Le devoir, 6 juin 1996, Page(s) complémentaire(s)
Vol.I.X X XVII N o I 3 2 ?T V Q T o r o n I o IS -?FONDE EN 19104- Devoir M O N T 11 K A I.I.K .1 K I' I) I li .1 I' I X I !) !) li S S c T I’ S S y Iviane T r amie r PERSPECTIVES Washington seul contre Cuba Épine au flanc des États-Unis, Cuba n’en finit pas de provoquer, dans la classe politique américaine, des démangeaisons particulièrement aiguës en période électorale.Mais obnubilé par son obsession cubaine, Washington durcit sa position et ce faisant s’attire la réprobation de ses alliés les plus sûrs.La condamnation mardi de la loi commerciale américaine Helms-Burton par l’Organisation des États américains (OEA) illustre de manière éclatante l’isolement des États-Unis sur la question cubaine.ambassadeur américain auprès de l’OEA a crié à la «trahison diplomatique» après l’adoption de la résolution condamnant la loi Helms-Burton et demandant à la Commission juridique intçraméricaine d’en «examiner la validité».Et de fait, les Etats-Unis ont été «lâchés» par leurs partenaires au sein d’une organisation qu’ils dominent pourtant largement Des 34 p,ays de l’OEÀ, 23 ont voté en faveur de la résolution.Les Etats-Unis ont fait cavalier seul en s’y opposant, tandis que dix pays s’étaient éclipsés au moment du vote, soit par étourderie, soit poqr éviter de provoquer la rancune du grand voisin.Les États-Unis font face au front commun des Amériques mais aussi à celui des Européens qui ont porté l’affaire devant l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), laquelle pourrait être amenée à prononcer un arbitrage sur la loi Helms-Burton.Cette loi — adoptée à toute vapeur en mars dernier par le Congrès américain et sanctionnée avec célérité par le chef de la Maison-Blanche à la suite de la destruction par la chasse cubaine de deux avions civils pilotés par des militants anticas-tristes — pénaliserait les compagnies étrangères qui commercent ' ' ’ ?avec Cuba en les exposant à des poursuites devant les, tribunaux américains et en interdisant l’entrée des États-Unis à leurs cadres de direction.L’astuce de la loi consiste à autoriser un citoyen américain à engager des poursuites contre toute société étrangère qui «trafique» — selon l’expression de Washington — avec des biens américains expropriés après la prise du pouvoir par Fidel Castro en 1959.Cela pourrait s’appliquer à toute une série de domaines — exploitations agricoles, ressources naturelles et minières — sur lesquels régnaient les Américains avant la révolution cubaine.Dans le cas du Canada, qui est un des partenaires commerciaux les plus importants de Cuba dans les Amériques, une quarantaine de compagnies canadiennes ayant des investissements directs ou indirects à Cuba pourraient faire les frais de ce durcissement de l’embargo américain contre Cuba qui découlerait de l’application de la loi Helms-Burton.Selon Ottawa, la société canadienne Sherritt, de Saskatchewan, a reçu du département d’État américain une lettre l’avisant qu’elle tombait sous le coup de la loi Helms-Burton.Mais cela va bien au delà d’une question strictement commerciale.Les pays de l’OEA en font une ques-la loi Helms- tion de principe et contestent la portée extraterritoriale de la loi Helms-Burton et sa légalité en vertu du droit international.Les pays de l’organisation interaméricaine estiment que la loi Helms-Burton viole la souveraineté des pays tiers et la charte de l’OEA.Le Canada et le Mexique ajoutent qu’elle viole l’esprit et la lettre de l’Accord de libre-infprnnfinnfll échange nord-américain (ALENA).1 a a Dans son discours prononcé lundi devant l’Assemblée générale,de l’OEA à Panama, Christine Stewart, secrétaire d’État pour l’Afrique et l’Amérique latine, a exposé la position du Canada en ces termes: «La loi Helms-Burton vise à entraîner des pays tiers dans un différend politique opposant Washington à La Havane.» Ce qui revient à souligner bien diplomatiquement les considérations politiques qui ont présidé à l’adoption de la loi.Nul ne peut mettre en doute la fermeté des convictions du sénateur Jesse Helms, principal artisan de la loi.Depuis toujours partisan de la ligne dure vis-à-vis de Cuba, le sénateur n’a pas varié au cours des années.Mais plus étonnante est la conversion du président américain à un texte qu’il avait deux ans plus tôt rejeté et auquel il avait promis d’imposer son veto si jamais le Congrès venait à l’adopter.Si l’on considère également les difficultés d’application de l’article de la loi qui interdirait l’entrée aux Etats-Unis des dirigeants de compagnies étrangères faisant affaire avec Cuba, on peut s’interroger sur les motivations réelles du chef de la Maison-Blanche.Le président américain dispose encore d’une certaine latitude concernant l’entrée en vigueur de la loi Helms-Burton et, ayant satisfait les anticastristes en entérinant la loi, il pourrait choisir de temporiser.Il a jusqu’au 1er août pour décider de reporter ou non de six mois l’application de la loi.Mais une déclaration hier du département d’État réaffirmait vigoureusement l’intention de Washington d’aller jusqu’au bout.«Si, en fait, ce que des pays et des organisations dans le monde tentent de faire est de nous amener à faire machine arrière et à modifier la loi, je pense qu’il font fausse route, en 1996 comme, en 1997», a précisé le porte-parole du département d’État.Autrement dit l’adoption de la loi Helms-Burton n’aurait aucun rapport avec les élections présidentielles de novembre.Mais qui peut en être sérieusement convaincu?Les pays de l’OEA contestent la portée de Burton et sa légalité en vertu du droit INDEX METEO .Agenda ,.B7 Avis publics.B6 .RI Culture .B8 Économie .B2 Éditorial ,._A8 Le monde .B5 Mots croisés.B4 Les sports.B6 Montréal Ensoleillé avec nuageux.Max: 24 Québec Dégagement partiel le matin.Max: 24 Détails en B 4 POLITIQUE Le fisc tarde à percevoir ses comptes, constate Guy Breton PAGE A 4 POLITIQUE TGV: Ottawa n est pas emballé PAGE A 5 MONTRÉAL Les cols bleus travailleront davantage PAGE A 3 Chevrette baisse le ton face à Hydro-Québec Les syndiqués absorberont le quart des compressions; le ministre nie les rumeurs du départ de Martineau MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le ministre d’État des Ressources naturelles Guy Chevrette endosse «les grandes orientations» du plan rendu public hier qui prévoit que les 17 300 employés syndiqués d’Hydro-Québec absorberont le quart, soit environ 50 millions de dollars, des compressions budgétaires exigées par le gouvernement de la société d’État.M.Chevrette demande aux syndicats et à la direction d’Hydro-Québec de s’asseoir à la table des négociations sans tarder et leur donne jusqu’au 1er juillet pour trouver un terrain d’entente.Si cette date est dépassée, l’effet de la négociation devra être rétroactif, dit-il.En rendant public ce plan d’action, hier, le ministre a également démenti les rumeurs qui circulaient au sujet du départ imminent du président du conseil d’administration d’Hydro-Québec, Yvon Martineau.