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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier C
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 1996-03-08, Collections de BAnQ.

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M A It I t! il li I) K V 0 I It V K X l> It K l> I JOURNEE INTERNATIONALE DES FEMMES route ¦jàÆZ' wfr± i • m&m .y ; V“4; ' «**£25! ^#saSj tion du travail était signé par les trois juges en chef et le ministre de la Justice.C’était important d’impliquer tous les partenaires.«Si les juges continuent de prolonger les audiences au-delà des heures de garderies, les avocates ne seront pas plus avancées», explique la bâtonnière Jocelyne Olivier.Les femmes ont désormais accès aux fonctions les plus PHOTO JACQUES GRENIER LE DEVOIR élevées de l’État Mais l’Église catholique reste un bastion à conquérir.Là aussi, un grand nombre de femmes veulent faire avancer les choses.Chaque diocèse est doté d’un comité de répondantes à la condition féminine.On a aussi mis sur pied un réseau œcuménique des femmes, tandis que d’autres s’impliquent dans le collectif féministe l’Autre paro- ISABELLE RIVEST COLLABORATION SPECIALE Moins bruyant qu’autrefois, le féminisme n’a cependant rien perdu de sa vitalité.C’est d’ailleurs pour souligner la richesse du mouvement féminin que le Conseil du statut de la femme a adopté cette année, pour la journée internationale des femmes, le thème «Le dire sur tous les tons».Les femmes de tous les âges et de tous les milieux sont invitées à exprimer aujourd’hui, de toutes les manières, ce qu’elles pensent, veulent et réalisent.Au cours des vingt dernières années, les organisations féminines ont poussé comme des champignons.Aujourd’hui, quelque 1500 groupes œuvrent au Québec dans tous les secteurs d’activités: centres d’aide contre les agressions sexuelles, associations de femmes collaboratrices de leur mari, groupes de recherche féministes dans les universités.Les femmes sont partout, constituées en associations, comités, réseaux, toujours très ancrées dans la réalité quotidienne.Dès qu’un problème surgit ou prend de l’ampleur, de nouvelles réponses apparaissent.Parmi les derniers-nés: des groupes d’entraide pour femmes atteintes du sida.Mais tout ce foisonnement d’activité a-t-il contribué à l’avancement de leurs droits?Plus ça change.On croyait que l’accession à l’indépendance financière était la clé de l’émancipation des femmes.C’était pour découvrir que l’organisation du travail menacerait la santé physique et mentale de nombreuses d’entre elles.Les comités «femmes» des syndicats et le Conseil du statut de la femme ont été parmi les premiers à dénoncer le problème.Mais c’est un dossier délicat à gérer.«On ne peut pas faire de lois pour contraindre nos conjoints à s’occuper des tâches domestiques!», s’exclame Thérèse Mailloux, présidente par intérim du Conseil du statut de la femme.Les femmes se sont relativement bien insérées sur le marché du travail.Mais rien n’est jamais acquis.Majoritaires dans les postes occasionnels et temporaires de la fonction publique, elles sont les premières à perdre leurs emplois quand surviennent les compressions.Plus inquiétant, on remarque une recrudescence du harcèlement sexuel au travail.Avec les réductions d’effectifs, tous les employés sont sur les dents.«C’est une guerre psychologique», affirme Monique Voisine, conseillère à la condition féminine du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ).«Il y a une volonté d’évincer les femmes du marché du travail, estime-t-elle.On recommence à entendre des réflexions sur “les femmes mariées qui devraient retourner à la maison’’.» Les corporations professionnelles se sont aussi dotées de comités femmes.Au Barreau du Québec, peut-être la plus conservatrice des professions libérales, l’objectif est faire en sorte que les effectifs féminins puissent demeurer au sein de la profession (à ce titre, le comité femmes du Barreau est une figure de proue au sein des corporations professionnelles).L’an dernier, un protocole d’entente sur l’organisa- le.Les femmes dans l'Église déplorent qu’on leur refuse encore l'exercice de la prêtrise.Elles souhaiteraient aussi une attitude plus pastorale, plus tolérante dans les dossiers comme la contraception et l’avortement.Finalement, si on a beaucoup parlé de la violence faite aux femmes au cours des quinze dernières années, les statistiques démontrent qu’elle h'a pas diminué.Ce qui change, toutefois, c’est que l’opinion publique est plus prompte à se scandaliser.Et les femmes en difficulté ne sont plus livrées à elles-même.Un réseau des ressources d’hébergement peut leur venir en aide.Signe encourageant, elles tolèrent moins longtemps les situations abusives.Dites-le avec des roses Si Dieu est toujours de sexe masculin, la pauvreté demeure féminine.Et le retrait de l’État de la sphère sociale n’augure rien de bon.Les groupes communautaires, de plus en plus débordés, risquent d’être confinés exclusivement au travail de service.Trouveront-ils encore le temps et l’énergie pour se ressourcer?Et si le soin des personnes malades et âgées revient de plus en plus à la communauté et à la cellule familiale, gageons que l’impact sera plus grand sur les femmes.«Par son implication, le gouvernement avait permis aux femmes de prendre leur place sur le marché du travail.Devront-elles aujourd’hui s’en retirer?» s’inquiète Thérèse Mailloux.Malgré leur diversité, les groupes de femmes se sont unifiés autour d’une même priorité: la lutte contre la pauvreté.L’an dernier, des milliers de femmes immigrantes, autochtones, anglophones, francophones, lesbiennes, étudiantes, syndicalistes, chrétiennes, ont participé à la Marche «Du pain et des roses».Leurs revendications ont porté fruit: elles ont ainsi obtenu une légère hausse du salaire minimum, le dépôt d’un avant-projet de loi sur l’équité salariale et la perception obligatoire des pensions alimentaires.Mais cette année, on s’attend à ce que le gouvernement se fasse davantage tirer l’oreille.On demande, entre autres, le retrait de la réforme de l’aide sociale, annoncée l’automne dernier.Le premier ministre Lucien Bouchard a reconnu la justesse de cette revendication.Mais il n’a rien promis: «Où vais-je trouver les 180 millions?», leur a-t-il répondu.«Nous, on veut bien se pencher sur le déficit, concède Françoise David, présidente de la Fédération des femmes du Québec.Mais commencer par couper 30 $ ou 50 $ à des chèques d’aide sociale déjà loin sous le seuil de la pauvreté, c’est indécent.» «Le lobbying, c’est important, ajoute-t-elle.Mais le plus convaincant, c’est quand des milliers de femmes sont dans la rue.» Aussi, le 1" juin prochain, 1500 femmes encercleront le parlement de Québec pendant 24 heures.Le lendemain, on espère un rassemblement monstre de 15 000 personnes.« L’an dernier, nous avons donné la note de passage au gouvernement.Cette année, la détermination des femmes est encore plus grande.Si on n ’a pas de réponses, la colère montera d’un cran», prévient-elle.mmwm.Le Barreau du Québec est heureux de souligner, en ce 8 mars, la contribution du mouvement des femmes à l’élaboration d’une société juste et équitable.O A Barreau du Québec 2 J 0II R, N E E I.K 11 K V 0 | It , I.K V K X I) Il Y.I) I S M A II S I II II 11 NTERNATIONALE DUS «Le dire sur tous les tons» Quatre femmes jettent un regard sur le parcours cahoteux de la culture au féminin LOUISE LEDUC il DE VOIE Certes, des pas de géant ont été faits, concède Anne Dandurand.Mais l’auteure d'Un cœur qui craque et bientôt d'un polar, La narapise ensanglantée, estime que le sexisme est toujours là, sournois.