Le devoir, 8 mai 1996, Cahier A
FONDÉ EN 1910 Vol.I.X X X V I I - No 108 M O N T R K A L , I.K M K II (' Il K I) I 8 MAI I !) 0 0 8 8 o T P S T V () T o r o n I o I $ Jocelyn Cou Ion ?PERSPECTIVES Pas de paix sans justice Le premier procès pour crimes de guerre commis en ex-Yougoslavie s’est ouvert hier, à La Haye, aux Pays-Bas, avec la comparution d’un Serbe de Bosnie, Dusan Tadic, accusé par le Tribunal pénal international (TPI) de meurtres et de torture.Nos informations en page A 5.Pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, une cour internationale entame des auditions pour juger des personnes soupçonnées d’être responsables de violations à la Convention de Genève, de crimes contre l’humanité et de crime de génocide en ex-Yougoslavie.Les travaux du TPI constituent une étape cruciale dans la poursuite du processus de paix dans cette région des Balkans.En effet, si le TPI a été créé en 1993, il a reçu une nouvelle impulsion lors de la signature des accords de Dayton, en décembre dernier.A cette occasion, il a été décidé que les signataires devaient remettre les criminels de guerre au TPI.Le TPI est une expérience juridique unique depuis les procès de Nuremberg et de Tokyo, en 1945-46.A cette époque, les vainqueurs avaient instauré des tribunaux militaires pour juger les criminels de guerre nazis et japonais.L’affaire était, somme toute, assez simple.Les Alliés occupaient le territoire des vaincus et avaient obtenu leur capitulation sans condition.Ils détenaient aussi la plupart des criminels.Dans le cas yougoslave, ces conditions ne sont pas réunies.Il n’y a ni vainqueur, ni vaincu.Les soldats de la force multinationale v x - ,, de l’OTAN déployée dans la région V4- y n’occupent aucun territoire.La, col-laboration entre le TPI et les Etats JumFs.qui accueillent les criminels de Illy.guerre est orageuse au point où ce sont les Occidentaux qui doivent faire pression pour que certains d’entre eux soient remis aux mains du tribunal.Pour leur part, les grands chefs de guerre coulent des jours paisibles dans leur pays d’origine.Pis encore, un accord de paix a été signé entre les Occidentaux et les leaders qui ont orchestré ou ordonné certains des crimes commis en ex-Yougoslavie.Malgré ces embûches, le TPI a commencé son travail l’an dernier.Il s’est doté d’une solide structure judiciaire sous la forme de deux chambres de première instance et d’une chambre d’appel, ce qui permettra aux parties de faire jouer tous les mécanismes de la justice.Les onze juges et le procureur — poste qui sera comblé en octobre par la juge canadienne Louise Arbour — ont aussi constitué une équipe d’enquêteurs et de chercheurs chevronnés qui assemblent les preuves pour fonder les actes d’accusation.Ce travail a porté fruits.Plus d’une cinquantaine de criminels de guerre serbes, croates et musulmans ont été inculpés et une dizaine d’entre eux sont en prison, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Bosnie.Le TPI a réalisé son plus gros coup, en novembre dernier, lorsqu’il a inculpé Radovan Karadzic et le général Ratko Mladic, les chefs politique et militaire des Serbes de Bosnie, de génocide et de crimes de guerre.La preuve contre ces deux hommes est, semble-t-il, accablante.Les deux hommes sont accusés d’avoir ordonné le massacre de milliers de Musulmans lors de la chute de Srebrenica en juillet dernier.A cette occasion, entre 6000 et 10 000 hommes auraient disparu après la conquête de la ville.L’armée serbe les aurait exécutés et enterrés.Si le tribunal dispose des pièces à conviction et des témoignages contre les deux leaders serbes, pourra-t-il les arrêter et les juger?Le TPI sera-t-il en mesure de faire de même pour d’autres grands criminels de guerre?Rien n’est moins sûr.En attendant, l’opinion publique internationale devra se contenter de voir le menu fretin défiler devant le tribunal.Car Dusan Tadic, lui, n’est qu’un petit poisson.Il est un de ces nombreux tortionnaires et criminels qui ont écumé l’ex-Yougoslavie pendant les quatre ans qu’ont duré les différents conflits dans ce pays.Sans grade au sein des milices serbes de Bosnie, ce patron de café est accusé d’avoir tué des Musulmans lors d’une opération d’épuration ethnique dans un village bosniaque.Zélé, il se serait même rendu de son propre chef dans plusieurs camps de concentration dirigés par les Serbes «pour tuer et torturer des prisonniers».Un personnage tout ce qu’il y a de plus répugnant, comme on en retrouve dans les conflits qui ensanglantent les quatre coins de la planète.Les signataires de l’accord de Dayton et les membres de la Force multinationale ont juré qu’ils séviraient contre les criminels de guerre.Les Américains ont même promis de livrer à la justice les principaux responsables des crimes de guerre —.qu’ils soient serbes, croates ou musulmans — avant la fin du mandat de la Force multinationale en Bosnie, en décembre prochain.Le TPI compte beaucoup sur ces promesses, non seulement pour établir la crédibilité de son travail aux yeux des victimes mais aussi pour panser les plaies de la guerre en ex-Yougoslavie.D’ailleurs, en novembre dernier, Jules Deschênes, un des onze juges du tribunal, déclarait dans une entrevue au Devoir que «ceux qui sont responsables de crimes de guerre doivent être jugés et non pas bénéficier d’une amnistie».Il insistait pour dire qu’il n’y aurait pas de paix sans justice dans cette région.Les grands chefs de guerre coulent des jours paisibles dans leur pays d’origine INDEX METEO Agenda.,.B6 Avis publics.B5 Classées .B3 Culture .B8 Économie .Bl Éditorial .-46 Le monde .-45 Mots croisés.B5 Les sports.B5 Montréal Ensoleillé avec passages nuageux.Max; 19 Québec Ensoleillé avec passages nuageux.Max: 18 Détails en B 6 LES ACTUALITÉS Québec et Paccar créent un comité Kenworth PAGE A 2 POLITIQUE Manning suspend trois députés qui ont trop parlé PAGE A 4 LES FRANCOFOLIES CULTURE Plus de mille artistes en salle aux FrancoFolies PAGE B 8 «Le Québec n’est pas multilingue» La publication dans dix-neuf langues d’un dépliant gouvernemental divise le caucus péquiste KONRAD YAKABUSKI DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le vice-premier ministre Bernard Landry estime que le Directeur général des élections envoie le «mauvais signal» aux néo-Québécois en mettant à leur disposition un dépliant publié dans dix-neuf langues.«Le Québec est multiethnique et le sera de plus en plus, mais le Québec n’est pas multilingue.Il y a une langue officielle et des droits sacrés pour la minorité anglophone et les peuples autochtones.C’est tout», a décla- ré hier M.Landry.Ce dernier se portait à la défense du député péquiste David Payne, qui a tenu à «déplorer le fait qu’il y ait une tendance à faire en sorte qu’on officialise un grand nombre de langues au Québec».Le député de Vachon, qui interrogeait le Directeur général des élections, Pierre-F.Côté, en commission parlementaire, s’est dit «un peu inquiet» de la politique de celui-ci visant à faire de la publicité multilingue dans le cadre des élections et des référendums.Selon M.Payne, cette politique serait injustifiable à la lumière du «consensus minimal» qui existe au Québec Tic ou tactique} T PHOTO AP UN CUN D’ŒIL, tout silencieux soit-il, parle de lui-même.On plisse les paupières, tantôt à gauche, tantôt à droite, pour manifester sa connivence, son amusement ou son accord.Seule faiblesse du pince-sans-rire, l’œillade est aussi tic du taquin et tactique du racoleur.Mais si le clin d’œil peut chuchoter un compliment, glisser une confidence, dire une amitié ou souffler un encouragement, il peut aussi crier de douleur! Paris découvre l’autre solitude La France consacre un festival à la littérature du Canada anglais CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT DU DEVOIR À PARIS « L es Canadiens sont-ils arrivés?», demandait cette semaine l’écrivain Philippe So-lers dans un café du boulevard Saint-Germain.Pour une fois qu’on ne les prenait pas pour des Américains égarés au nord du 45' parallèle, les dix écrivains canadiens-anglais qui débarquaient à Paris dans le cadre du festival littéraire Les Belles Etrangères semblaient éblouis par les lustres de l’Opéra Bastille.Pour peu que vous fréquentiez les librairies ou les bibliothèques de France, vous aviez de bonnes chances de tomber sur l’un d’eux.Comment les reconnaître?A la qualité de cette écriture toute en nuances, bien sûr.A ce magnifique accent lorsqu’ils parlent français, évidemment.Mais surtout à cette insistance qu’ils mettent à s’excuser de l’absence des Québécois et à rappeler qu’ils ne sont qu’une partie de la «mosaïque culturelle canadienne».Peu habitué à ce genre d’humilité, le public français qui s’est déplacé dans une dizaine de villes était pourtant venu pour eux et personne d’autre.L’existence d’une littérature canadien-ne-anglaise propre ne semble plus faire de doutes en France.Même que trente ans après «Les Français se passionnent pour une littérature qui leur offre beaucoup plus d’exotisme que celle des États-Unis ou d’Angleterre» avoir redécouvert le Québec, Paris se passionne aujourd’hui pour l’autre solitude.Les invités des Belles Étrangères (consacré deux fois par année à la littérature étrangère) étaient cette semaine Neil Bissoondath, Loma Crozier, Timothy Findley, Jack Hodgins, David Adams Richards, Charles Taylor, John Saul, Shyam Selvadurai, Carol Shields et Jane Urquhart.Venus de tous les coins du pays, ils ont passé la semaine à courir les lectures et les conférences entre Bordeaux, Strasbourg, Montpellier et Bruxelles.Pour couronner le tout, le Torontois Timothy Findley fut fait chevalier des Arts et des Lettres, comme l’avait été Margaret Atwood deux ans plus tôt Au delà des rites protocolaires, cet événement manifeste «un véritable intérêt en France pour la littérature canadienne anglophone, dit Frédéric Iimare, conseiller littéraire de l’événement et ancien attaché culturel du consulat canadien de Toronto.Depuis quelques années, les Français découvrent une autre face du Canada qu’ils ne soupçonnaient pas.Et ils se passionnent pour une littérature qui leur offre beaucoup plus quant à l’accessibilité des services dans les langues autres que le français, consensus qui se traduit dans les dispositions de la Charte de la langue française.Pour sa part, M.Landry a dit partager l’opinion de M* Payne puisque la politique actuelle du Directeur général des élections constitue «un mauvais signal en matière d’intégration».La politique devrait empêcher que se perpétue pendant plusieurs années «la diversité linguistique» dans les communications entre le gouvernement VOIR PAGE A 8: LANGUES L’ÉCONOMIE Moody’s trouve Hydro-Québec très rentable PAGE B 1 Budget ontarien Réduire les impôts pour créer des emplois Un déficit prévu -t-de 8,2 milliards pour 1996-97 SUZANNE DANSEREAU PRESSE CANADIENNE Toronto — Le gouvernement ontarien a annoncé hier deux baisses d’impôts successives de 7 % et de 8,5 %, tout en promettant aux contribuables qu’elles totaliseront 30,2 % au plus tard le 1er janvier 1999.En présentant son premier budget, hier, le ministre des Finances Ernie Eves a précisé que les Ontariens bénéficieront d’une première réduction d’impôts de l’ordre de 7 % dès le 1er juillet prochain et d’une seconde, de 8,5 %, le 1er janvier 1997.Une autre diminution, devant porter le total de la baisse d’impôts à 30,2 %, sera annoncée dans un budget subséquent.De plus, les employeurs de la province seront «soulagés» d’une partie de l’impôt-santé sur la masse salariale.Selon Daniel Schwanen, économiste à l’Institut C.D.Howe, ce budget «marque un point tournant dans l’his- 270 000 employeurs n’auront plus à payer d’impôt-santé VOIR PAGE A 8: BUDGET VOIR PAGE A 8: PARIS Carrefour international de théâtre de Québec L’objectif grand public RÉMY CHAREST CORRESPONDANT À QUÉBEC Ly ouverture du Carrefour international de théâtre de r Québec, c’est à la fois un événement qui a lieu ce soir, avec la première du Tartuffe mis en scène par Ben-no Besson, et l’objectif principal de son directeur général, Bernard Gilbert.En effet, pour ce festival né il y a quatre ans des cendres de la Quinzaine internationale de théâtre, si la présence des amateurs chevronnés est déjà gagnée, le moment est venu d’atteindre également un public élargi.