«Toutes les rumeurs sont erronées», a-t-il dit.M.Martineau resterait à son poste en dépit des frictions qui se sont faites jour au cours des derniers mois entre lui et le ministre.M.Martineau avait été nommé par l’ancien premier ministre VOIR PAGE A 10: HYDRO Ilya longtemps que je t’aime fi / m W PHOTO JACQUES NADEAU CES JEUNES FILLES illustrent le thème des inventions et des patenteux en préparation de la fête nationale du Québec, le 24 juin prochain.Le défilé, qui se déroulera comme à l’habitude sur la rue Sherbrooke, présentera d’autres tableaux sur l’hiver, la langue et la solidarité avec des figurants costumés.Le spectacle de la fête nationale, Québec, il y a longtemps que je t’aime, sera animé par Richard Séguin, Marjo, Zébulon et Marie-Jo Thério.La visite d’Alain Juppé au Québec Le commerce franco-québécois, une affaire de PME Finie l'époque où les chefs d’entreprise de Montréal quittaient Paris en disant: T a rien à faire icitte!”» CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT DU DEVOIR À PARIS Difficile à percer, le marché français?«Pas quand on s’en donne la peine», dit Jean-Eudes Tremblay, vice-président exécutif d’une des plus jeunes compagnies québécoises de logiciels.Là où des dizaines d’entrepreneurs et même des géants se sont cassé les dents, là où la plupart n’osent même pas tenter leur chance, Accès Contrôle Télématique (ACT) a réussi en moins de deux ans un parcours sans faute.C’est pour multiplier ce genre de réussites que Lucien Bouchard et le premier ministre français Alain Juppé, en visite officielle la semaine prochaine au Québec, annonceront lundi la création du Réseau québécois pour le développement des PME.Il s’agit du regroupement de plusieurs institutions québécoises (la Société de développement industriel, le Fonds de solidarité, Innovatech, la Banque nationale) et françaises (le Crédit d’équipement des PME, le Groupe des banques populaires) destiné à parrainer les entreprises désireuses de tenter leur chance de l’autre côté de l’Atlantique.PHOTO JACQUES GRENIER Michèle Fortin, vice-présidente de la télé française de la SRC, et Michel Pagé, président de Radio-Québec: il ne faut pas voir dans cette entente, disent-ils, un pas vers une éventuelle fusion.Mariage culturel entre Radio-Québec et Radio-Canada Front commun des télés publiques contre TVA et TQS PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Mettant au rancart leur méfiance respective, les di- ~t~ rections de Radio-Canada et de Radio-Québec ont annoncé hier leur mariage culturel.Le secteur jeunesse sera aussi relancé conjointement.Cette nouvelle collaboration survient dans un contexte de compressions budgétaires sans précédent.Elle se traduira, dans un premier temps, par la production conjointe de 18 pièces de théâtre au cours des trois prochaines années.De plus, l’émission culturelle de Christiane Charet-te, qui sera diffusée le matin à 10h30 à la SRC, sera présentée le même soir en reprise à Radio-Québec, à 22h30.«Nous avons de la difficulté à offrir des services de qualité en jeunesse et en culture.Les émissions s’adressent à des publics spécifiques et les productions sont dispendieuses», soulignait hier Michèle Fortin, vice-présidente de la télé française de la SRC, en guise d’explication.Pour sa part, le président de Radio-Québec, Michel Pagé, résume ainsi cette nouvelle collaboration: «Comme télédiffuseurs publics, nous pouvons faire mieux.11 faut demeurer pertinents.» Les deux patrons des télévisions publiques, flanqués de leur directeur des programmes, Charles Ohayon pour la SRC et Paul Breton pour Radio-Québec, rencontraient la presse hier au Monument National.leur entente survient au moment où leurs concurrents du secteur privé, soit TVA et Télévision Quatre Saisons, s’engagent eux aussi dans la voie de la complémentarité.Deux blocs se dessinent donc dans le monde de la té- VOIR PAGE A 10: MARIAGE L’affaire Whitewater VOIR PAGE A 10: PME Clinton devra témoigner à nouveau S’ouvrira sous peu un second procès potentiellement plus dangereux pour le président X\Tashington (AFP) — L’affaire Whitewater continue VV d’empoisonner à un rythme quasi quotidien la campagne électorale du président Clinton qui, à peine digérée la condamnation de trois de ses proches dans l’Arkansas, est contraint