Le devoir, 18 avril 1996, Cahier A
^ FONDÉ EN 1910 it i ft: voi R Vol.I.X X XVII N o !) I M O N T II É A I.I.K .1 K U I) I IS A V KIT I !» !» li S S »• T I» S T V Q / T » r o n I o IS PERSPECTIVES On mange cru, et alors?Le bouton de culotte est un fromage au lait cru.Le ministre fédéral de la Santé veut interdire la vente de fromages confectionnés à grandes louches de lait cru, dont le bouton de culotte.Et alors?À l’évidence, la décision de monsieur le ministre est indécente.Ouvrir la fenêtre économique sur ce dossier, c’est découvrir le ridicule de la décision ainsi qu’une contradiction si énorme qu’elle en est toute belle.Le ridicule économique?Les ventes de fromages au lait cru atteignent au grand maximum 2 % seulement des ventes totales de fromage au Canada.Bref, à lui tout seul, le Cheez-Whiz fait plus fort que tous les camemberts, reblochons et boutons de culotte réunis.Allonsr-y avec la contradiction.Depuis maintenant des lunes, les gouvernements nous serinent le coco en vantant les vertus du libre-échangisme et donc de son corollaire: la déréglementation.Grosso modo, ils nous disent qu’il faut libérer (sic) le commerce tout en misant sur la qualité.Si possible totale, la qualité.Pfffi Dans le cas qui nous occupe, rien n’est plus contraire à cette volonté libre-échangiste que cet interdit qui s’avère en fait une mesure protectionniste qui profitera au lobby de la médiocrité.A ceux qui fabriquent du «en tranches», à ceux qui, même s’ils détiennent 98 % du marché, aimeraient beaucoup mettre ,à bas la frêle industrie du lait cru.A cause de quoi?Des marges bénéficiaires.Libre-échange aidant, la marge bénéficiaire dans tous les secteurs de l’agroalimentaire s’est réduite comme une peau de chagrin.Aujourd’hui, elle varie entre 1,5 % et 3 % seulement Et le fromage ne fait pas exception.Pour les gros canons de cette industrie, il faut le savoir, la mise au pas des artisans travaillant le lait cru est d’autant plus importante qu’ils sont conscients du fait que si eux, les gros, ont atteint leur plein potentiel, ce n’est pa§ le cas des petits.A titre indicatif, on rapportera les précisions du fromager du marché Atwaten «Aujourd’hui, je propose un éventail de 80 chèvres différents.Il y a cinq ans seulement, cela n’aurait pas été possible.» Incidemment, notre fromager a fait état des résultats d’une étude qui, si elle n’a pas les prétentions biomédicales sur lesquelles s’appuie notre ministre, propose par contre une vérité sociologique imparable: «En 15 ans, j’ai servi des centaines de milliers de clients.Aucun n’a été malade.» C’est pas de l’échantillon, ça?En tout cas, cet échantillon semble bien plus probant que celui du ministre.Car il paraîtrait que les Suisses qui sont morts en mangeant Serge T ru ffa u t ?Le pasteurisé, l’nmatpur Hn notamment des fromages, eh! bien, i dindieui uu jjg sera;ent morts parce qu’ils au- lait cru le ra‘ent notamment consommé des fromages portant l’estampille de la com-salt c’est la pagnie Mondor.Puis?Selon notre ’ fromager, Mondor ne produirait que castration du du pasteurisé.Ce dernier étant évidemment l’ennemi juré du lait cru en plaisir fait campant le rôle du sans-goût.Du fade.Du bancal.Le pasteurisé, l’ama-fromage teur du lait cru le sait, c’est la castration du plaisir fait fromage.Mine de rien, cette manipulation du dossier du lait cru révèle encore une fois une volonté — inconsciente?— d’ajouter un interdit frappant le plaisir tout en se trompant.de cible.Car ce qui est vulgaire, ce n’est pas le camembert mais bien le Kraft en tranches et autres parcelles alimentaires appartenant à la civilisation du fast-food.Tant qu’à méditer sur des études australiennes sur le sujet, notre ministre, puisqu’il a le souci de notre alimentation, devrait également méditer sur l’étude confectionnée par des chercheurs de l’université Yale.Etude dont il fut abondamment question dans le New York Times, dans tous les hebdomadaires nord-américains comme européens.Une étude qui fut donc rendue publique.Nos chercheurs s’étaient rendus dans le Périgord, au pays des boutons de culotte, du foie gras et du rouge qui ne fait vraiment pas dans le détail.Pour faire une histoire courte, nos scientifiques avaient conclu que si les Françouillards avaient beaucoup moins de problèmes cardiovasculaires que leurs amis nord-américains, c’est parce qu’ils mangeaient cru là où les autres mangeaient tout faux.Point Ils avaient surtout trouvé que tous les produits qui se vendent dans les machines distributrices, du genre barre Mars et chips cheaps, ainsi que dans bien des comptoirs des grandes surfaces, favorisaient l’obésité d’abord, les troubles cardiovasculaires ensuite.Alors, hein.! Tant qu’à interdire, puisqu’à l’évidence on est animé par cette volonté, on ferait mieux de radier le fromage en aérosol, le Velveeta, Le P’tit Québec, le jaune plastifié individuellement, le Kraft Dinner.On en passe, des vertes et des pas mûres.Sauf qu’on tient particulièrement à l’interdiction des crottes de fromage, qui font une concurrence déloyale aux boutons de culotte.Tout en soulignant le ridicule de cette décision, Michel Freitag, sociologue et philosophe à l’UQAM, a confié que cette interdiction révélait une tendance plus générale.Une tendance consistant à tout régimenter, tout réglementer, car aujourd’hui on vit l’époque du tout quantifié par opposition à l’époque du tout qualité.Et dans tout cela, on a oublié que le fromage au lait cru, c’est tout simplement, tout bêtement bon.Comme on a oublié ce mot de Talleyrand: «Tout ce qui est excessif est., insignifiant» C’est dit! INDEX METEO Agenda .B6 Avis publics.B4 .B6 Culture .B8 Économie .B2 Éditorial .A6 Le monde .A5 Mots croisés.B4 Les sports .B5 v Montréal Nuageux.Dégagement en après-midi.Max: 9 Québec 70 % de possibilité de neige le matin.Eclaircies en après-midi.Max: 6 Détails en B 5 POLITIQUE Brian Mulroney crie son détresse PAGE A 4 ÉCONOMIE Une «mince lueur d'espoir» pour Kenworth, dit Landry PAGE B 2 CULTURE Joël Le Bigot quitte CBF Bonjour PAGE B 8 Commission Krever: Québec se ravise Assommés par les critiques, les ministres Bégin et Rochon nient avoir voulu bâillonner la commission par la voie constitutionnelle ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Les ministres de la Justice et de la Santé, Paul Bégin et Jean Rochon, ont nié hier vouloir museler la commission fédérale d’enquête sur le sang contaminé en contesr tant sa juridiction en Cour fédérale.Les actions prises par le gouvernement du Québec visent plutôt à empêcher que d’ex-ministres soient salis sans avoir pu être entendus, plaident-ils.Alors que les critiques fusent de toutes parts, notamment des groupes de personnes hémophiles ou séroposi- tives, le gouvernement du Québec a tenté hier de justifier sa décision de contester en Cour fédérale les pouvoirs de la commission fédérale présidée par le juge Horace Krever, qui tente de faire la lumière depuis plus de deux ans et demi sur le scandale du sang contaminé.Même si de nouveaux avis ont été déposés la semaine dernière par Québec pour contester l’ingérence de la commission fédérale dans un domaine de compétence provinciale, le ministre Bégin affirme que la bataille ne se fera pas sur le front constitutionnel.Des avis auraient été donnés aux avocats d’abandonner cet argument.En fait, Québec s’oppose plutôt à ce que d’ex-ministres de la Santé fassent l’objet de blâmes, alors qu’en deux ans de travail, la Commission Krever n’a jamais jugé bon de les entendre sur les faits qui leur sont reprochés.«Les autres provinces ont agi sur la même base et personne ne les taxe d'avoir agi de façon incorrecte», a déploré hier le ministre Bégin, qui dit agir pour empêcher que des principes élémentaires de justice naturelle soipnt bafoués.A la pluie de critiques qui s’abat sur Québec s’est ajoutée hier celle de la Société canadienne de l’hémophilie, VOIR PAGE A 8: KREVER Compressions à la CECM Pallascio s’en lave les mains Les heures offertes en alphabétisation sont réduites de 65 % PAUL CAUCHON LE DEVOIR e conseil des commissaires de la .-/CECM a été le théâtre d’un véritable c ialogue de sourds, hier soir, alors que des dizaines d’étudiants en éducation des adultes accusaient la CECM de les laisser tomber et que le président de la CECM, Michel Pallascio, les invitait plutôt à manifester devant les bureaux du ministère de l’Education.M.Pallascio a annoncé hier soir qu’à cause des compressions gouvernementales imposées par Québec, la CECM (Commission des écoles catholiques de Montréal) doit retrancher 57 000 «heures-groupes» dans les services en alphabétisation, ce qui représente 4,7 millions de dollars en moins et des réductions possibles de 71 postes.Selon des fonctionnaires de la CECM consultés par Le Devoir, cette compression représenterait 65 % des heures offertes en alphabétisation.Des dizaines de manifestants entouraient hier les bureaux de la CECM à l’occasion du conseil des commissaires, et plusieurs d’entre eux ont pu se faire entendre lors de la période réservée au public.Ces étudiants, de jeunes adultes dont plusieurs femmes monoparentales, voient dans les centres qui offrent de tels cours leur seule chance de se réinsérer dans la société, et ils apparaissaient découragés hier que la CECM leur «refuse» cette chance.Le cas du Centre pour adultes Père-Marquette a particulièrement été discuté hier, alors que la CECM prévoit déplacer ces étudiants ailleurs puisqu’elle n’a plus les fonds pour ouvrir de nouvelles classes.Environ 850 étudiants seraient touchés, mais une enseignante de Père- VOIR PAGE A 8: CECM Le «gratin» se régale % 7*; , u ivrhtr; 11 Futi-livM PHOTO PC LE LEADER du Bloc québécois, Michel Gauthier, s’apprête à prendre un morceau de fromage au lait cru tandis que Suzanne Tremblay le regarde lors de la dégustation organisée par l’aile parlementaire du Bloc, hier, au Parlement d’Ottawa.Le ministre de la Santé, David Dingwall, est également venu goûter aux fromages jugés dangereux pour la santé parson ministère.Il a déposé un projet de loi visant à bannir ces fromages qui étaient offerts dans le hall d’honneur du parlement, les brie de Melun, bleu des Causses ou vallée dAspe pur brebis.Nos informations en page A 4.ÉCONOMIE L’argent numérique, c’est pour demain Nicholas Negroponte, directeur du Media Lab du Massachusetts Institute of Technology et auteur du succès de librairie Being Digital, prédit l’avènement de l’argent numérique dès cette année.Tandis que les gouvernements et les médias s’inquiètent des obscénités qui circulent sur Internet, l’argent numérique aura, selon lui, énormément plus de conséquences.Quant à la tentative du Congrès américain de punir la diffusion de pornographie sur internet, elle est vouée à l’échec, prédit-t-il.Personne ne peut poli-cer le cyberespace, estime le chercheur.¦ Lire notre reportage en page B 2 Le «foyer principal» poussé sous le tapis Le PLC biffera le «concept» à son congrès d'octobre prochain PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Pour expurger le livre de bord du PLC-Q de la notion de foyer principal, le gouvernement Chrétien devra y mettre le temps et la forme.Pas avant le congrès national d’octobre prochain et à la condition que l’idée de faire marche arrière recueille le consensus de la délégation québécoise.«C’est seulement s’il y a consensus que la résolution sera retirée», a déclaré hier au Devoir le président de l’aile québécoise du Parti libéral du Canada, Me Martial Guay, qui préférait de beaucoup le VOIR PAGE A 8: TAPIS Riopelle, l’homme en peinture C’est ce soir à Montréal que sera lancée aux Éditions Art Global la biographie du plus grand peintre canadien de l’histoire, intitulée Riopelle, tout simplement.La journaliste Hélène de Billy a travaillé pendant plus de quatre ans à cet ouvrage attendu.STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Ce livre paraît, on en entend parler, et le premier réflexe est de se demander comment il se fait que personne n’y ait pensé avant.Mais voilà, la chose est faite, et c’est à Hélène de Billy que revient l’honneur d’y avoir songé, ce qui est déjà bien, et de l’avoir réalisé, ce qui est encore mieux.Surtout que cette biographie de Jean-Paul Riopelle lui a demandé sang et eau.La journaliste, qui dirige maintenant la revue Madame au foyer, a réalisé plus de 500 heures d’entrevues avec plus de 150 témoins d’Europe et d’Amérique, déniché et épluché des milliers de pages enfouies dans des archives privées et publiques.Cela dit, elle a dû se différencier des dizaines de livres et d’articles déjà parus sur l’ar- tiste québécois le plus célèbre au monde.Riopelle, c’est celui qui a signé, à Montréal, dans les années quarante, le mythique manifeste Refus global et participé à la «révolution automa-tiste».C’est aussi celui qui est allé poursuivre sa carrière fulgurante dans le Paris de l’après-guerre, où il a fréquenté André Breton, Samuel Beckett, Alberto Giacometti.autant qu’il leur a permis de le côtoyer.«Les autres livres, même en partie biographiques, ont pris sa peinture comme objet principal, alors que moi j’ai voulu me concentrer davantage sur l’homme, sur sa vie», note Hélène de Billy, rencontrée plus tôt cette semaine.«Ainsi, Riopelle a vécu vingt ans avec [l’artiste américaine] Joan Mitchell, mais aucun article, aucune monographie ne se penche VOIR PAGE A 8: RIOPELLE TIRÉ DE RIOPELLE.ÉDITIONS ART GLOBAL Un autoportrait de Jean-Paul Riopelle, signé Riopell, réalisé au début des années quarante.Cette œuvre, jamais authentifiée, est reproduite pour la première fois dans la biographie consacrée au maître moderne par Hélène de Billy.«Riopelle y a l’air grave, avec un je-ne-sais-quoi de menaçant, note-t-elle.