Le devoir, 18 avril 1996, Page(s) complémentaire(s)
?FONDE 19 10 Vol.I.x xxvii - N o n i ?M 0 N T R K A I.I.K .1 K U l> I IS A V RII.I il il li S S c + T I’ S ?T V Q / T o r o n I o IS PERSPECTIVES On mange cru, et alors?Le bouton de culotte est un fromage au lait cru.Le ministre fédéral de la Santé veut interdire la vente de POLITIQUE Brian Mulroney crie sa détresse PAGE A 4 ÉCONOMIE Une umince lueur d'espoir» pour Kenworth, dit Landry PAGE B 3 ?CULTURE Joël Le Bigot quitte CBF-Bonjour PAGE B 8 Commission Krever: Québec se ravise Serge Tru ffa u t ?fromages confectionnés à grandes louches de lait cru, dont le bouton de culotte.Et alors?À l’évidence, la décision de monsieur le ministre est indécente.Ouvrir la fenêtre économique sur ce dossier, c’est découvrir le ridicule de la décision ainsi qu’une contradiction si énorme qu’elle en est toute belle.Le ridicule économique?Les ventes de fromages au lait cru atteignent au grand maximum 2 % seulement des ventes totales de fromage au Canada.Bref, à lui tout seul, le Cheez-Whiz fait plus fort que tous les camemberts, reblochons et boutons de culotte réunis.Allons-y avec la contradiction.Depuis maintenant des lunes, les gouvernements nous serinent le coco en vantant les vertus du libre-échangisme et donc de son corollaire: la déréglementation.Grosso modo, ils nous disent qu’il faut libérer (sic) le commerce tout en misant sur la qualité.Si possible totale, la qualité.Pfff! Dans le cas qui nous occupe, rien n’est plus contraire à cette volonté libre-échangiste que cet interdit qui s’avère en fait une mesure protectionniste qui profitera au lobby de la médiocrité.A ceux qui fabriquent du «en tranches», à ceux qui, même s’ils détiennent 98 % du marché, aimeraient beaucoup mettre ,à bas la frêle industrie du lait cru.A cause de quoi?Des marges bénéficiaires.Libre-échange aidant, la marge bénéficiaire dans tous les secteurs de l’agroalimentaire s’est réduite comme une peau de chagrin.Aujourd’hui, elle varie entre 1,5 % et 3 % seulement Et le fromage ne fait pas exception.Pour les gros canons de cette industrie, il faut le savoir, la mise au pas des artisans travaillant le lait cru est d’autant plus importante qu’ils sont conscients du fait que si eux, les gros, ont atteint leur plein potentiel, ce n’est pa§ le cas des petits.A titre indicatif, on rapportera les précisions du fromager du marché Atwater: «Aujourd’hui, je propose un éventail de 80 chèvres différents.Il y a cinq ans seulement, cela n’aurait pas été possible.» Incidemment, notre fromager a fait état des résultats d’une étude qui, si elle n’a pas les prétentions biomédicales sur lesquelles s’appuie notre ministre, propose par contre une vérité sociologique imparable: «En 15 ans, j’ai servi des centaines de milliers de clients.Aucun n’a été malade.» C’est pas de l’échantillon, ça?En tout cas, cet échantillon semble bien plus probant que celui du ministre.Car il paraîtrait que les Suisses qui sont morts en mangeant Vamcitaur An notamment des fromages, eh! bien, u ils seraient morts parce qu’ils au-lait cru le ra*en,: notamment consommé des fromages portant l’estampille de la com-sait c’est la pagnie Mondor.Puis?Selon notre fromager, Mondor ne produirait que castration du du pasteurisé.Ce dernier étant évidemment l’ennemi juré du lait cru en campant le rôle du sans-goût.Du fade.Du bancal.Le pasteurisé, l’amateur du lait cru le sait, c’est la castration du plaisir fait fromage.Mine de rien, cette manipulation du dossier du lait cru révèle encore une fois une volonté — inconsciente?