Le devoir, 8 mars 1996, Cahier A
?Lu roule et Vol.I.X X X V I I - N O r> 7 PERSPECTIVES Rubans bleus sur Internet Ix petit monde du cyberespace est aux abois.Un petit monde qui compte peut-être des millions d’habitants, mais un petit monde quand même qui réagit avec un sens de la communauté étonnant Les internautes sont en émoi à cause du Telecommunications Act, paraphé en février par le président Clinton, et de ses dispositions découlant du Communications Decency Act M » N T It K A I.I.K V K X I) H K I) I « M A 11 S I I» !» (i A C A II I K H S S H v * T I* S ?T V y / T o i o 11 t o I S LE MONDE POLITIQUE PLAISIRS Arafat se convertit C’est plus facile avec Bouchard, *>¦ a \§b Bouffer à heures à l’antiterrorisme PAGE A 5 mm se réjouit Lucienne Robillard PAGE A 2 \.æb.variables PAGE B 1 Montréal céderait plusieurs immeubles à la Caisse de dépôt Le RCM reproche à Bourque son manque de transparence Au lieu de descendre dans la rue, ils sont descendus sur l’autoroute de l'information.Des milliers de sites Web à travers le monde ont adopté 48 heures durant des fonds noirs.Ils arborent désormais des rubans bleus symbolisant leur lutte pour préserver la liberté d’expression sur Internet.Voté par le Congrès l’an dernier et intégré dans le Telecommunications Act par la suite, l’Exon Bill — du nom du sénateur démocrate qui l’a défendu — plonge dans l’illégalité quiconque transmet ou rend disponible à des mineurs, par voie électronique, du contenu offensant de nature sexuelle ou scatologique.Une autre disposition vise la communication, faite sciemment, de tout commentaire ou image «obscène, lubrique, lascive, or-durière ou indécente».En plus d’avoir du vocabulaire, la loi a des dents: les contrevenants sont passibles de deux ans de prison et de 100 000 $ d’amende.Jugées trop vagues par nombre de congressmen et qualifiées d’atteinte à la liberté d’expression garantie par le premier amendement de la Constitution américaine, ces dispositions ont bien failli mourir au feuilleton.C’était sans compter sur la ruse du sénateur Exon: il a constitué un «dossier bleu» farci d’images les plus crues provenant de babillards électroniques et invité ses collègues Dut ri sac à venir consulter ces images, le tout ?devant les caméras au Sénat.Bien peu de sénateurs ont voulu poser en défenseurs de la pire pornographie.C’était au printemps.L’été dernier, le magazine Time publiait un dossier-choc, intitulé Cyberpom, traitant de la pornographie sur Internet, avec un accent sur la pédophilie.Le magazine s’appuyait sur une étude de l’université Carnegie Mellon, de Pittsburgh, intitulée Marketing Pornography on the Information Highway.On y apprenait que 83,5 % des images numériques contenues dans les forums Usenet relevaient de la pornographie.Or, on a su par la suite que cette fameuse étude était une supercherie méthodologique échafaudée par un étudiant de maîtrise.Les données véritables?Moins de 1 % des images disponibles dans ces forums sont de nature pornographique.Mais le mal était fait Pour les internautes, ce fut jour de deuil quand Bill Clinton a apposé sa signature sur le Telecommunications Act qui contenait cette disposition anti-obscénité.Dix-neuf groupes de pression — la Ligue américaine des droits et libertés, par exemple, l’Electronic Frontier Foundation (EFF), organisme qui se bat pour un réseau Internet libre, un groupe communautaire qui fait la promotion des relations sexuelles et un autre qui diffuse de l’information sur le sida — sont montés aux barricades pour contester en cour cette censure d’Internet.S’il est vrai que la pornographie circule sur Internet et qu’elle est, parfois, d’une crudité indescriptible, cette disposition sur la décence, telle qu’elle est rédigée, rend soudainement coupables des milliers de personnes qui n’ont aucune conscience de l’être.Les forums qui font de l’éducation sexuelle en utilisant les vrais mots se sentent menacés.Comme les mots de quatre lettres foisonnent dans ces forums américains, qu’ils se vouent à la bagnole ou à la politique, ils tombent aussi sous le coup de la loi.Les sites Web muséaux qui diffusent des œuvres d’art jugées «explicites» pourraient faire face à des dénonciations de la part de quidams se réclamant de la «majorité morale».Chose périlleuse que de définir l’indécence en art.Parce que la simple transmission de données est punissable, tous ceux qui exploitent des serveurs Internet, que ce soit les fournisseurs d’accès ou les responsables des systèmes dans les universités, par exemple, sont désormais coupables.Ils sont désormais responsables du courrier électronique (texte, image ou son) de chacun des usagers qu’ils desservent, du courrier que ces usagers reçoivent aussi.C’est comme si on rendait les compagnies de téléphone responsables du langage utilisé par chacun de leurs abonnés.Bref, c’est l’enfer.Des solutions techniques existent.Les internautes ont proposé des alternatives à cette loi inapplicable, notamment l’usage de logiciels qui permettent le tamisage des contenus pornographiques ou offensants.En cour, ils ont gagné une première manche en obtenant une injonction temporaire d’un juge de Philadelphie.Le 23 février dernier, le gouvernement acceptait de ne pas appliquer l’article litigieux, le temps que la cour décide de sa constitutionnalité.Un certain nombre de congressmen, et c’est le cas du vice-président Al Gore, ont voté en faveur du projet de loi Exon, tout en sachant qu’il avait peu de chance de passer le test du premier amendement Un bel exemple de cynisme politique à l’américaine.Et pour Internet, rien n’est réglé.C’est comme si on rendait les compagnies >• de téléphone responsables du langage de leurs abonnés Robert ¦¦ -V.INDEX Agenda.B7 Avis publics.A4 Classées.B6 Culture.B9 Économie.A6 Éditorial.A8 Le monde.A3 Mots croisés.B6 Les sports.B6 M É T É 0 v ,Y* Montréal Faible neige cessant en fin de journée.Max:-9 Québec Faible neige.Froid.Max:-9 Détails en B 9 BRIAN MYLES LE DEVOIR La Ville de Montréal envisagerait de vendre une partie des 873 immeubles dont elle est propriétaire.Elle aurait même déjà trouvé un acheteur: la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ).C’est du moins ce que soutient le Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM), l’opposition officielle montréalaise, qui a rendu public hier un document interne qui a soulevé bien des remous à l’hôtel de ville.Selon ce document, la Caisse de dépôt serait prête à faire l’acquisition, par l’entremise de la Société de gestion d’infrastructures publiques (SOGIP), créée à cette fin, d’une partie des actifs immobiliers de la Ville.La Ville céderait à la SOGIP certaines de ses 873 propriétés — dont la valeur totale est de 3,8 milliards de dollars — en contrepartie de baux à long tenue.Ije parc immobilier de Montréal englobe l’hippodrome Blue Bonnets et le Centre de commerce mondial, dont la Ville veut se départir depuis un bon moment, aussi bien que l’hôtel de ville, les parcs municipaux ou les équipements socioculturels.Toujours selon le document, l’objectif de la Ville est d’«obtenir une valeur actuelle réelle en capital» pour les propriétés, ce qui devrait permettre de diminuer progressivement la dette publique.Intitulé Programme d’acquisition et de gestion clé en mains de propriétés immobilières de la Ville de Montréal, le document prévoit par ailleurs que la SOGIP prendra non seulement en charge les immeubles mais aussi le personnel municipal qui y est affecté.l.e Programme d'acquisition, dont l’origine est inconnue, porte la signature de la Ville de Montréal et de la Caisse de dépôt et placement du Québec.Le chef du RCM, André I>avallée, se demande pourquoi le maire Bourque «persiste à cacher les faits les plus élémentaires au conseil municipal».«Montréal est à vendre et tout se passe derrière les portes closes du bureau de Pierre Bourque», a-t-il tonné, hier, en brandissant le document controversé.«De deux choses l’une: le maire de Montréal ne sait pas ce qui se passe dans ces services, et en particulier le VOIR PAGE A 10: MONTRÉAL Les sorcières Le financement du réseau de l’Université du Québec x PHOTO JACQUES NADEAU RIEN A VOIR avec les Beatles, plutôt avec l’Inquisition.Les Sorcières, le nom d’un groupuscule formé de cinq femmes unies par l’écriture et la chanson, se rencontrent régulièrement pour discuter poésie et problématiques de femmes.Pourquoi Diane Daoust, Anne Deret, Valérie Dubreuil, Annie-Claude Duchesne et Nancy Gendron (absente de la photo) se sont-elles baptisées Les Sorcières?Pour rappeler toutes celles, sages-femmes ou adeptes de la médecine douce, ridiculisées dans la société.En ce 8 mars, partout dans le monde, chacune y ira de ses propres revendications et de ses dénonciations face à un monde encore trop masculin à leur goût.Aux 3 518 300 Québécoises, bonne fête! Nos informations en page A 4.Ma vie comme rivière, un film biographique sur Simonne Monet-Chartrand Maman était une femme de feu L’UQ exclut une hausse des frais de scolarité Son budget fondra de près du quart en trois ans MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Bien que confrontée à des compressions de l’ordre de 42 millions de dollars ou 8 % de son budget pour l’an prochain, l’Université du Québec recommande la prudence quant à une hausse générale des frais de scolarité, qui pourrait affecter à la baisse la fréquentation, notamment en région.L’UQ souscrirait cependant à une hausse des droits réclamés aux étudiants étrangers.Plutôt que de se tourner vers des moyens comme celui-ci ou d’envisager des réductions massives de personnel, le réseau de l’UQ préfère se réorganiser, encourager la persévérance aux études afin de conserver ses clientèles, renégocier les conventions collectives de son personnel et développer des sources parallèles de revenus.Il s’agit, a expliqué hier le vice-président de l’UQ, Mi- VOIR PAGE A 10: SCOLARITÉ POLITIQUE Ottawa dégèle le salaire de ses fonctionnaires Marcel Massé «voit la lumière au bout du tunnel» PAGE A 2 Alain Chartrand consacre un documentaire à sa militante de mère ODILE TREMBLAY LE DEVOIR PHOTO COURTOISIE ONF Simonne Monet-Chartrand: «Avec une mère pareille, on est obligé d’avoir une conscience sociale.» ieu sait qu’elle en avait du caractère, la grande Simonne Monet-Chartrand.