Le devoir, 16 mars 1996, Cahier E
I I.K I) K V IM H .I K K U I I li M A X ( Il M A II Il II li Un sociologue écrivait en 1992 qu’être jeune et francophone au Québec «semble vouloir dire qu'on peut à la fois défendre sa langue et participer à la culture anglo-américaine».UH Locher avait constaté que la force d’attraction du français au cinéma, dans les lectures et à la télévision avait connu un recul auprès des jeunes de langue française au prolit d’une forme de bilinguisme.Ces mêmes jeunes, pourtant, sont inquiets pour l’avenir de leur langue en Amérique et veulent de tout cœur que le Québec demeure français.En d’autres termes, un jeune d'aujourd'hui va peut-être préférer voir en version originale le dernier Spielberg, ce qui ne l’empêche pas de mesurer la valeur et la fragilité du français dans un monde en mutation.Cette conscience prend toute son importance au moment où l’on entre dans ce que l’on appelle la civilisation du savoir.Désormais, les sociétés progressent non plus grâce à l’exploitation de leurs richesses naturelles mais grâce à la maîtrise de l’information et à la connaissance.Les pilules et les onguents ne sont, dans l'industrie pharmaceutique, que les emballages d’un savoir.Un savoir qui s’exporte, car l’économie est aujourd’hui mondiale.C'est dans ce contexte de mondialisation et d’informatisation que l'anglais menace car la langue est le véhicule du savoir.Et l’anglais est en train de devenir la langue des sciences, des affaires, de la communication et du divertissement.L’attitude des jeunes sondés par le sociologue Uli lâcher témoigne d’un désir de participer au mouvement du monde, de ne pas se couper de lui tout en parlant français.Célébrer un héritage et le |)erpétuer, sans pour autant considérer les autres langues, l’anglais au premier chef, comme une source d’aliénation.C'est dire que pour protéger cet héritage, les réflexes ne sont plus forcément les mêmes que ceux de nos parents, qui ont souffert d’être minoritaires, et que les moyens de promouvoir le français diffèrent.Ces moyens relèvent d’abord de l’attitude individuelle.Comme le disait Jean Bourbonnais, spécialiste montréalais des industries de la langue et directeur d’Alis Technologies, il est déplorable que l’adepte du réseau Internet se résigne à écrire des messages sans accent aigu ni tréma sur le «e» parce que les logiciels qui sont sur le marché ne le permettent pas.C’est, dit-il, l’être humain qui s’adapte à la machine et la langue qui perd de ses subtilités.Se donner les moyens Les moyens relèvent aussi des états nationaux, qui peuvent, par l’aménagement linguistique et des lois comme la Charte de la langue française — dont l’utilité ne se dément pas —, concourir à réserver au français la place qui lui revient et ainsi procurer aux francophones une sécurité qui, on le voit bien avec le développement de l’informatique, n’est pas en soi une panacée.Interdire une autre langue n’en altère pas pour autant la force d’attraction, surtout lorsque c’est la langue de la première puissance économique.À l’heure de la mondialisation, ces moyens se transportent à l’échelle internationale.Les accords commerciaux, quoi qu’on en pense, ont un impact sur la langue.L’ALE-NA, par exemple, à cause de la libre circulation des produits, peut avoir pour effet d’affaiblir les dispositions de la loi 101 sur l’étiquetage.Cet accord, notamment, ne définit aucun statut spécifique pour le français, pas plus d’ailleurs que pour l’espagnol.En Europe, les francophones ont découvert la nécessité de doter l’Union européenne de règles pour assurer au français le statut de langue de travail.Aux Nations unies, même si le nombre d’Etats membres francophones a augmenté, la place du français dans les échanges et dans les documents décroît Seule une concertation entre les pays où la langue française est parlée peut renforcer son statut.Une chance inouïe Ces réflexions nous amènent à la Francophonie.H s’agit d’une organisation qui est peu connue, même en France.Quarante-neuf États en font pourtant partie.Un seul des pays qui en sont membres comporte une majorité de francophones: la France.Les autres, comme le Canada, la Belgique ou les pays d’Afrique, y participent au nom de minorités, même si le français y a statut de langue officielle.À peine un peu plus du quart des 400 millions de citoyens vivant dans les pays de la Francophonie parlent français.Cela peut être vu comme un paradoxe.Au contraire, cela peut aussi être vu comme une chance inouïe.La Francophonie ne va pas intéresser les générations qui montent si elle se présente comme un club de nostalgiques ou de frileux qui craignent que leur dialecte commun ne disparaisse de la face du globe.Cette organisation, née à petites doses, à partir de 1952, dans des associations de journalistes ou d’universitaires, jusqu’à devenir assemblée de chefs d’État en 1986, ne doit pas être vue comme un lieu de résistance ou un rempart face aux démons de la mondialisation à l’américaine.Elle doit plutôt se présenter comme une autre expression de la mondialisation, une voie différente d’accès à l’univers.La Francophonie ne peut pas être vouée à la simple défense de la langue française.C’est plutôt une organisation au sein de laquelle le français est la langue qui permet à plusieurs cultures de se côtoyer, de se solidariser, de s’enrichir.Ainsi l’ont constaté les participants au Marché des arts de la scène en Afrique (MASA), en mai dernier.Les spectacles joués en différentes langues locales africaines ne semblaient avoir aucun lien avec la Francophonie, qui en était pourtant le commanditaire.Le MASA célébrait donc le pluralisme et mettait l’Afrique à l’agenda mondial.De même, les chefs d’État et de gouvernement réunis à leur sixième sommet, à Cotonou au Bénin, en décembre, ont compris que le français ne gagnerait pas s’il cherchait à s’imposer sur les autres langues mais qu’il réussirait plutôt en s’associant à elles par la promotion du plurilinguisme comme antidote à l’uniformisation.Cette association fondée sur une langue commune débordera toujours la dimension culturelle.Les liens qui se tissent créent des solidarités politiques en faveur de la démocratie et des droits de la personne, de l'éducation et de la paix dans le monde.L’ancien président Léopold Sedar Senghor, du Sénégal, disait que la Francophonie n’est pas assise sur une seule langue mais bien sur cinq grandes langues classiques, puisque ses membres sont asiatiques, arabes, européens, américains et africains.Pour M.Senghor, la Francophonie est «l’essai le plus cohérent et le plus complet de la future civilisation universelle».Michel Venue La franco univers ^COPHONlt pand dessein, îde ambiguïté ritiiisi Les incontournables pour comprendre les enjeux de la francophonie! L£S ÉDITIONS HURTUBISE HMH 7360.boulevard Newman LaSalle (Québec) H8N 1X2 Tél: (514) 364-0323 1-800-361-1664 Télécopieur: (514) 364-7435 Jean-Louis Roy Secrétaire général de PACCT Agence de coopération culturelle et technique iean-louisroy Mm 19,95$ ] f / La SÜK r rancophonie '^nojET 20,95$! 20,95$ MU*TUBSfH I.K U K V 0 I It .I.K S S A M KHI I II K T II I M A V i II I 17 M A H I II II II K 2 SEMAINE INTERNATIONALE R.ANC0PII0N Programme des activités Cinquième édition de l’Année francophone internationale L* édition 1996 de la revue r L’Année francophone internationale sera lancée le 20 mars prochain à Québec et à Montréal.Depuis la première parution en 1992, cette publication a vu son tirage passer de 2000 à 12 000 exemplaires, tandis que le nombre de pages passait de 167 à 320.«Cette publication annuelle sur la francophonie internationale comble un besoin évident, affirme son fondateur, Michel Têtu, professeur à l’Université Laval.11 était devenu nécessaire de se doter d’un tel instrument pour assurer une présence soutenue de la Francophonie entre ces temps forts que constituent les sommets bisannuels.» M.Têtu a graduellement mis en place un réseau de collaborateurs qui regroupe aujourd’hui plus d’une centaine de personnes d’un peu partout à travers le monde, ce qui lui permet de présenter un bilan étendu de ce qui s’est passé, au cours d’une année donnée, dans chacun des pays et régions dits francophones.L’Année francophone internationale a également accordé, dans ses éditions successives, une place grandissante aux illustrations cartographiques.On peut ainsi identifier d’un coup d’œil les pays participants aux sommets francophones, les pays partiellement de langue française et les pays de langue romane.La dernière partie de la publication comprend un aperçu des activités d’une douzaine d’associations gouvernementales ou non gouvernementales, un tableau sur l’indice du développement humain dans la Francophonie, une bibliographie regroupant des ouvrages généraux et une liste des principales organisations francophones avec leurs coordonnées.Le volume sera disponible en librairie à compter du 20 mars, au coût de 18 $.Voici quelques-unes des activités auxquelles sera convié le public au cours de la Semaine internationale de la francophonie, du 17 au 23 mars.