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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1996-03-09, Collections de BAnQ.

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?LE DEVOIR ?Essais étrangers Page D4 Littérature québécoise Page D5 ?Anne Ramsden Page D9 Formes Page D10 l R |) E V 0 I R .L E S S A M E I) I it E T I) I M A N (' Il E I O M A R S I !» !» (I Albert Camus Le James Dean de la littérature Après quatre ans de travail et 800 pages de biographie, Olivier Todd s'interroge toujours sur l’autre existentialiste CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT DU DEVOIR A PARIS Rencontrer le journaliste et écrivain Olivier Todd, c’est toucher du c ojgt la légende d’Albert Camus, dont i vient de terminer la biographie.L’ombre du philosophe flotte dans cet immeuble de la petite rue de l’Odéon.En frappant à la porte, on imagine qu’elle pourrait être la sienne.On sursaute lorsque Todd désigne un fauteuil en disant: «S’il vivait encore, Camus aurait 82 ans et serait assis là, à côté de nous.» Bref, on a le sentiment de violer l’intimité de l’écrivain et de son biographe.«Toutes ces années, dit Todd,/ai même dormi avec Camus.Et c’est la première fois de ma vie que je couche avec un homme!» En écrivant Albert Camus, une vie, uri pavé de 800 pages qu’il publie chez Gallimard, Olivier Todd ne voulait pas seulement éclairer l’œuvre du romancier.Il ne voulait pas non plus seulement lever le voile sur la vie tumultueuse du journaliste, comédien et dramaturge.«Je voulais vérifier s’il est vrai que les écrivains sont souvent inférieurs à leurs œuvres.» Todd n’a pas été déçu.Il a découvert un homme éperdument amoureux de la vie, doublé d’un moraliste qui doutait constamment de ses capacités.Mais surtout, un homme libre qui refusait de remplacer Dieu par THistoire et qui écrivait dès 1957: «Nous savons que l’ère des idéologies est finie.» L’écrivain le plus populaire ' Trente-six ans après sa mort dans un accident de voiture, Camus reste d’une actualité brûlante.Sa renommée a crû au fur et à mesure que déclinait celle de son frère ennemi Jean-Paul Sartre.L’an dernier, les sondages faisaient de Camus l’écrivain français contemporain le plus populaire, devant Marcel Pagnol et Frédéric Dard.loin devant Sartre.L’Etranger — étudié dans tous les collèges «à cause de son petit format», ironise Todd — est devenu le livre obligatoire des adolescents.Le Premier Homme, un roman inachevé publié en 1994, s’est vendu à 320 000 exemplaires et a été traduit dans une trentaine de langues.«Camus est le James Dean de la littérature, dit Olivier Todd.L’exemple d’une course fidgurante interrompue en plein vol.» Pour réaliser cette biographie, Todd a complété plus de 200 entrevues.Dans les quartiers pauvres d’Alger, il a traqué l’étudiant, puis le journaliste qui avait déjà une vision claire de l’œuvre qu’il allait écrire.Il a débusqué ses maîtresses américaines et consulté les dossiers du FBI (d’ailleurs inexacts: on avait confondu Camus avec un certain Canusl).Il a déserté les archives du Komintem, selon lesquelles, l’écrivain, expulsé du Parti communiste en 1937, était un dangereux «agent provocateur trotskyste».Aujourd’hui, le deuil est fait et les langues se délient.Ceux qui ont connu Camus sont parfois encore vivants.Mais il fallait se dépêcher: 12 v*mm (M#**: | W.:> Wm.du mythe, es mots «À 48 ans, ça m’exaspère de fermer un livre et de constater que je n’ai rien compris.» LOUISE LEDUC LE DEVOIR Les mythes autour de Robert Lalonde se sont imposés d’eux-mêmes.Les Français qui ont publié en 1982 Le Dernier Été des Indiens ont sauté sur le métis en lui, amant des grands espaces.Dans les journaux québécois, il est devenu cet être ubiquis-te, capable de courir comme un lapin sans jamais arriver le souffle court sur les planches, devant la caméra ou au point final.Très médiatique, l’homme en est venu à porter ombrage à l’écrivain.Où vont les sizerins flammés en été?, son petit dernier, pourrait donner le signal à une véritable analyse d’une œuvre en marche depuis seize ans.Pendant que les journalistes se prêtaient au culte de la personnalité et que certains critiques n’en avaient que pour la sexualité troublée de ses personnages, Lalonde, lui, continuait d’écrire pour ses lecteurs.«Il y a trop d’auteurs qui ne vont pas vers la transmission de quelque chose, tout entier tournés vers l’expression, vers l’écriture thérapeutique.À 48 ans, ça m’exaspère de fermer un livre et de constater que je n’ai rien compris.» À son dixième titre, six distinctions littéraires plus tard, Lalonde tremblait encore en s’arrachant de son manuscrit Où vont les sizerins flammés en été?, son premier recueil de nouvelles déposé chez Boréal.Par insécurité chronique d’abord, par crainte de faire pâlir l’étoile décrochée avec Le Petit Aigle à tête blanche ensuite, et enfin par vertige d’aborder un nouveau genre.Pour la nouvelle, qu’il préfère appeler histoire — «Au Québec, on est des conteurs d’histoires, pas de nouvelles, sauf quand elles sont mauvaises!» —, il a une vénération terrible.«Je sens une certaine parenté avec ce style d’écriture typique du sud des États-Unis et de l’Amérique du Sud, Je veux moi aussi, comme Faulkner, comme Garcia Marquez, essayer de faire émerger la vie dans une vie.» VOIR PAGE D 2 : LALONDE ' rfi t e VOIR PAGE D 2 : CAMUS LIBERTE Julien Hébert ou l’art des objets dans notre vie.i 128 pages février 1996 Disponible dans les bonnes librairies I) 2 1, E 1) K V 0 1 It .1.K S S A M K l> 1 II K T II M A X C II E 1 II M A K S 1 II II II j 1 V 1) It1 Q w j l V h L u LALONDE CAMUS Une histoire d'amour, ratée avec Sartre La nature, toujours luxuriante, parfois féroce tion de son père depuis la mort de la mère et épouse, cette vieille fille chercheuse de trésors égarés, ce fou d’amour détraqué devenu vagabond, 06 fanatique d.s chevaux à l’extrémi té de sa fascination.«J'ai une grande oreille et tout un bagage familial.Combien d'histoires ont pu broder mes oncles même s'ils étaient parfaitement conscients que je n’étais pas dupe!» Une oreille et un œil.Dans Où vont les sizerins flammés en été?, comme dans les autres, il y a surtout la nature, toujours luxuriante, parfois féroce, des oiseaux partout, des marais par-ci, des forêts par-là, que La-londe peint avec des mots, petite brise de printemps.Le réalisme magique du style Lalonde frappe encore.«J’écris comme si tout était au pre- mier plan, comme la peinture naïve de Villeneuve.» C’est du Lalonde, assurément.«Que voulez-vous, on ne peut pas zabper dans l'écriture», répondra-t-il du tac au tac.Et c’est sans compter tous ces Lalonde inconnus, huit en tout, cachés dans des tiroirs parce qu’ils sentent l’exercice de style ou vendus aux archives d’Ottawa.Pour pouvoir écrire, encore, partout et plus libre, «sans avoir à courir comme un fou à gauche et à droite».La liberté, va toujours, mais la sécurité, jamais.«La condition humaine n’est pas faite pour être rassurée.Il faut admettre l’émotion face à la mort, face à la peur, la maladie.Moi, ça fait 48 ans que je suis inquiet!» Professeur en option théâtre au cégep Lionel-Groulx, il insiste sur ce nécessaire déséquilibre créateur et sur l’oubli contre lequel il faut lutter, thème qui lui est cher depuis U Petit Aigle à tête blanche.«Je parlais un jour avec des comédiens et pas un ne connaissait Jacques Perron autrement que de nom.Avec mes étudiants, j’en déterre des auteurs, je leur parle de nos trésors littéraires.» L’avenir est dans le passé, dit-il.«Pourquoi cette réforme de l’éducation?J’entendais l’autre jour le frère Untel, amer de ce que les politiciens avaient fait de leur vision.».Ainsi va le très verbomoteur Lalonde: de l’écriture à l’éducation, de l’amnésie d’une époque à son bonheur tout simple à la campagne, à Sainte-Cécile-de-Milton.— Et la forêt?— Ouais, j’en suis à 5000 arbres plantés mais Noël a fait ses ravages.Plein de gens sont venus se servir à mon insu.De quoi faire fuir avant le temps ces petits sizerins flammés, petits oiseaux nordiques qui passent l’hiver avec nous, puis fuient plus haut, vers Schefferville, la chaleur venue.11 fallait lire jusqu’à la fin! SUITE UE LA PAGE D 1 Lalonde soutient aue son recueil de nouvelles n’a pas de thèmes mais des moments.«L’idée de l’écrire m’est venue d’une phrase de Christian Bo-bin: “Ce qu’on sait d'une personne empêche de la connaître."» U a marginalité ardente et ensoleillée, la solitude comme exaltation aune vie, «la présence d’humanité non contrôlée — la marginalité», voilà ce qui l'intéresse.«J’aime parler dp ces moments dans la vie des gens où ils se révèlent tout autres, qui font qu’un personnage ne peut plus marcher dans ses propres pas.» Où vont les sizerins flammés en été?met tour à tour en scène cette petite fille incapable d’obtenir l’atten- d’entre eux sont décédés entre le début de l’enquête et la publication du livre.«Avec la mort de son épouse, Francine, il devenait possible d’aborder sa tumultueuse vie amoureuse et de consulter, par exemple, les lettres passionnées qu'il écrivait à la comédienne Maria Casarès.» Si la correspondance de Camus se vend à prix fort, sa publication est rigoureusement interdite sans l’autorisation de sa succession.Selon Todd, «elle pourrait remplir une dizai-ne de volunii Tout comme la liste de ses conquêtes.Le bel Algérois n'a jamais résisté à un sourire.Quelques femmes n’ont pas hésité à cogner à la porte d’Olivier Todd pour revendiquer le titre de muse.«A chaque fois, j’ai demandé de voir les lettres.Camus ne disait-il pas: “lorsqu'on aime, on écrit beaucoup"?» Malgré ses 800 pages et une réserve évidente, Olivier Todd se défend d’avoir écrit ce qu’on appelle une biographie à l’anglo-saxonne.«Quand on dit cela, ça implique une volonté de traiter tous les sujets sur le même pied.J'ai préféré dessiner de grands pans sur l'homme de théâtre, le journaliste, le politique.On ne peut pas parler en même temps de tout ça.J’ai quand même essayé de garder mes distances.Ni flic ni curé, je n’avais pas de comptes à régler avec Camus.» Selon Todd, l’homme le plus important dans la vie de Camus reste Pascal Pia, le journaliste libertaire qui l’a découvert, amené au journalisme et donné à Malraux L’Etranger.