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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 1996-05-16, Collections de BAnQ.

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?FONDÉ EN 1910 ?onto IS 8 S c I, K .1 K l!l)l I (i M Al I II I) (i MON TR K A I LXXXVII No II 5 PERSPECTIVES Tintin au Soudan POLITIQUE Québec abolit l’obligation alimentaire des grands-parents PAGE A 4 ?ÉCONOMIE Thiessen regrette d'avoir parlé de déflation PAGE B 2 CULTURE Journée très française sur la Croisette PAGE B 8 L’Afrique est le continent des guerres oubliées.Le gouvernement arabo-musulman de Khartoum, qui cherche à rompre son isolement régional et international, ne s’en plaint pas.Il peut ainsi poursuivre sa guerre contre les «séparatistes» noirs, chrétiens et animistes du sud du Soudan (un million de morts, trois millions de réfugiés en douze ans).Mais attention, il ne doit pas s’aventurer à financer le terrorisme international, comme le croient fermement les États-Unis.Chrétien pose ses conditions Il veut négocier avec Québec le libellé de la question référendaire et fixer à l’avance la majorité requise dans le cas d’un OUI Tintin n’a jamais mis les pieds au Soudan et pourtant le plus vaste pays d’Afrique est une terre d’aventures qui aurait permis à l’intrépide reporter à la houppe blonde d’écrire enfin son premier «papier».Il aurait même eu quelques scoops comme celui sur l’esclavagisme qui sévit de nouveau à l’ombre d’une meurtrière guerre civile.Le pouvoir islamiste «pur» et dur de Khartoum dément, évidemment, les faits: il y a belle lurette que les Baggaras, ces Arabes semi-nomades des provinces du centre, ne sont plus des négriers allant chercher au fin fond du Sud-Soudan les Dinkhas, l’ethnie noire la plus importante du pays.Il est tout aussi faux d’affirmei; que le Soudan exporte des esclaves dans les richçs États du Golfe et complètement farfelu de voir les États-Unis prendre la tête de la croisade contre la «nouvelle plaque tournante du terrorisme islamiste».Madeleine Albright, la représentante américaine au Conseil de sécurité des Nations unies, a fait voter en février une motion condamnant le Soudan pour activités terroristes et soutien au terrorisme international, rejoignant ainsi l’Iran, l’Irak et la Libye — trois pays musulmans.Non, vraiment, tout cela n’est que vulgaire bande dessinée de politique-fiction, aurait répondu Hassan El Tourabi, l’éminence grise du pouvoir dirigé par le général Omar Antoine El Béchir qui a renversé en 1989 le Char gouvernement pluraliste de Sadek * * * ElMahdi.Le francophile Tourabi aurait rappelé au héros de Hergé la «livraison» à Paris du terroriste Carlos l’an dernier et précisé que s’il y avait bel et bien eu rapprochement avec l’Iran et la Libye, ces deux pays se sont montrés des partenaires économiques peu fiables.Tintin aurajt noté les discrets appels du pied à l’adresse des États-Unis (un pays qu’il connaît bien!) afin de sortir le Soudan de son isolement presque total.Mais pour cela, l’intellectuel Tourabi — surnommé l’«homme des synthèses» — devra mettre un peu d’eau dans son militantisme islamique et ne plus appuyer des mouvements intégristes armés comme le Hamas palestinien, le Groupe islamique algérien n ,, ou la Jama’a islamiya égyptienne.Persuade Souvent qualifié de «diable au tur-I ban», le frêle Tourabi, âgé de 64 ans, que le a encore rappelé récemment que son crt„j„n pcf Pays n’était pas la nouvelle Mecque ouuu du terrorisme.«Les gens croient que une «filiale» je conspire à l’échelle mondiale, que je finance le terrorisme, que je suis de Téhéran derrière chaque acte de terrorisme ’ où qu’il survienne.Tout cela est Washington faux», devait-il encore préciser à Focus Africa (daté de juin), un mensuel fait la sourde publié par la BBC.Il n’aurait évidemment pas dit le oreille aux contraire au héros de Georges Rémi, j, ^ , N’importe quel journaliste peut dementis de d’ailleurs rapidement constater que le ™ , Soudan est un des pays les plus tvnarioum pauvres de la planète.Ses réserves pétrolières sont estimées à plus de 20 milliards de barils mais elles sont encore largement inexploitées.Le produit national brut par habitant ne dépasse pas les 200 $, l’inflation annuelle est de 200 %, les pénuries alimentaires sont monnaie courante, même dans le Nord, et la guerre contre les sudistes se chiffrerait à deux millions de dollars par jour.Qu’importe, Washington est persuadé que ce pays oublié est une «filiale» des mollahs de Téhéran et que, par l’intermédiaire de Tourabi, l’influence iranienne s’exerce sur une grande partie de l’Afrique.Qui plus est, le Soudan a une «capacité de nuisance» sqr la scène israélo-arabe et inquiète au plus haut point l’Égypte qui l’a accusé d’être derrière l’attentat manqué contre Hosni Moubarak, à Addis-Abeba en juiq dernier.C’est là un crime de lèse-majesté pour les États-Unis: le pays des pharaons (Tintin y est allé!) est depuis Anouar el-Sadate une pièce maîtresse de leur stratégie au Proche-Orient Par ailleurs, pour ne plus être au ban des nations, Khartoum devra négocier un peu plus sérieusement avec le Sud chrétien et animiste tout en mettant fin aux tortures dans les byout el achabah disséminés à travers le pays.C’est d’ailleurs dans une de ces «maisons de fantômes» qu’a «séjourné» Adilah al-Zaybaq.Tintin aurait pu être le premier à interviewer cette journaliste de Sawt al-Mara (La Voix des femmes) libérée en novembre dernier après plus d’un an d’«interrogations».Mais avec Mi-lou, il avait d’autres chats à fouetter.Il fallait qu’ils partent pour l’Australie (Vol 714 pour Sydney serait la moins bonne de ses aventures) ou encore à la conquête de l’espace.Dommage, car au Soudan, où la deuxième guerre civile dans le Sud a repris en 1983 — l’année même où est mort Hergé —, le reporter-qui-n’écrit-jamais-aucun-article aurait vraiment pu faire oublier Tintin au Congo, le moins politiquement correct de ses albums.INDEX •IP"0 Avis publics.,.B4 Classées Culture .B8 Économie ,.B2 Éditorial .A6 Mots croisés.B4 Les sports.B6 METEO Montréal Nuageux avec éclaircies.60%de •ibilité d'averses, lax: 15 Québec Ensoleillé.Ennuagement Max: 17 Détails en B 4 JEAN DION DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Pour être dûment reconnu, tout éventuel référendum sur la sécession du Québec devra faire l’objet d’une entente préalable entre les autorités provinciales et fédérales sur les règles du jeu entourant sa tenue, affirme Jean Chrétien.Selon le premier ministre, les éléments à être discutés seraient, par souci de limpidité, le libellé de la question posée, l’ampleur de la majorité requise pour une victoire souverainiste et la communication sans détours des répercussions qu’aurait celle-ci.«Il y aura des négociations si jamais il y a un autre ré- férendum pour s’assurer que tout le monde soit très clair dans la question, dans le résultat et dans les conséquences», a déclaré hier M.Chrétien à la Chambre des communes.Pour que l’indépendance devienne réalité, «il faut avoir une volonté claire avec une question claire.Une question qui tient compte aussi des nécessités de l’autre partenaire.C’est tout à fait logique», a-t-il ajouté.Pour le premier ministre, il s’agit d’un tout léger recul par rapport à son intervention de la veille alors qu’il soutenait qu’une déclaration unilatérale de souveraineté de la part du Québec serait bloquée, au nom de, la primauté de la Constitution, par le reste du Canada.A l’émission Good Morning America, au réseau ABC, il confiait d’ailleurs hier que «cela [la sécession] pourrait se faire [.] si une forte majorité donnait un mandat très clair».Cette fois, il exige plutôt d’avoir voix au chapitre afin de contrer les «trucs» auxquels, selon lui, a eu recours le camp du OUI lors de la dernière campagne référendaire.VOIR PAGE A 8: CHRÉTIEN LIRE AUSSI EN PAGES A 4 ET A 5 ¦ Affaire Bertrand: Québec plaide l’illégitimité de la Constitution de 1982 ¦ Johnson fait la leçon à Chrétien ¦ L’examen de la motion sur le droit à l’autodétermination est reporté à la semaine prochaine Retour à la case départ L’assurance-médicarnents sera gérée par un système informatique interactif Wïïffm li f llf i t * f ’ îtt t t-ttf *ft WimUf i ttr-i'tff, t 1 f rt-t-ttt fi Wf'Gtu *¦! t en riff mpfft H-t trn t H [i, VlCft t t * t t f et et j f i !$i0}0§ mSmm IÜÊ Üi fi; .% PHOTOS JACQUES NADEAU : m LES COLS BLEUS et la Ville de Montréal ont rompu leurs négociations hier — encore une fois.À gauche, le président du syndicat des cols bleus, Jean Lapierre, le prenant avec le sourire, s’est dit disposé à reprendre le dialogue avec l’administration Bourque.À droite, Noushig Eloyan, présidente du comité exécutif, et Michel Brousseau, négociateur en chef de la Ville, étaient visiblement désemparés: Mme Eloyan presse Québec de «prendre ses responsabilités» et d’intervenir dans le conflit.Voir nos informations en page A 3.Big Brother s’empare des pharmacies L’appel d’offres a été lancé avant même le dépôt du projet de loi MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Pour mettre en œuvre et gérer son programme d’assurance-médicaments, le gouvernement va relier toutes les pharmacies du Québec par un système informatique interactif à la Régie de l’assurance-maladie.Ce système permettra de mettre en place un fichier central de toutes les réclamations concernant tous les Québécois et de contrôler la consommation de chacun d’eux chaque fois qu’il se présentera à une pharmacie.La mise en place de ce système informatique sera faite par une firme privée, en collaboration avec la Régie.La compagnie privée sélectionnée devra elle-même contribuer financièrement au projet.La sélection de cette firme est déjà en cours.Elle a commencé bien avant que le projet de loi sur l’assurance-médicaments ne soit présenté, hier, à l’Assemblée nationale.En fait, la procédure d’appel d’offres a commencé le 24 avril et le premier contrat attribué à la firme retenue par un comité de sélection de la Régie de l’assurance-mala-die devrait être signé dans la semaine du 27 mai, soit bien avant que le projet de loi ne soit adopté.Dans les documents d’appel d’offres, qui sont disponibles par voie électronique (SIOS) depuis le 25 avril, la Régie précise que l’appel de candidatures est lancé «sous réserve de l’adoption d’un projet de loi», espérant ainsi éviter les foudres des députés qui découvrent qu’un projet coûteux est déjà en cours dans un organisme gouver- VOIR PAGE A 8: MÉDICAMENTS Colloque sur renseignement de l’histoire dans les écoles secondaires du Québec Dis-moi qui est ton prof, je te dirai ce que tu penses Nos manuels scolaires sont-ils souverainistes?L’Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867 est-il le fruit d’un pacte entre deux peuples fondateurs ou est-il né de la volonté des anglophones d’asservir à tout jamais les Canadiens français?Pour les élèves du secondaire de la province, la réponse à cette question dépend du professeur qui leur livrera la matière.En fait, il y a presque autant d’interprétations des événements qui ont façonné le pays que d’historiens.Dépôt du projet de loi sur l’équité salariale Un compromis qui ne satisfait personne Harel résume: «Ce n’est pas tout, mais ce n’est pas rien» KONRAD YAKABUSKI DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC ISABELLE HACHEY Bas-Canada, un castor misérable, tire péniblement une charrette conduite par Haut-Canada, un autre castor qui porte triomphalement l’étendard de la «race supérieure».Derrière la charrette, enchaînés, des personnages représentant «notre religion», «notre langue» et «nos mœurs» semblent résignés à leur triste sort.Cette caricature, sans légende, a été tirée d’un manuel d'histoire destiné aux jeunes Québécois de niveau secondaire par Monique Nemni, professeur de linguistique à l’Université du Québec à Montréal.Une caricature qui démontre bien, selon elle, que les manuels scolaires québécois sont carrément infestés de messages — subtils ou non — visant à faire mousser la cause souverainiste.Mme Nemni participait hier à un colloque portant sur l’enseignement de l’histoire dans les écoles secondaires de la province, dans le cadre de la semaine de l’ACFAS, à l’Université McGill.