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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1996-03-23, Collections de BAnQ.

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Une économie ouverte sur le monde — Un cahier spécial «r ' " » F 0 N I) E EN 19 10 i.x x x v i LES ARTS Emir Kusturica, l’apatride PAGE B 1 LIVRES Monique Proulx: changer de peau L’ÉCONOMIE Le casse-tête des hypothèques légales INTERVIEW Guy Chevrette: les régions en priorité pour 1996 PAGE D 1 PAGE C 1 PAGE C 5 Le bœuf pas très à la mode S y l via ne T r amie r Suivez le bœuf!», conseillait il y a quelques années un slogan publicitaire de l’industrie bovine française.C’était lorsque l’entrecôte saignante était parée de toutes les vertus thérapeutiques et que, à défaut d’être remboursée par la sécurité sociale, elle était vivement recommandée par les médecins aux anémiques et aux chétifs.En Grande-Bretagne, le célèbre roast-beefet la côte de bœuf — si possible de, l’Aberdeen Angus, fine fleur du bœuf d’embouche d’Ecosse — trônent encore dignement sur les meilleures tables des grands restaurants londoniens.Mais hier, la une du grand journal populaire du soir, The London Evening Standard, n’avait qu’un conseil à donner à ses lecteurs: «Don’t eat beef!» Les révélations du gouvernement britannique sur la transmission possible à l’homme de la maladie de «la vache folle» ne font pas qu’ébranler quelques certitudes médicales et gastronomiques.Elles pourraient bien être catastrophiques pour l’industrie britannique du bœuf, voire pour l’industrie mondiale du bœuf de boucherie, si la psychose s’empare des consommateurs.Ce qui semble bien commencé en Grande-Bretagne: les cours du bœuf ont chuté de plus de 30 % cette semaine.?L’élevage bovin britannique re- présente un chiffre d’affaires annuel de quatre milliards £ (environ huit milliards $ CAN) et assure 115 000 emplois directs.En 1995, les Britanniques ont produit 857 000 tonnes de viande de bœuf.Plus de la moitié des exploitations agricoles britanniques «font du bœuf», exclusivement ou accessoirement.C’est dire si la crise de confiance que traverse la viande bovine peut s’avérer coûteuse pour l’économie britannique.Le premier cas d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) a été diagnostiqué au Royaume-Uni en 1986.Cette première bouffée d'inquiétude avait été assez rapidement apaisée après que les autorités eurent adopté, en 1988, des règles sanitaires qui auraient dû enrayer l’épizootie.Il s’agissait notamment d’interdire l’utilisation dans l’alimentation des bovins de compléments composés de farines fabriquées avec des déchets d’équarrissage ovins.L’hypothèse la plus généralement retenue veut en effet que l’ESB provienne d’un virus qui affecte les ovins et soit une variante de la «tremblante du mouton» dont serait touché près de 30 % du cheptel ovin britannique.Ces règles ont-elles été insuffisantes ou ont-elles été mal observées?Il reste que depuis dix ans, près de 170 000 cas d’ESB ont été recensés au Royaume-Uni et que, de toute évidence, les autorités sanitaires ne sont pas parvenues à éradiquer l’ESB.Cela a conduit plusieurs pays, l’Argentine et le Canada notamment, à imposer en 1990 un embargo sur les importations de bovins et de viande de bœuf en provenance du Royaume-Uni.A Ottawa, les autorités sanitaires se veulent rassurantes sur la qualité de la viande de bœuf et du cheptel bovin canadiens.«La maladie de la vache folle n’existe pas au Canada», affirme le Dr Robert Charlebois, vétérinaire au ministère de l’Agriculture.De fait, un seul cas d’ESB a été diagnostiqué en Alberta en 1993 chez un apimal importé de Grande-Bretagne avant l’embargo.A la suite de la découverte de ce cas, tous les animaux provenant du même troupeau et leurs descendants — près de 400 bêtes en tout — ont été abattus, les carcasses incinérées.M.Charlebois souligne aussi que certains des facteurs de prédisposition à la maladie n’existent pas au Canada: le cheptel ovin y est faible, et le taux de prévalence de la «tremblante du mouton» y est très bas: trois cas seulement ont été signalés l’année dernière.En outre, les cas de «tremblante du mouton» font l’objet d’une déclaration obligatoire auprès du gouvernement fédéral et les animaux malades sont abattus et incinérés ou enterrés.La surveillance épidémiologique dés bovins est cependant stricte, l’ESB étant une maladie à évolution lente pour laquelle on ne dispose pas de test de dépistage.Londres devra peut-être procéder à des abattages massifs de bétail, comme ce fut le cas, des deux côtés de l’Atlantique, pour éradiquer la fièvre porcine et la fièvre aphteuse.Quelles que soient les mesures retenues, la méfiance générale à l’égard de la viande de bœuf risque de priver les industries bovines concurrentes des retombées qu’elles seraient en droit d’attendre de l’infortune des Britanniques.Les éleveurs argentins et canadiens par exemple pourraient fonder de bons espoirs de croissance pour leurs exportations vers l’Europe.Mais tout dépendra au bout du compte de l’attitude des consommateurs déjà méfiants, qui, depuis le début des années 80, dédaignent de plus en plus la viande rouge.INDEX Agenda .B14 Avis publics.CIO Classées.Cil Culture.Cl Économie.Cl Éditorial.AlO Le monde.A6 Mots CToisés.Cll Les sports.Cl 2 M É -ifiîo T É 0 Montréal Un peu de neige samedi, dégagement dimanche.Max: 1 Québec Ciel variable samedi, dégagement dimanche.Max: 0 Détails en C 11 Le français progresse mais n’est pas encore la langue commune des Québécois Un comité du gouvernement dresse un bilan mitigé de la situation PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Nonobstant une nette progression dans l’ensemble du Québec depuis 1977, le français n’est pas devenu la langue d’usage public commune à tous les Québécois, non plus que la langue normale et habituelle du travail, de l’enseignement, des communications, du commerce et des affaires.«Un long chemin de parcouru mais il reste encore du chemin à parcourir», conclut le rapport du comité interministériel mis sur pied en septembre dernier par la ministre Louise Beaudoin pour «décrire et analyser l’évolution de la situation de la langue française au Québec depuis l'adoption de la Charte de la langue française dans les différents domaines de l’aménagement linguistique».Contre toute attente, le constat global de ce groupe d’experts est relativement alarmiste.«L’objectif de normalisation qui vise à faire du français la langue normale habi- tuelle de toutes les activités publiques au Québec est loin d’être atteint.Cette situation est particulièrement observable dans la région de Montréal (et probablement dans les régions frontalières), où le recours au français dans les communications publiques entre tous les Québécois, que ce soit comme travailleurs, comme consommateurs ou comme citoyens, est beaucoup plus faible que dans le reste du Québec.» VOIR PAGE A 12: FRANÇAIS Louise Beaudoin, ministre de la Culture: «Ce qu’il faut, c'est plus de français, pas moins.» 1 «ii WÊM ma .i C ’est le temps de se sucrer le bec PHOTO JACQUES NADEAU CROQUEE A SAINT-ESPRIT, près de Rawdon, cette scène nous apprend que le temps des sucres est arrivé.Les conditions sont actuellement excellentes pour une bonne récolte.C’est tant mieux pour les producteurs car les prix des produits de l’érable, exportés pour l’essentiel, sont à la hausse.Le consommateur local peu fortuné peut toujours faire comme Olivier et Karine (ci-dessus) et goûter à l’eau d’érable à même la chaudière.Construction: on cherche à s’entendre JEAN CHARTIER LE DEVOIR Alors que la FTQ Construction envisage d’appeler ses troupes à la rescousse, à savoir les ouvriers des chantiers industriels et commerciaux, les entrepreneurs se disent fin prêts à négocier tous les points en litige dès lundi matin.Cette ouverture est survenue après une journée où la circulation a été perturbée dans lqs villes de Montréal, de Québec et de Trois-Rivières.A Montréal, presque tous les ponts ont été obstinés par des manifestants qui circulaient au ralenti dans des bétonnières ou d’autres véhicules lourds.Des pourparlers se sont tenus d’une manière ponctuelle durant l’après-midi hier, vers un groupe, vers l’autre, VOIR PAGE A 12: CONSTRUCTION Sous le signe du flottement et de la surprise ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Le compte à rebours est commencé.Lundi soir, pour une 68e édition, la célébrissime soirée des oscars rivera une fois de plus la planète, 90 pays en fait et un milliard de paires d’yeux, devant le petit écran d’ABC et de ses ramifications.Tous peuples unis pestant, applaudissant, s’ennuyant ferme sans doute mais tout de même fascinés par le défilé glorieux des statuettes dorées.Car Hollywood a investi l’imagerie universelle.Son party annuel devient soirée sacrée, décevante certes, mais inévitable.Whoopy Goldberg animera la noce, tâche dont elle s’acquitte avec humour à défaut de s’exprimer dans un anglais compréhen- VOIR PAGE A 12: OSCARS Les 68( oscars Charles Dutoit «C’est ici que je me sens le plus chez moi» MARIO CLOUTIER LE DEVOIR Depuis 1934, un tiers de la vie de l’Orchestre symphonique de Montréal s’est déroulé avec Charles Dutoit au pupitre et à la direction artistique.«Quel beau vieux couple», minauderont certains.«C’est trop», railleront d’autres.Le principal intéressé, malgré une vilaine grippe et un terrible mal de bloc, sourit.«Sous d’autres aspects, nous sommes très jeunes aussi.Mais c’est vrai qu’on a fait tellement de choses, l’orchestre et moi.J’ai engagé au cours des ans les trois quarts des musiciens actuels.On s’est formés ensemble mutuellement.Nous travaillons maintenant avec une ra- pidité folle grâce à la complicité acquise, à la maturité des musiciens aussi.L’OSM est passé d’un bon beaujolais à un bourgogne.J’espère qu’on en fera un cognac.» Si tel a déjà été le cas, il semble clair que le maestro n’a plus l’intention de quitter Montréal.