Le devoir, 24 février 1996, Cahier D
LE Le Feuilleton Fane D3 Littérature québécoise Page 1)5 ?Mario Duchesneau Page 1)8 Formes Page 1)10 I.E I) K V () I lî .I, E S S A M E I) I 2 1 E T I) I M A N C II E 2 !> F Ê V H I E H I !» !» I! Les règles .du jeu pour :1e journaliste m écrivain lia rentrée de l’automne et de ce printemps sont fécondes en ouvrages écrits par des journalistes, qlt’il s’agisse de romans, de recueils de chroniques ou d’essais.Particulièrement sensibilisés aux dfpts de la critique, en perdent-ils le sommeil ou usent-ils stratégiquement de leur connaissance du npljeu et de ses gens pour atteindre la consécration?/ ( i1 LOUISE LEDUC “ LE DEVOIR Une semaine avant la parution du recueil de chroniques politiques de Benoît Aubin, directeur de l’information à TVA et ancien du Devoir, de The Gazette et du Globe and Mail, les journalistes de la colline parlementaire recevaient prioritairement un exemplaire, accompagné d’un communiqué de presse les dirigeant vers le chapitre-choc sur le discours qu’aurait prononcé Jacques Parizeau advenant un OUI.A neuf jours du lancement du *Pays en otage, La Presse consacrait pour sa part toute la une de son cahier «Livres» à Miville Tremblay, > photographié format géant.Journaliste à La Presse, M.Tremblay ne croit pas avoir profité d’un traitement de faveur pour son ouvra-gë'stfr le financement de la dette publique mais bien d’un traitement jus-\ë.¦ '•Rares sont les enquêtes publiées aie Québec aussi étoffées que celle-là, sait/peut-être celles de Jean-François LMéé», soutient M.Tremblay.Il avoue cependant ne pas ménager Ses efforts.«Après un premier livre passé presque inaperçu, j’ai changé de maison d’édition et je ne nié gêne pas pour pousser dans le dos de mon présent éditeur.» Déjà il a, téùtes prêtes, une liste de confé-rèn’cës qu’il pourrait prononcer pour marquer la sortie du Pays en otage.j jBenoît Aubin, lui, soutient s’en remettre à sa maison d’édition, tout à fait apte à promouvoir adéquatement ses Chroniques de mauvaise humeur.Lui n’en a pas le temps et enJparle sur un ton détaché.«Je sais bien que ce livre ne rejoindra pas autant de lecteurs que lorsque mes chroniques étaient publiées dans L’actualité.» Une pratique courante En France, la pratique des journalistes-écrivains relève de la tradition.Au Québec, si la chose est nettement moins répandue, presque tous les quotidiens ou revues littéraires spécialisées comptent dans leurs rejigs au moins un critique traitant souvent du genre même dans lequel il «déjà publié.Cabrielle Cauchy, attachée de presse chez Boréal, a pu observer que les journalistes, conscients des règles du jeu, sont plus exigeants que les autres auteurs et que leurs atijuntes sont plus grandes.«Mais le fait d’être un journaliste connu peut aussi jouer à leur désavantage.Les collègues seront parfois réticents, par pudeur, à parler de leur livre, et les autres médias craignent souvent de faire la promotion d’un concurrent.» $n entrevue, les journalistes ressemblent à n’importe quel auteur.Informés que l’article portera sur le phénomène des journaüstes-écri-vajns et non sur LEUR livre, ils ne VOIR PAGE D 2: JOURNALISTES Plongés au cœur «Il nous dit aussi où nous en sommes.Il nous dit: tout, ce que nous avons est ceci.Moins de lumière.Plus de ténèbres.[.] La civilisation, malade, était elle-même Toronto et RÉMY CHAREST Toronto, demain.Les rues sont jonchées de cadavres d’oiseaux massacrés par de mystérieuses escouades, parce qu’on les accuse follement de porter une peste pire que le sida, la stumusé-mie.Des bandes de «lunistes» aux crânes rasés hantent l’obscurité des nuits urbaines.Au fond des demeures les plus huppées du très chic Rosedale, les corps plongent dans une sexualité dépravée et troublante, tandis que les esprits — ceux des enfants, beaucoup — se réfugient de plus en plus dans la folie et la dépression, amplifiant d’autant le pouvoir du terrifiant Dr Rupert Kurtz, directeur de l’Institut Parkin et personnage-titre de Chasseur de têtes, époustouflant roman de Timothy Findley, un des auteurs les plus importants et les plus singuliers du Canada anglais.Mais qui est ce Kurtz, au fait?Un homme véritable ou un personnage d’un autre livre au cœur du livre?Car le Kurtz d’origine, c’est la sombre figure créée par Joseph Conrad pour son roman Au cœur des ténèbres et revue depuis dans Y Apocalypse Now de Coppola.Un personnage que Lilah Kemp, une attendrissante spirite schizophrène, laisse échapper de la page 181 de son édition d’Au cœur des ténèbres, alors qu’elle lit tranquillement dans le hall de la Grande Bibliothèque de Toronto.Un personnage dont le jeu de massacre ne pourrait être arrêté que par la venue d’un Marlow, celui qui, chez Conrad, remonte le fleuve Congo à la recherche de cet être transformé en destructeur.Zone grise dans le noir La réponse se trouve quelque part dans une zone grise entre réalité et fiction, une zone grise que Findley ne cherche aucunement à délimiter puisque, comme le dit le personnage clef de Nicholas Fagan, écrivain et double de son auteur, «Conrad n’était pas le premier à faire apparaître Kurtz — et il ne sera pas le dernier.11 a simplement été le premier à lui donner ce nom.» Kurtz est donc un modèle issu de la littérature, un de ces personnages qui amplifient la réalité et que l’auteur du Dernier des fous a utilisé plusieurs fois dans son roman: Emma Bovary et sa calèche y deviennent Emma Berry et sa limousine blanche, qui tombe amoureuse de James Gatz, écho nouveau de Gatsby le Magnifique, tandis que Lilah Kemp se promène avec le Pierre Lapin de Beatrix Potter et, à