[C’est] le portrait d’un rebelle.» T ¦42?X/ Sam- !v è>- ¦ * ÀÉÉfeiC ord.19, Venez rencontrer mm ; ® ’ ilégié (le l’histoire de Montréal, en plus d’être un partenaire essentiel à la 'ÏX-ic*-.vie éconqiiihjue du boulevard -Saint-Laurent, • p » une artère commerciale qui sait toujours attir- I er une clientèle de gens bien branchés.Même (jue Toulch Optométristes a étendu ses tentacules dans d'autres coins de la ville: rue Saint- V | Denis, entre Duluth et Kachel, puis dans Wèstmqunt, sur la rue Greene.raH Commerce familial dans le sens le plus fi?noble du terme, la lunetterie Harry Toulch réunit d'abord Harry et son fils Michael, tous deux optométristes en service dans l'une ou l’autre des | boutiques.Ils y offrent la gamme complète d’examens.soins et services pour la vue, pour une clientèle de tous les âges, jeunes enfants comme centenaires.Avec Ou sans rendez-vous, on est reçu comme il se 1 doit: le service est chaleureux et, liens familiaux obligent, le père se mêlera parfois des affaires du fils, et vice-versa.Mais qu’à cela ne tienne, la qualité' du service s’en trouve décuplée et c'est parfois séduisant de constater .que papa Toulch, malgré toutes ces années de service auprès de sa clientèle, n’a rien perdu de la flamme de ses débuts.4129, rue Saint-Denis, Montréal 849-0559 4021, boul.Saint-Laurent, Montréal 849-1433 1327, avenue Greene, Westmount 937-0446 Qui plus est, la lunetterie du boulevard Saint-Laurent offre, les services (l’unophtalmologiste, trois jours par semaine.Le Dr César Heredia,.affilié à l’hôpital St.Mary’s, veille à dépister les maladies des yeux, à traiter et effectuer, selon, les cas.les opérations pertinentes, que ce soit pour les cataractes ou le glauconie, ou encore pour la réalisation de chirurgies au laser.Mais revenons-à la famille Toulch, (pii peut également compter sur les services du fils Steven pour glaner, un peu partout au monde, les modèles de montures de lunettes qu'on ne trouvera certainement jamais ailleurs que chez Toulch.Puis il y a Larry, l’aîné des fils, qui est technicien de laboratoire.Quant à l'épouse de Harry.Libby, elle pousse régulièrement à la roue, tandis que son frère à elle est, lui au&si, un technicien de laboratoire hors pair.Pas étonnant que l’atmosphère qui se dégage de la boutique ait ce quelque chose d’incommensu-rahlement vivant qui est l'apanage de la famille.Lt, bien humblement, Harry aime bien glisser dans la conversation que sa clientèle provient d'aussi loin que Los Angeles, Boston, New York ou Toronto.Sans compter que de nombreux artistes de Montréal ne jurent que par’Harry Toulch pour se composer un regard inoubliable.Dans le lot de quelque.5 ooo montures en stock chez Toulch.les griffes exclusivés sont nombreuses:' Oliver Peoples.Paul « \ Smith.Martine Sitbon.Matsuda et Yohji Yamamoto.Ut l’on peut trouver une monture pour aussi peu que (>o S ou pour plus de IOOO S.c'est selon.Mais ça, c’est une.autre histoire.A suivre.TOULCH OPTOMETRIST E* S LE DEVOIE 1 f A \i T 1 D T il \ T I MÜJ N HJ A.ItOGKK ROY Horloger bijoutier )35, Lu Guichetière Ouest Montréal H3B 2M9 I Siège social du CN tel.: (S 14) 861-4489 Ik-s boucles il oreilles à faite tAet" Des citoyens s’unissent pour sauver la bibliothèque Benny BRIAN MYLES LE DEVOIR Un organisme sans but lucratif pourrait se substituer en partie à la Ville de Montréal pour s’assurer de la survie de la bibliothèque Benny, dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce (N.-D.-G.).Une dizaine de citoyens du quartier ont en effet suggéré de mettre sur pied les Partenaires pour la bibliothèque Benny, un organisme sans but lucratif dont la mission serait de trouver des sources de financement alternatif afin d’offrir des services supplémentaires aux usagers de la bibliothèque.En retour, la Ville de Montréal devrait maintenir la bibliothèque ouverte, lui redonner son budget d’exploitation de 1995 et y affecter un bibliothécaire et des employés auxiliaires qui assureront les services comme l’animation et l’informatisation de la collection.Il n’est pas question de se substituer aux obligations de l’administration municipale pour ce qui est de la gestion de la bibliothèque et du développement des collections, prévient cependant Alain Trudeau, porte-parole des Partenaires.Selon l’entente concoctée par M.Trudeau et ses pairs, les Partenaires recueilleraient et administreraient des dons, des subventions et des bourses auprès des particuliers et des entreprises.Des telles sources de financement sont difficilement accessibles à l’administration municipale, fait valoir Alain Trudeau.L’argent servirait à assurer des services qui ne sont pas offerts par la Ville dans les autres bibliothèque du réseau.M.Trudeau pense entre autres à l'achat de matériel pédagogique pour les allophones en apprentissage de la langue française ou encore à l’organisation de campagnes de publicité et de marketing pour assurer le rayonnement de la bibliothèque Benny.M.Trudeau se montre «très optimiste» quant aux chances de réussite du projet «Il y a un esprit communautaire très développé dans ce quartier-là, dit-il.Ça peut réussir.» «On s’attend maintenant à des gestes concrets de la part de l’administration municipale, ajoute-t-il.L’offre de partenariat que nous présentons au Service de la culture est basée sur le ferme engagement des citoyens de Notre-Dame-de-Grâce.» Ce projet de partenariat, encore au stade préliminaire, a été présenté lundi dernier à la responsable de la culture au sein du comité exécutif, la conseillère Johanne lorrain.Cette dernière avait demandé aux citoyens de lui présenter un tel projet lors d’une rencontre tenue en mars dernier, soulignant par la même occasion que le maintien de la bibliothèque Benny ne devait engendrer aucun coût supplémentaire pour l’administration municipale.La Ville de Montréal avait annoncé, lors de la présentation du budget de 1996, la fermeture définitive de Benny.Mais dans les semaines suivantes, le mécontentement généralisé des citoyens de N.-D.-G.avait forcé.l’administration Bourque à battre momentanément en retraite.Mme Lorrain annonçait vers la mi-décembre un moratoire d’un an sur la fermeture de Benny et d’une autre bibliothèque de quartier, Georges-Va-nier, dans la Petite-Bourgogne.Ce moratoire avait pour but de permettre aux groupes de citoyens de développer des alternatives aux fermetures.Les Partenaires pour la bibliothèque Benny attendent maintenant une réponse de la part de Mme Lorrain.«La balle est dans son camp», conclut M.Trudeau.La police porte un coup au trafic de drogue PRESSE CANADIENNE Vingt-quatre personnes ont été arrêtées dans le cadre d’une vaste opération conjointe de la GRC et du Service de police de la CUM dans le domaine des stupéfiants, dont tous les détails seront connus aujourd’hui.La Gendarmerie royale du Canada (GRC) et le Service de police de la Communauté urbaine de Montréal (SPCUM) ont effectué 53 perquisitions, entre 3h et 12h30 hier.Pas moins de 238 policiers ont participé aux divers stades de l’opération.Les personnes arrêtées l’ont été en vertu de mandats d’arrestation.Parmi elle on retrouve Frank Cotroni et Francesco Cotroni, son fils.Deux organisations criminelles distinctes ont été visées par l’opération policière, comprenant des gens de Montréal, Saint-Léonard, Lache-naie, Verdun, Saint-Laurent, Havelock, Saint-Sauveur, Dorval, Westmount, Vimont, Laval et Repentigny.Les personnes arrêtées sont âgées entre 26 et 64 ans.Le sergent Yvon Poirier, de la GRC, et le lieutenant Normand Couillard, du SPCUM, ont indi-quéque l’opération se poursuivait présentement.«On est à faire un bilan.Il y a beaucoup de choses qui ont été saisies», ont-ils ajouté.MM.Poirier et Couillard ont toutefois souligné que l’opération policière avait une «étendue internationale» et visait «plusieurs pays d’Europe, du Moyen-Orient, de l’Amérique du Sud et de l’Amérique du Nord».Manifestation au Reine Elizabeth PHOTO JACQUES GRENIER LES EMPLOYES de l’hôtel Reine Elizabeth manifestaient hier à l’entrée donnant bouvevard René-Lévesque contre le congédiement du président de leur syndicat, Michel Blanchard.Celui-ci s’est vu frappé d’interdiction de présence sur les lieux de travail en pleine période de maraudage autorisé par le code du travail.Le syndicat des Teamsters (FTQ) tente de prendre la place de la CSN et ce congédiement survient dans ce contexte.La CSN prétend que des salariés nommés par la direction de l’hôtel se livrent à du maraudage durant les pauses alors même que le président du syndicat est banni des lieux de travail. I.K I) K V 0 I It A I , I, K .1 I I D I 18 A V H I I.I g II ti ?il DEVOIR ?- POLITIQUE EN BREF ?JACOB RISQUE GROS Ottawa (PC) — Un comité parlementaire n'est pas une cour de justice et ne peut pas juger le depute bloquiste Jean-Marc Jacob sur cette base.Mais s’il le trouvait coupable d'outrage au Parlement, il pourrait recommander des sanctions allant jusqu'à l'emprisonnement.C’est la précision qu’a apportée hier l’avocat général de la Chambre des communes, Mr Diane Davidson, devant le comité permanent qui doit se pencher, à la demande du Parti réformiste, sur un communiqué émis par M.Jacob durant la campagne référendaire et envoyé aux militaires en poste au Québec.Le député de Charlesbourg écrivait que les militaires qui se joindraient à l’armée d’un Québec souverain seraient soumis aux mêmes conditions que ceux dans l'armée canadienne.Il invitait aussi les soldats.à transférer leur loyauté au nouvel Etat.-?- ROCHON VOIT ROUGE Québec (PC) — La réforme de la santé fonctionnerait encore mieux si le précédent gouvernement libéral avait commencé à la planifier il y a quatre ans, a accusé hier le ministre de la Santé Jean Rochon.Lors d’un vigoureux échange à l’Assemblée nationale, M.Rochon a rappelé que dans le cas des étudiants infirmiers et infirmières qui pourraient avoir de la difficulté à dénicher un emploi avant quelques années, des correctifs p'ont été pris que l’an dernier.«C’est il.y a trois ou quatre ans que vous auriez dû y penser et que vous auriez dû intervenir», a lancé M.Rochon aux députés libéraux qui l’accusaient de «manquer de planification».VERS UNE GREVE DES POSTES?VERS UNE GRÈVE Toronto (PC) — Le gouvernement fédéral devrait être prêt à faire face à une grève postale s’il veut vraiment jouer dur pour arracher 350 millions au personnel syndiqué de la Société canadienne des postes, soutient l’Association canadienne de marketing direct.Et l’association a même déclaré mercredi au cours d’une audience publique sur la révision du mandat de Poste Canada qu’Ottawa devrait être aussi prêt à légiférer pour mettre fin à tout débrayage des postiers.Notre collection Printemps-Eté 1996 EST ARRIVÉE! POURQUOI ATTENDRE LES SOLDES QUAND VOUS POUVEZ ACHETER AU PRIX DE GROS OUI MESSIEURS LA CONCURRENCE NE NOUS FAIT PAS PEUR-COMPAREZ NOS PRIX Avec les prix pratiqués dans les boutiques et magasins qui vendent des vêtements faits en FRANCE et en ITALIE Prix CLUB 402 Le costume 100% pure laine vierge fait en ITALIE et GRIFFÉ 299* a 450* Le blazer 100% pure laine vierge fait en ITALIE et GRIFFÉ 295$ Le pantalon 100% pure laine vierge doublé jusqu’aux genoux, fait en ITALIE et GRIFFÉ Notre toute nouvelle collection de chemises 100% coton faite en ITALIE et GRIFFÉE La cravate 100% pure soie crêpe de Chine, faite en ITALIE et GRIFFÉE Etc.Etc.Qui dit mieux?UD 402 -HOMME* 1118, rue Sainte-Catherine O., Suite 200 Montréal (Québec) H3B 1H5, té!.: 861-3636 g Lundi au vendredi 9h30 à 18h £ samedi 10h à 16h 125s 70$ 40$ Le gratin politique envoûté Le Bloc a marqué des points avec sa dégustation de fromages au lait cru JKAN DION DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA La résistance s’organise dans les rangs des partisans du fromage au lait cru, au point où le produit qui est au cœur d’une intense polémique politico-culinaire a empli hier de ses effluves caractéristiques le très solennel hall d’honneur de l’édifice abritant le Parlement du Canada.A l’instigation du Bloc québécois, une dégustation de fromages fins a réuni à l’heure de l’apéro le «gratin» politique et médiatique d’Ottawa, question de démontrer aux fonctionnaires de Santé Canada qu’ils font fausse route avec leur projet de règlement visant à interdire leurs vente et importation au pays.Juraflore, vallée d’Aspe pur brebis, brie de Melun, bleu des Causses, tomme de Savoie, plu- sieurs produits québécois aussi offraient leurs délices, et sans dan ger, a tenu à prévenir Luc Mailloux, de Saint-Basile-de-Port-neuf, porte-parole des producteurs et importateurs de fromages au lait cru.Celui-ci a ajouté «ne pas comprendre» quelle mouche avait bien pu piquer les bureaucrates, et il a promis qu’il allait «soumettre bientôt un dossier assez spécial» qui étaiera, données scientifiques à l’appui, l’inanité du projet.L’événement a incidemment donné lieu à une scène pittoresque lorsque le ministre de la Santé, David Dingwall, celui-là même dont les fonctionnaires veulent bannir ces produits, est venu se régaler.Le ministre a toutefois maintenu le mot d’ordre, à savoir que Santé Canada disposait de «preuves scientifiques» des risques inhérents aux fromages au lait cru, et incité à attendre la fin du processus de consultations de 75 jours prévu par l’avis de règlement.«Mais je suis persuadé que nous pourrons résoudre le problème à la satisfaction de tout le monde», a-t-il ajouté.Il y a fort à parier qu’Ottawa reculera tôt ou tard.M.Dingwall, pris malgré lui au milieu de ce tollé, sèmble d’ailleurs prendre la chose avec légèreté.Hier, il s’est présenté à la Chambre des communes avec un large sourire et, devant les caméras de télévision, scandait «cheese! cheese! cheese!».C’est que la fronde gagne aussi la députation libérale, même hors Québec.Les ministériels d’origine italienne craignent qu’en vertu du règlement, le fromage parmesan ne soit aussi interdit de vente et d’importation au Canada.Il y a fort à parier qu’Ottawa reculera tôt ou tard Aussi, «je ne doute pas qu’on pourra trouver une solution à l’amiable», a confié le député de Vaudreuil, Nick Discepola.Son collègue de Gatineau-La Lièvre, Mark Assad, a de son côté indiqué qu’aucun député libéral québécois n’était en faveur du règlement et qu’ils entendaient bien le faire savoir au ministre.Quant à savoir pourquoi Santé Canada a concocté ce projet, les opinions varient.Les producteurs et importateurs québécois croient qu’Ottawa a cédé au lobby des grands fabricants de fromages, qui craignent que leur part de marché ne soit grugée.Car si on ne compte actuellement qu’une douzaine de producteurs au Québec — dans i’ensemble, le secteur procure tout de même 1500 emplois —, plus de 400 demandes de permis de production de fromages au lait cru ont été soumises à la Commission canadienne du lait.U*s fabricants industriels «se disent que c’est le temps de nous fesser dedans avant que ça commence pour vrai», explique Jean-Philippe Gosselin, de la compagnie d’importation de fromages fins Caron.Selon lui, «la santé publique n’est absolument pas en cause.