Le devoir, 20 mars 1996, Cahier A
LE DEVOIR Vol.I.X X XVII N o li 7 M (l N T II K A I.I.K M K II < Il K D I 2 0 M A II S I !» !» Il S S «• T I* S T v g T o r o it I o I S Christian R ion x I» E RSPECTIVES Un intérêt soudain pour la Francophonie Longtemps reléguée au rang des curiosités exotiques, quand elle n’est pas qualifiée de summum de la «ringardise», la Francophonie — dont c’est la journée mondiale aujourd’hui — éveillerait-elle soudain l’intérêt des Français?a scène se déroulait lundi dernier dans un lycée de la banlieue dijonnaise.Une centaine de jeunes s’étaient réunis pour parler de la presse francophone, du Québec et du dernier référendum.Dans le hall du Lycée européen Charles-de-Gaulle, où l’enseignement est axé sur les langues et l’Europe, la presse québécoi-së occupait tout un pan de mur, bien en vue parmi des périodiques sénégalais, suisses, belges, vietnamiens et même australiens.Les adolescents en «récré» tuaient le temps en parcourant les titres, sans se douter le moins du monde qu’on avait égayé les tnurs de leur école à l’occasion de la Semaine de la francophonie.A la bibliothèque — dont la responsable garde le souvenir vivace d’une «grande virée» dans le Nord québécois, en 1977 — le personnel avait disposé sur une table des exemplaires du Devoir, de La Presse et àe L’actualité.Un vieux numéro d'Échos Vedettes trônait comme par hasard sur le dessus de la pile.Les adolescents feuilletaient les titres d’un œil distrait, s’étonnant aussi bien de l’épaisseur des journaux nord-américains que du sourire angélique de René Simard à la une de l’un d’eux.Quelques-uns cherchaient un visage connu entre les photos de Jean Chrétien et de Lucien Bouchard.D’autres, enfin, rigolaient de l’étonnante ingéniosité linguistique de ces impayables Québécois qui n’en finissent plus d’inventer des mots cocasses comme «partitionnisme».probablement un autre de ces truculents jurons dont ils ont le secret! Dans le débat qui a suivi, aucun aspect du dernier référendum n’a été laissé dans l’ombre.Les étudiants dijonnais, mieux renseignés que beaucoup de Canadiens et de Québécois, se passionnaient aussi bien pour les conséquences de l’indépendance et le rôle qu’y jouaient les artistes que pour l’opinion des autochtones.Quelle mouche a donc piqué les Français pour que la Francophonie y éveille cet intérêt soudain?Certes, la journée mondiale qui a lieu aujourd’hui n’a rien à voir avec ces grandes manifestations populaires que sont, en France, la fête de la jeunesse ou celle de la musique (en juin).Elle est beaucoup plus proche de ces journées, toujours un peu fictives, qui célèbrent tour à tour les cyclistes, les non-fumeurs et les secrétaires.Mais pour la première fois, elle pourrait bien ne pas passer tout à fait inaperçue.A Paris, à tout le moins, on s’agite dans quelques rares ministères, écoles et institution^ culturelles.Le Théâtre international de langue française présentait hier soir à cette occasion Le Faucon, une pièce de Marie Laberge.Toute la semaine, les écrivains québécois Pierre Go-beil, Jacques Godbout et Marie Laberge circuleront dans les bibliothèques de la capitale.Radio France, France 3, TV 5, Le Figaro, Ouest France et Midi-Libre se sont associés pour se faire l’écho de ces manifestations.C’est d’ailleurs cette journée que le ministre de la Culture, Philippe Douste-Blazy, a choisie pour annoncer des mesures de promotion du français.Il faut dire que depuis l’adoption de la loi «sur l’emploi de la langue française», il y a deux ans, la France a suivi des cours de rattrapage en cette matière, allant même jusqu’à se donner depuis le 1er janvier des quotas de chansons françaises à la radio.Cet étonnant mouvement de balancier gagne même les milieux intellectuels qui, il n’y a pas si longtemps, fuyaient comme la peste tout ce qui pouvait évoquer la moindre frilosité linguistique.Ainsi, l’écrivain Pascal Bruckner signait-i! récemment dans Le Monde un article féroce contre cette habitude des Français qui consiste, dit-il, à dénigrer leur propre littérature.• «Toujours et partout il faudrait s’excuser d’écrire et de publier alors qu’ailleurs on le fait tellement mieux.J.] N’importe quel plumitif de l’Arkansas ou de l’Ok-lahoma est encensé à la manière d’une révélation.S’il a le malheur d’être natif du Cantal, de Bretagne ou de Seine-et-Marne, il est renvoyé à son régionalisme, à sa ringardise.[.] Fascinés par la culture anglo-saxonne jusqu’à la jobardise, nous cumulons une vanité incommensurable liée aux gloires passées avec un manque de confiance en nous qui aggrave notre faiblesse.» Or, poursuit-il, si «la France [.] doit accepter son statut de culture minoritaire [.], la modestie n’exclut pas la fierté et nous n’avons pas à rougir d’être ce que nous sommes».Il y a à peine quelques années, la charge de Bruckner aurait été mise sur le compte de quelques affreux relents de chauvinisme.Elle apparaît aujourd’hui normale, tout comme l’intérêt que portent les lycéens de Dijon au débat référendaire québécois.«La modestie n’exclut pas la fierté et nous n’avons pas à rougir d’être ce que nous sommes» INDEX .,B8 Avis publics., ,.B6 Classées .!» RIO Économie .B2 Éditorial .A6 Le monde .B5 Mots croisés.,.B8 Les sports .B7 METEO Montréal jgp Verglas cessant le matin.60 % de proba-, * • ê' bilité d'averses par la ¦A * su>te- Max: 4.Québec Neige mêlée de grésil et poudrerie.• Max: 1 ^ * Détails en B 6 POLITIQUE Droits de la personne: le Canada n'a pas de leçons à donner PAGE A 5 iW L'ÉCONOMIE Bell prévoit accroître son bénéfice de 40 % PAGE B 1 MONTRÉAL Petites centrales: des secrets à cacher?PAGE A 3 Pour un déficit zéro dans quatre ans La proposition syndicale reçoit un accueil favorable du patronat KONRAD YAKABUSKI DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Une solution possible à la levée des boucliers syndicaux et communautaires face à l’échéancier que s’est fixé le gouvernement Bouchard pour éliminer le déficit a émané des discussions à la conférence socioéconomique hier.Craignant le «chaos social» qu’entraînerait l’objectif du gouvernement Bouchard d’éliminer le déficit des opérations courantes d’ici deux ans, les centrales syndicales ont déposé une proposition conjointe pour ramener le déficit à zéro dans quatre ans.L’idée a immédiatement reçu un accueil favorable de la part des représentants patronaux, qui ont fait remarquer qu'il s’agit d’un objectif ferme que même le gouvernement ne s'est pas encore donné.Ixi proposition syndicale ne bousculerait pas immédiatement les objectifs budgétaires du gouvernement, qui entend réduire le déficit de 3,97 milliards cette année à 3,2 milliards en 1996-97.Mais alors que Québec vise à ramener le déficit à 1,8 milliard en 1997-98 — ce qui constituerait un équilibre dans les dépenses courantes du gouvernement —, les syndicats proposent une prolongation de l’échéancier.En échange, ils se disent pour la première fois prêts à fixer des objectifs fermes pour que le déficit soit entièrement oblitéré en 1999-2000.La différence entre leur proposition et celle du gouver- VOIR PAGE A 8 DÉFICIT VOIR AUSSI EN PAGE A 2 ¦ L’incertitude coûte cher, q M Mp disent les patrons ¦ Jacques Proulx refuse d’être aveuglé par la tnondi- S O CIO alisation É C O N O ¦ Les 137 OOO emplois créés M I Q U h depuis 1993 ne suffisent pas ¦ Norbert Rodrigue propose un fonds du patrimoine Les Maisons des jeunes ont 15 ans :~(i •*3 h ifMÊm w.-, 7 ¦ mm m m I .: ||Éf§fS|§ m PHOTO JACQUES NADEAU ILS ont entre 12 et 18 ans et s’ennuient à la maison.Certains ont de gros problèmes, d'autres de plus petits.Cependant, ils ont une chose en commun: les Maisons des jeunes, qui fêtaient hier leur 15e anniversaire.Pour chasser l’ennui, mais aussi pour apprendre à s’apprécier un peu plus et à s’aimer un peu mieux.Nos informations en page A 3.Réunification tendue à Sarajevo Le succès de VOTAN ne doit pas masquer la réalité: les ingrédients existent toujours pour une reprise de la guerre La réunification de Sarajevo s’est terminée dans la pagaille et la fumée noire des incendies, marquant toutefois la fin d’une étape cruciale du processus de paix.La restitution aux Bosniaques du quartier de Grbavica, qui a eu lieu hier à l’aube, met fin à quatre années de présence de l’armée serbe autour de la capitale de Bosnie-Herzégovine.L’IFOR — force multinationale de l’OTAN — se félicite des résultats obtenus en trois mois, même si la paix demeure très fragile et si l’application globale des accords de Dayton est loin d’être réalisée.RÉMY OURDAN LE MONDE A Grbavica, les «voyous» et les policiers serbes de Pale, associés dans leur volonté de forcer les gens à partir, ont semé la terreur ces derniers jours, malgré le renforcement des patrouilles de 1TFOR.L’arrestation spectaculaire d’une dizaine de pillards et d’incendiaires par les forces internationales n’a pas permis de prévenir un nouvel exode de la population.Seuls de rares vieillards sont demeurés dans leurs appartements, luttant contre les incendies avec de pauvres bassines.À Sarajevo donc, et ailleurs, la carte de partage du pays dessinée à Dayton devient effective.Les échanges de territoires devraient être achevés entre les deux entités, la Fédération croato-musulmane et la République serbe, qui contrôlent respectivement 51 % et 49 % de la Bosnie-Herzégovine.Les troupes de l’OTAN sont déployées le long de la ligne de front ainsi que sur les itinéraires stratégiques.Selon un porte-parole de l’IFOR, 80 % des routes bosniaques ont été rouvertes à la circulation et les autres devraient l’être dès le mois prochain.De chaque côté du front, une zone de deux kilomètres a été entièrement démilitarisée et une zone de dix kilomètres doit être débarrassée des armes lourdes, chars, canons et mortiers.A Sarajevo, ces conditions n’ont pas encore été remplies par l’armée bosniaque, malgré les rappels à l’ordre de l’IFOR.Pour les défenseurs de Sarajevo, obtempérer signifie abandonner leur ville, car l’ensemble des quartiers se trouvent dans cette «zone de séparation».Il faut donc déserter la principale base militaire.Sondage du ministère de la Santé La réforme passe mal dans l’opinion publique 51% des Québécois croient que les services diminueront ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Un sondage interne réalisé pour le compte du ministère de la Santé tend à démontrer que la réforme de la santé passe peu ou prou dans l’opinion publique.Malgré les messages réconfortants multipliés par Québec, près de la moitié des Québécois s’opposent carrément à cette réforme et 50 % croient que la qualité des services de santé en souffrira.Pourquoi faire, la réfonne?Pas moins de 71 % des gens jugent qu’elle ne vise qu’à «couper dans les dépenses».En ce qui a trait à l’image, la réforme du réseau de la santé rate sa cible, comme le démontrent clairement des sondages effectués pour le ministère de la Santé et des Services sociaux, dont Le Devoir a obtenu copie.Engagé dans sa réforme du réseau de la santé depuis plus d’un an, le ministre de la Santé, Jean Rochon, n’a toujours pas réussi à convaincre la population du bienfait de sa réforme, qui défraie les manchettes au rythme des fermetures d’hôpitaux.C’est du moins ce que tendent à dé- Jean Rochon montrer deux sondages réalisés à trois mois d’intervalle, en août et en novembre 1995, auprès de 900 personnes à travers le Québec sur la perception de la population face à la réfonne Rochon.Un rapport final présenté en janvier dernier au ministère de la Santé tend à démontrer que la principale perception de la population face à la réforme est qu’elle sert «à couper dans les dépenses»! Plus de sept citoyens sur dix sont fermement convaincus que c’est là le but pre- VOIR PAGE A 8: SONDAGE VOIR PAGE A 8: SARAJEVO \ Vers une meilleure transmission est-ouest Le ministre fédéral de l’Industrie, John Manley, a présenté, la semaine dernière, la stratégie fédérale en matière de sciences et technologie en exposant les grandes lignes d’un plan de partenariat avec le secteur privé.Une stratégie qui repose également sur un nouveau fonds d’investissement, le Partenariat technologique Canada, avec son enveloppe de 250 millions (sur trois ans), cette contribution étant appelée à devenir annuelle à son point culminant, d’ici 1998-99.En déposant les paramètres du nouveau cadre d’intervention du fédéral dans le développement technologique, le ministère veut assurément prendre les devants et forcer la multiplication des réseaux entre les secteurs public et privé alimentant un tronçon à grande vitesse, que l’on veut pancanadien.Et il faut faire vite, a insisté John Manley au cours d’une entrevue accordée au Devoir.«Je sais, au Canada, c’est l’étemel dilemme entre le nord-sud et l’est-ouest.Mais il faut encourager la transmission est-ouest Si l’on perd notre base au Canada, si l’on n’établit pas un réseau qui relie tout le monde, la connaissance va glisser vers le Sud.Il faut qu’on se dépêche à développer des réseaux est-ouest sinon ils vont vite devenir nord-sud.» Nos informations en page B ?> U A 2 i, r.u r.» « LE SOMM U r sock ) É i CONOMI QUI L’incertitude économique coûte cher, dit le patronat «Blocage psychologique», estime Bouchard estiment que la question constitutionnelle affecte «beaucoup ou assez» les investissements et l’emploi.L’état des MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC L> incertitude économique attribuée par les barons de t l’industrie à l’hypothèse d’un nouveau référendum sur la souveraineté est devenue l’un des sujets qui a mobilisé l’attention des participants à la Conférence sur le devenir social et économique du Québec, hier matin.En lin de matinée, le premier ministre Lucien Bouchard a identifié cette question comme l’une des deux divergences majeures qui séparaient les partenaires O’autre étant le calendrier menant à un déficit zéro).Mais il a cherché du même coup à en réduire l'importance, identifiant le malaise des patrons comme «un blocage d’abord psychologique» plutôt que réel.Toute la matinée, des chefs d’entreprise et des banquiers ont fait valoir à la conférence que l’incertitude politique coûtait cher à l'économie québécoise.D’autres participants ont réagi à leurs propos.Ix> président de la Fédération étudiante universitaire du Québec, François Rebello, a sommé les patrons d’accepter l’existence du mouvement souverainiste comme un fait.«Il va falloir que vous commenciez à vous y faire, dit-il, parce que la jeunesse, elle le veut, son pays.» - Le seul homme d’affaires à contester la vision de ses partenaires a été le président de Québécor, Pierre Péla-deau, pour qui ces insinuations sont de la «bullshit».«Je dis que ça a un certain effet, mais pas plus que ça», a-t-il dit.M.Péladeau note qu’il y des investissements importants au Québec et que les entreprises comme Bombardier obtiennent des contrats rémunérateurs, comme ceux de la construction de trains à grande vitesse pour le marché américain.Le président de Québécor croit que les Beaudoin et autres utilisent cet argument comme un «prétexte».