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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1996-06-08, Collections de BAnQ.

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Roman québécois Page D3 Poésie Page D4 Le feuilleton Page D 5 Essais étrangers Page D9 Vitrine du livre Page D10 Petits bonheurs Page D12 ?LE DEVOIR L E D E V O I R , L E S S A M EDI S E T D I M A N (I II E !» JUIN !» !» (! Ill .uCl nu SM n S" S'f •21 M SU i r iiO( hf i I.Hommage au poete inconnu LOUISE LEDUC LE DEVOIR Montesquieu prêtait au café, | boisson «révolutionnaire», la capacité de «donner de l'es- /J prit».De simple breuvage, le café est % devenu «parlement du peuple», corn- : me l’écrivait Balzac, puis carrefour Jpl d’artistes et d’intellectuels.Les Deux Magots, à Paris, reste identifié à Ver-laine, Rimbaud et Mallarmé, la Ro- ! tonde à Baudelaire et Courbet.Au , Québec, les artistes ont aussi leurs habitudes.«Tremblay déjeune ici tous g les matins» ou encore «C’était le café ^jjj de Gilbert Langevin», entend-on dire.: Mais le café, c’est surtout le refuge de l’écrivain anonyme, le charnier du poème, du roman ou de l’essai in- üwj achevés.Des auteurs connus les fréquen- ,:Æ tent, mais seule une poignée de Æ poètes y écrivent assidûment, parmi lesquels Gilles Cyr et Claude Pélo-quin.L’éditeur de Péloquin, Pierre « Filion, qualifie d’ailleurs les écrits de .V ce dernier de «poèmes de napkins».s3§ «Moi, j’écris en vivant, sur des ser- '¦ viettes, sur des sous-verres.Au bout de trois ou quatre ans de notes accumulées pêle-mêle, ça donne un livre.1m M feuille blanche, je ne connais pas ça», jJjg explique Péloquin.Gilles Cyr, lui, fréquente les cafés Si depuis les années 60.A l’époque, se souvient-il, le ralliement des Miron, Gauvreau et Cyr se faisait chez Har- || ris ou à la Casa Pedro.Aujourd’hui, i| c’est aux Gâteries que Gilles Cyr se 1 rend tous les matins «pour tâter le 'jjJ pouls de la ville, pour y faire comme .« un petit voyage».N Le café régularise la vie du poète.«Tous les matins je m’y rends, comme v’ si je partais au bureau.Autrement, à la maison, le téléphone, les tracas matériels prennent vite le pas sur l’écritu- *¦; re», explique Gilles Cyr.Pour un recueil de poèmes édité, combien d’espoirs déçus?Combien y de recommencements?Combien de C petits chefs-d’œuvre jamais révélés - y, au monde, par pudeur ou manque de confiance en soi?«J’écris juste pour moi, confie Nathalie Lambert, attablée à la Brûlerie, rue Saint-Denis.Je commence à peine un roman, parce que.je recommence tout le temps.Habituellement, au bout de vingt pages, je demande à mes amis de lire mon manuscrit.Sans une réaction immédiate et extrêmement positive, je jette tout.Pas cette fois.Cette fois, je ne me relirai pas, je ne le i ferai lire par personne avant le point final.» Pas d'autre Monde de Sophie u Année rrovence a l'horizon.PP Les libraires témoignent: les lectures d’été seront diverses avenue chi-Mont-Royal, PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR Gaarder.Et cet été, que lirons-nous?Quel sera le succès de la saison?Un rapide sondage — plus littéraire que «scientifique»! — effectué cette semaine auprès de grands libraires montréalais permet d’emblée de dégager un fort consensus: il n’y a pas, à ce jour, de «titre fort», pas de niée comparable à celle provoquée l’an dernier par Le Monde de Sophie, par exemple.Les lectures d’été s’annoncent, au contraire, plus diversifiées, plus multiples que jamais.Ce sont, pour l’heure, des titres parus au cours des derniers mois, certains mêmes parus l’année dernière, qui font sonner les caisses des libraires.Et ce ne sont pas nécessairement les livres qui défraient la manchette.Ainsi, L’Alchimiste, de Paulo Coelho, disponible en trois éditions dont une de poche (dans que l’été sera sans fin, qu’ils pourront rattraper le temps perdu.Très souvent, quand ils tiennent parole et ouvrent un classique sous le soleil, ce n’est pas pour le «relire» mais bien pour le «lire».Ils se contentent en général d’un programme moins ambitieux, de quelques lectures plus modestes mais non moins jouissives que les grands classiques de la littérature.Chaque été engendre ainsi son succès.Les librairies deviennent le théâtre de curieux mouvements de foule.Il y a deux ans, nous étions des milliers à traîner dans nos bagages Une année en Provence, séduits par l’humour irrésistible de Peter Mayle.L’été dernier, des dizaines de milliers de Québécois désireux de ne pas lire idiot ont profité de leurs vacances estivales pour dévorer Le Monde de Sophie de Jostein PlS^HSsy aites subir le test à vos Iproches.Vous leur de-' W mandez: que lirez-vous cet été?Ils se gonfleront un peu, puis vous annonceront sans broncher qu’ils «reliront» Proust, se W retaperont les deux tomes des Mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand, se referont tout Zola et les Œuvres complètes de Jules Supervielle dans La Pléiade.Quand vous croiserez tous ces «m’as-tu-vu-quand-je-lis» en juillet sur la plage d’Ogunquit, ils auront plutôt en main le dernier Peter Mayle ou le plus récent suspense de Robert Ludlum.Les lecteurs sont ainsi faits.Un brin narcissiques, un tantinet naïfs, enclins au tape-à-l’œil.Ils ont les yeux plus grands que la panse et s’imaginent J’ai lu), continue de faire des ravages en librairie, davantage que Le Pèlerin de Compostelle, du même auteur, dont la carrière s’annonce un peu moins fulgurante.La même quête de «spiritualité» et de croissance intérieure pousse des milliers de lecteurs à se procurer Les Leçons de la prophétie des Andes, de James Red-field (chez Robert Laffont), un titre qui s’impose et va de réimpression en réimpression depuis deux ans.Le roman Hôtel Pastis (NIL), de Peter Mayle, trouve également preneurs, mais à un degré beaucoup moins grand qu’Une année en Provence, comme si le charme opérait moins.Du côté des essais québécois, tous les libraires consultés s’entendent encore une fois pour affirmer VOIR PAGE D 2: ÉTÉ Geneviève Bissonnette, elle, croit que ses habitudes ont quelque chose d’héréditaire.«Mes parents étaient des militants des années 70.J'ai toujours vu mon père avec une tasse de café, cigarette au bec, jamais loin de sa grosse bibliothèque.Il a écrit plein delivres, qu’il n’a jamais publiés.» Dans les cafés, en digne fille de papa, elle écrit de petites nouvelles, des histoires, des lettres à ses amies rencontrées au cours de ses voyages.Pourquoi dans un café?«Je m’y sens moins seule, même quand je n’y connais personne.» Les clients peuvent y passer des heures.Ils y lisent un peu, y écrivent VOIR PAGE D 2: CAFÉS PHOTO JACQUES NADEAU LE DEVOIR I I ir i ’ « fil ¦ »J i c : il [ -M ,:T f'h- i : ( ic ; i c t • > rU \u: ¦ .0 »¦ > ni il ~.id ! n i ; \ U*> Iil ¦ i ' id 9fc U b! Sl( ,ir I JM être Nec nioin* qu’un raVlP Mon k oM*unc nuin tvnüiic I .» ' K '.femme» ¦ Imniilîvo* du monde.Moi, Phoolan Devi, reine des bandits Phoolan Devi Née intouchable, mariée à onze ans, violée, battue et laissée pour morte.Phoolan Devi se révolte et contre attaque.Après des années de prison, elle est aujourd'hui libre et vient d'être élue député aux dernières élections en Inde.Voici son histoire. I) I M A \ l II K .1 I’ I X I I) Il II S A M K H I K E T I.K S I) K V II I It L I V It E S LITTÉRATURE FRANÇAISE Le Maroc des écrivains français MAROC LES VILLES IMPÉRIALES Textes choisis et présentés par Guy Dugas, Éditions Omnibus, Paris 1996,1143 pages NAÏM KATTAN Excellente initiative que celle de Guy Dugas de choisir et de présenter des textes marquants écrits, en majeure partie, par des Français sur les villes impériales du Maroc.Les romans et les récits réunis dans cet ouvrage nous présentent un Maroc tel que l’Occident français l’a connu et souvent vécu au cours et parfois à la suite de la colonisation.On y trouve toutes les dimensions de la découverte qui aboutit souvent à la connaissance: la curiosité, la révélation d’un monde étrange et étranger, la fascination, l’acceptation, le refus et enfin la tentative d’assimilation, d’intégration ou le rejet.Nous sommes ainsi en face de toutes les catégories, de toutes les modalités des rencontres de deux mondes.Disons, d’entrée de jeu, que les auteurs français, y compris ceux nés au Maroc comme Michel Jobert et les écrivains de culture française tels qu’Ahmed Se-frioui jettent sur la vie marocaine, le paysage des villes et de la campagne ainsi que sur les traditions et les coutumes le regard de l’étranger, de