«C’est ici que je me sens le plus chez moi.» Mais est-il sérieux, peut-on se demander, d’assumer la direction musicale de trois orchestres en même temps, dont un dans le besoin, à Montréal, en plus de Paris et de Tokyo?«Pourquoi pas?Ma vie est simplifiée maintenant parce que je voyage beaucoup moins.Je m’éparpille moins.C’est intéressant de vivre dans le VOIR PAGE A 12: DUTOIT PHOTO JACQUES GRENIER 327877 I.K I) K V OIK, I.K S S A M K l> I Il K T D I M A N C II K I II I) Il ES ACTUALITES Tuberculose Trois millions de morts par an NADÈGE l’UI.JAK AGENCE FRANCE-PRESSE Paris — Dimanche 24 mare sera la «Journée mondiale de la tuberculose» alors que cette «maladie du pauvre», pratiquement éradiquée dans les pays riches à la fin des années 50, connaît depuis plusieurs années une recrudescence et provoque la mort de trois millions de personnes chaque minée dans le monde.Le 24 mars a été institué en 1982 par l’Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires (UICTMR — 120 pays représentés) comme «Journée mondiale de la tuberculose» pour «attirer l’attention sur ce problème mondial».Ce jour a été retenu en souvenir du 24 mars 1882, date de la communication de Robert Koch à Berlin sur sa découverte du bacille de la tuberculose qui porte depuis son nom, le «BK».Dans les pays industrialisés au XIX' et au début du XX' siècle, la tuberculose était un véritable fléau: en France, on estime que 15 à 20 % des décès avant l’âge de 50 ans étaient dus à cette affection.«L’avènement des antibiotiques a entraîné dans les pays industrialisés un recul spectaculaire des décès et des cas.Par conséquent, la maladie est tombée dans l’oubli tant dans l’esprit du public que dans celui des médecins», ont rappelé plusieurs responsables deJ’UICTMR à l’occasion de cette journée mondiale.Résultat, selon l’un d’entre eux, un,e seule personne était chargée de ce dossier, il y a une dizaine d’années, au sein de l’Organisation mondiale de la santé (OMS — basée à Genève).«Et encore, à mi-temps.Aujourd’hui, elles sont 25 à plein temps à s’occuper de ce problème», affirme ce médecin.Cette maladie a toujours continué à faire des ravages dans les pays pauvres en raison des «difficultés importantes liées à l’organisation, l’ac- cès au traitement et son coût», selon l’UICTMR.Dans les pays industrialisés, la tuberculose — qui n’évoquait plus pour les nouvelles générations que La Dame aux Camélias ou un fléau décrit par des grands-parents — est aujourd’hui en recrudescence, augmentation liée, «mais en partie seulement» selon l’UICTMR, a l’épidémie du sida et, surtout, à «la dégradation des conditions de vie des personnes à faibles revenus».En France, où la maladie semble marquer le pas, on compte aujourd’hui environ 9500 personnes atteintes de la tuberculose, maladie qui tue dans le pays quelque 1000 personnes par an.En tout dans le monde, ce sont trois millions de personnes qui meurent par an (dont 98 % dans les pays en voie de développement, des personnes essentiellement âgées de 15 à 59 ans) et huit millions de nouveaux cas qui apparaissent également chaque année (dont 95 % dans le tiers-monde).Sur ces huit millions, 3,7 sont «fortement contagieux», selon l’UICTMR.C’est en Afrique que la maladie fait le plus de ravages, avec 220 nouveaux cas par an pour 100 000 habitants, mais le Cambodge et Haïti sont encore plus atteints, avec 250 cas pour 100 000 habitants.L’Union internationale fait remarquer que «cette recrudescence s’est accompagnée d’une augmentation de la fréquence des souches résistantes à plusieurs antibiotiques majeurs, conséquence des mauvais traitements (inappropriés ou interrompus) et source d’une grande inquiétude pour l’avenir».Pour l’UICTMR, «la seule façon d’éradiquer la maladie est le vaccin».Mais, relèvent les spécialistes de cette union, le BCG a une efficacité globale de 50 %.Ce vaccin reste toutefois indispensable puisqu’il protège des formes graves de la tuberculose (méningites tuberculeuses par exemple).Le président Préval est embarrassé Sa visite dans Papineau-Saint-Michel n'a pas pour but d'appuyer le candidat Pettigrew, tente-t-il d'expliquer MARIE TISON PRESSE CANADIENNE Washington — A quelques heures de son arrivée en territoire canadien, le président d’Haïti René Préval a pris soin de se distancer de la campagne électorale qui a lieu dans la circonscription de Papi-neau-Saint-Michel.Le député réformiste Bob Mills a accusé cette semaine le gouvernement canadien d’utiliser la visite du président haïtien pour rehausser la stature du candidat libéral dans cette circonscription, le ministre Pierre Pettigrew, et assurer son élection.La circonscription de Papineau-Saint-Michel compte une importante communauté haïtienne.M.Pettigrew, en tant que ministre de la Coopération internationale et ministre responsable de la Francophonie, accompagnera M.Préval lors de son séjour à Montréal.Le président haïtien a voulu se te- nir loin du débat lorsqu’un journaliste canadien a profité de sa visite à Washington, hier, pour lui demander ce qu’il pensait de ces allégations.M.Préval a déclaré qu’il avait été invité par l’administration canadienne, et que ce n’était pas à lui de dire à Ottawa quel ministre envoyer pour recevoir la délégation haïtienne à Montréal.«Je ne rencontrerai pas un candidat, je rencontrerai un ministre», a-t-il lancé, déclenchant quelques applaudissements.M.Préval prononçait hier midi un discours devant le Club national de la presse à Washington.C’est au cours de la séance de questions suivant son allocution qu’il a dû aborder la question de Pierre Pettigrew.On lui a également demandé si le Canada avait envoyé assez de troupes en Haïti, si son aide était suffisante.Le président haïtien, comme dans ses réponses à toutes les autres questions posées hier midi, s’est fait extrêmement prudent.Il a indiqué que le Canada et Haïti avaient des rapports de collaboration et d’aide bilatérale qui étaient très anciens.«Nous devons continuer à discuter avec eux pour préciser les domaines dans lesquels nous avons besoin d’aide et les montants de l’aide à apporter», a-t-il déclaré.Au sujet des troupes canadiennes, il a fait remarquer que la mission des Nations unies en Haïti était maintenant sous le commandement des Canadiens.I.a mission devrait prendre fin en juin, mais le président Préval a insisté sur l’importance de profiter de cette période pour consolider la police haïtienne.Il a expliqué qu’il s’agissait d’une force jeune, inexpérimentée, qui n’avait eu que quatre mois de formation et qui n’avait pas de hiérarchie.«Il faut continuer sa formation, sa structuration, il faut continuer à i’équiper pour qu’elle soit de plus en plus prête à prendre la relève de la mission des Nations unies», a-t-il déclaré.Il a justement mis les récentes bavures policières en Haiti sur le compte du manque d’équipement.Il a expliqué qu’on avait chargé des policiers de contrôler des manifestations alors qu’ils n’avaient ni masques, ni boucliers, ni gaz lacrymogènes et ni, pompes à eau.Certains ont paniqué-cl ont tiré.M.Préval a par ailleurs invité les „ Haïtiens vivant à l’étranger à venir,, investir dans leur pays d’origine.Il a > promis de travailler à améliorer les infrastructures haïtiennes pour ; rendre ces investissements possibles, et à mettre une cellule en place pour répondre efficacement à ,, toutes les demandes d’information au sujet des investissements possibles.,)! La maison de jeu de Hull inaugurée Landry évoque la construction d’un quatrième casino d 0 I C 5 Hltà vcôi o-cfie tunu>cllc cvlUcticHx y)iù\tcnxj3i/éid, det cÿxifj&i cwxnuei iùLL&i yuc Grâce, RouqE À Lèvres, ToMboliNi, In Wear 277, av.Laurier O.• 270-6154 413, St-Jacques O.• 844-9125 Centre de Commerce Mondial JULES RICHER PRESSE CANADIENNE Hull — Québec n’exclut pas la possibilité d’ouvrir de nouveaux casinos.Le prochain pourrait vraisemblablement être construit en Estrie ou dans le secteur du Mont-Tremblant, dans les Laurentides.«Nous n’avons pas encore décidé d’implanter un quatrième casino mais notre esprit est ouvert au développement de cette industrie», a déclaré hier le vice-premier ministre québécois Bernard Landry lors de l’inauguration du Casino de Hull, le troisième établissement du genre au Québec, les deux autres se trouvant à Montréal et dans Charlevoix.Il a ajouté qu’il y avait actuellement une «for- _ te demande» qui vient de l’Estrie».Cette région, a-t-il rappelé, a été la première à demander la construction d’un casino.Pour sa part, le président de Loto-Québec, Michel Crête, a indiqué que les Cantons-de-L’Est et le secteur du Mont-Tremblant constituent de «beaux choix» pour la construction du quatrième casino parce qu’il s’agit de «zones naturelles d’attraction pour les touristes».Il s’agirait d’un établissement d’une taille plus modeste que ceux de Hull et Montréal.Toutefois, aucun échéancier n’a été fixé, a précisé M.Crête.«On pense avoir couvert essentiellement les grandes zones du Québec [avec les casinos actuels]», a-t-il expliqué.«Ce qu’il nous faudrait voir, c’est: est-ce que l’ouverture d’un quatrième [casino] ne fera que cannibaliser les trois premiers, ou est-ce qu’il pourrait y avoir véritablement un nouveau marché capable d’en supporter un quatrième?» _ Mais pour l’instant, Loto-Québec n’a pas l’intention de se lancer dans des études détaillées pour fouiller la question.D faut d’abord terminer la deuxième phase de l’agrandissement du Casino de Montréal avant de passer à autre chose.«Finissons et on regardera cela après», a dit M.Crête.Il faudra aussi roder le tout nouveau Casino de Hull, qu’on hésite pas à qualifier d’attraction d’envergure internationale.Aménagement paysager élaboré, nombreuses fontaines, dont une qui projette un jet de 60 mètres, riches boiseries, immenses plantes décoratives, le site et son immeuble ne laissent pas indifférent.La facture de la construction atteint d’ailleurs 120 millions de dollars.Pour le grand public, l’ouverture a lieu demain.Hier, c’était aux dignitaires de s’y presser.