«Ceux qui fréquentent régulièrement les théâtres nous connaissent et sont présents, mais il faut vraiment que nous allions rejoindre le grand public, que nous réussissions à convaincre ceux qui peuvent avoir déserté les salles d’y revenir et ceux qui n’y vont pas d’y entrer, insiste Bernard Gilbert.Les récents succès, du Trident ont prouvé que le public ’ pouvait avoir le goût du théâtre; j’espère maintenant que nous pourrons être un autre moteur de la vie théâtrale à Québec.» L’affiche remarquable mise au point grâce à une utilisation maximale des maigres ressources financières pp" Michel Bematchez et Pierre MacDuff, codirecteurs artistiques de l’événement, a certainement ce qu’il faut pour susciter l’intérêt Le Tartuffe de Molière, dirigé par un metteur en scène qui privilégie justement l’ouverture au public, a déjà été joué plus de 200 fois et a reçu des cri- ' tiques dithyrambiques.Première rencontre entre Sa- CÀRREFODR INTERNATIONAL DE QUEBEC VOIR PAGE A 8: PUBLIC 0640 TomboukW i g Le puH Polartek \)i rég.101 $ rég.317 $1 b PatrouîilWr : rég.415$ LIQUIDATION - COULEURS GRIS ou SABLE OUT KANU v?- «T- La tente Apollo : rég.Le sac à dos Expédition:, îég.425 $ «5?-5v:Sr- Grâce au coupon-rabais du profiterez pendant le Solde de 25$ de rabais ta d’in achat KanA de 250 S et pks tarant taies) OU de 50 S de rabais ta (fui achat Kara* de 500 $ et pkis (avant taies).Vaide du 8 au 13 mai ch» Kani.485, rue RxM est a Mnbti.Un seU ctMwn-rahae.pa achat IM apres le 13 mai 96.KANUK Obtenez Obtenez 50$ de rabais 25$ de rabais TOUT KANUK Paccar crée aussi son comité Kenworth L'initiative de l'entreprise suscite un certain espoir, mais rien de délirant comme perspective, selon Landry PIERRE APRIL PRESSE CANADIENNE Québec — Le fait que les dirigeants de la Paccar de Seattle lui aient écrit plutôt qup de lui, téléphoner tel que prévu a fait dire au ministre d’Etat à l’Economie, Ber-n:u'd Landry, que les chances de sauver les 850 emplois à la Kenworth de Sainte-Thérèse sont meilleures.«J’attendais une réponse téléphonique, a-t-il affirmé hier, j’ai eu mieux, j’ai reçu une lettre dans laquelle les autorités de la compagnie me disent par écrit qu’ils étudient sérieusement notre proposition, qu’ils ont décidé de former un comité qui sera présidé par David Hovind, le président et chef des opérations de Paccar.• «J’avais offert de former notre propre comité pour le suivi des opérations, a ajouté M.Landry, et ils nous disent leur intérêt et que nous allions de l’avant avec cette idée.Donc, les travaux continuent, et il y a encore de l'espoir.» Tout cela veut dire, selon le ministre, qui ne veut pas encore parler de sauvetage définitif de l’usine de Sainte-Thérèse, qu’il va y avoir un dialogue au niveau des deux comités «sur la nature des propositions que j’ai faites».Ijc gouvernement du Québec est prêt à participer financièrement à la modernisation de l’usine et à la formation professionnelle et technique des employés.Quant au syndicat, il est prêt à consentir un contrat de paix sociale d’une durée pouvant aller jusqu’à cinq ans.Le comité d’évaluation québécois, qui a été formé dès hier, est présidé par Bernard Lin-dry.Il est composé de fonctionnaires spécialisés de l’Industrie et du Commerce, de Bernard Landry membres du cabinet politique du vice-premier ministre, ainsi que de membres du syndicat local et de l’entreprise américaine.M.Lindry a précisé qu’aucun échéancier n’a encore été élaboré.«J’ai demandé que le travail se poursuive d’heure en heure, a-t-il expliqué, c’est un dossier extrêmement prioritaire pour le gouvernement et nous n’arrêterons que lorsque l’espoir se sera éteint, ce qui, je crois, n’arrivera pas, ou lorsque l’objectif sera atteint.» Le ministre d’Etat a noté qu’il s’agit là d’un dossier très ardu.«Quand une société a annoncé la fermeture définitive de son usine, a-t-il dit, la rouvrir est une opération scabreuse, cela va de soi.Ça ne sera pas facile.Espoir: oui, mais rien de délirant comme perspective et du travail difficile à accomplir.» La lettre du président de Paccar, David Hovind, à M.Landry fait suite à une rencontre entre les deux hommes le 1" mai.Elle annonce la création du comité Paccar et suggère au ministre de mettre sur pied son propre groupe de travail.Les deux équipes auront pour mandat de préciser chacun des éléments de la proposition et d engager des discussions sur une base continue.Pour le secrétaire général de la r 1Q* Henri Massé, lu lettre de Paccar représente un geste d’espoir.Quant au directeur du Syndicat des travailleurs canadiens de 1 automobile, Luc Desnoyers, il a réitéré son offre de signer un contrat de travail de longue durée.«Notre syndicat va tout mettre en œuvre |x>ur faciliter la conclusion d’un tel règlement», a déclaré M.Desnoyers.«Ce n’est pas la première fois que des syndicats de la FTQ font la preuve qu’ils peuvent contribuer positivement à la relance d’une entreprise», a ajouté M.Massé.«L’espoir est présent, a conclu M.Landry, il n est pas exagéré et on va travailler de toutes nos forces pour qu’il se matérialise.C’est tout ce que je peux dire.S’il n’y avait pas d’espoir, il ne se passerait plus rien.11 y a encore des événements qui s’ajoutent, ça veut dire qu on était justifié d’entretenir un mince espoir.» Les psychiatres s’inquiètent du sort de leurs malades La rue ou le retour à l'asile guettent nombre de personnes souffrant de troubles mentaux *: ISABELLE PARE LE DEVOIR Ly Association des psychiatres * craint que le virage ambulatoire combiné aux fermetures de départe ments de psychiatrie dans les hôpitaux n’encourage le retour à l’asile et l’exclusion des personnes souffrant de maladies mentales.«Ça fait 30 ans qu’on se bat pour avoir des psychiatres dans les hôpitaux généraux.Ma crainte est qu’on recule de 30 ans», a fait valoir hier le Dr Yves Lamontagne, président de l’Association des médecins psychiatres du Québec.Ce dernier a commenté hier les craintes vécues par ses collègues à l’heure du virage ambulatoire et des compressions monstres assenées aux hôpitaux de la province.«Les coupes sombres effectuées dans les soins de santé font craindre un recul.Le manque de fonds nécessaires pour maintenir les départements de psychiatrie dans les hôpitaux généraux et les services adéquats dans la communauté aboutirait à l’enfermement des malades dans les asiles.Comme ils sont déjà exclus des hôpitaux psychiatriques, où moins de fonds sont alloués, ils seront laissés à eux- mêmes», a soutenu le Dr Lamontagne.Ce dernier a donné en exemple des projets de fermeture d’hôpitaux en région, notamment à Mont-Joli, où les malades pourraient se retrouver sur la paille à défaut d’une coordination réelle du soutien offert par les organismes communautaires.La fermeture de lits psychiatriques dans les hôpitaux se traduit souvent par le transfert des malades dans les hôpitaux psychiatriques régionaux.Sinon, c’est la rue.Bref, on craint que ne se répète le scénario de la «désinstitutionnalisation» qui a fait bondir, dans les années 70, le nombre d’itinérants dans les grandes villes.Plus encore, la Direction générale de la santé mentale, où travaillaient une quinzaine de personnes, a été abolie par le ministère de la Santé.«On n’a plus de voix à Québec.On n’a pas une cause très glamour et les malades que l’on traite, ce ne sont pas eux qui iront manifester au parlement à Québec», relance le psychiatre.Si le virage ambulatoire et les fermetures de lits psychiatriques font craindre le pire, c’est que la coordination des services aux malades mentaux entre CLSC, hôpitaux généraux et organismes communautaires est encore cahoteuse, estime-t-il.Selon le Dr Lamontagne, il n’existe aucun programme de santé mentale dans la plupart des CLSC, et plusieurs des personnes travaillant en milieu communautaire n’ont pas la formation souhaitée pour remplir leurs tâches.Chaque CLSC devrait pouvoir compter sur une infirmière, un médecin, un psychologue et un psychiatre consultant pour répondre aux besoins des personnes souffrant de maladies mentales qui arrivent en CLSC, affirme le médecin.Il n’est cependant pas question que les psychiatres aient à travailler à plein temps dans les CLSC, car on> a besoin d’eux dans les hôpitaux, insiste le Dr Lamontagne.La réducwj tion draconienne des durées de sév jour en psychiatrie peut aussi avoir, des effets dramatiques, puisque de.50 à 75 % des patients sont réadmis à l’hôpital à grands frais, faute de.services adéquats dans la commua nauté.«La maladie mentale a toujours, été le parent pauvre de la santé.On} ne se rend pas compte qu’il n’y a pam que les gens atteints de maladiesj physiques qui meurent, dénonce-t-il.Il y a des gens atteints de maladies-' mentales qui se suicident.» SOLDE D’ENTREPOT KANUK 485 RACHEL EST À MONTREAL DU MERCREDI 8 MAI AU 13 MAI Le parka imperméable microporeux Parapluie : rég.376$ $ DU 8 AU 13 MAI Equipez-vous pour les vacances! I^e suivi de PEcoSommet donne lieu à une guerre feutrée Les organisateurs préconisent la création d’une agence qui damerait le pion aux conseils régionaux LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Au moment où s’ouvrait hier l’Éco-Sommet à Montréal, une lutte feutrée mais implacable se déroulait en coulisses entre les organisateurs de cet événement et les conseils régionaux de l’environnement (CRE), qui veulent tous deux avoir la haute main — et les éventuels budgets gouvernementaux — sur le suivi des quelque 500 projets qui seront lancés dans le cadre de cet événement Et c’est aujourd’hui que le conseil des ministres, à 24 heures de la présentation d’un budget d’austérité, sera appelé à investir quelques millions dans la création d’une nouvelle agence de développement durable sur proposition du ministre de l’Environnement et de la Faune, David Cliche.Cette proposition, si elle est acceptée, damerait ainsi le pion aux nouveaux conseils régionaux de l’environnement, financés depuis cette année par Québec, au profit du nouvel organisme central.L’idée de donner une base plus permanente à l’approche dite de «çoncertation» mise de l’avant par l’EcoSommet recueille un large appui parmi les groupes qui y participent, ce qui ne comprend pas les majors environnementaux comme Greenpeace, Environnement Jeunesse, Transports 2000 et le Front commun pour une gestion écologique des déchets, ainsi que des groupes plus petits mais tout aussi stratégiques comme Au Çourant La direction de l’EcoSommet faisait hier discrètement campagne en faveur de la nouvelle «fondation» mixte, qui financerait en partie l’agence dont elle préconise la création.Cette agence centrale coordonnerait le travail en régions, c’est-à-dire le travail des conseils régionaux, comme la direction de l’ÉcoSommet l’a fait pour la préparation de cet événement Les organismes régionaux ont un tout autre son de cloche.Ils estiment avoir fait l’essentiel du travail chez eux en mobilisant les acteurs environnementaux et économiques autour de projets et priorités précis.Et à meilleur prix.Les CRE estiment que la créativité des régions fera progresser davantage le développement durable que les lignes de conduite et les arbitrages d’un organisme central.Les CRE ajoutent qu’ils sont aussi dotés d’un centre de coordination provincial, qu’ils contrôlent, ce qui ne serait pas le cas de la future agence, qui serait dominée par les institutions gouvernementales, dont les ministères et