celui qui porte une civilisation autre que plusieurs des auteurs considèrent comme supérieure.Pierre Loti, écrivain célèbre et marin de métier, a fait découvrir à des millions de lecteurs français ou francophones, les étrangetés et les merveilles d’un Orient mystérieux.Fasciné, il ne cherche pas à se protéger contre un Orient qui le gagne, le pénètre: «Dans ces pures descriptions auxquelles j’ai voulu me borner, suis-je très suspect de partialité pour ce pays d’Islam, moi qui, par je ne sais quel phénomène d’atavisme lointain ou préexistence, me suis senti l’âme à moitié arabe».Dans un journal commencé en 1889, Loti nous livre ses observations et ses réactions lors d’un voyage où il découvre les villes et les hommes du Maroc.Il admire les chevaliers, les nomades, bref, tous ceux parmi les Marocains qui n’ont pas été touchés par la civilisation occidentale dont les effets dévastateurs, du moins au début, dégradent les valeurs traditionnelles sans les remplacer.Cet Occident, qu’a-t-il à offrir?D’abord, la notion on ne peut plus moderne de l’individu, autonome, non subordonné à des Ils jettent sur la vie marocaine le regard de l’étranger, de celui qui porte une civilisation autre que plusieurs des auteurs considèrent comme supérieure MAIS T'AS-TOUT POUR-ETRE HEUREUSE Chacun se reconnaîtra dans cette peinture sur le vif, fidèle et hilarante, d'un mal que rien ne peut mieux guérir que le rire.Un livre tonique et décapant.19,95$ Flammarion Itée AVEC L'HISTOIRE ENTRETIENS Nouveauté LES GRANDS PERSONNAGES HISTORIQUES LES GRANDS CONFLITS DU XXe SIÈCLE Anwé Champagne André Champagne Autres titres disponibles LES GRANDS PERSONNAGES DU XX* SIÈCLE LE QUÉBEC CONTEMPORAIN Ces entretiens, réalisés avec des spécialistes dans un style dynamique, renferment une mine de renseignements accessibles aussi bien aux étudiants, aux professeurs qu'au grand public.Format poche : 10 $ chacun CONFI DU XX SERIE Nil ¦ 1300, av.Maguire, Sillery (Québec) GIT 1 'Télécopieur : (418) 527-4978 règles de groupe et celle d’une femme non soumise à des contraintes sociales qui l’infériorisent.Loti découvre l’Islam non pas à travers le texte ou l’enseignement mais par le spectacle de la pratique religieuse, du rituel et du culte.Il respecte la fidélité de tous ceux qui, bien que différents de lui, demeurent attachés à leurs traditions.En raison même de la distance qui l’en sépare, il a souvent tendance de tomber sinon dans le sentimentalisme ou l’exotisme du moins dans un romantisme passéiste qui affuble l’Orient d’une pureté, fut-elle sauvage, perdue par l’Occident.Une histoire de l’Islam Jérôme et Jean Tharaud, quant à eux, cherchent à coller au réel.Ils sont Français et ils sont catholiques et ils le disent.Ils observent la vie des Musulmans gt parfois des Juifs de l’extérieur.A partir de leur description de Fez, ils offrent au lecteur assoiffé d’exotisme une histoire simplifié de l’Islam et de l’empire arabe.Ils évoquent la rencontre entre Musulmans et Juifs: «Cette bourgeoisie, si orgueilleuse de sa foi musulmane, si attentive à tenir à l’écart l’infidèle et l’étranger ne peut pourtant pas ignorer tout ce qu’elle porte en elle de sang juif.Et elle ne l’ignore point en effet.Un proverbe le dit: “Prends un sac, mets-y du blé, de l’orge, des pois chiches et aussi du Mellah, et tu auras la population de Fez» (Le Mellah est le quartier juif).Pour les Tharaud, le Maroc comme, d’ailleurs, les autres pays sur lesquels ils ont écrit, était un thème qu’ils exploitaient pour attirer, intéresser et, au bout du compte, divertir leurs lecteurs.Cependant, leurs récits sur Fez, Marrakech et Rabat sont une mine de renseignements sociaux, historiques et religieux qu’ils parviennent à faire passer dans leur narration.Ils sont les représentants d’une époque et leurs textes constituent des documents sur la vision qu’avaient du Maroc les coloniaux éclairés et cependant assurés de la force sinon de la supériorité de leur culture et animés d’une bonne volonté envers les peuples auxquels ils voulaient la transmettre.Roland Dorgelès dont Les Croix de bois fut l’un des romans les plus marquants sur la première guerre mondiale a cherché à appliquer au Maroc son regard rigoureux qui ne tente ni d’embellir par un passéisme sentimental à la Loti ou à la Henry Bordeaux ni à divertir à l’instar des Tharaud.Il était l’honnête homme qui, se tenant à distance, observe l’indigène.Devenir Marocain Tel ne fut pas le cas de François Bonjean.Il a vécu en Egypte puis au Maroc où il a épousé une femme du pays et tenté de se fondre dans l’univers de son épouse et tout en le décrivant avec des accents de sévérité, il a tenté de l’intégrer au sien, celui, qu’enseignant, il transmettait à ses étudiants.Paul Odinot a lui aussi épousé une Marocaine.En poste au Maroc, il a une vision pessimiste sur les relations entre les Français et les Arabes musulmans.Il adresse son roman La Première Communion d’Abd el Kader à Henry de Montherlant.Non sans raison.En effet, ce dernier écrira lui aussi un roman sur le Maroc: La Rose dit sable qu’il décidera pendant longtemps de ne pas publier afin de ne pas nuire, par sa vision négative, aux relations entre les Français et le Maroc.Pour Henri Bosco, l’interprète de la Provence, l’Afrique du Nord est, par ses paysages, ses sons et ses parfums une extension de sa région natale.Avec Tahar Essafi et Ahmed Se-frioui nous entrons au Maroc par une autre porte, celui des auteurs indigènes, des Musulmans qui décrivent pour les lecteurs Français leur vie, la richesse de leurs traditions et les subtilités de leurs pratiques religieuses.Acquis à la culture française, ils éprouvent le besoin d’affirmer leur possession d’un patrimoine unique, riche et précieux.Parallèlement, un Michel Jobert qui fut ministre du gouvernement de Georges Pompidou, décrit le Maroc où il est né comme son pays, celui des Français qui y ont fait souche et qui, après l’indépendance, décident de retrouver le sol de la métropole.Cette anthologie s’arrête à la fin d’une période, celui du règne de la France.Plus tard, les Driss Chraï-bi et les Tahar Ben Jelloun inaugurent les temps où l’écrivain marocain exprime, à ses propres conditions, la culture et la langue françaises.C’est la génération des écrivains de la révolte, du refus du colonialisme mais aussi des traditions surannées.Même quand ils s’adressent à un public français ou francophone, ils expriment, de l’intérieur, la réalité d’un pays qui, tout en conservant son riche héritage, tente de se libérer du carcan passéiste et d’accueillir les bienfaits de la modernité en rejetant ce qu’ils considèrent comme les faux attraits d’un certain Occident.Ils se trouvent entre l’enclume et marteau, faisant face aux attaques de certains Marocains et de certains Français, car ils expriment et reflètent les multiples réalités, souvent contradictoires, de leur pays telles qu’ils les vivent.Leur Maroc est problématique et plus réel que la terre de rêve et d’exotisme d’antan.Lu yen U joli pny 20 üdj j^^rcvicnt LANCTOT ÉDITEUR Presque tout y est DICTIONNAIRE DE LA PHOTO Larpusse, collection In Extenso Edité par Michel Guillemot Pans, 1996, 768 pages JENNIFER COUËLLE Après son imposant Dictionnaire mondial de la photographie des origines à nos jours, Larousse continue à cultiver les faveurs des photo-philes avec son nouveau et plus modeste Dictionnaire de la photo.Un dico qui, vu la relative pauvreté de la documentation de la photographie et de son histoire, n’est pas de trop.Plus de quarante collaborateurs, dont plusieurs spécialistes, ont participé à la rédaction de cet ouvrage infiniment utile dont la force principale est de rendre compte de l’étendue de la discipline en question.Les entrées comprennent aussi bien des notices sur les grands et moins grands photographes de par le monde que des revues de photographie, des studios, des musées et galeries, des courants esthétiques, des expositions séminales et des données techniques.On y discute de la nature morte en photographie, comme de l’hologramme et du cyanotype, des liens entre la photo et le septième art, des clichés voués à la mode de Richard Avedon et les autres et des chroniques photographiques de la beat generation désabusée de Nan Goldin.De Daguerre à Jeff Wall, en passant par les écrits de Roland LAROUSSE «aiîtuimo»» PHOTO LAROUSSE Barthes et Susan Sontag, tout y est.Si l’on passe sur la netteté qui laisse à désirer des reproductions en noir et blanc et en