Ça me fait rire quand le gouvernement invoque cet argument».Au Bloc québécois, qui a trouvé un dossier en or sur le plan politique, le chef Michel Gauthier fustige plutôt la bureaucratie.Ce genre d’interventions «se produit souvent dans ia fonction publique, sauf que ça soulève moins les passions que cette question-ci.11 y a des gens qui ont pris l’habitude de passer leur vie à essayer de produire des réglementations pour embêter les autres.Et il n’est pas question qu’on les laisse faire.Le gouvernement doit reculer», a-t-il déclaré.L’affaire des pots-de-vin Mulroney crie sa détresse PRESSE CANADIENNE L> ex-premier ministre Brian Mul-i roney a fait grand état hier des torts irréparables causés à sa réputation par la façon de faire de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et du ministère de la Justice lors de l’enquête menée sur des pots-de-vin qui auraient été versés à la suite de l’achat par Air Canada de 34 appareils Airbus, en 1988.«Je vais devoir supporter jusqu’à la fin de mes jours les soupçons qu’a fait peser sur moi la GRC», a soutenu M.Mulroney au cours de la première séance de l’examen préalable demandé par les avocats du gouvernement fédéral pour préparer leur défense à la poursuite de 50 millions de dollars intentée par M.Mulroney pour les torts causés à sa réputation.M.Mulroney a soutenu qu’il n’avait rien à voir avec cette affaire de pots-de-vin, contrairement à ce qu’affirme la GRC dans une lettre envoyée aux autorités suisses en novembre 1995.Il estime que le texte de la GRC est rempli d’affirmations fausses et que cette force policière s’est comportée en juge et en jury et a rendu sa sentence sans jamais accepter de l’interroger pour établir les faits, comme il en a fait l’offre à plusieurs reprises.A maintes occasions, M.Mulroney a dénoncé la lettre de la GRC en la qualifiant de «monstruosité» et de «calamité» et s’est plaint d’en avoir été terrassé pendant un bon moment Il est maintenant déterminé à démontrer qu’il a été traité injustement.«Tenez-vous bien», a-t-il averti.Il en a particulièrement contre le fait que la lettre demandant des informations aux autorités suisses ait été distribuée à des dizaines de personnes, dans les banques et dans les ambassades, et qu’elle se soit finalement retrouvée entre les mains de plusieurs journalistes, d’abord en Allemagne.Elle avait été écrite en allemand.«C’est du fascisme.Je ne peux toujours pas dire quelles sont les accusations et qui sont les accusateurs», a fait valoir M.Mulroney.«J’ai eu des hauts et des bas dans ma vie.Jamais je n’ai été autant dévasté», a-t-il dit.M.Mulroney devra se présenter à deux autres journées d’examen, les 19 et 26 avril.Les avocats du gouvernement fédéral auront ensuite jusqu’au 15 mai pour présenter leur défense au juge André Rochon, de la Cour supérieure.Monte-charge aeufernenf * PHOTO JACQUES NADEAU L’ancien premier ministre Brian Mulroney, escorté par des policiers, a comparu hier à Montréal dans le cadre de la poursuite en diffamation qu’il a intentée contre la GRC dans l’affaire Airbus.Le retrait de l’aide fédérale Le projet Tokamak est gravement menacé KONRAD YAKABUSKI DE NOTRE,BUREAU DE QUEBEC Le retrait d’Ottawa du financement d’un projet de recherche en fusion nucléaire à Varennes exacerbera «l’injustice» que subit le Québec en matière d’investissements fédéraux dans la recherche et le développement et amènera des scientifiques de calibre mondial à s’expatrier pour poursuivre leur carrière.C’est l’avertissement qu’ont livré hier les ministres Bernard Landry et Jacques Brassard en raison de la décision du gouvernement fédéral de mettre fin à sa participation au projet Tokamak, mené par le Centre canadien de fusion magnétique (CCFM).Québec réclame donc qu’Ottawa revienne sur cette décision pour éviter une «perte irréparable».«Sinon, ce sera la mort, je pense, d’un projet de recherche extrêmement valable», a tranché M.Brassard, ministre des Affaires intergouvemementales.M.Brassard a dit déplorer «l’attitude proprement cavalière» d’Ottawa, qui aurait agi sans consulter ses partenaires dans le projet.Étant donné que le Québec accuse un manque à gagner historique en matière d’investissements fédéraux dans la recherche et le développement, «il y a donc un problème d’équité qui ne peut que s’aggraver avec une décision pareille».Les 100 employés, dont 50 scientifiques, qui œuvrent au CCFM sont à l’avant-garde de la recherche en fusion nucléaire — «la filière énergétique à long terme qui peut solutionner le problème d’approvisionnement des générations futures dans le respect de l’environnement», selon le président de l’Ordre des ingénieurs du Québec, Bernard Lamarre.Ce dernier a écrit à la ministre fédérale des Ressources naturelles, Anne McLellan, le 2 avril dernier, pour déplorer la décision de suspendre son financement annuel de 7,5 millions de dollars, somme qui compte pour la moitié du budget annuel du projet Tokamak.Alors qu’Ottawa s’est joint en 1987 à Hÿdro-Québec et l’Institut national de recherche scientifique pour lancer Tokamak, qui s’inscrit dans le Programme mondial de recherche sur la fusion nucléaire, sa contribution financière devait s’étaler sur trente ans.Or, en raison d’une «réorientation» de ses priorités en matière de recherche, le dernier budget fédéral annonçait le retrait d’Ottawa de ce type de projet de recherche dès le 31 mars 1997.«Nos principales préoccupations sont la réduction du déficit, la création d’emplois et l’environnement.A cet égard, la recherche sur la fusion ne constitue pas une priorité de la R-D énergétique fédérale, ni de la R-D fédérale dans son ensemble», a écrit Mme McLellan dans une lettre envoyée le 7 mars à son homologue québécois, Guy Chevrette.«Le gouvernement doit maintenant orienter ses travaux de R-D énergétique vers des activités qui peuvent produire un rendement à court et à moyen terme.» Mais M.Landry accuse Ottawa de vouloir se retirer «en milieu de course», revenant sur le prétendu engagement de l’ancien gouvernement d’étendre sa participation sur trente ans.La lettre de Mme McLellan affirme toutefois que le «présent engagement» fédéral devait de toute ma- nière prendre fin en 1997.Quant au «nouveau» critère d’Ottawa, qui dit maintenant favoriser la recherche rapidement «commercialisable», M.Landry fait remarquer qu’il ne l’applique pas en Ontario et en Colombie-Britannique, où deux importants projets de recherche viennent de voir leurs subventions augmentées.De plus, Ottawa ne tient pas compte, dans sa décision, des retombées directes de Tokamak, sur lequel de nombreux sous-traitants comptent pour développer des produits de pointe.«C’est donc toute une grappe de travail scientifique et industriel de haut niveau qui est menacée», a soutenu le ministre de l’Économie et des Finances, également député de Varennes.Quant à la possibilité que Québec prenne le relais d’Ottawa pour sauver le projet, M.Landry s’est borné à faire remarquer qu’Hydro-Québec, qui assure déjà 40 % du budget de Tokamak, subit actuellement une cure d’amaigrissement.«Après le débat qu’on a eu sur les tarifs [.], mettre 7,5 millions de plus [dans Tokamak], ce n’est pas une mince affaire.» «Foyer principal» Les ténors libéraux nient toute gaffe JEAN DION DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Les ténors du gouvernement libéral continuent de nier qu’une gaffe ait été commise, mais la vitesse à laquelle la notion de «foyer principal» du fait français en Amérique pour désigner le Québec s’émousse tend à prouver le contraire.Au lendemain de l’aveu par le ministre des Affaires intergouvemementales Stéphane Dion que la nouvelle expression élaborée au cours du week-end par l’aile québécoise du Parti libéral n’était pas «la trouvaille du siècle», deux autres membres québécois du cabinet ont ainsi pris hier, à mots à peine couverts, leurs distances de ce dossier explosif.«Les militants ont exprimé leurs opinions et c’est la raison pour laquelle le parti existe.Nous avons un parti démocratique», a expliqué le ministre du Travail, Alfonso Gagliano.«Mais pendant des années, le parti a adopté des résolutions que le gouvernement n’a jamais mises en application.Le gouvernement doit faire sa part et prendre ses décisions.» «En plus, ce n’était pas un congrès mais simplement un conseil général» du PLC-Q, a-t-il ajouté.De son côté, le lieutenant du PLC au Québec, le président du Conseil du trésor Marcel Massé, n’a pas voulu dire si, contrairement à presque tous ses collègues, il était au courant de la teneur de la résolution avant la réunion du week-end.Mais lui aussi a tenu à minimiser la portée de la résolution, arguant que «ça valait la peine de voir s’il y avait des solutions à un problème».Il a également rappelé que, peu importent les mots, «il y a une réalité sous-jacente qui est toujours la même, et la réalité, c’est qu’on veut garantir pour le Québec la reconnaissance d’une société distincte».Quant à M.Dion, il a laissé entendre cette fois que le nouveau libellé était «maladroit», tout en avertissant de ne pas en railler les auteurs.«Je conseille de ne pas ridiculiser trop les Québécois qui, fébrilement, avec tout leur cœur et parfois avec maladresse, mais toujours de façon admirable, cherchent à trouver les voies de la réconciliation», a-t-il lancé à la Chambre des communes, refusant par ailleurs de répondre aux interrogations du Bloc québécois qui voulait savoir s’il considérait que les Québécois formaient «un peuple».Le ministre en a d’ailleurs profité pour rappeler au Bloc que si la démocratie avait parfois ses revers, comme le gouvernement l’a appris à ses dépens, il voyait bien mal comment pouvait lui donner des leçons «un parti dont le chef a été élu par le nombre astronomique de 150 membres».Le don d’être là Feux de forêt de Parent.Incendies à Verdun, Québec, Trois-Rivières, Gatineau.La Croix-Rouge est intervenue lors de 890 situations d’urgence au Québec en 1995, aidant ainsi 7 000 victimes.La Croix-Rouge est active che2 nous depuis 100 ans.Elle a le don d’être là pour nous aider.Elle peut compter sur nous.Soyons généreux.¦ X la Croix-Rouge est en campagne de financement.1 800 592-7649 Croix-Rouge canadienne Division du Québec I.K I) K V 0 I It .I.K .1 K 1' I) I I K .\ V H I I.I It II tt A 5 LE DEVOIR LE MONDE PERSPECTIVES L’isolement de John Major L'embargo de l’UE sur les exportations britanniques de boeuf sera levée lorsque les conditions seront remplies, a déclaré hier à Strasbourg le chef du gouvernement italien Lamberto Dini, président en exercice du conseil européen.«La volonté est de supprimer l’interdiction aussi rapidement que possible.Dès que nous pourrons la supprimer, nous le ferons», a-t-il affirmé.M.Dini était venu à Strasbourg présenter au Parlement européen les résultats du Conseil européen de Turin le 29 mars.LE MONDE La bataille de la «vache folle» sera-t-elle à John Major ce que la guerre des Malouines a été à Margaret Thatcher?L'occasion de manifester face aux ennemis de Sa Majesté un courage sans faille que les électeurs surent récompenser l’année suivante?La comparaison est osée mais elle a été utilisée par le premier ministre britannique lui-même.Il ne s’agit pas aujourd’hui de bouter hors de quelques îles perdues des antipodes la soldatesque du régime militaire argentin, mais de défendre l’honneur du Royaume-Uni et la prospérité de ses fermiers contre des continentaux, accusés d’exploiter l’affaire de la «vache folle» pour faire de la concurrence déloyale à la viande nationale.Le gouvernement de Londres s’en prend maintenant à ses partenaires de l’Union européenne, comme s’il voulait détourner l’attention de sa gestion calamiteuse de la crise.Il a commencé par déclarer publiquement à la Chambre des communes, se fondant sur un rapport scientifique, qu’on ne pouvait exclure un lien entre l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) et la maladie de Creutzfeldt-Jacob, sans avoir prévu les réactions quune telle annonce quasi officielle provoquerait.Il a ensuite mené quelques batailles d’arrière-garde à Bruxelles et à Luxembourg pour ne pas être obligé d’abattre plusieurs millions de têtes de bétail, puis pour obtenir une aide substantielle de l’Union, s’il devait en arriver à cette extrémité.En fait, l’objectif de Londres est d’en finir avec l’interdiction d’exportation que l’Union européenne a édictée à l’encontre de la viande bovine britannique.Pour y parvenir, tous les moyens sont bons.Le ministre de l’Agriculture avait déjà subordonné l’acceptation du plan d’abattage décidé par ses 14 partenaires à la levée de l’embargo.Ce moyen de pression s’étant révélé inefficace, John Major se tourne vers la Cour européenne de justice, dont il souhaite par ailleurs diminuer les pouvoirs.Et comme il n’en est pas à une contradiction près, il couvre d’éloges la Commission de Bruxelles, qu’il vouait naguère aux gémonies, pour mieux souligner la malignité des gouvernements continentaux.Avec des sondages désastreux et une majorité réduite à un siège aux Communes, le premier ministre peut estimer que cette posture nationale lui vaudra, sinon la sympathie des électeurs, du moins le soutien de ses amis conservateurs.En s’isolant de plus en plus de ses partenaires de l’UE, que ce soit à propos de la «vache folle», de la monnaie unique ou du nouveau système monétaire européen, il prépare les élections générales qu’il peut provoquer à tout moment au cours des douze prochains mois.Il n’est pas sûr que cela lui suffise à refaire son handicap sur le Parti travailliste, dont le leader, Tony Blair, cultive une image moderne et raisonnable.Mais il est probable que John Major ne déviera pas de cette ligne, qui promet encore quelques ennuis aux Européens.Les Quatorze seront alors de plus en plus tentés d’attendre que la relève ait eu lieu à Londres avant de boucler la révision du traité de Maastricht.Coincé par les sondages, le premier ministre britannique joue la carte nationaliste Pour lu résolution diplomatique du conflit entre Israël et le Hezbollah Concurrence franco-américaine Dans les échanges de roquettes, c’est maintenant 15 000 à 600 pour Tsahal Ix* Hezbollah a tiré près de 600 roquettes Kntioucha sur Israël durant la première semaine de l’opération israélienne «Raisins de la Colère» au Liban, selon les Nations unies.Depuis jeudi dernier, le Hezbollah a tiré 572 Katioucha, dont 60 hier, selon un porte-parole de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL).Dans le même temps, l’aviation israélienne a effectué quelque 400 raids dans la zone de la FINUL au liban-Sud et l’artillerie a tiré près de 15 000 obus sur le liban-Sud et la Békaa, selon la FINUL Selon Tsahal, l’armée israélienne, l'aviation de l’État hébreu a mené 242 raids dimanche et 220 lundi sur l’ensemble du Ijban.L’opération israélienne a fait en sept jours 42 morts et 184 blessés au Liban, tandis que les tirs de Katioucha sur le nord d'Israël ont fait 17 blessés.Beyrouth (Reuter) — La France et les Etats-Unis ont proposé deux plans concurrents aux protagonistes de la crise libanaise, qui est entrée hier dans son septième jour avec de Le plan nouvelles attaques d’Israël et du .Hezbollah à la frontière israélo- français est libanaise.