les entreprises.L’EcoSommet, qui a démarré hier à Montréal sous la présidence d’honneur de l’ancien premier ministre du Québec, Pierre Marc Johnson, vise deux objectifs.Il doit d’abord permettre aux groupes environnementaux, aux entreprises et aux institutions gouvernementales d’échanger sur les 400 projets concrets élaborés en régions au cours des dernières années pour mieux protéger l’environnement ainsi que sur les 500 autres projets en préparation, qui sont censés mettre le Québec sur la voie du développement durable.Deuxièmement, l’ÉcoSommet doit accoucher d’ici vendredi d’un plan de développement durable pour le Québec des dix prochaines années.Jusqu’ici, le poids des institutions et des entreprises sur cet événement environnemental est majeur.Sur les 716 personnes inscrites hier pour un, deux ou trois jours de délibérations et d’ateliers, près de 160, soit environ le quart, appartiennent à des ministères provinciaux et fédéraux ainsi qu’à des institutions publiques comme Hydro-Québec.Le ministère de l’Environnement et de la Faune (MEF) compte à lui seul 75 délégués! Les entreprises, associations patronales et professionnelles comptaient pour un autre quart environ, sinon davantage.Leur part dans le financement est tout aussi déterminante puisque les gouvernements et le secteur privé se sont partagé l’essentiel de la facture.Anglais langue seconde Programmes d’immersion - Eté 1996 Pour garçons et filles de 14 à 17 ans et pour adultes de tout âge.Programme pour jeunes Sessions de trois semaines Du 23 juin au 13 juillet Du 14 juillet au 3 août • Beau campus au coeur de l’Estrie • Programme établi depuis 17 ans • Cours et activités en anglais • Résidences modernes • Sessions axées sur le développement de la communication orate A Programme pour adultes Sessions de six jours 26-31 mai 30 juin au 5 juillet 7-12 juillet 14-19 juillet Champlain Regional College Lennoxville (Qc) J1M2A1 Tél: (819)564-3684 Télécopieur: (819) 564-5171 L£lCl _E_ c c c LE MSQ PORTE PLAINTE (Le Devoir) — Le président du Mouvement souverainiste du Québec voudrait que le Directeur général des élections enquête sur l’Opération citoyenneté conduite par Ottawa à la veille du référendum.Ivano Vellone a officiellement porté plainte hier auprès de M1' Pierre-F.Côté, l’invitant à vérifier les agissements du gouvernement fédéral qui avait accéléré le processus d’obtention de la citoyenneté canadienne pour quelque 15 000 immigrants.Le président du MSQ fait valoir qu’il aurait suffit d’un déplacement de 25 000 voix pour changer la défaite du OUI en victoire.M.Vellone demande par ailleurs au ministre .responsable de la réforme électorale, Guy Chevrette, d’ordonner la tenue d’une enquête publique sur cette opération.A son avis, il faut tirer au clair cette affaire, ne fusse que pour préserver la réputation du Canada quant à la santé de sa vie démocratique.DE FAUX NOMS SUR LA LISTE VACHE FOLLE: QUÉBEC NOMME UN PORTE-PAROLE Québec (PC) — Le comédien Omar Sharif et la joueuse de tennis Martina Navratilova ont-ils voté lors du dernier référendum québécois?Ils auraient pu aisément le faire, car leur nom apparaissait sur la liste élec- ¦ torale d’un comté du centre-ville de ' Montréal, a révélé hier le député de Sainte-Marie-Saint-Jacques, André Boulerice.«Il y a d’éminentes per- à sonnalités qui habitent ma circons- o cription», a ironisé le député devant • ¦ la commission parlementaire qui étuj-' die la réforme de la loi électorale québécoise.Le directeur des élections, ; Pierre-F.Côté, a reconnu que c’était : une situation condamnable.«Jamais ¦ on ne pourra endurer qu’il y ait des^ :¦ faux noms ou des noms fictifs sur la ! liste électorale», a-t-il dit.M.Côté a • par ailleurs indiqué que la liste élec- t torale permenante et informatisée, qui aura pour effet justement de pré- • venir ce genre de fraude, entrera en < vigueur au cours des premiers mois de 1997, vraisemblablement en avril.” (PC) — De crainte que la maladie de F la vache folle ne provoque ici comme en Europe une psychose collective, 1 Québec informera les consommateurs et tous les intervenants du milieu agricole sur cette étrange maladie.Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation s’assurera toutefois du contrôle des informations et a désigné hier une porte-parole dans ce dossier j le médecin vétérinaire Anne Drolet, ' I de la Direction générale de la qualité des aliments et de la santé animale.Les Régies régionales de santé et de ! services sociaux.l'Union des producteurs agricoles, le Conseil des productions animales ainsi que l’Institut de techniques agricoles de Saint-Hyacinthe devront s’adresser à Mme Drolet Les facultés concernées des uni- •> versités Laval et de Montréal ainsi que l'Ordre des vétérinaires et l'Association des vétérinaires praticiens se- -• ront invités à faire de même.Quant à > Communications Québec, ü refilera au ministère les questions des consommateurs.Agriculture Canada « I.K I) K V 0 I II .I.E M K II (’ Il K D I K M Al I II II (I LE DEVOIR MONTREAL I École «Montréal, c’est toi nia ville» La cloche a sonné pour Internet Les compressions ne faciliteront pas l’intégration scolaire aux nouveautés informatiques PAUL CAUCHON LE DEVOIR Passionnés par les nouvelles technologies de l’information et des communications, les professeurs montréalais se sont fait rappeler hier que les compressions budgétaires ne faciliteront sûrement pas le branchement des écoles sur Internet.Lors de la clôture du 14' congrès annuel de l’Alliance des professeurs de Montréal, la présidente de l’Alliance, Diane Fortier, a en effet fustigé les compressions gouvernementales en éducation, qui représentent un «détournement du mandat des états généraux sur l’Éducation».La Commission des états généraux sur l’Éducation a en effet le mandat de faire des recommandations au gouvernement, mais celles-ci devront maintenant passer «dans le corset des compressions budgétaires, ce qui est une catastrophe».La direction de l’Alliance a voulu rappeler que les états généraux sont un exercice de volonté populaire et qu’ils doivent le demeurer: il ne faut donc pas soumettre les décisions des états généraux aux compressions.Diane Fortier a rappelé hier que dans son rapport, la Commission des états généraux mentionnait que «l’alphabétisation exige une attention particulière et prioritaire», alors que la ministre de l’Éducation, Pauline Ma-rois, vient d’annoncer qu’elle supprime près de 30 % de l’enveloppe budgétaire allouée à l’alphabétisation.Malgré ces inquiétudes, le 14e congrès de l’Alliance semble avoir été un franc succès, alors que plus de 5000 enseignants y ont participé.Il faut dire que le congrès était consacré cette année aux nouveaux développements informatiques, un sujet qui a piqué la curiosité.Un exemple: un atelier de présentation à l’Internet, lundi, d’abord prévu pour 200 personnes, a finalement fermé ses portes après avoir enregistré plus de 1000 inscriptions! L’Alliance avait diffusé lundi un sondage réalisé auprès de 1500 enseignants montréalais, qui indiquait que neuf enseignants sur duc ont accès à de l’équipement informatique à l’école ou à la maison.Selon ce sondage, 85 % des enseignants ont accès à de l’équipement informatique à l’école, 55 % ont un ordinateur à la maison, 49 % s’en servent aussi bien à l’école qu’à la maison.Le sondage indique aussi que 71 % des enseignants s’en servent pour le traitement de texte, 39 % pour des logiciels de dessin, 32 % pour des didacticiels, 22 % pour des chiffriers, 19 % pour des bases de données, et 8,5 % pour des logiciels de télécommunications.Et 62 % des enseignants affirment se servir de l’ordinateur à des fins pédagogiques.Mais les enseignants n’ont pas nécessairement accès aux plus récents développements informatiques comme le CD-ROM et Internet Réjean Payette, responsable des nouvelles technologies de l’information à la Société GRICS, a animé quelques ateliers pendant le colloque, et il constate que dans plusieurs cas, les professeurs font des applications limitées de l’ordinateur, entre autres à cause des limites de leur équipement Le traitement de texte demeure l’utilisation principale, dit-il, ainsi que les exerciseurs sur MS-DOS, «que les professeurs utilisent tant qu’ils demeurent utiles», dit-il.Souvent, ajoute-t-il, on ne trouve qu’un seul CD-ROM dans une école.Pourtant, plusieurs classes et plusieurs écoles, surtout en France, ont commencé des projets novateurs sur Internet, en écrivant par exemple des textes et des travaux qu’ils envoient sur le réseau et qui suscitent la communication avec d’autres élèves.«Les professeurs me posent souvent trois grandes objections, ajoute-t-il: est-ce une autre bébelle comme l’audiovisuel?Est-ce seulement en anglais?Et comment peut-on s’en servir pour intéresser les jeunes?» «Le conseil que je leur donne, ajoute-t-il.c’est qu’il ne faut pas seulement consommer sur Internet il faut produire des choses.» Souvent, on ne trouve qu’un seul CD-ROM dans une école Bourque entraîne les médias dans une vaste campagne publicitaire BRIAN MYLES LE DEVOIR Désireuse de se départir de son image morose, la Ville de Montréal a lancé hier une «vaste» campagne de publicité nécessitant des investissements de près de sept millions de dollars.L’administration Bourque n’y va pas avec le dos de la cuiller pour re-vamper l’image de la métropole.Elle a réussi à entraîner 11 entreprises du secteur privé, la plupart des grands médias montréalais et le gouvernement fédéral dans cette «vaste opération de mobilisation».Et comme point de départ de la campagne, qui s’échelonne sur deux ans?Le dévoilement d’une nouvelle signature promotionnelle: «Montréal, c’est toi ma ville».«Montréal, c’est une personne», a simplement fait valoir le maire Pierre Bourque.Curieusement, le gouvernement du Québec a préféré demeurer à l’écart de celte initiative.Un porte-parole du ministre d’État à la métropole, Serge Ménard, a indiqué que ce dernier préférait financer «des projets qui vont aboutir à des choses concrètes».Le maire Bourque, qui a plaidé à de nombreuses reprises en faveur de la reconstitution de l’axe Québec-Montréal-Ottawa, s’est dit déçu de cette décision.À compter du mois d’août, Montréal envahira néanmoins les écrans de télé avec un nouveau message publicitaire.Quelque 500 affiches arborant la nouvelle signature feront par ailleurs leur apparition aux quatre coins de l’île.L’année suivante, la campagne se poursuivra à la radio et dans les journaux.Une quarantaine de médias montréalais ont accepté d’offrir gratuitement une bonne partie du temps d’antenne et de l’espace publicitaire nécessaire, ce qui représente un montant de 3,7 millions.Les autres contributions proviennent du privé (1,1 million) du fédéral (un million) et de la Ville (1,2 million).«Je suis convaincu que ce genre d’opération aura une incidence positive pour Montréal», s’est réjoui M.Bourque, soulignant la nécessité de «travailler ensemble, tous».«On doit mettre de côté toutes sortes de chicanes, qui sont de nature souvent bien illusoire, pour se concentrer sur l’essentiel, qui est la relance de l’économie», a-t-il ajouté.De son cpté, Martin Cauchon, secrétaire d’État responsable du Bureau fédéral de développement régional (Québec), a vanté le «partenariat», «l’union» et la «coopération» qui ont servi de prélude au lancement de cette campagne de publicité.«L’histoire va retenir que toutes les forces vives du milieu de la ville de Montréal se sont réunies, ont décidé de travailler main dans la main et d’agir concrètement pour une même cause», a dit le député fédéral de la circonscription d’Outremont.De son côté, Michel Ouellet, responsable des communications à la Ville, a présenté cette campagne publicitaire, orchestrée par le Groupe Everest, comme la plus importante jamais réalisée par une municipalité du Québec.