il devra identifier les groupes «à risque» et les situations «à risque».Le ministère s’est déjà donné comme objectif de réduire de 15 % d’ici 2002 le nombre de suicides et de tentatives de suicides au Québec.Le Québec affiche un taux de suicide particulièrement élevé comparativement aux autres provinces.Le coroner en chef Pierre Morin citait des données de 1993: le taux canadien est de 13,1 par tranche de 100 000 habitants, les Territoires du Nord-Ouest affichent 42,6, le Yukon 22,9, le Québec 18,1, l’Alberta 15,4 et le Nouveau-Brunswick 14,5.Même au sein du monde occidental, le Québec affiche un fort taux de mortalité due au suicide.Il n’est devancé que par la Suisse, la France et la Belgique, indiquait la sous-ministre Colin.«Personne ne sait exactement pourquoi le Québec occupe le peloton de tête à ce chapitre, dit-elle.Si quelques hypothèses sont plausibles, aucune n’est concluante.Le suicide est un phénomène complexe à étudier.» ROUGEOLE: COUP D’ENVOI DE LA CAMPAGNE DE VACCINATION (Le Devoir) — C’est hier que débutait la campagne de vaccination tous azimuts contre la rougeole dans les 161 CLSC du Québec.Plus de 1,5 millions d’enfants de six mois à 17 ans seront vaccinés au cours de cette opération qui s’échelonnera durant huit semaines, pour se terminer à la fin avril.Les parents d’enfants de 18 mois à cinq ans devront prendre rendez-vous à leur CLSC local, alors que les enfants d’âge scolaire seront vaccinés par des infirmières dans leurs écoles.En 1993, plus de 1 148 000 enfants avaient été vaccinés contre la méningite dans le cadre de ce type de campagne.-?- QUÉBEC SANS FRONTIÈRES: DÉBUT DE LA FORMATION (Le Devoir) — La formation que doivent recevoir près de 200 jeunes Québécois désireux de faire un stage dans l’un des pays francophones d’Afrique vient de débuter.On sail que le Québec a consacré à ce volet de «Québec sans frontières 1996» un million de dollars et qu’il a confié à une dizaine d’organismes de coopération internationale le soin d’encadrer ces jeunes âgés de 18 à 30 ans.Il est prévu que les stagiaires vivront dans des zones rurales, partageant la rie de familles africaines; le type de programme auquel on les destine dépend des besoins exprimés par les autorités locales.L’été dernier, des stagiaires africains avaient bénéficié d’une expérience similaire en sens inverse.Les responsables de Carrefour canadien international (CCI), l’une des ONG ayant un rôle dans la formation des stagiaires, rappellent que le coût d’un tel stage atteint 7500 $ et que chacun des équipiers verra à assumer une cotisation de 1800 $ qui pourra être recueillie par diverses initiatives personnelles.En principe, la formation des jeunes sélectionnés — il y a prépondérance des filles, les garçons ne comptant que pour 15 % des demandes reçues — s’étend sur cinq mois.On veut s’assurer que personne ne sera pris au dépourvu une fois implanté dans la zone où se déroulera le stage.Selon Yolande Haineault, directrice du CCI, le programme «Québec sans frontières 1996» pourrait bien déboucher sur une participation répétée du Québec l’an prochain.Une telle expérience ne peut que conforter chez les jeunes, ajoute-t-elle, le sens des relations interculturelles et le goût de s’impliquer dans des projets communautaires.PRÉSERVATIF: L’EGLISE FRANÇAISE CLARIFIE SA POSITION Paris (Reuter) — L’Église de France a clarifié hier sa position sur le préservatif en approuvant dans un document officiel son usage comme moyen de prévention contre le sida — mais non comme contraceptif— en cas de risque grave.Dans un rapport de la commission sociale de l’épiscopat, son président, M8' Albert Rouet, observe que les médecins jugent le préservatif «nécessai re» mais s’inquiète des risques de banalisation de l’acte sexuel, notamment chez les jeunes.Én levant clairement le tabou du préservatif, l’épiscopat a voulu dissiper ce qu’il présente comme un «malentendu» entre l’Église et l’opinion sur la question du sida, estimant que ses évêques n’avaient pas été assez écou-1 tés dans le passé.IJ J (J Ul iiiid i Tu es inscrit à temps plein l III dans un cégep ou un collège à Québec! Alors k rand concours de JOURNALISME LE DEVOIR • Fais-nous parvenir un article critique (au moins 800 mois) sur une manifestation qui concerne la vie sociale et culturelle d’ici: par exemple un film, un livre, un événement culturel ou sportif.• Parles-en à ton professeur de français car ce concours peut aussi être réalisé dans le cadre de tes cours.La date limite des envois des textes au journal Le Devoir est le 15 mars 1996.La remise des prix aura lieu à Québec le 29 mai 1996.L\ Fondation du DEVOIR Plusieurs prix tels un ordinateur , des bourses d'études ou des dictionnaires, sans oublier la publication de ton article critique dans Le Devoir.Pour en savoir plus au sujet des modalités de participation, informe-toi auprès de Ion professeur de français.*4» c AQPF prafctwmdrfn^M Idfcxjuëbec Qf Hydro Québec SAIRfSIl ROot-Kl It ritktnt dt tê ; t A 3 I, K I) K V I) | H , I.K M A H I) I I 3 K K V H IKK I 1> )) (I -* LE DEVOIR *- MONTREAL Los fermetures d’hôpitaux dans la région de Montréal La CSN demande l’intervention du ministre Rochon Des hôpitaux importants bloquent le processus de redéploiement des employés, accuse-t-elle ISABELLE PARÉ LE DEVOIR T a CSN accuse les directions d’hôpitaux de bloquer le .L/ processus de redéploiement des employés touchés par les fermetures d’hôpitaux en tardant à remettre les plans d’effectifs exigés par la loi pour les trois prochaines années.I«Si le ministre Rochon n’intervient pas rapidement, des situations comme celle existant à l’hôpital Saint-Michel risquent de s’étendre ailleurs et plus particulièrement à Montréal.Nous ne l’accepterons pas», a déploré hier Claudette Carbonneau, vice-présidente de la CSN.La CSN soutient que plusieurs hôpitaux ne respectent pas les exigences des nouvelles conventions collectives signées entre ces syndicats et le gouvernement du Québec en décembre dernier, voulant que chaque établissement de santé fournisse à la mi-janvier un plan de ses besoins en personnel pour les trois prochaines années.Ces plans doivent notamment servir de base aux régies pour effectuer le redéploiement du personnel qui se retrouvera sans poste après la fermeture de sept hôpitaux à Montréal.Or, les représentants de la CSN soutiennent que certains employeurs, surtout dans la grande région de Montréal se refusent à fournir ces plans.Plusieurs évoqueraient l’imminence de la prochaine vague de compressions pour en retarder la présentation, affirme Arthur Sandborn, président du Conseil central de Montréal.«Si une compression supplémentaire met en péril le redéploiement de la main-d’œuvre, est-ce que ça veut dire que tous les plans des régies doivent être remis en cause?Si on se met à raisonner comme cela, il n’y a plus rien qui tienne, ça va être un désastre», tranche Arthur Sandborn.Selon un relevé effectué auprès de ces syndicats, la CSN affirme qu'au moins 70 établissements, sur les 128 où travaillent ces membres dans la région de Montréal, n’ont pas remis leurs plans de main-d’œuvre ou n’ont fourni que des plans partiels.Au moins 22 hôpitaux sur les 32 que compte Montréal seraient du nombre.Selon M.Sandborn, ce sont les plus importants hôpitaux, tels l’hôpital Saint-Luc, l’Hôtel-Dieu et l’hôpital Notre-Dame qui tardent à faire leur devoir.Mme Carbonneau trouve par ailleurs déplorable la situation qui règne à l’hôpital Saint-Michel où les employés sont en attente depuis décembre d’un transfert vers d’autres établissements de santé.«Ce n’est pas demain la veille que les employés de Saint-Michel sauront où ils aboutiront.Ix> cas de l'hôpital Saint-Michel est une magistrale démonstration du caractère improvisé des transformations en cours dans le réseau de la santé», dit-elle, offusquée que les employeurs mettent sur le dos des conventions collectives îes ratés du redéploiement de la main-d’œuvre.Le printemps dernier, le ministre Rochon avait donné des garanties qu’aucun hôpital ne serait fermé tant que les mécanismes de redéploiement ne seraient pas mis en place.«Si c’est le cas, affirme Mme Carbonneau, il faudra que la Régie réévalue son échéancier.» ¦ ¦ ;.L ! j I ;*VV Elégant.Sélect.Spécialisé Gare de triage de CP Rail à Côte Saint-Luc L’entreposage de produits chimiques pose problème LJ entreposage des produits chi-i miques, y compris les lubrifiants, les carburants et les produits nettoyants utilisés par CP Rail pour ravitailler et nettoyer ses locomotives et wagons à sa gare de triage de Côte Saint-Luc, dans la municipalité métropolitaine du même nom, ne s’effectuait pas de façon sécuritaire l’été dernier, indique un rapport de la Communauté urbaine de Montréal.Ce rapport a été rendu public hier par des citoyens que le groupe environnemental STOP appuie dans leurs efforts pour réduire les émissions polluantes de cette cour de triage, qui brûle ses huiles usées et solvants dans ses chaudières.Elle vient de mettre un terme à l’incinération dans ses chaudières des boues récoltées dans le dégraissage et le lavage de sa machinerie lourde.Depuis l’inspection réalisée en juin dernier par l’agent Richard Comtois, du service d’assainissement de la CUM, CP Rail a obtenu un permis l’autorisant à déverser ses eaux de lavage des locomotives et wagons dans les égouts de la CUM.moyennant plusieurs conditions, dont celles d’analyser en permanence ses rejets et de rendre plus sécuritaire d’ici la fin de février l’aire de ravitaillement en carburant.Cette aire n’était pas imperméable, l’été dernier, et son système d’égouttement permettait d’acheminer les produits pétroliers aux égouts communautaires.Les postes de ravitaillement de la gare de triage ont une capacité de stockage de 550 000 litres de carburants.Quant aux eaux de lavage, CP Rail en utilise 176 000 mètres cubes par an, qui, curieusement, ne sont pas inclus dans le bilan volumétrique du collecteur Saint-Pierre, révèle le rapport de la CUM.Les citoyens, qui bagarrent ferme pour obtenir des informations sur la gestion des produits dangereux stockés ou utilisés dans cette gare de triage affirment avoir été évincés du comité créé par la municipalité de Saint-Luc pour régler ces problèmes, malgré la promesse de la Ville de les associer à ces travaux.Ils se plaignent, en outre, qu’on ait boudé la plupart de leurs suggestions.Avis public Ville de Montréal Commission du développement urbain de Montréal Étude publique Invitation à participer Assemblée du mardi 20 février 1996, à 19 h, à la salle du conseil de l'hôtel de ville, 275, rue Notre-Dame Est.Lors de cette assemblée, vous pourrez : - obtenir des renseignements sur les projets de règlement inscrits à l'ordre du jour; - poser des questions et exprimer votre opinion sur ces projets.La commission recevra vos commentaires et formulera des recommandations au comité exécutif.L'ordre du jour comprend les projets de règlement soumis par le comité exécutif aux fins de : - Programme de développement autorisant la construction d'un bâtiment d'habitation de trois étages au comptant trois unités de logement, situé du côté ouest de la rue Saint-Dominique entre l'avenue Duluth et la rue Rachel, et dont le rez-de-chaussée sera occupé par un usage résidentiel (district électoral de Jeanne-Mance).- Programme de développement autorisant l'agrandissement et l'occupation du bâtiment résidentiel situé au 5077, rue Vaillant (district électoral de Saint-Henri).