«Il serait intéressant, par exemple, d’évaluer combien de livres écrits par des hommes sont critiqués par rapport à ceux écrits par des femmes.Marie-Claire Blais, par exemple, l’une des plus grandes écrivaines de la francophonie, n’a pas reçu le dixième de la couverture dont a profité Michel Tremblay.» Tout aussi sournoise, souligne Anne Dandurand, est cette étiquette de romancière érotique qui lui a trop vite été accolée.«Pourtant, l’érotisme ne lait pas plus de dix pour cent dans mes écrits, bien moins que dans ceux de Dany Laferrière, en tout cas qui lui est jugé comme romancier, point.C’est une manière de trivialiser mon œuvre.» L’espoir est tout de même là, bien présent, selon Anne Dandurand.La solidarité existe encore, comme en témoigne la marche «Du pain et des roses».Et les fils des premières féministes, hommes nouveau genre, poussent maintenant à la roue.Cinéma Depuis Le Sexe des étoiles, Paule Baillargeon attend que le téléphone sonne.«Jusqu’ici, dit-elle, je n’aurais jamais pu survivre si je n’étais pas à la fois actrice et cinéaste.» Les gouvernements n’ont plus d’argent, lui dit-on.Et alors?«Les bons films de ces derniers temps ne viennent pas d’Hollywood.Leaving Ims Vegas, Dead Man Walking, Smoke, ils auraient pu être produits ici.Mais on manque tellement d’imagination et de confiance!» U* cinéma est encore et toujours, à son avis, une affaire d'hommes.¦Les gars en conviennent eux-mêmes.Les rôles intéressants pour les femmes ne sont pas légion.Il y a eu Blanche, Emilie.Pourquoi?Parce qu’une femme les a écrits.» Paule Baillargeon, comme Anne Dandurand, a aussi smiffbrt d’être étiquetée.«Par pauvreté de mots, on m’a dit, de façon réductrice, cinéaste féministe.On n’a pas analysé ma cinématographie, mes films.On n’a vu en moi que la supposée cinéaste féministe, sans analyser plus avant.» lors gros budgets ixiur un premier tiim aonl réserves aux hommes, pas à la poignée de femmes, dénonce-t-elle.«La façon de faire des femmes est toujours jugée moins bonne, leurs idées moins brillantes.» Dans les coulisses, raconte-t-elle, elle entend sarcastiquement les hommes s'interroger sur le prochain 'film de femmes».Plus intéressante est la question du prochain film signé Paule Baillargeon.«J’ai toujours cru qu’il manquait un élément à la trilogie commencée avec Anastasie et Im Cuisine rouge.Sans en être une suite, le scénario sur lequel je travaille traitera Monsieur le premier ministre, mesdames, messieurs, les députés et les ministres, osez l’équité pour les femmes.^ / ¦ de la violence des femmes elles-mêmes, violence faite de mots, d’amertume, de désespoir.» Théâtre Comme tant d’autres femmes, Pol Pelletier, fondatrice du défunt théâtre expérimental des femmes, a cru un moment qu’elle était née pour changer le monde.«J’étais persuadée que l'injustice faite aux femmes était fondamentale dans l'histoire de l'humanité et qu’en arrivant à la comprendre, on viendrait à bout de toute autre forme d’oppression.» Vingt ans plus tard, après sa pièce Océan certains ont cru à tort qu’elle enterrait le féminisme.Elle nie catégoriquement, voyant là une allégorie née de mâles critiques en butte à son théâtre dérangeant parce que féminin.«J’ai toujours posé un regard lucide et critique envers le mouvement qui m’a fait naître comme artiste.Mais je sens le besoin de dire autre chose, de militer pour la liberté intérieure.Les femmes doivent poursuivre ensemble l’action pour ne plus être soumises au regard masculin.» Certes, les femmes ont envahi les postes de pouvoir du théâtre.L’un des plus importants au Québec, le Théâtre du Nouveau Monde est entre autre, dirigé par une femme.Mais ça ne suffit pas.