À MONTRÉAL Dimnnchc 17 mars 14 h à 16 h Ouverture à Montréal de la Semaine internationale de la francophonie.Activité organisée par le Mouvement national des Québécoises el Québécois et la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, en collaboration avec le Conseil des communautés culturelles et l’Union des écrivaines et écrivains québécois Théâtre-animation sous le thème «La Francophonie dans sa diversité» et présentation des activités qui auront lieu dans la région de Montréal.Sur invitation.Information: Suzanne LaFerrière -(514) 527-9891.Iaiikü 18 mars 9hà 12 h Atelier d’éducation interculturelle organisé par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.Thème: «Un regard critique sur le cadre de référence culturelle de chacun par rapport à autrui».Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, 82, rue Sherbrooke Ouest À Montréal.Entrée gratuite.Information: (514) 84341851.Du 18 au 22 mars 10 h Atelier organisé par TV5, la Télévi-sipn internationale et le ministère de l’Education en collaboration avec l’Ecole Marguerite-de Lajammerais.Thème: ««La câbloéducation».Ecole Marguerite-de Lajammerais 5555, rue Sherbrooke Est A Montréal.Entrée gratuite.Information: Lise Ouimet - (514) 596-5099.11 h Ouverture de la Semaine du français 1996 organisée par le Conseil pédagogique interdisciplinaire du Québec, l’Office de la langue française et l’Union des artistes sous le thème: «Le français, c’est bien plus que des mots».Bibliothèque nationale du Québec 1700, rue Saint-Denis Montréal Information: Jack Ligneau - (514) 873-3196.Mardi 19 mars 17 h 30 Lancement d’une étude par l'Agence francophone pour l'enseignement supérieur et 1a recherche (AUPELF-UREE).Titre: Sociologie des populations, de la Collection Universités Francophones (AUPEIJ-UREF).Réception vin et fromages.Restaurant U* Doyen Centre communautaire, bureau 4422 2332, boulevard Edouard-Montpetit Montréal Entrée gratuite.Information: Lucie Parent - (514) 343-6630.18 h Conférences d’ouverture du Colloque organisé par l'Association ca-nadienne-française pour l’avancement des sciences (ACEAS), en collaboration avec le Conseil de la langue française- et la Société royale du Canada, sous le thème «U* français et les langues scientifiques de demain».Université du Québec à Montréal Salle Marie-Gérin-Lqjoie 405, rue Sainte-Catherine Est (métro Berri-UQAM) Montréal Entrée- gratuite à la séance inaugurale seulement.Colloque sous le thème: «Le français et les langues scientifiques de demain», les 20 et 21 mars.Coût: 205 $ pour les deux jours.Information: Germain Godbout -(514) 849-0049.Mercredi 20 mars 12 h 30 Déjeuner-causerie organisé par l'Agence francophone pour l’enseignement supérieur et la recherche (AUPELF-UREF).Dans le cadre du colloque de l’AC-FAS.Philippe Ducray traitera du thème: «La Francophonie scientifique face à la mondialisation».Hôtel des Gouverneurs, Salon La Capitale Place Dupuis 1415, rue Saint-Hubert Montréal Coût: 25 $ Information: Lorraine Tellier-Cohen -(514) 343-7232.18 h Soirée internationale de la Francophonie organisée par L’Union française en collaboration avec les services culturels du Consulat de Fran- ce et la Mlle de Montréa.1 Réception et soirée dansante, activités orientées vers trois thèmes: le rapprochement interculturel en français; les nouveaux arrivants francophones: l’Union française, un centre communautaire qui vise a rassembler les francophones.Sur invitation.Information: Jean-Pierre Desprez -(514) 845-5195.Jeudi 21 murs 12 h à 14 h Déjeuner-causerie organisé par le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM).Thème: «le français dans l’Internet».Conférencière: Louise Beaudoin, mj-nistre de la Culture et des Communications, res|x>nsable de la Charte de la langue française.Hôtel Westin Mont-Royal Montréal Coût: 50 $, sur réservation seulement.Information: Pauline Leclerc -(514) 523-7520 Vendredi 22 mars Déjeuner-causerie organisé par le Comité national du Forum francophone des affaires.Information: Denise Cadieux - (514) 8494572 13 h 30 à 16 h 30 Séminaire organisé par l’Agence francophone pour l’enseignement supérieur et la recherche (AUPELF-UREF).Thème: «La mobilité interuniversitaire au sein de la Francophonie».Salle Marie-Gérin-Lajoie, J-M 400 Université du Québec à Montréal - Pavillon Judith-Jasmin 405, nie Sainte-Catherine Est (métro Berri-UQAM) Montréal.Entrée gratuite.Information: Jocelyne Méthot -(514) 343-6630 À QUÉBEC Dimanche 17 mars 11 h Ouverture officielle de la Semaine internationale de la francophonie.Déjeuner-buffet, activité organisée par la Société nationale des Québécoises et des Québécois de la Capitale, en collaboration avec l’Association des retraitées et retraités de l’enseignement du Québec et la régionale de Québec de l’Association Québec-France.Restaurant Le Parlementaire Hôtel du Parlement, Québec Coût: 20 $.Information: Henri Laber-ge - (418) 640-0799 - ou Irène Bel-leau - (418) 877-0446.13 h 30 et 15 h Spectacle «Baafila» ou la rencontre des cultures, rythmes et traditions (musiciens québécois et danseur africain) présenté par le Musée de la Civilisation.Hall du Musée de la Civilisation 85, rue Dalhousie Québec (Québec) Entrée gratuite.Information: Hélène Pagé- (418) 643-2158.Mardi 19 mars 9 h 30 à 12 h 30 Table ronde organisée par le Consulat général de France.Thème: «La langue française et la science».Entrée gratuite.Must vdtTa Civilisation-auditorium II 85.rue Dalhousie Québec Information: Jean-Claude Duthion -(418) 694-1573.19 h 30 Table ronde organisée par la section de Québec de l'Association québécoise des professeurs de français (AQPF) sous le thème: «Les possibilités et les limites des technologies de l’informatique dans l’enseignement du français».Musée de la Civilisation, Auditorium II 85, nie Dalhousie Québec.Entrée gratuite.Information: Chrystiane Lahaie ou Georges Desmeules - (418) 872-9366.Mercredi 20 mars 17 h lancement officiel de L’Année francophone internationale, édition 1996 et Lancement du nouveau site WWW (World Wide Web) sur Internet, dédié à la francophonie nord-américaine.Représentation de la pièce Gramma’s Fine - La Sagouine louisianaise de Richard Guidry (durée: 30 minutes).Sous la présidence de Sylvain Simard, ministre des Relations internationales et ministre responsable de la Francophonie.Hall Emile-Nelligan 3e étage Pavillon de Koninck Université Laval Sainte-Foy.Entrée gratuite.Information: Jacques Lefrançois -(418) 656-5772.Vendredi 22 mars 13 h 30 Table ronde organisée par le Musée de la Civilisation, Thème: «U* français dans les arts et les médias au Québec».Musée de 1a Civilisation Auditorium II 85, rue Dalhousie Québec Entrée gratuite (réservation et laissez-passer nécessaires), information: (418) 643-2158.Samedi 23 mars 14 h à 17 h Table ronde organisée par la Maison internationale de Québec en collaboration avec le Centre multiethnique de Québec.Thème: «Qu’est-ce que le fait de parler français comporte pour nous, selon nos différentes origines?» Musée de la Civilisation Auditorium II 85, rue Dalhousie Québec Entrée gratuite.Information: Albert Doutreloux -(418) 681-3455 - ou Michel Dô -, (418) 6592462.18 h 30 Conférence organisée par l’Association des universitaires français de la région de Québec (AUFREQ).Gaston Cholette traitera du thème: «L’action internationale du Québec dans le monde francophone en matière linguistique de 1961 à 1995».Université Laval Pavillon Abitibi-Price Salle 1116 Sainte-Foy Entrée gratuite.Buffet sur réservation: 18 $.Information: André Desmartis -(418) 623-4627 - ou Anny Fages -(418) 527-5128.19 h Clôture officielle de la Semaine internationale de la francophonie.Goûter, spectacle et bal populaire.Activités organisées par le Festival 1" Reg’Art avec la collaboration de la Table de concertation de la Francophonie et du Musée de la Civilisation.Vin d’honneur offert par le Consulat général de France.Hall du Musée de la Civilisation 85, rue Dalhousie Québec Coût: 15 $, Information: Renaud Blais (418) 688-1604.'Mi Æ m a u MJB SEMAINE INTERNATIONALE FRANCOPHONIE 17 au 23 mars 1996 INFORMATION : M.RK SAINT-PIERRE.1' ÉTAGE, QUÉBEC.