- Autorisation spéciale permettant à « Groupe Conseil St-Denis inc.» d'occuper, à des fins d'assistance aux personnes ayant besoin d'aide, le troisième étage du bâtiment situé aux 1251 à 1255, rue Beaubien Est (district électoral de Père-Marquette).Renseignements sur les dossiers et sur les prochaines assemblées : Service des relations avec les citoyens 1301, rue Sherbrooke Est Édifice Lafontaine 872-8265 Le greffier.Léon Laberge Anglais langue seconde Programmes d’immersion - Été 1996 Pour garçons et filles de 14 à 17 ans et pour adultes de tout âge.Programme pour jeunes Sessions de trois semaines Du 23 juin au 13 juillet Du 14 juillet au 3 août • Beau campus au coeur de l'Estrie • Programme établi depuis 17 ans • Cours et activités en anglais • Résidences modernes • Sessions axées sur le développement de la communication orale Programme pour adultes Sessions de six jours 26-31 mai 30 juin au 5 juillet 7-12 juillet 14-19 juillet Champlain Regional College Lennoxville (Qc) J1M 2A1 Tél: (819) 564-3684 Télécopieur: (819) 564-5171 * CAMP-ECOLE EN BIOTECHNOLOGIES POUR JEUNES DES 3e, 4° ET 5e SECONDAIRES 23 juin au 7 juillet 1996 INFORMATION: Cégep de Rivière-du-Loup A/S Nicole St-Pierre 80, rue Frontenac Rivière-du-Loup (Québec) G5R 1R1 Téléphone : 1-418-862-6903, # 240 Télécopieur : 1-418-862-4959 The Horse People ïnc.Cet été, offrez à votre enfant le camp d'été qui fera toute une différence.The Horse PeopIe Inc.dispose d'équipements à la fine pointe.Personnel entraîné et certifié à raison d'un moniteur pour 3 campeurs; participants de provenance internationale; niveaux d'équitcîion allant de débutant à avancé; excellente programmation, soins hors-pair, environnement proactif.Brochure & vidéo disponibles sur demande Wendover, Ontario KOA 3K0 Accrédité par Fax (613) 673-4787 - Tél.(613) 673-5905 E-Mail : horsefun@fox.nstn.ca OCA, CCA, ACA 9 pe * Art guinéen PHOTO JACQUES GRENIER BINTA CAMARA, une étudiante d’origine guinéenne, examine une sculpture de teck façonnée par un artiste de son pays, à l’occasion de l’exposition en cours au Complexe Desjardins, jusqu’à vendredi, dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs.Création de deux prix culturels LE DEVOIR Le Service de la culture de la Ville de Montréal a annoncé hier la création de deux nouveaux prix d’excellence dans les secteurs des arts visuels et des métiers d’art.Ces deux récompenses s’ajoutent au grand prix du livre de Montréal et au prix Arts-Affaires.Le prix Pierre-Ayot et le prix Louis-Comtois visent la reconnaissance du «potentiel d’avenir» des jeunes créateurs montréalais.Le premier sera remis en collaboration avec l’Association des galeries d’art contemporain de Montréal (AGAM).Il soulignera en fait «l’important travail des galeries d’art, des salons et des centres d’exposition qui offrent une visibilité indispensable aux artistes en début de carrière».La seconde récompense sera développée avec le Conseil des métiers d’art du Québec.Le Service de la Culture a également annoncé hier, par un communiqué, la consolidation de la plupart de ses programmes de soutien aux activités artistiques sur le territoire montréalais.L’année dernière, plus de 1,1 million de dollars ont été distribués à des organismes culturels dans ce cadre.Le programme de soutien au développement des organismes culturels et le programme de soutien à l’interculturalisme bénéficient maintenant d’une entente avec le ministère de la Culture et des Communications qui permet de «consolider l’expertise commune et de renforcer [les] interventions au profit du secteur culturel».Tous les programmes sont reconduits.Le Programme de soutien à la mise en marché bénéficie à nou- veau d’une enveloppe de 200 000 dollars.En 1995, ce volet a permis de soutenir une trentaine d’organisme culturels, dont l’AGAM, la Quebec Drama Federation et le théâtre de l’Opsis.Le programme de soutien à l’interculturalisme, géré avec le ministère de la Culture et des Communications du Québec, jouit quant à lui d’une enveloppe de 210 000 dollars.L’an dernier, onze organismes (1001 Nations inc., Radio Centre-Ville Saint-Louis, etc.) ont reçu des subventions pour «permettre aux artistes des communautés ethnoculturelles d’accéder aux réseaux établis».Le plus important programme demeure cependant celui qui vient en aide aux «festivals et événements culturels».En 1995, une vingtaine d’entre eux ont reçu 445 000 dollars au total.Ce soutien bénéficie par exemple au Festival international de jazz (75 000 dollars), au Festival des films du monde et au Festival Juste pour rire (50 000 dollars chacun) et à Shakespeare-In-The-Park (15 000 dollars).La Ville a également injecté 175 000 dollars dans une dizaine de projets pour la consolidation et le développement du réseau des équipements culturels privés.Finalement, Montréal s’est aussi impliquée pour 1,5 million de dollars dans la réalisation de trois projets majeurs (Espace la Veillée, Usine C et Espace Go).Elle participe actuellement à cinq autres projets en chantier pour une valeur de 1,3 million, sans compter l’engagement de principe (le 2 millions dans le dossier de la relocalisation de l’École nationale du cirque.UNE RÉVOLUTION À VERDUN?(Le Devoir) — La Ville de Verdun entamera sous peu un processus de consultations qui pourrait mener à la modification de sa Loi sur la tempérance, qui date de 1965, et qui interdit encore aujourd’hui le service de boissons sans repas, sauf dans un motel ou un hôtel, sur l’ensemble de son territoire.Avec Saint-Lambert, Verdun demeure la seule municipalité québécoise soumise à une telle loi.Ayant obtenu du gouvernement du Québec, en juin dernier, le pouvoir de modifier sa réglementation sur cette question, la Ville de Verdun rencontrera la centaine de restaurateurs locaux, le 19 février prochain, afin de leur présenter les modifications prévues et de recevoir leurs commentaires.Elle en fera de même avec les citoyens, lors de trois rencontres prévues les 11,18 et 19 mars prochain.Bien que le maire Georges Bossé ait rappelé, hier, que son administration n’a aucunement l’intention d’autoriser l’implantation de bars, brasseries et clubs à Verdun, il souhaite accorder aux restaurateurs le droit d’exploiter un service de boisson sans repas.CAMP DE JOUR DES CHAMPIONS GARÇONS ET FILLES 3-14 Pour réservation publicitaire 985-3322 SPORTS, BEAUX-ARTS HOCKEY, GYMNASTIQUE, NATATION TERRAIN SPACIEUX DU COLLÈGE NOTRE-DAME PRÈS DU MONT-ROYAL, OUTREMONT 9H À 16H LUN.AU VEN.- JUILLET ET AOÛT 739-3423 HORAIRE PROLONGÉ : 7H45 À 17H45 739-3721 I.K I) K V III , I.K M It |) I I :t ! K V It IKK I II II (i IT DEVOIR PERSPECTIVES Chiches pays riches Laide publique au développement stagne Compromis sur la chasse aux criminels de guerre en Bosnie Pas d’arrestations sans Pautorisation préalable du TPI La nouvelle procédure devrait apaiser la tension entre l'IFOR et les Serbes JEAN-IM ERRE TU QU 01 LE MONDE Les pays développés continuent de se montrer peu généreux envers les pays du tiers-monde : leur aide financière qui pour plus d’un tiers va à l’Afrique subsaharienne a globalement complètement stagné en 1994.La frilosité des pays riches n’a pas été seulement financière : elle s’est mesurée aussi à la réduction de moitié entre 1992 et 1994 du nombre de demandes d’asile satisfaites.Jamais depuis près d’un quart de siècle les pays riches ne se sont montrés aussi peu généreux à l’égard des pays en développement.En 1994, le montant total de laide publique au développement (APD) des pays membres de l’OCDE na pas dépassé 59 milliards de dollars, un chiffre très légèrement supérieur à celui de l’année précédente mais «inchangé en termes réels», observe le rapport du Comité d’aide au développement (CAD) de l'OCDE publié hier 12 février à Paris.Plus du tiers de laide est allée en 1994 à l’Afrique subsaharienne, un peu moins à l’Asie, tandis que l’Amérique latine, le Proche-Orient et le Maghreb se partagent le solde.Autre signe de frilosité: le nombre d’admissions au sein de l’Union européenne a été plus que divisé par deux entre 1992 et 1994.Seuls quatre pays — tous nordiques — atteignent l’objectif fixé par l’ONU et consacrent au tiers-monde plus de 0,70 % de leur produit national brut (PNB) : la Norvège, champion toutes catégories, le Danemark, la Suède, les Pays-Bas.Les autres pays sont au-dessous de la barre, certains de très peu, comme la France, tandis que d’autres en sont fort éloignés.,Lanterne rouge du classement, les Etats-Unis qui, en dépit des 9,9 milliards de dollars consacrés à l’ADP, ne lui auront consacré que 0,15 % de leur PNB.Le souci de réduire les déficits budgétaires explique pour partie la réduction de laide, de pays comme l’Italie, la Finlande, l’Allemagne ou les Etats-Unis, note l’OCDE.Dans d’autres cas, c’est l’impossibilité de débourser l’aide destinée à certains «gros» bénéficiaires qui est en cause.Les événements au Rwanda ont ainsi empêché la Belgique de tenir ses engagements en matière d’APD.Rares sont les pays riches à avoir accru leur aide en 1994, dernière année pour laquelle des comparaisons sont possibles.Dans leurs rangs se retrouvent la France — «le seul grand pays (du G7) dont le budget de l’aide excède 0,5 % du PNB» —, le Japon, le plus gros donneur d’aide au monde en chiffres absolus (13,2 milliards de dollars), ainsi que quelques Etats nouveaux adhérents du CAD: l’Irlande, le Portugal, le Luxembourg.Phénomène malsain: certains pays développés,ont de plus en plus tendance à lier laide accordée à un Etat du tiers-monde à l’achat de biens auprès de leurs entreprises nationales.En Espagne, plus de 85 % de l’aide est une «aide liée», alors que la proportion ne dépasse pas 10 % aux Pays-Bas.Autre risque des comparaisons: les remises de dettes ne sont pas comptabilisées.Seuls le sont les intérêts qui auraient dû être versés.Pour le Canada, la Suède, ou l’Italie, l’incidence est dérisoire.Ce n’est pas le cas pour un pays comme la France, qui, dans la foulée de la dévaluation du franc CFA, a effacé en 1994 pour plus de 10 milliards de francs de dettes.Les chiffres de l’OCDE n’incluent pas davantage les contributions aux opérations de maintien de la paix des Nations unies.Au 15 janvier, sur les 2,3 milliards de dollars d’arriérés dus par les Etats membres à l’organisation internationale, 1,2 milliard provenaient des seules activités de maintien de la paix.Seuls quatre pays atteignent l’objectif fixé par l’ONU EN BREF ?GUATEMALA: DIPLOMATIE DISCRÈTE Rome (AFP) — Le président guatémaltèque Alzaro Arzu et l’Union Révolutionnaire Nationale Guatémaltèque (URNG) se sont rencontrés à cinq reprises «discrètement» au cours des deux derniers mois pour établir un «rapport de confiance», en vue de la reprise prochaine des négociations de paix sous l’égide de l’ONU, ont annoncé hier les deux parties à Rome.Le ministre de l’Intérieur Rodolfo Mendoza Rosales et les commandants de l’URNG Rolando Moran et Pablo Monsanto ont précisé dans une conférence de presse, que ces rencontres ont eu lieu sous l’égide de la Communauté catholique romaine Sant’Egidio, en décembre, janvier et février à San Salvador, à Mexico et à Rome.Deux ont eu lieu avant même l’élection de M.Arzu.-?- ZAÏRE: RAPATRIEMENT DES RÉFUGIÉS Kinshasa (AFP) — Le Zaire va commencer aujourd’hui les opérations de rapatriement des réfugiés hutus rwandais et de fermeture du camp Kibumba, près de Goma, dans l’est du Zaïre, qui abrite environ 200 000 réfugiés, a-t-on appris hier soir de source proche du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).L’opération devrait être menée en coopération avec le HCR qui mettra sa logistique — notamment des camions et du personnel — à la disposition des réfugiés «qui manifesteront leur volonté de rapatriement», a-t-on encore indiqué auprès du HCR.Les camps de l’Est du Zaïre abritent environ un million de réfugiés hutus rwandais, environ 700 000 à Goma et 350 000 à Bukavu.-?- ISRAËL: ÉLECTIONS EN MAI Jérusalem (AFP) — Les élections générales anticipées auront lieu le 28 mai en Israël, ont indiqué hier des responsables à l'issue d’une rencontre des dirigeants de la majorité et de l'opposition.Shimon Peres a présenté hier à la Knesset les textes nécessaires à l’organisation d’élections pour désigner non seulement un nouveau parlement mais également, pour la première fois au suffrage direct, le premier ministre.Sarajevo (AFP) — Le principal artisan de la paix en Bosnie, Richard Holbrooke, a obtenu hier un compromis satisfaisant les Bosniaques et les Serbes et qui pourrait conduire à la libération de deux officiers serbes si la preuve n’est pas rapidement faite qu’ils sont des criminels de guerre.Leur détention par les autorités bosniaques, et celles d’autres militaires serbes, avait provoqué la crise la plus grave depuis le début de la mise en oeuvre du plan de paix en Bosnie, le 20 décembre.Dans le même temps, les efforts internationaux se sont multipliés pour tenter d’éviter un affrontement dans la ville méridionale de Mostar, où se joue l’avenir de la Fédération croato-musulmane, pièce maîtresse de la paix en Bosnie.Une profonde méfiance règne entre les communautés croate et musulmane, qui se sont affrontées en 1993 et 1994 avant d’être réunies au sein de la Fédération créée sous les auspices de Washington en mars 1994.La ville divisée est administrée depuis juillet 1994 par l’Union Européenne.A Sarajevo, M.Holbrooke a obtenu du gouvernement bosniaque qu’il soumette, avant d’arrêter des suspects, leur noms et leurs dossiers pour approbation préalable par le Tribunal pénal international (TPI) de La Haye chargé d’enquêter sur les crimes de guerre.Cette liste s’ajouterait à celle du TPI, qui compte 52 suspects, dont un seul a été jusqu’à présent arrêté et conduit à sa barre.