de témoigner une seconde fois à la barre d’un tribunal.Bien que régulièrement poussé sur le devant de la scène politique par ses adversaires républicains, cet investissement financier malheureux réalisé alors qu’il n’était encore que le gouverneur démocrate de l’Arkansas n’a jusque-là jamais réussi à véritablement déstabiliser Bill Clinton.A preuve, le verdict de culpabilité rendu la semaine dernière par un tribunal de Little Rock (Arkansas) à l’encontre de trois de ses proches n’a Bill Clinton eu que peu d’impact sur l’avance dont les sondages le créditent face à son probable adversaire républicain lors de l’élection présidentielle du 5 novembre.Robert Dole.De même, en dépit dps efforts de son président le sénateur républicain de l’Etat de New York Alfonse d’Ama-to, la commission d’enquête du Sénat chargée d’enquêter sur l'affaire Whitewater — qui doit clôturer ses tra- VOIR PAGE A 10: CLINTON A ID I.K D K V 0 I H .LE .1 K 11 I) I U JUIN I » 0 « ?LE DEVOIR ?CUNTON Une avance d’une vingtaine de points sur Dole MARIAGE Aucun mouvement de personnel suite: de la page i lévision.Mais Mme Fortin et M.Pagé ont pour leur part indiqué hier qu’il ne fallait pas voir dans cette entente un pas vers une éventuelle fusion.Il serait dommage, a poursuivi Mme Fortin, de provoquer des sentiments de crainte au sein du personnel des deux entreprises.D’ailleurs, aucun mouvement de personnel ne semble découler de l’entente.Il n’en reste pas moins que les programmations seront «harmonisées».Il ne sera plus question de présenter Les Beaux Dimanches et Vivement Dimanche à la même heure.Radio-Québec a ainsi accepté de diffuser sa principale émission culturelle de la semaine le samedi soir, comme contre-programmation à La Soirée du hockey.Le dimanche, Radio-Québec (bientôt Télé-Québec) clôturera ses week-ends culturels avec une émission, Hors-Circuit, faisant place à des artistes moins connus, qui présentent des premières œuvres, ou à des événements culturels plus marginaux.Création d’un comité permanent Un comité permanent formé des patrons des deux télés, de leurs deux directeurs des programmes et de leurs deux directeurs de la grille sera mis sur pied.Concrètement, ces gens-là devront se consulter souvent et s’informer de leurs intentions.Les deux réseaux se donnent par ailleurs le droit de piger dans leur inventaire culturel respectif, de sorte que Radio-Québec pourrait présenter la seconde diffusion d’un concert diffusé l’année précédente à Radio-Canada.Les deux télédiffuseurs tenteront de négocier des ententes avec les distributeurs afin d’obtenir la permission de s’échanger des films.Présentement, quatre droits de diffusion sont attachés à chaque film acheté.Mme Fortin a bien précisé que la SRC continuerait de produire des émissions culturelles maison, possiblement des dramatiques, et que l’entente n’excluait pas ce genre d’initiative, bien au contraire.Pour ce qui est des 18 pièces de théâtre que les deux télévisions adapteront pour la télévision (le coût d’une production de ce genre varie entre 150 000 $ et 500 000 $), la SRC a accepté d’en confier la production au secteur privé, étant donné que le nouveau mandat de Radio-Québec ne lui permet plus de produire ce genre d’émissions.Chaque réseau choisira trois pièces par année, dont il aura les droits de première diffusion et laissera ceux de seconde diffusion s son partenaire.M.Pagé a souligné qu’il avait informé la ministre de la Culture, Louise Beaudoin, de cette nouvelle entente, et qu’elle était ravie.Même son de cloche du côté du président de la SRC, Perrin Beatty, assure Mme Fortin.Cette collaboration touchera aussi le secteur jeunesse qui a déjà, d’ailleurs, fait l’objet de plusieurs échanges, notamment avec La Maison de Ouimzie, présentée sur chaque réseau et produite avec la participation des deux "t" télévisions.L’émission Zap, également, a été diffusée sur chaque réseau, à des époques différentes.