«Pour moi, Pia a connu un Camus qui était un innocent.» Cela n’empêche pas Todd de consacrer de longues pages à la polémique qui opposa Sartre à Camus.Il y a quelque chose de presque biologique dans l’opposition qu’il dessine entre les deux Prix Nobel.Le premier est petit, peu séduisant, issu d’une famille bourgeoise du nord de la France, il soutient le Parti communiste et est une vedette du jet-set parisien.Le second est un séducteur élevé dans la pauvreté sur les bords de la Méditerranée, il se sentira toujours étranger dans le microcosme parisien.«Entre eux, ça finit comme ç’a commencé.C’est une histoire d’amour ratée, disait Gaston Gallimard.Camus est très intelligent et très sensible.Sartre semble encore plus intelligent, mais pas plus sensible.L'avantage de Camus, c’est qu’il n’a de comptes à régler ni avec le prolétariat, ni avec la bourgeoisie.Il n’a pas de comptes à rendre au peuple non plus, il en sort.Par contre, Sartre est tout le temps en train de déchirer le bourgeois en lui.C’est stupéfiant le nombre de conneries politiques qu’il a pu dire celui-là.» Et dire qu’il y a toujours en France un contentieux Sartre-Camus.Olivier Todd exulte: «Il y a des sartriens qui répètent encore qu’il valait mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Camus.Camarades! Le mur de Berlin est tombé! Il faut aujourd’hui se sentir à l’aise d’aimer La Chute et Les Mots, Caligula et Huis clos.Peut-être qu’on pourrait arrêter ce jeu idiot.Evidemment, c’est un Xîbrame 3£ncgclopédîque "Ci b rame ancienne et Wlodcmc Fondé 19 7 0 Le solde de fermeture se poursuit Ccuuuham - Liv\ SOURCE ARCHIVES A.CAMUS iffC.Camus à Florence: Alberto fa l’amor cou la ntià sorella.peu embêtant pour Sartre qui pensait que tout se tenait.; S’il a raison et qu’on enlève sa politique, tout s’écroule.Sartre était persuadé que ce qui resterait de lui, c’est le philosophe, mais Voltaire croyait aussi que ses tragédies,; étaient immortelles.» Où trouver la source de la lucidité de Camus, de dçfj entêtement à garder les pieds sur terre sans tuer le rêve?, Peut-être dans la conscience de la mort qu’il a eue très ! tôt, risque Todd.«A 18 ans, on ne sait pas que l’on ,ya ; mourir.Atteint de tuberculose, Camus le savait et n’a jd.-mais pu l’oublier.» C’est peut-être ce qu’il voulait dite' lorsqu’il écrivait: «Je fus placé à mi-distance de la misère et du soleil.La misère m’empêcha de croire que tout est bien sous le soleil et dans l’histoire; le soleil m’apprit que l’histpi-' re n’est pas tout.Changer la vie, oui, mais non le mondé dont je faisais ma divinité.» Avec le recul, Todd croit que le souvenir de Camus survivra à celui de son petit camarade.«Mieux vaut u'n talent honnête qu’un talent un peu dévoyé», dit-il.Il n’efst: pas pour autant convaincu que tout survivra dans l’œuvre de Camus: «si L’Etranger et ¦flWtirrm ^ Chute sont incontournables, ditil?La Peste et le théâtre ont maf En refermant le livre, on restej, HRg convaincu qu’il faudra d’autres biographies pour lever entièrement la ÿ.’ , Iplièlfelti part de mystère qu’a semé Camus y*, ., autour de lui.-La biographie est un.- lliPffM art impossible, avoue Todd.Au bout , Sfaggll de quatre ans de travail, j'ai la satis-faction exaspérée de voir qu'on ne ** ‘t * ‘ ” peut pas expliquer pourquoi le fils, d’une femme de ménage analphabète.5 - - dont le père est mort à la guerre, est devenu Camus.Tant mieux, cela veut dire qu’il y a quelque chose d’irréduo tible dans l’œuvre d’art!» Livre* d’occoiiion OÙ VONT IES SIZERINS FLAMMÉS EN ÉTÉ?Robert Lalonde Boréal, Montréal, 1996,163 pages Du même auteur ,LA BELLE ÉPOUVANTE Édition Quinze, 1980 LE DERNIER ÉTÉ DES INDIENS Seuil, 1982 UNE BELLE JOURNEE D'AVANCE Seuil, 1986 Laurent Du LE FOU DU PERE Boréal, 1988 ABUS DE PR LE DIABLE EN PERSONNE Seuil, 1989 BAIE DE FEU Éditions des Forges, 1991 Critique du quatrième pouvoir L'OGRE DE GRAND REMOUS Seuil, 1992 SEPT LACS PLUS AU NORD ALBERT CAMUS, UNE VIE Olivier Todd, Biographies, NRF, Gallimard, Paris, 1996, 855 pages Seuil, 1993 SOURCE COLLECTIONS PARTICULIÈRES-D.R.LE PETIT AIGLE À TÈTE BLANCHE Seuil, 1995 Albert Camus, avec André Malraux: Poli aux Possédés, ABUS DH PRESSE rule P roui Raymo ud marin au nœ La bague biographie de une Albert MEMOIRES LESBIENNES Le lesbianisme à Montréal entre 1950 et 1972 LINE C H AMBERLAND RESISTANCE ET TRANSGRESSION Études en histoire des femmes au Québec ANDRÉE LÉVESQUE Dans cette étude très attendue, la sociologue Line Chamberland retrace la vie de femmes qui ont eu le courage de leurs amours à une époque où la Ujodd a gagné, avec Camus, le pari fou que s’était fixé L’Idiot de la famille pour Flaubert : tout dire, sur un homme, de ce qui peut en être dit.» Bertrand Poirot-Delpech Le Monde Andrée Lévesque analyse dans son plus récent ouvrage divers aspects de l'histoire de l'émancipation des femmes et de leur lutte pour l'obtention des VKhift 410** première vue, la vie de l’homme est plus intéressante que ses oeuvres.Elle fait un tout obstiné et tendu.Le roman, c’est lui » (Carnets II) Livres neufs:.10% Choix de plue de 19 000 eolutnee ear loue lee eu je te 1272 est, rue Sainte-Catherine, Montréal, Québec H2L 2H2 Face au métro Beaudry ‘ 521^398 - Liber IV r i r « Ti' PiVjvJÜi Venez rencontrer Raymonde Proulx àTotcasion du lance ment ; de à la librairie RENAUD-BRAY au noeud 5117, avenue du Parc (coin Laurier), \ Téléphone: (514) 276-7651 marin Olivier Todd publié aux éditions Vents d’Oüëst le dimanche 10 mars de 14 h à 16 h une vie LESBIENNES .édit I e s nage Gallimard 4428, boul.St-Laurent, bur.404, Montréal H2W 1Z5 (514) 982-0730 s'intéresse également lesbianisme était aux normes sociales unanime.RÉSISTANCE imposées aux femmes, À partir ries nombreux ET notamment celles qui témoignages quelle a -îS TRANSGRESSION ont visé un des groupes recueillis, l-.uteure nous - les plus en marge de la livre une page d'histoire KH société, les prostituées.importante qui nous aide e* / à mesurer le chemin parcouru., •/ 157 pages -18,05 $ 288 pages - 22,05 $ 1 « I.K l> E V OIK.I.K A M K K I II K T U I M A X C II K I O M A K S I II II (I I) 3 L I V R, E S AVI LE FEUILLETON Etre un jour plus jeune L’IlE DU JOUR D'AVANT (L'ISOLA DEl GIORNO PRIMA) Umberto Eco, traduit de l'italien par Jean-Noël Schiùnw, Grasset, I -Hi-I panes PIERRE LEPAPE LE MONDE Notre époque pressée aime les petites phrases.Tans pis si elles sont fausses, pourvu qu’elles frappent et soient aisées à répéter, comme un slogan.La critique littéraire, qui devrait être le dernier bastion de la nuance, n’échappe pas à cette tyrannie de la formule.Ainsi trouve-t-on ceci, parmi les extraits de la presse italienne consacrés au dernier roman d’Umberto Eco: «Du Dumas écrit par Pascal.» Joli raccourci, et vendeur qui plus est; mais qui suppose qu’on n'ait jamais lu Dumas ni Pascal ou qu’on emprunte à contresens les chemins ouverts par Eco.Passons vite sur la piste Dumas.L’île du jour d'avant raconte l’odyssée d’un homme, Roberto, de la Grive, qui est le jeune contemporain de d’Artagnan et de ses trois amis mousquetaires.Eco y donne aussi le récit coloré de quelques faits d’armes de la guerre que mena Richelieu en Italie pour assurer au duc de Nevers le duché de Mantoue.On y trouvera un duel — de paroles autant que de rapières —, un peu d’espionnage, une vague intrigue amoureuse.Voilà pour la cape et pour l’épée.Un petit coup de chapeau à plumes au passage.Mais l’essentiel est heureusement ailleurs.Eco se fait le chroniqueur d’une aventure autrement singulière et palpitante, celle de la naissance de l’esprit et de la 'sensibilité modernes et des guerres intellectuelles qui l’accompagnèrent.Il ne pastiche pas Dumas, il en inverse les prqcédés et les buts.L’action, dans L’île du jour d’avant, ne se déroule jamais.En 1643, Roberto de la Grive, à la suite de quelques hasards malheureux, se retrouve seul — croit-il — sur un vaisseau, la Daphne, échoué quelque part dans le Pacifique, à trois encablures d’une île que le jeune homme ne peut attendre, faute de savoir nager ou de disposer d’une embarcation.Impuissant à agir, il boit, il rêve et il écrit à sa.belle des lettres qu’il n’enverra évidemment jamais.C’est cette cor- respondance à une voix, retrouvée (les siècles plus tard, que le narrateur du roman, un de nos contemporains, présente, cite et commente.Nous voici bien aux antipodes du roman construit sur uni' succession inattendue d’événements, de coups de théâtre, de revirements, de hasards et d’exploits.Roberto ne fait rien, ou presque.Le pari, plutôt réussi, d’Umberto Eco est d’inventer un roman où le suspense procède de cette absence d’activité.L’antipode est la ligure centrale autour de laquelle est bâti le livre.C’est le monde a l’envers que regarde R-berto ébloui.Son naufrage l'a conduit, sans qu’il le sache, en face d’une de ces îles de l’archipel des Fidji qui se situent exactement sur le 180 méridien, à cet endroit précis où les géographes et la convention situent la ligne de changement de date.Quand il regarde vers l’Occident, il est un jour plus jeune que lorsqu'il contemple l’Orient.Et il rêve de pouvoir rejoindre l’île du jour d’avant, de s’installer dans son passé, d’inverser le sens du temps.Pour Roberto, le monde se confond avec sa représentation, la carte avec le territoire, le mot avec la chose.Eco le linguiste ne cesse jamais de se pencher sur l’épaule d’Eco le romancier, même lorsque ses héros voguent au loin des bibliothèques et des musées.N’avoir qu’à penser Les naufragés, dans les romans d’aventures traditionnels, abordent sur l’île déserte et, avec des moyens de fortune, guidés par les méthodes pratiques qu’inspire la pensée analytique, ils en font des lieux de civilisation.Si Robinson Crusoé en avait eu le temps, il aurait transformé son îlot en cottage, avec pelouse verte, feu de bois dans Pâtre, thé à cinq heures et domestique gourmé.Roberto ne vas pas dans l’île et il n’a pas d’outil, même rudimentaire.Contrairement à