«Tant par son aménagement intérieur et extérieur que par ses équipements de jeu et ses services, [le Casino de Hull] a été conçu pour être une attraction touristique», a souligné le vice-premier ministre Bernard Landry.Incidents à Gagetown «Erreurs de jugement», dit Collenette PRESSE CANADIENNE Ottawa — Les incidents survenus à la base militaire de Gagetown au Nouveau-Brunswick sont des «erreurs de jugement» qui n’auraient pas pu être prévues, a lancé hier le ministre de la Défense David Collenette.Aux Communes, les partis d’Oppo-sition ont sévèrement blâmé le ministre de la Défense David Collenette Faculté des sciences sociales • Université d’Ottawa IBfMüce et l’état-major de la Défense pour l’absence de discipline au sein des Forces armées.Le député bloquiste Roger Po-merleau a rappelé hier que des rites d’initiation «de mauvais goût» sont survenus à Gagetown en juin dernier.«Un cadet aurait même été torturé et battu par ses collègues», a-t-il relaté.Selon lui, cela montre que les directives interdisant ce genre de rites d’initiation ne sont toujours pas ‘respectées’ et que le ministre n’a pas su tirer des leçons des agissements du régiment aéroporté de Petawawa.M.Collenette a indiqué qu’il considérait l’incident ‘sérieux’ et que la justice suivait son cours.«Il n’y a pas grand-chose que nous pouvons faire, le chef de l’état-major et les officiers au sujet d’erreurs de jugement», a-t-il rétorqué en Chambre.Au cours du week-end dernier, un autre rite d’initiation est survenu à Gagetown.Cette fois, deux soldats auraient dénudé leurs fesses pour les coller au visage d’un autre.Il n’y aurait pas eu de défécation, a souligné le commandant de Gagetown, le lieutenant-colonel John McEachem.Pour sa part, le député réformiste Jim Hart estime que ces nouveaux incidents montrent qu’il y a un manque de leadership au sein des échelons supérieurs de l’armée.Embarrassé par l’affaire, M.Collenette n’a pas voulu dire s’il était au courant d’autres incidents du genre.«Nous avons un système de justice, un système ouvert et rien à cacher mais nous ne donnons pas une liste à chaque semaine à travers le pays de toutes les cours martiales et de toutes les procédures, a-t-il précisé.universitaire Nos départements et écoles : Criminologie, psychologie, science économique, science politique, sciences du loisir, sociologie et service social,* ‘Éludes de maîtrise uniquement.Nos 41HU programmes interdisciplinaires : Études des femmes, Études canadiennes, administration et politiques publiques.Pour de plus amples renseignements, communiquez avec : Université d’Ottawa - L’admission a/s de la Faculté des sciences sociales 550 Cumberland, C.P.450, Succursale A Ottawa (Ontario) K1N6N5 Tél.: (613) 562-5800 poste 1727 Tous les cours sont offerts en français; on peut répondre à toutes les questions d’examen et réaliser tous ses travaux dans la langue de son choix (français ou anglais).Il est aussi possible de suivre des cours en anglais.¦ Le meilleur régime de bourses pour les programmes universitaires des r, 2* et 3e cycles en langue française au Canada ¦ Bourses d’excellence (renouvelables) à l’admission et bourses au mérite pour 1er cycle.B Bourses d’assistanat et de recherche pour les étudiants et étudiantes des 2* et 3* cycles.VENTE AUX ENCHÈRES PUBLIQUE de Wemek Encanteurs et Liquidateurs Enr.TAPIS DE PERSE ET ORIENTAUX Vente aux enchères d’une des meilleures collections de 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A Î5 LE DEVOIR MONTREAL ROGER ROY Horloger bijoutier W, U GtuchttUlt Ouix MoüirM IIJB IM9 Siège social du (IN «S14.t61.44a9 Zodiac twin I lit i U) montra «port * par •Mc*ll«n)TALiE.1 A VOTHE SERVfCfctigSillS 1559 HUBERT • 271 A ISABELLE PARÉ LE DEVOIR quelques jours du dépôt des cré-.(.dits, la Régie régionale de la santé et des services sociaux de Montréal sonne l’alarme et met en garde Québec contre l’ajout de nouvelles compressions pour l’an prochain.Tout fardeau additionnel serait «contre-productif» et mettrait en péril lès économies escomptées de la réforme du réseau de la santé.Tel est du moins le message très clair émis hier par le président de la Régie régionale de Montréal, Conrad Sauvé.«La capacité maximale du réseau est maintenant atteinte.Environ 80 % des dépenses sont reliées à la main-d’œuvre.On ne peut continuer à comprimer des employés qui ont la sécurité d’emploi et faire des économies.C’est une équation insoluble», a-t-il invoqué.Pour la première fois depuis la présentation de son plan triennal en mars 1995, la Régie régionale de la santé a pris ses distances hier face au ministère de la Santé, soulignant le danger que poseraient de nouvelles compressions pour l’équilibre des services de santé dans la métropole.Le gouvernement doit déposer mercredi prochain l’état des crédits dont disposeront les ministères pour l’année 1996-97.Si un nouveau fardeau était imposé au secteur de la santé, c’est tout l’équilibre du plan triennal de la Régie qui pourrait être remis en question.«Des compressions additionnelles ne produiraient pas les économies que le gouvernement souhaite.On se retrouvera avec une facture à payer de toute façon», a renchéri Marcel Villeneuve, directeur général de la Régie.Les représentants de la Régie régionale rejoignent ainsi le diagnostic posé cette semaine par les directeurs d’hôpitaux, qui affirment eux aussi que de nouvelles restrictions budgétaires les placeraient dans un cul-de-sac.Compte tenu (le la sécurité d’emploi, les abolitions de postes ne sauvent plus d’argent aux hôpitaux car ces derniers doivent continuer à payer leurs employés mis à pied.La vaste majorité des employés occasionnels ne détenant pas la sécurité d’emploi ont déjà été mis à pied.M.Villeneuve affirme qu’il n’a obtenu aucune indication du ministère de la Santé sur le montant des crédits qui seront déposés la semaine prochaine.«Nous ne savons pas ce qui nous attend», a-t-il dit.Toutefois, les rumeurs vont bon train et plusieurs s’attendent à ce que l’appel à l’austérité lancé par le premier ministre Lucien Bouchard se traduise par de fortes coupes.Pour réaliser son plan, la Régie a rappelé hier qu’elle souhaitait l’injection par Québec d’un «investissement» non récurrent de 100 millions qui lui permettrait d’accélérer les dé- parts volontaires à la retraite et la formation de sa main-d'œuvre.I*i Régie préfère nettement cette option à une réouverture éventuelle par Québec des conventions collectives des employés du réseau de la santé.Dès le 1" avril prochain, la Régie se retrouvera avec plus de 1100 employés en disponibilité en raison des fermetures d'hôpitaux.Dans le contexte actuel, plusieurs d’entre eux se retrouveront sans poste, à moins que ne soient offerts des incitatifs à la retraite aux plus âgés des employés du réseau.La Régie évalue à 40 millions les sommes nécessaires pour offrir un régime de retraite intéressant pour un grand nombre de candidats.Par ailleurs, M.Villeneuve a rappelé que dès le 1" avril la Régie amorcera les plus importantes réallocations prévues dans son plan triennal pour développer de nouveaux services.Sur les 69,7 millions réalloués, plus de 30 millions iront au développement de soins à domicile pour les personnes âgées et pour créer de nouvelles places en centres d’hébergement.Plus de cinq millions seront transférés aux CLSC pour assurer le suivi des patients traités en chirurgie d’un jour et près de 11 millions permettront de doter les hôpitaux d'équipements spécialisés.Au cours de la prochaine année, les CLSC, les centres de réadaptation et les organismes communautaires se partageront 4,3 millions pour augmenter les services auprès des handicapés physiques ou intellectuels, tandis que le secteur de la santé mentale se verra réallouer environ 11,5 millions.Selon M.Villeneuve, c’est au cours de la prochaine année que les effets «positifs» de la réforme seront les plus visibles, compte tenu des montants en jeu.«Le plus grand pourcentage des réallocations ira aux personnes âgées», a-t-il dit.Prose marathonienne PAUL CAUCHON LE DEVOIR T"\ evant l’écriture, on a toujours «LJ 16 ou 17 ans, tout est toujours à recommencer.L’écriture nous maintient jeune, mais aussi dans un état de doute nécessaire.» Gilles Archambault n’a plus 16 ou 17 ans, mais il publie cette année son vingt-deuxième livre avec toujours le même doute au cœur, et il rappelle que le grand plaisir de l’écriture, «c’est aussi l’absence de la conscience du temps».Gilles Archambault s’adressait hier aux 75 participants du sixième marathon d’écriture intercollégial au cégep André-Laurendeau, des participants qui se préparaient à vivre une expérience unique: pendant 24 heures, ils écriront sans relâche, à la recherche de leur propre «petite musique», selon l’expression de Gilles Archambault.«Rendu à deux ou trois heures du matin, on n’a plus rien à dire, on se retrouve face à soi-même», lance Annie Saint-Pierre, qui a vécu l’expérience l’année dernière et qui la recommence de plus belle cette année.«La nuit nous permet d’être soi-même, de ne pas se cacher derrière un jnasque.» Etrange exercice que ce marathon.Défi personnel?Projet littéraire?Thérapie?Un peu de tout cela, et chaque participant y met ce qu’il veut bien y mettre, quoique ce soit «vraiment une activité d’intériorisation et d’expression de soi», commente France Laforge, coordonnatrice de l’événement.Ce marathon d’écriture est né au cégep André-Laurendeau il y six ans et, curieusement, il ne s’agissait pas d’une idée issue du département de français mais plutôt d’un animateur à la «vie spirituelle».