l’inverse, qu’un certain Timothy Findley se VOIR PAGE D 2 : FINDLEY devenue un fléau.» ’.Chasseur de têtes, page 1581 .jmam HH ÿm\ î® * —%* ZriBr ’T V Zm gsr • SS PHOTO ELISABETH FERYN Timothy Findley est l'un des auteurs les plus importants et les plus singuliers du Canada anglais.Son nouveau roman, Chasseur de têtes, est tout simplement époustouflant W L'Espace fl II cDrf AK Aur-G.Guaoi Air Non i PM U % kfæ rntm « ’ESPACE QUÉBÉCOIS A la i n - G .Gagnon - et Alain Noël Interpellé par le monde, les régions, la nation, le Québec est appelé à définir son espace.Un ouvrage indispensable pour comprendre le débat sur la partition.ESSAI • 306 pages • 29,95 $ Eperdue de complicité irrépressible par confusion de rêves Québécoise pure soie désire “con-naitre" cinquantenaire de Québec, désirant cheminer par l'Humour vers l'Amour, par la fantaisie vers la tendresse.H par la Folie douce vers la Sagesse.:virtuelle! 1175 Pour me décrire seuls les superlatifs sont acceptés Je recherche un grand bonhomme, quarantaine dynamique, avec de l’humour, du talent et du fric.N.B.: un superlatif exprime le degré supérieur d'une qualité; je ne vous dis pas lesquelles.1209 Séduisante et dynamique Professionnelle de 48 ans, 5’6”, 134 lb, intelligente, curieuse, sens de l’humour, cherche homme 45-55 ans, sensible, doux, honnête, pour partager activités, but sérieux.1210 Fascinée par les arts et les voyages Carole, professionnelle de 36 ans, dynamique, grande et mince, non fumeuse, cherche homme quarantaine, professionnel, cultivé, positif.P.S.blond aux yeux bleus ne PAS s’abstenir.1212 4* Valkyrie aux yeux verts Artiste charmante, grande et blonde, vibrante et sensuelle, cherche homme grand de 45-60 ans, sensible avec ouverture d’esprit, cultivé et aime bonne nourriture.1213 4* Jeune et jolie baby boomer Professionnelle à l’esprit gourmand et mélomane, apprivoiserait beau gentilhomme 45-58 ans, autonome et humaniste cultivé pour ensemble planter le décor et écrire le scénario.1205 Originale et distinguée Petite blonde de 42 ans, cherche bel homme de 37-50 ans, 5’7”et plus, à l’aise financièrement, et plus pour aimer et être aimé.1199 V Union européenne Française aimant la vie de 48 ans, agréable, cherche Européen 48-55 ans, libre, ouvert, sensible, cultivé et dynamique pour relation enrichissante et profonde.1179 Professeure dans la cinquantaine Distinguée et de belle apparence, 5’6”, cherche compagnon de vie de 5360 ans, 5T0" et plus, agréable et instruit, veuf de préférence, aime plein air.1182 ê Ex-professeure de 56 ans Retraitée et divorcée de 5T”, 115 lb, autonome qui aime lecture, ciné, ski de fond et golf, cherche ami de 50-60 ans, qui est grand, instruit et cultivé.1183 4* Quarantaine décontractée De 5’8" et mince, blonde aux yeux bleus, non fumeuse et passionnée, romantique, enthousiaste, aime la vie, cherche homme de 45 ans environ, 6' environ, grand de coeur et d'esprit.1006 4- Complicité et dynamisme Louise, 49 ans, yeux bleus, élégante, raffinée et cultivée, professionnelle, cherche homme de 4360 ans, pour établir une relation stable dans la complicité, le respect et le plaisir.1158 ?Belle femme européenne 57”, 123 lb, excellente forme physique, racée, cultivée et élégante, sens de l'humour, curieuse de tout, aime la bonne cuisine, cherche un homme de 4060 ans, avec mêmes intérêts et qualités.1162 Professionnelle des Basses laurvntides Jolie, mince, sensuelle, sans enfants, quarantaine, SS".cherche homme, 45 ans et phis, doux, équilibré, a l’aise financièrement, pour relation sérieuse.1171 Homme cherche femme Jeune homme de 56 ans Universitaire recherche compagne jeune: trouver ensemble les profondeurs de la spiritualité, le cristal d’harmonie, l’élixir sentimental, la fusion sensuelle nucléaire.1231 * Universitaire dans la mi-trentaine Grand, sans embonpoint, de belle apparence, cultivé, aimerait rencontrer une jolie femme pour partager des activités culturelles et développer une belle amitié intime.1232 4* Professionnel de 49 ans d’allure jeune 5’10”, 160 lb, belle apparence, engagé, cherche femme 32-42 ans, professionnelle, diplômée universitaire, cultivée, sportive, avec affinités, but sérieux.1235 •5* Décontracté et communicatif Alain, 6’2", 195 lb, père, tendre, sensuel, aime tennis, natation, cherche femme 3545 ans, 5’4” et plus, mince, jolie, européenne, non fumeuse, bon caractère, pour relation harmonieuse.1220 Drôle, intelligent et très gentil mélomane Paul de lava], 22 ans, lm69, cherche femme 19- 23 ans avec un beau sourire, amusante et cultivée, pour sorties, caresses et partage.1243 4* Un peu intello, un peu artiste Maurice, 51 ans, désire vivre avec une femme: générosité, engagement, tendresse, simplicité, sensibilité et humour.1245 V Émotif et presque sérieux à 39 ans Un beau grand bum avec MBA cherche jolie femme de coeur et de tête pour partager plaisir, entraide et avenir.1246 Consultant international Fin de la trentaine, curieux de tout, aime marche, danse, ciné, théâtre, cherche femme 30-50 ans, curieuse, aime discuter, pour moments de douces folies à l’occasion.1216 •J* Rouquin coquin dans la finance François, 29 ans, 5’8", aime le ski de fond, la glissade, amateur de resto et de ciné français, cherche une femme de 2334 ans, grande et mince, avec des intérêts semblables.1217 Professionnel de 41 ans Artiste et un tantinet rebelle, 5'5", blond aux yeux bleus, sportif, aime nature, lecture, musique, ciné, cherche femme, bien dans sa peau, poids proportionnel, pour une belle complicité.1224 Professionnel de belle apparence De 6’ et de 170 lb, non fumeur avec sens de l'humour cherche femme 27-33 