— d’ajouter un interdit frappant le plaisir tout en se trompant.de cible.Car ce qui est vulgaire, ce n'est pas le camembert mais bien le Kraft en tranches et autres parcelles alimentaires appartenant à la civilisation du fast-food.Tant qu’à méditer sur des études australiennes sur le sujet, notre ministre, puisqu’il a le souci de notre alimentation, devrait également méditer sur l’étude çonfection-née par des chercheurs de l’université Yale.Etude dont il fut abondamment question dans le New York Times, dans tous les hebdomadaires nord-américains comme européens.Une étude qui fut donc rendue publique.Nos chercheurs s’étaient rendus dans le Périgord, au pays des boutons de culotte, du foie gras et du rouge qui ne fait vraiment pas dans le détail.Pour faire une histoire courte, nos scientifiques avaient conclu que si les Françouillards avaient beaucoup moins de problèmes cardiovasculaires que leurs amis nord-américains, c’est parce qu’ils mangeaient cru là où les autres mangeaient tout faux.Point Ils avaient surtout trouvé que tous les produits qui se vendent dans les machines distributrices, du genre barre Mars et chips cheaps, ainsi que dans bien des comptoirs des grandes surfaces, favorisaient l’obésité d’abord, les troubles cardiovasculaires ensuite.Alors, hein.! Tant qu’à interdire, puisqu’à l’évidence on est animé par cette volonté, on ferait mieux de radier le fromage en aérosol, le Velveeta, Le P’tit Québec, le jaune plasti-.fié individuellement, le Kraft Dinner.On en passe, des vertes et des pas mûres.Sauf qu’on tient particulièrement à l’interdiction des crottes de fromage, qui font une concurrence déloyale aux boutons de culotte.Tout en soulignant le ridicule de cette décision, Michel Freitag, sociologue et philosophe à l’UQAM, a confié que cette interdiction révélait une tendance plus générale.Une tendance consistant à tout régimenter, tout réglementer, car aujourd’hui on vit l’époque du tout quantifié par opposition à l’époque du tout qualité.Et dans tout cela, on a oublié que le fromage au lait cru, c’est tout simplement tout bêtement bon.Comme on a oublié ce mot de Talleyrand: «Tout ce qui est excessif est., insignifiant» C’est dit! Le pasteurisé, plaisir fait fromage INDEX MÉTÉO Agenda.B6 Avis publics.B4 Classées.B6 Culture.B8 Économie.B2 Éditorial.46 Le monde.A5 Mots croisés.B4 Les sports.B5 Montréal Nuageux.Dégagement en apres-midi.Max: 9 Québec 70 % de possibilité de neige le matin.Éclaircies en après-midi.Max: 6 Détails en B 5 Assommés par les critiques, les ministres Bégin et Rochon nient avoir voulu bâillonner la commission par la voie constitutionnelle ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Les ministres de la Justice et de la Santé, Paul Bégin et Jean Rochon, ont nié hier vouloir museler la commission fédérale d’enquête sur le sang contaminé en contestant sa juridiction en Cour fédérale.Les actions prises par le gouvernement du Québec visent plutôt à empêcher que d’ex-ministres soient salis sans avoir pu être entendus, plaident-ils.Alors que les critiques fusent de toutes parts, notamment des groupes de personnes hémophiles ou séroposi- tives, le gouvernement du Québec a tenté hier de justifier sa décision de contester en Cour fédérale les pouvoirs de la commission fédérale présidée par le juge Horace Krever, qui tente de faire la lumière depuis plus de deux ans et demi sur le scandale du sang contaminé.Même si de nouveaux avis ont été déposés la semaine dernière par Québec pour contester l'ingérence de la commission fédérale dans un domaine de compétence provinciale, le ministre Bégin affirme que la bataille ne se fera pas sur le front constitutionnel.Des avis auraient été donnés aux avocats d’abandonner cet argument.En fait, Québec s’oppose plutôt à ce que d’ex-ministres de la Santé fassent l’objet de blâmes, alors qu'en deux ans de travail, la Commission Krever n’a jamais jugé bon de les entendre sur les faits qui leur sont reprochés.«Les autres provinces ont agi sur la même base et personne ne les taxe d’avoir agi de façon incorrecte», a déploré hier le ministre Bégin, qui dit agir pour empêcher que des principes élémentaires de justice naturelle soipnt bafoués.A la pluie de critiques qui s’abat sur Québec s’est ajoutée hier celle de la Société canadienne de l’hémophilie, VOIR PAGE A 8: KREVER Compressions à la CECM Pallascio s’en lave les mains Les heures offertes en alphabétisation sont réduites de 65 % PAUL CAUCHON LE DEVOIR e conseil des commissaires de la .