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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1996-03-16, Collections de BAnQ.

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m %} ' ;V|>; ; 'PHJ ¦ ' ¦ : mars LE DEVOIR ?U feuilleton Huge P3 Poésie Page D4 ?AKGUBLELS Pierre Ayot Page Dll Formes Page D12 Québécois de souche et d’adoption Y a-t-il malaise?LOUISE LEDUC LE DEVOIR Y a-t-il malaise?À la face du monde, le 30 octobre, le Québec est apparu comme une société raciste.Faut-il n’y voir que les conséquences d'un simple discours malheureux ou la mise au jour d’une réelle cohabitation difficile entre Québécois de souche et d'adoption?Au cours des derniers mois, de nombreux ouvrages, de valeur inégale, reflètent sinon un malaise, du moins une préoccupation: Qui a peur de Mordecai Richler, de Nadia Khouri, Lettre fraternelle, raisonnée et urgente à mes concitoyens immigrants, de Claude Corbo, L’Ethnique nu, de Marco Campini, La Question raciale et raciste dp ns le roman québécois, de Gérard Etienne.Du lot.Artistes immigrants, société québécoise, un bateau sur le fleuve, du sociologue Juan Aguirre, mérite une attention particulière.Au cours des dernières années, l’auteur a réalisé 26 entrevues de fond avec des artistes — en arts visuels, en théâtre, en cinéma ou en littérature — originaires d’un pays du Tiers-Monde mais vivant au Québec depuis au moins dix ans et capables de s’exprimer en français.Comment le Québec a-t-il marqué leur œuvre?S’y sentent-ils appréciés ou boudés?«La plupart d’entre eux disent que le Québec est en partie raciste mais que ce racisme n’est pas l’apanage de cette société», explique M.Aguirre.Révolution tranquille, libération des femmes, venue massive de nouveaux citoyens du Tiers-Monde: tout comme les immigrants, les Québécois de souche ont vécu en peu de temps des bouleversements majeurs et sont, selon M.Aguirre, en état de choc.«Tout comme les immigrants forcés de s’exiler.Dans leur pays, leur talent était reconnu.Arrivés ici, les voilà plongeurs, chauffeurs de taxi.Il leur faut apprendre à être immigrant: apprendre un nouveau pays, une nouvelle langue.» Le tango et le baladi Sans prétention scientifique — comment, de fait, pourrait-on quantifier des notions comme l’identité et l’intégration?— l’enquête menée par M.Aguirre lui a néanmoins permi,s certains recoupements.«Règle générale, les musiciens, les professeurs de danse et les chanteurs venus d’ailleurs gagnent bien leur vie.Les Québécois raffolent des danses comme le tango ou le baladi, qui transportent la même note du chaud au froid.» En peinture et en littérature, a constaté M.Aguirre, cet exotisme est au contraire perçu négativement et assimilé au folklore.Autre constat: l’intégration des artistes au Québec est fonction de la reconnaissance et l’appréciation de leur œuvre.«Les premières années de leur vie ici, l’œuvre des écrivains, notamment, est marquée de l’envie de retourner chez eux.On chante le pays perdu.Puis, graduellement, de nouvelles expériences ou valeurs émergent, ce qui vaudra à certains artistes d'être appréciés des Québécois de souche mais critiqués dans leur pays d’origine ou dans leur communauté culturelle d’ici.» M.Aguirre, lui-même émigré du Chili de Pinochet, s’est fait rabrouer VOIR PAGE D 2 : MALAISE Voir aussi notre dossier sur l’ambiance postréférendaire telle que vue par des écrivains du Québec, en page D 2 Le nouveau roman d'Yves Beauchemin aborde la hantise du vieillissement: «C'est un roman qui se termine sur le bonheur raisonnable, la seule chose que l'on puisse espérer en attendant la mort.» HERVE GUAY Dans les romans d’Yves Beauchemin, la réalité n’est jamais bien loin.Son nouveau roman, Le Second Violon, ne fait pas exception, où l’on reconnaît une fois de plus divers coins de Montréal.Le héros, le journaliste Nicolas Rivard, achète ses disques chez Archambault, Chien Chaud mendie aux abords du métro Berri et les deux mangeront même ensemble un spaghetti à deux pas de là, chez Da Giovanni.Bref, le lecteur québécois est en terrain connu.Que les lieux soient reconnaissables, familiers, ne suffit pas encore à l’auteur du Matou.Il aime, par surcroît, situer ses romans au temps de leur rédaction.Le Montréal d’aujourd’hui est le théâtre principal des ouvrages d’Yves Beauchemin.Pour tout dire, l’écrivain n’échangerait pas son siècle, même contre celui de romanciers qu’il admire, comme Dickens ou Balzac.Il aurait trop peur de perdre au change.«Je suis bien content d’être de mon siècle, affirme-t-il.J’aime bien le XIXe, mais vu à travers mes yeux d’homme VOIR PAGE D 2 : BEAUCHEMIN ¦ Voir aussi la recension du Second Violon par Jacques Allard, en page D 5 Yves Beauchemin La réalité la rescous PHOTO JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le Salon du livre; de l’Outaouais I LE DEVOIR Le samedi 23 mars Entrevue avec Vassilis Alexakis, dossier sur la littérature franco-ontarienne, activités du Salon.Réservations:, le lundi 18 mars 1996 I.K I) t; V ill It .I.K .s s ,\ M K U I I il K T H I M A X t II K I ?M A II I II il II I) 2 «T I Cannant lom LE METIER D’ENSEIGNANT ii tniioiu orim genereux muni ( nu iiirnr mu nmr un UiltKIlM nui n (in i >rm i nnm ii \vi l.ilx-r Liber m MBBAIIAOW JM» LIBRAIRIE HERMÈS Depuis 197b 362 Jours parannee 1120, ave.laurier ouest outremont, montréal tel.! 274-3669 téléc.: 27+3660 77911703 De l’avis du romancier, écrire consiste d'abord à résoudre un certain nombre de problèmes aiin d’exprimer au moins partiellement ce qu’on a envie de dire.C’est aussi un travail instinctif qui se fait à tâtons.La création des personnages ne lui demande pas d effort particulier.L'intrigue non plus puisqu'elle est en eux.L’écrivain s’acharne donc à faire des phrases limpides et naturelles.Quant au reste.Yves Beau-chemin n’entretient pas de scrupules à se projeter dans certains personnages.Il met de même à contribution des gens qu’il connaît afin qu’ils lui servent de modèle |M>ur ses héros.On reconnaît au passage dans Le Second Violon un premier ministre inspiré de Robert Bourassa.deux journaux dans lesquels on peut voir Im Presse et Le Devoir, une vedette de la télé qui n’est nulle autre que Denise Bombardier.Mais selon 1 auteur, il ne faut pas y voir un roman à clés, un genre qui ne l'intéresse pas le moins du monde.En fait, U Second Violon fait le |x>r-trait en action d’un quadragénaire exceptionnellement insatisfait, résolu pourtant à se sortir de la médiocrité qui l’habite.Faut-il y voir une métaphore de la société québécoise?Yves Beauchemin refuse d'aller jusque-là, plaidant qu'il écrit surtout au premier degré, même si spn écriture charrie aussi des idées.A son avis, comme c’était ie cas pour U Matou, son roman aborde au premier chef la hantise du vieillissement.«J’ai 54 ans.Se voir vieillir apporte une certaine sérénité mais aussi une certaine tristesse.L’illusion presque métabolique d'être éternel s’estompe peu à peu.L’été dernier, j’ai subi une opération qui m'a laissé amoindri.J’ai perdu 50 % de capacité auditive à l’oreille gauche.Pendant trois ans, les médecins ont retardé l’intervention de façon à ce que je Vous sentez-vous chez vous ici?MALAISE SUITE I)E LA PAGE D 1 lorsqu’il utilisait les expressions «néo-Québécois» ou «personne-issue-d’une-communauté-ethnique».«Pour plusieurs des artistes rencontrés, toutes ces dénominations sont également offensantes.Après dix, vingt ou trente ans au Québec, ils se disent Montréalais, citoyens du monde.Ils disent: “Je suis”, tout simplement!» Bien intégrés, assurément.Assimilés, jamais.C’est ce que l’on retient d'Artistes immigrants, société québécoise.Des témoignages feront sursauter certains Québécois «de souche», en enrageront d’autres.Certes, insiste M.Aguirre, l’ouvrage est modeste.Modeste, mais combien rare, utile à une meilleure compréhension de l’autre et entièrement tourné vers l’écoute plutôt que sur le jugement ou l’analyse à tout prix.ARTISTES IMMIGRANTS, SOCIÉTÉ QUÉBÉCOISE, UN BATEAU SUR LE FLEUVE Juan C.Aguirre, Cidihca, Montréal 1995,186 pages Le climat postréférendaire vu par les écrivains nés à l’étranger Emile Ollivier: L'apprivoisement Les polémistes LOUISE LEDUC LE DEVOIR Comment le Québec pourrait-il ne pas être raciste?Je ne connais pas de société qui ne le soit pas.Tout est question de degrés, lit cohabitation, ça ne se fait pas comme ça.Il faut s'apprivoiser.' Ainsi parle Emile Ollivier.l’un des plus éminents représentants de ce groupuscule d’éenvains nés en Haiti, installés ici et dont l’œuvre est reconnue et estimée.«Beaucoup de chemin a été parcouru depuis les années (50 ou 70 alors que les éditeurs me demandaient pourquoi je n’allais pas publier mes manuscrits dans mon pays.Aujourd’hui, plusieurs écrivains immigrants font partie des anthologies de littérature québécoise», se réjouit-il.Pour les Haïtiens de sa «vague migratoire», celle du début des années (50, l’intégration a été relativement facile, soutient l’auteur des Urnes scellées et de Passages, titre qui lui a valu en 1991 le prix littéraire de Montréal.«Nous étions parmi les premiers Noirs qui parlaient français à arriver au Québec, souvent très scolarisés.Il m’a semblé que deux exotismes se rencontraient, qu’un jeu de regards a facilité les choses.» Par contre, M.Ollivier avoue qu'il ne conseillerait jamais à un ami de venir s’installer au Québec aujourd’hui.«Le Québec est de moins en moins une terre d’immigration.» Le problème ne vient pas selon lui du discours.Jacques Parizeau marque bel et bien à son avis la fin de la génération de nationalistes purs et durs qui a conservé de façon vive la blessure des Plaines.la pensée de Lucien Bouchard, elle, marque un renouvellement par son ouverture à la mondialisation, parallèle a l’aspiration traditionnelle de-, Québécois.«Le discours n’est plus marqué par une aura de revanche», note M.Ollivier.Non.le problème, soutient-il, vient plutôt des difficultés économiques actuelles.«Montréal, particulièrement, est en plein déclin.» M.Ollivier n’en demeure pas moins résolument optimiste.«Le Québec a fait montre de sa maturité démocratique au référendum.Ix* débat public est ici tellement important, contrairement à l’Irlande, au Burundi ou au Salvador.Certaines sociétés cherchent la violence, d’autres, le consensus.» Interrogé sur l’influence qu’aura eu le Québec, par rapport à Haïti, sur son œuvre, M.Ollivier tient à corriger le tir.«On a toujours dit que mon œuvre est entièrement tournée vers mon pays d’origine.C’est faux.Elle est tournée vers l’universalité.» Passages traitait de l’émigration, son dernier roman, Les Urnes scellées, de l’impossible retour au pays d’origine.«Je suis surtout préoccupé par lit vraisemblance.» Pour le reste, M.Ollivier lit les auteurs contemporains, québécois ou autres.«Agonie, de Jacques Brault, est l’un des plus beaux textes qu’il m’ait été donné de lire.» Julian Samuel Julian Samuel, auteur de Passage to Lahore et de The Raft of The Medusa.Né au Pakistan, immigré au Québec il y a dix-sept ans.Je suis convaincu que dans la société québécoise, il n’y a pas de place pour nous, francophones non blancs.Les subventions vont toutes à Robert Lepage et nous ramassons les miettes.Certains jurys de prix littéraires sont par ailleurs encore composés uniquement de francophones blancs, ce qui n’est plus admissible à Toronto.«Je suis en contact avec des Maghrébins ou autres Arabes mais pas avec la tribu québécoise.Mais je reste à Montréal car j’y ai plein de contacts internationaux.«Oui, je fais partie d’une communauté culturelle, au même titre que les Québécois de souche.«Si le Québec ne change pas son attitude, d’autres intellectuels comme Mordecai Richler continueront de lui faire mauvaise presse à l’étranger.» Sergio Kokis, auteur de Negao et Do-ralice et du Pa- __ villon des miroirs.Brésilien d’origine, au Québec depuis 1969.Prépare un roman dont le personnage principal a cru toute sa vie, à tort, Ser&° K,,k,s qu’il était malheureux dans son pays d’adoption.«J’ai été reçu au Québec comme un fils.Les gens sont évidemment curieux: “D’où venez vous?’’, me demande-t-on encore.Je ne m’en offusque pas, j’y vois plutôt une façon de s’approcher de moi.J’ai vécu un peu partout dans le monde et nulle part n’ai-je senti une porte aussi grande ouverte.«Le Québec m’a apporté une telle pane que lorsqu’est venu le moment d’écrire, c’est en français que les mots me venaient, même si la majorité des livres de ma bibliothèque sont en allemand et en anglais.«Le nationalisme, par contre, ne me touche pas.Mon père était allemand et même au Brésil, je ne me suis jamais senti un grand attachement à un pays, à une culture.Ici, je ne participe donc pas au débat et je trouve que ce n’est pas de mes affaires.«Mais ces allusions de racisme qui tombent sur sa tête ces temps-ci, le Québec ne les mérite pas!» Mona iMtif-Ghat-tas, romancière et poète, a signé cette année Les Lunes dç miel.Née en Egypte, arrivée ici en 1966., «En Egypte, je Mona Latif-n’aurais pas pu Ghattas écrire ce que j’écris ici à cause des codes sociaux, politiques et religieux.«Quand on arrive ici, notre nouveau pays entre en nous tranquillement.Mes premiers ouvrages avaient un souffle oriental, mais maintenant, je peux parler du Québec, que je connais bien.