ans, mince, de belle apparence, grande et très jolie, sans enfants et professionnelle.1203 Africain de la Côte d’ivoire 39 ans, lm87.universitaire, mature, dévoué, sérieux, sportif et autonome, cherche une femme de 3546 ans.professionnelle, aimant l'Afrique.la danse, la musique et la cuisine pour une relation sérieuse.1174 4- De formation universitaire pierre, 33 ans.5’11".210 lb.autonome, aime lecture, cherche femme blonde, élégante, raffiner-, pour bonheur et rire.1186 4- Je cherche une complice 45 ans, 6’2”, blond, yeux bleus, marié, racé, cultivé, aime la liberté d’esprit et la nature, je cherche une jolie rousse ou une blonde, aux yeux bleus ou gris, pour une très grande complicité.1193 Romantique de l’Ile d’Orléans Grand brun mince, mi-quarantaine aux yeux verts, autonome et à l’aise, cherche femme 30-40 ans, coquine, attirante et sensuelle, aime campagne et nature, pour relation sincère et amusante.1196 Conservateur mais passionné 29 ans, professionnel, bisexuel, cherche femme ouverte d’esprit, déterminée et sincère, pour fonder une famille.1198 Professionnel aux dents naturelles De Québec, 40 ans, 5’6”, non fumeur, qui aime la liberté d’esprit, les langues, les arts, la lecture, cherche jeune femme pour partager abonnement au Devoir et bien d'autres choses encore.1159 Sportif et philosophe Claude, 30 ans, 5’8”, cheveux châtains, yeux pers, cherche femme âgée entre 20 et 33 ans, de belle apparence, sportive et philosophe aussi.1195 Double tendresse Éric de 36 ans, marié et professionnel, de belle apparence et non fumeur, cherche complice pour surplus de tendrese, relation amicale et honnête.1177 V Occasionnellement seulement Homme d'affaires de 43 ans, cherche femme agréable de 2345 ans, avec qui organiser des moments de bonheur.1173 Aimer savoir est humain mais savoir aimer est divin Guy, 35 ans, 5T1”, étudiant en géographie / foresterie, mais faisant partie de la génération X, je ne travaille pas dans ce domaine, cherche femme de 30 à 40 ans.1167 Actif dans le domaine international et le journalisme Hugues, quarantaine, non fumeur, aimant la bonne chère, la musique, le plein air, la natation, les voyages et les langues étrangères, souhaite rencontrer femme avec affinités, de 30 à 45 ans.1163 *•* Séduisant professionnel raffiné 49 ans, 5’8", belle apparence, distingué, chaleureux, avec sens de l'humour, aimerait rencontrer une femme de 40 à 48 ans.dynamique, avec belle personnalité, élégante, romantique, but sérieux.1155 Homme cherche Homme Costaud et sportif 46 ans, 5’9”, 190 lb.beau, non fumeur, cherche homme 4355 ans, sportif, aimant musique, pour activités et plus.1223 Partenaires de sorties, culture et voyage.L’Angleterre et l’Écosse cet été Québécoise â la recherche d'un Haddington sympathique de 43-50 ans, pour séjour de trois à quatre semaines.1242 4* Lanaudoise dans la cinquantaine Québécoise 100% pur laine, engagée socialement, autonome, cherche ami (es) de tous k-s âges pour échanges sociopolitiques et culturels.1188 JUAN JOSE SAER L'ANNIVERSAIRE une histoire.Une histoire dont la linéarité est brisée par la multiplicité des versions.Et comme le dit Jean-Didier Wagneur dans sa présentation du roman: «L'Anniversaire n’en • choisit pas une version plus qu’une autre mais fait du verbe et du récit la seule condition de leur expérience.» LA QUATRIÈME PORTE Paul Halter, Le Masque 1995,188 pages.• r Dans un registre plus léger, le français Paul Halter a écrit ce court ro- ¦ man à l’anglaise, où l’on trouve tous les éléments d’un bon «whodunnit».Dans un village qu’on dirait coupé du monde, la maison des Damley a acquis la réputation d’être hantée depuis que la douce madame Damley -s’y est suicidée avec une violence peu commune.D’ailleurs, les meurtres s’y succèdent, sous le parrainage du grand Hairy Houdini, dont le talent pour l’illusion est évoqué à plusieurs reprises.La Quatrième Porte a été primé à Cognac en 1987, ce qui, lecture faite, semble tout à fait justifié.JOURNAUX, 1912-1940 Stefan Zweig, édités par Knut Beck et traduits de l’allemand par Jacques Legrand, Le Livre de poche, 1995, 475 pages.Le grand Stefan Zweig a écrit, d’une façon discontinue, ces pages qui per- ' ; mettent de suivre ses pensées au jour.le jour, mais qui permettent surtout - .! de mesurer l’évolution de son déses- 1 poir sans cesse grandissant face au massacre absurde qui se prépare en Europe.D’abord publiés chez Bel-fond, en 1986, ces journaux représentent un long voyage dans l’intimité d’un des écrivains majeurs de ce siècle, qui devait se suicider en 1942.F) ici LE SURMALE Alfred Jany, Fleuron, 193 pages.L’œuvre d’Alfred Jany est masquée par les dimensions gigantesques d’Ubu, ce grotesque et bête person- ' nage qui habite son théâtre.Ainsi, peu de gens ont fréquenté les romans 5 de Jany, comme par exemple ce Sur- ' ' mâle, qui en 1902 anticipait sur la fin ' de ce siècle en affirmant l’échec des rapports entre l’homme et la femme, et en jetant l’homme dans les bras d’une machine.Ce livre, d’ailleurs, est une curiosité qui mérite amplement le détour, un récit humoristique qui flirte avec la philosophie.LE CORPS Michel Bernard, Points, Seuil, 186 pages.Dans ce bref essai, publié à l’origine en 1972, le philosophe Michel Bernard passe en revue les diverses approches du corps par la science et la philosophie.Il s’agit, en fait, d’un panorama critique qui touche autant la psychanalyse que la sociologie, le tout exprimant une volonté de démystification de l’image traditionnelle du corps.C'ÉTAIT MIEUX AVANT Howard Buten, traduit de l’anglais par Jean-Piene Carasso, Seuil, Point Virgule, 1995,199 pages