• r .Après s’etre rendu en Israël, mieux reçu en Syrie et au Liban, Hervé de Charette a proposé aux trois pays un plan visant à en revenir arabe aux accords de 1993 prévoyant de ne pas s’attaquer à des cibles civiles, mais qui cette fois serait écrit, comme le souhaite Israël.Cet accord entre en concurrence avec le plan américain en cours de discussion, qui prévoit également un retour aux accords de 1993, mais également un désarmement du Hezbollah en échange d’un engagement israélien à se retirer du Sud-Liban.Le mouvement chiite libanais pro-iranien a rejeté hier le plan américain en estimant qu’il revenait à lui demander de se «suicider».Son mentor, l’Iran, a estimé parallèlement que le plan américain était inacceptable et a apporté son soutien au plan français.«Nous ne le rejetons pas, mais nous avons des réserves sur son contenu», a déclaré de son côté le chef de la diplomatie libanaise, Faris Bouez, à propos du plan américain.«Il est encore à l'étude et nous considérons qu'il nécessite des amendements», a-t-il ajouté.«Protectrice» du Liban, la Syrie ne l’a pas rejeté non plus.Après avoir reçu Hervé de Charette, le président Assad s’est «félicité du rôle effectif joué par la France».Mais la Syrie dit souhaiter le succès des efforts «internationaux».L’Égypte, qui accueillait hier un conseil ministériel extraordinaire de la Ligue arabe à la demande de Beyrouth, a annoncé qu’elle se rallierait à ce que déciderait le Liban.Shimon Peres, qui a «acaieilli favorablement» le plan américain, a fait savoir qu’il ne considérait pas la France comme un médiateur adéquat.Le nouveau passage mercredi de Charette en Israël, hier, où il a vu son homologue Ehud Barak, a été «difficile», a reconnu le Quai d'Orsay.Le chef de la diplomatie française affirme qu’il poursuivra pourtant sa navette «tant que les perspectives de cessez-lefeu ne se dégageront pas» au Sud-I iban et que son objectif est le même que celui de Washington.Paris se tient en «liaison étroite» avec les Etats-Unis et l’Union européenne pour aider à mettre fin aux affrontements, a tenu a souligné hier Jacques Chirac.Le secrétaire d’État américain Warren Christopher, qui accompagne Bill Clinton en visite officielle au Japon, a assuré de son côté que Washington apportait «son plus grand soutien» aux efforts diplomatiques français.Le plan proposé par Washington implique quatre signataires — États-Unis, Syrie, Liban et Israël.Un de ses six points, qui consacre le rôle syrien au Liban, prévoit que la Syrie en garantit la bonne application.Les élections législatives dans la Péninsule Sexe et violence, des enjeux italiens Mais cette fois, c'est la gauche qui se réclame des «valeurs chrétiennes» en attaquant la droite Rome (Reuter) — À la veille des élections législatives de dimanche, le leader de la gauche italienne Romano Pro-di a visé cette semaine l’électorat catholique en accusant son rival de droite, Silvio Berlusconi, de s’enrichir en diffusant du sexe et de la violence sur ses chaînes de télévision.Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire catholique Famiglia cristiana, le chef de file de l’Alliance de l’Olivier affirme que la programmation de Canale Cinque, Italia 1 et Retequattro — les trois chaînes privées de «Sua Emitten-za» — a sapé les valeurs familiales et contribué à la «déchristianisation» de la société italienne.«Il s’est enrichi par le biais de télévisions qui font un large usage de la violence, du sexe et de modes de comportement à l’opposé des principes chrétiens», explique Prodi.L’économiste catholique en appelle meme à Jean-Paul II: «Lorsqu’on se penche sur les commentaires du pape sur la télévision, comment ne peut-on y détecter une critique directe de la façon dont les chaînes de Berlusconi, notamment, ont éloigné l'Italie des pratiques chrétiennes?» Famiglia cristiana est l’un des titres à plus fort tirage de la presse italienne.Les formations poli- tiques ne peuvent faire l’impasse sur son lectorat catholique, indécis et modéré.C’est sur les millions de voix qu’il représente que l’une des deux-principales formations en lice — l’Alliance de l’Olivier et l’Alliance de la liberté, de Silvio Berlusconi — pourrait faire la différence dimanche.L’ancien président du Conseil a du reste accordé une interview au périodique chrétien publiée dans le même numéro.Il y assure que le centre-gauche inquiète les hommes d’Église: «Ils sont surpris et attristés de voir que certains catholiques italiens n’ont rien appris des leçons de l’Histoire.» Alors que les Italiens s’apprêtent à retourner dimanche dans les isoloirs pour la troisième fois en quatre ans, les électeurs catholiques sont devenus l’obsession des états-majors de campagne.Et Silvio Berlusconi a peut-être marqué contre son camp en annonçant lundi un accord électoral avec le franc-tireur de la politique italienne, Marco Pannella.Les alliés catholiques de M.Berlusconi ont du mal à accepter un homme, Pannella, qui défend le droit à l’avortement, milite pour la dépénalisation de la drogue et contribua à l’élection au Parlement dans les années 1980 de la Cicciolina, l’ex-star du cinéma porno.Selon Romano Prodi, le message des télévisions de Berlusconi s’oppose aux principes chrétiens PHOTO AP Jean Chrétien et le président roumain, Ion Iliescu.Inauguration de la centrale nucléaire de Cernavoda Technologie canadienne en Roumanie Cernavoda (AFP) — La Roumanie a inauguré hier sa centrale nucléaire de Cernavoda, la première à technologie occidentale d’Europe de l’Est, en présence du président Ion Iliescu et du premier ministre canadien Jean Chrétien.«Nous sommes très fiers du haut niveau de sûreté de cette technologie, c’est pourquoi j’ai décidé de m’arrêter ici avant de me rendre demain [aujourd’hui] au sommet du G7 sur le nucléaire de Moscou», a déclaré le premier ministre canadien.Le président roumain a lui aussi notamment insisté sur le «haut niveau» de sécurité de la centrale roumaine.«La technologie employée dans cette centrale ne peut en aucun cas provoquer un accident comme celui de Tchernobyl», a affirmé M.Iliescu.«Je souhaite sincèrement que la première unité de Cema-voda devienne une référence en matière de sécurité en Europe, sécurité qui ne sera mise en doute en aucune situation», a pour sa part ajouté le président du conseil des gouverneurs de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA), Johan van EbbenhorstTenbergen.Boris dans le Caucase Les Tchétchènes tuent 26 soldats russes dans une embuscade Pendant que Boris Eltsine transportait hier sa campagne électorale dans une petite ville du Caucase où les indépendantistes tchétchènes avaient fait un de leurs coups d’éclat en 1995, ces derniers ont tué hier 26 soldats russes lors de l’attaque d’un convoi, dans la région de Chatoï.E N ?NOUVEL ATTENTAT DE L’IRA?Londres (AFP) — La police britannique a confirmé hier soir qu’un appel a été passé à une agence de presse par un correspondant utilisant les codes de reconnaissance de l’Armée républicaine irlandaise (IRA) afin de prévenir de l’imminence de l’explosion qui a eu lieu mercredi soir dans l’ouest de Londres.Le service des ambulances londoniennes, qui a envoyé trois véhicules sur place, a indiqué n’avoir pour l’instant connaissance d’aucune victime.Des responsables antiterroristes ont été dépêchés dans ce quartier résidentiel et les policiers ont établi un cordon de sécurité dans un rayon de près d’un kilomètre autour du lieu de l’explosion.Ils ont enfin demandé aux habitants du quartier de demeurer chez eux, par crainte d’une deuxième explosion.-?- MOSCOU DÉMENT Moscou (Reuter) — La Russie a démenti hier la construction d’une nouvelle base secrète dans les montagnes de l’Oural comme l’avait révélé le quotidien américain The New York Times.«Im Force russe de missiles stratégiques (RVSN) n’est pas en train de construire ou d’agrandir une quelconque installation en Oural», a déclaré son commandant, le général Viktor Yesine cité par l'agence de presse Itar-Tass.De son côté, le journal libéral russe Sevodnya estime à la une que Washington cherche peut-être à contraindre Moscou à révéler ses secrets sur un prétendu bunker secret dans l’Oural.La veille, le Pentagone et le département d’État avaient affirmé que la Russie se refusait à donner des explications sur un vaste complexe militaire en construction dans l'Oural.BREF ?HAÏTI: YANKEES GOING HOME Port-au-Prince (Reuter) — Les 82 derniers membres américains de la mission de l’Onu en Haïti (MINUHA) ont quitté le pays hier.Plus de 250 militaires américains demeurent toutefois sur place dans le cadre d’une mission humanitaire.L’intervention militaire américaine en Haïti, autorisée par les Nations unies, avait commencé en septembre 1994.Vingt mille soldats envoyés par le président Bill Clinton avaient alors été chargés d’assurer le départ du régime militaire ayant déposé le président Jean-Bertrand Aristide.Les soldats américains encore présents en Haïti font partie d’une mission humanitaire distincte de la MINUHA Ils sont chargés de divers travaux publics.-?- MAFIA BRÉSILIENNE DE LA VENTE D’ORGANES Sao Paulo (AFP) — Le ministère public et la police civile de Sao Paulo ont ouvert une enquête sur l’existence présumée d’une mafia spécialisée dans la vente d’organes prélevés sur des cadavres autopsiés dans les hôpitaux de la ville.Ces organes seraient revendus comme matière première pour l'industrie des médicaments et cosmétiques (un cerveau coûterait 40 $ US), selon la police qui a décidé d’enquêter après avoir été alertée par un informateur, José Gonzaga Morei-ra.L’informateur a remis aux policjers une cassette vidéo enregistrée à l'École pauliste de médecine.Des médecins légistes y apparaissent en train de découper 14 cadavres pour leur retirer les organes vitaux (cerveau, poumons, reins et foie).«Ils retirent tout, ferment le cerceuil et les familles ne se doutent de rien», a conclu Moreira Boudennovsk (AFP) — Le président russe Boris Eltsine, en tournée préélectorale dans le sud de la Russie, s’est rendu hier les mains pleines de cadeaux à Boudennovsk, ville dont l’hôpital avait été en juin 1995 le théâtre d’une prise d’otages menée par des indépendantistes tchétchènes.«Je veux dire un mot pour tous ceux qui ont souffert et sont morts lors de cet acte barbare de terrorisme international», a déclaré le président Eltsine, devant le nouvel hôpital de Boudennovsk aux balcons duquel s’était rassemblé le personnel.Boudennovsk est une petite ville située à une centaine de kilomètres de la frontière de la république séparatiste de Tchétchénie.L’ancien hôpital, où des indépendantistes tchétchènes avaient pris en otages quelque 1500 civils, avait été Tokyo (AFP) — Le président Bill Clinton et le premier ministre Ryutaro Hashimoto ont signé hier à Tokyo une «Déclaration conjointe américano-japonaise sur l’alliance en matière de sécurité pour le 21e siècle».Ce texte dont le contenu a été rendu public dans la nuit de mardi à mercredi réaffirme *la valeur importan- ravagé par les combats entre Tchétchènes et forces russes qui s’étaient soldés par 150 morts.Le nouveau complexe hospitalier, dont la construction a été ordonnée par le président Eltsine en personne, est deux fois plus grand et nettement mieux équipé que l’ancien.En campagne active avant le premier tour de l’élection présidentielle du 16 juin pour lequel le communiste Guennadi Ziouganov est donné favori, Boris Eltsine n’est pas venu les mains vides: il a promis une nouvelle école maternelle de 400 places pour la communauté cosaque, une vingtaine de nouvelles voitures pour la police, ou encore le rachat par le gouvernement (12 millions de dollars canadiens) d’une usine d’objets en plastique en difficulté.Il a également promis aux agriculteurs l’instauration de quotas d’impor- te» de l’alliance militaire entre les deux pays et appelle la Chine à «jouer un rôle constructif et positif» pour la paix en Asie.ÎOO OOO soldats en Asie En contrepartie, le Japon et les États Unis promettent de «renforcer leur coopération avec Pékin».Dans ce document, les États Unis confirment tation pour protéger la production locale «des tomates allemandes qui n’ont aucun goût».Visiblement en forme en dépit d’une double hospitalisation l’an dernier pour des problèmes cardiaques, le président s’est plongé dans la foule en jurant que «la crise est finie» et que «la Russie va redevenir la grande puissance qu’elle était auparavant».11 est même allé jusqu’à affirmer que le conflit profondément impopulaire de Tchéchénie, vieux de 16 mois, était quasiment terminé.«Ce n’est pas une guerre avec avions de combat et artillerie, c’est une bataille contre le terrorisme et le banditisme», a-t-il dit en rendant hommage au courage des Cosaques qui poussent les rebelles tchétchènes «à la panique».En échange, les représentants de la communauté cosaque, vêtus de leurs uniformes du 19e siècle, lui ont offert un cheval pur-sang ainsi qu’un costume traditionnel, tandis que le personnel de l’hôpital lui remettait des oeillets rouges.leur détermination à maintenir «environ 100 000 soldats en Asie» et précisent que leur force au Japon sera globalement maintenu à son niveau actuel, soit 47 000 hommes.