«En conséquence, nous avons le sentiment que les règles de conduite seront mieux comprises maintenant.La récente tension devrait se calmer.Et si le Tribunal n’a pas davantage de raisons de garder ces prisonniers, ils devraient être également libérés» comme l’ont été récemment quatre autres militaires serbes, a indiqué M.Holbrooke.Les deux officiers qui sont au coeur de la crise, le général Djordje Djukic et le colonel Aleksa Krsmanovic, avaient été interpellés le 30 janvier à Sarajevo par les autorités bosniaques qui les soupçonnent de crimes de guerre.Le TPI avait conseillé leur maintien en détention aux fins d’enquête.Ils ont reçu la visite hier du sous-secrétaire d’état américain pour les droits de l’Homme John Shattuck, qui les a jugés en bonne santé, avant d’être transférés hier soir à Ixi Haye.Deux autres militaires serbes au moins sont également aux mains des Bosniaques, qui avait libéré quatre prisonniers samedi, à la veille de l’arrivée à Sarajevo de M.Holbrooke.La hiérarchie militaire des Serbes de Bosnie avait menacé de rompre tout contact avec la force multinationale (IFOR) si les officiers restaient en prison.Le «gouvernement» civil de la République Serbe (RS, entité serbe de Bosnie) avait par contre affirmé son intention de poursuivre ces contacts.«Nous avons poursuivi nos contacts avec les Serbes de Bosnie et il semble que les rencontres bilatérales avec l’OTAN se poursuivent, mais l’idée de se rencontrer avec des représentants de la Fédération leur déplaît», a indiqué se son côté un porte-parole de l’IFOR, le com- mandant Peter Bullock.En dépit de cette confusion, la communauté internationale avait perçu dans là réaction serbe une menace pour le processus de paix, qui dépend de la bonne volonté des ex-belligérants.Une solution bien accueillie Ces arrestations créaient également un précédent et laissait entrevoir l'ouverture d’une véritable chasse aux criminels de guerre, une éventualité que les militaires de l’IFOR, qui risquent d’en devenir les arbitres, redoutent.La solution mise au point par M.Holbrooke renvoie la charge de la preuve de la culpabilité des prisonniers aux enquêteurs du TPI et dégage la responsabilité de l'IFOR.Une solution bien accueillie par les médiateurs civils en Bosnie qui, eux non plus, ne veulent pas avoir à traiter de la question épineuse des criminels de guerre.«Il faut permettre à cette institution de déterminer si ces officiers sont coupables ou innocents.J’espère que le Tribunal y parviendra rapidement», a indiqué Cari Bildt, haut représentant civil pour la Bosnie.Il incombe au tribunal international d’établir la culpabilité des suspects Après la rupture du cessez-le-feu par TIRA Major veut poursuivre le processus de paix Mais comme Dublin, Londres exclut des rencontres avec le Sinn Fein PHOTO AP ' Plusieurs milliers de personnes ont manifesté pour la paix hier à Belfast.Londres (AFP) — Le premier ministre britannique John Major a affirmé hier que le processus de paix nord-irlandais «n’est en aucun cas terminé», même s’il a subi un «grave revers» avec l’attentat de l’IRA qui fait deux morts et une centaine de blessés vendredi à Londres.Mais, dans une déclaration à la Chambre des Communes, M.Major a affirmé que les ministres britanniques ne rencontreront plus le Sinn Fein de Gerry Adams, l’aile politique de l’IRA, «tant qu’il n’y aura pas eu une fin authentique à cette violence renouvelée».«La balle est dans le camp du Sinn Fein et de l’IRA si cetfe distinction à un sens», a dit le premier ministre.A Belfast, plusieurs milliers de personnes, catholiques et protestants confondus, ont défilé hier matin pour la paix dans la province.Les manifestants ont observé une minute de silence en hommage aux deux victimes de l’attentat.Un homme de 55 ans était toujours dans un état critique hier.Attentisme des loyalistes Au sein des paramilitaires protestants loyalistes, l’attentisme semblait pour le moment l’avoir emporté en ce qui concerne la réponse à apporter à la fin du cessez-le-feu de LIRA, après d’intenses consultations tenues ce week-end par les états-majors de ces milices.Mais des partis proches des milices ont averti que «rien ne doit être tenu pour acquis».Si les attentats de l’IRA continuent, «il sera beaucoup plus difficile d’empêcher une évolution» vers des représailles, a concédé un élu, du Parti unioniste progressiste, David Ervine.A la Chambre des Communes, John Major a déclaré que dès «la semaine prochaine très probablement», il tiendra à Londres un sommet sur l’Ulster avec son ho- De la promotion des droits de l’homme à l’établissement d’un État de droit Sécurité et coopération en Bosnie Le volet civil du plan de paix se met en place JOCELYN COULON LE DEVOIR Longtemps ignorée par les grandes puissances, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), retrouve un peu de son lustre avec son implication dans le processus de paix en Bosnie.Dans quelques jours, environ 300 observateurs de l’OSCE vont se déployer dans 35 villes et villages de Bosnie dans le cadre des accords de Dayton, signés le 21 novembre dernier entre Croates, Serbes et Bosniaques.«C’est la plus importante mission de l’OSCE depuis sa transformation en organisation de sécurité en 1990, dit Peter Walker, ambassadeur du Canada auprès de l’OSCE, à Vienne, lors de son passage au Devoir la semaine dernière.Je pense sincèrement que cette mission sera le test de notre capacité à gérer certains problèmes de sécurité».Selon l’accord de Dayton, l’OSCE est chargée de veiller à ce que les conditions pour des élections libres et démocratiques soient réunies.Elle supervisera la préparation et la déroulement du scrutin pour le Parlement et la présidence de la Bosnie, pour le Parlement de la fédération croato-musulmane et la présidence de la République serbe de Bosnie.Ces élections doivent se tenir dans les six mois, ou, si l’OSCE demande un délai supplémentaire, au plus tard dans les neuf mois suivant l’entrée en vigueur du traité de Dayton.L’OSCE est aussi chargée de surperviser le respect de droits de l’homme et de présider à des négociations visant à limiter le niveau de certaines catégories d'armes (chars, pièces d’artillerie, véhicules blindés, avions et hélicoptères de combat).Ces négociations ont d’ailleurs commencé à Vienne en janvier entre les trois parties au conflit Selon M.Walker, les outils de diplomatie préventive de l’OSCE ont été considérablement renforcés depuis les changements apportés dans la Charte de Pans, en 1990.Précédemment cette organisation, n’était qu’un processus consultatif de nature politique qui avait été institué en 1975 à Helsinki, la capitale finlandaise.Dénommée à cette époque CSCE, l’organisme s’occupait principalement de la promotion des droits de l’homme.Après la chute du Mur de Berlin et l’éclatement de l’URSS, tous les Etats membres de la CSCE (51 pays européens, le Canada et les États-Unis) ont transformé ce forum de discussions en organisation et lui ont donné des responsabilités en matière de sécurité.Paralysie face à la Bosnie L’OSCE a trois fonctions principales: promotion des droits de l'homme, des droits minorités, de la démocratie et de l’État de droit; superviser le processus de désarmement en Europe; et prévention et résolution des conflits.Toutefois, l’OSCE a été incapable d’intervenir dans les grands conflits européens, comme ceux qui ont ensanglanté l’ex-Yougosla-vie.L’ambassadeur canadien admet que l’OSCE a été paralysée face à la Bosnie mais il souligne que l’organisation a dépêché des missions de médiation dans neuf pays de l’ancien bloc de l’Est et que ses efforts en faveur de la paix ne sont pas reconnus à leur juste valeur.«Comme toutes les organisations — OTAN et ONU — nous ne savions pas quoi faire en 1991, dit-il.Aujourd’hui, je pense que nous sommes mieux préparés pour ce genre de conflit.».M.Walker cite en exemple l’action de l’OSCE en Moldavie.Dans ce pays, qui a obtenu son indépendance de l’URSS en 1991, la minorité russe dç Transdniestrie a proclamé sa sécession de la Molavie.À la suite de combats entre Russes et Moldaves, la 14' armée russe stationnée en Moldavie depuis plusieurs années, est intervenue pour imposer un cessez-le-feu.Depuis lors, l’OSCE tente une médiation entre les deux parties.Ces négociations se poursuivent toujours et la semaine dernière, les deux parties au conflit ont fait part de «progrès substantiels» vers un accord qui permettrait de maintenir l’intégrité territoriale de la Moldavie.L’organisation a réuni des experts constitutionnels allemands.canadiens et américains pour jeter les bases d’un Etat de droit respectueux des minorités russe, ukrainienne et turque.«Cette mission sera le test de notre capacité à gérer certains problèmes de sécurité.» REUTER mologue irlandais John Bruton, pour discuter «toutes les possibilités» à même de conduire à des pourparlers mul-tipartites.Rejetant jusqu’à nouvel ordre, comme Dublin, des rencontres à un haut niveau avec le Sinn Fein, M.Major n’a toutefois pas exclu d’autres formes de contact entre le Sinn Fein et son administration.Et il s’est gardé de jeter ; l’anathème sur le leader du Sinn Fein, Gerry Adams.«Ma politique n’est pas de fermer les portes, mais les peuples britannique et irlandais ont besoin de savoir où se tient désormais le Sinn Fein», a-t-il dit Est-il une «façade de TIRA ou un parti politique démocratique légitimé par l’urne et non par la balle»?Le chef de l’opposition travailliste Tony Blair a apporté son plein soutien à M.Major.De son côté, Gerry Adams a appelé John Major à honorer ses engagements et à «montrer un véritable leadership en s’accordant avec Dublin pour conduire chacun vers des rencontres multipartites et les négociations substantielles nécessaires, même à ce stade tardif, pour restaurer le processus de paix».MM.Bruton et Major ont un point de divergence absolu, celui des élections.Londres pense toujours qu’elles: offrent la voie «la plus prometteuse» pour parvenir à des pourparlers multipartites.Dublin et les partis nationalistes, dont le Sinn Fein, y sont totalement hostiles.Pourtant, M.Major, qui entend «continuer de soutenir» ce projet d’élections, a reconnu hier qu’il était prêt «à examiner aussi d’autres options».«Aucune option nê‘ doit être exclue.Notre esprit est ouvert et je sais que lè: leur (du gouvernement irlandais) est ouvert aussi».M.Major a aussi averti que l’attentat de LIRA n’était; «peut-être pas le dernier».«D’autres pourraient suivre,: en Grande-Bretagne et en Ulster».Serment d’Arafat PHOTO Gaza (AFP) — Yasser Arafat a prêté serment hier à: Gaza comme premier président élu palestinien et a: promis de promouvoir les ambitions nationales de son peuple.Le chef de l’OLP, sa main droite posée sur le Coran, le; livre saint de l’islam, a promis «de préserver l’intégrité : territoriale et de réaliser les ambitions et les aspirations: du peuple».La cérémonie a eu lieu dans l’ancien siège: du gouvemorat égyptien de Gaza, qui abritera les ses-’ sions du nouveau Conseil palestinien élu.M.Arafat a prêté serment devant Salim Zaanoun, pré-: sident en exercice du Conseil national palestinien (orga-: ne suprême de l’OLP) et des magistrats.M.Arafat a luj des versets du Coran qui soulignent la lourde responsabilL ; té des dirigeants.