D’abord paru aux éditions de l’Olivier, en 1994, le dernier livre d’Ho-ward Buten est un recueil de nouvelles rigoureusement construit, dans lequel le mal de vivre d’une bande de baby-boomers se cristallisé en une suite d’évocations nostal- ’ giques.Sida, drogue, compétition et 1 avenir bloqué sont au menu de ce ¦ 4 petit bouquin extrêmement touchant, qui se développe avec la finesse propre à l’auteur de Quand j’avais : cinq ans je m’ai tué.'UE PRINTEMPS ALBANAIS Ismail Kadaré, traduit de l’albanais par Michel Métais, Le Livre de poche, Biblio, 1995,213 pages Printemps albanais se divise en trois i ) parties.D’abord, Kadaré y fait la chronique des événements qui pré- ¦ û cédèrent son exil en France, en 1990.Ensuite, il publie des lettres qu’il a 1 échangées, au printemps 1990, avec ' le président de lepoque, Ramiz Alia.Enfin, dans un essai intitulé Espoir, ”î 1 écrivain démonte les mécanismes de la dictature.Dans son introduc- ¦* tion au livre, Linda Ix* dit du Prin-temps albanais qu’il s’agit à la fois d’une chronique de lin de règne, de ’s l’autopsie d’une tyrannie et du ta- ’ ’ bleau des relations qu’entretiennent ’1 un écrivain et un régime politique.’ * Marcel Jean fit * I.K H K V 0 I II .I.K S S A M K l>| 2 I K T D I M A X (' Il K 2 .1 I K V II I K II I II !» (i I) 7 M' V I! E S x\TM L I T T É R A T U RE CANADIENNE - ANGLAIS E Candide au pays des ours Trevor Ferguson est l’un des grands conteurs que la terre de Québec ait porté INE TIMEKEEPER Trevor Ferguson, HarperCollins, Toronto, 1996,241 pages.Martin Bishop croit au bien et au mal.C’est comme ça que son père l’a élevé, dans la stricte obédience des règles morales.Mais son père vient de mourir et après la saisie de leur ferme par les banques, Martin se retrouve seul au monde à seize ans.Alors, il s'engage sur un chantier de construction de chemins de fer, aux confins de la taïga canadienne.Là, une foule d’obscurs, de sans-grades, derniers rejets de la société, peinent et suent sang et eau sous la férule d’un cruel contremaître véreux et d’un cuistot mastodonte qui se dit prophète de malheur — ce gras dingo ne cesse d’annoncer les pires massacres, mais est incapable de couper de la viande, tant la vue du sang lui fait tourner de l’œil! Martin, chargé de noter les heures travaillées par les hommes pour préparer les chèques de paye, se rend vite compte de ce qu’on attend de lui: cautionner les magouilles du chef.Mais Martin se rebiffe, au risque de sa vie.«Non mais, de quelle planète tu tombes, toi?», lui demande-t-on à tout bout de champ.Telle est l’amorce de ce sixième ro- man de Trevor Ferguson, auteur montréalais qui vit et écrit à Hudson.Dims Onyx John (déjà traduit) et dans 77/e True Life Adventures of Sparrow Drinkwater (dont on attend la version française pour bientôt), par exemple, Ferguson nous avait habitués à des épopées foisonnantes, farcies de personnages excentriques et truculents, bizarroïdes et ambigus, qu’on aime et dont on se méfie à la fois.Souvent, le fantastique, voire le «réalisme merveilleux», rôdent autour de l’histoire sans s’en emparer tout à fait.À force de vérité dans les émotions, à force de tribulations surprenantes et aussi de retours sur images, chacun de ses romans finit par se construire une architecture symbolique propre, chaque fois inédite et toujours puissamment évocatrice.The Timekeeper possède lui aussi une imagerie forte, qui court en réseau dans tout le livre.Notons parmi d’autres la figure de l’ours, sous la forme de grizzlies qui infestent la région mais aussi des ours mal léchés que sont les ouvriers du camp.Se combinent aussi, en un duo curieux, la figure-symbole du déchet, produit par excellence de la civilisation, alliée à celle de l’état sauvage.S o l> li i e Giro ii ii et v En effet, pour asseoir son autorité, le contremaître a pour technique de rejeter hors du campement un ouvrier de temps en temps, en l’accusant d’être un «porc mangeur de déchets».Cinq ou six exclus se retrouvent ainsi jetés en pleine nature vierge.Mais, incapables de regagner la ville, trop lointaine, ils sont condamnés à errer aux abords du camp, pour pouvoir se nourrir, la nuit, des détritus de la cuisine (c’est ainsi que le bouc émissaire accomplit fatalement ce dont on l’accusait).Par la force de la faim, ces déchets humains, ces hâves affamés, deviennent des demi-sauvages (Ferguson les baptise bellement «the wilder few»), toujours en marge mais rattachés à ce noyau «civilisé» qu’est le campement, là où la barbarie s’exaspère plus cruellement que dans la toundra.En Martin, vous l’aurez deviné, la bande trouvera un chef et un plan de fuite.Dans ce roman-ci, cependant, Trevor Ferguson a visiblement voulu élaguer.Il taille dans le superflu et même dans le vif.Seuls trois ou quatre personnages sortent du lot des anonymes, et toute l’intrigue se concentre sur la confrontation des valeurs de Martin aux réalités d’un THE TIMEKEEPER monde hors-la-loi.Dans sa bataille contre les «méchants», ce jeune cœur candide et vaillant prendra la dimension d’un héros au sens fort du terme.Frondeur, téméraire, il dompte le chien féroce et se fait meneur d’hommes.D’abord toute extérieure, la lutte entre le bien et le mal finit par se faire en lui-même.Il en sort blessé mais grandi, comme le veut la grande tradition.Le balancier interne de ce «timekeeper» remettra toujours les pendules à l'heure de l’éthique pas toc.A ma connaissance, c’est la première fois que Ferguson nous donne un héros irréprochable au plan de la mo- Un travail de moine aux maigres résultats SOUVERAINETÉ ET PARTENARIAT DANS L’EX-URSS Luc Duhamel Éditions Québec/Amérique, Montréal, 1995,269 pages JOCELYN COULON LE DEVOIR Luc Duhamel est professeur au département de science politique et directeur du programme d’études russes de l’Université de Montréal.Consultant auprès de divers organismes gouvernementaux et privés, il est aussi l’auteur de deux livres sur ce que l’on appelait autrefois les affaires soviétiques.Dans son nouveau bouquin, M.Duhamel décrit les changements politiques et économiques qui se sont produits depuis quelques années en Russie et dans les républiques de l’ancienne URSS.