«Le but, c’est de mobiliser et de casser le moule de la morosité, a-t-il expliqué.Il faut retrouver la soif de combattre.» À 100 km/h dans le tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine La doctrine £ Z VO CH ANC, TU N N VHÉNa > « 7**^1.XIMUM ¦ CENTRE .Ipisæl j §88%,: iSsSfe; Chaussures Pointures 3 à 13 Largeurs AA à EE Chaussures habillées et de marche 6629 St-Hlibert (métro Beaubjen) 2 7 6 8 3 8 8 La Bibliothèque publique juive en collaboration avec Dialogue St-Urbain vous invite à une table-ronde: Présidée par Stephen Vlneberg Pierre Anctil Danielle Gratton Jack Jedwab Philip Shaposnick • Commentaires par Stephen P.Cohen Dans le but d’encourager un dialogue constructif entre la communauté juive et la majorité francophone du Québec, dont deux siècles d’histoire commune les unissent.Les panélistes auront à débattre sur la question suivante: Comment envisager avec confiance l’avenir en commun?le 9 mai, 1996, à 20h00 précises à l’auditorium Joseph et Ida Berman de la Bibliothèque publique juive, 5151 chemin de la Côte Ste-Catherine.Cette conférence est réalisée dans le cadre des Conférences David Rome pour le rapprochement interculturel Admission: S5.00/S3.00 âge d’or et étudiants Information: 345-2627 Le cauchemar n’était qu’un rêve Bertrand L’avocat controversé a lancé son livre hier soir JEAN CHARTIER LE DEVOIR L> avocat Guy Bertrand présente r son point de vue de façon controversée dans le livre qu’il a lancé hier soir.«Il n’y a qu’une façon de faire l’indépendance de façon démocratique: par un amendement à la Constitution.Il est préférable de consulter la population, mais un sondage pourrait à la limite suffire.» L’alternative pour Guy Bertrand, c’est un coup d’État.Car il identifie nommément un référendum décisionnel à une révolution.Au lancement de son livre, à la Biosphère de 111e Sainte-Hélène, l’avocat a fait part de son admiration pour René Lévesque d’une manière qui justifie à ses yeux son cheminement: «J’estime René Lévesque, a-t-il dit, parce qu’il m’a rabroué quand j’ai proposé de faire un coup de force et de déclarer la souveraineté à l’Assemblée nationale.Il m’a dit que c’est illégal et antidémocratique.» Guy Bertrand en a déduit qu’il faut «le consentement des provinces pour faire l’indépendance».Il s’enflamme facilement devant les caméras: «Je dénonce le coup de force du référendum.La sécession ne peut que déboucher sur la lutte ethnique, la violence verbale et inévitablement la violence ethnique.» L’avocat dit aussi ne pas savoir si le gouvernement fédéral sera représenté en Cour supérieure du Québec lundi prochain.«Je les attends mais je ne saurai s’ils viennent qu’au dernier moment», a-t-il dit en anglais.Il ajoute n’être nullement subventionné par le gouvernement du Canada: «Pour le moment, c’est ma firme qui assume les frais juridiques.» Et il évalue la facture des procédures judiciaires qu’il a amorcées en août 1995 à un montant de l’ordre de 200 000 à 300 000 $.Mais il compte sur les contributions au mouvement qu’il vient de créer pour payer cette facture.Son livre, Plaidoyer pour les citoyens, est publié aux Éditions Balzac.L’éditeur, un Catalan, Robert Triquère, a publié un essai de Mordecai Richler en 1994 et un autre de Charles Gagnon.D doit publier Fulvio Caccia l’automne prochain.Il dit aimer la polémique et a tiré ce livre à 3000 exemplaires.BRIAN MYLES LE DEVOIR Le cauchemar appréhendé des banlieusards n’a finalement pas eu lieu sur les ponts et voies rapides de la région de Montréal, hier, lors du début des travaux de réfection du tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine.La circulation sur le pont-tunnel, amputé d’une voie (en direction nord et sud) depuis lundi soir, a été passablement ralentie — surtout en début de soirée —, mais la situation s’est avérée beaucoup moins catastrophique que prévu.Dès 8h hier matin, une équipe du Devoir roulait à 100 km/h sur le macadam usé du tunnel, aussi bien en direction nord qu’en direction sud.Ce type de conduite a cependant été réprimandé par les policiers de la Sûreté du Québec (SQ).C’est qu’à force d’excès de vitesse, la CSST pourrait intervenir et exiger la fermeture ou le rétrécissement d’une voie additionnelle dans le but d’assurer la sécurité des travailleurs.Ces derniers répareront la chaussée, colmateront des fuites et remplaceront des tuiles de céramique dans l’antre du tunnel jusqu’à la fin de l’été.Ouf! Hier, les automobilistes l’ont en quelque sorte échappé belle puisqu’ils avaient décidé de «devancer» l’heure de pointe plutôt que d’emprunter les navettes spécialement mises en service pour la durée des travaux.Ainsi, vers 5h30 hier matin, un flot de voyageurs affluaient en direction du pont-tunnel et des trois ponts reliant la rive sud à Montréal: Champlain, Jacques-Cartier et Victoria.Ce sont d’ailleurs sur les ponts que se sont fait ressentir les travaux de réfection.En matinée, le pont Champlain était littéralement pris d’assaut, la file d’attente allant jusqu’à la hauteur de l’autoroute 30.Sur le pont Jacques-Cartier, les policiers de la SQ ont convenu d’ouvrir la troisième voie en direction de Lon-gueuil vers 14h30, hier après-midi, soit une heure plus tôt qu’à l’habitude.«On prévoyait que ç’allait être l’enfer, a commenté Jacques Brassard, ministre des Transports et grand responsable de ce branle-bas de la route.Mais ce ne fut pas l’enfer, même pas peut-être le purgatoire.» Les banlieusards ont toutefois intérêt à adhérer à la philosophie du transport en commun, a prévenu Marc Barrière, porte-parole de Transports Québec.A peine 400 automobilistes ont garé leur voiture dans l’un des huit stationnements incitatifs aménagés pour la durée des travaux.Il y a par contre suffisamment d’espace pour garer près de 2000 voitures.Les navettes de la STRSM ont été sous-utilisées en cette première journée de chantier, fait remarquer M.Barrière.En temps normal, le pont-tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine est foulé par 25 000 à 30 000 voitures aux heures de pointe.Mais pour la durée des travaux, il devra y en avoir 8000 de moins.«De ce nombre, 4000 véhicules pourront être absorbés par les ponts, mais 4000 autres devront se retrouver dans les stationnements incitatifs», a expliqué Marc Barrière.Hier, faisaient remarquer les chroniqueurs affectés à la circulation, une seule navette était bondée: celle que le ministre Brassard a prise symboliquement, accompagné des journalistes.PHOTO JACQUES NADEAU Surprise hier matin: les voitures roulaient sans problème à l’entrée du tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine en dépit du début des travaux.Sans doute parce que de nombreux automobilistes avaient décidé de se rendre plus tôt au travail. I, K I) K V 0 I It .I.K M K H C l< K I) I K M Al III II II POLITIQUE Conseil des ministres à Québec Crise chez les réformistes Deux difficiles questions à trancher KONRAD YAKABUSKI DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le conseil des ministres devrait trancher aujourd’hui deux questions lancinantes qui détermineront le menu législatif printanier du gouvernement: les dispositions d’un projet de loi sur l’équité salariale et la fixation du taux de cotisation à la Régie des rentes pour 1997.Afin de mener à terme ces deux initiatives avant la fin de la session actuelle, le gouvernement Bouchard doit déposer des projets de loi avant le 15 mai.Or, le consensus recherché par le gouvernement avant de procéder sur ces questions est loin d’être établi, le débat demeu-: rant entier.«On est à l’heure des choix», a déclaré hier la ministre responsable de la Condition féminine, Louise Harel, qui s’est dite surprise que les associations patronales aient formé cette semaine un front commun pour lui demander de surseoir à la promesse du gouvernement d’assujettir le secteur privé à une loi sur l’équité salariale.«L’intention [du gouvernement] est claire [.].Il va y avoir une loi sur l’équité salariale», a affirmé la ministre.Alors que l’avant-projet de loi déposé en décembre proposait d’assujettir toutes les entreprises privées de plus de dix employés à une telle loi, les rumeurs veulent .< que le gouvernement accède à la pression des PME pour en exempter les entreprises de moins de 50 employés.Le caucus péquiste devait débattre de cette question hier soir.Le conseil des ministres le fera ce matin.Mais Mme Harel a indiqué qu’elle penchait en faveur d’une loi qui s’appliquerait «au plus grand nombre de travailleuses salariées possible».L’autre question litigieuse à l’ordre du jour du conseil des ministres est le taux de cotisation à la Régie des rentes.Le comité des priorités s’est penché sur cette question il y a une dizaine de jours.L’étude d’une proposition à cet égard «va être finalisée» au cabinet aujourd’hui, a fait savoir Mme Harel.Le gouvernement doit décider s’il agira ce printemps en fixant le taux de cotisation pour 1997 ou s’il attendra les conclusions des consultations qu’il entend mener cet automne sur une réforme globale du régime de retraite public.En attendant, le gouvernement courrait le risque de se voir imposer un taux par Ottawa et les autres provinces, qui tiennent actuellement une consultation publique sur la réforme du pendant canadien de la Régie des rentes.EN BREF ?LA PLAINTE DE BENO REJETÉE (PC) — La commission qui enquête sur les événements survenus en Somalie a rejeté une tentative visant à discréditer son président, qui faisait l’objet d’allégations de parti pris qu’il aurait eu à l’endroit d’un général venu témoigner devant lui l’automne dernier.M'Bruce Carr-Harris, l’avocat du brigadier-général Emie Beno, a exprimé sa déception à la suite de l’annonce de cette décision.Les avocats du général Beno avaient fait valoir qu’il y avait une «appréhension raisonnable de parti pris» de la part du président de la commission, le juge Gilles Létour-neau, à la suite de remarques qu’il aurait prononcées à l’endroit de deux militaires l’automne dernier à Calgary.Manning suspend trois députés qui ont trop parlé JEAN DION DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Preston Manning en avait jusque-là des déclarations intempestives de ses députés et, hier, il a mis le poing sur le table.Dans un geste draconien pour un parti qui se fait un point d’honneur de défendre la liberté d’expression de ses élus, le chef du Parti réformiste a annoncé la suspension de trois membres de son caucus et publié une note avertissant sans détours que les prochains à s’écarter du droit chemin en paieront cher le prix.La crise qui couvait depuis quelques jours au sein du Reform menaçait de provoquer un éclatement à la suite des propos à saveur raciste et homophobe tenus par les députés Bob Ringma et David Chatters, puis des remontrances publiques que leur a servies, ainsi qu’aux hautes instances du parti, la députée Jan Brown.Ces trois-là — M.Chatters était déjà sous le coup d’une suspension depuis cinq jours — sont donc écartés du groupe parlementaire réformiste jusqu’en juillet, moment où leurs cas seront réexaminés, a tranché M.Manning.Mme Brown, associée à l’aile modérée du Reform, a de son côté indiqué qu’elle avait l’intention de quitter temporairement le caucus de toute manière.La semaine dernière, alors que le projet de loi C-33 visant à interdire la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle était présenté aux Communes, MM.Ringma et Chatters avaient soulevé une violente controverse en soutenant qu’un employé homosexuel ou noir devrait être congédié ou caché si sa présence déplaisait à la clientèle intolérante d’une entreprise.M.Ringma s’est excusé et a démissionné de son poste de whip, mais, par la suite, Mme Brown a mis en doute sa propre appartenance à une formation aux tendances sectâires et critiqué le leadership de M.Manning, qui se veut un premier ministre potentiel, dans cette affaire.Hier, ce dernier a visiblement voulu raffermir la cohésion de son caucus en s’en prenant à la fois à la «droite» et à la «gauche» du parti, cela tout en tentant de débarrasser le Reform de son image d’intolérance.Dans une mise en garde bien sentie, il affirme que MM.Ringma et Chatters ont présenté de façon «grossièrement erronée» la position du Refonn sur la question des droits de la personne.Quant à Mme Brown, «elle a aussi donné une image injuste du caucus réformiste, le dépeignant comme un groupe d’extrémistes».M.Manning enjoint donc ses collègues de s’en tenir aux principes énoncés par le parti et de ne pas parler de façon à nuire à sa réputation, sous peine de «mesures disciplinaires allant de réprimandes publiques à l’expulsion du caucus».