«Puisse Dieu m’assister dans l’exercice: de mes responsabilités», a-t-il ajouté.Les 88 membres du Conseil, élus en même temps que : M.Arafat le 20 janvier, ne se sont pas encore réunis, la ses- • sion inaugurale devant avoir beu après le mois de jeûne : musulman de ramadan qui s’achève le 19 ou le 20 février.* A (i I.K » K V 0 I H , I.K M A IM) I I 3 K K V H IKK I II II K ÉDITORIAL Écraser l’adversaire?François B rousseau De Ijondres à Alger, ce week-end, detxx événements, deux conflits, deux méthodes, un seul résultat: la paix tant désirée reste insaisissable, la guerre continue, les bombes explosent.Esquisse de réflexion «en parallèle» sur deux inexpiables conflits contemporains.D e l'Irlande à l’Algérie, une question lancinante: faut-il négocier avec l’adversaire, ou lui faire la guerre à outrance?paix passe-t-elle par l’imposition d’un rapport de forces, ou par un compromis à forte tonalité morale?En Irlande, le tournant du dialogue, de la négociation avait été pris en août 1994 par l’annonce du cessez-le-feu de l’Armée républicaine irlandaise (IRA).Malgré le caractère chaotique, incertain, du processus de paix alors enclenché, l’espoir avait soudain percé, après 25 ans de guerre sournoise et impitoyable.Et soudain, vendredi dernier, cet énorme, cet horrible attentat de Londres qui remet tout en question et conforte dans leur opinion ceux qui disent qu’«on ne discute pas avec dés terroristes».Qui donc doit être blâmé?Le gouvernement britannique, qui semble périodiquement revenir à une ligne intransigeante, comme il l’a fait tout récemment en refusant les recommandations d’une commission irlandaise qui préconisait des «négociations multipartites» sans désarmement préalable de LIRA?Le commandement de l’IRA qui, devant l’absence de dividende de son «ouverture», peut avoir décidé, sous l’influence de son aile dure, de reprendre les hostilités?En Algérie, le gouvernement poursuit, pour sa part, sa «guerre d’éradication» contre les islamistes.Parallèlement, il organise (à la mi-novembre 1995) une opération légitimation par l’organisation d’élections.Le peuple semble lui donner raison par sa participation massive à la consultation électorale.Mais ce peuple crie également: «Assez de violence, assez de guerre, assez de terreur.Dialoguez! Trouvez un terrain d’entente!» Las! Dans la foulée de sa «victoire», le gouvernement reste immobile, ne fait pas d’ouverture spectaculaire et audacieuse vers l’adversaire.Pendant ce temps, les intégristes ne cessent pas leurs activités: mi-décembre, mi-janvier, début février, les attentats se multiplient.Tout cela culmine ce week-end avec les deux voitures qui explosent, dans un quartier populaire et face à la Maison de la presse.Devant les actions et les menaces persistantes des intégristes, le gouvernement a mené une guerre sanglante qui a entraîné des dizaines de milliers de morts et une stricte limitation des libertés civiques.On l’a vu ce week-end, alors que les journalistes, déjà une cible privilégiée des fanatiques intégristes, ont vu également leur travail limité par les directives sécuritaires à forte odeur de censure.À certains moments par contre — ce fut le cas début 1994, lorsqu’Alger a semblé entreprendre des négociations secrètes avec le Front islamique du salut — la ligne du dialogue a refait surface.Elle fut rapidement balayée par les radicaux des deux camps.Les attentats des intégristes et les «opérations nettoyage» dans les campagnes et les banlieues réputées «islamistes» ont eu raison des partisans du compromis.Dans toutes ces guerres civiles larvées ou ouvertes qui opposent un gouvernement à une guérilla, la question est éternelle: peut-on traiter avec les opposants qui ont des activités terroristes, ou faut-il les réprimer sans En Algérie et en Irlande, le dialogue a échoué, tout comme la ligne dure.faiblesse?Les traités, les accords, les compromis valent-ils mieux qu’une politique d’extermination de l’adversaire?Devant une bombe qui explose et tue des innocents, on est pris de rage et on se dit «Il faut écraser ces barbares!» Puis on réfléchit: on se dit qu’au fond, cette guerre a des raisons.Les méthodes des terroristes sont certes méprisables, mais la cause défendue, dans certains cas du moins, est juste.Elle jouit en outre d’un appui populaire authentique.On observe enfin que l’adversaire — abstraction faite de la justesse morale (ou non) de son combat — impose un rapport de forces objectif, et qu’il devient par le fait même incontournable.Les méthodes de l’IRA sont certes contestables, voire indéfendables.Mais «la cause» qui se trouve derrière est bonne.Si l’option de la guerre à outrance suppose des violences insupportables, celle du dialogue a aussi ses risques.Un compromis peut avoir des accents de collusion.Des groupes d’opposants peuvent refuser de s’asseoir à table parce qu’ils ne veulent pas se faire «avaler» ou se faire rouler.Dans un pays en guerre ouverte ou larvée entre un gouvernement et une guérilla, lorsque les leaders d’un mouvement s’entendent avec le gouvernement qu’ils combattent; la base se met à renâcler, les gens ordinaires à espérer, et vite, des «dividendes de la paix» impossibles à livrer.Entre les deux extrêmes de la négociation et de la guerre à outrance, il y a ce qu’on pourrait appeler la «riposte graduée».Un cocktail de répression et d’ouverture: on négocie d’une main, tout en tenant de l’autre le doigt sur la gâchette et les portes de prison bien ouvertes.Israël ne fait pas autrement avec les Palestiniens.On s’ouvre politiquement.Courageusement, on reconnaît l’existence et la légitimité au moins partielle des revendications de l’«Autre», de cet adversaire irréductible qu’on avait toujours nié par le passé.On passe l’éponge sur les hectolitres de sang versé par les deux camps.Mais le processus de paix israélo-palestinien n’est pas pour autant un jardin de roses.Comme le faisait valoir samedi dans Le Devoir, et avec un radicalisme certain, le secrétaire général d’Amnistie internationale, il y a derrière les plus beaux «processus de paix», dotés des plus nobles objectifs qui soient, beaucoup de prisonniers tabassés, d’innocents tués, de dissidents emprisonnés.fl faut avoir du courage pour proposer un compromis à un adversaire que l’on avait préalablement «démoni-sé», contre qui on s’est battu physiquement, contre qui ont avait bâti toute une carrière, fl faut avoir la lucidité et le réalisme de reconnaître que «l’Autre» est là pour rester, qu’une politique d’éradication ne mène nulle part Car derrière tout compromis réel, il y a la reconnaissance fondamentale, non seulement des «droits d’autrui» comme abstraction morale, ou de l’Autre comme sujet honorable de l’Histoire, fl y a également l’imposition, la prise en compte et l’acceptation profonde d’un rapport de forces considéré incontournable.Telle est la mère de la sagesse, la seule d’où peuvent naître la générosité et l’audace.Il semble malheureusement que les Irlandais et les Algériens — pour ne citer que ces deux peuples — n’en soient pas encore tout à fait à ce stade.G/\GÜAVAÔ Ô C>OÉBEC tOE DOIT ?AS TOÜCWE^ A LA Loi iO 1 La partition du Québec à Bosnie et l’Irlande du Nord de-raient faire réfléchir les anglo-hônes qui parlent de partition du luébec.L’indépendance de l’Irlande été obtenue au prix de la partition e son territoire, imposée par l’An-leterre à partir d’un clivage reli-iëux, mais en fait ethnique puisque :s Protestants du Nord étaient des nglais immigrés en Irlande.Cette sorte de «règlement» d’un as de sécession ou d’indépendance ’un territoire possédant déjà ses ropres frontières naturelles ou policies, par la partition, est si néfaste, i désastreux, si lourd de conflits po-;ntiels insolubles, que la commu-auté internationale semble avoir jüt fait pour l’éviter en Bosnie, en épit des pires difficultés.Le princi-e de l’intégrité territoriale y a été lit-iralement imposé aux belligérants, üx Serbes avant tout Il est évident que les conflits inches au sein des Etats anciens ou ouveaux, ou encore des Etats appels à l’indépendance, ne peuvent être ésolus par le morcellement éthique du territoire.C’est pourtant ce quoi rêvent beaucoup de Cana-ians, eux qui nous accusent de ra-isme et d’ethnocentrisme: voilà [u’ils réclament comme en Ulster me division du territoire sur une iase strictement et étroitement eth-lique.Dans tous les Etats, il y a des mi-lorités.Le Québec est un État dé-nocratique, membre d’une fédéra-ion, et pas seulement une région juelconque d’un pays unitaire.S’il allait que la loi des individus ou des jetits groupes se substitue à celle içs majorités, ce serait à brève échéance l’éclatement de tous les îâys et l’impossibilité pour tout terri- LETTRES -?- toire politique y ayant droit d’accéder à l'indépendance.André Fortier Longueuil, 4 février 1996 Y a-t-il une caméra dans la salle?Étonnée des propos tenus récemment par Mme Bissonnette, Michèle Fortin, vice-présidente de la télévision de Radio-Canada, y est allée d’une demi-page justificative, dans l’édition du 30 janvier du Devoir, sur la mission de la société d’État.Elle écrivait: «Comment peut-elle (Lise Bissonnette) ignorer l’importance que Radio-Canada accorde à l’information?(.) Radio-Canada demeure un chef de file incontesté dans le secteur de l’information.» Mais où étaient donc les caméras et les journalistes de la Première Chaîne de Radio-Canada en cet après-midi du 29 janvier, alors que Lucien Bouchard prêtait serment à titre de nouveau premier ministre, qu’il présentait une restructuration du cabinet et les membres de son équipe ministérielle?Que dalle! Pendant ce temps, Télémétropole avait dépêché à Québec son annonceur vedette et ses journalistes pour nous présenter en direct le discours d’as-sermentation du premier ministre.Radio-Canada a réduit à sa portion congrue l’information sur un moment qui, s’il n’est pas historique, est à tout le moins d’importance majeure.Radio-Canada s’est en effet contentée de présenter, au bulletin d’information régulier de 18 h, à peine dix minutes de l’événement Peut-être s’en défendra-t-on en arguant que les caméras de RDI étaient sur place.Mais qu’en est-il de la mission d’information de la Premiere Chaîne pour tous les téléspectateurs «non câblés», dont je fais partie?Peut-être la Société Radio-Canada a-t-elle jugé inconcevable de retirer de l’horaire {’édifiante demi-heure de Que le meilleur gagne.Il m’est avis que le «meilleur», cette fois-là, fut sans conteste la télévision privée.Pauline Gélinas Montréal, 30 janvier 1996 Silence, bon Dieu! Une lettre publiée le 3 janvier dernier m’q fait réfléchir: celle de Chris-tianne Éthier intitulée «Silence et liturgie».Je suis d’accord avec cette dame, qui ose écrire ce qu’une grande majorité de gens se dit intérieurement.Oui, un peu de silence à la messe, bon Dieu, nous ferait sûrement du bien! Depuis près de 2Q00 ans que la messe se répète et l’Église nous explique encore chaque petit geste à faire.Au signal: à genoux, assis, debout tout au long de l’office.Par cet esprit paternaliste, je me sens assujetti entièrement.Le temps pour méditer la Parole me manque.Ces moments de liberté silencieuse procureraient certainement une paix intérieure.Déjà, la perte du latin nous enlève le sens du sacré de la meçse, et malgré la bonne volonté de l’Église pour dynamiser l’ambiance par des décorations multicolores, des diapositives, des chorales, des musiques populaires, tous ces artifices m’éloignent de ma recherche de paix.Au cours d’une messe, ces silences ramèneraient peut-être quelques chrétiens déserteurs ou moins assidus aux offices.Ainsi, de plus en plus de croyants qui recherchent cette paix se dirigent vers les vraies oasis de silence comme Saint-Benoit-du-Lac, {es Cisterciens ou encore les églises de quartier, mais pas aux heures des offices pour ainsi goûter le silence et voir Dieu de plus près.Réal Courtemanche Montréal, 2 février 1996 • j p.0UuL»UÜl La politique du contact personnel P our les candidats, une campagne présidentielle américaine est une dure épreuve, presque militaire par ce qu’elle exige d’endurance personnelle.Depuis un an déjà, les aspirants républicains sont en précampagne: discours, visites locales, interviews et points de presse.Aujourd’hui, on peut lire les résultats du premier scrutin important: les caucus de l’Iowa.Mardi prochain, ce sera la primaire du New Hampshire.Au cours de la semaine, on peut s’attendre à ce que les candidats travaillent d’arrache-pied pour sauver leur candidature en rencontrant autant d’électeurs que possible.L’histoire révèle que cela est efficace.En 1992, Bill Clinton, affaibli par les révélations sur l’affaire Gen-nifer Flowers et ses efforts afin d’éviter la conscription pour la guerre du Vietnam, allait rencontrer les gens.Par la suite, des sondages ont indiqué que les gens qui avaient rencontré M.Clinton personnellement avaient voté pour lui en plus grand nombre que ceux qui ne l’avaient pas vu en personne.C’est ce qu’on appelle «la politique du contact personnel».Arrivant deuxième, malgré les insinuations de scandale, Clinton cria victoire.Les caucus de l’Iowa et la primaire du New Hampshire sont comme {es canaris dans la mine de la démocratie américaine, des tests de consommateurs en quelque sorte.Ces petits Etats n’hésitent pas à vanter leur rôle de chiens de garde des candidats, comme une sorte de service à la nation: leurs citoyens jettent un regard critique sur les forces et les faiblesses de ceux qui aspirent à devenir président, sous l’œil attentif et amusé des médias, et éliminent ceux qui ratent l’examen.Mais cette année, le processus paraît très vulnérable.La tradition pourrait passer à l’histoire, au même rang que les campagnes qui se fai- ?FRASER ?saient par train: figures pittoresques d’une époque révolue, mais terriblement inefficaces face à la télévision.A l’opposé de la politique du contact personnel, vient la publicité politique dans les médias.Cette année, on constate un phénomène nouveau.Malgré qu’il faille se faire connaître en personne au New Hampshire, Malcolm S.