Marx, il ne cherche pas à changer le monde mais à le comprendre.C’est déjà assez difficile, et ce fils de hobereau piémontais a appris des paysans qu’on ne mettait pas la charme devant les bœufs.Roberto est un intellectuel que les circonstances ont amené à ce point extrême de félicité: n’avoir rien d’autre à faire qu’à penser.Il ne s’en prive pas.Dans L’île du jour d'avant, les combats, les ruses, les intrigues, les péripéties, les chevauchées, les traquenards, les assauts, les trahisons et les félonies TTt PHOTO ARCHIVES Dans son dernier livre, Umberto Eco se fait le chroniqueur d’une aventure singulière et palpitante, celle de la naissance de l’esprit et de la sensibilité modernes et des guerres intellectuelles qui l’accompagnèrent.sont légion, mais ils se situent dans le paysage des idées.Eco semble bien l’inventeur — un peu distant et ironique — d’une nouvelle forme de roman historique qui trouve ses fondements dans l’histoire culturelle plutôt que dans les tragédies politiques et les alcôves princières.Son livre vaut d’abord par la précision et par l’ampleur du tableau qu’il brosse de l’Europe baroque, telle qu’elle hésite encore, aux alentours des années 1640, entre les fièvres étourdissantes et les turbulences frondeuses de la pensée analogique et l’ordre harmonieux et despotique de la raison.De quelque côté qu’on se tourne: astronomie, religion, navigation, machines de guerre, politique, littérature, chimie, mesures du temps, relations amoureuses, géographie ou morale, c’est la même bataille qui est engagée.Bataille confuse où les protagonistes n’en finissent pas de changer de camp, tant les données paraissent incertaines, les engagements ambigus, les apparences trompeuses.Nous savons bien, nous, qu’au bout du compte Descartes l’emportera sur Gassendi, Racine sur Corneille, Richelieu et l’absolutisme sur Gaston d’Orléans et la folle noblesse, Bossuet sur les libertins et le Traité des passions sur la Carte du Tendre.Mais quand Roberto échoue devant son île, rien n’est encore joué.Le Discours de la méthode a trois ans, et la rétractation de Galilée et de ses théories héliocentristes en a dix.Ce n’est pas une nouvelle façon de voir le monde qui en affronte une ancienne, mais bien deux branches jeunes et vigoureuses qui, à peine sorties d’un tronc commun, s’entrelacent et cherchent à s’étouffer.Dans un chaos d’arguments, un magma d’artifices, une forêt de masques et une jungle de sophismes.L’état de savoir boiteux Roberto, à tâtons, essaie de ne pas y perdre son latin tout en gagnant son français.C’est un garçon prudent et sage dont Eco nous dit qu’«il avait décidé d’accorder seulement la moitié de son esprit aux choses en quoi il croyait (ou croyait croire), pour garder l’autre disponible au cas où fut vrai le contraire».On corn- RENAUD-BRAY VOUS INVITE À DES RENCONTRES PARTICULIÈRES AVEC.le monde des livres.le monde du cinéma.4 .le monde des arts.le monde des enfants.le monde des idées.le monde de la musique.son Renaud-Bray! 5252, chemin de la Côte-des-Neiges ® 342-1515 4301, rue Saint-Denis ® 499-3656 * 5117, avenue du Parc « 276-7651 1474, rue Peel » 287-1011 • 359, rue Sainte-Catherine Ouest « 289-8681 6925, boulevard Taschereau (Brossard) ® 443-5350 et Renaud-Bray Jeunesse maintenant situé au 5219, chemin de la Côte-des-Neiges « 342-3420 LH ÉVÉNEMENTS 1 E N A U D - B U ï L’Heure du conte pour les tout-petits de 3 ans et plus le samedi 9 mars de 14h30 à 15h30 au 5117, avenue du Ram Lancement de «LA BAGUE AU NOEUD MARIN» de Raymonde Proulx (Édtions Vents cfOuest) le dimanche 10 mars de 14h à 16k au 5117, avenue du Ram Événement Denise Boucher Organisé en œfeboration avec le Théâtre daLjxjrcfhui et les Édits des Forges le vendredi 15 mars de 17h à 19h au 4301, rue Saint-Denis.* etlu jour ntmarf / alte-zii K* 176 pages • 18,65 $ prend mieux pourquoi, dans une dis-position d’esprit si partagée, il décide le plus souvent d’observer, de peser et de ne rien faire.Four le romancier, cet état de croyance incrédule, de savoir boiteux, de demi-science et de demi-chimère est une mine d’or.Rien de moins romanesque que les certitudes carrées et les héros d’une seule pièce.Roberto est un personnage en volutes, en traverses, en erreurs fertiles et en vérités inutiles.Eco joue de toutes ses cordes avec une virtuosité qui n’évite pas toujours le contentement de soi.Mais celui-ci est, le plus souvent, compensé par l’humour.Quand Eco a réussi un saut périlleux dialectique particulièrement subtil, il bat lui-même des mains pour se sauver du ridicule d’être applaudi.Reste la langue.Ce n’est évidemment pas celle de Pascal ni celle du bel ordre classique de la grammaire de Port-Royal, qui ne triomphent qup dans la seconde moitié du siècle.A l’époque de Roberto, la bataille — toujours la même — se déroule entre les précieux et les libertins d’une part, héritiers d’une tradition d’enrichissement continu et volubile de la langue et, d’autre part, les disciples de Malherbe, qui vient de mourir, lesquels militent pour un appauvrissement concerté du français, au nom de la rigueur métiique, de la pureté de l’instrument analytique et de la noblesse de l’expression.S’il n’imite pas Pascal, Umberto Eco ne cherche pas davantage à écrire à la manière de Benserade ou de Cyrano de Bergerac.Tout juste s’autorise-t-il à citer quelques extraits de lettres de Roberto, par goût de l’exotisme, par plaisir de linguiste, pour la beauté et pour l’obscurité de la chose.Le reste du livre est d’un narrateur de notre temps, mais qu’une longue et amoureuse fréquentation des textes fran- çais de l’époque baroque aurait à ce point imprégné que le style, les mots, les figures, les tournures et l’inventivité des précieux auraient déteint sur ses propres phrases.S’il se garde de prendre parti dans les aventures qu’il décrit, préférant laisser son héros obéir aux vents di-1 vers qui le malmènent.Eco laisse à son écriture le soin d’indiquer ses1 préférences.Elles vont à l’exubéran- ' ce, à la langue multiple et proliférante, à la plus grande liberté donnée à l’imagination, à la ciselure, à la pointe, au panache, à la richesse profuse * des symboles.La traduction de Jean; Noël Schifano restitue avec fougue et maniérisme cette jubilation langa: gière.Elle est celle de Roberto, bien sûr, désireux d’inventer une langue neuve capable de naître d’un contact neuf avec les choses.Elle est aussi celle d’Eco l’artiste, le double nocturne d’Eco le savant.«UN RECUEIL DE NOUVELLES fljoy vowm.ci ?i-tk'i .IN •M- Y' ¦ : QUI CONSTITUE POUR MOI.UNE DES PLUS BELLES LECTURES DE L ANNEE.[.] Votre cœur va BASCULER.j'EN SUIS SLJR.» Jenn Fugèrc.Sons la couverture histoires .Ni :" t’ ! I i •• v .liikAî'l* L.s-;¦ «h.nKf inTu r.Ut- rh m tr-l rtxg Uh I.K I) K V OIK, I.K S S A M K I) I I» K T I» I M A N C II K I O M A H S I » » Il I) Le procès du nazisme PROCUREUR À NUREMBERG Telford Taylor Éditions du Seuil, 1995, 710 pages IE PROCÈS DE NUREMBERG Annette Wieviorka Éditions Ouest-France, 1995,200pages JOCELYN COULON Le procès de Nuremberg constitue un événement majeur de l’histoire du XX' siècle.Pour la première fois — et jusqu’à ce jour la dernière —, les plus hauts responsables d’un | Etat furent traduits devant une cour de justice internationale et jugés.Ce procès a suscité un très grand intérêt chez les juristes et les historiens en même temps qu’il a soulevé un immense espoir dans le monde sur la volonté de la communauté internationale déjuger les crimes de guerre.Ainsi, les spécialistes débattent depuis cinquante ans de sa légitimité mais aussi des précédents qu’il a établis.Le procès a-t-il été injuste, dans sa mise sur pied, dans son déroulement et dans son verdict?A-t-il été à l’origine d’un nouveau droit international?A-t-il été unique et, de ce fait, est-il possible d’envisager aujourd’hui de nouveaux Nuremberg pour juger les crimes de guerre qui se commettent dans le monde?Deux livres qui viennent de paraître sur le procès de Nuremberg soulèvent ces questions et bien d’autres.Ces ouvrages, chacun à sa manière, retracent la genèse de ce procès et son déroulement qui permit de démonter la formidable mécanique de destruction qu’était l’Allemagne nazie.Le livre de Telford Taylor est le plus intéressant parce qu’il est le plus personnel.Mais pour ceux que les 700 pages de ce livre pourraient rebuter, l’ouvrage d’Annette Wieviorka est un excellent condensé du procès.Il n’y manque rien.Colonel de l’année américaine et spécialiste des services de renseignements, Taylor intègre, au printemps 1945, l’équipe de juristes américains chargée de l’accusation.Grâce à ses notes personnelles, aux archives de l’époque et à des documents auxquels il a eu accès récemment, l’auteur retrace avec mille détails la vie quotidienne des juges, des avocats, des employés du tribunal et des accusés pendant les dix mois que dura le premier procès de Nuremberg, de novembre 1945 à septembre 1946 (douze autres procès se déroulèrent jusqu’en 1949).Il décrit aussi, et c’est ce qui fait l’intérêt de l’ouvrage, la petite histoire de la création du tribunal, de la rédaction de son statut et de ses règlements, de la formulation de l’acte d’accusation, de la sélection des accusés, des débats entre juges au moment du verdict.Si Taylor estime que le procès fut légitime et nécessaire et qu’il se déroula, somme toute, de façon assez exemplaire, il pense toutefois que les Alliés auraient pu mieux choisir les accusés.Examinant le verdict, il est d’avis que certains ne méritaient pas la mort et que d’autres devaient être acquittés.Mais ce qui embarrasse le plus Taylor, c’est le sentiment que ce procès avait des airs de «justice des vainqueurs».Il rappelle que les dignitaires nazis furent condamnés pour crimes contre la paix par un groupe de juges dont un — le russe — représentait un pays qui avait participé à des guerres d’agression contre la Pologne et la Finlande.Le procès de Nuremberg a bien donné lieu à des innovations en droit international.Annette Wieviorka souligne que la notion nouvelle de «crime contre l’humanité» a pris de l’importance depuis, alors que