«Le nationalisme au Québec n’est pas l’affaire de quelques professeurs zélés, mais il traverse tout le système scolaire.D part du minis- » Acfas 1 VOIR PAGE A 8: HISTOIRE Après plusieurs mois de tractations parfois douloureuses entre organismes patronaux et groupes de femmes, le gouvernement Bouchard a enfin déposé hier un projet de loi sur l’équité salariale qui se veut «juste» à l’égard des tra-vailleuses et «respectueux» des contraintes des PME.Mais la ministre responsable de la Condition féminine Louise Harel a aussitôt dit reconnaître que malgré une vaste consultation et la création d’un comité technique regroupant femmes et employeurs, elle n’a pas réussi à cultiver le consensus tant recherché.«Je ne peux pas dire que [le projet de loi] est nécessairement le fruit [des travaux du comité technique] puisque les parties sont restées sur leurs positions pour l’essentiel, la partie patronale disant qu’il n’était pas nécessaire d'avoir une législation, la partie syndicale et les groupes de femmes demandant que la législation soit d’application générale», a fait savoir la mi- Louise Harel ¦ Autres informations, page A 2 VOIR PAGE A 8: COMPROMIS I.K I) K V 0 I R .LE JEUDI l II MAI I » » (I IA PLUS ATTENDUE DE L’ANNEE COMMENCE LE 16 MAI PLACEMENTS ¦ QUÉBEC Notre interet à tous Les Québécois l’attendent avec impatience! L’émission des nouvelles Obligations d’épargne du Québec débute bientôt et elle ne durera que deux semaines.Le scénario est simple: vous achetez, vous attendez, vous récoltez.Les Obligations d’épargne du Québec.C’est dans votre intérêt.Et dans l’intérêt de tous les Québécois! • Placement solide; • Taux d’intérêt garanti pour un an, ajusté annuellement au marché jusqu’à i;échéance; • Encaissables en tout temps.Et maintenant.• Gérées par Placements Québec; • États de compte trimestriels qui remplacent les certificats ; Remboursées et versées directement dans votre compte, généralement en 24 heures, sur un simple coup de téléphone; Transférables dans le nouveau Régime d’épargne-retraite du gouvernement du Québec (REER).En vente DU 16 MAI AU 1er JUIN dans toutes les institutions financières, chez les courtiers en valeurs mobilières, les intermédiaires en assurance et directement chez Placements Québec au 1 800 463-8229.Québec a a proportion atteint 90 %.«Au Canada, la situation est encore plus problématique.La part de marché des films nationaux, si l’on fait exception du Québec, atteignait en 1993 tout juste 2 %, alors que celle des films américains atteignait 96 %, et celle des autres films, 2 %, a poursuivi M.Bernier.Au Québec, la part de marché des films américains s’élevait, la même année, à 83 %, celle des films nationaux à 3 % et celle des autres films à 14 %.» Les Etats-Unis, pour leur part, absorbent très peu de films de production étrangère.Selon les données de M.Bemier, les Américains consom- ment en effet environ 99 % de films faits chez eux contre seulement 1 % de films étrangers.M.Bemier ajoute que c’est seulement dans les années 1920 que l’industrie européenne du cinéma a commencé à se replier, sur la scène mondiale, derrière la production américaine.«C’est de cette époque, dit-il, que datent les premières interventions de l’Allemagne, de la France et même de l’Angleterre en vue de garantir au cinéma national une part du temps à l’écran, ce qui entraîna naturellement une vive réaction de la part de l’industrie américaine qui obtint le soutien actif du Acfas B À l’heure des fermetures et des fusions UAssociation des hôpitaux disparaît pour mieux refléter la réalité ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Pour mieux refléter la réalité changeante du milieu de la santé, l’Association des hôpitaux du Québec a décidé d’amorcer un virage de taille et d’afficher un nouveau nom destiné à mettre l’accent sur les services aux citoyens plutôt que sur les établissements.' Depuis mardi, l’Association des hôpitaux n’est plus.L’organisme qui regroupe les centres hospitaliers du Québec a décidé de reléguer aux oubliettes son nom de toujours pour revêtir une appellation plus générale: l’Association québécoise pour les services de santé et les services sociaux.Selon le vice-président de la nouvelle association, Jacques A Nadeau, cette nouvelle dénomination n’est pas qu’une étiquette.Elle se veut la réflexion d’un changement profond opéré dans la philosophie et les structures de cet organisme.«La réalité du réseau de la santé est changeante.Nous allons toujours défendre le rôle des centres hospitaliers.Ce que ce nom veut refléter, c’est le fait qu’il faut arrêter de parler d’un réseau d’établissements pour parler d’un réseau de services», soutient ce dernier.L’ex-association regroupait des hôpitaux de différentes missions, autant de soins généraux que de soins de longue durée.Or, ces missions sont de plus en plus appelées à se chevaucher à l’intérieur d’un même hôpital ou d’autres types d’établissements.En 1995, une centaine d’hôpitaux au Québec avaient pour mission unique la dispensation de soins généraux de santé.Dès 1997, on estime que moins d’une quarantaine d’hôpitaux auront une mission exclusive.Même dans ses structures, l’Association québécoise pour les services de santé et les services sociaux vient de se doter d’un conseil formé de représentants des régions plutôt que de représentants choisis en fonction du type d’établissement.Plus encore, 17 des 24 membres du conseil d’administration de la nouvelle association proviennent de l’extérieur du réseau hospitalier.Des discussions ont même été amorcées avec la Confédération québécoise des centres d’hébergement et de soins de longue durée pour que les deux associations fusionnent pour n’en former qu’une seule.Tous ces changements s’inscrivent dans la philosophie prônée dans le rapport livré l’an dernier par l’exassociation des hôpitaux faisant la promotion de réseaux intégrés de services où l’hôpital, les CLSC et les cliniques privées travailleraient de pair pour assurer une continuité des services aux patients.Montréal veut vendre la gare Jean-Talon Outrée, l’opposition accuse la Ville de dilapider le patrimoine JEAN CHARTIER LE DEVOIR La Ville de Montréal a mis en vente la gare Jean-Talon et attend des offres durant une période de huit semaines, à la suite de quoi un jury de sélection jugera les offres «selon l’intention économique du projet».Voilà ce qu’a expliqué hier le responsable du Service des immeubles au comité exécutif de Montréal, Saulie Zajdel.«On veut renouveler la gare et faire [en sorte] qu’il y ait des activités pour le grand public, a déclaré le conseiller municipal.La gare a besoin de réparations majeures et on souhaite des propositions.» Il explique que la gare est vide depuis 1984 et que le RCM n’a rien fait» durant toute cette période.La conseillère de l’opposition responsable des questions patrimoniales, Hélène Fotopulos, est outrée.On dilapide le patrimoine montréalais, estime-t-elle, et ce cas-ci n’est pas le premier.Mardi soir, on parlait encore au conseil municipal de déplacer la statue de Giovanni Caboto du square Atwater.Cela s’ajoute au projet des promoteurs immobiliers à Villa-Maria et à la destruction anticipée du couvent Saint-Isidore, sans compter la vente du bain Saint-Michel.«La gare Jean-Talon, on devait la transformer en bibliothèque ou en centre culturel, dit-elle.Et, voilà qu’on cède, à un moment mauvais pour la vente, un immeuble historique qui n’est évalué qu’à 130 000 $.» Le terrain est évalué à 2,1 millions, mais en ce moment on vend les propriétés sous le prix d’évaluation.La gare fait 3700 mètres carrés et le terrain avoisinant s’étend sur 5500 mètres carrés.L’administration municipale dit vérifier si le secteur privé fera la rénovation de la gare proprement dite et si un projet sera soumis pour développer le terrain à l’est.On souhaite toutefois que le site sud-ouest de la gare reste un parc.La commission Jacques-Viger devra ensuite approuver le projet de l’acquéreur éventuel.Mais Saulie Zajdel rappelle que la plomberie et l’électricité sont complètement à refaire.Cet immeuble magnifique, situé juste à côté de CFCF, est abandonné depuis 12 ans.Cette gare faisait le lien entre Montréal et Mont-Royal dans la période faste du chemin de fer.De la mondialisation du marché culturel CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Doit-on protéger l’industrie culturelle de la mondialisation des marchés?Et si oui, au nom de quel principe?Ces thèmes étaient au cœur d’un colloque intitulé «Recherche: culture et communications», organisé dans le cadre du 64e Congrès de l’ACFAS et tenu hier à l’Université McGill.En effet, certains constats concernant l’industrie mondiale du cinéma, par exemple, sont alarmants.En effet, signalait Ivan Bernier, de la faculté de droit de l’Univ.ersi-té Laval, dans l’ensemble des Etats de l’union européenne, plus de 80 % des films présentés à l’écran $ont américains.Dans certains Etats, toujours européens, cette gouvernement en vue de faire tomber ces restrictions.» Le protectionnisme culturel, dans le cas du cinéma, se traduit dans les accords du GATT, par exemple, avec la possibilité pour une partie contractante de maintenir une réglementation intérieure comportant l’obligation de projeter, pour une période de temps déterminée, des films d’origine nationale pendant une fraction minimale du temps total de projection utilisé.La principale raison invoquée pour justifier le protectionnisme culturel dans les accords internationaux est le maintien d’une identité et d’une culture régionales ou linguis-j tiques.Les autres arguments, selon M.Bernier, concernent l’impérialisme culturel et la démocratie.Participant au même colloque, Fernand Martin, du département de sciences économiques de l’Université de Montréal, a mis en lumière «le mythe des retombées économiques», ou des rentrées fiscales, pour justifier le financement public des projets culturels.Il s’agirait selon les économistes d’un «faux miracle».La, justification de l’intervention de l’État dans l’industrie culturelle est ailleurs, soutient-il.E N DES PRIX À ZAP ETAU PIGNON BLEU (Le Devoir) —À l’occasion de la Journée internationale de la famille, , la Fédération des unions de famille et le Mouvement Desjardins ont décerné hier leurs prix aux entreprises, organismes et municipalités