couleur — plutôt dommage pour un livre sur la photo —, si l’on chicane sur l’omission du Musée canadien de la photographie contemporaine dans la section «Musées et photographies», comme sur celle du Centre canadien d’architecture dans la rubrique qui fait état de collections d’institutions, on n’hésitera pas à recommander le dernier-né dans la famille photo de Larousse.littérature: étrangère Tendresse et ironie mordante UN COMBAT ET AUTRES RECITS Patrick Siiskind, traduit de l’allemand par Bernard Lortholary, Fayard Paris, 1996,89 pages MARIE-CLAIRE GIRARD Je dois avouer que Le Parfum m’avait laissée bien froide il y a quelques années en dépit du concert de louanges que ce roman avait laissé dans son sillage.J’admets l’écriture somptueuse, le style impeccable, mais j’avais trouvé carrément insupportables les aventures lugubres de cet anti-héros détestable qui semblait aussi éloigné de la nature humaine qu’un protozoaire.Je dois dire aussi que Le Pigeon m’avait semblé un petit livre bien complaisant avec un prétexte bien mince et que je ne me suis jamais rangée dans la foule compacte des admirateurs de Patrick Siiskind.Mais je suis dorénavant quelque peu réconciliée avec cet écrivain après la lecture de son plus récent livre, un recueil de nouvelles auquel j’ai trouvé de bien grandes qualités.Elles sont très différentes les unes des autres, ces quatre nouvelles.Mais elles pratiquent toutes les quatre, dans des registres différents, une ironie mordante qui n’est pas exempte de tendresse face à la stupidité effroyable du genre humain.Et il n’est pas mauvais, de temps à autres, d’être mis en face de nos excès idiots et de nos pauvres défaillances, surtout à travers des histoires écrites avec autant de précision et d’économie et qui savent implacablement cerner et mettre au jour les tréfonds de l’âme.La première nouvelle s’intitule L’Exigence des profondeurs et traite de l’influence de la critique sur une jeune artiste au talent plein de promesses à qui on reproche un certain manque de profondeur.Cette petite phrase assassine, proférée par un critique lors d’une exposition, aura pour effet de gâcher complètement sa vie: elle sombrera dans l’alcool, la dépression et le marasme, ne peindra plus et finira par se suicider.Je vous laisse le plaisir de découvrir la fin de l’histoire, d’une suavité sardonique, d’autant plus que la chute laisse entendre l’inconscience et la bêtise la plus totale de la part de ceux dont le jugement fait trop souvent figure de parole d’évangile.La nouvelle qui donne son titre au recueil, Un combat, laisse le lecteur rêveur.Compte rendu d’un match d’échec, la partie met en présence un vieux pro jouant sans panache mais efficacement, et un nouveau-1 venu à l’allure mystérieuse.Les spectateurs, lassés, de l’arrogance et des certitudes du retraité, brûlent l’idole qu’ils adoraient la veille et se rangent du côté du bel inconnu pour finalement se rendre compte qu’il joue comme une planche à repasser.Le retraité vaincra, comme d’habitude, mais sans gloire, et cette victoire répugnante lui fera prendre conscience qu’il s’était renié lui-même, «qu’il avait baissé les bras devant le plus pitoyable des nullards».Le Testament de maître Mussard renoue avec le style cher à Patrick Siiskind.Au dix-huitième siècle, un orfèvre enrichi et amoureux des lettres et des sciences croit avoir découvert que le monde entier n’est qu’un immense coquillage.Et dans Amnésie littéraire un homme se rend compte qu’il lit depuis trente ans sans avoir rien retenu.Toutes1 ces nouvelles font appel à notre sens de la dérision en raillant les codes selon lesquels nous vivons et en persiflant sur l’importance que nous leur accordons.Mais je pense que Siiskind ne fait qu’affecter du mépris pour la nature humaine.On peut apercevoir parfois, entre les lignes, des étincelles de tendresse pour tous ces humains, menteurs, tricheurs, poseurs et redondants.Parce que de temps en temps la lucidité les effleure et qu’ils se regardent et se voient vraiment tels qu’ils sont.Ces nouvelles font appel à notre sens de la dérision en raillant les codes selon lesquels nous vivons MANUSCRITS NON PUBLIÉS L’Association des auteurs amateurs et la Bibliothèque de Saint-Malo invitent les auteurs et les écrivains professionnels ou amateurs à leur faire parvenir une copie des manuscrits que les maisons d edition ne peuvent, malheureusement, pas publier souvent à cause du trop grand nombre qu’elles reçoivent.Ils y seront lus par nos membres; inscrits, illustrés et résumés dans notre catalogue annuel aux éditeurs et au public, et exposés sur les rayons de cette bibliothèque pour la postérité ou jusqu’à ce qu’ils soient découverts.Ecrivez à/ou: L’Association La Bibliothèque des auteurs amateurs de Saint-Malo C.P.79024, Place Cartier 228, rte 253 Sud Hull (Québec) Saint-Malo (Québec) Canada J8Y 6V2 Canada JOB 2Y0 SAUVEGARDE DU PATRIMOINE CULTUREL » mm ¦mmr.» hhRk^1 yHHraæs ¦• ••.', - rvX ¦ o' - KE*S®$; .'* '•.A i- *«• iü H! &» V.- Ü1.ÏS %*- ^ L'HISTOIRE DE L'HOMME POLITIQUE ACTUELLEMENT LE PLUS POPULAIRE DU QUEBEC Michel Vastel LUCIEN BOUCHARD LANCTOT ÉDITEUR S T 0 CK JOYCE CAROL OATES 24 95 560 pages x\1^ Mal américain, mâle américain CORKY Joyce Carol Oates, traduit de l’américain par Claude Seban, Nouveau Cabinet Cosmopolite, Stock, Paris, 1996,824 pages.MARCEL JEAN Depuis l’assassinat de John F.Kennedy, le récit américain s’organise autour de la figure du trauma.En effet, la soudaine perte d’innocence est à l’origine de bien des romans et de bien des films, et aussi d’une tendance généralisée à faire la biographie des grands personnages à travers le spectre d’un événement survenu au cours de l’enfance, événement qui aurait pour effet de déterminer toute une vie.Pensons, par exemple, au récent Nixon, d’Oliver Stone, qui raconte la vie du président maudit en considérant que celui-ci a été traumatisé par la double mort de ses frères et, en écho, celle des frères Kennedy.Corky, dernier opus de la prolifique Joyce Carol Oates, appartient à cette mouvance.En 824 pages d’une écriture maniaque, Mme Oates raconte trois jours qui sont un condensé de la vie de Jerome Corcoran, alias Corky, homme d’affaires et conseiller démocrate de Union City.Marqué par l’assassinat de son père, survenu le 24 décembre 1959, alors qu’il avait neuf ans, Jerome Corcoran établira une distance prudente entre son histoire familiale et le brillant promoteur immobilier qu’il est devenu.Mais, au cours d’un long weekend de mai 1992, Corky verra cette distance essentielle à sa survie être abolie et les fantômes de son passé le happeront en pleine gloire, preuve qu’il est difficile même dans la terre des braves de s’extraire de la classe dont on est issu.Petit Irlandais (donc catholique) élevé dans un quartier modeste, Corky connaîtra le destin de son père et de Kennedy: il sera exclu par la violence du monde WASP où il s’était hissé.Une Amérique de compromis Roman monumental par sa stature et ses ambitions, Corky est une sorte de Bûcher des vanités duquel on aurait extrait le côté tape-à-l’oeil.Mme Dates y dépeint avec force détails une Amérique opportuniste et raciste, et le cynisme, qui était jadis la marque des républicains de Nixon, de Reagan et de Bush, teint ici le cœur même du parti démocrate.L’Amérique de Clinton est faite de compromis, de mensonges et de contradictions, les grands idéaux n’étant valables que pour la façade.Et, derrière le glacis des valeurs démocrates se trouvent des mâles empêtrés dans leur machisme et leur fourberie, des femelles hystériques et désœuvrées, tout ce beau monde marinant dans l’alcool et perdant toute contenance devant la perspective d’une bonne baise.Si Corky connaît une chute si douloureuse, c’est essentiellement parce qu’il a gardé au fond de lui un soupçon d’idéalisme.Malgré les fraudes fiscales et les petites et grandes magouilles dans lesquelles il trempe, Corky, qui croit tout savoir, n’imagine pas ses amis et collègues capables de tant d’abjection.Il n’imagine pas qu’un maire démocrate promis au plus bel avenir irait jusqu’à soudoyer une jeune femme pour qu’elle accuse de viol un politicien noir dans le but de le discréditer.Il n’imagine pas qu’en politique, comme en amour, tous les coups sont permis.Il sera donc doublement victime, de ses relations politiques et de se§ relations amoureuses.A ce point, le portrait que dessine Mme Oates frappe fort.Dans l’univers qu’elle dépeint, la poursuite d’un idéal