«L’écriture y était vue comme une période pour soi, une possibilité de creuser davantage soi-même», explique France Laforge.L’année suivante, l’événement devenait national, et il est maintenant offert à tous les collèges.Depuis 13h30 hier donc, ils sont 120 jeunes à la grandeur du Québec PRESSE CANADIENNE La participation d’employés d’Hy-dro-Québec à des projets de production privée d’électricité a continué, hier à Montréal, d’occuper les travaux de la Commission d'enquête sur les contrats de production d'électricité accordés par la société d’Etat à des promoteurs indépendants.Les commissaires ont notamment entendu le témoignage de Gilles BeL lemare, l’un des quatre employés d’Hydro-Québec qui se seraient associés dès 1984 à la compagnie Mirlaw Investments en vue de la réalisation de projets de production privée d’électricité.M.Befiemarre a reconnu qu’il avait signé un document visant à protéger son anonymat dans cette coentreprise, à l’instar de ses trois collègues de travail, John Couture, Jean Rock et Jacky Cerceau.Dans son témoignage, M.Belle-marre a soutenu que cette clause de confidentialité n’avait pas pour but de garder secrète sa propre identité à l’endroit d'Hydro-Québee.Gilles Bellemarre a précisé qu’il s’agissait surtout d’éviter que son nom soit associé à celui d’Hydro-Québec dans la réalisation de projets à l’extérieur du Québec.Par ailleurs, Alfred Lawee, de la compagnie Mirlaw Investments, a aussi témoigné hier, mais brièvement, confirmant l’essentiel des propos qu’il avait tenus la veille.Les travaux de la commission d’enquête reprendront mardi.Jean-Claude Germain, président d’honneur du marathon d’écriture, feuillette un dictionnaire pendant que les étudiants bûchent.PHOTO JACQUES GRENIER à participer à ce marathon, répartis en trois endroits: 75 au cégep André-Laurendeau, 25 au cégep de Chicoutimi, 20 à l’Institut maritime du Québec à Rimouski.Des jeunes issus de 32 collèges différents, mais les organisateurs ont aussi prévu cette année quelques places pour des participants de l’extérieur.Les règlements veulent qu’on écrive une page par heure, et à chaque heure des bénévoles ramassent les pages écrites pour les afficher au mur.Des périodes de repos sont prévues.Pendant les 24 heures de l’événement, les participants devront fournir douze heures au total d’écriture libre et six heures d’écriture dirigée.Les pauses totalisent environ six heures.Gilles Archambault dirigeait hier après-midi un des ateliers.Kim Yaro-shevskaya anime ce matin un atelier sur le conte.Jean-Claude Germain, président d’honneur de l’événement, donnait hier soir un atelier d’écriture dramatique, et il animait aussi un concours littéraire d’une heure, dont le gagnant verra son texte publié dans Le Devoir en avril.En ces années de jeux vidéo et d’Internet, il y avait quelque chose de fascinant et de délicieusement anachronique à voir hier ces 75 jeunes penchés sur leur feuille dans le silence le plus total, l’inspiration s’exprimant par le crayon plutôt que par le clavier! Certains veulent compléter des projets personnels, d’autres veulent vivre une expérience unique.Luc Gertin veut écrire des textes de chansons qu’il soumettra au prochain concours Cégeps en spectacle.Annie Saint-Pierre, elle, sait déjà que ce matin, «je serai à fleur de peau, il n’y aura plus de censure, je ne me préoccuperai plus de la forme, ce seront alors des émotions pures et simples».France Laforge ajoute qu’habituellement, l’écriture est un geste individuel.«En écrivant avec d’autres, dit- elle, tout le monde se soutient, c’est une expérience collective.Personne ne décroche.Et il arrive aussi que des choses très secrètes, très per- sonnelles sortent pendant la nuit.» A 13h30 cet après-midi, le public devrait être nombreux à applaudir la fin du marathon.EXPOSITION OEUVRES RÉCENTES MICHÈLE DROUIN «OUVERTURE-FERMETURE» JUSQU’AU 30 MARS WADDINGTON & GORCE 2155, rue Mackay, Montréal, Québec, Canada H3G 2J2 Tel.: (514) 847-1112 Fax: (514)847-1113 Du mardi au vendredi de 9 h 30 à 17 h 30, le samedi de 10 h à 17 h PAQUES A MIAMI le nouveau roman-roman de Claude Jasmin arrive en librairie mercredi.Vv * Olé ! LANCTOT Université de Montréal Faculté des arts et des sciences Voyage d’études en Russie et en Ukraine du 9 au 23 mai 1996 / '"T & UJ \ Cours de 6 crédits Avec le professeur Luc Duhamel, directeur du programme d’Études russes et professeur au Département de science politique.Coût : 2199 $ comprenant les transports, le logement, les repas, les conférences, les visites.Date limite d’inscription : vendredi 5 avril 1996 Renseignements : (514) 343-2461 SOLDES & (0672) LES ŒUVRES CHARITABLES DES CHEVALIERS DE COLOMB DU QUÉBEC-1995-1S96 LISTE DES GAGNANTS -16 MARS 1996 - CARLET0N No: 874851 1er prix: Argent comptant Valeur: 50 000 $ 2e prix: Windstar Tourisme 1996 Valeur: 30130$ 3e prix: Moto - Harley-Davidson FXDL DYNA Valeur: 20 860 $ 4e prix: Jee - YJ 1996 Valeur: 18 204$ 5e prix: Roulotte de voyage BONAIR Valeur: 15 834$ 6e prix: Argent comptant Valeur: 15 000$ 7e prix: Argent comptant Valeur: 10 000$ 8e prix: Motomarine Bombardier Sea-Doo SP 1996 Valeur: 7 500 $ 9e prix: Motoneige Bombardier Touring SLE Valeur: 7 405 S 10e prix: Tente-roulotte BONAIR Valeur: 6 500 S 11e prix: Timberwolf Tout-terrain Valeur: 5 867 $ 12e prix: Crédit-voyage Valeur: 5 562 $ 13e prix: Tracteur de jardin COLUMBIA Valeur: 3 413$ 14e prix: Piscine 24’ Festival/Catalina Valeur 2 800 S Francine Hébert 50 chemin Lac Lanthier est L’Annonciation (Québec) JOT 1T0 No: 052778 Louis Plamondon 3345 Chapais Tracy (Québec) J3R 1Y4 No: 086550 David Tanguay 1734 Marie-Victorin Varennes (Québec) J3X 1P7 No: 405782 Françoise Bédard 3935 Limbourg St-Hubert (Québec) J3Y 4B2 No: 940015 Gilles Richard 1031 ave Dubé St-Léonard d’Aston (Québec) J0C 1M0 No: 088381 Marcel Paradis 725 de Roussillon #102 Longueuil (Québec) J4H 3R9 No: 255996 Yolande Trahan 130 Sirois, #5 Trois-Rivières Ouest (Québec) G9A 5S6 No: 533672 Marcel Busqués 314 rue Roy Granby (Québec) J2G 5S1 No: 904024 Brian Perkins RR.#1, Site 4, Box 602 Swastika, Ont.P0K 1T0 No: 844388 Jean-Guy Tremblay 356 Albert Mont Saint-Hilaire (Québec) J3H 3J7 No: 028849 Marc-André Giguère 8635 ave Prévert Charlesbourg (Québec) G1G5B3 No: 378843 Sylvie Giroux 9370 De Brome Lasalle (Québec) H8R 2H5 No: 323613 Pierrette Lasnier 88 Pointe Fleurant Escuminac (Québec) G0C1N0 No: 256407 Robert Morissette 1970 rue Sylvain Trois-Rivières (Québec) G8Y 2H3 No: 818885 15e prix: Système de son Panasonic Valeur: 1 025 S FÉLICITA TIONS ET MERCI POUR LE MAGNIFIQUE TRAVAIL ACCOMPLI.Rodrigue Drolet 1559 Berry Chariesbourg (Québec) G1G5G7 1 .¦.¦¦/'¦ft*";*.Montréal, laboratoire d’observation Lucienne Robïllard inaugure quatre centres d'études ethniques au pays CAROLINE M O N TI* E T1T LE DEVOIR Le ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration du Canada a inauguré hier quatre centres d’excellence en études ethniques, dont un à Montréal.Les études menées dans ces centres devraient permettre au gouvernement de mieux gérer l’immigration et son intégration dans la société canadienne, selon la ministre responsable du dossier, Lucienne Robillard, Pour sa part, le centre montréalais rassemblera des chercheurs provenant de l’Université de Montréal, de l’université McGill et de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS-Urbanisation).Il étudiera spé- cifiquement les questions de la vie de quartier, les trajectoires résidentielles, la gestion des équipements collectifs, l’éducation et la formation, la santé et les services sociaux, la sécurité publique et la justice, l’intégration linguistique et sociale, la citoyenneté, la culture et le climat social.A plusieurs égards, la situation de Montréal est unique au Canada et offrira aux chercheurs un laboratoire exceptionnel d’observation.Une équipe de 56 chercheurs provenant des trois institutions étudiera ainsi l’expérience des immigrants dans les grandes Une équipe de chercheurs étudiera l’expérience des immigrants dans les grandes villes villes.Ix* centre de Montréal s’inté-ressera également, par le moyen de projets conjoints avec des organismes et établissements participants, à certains groupes cibles, comme les femmes et les jeunes, et à certaines préoccupations particulières des immigrants et de leur société d’accueil.«Il n’y a d’intégration que réciproque», a souligné hier Marie McAndrew, directrice du Centre d’études ethniques de l’Université de Montréal, ajoutant que ce centre devrait permettre de «penser globalement et d’agir localement» et qu’il assurerait une présence en matière de relations interethniques dans la communauté montréalaise.Hier, la ministre Robillard a signalé que tous ers centres au Canada permettront au gouvernement fédéral de faire une meilleure sélection, d’offrir un meilleur accueil et de favoriser une meilleure intégration des immigrants.Les trois autres centres inaugurés par le gouvernement fédéral sont situés à Toronto, Edmonton et Vancouver.Le centre montréalais effectuera également des études comparatives dans d’autres villes du Canada ainsi que dans certains autres pays: Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Suisse, Allemagne, Israël et Australie, entre autres.Les subventions du gouvernement fédéral dans ces centres totaliseront huit millions de dollars, échelonnés sur six ans.A Toronto, 100 chercheurs travailleront sur trois volets d’un programme de recherche: l’économie, l’éducation et la scolarisation, et la vie communautaire.Le centre d’Edmonton emploiera également 100 chercheurs qui s’intéresseront à l’éco nomie, l’éducation, les relations sociales, la citoyenneté, la culture, les services publics et les structures politiques.40 chercheurs travailleront pour leur part à Vancouver et s’intéresseront aux emplois, aux services publics, à l’éducation, au logement et aux relations de voisinage.PHOTO Lucienne Robillard Natalité La francophonie, miroir de la planète CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR L> instruction et le statut social des femmes sont des fac-f teurs déterminants de la baisse de fécondité dans le monde.Alors que l’Afrique est présentement l’endroit où la croissance des naissances est la plus élevée, les parents des familles des pays nordiques et occidentaux font peu d’enfants, et se préparent à vivre mieux et plus longtemps que jamais.Même dans les pays islamiques où la soumission de la femme et l’universalité du mariage laissaient présager, jusqu’à tout récemment, une fécondité élevée, l’instruction des femmes a fait reculer l’âge du mariage, baisser la fécondité et diffuser des pratiques contraceptives.Au Maroc, en Tunisie et en Algérie, la fécondité moyenne est désormais de 4,4,3,4 et 4 enfants.C’est ce que révèle La Sociologie des populations, ouvrage de la collection Universités francophones, publié aux presses de l’Université de Montréal, et qui vient d’être lancé dans le cadre de la Semaine internationale de la francophonie.