«Les propos sur le “vote ethnique” ont ravivé chez les immigrants une ancienne blessure et des souvenirs de révolution.Ça m’a beaucoup atteint parce que je participe beaucoup à la société québécoise et je ne peux concevoir d’en être rejetée.«Peut-être nos enfants arriveront-ils à comprendre le nationalisme qui nous fait mal à nous, immigrants de la première génération.» Louise Leduc Di un côté du spectre, Nadia Khouri, auteure de Qui a peur de Mordecai Ricliler.Fédéraliste avouée, professeur de philosophie.De l’autre côté du «ring», Claude Corbo, ex-recteur de l’Université du Québec a Montréal, auteur d’une Lettre fraternelle, raison-née et urgente à mes concitoyens immigrants.Tous les deux I aussi convaincus de leur modération, tous les deux aussi Nadia Khouri capables d’animer un débat comme peu de gens! «Certaines personnes critiqueront sans doute très fortement mon texte, admet M.Corbo.Pourtant, il se veut un effort de réflexion, d’analyse, et ne relève pas du tout du pamphlet: il n’y a là-dedans ni discours politique, ni partisannerie.» L’auteur revient d'abord brièvement sur le discours du 30 octobre qui a mis le feu aux poudres pour ensuite poursuivre avec une longue leçon d’histoire canadienne et québécoise.Le fil conducteur: prouver comment les agissements du fédéral et des anglophones ont amené les Québécois à rêver d’un pays.«J’ai tenté d’expliquer, admet Corbo, pourquoi la crise constitutionnelle perdure et j’ai essayé dé ¦ rassurer les immigrants.Le Qué1 bec a une longue tradition de res-' pect des droits de la personne et les immigrants doivent savoir qu’un changement constitutionnel n’équivaudrait pas à un degré moindre de sécurité, de liberté ou de prospérité.» M.Corbo se sent bien placé pour écrire cette lettre aux immigrants.«Je suis moi-même le résultat d’un long processus d’intégration qui s’est étendu sur trois générations.Je suis né à Montréal et je me définis comme Québécois mais mes origines italiennes sont encore très présentes.» Cette Lettre, premier titre de Lanctôt éditeur, pose cependant un problème d’importance.On comprend vite, qu’elle est destinée à tous ces Québécois nés ailleurs, sans autre adresse plus spécifique.Cependant, n’est-cé pas insultant pour un «immigrant» dé ’ se faire servir un cours d’histoire com- ' me on en proposerait à un élève de • condaire V?Comme s’il ne savait rien ; de la Conquête, du Lac Meech?Pourquoi préjuger que cet «immigrant» nè sait rien de tout ça alors qu’il habite'id ' depuis un an, dix ans ou trente ans ëf‘ qu’il a peut-être vécu de grands bouts de cette histoire?«Je n’ai pas voulu faire de sermon», jure M.Corbo.«Malade de ses élites» Les propos de Nadia Khoùi'i' sont tout autres.«La société qùé-^ bécoise est surtout malade de ses ' élites, de ces mille personnes, en-, viron, qui prennent toujours la pà1' role et dont les propos sont repris'.' dans les médias.» En fait, Mme Khouri tient à faire la ' distinction entre ceux qu’elle appelle ’ les courtiers de l’idéologie nationalisé te, dont les propos sont à son avis irê: quemment racistes, et les gens ordinaires.«Le problème vient du dis-, cours hégémonique qui se substitué ’ à la société entière et qui en donne une image raciste.» Mme Khouri soutient qu’il y a bèj, et bien malaise dans la société québé-', coise.«Le discours de Parizeau n’a été qu’une minute de vérité.L’accélé- ' ration d’une division dans la société a commencé bien avant cela, quand on a mis en branle une industrie de ‘ l’identité et forcé les gens à choisir.» Elle déplore aussi que trop souvent, les médias taisent les voix! discordantes par une sélection dç l’opinion.— Pourtant, vous avez fait l’objet dÇ très nombreux articles, non?' «Oui, avoue-t-elle.J’ai vraiment eu! une bonne couverture.» L.L.S .f LETTRE FRATERNELLE, RAISONNÉE ET < URGENTE À MES CONCITOYENS V; IMMIGRANTS Claude Corbo, Lanctôt éditeur, ; Montréal, 1996,136 pages QUI A PEUR DE MORDECAI RICHLER! Nadia Khouri, Éditions Balzac, 1995,159 pages BEAUCHEMIN «Écrire, un travail de terrassier» SUITE DE LA PACE D 1 du XX' siècle.À cette époque-là, au Québec, ce n’était pas gai.L’emprise de la religion et du clergé aurait été très étouffante.Je n'aurais pas pu produire l’œuvre que j’écris maintenant.Je n’aurais probablement même pas eu accès à des études avancées, de par mes origines sociales.Car je viens d’un milieu très modeste.Alors.C’aurait été une tout autre histoire, un autre Yves Beauchemin.J’aurais Eeut-être été commis dans le Vieux-lontréal, dans une grande épicerie, ou encore, avec un peu de chance, je me serais retrouvé vicaire dans une paroisse.» Qu’on l’assimile aux prends romanciers populaires du XIX siècle ne l'ennuie pas, non, pourvu que l’on ne donne pas une valeur péjorative au mot «populaire».Encore qu’il ne veuille pas débattre de telles questions puisque, selon lui, un auteur est toujours mal placé pour se porter à la défense de ses livres.«Un romancier qui défend son roman, explique-t-il, ressemble à une mère qui essaie de nous convaincre que sa petite fille est la plus belle de la rue.On va l'écouter avec un petit sourire.» Yves Beauchemin précise tout de même qu'il n’a jamais écrit dans l’intention de faire des best-sellers.Il n’appartient pas non plus à ceux qui ont de la littérature une vision éthérée et douillette.«Tous les artistes que je connais travaillent comme des chiens.Arriver à finir une œuvre, à l’achever le plus possible, c’est un travail de patience qui demande énormément de résistance nerveuse.Et puis, il y a le métier qu’il faut apprendre et qui rentre peu à peu.Effectivement, mes livres me coûtent beaucoup,d’efforts.Comme tout le monde.Ecrire pendant cinq heures, c’est un travail de terrassier, comparable à n’importe quel travail physique épuisant.» puisse, me sachant mélomane, profiter au maximum de mon oreille qui était grugée par un neurinome.Mais il fallait h* faire avant que la tumeur dépasse deux centimètres sinon mes chances de conserver mon ouïe tombaient à presque rien.Même si jamais ma vie n’a été en danger, ç’a été une illustration que j'avais 50 ans.J'ai compris alors que la veille de tomber malade, un homme est toujours en santé.» Voilà peut-être ixmrquoi Le Second Violon s’avère un roman plus grave que ceux qui l’ont précédé.A ce chapitre.les thèmes qui s’en dégagent ne mentent pas: la mort, le vieillissement, le rejet, la médiocrité, la dissolution du couple, la dérive des jeunes.( >r, comme l’indique l’auteur, l’ouvrage ne s’achève pas pour autant sur une note pessimiste.«C'est un roman qui se termine sur le bonheur raisonnable, la seule chose à laquelle on est en droit d’espérer ici-bas en attendant, bien sûr, la mort.» Action oblige, Le Second Violon intègre en outre une histoire de corruption.11 ne s’agit pas cependant d’une dénonciation politique, au dire de l’auteur.Simplement, ajoute-il, l’appétit du pouvoir et de l’argent de même que la faiblesse humaine se retrouvent ici comme partout ailleurs.En revanche, Yves Beauchemin croit que son roman renvoit une image fidèle de la crise des valeurs qui secoue le Québec d’aujourd’hui au même titre que toute,s les autres sociétés occidentales.A une différence près selon lui.«Le peuple québécois joue son existence à long terme, repète-t-il.Ce problème-là n’est pas résolu.Alors, c’est un élément supplémentaire qu’on ne retrouve pas dans les autres pays occidentaux, ce qui crée un surcroît de tension et d’angoisse.Autrement dit, être québécois, c’est un petit peu plus compliqué qu’être occidental.Mais pas autant que pour d'autres hommes ailleurs sur la planète, qui sont pas mal plus mal pris que nous autres.En fait, nous sommes des Occidentaux qui n’avons pas encore de garantie de survie collective.Et à cet égard, la souveraineté est peut-être une réponse à ça mais pas à des problèmes philosophiques.» D’ailleurs, Yves Beauchemin a beau avoir des convictions politiques, il ne croit pas que le roman soit l’endroit pour les exprimer.Le roman à thèse: non merci.Il lie par contre sa pratique d’écrivain au sort réservé à la langue française en Amérique.«J’arrêterais peut-être d’écrire si j’arrivais à la conclusion que la société française au Québec était condamnée à la disparition.Mais j’espère ne jamais arriver à ce constat.» vlb éditeur Un essai ¦ remarquable sur les yesiiges du puritanisme clans la mentalité américaine.Un pavé dansja mare I des mythes, fondateurs de none voisin impérial.L n appel au peuple québécois à assumer son indépendance, à refuser le néo-libéralisme et à préparer une nouvelle , révolution » , tranquille.Une planète Le cauchemar nommée Çhiébec américain ^.:'Cnroni(|ucs iStit esta .jWf> liages 10.95$ .£.&»•» pagi4lËUj.U.'>$ line planctc « nominee Québec Le cauchemar américain -, I'Âim njf LOUISE SIMARD LE MEDAILLON DEROBE 336 V-, *9,95 £ nuise imahu Le médaillon dérobé, rhistoire d’une ascension et d’une passion à l’époque où le quotidien La Presse s’impose et que se vivent les grands moments de l’École littéraire de Montréal, là où Émile Nelligan connut ses heures de gloire avant de sombrer dans la foBe:" ¦ • m éditeur XVZ éditeur ! abc de la title,mute 1781, rue Saint-Hubert.Montréal (Québec) H2L 3Z1 Téléphone: 525.21.70 • Télécopieur: 525.75.37 ij «Tout dans Notre jeu concourt à montrer notre plus grand auteur de romans d'espionnage en pleine forme.» Newsweek rçM i- imj ARCHIVES Rousseau qui fut musicien La publication des écrits sur la musique de Rousseau dans La Pléiade constitue l’achèvement d’une laborieuse odyssée Francine D’Amour «Presque Rien FRAIUC1NE D'AMOUR MONIQUE PROULX lire des extraits de leurs récentes oeuvres parues aux Éditions du Boréal Monique ProuLx «Les Aurores Montréales» U5 DIMANCHE 17 MARS À I4h à la librairie RENAUD-BRAY 5117, avenue du Parc • Téléphone: (514) 276-7651 L K T T R K S F K A N C O 1* H O N K S Une paix rêvée UNE PAIX A VIVRE Kachid Mimouni.Editions Stock Haris, 1995,255 pages N Aï M KATTAN n février 1995, Rachid Mimouni est mort.2j II avait 50 ans.Auteur de plusieurs romans, il s'en est pris, quelques années avant sa mort, à l'intégrisme qui ravageait son pays, l’Algérie.Dans ses romans, Mimouni évoque la société née d'un nationalisme triomphant, appelant de toute la force de sa parole à une véritable libération de son peuple.Une paix à vivre est une chronique des premières années de l'Algérie indépendante.C’est aussi l'histoire d'un adolescent, Djarbi, qui, après avoir perdu ses sieurs et ses parents dans des circonstances dramatiques, est admis à l’Ecole normale de la capitale.Silencieux sans être taciturne, il s'intégre à la vie de ses compagnons de l’internat et, dans son initiation à la réalité humaine qui l’entoure, il se révèle à lui-même et aux autres.Roman d’apprentissage, Mimouni évoque dans ce livre, son dernier, une Algérie naissante à laquelle certains Français ne parvenaient pas à faire leurs définitifs adieux, cherchant à servir un peuple qu'ils aimaient sans jamais en faire partie.L'auteur dresse des portraits inoubliables de certains de ses professeurs.Celui, par exemple, d’une institutrice austère, à cheval sur la discipline.Quoique fille de militaire, elle aida les militants du FLN pourchassés par les Français.11 y a aussi le psychiatre qui devint le directeur de l’école.Ferme adepte du pouvoir de l’éducation, il cherchait à faire sa part dans la formation d’une élite de futurs dirigeants.Dans ce livre de souvenirs dont les chapitres peuvent être détachés pour constituer un ensemble de nouvelles, Mimouni nous raconte la savoureuse histoire du professeur de musique qui échoue dans cette école à la suite d’une merveilleuse aventure qui se termine en drame.Voici un berger qui joue de la flûte.De passage dans sa campagne,, un missionnaire français l’écoute par hasard.