Ça en prenait, en 1942, à une jeune fille élevée dans la ouate, pour braver un père juge adoré, épouser un mouton noir décidément infréquentable appelé Michel Chartrand et l’accompagner dans tous ses combats.Cette femme à la santé fragile, cardiaque, arthritique, au souffle court, mère de sept enfants qu’elle éleva dans la pauvreté, s’est multipliée sur toutes les tribunes durant cinquante ans pour défendre les droits des femmes, des démunis, protéger la veuve et l’orphelin, appeler à la tolérance et lancer un chant de liberté.«Il ne faut jjps être paresseux avec la vie.Il faut y faire face et dire: tu ne m’auras pas!» Ainsi parlait-elle, l’oratrice, en prenant le crachoir devant les assemblées populaires galvanisées par son dynamisme et sa chaleur.Voici que sa voix résonne de plus belle, par-delà le mur de sa mort, survenue en 1993.Mais les femmes de feu meurent-elles vraiment un jour?Pas sûr.En cette journée internationale des femmes, son fils Alain Chartrand lance au cinéma de l’ONF Ma vie comme rivière, documentaire consacré à sa militante de mère.N’attendez pas l’adaptation ciné de l’autobiographie de Si- VOIR PAGE A 10: MAMAN Le leadership de Daniel Johnson Le jour du jugement repoussé à mars 1997 Les rebelles ont décidé de ne pas faire de vagues au conseil général du week-end PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Le leadership de Daniel Johnson ne sera pas soumis à l’appréciation des militants libéraux avant mars 1997.Ce nouveau sursis déjoue les velléités contestataires de ses détracteurs.Les rebelles ont choisi de ne pas perturber les délibérations du conseil général du week-end à Québec.Le temps d’une réflexion sur «les grandes valeurs libérales», ils ont troqué le sabre pour le chrysanthème.Mais ce n’est que partie remise.Ils comptent bien récidiver jusqu’à ce qu’ils obtiennent la tête de leur chef.Cette responsabilité qu’ils entendent assumer leur est d’ailleurs conférée par les statuts du parti: l’article 9 stipule qu’au «congrès suivant immédiatement une élection générale au Québec, si le parti n’a pas fait élire une majorité de députés à l’Assemblée nationale, les délégués indiquent par scrutin s’ils manifestent leur confiance au chef».Après la défaite électorale du 12 septembre 1994, le VOIR PAGE A 10: JOHNSON ? I !) Il ti Les 778 femmes cols bleus de Montréal savent ce qu’elles veulent! À l’occasion de la Journée internationale de la femme, les femmes cols bleus de Montréal veulent rendre hommage.à leurs confrères Cols bleus.Leur ouverture d’esprit et leur respect rendent possible l’intégration des femmes, comme celle des jeunes et des minorités, dans les rangs des travailleurs manuels de la Ville de Montréal.À toute la population de Montréal, elles veulent rappeler leur combat pour fournir des services publics vraiment performants.Elles se battent aux côtés de tous les Cols bleus de Montréal.Pour une organisation du travail plus intelligente.Pour un véritable partenariat.Et pour une plus grande qualité de services pour nos concitoyennes et concitoyens.À la CUM, la voie du bon sens et du dialogue a triomphé sur celle du mépris et de la sourde oreille.Et ça marche! Nous attendons simplement que la même chose puisse bientôt se produire à Montréal.UN VRAI PARTENARIAT CE8T ÇA QU'ON VEUT! Les femmes Cols bleus de la Ville de Montréal et de la Communauté urbaine de Montréal mj SCFP Syndicat canadien de î la fonction publique T A 2 LE DEVOIR, L E V E X D H K l> I H MARS LE DEVOIR POLITIQUE Ottawa dégèle le salaire de ses fonctionnaires Nous commençons à voir la lumière au bout du tunnel, dit Massé JEAN DION DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Malgré une dette publique qui atteindra 600 milliards de dollars en 1997, Ottawa affirme que la situation financière du pays s’améliore, suffisamment en tout cas pour qu’il décide de mettre un terme au gel des salaires de ses quelque 222 (XX) employés d’un océan à l’autre.Le président du Conseil du trésor, Marcel Massé, a annoncé hier que la loi qui empêche toute hausse des traitements des fonctionnaires depuis 1991 ne serait pas reconduite lorsqu’elle viendra à échéance l’an prochain, ouvrant ainsi la voie à des négociations collectives.Au nom de la «stabilité fiscale», le gouvernement suspend toutefois les procédures d’arbitrage obligatoire.«Nous aurons sans doute à faire face à d’autres difficultés afin de juguler le déficit et la dette, mais nous commençons à voir la lumière au bout du tunnel», a expliqué M.Massé.Des hausses de salaires pourraient être annoncées dès juin prochain, mais «on ne peut pas se permettre de fortes augmentations», a prévenu le premier ministre Jean Chrétien.Les employés de l’État ont déjà beaucoup souffert des deux premiers budgets Martin, qui ont amputé leurs effectifs de près de 45 000 personnes.Entre 5000 et 10 000 autres employés, selon que l’on parle au gouvernement ou aux syndicats, seront touchés d’ici 1998 par le budget de mercredi.Le ministre Massé a fait cette annonce aux Communes au moment de déposer son budget des dépenses, qui ventile les activités auxquelles Ottawa consacrera les 156,8 milliards qu’il entend débourser au cours de la prochaine année.De cette somme, il faut cependant déduire d’entrée de jeu les 47,8 milliards — soit plus de 30 % du budget global — qu’accapare le service de la dette.Ce sont donc 109 milliards que déboursera le fédéral en 1996-97, une baisse de 4 % par rapport aux 114 milliards de l’an dernier.Parmi les secteurs les plus touchés, la Défense devra éponger une diminution de plus d’un demi-mil Hard, et Radio-Canada se verra imposer des compressions de 150 millions sur trois ans, qui viennent s’ajouter à celles de 227 millions décrétées il y a deux ans.M.Massé a d’ailleurs profité de l’occasion pour vanter la revue de programmes entreprise par son gouvernement, qui l’amène à «repenser son rôle» et à délaisser des secteurs où il n’est pas l’acteur le plus indiqué.Cette revue «a ouvert des perspectives très intéressantes en ce qui touche les relations fédérales-provinciales.Nous sommes persuadés qu’elle aura des effets bénéfiques sur les rapports entre le fédéral et les autres paliers de gouvernement, et qu’plie renforcera l’unité canadienne», a-t-il déclaré.A cet égard, Ottawa pointe comme symbole d’«efficaci-té» la réduction de certains dédoublements comme celle qu’entraînerait sa proposition aux provinces, faite dans le discours du budget, de créer une commission nationale de perception des impôts.Mais cette intention, jumelée à l’éventualité de la mise sur pied d’une commission canadienne des valeurs mobilières, s’est retrouvée hier sur le plancher des Communes, où le Bloc québécois a dénoncé à hauts cris les «efforts de centralisation» du gouvernement libéral.«Que le fédérai reste donc dans ses champs de compétences», a commenté le chef du Bloc, Michel Gauthier, qui y voit d’autres dépenses inutiles et qui décrie le fait qu’Ottawa «est d’accord pour éliminer les dédoublements quand c’est lui qui ramasse le pouvoir».Par ailleurs, malgré l’avalanche de chiffres qui s’est abattue ces jours derniers, le budget des dépenses ne fournit aucune précision quant aux fonds qu’a injectés cette année le fédéral au titre de la promotion de l’unité canadienne.«C’est toujours extrêmement mystérieux, les activités concernant l’unité nationale», a ironisé à ce sujet M.Gauthier.E N BREF ?L’OPERATION UNITE SE POURSUIT Ottawa (PC) — Loin d’être démantelée, l’opération sur l’unité canadienne au sein du Conseil privé aura bien du pain sur la planche au cours de l’année qui vient.Le budget des dépenses du gouvernement fédéral indique en effet que le budget total de la Direction des affaires intergouvernementales augmentera de 14,2 millions à 14,5 millions en 199697.Pour l’exercice 1994-95, le budget de cette direction avait été établi à 10,5 millions.Bien que les chiffres n’aient pas été comptabilisés, on s’attend à ce que cette unité référendaire spéciale ait un budget d’environ cinq millions de dollars, a précisé un adjoint du ministre des Affaires intergouvemementales Stéphane Dion.CONFERENCE PARALLÈLE DES JEUNES (PC) — Écarté de la Conférence socioéconomique du 18 au 20 mars prochain, le Conseil permanent de la jeunesse organise une conférence «parallèle» et y invite le premier ministre Lucien Bouchard.Cette conférence «parallèle» se déroulera à Montréal le 17 mars, soit la veille de la Conférence socioéconomique que le gouvernement québécois a convoquée.«Nous aurions dû être à cette conférence officielle, car nous avons des pistes d’action à suggérer», a expliqué le président du Conseil permanent de la jeunesse, Michel Philibert, en conférence de presse hier.Déplorant de ne pas avoir été invité, le Conseil a organisé pour le 17 mars une réunion «parallèle» à l’Université du Québec à Montréal, à laquelle il a convié 1500 organismes de jeunes.Faute de lien plus direct, les représentants des deux fédérations d’étudiants qui ont été invitées à la conférence gouvernementale participeront à la conférence parallèle afin d’y recueillir le point de vue des jeunes et de le retransmettre aux autorités gouvernementales.Selon les données fournies par le Conseil permanent de la jeunesse, il y a au Québec 1,5 million de jeunes de 15 à 29 ans.Ils forment le quart de la population, ont un taux de chômage de 14,6 % et constituent le tiers des Québécois sans travail.LUCIENNE ROBILLARD BLOQUÉE À ALMA (PC) — Des manifestants ont empêché la ministre fédérale Lucienne Robillard de participer à une activité partisane, à Alma, au Lac-Saint-Jean, hier après-midi.La ministre fédérale du Travail devait participer à l’inauguration du local du candidat libéral Clément Lajoie en vue de l’élection partielle du 25 mars dans I^ic-Saint-Jean.Cependant, vers 14h30, une centaine de manifestants de la Coalition contre la réforme de l’assurance-chômage ont bloqué la rue Sacré-Cœur où se trouve le local.L’organisation libérale s’est vue dans l’obligation d’annuler l’événement.Les champs de compétence provinciale Robillard ne voit nulle part d’intrusions fédérales KONRAD YAKABUSKI DE NOTRE,BUREAU DE QUEBEC oin de constituer une «intrusion» .dans les champs de compétence des provinces, les nouvelles initiatives d’Ottawa dans les domaines de l’inforoute, de la santé et de l’employabilité des jeunes permettront au Québec de profiter des économies d’échelle que peut générer la coopération fédérale-provinciale, selon la ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration, Lucienne Robillard.Et elle s’attend à ce que des ententes sur ce plan surviennent plus spontanément avec Lucien Bouchard en selle à Québec grâce à un dégel des relations — qui ont été glaciales entre les deux capitales pendant les 18 mois de l’administration de son prédécesseur.