-/CECM a été le théâtre d’un véritable dialogue de sourds, hier soir, alors que des dizaines d’étudiants en éducation des adultes accusaient la CECM de les laisser tomber et que le président de la CECM, Michel Pallascio, les invitait plutôt à manifester devant les bureaux du ministère de l’Éducation.M.Pallascio a annoncé hier soir qu’à cause des compressions gouvernementales imposées par Québec, la CECM (Commission des écoles catholiques de Montréal) doit retrancher 57 000 «heures-groupes» dans les services en alphabétisation, ce qui représente 4,7 millions de dollars en moins et des réductions possibles de 71 postes.Selon des fonctionnaires de la CECM consultés par Le Devoir, cette compression représenterait 65 % des heures offertes en alphabétisation.Des dizaines de manifestants entouraient hier les bureaux de la CECM à l’occasion du conseil des commissaires, et plusieurs d’entre eux ont pu se faire entendre lors de la période réservée au public.Ces étudiants, de jeunes adultes dont plusieurs femmes monoparentales, voient dans les centres qui offrent de tels cours leur seule chance de se réinsérer dans la société, et ils apparaissaient découragés hier que la CECM leur «refuse» cette chance.Le cas du Centre pour adultes Père-Marquette a particulièrement été discuté hier, alors que la CECM prévoit déplacer ces étudiants ailleurs puisqu’elle n’a plus les fonds pour ouvrir de nouvelles classes.Environ 850 étudiants seraient touchés, mais une enseignante de Père- VOIR PAGE A 8: CECM Le «gratin» se régale PHOTO PC LE LEADER du Bloc québécois, Michel Gauthier, s’apprête à prendre un morceau de fromage au lait cru tandis que Suzanne Tremblay le regarde lors de la dégustation organisée par l’aile parlementaire du Bloc, hier, au Parlement d’Ottawa.Le ministre de la Santé, David Dingwall, est également venu goûter aux fromages jugés dangereux pour la santé par son ministère.Il a déposé un projet de loi visant à bannir ces fromages qui étaient offerts dans le hall d’honneur du parlement, les brie de Melun, bleu des Causses ou vallée d’Aspe pur brebis.Nos informations en page A 4.ÉCONOMIE L’argent numérique, c’est pour demain Nicholas Negroponte, directeur du Media Lab du Massachusetts Institute of Technology et auteur du succès de librairie Being Digital, prédit l’avènement de l’argent numérique dès cette année.Tandis que les gouvernements et les médias s’inquiètent des obscénités qui circulent sur Internet, l’argent numérique aura, selon lui, énormément plus de conséquences.Quant à la tentative du Congrès américain de punir la diffusion de pornographie sur Internet, elle est vouée à l’échec, prédit-t-il.Personne ne peut poli-cer le cyberespace, estime le chercheur.¦ Lire notre reportage en page B 2 Le «foyer principal» poussé sous le tapis Le PLC biffera le «concept» à son congrès d'octobre prochain PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Pour expurger le livre de bord du PLC-Q de la notion de foyer principal, le gouvernement Chrétien devra y mettre le temps et la forme.Pas avant le congrès national d’octobre prochain et à la condition que l’idée de faire marche arrière recueille le consensus de la délégation québécoise.«C’est seulement s’il y a consensus que la résolution sera retirée», a déclaré hier au Devoir le président de l’aile québécoise du Parti libéral du Canada, Me Martial Guay, qui préférait de beaucoup le VOIR PAGE A 8: TAPIS Riopelle, l’homme en peinture C'est ce soir à Montréal que sera lancée aux Éditions Art Global la biographie du plus grand peintre canadien de l’histoire, intitulée Riopelle, tout simplement.La journaliste Hélène de Billy a travaillé pendant plus de quatre ans à cet ouvrage attendu.STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Ce livre paraît, on en entend parler, et le premier réflexe est de se demander comment il se fait que personne n’y ait pensé avant Mais voilà, la chose est faite, et c’est à Hélène de Billy que revient l’honneur d’y avoir songé, ce qui est déjà bien, et de l’avoir réalisé, ce qui est encore mieux.Surtout que cette biographie de Jean-Paul Riopelle lui a demandé sang et eau.La