«Ce livre est le fruit de cinq années de recherches qui ont consisté, en partie, à effectuer des séjours sur le terrain», précise le communiqué de presse de l’éditeur.Eh! bien, force est de constater que ce travail de moine-: voyageur n’a abouti qu’à un médiocre résultat.D’une lecture pénible, l’ouvrage est décevant, tant pour ce qu’il dit que pour ce qu’il ne dit pas.Il est décevant, aussi, par les contradictions étonnantes qu’il contient et par la faiblesse de son système de notes et de références.Dans les deux premiers chapitres, l’auteur raconte l’histoire du fédéra-j lisme soviétique et sa soudaine désintégration dans les années quatre-vingt.Selon Luc Duhamel, un des facteurs de l’effondrement de V* : JË Luc Duhamel • Souveraineté et partenariat dans 1 ex-URSS i A ; - A- Vf * .• ¦ ; .\.QUE.B tC /AM É R I QUE l’URSS a été la virulence des revendications nationalistes sous le régime du président Gorbatchev.L’auteur évoque rapidement les origines de ce ressentiment des peuples envers le pouvoir central.Bien sûr, il nous rappelle que le régime n’a jamais été très tendre avec les sujets de l’empire et que Staline «n’a pas hésité à utiliser la manière forte pour asservir les minorités».Voilà des explications un peu simples pour parler de décennies de tyrannie dont les grands moments furent les famines que Moscou programma en Ukraine, dans le Caucase et au Kazakhstan (sept millions de morts en 1932-33), les purges qui décapitèrent les élites nationales et les déportations qui frappèrent des peuples entiers.Ces événements auraient pu faire l’objet d’une meilleure analyse de la paît de l’auteur.M.Duhamel se penche ensuite sur le présent, sur les nations qui ont émergé du naufrage de l’empire soviétique.Pour lui, tout fout le camp.La corruption est généralisée, le capitalisme est sauvage, les services publics sont à l’abandon, la morale est au plus bas.Mais il y a pire.Les professeurs d’université sont déconsidérés, des enfants et des organes humains sont offerts à vil prix à l’Ouest, les femmes sont devenues le premier produit d’exportation.Bref, c’est maintenant l’enfer et c’était mieux autrefois, semble-t-il.Duhamel nous apprend qu’avant le naufrage, le principe d’égalité était ancré dans l’ex-URSS.«Les leaders avaient passablement moins de privilèges que les nôtres, écrit-il.Ils ne se promenaient pas en Rolls-Royce mais en Lada.» De plus, «le principe de justice sociale enraciné en URSS rapprochait ce pays des régimes sociaux-démocrates en Scandinavie».Enfin, «le communisme avait inculqué à l’individu une éthique qui ne domine plus», d’où un effondrement de la morale.L’auteur semble avoir oublié que les dirigeants soviétiques gardaient leurs Rolls-Royce dans les garages du Kremlin et qu’ils se faisaient soigner dans leurs hôpitaux privés ou à l’étranger, souvent en Scandinavie.Dans ce pays, le principe d’égalité était la valeur la plus bafouée.Pour ce qui est de l’éthique, on aurait aimé que l’auteur nous précise quelles en étaient les règles.Une chose est certaine, si cette éthique avait été aussi vigoureuse que le dit Duhamel, on se demande alors pourquoi les ex-Soviétiques sont devenus si soudainement de vulgaires matérialistes.Quant aux contradictions que contient ce livre, j’en soulignerai une seule, qui me fait douter du sérieux des recherches de l’auteur.Duhamel écrit que «si la langue ukrainienne prévaut de nos jours dans les écoles, le citoyen de ce pays peut en remercier le régime soviétique».Quelques pages plus loin, il écrit, à propos des causes du nationalisme ukrainien: «Au début des années quatre-vingt, le tiers des Ukrainiens avaient le russe comme langue maternelle et, dans 75 % des écoles ukrainiennes, les cours ne se donnaient qu’en russe.» Reconnaissons tout de même à Luc Duhamel ce qui lui revient.Il explique très bien comment s’est déroulé le passage à la souveraineté pour les Etats de l’ex-URSS et décrit avec minutie les mécanismes du partenariat politique et économique qui s’est ensuite installé entre eux.Mais peut-on croire que ce livre s’adresse, comme l’indique l’éditeur, à tous ceux, «fédéralistes et indépendantistes, qui veulent savoir comment» tout cela s’est réalisé?Je ne le pense pas.Les causes qui ont mené au démantèlement de la «prison des peuples» n’ont rien à voir avec nos querelles constitutionnelles et le processus qui a abouti aux souverainetés là-bas ne saurait servir d’exemple ici.On referme ce livre avec une étrange impression.Celle d’avoir en face de nous un auteur confus et dépassé.Josée Desbiens raconte.Présentation d'un ouvrage magistral sur un chapitre de l'histoire de l’éducation LE COLLÈGE REGINA ASSUMPTA 1955-1995: 40 ANS D'ÉDUCATION AU FÉMININ, Josée Desbiens, Fidès, Montréal, 1995, 479 pages.BENOÎT LACROIX LP histoire de l’éducation des ' jeunes filles au Québec, remise en contexte, est fascinante.C’est ainsi que, fondé en 1955 par la Congrégation de Notre-Dame, le Collège Regina Assumpta a survécu aux grandes crises de la réforme scolaire qui devait, paraît-il, sonner le glas de plusieurs institutions