«Ils défendent la position des autres», a-t-il dit, sans élaborer.Deuxième invité à prendre la parole à ce sommet de Québec, tôt hier matin, le président de Bombardier, Luirent Beaudoin, a d'entrée de jeu inscrit la question nationale à l’ordre du jour.Il a soutenu que l'incertitude quant à l’avenir du statut politique du Québec «a un effet certain sur l’économie et est l’une des causes de la situation actuelle» que le gouvernement oubliait d’inclure dans son analyse.Il a rappelé que depuis 1976, 330 000 Québécois ont quitté le Québec au profit des autres provinces, et qu’entre 1991 et 1995, le Québec n’a obtenu que 3 % des investissements étrangers réalisés au Canada.lx> président du Conseil du patronat, Ghislain Dufour, lui a emboîté le pas, soulignant que s’ajoutait à l’incertitude provoquée par l’hypothèse de la souveraineté la «contrainte de la langue d’enseignement», les enfants d’étrangers qui voudraient s’établir au Québec devant s’inscrire à l’école française.M.Dufour soutient que pour beaucoup de dirigeants de grandes entreprises, l’incertitude est le problème «numéro un, même devant les finances publiques».Cette incertitude touche surtout l’accès aux marchés, a expliqué aux journalistes le président de Teleglobe, Charles Sirois.Selon lui, la crainte des investisseurs tient à l’incertitude qu’un Québec souverain pourrait être exclu de l’Accord de libre-échange nord-américain.Il raconte que des entrepreneurs pourraient être tentés d’investir au Vermont ou dans un autre Etat limitrophe plutôt qu’au Québec de manière à s’assurer l’accès au marché américain, quoi qu’il advienne.«L’accès au marché est vital pour une entreprise», a dit M.Sirois.Lorsqu’une entreprise a le choix de s’éta- blir à Vancouver, à Montréal ou à Burlington, elle prend ce risque en considération.M.Sirois affirme que la question est d’autant plus importante dans l’industrie (les télécommunications.Dans l’économie du savoir, dit-il, les entreprises sont beaucoup plus mobiles.Elles ne sont pas retenues sur un territoire par les ressources naturelles.Elles peuvent faire des affaires à partir de n’importe où au monde.M.Sirois, tout comme M.Beaudoin d’ailleurs, affirme qu’il respecterait une décision démocratique en faveur de la souveraineté.Mais M.Sirois se demande même «si on a les moyens de décider».«Le fardeau de notre dette de 75 milliards de dollars, dit-il, limite nos choix sociaux et politiques.C’est inévitable.» M.Beaudoin argue que tant que les Québécois n’auront pas approuvé la souveraineté à un référendum, «nous continuerons de rappeler qu’il y a des coûts à la souveraineté et qu’ils sont importants».Les banquiers renchérissent Les banquiers Yvan Bourdeau (Banque de Montréal) et John Cleghom (Royale) ont renchéri.«C’est une réalité qui est en arrière-plan de toutes les décisions d’affaires», a dit M.Cleghom.Le président d’Alcan, Jacques Bougie, qui prospecte le monde entier à la recherche de clients et d’investisseurs, croit que ce facteur empêche le Québec d’obtenir sa part d’investissements étrangers.Le risque de la souveraineté est un facteur négatif au moment de prendre une décision d’investissement, de sorte, croit-il, que les jeunes pourraient être contraints de se chercher ailleurs un emploi rémunérateur.Selon un sondage CROP mené le mois dernier auprès de 500 dirigeants d’entreprises pour le compte de la Chambre de commerce du Québec, 77 % des répondants financespubïiqnés (87 %) et le fardeau fiscal des entreprises (79 %) sont les deux autres facteurs qui préoccupent les entrepreneurs.Cependant, ils préfèrent (64 %) que le gouvernement accorde la priorité à l’assainissement des finances publiques plutôt qu’à la question constitutionnelle (28 %).56 % des répondants voudraient que l’on mette le débat constitutionnel en veilleuse, alors que 41 % croient qu’on devrait régler la question au plus vite- • ¦ t ., _._1 ; • Le ministre d’Etat de l’Economie et des Finances, Bernard Landry, a rejeté les allégations de M.Sirois.11 ne trouve aucun expert pour qui le Québec serait exclu de l’ALENA advenant la souveraineté.L’attitude des patrons, il la compare à celle de «banquiers suisses qui se mettraient à préconiser qu’il n’y ait plus de montagnes en Suisse.La Suisse est un pays de montagnes, le Québec est un pays dont la question nationale n’est pas réglée».' " Le débat s’est poursuivi durant l’après-midi.M.Beau (loin a interrompu la discussion sur les finances publiques pour faire des mises au point à ce sujet.M.Bouchard a conclu en invitant les gens d’affaires fédéralistes à aborder la question de la souveraineté «de façon objective, en gens d’affaires qu’ils sont.Ça fait partie du paysage», a-t-il dit.; M.Bouchard leur demande de relativiser les choses; eux qui, pour leurs entreprises, investissent en Irlande, qù sévit le terrorisme, ou en Chine, où la démocratie est bafouée.Il rappelle que 49,4 % des Québécois ont voté en fet veur de la souveraineté le 30 octobre, que ce rêve de faire un pays est devenu une «donnée du Québec».«Personne n’est maître de procéder à son éradication», a-t-il dit.¦ Pour réduire la dette accumulée • » ____________ Rodrigue propose de créer un fonds du patrimoine NORMAN DELISLE PRESSE CANADIENNE Québec — L’ancien président de la CSN, Norbert Rodrigue, qui préside aujourd’hui le Conseil de la santé et du bien-être, croit avoir trouvé une idée originale pour réduire la dette accumulée du Québec: créer un fonds du patrimoine.La dette accumulée du Québec atteignait quelque 74,4 milliards au 31 mars 1995, ce qui représente environ 45 % du produit intérieur brut (PIB), c’est-à-dire la richesse collective du Québec.Elle impose un fardeau d’environ 1000 $ à chaque citoyen québécois.IM.Rodrigue et deux de ses adjoints, Jean-Pierre Bélanger et Paul Fecteau, ont donc imaginé la mise eût place d’un fonds spécial, appelé fonds du patrimoine' québécois.«Ils ont émis plusieurs hypothèses quant au financement de ce fonds.En voici une: Les auteurs Fh^ue contribuable québécois î jouissant de revenus de 20 000 $ i: de la ou P'us Par année y verse une contribution annuelle obligatoire proposition de 100 $.Le fonds s’enrichit donc de 210 soulignent millions par année, car on évalue à 2,1 millions le nombre de Québé-qu un taux cois ayant des revenus de 20 000 $ , ou plus.ue Ce fonds serait géré par la Caisse , , de dépôt et de placement du Qué- renaemeni beC) ce qUj évite des frais de ges- j -in an o/ tion trop élevés car l’organisme est ae 1^,0/ /o déjà compétent pour ce type d’ad- pet réaliste ministration.En supposant que le taux de rendement pour ce fonds est de 12,67 % à intérêts composés et qu’aucun gouvernement ne puise dans la cagnotte pendant 30 ans, on se retrouve avec une somme de 60 milliards au bout de 30 ans, soit six milliards en contributions directes et 54 milliards en revenus de placement.Cette somme permettrait alors de réduire de façon draconienne la dette québécoise.Les auteurs de la proposition soulignent qu’un taux de rendement de 12,67 % est réaliste pour ce type de fonds: ils donnent comme preuve la liste de huit fonds internationaux similaires, qui ont rapporté entre 11,5 % et 15,1 % de 1983 à 1993.Les auteurs signalent également que l’existence d’un tel fonds aurait une conséquence très positive sur la cote de crédit du Québec, qui sera vraisemblablement révisée à la hausse.«Cette éventualité à elle seule est susceptible de générer des économies d’intérêts très appréciables», soulignent-ils.On signale aussi qu’en cotisant les personnes dont les revenus dépassent 20 000 $ par an, on fait payer ce fonds en grande partie par les baby boomers, c’est-à-dire ceux même qui ont le plus bénéficié des avantages de la Révolution tranquille.La proposition de M.Rodrigue a suscité beaucoup d’intérêt auprès des centrales syndicales et des groupes communautaires.Même le chef de l’opposition Daniel Johnson a; trouvé que «ce serait intéressant de voir ce qu’il y a derrière ce projet II ne faut pas l’exclure», a-t-il dit Un paysan au Sommet Six jobs dans mon village, c'est comme une usine de 25 000 travailleurs à Montréal» MICHEL VENNE .DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Avant de se pencher sur les problèmes d’emploi au Québec, il faut se dépolluer l’esprit, croit Jacques Proulx.Car nos esprits sont contaminés par le discours de la mondialisation et de l’économisme.Ce discours qui n’a d’yeux que pour «le gros, le grand, l’énorme».Comme si, pour vaincre le chômage, il n’y avait qu’un moyen: «Créer 100 jobs à la fois.» Jacques Proulx pense que cela n’est pas vrai.Il le démontre en citant les noms de villages, comme on récite un chapelet, dont on avait à tort annoncé la désertion puis l’agonie.«Six jobs dans mon village de Saint-Camille, dit-il, c’est comme une usine de 25 000 travailleurs à Montréal.» Il est aujourd’hui président de Solidarité rurale.On se souvient de lui comme le bouillant président de l’Union des producteurs agricoles.Il était ipembre de la Commission Bélanger Campeau.Eleveur de moutons à Saint-Camille, village de 450 habitants situé près de Sherbrooke, il a 25 qns de syndicalisme agricole dans le corps.Il se définit comme un paysan.Il est au sommet économique avec les chefs syndicaux, les recteurs d’université et les poids lourds du monde des affaires.Il fait figure d’iconoclaste.Il est le paysan du gros bon sens.Il est le plus virulent critique du néolibé-raljsme.A côté des Charles Sirois et des Laurent Beaudoin, qui n’en ont que pour les marchés mondiaux et l’économie du savoir, Proulx évoque l’exemple de villages qui ont créé quelques dizaines d’emplois.«Les villages qui réussissent, a-t-il dit au cours d’un entretien avec Le Devoir, ce sont des villages qui n’ont pas rejeté la mondialisation mais qui ont pris des moyens différents de ce que ce modèle-là préconise.» «Essentiellement, à Sainte-Rita, Auclair, Saint-Colomban, Sacré-Cœur, on s’est craché dans les Jacques Proulx: ««Il n’y a pas les valeureux du secteur privé et les rêveurs du communautaire.Il n’y a que des hommes et des femmes de bonne ou de mauvaise volonté.» mains.On a pris notre destin à bras le corps.Nous avons osé créer notre prospérité en déjouant d’abord les forces centrifuges de notre système politique et économique.Nous ayons refusé de croire qu’il fallait n’être que des régions-res-sources.Nous ne sommes pas une banlieue ou une destination touristique.Nous sommes une alternative qui exploite autrement ses ressources humaines, naturelles et financières.» Il parle des 300 emplois de L’Islet-sur-Mer.Il parle des emplois des entreprises de cinq employés et moins qui représentent les deux tiers de tous ceux créés entre 1983 et 1993.Le but de Jacques Proulx, c’est montrer qu’il y a des solutions de rechange au modèle néolibéral et centralisateur.Il croit que c’est en montrant aux jeunes qu’il n’y a «pas de petits espoirs, ni de petits projets, ni de secteurs mous» qu’on va leur redonner «confiance et foi».«Ils ne seront pas mis devant un fait accompli.C’est pour combattre le fatalisme.» Proulx croit que l’on n’est pas assez réceptif à ce qu’il appelle «les idées farfelues, les utopies».Pourtant, «tout notre développement et nos réussites partent d’utopies.Il y a eu les idées farfelues de certaines personnes qui graduellement ont ramassé d’autres personnes».Les projets ont pris forme.Comme à Saint-Camille.Dans son village, Jacques Proulx et cinq autres personnes ont repris en main l’ancien magasin général, l’ont racheté de la Caisse populaire locale pour 40 000 $ puis l’ont loué à un groupe de jeunes qui en ont fait un salon de thé, une salle de spectacle et d’exposition.Ça s’appelle Le Petit Bonheur.Pour se financer, les jeunes se sont mis à faire de la pizza et à la vendre les vendredis soirs.L’ancien magasin était à l’abandon.L’immeuble se serait dégradé.Bientôt, il sera le lieu de travail de six employés à temps complet et il est le lieu de rencontre des villageois et des «néoruraux», comme les appelle Proulx, ceux qui viennent de la ville et qui découvrent un nouveau milieu.Six emplois, ce n’est peut-être pas énorme en soi.Mais ça l’est pour un village de 450 habitants.Et ce n’est qu’un exemple.Proulx ne rejette pas la grande industrie.Mais il dit qu’il «ne faut pas se laisser aveugler».Les petites solutions sont bonnes.Et il croit que parce que le gouvernement n’a plus d’argent, il sera obligé de voir si des idées comme les siennes n’auraient pas quelque fondement.«Il n’y a pas les valeureux du secteur privé et les rêveurs du communautaire,.dit-il.Il n’y a que des hommes et des femmes de bonne ou de mauvaise volonté.» Les 137 000 emplois créés depuis 1993 ne suffisent pas JEAN CHARTIER LE DEVOIR L?