Ébloui, il convainc son père de lui permettre de prendre, en ville, des leçons de piano.Remarquable talent qu’une Parisienne accueille et présente dans son salon comme une curiosité.L’effet de l’exotisme épuisé, le berger-pianiste est laissé à lui-même et n’a d’autre choix que de rentrer chez lui.Là, personne n’a entendu parler de lui.Il a beau exhiber les articles des journaux de Londrçs et de Paris, rien n’y fait.Le directeur de l’École normale l’engage et il affronte alors quotidiennement le mépris des étudiants qui préfèrent la musique populaire de leur pays à tous les classiques.Chaque instituteur a son histoire.Celle du professeur de mathématiques est terriblement cruelle.Distrait, mal habillé, dès la fin des cours, il se précipite pour retrouver sa petite villa où règne un perpétuel silence.Conscients de l’importance des mathématiques, deux étudiants veulent se débarrasser de lui.Un jour, à la sortie des classes, ils le suivent.Il se rend jusqu’aux bas-fonds de la ville où, dans un humble café, il s’attable devant une bouteille de vin.Le lendemain, alors qu’il se trouvait encore à l’école, les deux gamins s’introduisent dans sa villa et découvrent sa femme.Immobi- lisée i>ar la paralysie, elle leur raconte son drame.Victime d’un accident de voiture où leur unique fille a trouvé la mort, son mari qui, éméché, conduisait le véhiculé vit désormais dans une culpabilité dont il cherche à payer le prix en se dévouant à sa femme malade.Nous assistons, dans ce livre, à la disparition d'un monde.Un autre se dégage dans les affres d'une difficile naissance.Mimouni dessine les ligures des hommes et des femmes de la transition.En ces années, tous les espoirs étaient encore permis.Des adolescents, inconscients, assoiffés de plaisir et de jeu, s’apprêtent à faire leur entrée dans cette société et s’aperçoivent brutalement de la lourde presence du pouvoir et de sa cruauté.A l'intérieur de l'école d’abord.Et puis, quand, innocemment, ils organisent une manifestation, ils sont réduits au silence par les représentants du nouveau pouvoir, la police les pourchasse et certains parmi eux passent une nuit derrière les barreaux.On finit par les relâcher en leur conseillant de ne s’occuper que de leurs études et de ne plus se mêler de politique.Et voici la nouvelle génération prévenue.Dans Une paix à vivre, Mimouni procède à un retour à son enfance mais aussi aux débuts de l’Algérie actuelle.On le sent nostalgique d’une ère révolue où, déjà, on pouvait lire les inscriptions des prolégomènes de futures violences.Ia“ héros de ce roman, Djarbi, est atteint de leucémie.Et alors qu’une jeune fille entrouvre pour lui les portes de l’amour, il apprend qu'il est condamné, qu'il ne lui reste que quelques mois à vivre.Le livre se termine par ces mots: «11 comprit aussi qu’il allait pleinement vivre le temps qui lui restait, qu’il saurait jouir de chaque instant, de chaque minute qui passe et que cela valait bien toute une vie.Il se laissa gagner par le grand vide qui envahissait son cœur, fit le silence en lui et, lentement, il s’ouvrit à l’inconscience du monde.Pour la première fois enfin, il se sentit pleinement heureux, à l’abri de toute atteinte du monde ou du sort.» Je me demande si Mimouni, cet homme doux qui, avant sa mort prématurée, fugitif des intégristes, a dû se cacher, n’a pas inscrit ces mots comme son propre testament.Un retour à l’enfance et aux débuts de l’Algérie actuelle vX>.r.**fENÎ J PHOTO De jeunes musulmanes participent à la marche de l’indépendance à Alger, le 3 juillet 1962, au lendemain de la déclaration du président français.ŒUVRES COMPLÈTES - 10HE S Jean-Jacques Rousseau, Im Pléiade, Gallimard, Paris, 1995,1928 pages CLAUDE I) A UI* H I N COLLABORATION SPÉCIALE On l’oublie souvent, mais avant de se lancer dans la philosophie et dans la littérature, Jean-Jacques Rousseau était musicien.Cette dimension de son activité professionnelle est la plupart du temps négligée parce que mesurée à l'aune du compositeur mineur qu’il était.Outre le compositeur plus ou moins heureux d’opéras, de motets et de romances, Rousseau a été un théoricien et un historien de la musique de première importance.C’est à ce double titre que Diderot et d’Alembert lui avaient confié, en 1749, la rédaction des articles de musique de leur grande Encyclopédie.Professionnel et minutieux en dépit du jugement sévère qu’il s’adresse, le musicographe attitré du grand œuvre vante, dans Les Confessions, la ponctualité dont il a eu à faire preuve: «Diderot (.) me proposa la partie de la musique que j’acceptai et que j’exécutai très à la hâte et très mal dans les trois mois qu’il m’avoit donnés comme à tous les autres auteurs qui dévoient concourir à cette entreprise: mais je fus le seul qui fut prêt au terme prescrit» (O.C.La Pléiade, 1,348).Or, cette insatisfaction s’est révélée créatrice.Lorsqu’en 1751 paraît le premier tome de l'Encyclopédie, avec 19 de ses articles sur la musique dont il n’avait pas eu la chance de corriger les épreuves, Rousseau entreprend immédiatement de les réviser et de les augmenter.Il décide alors de donner un dictionnaire terminologique de la musique où se conjugueraient les questions techniques et esthétiques, pratiques et spéculatives.Il en poursuivra l’élaboration jusqu’en décembre 1764, date à iaquelle il envoie le manuscrit du Dictionnaire de musique à l’éditeur parisien Duchesne, en échange d’une substantielle rente viagère.«Aucune œuvre de Rousseau n’a requis, pour être menée à terme, un laps de temps comparable», précise Jean-Jacques Figeldinger dans son introduction au Dictionnaire de musique.Un ouvrage capital Malgré sa précocité dans l’histoire de la lexicographie musicale de langue française, le Dictionnaire de Rousseau demeure un ouvrage capital pour les musicologues d’aujourd’hui.On s’y réfère tout particulièrement en ces temps épris d’authenticité dans la réinterprétation des œuvres musicales baroques.Sonates et symphonies n’avaient pas en 1750 la signification que leur a assignée l’expérience classique viennoise après le règne des Haydn, Mozart et Beethoven, de 1770 à 1827.Chopin et Mendelssohn n’avaient pas encore stylisé la barcarolle lorsque Rousseau la repère au long de la lagune vénitienne et la dépeint d’un coup de crayon anticipateur du rapport d’ethnomusicolo-; gie.Dans ces années de rédaction du Dictionnaire.Bach est pratiquement inconnu en dehors des cours allemandes alors que Haendel domine sur Londres.Si l’on se prend à regretter l’absence totale de référence à ces géants du baroque finissant dans l’ouvrage de Rousseau, c’est par anachronisme.Néanmoins, l’auteur du Dictionnaire accorde le plus grand intérêt à leur modernisant émule, Johann Adolf Hasse, dont notre époque redécouvre la magnificence de la musique sacrée.Il illustre aux yeux de Rousseau, et c’est tout à fait juste si Ton se reporte aux conditions des communications à l’époque, la quintessence de l’esthétique allemande.Aux articles «Compositeur», «Orchestre» et «Style», Hasse et Heinrich Graun voisinent avec les idoles italiennes de Rousseau.Dans la foulée du débat sur les esthétiques italienne et française, Rousseau entreprend de rationaliser,, dans le Dictionnaire, les caractéristiques des deux musiques.Il espère ainsi démontrer, une fois pour toutes, les fondements de la musicalité italienne et de la musicalité fran- Içaise.Galuppi, Pergolèse, Vinci, Léo, Jommelli, tous compositeurs qu’il vénère, sont appelés à la rescousse pour faire obstacle à Royer et à Rameau qui commandent la scène musicale française.Ces Italiens longtemps négligés, sont, là encore, des compositeurs dont l’intérêt refait surface aujourd’hui.C’est à leur style fait de lignes mélodiques soutenues par des piliers homophoniques que s’est frotté Mozart pour former le sien.Aussi reconnaît-on à Rousseau une remarquable intuition esthétique pour avoir, avant tout autre, pressenti le déferlement du Sturm und Drang annonciateur de la première révolution musicale viennoise.Dans le même sens, on lui concède d’avoir, par son culte du sentiment et par son influence sur Gluck,, provoqué l’éclosion de XEmpfindsamkeit, mouvement esthétique précurseur du romantisme allemand.Le paradoxe génial de Rousseau a consisté en une oscillation elliptique entre la recherche des origines lointaines et la projection vers un futur inimaginable.Cette révélation s’est opérée au détriment d’une histoire qui lui semblait trop récente et trop immé- PHOTO INTERNATIONAL PORTRAIT GALLERY Jean-Jacques Rousseau diate pour ne pas générer l’inertie.Au mois de mai 1995, Gallimard publiait le tome V des Œuvres complètes de Jean-Jacques Rousseau dans la collection La Pléiade.L’ouvrage comporte les écrits de Rousseau sur la musique, deux textes sur le théâtre, la Lettre à d’Alembert et De l’imitation théâtrale.Quelques essais historiques et scientifiques s’y trouvent également.Mais ce sont les écrits musicologiques, et tout particulièrement le volumineux Dictionnaire de musique de Rousseau, qui constituent le point de mire de cette remarquable édition.Un travail d’envergure Les textes ont été établis, introduits et annotés par des musicologues et littéraires, suisses à deux ou trois exceptions près.Les noms de Bernard Gagnebin, Jean Sta-robinski, Samuel Baud-Bovy et Jean-Jacques Eigeldinger s’imposent par leur réputation, certes, amis plus encore par l’envergure de leur travail.Celui d’Olivier Pot révèle un chercheur de fond qui a assuré l’établissement et l’annotation de six des 19 textes du recueil, y compris de l’explosive Lettre sur la musique française.Le Dictionnaire de musique illustre bien cette philosophie de l’histoire du goût et de l’esthétique.On trouve en effet dans les articles «Canon», «Fugue», «Imitation» et «Sonate» un rejet systématique des grandes formes baroques, la fugue particulièrement Le procédé contrapun-tique d’imitation thématique y est dénigré en faveur des répliques motiviques, jugées moins scolastiques, plus expressives et plus fantaisistes.Rousseau se détourne des rougeoiements crépusculaires du baroque pour laisser s’épancher en lui l’aube encore incertaine du classicisme.Côté pervers toutefois: le militantisme outrecuidant de Rousseau en faveur de la musique italienne et ses propos outranciers à l’égard de la musique française ont valu à ces écrits la désapprobation radicale de la musicologie française.Même la parution du dernier volume de La Pléiade a ét Television Gagnant(e) de cette semaine: Madame Jocelyne Fillion Beauport (Québec) 20-4593-17 Les règlements de ce concours sont disponibles au journal Le Devoir.I,K DEVOIR Réponse Nom Adresse Ville Code postal Téléphone (Bur.) (Rés.) (Téléc.) 2204 LE DEVOIR E S SAIS É T II A N (i E II S Sarajevo, mon amour r i A N T O I N K K O It I T A I I.I.K ?LE LYS H IA CENDRE Hemard-Henri Uiy, Editions Crasse!, Paris.1996,552pages \ A Bernard-Henri Lévy, écrivain-philosophe-dramaturge communément appelé BHL, on reproche tant de choses.Sa tendance à la «posture intellectuelle».Une certaine pédanterie.Et surtout, son caractère «médiatique».«Philosophe Paris-Match marié à une actrice», ai-je entendu récemment.Bon.Peut-être.Moi aussi parfois, son petit air «donneur de leçon» m’agace.(Qui n'a pas rigolé en apprenant qu’il fut victime d’un commando «tarte à la crème»!) Toutefois, il y a bien une chose pour laquelle on ne peut le blâmer: il écrit de foutus bons bouquins! Son dernier, Le Lys et la Cendre, bien que différent des précédents dans plusieurs de ses aspects, s’inscrit dignement dans cette lignée.Ix’vy a choisi le touchant récit de sa lutte pour Sarajevo et la Bosnie pour écrire son premier livre «non composé»; «un objet qui fuit», note-t-il lui-même.Et cette forme particulière révèle un aspect peu connu du personnage.On découvre un philosophe qui doute.Qui, au jour le jour, dans les actions qu’il entreprend (comme auteur, comme cinéaste, comme directeur de la revue La Règle du jeu), s’interroge sur ses positions, sur la justesse de ses paroles et de ses actes.Le récit de type journal — bien que le produit final qui nous est offert consiste en un texte indubitablement retravaillé — permet au lecteur de saisir, dans l’ordre chronologique, ses va-et-vient entre passion et raison, entre remords et satisfactions.Et ç’a l’avantage de rendre l’auteur franchement sympathique.Passion, raison Il a des coups de cœur, le BHL.Pour une Bosnie qu’il connaissait à peine en 1992.Pour cette capitale assiégée, Sarajevo, qu’il trouve tragiquement belle.C’est un amour pour la cause qui le saisit, le porte, l’entraîne (il se rend une douzaine de fois à Sajarevo et dans les zones de combat durant les quatre années de la guerre).La cause de la Bosnie, il l’«épou-se», au sens propre du terme, celui de l’engagement.Ce qui le mènera à militer, par des films (dont Bosna!), des apparitions publiques, du lobbying.Et de faire, note-t-il, non seulement ce qu’il ne s’était jamais permis mais ce qu’il s’était juré «de ne jamais faire pour ,un mouvement, un parti, un chef d’État».En l’occurrence la Bosnie et son président Alija It-zebegovic, pour qui BHL voue une vive admiration (voir le panégyrique que l’auteur en fait à la page 507).Chez Lévy, quand il s’agit de la Bosnie, c’est après coup que la raison semble se manifester.Mais le ûf PHOTO A.DUCI.OS/GAMMA Bernard-Henri Lévy lors d’un de ses 12 séjours à Sarajevo: «J’ai vécu quatre ans de ma vie à l’heure de la Bosnie», dit-il.naturel d’un philosophe n’est jamais rement déçu et avec qui il a rompu.très loin.Même s’il a mis de côté la philosophie «lourde» (sic) pendant quatre ans pour se consacrer à la cause, il écrit «un intellectuel reste un intellectuel».