qui se , sont distingués par leur implication auprès des families.L’organisme Le Pignon Bleu de Québec, qui offre un service de cuisine collective et d’aide aux devoirs aux enfants de familles pauvres, a récolté le prix Famille, tandis que l’organisme Parents-Secours s’est mérité une mention pour avoir tissé depuis 20 ans un important réseau visant à assurer la sécurité des enfants.L’émission Zap diffusée sur les ondes de Radio-Québec a obtenu le prix Gaston-Gauthier pour avoir su véhiculer la réalité des adolescents.La coopérative Santé de Saint-Étienne-des-Grès a hérité du prix Reconnaissance à une PME, alors que la garderie Mère Framboise créée par la compagnie Merck Frosst a récolté le prix Reconnaissance dans la catégorie de la grande entreprise.BLITZ POUR LA SÉCURITÉ À VÉLO (Le Devoir) — Au cours des six prochaines semaines, le Tour de l’île multipliera les affiches et les campagnes pour promouvoir la sécurité à vélo.Bien que le nombre d’accidents mortels ait chuté de 16 % depuis cinq ans, le Tour de l’île invitera notamment les cyclistes à faire preuve de prudence aux feux rouges et à être bien visibles quand ils circulent en vélo la nuit.Les cyclistes se révèlent fautifs dans plus de la moitié des accidents qui les concernent; c’est pourquoi la campagne Sécurité à vélo mettra l’accent sur le respect du Code de la sécurité routière sur les voies publiques.2 %*7C#S VIGILE 1" ET 2 JUIN GRAND RASSEMBLEMENT 2 JUIN 1996 À 13h00 AU PARLEMENT DE QUÉBEC 24 HEURES DES FEMMES CONTRE LA PAUVRETÉ SOYEZ DES NÔTRES _____Information : (514) 944-3262 t 4 MONTRIAL A A ROGER ROY Horloger hl|outier 935, U Guichetière Ouest Montreal H3B 2M9 Siège social du CN $ Zodiac twill lilt La montra lyin par «xiiIImm Cols bleus Et revoici l’impasse La Ville quitte la table de négociations et demande à Québec de «prendre ses responsabilités» BRIAN MYLES LE DEVOIR Pour une troisième fois en moins de deux ans, l’administration Bourque-Eloyan se tourne vers Québec pour mater les cols bleus et va même jusqu’à demander au gouvernement de «prendre ses responsabilités».Après plus d’un mois de discussions intensives, la Ville de Montréal et le Syndicat des cols bleus (SCFP-FTQ) en sont arrivés à une impasse totale.La présidente du comité exécutif, Noushig Eloyan, a en effet réclamé hier upe convocation de la commission parlementaire de l’Economie et du Travail, qui avait déjà entendu les deux parties en décembre dernier.«Nous sommes aujourd’hui [.] face à un constat d’échec, a tranché hier Mme Eloyan.Vouloir poursuivre dans cette voie relèverait de la naïveté et de l’inconscience.» Mme Eloyan somme maintenant le gouvernement du Québec de «prendre ses responsabilités» et de procéder à une «intervention législative rapide».Droit au lock-out, loi spéciale, décret?Mme Eloyan a répondu de manière plutôt évasive aux questions des journa- listes qui lui demandaient des précisions sur la nature de l’«intervention législative» réclamée par la Ville.«C’est au gouvernement de nous proposer des pistes de solutions pour régler le conflit», estime-t-elle.La présidente de l’exécutif juge néanmoins que l’attitude de la Ville dans cette affaire est tout à fait responsable.«On a fait nos devoirs, on a analysé toutes les propositions qui étaient sur la table, et là, on est dans une impasse.» Fait à souligner, la partie patronale a quitté la table de discussions, sans pour autant couper définitivement les ponts avec le syndicat.«Je ne constate pas qu’il y a une rupture», a dit le négociateur en chef de la Ville, Michel BrQusseau.A Québec, le ministre du Travail, Matthias Rioux, qui avait réussi à relancer les négociations il y a un mois, a exclu le recours à une loi spéciale.M.Rioux ne voit cependant aucune objection à ce que les deux parties reviennent s’expliquer devant les parlementaires de l’Assemblée nationale.«Je trouverais ça assez normal, a-t-il dit.Je ne sais pas si on peut régler l’impasse.» De son côté, le secrétaire général de la FTQ, Henri Massé, s’est dit «très déçu» de la volte-face de l’adminis- tration municipale, qualifiant même la situation de «rififi de mauvais goût».M.Massé a demandé au gouvernement du Québec de ne pas s’immiscer dans le conflit.«On n’a pas intérêt, personne, mais personne, à avoir un tiers qui vienne imposer les conditions de travail à la Ville de Montréal.Ça serait catastrophique», a-t-il tranché.Le secrétaire général de la FIX) a par ailleurs invité la Ville de Montréal à reprendre les négociations dans les plus brefs délais.«Il n’ y a rien de brisé, il n’y a rien de cassé.On est capables de reprendre le dialogue comme des adultes», croit-il.M.Massé gardait bon espoir de dénouer l’impasse, du moins jusqu’à hier.Il a souligné que les négociations avaient réellement progressé au cours des quatre dernières semaines, particulièrement depuis les derniers jours.Mme Eloyan n’avait pas caché son optimisme en début de semaine, laissant même entendre que les deux parties étaient sur le point d’en venir à une entente.Mais voilà que les négociations ont achoppé, entre autres sur la question du plancher d’emploi, une clause de la convention collective qui oblige la Ville à maintenir un minimum de 4060 cols bleus en ]>oste.Selon Mme Eloyan, la fonction publique montréalaise compte environ 1000 cols bleus en trop, une situation «intolérable» qui coûterait 13,5 millions de dollars aux contribuables à chaque année.Du côté de la partie syndicale, Henri Massé a expliqué que l’administration Bourque-Eloyan s’était présentée à la table de négociations avec de nouvelles positions.A litre d’exemple, la partie patronale voudrait se débarrasser de l’article 27 de la convention collective.Cette clause stipule que les conditions de travail et les salaires prévus au contrat de travail des cols bleus doivent s’appliquer pour l’embauche des contractuels.Le conflit de travail entre la Ville de Montréal et ses 4060 employés cols bleus s’enlise depuis maintenant quatre ans.Les deux parties avaient été convoquées une première fois devant la commission parlementaire en décembre dernier.Ils avaient convenu de reprendre les pourparlers rapidement, Québec menaçant de recourir à une loi spéciale.Il y a un peu plus d’un an, le maire Pierre Bourque avait réclamé au gouvernement provincial un droit de lock-out pour mater les cols bleus.Il avait essuyé un refus catégorique.Peaux tendres r, mmMm.ivvA^vt.•'.'Y'. I I II MAI I I) I) Il A (> ÉDITORIAL Mondialisation et démocratie François Brousseau La mondialisation contre la démocratie?L’avènement d’un «discours unique» — tenu à gauche comme à droite — sur l’économie dans le monde contemporain pousse en tout cas de plus en plus de gens à se demander comment réinsérer le «social» dans la pensée et la pratique économique contemporaine.n Italie, la gauche, ou ce qu’on appelle ainsi, arrive aujourd’hui au pouvoir après 50 ans d’un purgatoire pas toujours mérité, sous la direction d’un économiste catholique entouré d’un aréopage de banquiers.En Espagne, la droite démocratique parvient elle aussi au pouvoir, après 20 ans de purgatoire mérité pour cause d’antécédents «fascistes».Mais dans les deux cas, le programme et le discours sont exactement les mêmes: cap sur l’Europe et ses «critères de convergence» en vue de la monnaie commune; priorité à la lutte aux déficits et au diable inflation.Un discours connu, prévisible, convenu, habituel.inévitable.Quiconque tenterait aujourd’hui de faire inclure, par exemple, une statistique comme le taux de chômage dans ces fameux «critères de Maastricht» — taux d’inflation bas, déficits limités à un pourcentage donné du produit intérieur brut, etc.— qui font les bons élèves, se ferait immédiatement traiter de rêveur, d’égaré qui ne comprend rien à l’économie.Pourtant, devant le malaise économique persistant de l’Occident, devant les effets négatifs des pratiques restrictives des entreprises et de ce qu’il faut bien appeler par le nom galvaudé de «mondialisation», on se demande si le social n’est pas le grand oublié de cette époque de bouleversements.Et s’il est bien vrai que l’actuelle révolution économique n’a que faire de considérations sociales qui représentent, n’est-ce pas, un intolérable frein au progrès et inspirent des programmes aux effets pervers, y compris même en termes sociaux.La grande revue américaine d’affaires internationales Foreign Affairs publie dans son numéro courant un article sur les travailleurs, grands oubliés de la mondialisation en cours.L’auteur, Ethan Kapstein, y fait valoir que les «évidences» économiques d’une époque, les prétendues lois de la nature, sont le plus souvent un phénomène idéologique éminemment discutable et dépendant des modes et de rapports de forces.Ainsi en va-t-il, par exemple, de l’obsession de la lutte au déficit, de la basse inflation.Aujourd’hui, grands travaux publics et budgets expansionnistes sont des idées folles, à proscrire et à combattre.Mais est-ce un effet de mode ou une vérité objective?La question vaut d'être posée.Autre point de dogme contemporain: la santé des entreprises doit se réaliser indépendamment de toute considération pour l’emploi.Le profit maximal des actionnaires est la pierre de toutes les décisions sur l’embauche et la fixation des salaires.On vit une époque où les salaires tendent à baisser — les statistiques mondiales indiquent en effet une diminution réelle du salaire moyen industriel dans beaucoup de pays occidentaux — et où la rente financière est en augmentation.Travailler dur comme salarié — à moins d’être un haut administrateur de choc dont le mandat est justement de «couper» — n’est plus la meilleure manière de faire de l’argent Avoir de bons placements est infiniment préférable.Le problème est que cette «pensée unique» aujourd’hui dominante a elle-même des coûts qui ne paraissent pas immédiatement au niveau microéconomique, au niveau des entreprises, mais qui peuvent s’avérer importants à une échelle plus large.Et ce, sans Le Pen, Li Peng, Ziouganov, Buchanan, même combat?