«Si nous ne voulons pas que les enfants regardent uniquement les petits bonshommes sur le câble, il faut leur offrir autre chose», a résumé Mme Fortin.Radio-Québec et la SRC ont aussi l’intention de poursuivre ensemble, avec la maison Allegro, la production de la série inspirée des récits de La Courte Echelle, qui est très bien faite et qui a été diffusée à Radio-Québec cette année.Chaque réseau versera 50 000 $ pour le développement d’un site jeunesse sur Internet Pour le reste, ni M.Pagé ni Mme Fortin n’ont voulu indiquer les sommes versées dans le cadre de leur entente.Les francophones hors Québec bénéficieront de cette entente puisque Radio-Québec mettra à leur service l’ensemble de ses productions jeunesse.Le cardinal Turcotte ne croit pas aux miracles du père Tardif PRESSE CANADIENNE L’archevêque de Montréal, le cardinal Jean-Claude Turcotte, a réagi avec beaucoup de prudence hier aux prétendues guérisons du père Emilien Tardif.Le père Tardif, un missionnaire du Sacré-Coeur, exerce son ministère en République dominicaine mais, depuis quelques années, il vient prêcher au Québec à l’invitation d’individus et de groupes particuliers.Mardi soir, près de 1000 personnes se sont massées dans une église du quartier Côte-Saint-Paul, à Montréal, pour assister à une de ses soirées de prières et de «guérison», La veille, il était à Sherbrooke.Dans un communiqué, le cardinal Turcot- te a tenu hier à mettre en garde les croyants qui assistent à ces soirées.Il a fait observer que ces supposés miracles n’ont pas été authentifiés par l’Église, qui «n’a aucunement l'intention de promouvoir la connaissance de Jésus Christ et de son évangile par des soirées de ce style».Il a rappelé que les autori-tés ecclésiastiques ont maintes fois exprimé des réticences à l’endroit du «ministère de la guérison» que le père Tardif ajoute à sa prédication.Le cardinal Turcotte croit qu’il y a des éléments positifs dans l’intervention du père Tardif, mais estime qu’il ne faut surtout pas parler de miracles.Interrogé mardi soir, le père Tardif a refusé de qualifier de miracles les événements qui surviennent lors de des célébrations auxquelles il s’adonne depuis bon nombre d’années.«On peut dire que c’est un miracle seulement quand il n’y a pas d’explication scientifique», a-t-il soutenu.Le religieux a néanmoins déclaré avoir «senti» mardi la guérison de plusieurs personnes souffrant de maux de la colonne vertébrale, de bourdonnements d’oreilles, d’arthrite et de cancer du cerveau.Parmi elles, 3uelques-unes se sont levées pour témoigner e leur guérison.Le père Tardif a justifié son insistance à faire témoigner les personnes «guéries» par le doute que leur silence laisserait planer sur la véracité de ses révélations:«‘Il ne faut pas cacher la gloire de Dieu», a-t-il dit HYDRO Un «effort intéressant» SUITE DE LA PAGE 1 Jacques Parizeau pour cinq ans l’an dernier.Son contrat ne contient aucune clause de résiliation, a-t-on fait valoir au cabinet de M.Chevrette.Le ministre a qualifié «d’effort intéressant» le plaq de compressions préparé par la société d’État et qui a pour objectif de réduire de 198 millions ses charges d’exploitation afin de dégager, en fin d’année, un bénéfice net de 516 millions de dollars.Ces objectifs ont été fixés par le gouvernement comme des conditions à respecter en retour des augmentations de tarifs de 2,5 % imposées à ses clients.Les efforts de compressions doivent avoir un effet récurrent, dit le ministre, et ne doivent pas mettre en péril la fiabilité du réseau de distribution.La semaine dernière, M.Chevrette a fulminé lorsque des informations ont filtré voulant qu’Hydro-Québec irait puiser dans la poche de son personnel pour réaliser les compressions.