«Avant la souffrance de la Bosnie, le fait qu’elle soit une idée.Avant le sort des Bosniaques, le concept qui est en eux.» Ce concept, quel est-il?Un cosmopolitisme, «modèle de société qui est aussi celui de l’Europe».Sarajevo?Une ville métissée, sorte de «Jérusalem», où trois et peut-être même quatre «nationalités» ont vécu dans une relative harmonie depuis cinq siècles.De tout Il y a de tout dans ce récit parfois télégraphique; toujours très rythmé grâce, entre autres, à mille et une ellipses.Récit du reste parsemé de courts essais (et donc globalement plus satisfaisant que les billets dans la revue Le Point, où Ixvy usait avec excès de cette forme littéraire minimaliste).Il y a des portraits, des descriptions de personnages et de rencontres.Des retranscriptions de discussions (dont deux majeures: l’une avec Mitterrand, l’autre avec Itzebe-govic).Il y a beaucoup d’émotions.De détails d’atmosphère, ce qui enrichit grandement la réflexion sur ce sujet complexe.On se retrouve souvent comme dans un roman dont BHL est le héros.Une tranche d’autobiographie, quoi.Il y a aussi des éléments essentiels des jeux de coulisses de l’histoire internationale des dernières années, auxquels BHL prend part avec un malin plaisir.Il y a des jugements sévères, mais toujours bien mesurés, face aux actions des hommes publics.Lévy, par exemple, espérait beaucoup de Mitterrand, qui l’a amè- i# EST-SEL LE RS LIBRAIRIE HERMÈS ROMANS QUEBECOIS 1.MISS SEPTEMBRE, François Gravel - éd.Québec/Amérique 2.LE ROMAN DE JULIE PAPINEAU, Micheline Lachance - éd.Québec/Amérique 3.PRESQUE RIEN, Francine D'Amour - éd.Boréal 4.LADICTE COSTE DU NORT, Jean O’Neil - éd.Libre Expression «r ESSAIS QUÉBÉCOIS I.AU TEMPS DE L'INDEX, Paul Michaux - éd.Libre Expression 2.HISTOIRE POPULAIRE DU QUÉBEC, TOME 2, Jacques Lacoursière - éd.Septentrion 3.CHRONIQUES DE MAUVAISE HUMEUR, Benoît Aubin - éd.Boréal 4SI" ROMANS ÉTRANGERS I.L'ÎLE DU JOUR D'AVANT, Unberto Eco - éd.Grasset 2.THÉRAPIE, David Lodge - éd.Rivages 3.NOTRE JEU, John Le Carré - éd.Seuil 4.LE LIVRE DE SAPHIR, Gilbert Sinoué - éd.Denoël «r ESSAIS ÉTRANGERS 1.SAINT-LOUIS, Jacques Le Golf - éd.Gallimard 2.ALBERT CAMUS, UNE VIE, Olivier Todd - éd.Gallimard 3.PETIT TRAITÉ DES GRANDES VERTUS, André Comte-Sponville - éd.PUF ?r LIVRE JEUNESSE I.LE COCHON DEVENU BERGER, Dick King-Smith - éd.Folio junior «r LIVRE PRATIQUE 1.L'ÉTAT DU MONDE 1996 Çcjkgjf éd.la Découverte.Boréal 2.im ûjÀ HONS POUR BSMBftiRSlftî Édocrard Nitaise - éd.Marabout COUP DE COEUR LE LIVRE DU BONHEUR, Nina Berberova - éd.Actes Sud I.1120 av.Laurier ouest, Outremont H2V 2L4 274-3669 Il parle d’une «responsabilité qui lui incombe clans la longue démission de l’Europe».Par ailleurs, le philosophe se méfiait de Chirac (lire le récit hilarant de sa rencontre avec le président, page 422), qui l’a, finalement, agréablement surpris.Evénement central Le Lys et la Cendre, c’est un récit passionné de quatre années de croisade d’un intellectuel français.C’est un long sursaut moral, fondé sur une interprétation forte et convaincante de notre histoire récente.La guerre en ex-Yougoslavie, Lévy nous en convainc, a une «centralité» et semble, à la lecture, un événement vraiment «gorgé de sens».Le philosophe dit y avoir retrouvé l’essence d’anciennes luttes politico-intellectuelles: le Bangladesh, l’Afghanistan, les boat-people.Mais la Bosnie, c’est surtout l’histoire européenne qui bégaie.Une réédition de Munich (1938), où les démocraties européennes s’étaient affaissées devant les exigences d’Hitler.En voulant éviter la guerre, on l’avait rendue encore plus inévitable.En voulant pactiser avec l’agresseur pour l’apaiser, on n’avait qu’excité l’appétit de ce dernier.Et il faut le dire: c’est en grande partie grâce aux «grandes gueules» à la Lévy que nos démocraties, en bout de course, ont finalement montré, un tant soit peu, les dents.Les démocraties ont souvent besoin, en politique internationale, d’être secouées par des âmes élevées, qui voient clair.(BHL, mais aussi les membres de la liste «L’Europe commence à Sarajevo», lors des élections européennes de 1994, liste qui a atteint 12 % dans les sondages et que Lévy regrette d’avoir retirée.) Malgré tout, actuellement, Sarajevo s’auto-épure.Le Lys et la Cendre est aussi le lieu de la réflexion à vif d’un intellectuel sur son rôle démocratique.Un intellectuel qui a soudainement senti le devoir de s’engager, qui a eu un besoin irrationnel, presque fou, de plonger.Un philosophe qui avait de hautes et nobles ambitions.Et qui a choisi cette occasion pour repenser une vieille tradition française, remontant aux débats de l’affaire Dreyfus, celle de l’engagement intellectuel, au nom de l’universel.Au détour d’une phrase, il reprend l’injonction (paradoxalement très franco-française, presque nationaliste) de Malraux: «La France n’est jamais si grande que lorsqu’elle l’est pour tous les hommes.» Notons enfin que sur le nationalisme, Lévy semble avoir nuancé sa conception, à l’origine globalement et indistinctement négative.Il a compris que dans certains cas, «le nationalisme peut servir la liberté», comme disait son «rival» Alain Finkiel-kraut depuis 1992.Le Lys et la Cendre, donc, est à lire (malgré quelques répétitions).Tiens, donnez m’en des nouvelles sur Internet: arinnov@riq.qc.ca Le Lys et la Cendre, c’est la réflexion à vif d’un intellectuel sur son rôle démocratique.Un intellectuel qui a soudainement senti le devoir de s’engager, qui a eu un besoin irrationnel, presque fou, de plonger t 4 i i pi I.K II R V III It .|.I S S A M III I I li I T U I M A X I II I 17 M A It S I tl tl It I) 7 I V I! E S I.K S I» K T I T S H O N II K II H S Fantasmes (i 1 I.I.K s ARCIIAMHAUI.T ?HON UNIVERS SECREI Graham Greene, traduit par Marie-Françoise Allain, h Livre de poche, 1996,123 pages Graham (!rmu* est mort en avril 1991.Il coula les derniers mois de sa vie d'octogénaire a sélectionner les extraits du journal de ses rêves qu’il voulait offrir à la postérité.Mon univers secret est donc un condensé de la vie nocturne d'un écrivain.Ne se mettant jamais au lit suis avoir sur si table de chevet un crayon et du papier.Greene y inscrivait ses divagations subconscientes.Un mot lui suffisait pour parvenir à tout reconstituer, le matin venu.Yvonne Cloetta nous apprend, dans la preface de ce |X“tit livre, que Greene se plaçait à si table de travail après le petit déjeuner et qu’il s’imposait la lâche d’écrire au moins cinq cents mots, qu'il s'agisse d'un roman en cours ou de son journal.C haque soir avant de se mettre au lit, il relisait les pages écrites le matin.Nul doute, de telles habitudes de travail nourrissent les rêves, la vie de la creation se trouvant emmêlée avec celle du repos.il y a un peu de tout dans ces annotations cursives, de l'humour, une irrévérence constante, une déraison qui étonne citez un romancier catholique dont l’u-uvro e st somme toute plutôt tranquille.I>u moins en surface.Certaines dis transcriptions nous tnuisuortcnl dans un monde tout proche de celui de Hunuel.••J étais en train de cou|x*r la ration de |xtin et me dirigeai vers de Gaulle avec sa ixirt."la croûte ou la mie, mon général?", lui demandai-je.mais, en regardant le ixiin, je vis le peu que j’avais de l’une comme de l'autre.«U*s deux, cela vaut mieux», dis-je, et je lui donnai tout ci* qui restait.» U*s fantasmes de l’écrivain finissent egalement par constituer une autobiographie fantaisisr te, si l'on veut, mais |xts tellement distincte de ce que donnerait le récit d'événements purement factuels.1.'auteur est anglais, il voit lit vie par ce bout de la lorgnette.Il ne faut donc |xis s'étonner que le monde qu’il explore trouve en Grande-Bretagne la pluixirt de ses sources d’inspiration.De même les engagements religieux de Greene teintent-ils ses angoisses nocturnes.Mais comme Greene (>st tout sauf un Britannique frileux et que son ca-tholicisme n'est pas encombrant, le lecteur retient bien plutôt le non-sens de l’entreprise.Dims rintnxluction, Greene se justifie: «Il |x*ut être réconfortant ixirtôis de savoir qu’il existe un monde purement à soi — l'expérience dans ce monde-là, du voyage, du danger, du bonheur n’est partagée par personne d'autre.» il fait donc de ce monde du reve un univers aussi réel que l'autre.Car.écrit-il «Le temps, dans l’univers secret.peut avancer lentement ou à grande vitesse.,.On a souvent dit nue l’opium permettait d’en-trouvir la porte close de cet univers, mais je n’en ai pas la preuve.» C'est pour cette raison certes que l'auteur de ht Fin d'une liaison a entrepris de ltMif» à 1989 la redaction de ce journal singulier qui fait ixirtie de ces livn*s mineurs mais attachants que la générosité des gnutds écrivains nous permet de consulter.Une sorte de clin d’oeil de leur ixirt.Dans le cas de Greene, le dernier avant la mort.«Après le succès de l'autobiographie, voici s J film le portrait d'une I femme exceptionnelle.LA GRANDE LIBRAIRIE DU NORD DE MONTREAL 1691, rue Fleury est, Montréal H2C 1T1 • Tél.: (514) 384-9920 • Fax: (514) 384-4377 Heures d'ouverture: 9h à 21h30 tous les jours de la semaine livres, papeterie, presse internationale, CD Rom, jeux ROSE TREMAIN ICIIOI-A8 Membre I œ u r t cte e n e dtSttu -_______ LETTRE A SOEUR BENEDICTE De Fallois waacwow Les yeux de l'intérieur pour ' guérir et grandir MON BÉBÉ ?Je i attends, Jetclevc Rm*u dhlsic F Maurice Larocque r.:.MAIGRIR MON BEBE, JE L’ATTENDS, JE L’ELEVE Sélection du Reader’s Digest LES YEUX DE L'INTERIEUR L'Art de s'apprivoiser COMMENT CONTROLER SA PENSEE Québécor LANNUAIRE Marjolaine Jollcoviir Colombe Plante & i î ;3 i .5 '6 7 8 9 10 11 12 13 U 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29:39 31 IH 3 TJÏÏH SEMAINES Lt w4fi‘ ¦s desserts VÉGÉTARISME ET NON-VIOLENCE ,£ÜÉÉ Owr'lxM'oc ORGANISE Uorld-sn MAIGRIR AU JOUR LE JOUR Québécor L’ANNUAIRE DU WEB Simon & Shuster ride timiftitiiiedu ('.nuulit .i l'aulv du il0 siècle La grande librairie de Québec 24, Côte-de-la-Fabrique Québec, Québec G1R 3V7 Tél.: (418) 692-4262 Fax: (418) 692-4586 Place Laurier 2e étage 2700, boul.Laurier Ste-Foy, Québec G1V2L8 Tél.: (418) 653-6053 FAx: (418) 653-5789 Place Laurier 1*' étage 2700, boul.Laurier Ste-Foy, Québec G1V 2L8 Tél.: (418) 653-6065 Fax: (418) 653-5171 Place Fleur de Lys 550, boul.Wilfrid-Hamel Québec, Québec G1M 2S6 Tél.: (418) 649-0248 Fax: (418) 649-7749 Place Québec 880, Auto.Dufferin-Montmorency Québec, Québec GIR 4X5 Tél.: (418) 524-3773 Fax: (418) 524-9419 Galeries de la Capitale 5401, boul.des Galeries Québec, Québec G3K 1N4 Tél.: (418) 627-5480 Fax: (418) 627-5109 Galeries Chagnon 300, Côte-du-passage Lévis, Québec G6V 6Y8 Tél.: (418) 837-5538 Fax: (418) 837-9329 Carrefour de l'Estrie 3050, boul.Portland Sherbrooke, Québec J1L 1K1 Tél.: (819) 569-9957 Fax: (819) 569-9364 Place du Royaume 1401, boul.Talbot Chicoutimi, Québec G7H4C1 Tél.: (418) 549-7196 Fax: (418) 549-2462 Carrefour des Bois-Francs 475, boul.Jutras est Victoriaville, Québec G6P 7H4 Tél.: (819) 758-9449 Fax: (819) 758-0997 JE MANGE LES DESSERTS DE LA NATURE L'art de s'apprivoiser LE MACMILLAN WINDOWS 95 Simon & Shuster La grande libraire du Nord de Montréal 1691, rue Fleury est Montréal, Québec H2C 1T1 Tél.: (514) 384-9920 Fax: (514) 384-4377 Place Versailles 7275, rue Sherbrooke est Montréal, Québec H1N 1E9 Tél.: (514) 351-0350 Fax: (514) 351-0351 Place Montréal-Trust 1500, avenue McGill College Montréal, Québec H3A 3J5 Tél.: (514) 286-0805 Fax: (514) 286-0832 Galeries d'Anjou 7999, boul.Les Galeries d'Anjou Montréal, Québec H1M 1W6 Tél.: (514) 353-2353 Fax: (514) 353-4768 Complexe Desjardins Montréal, Québec H5B 1B5 Tél.: (514) 288-4844 Fax: (514) 288-7781 Promenades Saint-Bruno 243, boul.Les Promenades Saint-Bruno, Québec H7V 5K3 Tél.: (514) 653-0546 FAX: (514) 653-7319 Promenades de Sorel 450, boul.Poliquin Sorel, Québec J3P7R5 Tél.: (514) 746-8771 Fax: (514) 746-5778 Centre Duvernay 3100, boul.de la Concorde Laval, Québec H7E 2B8 Tél.: (514) 661-6000 Fax: (514) 661-3250 Carrefour du Nord 900, boul.Grignon Saint-Jérôme, Québec J7Y 3S7 Tél.: (514)432-9100 Fax: (514) 432-6776 Promenades de l’Outaouais 1100, boul.Maloney ouest Gatineau, Québec J8T 6G3 Tél.: (819) 243-9700 Fax: (819) 243-6132 VEGETARISME ET NON-VIOLENCE CALIFORNIE - GUIDE VERT Le Commensal Michelin DANS LES COULISSES DU CRIME ORGANISE Éd.de l’Homme jeêa uouoe0S>NN| 0 imayvwi I du, omfyimXAy) : ' *• U Alchimiste de ÊaTumiAe Complices ; ùs Éa-natuM REVES ET COMPLICES Coffragants Livre et cassette LE MARKETING EFFICACE Fond, de l'entrepreneurship 6 cassettes L'IMAGERIE DE LA NATURE LA NOUVELLE IMAGERIE DES ENFANTS Fleurus L'ALCHIMISTE J'ai lu SLEEPERS La u rédit UUUiH Ol'dûS • Oiktltlt UWTf • JKWK tDSS SESOINS [défis TS DE OÂ12 ANS DENIS BRODEUR :NIS BRODÉl’R GRANDS hockey ¦£*~esJü'- .3!©® BESOINS, DÉFIS ET ASPIRATIONS DES ADOLESCENTS HOCKEY '1SK?.hhsu JOHN LENNON Hors Collection BESOINS, DÉFIS-ADOLESCENTS BESOINS, DEFIS.6-12 ANS Héritage Héritage LES GRANDS DU HOCKEY 30 ANS DE PHOTOS DU HOCKEY LES GARDIENS DE BUT AU HOCKEY Éditions de l'Homme Prix en vigueur jusqu’au 8 avril 1996 ©arneatt 20 LIBRAIRIES A VOTRE SERVICE A TRAVERS LE QUEBEC 3au des librairies Garneau, filiale du groupe SOCJÎClCS Moi Librairie ir>, LE DON DU ROI • LE ROYAUME INTERDIT (Mi llnmjRr) Madelcen I)uHuis Comment contrôla' 19,95sch.I Pou* néali&sA.U IohJicu l et la.Antonio Nir«u «i l*r Ijmothr HLMHfflS DANS LES COULISSES Californie yrr.1 ; Ki» cmk*ui n •• KtiM 24,95s IvOÜO-, \ souvent.JOHN lÈNNCi 32,95s 64,95s ch.*ÊÊÊm I Fin ma mal Aquin Le sandwich au Nilou-nilou , : m,.m m >.