(QUÉBEC) G1K *A1 • TÉL: (ATI) 8*2-1150 TABLE OE CONCERTATION DELA FRANCOPHONIE TT Programme disponible dans les caisses populaires participantes de la région de Québec et de la grande région de Montréal, ainsi qu'au: Conseil de la vie française en Amérique 56, rue Saint-Pierre 1 er étage, Québec (418) 692-1150 Sites Internet: afides@edupac.qc.ca ou http://lwww.gouv.qc.ca/français/minorg/ museeciv t*n*SK*m A u comm.MuvHmucim UlAtffMQtff I.K I) K V I) I II .I.K S S A M K IM I li K I I» I M A X I II K I ?M A It S I II II li K SEMAINE INTERNATIONALE DE LA FRANCOPHONIE Semaine de fête pour la Francophonie RACHEL I) UC LOS COLLABORATION SPÉCIALE Le français, vivant, riche et coloré, qui vit.survit et s'enrichit, ça se fête.Les célébrations de la Semaine internationale de la francophonie auront lieu cette année du 17 au 23 mars sous l’égide du Conseil de la vie française en Amérique.Des conférences et des activités de toutes sortes se dérouleront à Montréal, Lovai, Québec, Saint-Hyacinthe et Sherbrooke.Ainsi, il sera possible d’assister à des conférences portant entre autres sur la langue française et la science ou les filles du roi en Nouvelle-France.Des déjeuners-causeries accueilleront des conférenciers de prestige.Des spectacles auront lieu.U basilique de Québec accueillera Feux sacrés, un spectacle son et lumière présenté par la Corporation du patrimoine et du tourisme religieux de Québec.L’Association canadienne-françai-se pour l’avancement des sciences (ACFAS) profitera, elle, de la Semaine internationale de la francophonie pour tenir un colloque, en collaboration avec le Conseil de la langue française et la Société royale du Canada, sous le thème «Le français et les langues scientifiques de demain».Les écoliers, quant à eux, seront invités à participer, dans leur école, à une multitude d’activités.Quatrième édition La Semaine internationale de la francophonie existe depuis 1993.Elle s’appelait alors Fête de la francophonie.L’année suivante, elle a été baptisée Semaine de la franco- phonie.On lui a ajouté le qualificatif «internationale» en 1995 pour souligner la participation aux festivités de la France, de la Belgique et de plusieurs pays africains.«Il faut que nous sentions qu’au Québec, les francophones ne sont pas isolés mais qu'ils font partie d'un grand ensemble francophone de 49 pays et gouvernements qui ont le français en partage», souligne Esther Taillon, présidente de la Table de concertation de la francophonie - un regroupement qui organise la Semaine internationale de la francophonie - et ancienne directrice du Conseil de la vie française en Amérique (CVFA).U" CVFA est un organisme privé sans but lucratif qui vise à entretenir des liens entre les francophones du continent.C'est lui qui a mis sur pied la Table de concertation de la francophonie.L’organisme, dont le siège social est à Québec, a vu le jour en 1937.Il prenait alors la relève des Comités de la survivance française du début du siècle.Le rôle du CVFA s’est modifié au cours des ans.Il a tout d’abord travaillé directement avec les gens, puis il s’en est éloigné à mesure que des organismes locaux et régionaux prenaient le relais.Le CVFA regroupe des francophones de partout en Amérique: la Louisiane, l’Ontario, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Angleterre et, bien entendu, le Québec.Les principales activités du CVFA sont la publication annuelle du Répertoire de la vie française en Amérique.L’annuaire, qui en est à sa trentième édition, est le plus exhaustif qui existe.Il contient 2000 PHOTO TVS Les Québécois francophones font partie d’un ensemble de 49 pays et gouvernements qui ont le français en partage.* i H inscriptions d’organismes internationaux, nationaux, régionaux et locaux reliés à la francophonie ou engagés dans la poursuite d’objectifs culturels, de défense des droits, de promotion et de liaison pour un milieu de vie en français.La difficulté des francophones à préserver leur langue, noyés comme ils le sont dans la mer anglophone de l’Amérique, préoccupe grandement le CVFA.«Il ne faut pas regarder les chiffres qui concernent l’assimilation de trop près, commente Mme Taillon, c’est décourageant.Il faut donc encourager les liens entre les francophones d’Amérique.» Le CVFA octroie chaque année le prix littéraire Champlain qui vise à encourager la production littéraire des francophones, en particulier hors Quebec.Mais la littérature n'est pas l’unique champ d'activité du CVFA.L*s francophones du Canada anglais ont parfois, c’est connu, de la difficulté à obtenir certains services en français alors qu’ils y auraient droit.Un groupe au sein du CVFA s'occupe alors de l'aspect juridique de ce type de problème.Le CFVA a également contribué à produire, en collaboration avec l'Université Ltval.une carte de la population de langue française aux Etats-Unis.Le CVFA publie également un bulletin trimestriel de liaison, Le Franc-Contact.Li publication vise à établir des liens entre les francophones d’Amérique.Li Table de concertation La Table de concertation de la francophonie, créée en 1992, est parrainée par le CVFA.On y retrouve entre 50 et 60 groupes, organismes et institutions soucieux du français et désireux de pousser à la roue pour organiser des activités lors de la Semaine internationale de la francophonie.Une vingtaine de collaborateurs s’impliquent en outre ponctuellement dans une activité de la Semaine internationale.Il arrive parfois, et même de plus en plus, que la Table de concertation prenne position dans certains dossiers.Elle a par exemple signé une pétition, l'année dernière, en vue de baptiser l’autoroute 40 du nom de Félix-Leclerc.Ce sont ses membres qui soumettent leurs suggestions à la Table, qui les appuie ou non.La Table de concertation de la francophonie a vu le jour à Québec.Il y en a maintenant une à Montréal et bientôt, Saint-Hyacinthe et Sherbrooke auront les leurs.Ce qui réunit les représentants des différents organismes autour dç la Table, croit Mme Taillon, «c’est leur goût de fêter la francophonie»*.C’est aussi une bonne façon dé créer îles liens.«Les gens voient qu’ils ne sont pas seuls à faire ce qu’ils font.Us découvrent d’autre$ associations.Ça crée des liens dé concertation d’un grand intérêt, dij Mme Taillon.Ils partagent leurs ressources, leur expérience et leurs compétences.» Le mandat de la Table resté souple.«Nous avons le mandat qué les membres nous donnent», explique Mme Taillon.L*s activités d’ouverture et de clôture de la Semaine internationale dé la francophonie sont mises sur pied par les organismes membres de la Table de concertation, mais à tour de rôle, afin que chacun puisse y mettre du sien.Ainsi, cette année, le déjeuner-buffet d'ouverture, qui se tiendra à Québec le 17 mars, est or ganisé par la Société nationale deft Québécois et des Québécoises de la Capitale, en collaboration avec l’Association des retraitées et des retraités de l’enseignement du Québec et la régionale de Québec de l’Association Québec-France.La clôture, soit un goûter avec spectacle et bal populaire, se tiendra le samedi 23 mars au Musée de la Civilisation de Québec*.Elle est organisée par le Festival 1* Reg’Art avec la collaboration de 1$ Table de concertation de la francophonie et le Musée de la Civilisation de Québec.PAYS ET GOUVERNEMENTS DE LA FRANCOPHONIE Population Francophones1 Belgique (Royaume de) 10 080 000 4 500 000 Bénin 5 370 000 470 000 Bulgarie 8 400 000 8 400 Burkina Faso 9 900 000 610 000 Burundi 6120 000 165 000 Cambodge 9 500 000 10 000 Cameroun 12 800 000 1 940 000 Canada 29 300 000 6 290 000 Cap-Vert 380 000 500 Centrafrique 3 210 000 140 000 Comm.fr.de Belgique 4 500000 4 500 000 Comores 630 000 35 000 Congo 2 510 000 770 00 Côte-d’Ivoire 13 800 000 3 630 000 Djibouti 520 000 29 000 Dominique 85 000 1 000 Égypte 57 600 000 215 000 France 58 000 000 56 800 000 Gabon 1 020 000 300 000 Guinée 6 560 000 355 000 Guinée-Bissau 1 050 000 1000 Guinée équatoriale 380 000 500 Haiti 7 030 000 570 000 Laos 4 730 000 4 000 Liban 2 860 000 894 000 Luxembourg 380 000 300 000 Madagascar 14 300 000 1 060 000 Mali 10 600 000 890 000 Maroc 26 600 000 4 610 000 Maurice 1 100 000 270 000 Mauritanie 2 200 000 120 000 Moldavie 4 370 000 175 000 Monaco 30 000 27 000 Niger 8 600 000 520 000 Nouveau-Brunswick 760000 223000 Québec 7280000 5650000 Roumanie 22 700 000 1 000 000 Rwanda 5 200 000 210 000 Sainte-Lucie 150 000 2 000 Saint-Thomas et Prince 125 000 1 000 Sénégal 8 060 000 720 000 Seychelles 71 000 5 000 Suisse 7 000 000 1 342 000 Tchad 6 250 000 150 000 Togo 4 000 000 680 000 Tunisie 8 730 000 2 370 000 Vanuatu 165 000 45 000 Viêtnam 72 600 000 70 000 Zaïre 42 800 000 