journaliste, qui dirige maintenant la revue Madame au foyer, a réalisé plus de 500 heures d’entrevues avec plus de 150 témoins d’Europe et d’Amérique, déniché et épluché des milliers de pages enfouies dans des archives privées et publiques.Cela dit, elle a dû se différencier des dizaines de livres et d’articles déjà parus sur l’ar- tiste québécois le plus célèbre au monde.Riopelle, c’est celui qui a signé, à Montréal, dans les années quarante, le mythique manifeste Refus global et participé à la «révolution automa-tiste».C’est aussi celui qui est allé poursuivre sa carrière fulgurante dans le Paris de l’après-guerre, où il a fréquenté André Breton, Samuel Beckett, Alberto Giacometti.autant qu’il leur a permis de le côtoyer.«Les autres livres, même en partie biographiques, ont pris sa peinture comme objet principal, alors que moi j’ai voulu me concentrer davantage sur l’homme, sur sa vie», note Hélène de Billy, rencontrée plus tôt cette semaine.«Ainsi, Riopelle a vécu vingt ans avec [l’artiste américaine) Joan Mitchell, mais aucun article, aucune monographie ne se penche VOIR PAGE A 8: RIOPELLE 1 TIRÉ DE RIOPELLE.ÉDITIONS ART GLOBAL Un autoportrait de Jean-Paul Riopelle, signé Riopell, réalisé au début des années quarante.Cette œuvre, jamais authentifiée, est reproduite pour la première fois dans la biographie consacrée au maître moderne par Hélène de Billy.«Riopelle y a l’air grave, avec un je-ne-sais-quoi de menaçant, note-t-elle.[C’est] le portrait d’un rebelle.» < SCONOM EN BREF ?La survie de Kenworth tient à un mince fil La lettre de Paccar au ministre Ixmdry laisse peu d'espoir pour un sauvetage de t'usine GÉRARD HÉRIJBÉ Il devoir FAIBLESSE DU SECTEUR MANUFACTURIER Ottawa (PC) —secteur manufacturier a trainé la patte au Canada, en février, mais manifeste des signes encourageants pour l’avenir.Statistique Canada a révélé que les produits manufacturés livrés ont chuté de 1,3 % à 32,2 milliards en février, après avoir bénéficié de gains modérés au cours des trois mois précédents.L'agence fédérale souligne d’ailleurs que les livraisons de produits manufacturés n'ont connu aucun véritable mouvement soutenu à la hausse depuis janvier 1995.La faiblesse de ce secteur économique en février s’est surtout signalée dans la pâte et le papier, où les prix ont chuté, ainsi que dans le domaine des véhicules motorisés.La livraison des véhicules motorisés pourrait se révéler encore plus faible, en mars, à cause de la grève dans l’usine de freins de Dayton, en Ohio, qui a provoqué la fermeture temporaire de plusieurs usines d’assemblage au Canada.Par ailleurs, les commandes non encore remplies ont grimpé de 0,7 % à 33 milliards en février, soit une troisième hausse mensuelle consécutive à ce chapitre.—:-*- IBM HAUSSE SON BÉNÉFICE DE 9 % Armonk (AFP) — IBM a annoncé une hausse de 9 % de son bénéfice net au premier trimestre, à 1,35 milliard contre 1,24 milliard un an auparavant, sur un revenu de 16,6 milliards, en hausse de 5 %, selon un communiqué publié à son siège d'Armonk.Le bénéfice net par action s’est établi à 2,48 $ US contre 2,12 $ US, supérieur de huit cents aux prévisions des analystes.Le groupe a annoncé un relèvement de son dividende trimestriel à 35 cents contre 25 cents auparavant.Après postes extraordinaires découlant des acquisitions dans le secteur du logiciel, le bénéfice net d’IBM tombe à 774 millions, ou à 1,41 $ US au premier trimestre de 1996.-?- NOMBRE RECORD DE VISITES Ottawa (PC) — Statistique Canada a indiqué que les étrangers ont fait un nombre record de séjours au Canada en février dernier.On a en effet signalé 1,4 million de visiteurs étrangers qui ont séjourné au moins une nuit au Canada Par ailleurs, après être demeuré stable depuis deux ans, le nombre d’Américains à séjourner au Canada a grimpé de 2,1 % en février comparativement au mois précédent Le nombre de séjours comprenant au moins une nuit de visiteurs venant d’autres pays que les Etats-Unis a par ailleurs grimpé de 3,8 %.Les voyages en voiture d’une seule journée des Américains au Canada ont atteint les deux millions, soit le niveau le plus élevé des 15 dernières années.