économie québécoise a connu trois années terribles i d’affilée au tout début de la décennie, soit de 1990 à 1992, avec des contre-performances du produit intérieur brut de 0,1 %, de -2,0 % et de 0,4 %.Et la reprise amorcée durant les trois années suivantes a fait que l’on vient tout juste de redonner de l’entrain à l’économie pour qu’elle retrouve le niveau d’emploi qui prévalait au début de 1990.Voilà ce qui ressort du document-synthèse de «la situation économique et des perspectives» élaboré par le secré-’ tariat responsable de la Conférence sur le devenir économique et social du Québec.L’analyse d’une cinquantaine de pages met en relief la croissance des années 1993,1994 et 1995 à hauteur de 2,2 %, 3,9 % et 1,8 %, une croissance fort éloignée du rythme des années 60 mais se rapprochant de l’allure modérée des années 80.Les dernières estimations pour 1995 font ressortir que la croissance des économies américaine et canadienne n’a pas dépassé les niveaux respectifs de 2,1 % et 2,2 % au cours de la dernière année, légèrement au-dessus de la croissance québécoise.Les auteurs de l’analyse pour le Sommet écrivent: «Comparativement aux estimations de croissance de l’OCDE pour 1995, la performance du Québec, avec 1,8 %, se situe à environ un demi-point derrière la croissance moyenne des pays de l’OCDE.» Du point de vue de l’emploi, les mauvaises performances de la décennie ont été enregistrées en 1991 avec 73 000 pertes d’emploi et en 1992 avec 32 000 pertes d’emploi.Cela représente la disparition de 105 000 emplois pendant la récession.Il s’est ensuite créé 13 000 emplois en 1993,76 000 en 1994 et 48 000 en 1995.On comptabilise ainsi 137 000 nouveaux emplois depuis le début de la reprise.Cela explique pourquoi les jeunes ont l’impression qu’il n’y a pas d’emplois pour eux.On a du mal à dépasser la récupération.En scrutant les données de l’OCDE, les économistes du conseil exécutif ont découvert le phénomène suivant: «Au cours des vingt-cinq dernières années, le Québec a affiché une performance supérieure à la plupart des pays du Q7 au chapitre de la création d’emplois».Toutefois, de 1990 à 1995, le phénomène inverse s’est réalisé, la croissance de l’emploi ne dépassant pas 1,0 % au Québec par rapport à 2,1 % pour le G7 et 2,4 % pour l’OCDE.Depuis 1990, au total, il n’y a que 32 000 nouveaux emplois.Un autre indicateur montre l’ampleur du choc de U récession qui a suivi les deux accords de libre-échange.C’est celui des investissements.Ceux-ci ont régressé de 1990 à 1993: -1,6 %, -4,9 %, -2,9 % et 4,4 %.En chiffres absolus, on est passé de 25,7 milliards d’investissements en 1990 à 22,6 milliards en 1993, une misère.En 1994, les investissements ont crû de 5.2 % à 23.8 milliards, mais en 1995.un relevé >7 \y Participez au Mondial de la À l’aube d’un nouveau millénaire sonne l’heure des choix.Faut-il résister au changement ou participer à la transformation d’une société en mutation?Pour mieux saisir les enjeux de notre planète, participez au Mondial de la communication.Sous forme de conférences, forums, débats et tables rondes, l’événement crée un véritable carrefour où les participants échangent opinions, convictions et solutions.Grâce au langage, les pensées se provoquent, s'interpellent, se ressourcent.En interaction avec des communicateurs et communicatrices exceptionnels, nous partageons cette force essentielle : la COMMUNICATION.Organisé en collaboration ovec : 1*1 Patrimoine Pierre Léonord-Horvey Sophie K.L; il* Albert Jacquard Antonine Maillet Jacques Dufresne Alain Dubuc Jacques Brodeur Florian Souvogeau Mercredi 20 mors, 19h30 U MAGIE DES MOTS Conférence d'Antonine Moillet et d'Albert Jocquord Tritorium du CEGEP du Vieux Montréal 255, rue Ontario Est (Métro Berri-UQAM) Tarif étudiant : 6$, Prix régulier : 12$, le 20 mors : 20$ Billets en vente oux librairies Garneou a Montréal (515)277 8581 Jeudi 21 mars à 19H30 MÉDIAS: CATALYSEURS DES CONFLITS INTERCULTURELS?Forum ovec Alain Dubuc, Florian Souvogeau, Sophie K.Ly et Jacques Brodeur Tritorium du CEGEP du Vieux-Montréol 255, Ontario Est, Montréal (Métro Berri-UQAM) Billets en vente oux librairies Gorneou à Montréal Torif étudiant : 2$, prix régulier : 5S, le 21 mors : I0S (514)277 8581 J.lundi 25 mors débat 19H30 À LA CONQUÊTE DU CYBERESPACE Pierre-Léonard Harvey et Jacques Dulresne Salle Marie Gérin-Lajoie, Pavillon Judith-Jasmin, UQAM Billets à la billetterie Admission de l'UOAM et dons les Librairies Garneau de Montréal Torif éludionl : 5$, prix régulier : 10S, le 25 mars : 15$ (514)277 8581 canadien Gouvernement du Québec Ministère de l’Éducation Gouvernement du Québec Ministère des Affaires internationales m airAlliance LE DEVOIR o8o HOTEL DES GOUVERNEURS préliminaire indique un nouveau recul de -3,9 %.Toutefois, d’autres données permettent d’être optimiste: pour les toutes prochaines années.La raison en tient à la force extraordinaire des exportations internationales de ¦ biens.Après une régression ponctuelle, -0,9 %, à 25,8 mil-liardls en 1991, les exportations québécoises ont augmenté de 5,7 % en 1992, puis elles ont bondi de 23,8 % en 1993,, de 20,9 % en 1994 et de 19,4 % en 1995.Les chiffres de 1995 ne sont pas encore disponibles,; mais en 1994, les exportations atteignaient 40,9 milliards.Une progression fulgurante.Cela veut dire que le Québec, a exporté pour une valeur de 48 milliards en 1995,23 milliards de progression en quatre ans.Extraordinaire.On < constate donc que l’économie du Québec se réoriente dans un axe nord-sud à une vitesse que personne n’aurait osé: prédire avant le libre-échange.Si ce phénomène se poursuit encore deux ans, où en sera-t-on à la fin de 1997?Et où sera le niveau d’emploi?On pourrait bien être à la veille, d’un boom des emplois pour les exportations.¦ > : Un autre indicateur situe bien la conjoncture québécoise.Il s’agit de celui des créations d’emploi par les PME.Le document du Sommet affirme: «De 1981 à 1991, les entre-: prises de moins de 50 employés ont créé plus de 490 000 emplois alors que celles de 50 employés et plus en perdaient 66 900.» Cela permet de conclure que «les PME du: Québec sont, depuis près de deux décennies, les seules-créatrices nettes d’emploi dans l’économie».27430538 I H f) ti i*.»* »« I.K I) E V OIK.I.K M E li ( li E 0 I O M \ K li: DEVOIR A A Les Maisons des jeunes ont 15 ans v« SYLVAIN BLANCHARD LE DEVOIR t'n V/Te peux |>as dire à ma mère qu’elle est cool parce que •J c’est une conne.» ^Virginie a 13 ans et vient d’entrer en coup de vent à l’Imagerie, la Maison des jeunes de la rue Marie-Anne, à Montréal Ni centre d’accueil, ni parking pour jeunes drogués.L’Imagerie, comme toutes les autres Maisons des jeunes, c’est 100 pieds carrés d’ados en quête de plaisir et de réconfort^ ¦ L’école est terminée, et comme plusieurs autres jeunes de son âge, Virginie s’arrête quelques heures à l’Imagerie ixxir se changer les idées et briser sa solitude.Petite claque sur la casquette de Roger, gros bec sucré sur la joue de son chum, Akim, avec qui elle sort steady depuis trois semaines, Virginie s’allume une cigarette et regarde les autres.la regarder.«Pourquoi je peux pas parler avec ma mère?Je le sais pas, moi.Ça fait tellement longtemps que je n’ai pas essayé.» fji«l \i Ils sont une quinzaine, parfois une 'ÜLa cinquantaine, à s’arrêter là entre 16h et 23h.Pour rire, pour pleurer, mais plus souvent pour faire ce qu’ils sont if HUM incapables de faire à la maison: parler.Al AU Ain pas beaucoup d’amis, souvent un seul -11 parent, ils y vont trois, quatre ou cinq fois par semaine comme d’autres entrent chez eux: par habitude.A l’instar des autres Maisons des jeunes — il y en a une vingtaine à Montréal, qui fêtaient hier leur 15' anniversaire —, celle-là accueille tous les petits gars et toutes les petites filles.qui veulent bien être là.Pas de contraintes, seulement une obligation: bouger.On leur apprend à assaisonner un poulet, à jouer aux échecs ou à maîtriser une caméra.On leur parle de condoms et de cocaine.De cinéma et de musique.Ils veulent jouer au hockey?Pas de problème.Au volley?Non plus.En fait, ils font ce qu’ils veulent.Sauf les fous.Les animateurs qui s’occupent d’eux veulent leur apprendre à s’apprécier un peu plus et à s’aimer un peu mieux.Leur montrer aussi que tout a un prix.Que s’ils veulent faire quelque chose, n’importe quoi, ils doivent s’enlever le cul du divan.Le ton est toujours poli, la parole toujours rassurante.On met les points sur les «i» à l’occasion, mais dans l’ensemble, on s’amuse.Et les jeunes adorent.«C’est ma famille ici.» Un jeune veut aller en Belgique?Parfait D’autres veulent y aller avec lui?Dix?O.K., comment on s’organise?«Certains projets fonctionnent, dit Anne-Marie, d’autres non.Comme dans la vie.L’important c’est que le jeune apprenne que rien ne tombe du ciel.» Officiellement, on veut leur apprendre à devenir des citoyens «critiques, actifs et responsables».Dans les faits, on commence d’abord à leur montrer à jouer au ping-pong.Puis à faire la cuisine.Puis à composer avec les petites vacheries qui se passent à l’école, les premières peines d’amour, les chicanes à la maison.— Pourquoi viens-tu ici, toi?«Pour faire des activités, dit Martin.Pour voir du monde.Je végète chez nous.» — Et toi?«Parce que je suis bien ici, ajoute un autre.Je peux dire ce que je veux.Jamais on me juge.Si j’ai envie de dire à un animateur qu’il sent le fromage, je le fais.Personne ne va me donner une claque sur la gueule pour ça.» Certains ont des gros problèmes, d’autres de plus petits.Mais, au fond, tous sont là pour la même chose: goûter au plaisir d'être acceptés.EN BREF ?EFFET DE SERRE: LE PLAN D’ACTION RÉCLAMÉ (le Devoir) — Plusieurs groupes environnementaux ont réclamé hier de Montréal qu’elle rende public son plan d’action sur la réduction des gaz à effet de serre, que Le Devoir divulguait la semaine dernière.Parlant au nom de cesgroupes environnementaux, qui se sont réunis vendredi dernier pour discuter des informations alors divulguées, le Groupe de recherche d’intérêt public de l’UQUAM (GRIP) a demandé au maire Pierre Bourque de confier à un comité la mise en application de ce plan.LefGRIP estime que Montréal doit absolument assumer ses'obligations de métropole et se et adopter une straté-giè efficace, comme les autres grandes villes du globe.LAVAL INTENTE UNE POURSUITE EN DIFFAMATION (Le Devoir) — Le comité exécutif de Laval s’en remet aux tribunaux et intente une poursuite en diffamation contre M.Maurice Clermont au sujet d’une déclaration concernant l’acquisition d’un garage municipal.Celui-ci et le chef d’Option Laval, M.Jean Rizzuto, ont exigé l’annulation du contrat de location-achat du garare municipal situé sur le boulevard Chomedey.MM.Clermont et Riz-zut© réclament en outre la reprise de la procédure d’appel d’offres sous une surveillance indépendante.Le loyer annuel de ce garage est passé de 200 629 $ en 1989 à 251 580 $ en 1990 à la suite d’un renouvellement de bail inadéquat, selon les plaignants.Commission d’enquête sur lu production privée d’électricité Des promoteurs tenteront d’empêcher la divulgation d’une entente secrète LOUIS-GILLES F K A N C ( E U R LE DEVOIR Les premiers promoteurs de petites centrales au Québec vont tenter d’obtenir de la Cour supérieure au cours des prochains jours qu’elle empêche la commission d’enquête sur les achats d’électricité auprès de producteurs privés de mettre en preuve une entente écrite qui liait secrètement ces promoteurs à quatre fonctionnaires d’Hydro-Québec.Les Investissements Mirlaw, à l’origine des premières transactions dans cette affaire, puis la société Hydromega, qui a construit la première mini-centrale, et le bailleur de fonds, l’homme d’affaires Alfred K.Lawee, ont annoncé hier au juge François Doyon qu’ils présenteraient un bref d’évocation contre sa décision d’autoriser la mise en preuve de leur entente de confidentialité.Les promoteurs ont même tenté d’obtenir une ordonnance de non-publication contre les renseignements généraux divulgués hier lors des témoignages et interrogatoires.Le juge Doyon a rejeté cette requête qui aurait eu un effet rétroactif douteux du fait que les informations en cause avaient déjà été diffusées par des journalistes, ce qui aurait été inéquitable pour les autres.Le bailleur de fonds dans cette affaire, l’homme d'affaires Lawee, a fourni hier un témoignage pour le moins surprenant, se disant soudainement incapable de confirmer si toutes les affirmations qu'il avait faites, le 8 décembre dernier, à pro-pos du fonctionnaire hydro-québécois John Roch, étaient véridiques.Il avait alors accablé cet ancien associé, qui semble avoir été l'un des pivots de la poli; tique des petites centrales privées, en lui imputant plusieurs démarches administratives pour ses sociétés alors que Roch était toujours à l’emploi d’Hydro.Mais hier, Lawee ne pouvait plus dire s’il parlait alors de John Roch ou de son oncle, Maurice Roch, qu’on dit vendeur d’autos, qui avait été officiellement embauché comme consultant d’Hydromega au tarif de 3000 $ par mois.Jean Roch, comme ses autres associés d’Hydro-Québec, n’aurait pas touché un sou durant cette période.L’entente de confidentialité, dont la commission a autorisé le dépôt en preuve, n’a pas été rendue publique hier mais mise sous scellé, «par déférence pour les tribunaux supérieurs», a dit le juge Doyon.L’avocat de Lawee, Jacques Rossignol, a plaidé mais en vain que la commission d’enquête n’avait pas mandat avant 1987, un argument que les procureurs de la commission et d’Hydro-Québec n’ont pas trouvé très fort car l’enquête porte depuis des mois sur des dossiers d'avant 1987.Me Rossignol, qui est lui-même intervenu sur des faits antérieurs à 1987 à d’autres moments, a aussi soutenu que ces «documents personnels» devaient le demeurer aussi longtemps qu’un seul signataire s'y objectait.D’après la preuve entendue hier, outre Mirlaw, l’entente de confidentialité a été signée par les fonctionnaires hydro-québécois Jackie Cerceau, toujours à l’emploi d’Hydromega, John Roch, Jean Couture et Gilles Bellemare, directeur actuel de la maintenance en sécurité des barrages.Outre l’engagement de ne pas divulguer leur implication dans l’affaire ni la nature du travail effectué, comme l’indique le nom de cette entente, les signataires avaient aussi prévu une rémunération non pas en argent sonnant mais sous forme d’actions pour l’équipe hydro-québécoise.La chose a été confirmée par une lettre d’avocat envoyée par Hydromega au fonctionnaire Bellemare lorsqu’il a voulu quitter le groupe en 1988 après avoir fait un inventaire des investissements possibles en Ontario et préparé l’étude de faisabilité du projet de mini-centrale qui sera construite plus tard sur l’écluse fédérale de la Côte-Sainte-Catherine, en face du rapide de tachine.Bellemare a été mis en demeure de démissionner d’Hydro-Qué* bec ou de quitter le groupe.L’avocate d’Hydromega, Reisa Teiteibauin, révèle dans sa lettre, écrite en juillet 1988, qu‘«en considération de la connaissance, compétence et travail qui devait être pourvu au joint venture, Hydromega Developments Inc, une compagnie conçue pour la location, la restoration (sic), le développement et l'opération de petits plans hydroélectrique, les «opérateurs» devaient recevoir 45 % des actions ordinaires du joint venture, Hydromegal (sic) Developments Inc» en échange du travail convenu «à la signature de l’entente».Bellemare obtiendra finalement près de 40 000 $ pour ses actions en quittancé finale.*1 Ce dernier, le seul du groupe encore à Hydro-Québec, a dû avouer sa participation dans le projet de la Côte-Sainte-Ca-therine en novembre dernier à la suite d’une enquête interne provoquée par les travaux de la commission.Il a reçu le 12 janvier une lettre du secrétaire général d’Hydro-Québec, Yves Filion, qui lui reproche d’avoir dérogé aux règles d’éthique alors en vigueur et qui évoque d’éventuelles «mesures» à son endroit Montreal Hunt Club Le pavillon de chasse centenaire est menacé BRIAN MYLES LE DEVOIR C> était l’un des points de rencontre de la bourgeoisie anglophone au tournant du siècle.Dans cet imposant bâtiment fait de pierre, de brique, de crépi et de bois, les férus de chasse à courre trouvaient reffige après avoir arpenté les forêts du mont Royal.Sous son toit irrégulier avaient aussi Heu les bals et les dîners de gala, fort prisés.Majestueux, éclaté et unique en son genre, tel était le Montreal Hunt Club.Tel était le Montreal Hunt Club.vers 1897.Aujourd’hui déserté, le pavillon de chasse presque centenaire, dont l’intérêt patrimonial est indéniable, est menacé par le pic des démolisseurs.L’édifice de style néo-Queen-Ann, patrie intégrante du site patrimonial du mont Royal, est en état de délabrement avancé: des briques se détachent de la façade, les fenêtres sont pour la plupart condamnés et l’intérieur est carrément irrécupérable.Ce laisser-aller est attribuable à l’hôpital Sainte-Justine, propriétaire du Montreal Hunt Club, qui n’entretient pas la maison édifiée entre 1894-1897.L’hôpital ne s’occupe pas du Montreal Hunt Club parce qu’il n’en veut tout simplement pas.Sainte-Justine a déposé, le 1er mars, une demande de permis de démolition du Hunt Club auprès de la Ville de Montréal et propose d’aménager en remplacement un «pair pédiatrique».