«Depuis deux ans au Québec, il y avait le gouvernement Parizeau, et la coopération avec le gouvernement canadien a été politiquement très difficile.Le Québec a repoussé de nombreuses initiatives [fédérales].Nous sommes confiants de ce que ce soit plus facile avec M.Bouchard», a constaté hier Mme Robillard.De passage à Québec dans le cadre d’une tournée postbudgétaire, la ministre fédérale a dit remarquer un changement de taille dans l’attitude du nouveau gouvernement québécois vis-à-vis Ottawa.Depuis l’entrée en fonction de M.Bouchard, aucun de ses ministres n’a boudé les rencontres fédérales-provinciales.«Je dois dire que la coopération va bon train», a constaté Mme Robillard.Cette nouvelle volonté de travailler avec Ottawa pour répondre aux intérêts des Québécois amène Mme Robillard à croire que, quoi qu’en disait Bernard Landiy îors du dépôt mercredi du budget fédéral, le gouvernement péquiste ne rejettera pas d’emblée l’invitation que lui lait le gouvernement fédéral pour participer aux nouvelles initiatives nationales qu’entreprend Ottawa.Prenant l’exemple de la création d’un Fonds pour la recherche en services de santé, alors que le Québec dispose déjà d’un programme semblable, Mme Robillard a invité le Québec à se joindre plutôt au plan national pour bénéficier des retombées plus importantes qu’il pourrait générer.Cela dit, a-t-elle aussitôt ajouté, le Québec ne sera pas pour autant perçu comme un «mauvais joueur» s’il décide de ne pas y participer.«Si les dix provinces se regroupent pour faire de la recherche au lieu de se mettre chacune à faire de la recherche dans le même domaine, il y a quelque part un ralliement de forces et d’expertises en plus d’économies d’échelle, a déclaré l’ex-ministre québécoise de la Santé.Mais pour une province qui n’y croit pas ou qui veut avoir plus d’autonomie et conserver ses outils, il n’y a pas d’obligation.» Selon le «principe de base» établi lors du discours du Trône, le Québec aurait droit à un «dédommagement en espèces» s’il choisissait de ne pas participer aux nouvelles initiatives fédérales dans ses champs de compétence, a affirmé Mme Robillard.Or, cette dernière n’a pas voulu préciser hier si ce principe prévaudra dans le cas des mesures annoncées dans le denier budget A vrai dire, la ministre fédérale a dit ne pas considérer comme une ingérence dans un domaine provincial le plan fédéral de raccorder d’ici 1998 toutes les écoles et bibliothèques du pays à l’Inforoute — un projet fédéral qui date de 1994 et qu’Ottawa a relancé cette semaine en vue des prochaines élections.«Où est l’intrusion dans le champ de l’éducation, en tant que tel, dans la définition des programmes d’éducation, dans la livraison des services?», a tonné Mme Robillard, également ex-ministre québécoise de l’Éducation.L’actuelle ministre québécoise de l’Éducation, Pauline Marois, entend déposer en avril une politique d’informatisation des écoles qui visera, entre autres, un branchement des institutions primaires et secondaires à l’autoroute de l’information.Hier, au cabinet de la ministre, on disait vouloir prendre connaissance des détails de l’initiative fédérale avant de la commenter.Mais l’annonce d’Ottawa en a fait sourciller certains au cabinet de la ministre de la Culture et des Communications, Louise Beaudoin, responsable du Secrétariat de l’autoroute dé ; l’information.L’été dernier, ce demiér a lancé un programme de 15 millions' de dollars — dont le financement est partagé entre Québec et les municipalités — visant à raccorder les 150 bibliothèques principales et 800 de leurs affiliées à l’inforoute.«Il y a effectivement problème, a fait savoir l’attachée de presse de Mme Beaudoin, Marie ’ Vaillant.On est en train d’étudier les conséquences du programme fédéral par rapport à notre programme, qui fonctionne bien.» Quant à l’intention d’Ottawa de sè1 porter davantage à l’aide des familles ' à faible revenu — en doublant le supplément du revenu intégré dans la prestation fiscale pour enfants —, Mme Robillard a dit «ne pas voir de dédoublements».Québec offre depuis 1989 une allocation semblable dans lé cadre du programme APPORT.Ironie du sort, c’est ce programme, dont Lloyd Axworthy a maintes fois fait l’éloge, qui a servi d’inspiration à la version fédérale.L’intention d’Ottawa d’ajouter 250 millions aux programmes comme Jeunes stagiaires pour faciliter l’intégration en emploi des jeunes moins scolarisés constitue également une source d’irritation pour les fonctionnaires québécois, qui considèrent cette initiative comme une ingérence dans la formation de la maimd’œuvre.< D’après Mme Robillard, toutefois, Ot- ] tawa céderait volontiers cette respon- ¦ sabilité.«Si demain matin Mme Harel ; [la ministre québécoise] est prête à si- • gner avec M.Young [son vis-à-vis fé- : déral], ça se fera demain.» A cet effet, \ Mme Robillard a invité le Québec à î emboîter le pas aux autres provinces, ¦ qui en sont toutes arrivées depuis deux ans à des «plans d’action» avec Ottawa pour éviter les chevauchements.«On n’a pas réussi à en signer un avec le Québec; peut-être qu’on réussira à le faire avec le nouveau premier ministre», a+elle laissé tomber. LE DEVOIR MONTREAL A A iuh;ek ko y Horloger bijoutier ‘>35, ht liauchctièri* Ouest Montréal IIJB 2M9 Siège social ilti CN l a montre sport ici.: (514) 861 -4489 par excellence Zodiac La santé et l’éducation ont assez écopé, juge la FTQ La centrale syndicale réclame un moratoire sur les compressions pour 1996 ISABELLE PARÉ LE DEVOIR La FTQ exige rien de moins du premier ministre Bouchard qu’un moratoire complet sur les compressions de 1996 dans les secteurs de la santé et de l’éducation, qui ont eu plus que leur part de coupes l’an dernier.Selon la fédération, chaque milliard retranché dans les services publics se solde par la perte de 13 000 emplois.Au lendemain du budget fédéral, le président de la FTQ, Clément Godbout, a clairement dévoilé ses couleurs alors que le gouvernement du Québec s’apprête maintenant à ficeler son prochain budget.Accompagné de quatre dirigeants syndicaux représentant plus de 60 000 employés syndiqués des réseaux de l’éducation et de la santé, M.Godbout a soutenu que le gouvernement provincial devait marquer un temps dlarrêt avant d’assener de nouvelles coupes aux services publics.«Il va falloir que le gouvernement regarde comment il peut arriver à atteindre son objectif de “zéro de déficit” sans désosser tous les services publics», a-t-il martelé hier.Selon la FTQ, les 1,3 milliard de dollars retranchés au budget provincial l’an dernier ont frappé de plein fouet les secteurs de la santé et de l’éducation.Chaque milliard de compressions «coûte» environ 13 000 emplois, soutient Clément Godbout, ni croit que les argentiers u gouvernement doivent cette année épargner ces secteurs et emprunter d’autres avenues pour atteindre leurs objectifs.Alors que la réouverture des conventions collectives du secteur public fait l’objet de discussions musclées au conseil des ministres, la FTQ prévient Québec qu’il ne saurait renier sa signature sans coup férir.«C’est inquiétant que des ministres puissent voir la réponse [aux problèmes budgétaires] dans les services publics.Il n’est pas question de rouvrir les conventions collectives, l’encre est à peine sèche.Il y a une signature à respecter», a tranché hier M.Godbout, qui dit favoriser l’approche défendue par la ministre de l’Emploi, Louise Flarel.Certains ministres prônent la réouverture des contrats de travail signés au début de l’hiver essentiellement sur la question de la réorganisation du travail, davantage que sur les conditions salariales.Au cours de ces débats, la ministre Harel se serait érigée contre cette idée qui risque, selon elle, de replonger l’Etat québécois dans une confrontation de taille avec ses employés, semblable à celle de 1981 où le gouvernement Lévesque avait sabré de 20 % les salaires des fonctionnaires.Pour l’heure, le président de la FTQ affirme avoir obtenu l'assurance que Québec ne toucherait pas à ces conventions.Plutôt que de couper dans les budgets de la santé et de l’éducation, la FTQ propose à Québec de regarder du côté du travail au noir, de la contrebande, des retraites assistées dans le secteur public et de la relance de l’emploi.Même si les salaires des employés monopolisent 80 % des budgets de la santé et de l'éducation, la FTQ juge que ses membres ont «fait leurs efforts».Quand à la sécurité d’emploi (mur à mur) dont jouissent ces membres, les dirigeants syndicaux de la fédération affirment que près de 40 % de leurs membres, majoritairement des femmes, ont un statut précaire et un salaire de 20 000 à 25 000 $ par année.Plutôt que de reprocher aux employés syndiqués des hôpitaux fermés d’être payés à ne rien faire, on devrait plutôt s’en prendre au gouvernement qui a improvisé sa réforme de la santé pour de strictes considérations budgétaires, a commenté hier Alain Foisy, président du Syndicat québécois des employés de service.Bref, la Fédération des travailleurs du Québec met en garde le gouvernement Bouchard contre la tentation des solutions à la Klein ou à la Harris, les premiers ministres de l’Alberta et de l’Ontario.Si Québec choisit cette voie radicale pour réduire ces