—- I e same mars Réservations: le vendredi 15 mars 1996 Le Salon du livre de rOutaouais a r t Boréal ]um©r creatio V JA 1 • ^ à Radio-Canada Dans la grande tradition des concours de création de Radio-Canada, la chaîne culturelle FM et la télévision de la Société Radio-Canada s’associent pour lancer les GRANDS PRIX SOCIÉTÉ RADIO-CANADA DES SCÉNARISTES, NOUVELLISTES ET POÈTES Inscription Procurez-vous le formulaire d’inscription aux bureaux de la Société Radio-Canada ou en composant le (514) 597-7531 Date limite : 15 avril 19% Les catégories Radio • Dramatique (30 minutes) • Nouvelle (30 minutes) • Poésie (15 minutes) Télévision • Dramatique (scénario de 55 minutes) Les prix A la radio • Premier prix : 5000 S dans les trois catégories • Deuxième prix 3000 S dans les trois catégories - Diffusion à la chaîne culturelle FM - Publication dans la; Devoir (nouvelle et poésie) I - j A la télévision • Quatre prix de 2000 S i - Diffusion dans le cadre des Beaux Dimanches (plus le cachet de diffusion) Délicieux et indigeste K SANDWICH AU NILOU NILOU Emmanuel Aquin, Boréal junior +, Montreal, 1996, 140POgtS LE PEUPLE FANIÔHE Unirent Chabin, Boréal junior +, Montréal, 1996,204 pages GISÈLE DESROCHES Ça ne ressemble à rien.On dirait n’importe quoi.C’est déroutant, ravissant, baveux et dégueulasse en même temps.Emmanuel Aquin, l’auteur consacré, le fils de l’autre, vient de franchir la frontière désormais fluide qui sépare le secteur adulte du secteur jeunesse.Tout comme au secteur adulte, son premier livre jeunesse ne passe |ias inaperçu.La planète Shlurp.Ije héros anti-héros.Grognon, n’aimant rien sauf peut-être son confort, il attend la livraison d’un sandwich au nilou-nilou.Le livreur se fait dévorer sous les yeux du héros par un monstre dégoûtant qui n’est rien de moins qu’un ancien sandwich au nilou-nilou oublié au frigo pendant des mois et désireux de se venger.«Que feras-tu lorsque tu m’auras dévoré?», demande ingénument le héros résigné.Le sandwich, bouche bée, réalisant que sa vie n’aurait désormais plus aucun sens, décide alors d’associer Opzoxlub (c’est le nom du héros) à sa quête d’un sens à sa vie.Leur aventure à travers les planètes de l’empire glubien occupe le reste du livre et réserve au lecteur des surprises du même type.Quelques salves d’humour, quelques drôleries, des situations absurdes, une narration entrecoupée de remarques au lecteur telles que: «Si on vous disait tout maintenant, vous arrêteriez de lire, n’est-ce pas?» Et, comme dans tout bon ouvrage de science-fiction, des citations fictives qui prennent ici la forme d’extraits de L’Encyclopédie pratique tibalaise (Tibal: une planète peuplée d’amnésiques).Des références continuelles à l’épopée de Mégalob, un héros mythique de l’empire Glub.C’est foisonnant, déroutant, stimulant, saturé d’idées folles, et pourtant, on se lasse pn peu.A la fois génial et maladroit.Etrange récit qu’on dirait écrit par dérision.Est-ce parce que la quête d’un sens à la vie est une motiva- PLOUCS SHOW Édika, Paris Fluide glacial, 52 pages Absurde, délirant, obsédé sexuel, vulgaire, Édika mérite toutes ces épithètes et plus encore, drolatique, burlesque et pissant.Ce pilier du mensuel français Fluide glacial pratique l’outrance avec un art consommé et une prédilection marquée pour les poitrines hypertrophiées, les phylactères envahissants et les digressions saugrenues.Voilà qui nous change agréablement de l’humour mièvre de certains magazines, toujours à la remorque de l’actualité artistique.Le vingtième album d’Édika se compose de sept courtes histoires à peu près impossibles à résumer, où il est question de kangourous hollandais, d’un accordeur de castagnettes et du recyclage des excréments! Remède idéal contre la neurasthénie.SARAJEVO-TANGO Hermann, Bruxelles, Dupuis, collection Aire libre, 56 pages Un ex-mercenaire, Zvonko Duprez, est engagé par une riche Française pour aller à Sarajevo chercher sa fille qui a été kidnappée.Tout un contrat, avec une ville dévastée, les Serbes qui font des cartons sur tout ce qui bouge et les dangereux acolytes du ravisseur! Plus connu pour ses séries d’aventures Jeremiah et DE DESSINÉE Les Tours de Bois-Maury, l’excellent dessinateur et scénariste Hermann se sert ici de la bande dessinée comme d’une tribune pour dénoncer vigoureusement et avec beaucoup d’ironie l’attitude sanguinaire des Serbes mais surtout les faux-fuyants hypocrites de l’ONU en ex-Yougoslavie.Plus d’une centaine d’exemplaires de cet album ont d’ailleurs été envoyés à des journalistes et à des personnalités internationales.POLKA TOME I - LE MAL D’ORPHÉE Convard/Siro, Pantin Dargaud, 60 pages Paris, en l’an 2038.En enquêtant sur le meurtre d’un docteur, le détective Polka se retrouve au cœur d’un complot échevelé de trafic d’organes impliquant les plus hautes instances des mondes financiers et politiques.Poursuivi par des tueurs, devenu un paria soupçonnant tout le monde de duplicité, il va basculer dans la zone et rencontrer les étranges personnages qui l’habitent.Avec une esthétique inspirée de Blade Runner, Convard et Siro amorcent avec brio une série qui tient à la fois du polar et de la science-fiction.Le graphisme, en particulier, est très riche: une mise en case recherchée, un dessin raffiné et élégant.Denis Lord lion un peu élhérée, un |x*u abstraite pour un enfant?lit quête du «sandwich» n,'accroche pas vraiment le lecteur.A aucun moment il ne |x*ut y reconnaître la sienne.D’ailleurs, le héros lui-même la subit.Ni seule motivation est de retourner chez lui.Est-ce par méconnaissance du jeune public?Plusieurs clins d’œil seront compris par les adultes.Par les jeunes?Pas sûr.Est-ce le parcours plutôt linéaire?Après une planète, une autre.U*s héros pataugent.Pas de tension dramatique.|ias de progression.On avale les mésaventures folles, les déboires, on n’a aucune prise, aucune chance d’anticiper.L'auteur contrôle tout, vire tout à l’envers, prend le contre-pied dç tout ce qui existe, s'amuse peut-être.A une stimulation trop forte et continue, le système nerveux finit par ne plus réagir.Au bout d'un moment, le lecteur a une petite nausée.L’accumulation d’absurdités devient indigeste.Heureusement, le dénouement approche.Brutal.Souriez: la vie est absurde et dérangeante.Dans un registre plus familier, U Peuple fantôme nous emporte sous terre, à la suite d’un groupe de jeunes survivants d’une douzaine d’années, victimes d’un effondrement de terrain.Prisonniers dans un dédale de galeries, ils perçoivent la présence d’un peuple inconnu, mi-hommes, mi-araignées.L’histoire est captivante du début à la fin, crédible, fascinante.L’auteur fait ressortir l’incertitude, la peur de l’inconnu, la difficulté de s’organiser, la force du groupe par rapport à l’isolement Laurent Chabin nous livre là un premier roman très bien réalisé, qui devrait le mener à tout le moins à une nomination pour le prochain prix Desjardins.Erratum Nous tenons à signaler à nos lecteurs une erreur qui s’est glissée dans un précédent texte intitulé «Les bons présages d’une couverture exceptionnelle».On y affirmait qu’aucun auteur québécois n’avait jamais figuré sur la liste des candidats au prix Hans Christian Andersen.Nous avons appris que Suzanne Martel y figurait en 1978.Toutes nos excuses à Mme Martel.Bulles en demi-teintes FRISSONS D'HUMOUR suivi de MA ME1E0R BLEUE Caroline Merola Kami-Case Montréal, 1996,48 pages VENIN DE FEMMES Prado L'Écho des Savanes / Albin Michel Paris, 1996,56 pages DENIS LORD La bande dessinée sait s’échapper de l’image caricaturale dans laquelle la confinent certains esprits chagrins pour lesquels elle se résume à des aventures improbables, de la vulgarité, des musculatures hypertrophiées ou de gros nez.Les albums suivants démontrent que cet art en est aussi un de finesse et de demi-teintes, ce qui par ailleurs ne se veut en rien une attaque contre les appendices nasaux volumineux, signes d’intuition selon certaines branches de la physiognomonie.De la Québécoise Merola, Kami-Case nous offre ici Frissons d’humour, regroupant de courts récits parus pour la plupart chez Croc, et Ma Meteor bleue, une réédition de 1990 qui avait remporté à l’époque le prix Onésime, attribué au meilleur album québécois de l’année.Frissons d’humour met en scène le quotidien d’une certaine jeunesse dorée, qu’on suppose montréalaise: scènes conviviales, incidents mondains, où l’humour naît, subtil, de l’écart entre la réalité et la perception d’eux-mêmes qu’entretiennent les personnages.Dans Ma Meteor bleue, Nino, le personnage principal, compose avec ses nouvelles flammes: Alicia, une comédienne un tant soit peu arriviste pour laquelle il a conçu des décors de théâtre, et.une Meteor 1958, équipée avec options, soit les fantômes de ses anciens propriétaires.Ces derniers ne manqueront pas de se mêler de la vie sentimentale de Nino, qui entretient quelque jalousie, bien payée de retour, envers le metteur en scène d’Alicia.Merola s’inscrit dans un registre sobre et intimiste, où l’analyse des personnages rejoint le comique de situation.L’auteure possède un dessin élégant, caractérisé par l’emploi de trames et un sens dynamique du cadrage.Le tout se révèle plutôt agréable à la lecture.On regrettera cependant que l’adaptation graphique de Ma Meteor bleue, paru à l’origine dans un format à l’italienne, ne permette pas d’apprécier le talent de l’artiste à sa pleine mesure.Trop petites, les cases! La renommée de l’Espagnol Prado a depuis longtemps, et avec raison, dépassé les frontières de son pays.Il fait aussi dans l’intimisme, avec un éclairage nettement plus cru que la sage Merola.Son regard corrosif se tourne ici vers les relations hommes-femmes pour des constats qui n’ont rien de réjouissant.Chacun de ses tableaux, le plus souvent situés dans la haute : bourgeoisie, marque l’échec, la bri- : sure des couples.Sur la plage ou dans les chambres, au mariage des corps succède inévitablement le choc des vérités qu’on se jette à la figure; les fièvres érotiques cèdent le , pas aux bilans négatifs, au retour obligé du prosaïsme.Tout semble bon d’ailleurs à creuser les fossés: l’écart de classe dans Fin de soirée et Carlota, le poids du passé dans Parcours et Marta.Dans Le Jeu de la vérité, c’est l’amante d’un écrivain raté qui détruit méticuleusement les illusions romantiques dans lesquelles : celui-ci se berce.Plusieurs des personnages de Prado sont des artistes; ratés ou non, ils n’ont pas toujours le beau rôle, enfermés qu’ils sont dans ¦ la mesquinerie et l’égocentrisme.En amour comme en art, la marge est vaste entre les tireurs et la cible.Un peu saumâtre le Prado, mais quelle acuité dans l’analyse et quelle beauté dans les images! Travaillant sur du papier texturé pour donner du relief à son dessin, dans des dot minantes de brun ou de vert, l’auteur fait le lien entre bande dessinée et peinture, nous prouvant que de Demain les dauphins jusqu’à Venins de femmes, en passant par Trait de craie, il maîtrise avec un égal bonheur les genres et les techniques.SRC I M A X I II K I i M A II I It It li I) Î) ESSAIS DROGUE - IA GUERRE CHIMÉRIQUE Koch Côté, Us Itches Litres, Paris, 1995,140 pages MICHEL BÉLAIK LE DEVOIR C~ haque année, les gouvernements du monde y consacrent des milliards de dollars; pendant la seule présidence, de George Bush, par exemple, les Ktats-lJnis y ont englouti près de 40 milliards.Et par-lout, en Europe, en Asie, en Afrique ci en Amérique, une bureaucratie de plusieurs centaines de milliers de fonctionnaires et de policiers y trouve sa principale - et souvent sa seule -justification.Vous l’avez deviné, on ne parle pas ici de la lutte à la pauvreté, du réchauffement catastrophique du climat de la planète ou encore d'équité salariale dans la fonction publique.Il est plutôt question de ce que le collègue Koch Côté décrit comme la plus coûteuse et la plus inutile des chimères que l'homme ait jaimiis inventée: la lutte contre -le fléau de la drogue».Sa démonstration est simple: ce n’est pas la drogue elle-même qui est la cause de tous les maux mais bien la répression qu’on en fait.Et les chiffres le prouvent: la guerre contre la drogue est une lutte sans issue qui recule chaque année sur tous les fronts malgré les milliards qu’on lui consacre.Maniant le coup de gueule et l’ironie avec un art consommé, l’auteur évite le piège des statistiques et des chiffres de toutes sortes qui alourdissent habituellement ce type d’ouvrage.Un des grands mérites de ce petit livre dense - qui est en fait une version allongée, revue et corrigée expressément pour les Français, d’un ouvrage publié ici l’an dernier chèz Machin Chouette éditeur - est de replacer les choses dans leur juste contexte.Pour Roch Côté, comme pour un nombre grandissant d’observateurs, cette «guerre totale contre la drogue» est un échec total.Pourquoi un échec total?Pour des raisons de faits qui tiennent au bout du compte à des questions de principes.Au cœur de la démonstration, la liberté de l’individu: quand deux adultes consentants transigent, il n’y i a pas de crime, de criminel, ni même de victime.Mais on crée des criminels de toutes pièces en «diaboli-! sant» des substances comme le ca-nabis et en créant le marché noir de la,drogue avec ses fausses échelles de prix et ses produits dénaturés.La drogue fait partie de l’histoire de l’humanité depuis la nuit des temps et-rien, sinon le relent de puritanis- DISQUES COMPACTS, LIVRES, CASSETTES, DISQUES, BD OUVERT 7 JOURS 1 Oh à 22h Choix et Qualité 3694 St-Denis, Montréal 713 Mont-Royal Est, Mtl ; Métro Sherbrooke 849-1913 Métro Mont-Royal 523-6389 j UNE RENCONTRE EXCEPTIONNELLE! Bien que leur mode de vie soit très différent, dans la solitude m' pour l’un, dans le monde pour l’autre, ils ont en commun le goût de l’aventure humaine.U surkbonhe 29.95$ 192 pages En vente dans toute bonne librairie.Un livre plein