«Alors que la croissance démographique a ralenti dans les pays d’Europe, d’Asie et d’Amérique latine, elle ne cesse de s’accroître dans les sociétés africaines, confrontées aux déséquilibres alimentaires, qui s’ajoutent aux effets pervers d’une crise économique sans précédent», écrit entre autres, dans cet ouvrage, le sociologue camerounais Jean-Marc Ela.Il ajoute d’ailleurs qu’«à cet égard, le dynamisme de la fécondité des femmes africaines est au cœur des grands enjeux de la géopolitique mondiale».En Afrique, l’aide reçue des fils et des filles est considérablement supérieure lorsque la mère est de faible statut social.D’où l’intérêt, pour ces femmes, de faire des enfants en très grand nombre.Le mythe «du plus grand nombre de naissances comme créateur de richesse», persiste d’ailleurs, même dans les pays où l’on arrache désormais les enfants à la terre pour les envoyer à l’école.Entre autre culte africain, on découvre que dans l’Ouest camerounais, la pire malédiction est de souhaiter qu’une personne meure sans laisser de progéniture.Les femmes «semblent plus préoccupées de résoudre les problèmes de stérilité que d’augmenter l’utilisation des méthodes contraceptives», explique M.Ela.Dans les grandes métropoles africaines, il n’est pas rare que l’on vole des enfants dans les maternités, tandis qu’au même moment des poupons sont abandonnés dans les poubelles et sous les bananiers.En Afrique, 60 % des femmes sont ma- En Afrique, le célibat est largement perçu comme un dérèglement de l’ordre social et religieux riées avant 20 ans et presque tout le monde se marie au moins une fois, le célibat étant largement perçu comme «un dérèglement incompréhensible de l’ordre social et religieux».C’est tout l’inverse dans les sociétés dites industrialisées.Bien au-delà du fait qu’elles contrôlent le rythme des naissances par la contraception, ces populations en limitent également le nombre.Qualité de vie supplante désormais quantité de vie comme valeur fondamentale, dans un cadre où la longévité est désormais un facteur démographique déterminant.Louis Roussel, démographe français, fixe donc à deux, dans le même ouvrage, le nombre idéal d’enfants souhaité par un couple de la société occidentale, ce nombre se situant entre le minimum et le maximum.«C’est le troisième enfant qui ferait seul, dans la plupart des cas, impraticable ou très malaisée, pour l’épouse, la poursuite d’une activité professionnelle, pour les deux conjoints, la plupart des autres attentes», écrit-il.Or, c’est vers le bonheur des individus que la famille occidentale est désormais prioritairement orientée, «un bonheur complexe, peu structuré, mais exigeant», où chacun des individus d’un couple peut désormais trouver son autonomie.Ainsi, les pays développés sont dans le monde les lieux où les personnes âgées de plus de 65 ans sont les plus nombreuses (12 %), et cette proportion devrait grimper à 18,3 % en 2025.En Afrique, cette proportion est de 4 %.En 2050, avec une fécondité réduite à 1,53 enfants, on calcule que 17,7 % de la population européenne aura 85 ans et plus.Au Nord, les femmes dont le mariage rt la maternité n’auront pas trop freiné l’avancement daijs la profession, évitent de souffrir du «syndrome du rijid vide» à la fin de leur vie, ajoute pour sa part Jacques Le-garé, démographe montréalais, dans un article de l’ouvrage intitulé Qualité de vie ou quantité de vie: un défi pour les sociétés industrialisées.Le scénario de remplacement fait d’ailleurs déjà partie des prévisions démographiques québécoises.L’immigration nette peut en effet compenser partiellement le déclin des effectifs lié à une baisse de natalité.Il ç$t cependant illusoire de croire que l’immigration est u,p antidote efficace au vieillissement, souligne André Lux, sociologue de l’Université Laval à Québec.Dans, certaines régions du Québec, la migration des jeûnera pour effet d’accroître le vieillissement de la population.C’est le cas du Bas-Saint-Laurent, où l’émigration des jeunes adultes, déjà endémique, s’est amplifiée entrp 1981 et 1991.On y observe présentement un survieilli^-sement de la population.,(\ 4 musiciens, 2 guitares, 1 synthé, 1 batterie O Pour économiser jusqu’à 25% 0 Pour avoir les meilleurs sièges 0 Pour avoir accès aux événements spéciaux avant tout le monde.Pour tout savoir sur les concerts de l’OSM, composez le 842-9951 POURQUOI DEVRAIS-JE M’ABONNER ?Ce n’est pas au Stade que vous pourrez voir le meilleur I.K |> K V II I It .I.K S S A M K l> I 2 A K T l> I M A X (' Il K 2 I M A K S I II II II A 5 ?LE DE vont ?POLITIQUE Les élections partielles de lundi Les stratèges fédéraux surveillent la performance de la droite PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Les résultats des partielles de lundi prochain auront une incidence sur la date des prochaines élections générales.Les stratèges libéraux sont aux aguets.Quelle sera la performance de lJP) et le Centre d’études arabes pour le développement (CEAD) Pour information : CISO (514) 356-8888 UN FILM DE JEAN BEAUDRY les Productions du lundi malin en collaboration avec j'OIUce national dùlilmdu.Canada présentent La nuit, les solitudes se partagent Le cri de la nuit PIERRE CURZI FÉLIX-ANTOINE LEROUX LOUISE RICHER FAMOUS PLAYERS G Telefilm Canada J u / u n J • rr\ êt • * Ÿ S°°tSr CFP MAINTENANT À L'AFFICHE! 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' Ce nouveau modèle sera fabriqué à Oklahoma City aux côtés de la dernière Chevrolet Malibu avec laquelle elle partage la nouvelle plateforme P90.Elle sera offerte en série avec un quatre cylindres de 2,4 litres ou, en option, un V6 de 3,1 litres.Assistance routière Cadillac popularise le système Onstar, un moyen de garder contact avec ses clients puisque ce type d’assistance routière utilise, comme le Rescu de la Lincoln, le téléphone cellulaire et les satellites de positionnement global (GPS), pour que le centre de service le plus proche puisse localiser et porter secours au conducteur en détresse.L’un des aspects intéressants de ce dispositif est qu’il peut servir d’aide à la navigation, permettre d’ouvrir les portes à distance si les clés sont restées à l’intérieur et surtout localiser le véhicule lorsque celui-ci a été volé.Cette option, qui coûtera environ 1500 $, sera offerte sur tous les modèles de la marque à l’exception de la nouvelle Catera fabriquée en Europe.Mitsubishi proposera désormais le Spyder, version décapotable de l’Eclipse, mieux connue chez nous sous le nom de Talon, mais il n’est pas prévu qu’Eagle fasse de même.Tout est bon pour aller à la pêche aux clients.Essais routiers Pour preuve, cette démarche de Saab-USA qui, pour alléger la pression des vendeurs de ses concessionnaires, a tout simplement décidé de les court-circuiter en proposant directement, gracieuseté de l’usine, des essais routiers de ses modèles.Les responsables affirment que le client se sent beaucoup plus à l’aise pour essayer la voiture sans se sentir pris en otage par le vendeur.Cette idée originale semble porter fruits puisque sur 100 personnes ayant demandé de faire un essai dans ces conditions, 90 sont allées signer un contrat d’achat chez le concessionnaire.C’est clair, non?DANIEL HÉRAUD COLLABORATION SPECIALE La situation du marché automobile n’a guère évolué depuis notre dernier point effectué en janvier dernier, lors des salons de Detroit et de Montréal.Les ventes continuent de stagner et les clients boudent les nouveaux modèles, faute de confiance en l’économie qui promet d’ailleurs de devenir encore plus morose dans les mois qui viennent., L’annonce des mesures de redressement des finances publiques, de même qjre les limites qui seront imposées aux programmes sociaux, ne permettent pas d’espérer des jours meilleurs avant longtemps.Ce sont les constructeurs de voitures de luxe qui continuent de pâtir le plus de ce climat difficile, particulièrement les Japonais dont les prix se maintiennent à des hauteurs vertigineuses.Lors du dernier Salon de Chicago, en février dernier, Infiniti a annoncé l’introduction prochaine d’un véhicule utilitaire sportif baptisé QX4, équivalant au Lexus dévoilé à Detroit un mois plus tôt.Infiniti se prépare à rajeunir son modèle haut de gamme, la Q45, qui abandonnera son V8 de 4,5 litres pour un 4,0 litres plus moderne.Des rabais ( et un nouveau moteur Malgré sa panoplie complète de beaux et bons modèles, Chrysler a pncore une fois recours à la méthode des rabais afin d’attirer plus de clients chez ses concessionnaires.Ces rabais ne s’appliquent toutefois pas aux modèles qui se vendent bien comme la décapotable Sebring, les mini-fourgonnettes, les Jeep Cherokee et Grand Cherokee et la Dodge Viper.Afin de stimuler la location, les programmes «Clés d’or» et «Clés d’or plus» ont été améliorés.De son côté, Ford a finalement présenté son nouveau moteur Triton V10 qui va permettre à ses camionnettes de plein format de mieux concurrencer le Dodge Ram, seul modèle à arborer jusqu’ici ce type de propulseur.Mais il sera aussi offert en option dans la gamme des camionnettes Econoline dont l’apparence vient d’être gâchée par l’ajout d’une calandre de forme ovale que Ford semble avoir découverte depuis peu, alors qu’elle existe depuis près de 100 