«Le problème, c’est qu’une fois arrivées au sommet, au prix de tant de luttes, les femmes ont peur d’être mal jugées.Résultat: elles font un théâtre extrêmement traditionnel.Elles n’en ont plus que pour Molière et .Shakespeare, pour prouver qu’elles en sont capables, comme les hommes.» Arts visuels France Morin, co-fondatrice de la revue Parachute en 1975, a de 1980 à 1983, dirigé sa propre galerie et présenté plus de trente expositions avec des artistes tels Betty Goodwin et Roland Poulin.En 1983, ce fut l’exil à New York, à défendre d’abord l’art canadien au sein de la galerie 49 parallèle.De 1989 à 1994, elle agira comme conservatrice en chef du Museum of Contemporary Art.Depuis vingt ans qu’elle accompagne les arts visuels, elle a pu assister à la,montée des femmes dans les arts.«A la fin des années 80 est entrée en scène toute une génération d’artistes préoccupées par la problématique du corps et de la société: Sue Williams ou Geneviève Cadieux, par exemple.» En parallèle et harmonieusement se développait une peinture plus masculine signée Julian Schnabel, David Salle.Chacun a gagné sa place.«Les artistes sont plus sensibles au partage homme/femme.» A ses débuts, France Morin a pu s’inspirer de pionnières telles Betty Goodwin et Louise Bourgeois, «des femmes aujourd’hui de plus de 70 ans, mais sans âge, intemporelles par leurs œuvres d’une grande justesse».N’empêche que, malgré une cer- Pol Pelletier PHOTO ARCHIVES PHOTO JACQUES GRENIER Paule Baillargeon PHOTO JOSÉE LAMBERT Anne Dandurand taine ouverture, elle a dû se battre.«J’ai l’impression d’avoir passé vingt ans à ouvrir des portes.Les femmes sont souvent plus isolées, contrairement aux hommes qui font bloc par leur boys club.» France Morin marque maintenant une pause.Cet été, elle partira avec un groupe d’artistes à la rencontre des Shakers, seule communauté religieuse jugée féministe pour sa grande égalité entre hommes et femmes.Pendant quatre mois, ils vivront au sein de cette communauté, la dernière du genre en Amérique.Ce projet lui tient à cœur puisqu’il lui permettra d’exploiter ses nouveaux champs d’exploration: la domesticité, la vie de tous les jours, notre relation avec le travail et les relations hommes-femmes.À l’occasion de ce 8 mars, je veux rendre un hommage particulier à toutes les femmes qui, à travers le monde, ont choisi la voie de la création pour exprimer leur vision de l’univers, leurs luttes et leurs espérances.Reconnu comme particulièrement fertile pour ce qui est de la création au féminin, le paysage culturel du Québec est jalonné d’oeuvres surgies de l’imaginaire des femmes qui n’ont cessé de s’affirmer dans les multiples sphères de l’expression artistique.Des oeuvres essentielles pour faire évoluer les mentalités, des oeuvres également nées du pur plaisir de créer.Je salue la mémoire des pionnières dont les noms et les réalisations sont aujourd’hui intimement liés à l’histoire culturelle du Québec, et j’adresse mes plus sincères encouragements à celles qui continuent de nourrir cette histoire de leurs forces vives.Louise Beaudoin Ministre de la Culture et des Communications Gouvernement du Québec Ministère de la Culture et des Communications \ I I Justine Lacoste Beaubien v-.E HOPITAl Sainii JurjiNi Mill &YT'\\ Les femmes dans I histoire .10 II II.N lill IN T K II N T11> IV A I.E DES F K 11 M K S Le pouvoir des femmes Les femmes ont-elles enfin atteint l’égalité politique et économique?Pour la nouvelle ministre responsable de la Condition féminine, de toute évidence, la réponse est non.t dé- Qi l égalité entre hommes e ''O femmes existait vraiment, dé dare Louise Harel, elle se