«Qu’on fasse d’abord le ménage dans l’opulence», avait-il déclaré.Hier, il expliquait que ce qui l’avait rendu colérique, c’était que le public apprenne les mesures de compressions concernant les syn- diqués sans qu’Hydro-Québec ne fasse connaître les mesures de réduction de ses dépenses «accessoires».M.Chevrette affirme que les compressions demandées, «on ne peut pas aller les chercher toutes dans l’accessoire, il faut aller dans la masse salariale».Il croit cependant qu’il faut «faire confiance» aux parties, la direction d’Hydro-Québec et les syndicats, pour trouver les accommodements satisfaisants.Selon lui, les syndicats d’Hydro ont déjà des suggestions à faire concernant le partage du temps de travail ou les heures supplémentaires.Certaines des suggestions syndicales pourraient avoir pour effet de réaliser les compressions dans d’autres secteurs de la compagnie, réduisant d’autant la pression sur la masse salariale.Les compressions proposées par Hydro-Québec sont les suivantes: ¦ 84 millions sont déjà en cours et concernent la réduction des effectifs (51 millions), la réduction des heures supplémentaires (19 millions) et diverses dépenses; ¦ 52,6 millions dans la réduction de la rémunération globale.Pour parvenir à cette somme, Hydro-Québec suggère une réduction du salaire de base, une contribution égale de l’employé et de l’employeur au ré- gime de retraite, une rémunération à 80 % des journées de maladie, une gestion plus serrée des repas payés à l’occasion d’heures supplémentaires, certaines heures supplémentaires compensées à temps simple, certains congés non rémunérés et l’abolition de diverses primes et indemnités; ¦ 7,7 millions de réduction des frais de réunion, de déplacement et de représentation; ¦ 2,5 millions pour la réduction du taux d’encadrement du personnel; ¦ 5,1 millions pour la réduction du budget de communication en éliminant les campagnes de publicité à la télévision, en fermant le bureau de Bruxelles, en réduisant de 20 % les commandites et les activités de mise en marché; ¦ 9,6 millions en réduisant les dépenses de normalisation du matériel; B 7,1 millions en réduisant de 10 % les dépenses de formation et de participation à des colloques scientifiques et les activités de recherche et développement; B 12,3 millions en fermant l’aéroport de La Grande 3, en éliminant des lignes téléphoniques; B 18,5 millions en réduction de la force de travail.cfhivje iS&, iïwHa am# & Ï20Æ- CU06- I Py*’ mi ])) mm §1 Qf ItëMEGW&irtl H PME La France n’est plus ce labyrinthe bureaucratique, aux cocktails interminables SUITE DE LA PAGE 1 Jean-Eudes Tremblay, Pierre Ville-néuve et Laurent Lauzon n’ont pas attendu cette initiative.Pour eux, la France n’est plus ce labyrinthe bureaucratique, aux cocktails interminables et aux patrons impossibles à joindre au téléphone, où les affaires prennent un temps fou à se régler.C’est devenu leur principal marché d’exportation et, bientôt, une base de commercialisation pour toute l’Europe.ACT a été créé en 1994 pour mettre au point un logiciel de billetterie.Bien branchés dans les milieux informatiques et du spectacle (Pierre Villeneuve est propriétaire de L’Express à Montréal), les fondateurs d’ACT savaient que les jours de Ticket Pass (un logiciel français malgré son nom!) étaient comptés.Ils ont donc créé un outil adapté aux besoins du marché et aux standards informatiques les plus récents.Grâce à une tournée des salons internatio- naux, ACT a signé des contrats au Venezuela et en Espagne (avec les grands magasins El Corte Ingles) avant même de décrocher son premier client québécois.Lorsque les entrepreneurs ont frappé pour la première