«Steve» Forbes a réussi à monter en première place dans les sondages pour la primaire, grâce à son achat massif de publicité à la télévision.Millionnaire, avec une fortune personnelle de plus de 400 millions de dollars US, il n’est pas limité par la Loi sur les dépenses électorales américaine puisqu’il dépense son propre argent.Donc, allons-y, Alonzo.Il a déjà payé 18 millions $ en 1995 pour une campagne qui a commencé en septembre et qui a dominé la publicité de la télévision locale dans les deux États.Une grande partie de cette publicité est trèfe négative et attaque ses adversaires.Au Canada, la publicité politique négative est peu exploitée.Les conservateurs l’ont utilisée contre Pierre Trudeau au Québec en 1979, et une fois contre Jean Chrétien, en 1993.On connaît la suite: les conservateurs ont subi des défaites importantes.Mais la culture américaine est différente et les attaques personnelles y sont efficaces.Le négatif prévaut sur le positif.«Visa le noir, tua le blanc», comme dit la chanson.Un nouveau livre explique le prix que paie la politique pour la victoire à court tenue des politiciens utilisant la publicité politique négative et les commerciaux d’attaque.Dans Going Negative: How Political Advertisements Shrink and Polarize the Electorate (Free Press), les politologues Stephen Ansolabehere et Shanto Iyengar démontrent l’effet néfaste de la publicité négative.«On soupçonne depuis longtemps que les campagnes négatives sont l’antithèse aux valeurs démocratiques fondamentales, mais personne n’a évalué à quel point, écrivent-ils.La publicité négative chasse beaucoup d’électeurs du scrutin.» Selon leurs recherches, les campagnes de publicité négative réduisent de façon dramatique la participation électorale, déjà beaucoup plus restreinte aux États-Unis qu’au Canada ou au Québec.(Pour les Américains, le taux de participation au référendum québécois est incroyable; Chelsea Clinton, la fille adolescente du président, le faisait remarquer dans un texte pour le journal de son école, la Sidwell Friends’ School.) Ils ont analysé qu'en 1992, les campagnes négatives ont incité six millions de personnes à ne pas voter, et un autre million à escamoter le choix d’un sénateur en votant seulement pour le président.Pire, ils ont découvert que les stratèges font souvent le calcul cynique de réduire le taux de participation en choisissant de faire une campagne de salissage.L’effet est dévastateur pour la culture politique américaine.Le citoyen est choqué par les insultes et les calomnies.Le débat est réduit à une guerre idéologique de clans qui ne réfléchissent pas sur leurs idées, mais attaquent constamment la partie adverse.Malgré sa percée dans les sondages, Steve Forbes commence à se plaindre du fait que ses propres positions ont été déformées par ses adversaires.C’est un peu tard: il a déjà contribué à la dégradation d’une belle tradition politique américaine.A PROPOS -?- .du travail temporaire L’analyse du travail temporaire ou contractuel se limite aux employés (85 % de toutes les personnes de 15 à 64 ans qui ont un emploi), car la notion même de travail temporaire est peu pertinente pour le travailleur autonome.En 1989,8 % de tous les employés (799 000) ont déclaré être des travailleurs temporaires (occupant un emploi dont la date de fin est connue).En 1994, près de un million (970 000) de personnes, soit 9 % de tous les employés âgés de 15 à 64 ans, détenaient des emplois temporaires ou contractuels.En 1989 comme en 1994, les jeunes travailleurs étaient plus susceptibles que les travailleurs d’âge moyen ou plus âgés d’occuper des emplois temporaires ou contractuels, mais la tendance s’est accentuée pendant cette pé- riode.En 1994, parmi les employés âgés de 15 à 24 ans, approximativement un sur six (17 % pour les femmes e,t 16 % pour les hommes) occupait un emploi temporaire.À l’opposé, seulement entre 5 % et 7 % des hommes et des femmes âgés de 35 ans ou plus occupaient un emploi temporaire ou contractuel.Au cours des deux années étudiées, de faibles pourcentages d’emploi temporaire ont été observés dans les industries manufacturières, les services de distribution et les services commerciaux.En outre, les proportions sont élevées parmi les employés de la construction (plus d’un sur cinq en 1994), des services sociaux, des autres services aux consommateurs et de l’administration publique.Perspective, Statistique Canada, Hiver 1995.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI B0DRASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSONNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Vice-président, finances et administration FRANÇOIS THOUIN Directeur de l'information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU.GUY TAILLEFER.NORMAND THERIAULT Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇON Directeur artistique ROLAND-YVES CARIGNAN 2050.roe de Blenry.9'étage, Montréal (Québec) H3 A 3M9.Tél.: (514) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS l I.K I» K V OIK.I.K M A H I) | I A K K V K IKK I U II (I PHOTOS ARCHIVES Il ne s’agit pas de fermer Mirabel mais de réorganiser ses créneaux et lui trouver de nouvelles vocations.» .Aéroports de Montréal Une stratégie qui n’a jamais décollé Le système aéroportuaire montréalais est toujours décrié par l’Association internationale des transporteurs aériens comme un exemple à ne pas suivre JEAN LAPOINTE STEVE MORSON Regroupement d’employés de l’aviation civile (Réaction) n janvier 1993, le groupe Réaction (Regroupement d’employés de l’aviation civile) publiait un mémoire intitulé Redonnons des ailes à Montréal.Le document concluait, afin d’assurer la survie et la relance de l’aviation de haut calibre au Qué-)ec, qu’il était impératif que les vols internationaux réguliers reviennent de Mirabel vers Dorval.Cette conclusion s’appuyait sur le principe que l’interdépendance des vols réguliers de tous types nécessite la concentration des activités aériennes dans un seul centre aéroportuaire plutôt que d’avoir une fragmentation des services.comme Montréal l’avait depuis l’ouverture de Mirabel, le 5 octobre 1975.Réaction n’a jamais demandé la fermeture de Mirabel mais une réorganisation de ses créneaux et de nouvelles vocations pour celui-ci.Le 19 août 1993, la haute direction des Aéroports de Montréal (ADM) faisait entendre par la vont de son président et chef de la direction, Jacques Auger, qu’ADM continuerait de développer Dorval et Mirabel simultanément.Un statu quo amélioré venait de voir le jour.«On a tiré la ligne.On a pris une décision en dehors de toute émotion.C’est la fin de l’histoire.Le système de la dualité aéroportuaire est le meilleur dans le moment» {La Presse, 19 août 1993).Cette décision s’appuyait suides études évaluées à plus de 350 000 $ qu’on disait incontestables.Elles venaient mettre fin à plus de 18 années de débats soi-disant stériles.Coup de théâtre en février 1996.La haute direction des Aéroports de Montréal surprend le grand public et les employés de l’aviation civile en affirmant que dans les semaines à venir, elle annoncerait possiblement de nouvelles vocations pour Dorval et Mirabel.«Tout est sur la table!» (Jacques Auger, Montréal ce soir, 1er février 1996).Que s’est-il bien passé depuis les 30 derniers mois que les experts embauchés n’eussent pu prévoir à l’époque?Exactement ce que le groupe Réaction décrivait dans son mémoire de janvier 1993, chapitre 7: entente de ciel ouvert entre les Etats-Unis et le Canada; rationalisation des coûts d’opérations des grandes sociétés aériennes; alliances stratégiques commerciales entre les transporteurs; accord de l’ALENA, et plus encore.Des réalités que les employés de l’aviation civile vivaient déjà en 1993.des réalités écrites noir sur blanc dans un mémoire qui nous avait coûté tout au plus 1000 $ et plusieurs heures de travail de bénévolat! Ce que la haute direction d’ADM ne dit pas aujourd’hui au public québécois et montréalais, c’est que la stratégie de relance élaborée par ses éminences grises, stratégie basée entre autres sur le tourisme, la restauration, les stationnements et beaucoup de bonne volonté, n’a jamais vraiment décollé, malgré des soi-disant profits faramineux.Cependant, ce qui n’a pas changé depuis les 30 derniers mois, c’est que Montréal possède toujours un système aéroportuaire décrié par l’Association internationale des transporteurs aériens (IATA): «Un exemple à ne pas suivre» (IATA, 1991).Ce que la haute direction des aéroports de Montréal a Il est temps de rapatrier les vols internationaux réguliers vers Dorval.fait au cours des 30 derniers mois, c’est de gérer la décroissance et l’érosion du trafic aérien à Montréal, conséquence directe de n’importe quel statu quo.La seule chose qui soit changée aujourd’hui, c’est qu’il y a des politiciens, au delà de la politicaillerie, et des hommes d’affaires courageux et visionnaires qui se disent que le problème ne peut plus perdurer.Réaction écrivait à l’époque que les problèmes des aéroports montréalais ne devaient pas être perçus comme un combat entre le West Island montréalais et la région des Basses Laurentides.Au delà d’un régionalisme étroit, la question était et demeure la suivante: comment le Québec veut-il et doit-il structurer ses installations aéroportuaires vis-à-vis de la compétition de plus en plus intense dans le domaine de l’aviation internationale?Il aurait fallu comprendre en 1993 que Montréal est et sera, selon la volonté et le courage des décideurs, la porte d’entrée et de sortie des ressources humaines et matérielles du Québec vers le monde.Il aurait aussi fallu faire comprendre à la haute direction des aéroports de Montréal qu’écouter sérieusement des travailleurs aussi importants que le sont les contrôleurs aériens, les pilotes professionnels, les agents de bord, les ingénieurs et techniciens en entretien d’aéronefs et les autres travailleurs de l’industrie aurait été tout aussi important que d’écouter des experts comptables.Heureusement, nous croyons qu’il se trouve d’autres experts à l’intérieur des bureaux des aéroports de Montréal qui ont déjà tout compris.H est temps de passer à l’action, de rapatrier les vols internationaux réguliers vers Dorval.Il est aussi —TTwAm; il ¦¦a, 4* “ lllo.MIRABEL ¦nui ir&ssââs; grand temps que tous les politiciens québécois, de quelque allégeance que ce