dépenses, «il n’a rien vu», a dit M.Godbout, faisant référence aux manifestations générales des employés ontariens.La FTQ prévient Québec qu’il ne saurait renier sa signature sans coup férir mm.PHOTO JACQUES NADEAU, Le président de la FTQ, Clément Godbout.W&k FHUTU JAUQULS UKLINltK Esther Taillon, présidente de la Table de concertation de la francophonie, Germain Godbout, de l’ACFAS, et Pascale Lefrançois, membre du comité d’honneur des célébrations, dévoilent l’affiche officielle de la semaine internationale de la francophonie.Du 17 au 23 mars Une semaine pour débattre de la place du français dans le monde CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Du 17 au 23 mars prochain se tiendra la semaine internationale de la francophonie dans le monde, qui sera célébrée de manière particulière dans quatre régions du Québec.Chaque jour aura par ailleurs son thème: le lundi est dédié à l’éducation et à l’histoire de la francophonie, le mardi aux sciences et à la technologie, le mercredi à la coopération internationale, le jeudi aux affaires, le vendredi aux arts et aux médias, et le samedi à lq fraternité.A l’Université du Québec à Montréal se tiendra par exemple un colloque sur le français et les langues scientifiques de demain, où on tentera de répondre aux questions suivantes: comment, par rapport à l’anglais, se situent les grandes langues internationales que sont le français, l’allemand, l’espagnol, le russe et le japonais en sciences?Quels facteurs historiques, sociologiques, politiques, économiques et psychologiques influencent le choix d’une langue en sciences?L’autoroute de l’information affectera-t-elle le choix d'une langue de communication scientifique?Côté éducation, un guide d’activité produit par le Conseil pédagogique interdisciplinaire du Québec prévoit la division de la semaine du français en éducation en sous-thèmes: le français comme expression d’un patrimoine culturel, le français comme lien interculturel québécois, le français international, le français en tant que langue de travail, et le français comme langue de l’information et des communications.La semaine internationale de la francophonie est organisée conjointement par la Table de concertation de la francophonie et le Conseil de la vie française en Amérique.Cette semaine sera jalonnée de plusieurs activités interculturelles, dont des projets d’échanges scolaires entre le Québec et le Bénin.D’autres ateliers porteront entre autres sur la câblo-éducation, ou plus spécifiquement sur l’information et la langue française, et sur le français comme langue scientifique.Le mercredi 20 mars, les amateurs pourront assister au lancement sur Internet du premier site dédié à la francophonie nord-américaine, qui s’intitule, bizarrement par ailleurs, WWW (World Wide Web).Le vendredi 22 mars, au Musée de la civilisation de Québec se tiendra une table ronde intitulée «le français dans les arts et les médias du Québec», tandis que le même jour, à la salle Marie-Gé-rin-Lajoie de l’Université du Québec à Montréal, un séminaire organisé par l’Agence francophone pour l’enseignement supérieur et de la recherche portera sur la mobilité interuniversitaire au sein de la francophonie.Enfin, le samedi 23 mars, une conférence portant sur «l’action internationale du Québec dans le monde francophone en matière linguistique de 1961 à 1995» aura lieu à l’Université Laval, à Sainte-Foy.Des activités culturelles variées entoureront également toute la semaine ces événements.Commission d’enquête sur la politique d’achat Hydro a-t-elle subventionné les producteurs privés ?Peu convaincant, un directeur a prétendu que non ROLLANDE PARENT PRESSE CANADIENNE La Commission d’enquête sur la politique d’achat d’électricité par Hy-dro-Québec a çherché à savoir, hier, si la société d’Etat n’a pas subventionné les producteurs privés en 1992 en leur versant 15 % de plus que le suggérait la base de calcul ayant servi de référence au cours des années précédentes.«Si vous pensez ça, vous avez tort», a répliqué Jean-Pierre Léveillée, directeur de la planification stratégique chez Hydro-Québec, à l’avocat Richard Shadley agissant pour la commission.Mc Shadley s’étonnait de ce que les producteurs privés aient reçu en 1992 un peu plus de 51 $ par MW/h alors qu’Hydro-Québec avait établi qu’il lui aurait coûté 45 $ par MW/h pour produire elle-même cette électricité.Là-dessus, M.Léveillée a expliqué que si Hydro-Québec avait baissé le tarif consenti à la production privée à 45 $, elle aurait mis en péril la production privée d’hydroélectricité et les programmes d’économie d’énergie.«La production privée d’électricité et les économies d’énergie étaient nos Pour la première fois au Québec, UNE NOUVELLE ASSOCIATION DE PROTECTION DES ÉPARGNANTS ET INVESTISSEURS Avec l’appui du gouvernement du Québec, une nouvelle association de protection des épargnants et investisseurs vient d’être créée.L’Association, sans but lucratif, a pour but d’assurer une plus grande transparence et une meilleure démocratie dans la gestion des sociétés par actions et de promouvoir une responsabilité accrue des dirigeants de sociétés.L’Association présentera à la mi-mai, un mémoire au gouvernement du Québec visant à modifier la Loi des valeurs mobilières pour éviter les conflits d’intérêts et rendre les courtiers plus responsables envers leurs clients.La cotisation est de 50 $ par année.Pour devenir membre faire parvenir votre chèque fait à l’ordre de: APEIQ, 737, rue Versailles, Montréal H3C 1Z5.Une documentation suivra.Renseignements: tél.: (514) 932-0654 / fax: (514) 932-9366.Yves Michaud Administrateur provisoire deux seules options [pour répondre aux besoins projetés en énergie des Québécois jusqu’en 2000], Il ne fallait pas handicaper nos deux seules options», a soutenu M.Léveillée.En rendant financièrement moins intéressante la production privée, Hydro-Québec craignait d’avoir à recourir à la production par qrcle combiné qui, avait-on estimé, lui aurait coûté 56$ le MW/h.Grosso modo, le cycle combiné est le processus de production utilisant deux turbines à gaz pour produire de l’électricité à partir de la vapeur produite par l’eau chauffée.Visiblement sceptique, M1 Shadley a alors insisté auprès de M.Léveillée et de l’avocat d’Hydro-Québec, Michel Yergeau, pour qu’ils produisent un document pouvant appuyer ces dires.«Dans tous les documents produits par Hydro-Québec, n’y a-t-il pas un seul rapport, un seul compte rendu de discussions pouvant démontrer que la seule solution de rechange en 1992 était le cycle combiné au coût de 56 $ le MW/h?», a demandé M1' Shadley.Les recherches faites jusqu’ici à ce propos ont été vaines, lui a-t-on répondu, tout en promettant d’essayer encore.M1' Shadley a ensuite voulu savoir! pour quelles raisons Hydro-Québec! avait finalement abaissé en 1993 le tarif offert aux producteurs privés en re-; venant à la base de calcul utilisée en' 1989,1990 et 1991.«Ne risquiez-vous pas de mettre en; péril les projets privés de production: d’électricité et de vous retrouver de-j vant l’obligation de produire à un prix; plus élevé l’électricité nécessaire?» «En 1993, nous n’étions plus dans! la même situation», a fait valoir le di-j recteur à la planification stratégique.; «Les prévisions de la demande ve-,' naient d’être revues à la baisse et! nous pouvions alors compter sur desj solutions de rechange comme le pro-; jet Eastman 1», a-t-il ajouté.Les auditions se poursuivent au-: jourd’hui, 44' journée de travaux de; la commission, qui porteront sur la; cogénération.Pour sa part, M.Lé-! veillée poursuivra son témoignage la! semaine prochaine.loto-quêbec Tirage du 96-03-06 2 9 17 25 30 40 Numéro complémentaire: 49 GAGNANTS LOTS 6/6 4 514 049,50$ 5/6+ 9 68 539,90 $ 5/6 330 1 495,40 S 4/6 17 838 53,00 8 3/6 300 550 10,00$ Ventes totales: 15 817 548 S Prochain gros lot (approx.): 2 500 000 S Tirage du 96-03-06 NUMÉROS LOTS 577206 77206 7206 206 06 6 100 000$ 1 000$ 250$ 50$ 10$ 2$ T V A.le réseau des tirages La modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle, cette dernière a priorité.Pour toute question concernant le budget fédéral.Ligne 1 Pour obtenir plus de renseignements, téléphonez sans frais, du lundi au vendredi de 8 h à 22 h.1+1 Ministère des Finances Department of Finance Canada Canada 1 800 343-8282 ATME : 1800 465-7735 # I.K I) K V U I It .I.E V K .V I) H K IM K M A It S I II II II A 4 ?L E 8 A C T lî A LIT E S Le parcours sinueux des revues féministes De La Vie en rose à Madame au foyer Les revues féministes, une tribune nécessaire en voie de disparition ou un ghetto devenu aussi rare qu’inutiie?LOUISE LEDUC LE DEVOIR En 1987 cessait de paraître la revue féministe La Vie en rose.Plus qu’un simple problème d'argent, la disparition de cette tribune a surtout reflété l'essoufflement d'un mouvement aujourd’hui dispersé aux quatre vents.Ceux qui lisaient La Vie en rose s'en souviennent comme d’une relecture féministe de l'actualité, qu’elle suit générale ou culturelle.Yves Montand venait-il en ville, porté aux nues par tous les critiques, que Im Vie en me le livrait en pâture pour avoir intégré a la mise en scene de son spec tacle une femme balayant la scène.La mission avouée de la revue: donner aux femmes des outils de pouvoir et offrir un lieu de débat au féminisme.Le sommet de sa gloire: l’atteinte des 20 (XX) exemplaires vendus, succès inégalé dims le journal d’opinion.Avec le recul, Françoise Guénette, qui coanimait jusqu'à l’an passé* l’émission Us Temps modernes et qui fut longtemps rédactrice en chef de Im Vie en rose, estime que la revue a trop tardé à s’ajuster à l’air du temps.RtTL2.LT QUtUÎ MOUS VOUS RÉVÜÜERE2 VOUS UE VOUS SûUViEMÎ>RE2 ?U)S ,— DEfÙEtJ.c \ A PROPOS -?