1 740 000 1 — Personnes utilisant quotidiennement le français.Cette donnée ne tient pas compte du nombre de francophones occasionnels.L'Institut de l'Énergie est un organe subsidiaire de l'Agence de Coopération Culturelle et Technique (ACCT), organisation intergouvemementale de la Francophonie INSTITUT DE L'ÉNERGIE DES PAYS AYANT EN COMMUN L'USAGE DU FRANÇAIS (IEPF) Notre mission est le renforcement des capacités des pays de l'espace francophone à gérer rationnellement le secteur énergétique et à produire, distribuer et utiliser l'énergie de manière efficace.L'Institut publie une revue trimestrielle d'échanges et d'information, Liaison Énergie-Francphonic.ouverte à tous les partenaires de l'espace francophone.56 rue Saint-Pierre, 3e étage, Québec (Québec) GIK 4AI CANADA Téléphone: (1-418)692-5727 Télécopie: (1-418) 692-5644 Au Québec, notre situation d'unique État francophone en Amérique nous a forcés à développer, depuis une trentaine d'années, d'incomparables compétences en matière de communication.Elle a forgé notre volonté d'être reconnus dans nos différences en plus de nous pousser à nous ouvrir et à tendre la main à ceux et celles qui nous ressemblent.Ces particularités nous interpellent: nous avons l'obligation de protéger et de sauvegarder notre originalité.Les gens d'ici ont acquis la profonde conviction qu'il faut faire de la solidarité francophone la pierre d'assise de l'insertion du Québec dans la communauté des peuples et des cultures.Cette année, la Semaine internationale de la francophonie nous offre la possibilité de discuter d'une réalité qui nous est propre: comment la francophonie atteint, influence et façonne toutes les Québécoises et tous les Québécois.J'exprime le souhait que nous saurons profiter de ce lieu d'échanges pour nous enrichir des expériences et des enseignements des francophones du monde entier.Ce sera l'occasion de nous solidariser avec eux et de montrer qu'au Québec, plus que jamais, la francophonie est bien vivante.Québec El B U/OÜeAq Premier ministre du Québec LA SÉRIE 03 • LANGUE FRANÇAISE DU DOCTE RAT VOUS PROPOSE ; En vente dans les boutiques de jeux et les librairies • plus de 1000 questions « rat-oureuses » sur tous les aspects de la langue française; • une pléiade de personnages pince-sans-rire : Grand-mère Françoise, Bill Brodeur, Lison du Bouquin, Robert Labrousse, Grosso Modo et bien d’autres ; • une belle occasion de renouveler votre banque de questions du Docte Rat.COMMANDE POSTALE Envoyez un chèque ou un mandat de 25 $ (taxes incluses) à : Productions Ludica inc.Comptoir postal Duvernay C.P.41009 Laval (Québec) H7E SMI Télécopieur: (514) 664-2155 -1-r- * * t 1 t t > 1 • : I : r i t I î I.K H K V 0 I It .I.K S S A M K H I I it K T l> I M A X ( Il K 17 NI A II S I II II II SEMAINE UNAT10 NA ?-4 ASSEMBLÉE NATIONALE MESSAGE DE LA DÉPUTÉE DE LA PINIÈRE Porte-parole de l’Opposition officielle en matière de Relations internationales et de Francophonie À l’occasion de la Semaine internationale de la francophonie, je tiens à saluer le travail remarquable de milliers de Québécoises et de Québécois qui oeuvrent depuis de nombreuses années à faire connaître le Québec et ses potentialités à l’étranger.Une reconnaissance toute spéciale aux bénévoles et aux organismes non gouvernementaux qui ont fait du Québec un partenaire majeur de la solidarité internationale.Québec, mars 1996 Hôtel du Parlement Bureau 2.38 Québec(Québec) G1A 1A4 Téléphone : (514) 646-7385 Télécopieur : (418) 646-6640 Fatima Houda-Pepin Députée de La Pinière 1850, boul.Panama Bureau 603 Brossard (Québec) J4VV 3C6 Téléphone : (514) 466-0706 Télécopieur : (514) 466-1866 Une nouvelle maturité politique CLAIRE HARVEY COLLABORATION SPÉCIALE Lt> Canada si* félicite de la maturité politique qu’a atteint la Francophonie.A la suite du Sommet de Cotonou.au Bénin, qui a eu lieu en décembre dernier, près de cinquante pays qui ont le français en partage se sont engagés plus fermement dans des actions visant à prévenir les conflits entre les membres.En témoignent les résultats obtenus lors de la septième conférence des ministres de la Francophonie, qui s’est déroulée à Bordeaux à la mi-février.Ministre responsable de la Francophonie et ministre de la Coopération internationale, Pierre Pettigrew se réjouit du fait que la Francophonie vient de franchir une étape historique.«Les pays francophones sont maintenant capables d’établir un dialogue politique.C’est extrêmement encourageant.C’est une orientation dont le Canada est l’un des principaux artisans.Il n’existait pas dans la Francophonie un dialogue de la même qualité que celui qui prévaut au sein du Commonwealth.» Le successeur d’André Ouellet fait valoir, par exemple, que la Francophonie a condamné le coup d’Etat au Niger d’une manière responsable, ce qui aurait été impossible auparavant.Pour ne pas s’immiscer dans les affaires internes des autres États, les pays francophones passaient généralement sous silence les gestes répréhensibles des dictateurs et des dirigeants militaires lors des sommets et des réunions ministérielles.«Cette condamnation a été abrupte mais pas aveugle, explique-t-il.la France et le Canada, qui sont les deux principaux bailleurs de fonds de la Francophonie, ont décidé de suspendre leurs programmes d’aide humanitaire.En revanche, nous avons offert d’aider ce pays à un retour yers le respect de la démocratie, l’État de droit et les droits de la personne.» Nommé au cabinet du premier ministre Chrétien le 25 janvier 1996, Pierre Pettigrew bénéficie d’une longue expérience en commerce international.Il a notamment dirigé la Commission politique de l’Assemblée de l’OTAN, à Bruxelles, de 1976 à 1978.Il ne cache pas que la Francophonie n’est pas un lieu de médiation.«C’est le rôle des instances de l’ONU et de l’Organisation de l’union africaine (OUA).Parallèlement aux initiatives de ces organisations, la Francophonie peut effectuer un travail de base sur le plan politique, lequel sera très utile», ajoute-t-il.Également responsable de l’Agence canadienne de développement international (ACDI), Pierre Pettigrew croit qu’il est possible d’éviter que des conflits comme ceux qui existent entre Hutus et Tutsis au Burundi et au Rwanda ne dégénèrent.La création au sein de la Francophonie de Pierre Pettigrew, ministre fédéral responsable de la Francophonie: «Les pays francophones sont mainenant capables d’établir un dialogue politique.C’est extrêmement encourageant.» tables de concertation qui regroupent des journalistes, des dignitaires et des parlementaires de différents pays devrait permettre d’enrayer la propagation de conflits encore embryonnaires.Grâce à ses programmes d’aide humanitaire, d’appui à la tenue d’élections libres et de soutien au renforcement d’institutions solides dans le domaine de la justice, la Francophonie contribuait déjà à prévenir des conflits dans des États membres.Pierre Pettigrew, qui a assisté aux cérémonies d’investiture du nouveau président haïtien, René Préval, le 7 février dernier, tient à rappeler ce rôle important que jouent le Canada et la France en Haiti.La Francophonie a d’ailleurs déjà occupé le devant de la scène politique.Au Sommet de la Terre, à Rio, le groupe a soutenu la demande africaine d’une convention sur la désertification.En 1993, à l’Ile Maurice, il a également appuyé une résolution de la France prônant l’exclusion des industries culturelles des accords du GATT.Désormais, l’organisation en- tend s’affirmer davantage en choisissant un porte-parole international unique.Un secrétaire général de la Francophonie sera désigné au prochain sommet, qui se tiendra à Hanoï, au Vietnam, en 1997.Cette résolution a été pilotée principalement par le Canada et la France.Outre cette orientation plus politique, la Francophonie est un ensemble linguistique qui a pour but de resserrer les liens de solidarité et de coopération technique entre les pays membres.Elle fait effectuer le suivi des sommets par le Conseil permanent de la Francophonie, dont le président est le Béninois Émile-Derlin Zinsou.Son autre porte-parole important est le secrétaire de l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), le Québécois Jean-Louis Roy.Ces deux instances seront sans doute modifiées lors de la création du Secrétariat général.En outre, la Francophonie comprend d’autres agences francophones comme l’AUPELF-UREF, qui est l’Association des universités d’expression française, etTV5.comme ailleurs, vivre en français un défi quotidien Le Québec constitue en Amérique du Nord un solide point d’ancrage de la langue française.Depuis quatre siècles, la langue française sert de support au développement économique, social et politique, de même qu’au rayonnement culturel des Québécoises et des Québécois.Ancrée sur les cinq continents du globe, elle continue, par la volonté de ses peuples de vivre en français, de garder une place de choix dans le monde.En solidarité avec les peuples de la francophonie, le Québec a la responsabilité et le devoir de la promouvoir.