est une tare dont on ne se remet pas.La sélection naturelle se charge de faire un sort à ceux qui ne peuvent voir la réalité sous son éclai- B e au c h e min Le Second Violon UNE LECTURE D’ÉTÉ A NE PAS MANQUER Best-seller au Québec et en France! «Le Second Violon fera le bonheur des lecteurs cet été sur les plages [.] Sa force : le naturel de l’écriture, la verve parfois surréaliste de ses personnages.» Liberté Dimanche, Paris Yves Beauchemin Le Second rage le plus cru.Il n’y a plus de démocratie, plus de rêve américain.Ainsi, l’ascension sociale est un leurre, car Corky et ceux de son espèce ne parviennent en fait qu’à occuper la place qu’on veut bien leur concéder.Roman sombre, donc, parsemé de fugitifs éclairs d’humour noir, Corky prouve encore une fois que Joyce Carol Oates est un écrivain d’envergure, rare écrivain féminin à pénétrer avec autant d’acuité l’univers masculin.On savait, en effet, depuis De la boxe, que Mme Oates pouvait analyser les rituels mâles avec justesse.Corky, véritable étude des mœurs politiques et des manifestations du machisme ordinaire, va encore plus loin.Sans mesquinerie mais sans concession, elle dépeint le bourgeois américain dans ses moindres détails.Le portrait n’est pas toujours beau à voir, mais il frappe tant il semble conforme à l’original.Et aux femmes qui seraient tentées de lire ce livre pour casser du sucre sur le dos des hommes, Madame Oates réserve quelques pages pas toujours édifiantes qui rétablissent l’équilibre.On aura compris que la cible de l’écrivain, ce ne sont pas les hommes, mais le système de pouvoir mis en place par les mâles.Et à ce système, qu’on le veuille ou non, les femmes collaborent.John Laird Farrar LES ARBRES DU CANADA • Plus de 300 espèces, indigènes ou introduites, réparties en douze groupes • Un guide du lecteur permet de se situer et de se repérer facilement • 136 cartes de répartition • 580 photographies couleurs et 1600 dessins • 512 pages, relié - 39,95 $ «Un guide d’une très grande qualité, un ouvrage incontournable pour celui qui veut en savoir plus sur les arbres.» Pierre Ginyms, La Presse Publié par les Éditions Fides et le Service canadien des forêts ie invitation a découvrir les richesses multiples de nos forêts et à mieux connaître les arbres qui nous entourent Chez votre libraire L’HISTOIRE DU MONDE DE 1918 À NOS JOURS LAROUSSE FRANCE LAROUSSE.PARALLÈLES Amhutogle de ^ noorrlic féminine de langue française DIX ANS DE NOUVELLES ÜMaaïUoiflRJeiju&écolse SIMMONS DAN «Simmons parvient une fois encore à nous surprendre, à nous séduire, à nous éblouir.» ; -r; ;• Le Monde alm\'miche.MICHE L ALBIN jean Leclerc DISPONIBLES DANS TOUTES LES BONNES LIBRAIRIES LES EDITIONS LA LIBERTE inc.Tclcphonc/Tclccopicur (418) 658-3763 I -800-567-5449 DiMrihniciir officiel OCDÉ(OECD) - OMC (WTO) - t NESCO CATALOGUE COMPIÜT OISroMKLK À NOS Kl KL\l X «T a lecture, une porte ouverte sur un monde enchanté.» (Mauriac) Les pilotes Idu Saint-Laurentl ¦de Québee à Montréal au XIXe siècle! LES PILOTES DU SAIN I-LAURENT De Quebec à Montréal au XIXe siècle Jean Leclerc L'ESPACE MONTAU BAN Jean Dcsy Le dernier roman seotil.URGENCES, RÉCn S E l ANECDOTI Jean Dcsy IJn médecin raconte.I A RÊVERIE DU FROID Jean Dcsy .Les rêves, du sommeil ou éveilles, dans la création artistique.BASSE-VILLE Robert Fleury '.Témoignages.L'HIBISCUS ÉTAIT EN I LEUR Fernande Goulct-Ycllc JVopos sur le deuil.14.05$ iS 14.05$ 19.95$ 24.95$ 14.05$ Journal PHOTO ARCHIVES Georges I)uby FÉODALITÉ Georges Duby Quarto/Gallimard, 1996,1568 pages Féodalité, c’est un petit peu le monument d’un monument, le cœur de la masse documentaire produite par l’éminent historien Georges Duby, l’historien médiéval français le plus connu avec Jacques Le Goff.Dix ouvrages, dont certains ont marqué d’une pierre blanche le développement de l’historiographie, y sont regroupés dans l’édition dense mais maniable de la collection Quarto, en particulier Guerriers et Paysans, L'An mil, Les Trois Ordres ou l’imaginaire du féodalisme et Le Chevalier, la Femme et le Prêtre.Révision du mythe des terreurs de l’an mil, élaboration de l’idée des trois ordres -ceux qui prient, ceux qui combattent et ceux qui tirent la nourriture de la terre - et de sa place dans la société féodale, exploration de l’amour courtois, étude du mythe fondateur de la France qu’est la victoire de Philippe Auguste à Bouvines en 1214, voilà autant d’études qui ont développé une immense construction intellectuelle devenue tout à fait incontournable pour les chercheurs d’aujourd’hui.L’imposant volume qui les regroupe - qui sera suivi par un deuxième regroupant les études portant sur l’histoire de l’art - témoigne par sa seule masse physique du poids de ces recherches.DAMES DU XII'SIÈCLE III - ÈVE ET LES PRÊTRES Georges Duby Bibliothèque des histoires, Gallimard, 1996, 219 pages Il y a bien quelques œuvres historiques de Georges Duby qui n’ont pas pris le chemin de l’imposant Féodalité.Par exemple, cette trilogie de titres qu’il a publiés au cours des deux dernières années sur les femmes au XIIe siècle, le premier portant sur des figures connues telles Héloïse ou Aliénor d’Aquitaine, le deuxième sur Le Souvenir des aïeules.Avec ce troisième volume, Duby examine la vision de la femme exprimée par les membres du clergé.Se heurtant à la difficulté d’étudier les femmes par les témoignages des hommes — les seuls qui restent —, l’historien s’aperçoit toutefois qu’à l’époque étudiée, «des prêtres se sont mis à parler plus souvent des femmes, à leur parler aussi, à les écouter parfois».Avec la liberté du chercheur qui n’a plus rien à prouver — les références sont justes mais jamais annotées —, il livre un regard un peu désolé sur la misogynie de l’époque et découvre des femmes «plus fortes que je n’imaginais».LES INDIENS BLANCS: FRANÇAIS ET INDIENS EN AMÉRIQUE DU NORD (XVI'-XVIIP SIÈCLE) Philippe Jacquin Libre Expression, Montréal, 1996,284 pages.L’idée du coureur des bois est un des mythes les plus durables de l’histoire des Français d’Amérique.Professeur d’anthropologie à l’université de Lyon, Philippe Jacquin livre ici une étude importante de l’impact de cette présence française diffuse, répandue à travers le continent, qui allait donner naissance au «stéréotype du coureur des bois» que l’auteur réussit assez bien à éviter.L’histoire des Indiens blancs nous apprend-il, c’est l’histoire d’une acculturation réciproque, du développement d’une culture intermédiaire par le contact entre ces Français bien installés chez les Amérindiens et les tribus qui les accueillent, d’une source aussi de l’identité Métis.LES PREMIÈRES NATIONS DU CANADA Olive Patricia Dickason Septentrion, 1996,511 pages Pour les auteurs d’origine amérindienne ou métis — c’est le cas d’Olive Patricia Dickason — écrire l’histoire des premières nations, c’est se réapproprier l’histoire du continent, c’est défaire aussi le mythe des pays d’Amérique du P lu Nord comme étant des nations «jeunes» en montrant toute la richesse des cultures qui y habitaient auparavant.Ecrit avec une grande maîtrise des sources archéologiques, anthropologiques et historiques, Us Premières Nations du Canada s’inscrit dans ce courant armé de toute la rigueur scientifique souhaitable.Allant de l’arrivée des premières peuplades par le détroit de Béring aux luttes pour l’autonomie gouvernementale, le livre de Dickason en devient du coup l’ouvrage de référence de base pour ceux qui s’intéressent au sujet.HISTOIRE DE MEXICO Serge Gruzinski Fayard, 1996,454 pages Auteur avec Carmen Bernard d’une imposante Histoire du Nouveau Monde en deux tomes, Serge Gruzinski livre aujourd’hui un aspect des métissages culturels étudiés dans cette recherche précédente: le développement de Mexico, de ses origines aztèques à la mégalopole d’aujourd’hui, avec ses quelque seize mil-Jons d’habitants.Avec une certaine touche de nostalgie, l’auteur retrace ainsi l’histoire d’une série d'assemblages entre Occident et culture indienne qui ont fait de la capitale Mexicaine un écheveau inextricable de formes architecturales et d’aménagements urbains transformés au fil des visions et fonctions changeantes de la ville.Histoire culturelle autant qu’urbaine et — parfois — politique, l’ouvrage a la complexité de l’objet qu’il décrit, un objet fascinant justement parce qu’on a bien du mal à en démêler les composantes.Rémy Charest L'HISTOIRE DU MONDE DE W Allll I) K) K V 0 1 It , I.K S S A M K l> I S K I l> I M A \ ( I) .1 r I X I il il H V R.E S ?VITRINE I)U LIVRE ÉDUCATION L'ÉCOLE QUALITÉ ENSEIGNER N’EST PAS CONTRAINDRE William Classer, traduit de l’américain par Jean-Pierre Importe, Montréal, Les Éditions Logiques, côll.