égard aux dimensions proprement «morales» de l’économie.Les charges sociales de l’État, même allégées per capita, restent un poids dans un contexte de chômage élevé.En outre — l’exemple américain le montre —, les coûts sociaux de la «nouvelle délinquance» grèvent les budgets publics.La santé économique mesurée par les «grands indicateurs» (inflation, équilibre budgétaire) n’a plus qu’un lien lointain, théorique — et au mieux différé — avec le bien-être concret, quotidien, des populations concernées.La nouvelle orthodoxie, couplée au changement technologique, à l’internationalisation des politiques, à la libéralisation tous azimuts du commerce et aux flux mondiaux de populations en direction du Nord, a aussi des effets sociaux, politiques, idéologiques dont les coûts pourraient s’avérer très lourds.Le divorce flagrant entre la grisaille locale et la mon-dialité radieuse, entre le discours technocratique et la réalité sociale, entre les proclamations officielles et l’expérience quotidienne, voilà qui fait de plus en plus le lit — de Washington à Moscou, en passant par Paris — d’une démagogie populiste, anti-élites voire ultranationaliste, proférée par des politiciens opportunistes.Il est troublant, aujourd’hui, de voir des Pat Buchanan aux États-Unis, des Le Pen en France ou encore un communiste comme Ziouganov en Russie, reprendre à leur compte des doléances et des inquiétudes légitimes — jusqu’à accaparer, parfois, un quasi-monopole de thèmes «sociaux» oubliés par tous les autres.pour cause d'«economic correctness».Paradoxes, paradoxes.Il est aujourd’hui un pays dont les pratiques politiques et commerciales inspirent le désaveu, si ce n’est la révulsion: la Chine.Pays du dernier véritable goulag d’inspiration communiste, pays du pillage éhonté de la propriété intellectuelle occidentale comme le montre l’actuel litige sur le piratage des CD-ROM et des cassettes vidéo, la Chine est aussi le pays.de la résistance à l’imposition, par l’Occident et les États-Unis au premier chef, d’un modèle culturel transnational au sens fort.De la résistance à l’avènement d’une supranationalité agissante qui tend à vider de leur contenu la souveraineté des États, les usages et les modèles nationaux en matière de relations sociales, de politique économique, voire de droit La Chine est un partenaire politique détestable à bien des égards, mais il est ironique de constater que ce pays incarne aujourd’hui, avec quelque crédibilité, une authentique défense de la souveraineté nationale et de la «culture spécifique», choses que l’on dit battues en brèche un peu partout Nous sommes ici, bien évidemment, au cœur du débat sur l’universalité des droits et le particularisme des cultures.Mais aussi devant un éclatement potentiel du politique face à l’économie et à la technocratie.Un affrontement gros des pires dérives, où les vieilles catégories et les vieilles alliances ne valent plus, où la démocratie libérale ne semble plus à même de relever adéquatement le défi.Le Pen, Li Peng, Ziouganov, Buchanan, même combat?Qu’opposer, aujourd’hui, aux vociférations — plus semblables entre elles qu’on ne le pense — de ces adversaires, potentiels ou déclarés, de la démocratie?Chose certaine, l’antienne rebattue sur les taux d’intérêts, les déficits et l’orthodoxie financière ne fait plus une réponse suffisante.En finir avec l’olympisme?Dans son cahier des livres des 3 et 4 février, Le Devoir conseillait l’achat du pamphlet de Laurent Laplante intitulé Pour en finir avec l’olympisme.Je l’ai acheté et lu avec engouement C’est selon moi un véritable petit bijou comme littérature sportive.Riche en connaissances, virulent sagace et subjectif, sa véracité est souvent stupéfiante.Une charge contre l’olympisme, ses dessous et son auréole.Son livre ne plaît pas à tous les scribes sportifs.Particulièrement à ceux du Québec.Qu’on le veuille ou pas, les jeux olympiques sont une affaire de gros sous.Une industrie gargantuesque du muscle et du dollar à cause de leur commercialisation et de leur mercantilisme outrancier.Grâce à l’industrialisation de notre société, les jeux olympiques sont un phénomène de société qui se caractérise par son gigantisme et son éclectisme.Et l’amateurisme de son microcosme n’existe pas véritablement Après la lecture du livre de Laurent Laplante, on ne voit plus du même œil les jeux olympiques.Le voile est levé sur le mythe qui plane sur l’olympisme et les jeux.Mais faut-il pour autant en finir avec les jeux olympiques?Telle est la question! Yves Préfontaine Sherbrooke, 13 mai 1996 Le fédéral se déprécie Le gouvernement fédéral a décidé de s’associer à la requête de Guy Bertrand qui veut faire interdire la tenue de référendums pour décider de l’avenir du Québec.En s’associant à la démarche erratique de cet individu qui dit n’importe quoi et son contraire, le fédéral se déprécie un peu phis aux yeux de tous.Incapable de stopper la marche du Québec vers l’indépendance par des moyens démocra- LETTRES -?- tiques, le fédéral essaie la voie des tribunaux.C’est illégitime et c’est méprisable.C’est comme un mari qui essaie d’empêcher sa femme de le quitter en obtenant une injonction d’un tribunal.On ne peut tout de même pas empêcher un peuple de décider de son destin, pas plus qu’on ne peut empêcher une femme de se séparer d’un époux qui la méprise.Les événements des prochains jours auront sûrement une grande valeur pédagogique pour les Québécois, de la même façon que le coup de force de 1982 leur a fait comprendre qu’ils avaient été bernés par Pierre Elliott-Trudeau et Jean Chrétien.André Daoust Montréal, 10 mai 1996 Des tables de Moïse à la Charte des droits «À la prépondérance immémoriale des obligations envers Dieu s’est substituée celle des prérogatives de l’individu souverain» (Gilles Lipovetsky, Le Crépuscule du devoir).Des tables bibliques de Moïse aux nouvelles tables de la loi démocratique, des dizaines de siècles se sont écoulés.C’est vers la fin du XVIIe siècle que Bayle lance la polémique en reconnaissant qu’il n’est nullement impossible qu’un athée ait de la conscience.Peut-être était-ce là l’idée «séminale» qui allait conduire, un siècle plus tard, à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, suivie un siècle et demi plus tard de la Déclaration internationale des droits de l’homme des Nations unies de 1948.Par la suite, le Canada se donnera, en 1982, une Charte des droits de la personne.Tout au long de ce long processus l'homme, ou la personne, ne voudra pas dire nécessairement l’humain concret H y aura toute une suite d’exclusions en partie graduellement corrigées, dont la race, la religion, le sexe et l’orientation sexuelle.C’est cette dernière exclusion, voulue par vertuistes et fondamentalistes à tout crin, que la loi C-33 veut éliminer.Combattre pour l’inclusion de toute la personne, de l’humain concret, c’est se mêler de l’affaire la plus universelle qui soit.Pierre-Paul Roy Montréal, 10 mai 1996 Bicyclette et cigarette Une petite loi qui oblige les cyclistes à porter un casque et voilà des millions de casques à fabriquer et à vendre.Quel bon moyen de faire bouger l’économie et d’en enrichir certains.Mais notre liberté dans tout ça, qu’en fait-on?C’est aussi un bon moyen d’éviter des blessures graves et souvent mortelles à certains cyclistes.C’est très bien de vouloir protéger les gens malgré eux, cela vient de bons sentiments.Mais si nous restons dans cette même ligne de pensée, le gouvernement devrait aussi faire une loi pour protéger malgré eux les fumeurs.La bicyclette n’est quand même pas un sport si dangereux, il y a bien plus de gens qui meurent à cause de la cigarette et cela, été comme hiver.Et les frais d’hospitalisation et de soins ainsi que des traitements de chimiothérapie sont drôlement plus élevés que les frais encourus par les quelques accidentés de la saison estivale.Si le gouvernement veut protéger les gens, qu’il ne le fasse pas à moitié et qu’il fasse également une loi pour qu’il soit interdit de fumer dans tous les endroits publics.C’est ainsi que les propriétaires de restaurant et autres n’auront plus à décider eux-mêmes si oui ou non ils osent interdire de fumer dans leurs établissements.La loi sera décidée par le gouvernement et tous sans exception devront la faire respecter et les non-fumeurs seront aussi protégés.Claire Wiseman Candiac.13 mai 1996 £nFamT;ua GtS.NON! Tu M foR TiilAÇ PAS PC \\ Clair comme de l’eau de roche C onstatant avec ahurissement que le tunnel Louis-Hyppolyte-Lafontaine, même réduit à une voie de passage à la suite du début des travaux de réfection depuis la semaine dernière, n’a été le lieu d’aucun embouteillage monstre appréhendé, un spécialiste de la circulation expliquait qu’à cette occasion, tout avait été mis en œuvre pour convaincre les gens de changer leur comportement d’automobilistes en optant pour le bus et le métro, en faisant des ententes avec les policiers, et avec les compagnies pour qu’elles modifient leurs horaires de travail.Tous se sont concertés pour un même objectif qui était clair: vu les travaux effectués, il fallait prévoir les problèmes, de circulation intempestive aux heures de pointe, il fallait «gérer la demande».Les médias ont été mis de la partie et les gens, bien informés à temps, ont coopéré.L’efficacité des médias est ici réelle mais il faut souligner l’importance première d’avoir un objectif clair dans une telle entreprise de relation et d’information publiques.Il en est de même dans tant d’autres situations: veut-on inciter les citoyens à habiter en ville et surtout à y demeurer quand ils y sont installés?Encore faudrait-il que cet objectif entraîne les actions conséquentes pour que la vie quotidienne, pour les individus et les familles, aie des qualités incontestables autres que la seule proximité d’un travail, des restaurants ou des cegeps et universités.Combien d’habitants de divers quartiers de la métropole quittent pour la banlieue, excédés par les rues cabossées et trouées, des trottoirs, rues et ruelles malpropres à cause des déchets déposés n’importe quand sans tenir compte des horaires des vidangeurs, des bilbio-thèques fermées les fins de semaine, des terrains vacants encombrés ou délabrés, des immeubles sinistrés dont les ruines restent dressées pendant des décennies sans que personne n’intervienne?Si l’objectif d’une ROSE MARIE ARBOUR ?municipalité est de garder ses habitants au centre-ville, il est grand temps de revoir stratégies et actions en ce sens mais voilà, est-ce vraiment l’objectif?Dans le domaine de l’éducation ces jours-ci, on voit l’instauration d’une nouvelle méthode d’évaluation des candidats à l’université en provenance du cégep, qui tend à pallier les désavantages de l’antérieure cote Z.La cote R défavorise maintenant les étudiants en provenance de cégeps dont la moyenne générale est moins élevée et dont les groupes sont hétérogènes, ce qui est souvent lié au milieu social moins favorisé de la majorité qui fréquente une institution.Je connais une étudiante venant d’obtenir un diplôme collégial en sciences de la santé avec une moyenne de 97 %, dont l’entrée est refusée en médecine à McGill et à l’Université de Montréal.Elle est diplômée du Collège de Rosemont, c’est tout dire.L’instauration de cette cote a pour effet de décourager les jeunes brillants en provenance de milieux plus humbles et d’en avantager d’autres qui, avec de moins bonnes notes, seront cependant acceptés à l’université du fait que leur collège a une moyenne générale plus élevée.De plus, les incartades adolescentes au secondaire risquent d’handicaper la vie d’adulte puisqu’on en tiendra maintenant compte! Pourquoi donc l’imposçibilité d’instaurer des examens d’État dans les universités pour sélectionner les demandes d’entrée au baccalauréat, ou pourquoi pas toute autre solution qui donnerait aux jeunes une responsabilité réelle dans la conduite de leur propre vie présente et à venir?Alors que sous couvert de besoins individuels on pousse à la consommation matérielle effrénée et qu’on en fait la marque du succès, pourquoi valoriser au cégep l’importance d’une moyenne de groupe au détriment de la volonté personnelle d’un étudiant de réussir ses études?C’est qu’on présume qu’un étudiant est le reflet d’un tout, ce qui est faux.C’est oublier aussi qu’une moyenne chiffrée d’une institution est une abstraction mathématique, purement instrumen-table et non applicable à l’évaluation d’une personne comme teille.Mais pour l’étudiant, il ressort d’un tel exercice et d’une telle logique que sa valeur académique est conditionnée plutôt qu’elle n’est solidaire d’un groupe ou d’un contexte d’études.