«Le maintien de la présence militaire américaine est essentiel pour préserver la paix et la stabilité dans la région Asie-Pacifique», souligne la déclaration.Espoir au Guatemala D’APRÈS LE MONDE ET AFP Guatemala — Les représentants du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés au Guatemala (ACNUR) prévoient l’arrivée aujourd’hui, dans ce pays, de 300 familles qui avaient vécu comme réfugiés au sud du Mexique depuis 12 ou 15 ans.C’est le plus fort groupe de réfugiés (1397 personnes) à rentrer au Guatemala depuis plus d’un an.L’annonce faite par le porte-parole d’ACNUR, James Lattimer, coïncide avec une embellie politique qui laisse croire qu’un accord est bientôt en vue entre le gouvernement guatémaltèque présidé par Alvaro Azù et le regroupement des guérilleros URNG (Union révolutionnaire nationale guatémaltèque) dont le porte-parole, à Mexico, est Rodrigo Asturias, fils de l’écrivain (prix Nobel) Miguel Angel Asturias.Le quotidien Le Monde rapporte, au sujet des négociations qui doivent reprendre la semaine prochaine à Mexico entre le gouvernement guatémaltèque et l’URNG, que les signes de signature de la paix sont maintenant «à portée de main», bien qu’il ne faille pas conclure trop vite.Il n’empêche que ces jours-ci, le chef d’état-major de l’armée, le général Sergio Camargo, a parlé de «la fin de la guerre» vieille de 35 ans.Pour sa part, l’URNG a déjà fait savoir, le 20 mars, qu’elle suspendait temporairement les opérations militaires offensives.Les négociations sous les auspices de l’ONU doivent porter sur la politique fiscale et sur la terre, la guérilla estimant que le pays dispose de suffisamment de terre pour en faire bénéficier les 500 000 familles qui n’en ont point Sécurité dans le Pacifique: le Japon et les États-Unis renforcent leur alliance I.F.I) K V 0 I H .I.K .1 K 11 I) I I H A V II I I.I II II II A (> J I) rn 0 R I A I J Bon remède, mauvais dosage Michel Venue Québec a raison de créer un régime universel d’assurance-médicaments et d’y faire contribuer financièrement tous les bénéficiaires, y compris les personnes Agées.Cependant, le modèle proposé par le comité Castonguay est trop onéreux pour les familles à revenus modestes.En plus, ce modèle a tout pour favoriser A moyen terme une augmentation des coûts et donc une augmentation des tarifs payés par les citoyens.1 faut un régime universel d’assurance-médicaments, comme nous avons un régime d’assurance pour les soins médicaux et les soins hospitaliers.Dans la plupart des pays européens, la pharmacothérapie fait partie de la protection sociale.Il est normal que ce soit ainsi, surtout que les médicaments constituent l’un des outils de l’arsenal thérapeutique les plus utilisés, évitant une chirurgie ou une hospitalisation.Alors que le Québec prend le virage ambulatoire, les produits pharmaceutiques vont prendre une importance accrue.On ne peut laisser, comme c’est le cas aujourd’hui, un million de Québécois sans protection.L’absence de couverture pour les familles peu fortunées combinée à la gratuité pour les assistés sociaux constitue une barrière au retour au travail pour les bénéficiaires de l’aide sociale et une incitation à se mettre au crochet de l’État pour le petit travailleur.Il est nécessaire également, si l’État crée un régime, de faire payer aux bénéficiaires une partie des coûts afin de contrôler la consommation et de responsabiliser les usagers, y compris les personnes âgées.En vertu de quelle logique un homme de 65 ans peut-il obtenir ses pilules sans frais alors que son voisin de 62 ans doit se ruiner pour être en aussi bonne santé?De même, la contribution des assistés sociaux est acceptable, sous réserve d’une hausse des prestations pour tenir compte de cette dépense et que le montant demandé à l’assisté social dans une année ne dépasse pas un plafond tenant compte de sa capacité de payer.Le psychologue Camil Bouchard écrivait dans son rapport sur la réforme de l’aide sociale que la contribution des assistés sociaux à un régime auquel adhèrent tous les citoyens peut également servir à contrer le sentiment d’exclusion.Mais le modèle proposé par le comité Castonguay répartit mal le fardeau financier.Bien des gens qui aujourd’hui n’ont aucune assurance parce qu’ils estiment ne pas en avoir les moyens ou le besoin, vont trouver avec raison la facture salée.Pour un couple de deux adultes, elle s’élèvera à 550 $ par année et ce, avant même de pouvoir bénéficier du régime: 350 $ pour la prime annuelle (176 $ par adulte) et 200 $ de franchise (100 $ par adulte).Contrairement à ce que promet le ministre Jean Rochon, le régime n’est pas vraiment conçu en fonction de la capacité de payer de chacun.Seule la prime annuelle variera selon les revenus du ménage jusqu’à 25 000 $.Au-delà, la prime est la même et, quel que soit le revenu familial, tout le monde paierait la même franchise et la même proportion du coût des médicaments achetés une fois la franchise acquittée.Un couple de retraités vivant avec un maigre 25 000 $ et qui a besoin pour 1200 $ par année de médicaments, ce qui correspond à la consommation moyenne à l’âge de 62 ans, devrait débourser dans une année 752 $ en prime, franchise et coassurance.Le riche ancien président de grosse compagnie paierait exactement le même montant.C’est injuste.L’assurance médicaments proposée est trop chère, et le contrôle des coûts, déficient.Le régime doit être plus progressif.Ceux dont le revenu est plus élevé devraient payer davantage.On peut y parvenir en abaissant le plafond annuel à un niveau variable selon les revenus.11 est fixé à 1000 $ par année dans le régime proposé mais à 300 $ pour les assistés sociaux aptes au travail.Ici apparaît d’ailleurs une incohérence.Pourquoi un jeune de 25 ans assisté social jouirait-il d’un plafond de 300 $ alors qu’un étudiant du même âge devrait payer jusqu’à 1000 $?On pourrait aussi réduire la pression sur les petites gens en appliquant la franchise par trimestre plutôt que sur un an.Le remboursement serait plus rapide.On peut aussi, comme ailleurs, offrir la gratuité aux femmes enceintes ou qui allaitent ou aux malades chroniques.Le modèle proposé accorde bien la gratuité aux enfants jusqu’à l’âge de 18 ans, ce qui, en passant, est une excellente idée.Le modèle prévoit qu’un crédit d’impôt atténuerait le fardeau des moins fortunés.Le crédit a toutefois l’inconvénient d’être versé l’année suivant celles où les dépenses auront été encourues.Ces solutions auraient sans doute pour effet d'augmenter les frais pour le gouvernement.Mais cela favoriserait d’autant le contrôle des coûts qui est la clé du succès de ce régime.Èn Grande-Bretagne, 84 % du régime de médicaments est financé par le secteur public et on y dépense deux fois et demie moins qu’au Québec en pilules chaque année.Plus la part de financement public est élevée dans un programme, plus l’État est incité à en contrôler la croissance.Tel qu’il est proposé, le régime Castonguay a plusieurs caractéristiques qui promettent une explosion à moyen terme des coûts de l’assurance-médica-ments.Premièrement, il est très timide en ce qui concerne le contrôle des prix et de la mise en marché des molécules vendues par les compagnies pharmaceutiques.Deuxièmement, le modèle Castonguay laisse entière liberté aux assureurs privés de fixer les primes.Le gouvernement renonce donc à contrôler les primes payées par les deux tiers des participants au régime universel.Troisièmement, le régime proposé est conçu de telle manière qu’il adoptera sa logique propre.Indexé chaque année en fonction des coûts des médicaments, les primes, la coassurance et la franchise risquent d’augmenter régulièrement, comme ça s’est vu dans d’autres provinces.Comme, selon les sondages, les gens sont prêts à payer plus cher pour couvrir des dépenses de santé, la population risque de tolérer ces hausses plus facilement que des augmentations d’impôt, au détriment des autres types de services de santé (hôpitaux, chirurgie, CLSC) qui, eux, sont financés par la bourse collective.En d’autres termes, le régime d’assurance-médicaments peut drainer de l’argent puisé dans la poche des contribuables, qui serait plus utile au financement des hôpitaux.Enfin, beaucoup de modalités du futur régime sont inconnues.L’affaire n’est pas au point et on veut mettre tout cela en place en six mois.Le gouvernaient serait bien conseillé de prendre le temps qu’il faut.La réforme proposée risque de coûter cher et elle n’est pas une peccadille qu’on expédie.Le Québec sans l’Italie Nous avons appris avec consternation que le Québec se prépare à fermer sa délégation à Rome, dans la frénésie paniquée de ses restrictions budgétaires.L’Italie, présentement, est l’un des seuls pays du monde à reconnaître concrètement la richesse de la spécificité québécoise et à accueillir ses créateurs avec le respect conséquent La culture québécoise a trouvé en Italie l’un de ses rayonnements les plus vivants, et cela s’est construit laborieusement au fil des années, grâce à une délégation d’une rare efficacité, malgré sa taille modeste.Nous sommes stupéfaits devant cette décision qui menace d’anéantir des ljens essentiels pour l’avenir d’un État déjà en mal d’alliés.Nous demandons que Rome soit considéré comme ce qu’il est réellement, c’est-à-dire un point d’ancrage aussi stratégique que Paris et New York pour la survie internationale du Québec.Marco Micone, Lise Gauvin, Jacques Godbout, Marie Laberge, Monique Larue, Gaston Miron, Fernand Ouellette, Yves Préfontaine, Monique Proulx, Yvon Rivard, Jean-Guy Pilon (président de l'Académie des lettres du Québec), Bruno Roy (président de PUNEQ) Montréal, 16 avril 1996 LETTRES -?- Le condom, véritable passoire Tous unis contre le sida, diffusée le 7 avril dernier, est une belle initiative qui mérite d’être soulignée, notamment pour certains objectifs fort louables: la lutte contre les préjugés et la sensibilisation à l’envergure mondiale de la maladie.Par contre, nous avons été étonnées et même indignées de constater que l’émission visait aussi un autre objectif, soit de convaincre le public qu’il suffit d’enfiler un condom lors d’une relation sexuelle pour prévenir la transmission du virus.Des études démontrent pourtant que 20 % des personnes atteintes du sida ont contracté la maladie malgré l’emploi d’un préservatif.Cela représente donc un cas sur cinq, ce qui demeure un risque énorme, surtout lorsqu’il s'agit d’une maladie mortelle.Il est étonnant qu’on n’ait pas dit un seul mot sur ce risque pendant l’émission.On aurait pu, en effet, profiter de l’occasion pour «éduquer» le public un peu plus en profondeur, en l’informant notamment de faits encore très peu connus mais néanmoins réels sur le condom.Par exemple, peu de gens semblent savoir que les pores d’un condom ont un diamètre d’environ cinq microns, alors que le virus VIH n’en mesure que 0,1.Conclusion: le condom est une véritable passoire.Pourquoi passer ce fait sous silen- ce?Il suffit de réfléchir un peu pour trouver la réponse.Mentionnons au passage que l’un des principaux commanditaires de l’émission est une grande compagnie pharmaceutique.Le syndrome de la vache folle a causé beaucoup d’émoi au sein de la population dernièrement.Personne en Europe n’ose désormais manger du bœuf.On n’hésite pas à changer ses habitudes alimentaires pour éviter de courir le moindre risque, si minime soit-il.Par contre, alors que le sida fait des milliers de victimes par année sur toute la planète, on refuse toujours d’envisager même la possibilité de changer ses comportements sexuels.Ce changement, il est vrai, est beaucoup plus exigeant qu’une simple adaptation de menu et que l’emploi d’un condom.Il fait appel à la fidélisation des couples, à l’abstinence chez les célibataires.Pour beaucoup, encore aujourd’hui, ces comportements sont tout à fait risibles.Mais pour ceux qui refusent d’être victimes des leurres de la promiscuité et du mythe de la «passoire», ils sont devenus synonymes de vie et d’espoir.Les réalisateurs de l’émission du 7 avril n’ont pas eu le courage d’en parler.Dommage! Ils ont raté une belle occasion d’informer le public et de livrer un véritable message d’espoir.Ana Sanchez Louise MacKay Ottawa, 12 avril 1996 comprissions zt Assn unci- mz pîcamZnTs.ou \ TRouVÇRA \ PifoR/HAiS Pis HoPiTAuX / SouS fcRCAt / Pi.- .Cl) AA PP, AA f S ' A.(fSHMoTri De compressions en privilèges T ravailler et gagner sa vie décemment est un privilège: Kenworth vient de le signifier à ses 900 employés.Posséder une maison dont on paie régulièrement l’hypothèque et les taxes est un privilège,, selon un sous-ministre du Revenu.Être en santé est un privilège et, tant qu’à ratiociner, vivre l’est aussi: ceux qui ne sont pas nés, ceux qui ont quitté ce monde nous rappellent, par leur absence même, ce privilège.Mais qu’est-ce donc qu’un «privilège»?Sans préciser s’il coûte cher ou s’il est gratuit, Le Petit Robert le définit comme un droit particulier possédé par quelqu’un et que les autres n’ont pas.Depuis quelque temps, les privilèges semblent surgir du sol comme des champignons après une pluie tiède.Il§ remplaceraient les ententes entre l’État et ses citoyens, établies selon les termes d’un contrat social entériné démocratiquement.Ces ententes, menacées de disparaître par le biais des compressions de toutes sortes, transformeraient en privilège la situation des uns par rapport à celle des autres: ainsi, pour un élève, recevoir une solide éducation risque de devenir très bientôt un privilège.Pourtant, tous les parents paient leurs impôts et leurs taxes, en retour de quoi ce «service» devrait être assuré à leur progéniture.Si on fait des compressions dans les services aux élèves et aux étudiants, du primaire à l’université, certains disent pourtant que leur formation en sera affectée pour le meilleur et non pour le pire.On peut se demander comment les jeunes seront mieux éduqués à la suite de ce fait, en admettant que la gestion du système d’éducation actuel soit trop lourde et que les réductions se feraient là précisément.Cependant, même si on considérait le système d’éducation quasi parfait, objet d’éloges sans fin, les réductions ne pourraient être vues nécessairement comme positives.Or, on attend les R O réformes qui s’imposent dans ce système depuis des années.Il est dès lors illogique d’affirmer que des coupes sombres, décrétées indépendamment de cette réforme des contenus qui est à venir, auront des retombées positives.Au primaire et au secondaire, comment les jeunes vont-ils s’en sortir, sans parler de ceux des cégeps et des universités?Qu’espérer par conséquent de la promesse du premier ministre de favoriser «à tous les niveaux scolaires, l’initiation aux arts et la formation artistique» (Lucien Bouchard, Discours inaugural, mars 1996)?Il a beau dire que «notre action la plus durable et la plus cruciale sera notre réforme de l’éducation», il est à craindre qu’il y ait, dans ces affirmations, plus de rhétorique que de sens des réalités si les compressions se font indépendamment d’une réforme souhaitée ou, pis encore, la déterminent.Conjuguées aux compressions qui fragilisent tous les milieux de la vie sociale, celles dans l’éducation annoncent des difficultés de taille quant à l’avenir de notre société tout entière.Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’on lie les chances de succès ou l’échec à l’école à l’ensemble des conditions de vie d’un enfant ou d’un adolescent et les compressions amènent le chômage de nombreux parents.Les budgets équilibrés de l’État ne peuvent remplacer un projet de société et il n’est pas superflu de se demander pour quelle cause commune chaque citoyen doit se serrer la cein- ture et, dans bien des cas, n’en plus avoir du tout.Les compressions en éducation risquent de transformer cette dernière en privilège déterminé par la capacité et la volonté des parents à payer des frais de scolarité élevés pour pallier les réductions.Autant le dire clairement et laisser la rhétorique au vestiaire, tous les jeunes n’auront plus accès à l’éducation.Et dans quelques années, si après avoir payé les dettes publiques, renfloué les budgets, une majorité de citoyens mal outillés pour la vie à venir du fait qu’enfants, ils n’auront reçu qu’une éducation à rabais vu les conditions trop difficiles de son exercice, il faudra bien reconnaître qu’on a coupé la branche sur laquelle on était assis.De plus, si une éducation valable et accessible à tous est difficilement réalisable, il est à envisager que les écoles privées, grâce aux fonds supplémentaires provenant des frais de scolarité demandés aux parents, vont probablement être des lieux d’élection pour cela.Or, on sait combien l’écart entre les citoyens s’est accru au Québec depuis le début des années 70, écart défini par la richesse personnelle.Dans ces conditions, une éducation valable risque fort de devenir un privilège.Une mère bien intentionnée et bien nantie affirmait qu’«il faut soutenir à tout prix les écoles privées si on veut assurer la formation de l’élite de demain qui nous gouvernera».Ce préjugé, dans le Grand Montréal du moins, est fondé sur la croyance voulant qu’une plus grande qualité d’enseignement existe nécessairement dans de telles écoles.Or, rien ne prouve cela.C’est plutôt la différence avec les «autres» qui y est produite, différence sur laquelle se préfabriqué cette future «élite».L’élite de demain doit être issue de partout et indifféremment des origines sociales, selon l’aptitude et les capacités mêmes des jeunes.Est-ce passéiste que d’affirmer encore cela?A PROPOS -^- .de la perte de vitesse des hommes Depuis 50 ans, la participation des hommes sur le marché du travail a continuellement diminué.Plus particulièrement, les 55 à 64 ans montrent la baisse la plus forte et presque continue de leur taux d’activité depuis les années 60.Cela laisse entendre qu’une proportion de plus en plus élevée d’hommes de ce groupe d’âge prend sa retraite et se retire du marché du travail.Au cours des années 80, ce mouvement s’est poursuivi et a affecté non seulement ceux qui sont généralement plus facilement associés au mouvement de la retraite, c’est-à-dire les 60 à 64 ans, mais aussi les 55 à 59 ans.De façon générale, les hommes sont frappés plus durement que les femmes par les récessions.En effet, les deux dernières récessions ont été particulièrement difficiles pour les hommes de 55 à 64 ans puisque d’une part, ils y ont perdu un très grand nombre d’emplois, et d’autre part, les emplois perdus au cours de ces récessions n’ont été qu’en partie retrouvés en période de croissance.Les hommes de 55 à 64 ans ont plus de mal à réintégrer le marché du travail après la perte de leur emploi.En effet, les restructurations du secteur manufacturier, qui les touchent plus durement, mènent à l’embauche de plus jeunes employés possédant des connaissances sur les nouveaux équipements.En outre, les 55 à 64 ans se voient de plus en plus offrir des incitations à la préretraite.Alors que les trois quarts des hommes âgés de 55 à 64 ans faisaient partie de la population active en 1976, ils n’étaient plus que 60 % en 1995.L’observateur économique canadien, Statistique Canada, mars 1996.LE DEVOIR FONDE PA fl E N R I BODRASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSONNETTE Rédacteur eu chef BERNARD DESCÔTEAUX Vice-président, finances et administration FRANÇOIS TH0UIN Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, GUY TAILLEFER, NORMAND TUÉRIAULT Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇ0N Directeur artistique ROLAND-YVES CARIGNAN 2050.rne de Blenry.9'étage.Montréal (Québec) B3A 3M9.Té!.: (51 4) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS DEES ?Il y a dix ans, Tchernobyl Fondements sociopolitiques d’une catastrophe L’énergie nucléaire et la sécurité environnementale en ex-URSS 35»= gggS ¦¦¦» KAREL MAYRANI) L’auteur travaille à l'Institut international de stratégies et de sécurité de l’environnement à Québec et termine une maitrise en relations internationales par la rédaction d'un essai sur la sécurité environnementale et la production nucléaire en ex-Union soviétique.e dixième anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl coïncide ce mois-ci avec la tenue d’événements visant à mieux comprendre les causes de l’explosion du réacteur numéro quatre de la centrale en avril 1986, et à faire en sorte qu’un tel accident ne se reproduise pas.Ces initiatives visent à la fois à assurer la sécurité environnementale des pays issus de l’ex-URSS et des pays occidentaux limitrophes.Toutefois, si elles se sont jusqu’à présent concentrées sur les aspects techniques de la sécurité nucléaire, un véritable effort de prévention visant à assurer la sécurité environnementale doit passer par l’adoption d’une appoche plus globale tenant compte des causes sociopolitiques et économiques profondes de la pire catastrophe nucléaire de l’histoire.L’économie de l’URSS était basée sur le principe selon lequel les principaux vecteurs de la croissance économique étaient l’augmentation constante des facteurs de production et le progrès technique.Nous reviendrons plus loin à la question du progrès technique mais il est nécessaire dans un premier temps de comprendre les implications d’une planification économique axée sur l’augmentation constante des inputs de production.Afin de soutenir la croissance économique, la planification économique soviétique maintenait le prix de l’énergie à un niveau très bas, ce qui favorisait sa consommation toujours plus grande sans tenir compte du rendement énergétique et de la productivité des industries.En conséquence, celles-ci devinrent repidement les plus énergivores de la planète, consommant deux à trois fois plus d’énergie cjue les entreprises occidentales à production égale, situation qui perdure encore aujourd’hui.Les pressions induites par ce phénomène sur la demande énergétique poussèrent le gouvernement sovie tique à rechercher de nouvelles sources dans un contexte où les réserves de pétrole et de charbon diminuaient repidement.La fdière nucléaire fut rapidement adoptée comme la solution de l’avenir.On entreprit alors un ambitieux programme nucléaire dont la conduite chaotique et les objectifs de croissance reflétaient plus la crainte d’une pénurie énergétique qu’un réel souci de la sécurité des installations.Ce contexte de précipitation allait provoquer plusieurs défauts de conception et accidents, conduisant directement à l’accident de Tchernobyl.La société soviétique vouait un véritable culte au progrès technologique, second vecteur du développement économique dont les retombées idéologiques étaient considérables.En effet, le progrès technologique était associé à la supériorité du système socialiste.Cette conception conférait aux technologies nouvelles une plus-value politique indéniable qui se situait au centre des choix technologiques soviétiques et qui joua un rôle considérable dans le choix de l’option nucléaire pour répondre aux besoins énergétiques croissants du pays.Dans cette optique, l’opposition à l’adoption de technologies comportant des risques environnementaux prenait une signification se rapprochant dangereusement de l’opposition au régime soviétique.L’information concernant ces technologies était en conséquence soigneusement filtrée par les autorités et leur sécurité était présentée comme absolue.Dans le domaine nucléaire, le mythe de la sécurité absolue survivra jusqu’à la catastrophe de Tchernobyl malgré des dizaines d’incidents graves qui seront camouflés jusqu’à la fin des années 80.Dans ce contexte, l’amplification sociale des risques environnementaux associés à l’énergie nucléaire par l’expression des craintes de la population dans le cadre d’une opposition structurée ne pouvait s’effectuer comme ce fut le cas dans les pays occidentaux.En l’absence d’un contrôle démocratique des décisions et activités des au- C’est une question de temps avant que de nouvelles catastrophes issues de négligences ou de défauts de conception se produisent.Jean-Marc Parent Un ingénieur travaille dans la chambre de contrôle à la centrale nucléaire.torités concernées, le champ était libre pour un emballement de la technocratie nucléaire soviétique menant à l’évacuation presque totale des considérations d’ordre sécuritaire les plus élémentaires et éventuellement au fiasco d’avril 1986.Un accident grave s’est produit en novembre 1995 dans un réacteur toujours en service du complexe de Tchernobyl.Cet incident vient remettre en question les initiatives prises depuis dix ans par les pays occidentaux pour éviter la reproduction des événements de 1986.Ces initiatives se limitent à un soutien technique et financier visant à améliorer la sûreté des installations existantes.Bien qu’on ne puisse nier que certains progrès aient été réalisés dans ce domaine depuis dix ans, on ne peut que constater l’échec de ces initiatives alors que des incidents de toutes sortes continuent de se produire de façon régulière dans les complexes nucléaires russes et ukrainiens.Cet échec est largement attribuable au fait que trop peu d’efforts ont été consacrés à enrayer les causes profondes de l’accident de Tchernobyl, soit la crise de l’énergie et l’absence de contrôle démocratique des décisions technologiques.La crise énergétique découlant du piètre rendement énergétique des industries russes et ukrainiennes demeure, exigeant des performances accrues des installations nucléaires existantes et poussant les deux pays à concevoir de nouveaux plans de développement du secteur nucléaire.L’information sur la sécurité des installations continue d’être cachée à la population et la technocratie demeure en conséquence relativement isolée des pressions du public.Dans un tel contexte, ce n’est qu’une question de temps avant que de nouvelles catastrophes issues de négligences ou de défauts de conception se produisent à nouveau.La sécurité du développement énergétique des pays issus de l’URSS nécessite l’adoption d’une approche globale de la sécurité environnementale qui prendra en considération autant les problèmes d’ordre technique que ceux d’ordre plus structurel.En premier lieu, l’accent devrait être mis sur l’amélioration du rendement énergétique de façon à réduire les pressions actuelles sur la demande énergétique.Selon le Service mondial d’in- formation sur l’énergie, un programme de cette sorte permettrait l’élimination complète du nucléaire en Russie.De plus, on devrait agir sur le front sociopolitique en faisant en sorte que l’information sur le nucléaire soit rendue disponible.Il en résulterait un renforcement du contrôle démocratique des décisions des autorités et inévitablement une approche plus prudente de leur part.Finalement, les pays occidentaux devraient soutenir le développement d’une expertise en matière de sécurité environnementale dans les pays de l’ex-URSS.La limitation des initiatives occidentales aux seuls aspects techniques de la sécurité nucléaire en ex-URSS est une approche vouée à l’échec tant que les causes profondes de l’insécurité énergétique et technologique dans cette région n’auront pas été désamorcées.La sécurité environnementale de cette région ne peut être assurée que par une approche; globale qui fait actuellement défaut A l’heure où l’on célèbre le triste anniversaire de la pire catastrophe nucléaire de l’histoire, il conviendrait plus que jamais de changer de cap afin d’éviter que ne se reproduise l’irréparable.PIERRE DESJARDINS Professeur de philosophie Collège Montmorency 1(r : ean-Marc Parent se rend J à la scène.Habillé comme n’importe qui, sauf comme une vedette, il s’attarde et salue à gauche et à ¦i'i droite ses fans {chums) agglutinés sur son parcours.Ce périple vers la scène prendra plusieurs minutes.Peu importe, ses fans ne sont pas pressés.En fait, ils sont justement là parce .qu’ils ne sont pas pressés et qu’ils veulent se payer du bon temps avec leur ami Jean-Marc à jaser de tout et de rien.Car JMP, c’est le délire du quotidien des gens ordinaires.Et des jeunes gens ordinaires, il y en a 16 000 rassemblés au vieux Forum ce soir-là.Ils ont déboursé 40 $ ;pour y être.Les premières places sont occupées par ceux qui ont attendu des heures en file à l’extérieur: déjà cinq heures avant le début du spectacle, il y en avait plus de 10 000.Certains y étaient même avec leur sac de couchage depuis vendredi soir.l’avant-veille.Qu’est donc le phénomène Jean-Marc Parent?Précisons d’abord que Jean-Marc Parent ne danse pas, ne chante pas, ne joue pas d’instrument de musique; en fait, tout ce qu’il sait faire, c’est bavarder.Il n’est ni clown, ni humoriste, car on ne rit pas de Jean-Marc Parent, mais on rit et on s’amuse avec lui comme avec son meilleur ami.Jean-Marc Parent est en quelque sorte l’antivedette devenue supervedette, monsieur Tout-le-monde devenu star.C’est le bon gars de gang, un peu niais et bonasse, mais ullra-sym-pathique.Son charme suprême: n’importe lequel de ses fans pourrait être à sa place sur