«Je n’ai pas passé neuf ans à mettre un nouveau parti politique sur pied, ni demandé à nos milliers de membres de consacrer des centaines d’heures afin de définir des solutions valables et de promouvoir le parti, pour voir cette position mal interprétée ou mal représentée, ni pour entendre les députés réformistes tenir des propos nuisibles au caucus et au parti», a-t-il déclaré.Le chef réformiste a toutefois ajouté que son geste ne devait pas «empêcher les députés de représenter la volonté de leurs électeurs, même si celle-ci entre en conflit avec la ligne du parti».Depuis sa création, le Reform soutient que les élus devraient, au moment de voter en Chambre, faire passer les vœux de leurs commettant?avant les considérations partisanes.A cet égard, plusieurs députés ont, au cours des derniers jours, rappelé que les propos de MM.Ringma et Chatters illustraient un certain courant d’opinion.D’autres ont aussi fait valoir leur agacement devant la tendance de Mme Brown à vilipender ses collègues en public.Hier, les réactions à chaud aux derniers événements étaient plutôt prudentes.Reste maintenant à savoir si le geste de M.Manning incitera d’autres réformistes, aux deux extrémités du spectre politique, à s’interroger sur leur adhésion au parti.Un premier indice de l’état des choses pourrait être donné dès demain, alors que les Communes tiendront un vote final sur C-33.Le débat promet d’ailleurs de ne pas s’éteindre sans coup férir.Hier, le député Grant Hill, un médecin, a ainsi déclaré qu’il était opposé au projet de loi parce que celui-ci équivaut à «promouvoir» l’homosexualité, «un mode de vie malsain».Doug Young est troublé par ce qui se passe au sein de son ministère JEAN DION DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Le ministre des Ressources humaines Doug Young a ordonné la tenue d’une enquête au sein de son propre ministère afin de déterminer comment un individu, sur un simple appel téléphonique trompeur, a pu jouir de privilèges dans le traitement d’un dossier.Hier, M.Young s’est dit «énormément troublé» par le cas d’un certain Harold Young, qui se serait récemment fait passer pour le frère du ministre et a ainsi obtenu une remise rapide du supplément de revenu garanti (SRG) qu’Ottawa verse mensuellement aux personnes âgées les plus démunies.Le ministère des Ressources humaines invoque depuis quelques jours une déficience de son réseau informatique pour expliquer que des dizaines de milliers d’aînés attendent depuis plus de 90 jours le SRG auquel ils ont droit.M.Young avait d’ailleurs, à cet égard, présenté des excuses aux bénéficiaires vendredi dernier aux Communes.Mais l’histoire a rebondi lundi lorsque, sur la foi de.renseignements fournis par une représentante de l’Alliance de la fonction publique, le Bloc québécois a demandé au ministre s’il était intervenu en faveur de son soi-disant «frère».Harold Young, un citoyen montréalais, a en effet reçu un chèque, livré en main propre par un fonctionnaire, 24 heures à peine après avoir communiqué avec le ministère et sans même avoir rempli le formulaire approprié.En Chambre, M.Young a alors répondu qu’il n’avait pas de frère.Mais il appert que pas moins de six fonctionnaires ont activé le dossier de Harold Young sur ordre de leurs supérieurs d’Ottawa après que ce dernier eut invoqué l’urgence de la situation et plaidé sa parenté avec le ministre.Lors d’un point de presse, hier, le mi- nistre Young, qui est originaire du Nouveau-Brunswick, a indiqué qu’il connaissait son homonyme, de qui il est vraisemblablement un cousin éloigné, comme il arrive fréquemment en Acadie.Mais il a assuré que l’homme ne faisait pas partie de sa famille immédiate.Si M.Young est troublé, c’est plutôt que n’importe qui puisse téléphoner au ministère, se présenter comme un proche du patron et faire ainsi en sorte que la machine réagisse en quatrième vitesse.«Ce qui me tracasse énormément dans toute cette histoire, franchement, c’est la façon dont semble avoir réagi le ministère», a-t-il commenté.«Des Young, c’est un peu comme des Smith ou des Leblanc, il y en a beaucoup.Et ça m’étonne que quelqu’un puisse téléphoner à un ministère aussi vaste que le mien, dire qu’il a un lien de parenté quelconque et que le processus s’enclenche.» M.Young a assuré que ni lui-même ni aucun membre de son cabinet n’étaient intervenus auprès des fonctionnaires.Et il a déploré le fait que l’affaire amène des gens à penser à tort qu’un ministre pourrait faire pression afin d’accélérer le traitement d’un dossier individuel «non seulement au profit d’un membre de sa famille, mais de quiconque».«Je ne veux pas minimiser l’impact de l’affaire parce que ça démontre qu’il y a possibilité, d’une manière ou d’une autre, d’avoir un traitement préférentiel», a-t-il ajouté.Le ministre a quand même eu une pointe d’humour pour qualifier la situation, se demandant comment un individu pouvait entrer en contact avec un fonctionnaire si puissant qu’il puisse provoquer un règlement aussi rapide alors que «honnêtement, les choses ne bougent pas si vite que ça quand je m’ingère directement moi-même».D’où l’enquête, qui devrait permettre de déterminer d’où sont venues les directives.***** o r— ^ Mkro-lnltl Jk «I DESAINT- BONIFACE MUSEUM DEVOIR UNE SOCIETE-!e)1 w Jé>US4>> * C c K * ST*** € W À visiter: l’exposition du journal Le Devoir Du 31 mars au 12 mai 1996 Du lundi au vendredi, de 9h à 22h Les samedis et dimanches, de 12h à 22h Pour renseignements: (204) 233-8972 Les opérations de maintien de la paix Une note de 1,1 milliard HUGUETTE YOUNG PRESSE CANADIENNE Ottawa — Les échappatoires fiscales qui profitent aux fiducies familiales de même que les opérations de maintien de la paix ont provoqué la mauvaise humeur du Vérificateur général Denis Desautels.riftIHiMim la semaine orochaine vous ne pouviez plus Ou si vous ne pouviez plus marcher?Ou si votre vue s'embrouillait?C'est ça vivre avec la sclérose en plaques, une maladie imprévisible du système nerveux central.Soudainement, elle vous empêche de faire les choses les plus simples.Impossible de prévoir où et quand elle frappera et si cela se reproduira.Mais la recherche va bon train et les services offerts par la Société canadienne de la sclérose en plaques s'améliorent constamment Vous pouvez nous aider à rétablir le circuit 1-800-268-7582 Société canadienne de la Sclérose en Plaques Dans son rapport trimestriel soumis hier, M.Desautels note qu’il est impossible de déterminer le coût total de la participation du Canada aux missions de la paix de l’ONU.Il n’existe «aucun document public» détaillant le coût de ces missions, ni de budget particulier affecté aux missions de paix, a-t-il vivement déploré.Le ministère de la Défense nationale est particulièrement fautif, a souligné M.Desautels.Les vérificateurs n’arrivent pas à trouver les documents qui justifient des pertes de 13 millions.D’après des chiffres compilés par le Bureau du vérificateur général, le coût des missions canadiennes est passé de 47 millions en 1991-92 à 240 millions en 1995-96.Sur une période de quatre ans, la note friserait plutôt 1,1 milliard si l’ori tient compte des cotisations versées à l’ONU et des dépenses supplémentaires de la Défense nationale.M.Desautels note aussi que la Force terrestre n’était pas toujours à la hauteur de la situation pour mener à bien les missions qu’on lui confiait Or, selon lui, le Canada fait peu d’efforts pour recouvrer les sommes que lui doit l’ONU.Au 31 mars 1996, l’ONU, qui est fortement endettée, devait 92 millions au Canada.Le ministre de la Défense David Collenet-te a promis d’y voir.Abris fiscaux M.Desautels a également noté à regret que deux fiducies familiales avaient réussi, avec l’accord de Revenu Canada, à transférer deux milliards aux Etats-Unis sans payer d’im- pôts au Canada.Revenu Canada a rendu deux décisions favorables en ce sens en 1985 et 1991, ce qui, de l’avis de M.Desautels, crée un précédent dangereux.«Nous craignons que Revenu Canada en rendant les décisions n’ait porté atteinte à l’assiette fiscale en renonçant au droit de recouvrer à l’avenir plusieurs millions de dollars en impôts.» M.Desautels n’a pas été tendre non plus à l’endroit des grandes sociétés qui font l’objet, rapporte-il, de très peu de contrôles de la part de Revenu Canada.L’an dernier, seulement 27 grandes entreprises et leurs filiales potentiellement impliquées dans des stratagèmes d’évitement fiscal ont été scrutées à la loupe.Or, note-il, les 200 plus grandes entreprises contrôlent à elles seules 5000 filiales.La prolifération des abris fiscaux quasi frauduleux inquiète aussi le Vérificateur général.Le Vérificateur général s’interroge aussi sur l’efficacité des programmes du Service correctionnel de traitement et de réadaptation des prisonniers fédéraux.Mal ciblé, le programme de traitement des déviances sexuelles coûte cher et est destiné à une poignée de détenus alors que les résultats ne sont pas garantis.M.Desautels a aussi déploré que la réforme du système de classement des postes de la fonction publique progresse lentement.De plus, a-t-il relevé, elle ne respecte pas les principes de parité salariale.DE, %ISTE Mariage D’Arthur Quentin et Bleu Nuit • Documentation sur demande au TA: (514) 843-7513 1-800-303-7513 Fax: (514) 843-9418 A1C 8859 EN BREF ?LE MOP Le procès pour «crimes contre l’humanité» s’ouvre à La Haye: une première depuis Nuremberg Visite controversée à Paris EXPULSIONS INCERTAINES À MOSCOU Moscou (Reuter) — Le ministère russe des Affaires étrangères n’a pu confirmer hier qu’une décision officielle avait été prise concernant l’éventuelle expulsion de citoyens britanniques soupçonnés d’être des agents de renseignement œuvrant sous couverture diplomatique.«Dès que nous le saurons, nous vous le ferons savoir», a dit Grigori Karassine, le porte-parole du ministère, à l’issue d’un point de presse.Les services de contre-espionnage russe (FSB, ex-KGB) avaient annoncé peu auparavant avoir remis à ! l’ambassadeur de Grande-Bretagne à Moscou, Sir Andrew ; Wood, les noms de neuf diplomates britanniques qu’ils souhaitaient voir quitter au plus vite le territoire national.Le FSB dit avoir la preuve que ces fonctionnaires sont des ,, agents de renseignement britanniques.•O» ¦ -?- ASSAUT MEURTRIER À ALGER Alger (AFP) — Des troupes d’intervention ont lancé, hier , à l'aube, un assaut final à coups de grenades et tué tous les membres — au nombre de 16 — d’un commando islamiste estimé à une douzaine de membres, retranché depuis 48 heures avec des otages dans un immeuble d’Alger.Un des otages a été tué au cours de cet accrochage, parmi les plus violents enregistrés dans la capitale depuis • 1992.Au moins un des éléments des forces de sécurité au-M rait aussi péri, d’après la presse.Ces affrontements surviennent après l’assassinat, samedi, de l’ex-ministre de l’Intérieur Mohamed Hardi et d’un attentat à la bombe qui a fait deux morts et 15 blessés à Tizi-Ouzou (Kabylie).l'PARAGUAY: OVIEDO FORME UN PARTI Asuncion (service espagnol de l’AFP) — L’ancien chef de l’armée du Paraguay, le général Lino Oviedo, vient d’annoncer la formation d’un parti qui le désignera comme candidat à la présidence en 1998.L’UNACE (Union nationale des Colorados éthiques) a déjà, en moins de 48 heures, recueilli la signature de 32 000 partisans.Oviedo est celui qui par sa rébellion avortée, le 24 avril, menacé de faire chavirer le jeune régime démocratique de ce, pays fie dictateur Stroessner a été déposé par un coup d’Etat en 1989 et il est, depuis, exilé au Brésil).Oviedo a confié à une assemblée de ses partisans, lundi, qu’il avait été «humilié et trahi» par le président Juan-Carlos Wasmosy qui lui avait fait miroiter le poste de ministre de la Défense.