la révélation du génocide des juifs a poussé l’ONU à adopter une convention sur la répression de ce crime.Mais ni Taylor ni Wieviorka ne se font d’illusions sur la volonté actuelle de la communauté internationale de réprimer les crimes de guerre.Après tout, écrivent-ils, les membres de l’ONU discutent depuis 50 ans de la création d’un tribunal criminel international permanent.V R.E S ESSAIS É T II A N (i E II S L’énigme Hitler ANTOINE R O K I T A I L L E ?HITLER.ESSAI SUR LE CHARISME EN POLITIQUE lan Kershaw, traduit de l'anglais par Jacqueline Çamaud et Pierre-Emmanuel Dauzat, Éditions Gallimard, Paris, 1995, 240 pages L'OPINION ALLEMANDE SOUS LE NAZISME -BAVIÈRE, 1933-1945 Ian Kershaw, traduit de l’anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat, CNRS Éditions, Paris, 1995,376 pages La propagande nazie était sans équivoque.Un chef à la volonté de fer.Derrière lui, la masse, complice, monolithique, qui l’appuie inconditionnellement.Ian Kershaw, historien anglais du national-socialisme, n’est pas dupe des photos de propagande.Il rappelle, dans son Hitler, Essai sur le charisme en politique, que le régime politique de l’Allemagne nazie demeure une réelle énigme pour les sciences humaines.Inclassable, on ne cesse de se reposer la difficile question: «En quoi consistait son caractère exceptionnel?» Le débat n’a rien de nouveau, mais au sens de Kershaw, la chute du communisme soviétique permet de le relancer d’une nouvelle façon, libérés que notas sommes des langues de bois de la guerre froide.Kershaw distingue trois catégories de théories sur le nazisme: le «fascisme», le «totalitarisme» et l’«hitlérisme».Il élimine à proprement parler les deux premières, leur concédant toutefois certains éléments.Bien sûr, le nazisme ressemble au fascisme par son autoritarisme et peut en sembler une branche lorsqu’on le considère sous l’angle du culte de la personnalité.Bien sûr aussi, comme Hannah Arendt l’a développé dans Le Système totalitaire, il y a plusieurs parallèles à faire entre les régimes nazi et stalinien: à partir de pensées millénaristes, tous deux revendiquaient — «et c’était nouveau», souligne Kershaw —, «un contrôle total sur la société».De même, les deux chefs firent régner une terreur sans précédent.Mais selon Kershaw, ces similitudes sont «de surface».Les buts, les idéologies, les structures économiques de ces régimes, «la nature du pouvoir détenu par Hitler et Staline», diffèrent.Kershaw, on l’aura compris, est de ceux qui expliquent la singularité du nazisme par la nature tout à fait particulière du pouvoir de Hitler.Cependant, il refuserait le qualificatif d’«hitlérisme» pour désigner sa théorie.Voilà un autre débat où se déchirent les spécialistes: il y a les explications «hitlérocentristes», pour lesquelles l’ensemble du dérapage historique de l’Allemagne est le produit de la démence d’un seul homme.Tout procéderait de «l’intention» de Hitler qui exerce dans ce schéma la plénitude des pouvoirs.Ces thèses, nommées «intentionnalistes», se butent à la critique de théories fonctionnalistes extrêmes où, à l’inverse, Hitler, noyé par la multiplicité des centres de décision, est dépeint comme un «dictateur faible» (!) Ix* moyen terme Kershaw refuse d’opter pour l’un ou l’autre des deux extrêmes.Il croit qu’il faut développer une explication donnant sa juste place et a l’homme, et aux cir constances.Pour ce faire, il recourt à la notion de pouvoir charismatique- cm pruntée à Max Weber.Ix* charisme, dans ce schéma, n’est pas envisagé CO.le une «qualité inhérente à un individu» mais consiste en un attribut «subjectivement perçu par ceux qui l’entourent .Bref, pour Kershaw, la société allemande de l’époque a véritablement vu quelque chose de spécial en Hitler.Cela dépend, ajoute-t-il, d’un ensemble «extraordinaire de circonstances».Qui permirent à un outsider (à la personnalité franchement médiocre, il faut le souligner), d’accéder aux plus hautes charges de l’Etat.Kershaw démontre très bien que soudainement, Hitler fit l’affaire de l’ensemble (ou presque) des élites allemandes de l’époque.Au premier chef, l’armée et la grande industrie.Le méprisant, elles voyaient toutefois en lui la seu- L’énigme Hitler, ou comment un individu médiocre a pu accéder à la tête d’un État avancé, concentrer dans ses mains un pouvoir des plus étendus, et mener ce pays à une issue aussi apocalyptique w * A ÙM «SLàîJt ! a* * * T.& MERCREDI 13 MAR L'OUVERTURE A L'AUTRE.JEAN-PIERRE RONFARD, HOMME DE THÉÂTRE CULTURE ET CRÉATION: LES SŒURS ENNEMIES DU THÉÂTRE QUÉBÉCOIS UNIVERSITE OE MONTRÉAL PAVILLON PRINCIPAL SALLE M-415 À17H30 ENTRÉE GRATUITE MARD119 MARS MONIQUE LARUE ROMANCIÈRE, PROFESSEUR t'ARRENTEUR ET U NAVIGATEUR.RA SS» ION AMI VIS rI!4»J4l”Jé» » » NTRA, I» I irm sgi I IBM OIM s.in nu i UHA.vr irtivntVflWJR aisA l'MM RM T» PA.MON I RMI PHOTO CP «Le dernier défi lancé par Hitler: expliquer la nature de son pouvoir.» le façon de se sortir du marasme et de réarmer la nation.Hitler convenait aussi à la Chancellerie, souhaitant renverser l’ordre européen, et à la masse des Allé mands qui, humilies par Versailles et la crise, avaient des revendications violentes, chauvines et antisémites.Le régime de Hitler était fort et faible à la fois: des pouvoirs concurrents se forgèrent entre lesquels le Führer jouait les arbitres.Aucune instance décisionnelle ne limitait le pouvoir du Führer.Mais cela l’obligeait à trancher parfois des litiges administratifs des plus banals.Dans cet ensemble, le mythe de Hitler, comme Kershaw l’appelle, avait une fonction de ciment, qui amenait bien d,es individus, dans leurs rapports avec l’Etat, à devancer les demandes du Führer.Hitler, se fondant uniquement sur ce rôle providentiel qu’on voyait en lui, a construit son Reich en dehors de la légalité.Aucun schéma connu ne peut prétendre cerner sa structure, qui se dessinait selon les périodes et les personnes.Durant les douze ans du régime, Hitler nie l’existence de l’organisation et de la culture étatiques en nommant ses partisans à la tête d’institutions improvisées relevant directement de son autorité.En fait, Kershaw, qui a une formation de médiéviste, démontre qu’il s’agit d’un néoféodalisme.Où la fonction est dépassée par la personnalisation.Un régime polycratique qui s’éloigne de toute rationalité politique.Un chaos administratif où l’arbitraire est la norme, où les fiefs sont légion.L’auteur développe l’idée que le charisme est un couteau à deux tranchants.Il crée des attentes que l’on ne peut décevoir.De plus, la domination charismatique, comme l’avait dit Weber, ne peut souffrir la routine.C’est une dynamique d’enfer qui empêche tout espèce de répit.D’où l’impossibilité de la stabilité.D’où la fuite en avant vers la destruction, vers la concrétisation de la haine dans les camps de la mort.Le charisme est la clé de voûte d’un «système» lancé dès le départ, tel un train fou, vers son autodestruction.L’opinion publique Dans L'Opinion publique sous le nazisme, écrit il y a plus de dix ans et traduit en français récemment, Kershaw proposait une hypothèse intéressante sur les limites du consentement populaire sous le nazisme.Selon lui, l’idée du contrôle total de la société est inexacte et trop facile.Dans cette Allemagne que nombre de dissidents (artistes et intellectuels) ont quittée, il demeure des dissensions, que Kershaw recense.Certains agriculteurs, catholiques et déçus de l’abolition des congés religieux, refusent de prendre part aux défilés.Certains ouvriers ne consentent pas à fêter un Allemand zélé qui a remplacé un juif, chassé de la tête d’une usine.Plus que des anecdotes, ces comportements s’ajoutent à plusieurs données montrant que l’idéologie n’avait pas «hypnotisé» tous les Allemands.Pour qui la question juive, par exemple, centrale au Führer, venait bien après les problèmes matériels ou les attaques contre les traditions religieuses.Ian Kershaw démontre que l’indifférence plus que l’enthousiasme a généralement caractérisé le nazisme au quotidien.Cet espèce de vide moral a toutefois permis un processus d’extermination.Qui dit passivité dit complicité: la «route d’Auschwitz fut pavée d’indifférence», conclut-il de façon tragique et convaincante.Le dictionnaire de la drôle de paix 1938-1948 LES ANNÉES DE TOURMENTE DE MUNICH À PRAGUE Sous la direction de Jean-Pierre Azéma et François Hédarida Éditions Flammarion, Paris.1995,1137pages JOCELYN COULON LE DEVOIR Les historiens sont parfois des êtres excentriques.Pour chacun de nous, les siècles, comme les décennies et les années, ont un début et une fin bicii précis.Pas ixuir les historiens.Ils découpent l’histoire en tranches, ce qui désoriente souvent le simple mortel.Ainsi il s’en trouve, comme le Britannique Eric Hobsbawn par exemple, pour écrire que le XX' siècle commence en 1914 et se termine en 1991.C’est là une désignation tout à fait arbitraire mais parfaitement acceptable sur le plan des événements politiques ou sociaux.Après tout, la marche du monde ne correspond pas nécessairement à des périodes statiques.lx‘s auteurs de 1938-1948 - Les Années de tourmente ont aussi fait le choix d’un découpage chrome-logique arbitraire.Pour eux, cette décennie esrà marquer d’une croix dans l’histoire de ce siècle sanglant et brutal.Elle s’ouvre à Munich, avec un espoir, et se termine à Prague, avec un drame.En effet.-la conférence de Munich de 1938 semble aboutir à une paix que tous appellent de leurs vœux en Europe.Pourtant, le sommet de quatre grands dirigeants européens (Daladier, Chamberlain, Hitler et Mussolini), dans la cité bavaroise, signale plutôt le début de la plus terrifiante guerre de l’histoire de l’humanité.