Être haussé ou rabaissé à cause de l’appartenance d’un étudiant à tel ou tel cégep ne peut qu’entraîner des effets pervers.D’ailleurs, les formules mathématiques rendent bêtes les évaluateurs de toutes sortes: un musée qui n’a pas assez de visiteurs est jugé non «productif» et l’autre qui en accueille davantage est mieux coté.Pourtant, il y a tant de raisons qui expliquent l’absence ou la présence d’un public plus ou moins nombreux.D’une façon générale, il y a de l’absurdité à évaluer les individus comme des produits semblables au tout dont ils font certes partie mais dont ils ne sont pas les simples reflets.La prétention à l’objectivité et à la mesure scientifique d’un «produit» (une personne en est-elle un?) tend à l’avènement d’un modèle unique d’individu, débarrassé des traits particuliers liés au sexe, à la classe sociale, à la race ou l’appartenance culturelle d’origine.En même temps et contradictoirement, un individu est actuellement soit avantagé, soit désavantagé selon l’institution d’enseignement d’où il vient, et cela indépendamment de ses «performances» académiques.Est-ce clair?A PROPOS -?- .de rincertitude des jeunes parents Tous en conviennent, les jeunes sont très affectés par la précarité des emplois, le taux de chômage élevé, un fort pourcentage de travailleurs à temps partiel et le peu de sécurité d’emploi.Même si les jeunes parents réussissent à se dénicher un emploi, ce sont les travailleurs et travailleuses syndiqués qui bénéficient de conditions permettant de mieux concilier l’exercice d’un travail avec la vie familiale (congés parentaux, horaires flexibles, aménagement du temps de travail, etc.).Rappelons que de telles mesures ne sont pas accessibles à la majorité des jeunes, puisque peu d’entre eux sont syndiqués.Rappelons que certaines mesures minimales se retrouvent à l’intérieur de la Loi sur les normes du travail mais que leur application demeure souvent problématique.Les jeunes parents souhaiteraient que des mécanismes d’application plus stricts soient mis de l’avant.Ce souhait est d’autant plus important quand on sait qu’environ la moitié des salariés du Québec relève exclusivement de la Loi sur les normes du travail.Quant aux personnes travaillant au salaire minimum, près des deux tiers sont constitués de femmes et un peu plus de la moitié a moins de 25 ans.Ainsi, en enrichissant la législation et en spécifiant davantage les mécanismes d’application de la Loi sur les nonnes du travail, les jeunes familles en bénéficieraient grandement Propos de familles 1996 Semaine québécoise des familles LE DEVOIR FONDE PAR HENRI B 0 C R A S S A LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSONNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Vice-président, finances et administration FRANÇOIS THOUIN Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, GUT TAILLEFER, NORMAND THERIAULT Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇON Directeur artistique ROLAND-YVES CARIGNAN 2050, rue de Bleury, 9* étage.Montréal (Québec) H3A 3M9.Tél.: (514) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS I.E I) K V OIH.I.K .1 Ë III) I I (i M Al I il il (i A D É E S Une économie plurielle 1 - Réduite aux seules «entreprises de misère», l’économie sociale est condamnée à devenir le royaume de l’exclusion, tel que le proposent les tenants du néolibéralisme .1, \ Ait s PHOTO JACQUES NADEAU Une collecte pour Jeunesse au soleil, il y a quelque temps.BENOÎT LÉVESQUE YVES VAILLANCOURT Professeurs à l’UQAM r ans le débat ac- Dtuel, la reconnaissance de l’économie sociale est en un sens hypothéquée par la confusion entourant le label «économie sociale» qui est — utilisé pour dé- signer des réalités aussi différentes que l’économie domestique, l’économie informelle, les emplois précaires, le tiers secteur et même des entreprises comme le Mouvement Desjardins.Par ailleurs, si l’économie sociale est réduite aux seules «entreprises de misère» (et aux «bons d’emploi»), elle est condamnée à devenir le «royaume de l’exclusion», tel que le proposent les tenants du néolibéralisme.D’où l’importance de définir l’économie sociale comme une économie plurielle et susceptible d’ouvrir sur un autre modèle de développement.Demain, nous montrerons comment elle peut contribuer à la reconfiguration de l’Etat-providence.L’origine L’économie sociale existait bien avant que le mot soit utilisé par les médias, il y a maintenant six mois.On peut remonter très loin.En effet, le sociologue F.Le Play et l’économiste Ch.Gide ont popularisé ce terme à partir de la fin du XIX" siècle.Au Québec, le terme est apparu à cette époque.Ainsi, des Canadiens français ont créé en 1888 une Société canadienne d’économie sociale de Montréal en,vue de vulgariser la pensée de l’Ecole de Le Play.Alphonse Desjardins, fondateur des Caisses populaires, sera membre de cetfe société.A l’échelle occidentale, on peut identifier deux traditions d’économie sociale.Une tradition sociale-chré-tienne qui s’inspire surtout de la doctrine sociale de l’Eglise catholique et qui s’enracine principalement dans les pays dits latins auxquels il faut rattacher le Québec; une tradition socialisante qui s’épanouit dans les pays Scandinaves et germaniques à travers la démocratie industrielle et le capitalisme rhénan.Si la première tradition fait de la consommation et des services aux personnes la porte d’entrée dans l’économie sociale, la seconde privilégie la production et la réorganisation du travail.La signification L’économie sociale est constituée d’entreprises et d’organisations dont la spécificité est de combiner un groupement (association) de personnes plutôt que d’actionnaires et une entreprise (tout au moins une organisation) produisant des biens et-ou des services, pour satisfaire les besoins des membres de l’association.Au départ, le groupement de personnes détermine l’entreprise alors qu’avec le développement de cette dernière, l’association peut perdre cette prédominance.Qu’il s’agisse de la consommation ou de la production, ces entreprises favorisent une adaptation fonctionnelle à l’économie de marché.Par ailleurs, elles contestent la concurrence comme mécanisme exclusif de régulation (d’où l’expression «domestiquer le marché»).Dans toutes les entreprises d’économie sociale, il existe des règles spécifiques pour réaliser un arbitrage (ou régulation) entre les objectifs de rentabilité qu’exige l’entreprise et les objectifs sociaux correspondant aux besoins des membres.Ces règles sont plus ou moins bien définies selon le statut juridique choisi (coopérative, OSBL, société) et autres conventions codifiées.Par conséquent, l’économie sociale ne saurait être confondue avec l’économie informelle (et la déréglementation).Dans la plupart des cas, ces règles concernent la définition des activités, la désignation démocratique des dirigeants, la répartition des surplus ou des profits et l’appropriation de l’entreprise en cas de dissolution de manière à ce que l’aide de l’État et l’implication bénévole ne soient pas appropriées par quelques individus.Ce type d’entreprises est porté au départ par des personnes relativement dominées qui tentent de réorganiser collectivement leurs activités comme l’ont fait les agriculteurs à partir de la seconde moitié du XIXe siècle (arrimage avec un mouvement social).Il s’agit d'activités nécessaires mais délaissées par le capital (parce qu’insuffisamment rentables) comme c’est le cas pour des usines que reprennent aujourd’hui les travailleurs (Tembec à Témisca-ming jet Tripap à Trois-Rivières) ou par l’Etat comme ce fut le cas pour les garderies à partir du début des années 1970.La satisfaction au travail Les entreprises d’économie sociale ne se limitent pas aux seules «entreprises de misère», même si ces dernières occupent le centre du débat.Dans la nouvelle économie sociale, celle des deux dernières décennies, il existe des entreprises très modestes telles les entreprises d’insertion (le Chic Resto Pop ) ou encore les garderies à but non lucratif.Les salaires y sont nettement inférieurs à ceux offerts dans le réseau des services sociaux et de santé mais la satisfaction au travail peut y être supérieure.La nouvelle économie sociale comprend aussi des entreprises qui offrent des emplois de qualité et bien payés.C’est le cas des cinq coopératives de techniciens ambulanciers présentes dans quelques régions du Québec et dont les revenus s’élevaient à 28,8 millions de dollars en 1993.C’est également le cas de la plupart des anciennes entreprises d’économie sociale (Desjardins et les coopératives agricoles).Ces succès sont le résultat de la concertation entre les divers actçurs sans oublier l’intervention de l’État (législation, subventions, support technique, etc.).Cette intervention fut déterminante pour le développement des coopératives d’habitation et des coopératives de travail, sans oublier les organismes de soutien à l’économie sociale (les CDEC et CDC).La quasi-unanimité concernant le Fonds de solidarité des travailleurs du Québec (FTQ) et la création récente du Fondaction (CSN) témoigne de la reconnaissance de l’économie sociale dans la production.En revanche, cette reconnaissance est loin d’être acquise pour les services collectifs même si l’écono- Montreal Hunt Club mie sociale peut y répondre à des besoins aussi manifestes comme nous le verrons demain.Hier comme aujourd’hui, les entreprises de l’économie sociale naissent principalement comme réponse à la crise.De ce point de vue, la raison d’être de ces entreprises ne se limite pas à la création d’emplois (même si elles peuvent réussir là où l’entreprise capitaliste échoue).Plus que les autres, les entreprises d’économie sociale sont en mesure de trouver des éléments de solution durable à une crise économique et politique engendrée en grande partie par une exclusion qui caractérisait l’ancien modèle de développement aussi bien dans la production (fordisme) que dans la production (providentialisme) .En effet, dans la mesure où leurs règles favorisent la démocratie et de nouvelles modalités de régulation, elles consti- tuent des espaces d’expérimentation susceptibles d’inspirer l’ensemble des autres secteurs (capitaliste et étatique), soit à travers des formes de partenariat avec la grande entreprise ou le réseau étatique, soit à travers un développement relativement autonome où leur poids économique ou politique suffit à modifier les formes dominantes de régulation du marché ou de la politique.L’engouement pour l’économie sociale n’est pas sans susciter des in-quétudes.Le simple fait qu’il surgisse dans un contexte de compressions budgétaires n’attire-t-il pas l’attention sur son ambiguïté?A l’heure du virage ambulatoire dans le domaine de la santé et du bien-être, tout parti pris pour l’économie sociale ne constitue-t-il pas une manœuvre de diversion?La création d’entreprises d’économie sociale dans les services aux personnes n’est-elle pas la simple conséquence de mesures de privatisation et de rationalisation em traînant l’abolition de postes dans le secteur public?Ces questions identifient des dangers bien