-?- DÉPIT SPORTIF: SUICIDE À 12 ANS Istanbul (AFP) — Un garçon de 12 ans s’est donné la mort hier après la défaite de son équipe de football favorite, dimanche.Lundi, un homme de 27 ans, profondément déçu de la défaite décisive de l’équipe de Trabzonspor, s’était pendu à Gorele.La nouvelle victime était un élève de dernière année d’école primaire, Husnu Civelek.Il a été découvert pendu dans un immeuble en construction.Son père a déclaré que son fils aimait beaucoup le football et était un , passionné de Trabzonspor.«U est sorti et n ’est pas rentré pour le dîner», a-t-il déclaré.-?- RATZINGER VIENT FAIRE LE MÉNAGE Guadalajara (service espagnol de l’AFP) — Du 6 au 11 mai se déroule à Guadalajara une réunion à huis clos de la ¦ Congrégation pour la doctrine de la foi, sous la présidence du cardinal-préfet Joseph Ratzinger.Ont été conviés à cette rencontre, qui vise à analyser «la réalité de la situation religieuse en Amérique latine», 24 évêques de la région, au nombre desquels le secrétaire de la Conférence latino-américaine des évêques, M8" Jorge Enriquez Jimenez.Les autres thèmes inscrits à l’ordre du jour portent sur la théologie, la problématique morale, les dissensions au sein de l’Eglise, le profil général d’une théologie pour les Indiens, le défi des sectes et le phénomène New Age.-4- SUS À LA PÉDOPHILIE SUR INTERNET Paris (AFP) — Deux des plus importants fournisseurs , d’accès français au réseau Internet, WorldNet et France-Net, doivent rendre des comptes devant la justice pour , i i avoir diffusé sur Internet des documents à caractère pédo-, ¦ phile, cinq mois après les démêlés de l’américain Compu-Serve avec la justice allemande.Les gérants de deux ser-: veurs Internet—dont les identités n’ont pas été révélées — qui diffusaient des images pédophiles ont été mis en examen hier pour «diffusion d’images pornographiques de , mineurs de moins de 15 ans», un délit réprimé de trois ans .- d’emprisonnement.Les deux hommes ont été laissés : libres sous contrôle judiciaire par le juge d’instruction au tribunal de Paris, chargée des affaires de mineurs.Tadic devant ses juges «Exécutant sadique» ou «victime expiatoire»?Dusan «Dusko» Tadic est resté impassible, sans réaction apparente, au premier jour — historique — de son procès devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie à La Haye.Assis au fond de la salle du tribunal, entouré par des policiers de l’ONU, Tadic, 40 ans, n’a manifesté aucun signe d’émotion pendant les deux heures et demie de la première audience de son procès, y compris quand l’accusation l’a dénoncé comme «un sadique qui trouvait plaisir à torturer des détenus».La Haye (AFP) — Le premier procès pour crimes contre l’humanité, depuis les procès de Nuremberg et Tokyo en 1945 et 1946, s’est ouvert hier à La Haye devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie contre un Serbe de Bosnie, Dusan «Dusko» Tadic.Le TPI accuse Tadic d’avoir tué quatre Musulmans dans le camp d’Omarska (ouest de la Bosnie) et neuf autres pendant une opération «d’épuration ethnique» contre un village musulman.Il est aussi accusé d’avoir torturé 18 autres Musulmans.L’accusation concernant le viol d’une femme au camp d’Omarska a été retirée hier, la victime refusant de venir témoigner.Tadic plaide non-coupable.La défense affirme que la plupart des accusations reposent sur une confusion de personnes.La peine maximum prévue par le TPI est la prison à perpétuité.Patron d’un café dans un village de Bosnie, ancien entraîneur de karaté, marié et père de deux filles de 6 et 16 ans, Dusan Tadic, 40 ans, est resté impassible, sans émotion apparente pendant les six heures d’audience, y compris pendant la description par l’accusation des tortures qu’il aurait fait subir à des prisonniers musulmans.Près de 150 personnes, en majorité des journalistes et des diplomates, assistaient à la première audience du tribunal, séparées de l’accusé et des membres du tribunal par une grande vitre blindée.Aucun membre de la famille de l’accusé ne s’est rendu à La Haye pour l’ouverture du procès faute de moyens financiers, a indiqué à l’AFP Ljubomir Tadic, l’un des trois frères de Dusan Tadic, joint par téléphone à Banja Luka (nord-ouest de la Bosnie).Seul réconfort pour l’accusé, la présence dans la salle de deux femmes serbes établies aux Pays-Bas qui lui rendent régulièrement visite en prison.Testicules arrachés L’accusation, représentée par Grant Niemann (Australie), a dénoncé en Tadic «l’un de ces sadiques qui prenaient plaisir à torturer des détenus».Tadic aurait notamment obligé un prisonnier à arracher avec ses dents les testicules d’autres détenus, morts des suites de leurs blessures, selon les accusations retenues par le TPI.Tadic ne doit pas devenir une «victime expiatoire» des crimes commis par d’autres en Bosnie, a rétorqué son princi- l’HOTO AI1 L’accusé, hier, face au Tribunal.pal avocat, M' Michaïl Wladimiroff (Pays-Bas), en appelant le TPI à «ne pas condamner le premier accusé qui passe en jugement à seule fin de répondre à la pression de l’opinion publique».Dusan Tadic avait été arrêté en 1994 à Munich, après avoir été reconnu par hasard par des Musulmans pendant qu’il faisait des courses dans un magasin.Il a passé plus de deux ans en prison, dans l’attente de son jugement.Accord historique au Guatemala Le massacre de Cana Pas un hasard BERTRAND DE LA GRANGE LE MONDE Mexico—À l’issue d’intenses négociations menées durant plus d’un an, la guérilla et le gouvernement guatémaltèques ont signé, lundi à Mexico, un accord sur la terre, l’éducation et la santé.Selon le co-mandante Gaspar Horn, l’un des principaux dirigeants de la guérilla; les deux parties ont accepté le principe dune «modernisation agraire» qui prévoit notamment la création d’un fonds destiné-à répartir des terres au profit des travailleurs agricoles et à faciliter l’accès au crédit bancaire.Une véritable euphorie régnait lundi dans le salon du ministère mexicain des Affaires étrangères, où avait lieu la cérémonie de signature de ce nouvel accord en présence des représentants des Nations unies et de Ri-goberta Menchu, Prix Nobel de la paix.«Le processus de paix est désormais irréversible», a souligné le sous-secrétaire de l’ONU pour les affaires politiques, Marrack Goulding.Les dirigeants de l’Union révolutionnaire nationale guatémaltèque (URNG), où sont regroupées les quatre organisations de guérilla, ont surtout exprimé leur satisfaction quant aux progrès enregistrés sur la question agraire, l’une des principales causes du conflit dans un pays où une petite oligarchie contrôle toujours les meilleures terres, au détriment de la majorité indigène.Un nouveau cadastre sera dressé pour établir l’identité des véritables propriétaires et corriger les abus.Les deux parties sont également convenues d’augmenter significativement l’impôt sur les terres en friche afin d’obliger les propriétaires à les travailler ou à les revendre au fonds qui sera chargé de les redistribuer aux travailleurs agricoles.S’exprimant au nom de l’URNG, le comandante Pablo Monsanto a tenu à signaler le rôle joué par le nouveau président du Guatemala, le conservateur Alvaro Arzü, qui a pris ses fonctions en janvier et a rencontré les dirigeants de la guérilla à deux reprises, ce que n’avaient jamais osé ses prédécesseurs.«Nous ne sommes pas encore parvenus à une solution définitive, a-t-il cependant précisé, mais cet accord ouvre la voie à de nouveaux compromis pour résoudre les différends.» Deux autres problèmes sensibles restent à négocier: l’épuration de l’armée et les réformes constitutionnelles.Après 36 ans de guerre et 100 000 morts, la plupart des forces politiques et tous les secteurs sociaux, y compris les grands producteurs de café et de sucre, souhaitent parvenir à une paix définitive, si possible avant la fin de l’année.Depuis que le gouvernement et la guérilla ont décrété, le 20 mars, la «suspension temporaire des opérations militaires offensives», aucun incident n’a été signalé.L’ONU accable Jérusalem New York (AFP) — Les Nations unies ont conclu hier, dans un rapport d’enquête, que l’attaque israélienne contre un camp de l’ONU au Sud-Liban, qui avait fait 102 morts civils le 18 avril, était probablement délibérée.Le secrétaire général de l’ONU Boutros Boutros-Ghali a indiqué que «bien que la possibilité ne puisse être écartée, l’emplacement des impacts dans le secteur de Cana rend improbable que le bombardenmit du camp des Nations unies ait été le résultat d’erreurs techniques ou de procédure».La déclaration de M.Boutros-Ghali est contenue dans une lettre au Conseil de sécurité remise avec le rapport final de son envoyé spécial chargé d’enquêter sur Cana, le général Frank van Kappen.M.Boutros-Ghali a ajouté que «pour sa part, la Défense israélienne a maintenu que (le bombardement) était dû à une série d’erreurs opérationnelles et de fautes techniques qui se sont combinées par hasard».Il a ajouté qu’il avait demandé que des dispositions soient prises avec les autorités israéliennes «pour que dans l’avenir les positions des Nations unies au Liban ne soient plus prises pour cibles».Protestations israéliennes Un rapport préliminaire du général van Kappen sur le massacre de Cana, établi la semaine dernière, avait conclu que les Israéliens avaient attaqué délibérément le camp.Selon un communiqué de la mission israélienne de l’ONU publié peu avant la déclaration du secrétaire général, le ministre israélien des Affaires étrangères Ehud Barak a téléphoné hier à M.Boutros-Ghali pour «protester contre les conclusions du rapport attendu de l’ONU indiquant qu’Israël a délibérément visé une base de l’ONU dans le village de Cana».«M.Barak a soutenu que ces accusations étaient fausses et a averti qu’elles pouvaient affecter les relations entre Israël et la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Sud-Liban)», poursuivait le communiqué.Fiction et réalité électorales à Madras La démocratie selon Hassan II Paris (Reuter) — U' roi Hassan II du Maroc a jugé qu’une simple imitation des démocraties occidentales serait stérile pour son pays, dans son discours devant l'Assemblée nationale, l’un des temps forts de sa visite d'Etat en France.Le souverain chérifien, dont la venue au Palais-Bourbon était contestée par des défenseurs des droits de l’homme ci élus (le gauche, était le troisième chef d’Etat étranger invité à monter à la tribune de l'Assem- ! blée, après le roi Juan Carlos d’Espagne et le président américain Bill Clinton.Accueilli avec solennité, Hassan II a consacré son discours de moins de dix minutes à une «réflexion sur l’évolution des institutions», en l’absence des députés communistes et de certains socialistes hostiles à sa venue.