ans.L’arrivée de ce moteur V10 de 6,8 litres devrait permettre à Ford de monopoliser 50 % du secteur des fourgonnettes de pleine grandeur grâce à sa puissance de 265 ch (20 de plus que le V8 de 5,7 litres) et 405 Ib/pi de couple à 2750 tours/mn.Voiture économique La nouvelle Escort fera son apparition dans quelques semaines et tentera de reconquérir son titre de voiture économique la plus vendue en Amérique du Nord.En panne de records, la Taurus va subir un régime-minceur pour lui permettre d’afficher un prix plus compétitif et sti- AC II RA LA PASSION ABORDABLE L'ACURA INTEGRA RS 1996 est équipée comme pas une : fougueux moteur 1,8 litre DACT de 139 ch - suspension indépendante à double fourchette - freins à disques assistés aux quatre roues -deux coussins pneumatiques (SRS) - chaîne AM/FM stéréo avec lecteur de cassette - lève-glaces et antenne électriques.Plusieurs autres modèles sont aussi offerts à un taux de financement avantageux.Venez découvrir une nouvelle façon de voir les berlines.L’Acura 2,5TL vous comblera.Côté performance : moteur de 176 ch - boîte automatique à 4 vitesses «Gate shift» - suspension indépendante à double fourchette aux 4 roues - Côté luxe : siège conducteur assisté réglable en 8 sens - volant gainé de cuir - chaîne stéréo de 8 haut-parleurs avec lecteur laser - contrôle automatique de la température - voie d’accès au coffre avec housse pour skis.Côté tranquillité d'esprit, l'ACURA 2,5TL 1996 vous comblera aussi : deux coussins pneumatiques (SRS) - freins ABS conçus par Acura -système de sécurité - poutrelles de portières anti-choc latéral -Plan de sécurité prolongée Acura - Assistance routière.® ACURA Une vision quiinspire un élan de passion.• ce tarif de location-bail est de 36 mois à 288 S / mois (total des paiements 10 368$).pour le modèle integra RS 1996 (Modèle DC434T) un acompte de 1 300 $ un dépôt de sécurité et un premier versement sont requis Allocation de 72 000 km (frais de 0,10 $ par km supplémentaire) Sujet à l approbation du crédit Taxes frais d immatriculation et assurances en sus.A la fin des 36 mois, vous pouvez retourner le véhicule au concessionnaire ou racheter pour la valeur résiduelle prédéterminée.Offre disponible seulement par i entremise de Honda Canada Finance inc.•• ce tarif de location-bail est de 36 mois à 468 $ / mois (total des paiements 16 848 $).pour le modèle ACURA 2.5TL 1996 (Modèle UA264T) un acompte de 4 200 $.un dépôt de sécurité et un premier versement sont requis Allocation de 72 000 km (frais de 0.10 $ par km supplémentaire) Sujet a i approbation du crédit Taxes, frais d immatriculation et assurances en sus A la fin des 36 mois, vous pouvez retourner le véhicule au concessionnaire ou racheter pour la valeur résiduelle prédéterminée Offre disponible seulement par I entremise de Honda Canada Finance inc.ACURA GABRIEL 4648, bout.St-Jean, Dollard-des-Ormeaux.696-7777 ACURA LES CONCESSIONNAIRES FIABLES ACURA CASAVANT 2499, boul.Casavant 0.St-Hyacinthe.771-0101 LUCIANI ACURA 4040, rue Jean-Talon 0.Montréal.340-1344 LES GALERIES ACURA 7100, boul.Métropolitain Est, Anjou.354-8811 ACURA PLUS 255, boul.de la Seigneurie, ¦" 435-4455 Blainville.feUHÉfe \ 10 I.K I) K V (HR.I.K S S A M K D I 2 3 K T l> I M A X C II K M A l( S I II II II I) m 0 ) X 1 \ I J Un chantier pour le français Miche/ Venue Si une chose ressort du bilan linguistique publié hier, c’est la nécessité de soutenir la langue française, d’assurer son rayonnement au Québec, surtout à Montréal, en dépit des progrès accomplis.Il n’y a donc pas lieu d’assouplir la Charte de la langue française, pas plus que de la renforcer, sinon à la marge, car désormais la bataille se déplace aussi sur d’autres fronts.1 faut d’abord affirmer l’importance de ce premier bilan global de la situation linguistique au Québec depuis 20 ans d’application du régime de la loi 101.Ainsi, la publication hâtive, dans la controverse, d’une version préliminaire et incomplète du document, le mois dernier, ne doit pas nous distraire des constats lucides qu’il fait et qui conduisent à l'action.La première constatation du comité, c’est que malgré le chemin parcouru, le français n’est toujours pas devenu la «langue publique commune» au Québec.A Montréal, elle n’est pas davantage la langue normale et habituelle de travail pour un bon nombre d’employés.Faire du français la langue commune dans les relations entre les citoyens est l’objectif du nouveau chantier qui doit s’ouvrir sur le français au Québec.La Charte de la langue française a produit des résultats dont il faut prendre acte afin de mesurer son utilité et la nécessité de lui conserver toute l’étendue de son influence.Ce que la Charte a permis de réaliser, elle va contribuer à le maintenir.La fréquentation de l’école anglaise par 80 % des enfants d’immigrants aujourd’hui, alors qu’ils n’étaient que 15 % en 1977, n’est possible que grâce aux dispositions contraignantes de la loi.En ce sens, les demandes répétées de la communauté anglophone en faveur d’un élargissement de l’accès à l’école anglaise doivent rester vaines.Le bilan linguistique montre en outre que la communauté anglophone n’est guère justifiée d’insister là-dessus.Les chiffres du ministère.de l’Éducation montrent que depuis 1989, la fréquentation de l’école anglaise au Québec s’est stabilisée en nombre et en proportion.L’école anglaise draine 10 % des élèves québécois.Et la loi prévoit une série d’exceptions qui sont suffisantes pour accommoder ces investisseurs de Hong-Kong que le maire Bourque veut attirer à Montréal.Il ne conviendrait pas d’assouplir la loi à cet égard.Au mieux, les règles d’application pourraient être simplifiées pour des cas particuliers.Pas d’assouplissement, pas non plus de renforcement majeur de la Charte.Le bilan présenté hier n’en démontre pas l’utilité.Pas même sur la question de l’affichage commercial, un sujet qui a suscité tant de controverses au Québec au fil des ans.L’ancien ministre responsable de la langue, Gérald Godin, disait que l’affichage commercial, c’était, pour les immigrants, comme le tableau noir dans une classe.Pour qu’il s’intégre à la communauté francophone, l’immigrant dejvait y lire du français.Eh bien, le rapport indique que 87 % des messages observés dans les vitrines dès magasins à Montréal sont en français.A moins dej vouloir éradiquer la langue anglaise dans la métropole, ce qui reviendrait à nier une partie de la réalité, il n’y a pas lieu de revenir à l’affichage unilingue obligatoire comme le prévoit le programme du Parti québécois.Cependant, si les règles qui imposent une nette prédominance du français ne sont pas respectées, l’Office de la langue française doit prendre les moyens pour que la situation soit corrigée.Si les discussions seront vives au PQ sur cette question, le parti sera confronté à un autre de ses engagements.Son programme propose d’étendre aux entreprises de moins de 50 employés les règles de certification appliquées à celles de 50 employés et plus.Le rapport affirme que ce n’est pas utile puisque le français y est largement pratiqué.De même, le rapport note que l’obligation faite aux entreprises d’obtenir un certificat de francisation est un procédé qui a atteint ses limites.De nouveaux modes d’animation et de promotion du français en entreprises doivent être imaginés.En réalité, c’est toute la politique linguistique qui doit faire l’objet d’une approche élargie car les problèmes qui rejaillissent négativement sur le français débordent très largement les cadres de la Charte de la langue française.La question de l’intégration des immigrants à la communauté francophone ne peut pas être réglée par une loi.On ne peut évidemment pas forcer quelqu’un à parler français en le lui enfonçant dans la gorge.A Montréal, où la proportion de francophones de langue maternelle va chuter sous les 50 % au tournant du siècle, l’intégration des immigrants soulève de sérieuses inquiétudes.On se demande, et avec raison, si la masse critique de francophones, notamment dans les écoles, sera suffisante.Les solutions ne peuvent qu’être diverses.La fixation des niveaux d’immigration doit prendre en compte ce phénomène parce que 88 % des immigrants s’installent à Montréal.Les solutions passeront aussi par le développement économique local, le soutien à la famille ou l’aménagement urbain, afin de garder dans l’île les francophones qui sont attirés par les banlieues.La création de commissions scolaires linguistiques contribuerait aussi à clarifier les appartenances.Présentement, la majorité des allophones qui font leur secondaire en français dans une école catholique choisissent le cégep francophone alors que la majorité de ceux qui fréquentent une école protestante font l’inverse.De même, pour contrer l’influence de la mondialisation des marchés et de la société de l’information, où l’anglais est dominant dans tous les secteurs, les lois seront de peu de secours, même s’il faut les considérer.Les solutions sont d’un tout autre ordre.Elles concernent les politiques économiques et commerciales, le soutien à la culture et à la recherche en technologie.Il s’agit, ici, de moyens pour favoriser le français qui n’enlèvent rien aux anglophones.D’ailleurs, c’est vers les solutions de cette nature, qui sont favorables au français sans pénaliser les citoyens de langue anglaise, qu’il faudra chercher.On s’éloigne de la confrontation.On se rapproche de la valorisation de la langue française.En même temps, il s’agit d’aborder la question sans remords et sans crainte, avec la conviction que le français mérite et qu’il doit faire l’objet de toutes nos attentions.Le Québec n’est pas le seul Etat aux prises avec un problème d’équilibre budgétaire et un niveau d’endettement élevé.D’autres gouvernements ont dû se résoudre à prendre des mesures draconiennes pour réduire leur niveau d’endettement.Que ce soit en Alberta, en Ontario ou dans des pays comme la Suède, ou encore la France et