-1-1- CSN Confédération des syndicats nationaux 1 Le cahier «Semaine internationale de la francophonie» est publié par le quotidien Le Devoir.COORDINATION Louise-Marie Houle COLLABORATION Rachel Duclos Claire Harvey Louise Jacques Claude Lafleur RÉVISION Martin Duclos MISE EN PAGES Yves d’Avignon DIRECTION ARTISTIQUE Roland-Yves Carignan CONSEILLÈRE PUBLICITAIRE Marlène Côté Ne manquez pas notre cahier spécial Le samedi 23 mars Commerce extérieur Tombée publicitaire: le lundi 18 mars 1996 Le Devoir A2^D ¦ \f%f ; Le rôle du Québec dans la Francophonie Une présence d’un quart de siècle au sein des différentes associations Le Québec sera rapporteur de la Francophonie jusqu’au Sommet de Hanoï en 1997 CLAI HE HARVEY COLLABORATION SPÉCIALE En raison des résultats serrés du référendum, Québec estime que la vraisemblance de la souveraineté est désomujis plus qu’évidente chez les pays membres de la Francophonie.De nombreux Etats ont exprimé leur intérêt vis-à-vis cette cause lors de rencontres bilatérales pendant la septième conférence ministérielle, à Bordeaux, en février dernier.Selon Sylvain Simard, ministre responsable de la Francophonie et ministre des Relations internationales, les pays francophones ont compris que la situation a évolué et que la souveraineté n’est qu’une question de temps.«Le référendum nous adonné un poids moral supplémentaire, celui d’un Etat qui sera bientôt souverain.Nous avons acquis une plus grande crédibilité, même si celle-ci ne deviendra tangible que lorsque le Québec sera le 48r pays de la Francophonie.» En 1970, lors de la conférence de fondation de l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), à Niamey, au Niger, la France a créé le statut de gouvernement participant pour permettre au Québec de participer de plein droit à la Francophonie.Lorsqu’il a été question de la tenue des sommets gouvernementaux, Pierre Elliott Trudeau s’est opposé à la présence du Québec alors qu’elle était pourtant une condition sine qua non pour la France.Grâce à l’aide de l’ancien ambassadeur du Canada en France, l’actuel premier ministre du Québec Lucien Bouchard, l’entente a finalement été paraphée en 1985.Elle a mis un terme aux différends qui opposaient le Québec et le Canada au sein de la Francophonie.En dépit de son statut de province, le Québec a donc été parmi les fondateurs de l’ACCT et il est très actif dans toutes les institutions qui ont vu le jour grâce à cette agence.Il a également été l’un des instigateurs de l’AUPELF-UREF d’Association des universités d’expressiQn française), dont le siège social est à Montréal.A ce sujet, Sylvain Simard souligne que la présence du Québec, qui remonte à plus de 25 ans au sein des différentes associations de la Francophonie, a débouché sur plusieurs réalisations concrètes, dont TV5.Cela dit, le Québec n’est pas membre à part entière du club francophone comme l’est le Canada, même s’il peut participer de plein droit.Sylvain Simard ne cache pas qu’en théorie la province n’a pas voix au chapitre dans certains domaines, dont les questions internationales.«Le gouvernement québécois intervient essentiellement dans les secteurs qui sont sous sa compétence interne comme la culture, l’éducation et les communications.Dans les faits, cependant, il joue un rôle plus important.Le Québec a été nommé rapporteur des pays de la Francophonie jusqu’au Sommet qui devrait se tenir présence, d’autant plus que le Québec a autorité dans 1a plupart des domaines de coopération de la Francophonie.» Bon nombre d’Etats membres, dont la très grande majorité sont africains, ne sont que partiellement francophones.Sylvain Simard signale donc que l’organisation doit devenir plus visible.«Il faut faire une percée importante sur le plan de la francophonie des peuples.Si nous ne parvenons pas à mieux faire connaître les francophones aux francophones, ils ne comprendront pas pourquoi nous insistons tant pour tisser des liens politiques et économiques», prévient-t-il.Le successeur de Bernard Landry tente depuis longtemps de faire avancer la cause francophone.Il a été un des membres fondateurs du Parti québécois.Depuis 1991, il préside la Conference des peuples de langue française.Professeur agrégé de littérature française à l’Université d’Ottawa, il a également été à la tête du Mouvement national de Québec de 1990 à 1994.line inforoute francophone Sur le plan économique, Sylvain Simard entend multiplier les initiatives, surtout celles qui portent ‘les tecli- l’HOTO ARCHIVES Le Sommet de la Francophonie tenu à Québec, en 1987, consacrait l’entrée du Québec comme membre à part entière de l’organisation internationale.PHOTOS ARCHIVES Pierre Elliott Trudeau s’était toujours opposé à la participation du Québec aux sommets de la Francophonie.Le problème fut finalement réglé par Lucien Bouchard, au moment où il était ambassadeur du Canada en France.à Hanoï, au Vietnam, en 1997.Par conséquent, la délégation québécoise participe à tous les débats.» En tant que futur pays, le Québec tient à prendre sa place au sein de la Francophonie.«Comme tous les pays membres, nous sommes parfaitement conscients que c’est au Québec que se trouvent 80 % des francophones en Amérique, expose-t-il.C’est également le seul endroit où il y a.une majorité francophone, de sorte que notre voix ne peut pas demeurer silencieuse.Personne ne néglige notre sur le développement des nouvelle nologies de l’information.Le Québec collabore déjà étroitement avec la France sur les inforoutes francophones.lu nouveau ministre entend établir des ponts entre les Etats du Nord, qui ont besoin de ces nouvelles technologies, et le Québec, qui les possède.Les chefs d’Etat ont d’ailleurs lancé la Francophonie sur les inforoutes lors du Sommet de Cotonou, au Bénin.Ils ont décidé de créer une vitrine unifiée du contenu francophone disponible sur Internet.«C’est ce que nous pouvons faire de mieux pour rejoindre les pays en voie de développement, note Sylvain Simard.Brancher des ordinateurs sur un certain nombre de banques de données est de loin plus économique que mettre sur pied d’imposantes bibliothèques.» Pour que ces inforoutes soient accessibles, il faudra aussi développer les réseaux de télécommunications dans le Sud, plus particulièrement en Afrique, où une partie importante de la population n’a jamais utilisé un téléphone.Conscient que la francophonie fonctionne à deux vitesses, Sylvain Simard insiste sur l'importance de resserrer davantage les liens entre les Etats du Nord et les pays en voie de développement.Le Québec a également l’intention d’être très actif sur le plan des contenus en français de ces inforoutes.«Notre force est d’avoir une foule d’entreprises dynamiques qui ont un contenu culturel pas-sionnant.Il faut le mettre sur les inforoutes francophones, conclut Sylvain Simard.Tous les pays développés doivent également coopérer afin qu’elles correspondent à la culture de tous les francophones.» C’est au Québec que se trouvent 80 % des francophones en Amérique IL Y A 25 ANS CETTE ANNÉE, LE QUÉBEC FAISAIT SON ENTRÉE SUR LA SCÈNE POLITIQUE INTERNATIONALE EN DEVENANT MEMBRE DE L'AGENCE DE COOPÉRATION CULTURELLE ET TECHNIQUE (ACCT), SEULE ORGANISATION INTERGOUVERNEMENTALE DE LA FRANCOPHONIE.EN 1987, NOTRE PARTICIPATION À LA FRANCOPHONIE ATTEIGNAIT UN SOMMET ALORS QUE L.E QUÉBEC ACCUEILLAIT LA DEUXIÈME CONFÉRENCE DES CHEFS D'ÉTAT ET DE GOUVERNEMENT DES PAYS AYANT LE FRANÇAIS EN PARTAGE.AUJOURD'HUI, LA FRANCOPHONIE COMPTE 49 PAYS ET GOUVERNEMENTS ET LE QUÉBEC EST FIER D'APPORTER SA CONTRIBUTION À UN FORUM DONT LE MESSAGE RAPPELLE LA LIBERTÉ ET LA SOLIDARITÉ.AU MOMENT OÙ LES QUÉBÉCOISES ET LES QUÉBÉCOIS DE TOUS HORIZONS CONJUGUENT LEURS ÉNERGIES POUR ATTEINDRE L'EXCELLENCE AVANT DE NOUS AFFIRMER COMME PAYS, IL EST ESSENTIEL DE NOUS RAPPELER QUE NOUS AVONS COMME PEUPLE DES DEVOIRS ENVERS LES AUTRES NATIONS ET PLUS PARTICULIÈREMENT ENVERS CELLES QUI PARTAGENT NOTRE LANGUE ET LES VALEURS QU'ELLE VÉHICULE.LE VOCABLE «FRANCOPHONIE» A ÉTÉ INVENTÉ PAR UN GÉOGRAPHE FRANÇAIS A LA FIN DU SIÈCLE DERNIER.ET POURTANT, LORS DE L'INAUGURATION DE TV5 QUÉBEC/CANADA EN AOÛT 1988, LE MINISTRE ALAIN DECAUX AVAIT DÉCLARÉ QU'IL ÉTAIT FIER DE PRÉSIDER UNE CÉRÉMONIE DANS UN