manifesterait d’abord dans les structures du pouvoir politique et économique.lit dans les deux cas, les femmes n’y sont pas encore.Sur le plan politique, par exemple, nous n’avons jamais dépassé les 20 % à l’Assemblée nationale.» Le pouvoir politique Députée depuis quinze ans, Ix>ui-se Harel est fort bien placée pour analyser les causes de cette faible représentation, la , première étant On a cru a selon elle la tnrf mie mentalité de tort qui «tribu» qui l’éducation et 1 L?.ne (*‘îns *es milieux de pou- l’égalité Y()ir d’°* femmes ont été juridique absentes de façon chronique, entraîneraient «L'arrivée d’une femme, dit-elle, l’égalité amène inévita-, .blement les economique hommes à se .e poser cette des femmes question: est-elle comme les autres femmes, ou bien est-elle devenue comme nous, les hommes?Même si ce n’est jamais formulé de façon consciente, ceci pose néanmoins toute la question de l’appartenance et de l’hérita-ye culturel féminin.» Avec pour résultat qu’à l’aube du XXL siècle, les femmes demeurent trop peu représentées pour influencer véritablement leur destin.La ministre est catégorique: «Une répartition équitable du pouvoir économique, social, politique et culturel est essentielle pour que les femmes puissent intervenir sur l’utilisation et le partage des ressources collectives, de même que sur le choix des orientations et des priorités de la société québécoise.» La grande majorité des femmes, néanmoins, semblent résolument ré- fractaires à l'exercice du pouvoir, avec son scénario typiquement masculin «vainqueur-vaincu» et tous les combats qu’il implique.Simple acquis culturel ou composante intrinsèque de la nature des femmes?Ixiuise Harel penche pour la premiè-re explication.« 1 )e par leur conditionnement culturel, les femmes cherchent à éviter la confrontation, à la contourner, à passer à côté.Hiles ont l’impression que si elles font face et qu’il y a collision, elles vont éclater en mille morceaux.» Avec un brin de nostalgie, elle déplore cependant que «le pouvoir donne de la séduction aux hommes mais en enlève aux femmes».Rien de plus logique, pourtant: ayant réussi à être admise au sein de la tribu, la femme de pouvoir est désormais considérée par les hommes comme «un des leurs».Mais combien de femmes sont prêtes à sacrifier leur pouvoir de séduction au profit d’un engagement politique?La ministre avoue par ailleurs faire partie d’une génération qui a bénéficié du phénomène des «quotas de femmes»: «J’ai fait mes débuts à la vice-présidence de l’Union générale des étudiants du Québec en 1968, raconte-t-elle; il fallait une fille dans l’équipe, c’était indispensable pour se mettre au diapason de la modernité.Mais je crois que ce sera beaucoup plus difficile pour la génération qui nous suit que ce l’a été pour nous et que ce le fut même pour celles qui nous ont précédées.Comme dans une course à relais, il faudra ouvrir la voie à celles qui nous suivront.» Le pouvoir économique On a longtemps cru que Légalité d’accès à l’éducation et la reconnaissance de l’égalité juridique allaient procurer aux femmes Légalité économique.Mais on doit reconnaître aujourd’hui que la réalité est tout autre.«Le grand paradoxe de cette fin de siècle, constate Louise Harel, c’est que les femmes n’ont jamais été aussi égales sur papier mais qu’elles n’ont jamais non plus été aussi pauvres.Même si l’emploi demeure le meilleur rempart contre la pauvreté et que les femmes composent 44 % PHOTO ARCHIVES Louise Harel, ministre d’État de l’Emploi et de la Solidarité et ministre responsable de la Condition féminine, est également présidente du comité ministériel du développement social.de la main-d’œuvre totale, leur accession au marché du travail n’a pas permis d’améliorer