«Il ne s'agit pas de nous copier les uns les autres.En matière de constitution, il n’existe pas de procédé industriel permettant de livrer des usines in-situtionnelles clef en main.Im simple imitation serait stérile», a dit Hassan II après avoir évoqué l’évolution des institutions de son pays.Ainsi, a-t-il souligné, certains «paraissent croire que la modernité exige, en dépit de la géographie et de l'histoire, l'uniformité des institutions dans tous les États du monde.Ils se trompent.D’autres, se croyant plus réalistes, pensent au contraire que la modernité est hors d’atteinte pour les pays dans lesquels le respect de la tradition s’opposerait à tout changement réel.Ils ne se trompent pas moins».Divisions chez les socialistes Contrairement à leurs collègues, de la majorité RPR-UDF, les députés socialistes présents se sont abstenus de se lever et d’applaudir à la fin du discours du souverain chérifien, de même qu’ils ne l’avaient pas applaudi à son entrée dans l’hémicycle.Deux des quatre députés du Mouvement des citoyens, dont l’ex-mi-nistre socialiste de la Défense Jean-Pierre Chevènement, ont adopté la même altitude.Hassan II a eu cependant un mot pour les socialistes en citant Jean Jaurès, figure emblématique du socialisme français : «Le fleuve est fidèle à sa source quand il descend vers la mer:» «Nous savons les progrès très importants qui restent à faire en ce qui concerne le respect du droit au Maroc», avait expliqué auparavant le président du groupe PS, Laurent Fabius.Il avait justifié la décision d’une majorité de députés socialistes d’être présents par la volonté de montrer leur «respect pour le peuple marocain» et «leur soutien à la gauche marocaine j qui se bat pour un meilleur Étal de droit».Certaines figures du PS comme Henri Emmanuelli et Ségolène Royal n’en ont pas moins boycotté la visite du roi, comme les communistes.; Cela n’a pas empêché le président RPR de l’Assemblée, Philippe Ségùin, de rendre un hommage appuyé'au souverain lors d’un bref discours d’accueil.Il a notamment souligné «l’influence considérable» du roi Hassan II «dans l’ensemble du monde islamique», louant la conception marocaine djun «islam serein et tolérant».«Vous avez encouragé par ailleurs une politique allant dans le sens dé la promotion des libertés publiques», a-t-il ajouté.Quand la politique se confond avec le cinéma Le Parti du Congrès serait sur le point de perdre les élections fédérales Selon un sondage réalisé à la sortie des urnes hier pour la télévision nationale indienne, les nationalistes hindous du Parti Janata (BJP, opposition) remporteraient les élections législatives fédérales.Le Parti du Congrès du premier ministre P.V.Narasimha Rao et ses alliés arriveraient en seconde position avec 142 sièges sur les 545 que compte le Lok Sabha (chambre basse du Parlement), derrière le BJP et ses alliés qui auraient environ 192 sièges.L’alliance Front national-Front de gauche, qui regroupe les partis de centre-gauche et les socialistes, obtiendrait environ 134 sièges, les autres partis, pour la plupart régionaux, se répartiraient environ 67 sièges.Le décompte officiel des suffrages doit débuter ce matin et les premiers résultats sont attendus ce week-end.Cette campagne a donné libre cours au folklore électoral indien, dans lequel la réalité et la fiction (cinématographique) se mêlent parfois.BRUNO PHILIP J"’ LE MONDE Madras — Une ancienne actrice devenue chief minister (premier ministre) qui tente de conserver son ¦ pouvoir.Un ancien scénariste, lui- même ex-chief minis-: ter de l’État, qui tente de le reconquérir.Une star du ci-• néma tamoul qui entre en scène pour soutenir un groupe de révoltés en rupture avec le premier ministre de la République de l’Inde, Narasimha Rao.Au Tamil Nadu, dans cet extrême sud-est indien où .les électeurs viennent de voter pour choisir leurs représentants au Parlement de New Delhi mais aussi pour renouveler leur Assemblée locale, la réalité dépasse souvent la fiction: les principaux hommes politiques sont presque tous d’anciens comédiens dont le charisme leur a permis de franchir cette frontière mal définie qui sépare souvent, en Inde, le cinéma et la politique.Ce n’est certes pas un hasard dans ce «pays des Tamouls» puisque Madras est devenue la capitale incontestée du septième art, ravissant depuis peu ce titre à la prestigieuse Bombay.M* Jayalalitha, l’actuelle chief minister, doit sa réussite à sa longue association, à la scène et à la ville, à son prédécesseur, le flamboyant M.G.Ramachandran (surnommé «MGR»), qui fut longtemps la star la plus révérée du cinéma tamoul, avant d’être porté au pouvoir par ses fans.A sa mort, en 1987, Madras bascula dans l’hystérie et plusieurs personnes se donnèrent la mort dans les rues.Quand on revoit aujourd’hui les films où Jayalalitha jouait la parèdre des Dieux incarnés à l’écran par son compère et mentor «MGR», on est saisi par une sorte de vertige: la douce débutante est devenue matrone à la quarantaine bien entamée, à la carrure imposante sous son gilet pare-balles, et dont la réputation d’autocratis-me n’est plus à faire.Plusieurs avocats, journalistes et opposants ont été passés à tabac par son service d’ordre musclé.En cinq ans de règne, la dame semble avoir été saisie par une invraisemblable mégalomanie, instituant un culte de la personnalité où la folie l'a souvent emporté sur le pathétique: ses fidèles tatouaient son nom sur leurs bras ou leur front, simulaient des tentatives de suicide pour montrer leur esprit de sacrifice au puratchi Thalaivi (le chef révolutionnaire), certains parlementaires de son parti choisissaient de descendre le perron de sa résidence en roulant en boule sur eux-mêmes en signe de dévotion, etc.Lors de l’un des ses anniversaires fêtés dans un temple, des dizaines de personnes moururent piétinées par une foule en délire.Récemment, Jayalalitha a forcé un membre de son parti, l’AIDMK, à se prosterner devant elle en signe de repentir pour avoir osé tenter démissionner.Elle a ensuite obligé le grand quotidien de Madras, The Hindu, à publier la photo de cette humiliation.Pis encore: «C’est le ministre le plus corrompu que l’Inde ait jamais connu», affirme l’universitaire S.Guhan.Fronde tamoule Dans un tel contexte, son rival, l’ancien scénariste et ex K V 0 I It .I.K M K It C H K I) I K M Al III I) Il A 8 LE rr ït LANGUES Christos Sirros bondit SUITE DE LA PAGE 1 et les citoyens, a fait savoir le vice-premier ministre.Mais le ministre responsable de l’intégration des nouveaux arrivants.André Boisclair, ne partage pas l’avis de ses deux collègues péquistes.«11 y a un certain nombre de principes fondamentaux.L’exercice du droit de vote exige que les gens comprennent» comment s’en prévaloir, a déclaré au Devoir le ministre délégué aux Relations avec les citoyens.A la condition que le français soit privilégié en tant que langue commune des Québécois, «je préfère le plurilinguisme au bilinguisme» dans les communications gouvernementales, a-t-il ajouté, rappelant que son ministère publie des documents à l’intention des nouveaux arrivants dans les six langues reconnues par les Nations unies.Limiter la communication au français et à l’anglais, c’est «nous envoyer nous-mêmes le message du bilinguisme institutionnel», a opiné le ministre Boisclair.La politique du Directeur général a été citée en exemple l’automne dernier par l’ex-ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles, I-ouise Harel, lorsqu’elle a remis à M.Côté le prix du rapprochement interculturel pour l’année 1995 dans la catégorie des institutions.Ce prix, décerné par un jury indépendant nommé par M.Landry lorsqu’il présidait ce ministère, visait à reconnaître «les programmes de communication, d’éducation et de services élaborés par [le Directeur général des élections] afin d’aider les citoyens des communautés culturelles à mieux comprendre le système électoral québécois et à participer pleinement au processus démocratique».De son côté, Mme Harel, qui a depuis cédé la responsabilité de ce dossier à M.Boisclair, félicitait les gagnants de «l’apport et [de] la contribution [.] qui transforment et font grandir notre société.Votre réussite rejaillit sur l’ensemble de la collectivité et constitue, pour nous tous, un exemple et un encouragement à poursuivre notre marche vers le dépassement».Les propos de M.Payne ont fait bondir le député libéral Christos Sirros, qui s’est dit d’autant plus inquiet de la sortie du député de Vachon que ce dernier est l’adjoint parlementaire du premier ministre Lucien Bouchard en matière de relations avec la communauté anglophone.«Dire au Directeur général des élections qu’il va trop loin dans la promotion de l’usage des langues multiples, c’est, dans mon esprit, aller trop loin», a tonné M.Sirros en point de presse.Selon le député de Laurier-Dorion, il s’agit d’un message que les tenants du Parti québécois envoient «constamment» aux minorités, «que ce soit le soir du référendum ou lors des conseils généraux.Il n’y a pas beaucoup de place pour une vision pluraliste du Québec».Le réflexe péquiste consiste à vouloir restreindre l’utilisation des autres langues, a déploré M.Sirros.«Qu’est-ce qu’ils nous proposeront ensuite?L’interdiction des journaux multilingues parce que cela encourage les gens à lire dans une langue autre que le français et l’anglais?C’est ridicule.» Le droit de vote est un droit fondamental, a rappelé M.Sirros, qui considère tout à fait légitime que n’importe quel citoyen puisse s’informer des mécanismes entourant l’exercice de ce droit dans une langue avec laquelle il se sent à l’aise.Bien qu’il ait tenu à préciser que le Directeur général des élections n’est pas «légalement ou juridiquement assujetti à la loi 101», M.Côté a indiqué que le bureau du DGE essaie «dans toute la mesure du possible» d’observer ses dispositions.Cependant, il y a des exceptions dans l’approche du DGE, approche qui a d’ailleurs «été acceptée par tous les premiers ministres successifs».Les documents qui s’adressent directement aux électeurs sont en général bilingues, a fait savoir M.Côté, bien qu’il existe un dépliant d’information générale traduit en 19 langues, choisies en fonction «du bassin de la population qui est touché par ces langues-là».«Je n’aurais aucune espèce d’objection à ce qu’on me dise: non, ne faites plus ça comme ça, procédez de telle ou telle autre façon», a indiqué M.Côté, dont l’office relève de l’Assemblée nationale.Pour sa part, M.Landry a dit qu’il n’a aucunement l’intention de demander à M.Côté de changer sa politique et qu’il s’en remettra en cette matière à la ministre responsable de la Charte de la langue française, Louise Beaudoin.BUDGET PUBLIC PHOTO ARCHIVES Oh les beaux jours est aussi le premier passage en terre canadienne de Peter Brook, un des plus importants metteurs en scène du siècle.SUITE DE LA PAGE 1 muel Beckett et Peter Brook, Oh les beaux jours est aussi le premier passage en terre canadienne d’un des plus importants metteurs en scène du siècle.On compte un autre visiteur de prestige en Kazuo Ohno, maître octogénaire du butô, qui présentera deux spectacles à guichets fermés.Un trio de tête exceptionnel, auquel s’ajoutent la création intégrale des Sept Branches de la rivière Ota de Robert Lepage et cie, le passage d’un Matroni et moi accueilli par une hilarité générale lors de sa présentation à Montréal, le retour de Pol Pelletier pour son deuxième solo, Océan — qui fera l’objet d’une supplémentaire le 14 mai —, et la découverte attendue d'Icaro de Daniele Finzi Pasca, un spectacle qui aurait selon certains des parentés avec cette Tragédie comique qui avait tant ému lors du premier Carrefour.Sans compter une solide série famille et une série Nouvelle Garde réunissant les meilleurs spectacles récents des jeunes troupes professionnelles de Québec.Le public semble déjà répondre avec enthousiasme.Le Carrefour a déjà vendu plus de 6000 billets pour les dix spectacles de sa sélection officielle, dont une bonne part joue déjà à guichets fermés: c’est déjà plus que le total de l’édition précédente et c’est suffisant pour espérer atteindre l’objectif fixé d’envi-ron 8500 billets.Au total, les activités de cet-• te biennale théâtrale devraient atteindre environ 15 000 spectateurs.Tout ça dans un contexte budgétaire