scène.Jean-Marc Parent n’est autre chose que l’antita-lent en spectacle.Il se présente comme un grand gêné, une sorte d’adolescent attardé, mal dans sa peau, grassouillet, serré dans des vêtements visiblement trop petits pour lui.le visage boutonneux, Uantitalent en spectacle Le délire du quotidien des gens ordinaires la barbe longue d’un lendemain de party.Il se remémore ses nombreux souvenirs, un peu à la manière de Proust, morceau par morceau, en décortiquant lentement les éléments de ce long puzzle qui a fait de lui ce qu’il est aujourd’hui: un maladroit et un malhabile socialement.Celui qui trop souvent, de nos jours, a un pauvre sentiment de soi, trouvera donc enfin une glorification personnelle à travers ce personnage qu’est Jean-Marc Parent.Car il accomplit sur scène la revanche du citoyen ordinaire en déclenchant un processus d’identification fantasmatique: la personne la plus ordinaire s’imagine ainsi devenir vedette et faire le show.De plus, il faut voir que cette game intimiste qui se joue entre Jean-Marc Parent et ses fans est l’expression d’un grand malaise: celui de milliers de jeunes face à cette machine infernale qu’est le monde actuel et où les «bons» sentiments n’ont plus de place.Un monde exigeant rempli de concurrence et où tout ce qui compte c’est la performance envers et contre tous, de même que la rentabilité et la productivité à tout prix.Jean-Marc Parent est la contestation vivante de notre société élitiste, une société «déshumanisante» où ceux qui ne sont pas superperformants ou vedettes n’existent pas, une société où même «penser» est devenu l’affaire de quelques experts technocrates et non plus celle du citoyen ordinaire.Aussi, c’est un passé anodin, mais éminemment sentimental, fait de petits événements cocasses, parfois drôles ou moins drôles, que narre sur scène Jean-Marc Parent et qu’il hisse au rang de choses sacrées à la gloire de l’individu anonyme de nos cités.Les détails les plus insignifiants de la vie quotidienne prennent alors dans sa bouche des dimensions extraordinaires: les soirs où il passait l’Halloween avec ses amis, une ride en moto, une nuit où il se retrouve coincé dans un bouchon de circulation sur le pont Jacques-Cartier.Ces petites histoires racontées dans un style libre donnent l’impression d’être improvisées.D’ailleurs, cette narration, plus souvent qu’autrement à la limite du dérisoire, apparaîtra tout à fait dénuée d’intérêt pour qui ne joue pas cette game intimiste.C’est uniquement à travers elle, c’est-à-dire à travers cette similitude de sentiments partagés, que se manifestera ce plaisir convivial des fans né de la dimension tragique du désarroi sociétal ici mis en scène.Mais certains ne verront plutôt dans le phénomène Jean-Marc Parent qu’une opportuniste schizophrénisation des masses.Car ces constants renvois passéistes au monde de l’adolescence de l’individu opérés par JMP ne correspondent-ils pas à un simple refus du monde actuel et à une fuite hors de la réalité?«Ce monde est trop horrible.fuyons-le et tentons au moins d’avçir du fun ensemble entre chums.» A la télévision, où il bénéficie d’une émission d’une heure chaque semaine, Jean-Marc Parent convie ses téléspectateurs à participer à une sorte d’«œuvre collective»; il leur demande de manifester leur présence aux autres en faisant clignoter les lumières de leur appartement, un peu comme les prisonniers en milieu carcéral, de peur d’être repérés, utilisent des sons codifiés pour communiquer entre eux.Notons au passage qu’il y a quelques années, en France, existait un personnage, Coluche, que l’on pourrait fort bien associer à notre Jean-Marc Parent national: même apparence physique, gars de bicycle plus qu’ordinaire et, comme Jean-Marc, supersympathique et populaire auprès des foules.S’agit-il du même phénomène?Sans vouloir éla- Son charme suprême: n’importe lequel de ses fans pourrait être à sa place sur scène.borer sur le sujet (on pourra lire de nombreuses études publiées en France sur ce personnage mort prématurément dans un accident de moto), il me semble que le discours utilisé par Coluche était plutôt polémique et politique, tandis que celui de JMP reste plutôt gentil et respectueux de l’ordre établi.Car bien que Jean-Marc Parent touche à l’occasion à des sujets tabous (paralytiques, hommes violents), il tient en général un discours très respectueux des autorités en place et ne s’attaque ni aux politiciens, ni aux tribunaux, ni aux curés, ni à la police.Ainsi serions-nous, avec Jean-Marc Parent, face à l’expression la plus simple et la plus réductrice de l’individu borné devenu roi?Ne s’agit-il pas uniquement, en fin de compte, de se retrouver convivialement entre «nuis»?Pourtant, ne pourrions-nous pas dire qu’au contraire, en démythifiant l’impuissance des citoyens et en leur proposant comme modèle cette fierté d’être humbles et simples, JMP leur redonne confiance en eux-mêmes?Dans l’esprit de compétitivité farouche que le néolibéralisme économique exige, chacun est incité à se prémunir non seulement contre les autres, mais également contre ses angoisses personnelles qui lui rappellent son impuissance.Le phénomène JMP aurait alors à cet égard deux effets cathartiques des plus positifs: d’abord, en résorbant ce sentiment d’impuissance de plus en plus généralisé chez le citoyen ordinaire et en redorant son blason, Jean-Marc Parent ferait fondre l’anxiété et l’insécurité qui l’habitent Ensuite, lorsque Jean-Marc Parent livre délibérément sur scène des sentiments intimes, il encourage par «mimésis» tout un chacun à se débarrasser de ses carapaces, de sorte qu’Û n’ait alors plus honte ni peur de se sentir comme il est vraiment, ce qui pourrait alors le rendre plus compréhensif et plus solidaire socialement PHOTO ARCHIVES Jean-Marc Parent en 1994.4- Le glas de l’État providence CAROL MINVILLE Salarié du secteur de la santé Montréal es dés sont lancés.M.Bouchard vient de me montrer, avec son premier budget, quelles seront les règles du jeu.Il ne me leurre pas, ses couleurs étaient claires depuis le début.11 demeure cohérent avec lui-même, pour ne pas dire congruent.Pour cela, il a bien préparé mon esprit, me rebattant autant qu’il a pu que sa priorité serait de s’attaquer à la dette de l’Etat.Le glas résonne donc sur notre Etat-providence.La santé, l’éducation et la sécurité du revenu seront amputées de plusieurs millions de dollars, üi vache à lait est atteinte de la maladie de Creutzfeld-Jakob et doit être conduite à l’abattoir avant quelle ne nous transmette la maladie de la «vache folle».Bravo à M.Bouchard, l’éloquence et le courage ne lui manquent pas.Le travail sera fait en quatre ans plutôt que trois, mais le boulot sera bien fait.Il a le vent en poupe, ce que John Kenneth Galbraith appelle l’effet d’histrion.Le Québec le soutient, c’est le temps de s’attaquer au gras.Je ne suis pas débouté, juste un petit peu inquiet pour mon emploi dans les services de santé.Mais j’ai deux bras, deux jambes, une tête, un enfant, pas d’auto, pas de maison et surtout pas de dettes, J’ai donc encore un avantage sur l’État, je ne serais pas obligé de faire un ajustement structurel familial pour payer les intérêts de ma dette.N’allez surtout pas croire que je suis un mauvais consommateur, de ceux qui cachent leur épargne parce qu’ils ne font pas confiance à la conjoncture économique.Non, surtout pas, j’aime le confort et les plaisirs de la vie mondaine et puis, tout égoïste que je suis, j’aspire à faire partie de cette élite qui peut dire qu’elle réussit sa vie.Je suis Nord-Américain dans l’âme et puisqu’on me promet le bonheur dans quatre ans plutôt que trois, je lui offre mon emploi.Il y a pensé un pe fit peu mais, en réfléchissant, il lui suffit de mettre les conventions collectives à la poubelle; un petit décret par-ci, un autre par-là et le tour sera joué.Imaginez les économies qu’il fera.En attendant le bonheur collectif qu’il promet dans quatre ans, je suis prêt à vivre de la sécurité du revenu pour assurer la prospérité à mon enfant.[je calvaire ne sera tout de même pas très long et je suis jeune.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine: Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier, Louis-Gilles Francoeur (environnement), Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit, Brian Myles, Isabelle Paré, Louis Lapierre (iadjoint au directeur de l’information), Konrad Yakabuski; Jean-Pierre Legault (responsable des pages thématiques), Diane Précourt (pages éditoriales, responsable de la section ¦ Tourisme)-, Martin Duclos et Christine Du-mazet (relecteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); à l’information culturelle: Michel Bélair (responsable]I, Stéphane Baillargeon, Mario Cloutier, Paule des Rivières, Louise Leduc, Benoît Munger, Odile Tremblay; à l’information économique: Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutrisac, Claude Lévesque, Serge Truffaut, Claude Turcotte; à l’information internationale: Sylviane Tramier (responsable), François Brousseau (éditorialiste), Jocelyn Coulon, Clément Trudel; à l’information politique: Pierre O’Neill, Jean Dion (correspondant parlementaire à Ottawa), Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec)-, à l’information sportive: Yves d’Avignon; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction)-, Marie-Claude Petit, Julie Tremblay (commis).La documentation: Gilles Paré (directeur); Brigitte Arsenault, Manon Derome, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice), Daniel Barbeau (directeur adjoint), Yves Williams (responsable, avis publics et annonces classées), Jacqueline Avril, Jean de Billy, Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté, Marlène Côté, .Sylvie Hanna, Christiane Legault, Jacques A Nadeau, Guylaine Ouellet, Micheline Ruel-land, Monique Verreault (publicitaires); Sylvie Laporte, Nathalie Lemieux, Pierrette Rousseau, Micheline Turgeon; Michèle Bouchard (secrétaire).LA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution et production), Michael Schneider et Marie-France Turgeon (responsables de la production), Claudine Bédard, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Marie-Josée Hudon, Sylvain Lesage, Christian Vîen, Olivier Zuida.SERVICE À LA CLIENTÈLE Johanne Brien (responsable), Chrystian Guy (responsable à la promotion des abonnements), Manon Blan-chette-Turcotte, Monique L'Heureux, Lise Lachapelle, Rachelle Leclerc-Venne.L'ADMINISTRATION Yves Bouthiette (contrôleur), Dany Dépatie (adjointe à l'administration et coordonnatrice aux ressources humaines), Nicole Carmel (responsable des services comptables).Jeanne-d'Arc Houde (secrétaire à la direction)-.Céline Furoy.Ghislaine , Lafleur, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross.LE CONSEIL DU DEVOIR INC.Yves L.Duhaime (président).LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président).Roger Boisvert (vice-president exécutif et directeur général).4 I I.K I) K V 0 lit , |.K J K IM) I I K \ V It I I.I U II U LE DEVOIE ACTUALITES KREVER SUITE DE LA PAGE 1 qui déposera aujourd’hui une plainte contre le gouvernement du Québec devant la Commission des droits et libertés de la personne pour dénoncer ces derniers agissements.La Société canadienne de l’hémophilie, qui ne commentera sa décision que ce matin, estime que ces affronts judiciaires ne visent qu’à éviter que d’exmembres du gouvernement ne se retrouvent dans de mauvais draps.En décembre 1995, la Commission Krever a en effet émis des avis pour informer plusieurs ex-ministres provinciaux et fédéraux de même que des hauts gestionnaires de la Société canadienne de la Croix-Rouge qu’elle pourrait formuler des reproches à leur endroit.Au Québec, il s’agit des ex-ministres de la Santé Camille Laurin, Pierre Marc Johnson, Guy Chevrette, Thérèse Lavoie-Roux et Marc-Yvan Côté.Ces avis ont suscité la colère du gouvernement du Québec, de la Croix-Rouge, de huit gouvernements provinciaux et du fédéral, qui sont tous intervenus auprès du tribunal pour empêcher la commission de formuler des blâmes éventuels.«J’ai pratiqué toute ma vie en droit et jamais je n’ai vu de comportement semblable.On ne veut pas que des personnes soient condamnées et réprimandées sans avoir été entendues.Ça, c’est inacceptable.Pour le reste, il [le juge Krever] est libre de rendre les recommandations qu’il veut», a défendu le ministre Bégin, qui nie que son gouvernement tente ainsi de camoufler des erreurs passées.De son côté, le ministre de la Santé.Jean Rochon, soutient que cette procédure n’empêchera en rien le juge Krever de terminer son rapport et de faire les recommandations qui s'imposent pour corriger le système de distribution du sang au Canada.«On ne bloque rien.L’enquête est terminée, il y a 50 000 pages de notes accumulées.Le juge Krever a bien assez d’information pour faire ses recommandations», a tranché le ministre Rochon, qui affirme que cette contestation judiciaire n’empêchera pas son gouvernement de prendre ces conclusions au sérieux.«Des que le rapport aura été déposé, a-t-il dit, on va assumer nos responsabilités.[.] S’il y a matière à enquêter davantage, à faire plus de recherches ou à prendre des mesures sur la base des conclusions du commissaire Krever, je ferai les recommandations qui s’imposent.» Ce dernier juge que le rôle premier de la commission est de faire en sorte que pareil scandale de santé publique ne se reproduise plus jamais.«Le plus important, c’est ce que l’on doit faire pour éviter ce genre d’événements.Des ministres ne peuvent être impliqués dans une accusation sans avoir pu témoigner», a-t-il lui aussi reproché.Des avis de «blâmes potentiels» ont été expédiés aux ex-ministres Camille Laurin, Guy Chevrette, Pierre Marc Johnson, Thérèse Lavoie-Roux et Marc-Yvan Côté parce qu’ils ont tous dirigé le ministère de la Santé et des Services sociaux entre 1977 et 1989.Il leur est reproché d’avoir omis de surveiller les activités de la So- ciété canadienne de la Croix-Rouge au Québec et de ne pas avoir inscrit le sida dans la liste des maladies à déclaration obligatoire.Si la commission n’a appelé aucun d’entre eux à la barre des témoins, plusieurs hauts fonctionnaires ont i ('|H'iul;inl eu a rendre compte des agissements du gnu vemement au cours de cette période devant le juge Krever.Ainsi, les ex-sous-ministres Réjean Cantin et Ray-nald Gagnon ont fait partie des témoins, de même aue les hauts fonctionnaires Marc Dionne et Michel Pelletier.U* Dr Robert Remis, un expert en épidémiologie, a aussi témoigné à titre de responsable de la santé publique.Même si les blâmes émis par un commissaire n’ont qu’une valeur morale, le ministre Bégin estime que ces ex-ministres auraient dû pouvoir se défendre au cours des audiences parce que leur réputation risque d’être entachée.