de façon significative leur pouvoir économique.» En fait, dans le domaine de l’éducation, les Québécoises ont réalisé des gains majeurs au cours des dernières décennies.En 1993, les étudiantes représentaient 56 % des effectifs au premier cycle universitaire, 50 % au deuxième cycle et 33 % au troisième.Il est également notoire que les filles réussissent mieux que les garçons au secondaire.En 1992, 74 % des filles obtenaient leur diplôme d’études secondaires pour 60 % des garçons.L’égalité juridique a été elle aussi consacrée par un ménage complet dans toutes sortes de lois vétustes et archaïques.Les femmes n’ont plus besoin de la signature de leur mari pour ouvrir un commerce, pour signer un bail ou acheter de l’équipement.Elles ne sont plus considérées par la loi comme des mineures.Les femmes, donc, sont instruites: elles peuvent travailler, et elles travaillent.Mais leur travail, trop souvent, n’est pas considéré de valeur équivalente à celui des hommes.Ainsi dans l’industrie des services, où se retrouvent un grand nombre de femmes, le salaire horaire moyen en vigueur est actuellement de 7,40 $, contre 19,12 $ dans l’industrie de la construction, où travaillent un grand nombre d’hommes.La question de l’équité salariale est Lun des dossiers prioritaires de la nouvelle ministre de la Condition féminine, qui est également ministre de l’Emploi, lit réussite scolaire des filles, comme elle le souligne, n’a pas été associée a un statut social ni à (les revenus comparables à ceux des hommes: la contribution des femmes est moins bien rémunérée, et les gains moyens des femmes ne représentaient en 1994 que 70 % de ceux des hommes.«La moitié de l’écart salarial s’explique par une discrimination systémique causant la sous-évaluation des emplois à forte concentration féminine, note-t-elle.Il faut y répondre par une loi capable de mettre en œuvre le principe inscrit dans la Charte, soit le principe du salaire égal pour un travail équivalent.» Mais l’équité salariale, quand on Laura obtenue, ne réglera qu’une partie du problème.Car le grand problème, le vrai problème des femmes, ce sont les enfants.«Une femme sans enfants qui détient un diplôme universitaire, fait observer Louise Harel, gagne actuellement 94 % du salaire d’un homme.Ce ne sont pas les femmes qui sont pauvres, c’est la maternité qui rend pauvre.Au Québec, en 1992, les femmes représentaient près de 60 % des personnes vivant dans la pauvreté.En 1991, près d’une famille monoparentale sur deux dirigée par une femme bénéficiait de Laide de dernier recours.Si on ne considère que celles ayant de jeunes enfants de moins de six ans, c’est alors trois familles sur quatre qui bénéficient de prestations de la sécurité du revenu.» La conciliation travail-famille, dont on parle beaucoup à l’heure actuelle, n’est pas un vain mot Mais pour bien des femmes, cette conciliation n’autorise que le travail à temps partiel, quand ce n’est pas la présence au foyer à temps plein.Dans certains cas, papa se chargera de gagner la subsistance de la famille et d’investir dans le REER, à défaut de partager les tâches domestiques.Mais bien peu de familles québécoises si* retrouvent désonnais (huis cette situation.I.a réalité, c'est que 10 1 des enfants québécois naissent désormais de parents non mariés et que lés couples qui se marient encore divorcent une fois sur deux.La pension alimentaire imposée par les tribunaux n’est destinée qu’aux enfants; et dans un cas sur deux, jusqu'à récemment, elle n’était même pas versée.La mère monoparentale voit chuter son revenu de 54 % l’année de la séparation, tandis que celui du père augmente en moyenne de 42 % dans le même temps.