réels.Toutefois, ces derniers relèvent moins de l’économie sociale en soi que de sort instrumentalisation par les forces néolibérales.En effet, ce courant s’intéresse à l’économie sociale comme il le fait pour toutes les autres réalités, soit en essayant de la subordonner à la seule logique du marché (quitte à la réduire à l’économie informelle).Or, le potentiel de l’économie sociale repose, selon nous, sur sa capacité à répondre aux demandes portées par les mouvements sociaux et à dépasser ainsi la seule régulation marchande sans pour autant s’en remettre à la seule distribution étatique des services.Demain: «La reconfiguration de l’État-providence».L’ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine: Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier, Louis-Gilles Francœur (environnement), Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit, Brian Myles, Isabelle Paré, Louis Lapierrc (iadjoint au directeur de l'information), Kon, rad Yakabuski; Jean-Pierre Legault (responsable des pages thématiques), Diane Précourt (pages éditoriales, responsable de la section Tourisme)', Martin Duclos et Christine Du-mazet (relecteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); à l’information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon, Pierre Cayouette, Mario Cloutier, Paule des Rivières, Louise Leduc, Benoît Munger, Odile Tremblay; à l’information économique: Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutri-sac, Claude Lévesque, Serge Truffaut, Claude Turcotte; à l'information internationale: Sylviane Tramier (responsable), François Brousseau (éditorialiste), Jocelyn Coulon, Clément Trudel; à l’information politique: Pierre O’Neill, Jean Dion (correspondant parlementaire à Ottawa), Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec); à l’information sportive: Yves d’Avignon; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction); Marie-Claude Petit, Julie Tremblay (commis).La documentation: Gilles Paré (directeur); Brigitte Arsenault, Manon Derome, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice), Daniel Barbeau (directeur adjoint), Yves Williams (responsable, avis publia et annonces classées), Jacqueline Avril, Jean de Billy, Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté, Marlène Côté, Sylvie Hanna, Christiane Legault, Jacques A.Nadeau, Guylaine Ouellet, Micheline Ruelland, Monique Ver-reault (publicitaires); Sylvie Laporte, Nathalie Lemieux, Pierrette Rousseau, Micheline Turgeon; Michèle Bouchard (secrétoire).LA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur da approvisionnements, distribution et production), Michael Schneider et Marie- I France Turgeon (responsabla de la produc- I tion), Claudine Bédard, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers,., Marie-Josée Hudon.Sylvain Lesage.Christian Vien.Olivier Zuida.SERVICE À LA CLIENTÈLE Johanne Brien (responsable), ; Evelyne Labonté (responsable à la promotion > des abonnements).Manon Blanchette-Tur- .cotte.Monique L'Heureux.Lise Lachapelle.Rachelle Leclerc-Venne.L’ADMINISTRATION Yves Bouthiette (contrôleur).Dany ’ Dépatie (adjointe à l'administration et coordonnatrice aux ressourça humaina).Nicole Carmel (responsable des senica comptables), I I Jeanne-d'Arc Houde (secrétaire à la I I direction); Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, I I Nathalie Perrier.Danielle Ponton.Danielle I Ross.LE CONSEIL DU DEVOIR INC.Yves L Duhaime (président).LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (prési- I J Chasse au patrimoine La direction de l’hôpital Sainte-Justine agit depuis 20 ans avec mauvaise foi, méprisant ce bâtiment qui nuit au développement de son stationnement ANDRÉ BROUILLETTE Président AMÉLIE BOURGET, SYLVIA CASAS, JULIEN LAPOINTE, CATHERINE MERCIER, SOPHIE PERREAULT, NICOLAS THIBODEAU Centre d’action pour la sauvegarde des immeubles historiques (CASIH) .ni 1 semble que personne ne veuille I prendre la responsabilité de raser ce bâtiment qui ne cadre pas avec les bâtiments environnants et qui ne s’apparente pas non plus à nos ori- .=!l gines françaises et québécoises.» Ainsi s’exprimait en novembre 1981 la direction de l’hôpital Sainte-Justine dans Côte-des-Neiges à propos du manoir du Montreal Hunt Club (3215, chemin de la Côte-Sainte-Catherine), un édifice patrimonial de grand intérêt.Depuis ce temps, et malgré des dizaines de projets sérieux, la direction de l’hôpital fait preuve de la même attitude mesquine à l’endroit du patrimoine.Une demande de démolition a même été déposéeauprès de la Ville de Montréal le 23 février dernier.La nouvelle vision de la culture qui semble aujourd’hui poindre à l’instigation de la ministre de la Culture du Québec, Louise Beaudoin, énonçant que «ce sont les sociétés culturellement riches qui font les sociétés économiquement riches», faisant ainsi de la culture le «fondement de toute société», ne semble aucunement partagée par les autorités de l’hôpital Sainte-Justine, à en juger par la façon cavalière et totalement irrespectueuse dont elles gèrent le dossier du Montreal Hunt Club depuis plus de 20 ans.Bâti en 1897 par les architectes Cox et Amos, le Montreal Hunt Club sert tout d’abord de quartier général aux Anglo-Montréalais qui pratiquent la chasse à courre.Il est à la fois club-house et auberge, abritant des réceptions fastueuses.Plus tard, l’urbanisation croissante du quartier dans les années 1920 y contribuant.on pratiquera principalement le tennis au chemin de la Côte-Sainte-Catherine.Le bâtiment est finalement abandonné vers la fin des années 1930.Il sera alors la proie des vandales et des éléments — dont un feu en 1938 — pendant quelques an- Les organismes de protection des héritages sont unanimes à demander la restauration de ce bâtiment.ne< Pour : ?al Hunt C relocalisera son manoir à Saint-Augustin, près de Mirabel, où il existe toujours.En 1942, la Compagnie de Jésus achète et restaure l’édifice pour en faire la résidence du Provincial.Peu après, la partie est des terrains est vendue pour permettre la construction de l’hôpital Sainte-Justine qui débute en 1950.Une lisière à l’ouest sera vendue en 1969.Les jésuites cèdent finalement le Montreal Hunt Club et tous les terrains restants à l’hôpital au début des années 1970.La valeur du bâtiment n’était que de 48 300 $, mais le terrain en valait 454 200 $.Après l’achat de l’édifice, l’hôpital y loge un ceqtre de désintoxication jusqu’en 1975.A cette date, la Ville de Montréal considère le bâtiment comme étant non conforme à ses règlements et force la relocalisation des services qui y sont logés.Commence alors pour le Hunt Club la traversée du désert.Le bâtiment n’est pas placardé et divers projets sont envisagés.Én 1979, on songe à loger au Montreal Hunt Club le manoir Ronald McDonald, mais le projet est abandonné à cause des coûts plus élevés.Dès 1980, une demande de démolition est faite, mais Sainte-Justine la verra rejetée, le ministère des Affaires culturelles et la Ville de Montréal ayant reconnu l’«intérêt patrimonial indéniable du bâtiment (.), témoignage d’une tradition qui a marqué l’histoire culturelle de Montréal (.), excellent exemple de cottage néo-Queen-Ann (.)».Le service des inventaires du ministère conclut son rapport par la recommandation de conserver le bâtiment et de réaliser une «étude de recyclage en vue d’une nouvelle vocation».Un règlement municipal est promulgué ordonnant ^entretien et la conservation» du Montreal Hunt Club.La direction déclare alors qu’elle se met au travail et qu’elle recherchera une vocation reliée au domaine des affaires sociales pour le bâtiment Seulement, un plan de développement du terrain est demandé en 1982, prévoyant la démolition de la «maison Barsolu».Ce n’est donc plus qu’en pointillé que le Montreal Hunt Club apparaît dans les plans pour l’utilisation projetée des terrains de l'hôpital en 1983.En 1984, un projet sérieux de maison de naissances est proposé pour l’édifice, permettant de profiter de la proximité de l’hôpital pour rendre sécuritaire ce type de % PHOTO JACQUES NADEAU Le Montreal Hunt Club, chemin de la Côte-Sainte-Catherine, à Montréal.naissance alternatif, tout en assurant à long terme la préservation du Montreal Hunt Club.Ce projet est rejeté du revers de la main par Sainte-Justine.Cette même année, la Ville de Montréal ordonne la réparation ou la démolition des ajouts faits au bâtiment par les jésuites.Dès janvier 1985, la démolition est effectuée au coût estimé de 10 000 $.En 1987, une nouvelle demande de démolition est faite; elle sera refusée.La Ville de Montréal ordonne de plus à Sainte-Justine de respecter le règlement de 1981 demandant la conservation et l’entretien de l’édifice.Un procès est intenté devant le refus de Sainte-Justine, procès qui connaîtra son dénouement en février dernier lorsque la Ville sera déboutée à défaut d’avoir présentée son expert, maintenant à la retraite.En 1988, le Montreal Hunt Club est inclus dans le site patrimonial du mont Royal, nouvellement créé.La direction de l’hôpital déclare en 1990 n’avoir aucune intention de détruire un bâtiment appartenant à ce site patrimonial Un projet de dté de l’enfance était dans l’air, mais n’aboutira pas lui non plus.En 1992-1993, la SIMPA fait effectuer une expertise qui conclut à la viabilité structurel le d’un projet de restauration.Malgré près de 20 ans à subir les affres du temps — le bâtiment n’est même pas à l’heure actuelle entièrement placardé, ou a été placardé par endroits avec des portes et des boiseries originales —.une restauration était possible.Malgré la dizaine de projets sérieux expo- sés — et tous bloqués —, la direction de l’hôpital a choisi de faire une nouvelle demande de démolition dès le procès terminé.Il est clair que la direction de l’hôpital agit depuis 20 ans avec une mauvaise foi affichée, méprisant au plus haut point ce bâtiment qui nuit au développement de son stationnement Les organismes de protection du patrimoine sont unanimes à demander la restauration du Montreal Hunt Club, pièce négligée de notre patrimoine collectif.La société d’histoire de la Côte-des-Neiges, entre autres, a clairement indiqué publiquement qu’elle est prête à assumer la responsabilité de rechercher des investisseurs pour la restauration du bâtiment La population a aussi donné à de nombreuses reprises au cours des 20 dernières années des preuves de sa volonté de voir préserver le bâtiment Nous nous en remettons entièrement à Louise Beaudoin, ministre de la Culture, pour voir à ce que le dossier du Montreal Hunt Club ne soit pas celui du dernier bâtiment en liste d’une série de démolitions, mais bien le premier d’un nouveau tournant de respect systématique du patrimoine par les autorités gouvernementales et paragouvemementales.Que la direction de l’hôpital Sainte-Justine fasse preuve d’ouverture envers la cause patrimoniale et fasse un beau geste en permettant la restauration du Montreal Hunt Club.D y va de l’avenir de notre héritage urbain, architectural et culturel. A 8 L K 1) K V OIK.I.K .1 K U I) I I II MAI I II II II CHRÉTIEN «50 % plus une voix, ce n'est pas suffisant» SUITE DE LA PAGE 1 Ainsi, pas question de laisser promettre aux Québécois devenus citoyens d’un autre pays qu’ils pourront garder le passeport et le dollar canadiens.Et pas question non plus, a réitéré M.Chrétien, de tolérer qu’une majorité simple suffise à enclencher le processus de démembrement du pays.