«Réalisation», 1996,368 pages Il y a de nombreux adeptes de William Glasser qui seront heureux d’apprendre qu’ils pourront lire la deuxième édition, revue et augmentée.de Quality School.Ce psychiatre septuagénaire, très proche de ses lecteurs, a explicité davantage ses propos à partir de leurs questions, remarques et commentaires.La philosophie de Glasser n’est pas inconnue des pédagogues et des psychologues: «la théorie du contrôle» comme base d’apprentissage et «la thérapie de la réalité».Bien sûr, la volonté de changement du comportement est très présente dans les écrits de Glasser, et cette pédagogie béhavio-riste peut ravir plusieurs intervenants, mais aussi en éloigner d’autres.L’école qualité dépend de la mise en vigueur de dix pratiques énoncées en trois pages (pages 230 à 233) qui méritent toutefois d’être lues et discutées puisque l’auteur affirme: «Ce que je suggère là [.] n’est que la façon naturelle dont nous apprenons lorsque nous tentons d’améliorer la qualité de notre vie.Pourquoi ne ferions-nous pas la même chose à l’école?» AUTORITÉ OU ÉDUCATION?ENTRE SAVOIR ET SOCIALISATION: LE SENS DE L'ÉDUCATION Jean Houssaye, Paris, ESF éditeur, coll.«Pédagogies», 1996,192 pages Pour Jean Houssaye, professeur de sciences de l’éducation à l’Université de Rouen, la question de l’autorité à l’école est à la fois «très présente et très diffuse».Après avoir analysé la situation actuelle, l’auteur — dont on connaît les très bons écrits sur la non-directivité — «a recours» à l’histoire de l’éducation, à la psychologie, à la sociologie, à la philosophie et à la pédagogie pour «penser l’autorité à l’école».L’ouvrage, très bien documenté et d’une écriture à la fois dynamique et soignée, ne peut pas laisser le lecteur insensible.De plus, Ljjmme la majorité des enseignants ebdes parents ne se qualifient pas d’autoritaires, ce livre aura la particularité de faire réfléchir sur l’action clés autres.Toutefois, le terreau éducatif étant ce qu’il est, tant en Fiance, au Québec qu’aux Etats-Üpis, il est peut-être utopique d’espérer que la pensée de Houssaye — «éducation et autorité: il faut choisir» étimême «éducation = exclusion de l'autorité» — puisse être présente dans nos écoles autant qu’il le serait souhaitable.À défaut de l’existence de cet idéal pédagogique, cet ouvragé permet de poursuivre avec l’auteur sa réflexion sur le «modèle du triangle pédagogique: savoir-professeur-élèves» qu’il a bien expliqué dans des publications antérieures.L’excellente bibliographie donne le goût de lire et de relire.DÉSORDRE.RUPTURE, ÉCHEC Sous la direction de Robert Féger, Sainte-Foy, Presses de l'Université du Québec, 1996,380 pages Cette publication réunit des écrits fort intéressants et profondément humains de psychiatres, biologistes, psychanalystes, psychologues et psychopédagogues qui ont une longue expérience de recherche et de pratique auprès des enfants et des adolescents, tant en France qu’au Québec.Le livre est divisé en quatre parties: ruptures et désordres sociofamiliaux, corps et langage, échec scolaire et approches psychopédagogiques et thérapeutiques.Les auteurs nous livrent leurs réflexions sur des réalités contemporaines: les enfants de la rupture parentale (R Liberman); des sujets troublants: les abus sexuels (M.Lemay), les conduites transgressives des adolescents Q.Selosse) et les conduites suicidaires (Ph.Jeammet); dans la troisième partie, l’échec scolaire est analysé par R Féger, Y.Laberge, H.Danon-Boileau, M.Lobrot et G.Vermeil; dans la quatrième partie, des pistes de solutions sont suggérées.A ce propos, G.Boutin parle de prévention de l’échec scolaire, M.Lobrot de pédagogie contre l’échec scolaire, A.Daoust de gestion des échecs scolaires, H.Laborit d’échec et de mathématiques, S.Lebovici de compétence des parents, S.Tomkie-wicz de dialogue thérapeutique et J.S.Morvan de la compétence professionnelle dans l’intervention éducative, «ce qui est l’affaire de formation jamais achevée.Il n’est de compétence qui ne tienne sans être cultivée».Le livre se termine sur cette réflexion.À lire pour mieux comprendre et moins juger, mais aussi pour intervenir sans fracas.SOS FRANÇAIS SAVOIR ORTHOGRAPHIER LES SONS DU FRANÇAIS Michel Therrien, Sainte-Thérèse, Les Éditions Michel Therrien, 1995, 96 pages Ce manuel s’adresse aux parents et aux enseignants qui veulent aider les enfants et les jeunes à mieux comprendre l’orthographe et à leur expliquer qu’elle n’est pas seulement une question de hasard et de complication orchestrée.D’utilisation facile, cet ouvrage permet à l’adulte de faire des liens entre l’orthographe capricieuse (le «on» de mon, tronc, rond, fonds, long, pont, plomb, compter, prompt) et l’orthographe qui va de soi (lire: les mots de même famille).L’adulte qui a développé une orthographe automatique est porté à s’impatienter devant les fautes de l’élève et à ne pas comprendre pourquoi le jeune n’a pas assimilé des évidences qui relèvent soit de la mémoire, soit de la compréhension du système de la langue.A utiliser durant cette période marathon qui précède les examens.par les étudiants du cégep ou de l’université, et par les parents aidants, curieux ou anxieux.Louise Julien 0 LIBRAIRIE GÉNÉRALE FRANÇAISE ROMANS QUEBECOIS 1.LES AURORES MONTRÉALES.M.Proulx - éd.Boréal 2.OÙ VONT LES SIZERINS FLAMMÉS EN ÉTÉ, R.Laionde - éd.Boréal 3.LA VIE AVENTUREUSE D'UN DRÔLE DE MOINEAU, T.Ferguson - éd.Pleine Lune 4.LE SECOND VIOLON, Y.Beauchemin - éd.Québec/Amérique »» I) I I .¦¦¦«¦¦ —ü LUIS SEPULVEDA Ronnan Hexagon Bissonnette Jacques .\mP lnd® VjJiei Roman l£XAGoNF' L’été de tom les romans S H A KO N L.S PAR LING Histoire d’œufs roman* gie et (les pratiques orientales pour en arriver à une approche globale et concertée.-A condition [.] d’éviter les pièges des charlatans et les excès de£ fanatiques, l’important pour chacun est de trouver la méthode ou l’ehsemble de méthodes qui lui convient le mieux», précise l’éditeur.LE GUIDE COMPLET DU PEINTRE Ian Simpson, Traduit de l’anglais par Nathalie Chaput, Casteman Paris, 1996,192pages Ce guide part du principe que tout le monde peut apprendre à peindre et, par conséquent, vous montre, pas à pas, comment un artiste en particulier a choisi de le faire.Les leçons et les exercices proposés ne demandent qu’un matériel et un équipement restreints.Ce très bel album comprend trois parties: le cours de base (11 leçons); les thèmes et les styles (12 leçons); les techniques concernant les différents médiums (aquarelle, huile, acrylique, pastel).Une bonne activité de vacances.LE MUSÉE, UN PROJET ÉDUCATIF Collectif sous la direction de Bernard Lefebvre et Michel Allard Les Editions Logiques France, 1996,192 pages Cet ouvrage permet de mieux cerner les besoins cognitifs, imaginaires et affectifs propres à chacun de nous.11 analyse les différentes catégories de visiteurs des musées depuis les jeunes enfants jusqu’aux aînés.Il met en lumière le comportement de chaque groupe; l’influence des adultes sur la réceptivité des enfants; le rôle d’accompagnement du guide; la place des sciences et des nouvelles technologies et, pour finir, l’évaluation des musées et leurs programmes.Un ouvrage intéressant et original.LES MATIÈRES GRASSES ET LE CHOLESTÉROL Micheline Brault-Dubuc, Liliane Ca-ron-Lahaie, Le jour, éditeur, Montréal, 1996,284 pages Cet ouvrage «questions-réponses», écrit par deux nutritionnistes chevronnées, répond à toute nos interro- gations concernant un sujet controversé et en perpétuelle évolution.Professeurs et chercheurs à l’Université de Montréal pendant plus de 20 ans, elles font le point sur les dernières recherches dans le domaine et présentent une vue d’ensemble de l’alimentation et de tout ce que l’on devrait faire pour arriver à mieux manger.