QUÉBEC QUI ÉTAIT FRANCOPHONE BIEN AVANT QUE LE MOT N'EXISTE.AINSI, PAR-DELÀ LES LIENS QUE NOTRE PEUPLE A CRÉÉS AVEC LES AUTRES AU FIL DES ANS, LA FRANCOPHONIE DEMEURE NOTRE PREMIÈRE FAMILLE ET C'EST SANS DOUTE POUR CETTE RAISON QUE NOUS NOUS Y SENTONS SOLIDAIRES ET TOUT À FAIT A L'AISE.CHAQUE ANNÉE, LE 20 MARS NOUS RAPPELLE CETTE VÉRITÉ FONDAMENTALE QUE NOUS SOMMES FRANCOPHONES; L'OCCASION NOUS EST AINSI DONNÉE D'APPROFONDIR NOTRE SPÉCIFICITÉ AVEC UNE TOTALE OUVERTURE AUX AUTRES.ET, BIEN SÛR, NOUS AVONS COMME OBJECTIF DE FAIRE DU QUÉBEC LE NOUVEAU PAYS QU'ON AJOUTERA À LA LISTE DES QUARANTE-SIX PAYS FRANCOPHONES DU MONDE.Relations internationales Québec SYLVAIN SIMARD MINISTRE DES RELATIONS INTERNATIONALES ET MINISTRE RESPONSABLE DE LA FRANCOPHONIE E G I.K II K V 0 I H .I.Y S S A M K II I I U K I U I M A X I Il L 17 M A It S I II II II SEMAINE INTERNATIONALE DE LA FRANCO CLAIRE HARVEY COLLABORATION SPÉCIALE Rien n'indique qu’on maintiendra If poids relatif des francophones au Quebec.Ix* faible taux de fécondité de la population d’origine francophone et l'attrait qu’exerce l’anglais pèsent plus lourd que les progrès réalisés par la langue française auprès des allophones.Doit-on en conclure qu'un déclin du français est probable dans la province?Pour maintenir le pourcentage actuel.il faudrait que 85 % des allophones qui s'intégrent au Québec adoptent le français.«Or, le français progresse trop lentement, souligne le professeur Charles Castonguay, de l’Université d’Ottawa.La part du français dans l'assimilation des allophones est passée de 30 %, en 1971, à 37 %, aux résultats gonflés du dernier recensement de 1991.La majorité des immigrants, soit 63 %, optent encore pour l’anglais lorsqu’ils décident de parler l’une des deux langues officielles.» Spécialiste de la démographie.Charles Castonguay attribue les gains du français chez les nouveaux venus à la hausse du nombre d’immigrants en provenance de régions où le français a connu une importance historique, comme le Viêtnam, le Cambodge et l’Afrique du Nord, ou encore de pays de langue latine, par exemple le Portugal et l’Espagne.Ces immigrants comptaient pour 7 % avant 1966, pour atteindre 53 % entre 1981 et 1986.Le taux d’attraction du français est de 69 % chez les allophones qui sont arrivés au Québec entre 1976 et 1991.Néanmoins, deux allophones sur trois continuent de parler grec, arabe, chinois, etc., à la maison.On est donc encore très loin de l’objectif de 85 %.Parallèlement à ce phénomène, la part du français chez les allophones nés au Québec a chuté à 25 % depuis 1981, alors qu’elle était d’un tiers en 1971.Outre cette diminution, ce taux se situe également à 25 % chez les allophones qui ont immigré au Québec avant la Révolution tranquille.Or, ces immigrants, de même que leurs enfants nés au Québec, forment un peu plus de la moitié de la population allophone recensée en 1991.Le professeur Le français en déclin au Québec ?Un allophone sur quatre fréquente encore l'école anglaise Actuellement, 37 % des allophones travaillent surtout en anglais, par rapport à 58 % en 1971 I * "if t PHOTO ROBERT SKINNER La majorité des immigrants optent encore pour l’anglais lorsqu’ils décident de parler l’une des deux langues officielles.Castonguay note que 75 % d’entre eux choisissent l’anglais, ce qui demeure plus important que le progrès du français chez les dernières cohortes d’immigrants.Les politiques linguistiques adoptées par le Québec remédient en partie à la situation.Au cours des années 70, les lois 22 et 101 ont obligé les immigrants à fréquenter l’école française.Selon les données du Conseil de la langue française, la proportion des élèves allophones inscrits au secteur d’enseignement en français est d’ailleurs passée de 20,5 % en 1976 à 77,2 % en 1995.En revanche, grâce à des droits acquis, les allophones déjà établis au Québec avant l’adoption de ces lois ont pu continuer d’envoyer leurs enfants à l’école anglaise.Un allophone sur quatre fréquente encore l’école anglaise.Entretemps, Alliance Québec propose de retourner vingt ans en arrière et de rouvrir la loi 101 pour laisser le libre choix de l’école aux immigrants.Or, les allophones qui fréquentent l’école française ne parlent guère cette langue dans leur vie quotidienne.Selon le controversé rapport préliminaire du groupe technique sur la situation de la langue française, en général, 82 % de ces élèves utilisent leur langue d’origine à la maison.Lorsqu’ils discutent entre jeunes à l’école mais à l’extérieur des classes, 57 % des échanges se font en français, 25 % en anglais et 18 % dans la langue d’origine.En outre, entre 40 % et 60 % des communications des jeunes immigrants qui ont lieu à l’extérieur de la maison et des classes se font dans une autre langue que le français.Ce rapport révèle également que les élèves allophones échouent deux fois plus souvent que leurs pairs francophones aux examens de français langue maternelle du secondaire V, soit 30 % contre 16 %.En contrepartie, ils se débrouillent mieux en anglais langue seconde.En fait, 95 % d’entre eux réussissent l’examen, contre 86 % chez les francophones.Au travail Même si l’attrait qu’exerce la langue française était plus important auprès des élèves allophones, la majorité des immigrants arrivent au Québec à l’âge de 15 ans et plus.Pour intégrer ces allophones, la langue du travail demeure un facteur important car elle exerce une influence sur leur orientation linguistique.Actuellement, 24 % de tous les allophones travaillent généralement en français, 39 % utilisent surtout le français et 37 % surtout l’anglais.Ces données représentent quand même un progrès parce que la majorité des allophones, soit 58 %, travaillaient surtout en anglais en 1971.A cela s’ajoute la,sous-fécondite des francophones.«A chaque génération, 30 % des enfants manquent a l'appel, signale Charles Castonguay.En 1991, le Québec comptait 350 000 enfants de zéro à neuf ans parlant français de moins qu’en 1961.En demeurant conservateur, on peut prévoir qu’il y en aura 100 000 de moins dans cinq ans.Pour remplacer ces 100 000 enfants francophones, il faudrait franciser tous les cinq ans le même nombre d’allophones.Afin d’y parvenir, il faudrait faire venir 300 000 immigrants, car deux immigrants sur trois n’adoptent pas une des deux langues officielles.Mais notre infrastructure ne nous permet pas d’accueillir ces 300 000 immigrants.» Les anglophones québécois L’évolution du bilinguisme chez les anglophones ne permet pas non plus de soutenir la francisation.Le taux de bilinguisme des anglophones au Québec est passé de 36,7 % à 60,7 % entre 1971 et 1991.On parle ici d’une augmentation de quelque 90 370 anglophones bilingues.Pendant ce même laps de temps, le taux de francophones bilingues connaissait une croissance plus modeste de 25,7 % à 31,5 %, ce qui représente quand même un demi-million de plus de francophones bilingues, soit presque l’équivalent du nombre d’anglophones que compte le Québec.S’il est clair que le régime actuel a contribué à renverser la tendance des immigrants à s’intégrer aux anglophones, il ne pourra toutefois pas empêcher la décroissance de la population francophone au Québec, conclut Charles Castonguay.«A défaut d’une véritable politique familiale, ça va aller assez vite.Il faut parler de disparition tendancielle.» À l’occasion de là Semaine de la Francophonie fl UP ELF-UHEF Agence francophone pour l'enseignement supérieur et la recherche L’AUPELF• UREF vous invite UNIVERSITÉS- FWItICOWOHi?U SOCIOLOGIE DES POPULATIONS Mardi, le 19 mars à 17h30 Lancement de l'ouvrage Sociologie des populations des Pr Victor Piché de l’Université de Montréal et Hubert Gérard de l’Université catholique de Louvain Endroit: Université de Montréal Centre communautaire Restaurant Le Doyen, local 4422 2332, boul.