soit, tirent dans la même direction, et qu’ils cessent de voir le dossier Dorval-Mirabel comme une boîte de Pandore mais plutôt comme une occasion d’agrandir la fenêtre du Québec sur le monde.D est même impératif que le nouveau premier ministre du Québec s’engage dans ce dossier et qu’il «ose».Renier une fois de plus la catastrophe qu’est la fragmentation du trafic aérien entre deux aéroports incomplets serait planter le dernier clou dans le cercueil de l’aviation civile internationale québécoise.N’oublions pas que la connaissance d’un peuple «n’est pas l’examen de ses propres pensées mais des actes qu’il produit.Seules les actions de son existence donnent une image qui l’autorise à décider du progrès ou du recul.» Mais qui donc mérite quoi?Pendant que Québec et Ottawa s'apprêtent à prendre des mesures draconiennes pour atteindre l’équilibre budgétaire, des décisions politiques menacent l’équilibre social PIERRE PRUD’HOMME Directeur adjoint Chic Resto Pop l’heure où le Québec et le Canada s’apprêtent à prendre des mesures draconiennes pour atteindre l’équilibre budgétaire, déjà, des décisions politiques se prennent et viennent menacer directement l’équilibre social.Alors que le Vérificateur général met au ==j jour les multiples gaspillages et déficits de gestion de l’administration publique; pendant que les médecins en fin de carrière se voient offrir 300 000 $ pour prendre leur retraite, alors qu’ils ont pu compter durant leur vie sur des revenus se situant en haut de l’échelle sociale; pendant que notre premier ministre se voit cqntraint par la pression publique de remettre à l’Etat québécois son fonds de pension fédéral qu’il disait avoir mérité; les assistés sociaux travaillant dans le cadre de la mesure Extra voient le supplément sur leur chèque mensuel coupé d’un montant de 30$.Mais pourquoi de telles incohérences et de telles injustices?Faut-il en conclure que c’est ce qu’ils ont mérité?Derrière la conception que notre société se fera de la notion de «mérite», se profile la façon dont elle réussira à se sortir de la crise financière qu’elle traverse.Ce qui m’amène à proposer trois éléments de réflexion.Tout d’abord, nous ne sommes jamais les seuls artisans de nos succès.Qui que nous soyons, dès notre premier souffle, notre capacité de «mériter» a été déterminée par des conditions politiques, sociales.économiques et culturelles, sur lesquelles nous n’avions aucun pouvoir, et par conséquent aucun «mérite».Cela ne signifie pas que notre agir soit dépourvu de tout «mérite», mais cela permet de le relativiser suffisamment pour être justifié de refuser qu’une minorité s’accapare, en son nom, d’une part indue de la richesse collective.Plus profondément encore, quelle signification doit-on donner à la notion de «mérite», lorsque nous acceptons comme société que plus de 25 % des personnes soient dépossédées de leur contribution sociale que constitue un travail, les privant par le fait même de moyen de «mériter» leur juste part de la richesse collective.Nous oublions ou nous feignons d’ignorer que ce qui fonde notre appartenance à la société, ce n’est pas le droit de vote, ni le paiement des impôts j et des taxes, mais bien notre contribution à la pro- j duction des biens et des services qui constituent l’ensemble de la richesse collective de celle-ci.C’est cette participation qui nous permet d’accepter d’en remettre une partie pour payer les services publics, et qui nous motive à vouloir choisir nos re- : présentants.Lorsque nous cherchons à atteindre l’équilibre financier en coupant sauvagement dans les emplois comme nous le faisons actuellement, nous nous attaquons au fondement même de l’appartenance.Or, des gens privés de ce sentiment d’appartenance ne peuvent se sentir concernés par les lois et les institutions que cette société s’est données, et encore moins par ses représentants.Par conséquent, lorsque nous choisissons l’exclusion, nous ensemençons l’anxiété, l’humiliation, le mépris, la colère et la révolte, tous des sentiments qui, répandus à une certaine échelle, ébranlent les fondations mêmes de notre société par la délinquance, l’illégalité et la violence qu’ils engendrent.Enfin, comme société, depuis 20 ans, nous avons vécu à crédit, hypothéquant l’avenir de générations futures qui ne pourront compter sur une part importante de la richesse collective pour leur développement, condamnées quelles seront à payer les frais d’intérêt et à rembourser notre dette.Il serait donc faux de prétendre avoir «mé- rité» ce que nous possédons.L’affirmer, ce n’est pas chercher absolument des coupables.Ce n’est pas non plus promouvoir un conflit de générations, puisque les conditions actuelles se chargent par elles-mêmes de l’alimenter sous les cendres.Non.L’affirmer, c’est tout simplement le désamorcer en reconnaissant notre responsabilité et notre volonté de faire les choix qui s’imposent.Et ces choix, par où passent-ils?¦ Par la reconnaissance du fait que les chômeurs et les assistés sociaux ne sont pas responsables de la dette publique, et que de s’attaquer à leurs revenus constitue un acte aussi immoral que contre-productif.¦ Par la prise de conscience que nos emplois dépendent de la capacité de nos concitoyens d’acheter les biens et les services que nous produisons, et que, par conséquent, dès qu’une personne perd son emploi, elle nous rapproche tous de notre propre exclusion.Pour cette raison, il nous faut immédiatement mettre fin à la stratégie voulant qu’on règle la crise financière par les licenciements.¦ Par une fiscalité équitable qui oblige chacun à faire sa part en proportion de ses revenus, et par une gestion des affaires publiques qui ne tolère aucun gaspillage.¦ Par une politique monétaire qui soit soumise au débat public, et qui ait en perspective autant la création d’emplois que la lutte à l’inflation.¦ Par une politique qui favorise un meilleur partage du temps de travail et de la production des richesses.Et pour cela, est-ce impensable une politique qui revaloriserait la sécurité d’emploi en retour d’une diminution intelligente du temps de travail et des revenus qui nous rapprocherait de ce qu’on «mérite» vraiment?Il me semble que c’est le prix à payer pour conserver uqe société démocratique où règne la paix sociale.A nous de décider si nous la méritons.Relancer le dialogue fédéral Le Parti libéral du Canada doit proposer un plan de réconciliation nationale SERGE GOSSELIN, PH.D.Politologue, spécialiste des questions du fédéralisme ; ; LU es dernières semaines ont été riches en déclara-: fions et en rebondissements de toutes sortes.: D’abord, rappelons les propos tenus par la nouvelle vedette fédéraliste Stéphane Dion à l’égard: d’un éventuel morcellement du Québec adve-nant un OUI à la souveraineté.La question delà divisibilité du Québec ne nous apparaît pas comme prioritaï: re et ne doit pas ressortir avec fracas dans une période où le premier ministre du Canada, Jean Chrétien parle davantage de réconciliation que de provocation et de ligne dure envers les Québécois.Far ailleurs, la tâche qui attend le nouveau ministre des Affaires intergouvemementales reste de taille., La notion de réconciliation fait appel à l’ouverture, au consensus et au dialogue.Par sa vaste expérience d’universitaire, Stéphane Dion demeure un acteur qui peut relancer; la v,oie du renouvellement du fédéralisme canadien.A cet égard, le Parti libéral du Canada doit retrouver le dialogue devant ouvrir la voie à la sérénité sur l’unité nationale.Le dérapage des dernières semaines — s’il en est vraiment un! — doit faire face à une nouvelle stratégie d’action.Le discours politique des libéraux fédéraux doit s’articuler autour des deux axes majeurs suivants: ¦ Relancer l’économie nationale par l’intensification du commerce interprovincial et l’assouplissement des règles; intensifier les missions étrangères suggérées par la formule Equipe Canada; créer des emplois; et favoriser l’insertion des jeunes sur le marché du travail.¦ Redéfinir les bases du fédéralisme à partir de nouvelles structures plus décentralisées et répondant plus adéquatement aux demandes des provinces, incluant le Québec., Le fédéralisme comme processus d’interaction dynamique a besoin d’entrer dans une nouvelle phase marquée" par la décentralisation politique et la redéfinition d’ententes administratives, permettant ainsi de le rendre plus souple -face aux exigences de la société pluraliste canadienne et québécoise.Le gouvernement fédéral doit proposer un cadre plus flexible et, par conséquent, plus fonctionnel.Dans cette perspective, le caractère spécifique et distinct du • Québec doit être reconnu d’une manière explicite par la Fédération et les provinces canadiennes.La redéfinition du fé-, déralisme ne peut faire abstraction de cette réalité.Les discussions à venir tourneront donc sur la façon d’enlrevoir la décentralisation politique et administrative dans l’Etat fédéral canadien.Présentée dans une formule de nouveau partenariat économique et politique, la réforme du fédéralisme demeure une avenue plausible et réaliste.Le gouverne-.ment national doit proposer un nouvel ajustement des pouvoirs afin de satisfaire les demandes provenant des autres partenaires de la fédération.Le Parti libéral du Canada est bien placé pour tenter la réconciliation dans l’unité et la diversité puisqu’il demeure une force politique nationale.Les stratèges du Parti doivent donc relancer l’action gouvernementale sur l’idée centrale de créer des emplois et de moderniser le cadre global des relations fédérales-provinciales.Le PLC a toujours préconisé de s’attaquer aux réels problèmes que traversent la société.Ne cherchons pas la provocation — même si elle est fomentée par les forces sécessionnistes du Québec — dans une période où l’on demande un niveau très élevé de maturité politique.Soyons lucide, que le Parti libéral du Canada' continue de parler d’économie, d’investissements pour relancer l’emploi et qu’il puisse trouver des solutions attrayantes à la crise des finances publiques.Sur cette base, tout en réalisant des efforts considérables pour réconcilier le pays, il n’aura rien à se reprocher le jour des élections.Les libéraux fédéraux doivent se montrer ouverts à la relance du dialogue fédéral.Ainsi, le Parti québécois dirigé par Lucien Bouchard trouvera sans doute plus utile de participer aux discussions entourant la fédération plutôt que de porter le lourd fardeau de l’échec du pays! ; Même s’il affinne assez ouvertement la nécessité de réaliser à plus long terme la souveraineté, il devra d’abord faire la preuve du bon gouvernement Cela laisse donc aux fédéralistes juste assez de temps pour montrer à l’opinion publique les avantages incontestables de continuer à vivre au.Canada.Les prochains mois ouvrent donc la porte à une.stratégie d’action basée sur l’amélioration de la qualité de vie des Canadiens en général, sur la poursuite des missions ‘ commerciales du premier ministre et le désir d’apporter des sQlutions réelles aux problèmes du fédéralisme cana- • dien.A l’ordre du jour de cette redéfinition doivent figurer les éléments suivants: ¦ assurer une plus grande décentralisation politique vers les provinces; ¦ multiplier les enteptes administratives pour assouplir le fonctionnement de l’État fédéral; ¦ reconnaître le caractère distinct et spécifique du Québec; ¦ réduire les chevauchements inutiles entre le fédéral et les provinces; ¦ fàvoriser la mobilité des capitaux, des personnes et de la technologie sur le territoire canadien.,, Ces changements apparaissent donc nécessaires,et fon cent par le fait même la voie à la modernisation de l’État fédéral.Le Canada fait l’envie de toute la communauté internationale et recherche constamment l’équilibre entre les .facteurs d’unité et de diversité.H est un modèle unique de fonctionnement dans le monde et notre tâche est d’en assurer la pérennité.