À TABLE AVEC WOODY ALLEN Traduit de l'allemand par Michelle Brulé, Stanké, Montréal, 1996 95 pages Sur un air de vacances et de joyeuses folies, un petit bouquin qui ne se prend pas au sérieux.Ce livre, écrit Alain Stanké en nous le présentant, «est le reflet de Woody Allen lui-même, ce personnage tout en contradictions, en surprises et en modestie [.].Il s’inscrit dans la pensée de la «Woody-thérapie» dont l’unique but est de nous faire sourire et de nous détourner pour un moment de nos soucis quotidiens».Ce n’est ni tout à fait un recueil de recettes ni un guide sur New York: c’est un mélange des deux qui s’adresse «aux fanatiques de Woody Allen, aux vrais cinglés qui connaissent son œuvre par cœur, à ceux qui courent au cinéma dès que le Woody nouveau est arrivé!».Amusant, sans prétention! BROCHETTES, GRILLADES ET RECETTES DE SOLEIL DESSERTS AUX FRUITS D'ÉTÉ Marie-Hélène Lange, Marabout Belgique 1996, 63 pages Deux guides pratiques pour la cuisine des beaux jours.Une cuisine simple, savoureuse, facile d’exécution (chaque étape de la réalisation est soigneusement décrite).Tous les plats sont illustrés.A offrir aux débutants ou au compagnon à court d’idées mais qui a envie de mettre la main à la pâte.Renée Rowan Pour toutes les occasions Les souvenirs de vacances s’agrémentent bien de quelques belles pages parcourues alors que le soleil nous chauffe tendrement la nuque et qu’un vent frais nous tient l’esprit en éveil.Il y a ces livres racontant des aventures exotiques et qu’on lit les pieds dans l’eau, ou encore ceux qui sont portés par des histoires enlevantes et qu’on dévore loin du bureau.Voici, pour toutes les occasions, huit titres qui agrémenteront votre été.TOUS LES BARS DE ZANZIBAR David McNeil, Folio, Paris, 1996, 191 pages Les mots de David McNeil ont été chantés par Yves Montand, Alain Souchon et plusieurs autres.Musicien, écrivain et bourlingueur, McNeil signe ici un livre entre l’errance et l’aventure, dont le récit se construit comme une longue improvisation de John Coltrane.Sexe, jazz, alcool, petite pègre et nuits humides sont au programme de ce bien curieux voyage.Le livre idéal pour le Festival de jazz.David McNeil Tous les bars de Zanzibar L'ILE INTROUVABLE Yves Thériault, Bibliothèque québécoise, Montréal, 1996,242pages Par un curieux paradoxe, L’île introuvable fait apparaître le Québec à la fois si près et si loin, comme si son image pouvait être à la fois d’une présence brutale mais fugitive.C’est sans doute là le miracle de la littérature: nous amener si loin en nous parlant de ce que nous connaissons si intimement.Dans sa préface au roman, Louis Caron dit de Thériault: «[.] il enveloppait ses personnages et ses paysages d’un brouillard de beauté qui m’imprégnait, comme on laisse l'humidité du petit matin nous pénétrer, après une nuit sans sommeil, sur une plage déserte.» Le livre idéal pour des vacances au Québec.UN ALLER SIMPLE Didier van Cauwelaert, Le Livre de poche, Paris, 1996,120 pages Pendant un court moment, la jeune star de la littérature française transformera le sable salin du bord de mer en une immense étendue désertique.Ce livre qui vous dépaysera a valu le Concourt 1994 à son auteur, Didier van Cauwelaert, qui à trente-cinq ans ne doit déjà plus savoir où ranger les prix littéraires qu’il a reçus.Un aller simple, c’est la comédie de l’immigration, alors qu’Aziz, né en France d’origine inconnue, élevé par des Tsiganes, devient le cobaye d’une opération médiatique de retour au pays, ce qui lui vaudra d’être «réinsérer dans ses racines», au Maroc, dans le Haut-Atlas.On s’amuse ferme, mais on est aussi touché dans ce court roman dont l’écriture est remarquablement maîtrisée.Le livre idéal pour un week-end à la plage.ENVIE DE JOUER Guy Bedos, Point Virgule, Paris, 1995,190 pages 29 sketchs, écrits sur plus de 30 ans, composent ce recueil.Pour les apprécier pleinement, on imagine leurs interpètes, parmi lesquels on compte Simone Signoret, Jean-Paul Belmondo, Jean-Pierre Marielle, Muriel Robin, Sophie Daumier et Monica Vitti.Des photos aident d’ailleurs à nous mettre dans l’atmosphère.Le livre idéal pour le Festival Juste pour rire.LÉVIATHAN Paul Auster, traduit de l’américain par Christine Le Bœuf, Le Livre de poche, Paris, 1996,318 pages Voici un roman qui a beaucoup fait pour la renommée de son auteur (qui ne cesse de grandir, il faut l’admettre).Léviathan est un roman ambitieux quoique plutôt bref, dans lequel Auster brasse allègrement les genres dans le but avoué de dépeindre une Amérique corrompue et déboussolée (Auster cite d’ailleurs Ralph tValdo Emerson en exergue: «Tout Etat actuel est corrompu»).Empruntant au polar, l’auteur de La Trilogie new-yorkaise s’intéresse à Benjamin Sachs, écrivain reconverti en poseur de bombes qui traverse l’Amérique en faisant exploser les diverses versions de la statue de la Liberté.Lç livre idéal pour une semaine aux Etats-Unis.Isabelle ^ ^ La fa d’un fl*1 „ Histoire naturelle Le dieu dans 256 p lJ- 19,95$ eut Renaud n,^R°MAN D ELEONORE plerre ttet cartes roman Dessins du territoire 240 p 'P 16,95 S UN NOM DE TORERO Luis Sepulveda, traduit du chilien par François Maspero, Points, Paris, 1996,184 pages Entre l’Amérique latine et l’Europe, dans le Berlin de la chute du Mur, deux hommes mènent une quête.L’un porte le nom d’un torero célèbre, l’autre est un ancien des services secrets de la RD A.Lui Sepulveda, auteur du Vieux qui lisait des romans d’amour, signe ici un autre roman d’aventures inquiétant, empruntant cette fois-ci à la série noire.Le livre idéal entre deux gares européennes.OÙ II N'EST PAS QUESTION D'AMOUR Nina Berberova, traduit du russe par Alexandra Pletnioff Boutin, Babel, Paris, 1995,265 pages Lorsque Actes Sud a fait paraître ces i nouvelles en 1993, il s’agissait de leur première édition, les récits composant Où il n’est pas question d'amour n’ayant paru, en russe, que dans diverses revues, dans les années 30.Comme Nabokov l’a fait (mais sur un tout autre ton), Mme Berberova décrit le monde des exilés nisses.Elle évoque des souvenirs, dresse des portraits, raconte de ix'tites histoires extraites d’un quoti;, dieu sombre avec un talent qui ne se (; dément jamais, dans un style à la fois vif et precis qui l’élève au rang des ' ‘ grands écrivains de ce siècle.Le ; ¦ livre idéal pour les après-midi passés1 à l’ombre des grands arbres.MOI, ORSON WELLES Oison Welles et Peter Bogdanovich, > traduit de l’américain par Êvelyne , Châtelain, Point Virgule, Paris, .1996,533 pages Paru chez Belfond en 1993, ce recueil d’entretiens est rapidement devenu une sorte de classique.Il faut dire que Bogdanovich est un maître du genre (il a déjà signé un excellent Fritz Lang) et que le grand Orson a bien des choses à dire, qu’il s’agisse de faire le point sur son immense canière (avec ses moments de grâce ’ et ses échecs retentissants) ou d’établir une réflexion sur le cinéma.Le livre idéal pour le Festival des films du monde.Marcel Jean Concours 20e anniversaire 20 prix de $200.00 • Certificat cadeau échangeable contre marchandise seulement SL DISQUES COMPACTS, LIVRES, CASSETTES, DISQUES, BD OUVERT 7 JOURS 1 Oh à 22h Maurice Bellet Les allées du Luxembourg Desci.kk or.Bnouwr.» 3694 St-Denis, Montréal CHOIX ET QUALITÉ 713 Mont-Royal Est, MÜ Métro Sherbrooke 849-1913 Métro Mont-Royal 523-6389 Desclée de Brouwer COLLECTION ROMANS «Une jolie petite bibliothèque idéale qui donne sa chance aux auteurs peu connus et aux lecteurs intelligents.» Magazine Elle France LES ALLEES DE LUXEMBOURG Maurice Bellet Comment la traversée du jardin du Luxembourg devient pour M.Perrier, retraité ordinaire, une rencontre de l’inouï.suivi de Le pays fortuit par Yue Daiyun 128 pages-26.95$ LA TRESSE D’AMINATA Alison Bernard Face aux regards des autres, les difficultés et les espoirs d'une adolescente africaine, adoptée par une famille bretonne.suivi de Au-delà des regards par Martine Laffon 240 pages - 33,95 $ LE PASSEUR Bruno Gaurier Une dompteuse de serpents, un historien voyageur et un jeune homme, «passeur de sentiments».suivi de Quand le manque se fail don par Emmanuel Hirsch 128 pages - 26.95 $ LE LEZARD Jean-Claude df, Bonvoisin L'énigme du «lézard», un homme d'affaires retrouvé mort dans un hôtel de Bogota.su/17 de L'arrière-pays de l'homme par François Nourissier.de l'Académie Goncourt.208 pages - 30.95 S Alison Bernard La tresse dAminala DmcUe ui: Bboüwkb Bruno Gaurier Le passeur DESCLte de Bftouwn Jean-Claude de Bonvoisin Le fJzard l.arriin-pttyx«6r rhf*ntmc François Nourissier Distribution FIDES • l’HEXAGONE Tlb éditeur 1 I.K I) E V OIK, I.E S S A M K I) I S 11 T D I M A X (' Il K ll .1 11 I X I I) !