Édouard-Montpetit, Montréal Prix: Entrée libre Réservation auprès de Mme Denise Harvey (514) 343-7842 Bourses -de mobilité -1 fieur les induirai srrherdrvn ftJnçnfhinn I «cr Mercredi, le 20 mars Journée de la Francophonie à12H30 Dîner-causerie La Francophonie scientifique face à la mondialisation avec Monsieur Philippe Ducray de la haute direction de l’Agence Endroit: Place Dupuis, Hôtel des Gouverneurs Salon La Capitale 1415, rue St-Hubert, Montréal Prix: 25$ le couvert Prière de réserver auprès de Mme Lucie Parent (514) 343-7232 Vendredi, le 22 mars de 13h30 à I6h30 Séminaire sur La mobilité interuniversitaire au sein de la Francophonie Endroit: Université du Québec à Montréal Pavillon Judith-Jasmin Salle Marie-Gérin-Lajoie, Local J-M400 405, rue Sainte-Catherine Est, Montréal Métro Berri-UQAM Prix: Entrée libre ' Pour information, contacter Mme Jocelyne Méthot (514) 343-7232 Du mercredi 20 mars au vendredi 22 mars, de 9hres à 17hres Exposition des publications de l’Agence et présentation de REFER, le réseau électronique francophone d’information au service des scientifiques http://www.refer.qc.ca Endroit: Université du Québec à Montréal Pavillon Judith-Jasmin Foyer de la salle Marie-Gérin-Lajoie Local J-M400 405.rue Sainte-Catherine Est, Montréal Métro Berri-UQAM t Tous les citoyens du Québec forment le peuple québécois et tous doivent être encouragés à participer à l’avenir de ce peuple.Son développement harmonieux doit reposer sur un réel sentiment d’appartenance.Pour y arriver: l’éducation est le creuset de la culture commune le français est la langue commune des Québécois.SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL Tél.: (514) 843-8851 I.K I) t: V O I H .I.K S S ,\ M K II I I il K T l> I M A \ ( Il K | 7 M A II S I II II il • FRANCOPHONIE* r Erosion insidieuse à l’ONU / Les Etats francophones tentent de freiner l’effritement de l’usage du français au sein de l’organisation •AA • » * •> • ¦ iV 'AV.» VA* JOCELYN COULON LE DEVOIR L> usage du français r dans les organisations internationales est-il en régression?S'il faut en croire les États francophones membres de ces institutions.la réponse est oui.La situation est d'ailleurs à ce point critique que ces pays ont commencé à réagir.Ils veulent éviter que l’anglais ne s’impose définitivement comme seule langue des communications au sein des forums internationaux.Le 2 novembre dernier, pour la première fois en cinquante ans d’histoire, l’Assemblée générale des Nations unies adoptait une résolution visant à assurer l’égalité des six langues officielles de l’organisation — anglais, français, espagnol, russe, chinois et arabe.Le texte visait surtout à contrer la suprématie croissante de l’anglais.L’adoption de cette résolution faisait suite aux démarches du groupe des États francophones auprès des autorités de l’ONU pour qu’elles freinent l’effritement constant de l’usage du français dans le travail quotidien du Secrétariat et dans les débats entre pays au sein des divers comités de l’organisation.Le groupe des États francophones a remarqué depuis quelques mois que le travail au sein des Nations unies «glissait sur la pente néfaste d’une pratique monolingue», pour reprendre l’expression d’un diplomate français.Tout se déroulait furtivement.Ainsi, lors d’un débat officiel au sein d’un comité de l’ONU, le président ,de la séance demandait aux représentants des États s’ils voulaient poursuivre les discussions après les heures de travail sans l’assistance des interprètes.Sachant que l’ONU n’a pas d’argent pour payer les heures supplémentaires, tous les participants acceptaient.Les discussions avaient inévitablement lieu en anglais.En une autre occasion, un document «officieux», comme par hasard rédigé uniquement en anglais, a été déposé rapidement pour que les diplomates l’analysent de toute urgence.La traduction viendrait plus tard, faisait-on savoir.Là encore, tous acceptaient cette procédure pour permettre d’accélérer la prise de décision.Cette régression dans l’usage des autres langues officielles n’a pas été observée uniquement au siège de l’ONU.Ainsi, un mois avant l’adoption de la résolution sur le multilinguisme, le juge Jules Deschênes, qui siège au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPI), à La Haye, avait dénoncé la prédominance croissante de l’usage de l’anglais dans les,travaux du Tribunal, au détriment du français.A la suite d’une décision rendue uniquement en anglais par le TPI, le juge canadien a rappelé «la situation d’égalité du français et de l’anglais» comme langues de travail du Tribunal.En décrétant que la version anglaise de la décision était retenue comme authentique, le Tribunal se trouvait à reléguer le français «au rang d’un outil secondaire, au mépris de l’esprit et de la lettre des instruments sur lesquels le Tribunal doit régler sa conduite», écrivait le juge dans une déclaration.Voilà des situations qui peuvent paraître banales, presque imperceptibles au quotidien, mais qui, de semaine en semaine, menacent de façon insidieuse le multilinguisme, cette richesse sans laquelle l’ONU et ses institutions spécialisées ne seraient pas des forums vraiment internationaux.Ly contre-attaque des Etats francophones Soucieux de faire respecter le principe de l’égalité des langues, les Etats francophones membres de l’ONU se sont réunis en juillet dernier pour préparer la contre-attaque.Selon Ridha Bouabid, directeur du bureau de l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT) à New York, les Etats francophones ont alors décidé d’élargir le débat sur l’usage des autres langues officielles.«Bien entendu, les membres de la Francophonie avaient à l’esprit la défense de leur langue commune, dit-il.Mais il était fondamental de s’attaquer à la marginalisation des autres langues.Nous avons donc décidé d’inscrire le problème du multilinguisme à l’ordre du jour des travaux de l’Assemjjlée générale.Dès septembre, le groupe des Etats francophones s’est élargi pour inclure des Etats hispanophones.Puis, en octobre, la France et l’Argentine ont présenté un projet de résolution coparrainé par 58 pays.» .Le texte a rapidement reçu le soutien de pays arabophones et russophones.Lors de son adoption en séance plénière le 2 novembre, il a recueilli 100 voix.Trente-cinq pays ont voté contre et 29 se sont abstenus.En plus d’exiger le respect du multilinguisme dans les travaux de l'Assemblée générale et du Conseil de sécurité, la résolution demande au secrétaire général, Boutros Boutros-Ghali, de «s’assurer que le personnel recruté par les différents organes de l’organisation PHOTO AP Le secrétaire général de l’ONU, Boutros Boutros-Ghali, devra s’assurer que le personnel maîtrise et utilise au moins l’une des six langues officielles, en plus du français ou de l’anglais.maîtrise et utilise au minimum une des six langues officielles en plus d’une langue de fra-vail — le français ou l’anglais — du Secrétariat».Elle invite aussi M.Boutros-Ghali à présenter dès septembre 1997 un rapport sur l’application de la résolution.Le débat qui a précédé l’adoption de la résolution a été rude.Ainsi, le représentant des Etats-Unis a déclaré que son pays ne pouvait accepter le concept selon lequel le corollaire de l’universalité des Nations unies est le multilinguisme.Il a de plus affirmé qu’il n’y avait eu aucune évaluation des dépenses Les navs qu’occasionnerait cette, proposition.v * La réplique des États franco- francophones phones a été cinglante.Ils ont souligne que 1 universalité de 1 ONU îm-devraient se plique pour chaque État, «quelle que soit la langue officielle dans laquelle faire un il s’exprime, le droit et le devoir de se faire comprendre et de com-devoir prendre les autres».En ce qui .concerne les coûts, ils ont fait remar-Q Utiliser leur qUer qUe l’usage des langues offi-• cielles ne devait pas être à la merci langue en cies contraintes budgétaires, trmtpc «Nous devions tirer une sonnette luul d’alarme, dit M.Bouabid.Cela a été circonstances saliitaire.Depuis l’adoption de la résolution, les choses ont commencé à bouger.Le service en français sur Internet a été rétabli, par exemple.L’ONU a promis d’étudier toute la question des services de traduction et d’interprétation.» Selon M.Bouabid, les pays francophones doivent aussi faire leur examen de conscience.«C’est à nous de travailler dans notre langue et de ne pas abdiquer notre droit à l’utiliser en toutes circonstances», dit-il.Le combat pour l’usage de la langue française n’est pas pour autant terminé.Plusieurs États francophones ont constaté que les organisateurs américains des Jeux olympiques d’Atlanta de juillet prochain ne faisaient pas grand cas de l’usage du français lors des cérémonies d’ouverture et pendant les compétitions.Ils craignent que les Jeux ne se déroulent uniquement en anglais.Certains voudraient rappeler aux Américains que l’article 17 des règlements du Comité international olympique (CIO) stipule que le français est la langue officielle des Jeux.On imagine l’embarras des Américains si les participants francophones exigeaient le respect intégral de cet article.PHOTO JACQUES GRENIER Le juge Jules Deschênes, qui siège présentement à La Haye, a dénonce la prédominance croissante de l’usage de l’anglais au détriment du français dans les travaux du Tribunal pénal international.A u Réseau de l'information : L'accent francophone sur RDI, donne l'essentiel de l’actualité des communautés francophones hors Québec.Le dimanche à 9 h .Horizons francophones, c’est le grand bulletin des pays francophones des cinq continents.Le dimanche à 14 h .LA FORCE D'UN RESEAU ÀCBF690: Tournée d'Amérique met en lumière chaque semaine la vie des francophones du pays et rapporte les événements marquants des cinq continents.Le samedi à 16 h 04.SRC '«•*’ Télévision SRC 'i§|' Radio AM À la télévision : L'accent francophone, le magazine des francophones hors Québec.Le samedi à midi.Au programme samedi prochain : le compte rendu de la semaine de la francophonie et une entrevue avec ' Antonine Maillet sa présidente d’honneur.i » I t I i E 8 I.K I) K V 0 I It .I.K S S A M Mil I It K T I» I M A N (’ Il K 17 M A It S I II II II SEMAINE INTERNATIONALE DE LA FRANCOPIION L’utilisation du français en science Le Québec à l’avant-garde du débat , PHOTO JACQUES NADEAU La recherche en français a fait des progrès considérables depuis vingt-cinq ans.