«On en est rendus là», lance René Rouleau, directeur des relations avec la communauté à Sainte-Justine.Ce dernier soutient que la direction de l’hôpital a étudié plusieurs projets de mise en valeur du Hunt Club avant de conclure à la nécessité de le démolir.«On a fait tout ce qu’on a pu», affirme M.Rouleau, soulignant que le réaménagement du Hunt Club ne figure pas parmi les priorités de l’hôpital.Entre préserver un bâtiment d’intérêt patrimonial ou prodiguer de meilleurs soins aux enfants, dans un contexte de restrictions budgétaires, «les choix sont évidents», dit-il.Mais pour le président de la Société d’histoire de la Côtêdes-Neiges, Gilles Berger, Sainte-Justine ne s’est jamais montré intéressé à la sauvegarde du Montreal Hunt Club.M.Berger soutient que l’hôpital, propriétaire du bâtiment depuis 1976, s’est Hvré à un «jeu de couHsse», en plus de faire preuve d’«arrogance» et d’«entêtement malsain».«L’hôpital a un seul et unique but: voir ce bâtiment disparaître, soutient M.Berger.Cela a toujours fait partie de leurs plans de PHOTO JACQUES NADEAU U i fi.1 L mm ¦ y • .Le Montreal Hunt Club est un édifice de style néo-Queen-Ann qui fait partie intégrante du site patrimonial du mont Royal.le démolir.» Le président de la Société de la Côte-des-Neiges rappelle que plusieurs projets de réaménagement ont été présentés pour transformer le Hunt Club, tantôt en CLSC, tantôt en foyer pour personnes âgées ou en maison pour handicapés.«Tous les projets de recyclage ont été refusés même si ceux-ci étaient complémentaires à la mission de l’hôpital», affirme M.Berger.Présentant, selon un avis de la Ville de Montréal datant de 1981, «une valeur patrimoniale indéniable», le Montreal Hunt Club est l’un des derniers vestiges du courant architectural néo-Queen-Ann au Canada.C’est aussi le premier club de chasse à courre en Amérique du Nord.Réalisé par les architectes Cox et Amos, le Hunt Club s’écarte des grands styles pour élaborer des compositions libres, à partir des éléments empruntés à l’architecture vernaculaire anglaise des XVIF' et XVIII'' siècles.Il est très difficile d’accoler une étiquette particulière au bâtimènt au plan irréguUer, élaboré avec une certaine liberté d’invention.Sis au 3275, chemin de la Côte-Sainte-Catherine, le Montreal Hunt Club se trouve au coeur du quartier Côte- des-Neiges, reconnu au tournant du siècle comme un endroit de villégiature très fréquenté par les Montréalais anglophones.«Tout a été détruit, déplore Gilles Berger.Il ne reste même pas une dizaine de maisons qui valent la peine d’être sauvegardées.Le Montreal Hunt Club est la plus importante et la plus mal en point» La Société d’histoire de la Côte-des-Neiges a recueilli des appuis auprès du Conseil des monuments et sites du Québec, des Amis de la montagne et d’Héritage Montréal dans sa croisade pour la survie du Hunt Club.Le conseiller du district de Dartington, Jack Chadirdjian, est également solidaire des démarches entreprises pour sauver le payiUon de chasse.A l’instar de M.Berger, le conseiller Chadirdjian taxe l’hôpital Sainte-Justine de mauvaise foi dans le dossier.«L’hôpital n’a rien fait, sauf boucher les trous.J’imagine qu’il espère que le Hunt Club va tomber un jour [.] mais il n’est pas chanceux.Le Hunt Club est tellement solide qu’il ne tombe pas», ironise-t-il.M.Chadirdjian déplore l’intransigeance de René Rouleau, avec qui il a discuté à quelques reprises.«Il y a un refus catégorique de regarder d’autres options», observe l’élu de Vision Montréal.Le porte-parole de Sainte-Justine, M.Rouleau, soutient qu’il «n’est pas fermé au dia-1 logue».«Mais je demeure un peu sceptique • sur l’apparition d’idées totalement neuves», précise-t-il.Ce à quoi Jack Chadirdjian répond: «11 nous laisse la porte ouverte, mais en même temps il ne fait rien.» M.Chadirdjian a promis de tout mettre.en œuvre pour éviter que le Montreal Hunt Club ne soit relégué au rang de simple souvenir.«Mais la Ville n’a pas l’argent pour le faire», précise-t-il.Le conseiller de Darlington invite les organismes voués à la préser-' vation du patrimoine à travailler main dans la main de manière à faire pression sur la direction de Sainte-Justine.Gilles Berger demande pour sa part à la direction de l’hôpital d’identifier une mission acceptable pour le Hunt Club.«On ne ! leur demande pas d’investir un cent, dit-il.On prendra le bâton de pèlerin pour réaHser le projet» V.Pour toute question concernant le budget fédéral.Pour obtenir plus de renseignements, téléphonez sans frais, du lundi au vendredi de 8 h à 22 h.¦ * ¦ Ministère des Finances Department of Finance ¦ Canada Canada 1 800 343-8282 ATME : 1800 465-7735 •I I.K I) K V 0 I It .I.K M K It C It K I) I 2 0 M A It S I II II II A I S A C TIIA LIT E S EN BREF ?CARCAJOU FRAPPE À SHERBROOKE Sherbrooke (PC) — L'escouade anti-motards Carcajou a arrêté une trentaine de |x*rsonnes, hier, lors d'une opération visant à mettre un tenue aux activités de présumés revendeurs de drogue dans la région de Sherbrooke, Quelque 120 policiers sont passés à l’action à compter de 6 h hier matin.En fin d'après-midi, les enquêteurs rapportaient avoir appréhendé 22 hommes et huit femmes soupçonnés d’avoir fait le trafic de stupéfiants, principalement de la cocaine et de la marijuana.La plupart ont comparu dès hier au Palais de justice de Sherbrooke sous des accusations de possession et de trafic de stupéfiants.Un porte-parole de Carcajou, Paul Vidal, a déclaré que ces arrestations faisaient suite à une opération d’infiltration menée depuis près de deux mois par des agents doubles.Selon lui, l’escouade Carcajou aurait ainsi coincé la plupart des revendeurs de Sherbrooke.D’autres suspects étaient toujours recherchés en fin d’après-midi.Selon la police, certains des suspects pourraient être reliés aux Hell’s Angels puisque c’est cette bande de motards qui contrôle le trafic des stupéfiants dans la région de Sherbrooke.-«- CIGARETTE NON NOCIVE: DES RECHERCHES ABANDONNÉES Jackson, Mississippi (Reuter) — Le biologiste lan Uydess, qui travaillait pour Philip Morris, indique qu’il a quitté le groupe après s’être rendu compte que son travail sur une cigarette non nocive avait été mis à l’écart.Dims une interview publiée par le quotidien Jackson Clarion-Ledger, ce chercheur explique qu’il a été engagé par P&M il y a plus de 11 ans pour faire valoir son expérience dans la lutte contre le cancer et pour développer «des produits moins nocifs».«J’ai travaillé dans ce but mais je me suis rendu compte que la compagnie n’allait pas utiliser mes conclusions pour modifier ses produits», dit-il.M.Uydess a été convoqué par le procureur du Mississippi pour témoigner dans un procès que l’État a intenté aux grands cigarettiers pour leur obtenir un remboursement de dépenses d’assu-raace-maladie, liées au traitement des pathologies provoquées par le tabagisme.Le procureur général Michael lÿloore a indiqué que le témoignage d’ïan Uydess servirait à prouver que la nicotine est une drogue et que non seulement l’industrie le savait mais aussi qu’elle n'a pas produit de cigarette moins nocive alors qu’elle le pouvait.Parler du sida aux enfants, et vite ! Une bande dessinée mettant en vedette la marionnette extraterrestre Bibi a pour but d’initier les petits de 6 à 12 ans aux réalités de la terrible maladie PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Les enfants doivent-ils tout savoir, très tôt, sur le virus du sida?C’est ce que croit une équipe qui vient de faire paraître une bande dessinée avec le personnage télévisuel de Bibi, intitulée Bibi veut tout savoir sur le sida.La bande est destinée aux enfants de 6 à 12 ans.Mais le producteur et président des Éditions Bibi et Geneviève, Paul Ca-dieux, parle du sida à sa fille Maya, qui a cinq ans, depuis un an.«Elle n’a pas peur du sida», résume-t-il en conférence de presse, flanqué de représentants du monde de la santé qui sont convaincus qu’il est «essentiel de véhiculer l’information très tôt» dans un contexte où «les enfants ne vivent plus dans une bulle».Iii logique derrière tout ça?En prenant les devants auprès de l’enfant, ce dernier recevra une information juste et ne développera pas la peur du sida.«Il n’apprendra pas les choses tout croche», résume la porte-parole de l’opération, Andrée Pel-tier.Il ne jouera pas à la «tag sida» avec des seringues.De plus, lorsqu’il aura des relations sexuelles, l’enfant devenu grand aura appris à se protéger car, rappelle l’équipe qui a travaillé à la confection de la bédé, les messages destinés aux adolescents arrivent trop tard, les comportements étant déjà trop bien établis.Voyons la bande dessinée.Son héros est la marionnette extraterrestre Bibi qui apprendra graduellement que le sida n’est pas un jeu mais une grave maladie.Ses amis Geneviève et Julien lui diront comment on attra|>e ou comment on n'attra|)e pas le sida.Une petite fille atteinte de la maladie, isolée en début de bédé, retrouvera progressivement ses amis parce qu’on peut «jouer au ballon, raconter des secrets, se servir des mêmes ustensiles, du même verre, des mêmes toilettes» que l’amie infectée par le VIH.Les cas de transmission par le sang à la suite d’une blessure, extrêmement rares il faut le dire, ne sont pas mentionnés.Bibi apprend naturellement comment on attrape le virus.Les enfants peuvent l’attraper à la suite de transfusions ou parce que leurs mamans ont été infectées par le virus.Il veut maintenant savoir comment les adultes terriens peuvent l’attraper, eux, le virus.Geneviève lui explique que la première façon, c’est en ayant des relations sexuelles avec une personne infectée.Mais Bibi n'est pas satisfait.Des relations sexuelles?Geneviève parle alors de rendez-vous d’amour, lorsque le pénis rencontre le vagin et que l’homme introduit son pénis dans le vagin de la femme.S’ensuit la re commandation capitale: les personnes qui ont des relations sexuelles doivent se protéger.De préférence avec le condom.Fort bien.Mais si on choisit de tout dire aux enfants afin qu’ils comprennent bien, pourquoi, dans ce cas, ne pas abor- der les relations homosexuelles, qui représentent, du moins jusqu’à aujourd’hui, des risques beaucoup plus élevés?«Ce fut une longue discussion, confirme le producteur.Mais nous nous sommes dit que nous risquions alors d’embarquer dans quelque chose de beaucoup plus complexe.Il y a une limite à ce qu'on peut couvrir en 48 pages.» Les rédacteurs ont également choisi de ne pas aborder la question des drogues mais de simplement recommander l’utilisation de seringues «super propres, super neuves et sans danger».«Il ne faut jamais jouer avec des seringues que tu trouverais sur la rue, dans un parc, dans la cour d’école ou à côté d’une poubelle.» La bande dessinée veut démystifier le virus, enrayer les préjugés et promouvoir la prévention.«Parler du sida aux enfants est essentiel.En sachant comment il se transmet et comment il ne se transmet pas, nous contribuons à développer la compassion», souligne Denise Laberge-Ferron, directrice du Centre québécois de coordination sur le sida.Pour le producteur, les choses sont encore plus simples: «Il n’y a pas un parent qui n’informerait pas ses enfants à regarder des deux côtés de la rue [avant de la traverser].Le sida, c’est une réalité à laquelle il faut faire face.» Les Centres jeunesse de Montréal, qui reçoivent les jeunes en difficulté, est à l’origine du projet, qui mijote depuis 1990.Ces centres souhaitaient depuis un moment produire un outil «exportable» dans les écoles, les CLSC et les organismes communautaires.«Les enfants d’aujourd’hui ne vivent pas dans une bulle et sont confrontés plus tôt qu’on ne le pense aux réalités de la vie», plaide André Brunelle, directeur des services territoriaux des Centres jeunesse de Montréal.«Pour nous, renchérit le docteur Richard Massé, responsable de l’Unité des maladies infectieuses attachée à la Direction de la santé publique, il est important que ces questions soient abordées très tôt.Les enfants peuvent être en contact avec d’autres enfants qui ont la maladie, avec des seringues.Il faut qu’ils aient l’information.» Un autre intervenant, Jean-Pierre Hotte, directeur de la Protection de la jeunesse en Montérégie, rappelle que les enfants sont souvent complètement démunis lorsque vient le temps de leur annoncer qu’un de leurs parents mourra du sida et que les adultes ne savent trop quoi leur répondre lorsqu’ils demandent s’ils mourront bientôt eux aussi.De nombreux intervenants dans le milieu de la santé ont notamment eu à déplorer tôt ou tard l’absence de matériel adéquat pour aider ou conseiller les jeunes.Ceux qui ont participé à la rédaction de Bibi veut tout savoir sur le sida en sont venus à la conclusion qu’une bonne information démystifiera la maladie.Reste à savoir si elle ne sera pas dramatisée en cours de route.Les messages destinés aux adolescents arriveraient trop tard, les comportements étant déjà trop bien établis Construction résidentielle g||3gs .! mm ::::::: MWÆM 'ill*** iraphié par.André Cornellier -?- AVIONS DÉTOURNÉS Toronto (PC) — Les avions devant atterrir à l’aéroport Pearson de Toronto ont été détournés vers d’autres villes mardi matin à la suite d’une panne de courant qui a affecté les radars.La panne est survenue à 8h20.Le système électrique d’urgence qui devait prendre la relève a lui aussi fait défaut Les autorités ont donc immédiatement mis en place des mesures d’urgence afin de permettre l’atterrissage des appareils qui étaient sur le point de se poser.Les autres avions ont été détournés vers les aéroports de Cleveland, Montréal et Winnipeg, a indiqué Bruce Reid, porte-parole de l’aéroport Pearson.M.Reid a affirmé que cette panne de courant a été une dure surprise.