«Dorénavant, écrivent les historiens Jean-Pierre Azéma et François Bédarida, ce sont les armes qui sont appelées à trancher le destin du monde.» Et elles vont se déchaîner pendant six ans.Mais en 1945,1a guerre est à peine terminée qu’une autre, plus subtile, se met en marche.Les deux géants qui ont émergé du conflit mondial - URSS et États-Unis - se Retrouvent face à face et s’installent dans la guerre froide.Le coup de Prague de 1948, où les communistès prennent le pouvoir, symbolise «la glaciation de l’univers issu de la Seconde Guerre mondiale».Pour raconter cette décennie, les auteurs ontior-donné leur dictionnaire autour de six éléments thématiques: la violence et la guerre, économies ët idéologies, géopolitiques, acteurs, lieux et événements, controverses et enjeux de mémoire.Il est impossible ici de décrire la richesse et la complexité de ces éléments et des sujets qui y sont associés.Chacun des 105 articles, accompagné de renvois pt d’une orientation bibliographique, est écrit avec clarté et se veut avant tout «un bilan du savoir actùél, fondé sur les acquis de la recherche la plus récente, la plus exigeante, la plus sûre».-1 Des contributions originales Attirons toutefois l’attention sur quelques contributions originales.En quelques pages, Danièle Vold-man décrit comment la guerre a transformé l’urbanisme des villes où, lors de la reconstruction, des bâtisseurs ont expérimenté «des procédés nouveaux d’industrialisation et de préfabrication, prélude au logement de masse».René Rémond démontre comment l’idée européenne est née d’une profonde révision de la politique étrangère française au début de la guerre froide.Michael Marrus souligne le drame des personnes déplacées (à distinguer des réfugiés) pendant et après la guerre et du casse-tête que cela posa aux forces alliées.Pierre Mélandri tente un exercice périlleux, celui de faire le point sur les origines de la guerre froide.Sans trancher, il s’en tire très bien.Si ce dictionnaire fait une large place à des sujets occidentaux, il traite aussi des Etats, des acteursüet des événements de la périphérie.On lira avec intérêt des papiers sur l’Inde, le Japon et la Chine, Mao et Chiang Kai-shek, la lutte entre Juifs et Arabes pour le contrôle de Jérusalem et le soulèvement des Algériens de Sétif contre la colonisateur français, à Il y a bien deux ou trois petites erreurs dans cet Ouvrage (Alger Hiss n’a jamais été le premier secrétaire général de l’ONU), mais rien qui puisse vraiment entacher le prodigieux travail de l’équipe de rédacteurs.J’ai parcouru ce dictionnaire de la première à>la dernière page.Plus de mille feuillets absolument {Passionnants et dont la lecture n’est jamais lassante.Ouvrez le livre où vous voulez, vous ne vous y perdrez pas.Chaque article peut s’appréhender indépendamment des autres.C’est là la merveille de cet ouvrage.à ESI-SEL L E- R S le Parchemins ROMANS QUEBECOIS 1.MISS SEPTEMBRE, François Gravel - éd.Québec/Amérique 2.ZOMBI BLUES, Stanley Péan - éd.La courte échelle 3.LE ROMAN DE JULIE PAPINEAU, Micheline Lachance - éd.Québec/Amérique 4.LE GRAND DÉTOUR, Marie-Danielle Croteau - éd.La courte échelle «r ESSAIS QUÉBÉCOIS 1.LE TOUR DE MA VIE EN 80 ANS, Marguerite Lescop - éd.Lescop 2.DE L'AUTRE CÔTÉ DES CHOSES, Lise Thouin - Libre Expression 3.HISTOIRE POPULAIRE DU QUÉBEC, TOME 2, Jacques Lacoursière - Septentrion «r ROMANS ÉTRANGERS 1.TALT0S, Anne Rice - Robert Laffont 2.PRESQUE RIEN SUR PRESQUE TOUT, Jean d'Ormesson - Gallimard 3.LA CLASSE DE NEIGE, Emmanuel Carrère - P.O.L.4.LE MONDE DE SOPHIE, Jostein Gaarder - Seuil 4P ESSAIS ÉTRANGERS 1.LE SOUCI DES PAUVRES, Albert Jacquard - Flammarion 2.LE MIRACLE DE LA MÉLATONINE, Walter Pierpaoli et William Regelson - Robert Lalfonl 3.LES LEÇONS DE VIE DE LA PROPHÉTIE DES ANDES, James Redlield et Carol Adrienne - Robert Laffont -¦ Legros Brodeur Livre de Saphir Jacques Lacoursière YVES BOISVERT éditeur XYZ Éditeur 1781, rue Saint-Hubert.Montréal (Québec) H2L 3Z1 ibe delà littérature Téléphone : 525.21.70 • Télécopieur : 525.75.37 S E PT EN T R I O N 1300, av.Maguire, Sillery (Québec) GlT lZ3 Télécopieur : (418) 527,4978 .• • XYZ éditeur félicite / pour sa mention d'excellence au Grand Prix littéraire de la Ville de Sherbrooke Le Québec et le Canada: deux histoires Tome 1 Des origines à 1791 484 pages, 29 $ Tome 2 De 1791 à 1841 448 pages, 29 $ Une histoire du Québec vraiment populaire ! Pour mieux comprendre le Québec d'aujourd'hui.I « L'H1S TO I RE AU PRÉSENT»! Claude Corbo .Lettre fraternelle, | | raisonnée «Un cri du cœur [.] Une très belle lettre d’amour à [’identité québécoise pour laquelle l’auteur proclame son appartenance indéfectible.» Gérald Leblanc, La Presse LANCTOT ÉDITEUR Débuts littéraires A croire qu’ils se sont donné le mot pour dépoussiérer le XIX' siècle littéraire! Au moment où le Musée de l’Amérique française présente à Québec l'exposition En toutes lettres: Naissance d'une littérature nationale 1840-1869, Fides fait paraître en deux gros volumes Les Meilleurs Romans québécois du XIX' siècle.Guérin, lui, franchit le pas du XX' avec le troisième tome des œuvres complètes de Louis Hémon, ce Français d’origine que les Québécois considèrent comme l’un des leurs.' Dans l’édition qu’il a préparée des Meilleurs Romans québécois du XIX' siècle, Gilles Dorion s’inscrit en faux contre tous les chercheurs de la ligne pure et dure du respect du texte.«J’ai Corrigé les nombreuses coquilles, fâutes d’orthographe et fautes d’accord qui déparaient tant les manuscrits ei les journaux au XIX' siècle.La ponctuation était aussi très erratique à l’époque.» 'V11 a bien sûr retenu le premier ro-rùan canadien de langue française, L Influence d’un livre, de Philippe-Joseph Aubert de Gaspé, le premier succès de librairie, Les Anciens Canadiens de Philippe Aubert de Gaspé et le premier roman de la terre, La Terre paternelle, de Patrice Incombe.¦' M.Dorion a dû se limiter à reproduire douze romans.«Plusieurs d’entre eux sont des œuvres de jeunesse, toutes empreintes de naïveté comme c’est le cas notamment de La fille du brigand, d’Eugène L’Ecuyer.» 1 Déchirés entre la tentation de copier leurs maîtres européens et la volonté de construire pierre par pierre une littérature nationale, ces romanciers sont d’une modestie sans bornes qui se répercute dans l’humble perception qu’ils ont de leurs concitoyens.Citons à cet effet Patrice La-cbmbe, dans la conclusion de La Terre patemelle:«Laissons aux vieux pays, que la civilisation a gâtés, leurs romans ensanglantés, peignons l’enfant du sol, tel qu’il est, religieux, honnête, paisible de mœurs et de caractère.» Vous souriez, sans doute?«Il ne faut pas rejeter cette littérature, elle ë$t à nous.La France, elle, n’a pas Honte des Balzac moins réussis», fait remarquer M.Dorion.En toutes lettres Heureuse coïncidence que cette exposition en cours au Musée de l’Amérique française, à Québec.En toutes lettres: Naissance d’une littérature nationale 1840-1869 permet en effet de resituer les auteurs dans leur contexte.Sont entre autres présentés une presse à imprimer du XIX’ siècle, utilisée jadis par L’Abeille, journal du Petit Séminaire de Québec, et un keepsake ayant appartenu à Udy Belleau, épouse du maire de Québec.C’est souvent par ces keepsakes que les femmes du XIX' siècle se sont intéressées à la littérature.Dans ces albums étaient consignés des poèmes, des pensées et des croquis, enjolivés souvent d’étampes, des dessins, d’aquarelles.Celui de Lady Belleau contient en prime des poèmes inédits d’Octave Crémazie et de François-Xavier Gameau.Et, bien sûr, En toutes lettres fait une grande place au livre lui-même.Y sont exposés ces manuscrits originaux: Extraits des ouvrages de Samuel de Champlain 1619, \e Journal des Pères Jésuites 1645-1668, les Relations des Jésuites 1676-1677, Le Manuel d’Histoire du Canada de l’abbé Charles-Honoré Laverdière et Les Anciens Canadiens.Hémon, œuvres complètes Louis Hémon, né à la fin du XIX" siècle, mort au tout début du XX", a laissé une œuvre prodigieuse que Guérin vient de reprendre en trois tomes.Trois tomes, pour 33 ans de vie! C’est dire que tout est là, dans cette édition préparée par Aurélien Boivin, lui aussi de l’Université Laval.Si dans les deux premiers tomes étaient reproduits les romans, recueils de nouvelles et la littérature «sportive» dont Hémon fut un précurseur avec des chroniques sportives, et Battling Malone, pugiliste, le présent tome s’intéresse surtout à la correspondance de l’auteur de Maria Chapdelaine.LES MEILLEURS ROMANS QUÉBÉCOIS DU XIX* SIÈCLE - TOME I ET II Édition préparée par Gilles Dorion, Fides, Montréal, 1996,1092pages (tome I), 1135 pages (tome II).EN TOUTES LETTRES: NAISSANCE D’UNE LITTÉRATURE NATIONALE 1840-1 869 Musée de l’Amérique française, jusqu’au 26 mai.LOUIS HÉMON.ŒUVRES COMPLÈTES - TOME III Édition préparée, présentée et annotée par Aurélien Boivin, Guérin éditeur, Montréal, 1995, 622 pages et urgente à mes concitoyens immigrants La rue Sherbrooke au siècle dernier.PHOTO le devoir travail dans la mouvance de penseurs! associés au postmodemisme (dims la conclusion, Derrida, Foucault et Lyot tard, rien de moins, sont associés à la déconstruction de l’idée que le prôi grès est un phénomène linéaire et jllii mité), mais ils auront tort dans la mesure où cette Histoire du Canada n’est pas un compromis à l’air du temps; Elle est une véritable tentative d’explication du présent jiar le passé.La conclusion des auteurs n’est malheureusement pas de nature à rassurer ceux qui craignent un éclatement du pays.Ainsi, la Constitution de 1982, en donnant l’illusion à tous les acteurs canadiens d’un aboutissement longtemps attendu et en laissant d’autre part en suspens plusieurs questions fondamentales Go Québec, les autochtones, le partage des pouvoirs), a paradoxalement accentué les revendications propres à ces acteurs et donné de la sorte un malencontreux coup de pouce à la dynamique de l’affrontement.Mais avant de demander comment l’histoire se formulera, sachez que déjà en librairie se retrouve le deuxième tome de l'Histoire populaire de Lacoursière: de 1791 à 1841.LANCTÔT ÉDITEUR crée à l’espace commun qu’est devenu le Canada depuis l’arrivée des Européens en Amérique.Mais cet espace commun est foncièrement multidimensionnel et les auteurs l'analysent en privilégiant les groupes qui ont fait jusqu’à un certain jxiint les frais de sa Constitution.Ce sont en l'espèce les Premières Nations, les femmes, les Canadiens français, les Québécois