- .de remploi en 1996 En janvier, la croissance de l’emploi a été stable à 0,3 %, augmentation correspondant à celle des mois précédents.Bien que modérés, ce sont les meilleurs gains consécutifs depuis 1994, ce qui témoigne de la léthargie du marché du travail tout au long de 1995.Avec la nouvelle année, il y a eu une progression marquée de la population active adulte, d’où une légère hausse à 9,6 % du taux de chômage.L’activité demeure néanmoins en deçà des sommets atteints en 1995.Les services ont encore une fois dominé la croissance de l’emploi.Tous les principaux groupes industriels ont contribué à cette progression.Les industries de biens ont employé plus de gens pour la première fois en quatre mois.Ce retournement s’est largement opéré dans la fabrication, secteur qui a récupéré environ le quart de ses pertes des trois derniers mois de 1995.Sur le plan régional, la reprise observée dans la fabrication s’est traduite par des emplois plus nombreux dans les provinces centrales.L’Alberta et la Colombie-Britannique ont également fait des gains.La population active s’est accrue dans la plupart des provinces, mais le chômage n’a diminué qu’au Québec.L’Observateur économique canadien Statistique Canada Février 1996 LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BODRASSA LE 10 JANVIER 19 10 Directrice LISE BISSONNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Vice-président, finances et administration FRANÇOIS T II OUIN Directeor de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directenrs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, GUY TAILLEFER, NORMAND T H É RIA U LT Rédacteur en chef adjoinlJEAN-ROBERT SANSFAÇON Directeur artistiqne ROLAND-YVES CARIGNAN 2050.rne de Bleory, 9* étage, Montréal (Qnébec) R3A 3M9.TéI.: (514) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS I.f! I) K V U I K .I.K V K X l> K K IM K M A H S I !» Il II IDEE S A » Le projet immobilier Précieux-Sang Une collaboration à bâtir Une bonne PIERRE M.VAL1QUETTE Architecte paysagiste, l'auteur est impliqué dans des projets d’intendance privée en périphérie de Montréal et conseiller en planification stratégique au sein du Groupe DBSF.es Sœurs du Précieux-Sang détiennent une promesse d’achat par un promoteur immobilier pour les terrains et bâtiments qu’elles possèdent dans le quartier Notre-Dame» de-Grâce.Mais le projet de mise en valeur élaboré par le promoteur, avec l’accord de la Vilie de Montréal, ignore les besoins de la population locale.Ixi Ville reporte encore une fois la réflexion sur le devenir des équipements patrimoniaux et institutionnels qui entourent la Montagne ainsi que l'élaboration de principes directeurs de mise en valeur adaptés au nouveau contexte économique et social.La participation des citoyens à la recherche de solutions peut faire avancer le débat sur le patrimoine et surtout améliorer le projet proposé.La vente par la communauté des Sœurs du Précieux-Sang et l’obtention d’un prix raisonnable pour leur propriété est une intervention nécessaire pour elles et légitime dans notre système de droit.Un promoteur immobilier, en collaboration avec une firme d’architectes-urbanistes réputés, propose l’acquisition de toute la propriété de même que sa transformation en un imposant complexe domiciliaire.Ce projet permettrait aux religieuses de régler leur problème financier et au promoteur d’obtenir du terrain à bâtir sur un site exceptionnel, ce qui est plutôt rare autour de la Montagne.Ce projet offre aussi l’avantage non négligeable de proposer une activité économique dans un marché effondré et de contribuer au grand objectif de ramener des citoyens vivre au cœur de Montréal.Les citoyens qui habitent dans les quartiers avoisinants ont toujours eu un accès symbolique à la propriété des religieuses.Comme toutes les personnes qui résident à proximité d’un espace vert, d’un cours d’eau ou dans un milieu possédant une valeur historique ou un «esprit des lieux», ils ont développé envers ce site un sentiment d’appartenance, voire de «propriété».La Ville de Montréal a exprimé des réserves à la de-mande des citoyens quant à l’amélioration du projet.Elle • ; refuse d’ouvrir les discussions sur le projet.Les citoyens „j ont pourtant affirmé leur acceptation de l’objectif des reli-! gieuses et offert un soutien non équivoque au développement immobilier d’une partie de ce site.Pourquoi la Ville veut-elle empêcher les usagers de ces lieux, eux qui connaissent mieux leurs besoins que quiconque, de participer à la création d’un milieu adapté à la vie urbaine, à leur milieu de vie?L’approche de planification urbaine poursuivie par la Ville de Montréal suit une procédure de la même nature J que celle qui a produit nos banlieues nord-américaines.¦ C’est la façon de faire qui produit la laideur, défigure y chaque territoire sur lequel elle s’applique et désincarné la vie communautaire.Mais quelle est donc cette approche?_ C’est une procédure technocratique qui n’intègre pas i‘ les besoins de la communauté, une pratique bureaucratique où l’arbitraire politique crée un ordre qui favorise les intérêts particuliers au détriment des intérêts de la ; communauté.C’est un exercice d’organisation dans le- affaire pour les promoteurs mais pas pour les citoyens a afe { •A y* >—-|i n «¦’ v V / ; 'i> _ L’ensemble du site sur lequel un promoteur veut construire un complexée immobilier dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce.A droite, la façade du bâtiment.quel les projets ponctuels possèdent leurs propres qualités mais ne forment pas d’ensemble avec le milieu dans lequel ils s’insèrent.C’est le règne du développement individuel qui oublie les besoins du groupe, des projets qui privilégient la rapidité de leur exécution et qui profitent de l’émiettement des consensus culturels.C’est un ordre issu d’une procédure technocratique froide et sans âme qui produit des plans statiques de développement prescrivant des usages, des fonctions, des hauteurs et des densités de développement mais qui refuse de reconnaître les communautés humaines, leurs besoins variés et changeants ainsi que leur intelligence à participer à l’amélioration de leur milieu de vie.Peut-on changer cette procédure et donner à notre collectivité des outils qui lui permettront d’élaborer des propositions organiques respectueuses des personnes, des lieux et du patrimoine?Il est possible d’adopter une approche organique qui permette à un ensemble cohérent d’émerger à partir d’actes individuels.Une telle pratique est réalisable en habilitant la communauté à participer à l’organisation de son milieu de vie à partir de principes d’aménagement élaborés et adoptés collectivement.Cette manière de faire doit être soutenue par l’administration municipale.Elle procède par la mise en place d’une organisation non gouvernementale capable de guider l’action communautaire, apte à faire contrepoids et à collaborer avec les structures bureaucratiques.Dans le cas spécifique des équipements patrimoniaux et institutionnels qui entourent la Montagne, une telle PHOTOS JACQUES GRENIER jaiiuw.ira ' • • «' SsH — w -Û gsgü - approche consiste à élaborer, à faire valider par la communauté et à adopter par consensus un ensemble de principes directeurs qui créent un encadrement dans lequel peuvent être entrepris des projets individuels, quels qu’en soient les promoteurs.Ces principes directeurs sont essentiellement des balises qu'il faudrait rendre disponibles à tout promoteur de projet individuel élaboré sur des propriétés patrimoniales et institutionnelles.Ces balises assureraient que chaque projet respecte l’esprit des lieux, les besoins de la communauté locale et l’habileté de cette communauté à participer à l’amélioration de son environnement.Cette approche organique, qui est aussi une pratique technocratique mais avec une âme, permet aux citoyens d'exercer un contrôle créatif sur leur milieu de vie et de collaborer à son développement.Cette collaboration peut notamment prendre la forme d’une participation financière à l’acquisition d’une partie des terrains par une organisation non gouvernementale locale.Dans le cas particulier du projet de développement du Précieux-Sang, la Ville de Montréal a rejeté les offres de collaboration des citoyens à la recherche de solutions.Elle prévoit plutôt apporter une solution aux besoins des citoyens de ce quartier par le développement éventuel de terrains qui ne lui appartiennent pas (Domaine Villa-Maria) et pour lesquels les projets connus font surtout référence à une consolidation des activités institutionnelles.Une telle démarche augure bien mal pour la participation des citoyens à l’amélioration de leur milieu de vie à Montréal.Un survol du quadrilatère au centre duquel se situe le terrain du Précieux-Sang permet d’identifier rapidement une autre propriété institutionnelle importante qui est elle aussi sujette à une modification de fonction à court terme: le domaine des Sœurs de la Providence.Le gros bon sens et l’approche de développement organique devraient inciter les promoteurs à considérer cette propriété dans un projet de mise en valeur intégré.Le projet présenté par le promoteur à la Ville de Montréal comporte trois éléments distincts: la transformation du monastère en immeuble habitable, la construction de conciergeries au nord du site et à l’arrière du monastère et, enfin, la construction de maisons unifamiliales dans l’ancien verger du monastère, dans le «parc».C’est surtout cet aspect du projet qui provoque la communauté, qui nie à toutes fins pratiques l’esprit des lieux, qui rejette tout sentiment de «propriété».Au delà d’une contestation et d’affrontements stériles,1 les promoteurs et les citoyens peuvent-ils se rejoindre et élaborer un projet qui saura satisfaire les intérêts de toutes les parties?Nous le croyons.Mais cette démarche ne sera possible que si les promoteurs et la Ville de Montréal acceptent de revoir leurs positions et de collaborer à un projet qui pourra être exemplaire et utile pour toute la communauté montréalaise et pas seulement à quelques intérêts particuliers.Ixt Ville de Montréal reporte encore une fois la réflexion sur le devenir des équipements patrimoniaux et institutionnels entourant la Montagne.Le Midi quinze Sur une petite phrase de Panimateur Le geste du premier ministre Chrétien envers un manifestant a dit beaucoup de choses en soi et en a dit beaucoup d'autres ensuite par la bouche des journalistes FRANÇOIS HÉBERT Écrivain et