«Nous devons découvrir ce qui a causé ce problème et le corriger de façon à ce que ça ne se reproduise plus.» Matthias Rioux En devenant actionnaire de la Société de placement en entreprise québécoise (SPEQ-LE DEVOIR INC.), vous manifestez votre appui à un quotidien qui va droit au coeur des problèmes.Un quotidien courageux qui élargit votre vision du monde.En devenant actionnaire, vous contribuez financièrement à l’avenir d’un journal solide et vous profitez d’une déduction fiscale (Québec) de 125 %, pour chaque tranche de 500 $, l’investissement minimal.En devenant actionnaire, vous vous joignez aux lecteurs, aux amis, aux institutions et aux gens d’affaires qui assurent par leur investissement, la présence et la continuité d’une information de qualité indispensable en démocratie.En devenant actionnaire de SPEQ-LE DEVOIR INC., vous investissez dans le seul grand journal d’opinion au Québec.Troisième émission par voie de prospectus SPEQ-LE DEVOIR INC.Prix: 1 $ l’action Souscription minimale: 500 actions ordinaires Souscription par tranche de 500 actions ordinaires Le produit net du placement sera utilisé pour souscrire à 450000 actions votantes et participantes de LE DEVOIR INC.Pour obtenir tous les renseignements, veuillez remplir le coupon ci-dessous et un exemplaire du prospectus définitif vous sera transmis.Je désire recevoir des renseignements concernant l’achat d’actions de la SPEQ qui investira dans LE DEVOIR INC.NOM: ___________________________________________ ADRESSE : TÉLÉPHONE : NOTE: Veuillez faire parvenir ce coupon à Roger Boisvert, 2050, rue De Bleury, 9' étage, Montréal (Québec) H3A 3M9 Tél.: (514) 985-3333 Téléc.: (514) 985-3310.LE DEVOIR LIA LÉVESQUE PRESSE CANADIENNE Bon nombre de patients asthmatiques méconnaissent les deux types de médicaments qu’ils peuvent prendre, un quotidiennement et l’autre en cas de crise, ce qui nuit à l’efficacité de leur traitement et engendre des dépenses supplémentaires en services de santé.C’est ce que révèle une étude réalisée auprès de 600 adultes asthmatiques au Canada, dont 150 au Québec, et qui était dévoilée hier à Montréal par une grande compagnie pharmaceutique.Il existe deux types de médicaments pour les asthmatiques, les bronchodilatateurs, utilisés en cas de crise, mais aussi les corticostéroïdes, qui servent à réduire l’inflammation des poumons et à contrôler les crises d’asthme à plus long terme.Or, ce dernier médicament est mal connu par les patients asthmatiques, selon l’étude.Quelque 57 % des adultes asthmatiques interrogés ont des perceptions erronées au sujet de ces corticostéroïdes.Par exemple, certains craignent de développer une dépendance, d’engraisser ou que ceux-ci leur donnent «une masse musculaire à la Ben Johnson», rapportait hier le Dr Jacques Bouchard, un omnipraticien de La Malbaie qui participait à la conférence de presse.Ces gens confondent les corticostéroïdes et les stéroïdes anabolisants.Quelque 31 % des asthmatiques.ih-terrogés ne savaient même pas qiie les corticostéroïdes en inhalation existent.Cette étude démontre, aux yeux du pneumologue Louis-Philippe Boulet, de l’hôpital Laval à Sainte-Foy, à quel point il existe un grand besoin d’information et d’éducation chez les patients.«Leur compréhension de cette maladie est insuffisante et plusieurs préjugés existent», commentait-il.Des patients asthmatiques entretiennent des préjugés ou des craintes non fondées et se privent,, à cause de cela d’une meilleure qualité de vie, rapportait le Dr Boulet.Le Dr Bouchard, un omnipraticien, voit tous les jours des asthmatiques'à l’urgence.«Dans la plupart des cas, on constate que s’ils avaient traité leur maladie de façon appropriée, en pre-nant régulièrement leurs doses de corticostéroïdes en inhalation, leur condition respiratoire serait plus stable, améliorée et moins incapacitate», confiait cet autre médecin.Les crises d’asthmes coûtent cher, aussi, en termes de services de santé et d’absentéisme.Selon une étude qui date de 1989, l’asthme coûterait quelque 400 millions au système de santé canadien en frais directs et indirects et 200 millions en journées dq travail perdues.Asseyez-vous et négociez, implore Rioux seyez-vous et négociez.Une bonne demi-douzaine de policiers surveillaient l’entrée de l’hôtel au cas où des manifestants de la construction se seraient présentés, mais aucun rassemblement n’a eu lieu.Le ministre du Travail s’étonne un peu de voir des entrepreneurs et des ouvriers réclamer du gouvernement qu’il mette fin au conflit alors qu’ils accusaient le gouvernement, il n’y a pas si longtemps, de s’«ingérer» dans leurs relations de travail.«En 1993, les parties syndicales et patronales dans l’industrie de la construction ont demandé au gouvernement de sortir de là-dedans et d’arrêter de leur imposer des décrets», rappelle le ministre.Or, la nouvelle loi dans ce secteur «leur donne la chance de négocier leurs conditions de travail et de signer des ententes.Ce que je souhaite, c’est qu’ils négocient et qu’ils s’entendent», s’est exclamé le ministre.«Ils nous ont dit qu’ils étaient de grands garçons et de grandes filles.Ils ont le fardeau de la preuve.» Chaque jour, les médias rapportent des images d’ouvriers qui s’empoignent au collet, de vitres cassées sur les chantiers, de manifestations dans les rues et d’engueulades.Le ministre Rioux trouve ce climat «désagréable» et «déprimant».Il rappelle aux deux parties que «des gens attendent la livraison de leur maison pour juillet».«Je comprends leur colère à eux aussi.» Quelques heures plus tôt, le ministre Rioux avait reçu un rapport de son coordonnateur de la négociation dans la construction résidentielle.11 comptait étudier ce rapport et en parler avec son auteur en début d’après-midi avant de lui donner suite, le cas échéant.Les asthmatiques profitent mal des médicaments LIA LÉVESQUE PRESSE CANADIENNE Le ministre du Travail Matthias Rioux juge «déprimant» le brasse-camarade dans l’industrie de la construction résidentielle et insiste auprès des parties pour qu’elles s’assoient et négocient.Le ministre québécois du Travail ne semble pas empressé de légiférer pour mettre fin au conflit qui s’envenime dans la construction ré- sidentielle.«Je suis un fervent de la négociation.Les lois spéciales, je déteste ça.» M.Rioux a livré ces commentaires à quelques journalistes, hier midi à Montréal, peu avant de prononcer une allocution devant des représentants du Canada, du Mexique et des États-Unis sur les relations de travail dans le cadre de l’Accord de libre-échange nord-américain.Le message qu’il a livré aux parties se résume en quelques mots: as- «JE VOUS RECOMMANDE D'INVESTIR DANS UN QUOTIDIEN QUI POSE LES BONNES QUESTIONS.» r> Ne manquez pas notre cahier spécial Le samedi 6 avril LE DEVOIR lOl : le vendredi 29 mars 19 9 6 i ¦4 I I.K I) K V O I II , I.K M K It ( It K I) I ‘ il M A II S I !> il li A r> -* LE DEVOIR ?- POLITIQUE Droits de la personne Formation de la main-d’oeuvre Le Canada n’a pas de leçons à donner Max Yalden déplore le fait qu’Ottawa tarde à reconnaître que l’orientation sexuelle constitut un motif illicite de discrimination JEAN DION DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Le gouvernement du Canada devrait jeter un coup d’œil dans le miroir avant de faire la morale au reste de la planète quant à l’importance du respect des droits humains.Ce jugement étonnant par sa sévérité a été émis hier par le président de la Commission canadienne des droits de la personne, Max Yalden, qui condamne le fait qu’Ottawa évite depuis maintenant dix ans de tenir sa promesse, maintes fois formulée, de modifier la loi afin que l’orientation sexuelle soit considérée comme un motif de discrimination illicite.« '«Comment concilier ce bilan avec le comportement des gouvernements canadiens qui font la leçon à tous les autres dans le monde sur la façon de mener leurs affaires et, surtout, qui leur disent à quel point notre bilan en matière de droits de la personne est remarquable?», a déclaré M.Yalden au moment de déposer le rapport annuel de l’organisme qu’il dirige.«Je rappellerai au gouvernement que la déclaration des Nations unies et la loi canadienne relatives aux droits de la per- sonne disent que tous les humains sont égaux en droits.Cela ne signifie pas tous sauf les homosexuels», a-t-il ajouté.M.Yalden a bien pris soin de ne pas montrer du doigt que les libéraux dans ce dossier puisque depuis 1985, sept ministres de la Justice, surtout des conservateurs, se sont engagés à corriger la situation sans pour autant livrer la marchandise.Mais «dix ans de promesses, je trouve cela profondément décevant pour le moins», a-t-il noté, parlant même de la situation actuelle de vide législatif comme d’un «acquiescement à l’intolérance».La Loi sur les droits de la personne régit les institutions et entreprises soumises à l’administration fédérale.Plusieurs motifs de discrimination prohibés y sont recensés, mais l’orientation sexuelle tarde à s’y retrouver pour des raisons politiques, que M.Yalden lui-même n’hésite pas à évoquer.Le caucus libéral, notamment, compte plusieurs opposants farouches à cette reconnaissance.Lors de la campagne électorale de 1993, le Livre rouge libéral promettait de régler la question.Mais le ministre de la Justice Allan Rock, pourtant déterminé sur d’autres fronts, dont celui du contrôle des armes à feu, n’a pas encore bougé.11 y a deux semaines, il avouait de but en blanc que le moment — une seconde moitié de mandat — n’était pas propice.Hier, M.Rock a tergiversé.Il a réitéré que l’interdiction de la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle était un engagement de son gouvernement, mais il a parlé d’«autres priorités», de gestes déjà faits par Ottawa en matière de justice, et de la nécessité de procéder «méthodiquement».Le ministre a donc refusé de dire s’il passerait aux actes d’ici les prochaines élections.«Nous ferons de notre mieux pour bouger dans les meilleurs délais jxis-sibles», a-t-il simplement déclaré.Au Bloc québécois, le député Réal Ménard a qualifié l’attitude de M.Rock de «terriblement lâche: il cède à l’aile Flintstone, l’aile la plus détestable de ce parti-là [libéral], ceux qui, dès qu’on prononce le mot “homosexualité”, deviennent en transe et sont incapables de la moindre cohérence».Par ailleurs, le rapport de M.Yalden, dont c’était le dernier après neuf années à la tête de la Commission, considère que le gouvernement manque à ses obligations envers les autochtones — on parle de «paternalisme», de «déni» et de «piéti- nement» de leurs droits.Il déplore des retards dans l’application de mesures concernant les handicapés mais se réjouit du renforcement des normes entourant l’équité salariale pour les femmes.Selon M.Yalden, le Canada est aussi exposé à une montée de l'intolérance envers les immigrants comme en connaissent, d’autres nations, à commencer par les Etats-Unis; le pays, constate-t-il, «a semblé en désaccord avec soi-même, manifestant bien peu de sympathie à l’égard de minorités vulnérables, qui se sont vu reprocher de ne défendre que leurs intérêts particuliers».«Le vent risque de tourner si nous ne prenons pas de mesures vigoureuses pour contrer ces tendances.La guerre n’est jamais gagnée du point de vue des drqits humains», écrit-il.A cet égard, M.Yalden a qualifié de «regrettable et troublante» l’allusion au vote ethnique faite par Jacques Parizeau le soir du 30 octobre.Mais il trouve consolation dans le fait que ces propos ont été largement condamnés au Québec et que Lucien Bouchard a depuis «adopté la seule attitude valable» en répétant que tous les Québécois sont des citoyens à p;irt égale.L’aide au Cosmodôme Laval revient à la charge LE DEVOIR Laval revient à la charge et demande à Québec de sauver le Cosmodôme.Le maire Gilles Vaillancourt a fait parvenir une demande au ministre des Affaires municipales du Québec, Rémy Trudel, lui faisant valoir que des engagements de l’ordre de 66 millions de dollars ont déjà été prévus par les gouvernements du Québec et du Canada en vertu du Programme de travaux d’infrastructures Canada-Québec.Le maire requiert de puiser à même ces fonds pour sauver le Cosmodôme tandis que le secteur privé s’impliquera à hauteur de quatre millions.Le maire Vaillan-côurt demande d’en discuter avec le ministre Trudel.Un communiqué de presse a été émis hier après-midi pour préciser que «ce choix ne remet pas en cause le bien-fondé du projet d’amphithéâtre polyvalent».M.Vaillancourt avance que le choix en question vise à «assurer l’avenir d’une pièce maîtresse pour le développement éducatif et touristique de la grande région de Montréal».Les retombées économiques seraient estimées à quelque dix millions par année.Le Cosmodôme détient une licence et des simulateurs de la US Space Camp Foundation et de la NASA en exclusivité pour tout le Canada et le nord-est de l’Amérique du Nord.Toutefois, son éloignement du centre-ville de Montréal a fait que les touristes étrangers s’y rendent fort difficilement.Le Cosmodôme est à 20 kilomètres du centre-ville de Montréal, à mi-chemin entre Montréal et Mirabel.Ottawa déposera enfin un projet de loi sur les droits d’auteur JULES RICHER PRESSE CANADIENNE Ottawa — Après 10 années d’attente, Ottawa va finalement déposer son projet de loi destiné à améliorer la perception des droits d’auteur sur les œuvres diffusées à la radio.La présentation du projet de loi devrait se faire à la mi-avril, ont indiqué hier des hauts fonctionnaires du ministère du Patrimoine alors qu’ils comparaissaient devant un comité parlementaire.Les consultations sur la révision de la loi sur les droits d’auteur ont commencé sous les conservateurs en 1986.Deux ans plus tard, les fonctionnaires s’attelaient à la tâche de mettre en forme les changements à la loi.Le processus a été réanimé à la fin de 1994 lorsque le gouvernement libéral a promis d’agir rapidement; le dépôt devait se faire à la fin de 1995.L’échéance a de nouveau été repoussée, mais cette fois de quelques mois seulement.En comité parlementaire, les responsables du ministère du Patrimoine n’ont pas voulu élaborer sur le contenu du projet de loi, sinon pour dire qu’il sera question des «droits voisins», c’est-à-dire les redevances attribuées aux interprètes et aux producteurs, ainsi que de l’imposition d’une nouvelle taxe sur les cassettes vierges.En fait, ceux-ci se sont contentés de répéter les grandes lignes qui avaient été énoncés lors de la reprise du travail d’élaboration en 1994.La ministre du Patrimoine, Sheila Copps, s’attend à ce que les solutions proposées soient les bonnes.«Je suis confiante que ça va bien être reçu par la communauté culturelle», a-t-elle expliqué.Mais tous dans la communauté seront-ils satisfaits du contenu, lui a-t-on demandé.«Il faut attendre le dépôt (du projet de loi)», a-t-elle répondu.A l’heure actuelle, les interprètes et les producteurs ne reçoivent rien quand une de leurs pièces est diffusée à la radio: seuls ies auteurs-compositeurs ont droit à une redevance.Les associations d’artistes réclament depuis longtemps que le travail de ces deux groupes soit reconnu et rétribué à sa juste valeur.Avec les Etats-Unis, le Canada est l’un des rares pays du monde où ces redevances ne sont pas versées.Les radiodiffuseurs, quant à eux, ne l’entendent pas de la même orçille.A leur avis, l’imposition de redevances semblables pourrait porter un coup mortel à plusieurs petites stations de radio.Celles-ci éprouvent actuellement des difficultés financières en raison de changements profonds dans le marché des médias.Bien organisés, les radiodiffuseurs ont mené au cours de la dernière année un lobbying intense auprès des parlementaires fédéraux.