fois à la porte de la Délégation générale du Québec à Paris, on leur a dit qu’ils avaient un produit en or pour la France car il correspondait à deux standards du domaine, Windows NT et Tandem.On leur a aussi suggéré d’éviter d’affronter l’un des leaders du secteur de la billetterie française, la FNAC (liée aux magasins Le Printemps).Utilisé par le Théâtre d’Au-jourd’hui, la Licorne, le TNM, la Compagnie Jean Duceppe et plusieurs autres, le logiciel d’ACT est en voie de conquérir la France où 67 événements, festivals et théâtres l’utilisent déjà.Cela va du Festival de théâtre d’Avignon aux villes de Lyon, Bordeaux et Caen, en passant par l’Opéra de Vichy.Pour percer le marché français, nos trois entrepreneurs se sont associés à deux Français.Ils ont acheté une petite société informatique, Arc Développement, et fusionné avec une autre, Data Sport.Avec 20 employés à Paris, un technicien à Bordeaux et un autre à Aix-en-Provence, ACT réalisera cette année en France un chiffre d’affaires de plus de cinq millions de dollars.Sans connaître toutes le même succès, 70 entreprises québécoises sont aujourd’hui actives en France.Cela va des géants comme Bombardier, Cascades et Québécor aux microsociétés du secteur informatique.«La PME est l’épine dorsale du lien économique entre le Québec et la France, dit Jean-Luc Alimondo, vice-président pour l’Europe de la Banque Nationale.Elle est finie l’époque où les chefs d’entreprise de Montréal passaient huit jours dans un hôtel parisien et s’en retournaient en disant: “Y a rien à faire icitte!”» Des centaines de patrons contac- tent chaque année Jean Duquette, responsable des affaires économiques à la délégation de Paris.De ces contacts, quelques-uns seulement connaîtront le succès d’ACT.Sur la soixantaine de projets que parraine chaque année l’ACTIM, un programme créé en 1964 et qui permet aux PME françaises et québécoises de se rencontrer sur la base de projets précis, le tiers environ se concrétise et donne lieu à des accords.Une moyenne plutôt honorable, même si le directeur général Pierre Crettiez trouve que «les résultats ne sont pas tout à fait à la hauteur de ce que l’on souhaiterait» et qu’avec les années, le nombre de participants «s’est un peu tassé».Celui qui débarque en France sans préparation risque de déchanter rapidement.Lorsque viendra le temps d’enregistrer sa société, il devra patienter des mois.Lorsqu’il faudra contacter ses interlocuteurs, il devra s’armer de patience et franchir de nombreux intermédiaires.En demandant une marge de crédit à la banque, il découvrira avec stupeur que son banquier ne sait même pas de quoi il parle.«Le plus difficile, c’est de comprendre les différences de mentalité», dit Jean-Eudes Tremblay, qui a passé un an à faire l’aller-retour entre Montréal et Paris à toutes les deux semaines.C’est pourquoi il est généralement plus facile de travailler avec un partenaire plutôt que de se lancer à l’aventure seul.Jean-Luc Alimondo est convaincu que les entrepreneurs français et québécois doivent s’associer non pas d’abord pour s’attaquer à leurs propres marchés mais pour conquérir des tiers marchés au premier rang desquels il place l’Europe de l’Est et l’Amérique du Sud.Chez ACT, «on est aujourd’hui en discussion avec la Suisse, la Belgique et les Pays-Bas», dit Jean-Eudes Tremblay, qui semble avoir pris un billet pour le tour du monde.SUITE DE LA PAGE 1 vaux le 17 juin — n’est pas parvenue jusque-là à mettre en avant des éléments susceptibles d’éclabousser l’hôte de la Maison-Blanche ou son épouse Hillary.Cependant, ce 17 juin devrait marquer l’ouverture d’un nouveau chapitre de ce dossier, potentiellement beaucoup plus dangereux pour le président Clinton que les multiples péripéties qui l’ont émaillé \ jusque-là.Ce