d’espérance et de bonne humeur ! NOVALIS v R Tl J \ Il 1 Une chimère aux effets stupéfiants me qui afllige le XX- siècle, ne vient légitimer le fait que toutes les polices de monde ixirlent systématiquement d’abus plutôt que d’usage.Ce n’est pas en infantilisant les individus qu'on leur fait prendre conscience de leurs responsabilités.L'accumulation des faits est à ce chapitre proprement stupéfiante.Il n’y a d'abord aucune logique dans la clas-siflcation des drogues: sont considérés comme des stupéfiants les produits.qui font partie de la liste des stupéfiants.C’est tout.Et bien sûr, ni l'alcool ni le tabac ne figurent sur cette liste puisque tous les gouvernements en tirent des revenus importants.Quant au trafic, il augmente de façon systématique depuis 1970 et le taux de criminalité relié à la drogue, encore plus.Au cours des 25 dernières an-nées, les surfaces en culture, le montant global des transactions et le nombre grandissant de réseaux de trafiquants de toutes sortes n’ont cessé de se multiplier, en même temps, faut-il le préciser, que se sont durcis les moyens de répression.Le marché de la drogue représente au bas mot 80 milliards de dollars p;u* année et, selon certaines estimations moins conservatrices, jusqu’à 300 milliards: on saisira mieux ce que cela implique en notant que le marché de la drogue dépasse ceux du pétrole et de l’automobile.Résultat: le blanchiment de l’argent de la drogue est un phénomène tellement répandu qu’il est maintenant devenu, qu’on le veuille ou non, une partie importante de l’économie «officielle».Pourtant, malgré la «guerre totale» décrétée par les Nations unies et les sommes colossales investies par les gouvernements nationaux, le taux d’efficacité de toutes les polices du monde atteint à peine un ridicule 10 %.Un peu partout d’ailleurs, les techniques d’infiltration préconisées conduisent à la création de zones grises où il devient difficile de faire la différence entre les «bons» policiers et les «mauvais» trafiquants.Au bout du compte, le constat est clair: c’est l’échec le plus complet Alors la question se pose, toute simple: pourquoi continuer?Pourquoi poursuivre cette guerre tous azimuts en s’appuyant sur la bonne conscience bedaine de ceux qui ont raison alors que les faits démontrent le contraire?Pourquoi ne pas décriminaliser «la drogue» et en réglementer l’usage comme on l’a fait pour l’alcool et le tabac?Si vous trouvez la réponse, n’hésitez pas à contacter Roch Côté.Qui se fera sans doute un plaisir de prévenir les services de police concernés.ESSAIS l) U É li É COIS Le penseur funambule K O H K K T S A 1.B T T I ?U COMPAGNON DU DOUIE John Saul, traduit de l’anglais par Sabine lioulongne, Payot, 1996,330 pages Connaissez-vous Davos?11 y a quelques semaines, comme chaque année depuis 1970, cet alpestre village suisse a reçu les principaux décideurs économiques de la planète - chefs d’Etat, banquiers et patrons d’entreprises transnationales comme on dit maintenant - pour faire le point sur les avancées de l’économie de marché, du libre-échange et de la déréglementation.On rapporte toutefois que cette année, une certaine inquiétude a transpiré de ces agapes du néolibéralisme officiellement appelées Conférences annuelles du Forum économique international.L’actuel ministre du Travail américain aurait déclaré que la mondialisation était en train de créer une sorte de sous-classe de travailleurs démoralisés et appauvris.Récemment, Newsweek clouait au pilori douze grandes entreprises américaines pour avoir congédié 363 000 salariés en peu de temps, pour leur manière assassine de faire du capitalisme (killer capitalism).Parlant de Davos, Ignacio Ramonet, le directeur du Monde diplomatique, posait la question suivante: peut-on bâtir une économie solide sur une société en ruines?«Davos» est l’une des trois cent vingt et une entrées qui composent Le Compagnon du doute.Pour John Saul, ce rassemblement annuel des leaders des affaires et de la politique constitue une des manifestations les plus ridicules et inquiétantes du corporatisme qui règne sur le mondç actuel.Corporatisme, dites-vous?A l’entrée «corporatisme» du même dictionnaire, on peut lire: «Un des mots les plus importants et les moins employés.Mieux que tout autre, il décrit l’organisation de la société moderne.U* corporatisme demeure l’école rivale du gouvernement représentatif.» Une société de castes Ramenée à l'essentiel, l'idée de John Saul est simple, elle était déjà dans Us Hâtards de Voltaire (Payot.1993).U société occidentale en est une de castes, dominée par des six'*-eialistes aux jargons inintelligibles qui nient le bon sens.,C’est une société technocratique.Etymologiquement parlant, le technocrate est quelqu’un qui détient un pouvoir (crate) grâce à un savoir ou des talents six*-cialisés (technè).De nos jours, les termes de la définition ont été inversés: il s’agit d’un individu dont le talent consiste à exercer le pouvoir.Si l’idée d'une société dominée par des technocrates n’est pas originale en soi, la démonstration de John Saul, elle, l’est.Celui-ci nous propose en effet dans Le Compagnon du doute un dictionnaire au sens de Diderot et des encyclopédistes, mais en plus modeste.Son projet s’inscrit dans une .tradition humaniste qui remonte à Erasme et qui s'oppose à la scolastique et à la rationalité classique du XVII' siècle (Bacon, Loyola, Machiavel, Richelieu, Vaugelas).C’est un dictionnaire qui vise à interroger les vérités révélées, les têtes bien pleines et les idées toutes faites.En un sens, il est aussi la version philosophique du projet inachevé de Flaubert de constituer, sous la forme d’un Dictionnaire des idées reçues, un sottisier bourgeois.Le Compagnon du doute est une sorte d’abécédaire philosophique de la société technocratique.Les définitions qu’on y trouve sont quelquefois théoriques mais toujours appliquées, c’est-à-dire imbriquées dans des situations et des problèmes que le commun des mortels reconnaît facilement.C’est ce qui rend la lecture de cet ouvrage d’une limpidité exemplaire et particulièrement stimulante.Les idées y sont moins données, moins expliquées pour elles-mêmes que pour les liens quelles permettent ou suggèrent avec la vie de tous les jours.Ainsi, à l'entrée «corporatisme» susmentionnée, lu courte définition est suivie d’un |x*tit historique de la mentalité corporatiste, qui va des guildes du Moyen Age à Russ Perot et Silvio Berlusconi, qui en dit plus long sur la bêtise humaine que n’importe quel traité philosophique sérieux.Un essai qui se lit comme un roman U Compagnon du doute se lit comme un essai mais il se déguste comme un roman tant les recoupements sont saisissants, ixirfois jxir le voisinage même de deux entrées distinctes comme «Platon» et «Platoon» (le film d’Oliver Stone, la Leni Riefenstahl de l'ère moderne), ou comme «Subjonctif» (le mode verbal du doute) et «Super Bowl» (le grand stabilisateur de l’énergie gonadique des jeunes Américains).Sous la plume de John Saul, les faits les plus banals de la vie quotidienne.comme la météorologie (cette science très technocratique de ne jamais s’excuser quand on se trompe), les pellicules ou le croissant, ont autant de sens que les grands concepts de la philosophie et de la jx>-litique.C’est en fait du télescopage JOHN SAUL LE COMPAGNES DU DOUX! des points de vue et des niveaux de reflexion que surgit le sens en question.Par exemple, qu’est-ce que le sexe?Bien qu’il s’agisse d’uni* activité courante, la demande excède toujours l’offre, se moque John Saul.Ce qui fait du sexe l'activité la plus mercantile des relations individuelles, juste derrière la jouissance des biens.Casse-tête intellectuel ou jeu de parchési pour philosophes, ce Compagnon du doute a une valeur à la fois critique et ludique.Li société contemporaine y est une maison chambranlante dans laquelle on circule par le moyen de ses nombreuses portes et fenêtres aux dimensions variables.Cet ouvrage de John Saul peut se lire en suivant logiquement l’ordre alphabétique des entrées, en voltigeant de l’une à l'autre selon les rapports que les termes et les idées dessinent ou selon notre bon vouloir.Quel que soit notre choix, les entrées se répondent et se relaient les unes les autres pour nous faire voir une |x*n-sée pas tant structurée (c’est le péché technocratrique par excellence) qu’en équilibre sur un fil de fer, attaché d’un côté à Socrate et de l’autre à Cioran.Le penseur funambule avance ici lentement, un léger sourire aux lèvres, en tenant dans ses mains le bâton de la responsabilité individuelle et du sens commun (le titre anglais complet est The Doubter’s Companion.A Dictionary of Aggressive Common Sense).Sous lui, il y a le grand trou noir de la politique contemporaine, peuplé de concepts fumeux comme la compétence, la mondialisation, le marché, le leadership et la démocratie directe.U Compagnon du doute est le fruit d’une intelligence vive et d’une culture large et profonde (on pense un peu à Umberto Eco).John Saul est un vulgarisateur peu commun.Il faudrait rendre cet ouvrage obligatoire dans les écoles de gestion et les officines du pouvoir, de même qu’à tous les niveaux de l'éducation dite supérieure.Les économistes devraient, quant à eux, le lire deux fois.Ils pourraient peut-être alors nous expliquer pourquoi l’économie est de plus en plus dépendante d’activités inflationnistes - les marchés monétaires, la production d’armement, les.OPA et la promotion immobilière, entre autres - sans rapport avec la croissance et le bien commun.RENAUD-BRAY VOUS INVITE À DES RENCONTRES PARTICULIÈRES AVEC.• IP f ' {SXl ®m0mm .le monde des livres.mm W m .le monde du cinéma.m E .le monde des arts.'etnSisi .le monde des enfants.le monde des idées.« .le monde de la musique.À chacun son Renaud-Bray! 5252, chemin de la Côte-des-Neiges ® 342-1515 4301, me Saint-Denis ® 499-3656 • 5117, avenue du Parc ® 276-7651 1474, me Peel ® 287-1011 • 359, me Sainte-Catherine Ouest ® 289-8681 6925, boulevard Taschereau (Brossard) ® 443-5350 et Renaud-Bray Jeunesse maintenant situé au 5219, chemin de la Côte-des-Neiges ® 342-3420 LES ÉVÉNEMENTS Lectures FRANCINE D’AMOUR «Presque rien» et MONIQUE PR0ULX «Les aurores montréales» (Éditions du Boréal) le dimanche 17 mars à 14h au 5117, avenue du Ram L’Heure du conte pour les tout-petits de 3 ans et plus AVEC ANIQUE P0ITRAS le samedi 23 mars à 14h30 au Renaud-Bray Jeunesse 5219, di Côte-des-Neiges / © 342-3420 E NA U D - Entretien animé par Joël Des Rosiers AVEC STANLEY PÉAN AUTEUR DE ZOMBI BLUES (U CourtE Édiele) le mardi 26 mars à 18h au 359, me SteCatheme (Xiest i) m I.K I» K V III II .\ M E II I I li K i II I M A X I II K I M A II Il II li ARTS VISUELS Le regard de Vermeer.Ml KMA\U CAZELAIS T t* me suis souvent deniaiulé où iiortait I le regard, songeur, du Géographe de Johannes Vermeer.Quelles terres inconnues, Quels horizons lointains, au delà ties fenêires earreautées baignées de lumière, pouvait-il imaginer?Quelles distances.son compas ouvert, suspendu au-dessus de la carte marine dans un moment de réflexion, allait-il calculer, mesurer, réévaluer?Quelle était son échelle du monde?Etait-il, ce géographe, comme Henri le Navigateur, roi du Portugal, reclus volontaire en son château de Sagrés à l'extrémité sud du pays, qui arma et lança, sans jamais les accompagner de sa personne, brigantins et caravelles à la découverte et à l’exploration des côtes d’Afrique jusqu'aux iles du Cap-Vert puis jusqu’au cap de Bonne-Espérance?Fut-il, ce géographe.Vermeer lui-même, comme le soupçonna Malraux, ou se nomma-t-il Anthony van Leeuwenhoek (1632-1723), “fameux» constructeur de microscopes de IJelft, désigné en 1676 comme administrateur de la succession du peintre?Que sait-on de Johannes Vermeer qui, en 1668, au moment où fut peint le tableau, avait trente-six ans, l’âge du modèle, qu'il était alors comme lui, financièrement à l’aise, instruit, au fait des connaissances de son époque?Peu de choses, si ce n’est qu’il naquit un 31 octobre, fils d’un tisserand de soie originaire des Flandres installé à Delft, ville de canaux et de faïences d’un bleu unique et délicat, comme aubergiste et marchand d’art.Qu’il fut baptisé dans la Nieuwe Kerk (nouvelle église) de la ville, qu’il se convertit au catholicisme pour se marier le 20 avril 1653 avec Catharina Bolnes; qu’il fut inscrit, signe de reconnaissance et de réussite, comme maître-peintre à la guilde Sint Lucas de Delft en 1657 et qu'il en devint le maître de corporation cinq ans plus tard; qu’il subit de très sérieuses difficultés financières en 1672, à la suite de la crise économique due à l’invasion des troupes françaises, et qu’il mourut en décembre 1675, à quarante-trois ans, criblé de dettes, laissant dans la misère sa veuve et dix enfants mineurs.Si ce n’est qu’il peignit peu: trente-cinq tableaux en tout et pour tout, souvent de petit format.Quelles influences a-t-il connues?Voyagea-t-il et où?«Nous ne savons malheureusement rien à propos de son destin d’artiste», écrit Arthur Wheelock, conservateur à la National Gallery of Art \n»o x PHOTO ARTOTHEK PEISSENBERG Le Géographe ( 1668-1669).de Washington, dans le catalogue de l’exposition qui lui est consacrée jusqu’au 2 juin au Mauritshuis de La Haye.