professeur xagérons un brin et parlons de la E tentative de meurtre du premier ministre Chrétien.Car prendre quelqu’un au cou comme il l’a fait n’est pas sans risque sur le plan =J physiologique.C’est au moins aussi dangereux que de laisser deux pilotes d’avion causer ensemble en français.Ou de fermer un hôpital de l’ouest de fa ville.Si je criminalise et politise ainsi le fait divers (ou d’armes) que l’on sait, c’est évidemment pour frapper mon lecteur.Les journalistes ne font jamais autre chose que cela, avec un doigté qui varie.Un fait est un fait, soit! Mais quel fut ici le fait?Pour quelques-uns (dont la GRC), le premier ministre du Canada en personne a brutalisé un manifestant pacifique; pour d’autres (en clair ou en filigrane), Hulk Chrétien a donné une bonne leçon à un méchant sé-paratisse.Le geste du premier ministre a dit beaucoup de choses en soi; il en a dit beaucoup d’autres ensuite par la bouche des journalistes, qui ont conféré un sens à ce qui n’était peut-être d’abord qu’une impulsion.Le premier ministre était carrément tanné: on venait de gâcher sa gentille petite fête des drapeaux.Il s’est oublié.Le doigté d’un journaliste, voilà tout ensemble son goût, son objectivité, son I idéologie.Tout langage médiatique n’est- il pas polémique par définition?Sinon violent, dans la mesure où il vous fait quelque chose.Il est d’ailleurs fait pour vous faire quelque chose.Et non pas, comme le croient les naïfs, pour vous informer, un quotidien ou un téléjournal n’étant pas un kiosque d’information ou une encyclopédie.Les règles de l’Ordre du temple solaire ne sont pas plus occultes que celles qui président à la composition d’un bulletin de nouvelles de la SRC, société qui est tout à la fois ordre (reflet de la réalité canadienne idéale), temple (espace médiatique sacré) et soleil (stéroïdes patriotiques, éblouissements divers).Y en a-t-il qui croient encore que la SRC est objective?PHOTO ARCHIVES Jean Chrétien empoignant Bill Clennett à Hull le 15 février dernier.Seul (j’exagère à peine) Joël Le Bigot dit la vérité; encore lui faut-il l’encoder (allusions, blagues, protestations d’incompétence.).A condition de savoir déchiffrer les symboles, les ordres secrets de la SRC sont néanmoins lisibles, en partie, dans les nouvelles elles-mêmes: dans leur ordre, dans leur répétition, dans leurs poids respectifs, dans leur fabrication, dans leurs silences.Il faut être paranoïaque quand on vous organise, quand on structure le monde à votre place! Sans aller jusqu’à comparer la SRC à la Pravda du Pavillon des cancéreux de Soljénitsyne (un personnage y décode littéralement une nouvelle écrite de langue de bois), nous pouvons tout de même exercer un certain scepticisme dans un cas précis.Récemment, l’un des meilleurs de la boîte, Michel Lacombe, qui en général pose avec insistance les meilleures questions possibles, a consacré le tiers (seulement) de son Midi quinze au geste du premier ministre canadien.D’un ton vaguement las que je me permets d’interpréter comme signifiant, je n’ai pas le choix, Lacombe a dit: «Nous allons nous limiter aux questions relatives à la sécurité du premier ministre.» J’ai pensé: quel est ce nous qui parle ici, s’adressant à quel nous?J’ai compris: la SRC va vous limiter à.Et pourquoi donc cette restriction?La réponse va de soi: à l’instar des médias anglophones, la SRC (qui rime avec GRC) a insisté sur l’aspect sécurité de l’affaire pour insinuer par là qu’il y avait eu danger (appréhendé, sinon réel), et que donc le geste en était un de légitime défense.Et ce, malgré les dénégations (dans un premier temps) de la GRC (qui ne rime pas, ici, avec la SRC).Et Lacombe de patiner et de chercher une autre question sur une glace qui fondait à toute vitesse et de sembler vouloir faire dire au représentant de la GRC que peut-être la sécurité aurait pu.et que si.et que et que.Dans un deuxième temps, on le sait, la GRC a de nouveau rimé avec la SRC, admettant (pour l’opinion anglophone et pour la défense légale de l’agresseur éventuellement inculpé) qu’il y avait eu quelque danger.qu’on aurait pu.qu’on aurait dû.que la prochaine fois.Les journalistes de la SRC sont-ils, oui ou non, libres de poser les questions qu’ils veulent, M.Lacombe?On sait que la réponse est négative, au quotidien La Presse.La réaction stupéfiée du peuple québécois n’a pas été assez reflétée dans nos médias.La plupart ont sciemment omis de signaler l’incorrection scandaleuse du geste, sa vulgarité, son indécence.Ils pardonnent à Chrétien sa colère parce qu’il est la hampe de l’unité nationale et que son front est ceint de drapeaux glorieux.Les Québécois ont-ils été scandalisés?Qu’à cela ne tienne: la SRC ne travaille pas pour cette majorité, mais pour une autre.Au Québec, la SRC française ne parle pas pour ceux à qui elle parle; elle leur préfère systématiquement le moindre deux de pique pure laine mitée de Hearst.Et d’ailleurs, à l'heure de l’ALENA, on en a marre d’entendre parler d’un plouc de Port au Port plutôt que des choses sérieuses qui se passent à quelques kilomètres de chez nous, aux Etats-Unis dont nous savons si peu.N’allez pas rétorquer que nous avons la télé américaine: il s’agit justement de donner notre coloration au monde, incluant les Etats-Unis.La culture passe par l’indépendance d’esprit Mais revenons à notre thug improvisé.Le geste de Chrétien a pris une dimension symboliquç, comme tout ce que fait ou dit un chef d’Etat.Imaginez: si ç’avait été un acte prémédité et froidement exécuté pour impressionner, manipuler, intimider et provoquer les gens.Or, le résultat est le même: le symbole est actif.Si le premier ministre n’explique pas son geste, il est aussi coupable que s’il l’avait voulu, car il l’entretient, il le justifie après coup, il le consacre, il en fait un geste héroïque et historique, il fait du geste un geste, et il essaie d’en profiter.Le premier ministre a eu l’air d’un méchant de Mortal Combat, agressif à mort et se cachant derrière ses verres fumés.Le fait est là, dans l’apparence.Quelle réalité voulez-vous?Pitonnez.On a envoyé Dallaire, le célèbre promeneur nocturne au couteau, dragon terrassé par Aline, chez un psychiatre.M.Chrétien a peut-être, lui aussi, besoin d’aide?Le stress, l’incompétence, l’existence d’autrui, les sourcils sombres de Lucien Bouchard, l’opinion persistante de deux énervants millions de sépara-tisses, tout ça fatigue.Soit dit en passant, dans tout autre pays que le Canada, Dallaire eût commis un attentat politique: ici, c’est un détraqué.Par ailleurs, dans tout autre pays que le plus meilleur, un premier ministre qui assaille rait un citoyen serait illico forcé de prendre sa retraite.Voyez-vous Chirac plaquant au sol un Corse.Clinton voulant égorger une féministe, Eltsine envoyant un uppercut à un mendiant de Moscou?La réaction stupéfiée du peuple québécois n’a pas été assez reflétée dans nos médias.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine: Sylvain Blanchard, Paul Cauclion, Jean Chartier, Louis-Gilles Francœur (environnement), Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit, Brian Myles, Isabelle Paré, Louis Lapierre (adjoint au directeur de l’information), Konrad Yakabuski; Jean-Pierre Legault (responsable des pages thématiques), Diane Précourt (pages éditoriales, responsable de la section Tourisme)', Martin Duclos et Christine Du-mazet (relecteurs)', Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); à l’information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon, Paule des Rivières, Louise Leduc, Benoit Munger, Odile Tremblay; à l’information économique: Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutri-sac, Claude Lévesque, Serge Truffaut, Claude Turcotte; à l’information internationale: Sylviane Tramier (responsable), François Brousseau (éditorialiste), Jocelyn Coulon, Clément Trudel; à l’information politique: Pierre O'Neill, Jean Dion (correspondant parlementaire à Ottawa), Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec)', Serge Chapleau (caricaturiste); à l’information sportive: Yves d’Avignon; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction); Marie-Claude Petit, Julie Tremblay (commis).La documentation: Gilles Paré (directeur); Brigitte Arsenault, Manon Derpme, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice), Daniel Barbeau (directeur adjoint), Yves Williams (responsable, avis publics et annonces classées), Jacqueline Avril, Jean de Billy, Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté, Marlène Côté, Sylvie Hanna, Christiane Legault, Suzanne Miscevic, Jacques A Nadeau, Micheline Ruelland, Monique Ver-reault (publicitaires); Sylvie Laporte, Nathalie Lemieux, Pierrette Rousseau, Micheline Turgeon; Michèle Bouchard (secrétaire).LA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution et production), Michael Schneider et Marie-France Turgeon (responsables de la production), Claudine Bédard.Johanne Brunet.Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Marie-Josée Hudon, Sylvain Lesage, Christian Vien.Olivier Zuida.SERVICE À LA CLIENTELE Johanne Brien (responsable), Chrystian Guy (responsable à la promotion des abonnements).Manon Blanchette-Tur-cotte.Monique L'Heureux, Lise Lachapelle, Rachelle Leclerc-Venne.L’ADMINISTRATION Yves Bouthiette (contrôleur), Dany Dépatie (adjointe à l’administration et coordonnatrice aux ressources humaines), Nicole Carmel (responsable des services comptables), Jeanne-d'Aic Houdt (secrétaire à la direction); Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Nathalie Perrier.Danielle Ponton, Danielle Ross LE CONSEIL DU DEVOIR INC.Yves L Duhaime (président).LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président).Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général). A in I.K I) K V 0 I II .I.K V K N I) It K II I 8 M A II S I II II (I ?LE DEVOIR MONTRÉAL «Si on vend toute la maison pour payer l'épicerie, ça pose un problème à moyen terme» JOHNSON «Le membership décroît d'une façon alarmante» SUITE DE LA PAGE 1 Service des finances, ou bien il induit le conseil municipal en erreur.Dans les deux cas.cela m’apparaît être une attitude très grave.» M.Lavallée estime que la vente des actifs immobiliers de la Ville pourrait être lourde de conséquences pour les contribuables montréalais.