^V.j : CLAUDE LAFLEU K COLLABORATION SPÉCIALE La recherche scientifique à l'échelle mondiale se fait en anglais.Personne ne pourrait contester ce fait.On constate que depuis plus d’un siècle, l'anglais domine largement les autres langues à travers la communauté scientifique.La situation du français ne diffère donc pas.à cet égard, de celle des autres langues.«L’anglais est devenu à toute fin pratique l’espéranto de la science, constate Denis Gagnon, vice-recteur à la recherche de "Université Laval.Il faut reconnaître, qu’on le veuille ou non, que les scientifiques à travers le monde utilisent l’anglais parce que c’est la langue commune», dit-il.M.Gagnon estime que c’est normal puisque l’objet de la recherche scientifique est avant tout de partager les connaissances.«Mais cela n’empêche pas d’espérer que le français soit davantage utilisé en science», renchérit Germain Godbout, directeur général de l’ACFAS — l’Association canadienne-française qui ajustement pour but l’avancç-ment des sciences au Québec.«A l’ACFAS, nous acceptons le fait que l’anglais prédomine, tout en considérant que nos chercheurs ont deux responsabilités», précise-t-il.«Tout d’abord, nos scientifiques doivent faire en sorte que la science québécoise soit diffusée à travers la communauté internationale, poursuit M.(iodbout.Et nous n’avons rien contre le fait qu’ils utilisent à cette fin l'anglais.Mais nos chercheurs ont aussi une responsabilité envers leur communauté: celle d’enseigner et de travailler en français.» C’est d’ailleurs généralement le cas, soulignent à la fois Germain (iodbout et Denis Gagnon.Ijc Québec en pleine évolution De surcroît, ce dernier constate que la recherche en français au Québec a fait des progrès considérables depuis vingt-cinq ans.«N’oublions pas que durant fort longtemps, pratiquement toute la science se faisait ici en anglais, rappelle-t-il.La recherche en français a littéralement explosé à la fin des années 60, lorsqu’on a mis sur pied les organismes de financement appropriés.» M.Gagnon ajoute que les chercheurs francophones ont montré leur habileté à accomplir leur travail avec des collègues non francophones.«Je trouverais absolument malheureux qu’on puisse se priver de telles collaborations.C’est le cas notamment à l’Université Laval qui est, n’en déplaise à certains, le milieu le plus francophone en Amérique!, lance-t-il.Le grand nombre d’étudiants étrangers que nous avons maintenant [près de 2000] et de professeurs invités de l’étranger introduit un caractère nouveau, un caractère multiethnique, constate-t-il.Mais la recherche continue de se faire chez nous largement en français.» De son côté, le directeur général de l'ACFAS constate que la communication en français des résultats de recherche tend à diminuer, particulièrement ces dernières années.«D’après les indices préliminaires dont nous disposons, les chercheurs semblent moins communiquer en français aujourd’hui qu’il y a cinq ans.» M.Godbout s’empresse néanmoins d’ajouter que, dans les faits, la situation du Québec n’apparaît pas différente de celle des autres pays francophones.Par contre, il constate qu’au Québec, on est peut-être plus sensible à cette question qu’en Europe.Il rappelle ainsi que lorsque l’Institut Pas- teur a décidé, il y a quelques années, de publier ses résultats en anglais, ce sont les Québécois qui ont réagi les premiers! (Sans pour autant faire changer d’idée la vénérable institution française.) Le vice-recteur de l’Université Laval insiste sur l’importance de préserver, dans les milieux universitaires québécois, la capacité de former des chercheurs francophones.«Je considère que nous devons continuer d’assurer, avec beaucoup de fermeté, la formation de nos jeunes chercheurs en français.Autrement, nous aurons de sérieux problèmes.» Des solutions.en attendant que le problème disparaisse Du 19 au 21 mars, l’ACFAS organise un colloque portant sur l’utilisation des langues en science.Des spécialistes venus du monde entier présenteront les plus récentes données concernant non seulement le français mais également l’allemand, l’espagnol, le russe et le japonais, qui font eux aussi face à la prédominance de l’anglais.«Notre rôle, relate Germain Godbout, est de favoriser une prise de conscience du phénomène.Nous allons de plus considérer le problème selon différents aspects.Nous allons d’abord analyser les perspectives historiques en faisant état de l’évolution de l’utilisation des langues.Nous allons aussi aborder la question du point de vue sociologique: le scientifique dans son milieu.Il y a aussi l’aspect psychologique: comment se situe le chercheur, comme individu, dans tout cela.Le plan politique sera bien entendu considéré — comment des décisions politiques peuvent influencer l’utilisation d’une langue — ainsi que le plan économique, puisqu’il y a de gros sous derrière tout cela.» Les organisateurs du colloque désirent aussi amener les participants à considérer des pistes d’avenir, notamment l’utilisation du français sur l’autoroute de l’information.«Nous savons que notre langue est peu présente sur Internet, précise M.Godbout.Mais Internet peut être une belle occasion de faire en sorte qu’au plan international, le français soit plus utilisé qu’il ne l’est présentement.» Si le vice-recteur Gagnon est heureux qu’un colloque traite de l’usage des langues en science, il se demande néanmoins si le problème ne se réglera pas de lui-même.«J’ai l’impression, après avoir beaucoup discuté et beaucoup lu sur le sujet, que de plus en plus le “problème” s’estompera.Il me semble qu’avec les technologies de l’information qui se développent sans cesse, on s’en va vers la traduction ultrarapide des textes.Est-ce qu’un jour, donc, les chercheurs publieront dans leur langue alors que, tous, nous disposerai^ de traductions instantanées?» Evidemment, nous n’en sommes pas encore là, mais qui peut imaginer les développements informatiques du début du prochain millénaire?Depuis un siècle, l’anglais domine largement à travers la communauté scientifique internationale Profitez de la Semaine internationale de la Francophonie pour contribuer personnellement à l’enseignement et à la diffusion du français dans le monde.Aidez les enseignantes et enseignants moins bien nantis que vous en souscrivant une heure de votre traitement annuel.Posez ce geste généreux de solidarité dès maintenant.Envoyez sans tarder votre contribution, avec vos nom et adresse, au Fonds mondial pour l’enseignement du français C.P.9330, Sainte-Foy, Québec G1V 4B5 Vous recevrez un certificat de souscription et des reçus d’impôt fédéral et provincial (No d’enregistrement 0888552-21 ) Pour des renseignements complémentaires: s (418) 656-2059 - télécopieur (418) 839-7868 1 ____________________________________________________________________________________ Bruno Masure Le Journal de France 2 tous les jours à 19 h jjmâj.Michel Drucker Studio Gabriel du lundi au.vendredi à-18 h 25 et à 23 h Bernard Pivot Bouillon de culture dimanche a 20 h 30 Laure Adler Le Cercle de minuit du lundi au jeudi à 23h 50 Anne Sinclair 7 SUR 7 dimanche à 21 h 30 William Leymergie Télématin du lundi au vendredi à 7 h 30 Michel Désautels Visions d'Amérique tous les jours à 17 h 30 et à 23 h 35 INCOMPARABLES ! Leurs émissions forgent le caractère exclusif de TV5.Un style, un ton, une ambiance, une autre façon de voir, une manière d'être.de l'Association des médecins de langue française du Canada U./ H mil ¦ h mm I ! I VII ¦ i il! ¦ Bill nui Wilhelm B.Pellemans, m.d.Spécialiste chirurgie plastique et esthétique Chirurgie de la main n EK « I Cf 3
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.