«Nous ignorons tout de ses maîtres, de sa formation, de la durée de son apprentissage.Aucune source écrite ne nous révèle s’il était versé dans la théorie de l’art ou s’il s’intéressait à la philosophie.A-t-il jamais quitté les Pays-Bas pour se rendre en Italie, en France ou dans les Flandres?Nous ne disposons d’aucun indice à ce sujet.» Peintre, évaluateur, marchand Peintre, mais aussi sûrement évaluateur et marchand de tableaux, Johannes Vermeer contempla la vie.Et le monde de son temps.En apparence, il a peint un univers clos, mis à part quelques toiles historiques au début de sa carrière: la ville de Delft et surtout des scènes d’intérieur où des jeunes femmes font de la musique ou leur toilette, lisent ou écrivent des lettres, se livrent à des travaux d’aiguille ou de la vie très quotidienne.Dans cette œuvre, Le géographe et L’astronome (peints la même année, avec le même modèle) prennent une place à part, presque insolite.Oublié comme Bach, Vermeer fut redécouvert par Etienne Joseph Théophile Thoré, dit William Bürger, qui lui consacra un retentissant article en 1866 dans l’influente Gazette des beaux-arts.Il a eu ses fans, comme Van Gogh qui comparait la qualité de ses coloris à ceux de Vêlas-que/, comme Dali qui avouait «s’en inspirer en permanence», comme Claudel, Valéry et Proust.Les experts ont tout dit, tout écrit, sur Vermeer.La transparence de son jaune citron, la clarté de son bleu outremer, à base de lapis-la/uli, ont nourri de longs commentaires, tout comme la perfection de son exécution et su maîtrise de la lumière.La sûreté de sa touche, son sens de la géométrie et de la composition, sa rigueur, sa façon d’aller a l’essentiel et de suggérer plutôt que de tout dire forcent l'attention.Peintre du silence, de l’instant fragile et suspendu, de l'intériorité, Vermeer est tout cela.Et davantage.On sait si peu de lui.Il n’a laissé aucune épure, aucune étude, aucun écrit.Seules ses peintures parlent, interpellent le regard.Engagent la conversation.Par la lumière partout présente, on a vu en Vermeer un précurseur des impressionnistes; on a vu dans son coup de pinceau et sa manière de décomposer la lumière (dans le cas du pain de Im laitière notamment) des signes avant-coureurs du pointillisme.Cette lumière, comme les cartes accrochées aux murs en de nombreux tableaux (Im jeune femme à l’aiguière, La femme en bleu lisant une lettre, La femme au luth, L’officier et la jeune femme riant, L’astronome), comme les lettres elles-mêmes (Im liseuse à la fenêtre, La lettre d’amour, Une dame écrivant une lettre et sa servante), ne serait-elle pas un passage, une ouverture à l’ailleurs, une correspondance avec d’autres lieux?Sauf dans de rares portraits en gros plan (La jeune fille au chapeau rouge, La jeune fille à la perle, La dentellière, Portrait d'une jeune femme), les pièces sont ouvertes sur l’extérieur par une lumière qui entre à pleins flots ou dont on sert la présence (La maîtresse et la servante, Femme jouant de la guitare), autant d’appels à d’autres univers issus de cette lumière.Ou portés par elle.Homme discret, secret, dont on ne peut que deviner l’itinéraire intérieur, Vermeer appelle la lumière.Celle-ci, comme les fenêtres par où elle se diffuse et s’épanouit, serait-elle le miroir d’Alice, un passage entre deux mondes différents, l’entrée à l’inconnu, au soupçonné, à l’indescriptible?Est-ce pourquoi ces scènes et décors si quotidiens, si particuliers, sont si universels dans le temps et dans l’espace?Ultime allégorie du «sphinx de Delft»?.et sur l’exposition Organisée par la National Gallery of Arts de Washington et le Mauritshuis de La Haye, l’exposition a remporté un grand succès dans la capitale américaine l'automne dernier, qui sera dépassé aux Pays-Bas.On prévoyait 350 000 visiteurs, il y en aura sûrement plus de 400 000, dont 100 000 Français (qui sont littéralement fascinés).L’exposition, qui se termine le 2 juin, réunit 22 des 35 peintures connues et authentifiées de Johannes Vermeer, une occasion unique d'admirer j’œuvre d'une vie près de ses lieux d’inspiration, de mieux saisir son évolution et de comparer le peintre a ses contemporains.Monter une telle exposition fut un délire.la faible production de Vermeer fait du prêt et du transport de chaque toile une véritable aventure.Il a fallu négocier avec des musées, des collectionneurs privés, s’entendre avec les assureurs, reprendre et reprendre des discussions.Toutes les peintures n'y sont pas, certaines trop fragiles (La liseuse à la fenêtre, restée à Dresde), ou même volées, telle Le concert, en mars 1990 à un musée de Boston.La seule réserve vient de l’exiguïté des lieux: le Mauristshuis, qui loge dans une résidence bourgeoise du XVII' siècle, n’offre que trois salles où accrocher les Vermeer: trop petites, elles obligent les nombreux visiteurs à jouer du coude pour s’en approcher—et de trop près.Un étage est consacré à présenter les travaux de restauration faits sur quelques toiles, à détailler les modifications que les prises aux rayons X ont permis de découvrir, à expliquer la technique du point de fuite de Vermeer et les connaissances qu’il avait de la camera oscura, appareil utile à l’étude de la perspective.Déjà, il ne reste plus guère de billets de la prévente, mais les autorités du Mauritshuis libèrent chaque jour l’équivalent de 50 billets supplémentaires à l’heure.Frais d’entrée: 22 / par personne.Une aubaine dans les circonstances, d’autant plus que le billet d’entrée est valable pour tout le musée, ses Rembrandt et ses trésors de lage d’or hollandais.N.C.SOURCE RIJKSMUSEUM Détail de La Ruelle (1657-1658).GALERIE DE BELLEFEU1LLE VERNISSAGE ¦ MICHEL CASAVANT Rencontre avec l’artiste les samedi et dimanche 16 et 17 mars de 13h00 à 17h00 1367, AVENUE GREENE, WESTMOUNT - TÉL.: (514) 933-4406 lundi ait samedi WhOO- 18h00 dimanche 12h30- 17h30 Les Vermeer au Mauritshuis.B Sainte Praxède (1655, The Barbara Piasecka Johnson Collection Foundation) B Le Christ dans la maison de Marthe et Marie (vers 1655, National Galleries of Scotland, Edimbourg) B Diane et ses compagnes (1655-56, Mauritshuis) fl La ruelle (1657-58, Rijksmuseum) fl La laitière (1658-60, Rijksmuseum) ¦ La jeune fille au verre de vin (1559-60, Herzog Anton Ulrich-Muséum) ¦ Vue de Delft (1660-61, Mauritshuis) ¦ La leçon de musique (1562-64, Her Majesty Queen Elizabeth II) ¦ La femme en bleu lisant une lettre (1663-64, Rijksmuseum) ¦ La femme à la balance (vers 1664, National Gallery of Art, Washington) ¦ La femme à l’aiguière (1664-65, The Metropolitan Museum of Art, New York) fl Im femme au collier de perles (vers 1664, Staatliche Museum zu Berlin) ¦ Une dame écrivant (vers 1665, National Gallery of Art, Washington) ¦ Im jeune fille au chapeau rouge (sur panneau de bois, vers 1665, Washington) ¦ Im jeune fille à la perle (vers 1665, Mauritshuis) ¦ Le Géographe (1668-69, Stadelsches Kunsintitut, Frankfurt am Main) ¦ La dentellière (1669-70, Musée du Louvre) ¦ Im lettre d’amour (1669-70, Rijksmuseum) ¦ Une dame écrivant une lettre et sa servante (vers 1670, National Gallery of Ireland) ¦ Allégorie de la foi (1671-74, The Metropolitan Museum of Art, New York) ¦ Une dame debout au virginal (1672-73, The National Gallery, Londres) ¦ Une dame assise au virginal (1675 ou avant, Londres) R UNE SOCIETE-!™ ST** À visiter: l’exposition du journal Le Devoir Du 31 mars au I 2 mai 199(i Du lundi ;iu vendredi,do Dli à T>\\ Les samedis el dimanches, de I ‘^h à Pour rnisci^urim'iils: (201) 233 8972 O Q!iyQ°ébec toqttK ^ Quebec ÿÇ ^ , Micro-Intel LE MUSÉE DE SAINT-BONIFACE MUSEUM "I Unrvrrvlê du Ouéb«c » Montréal DEVOIR |4r I EfllftrtffMrvdCl ¦ ¦ canadien co*™ ViH* de Montr»al r::« STATE STREET GALLERY Kl Sarasota, Floride Danièle Rochon Oeuvres récentes 15 mars -13 avril 1996 Les BELLES SOIRÉES de CONSTELLATION et l'Université de Montréal vous proposent un voyage culturel en TURQUIE Groupe accompagné par Suzel Perrotte, historienne d'art.DÉPART LE 10 MAI - 19 [OURS - 25 PERSONNES 3499,00 $ toutes taxes et frais de service inclus.RENS.ET RÉSERVATIONS: MARJORIE 397-0467 ou 987-9798 SEUL L'ENCADREMENT PÉDAGOGIQUE EST SOUS LA RESPONSABILITÉ DE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL I® En collaboration avec ttValours Détenteur d’un permis du Québec rBfBJBjafgÆfajsjgfaÆfgfgiijiBfBfgjajaÆfBfa/Biofa/BjafafcgjafBÆ/BfBfnÆ/SfaÆJaift En collaboration avec LES BELLES SOIRÉES de l’Université de Montréal BERLIN TUNISIE À la découverte des musées de Berlin nimé par Mme Monique Gauthier du 27 mai au 7 juin 1996 3189,00 $ p.p.occ.double Oasis et culture animé par Mme Suzelle Perrotte du 19 avril au 4 mai 1996 2992,00 $ p.p.occ.double AU PAYS DES DUCS DE BOURGOGNE animé par Mme Marie Claude Deprez Masson du 30 mai au 12 juin 1996 2998,00 $ p.p.occ.double Seul l’encadrement pédagogique est sous la responsabilité de l'Université de Montréal Information et réservations: QAP SsülNil fl EXPOSITION OEUVRES RÉCENTES MICHÈLE DROUIN «OUVERTURE-FERMETURE» JUSQU'AU 30 MARS WADDINGTON & GORCE 2155, rue Mackay, Montréal, Québec, Canada H3G 2J2 Tél.: (514) 847-1112 Fax: (514) 847-1113 Ou mardi au vendredi de 9 h 30 à 17 II 30, le samedi de 10 li à 17 h DIDACTART GALERIE Y JEAN-MARIE DELAVALLE JOHN FOX JOE LIMA LOUISE MASSON JEAN McEWEN Commissaire invitée Sandra Paikowsky GALERIE X PpCÇSnii- r parallèles STÉPHANIE BÉLIVEAU FRANCINE SAVARD Commissaire invitée Louise Masson DU 13 AU 31 MARS 1996 DU MERCREDI AU VENDREDI DE 12H À 18H SAMEDI ET DIMANCHE DE 13H À 17H COMPLEXE DU CANAL LACHINE 4710, RUE ST-AMBR0ISE, LOCAL 33 MONTRÉAL (514) 937-8093 feÉÉÉÉÉÉÜÜÉÉÜÉÉÉÉÉfelfeÉlllll I MM i 8859 I.K I) K V (Mit.I.M K H I I II T II I M A V ( Il K 17 M A II S I !• H li D II A K T S V I S II B L S Un engagement fait d’humour et de ludisme AYOl - l'ESPIÈGlE Galerie de l'UQAM 14ÜO, rue Henri, salle J-R120 Jusqu'au 23 mars J K N N IKK K CO l! K 1.1.K S Y il est «ne constance dans le travail du regretté Pierre Ayot, qui filait avec ruse à travers les dédales du langage artistique, il s'agit sans contredit du jeu.C’est par l’humour, le ludisme, que cet artiste d’ici qui s'envolait chaque année pour l’Italie affirmait son engagement continu envers l’art.Cela et encore, l'exposition Ayot - l'espiègle en rend compte avec justesse.Organisé par le département d’arts plastiques de l’Université du Québec à Montréal avec la collaboration de la galeriste et compagne de l’artiste, Madeleine Forcier, et chapeautée par le commissaire invité, l’artiste Mario Côté, cet événement est présenté en hommage à l’artiste et professeur Pierre Ayot, disparu au mois de mai l’année dernière.De taille, mais sans excès, l’exposition est aménagée en trois parties, avec, dans la petite salle de la galerie de l’UQAM, une présentation des coffrets réalisés par Ayot et ses étudiants de la maîtrise en arts plastiques depuis 1988, et, dans la salle principale, une sorte d'ilot composé d'une douzaine d’œuvres signées Ayot depuis 1968 à 1994, à laquelle fait écho un ensemble de peintures et sculptures réalisées par les amis et collègues de ««l'espiègle», les artistes Cozic, Lue Béland, Lucio de Heusch, Jean-Pierre Gilbert, Jocelyn Jean, Raymond La-voie, Serge Tousignant et Robert Wolfe.Une présentation qui se garde d’anticiper la rétrospective Pierre Ayot — à laquelle, il faut croire, on aura droit dans un future plus proche que distant — tout en nous offnuit un bref survol de l’évolution de la production d’Ayot, depuis ses allégeances plus explicitement pop à son délire de trompe-l’œil propres à la vague postmodemiste de la récupération de symboles culturels révolus.Par ailleurs, la présence appuyée des étudiants et confrères d’Ayot témoigne jusqu’à quel point la collaboration et le contact avec d’autres tenaient à cœur à cet artiste-professeur.Bref, un hommage loyal comme il se doit Si le diptyque à l’âme légère de Robert Wolfe et l’installation à la nuit sans pardon de Jean-Pierre Gilbert sont seuls ici à avoir été créés à la mémoire de leur ami, il n'en demeure pis moins que les photographies couleur à la géométrie dansante de Serge Tousignant.que l'amusé mais sensible quadrillage Société bleue de Raymond Lavoie, avec son petit homme en tenue de soirée itéré jusqu’à annihilation sur fond de Tiutiu au Congo, que la douceur grise qui se lève dans la peinture Ira Fin d'une saison de Jocelyn Jean, que les paysages rangés des petites boites colorées de Lucio de Heusch, et encore, ont quelque chose du détachement et de la bonhomie dont fait foi le travail de Pierre Ayot.Quant aux œuvres du joueur étoile, on retrouvera entre autres l’humour badin de Ma gaine 18 heures de 1979, avec son lacet rose qui prolonge sa composante en sérigraphie, la netteté formelle et graphique tout en fil et en hameçon de Fetit poisson deviendra grand (1971) et l'exubérance à la fois contenue et éclatée de la colonne de toutes pièces qui se joue de culture dans Olivia(1994).Mais au-delà de toutes, il est ici une œuvre qui nous saisit de plein fouet et nous rappelle avec aplomb la raison d’être de cette exposition.Troublant jus- qu’au frisson les visiteurs qui ont connu Pierre Ayot et laissant interdits les autres.L'Œuvre en chantier (1986), un autoportrait en plâtre moulé qui prend l'ampleur d'une installation, nous tourne le dos en échange d’un regard triste.Que cette effigie à la chair orangée soit d’un goût discutable, il reste que le malaise suscité par sa présence nous souffle qu'avant tout nous sommes humains.L’exposition sera complétée par une «journée Pierre Ayot», le jeudi 21 mars, de midi à 18h, à la galerie de l’UQAM.Avec des interventions des historiennes de l’art et professeurs Francine Coulure et Rose Marie Arbour et des artistes Cozic et Doyon-Deiners, il sera question de l’humour et du ludisme dans l’art québécois, de la production artistique québécoise durant les années 1960 et de l’œuvre de Pierre Ayot.Pour clore l’événement, il y aura double lancement, dès 18h, du carnet Ayot - l'espiègle, réunissant images et témoignages, et du livre d’artistes L'Attaché détaché, inspiré de la série de stages en Italie qu’animait annuellement Ayot.ri| «M^« JATION SOURCE GALERIE GRAFF Honkey Tonka, sérigraphie montage, 1988.