bénéficiant d’une légère croissance des revenus de subventions, de commandites et de guichets, croissance qui doit toutefois servir en partie à résorber un déficit accumulé de 140 000 $ sur un budget de 1,1 million.Pas étonnant qu’on ait tout de même le succès prudent En cette première semaine de Carrefour, voici en ordre chronologique certaines activités auxquelles il faudra porter attention.Avant même l’ouverture officielle, le public est convié, en compagnie des journalistes, à rencontrer Benno Besson, metteur en scène du Tartuffe, à midi pile aujourd’hui — ponctualité suisse oblige —, au café-spectacles du palais Montcalm, pour entendre son point de vup sur ce qu’il appelle le «virus Tartuffe».A noter que ce spectacle à grand déploiement présenté jusqu’à vendredi au Capitole affiche complet pour ce soir.C’est ce soir également que débute le spectacle le plus attendu de la série Nouvelle Garde, Le Miel est plus doux que le sang, du théâtre Sortie de Secours, production qui a déjà mérité trois nominations aux Masques et le prix de la meilleure mise en scène de la Fondation du Trident.On y présente la vie commune, à la résidence étudiante de Madrid dans les années 20, de Federico Garcia Lorca, Salvador Dali et Luis Bunuel.Défi important pour ce spectacle tout en finesse, le metteur en scène a dû adapter son travail à un nouveau lieu, le bar-spectacles D’Auteuil, où il sera présenté à 19h tous les soirs jusqu’au 18 mai, avec relâche le 12.Demain, alors que l’imposant Méphisto d’Ariane Mnouchkine, tel que mis en scène par Serge Denoncourt au Trident, prend l’affiche, on pourra également voir dans la série Nouvelle Garde Johnny B., le tronc de Dieu, adaptation (et mise en scène) par Patrie’ Saucier du roman Johnny s’en va-t-en guerre de Dalton Trumbo, défendu avec brio par Denis Lamontagne, au théâtre Au P’tit Galop, rue Saint-Jean, à 21h30, jusqu’au 12 inclusivement.En cette journée du 12 mai, fête des Mères, plusieurs activités auront également lieu au Musée de la Civilisation.D’abord, le Kommando d’interventions théâtrales (KIT) — qui livre ses actions spontanées un peu partout en ville depuis quelques jours afin de porter le théâtre là où il ne se trouve habituellement pas — offrira un récital de textes de circonstance dans le hall principal du Musée.A 16h, le public est aussi convié à un hommage exceptionnel à la dramaturge Françoise Loranger, auteur de nombreuses pièces et téléromans à succès: mis en scène par Hélène Pedneault, Signé Loranger met en vedette Robert Lalonde, Hu-guette Oligny, Claude Préfontaine, Markita Boies et Marie-Claire Séguin.Soulignons en terminant que le KIT, ce groupe décapant qui donne une bonne part de son air de fête au Carrefour, sera présent au Grand Théâtre demain et vendredi midi pour un spectacle gratuit de contes pour adultes et les après-midi de samedi et dimanche dans les bibliothèques de la Ville de Québec pour un spectacle plus familial mais tout aussi gratuit.Pour en savoir plus long sur l’ensemble de la programmation, on peut s’informer au (418) 692-3030.SUITE DE LA PAGE 1 toire de l’Ontario et il mettra de la pression sur le Québec afin qu’il réduise, lui aussi, son fardeau fiscal, en plus de la taille de son Etat».Dans trois ans, un contribuable gagnant 30 000 $ épargnera 660 $.Pour celui qui gagne 60 000 $, l’économie sera de 2085 $.Le ministre Eves se dit convaincu que ces réductions d’impôts créeront des emplois.Elles «redonneront de l’argent aux Ontariens, qui pourront acheter les articles dont ils ont besoin», a-t-il expliqué hier.«Les familles qui se démènent pour joindre les deux bouts et qui se sont endettées pourront rembourser leurs dettes plus rapidement», a-t-il poursuivi.De plus, «la réduction incitera également les entrepreneurs à créer des petites entreprises».Grâce à ces réductions, le taux marginal d’imposition en Ontario passera de 53,2 % à 49,6 %, devenant ainsi le deuxième plus faible au pays, après celui de l’Alberta.Avant la réduction d’hier, l’Ontario était en neuvième position, juste après le Québec.Mais afin que les réductions d’impôts consenties aux particuliers soient «équitables», le gouvernement remplacera la surtaxe actuelle sur l’impôt par un «impôt équitable pour soins de santé», qui s’appliquera à ceux qui gagnent autour de 60 000 $ par année et qui réduira le montant final de leur réduction.En plus de soulager les particuliers, le gouvernement Harris a annoncé qu’il éliminerait l’impôt-santé des employeurs sur la première tranche de 400 000 $ de la masse salariale.Cette réduction aidera particulièrement les petites et moyennes entreprises (PME).Lorsqu’elle sera pleinement en vigueur, le gouvernement calcule que 270 000 employeurs n’auront plus à payer d’impôt-santé.D’autres mesures pour aider les PME ont également été annoncées.Mais le lot de bonnes nouvelles ne se limite pas aux hommes d’affaires.Ce premier budget Harris fera aussi des heureux parmi les étudiants, pour qui des programmes d’embauche d’été sont créés, et les enfants, pour qui on augmente le soutien à la garde d’enfants et l’aide aux programmes de nutrition.De plus, les fonds alloués à la santé passent de 17,4 à 17,7 milliards de dollars, et le soutien aux organismes de bienfaisance est augmenté.En dépit de ces «cadeaux» qui totalisent 1,2 milliard en 1996-97, le déficit de la province est porté à 9,1 milliards cette année, ce qui est inférieur au déficit de 9,3 milliards que l’on avait projeté.Pour l’année 1996-97, on prévoit un déficit de 8,2 milliards, soit une réduction de trois milliards depuis l’arrivée au pouvoir des conservateurs.Hier, M.Eves a réaffirmé son intention d’équilibrer le budget au cours de l’exercice .200001.En outre, il a annoncé la création d’un fonds spécial où les Ontariens pourront déposer de l’argent destiné à réduire le déficit et où le gouvernement versera les éléments de la vente d’actifs — des privatisations que l’on n’a pas annoncées hier, contrairement aux rumeurs.Mais M.Eves reste «prudent» dans l’établissement de ses prévisions économiques: le ministre des Finances s’attend à ce que le PIB réel de l’Ontario augmente de 1,9 % en 1996, de 2,8 % en 1997 et de 3 % en 1998.Il prévoit la création de 300 000 emplois dans trois ans, ce qui est beaucoup moins que les 725 000 prévus dans le programme électoral dit de la «révolution du bon sens».Selon Daniel Schwanen, «le gouvernement Harris, malgré ce qu’il dit, ne s’attend pas à ce que la baisse d’impôts crée une forte croissance économique à court tenue.Mais à long terme, il parie que le nouveau climat qu’il vient d’installer — où l’argent se retrouve dans les poches des contribuables et dans le privé plutôt que dans le secteur public — finira par créer des emplois».«C’est tout un défi pour le Québec, commente encore M.Schwanen.La province se trouve maintenant coincée entre le Nouveau-Brunswick, qui réduit son déficit pour attirer les investisseurs, et l’Ontario, qui réduit la taille de son Etat et son fardeau fiscal».De son côté, l’opposition libérale a fait remarquer hier que la baisse d’impôts serait contrecarrée par l’imposition d’une foule de nouveaux frais modérateurs dans les services à la population.PARIS La littérature aura eu raison de la politique SUITE DE LA PAGE 1 d’exotisme que celle des Etats-Unis ou d’Angleterre, qu’ils connaissent depuis longtemps.» L’idée de consacrer Les Belles Etrangères au Canada anglais traînait pourtant dans les tiroirs depuis dix ans.Mais on l’avait mise en suspens pour cause de multiculturalisme doctrinaire! Comment en effet inviter les Canadiens anglais sans frustrer les Québécois?Et comment inviter des Québécois dans un festival consacré à la littérature en langue étrangère?La quadrature du cercle, quoi! Il aura donc fallu que les lecteurs français découvrent eux-mêmes Jane Urquhart (prix du meilleur livre étranger publié en France en 1992 pour Niagara), qu’ils se passionnent pour Timothy Findley, John Saul et Marvis Gallant pour faire comprendre aux diplomates que la littérature canadienne-anglaise méritait un événement propre.Certes, la politique n’est jamais bien loin, comme en témoigne l’exclusion de Mordecai Richler, dont l’ambassade du Canada à Paris craignait comme la peste les déclarations intempestives sur le Québec, ou le refus de Margaret Atwood, qui ne voulait pas accréditer l’idée d’un Québec séparé à quelques mois du référendum.Mais la littérature aura eu raison de la politique, dit Frédéric Limare.Un tel événement n’aurait probablement pas vu le jour sans sa détermination.Spécialiste de la littérature américaine qui enseigne aujourd’hui en Martinique, il ne connaissait pourtant rien de celle du Canada lorsqu’il découvrit, en 1994, l’effervescence littéraire de Toronto.Bien que récente, la percée littéraire canadienne-anglaise en France est réelle, dit-il.Il n’est pas innocent, par exemple, que Jane Urquhart soit traduite par l’une des meilleures traductrices françaises, Anne Rabinovit-ch, ou que Carol Shields soit une vedette montante de la maison d’édition Calmann-Lévy, qui édite aussi Mordecai Richler.Et ça ne fait que commencer.Les auteurs du Canada anglais ont tout pour séduire la France, explique M.Limare.«Les Français aiment la façon dont cette littérature traite du paysage et de la nature.Comme chez les Québécois, on y trouve le fantasme de la découverte du continent, qui dépayse complètement les Européens.» Mais ce n’est pas tout.Les Français, dit-il, s’identifient à la résistance culturelle des Canadiens anglais face au géant américain.«La France se sent parfois le Québec de l’Amérique.Or, le thème de la résistance aux Etats-Unis est beaucoup plus présent au Canada anglais qu’au Québec.» Des écrivains comme Neil Bissoondath, né à Trinidad, et Shyam Selvadurai, du Sri Lanka, ont aussi tout pour titiller une société républicaine et intégrationniste.«Les Français sont à la recherche d’un modèle quelque part entre le mythe républicain et les ghettos améri- cains.Ils sont intrigués par la mosaïque culturelle canadienne, qui comporte de plus en plus d’écrivains des anciennes colonies — “The Empire Writes Back”, ironisait Salman Rushdie.» Les écrivains débarqués cette semaine à Paris ne demandaient pas mieux que de se laisser ballotter de cocktails en dîners et de librairies en amphithéâtres.On les sentait émus et surtout surpris qu’un gouvernement consacre de telles sommes à la littérature étrangère.En faisant venir aussi des écrivains jamais traduits en français, comme Shyam Selvadurai et David Adams Richards, le ministère français de la Culture veut inciter les éditeurs à prendre des risques.Une politique qui ne peut que faire le bonheur des lecteurs québécois.«Vous savez, les Français aiment bien se fantasmer dans le dialogue permanent Québec-Canada», dit M.Limare.Comme si Paris devenait soudain un lieu de rencontre entre les deux solitudes.Dr.Robert Prescott Associés.(Omnipraticiens) Liposuccion (Anesthésie locale) Greffes de cheveux au laser Traitement des rides au laser •Collagène •Varices •Obésité 1852, Sherbrooke Ouest.Montréal (Québec) I ksi î I E-î }Tél.: (514) 935-661 b Fax: (51-1) 9GG-‘2 I (14 les iiaércs de lélépkwst tennis tnt valables pmi le service de livreisM par ceaelol et Pmi les ekeeeeae.lt pesliir SERVICE DES ABONNEMENTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 À 16H30 Montréal (514) 985-3355 / télécopieur (514) 985-3390 Extérieur (sans frais) 1 800 463-7559 LE DEVOIR LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H30 À 17H00 2050.RUE DE BLEURY.9E ÉTAGE.MONTRÉAL, (QUÉBEC) H3A 3M9 RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION : (514)985 3333 PUBLICITÉ AVIS PUBLICS (514)985 3344 ANNONCES CLASSÉES (514) 985 3344 PUBLICITÉ {514)98S-3399 lél«copiev (514) 9SS-3390 NUMÉRO SANS FRAIS 1 800 363 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