et les immigrants.Quant à la seconde moitié de l’ouvrage, elle est conçue en fonction des quatre grandes régions canadiennes: le Québec, l’Ontario, l’Ouest et les Maritimes.Dans les deux cas, tant pour les mouvements sociaux que pour les régions, la même logique de jeux de pouvoir et d’affrontements a prévalu, au point où le Canada, selon les auteurs, illustre à merveille le caractère éclaté de l’histoire et de la société contemporaines.C’est donc une histoire canadienne marquée au sceau du conflictuel, du problématique et du complexe qui nous est présentée ici.Ceux qui croient voir dans ces termes des concessions à la postmodernité auront à la fois raison et tort.Ils auront raison parce que MM.Cardin et Couture avouent eux-mêmes situer leur auteur du sera à Ottawa, Toronto et Montréal 7 au 17 mars 1996 Ad Il rencontrera ses lecteurs à Toronto le mardi 12 mars à17h00 à la Librairie Champlain 468, rue Queen Est (416) 364-4345 à Montréal le jeudi 14 mars à18h30 à la Bibliothèque nationale, Salle Saint-Sulpice 1700, rue Saint-Denis ( VJ*n juif, un musulman et un chrétien unis dans une même quête.Gilbert Sinoué signe le grand thriller de l'Inquisition.» Anne Pons, L'Express ’ .editions Denoel, 463 p., 24,95$ HISTOIRE DU CANADA - ESPACE El DIFFÉRENCES Jean-François Cardin et Claude Couture, avec la collaboration de Gratien Allaire, Presses de l'Université iMval, 1996,397pages HISTOIRE POPULAIRE DU QUÉBEC Tome 1: Des origines à 1791 Jacques Ixicoursière, Septentrion, Sillery, 1995,479 pages Il n’y a pas que dans l’actualité politique que l’étemel contentieux Ottawa-Québec semble constamment se renouveler.Il en est de même, épisodiquement, dans la science historique.C’est du moins l’impression que l’on a quand on lit XHistoire du Canada, de Jean-François Cardin et Claude Couture, et l'Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière, qui viennent de paraître coup sur coup.11 s’agit de deux ouvrages qui visent des publics différents mais qui, surtout, offrent des points de vue radicalement opposés sur notre histoire, québécoise ou canadienne.D est assez rare de voir un livre d’histoire dominer la liste des best-sellers québécois.C’est pourtant l’exploit réalisé au cours des dernières semaines par cette Histoire populaire du Québec, dont les succès de vente donnent encore plus de relief au terme «populaire» contenu dans le titre.M.Lacoursière n’est d’ailleurs pas étranger à la reconnaissance du grand public.Venu à l’histoire par l’entremise de la littérature et de l’archivistique, il fut le secrétaire du Journal Boréal Express dont les lecteurs plus âgés se souviendront et qui proposait une lecture de l’histoire du Québec au quotidien.11 fut également l’auteur de Nos racines, une série d’abord vendue en fascicules et reprise en volumes selon la formule popularisée par Time-Life, et aujourd’hui épuisée.J’ai personnellement un meilleur souvenir des Mémoires québécoises (Presses de l’Université Laval, 1991), un ouvrage qui abordait l’histoire québécoise par l’entremise d’un certain «vécu» (les modes de vie, les savoir-faire techniques et culturels, etc.).Si j’ai bien compris l’avant-propos de l’éditeur, Histoire populaire du Québec constitue une réédition de Nos racines et Des origines à 1791, le premier de quatre tomes qui seront bientôt complétés — il fallait y penser —par un CD-ROM.La recette du succès?Des faits, quelques citations, des dates et des noms, et toujours de l’action.Sous la plume de Jacques Lacoursière, l’histoire du Québec s’écoule comme une puissante rivière sans méandres, que le lecteur amateur de sensations fortes descend comme un explorateur en canot.Le texte est rapide et l’auteur ne se perd pas en savantes considérations, nous avertit l’éditeur.C’est peu dire.Les événements se succèdent à un rythme fou, les citations sont données sans références (maïs l’éditeur nous assure qu’elles sont véridiques) et le tout est raconté au présent comme si on y était.Comme a K O H E K T S A L E T T I ?déjà dit quelqu’un à propos des films pornos, on sait pourquoi cela commence, mais on se demande pourquoi cela doit finir.L’histoire du Québec se montre ici sans voile, dans sa limpide et obscène nudité, reléguant tout bonnement l’historiographie à un rôle de support matériel.On est ici à mille lieues des préoccupations des henné neutes contemporains, de ceux qui croient que l’histoire n’est pas que le récit neutre d’événements déjà attestés mais aussi le procès de ces événements (je pense ici à Paul Ricœur et Jean-Pierre Faye).Sans rien sacrifier à la lisibilité du style et à la qualité de la présentation matérielle et graphique — souvent absentes des ouvrages universitaires —, Jean-François Cardin et Claude Couture adoptent dans leur Histoire du Canada une tout autre perspective.Cette perspective est politique en deux sens: au sens où la politique est le contenu principal des événements de celte histoire, mais également au sens où l’interprétation de l’histoire est elle-même politique.Les auteurs ne cherchent pas à dissimuler ce travail d’interprétation impliquée par le regard de l’historien, ce qui donne parfois lieu à des phrases assez percutantes sur l’incompétence de la classe politique canadienne, incapable de ré pondre, selon eux, aux demandes des principales constituantes d’un pays, le Canada, fondé de facto sur les différences et le multiculturalisme.Cette conscience de faire un travail d’interprétation se répercute tout naturellement sur la construction de l’ouvrage.La première moitié est consa- tel.: 274-3669 téléc.: 274-3660 7291-1 203 _____• Pour l’un, des faits, des dates, toujours de l’action, pour les autres, l’histoire est politique L K I) K V OIK, I.K S S A M K I) I II K T I» I M A N < Il K I O M A II S I II II II I) 8 A 1 ?^ mm .^ g 1 H ^ —¦——^¦—¦— ARTS VISUELS Communiquer à mots tus ANNE RAMSDEN GHISLAINE CHARESI Galerie Samuel Lalloui 4295, boulevard Saint-leurent Jusqu'au 30 mars JENNIFER COUËLLE Si ce n’est le printemps, c’est sa légèreté et sa douceur qui habitent ces semaines-ci la Galerie Samuel Lallouz.Ça, c’est le coup d’œil, car — le «sérieux» de l’art oblige — derrière ces apparences conviviales s’activent des volontés artistiques, des programmes de réflexion.On passe, donc, de la maison comme site politisé à l’enfance comme origine d’une mémoire occultée avec les expositions respectives d’Anne Ramsden et de Ghislaine Charest.Reste à voir comment se tissent les liens entre l’idée et son expression.Entre le prétexte, pas toujours visible dans le cas des présentes productions, et l’objet, au contraire plutôt généreux.Connue, entre autres, pour son travail sur les écrits de Nietzsche, où elle relevait (sur une série de fouets de cuisine) les passages contradictoires et souvent douteux des observations du philosophe quant à la «nature» de la femme, la Vancouveroise — jadis Montréalaise — Anne Ramsden insiste ici sur l’activité de consommation d’idéologies, de biens et de choix qui forgent l’identité domestique.Avec son loquace et amusé Voyage, de loin l’œuvre la plus conceptuellement résolue et la plus EXPOSITION OEUVRES RÉCENTES MICHÈLE DROUIN «OUVERTURE-FERMETURE» Vernissage samedi LE 9 MARS DE 13H À17H Jusqu’au 30 mars WADDINGTON & GORCE 2155, rue Mackay, Montréal, Québec, Canada H3G 2J2 Tél : (514) 847-1112 Fax:(514)847-1113 3 Du mardi au vendredi de 9 h 30 à 17 h 30, § le samedi de 10 h à 17 h PIII-HUll Soirée-conférence sur la préhistoire 12 mars, 19 h (durée 3 heures) Droits d’mtrée : 7 $ Nombre de places limité Réservations au 872-9150 Deux conférenciers prestigieux du Muséum National d’Histoire Naturelle de France sont les invités de Pointe-à-Callière.Néandertaliens et Hommes modernes de la préhistoire, par Jean-Louis Heim L’art des chasseurs paléolithiques et Le peuplement de l’Amérique, par Denis Vialou En collaboration avec le Consulat général de France au Québec et la Mission de Coopération Scientifique Europe Amérique (MJ.C.S.EA) http-y/www ct uqiin ca/nobel/d3377J4/micseahtml Musée d'archéologie et d'histoire de Montréal J50.place Royale Angle de la Commune -—— Vieux-Montréal Poiste-à-Callière :ïî!« {'Jî/lî; / V j S» ¦ ¦ .j *“ .(i .•; 't'.-'-îTijjSj# saisissante de l’exposition, l’artiste nous invite à circuler à travers une audience de douze chaises identiques dont les revêtements textiles donnent à voir des variations chromatiques de références socioculturelles.Six motifs scéniques repris en deux jeux de couleurs distincts font dans l’orientalisme — ici chinoise, là indienne —; dans la canne à pêche, le caribou et la maison en bois rond de l’Amérique rurale; dans le paysage hybride et cacophonique a’un Mexique qui se déhanche aux rythme des Iles; dans les intrigues du temps révolu des amours galantes et des héros en selle, et enfin, pour les esprits nobles et matures (!), ces motifs font aussi dans la cartographie des explorateurs d’antan.Devant cette installation de structures métalliques vêtues de «robes culturelles», sorte de salle de montre pour mieux décider de l’identité convenue et codée de son mobilier, un fauteuil avec pouf assorti (T.V Chair with Ottoman) témoigne de l’impression indélébile (et inutile) laissée par les heures passées devant le petit écran.Noir sur blanc, cette bergère moderne est inscrite sur toutes ses surfaces de mots traduisant le résidu des images qui défilent à mille lieues du salon qu’elles fréquentent.Ce qui ressemble a priori à un simple motif graphique donne à lire des bodies; man; left hand gone; machete wounds; a swollen leg; gangrene et autres jolis vocables de la sorte.On serait tenté de qualifier cette élégante sculpture d’astucieuse si ce n’était de la redondance de son commentaire cent fois visité sur l’abysse irréconciliable entre l’univers public de la télé et celui, privé, du foyer.Ailleurs, dans Memento, avec ses épreuves couleur et presse-papiers en plexiglas arborant une palette vive et variée d’images infographiques de boutons de roses, on reconnaîtra l’énoncé des principes de choix et de sélection à partir d’un ensemble préétabli de motifs décoratifs, mais