jour-là doit débuter le ; procès de deux banquiers de l’Arkansas accusés d’avoir alimenté de façon illicite la trésorerie de Bill Clinton lors de sa campagpe pour le ! poste de gouverneur de l’État.Comme lors du procès qui s’est achevé la semaine dernière, Bill Clinton a reçu d’un juge fédéral une citation à y comparaître en tant que témoin._ •; G Comme il y a quelques semaines, le président devrait bénéficier d’un traitement de faveur et pouvoir li-, vrer son témoignage sur bande vidéo, bande dont les républicains étudient déjà la possibilité d’utiliser, des extraits au cours de leurs mes-sages publicitaires télévisés dans le cadre de la campagne de Bob Dole.De plus, les deux banquiers accusés, Herby Branscum et Robert Hill, sont des relations plus proches de Bill Clinton que ne l’étaient le couple McDougal et son successeur au siège de gouverneur, Jim Guy Tucker.Leur éventuelle culpabilité pourrait être nettement plus gênante pour le président.Seule bonne nouvelle pour la Maison-Blanche, ce procès devrait durer nettement moins longtemps que le premier, qui s’était étiré sur plus de trois mois.«Chaque jour, il y a un nouvel article sur Whitewater dans la presse», regrette l’avocat de: Bill Clinton en charge de cette affaire, Mark Fabiani.«Cela distrait l’attention du public des questions plus importantes.Plus court sera ce second procès, mieux cela sera», a-t-il ajouté.t*< IVM Sondage favorable Malgré tout cela, Bill Clinton maintient son avance d’une vingtal-, ne de points dans les intentions de vote sur son probable rival républicain pour l’élection présidentielle, Bob Dole, selon un sondage New,: York Times/CBS.Si l’élection avait lieu aujourd’hui,.M.Clinton l’emporterait facilement par 54 % des voix contre 35 % à M.r Dole, selon ce sondage réalisé auprès de 1200 personnes., ;.:r Soixante-seize pour cent des son-, dés affirment que la récente-, condamnation pour fraude et détournement de fonds des trois anciens associés du président dans un .procès à Little Rock (Arkansas) n’a pas influencé leur opinion sur M.Clinton.Avec 51 % d’opinions favorables,!, le président reste stable par rapport à la précédente enquête d’avril, tandis que le sénateur Dole perd 10-points, à 42 % d’opinions favorables.La politique étrangère du président est approuvée par 52 % des sondés, soit l’un de ses meilleurs résultats depuis son élection en 1992., M.Clinton apparaît également corn-, me le candidat le plus à même de lutter contre les véritables causes de la criminalité, le chômage et la pauvreté, selon ce sondage.M.Dole, pour sa part, est surtout considéré comme un homme honnête et intègre par 42 % des personnes interrogées (contre 30 % pour M.Clinton).Par ailleurs, les démocrates recueillent 45 % des intentions de vote pour les prochaines élections au Congrès contre 38 % pour les républicains, actuellement majoritaires; au sein des deux chambres.19 9 6 juin LE DEVOIR Ne manquez pas notre cahier spécial Le samedi 22 jui Bonne fête LE DEVOIR LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H30 À 17H00 2050, RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE.MONTRÉAL, (QUÉBEC) H3A 3M9 RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION : (514) 985-3333 PUBLICITÉ AVIS PUBLICS (314) 985-3344 ANNONCES CLASSÉES (514) 985-3344 PUBLICITÉ (514) 945-3399 / télécopie» (514)915-3390 NUMÉRO SANS FRAIS 1-800-363-0305 Its twists it Wépkttt itftwls smI .lUKts »*« te strrict U litstlut H> cwtltl tt per -es SERVICE DES ABONNEMENTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 A 16K30 Montréal (514) 9*5-33551 télécopieur (514) 9*5-3390 Extérieur (uns frais) 1 800 463-7559 LE DEVOIR e* pubbé («r LE DEVOIR Int dont te ûéjé social «t «tué au numéro 2050
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