«50 % plus une voix, ce n’est pas suffisant.(.) Si jamais une province tient un référendum, j’espère qu’il y aura une discussion afin d’assurer que les règles sont connues des deux parties.Et à ce moment, si quelqu’un me dit que 50 % + 1 suffit à briser le Canada, je lui dirai de retourner chez lui», a-t-il dit Au chef réformiste Preston Manning qui lui demandait quel serait donc le seuil à franchir, M.Chrétien a toutefois refusé de répondre.Quant au Bloc québécois, il a opposé une fin de non-recevoir aux prétentions du premier ministre à s’ingérer dans les questions afférentes à l’organisation d’un référendum.«Le Québec est non seulement maître de son avenir, il est maître de l’administration de la Loi sur les consultations populaires.C’est une question qui appartient aux Québécois.Ça ne regarde pas le gouvernement fédéral.Il devra prendre acte du résultat», a répliqué le chef du Bloc, Michel Gauthier.Le BQ a quand même dit voir dans les derniers propos de M.Chrétien «une tentative de reculer» par rapport à ses affirmations catégoriques de mardi «parce qu’il voit bien que ce n’est pas une question juridique, c’est une question politique cette affaire-là».M.Manning, lui, a demandé en vain que le gouvernement dépose en Chambre une motion visant à «définir les règles de la sécession» et reproché à M.Chrétien d’être «aussi imprécis et aussi mal préparé pour le prochain round qu’il ne l’était pour le dernier».«D invente tout au fur et à mesure» qu’évolue le débat, a déclaré le leader du Reform.«Pourtant, s’il avait présenté clairement cette position [la primauté du droit, défendue par Ottawa dans la requête de l’avocat Guy Bertrand], on n’aurait pas ces discussions aujourd’hui.» Le premier ministre, qui répond constamment au Bloc l’accusant de faire entorse à la démocratie que les souverainistes ont déjà perdu deux référendums — «ce n’est pas un 3 de 5 ou un 4 de 7», dit-il —, s’est par ailleurs fait servir sa propre médecine par le député réformiste Stephen Harper.M.Harper a noté que M.Chrétien avait une politique de deux poids, deux mesures puisqu’il n’accepte pas le fait que le concept de société distincte pour le Québec a été rejeté deux fois par les Canadiens, ainsi que l’ont démontré les échecs des accords du lac Meech et de Charlottetown.Mais le premier ministre a simplement noté que la notion avait été entérinée par les Communes en décembre dernier et que les premiers ministres de toutes les provinces l’avaient aussi appuyée à l’époque de Meech.Le débat se poursuivra aujourd’hui alors que, dans le cadre de la journée hebdomadaire de l’opposition en Chambre, le Bloc soumettra une résolution appuyant une déclaration que M.Chrétien avait évoquée dans son autobiographie publiée en 1985.«Si nous perdons [un référendum], nous respecterons le vœu des Québécois et nous accepterons la séparation», écrivait-il.?le:_____?ACTUALITES COMPROMIS Miser sur «l'effet d'entraînement» SUITE DE LA PAGE 1 nistre en conférence de presse.«Alors, ce que nous présentons, ce n’est pas tout, mais ce n’est pas rien.» Les organismes patronaux, qui ont formé une coalition pour se battre contre l’adoption d’une loi, ont immédiatement dénoncé l’initiative de la ministre.Bien que les estimations de Québec fassent état d’une facture annuelle additionnelle de 690 millions de dollars pour le secteur privé — une fois l’écart salarial entre hommes et femmes corrigé à partir de 2004 —, le Conseil du patronat estime que les redressements salariaux pourraient gonfler de plus de 1,3 milliard la masse salariale des entreprises privées.Or, Mme Harel s’est pliée aux revendications des PME en les exemptant partiellement de la loi.Mais si elle a dilué quelque peu les dispositions s’appliquant aux entreprises de moins de 50 employés par rapport à celles de l’avant-projet de loi déposé en décembre dernier par l’ex-ministre Jeanne Blackburn, Mme Harel a insisté pour dire que le projet de loi est plus exigeant à leur égard que la loi ontarienne dont il s’inspire.Bien que le premier ministre Lucien Bouchard ait promis de faire d’une loi sur l’équité salariale «la première grande réalisation» de son gouvernement, son adoption avant l’été est loin d’être acquise.«Une fin de session, ça appartient souvent à l’opposition [.].C’est avec la collaboration de l’opposition qu’on peut y arriver», s’est bornée à dire Mme Harel.Une fois le projet de loi adopté, Québec deviendra seulement le deuxième gouvernement en Amérique du Nord à assujettir le secteur privé à des obligations en matière d’équité salariale, ce qui explique l’opposition farouche des employeurs à leur égard.Mais faisant remarquer le recul qu’ont accusé les femmes ces dernières années — l’écart salarial entre les deux sexes s’est accru au Québec depuis la fin des années 80 pour atteindre 30 % —, Mme Harel en fait une «question de justice sociale».La ministre mise beaucoup sur «l’effet d’entraînement» qu’aurait la correction des écarts salariaux dans les grandes entreprises sur celles de moindre taille.C’est ainsi que les dispositions du projet de loi sont plus exigeantes à l’égard des entreprises de plus de 100 employés.Ces dernières devront adopter un programme d’équité salariale qui vise à éliminer l’écart salarial entre les emplois à prédominance féminine et ceux à prédominance masculine à l’intérieur du même établissement et dont la valeur du travail effectué est équivalente.Afin de déterminer les redressements salariaux à effectuer, les grandes entreprises devront mettre sur pied un comité.Les deux tiers des membres du comité devront représenter les salariés, alors que la moitié d’entre eux devront être des femmes.Tout syndicat accrédité pourra obtenir la formation d’un comité distinct pour les salariés u’il représente.Alors que le processus ’évaluation des écarts pourra s’étaler sur deux ans pour les plus grandes entreprises, ces dernières auront quatre ans pour verser les ajustements salariaux à leurs employées.Les entreprises ayant entre 50 et 99 employés auront quatre ans pour évaluer les écarts et quatre ans pour effectuer les versements.Elles seront toutefois exemptées de l’obligation de créer un comité d’entreprise et pourront plutôt s’appuyer sur les travaux de comités sectoriels — une innovation de la loi québécoise — qui auront pour mandat de développer certains éléments communs des Erogrammes d’équité salariale pour les éta-lissements œuvrant dans un même secteur industriel.Le gouvernement prétend que ceci allégera le fardeau bureaucratique tant redouté par les PME.Les entreprises ayant entre 10 et 49 employés n’auront pas besoin de se doter d’un programme d’équité salariale, à moins qu’elles ne le fassent de leur propre gré.Elles seront toutefois obligées de déterminer et d’afficher les redressements salariaux qu’elles devront effectuer sur une période de quatre ans.Mais à la différence des employées des entreprises de plus de 50 salariés, qui devront fournir au gouvernement un rapport faisant état de leurs efforts, les travailleuses des petites entreprises ne pourront forcer leur employeur à respecter ces engagements qu’en intentant des recours individuels auprès d’une nouvelle commission de l’équité salariale.L’adjointe parlementaire de la ministre, Marie Malavoy, a affirmé que l’un des rôles de la commission sera justement d’informer les travailleuses de leurs droits et leur fournir l’appui technique pour évaluer si les versements effectués par les employeurs sont équitables.De plus, le projet de loi prévoit que les entreprises qui contreviendront à ses dispositions seront passibles d’amendes allant de 1000 $ jusqu’à 25 000 $, a renchéri Mme Harel.«L’obligation de résultats reste sur les épaules de l’employeur», a-t-elle tranché.La loi ne s’appliquera pas aux entreprises de moins de dix employés, malgré les demandes des groupes de femmes à cet effet.La ministre a conclu que les établissements de cette taille sont «peu adaptés à un exercice rigoureux de comparaison des salaires entre les catégories d’emplois à prédominance féminine et masculine».Elle s'attend toutefois à ce que, «par effet d’entraînement», les salariées qui œuvrent au sein de ces entreprises bénéficieront «à plus ou moins long terme» des ajustements salariaux.De plus, a ajouté la ministre, si elles s’estiment brimées, elles pourront porter plainte à la commission d’équité salariale en vertu de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne, qui reconnaît le principe de «salaire égal à travail équivalent».11 s’agit toutefois d’un processus lourd maintes fois dénoncé par les groupes de femmes.En tout, Mme Harel estime que son projet de loi s’appliquera à 75 % de la main-d’œuvre féminine et aux 900 000 travailleurs dans les catégories d’emplois à prédominance féminine.Elle n’était cependant pas en mesure d’estimer combien de femmes bénéficieront des ajustements salariaux à la hausse.Victoire pour les groupes de femmes, le projet de loi oblige la commission de l’équité salariale à établir un programme pour les entreprises où il n’existe pas d’emplois à prédominance masculine, donc où aucune comparaison directe n’est possible.Des milliers de femmes œuvrant dans les garderies, par exemple, pourraient bénéficier de cette mesure, qui ne figurait pas dans l’avant-projet de loi.La création d’une commission vouée à l’application de la loi est également une réponse à une revendication des femmes, entre autres.L’avant-projet de loi prévoyait d’accorder le mandat de veiller à l’application de la loi à la Commission des normes du travail.Quant aux entreprises qui ont déjà instauré des programmes d’équité salariale ou de «relativité salariale» — dont la fonction publique —, elles devront s’assurer que leurs programmes soient «exempts de discrimination salariale fondée sur le sexe».Les programmes de relativité salariale, également instaurés dans les universités, se basent sur des comparaisons entre catégories d’emplois, par exemple entre,les emplois de soutien et ceux d’ouvriers.A la différence de la législation ontarienne, le projet de loi privilégie la notion d’employeur au lieu d’entreprise, évitant ainsi que la même compagnie avec plusieurs établissements ayant moins de dix employés échappe à la loi.Certains exemptions sont prévues, cependant, pour tenir compte des différences régionales.La loi ne s’appliquera pas à certaines catégories de travailleuses, dont les étudiantes et les stagiaires.Les cadres supérieurs et les policiers et pompiers, dont l’échelle salariale est déjà très élevée, ne bénéficieront pas non plus de ses dispositions.# curôt^a scfouee.CaPvoi tTÙstev \\ 0g! M'a P&Jô- cfotgmfZÔ- pOUA.AACT& $0i SOLO-!, /fl* Hausse du nombre d’oiseaux d’eau migrateurs Ottawa (PC) — Les organismes de conservation de la faune signalent une augmentation spectaculaire des populations d’oiseaux d’eau migrateurs en Amérique du Nord.Les populations d’oies, de canards et autre sauvagine ont augmenté de 30 % au cours des deux dernières années seulement, révèle dans son rapport le Plan nord-américain digestion de la sauvagine, subventionné par le Canada, les Etats-Unis et le Mexique.