«On veut réduire à court terme le fardeau fiscal des Montréalais.Je ne ne suis pas contre le principe, au contraire, dit-il.Mais si on vend toute la maison pour payer l’épicerie, ça pose un problème à moyen terme.» «Est-ce qu’on est en train de régler le court terme et d’hypothéquer l’avenir de la Ville?», s’interroge-t-il.La réplique de l’Hôtel de Ville est venue de la présidente du comité exécutif, Noushig Eloyan, moins de deux heures après la conférence de presse du chef du RCM.Accompagnée de six personnes, Mme Eloyan a démontré qu’elle ne s’opposait pas a la vente des im meubles de la Ville.«Il faut l’étudier.Si on peut réduire le fardeau fiscal des Montréalais, je pense qu’il faut sérieusement réfléchir à toute possibilité.» Mme Eloyan a reconnu que des discussions avaient «fort probablement» eu lieu entre la Ville et la Caisse de dépôt.«C’est sûr qu’il a pu y avoir des propositions spontanées comme ça et le directeur des services a le devoir de tout ramasser ça, de bien étudier et d’arriver avec une proposition au comité exécutif.» Elle a cependant refusé de confirmer l'authenticité du document rendu public par le RCM.«Ce n’est pas un document officiel de la Ville», a dit Mme Eloyan, refusant par le fait même d’en commenter le contenu.«Je peux vous confirmer une chose, c’est qu’il n’y a jamais, mais jamais eu quoi que ce soit, au niveau des immeubles, déposé au comité exécutif», a ajouté Mme Eloyan, qui soutient n’avoir jamais discuté personnellement de la vente des actifs immobiliers de la Ville avec la Caisse de dépôt.Du côté de la Caisse de dépôt, le porte-parole Kevin Dougherty n’a ni confirmé ni démenti que la Ville et la Caisse aient engagé des pourparlers.Il a souligné que la Société de gestion d’infrastructures publiques ne faisait pas partie de la CDPQ.Le projet semble toutefois bien enclenché.Selon l’échéancier qui est proposé dans le Programme d'acquisition, la Ville et la Caisse de dépôt ont déjà signé un accord de principe en février.Dès ce mois-ci, l’évaluation et la présentation du parc immobilier dont l’acquisition est envisagée doivent être complétées.Le comité exécutif doit enfin ratifier l’accord à la fin du mois.Le conseil municipal devrait par la suite être saisi du projet, à la fin du mois d’août ou au début de septembre.Paradoxalement, Noushig Eloyan a rappelé que la privatisation des services municipaux — «un processus très transparent» — était encore à l’étude.«Ça va se faire dans l’intérêt des Montréalais, sinon on ne le fera pas.Arrêtez de penser que la Ville est à vendre», s’est exclamée Mme Eloyan, visiblement impatiente.«Ce n’est pas une vente de feu.» Ironie du sort, la Ville a récemment pris les grands moyens pour convaincre les Montréalais comme les banlieusards de faire l’acquisition d’une propriété sur l’île, alors qu’elle songerait elle-même à devenir en partie locataire.André Lavallée SCOLARITE Favoriser la persévérance aux études SUITE DE LA PAGE 1 chel Leclerc, de saisir l’occasion pour préparer «l’université de l’an 2000» en s’appuyant sur une approche systémique.L’université n’est pas seulement affectée par les réductions de subventions du gouvernement.Elle est aussi soumise à une compétition de plus en plus vive, menacée par le.déclin des clientèles et interpellée par les voies technologiques de diffusion des connaissances.C’est à l’ensemble de ces défis que 1TJQ cherche à faire face avec un plan qui «n’est pas un plan de compressions», insiste M.Leclerc, même si au bout du compte le budget de l’université fondra de près du quart en trois ans.Ce plan met en lumière certaines innovations qui peuvent changer le visage de l’université telle qu’on la connaît.L’une d’elle est le recours plus systématique aux techniques informatiques pour dispenser l’enseignement, sur CD-ROM ou à distance grâce aux autoroutes de l’information.M.Leclerc voit très bien, par exemple, que certains cours obligatoires de base qui reviennent chaque année et qui sont suivis par des milliers d’étudiants soient disponibles sur des supports électroniques, complétés par quelques séances en classe.Cela libérerait le professeur qui pourrait, au lieu de répéter le même cours à des milliers d’étudiants diffé- rents, se consacrer à d’autres tâches.Le réseau a présenté une demande d’investissement de l’ordre de 68 millions pour financer ce virage technologique.L’UQ envisage également d’exploiter des sources parallèles de revenus.Elle songe à créer des sociétés commerciales (UQ inc.) pour tirer profit des brevets ou des licences d’exploitation découlant de la recherche effectuée au sein du réseau.De même, l’UQ souhaite que les fondations mises sur pied par ses constituantes soient plus dynamiques.Le réseau pense aussi à créer une coopérative de formation continue non créditée pour offrir aux entreprises ou aux travailleurs une formation ad hoc, conçue sur mesure, à des fins de recyclage ou de perfectionnement.L’université souhaite enfin favoriser la persévérance aux études par un meilleur encadrement des étudiants afin de préserver sa clientèle.M.Leclerc note à ce sujet que la concurrence de plus en plus féroce entre les universités québécoises pour attirer des étudiants nuit à l’UQ.Il déplore que des universités montréalaises, par exemple, offrent des cours en Abitibi et s’accaparent ainsi une clientèle qui devrait être la sienne.Il appelle à des mesures énergiques contre ce phénomène.Dans ce plan, l’UQ n’entrevoit aucune hausse des droits de scolarité payés par les étudiants.Récemment, les recteurs des universités McGill et Concordia, MM.Shapiro et Lowy, avaient recommandé à Québec d’augmenter et même de doubler (Shapiro) les droits de scolarité qui sont présentement les plus bas au Canada (1694 $ par an contre une moyenne canadienne de 2300 $).Gelés au Québec, ils ont été augmentés de 7 % en moyenne dans le reste du pays pour l’année en cours.L’un des porte-parole de l’UQ, Ro-bçrt Papineau (directeur général de l’École de technologie supérieure), estime qu’il faut aborder la question «avec prudence».Il note que les constituantes de l’Université du Québec en régions pourraient souffrir d’une hausse générale des droits car, déjà, avec l’augmentation accordée ces dernières années, le taux de fréquentation a diminué.De 1992 à 1994, l’UQ a perdu 6000 inscriptions.L’Université du Québec compte six constituantes régionales (Montréal, Chicoutimi, Rimouski, Abitibi-Témis-camingue, Hull et Trois-Rivières) et cinq institutions spécialisées (ETS, ENAP, INRS, IAF et Télé-Université).M.Papineau pense qu’une hausse des frais pour les étudiants étrangers pourrait être plus acceptable.Il donne l’exemple d’étudiants américains qui viennent faire leur médecine à McGill pour une portion infime du prix que leur arracherait une université américaine.Les dirigeants de l’UQ souhaitent faire en sorte que la qualité de la formation dispensée ne soit pas affectée par les compressions budgétaires.C’est pour cette raison qu’ils répugnent à envisager des mises à pied aveugles.«Souvent, ce sont les plus jeunes professeurs qui perdraient leur emploi», dit M.Leclerc.En outre, l’UQ fonctionne déjà avec 393 professeurs de moins que les autres universités québécoises, en moyenne.L’UQ suggère d’emprunter la voie de la renégociation.Avec la levée de la loi 102, les universités doivent en principe accorder une hausse de salaire de 1 % à leurs employés.Cela entraînerait un coût de 4,5 millions l’an prochain.M.Leclerc placera les syndicats devant ce choix: augmenter les salaires et couper des postes, ou garder les postes sans augmenter les salaires.Il soutient qu’au siège social de l’UQ, des gens sont prêts à accepter des réductions de leur salaire.Il note qu’un professeur d’université fait partie des privilégiés de la société.En fin de carrière, il gagne quelque 80 000 $ par an, plus les avantages sociaux.Il va sans dire qu’avant de réclamer des sacrifices, l’UQ fera sa part pour réduire ses frais d’administration.Grâce à l’informatique, on entrevoit une baisse de 30 % du budget du service des achats, par exemple.Quant aux salaires des hauts dirigeants, ils sont déjà plus bas de plusieurs dizaines de milliers de dollars par année que ceux en vigueur dans les autres universités.SUITE DE LA PAGE 1 climat de morosité se prêtait davantage au replâtrage qu'au gargouilla-ge.Estimant que la performance de leur chef avait été somme toute respectable, les militants n’ont pas fait objection à ce que l’exercice de remise en question soit reporté de quelques mois.Ainsi resitué en 1995, le jour du jugement a de nouveau été repoussé.D’abord appréhendé en juin avant d’être tenu en octobre, le référendum a fourni à la direction du parti le prétexte d’un nouveau délai.Après tant de renvois, 1996 apparaissait incontournable.Mais l’autre jour, l’exécutif du parti est à nouveau venu à la rescousse de son chef et a décidé de fixer la tenue du prochain congrès plénier en mars 1997.Cette décision cache-t-elle des motifs inavouables?Pas du tout, répond le président du parti, Me Jacques La-moureux, qui allègue le coût exorbitant de l’opération et la nécessité préalable de mettre en branle un processus de réflexion.«Un congrès, ça coûte un million de dollars, et préparer une plate-forme politique, ça prend du temps.» Cette réunion du conseil général du parti, en fin de semaine à Québec, regroupera quelque 400 délégués des associations des comtés et des régions ainsi que les députés et les membres de l’exécutif.Après la bagarre médiatique qu’ils ont livrée au conseil général de novembre dernier, on aurait pu s’attendre à ce que les rebelles profitent de cette nouvelle occasion pour en découdre avec leur leader et son entourage.Or, il semble bien que ce ne sera pas le cas.Les Diane Viau, Pierre Saulnier, Jocelyn Carrier, Denis Thé-rien, François Ghali et autres porte-étendards de la contestation ont convenu de faire relâche, de laisser passer un tour.Leur objectif demeure le même: obliger la tenue d’un vote sur le leadership dans les meilleurs délais.Mais ils ne tenteront pas de semer la pagaille au conseil général.Serait-ce que, de guerre lasse, la rébellion s’essouffle?Ridicule.La direction du parti, allèguent-ils, a accepté que cette réunion en soit une de contenu, ce qui figure au premier rang de nos revendications.