> II I) 12 I V R E S I.E S P E T I T S B 0 N il E ü R S MIISI Q U I II U M O U R •V' ”.'M fm.vlonl Philippa Mifjnavai i jiilticU.» ÜMn Bimvmt Uq motocycliste est écrasé (list itvp d# ml) PAR UN TRACTEUR Lo coi/fenr frise la mort 2a Anî û’éotimE I CH RI ¥ A R D CnAN/füN/f pifff (et àij0êf Wfy tr.) ARCHAMBAUl La folie des futurs parents Toujours dans le domaine des petits livres légers sur la vie de famille, notons au passage l’existence de Mes Parents, ces tarés.François Benoit n’a pas relevé le défi de renouveler le thème mille fois exploité de la folie grandissante des futurs parents au fil des neuf mois de grossesse.Mes parents, ces tarés, apparaît comme une reprise du film Look who’s talking: le foetus, ici aussi, commente avec sarcasme les agissements de papa et maman, dont la panique grossit proportionnellement à la bedaine.Au rayon de la combinaison humour-grossesse, il y a aussi eu le Maman Last Call, de Nathalie Petrowski, que François Benoit écorche d’ailleurs au passage («si la mère a une chronique dans un quotidien, tant mieux, elle en profitera pour remplir des pages en racontant les aventures de son bébé et, accessoirement, pour se faire plaindre vu l’énorme travail que üo cafetier s'était suicidé 12 joui*s avant .sa mort in Mrr Court», on est prêtre Ac.pere en ni* MAIS T’AS-TOUT-POURÊTRE-HEUREUSE Nicole de Buron Flammarion, Paris, 1996,216 pages MES PARENTS, CES TARÉS - CHRONIQUE DES PARENTS EN ÉTAT DE GROSSESSE François Benoit Kami-Case, Montréal, 1996, 148 pages LE SOTTISIER 96 DES JOURNALISTES Philippe Mignaval Éditions Hors Collection Paris, 1996,155 pages LA VIE AVENTUREUSE D'UN DROLE DE MOINEAU un roman de Trevor Ferguson On l’a comparé à Irving, on pense à Dickens.Mais non, Ferguson:., c'est du Ferguson! Sophie Cironnay, L'Actualité Dès les premières pages, *Trevor Ferguson s'affirme comme l'un des meilleurs romanciers de sa génération.Chartes Foran, Saturday Night l'ai plus que jamais la conviction que Trevor Ferguson est l'un des grands conteurs que la terre de Québec ait porte.Sophie Cironnay, Le Devoir i.i pleine une Éblouissant et fascinant! Vraiment, ce Sparrow Drinkwater est un drôle de moineau! Prêt, à tout pour préserver son innocence dans ce monde pourri.544 pages, 29.95 S La grossesse de Roger ROGER POUPART La grossesse de Roger ou le journal d’un futur papa •i le jteriil d'n liter pepo de Roger Paepirt 174 piges / 16,95 $ A dieu voyages, cinéma, lectures, économies! Bonjour nuits blanches, maladies inquiétudes, dépenses! Roger Poupart décrit au jour le jour avec humour, ironie et réalisme ses impressions sur la nouvelle vie qui s'a m mores pour lui et Agathe.la grossesse de Roger un livre sensible el charmant.EDITIONS PIERRE TISSEYRE Sans prétention Faire œuvre musicale en écrivant un livre LA LÉGENDE DU VIOLON Yehudi Menuhin, Flammarion, Paris, 1996,301 pages FRANÇOISTOUSIGNANT Fruit de plus de dix ans de méticuleuse préparation et de labeur attentionné, voici le poème que le célèbre violoniste Yehudi Menuhin consacre à son instrument.En filigrane, une passion pour la musique; en toile de fond, un amour des musiciens.Sincère vénération de l’instrument à quatre cordes, bien mise en lumière, voilà un peu le contexte artistique de cette ode lyrique consacrée à la beauté faite son du violon.La Légende du violon porte bien son nom.On y trouve toutes les informations historiques ou techniques pertinentes, sans jamais abuser du discours scientifique ou du jargon du pédagogue.Peu importe que tout y soit dit et énoncé de manière rigoureuse: ce n’est pas une «histoire du violon», voire son «Histoire».Le lecteur qui lit ce livre aura le goût d’en savoir plus sur le sujet et d’aller consulter les ouvrages spécialisés.Le propos de Menuhin est ailleurs.Au travers de l’Histoire et tout centré sur le violon; ce petit bout de l’évolution de l’art de l’humanité défile ici.Tout est prétexte à l’expression d’une conception des choses et du monde alliant variété et profonde unité.L’iconographie est somptueuse, à la hauteur de la tenue littéraire du texte qu’elle éclaire de l’intérieur.Le choix des photographies, des schémas et reproductions ne fait pas qu’appuyer le propos: il y ajoute densité, cohérence et crédibilité.Dans une langue séduisante, la plume de Menuhin nous ouvre les portes de son affection pour cet instrument qu’il juge le cœur de l’évolution de la lutherie occidentale, voire humaine.Sans pudeur non plus que sans exhibitionnisme, c’est avec ses yeux qu’il nous fait redécouvrir le monde.La place qu’il se donne est à l’image de sa carrière, remplie de gé- nérosité et de respect des autres.La construction du livre le prouve.On part de son propre plaisir pour entrer dans un aperçu de l’évolution du violon depuis les peintures ru-pestres de la Grotte des Trois-Frères jusqu’aux tableaux de Chagall et Dali.L’arc, le corps de femme, alliage de force et de sensualité (comparez la robe de Hermès et la statuette mycénienne), les réflexions un peu philosophiques sans être hermétiques, car tout empreintes de conviction esthétique, sur la production du son constituent l’ouverture.On part de l’objet lui-même pour ensuite explorer la nature humaine.11 est alors question de «l’homme qui fait le violon» pour passer à «l’homme qui joue du violon», à «l’homme qui enseigne le violon», puis à «l’homme qui écrit pour le violon» pour arriver à l’auditeur.L’éventail est complet et joliment tourné.Menuhin ne se gêne pas pour laisser la place aux autres types de violons et d’utilisations de son instrument.Du particulier à l’universel, telle semble être la devise qu’il embrasse.Pour clore la boucle, on revient à l’objet, fascinant raccourci de l’expérience cosmopolite de l’artiste.C’est donc une somme artistique que livre ici le violoniste qu’on appelait l’enfant de Lumière à ses débuts.Son livre est à lire comme on écoute de la musique.Menuhin nous offre une magnifique partition qu’on reprend avec plaisir, plaisir d’autant plus grand que la qualité de l’édition et des reproductions rivalise avec l’ambition artistique du propos.N’y cherchez donc pas un manuel théorique ou objectif.Laissez-vous tranquillement séduire d’entrée par le regard de Menuhin, cette, présence si tendre du «je», et la chaleur de sa voix.Le propre de l’artiste n’est-il pas d’apporter un regard neuf et enrichissant sur notre univers?Menuhin, à 80 ans passés, encore en pleine puissance de ses moyens, gagne son pari et se révèle toujours du nombre des plus grands.Menuhin nous offre une magnifique partition qu’on reprend avec plaisir Jolies bulles crève-canicules LOUISE LEDUC LE DEVOIR Les vacances, la plage, la dolce vita.Va culpabilité.Jamais loin, prête à vous torturer l’esprit.Comment relaxer quand tant de livres attendent, dans votre bibliothèque, d’être lus?Et tous ces classiques, ces incontournables qui manquent à votre culture?Entre deux remords, voici quelques suggestions de livres d’humour qui vous serviront de petites pauses entre deux grands crus.Tout d’abord, au top de l’humour, Nicole de Buron, cette Française, au-teure de treize romans inspirés de sa très mouvementée vie familiale.Déjà, dans Qui c’est ce garçon?, l’indiscrète maman avait confié à ses lecteurs sa sainte panique devant les goûts inquiétants de sa fille en matière de copains; dans C’est quoi, ce petit boulot?, ses réserves sur les techniques de recherche d’emploi de son autre rejeton.Cette fois, dans Mais t’as-tout-pour-être-heureuse, maman de Buron a le caquet bas: elle se sent malade, malade d’une maladie mystérieuse que ni l’échographie du foie ni le gastro-entérologue n’arrivent à cerner.Finalement, une fois son corps radiographié os par os, un gynécologue avance un verdict: et si c’était une petite dépression?Commencent alors les visites chez les psychologues, psychiatres et salon de beauté, suivis de non moins longues consultations avec le miroir, à l’interroger, l’œil, inquiet, sur le ravage du temps.Evidemment, les deux filles ne s’aperçoivent de rien, pas plus que l’Homme (surnom donné affectueusement par l’auteure à son époux chéri), plus préoccupé par sa vieille blessure de guerre que par Sœur Anxiété et Pieuvre Géante qui torturent l’esprit et noue l’estomac de sa douce moitié.Qu’un sujet aussi déprimant puisse faire rire de la première à la dernière page prouve encore une fois l’humour universel de Nicole de Buron.Si sa plume ne lui vaut ni Nobel ni critiques dans Le Monde, son efficacité lui attire cependant de fidèles lectrices.représente un bébé»).C’est pourtant ce qu’a fait François Benoit: remplir des pages, des pages très semblables aussi à celles du Guide du jeune père, de Pierre Antilogus et Jean-Louis Festjens, paru il y a quelques années.Pourquoi répéter ce que d’autres ont déjà écrit très bien?Les bêtises des journalistes Pour le fou rire libérateur, incontrôlable, il faut plutôt, dans un tout autre ordre d’idées, se proeprer Le Sottisier des journalistes 96.Evidemment (!), pas de la haute littérature, mais quelques minutes de douce revanche pour tous les mal-cités de la terre.Le Sottisier, c’est le répertoire des gaffes les plus drôles trouvées par Philippe Mignaval dans divers journaux du sud de la France.Quelques exemples de savoureuses bourdes?