l’Angleterre, les gestes posés ont une caractéristique commune: ils découlent de l’obligation de procéder à des réformes majeures et de réduire fortement les dépenses publiques.Les décisions prises par ces différents gouvernements ont touché tous les secteurs de l’activité publique.La fonction publique, la santé, la sécurité du revenu, l’éducation et les transferts aux entreprises ont été visés par des réformes plus ou moins importantes ou par de sévères compressions.Un Québec de responsabilité et de solidarité Conférence sur le devenir social et économique du Québec Mars 1996 Les Québécois dans la télésérie Jasmine Si l’on se fie à la publicité, la télésérie Jasmine prétend transgresser les tabous de notre société en dénon-çant le racisme.Pourtant, s’il y a une chose qui n’est pas taboue au Québec, c’est bien la dénonciation du racisme.En fait, à cet égard, nous sommes les champions de l’autoflagellation.Quant a la série elle-même, les excès et les clichés sont si nombreux et évidents, que l’on est parfois porté à rire.Il fallait voir le premier épisode où l’on constate que presque tous les policiers sont racistes, prêts aux pires mesquineries pour tourmenter Jasmine, la jeune héroïne noire de la série.Puis il y a l’animateur de radio qui déforme totalement les faits pour faire mal paraître Jasmine; les journalistes, tout aussi corrompus et racistes; et enfin des skinheads qui protègent la police lors d’une manifestation.Kafka se sentirait chez lui.Après avoir vu le premier épisode, une amie marocaine me disait que Jasmine a vécu plus de racisme en cinq minutes de tournage qu’elle-méme en a vécu depuis son arrivée au Québec en 1979.Pas étonnant, si l’on se rappelle qu’une étude effectuée par Ekos Research Associates and Anderson Strategie Research en septembre 1991 révélait que les Québécois étaient les moins racistes des Canadiens.Pourtant, personne ne s’attend à ce que le Canada anglais produise une série dans laquelle les Anglo- LETTRES -?- Saxons seraient presque tous des racistes méprisants.Cela ne veut surtout pas dire qu’il faille se réconforter en pensant que nous sommes plus tolérants que les Canadiens anglais et ne pas se soucier davantage des doléances des minorités ethniques.Au contraire, il faut sans cesse travailler à une meilleure harmonie entre les Québécois de toutes origines.L’intérêt de la série réside justement dans le fait qu’elle met en vedette des membres des communautés culturelles.Cependant, l’image projetée des Québécois est à ce point négative que je crains que les tensions entre ces derniers et les minorités ethniques ne soient exacerbées par cette série.Denis Voyer Montréal, 18 mars 1996 L’exode des Anglo-Montréalais Dans sa chronique du 8 mars, Philip Resnick attribuait à la loi 101 et à la montée du souverainisme l’exode des Montréalais anglophones.Voilà les pelés et les galeux d’ou venait tout le mal.Pourtant, l’exode était commencé bien avant que le professeur ne parte de Montréal en 1967.Le signal a été donné par le gouvernement fédéral dans les années 50.Jusque-là, la force industrielle des anglophones montréalais, l’industrie lourde en particulier, était concentrée principalement autour du port de Montréal et le long du canal Lachine.L’aménagement de la Voie maritime du Saint-Laurent, terminée en 1959, et son corollaire, la désaffectation progressive qui a amené la fermeture du vieux canal, ont provoqué le déménagement de toutes ces usines vers Toronto et les Grands Lacs.Quand vint le temps de la nationalisation de l’électricité après l’élection de 1962, les milieux financiers anglophones de Montréal refusèrent de fournir les capitaux au gouvernement québécois.Les Américains, eux, furent ravis de prendre leur place.Les anglophones montréalais venaient ainsi de démontrer aux Québécois qu’ils étaient réfractaires à les laisser prendre leur place au soleil.Plutôt que d’accepter de faire des Québécois leurs partenaires pour ce qu’il leur restait d’influence, ils ont préféré suivre l’exemple des Anglais en Afrique dans les années 60: fuir pendant qu’il était encore temps.Qui, dans les années 70, a fait décliner le trafic aérien de Montréal au profit de celui de Toronto?Ce ne sont pas les Québécois, mais le gouvernement fédéral.En gaspillant des.millions de dollars en expropriations et en travaux publics pour aménager l’éléphant blanc de Mirabel, il a fait la fortune de l’aéroport Pearson.M.Resnick se rappelle-t-il aussi de la Sun life?La compagnie a compris, mais un peu tard, que des sociétés québécoises d’assurances étaient désormais en mesure de reprendre sa clientèle francophone.Voilà, M.Resnick: ce sont les anglophones eux-mêmes qui ont provoqué les causes de leur propre exode.Celles que vous avez citées leur sont postérieures.L-Hubert Leduc Aylmer, 19 mars 1996 jAll£Z-M00S FA\RL mattwUs Riouy CHANGER DE CCÂHEOR & I La cour est pleine 0 ui, c’est vrai: la cour est pleine.Pour tout dire, ce texte est un appel à la solidarité: cessez de m’inonder d’informations confidentielles concernant les préparatifs militaires actuellement en cours à Ottawa.L’un d’entre vous m’a même téléphoné pour me dire qu’il avait vu un porte-avions dans les environs du canal Lachine.J’ai beau lui avoir souligné que le canal est bien petit pour un si gros bateau, il n’en démord pas.Selon lui, Ottawa serait bel et bien à préparer une invasion en bonne et due forme de Montréal.Et c’est ainsi depuis trois semaines.11 me faut donc passer aux aveux: ces articles étaient entièrement et totalement le fruit de mon imagination.Tout, mais absolument tout, y était faux et archifaux.D’ailleurs, vous auriez pu vous en douter.Au cas où vous ne l’auriez pas décelé la première fois, voici une liste partielle des incongruités qui auraient dû sauter aux yeux dès la première lecture.Ce doit être un effet de la réforme du programme de français, mais il est évident, chers lecteurs, que vous perdez l’art de lire entre les lignes.Je le répète: il n’existe aucun plan à Ottawa pour venir influer sur le cours démocratique normal des choses au Québec.Il y avait d’abord cette allusion à l’existence du Conseil privé et à son rôle dans la planification des opérations gouvernementales.Seul un esprit tordu comme le mien pouvait laisser entendre qu’un tel Conseil, s’il existait encore, avait un quelconque pouvoir décisionnel ou de planification.Le Conseil privé — tout le monde le sait — est une sorte de regroupement de notaires travaillant tous pour le gouvernement fédéral.La preuve?Ce Conseil est dirigé par un greffier.Imaginez donc: un greffier! En 1996! Je pense même que c’est une greffière.Ensuite, j’ai laissé entendre que l’une des raisons pour lesquelles Ottawa se montre toujours si empressé à participer à des missions de paix des Nations unies, tenait à une volonté d’occuper et d’entraîner nos vaillants soldats.Quelle histoire! D’abord, nos soldats sont parfaite- DANIEL LATOUCHE ?ment entraînés et n’ont pas besoin, pour ce faire, d’aller parader à Haiti.Certes, il y a bel et bien eu quelques petites bavures en Somalie, mais le régiment en question a été éliminé et les soldats d’élite qui en faisaient partie sont retournés à leur régiment d’origine.Le problème a donc été réglé.Deuxièmement, l’armée canadienne n’est pas du genre à intervenir dans les conflits internes.Nous vivons dans un pays où jamais il ne viendrait à l’esprit du gouvernement fédéral — ou de n’importe quel autre gouvernement — de mélanger politique partisane et politique étrangère.Quand je pense que j’ai aussi osé suggérer qu’Ottawa s’adonnait au sport de l’écoute électronique.Il fallait quand même un certain culot pour suggérer une telle pçssibilité.Nous ne sommes pas aux États-Unig (ou en France) à ce que je sache.A la Citadelle en plus, un lieu à peu près désert, isolé même et d’où ne pointe aucune antenne parabolique.Et puis, mon allusion à Sheila Copps aurait dû me trahir définitivement.Rappelons les faits.Il y a quelques semaines, Mme Copps nous annonçait son intention d’inonder le Canada d’un million de beaux drapeaux rouges, dont 500 000 pour la seule province de Québec.Comme il se doit, une telle idée a été reçue avec le plus grand mépris par la totalité des gens-sérieux.Même Le Devoir l’a jugée complètement ridicule.Bref, il n’y a que moi pour avoir cru qu’il s’agissait là d’une façon fort habile de se constituer, à peu de frais, un fichier central des inconditionnels du Canada.Un peu plus et je laissais entendre qu’un tel fichier pourrait éventuellement servir à vérifier l’allégeance des milliers de Québécois qui, chaque année, font affaire avec le gouvernement central.J’avais aussi pensé suggérer — toujours à la blague — qu’il y a belle 1 lurette qu’Ottawa possède le fichier de tous les membres du Parti et du Bloc québécois et qu’il sait exacte- ! ment qui arrêter en cas de déclaration d’insurrection appréhendée.J’y ai pensé, mais je n’ai pas osé l’écrire, ne voulant pas vendre la mèche de 1 mes fabulations.Pour posséder une telle liste, il faudrait qu’Ottawa ait les moyens techniques de s’introduire 1 dans les ordinateurs du PQ ou qu’il " ait accès à nos rapports d’impôt où 1 l’on trouve ce genre d’information.Or, tout le monde sait que nos rap- | ports d’impôt sont parfaitement confidentiels et qu’il serait complète- 1 ment illégal pour une agence du gouvernement fédéral de tenter d’y avoir accès.Il est vrai que chaque année, le Directeur général des élections du Québec publie la liste de tous ceux qui ont donné de l’argent à nos partis politiques, mais il est impensable qu’Ottawa ait pris la peine de balayer électroniquement une telle liste pour consolider son fichier.Et que ferait Ottawa de ces quelques milliers de souverainistes arrêtés à la suite d’un référendum gagné par le OUI?Les déporter à Grosse-Ile dont Sheila Copps (encore elle) vient d’annoncer qu’elle sera réhabilitée pour la rendre en tout point semblable à l’époque où l’on y entassait des