«La notion d'assistance mutuelle entre i notion conjoints est à ^ nouon toutes fins utiles d’assistance disparue de nos mentalités, obser- mutuelle ve utilise Harel.Nous avons ac- entre tuellement au Québec un taux conjoints est de natalité hors mariage équiva- pratiquement lent à celui des , pays du Tiers- disparue de Monde.Dans ces _ pays, la structure n0® familiale est la ~r,„+,.iîfAo plupart du temps mentalités éclatée, sauf dans les contextes où un dispositif religieux resserre tés responsabilités des personnes et oblige à une assistance mutuelle.» Le taux de nuptialité québécois est en fait le plus bas en Occident.Le concept de famille avec père, mère et enfants vivant sous un même toit et parents «unis pour la vie» n’existe plus chez nous, sauf quelques rares exceptions.Le soutien et l’assistance, c’est dorénavant du gouvernement qu’on les attend.«Nous vivons une crise des valeurs, conclut simplement la ministre responsable de la Condition féminine.Le coût social est énorme.» Et en attendant que papa et maman découvrent un fine pour sè supporter psychologiquement et matériellement, c’est l’État qui paie la facture./,y Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) n'est pas seulement la plus grande centrale syndicale québécoise, c’est aussi la centrale qui regroupe le plus grand nombre de' travailleuses syndiquées, soit plus du tiers de ses 475 000 membres.À l’occasion du 8 mars, la FTQ leur souhaite bonne fête, ainsi qua toutes les femmes du Québec! Fédération m des travailleurs et travailleuses du Québec FTQ Louise Harel Québec Les préoccupations des femmes sont incontournables dans l’élaboration du nouveau pacte social auquel la société québécoise est conviée au cours des prochains mois.La ministre d’État de l’Emploi et de la Solidarité, ministre responsable de la Condition féminine, ministre de la Sécurité du revenu, de la Jeunesse, de la Famille et de l’Action communautaire autonome Presses de l'Université du Québec JUSTINE LACOSTE-BEAUBIEN ET L'HÔPITAL SAINTE-JUSTINE Nicolle Forget, Francine Harel Giasson et Francine Séguin 5e titre de la collection Les Grands Gestionnaires et leurs œuvres 1995,240 pages 20$ À 80 ans.Justine Lacoste-Beaubien orchestre le mémorable déménagement des enfants malades vers l’Hôpital Sainte-Justine de Montréal.L’action de cette femme astucieuse, résolument tournée vers l’avenir, suggère d’intéressantes réflexions sur l’art de bien diriger de nos jours.POUR COMMANDER: Distribution de livres Univers 845, rue Marie-Victorin, Saint-Nicolas (Qc) G0S 3L0 Tél.: (418) 831-7474/ Interurbain : 1-800-859-7474 Télécopieur : (418) 831-4021 «1 lus que jamais, le mouvement des femmes procure un apport inestimable à la société québécoise : en effet, les questions entourant les conditions de vie des femmes sont aujourd’hui au cœur des grands débats sociaux, économiques et culturels.DANS L'OMBRE DES PROJECTEURS Les Québécoises et le cinéma Jocelyne Denmilt 4e titre de la collection Communication, culture et société 1996,260 pages 28$ Dans l’ombre des projecteurs, où la lumière n’est pas dirigée, c’est là qu’il a fallu chercher les femmes qui ont travaillé à l'existence dti cinéma au Québec.Les Gendron, Sparling, Desprez, Brisson, Carreau, Jaubert, Shannon, Duparc ont été réalisatrices, productrices, scénaristes, distributrices, organisatrices, musiciennes, monteuses ou critiques.L’histoire du cinéma au Québec ne pourra plus s’écrire sans elles.^ I.K I) K V O I II I.K V V.N I) It K IM K M A II S I II II TOME 3 SlMÔNfrEMONliT-CHARTRAXI! '“'¦SS5 Ma vie Somme rivière ' «far MOùï ¦ 1963-J992 i RÉCIT AUTOBIOGRAPHIQUE 1949-1963 To Tome 3 Tome 4 les éditions du remue-ménage 4428, fioul.Saint-Laurent Inir;404, Montreal (Québec) II2W \/S (.'>l4)
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