appartenant à des communautés religieuses.Il ne s’agit pas de se réjouir ou de regretter.L’intelligence des faits exige l’étude soignée plutôt que la course aux affirmations rapides.D’où l’im- portance des travaux de Marie-Jeanne Alexandre, de Micheline D’Allai-re, de Micheline Dumont, de Alice Giroux, de Marguerite Jean, de Nicole Laurin, de Lucienne Plante, de Louise Roy, et de tant d’autres femmes qui ont voulu comprendre, vérifier et faire connaître la mission de leurs consoeurs de l’éducation féminine au Québec.De ce point de vue un texte récent, Le Collège Regina Assumpta 1955-1995:40 ans d’éducation au féminin, Fidès, 1995, 479 p., offre tout ce qu’il y a de plus rassurant.Pourquoi?Parce que la jeune historienne.Josée Desbiens, y a mis autant de coeur que d’intelligence.L’entreprise était délicate.Qui osera écrire une histoire aussi récente et d’aussi près quand on est dans la vingtaine, qu’on détient un diplôme de l’univer- sité (Montréal) depuis à peine cinq ans?Ce que Josée Desbiens a réussi tient non seulement au fait qu’elle écrit bien, mais surtout qu’elle est allée aux sources, aux archives locales, municipales, gouvernementales.Elle s’est longuement préoccupée de cartographie (14 cartes reproduites), jusqu’à se permettre ensuite des tableaux diversifiés (92) allant de la démographie à l’économie, sans oublier la tradition orale, les écrits, les journaux étudiants.Comment aurait-elle pu faire davantage?Sa manière de percevoir l’histoire et de la présenter est toute simple: un premier regard sur le passé plus lointain, puis 1’identification des personnes en cause, une sensibilité étonnante vis-à-vis de l’évolution des structures.Quel hommage aussi aux pionnières et au corps professoral qui, dans les circonstances, manifestent un réalisme évident jusqu’à donner à la formation culturelle et artistique l’attention qui permet de mieux absorber les composantes financières.Cette étude, magistrale en son genre, est parue au temps du référendum alors que l’incidence économique paraissait prendre plus d’importance que l’incidence culturelle.Ce livre n’a pas eu de chance! Et pourtant! Il mérite aujourd’hui que nous disions notre reconnaissance à ces religieuses qui ont permis à notre pays d’être ce qu’il veut être.Et sous cet aspect Josée Desbiens mérite elle aussi toute notre estime, elle qui a choisi la voie ascétique de l’histoire savante pratiquée sur le terrain à la manière de l’archéologue qui ne veut rien négliger, pas le moindre indice qui, à sa manière, signifiera la totalité.EN BREF ?OUVERTURE DES ARCHIVES NIETZSCHE (AFP)— La fondation littéraire Wei-marer Klassik a annoncé cette semaine avoir commencé à recenser toutes les archives consacrées au philosophe allemand Friedrich Nietzsche à Weimar (est) depuis la fin du XIXr siècle, restées inaccessibles du temps de la RDA.L’examen de ces archives, qui comptent plus de 4000 documents, se prolongera jusqu’en 1999, a précisé mercredi la Fondation.Ces archives, constituées par la sœur du philosophe à partir de 1894, comprennent notamment des écrits des écrivains Thomas Mann, Gerhardt Hauptmann.Hugo von Hof-mannstahl, ainsi que d’Adolf Hitler et Benito Mussolini.SEMAINE «DE LA LIBERTÉ DE LIRE» (Le Devoir) — Cette semaine sera celle de la «liberté de lire», organisée par le Prix du Gouverneur géné- ral.Charles Montpetit, pour protester contre la censure au Canada.Quelques auteurs, dont Stanley Péan.Anne Dandurand et Louis Ha-melin participeront à une lecture publique au cours de laquelle ils liront des passages d’ouvrages interdits ou censurés à un moment donné au Canada.Stanley Péan lira quelques pages de La Mémoire ensanglantée.interdit dans les écoles de Calgary à cause d’un bain de minuit jugé trop osé.Anne Dandurand lira un extrait de Nègres blancs d'Amérique, de Pierre Vallières.À noter qu’Anne Dandurand peut être entendue au réseau AM de Radio-Canada ce mardi, jeudi et samedi à l’émission Nuit Blanche où elle lit quelques pages d’Edgar Allan Poe.JACOB SUR SCENE (le Devoir) — Suzanne Jacob donnera un spectacle de chants et lira quelques-uns de ses poèmes et récits au théâtre de Quat’sous les 2,3 et 4 mars à 20 h à l’occasion de la parution de son recueil Les Écrits de l'eau.ralité.Ainsi peut-il poser en termes absolus, voire manichéens, la question qui le tarabuste depuis toujours: comment peut-on être un homme moral dans un monde pourri?(Un autre de ses personnages, Sparrow Drinkwater, grand fraudeur fiscal, posait plutôt le problème en ces termes: la meilleure manière de préserver son innocence, dans ce monde pourri, n’est-elle pas d’agir en pourri.) J’ai plus que jamais la conviction que Trevor Ferguson est l’un des grands conteurs que la terre de Québec ait portée, cela dans les deux langues.Les francos, c’est dans leur nature, attendent que Paris le traduise et le découvre, comme pour Homel et Davies.Les anglos, peut-être effarou- chés par ses habituelles débauches imaginatives et quelque peu amorales, tardent à l’apprécier à sa juste valeur.Jusqu’ici, tout va bien.mais! J’espère seulement que cette nouvelle volonté de simplification, que manifeste Ferguson depuis déjà son dernier livre ’Die Fire Line, n’est lias de sa part une tentative inconsciente d’atteindre mieux ses lecteurs anglos.S’il ne commencerait pas, à mi-carrière, à craindre de trop ep mettre, bref, à faire des complexes avec son — pourtant si extraordinaire — trop-plein de générosité romanesque.Ce grand souffle picaresque qui faisait ma joie devient ici une bise du Nord un peu acide, qui court sans dévier sur une terre nue.V.m fj Y I 1 La à Radio-Canada Dans