«Accepteriez-vous que votre nom soit en première page du journal sans avoir pu être entendu?», a-t-il invoqué.D’ailleurs, le gouvernement se retrouvera dans une fâcheuse position si jamais des procureurs du ministère de la Justice décidaient de faire enquête sur les faits dévoilés par la Commission Krever, dont la juridiction est contestée par le même ministère.«On aura un sérieux problème, c’est pourquoi ces avis, ça n’a aucun sens», estime le ministre.Le gouvernement fédéral fait face à une situation tout aussi délicate puisqu’il se retrouve à contester lui aussi le pouvoir d’une commission qu’il a lui-même créée.PHOTO PC Les ministres Jean Rochon et Paul Bégin: «On ne bloque rien.» TAPIS Reste à en SUITE DE LA PAGE 1 concept de société distincte avant que le conseil général ne le dépouille de ses lettres de créance politique.Pour l’instant, il n’est pas question de brûler les étapes ou de laisser fouler aux pieds les valeurs de la participation politique.Le nouveau leader des libéraux fédéraux du Québec estime que le parti a le devoir de respecter les vœux démocratiquement exprimés par sa base militante.Et qu’il n’a d’autre choix que d’acheminer jusqu’au congrès plénier des membres la résolution litigieuse adoptée en fin de semaine dernière.À son avis, si l’on suit une procédure acceptable, à leur arrivée au congrès national d’automne, les quelque 600 délégués du Québec se réuniront pour parler de stratégies et revoir l’ordre de priorité des résolutions.C’est là que sera prise la décision de maintenir ou de retirer «la reconnaissance que le Québec est le foyer principal de la langue, de la culture et de la tradition juridique françaises en Amérique».En vertu des règles de procédure du PLC, les résolutions acheminées au congres plénier peuvent être adoptées ou rejetées mais pas modifiées.L’aile québécoise demandera probablement aux congressistes de biffer uniquement la clause litigieuse pour conserver et mettre aux voix tous les autres éléments de cette longue déclaration de principes sur l’unité nationale.Ou de tenir un vote scindé, ce qui permettra de retrancher l’hérésie.Si l’on tient compte de la désapprobation unanime qui a accueilli la tentative d’enterrement de la société distincte, si l’on tient compte de l’impact médiatique et du fait que ce dérapage a divisé les fédéralistes et réjoui les souverainistes, il est déjà acquis que la délégation du Québec retirera le paragraphe sur «le foyer principal».Connaissant le dénouement, il reste à éclaircir le mystère des véritables auteurs de cette pièce identifier les auteurs de théâtre, de cette tentative de coup filé, de putsch idéologique, qui a fait perdre la face aux libéraux fédéraux.On a d’abord montré du doigt le ministre Stéphane Dion, qui représente à la Chambre des communes le comté de Saint-Lau-rent-Cartierville, d’où émane la résolution.Puis, on a pensé au président de la commission politique du PLC-Q, Serge Joyal.Enfin, les jeux se sont tous tournés vers le ministre Marcel Massé.La reconstitution du scénario est pourtant relativement simple.Dès vendredi dernier, en matinée, Le Devoir était sur la piste.Nous avons d’abord communiqué avec le président de la commission politique de Saint-Laurent-Cartier-ville, Tom Welt, qui a confirmé avoir acheminé au secrétariat central une résolution traitant de la société distincte.Mais il a refusé d’en dire plus long.Pour sa part, le président de l’association, Henri Labelle, a expliqué qu’il en avait entendu parler mais que sa commission politique ne lui avait pas transmis le texte.Quelques heures plus tard, quand nous avons finalement mis la main sur l’ineffable résolution, on a remarqué qu’elle portait la signature de trois comtés: Saint-Laurent-CartierviUe, Mercier et Pierrefonds-Dollard.Lors de la plénière de dimanche, Serge Joyal a annoncé l’adhésion de quatre autres comtés: Montréal-Royal, Saint-Henri-Westmount, Anjou-Rivière-des-Prairies et Pontiac-Gatineau-Labelle.Sauf le comté de Mercier, ils ont tous pour caractéristique d’être habités par d’importantes communautés non francophones.Que faut-il en conclure?L’hypothèse la plus vraisemblable, mise de l’avant par des libéraux crédibles, c’est que ni Marcel Massé, ni Stéphane Dion n’étaient dans le coup et que Serge Joyal n’a pas été vigilant Comme il l’a si bien dit Stéphane Dion l’a appris seulement samedi au conseil général, en lisant son Devoir.Le néophyte ministre se serait tout simplement fait doubler par son aile ultrafédéraliste et francophobe.(faiw yi=/^^ c TPS: Copps dénonce Nunziata Ottawa (PC) — Le député libéral John Nunziata s’est attiré les foudres de ses collègues, hier, pour avoir rappelé au bon souvenir des Canadiens une promesse électorale non tenue par son parti, le remplacement de la TPS.Lors de la réunion hebdomadaire du caucus libéral, certains députés ont exigé la tête de leur collègue récalcitrant, qui a voté mardi soir contre le budget fédéral pour protester contre le refus du gouvernement d’abolir la taxe sur les produits et services comme il l’avait promis en 1993.Selon certaines sources, la charge a été menée par la vice-première ministre Sheila Copps, qui a déjà promis de démissionner si son gouvernement ne remplissait pas sa promesse concernant la TPS.Elle a refusé hier de préciser quelles sanctions pourraient être prises contre M.Nunziata.«S’il n’a pas confiance dans le gouvernement, s’il ne croit pas en nos politiques, personne ne lui braque un revolver sur la tempe pour le forcer à siéger sous la bannière libérale», a-t-elle dit Le député rebelle a eu lui aussi des mots acides pour Mme Copps, estimant qu’elle devrait vivre avec sa conscience à la suite de son changement de cap.«Sheila n’est plus la même personne depuis qu’elle n’est plus dans l’opposition; le pouvoir transforme les gens.» CECM Le MEMO presse Pallascio d’attendre SUITE DE LA PAGE 1 Marquette, Diane Rousselle, a répété hier qu’il était impossible de déplacer ces étudiants aux quatre coins de la ville.Plusieurs étudiants ont fait valoir qu’ils n’ont même pas d’argent pour acheter des billets d’autobus et qu’il leur est impossible de faire garder leurs enfants pour aller terminer leur secondaire ailleurs (ils peuvent actuellement bénéficier de services de garderie).Des représentants du Centre de ressources en éducation populaire, qui offre des services d’alphabétisation, ont également témoigné de l’impasse dans laquelle ils sont plongés.La présidente de l’Alliance des professeurs, Diane Fortier, a demandé à M.pallascio d’organiser une rencontre avec la ministre de l’Education, Pauline Marois, pour exiger de l’aide supplémentaire.«La rumeur court [selon laquelle] l’alphabétisation ne relèvera plus des commissions scolaires mais qu’elle sera transférée aux centres d’éducation populaire», soutient-elle.De son côté, la présidente du MEMO (l’opposition au conseil des commissaires), Diane de Courcy, a demandé à Michel Pallascio de suspendre la décision administrative de couper les heures tant qu’on n’aura pas rencontré la ministre Marois.Elle a également soutenu qu’il y aurait sûrement moyen de revoir la façon dont les compressions devront être appliquées.Le président Pallascio a répliqué qu’il existait un autre endroit pour aller manifester: «le 600, rue Fullum» (les bureaux du ministère de l’Éducation à Montréal).Il a fait valoir qu’il était obligé de procéder rapidement, et il a même annoncé que d’autres fermetures de centres et d’écoles s’en venaient, une réponse qui lui a valu des huées de la part du public qui assistait à la séance.RIOPELLE Un livre bourré à ras bord d’anecdotes qui intéresseront les spécialistes comme les non-initiés SUITE DE LA PAGE 1 sur cette relation.Je m’excuse, mais c’est significatif, coipme l’est la relation de Frida Kahlo et Diego Rivera.» À preuve, L’Hommage à Rosa Luxemburg, une murale de plus de 40 mètres de long réalisée par Riopelle dans les semaines qui ont suivi la mort de son ex-compagne, en 1992.Le Musée du Québec inaugurait hier une exposition consacrée à ce travail-testament.Les recherches d’Hélène de Billy lui ont permis d’éclairer la signification de cette œuvre en montrant que, derrière Rosa Luxemburg, l’Allemande révolutionnaire, se cache «little Joan», répondant au surnom de Rosa pour son «beautiful French Canadian».Ce n’est pas la seule trouvaille de ce livre bourré à ras bord d’anecdotes qui intéresseront les spécialistes comme les non-initiés.La biographe parle bien sûr de la légendaire passion de son héros pour la bouteille et les voitures de sport, mais elle a aussi déniché plein d’autres renseignements, par exemple sur Henri Bisson, le premier professeur de dessin de l’artiste, à Montréal, dans les années trente, ou sur Pierre Riopelle, le frère de Jean-Paul, décédé très jeune.Il est aussi question de la relation du peintre québécois et de l’écrivain français Georges Bataille, qui n’avait jamais été documentée.C’est donc un portrait de l’artiste, mais c’est aussi, plus largement, le panorama de toute une époque.«J’ai voulu rendre vivante l’histoire, la petite comme la grande», dit la biographe.Hélène de Billy a elle-même touché l’histoire en faisant ce travail.Elle a été particulièrement impressionnée par un après-midi passé chez la veuve Matisse.«Les mains reposent sur une table de Giacometti, résume-t-elle.Les yeux se promènent et rencontrent un Picasso, un Miré, des dizaines d’œuvres qui font de ce salon un musée d’art moderne plus riche que bien d’autres à travers le monde.» Sa première rencontre avec la légende vivante, elle, remonte au 3 mai 1985.La journaliste se rappelle tous les détails par cœur.Ce jour-là, une conférence de presse se tenait au château Frontenac pour annoncer la création d’une fondation en l’honneur du maître moderne: l’organisme, qui n’a jamais vu le jour, devait s’installer dans l’ancienne prison des Plaines — maintenant annexée au Musée du Québec.Hélène de Billy était là, comme pigiste, pour Le Devoir.«Je devais faire une entrevue avec Riopelle, dit-elle.Je le connaissais à peine.J’ai été im- pressionnée, mais alors très impressionnée.L’idée de la biographie ne lui est venue que quelques années plus tard, à Prague.Un flash.Le genre d’idée avec lequel on ne jongle habituellement que quelques minutes, comme lorsqu’on dépense mentalement l’argent du gros lot après avoir acheté un billet de loto.Mais Hélène de Billy s’est accrochée et quand elle le pouvait, elle attaquait son sujet à la pièce, par l’entremise de piges.Chaque fois, elle allait rencontrer le vieux barbu à sa maison-atelier du lac Masson et en revenait tout autant fascinée, charmée.Riopelle est en fait en constant processus de création et de récréation.Il fabule, il joue, avec les autres, avec lui-même, avec la vie.«Riopelle, il ne ment pas, il agrandit la réalité», dit son ami Gilles Vigneault.Quand la journaliste a finalement décidé de plonger à fond dans son sujet, en 1990, elle a dû tracer une ligne de conduite: ou bien elle lui donnait entièrement la parole, ou bien elle confrontait ses positions à d’autres mémoires, individuelles et collectives.Au début, la biographe a réalisé plusieurs heures d’entrevues avec Riopelle.Mais il s’est vite lassé de ce processus sérieux, trop sérieux.«Franchement, je paniquais, confie, Hélène de Billy.En même temps, cette décision m’a aidée en me permettant de prendre de la distance.Je n’ai pas romancé pour autant.» D’où ce livre scrupuleusement factuel, où les fabulations et les «mythes» de Riopelle trouvent tout de même leur place et jouent leur rôle.Par exemple, ce mythe fondateur, qui ouvre la biographie, où on retrouve l’enfant Riopelle, alors âgé de deux ou trois ans, enfermé dans le noir parce qu’il a pris sa petite cuiller de la main gauche.Ou cet autre, qui clôt le livre de 350 pages: Riopelle raconte qu’il est maintenant retiré sur l’île aux Grues parce que la fin du monde, en l’an 2000, se produira là, et qu’il y sera.Comme tous les mythes, celui-ci dit quelque chose de plus, de vrai, sur la réalité.Ce qu’affirme alors Riopelle, c’est que son monde est sur le point de s’écrouler, d’être englouti.Avec lui, une époque s’éteindra.«C’est quelqu’un d’extrêmement important, conclut Hélène de Billy.Ce que j’aimerais, c’est que ce livre fasse ce qu’il a fait pour moi: qu’il fasse prendre encore plus conscience aux gens d’ici de l’importance de cet artiste, de cet homme exceptionnel.» m e d m a sa publicitaire 19 9 6 Tombée vendredi a v r Ne manquez pas notre cahier spécial Vssociatiori .canadienne-française pour l'avancement des sciences LK DEVOIR A.C.F.AS LE DEVOIR LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H30 À I7H00 2050.RUE DE BLEURY.9E ÉTAGE, MONTRÉAL.(QUÉBEC) H3A 3M9 RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION : (514)985-3333 PUBLICITÉ AVIS PUBLICS (514) 985-3344 ANNONCES CLASSÉES (514) 985-3344 PUBLICITÉ (514) 985-3399 / télécopieur (514) 985-3390 NUMÉRO SANS FRAIS 1-800 363 0305 Les numéros de téléphone suisrsnts sont valables pout le service de livraison par camelol et pour les abonnenenls postaux SERVICE DES ABONNEMENTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 A 16H30 Montréal (514) 985-3355 / télécopieur (514) 985-3390 Extérieur (sans frais) 1 800 463-7559 LE DEVOIR est publié par LE DEVOIR Inc.dont le siège social est situé au numéro 2050 de Bleury, 9e étage, Montréal.(Québec;, H3A 3M9.U est imprimé par les Imprimerie Québécor LaSalle, 7743 de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 612 ouest rue Saint-Jacques, Montréal.L’Agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans LE DEVOIR LE DEVOIR est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900 boul.St-Martin ouest.Laval.Envoi de publication — Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.Téléphone général: (514) 985-3333; service à la clientèle: (514) 985-3355; publicité: (514) 985-3399.*
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