«Ce n’est pas le moment approprié d’aller déchirer notre chemise sur la place publique», fait valoir Diane Viau, ancienne vice-présidente du parti et figure de proue de ce (mouvement de contestation.A moins que la faible opposition rencontrée par le chef dans sa tournée des régions n’ait découragé les conspirateurs., Mis à part les quelques cris de contestation entendus en Mauricie et en Abitibi, le leadership de M.Johnson n’a pas été sérieusement remis en question.De la dizaine de présidents d’association dont U Devoir a sollicité l’opinion, seul celui du comté de Champlain est apparu intraitable, réclamant la démission de son chef.Yves La-coursière soutient que Daniel Johnson n’est plus l’homme de la situation et qu’il devrait avoir le courage de se soumettre à un vote de confiance dans les meilleurs délais.A son avis, le mouvement de contestation est beaucoup plus répandu et profond qu’il n’y parait et en s'accrochant à son poste, le chef empêche la reconstruction du parti.Selon M.Lacoursiè-re, le PD) est en proie à la sclérose et le membership est en chute libre.«Une bombe à retardement» Diane Viau constate par ailleurs que la direction du parti a planifié la tournée des régions de façon à éviter la confrontation entre M.Johnson et les militants.Seuls les membres des exécutifs de comté sont invités à rencontrer le chef du parti.En principe, ce mode de sélection devrait permettre de réunir près d’une centaine de personnes, alors qu’on en compte rarement plus qu’une trentaine.Ce qui fait croire à Mme Viau qu’on se trouve en face d’un phénomène de désaffection.«Le membership décroît d’une façon alarmante.Plus on attend, plus c’est mauvais pour le parti.» Elle est cependant convaincue que tôt ou tard, l’angoisse de la base militante va se traduire par un irrésistible mouvement de rejet.«C’est une bombe à retardement.» Pour l’ex-président de la commission politique du PLQ, Pierre Saulnier, la remise en question du leadership de M.Johnson est un passage obligé vers la reconstruction du parti, un processus long et complexe.«Pour y arriver, il faut que l’on redonne le parti aux militants, aux associations de comté.» Quoi qu’il en soit, la direction du parti a organisé pour ce week-end un colloque sur «les grandes valeurs libérales».Deux invités de marque donneront le ton à ce moment de recueillement: l’ancien chef du parti, Claude Ryan, et l’ex-chroniqueur du quotidien The Gazette, Jean-Claude Leclerc.Deux penseurs qui ont connu leurs meilleurs jours alors qu’ils éditorialisaient dans Le Devoir.Les délégués ont jusqu’à dimanche matin pour déposer des résolutions dites d’urgence, dont on exige qu’elles aient un lien étroit avec l’actualité politique.Une boîte à surprises, dont pourrait bien sortir une résolution sur le leadership, fait observer Yves Lacoursière, le président de Champlain.«Ce qui se passe actuellement, ce n’est pas du grenouillage, c’est de la contestation.Ça peut éclater sur le plancher du conseil général, on ne sait jamais.» MAMAN Quel bon fils qu'Alain Chartrand! SUITE DE LA PAGE 1 monne (quoique les titres soient similaires), ni des «je me souviens bien d’elle» livrés par les survivants en pleurs.Il s’agit d’une œuvre originale, quoique posthume, présentée au «je» par la voix même de la disparue.C’est Simonne qui se raconte ici.Parfois à travers la voix hors champ de son fils ou d’Hélène Loiselle, après repiquage des extraits de son autobiographie, de lettres, d’agenda.Les témoignages audiovisuels qui lui survivent la ressuscitent à tous les âges dé sa vie, toujours belle, toujours ardente, plus humaine, plus engagée que jamais.Pour elle, le privé et le public étaient indissociables, le corps, le cœur, l’esprit devaient tous être nouiris, et il lui semblait impensable de déplorer un problème social sans se battre à griffes et à dents pour y remédier.«H faut dire ce qu’on pense, parce que ça peut aider les autres à penser», affirmait-elle.A l’ère de l’individualisme, quand la notion même de modèle semble si désuète, les mots de Simonne revêtent aujourd’hui une portée nouvelle.«J’espère que les jeunes vont aller voir le film, lance Alain avec ferveur.Ce sont eux qui vont changer la société.» Au départ, Alain n’avait pas pensé à faire un documen- taire sur sa mère.C’est Yolande Rossignol qui lui a donné l’idée, sur la tombe de Simonne.Aujourd’hui, réalisateur prolifique, il en parle comme du film le plus important de sa vie.Une œuvre qui aborde la spiritualité, l’amour, l'intégrité, les vraies valeurs humaines.«Je crois qu’elle aimerait Ma vie comme rivière», dit-il.Alain n’a pas l’impression d’avoir trahi son modèle.Lui et.sa compagne Diane Cailher — qui coréalise le film — ont compulsé les archives de Radio-Canada, coupant, repiquant des extraits de Femmes d’aujourd’hui de 1960 à 1968 où Simonne apparaissait, ses témoignages accordés à Rivages, à Second regard.Utilisant le courrier, l’agenda, les notes, l’autobiographie pour mieux la ressusciter.Au cours des trois années qui ont suivi le décès, ils ont continué à vivre avec celle que son garçon appelle encore tout simplement Simonne, à l’écouter parler, à la consulter intérieurement.Ils ont ainsi pu faire un peu la paix avec leur deuil.Quel bon fils qu’Alain Chartrand! On lui devait déjà, en 1990, Un homme de parole, film-témoignage sur son père Michel, le fougueux syndicaliste à la célèbre moustache et à la voix tonnante.Il faut dire qu’il a eu des parents hors du commun.Et que ça marque son homme.Son père, il l’a toujours vu par monts et par vaux, par- fois emprisonné ou aux piquets de grève en un ailleurs agité.Alain, né en 1946, fut bercé par un univers de femmes, entre la mère et cinq sœurs.Son frère avait neuf ans de moins que lui, trop jeune pour faire le poids.Le féminin pluriel régnait dans la maison bourdonnante, ouverte à tous.Michel Chartrand préférait ses filles (il en a eu cinq); il les chatouillait, les cajolait à la maison.Avant l’âge de 25 ans, Alain n’a pu lui adresser la parole sans se mettre illico à bégayer tant il en était terrifié.Mais sa mère chouchoutait son fils aîné, lui faisait ses confidences et lui a d’ailleurs tout légué: ses archives, sa correspondance.Alain en était fou.Il la décrit en femme avec un grand F, éternelle amoureuse de son iconoclaste de mari, dotée d’un charme incendiaire, d’une tolérance, d’une puissance de vivre qui emportait tout.Cultivée mais non intellectuelle, curieuse, ouverte, à l’écoute des autres, d’un dévouement sans bornes, militante par vocation et par amour, si facile à aimer, insensible à la peur.Il l’a vue s’engager corps et âme dans le Mouvement de la paix, la Voix des femmes, la Ligue des droits et libertés, les réformes scolaires, la défense des démunis, des autochtones, des prisonniers politiques, des aînés.Conférencière partout, écrivaine qui nous livra ses mémoires.«Elle n’en revenait pas que les filles d’aujourd’hui, mères d’un seul enfant, ne trouvent pas le temps d’assister à la réunion d’un syndicat, d’un comité.» Le temps, Simonne le dégotait toujours.Et le courage aussi.«Il en fallait à une femme pour lancer à un prêtre pendant les années 60: “Vous nous emmerdez.Laissez les lai'cs régler leurs problèmes de chambre à coucher.”» «Avec une mère pareille, on est obligé d’avoir une conscience sociale», affirme aujourd’hui Alain Chartrand.Mais de tels parents signifiaient, pendant son enfance, l’exclusion sociale.Le Québec duplessiste ne pardonnait pas un père «communiste» et excentrique.«Des Michel, des Simonne, on n’en fait plus aujourd’hui, estime Alain.Seule une société brimée pouvait générer des personnalités aussi fortes, des humanistes chrétiens [le terme fait désormais sourire].Tout le monde est devenu si individualiste.On oublie la solidarité qui régnait au cours des années 70.Et comme le sens de l’Histoire s’est égaré, j’ai voulu aussi témoigner à travers mon film du Québec et de son passé, des pionniers qui l’ont bâti et que les nouvelles générations ne connaissent pas.» «Je ne verrai pas l’an 2000.Je n’y tiens pas.Mais je tiens à signer ma vie comme rivière», y déclare la grande Simonne, sachant bien qu’elle n’avait pas à rougir du cours généreux de son existence.Ne manquez pas notre cahier spécial Le samedi 23 mars LE DEVOIR H H U-H 0 J îerce extérieur Tombée publicitaire: le 8 mars 1996 LE DEVOIR LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OU.VERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H30 À I7H00 2050.RUE DE BLEURY.9E ÉTAGE.MONTRÉAL.(QUÉBEC) H3A 3M9 RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION : (514)985 3333 PUBLICITÉ AVIS PUBLICS (514) 985-3344 ANNONCES CLASSÉES (514) 985-3344 PUBLICITÉ (514)985 3399 / télécopieur(514) 985-3390 NUMÉRO SANS FRAIS 1 800 363-0305 Its mtnéios de téléphone Jiiriols sont valables pont le service de livraison per camelot et poet les abonntnenls postaer.SERVICE DES ABONNEMENTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 À 16H30 Montréal (514) 985-3355 / télécopieur (514) 985-3390 Extérieur (sans frais) 1 800 463-7559 LE DEVOIR est publié par LE DEVOIR Inc.dont fa» siegr informations publiées dans Iis DEVOIR.LE DEVOIR est 2050 de Bfcury.9e étage.Dynamique*, division du On ipeQuf lébec).H3A 3M9 II est imprimé par 1rs Imprimerie Québécor LaSalle.7743 de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 612 ouest rue Saint-Jacques.Montréal.L’Agence Presse Canadienne est aulorisée à employer et à diffuser les cor Inc.000 bout St-Martin ouest.laval.Envoi de publication — Enregistrement no 0858 Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.Téléphone général: (514) 9853333; service à b clientèle: (514) 985-3355; publicité: (514) 985-3399.
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