milliers d’immigrants irlandais.Quelle idée de fou.Votre naïveté vous honore, mais vous avouerez aussi qu’il y a de quoi douter de votre perspicacité.Vous êtes vraiment du genre à croire n’importe quoi.Encore un peu et vous seriez prêts à croire le gouvernement fédéral lorsqu’il nous dit que l’économie va bientôt reprendre, que le Canada est le pays le plus riche dç la planète et que l’armée canadienne n’a aucun plan pour faire face à la possibilité d’une déclaration de souveraineté.Combien de fois va-t-il falloir vous le répéter: ces plans n’existent pas, le Conseil privé non plus et Stéphane Dion n’a jamais dit que le Québec était divisible.Même Stéphane n’existe pas.A P R, 0 P 0 S -+- .de Tendettement à l'étranger La bataille va au delà de la loi 101, qui ne doit pas être assouplie.LE DEVOIR FONDÉ PAR BENRI BODRASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISS0NNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Vice-président, finances et administration FRANÇOIS TH0UIN Directeur de l'information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, GUY TA1LLEFER, NORMAND THÉRIAULT Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇ0N Directeur artistique ROLAND-YVES CARIGNAN 2050, rue de Blenry, 9'étage, Montréal (Québec) H3A 3M9.Tél(514) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS I.K I) K V (tin.I.E s S A M K 11 I 2 :» K T I) I M A N (’ Il E 2 I M A II S I II II (I A I Le cauchemar américain Essai sur les vestiges du puritanisme dans la mentalité américaine actuelle ROBERTDÔLE I Originaire de Washington aux États-Unis, ! diplômé de Harvard, l'auteur a enseigné ata universités de Metz, de Bonn et de Iuidz.Depuis 1977, il enseigne à l'Université du Québec à Chicoutimi.Extraits du livre du même titre qui paraît ces jours-ci chez VLB éditeur.- 'm commencé très tôt à J douter de lu liberté d’expression dans mon pays.Mon étude du marxisme m’a convaincu que la liberté dont parlent mes compatriotes consiste surtout dans la liberté des riches d’exploiter les pauvres.J’ai lu récem- __=====11 ment (mai 1995) dans Spare Change, journal des sans-abri de Boston, ce commentaire pertinent: «Le sens ] commun nous dit que la liberté d’expression I n’a aucune signification pour les chômeurs, j les affamés et les sans-abri.» (.) La liberté d’expression dont les Américains se vantent est celle des classes dominantes.Ce sont ces dernières qui mènent les j opinions de la société, qui possèdent les jour-! naux et les chaînes de télévision.Les pauvres, pour la plupart, ne veulent même pas voter.Seulement 43 % des Américains qui avaient le droit de voter ont effectivement voté aux élections de novembre 1994.Le Parti républicain croit triompher, alors qu’il n’a le vote que de 20 % de la population.Il est donc évident que le gouvernement américain ne représente pas le peuple américain.De toute manière, beaucoup de pauvres ne savent pas lire.Un tiers des Américains sont analphabètes (functionally illiterate, comme on les désigne).Il serait tentant de conclure que les analphabètes représentent une proportion importante de ceux qui ne votent pas.Même s’ils votaient, comment sauraient-ils que la gauche représente leurs intérêts mieux que la droite?J’ai passé 15 des 22 ans de ma vie aux États-Unis près des bidonvilles des Noirs, voire à leur centre, d’abord à Washington, la capitale fédérale, puis plus tard à Cambridge, Massachusetts.Je me suis rendu compte dès mon plus jeune âge que le concept de liberté éveillait chez les Noirs une vision de l’au-delà.C’est souvent le sens de lèurs chants religieux.On trouvera, par exemple, les paroles suivantes sur la pierre tombale de Martin Luther King fils:, «Free at last, free at last, thank God almighty.I’m free at last.» (Enfin fibre, enfin fibre, c’est grâce à toi, Dieu tout-puissant, que je suis enfin fibre.) (.) Les Timothy McVeigh et congénères de l’extrême droite américaine illustrent la tragédie du mythe américain.Leur défaut consiste précisément à croire sincèrement •tout ce qu’ils ont appris à l’école primaire, c’est-à-dire que les institutions politiques américaines et la Constitution de ce pays sont d’inspiration divine.Les Founding Fathers étaient de stature surhumaine.S’ils ont dit voilà 200 ans que les hommes avaient le droit de porter des armes à feu, c’est devenu une vérité étemelle, même si 36 000 Américains perdent la vie chaque année comme sacrifice sur l'autel du patriotisme aveugle.(.) Le discours des politiciens fait souvent référence à cette qualité de peuple élu.Lp président Clinton dit au Congrès: «Les Etats-Unis sont le meilleur pays au monde», et tout le monde applaudit.Moi qui suis originaire de la ville de Washington, je vois tout de suite le paradoxe: Clinton affirme la gran- deur du peuple américain au centre de la ville qui détient le taux d’homicides le plus élevé du monde actuel sinon de l'histoire universelle (450 homicides par année pour une population de (500 (XX) habitants: la Communauté urbaine de Montréal, deux fois plus populeuse, a enregistré 73 cas d’homicide en 1993).(.) Le fossé qui sépare les riches des pauvres s’agrandit.L’économiste John Kenneth Galbraith révèle l’étendue de ce phénomène: «En 1980, les p.-d.g.des 300 plus grandes firmes américaines gagnaient 29 fois plus que l’ouvrier moyen.Dix ans plus tard, les revenus de ces hauts responsables étaient 93 fois supérieurs à celui de ce même ouvrier.Pendant ces dix ans, le revenu du salarié américain moyen a légèrement baissé.» (L’actualité, 15 décembre 1993).Pendant les années 1977-1990, 99 % des Américains sont devenus plus pauvres tandis que les plus riches, qui constituent 1 % de la SP?5v \ population, ont augmenté leur richesse de 110 %.On peut qualifier ces derniers d’oligarques ou de ploutocrates et tous les autres de serfs.Les serfs ne pensent pas à se libérer des oligarques parce que les Américains croient que les riches sont bons, suivant la tradition puritaine.Dans presque tous les autres pays du monde, même en Angleterre, une pensée traditionnelle a cours qui veut que les riches soient probablement de mauvaises gens.On s’imagine le contraire aux Etats-Unis.Par exemple, les Américains ne demandent pas à qui profite la dette nationale.En 1992, celle-ci atteignait 4 064 600 000 000$ et les intérêts payés sur cette dette s’élevaient à 292300000 000 $.Dans quelles poches va tout cet argent?L’avenir du peuple américain est hypothéqué afin de permettre aux oligarques, aux capitalistes, aux investisseurs de Wall Street de remplir leurs coffres., De plus en plus d’États font usage de la peine capitale.Environ 2600 Américains attendent d’être exé-çutés dans les prisons des États-Unis (.) Depuis que la peine de mort a été restaurée en 1977, le nombre de crimes entraînant la peine capitale a crû de manière dramatique.Pendant les 12 dernières années, il a augmenté de 168 %.(.) La cruauté du peuple américain s’exprime aussi dans les embargos que le gouvernement impose aux petits pays qui n’ont pas les moyens de se défendre.Qu’il s’agisse de Cuba, du Viêtnam ou de Haïti, l’effet des embargos conduit toujours la population à la famine.Le gouvernement américain prétend que de tels embargos pourront précipiter la chute du régime au pouvoir.L’histpire démontre juste le contraire.Dans un État totalitaire comme Cuba, le dictateur maintient son pouvoir à tout prix.Les pauvres gens qui habitent Cuba n’ont pas la possibilité de renverser le régime cas-triste.Pourtant, ce sont eux qui souffrent de la faim provoquée par le gouvernement américain.Le manque de vitamines entraîne la cécité chez un grand nombre de Cubains.La situation était même pire au Viêtnam: les Américains ont d’abord éliminé des milliers de ci- Robert Dole La liberté d’expression dont les Américains se vantent est celle des classes dominantes.vils par les armes; ensuite, ils ont essayé d’anéantir les survivants avec la famine causer par leur embargo.(.) Selon Noam Chomsky, les Etats-Unis sont en train de devenir un pays du tiers monde puisqu'une portion toujours plus importante de la population vit dans la pauvreté, une autre forme de cruauté.Quinze pour cent des habitants n’ont aucune assurance médicale.Trente pour cent n’ont pas une assurance médicale adéquate.Trente-trois pour cent sont analphabètes (functionally illiterate).En 1991, 14,2 % des Américains vivaient sous le seuil de pauvreté établi par le gouvernement fédéral.Par contre, ils ne constituaient que 11,4 % de la nation en 1978.Cette tendance confirme le pessimisme de Chomsky.Quarante-trois pour cent des sans-abri sont des familles (The Boston Globe, 11 décembre 1993).Trente-six pour cent de la population a décroché de l'école secondaire.Dix-sept pour cent des diplômés des écoles secondaires chôment.Le taux de chômage est de 7 % dans la population totale et de 13 % chez les Noirs.Depuis quelques années, le nombre de sans-abri croît d’une manière ahurissante.(.) Personne ne connaît leur nombre exact, mais on croit qu’ils sont plus de trois millions, soit environ 1 % de la population américaine (Baum, p.120).Sept pour cent de la population américaine a été sans abri à un moment ou à un autre.La cruauté américaine à l’égard des sans-abri se manifeste sur trois paliers différents.En premier fieu, le peuple américain ne fournit pas assez d’abris et de logements à prix modique pour les plus démunis de la société.En deuxième lieu, il faut signaler le manque de programmes sociaux adéquats destinés à inteivenir dans les problèmes d’alcoolisme, de toxicomanie et de maladie mentale qui ont jeté leurs victimes à la i*ue.Finalement, il faut mentionner la çruauté du système socioéconomique des États-Unis, face à laquelle la fuite dans l’alcool, les drogues et la maladie mentale est une réponse compréhensible.ILLUSTRATION OLIVIER LASSER La profession sinfirmière La formation collégiale doit demeurer la voie normale d’accès v
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