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine: Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier, Louis-Gilles Fran-coeur (environnement), Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit, Bernard Morrier, Isabelle Paré.Louis Lapierre (adjoint au directeur de l'information), Konrad Yakabuski; Jean-Pierre Legault (responsable des pages thématiques), Diane Précourt (pages éditoriales, responsable de la section Tourisme)-, Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); à l’information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon, Paule des Rivières, Robert Lévesque, Benoit Munger, Odile Tremblay, à l’information économique: Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutrisac, Claude Lévesque, Serge Truffaut, Claude Turcotte; à l'information internationale: Sylviane Tramier (responsable), François Brousseau (éditorialiste).Jocelyn Coulon, Clément Trudel; à l’information politique: Pierre O’Neil Jean Dion (correspondant parlementaire à Ottawa).Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec); Serge Chapleau (caricaturiste); à l’information sportive: Yves d'Avignon; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Marie-Claude Petit Julie Tremblay (commis).La Documentation: Gilles Paré (directeur); Manon Scott, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBUCI-TÉ Lude Pinsonneault (directrice), Yves Williams (superviseur, Arts publics et annonces classées), Jacqueline Avril Daniel Barbeau.Jean de Billy, Brigit- | te Cloutier.Gysfaine Côté, Marlène Coté, Sylvie Hanna, Christiane Legault Suzanne Miscevic, Jacques A.Nadeau.Micheline Ruelland, Monique Ver-reault (publicitaires); Sylvie Laporte, Remette Rousseau, Micheline Tur- _ , geon; Michèle Bouchard (secrétaire).L’ADMINISTRATION Yves Bou-thiette (contrôleur).Dany Dépatie (adjointe à l’administration et coordonnatrice aux ressources humaines).Nicole Carmel (responsable des sen-ices comptables) .Jeanne-d'Arc Houde (secrétaire à la direction) ; Florine Cormier, Céline Fumy.Nathalie Penier, Danielle Ponton.Danielle Ross.LE MARKETING EX SERVICE A LA CLIENTÈLE Johanne Brien (secrétaire).Manon Blanchette.Monique L’Heureux.Lise Lachapelle, Rachelle Leclerc-Venne.LA PROMOTION ET LES RELATIONS PUBLIQUES Chrys- • tian Guy (superviseur d la promotion des abonnements).LA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur de la technologie et des apprmrsionne-ments).Michael Schneider et Marie-France Turgeon (direction de la pro-dsiction).Johanne Brunet Danielle Cantara.Richard DesCormiers, Marie- I • Josée Hudon.Sylvain Lesage.Michéle Malenfant Christian Vien.Olivier I.Zuida.LE CONSEIL DU DEVOIR INC.Yves L Duhaime (président).I : LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président).Roger Bois- 1 vert (iveprésidentaécMtifet directeur général).I.S I) K V 0 I It M A K I) I I It K K V It I K It I II II II LE RECTEURS «Du ménage, nous en avons fait» SUITE DE LA I’AGE 1 «solutions simplistes» proposées pour réduire les coûts dans les universités.«Faire du ménage dans l’administration universitaire, c’est vraiment une solution simpliste, lance-t-il à l’occasion d’une entrevue accordée au Devoir.Du ménage nous en avons fait, et s’il le faut nous en ferons encore.Mais quand bien même on couperait de 75 % les salaires des recteurs du Québec, cela représenterait une goutte d’eau.Alors que 100 $ de plus en frais de scolarité [par étudiant], c’est une grosse somme.» M.Reid voit mal comment on pourrait éviter de toucher aux frais de scolarité.«Il faudrait d’abord décider de cesser de couper dans l’éducation, explique-t-il.Au Québec, on a voulu mettre plus d’argent dans les universités et maintenir les frais de scolarité moins élevés.Mais si le gouvernement met moins dans les universités, il ne peut pas continuer à geler les frais de scolarité.Sans argent supplémentaire, on ne pourra plus se payer la même qualité d’enseignement.» Pierre Reid s’en prend à la «rectitude politique», dit-il, qui empêche d’aborder cette question.«Je ne suis jamais arrivé à m’asseoir avec l’ex-ministre Jean Garon pour discuter de la question, ni avec M.Rebello [François Rebello, président de la Fédération étudiante universitaire].Je ne dis pas qu’il faut procéder à une hausse tout de suite.Mais est-ce responsable de ne même pas vouloir en parler?A quel moment le maintien des droits de scolarité à leur niveau actuel commencera à nuire à la qualité de la formation?Nous avons la responsabilité de prévoir la qualité de l’enseignement pour ceux qui suivent, pas seulement pour ceux qui actuellement ne veulent pas payer plus.» Le récent rapport de la commission des États généraux sur l’éducation conseillait plutôt aux universités de mieux fonctionner en réseaux et en collaboration pour la gestion de leurs programmes, afin d’économiser.M.Reid rappelle qu’un comité spécial de la CREPUQ travaille à ce type de collaboration inter-établissements, mais il invite tout le monde à se méfier des solutions toutes faites.«En soi, dit-il, il n’y a rien de mal à avoir plusieurs programmes dans les universités.Si c’est fait de façon économique, c’est un plus, parce que la population a plus de choix.» «On peut toujours déplorer qu’il y ait trop de programmes en théologie par rapport au nombre d’étudiants potentiels, ajoute-t-il.Mais les salaires représentent 80 % des dépenses d’une université, pour des employés conventionnés avec permanence.Fermer un programme, cela implique qu’on continue à payer des professeurs, et qu’on perde des étudiants qui payent.Donc, on augmenterait le problème financier.» «Si l’on veut comprimer les coûts, ajoute-t-il, une fois qu’on a coupé les bouts de crayons, il faut nécessairement qu’il y ait des gens qui partent.C’est la raison pour laquelle on offre des retraites et des préretraites.La situation est plus facile à gérer dans un département où bon nombre de personnes sont au bord de la retraite.Nous tentons actuellement d’identifier ces endroits et de chercher des solutions.» En fait, Pierre Reid soutient que pour véritablement restructurer le budget des univer- sités à long terme, il faudra restructurer en profondeur la pédagogie, et concevoir une nouvelle stratégie pédagogique axée sur une plus grande autonomie des «apprenants» dans leur formation, sur une formation moins compartimentée et plus intégrée, et sur l’avènement de nouveaux outils pédagogiques.Dans un monde en plein bouleversement, où les communications ratissent la planète, où les emplois changent et où la permanence au travail se raréfie, l’université devra préparer les étudiants à être plus autonomes, ex-plique-t-il.«Les étudiants doivent être prêts à apprendre vite, les connaissances doivent être mieux intégrées d’un secteur à l’autre, pour faire face aux défis d’un monde en changement constant, explique-t-il.Il ne s’agit pas de tomber dans l’utilitarisme: le défi n’est pas de former quelqu’un pour sa première job, le défi consiste à le former pour que sa première job soit plus intéressante, ou pour qu’il puisse créer sa première job.» «Plusieurs études montrent que dans l’avenir on trouvera un nombre moins élevé de professeurs par étudiant, continue-t-il.Si un professeur passe une demi-heure par semaine avec des groupes qui représentent la moitié de la taille des groupes actuels, et que le reste du temps le groupe, plus nombreux, est encadré par le professeur assisté de 4 ou 5 étudiants diplômés, on peut, finalement, faire des économies.» Le président de la CREPUQ va plus loin.«On peut imaginer un professeur et des accompagnateurs, étudiants en maîtrise, avec un gros groupe d’étudiants, et qui utilisent le multimédia, dit-il.On peut imaginer quatre professeurs d’une même faculté qui conçoivent un programme multimédia où les etudiants pourront cliquer de leur ordinateur sur la présentation du professeur qui leur convient le mieux.On peut même imaginer les meilleurs spécialistes de plusieurs universités réunis ensemble pour concevoir un tel cours.Les étudiants pourraient continuer à fréquenter un campus, parce qu’un campus c’est important comme milieu de vie, mais le gain de coût viendrait de ce qu’on aura moins besoin de professeurs pour les étudiants.Les professeurs pourront d’ailleurs passer plus de temps avec les étudiants plus difficiles, susceptibles de décrocher.» Tout en convenant qu’il ne s’agit pas là d’une formule universelle, et que «dans plusieurs cas les cours magistraux demeureront», M.Reid estime que ces formules nouvelles doivent être explorées.«Nous devons donc nous interroger sur la tâche professorale, ajoute-t-il.Depuis 20 ans les principaux critères pour décider de l’engagement d’un professeur concernaient la recherche, et les subventions que ce professeur allait chercher.Bien sûr, en recherche nous devions faire un énorme rattrapage, et nos chercheurs compétitionnent maintenant sans problèmes sur la scène mondiale.Mais on ne s’est pas assez préoccupés de pédagogie.Le balancier commence à repartir de l’autre côté.» Enfin, Pierre Reid remarque que le marché de la formation continue et de la formation sur mesure est «en pleine explosion», et qu’il représente une source de revenus importante pour les universités.«Il y a là un marché extraordinaire, où les universités devront s’imposer encore plus.Parce que la formation, c’est ce que nous savons le mieux faire.» SUITE DE LA PAGE 1 constatant la défaite, a indiqué que sa compagnie obtempérera et tiendra une assemblée d’actionnaires d’ici 21 jours.Manifestement peu enthousiaste à l’idée de contester ce jugement en Cour suprême, M.Pou-liot n’a pas écarté totalement cette possibilité.Mais une procédure ne manquerait pas de repousser encore plus loin les échéances.M.Pouliot a indiqué que cette décision «ne ferait que retarder d’un mois la transaction», CFCF n’étant pas en mesure de se présenter à l’audience de juillet du CRTC.De son côté, le président et chef de la direction de Cogeco Câble, Louis Audet, s’est dit «satisfait du jugement qui reconnaît que notre démarche est pleinement justifiée».Cogeco Câble demandait un vote séparé des deux catégories d’actions à la majorité des deux tiers, mais elle doit se contenter d’un vote à majorité simple, ce qui place haut la barre pour contrecarrer la transaction.Dans son jugement, la Cour d’appel, réunissant les juges Louis LeBel, Jean-Louis Baudouin et André Biron, qui a signé l’avis de 43 pages, a statué que CFCF devra permettre à l’ensemble de ses actionnaires, toutes catégories confondues, de voter, à majorité des deux tiers, sur la vente de sa filiale CF Cable à Vidéotron, une entente de principe conclue le 18 novembre dernier.En outre, la Cour d’appel stipule qu’un vote, à majorité simple, doit se tenir pour chacune des deux catégories d’actions de la compagnie, soit les actions à droits de vote multiple détenues entièrement par Jean Pouliot et les entreprises qu’il contrôle, et les titres subalternes qui sont cotés à la Bourse.C’est ce vote des actionnaires SUITE DE LA PAGE 1 exigeante et difficile pour les personnes concernées» a-t-elle expliqué en accouchant d’un projet qui devrait lui permettre de récupérer 20 millions sur deux ans.Sandra Macdonald présentera son plan de changement à son conseil d’administration à la mi-mars.«Nous avons privilégié la production au détriment de la distribution qui avait grevé une part excessive du budget L’Office veut relever le défi de produire le même nombre de films avec des moyens réduits.» En plus de redéfinir les règles de l’administration, le plan réclame un investissement neuf dans les nouvelles technologies numériques, ainsi que des compressions de personnel.