«Un train annulé arrive sans crier gare.» «Interdit aux mains de 16 ans.» «Cet incendie serait dû à une fuite d’eau.» «La victime a été étranglée à coups de couteau.» Les faits divers donnent leur lot d’erreurs, tout comme la nécrologie.«C’est par erreur que nous annoncions le décès de Mme.C.Cette personne est en parfaite santé.Ses obsèques ont été reportées sine die.Mme Marinette D., par contre, est décédée définitivement.» Encore un petit coup?«Sur 30 000 participants, 295 000 personnes ont franchi la ligne d’arrivée, ce qui est rare.» «Le soleil couchant se lèvera à 7 heures 52.» Comment d’évidentes fautes comme celles-là passent-elles inaperçues et sont-elles imprimées, malgré relectures et corrections faites par plusieurs paires d’yeux?Mystère et boule de gomme.Mais chaque journaliste, aussi consciencieux soit-il, commet un jour ou l’autre un mauvais jeu de mots dont il se souviendra des années plus tard, aidé en cela par ses charmants collègues.Imprévisible Faulkner DENIS LORD Quand l’automne sera venu, que, le teint blafard ou ultraviolet, vous reverrez vos amis, votre famille ou vos collègues et qu’ils vous demanderons ce que vous avez fait durant l’été, vous pourrez fièrement leur répondre: j’ai lu de la bd.Parce que je n’ai que du haut-de-gamme à vous proposer ici, du dessin d’élite, de la bulle crève-canicule.Malgré son nom, Henriette Valium n’a rien de féminin ni de soporifique.Les œuvres de cet antipape de l’underground, ce démon dément de l’excès regorgent d’un solide tonus qui n’a d’égal que son immense talent graphique et le cauchemardesque de sa vision de la société.Le corps humain est la matière première des aventures de Valium, un corps dont les tabous, — analité, scatologie et mortalité, underground oblige — sont mis en relief par les fantasmes et les phobies de l'ayteur, avec un humour dévastateur.Ames sensibles s’abstenir.Primitive Cretin regroupe l’essentiel de la production de Valium entre 1990 et 1995 et c’est dans un anglais mâtiné de jouai que vous devrez le lire, puisqu’il a fallu Fantagraphics, un des grands noms de la bande dessinée alternative américaine, pour prendre la relève des frileux éditeurs québécois.C’est vrai qu’elle est hautement corrosive, la Valium, mais elle frise aussi le génie en permanence! Changement de registre avec le lu-sitano-québécois Luis Neves, qui signe avec Le Midi de la nuit son quatrième album.L’auteur reprend son personnage de Quinquina, manière de Tintin anarchiste qu’il avait momentanément abandonné dans Cité solitaire.Ici, Quinquim devient le secrétaire d’une biologiste qui a créé une variété de pois chiches poussant dans le désert pour lutter contre la faim dans le monde.Ce qui n’est pas du goût d’un puissant cartel agro-alimentaire qui kidnappe illico la fieffée utopiste.Du Québec à l’Afrique en passant par le Portugal, Quinquim tente désespérément de la retrouver.Les clins d’œil à Tintin abondent, bien que le style de Neves réfère d’avantage au film noir américain, à Golo ou Tardi qu’à Her-gé.Ironique et engagé, accessible mais sans compromis, Neves livre son message avec un dessin plus beau et plus maîtrisé que jamais.Disponible vers la fin juin.Pour terminer l’été en beauté, on prendra grand plaisir à lire la réédition des aventures de Freddy Lombard, du grand bédéiste français Yves Chaland, décédé en 1990 à l’âge de 33 ans.Pilier de la revue Métal Hurlant, dessinateur immense, Chaland reprenait l’esthétique propre à l’école franco-belge du milieu du siècle en la transfigurant d’un jouissif second degré.Le présent volume comprend 3 histoires où Freddy et ses amis, Sweep et Dina, mènent enquête pour résoudre diverses énigmes, que ce soit en Belgique ou en Afrique.Le résultat est toujours inattendu, hormis le talent colossal de Chaland.PRIMITIVE CRETIN Henriette Valium Fantagraphics Books Seattle, 1996, 48 pages LE MIDI DE LA NUIT Luis Neves Zone Convective Montréal, 1996, 60 pages FREDDY LOMBARD TOME 1 Yves Chaland Humanoïdes Associés Genève, 1996,136 pages NICOLE DE BURON Mais t’as-tout -être î François Btnojf Mes pârenfs, Ces $.rés Oircuiqui* diM purr mm m rfal de sKJidir MOUSTIQUES William Faulkner, traduit de l’anglais par Jean Dubramet, préface de Raymond Queneau, collection «Points», Paris, 1996,315 pages Faulkner a 30 ans au moment de la publication de Moustiques.On est en 1927.Il a publié, l’année précédente, Monnaie de singe.Ces deux romans, dont il n’est pas peu fier, ne l’empêchent pas de se considérer poète avant tout.Il lui faudra attendre deux ans pour atteindre la célébrité avec Le Bruit et la fureur.La suite nous est connue.Grâce surtout à son traducteur français, Maurice-Edgar Coindreau, il prendra sa juste place qui est celle du plus grand écrivain américain du XX' siècle.Posons tout de suite que Moustiques n’est pas un sommet de l’œuvre.Faulkner disait assez justement qu’il s’agit d’un roman brillant mais superficiel.Encore qu’il ne faille pas exagérer ce côté épidermique de l’aventure.S’il y a beaucoup de personnages dans ce roman, et si l’auteur les fait se rencontrer dans des intrigues aussi diverses que multiples, il n’empêche que le lecteur retient de cette plongée dans le monde de la riche bourgeoisie une impression de profonde tristesse, une tristesse qui a à voir avec le fait même de vivre.Mrs.Maurier est aussi fascinée par la bohème artistique que par les libertés que lui permet sa fortune.Elle organise donc à bord de son superbe yacht baptisé, comme il se doit, Nau-sicaa, une troisième au départ de la Nouvelle-Orléans.C’est une bêcheuse de première, insupportable, ne s’imaginant pas qu’on puisse lui résister.A bord, des passagers hétéroclites, un sculpteur, un écrivain, un officier de marine à la retraite, quelques jeunes femmes.Tout ce beau monde s’ennuie ferme.Il arrive que l’on danse, que l’on joue au bridge, mais la conversation constitue l’activité principale de cette faune disparate.De quoi parle-t-on?De tout et de rien, mais aussi de création artistique.Tout n’est pas à retenir dans ce babillage mondain.Ici et là toutefois on trouve de ces moments de vérité dans lesquel?un écrivain véritable se manifeste.A ce titre, le romancier Fairchild, qui ne délaisse jamais pour bien longtemps son verre de whisky, est nettement attachant «Fairchild se rassit sur son lit sans toucher au verre de whisky qu’il s’était versé; il déplia à nouveau le billet, le relut une fois, pensant à sa jeunesse et à la tristesse de tout ce qui vieillit dans le monde.» Ne pas oublier que Faulkner au moment de la rédaction du roman est dans la fin de sa vingtaine.Il est déjà possédé par la sensation de la fuite du temps, sans laquelle il n’y a pas de véritable création littéraire.Les passagers du Nausicaa écoulent leur temps à converser.Pas tous.Il arrive par exemple à Patricia de céder aux charmes de David, le garçon de bord.Elle le suivra dans une équipée à terre qui tournera mal.Empêtrés dans des marais, ennuyés par des moustiques qui ne leur accordent pas de répit, les deux fuyards échapperont de justesse au désastre.Faulkner nous offre des pages magnifiques, teintes d’une profonde sensualité que visite au reste un fort relent de puritanisme.L’humour est presque toujours présent dans cette évocation d’une croisière que seule guide le désir d’occuper un temps qu’on ne peut retenir.Le Nausicaa s’enlisera.Avant l’arrivée du remorqueur, les passagers tenteront d’aider la manœuvre.Leurs efforts seront,pitoyables comme bien l’on pense.À ce chapitre, bourgeois et artistes se ressemblent, tout aussi démunis, risibles, pitoyables.Une consolation, Talliafero, un des croisié-ristes, affirme que «l’art est un camouflage légitime du désir sexuel.» Ce désir est bien la seule bouée que Faulkner nous propose dans ce roman plus profond qu’il ne paraît Fair-child, l’écrivain dit «Quand la jeunesse nous quitte, nous quittons la vie.» Ne reste plus qu’à écrire des livres.ou à défaut, d’en lire.
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