À l’inverse on signale 311000 séjour?de Canadiens dans des pays étrangers autres que les Etats-Unis au cours de ce même mois.Le nombre de voyages d’au moins une nuit des Canadiens aux Etats-Unis a par ailleurs totalisé 1,3 million.-4- JEAN COUTU: BÉNÉFICE EN HAUSSE (PC) — Le Groupe Jean Coutu a annoncé hier qu’il avait terminé les neufs premiers mois terminés le 29 février 1996 avec un chiffre d’affaires de 1,2 milliard, en hausse de 37 % sur la période équivalente de l’année dernière.Le bénéfice net s’est accru de 10 % pour atteindre 36,4 millions, (neuf cents par action) par rapport a 33,1 millions, (63 cents par action) en 1995.Alors que l’industrie québécoise de la vente au détail de produits pharmaceutiques a accusé un recul de 7 % en 1995, le Groupe fait remarquer que le chiffre d’affaires de ses 228 succursales a progressé de 3 % depuis le début de l’exercice.Le sauvetage de Kenworth par un renversement de Paccar de sa décision de fermer l'usine de Sainte-'Hiérèse ne tient plus qu'à un mince fil.I+e vice-premier ministre Bernard Landry a reçu hier une lettre de la multinationale qui laisse peu d'espoir quant au succès de ce scénario.«,On peut toujours s'encourager du fait que Paccar n'a pas encore dit non», a ajouté Luc Desnoyers, directeur québécois des Travailleurs canadiens de l'automobile.«Mais je me refuse encore à employer le mot positif en qualifiant l'état actuel de la situation», a-t-il renchéri.Bernard I-andry, impliqué dans le dossier depuis l’annonce de la fermeture de l’usine mardi dernier, a précisé hier à l'Assemblée nationale qu'il venait de recevoir une lettre des dirigeants de Paccar «qui n’était pas très encourageante pour les travailleurs de l'usine de Kenworth.Cette lettre ne permet pas de conclure à un très grand espoir de réouverture dans les conditions qui prévalaient avant dans cette usine.» Mais les portes ne seraient pas définitivement fermées.«Il y a un mince rayon de lumière pour les travailleurs et, dans les heures qui viennent, nous allons continuer à tra- vailler sur des solutions possibles.» Cette lettre ferait ressortir la curiosité de la direction de Paccar, qui voudrait comprendre davantage la position du gouvernement québécois dans ce dossier à la lumière des discussions menées la semaine dernière et de l'envoi, vendredi, d'une lettre à l'entreprise de Seattle.Dans cette lettre, le gouvernement proposait une approche globale d'analyse du problème et des voies de solution «pouvant mener à la réouverture de l'usine sur des bases nouvelles».Dans sa réponse, Paccar aurait précisé également qu'elle déléguerait une équipe, sur place, la semaine prochaine, une visite qui a été confirmée hier par M.Landry.Le vice-premier ministre a ainsi indiqué qu’il recevra, la semaine prochaine, la visite des dirigeants de la Paccar de Seattle «pour tenter de limiter les effets désastreux d'une fermeture de cette nature», a-t-il pris soin de nuancer.Le gouvernement pris à partie Pendant que l'on consacre toute ses énergies au plan A d'un hypothétique sauvetage de Kenworth — le plan B étant articulé autour d'une éventualité que le Fonds de solidarité puisse intervenir avec l'aide d'un partenaire —, l'opposition libérale est tombée hier à bras raccourcis sur le gouvernement, l'accusant de s'être traîné les pieds durant la grève de huit mois déclenchée au début d'août et de ne pas être intervenu dès octobre dernier, au moment où Paccar annonçait la mise à pied de 600 des 850 travailleurs de l'usine.U' député libéral de Lifontaine, Jean-Claude Gobé, a rappelé au ministre du Travail qu’en octobre 1995 les journaux avaient fait état d’un envoi de 600 avis de licenciement à son usine de Sainte-Thérèse.Matthias Rioux a expliqué que le ministère du Travail ne s’était pas inquiété outre-mesure puisque des avis de mises à pied n'ont rien à voir avec un avis de fermeture.«Il y a eu des avis de licenciements de l’entreprise aux travailleurs, mais (!
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