«Je suis confiante que ça va bien être reçu par la communauté culturelle», dit Copps Ottawa doute du «consensus» québécois JEAN DION DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Le gouvernement fédéral met en doute la solidité du «consensus» québécois sur la question de la fonnaj (ion de la main-d'œuvre.Et il réitère que toute entente avec Québec sur son retrait du secteur devra se conclure sans que ne lui échappe le contrôle des fonds du régime d’assurance-chômage.Au lendemain de la publication d’une lettre où il affirmait la volonté d’Ottawa d'assurer le maintien de sa présence dans les dossiers relatifs au «marché du travail», le ministre des Ressources humaines, Doug Young, a renvoyé hier les acteurs québécois du dossier à leurs pré.tentions alors que semble s’amorcer un bras de fer autour de la promesse référendaire du premier ministre Chrétien de laisser le champ libre aux provinces.Aux dires de M.Young, le consensus dont se réclame Québec — qui réclame la maîtrise d’œuvre des programmes de formation mais aussi les sommes correspondantes, y compris la part de la caisse d’assurance-chômage dévolue aux mesures actives de réinsertion — est peut-être fragile.«Ix> Conseil du patronat a peut-être une position qui peut rejoindre le gouvernement du Québec, la Chambre de commerce du Québec, d’autres intervenants comme la FTQ.Mais lorsqu’on commence à élargir le nombre d’éléments [.], le consensus peut commencer à se détériorer.11 y a beaucoup de consensus sur bien des sujets, metis ils ne sont pas toujours les mêmes et ils ne sont pas toujours interprétés exactement de la même manière», a indiqué le ministre.«Y a-t-il un consensus?Je n’en sais rien.Mais je vais le savoir.» M.Young dit avoir bon espoir de régler rapidement le problème, mais il n’en estime pas moins que les provinces doivent comprendre que le dossier de l’emploi est large et qu’Ottawa doit y conserver un mot à dire.«On va arriver à des solutions qui ne seront certainement pas 100 % de ce que le Québec veut.(.] Ça va être un compromis, c’est la façon canadienne», a-t-il déclaré.Le premier ministre Jean Chrétien a rappelé que la gestion de la caisse d’assurance-chômage était constitutionnellement de compétence fédérale et qu'il n’y avait pas à revenir là-dessus.«Nous avons l’intention de laisser la formation de la main-d’œuvre au gouvernement provincial et de payer pour les clients du fédéral [les chômeurs] qui recevront les services sans imposer aucune condition quant à la formation elle-même», a-t-il fait savoir aux Communes.Au Bloc québécois, le chef Michel Gauthier a dénoncé l’attitude d’Ottawa, qui refuse de «se brancher» dans ce dossier qui traîne en longueur.Il affirme que les libéraüx s’apprêtent à renier leur promesse faite dans les derniers jours précédant le 30 octobre, soit le retrait total du fédéral de la formation professionnelle.«Le gouvernement remet en place des conditions de négociations avec le Québec qui vont inévitablement entraîner un échec.Il refrise de s’engager plus à fond, et on assiste une fois de plus à tout ce qu’il faut pour un conflit entre les deux gouvernements», a déclaré M.Gauthier.• Le chef du Bloc s’est toutefois dit dans l’impossibiljte de chiffrer les transferts de la caisse d’assurance-chômage qu’il voudrait voir effectués vers le Québec au titre des mesures actives de réinsertion en emploi.Un bras de fer semble s’annoncer autour de la promesse de Chrétien de laisser le champ libre aux , provinces Projet d’entente canado-américaine sur les réfugiés Robillard se fourvoie, selon un expert Le Centre McGill d’études sur le vieillissement vous invite à une CONFÉRENCE PUBLIQUE \ i : MANON CORNELLIER PRESSE CANADIENNE Ottawa — Contrairement à ce que prétend le fédéral, rien dans le droit international n’oblige un réfugié à faire sa demande d’asile dans le premier pays où il arrive.: C’est ce qu’a indiqué hier un représentant du Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies, coùtredisant du même coup l’argument sur lequel s’appuie Ottawa pour vendre un avant-projçt d’entente entre le Canada et les Etats-Unis sur le droit d’asile.«Je ne crois pas qu’il y ait quoi que ce soit dans la Convention qui exige qü’un demandeur d’asile doive soumettre sa requête dans le premier pays où il arrive», a déclaré le représentant au Canada du HCR, Yiîma Makonnen, devant un comité parlementaire qui étudie le projet d’enten- te.L’accord canado-américain exige qu’une personne fasse sa demande d’asile dans le premier des deux pays où elle met les pieds.Quelques exceptions ont été prévues, soit si la personne a de la famille dans l’autre pays ou si la durée de son transit est réduite.L’accord autorisera une escale de 48 heures à une personne qui voyage par avion et un séjour d’au maximum 10 jours à celle qui utilise un autre moyen de transport.De plus, la ministre pourra, pour des raisons humanitaires, intervenir en faveur d’un demandeur.Hier encore, la ministre de l’Immigration, Lucienne Robillard, et ses fonctionnaires ont dit s’en tenir à leurs obligations internationales.«Une personne doit demander la protection dans le premier pays démocratique où elle arrive et où il y a des normes en matière de reconnais- sance du statut de réfugié», a expliqué la ministre.A sa sortie du comité, elle a nié vouloir fermer la porte aux réfugiés ou en réduire le flot, comme le prétendent beaucoup de groupes humanitaires.«Peut-être les gens viendront plus directement au Canada et peut-être que cela permettra de réduire le nombre de personnes qui vont dans un pays, font une demande infructueuse pour ensuite tenter leur chance dans le pays voisin», a-t-elle dit.Selon elle, un accord semblable se justifie quand on sait qu’environ le tiers des demandeurs d’asile qui viennent au Canada arrivent des Etats-Unis.Bien qu’elle soit ouverte à des amendements, Mme Robillard espère pouvoir faire une recommandation au cabinet dès la fin avril et signer l’entente finale quelques semaines plus tard.le dimanche 24 mars 1996 intitulée «Grandeur & misère de nos solitudes» Conférencière Madame Madeleine Préclaire, présidente de la Fondation culturelle Jean de Brébeuf HÔTEL DELTA MONTRÉAL 450, rue Sherbrooke ouest (Métro McGill College) de 14h00à16h00 Entrée libre (café et thé seront servis) Commandité par Merck Frosst Canada Inc.et Hôtel Delta Montréal Téléphonez à Lync Jean, „ administratrice du Centre (intérim) au (514) 766-2010 Dr.Robert Prescott & Associés’(Omnipraticiens) & membre associé Hairlax 1852.Sherbrooke Ouest.Montréal (Québec) H5H 11.4 (514) 933-2104 Tel.: (514)935-0616 F LipOSUCcion (Anesthésie locale) Greffes de cheveux au laser Traitement des rides au laser •Collagène •Varices *Obésité Intégrateur- VOLUMATEUR La Micro-Greffe • Une technique sûre et efficace • Une intervention chirurgicale mineure Céline 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des gains salariaux mais pour améliorer les règles de licenciement de milliers d’entre eux.Voilà où en est rendue notre riche voisine.epuisjuin dernier, les Ontariens subissent les politiques de celui qui leur a promis «une révolution du bon sens».Mike Harris n’a pas mis de temps à faire connaître ses couleurs: avant même la présentation de ce qu’il annonce comme étant le «premier vrai budget conservateur depuis 1984», prévu pour mai prochain, son gouvernement a décrété des compressions de quelque huit milliards $ réparties sur les trois prochaines années et l’abolition de 13 000 postes dans la fonction publique.Devant le refus bien compréhensible de voir leurs membres renvoyés sans autre forme de procès, les organisations syndicales ont choisi de résister en ayant recours pour la première fois de leur histoire au droit de grève que leur avait concédé le précédent gouvernement de Bob Rae.Selon certaines informations qui ont circulé dans la presse ontarienne, et sans entrer dans les détails, il semble que les enjeux du présent conflit tiennent davantage à la plomberie des mesures de séparation qu’à la décision elle-même du gouvernement de réduire ses effectifs.A titre d’exemple, alors que le gouvernement offrirait 40 semaines de salaire à un employé licencié malgré ses 20 années d’ancienneté, le syndicat revendique 86 semaines de salaire et 7000 $ de frais pour permettre au salarié de se recycler.Depuis jeudi dernier, à la demande du médiateur, les parties ont accepté de ne faire aucun commentaire sur la place publique, ce qui fait dire à certains que les négociations vont bon train et pourraient bientôt connaître un dénouement.Par delà la résolution de ce conflit immédiat et la reprise du travail dans la fonction publique, l’Ontario n’est pas au bout de ses peines.D’abord, parce que les 81 000 fonctionnaires ne sont qu’une fraction des quelque 900 000 employés de l’État qui seront, un jour ou l’autre, affectés par les compressions; ensuite, parce que malgré cette nouvelle vague de compressions, l’Ontario n’est pas sortie du marasme financier où elle s’est enlisée depuis le début de la décennie.Faut-il le rappeler, la dernière récession a frappé plus durement cette province que le Québec et son déficit est aujourd’hui proportionnellement plus important que le nôtre.Par contre, autre différence importante, la dette et les intérêts sur cette dernière sont, toutes proportions gardées, moins importantes en Ontario qu’au Québec, alors que la richesse collective de l’Ontario est plus élevée et son taux de chômage plus bas.Si le gouvernement Harris ne prévoit ramener son déficit budgétaire à zéro qu’en 2002, ce n’est pas parce qu’il prend la chose plus à la légère que le gouvernement du Québec, mais parce qu’il a promis de réduire les impôts des Ontariens de rien de moins que 30 % en deux ans, dont la moitié dès cette année.Ainsi, croit-on chez nos voisins, la croissance économique sera plus forte, l’emploi plus élevé et les recettes de l’État suffisantes pour réduire le déficit.Une telle orientation ne sera pas sans influencer les décisions de notre propre gouvernement, le Québec n’étant surtout pas en mesure d’absorber sans en souffrir un élargissement aussi considérable des écarts fiscaux avec son principal concurrent.Dans le processus mis en branle pour sortir leurs provinces respectives du bourbier, ce qui différencie le plus le gouvernement de l’Ontario de celui du Québec, c’est que M.Harris a choisi d’ignorer totalement l’opinion de ses partenaires sociaux dans l’élaboration de sa stratégie.Pire, il a décidé de foncer sans attendre, et quoi qu’il advienne, comme l’avait fait avant lui son homologue albertain, Ralph Klein.En fait, Mike Harris a produit sa propre analyse des années de gouvernement social-démocrate, années pendant lesquelles la longue négociation d’un «contrat social» mitigé avec les organisations syndicales s’était soldée par des compressions de 1,5 milliard et quelques milliers de réductions de postes, ce qui a tout juste permis de ralentir la chute aux enfers.À la relecture des comptes rendus de presse de cette année 1983, on constate un étrange rapproche ment entre les positions des partenaires sociaux avec lesquels Bob Rae a longtemps cherché à s’entendre avant d’imposer des compressions pourtant limitées, et les discours qu’il nous est donné d’écouter ces jours-ci en provenance du sommet socioéconomique québécois: ralentir la cadence des compressions, augmenter les impôts des entreprises, instaurer un impôt minimum, ne pas réduire l’importance de la fonction publique, etc.Devant la détermination du gouvernement Rae, la seule réponse syndicale consistait à menacer ce dernier d’une crise sociale sans précédent.Bob Rae avait écouté, négocié, pour finalement accepter de ralentir ses ardeurs déjà affaiblies par ses propres convictions.Résultat: avec un déficit de plus de dix milliards et une dette qui avait triplé en quatre ans, Bob Rae s’est aliéné la majorité des Ontariens, sans pour autant satisfaire ses alliés.Deux ans plus tard, les Ontariens renvoyaient l’équipe de Bob Rae après un seul mandat à la tête de l’État pour la remplacer par une équipe qui promettait une autre définition du «bon sens».En moins d’une année au pouvoir, Mike Harris a su profiter de cette hypothèque considérable laissée par son prédécesseur pour faire plus qu’un simple ménage dans les finances.Pour la gauche ontarienne et canadienne, Mike Harris est la nouvelle image du diable.C’est vrai que ses attaques sans nuances à l’endroit des assistés sociaux, des syndicats et de l’ensemble des services publics risquent de laisser des marques indélébiles sur la société ontarienne.Mais ce n’est pas tant la lutte au déficit qui est à l’origine de cette remise en cause sans précédent de l’État-providence, que l’idéologie très conservatrice qui lie tous les membres de ce gouvernement.Les Ontariens ne sont pas à ce point plus conservateurs que les Québécois, ce sont les néo-démocrates de Bob Rae qui ont lamentablement échoué dans leur projet de faire une omelette sans casser d’œufs.Les semaines qui viennent nous diront si nos voisins, comme les Albertains, continueront longtemps d’appuyer un gouvernement qui a choisi les grands moyens pour parvenir à ses fins, même au prix de conflits sociaux fréquents et d’une remise en cause profonde du rôle de l’État.La crise ontarienne trouve son origine dans l’échec du contrat social de Bob Rae.