\A GILERIE LINDKNERGE Lavis et gouaches.récents Dernière semaine jusqu'au 22 mars Les délires mécaniques de Kim Adams Voir autrement Stan Douglas Jusqu’au 7 avril 1996.Mardi au dimanche de 11 h à 18 h; mercredi de 11 h à 21 h.Métro Place-des-Arts Renseignements : (514) 847-6212 MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL ARCHAMBAULT Deere, c’est tout dire EXPOSITION WLl m - •«.«A l’Image des Mots» Oeuvres sur papier Stéphan Daigle Venez rencontrer l’artiste LE DIMANCHE 17 MARS DE 13H À 16h Jusqu’au 31 mars 1996 Galerie Schorer 5686, Avenue Monkland Montréal (Québec) H4A 1E4 Téléphone (514) 482-9222 un malentendu Chroniques photographiques récentes LES ESSAIS aux éditions Dazibao 96 pages, 12.95 $ lancement vendredi 29 mars à 16 h 30 COLLOQUE 29-30 mars 1996 Université du Québec à Montréal Inscription 20 $ / étudiants 15 $ Martha Langford Vincent Lavoie Allan Sekula Scott Watson Claire Paquet Louise Déry D AZI BAO 279.Sherbrooke Ouest.Espace 311 C Renseignements et inscriptions : (514) 845-0063.télécopieur : (514) 845-4781 Des questions soulevant l'évolution, les phases transitoires des mutations de la pensée, de la diffusion et de la création photographiques seront examinées.Abigail Solomon-Godeau 'Johanne Lamoureux y L>-, fa r i o p e I I e les plus belles estampes 1966-1995 En parallèle: - Madame Yseult Riopelle tient une clinique d’expertise et d'authentification des oeuvres de son père, en galerie, tous les samedis du 6 mars au 20 avril, de 13 h à 17 h.Sur rendez-vous.- Simon Blais anime une visite commentée tous les dimanches pendant l’exposition, de 14 h à 15 h.« , V GALERIE SIMON BLAIS 4521, rue Clark, Montréal.(514) 849-1165 Du mardi au samedi de 10 h à 17 h 30 et exceptionnellement les dimanches durant Riopelle, de 13 h à 17 h 2 fi mai 19 96 O SCD sCD u.lo -Bv Heures d'ouverture : Lundi : fermé.Mardi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche : 11 h -17 h 45.Mercredi: 11 h-20 h 45.MUSEE DU QUEBEC Parc des Champs-de-balaille, Québec.G1R 5H3.418.643.2150.L'art québécois de l'estampe 1945-1990 a bénéficié du support financier du ministère du Patrimoine canadien dans le cadre du programme d'appui aux musées Le Musée du Québec est subventionné par le minislère de la Culture et des Communications du Québec aau Musée du Québec U linusui bSlel Leews Id Concorde vous g tira an forfait Invitation au Musée du Québec è petit prix.Pour 691 (ta«es non «cases), avant le 29 (Met 1996, su 99$ (tara non ictuses) du 8 mats au 16 mai 1396, ie Loews le Concorde vous cfe ur* chambre spacieuse, deux pebts-déjeuners butte, deux enures au Musée du Québec e un BssK-faser aacM>«n*fc IWW (appareils Nautilus, sauras el ten BuMmai le trt s'applique pou une nuit en classe hospJafiM, en oceuiaion smpë ou dotiSe Réserve: sans bas au 1 800 463-526 I) 12 I.t: Il K V OIK, I.K S S A M K I) I I K K T K I M A .N ( Il K I M A It S I II t> Il « « WMm | 'Sh^' •'TT'* •>f*\ «VRrtngteËffl fltmSü 'Zt&rï* ^MunKHKKnnrntimSSnSSnS*ifKA^)^ul^\^ LE DEVOIR La Gitane ne fait plus de fumée ISi Dieu est un fumeur de havanes, les designers préfèrent la Gitane.Au moins Gainsbourg n’aura-t-il pas assisté au concours organisé par la Société française des tabacs, la Seita, pour habiller de neuf, et sans fumée s’il vous plaît, la nouvelle Gitane blonde.Le pauvre en aurait avalé sa dope et recraché son whisky! Cibiche traditionnelle des habitués du Flore comme de la rue Saint-Denis — à l'époque où tout ce beau monde fumait —, la Gitane vient de se repeindre en blonde pour s'implanter dans un marché dominé largement par les américaines.La Seita a donc fait appel à 20 designers d’Australie, des Etats-Unis, de France, du Québec, de Grande-Bretagne et du Japon pour lui refaire une nouvelle toilette.Le défi était de taille puisqu’il s’agissait d’égaler, sinon de surpasser, la bohémienne conçue en 1947 par Max Ponty, dont la signature orne toujours le paquet de brunes.I*i danseuse qui tambourine derrière un rideau de fumée était elle-même le résultat d’un premier concours.Le dessin de Ponty reprenait de façon stylisée celui de Molusson réalisé en 1943.Le sigle de Ponty est «un équivalent de la Jo-conde sur un autre registre**, a dit l’artiste contemporain Jean Iœ Gac.Disons plus simplement que ses lignes sensuelles, son bleu français et ses volutes de fumée en avaient fait l’égal du cow-boy de Malboro.Les volutes partent en fumée Chaque designer devait donc proposer deux maquettes: une création libre et un motif inspiré de la Gitane de Ponty.C’est du côté des premières que le concours de la Seita offre les plus belles réalisations.Ainsi, la Gitane de l’Américain Paul Davis semble extraite d'un tableau de Chagall.Loin des canons de beauté officiels, mégot aux lèvres, noyée dans la fumée, elle n’avait rien de très politically correct et méritait plutôt de se retrouver dans une galerie.Plus sage, le dessin de la Québécoise Nathalie Bay-laucq — qui a notamment revampé le quotidien Le Monde — reprend la silhouette de Ponty sur un damier blanc et bleu, une gitane rouge surgissant soudain au milieu des noires.Le bédéiste argentin Hugo Pratt a à peine eu le temps de soumettre une esquisse avant sa mort II s’agit d’un gros plan de la tête et du bras de la gitane.David Hillman (Londres) et Paula Scher (New York) ont de leur côté poussé «l’audace» jusqu’à renoncer au bleu traditionnel qui donne à la Gitane son petit côté patriotique.Le gagnant, le Japonais Shin Matsunaga, a probablement allié une maîtrise parfaite des lignes à une bonne compréhension du cadre moral strict dans lequel évoluent les fabricants de cigarettes d’aujourd’hui.Disparu, donc, tout .ce qui peut suggérer le moindre tabagisme.Matsunaga a misé sur la continuité en représentant deux gitanes.La première traditionnelle, noire sur fond bleu, et la seconde orange et plus petite, qui semble surgir de la précédente.Né à Tokyo en 1940, Shin Matsunaga n’est pas un nouveau venu dans le design.Il a remporté la médaille d’or de la Biennale internationale du poster de Varsovie en 1988 et participé à plusieurs expositions internationales, comme celle des posters pour les droits de l’homme lors du bicentenaire de la Révolution française.«La culture traditionnelle du Japon est caractérisée par la grâce d’une forme simple, a-t-il déclaré.Peut-être que mon design est devenu, de manière inconsciente, de plus en plus simple.Dans mon cas, la chose la plus importante pourrait bien n’être pas la création mais le déplacement et le dépouillement.C’est sans doute le fait d’être japonais qui me permet de penser comme cela.» Il fut un temps où la Gitane avait d’innombrables petites sœurs: les Russes, les Hongroises, les Odalisques, les Grenades, les Amazones, les Tunisiennes, les Espagnoles, les Égyptiennes, les Madrilènes et les Sultanes.Avec sa compagne, la Gauloise, survivra-t-elle à ce monde macho, de plus en plus peuplé de cow-boys et de chameaux?En attendant de le savoir, la Seita aura trouvé une merveilleuse façon de contourner les lois sévères sur la publicité du tabac.GITANES BLONDES La F rance ?rénové opéra Garnier Le projet présenté par la Québécoise Nathalie Baylaucq pour revamper le paquet de Gitanes blondes.et la Gitane Le palais Garnier dépoussiéré 2 C’est une caverne d’Ali Baba dont on avait oublié la splendeur.Depuis que l’opéra avait migré plus à l’est, place de la Bastille, les badauds boudaient l’opéra Gamier.Sa réouverture après 18 mois de rénovation oblige donc les Parisiens à redécouvrir les trésors qui s’y cachent.Mais attention aux estomacs sensibles.Lejeune inconnu de 35 ans, Charles Garnier, qui remporta à la surprise générale le concours du nouvel opéra de Paris en 1860, ne craignait pas la démesure.Onyx d’Algérie, porphyres de Finlande, bronzes massifs, 33 marbres différents: rien n’était trop beau pour ce temple où certains ont vu à l’époque «le rêve d’une bourgeoisie corrompue».Dans ce vaste chantier qui ne se terminera qu’en 2001, on aurait pu redorer les cuivres sans ménager le clinquant.Bref, faire plus neuf que neuf.Les architectes du ministère de la Culture ont préféré une rénovation discrète visant à restituer le bâtiment dans l’état précis où son créateur l’avait laissé il y a 120 ans.Ainsi, les dorures ont été simplement nettoyées, les tissus refaits à l’identique et les éclairages soigneusement équilibrés pour mettre en valeur les ors, les jaunes, les rouges et les verts qui font de ce théâtre à l’italienne l’un des chefs-d’œuvre du genre.On a pour cela relu minutieusement les directives de Garnier.Ainsi a-t-on découvert que les sièges avaient été décapés en 1936 pour leur redonner l’aspect naturel du bois.On les a donc reteints en noir ses monuments Du palais Garnier, certains ont vu à l’époque «le rêve d’une bourgeoisie corrompue».pour que s’y mirent les velours et les lustres.De la même façon, le rideau de scène peint sur toile de lin a été remplacé par une copie à l’identique réalisée par le peintre de décors Silvano Mattéi.Le velours rouge «Trianon» (coton et mohair) des 844 fauteuils de l’orchestre et des loggias a été refait.Des ateliers de Lyon ont tissé spécialement les damas «Opéra» qui ornent les loges (soie et coton).Vu et revu Mais le clou de cette rénovation est sans contredit le double diadème qui entoure le plafond de Chagall (commandé en 1962 par André Malraux).Les 144 globes de verre opalescent ont été replacés comme à l’origine et la couronne de hublots en forme de diamants a été restaurée.Ils rehaussent l’éclairage du plafond tout en équilibrant celui du grand lustre.L’éclairage des loges a aussi été révisé pour permettre de discerner les peintures en trompe-l’œil de Rubé et Chaperon.Ainsi nettoyé, le théâtre semble retrouver sa fonction, qui consistait à l’époque aussi bien à être vu qu’à permettre aux spectateurs de s’y faire voir.Il a fallu en effet attendre 1937 pour que l’on éteigne, pendant les représentations, le lustre central qui compte 400 sources de lumière et pèse huit tonnes et demie! Au siècle dernier, la splendeur des dorures et des toilettes féminines menait une rude concurrence aux artistes.On a profité de cette rénovation de 40 millions de dollars pour moderniser les coulisses.Les ordinateurs et les appareils électriques, manipulés par une trentaine de techniciens, ont remplacé les câbles et les poulies qui exigeaient 150 machinistes.Une fois la grande salle et l’arrière-scène terminées, les maîtres-artisans vont maintenant s’attaquer au grand escalier et aux foyers.Plusieurs ont d’ailleurs été retenus pour la rénovation de La Fenice de Venise qui a brûlé cet hiver.Neuvième appel de propositions du programme de recherche appliquée en design, volet 1 IDS Institut de Design Montréal 1037.rue Rachel 3' étage Montréal (Québec) ! Canada H2J 2J5 Téléphone : (514)596-2436 , Télécopieur : (514) 596-0881 L’Institut de Design Montréal (IDM), organisme sans but lucratif, a pour principal but de stimuler la recherche appliquée en design.Pour ce faire, il offre un programme de contributions en deux volets.Le volet 1 du programme s’adresse aux designers, aux partenariats entre designers et entreprises et aux entreprises qui possèdent un service intégré de design et vise particulièrement les petites et moyennes entreprises de la grande région de Montréal.Le volet 1 du programme favorise la réalisation de projets permettant la conception et le développement de produits novateurs ou l’amélioration, par la qualité du design, de produits existants (y compris les outils de design).Sont admissibles les projets de recherche en design reliés au secteur industriel ; à la mode ; à l’architecture du paysage ; au design d’intérieur ; au graphisme ; à la production multimédia ; à l’urbanisme.Le design doit faire partie intégrante des processus de conception et de développement du produit.Contributions maximales : 50% des coûts admissibles d’un projet, jusqu'à concurrence de 100 000$.Réception des formulaires de proposition : du mercredi 13 mars au mardi 23 avril 1996, avant 16 heures.Formulaires de proposition et conditions disponibles aux bureaux de l'IDM, du lundi au vendredi entre 9h et 16h.16 heures, à l'Institut de Design Montréal.
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