Le devoir, 29 avril 1996, Page(s) complémentaire(s)
EN I 9 1 0 ?FONDE LE DEVOIR N o ! (i I.X X XVII PERSPECTIVES : La carotte de la souveraineté Lucien Bouchard a certes gagné ce week-end en j obtenant de son parti un compromis sur la question linguistique.Il a cependant, par la méthode employée, heurté les sensibilités de certains partisans dont le militantisme pourrait perdre de la ferveur.Ils n’aiment pas être tenus pour acquis.Mais dans l’ensemble, le chef du Parti québécois pourra prévenir une démobilisation.Son arme: la carotte de la souveraineté.Les péquistes carburent à l’espoir de faire du Québec un pays.Et lorsqu’ils sont divisés sur d’autres sujets, il leur reste ce rêve pour ciment.Sans doute que Lucien Bouchard l’a bien compris.Sitôt terminée, hier, la discusr Sion sur la langue, il relançait ses partisans sur un autre chantier celui de se remettre, sans tarder, à préparer la souveraineté.Il les convie, dans les prochains mois, à revenir à cet «objectif fondamental».Il veut que les associations de comtés «creusent la question de ce que nous voulons comme pays».La souveraineté ne «doit pas connaître de saison morte».Ce n’est que lorsqu’on la prépare que la souveraineté progresse dans l’opinion.Déjà, leur dit-il, les députés sont au travail: ils ont tenu une réunion de trois heures la semaine dernière sur la stratégie à suivre en faveur de la souveraineté.Et pour faire bonne mesure, M.Bouchard prévient Ottawa que la marche vers un référendum sera accélérée si le fédéral met en œuvre son «plan B».Samedi, avant d’aborder devant eux la question de la langue, M.Bouchard a rappelé aux militants les raisons d’être du PQ.D’abord la souveraineté, bien sûr.Un objectif dont la pertinence se confirme chaque jour à ses yeux depuis qu’il est devenu premier ministre et que le gouvernement est «empêché dans ses décisions» en se heurtant au «carcan fédéral».Il s’emporte un peu, quand il en parle, et les partisans l’ovationnent.«Le peuple québécois a besoin de la souveraineté comme un voilier a besoin de sa voile», dit-il.Il réaffirme sa propre conviction, promet que les Québécois ne seront jamais les otages du reste du Canada.Un vote pour la souveraineté est irréversible, que les négociations sur le partenariat aboutissent ou qu’elles achoppent.Il n’y aura pas de trait d’union entre la souveraineté et le partenariat qui sera offert au reste du pays.Et s’il le faut, le Québec se déclarera «unilatéralement» souverain.Comme Jacques Parizeau, il dit qu’il «n’y a pas de place pour l’ambiguïté».Après cette profession de foi qui enchante les partisans, l’espoir de la souveraineté transcende la question linguistique.Le père de la loi 101, Ca-î ’p
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