À la table de la conférence Si tout doit être mis sur la table lors de la Conférence socioéconomique, la sauvegarde ainsi que la consolidation de la sécurité sociale devraient être renforcées et intégrées à une stratégie d’ensemble de lutte contre la pauvreté et d’assainissement des finances publiques.Plus que la remise en cause de l’universalité comme moyen de préserver les programmes sociaux, de nouvelles avenues devraient être explorées, notamment au plan du réaménagement de la fiscalité et de la réduction du temps de travail de même que la reorganisation de ce dernier.A cet égard, la précarisation des postes ainsi que la montée du travail atypique constituent des entraves à tout vrai redressement de la situation de l’emploi.Statistique Canada donne deux définitions du travail atypique.Selon la définition qui réduit ce dernier à un poste temporaire ou à temps partiel, 16 % des personnes âgées entre 15 et 64 ans occupaient ce type d’emploi en 1994.Par contre, la même année et pour la même catégorie d’âge, 29 % des personnes en emploi occupaient un travail atypique en tenant compte de la définition plus large de ce dernier, c’est-a-dire le cumul d’un emploi régulier et d’un poste temporaire ou à temps partiel, voire la somme de ces trois régimes différents de travail.Ce dernier point, à lui seul, en dit d’ailleurs long sur la modification à la baisse des normes et des conditions d’exercice du travail salarié ainsi que sur la perte induite en terme de pouvoir d’achat des employés.Prélude au Sommet socioéconomique de l’automne prochain, la Conférence sur le devenir social et économique du Québec devrait dé- t, LETTRES -+- boucher sur l’allègement des charges imposées aux moins bien nantis ainsi qu’aux exclus de l’emploi.Jusqu’à maintenant, hélas! ces derniers ont été pratiquement les seuls à avoir été mis à contribution.Pierre Hamel Montréal, 11 mars 1996 L’esclavage fiscal Toutes les politiques de strangulation des chômeurs et assistés sociaux ne visent au fond qu’à enrayer les déficits gouvernementaux.Mais dans les faits, nos sociétés vont se retrouver avec des défavorisés encore plus démunis, plus révoltés et plus malades physiquement et psychologiquement.Le plus grave est que nous allons assister à une recrudescence impressionnante de criminalité et de violence.En bout de ligne, les coûts de la maladie, de la délinquance et de la criminalité risquent fort d’être plus élevés que l’économie faite sur le dos des plus démunis.Tout cela pour éponger des déficits contractés par les «grands» de ce monde qui désirent toujours jouer avec des F18 et des sous-marins nucléaires.Il y a longtemps que la réalité a dépassé la fiction.Jusqu’à tout récemment, en Amérique, le servage se pratiquait avec des bracelets de fer autour des pieds et des poignets.Maintenant, l’esclavage s’y pratique à l’aide de bracelets fiscaux légués de père en fils et assurant le transfert des dettes gouvernementales à des générations de plébéiens et leurs propriétés.Bref, les éternels recommencements de l’histoire à travers une vieille recette machiavélique où les «grands» alimentent leur mégalomanie avec le sang des «gagne-petit».Damien Tremblay Saint-Jean-Baptiste-de-Rouville, 10 mars 1996 Réduire la semaine de travail Je propose au gouvernement d’inclure dans les normes du travail le droit à tout employé d’une moyenne ou grande entreprise de pouvoir réduire la durée de sa semaine de travail sur unç base régulière.Évidemment, les dirigeants d’entreprises s’y opposeront en prétextant que cela les obligerait à augmenter le nombre d’employés pour obtenir la même somme de travail, c’est-à-dire augmenter les coûts (plus de personnel ayant des avantages sociaux, plus de paies à calculer, etc.) sans en tirer aucun intérêt.D’après des études gouvernementales, lorsqu’on applique une réduction des heures de travail, on constate une amélioration de l’assiduité ainsi qu’une hausse de la productivité des employés.Lorsque ceux-ci ne sont pas rémunérés pour leurs congés, ces avantages compensent les frais supplémentaires encourus par l’entreprise.Dans le secteur public, on offre déjà des programmes semblables à ce que je propose, et cela semble bien aller.Pourquoi ne pas étendre cette pratique?L’entreprise privée a besoin d’être poussée; si elle ne voit pas d’avantages à offrir ce que je préconise à ses employés, elle ne le fera pas, même si cela ne lui coûte rien.Une bonne partie de la population est prête, elle, a faire sa part mais elle a besoin d’aide afin de vaincre l’inertie et l’indifférence des entreprises face au fléau contemporain du chômage et de l’assistance sociale.L’intégration de ce nouveau droit dans le Code du travail rétablirait l’équilibre.Ronald Bardiaux Vaudreuil, 7 mars 1996 f M\tmém Main tendue ou mainmise?SOKMET SÛUO-ECOUOWOOE, 0601?2.•„ 'RE.TÆ.mRREK tEGOVOOFME.— a semaine dernière, Lu- Lcien Bouchard s’adressait aux élites anglo-montréalaises lors de son discours au théâtre Centaur.Cette l!==JI semaine, il tend la main aux gens d’affaires dans le cadre du sommet socioéconomique.Intimement reliés, ces deux événements visent à gagner des appuis au nouvel agenda du gouvernement.Après la mise en veilleuse de la souveraineté et les messages sur le présumé biculturalisme du Québec — M.Bouchard parlait au Centre Molson des «Québécois des deux langues» —, la plate-forme progressiste du PQ présentée à l’électorat en 1994 cède le pas à un discours plutôt néolibéral.Faut-il s’en étonner?Dès le 29 janvier, ce nouvel agenda était pourtant déjà défini dans un document produit par le gouvernement Bouchard sur l’organisation gouvernementale et son fonctionnement.Une administration fortement centralisée et des mécanismes de contrôle y apparaissent à travers ses concepts-clés: raffermissement, conformité, coordination «très forte», cohérence et harmonisation.Éa priorité absolue qui ressort de ce document est la fin des déficits et la réduction du poids de la dette.Pour atteindre cet objectif, chaque ministère doit produire un plan stratégique de trois ans.Cette commande triennale confirmait qu’à moins d’un accident de parcours, aucun référendum ne serait tenu avant la fin d’un mandat qui se terminerait au plus tôt en janvier 1999.Le document précise que ces plans stratégiques sont «l’instrument retenu pour permettre d’assainir les finances publiques».Dotés d’enveloppes fermées et prévoyant des mesures d’«atténuation d’impacts», ils sont approuvés et peuvent être revus par le comité des priorités dont font partie Lucien Bouchard et huit de ses ministres.Quant à l’emploi, le rôle de l’Etat n’est plus que de «susciter des conditions propices» à la création d’emploi.On favorisera donc un environnement fiscal «concurrentiel» et une déréglementation menant à la réduption du «poids bureaucratique de l’État dans le domaine de l’écono- JOSÉE LEGAULT ?mie».Bref, sur les finances publiques et l’emploi, le discours s’aligne clairement sur les positions qui dominent dans le reste du continent.Les autres priorités incluent un système d’éducation où l’accent serait mis sur la formation professionnelle.Et pourtant, dans une ère où le développement des capacités intellectuelles et langagières est une clé essentielle à un marché du travail axé sur l’informatisation et les services, on ne peut faire l’économie d’une éducation de base rigoureuse ou d’un renforcement quantitatif et qualitatif du français.La mise en œuvre des nouvelles priorités et stratégies du gouvernement Bouchard se fera par le biais d’une «coordination» et d’une «harmonisation» au «plus haut nivequ de l’ensemble de l’appareil de l’État».Au centre d’un pouvoir décisionnel circulaire se trouvent le premier ministre et un comité des priorités appuyé d’un secrétariat restreint mais puissant Ce dernier relève du secrétaire général qui relève lui-même de M.Bouchard.Quatre puissants comités ministériels permanents de coordination viennent compléter le tableau: éducation et culture, emploi et développement économique, développement social, affaires régionales et territoriales.M.Bouchard s’est d’ailleurs réservé la présidence de ce dernier comité, qui doit «dégager une vision territoriale de l’action gouvernementale».Ce qui nous amène à Montréal et à Serge Ménard.M.Ménard, ministre d’État à la métropole, semble être le membre le plus influent du gouvernement après le premier ministre.Faisant partie du comité des priorités, M.Ménard est membre d’office des quatre comi- À PROPOS -?- tés ministériels permanents de coof-’ dination.Dans chacun de ces comités, M.Ménard peut participer en fonction de l’examen des dossier^ concernant son territoire.Ce qui;: risque de couvrir la quasi-totalité des décisions gouvernementales.Jouissant du «soutien politique^1 du comité des affaires régionales-’ présidé par Lucien Bouchard, Mv-Ménard voit aussi à la coordination-des actions gouvernementales dans-la région métropolitaine.“¦v De plus, obligation est faite à tous'1 les ministres sectoriels de l’«asstos" cier» à leurs décisions qui concér- ’ nent Montréal.Ce qui n’est pas rietl! M.Ménard doit aussi créer la Commission de développement de la ré- -gion métropolitaine de Montréal1, ’ dont le coprésident — tel qu’annom : cé par Lucien Bouchard au Centauf — sera un anglophone influent (Pe^' ter Blaikie, peut-être, ou un autfP1 avocat?).La Commission conseillera le go”ù-~ vemement sur ses interventions sur ce territoire et sur les planifications stratégiques des ministères.Elle pourra aussi le «conseiller» sur les plans d’équipements scolaires, universitaires, hospitaliers et culturels de Montréal.D’où l’énorme pouvoir que pourrait exercer son coprésident anglophone en ces temps de «réconciliation» et de revendications des Anglo-Montréalais.Le pouvoir de Serge Ménard est imposant.D’où la nécessité de pd?4 ter attention à ses réseaux et ses dé- [ clarations.Son influence s'exerce sur près de la moitié de la population: du Québec, sur le centre même qe i; son activité économique et sur la plu-J part des ministères.Le pouvoir dè: M.Ménard constitue un indice pté^ occupant du degré de centralisatiôtv de nos gouvernements.Cette préoccupation mène à un questionnement plus global sûr notre système parlementaire et gouvernemental.L’hypertrophie du pouvoir exécutif, la politisation effrénée du judiciaire et l’atrophie du législatif-affaiblissent considérablement nos-parlements.Le problème n’est certes pas nouveau, mais toute discussion-sur l’état actuel de la démocratie an Québec ou au Canada ne saurait én faire fi.' il! *ï T fl .du pacte social Jusqu’au milieu des années 70, la croissance forte et soutenue de l’économie a permis le maintien d’un pacte social qui reposait sur l’apport continuel de nouvelles richesses.Par la suite, les fléchissements successifs de la croissance sont venus menacer le rêve d’une société toujours plus généreuse.En fait, nombre de problèmes sociaux et économiques, comme la pauvreté et la vulnérabilité économique, dépassent, aujourd’hui, le cadre du système en place; celui-ci, en effet n’a pas été conçu dans le contexte de rareté d’emplois et de ressources que nous connaissons aujourd’hui.Le temps est venu de revoir nos priorités comme société, de modifier nos façons de faire pour atteindre les objectifs qui nous tiennent à cœur et finalement d’innover pour mettre en place de nouvelles approches compatibles avec les valeurs qui nous caractérisent et nous définissent.Ce n’est que par la révision dè certains aspects de notre pacte social que nous pourrons' reprendre les commandes de notre destinée et relever les défis auxquels nous sommes confrontés.Un Québec de responsabilité et de solidarité, Confèrence sur le devenir social et économique du Québec, mars 1996, up LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BODRASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSONNETTE H Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX ( J Vice-président, finances et administration FRANÇOIS TH0UIN K V OIH.I.K M K H C H KOI 2 0 M A H S I H I) (f A S •» le :__________, ?ACTUALITES Sondage du ministère de la Santé Les Québécois font peu confiance aux CLSC ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Pas très populaires les CLSC, tend à démontrer un sondage réalisé par le ministère de la Santé sur le degré de confiance des Québécois à l’égard des principaux dispensateurs de soins de santé.Si on sait déjà que les CLSC sont peu fréquentés par les usagers du réseau de la santé, on sait peu par contre que c’est parce que les Québécois ne leur font pas beaucoup confiance.Triste réalité, les CLSC arrivent presque bons derniers en ce qui a trait au degré de confiance que leur accordent les usagers, révèle ce sondage réalisé pour le compte du ministère de la Santé et des Services sociaux.C’est en fait la clinique médicale qui est la plus fréquentée par les Québécois (65 %), suivie de l’urgence des hôpitaux (39 %) et celle de leurs cliniques externes (39 %).Les CLSC arrivent en bout de liste, seulement 27 % des répondants s’y étant rendus pour leurs besoins de santé personnels au cours des deux dernières années.Ce qui frappe davantage, c’est le peu de confiance qu’accorde la population à ces centres communautaires de santé.Les sondages démontrent en fait que les CLSC et les centres d’hébergement pour personnes âgées sont les institutions qui s’attirent le moins la confiance des Québécois.En fait, le degré de confiance le plus élevé des usagers va d’abord aux infirmières (90,8 %), puis aux médecins (85,7 %), aux cliniques médicales (85 %) et, dans une moindre proportion, aux hôpitaux (78 %).En fait, les francophones plus scolarisés semblent surtout fréquenter les cli-niques médicales, alors que les per-sonnes à faibles revenus ont plus tendance à se présenter à l’urgence pour leurs problèmes de santé.Dans les régions éloignées comme'les îles de la Madeleine et la Gas-pésie, les usagers fréquentent davantage leurs CLSC.Les jeunes de 18 à 24 ans et les personnes âgées de plus de 65 ans sont les clientèles qui se tournent le plus spontanément vers les services offerts par les CLSC.Foire campagnarde à Queen’s Park Toronto (PC) — La présence de camions de transport de bétail a donné une atmosphère de foire campagnarde au Parlement ontarien, hier, à l’occasion d’une bruyante manifestation de conditionneurs de viande qui sont présentement contraints à l’inactivité en raison de la grève des employés de la fonction publique.Les employés de cette industrie réclament le retour au travail des inspecteurs des viandes, afin que les usines de transformation et les abattoirs puissent se remettre en marche.«Nous demandons au premier ministre (Mike) Harris de trouver une solution pour remettre en marche nos usines et ramener nos employés au travail», a déclaré Ron Dancey.f DEFICIT «Ce n'est pas le temps de casser la vaisselle» SUITE DE LA PAGE 1 nement, selon les syndicats, c'est le «chaos social, la pagaille», ce qui remettrait en question le climat paisible actuel des relations de travail.Les compressions brutales que nécessiterait l’atteinte de l’objectif du gouvernement provoqueraient un ralentissement économique et des pertes massives d’emplois.«Ce n’est pas le temps de casser la vaisselle, a tranché le président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Clément Godbout.Il est important de s’assurer, dans les objectifs qu’on se donne, qu’on ne crée pas de problèmes plus graves.» «Ça n’a pas de bon sens de vouloir se suicider dans deux ans (.) en s’étouffant avec une galette trop grosse», a renchéri Gérald Larose, président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN).Le président du Fonds de solidarité, Claude Blanchet, a fait remarquer que même en suivant la trajectoire budgétaire proposée par les syndicats, le déficit québécois exprimé en pourcentage de son PIB resterait en deçà de celui de l’Ontario.«Il est important qu’avec la médecine on ne tue pas le cheval.» Le ministre de l’Économie et des Finances s’est dit impressionné par la percée qui semble s’être effectuée sur cette question épineuse, qui risquait de condamner à l’échec la conférence socioéconomique.La veille, M.Godbout avait laissé entendre qu’il pourrait quitter la rencontre si le gouvernement continuait à faire la sourde oreille.Une réunion tôt hier matin entre les représentants de la FTQ, de la CSN, de la Confédération des syndicats démocratiques et des syndicats de la fonction publique a permis l’élaboration de la proposition conjointe qui a manifestement volé la vedette lors des discussions.