la grande tradition des concours de création de Radio-Canada, la chaîne culturelle FM et la télévision de la Société Radio-Canada s’associent pour lancer les GRANDS PRIX SOCIÉTÉ RADIO-CANADA DES SCÉNARISTES, NOUVELLISTES ET POÈTES Inscription Procurez-vous le formulaire d'inscription aux bureaux de la Société Radio-Canada ou en composant le (514) 597-7531 Date limite : 15 avril 1996 Et bonne chance! Les catégories R a d i o 1 Dramatique (30 minutes) Nouvelle (30 minutes) Poésie ( 15 minutes) Télévision • Dramatique (scénario de 55 minutes) Les prix A la radio • Premier prix : 5000 S dans les trois catégories • Deuxième prix 3000 S dans les trois catégories - Diffusion à la chaîne culturelle FM - Publication dans l.c Devoir (nouvelle et poésie) ¦ Quatre prix de 2000 S - Diffusion dans le cadre des Beaux Dimanches (plus le cachet de diffusion) SRC Radio et télévision LE DEVOIR I) 8 I.K I) K V 0 I H .I.K S S A M K l> I 2 1 K T I» I M A N C II K 2 5 F K V K IKK I I) il (I ARTS VISU E L S Sculptures de l’absence et du quotidien ii*?JENNIFER COUËLLE STEPHAN BALKENHOL Musée des beaux-arts de Montréal Pavillon Jean-Noël Desniarais 1380, rue Sherbrooke Ouest Jusqu'au 26 niai w Petit homme sur une girafe, une œuvre de Stephan Balkenhol.y S0(/1 '#ce A l’image de notre époque, en mal de grandes valeurs, l’art actuel souffre d’une pauvreté d’idéaux collectifs.Les courants esthétiques ne se succédant plus avec la définition et la régularité auxquelles nous a habitué le modernisme, le pluralisme artistique a emboîté le pas et le paysage des arts visuels est éclaté comme jamais auparavant il ne l’a été.Si les uns s’en plaignent, évoquant le vertige creux d’un monde sans assises ni lignes directrices, d’autres s’appliquent à mettre à profit cette nouvelle «liberté».C’est le cas, notamment, du jeune artiste allemand de plus en plus convoité Stephan Balkenhol, qui tire son épingle du jeu en proposant une relecture de la figure en sculpture.Un surprenant dialogue entre tradition et innovation que l’exposition audacieuse, pince-sans-rire merci, Stephan Balkenhol: sculptures et dessins, en place depuis peu dans les salles d’art contemporain du Musée des beaux-arts de Montréal.Organisée par Neil Be-nezra du Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Smithsonian Institu- Un univers ciselé et coloré qui se joue des conventions d’échelle et où sérieux et ludisme ne sont ltd %, / 4* ' K tion de Washington, D.C., où elle fut présentée avant sa venue à Montréal, cette exposition réunissant une trentaine de sculptures sur bois et deux séries de dessins réalisés au cours des dix dernières années nous plonge dans un étrange univers peuplé d’animaux, d’hommes et qu apparences dissimulées sous l’appât d’un style réaliste Projet Créa du Centre de céramique Bonsecours ABYSSES FRANCINE PREVOST CHRISTIANE PAQUIN JULIE DUROCHER Vernissage aujourd'hui de 15h00 à 18h00 DU 24 FEVRIER AU 16 MARS Local 424 372, rue Sainte-Catherine ouest Montréal, tél.: 393-8248 du mercredi au samdi de 12h00 à 17h30 Nous remercions le Ministère de la Culture du Québec et la Compagnie de produits céramique SIAL cir\oî\ la galerie d'art Stewart Hall Centre culturel de Pointe-Claire 176, Bord du Lac, Pointe-Claire, 630-1254 du 24 février au 31 mars I996 Voir clair: photographies par Orest Semchishen Une exposition itinérante réalisée par le Musée canadien de la photographie contemporaine, S affilié au Musée des beaux-arts du Canada Entrée libre • Accessible par ascenseur Horaire de la Galerie: du lundi au vendredi, de 14 h à 17 h lundi et mercredi soirs, de 19 h à 21 h samedi et dimanche, de 13 h à 11 h Wm- .H 1 AT SOCIETE in, i i.i .evolution MUSEE PIERRE-BOUCHER SÉMINAIRE ST-JOSEPH 856 RUE LAVIOLETTE TROIS-RlVlERES À visiter: l’exposition du journal Le Devoir Du 21 janvier au 20 février 1000 Du mardi au dimanche 131)30 si I0li30cl I Oh à 21 II |(imii|H\s scolaires: du lundi au vendredi.8h)»0à I2licl Dili à Kill) IViiirmnsri#icnifnls:(XI!qîl7fi-1 !•»!) » Hydro Québec jf Micro-Intel UiWMrvM 4* OuéUc • M«ntrt*i DEVOIR 1*1 Patrimoine canadien VB« 4* Mon»** f de femmes ordinaires qui nous attirent et nous interdisent tout à la fois.Un univers ciselé et coloré qui se joue des conventions d’échelle et où sérieux et ludisme ne sont qu’appa-rences dissimulées sous l’appât d’un style réaliste.Devant les bustes monumentaux d’un homme et d’une femme, on croit reconnaître l’importance, mais à scruter les visages, on n’y retrouve qu’absence, qu’une anonyme présence générique.De la même manière, à la vue du petit homme jouant avec des lions ou de son suzie assis sur un escargot, on croit à l'humour, mais à bien y voir, le sourire est impassible.Puis en raison sans doute de la qualité presque vivante du bois et de l’honneur singulier que lui rend Balkenhol, on ne lâche jamais tout à fait prise, on continue à chercher la brèche dans ces figures fermées.Les enjeux sont semblables avec la suite impressionnante de têtes en reliefs où les sujets représentés ressemblent davantage à des figurants interchangeables d’une humanité sans âge et sans âme qu’à des individus dignes d’un portrait.Tandis qu’au contraire, les Six ours et les Cinquante-sept manchots, taillés chacun d’une pièce à même leurs socles respectifs, résistent à la déviation de sens sous l’insistance du regard.Si ces œuvres fascinent, particulièrement celle de la tribu amusée de palmipèdes, cela tient surtout de leur charme.La capacité de déstabiliser, elles ne connaissent pas.Il faut croire que Balkenhol est à son meilleur lorsque l’être humain, même muet, est de la partie.Et si ce sculpteur n’adhère