bon.Et après?Apparemment, le 7 La Ronde des oursons, une installation de Ghislaine Charest.poids de cette œuvre sérielle, belle du reste, est tout entier dans l’impact visuel et la netteté plastique de son esthétique minimaliste.Car si cette installation mime le décoratif, il n’est pas dit qu’elle ne s’y prenne pas elle-même au jeu.Puis, dans la vitrine de la galerie, donnant la mesure à la soft ironie qui traverse de bout en bout l’exposition, deux petits montages photographiques affichent et nomment l’univers des, bungalows et des rideaux de perse.A retenir, donc, de cette artiste qui joue ici délibérément dans les plates-bandes limitrophes de l’art — «Je crée des objets hybrides qui se situent [.] quelque part entre la décoration intérieure et la sculpture, entre l’art élitiste et l’artisanat.», R IQPELLE Les plus belles estompes 1966-1995 jusqu'au 20 avril O GALERIE SIMON BLAIS Uj 4521, rue Clark, Mtl, (514) 849-1165 Du mardi au samedi de 10h à 17h écrit-elle —, l’intelligence visuelle et la facture impeccable de son travail.Quant au discours socioculturel qui le sous-tend, la mise au point se fait attendre.Mémoires méconnues La Salle de projet de la galerie est réservée au monde coi et feutré de l’exposition Le Coeur de l’artiste (aie! le titre) de Ghislaine Charest, qui se prolonge dans le sous-sol des lieux, aménagé avec justesse pour l’occasion.Suivant les règles du jeu annoncées candidement par l’ourson gravé sur une plaque de verre visible de la rue, onze photographies sur surfaces translucides de duraclear apposées sur de surprenants supports de peluche se joignent à une ronde d’animaux faits du même «faux mouton» pour mettre en place une série de références qui renvoient inévitablement aux énigmes de l’enfance.Difficile de causer nounours en art actuel sans penser aux subversives installations des pauvres bêtes pelu-chées du Californien Mike Kelley, qui a trimbalé de par le monde ses petites «victimes» de convenances familiales du middle-class America.Et il y a aussi que l’ourson au poil usé, tout comme la poupée au bras arraché ou le clown qui ne rit plus, est un emblème on ne peut plus connoté des revers tragiques de l’univers magique que se doit d’être celui de l’enfance.Les films d’horreur nous l’ont copieusement enseigné.Soit, Charest n’introduit pas de nouvelles lettres à l’alphabet plastique, et encore moins psychique, PHOTO ANDRE CLEMENT mais elle parvient néanmoins à formuler l’aube d’une proposition qui est sienne.Et puisque c’est dans la transparence des moyens et l’approche directe à l’enfance, avec tout ce que cela implique de sensibilité insondable et de vulnérabilité avouée, que cette artiste montréalaise se démarque du recours au caractère in- quiétant, dit critique, des archétypes de l’univers des tout-petits, on appréciera davantage les œuvres exposées au sous-sol.Contrairement à la série Juste avant la nuit qui, outre l’utilisation inusitée de son matériau, frappe fort à la porte du déjà-vu, elles ne s'encombrent de références, ni au Petit Chaperon rouge, ni à Alice, non plus aux amours volées du monde adulte.Superposées à des fonds de peluche monochromes aux teintes sobres mais riches, des représentations photographiques en «noir et transparent» d’oursons et d’enfants empruntés aux peintures des Goya, Vélasquez, Rubens, et encore, donnent lieu à un étrange sentiment de complicité, sorte de communion tacite, entre des mémoires d’enfances oubliées ou méconnues.Même impression de communication à mots tus entre le scotch-terrier, l’ours polaire, le singe, l’éléphant, le panda, son petit et les autres, disposés en cercle devant leurs plats respectifs qui contiennent chacun un galet.Si la raison d’être des œuvres bidimensionnelles de Charest se garde (un peu trop) de sauter aux yeux, on n’est guère plus avancé avec ce curieux rituel de ménagerie inanimée.Cependant, il faut reconnaître à cette artiste le courage et l’apparente sincérité qu’elle met à l’œuvre dans son travail.Car dans le meilleur des cas, la présentation toute simple et sans revers qu’elle offre d’un sujet traditionnellement subverti ou soigneusement évité est plutôt rare sur la scène des arts visuels.Puis, en ce qui a trait au pourquoi de sa démarche, à la pertinence de ses enjeux, on guettera les précisions dans une prochaine exposition.PHOTO R.T.SIMON T.V.Chair with Ottoman, d’Anne Ramsden.enER^Hagement LES VILLES INDUSTRIELLES PLANIFIÉES DU QUÉBEC, 1890-1950 ¦y .JA» («mi V'iajt '¦m /***¦*.«F- 2 vSüAWlNIGÀN Fam/S "K, , g .7s~ fÿ *; Illustrateur inconnu; d'après une oquarelle d'Eugene Haberer, Perspective à vol d'oiseau de Shawinigon Palis, v.1902.Bibliothèque du CCA DU 6 MARS AU 26 MAI 1996 Cette exposition pose un regard critique sur les mouvements qui ont inspiré l’aménagement de communautés créées par l’entreprise privée dans les régions de ressources naturelles du Québec, notamment Shawinigan Falls, Témiscaming et Arvida.CCA Centre Canadien d’Architecture/Canadian Centre for Architecture 1920, rue Balle, Montréal, Québec, Canada H3H 2S6 Des visite* commentées de l'exposition sont offertes.Renseignements : (514) 939-7026 Le CCA remercie le ministère du Patrimoine canadien de son appui à l'exposition dans le cadre du Programme d'aide aux musées.L'exposition est présentée grâce à l’appui généreux d’Hydro-Québec et de Tembec.PRIX mémoire 3,000 $ Réception des dossiers avant le 13 avril 1996, 17 heures GRAFF, 963 Rachel est, Montréal, Qc, H2J 2J4 Renseignements: (514) 526-2616 GRAFF de Pierre Ayot s’adressant aux artistes en arts visuels en pleine carrière de toutes disciplines Voir autrement Stan Douglas Les délires mécaniques de Kim Adams Jusqu’au 7 avril 1996.Mardi au dimanche de 11 h à 18 h; mercredi de 11 h à 21 h.Métro Place-des-Arts Renseignements : (514) 847-6212 MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL ARCHAMBAULT I Dene, I c'est tou dre I.f.I) K V 0 I K .I.K S S \ M K |) I 1) K T |) I M A X ( Il K I 0 M A It S I il il II EXPOSITIONS Autour du coquin manège des gamètes DENIS ROUSSEAU Dazibao 279, rue Sherbrooke Ouest Espace 311-C Jusqu'au 31 mars JENNIFER COUËLLE Denis Rousseau a encore frappé! On l’a vu surmonter une soucoupe volante d’un tabernacle, on a vu s’agiter et s’allumer ses langues de feu, on a vu s’ouvrir puis se refermer son grand rostre aux dents aiguisées, on a entendu ses engins gazouiller, clapper, bourdonner et grincer.Aujourd’hui, ce joyeux héros de l’instinct débridé nous revient avec une exposition d’œuvres récentes à la galerie Dazibao.Invincible, donc, ce Montréalais aux colosses multicolores et aux sens motorisés a trouvé le tour de faire incursion dans un lieu à vocation a priori photographique.Même ses photographies qui lui ont valu le droit d’entrée n’en sont pas tout à fait.Si la composante séduction du travail de Rousseau se fait ici plus voyante que jamais, c’est une production formellement plus épurée, plus calme d’esprit et moins tonitruante que donne à voir cette exposition, combien féconde n’empêche.Sur ce.Parmi les quatre œuvres réunies sous le titre Cabrials, il en est une qui titille à coup sûr.Elle s’appelle Multiplication et ne s’embête pas dans les détours.Voyez un peu l’effet produit par onze spermatozoïdes géants qui se démènent avec fougue depuis l’extrémité de leurs flagelles en caoutchouc jusqu’à leurs têtes écloses de résine et d’acier! Entre deux silences, ils s’éveillent progressivement, un à un, et clapotent furieusement de tout leur corps contre un mur blanc qui, de part et d’autre de cette course au bonheur, est ponctué d’images.Mais à l’inverse de la franche présence de l’élément cinétique de cette œuvre, ces images floues et tramées aux couleurs lumineuses — comme le sont celles qu'on agrandit à partir d’une saisie sur écran cathodique — sont distantes, issues, on dirait, d’un souvenir lointain.Ainsi, les visages rieurs de deux jeunes filles, une vue microscopique d’un environnement biologique (séminal?) et un stigmate de crucifix qu’on devine à peine prêtent une certaine nostalgie au manège des coquins gamètes.Quant au pourquoi de cette ambiance qui demeure, somme toute, irrésolue.?De quoi se rappeler que l’art se façonne aussi de questions sans réponses.Avec Effluve, un trio de boules en résine opaque rouge, verte et rose, prennent place au sol auprès d’une fleur étoilée surmontée d’une imposante étamine en bois qui mime le nez de Pinnochio dans la force du mensonge.Au mur, l’image d’un cou de femme habillé d’un collier de perles et de ses grains de beauté fait rêver.En fait, si ici comme ailleurs, le lien entre les images bidimensionnelles et les sculptures est loin d’être net, et si ces objets colorés, dans les deux sens du terme, se porteraient tout aussi bien, peut-être même mieux, sans la présence des images «caméscopiques», leur cohabitation n’est pas, apparemment, sans raison.Car entre l’un et l’autre de ces médiums, de ces techniques et de ces façons de faire œuvre, s’installe un dialogue — nébuleux, mais senti néanmoins — entre les notions de présence et d’absence, de désir et d’oubli aussi.Un peu comme si les images prêtaient aux formes une mémoire.L’expérience, quoique différente (l’unicité des œuvres oblige), se répète avec Tactile et Inaudible.Dans le cas premier, une énorme noix en styromousse aussi scintillante que verte fait irruption dans un alignement Tout un défi que de chercher à accorder spermatozoïdes et spiritualité, mais allez voir, c’est plutôt réussi! au mur d’un même type d’images mnémoniques, d’un couple déjà mûr s’enlaçant ou dansant, d’une main illuminée de son aura, d’une ornementation de pierre, et encore.Tandis que sur le mur d’en face, filent quatre autres images, notamment d’un oiseau à long bec et au duvet noir hérissé, et d’un homme d'âge avancé, droit de corps et tendre de son regard au loin.