«Environ 450 personnes travaillent à l’Office à Montréal.D’ici, deux ans, il y en aura 300.» Où tomberont les têtes?Surtout au laboratoire qui fermera, dans les services techniques, nous dit-on.Un peu partout finalement On prévoit couper 3,3 millions du côté de la distribution, 2,5 dans celui de l'administration, un million dans la production.Côté resserrement des infrastructures sur Côte-de-Liesse, l’édifice Grierson sera fermé et le personnel concentré dans l’édifice MacLa-ren.Sandra Macdonald juge qu’un déménagement de Côte-de-liesse au Centre Ville eût été coûteux et superflu.Au cours des deux prochaines années, il n’est, révèle-t-elle, pas question de fermer le cinéma et le centre de vidéocassettes de la CFCF minoritaires qui est déterminant.la famille Pouliot détient environ 20 % des actions subalternes de CFCF.Si on ajoute ces actions à leur bloc de contrôle, la famille détient une emprise sur 65 % des droits de vote, ce qui règle le cas, pour tout dire, du vote de l’ensemble des actionnaires se prononçant à la majorité des deux tiers.Après que la famille Pouliot eut voté son bloc d’actions de contrôle en faveur de la transaction, reste celui des actions subalternes.Avec 20 % de ces titres, les Pouliot se retrouvent à égalité avec leurs opposants déclarés, Cogeco et le courtier new-yorkais Oppenheim & Co, qui possèdent ensemble près de 20 % des actions subalternes.En d’autres termes, les Pouliot, tout comme Cogeco et Oppenheim, devront convaincre à leur cause respective les détenteurs d’un peu plus de 30 % des actions subalternes.Or certains investisseurs institutionnels détiennent ensemble ces fatidiques 30%.Les paris sont ouverts.«Nous croyons que l’assemblée des actionnaires va approuver la transaction, a dit M.Pouliot.Si j’ai réussi à convaincre les sept membres indépendants du CA [conseil d’administration de CFCF], je peux convaincre les actionnaires.» «On ne peut pas prédire le résultat.C’est ça, la démocratie corporative», estime pour sa part M.Audet.Cogeco Câble a déjà étendu son offre d’acheter toutes les actions de CFCF à 20 $ l’action, soit 11,50 $ au comptant et une action de Cogeco Câble.Cette offre est sujette à ce que soient déposées 90 % des actions de chacune des catégories, une condition qui ne peut être remplie si la famille Pouliot persiste dans son refus de vendre son entreprise.«Il est difficile de prédire l’avenir.J’ai vu maintes fois des compa- rue Saint-Denis.Ils demeureront en poste, du moins au cours des deux prochaines années.Mais le lieu est décrété très coûteux par la présidente de l’Office qui se dit en quête des partenaires financiers pour en partner les coûts.L’ONF désire se rapprocher ae la relève, notamment en faisant de plus en plus appel à des pigistes.Sandra MacDonald assure que les cinéastes indépendants continueront à recevoir une aide en services techniques (désormais sur une base financière), même si une sous-traitance est assurée par des laboratoires privés.La question d’un éventuel déménagement du volet anglophone à Toronto, dont la rumeur était persistante, a soulevé plusieurs questionnements.Et bien que la commissaire ait déclaré qu’il n’avait jamais été question d’un exode massif vers la Ville Reine, des doutes furent soulevés quant aux projets à long terme de l’Office soupçonné de préconiser le départ des Anglais en douce, en évitant simplement de fàire une coupure radicale.On se sourient que le rapport Juneau déposé à la fin du mois dernier recommandait de son côté le déménagement de tout le volet anglophone à Toronto et la fermeture pure et simple du centre de production de Côte-de-liesse.Les projets d’avenir de Sandra MacDonald sont moins outranciers.Mais ce plan n’a pas valeur de politique.«Ce sont des propositions» précisait-elle hier prudente.Reste à voir si Sheila Copps entérinera les recommandations MacDonald gnies se mettre en vente et d’autres options se réaliser», a évoqué M.Audet.Contrairement au juge Irving Halperin de la Cour Supérieure, qui rendait jugement le 11 janvier dernier, la Cour d'appel a estimé que CFCF, en cédant ses actifs de câblodistribution, vendrait une partie substantielle de ses actifs.La Loi fédérale sur les sociétés par actions stipule qu’une telle vente «substantielle» requiert l’approbation des deux tiers des actionnaires.En outre, les statuts de la CFCF indiquent qu’une telle vente doit être approuvée par les actionnaires votant séparément par catégorie.Et, dans ce cas, ce sera à la majorité simple, ont tranché les juges.La Cour d’appel estime que le juge Halperin a erré, notamment, en ne tenant compte que de l’aspect «quantitatif» de la transaction, et non pas de la valeur «qualitative» des actifs touchés.Contrairement au juge Halperin qui a renvoyé dos à dos les deux experts cités par les parties, la Cour d’appel a jugé que l’analyste Michel Perreault était crédible puisqu’il n’avait d’autre intérêt dans la cause que d’avoir été payé pour produire un rapport et de témoigner.L’expert cité par CFCF, le courtier Claude Michaud, de Sco-tiaMcLeod, ne l’était pas; il a un intérêt dans la transaction puisque sa firme touchera des honoraires à sa conclusion.L’analyste Michel Perreault, en se basant sur les bénéfices d’exploitation générés par la télédiffusion et la câblodistribution chez CFCF, estime la part de cette dernière activité à 80 % de la valeur de la compagnie.«La transaction projetée constitue une réorientation fondamentale qui touche au cœur même de l’entreprise et elle affecte substantiellement l’existence et l’objet de la société», écrit le juge Biron dans son avis.plutôt que celles de Juneau.Reste à voir aussi de quel côté Paul Martin penchera dans ses propositions de budget.Mais à la fin de la conférence de presse, manifestement non prévus par l’équipe de la direction, une poignée de cinéastes consternés venaient crier leur révolte aux journalistes, protestant que plan Juneau ou plan MacDonald c’est bonnet blanc et blanc bonnet et que les deux options signifiaient la perte de l’âme de l’Office.Les employés de l’Office s’étaient fait servir le plan MacDonald dans la matinée et demeuraient sous effet de choc, persuadés que le but de l’exercice est de mettre les créateurs dehors et de transformer l’ONF en un centre de production comme les autres.«Ce plan est absurde pour le cinéma, assurait la cinéaste Tahani Rached.On ne propose que des réformes techniques et nul ne se préoccupe du contenu et de la qualité des films.» Aux yeux des réalisateurs de l’Office, couper dans la permanence des créateurs, c’est perdre le noyau dur d’excellence et fragiliser les contenus.«Les trois quarts des films de l’Office sont actuellement faits par des pigistes, renchérissait Michel Murray.Et ça n’améliore pas les choses.On déplace le problème en faisant porter le fardeau de la faute sur les créateurs.» Quant au cinéaste d’animation Co Hoedeman, il s’inquiète par dessus tout de la fermeture du magnifique plateau de tournage de l’ONF, fleuron de l’institution, voué à la tombe et aux regrets étemels.ONF 150 pertes d’emploi CHEF «Cela va en effrayer certains» SUITE DE LA PAGE 1 ce à ses succès pendant la crise d’Oka et la guerre du Golfe, de Chastelain avait acquis une stature politique à tel point que le premier ministre de l’épçque, Brian Mul-roney, l’avait nommé ambassadeur aux Etats-Unis.Boyle n’a pas l’intention de suivre les traces de son prédécesseur.«Il y a une génération entre les idées militaires du général de Chastelain et les miennes, dit-ils.J’ai vu les siennes.On verra les miennes.» Pour s’attaquer aux dégâts causés par l’affaire soma-lienne sur le moral des troupes et aux effets de la réorganisation des forces armées sur la rie des militaires, le général Boyle tient absolument à insuffler un nouveau sens des responsabilités aux officiers supérieurs.«L’affaire somalienne nous fait très mal, dit-il.Mais il faudra aller au bout de cette affaire.D’ailleurs, j’espère que la Commission d’enquête sur la Somalie produira des recommandations substantielles sur ce qui s’est déroulé avant, pendant et après le déploiement de nos sol- dats dans ce pays.Ces recommandations, j’en suis convaincu, vont nous aider à réorganiser les forces armées et réintroduire le sens des responsabilités.» Le Régiment aéroporté du Canada s’est déployé en Somalie de décembre 1992 à juillet 1993 dans le cadre d’une intervention humanitaire américano-onusienne.Alors qu’ils étaient en poste dans le centre de ce pays, les soldats canadiens ont tué quatre civils somaliens.Si certains soldats ont été condamnés par des cours martiales pour ces crimes, l’affaire somalienne n’est pas terminée pour autant Depuis deux ans, plusieurs militaires ont accusé des officiers supérieurs d’avoir tenté d’étouffer l’affaire.Dans un premier temps, le ministre de la Défense nationale, David CoUenette, a dissous le Régiment aéroporté en janvier 1995.Puis, l’été dernier le ministre a mis sur pied une commission d’enquête sur les actions et les décisions des Forces armées et de la Défense nationale sur le déploiement des soldats en Somalie.Mais la démoralisation que rivent actuellement les militaires n’est pas seulement le résultat de l’affaire somalienne.Bien au contraire.Le gel des salaires depuis 1991 et les réductions importantes de personnel ont durement affecté la rie des militaires canadiens.Selon le Livre blanc sur la défense, publié il y a deux ans, les effectifs de la force régulière devront être réduits à 60 000 militaires et le nombre de civils à 20 000 d’ici 1999.Cela représente l’élimination d’environ 14 000 emplois militaires et 5000 emplois civils par rapport à 1994.«De nombreux soldats estiment que les officiers supérieurs sont incapables de faire face aux conséquences de la restructuration des forces armées et de s’occuper adéquatement du personnel.Il faut donc changer notre façon de gérer cette énorme machine qu’est l’armée», dit-il.Ainsi, le général Boyle estime que les officiers supérieurs, à tous les échelons, doivent redécouvrir le sens des responsabilités face à leurs soldats.«Il y a trop de directives au sein des forces armées qui enlèvent à un commandant la responsabilité de prendre certaines décisions, dit-il.Par exemple, prenons le cas du rapport d’évaluation personnel de chaque militaire.Au- jourd’hui, il n’y a pas de face-à-face entre le commandant et son subordonné lorsque vient le temps de discuter d’une promotion.Le commandant remplit un formulaire qui est ensuite traité par la bureaucratie à Ottawa.C’est très impersonnel.Il faut changer cette culture bureaucratique et accorder plus de pouvoir au niveau local.» En déléguant de nouvelles responsabilités, le chef d’état-major est conscient qu’il va rencontrer des obstacles de la part de certains officiers au sein de la hiérarchie.«Cela va en effrayer certains, dit-il.Il y aura une période d’adaptation.Mais je veux qu’à la fin de mon mandat [dans trois ou quatre ans] les relations entre officiers et soldats aient changé.» Le général Boyle a déjà commencé sa campagne pour changer les mentalités au sein des forces armées.Lors de visites aux bases de Valcartier, Montréal, Winnipeg et Halifax, il a rencontré des milliers de soldats et leur a prêché son credo: retrouver les valeurs militaires de loyauté, d’intégrité et d’obéissance qui ont si bien servi les forces armées dans le passé.Fondation Lina Cyr Pour que tous les greffés aient ne deuxième chance pour la vie l ^ ^ Vos dons seront grandement appréciés /n^aison des greffés du Québec 1989, rue Sherbrooke Est, Montréal (Québec) H2K 1B8 • (514) 527-8661 LE DEVOIR LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À I6H30 2050, RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE, MONTRÉAL, (QUÉBEC) H3A 3M9 RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION : (514)985 3333 ?PUBLICITÉ AVIS PUBLICS (514) 985 3344 ANNONCES CLASSÉES (514)985 3344 PUBLICITÉ (514) 985-3399 / télécopie» (514) 985 3390 NUMÉRO SANS FRAIS 1 -800 363-0305 SERVICE lu aiaécti de télépèaae ulritlj ?wet eileblei poer It terrki de lletiiiei par caaelol et peer les ibeetcaeeft putiu.DES ABONNEMENTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 A 16H30 Montréal (514) 985-3355 / télécopieur (514) 985-3390 Extérieur (sans frais) 1 800 463-7559 LEDEVOIRevt pubié pur LE DEVOIR Inc, dont le eifgeaocial eut «tué au numéro 2050 de Wniry.9e écage.Montréal.(Québec).H3A 3M9 11 f» imprimé per Ut Imprimerie Quebec» l-ahele.7743 de Bcwdeau.division de Imprimerie» Québécor Inc.612 oue*4 nie Samt-Jacque^ MootréaL L'Agence Presse Canadienne est autorisée à crib)4uycrft à dilhisrr les information* publiée* dans LE DEVOIR.LE DEVOIR est distribué per Mnuerréi Dynamique*, division du Groupe Québécor Inc.9f) bout St-Martin ouest leva] Envoi de pubfication — Enregistrement no 0858.Dépôt légal Bib&dhéque nabonalr du Québec.Téléphone générât (514) 985-3333.service è la clientèle.(514) 9853355: publicité.(514) «8:»3399 t A1C
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.