pas aux leçons de l’art conceptuel et minimaliste de rigueur en Europe comme ici au moment où il fit ses études à l’Académie des beaux-arts de Hambourg dans les années 1970, il ne les ignore pas pour autant.Car sous des allures de sculpture classique, sans faire dans le minimalisme, il y emprunte le vocable, dont la répétition du motif — notamment avec le petit homme au pantalon noir et à la chemise blanche —, la simplification de la forme et les couleurs monochromes.Quant au langage conceptuel, sans y être fidèle, il en imite les détours, dont le principal est d’avoir recours à la figure et à son pouvoir d’attraction (sans parler de celui du matériau) pour mieux dévier notre rapport au familier.Bref, pour nous surprendre dans nos attentes.Ne serait-ce que SOURCE GALERIE CLARK S.T., une œuvre de Mario Duchesneau.pour cela, cette exposition, qui se serait mieux portée sans l’inclusion de la soporifique série de croquis style écolier aux traits blancs sur fond noir, est à voir.MARIO DUCHESNEAU Galerie Clark 1591, rue Clark, 2 étage Jusqu'au 3 mars Prendre acte des dérives d’un environnement on ne peut plus familier, se réconcilier avec les revers inattendus du paysage domestique, c’est à cela que nous invite le sculpteur Mario Duchesneau avec ses assemblages de «passés intérieurs» en place actuellement à la Galerie Clark.Une démarche à souhait cohérente que celle de cet artiste montréalais qui fit jadis dans le monde à l’envers de commodes plafonniers pleuvant des vêtements, dans des mangeoires d’oiseaux montées en forme d’habitat à échelle humaine, avant de poursuivre ici sa lubie avec de nouvelles variations sur le thème de la maison.Objets et mobilier récupérés, combinés, dans certains cas, à des pièces fabriquées aux essences de chêne et de tilleul, sont au menu de cette exposition au titre une fois de plus latin Objections Domesticum (décidément, la manie tient bon dans le milieu des arts visuels.tant qu’à faire dans les références savantes, un peu de grec ferait changement, non?).On y re- adrÉssam aux ARTISTES EN ARTS VISUELS OO O O en prix ierre.[MONTREAL-A G A C .qui œuvrent en peinture, estampe, dessin, illustration, photographie ou tout autre médium s’apparentant au 2D.Le prix comprend: •une bourse de 3 000 $ offerte au lauréat; •un budget de 2 500 $ pour l’organisation d’une exposition solo ; •l’acquisition, par la Ville de Montréal, d’une œuvre du lauréat.Dates limites de présentation des dossiers: pour les expositions du printemps 1996: avant le 1" mars 1996.Pour les expositions de l’été et de l’automne : avant le 1" mai 1996 Ceci afin d’organiser le calendrier de visite du jury.s .ï £ ÎS a a ^ §L p o as ri.W W > i ° 3 s “ 3 D H < U Uj B e - £ « G u: ur, I 2 1 K T I) I M A N C II K 2 J» V R V It I K It I il il li ABCH devient ABCP ¦ 1st «vieille» firme montréalaise Té-treault, Parent, Languedoc s’est occupée de l’aspect technique du projet Andrée-Perreault.et en a perdu un joueur.Son associé Serge Perras, pris d’affection pour ABC, a décidé de remplacer M.Henderson (parti à la retraite) aux côtés des trois jeunes de Saint-Hyacinthe.M.Perras se définit lui-même comme un «vieux routier de la pratique».Chez Jodoin, Lamarre, Pratte comme chez TPL, il a consacré presque tout son temps à la santé depuis 1972.«Mais j’avais besoin de renouveau et j’aime le discours d’ABC, qui est plus près de ma façon de voir.Ils sont parmi les leaders de la nouvelle généra tion et je suis fier de participer.Moi, je leur apporte l’expérience, le côté technique, marketing, et eux, ils sont la créativité.» Selon M.Perras, les firmes établies ne comprennent pas assez qu’il faut désormais tenir compte des exigences en qualité d’une clientèle de donneurs d'ouvrage plus jeune et plus informée.«À Andrée-Perreault, le niveau d’échange avec les utilisateurs a été excellent du début à la fin.L’idéal serait qu’on ait une autre commande du même type pour continuer la démarche.» Félicitations! ¦ L’architecte de Québec Pierre Thibault vient de remporter le prix Ron Thom, offert par le Conseil des arts du Canada et les amis de Ron Thom à tous les deux ans.Attribué par jury, ce prix (et son chèque de 10 000 $) veut encourager un architecte en début de carrière «qui fait preuve d’un talent créateur et d’un potentiel exceptionnels en design architectural».Créateur d’une forte originalité, M.Thibault n’a que peu de projets en marche.On le déplore, d’autant plus lorsqu’on sait que son seul bâtiment construit de 1995, soit le toit du théâtre de la Dame de cœur, vient de remporter une mention d’excellence aux prestigieux prix de la revue Progressive Architecture de 1996 (parmi 800 candidats, dont Richard Meier et Steven Holl).Autres récompenses pour des Québécois: les prix de la revue Canadian Architecture pour Anne Carrier, avec la Maison de la culture de Matane, et pour Saucier+Perrotte pour la rallonge à venir de la faculté d’aménagement de l’Université de Montréal.Deux bâtisses dans le style néomodemiste qu’affectionnent toujours particulièrement les jurys de Canadian Architecture, mais aussi, il faut le souligner, deux projets issus et gagnants de concours en architecture.Parlant de Progressive Architecture, versons une larme sur sa mort, puisqu’elle vient d’étre rachetée par la revue corporative Architecture.P/A était l’un des rares lieux de réflexion et de débat sur la profession aux Etats-Unis et, par le moyen de ses prix annuels, elle savait défendre une architecture novatrice qui n'aura plus guère de porte-voix.C’est bien triste et bien inquiétant.LE i -*
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