«Il s’agit là d’un redressement incroyable, a indiqué Gord Lovelace, porte-parole de l’organisme.On parle d’environ 20 millions d’oiseaux de plus depuis deux ans.» L’augmentation des populations est attribuée d’une part à la restauration des terres humides, d’autre part au temps humide connu depuis quelques années, après une longue période de sécheresse dans les Prairies.L’évaluation des populations d’oiseaux pour l’automne dernier, qui vient d’être complétée, atteint 77 millions d’oiseaux d’eau, en hausse de plus de 40 % par rapport à il y a dix ans.Les oiseaux d’eau migrateurs font l’objet d’une surveillance particulière depuis les années 1950 à cause de leur importance pour les chasseurs.Le Plan nord-américain de gestion de la sauvagine a été mis sur pied en 1985 par le Canada et les Etats-Unis — le Mexique s’est joint au programme en 1994.Il dispose d’un budget de 1,5 milliard pour 15 ans.Les administrateurs du programme soutiennent qu’ils ont protégé ou amélioré depuis dix ans près de deux millions d’hectares de terres humides et autres habitats des oiseaux d’eau.MÉDICAMENTS SUITE DE LA PAGE 1 nemental, avant même qu’ils n’aient eu l’occasion d’en débattre au Parlement L’appel d’offres concerne l’implantation d’un lien interactif avec les pharmacies pour l’application du programme de médicaments.Le document précise que «toutes les pharmacies du Québec seront reliées en temps réel à la Régie et utiliseront un système interactif pour réclamer à cette dernière le coût des services pharmaceutiques et des médicaments».Ce réseau devra permettre de vérifier en direct l’admissibilité du bénéficiaire, donner au pharmacien une autorisation pour la réclamation qu’il soumet et calculer en direct la franchise et la coassurance que devront payer les bénéficiaires pour obtenir leurs médicaments tout en tenant compte du plafond au delà duquel les médicaments seront distribués gratuitement Mais les auteurs de l’appel d’offres prévoient, sous réserve de décisions à venir de la part du gouvernement, des perspectives d’évolution du système.Ainsi, le système devra pouvoir «accumuler dans un fichier central, à la Régie, toutes les réclamations concernant tous les citoyens du Québec, tant celles soumises à des assureurs privés quç celles soumises à la Régie».A partir de ce fichier central (qui pourrait être géré conjointement par des assureurs privés et la Régie, le document ne le précise pas), «le système informatique devra vérifier si la réclamation faite par un client est conforme aux règles d’utilisation des médicaments.Il devra informer le pharmacien de contre-indications médicamenteuses, de thérapies alternatives ou de toute autre situation non optimale tant du point de vue pharmaceutique qu’économique».Cette vérification s’effectuera en comparant le contenu de la réclamation du patient avec «toutes les réclamations antérieures, tant celles soumises à la Régie que celles soumises par les assureurs privés».Le système devra aussi, éventuellement, être relié au réseau gouvernemental de communication informatique et à d’autres réseaux du gouvernement, dont celui, par exemple, de la CSST, ou même à des réseaux appartenant à dps entreprises privées.A la date de fermeture de l’appel d’offres, le 13 mai dernier, quatre entreprises avaient soumis leur candidature: Bell Canada (et des partenaires que la Régie a refusé d’identifier), Groupe DMR, CAPSS (un réseau informatique reliant les pharmacies à des compagnies d’assurances et appartenant aux deux tiers au Mouvement Desjardins) et un consortium formé de Monemco-Agra et GSA Consulting Group Inc.La procédure de sélection de ce «partenaire» échappe aux règles habituelles d’attribution des contrats gouvernementaux et s’inspire d’une nouvelle procédure que le Conseil du trésor met à l’essai.La Régie a obtenu, le 24 avril dernier, l’autorisation du conseil des ministres de déroger aux règles habituelles.Le système devra être en fonction le 1er janvier 1997.Ce système sera au centre de la gestion du régime d’assurance-médicaments.Curieusement, dans le communiqué de presse diffusé hier avec le projet de loi, le ministre de la Santé, Jean Rochon, ne fait allusion ni à sa mise sur pied, ni au partenariat avec l’industrie privée de l’informatique qui sera nécessaire à sa réalisation, ni à l’appel d’offres déjà en cours.Le projet de loi lui-même n’est galère explicite à ce sujet Tout au plus l’article 95 précise-t-il que pour être rémunéré, un pharmacien devra transmettre à la Régie, en temps réel, au moyen d’un support informatique, sa demande de paiement.Les modalités de remboursement seront établies par règlement L’une des caractéristiques du projet de loi 33 est justement de confier au ministre un pouvoir réglementaire très étendu.Il est impossible de savoir, à la lecture des documents distribués hier, combien ce nouveau régime coûtera à chacun d’entre nous.Le projet de loi, tel que le recommandait le rapport Cas-tonguay, prévoit que chaque résident du Québec aura l’obligation, sous peine d’amende, de détenir un contrat d’assurance-médicaments.Les personnes âgées et les assistés sociaux continueront d’être assurés par la Régie, tandis que tous les autres Québécois âgés de 18 à 64 ans devront être assurés par les compagnies privées, lesquelles n’auront pas le droit d’exclure qui que ce soit, y compris les personnes qui présentent les plus hauts risques.Chaque assuré devra payer une prime annuelle, une franchise et une coassurance limitée par un plafond.Le plafond et la prime pourront varier selon le revenu familial.Les enfants de moins de 18 ans et ceux de 18 ans et plus qui vivent encore chez leurs parents et qui fréquentent un établissement d’enseignement seront exonérés de la franchise et de la coassurance.M.Rochon doit faire connaître «sous peu» les paramètres qu’il proposera.Une consultation sur invitation aura lieu à l’Assemblée nationale, au cours de laquelle le ministre souhaite parvenir à «un large consensus».Les personnes actuellement assurées par un régime collectif ne seront pas grandement affectés.Leur prime pourrait toutefois légèrement augmenter.Un crédit d’impôt pourrait être institué.Le projet de loi permet d’ailleurs au ministère du Revenu «l’accès au fichier d’inscription des bénéficiaires établi aux fins de la Loi sur l’assurance-maladie».HISTOIRE «À dire vrai, je crois que c'est plutôt l'histoire du nationalisme québécois» SUITE DE LA PAGE 1 tère de l’Éducation, il se transmet à travers les manuels et il s’enseigne dans les écoles», déplore Mme Nemni, qui a lancé une charge à fond de train contre les manuels d’histoire québécois dont le contenu est, selon elle, plus que biaisé: «Le Canada n’existe que dans ses rapports de domination avec le Québec.On parle constamment de l’ingérence d’Ottawa et de la protection de l’autonomie provinciale.D n’y a aucune image positive de ce pays!» Mme Nemni, qui est également codirectrice de la revue Cité libre, cite en exemple le passage d’un manuel portant sur l’enlèvement du ministre Pierre Laporte par le FLQ en 1970: «Quelques semaines plus tard, le délégué commercial est libéré, mais le ministre est retrouvé mort», peut-on lire dans le manuel.«On ne sait pas s’il n’a pas eu une attaque cardiaque! Les mots “terroriste”, “otage”, “assassiné”, “coupable” ont disparus», affirme Mme Nemni, qui a également retracé, à la fin de ce manuel cette question de réflexion en classe qui l’a fait sursauter «Faut-il fêter le 1er juillet5» Tous les élèves de la province doivent suivre un cours d’histoire obligatoire en secondaire IV, intitulé «Histoire du Québec et du Canada».JLe programme du cours est établi par le ministère de l’Éducation, qui a aussi le pouvoir d’approuver ou de refuser les manuels scolaires utilisés par les professeurs.Mais pour Mme Nemni, le mot «Canada» devrait .être biffé de l’intitulé du cours afin de refléter la réalité.«A dire vrai, je crois que c’est plutôt l’histoire du nationalisme québécois.Je pense qu’il est impossible de penser qu’avec un tel programme on puisse conclure en disant “oui, je veux rester au Canada, le Canada est mon pays”.» René Durocher est l’auteur de l’un des manuels critiqués par Mme Nemni.Selon lui, il n’y a pas de conspiration nationaliste au sein du gouvernement: «Le ministère ne décide pas de l’histoire mais de l’enseignement de l’histoire.Le programme est élaboré par une équipe formée d’enseignants, d’historiens et de fonctionnaires», dit-il.M.Durocher, professeur à l’Université de Montréal, estime qu’enseigner l’histoire au Québec est un exercice périlleux.«Les Québécois constituent-ils un peuple qui a une histoire propre, ou le Québec est-il une simple province dans le grand tout canadien?Le péché ultime aux yeux de certains, c’est de présenter l’histoire du Québec comme celle d’une nation», a-t-il lancé lors de son allocution comme une réplique à peine voilée aux accusations de Mme Nemni.M.Durocher considère quant à lui que le Québec est bel et bien une nation.Et l’enseignement de l’histoire constitue, à son avis, un outil efficace pour les élèves qui veulent définir leur identité.«On doit tenir compte de la fonction identitaire de l’histoire, qui contribue à l’enracinement du citoyen membre d’une communauté dotée d’une mémoire collective», affirme-t-il.Bien que l’enseignant ait un plus grand rôle à jouer en classe que les livres scolaires qu’il utilise, Cornélius Jaenen, professeur à l’Université d’Ottawa, estime qu’un manuel scolaire peut dicter, par des moyens détournés, beaucoup d’attitudes, et renforcer bien des stéréotypes sociaux.«Ce que je crains beaucoup, c’est que l’histoire comme sujet scolaire se prête trop souvent à la propagande, à l'endoctrinement Toute histoire est une interprétation du passé, d’ac- cord, mais toutes les interprétations ne se valent pas!» La solution au problème, selon lui, est de bien faire comprendre aux élèves que les historiens ne sont pas toujours d’accord sur l’interprétation de certains faits et événements passés.«Il est important de maintenir un équilibre vis-à-vis les différentes interprétations de notre histoire», dit-il.Car l’historien est avant tout un être humain qui peut difficilement s’abstraire totalement de son milieu et faire table rase de son passé et de ses valeurs.D’où l’importance, affirme M.Jaenen, de constituer une équipe d’auteurs pour rédiger un manuel scolaire plutôt que de se fier à un seul auteur.Toutefois, pour tous les conférenciers, la solution n’est surtout pas de créer un manuel officiel unique qui ménagerait les susceptibilités de tout le monde.Car bien que le débat d’hier ait été mouvementé, voire houleux à certains moments, on en a tout de même tiré des conclusions révélatrices.Ainsi, selon M.Durocher, «il est bon d’avoir deux points de vue différents pour créer des échanges et des débats.L'histoire n’est pas une vérité unique!» LE DEVOIR LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE SH30 A 17H00 2050.RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE.MONTRÉAL.(QUÉBEC) H3A 3M9 RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION : (514) 985 3333 PUBLICITÉ AVIS PUBLICS ANNONCES CLASSÉES PUBLICITÉ (S14)9tS-3399/té
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