À proximité, s’élève du plancher une fleur à étamine semblable à celle ÜEffluve, avec à son sommet un cône de résine qui semble prêter l’«oreille» à la manière d’un cornet acoustique.Si Multiplication est sans conteste l’œuvre de cette exposition qui fait le plus sourire, Inaudible, possiblement la plus asexuée des quatre installations, est celle qui traduit le plus simplement le sentiment de vulnérabilité qui habite à demi-mot l’ensemble de cette production généreuse aux airs gaillards.Outre, donc, l’humour, par endroits surréel, et le plaisir plastique, aussi bien matériel que formel, que pourvoit cette exposition, ôn en retient quelque chose de subtilement humain.Puis si les sens sont toujours visiblement de la partie, leur présence n’est plus liée à la seule sensualité ou, comme dans certaines expositions antérieures de Rousseau, à l’opposition à la censure sous toutes ses coutures.Avec Cabrials, les sens deviennent en plus une porte d’entrée pour causer de l’intériorité de l’individu.Tout un défi que de chercher à accorder spermatozoïdes et spiritualité, mais allez voir, c’est plutôt réussi! DID ACTA RT GALERIE Y SOURCE GALERIE DAZIBAO Effluve, 1994, de Denis Rousseau.GALERIE X STEPHANIE BELIVEAU FRANCINE SAVARD Commissaire invitée Louise Masson DU 13 AU 31 MARS 1996 VERNISSAGE LE 12 DE 17H À 20H DU MERCREDI AU VENDREDI DE 12H À 18H SAMEDI ET DIMANCHE DE 13H À 17H COMPLEXE DU CANAL LACHINE 4710, RUE ST-AMBROISE, LOCAL 334 MONTRÉAL (514) 937-8093 1UITTEHB0RH en col / CLAUS BIEGERT .yÆÆB^ÊÊ^^ÊKÊÊÊÊÊÉU^JÊÊKÊÊSSWjÊÊÊÊÊÊK^iààÉMt.La Baie James.15 ans .plus tard: Amazonie du Nord 15 février - 14 avril 1996 CIAC - Centre international d'art contemporain de Montréal 314.rue Sherbrooke Est • Du mercredi au dimanche • De midi à.19 h Le vendredi 15 mars 1996 de 13 h 30 a 18 h Les développements économique et culturel des sociétés du nord et du sud du Québec Symposium bilingue : français et anglais Droits d’entrée : 5 $ (Places limitées) * CROWNE PLAZA- GOETHE-INSTITUT / (è- ,-T : (ÎALKR1E DAZIBAO Multiplication (détail), de Denis Rousseau.'Ambroise JEAN-MARIE DELAVALLE JOHN FOX JOE LIMA LOUISE MASSON JEAN McEWEN Commissaire invitée Sandra Paikowsky Colloque l'estampe Renseignements Heures d’ouverture : Lundi : fermé.Mardi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche : 11 h -17 h 45.Mercredi: 11 h-20 h 45.MUSEE DU QUEBEC Parc des Champs-de-balaille, Québec.G1R 5H3.418.643.2150.van quittais dt leslampt 1945-1990 a bénéficié Du support linanciet Pu ministère Pu Patrimoine canaOien Pans le taOre Pu programme 0'appui aux musées.Le Musée Pu Quénec est suOventionne par le ministère Pe la Culture et Des Communications Pu Québec.Renseignements et réservations : Téléphone : 288-0811 • Télécopieur : 288-5021 Invila.tion, , .- ,, au Muses du Quebec Le ! tauten hôtel Loews le Concords vous offre un forfait Invitation au Musée du Québec à petit prix.Pour 89 $ (totes non metises), avant le 29 février 1996.ou 95 $ (fetes non toises! du 8 mars 3u 16 mar 1996.et rot laissez-passer au rtub sa# de Trial (appareils Nautilus.saunas et bam Kurbihom le tarif s'applique pour une nu» an casse hoscrBSttwocttpaSon sample eu doute Réserwi sans bas si 19W 463-S56 i) K) i ii )> it rains Le taylorisme, version ville-dortoir f.auqin CLAUDE COUILLARD CH est Mike Harris qui se-* rait content.Le premier ministre ontarien, sujet indéfectible du suzerain dollar, ignore probablement que la «mère» des banlieues au Canada fut, dès les lendemains de la Deuxième Guerre, une opération entièrement privée.Aujourd’hui noyée dans le grand tout to-rontois, Don Mills se voulait à l’origine l’antithèse de la banlieue, l’incama-tion même de l’efficacité moderniste pour toute une génération d’urbanistes en train de mijoter l’étalement urbain.Le père de Don Mills s’appelle Eddie P.Taylor, multimillionnaire de son état.Le Torontois règne alors sur un empire titanesque qui comprend notamment les sociétés Argus et O’Keefe.En 1947, ce féroce tory acquiert 2062 acres de terres agricoles, à seulement dix kilomètres au nord-est du centre-ville.A l’origine, poussé par la soif consommatoire de l’après-guerre, il rêve d’y ériger une brasse rie entourée d’une cité ouvrière.Une version sophistiquée des villes minières ou forestières des latitudes plus nordiques.Seulement, la métropole ontarienne connaît à l’époque l’une des poussées démographiques les plus aiguës en Amérique du Nord.Taylor flaire la bonne affaire et demande à ses architectes de retourner à leurs tables à dessin.En lieu et place naîtra Don Mills, une cité-jardin révolutionnaire de 32 000 âmes, entièrement planifiée et autosuffisante, aux vocations résidentielles, commerciales et industrielles.Banlieue avec vue Don Mills occupe un plateau montagneux et boisé, défini par les vallées et raVins de la sinueuse rivière Don.Une banlieue avec vue car, en maints endroits, on peut voir se profiler les gratte-ciels de la métropole.Superbe.La ville, aujourd’hui un simple quartier de North York, le Laval torontois, est née de 1953 à 1962 en respectant des règles bien définies.Don Mills s’articule autour de deux boulevards perpendiculaires qui la traversent en son centre.A leur carrefour se concentrent la zone marchande et une multitude de services, dont l’école secondaire, la bibliothèque municipale, le bureau de poste et le centre commercial de Don Mills, l’un des premiers au pays.On raconte qu’avant sa construction en 1955, la chaîne de supermarchés Dominion, encore peu habituée aux escapades banlieusardes, s’est fait tirer l’oreille pour aller s’y installer.Les mentalités allaient vite changer.Le Convenience Centre de Don Mills présentait à l’origine un trait bien particulier: son allée centrale gisait à ciel ouvert.Des photos d’époque nous révèlent une promenade pavée, agrémentée d’ilots de verdure et d’eau.Ambiance vachement Frank IJoyd Wright.Dommage qu’un toit de verre soit venu mettre fin, il y a une vingtaine d’années, à ce rêve californien.Le centre commercial, et le secteur en général, ressemblent 40 ans plus tard à n’importe quel JFMLj >; : > 'V ;«£tDkl **•¦***.***** a».:JÊS 4* .4 -r J » iMkte WZP&r* «M \ ¦ : - mm?.l- Æar~~ ¦ » I' SHfeJSE f % - , : fAHMNCi Don Mills, ci-haut une vue d’ensemble.À droite, une partie du centre commercial tel qu’il apparaissait en novembre 1968.Plus bas, une rue de banlieue typique, toujours à Don Mills, prise en mai 1969.de plusieurs types d’habitations.Ouvriers, cadres et dirigeants des usines du faubourg peuvent ainsi se loger selon leurs moyens.Résultat: le long des boulevards, on retrouve des immeubles d’appartements d’au maximum sept ou huit étages.A mesure que l’on s’en éloigne, des maisons en rangées et jumelées, puis des résidences unifamiliales se relaient.La PHOTO © VILLE DE NORTH YORK Finalement, la fameuse Don Mills Road, en février 1968 nsition s’effectue tout en douceur et harmonie.Une réussite qui s’ex-ijue par la forte densité d’arbres et niformité, voire la monotonie des itériaux employés.Plutôt que d’éri-r lui-même Don Mills, Taylor a choi-le parcelliser son territoire, pour en-ite le revendre à divers entrepre-urs.Cependant, ceux-ci ont été te- Don Mills a également innové sur le plan des transports.A une époque où se dessinait déjà dans nos banlieues la dictature automobile, ses concepteurs ont choisi d’aménager deux réseaux parallèles, l’un pour bipèdes, l’autre pour véhicules.Un circuit piétonnier de plusieurs kilomètres, magnifiquement paysagé, serpente entre les habitations.Les sentiers convergent tous vers l’école primaire du quartier.On imagine papa qui y reconduit fiston, tout sourire, le matin, avant d’aller pointer à l’usine IBM.Quant aux rues, elles font tout pour décourager la circulation «étrangère».Une enchevêtrement de culs-de-sac, de voies en T et curvilignes, qui épousent les humeurs du terrain.Des parcs industriels complètent le tissu urbain de Don Mills.Ils font souvent face à une rangée d’habitations.Cùrieux effet.Fait unique à \ fyoque, non polluantes et dis-cr êtes, notamment en matière d’affichage.Plusieurs postulants ont été interdits de séjour, mais très tôt, les IBM, Shell et Bata y ont pris racine.Dans les années 50 et 60, l’âge d’or de Don Mills, avoir vitrine sur Pharmaceutical Road était source de prestige! Une bande de verdure ceinture Don Mills.L’ex-municipalité compte même un golf privé de 140 acres.En fait, les espaces verts accaparent 12 % de son territoire, alors que le minimum exigé par la Ville de North York est de 5 %.Don Mills a connu dans les années 80 une seconde vague de développement, plus «sauvage» cette fois.De nombreux immeubles d’appartements et de bureaux ont champignonné le long des grandes artères.Ces travaux, plus gigantesques et plus criards, se sont imposés sans aucun respect de la trame d’origine, créant un déséquilibre.Par ailleurs, plusieurs édifices des débuts auraient sérieusement besoin d’un bon coup de pinceau et des murs entiers ont été recouverts, à la sauvette, de cet affreux revêtement de métal gaufré encore trop populaire.A quand la prise de conscience de la valeur du patrimoine bâti d’après-guerre?boulevard Taschereau.Seule singularité: l’affichage environnant reste discret, comme l’a réclamé au départ son fondateur.Un repos pour les yeux.Quatre quartiers résidentiels se déploient à partir du «centre-ville».Chacun d’eux possède son église, son dépanneur et son école primaire.E.P.Taylor se disait qu’une municipalité vraiment autonome exige la réunion brique aux tons neutres et d’abîmer le moins possible les boisés existants.En outre, leurs chantiers devaient s’inspirer de l’un ou l’autre des 53 modèles mis au point par l’équipe Taylor.C’est d’ailleurs la première fois au pays que des constructeurs ont eu à travailler, à leur grand déplaisir, sous la supervision d’une armée d’architectes, les gardiens du concept.Une tradition allait voir le jour.Tristement, au chapitre de l’habitat, le projet s’est avéré un échec.La pression immobilière torontoise a vite fait grimper le prix des résidences, si bien qu’aujourd’hui, moins de 5 % des travailleurs de Don Mills y habitent.L’objectif original était de 50 %.La banlieue est devenue au fil du temps une banale ville-dortoir, comme ses voisines.Taylor doit se retourner dans sa bière.906451
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