«Ils mettent le vrai zéro sur la table.C’est une trouée très intéressante que les partenaires socioéconomiques recherchent l’équilibre budgétaire véritable», a constaté M.Landry à l’issue de la séance publique.Mais il n’est pas question, pour l’instant, de remettre en question les cibles budgétaires déjà annoncées, a-t-il aussitôt ajouté.«Pour le moment, on garde le même cap parce que les raisons pour lesquelles nous avons établi ce cap sont tellement impérieuses qu’il faudrait qu’on nous donne des garanties qui seraient solides» quant au respect de l’objectif.«Et c’est pas fait encore.» Le ministre des Finances et de l'Économie a dit avoir besoin de détails sur les modalités aue proposent les syndicats pour y arriver avant d’endosser leur initiative.Le secrétaire général de la CSN, Pierre Paquette, a laissé entendre que les modalités choisies dépendront largement des travaux de la commission sur la révision de la fiscalité qui sera mise sur pied en vue du deuxième grand sommet socioéconomique à l'automne.Une réforme de la fiscalité permettrait au gouvernement de compter sur de nouvelles sources de revenus, a-t-il indiqué.Pour leur part, les présidents des deux principaux organismes patronaux — Ghislain Dufour, du Conseil du patronat, et Gérald Ponton, de l’Association des manufacturiers — ont réservé un accueil plutôt favorable à la proposition syndicale.«Nous sommes prêts à discuter», a affirmé M.Dufour, faisant remarquer qu’il s’agit d’un objectif en quelque sorte plus ambitieux que celui jusqu’ici articulé par le gouvernement.L’appui du patronat serait toutefois conditionnel à ce que Québec maintienne le cap sur son objectif pour 1996-97 — un déficit de 3,2 milliards — et que les maisons de cotation de crédit new-yorkaises ne voient pas d’un mauvais œil la prolongation de l’échéancier pour éliminer le déficit des opérations courantes, a fait savoir M.Dufour.La crainte d’une décote était au cœur des discussions d’hier sur les finances publiques.L’un après l’autre, les représentants du milieu des affaires l’ont soulevée.M.Blanchet, du Fonds de solidarité, s’est montré sceptique face à leurs craintes.Reprenant les chiffres que M.Landry lui aurait lui-même fournis, il a affirmé que le coût d’une décote d’un cran pour le Québec par les agences Moody’s et Standard & Poor’s ne s’élèverait qu’à 50,millions par année, soit 0,1 % des dépenses de l’État.M.Landry et le président de la Banque Nationale, André Bérard, ont répliqué que les véritables coûts dépassent de loin ce montant puisque tous les organismes québécois — tant publics que privés — qui empruntent sur les marchés obligataires souffriraient d’une hausse des taux d’intérêt reliée à une décote.Les 55 intervenants et 30 invités spéciaux du premier ministre Lucien Bouchard qui participent à la Conférence sur le devenir économique et social du Québec se sont réunis à huis clos hier soir pour poursuivre leurs discussions.Le résultat de ces tractations devrait être connu aujourd’hui à l’issue de la rencontre de trois jours qui vise à je(er les bases d’un «nouveau pacte social» entre l’État et les citoyens.Pour sa part, M.Bouchard a exhorté les participants à réfléchir sérieusement avant de considérer le report de l’objectif d’élimination du déficit des dépenses courantes.Rappelant que l’engagement d’opérer le redressement des dépenses courantes sur trois ans a été contracté l’an dernier dans le budget de Jean Campeau, le premier ministre a affirmé que la remise en question de cet objectif pourrait livrer un dur coup à la crédibilité du gouvernement auprès des marchés financiers, des maisons de cotation et de la population.«Est-ce que les gens vont nous croire si à tous les ans on ajoute un an à la période de trois ans?», s’est-il demandé.Quant à la volonté de la population de souscrire aux efforts budgétaires du gouvernement, elle dépendra aussi de la durée des sacrifices demandés.«Pour que les gens puissent avoir suffisamment d’espoir dans la réussite des efforts qu’on leur demande, il ne faut pas que ça soit trop long», a-t-il opiné.La principale raison de rejeter la proposition syndicale demeure «l’orage qui nous guette»: la prochaine récession.«Il ne faudra pas que la récession nous frappe alors qu’on n’aura pas encore terminé le redressement.Là, si ça arrivait, ce serait toute une dégringolade.Tout ce que nous aurons fait avec le déficit, tout ce que nous aurons demandé à toutes les clientèles québécoises sera compromis, effacé, dilué, oblitéré, du jour au lendemain, avec la chute à nouveau dans le déficit Et là, où est-ce qu’on prendra l’argent pour couper encore?(.) Il ne faut pas qu’on soit rattrapés par l’or,age qui nous menace.» A cet effet, le premier ministre s’est montré ouvert à la suggestion du chef de l’opposition Daniel Johnson voulant que l’Assemblée nationale adopte une loi antidéficit qui contraindrait le gouvernement à équilibrer son budget.Il s’agit du «genre de loi qui pourrait être adoptée assez rapidement», a déclaré M.Johnson.S’il s’est dit prêt à considérer la recommandation du chef de l’opposition, M.Bouchard a toutefois livré une mise en garde: «Il faudrait faire attention de se donner des contrôles qui soient mécaniques, inapplicables.» savent SONDAGE SUITE DE LA PAGE 1 mier de la réforme.Et cette perception s’est accrue depuis l’été dernier, même si le ministère a amorcé depuis une série de messages publicitaires à la télé pour fairp mousser les aspects positifs de sa réforme.Douloureux constat, seulement 12 % des citoyens pensent que l’objectif premier de la réforme est d’améliorer les services de santé.Plus encore, le rapport souligne que la population «est très partagée» sur le projet de réforme, 47 % se disant plutôt pour alors que 43 % s’affichent plutôt contre.Au bout du compte, près de 51 % des Québécois pensent maintenant que la qualité des services va souffrir de la réforme, alors que seulement 37 % pensent qu’elle en sortira améliorée.Ce sentiment négatif s’est accru depuis août dernier, alors que seulement 47 % des gens craignaient une dégradation des services.Pas moins de 41 % des personnes interrogées se disent contre la réforme d’abord parce qu’elles redoutent une baisse de la qualité des services, alors que 26 % s’y opposent en raison de la fermeture annoncée de certains hôpitaux.Pas moins du quart des répondants sont contre la réforme parce qu’ils croient que Québec se trompe carrément de cible et devrait couper ailleurs avant de s’attaquer aux services.Cette perception a d’ailleurs grimpé depuis l’été dernier puisque seulement 17 % des répondants invoquaient alors cet argument pour s’opposer à la réforme.Même si les Québécois sont plus que sceptiques face à la réforme en cours, ils sont en accord avec les grands objectifs du virage ambulatoire, soit le désengorgement des salles d’urgence (93 %), la diminution du nombre d’hospitalisations (81 %), l’accès accru aux centres d’hébergement (79 %), les chirurgies d’un jour et les soins à domicile.Malgré tout, la firme Impact Recherche, qui a réalisé ce rapport pour le ministère, prend bien soin de noter que «la majorité de la population comprend de la réforme qu’il s’agit d’un moyen de réduire les dépenses de l’État».«Les aspects liés au virage ambulatoire n’ont pas encore été assimilés par la population», poursuivent les auteurs.Seule consolation, davantage de Québécois se disent maintenant bien informés de l’existence de la réforme (45 % contre 35 % en août), surtout chez les familles moins nanties (revenus de moins de 20 000 $ par an), les hommes et les allo-phones.C’est par contre au sein de ces familles plus pauvres et chez les jeunes de 18 à 24 ans que l’appui à la réforme s’est le plus étiolé depuis les derniers mois.A ce titre, le rapport note que les quatre messages publicitaires diffusés à la télévision de septembre à novembre dernier, montrant une chambre d’enfant, une maison, un lit d’hôpital vide et une salle d’urgence pour vanter les mérites du virage ambulatoire et des soins à domicile, ont été vus et bien perçus par la moitié de la population.Les auteurs suggèrent d’ailleurs fortement au ministère de la Santé de doubler ses efforts «de communication» pour augmenter l’appui de la population à sa réforme.«Pour ce faire, on devrait donc tenter de mieux expliquer les objectifs et les retombées positives de la réforme», peut-on lire dans ce rapport.SARAJEVO Les fossés demeurent entre les trois entités ethniques SUITE DE LA PAGE 1 la caserne Tito, et surtout le quartier général de l’armée.L’état-major, la police militaire et les services de renseignement se trouvent géographiquement au cœur du secteur interdit.Les Bosniaques, qui désirent conserver ces centres vitaux à Sarajevo, ont prié l’OTAN de leur accorder une dérogation spéciale concernant ces unités non combattantes.Refusée.«Aucune exception à cette exigence n’a été accordée et aucune ne le sera», a indiqué un porte-parole de l’IFOR.L’OTAN n’a pas exclu l’emploi de la force s’il fallait obliger le commandement bosniaque à quitter Sarajevo, mais un expert occidental estime que d’autres moyens de pression vont porter leurs fruits, notamment le chantage à l’aide économique.«Les Américains tiennent les Bosniaques, résume-t-il.Sans leur feu vert, pas un dollar n’arrivera à Sarajevo.Et n’oublions pas les promesses américaines de renforcer l’armée bosniaque.Pour recevoir des armes, elle doit d’abord se conformer aux accords signés sans sourciller.» Le volet militaire de l’accord de Dayton devrait donc être clos, et l’IFOR en retire une réelle crédibilité.Mis à part des incidents isolés, n’impliquant que des hommes munis d’armes légères, le cessez-le-feu a été parfaitement respecté.Les centaines de check-points qui cou- vraient le territoire bosniaque ont été démantelés, même si certains barrages policiers conservent une rigueur quasi militaire.La démobilisation a commencé et les jeunes gens retournent à la vie civile.L’immense majorité des prisonniers de guerre a été échangée même si 217 hommes demeurent officiellement en prison et que des milliers d’autres sont toujours portés disparus.Ces trois premiers mois du mandat de l’OTAN en Bosnie — fixé à un an — se sont déroulés à une cadence accélérée, sous la pression américaine, le président Clinton ayant promis au peuple américain que les GI seraient de retour à l’automne prochain.Le rôle des civils Lors de la passation de pouvoir entre la FORPRONU et l’IFOR, le 20 décembre 1995, nul ne semblait croire que le calendrier serait respecté.Pourtant, il l’a été sans faux pas majeur, hormis une brève interruption des relations entre l’IFOR et les Serbes de Bosnie, au mois de février, après l’arrestation de deux officiers serbes par la police bosniaque.Les deux officiers ont été transférés à La Haye, où l’un, le général Djukic, a été inculpé par le Tribunal pénal international (TPI) pour «crimes de guerre».Désormais, les civils devraient jouer un rôle accru en Bosnie-Herzégovine, les soldats de l’OTAN assu- rant un climat de sécurité relative.Sous la houlette du haut représentant civil de la communauté internationale, le Suédois Cari Bildt, différentes organisations vont s’atteler aux tâches qui les attendent, notamment l’organisation d’élections démocratiques et le retour des réfugiés dans leurs foyers.D’ores et déjà, M.Bildt a réclamé le soutien de l’IFOR, mais l’OTAN est réticente à l’idée d’un élargissement de sa mission.Les principaux obstacles qui attendent les équipes internationales sont les fossés demeurant entre les trois entités ethniques qui composent le pays.Non seulement la Fédération croato-musulmane et la République serbe ne s’entendent sur aucun sujet, mais la Fédération est elle-même minée par des divergences profondes entre Croates et Bosniaques.Ainsi, la ville de Mostar est toujours divisée, les institutions fédérales sont en panne, et aucune armée conjointe n’a été formée depuis les accords de Washington en mars 1994.Dans ce climat encore tendu, la communauté internationale paraît hésiter à verser les fonds promis pour la reconstruction du pays et la relance de l’économie.Pourtant, la paix ne sera durable que lorsque les réfugiés auront pu reconstruire leurs maisons et quand les anciens combattants auront retrouvé un emploi.Côté bosniaque, on commence à croire sincèrement que la stabilité va s’installer.Les Sarajéviens, qui déplo- rent le partage de facto d’un pays qu’ils désiraient unifié, sont soulagés par la levée du siège de la capitale.Ils espèrent que la réunification de la ville permettra de sauvegarder son caractère multiethnique, notamment-grâce au retour des exilés, qu’ils soient musulmans, serbes ou croates.Le départ des 50 000 Serbes qui vij vaient autour de la capitale ne les inquiète pas puisqu’ils étaient majoritairement des campagnards, déjà déplacés en 1992, ou des extrémistes venus assiéger la ville.Ils aimeraient que les 150 000 réfugiés musulmans puissent également partir, et retrouver leurs terres en Bosnie orientale.Côté serbe et croate, dans les «républiques» autoj proclamées, l’atmosphère est différente.L’objectif dej meure d’entériner la division de la Bosnie-Herzégovine, puis de se confédérer avec la Serbie et la Croatie: Sur le terrain, l’armée républicaine bosniaque ne contrôle qu’environ 35 % du territoire, ce qui ne permet pas au gouvernement de Sarajevo d’être indépendant de ses voisins.La Bosnie loyaliste demeure une enclave, encerclée par Serbes et Croates, sans accès à la mer ni à aucun pays ami.Le succès incontestable de l’OTAN ne doit pas masquer la réalité: les ingrédients existent toujours pour une reprise de la guerre.Les premiers pas vers la paix viennent tout juste d’être esquissés.Le devoir LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H30 À 17HOO 2050, RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE, MONTRÉAL, (QUÉBEC) H3A 3M9 RENSEIGNEMENTS H ADMINISTRATION : (514)985-3333 PUBLICITÉ AVIS PUBLICS (514) 985-3344 + ANNONCES CLASSÉES (514) 985 3344 4 PUBLICITÉ (514) 9*5 3399/ télécopieur (514)9*50390 NUMÉRO SANS FRAIS 1 800 363-0305 SERVICE DES ABONNEMENTS lis n»é(os 4e lélépkont silnets spat «liblts poet le stnrice 4e lirulsoa per ceaelel et pou les ebeeieaeets peslin DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 A 16H30 Montréal (514) 985-3355 / télécopieur (514) 985-3390 Extérieur (sans Irais) 1 800 463-7559 LE DEVOIR « pubbé pv LE DEVOIR Inc dont le »e«e social r« aitué au numéro 2060 de Bleury.9e éu«r.Montréal (Québec).H3A 3M9 11 e* imprimé par In Imprimerie Québécor LaSaDr.7743 de Boardn».dirôéoo de MP™*™» Québécor tac.Srinljncnuec.Montréal.^getKePreroe Canadienne rat informations publias dans LE DEVOIRIE DEVOIR r%t distribu* par Messager* * Dynamique*, àmâoa du Groupe Québécor toc.900 bouL St Martin ouest.Laval.Envoi â%publication — Enregistrement no 0858 Dépôt légal.Bibliothèque nationale du Québec.Téléphone général (514) WS-033.semce a la clientele (514) 985-3355.publicité 14^9H>33_ A1C 76
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